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+Project Gutenberg's Manuel pratique de Jardinage, by unknown Courtois-Gérard
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
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+
+Title: Manuel pratique de Jardinage
+ contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou
+ d'en diriger la culture
+
+Author: unknown Courtois-Gérard
+
+Release Date: June 1, 2012 [EBook #39889]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE ***
+
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+
+Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
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+ MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE
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+L'auteur et l'éditeur se réservent le droit de traduire ou de faire
+traduire cet ouvrage en toutes langues. Ils poursuivront
+conformément à la loi et en vertu des traités internationaux toute
+contrefaçon ou traduction faite au mépris de leurs droits.
+
+Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait à Paris en temps utile et
+toutes les formalités prescrites par les traités sont remplies dans
+les divers États avec lesquels il existe des conventions littéraire.
+
+Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas, comme
+ci-dessous, ma griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et
+débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la
+loi.
+
+[Illustration: Signature]
+
+Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, r. du Four-St.-Germ., 43.
+
+
+
+
+ BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES ET AGRICOLES
+ Série H. N. 41.
+
+ MANUEL PRATIQUE
+ DE
+ JARDINAGE
+
+ CONTENANT
+ LA MANIÈRE DE CULTIVER SOI-MÊME UN JARDIN
+ OU D'EN DIRIGER LA CULTURE
+
+ PAR COURTOIS-GÉRARD
+ Marchand grainier, horticulteur.
+
+ SEPTIÈME ÉDITION
+
+ PARIS
+ LIBRAIRIE SCIENTIFIQUE, INDUSTRIELLE ET AGRICOLE
+ Eugène LACROIX, Éditeur
+
+ LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
+ QUAI MALAQUAIS
+
+ Tous droits réservés.
+
+
+
+
+INTRODUCTION
+
+À LA SEPTIÈME ÉDITION
+
+
+Les progrès que le temps amène à sa suite, plus rapidement encore
+dans la pratique de l'horticulture que dans les autres branches du
+travail humain, se sont produits en grand nombre, non-seulement
+depuis la première édition du _Manuel de Jardinage_, mais encore
+depuis la sixième, à l'épuisement de laquelle celle-ci vient
+suppléer. Nous devons donc prévenir que plusieurs parties ont été
+remaniées à fond, pour être ramenées au niveau des connaissances
+horticoles du moment; toutes les lacunes que le cours des années
+pouvait avoir fait naître, ont été soigneusement comblées; nous en
+signalerons les principales.
+
+Le calendrier, révisé et refondu, a été augmenté de détails nouveaux
+et importants. D'intéressantes et lucides explications complètent
+le chapitre du jardin potager. L'article _Assolement_, le premier
+qui ait été publié sur le jardinage, peut être consulté avec
+avantage par toutes les personnes qui veulent obtenir les récoltes
+les plus abondantes qu'un jardin potager bien tenu puisse produire;
+car pas un fait avancé par l'auteur n'a été pris en dehors de ce qui
+est consacré par la pratique. Dans celui du jardin fruitier, l'on
+trouve, outre l'exposé plus développé de quelques opérations, les
+listes des arbres fruitiers les plus estimés de chaque série, listes
+que les nombreuses conquêtes de la Pomologie viennent incessamment
+enrichir, et des données d'une grande utilité pratique pour le
+traitement des maladies des arbres.
+
+Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que se
+rencontrent les améliorations les plus remarquables au _Manuel de
+Jardinage_, dans sa septième édition, depuis la composition de gazons,
+écueil où viennent échouer tant de jardiniers inexpérimentés, jusqu'à la
+direction des plantes les plus difficiles à obtenir dans tout l'éclat de
+leur beauté.
+
+En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture
+d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son
+parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de
+chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture
+contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et
+fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au
+lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus
+variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et
+de déboires.
+
+De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent
+avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront
+aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un
+meilleur parti des ressources dont ils disposent.
+
+Les livres qui, comme le _Manuel de Jardinage_, aplanissent la
+route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les
+vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux:
+ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout
+entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût;
+et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux
+profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à l'exécution
+matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement trop élevé
+le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la portée de
+tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les éditions
+précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus scrupuleuse
+correction typographique. Cette édition nouvelle du _Manuel de
+Jardinage_ réunit, comme on le voit, tout ce qui peut mériter à ce
+livre la continuation de la faveur dont il est en possession depuis
+sa naissance.
+
+
+
+
+MANUEL PRATIQUE
+
+DE JARDINAGE
+
+
+
+
+CHAPITRE PREMIER.
+
+Disposition générale d'un jardin potager.
+
+
+Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin
+pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées
+d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et
+des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer
+les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera
+maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions
+intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du
+travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder
+sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est
+très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à
+l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et
+de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance.
+
+Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre
+de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche
+et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un
+terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de
+cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture
+courante. Nous ne prétendons pas dire que les terrains de nature
+différente soient impropres à la végétation; car tous lui
+conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à
+l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont
+assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber
+les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement
+voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la
+culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins.
+
+Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons,
+des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités
+qui lui manquent.
+
+Le potager que nous représentons (fig. 1, à la fin du volume) forme
+un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue,
+choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus
+variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans
+l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons;
+seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une
+planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité
+du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les
+cultures de même espèce.
+
+L'assolement devra être conduit de telle sorte qu'une planche ne
+produise pas deux années de suite les mêmes légumes.
+
+Il est convenable, sous tous les rapports, que le potager soit clos
+de murs au nord, à l'est et à l'ouest; ce qui nous donnera à
+l'intérieur les expositions du sud, de l'ouest et de l'est. Au sud
+extérieur, on peut à la rigueur remplacer le mur par une haie. Les
+murs devront avoir au moins 2m,65 au-dessus de terre, et ils seront
+crépis intérieurement. S'ils sont construits en plâtras ou en
+pierre, on y pourra palisser les espaliers à la loque; mais s'ils
+étaient en moellon dur, il faudrait les faire préalablement garnir
+de treillage. Le chaperon sera garni de tuiles formant une saillie
+de 0m,12 à 0m,15, pour garantir les fruits contre les fâcheuses
+influences des pluies, ce qui permettra également de conserver le
+raisin jusqu'à une époque assez avancée.
+
+En y suspendant des toiles ou des paillassons, qu'on tiendra écartés
+du mur, on pourra garantir les Pêchers en fleur contre les gelées du
+printemps. Les murs du _sud_ seront garnis de Pêchers.
+
+À l'_est_ on plantera de la Vigne, qui sera conduite à la Thomery.
+
+À l'_ouest_ se trouveront des Pêchers, et dans l'intervalle on
+plantera des Poiriers.
+
+Au _nord_, les murs seront garnis de Poiriers, et, pour planter à
+cette exposition, il faut avoir soin de choisir les variétés les
+plus hâtives, afin que les fruits puissent atteindre leur parfaite
+maturité.
+
+On peut aussi planter des Pruniers et quelques Cerisiers tardifs,
+qui mûrissent à une époque où l'on est ordinairement privé de ces
+fruits.
+
+C'est dans un endroit écarté du potager, et le moins en vue, qu'on
+creusera un trou pour jeter les sarclures, les épluchures de légumes
+et les débris végétaux, qui pourront être employés comme engrais
+après leur réduction en terreau.
+
+Un point important à observer dans l'établissement d'un jardin,
+c'est la distribution de l'eau. Dans le potager, elle doit avoir
+lieu par des conduits souterrains, que l'on fera passer dans les
+allées, de telle sorte qu'il soit possible d'y faire les réparations
+nécessaires sans déranger les plantations.
+
+L'eau sera reçue dans un ou plusieurs bassins placés au milieu du
+jardin, ou, comme nous l'indiquons sur le plan, dans un bassin au
+centre n. 62, et dans des tonneaux placés à l'extrémité des
+planches n. 8, 9, 24, 25, 34, 35, 50 et 51.
+
+Ces dispositions sont d'autant plus importantes que l'on connaît
+l'utilité indispensable des arrosements non-seulement dans les temps
+de sécheresse, mais encore pour accélérer la germination des semis
+et faciliter la reprise des plants nouvellement repiqués.
+
+L'allée du milieu aura 3 mètres de largeur, l'allée circulaire et
+celles de traverse n'en auront que 2.
+
+Les petites allées pratiquées autour des planches devront avoir
+0m,60 de largeur, et seront bordées d'Oseille, de Civette, de
+Cresson alénois, de Persil, de Cerfeuil, de Chicorée sauvage, de
+Pimprenelle, de Fraisiers, etc.
+
+La largeur des planches sera de 1m,33, avec un sentier de 0m,35
+entre chacune, ce qui suffira pour le passage; car le premier rang
+de chaque planche doit toujours être au moins à 0m,10 du bord.
+
+Les plates-bandes n. 61 de chaque côté de l'allée du milieu et de
+celles de traverse auront 1m,65 de largeur, et seront bordées de
+Buis. On y plantera un rang de Poiriers en quenouille, espacés entre
+eux d'environ 8 mètres, et un Pommier nain entre chaque Poirier.
+
+Le carré formé par les huit premières planches est destiné à faire
+les semis et le repiquage des plantes potagères et des fleurs
+nécessaires pour garnir les plates-bandes et les massifs du jardin
+d'agrément.
+
+N. 9 à 29 et 30 à 50. Planches à mettre en culture.
+
+N. 51. Emplacement pour faire les couches.
+
+N. 52. Plantation de Groseilliers.
+
+N. 53. Plantation de Framboisiers.
+
+N. 54. Côtière de 2m,75 de largeur à mettre en culture potagère.
+
+N. 55. Plate-bande de 2 mètres de largeur, où l'on plantera un rang
+de Rhubarbe anglaise.
+
+N. 56 et 57. Plate-bande de même largeur à mettre en culture.
+
+N. 58. Contre-espalier de Vignes, dont on peut chauffer une partie
+chaque année.
+
+N. 59. Plate-bande d'environ 1 mètre de largeur.
+
+N. 60. Rangs de Vignes soutenues par des échalas placés au bout de
+chaque planche, et de manière à ne pas obstruer les sentiers.
+
+N. 61. Plate-bande de 1m,65 de largeur.
+
+N. 62. Bassin.
+
+N. 63. Porte pour entrer les fumiers.
+
+N. 64. Allée de communication avec le jardin d'agrément.
+
+
+
+
+CHAPITRE II.
+
+Calendrier.
+
+
+Nous avons eu en vue, en faisant ce calendrier, d'indiquer d'une
+manière à la fois succincte et précise les diverses opérations qui
+doivent se succéder sans interruption dans le cours d'une année,
+pour que les productions en légumes, fruits et fleurs soient
+toujours abondantes, et que jamais le sol ne repose. Pour arriver à
+ce résultat, il fallait faire plus qu'énoncer sommairement les
+travaux propres à chaque mois; il fallait encore indiquer avec
+précision l'époque du semis, celle de la récolte, la place occupée
+par chaque genre de culture, et la nature des végétaux qui doivent
+succéder à ceux qui ont accompli leur période de végétation.
+
+Nous pensons avoir atteint ce dernier but en renvoyant aux numéros
+portés sur le plan (voir pl. 1), ce qui ne laisse pas d'incertitude
+sur le choix de l'emplacement à assigner à chaque plante; et comme
+les indications du calendrier eussent été insuffisantes sous la
+forme que nous leur avons donnée, ou bien qu'elles eussent exigé
+des développements que ne comporte pas un tableau synoptique, nous
+renvoyons, pour la culture propre à chaque espèce, à l'article
+spécial qui y est consacré.
+
+Nous commençons, contrairement à la coutume, l'année par le mois
+d'août, parce que c'est à cette époque que commence en effet l'année
+horticole, tandis qu'en commençant par le mois de janvier, ainsi que
+cela a lieu communément, on sépare les travaux d'automne de ceux de
+printemps, avec lesquels ils sont intimement unis, puisqu'ils en
+sont la préparation nécessaire.
+
+
+AOÛT.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 380[1].
+ Température moyenne, maximum + 21°,20.
+ minimum + 16°,46.
+ Quantité de pluie, 48 mill. 59.
+ État de l'hygromètre, 70°,5.
+
+[Note 1: BOUVART, _Observations météorologiques faites à
+l'Observatoire de Paris_.]
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est un de ceux qui réclament de la part
+du jardinier tous ses soins et son activité. Non-seulement il
+entretient, par des arrosements et des bassinages, la végétation des
+plantes dont il attend la récolte vers la fin de la saison, mais
+encore il s'occupe déjà des semis et des plantations des végétaux
+destinés à passer l'hiver et à donner leur produit l'année suivante.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--Les couches sont peu nécessaires dans ce
+mois, et les seuls travaux à faire consistent à planter des
+Choux-fleurs sur les couches à Melons, et à faire une meule à
+Champignons au n. 8.
+
+_Côtière_ n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante de la Scarole,
+semée en pleine terre dans la seconde quinzaine de juillet.
+
+N. 11. On sème des Mâches.
+
+_Pleine terre_, n. 14.--On sème des Épinards de Hollande.
+
+N. 23. On plante des Choux de Milan, semés en juillet.
+
+N. 32. On sème des Navets.
+
+N. 37. On plante du Céleri turc, semé dans la première quinzaine de
+juin.
+
+On sème du Cerfeuil bulbeux et des Radis roses.
+
+Dans la seconde quinzaine, on sème des Oignons blancs, de la Romaine
+rouge d'hiver, de la Laitue de la Passion, de la Chicorée de la
+Passion, du Cerfeuil, des Choux d'York, coeur-de-boeuf et
+pain-de-sucre.
+
+On récolte les graines de Carottes, Laitues, Oignons, Ciboule,
+Poireaux, Panais, Persil, Crambé maritime.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Terminer le palissage des espaliers; supprimer les
+branches qui tendraient à s'emporter.
+
+Arroser les Pêchers et découvrir les fruits qui approchent de la
+maturité.
+
+Greffer à oeil dormant les arbres fruitiers et les arbres et
+arbustes d'ornement.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Tous les soins consistent à arroser, ratisser,
+biner, couper les gazons, mettre en place les fleurs d'automne,
+telles que les Balsamines, Reines-marguerites, Oeillets d'Inde,
+etc., si ces travaux n'ont pas encore eu lieu; terminer les
+marcottes d'Oeillets.
+
+Greffer les Pivoines en arbre sur des tubercules de Pivoines
+herbacées. (Voir page 74, l'article _Greffe_.)
+
+Séparer et replanter les Juliennes doubles, mettre les Oeillets de
+semis en planche ou les planter dans les plates-bandes.
+
+Planter les Couronnes impériales et les Lis martagons.
+
+Semer les graines de Pivoines herbacées; ce mode de multiplication
+est extrêmement long, et l'on ne sème guère que pour obtenir de
+nouvelles variétés.
+
+Semer les Pensées à grandes fleurs, en septembre, on les repique en
+pépinière à bonne exposition, pour ne les mettre en place qu'au
+printemps; on sème aussi, mais en pots et sous châssis, les
+Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires, les Mimulus, les
+Giroflées quarantaines.
+
+
+SERRES.--Vers la fin du mois, rabattre et rempoter les Pélargoniums
+et les plantes dont les pots ont été enterrés pendant l'été, afin
+qu'elles soient reprises à l'époque où on les rentrera dans la
+serre. On fait des boutures de Pélargoniums, de Calcéolaires, de
+Chrysanthèmes à fleurs blanches, Cuphéa, Ageratum Mexicanum,
+Fuchsia, Véroniques ligneuses, Verveines.
+
+
+SEPTEMBRE.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 399.
+ Température moyenne, maximum +17°,87.
+ minimum +13°,74.
+ Quantité de pluie, 57 mill. 26.
+ État de l'hygromètre, 75°,2.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de jardinage commencent à diminuer,
+car l'année approche de sa fin, et les soins d'entretien exigent
+moins d'assiduité. Les arrosements deviennent moins fréquents, et
+n'ont plus lieu que le matin; on doit, à cause de la fraîcheur des
+nuits, cesser ceux du soir. C'est, en revanche, l'époque des
+récoltes; les graines sont mûres ou sur le point de l'être, et il
+faut songer à les cueillir. Le jardinier soigneux disposera ses
+serres et son fruitier pour rentrer ses fruits, ses légumes et ses
+plantes quand le moment sera venu. Il faut aussi faire les
+réparations nécessaires aux coffres et aux panneaux, afin qu'ils
+soient en état dès que les froids viendront.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches_, n. 3.--Dans la seconde quinzaine, on
+recharge la couche avec du terreau et on plante de la Laitue gotte,
+semée dans la première quinzaine du mois. À l'approche des froids,
+on couvre ces Laitues avec des châssis, on donne autant d'air que
+possible, afin d'éviter la pourriture; avec des soins, on peut en
+conserver jusqu'en décembre.
+
+_Côtière_, n. 10.--Dans la première quinzaine, on plante de la
+Laitue de la Passion, de la Chicorée de la Passion et de la Romaine
+rouge d'hiver, semées dans le courant d'août.
+
+_Pleine terre._--Dans les premiers jours du mois, on sème des
+Choux-fleurs, des Choux d'York et coeur-de-boeuf. On sème de la
+Chicorée fine sous cloches, mais à froid. On sème la Pimprenelle,
+des Radis roses sur ados, et on continue de semer du Cerfeuil
+ordinaire, du Cerfeuil bulbeux, des Mâches et des Épinards. On fait
+blanchir des Cardons et du Céleri.
+
+N. 56. On sème de la Carotte hâtive.
+
+N. 41. On sème du Poireau long.
+
+N. 42, 43, 44 et 45. On plante cinq rangs de Fraisiers des quatre
+saisons dans chaque planche, et on les met à 0m,35 sur la ligne.
+
+N. 46 et 47. On plante quatre rangs de Fraisiers Queen's seedling,
+ou toute autre espèce à gros fruit, dans chaque planche, et on les
+met à 0m,50 sur la ligne.
+
+On récolte les graines de Chicorées, Céleri, Betteraves, Poirées,
+Choux-fleurs.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Les travaux de ce mois se bornent à peu de chose.
+Néanmoins, on surveille la végétation des Pêchers, afin de maintenir
+l'équilibre de la sève. On greffe les arbres qui végétaient trop
+vigoureusement dans le cours du mois précédent, et l'on garantit les
+fruits contre la voracité des oiseaux et des insectes. On donne le
+dernier binage.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Mêmes travaux de soins et d'entretien que dans
+les mois précédents. C'est l'époque la plus favorable pour semer les
+pelouses de gazon, car il reste encore assez de temps pour qu'il
+couvre la terre avant l'hiver, et au printemps il est en état de
+résister à la sécheresse, qui lui est très-contraire. C'est
+également l'époque de tondre les bordures de Buis. Semer les
+Clarkias, Collinsias, Coréopsis, Crépis, Énothères, Alyssum
+maritimum, Gilias, Mufliers, Némophiles, Oeillets de Chine, Silènes,
+Saponaire de Calabre, Thlaspis, etc., et repiquer avant l'hiver les
+plants en pépinière, pour ne les mettre en place qu'au printemps.
+Semer en pots, que l'on hiverne sous châssis, les Anagallis,
+Brachycomes, Centranthus, Eucharidium, Leptosiphon, Nemesia,
+Nycterinia, Malopes, Phlox Drummondi, Schizanthus, Trachymènes,
+Viscaria.
+
+Planter aussi les Iris Germanica, semer des Giroflées quarantaines
+pour les repiquer sur ados, ou dans des pots, qu'on rentre dès que
+le froid se fait sentir. Semer les Renoncules et Anémones en terrine
+ou en pleine terre.
+
+Séparer et replanter les Pivoines herbacées, mais de telle sorte que
+les bourgeons ne soient recouverts que d'environ 0m,5 ou 0m,3 de
+terre.
+
+Planter les Pancratiums Illyricum, les Fumeterres bulbeuses et les
+Alstræmerias, qui peuvent supporter la pleine terre; planter aussi
+les Jonquilles à 0m,5 ou 0m,6 de profondeur, ainsi que les Muscaris,
+les Jacinthes, les Crocus, les Tulipes hâtives et les Narcisses que
+l'on veut chauffer pendant l'hiver.
+
+On peut encore faire des boutures de Calcéolaires, Ageratum
+Mexicanum, Chrysanthèmes à fleurs blanches, Verveines.
+
+
+SERRES.--Vers le 15, on rentre les plantes de serre chaude, qui
+souffriraient de l'abaissement de la température. On rempote les
+plantes de serre tempérée et d'orangerie, afin qu'elles soient
+reprises avant qu'on les rentre, et l'on remet les panneaux sur les
+serres et sur les bâches.
+
+
+OCTOBRE.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 465.
+ Température moyenne, maximum +14°,73.
+ minimum + 9°,46.
+ Quantité de pluie, 48 mill. 10.
+ État de l'hygromètre, 82°,5.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Commencer les labours d'hiver, les travaux de
+plantation et les modifications à faire dans la disposition du
+jardin; faire les trous d'arbres, planter même si l'on est pressé.
+Séparer les bordures et les touffes des plantes vivaces, élaguer les
+arbres rustiques, commencer à tondre les haies, couvrir les plantes
+délicates; récolter les graines, les fruits, les légumes. Si l'on a
+des terres à remuer pour certaines dispositions du jardin, on peut
+commencer. Le soir, on fait des paillassons, afin d'être en mesure
+de couvrir les châssis et les serres dans le courant du mois
+suivant.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--On commence à chauffer les Asperges
+vertes, et on plante les oeilletons d'Ananas dans des pots
+proportionnés à la force de chacun; aussitôt après la plantation, on
+enfonce les pots sur une couche, et, à partir de cette époque
+jusqu'au printemps, il faut remanier les réchauds tous les mois. Il
+faut aussi relever de pleine terre ceux qui ont été plantés l'année
+précédente à la même époque, puis les mettre dans la serre.
+
+Dans la première quinzaine, on sème sous cloches et sur ados de la
+Laitue petite noire; on élève ces Laitues sans jamais leur donner
+d'air. À la même époque, on sème de la Romaine verte maraîchère, et
+dans la seconde quinzaine de la Laitue rouge, de la Laitue gotte et
+de la Romaine blonde ou grise maraîchère. Lorsque le plant
+commencera à avoir quelques feuilles, on placera trois rangs de
+cloches sur toute la longueur de l'ados, et l'on repiquera sous
+chacune d'elles une trentaine de plants. Pendant la première
+huitaine qui suivra la plantation, on donnera un peu d'air au plant
+en soulevant les cloches d'environ 0m,3, puis après ce temps, on
+augmentera progressivement jusqu'à 0m,8, et il ne faudra rabattre
+les cloches que lorsqu'il gèlera à 2 ou 3 degrés. Ce plant, étant
+convenablement soigné, servira à faire toutes les plantations qui
+auront lieu depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février.
+
+On repique les Choux-fleurs et les Choux cabus hâtifs en pépinière.
+
+N. 6. Vers la fin du mois ou au commencement de novembre, on plante
+sur terre, mais sous châssis, de la Chicorée fine semée dans la
+première quinzaine de septembre, et deux rangs de Choux-fleurs semés
+dans les premiers jours de septembre.
+
+Si, vers la fin du mois, on craignait la gelée, il faudrait mettre
+les panneaux sur les Laitues plantées n. 3.
+
+_Pleine terre_, n. 19.--On sème les Épinards pour le printemps. Dans
+la seconde quinzaine, on repique au n. 18 de l'Oignon blanc semé
+dans la seconde quinzaine du mois d'août, et on sème du Cerfeuil ou
+des Mâches dans l'intervalle. On fait les derniers semis de Cerfeuil
+bulbeux.
+
+Vers la fin du mois, ou au commencement de novembre, il faut couper
+les vieilles tiges d'Asperges, et donner à chaque planche un léger
+binage à la fourche, puis étendre un bon paillis de fumier.
+
+On continue de faire blanchir du Céleri et des Cardons.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Il ne reste plus rien à faire aux arbres jusqu'au
+moment de la taille; on peut cependant marquer ceux qu'on se propose
+de déplanter pour les lever le mois suivant. C'est l'époque de
+cueillir les fruits et de les déposer dans le fruitier, ce qu'il ne
+faut faire que par un temps bien sec et au fur et à mesure que les
+arbres cessent de végéter.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Couper les tiges des plantes vivaces qui ont
+cessé de fleurir. Nettoyer les plates-bandes, les fumer et les
+labourer avant de mettre en place les plantes qui devront fleurir au
+printemps. Ramasser les feuilles qui tombent dans les allées,
+auxquelles on donne une dernière façon.
+
+Semer en place des Cynoglosses, Pieds-d'alouette, Pavots, Giroflées
+de Mahon, Adonides, etc. Refaire les bordures de Mignardise, de
+Buis, de Marjolaine, de Thym et d'Hysope; sevrer les marcottes
+d'Oeillets, et les planter en pots ou en pleine terre. Planter les
+Jacinthes à 0m,10 de profondeur, et planter en pots celles que l'on
+destine à être chauffées. Planter les Iris d'Espagne et
+d'Angleterre, à 0m,3 de profondeur; les Crocus en pots, en bordures
+ou dans les gazons, où ils produiront au printemps un effet charmant
+et seront défleuris avant qu'il soit nécessaire de couper le gazon.
+Mettre en terre les Tulipes, à environ 0m,6 de profondeur. Il faut
+aussi planter l'Ail doré et les Scilles agréables et d'Italie;
+relever de terre les Glaïeuls plantés au printemps.
+
+Dès les premières gelées, il faut relever de terre les Dahlias, les
+Érythrines, les Balisiers, et les déposer dans l'orangerie ou dans
+une cave bien sèche, pour passer l'hiver; en faire autant de toutes
+les plantes de serre qu'on a mises en pleine terre au printemps pour
+garnir les massifs et plates-bandes. Il faut les tailler et les
+empoter; puis, pour les rétablir, on les met pendant quelque temps
+sous un panneau.
+
+
+SERRES.--Dans la première quinzaine, on rentre les Pélargoniums; et
+dans la seconde, à moins de froid prématuré, les Orangers, les
+Grenadiers et les Lauriers-roses. Les plantes les plus délicates,
+celles qui ont besoin d'air et de lumière, se mettent près du jour,
+et les plus rustiques se placent derrière. Lorsque toutes les
+plantes sont rentrées, on bine la terre des pots ou des caisses, et
+on donne un léger arrosement.
+
+
+NOVEMBRE.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 614.
+ Température moyenne, maximum + 10°,15.
+ minimum + 4°,74.
+ Quantité de pluie, 55 mill. 87.
+ État de l'hygromètre, 82°,2.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On commence les plantations et les labours, ainsi
+que le défoncement du terrain qu'on destine à une nouvelle
+plantation. On veille à la conservation des végétaux qui craignent
+la gelée, et on ramasse les feuilles pour faire les couches et
+couvrir les châssis. Lorsqu'on a le choix, les feuilles de Chêne et
+de Châtaignier sont celles auxquelles on doit donner la préférence.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--On continue de chauffer les Asperges
+vertes et on commence à chauffer les Asperges blanches. Dans les
+premiers jours du mois, on sème sous châssis, mais en pleine terre,
+des Pois pour replanter sous châssis. On sème de la Laitue Georges
+sous cloches et sur ados, et on traite le plant comme nous l'avons
+indiqué pour les Laitues rouges et gottes.
+
+On relève les Romaines vertes pour les replanter immédiatement sous
+cloches; mais, cette fois, on n'en met plus que douze ou quinze par
+cloche. S'il arrivait que le plant de Romaine blonde ou grise
+avançât trop, il faudrait lui faire subir un second repiquage,
+comme aux Romaines vertes.
+
+S'il survenait de fortes gelées, il faudrait garnir les cloches qui
+couvrent le plant de Laitues et de Romaines avec du vieux fumier
+bien sec ou des feuilles, et, pour garnir le derrière de l'ados, on
+fera un réchaud que l'on élèvera jusqu'à la superficie des cloches.
+
+On doit augmenter la couverture en raison de l'intensité du froid,
+et découvrir les cloches au moment du soleil; mais il est nécessaire
+de s'assurer d'abord si le plant n'est pas atteint de la gelée; car
+alors il faudrait, au lieu de découvrir, augmenter la couverture et
+le laisser dégeler graduellement.
+
+_Pleine terre._--On arrache le Céleri planté au n. 37, pour le
+replanter par rangs dans une tranchée; lorsqu'il viendra de fortes
+gelées, on le couvrira avec de la litière ou des feuilles, que l'on
+retirera lorsque le temps sera devenu plus doux.
+
+N. 31. Vers la fin du mois, on sème des Pois Michaux, et, dans les
+intervalles, de la Laitue à couper.
+
+On coupe les montants d'Artichauts et les plus longues feuilles;
+puis on les butte, opération qui consiste à relever la terre autour
+de chaque touffe, de manière que celle-ci se trouve enterrée presque
+jusqu'en haut. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on les couvre avec
+de la litière ou des feuilles, que l'on écarte quand le temps est
+doux.
+
+Afin de ne pas manquer de provisions pendant les gelées, il faut
+arracher et mettre en jauge, soit dans la serre à légumes, soit dans
+le potager, tous les légumes que la gelée endommagerait ou
+empêcherait d'arracher, tels que Carottes, Betteraves, Navets,
+Chicorées, Scaroles, Céleris, Cardons. Il faudra couvrir avec de la
+paille ou des feuilles ceux que l'on aura enjaugés dans le potager,
+comme les Poireaux, les Salsifis, les Scorsonères, les Navets, et
+les découvrir toutes les fois que le temps le permettra.
+
+Il faut aussi, dans le courant du mois, arracher les Choux dont les
+pommes sont faites, et les mettre en jauge, afin de pouvoir s'en
+servir pendant les gelées.
+
+Dans le courant du mois, mais le plus tard possible, on coupe les
+têtes de Choux-fleurs, ce qu'il ne faut faire que par un temps bien
+sec, et on les dépose dans la serre à légumes, où elles peuvent se
+conserver jusqu'en avril.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Tailler les arbres vieux ou débiles, pour empêcher
+que la sève ne monte dans les bourgeons qui doivent être supprimés,
+et que l'arbre ne s'épuise. Arracher les arbres qu'on a l'intention
+de supprimer.
+
+Commencer les plantations d'arbres fruitiers dans les terres
+calcaires, légères ou sablonneuses, où il est toujours préférable de
+planter en automne, excepté pour les Mûriers et les Figuiers, qui ne
+doivent être plantés qu'au printemps. Il faut aussi planter en pots
+les arbres fruitiers que l'on destine à être chauffés l'année
+suivante.
+
+Si, dans la première quinzaine, on peut disposer de quelques
+panneaux, il faudra les placer devant l'espalier de Vigne; par ce
+moyen, on peut conserver du Raisin dans toute sa beauté jusqu'en
+janvier. Vers la fin du mois, on peut empailler les Figuiers, ou
+bien, si les branches sont assez souples pour être abaissées jusqu'à
+terre, on les y fixe au moyen de crochets de bois, puis on les
+couvre de terre.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Découper à la bêche les bordures de gazon.
+Arracher les plantes annuelles qui sont défleuries. Labourer les
+plates-bandes et les massifs. Diviser et replanter les plantes
+vivaces dont les touffes sont devenues trop larges. Mettre les
+Giroflées jaunes en place, de même que les Roses trémières, Oeillets
+de poëte, Corbeilles d'or, Thlaspis.
+
+Terminer la plantation des Tulipes, des Jacinthes et des Narcisses.
+Semer en place les premiers Pois de senteur.
+
+Arracher les Dahlias, dans la seconde quinzaine du mois, si le temps
+a été assez favorable pour qu'on les ait laissés en terre jusqu'à
+cette époque.
+
+Butter les Rosiers francs de pied, qui souffrent ordinairement de
+nos hivers. Commencer les plantations d'arbres et d'arbustes
+d'ornement, excepté les arbres résineux, les Catalpas, Magnolias
+grandiflora, Tulipiers, qui ne doivent être plantés qu'au printemps.
+
+Lorsqu'il commence à geler, il faut couvrir ou mettre dans la serre
+les Oeillets en pots, les Giroflées grosse espèce et Cocardeau.
+
+
+SERRES.--Tous les soins à donner aux plantes de serre consistent à
+renouveler l'air aussi souvent qu'on pourra, entretenir la propreté,
+et ne mouiller qu'avec la plus grande réserve.
+
+On commence à couvrir la serre chaude pendant la nuit, et, à partir
+de cette époque, on continue jusqu'en avril. Lorsque, le soir, le
+temps est clair, le vent à l'est, et que le thermomètre ne marque
+pas plus de 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, il faut couvrir tous
+les châssis et les serres avec des paillassons.
+
+
+DÉCEMBRE.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 953.
+ Température moyenne, maximum + 7°,93.
+ minimum + 3°,53.
+ Quantité de pluie, 43 mill. 60.
+ État de l'hygromètre, 87°,5.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de pleine terre sont fort restreints;
+on peut s'occuper du transport des engrais et les étendre sur le
+sol dans lequel ils doivent être enfouis. On continue les labours,
+si la gelée le permet.
+
+Vers la fin du mois ou au commencement de janvier, on vide les
+tranchées des vieilles couches à Melons, afin de pouvoir disposer de
+l'emplacement.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--La cessation des travaux de pleine terre
+laisse aux jardiniers le temps de s'occuper de leurs couches, qui
+exigent tous leurs soins. Aussitôt que les couches indiquées pour ce
+mois sont faites, il faut les couvrir de panneaux, afin que les
+fumiers entrent plus promptement en fermentation; et, à moins de
+temps contraire, on peut découvrir tous les jours celles sur
+lesquelles on a semé ou planté, en ayant soin de couvrir avant la
+nuit.
+
+On continue de chauffer les Asperges blanches et vertes. Dans la
+première quinzaine, on sème des Raves hâtives, et dans la seconde
+quinzaine des Poireaux.
+
+N. 3. Vers le 15 de ce mois, on sème sur couche et sous châssis de
+la Carotte courte hâtive, et on plante de la Laitue petite noire
+semée dans la première quinzaine d'octobre.
+
+N. 4. Planter des touffes d'Oseille sur couche et sous châssis.
+
+N. 5. Dans la première quinzaine on repique sur terre, mais sous
+châssis, des Pois semés dans les premiers jours de novembre.
+
+_Pleine terre._--À l'approche des gelées, on relève les Brocolis en
+mottes pour les planter près à près, et assez profondément pour que
+la tige soit enterrée jusqu'aux premières feuilles. On lie les
+Cardons, on les lève en mottes et on les rentre dans la serre à
+légumes. On couvre le Persil avec de la paille ou des feuilles, et
+lorsque le temps est doux on découvre un peu les Artichauts; mais il
+est prudent de les recouvrir le soir; et, si la gelée augmente, il
+faut les recouvrir d'une plus grande quantité de feuilles ou de
+litière.
+
+On continue de semer des Pois Michaux, et dans la première quinzaine
+on plante au n. 12 des Choux d'York semés dans les premiers jours de
+septembre.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--On continue les plantations, et dans les terres
+fortes, argileuses ou humides, on fait les trous seulement pour ne
+planter qu'en février ou mars. On défonce, on fume et laboure, et
+vers la fin du mois on place les serres mobiles sur la Vigne et les
+arbres fruitiers en espalier que l'on veut chauffer.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Continuer les changements de disposition,
+élaguer les arbres, défoncer les parties de vieux gazons que l'on
+veut ressemer, réparer les allées dégradées et continuer les
+plantations. Dans la deuxième quinzaine, on peut planter les
+Renoncules.
+
+
+SERRES.--Entretenir la température de la serre aux Ananas, garnir
+les tablettes de Fraisiers, renouveler l'air dans la serre tempérée
+et l'orangerie quand il ne gèle pas, et avoir soin de les refermer
+avant la disparition du soleil.
+
+Couvrir de bâches les Camélias, Rhododendrons, Magnolias, et autres
+arbustes rustiques. Bien qu'ils puissent rester trois mois sans
+lumière et sans aucun soin, il est bon cependant de les visiter
+quelquefois pour enlever la moisissure que l'absence d'air peut
+produire.
+
+
+JANVIER.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 759.
+ Température moyenne, maximum + 7°,10.
+ minimum + 4°,41.
+ Quantité de pluie, 36 mill. 27.
+ État de l'hygromètre, 86°,5.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est ordinairement froid et humide; mais,
+lorsque le temps le permet, on continue les défoncements et les
+labours qui n'ont pu avoir lieu dans le courant du mois précédent;
+et l'on ouvre les fosses à Asperges pour le printemps; on amène
+aussi sur le terrain des fumiers destinés à être enterrés; on met en
+tas celui qui doit servir à faire les couches, les réchauds, etc.
+Lorsque le temps est assez rigoureux pour empêcher les travaux
+extérieurs, on fait les réparations nécessaires aux instruments de
+jardinage, on nettoie les graines et on prépare tout ce qui sera
+nécessaire pour les opérations ultérieures.
+
+Le jardinier qui a des serres et des couches a une occupation
+constante, et, à cette époque de l'année, elles exigent tous ses
+soins. Si le temps est humide, il faut écarter la litière qui couvre
+les Artichauts et les recouvrir dès qu'on craint la retour du froid.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--Il faut soigner les couches, refaire les
+réchauds, remplir ceux qui n'ont pas besoin d'être refaits, de
+manière qu'ils soient toujours aussi élevés que la superficie des
+panneaux. À moins de temps contraire, on découvre les panneaux tous
+les jours, et l'on donne un peu d'air aux plantes, au moment du
+soleil, en soulevant les panneaux du côté opposé au vent; il est
+prudent de les recouvrir avant qu'il se soit formé du givre sur les
+vitres.
+
+On commence à chauffer les Ananas qui sont de force à donner fruit,
+on continue de chauffer les Asperges blanches et vertes, et l'on
+plante les Pommes de terre Marjolin.
+
+On sème sur couches très-chaudes les premières Chicorées fines, pour
+planter sous châssis. On sème également sous châssis du Persil, ou
+bien on plante des pieds tout venus.
+
+On continue de planter des touffes d'Oseille. On sème sous cloches
+ou sous châssis des Pois hâtifs pour repiquer en pleine terre, et,
+vers la fin du mois, on met des châssis sur les Fraisiers de pleine
+terre qu'on veut forcer.
+
+N. 4. Dans la seconde quinzaine, on repique sur couche et sous
+châssis des Haricots de Hollande semés dans la première quinzaine du
+mois.
+
+N. 7. On fait une couche sur laquelle on place trois rangs de
+cloches.
+
+On plante sous chaque cloche quatre Laitues petite noire (semée dans
+la première quinzaine d'octobre), et au milieu une Romaine verte,
+choisie parmi celles qui ont été semées dans les premiers jours
+d'octobre.
+
+_Pleine terre._--Les travaux de pleine terre sont peu nombreux;
+cependant, si, vers la fin du mois, il ne gèle pas, on peut planter
+dans les terres légères, à bonne exposition, des Choux d'York et
+coeur-de-boeuf, semés dans les premiers jours de septembre, et de la
+Romaine verte, semée dans la première quinzaine d'octobre; puis
+parmi le tout on sème de la Carotte hâtive et du Poireau.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Continuer les plantations, et si le temps le
+permet, commencer, quand il ne gèle pas, à tailler les Pommiers et
+les Poiriers en espalier et en quenouille, pour continuer jusqu'en
+mars, en commençant toujours par les moins vigoureux; enlever le
+bois mort et détruire les nids de chenilles. Couper les rameaux
+destinés à servir à la greffe, ou faire des boutures et les enterrer
+au nord dans du sable, à l'abri de la gelée et des influences
+atmosphériques. Lorsque le froid ou d'autres circonstances empêchent
+de mettre immédiatement en place les arbres destinés à des
+plantations, il faut les disposer en jauge et en couvrir les racines
+de manière à les garantir de la gelée.
+
+Émousser les arbres et les passer au lait de chaux, afin de détruire
+les lichens et les insectes qui s'attachent sur l'écorce. On doit,
+dans le même but, blanchir les murs des arbres en espalier, ce qui
+peut avoir lieu au moyen d'une seringue de jardin semblable à celle
+que l'on emploie pour bassiner les plantes de serre.
+
+Commencer à chauffer la Vigne, les Cerisiers, les Pêchers, les
+Pruniers et les Figuiers.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Il y a peu de travaux à faire dans la saison
+rigoureuse; cependant, on profite du temps favorable pour faire les
+travaux de terrassement, labourer les massifs et enterrer les
+feuilles. On peut aussi continuer les plantations.
+
+Dans la seconde quinzaine de ce mois, on peut commencer à semer sur
+couche chaude de la Pervenche de Madagascar.
+
+
+SERRES.--Mettre sous châssis ou dans la serre les Jacinthes en pots,
+Narcisses, Tulipes hâtives, Rosiers du Bengale, Lilas, Rhododendrons,
+etc., dont on veut avancer la floraison.
+
+Découvrir les serres tous les jours, à moins de temps contraire, et,
+au moment du soleil, donner un peu d'air à l'orangerie et à la serre
+tempérée; enfin, visiter avec soin les plantes placées dans les
+serres, et veiller à ce qu'elles ne soient pas atteintes de la
+pourriture.
+
+
+FÉVRIER.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 706.
+ Température moyenne, maximum + 7°,08.
+ minimum + 0°,94.
+ Quantité de pluie, 40 mill. 50.
+ État de l'hygromètre, 83°,2.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Terminer tous les labours qui n'ont pu être faits
+dans le cours du mois précédent, et achever les travaux que l'hiver
+a suspendus; il faut se presser de les finir, pour ne pas être
+arrêté quand la végétation recommencera. Toutes les fois que le
+temps le permet, donner de l'air aux Artichauts et au Céleri, que
+l'on recouvre quand on craint la gelée.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--Mêmes soins que dans le mois précédent.
+On sème les premiers Melons à châssis et les Concombres; on continue
+de chauffer les Asperges blanches, de semer de la Chicorée fine, des
+Haricots de Hollande pour planter sous châssis, de la Chicorée
+sauvage, des Radis roses et des Carottes hâtives sur couche, mais à
+l'air libre. On sème du Céleri-rave, des Choux rouges, des Choux de
+Milan et de Bruxelles.
+
+Vers la fin du mois, on sème des Aubergines, et on plante, au n. 1,
+des Melons cantaloups hâtifs semés dans les premiers jours du mois.
+
+_Côtière._--Dans le cas où l'état de la température n'aurait pas
+permis de le faire plus tôt, on plante, au n. 9, de la Romaine
+verte, semée dans la première quinzaine d'octobre, et dans la
+Romaine on contre-plante des Choux-fleurs, semés dans la première
+quinzaine de septembre; puis, parmi le tout, on sème de la Carotte
+hâtive et du Poireau.
+
+_Pleine terre._--Les semis recommencent dans ce mois et ont pris de
+l'importance; on commence à butter les Crambés pour les faire
+blanchir.
+
+N. 15. On sème parmi de la Carotte hâtive et des Radis.
+
+N. 21. On plante des Choux coeur-de-boeuf, semés dans les premiers
+jours de septembre, et après la plantation on sème des Épinards
+entre les Choux.
+
+N. 22. On plante des Choux d'York, également semés dans les premiers
+jours de septembre, et on sème du Cerfeuil ou des Épinards.
+
+N. 34. On sème des Fèves naines hâtives.
+
+N. 48. On sème des Scorsonères.
+
+N. 49. On sème des Salsifis.
+
+Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de mars, on sème, au
+n. 40, de l'Oignon jaune des Vertus; au n. 14, on repique des Pois
+Michaux de Hollande, semés sur couche en janvier ou février, et, au
+n. 29, on plante des Pommes de terre Marjolin ou des fines hâtives.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--On commence les plantations dans les terres
+fortes, argileuses ou humides; on continue de tailler les Poiriers
+et les Pommiers, et on commence à tailler les Abricotiers, Pruniers,
+Cerisiers, Pêchers et la Vigne. Tailler les Groseilliers et rabattre
+les Framboisiers, pour en obtenir plus de fruits. Émousser les
+arbres, et les passer au lait de chaux, quand cette opération n'a
+pas été faite à l'époque précédemment indiquée.
+
+Planter les Mûriers, terminer les labours. Mettre stratifier les
+Amandes que l'on veut planter au printemps, et semer les Poiriers et
+les Pommiers.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Labourer les bosquets et les massifs, ainsi que
+les emplacements destinés à faire des gazons, que l'on sème à la fin
+du mois. Tailler les Rosiers à bois dur, tels que cent-feuilles,
+Provins, hybrides non remontants, etc.
+
+Replanter les bordures de Buis, Lavande, Sauge, Hysope, Mignardise,
+Pâquerette, etc. Planter les arbres résineux. On peut continuer ces
+plantations jusqu'en mars. Semer en place des Pieds-d'alouette, des
+Pavots, des Giroflées de Mahon, Thlaspis, Résédas, si l'on n'en a
+pas semé durant l'automne. Planter les Renoncules, à 0m,05 de
+profondeur. Semer sur couche les Giroflées quarantaines, les
+Amarantes, les Pervenches, les Pétunias, Mimulus, Lobélias; presque
+toutes les plantes annuelles, excepté celles d'automne; puis, quand
+le plant est assez fort, on le repique en pépinière, pour ne le
+planter en place qu'en avril et mai.
+
+On fait également sur couche des boutures de Coléus, Lantana,
+Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines, qui,
+convenablement soignées, peuvent être plantées en mai dans le jardin
+d'agrément.
+
+
+SERRES.--Renouveler l'air dans la serre tempérée et l'orangerie,
+enlever les feuilles mortes. Biner la terre des pots et les arroser
+modérément.
+
+
+MARS.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 852.
+ Température moyenne, maximum +9°,94.
+ minimum +2°,66.
+ Quantité de pluie, 39 mill. 89.
+ État de l'hygromètre, 75°,0.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de ce mois sont les premiers de
+l'année qui réclament toute l'activité des jardiniers. On doit se
+hâter de finir les labours, d'enterrer les fumiers et les engrais et
+de refaire partout les bordures. On découvre les végétaux qu'on a
+buttés et couverts pour les garantir de la gelée; il faut cependant
+encore recouvrir les semis et les plantations d'une petite couche de
+terreau ou d'un paillis léger, afin de les mettre à l'abri des
+gelées printanières et du hâle, et l'on met en terre les
+porte-graines qu'on a conservés en jauge ou dans la serre à légumes.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--Pendant ce mois, les couches nécessitent
+beaucoup de surveillance, car il faut souvent ombrer les châssis
+pendant le jour et les couvrir la nuit.
+
+On exhausse les coffres des Choux-fleurs, Haricots, etc., toutes les
+fois qu'il est nécessaire; et si, vers la fin du mois, le temps est
+favorable, on enlève les panneaux des Choux-fleurs; mais, comme à
+cette époque les nuits sont souvent très-froides, il faut, pendant
+la nuit et par le mauvais temps, les couvrir avec des paillassons.
+
+On commence à chauffer les Ananas de deuxième saison. On continue de
+semer des Melons à châssis, des Concombres, des Aubergines et de la
+Chicorée sauvage. On fait des boutures de Patates, et vers la fin du
+mois on sème des Tomates et des Piments.
+
+N. 7. Dans la première quinzaine, on plante sous chaque cloche trois
+Laitues gottes semées dans la seconde quinzaine d'octobre.
+
+N. 2. Dans la seconde quinzaine, on plante sur couche en tranchée
+des Melons semés dans la seconde quinzaine de février, sur lesquels
+on rapporte les châssis qui étaient sur les Carottes semées au n. 3.
+
+_Côtière._--On sème un rang de Persil le long du mur.
+
+_Pleine terre._--On plante les pommes de terre et tous les
+porte-graines. On sème des Oignons blancs, des Choux pommés de
+Saint-Denis, quintal, de Milan et de Bruxelles, des Laitues, des
+Romaines, des Panais, du Céleri, de la Poirée blonde, des Épinards,
+de la Ciboule, des Pois, des Fèves, des Salsifis, des Scorsonères,
+de la Chicorée sauvage, de la Pimprenelle, du Persil et du Cerfeuil.
+
+N. 13. On plante deux rangs de Crambés.
+
+N. 14. Dans la première quinzaine, on sème des Radis roses.
+
+N. 17. On plante de la Romaine blonde semée vers la fin d'octobre.
+
+N. 20. On plante de la Laitue rouge semée vers le 15 octobre, et on
+contre-plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de
+septembre.
+
+N. 25, 26, 27, 28. On plante quatre rangs d'Asperges de Hollande; on
+les met à environ 0m,40 de distance sur la ligne.
+
+N. 32. On sème des Pois d'Auvergne et des Pois ridés.
+
+N. 38. On sème du Poireau.
+
+N. 39. On sème de la Carotte demi-longue.
+
+Dans la seconde quinzaine, on sème des Brocolis et des Navets
+hâtifs.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Terminer les plantations, achever la taille des
+arbres fruitiers, excepté pour ceux qui sont trop vigoureux;
+labourer le pied des arbres en espalier. Greffer la Vigne, et lors
+du premier mouvement de la séve pratiquer l'incision transversale,
+pour faire développer les branches nécessaires à la charpente des
+arbres qu'on veut élever sous une forme régulière.
+
+Planter les Figuiers et découvrir ceux qui sont empaillés; couper le
+bois mort et rabattre les branches trop maigres.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Outre les travaux indiqués en tête de ce mois,
+il faut terminer les plantations d'arbres, d'arbrisseaux et des
+plantes vivaces; nettoyer complétement les allées, les sabler.
+
+Découvrir tous les Rosiers qui ont été empaillés ou buttés.
+
+Achever de les tailler, excepté ceux qui auraient souffert du froid;
+il faudra attendre pour cela qu'ils aient commencé à végéter, et les
+tailler plutôt longs que courts, sauf à les raccourcir une quinzaine
+de jours après.
+
+Refaire les bordures de Buis et labourer les massifs de terre de
+bruyère.
+
+Semer les pelouses de gazon dans les terrains où l'on n'aura pas pu
+semer en automne.
+
+Planter les Renoncules et les Anémones qu'on n'aurait pas encore
+plantées.
+
+Planter les Tigridias, à 0m,5 de profondeur, les Glaïeuls, à 0m,10,
+et les Lis de Saint-Jacques en pots ou en pleine terre, à 0m,15 de
+profondeur.
+
+Séparer et replanter les plantes vivaces. (Voir page 69,
+_Multiplication par les racines_.)
+
+Semer les Crépis, Malopes, Lavatères, et du Réséda, que l'on peut
+continuer de semer pendant tout l'été.
+
+Semer, pour être repiqués, de la Giroflée jaune, des Oeillets de
+Chine, et presque toutes les plantes annuelles que l'on a semées sur
+couche précédemment. Semer aussi les Coréopsis et les Thlaspis, si
+on ne les a pas semés en automne.
+
+Planter sur couche des Tubéreuses, et mettre les tubercules de
+Dahlias sous un châssis, afin de favoriser le développement des
+bourgeons.
+
+Semer, sur couche, les Verveines, les Balsamines, Amarantes,
+Amarantoïdes, Seneçon des Indes, Zinnias, etc.; et, lorsque le plant
+sera assez fort, on le repiquera sur couche en pépinière pour ne
+planter en place qu'en mai.
+
+Semer aussi des Cobéas, et, dès qu'ils auront quelques feuilles, on
+les repiquera dans de petits pots qu'on laissera sur couche jusqu'à
+la fin d'avril ou le commencement de mai, époque où on les mettra en
+pleine terre; on peut encore faire des boutures de Coléus, Lantana,
+Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines,
+quand celles qu'on a faites en février ne promettent pas une bonne
+reprise.
+
+
+SERRES.--On n'a plus besoin, dans ce mois, de faire du feu, car le
+soleil a pris assez de force pour que ses rayons échauffent
+l'atmosphère, et il est même souvent nécessaire d'ombrager les
+serres, afin de ne pas laisser brûler les feuilles des plantes. Les
+arrosements seront peu à peu plus fréquents et plus abondants. On
+nettoie partout, et on seringue les feuilles des plantes aussi
+souvent que l'état de la température l'exige.
+
+
+AVRIL.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 789.
+ Température moyenne, maximum +12°,70.
+ minimum + 5°,59.
+ Quantité de pluie, 45 mill. 53.
+ État de l'hygromètre, 65°,8.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On continue les travaux qui n'ont pas été
+terminés dans le cours du mois précédent; mais, comme les gelées
+sont moins à craindre, on peut faire des semis de toutes sortes.
+
+Sarcler et éclaircir les semis, pailler les plantations pour les
+préserver contre le hâle, et, s'il est nécessaire d'arroser, il ne
+faut le faire que le matin et dans le jour seulement, à cause de la
+fraîcheur des nuits.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--On sème des Melons pour planter sous
+cloches, des Concombres, des Cornichons et des Potirons pour planter
+en pleine terre; sous châssis, des Haricots flageolets pour repiquer
+également en pleine terre; et sur couche, mais à l'air libre, de la
+Chicorée fine et des Choux-fleurs.
+
+N. 3. Dans la première quinzaine, on plante des Melons semés dans la
+première quinzaine de mars, sur lesquels on rapporte les châssis qui
+étaient sur les Choux-fleurs plantés n. 6.
+
+N. 7. On plante sous cloches deux rangs d'Aubergines semées fin
+février.
+
+N. 4. Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde, et on
+plante sous cloches un rang de Melons semés dans la seconde
+quinzaine de mars.
+
+N. 8. Vers la fin du mois ou au commencement du mois de mai, on
+plante, sur couche sourde, un rang de Patates.
+
+_Plate-bande_, n. 55.--On plante un rang de Rhubarbe anglaise.
+
+_Pleine terre._--On continue de planter des Pommes de terre. On sème
+des Choux-fleurs et on continue de semer des Brocolis, des Choux de
+Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Pois, des Fèves, des
+Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, du
+Céleri à couper, du Persil, du Cerfeuil, de la Pimprenelle, de la
+Chicorée sauvage; et, vers la fin du mois, des Choux-fleurs
+demi-durs, du Cresson alénois, etc.
+
+N. 30. On plante des Choux de Milan, semés vers la fin de février.
+
+N. 37. On sème de l'Oseille.
+
+N. 50. On plante des Choux quintal semés vers le 15 mars.
+
+N. 51, 52, 53 et 54. On plante deux rangs d'oeilletons d'Artichauts
+dans chaque planche; on les met à 1 mètre sur la ligne.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Achever de tailler les arbres vigoureux et les
+Pêchers; garantir par des toiles ou des paillassons les arbres en
+fleur, que menacerait la gelée; terminer les labours et les
+plantations; faire les boutures et couchages; répandre du paillis
+pour empêcher la sécheresse; greffer en fente les Cerisiers,
+Pruniers, Poiriers, Pommiers, Mûriers, etc.; repiquer les Amandes
+que l'on a mises à stratifier.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les Magnolias grandiflora et les
+Tulipiers, qui, à cette époque, reprennent beaucoup mieux qu'en tout
+autre temps. Terminer les labours et tous les travaux de nettoyage
+du jardin d'agrément.
+
+Semer les graines d'arbres résineux; semer les Oeillets; rempoter ou
+mettre en pleine terre les marcottes de l'année précédente; semer en
+place les Capucines grandes et naines, les Haricots d'Espagne, les
+Volubilis, les Lupins annuels, les Belles-de-nuit, les Nigelles,
+etc.; et semer, pour être repiqués, les Oeillets d'Inde et les Roses
+d'Inde, que l'on peut semer successivement jusqu'en juin; diviser
+les touffes de Chrysanthèmes.
+
+
+SERRES.--Donner de l'air quand le temps le permet, afin de fortifier
+les plantes qui bientôt pourront être exposées à l'air libre;
+commencer à seringuer les plantes vers le milieu du jour, et donner
+des arrosements modérés. Dans la seconde quinzaine, on commence à
+sortir les plantes les moins délicates.
+
+
+MAI.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 863.
+ Température moyenne, maximum +17°,67.
+ minimum +10°,98.
+ Quantité de pluie, 56 mill. 80.
+ État de l'hygromètre, 70°,0.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous n'entrerons dans aucun détail sur les
+opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le
+jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du
+jardin réclame tous ses soins.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--On fait une couche de 0m,50 d'épaisseur,
+que l'on recouvre de 0m,25 de bonne terre, pour planter les Ananas
+en pleine terre, sous châssis.
+
+Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers
+Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de
+la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au
+n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la
+première quinzaine d'avril.
+
+Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n. 6, et on
+plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine d'avril,
+sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les Aubergines
+plantées au n. 7.
+
+_Côtière_, n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante des
+Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en
+avril.
+
+N. 11. On sème du Cerfeuil.
+
+N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes
+ou en rayons.
+
+_Pleine terre._--On plante les dernières Pommes de terre. On sème
+des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la
+Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des
+Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de
+Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des
+Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du
+Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre.
+
+Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée
+demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril.
+
+N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde
+quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des
+Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril.
+
+N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche.
+
+N. 33. On sème des Haricots à rames.
+
+N. 23. On sème des Haricots nains.
+
+Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise
+semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux
+rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars.
+
+N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche vers la fin
+d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé sur
+couche en février.
+
+N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en
+place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la
+première quinzaine du mois.
+
+N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril.
+
+N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante
+quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril.
+
+N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un
+rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Il faut, outre les travaux généraux, que le
+jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes
+parties de ses arbres et à favoriser leur développement.
+
+On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et
+l'on commence à greffer en écusson à oeil poussant.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les derniers Magnolias à feuilles
+persistantes.
+
+Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y
+a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils
+ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur
+beauté.
+
+Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque,
+devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de
+beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines.
+
+C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers,
+Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias,
+Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.
+
+Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils sont
+défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois.
+
+Replanter en bordure les Amaryllis jaunes.
+
+Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce,
+et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en
+septembre on les relèvera pour les planter en pots.
+
+
+SERRES.--Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des
+Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au
+moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les
+rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se
+prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première
+quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre
+une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur
+du soleil.
+
+Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les
+plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de
+l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les
+plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de
+Paris.
+
+On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les
+bâches à Camélias, Rhododendrons, etc.
+
+
+JUIN.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 966.
+ Température moyenne, maximum +21°,19.
+ minimum +14°,42.
+ Quantité de pluie, 54 mill. 34.
+ État de l'hygromètre, 67°,5.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent
+de la culture propre à ce mois pour tous les travaux à faire.
+Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des
+ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec;
+faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les
+soins généraux qui appellent l'attention du jardinier.
+
+
+JARDIN POTAGER. _Couches._--Dans ce mois, on peut se passer de faire
+de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre;
+on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons
+plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai;
+puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la
+première quinzaine de mai.
+
+_Pleine terre._--On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole,
+de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour
+l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver.
+
+On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de
+Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses,
+des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines,
+des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson
+alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer
+tous ceux que l'on veut mettre en filet.
+
+Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de
+Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la
+seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée
+à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à
+0m,50 sur la ligne.
+
+N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde
+quinzaine de mai.
+
+N. 31. On sème des Navets.
+
+N. 30. On sème des Haricots.
+
+Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la Chicorée
+plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les premiers
+jours de mai.
+
+N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les
+premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on
+contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai.
+
+Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème
+au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place.
+
+Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en
+faire des confitures.
+
+On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches,
+etc.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--On commence le palissage de la Vigne et des arbres
+en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison.
+
+On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des
+bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et
+d'un produit assuré.
+
+On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la
+fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet,
+on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des
+vers à soie.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--On fauche les gazons, on bine les plates-bandes
+et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met
+des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc.
+
+Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers.
+
+Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui
+prennent un trop grand développement.
+
+Repiquer en pépinière les Oeillets de semis, rempoter les
+Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis
+Belladones, et les replanter peu de temps après.
+
+Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales,
+Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, Oeillets de poète, Myosotis
+alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes vivaces
+propres à garnir le jardin d'agrément.
+
+
+SERRES.--Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont
+défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition
+ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour
+que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près
+à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux
+Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles,
+dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre.
+
+
+JUILLET.
+
+ Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 193.
+ Température moyenne, maximum +21°,19.
+ minimum +16°,99.
+ Quantité de pluie, 47 mill. 21.
+ État de l'hygromètre, 68°,2.
+
+
+TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de
+soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale
+importance, et réclament la sollicitude du jardinier.
+
+
+JARDIN POTAGER.--_Couches._ Dans la première quinzaine, on enlève le
+fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on
+en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le
+terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine
+de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée
+dans la première quinzaine de juin.
+
+N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la
+couche, et, comme au n. 2, on remplit la tranchée et on plante des
+Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et on
+contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première
+quinzaine du mois.
+
+
+PLEINE TERRE.--On fait les derniers semis de Choux de Milan,
+Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de
+semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis
+queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut
+arriver à maturité avant l'hiver.
+
+N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la
+Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première
+quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un
+rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin.
+
+N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante
+au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la
+première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de
+Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin.
+
+On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de
+Salsifis, de Scorsonère, etc.
+
+
+JARDIN FRUITIER.--Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre
+les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner,
+découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la
+maturité.
+
+Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le
+soir seringuer les feuilles.
+
+De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à oeil
+dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et
+Pommiers.
+
+
+JARDIN D'AGRÉMENT.--Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter
+les Lis à 0m,15 ou 0m,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront
+défleuris.
+
+Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès que les
+feuilles seront desséchées.
+
+Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à
+l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou
+sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en
+pleine terre.
+
+Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les Oeillets et
+commencer à greffer les Rosiers en écusson à oeil dormant.
+
+
+SERRES.--Les plantes de serre sont presque toutes dehors et
+n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles
+qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons
+solaires et les arroser au besoin.
+
+
+
+
+CHAPITRE III.
+
+Instruments de jardinage.
+
+
+Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables
+pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à
+constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre
+livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie,
+afin de simplifier les opérations.
+
+
+§ I.--_Outils propres aux labours et plantations._
+
+BÊCHE DE SOISSONS.--La lame est un peu évidée au milieu; elle a
+0m,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0m,16 en bas. Au
+lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de
+deux chevilles rivées.
+
+
+BÊCHE DE SENLIS.--Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la
+partie enfoncée dans la douille; le fer a 0m,30 de hauteur, 0m,22
+de largeur en haut et 0m,18 en bas.
+
+
+BINETTE.--La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que
+0m,16 de longueur sur 0m,12 de largeur. Elle sert à remuer la terre
+entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi qu'à
+faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de terre.
+
+
+BINETTE À CROC.--Cette binette, dont la lame est double, offre un
+tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents.
+
+
+HOYAU.--Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et
+préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a
+0m,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0m,32.
+
+
+HOULETTE.--La houlette est une petite bêche dont la lame, longue
+d'environ 0m,15, large de 0m,10, est repliée cylindriquement sur ses
+côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes.
+
+
+PIOCHE OU TOURNÉE.--Cet instrument est particulièrement employé pour
+les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les
+trous et déplanter les gros arbres.
+
+
+PLANTOIR.--Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre
+recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être
+enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de
+pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre.
+
+
+TRAÇOIR TRIDENT.--L'avantage de cet instrument est d'éviter de
+déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une
+planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le
+cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la
+planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les
+deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une
+charnière, et sur la traverse par une petite cheville mobile, qui
+permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le besoin.
+
+
+CISEAUX À TONDRE.--Ce sont de grands ciseaux de 0m,40 de longueur,
+dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils
+servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc.
+
+Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou.
+Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser
+les lames l'une contre l'autre.
+
+
+RATEAU SIMPLE À DENTS DE FER.--Il sert à nettoyer les allées, à unir
+la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir
+légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ
+0m,30, et l'autre de 0m,45.
+
+
+RATISSOIRE À POUSSER.--Manche, 1m,40 de longueur; lame, 0m,20.
+
+
+RATISSOIRE À TIRER.--Employée dans les parties où la terre est le
+plus dure. La lame, qui a 0m,20 de largeur, est faite avec un
+morceau de vieille faux. Le manche a 1m,15 de longueur.
+
+
+ROULEAU.--Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre,
+muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un
+essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour
+rouler les terres et les gazons.
+
+
+SARCLOIR.--Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne
+sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0m,25.
+
+
+§ II.--_Outils propres aux transports._
+
+BROUETTE À COFFRE.--Les proportions d'une brouette sont: longueur,
+1m,50 à 1m,60; largeur du coffre, 0m,50 à 0m,55; écartement des bras
+à leur extrémité, 0m,65; diamètre extérieur de la roue, 0m,48.
+
+
+CROCHET POUR LE TRANSPORT DES CAISSES.--Ces crochets sont en fer, et
+l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe un
+brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux
+hommes transportent facilement des caisses très-pesantes.
+
+
+DIABLE.--Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les
+caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour
+les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les
+mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la
+flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on
+peut alors la diriger facilement partout où l'on veut.
+
+
+FOURCHE ORDINAIRE.--Cet instrument sert à faire les couches, à
+transporter les fumiers et à herser les planches du potager.
+
+
+HOTTEREAU (on prononce HOTTRIAU).--Il sert au transport des fumiers
+et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette.
+
+
+PELLE DE BOIS.--Comme cet instrument est à peu près partout le même,
+nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever
+les terres et terreaux, à les amonceler, etc.
+
+
+§ III.--_Instruments servant aux arrosements._
+
+ARROSOIR À POMME.--Cet instrument, qui doit être en cuivre pour
+avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau.
+
+
+ARROSOIR À BEC pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins
+un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme.
+
+Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place
+du bec de prolongement.
+
+
+POMPE À MAIN ET À JET CONTINU, de M. Petit.--Cet instrument, qui
+lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert à arroser les arbres
+trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue.
+
+
+SERINGUE pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et
+de serre. Sa longueur totale est de 0m,50.
+
+
+§ IV.--_Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres._
+
+CROISSANT.--On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à
+l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres
+et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier
+objet l'échenilloir, dont la manoeuvre est bien moins fatigante.
+
+
+COUPE-BOURGEONS.--Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à
+ébourgeonner et facilite cette opération.
+
+
+ÉCHENILLOIR.--On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet
+instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins
+commode.
+
+
+SÉCATEUR.--Le choix de cet instrument est d'une grande importance;
+car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la
+végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter
+la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec
+ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes.
+
+
+SCIE À MAIN, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au
+sécateur. Sa longueur totale est de 0m,25.
+
+
+ÉGOHINE, servant à couper les branches dans les endroits où la scie
+à main ne peut passer.
+
+
+SERPETTE.--On en fait de différentes dimensions; mais les plus
+généralement employées ont un manche d'environ 0m,12, de longueur,
+et la lame de 0m,08 à 0m,09.
+
+
+SERPE.--Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes
+des pieux et des tuteurs, etc.
+
+
+
+
+CHAPITRE IV.
+
+Défoncements et Labours.
+
+
+Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre
+compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est
+essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer.
+
+Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis
+très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il
+faut faire défoncer.
+
+Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes
+élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler,
+quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le
+terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver
+de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on
+ouvrira une tranchée de 1m,60 à 2 mètres de largeur (appelée jauge).
+Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche, et l'on
+pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a des
+terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus profondément.
+On divisera le terrain en deux, trois ou quatre parties, selon le
+nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la première tranchée au
+bout où l'on doit terminer, ce qui servira à combler le vide de la
+dernière. On remplacera successivement chaque tranchée par une autre
+de même longueur, en ayant soin de mettre la terre du fond à la
+superficie.
+
+Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que
+l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne
+terre.
+
+Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de fourche pour
+briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain; puis on
+passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront encore à
+remplir les allées.
+
+1. _Labours._--Dans les terres légères, on fera annuellement un
+profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres
+compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes,
+c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en
+monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les
+ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à
+cultiver.
+
+Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de
+commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge
+d'un bon fer de bêche de profondeur (0m,25 à 0m,30 environ), de
+0m,30 à 0m,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une planche
+pour un homme seul.
+
+Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on
+déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même
+bout.
+
+Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer,
+de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est
+aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant
+l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent
+de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid
+durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail.
+
+On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on
+replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois
+de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera
+du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop
+profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On
+brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de
+côté les pierres que l'on rencontrera.
+
+Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la terre des
+sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de repos. Pour
+les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la superficie du
+terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer, on l'égalisera
+à la fourche.
+
+On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons,
+en maintenant toujours une jauge de même largeur.
+
+En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de
+précautions pour ne pas en blesser les racines.
+
+Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une
+autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément
+qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises
+herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées.
+Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire
+de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé.
+
+2. _Sarclage._--Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les
+plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette
+opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de
+distinguer au premier coup d'oeil les plantes qu'il faut enlever de
+celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail doit
+offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche: c'est
+pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une heure au
+moins avant de commencer cette opération, les planches qui ont
+besoin d'être sarclées.
+
+3. _Binage._--Le binage est une opération non moins nécessaire aux
+plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la
+binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents.
+
+Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la
+terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements.
+Dans quelques circonstances (par exemple, pour les plantes
+repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois
+alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire.
+
+
+
+
+CHAPITRE V.
+
+Fumier et Engrais.
+
+
+Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres,
+tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la
+poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés
+que dans la grande culture.
+
+Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se
+procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut
+se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues,
+qui sont également de bons engrais, mais seulement après être
+restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant
+l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des
+Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté
+assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les
+graines germent une fois en terre.
+
+La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être
+employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la
+poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les
+terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des
+circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent
+de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux
+domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre
+eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus
+chauds sont ceux de _cheval_, de _mulet_, d'_âne_ et de _mouton_;
+les plus compactes et les plus froids sont ceux de _boeuf_, de
+_vache_ et de _porc_.
+
+Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit
+être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il
+soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais
+comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides,
+qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des
+fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de
+renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le
+principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises
+herbes.
+
+Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier,
+on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend
+un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé.
+
+C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le
+fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit
+l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus
+possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en
+culture.
+
+Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles
+couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur
+les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est
+encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces
+fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en
+terreau.
+
+Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le
+temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les
+atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes
+potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans
+une terre fumée de l'année précédente.
+
+
+
+
+CHAPITRE VI.
+
+Des Arrosements.
+
+
+L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est
+indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont
+on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par
+tous les moyens possibles.
+
+Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les
+eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec
+soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les
+toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues
+dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera
+les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les
+parties du jardin.
+
+À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir
+recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se
+préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que
+dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de
+se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que
+fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut
+facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est
+vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens
+se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux
+laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition
+quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant
+serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque
+toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques
+points même, ces substances sont tellement abondantes que l'eau
+dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche de sels
+calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des influences
+atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions
+physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures,
+ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans
+ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que
+l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce
+qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se
+déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au
+soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles
+cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10
+degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour
+les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt
+qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur
+végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur
+développement.
+
+On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements
+avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de
+crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La
+colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4
+kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un
+bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les
+plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque
+semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas
+être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront
+être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du
+terrain.
+
+Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements
+pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera
+que dans l'après-midi; au printemps et à l'automne, où les nuits
+sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin.
+
+Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et
+particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment
+repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller
+les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les
+plantes délicates et nouvellement repiquées.
+
+
+
+
+CHAPITRE VII.
+
+Des Couches.
+
+
+Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue
+par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a
+recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du
+soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible,
+dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce
+que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne
+peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits
+tardifs.
+
+I. COUCHES POUR PRIMEURS.--Les couches doivent toujours être à
+l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira
+sera creusé de 0m,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner
+dépend de plusieurs circonstances: 1º Celles qu'on fait en décembre,
+janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute autre
+époque de l'année; 2º Sur un sol froid et humide, elles doivent être
+plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3º Plus elles sont
+étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait
+ordinairement de 1m,30 de largeur, plus un sentier de 0m,40 qu'on
+laisse entre chacune et qu'on remplit de fumier; pour entretenir et
+ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds de fumier
+neuf, qu'on renouvelle de temps à autre.
+
+Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval
+neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé
+d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles
+d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des
+anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier
+seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus
+régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur
+excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes
+plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de
+feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf
+seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons.
+
+Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les
+fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la
+place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à
+reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties
+sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de
+répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être
+montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le
+mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme,
+de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une
+fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au
+centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération.
+Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la
+foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du
+fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit
+régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la
+couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les
+sentiers et l'on pose les coffres qui, par leur dimension, ont
+l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement de
+la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de
+terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts
+pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de
+semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent
+d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette
+précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur,
+il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela
+ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la
+couche, de manière à la refroidir.
+
+[Illustration: Fig. 2.--Thermosiphon.[2]]
+
+[Note 2: La figure 2 représente une chaudière en cuivre, à
+doubles parois, remplie d'eau; le tuyau de départ A sert également à
+introduire l'eau dans la chaudière; il communique avec les tuyaux de
+circulation B au moyen d'un coude de même diamètre.
+
+Aussitôt échauffée, l'eau contenue dans la chaudière se dilate,
+pousse celle qui se trouve dans les tuyaux jusqu'au point C, où elle
+rentre dans la chaudière pour se réchauffer et circuler de nouveau
+dans les tuyaux quand elle est suffisamment chaude.
+
+Quant aux tuyaux, lorsque le parcours est d'une certaine étendue, on
+leur donne la forme méplate, afin de chauffer une plus grande
+surface que dans les tuyaux cylindriques, et pour contenir une moins
+grande quantité d'eau qui puisse parvenir au degré d'ébullition plus
+promptement que dans ces derniers. On donne généralement à ces
+tuyaux 0m,02 à 0m,03 d'épaisseur sur une hauteur variable de 0m,10 à
+0m,15, suivant le cube d'air et le besoin d'élévation de la
+température. Les tuyaux de 0m,21 sur 0m,2 sont assez communément en
+usage. En effet, les tuyaux cylindriques, dont la surface extérieure
+correspond à celle du tuyau de 0m,21 de hauteur sur 0m,2 contiennent
+4 litres 20 d'eau, et la même longueur en tuyaux d'une surface
+extérieure semblable, c'est à-dire d'un diamètre de 0m,15, en
+contiendrait 15 litres 17. Il est vrai que l'eau chaude contenue
+dans le tuyau cylindrique se refroidira moins vite que dans l'autre;
+mais aussi il aura fallu pour la mettre en ébullition brûler plus de
+combustible sans avoir obtenu plus de surface de chauffe, et par
+conséquent plus de chaleur.]
+
+_Thermosiphon._--En quelques circonstances, on peut remplacer les
+couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on
+fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les
+plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux
+au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois,
+sous lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon; mais les
+plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents
+arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour
+les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire
+circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les
+coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la
+paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous
+fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes
+forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est
+seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire
+aux besoins des plantes.
+
+II. COUCHES SOURDES.--Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à
+faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une
+tranchée de 0m,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0m,35 de
+profondeur.
+
+On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour les
+précédentes; on leur donne 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur; elles doivent
+être légèrement bombées au milieu.
+
+On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de
+culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier
+long pour y concentrer la chaleur.
+
+1. _Réchaud._--Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire
+depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire
+d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les
+refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui
+consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier
+neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à
+remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin,
+suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau
+fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère,
+c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide,
+et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de
+les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de
+concentrer la chaleur.
+
+2. _Ados._--Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la
+culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un
+terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1m,33, tournée du
+côté du soleil.
+
+Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir
+fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au
+sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour
+recharger le derrière d'environ 0m,20; après quoi on unit le
+terrain; puis on étend sur le tout environ 0m,10 de terre mêlée de
+terreau.
+
+Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place
+trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer
+les jeunes plants.
+
+
+
+
+CHAPITRE VIII.
+
+Multiplication des plantes.
+
+
+Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour
+objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune
+d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles
+présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce
+chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et,
+en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir
+l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain.
+
+
+§ I.--Semis.
+
+Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une
+opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain
+doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien
+divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève
+avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface.
+
+La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au
+printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la
+durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques
+salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les
+légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc
+nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de
+la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra
+attendre pour que les plantes aient atteint leur entier
+développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis
+en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et
+humide, plus il faut semer tard et moins les graines doivent être
+recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il faut les
+enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre dessus un
+peu de terreau après les avoir hersées et foulées; d'autres ne
+doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées avec un peu
+de litière.
+
+Il y a deux modes principaux de semis: les _semis sur couche_ et les
+_semis en pleine terre_.
+
+I. SEMIS SUR COUCHE.--Comme il est souvent nécessaire de faire des
+semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les
+graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que
+la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces
+de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la
+température la plus favorable (excepté pour les Melons, les
+Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes
+les graines potagères que nous avons soumises à cette température
+ont parfaitement réussi.
+
+L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des
+semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours
+être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces
+semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre,
+et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les
+conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au
+parfait développement des graines.
+
+II. SEMIS EN PLEINE TERRE.--Ces semis se font _à la volée_, en
+_lignes_ ou _rayons_, et en _pochets_.
+
+1. _Semis à la volée._--La terre étant préparée, comme il a été dit
+plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les
+bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la
+répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un
+mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus
+également et de ne pas répandre de graines dans les sentiers, on
+sème la largeur de la planche en deux fois, en commençant par les
+bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne faut pas semer trop
+épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si, malgré cette
+précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les éclaircir à la
+main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas semer trop épais
+les graines fines, on peut, pour éviter cet inconvénient, les mêler
+avec du sable ou de la terre fine bien sèche. Après le semis, il
+faut herser le terrain légèrement avec la fourche, puis fouler un
+peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant pas faire si le terrain
+était humide. Pour recouvrir les graines, on étend avec le dos du
+râteau la terre des bords de la planche, en ayant soin d'en laisser
+un peu, de manière à retenir l'eau des arrosements. On peut aussi
+étendre sur les semis un peu de fumier bien consommé. Si le temps
+est sec, il faudra favoriser la germination des graines par des
+bassinages donnés avec l'arrosoir à pomme.
+
+2. _Semis en lignes_ ou _en rayons._--On trace, soit à la binette,
+soit au traçoir, des rayons d'environ 0m,3, ou 0m,5 de profondeur,
+et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on
+veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre
+légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre
+des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir
+les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce
+mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les
+binages doivent être fréquents.
+
+3. _Semis en pochets._--Il consiste à faire avec la binette des
+trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur
+seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque
+touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou,
+on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les
+plantes sont assez élevées, on finit de remplir les trous en
+passant un coup de râteau entre chaque touffe.
+
+
+§ II.--Repiquage.
+
+Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent
+être semées en place; et, pour être certain du succès de
+l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux,
+car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les
+produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent
+lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en
+pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près
+les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de
+déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la
+reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se
+faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura
+étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant
+profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre
+côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce
+qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages
+qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un
+temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il
+faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et
+faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de
+plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas
+attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser.
+
+
+§ III.--Oignons.
+
+Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes
+bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de
+les planter dans les circonstances les plus favorables à leur
+végétation.
+
+
+§ IV.--Caïeux.
+
+On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour
+de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes,
+Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut
+détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque
+les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent
+toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins
+avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils
+se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent
+ordinairement au bout de trois ou quatre ans.
+
+
+§ V.--Bulbilles.
+
+Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la
+place des graines, de petits oignons nommés _bulbilles_, qui servent
+à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les
+traiter comme les caïeux.
+
+
+§ VI.--Tubercules.
+
+Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges
+souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines
+fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de
+terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles
+tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de
+morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle
+plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels
+sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il
+faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun
+une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient
+pas.
+
+
+§ VII.--Griffes ou Pattes.
+
+On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on
+les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un oeil
+à chacun.
+
+
+§ VIII.--Oeilletons.
+
+On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines
+plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en
+ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut
+éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus
+certaine.
+
+
+§ IX.--Séparation des racines.
+
+Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines
+partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies
+d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les
+multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a
+d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface
+du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes
+épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors
+les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante
+que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles
+que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie
+de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.
+
+
+§ X.--Stolons ou Coulants.
+
+Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui
+produisent à chaque noeud des rejetons s'enracinant sur le sol.
+Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant
+de nouvelles plantes.
+
+
+§ XI.--Marcottes.
+
+Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit
+en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère
+que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que
+l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être
+abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus
+sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée
+sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a
+plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les
+plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la
+terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment
+humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver
+l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du
+fumier consommé ou de la mousse.
+
+1. _Marcottes simples._--Ce sont celles que l'on emploie pour
+multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la
+Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans
+une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la
+branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui
+se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait
+sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la
+rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes
+qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément.
+
+2. _Marcottes par strangulation._--Elles diffèrent des précédentes
+en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la
+couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent
+de nouvelles racines.
+
+3. _Marcottes par incision._--Nous allons décrire cette opération
+telle qu'on l'exécute pour multiplier les Oeillets. Dans le courant
+de juillet, on suspend les arrosements quelque temps avant le
+marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et l'on
+choisit des tiges assez longues pour être couchées. On retranchera
+les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se trouve en
+terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige dans une
+petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera l'extrémité
+de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en remontant à
+mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision d'environ 0m,02 de
+longueur, de manière que la partie entaillée forme une languette
+dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un noeud, en ayant soin
+de ne pas entamer l'autre moitié de la tige. On maintiendra chaque
+marcotte par un crochet ou un bout d'osier passé dessous, et dont on
+enfoncera les deux extrémités en terre; puis on recouvrira le tout
+de terre assez fine pour qu'elle s'introduise partout, en ayant soin
+surtout d'en faire pénétrer un peu entre les parties séparées, qui
+ordinairement restent écartées par l'effet de la courbure. Une fois
+l'opération terminée, on a l'habitude de couper l'extrémité des
+feuilles pour les empêcher de se faner; puis on étendra un léger
+paillis de fumier à moitié consommé et l'on mouillera avec un
+arrosoir à trous très-fins, pour ne pas ébranler les marcottes, qui
+s'enracineront ordinairement au bout de peu de temps.
+
+4. _Marcottes par cépée._--Ce procédé consiste à couper au printemps
+un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de
+terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève
+lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le
+Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer.
+
+5. _Marcottes de racines._--Pour faire ce genre de marcottes, il
+faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la
+séve forme un bourrelet d'où il ne tarde pas à se développer des
+bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus vigoureux, et l'on
+supprime les autres; puis, à l'automne, on le sèvre en coupant la
+racine près de la souche.
+
+
+§ XII.--Boutures.
+
+Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par
+boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité,
+consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une
+feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines.
+Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est
+d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être
+multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches
+disposées spécialement pour cette opération; aussi nous
+bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air
+libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien
+si l'on possède seulement des cloches et un châssis.
+
+1. _Boutures à l'air libre._--C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup
+d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des
+rameaux de l'année par tronçons de 0m,10 à 0m,20 de longueur, selon
+les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous d'un
+oeil; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de leur
+longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un lieu à
+l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au commencement
+d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien préparé et
+autant que possible à une exposition ombragée; on les enfoncera de
+manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre, puis après la
+plantation on paillera le terrain, et lorsque la sécheresse
+commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir l'humidité
+de la terre par des arrosements.
+
+2. _Boutures sous cloches et sous châssis._--Beaucoup de plantes
+d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de
+boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et
+mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à
+obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et
+on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de
+terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la
+recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû
+être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu
+éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les
+boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses;
+on les étête en leur donnant 0m,08 à 0m,10 de longueur, en ayant
+toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous
+d'un oeil; puis on les repique immédiatement sur la couche au moyen
+d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0m,02 à 0m,03. On pourrait
+aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on enfoncerait dans
+la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les Héliotropes, les
+Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert les bordures de
+cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du soleil, et la
+nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les bassiner de temps
+à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les boutures ne peuvent
+s'enraciner qu'en maintenant la terre constamment fraîche;
+lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on sera certain qu'elles
+sont pourvues de racines, on leur donnera un peu d'air dans le jour,
+en soulevant les cloches ou châssis, et au bout de quelque temps on
+pincera les extrémités les plus longues, puis on relèvera les
+boutures en tâchant de conserver à chacune une petite motte. On les
+plantera dans des pots, que l'on pourra replacer sur la même couche
+après les avoir arrosés, et, si on le juge nécessaire, on ranimera
+la chaleur de la couche en faisant de nouveaux réchauds; les autres
+soins se borneront à leur donner de l'air graduellement et à les
+arroser au besoin. Toutes les plantes étant ainsi traitées seront
+fortes et assez rustiques pour pouvoir être mises en pleine terre à
+l'époque où l'on en garnit les massifs et les plates-bandes.
+
+La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée;
+seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est
+ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus
+favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin
+d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué
+précédemment, on les repique à 0m,03 ou 0m,04 l'une de l'autre dans
+des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée d'un peu
+de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement; puis on
+place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du soleil.
+À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront être
+séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de parties
+qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément; étant ainsi
+traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant des plantes
+de force à fleurir.
+
+On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui
+s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis
+ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi
+haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit
+l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que
+l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le
+trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout
+sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus.
+
+3. _Boutures par tronçons de racines._--Quelques végétaux peuvent
+être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante
+soit en pleine terre, soit sur couche, mais toutefois en en
+laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons.
+
+
+
+
+CHAPITRE IX.
+
+De la Greffe.
+
+
+Nous ne décrirons pas longuement la greffe, cette opération est trop
+généralement connue pour cela; nous dirons seulement qu'elle a pour
+objet de multiplier, de conserver et de perfectionner des variétés
+utiles et agréables, et de faire porter à un tronc sauvage des fleurs
+brillantes ou des fruits savoureux destinés à l'embellissement de nos
+jardins et à l'accroissement des produits non moins appréciables de nos
+vergers.
+
+Cette opération, sur laquelle il a été tant de fois et si longuement
+écrit, exige tout simplement un peu d'observation et une certaine
+habileté manuelle. Elle repose sur trois points fondamentaux: 1º
+l'appréciation des circonstances dans lesquelles la greffe doit être
+faite, c'est-à-dire le moment où les plantes abreuvées de sève ne
+demandent qu'à végéter; 2º le choix du sujet, qui doit être dans un
+état convenable de vigueur et de santé, et surtout apte à recevoir
+la greffe, qu'on ne peut pratiquer que sur des espèces unies entre
+elles par d'étroites affinités; car toutes les greffes des Rosiers
+sur Houx, Lilas, etc., sont autant de contes faits à plaisir; 3º
+l'opération manuelle, qui n'exige qu'un court d'apprentissage et
+peut être considérée comme la moins difficile des trois, puisque par
+l'observation des deux conditions qui précèdent on obtient un succès
+auquel on ne peut atteindre, quel que soit le soin du greffeur, si
+les circonstances dans lesquelles il opère sont défavorables.
+
+Il y a différentes sortes de greffes, mais la plupart sont de pur
+agrément; aussi nous bornerons-nous à décrire les principales, qui
+peuvent être considérées comme le type de toutes les autres, qu'on
+pourra exécuter lorsqu'on connaîtra celles que nous indiquons.
+
+1. _Greffe en écusson._ Cette greffe est la plus généralement
+employée, et l'on peut l'exécuter à plusieurs époques de l'année;
+premièrement, de mai en juillet, ce que l'on appelle _greffe à oeil
+poussant_; cette dénomination vient de ce que ces greffes,
+commencent à pousser aussitôt que l'écusson est repris; il en est
+même, sur les Rosiers par exemple, qui à l'automne de la même année
+forment déjà une belle tête. La seconde époque est d'août en
+septembre, lorsque la séve commence à se ralentir, et on l'appelle
+_greffe à oeil dormant_, parce qu'à cette époque l'écusson ne fait
+plus que se souder au sujet et ne pousse que l'année suivante. C'est
+dans cette saison qu'on greffe de préférence les arbres fruitiers.
+
+Il faut, quelque temps avant l'opération, préparer le sujet à
+recevoir la greffe, c'est-à-dire faire choix des branches sur
+lesquelles on veut écussonner, et supprimer les autres, surtout
+celles qui se trouveraient au-dessous des greffes; et si les
+individus qu'on veut greffer commençaient à ne plus être en séve, il
+faudrait tâcher, par des arrosements, d'en ranimer la végétation.
+Lorsque le moment sera favorable, on choisira les meilleurs yeux de
+l'espèce qu'on veut multiplier, on coupera la feuille placée
+au-dessus de l'oeil sans endommager le pétiole, on supprimera aussi
+les aiguillons qui se trouveraient sur l'écusson; puis, avec la lame
+du greffoir, on cernera l'oeil de manière à pouvoir l'enlever avec
+une partie de l'écorce environnante, à laquelle on donnera à peu
+près la forme de l'écusson (voir A, _fig. 3_). Pour la détacher, on
+la soulèvera légèrement avec la pointe du greffoir, puis avec la
+spatule, en ayant soin d'enlever toutes les parties ligneuses
+adhérentes à l'écusson, et qui empêcheraient son contact avec le
+bois du sujet, à moins que le rameau ne soit assez tendre pour qu'on
+n'ait pas besoin de faire cette opération; et s'il arrivait que l'on
+enlevât la racine de l'oeil, ce qu'il est facile de reconnaître au
+vide qui en résulte, il fondrait réformer cet écusson, dont la
+reprise serait douteuse.
+
+[Illustration: Fig. 3.--Greffe en écusson.]
+
+On peut encore employer un autre moyen pour lever l'écusson, et il
+est surtout avantageux quand les greffes sont petites; il consiste à
+détacher avec un fil de soie ou un crin (voir B, _fig. 3_)
+l'écusson, dont on a d'abord soulevé la partie supérieure; on fait
+ensuite sur l'écorce du sujet à greffer une incision en forme de T
+(voir C, _fig. 3_), on soulève les bords de la plaie en glissant la
+spatule sous l'écorce, de manière à pouvoir placer facilement
+l'écusson, qu'on introduit en le tenant par le pétiole et en
+appuyant légèrement sur la partie supérieure; s'il arrivait qu'il ne
+pût entrer dans toute sa longueur, il faudrait en couper l'extrémité
+pour qu'il coïncidât bien avec le sujet; ensuite on rapproche les
+bords de l'entaille sur l'écusson, et l'on entoure le tout d'une
+ligature de laine, en ayant soin surtout de ne pas engager l'oeil
+(voir D, _fig. 3_). Nous avons figuré la ligature plus écartée
+qu'elle ne doit l'être, afin qu'on puisse voir la position de
+l'écusson. La chute précoce du pétiole est un signe de la reprise de
+la greffe, ce qui a lieu ordinairement dix ou quinze jours après
+l'opération; il faut alors rabattre le sujet à quelques centimètres
+au-dessus de la greffe. On aura soin d'enlever toutes les pousses
+qui paraîtront sur le sujet, et l'on pincera le bourgeon terminal
+des greffes de manière à favoriser le développement des yeux
+inférieurs.
+
+[Illustration: Fig. 4.--Greffe en anneau.]
+
+2. _Greffe en anneau._--Les mois d'avril et d'août sont les époques
+les plus favorables pour la reprise de cette greffe. Elle convient
+pour la multiplication des arbres à bois dur, et particulièrement
+des noyers. On choisit, sur l'arbre que l'on veut multiplier, une
+branche de même grosseur que le sujet à greffer; on cerne l'écorce
+circulairement au-dessous et au-dessus d'un oeil, de manière à
+former un anneau que l'on détache en le fendant perpendiculairement
+sur la partie apposée à l'oeil (voir C. _fig. 4_); puis on l'enlève
+à l'aide de la spatule du greffoir. On enlève ensuite sur le sujet
+un anneau de la même largeur (voir B, _fig. 4_), et l'on rapporte à
+sa place la partie d'écorce enlevée sur l'arbre que l'on veut
+propager. Il faut, pour être certain du succès, avoir la précaution
+de bien faire joindre les écorces en haut et en bas; puis on
+assujettit les greffes avec une ligature de laine, en ayant soin
+surtout de ne pas engager l'oeil. On ne rabattra les branches ou la
+tête du sujet que quand la reprise de la greffe sera assurée. Cette
+greffe a l'avantage de ne jamais mutiler le sujet; car, dans le cas
+où la greffe ne végète pas, l'anneau d'écorce reste et tient lieu de
+celui qu'on a enlevé.
+
+3. _Greffe en fente._--Cette greffe peut être également faite au
+printemps et à l'automne; et, pour être certain du succès, il faut,
+comme pour la greffe en écusson à oeil dormant, qu'il n'y ait plus
+assez de séve pour faire pousser la greffe, mais qu'il y en ait
+encore assez pour la souder au sujet, afin qu'elle ne soit pas
+desséchée par les intempéries de l'hiver.
+
+Pour greffer au printemps, il faut avoir la précaution de couper en
+janvier les rameaux de l'année précédente sur chaque espèce d'arbre
+que l'on veut multiplier, puis on les enterre dans du sable, à
+l'exposition du nord, de manière à en retarder autant que possible
+la végétation; car, pour être certain du succès de ces greffes, il
+faut que la séve commence à monter dans le sujet, mais qu'elle n'ait
+pas encore gonflé les bourgeons du rameau que l'on veut greffer. La
+première quinzaine d'avril est ordinairement l'époque la plus
+favorable pour cette opération: alors on coupe horizontalement la
+tête du sujet, et on le fend au milieu de son diamètre, de manière à
+faire une entaille de 0m,03 à 0m,06, suivant la force du sujet, et
+en ayant soin que cette entaille soit toujours un peu plus profonde
+et plus large que ne l'exigerait en apparence la greffe à insérer.
+Lorsque le sujet est gros et vigoureux, on peut faire plusieurs
+entailles (voir A, B, _fig. 5_); mais il faut qu'elles soient
+opposées l'une à l'autre, de manière qu'elles ne se rejoignent pas.
+Une fois le sujet prêt à recevoir la greffe, on choisit un rameau
+garni de bons yeux et de 0m,06 à 0m,10 de longueur, de sorte
+qu'après son insertion dans l'entaille, il y ait au moins deux ou
+trois yeux au dehors. On taille ensuite la partie inférieure de ce
+rameau de manière à former deux biseaux de 0m,03 à 0m,06 de longueur
+(voir C, _fig. 5_), quelle que soit l'épaisseur de la partie qui
+doit être en dehors, on fait en sorte de conserver son écorce;
+ensuite on ouvre la fente avec la spatule du greffoir ou avec un
+coin, et l'on insère la greffe de manière que son écorce coïncide
+exactement avec celle du sujet; puis on enveloppe le tout d'une
+ligature, et l'on couvre l'extrémité du sujet avec de la cire à
+greffer[3]. Il faut, enfin, avoir soin d'enlever toutes les pousses
+qui se développent sur le sujet, car elles vivraient aux dépens de
+la greffe.
+
+[Note 3: La cire à greffer se compose de deux parties de
+poix-résine, de deux parties de cire jaune et d'une partie de suif,
+fondues ensemble.]
+
+[Illustration: Fig. 5.--Greffe en fente.]
+
+4. _Greffe en fente sur tubercule._--Cette greffe est
+particulièrement employée pour multiplier les Pivoines en arbre.
+Dans le courant d'août, on prend un tubercule de Pivoine herbacée,
+on en coupe le sommet transversalement, on fait une fente sur l'un
+de ses côtés et l'on y insère un rameau dont on aura taillé en
+biseau la partie inférieure, puis on plante le tubercule dans un
+pot, mais de manière que toute la greffe se trouve enterrée. Les
+pots sont placés sur une couche tiède, et on couvre les greffes
+d'une cloche qu'il faut ombrager pendant quinze ou vingt jours. Au
+printemps suivant, on peut mettre chacune de ces greffes en pleine
+terre.
+
+[Illustration: Fig. 6.--Greffe en placage.]
+
+5. _Greffe en placage._--On taille en bec de flûte allongé le rameau
+que l'on veut greffer (voir A, _fig. 6_), puis on enlève sur ce
+sujet une portion d'écorce (voir B, _fig. 6_) exactement de la même
+grandeur que la partie taillée de la greffe; on réunit les deux
+parties, et l'on fait une ligature. Ces greffes reprennent avec
+facilité, mais pour cela il faut les étouffer sous cloche.
+
+6. _Greffe de la Vigne._--Dans le courant de mars, on coupe le sujet
+sur le collet de la racine, à environ 0m,08 à 0m,10 en terre, et on
+laisse sécher la plaie pendant quelques jours; car si l'on greffait
+aussitôt, la séve monterait avec une telle abondance, qu'il pourrait
+arriver qu'elle noyât la greffe. On prépare les rameaux comme pour
+les autres greffes en fente, puis on fait une ou plusieurs
+entailles, selon la force du sujet, et l'on place les greffes,
+auxquelles on laisse deux ou trois yeux hors de terre. La greffe et
+l'extrémité du sujet sont recouvertes ensuite avec de la cire à
+greffer; quelques personnes se contentent même de comprimer un peu
+la terre autour de la greffe, en ayant grand soin de ne pas déranger
+les rameaux.
+
+Dans le midi de la France, on pratique la greffe en fente modifiée
+de la manière suivante: après avoir déchaussé le cep qui sert de
+sujet, on le coupe un peu au-dessus du sol, on le fend de part en
+part, et on y insère latéralement une greffe taillée en lame de
+couteau vers la moitié de sa longueur, et dont l'extrémité
+inférieure, entièrement libre, plonge dans le sol de 0m,15 à 0m,20;
+ce qui sert à alimenter la greffe jusqu'à sa parfaite soudure avec
+le sujet.
+
+_Greffe herbacée._--Cette greffe ne diffère guère de la greffe en
+fente que par l'époque où on l'exécute. Elle peut être employée pour
+multiplier presque tous les végétaux encore à l'état herbacé, et
+particulièrement les arbres résineux et quelques arbrisseaux
+d'agrément. L'époque de faire cette greffe varie suivant l'état de
+la saison; ordinairement, le moment le plus favorable est le mois de
+mai. On coupe l'extrémité du bourgeon au-dessus d'une ou de
+plusieurs feuilles, qu'il faut avoir soin de ménager, afin d'attirer
+la séve vers la greffe; puis on fend le sujet d'environ 0m,03 à
+0m,06 de longueur, et l'on prépare le rameau comme pour la greffe en
+fente, en ayant soin de ne pas trop l'amincir. Pour cette opération,
+il faut se servir d'un instrument bien tranchant et bien affilé,
+afin de couper bien net. La greffe une fois préparée, on l'introduit
+dans la fente du sujet, et on l'assujettit avec une ligature de
+laine. Pour éviter de couper la tête du sujet, on peut procéder
+d'une autre manière: c'est-à-dire que l'on y fait une incision,
+comme pour placer un écusson; puis, après avoir taillé le rameau en
+biseau allongé d'un seul côté, en bec de flûte, on l'introduit
+entre le bois et l'écorce, et comme toujours, on maintient la greffe
+avec une ligature, que l'on doit enlever environ un mois après
+l'opération. Pour assurer le reprise de ses greffes, il est
+nécessaire de les garantir du soleil et du hâle; ainsi, si l'on
+opère sur des plantes en pots, il faudra les réunir sous un châssis,
+que l'on aura soin d'ombrer; et pour celles que l'on fera sur des
+sujets en pleine terre, on les garantira en les entourant d'un
+cornet de papier, d'une feuille de vigne, ou de tout autre abri, que
+l'on pourra enlever dix ou quinze jours après l'opération. Cette
+greffe peut aussi s'appliquer à la multiplication des plantes
+tuberculeuses; c'est ainsi qu'au printemps on greffe les jeunes
+pousses des variétés de Dahlias les plus belles sur des tubercules
+de variétés inférieures. On prend pour cela un tubercule, on en
+coupe le sommet horizontalement, et on le fend sur l'un des côtés,
+puis on fait choix d'un rameau qui ne soit pas encore creux, ce qui
+arrive lorsqu'ils sont déjà forts, et l'on en taille la partie
+inférieure en biseau peu aigu, en ayant soin d'enlever seulement
+l'épiderme; puis on l'insinue dans la fente du tubercule, que l'on
+plante dans un pot, de telle sorte que toute la greffe se trouve
+enterrée. On place les pots sur une couche tiède, et on les couvre
+d'une cloche, qu'il faut avoir soin d'ombrager plusieurs jours.
+
+On pratique aussi la greffe herbacée sur la Vigne.
+
+Cette opération doit avoir lieu, en mai ou juin, sur des bourgeons
+de 0m,20 ou 0m,25 de longueur. Elle ne diffère en rien de la greffe
+en fente ordinaire; seulement, il faut, après avoir enveloppé la
+greffe avec de la laine ou avec de la cire, l'introduire dans une
+bouteille à large col (bouteille à conserves), qu'on fixe à un
+tuteur ou à tout autre support, et boucher l'ouverture avec de la
+mousse fraîche.
+
+Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine,
+on débouche la bouteille, afin de fortifier la greffe, et peu de
+temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois que ces
+greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que ce
+procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme moyen
+de multiplication, mais encore pour juger du mérite des variétés
+nouvelles.
+
+[Illustration: Fig. 7.--Greffe en couronne.]
+
+_Greffe en couronne_, connue sous le nom de _greffe Pline_.--Cette
+greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en
+fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière
+greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper,
+pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les
+empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer
+doit être coupée horizontalement (voir _fig. 7_), et il faut
+entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans
+la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce
+ensuite à la profondeur d'environ 0m,05 un petit coin de fer ou de
+bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en
+biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de
+manière que tout le biseau soit caché (voir _fig. 7_). Le nombre des
+greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa
+grosseur. Elles devront être placées à environ 0m,05 l'une de
+l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir
+l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la
+cire à greffer.
+
+[Illustration: Fig. 8.--Greffe par approche.]
+
+7. _Greffe ordinaire par approche._--Cette opération consiste à
+appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une
+branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter
+pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra
+procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux
+branches parallèlement (voir _fig. 8_), on enlèvera sur chacune une
+partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont
+la longueur doit être toujours proportionnée à la force des
+individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin
+de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux
+branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il
+est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes,
+afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement,
+ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la
+reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on
+sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est
+souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de
+n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la
+sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la
+couper le plus près possible de la greffe, afin que la séve
+recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite
+beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du
+greffoir.
+
+8. _Greffe par approche compliquée._--Cette greffe diffère peu de la
+précédente: elle est spécialement employée pour donner de la
+solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres,
+de manière à former un losange; et, au point où elles se
+rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche,
+ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux
+parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à
+mesure que les branches prennent de l'accroissement.
+
+
+
+
+CHAPITRE X.
+
+De la Conservation des plantes.
+
+
+Nous nous bornerons à dire sur ce chapitre que la situation
+septentrionale de notre pays, l'irrégularité de la marche des
+saisons, l'humidité de nos printemps et de nos automnes rendraient
+impraticable la culture de certaines plantes exotiques, si nous
+n'avions recours à des moyens artificiels de conservation et de
+multiplication.
+
+Ces moyens sont de plusieurs sortes: ils comprennent, en commençant
+par les plus simples, pour arriver aux plus composés: 1. les
+_cloches_; 2. les _châssis_; 3. l'_orangerie_ ou _serre froide_; 4.
+la _serre tempérée_; 5. la _serre chaude_.
+
+1. _Cloches._--Les cloches de verre sont les plus simples de tous
+les abris; elles servent à garantir du froid, et de l'humidité les
+plantes délicates et les boutures, et à concentrer la chaleur sur
+celles qui ont besoin d'une température plus élevée que celle de
+l'atmosphère. Il faut choisir les cloches dont le verre est le plus
+blanc, car elles sont assez sujettes à se ternir au bout de quelques
+années. Il faut avoir la précaution de les laver de temps à autre;
+et, lorsqu'elles ne servent plus, on les met l'une dans l'autre, en
+ayant soin de les séparer avec un peu de paille pour éviter la
+casse.
+
+[Illustration: Fig. 9.--Châssis.]
+
+2. _Châssis._--Les châssis ont pour objet d'activer la germination
+de certaines graines, d'augmenter la chaleur des couches, de
+permettre la culture des plantes potagères qui ne réussissent pas à
+l'air libre, et de garantir contre les injures de l'air les plantes
+délicates. Ils se composent de deux parties: le coffre _a_, _a_
+(_fig. 9_), et les panneaux _c_. Chaque coffre a ordinairement 4
+mètres de longueur et 1m,33 de largeur; il est formé de quatre
+planches clouées sur quatre pieds placés intérieurement aux quatre
+coins. Le derrière du coffre doit toujours être plus élevé que le
+devant, afin que les panneaux soient inclinés au midi. On
+maintiendra l'écartement par deux barres _b_, _b_, assemblées à
+queue d'aronde par le haut et par le bas, et qui servent de support
+aux panneaux. Les panneaux vitrés doivent être en bois de chêne,
+d'une bonne épaisseur. Ils se composent d'un cadre de 1m,33 de
+largeur et d'une longueur arbitraire, divisé par trois petites
+barres de même épaisseur, que l'on peut remplacer avantageusement
+par des montants en fer, fixés sur les traverses du haut en bas. On
+place une poignée à chaque bout, afin de pouvoir les enlever, et,
+avant de les vitrer, on les peint à l'huile, opération qu'il est bon
+de refaire chaque année à l'automne.
+
+_Paillassons._--Les paillassons servent à couvrir les couches, les
+cloches, les châssis, les serres, etc.
+
+Avec le métier à paillassons des jardiniers, on peut facilement
+faire ses paillassons soi-même. Ce métier se compose d'un cadre de
+bois de 2 mètres de longueur sur 1m,33 de largeur, portant à ses
+deux extrémités autant de chevilles sans tête qu'on y veut tendre de
+ficelles, ce qui dépend de la longueur que l'on donne au paillasson.
+On est dans l'habitude de ne faire que trois rangs; cependant il
+vaudrait mieux en faire quatre, pour plus de solidité. On attache
+les ficelles aux chevilles du bas par une boucle fixe, et en haut
+par un noeud coulant, ce qui permet de les tendre autant qu'il est
+nécessaire. Une fois chaque ficelle tendue, on lui laisse le double
+de la longueur du cadre; cet excédant de longueur sert à coudre le
+paillasson, après quoi on pose en travers, et aussi également que
+possible, deux couches de paille de seigle, que l'on étend
+tête-bêche; et, après avoir roulé la ficelle du rang du milieu sur
+une espèce de navette faite avec un morceau de bois de 0m,08 de
+longueur et évidé sur les côtés, on prend une pincée de paille, et
+l'on passe la navette de droite à gauche par-dessous la paille et
+par-dessus la ficelle, puis on revient en dessus l'engager dans
+l'anse formée par la ficelle, et l'on serre en tirant droit devant
+soi, en ayant soin de presser la paille entre le pouce et l'index de
+la main gauche, afin d'avoir une maille plate et non ronde; puis on
+continue avec la même navette dans toute la longueur du paillasson,
+et, lorsqu'on est arrivé au bout, on arrête la ficelle par un noeud.
+On passe ensuite aux autres rangs, que l'on coud de la même
+manière, en se guidant pour les mailles du bord sur celles du
+milieu; et, une fois le paillasson terminé, on coupe les épis qui
+débordent de chaque côté.
+
+Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de
+1m,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce
+qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0m,50, ce qui fait
+qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue.
+
+3. _Orangerie._--L'orangerie, ou serre froide, est destinée à
+garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un
+faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et
+construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses
+dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur,
+proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à
+contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne
+puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de
+fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au
+centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera
+construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs
+intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des
+froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il
+suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet
+effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter
+souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire.
+L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de
+celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des
+tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un
+tonneau pour se réchauffer un peu.
+
+
+§ I.--_De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement
+en hiver._
+
+La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la
+seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de
+les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer
+les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin
+que toutes jouissent autant que possible de la lumière.
+
+Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et
+beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans
+l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou
+entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes,
+qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut
+qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent
+leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros
+Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle,
+qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même
+peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin
+d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car
+alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en
+les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans
+l'orangerie les Oeillets cultivés en pots et les Giroflées grosse
+espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température
+le permet.
+
+On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit.
+Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit;
+puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les
+fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies
+extérieurement de paillassons.
+
+Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4
+degrés au-dessus de zéro, on donnera de l'air, à moins que
+l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent.
+
+Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que
+lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la
+quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant
+pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de
+ranimer la végétation, ce qui les épuiserait.
+
+
+§ II.--_De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement
+pendant l'été._
+
+La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première
+quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus
+rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences
+atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air
+possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou
+pluvieux.
+
+Toutes les plantes seront placées (comme cela a presque toujours
+lieu) près de l'habitation, mais toujours à bonne exposition et à
+l'abri des vents; il faut surtout placer les Lauriers-roses à fleurs
+doubles et les Grenadiers à l'extrême sud, si l'on veut les voir
+fleurir chaque année. Aussitôt après leur sortie, on rencaissera
+toutes les plantes qui en auraient besoin, soit qu'elles demandent
+plus d'espace, soit que les caisses doivent être remplacées; mais on
+ne le fera qu'après les avoir déposées à leur place, afin d'éviter
+qu'elles ne soient ébranlées dans le trajet.
+
+En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses
+plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car,
+rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent
+beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent.
+Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être
+rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous
+les cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser les
+Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif que
+le développement des branches et des rameaux est toujours en rapport
+avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent beaucoup plus
+vigoureusement que les Orangers, il faut donc les rencaisser plus
+souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage, il arrivait que
+les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela provînt d'une
+trop grande humidité, il faudrait leur donner un demi-rencaissage,
+ce qui consiste à couper bien net 0m,05 à 0m,10 de terre autour de
+la caisse et à la remplacer par de la terre neuve appropriée aux
+besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous indiquerons la
+terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage différant peu du
+rempotage, sauf l'exécution, qui doit être modifiée, nous renvoyons
+à cet article pour la connaissance des détails. Après l'opération,
+on couvre la surface de la terre d'un paillis de fumier consommé, et
+l'on donne un bon arrosement à chaque plante.
+
+L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver,
+être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon
+d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis
+à décomposer des substances animales ou végétales.
+
+Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en
+été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la
+température; puis on diminue progressivement à mesure que la
+température se rafraîchit.
+
+Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler
+les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et
+toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de
+l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et
+nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers
+sous la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper l'extrémité
+de toutes les branches élancées, de manière à donner à chaque arbre
+une forme régulière; c'est aussi à cette époque que l'on peut
+diminuer la tête de ceux qui prendraient trop d'accroissement, ou
+qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être rajeunis, ce qui a
+lieu en rabattant toutes les branches plus ou moins près du tronc,
+suivant la force de l'arbre. Les Lauriers peuvent être soumis au
+même traitement lorsqu'ils s'élancent par trop; mais ils ne doivent
+pas être taillés annuellement, car alors on serait privé de fleurs.
+Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont défleuris, couper
+l'extrémité des branches qui portaient les fleurs, afin d'avoir des
+arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent être soumis à une
+tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt après qu'ils sont
+défleuris; les Grenadiers doivent aussi être tondus chaque année,
+afin de présenter une forme aussi gracieuse que possible; mais cette
+taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la rentrée.
+
+Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les
+plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les
+Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre.
+
+
+§ III.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes
+ci-après désignées._
+
+ORANGERS.--Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de
+potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras.
+
+
+MYRTES.--Terre de bruyère pure.
+
+
+GRENADIERS et LAURIERS-ROSES.--Bonne terre de potager mêlée de
+terreau gras.
+
+4. _Serre tempérée._--Cette serre diffère de l'orangerie en ce
+qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la
+conservation des plantes que nous conseillons d'y placer; elle sera
+attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une dans l'autre:
+elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à partir du sol
+intérieur, elle aura 2m,45 d'élévation par derrière; le devant aura
+0m,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis qui la fermeront
+seront fixés dans le haut par des charnières, et s'ouvriront
+horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas sur un
+petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur les
+montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui
+doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1m,33
+l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la
+serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de
+longueur sur 1m,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche
+d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une
+traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre.
+Les panneaux du second rang n'auront que 1m,36 de longueur, et pour
+qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une
+semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des
+panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter
+d'environ 0m,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du
+bas, doit aller d'un chevron à l'autre.
+
+Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à
+l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on
+tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer.
+
+On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit
+pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin
+d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une
+main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on
+ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0m,75 de
+largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre doit
+être de 0m,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un gradin de 1m,25
+de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du gradin doit être
+calculée de manière que les plantes ne soient pas à plus de 0m,60 ou
+0m,80 des vitres; on fera devant le gradin un chemin de 0m,50 de
+largeur, afin de pouvoir circuler tout autour, puis on établira une
+tablette contre le mur de derrière, et un autre chemin de 0m,50 de
+largeur sur le devant de la serre et sous laquelle circuleront les
+tuyaux du poêle, dont la bouche doit toujours être en dehors. On
+fera une ouverture dans le pignon de cette serre, et on la garnira
+d'une double porte, qui servira d'entrée pendant les gelées, ce qui
+évitera d'ouvrir celle de l'orangerie.
+
+
+§ IV.--_De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur
+traitement en hiver._
+
+La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre,
+mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous
+dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne
+restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne
+soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du
+mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre;
+l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin,
+dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que
+l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir
+lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface
+du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse.
+
+On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les
+Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer
+au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les
+tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le
+mur de derrière les plantes grasses ou celles qui exigent peu de
+soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera réservée pour
+les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la partie la
+plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront placées sur les
+tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les distancer de
+manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant leur séjour
+dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de temps à autre,
+afin qu'elles présentent successivement toutes leurs parties à la
+lumière; car, sans cette précaution, elles s'inclineraient toutes du
+même côté et n'auraient plus alors qu'une forme disgracieuse. Depuis
+le placement des plantes dans la serre jusqu'au printemps, les
+arrosements doivent être modérés et avoir lieu seulement au fur et à
+mesure que les plantes en ont un véritable besoin. Ils se feront
+avec un petit arrosoir auquel on ajoutera un bec de prolongement
+pour atteindre les plantes éloignées, et l'eau que l'on emploiera
+aura dû être tenue pendant quelque temps à la température de la
+serre. Les autres soins consistent à entretenir la propreté et à
+renouveler l'air aussi souvent que possible, en évitant toutefois
+d'ouvrir les châssis par un temps couvert ou pluvieux, afin de ne
+pas introduire d'humidité dans la serre; puis, dès l'approche des
+froids, l'on bouchera hermétiquement toutes les ouvertures avec de
+la mousse, et quand le soir le temps sera clair, et que le
+thermomètre placé extérieurement ne marquera plus que 3 ou 4 degrés
+de chaleur, il faudra couvrir la serre avec des paillassons, car il
+est probable qu'il gèlera dans la nuit.
+
+En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre
+d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température,
+il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin
+toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins
+cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au
+reste, l'on peut découvrir sans inconvénient toutes les fois que le
+thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de froid;
+seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons avant
+qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette époque il
+arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours refermer avant
+la disparition du soleil, afin de concentrer de la chaleur dans la
+serre, ce qui peut souvent épargner la peine de faire du feu la
+nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit en faisant un
+peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de réserve), on
+veillera à ce que la température de la serre ne descende pas
+au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se trouvait dans la
+nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle soit portée à plus
+de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de maintenir les plantes
+dans un état de repos dont il faudrait qu'elles ne sortissent que
+vers la fin de l'hiver. Comme presque toutes les plantes dont nous
+avons parlé sont sujettes à être attaquées des pucerons, il faut,
+aussi souvent que le besoin s'en fera sentir, avoir recours à une
+fumigation de tabac, ce qui doit se faire après avoir tout fermé[4].
+
+[Note 4: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil
+en cuivre de forme cylindrique, nommé _fumigateur_. Il se compose de
+deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie
+inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement
+pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour
+faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet
+dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en
+soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de
+la partie supérieure.]
+
+Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la
+serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment
+l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur
+la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur
+les panneaux, afin d'éviter que le feuillage des plantes ne soit
+brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être plus
+fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de seringuer les
+plantes de temps à autre, opération qui doit à cette époque avoir
+lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces arrosements,
+il faut les suspendre dès l'épanouissement des premières fleurs de
+Pélargonium, car ils en terniraient promptement l'éclat. Dans les
+premiers jours d'avril, on introduira progressivement, et selon la
+température, une plus grande quantité d'air dans la serre, afin de
+fortifier les plantes qui doivent bientôt être exposées à l'air
+libre. Si l'on veut avoir une brillante floraison de Pélargoniums,
+il faut les sortir de la serre aussitôt que la température le
+permettra, et les placer à une bonne exposition, en ayant soin de
+les disposer de manière que l'on puisse facilement les couvrir la
+nuit, s'il arrivait que la température l'exigeât; après quoi on les
+laisse ainsi jusqu'au moment où les premières fleurs commenceront à
+s'épanouir, et alors on les replacera dans la serre: de cette
+manière, on aura des plantes moins élancées, plus robustes, et des
+fleurs d'un coloris plus vif. S'il arrive que quelque circonstance
+empêche de sortir les Pélargoniums aussitôt que nous l'indiquons, il
+faudra, pour remédier autant que possible à ce contre-temps, donner
+de l'air par toutes les ouvertures de la serre.
+
+
+§ V.--_De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur
+traitement en été._
+
+Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un
+temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les
+Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après
+qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur
+floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en
+parlant des plantes que l'on doit sortir. On les déposera pendant
+quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se
+fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui
+en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles
+qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la
+même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il
+faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les
+plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de
+jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à
+l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer
+cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les
+racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu
+ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la
+diminuer; il est certain alors que cette opération peut être
+inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les
+plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est
+préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour
+celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver,
+il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de
+septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire
+de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à
+parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une
+quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à
+supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles
+de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon
+leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à
+former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont
+nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera
+les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de
+taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que possible;
+et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à claire-voie
+en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des gaulettes maintenus
+par des pieux; on continuera d'arroser à propos; on pourra même
+continuer les seringages, ce qui, pendant les journées chaudes de
+juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que vers la fin de la
+journée. Si, peu de temps après l'empotage, il survenait des pluies
+abondantes, il faudra momentanément coucher les pots de côté, pour
+éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir les racines. Bien
+que nous indiquions d'une manière générale les soins à donner aux
+plantes de serre tempérée, ils peuvent être appliqués à toutes les
+plantes cultivées en pots, à moins qu'on n'enfonce les plantes en
+pleine terre avec leur pot, ce qui cependant ne peut avoir lieu que
+pour les Verveines, les Pétunias, les Hortensias, les Pélargoniums
+et quelques variétés de Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles
+on peut former des groupes très-gracieux.
+
+Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du
+soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à
+temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la
+serre.
+
+
+§ VI.--_Rempotage._
+
+Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre
+favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce
+chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que
+possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu
+à l'ombre.
+
+On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec
+précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de
+manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la
+plante la tête en bas, et, en soutenant le pot de la main droite on
+en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une fois la
+motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a souvent
+lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un tissu de
+racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant
+légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de
+vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite
+on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi
+préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la
+plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après
+l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et
+qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la
+vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après
+avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de
+faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un
+lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que
+la surface de la motte se trouve de 0m,04, à 0m,05 au-dessous des
+bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois
+du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au
+milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une
+spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on
+achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois
+avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre
+d'environ 0m,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir
+l'eau des arrosements.
+
+Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre
+tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils
+suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne
+s'écartent pas de la culture ordinaire.
+
+
+§ VII.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes
+ci-après désignées._
+
+PÉLARGONIUMS.--Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre
+franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un
+peu de poudrette bien tamisée[5].
+
+[Note 5: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages
+doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à
+la claie ou au crible.
+
+La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la
+hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ
+0m,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au
+milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de
+l'incliner un peu) sur un bon piquet.
+
+Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier
+ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou
+moins ameublir la terre qu'on y passe.]
+
+
+CALCÉOLAIRES.--Terre de bruyère, terre franche et terreau de
+feuilles.
+
+
+VERVEINES.--Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de
+potager.
+
+
+CINÉRAIRES.--Terre de bruyère et terreau.
+
+
+CAMÉLIAS.--Terre de bruyère pure.
+
+
+HORTENSIAS.--Terre de bruyère pure.
+
+
+PLANTES GRASSES.--Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien
+tamisée.
+
+5. _Serre chaude._--Cette serre communique, ainsi que la serre
+tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement
+semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci
+pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions
+intérieures.
+
+Le chemin intérieur aura 0m,75 de largeur, et la couche 2m,25, y
+compris un petit mur d'appui de 0m,45 de hauteur pour la soutenir;
+et un autre sur le devant de la serre, où circulent les tuyaux du
+poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette placée
+contre le mur de derrière est destinée à recevoir des Fraisiers en
+pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un _thermosiphon_,
+dont les tuyaux circuleront sous un plancher recouvert d'un lit de
+tannée assez épais pour que l'on puisse enterrer les pots, et la
+température intérieure pourra être produite par le même appareil à
+l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de la couche.
+
+La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous
+nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la
+température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril,
+on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le
+milieu de la journée.
+
+Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour
+les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que
+les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les
+mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée.
+
+
+
+
+CHAPITRE XI.
+
+Jardin potager.
+
+
+AIL (_Alium sativum_).--Il se multiplie de caïeux que l'on plante en
+planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement
+de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles
+qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait
+un noeud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au
+profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles
+commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes, on les
+laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent de mûrir; puis
+on les suspend dans un endroit sec pour les conserver jusqu'au
+printemps.
+
+_Ail d'Espagne ou Rocambole._--Cette espèce, moins répandue que la
+précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines,
+des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la
+culture est la même.
+
+[Illustration: Fig. 10.--Serre à Ananas.]
+
+ANANAS (_Ananassa sativa_).--Pour élever les Ananas et les préparer
+à la fructification, il faut avoir des châssis de 1m,65 de longueur
+sur 1m,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien
+exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les
+plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre.
+
+La première quinzaine d'octobre est l'époque la plus favorable pour
+la plantation des couronnes et des oeilletons, et cela parce que les
+jeunes plantes ne demanderont pas plus de soins pour passer l'hiver
+en terre qu'il n'en faudrait pour conserver les vieux pieds, et au
+printemps on aura des plantes déjà fortes et tout enracinées. Vers
+la fin de septembre, on prépare une bonne couche d'environ 0m,60
+d'épaisseur, composée de moitié fumier neuf, moitié feuilles mêlées,
+ou, à défaut, d'une partie de fumier provenant d'anciennes couches.
+La hauteur de la couche aura dû être calculée de telle sorte,
+qu'après avoir été rechargée de 0m,20 ou 0m,30 de tannée, ou, à
+défaut, de mousse, les plantes se trouvent être aussi près du verre
+que possible. Les oeilletons destinés à la plantation doivent être
+pris de préférence dans l'aisselle des feuilles, où ils sont
+toujours plus forts. Après avoir enlevé ces oeilletons, on ne
+conserve les vieux pieds que si l'on est à court de plants, et
+seulement jusqu'à ce qu'ils aient produit le nombre d'oeilletons
+dont on a besoin. Avant de planter les oeilletons, on dégarnit de
+feuilles la partie qui doit être en terre (environ 0m,05 à 0m,06);
+puis on rafraîchit proprement la plaie, et on les plante
+immédiatement dans des pots de 0m,10 à 0m,12 de diamètre, suivant
+leur force. Ce que nous conseillons pour les oeilletons est, en
+toutes circonstances, applicable aux couronnes. Nous dirons à ce
+sujet que l'on peut, si le besoin l'exige, conserver les couronnes
+pendant un mois au moins, en les plaçant à l'ombre dans un lieu sec.
+Pour la plantation, on emploiera de la terre de bruyère pure, ou, à
+défaut, une terre composée d'un cinquième de terre franche, moitié
+de terre de bruyère et un sixième de terreau, le tout préparé depuis
+six mois au moins, remué plusieurs fois et passé à la claie. Il faut
+que cette terre, au moment de l'empotage, ne soit pas humide, sans
+cependant être desséchée, bien qu'il vaille mieux toutefois
+l'employer sèche qu'humide. Aussitôt après la plantation, on enfonce
+les pots dans la couche, en commençant par le rang du haut et en
+choisissant toujours les plants les plus élevés, ce qu'il faut
+observer chaque fois qu'on les replace, en raison de la pente que
+l'on doit toujours donner aux châssis. Il faut avoir soin de les
+espacer suivant leur force. Pendant la nuit, on couvre les châssis
+avec des paillassons; pendant le jour, on atténue l'intensité des
+rayons solaires avec une toile ou du paillis, qu'on étend sur les
+châssis; enfin, pendant un mois, espace de temps nécessaire pour
+qu'ils prennent racine, on les soigne comme des boutures. Quand ils
+commencent à végéter, on leur donne un peu d'air en soulevant les
+châssis au moment du soleil; puis on les arrose au pied, mais
+seulement au fur et à mesure du besoin. Vers le commencement de
+novembre, c'est-à-dire à l'époque des froids et des temps humides,
+on entoure le coffre d'un bon réchaud de fumier qui doit descendre à
+la même profondeur que la couche, et à partir de cette époque
+jusqu'au printemps, il doit être remué au moins tous les mois, en y
+ajoutant chaque fois une partie de fumier neuf. Quand les froids
+sont rigoureux, il faut doubler les paillassons pendant la nuit,
+étendre sur le tout une bonne couche de litière, et avoir soin
+d'entretenir les réchauds à hauteur de châssis: puis on découvre les
+panneaux tous les jours, à moins que le thermomètre ne descende
+au-dessous de 4 ou 5 degrés de froid.
+
+Au printemps, les arrosements doivent être plus fréquents et plus
+abondants, et l'on donne de plus en plus d'eau, à mesure que le soleil
+prend de la force. Dans les premiers jours de mai on fait une couche qui
+doit être beaucoup plus longue que celle d'automne, en raison du
+développement qu'ont pris les plantes; mais, la température étant plus
+douce, il n'est pas nécessaire qu'elle soit aussi chaude qu'à l'automne.
+Il en est de même des réchauds, que l'on ne fait pas aussi profonds et
+que l'on ne remanie que de loin en loin. Cette fois, on remplace la
+tannée par une couche de terre de 32 centimètres d'épaisseur, semblable
+à celle qu'on emploie pour l'empotage des oeilletons; puis on dépote les
+Ananas, on visite les racines, et s'il s'en trouve quelques-unes qui
+soient pourries, on les supprime; dans le cas contraire, on les ménage
+toutes; seulement on retranche à chaque pied quelques feuilles du bas;
+après quoi on les plante sur la couche, en ayant soin de les enfoncer de
+manière que l'ancienne motte se trouve recouverte de quelques
+centimètres de terre, afin de favoriser l'émission de nouvelles
+racines, qui partent du collet. Quelque temps après la plantation, on
+commence à donner un peu d'air; puis on augmente progressivement,
+suivant la température; car, arrivé à ce point, il est préférable de ne
+pas habituer les Ananas à être ombragés; par ce moyen on aura des
+plantes beaucoup plus rustiques, mais on comprend qu'il faut alors leur
+donner plus d'air. Pendant les chaleurs on peut, sans inconvénient, les
+arroser avec l'arrosoir à pomme, surtout si l'on a planté sur une bonne
+couche, car l'humidité ne leur est réellement préjudiciable qu'en hiver.
+Ainsi traités, les Ananas auront pris à l'automne un développement qu'on
+trouverait à peine chez ceux cultivés constamment en pots depuis deux
+ans. Vers la fin de septembre ou dans le commencement d'octobre, on
+relève les Ananas de pleine terre; on supprime alors tous les
+oeilletons, puis quelques feuilles du bas; et comme l'Ananas est au
+nombre des plantes dont les racines périssent chaque année et sont
+remplacées par de nouvelles, on supprime toutes les anciennes en les
+coupant près de la plante; après quoi on lie les Ananas avec un lien de
+paille, de manière à les rempoter plus facilement, ce qui doit avoir
+lieu dans des pots de 0m,24 de diamètre seulement. Cette opération
+s'appelle planter à _cul nu_. Après l'empotage on les place sur une
+nouvelle couche, et jusqu'à ce qu'ils aient de nouvelles racines on leur
+donne les mêmes soins qu'aux oeilletons du premier âge. Vers le mois de
+janvier on les place dans une serre où l'on a préparé une couche
+d'environ 6m,65 d'épaisseur et de toute la largeur de l'encaissement,
+qui ne doit pas avoir moins de 2 mètres. Cette couche doit être chargée
+d'un bon lit de tannée ou de mousse, de manière à pouvoir facilement y
+enterrer les pots, que l'on place à environ 0m,50 les uns des autres en
+tous sens; enfin, suivant la force des plants, on les laisse ainsi
+jusqu'à ce qu'ils marquent fruit, c'est-à-dire depuis avril jusqu'en
+juillet, et alors on les plante en pleine terre sur la même couche,
+après l'avoir remaniée et avoir remplacé la tannée par un lit de terre.
+Pendant tout le temps que les Ananas restent dans la serre, on peut avec
+avantage remplacer la couche dont nous avons parlé par un chauffage au
+thermosiphon; dans ce cas on place la tannée, et par suite la terre, sur
+un plancher sous lequel circulent les tuyaux de l'appareil. On règle le
+chauffage de manière à entretenir à peu près 25 à 30 degrés dans la
+couche, chaleur bien suffisante pour les besoins de ces plantes.
+
+Au printemps, on commence à moins chauffer, pour cesser complétement
+en mai, car, à partir de cette époque jusqu'en septembre, la chaleur
+du soleil suffit. La serre dans laquelle on place les Ananas est
+ordinairement divisée en deux par une cloison vitrée, de manière à
+faire deux saisons. Les plus fortes plantes doivent être placées
+dans le premier compartiment, et l'on commence ordinairement à les
+chauffer vers la fin de janvier. À partir de cette époque, la
+température de la serre doit être entretenue à une chaleur constante
+de 25 à 30 degrés; pendant la nuit, jusque vers la fin d'avril, on
+couvre la serre avec des paillassons, qu'il faut enlever tous les
+jours. Pour les arrosements qui ont lieu au pied des plantes, on
+emploie avec avantage de l'eau dans laquelle on aura fait décomposer
+des substances animales ou végétales. Pendant l'hiver il faut
+subordonner les arrosements à la chaleur de la couche et avoir soin
+que l'eau soit à la température de la serre; mais, en été, ils
+doivent être abondants, et même de temps à autre on donne des
+bassinages. Comme nous l'avons précédemment indiqué, il est
+nécessaire de donner beaucoup d'air, afin de ne point ombrer. Les
+fruits de la première saison mûrissent ordinairement de juillet en
+septembre.
+
+On a soin de ne pas élever à plus de 12 degrés la température du
+côté de la serre où se trouvent placées les plantes destinées à
+faire la seconde saison; mais au mois de mars, époque où l'on
+commence habituellement à les chauffer, on observera tout ce qui a
+été indiqué pour la première.
+
+Les fruits de la seconde saison mûrissent ordinairement de septembre
+en décembre. On voit qu'en traitant les Ananas comme nous venons de
+l'indiquer, on obtient des fruits bons à récolter vingt ou vingt-six
+mois après la plantation des oeilletons, ce qui démontre d'une
+manière concluante la supériorité de ce mode de culture sur celui
+que l'on pratiquait autrefois.
+
+ =Variétés.=--De la Martinique, -- de Cayenne, -- de la Jamaïque,
+ -- de la Providence, -- de Mont-Serrat, -- Duchesse-d'Orléans, --
+ Comte-de-Paris, -- Enville, -- Poli blanc, --
+ Charlotte-Rothschild.
+
+
+ARROCHE DES JARDINS. _Belle-Dame_, _Bonne-Dame_ (_Atriplex
+horensis_).--Cette plante n'est guère cultivée que pour adoucir
+l'acidité de l'Oseille.
+
+On la sème au printemps, et elle n'exige aucun soin; elle se ressème
+ordinairement d'elle-même; et, quand on en possède quelques pieds,
+il est rare qu'il soit nécessaire d'en semer.
+
+Les graines d'Arroche ne se conservent bonnes que pendant une année.
+
+ =Variétés.=--Arroche blonde, -- Arroche rouge.
+
+
+ARTICHAUT (_Cynara Scolymus_).--Pour cultiver les Artichauts avec
+succès, il faut une terre douce et substantielle; ils aiment la
+chaleur, et craignent l'humidité froide. On peut les multiplier de
+graines semées sur une couche en février et mars, ou bien
+immédiatement on place en avril et mai; mais, comme ils
+reproduisent rarement leurs variétés, il est préférable de les
+propager par oeilletons. Cette opération a lieu de la manière
+suivante: En avril, on éclate les rejetons qui naissent au collet
+des vieux pieds, en ayant soin de les enlever avec le talon ou
+portion du collet de la racine; puis on choisit les plus forts, on
+raccourcit l'extrémité des feuilles, et, après avoir bien préparé le
+terrain, on les plante en échiquier, à environ 0m,75 dans les terres
+un peu maigres, et à 1 mètre dans celles où l'on espère une
+végétation vigoureuse. S'ils sont binés et arrosés, une bonne partie
+de ces oeilletons donneront fruit à l'automne, et tous fructifieront
+abondamment au printemps suivant. Chaque année, à l'automne, il faut
+avoir soin de couper les vieilles tiges et l'extrémité des feuilles
+les plus longues; puis, dans le courant de novembre, en un mot,
+avant les gelées, il faut les butter, opération qui consiste à
+relever la terre autour de chaque pied; et quand la gelée commence à
+se faire sentir, on les couvre complétement avec des feuilles ou de
+la litière, qu'on écarte toutes les fois que le temps se radoucit.
+Dans le courant de mars, lorsque les gelées ne sont plus à craindre,
+on détruit les buttes des Artichauts, et on leur donne un bon
+labour; puis, en avril, on les oeilletonne, comme nous l'avons
+indiqué précédemment, de manière à ne laisser que les deux ou trois
+plus beaux oeilletons sur chaque pied. Une plantation d'Artichauts
+ne produit abondamment que pendant quatre ans; il faut donc
+replanter tous les trois ans, afin de ne pas éprouver d'interruption
+dans les récoltes. Comme les racines des Artichauts ne prennent pas
+un grand développement, elles n'épuisent en rien le terrain
+environnant, et l'on peut sans inconvénient contre-planter d'avance
+de jeunes Artichauts entre ceux que l'on doit détruire, de manière
+que le terrain se trouve, au moment d'arracher les vieux Artichauts,
+garni de jeunes pieds en plein rapport.
+
+On peut facilement avancer l'époque de production des Artichauts.
+Soit qu'on les force sur place, soit qu'on les relève en mottes,
+dans le courant de novembre, pour les planter dans un coffre, les
+soins consistent à entourer le coffre d'un réchaud de fumier pendant
+les gelées, à couvrir les panneaux pendant la nuit et à donner de
+l'air pendant le jour. Les Artichauts ainsi traités produisent en
+avril. On peut aussi, ce qui est beaucoup plus simple, forcer les
+Artichauts de la manière suivante:
+
+Dans la première quinzaine de février, on enlève la terre des
+sentiers qui entourent la planche à environ 0m,50 de profondeur, et
+on la remplace par un réchaud de fumier neuf; après quoi on met des
+cerceaux de loin en loin en travers de la planche, de manière à
+servir de support aux paillassons qu'on emploie pour couvrir les
+Artichauts pendant la nuit et par le mauvais temps; puis on couvre
+le sol avec du fumier chaud, afin d'activer la végétation, on
+remanie les réchauds tous les dix ou quinze jours, en ajoutant
+chaque fois plus ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la
+température.
+
+Les graines d'Artichaut se conservent bonnes pendant cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Vert de Provence, -- vert de Laon, -- Camus de
+ Bretagne, -- violet.
+
+
+ASPERGE (_Asparagus officinalis_).--On en cultive deux variétés: la
+_commune_ ou _Asperge verte_, et celle connue sous le nom de _grosse
+Asperge violette_ ou _de Hollande_. Celles de Marchiennes, d'Ulm, de
+Besançon et de Vendôme ne sont que des variétés de la dernière,
+résultant d'influences locales.
+
+Les Asperges se multiplient de graines, qu'on sème en mars, soit en
+place, soit en pépinière, en pleine terre ou sur couche, pour être
+plantées ensuite.
+
+Les méthodes de plantation varient suivant les pays; celle que nous
+exposons ayant produit d'excellents résultats dans toutes les
+localités où elle a été mise en pratique, nous croyons devoir lui
+donner la préférence.
+
+Après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on enlève en
+automne 0m,25 à 0m,30 de terre sur toute la surface du terrain
+destiné à la plantation. Si, à cette profondeur, la terre ne se
+trouve pas être de bonne qualité, on enlève un fer de bêche en plus,
+que l'on remplace par égale quantité de bonne terre prise à la
+surface du sol ou dans toute autre partie du jardin. On pourrait
+même y mélanger de vieux gazons consommés ou des débris de vieilles
+couches, si le fonds était trop humide ou de nature trop compacte et
+capable de retenir l'eau; mais, dans un cas comme dans l'autre, on
+étend au fond de la tranchée un bon lit de fumier de vache ou tout
+autre bon engrais; car, pour que les Asperges réussissent bien, il
+leur faut un sol non-seulement léger et sablonneux, mais encore bien
+amendé; puis, par-dessus le tout, on rapporte un lit de bonne terre,
+dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que les griffes
+d'Asperges soient plantées à 0m,15 de profondeur, au lieu de 0m,35
+que l'on indiquait autrefois par suite d'une erreur que l'expérience
+a démontré la nécessité de modifier.
+
+Dans le courant de mars on donne un bon labour, on passe le râteau
+sur le tout, afin d'enlever les mottes et les pierres; on divise le
+terrain par planches de 1m,33 de largeur, entre chacune desquelles
+on laisse un sentier d'environ 0m,50; après quoi on trace quatre
+rangs qui doivent être distancés également entre eux et de manière
+que les deux rangs extérieurs soient à 0m,16 des bords de la
+planche. On prend ensuite des plants d'un ou de deux ans de semis,
+arrachés à la fourche avec précaution, afin que les racines ne
+soient pas brisées; on place les griffes à environ 0m,40 les unes
+des autres sur la ligne, et, après avoir bien étendu les racines, on
+les recouvre de terre bien meuble; il faudrait même la passer à la
+claie, si elle était mêlée de pierres de mottes ou de terre mal
+brisées.
+
+Une fois les planches également recouvertes, on étend sur chacune un
+bon paillis de fumier à moitié consommé.
+
+Chaque année, à l'automne, on coupera de vieilles tiges, on donnera
+un léger binage, puis on étendra sur le tout un bon paillis de
+fumier à moitié consommé. En procédant ainsi, les Asperges seront en
+plein rapport à la troisième pousse; on coupera les plus grosses à
+l'aide du couteau à asperge. Ce qui, arrivé à ce point, peut avoir
+lieu sans nuire en rien à la récolte de l'année suivante.
+
+On peut aussi faire le semis en place, après avoir préparé les
+planches comme nous l'indiquons plus haut. On sème en lignes en
+février ou mars; et, quand le plant est assez fort, on n'éclaircit
+en ne laissant que les plus beaux pieds et à une distance égale à
+celle que nous avons indiquée; après quoi les autres soins à leur
+donner sont les mêmes que pour les Asperges plantées.
+
+Nous ajouterons encore un autre procédé, communiqué au Cercle
+général d'horticulture par M. Lenormand, qui le pratique avec succès
+depuis un grand nombre d'années. Nous laisserons cet habile
+horticulteur indiquer lui-même la manière dont il établit ses
+plantations d'Asperges:
+
+«Au mois d'avril 1834, je fis des tranchées de 1m,30 de largeur sur
+0m,33 de profondeur, dans lesquelles je fis des couches, qui,
+foulées et mouillées, avaient de 0m,38 à 0m,40 d'épaisseur; après
+les avoir recouvertes de terre bien nivelée, je plaçai les coffres
+destinés à recevoir les châssis, et dans chaque châssis je plantai
+douze griffes d'Asperges d'_un an de semis_. Après la plantation, je
+tapissai la terre d'un bon paillis et je plantai deux pieds de
+Melons qui sont parfaitement venus sans nuire aux Asperges. Lorsque
+les pieds de Melons ont été aux trois quarts de leur force,
+j'ajoutai quatre Choux-fleurs par châssis, et après la récolte des
+Melons, au mois de septembre, je semai des Mâches pour l'hiver; le
+tout a complétement réussi.
+
+«Au mois de février suivant, la couche ayant tassé, je rechaussai
+mes griffes avec la terre des sentiers, puis je plantai sur le tout
+des Laitues et des Romaines, avec deux rangs de Choux-fleurs par
+planche, ce qui a fait disparaître toute trace de couche. Le tout a
+poussé avec une rapidité et une force étonnantes, puisque j'ai eu
+des Asperges de 0m,07 de circonférence. En bonifiant ainsi la terre,
+on peut obtenir deux récoltes par an, indépendamment des Asperges
+que l'on peut forcer dès la seconde année, et continuer ainsi en
+leur laissant une année de repos sur trois. Ce plant, établi en
+1834, existe encore aujourd'hui, ce qui prouve que l'on ne fait rien
+perdre aux griffes de leur vigueur, quoique les mettant en rapport
+trois ans plus tôt qu'on ne pouvait le faire par l'ancien procédé.»
+
+Les cultivateurs d'Argenteuil, dont les produits maraîchers
+jouissent d'une réputation justement méritée, cultivent les Asperges
+en lignes, le plus souvent entre la vigne, dont il existe de grandes
+étendues dans cette localité. Plantées peu profondément à 1 mètre
+les unes des autres en tous sens, les Asperges d'Argenteuil sont
+régulièrement fumées tous les deux ans. On les bine aussi souvent
+qu'il est nécessaire de le faire; on les déchausse chaque année,
+dans le courant de novembre, ce qui consiste à enlever quelques
+centimètres de la surface du sol; puis on les butte en février ou
+mars.
+
+Pratiquée avec intelligence, cette culture donne des résultats
+tellement remarquables, qu'elle peut être adoptée avec confiance
+par toutes les personnes qui tiennent à récolter de très-grosses
+Asperges.
+
+Si l'on veut avoir des Asperges précoces, on peut commencer à en
+forcer une planche dans les premiers jours de novembre, et l'on peut
+continuer successivement jusqu'en février, ce qui se fait de la
+manière suivante: après avoir placé les coffres sur les planches que
+l'on veut forcer, on étend un lit de terreau sur les Asperges, puis
+on enlève la terre des sentiers à 0m,50 de profondeur, et on la
+dépose sur les planches de manière à les recharger de 0m,33 environ,
+et cela afin d'avoir des Asperges beaucoup plus longues; puis on
+remplace la terre des sentiers par un réchaud de fumier neuf qui
+doit être élevé jusqu'à la hauteur des panneaux avec lesquels on
+couvre les coffres; mais, avant de placer les panneaux, on étend un
+lit de fumier sur les planches, afin d'activer la végétation; on
+aura soin toutefois d'enlever ce fumier aussitôt que les Asperges
+commencent à sortir de terre. Quel que soit l'état de la
+température, on ne donne pas d'air à ces Asperges. Pendant la nuit
+et par le mauvais temps, on couvre les panneaux avec de bons
+paillassons, afin de concentrer la chaleur. On remanie les réchauds
+tous les dix ou quinze jours environ, en ajoutant chaque fois plus
+ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la température, enfin de
+manière à obtenir sous les panneaux une chaleur qui ne doit pas être
+moindre de 15 degrés, et qu'il est inutile d'élever à plus de 25.
+Ces Asperges sont ordinairement bonnes à couper vingt ou vingt-cinq
+jours (suivant l'état de la température) après qu'on aura commencé à
+les forcer.
+
+Les vieilles griffes ou celles qu'on se propose de détruire peuvent
+être plantées sur couche, où elles produiront, une fois seulement,
+des Asperges minces et vertes propres à être mangées en petits pois.
+
+Pour cela, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur, dont
+la chaleur soit de 20 à 25 degrés; on pose des coffres, on charge la
+couche de quelques centimètres de terreau, puis on remplit les
+sentiers, mais à moitié seulement. Lorsque la couche a jeté son
+premier feu, on prend les griffes d'Asperges, et, sans rien
+retrancher de la longueur des racines, on les place sur la couche
+les unes à côté des autres; on les laisse en cet état pendant
+quelques jours, après quoi on coule un peu de terreau entre les
+griffes, de manière à les recouvrir légèrement, puis on achève de
+remplir les sentiers, et on les remanie au besoin. Pendant la nuit,
+on couvre les panneaux avec des paillassons, et dès que les Asperges
+commencent à pousser, il faut leur donner de l'air pendant le jour,
+à moins que la température ne soit par trop défavorable. Au bout de
+douze ou quinze jours, les Asperges commencent à produire, et l'on
+coupe pendant tout le temps qu'elles donnent, c'est-à-dire pendant
+trois mois environ.
+
+Les graines d'Asperges mûrissent vers la fin d'octobre, et sont
+bonnes pendant quatre ans.
+
+
+AUBERGINE ou MÉLONGÈNE (_Solanum Melongena_).--Sous le climat de
+Paris, on sème l'Aubergine vers la fin de décembre ou au
+commencement de janvier, sur une couche dont la chaleur soit de 20 à
+25 degrés. Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des
+paillassons; quinze jours ou trois semaines après les semis, on
+repique le plant en pépinière, mais sur une couche moins chaude que
+la première; au bout de quelque temps, on le relève, pour le
+repiquer une seconde fois avant de le mettre en place. Lorsque le
+plant est repris et que l'état de la température le permet, on
+commence à donner un peu d'air.
+
+Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la
+longueur doit être proportionnée à la quantité de plants qu'on veut
+cultiver; on place les coffres, on charge la couche de terreau, et
+lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20 degrés), on
+plante quatre Aubergines sous chaque panneau de 1m,33; on les prive
+d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la reprise des
+plantes; après quoi, on commence à donner un peu d'air, soit par le
+haut, soit par le bas des panneaux; puis on augmente progressivement
+à mesure qu'on avance en saison, de manière à enlever les panneaux
+et les coffres dans le courant de mai. Les autres soins consistent à
+arroser au besoin, il nettoyer les feuilles qui sont attaquées par
+les kermès.
+
+Les graines d'Aubergine sont bonnes pendant sept ans.
+
+ =Variétés.=--Violette, -- blanche, -- panachée, -- géante.
+
+
+BASELLE (_Basella_).--Plante grimpante, dont les feuilles remplacent
+les Épinards. On sème en mars sur couche, et lorsqu'on n'a plus de
+gelées à craindre, on repique en pleine terre, au pied d'un mur, à
+bonne exposition.
+
+La durée de la germination des graines de Baselle est de trois ans.
+
+ =Variétés.=--Baselle rouge, -- Baselle blanche.
+
+
+BASILIC COMMUN (_Ocimum Basilicum_).--Plante annuelle, que l'on
+emploie, ainsi que ses variétés, comme assaisonnement. Toutes se
+sèment en mars, sur couche, pour être replantées en mai à une
+exposition ombragée.
+
+Les graines de Basilic se conservent pendant six ans.
+
+
+BETTERAVE (_Beta vulgaris_).--On la sème à la fin d'avril ou au
+commencement de mai, en lignes ou à la volée, en terre profondément
+labourée et fumée de l'année précédente; puis, lorsque les plants
+ont cinq ou six feuilles, on les éclairait de manière qu'ils se
+trouvent à environ 0m,35 les uns des autres, et l'on en repique
+dans les places où il en manque, opération qu'il ne faut faire que
+par un temps pluvieux. Dans le courant de l'été, on leur donne
+plusieurs binages, et vers la fin d'octobre ou au commencement de
+novembre, on fait la récolte des racines, après en avoir coupé les
+feuilles. On les met dans la serre à légumes ou dans une cave bien
+saine; on peut en conserver ainsi jusqu'en mai.
+
+Les graines de Betterave mûrissent en septembre et se conservent
+bonnes pendant cinq ou six ans.
+
+ =Variétés.=--Rouge, -- rouge de Castelnaudary, -- rouge foncé de
+ Whyte, -- Turnep, -- jaune, -- jaune de Castelnaudary.
+
+
+BOURRACHE (_Borrago officinalis_).--Plante dont on emploie les
+fleurs pour orner les salades; elle vient dans tous les terrains, et
+se sème en place au printemps et à l'automne.
+
+La durée germinative des graines de Bourrache est de trois ans.
+
+
+CAPUCINE GRANDE (_Tropæolum majus_).--On la sème en avril, au pied
+d'un mur, à bonne exposition. On peut aussi la semer isolée, mais
+alors il faut la ramer. On emploie les fleurs pour parer les
+salades; les graines cueillies encore vertes se confisent au
+vinaigre et remplacent les câpres.
+
+La durée des graines de Capucine est de cinq ans.
+
+
+CARDON (_Cynara Cardunculus_).--Il faut aux Cardons une terre douce
+et profonde, ainsi que de fréquents arrosements en été. Ils se
+multiplient de graines semées en avril sur couche, ou mieux en mai,
+immédiatement en place. On fait des trous à 1 mètre l'un de l'autre,
+on les remplit de terreau, puis on sème deux ou trois graines dans
+chacun, et lorsqu'elles sont bien levées, on choisit le pied le plus
+vigoureux, en supprimant les autres. Dans le cas où l'on aurait à
+craindre les ravages des vers blancs ou des courtilières, il
+faudrait, à la même époque, en semer en pots, afin de pouvoir
+regarnir les places vides. Vers le mois de septembre, lorsqu'ils
+sont assez forts pour être blanchis, on les empaille en fixant au
+collet de la plante un lien fait avec de la litière, puis on
+l'enroule de bas en haut, de manière à ne laisser voir que
+l'extrémité des feuilles. Au bout de quinze jours ou trois semaines,
+les côtes sont blanches, et doivent être consommées sur-le-champ,
+sans quoi elles pourriraient; il ne faut donc les empailler que
+successivement.
+
+Avant les fortes gelées, on arrache les Cardons en mottes pour les
+replanter l'un près de l'autre dans la serre à légumes, où ils
+blanchiront sans couverture; mais il faut les visiter souvent et
+enlever toutes les feuilles pourries. On peut par ce moyen les
+conserver jusqu'en mars.
+
+Les graines de Cardon mûrissent dans la première quinzaine de
+septembre, et sont bonnes pendant sept ans.
+
+ =Variétés.=--Cardon de Tours, -- d'Espagne, -- Puvis, -- plein
+ inerme, -- à côtés rouges.
+
+
+CAROTTE (_Daucus carota_).--Les premiers semis ont lieu sur une
+couche, en décembre. On prépare une couche de 0m,35 à 0m,40
+d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés; on place les
+coffres, on charge la couche de 0m,15 de terreau, et, à moins de
+froid rigoureux, on ne remplit les sentiers qu'à moitié. Lorsque la
+chaleur de la couche est favorable, on sème la variété connue sous
+le nom de _Carotte courte hâtive_ ou _de Hollande_.
+
+On peut repiquer parmi les Carottes quelques Laitues petite noire,
+ou semer un peu de Radis roses. Pendant la nuit, on couvre les
+panneaux avec des paillassons; lorsque le semis est en bonne voie,
+on remanie les réchauds, que l'on fait alors de toute la hauteur des
+coffres. Ces Carottes sont ordinairement bonnes à récolter dans le
+courant d'avril. Si, dans la seconde quinzaine de mars, le temps est
+doux et qu'on ait besoin des panneaux qui couvrent les Carottes, on
+peut les enlever, ainsi que les coffres; mais alors on récolte plus
+tard.
+
+En pleine terre, les premiers semis peuvent se faire dès le mois de
+février, et être continués jusqu'en juillet, ce qui toutefois ne
+peut avoir lieu que pour la Carotte courte hâtive; car, pour les
+autres variétés, il ne faut pas dépasser le mois d'avril, afin
+qu'elles puissent atteindre tout leur développement avant l'hiver.
+
+Quelle que soit l'époque du semis, le terrain doit être bien
+préparé, après quoi on sème à la volée. On herse légèrement à la
+fourche, on foule le terrain, puis on étend une couche de terreau
+sur chaque planche. On passe légèrement le râteau sur le tout, et
+l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Lorsque les
+Carottes sont levées, on éclaircit le plant, qui est presque
+toujours dru si le semis a réussi.
+
+En novembre, on coupe le collet de chaque Carotte; on les met en
+jauge, puis on les couvre de grand fumier pendant les gelées, ou
+bien on les dépose dans la serre à légumes, afin d'en avoir pendant
+l'hiver. Dans les terres légères et saines, on peut se dispenser de
+les arracher; il suffit de couvrir les plants de Carottes pendant
+les gelées.
+
+On récolte les graines de Carotte en août; leur durée germinative
+est de quatre ans.
+
+ =Variétés.=--Rouge-courte de Hollande, -- demi-longue, -- longue,
+ -- d'Altringham, -- jaune longue, -- rouge pâle de Flandre, --
+ blanche, -- violette d'Espagne.
+
+
+CÉLERI CULTIVÉ.--Variété à l'_Apium graveolens_.--On le sème sur
+couche, mais à l'air libre, dès le mois de février; la graine doit
+être très-légèrement recouverte. En avril, on plante en pleine terre
+à environ 0m,33 de distance.
+
+D'avril en juin, on sème en pleine terré à une exposition ombragée,
+pour repiquer immédiatement en place. On favorise la germination des
+graines par de fréquents bassinages, et s'il arrivait que le plant
+fût trop dru, il faudrait l'éclaircir pour éviter qu'il ne
+s'étiolât. En juin et juillet, on repique le plant en place. On
+trace quatre rangs par planche de 0m,33 de largeur, puis on plante à
+0m,33 de distance sur la ligne. Aussitôt après la plantation, on
+arrose pour faciliter la reprise, et l'on continue jusqu'à ce que le
+Céleri soit assez fort pour être blanchi, ce qui doit avoir lieu de
+la manière suivante: on ouvre une tranchée de 1 mètre de largeur,
+dont on jette la terre à droite et à gauche, après quoi on relève le
+Céleri en mottes pour le planter dans la tranchée; on en met huit
+par rang, puis on coule du terreau entre chaque rang, de manière
+qu'il se trouve complétement enterré, sauf l'extrémité des feuilles.
+Au bout d'une quinzaine de jours, il est ordinairement assez blanc
+pour être récolté; mais, comme il ne se conserve pas longtemps après
+ce terme, il ne faut en faire blanchir que successivement, de
+manière à prolonger la récolte aussi longtemps que possible. Pendant
+les gelées, on le couvre de litière, que l'on enlève toutes les fois
+que la température le permet. Avec des soins, on peut en conserver
+jusqu'à la fin de février.
+
+ =Variétés.=--Plein blanc, -- Turc, -- Cole's superb red, -- Plein
+ rose, -- violet, -- à couper.
+
+
+_Céleri-rave._--Les semis peuvent avoir lieu en avril, en pleine
+terre, à une exposition ombragée; mais il vaut mieux semer en
+février sur couche, repiquer le plant sur couche; après quoi on le
+met en pleine terre, après avoir retranché les grandes feuilles et
+toutes les racines latérales. On arrose abondamment pendant l'été;
+puis on retranche toutes les feuilles inutiles, en ayant soin de
+ménager celles du coeur, opération qu'il faut recommencer aussi
+souvent qu'il est nécessaire, afin de favoriser le développement du
+tubercule. On arrache le Céleri-rave au commencement de l'hiver pour
+le mettre en jauge, et on le couvre pendant les gelées; ou bien on
+le rentre dans la serre à légumes après en avoir coupé les feuilles.
+Ainsi traité, on peut en conserver facilement jusqu'en mars.
+
+
+CERFEUIL (_Scandix cerefolium_).--On le sème presque toute l'année:
+au printemps et à l'automne, au pied d'un mur et à une bonne
+exposition, et pendant les chaleurs, à celle du nord.
+
+_Cerfeuil frisé._--Cette variété n'exige rien de plus que le
+Cerfeuil ordinaire; elle sert aux mêmes usages, et a sur ce dernier
+l'avantage de ne pouvoir être confondue avec la _Ciguë_.
+
+Les graines du Cerfeuil mûrissent en juin, et se conservent pendant
+deux ans.
+
+_Cerfeuil bulbeux_ (_Chærophyllum bulbosum_).--Le Cerfeuil bulbeux est
+une plante alimentaire dont la racine ne dépasse pas les proportions
+d'une petite Carotte de Hollande. Elle est très-féculente et d'une
+saveur agréable.
+
+On sème le Cerfeuil bulbeux en septembre, c'est-à-dire aussitôt
+après la récolte des graines; autrement elles ne lèvent que la
+seconde année, à moins qu'on ne prenne la précaution de les
+conserver dans du sable jusqu'au moment de faire les semis, qui peut
+alors n'avoir lieu qu'au printemps.
+
+Après le semis, on recouvre la graine d'une bonne couche de terreau;
+cela fait, le cerfeuil bulbeux ne demande plus aucun soin
+particulier autre que les sarclages et les arrosements que réclament
+tous les produits du potager.
+
+Quelle que soit l'époque des semis, le Cerfeuil bulbeux est bon à
+récolter en juillet.
+
+On récolte la graine de Cerfeuil bulbeux en juillet. Elle n'est
+bonne que pendant un an.
+
+
+CHAMPIGNON COMESTIBLE (_Agaricus edulis_).--Le succès des couches ou
+meules de Champignons dépend du choix, de la préparation des fumiers
+et des soins à donner aux meules. Pour établir une meule à
+Champignons, il faut prendre du fumier provenant des chevaux qui
+font un travail pénible; car, étant renouvelé moins souvent, il est
+plus moelleux, c'est-à-dire plus imprégné d'urine, et contient plus
+de crottin que celui des chevaux de luxe.
+
+On commence par déposer le fumier en tas, afin qu'il entre en
+fermentation; puis, un mois après environ, on le reprend à la
+fourche pour en former une couche (nommée planchée) d'environ 0m,65
+d'épaisseur sur 1m,33 de largeur. On étend un premier lit, en ayant
+soin de retirer les plus longues pailles, les liens et le foin, puis
+de bien mélanger les parties sèches avec celles qui sont le plus
+imprégnées d'urine; et pour former les bords de la couche on
+retourne le fumier sur les côtés, de manière que les bouts se
+trouvent en dedans. Dès qu'on a formé un lit de fumier, on le
+mouille avec l'arrosoir à pomme, puis on le foule avec les pieds. On
+refait un second lit, que l'on traite de la même manière, et ainsi
+de suite jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la hauteur indiquée. Huit ou
+dix jours après, on remanie la couche, en commençant par un bout,
+puis on la retourne de la même manière que la première fois, mais en
+ayant soin de remettre au centre ce qui se trouvait sur les bords et
+en dessus. Après l'avoir laissé encore fermenter huit ou dix jours,
+le fumier doit enfin être bon à mettre en meule, c'est-à-dire être
+gras sans être trop humide, et n'avoir plus que le degré de chaleur
+qui convient à l'opération. Comme pendant l'été les orages font
+souvent avorter le blanc, on ne commence à cultiver les Champignons
+à l'air libre qu'en septembre; et à partir de cette époque, on
+continue successivement jusqu'en décembre. Après s'être assuré de la
+bonne condition du fumier, on commence à dresser les meules; elles
+doivent avoir 0m,50 de largeur à la base et autant de hauteur. On
+foule le fumier à mesure qu'on élève la meule, afin qu'elle éprouve
+le moins de tassement possible. On la monte en dos d'âne, de telle
+sorte qu'elle n'ait que 0m,10 de largeur au sommet. Pendant la durée
+de l'opération, on a soin de bien affermir les côtés de la meule en
+frappant légèrement avec le dos de la pelle, puis avec le râteau on
+enlève les longues pailles qui dépassent de chaque côté. Si, après
+avoir monté les meules, il survenait une pluie abondante, il
+faudrait les envelopper d'une chemise (couverture de grande
+litière), ce qui, par un temps favorable, ne doit avoir lieu
+qu'après le gobetage des meules, opération dont nous parlerons plus
+loin. Au bout de huit à dix jours, on s'assurera du degré de chaleur
+au moyen d'un thermomètre à couche, et s'il ne marque pas plus de 15
+à 18 degrés, on pourra larder la meule, c'est-à-dire qu'on
+pratiquera sur ses deux côtés, à 0m,10 ou à 0m,15 du sol, selon
+qu'il est sec ou humide, une rangée de petites ouvertures qui
+doivent être faites avec la main, et à 0m,33 les unes des autres,
+dans lesquelles on place le blanc[6] à fleur du flanc de la meule,
+puis on appuie légèrement, afin de mettre le blanc en contact
+parfait avec le fumier; mais, dans le cas où l'on craindrait qu'il
+n'y eût encore trop de chaleur, on ne rapprocherait le fumier qu'au
+bout de quelques jours. Si, huit ou dix jours après avoir lardé la
+meule, on aperçoit de petits filaments blanchâtres qui commencent à
+s'étendre sur toute la surface, on prendra de la terre légère et
+maigre, salpêtrée autant que possible, on la passera à la claie et
+l'on en étendra partout une épaisseur d'environ 0m,03 que l'on
+appuiera légèrement avec le dos de la pelle, ce qu'on appelle
+_gobeter_.
+
+[Note 6: On appelle blanc de Champignons de petits filaments
+blancs assez semblables à la moisissure et qui se forment dans le
+fumier. On le trouve soit dans le fumier en tas depuis longtemps, où
+il s'en forme souvent de très-bon, soit dans les vieilles couches à
+Melons; à défaut, on peut en prendre dans une meule déjà en rapport,
+mais où l'on n'aurait encore fait qu'une récolte. Placé dans un lieu
+sec, le blanc de Champignons peut se conserver pendant deux ans.]
+
+Dans le cas où l'on n'aurait pas remarqué les traces dont nous avons
+parlé, il faudrait recommencer l'opération en remettant de nouveau
+blanc dans des ouvertures pratiquées à côté des anciennes.
+
+Si le temps est doux et sec, on rafraîchit la meule par de légers
+bassinages; mais il faut bien se garder de lui donner trop d'eau à
+la fois, car l'excès d'humidité détruirait les Champignons
+naissants. Après avoir gobeté, on couvre la meule d'une chemise de
+0m,05 à 0m,06 de grande litière (une couverture plus épaisse
+pourrait faire de nouveau fermenter le fumier, ce qui détruirait
+tout espoir de récolte), qu'on augmentera pendant les gelées et
+suivant la rigueur du froid. Environ six semaines après, on
+commencera à cueillir les premiers Champignons. Pour les chercher,
+on relèvera la litière avec soin, et après les avoir cueillis, on
+remplira les trous qu'ils occupaient avec de la terre de même nature
+que celle qui a servi à gobeter la meule. Si l'on trouvait quelques
+petites places où les jeunes Champignons eussent péri, il faudrait
+enlever toute la partie détruite et remettre de la terre nouvelle.
+Il faut en tout temps, même après avoir épuisé un côté de la meule,
+la recouvrir soigneusement avec de la litière. Une meule peut
+produire de trois à cinq mois en tout temps, mais mieux en été. On
+peut établir ses meules dans une cave peu éclairée, et alors, vu
+l'égalité de température qui règne dans ces localités, il devient
+inutile de couvrir les meules de litière.
+
+
+CHENILLETTE (_Scorpiurus vermiculata_), VERS (_Astragalus hamosus_).
+LIMAÇON (_Medicago turbinata_).--Plantes annuelles indigènes de la
+famille des Papilionacées, dont les fruits imitent des chenilles,
+des vers ou des limaçons, et qui doivent être semées en place, en
+avril et mai, à environ 0m,30 les unes des autres.
+
+
+CHERVIS ou CHIROUIS (_Sium sisarum_).--Plante dont les racines,
+charnues et très-sucrées, se mangent comme les Scorsonères. On la
+sème au printemps ou en septembre, en terre franche bien meuble,
+puis on bine et l'on donne de fréquents arrosements.
+
+La durée germinative de la graine de Chervis est de deux ans.
+
+
+CHICORÉES. _Chicorée sauvage_ (_Cichorium intubus_).--Avec les feuilles
+naissantes de cette espèce on fait une salade fort estimée, que l'on
+peut se procurer presque toute l'année en en semant sur couche dès le
+mois de mars; puis en pleine terre, à partir du mois d'avril jusqu'à
+l'automne. Si l'on veut faire avec les racines la salade appelée
+_Barbe-de-capucin_, il faut, en avril, semer en rayons, et tous les
+soins consistent à donner des binages et quelques arrosements; puis, à
+l'approche des gelées, on arrache les racines, en les soulevant à la
+fourche afin de ne pas les rompre. On les met en jauge de manière à les
+avoir à sa disposition, et dans le courant d'octobre, époque à laquelle
+on commence ordinairement ce travail, on prépare une couche d'environ
+0m,40 d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés. L'endroit le
+plus favorable pour cette opération est une cave basse sans air ni
+lumière. Lorsque la couche a jeté son premier feu, on réunit les racines
+par bottes, mais seulement après en avoir enlevé avec soin les vieilles
+feuilles et toutes les parties qui seraient susceptibles d'engendrer de
+la moisissure; après quoi on les place debout sur la couche, puis on
+bassine fréquemment avec l'arrosoir à pomme; mais, comme toujours, les
+arrosements doivent être proportionnés à la chaleur de la couche; dès
+que la Chicorée commence à pousser, les arrosements doivent être donnés
+avec beaucoup de ménagement pour éviter d'engendrer la pourriture dans
+l'intérieur des bottes. Ordinairement, au bout de quinze à dix-huit
+jours la Chicorée est assez longue pour être récoltée. On peut
+successivement en faire blanchir depuis le mois d'octobre ou de novembre
+jusqu'en avril. On peut encore faire blanchir de la Chicorée en
+enterrant des racines sur une couche recouverte de panneaux à cadres
+pleins, afin d'intercepter la lumière, ou de panneaux ordinaires, que
+l'on tiendra constamment couverts de paillassons.
+
+Les graines de Chicorée sauvage mûrissent en septembre, et se
+conservent bonnes pendant huit à dix ans.
+
+_Chicorée frisée_ (_Cichorium endivia_).--Les premiers semis peuvent
+avoir lieu en septembre sous cloches, mais à froid. À partir de
+cette époque jusqu'en juin, on sème la Chicorée frisée ou d'Italie.
+Dans les premiers jours d'octobre, on repique le plant également
+sous cloches, et vers la fin d'octobre ou au commencement de
+novembre, on plante la Chicorée sur terre, mais sous panneaux; on
+donne de l'air aussi souvent que possible, et pendant les gelées on
+couvre les panneaux dans la nuit. En janvier ou février, on sème sur
+couche chaude et sous panneaux. La couche ne doit pas avoir moins de
+20 à 25 degrés de chaleur, car pour obtenir du plant qui ne monte
+pas, il faut que les graines germent en vingt-quatre heures,
+n'importe l'époque; mieux vaut recommencer le semis que de repiquer
+du plant qui aurait langui. Douze ou quinze jours après le semis, on
+repique le plant en pépinière, pour le planter quinze jours ou trois
+semaines après, toujours sous panneaux, mais sur une couche moins
+forte. Dans la seconde quinzaine de mars, on peut commencer à
+repiquer ses Chicorées en pleine terre, mais sous cloches ou sous
+panneaux, qu'on enlève aussitôt que le temps est favorable. En
+avril, mai et juin, on sème encore les Chicorées sur couche; mais
+alors le plant peut être repiqué immédiatement en pleine terre. On
+trace quatre rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à
+0m,40 de distance sur la ligne.
+
+En juin et juillet, on sème la Chicorée de Meaux en pleine terre à
+une exposition ombragée. Toutefois, dans bien des terrains, il
+vaudrait mieux continuer de semer sur couche, mais à l'air libre.
+Lorsque le plant est de force à être repiqué, on étend un bon
+paillis sur chaque planche, puis on plante à la distance ci-dessus
+indiquée, et l'on donne un bon arrosement pour faciliter la reprise;
+les autres soins consistent à arracher les mauvaises herbes et à
+mouiller au besoin. Lorsque les Chicorées sont suffisamment garnies,
+on profite d'un temps sec pour relever les feuilles, qu'on lie avec
+du jonc ou de la paille pour en faire blanchir l'intérieur; mais
+comme elles blanchissent en peu de temps, il n'en faut lier qu'à
+proportion de la consommation. Dès qu'elles sont liées, il ne faut
+plus les arroser qu'au goulot, afin d'éviter de les mouiller, ce qui
+pourrait les faire pourrir, et, dès les premières gelées, il faut
+les couvrir avec des paillassons ou de la litière, que l'on enlève
+toutes les fois que le temps le permet; puis, lorsque les gelées
+augmentent, on les arrache et on les rentre dans la serre à
+légumes, où on les enterre à moitié dans du sable: de cette manière
+on en conserve jusqu'en janvier.
+
+_Chicorée frisée de la Passion._--Cette intéressante variété que
+nous devons à l'obligeance de M. Charvet, propriétaire à la
+Cellette, près de Blois, est tout aussi rustique que la Laitue dont
+elle porte le nom. Semée dans le courant du mois d'août, repiquée en
+septembre et mise en place en octobre, la Chicorée frisée de la
+Passion est bonne à récolter en mars et avril, époque de l'année où
+les produits du potager sont généralement peu abondants. À ce titre,
+la Chicorée frisée de la Passion peut être considérée comme une
+bonne acquisition.
+
+_Chicorée toujours blanche._--Cette variété n'est pas aussi répandue
+qu'elle le mérite, car elle peut, et avec avantage, remplacer les
+Épinards, surtout en été, époque où il est souvent difficile de se
+procurer ce légume. On sème cette Chicorée en place et à la volée
+pour être coupée toute jeune; on peut la semer sur couche ou en
+pleine terre, depuis le mois de février jusqu'au mois d'août.
+
+_Scarole._--La Scarole est une variété de Chicorée dont la culture
+est tout à fait analogue à celle de la Chicorée de Meaux.
+
+Les graines sont bonnes à récolter à la fin de septembre, et elles
+se conservent pendant cinq ou six ans.
+
+ =Variétés.=--Frisée de Meaux, -- fine d'été ou d'Italie, -- de
+ Rouen, ou corne-de-cerf, -- de la Passion, -- toujours blanche,
+ -- sauvage, -- panachée, -- améliorée, -- Scarole ordinaire, --
+ blonde ou à feuilles de laitue.
+
+
+CHOUX (_Brassica_).--Les choux demandent une terre un peu fraîche et
+surtout bien fumée; car plus ils ont d'engrais, plus ils deviennent
+gros. Ils sont très-nombreux en variétés, mais toutes peuvent se
+rapporter à cinq races principales, savoir: 1º les _Choux cabus_ ou
+_pommés_; 2º les _Choux de Milan_ ou _pommés frisés_; 3º les _Choux
+verts_ ou _non pommés_; 4º les _Choux-raves_, et 5º les
+_Choux-fleurs_ et _Brocolis_.
+
+N. 1. _Choux cabus ou pommés._--Vers la fin d'août ou dans les
+premiers jours de septembre, on sème les Choux cabus hâtifs. En
+octobre, on repique le plant en pépinière le long d'un mur à bonne
+exposition, pour le mettre en place vers la fin de novembre ou au
+commencement de décembre, et en février ou mars dans les terres
+froides ou humides. Si l'hiver est rigoureux, il sera nécessaire de
+garantir le plant, soit avec de la litière, soit avec des
+paillassons posés sur des gaulettes. Si, au printemps, il arrivait
+que l'on manquât de plants, on pourrait en semer en février sur
+couche et en mars sur plate-bande bien terreautée.
+
+Les Choux cabus de seconde saison et les Choux cabus tardifs ne se
+sèment ordinairement qu'en février ou mars; cependant on peut aussi
+les semer dans le courant d'août. Quelle que soit l'époque du semis,
+ces Choux doivent être repiqués immédiatement en place, à 50, 60 ou
+80 centimètres les uns des autres, suivant les proportions que
+doivent acquérir les variétés que l'on cultive; le terrain doit être
+largement pourvu d'engrais: car il ne faut pas oublier que c'est
+seulement à force de fumier et d'eau que l'on peut obtenir tout ce
+que cette plante doit produire.
+
+ =Variétés.=--_Cabus hâtifs_, d'York, -- coeur-de-boeuf, --
+ pain-de-sucre.
+
+ _Cabus_ 2e _saison_, de Poméranie, -- de Winigstadt, -- Joannet,
+ -- de Schweinfurt.
+
+ _Cabus tardifs_, de Saint-Denis, -- de Hollande, -- vert de
+ Vaugirard, -- d'Allemagne dit Quintal, -- rouge foncé.
+
+_Conservation des Choux cabus._--Comme les fortes gelées sont
+très-préjudiciables aux Choux pommés, il faut, en novembre,
+arracher tous ceux dont les pommes sont faites et les mettre en
+jauge dans une planche, mais près l'un de l'autre et en ayant soin
+d'en incliner un peu la tête. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on
+les couvre de litière ou de feuilles que l'on retire dès que le
+temps est doux. Dans les terres légères, on peut enterrer la tête au
+lieu des racines: de cette manière, les Choux peuvent se conserver
+jusqu'au mois de mai sans couverture; il est bon cependant d'en
+couvrir une partie, afin de pouvoir en arracher pendant les gelées.
+
+N. 2. _Choux de Milan._--On les sème depuis la fin de février
+jusqu'en juin, on les repique immédiatement en place comme les Choux
+cabus. Plus rustiques que ces derniers, les Choux de Milan
+supportent ordinairement l'hiver sans abris.
+
+ =Variétés.=--Hâtif d'Ulm, -- pied-court, -- Victoria, --
+ ordinaire, -- doré, -- pancalier, -- des Vertus, -- de Bruxelles.
+
+N. 3. _Choux verts non pommés._--Nous les divisons en deux
+catégories: ceux de la première sont à peu près les seuls cultivés
+dans le potager; les autres sont cultivés en grand comme fourrage,
+et quelques-uns comme plante d'ornement. On sème les premiers en mai
+et juin, pour les planter en juillet et août; ils craignent peu le
+froid, et sont même plus agréables à manger lorsque la gelée les a
+attendris.
+
+ =Variétés.=--Chou à grosse côte, -- Chou à grosse côte frangé, --
+ Choux fraise-de-veau.
+
+Ceux de la seconde catégorie se sèment en juillet et août, ou mieux
+en mars et avril, et l'on repique le plant immédiatement à demeure;
+mais on peut aussi semer en place, soit en lignes, soit a la volée.
+Ces Choux donnent leurs produits en feuilles pendant tout l'hiver
+et jusqu'à leur seconde année.
+
+ =Variétés.=--Cavalier ou Chou-arbre, -- Caulet de Flandre, --
+ branchu de Poitou, -- de grand Jouan.
+
+N. 4. _Choux-raves._--Les premiers semis ont lieu vers la fin de
+février, et peuvent se continuer jusqu'en juin; on sème sur une
+plate-bande terreautée, pour plus tard mettre en place. Ces Choux
+différent des autres par leur collet, qui est renflé et charnu, et
+que l'on emploie en cuisine comme les Navets; mais, pour les avoir
+bien tendres, il faut, en été, leur donner de fréquents arrosements.
+
+ =Variétés.=--Blanc ou de Siam, -- blanc hâtif, -- violet, --
+ violet hâtif.
+
+Le _Chou-navet_, assez semblable au précédent, produit en terre une
+tubérosité charnue de même saveur que le Chou-rave. On le sème en
+place, en mai et juin, soit en lignes, soit à la volée; puis les
+autres soins consistent à éclaircir le plant de manière que les
+Choux se trouvent à environ 0m,40 les uns des autres. Ils craignent
+peu la gelée, et, à moins d'un hiver rigoureux, on peut ne les
+arracher qu'au fur et à mesure du besoin.
+
+Les graines de Chou mûrissent en juillet; elles se conservent bonnes
+pendant cinq ou six ans.
+
+ =Variétés.=--Chou-navet blanc, -- Rutabaga ou navet de Suède.
+
+N. 5. _Choux-fleurs._--Ils sont beaucoup plus délicats que les
+autres races de Choux, aiment une terre légère, bien fumée et
+surtout beaucoup d'arrosements en été. On en cultive plusieurs
+variétés, mais il est impossible de conseiller plutôt l'une que
+l'autre, car les résultats tiennent uniquement à des causes
+locales. Les premiers semis se font en septembre, sur une
+plate-bande bien terreautée ou sur une vieille couche, pour être
+repiqués, en octobre, en pépinière, sur un ados; et lorsqu'il gèle,
+on pose des cloches ou des panneaux sur le plant. Il faut avoir soin
+de donner de l'air tous les jours et aussi longtemps que la
+température le permettra. Si, malgré cette précaution, il arrivait
+que le plant avançât trop, il faudra l'arracher et le replanter pour
+en retarder la végétation; puis, quand les froids deviennent
+rigoureux, on entoure les cloches avec de la litière, et l'on couvre
+le tout avec des paillassons; on découvre toutes les fois que le
+temps le permet, et l'on donne de l'air. En décembre, on peut
+planter une partie de ses Choux-fleurs sur couche et sous panneaux,
+et entre eux quelques Laitues. Pendant la nuit, on couvre les
+panneaux avec des paillassons, on arrose au besoin, et l'on donne de
+l'air toutes les fois que la température le permet; puis, lorsque
+les Choux-fleurs atteignent les vitraux, il faut avoir soin
+d'exhausser les coffres; si dans la seconde quinzaine de mars, le
+temps est favorable, on enlève les panneaux. Ces Choux-fleurs
+produiront en avril et mai; en mars, on plantera l'autre partie en
+pleine terre, et ils donneront depuis la fin de mai jusqu'en
+juillet. On peut aussi semer sur couche, en février et en mars, et
+peu de temps après on repique le plant également sur couche, pour le
+planter en pleine terre vers la fin de mars ou au commencement
+d'avril, et il produira en juin et juillet.
+
+On sème les derniers Choux-fleurs en juin: c'est l'époque où l'on en
+sème le plus et celle où la culture en est le plus facile: c'est
+celle des Choux ordinaires, et tout le succès dépend de l'abondance
+des arrosements, qui doivent être très-fréquents, surtout pendant
+les premiers mois. Il faut semer à une exposition ombragée sur une
+plate-bande bien terreautée; puis, lorsque le plant est assez fort,
+on repique immédiatement en place. Ces Choux-fleurs produisent
+depuis la fin d'août jusqu'en novembre; on peut même en conserver
+jusqu'en février, et quelquefois jusqu'en avril. Pour cela, il faut
+ne les couper que le plus tard possible, et surtout par un temps
+bien sec, afin de ne les rentrer que bien ressuyés, car de là dépend
+toute la durée de leur conservation.
+
+_Conservation des Choux-fleurs._--Après avoir bien enlevé toutes les
+feuilles de ses Choux-fleurs, on les dépose sur les tablettes de la
+serre à légumes, ou bien, ce qui est encore préférable, on les pend
+la tête en bas; et, comme en séchant ils se réduisent beaucoup, il
+faut, la veille du jour où l'on veut les manger, rafraîchir le bout
+du trognon et les mettre tremper dans l'eau fraîche pendant quelques
+heures, en ayant soin d'éviter de mouiller la tête; ils ne tardent
+pas à reprendre leur forme primitive, sans avoir rien perdu de leur
+qualité.
+
+On récolte la graine de Choux-fleurs en septembre. Sa durée
+germinative est de cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Tendre ou petit Salomon, -- demi-dur ou gros
+ Salomon, -- Lenormand, -- dur de Paris, -- d'Angleterre, -- de
+ Hollande.
+
+_Chou brocoli._--On sème les Brocolis en mars, avril et mai, en
+commençant par les variétés les plus hâtives. Lorsque le plant est
+suffisamment fort, on le repique en pépinière, et plus tard on le
+plante en lignes comme les Choux-fleurs.
+
+Les variétés hâtives semées en mars sont bonnes à récolter en
+septembre. Les autres donnent successivement pendant l'hiver et le
+printemps.
+
+Plus rustique que le Chou-fleur, le Brocoli peut supporter sans
+souffrir quelques degrés de froid. Cependant, il est plus prudent
+de relever les pieds en mottes à l'approche des gelées, pour les
+replanter dans une tranchée sur laquelle on place des châssis ou des
+paillassons.
+
+La durée germinative de la graine de Brocoli est de cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc tardif, -- violet hâtif, --
+ violet tardif, -- Sprouting (cette dernière variété produit de
+ petites pommes comme le Chou de Bruxelles).
+
+
+CHOU MARIN (_Crambe maritima_).--Le Crambé est un fort bon légume
+dont on mange les feuilles naissantes, qu'on fait blanchir en
+buttant le pied; il est rustique et d'une culture facile. Dans des
+conditions favorables (c'est-à-dire dans un terrain sablonneux et
+bien fumé), il produit pendant fort longtemps. Nous avons vu une
+plantation de Crambés en plein rapport, qui depuis quinze ans donne
+chaque année plusieurs récoltes. On le multiplie de graines semées
+en place ou en pépinière peu de temps après la récolte; car les
+semis d'automne réussissent généralement mieux que ceux de
+printemps. On peut aussi multiplier les Crambés par boutures de
+racines, mais le semis produit toujours, comme il est facile de le
+comprendre, des plants plus vigoureux.
+
+On plante les Crambés en automne ou au printemps. On trace alors
+deux rangs dans Une planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à
+0m,50 de distance sur la ligne. Chaque année, à l'automne, on enlève
+les feuilles mortes, on donne un binage; puis on étend sur les
+planches un bon lit de fumier à moitié consommé. Dès la seconde
+pousse, on pourrait commencer à couper les feuilles des Crambés;
+mais il est préférable d'attendre la troisième, car alors ils seront
+dans toute la force de leur végétation, et on les conservera
+beaucoup plus longtemps. On commence ordinairement à butter les
+Crambés vers la fin de janvier ou au commencement de février; mais,
+afin que tous ne donnent pas ensemble, on n'en butte qu'une partie,
+et le reste quinze jours après, ce qui a lieu de la manière
+suivante: on dépose sur chaque pied un tas de terreau (ou de terre
+légère) d'environ 0m,20, et l'on recouvre le tout d'un bon lit de
+fumier ou de feuilles, afin d'activer la végétation; un mois après
+environ, lorsque l'extrémité des feuilles commence à paraître, on
+les coupe rez terre, mais en ayant soin de ménager les yeux qui se
+trouvent au collet de la plante, car sans cette précaution elle ne
+repousserait plus. Après la récolte, on les butte de nouveau, et ils
+donnent une seconde récolte souvent aussi abondante que la première.
+Après la seconde coupe, on détruit les buttes, on étend une partie
+du terreau sur les planches, et l'on enlève le reste. On peut aussi
+forcer le Crambé sous panneaux, comme les Asperges: ce qui consiste
+tout simplement à placer, en janvier ou février, des coffres et des
+panneaux sur les Crambés, après les avoir buttés; à défaut de
+panneaux à cadre plein, on peut utiliser les panneaux ordinaires, à
+la condition de les tenir constamment couverts de paillassons. Pour
+activer la végétation des Crambés, on peut entourer les coffres d'un
+réchaud de fumier, car la chaleur ne nuit en rien à cette plante. On
+peut même, comme cela se fait en Angleterre, placer pendant l'hiver
+de fortes touffes de Crambés dans la serre à forcer, afin d'en avoir
+de bons à récolter avant l'époque, ou donner ceux forcés sur place.
+
+On récolte les graines de Crambé en août; elles se conservent bonnes
+pendant trois ans.
+
+
+CIBOULE COMMUNE (_Allium fistulosum_).--Les premiers semis ont lieu
+dans le courant de février, en place et à la volée; et à partir de
+cette époque, on peut continuer de semer successivement jusqu'en
+juillet. Après le semis, on couvre les graines d'une légère couche
+de terreau, et l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Pour
+ne pas manquer de Ciboule en hiver, il faut en arracher en novembre,
+la mettre en jauge, puis la couvrir de litière sèche pendant les
+gelées.
+
+Les graines mûrissent en août, et se conservent pendant deux ans.
+
+_Ciboule vivace._--Elle se multiplie d'éclats au printemps ou à
+l'automne.
+
+
+CIBOULETTE. _Civette_ (_Allium Schoenoprasum_).--Cette plante se
+multiplie par ses caïeux, que l'on sépare en février et mars pour
+les planter en bordures. Elle est d'autant plus tendre et pousse
+d'autant mieux, qu'on la coupe plus souvent.
+
+Pour lui faire passer l'hiver, on la coupe au niveau du sol, puis on
+la couvre de terreau.
+
+
+CONCOMBRE (_Cucumis sativus_).--On sème les Concombres en janvier,
+février et mars, sur couche chaude et sous panneaux. Lorsque les
+cotylédons et les premières feuilles sont bien développés, on les
+repique dans de petits pots, qu'on enfonce sur une couche chaude,
+pour les planter quelque temps après également sur couche et sous
+panneaux. Plus tard, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on
+peut planter les Concombres en pleine terre. Dans les terres
+légères, faciles à s'échauffer, on peut même semer les Concombres en
+place, dans de petites fosses remplies de terreau.
+
+Comme les Melons, les Concombres doivent être taillés pour donner de
+beaux fruits; ce qui doit avoir lieu comme il est indiqué à
+l'article _Melon_.
+
+_Concombre vert petit à cornichons._--On le sème au commencement de
+mai sur couche et sous panneaux. Peu de temps après, on repique le
+plant en pépinière également sur couche et sous panneaux. Dès qu'il
+est repris, on commence à donner un peu d'air, afin de le fortifier,
+et vers la fin de mai ou le commencement de juin, on le relève en
+mottes pour le mettre en pleine terre à bonne exposition, à 0m,60 de
+distance.
+
+On peut aussi semer le Cornichon en pleine terre; plus rustique même
+que les autres Concombres, il n'a pas besoin d'être taillé.
+
+Dans les terrains naturellement humides, il faut, pour récolter de
+beaux fruits, ramer les Concombres et les Cornichons, comme les Pois
+et les Haricots, afin qu'ils ne posent pas sur le sol.
+
+La durée germinative des graines de Concombre est de cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc gros, -- jaune long, -- vert
+ long anglais, -- de Russie, -- serpent.
+
+
+COURGE POTIRON (_Cucurbita maxima_).--On sème les potirons en mars,
+sur couche chaude et sous panneaux; en avril, on les repique en
+pépinière également sur couche et sous panneaux. Quelques jours
+après le repiquage, on commence à donner un peu d'air, afin de
+fortifier le plant; et, en mai, on prépare des trous que l'on
+dispose de manière que les Potirons soient au moins à 1m,65 les uns
+des autres. On remplit les trous de fumier, que l'on couvre
+d'environ 0m,15 de terreau. Si, après la plantation, il survient de
+petites gelées blanches pendant la nuit, il faut couvrir les
+Potirons avec des cloches, ou, à défaut, avec de la litière. Pendant
+leur végétation, il faut les arroser abondamment, et les autres
+soins consistent à pincer la première tige au-dessus du second oeil,
+afin de favoriser le développement d'une ou de deux branches sur
+chacun. Lorsqu'elles ont environ 1m,50 de longueur, on les marcotte,
+ce qui consiste à coucher les branches en terre, afin qu'elles
+produisent des racines; de cette manière, on obtient une végétation
+beaucoup plus vigoureuse. Dès qu'un fruit est noué et jugé digne
+d'être conservé, il faut pincer la branche qui le porte à deux ou
+trois yeux au-dessus du fruit; et si l'on veut en obtenir de
+volumineux, on ne doit en laisser qu'un ou deux sur chaque pied,
+excepté sur celui de _Hollande_, variété dont les fruits sont moins
+gros, mais d'excellente qualité; c'est même celui que l'on doit
+réserver de préférence pour les provisions d'hiver; car, cueilli
+avant les gelées et déposé sur les tablettes du fruitier ou de
+l'orangerie, il se conserve souvent jusqu'en mars et avril.
+
+Les Courges à la moelle, pleine de Naples, de l'Ohio, de Valparaiso,
+de Barbarie, de Madère, des Patagons, le Giraumont turban et le
+Pâtisson, se cultivent exactement comme le Potiron.
+
+La durée germinative des graines de Courge est de cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Jaune gros, -- d'Espagne, -- de Hollande, -- blanc,
+ -- de Corfou.
+
+
+CRESSON DE FONTAINE (_Nasturtium officinale_).--Cette plante,
+jusqu'à présent employée en cuisine comme salade et fourniture
+seulement, peut aussi être préparée à la manière des Épinards, et
+sous cette forme elle a une saveur fort agréable. La consommation du
+Cresson est devenue tellement considérable que, dans un rayon
+très-rapproché de Paris, des terrains très-étendus sont consacrés à
+cette culture.
+
+Ces cressonnières sont alimentées par des sources naturelles ou
+artificielles, et disposées de manière à être submergées à volonté.
+Le terrain est divisé par fosses larges chacune d'environ 3 mètres
+sur 0m,40 à peu près de profondeur, séparées par des plates-bandes
+élevées, destinées à divers genres de culture, tels que Artichauts,
+Choux, etc. On multiplie le Cresson de graines semées au printemps,
+ou mieux de boutures faites en août. Avant la plantation, il faut
+bien unir le terrain; et s'il arrivait qu'il ne fût pas assez
+humide, on y laisserait couler un peu d'eau. Une fois le terrain
+bien préparé, on prend du Cresson, et on le place au fond des fosses
+par petites pincées, à environ 0m,12 à 0m,15 l'une de l'autre. Au
+bout de peu de temps, il est enraciné et couvre complétement le sol;
+alors on étend sur toute sa surface une légère couche de fumier de
+vache bien consommé; puis, au moyen d'une planche à laquelle on
+adapte un manche placé obliquement, on comprime le tout légèrement;
+après quoi, on introduit 0m,10 à 0m,12 d'eau, quantité bien
+suffisante pour cette culture. En été, on cueille le Cresson tous
+les quinze jours ou toutes les trois semaines. Pour le cueillir avec
+plus de facilité, on pose une planche en travers de la fosse. Dès
+qu'une fosse est récoltée, on la met à sec, et l'on étend de nouveau
+un peu de fumier de vache, qu'on appuie avec l'instrument mentionné
+ci-dessus, opération qu'il faut recommencer immédiatement après
+chaque coupe. Quand une fosse a produit pendant un an, on la détruit
+pour la replanter, comme nous l'avons indiqué précédemment, mais
+seulement après avoir enlevé les vieilles racines et les débris de
+fumier, qui forment une épaisseur assez considérable dans le fond.
+
+On peut aussi en semer ou en planter sur le bord des cours d'eau,
+comme il en circule souvent dans les jardins d'agrément. Les tiges
+ne tardent pas à s'étendre, et l'on peut en couper chaque année
+jusqu'aux gelées, pourvu qu'on le fasse assez souvent pour
+l'empêcher de monter en graine.
+
+La durée germinative des graines de Cresson de fontaine est de
+quatre ans.
+
+_Cresson de terre_, _Cresson vivace_ (_Erysimum præcox_).--Il peut
+remplacer le Cresson de fontaine, dont il a tout à fait la saveur.
+On le sème au printemps, en rayons, dans une terre franche, légère
+et humide.
+
+La durée germinative des graines de Cresson de terre est de trois
+ans.
+
+_Cresson alénois_ (_Lepidium sativum_).--Comme cette plante monte
+très-vite en graine, on est obligé d'en semer très-souvent; les
+semis se font en rayons, au printemps sur couche, et en été à une
+exposition ombragée.
+
+Les graines de Cresson alénois mûrissent en juin, et se conservent
+pendant cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Cresson alénois frisé, -- Cresson doré.
+
+
+ÉCHALOTE (_Allium Ascalonicum_).--On ne la cultive avec succès que
+dans une terre légère et substantielle, fumée de l'année précédente.
+Elle se multiplie de caïeux plantés en février et mars, à 0m,08 ou
+0m,10 de distance, et presque à fleur de terre, afin d'éviter
+l'humidité, qui lui est très-préjudiciable. On choisit, pour
+replanter, les Échalotes les plus minces et les plus allongées, car
+ce sont celles qui produisent les plus belles bulbes. On les arrache
+en juillet ou en août, lorsque les feuilles sont sèches, et on les
+laisse deux ou trois jours au soleil, puis on les rentre dans un
+lieu sec.
+
+
+ÉPINARDS (_Spinacia oleracea_).--On les sème, en lignes ou à la
+volée, depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre; et comme ils
+restent peu de temps en terre, on en sème souvent parmi les plantes
+nouvellement repiquées ou pour garnir les planches qui doivent être
+employées à une autre culture environ un mois après. Les semis d'été
+doivent se faire à une exposition ombragée; il faut arroser
+fréquemment, pour les empêcher de monter.
+
+Les graines d'Épinards mûrissent en juillet, et se conservent
+pendant cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Épinards de Hollande, -- d'Angleterre, -- de
+ Flandre, -- d'Esquermes, à feuilles de laitue.
+
+
+ESTRAGON (_Artemisia dracunculus_).--On le multiplie de graines,
+mais plus fréquemment par éclats des pieds, qu'on replante au
+printemps à bonne exposition. On coupe les tiges à l'entrée de
+l'hiver, et on couvre les touffes de quelques centimètres de
+terreau.
+
+
+FENOUIL (_Anethum feniculum_).--On en cultive plusieurs variétés;
+mais, comme légume, le Fenouil doux est le plus estimé. On le
+multiplie de graines que l'on tire d'Italie chaque année; celles
+qu'on récolte dans nos jardins dégénèrent promptement. On sème, de
+mars en juin, en place ou en pépinière, et on repique à 0m,40 de
+distance; puis on donne des binages et de fréquents arrosements
+pendant la sécheresse. Quand le Fenouil est assez fort, on le fait
+blanchir à la manière du Céleri. On mange les racines et les jeunes
+pousses.
+
+La durée germinative des graines de Fenouil est de cinq ans.
+
+
+FÈVE (_Faba vulgaris_).--On sème les premières Fèves en janvier,
+sous panneaux (pour semer à cette époque, on prend de préférence la
+Fève naine hâtive); en février, on les repique en rayons un peu
+profonds, qu'on trace à 0m,35 les uns des autres; on les couvre de
+litière pendant les mauvais temps, et lorsqu'elles ont quelques
+centimètres de hauteur on donne un binage, puis on achève de remplir
+les rayons, ce qui augmente la vigueur des plantes et des produits;
+lorsqu'elles sont défleuries, l'on pince toutes les extrémités, afin
+de forcer la séve à se porter vers le fruit. En février, on sème en
+pleine terre, par touffes ou en rayons; et à partir de cette époque,
+les semis peuvent être continués successivement jusqu'à la fin de
+mai; enfin, quelle que soit l'époque des semis, les soins consistent
+à donner quelques binages et à pincer l'extrémité des tiges, comme
+nous l'avons précédemment indiqué.
+
+La durée germinative des semences de Fèves est de six ans.
+
+ =Variétés.=--Naine hâtive, -- Julienne, -- de marais, -- de
+ Windsor, -- toujours verte, -- violette, -- à fleur pourpre, -- à
+ longue cosse.
+
+
+FRAISIER (_Fragaria vesca_).--On multiplie les Fraisiers de graines
+ou de filets, qui ne doivent être pris que sur du plant d'un an; car
+ceux qui proviennent de vieilles touffes produisent beaucoup moins,
+les fruits en sont moins beaux et de moins bonne qualité. On sème en
+mars, à une exposition ombragée; on couvre les graines d'une légère
+couche de terre fine, mêlée de terreau, et l'on entretient la
+fraîcheur de la terre par des bassinages.
+
+Dès que le plant a quatre ou cinq feuilles, on le repique en
+pépinière, deux par deux, sur une vieille couche. Aussitôt après le
+repiquage, on bassine avec l'arrosoir à pomme, ce que l'on continue
+de faire suivant le besoin; et pendant quelques jours on garantit
+les jeunes plants contre l'action du soleil avec un peu de litière,
+qu'on étend bien légèrement.
+
+Dans le commencement de juillet, on relève les plants en mottes pour
+planter en pleine terre, à environ 0m,15 de distance l'un de
+l'autre, et, comme après le premier repiquage, on protége la reprise
+par de fréquents arrosements. Le résultat de ces repiquages est de
+favoriser le développement d'une grande quantité de jeunes racines;
+et plus les Fraisiers en sont garnis, plus ils deviennent
+productifs. À partir de cette époque jusqu'au moment de les mettre
+en place, on a soin de supprimer toutes les fleurs et les filets qui
+se développent sur le jeune plant, et d'arracher ceux qui paraissent
+dégénérer, ce qu'il est facile de reconnaître à leur vigueur et à
+l'absence des fleurs.
+
+Vers la fin de septembre, on donne un bon labour aux planches dans
+lesquelles on doit planter ses Fraisiers; et si le terrain ne se
+trouvait pas être de bonne qualité, il faudrait pour l'améliorer
+n'employer que des engrais bien consommés: car lorsque les racines
+des Fraisiers atteignent le fumier non consommé, les feuilles se
+dessèchent successivement, et souvent les touffes périssent. Après
+avoir bien préparé le terrain, on trace cinq rangs par planche de
+0m,33 de largeur; puis on plante ses Fraisiers à 0m,35 de distance
+sur la ligne, ce qui toutefois ne doit avoir lieu que pour les
+Fraisiers des Quatre-Saisons, car pour ceux à très-gros fruits, tels
+que le Fraisier Keen's seedling, on trace quatre rangs seulement, et
+l'on plante à 0m,50 de distance sur la ligne; après quoi l'on
+continue de couper les fleurs et les filets de chaque touffe avant
+qu'ils soient enracinés, afin de concentrer sur chaque pied la force
+de reproduction dont ils sont doués.
+
+Au printemps, on donne un binage à chaque planche; dès que les
+fleurs commencent à paraître, il faut couvrir la terre d'un paillis
+un peu long, ce qui d'une part a l'avantage de conserver l'humidité
+du sol, et de l'autre empêche les fruits de porter sur la terre. Les
+arrosements doivent être faits avec les arrosoirs à pomme, au
+printemps le matin, et le soir en été. L'année suivante, on continue
+les mêmes soins; mais, comme au bout de quelques années les produits
+dégénèrent, il ne faut pas conserver les Fraisiers plus de deux ans.
+Cependant, dans un bon terrain, on peut les conserver trois ou
+quatre ans, en ayant soin de les rechausser chaque année au
+printemps avec de la terre neuve.
+
+Les Fraisiers qu'on multiplie de filets doivent être plantés en
+juillet, et comme ce que nous venons de dire pour les Fraisiers
+provenant de graines est en tout applicable à ces derniers, nous
+croyons inutile de traiter ce sujet plus longuement.
+
+_Des Fraisiers forcés._--Les Fraisiers cultivés pour forcer sont: le
+Fraisier des Quatre-Saisons, Keen's seedling, Princesse royale,
+Marguerite Lebreton, Victoria Trolopp, Elton.
+
+Dans le courant de janvier ou dans les premiers jours de février, on
+pose des coffres, puis des panneaux, sur les planches des Fraisiers
+qu'on veut forcer; on enlève la terre des sentiers qui entourent les
+coffres jusqu'à environ 0m,45 de profondeur, après quoi on remplit
+les sentiers de fumier, mais jusqu'au niveau du sol seulement, et
+dans la première quinzaine de février on achève de les remplir. À
+partir de cette époque, il faut avoir soin de les entretenir à la
+hauteur des panneaux: pour cela, on rapporte du fumier au fur et à
+mesure qu'il en est besoin. On couvre les panneaux pendant la nuit
+avec des paillassons, et l'on donne de l'air au moment du soleil.
+Vers la fin d'avril, on commence à donner quelques bassinages, si la
+température l'exige, ce que l'on continue de faire au besoin. Les
+Fraisiers étant ainsi traités, les fruits commenceront à mûrir dans
+le courant d'avril.
+
+Après la récolte, ou enlève les panneaux (qui peuvent encore servir
+pour mettre sur les Melons), ce qui n'empêchera pas les Fraisiers,
+ceux des Quatre-Saisons surtout, de fructifier jusqu'aux gelées.
+Néanmoins, on peut également obtenir une seconde récolte des Keen's
+seedling et autres variétés à gros fruits. Pour cela, il faut les
+priver d'eau pendant quelque temps, afin d'en arrêter la
+végétation; et lorsque les touffes sont presque fanées, on supprime
+une bonne partie des feuilles, on les bine légèrement, puis on
+favorise leur végétation par de bons arrosements. Dans les premiers
+jours d'août, on aura une seconde fructification, tout aussi
+abondante que la première.
+
+Au lieu de détruire, après la récolte, les Fraisiers cultivés en
+pots, comme on a l'habitude de le faire, on peut, dans le courant de
+l'automne, retrancher les vieilles racines et renouveler la terre
+des pots. Traités après cette opération comme les jeunes plants que
+l'on renouvelle chaque année, ces Fraisiers donnent des fruits tout
+aussi beaux et tout aussi abondants que les jeunes plants. Nous
+avons vu à Tours, chez M. Bellanger, un de nos amis, des Fraisiers
+soumis à ce traitement depuis quinze ans, dont la vigueur ne laisse
+véritablement rien à désirer.
+
+Depuis l'adoption du chauffage au thermosiphon, on a modifié la
+culture forcée des Fraisiers. Ainsi, après avoir traité les
+Fraisiers comme nous l'avons indiqué, vers la fin de septembre ou au
+commencement d'octobre, on les relève en mottes pour les planter
+dans des pots de 0m,15. On emploie pour l'empotage une bonne terre
+douce, passée à la claie, et, aussitôt après la plantation, on place
+les pots l'un à côté de l'autre dans un coffre, de manière à pouvoir
+les garantir des grandes pluies et des gelées, en posant dessus des
+châssis ou des paillassons; puis on les arrose pour en faciliter la
+reprise, et, comme pour les pieds cultivés en pleine terre, on
+supprime les filets et les fleurs au fur et à mesure qu'ils
+paraissent. Dans le courant de janvier, on prépare les coffres à
+recevoir les Fraisiers; puis on les place sur le sol, tous à côté
+les uns des autres, ou sur un gradin sous lequel on fait circuler
+les tuyaux du thermosiphon. Après avoir tout disposé, on bine la
+terre des pots, on enlève les feuilles mortes, et l'on pose les
+panneaux, que l'on couvre de paillassons pendant la nuit. Arrivé à
+ce point, on commence à les chauffer, ce qu'il ne faut faire que
+modérément et de manière à entretenir sous les panneaux une
+température de 12 à 15 degrés, et, comme nous l'avons indiqué pour
+les Fraisiers forcés en pleine terre, on bassine et on donne de
+l'air toutes les fois que la température est favorable. On peut, par
+ce moyen, avoir des fruits mûrs dès les premiers jours de mars.
+Comme ceux de pleine terre, les Fraisiers forcés en pots sont
+susceptibles de donner une seconde récolte; il suffit de les
+dépoter, de les planter en pleine terre et de leur donner les soins
+ci-dessus indiqués.
+
+On divise les Fraisiers en plusieurs sections, qui contiennent
+chacune un grand nombre de variétés. Nous indiquerons seulement
+celles qui entrent le plus communément dans la culture.
+
+La durée germinative des graines de Fraisiers est de trois ans.
+
+ =Variétés.=--Des Quatre-Saisons, -- Ambroisia, -- Amiral Dundas,
+ -- British Queen, -- Eleonor Myatt, -- Elton, -- Jacunda, --
+ Keen's sedling, -- Lucas, -- Marguerite Lebreton, -- Napoléon
+ III, -- Princesse royale, -- Sir Harry, -- Victoria Trolopp, --
+ Vicomtesse Héricart de Thury.
+
+
+HARICOT (_Phaseolus vulgaris_).--On sème les premiers Haricots en
+décembre, sur couche et sous panneaux; mais, comme à cette époque, il y
+a souvent absence complète de soleil, ce qui est très-défavorable à ce
+genre de culture, il est préférable de ne commencer ce travail que dans
+le courant de janvier, et à partir de cette époque l'on peut continuer
+jusqu'à la fin de mars. On sème sur couche et sous panneaux, et aussitôt
+après le développement des cotylédons, on repique les Haricots en
+pépinière, toujours sur couche et sous panneaux. Quelques jours après,
+on prépare une couche d'environ 0m,50 d'épaisseur dont la chaleur soit
+de 20 à 25 degrés; on pose les coffres, on charge la couche de 0m,12 à
+0m,15 de terre légère, et l'on plante les Haricots.
+
+On trace quatre rangs par coffre, et l'on plante à environ 0m,15 sur
+la ligne; après quoi les soins à donner consistent à refaire les
+réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur nécessaire
+dans la couche; à couvrir les panneaux pendant la nuit; à donner de
+l'air toutes les fois que la température le permet; enfin, à
+bassiner au besoin, surtout au moment de la floraison, afin
+d'empêcher les fleurs de couler; et lorsque les Haricots ont environ
+0m,25 de hauteur, on les couche vers le haut du coffre, puis on les
+maintient dans cette position au moyen de petites tringles de bois
+qu'on pose sur les tiges. Peu de jours après, l'extrémité des tiges
+se relève (on peut alors enlever les tringles), mais la partie
+inférieure reste couchée sur le sol. Ainsi traités, on commence
+ordinairement à cueillir les premiers Haricots six semaines après le
+semis.
+
+C'est souvent à tort que l'on détruit les Haricots aussitôt après
+qu'on en a récolté les premiers produits; car en les nettoyant avec
+soin, opération qui consiste à enlever les feuilles mortes et les
+fruits que l'on a trouvés trop petits pour être cueillis, ils
+donneront au bout de quelque temps une seconde récolte aussi
+abondante que la première.
+
+On peut faire avec avantage l'application du chauffage par le
+thermosiphon à la culture des Haricots sous panneaux. Il suffit
+alors de préparer une couche très-mince dans le but seul de garantir
+les Haricots de l'humidité du sol, puis on fait circuler les tuyaux
+de l'appareil au-dessus de la couche; on entretient la chaleur de 15
+à 20 degrés sous les panneaux; et comme l'on peut régler ce
+chauffage à volonté, on découvre tous les jours, sans avoir égard à
+l'état de la température, et l'on donne de l'air aussi souvent qu'il
+est nécessaire, ce qui contribue puissamment au succès de
+l'opération.
+
+En avril, on semé encore sur couche, mais on repique en pleine terre
+et sous cloches. On repique trois Haricots sous chacune; au bout de
+quelques jours, on commence à donner de l'air, puis on enlève les
+cloches lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que la
+température est favorable. Il va sans dire qu'on peut indifféremment
+employer des cloches ou des panneaux.
+
+On sème en pleine terre en mai; en terre légère, on sème dans la
+première quinzaine du mois; mais en terre forte, dans la seconde
+seulement, par touffes, ou mieux en rayons, car, par ce moyen, on
+obtient une végétation beaucoup plus vigoureuse, et par conséquent,
+des produits plus abondants. On trace des rayons d'environ 0m,05 de
+profondeur à 0m,40 les uns des autres; après quoi, on sème les
+Haricots un à un, à 0m,15 ou 0m,20 sur la ligne, puis on les couvre
+d'environ 0m,02 de terre.
+
+Pour semer par touffes, on fait des trous de 0m,05 à 0m,06 de
+profondeur, disposés en échiquier, à 0m,40 les uns des autres; on
+sème cinq ou six Haricots dans chacun, puis on les recouvre de la
+même quantité de terre que ceux qui sont semés en rayons. Quelque
+temps après, on donne un binage pour faciliter la levée des graines;
+mais c'est seulement lorsque les Haricots sont bien levés qu'on
+finit de remplir les trous ou les rayons. À partir de l'époque
+ci-dessus indiquée, on peut semer des Haricots en pleine terre,
+jusqu'à la mi-août, pour manger en vert (les Haricots qu'on cultive
+particulièrement pour cet usage sont: le Nain de Hollande, le
+Flageolet et le Bagnolet); mais, quand on veut récolter en sec, il
+ne faut pas semer après le mois de mai, excepté pour quelques
+variétés naines hâtives, que l'on peut encore semer dans la
+première quinzaine de juin. On cultive encore un grand nombre de
+variétés de Haricots, que l'on divise en deux catégories.
+
+La durée germinative des semences de Haricots est de trois ans.
+
+_Haricots à manger en vert ou écossés._--Nain de Hollande, h.
+0m,30,--Noir de Belgique, h. 0m,35,--de Soissons nain, h. 0m,50.--de la
+Chine, h. 0m,35,--Flageolet, h. 0m,35,--Fl. jaune, h. 0m,40,--Suisse
+blanc, 0m,45,--S. gris, h, 0m,45--de Chartres, h. 1m,40,--de Soissons,
+h. 2m,--Sabre, h. 2m,--Riz, h. 0m,60.
+
+_Haricots sans parchemin ou Mange-tout._--Nain blanc, h. 0m,50,--Sabre
+nain, h. 0m,50,--de Prague marbré nain, h. 0m,45,--Princesse nain, h.
+0m,40,--Jaune du Canada, h. 0m,40,--Beurre nain, h. 0m,35,--Predomme, h.
+1m,50,--Princesse, h. 2m,--Beurre 2m,50,--B. blanc, h. 2m,--de Prague
+rouge, h. 2m,50,--de P. marbré, h. 2m,--de P. bicolore, h. 2m,50,--de
+Villetaneuse, h. 2m.
+
+
+IGNAME DE LA CHINE (_Dioscorea Batatas_).--Cette plante, dont
+l'introduction en France date de 1848, a résisté à l'épreuve du
+temps, sous laquelle ont succombé un grand nombre de plantes
+nouvelles. Elle justifie de plus en plus les espérances fondées sur
+les services qu'elle rend dans son pays natal, et l'on peut dire
+maintenant qu'elle est digne à tous égards de figurer au premier
+rang sur la liste de nos plantes potagères.
+
+La saveur des racines tuberculeuses de l'Igname de la Chine diffère
+peu de celle de la Pomme de terre; elles sont aussi riches en
+fécule, et peuvent, comme la Pomme de terre, recevoir toute sorte
+d'assaisonnements.
+
+Ces racines sont annuelles; laissées en terre, elles s'atrophient
+chaque année, mais seulement après avoir donné naissance à de
+nouvelles racines, qui partent du collet de la plante.
+
+On multiplie l'Igname de la Chine en plantant, en mars ou avril,
+sans plus de soins que n'en exige la culture bien comprise de la
+Pomme de terre, soit les bulbilles qui naissent dans les aisselles
+des feuilles, soit les jeunes racines que produisent les bulbilles,
+soit enfin le collet des racines destinées à la consommation. On
+plante les Ignames de la Chine en lignes, à 0m,20 ou 0m,25 les unes
+des autres, en tous sens. Dans les terrains siliceux, qui
+conviennent mieux que tous les autres à la culture de cette plante,
+la récolte des Ignames de la Chine peut être faite l'année même de
+la plantation. Les frais d'arrachage ne dépassent pas sensiblement
+alors ce que coûte ordinairement la récolte des Carottes longues,
+par exemple. Néanmoins, pour obtenir de cette plante tout ce qu'elle
+peut produire, il faut laisser les racines en terre pendant deux
+ans. D'après ce que nous avons été à même de constater dans nos
+propres cultures, le rendement en racines de l'Igname de la Chine
+dépasse toujours de beaucoup la seconde année ce que la même étendue
+de terrain aurait pu produire de Pommes de terre. Il en résulte que,
+malgré les deux années de culture et les frais d'arrachage, cette
+opération offre encore des avantages certains.
+
+Bien que les tiges de l'Igname de la Chine soient grimpantes, elles
+n'ont pas besoin d'être ramées, et l'on peut les laisser ramper sur
+le sol. S'il arrivait même qu'elles prissent un trop grand
+développement la seconde année, on pourrait sans inconvénient en
+donner une partie aux bestiaux, qui les mangent avec plaisir comme
+fourrage frais. L'Igname de la Chine est peu sensible au froid; sous
+le climat de Paris, elle passe très-bien en pleine terre les hivers
+ordinaires. Cependant, il est prudent d'arracher les Ignames de la
+Chine dès que les tiges sont complétement sèches.
+
+Placée dans les mêmes conditions que la Pomme de terre, l'Igname de
+la Chine peut se conserver facilement cinq et six mois hors de
+terre.
+
+
+LAITUE (_Lactuca sativa_).--On en cultive deux races principales:
+les Laitues pommées (_Lactuca capitata_) et les Laitues romaines
+(_Lactuca romana_).
+
+_Laitues._--On les divise en Laitues pommées, de printemps, d'été,
+d'hiver, et à couper.
+
+_Laitues de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on
+sème la variété dite petite noire, sur un ados exposé au midi;
+lorsque les cotylédons sont bien développés et que les premières
+petites feuilles commencent à paraître, on place trois rangs de
+cloches sur l'ados, et l'on repique sous chacune une trentaine de
+plants; puis on élève ces Laitues sans jamais leur donner d'air.
+Mais il n'en est pas de même pour les autres variétés, qu'on sème
+dans la seconde quinzaine du mois: car lorsque le plant est bien
+repris, ce qui se voit quand il commence à végéter, on donne un peu
+d'air en soulevant les cloches d'environ 0m,03 du côté opposé au
+vent. Au bout de quelques jours, on augmente progressivement, selon
+l'état de la température, et afin de fortifier le plant. Il ne faut
+rabattre les cloches que lorsqu'il gèle à 2 ou 3 degrés. Lorsque la
+gelée devient plus forte, on garnit les cloches avec du fumier bien
+sec, qu'on augmente en raison de l'intensité du froid.
+
+On découvre les cloches au moment du soleil; mais on doit s'assurer
+avant si le plant ne souffre pas de la gelée; car il faudrait alors,
+au lieu de découvrir, augmenter la couverture et le laisser dégeler
+graduellement.
+
+Dans la première quinzaine de novembre, on plante sur couche (sous
+panneaux ou sous cloches), et à partir de cette époque, on continue
+successivement jusqu'à la fin de février. En mars, on plante en
+pleine terre, à bonne exposition, toujours avec des plants pris sur
+le même ados.
+
+Vers la fin de février ou au commencement de mars, on sème sur
+couche et sous panneau; et lorsque le plan est assez fort, on le
+repique en planches que l'on aura eu soin de pailler avant la
+plantation.
+
+ =Variétés.=--Crêpe ou petite noire, -- Gotte, -- Georges, -- À
+ bord rouge. -- Bigotte.
+
+On sème aussi ces variétés en août et en septembre; on les plante
+sur des vieilles couches, qu'on recharge de terreau, de manière
+qu'elles se trouvent près du verre; mais c'est seulement quand il
+gèle qu'on les recouvre de panneaux, et en ayant soin de leur donner
+autant d'air qu'il est possible. On en conserve souvent jusqu'en
+décembre.
+
+_Laitues d'été._--On commence à en semer dès les premiers jours
+d'avril, puis jusqu'en juillet, successivement tous les quinze
+jours, afin d'en avoir qui se succèdent pendant toute la saison. Les
+soins sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués précédemment;
+seulement, en raison de l'époque, les arrosements doivent être
+beaucoup plus fréquents.
+
+ =Variétés.=--Blonde de Versailles, -- Bl. d'été, -- Bl. de
+ Berlin, -- Batavia blonde, -- Bl. brune, -- de Malte, -- Turque,
+ -- Impériale, -- verte de Gênes, -- grosse brune paresseuse, --
+ Palatine, -- rouge chartreuse, -- rousse à graine jaune, --
+ sanguine ou flagellée.
+
+_Laitues d'hiver._--On commence à les semer en août, et l'on peut
+continuer jusque vers le milieu de septembre. En octobre on les
+plante dans une plate-bande, à bonne exposition, et on les garantit
+des fortes gelées et de la neige en les couvrant avec de la
+litière, qu'on enlève toutes les fois que le temps le permet.
+
+ =Variétés.=--De la passion, -- Morine -- Brune d'hiver.
+
+_Laitues à couper._--On peut facilement en avoir presque toute
+l'année, et en commençant à semer sur couche en janvier et en
+février, puis en pleine terre dès le mois de mars successivement
+jusqu'en novembre.
+
+ =Variétés.=--À pincer, -- Chicorée, -- Épinard.
+
+_Laitues romaines._--On en cultive plusieurs variétés que l'on peut
+classer, comme les Laitues pommées, en Romaines de printemps, d'été
+et d'hiver.
+
+_Romaines de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on
+sème la Romaine verte hâtive, et dans la seconde, les Romaines
+blonde et grise maraîchère; on traite le plant comme celui des
+Laitues pommées cultivées à cette époque; seulement, dans le courant
+de novembre, on relève le plant des Romaines vertes pour le
+replanter immédiatement; mais alors on n'en place plus que douze ou
+quinze par cloche.
+
+Vers la fin de décembre ou le commencement de janvier, on commence à
+planter sous panneaux ou sous cloches, et à partir de cette époque
+on continue successivement jusqu'à la fin de février; en mars, on
+plante en pleine terre, à bonne exposition.
+
+_Romaines d'été._--On les cultive absolument comme les Laitues
+d'été, à la seule différence que pour les faire blanchir, on lie
+avec un ou deux liens de paille les variétés qui ne se coiffent pas
+elles-mêmes. Cette opération ne doit avoir lieu que par un temps
+sec, et dès lors il faut s'abstenir de mouiller les feuilles en
+arrosant.
+
+ =Variétés.=--Alphange, -- Blonde de Brunoy, -- Monstrueuse, --
+ Panachée, -- Dorée, -- À feuille de chêne.
+
+_Romaines d'hiver._--On les traite comme les Laitues d'hiver; et
+pour semer à cette époque, on donne généralement la préférence à la
+Romaine rouge d'hiver, variété très-rustique et supportant le mieux
+les gelées.
+
+Les graines de Laitues et de Romaines mûrissent en août, et elles se
+conservent bonnes pendant cinq ans.
+
+
+LENTILLES (_Ervum lens_).--Cette plante est plus cultivée en plein
+champ que dans les jardins; on la sème en rayons en mars et avril.
+Dans un terrain sec et sablonneux ses produits sont beaucoup plus
+abondants que dans un terrain gras et humide; car alors elle végète
+beaucoup, mais ne donne que très-peu de graines. La variété à
+laquelle on donne généralement la préférence est celle de
+_Gallardon_.
+
+La durée germinative des semences de Lentille est de trois ans.
+
+
+MÂCHE DE HOLLANDE (_Valerianella olitoria_).--Elle aime une terre
+douce et bien fumée. On commence à en semer en août et jusqu'à la
+fin d'octobre. On la sème à la volée; et après avoir hersé à la
+fourche, on la recouvre légèrement avec le râteau, et l'on arrose si
+le temps est sec. Celle qu'on a semée en octobre sera bonne au
+printemps.
+
+Il existe une nouvelle variété de Mâche à feuilles panachées, qui
+peut être cultivée exactement de la même manière.
+
+_Mâche d'Italie ou régence._--C'est une espèce à feuilles plus
+larges, mais plus tardive; on en sème souvent parmi celle de
+Hollande, de manière à prolonger la durée du semis.
+
+Les graines de Mâche sont bonnes à récolter en juin, et elles se
+conservent pendant quatre ou cinq ans.
+
+
+MAÏS (_Zea maïs_).--Dans les jardins, on cultive particulièrement le
+Maïs pour ses jeunes épis, que l'on fait confire au vinaigre comme
+les cornichons ou pour manger cuits à l'eau comme les pommes de
+terre. On le sème en mai en pleine terre, ou en avril sur couche,
+pour le repiquer ensuite à 0m,60 de distance. Quand les plantes
+prennent de la force, on les butte, et on retranche les bourgeons
+qui viennent au pied.
+
+La durée germinative des semences du Maïs est de deux ans.
+
+ =Variétés.=--Blanc hâtif, -- Quarantain, -- à poulets, -- sucré.
+
+
+MELONS (_Cucumis Melo_).--La culture des Melons, sur laquelle il a
+déjà paru beaucoup de traités, rarement écrits par des praticiens,
+est on ne peut plus facile; cependant, dans nos pays elle exige des
+soins assidus et intelligents, surtout pour ceux de première saison:
+car alors on a à lutter contre les chances défavorables de la
+température; et la bonne culture a une telle influence sur la
+qualité des fruits, que, quoique placés dans des conditions bien
+moins favorables, nos Melons cantaloups sont ordinairement
+supérieurs en qualité à ceux des contrées méridionales, où ils sont
+semés en plein champ et abandonnés à eux-mêmes.
+
+Cette culture peut se faire de trois manières: sous panneaux, sous
+cloches et en pleine terre.
+
+_Melons sous panneaux._--On ne cultive sous panneaux que le
+Cantaloup Prescott fond blanc et ses variétés.
+
+Dans la culture de haute primeur on sème les premiers Melons dès les
+premiers jours de janvier; mais, dans les cultures ordinaires, on
+sème seulement dans les premiers jours de février.
+
+On prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur, composée de
+moitié fumier neuf, moitié fumier recuit.
+
+On la charge de 0m,10 de terreau, de manière que le semis se trouve
+peu éloigné du verre. On entoure le coffre d'un bon réchaud de
+fumier, et lorsque la chaleur de la couche est favorable (25 à 30
+degrés), on trace des rayons, on sème des graines, que l'on recouvre
+légèrement; on tient les panneaux couverts de paillassons pendant
+deux ou trois jours, jusqu'à ce que ces graines aient levé; après
+quoi on découvre tous les jours, en ayant soin de recouvrir avant la
+nuit. Quelques jours après la levée des graines, on commence à
+donner un peu d'air par le haut des panneaux chaque fois que le
+temps le permet, afin de fortifier le plant. Lorsque les cotylédons
+sont bien développés, on prépare une autre couche, de même épaisseur
+que la précédente, mais dont la longueur doit être proportionnée à
+la quantité de plants que l'on veut repiquer; puis on la charge de
+terreau. On place les coffres, on étend le terreau également, et
+lorsque la chaleur de la couche est favorable, on choisit le plant
+le plus vigoureux, et on le repique avec le doigt, comme on le
+ferait avec un plantoir. On fait ordinairement dix rangs par coffre,
+et l'on repique ses Melons à 0m,12 de distance sur la ligne, ayant
+soin de les enfoncer jusqu'aux cotylédons; ou bien on enfonce des
+pots de 0m,08 de diamètre sur la couche; on les emplit de bonne
+terre douce mêlée de terreau, on la foule légèrement, et lorsque la
+chaleur est favorable, on repique un pied de Melon dans chaque
+pot[7]; et, dans ce cas comme dans l'autre, on tient les panneaux
+couverts de paillassons pendant trois ou quatre jours, pour
+faciliter la reprise du plant; après quoi on découvre tous les
+jours, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.
+
+[Note 7: Ces deux modes de repiquage sont encore pratiqués dans
+la culture maraîchère. Cependant bon nombre de maraîchers ont
+abandonné le repiquage en pot; car l'expérience prouve qu'un Melon
+dont les racines sont contournées (ce qui arrive nécessairement aux
+pieds repiqués en pot, si la plantation se trouve retardée de
+quelques jours), doit végéter avec moins de vigueur que celui, qui
+est repiqué sur couche, et dont les racines n'ont pas été gênées
+dans leur développement.]
+
+_Première taille._--Lorsque la tige primitive a trois ou quatre
+feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (_fig. 11_);
+ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité
+ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige.
+
+[Illustration: Fig. 11.--Melon, première taille.]
+
+Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de
+0m,60 d'épaisseur et 1m,33 de largeur, composées de fumier neuf, de
+feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un
+tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge
+d'environ 0m,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on place
+les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les coffres,
+on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié, et, quand
+la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de Melon sous
+chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de trous sur le
+milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur couche, on lève les
+plants avec une bonne motte, et l'on plante un pied de Melon dans
+chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer jusqu'aux premières
+feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le plant avec
+précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite, on place
+la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la tige se
+trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe
+légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du
+pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après
+la plantation on donne un peu d'eau au pied; au moment du soleil,
+on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant quelques
+jours on s'abstient de donner de l'air.
+
+Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon
+réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant
+la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des
+paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la
+température le permet.
+
+[Illustration: Fig. 12.--Melon, deuxième taille.]
+
+_Deuxième taille._--La première taille, c'est-à-dire le pincement de
+la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches
+latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers
+le bas; et lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille
+au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (_fig. 12_), suivant
+la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le développement
+de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un bon paillis
+de fumier à moitié consommé.
+
+_Troisième taille._--La seconde taille détermine le développement de
+trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur
+végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et
+lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille au-dessus
+de la troisième feuille (_fig. 13_), sans avoir égard aux fleurs,
+que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont
+ordinairement des fleurs mâles, qu'on nomme fausses fleurs; si par
+hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées mailles, on
+supprime aussi les branches où elles se trouvent, car alors les
+plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits seraient
+très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la troisième
+taille, on surveille avec soin le développement des nouvelles
+branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on choisit le mieux
+fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux au-dessus du
+fruit, que l'on garantit avec les feuilles environnantes, de manière
+qu'il ne soit pas atteint par les rayons directs du soleil, qui le
+durciraient; puis l'on supprime immédiatement sur chaque pied tous
+les autres fruits, afin de favoriser le développement de celui que
+l'on a laissé, et l'on pince toutes les autres branches au-dessus de
+la seconde feuille (_fig. 13_).
+
+[Illustration: Fig. 13.--Melon, troisième taille.]
+
+Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme
+régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime,
+et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à
+peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit
+sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second
+fruit, mais en exigeant toujours les mêmes conditions que pour le
+premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera un ou
+deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à couper
+toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières feuilles
+et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du coffre.
+Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les panneaux, il
+faut choisir le moment de la journée où la température est la plus
+douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui sont
+excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent
+nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque
+il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température
+que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point
+retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement,
+il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau
+avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux,
+moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du
+soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les
+soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible,
+les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure
+que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il
+faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne
+faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de
+couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la
+plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des
+panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque
+fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur
+de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute
+leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement,
+car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol;
+et comme elles se développent rapidement, elles ne tardent pas à
+pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir de
+toute opération qui pourrait en arrêter le développement.
+
+Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à
+mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février
+donnent en mai[8].
+
+[Note 8: Un fait assez important à connaître est le point précis
+de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas
+toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter
+un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à
+changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on
+peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de
+mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut
+facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours
+facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le
+juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration
+jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur
+claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si
+elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur
+agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à
+la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces
+minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils
+présentent plus d'incertitude.]
+
+Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est
+avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des
+circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du
+soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme,
+malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner
+les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent
+que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de
+nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface
+intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de
+donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des
+fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet
+bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté,
+on peut donner de l'air toutes les fois qu'il est nécessaire. Par
+ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que ceux précédemment
+indiqués; seulement on fait une couche beaucoup moins forte, et on
+fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous de la couche.
+
+Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de
+Melons.
+
+Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température
+commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi
+fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi
+souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un
+emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de
+Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture
+soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite
+sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de
+largeur et de 0m,33 de profondeur; on dépose les terres à
+l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la
+dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0m,66
+d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de
+fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une
+tranchée à 0m,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est
+pas trop compacte, on charge la couche de 0m,15; on fait une couche
+dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on
+trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière
+couche.
+
+Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend
+la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on
+entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les
+sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable,
+on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on leur donne
+les mêmes soins qu'aux Melons de première saison.
+
+_Melons sous cloches._--Pour planter sous cloches, on peut encore
+semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers
+préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la
+fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous
+panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour
+l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la
+plantation, on fait une tranchée de 0m,65 de largeur sur 0m,40 de
+profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur.
+On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne
+terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est
+favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0m,66 les uns des
+autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une
+cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours,
+pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre
+les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à
+végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le
+jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever,
+ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches,
+mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait
+mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps
+humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la
+Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter
+plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la
+taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués
+pour les Melons cultivés sous panneaux.
+
+_Melons sur buttes._--Nous allons maintenant donner la description
+d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, récemment indiquée
+par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol des buttes
+en forme de cône, faites avec du fumier à moitié consommé, des
+feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0m,50 ou 0m,60 de
+diamètre à la base, 0m,60 de hauteur, et on les établit à environ 1
+mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être préparés comme pour
+les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien les mélanger, et
+les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure qu'on les emploie,
+il faut les fouler de manière que les buttes subissent le moins de
+tassement possible; et, quelle que soit la nature des substances
+employées pour construire ces buttes, il faut les couvrir d'environ
+0m,15 de bonne terre, préparée comme nous l'avons indiqué
+précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte un petit trou
+d'environ 0m,10 de diamètre, que l'on remplit de terreau fin; puis
+on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour ne laisser plus
+tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien, ce qui est
+encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il faut, dans
+ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on enlèvera
+lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous renvoyons,
+pour les soins à donner et pour la première taille, à ce qui a été
+dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les cloches,
+on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de leur
+conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain environnant,
+puis on les couvrira complétement d'un paillis de fumier, que l'on
+peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette couverture a l'avantage
+de maintenir la fraîcheur des arrosements. On visitera les buttes de
+temps à autre. Les soins à donner consistent à faire descendre les
+branches qui prendraient une mauvaise direction, à arracher les
+mauvaises herbes à mesure qu'elles paraîtront; et lorsque les
+branches seront arrivées à peu près au milieu de la butte, on en
+pincera l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de
+nouvelles branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de
+fruits; et comme elles atteignent promptement le bas de la butte, il
+en faut couper une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles
+commencent à ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les
+soins se borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou
+un bout de planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à
+peu près à moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent
+ces buttes, elles offrent l'avantage d'être plus facilement
+pénétrées par les rayons solaires, ce qui est un point important
+dans les cultures de ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des
+branches est tellement favorable à la fructification, que chaque
+butte peut facilement produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant
+de l'été; les premiers commencent ordinairement à mûrir dans la
+seconde quinzaine de juillet, et continuent à donner des fruits
+jusqu'en septembre.
+
+On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les
+meilleures variétés:
+
+_Melons brodés._--Maraîcher.--Sucrin de Tour.--S. à chair
+blanche.--Ananas d'Amérique,--d'Arkangel,--de Grammont,--de
+Honfleur,--de Cavaillon.
+
+_Melons cantaloups._--Orange.--Noir des Carmes,--de Vingt-Huit
+Jours.--Prescott fond blanc.--Pr. fond gris.--Galeux fond vert,--de
+Portugal.--Noir de Hollande.
+
+_Melons à écorce lisse._--De Malte,--de M. à chair
+rouge,--d'Hiver,--de Perse.[9]
+
+[Note 9: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent
+sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.]
+
+_Melons d'eau, Pastèques_ (_Cucurbita Citrullus_).--On les cultive
+comme les Melons à cloches, à cette différence près, qu'on laisse
+une plus grande quantité de fruits sur chacun.
+
+La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans.
+
+
+NAVET (_Brassio Napus_).--Les navets viennent assez bien dans tous
+les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce
+n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une
+bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai
+jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un
+temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus
+ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine
+pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août.
+On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane,
+afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les
+couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les
+conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés,
+que l'on divise en _Navets tendres_, _demi-tendres et secs_; pour
+les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut
+prendre, comme étant les plus hâtifs.
+
+Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes
+pendant cinq ans.
+
+_Navets tendres._--Des Vertus.--Blanc plat hâtif.--Rouge plat
+hâtif.--Boule de Neige.
+
+_Navets demi-tendres._--Jaune de Hollande.--J. d'Écosse.--J. de
+Malte.--J. de Finlande.--Rose du Palatinat.--Rond de Croissy.--Gris
+de Morigny.
+
+_Navets secs._--De Freneuse,--de Meaux,--de Berlin petit.--Jaune
+long.
+
+
+OIGNON (_Allium cepa_).--L'Oignon aime une terre douce et
+substantielle, fumée de l'année précédente; on le sème à la volée
+dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est favorable,
+mieux en février et même en mars dans les terres fortes. Après le
+semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres légères, il
+faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe le râteau,
+et on recouvre les graines d'une légère couche de terreau. Si le
+temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de favoriser la
+germination; puis, lorsque les graines ont bien levé, on éclaircit
+dans les places où le plant est trop épais, et l'on repique dans
+celles où il en manque. Pendant leur végétation les Oignons
+n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements, qu'il
+faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez
+ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les
+fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la
+séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin
+d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on
+les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour
+qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier.
+Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait
+engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de
+mai.
+
+ =Variétés.=--Rouge foncé, -- R. pâle, -- Jaune des Vertus, --
+ Souffré d'Espagne, -- pyriforme, -- de Madère.
+
+On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même
+des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup
+montent à graine au printemps.
+
+_Oignon blanc._--On le sème en pépinière et à la volée dans la
+première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la
+fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres
+légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain
+qu'on destine à la plantation de l'Oignon blanc. On trace 10 ou 12
+rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on repique les Oignons à
+0m,10 de distance sur la ligne.
+
+Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec
+de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin
+d'avril ou au commencement de mai.
+
+Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de
+plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en
+janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en
+semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront
+beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque.
+
+ =Variétés.=--Oignon blanc hâtif, -- Oignon blanc gros.
+
+_Oignon d'Égypte_ ou _Rocambole_.--Il diffère des autres en ce qu'il
+porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les
+plante en mars, à 0m,12 les uns des autres, et chacun de ces
+bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque
+les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour
+servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le
+nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars
+suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des
+bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment
+indiquée.
+
+_Oignon Patate._--On le plante en février ou plus tôt, si le temps
+le permet, à 0m,30 ou 0m,40 de distance; pendant sa végétation on le
+butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement des
+bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère.
+
+On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent
+pendant deux ans.
+
+
+OSEILLE (_Rumex acetosa_).--On la multiplie au printemps par éclats
+de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars jusqu'en
+juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une légère couche
+de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on en fait
+ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en été, il
+faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de copieux
+arrosements pendant la sécheresse.
+
+On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on
+donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié
+consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève
+les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en
+hiver.
+
+À cet effet, on prépare une couche de 0m,35 à 0m,40 d'épaisseur,
+dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on
+charge la couche de 0m,15 à 0m,20 de terreau; après quoi on plante
+10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les
+panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que
+possible.
+
+On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des
+coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers
+qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que
+l'on remanie de loin en loin.
+
+On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au
+commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement
+jusqu'à la fin de février.
+
+Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant
+deux ans.
+
+ =Variétés.=--Vierge, -- de Belleville, -- de Frévent.
+
+_Oseille Épinard._--On cultive sous ce nom la Patience des jardins,
+_Rumex Patientia_. Cette plante a les feuilles grandes et allongées;
+elle est d'une saveur plus douce que l'Oseille, et se multiplie
+facilement, soit de graines semées au printemps, en place ou en
+pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds. Il faut
+les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre.
+
+La durée germinative des graines de Patience est de trois ans.
+
+
+OXALIS CRÉNELÉE (_Oxalis crenata_).--Cette plante est d'une
+multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand
+nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement
+peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées
+comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que
+l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles
+ont poussé d'environ 0m,12, on commence à les butter au centre, afin
+de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis, à
+mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre
+jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former.
+À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de
+fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard
+possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez
+avancée.
+
+
+PANAIS (_Pastinaca sativa_).--Il leur faut une terre profonde et
+substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut
+les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus
+larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne
+craignent nullement les gelées.
+
+La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que
+pendant un an.
+
+ =Variétés.=--Panais long, -- Panais rond.
+
+
+PATATE DOUCE (_Convolvulus Batatas_).--On cultive les Patates sur
+couche et sous châssis, sur couche sourde et en pleine terre.
+
+On les multiplie de graines, qu'on sème en mars sur couche et sous
+châssis; mais comme on en récolte rarement, le plus souvent on les
+multiplie de la manière suivante: dans les premiers jours de janvier
+on fait choix de quelques tubercules parmi les mieux conservés; on
+les dépose sur couche chaude et on les couvre de châssis sur
+lesquels on étend des paillassons pendant la nuit; peu de temps
+après ils entrent en végétation. Alors on les couvre de 0m,05 ou
+0m,06 de terre légère, et à l'époque de la plantation, on détache le
+plant du tubercule mère pour le planter immédiatement en place; ou
+bien, lorsqu'on veut avoir du plant d'une reprise plus facile, on
+enlève les jeunes pousses à mesure qu'elles ont atteint 0m,06 ou
+0m,08 de longueur, on les repique dans des pots d'environ 0m,06 que
+l'on enterre sur couche; on les couvre d'une cloche, après quoi l'on
+bassine au besoin, et lorsque les boutures sont enracinées, ce qui a
+lieu assez promptement, on commence à soulever un peu la cloche, et
+l'on augmente graduellement pour l'enlever tout à fait lorsqu'elles
+peuvent supporter l'air sans se faner.
+
+1. _Patates sur couche et sous châssis._--Dans la première quinzaine
+de février, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,70 d'épaisseur,
+moitié fumier et moitié feuilles. La hauteur de la couche doit être
+calculée de telle sorte qu'après qu'elle aura été chargée d'environ
+0m,25 de bonne terre mêlée de terreau, le tout ne soit pas à plus de
+0m,10 du verre. Après avoir placé les coffres, on pose les panneaux,
+et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on plante les
+Patates sur deux rangs et à 0m,60 de distance sur la ligne. En les
+plantant, il faut avoir soin de bien étendre les racines; car si
+elles étaient contournées, cela nuirait essentiellement à la
+production des tubercules. Pendant la nuit, on couvre les panneaux
+avec des paillassons, puis on remanie les réchauds de temps à autre,
+afin d'entretenir la chaleur de la couche; on bassine au besoin et
+l'on donne de l'air toutes les fois que le temps le permet. Comme en
+grossissant il arrive souvent que les tubercules sortent de terre,
+il faut avoir soin de les recouvrir de quelques centimètres de
+terre. On peut récolter en mai ou juin au plus tard les Patates
+ainsi traitées; on détache les plus grosses, et si l'on recouvre les
+racines avec soin, elles ne continueront pas moins de végéter
+jusqu'à l'automne. En septembre on suspend les arrosements, afin de
+ne point prolonger la végétation, ce qui nuirait essentiellement à
+la maturité des tubercules.
+
+2. _Patates sur couche sourde._--Dans le courant d'avril, on prépare
+une couche sourde d'environ 1 mètre de largeur sur 0m,50
+d'épaisseur; on la recouvre de 0m,20 à 0m,25 de bonne terre légère
+et substantielle, et vers la fin d'avril ou au commencement de mai
+on plante les Patates sur un rang et à 0m,65 l'une de l'autre; on
+couvre chaque pied d'une cloche sur laquelle on met un peu de
+litière au moment du soleil; au bout de quelques jours on commence à
+donner de l'air, en soulevant les cloches pendant le jour, et on
+enlève celles-ci lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches.
+
+Pendant la végétation, les soins se bornent à arroser toutes les
+fois qu'il en est besoin.
+
+Vers la fin d'août ou au commencement de septembre, on trouvera des
+tubercules bons à être consommés; mais c'est seulement dans le
+courant d'octobre que l'on fait la récolte complète. Il faut la
+faire avec beaucoup de précaution, car les Patates qui sont rompues
+ou froissées pourrissent promptement.
+
+3. _Patates en pleine terre._--En mai, on fait de 0m,60 en 0m,60
+des trous de 0m,50 de largeur et de 0m,35 à 0m,40 de profondeur; on
+remplit le fond de fumier, on le couvre d'environ 0m,20 de terre
+légère et substantielle, et l'on plante trois Patates dans chaque
+trou, en les disposant de manière qu'elles se trouvent à environ
+0m,8 l'une de l'autre. On arrose, on recouvre d'une cloche, et l'on
+ombre au besoin.
+
+Dans les terres légères et saines, on peut, sous le climat de Paris,
+cultiver les Patates simplement en pleine terre, sur buttes de 0,80
+de hauteur ou par planches d'environ 1 mètre de largeur, dont on
+recharge le milieu de manière à former un billon sur la crête duquel
+on plante un rang de Patates. Après la plantation, on les garantit
+des rayons brûlants du soleil jusqu'à une parfaite reprise, après
+quoi tous les soins consistent à les arroser au besoin.
+
+4. _Conservation des Patates._--Le procédé le plus simple pour
+conserver les Patates consiste à déposer les tubercules dans un lieu
+sec où la température, étant la plus égale possible, ne descende pas
+au-dessous de 12 degrés. Par ce moyen, l'on peut facilement
+conserver des Patates sans altération jusqu'en février et mars. On
+peut aussi conserver les Patates sur place, comme le fait M.
+Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, en les couvrant avec
+des panneaux vitrés et des paillassons, de manière à empêcher le
+froid de pénétrer sous les panneaux.
+
+ =Variétés.=--Blanche, -- jaune, -- rose de Malaga, -- violette.
+
+
+PERCE-PIERRE. _Bacille maritime_, _Fenouil marin_ (_Crithmum
+maritimum_).--On la sème aussitôt la maturité des graines ou en
+mars, sur couche, pour la repiquer au pied d'un mur, au midi ou au
+levant; on la couvre de litière pendant l'hiver, parce qu'elle est
+délicate et sensible aux gelées.
+
+La graine de Perce-pierre ne conserve sa qualité germinative que
+pendant un an.
+
+
+PERSIL (_Petroselinum sativum_).--On le sème en rayons, depuis le
+mois de février jusqu'en mai et juin; et pour, n'en pas manquer en
+hiver, il faut le couvrir de feuilles ou de litière dès l'approche
+des gelées. On peut aussi poser des coffres sur des planches
+disposées à cet effet, puis on les couvre de panneaux; enfin, en
+janvier ou février, on peut semer sur terre, mais sous panneaux; de
+cette manière on a du jeune Persil dans la seconde quinzaine de
+mars.
+
+Les graines de Persil mûrissent en août, et elles se conservent
+pendant trois ans.
+
+ =Variétés.=--Frisé, -- Nain très-frisé à grosse racine.
+
+
+PIMENT (_Capsicum annuum_).--On le sème sur couche en février ou
+mars, en avril sur plate-bande terreautée, pour le repiquer à la fin
+d'avril ou au commencement de mai en pleine terre, à bonne
+exposition.
+
+La durée germinative de la graine de Piment est de quatre ans.
+
+ =Variétés.=--Long, -- rond, -- du Chili, -- doux d'Espagne, --
+ tomate.
+
+
+PIMPRENELLE (PETITE) (_Poterium Sanguisora_).--On la sème au
+printemps ou à l'automne; on en fait ordinairement des bordures qui
+sont excessivement rustiques.
+
+Les graines de Pimprenelle mûrissent en septembre, et elles se
+conservent pendant deux ans.
+
+
+PISSENLIT. _Dent de lion_ (_Taraxacum dens leonis_).--Cette plante
+est peu cultivée, car on en trouve abondamment dans les prés;
+cependant, quand les pissenlits sont semés au printemps, on les
+obtient plus beaux et de meilleure qualité, surtout si l'on a soin
+de récolter les graines sur les individus dont les feuilles sont les
+plus larges. Indépendamment de la salade, qu'ils produisent vers la
+fin de l'hiver, on peut en faire blanchir à l'automne. Il suffit,
+pour cela, de les recouvrir de 0m,12 à 0m,15 de terreau bien
+consommé; et dès qu'ils commencent à percer la couche de terreau, on
+les coupe sur le collet de la racine.
+
+La durée germinative des graines de Pissenlit est de deux ans.
+
+
+POIREAU (_Allium Porrum_).--On commence à semer le Poireau vers la
+fin de décembre ou le commencement de janvier, sur couche et sous
+panneaux; vers la fin de février ou au commencement de mars, on
+repique le plant en pleine terre et il la volée; vers la fin
+d'avril, c'est-à-dire lorsque le plant est assez fort, on trace huit
+ou dix rangs par planches de 1m,33 de largeur, et l'on repique le
+Poireau à 0m,15 de distance sur la ligne. On arrache le plant
+nécessaire à la plantation en éclaircissant le semis, et l'on
+commence à consommer les pieds restés en place, ce qui donne à ceux
+qu'on a repiqués le temps de se former. On peut aussi en semer en
+juillet pour repiquer au commencement de septembre; puis, dans la
+seconde quinzaine de septembre, on fait un dernier semis, et, comme
+toujours, on sème à la volée, mais très-clair, car alors on ne
+repique pas. Ce Poireau est bon à récolter en juin.
+
+Les graines de Poireau sont bonnes à récolter en août, et elles ne
+se conservent que pendant deux ans.
+
+ =Variétés.=--Court, -- long, -- monstrueux de Rouen, -- jaune du
+ Poitou.
+
+
+POIRÉE BLONDE (_Beta vulgaris_).--On la sème en rayons, de mai en
+août; et pour avoir toujours des feuilles bien tendres, il faut les
+couper souvent et les arroser fréquemment pendant la sécheresse.
+Pour n'en pas manquer en hiver, on peut, dès l'approche des gelées,
+relever ses racines en motte, pour les planter sur couche; ou bien
+on pose des coffres et des panneaux sur des planches disposées à cet
+effet. On relève la terre des sentiers, puis on entoure les coffres
+d'un réchaud de vieux fumier; ou donne de l'air aussi souvent que
+possible.
+
+La Poirée blonde peut au besoin être mangée comme épinards.
+
+_Poirée à cardes._--On la sème en pépinière en mai et juin. Lorsque
+le plant est assez fort, on le repique immédiatement en place. On
+trace trois rangs par planche de 1m,33 de large, et l'on repique à
+0m,50 de distance sur la ligne. Pendant la sécheresse on arrose
+abondamment, afin d'avoir des cardes grosses et bien tendres.
+Pendant les gelées on les couvre de litière, et c'est seulement au
+printemps qu'on commence à les récolter.
+
+Les graines de Poirée mûrissent en septembre, et se conservent
+bonnes pendant cinq ou six ans.
+
+ =Variétés.=--À cardes blanches, -- à cardes rouges, -- à cardes
+ jaune, -- du Chili. La plus remarquable de toutes les Poirées à
+ cardes par le développement et la riche coloration de ses côtes.
+
+
+POIS (_Pisum sativum_).--Au commencement de novembre, on sème les
+premiers Pois sur terre, mais sous panneaux, pour repiquer le plan
+également sous panneaux.
+
+Dans le courant de décembre, on place les coffres qu'on destine à la
+plantation et on enlève environ un bon fer de bêche dans chacun, de
+manière à avoir 0m,45 à 0m,50 de profondeur sous les panneaux; l'on
+dépose la terre dans les sentiers, ce qui sert à accoter les
+coffres; après quoi on dresse le terrain, on passe le râteau, et
+l'on trace dans chaque coffre quatre rayons d'environ 0m,08 de
+profondeur, en ayant soin de les distancer également, mais de
+manière à laisser plus d'espace vers le bas du coffre, qui est
+naturellement la partie la plus humide. Une fois l'emplacement
+préparé, et dès que le plant a 0m,08 ou 0m,10 de hauteur, on le
+soulève, afin de ne point rompre les racines en l'arrachant, puis on
+le repique par 3 ou 4 ensemble et à environ 0m,20 de distance sur la
+ligne.
+
+Lorsque les Pois ont 0m,20 à 0m,25 de hauteur, on couche toutes les
+tiges vers le haut du coffre; et pour les maintenir dans cette
+position, on les recouvre d'un peu de terre. Peu de jours après,
+l'extrémité des tiges se relève et continue de pousser; ils ne
+tardent pas à fleurir; alors on pince toutes les tiges au-dessus de
+la troisième ou de la quatrième fleur, afin de les faire fructifier
+plus promptement.
+
+Pendant la nuit on couvre les panneaux avec des paillassons; on
+donne de l'air toutes les fois que la température le permet, et l'on
+fait quelques bassinages, ce qui doit avoir lieu avec beaucoup de
+ménagement, afin de ne point déterminer une végétation trop
+vigoureuse, qui nuirait essentiellement à la récolte.
+
+Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de
+panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de
+janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la
+température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on
+les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent
+après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt
+que les Pois semés en place en novembre et décembre.
+
+_Pleine terre._--En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans
+la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace
+des rayons un peu profonds et à 0m,25 les uns des autres. Après le
+semis, on couvre les Pois de quelques centimètres de terreau; et
+lorsqu'ils ont 0m,15 ou 0m,20 de hauteur, on donne un binage et l'on
+remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on couvre les Pois
+avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que la température
+le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois ont souffert de
+la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre, les laisser
+dégeler graduellement et ne les découvrir que si le temps se
+radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut semer
+successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour récolter
+en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du semis,
+les soins consistent à donner quelques binages, à pincer l'extrémité
+des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la quatrième
+fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames aux grandes
+variétés. On cultive un grand nombre de variétés de Pois; nous ne
+citerons seulement que les plus répandues, que nous placerons dans
+leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que pour les semis
+qui auront lieu en pleine terre avant le mois de février, il faut
+prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus hâtif est moins
+rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce dernier, semé en
+février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé d'automne.
+
+La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans.
+
+_Pois à écosser._--Carter, h. 0m,80.--Prince Albert, h. 0m,45.--Ridé
+nain hâtif, h. 0m,25.--Michaux de Hollande, h. 0m,90.--M. de Ruelle,
+h. 1m.--M. ordinaire, h. 1m,20.--Nain de Hollande, h. 0m,60.--N. à
+châssis, h. 0m,20.--N. de Bretagne, h. 0m,36.--N. gros sucré, h.
+0m,30.--N. vert anglais, h. 0m,46.--N. vert de Prusse, h. 0m,60.--N.
+vert impérial, h. 0m,50.--Bishop à longue cosse, h. 0m,48.--Champion
+d'Écosse, h. 0m,60,--de Clamart, h. 1m,30,--de Marly, h.
+1m,35,--d'Auvergne, h. 1m,20;--à la moelle de Victoria, h.
+1m,50.--Ridé ou de Knight, h. 1m,40.--R. vert, h. 1m,30.--Turc, h.
+0m,85.
+
+_Pois sans parchemin ou Mange-tout._--Nain, h. 0m,75,--à fleurs
+blanches, h. 1m,65,--à fleurs rouges, h. 1m,60,--à cosse blanche, h.
+1m,45,--à cosse jaune, h. 1m,20.--Géant, h. 1m,90.
+
+
+POMMES DE TERRE (_Solanum tuberosum_).--On ne cultive ordinairement
+dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables
+par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres
+appartiennent essentiellement à la grande culture.
+
+Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur
+couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement
+de février. À cet effet, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur,
+on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0m,20 de bonne
+terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on plante les
+pommes de terre à 0m,33 de distance sur la ligne (la variété connue
+sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour planter à cette
+époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des
+paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que possible. Par
+ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles dans la
+première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et l'on
+recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps après.
+
+_Pleine terre._--En pleine terre, on plante les premières Pommes de
+terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation
+doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé
+de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à
+moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait
+ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les
+Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus
+rapprochés les uns des autres que pour les Haricots.
+
+Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour
+planter les Pommes de terre, on dispose la semence par rang sur le
+sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et, avec la terre
+provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de terre.
+
+Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec
+soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une
+maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés.
+
+Pour avancer l'époque de la récolte, on peut, comme le font beaucoup
+de cultivateurs des environs de Paris, faire germer les Pommes de
+terre avant de les planter, en les plaçant dans une pièce de
+l'habitation.
+
+Pendant l'été, les Pommes de terre doivent être binées plusieurs
+fois, puis buttées lorsqu'elles sont arrivées au terme moyen de leur
+développement. Cette opération, considérée comme inutile par les
+uns, recommandée par les autres, est, on peut le dire, aussi
+nécessaire dans les terres légères qu'elle peut être nuisible dans
+les terres humides.
+
+Depuis quelques années, des essais de plantations d'automne ont été
+tentés dans le but de récolter les Pommes de terre beaucoup plus
+tôt.
+
+Malgré tous les soins apportés à cette opération, nous n'avons pas
+trouvé jusqu'à présent de différence appréciable dans les résultats
+de cette culture, comparés à ceux qu'on obtient en plantant au
+printemps, et, à notre avis du moins, il serait préférable, plutôt
+que de planter en automne, de rechercher les variétés hâtives qui
+peuvent être récoltées avant l'époque où la maladie des Pommes de
+terre commence à sévir.
+
+On récolte dans la première quinzaine de juin les Pommes de terre
+hâtives plantées en février; et, comme nous l'avons dit relativement
+aux pieds cultivés sur couche, on détache seulement les plus
+grosses, et l'on recouvre les racines avec soin, afin de prolonger
+la récolte. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut
+planter successivement jusqu'à la fin de juin.
+
+ =Variétés.=--_Jaunes rondes._ Naine hâtive, Schaw, régent des
+ Cordillières. -- _Jaunes longues._ Marjolin, lapston kidney,
+ marjolin deuxième saison. -- _Rouges rondes._ Truffe d'août, de
+ Strasbourg, de Montreuil. -- _Rouges longues._ Pousse debout.
+ Vitelotte. Xavier. -- _Violettes._ Plate hâtive, -- de Vincennes,
+ -- Smith seedling.
+
+
+POURPIER (_Portulaca oleracea_).--On le sème sur couche en février
+et mars, et en pleine terre en mai et pendant tout l'été; il ne faut
+presque pas recouvrir les graines; mais on doit les bassiner
+assidûment jusqu'à ce qu'elles aient bien levé.
+
+La durée germinative de la graine de Pourpier est de huit ans.
+
+ =Variétés.=--Pourpier vert, -- Pourpier doré.
+
+
+RADIS (_Raphanus sativus_).--Les premiers semis ont lieu vers le 15
+septembre, sur ados. S'il survient des froids pendant la nuit, on
+couvre le plant avec des paillassons. En décembre, on sème sur
+couche et sous panneaux; en février, on sème encore sur couche, mais
+à l'air libre, puis en mars commencent les semis de pleine terre,
+qui peuvent être continués jusqu'en automne. Pour avoir toujours des
+radis bien tendres, il faut en semer souvent, et par conséquent en
+petite quantité, ce qui fait que, sur couche comme en pleine terre,
+on ne les sème ordinairement que parmi d'autres plantes. Les semis
+d'été doivent autant que possible, être faits à l'ombre et arrosés
+souvent, et pour cette époque on peut semer indistinctement toutes
+les variétés; mais sur couche il faut semer de préférence le Radis
+rose hâtif ou le rose demi-long.
+
+ =Variétés.=--Blanc hâtif de Hollande, -- violet hâtif, -- rose
+ rond hâtif, -- rose demi-long, -- rose demi-long à bout blanc, --
+ gris d'été, -- jaune ou roux.
+
+
+RAVES.--On les cultive exactement de même que les Radis roses.
+
+_Radis d'hiver, Raifort._--On les sème à la volée depuis le 1er juin
+jusqu'au 10 juillet: comme on sème presque toujours trop dru, il
+faut éclaircir le plant. Ces radis peuvent se conserver tout l'hiver
+en les mettant en jauge et en les couvrant pendant les gelées, ou
+bien en les déposant dans la serre à légumes.
+
+ =Variétés.=--Noir, -- rose de Chine, -- violet de Gournay.
+
+_Radis serpent_, _Radis queue de rat_ (_Raphanus caudatus_).--Semés
+pendant les mois de juin, juillet et août, à 1 mètre les uns des
+autres en tous sens, ces Radis prennent en peu de temps un grand
+développement et produisent une quantité prodigieuse de siliques que
+l'on peut manger comme les Radis ordinaires, dont elles ont
+exactement la saveur.
+
+Les graines de Radis sont bonnes à récolter en août, et elles
+peuvent se conserver pendant cinq ans.
+
+
+RAIFORT SAUVAGE (_Cranson_, _Cochlearia armoracia_).--Les racines de
+cette plante ont une saveur extrêmement piquante; après avoir été
+râpées, elles peuvent remplacer la Moutarde. On le multiplie de
+tronçons de racines à l'automne; mais ce n'est guère que la
+troisième année que les racines sont de grosseur à être employées.
+
+
+RAIPONCE (_Campanula rapunculus_).--On sème la Raiponce à la volée
+en juin et juillet. Comme la graine est extrêmement fine, il faut la
+mêler avec du sable ou de la terre fine et très-sèche, car sans
+cette précaution le semis serait inégal ou trop dru. On ne recouvre
+pas la graine; il suffit de passer le râteau, de fouler le terrain
+très-légèrement, après quoi on étend sur le tout un peu de grande
+litière, qu'on enlève aussitôt après la levée des graines, dont on
+favorise la germination par de fréquents bassinages; assez
+ordinairement on sème parmi la Raiponce un peu d'Épinards ou de
+Radis, afin de protéger le jeune plant. C'est seulement en février
+que l'on commence à récolter les Raiponces, et la récolte peut s'en
+prolonger jusqu'à ce qu'elles montent en graines.
+
+Les graines de Raiponce mûrissent en juillet et août, et elles se
+conservent bonnes pendant cinq ans.
+
+
+RHUBARBE (_Rheum_).--On cultive de la Rhubarbe dans les jardins pour
+le pétiole de ses feuilles, avec lequel on fait d'excellentes
+confitures, ou pour remplacer les fruits que l'on met quelquefois
+dans les pâtisseries.
+
+Elle se multiplie de graines semées aussitôt après la maturité, ou
+mieux encore par la séparation des pieds, que l'on divise au
+printemps, en ayant soin que chaque éclat soit au moins muni d'un
+germe reproducteur; enfin, quel que soit le mode de multiplication,
+on les plante à environ 1 mètre de distance, et tous les soins
+consistent à couper les vieilles feuilles et à donner chaque année
+un binage au printemps. On commence ordinairement à couper les
+pétioles vers la fin de mai ou au commencement de juin.
+
+On récolte les graines de Rhubarbe en juin, et elles se conservent
+bonnes pendant trois ans.
+
+ =Variétés.=--Myatt's linnæus, -- Myatt's Victoria, -- prince
+ Albert.
+
+
+SALSIFIS BLANC (_Tragopogon porrifolium_).--On le sème en mars,
+avril et mai, en lignes ou à la volée, en terre profonde et
+substantielle, fumée de l'année précédente. Si le temps est sec, on
+bassine assidûment le semis, afin de favoriser la levée des graines;
+si le plant est trop dru, on éclaircit, puis on donne quelques
+binages.
+
+On commence à récolter les racines en octobre, puis successivement
+jusqu'au printemps. Pour n'en pas manquer en hiver, on en met en
+jauge vers la fin de novembre, ou bien on les couvre sur place
+pendant les gelées.
+
+Les graines de Salsifis mûrissent en juillet, et elles ne sont
+bonnes que pendant un an.
+
+
+SARRIETTE DES JARDINS (_Satureia hortensis_).--On la sème au
+printemps, après quoi elle se ressème tous les ans d'elle-même, sans
+qu'il soit nécessaire de lui donner aucun soin.
+
+_Sarriette vivace_ (_S. montana_).--On la multiplie de graines
+semées au printemps, ou par éclats des pieds à la même époque.
+
+Les graines de Sarriette se conservent bonnes pendant trois ans.
+
+
+SCORSONÈRE D'ESPAGNE OU SALSIFIS NOIR (_Scorzonera Hispanica_).--On
+la sème soit en août, soit en mars et avril, en ligne ou à la volée:
+les soins à donner sont exactement les mêmes que ceux qui sont
+indiqués pour le Salsifis blanc; seulement, comme elle monte en
+graines la même année, dans le courant de juillet on coupe les tiges
+rez terre; et comme rarement les racines acquièrent dès la première
+année la grosseur suffisante pour être mangées, il faut recommencer
+cette opération l'année suivante. On commence à récolter les racines
+en octobre, puis successivement jusqu'au printemps.
+
+On récolte les graines de Scorsonère vers la fin de juillet sur les
+individus de deux ans, et elles se conservent bonnes pendant deux
+ans.
+
+
+TÉTRAGONE ÉTALÉE ou ÉPINARDS D'ÉTÉ (_Tetragonia expansa_).--Cette
+plante peut très-bien remplacer l'Épinard pendant l'été, car elle
+en a complétement la saveur. On la sème sur couche en février et
+mars, après avoir fait tremper les graines, et lorsqu'on ne craint
+plus les gelées, on repique le plant en pleine terre à environ 0m,60
+de distance en tous sens. Dès que les tiges commencent à couvrir le
+sol, on coupe les feuilles et l'extrémité des jeunes pousses.
+
+Les semences mûrissent en automne, et elles se conservent bonnes
+pendant cinq ans.
+
+
+TOMATE ou POMME D'AMOUR (_Solanum lycopersicum_).--On sème les
+premières Tomates, dès le mois de septembre, et en pots, que l'on
+dépose dans la serre à Ananas, ou sur couche et sous panneaux, pour
+les planter sur couche en janvier. Plantées à cette époque, les
+fruits commencent à mûrir dès les premiers jours de mai. En janvier
+on sème sur couche et sous panneaux; et lorsque le plant est assez
+fort, on le repique en pépinière également sur couche et sous
+panneaux. Quelques jours après la plantation, on commence à donner
+un peu d'air, afin de fortifier le plant. En février ou mars, on
+prépare une seconde couche de 0m,50 d'épaisseur, dont la chaleur
+soit de 20 à 25 degrés; on la charge de 0m,25 de terreau, après quoi
+l'on plante quatre pieds de Tomates sous chaque panneau. Pendant la
+nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, on bassine au
+besoin, on donne de l'air au moment du soleil; et lorsque les
+plantes commencent à se développer, on fait choix de deux branches
+sur chacune, puis on les abaisse de manière à empêcher qu'elles ne
+touchent à la surface intérieure des panneaux. Pour les maintenir
+dans cette position, on les attache à de petits piquets qu'on
+enfonce dans la couche à une certaine distance du pied; puis on
+supprime les autres rameaux; et lorsque les plantes sont
+suffisamment garnies de fleurs, on pince l'extrémité de toutes les
+branches.
+
+À partir de cette époque on supprime avec soin tous les nouveaux
+bourgeons, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille
+complétement sur les fruits, afin d'avancer la maturité. On sème
+encore des Tomates en février et mars, et lorsque le plant est bon à
+planter, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur et de 0m,80 de
+largeur. On la charge de 0m,25 de terreau, on trace deux rangs, et
+l'on plante les Tomates à 0m,80 de distance sur la ligne. On met une
+cloche sur chacune et l'on donne de l'air toutes les fois que le
+temps le permet; puis on enlève les cloches dès que les gelées ne
+sont plus à craindre. Lorsque les plantes commencent à se
+développer, on choisit trois ou quatre branches sur chacune, on les
+attache à un échalas, et l'on supprime les autres; puis,
+lorsqu'elles ont atteint 0m,75 à 1 mètre de hauteur, on en pince
+toutes les extrémités, si toutefois les plantes sont garnies de
+fleurs, car dans le cas contraire on ne les rabat que lorsqu'elles
+sont plus élevées, et, comme nous l'avons indiqué précédemment, on a
+soin d'enlever tous les nouveaux bourgeons; on supprime quelques
+feuilles, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille
+complétement sur les fruits.
+
+Pour planter en pleine terre, on sème en février et mars, également
+sur couche et sous panneaux; on repique le plant en pépinière, et
+lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on relève le plant en
+motte pour le mettre en pleine terre.
+
+On trace deux rangs par planche, et l'on plante les Tomates à 0m,80
+de distance sur la ligne. On arrose abondamment pendant les
+chaleurs, après quoi la taille et les autres soins sont en tout
+semblables à ceux que nous avons précédemment indiqués.
+
+Les graines de Tomates se conservent bonnes pendant cinq ans.
+
+ =Variétés.=--Rouge hâtive, -- rouge grosse, -- à tige raide ou
+ monstrueuse, -- jaune, -- poire, -- cerise.
+
+_Serre à légumes._--On n'a pas toujours un lieu convenable pour
+serrer ses légumes, et l'on est souvent obligé d'accepter un hangar
+incommode ou bien une cave humide et mal aérée, où les plantes
+potagères ne peuvent être conservées sans altération.
+
+Dans une circonstance semblable, il n'y a rien à faire, et il faut
+se résigner à ne garder que de petites provisions; mais quand on
+peut disposer d'une cave spacieuse, privée de lumière, et dont l'air
+peut être renouvelé à volonté par des portes ou des soupiraux, on se
+trouve dans les conditions les plus favorables pour conserver les
+légumes.
+
+La serre à légumes doit être divisée en plusieurs compartiments,
+dans lesquels on dépose par lits les végétaux qu'on veut conserver,
+en ayant soin de mettre un peu de sable ou de terre sèche entre
+chacun. Cette méthode convient aux plantes à racines; quant aux
+Choux, Choux-fleurs, Cardons, Chicorée, etc., il faut les arracher
+avec leurs racines et les planter dans le sable à un intervalle
+suffisant pour éviter un contact qui engendrerait la pourriture.
+
+On peut par ce moyen conserver jusqu'en avril et mai des légumes de
+l'année précédente.
+
+
+
+
+CHAPITRE XII
+
+Maladies des Plantes potagères.
+
+
+La connaissance des maladies qui attaquent les plantes potagères est
+d'une mince importance, d'autant plus que rarement on peut y porter
+remède, et que la nature seule peut amener la guérison.
+
+Chaque fois qu'un végétal se trouve dans un état pathologique par
+suite d'influences ambiantes défavorables qui ont développé en lui
+un état morbide, et que ses tissus ne jouissent plus d'assez
+d'énergie vitale pour lutter contre le mal, la désorganisation
+commence, et l'unique moyen de guérison est un redoublement de soins
+pour rendre au végétal sa vigueur première.
+
+Les parasites qui croissent sur les végétaux malades ne sont pas la
+cause du mal; ils en sont tout simplement l'effet. À quoi bon alors
+savoir que le _Puccinia Asparagi_ croît sur l'Asperge, le
+_Sclerotium varium_ sur le Chou; plusieurs espèces d'_Uredo_ sur le
+Céleri, le Haricot, la Pimprenelle et le Poireau; le _Botrytis
+effusa_ sur l'Épinard; le _Fusisporium_ sur le Melon; l'_Acrosporium
+monilioides_ sur l'Oignon; l'_Erysiphe communis_ sur les Pois; le
+_Botrytis infestans_ sur la Pomme de terre, etc.?
+
+Ce sont là, nous le répétons, des effets et non des causes.
+
+Dans les saisons froides et humides, à des expositions défavorables,
+par suite de l'absence de soins et de précautions, les végétaux
+souffrent et tombent malades; mais avec de l'eau, du fumier et des
+abris, on peut prévenir tout ce mal, qu'on ne pourrait pas réparer
+une fois qu'il existerait.
+
+
+
+
+CHAPITRE XIII
+
+Jardin fruitier.
+
+
+Les personnes pour lesquelles nous écrivons ce livre ayant rarement
+un jardin fruitier distinct du potager, nous n'avons pas cru devoir
+donner des dispositions spéciales pour le verger; nous nous sommes
+borné à réunir toutes les notions qu'il importe de posséder pour
+tirer un parti avantageux de ses arbres fruitiers.
+
+Ce chapitre contient les principes généraux de plantation, de
+taille, d'ébourgeonnage et de palissage, sans avoir égard aux
+différences qui existent entre les arbres de diverses sortes. Nous
+traiterons dans des articles spéciaux des soins qu'il convient de
+donner à chaque espèce en particulier.
+
+
+§ 1.--Plantation.
+
+Le succès des plantations dépend de plusieurs conditions qui,
+malheureusement, ne sont pas assez observées. La première est de se
+rendre compte de la nature du sol, ce qui devra guider pour le choix
+des arbres; car un arbre greffé sur un tel sujet languira dans un
+terrain où il aurait, au contraire, prospéré, s'il eût été greffé
+sur un autre. Le choix des arbres est également très-important, mais
+présente bien des difficultés; car les pépiniéristes se préoccupent
+si peu de l'avenir des arbres qu'ils élèvent, qu'ils négligent trop
+souvent leur éducation première et préparent ainsi bien des
+déceptions aux planteurs. Il faut qu'ils soient jeunes et vigoureux,
+que l'écorce en soit bien lisse, le sujet toujours bien proportionné
+à la greffe, et surtout qu'ils aient été arrachés avec beaucoup de
+soin.
+
+L'époque la plus favorable pour la plantation est aussitôt après la
+chute des feuilles, dans les terres légères; mais dans les terres
+fortes et humides on ne plantera qu'en février et mars. Avant de
+planter, on visitera les racines, et l'on coupera proprement
+l'extrémité de toutes celles qui auraient été rompues, sans en
+retrancher aucune et en ayant soin de conserver tout le chevelu. Si,
+à cette époque, le terrain n'était pas prêt à être planté, ou si la
+plantation nécessitait plusieurs journées de travail, il faudrait
+faire mettre les plants en jauge par rangées et de manière à
+pouvoir les retirer un à un lors de la plantation. Si quelque
+circonstance empêchait de planter aux époques indiquées à partir de
+la fin de mars jusqu'à l'époque où l'on pourra les mettre en place,
+il faudra les relever tous les quinze jours, et les remettre
+immédiatement en jauge, puis les arroser. Plus la saison avancera,
+plus il faudra prendre de précautions: car ils auront poussé
+beaucoup de jeunes racines, qu'il faut avoir soin de ne pas rompre.
+Si l'on observe bien ce que nous conseillons, on pourra ne les
+planter définitivement qu'en juin. Ces plantations tardives devront
+être arrosées pendant les fortes chaleurs; il sera même bien de
+mettre un ou deux arrosoirs d'eau dans le trou avant de planter.
+
+Pour les plantations faites aux époques ordinaires, il faut toujours
+que les trous soient faits en automne, même dans les terrains où
+l'on ne doit planter qu'en mars; ils devront être larges et
+profonds, c'est-à-dire proportionnés au volume des racines, et de
+manière qu'elles s'y étendent à leur aise. Dans les terres
+très-légères, on obtiendra toujours un bon résultat si, après avoir
+fait des trous d'un mètre au moins de profondeur et d'une largeur
+proportionnée, on met, au fond, des gazons placés de telle sorte que
+les racines soient en dessus. Dans les terres humides et sujettes à
+retenir l'eau, il faut aussi faire des trous très-larges et
+très-creux, et mettre au fond de menus plâtras; puis on les remplit
+jusqu'à la hauteur nécessaire avec de bonne terre mêlée de fumier
+consommé; enfin, il vaudrait mieux retarder la plantation de
+quelques jours que de planter par la pluie ou dans une terre trop
+humide. Quand le moment de la plantation sera venu, on placera
+l'arbre au milieu du trou, le plus d'aplomb possible, pendant qu'une
+autre personne fera couler la terre bien meuble et fine entre les
+racines; puis, pour ne laisser aucun vide, on soulèvera l'arbre
+doucement en le maintenant dans sa position verticale. On ne doit
+enterrer les arbres que jusqu'au collet, c'est-à-dire à environ
+0m,10 au-dessus des racines; et, pour ceux qui sont greffés rez
+terre, on ne doit pas les couvrir par-dessus la greffe, afin que,
+par suite du tassement des terres, les racines ne se trouvent pas
+trop profondément enterrées. Lorsqu'on jugera que l'arbre est à la
+hauteur voulue, on couvrira toutes les racines de terres fines, puis
+on remplira le reste du trou avec de la terre mêlée de fumier
+consommé. Pour fixer l'arbre, on foulera légèrement la terre avec
+les pieds, en appuyant davantage sur les bords. On remettra ensuite
+de la terre pour achever de remplir le trou.
+
+Quelques personnes sèment en place des sujets d'arbres fruitiers
+destinés à recevoir la greffe, afin d'avoir des arbres plus
+vigoureux et qui ne soient pas retardés par la transplantation. Pour
+agir ainsi avec succès, il faut bien connaître le sous-sol; car, si
+l'on n'avait pas un bon fond de terre, on n'obtiendrait qu'un
+très-mauvais résultat. Ces arbres ayant toujours un pivot qui
+descend très-profondément, lorsqu'ils atteignent la mauvaise terre,
+ils jaunissent et n'ont plus qu'une végétation languissante.
+
+
+§ 2.--Taille.
+
+La taille des arbres fruitiers est une opération très-importante:
+
+1º Elle a pour but de distribuer la séve également dans toutes les
+parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable;
+
+2º Elle dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de
+meilleure qualité:
+
+3º Si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues
+épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins
+longtemps; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle
+prolonge l'existence des arbres.
+
+De toutes les opérations du jardinage, la taille des arbres est la
+partie la moins avancée. Sous ce rapport, il serait à désirer que
+les praticiens se livrassent à l'étude de la physiologie végétale:
+en effet, comment procéder à une opération d'une aussi haute
+importance, si l'on ne connaît les fonctions de chacune des parties
+d'un arbre?
+
+Les instruments employés pour la taille sont la _serpette_ et le
+_sécateur_. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne
+peut pas complétement remplacer la serpette; car son emploi
+nécessite beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point
+d'appui on occasionne une pression qui meurtrit la branche
+au-dessous de la coupe; mais il est très-avantageux pour rabattre
+une branche que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour
+tailler la Vigne et les Rosiers.
+
+Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois
+nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les
+grosses branches.
+
+On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jusqu'en
+mars, et quelquefois même encore au commencement d'avril; mais il
+est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque la plus
+favorable pour commencer cette opération, car elle varie suivant
+l'exposition et la différence de température des années.
+
+Il serait beaucoup plus naturel d'exécuter la taille dans l'ordre de
+la végétation: ainsi, on commencerait par les Abricotiers; puis
+viendraient les Pêchers, les Pruniers, les Poiriers, les Cerisiers
+et les Pommiers. Mais, par économie de temps, l'usage est de
+commencer par les Poiriers et les Pommiers, parce qu'ils craignent
+peu les gelées, et que l'on a presque toujours fini de les tailler à
+l'époque ou l'on commence à tailler les Pêchers.
+
+Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et terminer
+par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un peu la vigueur;
+cependant il faut toujours tailler avant que la séve soit en
+mouvement; car plus tard on altérerait beaucoup la santé de ces
+arbres, et l'on n'obtiendrait que des pousses très-faibles.
+
+Il est aussi quelques principes généraux dont il ne faut jamais
+s'écarter:
+
+1º On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un peu
+oblique, opposée à l'oeil sur lequel on taille, et à 0m,03 environ
+au-dessus, afin que la séve puisse facilement recouvrir la plaie;
+c'est aussi pour ce motif que toutes les fois qu'il est nécessaire
+de rabattre une branche, il faut la couper le plus près possible de
+son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se recouvre
+toujours plus facilement.
+
+2º Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils
+poussent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit.
+
+3º Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se
+mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage; car les
+fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils
+restent ordinairement plusieurs années sans rapporter.
+
+Nous allons donner la description des différentes parties d'un
+arbre, qu'il est essentiel de savoir reconnaître avant de commencer
+à tailler.
+
+
+1. _Arbres à fruits à noyaux._
+
+Le _tronc_ ou la _tige_ est la partie qui s'élève depuis la racine
+jusqu'à la naissance des branches.
+
+Les _branches mères_ sont ainsi nommées parce que ce sont celles qui
+donnent naissance à toutes les autres; elles naissent directement
+sur le tronc.
+
+Les _membres_ sont les branches qui poussent sur le côté des
+branches mères, et dont on favorise le développement pour former la
+charpente de l'arbre.
+
+Les _branches de bifurcation_ sont des membres destinés à remplir
+les vides qui résultent du prolongement des branches mères et des
+membres; il ne faut jamais les établir que sur le troisième ou le
+quatrième bourgeon au-dessus de la taille précédente.
+
+Les _branches à bois_ sont celles qui servent à former la charpente
+de l'arbre et le prolongement de chaque membre; elles sont faciles à
+reconnaître sur tous les arbres, à leur grosseur et aux yeux dont
+elles sont garnies, yeux qui sont toujours minces et pointus.
+
+Les _branches à fruits_ sont généralement minces et allongées; dans
+les Pêchers, l'écorce est verte du côté du mur et rougeâtre du côté
+du soleil. Ces branches doivent être renouvelées annuellement, car
+elles ne donnent du fruit qu'une fois.
+
+_Branches de remplacement._--Les branches à fruits du Pêcher ne
+produisent que la seconde année, et ne portent fruit qu'une fois,
+comme nous venons de le dire. Il est donc essentiel de les remplacer
+chaque année, ce qui est très-facile, car chaque branche à fruits a
+plusieurs yeux à sa base; il suffit donc, une fois que ces yeux se
+sont développés, de choisir le bourgeon le plus vigoureux et le plus
+rapproché possible de l'insertion de la branche à fruits et de
+supprimer les autres. Ce sont ces nouvelles branches qu'on appelle
+branches de remplacement; après avoir porté fruit, elles devront
+être remplacées à leur tour, et ainsi de suite.
+
+_Branches gourmandes._--Sur les arbres en espalier, les gourmands
+sont généralement placés sur le dessus des membres. On les reconnaît
+facilement à leur large empatement et à leur vigueur, qui est
+tellement préjudiciable aux autres branches, qu'il faut en arrêter
+le développement par tous les moyens possibles; on ne doit jamais
+en voir sur un arbre bien traité.
+
+Les _bourgeons_ sont de jeunes pousses de l'année; la seconde année,
+le bourgeon devient une branche à bois ou à fruits, selon sa
+position.
+
+Les _faux bourgeons_ ou _bourgeons anticipés_ sont ceux qui naissent
+entre les feuilles des pousses de l'année.
+
+
+2. _Arbres à fruits à pépins._
+
+Les branches à bois ayant à peu près les mêmes caractères sur tous
+les arbres à fruits, nous ne parlerons que des boutons dont elles
+sont garnies: ceux des Poiriers et Pommiers sont enveloppés d'une
+membrane écailleuse; mais ils sont toujours minces et allongés,
+comme sur les Pêchers.
+
+Les _boutons à fleurs_ sont beaucoup plus gros que les boutons à
+bois, d'une forme arrondie, et enveloppés d'une grande quantité
+d'écailles.
+
+Les _brindilles_ sont de petites branches minces et allongées,
+terminées par un bouton à feuille ou à fleur. Les yeux dont elles
+sont garnies sont très-rapprochés, et se transforment facilement en
+boutons à fleurs. Elles doivent être conservées, car elles peuvent
+donner du fruit pendant plusieurs années.
+
+Les _lambourdes_ sont des parties essentiellement productives; elles
+naissent sur les brindilles, et souvent aussi sur les branches à
+bois. Elles sont presque toujours terminées par un bouton à fleur,
+qui ne s'épanouit souvent que la seconde année. Les yeux dont elles
+sont garnies sont beaucoup plus rapprochés que sur les autres
+rameaux, et toujours très-disposés à fructifier. Elles restent
+plusieurs années avant d'atteindre tout leur développement, sont
+beaucoup plus grosses à leur base qu'à leur extrémité, et
+recouvertes d'une écorce ridée circulairement dont les plis
+deviennent plus profonds en vieillissant.
+
+
+§ 3.--Ébourgeonnage.
+
+On commence cette opération dès le mois de mai, et on la continue
+pendant tout le temps de la végétation; elle consiste à supprimer
+les bourgeons mal placés, qu'il faudrait enlever à la taille
+suivante. L'ébourgeonnage a lieu sur les branches des années
+précédentes, et pour le faire on peut employer l'outil nommé
+_ébourgeonneur_.
+
+Quant à celui qui a lieu sur les bourgeons de l'année, comme il
+consiste à enlever les faux bourgeons, on le fait avec l'ongle. Dans
+un cas comme dans l'autre, il faut supprimer sur les arbres en
+espalier les bourgeons placés sur le devant et le derrière des
+branches, et ceux des côtés qui seraient trop rapprochés les uns des
+autres; et sur les autres arbres on enlève les bourgeons placés sur
+le dessus et le dessous des membres, ainsi que ceux qui seraient
+trop rapprochés.
+
+On doit commencer cette opération dès que les bourgeons à supprimer
+auront de 0m,02 à 0m,03 de longueur, afin que la séve qui sera
+nécessaire à leur végétation, si l'on attendait plus tard, tourne
+immédiatement au profit de ceux qui doivent être conservés.
+
+
+§ 4.--Palissage.
+
+Le palissage consiste à fixer les bourgeons des arbres en espalier
+sur des treillages ou sur les murs, et pour cela on se sert d'osier
+et de jonc pour palisser sur le treillage, de loques et de clous sur
+les murs qui sont assez tendres pour qu'on puisse les y enfoncer
+facilement[10].
+
+[Note 10: Une échelle étant toujours indispensable pour cette
+opération, nous conseillons celle de M. Forest. Les arcs-boutants
+décrivent un arc de cercle qui empêche, lorsque les pieds de
+l'échelle entrent dans le sol, d'endommager les branches sur
+lesquelles elle porte.]
+
+L'époque où il faut commencer le palissage est indiquée par le
+développement des bourgeons; c'est ordinairement en juin qu'il est
+essentiel de s'en occuper, pour ne finir que vers la fin de la
+saison. On doit commencer en suivant l'ordre du développement des
+bourgeons; car le but de cette opération est non-seulement de fixer
+les bourgeons dans la crainte qu'ils ne soient rompus par le vent,
+mais encore de ralentir la vigueur des plus avancés en les palissant
+plus tôt que les autres. Il faut toujours, en palissant, placer les
+bourgeons en ligne droite, à égale distance et sans jamais les
+croiser l'un sur l'autre. C'est en faisant le premier palissage
+qu'il faut supprimer les fruits mal placés et éclaircir ceux qui
+sont trop serrés et qui se nuiraient réciproquement.
+
+
+§ 5.--Fruitier.
+
+La plupart des personnes qui cultivent les arbres à fruits
+choisissent pour leur fruitier la pièce la plus saine de leur
+habitation, et quelquefois même la première venue. Aussi rien
+n'est-il regardé comme plus difficile que la conservation des
+fruits. Il est certaines conditions qu'on observe généralement fort
+peu, et qui sont cependant indispensables.
+
+Pour conserver les fruits le plus longtemps possible et avec le plus
+de chances de succès, il faut disposer pour cet usage un local
+spécial, à demi enterré, à une exposition où la température soit le
+moins susceptible de varier et où l'air et la lumière puissent être
+renouvelés ou interceptés à volonté. On y dispose des tablettes de
+0m,50 à 0m,60 de largeur, munies d'un rebord pour empêcher les
+fruits de tomber, et on les couvre d'un lit de paille neuve, fine,
+sèche et sans odeur.
+
+C'est dans ce local qu'on place par espèces les fruits que la saison
+avancée empêche de laisser sur les arbres, et qui doivent mûrir à
+des époques plus ou moins éloignées. Il faut, quelques jours avant
+de les placer définitivement dans le fruitier, les trier avec soin,
+pour en séparer ceux qui ne valent pas la peine d'être conservés, et
+les laisser se ressuyer. Quand le fruitier sera garni et bien sec,
+on le fermera à l'air et à la lumière, et tous les soins se
+borneront à visiter les fruits une ou deux fois par semaine.
+
+Les Raisins se conservent sur les tablettes comme les autres fruits,
+ou plutôt suspendus au plafond; mais ils exigent une surveillance
+scrupuleuse, et sont généralement d'une conservation assez
+difficile.
+
+Les personnes qui attachent un grand prix à la conservation de leurs
+fruits peuvent faire garnir de bois toutes les parois des murailles
+de leur fruitier, et elles augmenteront les chances de conservation.
+On pourrait aussi placer de la chaux vive sur les derniers rayons,
+en ayant soin de la renouveler toutes les fois qu'elle serait
+éteinte. Par ses propriétés siccatives, cette chaux conservera
+l'atmosphère toujours sèche.
+
+Le moyen que nous indiquons est le seul employé par les
+fruitiers-orangers; toutes les recettes de conservation sont ou peu
+sûres ou tout à fait impraticables, et nous conseillons de se
+contenter d'un fruitier, en observant les conditions de conservation
+que nous indiquons ici.
+
+
+§ 6.--Culture des meilleures espèces de fruits.
+
+ABRICOTIER (_Armeniaca vulgaris_).--Tous les terrains conviennent
+aux Abricotiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. On les
+greffe ordinairement sur le Prunier Saint-Julien; mais, comme dans
+les terres fortes ils poussent très-vigoureusement et fructifient
+peu, il faut en ce cas les prendre greffés sur le Prunier Cerisette,
+qui pousse beaucoup moins que le Saint-Julien.
+
+Les fruits des Abricotiers en plein vent étant beaucoup plus
+parfumés que ceux des arbres en espalier, on ne plante ordinairement
+que quelques-uns de ces derniers, pour avoir des fruits mûrs un peu
+plus tôt, ou dans les localités où ils mûrissent mal en plein vent.
+On plante les Abricotiers à haute tige à environ 6 mètres l'un de
+l'autre. Après avoir donné une bonne direction aux jeunes arbres, il
+sera encore nécessaire de les tailler chaque année; car sans cela
+les branches se dégarniraient facilement du bas; mais par une taille
+raisonnée et faite à propos on forcera facilement la séve à refluer
+dans les parties inférieures; on traitera de même les arbres à haute
+tige, et de plus on retranchera toutes les branches qui se
+dirigeraient vers l'intérieur, afin que l'air puisse circuler
+facilement. On peut rajeunir les Abricotiers en rabattant les
+grosses branches; on choisit pour les remplacer les jeunes jets les
+plus vigoureux et les mieux disposés.
+
+On n'avance que difficilement la maturité des Abricotiers;
+néanmoins, dans le cas où l'on voudrait l'essayer, il faut ne leur
+donner que très-peu de chaleur et ne commencer à les chauffer qu'en
+février.
+
+ =Variétés.=--Précoce ou Abricotin, -- Angoumois, -- Commun, -- de
+ Hollande, -- Alberge, -- Pêche.
+
+
+AMANDIER (_Amygdalus communis_).--C'est sur la variété commune que
+se greffent les Amandiers cultivés, et l'on ne les plante guère
+qu'élevés en plein vent, où ils n'exigent aucun soin. Néanmoins,
+dans le Nord, il est nécessaire de les planter en espalier, à une
+bonne exposition, et dans cette circonstance ils doivent être
+taillés.
+
+L'Amandier fleurit souvent dès le mois de février; c'est à cause de
+cela qu'on le place assez ordinairement dans les jardins d'agrément.
+
+ =Variétés.=--Amandier à gros fruits, -- Amandier de Tours, --
+ Amandier Princesse ou des Dames, à coque tendre.
+
+
+CERISIER (_Cerasus_).--Les Cerisiers ne sont pas difficiles sur le
+choix du terrain: on greffe les Cerisiers à haute tige sur le
+Merisier, et pour les autres formes sur le Sainte-Lucie.
+
+Pour avoir des fruits un peu plus tôt, on peut planter quelques
+Cerisiers anglais en espalier ou en former des quenouilles qui
+produisent beaucoup; mais on plante plus souvent des arbres à haute
+tige, qui produisent toujours davantage. Si on les place en lignes,
+il faut les mettre à environ 6 mètres l'un de l'autre. Il n'est
+nécessaire de les tailler que pendant les premières années, pour
+former la charpente de l'arbre; et pour les espaliers et les
+quenouilles, une fois formés, il faut ne leur supprimer que le moins
+de branches possible. On se bornera à donner une bonne direction à
+chaque membre, à mesure qu'ils prendront de l'étendue. Quand les
+Cerisiers cessent de donner du fruit, on peut facilement les
+rajeunir en rabattant les grosses branches près de leur insertion;
+ils en fournissent promptement de nouvelles, avec lesquelles on
+formera une autre tête.
+
+_De la culture forcée du Cerisier._--Pour avancer la maturité des
+arbres fruitiers, il faut avoir égard à la température moyenne de
+l'époque où chaque espèce commence à végéter, à entrer en fleur, et
+enfin à celle qui règne ordinairement à l'époque de la maturité des
+fruits, afin que, dans un espace de temps qui doit toujours être
+moins long que dans l'état naturel, on fasse subir aux arbres les
+différentes modifications de chaleur par lesquelles ils passent
+ordinairement; car, dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent
+fructifier qu'après avoir accompli toutes les phases de la
+végétation.
+
+On peut avancer la maturité des Cerisiers en espalier en plaçant
+devant eux des châssis vitrés, ou, mieux encore, en plantant en pots
+à l'automne des Cerisiers nains, de l'espèce anglaise ou royale,
+qui sont ceux qui réussissent le mieux. Ils doivent être le plus
+ramifiés possible. On enterre les pots à bonne exposition, et,
+l'année suivante, en janvier, on les met dans une serre vitrée, où
+il suffira d'entretenir la température à 12 ou 14 degrés. On donnera
+de l'air au moment du soleil. On pourrait même les réunir aux
+Pruniers et leur donner les mêmes soins. En les mettant dans la
+serre à l'époque indiquée, les fruits sont ordinairement mûrs au
+commencement d'avril. On peut ainsi les chauffer plusieurs années de
+suite.
+
+ =Variétés.=--Anglaise, -- Royale, -- Reine-Hortense, -- Belle de
+ Choisy, -- de Portugal, -- Belle magnifique, -- du Nord tardive,
+ -- grosse, -- Guigne noire, -- Guigne ambrée, -- Gros bigarreau
+ noir.
+
+
+COIGNASSIER (_Cydonia communis_).--On cultive généralement les
+Coignassiers pour recevoir la greffe du Poirier. La plantation doit
+avoir lieu à l'époque indiquée pour ces derniers. On n'en élève que
+peu comme arbres fruitiers; cependant les fruits en sont très-beaux,
+mais l'odeur qu'ils répandent lorsqu'ils commencent à mûrir déplaît
+généralement et force à reléguer ces arbres loin des habitations.
+Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de choisir le terrain comme
+quand ils servent de sujets à greffer les Poiriers; car alors ils
+viennent bien partout, même dans les endroits humides.
+
+On n'a pas besoin de tailler les Coignassiers; il suffit d'enlever
+le bois mort. La seule variété cultivée n'est guère que celle de
+_Portugal_, greffée sur le Coignassier commun, et dont les fruits
+mûrissent en octobre.
+
+
+ÉPINE-VINETTE (_Berberis_).--L'Épine-Vinette croît dans les sols les
+plus arides, et donne à l'automne des fruits dont on fait
+d'excellentes confitures.
+
+
+FIGUIER. (_Ficus Carica_).--Tous les terrains conviennent aux
+Figuiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Il ne faut
+planter ces arbres qu'à la fin de mars ou dans le courant d'avril;
+et, comme ils sont d'une reprise assez difficile, il faut les
+planter en mottes ou les élever en pots. On les mettra de préférence
+près d'un mur et à l'exposition la plus chaude; il serait même
+préférable, dans certains endroits, de les mettre en espalier et de
+les palisser comme les autres arbres. Mais, sous quelque forme que
+l'on élève les Figuiers, il faut les couvrir en hiver afin de les
+préserver de la gelée. Vers la fin de novembre on réunit toutes les
+branches et on les enveloppe de paille maintenue par des liens.
+Lorsque les tiges sont jeunes et peu élevées, on les abaisse sur le
+sol et on les y maintient par des crochets de bois; puis on les
+couvre de 0m,15 de terre ou de paille, pour ne les découvrir qu'à la
+fin de mars. Quelle que soit la manière dont on les abrite, il faut
+avoir grand soin de garantir le pied, et, dans le cas où les tiges
+seraient atteintes par la gelée, on les couperait au niveau du
+collet, opération que l'on pourrait faire aussi quand ils sont
+devenus trop forts. Ils repoussent rapidement de nouvelles tiges,
+qui donnent du fruit la seconde année.
+
+Les Figuiers produisent ordinairement deux récoltes; mais sous notre
+climat il est extrêmement rare que celle d'automne mûrisse; nous ne
+parlerons donc que de la première, qui mûrit en juillet et août.
+Pour favoriser le développement des fruits et en avancer la
+maturité, on pincera en juin le boutoir terminal des branches
+portant des fruits, ce qui empêchera ces derniers de tomber avant la
+maturité. Les Figuiers ne se taillent pas, car les amputations leur
+sont très-préjudiciables, à cause de la grande quantité de séve
+qu'ils perdent chaque fois. On se contentera donc, au printemps, de
+couper les branches mortes et de rabattre celles qui sont trop
+maigres pour donner du fruit. Cependant, s'ils poussent trop
+vigoureusement, on pincera l'extrémité des branches, moyen employé
+souvent avec avantage pour les faire fructifier. On en cultive un
+grand nombre de variétés dans le Midi; mais à Paris on n'en cultive
+guère avec succès que deux, la _blanche ronde_ et la _violette_.
+
+_De la culture forcée du Figuier._--En janvier, on recouvre les
+Figuiers d'une petite serre mobile, et on commence à les chauffer à
+15 degrés; puis on élève progressivement la chaleur jusqu'à 25
+degrés sans inconvénient, et dans les premiers jours de mai, on
+obtient des fruits mûrs.
+
+Nous ne parlerons que fort brièvement d'un procédé tombé chez nous
+en discrédit et sur le compte duquel on commence à revenir: nous
+voulons parler de la _caprification_. Des faits récents semblent
+prouver que cette opération n'est pas aussi inutile qu'on l'a
+prétendu, bien qu'elle ne soit pas indispensable pour la fécondation
+des Figuiers. Elle augmente le nombre des fruits, qui viennent plus
+sûrement à maturité. En l'absence des insectes fécondateurs qu'on
+trouve dans le fruit du Figuier sauvage, dont on suspend une branche
+sur le Figuier qu'on veut caprifier, on peut se borner à piquer
+l'oeil de la Figue avec une aiguille trempée dans de l'huile
+d'olive, et attendre le résultat. Cette opération, que nous livrons
+à nos lecteurs pour ce qu'elle peut valoir, a au moins l'avantage de
+ne pas compromettre les fruits sur lesquels l'essai a été fait.
+
+
+FRAMBOISIER (_Rubus Idæus_).--Les Framboisiers viennent partout;
+mais ils préfèrent un terrain frais, léger et bien amendé, car ils
+épuisent considérablement la terre, et il est nécessaire, pour en
+avoir de beaux fruits, de leur mettre au pied, à l'automne, des
+terres neuves ou des engrais consommés.
+
+On les plante en automne, ou bien en février et mars, selon les
+variétés, à environ 1 mètre de distance. Après la plantation, on les
+rabattra à environ 0m,15 de hauteur.
+
+Chaque année, en juin, on choisira sur chaque touffe les cinq ou six
+plus beaux bourgeons, et l'on coupera les autres. Cette suppression
+tournera à l'avantage des tiges qu'on aura laissées, et les fruits
+qu'elles produiront seront beaucoup plus beaux; ils mûrissent en
+juillet.
+
+En mars, on coupera rez terre les tiges qui ont porté fruit, et l'on
+taillera les autres plus ou moins long, selon leur vigueur. Il
+faudra, suivant le terrain et les soins qu'ils auront reçus, les
+changer de place tous les quatre, cinq ou six ans.
+
+ =Variétés.=--Framboisier rouge, -- Fr. à fruit couleur de chair,
+ -- Fr. blanc, -- Fr. des quatre saisons.
+
+
+GROSEILLIER À GRAPPES (_Ribes rubrum_).--Les Groseilliers, quoique
+peu difficiles sur le choix du terrain, produiront des fruits plus
+beaux et de meilleure qualité dans les terres douces et fraîches,
+sans excès d'humidité, que dans les autres sols. On peut leur donner
+toutes les formes que l'on veut; mais il est préférable, en raison
+de la taille à laquelle ils doivent être soumis, de les élever en
+touffes.
+
+Les Groseilliers à grappes peuvent être mis en espalier, et ils
+mûrissent ordinairement leurs fruits de juin en juillet; mais on
+peut facilement en avancer la maturité en plaçant des châssis devant
+eux.
+
+On les plante a environ 1m,30 l'un de l'autre, à l'automne ou en
+février, selon la nature du terrain.
+
+On les taille en février: la première année, on les taille court,
+afin de favoriser le développement des yeux du bas; mais pour les
+tailles successives on devra tailler plus long, et toujours se
+rappeler que les Groseilliers ne donnent abondamment de fruits que
+sur le bois de deux ans.
+
+On laissera successivement se développer, chaque année, les
+branches nécessaires pour former une belle touffe, et l'on aura soin
+d'enlever les bourgeons qui partent du pied, puis de rabattre les
+grosses branches à mesure qu'elles atteignent leur sixième année (ce
+qu'il sera facile de voir en comptant les pousses de chaque année);
+car alors elles deviennent trop élevées, se dégarnissent du bas et
+ne donnent plus que des fruits de qualité médiocre; après quoi on
+remplacera chaque branche retranchée par un jeune bourgeon.
+
+_De la culture forcée du Groseillier._--On peut facilement chauffer
+les Groseilliers à grappes sur place, s'ils sont plantés en
+contre-espalier; plantés en pots, on pourra les traiter comme les
+Cerisiers.
+
+ =Variétés.=--Groseillier à fruit rouge, -- Gr. blanc, -- Gr.
+ couleur de chair, -- Gr. cerise, -- Gr. Gondouin, -- Gr. Queen
+ Victoria.
+
+
+GROSEILLIER À FRUIT NOIR, CASSIS, POIVRIER (_R. nigrum_).--On le
+traite exactement comme le Groseillier ordinaire; seulement on peut
+le rabattre plus souvent, car le bois d'un an porte fruit.
+
+
+GROSEILLIER ÉPINEUX OU À MAQUEREAU (_R. uva crispa_).--On a obtenu,
+par la voie du semis, un nombre considérable de variétés du
+Groseillier à maquereau dont plusieurs sont remarquables par la
+grosseur de leurs fruits.
+
+Pour avoir toujours de beaux fruits, il faut démonter les branches
+qui produisent depuis trois ans.
+
+
+MÛRIER (_Morus_).--Les Mûriers sont des arbres très-rustiques qui
+s'accommodent de presque tous les terrains, même de ceux de médiocre
+qualité, excepté de ceux qui sont constamment humides. Quelle que
+soit l'espèce, il ne faut pas la planter avant le mois de février,
+ni en retrancher aucune branche; après quoi tous les soins
+consistent à donner quelques binages.
+
+Comme arbre à fruit, on ne cultive guère que le Mûrier noir, dont
+les fruits mûrissent de juillet en septembre. Il ne se taille pas,
+et l'on se borne à retrancher le bois mort. Lorsque ces arbres sont
+trop vieux et qu'ils ne donnent plus que de petits fruits, il faut
+les rabattre, c'est-à-dire rabattre les branches à quelques
+centimètres du tronc; ils produiront de jeunes jets très-vigoureux
+qui ne tarderont pas à se mettre à fruit.
+
+Le Mûrier blanc est cultivé comme arbre d'agrément, mais plus
+particulièrement encore pour recevoir la greffe des espèces à larges
+feuilles cultivées pour la nourriture des vers à soie.
+
+L'époque la plus favorable pour les greffer est la fin d'avril, et
+la variété la plus avantageuse, parmi celles qui sont cultivées pour
+l'usage indiqué plus haut, est le Moretti, dont les feuilles sont
+très-larges et de beaucoup préférables à celles du Multicaule. Sa
+rusticité est au moins égale à celle du Mûrier blanc ordinaire. Il
+se reproduit très-bien de graines semées au printemps.
+
+On élève les Mûriers en baliveaux ou en touffes, dont on peut faire
+des haies qui, bien conduites, produiront beaucoup de feuilles.
+
+Il est préférable de couper les branches dont on veut prendre les
+feuilles pour la nourriture des vers; mais il faut avoir soin de
+laisser toutes les petites branches, et de n'en pas détacher les
+feuilles, afin de ne pas intercepter complétement la circulation de
+la séve. À la fin de juin ou au commencement de juillet, enfin
+aussitôt qu'on aura fini de nourrir les vers, on taillera
+immédiatement les Mûriers, afin que les pousses qui se développeront
+à la séve d'août prennent assez de force pour résister aux gelées.
+
+
+NÉFLIER (_Mespilus Germanica_).--Les Néfliers réussissent très-bien
+partout, même dans les terrains très-frais. On les plantera en
+automne, à moins que la nature du sol ne le permette pas; comme les
+fruits viennent à l'extrémité des branches, ces arbres ne doivent
+pas être taillés; il serait d'ailleurs impossible de leur donner une
+forme régulière.
+
+On plantera de préférence le _Néflier à gros fruits_.
+
+Il faut cueillir les fruits en octobre et novembre, et les étendre
+sur la paille ou sur des tablettes, où ils mûrissent.
+
+
+NOISETIER (_Corylus_).--Les Noisetiers sont très-rustiques, et
+doivent être plantés en automne; ils viennent dans tous les terrains
+et à toutes les expositions. On les élève en touffes ou à tiges, et
+ils fructifient aussi bien dans un cas que dans l'autre.
+
+Les fruits mûrissent en août et septembre, et tombent aussitôt après
+leur maturité.
+
+Plusieurs espèces ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins
+d'agrément.
+
+ =Variétés.=--Noisetier à fruit rouge, -- N. grosse aveline de
+ Provence, -- N. avelinier rouge, -- N. à fruits en grappes.
+
+
+NOYER (_Juglans regia_).--Les Noyers méritent sous plusieurs
+rapports d'être cultivés; cependant on leur accorde rarement une
+place dans les jardins, à cause de l'espace qu'ils couvrent (il faut
+entre les pieds au moins 20 ou 30 mètres) et de l'étendue de leurs
+racines, qui épuisent la terre et nuisent beaucoup aux cultures
+environnantes. Ils aiment une terre douce, substantielle et
+profonde. Ils supportent assez bien la transplantation lorsqu'ils
+sont jeunes et qu'on y apporte beaucoup de soin; il faut surtout
+éviter de rabattre en les plantant, ce qui nuirait beaucoup à leur
+élévation.
+
+Il y a avantage à les semer en place. Dans ce cas, il faut choisir
+les noix les plus belles et les plus mûres de la variété que l'on
+veut semer, et à l'automne on les met en terre ou bien on les fait
+stratifier dans du sable pour ne les semer qu'au printemps. Ils
+fructifieront au bout de six à huit ans de semis.
+
+Si l'on voulait changer la variété que l'on a semée, ou si l'on
+craignait qu'elle ne se reproduisît pas identiquement lorsque les
+sujets auront atteint environ 1 mètre de hauteur et 0m,03 de
+diamètre, il faudra, au printemps, les greffer, soit en fente, soit
+en anneau; ils prendront alors un peu moins de développement.
+
+Les Noyers n'ont pas besoin d'être taillés; seulement, quand ils
+sont vieux, il arrive souvent que l'extrémité des branches meurt; il
+faut alors les rabattre à environ 0m,60 du tronc, et il se forme une
+nouvelle tête.
+
+ =Variétés.=--Noyer à coque tendre, -- N. tardif,-- N. à bijoux
+ (pour la grosseur des fruits).
+
+Il y a une nouvelle espèce très-intéressante, connue sous le nom de
+_Juglans præparturiens_. Elle s'élève peu et donne des fruits de
+bonne qualité dès la seconde année de semis.
+
+Les noyers mûrissent leurs fruits vers la fin de septembre ou le
+commencement d'octobre; mais on peut les manger en cerneaux dès la
+fin de juillet.
+
+On cultive aussi comme arbres d'ornement plusieurs espèces de Noyers
+d'Amérique.
+
+
+PÊCHER (_Amygdalus Persica_)[11].--Dans les terrains profonds, on
+plantera de préférence des Pêchers greffés sur Amandier; mais dans
+ceux qui n'ont qu'une couche peu épaisse de bonne terre, et dont le
+fond serait de tuf ou de glaise, il faut planter des arbres greffés
+sur Prunier, car ils ont des racines traçantes qui se contentent
+d'une terre moins profonde.
+
+[Note 11: Nous ne parlerons que des Pêchers en espalier, car les
+Pêchers en plein vent ne réussissent réellement bien que dans nos
+départements méridionaux.]
+
+On peut établir des espaliers de Pêchers à toutes les expositions;
+seulement, au nord et à l'ouest, on plantera des variétés hâtives,
+et on leur donnera un peu moins d'écartement qu'aux autres
+expositions. La distance ordinaire est de 8 à 10 mètres, suivant la
+forme qu'on leur donne et la nature du terrain. On peut planter dans
+l'intervalle un Poirier, qui donne des fruits en attendant que le
+développement des Pêchers en amène la suppression.
+
+Il est presque toujours préférable de planter des Pêchers greffés de
+dix-huit mois; ils ont, avec un concours de circonstances
+favorables, plus de chances de succès que ceux qu'on plante tout
+formés, c'est-à-dire ayant déjà subi plusieurs tailles. Il faut
+avoir soin, en plantant, de placer les plus fortes racines par
+devant, et il faut que le collet de l'arbre soit à environ 0m,15 du
+mur sur lequel la tige est inclinée.
+
+(Pour l'époque de la plantation et les autres précautions, voir
+l'article _Plantation_, page 182.)
+
+Pour entretenir la vigueur des arbres, il est nécessaire de fumer la
+plate-bande où sont les Pêchers; mais il n'est pas possible de
+déterminer le temps qui doit s'écouler entre deux fumures, car cela
+dépend de la nature du terrain. On emploiera de préférence des
+terres neuves, des gazons ou des fumiers à moitié consommés. Dans
+les années où il sera nécessaire de fumer les Pêchers, il faudra les
+tailler plus long, et chaque année, après la taille, il faudra
+donner un binage au pied des arbres.
+
+En juillet et août, à l'aide de la pompe à main, on arrosera les
+feuilles des Pêchers. Cette opération est très-utile; mais elle ne
+doit se faire que lorsque le soleil ne donne plus sur l'espalier.
+
+La température élevée de cette époque oblige souvent d'arroser le
+pied des Pêchers; on doit alors donner un binage et former autour de
+chaque arbre un bassin qu'on remplira de fumier court, qui conserve
+plus longtemps l'humidité.
+
+Il faut, aussitôt après la plantation, fixer d'une manière positive
+la forme sous laquelle on veut élever ses Pêchers; et, sans nous
+arrêter à discuter les avantages et les inconvénients des autres
+modes de culture, nous nous bornerons à indiquer celui qui est en
+usage à Montreuil, comme le plus simple et l'un des plus avantageux.
+Pour arriver à un bon résultat, nous conseillons de tracer un quart
+de cercle sur le mur (_fig._ 17), où nous indiquerons chaque année
+la place que les branches principales devront occuper suivant leur
+développement.
+
+_Première année._ On coupera après la plantation la tige des jeunes
+Pêchers dont nous recommandons l'emploi à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus
+de la greffe. Ce qui détermine le développement de plusieurs
+bourgeons.
+
+_Ébourgeonnage._--Quand les bourgeons auront de 0m,25 à 0m,30 de
+longueur, on choisira les deux plus vigoureux, un de chaque côté,
+pour former les deux branches mères _b_ (_fig._ 14), puis on
+supprimera les autres.
+
+_Palissage._--Dans la crainte qu'elles ne soient cassées, on les
+attachera, mais de manière à ne pas les gêner dans leur
+développement. Si l'un des deux bourgeons était plus vigoureux que
+l'autre, il faudrait l'incliner davantage, afin de rétablir
+l'équilibre de la séve, principe dont il ne faudra jamais s'écarter;
+car de là dépend tout l'avenir de l'arbre.
+
+_Deuxième année._--En février, c'est-à-dire lorsque la séve commence
+à gonfler les boutons, et non pas lorsqu'ils sont en fleur, comme
+quelques personnes le conseillent, après avoir dépalissé l'arbre, ou
+devra nettoyer le mur ainsi que les membres sur lesquels on
+trouverait des gallinsectes, ce qu'il faudra faire chaque année;
+après quoi on coupera le chicot _a_ (_fig._ 14), et on couvrira la
+plaie avec de la cire à greffer.
+
+Les branches mères _b_ seront taillées à 0m,35 ou 0m,40 de longueur,
+selon la forme de l'arbre immédiatement au-dessus de l'oeil destiné
+à prolonger les branches. À défaut de l'oeil de devant, on peut
+prendre celui de dessus, ce qui devra être observé à chaque taille.
+Arrivé à ce point, le développement des branches mères permet
+d'établir une branche sous-mère inférieure de chaque côté de
+l'arbre, au moyen des yeux latéraux placés à la base des branches
+mères.
+
+[Illustration: Fig. 14.--Pêcher, 2e année.]
+
+Lorsqu'on attachera les deux branches mères _b_, on leur donnera
+environ 10 degrés d'ouverture.
+
+_Ébourgeonnage._--Dans le courant de mai, on enlèvera avec l'ongle,
+ou bien avec la pointe d'une serpette, tous les bourgeons qui se
+trouvent trop rapprochés les uns des autres, ceux qui font double et
+triple emploi par suite du développement des yeux, doubles et
+triples, si nombreux sur les Pêchers; ceux placés sur le devant ou
+le derrière des branches; tous ceux, enfin, qu'il faudrait supprimer
+à la taille afin de favoriser tout spécialement le développement
+des bourgeons qui doivent fournir les secondes branches sous-mères
+inférieures.
+
+Forcé de faire un choix, on supprimera de préférence le bourgeon du
+milieu des yeux triples, qui, toujours plus vigoureux que les
+autres, pourrait être plus tard une cause d'embarras. Quant aux
+autres bourgeons, on ne conservera, dans un cas comme dans l'autre,
+que le mieux placé des deux.
+
+La raison qui fait supprimer le bourgeon le plus vigoureux des yeux
+ordinaires fait que l'on doit conserver ce même bourgeon en
+ébourgeonnant l'oeil terminal de chaque branche; car, destiné à
+prolonger la branche, ce bourgeon doit toujours dominer les autres.
+
+Plus tard, on supprimera également les faux bourgeons, et l'on
+pincera au-dessus de la septième ou huitième feuille ceux que l'on
+croira devoir conserver.
+
+À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on continue l'ébourgeonnage
+successivement jusqu'en juillet, puis on pince avec l'ongle
+l'extrémité de tous les bourgeons dont il est nécessaire de modérer
+le développement.
+
+_Palissage._--À mesure que les bourgeons se développeront, on les
+palissera; mais cette opération nécessite beaucoup de soin, car les
+bourgeons sont tellement tendres qu'ils cassent net si l'on ne prend
+beaucoup de précautions pour les amener à la place qu'ils doivent
+occuper. On leur donnera toujours la position la plus directe
+possible, afin que la circulation de la séve ne soit ralentie par
+aucun obstacle, et il faut toujours éviter de croiser les bourgeons
+l'un sur l'autre.
+
+_Troisième année._--À l'époque de la taille, et avant de dépalisser
+l'arbre, on examinera la végétation de chaque membre, et l'on jugera
+s'il ne serait pas nécessaire, en taillant, de rétablir l'équilibre
+de la séve dans le cas où un membre serait beaucoup plus vigoureux
+que l'autre.
+
+On coupera les branches mères _b_ (_fig._ 15) à peu près à 0m,40 ou
+0m,50 de longueur, suivant leur vigueur, en ayant soin que l'oeil
+sur lequel on taillera soit placé de manière à les prolonger le plus
+directement possible, ce qu'il faudra observer à chaque taille et
+pour chaque branche.
+
+[Illustration: Fig. 15.--Pêcher, 3e année.]
+
+On taillera les branches sous-mères selon leur force, mais toujours
+un peu plus longues que les branches mères; tous les bourgeons de
+l'année précédente, qui garnissent les branches à bois, seront
+taillés à deux ou trois yeux de leur insertion, afin d'avoir l'année
+suivante autant de branches fruitières que la vigueur de l'arbre
+permettra d'en laisser; puis on supprimera tous les bourgeons qui
+seraient mal placés.
+
+Si les bourgeons placés à la base des branches mères sont
+très-vigoureux, il faudra les tailler court, afin de déterminer le
+développement des branches à fruits; mais dans le cas contraire, on
+les taillera à cinq ou six yeux.
+
+On donnera aux branches mères, en les rattachant, environ 25 à 30
+degrés d'ouverture, si elles sont de même force; dans le cas
+contraire, il faudrait donner une position plus verticale à la moins
+vigoureuse, ce qu'il faudra encore observer chaque année.
+
+_Ébourgeonnage._--On enlèvera les bourgeons et les faux bourgeons
+qui seraient mal placés, en prenant les mêmes précautions que
+l'année précédente.
+
+On favorisera le développement des bourgeons placés à la base des
+branches mères, qui doivent fournir les premières branches
+sous-mères supérieures; ce qu'il faudra également faire, pour les
+bourgeons des branches fruitières les plus rapprochés de la branche
+principale: car ce sont eux qui doivent, à la taille suivante,
+remplacer les branches fruitières; pour le reste de l'ébourgeonnage,
+il faudra observer ce qui a déjà été dit.
+
+_Palissage._--Lorsque les bourgeons auront environ de 0m,25 à 0m,30
+de longueur, on les palissera, en commençant toujours par les plus
+vigoureux.
+
+_Quatrième année._--Après avoir, comme chaque année, dépalissé
+l'arbre, on taillera plus ou moins longues, suivant leur vigueur,
+l'extrémité des branches mères _b_ (_fig._ 16), au point 3, par
+exemple.
+
+On taillera également les branches sous-mères inférieures suivant
+leur force, et toujours sur l'oeil le plus favorable à leur
+prolongement; on rabattra les branches fruitières sur celles de
+remplacement, qui devront toujours être les plus rapprochées
+possible des branches principales, de manière que ces dernières
+semblent toujours être rajeunies par des pousses nouvelles; puis on
+taillera les branches de remplacement, pour porter fruit, à cinq ou
+six yeux, selon leur force et la vigueur de l'arbre, mais toujours
+dans le but d'obtenir un bourgeon de remplacement le plus près
+possible de leur insertion. Quant aux faux bourgeons, il faut, comme
+toujours, les tailler à deux ou trois yeux....
+
+On rattachera les branches mères, auxquelles on donnera environ 35 à
+40 degrés d'ouverture, en ayant toujours soin d'observer ce qui a
+été dit à ce sujet pour l'année précédente.
+
+_Ébourgeonnage._--Il faudra surveiller les branches à bois qui
+tendraient à s'établir là où il ne doit jamais y avoir que des
+branches à fruits; il faut s'attacher surtout à favoriser le
+développement des bourgeons, qui doivent fournir les secondes
+branches sous-mères supérieures et les branches de bifurcation,
+ainsi que les bourgeons destinés à former les branches de
+remplacement.
+
+[Illustration: Fig. 16. Pêcher, 4e année.]
+
+On aura soin de pincer les bourgeons à fruits; s'il n'y a pas de
+fruits, ou qu'ils soient tombés avant la maturité, il faudra
+rabattre ces bourgeons immédiatement sur le bourgeon de
+remplacement, à moins cependant que l'un d'eux ne soit trop
+vigoureux; car alors il serait préférable de ne le rapprocher qu'à
+la taille.
+
+Pour le reste de cette opération, on peut se reporter à tout ce qui
+a été dit relativement à l'ébourgeonnement de la seconde année.
+
+Il faut surtout pincer à propos les bourgeons qui, par leur vigueur,
+menaceraient de devenir ce que l'on nomme des _gourmands_.
+
+_Palissage._--Le palissage sera fait d'après les mêmes principes, et
+successivement, comme les années précédentes.
+
+Comme l'arbre devra porter des fruits, il faudra, aux approches de
+la maturité, les découvrir, mais progressivement, précaution qu'on
+devra toujours avoir.
+
+_Cinquième année._--Le but de la taille de cette année est d'étendre
+et de fortifier toutes les parties de l'arbre (_fig. 17_).
+
+On raccourcira les rameaux terminaux d'après les mêmes principes que
+pour les tailles précédentes, et, en taillant les branches
+fruitières, on y laissera du fruit suivant leur vigueur et la santé
+de l'arbre; on taillera les faux bourgeons à deux ou trois yeux,
+comme les années précédentes, et on donnera aux branches mères
+environ 45 à 50 degrés d'ouverture.
+
+On favorisera le prolongement des branches de bifurcation _e_, _f_,
+ainsi que celui des bourgeons _g_, dont on pourra faire par la suite
+de nouvelles branches de bifurcation.
+
+Enfin, par l'ébourgeonnement des jeunes pousses et par celui des
+faux bourgeons mal placés, par le pincement et le palissage, on
+maintiendra ou l'on ramènera toutes les parties de l'arbre à un
+parfait équilibre de végétation.
+
+À mesure que l'arbre avancera en âge, la taille et les autres
+opérations deviendront plus compliquées, mais les principes seront
+toujours les mêmes; on établira successivement des branches de
+bifurcation, pour remplir les intervalles, et il faudra toujours
+avoir soin de conserver aux branches mères, ainsi qu'à toutes les
+autres, les proportions relatives à leurs diverses fonctions.
+
+[Illustration: Fig. 17.--Pêcher, 5e année.]
+
+_Pêcher en U._
+
+Les pêchers élevés sous cette forme conviennent tout
+particulièrement aux personnes qui veulent avoir des murs
+promptement garnis. Plantés à un mètre les uns des autres, ces
+pêchers peuvent sans exiger de soins particuliers fructifier
+abondamment dès la troisième année.
+
+[Illustration: Fig. 18.--Pêchers en U.]
+
+Comme tous les arbres cultivés en espalier, les pêchers en U doivent
+être rabattus après la plantation à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus de la
+greffe, afin de favoriser le développement des bourgeons destinés à
+fournir les deux mères branches. Pendant le cours de leur
+végétation, ces deux bourgeons seront dirigés de manière à figurer
+un U simple ou double (_fig._ 18), en ayant soin toutefois de
+laisser les extrémités libres, afin qu'elles ne soient pas gênées
+dans leur développement. Arrivés à ce point, les pêchers en U sont
+tout aussi faciles à diriger que les pêchers obliques, sur lesquels
+ils ont véritablement un avantage marqué.
+
+_De la culture forcée du Pêcher._--On peut facilement avancer la
+maturité des Pêchers en espalier, surtout des variétés hâtives; et,
+pour être plus certain du succès de l'opération, on avancera de
+préférence ceux qui sont placés à l'est ou à l'ouest.
+
+[Illustration: Fig. 19.--Serre à forcer.]
+
+En janvier, on placera devant les Pêchers une petite serre mobile,
+couverte par des châssis de 2 mètres de longueur, supportés par des
+chevrons dont le haut sera scellé dans le mur, et qui porteront en
+bas sur un soubassement de planches qui aura 0m,85 de hauteur, ce
+qui produira intérieurement 0m,90, espace suffisant pour donner les
+soins nécessaires, qui, au reste, sont absolument les mêmes que ceux
+qui ont été indiqués plus haut.
+
+Après avoir taillé les arbres, on commencera à leur donner une
+température de 12 degrés; puis, progressivement, on augmentera
+jusqu'à 18 degrés, mais pas plus; et comme au moment du soleil la
+chaleur sera beaucoup plus élevée, on donnera de l'air; pendant la
+nuit on couvrira la serre avec des paillassons, on seringuera les
+feuilles au besoin; et comme les fruits sont ordinairement plus
+nombreux qu'en plein air, il est souvent nécessaire d'en supprimer
+quelques-uns, afin de ne point épuiser les arbres. Après la
+maturité, qui a lieu en avril, on enlève les châssis.
+
+Ordinairement, on laisse une année ou deux de repos aux Pêchers qui
+ont été forcés; mais nous dirons que l'on peut sans inconvénient
+recommencer cette opération l'année suivante.
+
+=Variétés.=--Avant-Pêche blanche, -- Petite Mignonne, -- Grosse
+Mignonne, -- Malte, -- Madeleine, -- Chevreuse, -- Chevreuse
+tardive, -- Admirable Belle de Vitry, -- Brugnon musqué, --Madeleine
+rouge tardive, -- Alberge jaune, -- Galande, -- Vineuse pourpre
+hâtive, -- Madeleine de Courson, -- Violette hâtive, --Veloutée
+tardive, -- Téton de Vénus, -- Bourdine, -- Bon ouvrier, --Pourprée
+tardive, -- Belle de Doué, -- Reine des vergers.
+
+
+POIRIER (_Pyrus_).--_Plantation._--Les Poiriers greffés sur
+Coignassier réussissent dans presque tous les terrains, même dans
+ceux qui ont peu de profondeur, pourvu cependant qu'ils ne soient
+pas glaiseux ou humides; car alors, malgré tous les soins, ils
+périraient au bout de quelques années. Toutes les fois que l'on aura
+à planter dans un terrain profond, il sera préférable de planter des
+Poiriers greffés sur franc, parce qu'ils sont beaucoup plus
+robustes.
+
+C'est à tort que l'on dit que ces arbres sont trop lents à se mettre
+à fruit, parce qu'ils poussent trop vigoureusement; car si, par une
+taille bien raisonnée et proportionnée à la force des arbres, on
+établit une égale répartition de séve dans tous les membres, on
+parviendra souvent à les faire fructifier dès les premières années;
+une fois que ces arbres sont à fruit, ils en donnent abondamment, et
+vivent très-vieux. Si l'on plante des Poiriers greffés sur
+Coignassier, on prendra des arbres de dix-huit ou vingt mois de
+greffe; mais s'ils sont greffés sur franc, comme ils poussent
+beaucoup plus vigoureusement, on peut quelquefois les planter
+greffés de l'année. Nous conseillons, pour planter dans les
+plates-bandes, de prendre des Poiriers élevés en quenouille; car,
+dans cette position, c'est réellement la forme la plus avantageuse,
+en ce qu'elle occupe peu de place et produits beaucoup de fruits. Il
+faut mettre entre deux pieds un Pommier ou un Poirier nain, que l'on
+taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou 5
+mètres l'un de l'autre.
+
+
+1. _Poiriers en quenouille._
+
+[Illustration: Fig. 20.--Poirier en quenouille.]
+
+_Taille._--La première année, on taillera le rameau terminal à sept
+ou huit yeux, selon la vigueur de l'arbre, afin d'obtenir trois ou
+quatre nouveaux membres. On aura soin de tailler sur l'oeil placé le
+plus favorablement, pour prolonger la tige le plus verticalement
+possible (_fig._ 20).
+
+On taillera aussi le rameau terminal de chaque rameau sur un oeil
+placé de manière à prolonger le bras horizontalement. Les bras
+inférieurs étant les plus âgés, ils seront plus allongés que ceux
+qui sont placés au-dessus, et il faudra à chaque taille avoir soin
+de leur conserver les mêmes proportions. On enlèvera sur chaque
+membre les rameaux qui se trouveraient placés dessus et dessous,
+puis on taillera à environ 0m,03 de longueur ceux qui ne sont pas
+nécessaires à la forme de l'arbre. Ce sont les jeux inférieurs de
+ces rameaux qui donneront naissance aux brindilles. S'il se trouvait
+quelques lambourdes terminées par un bouton à fleur, il ne faudra
+pas les tailler, car on se priverait de quelques fruits.
+
+Si, à la place où il est indispensable d'établir un membre pour
+compléter la régularité de l'arbre, il ne se trouvait pas de
+bourgeon pour le former, on pourra facilement en obtenir un, soit en
+posant un écusson, soit en cernant l'oeil le plus rapproché de la
+place où l'on a besoin d'un membre, ce qui doit se faire de la
+manière suivante. À l'époque de la taille, on fait une incision
+transversale immédiatement au-dessus, puis une seconde à 0m,02 ou
+0m,03 au-dessus de la première, enfin plus ou moins, selon la force
+qu'on veut donner au bourgeon. Ensuite, partant de la seconde
+incision, on fait à 0m,02 ou 0m,03 de chaque côté de l'oeil une
+incision longitudinale, puis on enlève la portion d'écorce qui se
+trouve entre les deux incisions transversales. Ainsi cerné, l'oeil
+se développe avec autant de vigueur que si l'on avait supprimé toute
+la partie qui est au-dessus.
+
+Cette opération peut être pratiquée avec succès non-seulement sur la
+tige, mais encore sur tous les membres d'un arbre sur lequel il y a
+des vides à remplir.
+
+_Ébourgeonnage._--Pour favoriser le développement du bourgeon
+terminal, on pincera très-courtes deux ou trois bourgeons qui en
+sont les plus rapprochés, à moins que le premier n'ait fourni une
+pousse trop faible; il faudrait alors le remplacer par le plus
+vigoureux et le plus rapproché de l'extrémité. On choisira parmi les
+autres les mieux placés pour en former des membres à la taille
+suivante, en observant toujours qu'ils ne doivent jamais être placé
+juste au-dessus de ceux de l'année précédente; car les membres d'une
+quenouille doivent être disposés de manière que, partant de
+l'insertion du premier membre, les autres tournent en spirale autour
+de la tige. On pincera également les deux ou trois bourgeons les
+plus rapprochés du rameau terminal de chaque bras, et on enlèvera
+sur chaque membre tous les bourgeons qui naîtront dessus et dessous.
+On pincera, sur les membres de l'année précédente, les bourgeons qui
+poussent trop vigoureusement; puis on taillera des brindilles à
+0m,16 ou 0m,18 de longueur. La taille des rameaux terminaux sera
+proportionnée à la vigueur de l'arbre, et l'on taillera toujours sur
+l'oeil le mieux placé pour les prolonger suivant leur position. Les
+autres rameaux seront taillés à environ 0m,05, même ceux qui ont été
+pincés à l'ébourgeonnage; les brindilles qui ont donné du fruit le
+seront à 0m,12 ou 0m,15, et si celles qui ont été rompues à
+l'ébourgeonnage avaient poussé, il faudrait les tailler au-dessus de
+la pousse.
+
+On protégera successivement l'établissement des branches fruitières,
+et l'on surveillera celles qui pousseraient trop vigoureusement, de
+manière qu'il ne puisse se former de gourmands sur aucune partie de
+l'arbre; enfin, on traitera les quenouilles la seconde année comme
+on les a traitées la première, et ainsi de suite; seulement, à
+chaque taille, les opérations deviendront plus compliquées.
+
+Comme souvent il arrive que les membres d'une quenouille tendent à
+s'élever verticalement, ce qui est non-seulement contraire aux
+principes, mais encore préjudiciable au développement ultérieur de
+l'arbre (car alors ces membres poussent avec une telle vigueur
+qu'ils absorbent une forte partie de la séve nécessaire à la
+végétation des autres membres), il faut, dans cette circonstance,
+chercher le moyen de remédier à un pareil état de choses. Souvent on
+a recours à de petits arcs-boutants; mais comme ce moyen présente
+beaucoup de difficultés et de graves inconvénients, nous allons
+faire connaître un procédé communiqué à la Société centrale
+d'horticulture par M. Chevalier Gérolme: «J'ai placé quatre piquets
+au pied de chaque pyramide, avec une encoche de 0m,028 à la tête de
+chacun; j'y ai attaché un cercle avec de fil du fer à 0m,081
+d'élévation du sol, afin de pouvoir biner et nettoyer. Avec ce
+simple appareil, que j'appelle _treillage horizontal_, et qui
+m'offre les ressources d'un mur à la Montreuil, je deviens maître de
+mon arbre. Muni d'une grande quantité de loques en cuir percées aux
+deux bouts et d'une botte d'osier, je prends la branche à incliner,
+petite ou grosse, courte ou longue, n'importe; à l'endroit
+convenable je la cerne de ma loque, que je ferme avec l'un des bouts
+d'un brin d'osier, dont je viens arrêter l'autre sur le cercle à la
+place que réclame l'inflexion de la branche ou le vide de l'arbre.
+Avec ce procédé, j'ai pu rectifier mille irrégularités indépendantes
+de la taille, comme proportionner les espaces, détruire la confusion
+qui existe toujours dans les pyramides, faciliter la circulation de
+l'air, le mouvement de la lumière; en un mot, satisfaire à toutes
+les conditions de développement et d'équilibre qui jusqu'alors
+n'avaient point été remplies.»
+
+
+2. _Poiriers en espalier._
+
+Pour former un espalier de Poiriers on prendra des arbres nains,
+jeunes et vigoureux, et on les plantera de préférence à l'est ou à
+l'ouest. On peut les élever sous plusieurs formes, mais nous
+considérons celles en éventail (_fig._ 21) et en palmette (_fig._ 22
+et _fig._ 23) comme les plus faciles à diriger et les plus
+avantageuses. Les Poiriers que l'on veut former en éventail seront
+plantés à 5m,33, 6m,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon la nature
+du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la préférence aux
+arbres greffés de l'année. On les rabattra de manière à obtenir cinq
+bourgeons de chaque côté pour former la charpente de l'arbre.
+
+[Illustration: Fig. 21.--Poirier en éventail.]
+
+Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bourgeons
+nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticalement le
+bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année suivante on le
+rabattra de manière à obtenir les membres _a_, _b_, _c_, _d_, _e_. À
+mesure que les bourgeons se développeront, on les palissera, en les
+plaçant aussi parallèlement que possible et à égale distance l'un
+de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui pousseraient plus
+vigoureusement que les autres, de telle sorte que chaque membre ait
+une végétation à peu près égale. On pincera aussi très-court les
+bourgeons placés devant et derrière les branches, pour les démonter
+par suite de la taille.
+
+Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bourgeon
+terminal de chaque membre, et l'on pincera très-court tous ceux qui
+sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur chaque
+membre successivement, et selon le besoin, des branches de
+bifurcation, _f_, _g_, _h_, _i_ (_fig._ 21), pour remplir les
+intervalles.
+
+Pour compléter la régularité des Poiriers cultivés en espalier, on
+peut, indépendamment de ce que nous avons indiqué pour ceux qui sont
+élevés en quenouille, avoir recours à la greffe par approche, ce qui
+doit se faire de la manière suivante. À l'époque où les bourgeons
+sont encore il l'état herbacé, on choisit le plus rapproché de la
+place où l'on a besoin d'établir un membre, on l'abaisse avec
+précaution afin de ne pas le rompre, et, après avoir fait une plaie
+longitudinale sur chaque partie, on les applique l'une sur l'autre,
+puis on les maintient dans cette position au moyen d'une ligature
+que l'on desserre aussitôt après la reprise de la greffe; lorsque le
+bourgeon est arrivé à l'état ligneux, on fait une entaille à
+mi-bois, juste au-dessous de la greffe, mais on ne sèvre
+complétement celle-ci qu'à l'époque de la taille. On peut sans
+inconvénient placer sur le même arbre autant de greffes qu'il est
+nécessaire; ce que nous avons été à même d'observer sur un espalier
+de Poiriers confié aux soins de M. Fourquet, habile horticulteur,
+qui, à l'aide de la greffe par approche, est parvenu en très-peu de
+temps à donner une forme régulière à des Poiriers dont les membres
+étaient dans un désordre complet.
+
+Si l'on plantait des arbres ayant déjà le nombre de branches
+nécessaire pour les former, il faudrait tailler toutes les branches
+bien placées à environ 0m,04 et sur un oeil disposé de manière à
+prolonger le membre dans la direction voulue d'après la forme de
+l'arbre. On démontera les autres, en ayant toujours soin de
+conserver les lambourdes et les brindilles.
+
+[Illustration: Fig. 22.--Poiriers en palmette.]
+
+On plantera, à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, ceux que l'on destine
+à être élevés en _palmette_; on rabattra la tige de manière à
+obtenir à droite et à gauche quelques bourgeons, dont on formera les
+premiers membres a (_fig._ 22), en les établissant à environ 0m,30 à
+0m,35 les uns au-dessus des autres. Ceux de droite doivent alterner,
+autant que possible, avec ceux de gauche; en les palissant, il faut
+les incliner plus ou moins, suivant que l'on voudra favoriser le
+développement de l'un ou restreindre celui de l'autre. Les années
+suivantes, on les abaissera davantage, mais en observant qu'ils ne
+doivent jamais être placés horizontalement. On guidera verticalement
+le bourgeon qui sert à prolonger la tige, et l'on pincera les
+bourgeons mal placés; puis, les années suivantes, on taillera le
+rameau vertical de manière à obtenir chaque année deux branches
+latérales, jusqu'à ce que l'arbre soit arrivé à garnir le mur dans
+toute sa hauteur. On taillera les bras à environ 0m,15 à 0m,18 de
+longueur, suivant leur force et leur position, mais toujours sur un
+oeil placé de manière à les prolonger le plus directement possible.
+S'il arrivait qu'un bourgeon de prolongement fût beaucoup plus
+vigoureux que l'autre, il faudrait, au palissage, l'incliner plus
+que les autres, de manière à rétablir l'équilibre.
+
+[Illustration: Fig. 23.--Poirier en palmette à double tige.]
+
+L'éducation des Poiriers élevés sous la forme de palmette à double
+tige (_fig._ 23) doit avoir lieu d'après les principes suivis pour
+la palmette à tige simple.
+
+Cette forme est adoptée maintenant par le plus grand nombre de
+cultivateurs de Poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres.
+
+Les Poiriers à tiges seront plantés à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre,
+et, pendant les premières années, ils devront être taillés de
+manière que les branches qui doivent former la charpente de l'arbre
+soient également espacées. On surveillera leur développement pour
+favoriser celles qui seraient les moins vigoureuses, jusqu'à
+l'époque où les arbres pourront être abandonnés à eux-mêmes,
+c'est-à-dire environ deux ans après.
+
+Lorsque les Poiriers sont très-vieux ou épuisés au point de ne plus
+produire de fruits, on peut encore en tirer un bon parti en les
+rabattant et en les greffant en couronne. (Voir l'article _Greffe_,
+p. 67.) On pose plus ou moins de greffes, suivant la force de
+l'arbre; puis, lorsqu'elles sont bien reprises, on choisit les plus
+vigoureuses pour en former la nouvelle charpente.
+
+
+_Liste des meilleures variétés de poires admises par le Congrès
+pomologique._
+
+ ADÈLE DE SAINT-DENIS (Adèle de Saint-Céras, baronne de Mello).
+ Fertile; moyen; bon; octobre[12].
+
+ [Note 12: Le nom en PETITES CAPITALES indique le _nom
+ définitif_; les noms _entre parenthèses_ indiquent les _synonymes
+ détruits_; le mot _fertile_ s'applique à la fertilité de
+ l'_arbre_; le mot _moyen_, à la grosseur du _fruit_; le mot
+ _bon_, à la qualité de la _chair_; enfin, l'énonciation du mois
+ de l'année fait connaître l'époque de la _maturité_.]
+
+ BEAU PRÉSENT D'ARTOIS (Présent royal de Naples). Très-fertile;
+ gros; assez bon; commencement de septembre. (Entre-cueillir.)
+
+ BERGAMOTE D'ANGLETERRE (Gansel's bergamote, Bezy de Caissoy par
+ plusieurs pépiniéristes.) Fertile; moyen; bon; septembre,
+ octobre. (Greffer sur franc.)
+
+ BERGAMOTE ESPEREN. Très-fertile; moyen; très-bon; mars, mai.
+
+ BEURRÉ BEAUMONT (Beurré de Beaumont, Bezy Waët, Bezy de
+ Saint-Waast, Belmont, Beymont). Fertile; moyen; bon; janvier.
+
+ BEURRÉ CAPIAUMONT (Beurré aurore). Très-fertile; moyen; bon;
+ octobre. (Greffer sur franc; très-bon cuit.)
+
+ BEURRÉ CLAIRGEAU. Très-fertile; gros ou très-gros; bon; novembre,
+ décembre.
+
+ BEURRÉ D'AMANLIS, BEURRÉ D'AMANLIS PANACHÉ (Wilhelmine, Hubard,
+ Duchesse de Brabant, Poire Delbert ou d'Albert, Poire kessoise).
+ Très-fertile; gros; septembre.
+
+ BEURRÉ D'AREMBERG (Orpheline d'Enghien, Colmar Deschamps, Beurré
+ Deschamps, Beurré des orphelins, Délices des orphelins).
+ Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, janvier. (Greffer sur
+ franc.)
+
+ BEURRÉ D'ANJOU (Ne plus Meuris, _Nec plus Muris_). Peu fertile;
+ assez gros; très-bon; décembre.
+
+ BEURRÉ DAVY (Beurré Spence, Beurré de Bourgogne, Beurré
+ Saint-Amour, Belle de Flandre ou des Flandres, Nouvelle gagnée à
+ Heuze, Beurré des bois, Fondante des bois, Boss père, Poire des
+ bois, Boss pear, Beurré d'Elberg, Beurré Davis, B. Foidart).
+ Fertile; gros ou très-gros; bon; octobre.
+
+ BEURRÉ D'ARDENPONT (Beurré d'Arenberg par erreur, Glou morceau,
+ Goulu morceau de Cambron, Beurré de Kent, Beurré Lombard, Beurré
+ de Cambronne). Fertile; gros; très-bon; janvier.
+
+ BEURRÉ DIEL (Beurré magnifique, Beurré incomparable, Beurré
+ royal, Beurré des trois tours, Dry Toren, Melon de Knops, Poire
+ melon, Graciole d'hiver, Fourcroy, Dorothée). Fertile; gros;
+ très-bon; novembre, décembre. (Recommandé.)
+
+ BEURRÉ GIFFART. Fertile; moyen; très-bon; fin juillet.
+
+ BEURRÉ PICQUERY (Urbaniste, Louis Dupont, Beurré Drapiez, Louise
+ d'Orléans, Serrurier d'automne, Vergaline musquée). Peu fertile;
+ moyen; très-bon; octobre, novembre.
+
+ BEURRÉ QUETELET (Beurré Dumortier). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; septembre, octobre.
+
+ BEZY DE MONTIGNY (Non pas Doyenné musqué, vulgairement nommé Bezy
+ de Montigny). Très-fertile; moyen; bon; septembre.
+
+ BON CHRÉTIEN NAPOLÉON (Liard, Médaille, Mabille, Captif de
+ Sainte-Hélène, Charles d'Autriche, Charles X, Beurré Napoléon,
+ Bonaparte, Gloire de l'Empereur, Napoléon d'hiver). Très-fertile;
+ assez gros; très-bon; octobre, novembre.
+
+ BON CHRÉTIEN WILLIAM (Bartlett de Boston, de Lavault).
+ Très-fertile; gros ou très-gros; très-bon; septembre.
+
+ BONNE D'ÉZÉE (Belle ou Bonne des Zées, Belle et Bonne des haies).
+ Très-fertile; gros; bon; septembre.
+
+ CALEBASSE MONSTRE (Calebasse Carafon, Calebasse royale, Calebasse
+ monstrueuse du Nord, Van Marum, Triomphe de Hasselt).
+ Très-fertile; très-gros; assez bon; octobre. (Greffer sur franc.)
+
+ COLMAR D'ARENBERG (Kartoffel). Très-fertile; très-gros; assez
+ bon; novembre.
+
+ DÉLICES D'HARDENPONT D'ANGERS (Poire-Pomme de Racqueingheim).
+ Très-fertile; moyen; très-bon; novembre, décembre.
+
+ DOYENNÉ BOUSSOCH (Beurré de Mérode, Double Philippe, Nouvelle
+ Boussoch); Fertile; gros; bon; septembre.
+
+ DOYENNÉ D'HIVER (Bergamote de la Pentecôte, Seigneur d'hiver,
+ Doyenné de ou du Printemps, Dorothée royale, Poire Fourcroy,
+ Canning d'hiver, Merveille de la nature, Pastorale d'hiver, Poire
+ du Pâtre, Beurré roupé). Très-fertile; gros; bon; janvier, mai.
+
+ DUCHESSE D'ANGOULÊME (Poire de Pézénas, des Éparonnais,
+ Duchesse). Très-fertile; très-gros; bon; octobre, novembre.
+
+ DUCHESSE DE BERRI D'ÉTÉ. Assez fertile; moyen; très-bon; fin
+ août.
+
+ ÉPINE DU MAS (Belle Épine Dumas, Colmar du Lot, Duc de Bordeaux,
+ Épine de Rochechouart, C. de Limoges). Fertile; moyen; bon;
+ novembre.
+
+ FIGUE (Figue d'Alençon, Figue d'hiver, Bonissime de la Sarthe).
+ Fertile; assez gros; très-bon; novembre, décembre.
+
+ FONDANTE DE CHARNEUX (Beurré ou Fondante des Charneuses, Duc de
+ Brabant (Van Mons), Miel de Waterloo. Fertile; assez gros;
+ très-bon; octobre. (Greffer sur franc.)
+
+ FONDANTE DE NOËL (Belle ou Bonne de Noël, Belle ou Bonne après
+ Noël, Souvenir d'Esperen). Fertile; moyen; bon; décembre.
+
+ JALOUSIE DE FONTENAY (Jalousie de Fontenay-Vendée, Belle
+ d'Esquermes). Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.
+
+ LOUISE BONNE D'AVRANCHES (Louise de Jersey, Bonne ou Beurré
+ d'Avranches, Bergamote d'Avranches, Bonne de Longueval).
+ Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.
+
+ MARIE-LOUISE DELCOURT (Marie-Louise Nova, Marie-Louise Nouvelle,
+ Van Donkelaer, Vandonckelaër, Marie-Louise Van Mons).
+ Très-fertile; moyen ou assez gros; très bon: octobre, novembre.
+
+ NOUVEAU POITEAU (Tombe de l'amateur). Fertile; gros; bon;
+ novembre. (Blettit avant de jaunir.)
+
+ PASSE-COLMAR (Passe-Colmar gris, Passe-Colmar nouveau,
+ Passe-Colmar ordinaire). Très-fertile; moyen; très-bon; décembre,
+ février.
+
+ ROUSSELET D'AOÛT (Gros Rousselet d'août, Van Mons). Très-fertile;
+ moyen; très-bon; août.
+
+ SAINT-MICHEL-ARCHANGE. Fertile; assez gros; très-bon; octobre.
+
+ SAINT-NICOLAS (Duchesse d'Orléans). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; septembre, octobre.
+
+ SEIGNEUR (ESPEREN). (Seigneur d'Esperen, Bergamote Fiévée,
+ Bergamote lucrative, Lucrate, Brésilière, Beurré lucratif.
+ Fondante d'automne, Arbre superbe). Très-fertile; moyen; assez
+ gros; très-bon; septembre, octobre.
+
+ SOLDAT LABOUREUR. Fertile; assez gros; bon; octobre, décembre.
+
+ SUZETTE DE BAVAY. Très-fertile; petit; bon; février, avril.
+
+ TRIOMPHE DE JODOIGNE. Fertile; gros ou très-gros; assez bon;
+ décembre.
+
+ VAN MONS (Van Mons de Léon Leclerc). Fertile; gros; très-bon;
+ novembre. (Greffer sur franc.)
+
+
+_Poiriers spécialement pour espaliers._
+
+ BERGAMOTE CRASSANE (Cressane, Cressane d'automne, Beurré plat).
+ Fertile; moyen; très-bon; novembre. (Contre un mur et au soleil.)
+
+ BEURRÉ GRIS (Beurré doré, Beurré d'Amboise, Beurré roux, Beurré
+ d'Isambart, Beurré du Roi, Isambart le bon, Beurré de
+ Terwerenne). Fertile; moyen et gros; très-bon; septembre et
+ octobre. (Contre un mur, avec avant-toit; levant, couchant; peut
+ s'élever en haute tige.)
+
+ BEZY DE CHAUMONTEL (Beurré de Chaumontel, Chaumontel, Beurré
+ d'hiver). Assez fertile; moyen et gros; assez bon; janvier. (Peut
+ aussi s'élever en pyramide.)
+
+ BON CHRÉTIEN DE RANS (Beurré de Rance, Beurré de Flandre, Beurré
+ Noirchain, Beurré noire chair, Hardenpont de printemps, Beurré de
+ Pentecôte). Assez fertile; assez gros; assez bon; janvier, mars.
+ (Sur franc, contre un mur; bonne exposition.)
+
+ DOYENNÉ BLANC (Beurré blanc, par erreur, Saint-Michel, Bonne
+ ente, Doyenné picté, de Neige, du Seigneur, Citron de septembre,
+ etc.). Très-fertile; moyen; très-bon; octobre. (Sur franc, contre
+ un mur avec avant-toit; nord, levant, couchant.)
+
+ DOYENNÉ GRIS (Doyenné roux, Doyenné crotté, Doyenné galeux,
+ Doyenné jaune, Saint-Michel gris, Neige grise). Très-fertile;
+ moyen; très-bon; octobre, novembre. (Sur franc, contre un mur
+ avec avant-toit; terre légère; levant, couchant, nord.)
+
+ SAINT-GERMAIN D'HIVER (Inconnue Lafare, Saint-Germain gris,
+ Saint-Germain vert). Fertile; assez gros; très-bon; novembre,
+ mars. (Contre un mur au soleil.)
+
+
+_Variétés dont les fruits sont à cuire._
+
+ BELLE ANGEVINE (Angora, Bolivar, Comtesse ou Beauté de Terweren,
+ Royale d'Angleterre, Duchesse de Berri d'hiver, Abbé Mongein,
+ Très-grosse de Bruxelles). Assez fertile; énorme; assez bon fin
+ d'hiver. (Pyramide, mieux en espalier, contre un mur au midi.)
+
+ BON CHRÉTIEN D'HIVER (Poire d'angoisse, Poire de Saint-Martin,
+ Bon Chrétien de Tours). Assez fertile; gros; bon; mars, mai.
+ Contre un mur à bonne exposition.
+
+ CATILLAC (Quenillat, Téton de Vénus, Gros-Gillot, Bon Chrétien
+ d'Amiens, Grand Monarque, Monstrueuse des Landes, Chartreuse,
+ Abbé Mongein). Très-fertile; très-gros; bon; février, mai.
+ (Pyramide, mieux en espalier et haute tige.)
+
+ CERTEAU D'AUTOMNE (Cuisse-Dame, par erreur). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; octobre, novembre. (Mieux en espalier et haute tige.)
+
+ CURÉ (Monsieur le Curé, de Monsieur, de Clio, Belle de Berri,
+ Belle Andréanne ou Adrienne, Bon Papa, Pater Noster, Vicar of
+ Wakefield, Belle Héloïse, Beurré Comice de Toulon, Belle
+ Andréine). Fertile; gros; très-bon; novembre, janvier. (Pyramide,
+ espalier, haute tige.)
+
+ LÉON LECLERC. Fertile; gros; assez bon; mars, mai. (Pyramide;
+ mieux, en espalier; sur franc; bonne exposition.)
+
+ MARTIN SEC (Rousselet d'hiver). Assez fertile; petit; très-bon;
+ décembre, janvier. (Mieux en haute tige.)
+
+ MESSIRE-JEAN (Mi-Sergent, Messire-Jean gris, Messire-Jean doré,
+ Chaulis). Assez fertile; moyen; bon; novembre. (Mieux en tige.)
+
+
+_Poiriers spécialement pour haute tige_ (Arbres de verger).
+
+ BERGAMOTE SYLVANGE (Poire Sylvange). Fertile; moyen; bon;
+ novembre.
+
+ BEURRÉ D'ANGLETERRE (Bec d'Oie, Amande, Poire d'Amande, Poire
+ anglaise, Saint-François, Poire des Finnois). Très-fertile;
+ moyen; assez bon; septembre.
+
+ BEURRÉ GOUBAULT. Très-fertile; moyen; bon; septembre.
+ (Entre-cueillir.)
+
+ BLANQUET (Blanquet gros, Cramoisin, Cramoisine). Fertile; petit;
+ assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)
+
+ CITRON DES CARMES (Petite Madeleine, Saint-Jean). Très-fertile;
+ petit; assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)
+
+ COLMAR NÉLIS (Nélis d'hiver, Bonne ou Fondante de Malines).
+ Fertile; moyen; bon; novembre et décembre.
+
+ DOYENNÉ DE JUILLET (Roi Jolimont). Très-fertile; petit; très-bon;
+ juillet. (Entre-cueillir.)
+
+ ÉPARGNE (Beau-Présent, Cuisse-Madame, Grosse Madeleine;
+ Saint-Samson, Chopine, Beurré de Paris, Cueillette, de la Table
+ des Princes). Très-fertile; moyen ou assez gros; bon; juillet,
+ août. (Réussit en espalier.)
+
+ JOSÉPHINE DE MALINES. Peu fertile; moyen et petit; très-bon;
+ janvier. (Réussit en espalier.)
+
+ ROUSSELET DE REIMS (Petit Rousselet, Rousselet musqué). Fertile;
+ petit; bon; septembre. (Très-bon confit.)
+
+ SECKLE (Shakespeare, Seckle pear). Fertile; petit; bon; octobre.
+
+
+POMMIER (_Pyrus malus_).--Tous les terrains, même ceux qui sont un
+peu frais, conviennent au Pommier; toutes les expositions, excepté
+le sud, lui sont favorables. On greffe les arbres à haute tige sur
+égrin et les nains sur doucin et sur paradis.
+
+Ce que nous avons dit de la culture et de la taille des Poiriers
+peut, en toutes circonstances, s'appliquer également aux Pommiers.
+On peut facilement leur faire prendre toutes les formes. Ceux qu'on
+élève à haute tige sont les plus durables et ceux qui produisent le
+plus. Nous conseillons de les tailler pendant les premières années.
+
+Si on les plante en lignes, on les met à 8 ou 10 mètres l'un de
+l'autre, et quelquefois plus, selon la nature du terrain. Dans les
+jardins, on ne plante ordinairement que des arbres nains, qui
+n'occupent que peu de place, et qui, bien dirigés, produisent
+beaucoup au bout de très-peu de temps.
+
+Dans les terrains légers et chauds, on plantera de préférence les
+Pommiers greffés sur doucin, parce qu'alors leurs racines
+s'enfoncent plus profondément que lorsqu'ils sont greffés sur
+paradis. Dans ce dernier cas, ils s'élèvent peu, mais fructifient
+beaucoup, et les fruits en sont généralement très-beaux. Il faut les
+planter à environ 1m,65 les uns des autres.
+
+Comme presque toutes leurs racines sont à la surface du sol, il ne
+faut leur donner que les binages.
+
+Nous avons conseillé, à l'article POIRIER, de placer un Pommier nain
+entre chaque quenouille; la forme la plus avantageuse a leur donner
+est celle d'un gobelet (_fig._ 24). La première année, on choisit
+cinq ou six bourgeons placés, autant que possible, a égale distance,
+pour établir la charpente de l'arbre, et on les palissera sur un
+cerceau. L'année suivante, on taillera les mères branches suivant
+leur force, et toujours sur un oeil placé de manière à les prolonger
+dans la même direction.
+
+[Illustration: Fig. 24.--Pommier en gobelet.]
+
+À l'ébourgeonnage, on pincera très-court les bourgeons qui se
+dirigeraient intérieurement, de manière à évider l'intérieur de
+l'arbre; puis on pincera aussi ceux qui pousseraient en dehors.
+
+On placera un second cerceau qui devient nécessaire pour palisser le
+prolongement des branches, et par suite il faudra établir des
+branches pour remplir les vides qui résulteront de l'écartement des
+branches mères.
+
+Généralement, il faudra tailler plus long et beaucoup plus tard les
+arbres qui pousseront trop vigoureusement.
+
+Les bordures de buis du potager peuvent être avantageusement
+remplacées par de jeunes Pommiers paradis, que l'on plante à environ
+2 mètres les uns des autres, et que l'on dirige horizontalement sur
+une seule branche (_fig._ 25.)
+
+Avant de planter, on marque la place de chaque arbre par un piquet
+destiné à servir de support au fil de fer sur lequel on attache les
+Pommiers. Ces piquets doivent être enfoncés de manière que le fil de
+fer puisse être tendu à 0m,40 ou 0m,50 du sol.
+
+[Illustration: Fig. 25.--Pommiers en cordons.]
+
+Après la plantation, ou courbe la tige de chaque arbre avec
+précaution, on la maintient le long du fil de fer au moyen de
+quelques ligatures en osier, puis on coupe l'extrémité plus ou moins
+longue, suivant la vigueur de l'arbre.
+
+Quand on veut obtenir deux branches sur chaque Pommier, il suffit,
+après la plantation, de couper la tige au-dessous du fil de fer, et
+l'année suivante on dirige une branche à droite et une branche à
+gauche.
+
+Les années suivantes, on taille toutes les branches latérales le
+plus près possible de leur insertion, afin de favoriser le
+développement des boutons à fruits; puis on prolonge les cordons de
+0m,40 à 0m,50, suivant la vigueur de l'arbre, et cela jusqu'à ce
+qu'ils aient atteint une longueur qui permette de les greffer l'un
+sur l'autre, de manière à former un seul et même cordon.
+
+Nous conseillons de former des haies de Pommiers toutes les fois
+qu'on devra faire des clôtures dans les endroits où l'on n'aura pas
+à craindre la dévastation des fruits; on prendra des arbres greffés
+sur doucin, et on les plantera à environ 1 mètre l'un de l'autre.
+Pendant les premières années, on maintiendra l'inclinaison des
+membres en les attachant sur des échalas placés de loin en loin. On
+greffera par approche toutes les branches principales qui se
+croiseront, et on entrelacera les autres.
+
+À l'époque de l'ébourgeonnage, on pincera la haie sur les deux
+faces; puis, par la taille et les ébourgeonnages, on tâchera
+d'éviter qu'elle ne se dégarnisse par le bas.
+
+ =Variétés.=--Api, -- Calville blanc, -- C. rouge, -- Fenouillet
+ gris, -- Pigeonnet, -- Potophe d'hiver, -- Gros Rambour, --
+ Reinette de Hollande, -- R. franche, -- R. du Canada, -- R.
+ d'Angleterre, -- R. dorée, -- R. grise, -- R. de Bretagne, -- R.
+ d'Espagne, -- R. de Granville.
+
+
+PRUNIER (_Prunus_).--Les Pruniers, ayant des racines traçantes,
+n'exigent pas un terrain très-profond; ils viennent assez bien
+presque partout, pourvu cependant que le sol ne soit ni trop sec ni
+trop humide. On les greffe sur le Prunier Saint-Julien ou sur le
+Damas noir; et, quoiqu'ils réussissent bien sous toutes les formes,
+on n'en plante guère en espalier que dans les contrées où les fruits
+mûrissent mal; il faut alors les mettre à bonne exposition.
+
+Il est beaucoup plus avantageux de planter des arbres à haute tige.
+Si l'on en forme des lignes, il faut les placer à 6 mètres l'un de
+l'autre. Plusieurs espèces peuvent aussi être plantées pour former
+des haies intérieures, ou dans les endroits où l'on n'a pas à
+craindre la dévastation des fruits. Il n'est pas absolument
+nécessaire de tailler les Pruniers, si ce n'est pendant les
+premières années, pour former la charpente de l'arbre.
+
+_De la culture forcée du Prunier._--On peut facilement avancer la
+maturité de plusieurs variétés, telles que le Monsieur hâtif, la
+Mirabelle et la Reine-Claude. Pour cela, à l'automne, on plantera
+dans des pots de 0m,30 de jeunes Pruniers élevés sous la forme de
+petites quenouilles; on les choisira aussi ramifiés que possible, et
+après l'empotage on enfoncera les pots à une bonne exposition.
+L'année suivante, en janvier, on les placera dans une serre vitrée
+dont on n'élèvera pas la température à plus de 12° ou 14°. On
+donnera de l'air au moment du soleil, et la nuit on couvrira la
+serre avec des paillassons. Les autres soins consistent à arroser
+ces arbres à propos et à les seringuer de temps à autre, après
+qu'ils sont défleuris; les fruits seront mûrs dans les premiers
+jours de mai. On peut chauffer les mêmes Pruniers deux ou trois
+années de suite.
+
+ =Variétés.=--Jaune hâtive, -- Monsieur, -- Royale de Tours, --
+ Reine-Claude, -- R.-C. Coëgolden drop, -- R.-C. violette, --
+ R.-C. monstrueuse de Bavay, -- Mirabelle grosse et petite, --
+ Impériale blanche, -- Surpasse-Monsieur, -- Jefferson, -- Drap
+ d'or d'Esperen. -- Washington, -- Gros Damas, -- Perdrigon rouge,
+ -- de Sainte-Catherine, -- de Saint-Martin, -- Pond's Seedling.
+
+
+VIGNE (_Vitis vinifera_).--La vigne vient dans presque tous les
+terrains, et il est peu de localités où l'on ne puisse en obtenir de
+beaux et bons produits, si elle est plantée à une exposition
+favorable et bien gouvernée: cependant le sol le plus propice est
+une terre franche, douce et profonde, amendée de temps à autre par
+des engrais bien consommés.
+
+[Illustration: F. 26. Vigne à la Thomery.]
+
+Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous
+laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi,
+pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment
+quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre
+circonstance, nous conseillons de la conduire à la Thomery (_fig._
+26), ce mode de plantation offrant tous les avantages désirables.
+
+1. _Plantation._--La distance à observer entre chaque pied de Vigne
+dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de
+profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus
+près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner
+moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on
+peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière
+suivante: tous les 0m,65, on fera une tranchée d'environ 0m,33 de
+largeur et 0m,35 de profondeur; on la commencera 1m,33 ou 1m,65 du
+mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera
+jusqu'à 0m,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes
+enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de
+plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque
+marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit
+être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de
+telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0m,65 du mur
+soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la
+courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre.
+
+Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis
+recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la
+tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de
+remplir la tranchée avec la terre du sol.
+
+En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois
+yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques
+millimètres au-dessus de l'oeil, et de faire que le biseau de la
+coupe soit toujours opposé à l'oeil terminal.
+
+Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus
+vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et
+on mettra un échalas à chaque pied. On y attachera chaque bourgeon,
+en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils se
+développeront.
+
+2. _Taille._--_Première année._--À l'automne suivant, on continuera
+les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année
+précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du
+mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée
+d'avance.
+
+À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou
+trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à
+mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux
+bourgeons dès qu'ils auront 0m,12 ou 0m,15 de longueur. Comme il est
+probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira
+quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en
+supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes
+Vignes.
+
+_Deuxième année._--On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui
+est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible,
+car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera
+toutes les tiges _a_ sur un oeil placé à quelques centimètres
+au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0m,25 du sol. Si
+les tiges _b_, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à
+0m,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur, promettent
+des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges _a_.
+
+On taillera les tiges _c_, _d_, _e_ d'après leur vigueur, et les
+années suivantes on établira les cordons des tiges _c_ à 1m,25 du
+sol, ceux des tiges _d_ à 1m,75, et enfin ceux des tiges _e_ à
+2m,25.
+
+En général, pour rabattre sur de bons yeux, il faut tailler la
+pousse de l'année à la moitié de sa longueur, à moins cependant que
+le premier ou le deuxième oeil au-dessus ne se trouve à la hauteur
+d'un cordon, sur la partie de la tige que l'on prolongera chaque
+année et jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la hauteur où elle doit
+former cordon. On laissera sur chaque tige trois ou quatre bourgeons
+qu'on choisira parmi ceux qui ont le plus de grappes; on les
+palissera à mesure qu'ils se développeront, et, comme les autres
+années, on supprimera les faux bourgeons, puis on pincera très-court
+tous les autres bourgeons, et à la taille suivante on les démontera
+au rez de la tige.
+
+_Troisième année._--L'année suivante, on taillera le bourgeon
+vertical des tiges qui dès l'année précédente avaient été rabattues
+à la hauteur du cordon, à partir de son insertion sur le second
+oeil, y compris celui du talon, ce qui donnera naissance à deux
+bourgeons, dont on formera les deux bras horizontaux; mais il ne
+faudra les amener que graduellement à la place qu'ils doivent
+occuper, et il vaudrait souvent mieux attendre à l'automne que de
+s'exposer à les casser. Pendant leur végétation on les attachera à
+mesure qu'ils se développeront, et on enlèvera les faux bourgeons,
+ainsi que tous les bourgeons placés devant et derrière et ceux qui
+se développent sur les tiges.
+
+_Quatrième année._--On taillera les deux branches qui forment le
+cordon à environ 0m,35 de longueur, suivant leur vigueur, mais
+toujours sur l'oeil placé le plus favorablement pour prolonger le
+cordon dans la même direction. Puis, pour former les branches
+fruitières, on taillera les bourgeons placés sur la partie
+supérieure du cordon, en observant qu'ils doivent avoir entre eux
+une distance de 0m,16 à 0m,20.
+
+Comme précédemment, on enlèvera tous les faux bourgeons, ainsi que
+les bourgeons mal placés, et l'on pincera ceux qui sont le plus près
+de l'extrémité, afin de favoriser la végétation des bourgeons de
+prolongement, ce qu'il faudra observer jusqu'à ce que le cordon ait
+atteint toute sa longueur. D'après l'écartement indiqué pour la
+plantation, chaque partie du cordon devra avoir 1m,60 de long de
+chaque côté.
+
+_Cinquième année._--On taillera les branches fruitières en courson
+sur deux yeux, puis on prolongera chaque part du cordon d'environ
+0m,35; et comme, arrivés à ce point, les soins à donner à la Vigne
+pendant la végétation sont exactement les mêmes que ceux
+précédemment indiqués, nous croyons inutile de traiter ce sujet plus
+longuement.
+
+_Sixième année._--Pour cette taille et celles qui auront lieu
+successivement, on démontera toutes les branches fruitières sur le
+bourgeon le plus près du cordon, afin de les rajeunir chaque année;
+et ensuite on taillera les coursons sur un ou deux yeux, ce que
+l'expérience indiquera; car si, après avoir taillé sur un oeil, on
+obtenait des bourgeons trop vigoureux, il faudrait l'année suivante
+tailler sur deux yeux. Lorsque chaque cordon est arrivé à remplir le
+cadre qui lui est assigné, il ne s'agit plus que de maintenir
+l'équilibre de la séve, afin d'avoir une végétation égale dans toute
+la longueur du cordon. Pour arriver à ce résultat, il faut
+surveiller la végétation des bourgeons placés vers l'extrémité (car
+ils sont toujours disposés à attirer vers eux une grande quantité de
+séve), et, par des pincements et le palissage, forcer la séve à
+refluer vers le centre.
+
+Ces notions, quoique bien succinctes, suffisent pour faire connaître
+la série des opérations nécessaires à la conduite d'une treille, et
+l'étude attentive des dernières tailles servira à l'intelligence des
+autres.
+
+3. _Vigne en palmette._--Après avoir amené les Vignes à la place
+qu'elles doivent occuper, on les taille toutes à trois ou quatre
+yeux au-dessus de terre; aussitôt après le développement des
+bourgeons, on choisit le plus vigoureux, on le dirige verticalement,
+et, pour en favoriser la végétation, on pince ou l'on supprime les
+autres. L'année suivante, on rabat toutes les tiges à peu près à la
+moitié de leur longueur, plus ou moins, selon leur vigueur; après
+quoi, sur chacune, on fait choix d'un bourgeon pour prolonger la
+tige, puis on palisse les bourgeons placés à droite et à gauche, en
+ayant soin de les incliner plus ou moins, suivant qu'on voudra
+favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de l'autre;
+et, comme toujours, on supprime les bourgeons placés devant et
+derrière, ainsi que les faux bourgeons.
+
+Les années suivantes, on taille les bourgeons à droite et à gauche
+en courson sur deux yeux, puis on rabat le bourgeon vertical de
+manière à obtenir chaque année quelques nouveaux bourgeons, et cela
+jusqu'à ce que l'on soit arrivé à garnir le mur dans toute sa
+hauteur.
+
+4. _Vigne en contre-espalier._--Pour former un contre-espalier, nous
+conseillons d'observer tout ce qui a été indiqué pour la treille à
+la Thomery, de manière à représenter les deux premiers cordons _a_,
+_b_ (_fig._ 26).
+
+Après la plantation, on enfoncera un pieu de loin en loin, et l'on
+tendra dessus un fil de fer pour guider chaque cordon, puis un autre
+entre les deux pour attacher les bourgeons du premier cordon, et
+enfin un quatrième à 0m,28 au-dessus du second cordon, pour en
+attacher aussi les bourgeons. Pour l'établissement des cordons et
+les soins à leur donner pendant leur végétation, on observera tout
+ce qui a été indiqué précédemment.
+
+On peut chaque année en chauffer une partie, ainsi que nous l'avons
+indiqué dans le chapitre II, relatif à la disposition d'un jardin;
+mais on ne commencera qu'au bout de trois ou quatre ans de
+plantation, et alors on pourra chaque année chauffer le quart de la
+longueur, de sorte que lorsqu'on sera arrivé à reprendre la première
+partie, elle ait eu trois ans de repos.
+
+5. _De la culture forcée de la Vigne._--Vers la fin de décembre,
+dans le courant de janvier et même jusqu'en février, enfin suivant
+la maturité du bois, on taille la Vigne; puis, suivant la position,
+on place devant elle soit des panneaux si elle est plantée le long
+d'un mur, soit une petite bâche mobile[13].
+
+[Note 13: Cette bâche se compose d'un coffre de 0m,80 de largeur
+sur 1m,33 de hauteur par derrière et de 0m,33 par devant. On
+maintient l'écartement au moyen de barres assemblées à queue
+d'aronde par le haut et par le bas, et placées de manière à servir
+de support aux panneaux.]
+
+Si la Vigne est plantée en contre-espalier, on entoure le tout d'un
+réchaud de fumier qu'on remanie au besoin, puis on pose les
+panneaux; mais on arrive à des résultats beaucoup plus prompts en
+faisant passer dans la bâche le tuyau d'un poêle ou mieux d'un
+thermosiphon. Ce mode de chauffage est très-favorable à la
+végétation, et nécessite beaucoup moins de surveillance pour arriver
+à un bon résultat. On règle la température comme il suit: à partir
+de l'époque où l'on commence à chauffer jusqu'à ce que la Vigne
+entre en végétation, on maintient une chaleur de 15° à 18° dans la
+bâche; après quoi on augmente de 4° à 5°, température que l'on
+entretient jusqu'à ce que la grappe soit bien formée, et pendant la
+floraison on chauffe de 25° à 30°; mais une fois que les grains sont
+bien formés on diminue graduellement la chaleur, de manière à
+n'avoir plus que 18° à 20° jusqu'à parfaite maturité.
+
+La température est d'autant plus facile à régler, que cette bâche ne
+contient qu'une très-petite quantité d'air.
+
+Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons qu'on
+enlève tous les jours; et si, au moment du soleil, le thermomètre
+monte plus haut que nous ne l'avons indiqué, on donne un peu d'air
+en soulevant les panneaux par le haut. Pour entretenir l'humidité
+nécessaire à la Vigne, on donne des bassinages, qui doivent être
+plus ou moins fréquents, suivant la température et les progrès de la
+végétation. L'eau qu'on emploie pour ces arrosements doit être
+déposée sous la bâche quelque temps avant d'être employée, afin
+qu'elle soit, autant que possible, à la température de l'atmosphère
+dans laquelle on la répand.
+
+La Vigne étant ainsi traitée, on aura des Raisins mûrs au bout de
+quatre mois ou quatre mois et demi, à partir de l'époque où l'on
+aura commencé à chauffer.
+
+Pour utiliser la place qui reste au devant de la Vigne, on peut
+mettre quelques rangs des Fraisiers en pots, qui s'accommodent
+très-bien de la même température.
+
+ =Variétés.=--Madeleine noire, -- M. blanche, -- Chasselas de
+ Fontainebleau, -- Ch. de Bar-sur-Aube, -- Ch. gros coulard, --
+ Ch. musqué, -- Ch. rose, -- Muscat blanc, -- M. violet, -- M.
+ d'Alexandrie, -- Corinthe, -- Panse commune, -- Gromier du
+ Cantal, -- Frankental, -- Cornichon, -- Raisin cassis.
+
+
+
+
+CHAPITRE XIV
+
+Maladies des Arbres.
+
+
+Les maladies qui attaquent les arbres et les font périr sont dues à
+deux causes distinctes: les unes, telles que le chancre et la gomme,
+sont le résultat de causes internes, tandis que les autres sont
+produites par des causes extérieures, et surtout par la présence des
+plantes parasites comme les Lichens, les Mousses et les Champignons.
+
+Les premières, souvent mortelles, peuvent être guéries par
+l'amputation des parties maladives, si l'arbre n'en est attaqué que
+partiellement ou si les causes qui les ont produites sont passagères
+et n'ont pu détruire en lui tout germe de vie; mais quand il en est
+envahi tout entier et que sa végétation est modifiée au point que
+le dépérissement est journalier, l'arbre languit et meurt bientôt,
+sans que les secours du jardinier puissent le sauver.
+
+Il n'en est pas de même des maladies dues à l'établissement de
+végétaux parasites sur l'épiderme de l'arbre; des lotions avec de
+l'eau de chaux et un nettoyage attentif avec une brosse ou un
+émoussoir suffisent ordinairement pour détruire les Lichens et les
+Mousses, et rendre la santé à l'arbre qui en était chargé.
+
+Quant aux Champignons, il faut pour les détruire avoir recours à un
+moyen plus énergique, surtout pour celui de la Vigne nommé _Oïdium
+Tuckeri_; car l'eau de chaux a été reconnue insuffisante, et
+l'hydrosulfate de chaux[14], étendu dans la proportion de 1 litre
+pour 50 litres d'eau, est, jusqu'à présent du moins, le moyen le
+plus simple et le plus efficace que l'on ait encore trouvé.
+
+[Note 14: Pour faire de l'hydrosulfate de chaux, on prend 250
+grammes de soufre en poudre et environ un demi-litre de chaux
+fraîchement éteinte; on fait du tout une pâte à laquelle on ajoute 3
+litres d'eau.
+
+On place cette préparation sur le feu, dans une marmite de fonte ou
+de terre vernie; on la fait bouillir pendant dix minutes environ,
+après quoi on la met en bouteilles.]
+
+Plus anciennement connue, la fleur de soufre appliquée après un
+bassinage détruit également bien le Champignon de la Vigne; mais,
+que l'on emploie la fleur de soufre ou l'hydrosulfate de chaux,
+l'important pour réussir est d'opérer à temps, c'est-à-dire aussitôt
+que l'on aperçoit les premières traces blanches qui caractérisent la
+maladie, car elle se propage avec une grande rapidité.
+
+Si, malgré le soin apporté à l'opération, le Champignon n'était pas
+détruit par un premier traitement, il faudrait recommencer quelques
+jours après.
+
+La fleur de soufre et l'hydrosulfate de chaux peuvent être également
+employés avec succès pour détruire le _blanc_ ou _meunier_, qui fait
+tant de tort aux Pêchers.
+
+C'est à ces notions insuffisantes que se borne notre science, et les
+seuls moyens que nous ayons pour prévenir les maladies sont des
+soins attentifs, des abris dans les mauvais temps, et le choix d'une
+bonne exposition.
+
+Il est à regretter que cette partie importante de l'horticulture
+soit si négligée et que personne ne s'en occupe sérieusement.
+
+
+
+
+CHAPITRE XV
+
+Jardin d'agrément.
+
+
+Nous ne pouvons, pour cette partie, qui est soumise à des
+modifications dépendant de la situation et de la forme du terrain,
+ainsi que du goût du propriétaire, entrer dans les mêmes détails que
+pour le potager, qui admet des règles plus fixes.
+
+Quoique les murs soient pour tous les jardins le meilleur mode de
+clôture, ils ne sont pas indispensables pour un jardin d'agrément,
+qui peut être fermé par des haies vives.
+
+Bien que l'Épine blanche (Aubépine) soit considérée comme l'arbre
+qui convient le mieux pour établir une haie, on peut, selon la
+nature du terrain, employer les essences suivantes: Acacia blanc
+(Robinier), Arbre de Judée, Acer campestre et Tataricum, Buplevrum
+fruticosum, Charme, Cornus sanguinea, Clavalier (Xanthoxylum),
+Caragana arborea, Celtis (Micocoulier) occidentalis et australis;
+Cerisier, Cyprès, Épine-Vinette, Elæagnus angustifolia, Frêne
+commun, Gleditschia Sinensis et triacanthos; Houx, Hêtre, If, Lilas,
+Lycium Barbarum; Maclura aurantiaca, Mûrier blanc, Noisetier, Orme,
+Prunus spinosa (Prunellier), incana, Mahaleb (Sainte-Lucie) et
+insititia (Prunier sauvage); Poirier commun, Pommier, Rhamnus
+catharticus (Nerprun), Paliurus, hybridus, sempervirens et
+Alaternus (Alaterne); Sureau commun, Troëne commun, Thuya, Viburnum
+lantana (Viorne).
+
+Lorsqu'on établit une haie, il faut, pendant les premières années,
+la protéger au dehors par une haie morte ou un fossé assez large et
+assez profond pour la défendre contre la dent des bestiaux. Comme
+clôture, les haies sont d'un aspect moins désagréable que les murs,
+et elles permettent de profiter de chaque échappée de vue, avantage
+immense dans la composition d'un jardin d'agrément.
+
+L'étude de la position du terrain doit avoir pour but de ménager
+tout ce qui peut contribuer à rendre la perspective agréable, et de
+masquer les endroits que l'on voulait cacher.
+
+Rien de plus disgracieux dans un jardin d'agrément que la
+disproportion entre ses différentes parties; les allées, les
+pelouses, les massifs, les bassins, tout enfin doit être
+proportionné à l'étendue du terrain.
+
+Les arbres plantés dans les massifs ne doivent pas être disséminés
+au hasard, mais dans l'ordre de leur élévation; il faut les
+distancer assez pour que la végétation n'en soit pas gênée. On doit
+les grouper en harmonisant les feuillages et les fleurs de manière à
+produire sur la vue une impression agréable.
+
+Nous ne saurions trop recommander l'introduction dans les jardins
+d'agrément, au lieu d'arbres inutiles, des arbres fruitiers à haute
+tige, tels que Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, Pommiers, Poiriers,
+Amandiers, Coignassiers, etc., en les plaçant de préférence à la
+pointe des massifs, pour qu'ils ne soient pas étouffés par la
+végétation des arbres voisins et qu'ils jouissent les premiers de
+l'air et du soleil.
+
+Bien des personnes ont été arrêtées dans l'idée de plantation
+d'arbres fruitiers par la crainte de voir une partie de leur
+récolte dévorée par les oiseaux, et de n'avoir que des fruits de
+médiocre grosseur.
+
+Cette considération ne doit pas être un motif d'exclusion: car,
+quelque mince que soit le produit de chaque arbre à fruit, il ne
+sera pas, comme pour les arbres d'ornement, complétement stérile; de
+plus, les arbres fruitiers ne le cèdent pas aux arbres d'ornement,
+tant par la beauté de leur feuillage que par le coloris brillant et
+l'abondance de leurs fleurs, et ils ont, de plus que les autres, des
+fruits, qui flattent aussi agréablement la vue que la grappe du
+Sorbier, le fruit des Mespilus, de Sureaux, etc.
+
+Les arbres verts et tous les arbres à feuilles persistantes qui font
+jouir, au milieu de l'hiver, d'une verdure sévère peut-être, mais
+qui rappelle les beaux jours, doivent aussi trouver place dans un
+jardin d'agrément.
+
+Le Cèdre du Liban, le Mélèze, le Sapin épicéa, le Cyprès distique,
+les grands arbres de nos forêts, comme le Hêtre, le Bouleau, peuvent
+être plantés isolément et servir à rompre la monotonie des lignes
+droites.
+
+En établissant un jardin d'agrément, il faut que l'allée qui en fait
+le tour ne soit pas trop près de la clôture, afin de cacher autant
+que possible l'étendue de la propriété.
+
+Les allées principales doivent avoir plus de largeur que les autres,
+et l'on doit en les traçant éviter la régularité; des courbures plus
+ou moins longues, de sinuosités qui dissimulent le parcours sont
+indispensables pour ôter à un jardin de cette espèce la monotone
+symétrie de nos anciens jardins publics.
+
+On peut, suivant l'étendue du jardin, élever çà et là quelques
+constructions rustiques, ménager des salles de verdure où l'on
+arrive sans s'y attendre dans le cours de la promenade, et l'on ne
+doit pas négliger de placer des bancs de distance en distance, et
+surtout aux endroits où l'on a ménagé des échappées de vue.
+
+Quelle que soit l'étendue du terrain, il faut toujours une partie de
+gazon devant la maison.
+
+La pelouse devra avoir des contours gracieux et s'harmoniser avec
+les parties environnantes. On la creusera un peu au milieu, afin de
+produire un effet plus naturel, et l'on disposera sur les bords de
+petits massifs, placés de manière à concourir à l'effet général sans
+masquer la perspective.
+
+Pour établir une pelouse, on emploie le plus souvent en France du
+_Rye-grass anglais_, auquel on ajoute une petite quantité de Trèfle
+blanc de Hollande; mais en Angleterre on a depuis longtemps renoncé
+au _Rye-grass_ pour semer du _Lawn's grass_ (herbe à pelouse),
+mélange composé d'Agrostis traçante, de Crételle des prés, de Brome
+des prés, de Fétuque ovine, de Fétuque traçante, de Flouve odorante,
+de Paturin des prés, de _Rye-grass anglais_, de Mille-feuilles et de
+Trèfle blanc.
+
+Mélangées dans des proportions raisonnées, ces plantes produisent un
+aussi bel effet que le _Rye-grass_, et elles ont l'avantage de durer
+beaucoup plus longtemps. Bien que ces mélanges conviennent à tous
+les terrains à peu près, on doit dans les terres fraîches remplacer
+les Fétuques ovine et traçante par de la Fétuque des prés, qui
+s'élève un peu plus, il est vrai, mais qui convient plus
+particulièrement que les autres espèces aux terrains humides.
+
+Dans les terres sèches, on peut aussi, au lieu de _Rye-grass
+anglais_, semer du _Rye-grass d'Italie_, qui réussit dans les plus
+mauvaises conditions.
+
+Sous les grands arbres, on sème de préférence du Paturin des bois,
+seul ou avec un peu d'Agrostis traçante, de Fétuque ovine, de
+Fétuque hétérophylle et de Fétuque des prés, graminées qui viennent
+également bien a l'ombre.
+
+Dans les grands jardins, où les pelouses ont souvent beaucoup
+d'étendue, on peut, après avoir consulté la nature du terrain,
+remplacer le gazon par une véritable prairie naturelle dont le foin
+peut être donné aux bestiaux; mais il faut alors faire choix de
+plantes qui puissent convenir à la nature du sol auquel elles sont
+destinées.
+
+L'époque la plus favorable pour semer une pelouse est le mois de
+septembre dans les terrains légers, ou bien le mois de mars dans les
+terres fortes ou humides; mais quelle que soit l'époque, il faut,
+avant de semer, bien préparer le terrain, ce qui consiste à briser
+les mottes de terre et à extraire toutes les racines et les pierres;
+puis, suivant la nature du sol, on fera le labour plus ou moins
+profond.
+
+Si l'on détruit un vieux gazon pour en semer un autre, il faut le
+retourner à la bêche, de manière qu'il se trouve enterré à la
+profondeur de 0m,35 au moins; après le labour, il faut herser la
+terre à la fourche, puis enlever avec le râteau les pierres et les
+mottes qui se trouvent à sa superficie, afin que le sol soit
+parfaitement uni. Si la mauvaise qualité de la terre forçait
+d'ajouter des engrais, il ne faudrait les employer que bien
+consommés.
+
+Le semis ne devra être fait que par un beau temps, à cause des
+opérations qui doivent le suivre. On sème à la volée, et aussitôt
+après le semis on herse légèrement à la fourche; ensuite on passe le
+rouleau, ou, à défaut, on foule avec les pieds, si cependant
+l'étendue n'est pas trop considérable; puis on recouvre les graines
+d'une très-légère couche de terre ou de terreau très-fin.
+
+Pour conserver un gazon longtemps en bon état, il faut le couper
+souvent. On fera la première coupe au commencement de mai, et la
+dernière à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Il nous
+est impossible d'indiquer le nombre de celles qui devront être
+faites entre ces deux époques, car cela dépendra de l'état
+d'humidité dans lequel on les entretiendra. Pendant la sécheresse
+de l'été, les arrosements doivent être très-fréquents, et doivent se
+faire, le matin ou le soir, avec les arrosoirs à pomme.
+
+Il faut après chaque coupe donner un coup de râteau, afin d'enlever
+tout ce qui pourrait occasionner de la pourriture; puis après le
+nettoyage, on passera le rouleau. Chaque année, après la dernière
+coupe, il faut enlever la mousse avec le râteau, et étendre partout
+une légère couche de terreau.
+
+Comme, pour garnir de gazon les talus ou les bancs, le semis ne peut
+se faire qu'avec beaucoup de difficulté, il vaut mieux se servir de
+plaques de gazon levées dans les prairies ou sur le bord des
+chemins; on les ajuste les unes à côté des autres; on fixe avec de
+petites fiches de bois celles qui se trouvent dans une position
+verticale, après quoi on les appuie légèrement avec une petite
+batte. L'époque la plus favorable pour faire cette opération est
+ordinairement le mois de mars.
+
+Pour les pelouses de peu d'étendue on peut, au lieu de semer des
+graminées, planter des Rosiers à fleur remontante, dont on fixe les
+branches sur le sol après les avoir étendues dans tous les sens.
+Lorsque le terrain est complétement couvert, il est impossible de
+voir quelque chose de plus ravissant qu'une pelouse de Rosiers,
+surtout quand les couleurs ont été bien variées dans la plantation.
+
+Les arbustes qui fleurissent le plus longtemps possible doivent être
+massés sur les bords du gazon; et l'on y pourra jeter, comme au
+hasard, quelques beaux arbres verts, comme Cèdre du Liban, Cèdre
+Deodora, Abies Pinsapo, Cryptomeria Japonica, Pinus Sabiniana, Pinus
+Lambertiana, Taxodium sempervirens, etc.
+
+Un Saule pleureur, un Frêne pleureur, un Hêtre pourpre, un Negundo
+à feuilles panachées, etc., et, parmi les végétaux moins élevés, les
+Pivoines en arbre, les Gynerium argenteum, les Bambusa edulis et
+aurea, les Andropogon formosum, les Saccharum Maddeni, les Rheum,
+les Gunnera scabra, les Heracleum, les Caladium et les Wigandia,
+produisent également un bel effet sur les pelouses de gazon.
+
+L'usage, actuellement fort répandu, d'établir dans le jardin
+d'agrément des massifs d'une ou plusieurs espèces de plantes
+d'ornement est de très-bon goût, en ce qu'il permet d'apprécier
+complétement la valeur ornementale d'une foule de plantes qui
+produisent tout leur effet seulement lorsqu'elles se produisent par
+groupes.
+
+Les amateurs peu familiarisés avec les ressources que leur offre
+l'horticulture pour ce genre de décoration sont souvent embarrassés
+dans le choix des plantes de chaque saison dont on peut former des
+massifs. Voici, à cet égard, quelques indications qui pourront
+servir à les guider:
+
+
+_Première garniture._
+
+Crocus de Hollande, Jacinthes de Hollande, Tulipes à fleur simple,
+Tulipes à fleur double, Anémones à fleur simple, Auricules,
+Primevères des jardins, Hépatiques printanières, Pensées à grande
+fleur, Aubrietia deltoidea, Cynoglosse omphalode, Corbeille d'or,
+Thlaspi vivace, Ellébore rose de Noël, Héliotrope d'hiver,
+_Tussilago suaveolens_, Saxifrage de Sibérie, Doronicum Caucasicum,
+Silene pendula, Nemophila, Phlox verna, Giroflées jaunes de diverses
+nuances, Pieds-d'alouette, Tourette printanière, Myosotis alpestris,
+Coquelicots à fleur double, Lunaire annuelle, Dielytra spectabilis
+et Iris Germanica.
+
+Dans cette liste, on remarquera qu'il se trouve des plantes de
+hauteurs diverses, depuis les Crocus de Hollande, tout à fait nains,
+jusqu'aux Pieds-d'alouette et aux Coquelicots de moyenne grandeur;
+il y a donc de quoi former des massifs de toutes dimensions, selon
+l'étendue et la situation du jardin dont ils doivent faire partie.
+
+Pour ne citer qu'un seul exemple de ce que l'on peut faire avec ces
+plantes, nous dirons qu'un massif composé de Tourettes printanières,
+de Saxifrages de Sibérie et de Doroniques produit au printemps un
+charmant effet.
+
+
+_Deuxième garniture._
+
+N. 1. Ageratum du Mexique avec un double rang de Calcéolaires jaunes
+et de Verveines rouges.
+
+Ces trois plantes, disposées en cercles concentriques, bleu
+améthyste, jaune vif et rouge foncé, produisent un très-bel effet;
+les autres listes sont calculées dans le même but d'association de
+forme et de couleur qui s'accordent le mieux entre elles, et
+flattent le plus agréablement la vue.
+
+2. Calcéolaires jaunes avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs
+bleues.
+
+3. Capucines naines avec un rang de Verveines bleues.
+
+4. Chrysanthèmes à fleurs blanches avec un rang de Géranium rouges
+ou de Verveines rouges.
+
+5. Cuphea ignea avec un rang de Cerastium tomentosum.
+
+6. Fuschia avec un rang de Géranium à feuilles panachées ou de
+Verveines blanches.
+
+7. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et de
+Calcéolaires jaunes.
+
+8. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et d'Ageratum
+Mexicanum.
+
+9. Géranium rouge ou rose avec un rang de Verveines blanches.
+
+10. Géranium à feuilles panachées avec un rang de Verveines bleues
+ou de Verveines rouges.
+
+11. Lantana Camara avec un rang de Lantana delicatissima.
+
+12. Menthes à feuilles panachées avec un rang de Verveines rouges.
+
+13. Perilla Nankinensis avec un rang de Géranium à feuilles
+panachées ou de Verveines blanches.
+
+14. Pétunia roses avec un double rang de Chrysanthèmes à fleurs
+blanches et de Géranium rouge.
+
+15. Salvia fulgens avec un rang d'Ageratum Mexicanium.
+
+16. Souci de Trianon avec un double rang de Pétunia blanc et de
+Géranium rouge.
+
+17. Tagetes lucida ou Calcéolaires jaunes avec un double rang de
+Géranium rouges et de Nierembergia gracilis.
+
+18. Verveines rouges avec un double rang de Nierembergia gracilis et
+de Lobelia Erinus à fleurs bleues.
+
+19. Verveines blanches avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs
+bleues.
+
+20. Héliotrope du Pérou.
+
+21. Coleus Werschaffelti avec un rang de Cineraria maritima ou de
+Centaurea candidissima.
+
+22. Canna discolor.
+
+23. Caladium esculentum.
+
+24. Wigandia Caracasana.
+
+25. Dahlias variés.
+
+On peut également, dans les grands jardins, former des groupes de
+plantes annuelles que l'on sème immédiatement en place pour éviter
+les frais de culture.
+
+En remplaçant successivement les plantes qui font partie de la
+seconde garniture par des Chrysanthèmes de la Chine, on peut avoir,
+en adoptant l'assolement que nous proposons, des massifs garnis de
+fleurs pendant toute l'année.
+
+Comme les longues descriptions servent uniquement à grossir un
+ouvrage, nous avons cru devoir suivre dans notre livre un plan
+différent de celui qui est adopté dans les autres traités de
+culture: nous avons préféré grouper les végétaux d'après la place
+qu'ils doivent occuper dans un jardin, en indiquant brièvement, pour
+chacun d'eux, l'époque du semis, celle de la floraison, la couleur
+de la fleur et la hauteur de la plante. Cependant, nous avons
+consacré un article spécial aux plantes dont la culture demande des
+soins particuliers.
+
+
+SECTION I.--Arbustes pour bordures.
+
+BUIS À BORDURES.--Pour établir une bordure, on prend des touffes de
+_Buis_, que l'on divise en autant d'éclats qu'il est possible.
+
+On plante ces éclats, en automne ou au printemps, en ligne mince et
+régulière, en ayant soin de ne laisser sortir de terre que
+l'extrémité des branches.
+
+L'année suivante, en septembre ou en février, c'est-à-dire avant ou
+après la pousse, on taille le Buis en bordure, avec de grands
+ciseaux, opération qu'il faut faire chaque année; autrement, il
+prendrait un trop grand développement.
+
+
+LIERRE GRIMPANT.--Pour planter sous les grands arbres, où il est
+toujours si difficile d'avoir de la verdure, il n'est rien qui
+convienne mieux que le _Lierre grimpant_ ou l'une de ses variétés.
+
+Toutes peuvent être cultivées en bordures; mais la variété connue
+sous le nom de _Lierre d'Irlande_ convient mieux que les autres, en
+raison de la beauté de son feuillage. Pour établir une bordure, on
+plante, en automne ou au printemps, de jeunes Lierres élevés en
+pots, ou, à défaut, des marcottes enracinées, que l'on dispose de
+manière à garnir le terrain. Pour faciliter le développement des
+racines sur toute la longueur des branches, on les fixe sur le sol
+au moyen de petites fiches de bois semblables à celles que l'on
+emploie pour marcotter les Oeillets.
+
+Une fois la reprise assurée, tous les soins consistent à couper ou
+fixer au sol toutes les jeunes pousses, afin d'avoir toujours des
+bordures régulières.
+
+
+ROSIERS.--Les rosiers-pompons et les variétés connues sous le nom de
+Rosiers de miss Lawrence, à fleurs blanches, roses ou cramoisies,
+peuvent être cultivés en bordures. Véritables miniatures, ces
+derniers ne s'élèvent pas à plus de 0m,12 à 0m,15. Plus vigoureux,
+les Rosiers-pompons doivent être préférés; car ils résistent mieux
+aux inconvénients de toutes sortes que les plantes à bordures ont à
+supporter.
+
+
+2. _Plantes vivaces formant des touffes._
+
+ALYSSE CORBEILLE-D'OR, THLASPI jaune (_Alyssum saxatile_).--Fleurs
+jaunes, en avril et mai; multiplication d'éclats au printemps ou de
+graines semées aussitôt après la maturité.
+
+
+AUBRIÉTIE deltoïde (_Aubrietia deltoidea_), ALYSSE deltoïde
+(_Alyssum deltoideum_).--Au printemps et pendant l'été, fleurs
+nombreuses de couleur bleu-clair. Les _Aubriéties_ forment de larges
+touffes peu élevées, que l'on replante tous les deux ou trois ans.
+
+
+ASPÉRULE odorante (_Asperula odorata_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,30;
+fleurs blanches odorantes, en mai; multiplication par séparation.
+
+
+ASTER Reversii.--En septembre, en octobre, fleurs blanches carnées,
+extrêmement abondantes. On multiplie cette charmante petite plante
+par la séparation des touffes, comme tous les autres Asters.
+
+
+BERMUDIENNE à petites fleurs (_Sisyrinchium Bermudiana_).--Hauteur,
+0m,18 à 0m,20; fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication
+de graines ou par l'éclat des pieds.
+
+
+BRUNELLE à grandes fleurs (_Brunella grandiflora_).--Fleurs bleues,
+pourpres, roses ou blanches, en juillet; multiplication de graines,
+semées en mars ou d'éclats en automne.
+
+
+CAMPANULE gazonnante (_Campanula cespitosa_).--Tout l'été, fleurs
+bleues ou blanches, petites, mais nombreuses. Les _Campanula
+Carpathica_ et _Bocconi_ peuvent également être cultivées en
+bordures. Toutes se multiplient par la séparation des touffes.
+
+
+CÉRAISTE cotonneux, ARGENTINE (_Cerastium tomentosum_).--En mai et
+juin, fleurs blanches; multiplication de graines ou de traces.
+
+
+CYNOGLOSSE printanière (_Cynoglossum Omphalodes_). OMPHALODE
+printanière (_O. verna_).--Charmante petite plante que l'on peut
+placer à l'ombre. Fleurs bleues, en mars et avril. Multiplication de
+traces.
+
+
+DORONIC du Caucase (_Doronicum Caucasicum_).--Fleurs jaunes, de mars
+en mai; multiplication de rejetons, en automne.
+
+
+GENTIANE acaule (_Gentiana acaulis_).--Fleurs d'un très-beau bleu,
+en avril et mai; multiplication par l'éclat des pieds.
+
+
+GRAMINÉES.--Le _Rye-grass anglais_ est d'une des graminées les plus
+fréquemment employées pour semer en bordures. Cependant l'_Agrostis
+traçante_, la _Fétuque ovine_ et la _Fétuque glauque_ conviennent
+tout aussi bien pour cet usage que le _Rye-grass anglais_.
+
+
+HÉMÉROCALLE du Japon, H. à feuilles en coeur (_Hemerocallis
+Japonica_, _Funkia subcordata_).--En août, fleurs blanches,
+très-odorantes. Variétés à fleurs bleues. Multiplication par
+séparation.
+
+
+HÉPATIQUE printanière (_Anemone hepatica_).--De février en mars,
+fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles, selon la
+variété; multiplication d'éclats en automne.
+
+
+IRIS d'Allemagne (_Iris Germanica_).--Voir l'article relatif à la
+culture de cette plante.
+
+
+LIPPIA REPENS. Plante vivace propre à gazonner les terrains en
+pente. Elle est rustique et donne de juin en octobre de nombreuses
+fleurs de couleur lilas. Multiplication d'éclats en toute saison.
+
+
+LYCHNIDE laciniée (_Lychnis flos cuculi_).--De juin en septembre,
+fleurs rouges ou blanches, semblables à de petits Oeillets.
+
+Variétés à fleurs doubles. Multiplication par la séparation des
+touffes, en février.
+
+
+OEILLET Mignardise (_Dianthus moschatus_, _D. plumarius_).--Fleurs
+rouges, blanches ou roses, simples ou doubles, en mai et juin;
+multiplication en août par marcottes, sans incision.
+
+
+OPHIOPOGON du Japon, Herbe aux turquoises. Plante gazonnante, propre
+à faire des bordures dans les terrains secs. Multiplication d'éclats
+en automne ou au printemps.
+
+
+PAQUERETTE petite Marguerite (_Bellis perennis_).--Vivaces; fleurs
+doubles, blanches, roses, rouges ou panachées; replanter tous les
+ans après la floraison.
+
+
+PHLOX subulé (_Phlox subulata_).--Fleurs roses, marquées d'une
+étoile d'un pourpre violet, d'avril en mai; multiplication par la
+division des touffes.
+
+
+PHLOX à feuilles étroites (_P. setacea_).--Fleurs roses ou pourpres,
+tachées de rouge, en juin ou juillet.
+
+Variétés à fleurs blanches; même multiplication.
+
+
+PRIMEVÈRE auricule, OREILLE-D'OURS (_Primula auricula_).--Fleurit en
+avril et mai; variétés très-nombreuses obtenues par les semis, qui
+ont lieu en février et mars; il faut peu recouvrir les graines.
+
+
+PRIMEVÈRE des jardins (_P. veris_).--En mars; fleurs simples ou
+doubles de toutes nuances; multiplication d'éclats, en automne, ou
+de graines semées aussitôt après la maturité.
+
+
+PYRETHRUM INODORUM.--En juin et juillet, fleurs blanches doubles,
+d'un très-bel effet; multiplication de boutures ou d'éclats.
+
+
+SABLINE des montagnes (_Arenaria montana_).--Hauteur, 0m,20; en
+juin, fleurs blanches; multiplication de traces.
+
+
+SABLINE grandiflore (_A. grandiflora_).--Hauteur, 0m,05 ou 0m,06;
+fleurs blanches; même multiplication.
+
+
+SALVIA _tricolor_, charmante variété de la _Salvia officinalis_, à
+feuilles panachées de rouge et de jaune.
+
+On la multiplie de boutures, d'une reprise facile.
+
+
+SAXIFRAGE ombreuse (_Saxifraga umbrosa_).--Fleurs blanches, en avril
+et mai; on les multiplie toutes par séparation, en automne ou en
+février.
+
+
+SAXIFRAGE mousseuse, GAZON turc (_S. hypnoides_).--Fleurs blanches,
+en mai.
+
+
+SAXIFRAGE géranioïde (_geranioides_).--Fleurs blanches, en mai.
+
+
+SEDUM.--Tous les _Sedum_ peuvent être cultivés en bordures; ils sont
+rustiques et d'un bel effet, surtout le _Pulchellum_. Les _Sedum
+acre_ et _cruciatum_ conviennent également bien pour cet usage.
+
+
+STATICÉ gazon d'Olympe (_Statice Armeria_), ARMERIA commun (_Armeria
+vulgaris_).--En mai, juin et juillet, fleurs rouges, blanches ou
+lilas.
+
+En coupant les fleurs aussitôt qu'elles sont passées, on obtient une
+seconde floraison, souvent tout aussi abondante que la première.
+
+Le _Statice bellidifolia_ peut également être cultivé en bordures.
+On le multiplie, comme le _Statice Armeria_, d'éclats que l'on
+plante en automne ou au printemps.
+
+
+THLASPI vivace (_Iberis semperflorens_.) Fleurs blanches, en avril
+et mai; multiplication en été, par boutures ou marcottes.
+
+
+TOURRETTE printanière (_Turritis verna_,) ARABETTE printanière
+(_Arabis verna_).--Fleurs blanches, en mars et avril; multiplication
+de traces, en automne.
+
+
+VIOLETTE odorante (_Viola odorata_).--Fleurs bleu foncé, blanches ou
+roses, de février en avril; multiplication de graines ou mieux
+d'éclats de pieds, en automne.
+
+
+VITTADINIA _triloba_.--Tout l'été, fleurs simples, blanches, rosées,
+exactement semblables à de petites Marguerites; multiplication de
+boutures, faites en août et septembre, et hivernées sous châssis.
+
+
+3. _Plantes bulbeuses pour bordures._
+
+AIL doré (_Allium moly_).--Fleurs d'un beau jaune, en juin; variété
+à fleurs blanches; multiplication par caïeux.
+
+
+AMARYLLIS jaune (_Amaryllis lutea_).--Fleurs jaunes, en septembre.
+
+
+CROCUS, Safran printanier (_Crocus vernus_).--En février et mars,
+fleurs jaunes, bleues, blanches, ou blanches rayées de violet, selon
+les variétés, qui sont très-nombreuses; planter en automne, pour
+relever tous les trois ans.
+
+
+GLAÏEUL commun (_Gladiolus communis_).--Fleurs blanches ou rouges,
+de mai en juin; planter en automne.
+
+
+NARCISSE des poètes (_Narcissus poeticus_).--En mai, fleurs blanches
+à couronne pourpre; odeur suave; Variétés à fleurs doubles. Planter
+en octobre.
+
+
+NARCISSE des prés (_N. Pseudo-Narcissus_).--Fleurs jaunes, doubles,
+en avril; même multiplication.
+
+
+OXALIDE de Deppe (_Oxalis Deppei_).--Fleurs rouges, tout l'été;
+planter au printemps, pour les relever chaque année à l'automne.
+
+
+4. _Plantes annuelles que l'on multiplie de graines._
+
+CAMPANULE miroir-de-Vénus (_Campanula speculum_), SPÉCULAIRE
+miroir-de-Vénus (_Specularia speculum_).--En mai, juin et juillet,
+fleurs violettes ou blanches; semer en place, en septembre ou au
+printemps.
+
+
+COLLINSIE de deux couleurs (_Collinsia bicolor_).--Fleurs lilas ou
+blanches, tout l'été; semer en place, en septembre ou au printemps.
+
+ =Variétés.=--Grandiflora, -- Multicolor.
+
+
+COLLOMIE écarlate (_Collomia coccinea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs
+d'un rouge écarlate, tout l'été; semer en place, en septembre ou au
+printemps.
+
+
+CRÉPIS rose (_Creris rubra_) BARKHAUSIE rouge (_Barkhausia
+rubra_).--Hauteur, 0m,25. Tout l'été, fleurs roses ou blanches;
+semer en place ou en pépinière, pour repiquer en automne ou au
+printemps.
+
+
+CYNOGLOSSE à feuilles de lin (_Cynoglossum
+linifolium_).--Bisannuelle; hauteur, 0m,50; fleurs blanches, de juin
+en août; semer en place, en septembre ou au printemps.
+
+
+KAULFUSSIE amelloïde, CHARIEIS à feuilles variées (_Charieis
+heterophylla_).--Hauteur, 0m,20; fleurs bleues, tout l'été; semer en
+place, au printemps.
+
+
+JULIENNE de Mahon, GIROFLÉE de Mahon (_Cheirantus maritimus_,
+_Malcolmia maritima_).--Fleurs d'abord rouges, ensuite violettes, en
+juin et juillet; variété à fleurs blanches; semer en place, en
+automne ou au printemps.
+
+
+LEPTOSIPHON androsace (_Leptosiphon androsaceus_), GILIE androsace
+(_Gilia androsacea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs bleues ou blanches;
+tout l'été, semer en place, en septembre ou au printemps.
+
+
+LEPTOSIPHON à fleurs denses (_L. densiflorus_), GILIE à fleurs
+denses (_Gilia densiflora_).--Hauteur, 0m,30 à 0m,35; tout l'été,
+fleurs d'un rose clair passant au bleu clair; même multiplication.
+
+
+LEPTOSIPHON AUREUS.--Touffe arrondie, semblable à celle des _Statice
+armoria_. Tout l'été, fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet;
+multiplication de graines, que l'on sème en septembre en pots, que
+l'on hiverne sous châssis.
+
+
+LINAIRE à fleurs d'ORCHIS (_Linaria bipartita_).--Hauteur, 0m,45;
+fleurs d'un violet bleuâtre, en été; semer en septembre ou au
+printemps.
+
+
+LOBÉLIE Erine (_Lobelia Erinus_).--Charmante petite plante à fleurs
+bleues, blanches ou roses, formant de larges touffes couvertes de
+fleurs, qui se succêdent pendant tout l'été.
+
+On sème les _Lobelia_ en mars et avril, sur couche, ou mieux en
+septembre; puis on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous
+châssis.
+
+
+NÉMÉSIE à fleurs nombreuses (_Nemesia floribunda_).--Hauteur, 0m,40;
+tout l'été, fleurs lilas, jaunes et blanches; semer en place, en
+septembre ou au printemps.
+
+
+NÉMOPHILE remarquable (_Nemophila insignis_).--Hauteur, 0m,33; tout
+l'été, fleurs d'un beau bleu; semer en place, en septembre ou au
+printemps.
+
+
+NÉMOPHILE maculée (_N. maculata_).--Fleurs blanches, largement
+maculées de bleu; même culture.
+
+
+PIED-D'ALOUETTE nain (_Delphinium Ajacis_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40.
+En mai, juin et juillet, fleurs doubles, de couleurs très-variées;
+on doit toujours supprimer les pieds à fleurs simples; semer en
+place, en automne ou en février et mars.
+
+
+REINE-MARGUERITE hâtive (_Aster Sinensis_, _Callistephus
+hortensis_).--Hauteur, 0m,33; en fleur de juillet en septembre;
+semer depuis mars jusqu'en juin, en pépinière pour repiquer ensuite
+en place.
+
+
+SANVITALIA _rampante_ (_Sanvitalia procumbens_).--Semer sur couche
+en mars. Cette plante, une fois repiquée, s'étend naturellement sur
+le sol et donne en abondance de charmantes fleurs jaunes à disque
+brun simples ou doubles.
+
+
+SAPONAIRE de Calabre (_Saponaria Calabrica_).--Tout l'été, fleurs
+roses ou blanches, plus petites que celles des _Silènes_, avec
+lesquelles elles ont beaucoup de rapport. Multiplication de graines,
+semées en septembre, en pépinière, ou en mars et avril.
+
+
+SCHIZANTE étalé (_Shizanthus porrigens_).--Hauteur, 0m,30; fleurs
+lilas et jaunes, ponctuées de brun, tout l'été; semer au printemps,
+en place ou en pépinière, pour être ensuite repiqué.
+
+
+SILÈNE à fleurs roses (_Silene bipartita_).--Hauteur, 0m,22 à
+0m,28; fleurs roses, en juin et juillet; semer en septembre, en
+pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.
+
+
+Section II.--Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes.
+
+_Plantes annuelles et bisannuelles._
+
+ABRONIA UMBELLATA, belle plante à fleurs rose lilacé, ayant quelque
+rapport avec la valériane. Multiplication de graines, semées en
+mars, sur couche.
+
+
+ACROCLINIUM ROSEUM, nouvelle espèce d'immortelle, à fleurs d'un beau
+rose satiné, plus larges que celle du Rhodanthe Manglesii.
+Multiplication de graines, que l'on sème sur couche, en février et
+mars.
+
+
+ADONIDE d'été (_Adonis æstivalis_).--Tiges de 0m,30; fleurs rouge
+foncé, en juin et juillet; semer en place, en automne ou au
+printemps.
+
+_Ageratum Mexicanum._--Plante bisannuelle, à fleurs bleues, en
+corymbe terminal. Planté en mai, l'_Ageratum Mexicanum_ donne des
+fleurs pendant une bonne partie de l'année; on le multiplie de
+graines ou de boutures, en août et septembre, et l'on hiverne sous
+châssis.
+
+Cette charmante plante convient particulièrement pour garnir les
+massifs ou faire de larges bordures autour des Canna.
+
+
+AGERATUM CÆRULEUM.--Plante annuelle également à fleurs bleues; on la
+sème sur couche en mars, ou en pleine terre en avril; elle sert aux
+mêmes usages que l'_Ageratum Mexicanum_.
+
+
+ALYSSUM MARITIMUM (_Koniga maritima_).--Touffe de 0m,20 à 0m,30, se
+couvrant de petites fleurs blanches, odorantes, en ombelle, depuis
+le mois de mai jusqu'en novembre. Semer en mars et avril,
+immédiatement en place; propre à former des massifs.
+
+
+AMARANTE queue-de-renard (_Amarantus caudatus_).--Tiges de 0m,65 à 1
+mètre. Tout l'été, fleurs en longues grappes, de couleur rouge et
+jaune. Semer en mars, sur couche, ou en place, en avril.
+
+
+AMARANTE mélancolique (_A. melancholicus_).--Tige anguleuse de 0m,75
+à 1 mètre, feuilles glabres d'un rouge sanguin, fleurs d'un vert
+clair assez insignifiantes; même culture. La variété cultivée sous
+le nom d'_Amarantus melancholicus ruber_ est colorée d'une teinte
+plus vive, elle est moins élevée que la précédente.
+
+
+L'AMARANTUS BICOLOR et l'AMARANTUS TRICOLOR sont deux plantes
+remarquables par la riche coloration de leurs feuilles; elles sont
+considérées comme des variétés de l'_Amarantus melancholicus_; on la
+cultive de la même manière.
+
+
+AMARANTE à feuilles rouges (_A. sanguineus_).--Tige de 0m,90, lavée
+ou striée de pourpre, feuilles d'un rouge sanguin, fleurs purpurines
+en épis allongés; même culture que les variétés précédentes.
+
+
+ANAGALLIS à grandes fleurs (_Anagallis grandiflora_).--Tout l'été et
+l'automne, fleurs bleues, roses ou rouges. On sème les _Anagallis_
+au printemps, sur couche, ou en septembre; puis on repique le plant
+en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+Cultivées comme plante de serre, les _Anagallis_ peuvent être
+conservées pendant plusieurs années.
+
+
+ARGÉMONE à grandes fleurs (_Argemone grandiflora_).--Hauteur, 0m,60
+à 1 mètre; fleurs blanches, tout l'été; semer en place, au
+printemps.
+
+
+BALSAMINE des jardins (_Balsamina hortensis_), IMPATIENTE BALSAMINE
+(_Impatiens Balsamina_).--Tiges succulentes, d'environ 0m,50; de
+juillet en octobre, fleurs blanches, jaunâtres, rouges, roses,
+violettes, gris de lin, unicolores ou ponctuées. On en cultive une
+race à fleurs larges et très-doubles, que l'on nomme _Camellia_, et
+une autre race naine, à fleurs également doubles et variées: celles
+qu'on nomme Balsamine à _rameaux_ sont beaucoup plus élevées que les
+autres. On les sème toutes sur couche, en mars, ou en pleine terre,
+en avril.
+
+Les Balsamines n'exigent pas des soins particuliers; seulement,
+comme elles végètent avec une grande vigueur dans les bons terrains,
+il faut, pour avoir de belles fleurs, pincer l'extrémité des tiges
+quand on voit qu'elles dépassent les proportions ordinaires.
+
+
+BALSAMINE glanduleuse (_I. glanduligera_).--Tige de 1 à 2 mètres;
+fleurs bleu violacé, en juillet; semer sur couche, au printemps, ou
+mieux, en pleine terre, aussitôt après la maturité des graines.
+
+
+BARTONIE dorée (_Bartonia aurea_).--Tiges rameuses d'environ 0m,60;
+fleurs d'un beau jaune, tout l'été; semer en place, au printemps.
+
+
+BELLE-DE-JOUR, LISERON tricolore (_Convolvulus tricolor_).--Hauteur,
+0m,33; fleurs bleues, blanches ou panachées, de juin en septembre;
+semer en place, en avril.
+
+
+BELLE-DE-NUIT FAUX JALAP (_Mirabilis Jalappa_, _Nyctago
+hortensis_).--Tiges rameuses de 0m,50; fleurs rouges, blanches,
+jaunes ou panachées, de juillet en septembre. Multiplication de
+graines, semées en avril, ou de racines, que l'on conserve comme
+celle des Dahlias.
+
+
+BRACHYCOME à feuille d'ibéris (_Brachycome iberidifolia_).--Hauteur,
+0m,25; tout l'été, fleurs bleues ou blanches; semer en mars et
+avril, ou mieux en septembre, en pots, que l'on hiverne sous
+châssis.
+
+
+BROUAILLE élevée (_Browallia elata_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+bleues, de juillet en septembre; semer au printemps.
+
+
+BROUAILLE à tige tombante (_B. demissa_).--Tiges rameuses de 0m,33;
+fleurs d'un violet bleuâtre, de juillet en septembre; même culture.
+
+
+CACALIE à feuilles hastées (_Cacalia sagittata_), ÉMILIE à feuilles
+hastées (_Emilia sagittata_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un rouge
+orangé, de juillet en septembre; semer en mars, sur couche, ou en
+place en avril.
+
+
+CARDE poirée du Chili (_Beta cycla_, _Var. chiliensis_).--Considérée
+à juste titre comme une excellente plante potagère, la poirée à
+carde du Chili n'en constitue pas moins une belle plante
+ornementale, que l'on peut admettre dans le jardin d'agrément au
+même titre que les choux frisés et panachés; on la multiplie de
+graines semées en avril et mai, en place ou en pépinière. Seulement
+il faut, dans un cas comme dans l'autre, faire en sorte que chaque
+plante soit espacée de 1 mètre en tous sens.
+
+
+CALANDRINE en ombelle (_Calandrinia umbellata_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; fleurs d'un beau rose-violet, tout l'été; semer au
+printemps.--Les _Calandrinia Lindleyana_ et _speciosa_ se cultivent
+de la même manière.
+
+
+CAMPANULE à grosses fleurs, VIOLETTE marine (_Campanula
+medium_).--Bisannuelle; tige de 0m,65; de juin en août, fleurs
+bleues, blanches, roses, simples ou doubles; semer en juin.
+
+
+CAMPANULE pyramidale (_C. pyramidalis_).--Bisannuelle; hauteur,
+1m,30 à 1m,60; fleurs bleues ou blanches, de juillet en septembre;
+semer aussitôt à la maturité.
+
+
+CAPUCINE grande (_Tropæolum majus_).--Cultivée jusqu'à présent
+comme plante grimpante, la Capucine grande à fleurs jaunes et à
+fleurs brunes convient parfaitement pour garnir les massifs dans les
+grands jardins. Dans ce but, on sème les Capucines au printemps, par
+touffes; puis on laisse ramper les tiges sur le sol.
+
+
+CAPUCINE naine (_T. minus_).--Les variétés de cette plante connues
+sous le nom de Capucines Tom-Pouce conviennent beaucoup mieux que la
+Capucine grande pour composer des massifs.
+
+On les cultive exactement de même.
+
+
+CENTRANTHUS MACROSIPHON.--Valériane annuelle, à fleurs d'un beau
+rouge, que l'on sème en septembre, en place ou en pépinière. On peut
+aussi la semer au printemps. Elle fleurit en mai, et successivement
+jusqu'en juillet.
+
+
+CÉLOSIE à crête, ou AMARANTE à crête de coq (_Celosia
+cristata_).--De juin en septembre, fleurs rouges, violettes ou
+jaunes, suivant la variété; semer sur couche, au printemps; repiquer
+en pépinière sur couche, pour ne remettre en pleine terre qu'en juin
+et juillet.
+
+
+CÉLOSIE à épi (_Celosia species_).--Haute de 0m,40 à 0m,50, de
+juillet en octobre; fleurs roses, rouges ou jaunes en longs épis.
+Multiplication de graines, semées sur couche en février et mars.
+
+La _Célosie à épi_ est une plante véritablement remarquable par
+l'abondance et la fraîcheur de ses fleurs.
+
+
+CENTAURÉE odorante, BARBEAU jaune (_Centaurea Amberboi_).--Tiges de
+0m,40 à 0m,50; fleurs grosses, d'un beau jaune, de juillet en
+octobre; semer au printemps.
+
+
+CENTAURÉE d'Amérique (_C. Americana_).--Tiges rameuses, de 1 mètre;
+fleurs bleu lilacé, en août et septembre; même culture que la
+précédente.
+
+
+CENTAURÉE musquée, BARBEAU musqué (_C. moschata_).--Tiges de 0m,40;
+fleurs blanches purpurines, en août et septembre; même culture.
+
+
+CENTAURÉE bluet, BARBEAU (_C. cyanus_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+variété de toutes couleurs, excepté le jaune; fleurit en juin et
+août; semer en place, en automne ou au printemps.
+
+La _Centaurea depressa_ est une espèce plus belle, que l'on cultive
+de la même manière.
+
+
+CHÉNOSTOME à fleurs nombreuses (_Chenostoma polyanthum_).--Tout
+l'été, fleurs roses, peu apparentes.
+
+On sème les _Chénostomes_ sur couche, en mars et avril, et on
+repique le plant en ligne, sur le bord des massifs.
+
+
+CHOUX à feuilles ornementales (_Brassica oleracea var._).--Le Chou
+frisé vert, le frisé rouge, le panaché de rouge, le panaché de
+lilas, le lacinié et le palmier peuvent être considérés comme de
+véritables plantes d'ornement, par la beauté de leurs feuilles.
+
+On les sème au printemps, comme tous les autres Choux; et, comme ils
+sont bisannuels, on peut n'en semer que tous les deux ans.
+
+
+CHRYSANTHÈME des jardins (_Chrysanthemum coronarium_).--Tiges de
+0m,65; fleurs blanches ou jaunes, de juillet en septembre; semer au
+printemps.
+
+
+CHRYSANTHÈME à carène (_C. carinatum_).--Tiges d'environ 0m,40;
+fleurs jaunes, à disque brun; semer au printemps.
+
+Les _Chrysanthemum Burridgeanum_ et _Dunnetti_ sont deux belles
+variétés du _Chrysanthemum carinatum_, que l'on cultive exactement
+de la même manière.
+
+
+CLARKIA a pétales découpés (_Clarkia pulchella_).--Hauteur, 0m,40.
+Tout l'été, fleurs rose rouge ou blanches; semer en place, en
+septembre ou au printemps.
+
+ =Variétés.=--Marginata, -- Pulcherrima, -- Elegans.
+
+
+CLÉOME piquante (_Cleome pungens_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+violacées; semer sur couche, au printemps, et repiquer le plant en
+pleine terre.
+
+
+COQUELICOT (_Papaver rhoeas_).--Moins élevé que le pavot, le
+Coquelicot donne, en juin et en juillet, des fleurs très-doubles, de
+couleur ponceau, unicolores ou bordées de rouge, de blanc ou de
+rose. On le sème en place, en automne ou au printemps.
+
+
+COQUELOURDE rose du ciel (_Lychnis coeli rosa_, _Viscaria coeli
+rosa_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un beau rose, en juillet; semer en
+place, au printemps.
+
+
+COQUELOURDE des jardins, LYCHNIS des jardins (_L.
+coronaria_).--Bisannuelle; tige de 0m,50; fleurs rouges, pourpres ou
+blanches, de juin en septembre; semer en juin.
+
+
+CORÉOPSIS élégant, C. des teinturiers (_Coreopsis tinctoria_);
+Calliopside des teinturiers (_Calliopsis tinctoria_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs jaunes, à disque brun, de juin en octobre; semer en
+automne ou au printemps, sans presque couvrir les graines; produit
+souvent des variétés.
+
+
+CORÉOPSIS de Drummond, CALLIOPSIS de Drummond (_C.
+Drummondi_).--Moins élevé; fleurs plus grandes; semer au printemps.
+
+
+COSMOS bipinné (_Cosmos bipinnatus_).--Tige de 0m,50 à 1 mètre;
+fleurs rouge violacé, en automne; semer sur couche, au printemps.
+
+Le _Cosmos atrosanguineus_, récemment introduit sous le nom de
+_Bidens atrosanguinea_, se cultive de même.
+
+
+CUPHÉA silénoïde (_Cuphea silenoïdes_).--Tout l'été et l'automne,
+fleurs tubuleuses, pourpres, nuancées de brun.
+
+
+CYNOGLOSSE argentée (_Cynoglossum cheirifolium_).--Bisannuelle; tige
+de 0m,50; fleurs rouges, en juin et juillet; semer en place, à
+l'automne.
+
+
+DATURA FASTUOSA (_Stramonium fastuosum_).--Tige de 1m,30; tout l'été
+et l'automne, fleurs blanches ou violettes; semer sur couche en
+avril.
+
+
+DATURA TUBERIANA.--Variété du précédent, remarquable par les
+proportions largement développées de ses fleurs blanches lilacées
+semi-doubles. Même culture.
+
+
+DIGITALE pourprée (_Digitalis purpurea_).--Bisannuelle; tige de 1
+mètre; fleurs pourpres ou blanches, en juillet et en août; semer en
+juin.
+
+
+DRACOCÉPHALE de Moldavie (_Dracocephalum Moldavicum_).--Tige de
+0m,65; fleurs purpurines ou blanches, en juillet; semer en place, au
+printemps.
+
+
+ÉNOTHÈRE odorante (_Oenothera suaveolens_).--Tige de 1 mètre; fleurs
+d'un beau jaune, à tube très-long, en juillet et août.
+
+
+ÉNOTHÈRE à longues fleurs (_Oe. longiflora_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs jaunes, à tube très-long, en juillet et août.
+
+
+ÉNOTHÈRE à feuilles de Pissenlit (_Oe. taraxacifolia_).--Hauteur,
+0m,40; fleurs d'un blanc carné, tout l'été.
+
+
+ÉNOTHÈRE de Lindley (_Oe. Lindleyana_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50;
+fleurs d'un rose tendre, avec une large tache pourpre sur chaque
+pétale, de juillet en octobre.
+
+
+ÉNOTHÈRE agréable (_Oe. amoena_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs
+d'un beau rose, en juillet et août.
+
+
+ÉNOTHÈRE pourpre (_Oe. purpurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs pourpres,
+en juillet.--Toutes les Énothères se multiplient de graines semées
+en place, au printemps.
+
+
+ÉRYSIMUM de Pétrowski (_Erysimum Petrowskianum_).--Hauteur, 0m,40 à
+0m,50. Tout l'été, fleur jaune safrané, légèrement odorantes; semer
+en automne ou au printemps.
+
+
+EUCHARIDIUM élégant (_Eucharidium elegans_).--Tout l'été, fleurs
+rouge foncé, découpées comme celles des _Clarkia_; semer au
+printemps ou en septembre; puis on repique le plant en pots, que
+l'on hiverne sous châssis.
+
+
+ESCHOLTZIE de Californie (_Escholtzia Californica_).--Bisannuelle;
+hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs jaune safrané ou blanches, tout
+l'été; semer au printemps.
+
+
+EUTOCA visqueux (_Eutoca viscida_).--Tige rameuse de 0m,80; fleurs
+bleues, tout l'été; semer au printemps.
+
+
+FICOÏDE glaciale (_Mesembryanthemum cristallinum_).--Cette plante
+est chargée d'une si grande quantité de petites vésicules
+transparentes et pleines d'eau, qu'elle semble, au soleil surtout,
+comme couverte de givre. On sème sur couche, en avril, et on repique
+le plant également sur couche avant de le mettre en pleine terre.
+
+La Ficoïde tricolore (_M. tricolor_) et la Ficoïde à fleurs jaunes
+(_M. pomeridianum_) sont deux charmantes plantes qu'on cultive de la
+même manière.
+
+
+GAURA bisannuel (_Gaura biennis_).--Bisannuel; tige de 1m,60; en
+juillet, et successivement jusqu'en novembre, fleurs roses passant
+au blanc; multiplication par boutures ou mieux de graines, que l'on
+sème en juin ou en mars, sur couche.
+
+Le _Gaura_ de _Lindheimer_ est une espèce nouvelle, que l'on cultive
+de la même manière.
+
+
+GILIE à fleurs en tête (_Gilia capitata_).--Hauteur, 0m,65; tout
+l'été, fleurs bleues ou blanches. Semer en place, au printemps.
+
+Le _Gilia tricolor_ et ses variétés à fleurs blanches et roses se
+cultivent de la même manière.
+
+
+GIROFLÉE jaune (_Cheiranthus Cheiri_).--Bisannuelle; fleurs jaunes,
+odorantes, au printemps; semer de mars en juin; variétés à fleurs
+doubles, qu'on multiplie de boutures aussitôt après que les fleurs
+sont passées.
+
+
+GIROFLÉE des jardins ou GROSSE ESPÈCE (_C. incanus_).--Bisannuelle;
+fleurs rouges blanches, roses ou violettes, de mai en octobre; semer
+en mai et juin; repiquer en pépinière, et en septembre les relever
+pour les mettre en pots, que l'on rentre dans la serre pendant les
+gelées.
+
+
+GIROFLÉE grecque, KIRIS (_C. græcus_).--La giroflée grecque et ses
+variétés se cultivent comme la _Giroflée quarantaine_.
+
+
+GIROFLÉE quarantaine (_C. annuus_).--Les principales variétés sont:
+la rouge, la blanche, la rose et la violette. Semer sur couche en
+février et mars, en pleine terre en mai et juin et en août pour
+mettre en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+
+GOMPHRÈNE AMARANTOÏDE (_Gomphrena globosa_).--Tige de 0m,35; fleurs
+rouges ou blanches, tout l'été. Semer sur couche, au printemps;
+culture des Amarantes à crête.
+
+
+GYPSOPHILE élégante (_Gypsophila elegans_).--Hauteur, 0m,40; fleurs
+blanches, tout l'été; semer au printemps.
+
+
+HIBISCUS TRIONUM (_Ketmie vésiculeuse_).--Hauteur, 0m,50, de juin
+en septembre; fleurs nombreuses, d'un jaune sulfureux, à onglet
+brun. Semer en placé, au printemps.
+
+
+HIBISCUS AFRICANUS (_Ketmie d'Afrique_).--Fleurs de même couleur,
+mais beaucoup plus grandes. Même culture.
+
+
+HELIANTHUS ARGOPHYLLUS.--Variété du soleil annuel couverte d'une
+laine épaisse qui lui donne un bel aspect argenté; en juillet et
+août, fleurs jaunes à disque brun. Multiplication de graines, que
+l'on sème en place, en avril.
+
+
+HUMEA élégant (_Humea elegans_, _Calomeria
+amarantoïdes_).--Bisannuel; hauteur, 1 mètre; de juin en septembre,
+fleurs d'un rouge-cuivre, en panicules, d'un très-bel effet. Semer
+en juin et juillet, en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+
+HUGÉLIE bleue (_Hugelia coerulea_, _Didiscus coeruleus_, _Trachymene
+coerulea_).--Hauteur, 0m,65; fleurs bleues, en août et septembre.
+
+Semer sur couche au printemps, ou en pleine terre en septembre; puis
+on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+
+IMMORTELLE annuelle (_Xeranthemum annum_).--Tiges de 0m,65; de
+juillet en octobre, fleurs violettes, blanches ou pourpres,
+semblables à de petites _Marguerites_ simples.
+
+Semer en place, en automne ou au printemps.
+
+
+IMMORTELLE à bractées (_Helichrysum bracteatum_).--Hauteur, 1 mètre;
+tout l'été et une partie de l'automne, fleurs jaunes ou blanches;
+semer sur couche, au printemps ou en septembre; puis on repique le
+plant sous châssis pour passer l'hiver.
+
+
+IMMORTELLE à grandes fleurs (_Helichrysum macranthum_).--Fleurs
+rouges écarlates ou roses. Même culture.
+
+
+IPOMOPSIS élégant, Gilie ponctuée (_Ipomopsis elegans_, _Cantua
+coronopifolia_, _Gilia coronopifolia_).--Hauteur, 1 mètre à 1 mètre
+30; tout l'été, fleurs rouges écarlates ou jaunes.
+
+On sème les _Ipomopsis_ en juin et en automne; on repique le plant
+en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+
+LAVATÈRE à grandes fleurs (_Lavatera trimestris_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs roses ou blanches, de juillet en septembre; semer en place,
+au printemps.
+
+
+LIN à grandes fleurs (_Linum grandiflorum_).--Tout l'été, fleurs
+rouge-amarante de la plus grande beauté.
+
+On sème le _Linum grandiflorum_ immédiatement en place, en avril et
+mai.
+
+Cultivé dans une bonne terre de potager, le _Linum grandiflorum_
+végète beaucoup plus vigoureusement que dans la terre de bruyère,
+qu'on croyait devoir lui convenir plus particulièrement.
+
+
+LOTIER rouge (_Tetragonolobus purpureus_).--Tige de 0m,33; fleurs
+rouge foncé, en juin ou juillet; semer sur couche, en février et
+mars, ou en pleine terre, en avril.
+
+
+LUNAIRE annuelle (_Lunaria annua_).--Tige de 1 mètre; fleurs en
+grappes rouges, purpurines, blanches ou panachées, en avril et mai;
+semer en juin et juillet.
+
+
+LUPIN annuel (_Lupinus annuus_).--Fleurs bleues, blanches, roses ou
+jaunes, suivant la variété; semer en place, en avril.
+
+
+MADIA élégant (_Madia elegans_), MADAIRE élégante (_Madaria
+elegans_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs jaunes, tout l'été; semer au
+printemps.
+
+
+MAÏS rubané du Japon (_Zea Japonica variegata_), belle graminée à
+feuilles rubanées de vert et de blanc rosé que l'on multiplie de
+graines, comme tous les autres maïs. Depuis son introduction, cette
+belle plante a fourni plusieurs générations qui toutes ont conservé
+les caractères du type primitif.
+
+
+MALOPE à grandes fleurs (_Malope grandiflora_).--Hauteur, 0m,50 à
+0m,60; tout l'été, fleurs rouges ou blanches.
+
+On sème les _Malopes_ en septembre, en pots, que l'on hiverne sous
+châssis; ou en place, en mars et avril.
+
+
+MAUVE de Crée (_Malva Creena_, _Sphæralcea Creeana_).--Bisannuelle;
+hauteur; 0m,40 à 0m,50; fleurs roses ou rouge-cinabre; semer en
+automne ou au printemps.
+
+
+MAUVE campanulée (_Malva campanulata_).--Tout l'été, fleurs lilas
+tendre, à odeur de vanille. On la sème à la fin d'août, en pleine
+terre, ou au printemps, sur couche.
+
+
+MARTYNIA FRAGRANS (_Craniolaria fragrans_).--Tout l'automne, fleurs
+pourpre-violacé, à odeur de vanille.
+
+On sème le _Martynia fragrans_ en avril, sur couche; puis on repique
+le plant, également sur couche, avant de le mettre en pleine terre.
+
+Le _Martynia lutea_ est une espèce à fleurs jaunes, que l'on cultive
+de la même manière.
+
+
+MÉLILOT bleu (_Melilotus coerulea_).--Tige de 0m,65; fleurs bleues
+et odorantes, en août; semer en place, en avril.
+
+
+MUFLIER des jardins (_Antirrhinum majus_).--Bisannuel; hauteur;
+0m,65; fleurs rouges ou blanches, de mai en août; multiplication de
+graines, semées en automne ou au printemps; on en obtient souvent de
+charmantes variétés.
+
+
+NIGELLE de Damas (_Nigella Damascena_).--Tige de 0m,50; fleurs
+bleues ou blanches, de juin en septembre; semer en place en avril.
+
+
+NIGELLE d'Espagne (_N. Hispanica_).--Fleurs plus grandes; même
+culture.
+
+
+NÉMÉSIE à fleurs nombreuses (_Nemesia floribunda_).--En juin et
+juillet, fleurs blanches, semblables à celle des _Linaires_. Semer
+en place, en avril et mai.
+
+
+NYCTERINIA SELAGINOÏDES.--Touffe basse, couverte tout l'été de
+petites fleurs roses, odorantes.
+
+Cette charmante petite plante convient également pour former des
+massifs.
+
+On la multiplie de graines semées sur couche, en mars et avril.
+
+
+OEILLET de la Chine (_Dianthus Sinensis_).--Bisannuel; hauteur,
+0m,33; fleurs violettes, rouges ou pourpres, panachées ou ponctuées
+de blanc, de juillet en septembre; semer en septembre ou au
+printemps.
+
+ =Variétés.=--Heddewigii, -- Laciniatus.
+
+
+OXALIS à fleurs roses (_Oxalis rosea_).--On sème l'_Oxalis rosea_ en
+avril sur couche, ou en mai et juin, immédiatement en place, en
+ligne, ou par petites touffes, sur le bord des massifs.--Au moyen
+des semis indiqués ci-dessus, on peut avoir des _Oxalis_ en fleur
+pendant tout l'été et l'automne.
+
+
+PAVOT (_Papaver somniferum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; variétés
+très-nombreuses; fleurs tout l'été; semer en place, en automne ou au
+printemps.
+
+
+PENTAPÉTÈS pourpre (_Pentapetes phoenicea_).--Tige de 0m,65 à 1
+mètre; fleurs écarlates, en août; semer sur couche, au printemps.
+
+
+PERSICAIRE Indigotier (_Polygonum tinctorium_).--Hauteur, 1m,30;
+fleurs rouges tout l'automne; semer au printemps.
+
+
+POURPIER à grandes fleurs (_Portulaca grandiflora_).--Tout l'été et
+l'automne, fleurs pourpre-violacé, rouge-écarlate, blanches rayées
+de carmin ou jaunes tachées de rouge. Semer sur couche, en mars et
+avril, pour mettre ensuite en pleine terre.
+
+Cultivé en mélange et par groupes, le _Pourpier à grandes fleurs_
+forme un véritable gazon émaillé des couleurs les plus vives au
+moment du soleil.
+
+
+PHACÉLIE bipennée (_Phacelia congesta_).--Hauteur, 0m,30 à 0m,33;
+tout l'été, fleurs bleues, petites, disposées comme celles de
+l'Héliotrope; semer en place, à l'automne ou au printemps.
+
+
+PHACÉLIE à feuilles de Tanaisie (_P. tanacetifolia_).--Hauteur,
+0m,30 à 0m,40; en mai, fleurs unilatérales, bleu clair, en épis
+terminaux. Même culture.
+
+
+PHLOX de Drummond (_Phlox Drummondi_).--Tout l'été et l'automne,
+fleurs blanches, roses ou pourpres, de nuances extrêmement variées.
+
+On sème le _Phlox de Drummond_ au printemps, sur couche, ou mieux en
+automne, aussitôt après la maturité des graines; lorsque le plant
+est assez fort, on le repique dans de petits pots, qu'on hiverne
+sous châssis.
+
+En mai, quand on n'a plus de gelées à craindre, on procède à la
+plantation. Cultivé en lignes ou par groupes, il n'est véritablement
+pas de plantes plus gracieuses que ces charmants petits Phlox.
+
+
+PIED-D'ALOUETTE grand (_Delphinium Ajacis_).--Hauteur, 0m,70. En
+mai, juin et juillet, fleurs de couleurs variées, comme celle de la
+race naine; semer en place, en automne, ou en février et mars.
+
+
+PIED-D'ALOUETTE des blés (_Delphinium consolida_).--Hauteur, 1 mètre
+à 1m,30. Tout l'été, fleurs également très-variées, simples ou
+doubles, selon les variétés; semer en septembre, en place ou en
+pépinière, ou en février et mars, immédiatement en place.
+
+
+PODOLEPIS à fleurs carnées (_Podolepis gracilis_).--Hauteur, 0m,50 à
+0m,60; fleurs de différentes nuances, du rose au blanc pur, tout
+l'été; semer au printemps.
+
+
+REINE-MARGUERITE (_Aster Sinensis Callistephus hortensis_).--On
+possède un nombre considérable de variétés de toutes nuances, dont
+les plus remarquables se rapportent toutes à la race pyramidale
+connue sous le nom de Reine-Marguerite TRUFFAUT, véritable
+perfection par la forme, la grosseur de la fleur et la bonne tenue
+des plantes.
+
+Les unes ont les fleurs _planes_, comme la race ancienne, mais plus
+grandes et très-doubles; les autres ont les pétales légèrement
+recourbés vers le centre, ce qui donne aux fleurs une forme
+globuleuse, et leur a valu le nom de Reines-Marguerites _pivoines_.
+
+On sème les Reines-Marguerites du 15 mars au 20 avril, sur couche ou
+en pleine terre, puis on repique chaque plant séparément. Bien
+qu'elles viennent à peu près dans tous les terrains, il faut, pour
+avoir de belles Reines-Marguerites, les cultiver dans une terre
+largement pourvue d'engrais consommé.
+
+Pendant les premiers mois de leur végétation, les Reines-Marguerites
+n'ont pas besoin d'une grande quantité d'eau; mais une quinzaine de
+jours avant la floraison, il faut les arroser plus fréquemment et
+plus abondamment.
+
+
+RÉSÉDA odorant (_Reseda odorata_).--Semer en place, au printemps et
+tout l'été.
+
+
+RHODANTHE de Mangles (_Rhodanthe Manglesii_).--Hauteur, 0m,35;
+fleurs roses, tout l'été; semer sur couche, en février et mars;
+planter à une exposition ombragée.
+
+
+RICIN sanguin (_Ricinus sanguineus_).--Hauteur, 1m,30; en juillet et
+août, fleurs en grappes, d'un rouge-pourpre. Multiplication de
+graines, que l'on sème en avril, sur couche, ou en mai,
+immédiatement en place.
+
+Cette belle plante produit beaucoup d'effet, surtout cultivée
+isolément.
+
+
+ROSE TRÉMIÈRE de la Chine (_Alcæa rosea Sinensis_).--Bisannuelle;
+tige de 1 mètre à 1m,30; de juillet en octobre, fleurs pourpres,
+panachées de blanc; variété à fleurs rouges; semer sur couche, au
+printemps.
+
+
+SAINFOIN d'Espagne (_Hedysarum coronarium_).--Bisannuel; tiges de
+0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un beau rouge, en juillet; semer en août.
+
+
+SALPIGLOSSIS à feuilles sinuées (_Salpiglossis sinuata_).--Plusieurs
+variétés se rapportent à cette espèce, et toutes aujourd'hui sont
+cultivées sous le même nom.
+
+On les sème en avril, sur couche, ou en mai, immédiatement en place.
+Elles fleurissent en juillet, et successivement jusqu'en septembre.
+
+Cultivés en massifs, les _Salpiglossis_ produisent plus d'effet que
+séparément; en ajoutant au semis un peu de graines de l'espèce à
+fleurs jaunes, nommée _aurea_, on aura toutes les couleurs que
+comporte ce beau genre.
+
+
+SALVIA HORMINUM.--Pour jouir de toute la beauté de cette plante, si
+remarquable par ses fleurs à bractées rouges, roses ou violettes, il
+faut, au lieu de la cultiver par petites touffes, en faire de longs
+massifs.
+
+On la sème en mars et avril, en place ou en pépinière.
+
+
+SCABIEUSE fleur-de-veuve (_Scabiosa atropurpurea_).--Bisannuelle;
+tige de 0m,65; fleurs d'un violet foncé velouté, en juillet et
+septembre; semer en automne.
+
+ =Variétés.=--Naine à fleurs roses, -- Naine à fleurs pourpres.
+
+
+SCHIZANTHE émoussé (_Schizanthus retusus_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60.
+Tout l'été, fleurs roses, pourpres, lilas ou blanches, largement
+marquées de jaune au centre. On sème le _Schizanthus_ dans la
+première quinzaine de septembre, et on repique les plants en pots,
+que l'on hiverne sous châssis. On peut aussi, ce qui est beaucoup
+plus simple, les semer en avril, immédiatement en place; mais jamais
+le plant semé à cette époque ne produit des plantes aussi belles que
+celui qu'on a semé en automne.
+
+
+SCHIZANTHUS GRAHAMI.--Le _Schizanthus Grahami_ est une espèce
+également très-belle, que l'on cultive de la même manière.
+
+
+SÉNEÇON élégant (_Senecio elegans_).--Tige rameuse, de 0m,30 à
+0m,40; de juin en août, fleurs pourpres, violettes ou blanches,
+simples ou doubles; semer sur couche, en mars, ou en pleine terre,
+en avril.
+
+
+SILÈNE à fleurs pendantes (_Silene pendula_).--Charmante petite
+plante à fleurs roses, avec laquelle on fait, depuis quelques
+années, dans le jardin des Tuileries et au Luxembourg, des
+corbeilles qui font, au printemps, l'admiration de tous les
+visiteurs.
+
+Pour avoir de beaux Silènes, il faut les semer en juillet, en
+pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.
+
+
+SILÈNE à bouquets (_Silene compacta_).--Hauteur, 0m,50. Tout l'été,
+fleurs roses; semer en juin et juillet.
+
+
+SILÈNE attrape-mouche (_Silene armeria_).--Hauteur, 0m,40. Tout
+l'été, fleurs roses ou blanches. Même culture que le _Silène
+compacte_.
+
+
+SOUCI de Trianon, SOUCI anémone (_Calendula officinalis var._).--De
+juillet en octobre, fleurs jaunes très-doubles. Semer en place, en
+avril et mai.
+
+
+SOUCI pluvial (_C. pluvialis, Dimorphotheca pluvialis_).--En juin et
+août, fleurs blanches en dedans, violettes en dehors; même culture.
+
+
+SPHÉNOGYNE élégante (_Sphenogyne speciosa_).--Hauteur, 0m,30. De
+juillet en septembre, fleurs jaune pâle à pétales brun-violacé à la
+base; semer en février ou mars, sur couche, ou en avril, en pleine
+terre, en place ou en pépinière.
+
+
+TAGÈTE étalé, OEILLET d'Inde (_Tagetes patula_).--Tiges rameuses, de
+0m,40; fleurs orangées, rayées de jaune, en juillet et octobre;
+semer d'avril en juin.
+
+
+TAGÈTES maculé nain (_Tagetes signata pumila_).--Variété moins
+élevée que la précédente, tout aussi rameuse, littéralement couverte
+de fleurs d'un beau jaune-vif; même culture.
+
+
+TAGÈTE élevé, ROSE D'INDE (_T. erecta_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+jaunes; même culture.
+
+
+THLASPI, IBÉRIS à ombelles (_Iberis umbellata_).--Tiges de 0m,33;
+fleurs blanches ou violettes, en mai, juin ou juillet; semer en
+automne ou au printemps.
+
+
+TRACHÉLIE bleue (_Trachelium coeruleum_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,40;
+fleurs bleu-violacé, tout l'été; multiplication de graines ou de
+boutures.
+
+
+VALÉRIANE Corne-d'abondance (_Valeriana Cornucopiæ_).--Hauteur,
+0m,25; fleurs rouges, de mai en août; semer en place, au printemps.
+
+
+VERVEINE de Miquelon (_Verbena Aubletia_).--Bisannuelle; hauteur,
+0m,33; fleurs d'un violet-pourpre, de juillet en novembre; semer au
+printemps.
+
+
+VIOLETTE tricolore, PENSÉE à grandes fleurs (_Viola tricolor
+hortensis_).--Variétés très-nombreuses, fleurissant d'avril en
+septembre; semer en août, repiquer en pépinière à l'automne, pour ne
+les planter en place qu'au printemps.
+
+
+VISCARIA à coeur pourpre (_Viscaria oculata_).--Hauteur, 0m,40. En
+juin et juillet, fleurs blanches ou roses, à centre pourpre foncé;
+semer en septembre, en pots, que l'on hiverne sous châssis, ou en
+avril, immédiatement en place.
+
+
+WHITLAVIA GRANDIFLORA.--Hauteur, 0m,40. En juin, juillet et août,
+fleurs d'un beau violet, en épi. Multiplication de graines, semées
+en place, en avril; propre à former des massifs.
+
+
+ZINNIA multiflore (_Zinnia multiflora_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+rouges, à disque jaune, de juillet en octobre; semer sur couche, en
+mars, ou en pleine terre, en avril et mai.
+
+
+ZINNIA élégant (_Z. elegans_).--Plus élevé que l'espèce précédente.
+Le _Zinnia elegans_ a produit un grand nombre de variétés, que l'on
+cultive en mélange ou par couleurs séparées; on le sème en mars, sur
+couche, comme le _Zinnia multiflora_, ou bien en avril et mai, en
+pleine terre, puis on repique le plant en lignes ou par groupes.
+
+ =Variétés= _à fleurs doubles_ de mêmes couleurs que les variétés
+ à fleurs simples.
+
+
+SECTION III.--Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre.
+
+ACHILLÉE dorée (_Achillea aurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs d'un
+jaune doré, de juillet en septembre; pour tout ce genre,
+multiplication de graines, semées aussitôt la maturité ou par
+l'éclat des pieds.
+
+
+ACHILLÉE à mille feuilles (_A. millefolium_).--Hauteur, 0m,65; tout
+l'été, fleurs pourpres; variétés à fleurs roses.
+
+
+ACHILLÉE rose (_A. rosea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un
+rose-pourpre, tout l'été.
+
+
+ACHILLÉE sternutatoire, BOUTON d'argent (_A. ptarmica_).--Hauteur,
+0m,65 à 1 mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre.
+
+
+ACONIT Tue-loup (_Aconitum lycoctonum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30;
+fleurs jaune pâle, en juin et août.
+
+
+ACONIT Napel (_A. Napellus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs d'un bleu
+foncé, en mai et juin; variétés à fleurs blanches.
+
+Toutes les espèces d'Aconit sont vénéneuses; elles se multiplient de
+graines semées aussitôt après la maturité ou par l'éclat des pieds.
+
+ =Espèces.=--Anthora, -- Eminens, -- Rubicundum, -- Speciosum.
+
+
+ACTÉA des Alpes (_Actea spicata_). Hauteur, 1m,30; fleurs blanches,
+en juillet et août; multiplication de graines semées aussitôt après
+la maturité, ou par la séparation des pieds.
+
+
+ADONIDE printanière (_Adonis vernalis_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30;
+fleurs jaunes, en mars et avril; multiplication de graines semées
+aussitôt après la maturité, ou par éclats; couverture l'hiver.
+
+
+ALSTROEMÈRE à fleurs tachées, Lis des Incas (_Alstroemeria
+pelegrina_).--Tiges de 0m,35, ayant besoin de tuteurs; de juin en
+octobre, fleurs blanches marquées de taches purpurines et de
+plusieurs points d'un pourpre foncé.
+
+
+ALSTROEMÈRE du Chili.--On a fait depuis plusieurs années des semis
+d'Alstroemère du Chili qui ont donné un grand nombre de variétés.
+Toutes peuvent être cultivées en pleine terre légère; il suffit,
+pendant l'hiver, de les couvrir de feuilles, qu'on enlève vers la
+fin de mars ou dans les premiers jours d'avril.
+
+On multiplie les Alstroemères de graines semées aussitôt après leur
+maturité, en place ou en pots, que l'on hiverne sous châssis.
+
+Comme ces plantes végètent de très-bonne heure en automne, il faut
+les planter en septembre ou octobre; autrement, elles ne
+fleuriraient pas l'année suivante.
+
+
+AMARYLLIS.--Un grand nombre d'Amaryllis, considérées comme plantes
+de serre, peuvent, sous le climat de Paris, être cultivées en pleine
+terre, à l'air libre. M. Aimé, de Versailles, qui cultive
+spécialement ce beau genre, a, depuis 1845, plusieurs planches
+d'Amaryllis en pleine terre, qui végètent et fleurissent
+admirablement.
+
+Pour cultiver les Amaryllis en pleine terre, on prépare une tranchée
+de 0m,25 de profondeur, dont la longueur et la largeur soient
+proportionnées au nombre d'oignons qu'on veut planter. On met au
+fond une bonne couche de feuilles, et, après les avoir bien foulées,
+on achève de remplir la tranchée avec de la terre du sol si elle
+n'est pas trop compacte, de la terre de bruyère, ou, à défaut, du
+sable végétal et du terreau de feuilles bien consommées et mélangées
+par parties égales.
+
+Cultivées en pleine terre, les Amaryllis doivent être plantées plus
+profondément qu'en pots, et il ne faut les arroser que lorsqu'elles
+sont en végétation. Après la floraison on supprime les arrosements,
+et à l'approche des gelées on les couvre d'une couche de feuilles,
+dont on augmente la quantité en raison de l'intensité du froid.
+
+Toutes les variétés de l'Amaryllis _pulverulenta_ et de l'Amaryllis
+_cinnamomea_ peuvent être cultivées comme nous venons de l'indiquer.
+
+
+AMARYLLIS à fleurs roses (_A. Belladona_).--De juillet en octobre,
+fleurs roses, mêlées de blanc; multiplication par caïeux, qu'on
+enlève en septembre ou octobre, aussitôt après la floraison, et
+qu'il faut replanter tout de suite; couverture l'hiver.
+
+
+AMARYLLIS à longues feuilles (_A. longifolia_).--En juin et juillet,
+fleurs blanches; variété à fleurs roses; planter en automne;
+couverture l'hiver.
+
+
+AMARYLLIS, Lis Saint-Jacques (_A. formosissima_).--Plantes bulbeuses
+donnant en juillet et août des fleurs d'un rouge-pourpre foncé;
+planter en pleine terre au printemps, ou en pots à l'automne;
+multiplication de caïeux.
+
+
+ANCOLIE commune (_Aquilegia vulgaris_).--Hauteur, 1 mètre; en mai et
+juin, fleurs rouges, bleues, violâtres, blanches, roses, simples ou
+doubles, selon la variété; multiplication de graines, semées
+aussitôt après la maturité, ou par l'éclat des pieds.
+
+
+ANCOLIE du Canada (_A. Canadensis_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un
+rouge safrané.
+
+
+ANCOLIE de Sibérie (_A. Sibirica_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un
+beau bleu.
+
+
+ANÉMONE des fleuristes (_Anemone coronaria_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; en mai et juin, fleurs simples, semi-doubles ou doubles, de
+toutes couleurs et variées. Elle aime une terre légère et
+substantielle. On la multiplie de graines et par tubercules. Les
+graines se sèment en septembre, soit en terrines, soit en pleine
+terre, dans une planche bien préparée; on les couvre légèrement de
+terreau fin à l'approche des gelées. Il faut garantir le jeune plant
+avec des paillassons, que l'on étend sur des gaulettes disposées de
+telle sorte qu'ils soient élevés de quelques centimètres au-dessus
+du sol. On découvre toutes les fois que le temps le permet; puis,
+arrivé au printemps, on sarcle et arrose au besoin; lorsque les
+feuilles sont desséchées, on arrache les tubercules pour les traiter
+par la suite comme les plantes faites, ce qui consiste à planter en
+mars et avril, à environ 0m,05 de profondeur et à 0m,10 ou 0m,15 les
+uns des autres, suivant la force de chacun. Quand on possède un
+assez grand nombre d'Anémones de force à fleurir, il est bien de
+n'en planter que la moitié, de manière que chaque tubercule ne
+fleurisse que tous les deux ans, car alors les fleurs en sont plus
+belles.
+
+
+ANÉMONE Oeil-de-paon (_A. pavonina_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,25; en
+avril et mai, fleurs rouges, bleuâtres au centre; multiplication par
+la séparation des racines, ainsi que pour les suivantes.
+
+
+ANÉMONE à fleurs bleues (_A. Apennina_).--Fleurs bleues, en mars.
+
+
+ANÉMONE en ombelle (_A. narcissiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs
+blanches, en mai.
+
+
+ANÉMONE du Japon (_A. Japonica_).--Hauteur 0m,50; d'août en octobre,
+fleurs semi-doubles, roses, pourpres ou blanches.
+
+Cette charmante plante végète vigoureusement en pleine terre; elle
+s'accommode de tous les terrains et on la multiplie par l'éclat des
+touffes, qu'on divise au printemps.
+
+
+ANÉMONE pulsatille (_A. pulsatilla_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30;
+fleurs d'un violet foncé, en avril et mai.
+
+
+ANTHÉMIS des teinturiers (_Anthemis tinctoria_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs jaunes, en juin et novembre; multiplication de graines ou par
+éclats.
+
+
+APOCYN Gobe-mouche (_Apocynum androsæmifolium_).--Tige rameuse de
+0m,50; fleurs roses, en juillet et septembre; multiplication de
+graines ou de traces, en mars.
+
+
+ARUM Attrape-mouche (_Arum crinitum_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50; en
+mars, spathe de 0m,33 de longueur, violacé en dedans et maculée de
+vert en dehors. Son odeur infecte attire les mouches. Multiplication
+de graines ou de bulbes; couverture d'hiver.
+
+
+ARUM Serpentaire (_A. dracunculus_).--Hauteur 0m,65 à 1 mètre; en
+juin et juillet, spathe d'un pourpre foncé en dedans, verte à
+l'extérieur; même multiplication.
+
+
+ASCLÉPIADE à la ouate (_Asclepias Cornuti_).--Hauteur, 1m,30 à
+1m,60; fleurs blanches lavées de rouge, en juillet et août;
+multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité,
+d'éclats ou de traces; les autres espèces se multiplient de même.
+
+
+ASCLÉPIADE tubéreuse (_A. tuberosa_).--Tiges rameuses, de 0m,50;
+fleurs en ombelles, d'un rouge-orangé, en juillet, août et
+septembre.
+
+
+ASCLÉPIADE incarnate (_A. incarnata_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; en
+juillet et août, fleurs rouge-pourpre.
+
+On multiplie les Asclépias de graines ou d'éclats.
+
+
+ASPHODÈLE Bâton-de-Jacob (_Asphodelus luteus_).--Hauteur, 1 mètre;
+de mai en juillet, fleurs d'un beau jaune; multiplication par
+graines, semées au printemps, par drageons ou par la séparation des
+racines.
+
+
+ASPHODÈLE rameux (_Asphodelus ramosus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches marquées de lignes roussâtres.
+
+
+ASTER (_Aster_).--Tiges de 0m,35 à 1m,60; depuis juillet jusqu'à la
+fin d'octobre, fleurs d'un bleu plus ou moins foncé, blanc-pourpre,
+ou roses, selon les espèces, qui sont très-nombreuses. Elles
+résistent très-bien à nos hivers. On les multiplie de graines,
+semées aussitôt après la maturité, ou mieux par l'éclat des touffes,
+en automne ou au printemps, opération qui doit se faire au moins
+tous les trois ans, afin de renouveler les pieds.
+
+ =Espèces.=--Alpinus, -- Amelloïdes, -- Bicolor, -- Corymbosus, --
+ Ericoïdes, -- Floribundus, -- Gracilis, -- Grandiflorus, --
+ Pendulus, -- Versicolor.
+
+
+ASTRAGALE varié (_Astragalus varius_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un
+pourpre-violet marquées de jaune, en juin et juillet.
+
+
+ASTRANCE à larges feuilles (_Astrantia major_).--Hauteur, 0m,65;
+tout l'été, fleurs d'un blanc-rougeâtre, multiplication de graines
+ou d'éclats en automne.
+
+
+BÉTOINE velue (_Betonica hirsuta_).--Hauteur, 0m,33; fleur d'un
+rouge vif et foncé, en juillet; multiplication de graines, semées en
+mars, ou par l'éclat des racines, en automne.
+
+
+BÉTOINE à grandes fleurs (_B. grandiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs
+rouges.
+
+
+BOCCONIE à feuilles en coeur (_Bocconia cordata_).--Hauteur, 1m,30
+à 1m,60; fleurs blanches, en juillet; multiplication de graines et
+d'éclats; couverture l'hiver.
+
+
+BOLTONIE à feuille d'aster (_Boltonia asteroides_).--Hauteur, 1
+mètre à 1m,60; fleurs blanches, à disque jaune, d'août en octobre;
+multiplication de graines, semées en place, ou par l'éclat des
+pieds.
+
+
+BUGLOSSE à larges feuilles (_Anchusa sempervirens_).--Hauteur, 1
+mètre; en mai, juin et juillet, fleurs bleues; multiplication de
+graines, semées en juin et juillet, ou par éclat des pieds, en
+février ou mars.
+
+
+BUGLOSSE d'Italie (_A. Italica_).--Plus élevée que la précédente;
+fleurs également d'un beau bleu; même culture.
+
+
+BUGRANE élevée (_Ononis altissima_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+purpurines, en juillet; multiplication de graines ou d'éclats.
+
+
+BUGRANE à feuilles rondes (_O. rotundifolia_).--Hauteur, 0m,35;
+fleurs roses, en mai et juillet; même multiplication; couverture
+l'hiver.
+
+
+CAMPANULE à feuilles de Pêcher (_Campanula persicæfolia_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs bleues ou blanches, simples ou doubles, de juillet en
+septembre.
+
+
+CAMPANULE à feuilles d'Ortie (_C. urticæfolia_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs bleues, blanches ou tricolores, en juin et juillet.
+
+
+CAMPANULE à larges feuilles (_C. latifolia_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs bleues, variété à fleurs blanches, en juin et juillet.
+
+
+CAMPANULE à fleurs en tête (_C. glomerata_).--Hauteur, 0m,33; fleurs
+bleues, blanches ou tricolores, en été.
+
+
+CAMPANULE à grandes fleurs (_C. grandiflora_).--Hauteur, 0m,50;
+fleurs d'un beau bleu, en juillet.
+
+
+CAMPANULE noble (_C. nobilis_).--Hauteur, 1 mètre environ; fleurs
+d'un beau violet-pourpre bordé de blanc, en juin et juillet.
+
+On multiplie toutes les espèces de Campanule de graines, semées
+aussitôt après leur maturité, sans les recouvrir, ou par l'éclat des
+pieds, en automne ou en mars.
+
+
+CARDAMINE des prés à fleurs doubles (_Cardamine
+pratensis_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40; fleurs blanches purpurines, en
+avril et mai.
+
+
+CENTAURÉE Jacée (_Centaurea Jacea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleurs purpurines, en juin et juillet; multiplication de graines,
+semées au printemps, ou par la séparation des touffes.
+
+Centaurée de montagne (_C. montana_).--Hauteur, 0m,50 fleurs bleues,
+blanches ou roses, de juin en août; même multiplication.
+
+
+CENTAURÉE noire (_C. nigra_).--Hauteur, 0m,50; fleurs purpurines, de
+mai en juillet; multiplication de graines et d'éclats.
+
+
+CHRYSANTHÈME des Indes (_Chrysanthemum Indicum_, _Pyrethrum
+Indicum_).--Tiges de 0m,65 à 1m,30; d'octobre en janvier, fleurs de
+toutes les nuances de pourpre, de blanc et de jaune, suivant les
+variétés, qui sont très-nombreuses; multiplication de boutures ou
+d'éclats, en avril; on les plante en pleine terre ou en pots. On les
+arrose de temps à autre afin de favoriser la reprise; mais, une fois
+qu'ils sont bien enracinés, on modère les arrosements. Dans le
+courant de juin, on pince l'extrémité de chaque tige, afin d'avoir
+des touffes bien garnies et peu élevées. Dès l'approche des gelées,
+il faut rentrer dans les serres les pieds en pots, si l'on veut
+jouir de toute la beauté de leur floraison, car elle est tellement
+tardive qu'il est rare qu'elle ne soit point surprise par les
+gelées.
+
+On divise les nombreuses variétés de cette plante en deux races.
+L'une est cultivée sous le nom de Chrysanthème pompon.
+
+
+CHRYSOCOME à feuilles de lin (_Chrysocoma linosyris_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs jaunes, d'août en octobre; multiplication de graines
+ou d'éclats.
+
+
+COLCHIQUE d'automne (_Colchicum autumnale_).--En septembre, fleurs
+rouge-purpurin pâle, semblables à celles des Crocus; variétés à
+fleurs doubles, blanches, rouges, roses et panachées; multiplication
+par caïeux, qu'on replante en juillet.
+
+
+COMMÉLINE tubéreuse (_Commelina tuberosa_).--Hauteur, 0m,33; fleur
+d'un beau bleu, de juin et septembre; multiplication de graines,
+semées sur couche au printemps, ou par la séparation des pieds;
+couverture l'hiver.
+
+
+CONSOUDE à feuilles rudes (_Symphytum asperrimum_).--Hauteur, 1
+mètre à 1m,30; fleurs azurées, en mai et juin; multiplication de
+graines et d'éclats, à l'automne ou au printemps.
+
+
+CONSOUDE à fleurs pourpres (_S. purpureum_).--Hauteur, 0m,40 à
+0m,50; fleurs pourpre-violacé, d'avril en septembre; même
+multiplication.
+
+
+CORÉOPSIS auriculé (_Coreopsis auriculata_).--Hauteur, 1 mètre à
+1m,30; fleurs d'un beau jaune, d'août en septembre; multiplication
+de graines et d'éclats, en automne ou au printemps.
+
+
+CORÉOPSIS à trois ailes (_C. tripteris_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30;
+fleurs jaunes, à disque brun, d'août en septembre; même
+multiplication.
+
+
+CORYDALE bulbeuse (_Corydalis formosa_).--Hauteur, 0m,15 à 0m,18; en
+avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, selon la variété;
+multiplication par la séparation des racines.
+
+
+CUPIDONE bleue (_Catananche cærulea_).--Hauteur, 0m,35, fleur bleu
+de ciel, de juillet en octobre; variété à fleurs blanches;
+multiplication de graines ou d'éclats; couverture l'hiver.
+
+
+CYCLAMEN d'Europe (_Cyclamen Europæum_).--Plante très-basse; fleurs
+blanches ou pourpres, en avril; multiplication de graines, semées en
+terrines ou par la division des tubercules, ayant soin qu'il y ait
+un oeil à chaque partie séparée; couverture l'hiver.
+
+
+CYCLAMEN à feuilles de lierre (_C. hederæfolium_).--En avril, fleurs
+blanches, roses ou rouges, odorantes; même culture.
+
+
+DAHLIA.--Tiges de 0m,50 à 2 mètres; depuis le mois de juin jusqu'aux
+gelées, fleurs blanches, jaunes, roses, pourpres, et passant de ces
+couleurs à leurs nuances les plus délicates et les plus foncées.
+Tout terrain leur convient; mais la floraison est plus belle dans
+une terre légère que dans une terre compacte ou trop fumée.
+Multiplication par semis, séparations, boutures et greffes sur
+tubercules.
+
+1. _Semis._--On sème sur couche tiède, en mars et avril; dans le
+courant de mai, l'on repique le plant en pleine terre, à environ 1
+mètre de distance; puis on le traite dans les autres Dahlias.
+
+2. _Séparation._--On place les Dahlias sur couche, en mars ou avril,
+et lorsqu'ils entrent en végétation on divise les touffes, en ayant
+soin que chaque tubercule détaché soit muni d'un germe reproducteur.
+
+3. _Boutures._--On peut commencer les boutures peu de temps après
+que les Dahlias sont en végétation et continuer jusqu'en juin; mais,
+quelle que soit l'époque, il ne faut prendre que de jeunes
+bourgeons, qu'on enlève dès qu'ils ont atteint 0m,06 ou 0m,08 de
+longueur; après avoir supprimé les feuilles inférieures, on les
+repique séparément dans de petits pots que l'on enfonce sur une
+couche tiède. On les arrose légèrement, puis on les couvre d'une
+cloche, qu'il faut ombrager au moment du soleil. Ces soins doivent
+être continués jusqu'à ce qu'on soit certain de la reprise des
+boutures; alors on soulève la cloche graduellement, pour l'enlever
+quand elles supporteront l'air sans se faner.
+
+4. _Greffes._--Il faut que les greffes, comme les boutures, soient
+faites assez à temps pour qu'il se forme des tubercules qui puissent
+passer l'hiver. Pour l'opération manuelle, on observera ce qui a été
+indiqué à l'article _Greffe herbacée_, page 74.
+
+_Plantation._--C'est vers la fin de mai seulement que nous
+conseillons de planter les Dahlias: car, plantés plus tôt, il arrive
+souvent qu'ils sont épuisés de fleurs dès le mois de septembre,
+époque la plus favorable à leur beauté. Il faut les placer dans une
+position bien aérée, et à environ 1m,65 les uns des autres. On les
+plante au milieu d'un bassin de 0m,40 à 0m,50 de diamètre; après
+quoi l'on étend autour de chaque pied un bon paillis de fumier à
+moitié consommé, afin de conserver l'eau des arrosements, qui
+doivent être modérés pendant les premiers temps, puis plus fréquents
+à mesure que la sécheresse augmente. Lorsque les Dahlias ont environ
+0m,30 à 0m,40 de hauteur, s'il y a plusieurs tiges sur chaque pied,
+il faut choisir la plus vigoureuse et supprimer les autres. On
+l'assujettit immédiatement à un tuteur. Lorsqu'elle a 0m,60 à 0,70,
+on supprime les rameaux placés trop près de terre ou ceux qui se
+croisent, de manière à ne laisser que six ou huit branches bien
+disposées autour de la tige principale; s'il arrivait qu'à la
+hauteur indiquée la tige fût sans ramification, il faudrait pincer
+l'extrémité, ce qui retarde un peu la floraison; mais ce retard est
+moins désagréable que l'inconvénient d'avoir des Dahlias très-élevés
+et sur une seule tige.
+
+En juillet ou août, lorsque les Dahlias auront à peu près atteint le
+maximum de leur développement, on commencera à les ébourgeonner,
+opération qui consiste à détacher les bourgeons secondaires qui
+naissent entre les feuilles; il en résulte que, débarrassée d'une
+multitude de bourgeons inutiles, chaque touffe produira une belle et
+abondante floraison. Vers la fin d'octobre ou au commencement de
+novembre, dès les premières gelées, il faut arracher les Dahlias. Si
+le temps est favorable, on les laisse un peu se ressuyer, puis on
+les dépose soit dans l'orangerie, sous le gradin de la serre aux
+Géraniums, soit dans une cave bien sèche, pour passer l'hiver.
+
+
+DATURA METELOIDES.--Hauteur, 0m,80; de juillet en novembre, fleurs
+blanches bordées de bleu lilacé, longues de 0m,20, odorantes.
+
+Les racines sont charnues, et se conservent en hiver, comme celles
+du Dahlia.
+
+
+DELPHINIUM ELATUM (_Pied d'alouette vivace_).--Hauteur, 1m,30; en
+juin et juillet, fleurs bleues, simples ou doubles. Multiplication
+de graines semées en juin et juillet, ou d'éclats du pied, au
+printemps.
+
+
+DELPHINIUM AZUREUM.--Hauteur, 1 mètre; en juin et juillet, fleurs
+simples ou doubles, d'un beau bleu d'azur; multiplication d'éclats
+du pied, au printemps.
+
+
+DELPHINIUM BARLOWI.--Hauteur, 1m,30; en juin et juillet, fleurs
+bleues, semi-doubles, plus larges que celles des espèces ci-dessus;
+même culture.
+
+
+DELPHINIUM HYBRIDUM.--Hauteur, 1m,30; en juin et juillet, fleurs
+bleues, plus pâles que celles du _D. Barlowi_, semi-doubles; même
+culture.
+
+Le _Delphinium Hendersoni_ et l'espèce nommée _formosum_, l'une des
+plus belles du genre, sont d'une culture tout aussi facile.
+
+
+DIELYTRA SPECTABILIS.--Cette charmante plante a les feuilles
+découpées exactement comme celles de la Pivoine en arbre. Elle
+donne, en mai et juin, une grande quantité de fleurs disposées en
+longues grappes, d'un beau rose.
+
+On la multiplie de boutures, qui, une fois bien enracinées, peuvent
+être cultivées en pleine terre, comme le plus grand nombre de nos
+plantes vivaces.
+
+
+DODÉCATHÉON de Virginie (_Dodecatheon Meadia_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; fleurs rose pourpre, au printemps; variété à fleurs blanches.
+Multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par
+la division des racines.
+
+
+DORONIC à feuilles en coeur (_Doronicum pardalianches_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs jaunes, en mai et juin; multiplication de rejetons.
+
+
+DRACOCÉPHALE de Virginie (_Dracocephalum Virginianum_).--Hauteur,
+0m,65 à 1 mètre; fleurs roses, de juillet en septembre.
+
+Tous les Dracocéphales se multiplient de graines ou par la
+séparation des drageons.
+
+
+ECHINOPS boulette azurée (_Echinops ritro_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+d'un joli bleu; variété à fleurs blanches. Multiplication de
+graines, semées au printemps.
+
+
+ENOTHÈRE frutiqueuse (_Oenothera fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau jaune, en juillet et août; multiplication de
+graines, semées sur couche, d'éclats de touffes ou de boutures.
+
+
+ENOTHÈRE superbe (_Oe. speciosa_).--Hauteur, 1m,30; fleurs blanches,
+odorantes, en juillet et août; même multiplication.
+
+
+ÉPERVIÈRE orangée (_Hieracium aurantiacum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+d'un jaune orangé, de juin en septembre; multiplication de graines,
+semées au printemps, ou par rejetons.
+
+
+ÉPHÉMÈRE de Virginie (_Tradescantia Virginica_).--Hauteur, 0m,40;
+fleurs bleu purpurin ou blanches, de mai en octobre; multiplication
+par la séparation des pieds en automne.
+
+
+ÉPHÉMÈRE rose (_T. rosea_).--Hauteur, 0m,20; fleurs roses, tout
+l'été; même multiplication.
+
+
+ÉPILOBE à épi, Laurier Saint-Antoine (_Epilobium
+spicatum_).--Hauteur, 1m,30 à 1m,60; fleurs rouge purpurin, de
+juillet en septembre; variété à fleurs blanches; multiplication de
+graines et de rejetons.
+
+
+ÉPIMÈDE des Alpes (_Epimedium Alpinum_).--Hauteur, 0m,35; fleurs
+jaunes et rougeâtres, en avril et mai; multiplication par l'éclat
+des touffes en automne.
+
+
+ERIGÉRON des Alpes (_Erigeron Alpinum_).--Hauteur, 0m,20; fleurs
+bleues, à disques jaunes, en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou
+par la division des pieds. Toutes les espèces d'Erigéron se
+multiplient de même.
+
+
+ERIGÉRON presque nu (_E. glabellum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+lilacées, à disque jaune, tout l'été.
+
+
+ERIGÉRON à grandes fleurs (_E. speciosum_).--Même hauteur; fleurs
+lilas foncé, à disque jaune, en août et septembre.
+
+
+ERINE des Alpes (_Erinus Alpinus_).--Hauteur, 0m,16; fleurs
+purpurines ou blanches, de mars en juin; multiplication de graines
+ou par éclats, en automne.
+
+
+ERODIUM des Alpes (_Erodium Alpinum_).--Hauteur, 0m,35; fleurs
+bleues, tout l'été; multiplication de graines et d'éclats.
+
+
+ERODIUM de Rome (_E. Romanum_).--Fleurs purpurines, tout l'été; même
+multiplication.
+
+
+EUPATOIRE agératoïde (_Eupatorium ageratoïdes_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs blanches, en septembre.
+
+
+EUPATOIRE pourpre (_E. purpureum_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+purpurines, de septembre en octobre.
+
+On multiplie tous les Eupatoires de graines, semées aussitôt après
+la maturité, ou par la séparation des pieds, en automne.
+
+L'Eupatoire à fleurs blanches (_E. glechonophyllum_) et l'Eupatoire
+à fleurs bleues (_E. coelestinum_), sont deux charmantes plantes
+d'orangerie, que l'on peut cultiver en pleine terre pendant toute la
+belle saison.
+
+On les multiplie toutes deux de boutures, que l'on hiverne sous
+châssis.
+
+
+FARFUGIUM GRANDE.--Cette plante, remarquable par ses larges feuilles
+maculées de jaune, doit, pour produire de l'effet, être cultivée
+par groupes sur les pelouses de gazons.
+
+On la multiplie de boutures de racines.
+
+
+FRAXINELLE d'Europe (_Dictamnus albus_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleur d'un brun rougeâtre, en juin et juillet; variété à fleurs
+blanches; multiplication de graines, semées aussitôt après la
+maturité; car, semées plus tard, elles ne lèvent que la seconde
+année; on peut aussi les multiplier par éclats.
+
+
+FRITILLAIRE damier (_Fritillaria Meleagris_).--Hauteur, 0m,33; en
+mars et avril, fleurs pourpres marquées de petits carreaux de
+couleurs différentes; multiplication de caïeux, en août; il faut les
+replanter aussitôt, ainsi que les bulbes principaux; couverture
+l'hiver.
+
+
+FRITILLAIRE couronne impériale (_F. imperialis_).--Hauteur, 0m,65 à
+1 mètre; en mars et avril, fleurs rouges, simples ou doubles,
+jaunes, simples ou doubles, orangées et à feuilles panachées de
+jaune ou de blanc; multiplication par caïeux, en août; il faut les
+replanter immédiatement, à 0m,15 de profondeur, ainsi que les bulbes
+principaux.
+
+
+FUMETERRE bulbeuse (_Fumaria bulbosa_).--Hauteur, 0m,18 à 0m,20; de
+février en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, suivant
+la variété; on les multiplie toutes de graines ou par la séparation
+des touffes, en automne.
+
+
+FUMETERRE jaune (_F. lutea_).--Hauteur, 0m,33; fleurs blanches et
+jaunes, d'avril en novembre; couverture l'hiver.
+
+
+FUMETERRE odorante (_F. nobilis_).--Hauteur, 0m,50; fleurs d'un
+jaune pâle, pourprées au sommet, en avril.
+
+
+GAILLARDE peinte (_Gaillardia picta_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40; au
+printemps et à l'automne, fleurs d'un jaune orangé, pourprées à la
+base, disque brun; on les multiplie toutes de graines, d'éclats ou
+de boutures.
+
+ =Variétés.=--Nana, -- Grandiflora, -- Alba marginata.
+
+
+GALANE glabre (_Chelone glabra_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches, ou pourpres, en août et septembre; toutes se multiplient
+de graines ou d'éclats.
+
+ =Espèce.=--Barbata.
+
+
+GALANTHE d'hiver ou PERCE-NEIGE (_Galanthus nivalis_).--Hauteur,
+0m,15 à 0m,18; fleurs blanches tachées de vert, en février; variété
+à fleurs doubles; multiplication par caïeux replantés en automne.
+
+
+GALÉGA officinal (_Galega officinalis_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30;
+fleurs bleues ou blanches, en juin et juillet; multiplication de
+graines.
+
+
+GALÉGA oriental (_G. orientalis_).--Même hauteur; fleurs bleues, en
+juin; même multiplication.
+
+
+GENTIANE croisette (_G. cruciata_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,25; fleurs
+bleues, en juin et juillet; même multiplication.
+
+
+GENTIANE pourpre (_G. purpurea_).--Hauteur, 0m,65 fleurs jaunes
+ponctuées de pourpre, en juillet; même multiplication.
+
+
+GENTIANE jaune (_G. lutea_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; fleurs
+jaunes, en juillet; même multiplication.
+
+
+GÉRANIUM sanguin (_Geranium sanguineum_). Hauteur, 0m,35; fleurs
+d'un rouge violet, en juin et juillet.
+
+
+GÉRANIUM noirâtre (_G. phæum_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un violet
+noir, d'avril en juin.
+
+
+GÉRANIUM des prés (_G. pratense_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches,
+rayées de violet, en mai et juin; variété à fleurs doubles.
+
+
+GÉRANIUM à grandes racines (_G. macrorhizum_).--Hauteur, 0m,40;
+fleurs rouges, de mai en juillet.
+
+
+GÉRANIUM strié (_G. striatum_).--Hauteur, 0m,33; fleurs blanches
+veinées de pourpre, en mai et septembre; couverture l'hiver.
+
+
+GÉRANIUM à grandes fleurs (_G. Ibericum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+disposées en bouquets, passant du violet au bleu d'azur des plus
+purs.
+
+Il faut aux Géraniums une terre meuble; tous se multiplient de
+graines ou d'éclats, au printemps.
+
+
+GEUM COCCINEUM.--Hauteur, 0m,50; fleurs écarlates, tout l'été;
+multiplication de graines semées en place, ou par la séparation des
+touffes; les autres espèces se multiplient de même.
+
+ =Espèces.=--Rivale, -- Montanum.
+
+
+GLADIOLUS (_Glaïeul_).--On cultive les _Gladiolus_ en terre légère
+mélangée de terreau de feuilles. On les plante en pleine terre, en
+mars et avril; ils fleurissent en juillet et août, puis on les
+relève en octobre. On peut aussi les planter en pots, en automne;
+mais alors il faut les mettre sous châssis pour passer l'hiver, et
+ils fleurissent dès le mois de mai. On les multiplie de graines ou
+de caïeux.
+
+
+GLADIOLUS CARDINALIS.--Hampe de 0m,50; en juillet et août, fleurs
+écarlates, marquées d'une tache blanche. Les bulbes de ce Glaïeul
+étant continuellement en végétation, il ne faut jamais les laisser
+hors de terre.
+
+
+GLADIOLUS BLANDUS OU FLORIBUNDUS.--Hampe de 0m,30; en août, fleurs
+blanc pur ou blanc rosé, marquées d'une bande longitudinale pourpre
+violacé.
+
+
+GLADIOLUS RAMOSUS.--Hampe de 0m,70 à 1 mètre; en juillet et août,
+fleurs roses, marquées d'une tache blanche entourée d'azur.
+
+Cette admirable plante a produit un grand nombre de belles variétés.
+
+
+GLADIOLUS GANDAVENSIS.--On possède maintenant un nombre si
+considérable de variétés de cette plante, qu'il est matériellement
+impossible d'en donner la nomenclature.
+
+Toutes peuvent être cultivées en pleine terre, comme l'espèce type.
+
+
+GUNNERA SCABRA.--Cette plante, si remarquable par la beauté de son
+feuillage, ressemble beaucoup aux Rhubarbes. Elle doit être cultivée
+isolément pour produire tout son effet. Bien qu'elle soit rustique,
+il faut la couvrir l'hiver.
+
+
+GYNERIUM ARGENTEUM.--Graminée ornementale, à feuilles linéaires
+inclinées en tous sens; en septembre, fleurs soyeuses, argentées, en
+panicules d'un très-bel effet. Multiplication de rejetons, que l'on
+sépare au printemps.
+
+ =Variétés.=--À fleur rose, -- à fleur pourpre.
+
+
+GYPSOPHILE paniculée (_Gypsophila paniculata_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs blanches en juin et juillet; multiplication de graines semées
+au printemps. On cultive de même les _Gypsophila acutifolia_,
+_altissifolia_, _altissima_, _pubescens_, _Gmelini_, _perfoliata_,
+_fastigiata_ et _dichotoma_.
+
+
+HÉLÉNIE d'automne (_Helenium autumnale_).--Hauteur, 1m,60 à 2
+mètres; fleurs d'un beau jaune, d'août à novembre; multiplication
+par racines.
+
+
+HELLÉBORE noir, Rose de Noël (_Helleborus niger_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; fleurs d'un blanc rosé, de décembre en février; multiplication
+de graines, semées aussitôt après la maturité ou par éclats.
+
+
+HELLÉBORE d'hiver (_H. hyemalis_).--Hauteur, 0m,10 à 0m,15; fleurs
+jaunes; multiplication par la séparation des pieds en automne.
+
+
+HEMÉROCALLE jaune ou LIS jaune (_Hemerocallis flava_).--Hauteur, 1
+mètre; fleurs odorantes d'un beau jaune, en juin; multiplication par
+la séparation des pieds en automne.
+
+
+HÉMÉROCALLE fauve (_H. fulva_).--Plus élevée que la précédente;
+fleurs d'un rouge fauve, en juillet.
+
+
+HERACLEUM WILLEMSII.--Bien supérieure, par la beauté de ses
+feuilles, à l'espèce type connue sous le nom d'_Heracleum
+sphondylium_, Berce commune, Acanthe d'Allemagne, Angélique sauvage.
+Cette plante produit beaucoup d'effet, sur les pelouses de gazon.
+
+On la multiplie de semis, ou par la séparation des pieds.
+
+
+HIBISCUS ROSEUS.--Hauteur, 1m,38; en août et septembre, fleurs
+roses, semblables à celles de Rose trémière simple. Cette belle
+plante exige une exposition chaude et beaucoup d'eau pendant l'été;
+on la multiplie de boutures et de graines.
+
+ =Variétés.=--Palustris, -- Moschatus, -- Sanguineus.
+
+
+HOTEIA du Japon (_Hoteia Japonica_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; fleurs
+blanches, en juin et juillet; multiplication d'éclats, au printemps.
+
+
+IMMORTELLE blanche (_Gnaphalium margaritaceum_).--Hauteur; 0m,50;
+fleurs jaunes, à involucre blanc, de juillet en septembre;
+multiplication de traces.
+
+
+IRIS d'Allemagne ou FLAMBE (_Iris Germanica_).--Les nombreuses
+variétés de cette plante méritent d'occuper une place distinguée
+dans les jardins; car, soit en bordure, soit en massif, elles
+produisent un effet charmant à l'époque de leur floraison, qui a
+lieu en mai et en juin, surtout si l'on a convenablement mélangé les
+couleurs, et leur rusticité est un titre de plus à la faveur des
+amateurs. On les multiplie de graines ou par la séparation des
+pieds, en septembre; on en possède déjà plus d'une centaine de
+belles variétés.
+
+
+IRIS bulbeuse, XIPHIUM, ou d'Angleterre.--On en cultive un grand
+nombre de variétés de toutes les couleurs; fleurs remarquables par
+le peu de largeur de toutes leurs divisions; elles fleurissent en
+juin; on les multiplie de caïeux, qu'on plante en automne;
+couverture l'hiver.
+
+
+IRIS xiphioïde ou d'Espagne.--Comme la précédente, cette espèce
+offre un grand nombre de variétés; même culture.
+
+
+JACINTHE (_Hyacinthus orientalis_).--En avril, fleurs simples ou
+doubles, de toutes les couleurs, suivant les variétés, qui sont
+très-nombreuses; multiplication de graines ou de caïeux. Les
+Jacinthes aiment une terre douce, substantielle, et d'autant plus
+légère que le climat est froid et humide. Pour obtenir une belle
+végétation, il faut planter dans un terrain bien fumé; mais le
+fumier doit être enterré assez profondément pour que les racines
+seules puissent l'atteindre, car autrement, il arrive presque
+toujours que les oignons pourrissent peu de temps après avoir été
+arrachés. L'époque la plus favorable pour la plantation est la fin
+de septembre et le commencement d'octobre; cependant il vaudrait
+mieux retarder d'une quinzaine de jours que de planter par un temps
+pluvieux. On procède à la plantation de la manière suivante. Après
+avoir bien préparé le terrain, on trace avec la binette un sillon
+de 0m,10 de profondeur; on place les oignons à environ 0m,15 les uns
+des autres sur la ligne, et on les enfonce de manière qu'ils soient
+recouverts de 0m,10 de terre; puis on ouvre les autres sillons
+successivement, et à 0m,15 de distance. Après la plantation, on
+étend un bon paillis sur le tout, et les autres soins consistent à
+arracher les mauvaises herbes. Si le froid devenait assez intense
+pour que l'on craignît que la terre ne gelât jusqu'aux racines, il
+faudrait les couvrir de feuilles ou de litière sèche, que l'on
+enlèvera en février; s'il survenait du mauvais temps, on les
+recouvrirait, mais plus légèrement. Quand elles seront défleuries et
+aussitôt que les feuilles commenceront à jaunir, on en coupera les
+feuilles et les hampes rez terre, et vers la fin de juin on les
+arrachera avec précaution, ce qu'il ne faudra faire que par un beau
+temps. Dès qu'elles seront arrachées, on les déposera dans un
+endroit sec et bien aéré, sans qu'elles soient exposées au soleil;
+au bout de quelques jours on détachera les caïeux et les racines,
+puis, avant de les déposer sur les tablettes, on les nettoiera avec
+une brosse douce, de manière à enlever tout ce qui pourrait
+engendrer la pourriture.
+
+Pour garnir le terrain en attendant que les oignons soient bons à
+relever, on peut, au printemps, semer un peu de graine de
+Pied-d'alouette, de Némophile ou de Silène qui succède aux Jacinthes
+sans nuire en rien à la maturité des oignons, quand il est semé
+clair.
+
+_Plantations en pots._--Les Jacinthes dont on veut avancer la
+floraison doivent être plantées en pots, et à la même époque qu'en
+pleine terre. La terre qu'on emploiera pour l'empotage doit être
+légère et substantielle, et les pots proportionnés à la grosseur des
+oignons. Après la plantation, on enfoncera ces pots à côté les uns
+des autres, de telle sorte qu'ils soient recouverts de 0m,03 de
+terre. On pourra en placer une partie au midi, et l'autre au nord,
+afin qu'elles ne fleurissent pas toutes à la même époque. S'il
+survenait de fortes gelées, il faudrait les couvrir de feuilles ou
+de litière, afin que la terre des pots ne gelât pas; et dans le
+courant de janvier on pourrait commencer à en mettre une partie sous
+châssis ou dans une serre chauffée, mais toujours le plus près
+possible des vitres. Elles seront en fleurs environ un mois après
+l'époque où l'on aura commencé à les chauffer; il ne faut en forcer
+que successivement, de manière à prolonger la floraison aussi
+longtemps que possible. Dès qu'elles seront défleuries, on enfoncera
+les pots en pleine terre, afin de laisser mûrir les oignons, qu'on
+pourra planter en terre l'année suivante.
+
+
+JULIENNE des jardins (_Hesperis matronalis_).--Hauteur, 0m,65 à 1
+mètre; fleurs doubles, odorantes, blanches ou violettes, de mai en
+juillet; multiplication de boutures ou d'éclats en avril. Variété
+vivace à fleurs doubles, blanches ou violettes. Terre franche
+substantielle; autrement la plante périt.
+
+
+LAMIER orvale (_Lamium orvala_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches
+lavées et tachées de rose foncé, d'avril en juin; multiplication de
+graines ou par l'éclat des pieds à l'automne.
+
+
+LIN vivace (_Linum perenne_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un joli
+bleu, de juin en août; multiplication de graines, semées en automne
+ou au printemps, ou d'éclats, en automne. Variété à fleurs blanches.
+
+
+LIN visqueux (_L. viscosum_).--Espèce à fleurs roses, que l'on peut
+également cultiver en pleine terre, à la condition toutefois de la
+couvrir pendant l'hiver.
+
+On peut, pendant l'été, cultiver en pleine terre le lin à fleurs
+jaunes, nommé _Linum flavum_.
+
+
+LINAIRE à grandes fleurs (_Linaria triornithophora_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs violettes, tout l'été; multiplication de graines,
+semées au printemps; couverture l'hiver.
+
+
+LIS blanc (_Lilium candidum_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches,
+en juin et juillet; variétés à fleurs doubles, à fleurs panachées de
+rouge et à feuilles panachées. Tous les Lis se multiplient de
+graines ou par leurs caïeux, qu'on enlève aussitôt après la
+floraison, et qu'il faut replanter immédiatement, ainsi que les
+bulbes principaux, si l'on veut qu'ils fleurissent l'année suivante.
+
+
+LIS blanc à longues fleurs (_L. longiflorum_).--Hauteur, 1 mètre à
+1m,30; fleurs blanches, beaucoup plus grandes que celles du Lis
+blanc.
+
+
+LIS à feuilles en fer de lance (_L. lancifolium_, _L.
+speciosum_).--Hauteur, 1 mètre; en septembre, fleurs blanches,
+ponctuées de pourpre, ou rouge pâle, également ponctuées.
+
+On les plante au printemps, en terre de bruyère pure ou dans une
+terre composée de terre de bruyère, de terreau de fumier et de
+feuilles bien consommé, mélangés par parties égales; puis on les
+relève en automne pour les mettre en pots, qu'on dépose sous un
+châssis ou sur une tablette de la serre tempérée ou dans
+l'orangerie, et on les laisse pendant tout l'hiver sans leur donner
+d'eau.
+
+
+LIS à bandes dorées (_Lilium auratum_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60;
+fleurs très-odorantes, longues de 0m,18 à 0m,20, blanches maculées
+de pourpre, avec de larges bandes d'un beau jaune.
+
+Cette plante, remarquable par la grandeur, le coloris et l'odeur de
+ses fleurs, n'exige pas plus de soin que la précédente.
+
+
+LIS bulbifère (_L. bulbiferum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs
+grandes, d'un rouge safrané, en juin; variétés à fleurs doubles, à
+feuilles panachées.
+
+
+LIS de Pomponne (_L. Pomponium_).--Hauteur, 0m,65; fleurs jaunes
+ponctuées de rouge brun, en mai; variété à fleurs d'un beau rouge
+ponceau.
+
+
+LIS orangé (_L. croceum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; fleurs d'un
+rouge safrané ponctué de noir, en juin.
+
+
+LIS de Catesby (_L. Catesbæi_).--Hauteur, 0m,35; fleurs d'un rouge
+orangé, le milieu des pétales jaune ponctué de brun, en juillet et
+août.
+
+
+LIS tigré (_L. tigrinum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un
+beau rouge orangé, ponctuées de pourpre noir, en juillet.
+
+
+LIS Martagon (_L. Martagon_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en juillet,
+fleurs rouges, safranées, jaunes, blanches, pourpres, piquetées de
+blanc ou de pourpre, selon les variétés, qui sont très-nombreuses;
+même culture que le Lis blanc; couverture l'hiver.
+
+
+LIS superbe (_L. superbum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; en juin et
+juillet, fleurs d'un rouge orangé, ponctuées de pourpre; terre de
+bruyère; couverture l'hiver.
+
+
+LOBÉLIE cardinale (_Lobelia cardinalis_).--Hauteur, 0m,70 à 1 mètre.
+En juillet et successivement jusqu'aux gelées, fleurs en épis rouge
+écarlate. Multiplication de graines, semées en pots, au printemps,
+sur couche, ou en juin et juillet également en pots, mais à froid,
+ou bien encore d'éclats de pied, au printemps; couverture l'hiver.
+
+
+LOBELIA Queen Victoria.--Hauteur, 1m,30. En août, septembre et
+octobre, fleurs en longs épis d'un rouge vif. Multiplication
+d'éclats de pied; couverture l'hiver.
+
+
+LOBELIA DOUGLASII.--Hauteur, 1m,30. En août, septembre et octobre,
+fleurs rouges, plus larges que celles de l'espèce ci-dessus. Même
+culture.
+
+
+LOBELIA COELESTIS.--Tiges plus élevées que celles des autres
+espèces; fleurs également en épis, d'un beau bleu céleste. Même
+culture.
+
+
+LUPIN polyphylle (_Lupinus polyphyllus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+bleues, en mai; variété à fleurs blanches; multiplication de
+graines, semées aussitôt après la maturité; terre légère, siliceuse
+ou de bruyère.
+
+
+LYCHNIDE de Chalcédoine, CROIX de Jérusalem (_Lychnis
+Chalcedonica_).--Hauteur, 0m,65; en juin et juillet, fleurs écarlate
+vif, simples ou doubles; variété à fleurs blanches; multiplication
+de graines, de boutures, faites en juin, ou d'éclats, à l'automne ou
+en février.
+
+La variété à fleurs doubles veut être garantie du froid.
+
+
+LYCHNIDE visqueuse (_L. viscaria_).--Hauteur, 0m,35; fleurs
+purpurines, de mai en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication par la séparation des touffes, en février.
+
+
+LYCHNIDE dioïque, Jacée (_L. dioica_).--Hauteur, 0m,50; de mai en
+juillet, fleurs rouges ou blanches, simples ou doubles; même
+multiplication.
+
+
+LYCHNIDE de Bunge (_L. Bungeana_).--Hauteur, 0m,50; en juin et
+juillet, fleurs d'un rouge vif; multiplication de boutures ou
+d'éclats.
+
+
+LYCHNIDE à grandes fleurs (_L. grandiflora_).--Hauteur, 0m,65 à 1
+mètre; fleurs écarlates, en juin et juillet; multiplication de
+graines ou d'éclats.
+
+
+LYCHNIDE éclatante (_L. fulgens_).--Hauteur, 0m,35; fleurs d'un
+rouge éclatant; même multiplication; exposition à mi-soleil.
+
+
+MATRICAIRE Mandiane (_Matricaria parthenioides_).--Hauteur, 0m,50;
+fleurs blanches très-doubles, tout l'été et l'automne; multiplication
+de boutures ou d'éclats, en février et mars. Il faut en mettre quelques
+pieds en pots, qu'on rentre dans l'orangerie pour passer l'hiver, afin
+d'avoir des boutures au printemps.
+
+
+MENTHE poivrée (_Mentha piperita_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+rougeâtres, en août; cultivée particulièrement pour l'odeur des
+feuilles, dont l'essence sert à parfumer les pastilles: variété à
+feuilles panachées. Multiplication de drageons.
+
+
+MÉRENDÈRE bulbocode (_Merendera bulbocodium_).--Hauteur, 0m,06 à
+0m,08; fleurs blanches, puis purpurines, en mars; multiplication par
+caïeux, qu'on replante en juillet et août.
+
+
+MOLÈNE purpurine (_Verbascum phoeniceum_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60;
+fleurs pourpres, de mai en juillet; variétés à fleurs rose plus ou
+moins vif; multiplication de graines, semées aussitôt après la
+maturité.
+
+
+MONARDE à fleurs rouges, THÉ d'Oswégo (_Monarda didyma_).--Hauteur,
+0m,50; fleurs d'un écarlate foncé, de juin en août. Multiplication
+de drageons, en automne; couverture l'hiver. On en cultive plusieurs
+autres variétés, qui ne diffèrent de la précédente que par la
+couleur des fleurs.
+
+
+MORINE à longues feuilles (_Morina longifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1
+mètre; fleurs, d'un blanc rose, en juin et juillet; multiplication
+de graines et d'éclats.
+
+
+MORÉE de la Chine, IRIS tigré (_Moroea Sinensis_).--Hauteur, 0m,50;
+fleurs safranées, ponctuées de rouge, en juin et juillet;
+multiplication de graines ou par la séparation des pieds.
+
+
+MUGUET de mai (_Convallaria maialis_).--Fleurs blanches, simples ou
+doubles, en mai: variété à fleurs roses; multiplication de rejetons,
+en automne.
+
+
+MUSCARI monstrueux, LILAS de terre (_Muscari monstruosum_).--Plante
+bulbeuse; fleurs bleu violacé, en juin, multiplication de caïeux,
+qu'il faut replanter en automne, ainsi que les bulbes.
+
+
+MUSCARI odorant (_M. moschatum_).--Fleurs rougeâtres, odorantes, en
+mai; même multiplication.
+
+
+MYOSOTIS ALPESTRIS.--Semé en juillet, le Myosotis Alpestris donne,
+en avril et en mai, de charmantes fleurs bleues ou blanches, suivant
+ses variétés. Repiquée par couleurs séparées, cette plante peut
+servir à composer de délicieux massifs, en attendant que les plantes
+de serre soient bonnes à mettre en pleine terre.
+
+
+NARCISSE à bouquet (_Narcissus Tazetta_).--Fleurs jaunes, odorantes,
+en mai; multiplication de caïeux, plantés en octobre. Cette espèce a
+produit un grand nombre de variétés, dont les plus remarquables
+sont: _Constantinople_, _Soleil d'or_, _Multiflore_ et _Grand
+Monarque_; mais comme elles ne peuvent pas supporter nos hivers et
+succombent à 4 degrés de froid, il faut les planter en pots ou les
+mettre sur des carafes remplies d'eau, avec quelques grains de sel;
+elles fleurissent en janvier et février.
+
+
+NARCISSE jonquille (_N. Jonquilla_).--Fleurs jaunes, odorantes,
+simples ou doubles, en avril. Il faut une terre douce et
+substantielle; car, dans toute autre condition, non-seulement il ne
+fleurit pas, mais il périt promptement. On plante les Jonquilles en
+septembre, à 0m,05 ou 0m,06 de profondeur, puis on les relève
+lorsque les feuilles sont desséchées. Multiplication de caïeux,
+plantés à cette époque.
+
+
+OEILLET des fleuristes (_Dianthus caryophyllus_).--Cette espèce a
+produit un nombre considérable de variétés, qui toutes peuvent se
+reporter à deux races principales: 1º les _flamands_, dont les
+caractères sont: pétales parfaitement arrondis, sans dentelures et
+avec de larges bandes de diverses couleurs sur un fond blanc; 2º de
+_fantaisie_; on les classe dans l'ordre suivant:
+
+1re Série. _Ardoisés._ Ils sont unicolores, striés ou rubanés.
+
+2e Série. _Avranchains._ Fond jaune, plus souvent nankin, avec
+flammes plus ou moins intenses.
+
+3e Série. _Anglais._ Le fond des pétales est d'un blanc pur; ils ne
+sont ni laciniés ni crénelés, mais brodés d'un liséré.
+
+4e Série. _Fond blanc._ Pétales fond blanc strié, quelquefois aussi
+bordés en même temps.
+
+5e Série. _Saxons._ Pétales à fond jaune strié, quelquefois bordés
+en même temps.
+
+6e Série. _Bichons._ Les couleurs ne sont apparentes que sur la
+superficie des pétales.
+
+On les multiplie de marcottes ou de graines, qu'on peut semer
+aussitôt après la maturité; mais comme ils ne fleurissent pas tous
+l'année suivante, on ne sème ordinairement les _Oeillets_ qu'en
+avril soit en pleine terre, soit en terrines, et dans le courant de
+juin; enfin, lorsque le plant est assez fort, on le repique en
+pépinière et à 0m,12 ou 0m,15 d'écartement. On aide à la reprise par
+quelques arrosements; puis, vers la fin d'août, on les plante, soit
+dans les plates-bandes, soit par planches, et à environ 0m,40 les
+uns des autres. Aussitôt après la plantation on étend sur le terrain
+un paillis de fumier à moitié consommé, et les autres soins se
+bornent à quelques binages et à des arrosements au besoin.
+
+Les jeunes Oeillets sont ordinairement très-vigoureux, et capables
+de supporter de fortes gelées sans souffrir; cependant, il est plus
+prudent de les couvrir en hiver, afin de les garantir de la neige et
+du givre, qui leur sont très-nuisibles. Au printemps suivant, et
+dès qu'il sera nécessaire, on leur mettra des tuteurs; puis, afin
+d'avoir des fleurs parfaites, au moment où apparaissent les boutons,
+on en réduit le nombre avant qu'ils soient trop avancés. À la fin de
+juin ou au commencement de juillet, époque de la floraison, on fera
+choix de ceux qui méritent d'être conservés, et dans le courant de
+juillet on les marcottera, en ayant soin d'observer pour cette
+opération tout ce que nous avons indiqué au chapitre _Marcottes_.
+Mais comme il se trouve quelquefois des branches placées tellement
+haut sur les tiges qu'il n'est pas possible de les marcotter de
+cette manière, il faut alors les enlever et en faire des boutures,
+que l'on traite de la manière suivante: après les avoir coupées bien
+net au-dessous d'un noeud, on fait une petite incision en remontant
+de manière à diviser la bouture en deux; après quoi on les repique
+en terre légère, à une exposition ombragée, et on les recouvre de
+cloches, qu'on enlève lorsque les boutures commencent à pousser.
+
+Quand celles-ci auront assez de racines, on les empotera, puis on
+les traitera, comme les marcottes enracinées, ainsi que nous allons
+l'indiquer. Au commencement d'octobre, on sèvre les marcottes,
+c'est-à-dire qu'on les sépare des vieux pieds, pour les planter dans
+des pots d'environ 0m,08 à 0m,10; la terre que l'on emploiera pour
+l'empotage devra être saine et composée de deux tiers de bonne terre
+franche et d'un tiers de terreau de feuilles bien consommé, le tout
+bien mélangé et passé à la claie. Aussitôt après l'empotage, on
+place les pots à l'abri d'un mur, et on leur donne de temps à autre
+quelques légers arrosements. À l'approche des gelées, il faut les
+rentrer, afin de garantir les Oeillets du froid et de l'humidité.
+S'il arrivait qu'on manquât de place sous les châssis, il faudrait
+faire une tranchée d'environ 0m,20 de profondeur sur 1 mètre de
+largeur; puis on dispose les gaulettes de manière à supporter des
+paillassons, que l'on place au besoin, et qu'on enlève toutes les
+fois que le temps le permet; et s'il survenait des froids plus
+rigoureux, il suffirait toujours d'étendre les feuilles ou de la
+litière sur les paillassons. Vers le mois d'avril enfin, quand les
+giboulées ne sont plus à craindre, on plante les Oeillets en pleine
+terre ou bien on les rempote plus grandement, si on veut les
+conserver en pots.
+
+
+OEILLET remontant.--Variété de l'oeillet des fleuristes, bien
+supérieur au type par la longue durée de ses fleurs; même culture.
+
+
+OEILLET de poëte, OEILLET barbu (_Dianthus barbatus_).--Tiges de
+0m,30 à 0m,40; en juin et juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou
+panachées, simples ou doubles; multiplication de boutures,
+marcottes, ou graines semées en août.
+
+
+OEILLET Flon.--Quelles que soient les conditions dans lesquelles on
+le cultive, cet Oeillet justifie pleinement, par l'abondance et la
+longue durée de ses fleurs, le nom de _Dianthus semperflorens_ qu'on
+lui donne en France et celui de _Dianthus hybridus multiflorus_,
+qu'on lui donne en Angleterre; ses fleurs sont roses, rouges,
+blanches ou blanches panachées de rose, semi-doubles et odorantes.
+
+Sans exiger rien de plus que les autres Oeillets, il donne des
+fleurs depuis le mois de juin jusqu'en novembre. Rentrés dans la
+serre, les pieds que l'on cultive en pots continuent de fleurir
+pendant tout l'hiver.
+
+On le multiplie de boutures, en août et septembre.
+
+
+ORNITHOGALE pyramidale, ÉPI de la Vierge (_Ornithogalum
+pyramidale_).--Plante bulbeuse; hauteur, 0m,50; fleurs blanches, fin
+de juin; multiplication de caïeux, plantés en octobre.
+
+
+OROBE printanier (_Orobus vernus_).--Hauteur, 0m,33; fleurs
+purpurines, en avril; variétés à fleurs azurées. Multiplication de
+graines, semées aussitôt après la maturité, ou d'éclats en automne.
+
+
+PAVOT de Tournefort (_Papaver Orientale_).--Hauteur, 0m,60 à 0m,80;
+fleurs rouge orangé, en juin; multiplication de graines, semées
+aussitôt après la maturité, ou de rejetons, en février.
+
+
+PAVOT à bractées (_P. bracteatum_).--Fleurs plus grandes et plus
+vives de couleur; même multiplication.
+
+
+PENTSTÉMON à feuilles de Gentiane (_P. gentianoides_).--Hauteur,
+0m,50. Tout l'été, fleurs pourpres, roses ou blanches, disposées en
+longues grappes unilatérales.
+
+Multiplication de graines que l'on sème en juin.
+
+ =Variétés.=--Argutus, -- Ovatus, -- Digitalis.
+
+
+PHALANGÈRE, Lis Saint-Bruno (_Phalangium liliastrum_).--Hauteur,
+0m,35; fleurs blanches, en juin; multiplication par la séparation
+des racines, en automne, avec la précaution de ne pas les rompre,
+car elles sont très-fragiles.
+
+
+PHLOMIS tubéreux (_Phlomis tuberosa_).--Hauteur, 1m,30; fleurs
+violâtres, de juillet en septembre; multiplication par la séparation
+des tubercules, tous les trois ans, ou de graines semées en pots.
+
+
+PHLOX ligneux.--Tiges de 0m,30 à 1m,20; en juillet, août et
+septembre, fleurs roses, pourpres, lilas, gris de lin, blanc pur ou
+blanc lamé de différentes couleurs, selon les variétés, qui sont
+très-nombreuses.
+
+On les multiplie de graines, semées aussitôt après la récolte de
+boutures ou par la séparation des touffes.
+
+ =Variétés.=--Hébé, -- La Candeur, -- Le Vésuve, -- Le Lion, --
+ Liervalii, -- Mme La Croix, -- Mme de Wendel, -- Mme Lierval, --
+ Mars, -- Parmentier, -- Raphaël, -- Victor Hugo.
+
+
+PIGAMON à feuilles d'Ancolie (_Thalictrum
+aquilegifolium_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en mai, fleurs vertes,
+à étamines blanches; variétés à étamines lilas et rose vif;
+multiplication de graines, semées au printemps, ou par la séparation
+des pieds en automne.
+
+
+PIVOINE officinale (_Pæonia officinalis_).--Hauteur, 0m,65; en mai,
+fleurs rouges, simples ou doubles; variétés à fleurs roses ou à
+fleurs carnées d'abord, puis blanches; toutes se multiplient de
+graines, semées en août, ou par la séparation des tubercules munis
+d'yeux; on les plante en septembre, et de manière qu'ils ne se
+trouvent recouverts que d'environ 0m,02 ou 0m,03 de terre. Ces
+variétés garnissent les plates-bandes et les parterres, où elles
+produisent un très-bel effet.
+
+
+PIVOINE de Chine (_Pæonia Sinensis_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+blanches, très-doubles, en juin.
+
+ =Variétés.=--Alba sulfurea, -- Anemonæflora, -- Striata, --
+ Clarisse, -- Comte de Cussy, -- Faust, -- Festiva, --
+ Hericartiana, -- Lutea variegata, -- Magnifica, -- Pulcherrima,
+ -- Reine des Français, -- Victoire Modeste.
+
+
+PLUMBAGO LARPENTÆ.--Plante traçante, que l'on peut cultiver à
+l'ombre. Placée dans des conditions favorables, elle forme de larges
+touffes et donne pendant tout l'automne une grande quantité de
+fleurs bleues, de la plus grande beauté. On la multiplie de boutures
+et d'éclats.
+
+
+POLÉMOINE bleu, VALÉRIANE grecque (_Polemonium cæruleum_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs bleues, de mai en juillet; variété à fleurs blanches;
+multiplication de graines, qui se sèment d'elles-mêmes, ou par la
+séparation des touffes. Tout terrain.
+
+
+POTENTILLA.--On cultive un grand nombre d'espèces de Potentilles.
+Elles ressemblent toutes un peu au Fraisier par leur feuillage. Les
+fleurs roses, rouges, pourpres, jaunes ou blanches de ces plantes,
+se succèdent pendant tout l'été. Multiplication de graines et
+d'éclats.
+
+ =Variétés.=--Atrosanguinea, -- Aurantiaca, -- Mac-Nabbiana, --
+ Nepalensis, -- Obwoodiana, -- Alba, -- Purpurea, -- Smoutii, --
+ Versicolor.
+
+
+PULMONAIRE de Virginie (_Pulmonaria Virginica_).--Hauteur, 0m,65; de
+mars en mai; fleurs bleues, quelquefois rouges ou blanches:
+multiplication par la séparation des touffes en automne.
+
+
+PYRETHRUM ROSEUM, CAMOMILLE rouge.--Hauteur, 0m,30 à 0m,40; en juin
+et juillet, fleurs simples d'un rose vif; multiplication de graines
+ou par la séparation des pieds.
+
+C'est avec les fleurs de cette plante que l'on prépare la poudre
+insecticide, connue sous le nom de poudre de pyrèthre.
+
+ =Variétés= _à fleurs doubles_.--Rouges, -- roses ou carnées.
+
+
+RENONCULE des jardins (_Ranunculus Asiaticus_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; variétés très-nombreuses, simples, semi-doubles ou doubles,
+de presque toutes les couleurs. On les plante à 0m,05 de
+profondeur, vers la fin de décembre, dans les terres légères, puis
+en février et mars, dans toutes autres circonstances; elles sont en
+fleurs de la fin d'avril au commencement de juin.
+
+Pour la culture et la multiplication, on observera tout ce que nous
+avons indiqué pour les Anémones.
+
+
+ROSE trémière (_Alcoea rosea_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; de
+juillet en septembre, fleurs simples, semi-doubles ou doubles,
+offrant presque toutes les nuances; multiplication de graines semées
+en juin; on repique les plantes en pépinière en juillet et on les
+plante en automne; on peut aussi les multiplier au moyen de leurs
+drageons. Plantées en ligne, les Roses trémières produisent un effet
+charmant. Pour éviter qu'elles ne soient rompues par le vent, il
+faut leur donner des tuteurs ou les attacher sur des lattes de
+treillage fixées sur des pieux qu'on enfonce de loin en loin. Pour
+celles qui sont plantées isolément, il faut mettre un tuteur à
+chacune; et lorsque les touffes sont fortes, on place un cerceau au
+milieu des tiges, puis on les fixe dessus. Cette disposition produit
+un fort bon effet.
+
+Pour avoir des Roses trémières moins élevées, il suffit de pincer
+l'extrémité des tiges, lorsqu'elles sont arrivées à la hauteur à
+laquelle on veut soumettre les plantes que l'on cultive.
+
+
+RUDBECKIA pourpre (_Rudbeckia purpurea_).--Hauteur, 1 mètre; fleurie
+d'un pourpre rosé, disque pourpre noirâtre, de juillet en septembre;
+multiplication par la séparation des pieds, en automne ou en mars.
+
+ =Variétés.=--Hirta, -- Laciniata, -- Drummondi, -- Speciosa.
+
+
+SAINFOIN du Caucase (_Hedysarum Caucasicum_).--Hauteur, 0m,50; de
+mai en juillet, fleurs pendantes, d'un beau violet pourpre.
+Multiplication de graines et d'éclats.
+
+
+SAPONAIRE officinale (_Saponaria officinalis_)--Hauteur, 0m,30;
+fleurs roses, odorantes, en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication de traces.
+
+
+SAXIFRAGE cotylédon (_Saxifraga cotyledon_), S. pyramidale (_S.
+pyramidalis_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; fleurs d'un blanc pur, de
+mai en juillet; multiplication de graines, ou par la séparation des
+rosettes, qu'on repique en automne ou en février.
+
+
+SAXIFRAGE de Sibérie (_S. crassifolia_, _Megasea
+crassifolia_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un beau rose, en mars et
+avril; multiplication de drageons.
+
+
+SCABIEUSE du Caucase (_Scabiosa Caucasica_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+d'un bleu tendre, de juin en août; multiplication de graines et
+d'éclats.
+
+
+SCILLE agréable (_Scilla amoena_).--Plante bulbeuse; hauteur, 0m,25;
+fleurs d'un joli bleu, en avril.
+
+
+SCILLE d'Italie, LIS-JACINTHE des jardiniers (_S.
+Italica_).--Hauteur, 0m,16; en avril et mai, fleurs d'un joli bleu,
+odorantes.
+
+
+SCILLE campanulée (_S. campanulata_).--Hauteur, 0m,30; fleurs d'un
+joli violet, en juin; variété à fleurs blanches.
+
+
+SCILLE du Pérou (_S. Peruviana_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un joli
+bleu, en mai; variété à fleurs blanches.
+
+Moins rustique que les autres espèces, la _Scille du Pérou_ exige
+d'être couverte pendant l'hiver.
+
+On les multiplie toutes de caïeux, que l'on plante en octobre, ainsi
+que les bulbes.
+
+
+SCUTELLAIRE à grandes fleurs (_Scutellaria macrantha_).--Hauteur,
+0m,20 à 0m,25; fleurs d'un beau bleu, de juin en octobre;
+multiplication de graines ou d'éclats.
+
+
+SEDUM TELEPHIUM RUBRUM.--Plante grasse à feuilles charnues, dont les
+fleurs, disposées en larges ombelles d'un beau rose, produisent un
+effet très-ornemental; essentiellement de pleine terre, cette belle
+plante n'exige pas de soins particuliers; seulement elle craint
+l'humidité, surtout à l'état de repos.
+
+
+SÉNEÇON à feuilles d'Adonis (_Senecio adonidifolium_).--Hauteur,
+0m,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, en juillet et août; on le multiplie
+de graines ou d'éclats.
+
+
+SILÉNÉ de Virginie (_Silene Virginica_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30;
+fleurs écarlates, en juillet; multiplication de graines en automne;
+couverture l'hiver.
+
+
+SOLEIL multiflore (_Helianthus multiflorus_).--Hauteur, 1 mètre à
+1m,30; fleurs jaunes, d'août en septembre; tous se multiplient par
+la séparation des pieds, en automne.
+
+ =Variétés.=--Mollis, -- Orgyalis.
+
+
+SPIRÉE reine des prés (_Spiræa Ulmaria_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleurs blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; variété à
+feuilles panachées; arrosements fréquents en été; multiplication
+d'éclats.
+
+
+SPIRÉE barbe de bouc (_S. Aruncus_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30;
+fleurs blanches, en juin et juillet; même culture. Mi-soleil.
+
+
+SPIRÉE Filipendule (_S. Filipendula_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; même culture.
+
+
+SPIRÉE à feuilles lobées (_S. lobata_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+roses, odorantes, en juillet; variété à feuilles panachées; même
+culture.
+
+
+STENACTIS agréable (_Stenactis speciosa_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+pourpre violacé, à disque jaune, tout l'été; multiplication de
+graines ou par la division du pied.
+
+
+STEVIA pourpre (_Stevia purpurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs roses,
+disposées en corymbe, en juillet et août: multiplication de graines
+semées au printemps ou d'éclats; couverture l'hiver.
+
+
+STEVIA à feuilles en scie (_S. serrata_).--Même hauteur; fleurs
+blanches, odorantes, en juillet et août; même culture.
+
+
+TANAISIE commune (_Tanacetum vulgare_).--Hauteur, 1m,30; fleurs
+d'un beau jaune, en août; multiplication de drageons.
+
+
+TIGRIDIE à grandes fleurs (_Tigridia pavonia_).--Plante bulbeuse;
+hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs jaunes ou écarlates, ponctuées de
+pourpre foncé; elles se succèdent de juillet en août, mais elles ne
+durent chacune que huit ou dix heures; multiplication par caïeux,
+que l'on sépare en mars et avril, et que l'on replante de suite,
+ainsi que les bulbes, à 0m,05 de profondeur.
+
+
+TOURNEFORTIE couchée (_Tournefortia heliotropioides_).--Hauteur,
+0m,35; tout l'été, fleurs bleuâtres que l'on hiverne sous châssis;
+multiplication de graines et de boutures.
+
+
+TUBÉREUSE des jardins (_Polianthes tuberosa_).--Plante bulbeuse;
+hauteur, 1 mètre à 1m,30; de juillet en septembre, fleurs blanches à
+odeur très-suave, simples ou doubles; multiplication des caïeux,
+qu'on ne sépare qu'au printemps, pour les planter sur couche. La
+plantation des bulbes à fleurs doit avoir lieu au mois de mars, et
+en pots, qui sont placés sur une couche et sous châssis. Tant que
+l'oignon ne pousse pas, il ne faut lui donner que peu d'eau; mais
+dès qu'il a quelques feuilles, il faut l'arroser fréquemment.
+
+
+TULIPE de Gessner ou des Fleuristes (_Tulipa Gessneriana_).--Cette
+espèce a fourni, par le semis, un nombre considérable de variétés, aux
+nuances des couleurs les plus vives. Elles aiment une terre douce et
+substantielle, rendue légère par des engrais très-consommés. On les
+multiplie de graines, semées en pleine terre, depuis septembre jusqu'en
+novembre, ou de caïeux qu'on replante en septembre au plus tard. La
+plantation des oignons à fleurs doit avoir lieu à la fin d'octobre ou au
+commencement de novembre. Après avoir bien préparé le terrain, on le
+divise ordinairement par plates-bandes d'environ 1 mètre de largeur, on
+trace un rang au milieu, puis deux de chaque côté, les disposant de
+manière qu'ils soient à égale distance, et les deux premiers à 0m,12 ou
+0m,15 du bord, et, comme pour les Jacinthes, on ouvre un sillon avec la
+binette, en commençant la plantation par le rang du milieu, pour lequel
+on choisit les plantes les plus élevées; car, en admettant qu'on ne
+possède pas une collection classée par noms et couleurs, elle doit au
+moins être rangée par hauteurs. On place les Tulipes à environ 0m,15 les
+unes des autres sur la ligne, et on les appuie légèrement de manière
+qu'elles soient recouvertes d'environ 0m,08 de terre; puis on rapproche
+la terre, afin qu'il n'existe aucun vide. On procédera de même pour
+chaque rang, en ayant soin de placer les oignons en échiquier. Après la
+plantation, on étend sur le tout un bon paillis de fumier à moitié
+consommé, et jusqu'à la floraison tous les soins consistent à donner
+quelques binages, à arracher les mauvaises herbes, et en quelques
+bassinages au printemps si la température l'exige.
+
+La floraison est ordinairement dans toute sa beauté vers les
+premiers jours de mai. Si l'on veut prolonger la durée des fleurs et
+jouir de tout leur éclat, il faut, vers la fin d'avril, élever une
+petite charpente sur laquelle on étend une toile au moment du
+soleil. Aussitôt après que les Tulipes sont défleuries, on étête
+celles dont on ne veut pas conserver la graine, afin que la séve
+reste concentrée dans l'oignon, ce qui augmentera sa vigueur pour la
+floraison de l'année suivante. On laisse les oignons en terre
+jusqu'à leur parfaite maturité, qui a lieu ordinairement vers la fin
+de juin; mais pour les arracher il faut choisir un beau temps, et à
+mesure qu'on les retire de terre, on détache les caïeux et les
+vieilles racines, puis, en frottant légèrement avec le pouce on
+enlève les vieilles écailles. Mais il faut surtout éviter de laisser
+les oignons exposés au soleil, car le plus grand nombre seraient
+perdus. On place chaque rang immédiatement dans une case avec un
+numéro d'ordre, puis l'on dépose tous les oignons dans un lieu bien
+aéré, mais où ils ne puissent pas être atteints par la gelée.
+
+Comme nous l'avons indiqué pour les Jacinthes, on peut semer au
+printemps un peu de graines de Pied-d'Alouette dans les planches de
+Tulipes, pour garnir le terrain en attendant l'époque d'enlever les
+oignons.
+
+
+TUSSILAGE odorant, HÉLIOTROPE d'hiver (_Tussilago
+fragrans_).--Hauteur, 0m,30; de novembre en janvier, fleurs d'un
+blanc purpurin, à odeur d'Héliotrope; multiplication de drageons.
+
+
+VALÉRIANE rouge (_Valeriana rubra_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleurs rouges ou blanches, de juin en octobre; toutes se multiplient
+de graines, semées en place en automne ou au printemps, ou par la
+séparation de leurs pieds.
+
+
+VARAIRE blanc, HELLÉBORE blanc (_Veratrum album_).--Hauteur, 1
+mètre; fleurs blanches, en juin et août; multiplication de graines
+et de bulbes.
+
+
+VARAIRE noir (_V. nigrum_).--Plus haut que le précédent; fleurs
+brunâtres, de juin en août; même multiplication.
+
+
+VÉLAR de Barbarie, HERBE de Sainte-Barbe (_Erysimum
+Barbarea_).--Hauteur, 0m,65; en mai, fleurs jaunes, simples ou
+doubles; multiplication d'éclats, en automne.
+
+
+VERGE d'or du Canada (_Solidago Canadensis_).--Hauteur, 0m,65;
+fleurs d'un jaune brillant, de juillet en septembre. On la multiplie
+de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par la séparation
+des pieds, en automne.
+
+
+VERNONIE (_Vernonia præalta_).--Hauteur, 2 mètres, en octobre et
+novembre, fleurs pourpre violacé disposées en corymbe terminal.
+Multiplication par l'éclat des pieds.
+
+
+VÉRONIQUE à épis (_Veronica spicata_).--Hauteur, 0m,50; fleurs
+bleues, blanches ou roses, de juin en août. Multiplication de
+graines, semées en juin, ou par la séparation des pieds, en automne.
+
+
+ZAUSCHNÉRIA de Californie (_Zauschneria Californica_).--Charmante
+petite plante à fleurs rouge écarlate, qu'on multiplie de boutures
+ou de graines semées en juillet en pépinière.
+
+On hiverne le jeune plant sous châssis, et au printemps on le plante
+en pleine terre par groupes comme les Verveines et les Pétunies.
+
+
+SECTION IV.--Plantes de serre que l'on peut cultiver en pleine terre
+pendant l'été.
+
+Pour les soins généraux à donner aux plantes de serre cultivées en
+pleine terre, pendant l'été, voir page 91.
+
+
+ALTERNANTHERA SPATULATA.--Plante herbacée, touffue; haute de 0m,10 à
+0m,15, feuilles en forme de spatule, d'un vert clair irrégulièrement
+panachée de rose, de saumon et de jaune.
+
+Traitée comme les Coléus, cette charmante plante peut être employée
+exactement aux mêmes usages.
+
+
+BEGONIA.--Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Begonias
+produisent un charmant effet, par la beauté de leurs feuilles,
+l'abondance et la longue durée de leurs fleurs.
+
+On les plante, dans la seconde quinzaine de mai, en terre de
+bruyère, en lignes ou en massif. On les multiplie de boutures que
+l'on hiverne dans la serre chaude.
+
+ =Variétés.=--Fuchsioïdes, -- Ingrami, -- Lucida, --
+ Prestoniensis.
+
+
+CALADIUM ESCULENTUM.--Bien que cette plante soit de serre chaude, on
+peut la cultiver en pleine terre pendant l'été. C'est même à en
+juger d'après le développement que prennent les Caladium esculentum,
+cultivés en pleine terre, le mode de culture qui leur convient le
+mieux. Comme tous les végétaux doués d'une grande vigueur, les
+Caladium esculentum veulent de bons engrais consommés et de copieux
+arrosements pendant les chaleurs.
+
+On les plante dans la seconde quinzaine de mai isolément ou en
+massif, puis on les relève à l'approche des gelées pour les hiverner
+dans la serre chaude.
+
+
+CALCÉOLAIRE ligneuse.--Beaucoup plus rustiques que les Calcéolaires
+herbacées, les Calcéolaires ligneuses peuvent être cultivées en
+pleine terre pendant l'été. Le beau jaune des fleurs de ces plantes
+produit un charmant effet, au centre d'un massif de Géranium rouge
+ou de Lobelia erinus à fleurs bleues.
+
+On multiplie les Calcéolaires ligneuses de boutures, faites sous
+cloches en août et septembre, et hivernées sous châssis. Ces
+boutures sont bonnes à mettre en pleine terre dans le courant de
+mai[15].
+
+[Note 15: _Calcéolaires herbacées._--On sème les Calcéolaires
+herbacées en août et en septembre en terre légère, composée de terre
+de bruyère, de terre franche et de terreau, sous châssis, à une
+exposition ombragée. Lorsque le plant a trois ou quatre feuilles, on
+le repique dans de petits pots que l'on replace sous châssis pour
+passer l'hiver.
+
+En février ou en mars, on donne des pots plus grands aux
+Calcéolaires de semis, après quoi on peut les mettre dans la serre
+tempérée pour jouir de la beauté de leurs fleurs.]
+
+
+CANNA INDICA.--Cette plante, plus remarquable par ses feuilles que
+par ses fleurs, peut être cultivée en pleine terre, pendant l'été.
+Avec de la chaleur, de l'eau et des engrais, les Canna dépassent par
+leur vigueur tout ce que notre climat permet d'espérer.
+
+Pour avoir des Canna semblables à ceux que l'on voit, chaque année,
+dans les squares de Paris, il faut les mettre sur couche, dans la
+seconde quinzaine de mars. Quand les drageons qui partent du pied
+ont environ 0m,10 de longueur, on les détache avec une portion de
+tubercule, puis on les plante dans des pots que l'on tient sur
+couche jusqu'en mai, époque à laquelle on peut mettre les Canna en
+pleine terre.
+
+Après avoir joui de la beauté de cette plante, pendant toute la
+belle saison, on la relève à l'approche des gelées, pour la
+conserver dans une cave bien sèche, ou sur le gradin de la serre
+tempérée, exactement comme les Dahlias.
+
+Quant aux variétés qui ne produisent pas de tubercules, on doit,
+après les avoir arrachées, les mettre dans des pots que l'on hiverne
+dans la serre chaude.
+
+On multiplie les Canna de drageons, comme nous avons indiqué de le
+faire, ou de graines, que l'on sème sur couche au printemps.
+
+ =Variétés.=--Annei, -- Discolor, Edulis, -- Gigantea, -- Indica,
+ -- Indica superba, -- Leptophylla, -- Liliiflora, -- Lutea, --
+ Peruviana, -- Zebrina, -- Warscewczii.
+
+
+CASSIA.--Les Cassia sont de beaux arbrisseaux, à fleurs jaunes
+disposées en corymbe, que l'on peut placer sur les pelouses de
+gazon, pendant l'été.
+
+Jeunes, ils produisent peu d'effet; mais comme, cultivés en pleine
+terre, ils végètent vigoureusement, on peut, à défaut de forts
+exemplaires, en planter de moyens; on les plante en mai, puis on les
+relève, à l'approche des gelées, pour les conserver dans
+l'orangerie jusqu'au printemps suivant.
+
+ =Variétés.=--Floribunda, -- Corymbosa, -- Tomentosa.
+
+
+CHAMÆROPS HUMILIS (_Palmier nain_).--Malgré la rusticité bien connue
+de cette plante, on doit sous le climat de Paris la cultiver en pot.
+
+Disposés par groupe sur les pelouses de gazon, les Chamærops humilis
+produisent pendant l'été un effet tout nouveau, par l'aspect de
+leurs feuilles, si différentes de celles des autres végétaux.
+
+Hiverné dans l'orangerie, le Chamærops humilis est facile à
+conserver.
+
+
+CHEIRANTHUS DELILIANUS.--Charmante petite giroflée à fleurs rouge
+violacé, d'une longue durée, que l'on peut cultiver en pleine terre
+pendant l'été.
+
+On la multiplie de boutures, que l'on hiverne sous châssis.
+
+
+CHEIRANTHUS MARSHALLII.--Tout aussi recommandable, cette plante
+diffère du Cheiranthus Delilianus par la couleur de ses fleurs, qui
+sont d'un beau jaune; elle se cultive exactement de même.
+
+
+CHRYSANTHÈME frutescent (_Chrysanthème à fleurs blanches_).--Cette
+plante, dont les fleurs ressemblent un peu aux marguerites des prés,
+convient tout particulièrement, par la rusticité et la longue durée
+de ses fleurs, pour garnir les massifs.
+
+On la multiplie de boutures faites sous cloche en août et septembre.
+Hivernés sous châssis, les Chrysanthèmes frutescents peuvent être
+livrés à la pleine terre dans le courant de mai[16].
+
+[Note 16: _Cinéraires hybrides._--Pour avoir de belles
+Cinéraires, il faut leur donner une terre légère, composée de terre
+de bruyère, de terre franche et de terreau.
+
+On les sème en août et septembre, sous châssis, à une exposition
+ombragée. Repiquées, puis rempotées à propos, les Cinéraires de
+semis peuvent, au printemps, faire l'ornement des serres et des
+appartements.]
+
+
+COLEUS VERSCHAFFELTI.--Tous les Coléus sont remarquables par la
+riche coloration de leurs feuilles, mais ils sont délicats. Seule,
+l'espèce nommée Verschaffelti peut être cultivée en pleine terre
+pendant l'été comme les Lantana, les Héliotropes et les Salvia.
+
+Rien ne peut donner une idée de la beauté de cette plante, quand
+elle a reçu à propos tous les soins qu'elle réclame.
+
+On multiplie les Coleus Verschaffelti de boutures, que l'on hiverne
+dans la serre chaude.
+
+
+CUPHÉA.--Les Cuphéa doivent, conformément à leur taille peu élevée,
+être placés sur le bord des massifs. Cultivées en pleine terre
+pendant l'été, ces charmantes petites plantes donnent des fleurs
+jusqu'aux gelées; on les multiplie de semis ou de boutures que l'on
+hiverne sous châssis.
+
+ =Variétés.=--Platycentra, -- Ignea, -- Strigulosa.
+
+
+ÉRYTHRINA.--Comme toutes les plantes qui végètent vigoureusement,
+les Érythrina ont besoin de beaucoup de nourriture pour donner de
+belles fleurs. Aussi, à moins que le sol qu'on leur destine ne soit
+froid et humide, il vaut mieux les cultiver en pleine terre pendant
+l'été que de les conserver en pots.
+
+Cet arbuste est digne, par la beauté de ses grandes fleurs rouges,
+de figurer dans tous les jardins. On peut le planter isolément ou en
+massif. On le rentre pendant l'hiver dans l'orangerie où il doit
+rester jusqu'au printemps.
+
+ =Variétés.=--Crista galli, -- Bellengerii, -- Floribunda, --
+ Madame Bellengé, -- Marie Bellengé, -- Ruberrima.
+
+
+EUCALYPTUS GLOBULUS.--Grand et bel arbre de l'Australie que l'on
+peut cultiver en pleine terre pendant l'été; doué d'une vigueur peu
+commune, l'Eucalyptus globulus est susceptible d'acquérir 5 mètres
+d'élévation dans une année; ses feuilles, couvertes d'une poussière
+blanchâtre dans leur jeunesse, diffèrent essentiellement de celles
+que donnent les arbres de nos jardins. Multiplication de graines,
+semées vers la fin de l'été, afin d'avoir des plants bons à mettre
+en pleine terre l'année suivante.
+
+
+DATURA ARBOREA.--Le Datura arborea est sinon la première plante de
+serre que l'on ait cultivée en pleine terre pendant l'été, du moins
+l'une des premières; ses fleurs, longues souvent de 0m,32, sont
+pendantes, blanches et très-odorantes.
+
+Dans de grands jardins, on peut composer des massifs de Datura
+arborea; mais partout ailleurs, il est préférable de cultiver cette
+belle plante isolément.
+
+On multiplie le Datura arborea de boutures, que l'on hiverne dans
+l'orangerie, comme les vieux pieds.
+
+
+FUCHSIA.--Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Fuchsia
+donnent des fleurs jusqu'aux gelées, sans exiger d'autres soins que
+des arrosements proportionnés à l'état de la température.
+
+On les multiplie de semis, ou de boutures que l'on hiverne en serre
+ou sous châssis.
+
+ =Variétés.=--À fleurs rouge plus ou moins foncé, ou blanches avec
+ la corolle rouge.
+
+
+HÉLIOTROPES.--Pour avoir de beaux Héliotropes, il faut les cultiver
+en pleine terre pendant l'été.
+
+On les multiplie de semis, ou mieux de boutures, faites sur couches,
+en janvier et février.
+
+Plantées dans le courant de mai, les boutures d'Héliotrope prennent
+en peu de temps un grand développement et donnent des fleurs
+jusqu'aux gelées.
+
+Quelques pieds d'Héliotropes hivernés dans la serre chaude
+suffisent, chaque année, pour avoir autant de boutures qu'il en faut
+pour garnir un jardin.
+
+ =Variétés.=--Du Pérou, -- Triomphe de Liége, -- Gloire des
+ massifs, -- Anna Thurell.
+
+
+LANTANA.--Les Lantana sont de charmantes petites plantes à fleurs en
+corymbes, d'abord jaunes, puis rouges ou lilas, avec lesquelles on
+peut composer de délicieux massifs.
+
+On multiplie les Lantana de semis ou de boutures, faites sur couche
+en janvier et février. En donnant à ces boutures la chaleur dont
+elles ont besoin, elles peuvent être livrées à la pleine terre dans
+la seconde quinzaine de mai.
+
+Il faut aux Lantana une terre légère, largement pourvue d'engrais
+consommé.
+
+ =Variétés.=--Aurantiaca, -- Delicatissima, -- Mutabilis.
+
+
+LOBELIA RAMOSA.--Plante à bordures, à fleurs d'un beau bleu.
+
+Cultivé en pleine terre pendant l'été, le Lobelia ramosa donne des
+fleurs jusqu'aux gelées. On le multiplie de semis, ou de boutures en
+août et septembre.
+
+Hivernées sous châssis, les boutures de Lobelia ramosa peuvent être
+livrées à la pleine terre dans le courant de mai.
+
+
+MIMULUS.--La difficulté de conserver les Mimulus pendant l'hiver
+fait que l'on doit se contenter de les cultiver comme des plantes
+annuelles.
+
+Semés sur couche en février et mars, les Mimulus peuvent être livrés
+à la pleine terre, dans la seconde quinzaine de mai. Cultivés en
+terre légère mélangée de terreau, les Mimulus forment de larges
+touffes, quand on pince à propos l'extrémité des tiges.
+
+ =Variétés.=--Variegatus, -- Cardinalis.
+
+Le Mimulus musqué est une espèce rampante à petites fleurs jaunes,
+que l'on peut cultiver à l'ombre, en terre de bruyère.
+
+
+NICOTIANA WIGANDIOÏDES.--Plante vivace d'orangerie que l'on peut
+cultiver en pleine terre pendant l'été, exactement comme les Datura.
+Placé dans des conditions favorables le Nicotiana wigandioïdes
+constitue une belle plante à feuilles ornementales que l'on
+multiplie de graines et de boutures.
+
+
+NIEREMBERGIA GRACILIS.--La Nierembergia gracilis, convient tout
+particulièrement, pour faire des bordures, en couchant les branches
+sur le sol. Cultivée en pleine terre pendant l'été, elle donne des
+fleurs jusqu'aux gelées. On la multiplie de semis, ou mieux de
+boutures, que l'on hiverne sous châssis.
+
+Beaucoup plus vigoureux, le _Nierembergia frutescent_ mérite la
+préférence à tous égards.
+
+
+PÉLARGONIUM ZONALE.--Beaucoup plus connue sous le nom de Géranium,
+que sous celui de Pélargonium, cette plante fait aujourd'hui le plus
+bel ornement de nos jardins.
+
+Tout aussi recommandable par sa rusticité que par l'éclat,
+l'abondance et la longue durée de ses fleurs, le Géranium zonale
+convient tout particulièrement pour garnir les vases et les massifs.
+On le multiplie de semis, ou mieux de boutures faites sous cloches
+en août et septembre.
+
+Hivernés en serre ou sous châssis, les Géranium zonale peuvent être
+livrés à la pleine terre dans le courant de mai. Comme ils prennent
+en peu de temps un grand développement, il est beaucoup plus simple
+de planter chaque année de jeunes Géranium, que de conserver les
+vieux pieds.
+
+ =Variétés.=--À fleurs rouges, -- roses, -- blanches, ou rouges à
+ feuilles panachées de blanc.
+
+L'espèce connue sous le nom de _Géranium à feuilles de lierre_ peut
+être cultivée en bordure pendant l'été.
+
+
+PÉTUNIA.--Ayant reconnu depuis longtemps qu'il était beaucoup plus
+simple de cultiver les Pétunia comme des plantes annuelles que de
+conserver les vieux pieds, on les sème maintenant en mars sur
+couche, puis on les repique, aussitôt que le plan est assez avancé,
+ou bien on les sème en avril, immédiatement en place.
+
+Quant aux variétés à fleurs doubles, que l'on veut conserver, il
+faut en faire des boutures, en août et septembre, et les hiverner
+sous châssis.
+
+Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Pétunia donnent des
+fleurs jusqu'aux gelées. Aussi, de toutes les plantes qui servent à
+l'ornementation des jardins, il n'en est pas qui conviennent mieux
+que les Pétunia pour garnir les vases et les massifs, ou faire des
+bordures, en couchant les branches sur le sol[17].
+
+[Note 17: PRIMULA Sinensis.--La Primula Sinensis est une des
+plantes qui conviennent le mieux pour orner les serres et les
+appartements pendant l'hiver.
+
+On la sème en mars et avril sous châssis, puis on la repique en
+pots. Il lui faut de la terre de bruyère mêlée d'un quart de
+terreau.]
+
+
+SALVIA SPLENDENS.--Bien que les fleurs de cette belle plante
+apparaissent un peu tard, on ne doit pas en négliger la culture, car
+livrée à la pleine terre, dans le courant de juin, elle donne,
+pendant tout l'automne, de longs épis de fleurs rouges, d'un éclat
+tel, qu'il est impossible de les fixer longtemps.
+
+On multiplie le Salvia splendens de semis, ou mieux de boutures,
+faites sur couche en mars et avril. Quelques pieds de Salvia
+splendens, hivernés dans la serre chaude, suffisent, chaque année,
+pour avoir autant de boutures qu'il en faut pour garnir un jardin.
+
+
+SOLANUM.--Considérés au point de vue ornemental, les Solanum
+présentent un immense intérêt. Cultivées en pleine terre pendant
+l'été, certaines espèces produisent un effet remarquable par la
+beauté de leurs feuilles.
+
+On peut en composer des massifs; cependant il est préférable de les
+placer isolément sur les pelouses de gazon.
+
+On multiplie les Solanum de semis, ou de boutures, que l'on hiverne
+dans la serre chaude.
+
+ =Variétés.=--Atropurpureum, -- Betaceum, -- Callicarqum, --
+ Marginatum, -- Purpureum, -- Pyracanthum, -- Robustum.
+
+
+SENECIO CINÉRARIA (_Cineraria maritima_).--Plante rameuse à feuilles
+pennées recouverte de même que les tiges, d'un duvet tomenteux.
+Disposée en lignes, autour des massifs de Coléus ou de toute autre
+plante de couleur vive, la Cineraria maritime produit un charmant
+effet; elle peut au besoin passer l'hiver dehors; cependant, il est
+préférable de faire des boutures chaque année, afin de remplacer les
+vieux pieds, qui finissent par prendre un trop grand développement.
+
+La _Centaurea candidissima_ peut être employée dans les mêmes
+circonstances; elle est même d'un plus beau blanc que la Cineraria
+maritime, seulement elle est moins rustique.
+
+
+STATICE LATIFOLIA.--Cette plante vivace, à feuilles radicales, tiges
+rameuses à ramifications, disposées en corymbe paniculé; fleurs
+bleues, de juillet en septembre.
+
+Multiplication de graines, en juin et juillet; bien que rustique, la
+Statice latifolia doit être cultivée en pot, que l'on hiverne sous
+châssis.
+
+
+TAGETES LUCIDA.--Les fleurs de cette plante sont d'un beau jaune.
+Elles sont petites, mais très-nombreuses et d'une longue durée. Au
+besoin, le Tagetes lucida peut remplacer la Calcéolaire ligneuse
+dans la composition des massifs, où l'on veut avoir des fleurs
+jaunes. On le multiplie de semis ou de boutures, que l'on hiverne
+sous châssis.
+
+
+TRADESCANTIA zebrina.--Plante rampante, propre à garnir, pendant
+l'été, la surface des massifs consacrés à la culture des plantes de
+serre chaude.
+
+Les conditions tout exceptionnelles dans lesquelles prospère le
+Tradescantia zebrina, ajoutent encore à l'intérêt que présente cette
+charmante plante si remarquable déjà par la beauté de ses feuilles.
+
+On multiplie le Tradescantia zebrina de boutures que l'on hiverne en
+serre chaude.
+
+
+VERVEINES hybrides.--Les graines que donnent ces charmantes petites
+plantes, produisent chaque année un nombre considérable de variétés
+de toutes nuances. Semées en février et mars sur couche, les
+Verveines hybrides peuvent être repiquées en pots, ou immédiatement
+en place, comme toutes les plantes annuelles que l'on sème au
+printemps.
+
+Malgré la simplicité de ce mode de culture, on multiplie le plus
+souvent les Verveines de boutures, en août et septembre; hivernés
+sous châssis, les boutures de Verveines sont bonnes à mettre en
+pleine terre en avril et mai.
+
+L'éclat, la fraîcheur et la longue durée des fleurs de Verveines
+permettent de recommander particulièrement ces plantes, pour
+composer des massifs, ou faire des bordures, en couchant les
+branches sur le sol.
+
+
+VÉRONIQUES ligneuses.--Les Véroniques ligneuses sont des plantes
+qu'il ne faut pas confondre avec les Véroniques vivaces dont les
+tiges meurent chaque année. Disposées en longues grappes rouges,
+roses ou lilas les fleurs de Véroniques ligneuses passent
+successivement au blanc.
+
+On les multiplie de semis ou de boutures, faites sous cloches, en
+août et septembre. Hivernées sous châssis, les boutures de
+Véroniques ligneuses peuvent être livrées à la pleine terre dans le
+courant de mai.
+
+ =Variétés.=--Andersoni, -- Lindleyana, -- Splendida.
+
+
+WIGANDIA Caracasana.--De toutes les plantes de serre cultivées pour
+la beauté de leurs feuilles il n'en est pas de plus ornementales que
+le Wigandia Caracasana.
+
+On le multiplie de semis ou de boutures, de racines, en septembre et
+octobre; hivernées en serre ou sous châssis, les boutures de
+Wigandia Caracasana peuvent être livrées à la pleine terre vers la
+fin de mai.
+
+Pour obtenir tout l'effet que cette belle plante peut produire, il
+faut lui réserver une place sur les pelouses de gazon et lui donner
+une terre légère largement pourvue d'engrais consommés.
+
+
+Section V.--Plantes pour l'ornement des eaux.
+
+1. _Plantes à feuilles flottantes._
+
+ALISMA flottant (_Alisma natans_).--Fleurs blanches.
+
+
+CORNIFLE à fruits épineux (_Ceratophyllum demersum_).--Fleurs
+herbacées, en juin et juillet; variété à fruits lisses.
+
+
+FLÉCHIÈRE aquatique (_Sagittaria sagittifolia_).--Fleurs blanches,
+en juin; multiplication de graines.
+
+
+MACRE flottante, châtaigne d'eau (_Trapa natans_).--Fleurs blanches,
+en juin; multiplication de graines.
+
+
+MÉNYANTHE Trèfle d'eau (_Menyanthes trifoliata_).--Fleurs blanches,
+en juillet.
+
+
+MORRÈNE grenouillette (_Hydrocharis morsus ranæ_).--Fleurs blanches,
+en juin.
+
+
+NÉNUPHAR blanc, LIS d'étang (_Nymphæa alba_).--Fleurs blanches ou
+jaunes, en juin, juillet et août.
+
+
+NÉNUPHAR odorant (_N. odorata_).--Fleurs blanches, doubles,
+odorantes, en juillet.
+
+
+RENOUÉE amphibie (_Polygonum amphibium_).--Fleurs rouges, en
+juillet.
+
+
+VILLARSIE à feuilles de Nénuphar, MÉNYANTHE (_Villarsia
+nymphoides_).--Fleurs jaunes, en juillet.
+
+
+2. _Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux._
+
+ACORE odorant (_Acorus calamus_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,50; fleurs
+odorantes, en chatons, en juillet.
+
+
+IRIS des marais, GLAÏEUL des marais (_Iris
+Pseudo-Acorus_).--Hauteur, 1m,33; fleurs d'un beau jaune, en juin.
+
+
+MASSETTE à larges feuilles (_Typha latifolia_).--Tiges de 1m,65 à 2
+mètres, terminées par un épi de fleurs brunes, en juillet.
+
+
+MASSETTE à feuilles étroites (_T. angustifolia_).--Moins élevée que
+la précédente.
+
+
+NAÏADE à feuilles lancéolées (_Naias monosperma_).--Hauteur, 0m,15;
+fleurs herbacées, en août et septembre; multiplication de graines,
+qui se resèment d'elles-mêmes.
+
+
+PATIENCE aquatique (_Rumex hydrolapathum_),--Hauteur, 1m,50 à 2
+mètres; fleurs verdâtres, en juillet.
+
+
+PONTÉDÉRIE à feuilles en coeur (_Pontederia cordata_).--Fleurs
+bleues, en mai. On peut également cultiver cette belle plante sur le
+bord de l'eau.
+
+
+PESSE d'eau (_Hippuris vulgaris_).--Hauteur, 0m,15 à 0m,20; fleurs
+d'un blanc sale, en mai.
+
+
+RENONCULE à feuilles longues, GRANDE DOUVE (_Ranunculus
+lingua_).--Tiges de 1 mètre; fleurs jaunes, en juin, et
+successivement jusqu'en octobre.
+
+
+SALICAIRE effilée (_Lythrum virgatum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs d'un rose pourpre, en juillet et août.
+
+Toutes les Salicaires peuvent également être cultivées sur le bord
+de l'eau.
+
+
+SAURURE penché (_Saururus cernuus_).--Hauteur, 0m,40; fleurs
+blanches, disposées en une longue grappe courbée au sommet.
+
+
+SCIRPE des étangs (_Scirpus lacustris_).--Plante très-élevée,
+donnant en juillet des fleurs disposées en épis terminaux.
+
+
+SPARGANIUM flottant, RUBAN d'eau (_Sparganium natans_).--Hauteur,
+0m,33; fleurs en chatons, en juillet.
+
+Toutes ces plantes peuvent être cultivées dans de grands pots ou
+dans des baquets que l'on plonge dans l'eau.
+
+
+3. _Plantes propres à la décoration du bord de l'eau._
+
+ALISMA plantain d'eau (_Alisma plantago_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+blanches ou rougeâtres, en juillet.
+
+
+ARUNDO DONAX.--Cette plante, remarquable par la puissance de sa
+végétation, doit, comme tous les roseaux, être cultivée isolément;
+chaque année, on coupe les tiges de l'Arundo donax rez de terre,
+puis on le couvre de feuilles pendant les hivers rigoureux.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées de blanc, -- à feuilles
+ panachées de jaune.
+
+ La variété à feuilles panachées de blanc doit être rentrée
+ l'hiver. Celle à feuilles panachées de jaune peut rester en
+ place.
+
+
+BAMBUSA AUREA. Originaire du nord de la Chine, cette belle plante
+résiste, sans souffrir, aux froids les plus rigoureux. Comme tous
+les bambous, elle fournit de nombreuses tiges ligneuses d'un effet
+véritablement très-pittoresque. Multiplication par boutures de
+racines.
+
+
+BUTOME ombellé, JONC fleuri (_Butomus umbellatus_).--Hauteur, 1
+mètre; fleurs roses, en juillet; variété à feuilles panachées.
+
+
+LINAIGRETTE à gaînes (_Eriophorum vaginatum_).--Hauteur, 0m,33; en
+mars et avril, épis couverts de longues soies blanches.
+
+
+LYSIMACHIE à feuilles de saule (_Lysimachia ephemerum_).--Hauteur, 1
+mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre; multiplication de
+graines semées sur couches, fréquemment arrosées, ou de l'éclat des
+pieds.
+
+
+LYSIMACHIE thyrsiflore, NAUMBURGIA thyrsiflore (_L.
+thyrsiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs jaunes, en juin et juillet;
+multiplication de graines et d'éclats.
+
+
+LYSIMACHIE ponctuée (_L. punctata_).--Hauteur, 0m,65; fleurs jaunes,
+en juillet.
+
+
+PARNASSIE des marais (_Parnassia palustris_).--Hauteur, 0m,25 à
+0m,30; fleurs blanches tachées de jaune, en juin et juillet.
+
+
+PHALARIS rubané, ROSEAU ruban (_Phalaris arundinacea
+picta_).--Hauteur, 1 mètre; feuilles rubanées de jaune; fleurs
+disposées en panicule spiciforme, blanchâtre du côté de l'ombre,
+pourpre du côté du soleil; multiplication par traces.
+
+
+POPULAGE des marais, SOUCI des marais (_Calthapalustris_).--Hauteur,
+0m,33; en avril et mai, fleurs d'un beau jaune, simples ou doubles.
+
+
+RENONCULE flamme (_Ranunculus flammula_).--Hauteur, 0m,40; fleurs
+jaunes, en juin et juillet.
+
+
+SCORPIONE des marais, SOUVENEZ-VOUS-DE-MOI (_Myosotis
+palustris_).--Tiges de 0m,20 à 0m,26; fleurs d'un bleu céleste,
+d'avril en août; multiplication de graines, semées au printemps, de
+boutures ou par l'éclat des pieds.
+
+
+SPIRÉES (_Spiræa_).--Presque toutes les espèces herbacées se
+plaisent sur le bord des eaux et produisent un effet agréable.
+
+
+4. _Arbres et arbustes._
+
+AIRELLE veinée (_Vaccinium uliginosum_).--Tiges rampantes; fleurs
+blanches ou carnées, en mai et juin.
+
+
+AIRELLE caneberge (_V. Oxycoccos_).--Tiges comme la précédente;
+fleurs rouges, en mai; baies rouges avec des points pourpre.
+
+
+AUNE (_Alnus_).--Tous aiment une terre humide, marécageuse ou même
+submergée. (_V. Arbres d'agrément._)
+
+
+CÉPHALANTHE d'Amérique, BOIS-BOUTON (_Cephalantus
+occidentalis_).--Hauteur, 1m,30 à 1m,65; fleurs blanches, en août et
+septembre.
+
+
+CHIONANTHE de Virginie, ARBRE de neige (_Chionantus
+Virginica_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; fleurs blanches, en juin.
+
+
+CYPRÈS chauve de la Louisiane (_Cupressus disticha_, _Schubertia
+disticha_). (V. _Arbres d'agrément._)
+
+
+DIRCA des marais, BOIS-CUIR (_Dirca palustris_).--Hauteur, 1m,33 à 2
+mètres; fleurs d'un blanc jaunâtre, en mars et avril.
+
+
+GALÉ, Piment royal (_Myrica Gale_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs en chatons, en mai.
+
+
+GALÉ de Pensylvanie (_M. Pennsylvanica_).--Hauteur, 1m,65 à 2
+mètres; fleurs comme le précédent.
+
+
+HAMAMÉLIS de Virginie (_Hamamelis Virginica_).--Hauteur, 1m,33 à
+1m,65; fleurs d'un blanc jaunâtre, en automne.
+
+
+PEUPLIERS (_Populus_).--Ils se plaisent dans les terrains humides et
+tous sont propres à la décoration des pièces d'eau et des rivières.
+(V. _Arbres d'agrément._)
+
+
+SAULES (_Salix_).--Tous les saules conviennent aux sites aquatiques
+des jardins paysagers et peuvent être avantageusement placés aux
+bords des eaux, où ils produisent un effet très-pittoresque. (V.
+_Arbres d'agrément._)
+
+
+TAMARIX de Narbonne (_Tamarix Gallica_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33;
+fleurs d'un blanc purpurin, de mai en octobre.
+
+
+TAMARIX d'Allemagne (_T. Germanica_).--Hauteur, 2m,33 à 2m,65;
+fleurs d'un pourpre pâle ou rose, de juin en septembre.
+
+
+TUPÉLO velu (_Nyssa villosa_).--Grand et bel arbre, à fleurs
+verdâtres, en juin; fruit bleu.
+
+ =Variétés.=--Aquatique, -- des forêts.
+
+
+VIORNE obier, SUREAU aquatique (_Viburnum opulus_).--Hauteur, 1
+mètre à 1m,65; fleurs blanches, en mai et juin; baies rouges.
+
+
+SECTION VI.--Plantes pour rocailles.
+
+AUBRIETIA DELTOIDEA.--Petite plante formant de larges touffes, à
+fleurs d'un bleu clair, pendant tout le printemps.
+
+
+ARABIS VERNA.--Petite plante en touffes; fleurs blanches, en mars.
+
+
+CAMPANULES.--Les _Campanula cespitosa_ et _Carpathica_, déjà
+recommandées comme plantes à bordures, conviennent également bien
+pour garnir les rochers.
+
+
+CRUCIANELLA RUBRA.--Tiges étalées, longues de 0m,25 à 0m,30; fleurs
+roses, tout l'été.
+
+
+EPINEDIUM ALPINUM.--Tiges de 0m,35; fleurs rouges et jaunes, en
+avril et mai.
+
+
+ERINUS ALPINUS.--Petite plante en touffes; fleurs purpurines ou
+blanches; en mars et avril.
+
+
+FOUGÈRES.--Les _Athyrium foemina_, _Adianthum pedatum_, _Aspidium
+lobatum_, _astræa_, _recurva_, _Blechnum spicans_, _Osmunda
+regalis_, _Onoclea sensibilis_, _Pteris aquilina_, _Scolopendrium
+officinarum_, _Struthiopteris Germanica_, peuvent être placés entre
+les pierres des rochers, surtout de ceux qui se trouvent dans un
+endroit frais et abrité.
+
+
+IRIS GERMANICA.--Il n'est pas de plante plus rustique et qui
+convienne mieux que les _Iris Germanica_ pour garnir les rochers.
+
+
+LINARIA CYMBALARIA.--Tiges rampantes; fleurs bleues, tout l'été.
+
+
+OETHIONEMA CORDIFOLIA.--Tiges étalées, longues de 0m,15 à 0m,20;
+fleurs d'un beau rose, en avril et mai.
+
+
+POTENTILLA REPTANS.--Tiges rampantes; fleurs jaunes, tout l'été.
+
+
+PRIMEVÈRES.--Toutes les variétés du _Primula veris_ peuvent être
+employées pour garnir les rochers.
+
+
+SAPONARIA OCIMOIDES.--Tiges étalées, longues de 0m,15 à 0m,20;
+fleurs purpurines, en juin et juillet.
+
+
+SAXIFRAGES.--Les _Saxifraga granulata_, _hypnoides_ et _sarmentosa_
+conviennent tout particulièrement pour garnir les rochers.
+
+
+SEDUM.--Tous les Sedum sont propres à garnir les rochers, et
+particulièrement les _Sedum acre_, _elegans_, _hirsutum_,
+_populifolium_, _Sieboldii_ et _Telephium rubrum_.
+
+
+SEMPERVIVUM TECTORUM.--Hauteur, 0m,33; fleurs purpurines, de juillet
+en septembre.
+
+
+TUSSILAGO FARFARA, _foliis variegatis_.--Plante remarquable par la
+beauté de ses larges feuilles, panachées de jaune; fleurs jaunes en
+février et mars.
+
+
+VINCA MAJOR (Pervenche grande).--Tiges d'environ 0m,65, les unes
+droites, les autres couchées; fleurs bleues tout l'été; variété à
+feuilles panachées.
+
+
+VINCA MINOR (Pervenche petite).--Fleurs bleues, simples ou doubles;
+variété à fleurs blanches.
+
+
+_Arbres et arbrisseaux._
+
+AIRELLE anguleuse (_Vaccinium myrtillus_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+d'un blanc rosé, en mai; baies d'un bleu noirâtre.
+
+
+ASTRAGALE adragant (_Astragalus tragacantha_).--Hauteur, 0m,33;
+fleurs blanches, en juin et juillet.
+
+
+CÂPRIER commun (_Capparis spinosa_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs blanches, en juin et juillet; couverture l'hiver.
+
+
+CHÊNE kermès (_Quercus coccifera_).--Hauteur, 1 mètre; glands
+ovales, ne mûrissant que la seconde année.
+
+
+COTONEASTER BUXIFOLIA.--Arbrisseau peu élevé, à rameaux inclinés; en
+avril et mai, fleurs blanches. Fruits rouges, en automne.
+
+Les _Cotoneaster microphylla comptus_ et _marginatus_, conviennent
+également pour garnir les rochers et les terrains en pente.
+
+
+FONTANESIA à feuilles de Filaria (_Fontaniesa
+phyllireoides_).--Hauteur, 2m,65; fleurs blanches, puis rougeâtres,
+en mai.
+
+
+GROSEILLIER stérile (_Ribes sterile_).--Fleurs jaunes, en avril.
+
+
+JASMIN jaune (_Jasminum fruticans_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs jaunes, de mai en septembre; baies noirâtres.
+
+
+LYCIET de la Chine (_Lycium Sinense_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33;
+fleurs d'un violet purpurin, tout l'été; baies rouges.
+
+
+LYCIET à feuilles étroites, JASMINOIDE (_L. barbarum_).--Il diffère
+du précédent par ses feuilles un peu plus larges, et par ses fleurs
+d'un blanc pourpre.
+
+
+LYCIET d'Europe (_L. Europeum_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs
+blanchâtres.
+
+
+MILLEPERTUIS à grandes fleurs (_Hypericum calycinum_).--Hauteur,
+0m,34; fleurs d'un beau jaune, de juin en septembre.
+
+
+RONCE commune (_Rubus fruticosus_).--On en cultive plusieurs
+variétés les plus remarquables sont:
+
+
+RONCE à fleurs blanches doubles.--Fleurs semblables à de petites
+roses, de juin en novembre.
+
+
+RONCE à feuilles découpées.--Fleurs roses, de juillet en septembre.
+
+
+RONCE à fleurs roses.--Fleurs roses très-doubles.
+
+
+SECTION VII.--Plantes grimpantes pour garnir les murs, berceaux,
+tonnelles.
+
+1. _Plantes annuelles et vivaces._
+
+CALYSTEGIA PUBESCENS.--Tout l'été, fleurs doubles, d'un rose tendre,
+nuancé de rose plus vif.
+
+
+CALYSTEGIA SEPIUM (var. _incarnatum_).--Fleurs simples, d'un rose
+tendre.
+
+Les Calystégia conviennent tout particulièrement pour garnir les
+berceaux, les rochers et la tige des grands arbres que l'on veut
+dissimuler; on les multiplie par tronçons de racines.
+
+
+CAPUCINE grande (_Tropoeolum majus_).--Fleurs jaune orangé, tout
+l'été; variété à fleur brune; semer en place, en avril.
+
+
+CAPUCINE des Canaries. (_Tropoeolum peregrinum_).--Tout l'été,
+fleurs jaune serin; même culture.
+
+
+COBÉE grimpante (_Cobæa scandens_). Fleurs violettes, tout l'été;
+semer sur couche, en mars. Dès que les plants ont quelques feuilles,
+on les repique dans de petits pots, qu'on laisse sur couche jusqu'à
+la fin d'avril ou au commencement de mai, époque où on les met en
+pleine terre.
+
+
+COURGE vivace (_Cucurbita perennis_).--Cette courge est extrêmement
+remarquable par sa rusticité, la beauté de ses feuilles veloutées et
+l'odeur agréable de ses fleurs. Les tiges de la courge vivace
+meurent pendant l'hiver, mais elles repoussent au printemps avec une
+grande vigueur; on la multiplie de graines, de marcottes et de
+rejetons, que l'on replante au printemps.
+
+La courge, connue sous le nom de _Tladiantha dubia_, produit des
+tubercules qui servent à sa reproduction.
+
+
+COURGES annuelles.--Toutes les courges annuelles peuvent être
+cultivées comme plantes grimpantes.
+
+On les sème en mars, sur couche, ou en mai, immédiatement en place;
+à cet effet, on prépare un bon trou, que l'on remplit de fumier, on
+place la terre provenant de la fouille sur le fumier, puis on fait
+un bassin, au centre duquel on sème les graines de courge.
+
+Les courges pèlerine, poire à poudre, plate de Corse, massue,
+siphon, métulifère, dipsaceus, myriocarpus (courge groseille),
+melanosperma et toutes les coloquintes peuvent être traitées comme
+nous venons de l'indiquer.
+
+
+GESSE odorante, Pois de senteur (_Lathyrus odoratus_).--Fleurs
+violettes, roses, rouges ou blanches, odorantes; semer en place, en
+automne ou au printemps.
+
+
+GESSE de Tanger (_L. Tingitanus_).--Fleurs d'un rouge pourpre foncé,
+de juillet en octobre; semer en place au printemps.
+
+
+GESSE à larges feuilles, POIS vivace (_L. Latifolius_).--Plante
+vivace; fleurs d'un rose pourpre, de juillet en septembre; semer en
+place, en automne ou au printemps.
+
+
+HARICOT d'Espagne (_Phasoelus coccineus_).--Fleurs rouge écarlate,
+tout l'été; variétés à fleurs blanches et à fleurs bicolores; semer
+en place, en avril.
+
+
+IPOMÉE pourpre, VOLUBILIS (_Convolvulus purpureus_, _Ipomoea
+purpurea_).--Pendant l'été, fleurs blanches, rouges, roses, bleues
+ou panachées. Toutes les variétés se sèment en place, en avril et
+mai.
+
+
+IPOMÉE Nil ou de Michaux (_I. Nil_, _C. Nil._)--Fleurs d'un bleu
+azuré, tout l'été.
+
+
+IPOMÉE écarlate, QUAMOCLIT écarlate (_I. coccinea_).--Fleurs
+écarlates, tout l'été.
+
+
+THUNBERGIA à pétioles ailés (_Thunbergia alala_).--Fleurs jaunes
+avec le centre pourpre, tout l'été; variété à fleurs blanches; semer
+sur couche, au printemps, et repiquer le plant en pleine terre.
+
+
+2. _Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut mettre en
+pleine terre tout l'été._
+
+BOUSSINGAULTIA BASELLOIDES.--Grande plante sarmenteuse, à fleurs
+blanches, petites, très-odorantes.
+
+Multiplication de boutures, qui s'enracinent facilement et par les
+tubercules; couverture l'hiver.
+
+
+CAPUCINES tubéreuses.--On cultive plusieurs espèces de Capucines à
+racines tubéreuses, mais elles exigent la serre. Plus rustique que
+les autres, l'espèce connue sous le nom de _Tropæolum pentaphyllum_
+peut être plantée en pleine terre, en avril ou mai.
+
+À l'approche des froids, on relève les tubercules, que l'on conserve
+dans de la terre sèche jusqu'au moment de les replanter.
+
+
+DIOCLÉE glycinoïde (_Dioclea glycinoides_).--Fleurs d'un rouge
+très-vif, en automne; multiplication de boutures.
+
+
+ECCREMOCARPUS rude (_Eccremocarpus scaber_).--Fleurs écarlates, en
+juillet et août; semer aussitôt après la maturité.
+
+
+IPOMÉE de Léar (_Ipomoea Learii_).--Fleurs grandes, d'un beau bleu,
+tout l'été et l'automne; multiplication de boutures.
+
+
+LOASA à fleurs rouges (_Laosa lateritia_).--Fleurs rouge brique,
+tout l'été; multiplication de graines ou de boutures.
+
+
+LOASA à fleurs orangées (_L. aurantiaca_).--Fleurs jaune orangé,
+tout l'été; même multiplication.
+
+
+LOPHOSPERME à fleurs roses (_Lophospermum erubescens_).--Fleurs
+roses, tout l'été; multiplication de graines et de boutures.
+
+
+LOPHOSPERME volubile (_L. rhodochiton_).--Moins élevée que la
+précédente; fleurs roses, tout l'été; même multiplication.
+
+
+MAURANDIE toujours fleurie (_Maurandia semperflorens_).--Fleurs d'un
+rose pourpre, tout l'été. On la multiplie de graines, semées sur
+couche au printemps, et de boutures.
+
+
+MAURANDIE à fleurs de Muflier (_M. antirrhiniflora_).--Fleurs
+lilacées, tout l'été.
+
+
+MAURANDIE de Barclay (_M. Barclayana_).--Fleurs d'un beau bleu, tout
+l'été.
+
+
+3. _Arbrisseaux[18]._
+
+[Note 18: Les plantes marquées d'un astérisque sont à feuillage
+persistant.]
+
+ARISTOLOCHE siphon (_Aristolochia sipho_).--En mai et juin, fleurs
+d'un pourpre obscur, en forme de pipe.
+
+ =Variétés=.--Tomenteuse, -- * Sempervirens.
+
+
+ATRAGÈNE des Alpes (_Atragene Alpina_).--Fleurs bleu clair, en juin
+et juillet.
+
+
+ATRAGÈNE de Sibérie (_A. Sibirica_).--Fleurs blanches.
+
+
+ATRAGÈNE de l'Inde (_A. Indica_).--Fleurs d'abord verdâtres, puis
+blanches, d'avril en novembre; couverture l'hiver.
+
+
+ATRAGÈNE à vrilles (_A. cirrhosa_).--Fleurs d'un blanc verdâtre, en
+automne.
+
+
+BIGNONE, JASMIN de Virginie (_Bignonia radicans_).--Fleurs grandes,
+d'un rouge écarlate, en juillet et août.
+
+
+BIGNONE à grandes fleurs (_B. grandiflora_).--Fleurs safranées.
+
+
+BIGNONE à vrilles (_B. capreolata_).--En juin, fleurs d'un jaune
+orangé au sommet, pourpre à la base.
+
+
+CÉLASTRE grimpant, BOURREAU des arbres (_Celastrus
+scandens_).--Fleurs verdâtres, en mai et juin; fruit rouge.
+
+
+CHÈVREFEUILLE des jardiniers (_Lonicera Caprifolium_).--En mai et
+juin, fleurs à odeur suave, roses en dedans, plus ou moins rouges en
+dehors. Variété à fleurs blanches et à feuilles panachées.
+
+ =Variétés=.--Flava, -- Japonica, -- Sempervirens, -- Sinensis.
+
+
+CLÉMATITE odorante (_Clematis flammula_).--En juillet et août,
+fleurs blanches, disposées en grappes, très-odorantes.
+
+ =Variétés=.--Azurea, -- Bicolor, -- Florida, -- Hendersoni, --
+ Montana, -- Sophia, -- Viticella, -- Viticella venosa.
+
+
+DÉCUMAIRE sarmenteux (_Decumaria barbata_).--Fleurs blanches, d'une
+odeur suave, en août et septembre.
+
+
+GLYCINE de la Chine (_Glycine Sinensis_).--Fleurs grandes, d'un bleu
+pâle ou blanches, à odeur suave, en avril. Comme tous les arbustes
+vigoureux, les Glycines de la Chine peuvent être taillées.
+Seulement, il faut, contrairement à ce qui se fait ordinairement,
+les tailler dans le courant de juin, autrement elles ne donnent pas
+de fleurs l'année suivante.
+
+
+GLYCINE frutescente (_G. frutescens_).--Fleurs violettes, de juin en
+septembre.
+
+ =Variétés.=--Backousiana, -- Floribunda.
+
+
+GRENADILLE bleue, FLEUR de la Passion (_Passiflora
+coerulea_).--Fleurs blanches, bleues et purpurines, de juillet en
+octobre; couverture l'hiver.
+
+
+GRENADILLE incarnate (_P. incarnata_).--Fleurs blanches, purpurines,
+violettes et noires, en juillet et en août; couverture l'hiver.
+
+
+HOUBLON cultivé (_Humulus lupulus_).--Fleurs jaunes, en cône
+écailleux, de juin en août.
+
+
+JASMIN blanc (_Jasminum officinale_).--Fleurs blanches, à odeur
+suave, tout l'été.
+
+
+JASMIN triomphant (_J. revolutum_).--Fleurs d'un jaune très-vif,
+très-odorantes; couverture l'hiver.
+
+
+LIERRE grimpant (_Hedera helix_).--Fleurs petites, verdâtres, en
+septembre et octobre; baies noires; variété à feuilles panachées ou
+maculées de blanc ou de jaune.
+
+
+LIERRE d'Irlande (_H. Hibernica_).--Feuilles plus grandes; produit
+plus d'effet.
+
+
+MÉNISPERME du Canada (_Menispermum Canadense_).--Fleurs petites,
+verdâtres, de juin en juillet.
+
+ =Variétés.=--De la Caroline, -- de Virginie.
+
+
+MORELLE grimpante, VIGNE de Judée (_Solanum dulcamara_).--Fleurs
+violettes, en juin et juillet; baies rouges.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles de jasmin.
+
+
+PÉRIPLOCA de Grèce (_Periploca Græca_).--Fleurs pourpre noirâtre, en
+juin et juillet.
+
+
+4. _Rosiers._
+
+_Des Alpes._--Boursault, fleurs roses, semi-doubles,--Calypso,
+fleurs blanches, nacrées,--Reversa, fleurs pourpres,--Inermis,
+fleurs rose pâle.
+
+_Banks._--À fleurs blanches,--À fleurs jaunes.
+
+_À bractées._--Ayrschyres, fleurs doubles, carnées, à odeur de
+thé,--Macartney, fleurs blanches,--Maria-Leonida, fleurs
+blanches,--Triomphe de Machetteau, fleurs roses, striées de blanc.
+
+_Des champs._--À fleurs roses,--À grandes fleurs blanches.
+
+_Multiflore._--À fleurs-roses, doubles,--À fleurs rouges,
+doubles,--Gaulhie, fleurs blanches,--Laure Davoust, fleurs carné
+vif.
+
+_Muscat._--Blanches simples,--Blanches doubles,--Comtesse Plater, fleurs
+blanc jaunâtre,--Princesse de Nassau, fleurs blanches,--Dupont, fleurs
+blanches simples,--Éponine, fleurs blanches doubles.
+
+_Noisette._--Chromatella jaune foncé,--Euphrosine, roses et jaunâtres,
+odorant,--Noisette ordinaire, fleurs couleur de chair,--Desprez, fleurs
+jaune rosé,--Lamarque, fleurs blanches,--Labiche, fleurs blanches, coeur
+rose,--Solfatare, jaune soufre.
+
+_Toujours vert._--Scandens, fleurs blanches,--Adélaïde d'Orléans, fleurs
+blanches,--Princesse Marie, fleurs rose tendre,--Félicité-Perpétue,
+fleurs blanc carné.
+
+
+Les Rosiers grimpants, que l'on veut tailler, doivent être soumis à
+cette opération aussitôt après la floraison; autrement, ils ne
+donnent pas de fleurs l'année suivante.
+
+
+SCHIZANDRE cocciné (_Schizandra coccinea_).--Fleurs coccinées, en
+juillet; couverture l'hiver.
+
+
+VIGNE vierge (_Cissus quinquefolia_).--Arbrisseau recommandable par
+sa vigueur et sa rusticité; fleurs verdâtres, en automne.
+
+ =Variétés.=--D'Orient, -- Hétérophylle.
+
+
+SECTION VIII.--Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques[19].
+
+[Note 19: En procédant à la plantation des espèces marquées d'un
+astérisque, il faut garnir, dans le principe seulement, les racines
+de terre de bruyère, afin de favoriser leur reprise.]
+
+Chaque fois que la culture des arbrisseaux, arbustes et arbres
+n'offrira rien de particulier, nous n'entrerons dans aucun détail à
+ce sujet. Tous se multiplient de graines, de greffes, de boutures ou
+de marcottes; mais nous n'avons pas jugé nécessaire d'indiquer le
+mode de reproduction de chacun, car ce n'est guère que dans les
+pépinières qu'on peut se livrer à leur éducation avec avantage.
+Quant à l'époque de la plantation, on devra toujours tenir compte de
+la nature du terrain et observer tout ce qui est indiqué pour les
+arbres fruitiers.
+
+
+AMANDIER nain (_Amygdalus nana_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs
+d'un beau rose, en avril; variété à fleurs doubles.
+
+ =Variétés.=--De Géorgie, -- de Perse, -- à feuilles panachées.
+
+
+AMELANCHIER du Canada (_Cratægus Canadensis_).--Hauteur, 3m,33 à 4
+mètres; fleurs blanches, en avril; fruits presque noirs.
+
+
+AMELANCHIER à grappes (_C. racemosa_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33;
+fleurs blanches, en avril et mai; fruits noirs.
+
+
+AMELANCHIER à épis (_C. spicata_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65;
+fleurs blanches, en mai; fruits rouges.
+
+
+AMORPHA frutescent, FAUX-INDIGO (_Amorpha fruticosa_).--Hauteur, 2
+mètres à 2m,65; fleurs d'un bleu violâtre, en juin et juillet.
+
+ =Variétés.=--Lewesii, -- Glabra, -- Crispa.
+
+
+ARGOUSIER rhamnoïde (_Hippophæ rhamnoides_).--Hauteur, 2 mètres à
+2m,33; rameaux épineux; feuilles blanchâtres, tachées de roussâtre;
+fleurs verdâtres, en avril; baies orangées.
+
+
+* ASSIMINIER de Virginie, ANONE à trois lobes (_Assiminia
+virginiana_).--Hauteur, 3m,33 à 4 mètres; fleurs d'un pourpre
+très-brun, en mai et juin.
+
+ =Variétés.=--À grandes fleurs, -- à petites fleurs.
+
+
+* AZÉDARACH bipenné, ARBRE saint (_Melia Azedarach_).--Hauteur,
+3m,33 à 4 mètres; en juillet, fleurs d'un lilas tendre, à odeur
+suave; couverture l'hiver.
+
+
+BAGUENAUDIER ordinaire (_Colutea arborescens_).--Hauteur, 3 à 4
+mètres; fleurs jaunes, tout l'été; fruits vésiculeux.
+
+
+BAGUENAUDIER du Levant (_C. orientalis_).--Hauteur, 2 mètres; fleurs
+rouge safrané, en juin et juillet.
+
+
+BAGUENAUDIER d'Alep (_C. Alepica_).--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs
+jaunes, tout l'été.
+
+
+BOURGÈNE (_Rhamnus frangula_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; fleurs
+verdâtres, en avril et mai; baies noires.
+
+ =Variétés.=--Des Alpes, -- à larges feuilles.
+
+
+BUGRANE frutescente (_Ononis fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+roses, en mai et juin; variété à fleurs blanches.
+
+
+* CALYCANTHE de la Caroline, POMPADOURA, ARBRE aux Anémones
+(_Calycanthus floridus_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; de mai en
+août, fleurs d'un rouge brun, exhalant une odeur très-agréable.
+
+ =Variétés.=--Fragrans, Occidentalis.
+
+
+CARAGANA arborescent (_Caragana arborescens_, _Robinia
+Caragana_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33; fleurs jaunes, en mai.
+
+
+CARAGANA frutescent (_C. frutescens_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+jaunes, en mai.
+
+
+CARAGANA argenté (_C. argentea_).--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs
+d'un rose pâle, en avril et mai.
+
+ =Variétés.=--Altagana, -- Chamlagu, -- Grandiflora, -- Pygmæa.
+
+
+CERISIER odorant, BOIS de Sainte-Lucie (_Cerasus Mahaleb_, _Prunus
+Mahaleb_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs blanches odorantes, en
+mai; fruits noirs.
+
+
+CESTREAU à baies noires (_Cestrum Parqui_).--Hauteur, 1m,65; tout
+l'été, fleurs jaunes, exhalant une agréable odeur pendant la nuit.
+
+
+CHAMÉCERISIER de Tartarie (_Chamæcerasus (Lonicera)
+Tatarica_).--Hauteur, 2m,65; fleurs roses en dehors, blanches en
+dedans; baies rouges.
+
+ =Variétés.=--Des Pyrénées, -- Ledebour, -- de Standish.
+
+
+* CLETHRA à feuilles d'Aune (_Clethra alnifolia_).--Hauteur, 1m,65 à
+2 mètres; fleurs petites, blanches, odorantes, en août.
+
+ =Variétés.=--Cotonneux, -- Acuminé, -- Paniculé.
+
+
+COIGNASSIER de la Chine (_Cydonia Sinensis_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau rouge, odeur suave, en avril et mai.
+
+
+* COMPTONIE à feuilles de Fougère (_Comptonia
+aspleniifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs en chatons, de
+mars en mai.
+
+
+CORÈTE du Japon (_Kerria Japonica_, _Spiræa Japonica_).--Hauteur,
+1m,65 à deux mètres; fleurs jaunes, très-doubles, tout l'été et
+l'automne.
+
+
+CORONILLE des jardins (_Coronilla Emerus_).--Hauteur, 1m,33; fleurs
+d'un beau jaune, tachées de rouge, d'avril en juin.
+
+
+CORNOUILLER sanguin (_Cornus sanguinea_).--Hauteur, 2m,65 à 4
+mètres; rameaux d'un beau rouge; fleurs blanches, en juin, baies
+noires.
+
+ =Variétés.=--De la Floride, -- à feuilles alternes.
+
+
+CYTISE à feuilles sessiles, TRIFOLIUM (_Cytisus
+sessilifolius_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mars
+et juin.
+
+
+CYTISE à épis (_C. nigricans_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; fleurs
+jaunes, odorantes, en juin et juillet.
+
+
+CYTISE à fleurs en tête (_C. capitatus_).--Hauteur, 0m,65; fleurs
+d'un jaune aurore, en juin et juillet.
+
+ =Variétés.=--Adami, -- à fleurs blanches, -- à fleurs pourpres,
+ -- Biflore.
+
+
+DAPHNÉ Bois-Joli (_Daphne Mezereum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; de
+décembre en février, fleurs rose vif ou blanches, odorantes.
+
+
+DAPHNÉ des Alpes (_D. alpina_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches
+odorantes, en mai et juin.
+
+
+DEUTZIE crénelée (_Deutzia scabra_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches, tout l'été.
+
+
+DEUTZIE à tiges effilées (_D. gracilis_).--Plus élevée que la
+précédente; en mai et juin, fleurs disposées en petites grappes,
+d'un beau blanc.
+
+ =Variétés.=--Canescens, -- Corymbosa.
+
+
+DIERVILLE jaune (_Diervilla lutea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleurs jaunes, de juin en novembre.
+
+
+ÉPINE-VINETTE (_Berberis vulgaris_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65;
+fleurs jaunes, en mai; fruits rouges dans la maturité.
+
+ =Variétés.=--À feuilles pourpres, -- à feuilles panachées, -- du
+ Canada, -- du Népal.
+
+
+FORSYTHIA SUSPENSA.--Arbuste du Japon, à rameaux sarmenteux. Fleurs
+jaunes, nombreuses, en février et mars.
+
+
+FUSAIN commun, BONNET de prêtre (_Evonymus Europæus_).--Hauteur,
+3m,33 à 4 mètres; fleurs blanchâtres, en mai; fruits d'un beau
+rouge.
+
+ =Variétés.=--Atropurpureus, -- Latifolius, -- Verrucosus.
+
+
+GATTILIER commun (_Vitex agnus castus_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres;
+fleurs violettes ou blanches, en été.
+
+ =Variétés.=--Hybride, -- à feuilles incisées.
+
+
+GENÊT d'Espagne (_Genista juncea_).--Hauteur, 2 mètres; fleurs d'un
+beau jaune, à odeur suave, en juillet et août; variétés à fleurs
+doubles inodores.
+
+ =Variétés.=--À fleurs blanches, -- de Sibérie, -- des
+ teinturiers.
+
+
+* GORDONIA à feuilles glabres (_Gordonia lasianthus_).--Hauteur, 4
+mètres; fleurs blanches, en septembre et octobre.
+
+
+GORDANIA pubescent (_G. pubescens_).--Moins élevé que le précédent;
+fleurs blanches, en août et septembre.
+
+
+GROSEILLIER doré (_Ribes aureum_).--Hauteur, 2 à 3 mètres; fleurs
+jaunes, odorantes, en avril.
+
+
+GROSEILLIER à fleurs rouges (_R. sanguineum_).--Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs d'un rose vif, en avril.
+
+ =Variétés.=--Malvaceum, -- Gordonianum, -- Sanguineum, --
+ Sanguineum flore pleno, -- Flore albo, -- Speciosum.
+
+
+HALÉSIE à quatre ailes (_Halesia tetraptera_).--Hauteur; 4 à 5
+mètres; fleurs blanches, nombreuses, en mai.
+
+
+HALÉSIE à deux ailes (_H. diptera_).--Cette espèce ne diffère de la
+précédente que par ses feuilles, un peu plus larges, et ses graines.
+
+
+HYDRANGEA JAPONICA.--Port de l'Hortensia; en août, fleurs d'un blanc
+rosé teinté de bleu; variétés à feuilles panachées de blanc; propre
+à former de charmants massifs.
+
+
+* HYDRANGÉE de Virginie (_Hydrangea arborescens_).--Hauteur, 1 mètre
+à 1m,33; fleurs blanches, en juillet.
+
+
+INDIGOFERA DOSUA.--Cet arbuste, digne à tous égards de figurer au
+premier rang dans les massifs du jardin d'agrément, donne en mai, et
+successivement jusqu'aux gelées, de charmantes fleurs, d'un rose
+pourpre, disposées en longues grappes, semblables à celles de
+l'Acacia blanc. L'espèce nommée _Indigofera decora_ est également
+recommandable par l'abondance de sa floraison.
+
+
+ITEA de Virginie (_Itea Virginica_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs blanches, en juin.
+
+
+ITEA à grappes (_I. racemiflora_).--Hauteur, 5 à 6 mètres; fleurs
+blanches, en juin.
+
+
+KETMIE des jardins, ALTHÆA FRUTEX (_Hibiscus Syriacus_).--Hauteur, 2
+mètres à 2m,33; en août et septembre, fleurs rouge pourpre,
+violettes ou blanches, avec onglets d'un rouge vif, suivant la
+variété.
+
+ =Variétés.=--À fleurs doubles, -- à feuilles panachées.
+
+
+LEYCESTÉRIE élégante (_Leycesteria formosa_).--Hauteur, 1m,65 à 2
+mètres; fleurs d'un blanc rosé, tout l'été; couverture pendant les
+fortes gelées.
+
+
+LILAS commun (_Syringa vulgaris_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; en avril
+et mai, fleurs violettes, rouges, pourpres ou blanches, suivant les
+variétés, qui sont nombreuses maintenant, par suite des semis que
+l'on fait chaque année.
+
+
+LILAS de Perse (_S. Persica_).--Fleurs rouges, pourpres ou blanches,
+plus petites que celles du Lilas commun.
+
+
+LILAS Josika (_S. Josikæa_).--Fleurs de couleur violâtre, plus
+tardives que celles des autres espèces.
+
+
+* MAGNOLIA discolore (_Magnolia discolor_).--Hauteur, 1 mètre à 4
+mètres; fleurs pourpres en dehors, blanches en dedans, d'avril en
+juin.
+
+
+MAGNOLIA glauque (_M. glauca_).--Hauteur, 5 mètres; fleurs blanches,
+à odeur très-suave, de juillet en septembre.
+
+
+MERISIER à grappes (_Cerasus Padus_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+blanches, en mai; fruits noirs.
+
+
+MILLEPERTUIS fétide (_Hypericum hircinum_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs jaunes, tout l'été.
+
+ =Variétés.=--Élevé, -- Prolifique, -- à feuilles oblongues, -- à
+ feuilles de Kalmia, -- à feuilles de Romarin.
+
+
+MÛRIER multicaule (_Morus multicolis_).--Feuilles grandes et
+gaufrées, d'un bel effet; il craint les gelées, mais on peut le
+rabattre chaque année et couvrir le pied en hiver.
+
+
+NOISETIER d'Amérique (_Corylus Americana_).--Hauteur, 1 mètre à
+1m,65; fleurs en mars et avril; fruits petits et de peu de valeur.
+
+ =Variétés.=--À feuilles pourpres, -- à feuilles laciniées.
+
+
+PALIURE porte-chapeau (_Paliurus aculeatus_).--Hauteur, 2m,65;
+rameaux très-épineux; fleurs jaunes, très-petites, en juin et
+juillet; fruits d'une forme singulière.
+
+
+PIVOINE en arbre.--Toutes les Pivoines en arbre supportent
+très-bien nos hivers avec un léger abri; mais comme elles entrent en
+végétation de très-bonne heure, il faut avoir soin de les garantir
+contre les gelées du printemps.
+
+ =Variétés.=--Athlète, -- Blanche de Noisette, -- Comte de
+ Flandres, -- Comte de Rambuteau, -- Impératrice Joséphine, --
+ Moutan, -- Mme de Vatry, -- Triomphe de Malines.
+
+
+POINCILLADE de Gillies (_Poinciana Gilliesii_).--Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs en grappes, grandes, jaunes, étamines d'un beau
+pourpre violacé; couverture l'hiver.
+
+
+POTENTILLE frutescente (_Potentilla fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau jaune, tout l'été.
+
+
+PRUNIER épineux, PRUNELLIER (_Prunus spinosa_).--Hauteur, 2m,65;
+rameaux épineux: fleurs blanches, en mars et avril; fruits petits,
+très-acerbes. Cet arbrisseau est propre à faire des haies
+impénétrables.
+
+ =Variétés.=--À fleurs doubles, -- à fleurs panachées.
+
+
+PTÉLÉA trifolié, ORME à trois feuilles (_Ptelea
+trifoliata_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs verdâtres, en juin.
+
+
+ROSIERS.--Ce beau genre est très-nombreux en espèces, et grâce aux
+variétés remontantes, on peut jouir maintenant une bonne partie de
+l'année de la beauté de ses charmantes fleurs. Les Rosiers aiment
+une terre franche, un peu fraîche, amendée de temps à autre avec des
+engrais consommés; on les multiplie de graines, de rejetons, de
+marcottes, de boutures et de greffes.
+
+1. _Semis._--Ce mode de multiplication n'est employé que lorsqu'on
+désire avoir des variétés nouvelles. On sème les graines aussitôt
+après la maturité, soit en terrines, qu'on rentre l'hiver, soit dans
+une plate-bande au levant, en ayant soin de couvrir les semis
+pendant les gelées.
+
+2. _Rejetons._--On les enlève en automne, on les met en jauge pour
+les replanter en février ou mars; ils sont d'une reprise facile; il
+n'est même pas nécessaire qu'ils aient beaucoup de racines; il
+suffit souvent d'un bon talon.
+
+3. _Marcottes._--On marcotte les espèces à bois tendre par incision,
+en mai et juin, soit en pleine terre, soit dans des pots à marcotte,
+et pour les espèces à rameaux ligneux on les marcotte par cépée.
+(_Voyez_ l'article _Marcottes_.)
+
+4. _Boutures._--Presque tous peuvent être multipliés de boutures,
+mais sur couche et étouffées. Les Bengales et les Îles-Bourbon
+peuvent seuls se passer de ces soins.
+
+C'est principalement par la greffe en écusson que l'on multiplie les
+espèces qu'on veut élever à tige; on leur donne l'Églantier à fruits
+longs pour sujet, puis le Rosier Quatre-Saisons ou le Bengale
+ordinaire pour les espèces qui ont quelque affinité avec ces
+derniers, et dans le cas où l'on ne veut que des tiges peu élevées.
+
+On greffe les Rosiers en juillet et août, en ayant soin, comme nous
+l'avons indiqué à l'article _Greffes_, de profiter du moment où les
+sujets sont le plus en séve.
+
+Quant au choix des espèces, chacun doit les prendre à son goût, et
+la seule recommandation que nous ayons à faire aux personnes qui ont
+des rosiers à greffer, c'est de prendre toujours de préférence des
+espèces qui puissent supporter sans souffrir les rigueurs de nos
+hivers.
+
+Indépendamment des Rosiers greffés, on cultive un grand nombre de
+variétés franches de pied, avec lesquelles on forme de charmants
+massifs. Mais comme beaucoup souffrent de nos hivers, il faut, pour
+les conserver, les butter à l'approche des froids, puis les couvrir
+de feuilles ou de litière, s'il survient de fortes gelées. En
+février enfin, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on
+découvre ces Rosiers et l'on détruit les buttes. Par ce moyen, l'on
+peut sans crainte livrer à la pleine terre toutes les variétés
+qu'on cultive ordinairement en pots.
+
+On peut facilement avancer la floraison des espèces, telles que
+Quatre-Saisons, du Roi, Bengale ordinaire et quelques-unes de ses
+variétés. Pour cela, il faut avoir des Rosiers plantés en pots de
+l'année précédente; on les taille en automne, et dès le mois de
+janvier on peut commencer à en forcer une partie, soit en les
+plaçant dans une serre chauffée, toujours le plus près possible des
+vitraux, ou bien sous châssis; mais alors il faut creuser une bonne
+tranchée autour du coffre; puis on élève un réchaud de fumier neuf,
+que l'on remanie plus ou moins souvent, suivant l'époque. On couvre
+les châssis la nuit, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.
+
+Tous les Rosiers cultivés en pleine terre fleurissent en juin; plus
+tard ceux d'espèce remontante donnent une seconde floraison; mais il
+y a nécessairement interruption entre la première et la seconde
+floraison. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit tout
+simplement de supprimer les boutons à fleurs d'un certain nombre de
+Rosiers remontants.
+
+Un instant arrêtés dans leur développement, ces Rosiers ne tardent
+pas à produire de nouveaux rameaux, dont les fleurs succèdent aux
+premières Roses. Vient ensuite la seconde floraison naturelle, de
+manière que par ce moyen on a des Roses pendant toute la belle
+saison.
+
+La culture des Rosiers n'offre rien de particulier; il suffit de les
+tailler en mars, plus ou moins court, selon leur vigueur, et pendant
+leur végétation de pincer l'extrémité des branches qui poussent trop
+vigoureusement; puis d'enlever avec soin toutes celles qui partent
+du pied ou qui se développent sur la tige.
+
+Pour garnir la tige des Rosiers greffés un peu haut, on peut planter
+au pied des _Pétunias_ blancs et violets, ou bien des _Gladiolus_,
+qui produisent également un bel effet. On peut aussi, dans le même
+but, semer au printemps un peu de graine de _Pied-d'alouette nain_
+entre ceux qui sont cultivés en massif.
+
+ =Variétés.= ROSIERS THÉS OU INDICA.--Adam, pl. rose clair, --
+ Bougère, rose tendre, -- Comte de Paris, rose très-clair, --
+ Devoniensis, blanc jaunâtre, -- Duc de Magenta, rose cuivré, --
+ Louise de Savoie, jaune soufre, -- Madame Bravy, blanc lég. rosé,
+ -- Id. Mélanie Willermoz, blanc, centre jaunâtre, -- Narcisse,
+ jaunâtre, -- Pactole blanc, coeur jaune, -- Safrano, jaune pass.
+ au bl. jaunâtre, -- Sombreuil, blanc lég. rosé, -- Souvenir d'un
+ Ami, ou Queen Victoria, beau rose, -- Vicomtesse de Cazes, jaune
+ cuivré passant au jaune pâle.
+
+ ROSIERS BENGALE.--Archiduc Charles, rose pass. au
+ cramoisi,--Camélia blanc,--Cels, multiflore, carné,--Cramoisi
+ supérieur, cramoisi vif,--Madame Bréon, beau rose,--Prince
+ Charles, cerise vif.
+
+ ROSIERS NOISETTE.--Aimé Vibert, blanc pur,--Chromatella, jaune
+ pass. au jaune clair,--Desprez, rose et jaunâtre,--Lamarque,
+ blanc jaunâtre,--Madame Deslonchamps, blanc carné légèrement
+ jaunâtre,--Ophirie, aurore cuivré,--Solfatare, gr. pl. jaune
+ soufre bien prononcé,--Triomphe de Rennes, jaune canari.
+
+ ROSIERS ÎLE BOURBON.--Acidalie, moy. ou gr. pl. blanc léger.
+ carné,--Apolline, rose tendre fortement nuancé,--Comice de
+ Tarn-et-Garonne, carmin brillant,--Comtesse de Barbantane, blanc
+ carné,--Docteur Leprestre, rouge velouté vif,--Gloire de Dijon,
+ blanc carné à centre jaunâtre,--Guillaume le Conquérant, rose
+ clair,--Hermosa, rose tendre,--Louise Odier, rose vif,--Marquis
+ de Moyria, rose vif,--Mistriss Bosanquet, carné tendre, tr.
+ florifère,-- * Monsieur Gourdau, pourpre foncée,--Paxton, rose vif
+ nuancé feu,--Reine des îles Bourbon, carné jaunâtre,--Souvenir de
+ la Malmaison, blanc légèrement carné,--Id. de l'Arquebuse, gr.
+ pl. rouge vif, cerise vif,--Victor-Emmanuel, rouge pourpre
+ variable.
+
+ ROSIERS HYBRIDES REMONTANTS.--Alexandrine Bachmeteff, rouge
+ vif,--Alphonse Karr (Cherpin), rose vif,--Anna de Diesbach, beau
+ rose carm.,--Auguste Mie, rose éclatant,--Baronne Hallez de
+ Claparède, rouge vif,--Baronne Prévost, beau rose,--Caroline de
+ Sansal, carné clair, centre rosé,--Cardinal Patrizzi, rouge ébl.
+ nuancé pourpre,--Comte de Nanteuil, rose vif,--Comtesse Cécile de
+ Chabrillant, rose vif glacé,--Cornet, rose tendre,--Deuil de la
+ reine des Belges, rouge foncé,--Duchesse de Cambacérès, rose
+ vif,--Id. d'Orléans, rose hortensia,--Id. Sutherland,
+ carné,--Empereur de Maroc, pourpre velouté nuancé,--François
+ Arago, amarante velouté nuancé,--François Ier, rouge cerise
+ nuancé de rouge foncé,--François Lacharme, carmin vif passant au
+ rouge,--Géant des batailles, rouge éclatant,--Général
+ Jacqueminot, carmin vif,--Id. Washington, rouge vif,--Jules
+ Margottin, carmin clair pourpre,--Lion des combats, rouge foncé
+ nuancé de feu,--Lord Raglan, centre feu vif pourpre, violet à la
+ circonférence,--Louis Bonaparte, rose vif,--Louis XIV, rouge
+ cramoisi velouté éclatant,--Louise Odier, beau rose vif,--Madame
+ Boll, beau rose vif,--Id. Charles Crapelet, rose cerise
+ glacé,--Id. Ducher, rose tend, presq. blanc,--Id. Furtado, rose
+ carminé,--Id. Hilaire, rose, revers des pet. blanc,--Id. Knorr,
+ beau rose vif à bords rose clair,--Id. Laffay, rose clair,--Id.
+ Vidot, blanc carné nuancé de rose vif,--Mère de saint Louis,
+ blanc passant au rose tr. tendre,--Pæonia, rouge cramoisi,--Pie
+ IX, cramoisi,--Id. Léon Kotschoubey, rouge vif,--Rose de la
+ Reine, rose satiné lilacé,--Sénateur Vaïsse, rouge
+ éclatant,--Souvenir de la reine d'Angleterre, beau rose vif,--Id.
+ de Leweson, Gower, rouge foncé passant au rouge clair,--Sidonie,
+ rose,--Triomphe de l'Exposition, rouge vif,--Vicomte Vigier,
+ rouge violacé,--Victor Verdier, rose nuancé de carmin vif.
+
+ ROSIERS HYBRIDES DE NOISETTE.--Impératrice Eugénie, blanc lég.
+ rosé passant au blanc pur,--Virginale, blanc pur.
+
+ ROSIER CAPUCINE.--Persian yellow.
+
+ ROSIERS CENT FEUILLES.--Des peintres,--Unique
+ panachée,--Mousseuse rose,--Mousseuse blanche.
+
+
+SERINGA odorant (_Philadelphus coronarius_).--Hauteur, 2 mètres à
+2m,60; fleurs blanches, très-odorantes, en juin; variété à feuilles
+panachées.
+
+ =Variétés.=--Inodorus, -- Latifolius, -- Mexicanus, --
+ Grandiflorus, -- Speciosus, -- Gordonianus.
+
+
+SPIRÆA.--Les _Spiræa_ sont de charmants arbustes à fleurs blanches
+ou à fleurs roses, en ombrelles, en corymbes ou en panicules, que
+l'on doit comprendre dans la composition de tous les massifs; ils
+demandent une terre légère et fraîche pour prospérer.
+
+ =Variétés.=--Ariæfolia, -- Bella, -- Billardi, -- Callosa, --
+ Douglasi, -- Eximia, -- Lanceolata, -- Lindleyana, -- Pruuifolia,
+ -- Pubescens, -- Reevesi, -- Salicifolia, -- Fortuneii.
+
+
+STAPHYLÉ à feuilles ailées, FAUX PISTACHIER (_Staphylea
+pinnata_).--Hauteur 4 à 5 mètres; fleurs blanches, en avril et juin.
+
+
+STAPHYLÉ à feuilles ternées (_S. trifoliata_).--Moins élevé que le
+précédent; fleurs plus grandes et d'un blanc plus pur, en mai et
+juin.
+
+
+SUMAC fustet (_Rhus cotinus_).--Hauteur, 0m,33 à 2 mètres; fleurs
+petites blanchâtres; pédoncules très-longs, formant un panache
+très-pittoresque.
+
+
+SUREAU à grappes (_Sambucus racemosa_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65;
+fleurs blanches, en avril et mai; baies rouges.
+
+
+SUREAU du Canada (_S. canadensis_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65;
+fleurs blanches, en juillet; baies noires.
+
+ =Variétés.=--Commun, -- à feuilles argentées, -- à feuilles
+ laciniées, -- à feuilles rondes, -- Hétérophylle.
+
+
+SYMPHORINE à petites fleurs (_Symphoricarpos parviflora_).--Hauteur,
+1m,33 à 1m,65; en août, fleurs petites, roses, peu apparentes;
+fruits rouges.
+
+
+SYMPHORINE à grappes (_S. racemosa_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,65;
+fleurs semblables à la précédente, en août; fruits produisant un
+effet charmant.
+
+
+SYMPHORINE du Mexique (_S. Mexicana_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+fleurs roses, tout l'été; fruits blancs, pictés de violet.
+
+
+TROËNE commun (_Ligustrum vulgare_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres;
+fleurs blanches, en juin et juillet; baies noires. Variété à
+feuilles panachées. On en forme des bordures et des haies
+susceptibles d'être taillées.
+
+
+VIORNE commune (_Viburnum lanterna_).--Hauteur, 2m,65; fleurs
+blanches, en juillet; baies rouges, puis noires.
+
+
+VIORNE obier (_V. opulus_).--Même hauteur que la précédente; fleurs
+blanches, en mai; baies noires.
+
+
+VIORNE stérile, BOULE DE NEIGE (_V. stérile_).--Variété de la
+précédente; hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs blanches, en mai.
+
+
+WEIGELIA ROSEA.--Charmant arbrisseau du nord de la Chine, assez
+semblable au Seringa. En mai, fleurs roses, nombreuses et
+très-élégantes. Terre légère ordinaire.
+
+
+XANTHORHIZE à feuilles de Persil (_Xanthorhiza
+apiifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un violet brun, en
+mars et avril.
+
+
+SECTION IX.--Arbrisseaux et Arbustes d'ornement à feuillage
+persistant.
+
+AJONC du Népal (_Ulex Nepalensis_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs
+jaunes, en avril et mai.
+
+
+ALATERNE (_Rhamnus alaternus_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs
+jaunâtres, odorantes, en avril; variété à feuilles étroites.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées de blanc, -- à feuilles
+ panachées de jaune.
+
+
+ALISIER luisant (_Cratægus glabra_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33;
+fleurs petites, blanches, lavées de rose.
+
+ =Variétés.=--Glauque, -- de la Chine.
+
+
+AUCUBA du Japon (_Aucuba Japonica_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33;
+feuilles d'un vert luisant, marbrées de jaune; fleurs brunes,
+petites en avril, nombreuses en mai et juin. Depuis l'introduction
+de l'Aucuba à fleur mâle, l'Aucuba à fleur femelle le seul que l'on
+possédait autrefois donne de nombreux fruits de couleur écarlate qui
+ajoute énormément à la valeur ornementale de ce charmant arbuste,
+l'expérience ayant prouvé qu'un seul Aucuba à fleur mâle suffisait
+pour féconder tous les Aucuba à fleur femelle d'une plantation;
+rien, n'est plus facile, comme on le voit, d'avoir maintenant des
+fruits sur tous les Aucuba de nos jardins.
+
+
+BUDDLEIA LINDLEYANA.--Arbuste rustique, propre à l'ornement des
+massifs. Tout le printemps, fleurs en épis, disposés par bouquets,
+d'un pourpre violacé.
+
+
+BUIS arborescent (_Buxus sempervirens_).--Hauteur, 4 à 5 mètres;
+fleurs blanches, peu apparentes, en avril; variété à feuilles
+panachées de blanc ou de jaune.
+
+
+BUIS de Mahon (_B. Balearica_).--Hauteur, 3m,33; fleurs jaunes, en
+avril.
+
+
+BUISSON ardent (_Mespilus pyracantha_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres;
+fleurs blanches, très-nombreuses en mai et juin; fruits écarlates.
+
+
+BUPLÈVRE Oreille de lièvre (_Buplevrum fruticosum_).--Hauteur, 1m,33
+à 1m,65; fleurs petites, jaunes, en juillet et août.
+
+
+CAROUBIER à siliques (_Ceratonia siliqua_).--Arbre d'une taille
+moyenne, fleurs pourpre foncé, en août; silique de 0m,33 de
+longueur, contenant une pulpe rougeâtre bonne à manger; exposition
+du midi.
+
+
+CHÊNE vert (_Quercus ilex_).--Ces chênes sont moins élevés que les
+chênes communs, ont les feuilles plus petites, fermes et coriaces, à
+dents plus ou moins piquantes; ils sont sensibles aux froids
+rigoureux, et il faut les couvrir en hiver pendant leur jeunesse.
+
+ =Variétés.=--De la Caroline, -- de la Caroline à feuilles
+ panachées, -- Coccifère, -- Hétérophylle, -- Liége, -- Yeuse.
+
+
+FILARIA à larges feuilles (_Phillyrea latifolia_).--Hauteur, 4
+mètres; fleurs d'un blanc verdâtre, peu apparentes, en mars; baies
+noires; variété à feuilles étroites.
+
+
+FUSAIN DU JAPON (_Evonymus Japonicus_).--Cet arbuste a produit deux
+variétés à feuilles larges bordées l'une de blanc, l'autre de jaune,
+avec lesquelles on peut composer de beaux massifs.
+
+
+HOUX commun (_Ilex aquifolium_).--Hauteur, 6 à 8 mètres; fleurs
+petites, blanches, en mai et juin; baies rouges, jaunes ou blanches,
+suivant la variété.
+
+ =Variétés.=--Altaclarense, -- Balearica, -- Canadensis, --
+ Cuninghamii, -- Ferox, -- Flammea, -- Laurifolia, -- Longifolia,
+ -- Marginata, -- Serratifolia.
+
+
+LAURIER cerise ou amande (_Cerasus laurocerasus_).--Hauteur, 4 à 5
+mètres; fleurs petites, blanches, en mai.
+
+ =Variétés.=--À feuilles étroites, -- à feuilles panachées, -- de
+ la Colchide.
+
+
+LAURIER franc, à sauce (_Laurus nobilis_).--Hauteur, 5 à 6 mètres;
+fleurs jaunâtres, en mai; baies noires; variété à feuilles
+panachées; couverture l'hiver.
+
+
+LAURIER de Portugal, Azaréro (_Cerasus Lusitanica_).--Hauteur, 5
+mètres; fleurs petites, blanches en mai; baies noires.
+
+
+LAURIER tin (_Viburnum tinus_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs
+blanches, en mars et avril; couverture l'hiver.
+
+ =Variétés.=--À larges feuilles, -- à feuilles panachées.
+
+
+LIERRE en arbre (_Hedera arborescens_).--Espèce non grimpante, dont
+on peut tirer bon parti dans la composition des massifs du jardin
+d'agrément.
+
+
+MAGNOLIA à grandes fleurs (_Magnolia grandiflora_).--Grand et bel
+arbre, à fleurs blanches, odorantes. Sans être difficile sur le
+choix du terrain, le Magnolia craint l'humidité.
+
+On le plante en avril et mai; autrement il perd ses feuilles et
+reprend difficilement. L'espèce cultivée sous le nom de _Magnolia
+Oxoniensis_ fleurit plus jeune, mais elle est plus délicate, et,
+souvent on la perd sous le climat de Paris.
+
+
+MAHONIE à feuilles de Houx (_Mahonia aquifolium_).--Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs jaunes, en avril et mai.
+
+ =Variétés.=--Fascicularis, -- Intermedia, -- Nervosa, --
+ Nepalensis, -- Trifoliata, -- Pallida, -- Darwinii, -- Bealii, --
+ Fortunei, -- Japonica.
+
+
+NÉFLIER du Japon (_Mespilus Japonica_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65;
+fleurs blanches, odorantes, en automne et quelquefois en mai; il
+faut le garantir du froid pendant les hivers rigoureux.
+
+
+PHLOMIS frutescent (_Phlomis fruticosa_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre;
+fleur jaune éclatant, de juillet en septembre.
+
+
+SÉNEÇON en arbre (_Coniza halimifolia_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33;
+fleurs blanches, en octobre et novembre.
+
+
+TROËNE du Japon (_Ligustrum Japonicum_).--Hauteur, 4 à 5 mètres;
+fleurs blanches, en juin et juillet.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Du Népal.
+
+
+YUCCA nain (_Yucca gloriosa_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en août
+et septembre, fleurs blanches, assez grandes et nombreuses.
+
+ =Variétés.=--Aloefolia, -- Glauca, -- Glaucescens, -- Pendula, --
+ Filamentosa, -- Flaccida.
+
+
+SECTION X.--Arbuste de terre de bruyère.
+
+ANDROMÈDE (_Andromeda_).--Arbuste assez rustique; hauteur, 0m,65 à
+1m,65; fleurs blanches ou rouges, de juin en août; terre de bruyère
+fraîche, à l'exposition du nord ou du levant.
+
+ =Variétés.=--Axillaris, -- Lucida, -- Hendersonii, -- Poliifolia,
+ -- Racemosa, -- Cassinefolia, -- Rollisonii, -- Arborea.
+
+
+ARBOUSIER commun (_Arbutus unedo_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+blanches, de septembre en décembre; fruits rouges, charnus,
+semblables à la fraise.
+
+
+ARBOUSIER andrachné (_A. andrachne_).--Plus délicat que le
+précédent; fleurs blanches, en mars et avril, fruits rouges.
+
+
+AZALÉE (_Azalea à feuilles caduques_).--Arbrisseau très-rustique;
+hauteur, 0m,65 à 2 mètres; tout le printemps et l'été, fleurs
+charmantes, soit blanches, rouges, roses ou jaunes, suivant les
+variétés. On en cultive en pleine terre trois espèces principales,
+qui ont produit chacune un grand nombre de variétés. Nous
+indiquerons seulement les plus remarquables. Il leur faut, comme aux
+Andromèdes, une exposition ombragée.
+
+
+AZALEA NUDIFLORA.--Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches ou rouges en
+mai et juin.
+
+ =Variétés.=--Alba, -- Alba plena, -- Bicolor, -- Blanda, --
+ Carnea, -- Coccinea, -- Crispa, -- Incana, -- Incarnata, --
+ Mirabilis, -- Partita, -- Purpurea, -- Rosea, -- Rubicunda, --
+ Rubra, -- Rutilans, -- Versicolor.
+
+
+AZALEA VISCOSA.--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs blanches, odorantes,
+en avril et mai.
+
+ =Variétés.=--Dealbata, -- Fissa, -- Glauca, -- Odorata, --
+ Rubescens, -- Serotina, -- Variegata, -- Vittata.
+
+
+AZALEA PONTICA.--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mai et
+juin.
+
+ =Variétés.=--Albiflora, -- Aurantiaca, -- Calendulacea, --
+ Crocea, -- Cuprea, -- Flammea, -- Grandiflora, -- Ignescens, --
+ Pallida, -- Speciosa, -- Splendens, -- Sinensis lutea, --
+ Tricolor, -- Triumphans.
+
+
+DAPHNE CNEORUM, THYMELÉE des Alpes.--Tiges rampantes; fleurs rose
+foncé, d'une odeur agréable, en avril et mai.
+
+ =Variétés.=--À fleurs blanches, -- à feuilles panachées.
+
+
+DAPHNE COLLINA.--Hauteur, 0m,65; fleurs rose tendre, à odeur suave,
+d'avril en juin.
+
+
+DAPHNE PONTICA.--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, odorantes,
+en mars et avril.
+
+
+DAPHNÉ dauphin.--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un rose pourpre, de
+novembre en avril.
+
+
+ERICA ARBOREA.--Hauteur, 1m,33 à 2 mètres; fleurs petites, blanches,
+en février et mars.
+
+
+ERICA MEDITERRANEA.--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; fleurs roses, en mars
+et avril.
+
+
+ERICA MULTIFLORA.--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un pourpre clair, d'août
+en octobre.
+
+
+FOTHERGILLE à feuilles d'Aune (_Fothergilla alnifolia_).--Hauteur,
+0m,65; fleurs petites, en épis, blanches, d'une odeur agréable, en
+avril.
+
+
+GAULTHÉRIE du Canada (_Gaultheria procumbens_).--Hauteur, 0m,20 à
+0m,25; fleurs d'un rouge vif, à différentes époques; baies rouges.
+
+
+HORTENSIA à feuilles d'obier (_Hortensia opulifolia_).--Hauteur, 1
+mètre à 1m,33; de juin en novembre; fleurs d'un rouge purpurin,
+bleues dans certains terrains; couverture d'hiver.
+
+
+KALMIE (_Kalmia_).--Superbe arbrisseau; hauteur, 0m,50 à 2 mètres;
+de mai en juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou carnées,
+suivant les variétés; terre de bruyère fraîche, à l'exposition du
+nord ou du levant.
+
+ =Variétés.=--Latifolia, -- Augustifolia, -- Glauca, -- Oleifolia.
+
+
+MENZIEZIA à feuilles de Polium (_Menziezia poliifolia_).--Tiges
+rampantes, peu élevées, fleurs pourpres, en été; variétés à fleurs
+blanches.
+
+
+PRINOS verticillé, APALANCHE vert (_Prinos
+verticillatus_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs blanches, en
+juillet et août; fruits rouges.
+
+
+PRINOS glabre (_P. glaber_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches, en
+août.
+
+
+RHODODENDRUM PONTICUM.--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; en mai, fleurs
+grandes, d'un pourpre violacé plus ou moins foncé. Il a produit un
+grand nombre de variétés: les plus remarquables sont:
+
+ =Variétés.=--Album, -- Bullatum, -- Elegantissimum, -- Guttatum,
+ -- Heterophyllum, -- Hyacinthæflorum, -- Monstrosum, --
+ Nivaticum, -- Nazarethii, -- Roseum superbum, -- Rubrum, --
+ Vervaenneanum.
+
+
+RHODODENDRUM MAXIMUM.--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs rose plus
+ou moins vif, en mai et juin; variétés.
+
+ =Variétés.=--Album, -- Roseum.
+
+
+RHODODENDRUM CATAWBIENSE.--Hauteur, 1 mètre; fleurs grandes, d'un
+rose tendre, en mai et juin.
+
+ =Variétés.=--Bicolor, -- Purpureum, -- Pardolaton, -- Speciosum.
+
+
+RHODODENDRUM ARBOREUM.--Le _Rhododendrum arboreum_, si remarquable
+par la beauté de ses fleurs, a produit plusieurs variétés qui
+peuvent être cultivées en pleine terre. Comme tous les arbustes de
+terre de bruyère, les _Rhododendrum arboreum_ doivent être placés au
+nord de préférence; ils fleurissent quelque temps après ceux qui
+sont cultivés en serre, de manière que l'on peut par ce moyen avoir
+des fleurs pendant plusieurs mois.
+
+Les variétés suivantes ont déjà supporté plusieurs hivers en pleine
+terre sans souffrir.
+
+ =Variétés.=--Altaclanense, -- Charles Truffaut, -- Curninghami,
+ -- Elegantissima, -- Lady Warander, -- Louis-Philippe, -- Madame
+ Berlin, -- Nobilianum, -- Russelianum, -- Smithi elegans, --
+ Superbissima, -- Triumphans.
+
+
+SECTION XI.--Arbres d'ornement à feuilles caduques.
+
+AILANTE glanduleux, VERNIS du Japon (_Ailantus glandulosa_).--Arbre
+élevé, d'un beau port et d'une végétation vigoureuse; fleurs
+verdâtres, en août.
+
+
+ALIZIER à feuilles larges ou de Fontainebleau (_Cratoegus
+latifolia_).--Hauteur, 8m,33; feuilles blanchâtres en dessous;
+fleurs blanches, en mai et juin; fruits d'un écarlate safrané.
+
+ =Variétés.=--Blanc, -- de Laponie.
+
+
+ARALIE épineuse (_Aralia spinosa_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33; tige
+épineuse; fleurs blanches, odorantes, de mars en septembre.
+
+
+AUNE commun (_Alnus communis_).--Arbre très-élevé, à tige ou en
+buisson, d'une végétation vigoureuse dans les terrains humides;
+fleurs en chaton, en juillet.
+
+ =Variétés.=--À feuilles laciniées, -- Argenté.
+
+
+BONDUC, CHICOT du Canada (_Gymnocladus Canadensis_).--Arbre d'un
+beau port; fleurs blanches, en juin.
+
+
+BOULEAU commun (_Betula alba_).--Arbre rustique très-élevé, à
+rameaux flexibles; feuillage très-léger; fleurs en chaton, en
+juillet.
+
+ =Variétés.=--À feuilles laciniées, -- Noir, -- à papier, --
+ Odorant.
+
+
+BROUSSONETIA, MÛRIER à papier (_Broussonetia papyrifera_).--Hauteur,
+5 mètres à 6m,65; feuilles de différentes formes; fleurs en chatons
+grisâtres, de mars en septembre.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles en capuchon.
+
+
+CATALPA (_Bignonia Catalpa_).--Hauteur, 10 mètres; feuilles grandes,
+d'un beau vert; fleurs blanches, marquées de points pourpres, en
+août. Ce bel arbre mérite d'être placé isolément, afin qu'on puisse
+jouir de l'agrément de sa vue.
+
+
+CERISIER à fleurs doubles (_Cerasus flore pleno_).--Variété du
+Cerisier commun; fleurs d'un beau blanc, en avril.
+
+ =Variétés.=--De Virginie, -- à feuilles de Pêcher.
+
+
+CHALEF à feuilles étroites, OLIVIER de Bohême (_Elæagnus
+angustifolia_).--Hauteur, 5 mètres à 6m,65; rameaux couverts d'un
+duvet blanc; feuilles blanchâtres, cotonneuses; fleurs petites,
+jaunâtres, très-odorantes, en juin et juillet.
+
+
+CHARME commun (_Carpinus betulus_).--Arbre très-élevé et rustique;
+fleurs en chaton, de mars en mai. Planté jeune, il sert à former des
+palissades nommées charmilles; en le soumettant à une tonte
+régulière, il prend facilement toutes les formes que l'on désire. On
+place aussi dans les jardins paysagers les variétés suivantes:
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles de Chêne, --
+ d'Amérique, -- de Virginie.
+
+
+CHÂTAIGNIER d'Amérique, CHINCAPIN (_Castanea Americana_).--Grand
+arbre, à feuilles lancéolées, bordées de dents aiguës; fleurs en
+chaton, en juillet et août.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Hétérophylle.
+
+
+CHÊNE commun (_Quercus pedunculata_).--C'est sans contredit le plus
+bel arbre de nos forêts; il est à regretter que ses proportions
+gigantesques ne permettent pas toujours de le placer dans les
+jardins.
+
+Parmi les espèces de l'Europe et celles d'Amérique, il en est
+plusieurs qui méritent à tous égards d'être employées à l'ornement
+des jardins paysagers. Nous citerons les plus remarquables.
+
+ 1. _Chênes d'Europe._--À feuilles panachées,--À feuilles de
+ fougère,--Pyramidal,--Chevelu,--Chevelu à feuilles panachées.
+
+ 2. _Chênes d'Amérique._--Blanc,--À très-gros
+ fruits,--Bicolore,--Rouge,--Des montagnes,--Des
+ marais,--Quercitron,--Cocciné,--À feuilles de Saule.
+
+
+CLAVALIER à feuilles de Frêne (_Xanthoxylum fraxineum_).--Hauteur, 4
+mètres; rameaux épineux, fleurs peu apparentes, en mars et avril;
+capsules d'un beau rouge.
+
+
+COIGNASSIER de la Chine (_Cydonia Sinensis_).--Arbre de moyenne
+grandeur; feuilles lisses; fleurs roses, odorantes, en avril et mai.
+
+
+CORNOUILLER mâle (_Cornus mas_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+jaunes, petites, en février; baies rouges ou jaunes, suivant la
+variété.
+
+
+CORNOUILLER à grandes fleurs (_C. florida_).--Hauteur, 10 mètres;
+fleurs jaunes, petites, en mai; baies rouges.
+
+
+CYTISE des Alpes, FAUX ÉBÉNIER (_Cytisus laburnum_).--Hauteur, 5
+mètres, à tige ou en buisson; rameaux longs et pendants; fleurs
+jaunes, nombreuses, en mai et juin.
+
+ =Variétés.=--Odorant, -- Pleureur, -- à feuilles de Chêne, --
+ d'Adam.
+
+
+ÉPINE blanche, AUBÉPINE (_Mespilus oxyacantha_).--Hauteur, 6 mètres
+à 6m,65; rameaux épineux; fleurs blanches, très-odorantes, en mai;
+fruits rouges ou jaunes. Élevée en buisson, on en forme des haies
+très-solides.
+
+ =Variétés.=--À fleurs blanches doubles, -- à fleurs roses
+ simples, -- à feuilles panachées, -- Parasol.
+
+
+ÉPINE d'Espagne, AZEROLIER (_M. Azarolus_).--Plus élevée que la
+précédente; fleurs blanches, en juin; fruits en pomme, rouges ou
+jaunes, ou en poire, selon la variété.
+
+
+ÉPINE ergot de coq (_M. crus galli_).--Hauteur, 6m,65; rameaux
+garnis d'épines semblables aux ergots de coq; fleurs blanches, en
+mai et juin; fruits d'un beau rouge.
+
+
+ÉRABLE sycomore (_Acer pseudo-platanus_).--Arbre très-élevé;
+feuilles palmées; fleurs jaunâtres, en avril et mai.
+
+
+ÉRABLE negundo (_A. negundo_).--Grand arbre à rameaux roides et
+cassants; écorce d'un vert lisse; fleurs vertes, petites, en avril.
+Variété à feuilles panachées de blanc.
+
+Rien ne peut donner une idée exacte de l'effet que produit un massif
+de Negundo à feuilles panachées de blanc, dans lequel on place
+quelques plantes annuelles à feuilles rouges.
+
+
+ÉRABLE jaspé (_A. Pensylvanicum_).--Arbre de moyenne grandeur;
+feuilles larges, arrondies; écorce d'un vert glauque strié de lignes
+blanches; fleurs verdâtres, en mai.
+
+
+ÉRABLE rouge (_A. rubrum_).--Grand et bel arbre; feuilles dentées,
+blanches en dessous; fleurs rouges, en avril et mai; fruits rouges.
+
+Les Érables japonais _ornatum_, _Friederici Guillelmi_ et
+_sanguineum_ sont de charmants arbres à feuilles ornementales dignes
+de figurer dans tous les jardins d'agrément.
+
+
+FÉVIER d'Amérique, ACACIA triacanthos (_Gleditschia
+triacanthos_).--Hauteur, 10 à 12 mètres; épines nombreuses, souvent
+très-longues; fleurs peu apparentes, d'un blanc sale, en mai et
+juin; gousse très-longue.
+
+ =Variétés.=--Sans épines, -- Pleureur.
+
+
+FÉVIER de la Chine (_G. Sinensis_, _G. horrida_).--Hauteur, 10 à 12
+mètres; épines nombreuses, en fuseau; fleurs verdâtres, en juin et
+juillet.
+
+
+FÉVIER de la mer Caspienne (_G. Caspica_).--Arbre élevé, à épines
+très-longues et recourbées.
+
+
+FRÊNE commun (_Fraxinus excelsior_).--Arbre très-élevé, à feuillage
+léger; fleurs jaunâtres, en avril et mai. On en cultive plusieurs
+variétés, toutes propres à la décoration des jardins paysagers.
+
+
+FRÊNE à fleurs (_F. ornus_).--Hauteur, 10 mètres; feuilles d'un vert
+foncé; fleurs blanches, en mai et juin.
+
+ =Variétés.=--Argentea, -- Aurea, -- Pendula, -- Scolopendrifolia,
+ -- Jaspidoea, -- Americana, -- Juglandifolia, -- Sambucifolia, --
+ Latifolia, -- Variegata.
+
+
+GINKGO BILOBA, ARBRE aux Quarante-Écus (_Salisburia
+adiantifolia_).--Arbre très-élevé, à port pyramidal, remarquable
+pour la forme de ses feuilles; fleurs jaunâtres, en chaton; fruits
+semblables à de petites prunes; amandes bonnes à manger.
+
+
+HÊTRE commun (_Fagus sylvatica_).--Grand et bel arbre très-rustique;
+fleurs en chaton, en avril et mai; fruit nommé faîne, ayant la
+saveur de la noisette, et dont on retire une huile très-estimée.
+
+ =Variétés.=--Pleureur, -- à feuilles pourpres, -- à feuilles
+ enivrées, -- à feuilles panachées, -- à feuilles de fougère, -- à
+ feuilles crispées.
+
+
+KOELREUTERIA paniculé, SAVONNIER (_Koelreuteria paniculata_).--Arbre
+de moyenne grandeur; port agréable; fleurs d'un beau jaune, de juin
+en août.
+
+
+LIQUIDAMBAR copal (_Liquidambar styraciflua_).--Hauteur, 10 à 12
+mètres; feuilles palmées; fleurs verdâtres, odorantes, au printemps.
+
+
+LIQUIDAMBAR imberbe (_L. imberbe_).--Même hauteur que le précédent,
+mais plus rustique.
+
+
+MACLURE épineux (_Maclura aurantiana_).--Bel arbre à rameaux
+épineux; fleurs verdâtres, en chaton, en juin et juillet; fruits
+verts, sphériques, à écorce rude.
+
+
+MAGNOLIA acuminé (_Magnolia acuminata_).--Arbre très élevé,
+rustique; feuilles très-grandes; fleurs d'un jaune verdâtre, larges
+de 0m,10, en mai et juin.
+
+
+MAGNOLIA à feuilles en coeur (_M. cordata_).--Cette espèce a
+beaucoup de rapport avec la précédente.
+
+
+MAGNOLIA auriculé (_M. auriculata_).--Hauteur, 10 mètres; fleurs
+grandes, blanches, odorantes, en avril et mai.
+
+
+MAGNOLIA glauque (_M. glauca_).--Hauteur, 5 mètres; très-rustique;
+feuilles d'un vert glauque en dessous; fleurs blanches, odorantes,
+de juillet en septembre.
+
+
+MAGNOLIA de Thompson (_M. Thompsoniana_).--Tige pyramidale; fleurs
+blanches, larges de 0m,15.
+
+
+MAGNOLIA à grandes feuilles (_M. macrophylla_).--Hauteur, 6m,65 à 10
+mètres; feuilles de 0m,65 de long; fleurs blanches, larges de 0m,15.
+
+
+MAGNOLIA Yulan (_M. conspicua_).--Hauteur, 10 à 12 mètres; feuilles
+de 0m,20 de long; fleurs blanches, odorantes, en avril.
+
+
+MAGNOLIA parasol (_M. umbella_).--Hauteur, 6m,65 à 10 mètres;
+feuilles de 0m,50 de long; fleurs grandes, blanches, en mai et juin.
+
+
+MAGNOLIA de Soulange (_M. Soulangeana_).--Hauteur, 3 à 4 mètres;
+fleurs odorantes, blanches en dedans, pourpres en dessus, en avril.
+
+
+MARRONNIER d'Inde (_Æsculus hippocastanum_).--Bel arbre, très-élevé
+et rustique; fleurs blanches, panachées de rouge, en mai.
+
+
+MARRONNIER rubicond (_Æ. rubicunda_).--Moins élevé que le précédent;
+feuillage plus vert; fleurs d'un beau rouge, en mai et juin.
+
+
+MARRONNIER Pavier jaune (_Pavia lutea_, _Æsculus flava_).--Arbre
+moins élevé que le Marronnier d'Inde; fleurs d'un jaune pâle, en
+mai.
+
+
+MARRONNIER rouge (_P. rubra_).--Hauteur, 5 mètres à 6m,65; fleurs
+d'un beau rouge foncé, en mai.
+
+
+MARRONNIER de l'Ohio (_P. Ohiotensis_).--Hauteur, 6m,65 à 8m,33;
+fleurs blanches, en mai.
+
+
+MARRONNIER à longs épis (_P. macrostachya_).--Fleurs blanches,
+odorantes, en juillet et août; fruits petits, bons à manger.
+
+
+MARRONNIER de deux couleurs (_P. dicolor_).--Arbre peu élevé; fleurs
+rouges et jaunes, en mai.
+
+
+MICOCOULIER de Provence (_Celtis australis_).--Arbre d'un beau port;
+fleurs petites, verdâtres, en mai; fruits noirs.
+
+ =Variétés.=--De Tournefort, -- à feuilles en coeur, -- de
+ Virginie, -- du Mississipi.
+
+
+MÛRIER blanc (_Morus alba_).--Arbre d'un port agréable, digne de
+figurer dans les jardins paysagers; fleurs en chaton, en juin; baies
+blanchâtres.
+
+ =Variétés.=--Rouge du Canada, -- Moretti.
+
+
+NÉFLIER parasol (_Mespilus linearis_).--Cet arbrisseau étend ses
+branches latéralement, et, greffé en tête sur l'Épine blanche, il
+est très-propre à former de belles allées couvertes; fleurs
+blanches, en mai et juin.
+
+
+NOISETIER du Levant (_Corylus colurna_),--Arbre très-élevé; port
+pyramidal; fleurs en chaton, en mars et avril; fruits petits,
+aplatis.
+
+
+NOISETIER de Byzance (_C. Byzantina_).--Semblable au précédent, mais
+un peu moins élevé.
+
+
+NOYER noir d'Amérique (_Juglans nigra_).--Arbre très-élevé, d'une
+végétation vigoureuse; fleurs en chaton, en avril et mai; fruits
+petits, ronds, à coque très-dure.
+
+ =Variétés.=--Cendré, -- Blanc, -- à feuilles de Frêne, --
+ Hétérophylle.
+
+
+ORME commun (_Ulmus campestris_).--Arbre très-élevé, remarquable par
+sa rusticité; fleurs blanchâtres, en faisceau écailleux, en avril.
+
+
+ORME à feuilles étroites (_U. stricta_).--Variété du précédent; on
+en forme des palissades très-rustiques.
+
+ =Variétés.=--À larges feuilles, -- à feuilles panachées, --
+ Pleureur, -- Pyramidal.
+
+
+ORME d'Amérique (_U. Americana_).--Arbre plus élevé que l'Orme
+commun; rameaux rougeâtres, recourbés vers leur extrémité.
+
+
+PAULOWNIA IMPERIALIS.--Arbre du Japon, introduit en 1834; port du
+Catalpa; végétation remarquable; feuilles très-grandes, surtout chez
+les jeunes individus; fleurs bleues, en avril. Pour jouir de toute
+la beauté de son feuillage, il faudrait le rabattre chaque année,
+afin d'avoir de jeunes rameaux, sur lesquels les feuilles sont
+toujours beaucoup plus larges.
+
+
+PÊCHER à fleurs doubles (_Amygdalus Persica flore pleno_).--Arbre
+admirable pendant sa floraison, qui a lieu en mars et avril; on
+l'élève à tige ou en buisson.
+
+ =Variétés.=--Alba plena, -- Rubra plena, -- Versicolor, -- Flore
+ pleno, -- Camelliæflora, -- Dianthiflora.
+
+
+PEUPLIER (_Populus_).--Tous les Peupliers sont des arbres élevés et
+d'une végétation rapide; ils se plaisent dans les terrains humides
+et sont propres à la décoration des jardins paysagers; les plus
+remarquables sont:
+
+ =Variétés.=--Nivea, -- Angulata, -- Balsamifera, -- Canadensis,
+ -- Pyramidalis, -- Grandidentata, -- Heterophylla, --
+ Ontariensis, -- Tremula, -- Molinifera.
+
+
+PLANERA CRENATA, Orme de Sibérie.--Tout aussi rustique que l'orme
+commun, avec lequel il a beaucoup de rapport, le _Planera crenata_
+a, sur ce dernier, l'avantage de ne jamais être attaqué par les
+insectes.
+
+
+PLAQUEMINIER LOTUS ou d'Italie (_Diospyros lotus_).--Hauteur, 8m,33
+à 10 mètres; feuilles lancéolées, d'un beau vert; fleurs verdâtres,
+peu apparentes, en juin et juillet; fruits jaunâtres, bons à manger.
+
+
+PLAQUEMINIER de Virginie (_D. Virginiana_).--Plus élevé que le
+précédent; fruits bons à manger.
+
+
+PLATANE d'Orient (_Platanus orientalis_).--Arbre très-élevé, d'un
+beau port; feuilles palmées; fleurs en chaton globuleux, en avril et
+mai.
+
+
+PLATANE d'Occident (_P. occidentalis_).--Port du précédent;
+seulement il a les feuilles plus larges.
+
+ =Variétés.=--À feuilles d'Érable, -- à feuilles laciniées, --
+ Ondulé, -- Étoilé.
+
+
+POIRIER à fleurs doubles (_Pyrus communis flore pleno_).--Variété du
+poirier commun; hauteur, 4 mètres; fleurs blanches doubles, en
+avril.
+
+
+POIRIER cotonneux (_P. Polveria_).--Hauteur, 5 mètres; feuille et
+rameaux couverts d'un duvet blanc; fleurs blanches, en mai.
+
+
+POMMIER à fleurs doubles (_Malus communis flore pleno_).--Variété du
+Pommier commun; hauteur, 4 mètres, fleurs blanc rosé, en mai.
+
+
+POMMIER baccifère ou de Sibérie (_M. Baccata_).--Hauteur, 2m,65;
+fleurs grandes, d'un blanc rosé, en avril; fruits rouges, en forme
+de baie.
+
+
+POMMIER de la Chine ou à bouquets (_M. spectabilis_).--Hauteur, 4
+mètres, fleurs d'un beau carmin avant leur épanouissement, puis
+blanc lavé de rose, en mai; fruits très-petits.
+
+
+POMMIER toujours vert (_Malus sempervirens_).--Feuilles presque
+persistantes; fleurs d'un beau rose avant leur épanouissement, puis
+presque blanches, en mai.
+
+
+POMMIER odorant (_M. coronaria_).--Fleurs grandes, d'un beau blanc,
+odorantes, en mai.
+
+
+PRUNIER à fleurs doubles (_Prunus flore pleno_).--Variété du Prunier
+commun, cultivée pour la beauté de ses fleurs.
+
+ =Variétés.=--Sinensis alba plena, -- Sinensis rosea plena, --
+ Trilobata, -- Blanc.
+
+
+PRUNIER mirobolan (_P. mirobolana_).--On en cultive deux variétés,
+l'une à fruits rouges, l'autre à fruits jaunes.
+
+
+ROBINIER blanc, Acacia blanc (_Robinia pseudo-acacia_).--Arbre
+élevé, à feuillage élégant; rameaux épineux; fleurs blanches,
+très-odorantes, en mai et juin.
+
+ =Variétés.=--Pyramidalis, -- Pendula, -- Flore luteo, -- Amoena,
+ -- Decaisneana, -- Les variétés sans épines, cultivées sous le
+ nom de Spectabilis, Inermis, Crispa, sortent également du
+ Robinier blanc.
+
+
+ROBINIER visqueux (_R. viscosa_).--Port de l'Acacia blanc; arbre
+épineux dans sa jeunesse; rameaux visqueux; fleurs rose pâle, en
+juin et juillet.
+
+
+ROBINIER rose (_R. hispida_).--Hauteur, 4 mètres; rameaux
+très-cassants, couverts de poils rougeâtres; fleurs d'un beau rose,
+de juin en août. En le greffant rez terre, il forme un charmant
+arbrisseau.
+
+
+SAULE pleureur (_Salix Babylonica_).--Arbre d'un aspect
+très-pittoresque; rameaux longs et flexibles, pendants jusqu'à
+terre; feuilles lancéolées; fleurs en chaton, en avril et mai.
+
+ =Variétés.=--À feuilles de laurier, -- à feuilles de Romarin, --
+ Argenté, -- En anneau.
+
+Tous les saules peuvent être placés avantageusement dans les jardins
+paysagers: ils se plaisent particulièrement dans les terrains
+humides.
+
+
+SOPHORA du Japon (_Sophora Japonica_).--Grand et bel arbre; feuilles
+d'un vert foncé; rameaux un peu pendants; fleurs blanchâtres, en
+juillet. Variété à rameaux pendants.
+
+
+SORBIER des oiseleurs (_Sorbus aucuparia_).--Hauteur, 5 à 6 mètres;
+rameaux longs et souvent pendants; fleurs blanches, en mai; fruits
+d'un beau rouge.
+
+
+SORBIER domestique (_S. domestica_).--Beaucoup plus élevé que le
+précédent; fleurs blanches en mai; fruits pyriformes, rougeâtres.
+
+ =Variétés.=--Hybride, -- d'Amérique, -- à feuilles de Sureau.
+
+
+TILLEUL d'Europe (_Tilia Europæa_).--Arbre élevé et rustique; port
+pyramidal. Cet arbre se couvre de feuilles dès les premiers jours du
+printemps, mais il les perd beaucoup plus tôt que tous les autres.
+On l'emploie pour former les avenues. Il est facile à diriger et
+peut être soumis à une tonte régulière. Fleurs blanchâtres,
+odorantes, de mars en juin.
+
+ =Variétés.=--Corail, -- Pleureur, -- à feuilles laciniées, -- à
+ feuilles panachées.
+
+
+TILLEUL argenté (_T. argentea_).--Port du Tilleul d'Europe,
+seulement un peu moins élevé; feuilles d'un vert foncé en dessus,
+planches et cotonneuses en dessous.
+
+
+TILLEUL d'Amérique (_T. Americana_).--Arbre très élevé; feuilles
+très-grandes et dentées.
+
+
+TULIPIER de Virginie (_Liriodendron tulipifera_).--Arbre d'un beau
+port, remarquable par la forme de ses feuilles et par ses fleurs,
+d'un jaune verdâtre mêlé de rouge, semblables à une Tulipe pour la
+forme et la grandeur; fleurs en juin et en juillet. La plantation
+des Tulipiers ne doit avoir lieu qu'au printemps, et il faut éviter,
+autant que possible, de couper aucune branche, car les amputations
+leur sont très-nuisibles, surtout pendant leur jeunesse.
+
+ =Variétés.=--À feuilles entières, -- à fleurs jaunes.
+
+
+VIRGILIER à bois jaune (_Virgilia lutea_).--Hauteur, 10 mètres
+environ; fleurs blanches très-belles, en juin.
+
+
+SECTION XII.--Arbres résineux.
+
+Les arbres résineux, vulgairement nommés arbres verts, doivent être
+plantés jeunes et de préférence en avril et en mai, époque où ils
+commencent à végéter. Si l'on se trouvait forcé de planter en
+automne, il faudrait le faire dès la fin de septembre; autrement on
+risque de perdre un grand nombre de sujets.
+
+Les Ifs, les Thuias et le Sequoia sempervirens peuvent être taillés;
+quant aux autres, on doit éviter de les couper; et si jamais il
+devenait nécessaire de supprimer quelques branches, il faudrait les
+couper à quelques centimètres de la tige, afin d'éviter une perte
+de séve, toujours préjudiciable.
+
+On multiplie les arbres verts de graines, semées en avril, ou par la
+greffe herbacée, en leur donnant pour sujets les variétés les plus
+ordinaires.
+
+
+ARAUCARIA IMBRICATA.--Arbre d'une forme pyramidale, très-gracieux;
+rameaux couverts de feuilles lancéolées, piquantes au sommet.
+
+
+CÈDRE du Liban (_Cedrus Libani_).--Arbre très-élevé, pyramidal;
+rameaux horizontaux; cônes ovales oblongs, sans aspérités. On doit
+toujours le planter isolément, afin de jouir de son effet
+majestueux.
+
+
+CÈDRE DEODORA (_Cedrus deodora_).--Cet arbre, si remarquable par ses
+rameaux pendants et le beau vert glauque de ses feuilles, est d'une
+croissance rapide et susceptible d'atteindre une grande élévation.
+
+
+CRYPTOMERIA JAPONICA.--Cet arbre diffère essentiellement des autres
+arbres verts, par ses feuilles et la disposition de ses rameaux.
+Pour jouir de toute la beauté des Cryptomeria, il faut les planter
+isolément.
+
+
+CYPRÈS (_Cupressus_).--Ces arbres, d'un vert peu sombre, conviennent
+tous au jardin d'agrément; on les plante en lignes ou isolément,
+suivant la forme qu'ils affectent. Seul, le Cupressus disticha exige
+un terrain frais pour prospérer.
+
+ =Variétés.=--Sempervirens (pyramidal), -- Funebris, --
+ Lawsoniana, -- Lambertiana, -- Disticha (chauve).
+
+
+GENÉVRIER commun (_Juniperus communis_).--Arbrisseau de 4 à 5 mètres
+de hauteur; rameaux diffus, feuilles piquantes; baies sphériques,
+d'un bleu noirâtre.
+
+ =Variétés.=--De Virginie, -- d'Orient.
+
+
+IF commun. (_Taxus baccata_).--Arbre rustique, très-rameux; baies
+rouges. On peut lui faire prendre différentes formes, en le tondant
+annuellement.
+
+ =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Pyramidal.
+
+
+MÉLÈZE d'Europe (_Larix Europæa_).--Arbre très-élevé, d'une forme
+pyramidale; branches horizontales; feuilles caduques; cônes
+très-petits.
+
+ =Variétés.=--À rameaux pendants, -- Noir d'Amérique.
+
+
+PINS (_Pinus_).--Arbres très-élevés, rustiques, toujours verts,
+précieux pour l'ornement des jardins paysagers; on les place
+isolément ou par groupes, et leur nuance sombre contraste
+agréablement avec le feuillage des autres arbres.
+
+ =Variétés.=--Sylvestris (d'Écosse), -- Laricio (de Corse), --
+ Austriaca, -- Benthamiana, -- Lambertiana, -- Pinaster, --
+ Ponderosa, -- Pyrenaica, -- Strobus, -- Sabiniana.
+
+
+SAPINS (_Abies_).--Les Sapins sont généralement des arbres de haute
+taille; ils diffèrent des Pins par leur forme pyramidale. Tous
+peuvent être cultivés dans les grands jardins.
+
+ =Variétés.=--Alba (Sapinette blanche), -- Excelsa (Épicéa), --
+ Canadensis (Hemlock), -- Cephalonica, -- Cilicica, -- Balsamea
+ (Baumier), -- Douglasii, -- Morinda, -- Nobilis, -- Nordmanniana,
+ Pectinata (S. argenté), -- Pinsapo.
+
+
+SEQUOIA SEMPERVIRENS (_Taxodium sempervirens_).--Grand et bel arbre
+de la Californie, d'une croissance rapide et d'une grande rusticité.
+On peut laisser le Sequoia s'élever naturellement, ou bien le
+tailler comme les Ifs, qualités essentielles, qui doivent le faire
+rechercher avec empressement.
+
+
+SEQUOIA GIGANTEA (_Wellingtonia gigantea_).--Également originaire
+de la Californie, cet arbre est susceptible d'acquérir des
+proportions gigantesques.
+
+Pour produire tout son effet, il doit être cultivé isolément.
+
+
+THUIA du Canada (_Thuia occidentalis_).--Hauteur, 8m,33; cime
+pyramidale; branches verticales; feuilles plates, imbriquées, d'un
+beau vert.
+
+
+THUIA de la Chine (_T. orientalis_).--Plus élevé que le précédent;
+branches flexibles, feuillage vert roussâtre.
+
+ =Variétés.=--Aurea, -- Pendula, -- Gigantea, -- Lobbii.
+
+
+
+
+CHAPITRE XVI
+
+Destruction des animaux nuisibles.
+
+
+Le potager, le verger et le jardin d'agrément sont, trop fréquemment
+pour l'horticulteur, exposés aux ravages des oiseaux, des petits
+mammifères et des insectes, qui, à toutes les époques de leur vie,
+depuis leur sortie de l'oeuf jusqu'à leur métamorphose, vivent aux
+dépens des végétaux que nous élevons pour notre utilité ou pour
+notre agrément. Des piéges, des boulettes empoisonnées servent à la
+destruction des petits rongeurs tels que souris, rats, loirs,
+lérots, etc. Des piéges, des épouvantails et quelques coups de fusil
+éloignent les oiseaux; mais le cultivateur doit savoir distinguer
+ses amis et ses ennemis, et excepter de cette proscription les
+fauvettes et autres becs fins, les hirondelles et les oiseaux
+insectivores, qui à toutes les époques de l'année vivent d'insectes,
+et l'hiver de graines ou de quelques petites baies restées sur les
+buissons. À l'époque de l'éducation des petits, les moineaux et les
+autres granivores détruisent une quantité prodigieuse d'insectes, et
+on doit les ménager pendant cette saison; c'est vers juillet qu'il
+faut commencer à leur faire une chasse impitoyable.
+
+Quant aux insectes, qui sont si nombreux, et qui par leur
+multiplicité et leur petitesse échappent à nos moyens de
+destruction, le nombre en est bien diminué, il est vrai, par la
+chasse active que leur font les oiseaux; mais leur multiplication
+est si rapide, qu'ils bravent ces mauvaises chances et semblent n'en
+devenir que plus incommodes. Il a été proposé un grand nombre de
+moyens pour les faire disparaître, mais peu d'entre eux réussissent;
+et de tous ceux qu'on a employés, la recherche attentive et
+persévérante est sans contredit le plus long, mais le plus certain.
+On élève dans les jardins des hérissons, des tortues de terre, de
+petits oiseaux de nuit, la chevêche, entre autres, qui dévorent une
+grande quantité d'insectes, et de tous ce sont les derniers qui en
+détruisent le plus; leur utilité est d'autant plus grande qu'ils ne
+chassent que la nuit, et c'est surtout à cette époque de la journée
+que beaucoup d'insectes exercent leurs ravages. Nous conseillons
+donc aux horticulteurs d'avoir dans leur jardin un de ces animaux,
+qui ne coûtent rien et rendent de grands services. Il faut aussi se
+garder de détruire les chauves-souris, qui ne se nourrissent que de
+papillons crépusculaires et de phalènes.
+
+Il est bien aussi quelques insectes qui, tels que les coccinelles ou
+bêtes à bon Dieu, les syrphes, les calosomes, les ichneumons et les
+sphex, détruisent un grand nombre d'insectes et de chenilles: ainsi
+les coccinelles, les syrphes mangent les pucerons, et on peut les
+laisser se multiplier sans crainte; mais il arrive souvent que
+certains insectes carnassiers deviennent nuisibles à leur tour quand
+ils n'ont plus rien à manger. Les ichneumons, les sphex et les
+syrphes doivent en être exceptés: ils sont toujours utiles et ne
+nuisent jamais. On peut encore compter les épéires (araignées de
+jardin) parmi les animaux qui rendent de grands services.
+
+
+ABEILLES, GUÊPES.--Les fruits mûrs sont souvent attaqués par ces
+insectes, qui causent des dégâts considérables dans les espaliers.
+On les détruit en suspendant aux branches de petites fioles remplies
+d'eau miellée, dans lesquelles ils viennent se noyer; on recherche
+les nids de guêpes, et l'on asphyxie leurs habitants par la fumée de
+soufre ou par l'eau bouillante.
+
+
+ACARUS, vulgairement appelé la _grise_.--Au nombre des causes de
+destruction des arbres de nos vergers, il faut compter, comme une
+des plus dangereuses, les piqûres de l'acarus, qui attaque les
+pêchers et les fait périr. Il s'attache sous les feuilles, en suce
+le parenchyme, et, malgré sa petitesse, il est si multiplié, qu'il
+tue l'arbre le plus vigoureux. Le soufre en poudre, appliqué après
+un bassinage, est le remède le plus efficace que l'on puisse
+employer pour détruire la grise du pêcher. Les Melons, les
+Concombres, les Fèves et les Choux attaqués par cette arachnide
+peuvent être également traités par le même moyen.
+
+
+ARAIGNÉES.--Si la grosse araignée est inoffensive, il n'en est pas
+de même des petites, qui courent rapidement sur le sol: elles
+attaquent les jeunes semis, particulièrement ceux des carottes, en
+piquent la tige, en sucent la séve et les font périr. On les éloigne
+en répandant de la suie en poudre sur la terre, et, quand le temps
+le permet, on fait des bassinages.
+
+
+COURTILIÈRES.--Ces insectes, qui sont fort gros, et par ce moyen
+faciles à découvrir, font de grands ravages dans les plantes
+potagères, et plus particulièrement dans les couches. Les divers
+moyens de destruction indiqués sont d'arroser la terre avec une eau
+chargée de savon noir ou d'huile, de planter en terre des pots à
+demi pleins d'eau dans la direction des galeries des courtilières,
+afin de les y noyer. Les jardiniers les écrasent simplement à mesure
+qu'ils les trouvent en retournant les couches, et leur livrent de
+petits tas de fumier dans lesquels elles viennent se nicher.
+
+
+CHENILLES et LARVES.--Dans les vergers, l'échenillage attentif est
+un des moyens les plus infaillibles, car il détruit à la fois les
+oeufs et les générations suivantes; et si quelques nids échappent,
+il faut, comme le conseille M. Samuel Curtis, habile amateur
+anglais, saupoudrer les arbres avec de la chaux vive au moment où
+les feuilles commencent à se développer, et avant l'épanouissement
+des fleurs.
+
+M. le docteur Bailly dit aussi qu'on peut facilement détruire les
+chenilles, lorsqu'elles sont rassemblées, en les aspergeant, à
+l'aide d'un balai, avec de l'eau mêlée de savon noir: il paraît
+qu'aussitôt touchées elles sont instantanément frappées de mort; il
+dit même que l'acide prussique n'agit pas avec plus de promptitude.
+
+Les larves des insectes du genre _Tenthrède_ font le désespoir des
+amateurs de Rosiers: elles attaquent, de concert avec les autres
+ennemis de cet arbuste, les jeunes rameaux, et font avorter la
+fleur. C'est au printemps, dans le mois d'avril, qu'il faut
+s'attacher à les détruire. L'époque de la journée la plus favorable
+est le matin, avant qu'elles aient commencé à se disperser; il faut
+les chercher dans l'extrémité des rameaux, qui sont gonflés par leur
+présence, et les écraser par la pression, ou bien même fendre la
+branche avec la pointe d'un canif et en extraire la larve. Quand le
+mal est trop avancé, il faut couper les rameaux malades.
+
+Les larves de l'_Hylotoma rosæ_ rongent les feuilles des Rosiers, il
+est facile de les détruire en les écrasant.
+
+Quant aux chenilles qui dévorent les plantes potagères et se
+tiennent cachées sous les feuilles des plantes ou dans la terre, il
+faut, après les autres moyens naturels de destruction, essayer pour
+les tuer les décoctions de suie et de brou de noix, mais compter
+plus encore sur la recherche qu'on en fait. Les horticulteurs
+attentifs devront détruire sans pitié tous les papillons, qui sont
+les propagateurs des ennemis de leurs récoltes.
+
+
+FOURMIS.--L'incommodité de ces petits insectes est bien connue: ils
+nuisent aux racines en soulevant la terre dans laquelle ils
+pratiquent leur demeure; ils attaquent les feuilles et les fruits et
+ils échappent à beaucoup de moyens de destruction par leur petitesse
+et leur agilité. Pour les empêcher de monter aux arbres, il faut
+entourer le pied avec un cordon de laine bien cardée; on les éloigne
+des pots et des caisses en les entourant d'eau, soit par un support,
+soit par de petits vases que l'on entretient constamment pleins. Des
+bouteilles d'eau miellée suspendues aux arbres attirent les fourmis,
+et elles y trouvent la mort en nombre considérable. Enfin on peut
+les détruire, comme les courtilières, avec de l'eau mêlée de savon
+noir ou d'huile.
+
+
+KERMÈS, COCHENILLES, GALLINSECTES.--Les kermès font un tort
+considérable au pêcher et en général aux arbres à fruits. Au
+printemps, ils adhèrent si fortement aux branches, qu'il faut le
+secours d'une brosse rude pour les en détacher. C'est au mois
+d'avril qu'on doit en faire la recherche, avant la ponte, et avant
+qu'ils aient quitté les branches où ils ont passé l'hiver, pour se
+disperser sur les feuilles des arbres. Il y a plusieurs espèces de
+kermès toutes généralement appliquées aux branches comme de petites
+verrues.
+
+
+LIMAÇONS (_Hélices jardinières_).--Pour s'en débarrasser, on n'a
+rien de mieux à faire que de les ramasser à mesure qu'on les
+rencontre, surtout le matin ou après la pluie; on doit aussi chaque
+fois qu'on rencontre des oeufs les détruire avec soin.
+
+
+LIMACES (ou _Buhottes_).--Elles font beaucoup de tort aux végétaux,
+qu'elles dévorent avec une incroyable voracité. Le meilleur moyen de
+les détruire est sans contredit l'emploi de la chaux hydratée
+réduite en poudre. Pour la répandre, on se place sous le vent et on
+la jette à la main, en rasant le sol aussi vivement et aussi
+régulièrement que possible, afin de la répandre bien également.
+
+
+LOMBRICS, VERS DE TERRE.--Les lombrics ne font d'autre tort aux
+plantes que de soulever la terre pour creuser leur galerie, et ce
+n'est que dans les planches où ont été faits de jeunes semis qu'on
+doit les détruire. On les fait sortir en battant la terre ou en y
+enfonçant un bâton que l'on agite en tous sens: ils sortent alors de
+terre; on les met dans un pot et on les noie, on les écrase, ou
+mieux encore on les donne à la volaille.
+
+
+PERCE-OREILLES ou FORFICULES.--Comme tous les insectes qui sortent
+particulièrement la nuit, les perce-oreilles s'attaquent aux
+feuilles des végétaux, aux fleurs et aux fruits, qu'ils percent afin
+de s'y loger. Les Oeillets, les Dahlias, les Roses trémières sont la
+proie de leur voracité. Pour les détruire, le moyen le plus simple
+consiste à placer sur des bâtons de petits pots à fleurs renversés,
+au fond desquels on met un peu de mousse; on visite les piéges tous
+les matins, et, pour détruire les perce-oreilles qui s'y sont
+réfugiés, on les plonge dans un baquet plein d'eau.
+
+
+PUCERONS.--Les pucerons, dont on connaît un grand nombre d'espèces,
+s'attaquent à toutes les plantes en général. Qu'ils soient gris
+comme les pucerons lanigères, verts comme ceux des Rosiers, etc.,
+ils causent les mêmes ravages et font périr les végétaux par les
+succions répétées qu'ils exercent sur leurs feuilles; les fourmis,
+qu'ils attirent, viennent ajouter aux dégâts qu'ils commettent. On
+les détruit en nettoyant une à une les branches ou les feuilles qui
+en sont chargées, en enlevant celles qui ont été trop profondément
+altérées, ou en les enfumant avec du tabac un peu humide, au moyen
+de l'appareil nommé _fumigateur_, ou bien en lavant les plantes avec
+une légère eau de savon noir; la poudre de pyrèthre, recommandée
+pour la destruction des pucerons, peut être avantageusement
+remplacée par le tabac en poudre.
+
+
+TAUPES.--On fait encore une chasse active à ce petit quadrupède
+insectivore, quoiqu'il ne nuise guère que par ses galeries, car il
+ne vit que d'insectes et de vers; mais il remue tout le sol, le
+bouleverse et coupe les racines qui se trouvent dans la direction de
+ses couloirs. La taupe travaille trois fois le jour: le matin, à
+midi, et le soir au coucher du soleil; il faut profiter de ce moment
+pour l'enlever d'un coup de bêche, pendant qu'elle rétablit sa
+galerie qu'on a d'abord enfoncée avec le pied. On place encore dans
+la galerie, qu'on débouche, un piège amorcé avec des noix bouillies
+dans de la lessive, et dont la taupe est très-friande. On met aussi
+dans l'eau des vers de terre coupés en morceaux et saupoudrés de
+noix vomique.
+
+
+TIQUETS (ALTISE BLEUE).--Ces petits insectes, d'une agilité extrême,
+et qui échappent par un bond à la main qui veut les saisir, font des
+ravages considérables dans les semis de Choux, Radis, Navets, etc.
+On n'a guère de moyens de les détruire; mais on les éloigne en
+arrosant les végétaux avec une décoction de tabac ou de plantes
+âcres.
+
+
+VERS BLANCS (LARVE DES HANNETONS).--Ces insectes, nuisibles aux
+arbres à fruits, à la Vigne, aux arbustes d'agrément et aux plantes
+potagères, sont difficiles à détruire, non pas à cause de leur
+agilité, puisqu'à l'époque de leur vie de larve ils rampent avec
+lenteur sous le sol, mais parce qu'ils exercent leurs ravages cachés
+dans le sein de la terre et qu'on ne s'aperçoit de leur présence que
+quand le mal est irréparable. Dès qu'on voit se flétrir les feuilles
+d'une plante, il faut fouiller au pied, et l'on est sûr d'y trouver
+un ou deux vers blancs. Lorsqu'on veut soustraire à leur voracité
+des plantes auxquelles on attache du prix, comme les arbres à fruits
+ou les jeunes plantations, il faut planter près d'eux des Fraisiers,
+des Laitues, etc., dont les vers blancs sont très-friands. Une autre
+précaution à prendre est de poursuivre les hannetons avec le plus
+grand soin et de les détruire aussitôt qu'ils paraissent. Il faut
+faire cette chasse le matin: les hannetons, engourdis par la
+fraîcheur de la nuit, sont alors faiblement attachés aux branches et
+tombent facilement à terre.
+
+M. Duval, qui paraît, avoir étudié avec soin les moeurs du hanneton,
+prétend que de simples binages suffisent, pour détruire les larves
+de cet insecte. Seulement les binages doivent être pratiqués à
+propos. Selon lui, c'est après la ponte que l'on doit biner les
+terrains ordinairement ravagés par le ver blanc, afin de ramener à
+la surface du sol les oeufs qui se trouvent dans la terre. À cette
+époque, l'action de la lumière suffit, d'après ce qu'il a observé,
+pour détruire tous les oeufs que l'on peut atteindre.
+
+
+
+
+CHAPITRE XVII
+
+Vocabulaire des principaux termes de jardinage.
+
+
+
+ACCOT. Fumier qu'on élève autour de couches pour empêcher le froid
+d'y pénétrer.
+
+ADOS. Terrain en pente tournée du côté du soleil. Les ados servent à
+faire des semis et repiquer le jeune plant.
+
+AMENDER. Améliorer une terre par les engrais.
+
+ANNUEL. On donne ce nom aux plantes qui dans l'année germent,
+fleurissent, portent graines et meurent.
+
+AOUTÉ. Se dit des jeunes branches qui ont atteint la consistance
+nécessaire pour résister à l'hiver.
+
+ARROSER. Synonyme de mouiller.
+
+BASSINER. Arroser légèrement avec la pomme de l'arrosoir, de manière
+que l'eau tombe en forme de pluie.
+
+BIFURQUÉ. Qui se divise en deux branches.
+
+BINER. C'est diviser la superficie du sol avec la binette, afin
+qu'elle ne se durcisse pas.
+
+BISANNUEL. Les plantes qui durent deux ans.
+
+BOURGEONS. Feuilles et tiges qui commencent à se développer.
+
+BOUTONS. Yeux placés dans l'aisselle des feuilles et au bout des
+rameaux.
+
+BOUTONS ADVENTIFS. Ceux qui naissent ailleurs que dans l'aisselle
+des feuilles et au bout des rameaux.
+
+BRINDILLE. Branche à fruits mince et courte.
+
+BULBE. Oignon de plante.
+
+BUTTER. Relever la terre autour du pied des plantes pour les
+préserver de la gelée, les faire blanchir ou favoriser le
+développement des tubercules.
+
+CADUQUES (feuilles). Qui tombent chaque année.
+
+CAÏEU. Bourgeon qui se forme sur le côté des gros oignons.
+
+CHARGER UNE COUCHE. C'est placer dessus la terre ou le terreau
+nécessaire au besoin des plantes qu'on veut cultiver.
+
+COLLET. Espèce de noeud placé entre la racine et la tige.
+
+CONTRE-ESPALIER. Arbres plantés parallèlement à l'espalier et dont
+les branches s'attachent sur un treillage peu élevé.
+
+CONTRE-PLANTER. Cette opération consiste à planter entre les rangs
+d'une planche garnie de plants à moitié ou aux trois quarts venus,
+des plants qui leur succéderont.
+
+CÔTIÈRE. Planche plus ou moins large, abritée par un mur ou un
+brise-vent, où l'on cultive des légumes qui viennent plus tôt qu'en
+plein jardin.
+
+COTYLÉDON. Lobes séminaux ou feuilles séminales.
+
+COURSON. Branches taillées court.
+
+DRAGEONS. Jeunes pousses qui partent des racines.
+
+ÉCLAIRCIR. C'est arracher du plant lorsqu'on l'a semé trop dru, de
+manière que celui qui reste profite davantage.
+
+ÉCLATER. Séparer les racines d'une plante qui pousse plusieurs
+tiges.
+
+ESPALIER. Arbre dont les branches sont étendues contre un mur.
+
+ÉTÊTER. Couper avec les ongles la tige principale d'une plante, de
+manière à faciliter le développement des branches inférieures.
+
+FORCER. C'est obliger une plante ou un arbre à produire plus tôt
+qu'il ne le ferait naturellement.
+
+FRAPPÉ. Se dit d'un melon qui, arrivé à sa grosseur, commence à
+changer de couleur et de teinte.
+
+GERME. Partie de la semence dont se forme la plante.
+
+GOBTER. Couvrir les meules à champignons avec de la terre légère.
+
+HALE. Vent sec et desséchant.
+
+HERBACÉES. Se dit des tiges vertes, molles, succulentes.
+
+HERSER. Cette opération consiste à briser les mottes de terre avec
+la fourche, après le labour.
+
+JAUGE. On nomme jauge le fossé provenant de la terre qu'on doit
+enlever avant de commencer à labourer.
+
+LARDER. Introduire le blanc dans les meules à champignons.
+
+LIGNEUX. Qui tient de la nature du bois.
+
+MEUBLE. Se dit d'une terre bien divisée par les labours.
+
+MOUILLER. Synonyme d'arroser.
+
+NOUER. Se dit des fleurs qui passent à l'état de fruit.
+
+OEIL. Petite pointe qui paraît dans l'aisselle des feuilles et au
+bout des rameaux. Cette petite pointe, au printemps suivant, devient
+un bouton à bois ou à fruit.
+
+OEILLETONS. Rejetons que produisent certaines plantes, et qui
+servent à la propagation de l'espèce.
+
+OMBRER. Étendre une toile ou du paillis sur les châssis, pour
+atténuer l'intensité des rayons solaires.
+
+PAILLER. Étendre du fumier court sur le sol, afin d'empêcher
+l'évaporation rapide de l'eau des arrosements.
+
+PALISSER. Cette opération consiste à fixer seulement les branches et
+les bourgeons des arbres cultivés en espalier.
+
+PERSISTANTS, PERSISTANTES. On appelle persistantes les feuilles qui
+restent plusieurs années sur l'arbre.
+
+PINCER. Couper avec les ongles l'extrémité des jeunes rameaux, pour
+favoriser le développement des branches inférieures.
+
+RAMEAU. Petite branche qui est une division des plus grandes.
+
+RATISSER. Couper l'herbe entre deux terres avec la ratissoire, dans
+les allées et dans les plantations.
+
+RÉCHAUD. Fumier neuf qu'on élève autour des couches pour réchauffer
+ou entretenir la chaleur.
+
+REMONTANTS. Les rosiers et autres végétaux qui fleurissent deux fois
+dans la même année.
+
+REPIQUER. Le repiquage consiste à planter au plantoir le jeune plant
+provenant de semis.
+
+RUSTIQUE. Plant de culture facile, qui résiste aux intempéries de
+l'hiver.
+
+SARCLER. Arracher les mauvaises herbes qui naissent dans les
+planches en culture.
+
+SENTIER. Chemin étroit qu'on laisse entre chaque planche.
+
+TERREAUTER. C'est étendre une couche de terreau sur un semis.
+
+TRACER. Faire des lignes dans le sens de la longueur des planches,
+pour semer ou planter.
+
+TUBERCULES. Parties charnues et arrondies d'où partent ordinairement
+de petites racines fibreuses.
+
+TURION. Oeil ou bouton naissant immédiatement sur les racines.
+
+VIVACE. On nomme plantes vivaces tous les végétaux qui subsistent au
+delà de trois ans, qu'ils perdent ou non chaque année leurs feuilles
+ou leurs tiges.
+
+[Illustration: Plan de culture.]
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES.
+
+
+CHAPITRE PREMIER
+
+ Disposition générale d'un jardin potager 1
+
+
+ CHAPITRE II
+
+ Calendrier 5
+
+ -- Août 6
+
+ -- Septembre 8
+
+ -- Octobre 11
+
+ -- Novembre 14
+
+ -- Décembre 17
+
+ -- Janvier 19
+
+ -- Février 22
+
+ -- Mars 25
+
+ -- Avril 29
+
+ -- Mai 31
+
+ -- Juin 34
+
+ -- Juillet 37
+
+
+CHAPITRE III
+
+ Instruments de jardinage 39
+
+ § 1. Outils propres aux labours et plantations 39
+
+ 2. Outils propres au transport 41
+
+ 3. Instruments servant aux arrosements 42
+
+ 4. Instruments propres à la taille et à l'élagage des
+ arbres 43
+
+
+CHAPITRE IV
+
+ Défoncements et labours 44
+
+
+CHAPITRE V
+
+ Fumiers et engrais 47
+
+
+CHAPITRE VI
+
+ Des arrosements 49
+
+
+CHAPITRE VII
+
+ Des couches 51
+
+
+CHAPITRE VIII
+
+ Multiplication des plantes 56
+
+ § 1. Semis 56
+
+ I. Semis sur couche 57
+
+ II. Semis en pleine terre 57
+
+ 1. Semis à la volée 57
+
+ 2. Semis en lignes ou en rayons 58
+
+ 3. Semis en pochets 58
+
+ § 2. Repiquage 59
+
+ 3. Oignons 59
+
+ 4. Caïeux 60
+
+ 5. Bulbiles 60
+
+ 6. Tubercules 60
+
+ 7. Griffes ou pattes 61
+
+ 8. Oeilletons 61
+
+ 9. Séparations des racines 61
+
+ 10. Stolons ou Coulants 61
+
+ 11. Marcottes 62
+
+ 1. Marcottes simples 62
+
+ 2. Marcottes par strangulation 62
+
+ 3. Marcottes par incision 62
+
+ 4. Marcottes par cépée 63
+
+ 5. Marcottes de racines 63
+
+ 12. Boutures 64
+
+ 1. Boutures à l'air libre 64
+
+ 2. Boutures sous cloches et sous châssis 64
+
+ 3. Boutures par tronçons de racine 66
+
+
+CHAPITRE IX
+
+ De la greffe 67
+
+ 1. Greffe en écusson 68
+
+ 2. Greffe en anneau 70
+
+ 3. Greffe en fente 71
+
+ 4. Greffe en fente sur tubercule 72
+
+ 5. Greffe en placage 73
+
+ 6. Greffe de la vigne 73
+
+ 6 _bis._ Greffe herbacée 74
+
+ 6 _ter._ Greffe en couronne (Pline) 76
+
+ 7. Greffe ordinaire par approche 77
+
+ 8. Greffe par approche compliquée 78
+
+
+CHAPITRE X
+
+ De la conservation des plantes. -- Cloches. -- Châssis. --
+ Paillassons. -- Orangerie 78
+
+ § 1. De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur
+ traitement en hiver 82
+
+ 2. De la sortie des plantes d'orangerie et de leur
+ traitement pendant l'été 83
+
+ 3. Composition de la terre qu'il faut donner aux
+ plantes ci-après désignées 85
+
+ 4. De la rentrée des plantes de serre tempérée et de
+ leur traitement en hiver 87
+
+ 5. De la sortie des plantes de serre tempérée et de
+ leur traitement en été 90
+
+ 6. Rempotage 92
+
+ 7. Composition de la terre qu'il faut donner aux
+ plantes ci-après désignées 94
+
+
+CHAPITRE XI
+
+ Jardin potager 95
+
+
+CHAPITRE XII
+
+ Maladies des plantes potagères 180
+
+
+CHAPITRE XIII
+
+ Jardin fruitier 181
+
+ § 1. Plantation 182
+
+ 2. Taille 184
+
+ 1. Arbres à fruits à noyaux 186
+
+ 2. Arbres à fruits à pépins 188
+
+ 3. Ébourgeonnage 189
+
+ 4. Palissage 189
+
+ 5. Fruitier 190
+
+ 6. Culture des meilleures espèces de fruits 191
+
+ Culture forcée du Cerisier 193
+
+ -- -- du Figuier 196
+
+ -- -- du Groseillier 198
+
+ -- -- du Pêcher 212
+
+ -- -- du Prunier 230
+
+ -- -- de la Vigne 238
+
+
+CHAPITRE XIV
+
+ Maladies des arbres 239
+
+
+CHAPITRE XV
+
+ Jardin d'agrément 241
+
+ SECTION Ire. Plantes pour bordures 250
+
+ 1. Arbustes 250
+
+ 2. Plantes vivaces formant des touffes 251
+
+ 3. Plantes bulbeuses 255
+
+ 4. Plantes annuelles que l'on multiplie de graines 256
+
+ SECTION II. Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes.
+ Plantes annuelles et bisannuelles 259
+
+ SECTION III. Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre 279
+
+ SECTION IV. Plantes de serre tempérée que l'on peut cultiver
+ en pleine terre l'été 319
+
+ SECTION V. Plantes pour l'ornement des eaux 330
+
+ 1. Plantes à feuilles flottantes 330
+
+ 2. Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux 331
+
+ 3. Plantes propres à la décoration du bord de l'eau 332
+
+ 4. Arbres et arbustes 334
+
+ SECTION VI. Plantes pour rocailles 336
+
+ Arbres et arbrisseaux 337
+
+ SECTION VII. Plantes grimpantes pour garnir les murs,
+ berceaux, tonnelles 339
+
+ 1. Plantes annuelles et vivaces 339
+
+ 2. Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut
+ mettre en pleine terre tout l'été 341
+
+ 3. Arbrisseaux 342
+
+ SECTION VIII. Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques 346
+
+ SECTION IX. Arbrisseaux et arbustes d'ornement à feuillage
+ persistant 359
+
+ SECTION X. Arbustes de terre de bruyère 363
+
+ SECTION XI. Arbres d'ornement à feuilles caduques 366
+
+ SECTION XII. Arbres résineux 378
+
+
+CHAPITRE XVI
+
+ Destruction des animaux nuisibles 381
+
+
+CHAPITRE XVII
+
+ Vocabulaire des principaux termes de jardinage 389
+
+ Table des matières 394
+
+ Table alphabétique 399
+
+ Table des figures 410
+
+
+FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
+
+
+
+
+TABLE ALPHABÉTIQUE
+
+
+ Abies, _voir_ Sapins.
+ Abricotiers, 191.
+ Abronia umbellata, 259.
+ Acacia blanc, _voir_ Robinier.
+ Acer, _voir_ Érable.
+ Achillea, 279.
+ Aconit, 279
+ Aconitum, _voir_ Aconit.
+ Acorus, 331.
+ Acroclinium roseum, 259.
+ Actæa spicata, 279.
+ Adonide, 259, 279.
+ Adonis, _voir_ Adonide.
+ Æsculus, _voir_ Marronnier.
+ Æthionema coridifolium, 336.
+ Ageratum, 259.
+ Ail, 95.
+ Ail doré, 255.
+ Ailantus, 366.
+ Airelle, 334, 337.
+ Ajonc, 359.
+ Alaterne, 359.
+ Alcea, _voir_ Rose Trémière.
+ Alizier, 359, 366.
+ Alisma, 330.
+ Alnus, _voir_ Aune.
+ Alstroemeria, 280.
+ Althæa, _voir_ Hibiscus.
+ Alternanthera spatula, 319.
+ Alyssum, 251, 259.
+ Amandier, 192, 346.
+ Amarante, 260.
+ Amarante à crête, _voir_ Celosia à crête.
+ Amarantoïde, 268.
+ Amarantus, _voir_ Amarante.
+ Amaryllis, 255, 280.
+ Amelanchier, 346.
+ Amorpha, 346.
+ Amygdalus, _voir_ Amandier.
+ Anagallis grandiflora, 260.
+ Ananas, 96.
+ Anchusa, _voir_ Buglosse.
+ Ancolie, 281.
+ Andromeda, 363.
+ Anémone, 281.
+ Anona, _voir_ Asimina.
+ Anthémis des teinturiers, 283.
+ Antirrhinum majus, _voir_ Muflier.
+ Apalanche vert, _voir_ Prinos verticillata.
+ Apocyn, 283.
+ Apocynum, _voir_ Apocyn.
+ Aquilegia, _voir_ Ancolie.
+ Arabis verna, _voir_ Tourrette printanière.
+ Aralia, 367.
+ Arbousier, 363.
+ Arbre aux quarante écus, _voir_ Gingko biloba.
+ Arbre aux Anémones, _voir_ Calycanthus.
+ Arbre de neige, _voir_ Chionanth.
+ Arbre saint, _voir_ Azedarach.
+ Arbre aux fraises, _voir_ Arbutus unedo.
+ Arbutus, _voir_ Arbousier.
+ Araucaria, 379.
+ Arenaria, _voir_ Sabline.
+ Argemone grandiflora, 260.
+ Argentine, _voir_ Cerastium tomentosum.
+ Argousier, 347.
+ Aristoloche, 342.
+ Arroche des jardins, 101.
+ Artichaut, 101.
+ Arum, 283.
+ Arundo donax, 332.
+ Asclepias, 283.
+ Asimina virginica, 347.
+ Asperges, 103.
+ Asperula odorata, 251.
+ Asphodèle, 284.
+ Asphodelus, _voir_ Asphodèle.
+ Aster, 251, 284.
+ Aster Sinensis, _voir_ Reine-marguerite.
+ Astragale, 284, 337.
+ Astrantia, 284.
+ Atragène, 342.
+ Aubépine, _voir_ Épine blanche.
+ Aubergine, 108.
+ Aubrietia deltoida, 251, 336.
+ Aucuba, 360.
+ Auricule, _voir_ Primevère auricule.
+ Aune, 334, 367.
+ Azalea, 363.
+ Azarero, _voir_ Cerasus Lusitanica.
+ Azédarach, 347.
+ Azerolier, _voir_ Épine d'Espagne.
+
+
+ Baguenaudier, 347.
+ Balisier, _voir_ Canna Indica.
+ Balsamine, 261.
+ Bambusa, 333.
+ Barbe de capucin, _voir_ Chicorée sauvage.
+ Barbeau, _voir_ Centaurées.
+ Barkhausia rubra, _voir_ Crepis rubra.
+ Bartonia aurea, 261.
+ Baselle, 109.
+ Basilic, 109.
+ Begonia, 319.
+ Belle-Dame, _voir_ Arroche.
+ Belle-de-jour, 261.
+ Belle-de-nuit, 261.
+ Bellis perennis, _voir_ Pâquerette.
+ Berberis, _voir_ Épine vinette.
+ Bermudienne, 252.
+ Betonica, 284.
+ Betterave, 109.
+ Betula, _voir_ Bouleau.
+ Bidens atrosanguinea, _voir_ Cosmos.
+ Bignonia, 343.
+ Blé de Turquie, _voir_ Maïs.
+ Bleuet, _voir_ Centaurée.
+ Bocconia, 284.
+ Bois-bouton, _voir_ Cephalanthus.
+ Bois-cuir, _voir_ Dirca.
+ Bois de Sainte-Lucie, _voir_ Cerisier odorant.
+ Bois-Joli, _voir_ Daphne mezereum.
+ Boltonia, 285.
+ Bonduc, 367.
+ Bonne-Dame, _voir_ Arroche.
+ Bonnet de Prêtre, _voir_ Fusain commun.
+ Bouleau, 367.
+ Boulette azurée, _voir_ Echinops ritro.
+ Boule de neige, _voir_ Viorne stérile.
+ Bourgène, 347.
+ Bourrache, 110.
+ Bourreau des arbres, _voir_ Celastrus scandens.
+ Boussingaultia baselloides, 341.
+ Bouton-d'argent, _voir_ Achillea ptarmica.
+ Brachycome, 261.
+ Brassica, _voir_ Choux.
+ Broualle, 262.
+ Broussonetia, 367.
+ Browallia, _voir_ Broualle.
+ Brunella grandiflora, 252.
+ Buddleia Lindleyana, 360.
+ Buglose, 285.
+ Bugrane, 285, 347.
+ Buis, 250, 360.
+ Buisson ardent, 360.
+ Buplevrum, 360.
+ Butomus umbellatus, 333.
+ Buxus, _voir_ Buis.
+
+
+ Cacalia sagittata, 262.
+ Caladium, 320.
+ Calandrinia umbellata, 262.
+ Calcéolaires, 320.
+ Calendula, _voir_ Souci.
+ Calliopsis, _voir_ Coreopsis.
+ Callistephus hortensis, _voir_ Reine-marguerite.
+ Calomeria, _voir_ Humea.
+ Caltha palustris, _voir_ Populage des marais.
+ Calycanthus, 347.
+ Calystégia, 339.
+ Camomille rouge, _voir_ Pyrethrum roseum.
+ Campanule, 252, 256, 262, 285, 336.
+ Canna Indica, 320.
+ Cantua coronopifolia, _voir_ Ipomopsis elegans.
+ Câprier, 337.
+ Capucines, 110, 262, 339.
+ Capucine tubéreuse, 341.
+ Caragana, 347.
+ Cardamine pratensis, 286.
+ Carde poirée, _voir_ Poirée à carde.
+ Cardon, 110.
+ Carotte, 111.
+ Caroubier, 360.
+ Carpinus, _voir_ Charme.
+ Cassia, 320.
+ Cassis, _voir_ Groseillier à fruit noir.
+ Castanea, _voir_ Châtaignier.
+ Catalpa, 367.
+ Catananche cærulea, _voir_ Cupidone bleue.
+ Cèdre, 379.
+ Celastrus scandens, 343.
+ Céleri, 112.
+ Celosia, 263.
+ Celtis, _voir_ Micoulier.
+ Centaurea, 263, 286.
+ Centranthus macrosiphon, 263.
+ Cephalanthus, 334.
+ Céraiste, 252.
+ Cerastium, _voir_ Céraiste.
+ Cerasus, _voir_ Cerisier.
+ Ceratonia, _voir_ Caroubier.
+ Ceratophyllum, _voir_ Cornifle.
+ Cerfeuil, 114.
+ Cerfeuil bulbeux, 114.
+ Cerisiers, 193.
+ Cerisier odorant, 348.
+ Cerisier à fleurs doubles, 367.
+ Cestrum, 348.
+ Chænostoma polyanthum, 264.
+ Chalef, 368.
+ Chamæcerasus, 348.
+ Chamærops, 322.
+ Champignon comestible, 115.
+ Charieis heterophylla, _voir_ Kaulfussia amelloïdes.
+ Charme, 368.
+ Châtaigne d'eau, _voir_ Macre.
+ Châtaignier, 368.
+ Cheiranthus, 268, 322.
+ Cheiranthus maritimus, _voir_ Julienne de Mahon.
+ Chelone, _voir_ Galane.
+ Chêne, 338, 360, 368.
+ Chenillette, 118.
+ Chervis, 118.
+ Chèvrefeuille, 343.
+ Chicorée, 118.
+ Chicot du Canada, _voir_ Bonduc.
+ Chincapin, _voir_ Castanea Americana.
+ Chionanthus, 334.
+ Chirouis, _voir_ Chervis.
+ Choux, 121.
+ Chou-rave, 124.
+ Chou-navet, 124.
+ Chou brocoli, 126.
+ Chou marin, 127.
+ Choux à feuilles ornementales, 264.
+ Choux-fleurs, 124.
+ Chrysanthème, 264, 286, 322.
+ Chrysocoma, 287.
+ Ciboule, 128.
+ Ciboulette, 129.
+ Cinéraires hybrides, 322.
+ Cissus quinquefolia, _voir_ Vigne vierge.
+ Civette, _voir_ Ciboulette.
+ Clavalier, 368.
+ Clarkia, 264.
+ Clématite, 343.
+ Cléome, 265.
+ Clethra, 348.
+ Cobæa scandens, 339.
+ Coelestina cærulea, _voir_ Ageratum cæruleum.
+ Coignassier, 194, 348.
+ Coignassier de la Chine, 369.
+ Colchicum, _voir_ Colchique.
+ Colchique, 287.
+ Coléus, 322.
+ Collinsia, 256.
+ Collomia, 256.
+ Colutea, _voir_ Baguenaudier.
+ Commelina tuberosa, 287.
+ Comptonia aspleniifolia, 348.
+ Concombre, 129.
+ Coniza, _voir_ Seneçon en arbre.
+ Conservation des Patates, 166.
+ Conservation des Choux-fleurs, 126.
+ Conservation des Choux cabus, 122.
+ Consoude, 287.
+ Convallaria maialis, _voir_ Muguet de mai.
+ Convolvulus, _voir_ Ipomæa.
+ Convolvulus tricolor, _voir_ Belle-de-jour.
+ Coquelicot, 265.
+ Coquelourde, 265.
+ Corbeille d'or, _voir_ Alyssum.
+ Corbeille d'argent, _voir_ Thlaspi vivace et Tourette printanière.
+ Coréopsis, 265, 287.
+ Corète du Japon, 348.
+ Cornichon, _voir_ Concombre.
+ Cornifle, 330.
+ Cornouiller, 349, 369.
+ Cornus, _voir_ Cornouiller.
+ Coronilla emerus, 349.
+ Corydalis formosa, 288.
+ Corylus, _voir_ Noisetier.
+ Cosmos bipinnatus, 265.
+ Cotoneaster, 338.
+ Courges, 130, 339.
+ Couronne impériale, _voir_ Fritillaria imperialis.
+ Crambe maritima, _voir_ Chou marin.
+ Craniolaria fragrans, _voir_ Martynia fragrans.
+ Cranson, _voir_ Raifort.
+ Cratægus, _voir_ Alizier.
+ Crépis rose, 256.
+ Cresson, 131.
+ Crocus vernus, 256.
+ Croix de Jérusalem, _voir_ Lychnis.
+ Crucianella, 336.
+ Cryptomeria, 379.
+ Cucurbita, _voir_ Courge.
+ Cuphéa, 266.
+ Cupidone bleue, 288.
+ Cupressus, _voir_ Cyprès.
+ Cyclamen, 288.
+ Cydonia, _voir_ Coignassier.
+ Cynoglossum, _voir_ Cynoglosse.
+ Cynoglosse, 252, 257, 266.
+ Cyprès, 379.
+ Cyprès chauve, 335.
+ Cytise, 349, 369.
+
+
+ Dahlia, 288, 364.
+ Daphné, 349.
+ Datura, 266, 290, 324.
+ Decumaria barbata, 343.
+ Delphinium, _voir_ Pied-d'Alouette.
+ Dent-de-lion, _voir_ Pissenlit.
+ Deutzia, 349.
+ Dianthus, _voir_ Oeillet.
+ Dictamnus albus, _voir_ Fraxinelle.
+ Didiscus cæruleus, _voir_ Hugelia cærulea.
+ Dielytra spectabilis, 290.
+ Diervilla lutea, 349.
+ Digitale pourpre, 266.
+ Dimorphotheca pluvialis, _voir_ Calendula pluvialis.
+ Dioclea glycinoides, 341.
+ Dioscorea batatas, _voir_ Igname de la Chine.
+ Diospyros, _voir_ Plaqueminier.
+ Dirca palustris, 335.
+ Dodecatheon meadia, 291.
+ Doronic, 252, 291.
+ Dracocephalum, 266, 291.
+
+
+ Eccremocarpus scaber, 341.
+ Échalote, 133.
+ Echinops ritro, 292.
+ Eloeagnus, _voir_ Chalef.
+ Emilia sagittata, _voir_ Cacalia sagittata.
+ Énothères, 266, 292.
+ Épervière, 292.
+ Éphémère, _voir_ Tradescantia.
+ Épi de la Vierge, _voir_ Ornithogalum pyramidale.
+ Epilobium, 292.
+ Epimedium, 292, 336.
+ Épinard, 133.
+ Épinard d'été, _voir_ Tétragone étalée.
+ Épine, 369.
+ Épine-vinette, 194, 349.
+ Érable, 369.
+ Erica, 364.
+ Erigeron, 292.
+ Erinus, 293, 336.
+ Eriophorum, _voir_ Linaigrette.
+ Erodium, 293.
+ Érysimum, 267.
+ Erysimum barbarea, _voir_ Vélar.
+ Érythrina, 322.
+ Escholtzia Californica, 267.
+ Estragon, 134.
+ Eucalyptus globulus, 324.
+ Eucharidium elegans, 267.
+ Eupatoire, 293.
+ Eupatorium, _voir_ Eupatoire.
+ Eutoca viscida, 267.
+ Evonymus, _voir_ Fusain.
+
+
+ Fagus, _voir_ Hêtre.
+ Farfugium, 293.
+ Faux Ébénier, _voir_ Cytise.
+ Faux Indigo, _voir_ Amorpha.
+ Faux Jalap, _voir_ Belle-de-nuit.
+ Faux Pistachier, _voir_ Staphylea.
+ Fenouil, 134.
+ Fenouil marin, _voir_ Perce-pierre.
+ Fève, 134.
+ Févier, 370.
+ Ficoïde, 267.
+ Figuier, 195.
+ Filaria, 361.
+ Fléchière, 330.
+ Fleur de la Passion, _voir_ Passiflora.
+ Fontanesia, 338.
+ Forsythia suspensa, 350.
+ Fothergilla, 364.
+ Fougères, 336.
+ Fraisiers, 135.
+ Framboisiers, 196.
+ Fraxinelle d'Europe, 293.
+ Fraxinus, _voir_ Frêne.
+ Frêne, 370.
+ Fritillaria, 293.
+ Fumaria, _voir_ Fumeterre.
+ Fumeterre, 293.
+ Funkia subcordata, _voir_ Hemerocallis Japonica.
+ Fusain, 350, 361.
+ Fuchsia, 324.
+
+
+ Gaillardia, 295.
+ Galane, 295.
+ Galanthus nivalis, 295.
+ Galé, 335.
+ Galega officinalis, 295.
+ Gattilier, 350.
+ Gaultheria, 365.
+ Gaura biennis, 267.
+ Gazon turc, _voir_ Saxifrage.
+ Genêt, 350.
+ Genévrier, 379.
+ Genista, _voir_ Genêt.
+ Gentiana, 252, 295.
+ Géranium, 295.
+ Géranium rouge, _voir_ Pélargonium zonale.
+ Gesse, 340.
+ Geum coccineum, 296.
+ Gilia, 268.
+ Gilia androsacea, _voir_ Leptosiphon androsaceus.
+ Gilia coronopifolia, _voir_ Ipomopsis elegans.
+ Gilia densiflora, _voir_ Leptosiphon densiflorus.
+ Ginkgo bibola, 371.
+ Giroflée, 268.
+ Giroflée de Mahon, _voir_ Julienne de Mahon.
+ Gladiolus, 256, 296.
+ Glaïeul des marais, _voir_ Iris des marais.
+ Gleditschia, _voir_ Févier.
+ Glycine, 343.
+ Gnaphalium margaritaceum, _voir_ Immortelle.
+ Gomphrena globosa, _voir_ Amarantoïde.
+ Gordonia, 350.
+ Graminées à bordures, 252.
+ Grande douve, _voir_ Ranuncul.
+ Grenadille, 344.
+ Groseillier, 197, 338, 350.
+ Gunnera scabra, 297.
+ Gymnocladus, _voir_ Bonduc.
+ Gynerium argenteum, 297.
+ Gypsophila, 268, 296.
+
+
+ Helesia, 350.
+ Hamamélis, 335.
+ Haricot, 139.
+ Haricot d'Espagne, 340.
+ Hedera, _voir_ Lierre.
+ Hedysarum, _voir_ Sainfoin.
+ Helenium autumnale, 297.
+ Helianthus, _voir_ Soleil.
+ Helianthus argophyllus, 269.
+ Helichrysium, _voir_ Immortelle.
+ Héliotrope d'hiver, _voir_ Tussilago fragrans.
+ Héliotrope, 324.
+ Heliotropium, _voir_ Héliotrope.
+ Hellébore, 297.
+ Hellébore blanc, _voir_ Varaire.
+ Hémérocalle, 253, 298.
+ Hemerocallis, _voir_ Hémérocalle.
+ Hépatique printanière, 253.
+ Heraclum, 298.
+ Herbe aux turquoises, _voir_ Ophiopogon du Japon.
+ Herbe de Ste-Barbe, _voir_ Vélar.
+ Hesperis matronalis, _voir_ Julienne des jardins.
+ Hêtre, 371.
+ Hibiscus, 268, 298, 351.
+ Hieracium aurantiacum, _voir_ Épervière.
+ Hippophæ rhamnoides, _voir_ Argousier.
+ Hippuris vulgaris, _voir_ Pesse d'eau.
+ Hortensia, 365.
+ Hoteia Japonica, 298.
+ Houblon, 344.
+ Houx, 361.
+ Hugelia cærulea, 269.
+ Humea elegans, 269.
+ Humulus lupulus, _voir_ Houblon.
+ Hyacinthus orientalis, _voir_ Jacinthe.
+ Hydrangea, 351.
+ Hydrocharis, _voir_ Morrène.
+ Hypericum, _voir_ Millepertuis.
+
+
+ Ibéris, _voir_ Thlaspi.
+ If, 380.
+ Igname de la Chine, 142.
+ Ilex, _voir_ Houx.
+ Immortelle, 269, 298.
+ Impatiens balsamina, _voir_ Balsamine.
+ Indigofera, 351.
+ Ipomoea, 340.
+ Ipomopsis elegans, 270.
+ Iris, 253, 278, 331, 336.
+ Itea, 351.
+
+
+ Jacée, _voir_ Lychnis dioica.
+ Jacinthe, 299.
+ Jasmin, 338, 344.
+ Jasmin de Virginie, _voir_ Bignonia radicans.
+ Jonc fleuri, _voir_ Butomus umbellatus.
+ Jonquille, _voir_ Narcissus Jonquilla.
+ Juglans, _voir_ Noyer.
+ Julienne de Mahon, 257.
+ Julienne des jardins, 301.
+ Juniperus, _voir_ Genévrier.
+
+
+ Kalmia, 365.
+ Kaulfussia amelloïdes, 257.
+ Kerria Japonica, _voir_ Corète du Japon.
+ Ketmie, _voir_ Hibiscus.
+ Koelreuteria, 371.
+ Koniga, _voir_ Alyssum maritima.
+
+
+ Laitues, 144.
+ Lamium orvala, 301.
+ Lantana, 325.
+ Larix, _voir_ Mélèze.
+ Lathyrus, _voir_ Gesse.
+ Laurier, 361.
+ Laurier Saint-Antoine, _voir_ Epilobium spicatum.
+ Laurus, _voir_ Laurier.
+ Lavatère à grandes fleurs, 270.
+ Lawn's-grass, 244.
+ Lentilles, 147.
+ Leptosiphon, 257.
+ Leycesteria, 351.
+ Lierre, 250, 344, 361.
+ Ligustrum, _voir_ Troëne.
+ Lilas, 351.
+ Lilas de terre, _voir_ Muscari monstrosum.
+ Lilium, _voir_ Lis.
+ Limaçon, 118.
+ Lin à grandes fleurs, 270.
+ Lin vivace, 301.
+ Linaigrette, 333.
+ Linaire, 257, 302, 336.
+ Linum perenne, _voir_ Lin vivace.
+ Lippia repens, 253.
+ Liquidambar, 371.
+ Liriodendron, _voir_ Tulipier.
+ Lis, 302.
+ Lis des Incas, _voir_ Alstroemeria pelegrina.
+ Lis Saint-Bruno, _voir_ Phalangium liliastrum.
+ Liseron tricolore, _voir_ Belle-de-jour.
+ Loasa, 342.
+ Lobelia, 257, 303, 325.
+ Lonicera, _voir_ Chèvrefeuille.
+ Lophospermum, 342.
+ Lothier rouge, 270.
+ Lunaire annuelle, 270.
+ Lunaria annua, _voir_ Lunaire annuelle.
+ Lupin, 270, 304.
+ Lupinus, _voir_ Lupin.
+ Lychnide, 253, 304.
+ Lychnis, Coquelourde, _voir_ Lychnide.
+ Lycium, 338.
+ Lysimachi, 333.
+ Lythrum virgatum, _voir_ Salicaire.
+
+
+ Mâche, 147.
+ Maclura, 371.
+ Macre, 331.
+ Madaria elegans, _voir_ Madia elegans.
+ Madia elegans, 270.
+ Magnolia, 352, 362, 371.
+ Mahonia, 362.
+ Maïs, 147, 270.
+ Malcolmia maritima, _voir_ Julienne de Mahon.
+ Malope grandiflora, 271.
+ Malus, _voir_ Pommier.
+ Malva, _voir_ Mauve.
+ Marronnier, 372.
+ Martynia, 271.
+ Massette, 331.
+ Matricaria mandiana, 304.
+ Maurandia, 342.
+ Mauves, 271.
+ Megasea crassifolia, _voir_ Saxifraga crassifolia.
+ Mélèze, 380.
+ Melia, _voir_ Azedarach.
+ Mélilot, 271.
+ Melilotus, _voir_ Mélilot.
+ Mélongène, _voir_ Aubergine.
+ Melons, 148.
+ Melon d'eau, 158.
+ Menispermum Canadense, 344.
+ Mentha piperita, _voir_ Menthe poivrée.
+ Menthe poivrée, 305.
+ Menyanthes, 331.
+ Menziezia, 365.
+ Merendera bulbocodium, 305.
+ Merisier, 352.
+ Mesembryanthenum, _voir_ Ficoïdes.
+ Mespilus Germanica, _voir_ Néflier.
+ Micocoulier, 372.
+ Mignardise, _voir_ Oeillet mignardise.
+ Millepertuis, 338, 352.
+ Mimulus, 325.
+ Mirabilis Jalapa, _voir_ Belle-de-nuit.
+ Molène purpurine, 305.
+ Monarda didyma, 305.
+ Moræa Sinensis, 305.
+ Morelle grimpante, 344.
+ Morina longiflora, 305.
+ Morrène, 331.
+ Morus, _voir_ Mûrier.
+ Mullier des jardins, 271.
+ Muguet de mai, 305.
+ Mûrier, 198, 352, 373.
+ Mûrier à papier, _voir_ Broussonetia.
+ Muscari, 306.
+ Myosotis, 306, 334.
+ Myrica, _voir_ Galé.
+
+
+ Naïade, 331.
+ Narcisse, 256, 306.
+ Narcissus, _voir_ Narcisse.
+ Naumburgia, _voir_ Lysimachia.
+ Navet, 159.
+ Néflier, 199, 362, 373.
+ Negundo, _voir_ Érable negundo.
+ Nemesia floribunda, 258, 272.
+ Nemophila, 258.
+ Nénuphar, 331.
+ Nierembergia, 326.
+ Nicotiana wigandioïdes, 326.
+ Nigelle, 272.
+ Noisetier, 200, 352, 373.
+ Noyer, 200.
+ Noyer d'Amérique, 374.
+ Nyctago hortensis, _voir_ Mirabilis Jalapa.
+ Nycterinia selaginoïdes, 272.
+ Nymphæa, _voir_ Nénuphar.
+ Nyssa, _voir_ Tupélo.
+
+
+ Oeillet, 306.
+ Oeillet mignardise, 253.
+ Oeillet de la Chine, 272.
+ Oeillet de poëte, 309.
+ Oeillet flon, 309.
+ Oeillet d'Inde, _voir_ Tagetes.
+ Oenothera, _voir_ Enothère.
+ Oignon, 159.
+ Olivier de Bohême, _voir_ Chalef.
+ Omphalode printanière, _voir_ Cynoglossum omphalodes.
+ Onomis, _voir_ Brugrane.
+ Ophiopogon du Japon, 253.
+ Oreille d'Ours, _voir_ Primevère auricule.
+ Oreille de lièvre, _voir_ Buplevrum.
+ Orme, 374.
+ Orme à trois feuilles, _voir_ Ptelea trifoliata.
+ Ornithogalum pyramidale, 309.
+ Orobe printanier, 310.
+ Orobus vernus, _voir_ Orbe printanier.
+ Oseille, 162.
+ Oseille épinard, 162.
+ Oxalis, 163, 256, 272.
+
+
+ Pæonia, _voir_ Pivoine.
+ Paliurus, 352.
+ Panais, 163.
+ Papaver, _voir_ Pavot.
+ Pâquerette, 253.
+ Parnassia palustris, 333.
+ Passiflora, _voir_ Grenadille.
+ Pastèque, _voir_ Melon d'eau.
+ Patate douce, 164.
+ Patience des Jardins, 162.
+ Patience aquatique, 332.
+ Paulownia, 374.
+ Pavia, _voir_ Marronnier.
+ Pavot, 272, 310.
+ Pêchers, 201.
+ Pêches à fleurs doubles, 374.
+ Pélargonium zonale, 326.
+ Pensée à grandes fleurs, 278.
+ Pentapetes phoenicea, 272.
+ Pentstémon, 309.
+ Perce-neige, _voir_ Galanthus nivalis.
+ Perce-pierre, 166.
+ Périploca, 344.
+ Persicaire, 272.
+ Persil, 167.
+ Pervenche, 337.
+ Pesse d'eau, 332.
+ Petite-Marguerite, _voir_ Bellis perennis.
+ Pétunia, 327.
+ Peuplier, 335, 374.
+ Phacelia, 273.
+ Phalangère, 310.
+ Phalangium, _voir_ Phalangère.
+ Phalaris, 333.
+ Phaseolus, _voir_ Haricot.
+ Philadelphus, _voir_ Seringat.
+ Phlomis, 310, 362.
+ Phlox, 254, 273, 310.
+ Phlox Drummundii, 273.
+ Pied-d'alouette, 258.
+ Pied-d'alouette grand, 273.
+ Pied-d'alouette des blés, 274.
+ Pied-d'alouette vivace, 290.
+ Pigamon, 311.
+ Piment, 167.
+ Pimprenelle, 167.
+ Pins, 380.
+ Pinsapo, _voir_ Sapins.
+ Pinus, _voir_ Pins.
+ Pissenlit, 167.
+ Pivoine herbacée, 311.
+ Pivoine en arbre, 352.
+ Planera, 375.
+ Plantain d'eau, _voir_ Alisma.
+ Plaqueminier, 375.
+ Platane, 375.
+ Platanus, _voir_ Platane.
+ Plumbago Larpentæ, 311.
+ Podolepis gracilis, 274.
+ Poinciana Gilliesii, 353.
+ Poireau, 168.
+ Poirée blonde, 168.
+ Poirée à cardes, 169, 262.
+ Poiriers, 213, 375.
+ Poiriers à fleurs doubles, 375.
+ Pois, 109.
+ Pois de senteur, _voir_ Gesse odorante.
+ Pois vivace, _voir_ Gesse à larges feuilles.
+ Poivre long, _voir_ Piment.
+ Polémoine bleu, 311.
+ Pelemonium cæruleum, _voir_ Polémoine.
+ Polianthes, _voir_ Tubéreuse.
+ Polygonum _voir_ Persicaire.
+ Pomme-d'amour, _voir_ Tomate.
+ Pommes de terre, 172.
+ Pommiers, 227, 375.
+ Pommiers à fleurs doubles, 375.
+ Pompadoura, _voir_ Calycanthus.
+ Pontederia cordata, 332.
+ Populage des marais, 334.
+ Populus, _voir_ Peuplier.
+ Porte-Chapeau, _voir_ Paliurus.
+ Portulaca, _voir_ Pourpier.
+ Potentilla, 311, 353.
+ Potiron, _voir_ Courge.
+ Pourpier, 174.
+ Pourpier à grandes fleurs, 273.
+ Primevère, 254, 327.
+ Primevère auricule, 254.
+ Primula, _voir_ Primevère.
+ Prinos, 365.
+ Prunellier, _voir_ Pruniers épineux.
+ Pruniers, 230, 376.
+ Pruniers épineux, 353.
+ Pruniers à fleurs doubles, 376.
+ Prunus, _voir_ Pruniers.
+ Prunus mahaleb, _voir_ Cerasus mahaleb.
+ Ptelea trifoliata, 353.
+ Pulmonaire, 312.
+ Pulmonaria, _voir_ Pulmonaire.
+ Pyrethrum, 254, 312.
+ Pyrethrum Indicum, _voir_ Chrysanthème.
+ Pyrus, _voir_ Poirier.
+
+
+ Quercus, _voir_ Chêne.
+
+
+ Radis, 174.
+ Raifort, 175.
+ Raiponce, 175.
+ Ranunculus, _voir_ Renoncule.
+ Raves, 175.
+ Régence, _voir_ Mâche d'Italie.
+ Reine-Marguerite, 258, 274.
+ Renoncule, 312, 332, 334.
+ Renouée, 331.
+ Réséda, 274.
+ Rhamnus, _voir_ Bourgène, Alaterne.
+ Rhodanthe Manglesii, 275.
+ Rhododendron, 365.
+ Rhubarbe, 176.
+ Rhus, _voir_ Sumac.
+ Ribes, _voir_ Groseillier.
+ Ricin, 275.
+ Ricinus, _voir_ Ricin.
+ Robinier, 376.
+ Romaines, _voir_ Laitues.
+ Ronce, 338.
+ Rose trémière, 275, 312.
+ Rose de Noël, _voir_ Helleborus niger.
+ Rose d'Inde, _voir_ Tagetes erecta.
+ Rose du ciel, _voir_ Coquelourde-Rose-du-Ciel.
+ Rosiers, 251, 345, 353.
+ Ruban-d'eau, _voir_ Sparganium natans.
+ Roseau à Quenouille, _voir_ Arundo donax.
+ Roseau ruban, _voir_ Phalaris arundinacea.
+ Rubus, _voir_ Ronce.
+ Rudbeckia, 313.
+ Rumex, _voir_ Oseille.
+ Ray grass, anglais, 244.
+
+
+ Sabline, 254.
+ Safran printanier, _voir_ Crocus vernus.
+ Sagittaria, _voir_ Fléchière.
+ Sainfoin d'Espagne, 275.
+ Sainfoin du Caucase, 313.
+ Salicaire effilée, 332.
+ Salisburia, _voir_ Gingko biloba.
+ Salix, _voir_ Saules.
+ Salpiglossis sinuata, 275.
+ Salsifis blanc, 176.
+ Salsifis noir, _voir_ Scorsonère.
+ Salvia, 254, 275, 327.
+ Sambucus, _voir_ Sureau.
+ Sanvitalia, 258.
+ Sapins, 380.
+ Saponaire, 258, 313, 337.
+ Sariette, 177.
+ Sauge, _voir_ Salvia.
+ Saules, 335, 377.
+ Saururus cernuus, 332.
+ Savonnier, _voir_ Koelreuteria.
+ Saxifrage, 254, 313, 337.
+ Scabieuse, 276, 314.
+ Scabiosa, _voir_ Scabieuse.
+ Scaroles, _voir_ Chicorée.
+ Schizandra coccinea, 345.
+ Schizanthus, 258, 276.
+ Schubertia desticha, _voir_ Cyprès chauve.
+ Scille, 314.
+ Scirpus lacustris, 332.
+ Scorsonère d'Espagne, 177.
+ Scutellaria macrantha, 314.
+ Sedum pyramidale, _voir_ Saxifraga pyramidalis.
+ Sedum, 255, 314, 337.
+ Sempervivum, 337.
+ Senecio, _voir_ Séneçon.
+ Séneçon, 276, 314, 328.
+ Séneçon en arbre, 362.
+ Sequoia, 380.
+ Seringat, 357.
+ Silène, 258, 276, 315.
+ Sisyrinchium, _voir_ Bermudienne.
+ Solanum, 328.
+ Soleil, 315.
+ Solidago, _voir_ Verge d'or.
+ Sophora, 377.
+ Sorbier, 377.
+ Sorbus, _voir_ Sorbier.
+ Souci des marais, _voir_ Populage des marais.
+ Souci, 277.
+ Souvenez-vous-de-moi, _voir_ Myosotis palustris.
+ Sparganium natans, 332.
+ Specularia speculum, _voir_ Campanula speculum.
+ Sphenogyne speciosa, 277.
+ Spiræa Japonica, _voir_ Kerria Japonica.
+ Staphylea, 358.
+ Statice, 255, 328.
+ Stenactis speciosa, 315.
+ Stevia, 315.
+ Stramonium fastuosum, _voir_ Datura fastuosa.
+ Sumac, 358.
+ Sureau, 358.
+ Sureau aquatique, _voir_ Viorne obier.
+ Symphorine, 358.
+ Sycomore, _voir_. Érable sycomore.
+ Symphoricarpos, _voir_ Symphorine.
+ Symphytum, _voir_ Consoude.
+ Sisyrinchium, _voir_ Bermudienne.
+ Syringa, _voir_ Lilas.
+
+
+ Tagetes, 277, 329.
+ Tagetes patula, _voir_ Oeillet d'Inde.
+ Tagetes erecta, _voir_ Rose d'Inde.
+ Tamarix, 335.
+ Tanacetum, _voir_ Tanaisie.
+ Tanaisie, 315.
+ Taxodium, _voir_ Sequoia.
+ Taxus, _voir_ If.
+ Tétragone étalée, 177.
+ Tetragonolobus purpureus, _voir_ Lotier rouge.
+ Thalictrum, _voir_ Pigamon.
+ Thé d'Oswégo, _voir_ Monarda didyma.
+ Thlaspi, 277.
+ Thlaspi jaune, _voir_ Alyssum saxatile.
+ Thlaspi vivace, 255.
+ Thrachymene cærulea, _voir_ Hugelia cærulea.
+ Thuia, 381.
+ Thunbergia, 341.
+ Thymélée des Alpes, _voir_ Daphne Cneorum.
+ Tigridia, 316.
+ Tilleul, 377.
+ Tilia, _voir_ Tilleul.
+ Tomate, 178.
+ Tournefortia, 316.
+ Tourrette printanière, 255, 336.
+ Trachelium cæruleum, 277.
+ Tradescantia, 292, 329.
+ Trapa natans, _voir_ Macre.
+ Trèfle d'eau, _voir_ Menyanthes trifoliata.
+ Triacanthos, _voir_ Févier d'Amérique.
+ Trifolium, _voir_ Cytisus sessilifolius.
+ Troëne, 359, 362.
+ Tropæolum, _voir_ Capucines.
+ Tubéreuse, 316.
+ Tulipe, 316.
+ Tulipier, 378.
+ Tupélo, 335.
+ Turritis verna, _voir_ Tourrette printanière.
+ Tussilage, 318, 337.
+ Tussilago, _voir_ Tussilage.
+ Typha, _voir_ Massette.
+
+
+ Ulex, _voir_ Ajonc.
+ Ulmus, _voir_ Orme.
+
+
+ Vaccinium, _voir_ Airelle.
+ Valériane, 277.
+ Valériane grecque, _voir_ Polémoine.
+ Varaire, 318.
+ Vélar de Barbarie, 318.
+ Veratrum, _voir_ Varaire.
+ Verbascum phoeniceum; _voir_ Molène purpurine.
+ Verbena, _voir_ Verveine.
+ Verge d'or, 318.
+ Vernis du Japon, _voir_ Ailantus glandulosa.
+ Véroniques, 319, 330.
+ Vernonia, 319.
+ Vers, 118.
+ Verveine, 277, 329.
+ Viburnum, _voir_ Viorne.
+ Vigne de Judée, _voir_ Morelle grimpante.
+ Vigne vierge, 345.
+ Vigne, 231.
+ Villarsia, 331.
+ Vinca, _voir_ Pervenche.
+ Viola tricolor, _voir_ Pensée.
+ Violette marine, _voir_ Campanule à grosses fleurs.
+ Viorne, 335, 359.
+ Violette odorante, 255.
+ Viola odorata, _voir_ Violette odorante.
+ Virgilia, 378.
+ Viscaria, 278.
+ Vitex, _voir_ Gattilier.
+ Vitadinia, 255.
+ Volubilis, _voir_ Ipomæa purpurea.
+
+
+ Wellingtonia, _voir_ Sequoia.
+ Witlavia grandiflora, 278.
+ Weigelia rosea, 359.
+ Wigandia, 330.
+
+
+ Xanthorhiza, 359.
+ Xanthoxylum, _voir_ Clavalier.
+ Xeranthemum annuum, _voir_ Immortelle.
+
+
+ Yucca, 362.
+
+
+ Zauschnéria, 319.
+ Zea, maïs, _voir_ Maïs.
+ Zinnia, 278.
+
+
+FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE.
+
+
+
+
+TABLE DES FIGURES
+
+
+ Fig. 1. Plan du jardin potager. 5
+
+ -- 2. Thermosiphon. 53
+
+ -- 3. Greffe en écusson. 69
+
+ -- 4. -- en anneau. 70
+
+ -- 5. -- en fente. 72
+
+ -- 6. -- en placage. 73
+
+ -- 7. -- en couronne. 76
+
+ -- 8. -- par approche. 77
+
+ -- 9. Châssis. 79
+
+ -- 10. Serre à Ananas. 96
+
+ -- 11. Melon, 1re taille. 150
+
+ -- 12. -- 2e taille. 151
+
+ -- 13. -- 3e taille. 152
+
+ -- 14. Pêcher, 2e année. 204
+
+ -- 15. -- 3e année. 206
+
+ -- 16. -- 4e année. 208
+
+ -- 17. -- 5e année. 210
+
+ -- 18. -- en V. 211
+
+ -- 19. Serre à forcer. 212
+
+ -- 20. Poiriers en quenouille. 214
+
+ -- 21. -- en éventail. 218
+
+ -- 22. -- en palmette. 220
+
+ -- 23. -- en palmette à double tige. 221
+
+ -- 24. Pommier en gobelet. 228
+
+ -- 25. -- en cordons. 229
+
+ -- 26. Vigne à la Thomery. 233
+
+
+FIN DE LA TABLE DES FIGURES.
+
+
+
+
+
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+unknown Courtois-Gérard
+
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+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
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+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
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+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation information page at www.gutenberg.org
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
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+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
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+contact links and up to date contact information can be found at the
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+Literary Archive Foundation
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+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
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+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
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+
+
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+works.
+
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+
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+
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+
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+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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+
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+Project Gutenberg's Manuel pratique de Jardinage, by unknown Courtois-Gérard
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Manuel pratique de Jardinage
+ contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou
+ d'en diriger la culture
+
+Author: unknown Courtois-Gérard
+
+Release Date: June 1, 2012 [EBook #39889]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE ***
+
+
+
+
+Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<p class="p4 center"><span class="smaller">MANUEL PRATIQUE</span><br>
+ DE JARDINAGE</p>
+
+<div class="p4 smaller width80">
+<p>L'auteur et l'éditeur se réservent le droit de traduire ou de faire
+traduire cet ouvrage en toutes langues. Ils poursuivront
+conformément à la loi et en vertu des traités internationaux toute
+contrefaçon ou traduction faite au mépris de leurs droits.</p>
+
+<p>Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait à Paris en temps utile et
+toutes les formalités prescrites par les traités sont remplies dans
+les divers États avec lesquels il existe des conventions littéraire.</p>
+
+<p>Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas, comme
+ci-dessous, ma griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et
+débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la
+loi.</p>
+</div>
+
+<a id="img001" name="img001"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img001.jpg" width="300" height="170" alt="Signature." title="">
+</div>
+
+<p class="p4 small center">Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, r. du Four-St.-Germ., 43.</p>
+
+<p class="p4 center">BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES ET AGRICOLES<br>
+ Série H. N. 41.</p>
+
+<h1><span class="smaller">MANUEL PRATIQUE</span><br>
+<span class="small">DE</span><br>
+ JARDINAGE</h1>
+
+<p class="p2 center"><span class="smaller">CONTENANT</span><br>
+ LA MANIÈRE DE CULTIVER SOI-MÊME UN JARDIN<br>
+<span class="smaller">OU D'EN DIRIGER LA CULTURE</span></p>
+
+<p class="p2 center">PAR COURTOIS-GÉRARD<br>
+<span class="smaller">Marchand grainier, horticulteur.</span></p>
+
+<hr class="p4 hr5">
+<p class="center">SEPTIÈME ÉDITION</p>
+<hr class="hr5">
+
+<p class="p4 center">PARIS<br>
+ LIBRAIRIE SCIENTIFIQUE, INDUSTRIELLE ET AGRICOLE<br>
+ Eugène LACROIX, Éditeur<br>
+ LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS<br>
+ QUAI MALAQUAIS</p>
+
+<hr class="hr5">
+<p class="small center">Tous droits réservés.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="pagev" name="pagev"></a>(p. v)</span> INTRODUCTION<br>
+<span class="smaller">À LA SEPTIÈME ÉDITION</span></h2>
+
+<p>Les progrès que le temps amène à sa suite, plus rapidement encore
+dans la pratique de l'horticulture que dans les autres branches du
+travail humain, se sont produits en grand nombre, non-seulement
+depuis la première édition du <i>Manuel de Jardinage</i>, mais encore
+depuis la sixième, à l'épuisement de laquelle celle-ci vient
+suppléer. Nous devons donc prévenir que plusieurs parties ont été
+remaniées à fond, pour être ramenées au niveau des connaissances
+horticoles du moment; toutes les lacunes que le cours des années
+pouvait avoir fait naître, ont été soigneusement comblées; nous en
+signalerons les principales.</p>
+
+<p>Le calendrier, révisé et refondu, a été augmenté de détails nouveaux
+et importants. D'intéressantes et lucides explications complètent
+<span class="pagenum"><a id="pagevi" name="pagevi"></a>(p. vi)</span> le chapitre du jardin potager. L'article <i>Assolement</i>, le
+premier qui ait été publié sur le jardinage, peut être consulté avec
+avantage par toutes les personnes qui veulent obtenir les récoltes
+les plus abondantes qu'un jardin potager bien tenu puisse produire;
+car pas un fait avancé par l'auteur n'a été pris en dehors de ce qui
+est consacré par la pratique. Dans celui du jardin fruitier, l'on
+trouve, outre l'exposé plus développé de quelques opérations, les
+listes des arbres fruitiers les plus estimés de chaque série, listes
+que les nombreuses conquêtes de la Pomologie viennent incessamment
+enrichir, et des données d'une grande utilité pratique pour le
+traitement des maladies des arbres.</p>
+
+<p>Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que
+se rencontrent les améliorations les plus remarquables au <i>Manuel de
+Jardinage</i>, dans sa septième édition, depuis la composition de
+gazons, écueil où viennent échouer tant de jardiniers
+inexpérimentés, jusqu'à la direction des plantes les plus difficiles
+à obtenir dans tout l'éclat de leur beauté.</p>
+
+<p>En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture <span class="pagenum"><a id="pagevii" name="pagevii"></a>(p. vii)</span>
+d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son
+parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de
+chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture
+contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et
+fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au
+lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus
+variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et
+de déboires.</p>
+
+<p>De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent
+avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront
+aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un
+meilleur parti des ressources dont ils disposent.</p>
+
+<p>Les livres qui, comme le <i>Manuel de Jardinage</i>, aplanissent la
+route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les
+vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux:
+ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout
+entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût;
+et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux
+<span class="pagenum"><a id="pageviii" name="pageviii"></a>(p. viii)</span> profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à
+l'exécution matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement
+trop élevé le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la
+portée de tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les
+éditions précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus
+scrupuleuse correction typographique. Cette édition nouvelle du
+<i>Manuel de Jardinage</i> réunit, comme on le voit, tout ce qui peut
+mériter à ce livre la continuation de la faveur dont il est en
+possession depuis sa naissance.</p>
+
+<p class="p4 center"><span class="pagenum"><a id="page1" name="page1"></a>(p. 1)</span> MANUEL PRATIQUE<br>
+DE JARDINAGE</p>
+
+<h2>CHAPITRE PREMIER.<br>
+<span class="smaller">Disposition générale d'un jardin potager.</span></h2>
+
+<p>Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin
+pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées
+d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et
+des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer
+les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera
+maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions
+intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du
+travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder
+sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est
+très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à
+l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et
+de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance.</p>
+
+<p>Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre
+de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche
+et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un
+terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de
+cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture
+courante. <span class="pagenum"><a id="page2" name="page2"></a>(p. 2)</span> Nous ne prétendons pas dire que les terrains de
+nature différente soient impropres à la végétation; car tous lui
+conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à
+l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont
+assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber
+les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement
+voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la
+culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins.</p>
+
+<p>Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons,
+des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités
+qui lui manquent.</p>
+
+<p>Le potager que nous représentons (fig. <a href="#img027">1</a>, à la fin du volume) forme
+un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue,
+choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus
+variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans
+l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons;
+seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une
+planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité
+du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les
+cultures de même espèce.</p>
+
+<p>L'assolement devra être conduit de telle sorte qu'une planche ne
+produise pas deux années de suite les mêmes légumes.</p>
+
+<p>Il est convenable, sous tous les rapports, que le potager soit clos
+de murs au nord, à l'est et à l'ouest; ce qui nous donnera à
+l'intérieur les expositions du sud, de l'ouest et de l'est. Au sud
+extérieur, on peut à la rigueur remplacer le mur par une haie. Les
+murs devront avoir au moins 2<sup>m</sup>,65 au-dessus de terre, et ils seront
+crépis intérieurement. S'ils sont construits en plâtras ou en
+pierre, on y pourra palisser les espaliers à la loque; mais s'ils
+étaient en moellon dur, il faudrait les faire préalablement garnir
+<span class="pagenum"><a id="page3" name="page3"></a>(p. 3)</span> de treillage. Le chaperon sera garni de tuiles formant une
+saillie de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15, pour garantir les fruits contre les
+fâcheuses influences des pluies, ce qui permettra également de
+conserver le raisin jusqu'à une époque assez avancée.</p>
+
+<p>En y suspendant des toiles ou des paillassons, qu'on tiendra écartés
+du mur, on pourra garantir les Pêchers en fleur contre les gelées du
+printemps. Les murs du <i>sud</i> seront garnis de Pêchers.</p>
+
+<p>À l'<i>est</i> on plantera de la Vigne, qui sera conduite à la Thomery.</p>
+
+<p>À l'<i>ouest</i> se trouveront des Pêchers, et dans l'intervalle on
+plantera des Poiriers.</p>
+
+<p>Au <i>nord</i>, les murs seront garnis de Poiriers, et, pour planter à
+cette exposition, il faut avoir soin de choisir les variétés les
+plus hâtives, afin que les fruits puissent atteindre leur parfaite
+maturité.</p>
+
+<p>On peut aussi planter des Pruniers et quelques Cerisiers tardifs,
+qui mûrissent à une époque où l'on est ordinairement privé de ces
+fruits.</p>
+
+<p>C'est dans un endroit écarté du potager, et le moins en vue, qu'on
+creusera un trou pour jeter les sarclures, les épluchures de légumes
+et les débris végétaux, qui pourront être employés comme engrais
+après leur réduction en terreau.</p>
+
+<p>Un point important à observer dans l'établissement d'un jardin,
+c'est la distribution de l'eau. Dans le potager, elle doit avoir
+lieu par des conduits souterrains, que l'on fera passer dans les
+allées, de telle sorte qu'il soit possible d'y faire les réparations
+nécessaires sans déranger les plantations.</p>
+
+<p>L'eau sera reçue dans un ou plusieurs bassins placés au milieu du
+jardin, ou, comme nous l'indiquons sur le plan, dans un bassin au
+centre n. 62, et dans des tonneaux placés <span class="pagenum"><a id="page4" name="page4"></a>(p. 4)</span> à l'extrémité des
+planches n. 8, 9, 24, 25, 34, 35, 50 et 51.</p>
+
+<p>Ces dispositions sont d'autant plus importantes que l'on connaît
+l'utilité indispensable des arrosements non-seulement dans les temps
+de sécheresse, mais encore pour accélérer la germination des semis
+et faciliter la reprise des plants nouvellement repiqués.</p>
+
+<p>L'allée du milieu aura 3 mètres de largeur, l'allée circulaire et
+celles de traverse n'en auront que 2.</p>
+
+<p>Les petites allées pratiquées autour des planches devront avoir
+0<sup>m</sup>,60 de largeur, et seront bordées d'Oseille, de Civette, de
+Cresson alénois, de Persil, de Cerfeuil, de Chicorée sauvage, de
+Pimprenelle, de Fraisiers, etc.</p>
+
+<p>La largeur des planches sera de 1<sup>m</sup>,33, avec un sentier de 0<sup>m</sup>,35
+entre chacune, ce qui suffira pour le passage; car le premier rang
+de chaque planche doit toujours être au moins à 0<sup>m</sup>,10 du bord.</p>
+
+<p>Les plates-bandes n. 61 de chaque côté de l'allée du milieu et de
+celles de traverse auront 1<sup>m</sup>,65 de largeur, et seront bordées de
+Buis. On y plantera un rang de Poiriers en quenouille, espacés entre
+eux d'environ 8 mètres, et un Pommier nain entre chaque Poirier.</p>
+
+<p>Le carré formé par les huit premières planches est destiné à faire
+les semis et le repiquage des plantes potagères et des fleurs
+nécessaires pour garnir les plates-bandes et les massifs du jardin
+d'agrément.</p>
+
+<p>N. 9 à 29 et 30 à 50. Planches à mettre en culture.</p>
+
+<p>N. 51. Emplacement pour faire les couches.</p>
+
+<p>N. 52. Plantation de Groseilliers.</p>
+
+<p>N. 53. Plantation de Framboisiers.</p>
+
+<p>N. 54. Côtière de 2<sup>m</sup>,75 de largeur à mettre en culture potagère.</p>
+
+<p>N. 55. Plate-bande de 2 mètres de largeur, où l'on plantera un rang
+de Rhubarbe anglaise.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page5" name="page5"></a>(p. 5)</span> N. 56 et 57. Plate-bande de même largeur à mettre en culture.</p>
+
+<p>N. 58. Contre-espalier de Vignes, dont on peut chauffer une partie
+chaque année.</p>
+
+<p>N. 59. Plate-bande d'environ 1 mètre de largeur.</p>
+
+<p>N. 60. Rangs de Vignes soutenues par des échalas placés au bout de
+chaque planche, et de manière à ne pas obstruer les sentiers.</p>
+
+<p>N. 61. Plate-bande de 1<sup>m</sup>,65 de largeur.</p>
+
+<p>N. 62. Bassin.</p>
+
+<p>N. 63. Porte pour entrer les fumiers.</p>
+
+<p>N. 64. Allée de communication avec le jardin d'agrément.</p>
+
+<h2>CHAPITRE II.<br>
+<span class="smaller">Calendrier.</span></h2>
+
+<p>Nous avons eu en vue, en faisant ce calendrier, d'indiquer d'une
+manière à la fois succincte et précise les diverses opérations qui
+doivent se succéder sans interruption dans le cours d'une année,
+pour que les productions en légumes, fruits et fleurs soient
+toujours abondantes, et que jamais le sol ne repose. Pour arriver à
+ce résultat, il fallait faire plus qu'énoncer sommairement les
+travaux propres à chaque mois; il fallait encore indiquer avec
+précision l'époque du semis, celle de la récolte, la place occupée
+par chaque genre de culture, et la nature des végétaux qui doivent
+succéder à ceux qui ont accompli leur période de végétation.</p>
+
+<p>Nous pensons avoir atteint ce dernier but en renvoyant aux numéros
+portés sur le plan (voir pl. <a href="#img027">1</a>), ce qui ne laisse pas d'incertitude
+sur le choix de l'emplacement à assigner à chaque plante; et comme
+les indications du calendrier eussent été insuffisantes sous la
+forme que nous leur avons <span class="pagenum"><a id="page6" name="page6"></a>(p. 6)</span> donnée, ou bien qu'elles eussent
+exigé des développements que ne comporte pas un tableau synoptique,
+nous renvoyons, pour la culture propre à chaque espèce, à l'article
+spécial qui y est consacré.</p>
+
+<p>Nous commençons, contrairement à la coutume, l'année par le mois
+d'août, parce que c'est à cette époque que commence en effet l'année
+horticole, tandis qu'en commençant par le mois de janvier, ainsi que
+cela a lieu communément, on sépare les travaux d'automne de ceux de
+printemps, avec lesquels ils sont intimement unis, puisqu'ils en
+sont la préparation nécessaire.</p>
+
+<h3>AOÛT.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>756 mill. 380<a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a><a href="#footnote1" title="Go to footnote 1"><span class="smaller">[1]</span></a>.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+ 21°,20.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+ 16°,46.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">48 mill. 59.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">70°,5.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Ce mois est un de ceux qui réclament de la part
+du jardinier tous ses soins et son activité. Non-seulement il
+entretient, par des arrosements et des bassinages, la végétation des
+plantes dont il attend la récolte vers la fin de la saison, mais
+encore il s'occupe déjà des semis et des plantations des végétaux
+destinés à passer l'hiver et à donner leur produit l'année suivante.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;Les couches sont peu nécessaires dans ce
+mois, et les seuls travaux à faire consistent à planter des
+Choux-fleurs sur les couches à Melons, et à faire une meule à
+Champignons au n. 8.</p>
+
+<p><i>Côtière</i> n. 9.&mdash;Dans la seconde quinzaine, on plante de la Scarole,
+semée en pleine terre dans la seconde quinzaine de juillet.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page7" name="page7"></a>(p. 7)</span> N. 11. On sème des Mâches.</p>
+
+<p><i>Pleine terre</i>, n. 14.&mdash;On sème des Épinards de Hollande.</p>
+
+<p>N. 23. On plante des Choux de Milan, semés en juillet.</p>
+
+<p>N. 32. On sème des Navets.</p>
+
+<p>N. 37. On plante du Céleri turc, semé dans la première quinzaine de
+juin.</p>
+
+<p>On sème du Cerfeuil bulbeux et des Radis roses.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine, on sème des Oignons blancs, de la Romaine
+rouge d'hiver, de la Laitue de la Passion, de la Chicorée de la
+Passion, du Cerfeuil, des Choux d'York, c&oelig;ur-de-b&oelig;uf et
+pain-de-sucre.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Carottes, Laitues, Oignons, Ciboule,
+Poireaux, Panais, Persil, Crambé maritime.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Terminer le palissage des espaliers; supprimer les
+branches qui tendraient à s'emporter.</p>
+
+<p>Arroser les Pêchers et découvrir les fruits qui approchent de la
+maturité.</p>
+
+<p>Greffer à &oelig;il dormant les arbres fruitiers et les arbres et
+arbustes d'ornement.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Tous les soins consistent à arroser, ratisser,
+biner, couper les gazons, mettre en place les fleurs d'automne,
+telles que les Balsamines, Reines-marguerites, &OElig;illets d'Inde,
+etc., si ces travaux n'ont pas encore eu lieu; terminer les
+marcottes d'&OElig;illets.</p>
+
+<p>Greffer les Pivoines en arbre sur des tubercules de Pivoines
+herbacées. (Voir page <a href="#page74">74</a>, l'article <i>Greffe</i>.)</p>
+
+<p>Séparer et replanter les Juliennes doubles, mettre les &OElig;illets de
+semis en planche ou les planter dans les plates-bandes.</p>
+
+<p>Planter les Couronnes impériales et les Lis martagons.</p>
+
+<p>Semer les graines de Pivoines herbacées; ce mode de <span class="pagenum"><a id="page8" name="page8"></a>(p. 8)</span>
+multiplication est extrêmement long, et l'on ne sème guère que pour
+obtenir de nouvelles variétés.</p>
+
+<p>Semer les Pensées à grandes fleurs, en septembre, on les repique en
+pépinière à bonne exposition, pour ne les mettre en place qu'au
+printemps; on sème aussi, mais en pots et sous châssis, les
+Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires, les Mimulus, les
+Giroflées quarantaines.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Vers la fin du mois, rabattre et rempoter les Pélargoniums
+et les plantes dont les pots ont été enterrés pendant l'été, afin
+qu'elles soient reprises à l'époque où on les rentrera dans la
+serre. On fait des boutures de Pélargoniums, de Calcéolaires, de
+Chrysanthèmes à fleurs blanches, Cuphéa, Ageratum Mexicanum,
+Fuchsia, Véroniques ligneuses, Verveines.</p>
+
+<h3>SEPTEMBRE.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>756 mill. 399.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+17°,87.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+13°,74.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">57 mill. 26.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">75°,2.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Les travaux de jardinage commencent à diminuer,
+car l'année approche de sa fin, et les soins d'entretien exigent
+moins d'assiduité. Les arrosements deviennent moins fréquents, et
+n'ont plus lieu que le matin; on doit, à cause de la fraîcheur des
+nuits, cesser ceux du soir. C'est, en revanche, l'époque des
+récoltes; les graines sont mûres ou sur le point de l'être, et il
+faut songer à les cueillir. Le jardinier soigneux disposera ses
+serres et son fruitier pour rentrer ses fruits, ses légumes et ses
+plantes quand le moment sera venu. Il faut aussi faire les
+réparations nécessaires aux coffres et aux panneaux, afin qu'ils
+soient en état dès que les froids viendront.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page9" name="page9"></a>(p. 9)</span> <span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches</i>, n. 3.&mdash;Dans la seconde quinzaine,
+on recharge la couche avec du terreau et on plante de la Laitue
+gotte, semée dans la première quinzaine du mois. À l'approche des
+froids, on couvre ces Laitues avec des châssis, on donne autant
+d'air que possible, afin d'éviter la pourriture; avec des soins, on
+peut en conserver jusqu'en décembre.</p>
+
+<p><i>Côtière</i>, n. 10.&mdash;Dans la première quinzaine, on plante de la
+Laitue de la Passion, de la Chicorée de la Passion et de la Romaine
+rouge d'hiver, semées dans le courant d'août.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;Dans les premiers jours du mois, on sème des
+Choux-fleurs, des Choux d'York et c&oelig;ur-de-b&oelig;uf. On sème de la
+Chicorée fine sous cloches, mais à froid. On sème la Pimprenelle,
+des Radis roses sur ados, et on continue de semer du Cerfeuil
+ordinaire, du Cerfeuil bulbeux, des Mâches et des Épinards. On fait
+blanchir des Cardons et du Céleri.</p>
+
+<p>N. 56. On sème de la Carotte hâtive.</p>
+
+<p>N. 41. On sème du Poireau long.</p>
+
+<p>N. 42, 43, 44 et 45. On plante cinq rangs de Fraisiers des quatre
+saisons dans chaque planche, et on les met à 0<sup>m</sup>,35 sur la ligne.</p>
+
+<p>N. 46 et 47. On plante quatre rangs de Fraisiers Queen's seedling,
+ou toute autre espèce à gros fruit, dans chaque planche, et on les
+met à 0<sup>m</sup>,50 sur la ligne.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Chicorées, Céleri, Betteraves, Poirées,
+Choux-fleurs.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Les travaux de ce mois se bornent à peu de chose.
+Néanmoins, on surveille la végétation des Pêchers, afin de maintenir
+l'équilibre de la sève. On greffe les arbres qui végétaient trop
+vigoureusement dans le cours du mois précédent, et l'on garantit les
+fruits contre la voracité des oiseaux et des insectes. On donne le
+dernier binage.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page10" name="page10"></a>(p. 10)</span> <span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Mêmes travaux de soins et d'entretien
+que dans les mois précédents. C'est l'époque la plus favorable pour
+semer les pelouses de gazon, car il reste encore assez de temps pour
+qu'il couvre la terre avant l'hiver, et au printemps il est en état
+de résister à la sécheresse, qui lui est très-contraire. C'est
+également l'époque de tondre les bordures de Buis. Semer les
+Clarkias, Collinsias, Coréopsis, Crépis, Énothères, Alyssum
+maritimum, Gilias, Mufliers, Némophiles, &OElig;illets de Chine,
+Silènes, Saponaire de Calabre, Thlaspis, etc., et repiquer avant
+l'hiver les plants en pépinière, pour ne les mettre en place qu'au
+printemps. Semer en pots, que l'on hiverne sous châssis, les
+Anagallis, Brachycomes, Centranthus, Eucharidium, Leptosiphon,
+Nemesia, Nycterinia, Malopes, Phlox Drummondi, Schizanthus,
+Trachymènes, Viscaria.</p>
+
+<p>Planter aussi les Iris Germanica, semer des Giroflées quarantaines
+pour les repiquer sur ados, ou dans des pots, qu'on rentre dès que
+le froid se fait sentir. Semer les Renoncules et Anémones en terrine
+ou en pleine terre.</p>
+
+<p>Séparer et replanter les Pivoines herbacées, mais de telle sorte que
+les bourgeons ne soient recouverts que d'environ 0<sup>m</sup>,5 ou 0<sup>m</sup>,3 de
+terre.</p>
+
+<p>Planter les Pancratiums Illyricum, les Fumeterres bulbeuses et les
+Alstræmerias, qui peuvent supporter la pleine terre; planter aussi
+les Jonquilles à 0<sup>m</sup>,5 ou 0<sup>m</sup>,6 de profondeur, ainsi que les
+Muscaris, les Jacinthes, les Crocus, les Tulipes hâtives et les
+Narcisses que l'on veut chauffer pendant l'hiver.</p>
+
+<p>On peut encore faire des boutures de Calcéolaires, Ageratum
+Mexicanum, Chrysanthèmes à fleurs blanches, Verveines.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Vers le 15, on rentre les plantes de serre chaude, qui
+souffriraient de l'abaissement de la température. <span class="pagenum"><a id="page11" name="page11"></a>(p. 11)</span> On
+rempote les plantes de serre tempérée et d'orangerie, afin qu'elles
+soient reprises avant qu'on les rentre, et l'on remet les panneaux
+sur les serres et sur les bâches.</p>
+
+<h3>OCTOBRE.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>754 mill. 465.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+14°,73.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+9°,46.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">48 mill. 10.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">82°,5.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux Généraux.</span>&mdash;Commencer les labours d'hiver, les travaux de
+plantation et les modifications à faire dans la disposition du
+jardin; faire les trous d'arbres, planter même si l'on est pressé.
+Séparer les bordures et les touffes des plantes vivaces, élaguer les
+arbres rustiques, commencer à tondre les haies, couvrir les plantes
+délicates; récolter les graines, les fruits, les légumes. Si l'on a
+des terres à remuer pour certaines dispositions du jardin, on peut
+commencer. Le soir, on fait des paillassons, afin d'être en mesure
+de couvrir les châssis et les serres dans le courant du mois
+suivant.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin Potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;On commence à chauffer les Asperges
+vertes, et on plante les &oelig;illetons d'Ananas dans des pots
+proportionnés à la force de chacun; aussitôt après la plantation, on
+enfonce les pots sur une couche, et, à partir de cette époque
+jusqu'au printemps, il faut remanier les réchauds tous les mois. Il
+faut aussi relever de pleine terre ceux qui ont été plantés l'année
+précédente à la même époque, puis les mettre dans la serre.</p>
+
+<p>Dans la première quinzaine, on sème sous cloches et sur ados de la
+Laitue petite noire; on élève ces Laitues sans jamais leur donner
+d'air. À la même époque, on sème de la Romaine verte maraîchère, et
+dans la seconde quinzaine <span class="pagenum"><a id="page12" name="page12"></a>(p. 12)</span> de la Laitue rouge, de la Laitue
+gotte et de la Romaine blonde ou grise maraîchère. Lorsque le plant
+commencera à avoir quelques feuilles, on placera trois rangs de
+cloches sur toute la longueur de l'ados, et l'on repiquera sous
+chacune d'elles une trentaine de plants. Pendant la première
+huitaine qui suivra la plantation, on donnera un peu d'air au plant
+en soulevant les cloches d'environ 0<sup>m</sup>,3, puis après ce temps, on
+augmentera progressivement jusqu'à 0<sup>m</sup>,8, et il ne faudra rabattre
+les cloches que lorsqu'il gèlera à 2 ou 3 degrés. Ce plant, étant
+convenablement soigné, servira à faire toutes les plantations qui
+auront lieu depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février.</p>
+
+<p>On repique les Choux-fleurs et les Choux cabus hâtifs en pépinière.</p>
+
+<p>N. 6. Vers la fin du mois ou au commencement de novembre, on plante
+sur terre, mais sous châssis, de la Chicorée fine semée dans la
+première quinzaine de septembre, et deux rangs de Choux-fleurs semés
+dans les premiers jours de septembre.</p>
+
+<p>Si, vers la fin du mois, on craignait la gelée, il faudrait mettre
+les panneaux sur les Laitues plantées n. 3.</p>
+
+<p><i>Pleine terre</i>, n. 19.&mdash;On sème les Épinards pour le printemps. Dans
+la seconde quinzaine, on repique au n. 18 de l'Oignon blanc semé
+dans la seconde quinzaine du mois d'août, et on sème du Cerfeuil ou
+des Mâches dans l'intervalle. On fait les derniers semis de Cerfeuil
+bulbeux.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois, ou au commencement de novembre, il faut couper
+les vieilles tiges d'Asperges, et donner à chaque planche un léger
+binage à la fourche, puis étendre un bon paillis de fumier.</p>
+
+<p>On continue de faire blanchir du Céleri et des Cardons.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin Fruitier.</span>&mdash;Il ne reste plus rien à faire aux <span class="pagenum"><a id="page13" name="page13"></a>(p. 13)</span> arbres
+jusqu'au moment de la taille; on peut cependant marquer ceux qu'on
+se propose de déplanter pour les lever le mois suivant. C'est
+l'époque de cueillir les fruits et de les déposer dans le fruitier,
+ce qu'il ne faut faire que par un temps bien sec et au fur et à
+mesure que les arbres cessent de végéter.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Couper les tiges des plantes vivaces qui ont
+cessé de fleurir. Nettoyer les plates-bandes, les fumer et les
+labourer avant de mettre en place les plantes qui devront fleurir au
+printemps. Ramasser les feuilles qui tombent dans les allées,
+auxquelles on donne une dernière façon.</p>
+
+<p>Semer en place des Cynoglosses, Pieds-d'alouette, Pavots, Giroflées
+de Mahon, Adonides, etc. Refaire les bordures de Mignardise, de
+Buis, de Marjolaine, de Thym et d'Hysope; sevrer les marcottes
+d'&OElig;illets, et les planter en pots ou en pleine terre. Planter les
+Jacinthes à 0<sup>m</sup>,10 de profondeur, et planter en pots celles que l'on
+destine à être chauffées. Planter les Iris d'Espagne et
+d'Angleterre, à 0<sup>m</sup>,3 de profondeur; les Crocus en pots, en bordures
+ou dans les gazons, où ils produiront au printemps un effet charmant
+et seront défleuris avant qu'il soit nécessaire de couper le gazon.
+Mettre en terre les Tulipes, à environ 0<sup>m</sup>,6 de profondeur. Il faut
+aussi planter l'Ail doré et les Scilles agréables et d'Italie;
+relever de terre les Glaïeuls plantés au printemps.</p>
+
+<p>Dès les premières gelées, il faut relever de terre les Dahlias, les
+Érythrines, les Balisiers, et les déposer dans l'orangerie ou dans
+une cave bien sèche, pour passer l'hiver; en faire autant de toutes
+les plantes de serre qu'on a mises en pleine terre au printemps pour
+garnir les massifs et plates-bandes. Il faut les tailler et les
+empoter; puis, pour les rétablir, on les met pendant quelque temps
+sous un panneau.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page14" name="page14"></a>(p. 14)</span> <span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Dans la première quinzaine, on rentre les
+Pélargoniums; et dans la seconde, à moins de froid prématuré, les
+Orangers, les Grenadiers et les Lauriers-roses. Les plantes les plus
+délicates, celles qui ont besoin d'air et de lumière, se mettent
+près du jour, et les plus rustiques se placent derrière. Lorsque
+toutes les plantes sont rentrées, on bine la terre des pots ou des
+caisses, et on donne un léger arrosement.</p>
+
+<h3>NOVEMBRE.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>755 mill. 614.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+10°,15.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+4°,74.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">55 mill. 87.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">82°,2.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;On commence les plantations et les labours, ainsi
+que le défoncement du terrain qu'on destine à une nouvelle
+plantation. On veille à la conservation des végétaux qui craignent
+la gelée, et on ramasse les feuilles pour faire les couches et
+couvrir les châssis. Lorsqu'on a le choix, les feuilles de Chêne et
+de Châtaignier sont celles auxquelles on doit donner la préférence.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;On continue de chauffer les Asperges
+vertes et on commence à chauffer les Asperges blanches. Dans les
+premiers jours du mois, on sème sous châssis, mais en pleine terre,
+des Pois pour replanter sous châssis. On sème de la Laitue Georges
+sous cloches et sur ados, et on traite le plant comme nous l'avons
+indiqué pour les Laitues rouges et gottes.</p>
+
+<p>On relève les Romaines vertes pour les replanter immédiatement sous
+cloches; mais, cette fois, on n'en met plus que douze ou quinze par
+cloche. S'il arrivait que le plant de Romaine blonde ou grise
+avançât trop, il faudrait <span class="pagenum"><a id="page15" name="page15"></a>(p. 15)</span> lui faire subir un second
+repiquage, comme aux Romaines vertes.</p>
+
+<p>S'il survenait de fortes gelées, il faudrait garnir les cloches qui
+couvrent le plant de Laitues et de Romaines avec du vieux fumier
+bien sec ou des feuilles, et, pour garnir le derrière de l'ados, on
+fera un réchaud que l'on élèvera jusqu'à la superficie des cloches.</p>
+
+<p>On doit augmenter la couverture en raison de l'intensité du froid,
+et découvrir les cloches au moment du soleil; mais il est nécessaire
+de s'assurer d'abord si le plant n'est pas atteint de la gelée; car
+alors il faudrait, au lieu de découvrir, augmenter la couverture et
+le laisser dégeler graduellement.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;On arrache le Céleri planté au n. 37, pour le
+replanter par rangs dans une tranchée; lorsqu'il viendra de fortes
+gelées, on le couvrira avec de la litière ou des feuilles, que l'on
+retirera lorsque le temps sera devenu plus doux.</p>
+
+<p>N. 31. Vers la fin du mois, on sème des Pois Michaux, et, dans les
+intervalles, de la Laitue à couper.</p>
+
+<p>On coupe les montants d'Artichauts et les plus longues feuilles;
+puis on les butte, opération qui consiste à relever la terre autour
+de chaque touffe, de manière que celle-ci se trouve enterrée presque
+jusqu'en haut. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on les couvre avec
+de la litière ou des feuilles, que l'on écarte quand le temps est
+doux.</p>
+
+<p>Afin de ne pas manquer de provisions pendant les gelées, il faut
+arracher et mettre en jauge, soit dans la serre à légumes, soit dans
+le potager, tous les légumes que la gelée endommagerait ou
+empêcherait d'arracher, tels que Carottes, Betteraves, Navets,
+Chicorées, Scaroles, Céleris, Cardons. Il faudra couvrir avec de la
+paille ou des feuilles ceux que l'on aura enjaugés dans le potager,
+comme les Poireaux, les Salsifis, les Scorsonères, les <span class="pagenum"><a id="page16" name="page16"></a>(p. 16)</span>
+Navets, et les découvrir toutes les fois que le temps le permettra.</p>
+
+<p>Il faut aussi, dans le courant du mois, arracher les Choux dont les
+pommes sont faites, et les mettre en jauge, afin de pouvoir s'en
+servir pendant les gelées.</p>
+
+<p>Dans le courant du mois, mais le plus tard possible, on coupe les
+têtes de Choux-fleurs, ce qu'il ne faut faire que par un temps bien
+sec, et on les dépose dans la serre à légumes, où elles peuvent se
+conserver jusqu'en avril.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin Fruitier.</span>&mdash;Tailler les arbres vieux ou débiles, pour empêcher
+que la sève ne monte dans les bourgeons qui doivent être supprimés,
+et que l'arbre ne s'épuise. Arracher les arbres qu'on a l'intention
+de supprimer.</p>
+
+<p>Commencer les plantations d'arbres fruitiers dans les terres
+calcaires, légères ou sablonneuses, où il est toujours préférable de
+planter en automne, excepté pour les Mûriers et les Figuiers, qui ne
+doivent être plantés qu'au printemps. Il faut aussi planter en pots
+les arbres fruitiers que l'on destine à être chauffés l'année
+suivante.</p>
+
+<p>Si, dans la première quinzaine, on peut disposer de quelques
+panneaux, il faudra les placer devant l'espalier de Vigne; par ce
+moyen, on peut conserver du Raisin dans toute sa beauté jusqu'en
+janvier. Vers la fin du mois, on peut empailler les Figuiers, ou
+bien, si les branches sont assez souples pour être abaissées jusqu'à
+terre, on les y fixe au moyen de crochets de bois, puis on les
+couvre de terre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Découper à la bêche les bordures de gazon.
+Arracher les plantes annuelles qui sont défleuries. Labourer les
+plates-bandes et les massifs. Diviser et replanter les plantes
+vivaces dont les touffes sont devenues trop larges. Mettre les
+Giroflées jaunes en place, de même que les Roses trémières,
+&OElig;illets de poëte, Corbeilles d'or, Thlaspis.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page17" name="page17"></a>(p. 17)</span> Terminer la plantation des Tulipes, des Jacinthes et des
+Narcisses. Semer en place les premiers Pois de senteur.</p>
+
+<p>Arracher les Dahlias, dans la seconde quinzaine du mois, si le temps
+a été assez favorable pour qu'on les ait laissés en terre jusqu'à
+cette époque.</p>
+
+<p>Butter les Rosiers francs de pied, qui souffrent ordinairement de
+nos hivers. Commencer les plantations d'arbres et d'arbustes
+d'ornement, excepté les arbres résineux, les Catalpas, Magnolias
+grandiflora, Tulipiers, qui ne doivent être plantés qu'au printemps.</p>
+
+<p>Lorsqu'il commence à geler, il faut couvrir ou mettre dans la serre
+les &OElig;illets en pots, les Giroflées grosse espèce et Cocardeau.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Tous les soins à donner aux plantes de serre consistent à
+renouveler l'air aussi souvent qu'on pourra, entretenir la propreté,
+et ne mouiller qu'avec la plus grande réserve.</p>
+
+<p>On commence à couvrir la serre chaude pendant la nuit, et, à partir
+de cette époque, on continue jusqu'en avril. Lorsque, le soir, le
+temps est clair, le vent à l'est, et que le thermomètre ne marque
+pas plus de 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, il faut couvrir tous
+les châssis et les serres avec des paillassons.</p>
+
+<h3>DÉCEMBRE.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>754 mill. 953.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+7°,93.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+3°,53.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">43 mill. 60.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">87°,5.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Les travaux de pleine terre sont fort restreints;
+on peut s'occuper du transport des engrais <span class="pagenum"><a id="page18" name="page18"></a>(p. 18)</span> et les étendre
+sur le sol dans lequel ils doivent être enfouis. On continue les
+labours, si la gelée le permet.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois ou au commencement de janvier, on vide les
+tranchées des vieilles couches à Melons, afin de pouvoir disposer de
+l'emplacement.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;La cessation des travaux de pleine terre
+laisse aux jardiniers le temps de s'occuper de leurs couches, qui
+exigent tous leurs soins. Aussitôt que les couches indiquées pour ce
+mois sont faites, il faut les couvrir de panneaux, afin que les
+fumiers entrent plus promptement en fermentation; et, à moins de
+temps contraire, on peut découvrir tous les jours celles sur
+lesquelles on a semé ou planté, en ayant soin de couvrir avant la
+nuit.</p>
+
+<p>On continue de chauffer les Asperges blanches et vertes. Dans la
+première quinzaine, on sème des Raves hâtives, et dans la seconde
+quinzaine des Poireaux.</p>
+
+<p>N. 3. Vers le 15 de ce mois, on sème sur couche et sous châssis de
+la Carotte courte hâtive, et on plante de la Laitue petite noire
+semée dans la première quinzaine d'octobre.</p>
+
+<p>N. 4. Planter des touffes d'Oseille sur couche et sous châssis.</p>
+
+<p>N. 5. Dans la première quinzaine on repique sur terre, mais sous
+châssis, des Pois semés dans les premiers jours de novembre.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;À l'approche des gelées, on relève les Brocolis en
+mottes pour les planter près à près, et assez profondément pour que
+la tige soit enterrée jusqu'aux premières feuilles. On lie les
+Cardons, on les lève en mottes et on les rentre dans la serre à
+légumes. On couvre le Persil avec de la paille ou des feuilles, et
+lorsque le temps est doux on découvre un peu les Artichauts; mais il
+est prudent de les recouvrir le soir; et, si la gelée <span class="pagenum"><a id="page19" name="page19"></a>(p. 19)</span>
+augmente, il faut les recouvrir d'une plus grande quantité de
+feuilles ou de litière.</p>
+
+<p>On continue de semer des Pois Michaux, et dans la première quinzaine
+on plante au n. 12 des Choux d'York semés dans les premiers jours de
+septembre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;On continue les plantations, et dans les terres
+fortes, argileuses ou humides, on fait les trous seulement pour ne
+planter qu'en février ou mars. On défonce, on fume et laboure, et
+vers la fin du mois on place les serres mobiles sur la Vigne et les
+arbres fruitiers en espalier que l'on veut chauffer.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Continuer les changements de disposition,
+élaguer les arbres, défoncer les parties de vieux gazons que l'on
+veut ressemer, réparer les allées dégradées et continuer les
+plantations. Dans la deuxième quinzaine, on peut planter les
+Renoncules.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Entretenir la température de la serre aux Ananas, garnir
+les tablettes de Fraisiers, renouveler l'air dans la serre tempérée
+et l'orangerie quand il ne gèle pas, et avoir soin de les refermer
+avant la disparition du soleil.</p>
+
+<p>Couvrir de bâches les Camélias, Rhododendrons, Magnolias, et autres
+arbustes rustiques. Bien qu'ils puissent rester trois mois sans
+lumière et sans aucun soin, il est bon cependant de les visiter
+quelquefois pour enlever la moisissure que l'absence d'air peut
+produire.</p>
+
+<h3>JANVIER.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>757 mill. 759.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+7°,10.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+4°,41.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">36 mill. 27.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">86°,5.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page20" name="page20"></a>(p. 20)</span> <span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Ce mois est ordinairement froid et
+humide; mais, lorsque le temps le permet, on continue les
+défoncements et les labours qui n'ont pu avoir lieu dans le courant
+du mois précédent; et l'on ouvre les fosses à Asperges pour le
+printemps; on amène aussi sur le terrain des fumiers destinés à être
+enterrés; on met en tas celui qui doit servir à faire les couches,
+les réchauds, etc. Lorsque le temps est assez rigoureux pour
+empêcher les travaux extérieurs, on fait les réparations nécessaires
+aux instruments de jardinage, on nettoie les graines et on prépare
+tout ce qui sera nécessaire pour les opérations ultérieures.</p>
+
+<p>Le jardinier qui a des serres et des couches a une occupation
+constante, et, à cette époque de l'année, elles exigent tous ses
+soins. Si le temps est humide, il faut écarter la litière qui couvre
+les Artichauts et les recouvrir dès qu'on craint la retour du froid.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;Il faut soigner les couches, refaire les
+réchauds, remplir ceux qui n'ont pas besoin d'être refaits, de
+manière qu'ils soient toujours aussi élevés que la superficie des
+panneaux. À moins de temps contraire, on découvre les panneaux tous
+les jours, et l'on donne un peu d'air aux plantes, au moment du
+soleil, en soulevant les panneaux du côté opposé au vent; il est
+prudent de les recouvrir avant qu'il se soit formé du givre sur les
+vitres.</p>
+
+<p>On commence à chauffer les Ananas qui sont de force à donner fruit,
+on continue de chauffer les Asperges blanches et vertes, et l'on
+plante les Pommes de terre Marjolin.</p>
+
+<p>On sème sur couches très-chaudes les premières Chicorées fines, pour
+planter sous châssis. On sème également sous châssis du Persil, ou
+bien on plante des pieds tout venus.</p>
+
+<p>On continue de planter des touffes d'Oseille. On sème <span class="pagenum"><a id="page21" name="page21"></a>(p. 21)</span> sous
+cloches ou sous châssis des Pois hâtifs pour repiquer en pleine
+terre, et, vers la fin du mois, on met des châssis sur les Fraisiers
+de pleine terre qu'on veut forcer.</p>
+
+<p>N. 4. Dans la seconde quinzaine, on repique sur couche et sous
+châssis des Haricots de Hollande semés dans la première quinzaine du
+mois.</p>
+
+<p>N. 7. On fait une couche sur laquelle on place trois rangs de
+cloches.</p>
+
+<p>On plante sous chaque cloche quatre Laitues petite noire (semée dans
+la première quinzaine d'octobre), et au milieu une Romaine verte,
+choisie parmi celles qui ont été semées dans les premiers jours
+d'octobre.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;Les travaux de pleine terre sont peu nombreux;
+cependant, si, vers la fin du mois, il ne gèle pas, on peut planter
+dans les terres légères, à bonne exposition, des Choux d'York et
+c&oelig;ur-de-b&oelig;uf, semés dans les premiers jours de septembre, et
+de la Romaine verte, semée dans la première quinzaine d'octobre;
+puis parmi le tout on sème de la Carotte hâtive et du Poireau.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Continuer les plantations, et si le temps le
+permet, commencer, quand il ne gèle pas, à tailler les Pommiers et
+les Poiriers en espalier et en quenouille, pour continuer jusqu'en
+mars, en commençant toujours par les moins vigoureux; enlever le
+bois mort et détruire les nids de chenilles. Couper les rameaux
+destinés à servir à la greffe, ou faire des boutures et les enterrer
+au nord dans du sable, à l'abri de la gelée et des influences
+atmosphériques. Lorsque le froid ou d'autres circonstances empêchent
+de mettre immédiatement en place les arbres destinés à des
+plantations, il faut les disposer en jauge et en couvrir les racines
+de manière à les garantir de la gelée.</p>
+
+<p>Émousser les arbres et les passer au lait de chaux, afin de détruire
+les lichens et les insectes qui s'attachent <span class="pagenum"><a id="page22" name="page22"></a>(p. 22)</span> sur l'écorce.
+On doit, dans le même but, blanchir les murs des arbres en espalier,
+ce qui peut avoir lieu au moyen d'une seringue de jardin semblable à
+celle que l'on emploie pour bassiner les plantes de serre.</p>
+
+<p>Commencer à chauffer la Vigne, les Cerisiers, les Pêchers, les
+Pruniers et les Figuiers.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Il y a peu de travaux à faire dans la saison
+rigoureuse; cependant, on profite du temps favorable pour faire les
+travaux de terrassement, labourer les massifs et enterrer les
+feuilles. On peut aussi continuer les plantations.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine de ce mois, on peut commencer à semer sur
+couche chaude de la Pervenche de Madagascar.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Mettre sous châssis ou dans la serre les Jacinthes en pots,
+Narcisses, Tulipes hâtives, Rosiers du Bengale, Lilas,
+Rhododendrons, etc., dont on veut avancer la floraison.</p>
+
+<p>Découvrir les serres tous les jours, à moins de temps contraire, et,
+au moment du soleil, donner un peu d'air à l'orangerie et à la serre
+tempérée; enfin, visiter avec soin les plantes placées dans les
+serres, et veiller à ce qu'elles ne soient pas atteintes de la
+pourriture.</p>
+
+<h3>FÉVRIER.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>757 mill. 706.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+7°,08.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+0°,94.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">40 mill. 50.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">83°,2.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Terminer tous les labours qui n'ont pu être faits
+dans le cours du mois précédent, et achever les travaux que l'hiver
+a suspendus; il faut se <span class="pagenum"><a id="page23" name="page23"></a>(p. 23)</span> presser de les finir, pour ne pas
+être arrêté quand la végétation recommencera. Toutes les fois que le
+temps le permet, donner de l'air aux Artichauts et au Céleri, que
+l'on recouvre quand on craint la gelée.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;Mêmes soins que dans le mois précédent.
+On sème les premiers Melons à châssis et les Concombres; on continue
+de chauffer les Asperges blanches, de semer de la Chicorée fine, des
+Haricots de Hollande pour planter sous châssis, de la Chicorée
+sauvage, des Radis roses et des Carottes hâtives sur couche, mais à
+l'air libre. On sème du Céleri-rave, des Choux rouges, des Choux de
+Milan et de Bruxelles.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois, on sème des Aubergines, et on plante, au n. 1,
+des Melons cantaloups hâtifs semés dans les premiers jours du mois.</p>
+
+<p><i>Côtière.</i>&mdash;Dans le cas où l'état de la température n'aurait pas
+permis de le faire plus tôt, on plante, au n. 9, de la Romaine
+verte, semée dans la première quinzaine d'octobre, et dans la
+Romaine on contre-plante des Choux-fleurs, semés dans la première
+quinzaine de septembre; puis, parmi le tout, on sème de la Carotte
+hâtive et du Poireau.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;Les semis recommencent dans ce mois et ont pris de
+l'importance; on commence à butter les Crambés pour les faire
+blanchir.</p>
+
+<p>N. 15. On sème parmi de la Carotte hâtive et des Radis.</p>
+
+<p>N. 21. On plante des Choux c&oelig;ur-de-b&oelig;uf, semés dans les
+premiers jours de septembre, et après la plantation on sème des
+Épinards entre les Choux.</p>
+
+<p>N. 22. On plante des Choux d'York, également semés dans les premiers
+jours de septembre, et on sème du Cerfeuil ou des Épinards.</p>
+
+<p>N. 34. On sème des Fèves naines hâtives.</p>
+
+<p>N. 48. On sème des Scorsonères.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page24" name="page24"></a>(p. 24)</span> N. 49. On sème des Salsifis.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de mars, on sème, au
+n. 40, de l'Oignon jaune des Vertus; au n. 14, on repique des Pois
+Michaux de Hollande, semés sur couche en janvier ou février, et, au
+n. 29, on plante des Pommes de terre Marjolin ou des fines hâtives.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;On commence les plantations dans les terres
+fortes, argileuses ou humides; on continue de tailler les Poiriers
+et les Pommiers, et on commence à tailler les Abricotiers, Pruniers,
+Cerisiers, Pêchers et la Vigne. Tailler les Groseilliers et rabattre
+les Framboisiers, pour en obtenir plus de fruits. Émousser les
+arbres, et les passer au lait de chaux, quand cette opération n'a
+pas été faite à l'époque précédemment indiquée.</p>
+
+<p>Planter les Mûriers, terminer les labours. Mettre stratifier les
+Amandes que l'on veut planter au printemps, et semer les Poiriers et
+les Pommiers.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Labourer les bosquets et les massifs, ainsi que
+les emplacements destinés à faire des gazons, que l'on sème à la fin
+du mois. Tailler les Rosiers à bois dur, tels que cent-feuilles,
+Provins, hybrides non remontants, etc.</p>
+
+<p>Replanter les bordures de Buis, Lavande, Sauge, Hysope, Mignardise,
+Pâquerette, etc. Planter les arbres résineux. On peut continuer ces
+plantations jusqu'en mars. Semer en place des Pieds-d'alouette, des
+Pavots, des Giroflées de Mahon, Thlaspis, Résédas, si l'on n'en a
+pas semé durant l'automne. Planter les Renoncules, à 0<sup>m</sup>,05 de
+profondeur. Semer sur couche les Giroflées quarantaines, les
+Amarantes, les Pervenches, les Pétunias, Mimulus, Lobélias; presque
+toutes les plantes annuelles, excepté celles d'automne; puis, quand
+le plant est assez fort, on le repique en pépinière, pour ne le
+planter en place qu'en avril et mai.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page25" name="page25"></a>(p. 25)</span> On fait également sur couche des boutures de Coléus,
+Lantana, Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia,
+Verveines, qui, convenablement soignées, peuvent être plantées en
+mai dans le jardin d'agrément.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Renouveler l'air dans la serre tempérée et l'orangerie,
+enlever les feuilles mortes. Biner la terre des pots et les arroser
+modérément.</p>
+
+<h3>MARS.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>755 mill. 852.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+9°,94.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+2°,66.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">39 mill. 89.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">75°,0.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Les travaux de ce mois sont les premiers de
+l'année qui réclament toute l'activité des jardiniers. On doit se
+hâter de finir les labours, d'enterrer les fumiers et les engrais et
+de refaire partout les bordures. On découvre les végétaux qu'on a
+buttés et couverts pour les garantir de la gelée; il faut cependant
+encore recouvrir les semis et les plantations d'une petite couche de
+terreau ou d'un paillis léger, afin de les mettre à l'abri des
+gelées printanières et du hâle, et l'on met en terre les
+porte-graines qu'on a conservés en jauge ou dans la serre à légumes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;Pendant ce mois, les couches nécessitent
+beaucoup de surveillance, car il faut souvent ombrer les châssis
+pendant le jour et les couvrir la nuit.</p>
+
+<p>On exhausse les coffres des Choux-fleurs, Haricots, etc., toutes les
+fois qu'il est nécessaire; et si, vers la fin du mois, le temps est
+favorable, on enlève les panneaux des Choux-fleurs; mais, comme à
+cette époque les nuits sont <span class="pagenum"><a id="page26" name="page26"></a>(p. 26)</span> souvent très-froides, il faut,
+pendant la nuit et par le mauvais temps, les couvrir avec des
+paillassons.</p>
+
+<p>On commence à chauffer les Ananas de deuxième saison. On continue de
+semer des Melons à châssis, des Concombres, des Aubergines et de la
+Chicorée sauvage. On fait des boutures de Patates, et vers la fin du
+mois on sème des Tomates et des Piments.</p>
+
+<p>N. 7. Dans la première quinzaine, on plante sous chaque cloche trois
+Laitues gottes semées dans la seconde quinzaine d'octobre.</p>
+
+<p>N. 2. Dans la seconde quinzaine, on plante sur couche en tranchée
+des Melons semés dans la seconde quinzaine de février, sur lesquels
+on rapporte les châssis qui étaient sur les Carottes semées au n. 3.</p>
+
+<p><i>Côtière.</i>&mdash;On sème un rang de Persil le long du mur.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;On plante les pommes de terre et tous les
+porte-graines. On sème des Oignons blancs, des Choux pommés de
+Saint-Denis, quintal, de Milan et de Bruxelles, des Laitues, des
+Romaines, des Panais, du Céleri, de la Poirée blonde, des Épinards,
+de la Ciboule, des Pois, des Fèves, des Salsifis, des Scorsonères,
+de la Chicorée sauvage, de la Pimprenelle, du Persil et du Cerfeuil.</p>
+
+<p>N. 13. On plante deux rangs de Crambés.</p>
+
+<p>N. 14. Dans la première quinzaine, on sème des Radis roses.</p>
+
+<p>N. 17. On plante de la Romaine blonde semée vers la fin d'octobre.</p>
+
+<p>N. 20. On plante de la Laitue rouge semée vers le 15 octobre, et on
+contre-plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de
+septembre.</p>
+
+<p>N. 25, 26, 27, 28. On plante quatre rangs d'Asperges de Hollande; on
+les met à environ 0<sup>m</sup>,40 de distance sur la ligne.</p>
+
+<p>N. 32. On sème des Pois d'Auvergne et des Pois ridés.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page27" name="page27"></a>(p. 27)</span> N. 38. On sème du Poireau.</p>
+
+<p>N. 39. On sème de la Carotte demi-longue.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine, on sème des Brocolis et des Navets
+hâtifs.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Terminer les plantations, achever la taille des
+arbres fruitiers, excepté pour ceux qui sont trop vigoureux;
+labourer le pied des arbres en espalier. Greffer la Vigne, et lors
+du premier mouvement de la séve pratiquer l'incision transversale,
+pour faire développer les branches nécessaires à la charpente des
+arbres qu'on veut élever sous une forme régulière.</p>
+
+<p>Planter les Figuiers et découvrir ceux qui sont empaillés; couper le
+bois mort et rabattre les branches trop maigres.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Outre les travaux indiqués en tête de ce mois,
+il faut terminer les plantations d'arbres, d'arbrisseaux et des
+plantes vivaces; nettoyer complétement les allées, les sabler.</p>
+
+<p>Découvrir tous les Rosiers qui ont été empaillés ou buttés.</p>
+
+<p>Achever de les tailler, excepté ceux qui auraient souffert du froid;
+il faudra attendre pour cela qu'ils aient commencé à végéter, et les
+tailler plutôt longs que courts, sauf à les raccourcir une quinzaine
+de jours après.</p>
+
+<p>Refaire les bordures de Buis et labourer les massifs de terre de
+bruyère.</p>
+
+<p>Semer les pelouses de gazon dans les terrains où l'on n'aura pas pu
+semer en automne.</p>
+
+<p>Planter les Renoncules et les Anémones qu'on n'aurait pas encore
+plantées.</p>
+
+<p>Planter les Tigridias, à 0<sup>m</sup>,5 de profondeur, les Glaïeuls, à
+0<sup>m</sup>,10, et les Lis de Saint-Jacques en pots ou en pleine terre, à
+0<sup>m</sup>,15 de profondeur.</p>
+
+<p>Séparer et replanter les plantes vivaces. (Voir page <a href="#page69">69</a>,
+<i>Multiplication par les racines</i>.)</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page28" name="page28"></a>(p. 28)</span> Semer les Crépis, Malopes, Lavatères, et du Réséda, que l'on
+peut continuer de semer pendant tout l'été.</p>
+
+<p>Semer, pour être repiqués, de la Giroflée jaune, des &OElig;illets de
+Chine, et presque toutes les plantes annuelles que l'on a semées sur
+couche précédemment. Semer aussi les Coréopsis et les Thlaspis, si
+on ne les a pas semés en automne.</p>
+
+<p>Planter sur couche des Tubéreuses, et mettre les tubercules de
+Dahlias sous un châssis, afin de favoriser le développement des
+bourgeons.</p>
+
+<p>Semer, sur couche, les Verveines, les Balsamines, Amarantes,
+Amarantoïdes, Seneçon des Indes, Zinnias, etc.; et, lorsque le plant
+sera assez fort, on le repiquera sur couche en pépinière pour ne
+planter en place qu'en mai.</p>
+
+<p>Semer aussi des Cobéas, et, dès qu'ils auront quelques feuilles, on
+les repiquera dans de petits pots qu'on laissera sur couche jusqu'à
+la fin d'avril ou le commencement de mai, époque où on les mettra en
+pleine terre; on peut encore faire des boutures de Coléus, Lantana,
+Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines,
+quand celles qu'on a faites en février ne promettent pas une bonne
+reprise.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;On n'a plus besoin, dans ce mois, de faire du feu, car le
+soleil a pris assez de force pour que ses rayons échauffent
+l'atmosphère, et il est même souvent nécessaire d'ombrager les
+serres, afin de ne pas laisser brûler les feuilles des plantes. Les
+arrosements seront peu à peu plus fréquents et plus abondants. On
+nettoie partout, et on seringue les feuilles des plantes aussi
+souvent que l'état de la température l'exige.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page29" name="page29"></a>(p. 29)</span> AVRIL.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>754 mill. 789.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+12°,70.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+5°,59.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">45 mill. 53.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">65°,8.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;On continue les travaux qui n'ont pas été
+terminés dans le cours du mois précédent; mais, comme les gelées
+sont moins à craindre, on peut faire des semis de toutes sortes.</p>
+
+<p>Sarcler et éclaircir les semis, pailler les plantations pour les
+préserver contre le hâle, et, s'il est nécessaire d'arroser, il ne
+faut le faire que le matin et dans le jour seulement, à cause de la
+fraîcheur des nuits.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;On sème des Melons pour planter sous
+cloches, des Concombres, des Cornichons et des Potirons pour planter
+en pleine terre; sous châssis, des Haricots flageolets pour repiquer
+également en pleine terre; et sur couche, mais à l'air libre, de la
+Chicorée fine et des Choux-fleurs.</p>
+
+<p>N. 3. Dans la première quinzaine, on plante des Melons semés dans la
+première quinzaine de mars, sur lesquels on rapporte les châssis qui
+étaient sur les Choux-fleurs plantés n. 6.</p>
+
+<p>N. 7. On plante sous cloches deux rangs d'Aubergines semées fin
+février.</p>
+
+<p>N. 4. Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde, et on
+plante sous cloches un rang de Melons semés dans la seconde
+quinzaine de mars.</p>
+
+<p>N. 8. Vers la fin du mois ou au commencement du mois de mai, on
+plante, sur couche sourde, un rang de Patates.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page30" name="page30"></a>(p. 30)</span> <i>Plate-bande</i>, n. 55.&mdash;On plante un rang de Rhubarbe
+anglaise.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;On continue de planter des Pommes de terre. On sème
+des Choux-fleurs et on continue de semer des Brocolis, des Choux de
+Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Pois, des Fèves, des
+Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, du
+Céleri à couper, du Persil, du Cerfeuil, de la Pimprenelle, de la
+Chicorée sauvage; et, vers la fin du mois, des Choux-fleurs
+demi-durs, du Cresson alénois, etc.</p>
+
+<p>N. 30. On plante des Choux de Milan, semés vers la fin de février.</p>
+
+<p>N. 37. On sème de l'Oseille.</p>
+
+<p>N. 50. On plante des Choux quintal semés vers le 15 mars.</p>
+
+<p>N. 51, 52, 53 et 54. On plante deux rangs d'&oelig;illetons
+d'Artichauts dans chaque planche; on les met à 1 mètre sur la ligne.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Achever de tailler les arbres vigoureux et les
+Pêchers; garantir par des toiles ou des paillassons les arbres en
+fleur, que menacerait la gelée; terminer les labours et les
+plantations; faire les boutures et couchages; répandre du paillis
+pour empêcher la sécheresse; greffer en fente les Cerisiers,
+Pruniers, Poiriers, Pommiers, Mûriers, etc.; repiquer les Amandes
+que l'on a mises à stratifier.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Planter les Magnolias grandiflora et les
+Tulipiers, qui, à cette époque, reprennent beaucoup mieux qu'en tout
+autre temps. Terminer les labours et tous les travaux de nettoyage
+du jardin d'agrément.</p>
+
+<p>Semer les graines d'arbres résineux; semer les &OElig;illets; rempoter
+ou mettre en pleine terre les marcottes de l'année précédente; semer
+en place les Capucines grandes et naines, les Haricots d'Espagne,
+les Volubilis, les Lupins <span class="pagenum"><a id="page31" name="page31"></a>(p. 31)</span> annuels, les Belles-de-nuit, les
+Nigelles, etc.; et semer, pour être repiqués, les &OElig;illets d'Inde
+et les Roses d'Inde, que l'on peut semer successivement jusqu'en
+juin; diviser les touffes de Chrysanthèmes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Donner de l'air quand le temps le permet, afin de fortifier
+les plantes qui bientôt pourront être exposées à l'air libre;
+commencer à seringuer les plantes vers le milieu du jour, et donner
+des arrosements modérés. Dans la seconde quinzaine, on commence à
+sortir les plantes les moins délicates.</p>
+
+<h3>MAI.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>754 mill. 863.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+17°,67.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+10°,98.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">56 mill. 80.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">70°,0.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Nous n'entrerons dans aucun détail sur les
+opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le
+jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du
+jardin réclame tous ses soins.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;On fait une couche de 0<sup>m</sup>,50
+d'épaisseur, que l'on recouvre de 0<sup>m</sup>,25 de bonne terre, pour
+planter les Ananas en pleine terre, sous châssis.</p>
+
+<p>Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers
+Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de
+la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au
+n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la
+première quinzaine d'avril.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page32" name="page32"></a>(p. 32)</span> Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n.
+6, et on plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine
+d'avril, sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les
+Aubergines plantées au n. 7.</p>
+
+<p><i>Côtière</i>, n. 9.&mdash;Dans la seconde quinzaine, on plante des
+Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en
+avril.</p>
+
+<p>N. 11. On sème du Cerfeuil.</p>
+
+<p>N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes
+ou en rayons.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;On plante les dernières Pommes de terre. On sème
+des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la
+Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des
+Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de
+Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des
+Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du
+Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre.</p>
+
+<p>Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée
+demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril.</p>
+
+<p>N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde
+quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des
+Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril.</p>
+
+<p>N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche.</p>
+
+<p>N. 33. On sème des Haricots à rames.</p>
+
+<p>N. 23. On sème des Haricots nains.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise
+semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux
+rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars.</p>
+
+<p>N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche <span class="pagenum"><a id="page33" name="page33"></a>(p. 33)</span> vers
+la fin d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé
+sur couche en février.</p>
+
+<p>N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en
+place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la
+première quinzaine du mois.</p>
+
+<p>N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril.</p>
+
+<p>N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante
+quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril.</p>
+
+<p>N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un
+rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Il faut, outre les travaux généraux, que le
+jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes
+parties de ses arbres et à favoriser leur développement.</p>
+
+<p>On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et
+l'on commence à greffer en écusson à &oelig;il poussant.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Planter les derniers Magnolias à feuilles
+persistantes.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y
+a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils
+ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur
+beauté.</p>
+
+<p>Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque,
+devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de
+beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines.</p>
+
+<p>C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers,
+Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias,
+Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page34" name="page34"></a>(p. 34)</span> Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils
+sont défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois.</p>
+
+<p>Replanter en bordure les Amaryllis jaunes.</p>
+
+<p>Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce,
+et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en
+septembre on les relèvera pour les planter en pots.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des
+Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au
+moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les
+rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se
+prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première
+quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre
+une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur
+du soleil.</p>
+
+<p>Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les
+plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de
+l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les
+plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de
+Paris.</p>
+
+<p>On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les
+bâches à Camélias, Rhododendrons, etc.</p>
+
+<h3>JUIN.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>756 mill. 966.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+21°,19.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+14°,42.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">54 mill. 34.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">67°,5.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent
+de la culture propre à ce mois pour <span class="pagenum"><a id="page35" name="page35"></a>(p. 35)</span> tous les travaux à
+faire. Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des
+ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec;
+faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les
+soins généraux qui appellent l'attention du jardinier.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>&mdash;Dans ce mois, on peut se passer de faire
+de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre;
+on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons
+plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai;
+puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la
+première quinzaine de mai.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole,
+de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour
+l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver.</p>
+
+<p>On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de
+Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses,
+des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines,
+des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson
+alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer
+tous ceux que l'on veut mettre en filet.</p>
+
+<p>Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de
+Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la
+seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée
+à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à
+0<sup>m</sup>,50 sur la ligne.</p>
+
+<p>N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde
+quinzaine de mai.</p>
+
+<p>N. 31. On sème des Navets.</p>
+
+<p>N. 30. On sème des Haricots.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la <span class="pagenum"><a id="page36" name="page36"></a>(p. 36)</span>
+Chicorée plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les
+premiers jours de mai.</p>
+
+<p>N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les
+premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on
+contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème
+au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place.</p>
+
+<p>Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en
+faire des confitures.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches,
+etc.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;On commence le palissage de la Vigne et des arbres
+en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison.</p>
+
+<p>On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des
+bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et
+d'un produit assuré.</p>
+
+<p>On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la
+fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet,
+on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des
+vers à soie.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;On fauche les gazons, on bine les plates-bandes
+et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met
+des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc.</p>
+
+<p>Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers.</p>
+
+<p>Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui
+prennent un trop grand développement.</p>
+
+<p>Repiquer en pépinière les &OElig;illets de semis, rempoter les
+Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis
+Belladones, et les replanter peu de temps après.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page37" name="page37"></a>(p. 37)</span> Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales,
+Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, &OElig;illets de poète,
+Myosotis alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes
+vivaces propres à garnir le jardin d'agrément.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont
+défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition
+ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour
+que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près
+à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux
+Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles,
+dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre.</p>
+
+<h3>JUILLET.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier.">
+<tr>
+<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td>
+<td>756 mill. 193.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Température moyenne,</td>
+<td>maximum</td>
+<td colspan="2">+21°,19.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>&nbsp;</td>
+<td>minimum</td>
+<td colspan="2">+16°,99.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>Quantité de pluie,</td>
+<td colspan="3">47 mill. 21.</td>
+</tr>
+<tr>
+<td>État de l'hygromètre,</td>
+<td colspan="3">68°,2.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>&mdash;Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de
+soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale
+importance, et réclament la sollicitude du jardinier.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin potager.</span>&mdash;<i>Couches.</i> Dans la première quinzaine, on enlève le
+fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on
+en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le
+terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine
+de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée
+dans la première quinzaine de juin.</p>
+
+<p>N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la
+couche, et, comme au n. 2, on remplit la <span class="pagenum"><a id="page38" name="page38"></a>(p. 38)</span> tranchée et on
+plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et
+on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la
+première quinzaine du mois.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pleine terre.</span>&mdash;On fait les derniers semis de Choux de Milan,
+Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de
+semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis
+queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut
+arriver à maturité avant l'hiver.</p>
+
+<p>N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la
+Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première
+quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un
+rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin.</p>
+
+<p>N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante
+au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la
+première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de
+Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin.</p>
+
+<p>On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de
+Salsifis, de Scorsonère, etc.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>&mdash;Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre
+les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner,
+découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la
+maturité.</p>
+
+<p>Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le
+soir seringuer les feuilles.</p>
+
+<p>De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à &oelig;il
+dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et
+Pommiers.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>&mdash;Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter
+les Lis à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront
+défleuris.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page39" name="page39"></a>(p. 39)</span> Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès
+que les feuilles seront desséchées.</p>
+
+<p>Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à
+l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou
+sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en
+pleine terre.</p>
+
+<p>Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les &OElig;illets et
+commencer à greffer les Rosiers en écusson à &oelig;il dormant.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serres.</span>&mdash;Les plantes de serre sont presque toutes dehors et
+n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles
+qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons
+solaires et les arroser au besoin.</p>
+
+<h2>CHAPITRE III.<br>
+<span class="smaller">Instruments de jardinage.</span></h2>
+
+<p>Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables
+pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à
+constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre
+livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie,
+afin de simplifier les opérations.</p>
+
+<h3>§ I.&mdash;<i>Outils propres aux labours et plantations.</i></h3>
+
+<p><span class="smcap">Bêche de Soissons.</span>&mdash;La lame est un peu évidée au milieu; elle a
+0<sup>m</sup>,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0<sup>m</sup>,16 en bas. Au
+lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de
+deux chevilles rivées.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bêche de Senlis.</span>&mdash;Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la
+partie enfoncée dans la douille; le fer <span class="pagenum"><a id="page40" name="page40"></a>(p. 40)</span> a 0<sup>m</sup>,30 de
+hauteur, 0<sup>m</sup>,22 de largeur en haut et 0<sup>m</sup>,18 en bas.</p>
+
+<p><span class="smcap">Binette.</span>&mdash;La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que
+0<sup>m</sup>,16 de longueur sur 0<sup>m</sup>,12 de largeur. Elle sert à remuer la
+terre entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi
+qu'à faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de
+terre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Binette à croc.</span>&mdash;Cette binette, dont la lame est double, offre un
+tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents.</p>
+
+<p><span class="smcap">Hoyau.</span>&mdash;Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et
+préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a
+0<sup>m</sup>,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0<sup>m</sup>,32.</p>
+
+<p><span class="smcap">Houlette.</span>&mdash;La houlette est une petite bêche dont la lame, longue
+d'environ 0<sup>m</sup>,15, large de 0<sup>m</sup>,10, est repliée cylindriquement sur
+ses côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pioche ou Tournée.</span>&mdash;Cet instrument est particulièrement employé pour
+les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les
+trous et déplanter les gros arbres.</p>
+
+<p><span class="smcap">Plantoir.</span>&mdash;Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre
+recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être
+enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de
+pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Traçoir trident.</span>&mdash;L'avantage de cet instrument est d'éviter de
+déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une
+planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le
+cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la
+planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les
+deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une
+charnière, <span class="pagenum"><a id="page41" name="page41"></a>(p. 41)</span> et sur la traverse par une petite cheville
+mobile, qui permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le
+besoin.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ciseaux à tondre.</span>&mdash;Ce sont de grands ciseaux de 0<sup>m</sup>,40 de longueur,
+dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils
+servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc.</p>
+
+<p>Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou.
+Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser
+les lames l'une contre l'autre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Rateau simple à dents de fer.</span>&mdash;Il sert à nettoyer les allées, à unir
+la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir
+légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ
+0<sup>m</sup>,30, et l'autre de 0<sup>m</sup>,45.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ratissoire à pousser.</span>&mdash;Manche, 1<sup>m</sup>,40 de longueur; lame, 0<sup>m</sup>,20.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ratissoire à tirer.</span>&mdash;Employée dans les parties où la terre est le
+plus dure. La lame, qui a 0<sup>m</sup>,20 de largeur, est faite avec un
+morceau de vieille faux. Le manche a 1<sup>m</sup>,15 de longueur.</p>
+
+<p><span class="smcap">Rouleau.</span>&mdash;Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre,
+muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un
+essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour
+rouler les terres et les gazons.</p>
+
+<p><span class="smcap">Sarcloir.</span>&mdash;Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne
+sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,25.</p>
+
+<h3>§ II.&mdash;<i>Outils propres aux transports.</i></h3>
+
+<p>Brouette a coffre.&mdash;Les proportions d'une brouette sont: longueur,
+1<sup>m</sup>,50 à 1<sup>m</sup>,60; largeur du coffre, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,55; écartement des
+bras à leur extrémité, 0<sup>m</sup>,65; diamètre extérieur de la roue,
+0<sup>m</sup>,48.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page42" name="page42"></a>(p. 42)</span> <span class="smcap">Crochet pour le transport des caisses.</span>&mdash;Ces crochets sont en
+fer, et l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe
+un brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux
+hommes transportent facilement des caisses très-pesantes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Diable.</span>&mdash;Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les
+caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour
+les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les
+mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la
+flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on
+peut alors la diriger facilement partout où l'on veut.</p>
+
+<p><span class="smcap">Fourche ordinaire.</span>&mdash;Cet instrument sert à faire les couches, à
+transporter les fumiers et à herser les planches du potager.</p>
+
+<p><span class="smcap">Hottereau</span> (on prononce <span class="smcap">Hottriau</span>).&mdash;Il sert au transport des fumiers
+et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pelle de bois.</span>&mdash;Comme cet instrument est à peu près partout le même,
+nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever
+les terres et terreaux, à les amonceler, etc.</p>
+
+<h3>§ III.&mdash;<i>Instruments servant aux arrosements.</i></h3>
+
+<p><span class="smcap">Arrosoir à pomme.</span>&mdash;Cet instrument, qui doit être en cuivre pour
+avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau.</p>
+
+<p><span class="smcap">Arrosoir à bec</span> pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins
+un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme.</p>
+
+<p>Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place
+du bec de prolongement.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pompe à main et à jet continu</span>, de M. Petit.&mdash;Cet instrument, qui
+lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert <span class="pagenum"><a id="page43" name="page43"></a>(p. 43)</span> à arroser les
+arbres trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue.</p>
+
+<p><span class="smcap">Seringue</span> pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et
+de serre. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,50.</p>
+
+<h3>§ IV.&mdash;<i>Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres.</i></h3>
+
+<p><span class="smcap">Croissant.</span>&mdash;On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à
+l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres
+et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier
+objet l'échenilloir, dont la man&oelig;uvre est bien moins fatigante.</p>
+
+<p><span class="smcap">Coupe-bourgeons.</span>&mdash;Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à
+ébourgeonner et facilite cette opération.</p>
+
+<p><span class="smcap">Échenilloir.</span>&mdash;On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet
+instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins
+commode.</p>
+
+<p><span class="smcap">Sécateur.</span>&mdash;Le choix de cet instrument est d'une grande importance;
+car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la
+végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter
+la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec
+ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Scie à main</span>, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au
+sécateur. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,25.</p>
+
+<p><span class="smcap">Égohine</span>, servant à couper les branches dans les endroits où la scie
+à main ne peut passer.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serpette.</span>&mdash;On en fait de différentes dimensions; mais les plus
+généralement employées ont un manche d'environ 0<sup>m</sup>,12, de longueur,
+et la lame de 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,09.</p>
+
+<p><span class="smcap">Serpe.</span>&mdash;Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes
+des pieux et des tuteurs, etc.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page44" name="page44"></a>(p. 44)</span> CHAPITRE IV.<br>
+<span class="smaller">Défoncements et Labours.</span></h2>
+
+<p>Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre
+compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est
+essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer.</p>
+
+<p>Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis
+très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il
+faut faire défoncer.</p>
+
+<p>Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes
+élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler,
+quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le
+terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver
+de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on
+ouvrira une tranchée de 1<sup>m</sup>,60 à 2 mètres de largeur (appelée
+jauge). Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche,
+et l'on pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a
+des terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus
+profondément. On divisera le terrain en deux, trois ou quatre
+parties, selon le nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la
+première tranchée au bout où l'on doit terminer, ce qui servira à
+combler le vide de la dernière. On remplacera successivement chaque
+tranchée par une autre de même longueur, en ayant soin de mettre la
+terre du fond à la superficie.</p>
+
+<p>Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que
+l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne
+terre.</p>
+
+<p>Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de <span class="pagenum"><a id="page45" name="page45"></a>(p. 45)</span> fourche
+pour briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain;
+puis on passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront
+encore à remplir les allées.</p>
+
+<p>1. <i>Labours.</i>&mdash;Dans les terres légères, on fera annuellement un
+profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres
+compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes,
+c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en
+monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les
+ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à
+cultiver.</p>
+
+<p>Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de
+commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge
+d'un bon fer de bêche de profondeur (0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 environ), de
+0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une
+planche pour un homme seul.</p>
+
+<p>Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on
+déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même
+bout.</p>
+
+<p>Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer,
+de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est
+aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant
+l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent
+de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid
+durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail.</p>
+
+<p>On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on
+replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois
+de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera
+du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop
+profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On
+brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de
+côté les pierres que l'on rencontrera.</p>
+
+<p>Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la <span class="pagenum"><a id="page46" name="page46"></a>(p. 46)</span>
+terre des sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de
+repos. Pour les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la
+superficie du terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer,
+on l'égalisera à la fourche.</p>
+
+<p>On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons,
+en maintenant toujours une jauge de même largeur.</p>
+
+<p>En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de
+précautions pour ne pas en blesser les racines.</p>
+
+<p>Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une
+autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément
+qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises
+herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées.
+Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire
+de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé.</p>
+
+<p>2. <i>Sarclage.</i>&mdash;Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les
+plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette
+opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de
+distinguer au premier coup d'&oelig;il les plantes qu'il faut enlever
+de celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail
+doit offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche:
+c'est pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une
+heure au moins avant de commencer cette opération, les planches qui
+ont besoin d'être sarclées.</p>
+
+<p>3. <i>Binage.</i>&mdash;Le binage est une opération non moins nécessaire aux
+plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la
+binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents.</p>
+
+<p>Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la
+terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements.
+Dans quelques circonstances (par <span class="pagenum"><a id="page47" name="page47"></a>(p. 47)</span> exemple, pour les plantes
+repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois
+alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire.</p>
+
+<h2>CHAPITRE V.<br>
+<span class="smaller">Fumier et Engrais.</span></h2>
+
+<p>Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres,
+tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la
+poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés
+que dans la grande culture.</p>
+
+<p>Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se
+procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut
+se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues,
+qui sont également de bons engrais, mais seulement après être
+restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant
+l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des
+Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté
+assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les
+graines germent une fois en terre.</p>
+
+<p>La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être
+employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la
+poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les
+terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des
+circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent
+de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux
+domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre
+eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus
+chauds sont ceux de <i>cheval</i>, de <i>mulet</i>, <span class="pagenum"><a id="page48" name="page48"></a>(p. 48)</span> d'<i>âne</i> et de
+<i>mouton</i>; les plus compactes et les plus froids sont ceux de
+<i>b&oelig;uf</i>, de <i>vache</i> et de <i>porc</i>.</p>
+
+<p>Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit
+être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il
+soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais
+comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides,
+qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des
+fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de
+renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le
+principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises
+herbes.</p>
+
+<p>Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier,
+on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend
+un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé.</p>
+
+<p>C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le
+fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit
+l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus
+possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en
+culture.</p>
+
+<p>Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles
+couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur
+les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est
+encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces
+fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en
+terreau.</p>
+
+<p>Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le
+temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les
+atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes
+potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans
+une terre fumée de l'année précédente.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page49" name="page49"></a>(p. 49)</span> CHAPITRE VI.<br>
+<span class="smaller">Des Arrosements.</span></h2>
+
+<p>L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est
+indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont
+on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par
+tous les moyens possibles.</p>
+
+<p>Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les
+eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec
+soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les
+toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues
+dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera
+les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les
+parties du jardin.</p>
+
+<p>À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir
+recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se
+préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que
+dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de
+se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que
+fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut
+facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est
+vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens
+se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux
+laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition
+quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant
+serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque
+toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques
+points même, ces substances sont tellement abondantes <span class="pagenum"><a id="page50" name="page50"></a>(p. 50)</span> que
+l'eau dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche
+de sels calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des
+influences atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions
+physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures,
+ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans
+ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que
+l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce
+qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se
+déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au
+soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles
+cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10
+degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour
+les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt
+qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur
+végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur
+développement.</p>
+
+<p>On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements
+avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de
+crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La
+colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4
+kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un
+bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les
+plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque
+semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas
+être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront
+être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du
+terrain.</p>
+
+<p>Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements
+pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera
+que dans l'après-midi; au printemps <span class="pagenum"><a id="page51" name="page51"></a>(p. 51)</span> et à l'automne, où les
+nuits sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin.</p>
+
+<p>Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et
+particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment
+repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller
+les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les
+plantes délicates et nouvellement repiquées.</p>
+
+<h2>CHAPITRE VII.<br>
+<span class="smaller">Des Couches.</span></h2>
+
+<p>Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue
+par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a
+recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du
+soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible,
+dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce
+que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne
+peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits
+tardifs.</p>
+
+<p>I. <span class="smcap">Couches pour primeurs.</span>&mdash;Les couches doivent toujours être à
+l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira
+sera creusé de 0<sup>m</sup>,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner
+dépend de plusieurs circonstances: 1<sup>o</sup> Celles qu'on fait en
+décembre, janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute
+autre époque de l'année; 2<sup>o</sup> Sur un sol froid et humide, elles
+doivent être plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3<sup>o</sup> Plus
+elles sont étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait
+ordinairement de 1<sup>m</sup>,30 de largeur, plus un sentier de 0<sup>m</sup>,40 qu'on
+laisse entre chacune et qu'on remplit de <span class="pagenum"><a id="page52" name="page52"></a>(p. 52)</span> fumier; pour
+entretenir et ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds
+de fumier neuf, qu'on renouvelle de temps à autre.</p>
+
+<p>Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval
+neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé
+d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles
+d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des
+anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier
+seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus
+régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur
+excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes
+plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de
+feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf
+seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons.</p>
+
+<p>Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les
+fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la
+place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à
+reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties
+sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de
+répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être
+montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le
+mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme,
+de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une
+fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au
+centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération.
+Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la
+foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du
+fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit
+régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la
+couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les
+sentiers <span class="pagenum"><a id="page53" name="page53"></a>(p. 53)</span> et l'on pose les coffres qui, par leur dimension,
+ont l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement
+de la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de
+terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts
+pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de
+semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent
+d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette
+précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur,
+il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela
+ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la
+couche, de manière à la refroidir.</p>
+
+<a id="img002" name="img002"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img002.jpg" width="500" height="215" alt="" title="">
+<p>Fig. 2.&mdash;Thermosiphon.<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a><a href="#footnote2" title="Go to footnote 2"><span class="smaller">[2]</span></a></p>
+</div>
+
+<p><i>Thermosiphon.</i>&mdash;En quelques circonstances, on peut remplacer les
+couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on
+fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les
+plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux
+au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois,
+sous <span class="pagenum"><a id="page54" name="page54"></a>(p. 54)</span> lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon;
+mais les plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents
+arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour
+les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire
+circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les
+coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la
+paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous
+fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes
+forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est
+seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire
+aux besoins des plantes.</p>
+
+<p>II. <span class="smcap">Couches sourdes.</span>&mdash;Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à
+faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une
+tranchée de 0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0<sup>m</sup>,35 de
+profondeur.</p>
+
+<p>On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour <span class="pagenum"><a id="page55" name="page55"></a>(p. 55)</span> les
+précédentes; on leur donne 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,80 d'épaisseur; elles
+doivent être légèrement bombées au milieu.</p>
+
+<p>On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de
+culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier
+long pour y concentrer la chaleur.</p>
+
+<p>1. <i>Réchaud.</i>&mdash;Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire
+depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire
+d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les
+refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui
+consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier
+neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à
+remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin,
+suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau
+fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère,
+c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide,
+et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de
+les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de
+concentrer la chaleur.</p>
+
+<p>2. <i>Ados.</i>&mdash;Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la
+culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un
+terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1<sup>m</sup>,33, tournée
+du côté du soleil.</p>
+
+<p>Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir
+fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au
+sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour
+recharger le derrière d'environ 0<sup>m</sup>,20; après quoi on unit le
+terrain; puis on étend sur le tout environ 0<sup>m</sup>,10 de terre mêlée de
+terreau.</p>
+
+<p>Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place
+trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer
+les jeunes plants.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page56" name="page56"></a>(p. 56)</span> CHAPITRE VIII.<br>
+<span class="smaller">Multiplication des plantes.</span></h2>
+
+<p>Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour
+objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune
+d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles
+présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce
+chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et,
+en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir
+l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain.</p>
+
+<h3>§ I.&mdash;Semis.</h3>
+
+<p>Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une
+opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain
+doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien
+divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève
+avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface.</p>
+
+<p>La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au
+printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la
+durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques
+salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les
+légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc
+nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de
+la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra
+attendre pour que les plantes aient atteint leur entier
+développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis
+en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et
+humide, plus il faut semer tard et moins <span class="pagenum"><a id="page57" name="page57"></a>(p. 57)</span> les graines
+doivent être recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il
+faut les enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre
+dessus un peu de terreau après les avoir hersées et foulées;
+d'autres ne doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées
+avec un peu de litière.</p>
+
+<p>Il y a deux modes principaux de semis: les <i>semis sur couche</i> et les
+<i>semis en pleine terre</i>.</p>
+
+<p>I. <span class="smcap">Semis sur couche.</span>&mdash;Comme il est souvent nécessaire de faire des
+semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les
+graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que
+la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces
+de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la
+température la plus favorable (excepté pour les Melons, les
+Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes
+les graines potagères que nous avons soumises à cette température
+ont parfaitement réussi.</p>
+
+<p>L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des
+semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours
+être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces
+semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre,
+et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les
+conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au
+parfait développement des graines.</p>
+
+<p>II. <span class="smcap">Semis en pleine terre.</span>&mdash;Ces semis se font <i>à la volée</i>, en
+<i>lignes</i> ou <i>rayons</i>, et en <i>pochets</i>.</p>
+
+<p>1. <i>Semis à la volée.</i>&mdash;La terre étant préparée, comme il a été dit
+plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les
+bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la
+répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un
+mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus
+également et <span class="pagenum"><a id="page58" name="page58"></a>(p. 58)</span> de ne pas répandre de graines dans les
+sentiers, on sème la largeur de la planche en deux fois, en
+commençant par les bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne
+faut pas semer trop épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si,
+malgré cette précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les
+éclaircir à la main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas
+semer trop épais les graines fines, on peut, pour éviter cet
+inconvénient, les mêler avec du sable ou de la terre fine bien
+sèche. Après le semis, il faut herser le terrain légèrement avec la
+fourche, puis fouler un peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant
+pas faire si le terrain était humide. Pour recouvrir les graines, on
+étend avec le dos du râteau la terre des bords de la planche, en
+ayant soin d'en laisser un peu, de manière à retenir l'eau des
+arrosements. On peut aussi étendre sur les semis un peu de fumier
+bien consommé. Si le temps est sec, il faudra favoriser la
+germination des graines par des bassinages donnés avec l'arrosoir à
+pomme.</p>
+
+<p>2. <i>Semis en lignes</i> ou <i>en rayons.</i>&mdash;On trace, soit à la binette,
+soit au traçoir, des rayons d'environ 0<sup>m</sup>,3, ou 0<sup>m</sup>,5 de profondeur,
+et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on
+veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre
+légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre
+des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir
+les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce
+mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les
+binages doivent être fréquents.</p>
+
+<p>3. <i>Semis en pochets.</i>&mdash;Il consiste à faire avec la binette des
+trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur
+seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque
+touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou,
+on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les
+plantes sont assez <span class="pagenum"><a id="page59" name="page59"></a>(p. 59)</span> élevées, on finit de remplir les trous
+en passant un coup de râteau entre chaque touffe.</p>
+
+<h3>§ II.&mdash;Repiquage.</h3>
+
+<p>Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent
+être semées en place; et, pour être certain du succès de
+l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux,
+car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les
+produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent
+lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en
+pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près
+les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de
+déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la
+reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se
+faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura
+étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant
+profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre
+côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce
+qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages
+qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un
+temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il
+faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et
+faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de
+plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas
+attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser.</p>
+
+<h3>§ III.&mdash;Oignons.</h3>
+
+<p>Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes
+bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de
+les planter dans les circonstances les plus favorables à leur
+végétation.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page60" name="page60"></a>(p. 60)</span> § IV.&mdash;Caïeux.</h3>
+
+<p>On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour
+de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes,
+Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut
+détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque
+les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent
+toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins
+avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils
+se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent
+ordinairement au bout de trois ou quatre ans.</p>
+
+<h3>§ V.&mdash;Bulbilles.</h3>
+
+<p>Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la
+place des graines, de petits oignons nommés <i>bulbilles</i>, qui servent
+à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les
+traiter comme les caïeux.</p>
+
+<h3>§ VI.&mdash;Tubercules.</h3>
+
+<p>Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges
+souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines
+fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de
+terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles
+tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de
+morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle
+plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels
+sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il
+faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun
+une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient
+pas.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page61" name="page61"></a>(p. 61)</span> § VII.&mdash;Griffes ou Pattes.</h3>
+
+<p>On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on
+les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un
+&oelig;il à chacun.</p>
+
+<h3>§ VIII.&mdash;&OElig;illetons.</h3>
+
+<p>On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines
+plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en
+ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut
+éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus
+certaine.</p>
+
+<h3>§ IX.&mdash;Séparation des racines.</h3>
+
+<p>Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines
+partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies
+d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les
+multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a
+d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface
+du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes
+épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors
+les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante
+que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles
+que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie
+de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.</p>
+
+<h3>§ X.&mdash;Stolons ou Coulants.</h3>
+
+<p>Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui
+produisent à chaque n&oelig;ud des rejetons s'enracinant sur le sol.
+Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant
+de nouvelles plantes.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page62" name="page62"></a>(p. 62)</span> § XI.&mdash;Marcottes.</h3>
+
+<p>Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit
+en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère
+que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que
+l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être
+abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus
+sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée
+sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a
+plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les
+plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la
+terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment
+humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver
+l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du
+fumier consommé ou de la mousse.</p>
+
+<p>1. <i>Marcottes simples.</i>&mdash;Ce sont celles que l'on emploie pour
+multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la
+Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans
+une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la
+branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui
+se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait
+sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la
+rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes
+qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément.</p>
+
+<p>2. <i>Marcottes par strangulation.</i>&mdash;Elles diffèrent des précédentes
+en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la
+couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent
+de nouvelles racines.</p>
+
+<p>3. <i>Marcottes par incision.</i>&mdash;Nous allons décrire cette opération
+telle qu'on l'exécute pour multiplier les &OElig;illets. <span class="pagenum"><a id="page63" name="page63"></a>(p. 63)</span> Dans
+le courant de juillet, on suspend les arrosements quelque temps
+avant le marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et
+l'on choisit des tiges assez longues pour être couchées. On
+retranchera les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se
+trouve en terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige
+dans une petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera
+l'extrémité de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en
+remontant à mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision
+d'environ 0<sup>m</sup>,02 de longueur, de manière que la partie entaillée
+forme une languette dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un
+n&oelig;ud, en ayant soin de ne pas entamer l'autre moitié de la tige.
+On maintiendra chaque marcotte par un crochet ou un bout d'osier
+passé dessous, et dont on enfoncera les deux extrémités en terre;
+puis on recouvrira le tout de terre assez fine pour qu'elle
+s'introduise partout, en ayant soin surtout d'en faire pénétrer un
+peu entre les parties séparées, qui ordinairement restent écartées
+par l'effet de la courbure. Une fois l'opération terminée, on a
+l'habitude de couper l'extrémité des feuilles pour les empêcher de
+se faner; puis on étendra un léger paillis de fumier à moitié
+consommé et l'on mouillera avec un arrosoir à trous très-fins, pour
+ne pas ébranler les marcottes, qui s'enracineront ordinairement au
+bout de peu de temps.</p>
+
+<p>4. <i>Marcottes par cépée.</i>&mdash;Ce procédé consiste à couper au printemps
+un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de
+terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève
+lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le
+Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer.</p>
+
+<p>5. <i>Marcottes de racines.</i>&mdash;Pour faire ce genre de marcottes, il
+faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la
+séve forme un bourrelet d'où il ne tarde <span class="pagenum"><a id="page64" name="page64"></a>(p. 64)</span> pas à se
+développer des bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus
+vigoureux, et l'on supprime les autres; puis, à l'automne, on le
+sèvre en coupant la racine près de la souche.</p>
+
+<h3>§ XII.&mdash;Boutures.</h3>
+
+<p>Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par
+boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité,
+consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une
+feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines.
+Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est
+d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être
+multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches
+disposées spécialement pour cette opération; aussi nous
+bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air
+libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien
+si l'on possède seulement des cloches et un châssis.</p>
+
+<p>1. <i>Boutures à l'air libre.</i>&mdash;C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup
+d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des
+rameaux de l'année par tronçons de 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,20 de longueur,
+selon les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous
+d'un &oelig;il; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de
+leur longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un
+lieu à l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au
+commencement d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien
+préparé et autant que possible à une exposition ombragée; on les
+enfoncera de manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre,
+puis après la plantation on paillera le terrain, et lorsque la
+sécheresse commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir
+l'humidité de la terre par des arrosements.</p>
+
+<p>2. <i>Boutures sous cloches et sous châssis.</i>&mdash;Beaucoup de <span class="pagenum"><a id="page65" name="page65"></a>(p. 65)</span>
+plantes d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de
+boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et
+mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à
+obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et
+on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de
+terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la
+recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû
+être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu
+éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les
+boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses;
+on les étête en leur donnant 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10 de longueur, en ayant
+toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous
+d'un &oelig;il; puis on les repique immédiatement sur la couche au
+moyen d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03. On
+pourrait aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on
+enfoncerait dans la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les
+Héliotropes, les Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert
+les bordures de cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du
+soleil, et la nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les
+bassiner de temps à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les
+boutures ne peuvent s'enraciner qu'en maintenant la terre
+constamment fraîche; lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on
+sera certain qu'elles sont pourvues de racines, on leur donnera un
+peu d'air dans le jour, en soulevant les cloches ou châssis, et au
+bout de quelque temps on pincera les extrémités les plus longues,
+puis on relèvera les boutures en tâchant de conserver à chacune une
+petite motte. On les plantera dans des pots, que l'on pourra
+replacer sur la même couche après les avoir arrosés, et, si on le
+juge nécessaire, on ranimera la chaleur de la couche en faisant de
+nouveaux réchauds; les autres <span class="pagenum"><a id="page66" name="page66"></a>(p. 66)</span> soins se borneront à leur
+donner de l'air graduellement et à les arroser au besoin. Toutes les
+plantes étant ainsi traitées seront fortes et assez rustiques pour
+pouvoir être mises en pleine terre à l'époque où l'on en garnit les
+massifs et les plates-bandes.</p>
+
+<p>La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée;
+seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est
+ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus
+favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin
+d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué
+précédemment, on les repique à 0<sup>m</sup>,03 ou 0<sup>m</sup>,04 l'une de l'autre
+dans des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée
+d'un peu de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement;
+puis on place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du
+soleil. À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront
+être séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de
+parties qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément;
+étant ainsi traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant
+des plantes de force à fleurir.</p>
+
+<p>On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui
+s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis
+ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi
+haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit
+l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que
+l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le
+trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout
+sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus.</p>
+
+<p>3. <i>Boutures par tronçons de racines.</i>&mdash;Quelques végétaux peuvent
+être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante
+soit en pleine terre, soit sur <span class="pagenum"><a id="page67" name="page67"></a>(p. 67)</span> couche, mais toutefois en en
+laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons.</p>
+
+<h2>CHAPITRE IX.<br>
+<span class="smaller">De la Greffe.</span></h2>
+
+<p>Nous ne décrirons pas longuement la greffe, cette opération est trop
+généralement connue pour cela; nous dirons seulement qu'elle a pour
+objet de multiplier, de conserver et de perfectionner des variétés
+utiles et agréables, et de faire porter à un tronc sauvage des
+fleurs brillantes ou des fruits savoureux destinés à
+l'embellissement de nos jardins et à l'accroissement des produits
+non moins appréciables de nos vergers.</p>
+
+<p>Cette opération, sur laquelle il a été tant de fois et si longuement
+écrit, exige tout simplement un peu d'observation et une certaine
+habileté manuelle. Elle repose sur trois points fondamentaux: 1<sup>o</sup>
+l'appréciation des circonstances dans lesquelles la greffe doit être
+faite, c'est-à-dire le moment où les plantes abreuvées de sève ne
+demandent qu'à végéter; 2<sup>o</sup> le choix du sujet, qui doit être dans
+un état convenable de vigueur et de santé, et surtout apte à
+recevoir la greffe, qu'on ne peut pratiquer que sur des espèces
+unies entre elles par d'étroites affinités; car toutes les greffes
+des Rosiers sur Houx, Lilas, etc., sont autant de contes faits à
+plaisir; 3<sup>o</sup> l'opération manuelle, qui n'exige qu'un court
+d'apprentissage et peut être considérée comme la moins difficile des
+trois, puisque par l'observation des deux conditions qui précèdent
+on obtient un succès auquel on ne peut atteindre, quel que soit le
+soin du greffeur, si les circonstances dans lesquelles il opère sont
+défavorables.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page68" name="page68"></a>(p. 68)</span> Il y a différentes sortes de greffes, mais la plupart sont
+de pur agrément; aussi nous bornerons-nous à décrire les
+principales, qui peuvent être considérées comme le type de toutes
+les autres, qu'on pourra exécuter lorsqu'on connaîtra celles que
+nous indiquons.</p>
+
+<p>1. <i>Greffe en écusson.</i> Cette greffe est la plus généralement
+employée, et l'on peut l'exécuter à plusieurs époques de l'année;
+premièrement, de mai en juillet, ce que l'on appelle <i>greffe à
+&oelig;il poussant</i>; cette dénomination vient de ce que ces greffes,
+commencent à pousser aussitôt que l'écusson est repris; il en est
+même, sur les Rosiers par exemple, qui à l'automne de la même année
+forment déjà une belle tête. La seconde époque est d'août en
+septembre, lorsque la séve commence à se ralentir, et on l'appelle
+<i>greffe à &oelig;il dormant</i>, parce qu'à cette époque l'écusson ne fait
+plus que se souder au sujet et ne pousse que l'année suivante. C'est
+dans cette saison qu'on greffe de préférence les arbres fruitiers.</p>
+
+<p>Il faut, quelque temps avant l'opération, préparer le sujet à
+recevoir la greffe, c'est-à-dire faire choix des branches sur
+lesquelles on veut écussonner, et supprimer les autres, surtout
+celles qui se trouveraient au-dessous des greffes; et si les
+individus qu'on veut greffer commençaient à ne plus être en séve, il
+faudrait tâcher, par des arrosements, d'en ranimer la végétation.
+Lorsque le moment sera favorable, on choisira les meilleurs yeux de
+l'espèce qu'on veut multiplier, on coupera la feuille placée
+au-dessus de l'&oelig;il sans endommager le pétiole, on supprimera
+aussi les aiguillons qui se trouveraient sur l'écusson; puis, avec
+la lame du greffoir, on cernera l'&oelig;il de manière à pouvoir
+l'enlever avec une partie de l'écorce environnante, à laquelle on
+donnera à peu près la forme de l'écusson (voir A, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>). Pour la
+détacher, on la soulèvera légèrement avec la pointe du greffoir,
+puis avec la <span class="pagenum"><a id="page69" name="page69"></a>(p. 69)</span> spatule, en ayant soin d'enlever toutes les
+parties ligneuses adhérentes à l'écusson, et qui empêcheraient son
+contact avec le bois du sujet, à moins que le rameau ne soit assez
+tendre pour qu'on n'ait pas besoin de faire cette opération; et s'il
+arrivait que l'on enlevât la racine de l'&oelig;il, ce qu'il est facile
+de reconnaître au vide qui en résulte, il fondrait réformer cet
+écusson, dont la reprise serait douteuse.</p>
+
+<a id="img003" name="img003"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img003.jpg" width="400" height="212" alt="" title="">
+<p>Fig. 3.&mdash;Greffe en écusson.</p>
+</div>
+
+<p>On peut encore employer un autre moyen pour lever l'écusson, et il
+est surtout avantageux quand les greffes sont petites; il consiste à
+détacher avec un fil de soie ou un crin (voir B, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>)
+l'écusson, dont on a d'abord soulevé la partie supérieure; on fait
+ensuite sur l'écorce du sujet à greffer une incision en forme de T
+(voir C, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>), on soulève les bords de la plaie en glissant la
+spatule sous l'écorce, de manière à pouvoir placer facilement
+l'écusson, qu'on introduit en le tenant par le pétiole et en
+appuyant légèrement sur la partie supérieure; s'il arrivait qu'il ne
+pût entrer dans toute sa longueur, il faudrait en couper l'extrémité
+pour qu'il coïncidât bien avec le sujet; ensuite on rapproche les
+bords de l'entaille sur l'écusson, et l'on entoure le tout d'une
+ligature de laine, en ayant soin surtout de ne pas engager l'&oelig;il
+(voir D, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>). Nous avons figuré la ligature plus écartée
+qu'elle ne doit l'être, afin <span class="pagenum"><a id="page70" name="page70"></a>(p. 70)</span> qu'on puisse voir la position
+de l'écusson. La chute précoce du pétiole est un signe de la reprise
+de la greffe, ce qui a lieu ordinairement dix ou quinze jours après
+l'opération; il faut alors rabattre le sujet à quelques centimètres
+au-dessus de la greffe. On aura soin d'enlever toutes les pousses
+qui paraîtront sur le sujet, et l'on pincera le bourgeon terminal
+des greffes de manière à favoriser le développement des yeux
+inférieurs.</p>
+
+<a id="img004" name="img004"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img004.jpg" width="200" height="223" alt="" title="">
+<p>Fig. 4.&mdash;Greffe en anneau.</p>
+</div>
+
+<p>2. <i>Greffe en anneau.</i>&mdash;Les mois d'avril et d'août sont les époques
+les plus favorables pour la reprise de cette greffe. Elle convient
+pour la multiplication des arbres à bois dur, et particulièrement
+des noyers. On choisit, sur l'arbre que l'on veut multiplier, une
+branche de même grosseur que le sujet à greffer; on cerne l'écorce
+circulairement au-dessous et au-dessus d'un &oelig;il, de manière à
+former un anneau que l'on détache en le fendant perpendiculairement
+sur la partie apposée à l'&oelig;il (voir C. <i>fig. <a href="#img004">4</a></i>); puis on
+l'enlève à l'aide de la spatule du greffoir. On enlève ensuite sur
+le sujet un anneau de la même largeur (voir B, <i>fig. <a href="#img004">4</a></i>), et l'on
+rapporte à sa place la partie d'écorce enlevée sur l'arbre que l'on
+veut propager. Il faut, pour être certain du succès, avoir la
+précaution de bien faire joindre les écorces en haut et en bas; puis
+on assujettit les greffes avec une ligature de laine, en ayant soin
+surtout de ne pas engager <span class="pagenum"><a id="page71" name="page71"></a>(p. 71)</span> l'&oelig;il. On ne rabattra les
+branches ou la tête du sujet que quand la reprise de la greffe sera
+assurée. Cette greffe a l'avantage de ne jamais mutiler le sujet;
+car, dans le cas où la greffe ne végète pas, l'anneau d'écorce reste
+et tient lieu de celui qu'on a enlevé.</p>
+
+<p>3. <i>Greffe en fente.</i>&mdash;Cette greffe peut être également faite au
+printemps et à l'automne; et, pour être certain du succès, il faut,
+comme pour la greffe en écusson à &oelig;il dormant, qu'il n'y ait plus
+assez de séve pour faire pousser la greffe, mais qu'il y en ait
+encore assez pour la souder au sujet, afin qu'elle ne soit pas
+desséchée par les intempéries de l'hiver.</p>
+
+<p>Pour greffer au printemps, il faut avoir la précaution de couper en
+janvier les rameaux de l'année précédente sur chaque espèce d'arbre
+que l'on veut multiplier, puis on les enterre dans du sable, à
+l'exposition du nord, de manière à en retarder autant que possible
+la végétation; car, pour être certain du succès de ces greffes, il
+faut que la séve commence à monter dans le sujet, mais qu'elle n'ait
+pas encore gonflé les bourgeons du rameau que l'on veut greffer. La
+première quinzaine d'avril est ordinairement l'époque la plus
+favorable pour cette opération: alors on coupe horizontalement la
+tête du sujet, et on le fend au milieu de son diamètre, de manière à
+faire une entaille de 0<sup>m</sup>,03 à 0<sup>m</sup>,06, suivant la force du sujet, et
+en ayant soin que cette entaille soit toujours un peu plus profonde
+et plus large que ne l'exigerait en apparence la greffe à insérer.
+Lorsque le sujet est gros et vigoureux, on peut faire plusieurs
+entailles (voir A, B, <i>fig. <a href="#img005">5</a></i>); mais il faut qu'elles soient
+opposées l'une à l'autre, de manière qu'elles ne se rejoignent pas.
+Une fois le sujet prêt à recevoir la greffe, on choisit un rameau
+garni de bons yeux et de 0<sup>m</sup>,06 à 0<sup>m</sup>,10 de longueur, de sorte
+qu'après son insertion dans l'entaille, il y ait au moins deux ou
+trois yeux au <span class="pagenum"><a id="page72" name="page72"></a>(p. 72)</span> dehors. On taille ensuite la partie
+inférieure de ce rameau de manière à former deux biseaux de 0<sup>m</sup>,03 à
+0<sup>m</sup>,06 de longueur (voir C, <i>fig. <a href="#img005">5</a></i>), quelle que soit l'épaisseur
+de la partie qui doit être en dehors, on fait en sorte de conserver
+son écorce; ensuite on ouvre la fente avec la spatule du greffoir ou
+avec un coin, et l'on insère la greffe de manière que son écorce
+coïncide exactement avec celle du sujet; puis on enveloppe le tout
+d'une ligature, et l'on couvre l'extrémité du sujet avec de la cire
+à greffer<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a><a href="#footnote3" title="Go to footnote 3"><span class="smaller">[3]</span></a>. Il faut, enfin, avoir soin d'enlever toutes les
+pousses qui se développent sur le sujet, car elles vivraient aux
+dépens de la greffe.</p>
+
+<a id="img005" name="img005"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img005.jpg" width="300" height="232" alt="" title="">
+<p>Fig. 5.&mdash;Greffe en fente.</p>
+</div>
+
+<p>4. <i>Greffe en fente sur tubercule.</i>&mdash;Cette greffe est
+particulièrement employée pour multiplier les Pivoines en arbre.
+Dans le courant d'août, on prend un tubercule de Pivoine herbacée,
+on en coupe le sommet transversalement, on fait une fente sur l'un
+de ses côtés et l'on y insère un rameau dont on aura taillé en
+biseau la partie inférieure, puis on plante le tubercule dans un
+pot, mais de manière que toute la greffe se trouve enterrée. Les
+pots <span class="pagenum"><a id="page73" name="page73"></a>(p. 73)</span> sont placés sur une couche tiède, et on couvre les
+greffes d'une cloche qu'il faut ombrager pendant quinze ou vingt
+jours. Au printemps suivant, on peut mettre chacune de ces greffes
+en pleine terre.</p>
+
+<a id="img006" name="img006"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img006.jpg" width="200" height="321" alt="" title="">
+<p>Fig. 6.&mdash;Greffe en placage.</p>
+</div>
+
+<p>5. <i>Greffe en placage.</i>&mdash;On taille en bec de flûte allongé le rameau
+que l'on veut greffer (voir A, <i>fig. <a href="#img006">6</a></i>), puis on enlève sur ce
+sujet une portion d'écorce (voir B, <i>fig. <a href="#img006">6</a></i>) exactement de la même
+grandeur que la partie taillée de la greffe; on réunit les deux
+parties, et l'on fait une ligature. Ces greffes reprennent avec
+facilité, mais pour cela il faut les étouffer sous cloche.</p>
+
+<p>6. <i>Greffe de la Vigne.</i>&mdash;Dans le courant de mars, on coupe le sujet
+sur le collet de la racine, à environ 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10 en terre, et
+on laisse sécher la plaie pendant quelques jours; car si l'on
+greffait aussitôt, la séve monterait avec une telle abondance, qu'il
+pourrait arriver qu'elle noyât la greffe. On prépare les rameaux
+comme pour les autres greffes en fente, puis on fait une ou
+plusieurs entailles, selon la force du sujet, et l'on place les
+greffes, <span class="pagenum"><a id="page74" name="page74"></a>(p. 74)</span> auxquelles on laisse deux ou trois yeux hors de
+terre. La greffe et l'extrémité du sujet sont recouvertes ensuite
+avec de la cire à greffer; quelques personnes se contentent même de
+comprimer un peu la terre autour de la greffe, en ayant grand soin
+de ne pas déranger les rameaux.</p>
+
+<p>Dans le midi de la France, on pratique la greffe en fente modifiée
+de la manière suivante: après avoir déchaussé le cep qui sert de
+sujet, on le coupe un peu au-dessus du sol, on le fend de part en
+part, et on y insère latéralement une greffe taillée en lame de
+couteau vers la moitié de sa longueur, et dont l'extrémité
+inférieure, entièrement libre, plonge dans le sol de 0<sup>m</sup>,15 à
+0<sup>m</sup>,20; ce qui sert à alimenter la greffe jusqu'à sa parfaite
+soudure avec le sujet.</p>
+
+<p><i>Greffe herbacée.</i>&mdash;Cette greffe ne diffère guère de la greffe en
+fente que par l'époque où on l'exécute. Elle peut être employée pour
+multiplier presque tous les végétaux encore à l'état herbacé, et
+particulièrement les arbres résineux et quelques arbrisseaux
+d'agrément. L'époque de faire cette greffe varie suivant l'état de
+la saison; ordinairement, le moment le plus favorable est le mois de
+mai. On coupe l'extrémité du bourgeon au-dessus d'une ou de
+plusieurs feuilles, qu'il faut avoir soin de ménager, afin d'attirer
+la séve vers la greffe; puis on fend le sujet d'environ 0<sup>m</sup>,03 à
+0<sup>m</sup>,06 de longueur, et l'on prépare le rameau comme pour la greffe
+en fente, en ayant soin de ne pas trop l'amincir. Pour cette
+opération, il faut se servir d'un instrument bien tranchant et bien
+affilé, afin de couper bien net. La greffe une fois préparée, on
+l'introduit dans la fente du sujet, et on l'assujettit avec une
+ligature de laine. Pour éviter de couper la tête du sujet, on peut
+procéder d'une autre manière: c'est-à-dire que l'on y fait une
+incision, comme pour placer un écusson; puis, après avoir taillé le
+rameau en biseau allongé d'un seul côté, <span class="pagenum"><a id="page75" name="page75"></a>(p. 75)</span> en bec de flûte,
+on l'introduit entre le bois et l'écorce, et comme toujours, on
+maintient la greffe avec une ligature, que l'on doit enlever environ
+un mois après l'opération. Pour assurer le reprise de ses greffes,
+il est nécessaire de les garantir du soleil et du hâle; ainsi, si
+l'on opère sur des plantes en pots, il faudra les réunir sous un
+châssis, que l'on aura soin d'ombrer; et pour celles que l'on fera
+sur des sujets en pleine terre, on les garantira en les entourant
+d'un cornet de papier, d'une feuille de vigne, ou de tout autre
+abri, que l'on pourra enlever dix ou quinze jours après l'opération.
+Cette greffe peut aussi s'appliquer à la multiplication des plantes
+tuberculeuses; c'est ainsi qu'au printemps on greffe les jeunes
+pousses des variétés de Dahlias les plus belles sur des tubercules
+de variétés inférieures. On prend pour cela un tubercule, on en
+coupe le sommet horizontalement, et on le fend sur l'un des côtés,
+puis on fait choix d'un rameau qui ne soit pas encore creux, ce qui
+arrive lorsqu'ils sont déjà forts, et l'on en taille la partie
+inférieure en biseau peu aigu, en ayant soin d'enlever seulement
+l'épiderme; puis on l'insinue dans la fente du tubercule, que l'on
+plante dans un pot, de telle sorte que toute la greffe se trouve
+enterrée. On place les pots sur une couche tiède, et on les couvre
+d'une cloche, qu'il faut avoir soin d'ombrager plusieurs jours.</p>
+
+<p>On pratique aussi la greffe herbacée sur la Vigne.</p>
+
+<p>Cette opération doit avoir lieu, en mai ou juin, sur des bourgeons
+de 0<sup>m</sup>,20 ou 0<sup>m</sup>,25 de longueur. Elle ne diffère en rien de la
+greffe en fente ordinaire; seulement, il faut, après avoir enveloppé
+la greffe avec de la laine ou avec de la cire, l'introduire dans une
+bouteille à large col (bouteille à conserves), qu'on fixe à un
+tuteur ou à tout autre support, et boucher l'ouverture avec de la
+mousse fraîche.</p>
+
+<p>Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine,
+on débouche la bouteille, afin de fortifier la <span class="pagenum"><a id="page76" name="page76"></a>(p. 76)</span> greffe, et
+peu de temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois
+que ces greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que
+ce procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme
+moyen de multiplication, mais encore pour juger du mérite des
+variétés nouvelles.</p>
+
+<a id="img007" name="img007"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img007.jpg" width="150" height="229" alt="" title="">
+<p>Fig. 7.&mdash;Greffe en couronne.</p>
+</div>
+
+<p><i>Greffe en couronne</i>, connue sous le nom de <i>greffe Pline</i>.&mdash;Cette
+greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en
+fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière
+greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper,
+pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les
+empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer
+doit être coupée horizontalement (voir <i>fig. <a href="#img007">7</a></i>), et il faut
+entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans
+la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce
+ensuite à la profondeur d'environ 0<sup>m</sup>,05 un petit coin de fer ou de
+bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en
+biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de
+manière que tout le biseau soit caché (voir <i>fig. <a href="#img007">7</a></i>). Le nombre des
+greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa
+grosseur. Elles devront être placées à environ 0<sup>m</sup>,05 l'une de
+l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir
+l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la
+cire à greffer.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page77" name="page77"></a>(p. 77)</span>
+
+<a id="img008" name="img008"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img008.jpg" width="200" height="279" alt="" title="">
+<p>Fig. 8.&mdash;Greffe par approche.</p>
+</div>
+
+<p>7. <i>Greffe ordinaire par approche.</i>&mdash;Cette opération consiste à
+appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une
+branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter
+pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra
+procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux
+branches parallèlement (voir <i>fig. <a href="#img008">8</a></i>), on enlèvera sur chacune une
+partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont
+la longueur doit être toujours proportionnée à la force des
+individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin
+de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux
+branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il
+est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes,
+afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement,
+ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la
+reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on
+sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est
+souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de
+n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la
+sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la
+couper le <span class="pagenum"><a id="page78" name="page78"></a>(p. 78)</span> plus près possible de la greffe, afin que la séve
+recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite
+beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du
+greffoir.</p>
+
+<p>8. <i>Greffe par approche compliquée.</i>&mdash;Cette greffe diffère peu de la
+précédente: elle est spécialement employée pour donner de la
+solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres,
+de manière à former un losange; et, au point où elles se
+rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche,
+ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux
+parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à
+mesure que les branches prennent de l'accroissement.</p>
+
+<h2>CHAPITRE X.<br>
+<span class="smaller">De la Conservation des plantes.</span></h2>
+
+<p>Nous nous bornerons à dire sur ce chapitre que la situation
+septentrionale de notre pays, l'irrégularité de la marche des
+saisons, l'humidité de nos printemps et de nos automnes rendraient
+impraticable la culture de certaines plantes exotiques, si nous
+n'avions recours à des moyens artificiels de conservation et de
+multiplication.</p>
+
+<p>Ces moyens sont de plusieurs sortes: ils comprennent, en commençant
+par les plus simples, pour arriver aux plus composés: 1. les
+<i>cloches</i>; 2. les <i>châssis</i>; 3. l'<i>orangerie</i> ou <i>serre froide</i>; 4.
+la <i>serre tempérée</i>; 5. la <i>serre chaude</i>.</p>
+
+<p>1. <i>Cloches.</i>&mdash;Les cloches de verre sont les plus simples de tous
+les abris; elles servent à garantir du froid, et de l'humidité les
+plantes délicates et les boutures, et à concentrer la chaleur sur
+celles qui ont besoin d'une température plus élevée que celle de
+l'atmosphère. Il faut <span class="pagenum"><a id="page79" name="page79"></a>(p. 79)</span> choisir les cloches dont le verre est
+le plus blanc, car elles sont assez sujettes à se ternir au bout de
+quelques années. Il faut avoir la précaution de les laver de temps à
+autre; et, lorsqu'elles ne servent plus, on les met l'une dans
+l'autre, en ayant soin de les séparer avec un peu de paille pour
+éviter la casse.</p>
+
+<a id="img009" name="img009"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img009.jpg" width="500" height="216" alt="" title="">
+<p>Fig. 9.&mdash;Châssis.</p>
+</div>
+
+<p>2. <i>Châssis.</i>&mdash;Les châssis ont pour objet d'activer la germination
+de certaines graines, d'augmenter la chaleur des couches, de
+permettre la culture des plantes potagères qui ne réussissent pas à
+l'air libre, et de garantir contre les injures de l'air les plantes
+délicates. Ils se composent de deux parties: le coffre <i>a</i>, <i>a</i>
+(<i>fig. <a href="#img009">9</a></i>), et les panneaux <i>c</i>. Chaque coffre a ordinairement 4
+mètres de longueur et 1<sup>m</sup>,33 de largeur; il est formé de quatre
+planches clouées sur quatre pieds placés intérieurement aux quatre
+coins. Le derrière du coffre doit toujours être plus élevé que le
+devant, afin que les panneaux soient inclinés au midi. On
+maintiendra l'écartement par deux barres <i>b</i>, <i>b</i>, assemblées à
+queue d'aronde par le haut et par le bas, et qui servent de support
+aux panneaux. Les panneaux vitrés doivent être en bois de chêne,
+d'une bonne épaisseur. Ils se composent d'un cadre de 1<sup>m</sup>,33 de
+largeur et d'une longueur arbitraire, divisé par trois petites
+barres de même épaisseur, que l'on peut remplacer <span class="pagenum"><a id="page80" name="page80"></a>(p. 80)</span>
+avantageusement par des montants en fer, fixés sur les traverses du
+haut en bas. On place une poignée à chaque bout, afin de pouvoir les
+enlever, et, avant de les vitrer, on les peint à l'huile, opération
+qu'il est bon de refaire chaque année à l'automne.</p>
+
+<p><i>Paillassons.</i>&mdash;Les paillassons servent à couvrir les couches, les
+cloches, les châssis, les serres, etc.</p>
+
+<p>Avec le métier à paillassons des jardiniers, on peut facilement
+faire ses paillassons soi-même. Ce métier se compose d'un cadre de
+bois de 2 mètres de longueur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur, portant à ses
+deux extrémités autant de chevilles sans tête qu'on y veut tendre de
+ficelles, ce qui dépend de la longueur que l'on donne au paillasson.
+On est dans l'habitude de ne faire que trois rangs; cependant il
+vaudrait mieux en faire quatre, pour plus de solidité. On attache
+les ficelles aux chevilles du bas par une boucle fixe, et en haut
+par un n&oelig;ud coulant, ce qui permet de les tendre autant qu'il est
+nécessaire. Une fois chaque ficelle tendue, on lui laisse le double
+de la longueur du cadre; cet excédant de longueur sert à coudre le
+paillasson, après quoi on pose en travers, et aussi également que
+possible, deux couches de paille de seigle, que l'on étend
+tête-bêche; et, après avoir roulé la ficelle du rang du milieu sur
+une espèce de navette faite avec un morceau de bois de 0<sup>m</sup>,08 de
+longueur et évidé sur les côtés, on prend une pincée de paille, et
+l'on passe la navette de droite à gauche par-dessous la paille et
+par-dessus la ficelle, puis on revient en dessus l'engager dans
+l'anse formée par la ficelle, et l'on serre en tirant droit devant
+soi, en ayant soin de presser la paille entre le pouce et l'index de
+la main gauche, afin d'avoir une maille plate et non ronde; puis on
+continue avec la même navette dans toute la longueur du paillasson,
+et, lorsqu'on est arrivé au bout, on arrête la ficelle par un
+n&oelig;ud. On passe ensuite <span class="pagenum"><a id="page81" name="page81"></a>(p. 81)</span> aux autres rangs, que l'on coud
+de la même manière, en se guidant pour les mailles du bord sur
+celles du milieu; et, une fois le paillasson terminé, on coupe les
+épis qui débordent de chaque côté.</p>
+
+<p>Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de
+1<sup>m</sup>,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce
+qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0<sup>m</sup>,50, ce qui fait
+qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue.</p>
+
+<p>3. <i>Orangerie.</i>&mdash;L'orangerie, ou serre froide, est destinée à
+garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un
+faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et
+construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses
+dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur,
+proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à
+contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne
+puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de
+fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au
+centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera
+construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs
+intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des
+froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il
+suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet
+effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter
+souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire.
+L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de
+celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des
+tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un
+tonneau pour se réchauffer un peu.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page82" name="page82"></a>(p. 82)</span> § I.&mdash;<i>De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur
+traitement en hiver.</i></h3>
+
+<p>La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la
+seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de
+les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer
+les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin
+que toutes jouissent autant que possible de la lumière.</p>
+
+<p>Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et
+beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans
+l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou
+entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes,
+qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut
+qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent
+leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros
+Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle,
+qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même
+peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin
+d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car
+alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en
+les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans
+l'orangerie les &OElig;illets cultivés en pots et les Giroflées grosse
+espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température
+le permet.</p>
+
+<p>On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit.
+Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit;
+puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les
+fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies
+extérieurement de paillassons.</p>
+
+<p>Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4
+degrés au-dessus de zéro, on <span class="pagenum"><a id="page83" name="page83"></a>(p. 83)</span> donnera de l'air, à moins que
+l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent.</p>
+
+<p>Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que
+lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la
+quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant
+pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de
+ranimer la végétation, ce qui les épuiserait.</p>
+
+<h3>§ II.&mdash;<i>De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement
+pendant l'été.</i></h3>
+
+<p>La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première
+quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus
+rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences
+atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air
+possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou
+pluvieux.</p>
+
+<p>Toutes les plantes seront placées (comme cela a presque toujours
+lieu) près de l'habitation, mais toujours à bonne exposition et à
+l'abri des vents; il faut surtout placer les Lauriers-roses à fleurs
+doubles et les Grenadiers à l'extrême sud, si l'on veut les voir
+fleurir chaque année. Aussitôt après leur sortie, on rencaissera
+toutes les plantes qui en auraient besoin, soit qu'elles demandent
+plus d'espace, soit que les caisses doivent être remplacées; mais on
+ne le fera qu'après les avoir déposées à leur place, afin d'éviter
+qu'elles ne soient ébranlées dans le trajet.</p>
+
+<p>En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses
+plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car,
+rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent
+beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent.
+Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être
+rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous
+les <span class="pagenum"><a id="page84" name="page84"></a>(p. 84)</span> cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser
+les Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif
+que le développement des branches et des rameaux est toujours en
+rapport avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent
+beaucoup plus vigoureusement que les Orangers, il faut donc les
+rencaisser plus souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage,
+il arrivait que les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela
+provînt d'une trop grande humidité, il faudrait leur donner un
+demi-rencaissage, ce qui consiste à couper bien net 0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,10
+de terre autour de la caisse et à la remplacer par de la terre neuve
+appropriée aux besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous
+indiquerons la terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage
+différant peu du rempotage, sauf l'exécution, qui doit être
+modifiée, nous renvoyons à cet article pour la connaissance des
+détails. Après l'opération, on couvre la surface de la terre d'un
+paillis de fumier consommé, et l'on donne un bon arrosement à chaque
+plante.</p>
+
+<p>L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver,
+être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon
+d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis
+à décomposer des substances animales ou végétales.</p>
+
+<p>Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en
+été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la
+température; puis on diminue progressivement à mesure que la
+température se rafraîchit.</p>
+
+<p>Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler
+les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et
+toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de
+l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et
+nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers
+sous <span class="pagenum"><a id="page85" name="page85"></a>(p. 85)</span> la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper
+l'extrémité de toutes les branches élancées, de manière à donner à
+chaque arbre une forme régulière; c'est aussi à cette époque que
+l'on peut diminuer la tête de ceux qui prendraient trop
+d'accroissement, ou qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être
+rajeunis, ce qui a lieu en rabattant toutes les branches plus ou
+moins près du tronc, suivant la force de l'arbre. Les Lauriers
+peuvent être soumis au même traitement lorsqu'ils s'élancent par
+trop; mais ils ne doivent pas être taillés annuellement, car alors
+on serait privé de fleurs. Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont
+défleuris, couper l'extrémité des branches qui portaient les fleurs,
+afin d'avoir des arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent
+être soumis à une tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt
+après qu'ils sont défleuris; les Grenadiers doivent aussi être
+tondus chaque année, afin de présenter une forme aussi gracieuse que
+possible; mais cette taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la
+rentrée.</p>
+
+<p>Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les
+plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les
+Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre.</p>
+
+<h3>§ III.&mdash;<i>Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes
+ci-après désignées.</i></h3>
+
+<p><span class="smcap">Orangers.</span>&mdash;Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de
+potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras.</p>
+
+<p><span class="smcap">Myrtes.</span>&mdash;Terre de bruyère pure.</p>
+
+<p><span class="smcap">Grenadiers</span> et <span class="smcap">Lauriers-roses.</span>&mdash;Bonne terre de potager mêlée de
+terreau gras.</p>
+
+<p>4. <i>Serre tempérée.</i>&mdash;Cette serre diffère de l'orangerie en ce
+qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la
+conservation des plantes que nous conseillons <span class="pagenum"><a id="page86" name="page86"></a>(p. 86)</span> d'y placer;
+elle sera attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une
+dans l'autre: elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à
+partir du sol intérieur, elle aura 2<sup>m</sup>,45 d'élévation par derrière;
+le devant aura 0<sup>m</sup>,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis
+qui la fermeront seront fixés dans le haut par des charnières, et
+s'ouvriront horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas
+sur un petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur
+les montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui
+doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1<sup>m</sup>,33
+l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la
+serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de
+longueur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche
+d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une
+traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre.
+Les panneaux du second rang n'auront que 1<sup>m</sup>,36 de longueur, et pour
+qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une
+semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des
+panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter
+d'environ 0<sup>m</sup>,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du
+bas, doit aller d'un chevron à l'autre.</p>
+
+<p>Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à
+l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on
+tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer.</p>
+
+<p>On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit
+pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin
+d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une
+main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on
+ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0<sup>m</sup>,75 de
+largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre
+<span class="pagenum"><a id="page87" name="page87"></a>(p. 87)</span> doit être de 0<sup>m</sup>,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un
+gradin de 1<sup>m</sup>,25 de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du
+gradin doit être calculée de manière que les plantes ne soient pas à
+plus de 0<sup>m</sup>,60 ou 0<sup>m</sup>,80 des vitres; on fera devant le gradin un
+chemin de 0<sup>m</sup>,50 de largeur, afin de pouvoir circuler tout autour,
+puis on établira une tablette contre le mur de derrière, et un autre
+chemin de 0<sup>m</sup>,50 de largeur sur le devant de la serre et sous
+laquelle circuleront les tuyaux du poêle, dont la bouche doit
+toujours être en dehors. On fera une ouverture dans le pignon de
+cette serre, et on la garnira d'une double porte, qui servira
+d'entrée pendant les gelées, ce qui évitera d'ouvrir celle de
+l'orangerie.</p>
+
+<h3>§ IV.&mdash;<i>De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur
+traitement en hiver.</i></h3>
+
+<p>La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre,
+mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous
+dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne
+restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne
+soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du
+mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre;
+l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin,
+dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que
+l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir
+lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface
+du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse.</p>
+
+<p>On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les
+Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer
+au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les
+tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le
+mur de derrière les plantes <span class="pagenum"><a id="page88" name="page88"></a>(p. 88)</span> grasses ou celles qui exigent
+peu de soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera
+réservée pour les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la
+partie la plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront
+placées sur les tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les
+distancer de manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant
+leur séjour dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de
+temps à autre, afin qu'elles présentent successivement toutes leurs
+parties à la lumière; car, sans cette précaution, elles
+s'inclineraient toutes du même côté et n'auraient plus alors qu'une
+forme disgracieuse. Depuis le placement des plantes dans la serre
+jusqu'au printemps, les arrosements doivent être modérés et avoir
+lieu seulement au fur et à mesure que les plantes en ont un
+véritable besoin. Ils se feront avec un petit arrosoir auquel on
+ajoutera un bec de prolongement pour atteindre les plantes
+éloignées, et l'eau que l'on emploiera aura dû être tenue pendant
+quelque temps à la température de la serre. Les autres soins
+consistent à entretenir la propreté et à renouveler l'air aussi
+souvent que possible, en évitant toutefois d'ouvrir les châssis par
+un temps couvert ou pluvieux, afin de ne pas introduire d'humidité
+dans la serre; puis, dès l'approche des froids, l'on bouchera
+hermétiquement toutes les ouvertures avec de la mousse, et quand le
+soir le temps sera clair, et que le thermomètre placé extérieurement
+ne marquera plus que 3 ou 4 degrés de chaleur, il faudra couvrir la
+serre avec des paillassons, car il est probable qu'il gèlera dans la
+nuit.</p>
+
+<p>En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre
+d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température,
+il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin
+toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins
+cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au
+reste, l'on peut <span class="pagenum"><a id="page89" name="page89"></a>(p. 89)</span> découvrir sans inconvénient toutes les
+fois que le thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de
+froid; seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons
+avant qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette
+époque il arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours
+refermer avant la disparition du soleil, afin de concentrer de la
+chaleur dans la serre, ce qui peut souvent épargner la peine de
+faire du feu la nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit
+en faisant un peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de
+réserve), on veillera à ce que la température de la serre ne
+descende pas au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se
+trouvait dans la nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle
+soit portée à plus de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de
+maintenir les plantes dans un état de repos dont il faudrait
+qu'elles ne sortissent que vers la fin de l'hiver. Comme presque
+toutes les plantes dont nous avons parlé sont sujettes à être
+attaquées des pucerons, il faut, aussi souvent que le besoin s'en
+fera sentir, avoir recours à une fumigation de tabac, ce qui doit se
+faire après avoir tout fermé<a id="footnotetag4" name="footnotetag4"></a><a href="#footnote4" title="Go to footnote 4"><span class="smaller">[4]</span></a>.</p>
+
+<p>Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la
+serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment
+l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur
+la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur
+les panneaux, afin d'éviter <span class="pagenum"><a id="page90" name="page90"></a>(p. 90)</span> que le feuillage des plantes ne
+soit brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être
+plus fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de
+seringuer les plantes de temps à autre, opération qui doit à cette
+époque avoir lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces
+arrosements, il faut les suspendre dès l'épanouissement des
+premières fleurs de Pélargonium, car ils en terniraient promptement
+l'éclat. Dans les premiers jours d'avril, on introduira
+progressivement, et selon la température, une plus grande quantité
+d'air dans la serre, afin de fortifier les plantes qui doivent
+bientôt être exposées à l'air libre. Si l'on veut avoir une
+brillante floraison de Pélargoniums, il faut les sortir de la serre
+aussitôt que la température le permettra, et les placer à une bonne
+exposition, en ayant soin de les disposer de manière que l'on puisse
+facilement les couvrir la nuit, s'il arrivait que la température
+l'exigeât; après quoi on les laisse ainsi jusqu'au moment où les
+premières fleurs commenceront à s'épanouir, et alors on les
+replacera dans la serre: de cette manière, on aura des plantes moins
+élancées, plus robustes, et des fleurs d'un coloris plus vif. S'il
+arrive que quelque circonstance empêche de sortir les Pélargoniums
+aussitôt que nous l'indiquons, il faudra, pour remédier autant que
+possible à ce contre-temps, donner de l'air par toutes les
+ouvertures de la serre.</p>
+
+<h3>§ V.&mdash;<i>De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur
+traitement en été.</i></h3>
+
+<p>Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un
+temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les
+Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après
+qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur
+floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en
+parlant des <span class="pagenum"><a id="page91" name="page91"></a>(p. 91)</span> plantes que l'on doit sortir. On les déposera
+pendant quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se
+fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui
+en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles
+qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la
+même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il
+faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les
+plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de
+jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à
+l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer
+cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les
+racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu
+ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la
+diminuer; il est certain alors que cette opération peut être
+inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les
+plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est
+préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour
+celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver,
+il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de
+septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire
+de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à
+parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une
+quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à
+supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles
+de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon
+leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à
+former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont
+nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera
+les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de
+<span class="pagenum"><a id="page92" name="page92"></a>(p. 92)</span> taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que
+possible; et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à
+claire-voie en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des
+gaulettes maintenus par des pieux; on continuera d'arroser à propos;
+on pourra même continuer les seringages, ce qui, pendant les
+journées chaudes de juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que
+vers la fin de la journée. Si, peu de temps après l'empotage, il
+survenait des pluies abondantes, il faudra momentanément coucher les
+pots de côté, pour éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir
+les racines. Bien que nous indiquions d'une manière générale les
+soins à donner aux plantes de serre tempérée, ils peuvent être
+appliqués à toutes les plantes cultivées en pots, à moins qu'on
+n'enfonce les plantes en pleine terre avec leur pot, ce qui
+cependant ne peut avoir lieu que pour les Verveines, les Pétunias,
+les Hortensias, les Pélargoniums et quelques variétés de
+Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles on peut former des
+groupes très-gracieux.</p>
+
+<p>Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du
+soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à
+temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la
+serre.</p>
+
+<h3>§ VI.&mdash;<i>Rempotage.</i></h3>
+
+<p>Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre
+favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce
+chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que
+possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu
+à l'ombre.</p>
+
+<p>On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec
+précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de
+manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la
+plante la tête en bas, et, en soutenant <span class="pagenum"><a id="page93" name="page93"></a>(p. 93)</span> le pot de la main
+droite on en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une
+fois la motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a
+souvent lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un
+tissu de racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant
+légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de
+vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite
+on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi
+préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la
+plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après
+l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et
+qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la
+vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après
+avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de
+faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un
+lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que
+la surface de la motte se trouve de 0<sup>m</sup>,04, à 0<sup>m</sup>,05 au-dessous des
+bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois
+du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au
+milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une
+spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on
+achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois
+avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre
+d'environ 0<sup>m</sup>,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir
+l'eau des arrosements.</p>
+
+<p>Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre
+tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils
+suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne
+s'écartent pas de la culture ordinaire.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page94" name="page94"></a>(p. 94)</span> § VII.&mdash;<i>Composition de la terre qu'il faut donner aux
+plantes ci-après désignées.</i></h3>
+
+<p><span class="smcap">Pélargoniums.</span>&mdash;Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre
+franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un
+peu de poudrette bien tamisée<a id="footnotetag5" name="footnotetag5"></a><a href="#footnote5" title="Go to footnote 5"><span class="smaller">[5]</span></a>.</p>
+
+<p><span class="smcap">Calcéolaires.</span>&mdash;Terre de bruyère, terre franche et terreau de
+feuilles.</p>
+
+<p><span class="smcap">Verveines.</span>&mdash;Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de
+potager.</p>
+
+<p><span class="smcap">Cinéraires.</span>&mdash;Terre de bruyère et terreau.</p>
+
+<p><span class="smcap">Camélias.</span>&mdash;Terre de bruyère pure.</p>
+
+<p><span class="smcap">Hortensias.</span>&mdash;Terre de bruyère pure.</p>
+
+<p><span class="smcap">Plantes grasses.</span>&mdash;Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien
+tamisée.</p>
+
+<p>5. <i>Serre chaude.</i>&mdash;Cette serre communique, ainsi que la serre
+tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement
+semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci
+pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions
+intérieures.</p>
+
+<p>Le chemin intérieur aura 0<sup>m</sup>,75 de largeur, et la couche 2<sup>m</sup>,25, y
+compris un petit mur d'appui de 0<sup>m</sup>,45 de hauteur pour la soutenir;
+et un autre sur le devant de la <span class="pagenum"><a id="page95" name="page95"></a>(p. 95)</span> serre, où circulent les
+tuyaux du poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette
+placée contre le mur de derrière est destinée à recevoir des
+Fraisiers en pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un
+<i>thermosiphon</i>, dont les tuyaux circuleront sous un plancher
+recouvert d'un lit de tannée assez épais pour que l'on puisse
+enterrer les pots, et la température intérieure pourra être produite
+par le même appareil à l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de
+la couche.</p>
+
+<p>La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous
+nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la
+température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril,
+on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le
+milieu de la journée.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour
+les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que
+les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les
+mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée.</p>
+
+<h2>CHAPITRE XI.<br>
+<span class="smaller">Jardin potager.</span></h2>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ail</span> (<i>Alium sativum</i>).&mdash;Il se multiplie de caïeux que l'on plante en
+planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement
+de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles
+qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait
+un n&oelig;ud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au
+profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles
+commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes,
+<span class="pagenum"><a id="page96" name="page96"></a>(p. 96)</span> on les laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent
+de mûrir; puis on les suspend dans un endroit sec pour les conserver
+jusqu'au printemps.</p>
+
+<p><i>Ail d'Espagne ou Rocambole.</i>&mdash;Cette espèce, moins répandue que la
+précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines,
+des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la
+culture est la même.</p>
+</div>
+
+<a id="img010" name="img010"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img010.jpg" width="500" height="169" alt="" title="">
+<p>Fig. 10.&mdash;Serre à Ananas.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ananas</span> (<i>Ananassa sativa</i>).&mdash;Pour élever les Ananas et les préparer
+à la fructification, il faut avoir des châssis de 1<sup>m</sup>,65 de longueur
+sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien
+exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les
+plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre.</p>
+
+<p>La première quinzaine d'octobre est l'époque la plus favorable pour
+la plantation des couronnes et des &oelig;illetons, et cela parce que
+les jeunes plantes ne demanderont pas plus de soins pour passer
+l'hiver en terre qu'il n'en faudrait pour conserver les vieux pieds,
+et au printemps on aura des plantes déjà fortes et tout enracinées.
+Vers la fin de septembre, on prépare une bonne couche d'environ
+0<sup>m</sup>,60 d'épaisseur, composée de moitié fumier neuf, moitié feuilles
+mêlées, ou, à défaut, d'une partie de fumier provenant d'anciennes
+couches. La hauteur de la couche aura dû être calculée de telle
+sorte, qu'après avoir été rechargée <span class="pagenum"><a id="page97" name="page97"></a>(p. 97)</span> de 0<sup>m</sup>,20 ou 0<sup>m</sup>,30 de
+tannée, ou, à défaut, de mousse, les plantes se trouvent être aussi
+près du verre que possible. Les &oelig;illetons destinés à la
+plantation doivent être pris de préférence dans l'aisselle des
+feuilles, où ils sont toujours plus forts. Après avoir enlevé ces
+&oelig;illetons, on ne conserve les vieux pieds que si l'on est à court
+de plants, et seulement jusqu'à ce qu'ils aient produit le nombre
+d'&oelig;illetons dont on a besoin. Avant de planter les &oelig;illetons,
+on dégarnit de feuilles la partie qui doit être en terre (environ
+0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06); puis on rafraîchit proprement la plaie, et on les
+plante immédiatement dans des pots de 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,12 de diamètre,
+suivant leur force. Ce que nous conseillons pour les &oelig;illetons
+est, en toutes circonstances, applicable aux couronnes. Nous dirons
+à ce sujet que l'on peut, si le besoin l'exige, conserver les
+couronnes pendant un mois au moins, en les plaçant à l'ombre dans un
+lieu sec. Pour la plantation, on emploiera de la terre de bruyère
+pure, ou, à défaut, une terre composée d'un cinquième de terre
+franche, moitié de terre de bruyère et un sixième de terreau, le
+tout préparé depuis six mois au moins, remué plusieurs fois et passé
+à la claie. Il faut que cette terre, au moment de l'empotage, ne
+soit pas humide, sans cependant être desséchée, bien qu'il vaille
+mieux toutefois l'employer sèche qu'humide. Aussitôt après la
+plantation, on enfonce les pots dans la couche, en commençant par le
+rang du haut et en choisissant toujours les plants les plus élevés,
+ce qu'il faut observer chaque fois qu'on les replace, en raison de
+la pente que l'on doit toujours donner aux châssis. Il faut avoir
+soin de les espacer suivant leur force. Pendant la nuit, on couvre
+les châssis avec des paillassons; pendant le jour, on atténue
+l'intensité des rayons solaires avec une toile ou du paillis, qu'on
+étend sur les châssis; enfin, pendant un mois, espace de temps
+nécessaire pour qu'ils prennent racine, on les soigne comme des
+boutures. <span class="pagenum"><a id="page98" name="page98"></a>(p. 98)</span> Quand ils commencent à végéter, on leur donne un
+peu d'air en soulevant les châssis au moment du soleil; puis on les
+arrose au pied, mais seulement au fur et à mesure du besoin. Vers le
+commencement de novembre, c'est-à-dire à l'époque des froids et des
+temps humides, on entoure le coffre d'un bon réchaud de fumier qui
+doit descendre à la même profondeur que la couche, et à partir de
+cette époque jusqu'au printemps, il doit être remué au moins tous
+les mois, en y ajoutant chaque fois une partie de fumier neuf. Quand
+les froids sont rigoureux, il faut doubler les paillassons pendant
+la nuit, étendre sur le tout une bonne couche de litière, et avoir
+soin d'entretenir les réchauds à hauteur de châssis: puis on
+découvre les panneaux tous les jours, à moins que le thermomètre ne
+descende au-dessous de 4 ou 5 degrés de froid.</p>
+
+<p>Au printemps, les arrosements doivent être plus fréquents et plus
+abondants, et l'on donne de plus en plus d'eau, à mesure que le
+soleil prend de la force. Dans les premiers jours de mai on fait une
+couche qui doit être beaucoup plus longue que celle d'automne, en
+raison du développement qu'ont pris les plantes; mais, la
+température étant plus douce, il n'est pas nécessaire qu'elle soit
+aussi chaude qu'à l'automne. Il en est de même des réchauds, que
+l'on ne fait pas aussi profonds et que l'on ne remanie que de loin
+en loin. Cette fois, on remplace la tannée par une couche de terre
+de 32 centimètres d'épaisseur, semblable à celle qu'on emploie pour
+l'empotage des &oelig;illetons; puis on dépote les Ananas, on visite
+les racines, et s'il s'en trouve quelques-unes qui soient pourries,
+on les supprime; dans le cas contraire, on les ménage toutes;
+seulement on retranche à chaque pied quelques feuilles du bas; après
+quoi on les plante sur la couche, en ayant soin de les enfoncer de
+manière que l'ancienne motte se trouve recouverte de quelques
+centimètres <span class="pagenum"><a id="page99" name="page99"></a>(p. 99)</span> de terre, afin de favoriser l'émission de
+nouvelles racines, qui partent du collet. Quelque temps après la
+plantation, on commence à donner un peu d'air; puis on augmente
+progressivement, suivant la température; car, arrivé à ce point, il
+est préférable de ne pas habituer les Ananas à être ombragés; par ce
+moyen on aura des plantes beaucoup plus rustiques, mais on comprend
+qu'il faut alors leur donner plus d'air. Pendant les chaleurs on
+peut, sans inconvénient, les arroser avec l'arrosoir à pomme,
+surtout si l'on a planté sur une bonne couche, car l'humidité ne
+leur est réellement préjudiciable qu'en hiver. Ainsi traités, les
+Ananas auront pris à l'automne un développement qu'on trouverait à
+peine chez ceux cultivés constamment en pots depuis deux ans. Vers
+la fin de septembre ou dans le commencement d'octobre, on relève les
+Ananas de pleine terre; on supprime alors tous les &oelig;illetons,
+puis quelques feuilles du bas; et comme l'Ananas est au nombre des
+plantes dont les racines périssent chaque année et sont remplacées
+par de nouvelles, on supprime toutes les anciennes en les coupant
+près de la plante; après quoi on lie les Ananas avec un lien de
+paille, de manière à les rempoter plus facilement, ce qui doit avoir
+lieu dans des pots de 0<sup>m</sup>,24 de diamètre seulement. Cette opération
+s'appelle planter à <i>cul nu</i>. Après l'empotage on les place sur une
+nouvelle couche, et jusqu'à ce qu'ils aient de nouvelles racines on
+leur donne les mêmes soins qu'aux &oelig;illetons du premier âge. Vers
+le mois de janvier on les place dans une serre où l'on a préparé une
+couche d'environ 6<sup>m</sup>,65 d'épaisseur et de toute la largeur de
+l'encaissement, qui ne doit pas avoir moins de 2 mètres. Cette
+couche doit être chargée d'un bon lit de tannée ou de mousse, de
+manière à pouvoir facilement y enterrer les pots, que l'on place à
+environ 0<sup>m</sup>,50 les uns des autres en tous sens; enfin, suivant la
+force des plants, <span class="pagenum"><a id="page100" name="page100"></a>(p. 100)</span> on les laisse ainsi jusqu'à ce qu'ils
+marquent fruit, c'est-à-dire depuis avril jusqu'en juillet, et alors
+on les plante en pleine terre sur la même couche, après l'avoir
+remaniée et avoir remplacé la tannée par un lit de terre. Pendant
+tout le temps que les Ananas restent dans la serre, on peut avec
+avantage remplacer la couche dont nous avons parlé par un chauffage
+au thermosiphon; dans ce cas on place la tannée, et par suite la
+terre, sur un plancher sous lequel circulent les tuyaux de
+l'appareil. On règle le chauffage de manière à entretenir à peu près
+25 à 30 degrés dans la couche, chaleur bien suffisante pour les
+besoins de ces plantes.</p>
+
+<p>Au printemps, on commence à moins chauffer, pour cesser complétement
+en mai, car, à partir de cette époque jusqu'en septembre, la chaleur
+du soleil suffit. La serre dans laquelle on place les Ananas est
+ordinairement divisée en deux par une cloison vitrée, de manière à
+faire deux saisons. Les plus fortes plantes doivent être placées
+dans le premier compartiment, et l'on commence ordinairement à les
+chauffer vers la fin de janvier. À partir de cette époque, la
+température de la serre doit être entretenue à une chaleur constante
+de 25 à 30 degrés; pendant la nuit, jusque vers la fin d'avril, on
+couvre la serre avec des paillassons, qu'il faut enlever tous les
+jours. Pour les arrosements qui ont lieu au pied des plantes, on
+emploie avec avantage de l'eau dans laquelle on aura fait décomposer
+des substances animales ou végétales. Pendant l'hiver il faut
+subordonner les arrosements à la chaleur de la couche et avoir soin
+que l'eau soit à la température de la serre; mais, en été, ils
+doivent être abondants, et même de temps à autre on donne des
+bassinages. Comme nous l'avons précédemment indiqué, il est
+nécessaire de donner beaucoup d'air, afin de ne point ombrer. Les
+fruits de la première saison mûrissent ordinairement de juillet en
+septembre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page101" name="page101"></a>(p. 101)</span> On a soin de ne pas élever à plus de 12 degrés la
+température du côté de la serre où se trouvent placées les plantes
+destinées à faire la seconde saison; mais au mois de mars, époque où
+l'on commence habituellement à les chauffer, on observera tout ce
+qui a été indiqué pour la première.</p>
+
+<p>Les fruits de la seconde saison mûrissent ordinairement de septembre
+en décembre. On voit qu'en traitant les Ananas comme nous venons de
+l'indiquer, on obtient des fruits bons à récolter vingt ou vingt-six
+mois après la plantation des &oelig;illetons, ce qui démontre d'une
+manière concluante la supériorité de ce mode de culture sur celui
+que l'on pratiquait autrefois.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De la Martinique, &mdash; de Cayenne, &mdash; de la Jamaïque, &mdash;
+ de la Providence, &mdash; de Mont-Serrat, &mdash; Duchesse-d'Orléans, &mdash;
+ Comte-de-Paris, &mdash; Enville, &mdash; Poli blanc, &mdash;
+ Charlotte-Rothschild.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Arroche des jardins.</span> <i>Belle-Dame</i>, <i>Bonne-Dame</i> (<i>Atriplex
+horensis</i>).&mdash;Cette plante n'est guère cultivée que pour adoucir
+l'acidité de l'Oseille.</p>
+
+<p>On la sème au printemps, et elle n'exige aucun soin; elle se ressème
+ordinairement d'elle-même; et, quand on en possède quelques pieds,
+il est rare qu'il soit nécessaire d'en semer.</p>
+
+<p>Les graines d'Arroche ne se conservent bonnes que pendant une année.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Arroche blonde, &mdash; Arroche rouge.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Artichaut</span> (<i>Cynara Scolymus</i>).&mdash;Pour cultiver les Artichauts avec
+succès, il faut une terre douce et substantielle; ils aiment la
+chaleur, et craignent l'humidité froide. On peut les multiplier de
+graines semées sur une couche en février et mars, ou bien
+immédiatement on place en <span class="pagenum"><a id="page102" name="page102"></a>(p. 102)</span> avril et mai; mais, comme ils
+reproduisent rarement leurs variétés, il est préférable de les
+propager par &oelig;illetons. Cette opération a lieu de la manière
+suivante: En avril, on éclate les rejetons qui naissent au collet
+des vieux pieds, en ayant soin de les enlever avec le talon ou
+portion du collet de la racine; puis on choisit les plus forts, on
+raccourcit l'extrémité des feuilles, et, après avoir bien préparé le
+terrain, on les plante en échiquier, à environ 0<sup>m</sup>,75 dans les
+terres un peu maigres, et à 1 mètre dans celles où l'on espère une
+végétation vigoureuse. S'ils sont binés et arrosés, une bonne partie
+de ces &oelig;illetons donneront fruit à l'automne, et tous
+fructifieront abondamment au printemps suivant. Chaque année, à
+l'automne, il faut avoir soin de couper les vieilles tiges et
+l'extrémité des feuilles les plus longues; puis, dans le courant de
+novembre, en un mot, avant les gelées, il faut les butter, opération
+qui consiste à relever la terre autour de chaque pied; et quand la
+gelée commence à se faire sentir, on les couvre complétement avec
+des feuilles ou de la litière, qu'on écarte toutes les fois que le
+temps se radoucit. Dans le courant de mars, lorsque les gelées ne
+sont plus à craindre, on détruit les buttes des Artichauts, et on
+leur donne un bon labour; puis, en avril, on les &oelig;illetonne,
+comme nous l'avons indiqué précédemment, de manière à ne laisser que
+les deux ou trois plus beaux &oelig;illetons sur chaque pied. Une
+plantation d'Artichauts ne produit abondamment que pendant quatre
+ans; il faut donc replanter tous les trois ans, afin de ne pas
+éprouver d'interruption dans les récoltes. Comme les racines des
+Artichauts ne prennent pas un grand développement, elles n'épuisent
+en rien le terrain environnant, et l'on peut sans inconvénient
+contre-planter d'avance de jeunes Artichauts entre ceux que l'on
+doit détruire, de manière que le terrain se trouve, au moment
+d'arracher les vieux Artichauts, garni de jeunes pieds en plein
+rapport.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page103" name="page103"></a>(p. 103)</span> On peut facilement avancer l'époque de production des
+Artichauts. Soit qu'on les force sur place, soit qu'on les relève en
+mottes, dans le courant de novembre, pour les planter dans un
+coffre, les soins consistent à entourer le coffre d'un réchaud de
+fumier pendant les gelées, à couvrir les panneaux pendant la nuit et
+à donner de l'air pendant le jour. Les Artichauts ainsi traités
+produisent en avril. On peut aussi, ce qui est beaucoup plus simple,
+forcer les Artichauts de la manière suivante:</p>
+
+<p>Dans la première quinzaine de février, on enlève la terre des
+sentiers qui entourent la planche à environ 0<sup>m</sup>,50 de profondeur, et
+on la remplace par un réchaud de fumier neuf; après quoi on met des
+cerceaux de loin en loin en travers de la planche, de manière à
+servir de support aux paillassons qu'on emploie pour couvrir les
+Artichauts pendant la nuit et par le mauvais temps; puis on couvre
+le sol avec du fumier chaud, afin d'activer la végétation, on
+remanie les réchauds tous les dix ou quinze jours, en ajoutant
+chaque fois plus ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la
+température.</p>
+
+<p>Les graines d'Artichaut se conservent bonnes pendant cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Vert de Provence, &mdash; vert de Laon, &mdash; Camus de
+ Bretagne, &mdash; violet.</p>
+</div>
+
+<div>
+<p><span class="smcap">Asperge</span> (<i>Asparagus officinalis</i>).&mdash;On en cultive deux variétés: la
+<i>commune</i> ou <i>Asperge verte</i>, et celle connue sous le nom de <i>grosse
+Asperge violette</i> ou <i>de Hollande</i>. Celles de Marchiennes, d'Ulm, de
+Besançon et de Vendôme ne sont que des variétés de la dernière,
+résultant d'influences locales.</p>
+
+<p>Les Asperges se multiplient de graines, qu'on sème en mars, soit en
+place, soit en pépinière, en pleine terre ou sur couche, pour être
+plantées ensuite.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page104" name="page104"></a>(p. 104)</span> Les méthodes de plantation varient suivant les pays; celle
+que nous exposons ayant produit d'excellents résultats dans toutes
+les localités où elle a été mise en pratique, nous croyons devoir
+lui donner la préférence.</p>
+
+<p>Après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on enlève en
+automne 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 de terre sur toute la surface du terrain
+destiné à la plantation. Si, à cette profondeur, la terre ne se
+trouve pas être de bonne qualité, on enlève un fer de bêche en plus,
+que l'on remplace par égale quantité de bonne terre prise à la
+surface du sol ou dans toute autre partie du jardin. On pourrait
+même y mélanger de vieux gazons consommés ou des débris de vieilles
+couches, si le fonds était trop humide ou de nature trop compacte et
+capable de retenir l'eau; mais, dans un cas comme dans l'autre, on
+étend au fond de la tranchée un bon lit de fumier de vache ou tout
+autre bon engrais; car, pour que les Asperges réussissent bien, il
+leur faut un sol non-seulement léger et sablonneux, mais encore bien
+amendé; puis, par-dessus le tout, on rapporte un lit de bonne terre,
+dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que les griffes
+d'Asperges soient plantées à 0<sup>m</sup>,15 de profondeur, au lieu de 0<sup>m</sup>,35
+que l'on indiquait autrefois par suite d'une erreur que l'expérience
+a démontré la nécessité de modifier.</p>
+
+<p>Dans le courant de mars on donne un bon labour, on passe le râteau
+sur le tout, afin d'enlever les mottes et les pierres; on divise le
+terrain par planches de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, entre chacune desquelles
+on laisse un sentier d'environ 0<sup>m</sup>,50; après quoi on trace quatre
+rangs qui doivent être distancés également entre eux et de manière
+que les deux rangs extérieurs soient à 0<sup>m</sup>,16 des bords de la
+planche. On prend ensuite des plants d'un ou de deux ans de semis,
+arrachés à la fourche avec précaution, afin que les racines ne
+soient pas brisées; on place les griffes <span class="pagenum"><a id="page105" name="page105"></a>(p. 105)</span> à environ 0<sup>m</sup>,40
+les unes des autres sur la ligne, et, après avoir bien étendu les
+racines, on les recouvre de terre bien meuble; il faudrait même la
+passer à la claie, si elle était mêlée de pierres de mottes ou de
+terre mal brisées.</p>
+
+<p>Une fois les planches également recouvertes, on étend sur chacune un
+bon paillis de fumier à moitié consommé.</p>
+
+<p>Chaque année, à l'automne, on coupera de vieilles tiges, on donnera
+un léger binage, puis on étendra sur le tout un bon paillis de
+fumier à moitié consommé. En procédant ainsi, les Asperges seront en
+plein rapport à la troisième pousse; on coupera les plus grosses à
+l'aide du couteau à asperge. Ce qui, arrivé à ce point, peut avoir
+lieu sans nuire en rien à la récolte de l'année suivante.</p>
+
+<p>On peut aussi faire le semis en place, après avoir préparé les
+planches comme nous l'indiquons plus haut. On sème en lignes en
+février ou mars; et, quand le plant est assez fort, on n'éclaircit
+en ne laissant que les plus beaux pieds et à une distance égale à
+celle que nous avons indiquée; après quoi les autres soins à leur
+donner sont les mêmes que pour les Asperges plantées.</p>
+
+<p>Nous ajouterons encore un autre procédé, communiqué au Cercle
+général d'horticulture par M. Lenormand, qui le pratique avec succès
+depuis un grand nombre d'années. Nous laisserons cet habile
+horticulteur indiquer lui-même la manière dont il établit ses
+plantations d'Asperges:</p>
+
+<p>«Au mois d'avril 1834, je fis des tranchées de 1<sup>m</sup>,30 de largeur sur
+0<sup>m</sup>,33 de profondeur, dans lesquelles je fis des couches, qui,
+foulées et mouillées, avaient de 0<sup>m</sup>,38 à 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur; après
+les avoir recouvertes de terre bien nivelée, je plaçai les coffres
+destinés à recevoir les châssis, et dans chaque châssis je plantai
+douze griffes d'Asperges d'<i>un an de semis</i>. Après la plantation, je
+tapissai la terre d'un bon paillis et je plantai deux pieds de
+Melons <span class="pagenum"><a id="page106" name="page106"></a>(p. 106)</span> qui sont parfaitement venus sans nuire aux
+Asperges. Lorsque les pieds de Melons ont été aux trois quarts de
+leur force, j'ajoutai quatre Choux-fleurs par châssis, et après la
+récolte des Melons, au mois de septembre, je semai des Mâches pour
+l'hiver; le tout a complétement réussi.</p>
+
+<p>«Au mois de février suivant, la couche ayant tassé, je rechaussai
+mes griffes avec la terre des sentiers, puis je plantai sur le tout
+des Laitues et des Romaines, avec deux rangs de Choux-fleurs par
+planche, ce qui a fait disparaître toute trace de couche. Le tout a
+poussé avec une rapidité et une force étonnantes, puisque j'ai eu
+des Asperges de 0<sup>m</sup>,07 de circonférence. En bonifiant ainsi la
+terre, on peut obtenir deux récoltes par an, indépendamment des
+Asperges que l'on peut forcer dès la seconde année, et continuer
+ainsi en leur laissant une année de repos sur trois. Ce plant,
+établi en 1834, existe encore aujourd'hui, ce qui prouve que l'on ne
+fait rien perdre aux griffes de leur vigueur, quoique les mettant en
+rapport trois ans plus tôt qu'on ne pouvait le faire par l'ancien
+procédé.»</p>
+
+<p>Les cultivateurs d'Argenteuil, dont les produits maraîchers
+jouissent d'une réputation justement méritée, cultivent les Asperges
+en lignes, le plus souvent entre la vigne, dont il existe de grandes
+étendues dans cette localité. Plantées peu profondément à 1 mètre
+les unes des autres en tous sens, les Asperges d'Argenteuil sont
+régulièrement fumées tous les deux ans. On les bine aussi souvent
+qu'il est nécessaire de le faire; on les déchausse chaque année,
+dans le courant de novembre, ce qui consiste à enlever quelques
+centimètres de la surface du sol; puis on les butte en février ou
+mars.</p>
+
+<p>Pratiquée avec intelligence, cette culture donne des résultats
+tellement remarquables, qu'elle peut être <span class="pagenum"><a id="page107" name="page107"></a>(p. 107)</span> adoptée avec
+confiance par toutes les personnes qui tiennent à récolter de
+très-grosses Asperges.</p>
+
+<p>Si l'on veut avoir des Asperges précoces, on peut commencer à en
+forcer une planche dans les premiers jours de novembre, et l'on peut
+continuer successivement jusqu'en février, ce qui se fait de la
+manière suivante: après avoir placé les coffres sur les planches que
+l'on veut forcer, on étend un lit de terreau sur les Asperges, puis
+on enlève la terre des sentiers à 0<sup>m</sup>,50 de profondeur, et on la
+dépose sur les planches de manière à les recharger de 0<sup>m</sup>,33
+environ, et cela afin d'avoir des Asperges beaucoup plus longues;
+puis on remplace la terre des sentiers par un réchaud de fumier neuf
+qui doit être élevé jusqu'à la hauteur des panneaux avec lesquels on
+couvre les coffres; mais, avant de placer les panneaux, on étend un
+lit de fumier sur les planches, afin d'activer la végétation; on
+aura soin toutefois d'enlever ce fumier aussitôt que les Asperges
+commencent à sortir de terre. Quel que soit l'état de la
+température, on ne donne pas d'air à ces Asperges. Pendant la nuit
+et par le mauvais temps, on couvre les panneaux avec de bons
+paillassons, afin de concentrer la chaleur. On remanie les réchauds
+tous les dix ou quinze jours environ, en ajoutant chaque fois plus
+ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la température, enfin de
+manière à obtenir sous les panneaux une chaleur qui ne doit pas être
+moindre de 15 degrés, et qu'il est inutile d'élever à plus de 25.
+Ces Asperges sont ordinairement bonnes à couper vingt ou vingt-cinq
+jours (suivant l'état de la température) après qu'on aura commencé à
+les forcer.</p>
+
+<p>Les vieilles griffes ou celles qu'on se propose de détruire peuvent
+être plantées sur couche, où elles produiront, une fois seulement,
+des Asperges minces et vertes propres à être mangées en petits pois.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page108" name="page108"></a>(p. 108)</span> Pour cela, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,80
+d'épaisseur, dont la chaleur soit de 20 à 25 degrés; on pose des
+coffres, on charge la couche de quelques centimètres de terreau,
+puis on remplit les sentiers, mais à moitié seulement. Lorsque la
+couche a jeté son premier feu, on prend les griffes d'Asperges, et,
+sans rien retrancher de la longueur des racines, on les place sur la
+couche les unes à côté des autres; on les laisse en cet état pendant
+quelques jours, après quoi on coule un peu de terreau entre les
+griffes, de manière à les recouvrir légèrement, puis on achève de
+remplir les sentiers, et on les remanie au besoin. Pendant la nuit,
+on couvre les panneaux avec des paillassons, et dès que les Asperges
+commencent à pousser, il faut leur donner de l'air pendant le jour,
+à moins que la température ne soit par trop défavorable. Au bout de
+douze ou quinze jours, les Asperges commencent à produire, et l'on
+coupe pendant tout le temps qu'elles donnent, c'est-à-dire pendant
+trois mois environ.</p>
+
+<p>Les graines d'Asperges mûrissent vers la fin d'octobre, et sont
+bonnes pendant quatre ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Aubergine</span> ou <span class="smcap">Mélongène</span> (<i>Solanum Melongena</i>).&mdash;Sous le climat de
+Paris, on sème l'Aubergine vers la fin de décembre ou au
+commencement de janvier, sur une couche dont la chaleur soit de 20 à
+25 degrés. Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des
+paillassons; quinze jours ou trois semaines après les semis, on
+repique le plant en pépinière, mais sur une couche moins chaude que
+la première; au bout de quelque temps, on le relève, pour le
+repiquer une seconde fois avant de le mettre en place. Lorsque le
+plant est repris et que l'état de la température le permet, on
+commence à donner un peu d'air.</p>
+
+<p>Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la
+longueur doit être proportionnée à la quantité <span class="pagenum"><a id="page109" name="page109"></a>(p. 109)</span> de plants
+qu'on veut cultiver; on place les coffres, on charge la couche de
+terreau, et lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20
+degrés), on plante quatre Aubergines sous chaque panneau de 1<sup>m</sup>,33;
+on les prive d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la
+reprise des plantes; après quoi, on commence à donner un peu d'air,
+soit par le haut, soit par le bas des panneaux; puis on augmente
+progressivement à mesure qu'on avance en saison, de manière à
+enlever les panneaux et les coffres dans le courant de mai. Les
+autres soins consistent à arroser au besoin, il nettoyer les
+feuilles qui sont attaquées par les kermès.</p>
+
+<p>Les graines d'Aubergine sont bonnes pendant sept ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Violette, &mdash; blanche, &mdash; panachée, &mdash; géante.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Baselle</span> (<i>Basella</i>).&mdash;Plante grimpante, dont les feuilles remplacent
+les Épinards. On sème en mars sur couche, et lorsqu'on n'a plus de
+gelées à craindre, on repique en pleine terre, au pied d'un mur, à
+bonne exposition.</p>
+
+<p>La durée de la germination des graines de Baselle est de trois ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Baselle rouge, &mdash; Baselle blanche.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Basilic commun</span> (<i>Ocimum Basilicum</i>).&mdash;Plante annuelle, que l'on
+emploie, ainsi que ses variétés, comme assaisonnement. Toutes se
+sèment en mars, sur couche, pour être replantées en mai à une
+exposition ombragée.</p>
+
+<p>Les graines de Basilic se conservent pendant six ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Betterave</span> (<i>Beta vulgaris</i>).&mdash;On la sème à la fin d'avril ou au
+commencement de mai, en lignes ou à la volée, en terre profondément
+labourée et fumée de l'année précédente; puis, lorsque les plants
+ont cinq ou six feuilles, on les éclairait de manière qu'ils se
+trouvent à environ <span class="pagenum"><a id="page110" name="page110"></a>(p. 110)</span> 0<sup>m</sup>,35 les uns des autres, et l'on en
+repique dans les places où il en manque, opération qu'il ne faut
+faire que par un temps pluvieux. Dans le courant de l'été, on leur
+donne plusieurs binages, et vers la fin d'octobre ou au commencement
+de novembre, on fait la récolte des racines, après en avoir coupé
+les feuilles. On les met dans la serre à légumes ou dans une cave
+bien saine; on peut en conserver ainsi jusqu'en mai.</p>
+
+<p>Les graines de Betterave mûrissent en septembre et se conservent
+bonnes pendant cinq ou six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Rouge, &mdash; rouge de Castelnaudary, &mdash; rouge foncé de
+ Whyte, &mdash; Turnep, &mdash; jaune, &mdash; jaune de Castelnaudary.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Bourrache</span> (<i>Borrago officinalis</i>).&mdash;Plante dont on emploie les
+fleurs pour orner les salades; elle vient dans tous les terrains, et
+se sème en place au printemps et à l'automne.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Bourrache est de trois ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Capucine grande</span> (<i>Tropæolum majus</i>).&mdash;On la sème en avril, au
+pied d'un mur, à bonne exposition. On peut aussi la semer isolée,
+mais alors il faut la ramer. On emploie les fleurs pour parer les
+salades; les graines cueillies encore vertes se confisent au
+vinaigre et remplacent les câpres.</p>
+
+<p>La durée des graines de Capucine est de cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cardon</span> (<i>Cynara Cardunculus</i>).&mdash;Il faut aux Cardons une terre douce
+et profonde, ainsi que de fréquents arrosements en été. Ils se
+multiplient de graines semées en avril sur couche, ou mieux en mai,
+immédiatement en place. On fait des trous à 1 mètre l'un de l'autre,
+on les remplit de terreau, puis on sème deux ou trois graines
+<span class="pagenum"><a id="page111" name="page111"></a>(p. 111)</span> dans chacun, et lorsqu'elles sont bien levées, on choisit
+le pied le plus vigoureux, en supprimant les autres. Dans le cas où
+l'on aurait à craindre les ravages des vers blancs ou des
+courtilières, il faudrait, à la même époque, en semer en pots, afin
+de pouvoir regarnir les places vides. Vers le mois de septembre,
+lorsqu'ils sont assez forts pour être blanchis, on les empaille en
+fixant au collet de la plante un lien fait avec de la litière, puis
+on l'enroule de bas en haut, de manière à ne laisser voir que
+l'extrémité des feuilles. Au bout de quinze jours ou trois semaines,
+les côtes sont blanches, et doivent être consommées sur-le-champ,
+sans quoi elles pourriraient; il ne faut donc les empailler que
+successivement.</p>
+
+<p>Avant les fortes gelées, on arrache les Cardons en mottes pour les
+replanter l'un près de l'autre dans la serre à légumes, où ils
+blanchiront sans couverture; mais il faut les visiter souvent et
+enlever toutes les feuilles pourries. On peut par ce moyen les
+conserver jusqu'en mars.</p>
+
+<p>Les graines de Cardon mûrissent dans la première quinzaine de
+septembre, et sont bonnes pendant sept ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Cardon de Tours, &mdash; d'Espagne, &mdash; Puvis, &mdash; plein
+ inerme, &mdash; à côtés rouges.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Carotte</span> (<i>Daucus carota</i>).&mdash;Les premiers semis ont lieu sur une
+couche, en décembre. On prépare une couche de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40
+d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés; on place les
+coffres, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,15 de terreau, et, à moins de
+froid rigoureux, on ne remplit les sentiers qu'à moitié. Lorsque la
+chaleur de la couche est favorable, on sème la variété connue sous
+le nom de <i>Carotte courte hâtive</i> ou <i>de Hollande</i>.</p>
+
+<p>On peut repiquer parmi les Carottes quelques Laitues petite noire,
+ou semer un peu de Radis roses. Pendant la nuit, on couvre les
+panneaux avec des paillassons; lorsque <span class="pagenum"><a id="page112" name="page112"></a>(p. 112)</span> le semis est en
+bonne voie, on remanie les réchauds, que l'on fait alors de toute la
+hauteur des coffres. Ces Carottes sont ordinairement bonnes à
+récolter dans le courant d'avril. Si, dans la seconde quinzaine de
+mars, le temps est doux et qu'on ait besoin des panneaux qui
+couvrent les Carottes, on peut les enlever, ainsi que les coffres;
+mais alors on récolte plus tard.</p>
+
+<p>En pleine terre, les premiers semis peuvent se faire dès le mois de
+février, et être continués jusqu'en juillet, ce qui toutefois ne
+peut avoir lieu que pour la Carotte courte hâtive; car, pour les
+autres variétés, il ne faut pas dépasser le mois d'avril, afin
+qu'elles puissent atteindre tout leur développement avant l'hiver.</p>
+
+<p>Quelle que soit l'époque du semis, le terrain doit être bien
+préparé, après quoi on sème à la volée. On herse légèrement à la
+fourche, on foule le terrain, puis on étend une couche de terreau
+sur chaque planche. On passe légèrement le râteau sur le tout, et
+l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Lorsque les
+Carottes sont levées, on éclaircit le plant, qui est presque
+toujours dru si le semis a réussi.</p>
+
+<p>En novembre, on coupe le collet de chaque Carotte; on les met en
+jauge, puis on les couvre de grand fumier pendant les gelées, ou
+bien on les dépose dans la serre à légumes, afin d'en avoir pendant
+l'hiver. Dans les terres légères et saines, on peut se dispenser de
+les arracher; il suffit de couvrir les plants de Carottes pendant
+les gelées.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Carotte en août; leur durée germinative
+est de quatre ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Rouge-courte de Hollande, &mdash; demi-longue, &mdash; longue,
+ &mdash; d'Altringham, &mdash; jaune longue, &mdash; rouge pâle de Flandre, &mdash;
+ blanche, &mdash; violette d'Espagne.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Céleri cultivé.</span>&mdash;Variété à l'<i>Apium graveolens</i>.&mdash;On <span class="pagenum"><a id="page113" name="page113"></a>(p. 113)</span> le
+sème sur couche, mais à l'air libre, dès le mois de février; la
+graine doit être très-légèrement recouverte. En avril, on plante en
+pleine terre à environ 0<sup>m</sup>,33 de distance.</p>
+
+<p>D'avril en juin, on sème en pleine terré à une exposition ombragée,
+pour repiquer immédiatement en place. On favorise la germination des
+graines par de fréquents bassinages, et s'il arrivait que le plant
+fût trop dru, il faudrait l'éclaircir pour éviter qu'il ne
+s'étiolât. En juin et juillet, on repique le plant en place. On
+trace quatre rangs par planche de 0<sup>m</sup>,33 de largeur, puis on plante
+à 0<sup>m</sup>,33 de distance sur la ligne. Aussitôt après la plantation, on
+arrose pour faciliter la reprise, et l'on continue jusqu'à ce que le
+Céleri soit assez fort pour être blanchi, ce qui doit avoir lieu de
+la manière suivante: on ouvre une tranchée de 1 mètre de largeur,
+dont on jette la terre à droite et à gauche, après quoi on relève le
+Céleri en mottes pour le planter dans la tranchée; on en met huit
+par rang, puis on coule du terreau entre chaque rang, de manière
+qu'il se trouve complétement enterré, sauf l'extrémité des feuilles.
+Au bout d'une quinzaine de jours, il est ordinairement assez blanc
+pour être récolté; mais, comme il ne se conserve pas longtemps après
+ce terme, il ne faut en faire blanchir que successivement, de
+manière à prolonger la récolte aussi longtemps que possible. Pendant
+les gelées, on le couvre de litière, que l'on enlève toutes les fois
+que la température le permet. Avec des soins, on peut en conserver
+jusqu'à la fin de février.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Plein blanc, &mdash; Turc, &mdash; Cole's superb red, &mdash; Plein
+ rose, &mdash; violet, &mdash; à couper.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><i>Céleri-rave.</i>&mdash;Les semis peuvent avoir lieu en avril, en pleine
+terre, à une exposition ombragée; mais il vaut mieux semer en
+février sur couche, repiquer le plant sur <span class="pagenum"><a id="page114" name="page114"></a>(p. 114)</span> couche; après
+quoi on le met en pleine terre, après avoir retranché les grandes
+feuilles et toutes les racines latérales. On arrose abondamment
+pendant l'été; puis on retranche toutes les feuilles inutiles, en
+ayant soin de ménager celles du c&oelig;ur, opération qu'il faut
+recommencer aussi souvent qu'il est nécessaire, afin de favoriser le
+développement du tubercule. On arrache le Céleri-rave au
+commencement de l'hiver pour le mettre en jauge, et on le couvre
+pendant les gelées; ou bien on le rentre dans la serre à légumes
+après en avoir coupé les feuilles. Ainsi traité, on peut en
+conserver facilement jusqu'en mars.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cerfeuil</span> (<i>Scandix cerefolium</i>).&mdash;On le sème presque toute l'année:
+au printemps et à l'automne, au pied d'un mur et à une bonne
+exposition, et pendant les chaleurs, à celle du nord.</p>
+
+<p><i>Cerfeuil frisé.</i>&mdash;Cette variété n'exige rien de plus que le
+Cerfeuil ordinaire; elle sert aux mêmes usages, et a sur ce dernier
+l'avantage de ne pouvoir être confondue avec la <i>Ciguë</i>.</p>
+
+<p>Les graines du Cerfeuil mûrissent en juin, et se conservent pendant
+deux ans.</p>
+
+<p><i>Cerfeuil bulbeux</i> (<i>Chærophyllum bulbosum</i>).&mdash;Le Cerfeuil bulbeux
+est une plante alimentaire dont la racine ne dépasse pas les
+proportions d'une petite Carotte de Hollande. Elle est
+très-féculente et d'une saveur agréable.</p>
+
+<p>On sème le Cerfeuil bulbeux en septembre, c'est-à-dire aussitôt
+après la récolte des graines; autrement elles ne lèvent que la
+seconde année, à moins qu'on ne prenne la précaution de les
+conserver dans du sable jusqu'au moment de faire les semis, qui peut
+alors n'avoir lieu qu'au printemps.</p>
+
+<p>Après le semis, on recouvre la graine d'une bonne couche de terreau;
+cela fait, le cerfeuil bulbeux ne demande <span class="pagenum"><a id="page115" name="page115"></a>(p. 115)</span> plus aucun soin
+particulier autre que les sarclages et les arrosements que réclament
+tous les produits du potager.</p>
+
+<p>Quelle que soit l'époque des semis, le Cerfeuil bulbeux est bon à
+récolter en juillet.</p>
+
+<p>On récolte la graine de Cerfeuil bulbeux en juillet. Elle n'est
+bonne que pendant un an.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Champignon comestible</span> (<i>Agaricus edulis</i>).&mdash;Le succès des couches ou
+meules de Champignons dépend du choix, de la préparation des fumiers
+et des soins à donner aux meules. Pour établir une meule à
+Champignons, il faut prendre du fumier provenant des chevaux qui
+font un travail pénible; car, étant renouvelé moins souvent, il est
+plus moelleux, c'est-à-dire plus imprégné d'urine, et contient plus
+de crottin que celui des chevaux de luxe.</p>
+
+<p>On commence par déposer le fumier en tas, afin qu'il entre en
+fermentation; puis, un mois après environ, on le reprend à la
+fourche pour en former une couche (nommée planchée) d'environ 0<sup>m</sup>,65
+d'épaisseur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur. On étend un premier lit, en ayant
+soin de retirer les plus longues pailles, les liens et le foin, puis
+de bien mélanger les parties sèches avec celles qui sont le plus
+imprégnées d'urine; et pour former les bords de la couche on
+retourne le fumier sur les côtés, de manière que les bouts se
+trouvent en dedans. Dès qu'on a formé un lit de fumier, on le
+mouille avec l'arrosoir à pomme, puis on le foule avec les pieds. On
+refait un second lit, que l'on traite de la même manière, et ainsi
+de suite jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la hauteur indiquée. Huit ou
+dix jours après, on remanie la couche, en commençant par un bout,
+puis on la retourne de la même manière que la première fois, mais en
+ayant soin de remettre au centre ce qui se trouvait sur les bords et
+en dessus. Après l'avoir laissé encore fermenter huit ou dix jours,
+le fumier doit enfin être bon à mettre en meule, <span class="pagenum"><a id="page116" name="page116"></a>(p. 116)</span>
+c'est-à-dire être gras sans être trop humide, et n'avoir plus que le
+degré de chaleur qui convient à l'opération. Comme pendant l'été les
+orages font souvent avorter le blanc, on ne commence à cultiver les
+Champignons à l'air libre qu'en septembre; et à partir de cette
+époque, on continue successivement jusqu'en décembre. Après s'être
+assuré de la bonne condition du fumier, on commence à dresser les
+meules; elles doivent avoir 0<sup>m</sup>,50 de largeur à la base et autant de
+hauteur. On foule le fumier à mesure qu'on élève la meule, afin
+qu'elle éprouve le moins de tassement possible. On la monte en dos
+d'âne, de telle sorte qu'elle n'ait que 0<sup>m</sup>,10 de largeur au sommet.
+Pendant la durée de l'opération, on a soin de bien affermir les
+côtés de la meule en frappant légèrement avec le dos de la pelle,
+puis avec le râteau on enlève les longues pailles qui dépassent de
+chaque côté. Si, après avoir monté les meules, il survenait une
+pluie abondante, il faudrait les envelopper d'une chemise
+(couverture de grande litière), ce qui, par un temps favorable, ne
+doit avoir lieu qu'après le gobetage des meules, opération dont nous
+parlerons plus loin. Au bout de huit à dix jours, on s'assurera du
+degré de chaleur au moyen d'un thermomètre à couche, et s'il ne
+marque pas plus de 15 à 18 degrés, on pourra larder la meule,
+c'est-à-dire qu'on pratiquera sur ses deux côtés, à 0<sup>m</sup>,10 ou à
+0<sup>m</sup>,15 du sol, selon qu'il est sec ou humide, une rangée de petites
+ouvertures qui doivent être faites avec la main, et à 0<sup>m</sup>,33 les
+unes des autres, dans lesquelles on place le blanc<a id="footnotetag6" name="footnotetag6"></a><a href="#footnote6" title="Go to footnote 6"><span class="smaller">[6]</span></a> à fleur du
+flanc de la meule, puis on appuie <span class="pagenum"><a id="page117" name="page117"></a>(p. 117)</span> légèrement, afin de
+mettre le blanc en contact parfait avec le fumier; mais, dans le cas
+où l'on craindrait qu'il n'y eût encore trop de chaleur, on ne
+rapprocherait le fumier qu'au bout de quelques jours. Si, huit ou
+dix jours après avoir lardé la meule, on aperçoit de petits
+filaments blanchâtres qui commencent à s'étendre sur toute la
+surface, on prendra de la terre légère et maigre, salpêtrée autant
+que possible, on la passera à la claie et l'on en étendra partout
+une épaisseur d'environ 0<sup>m</sup>,03 que l'on appuiera légèrement avec le
+dos de la pelle, ce qu'on appelle <i>gobeter</i>.</p>
+
+<p>Dans le cas où l'on n'aurait pas remarqué les traces dont nous avons
+parlé, il faudrait recommencer l'opération en remettant de nouveau
+blanc dans des ouvertures pratiquées à côté des anciennes.</p>
+
+<p>Si le temps est doux et sec, on rafraîchit la meule par de légers
+bassinages; mais il faut bien se garder de lui donner trop d'eau à
+la fois, car l'excès d'humidité détruirait les Champignons
+naissants. Après avoir gobeté, on couvre la meule d'une chemise de
+0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06 de grande litière (une couverture plus épaisse
+pourrait faire de nouveau fermenter le fumier, ce qui détruirait
+tout espoir de récolte), qu'on augmentera pendant les gelées et
+suivant la rigueur du froid. Environ six semaines après, on
+commencera à cueillir les premiers Champignons. Pour les chercher,
+on relèvera la litière avec soin, et après les avoir cueillis, on
+remplira les trous qu'ils occupaient avec de la terre de même nature
+que celle qui a servi à gobeter la meule. Si l'on trouvait quelques
+petites places où les jeunes Champignons eussent péri, il faudrait
+enlever toute la partie détruite et remettre de la terre nouvelle.
+Il faut en tout temps, même après avoir épuisé un côté de la meule,
+la recouvrir soigneusement avec de la litière. Une meule peut
+produire de trois à cinq mois en tout temps, mais <span class="pagenum"><a id="page118" name="page118"></a>(p. 118)</span> mieux en
+été. On peut établir ses meules dans une cave peu éclairée, et
+alors, vu l'égalité de température qui règne dans ces localités, il
+devient inutile de couvrir les meules de litière.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Chenillette</span> (<i>Scorpiurus vermiculata</i>), <span class="smcap">Vers</span> (<i>Astragalus hamosus</i>).
+<span class="smcap">Limaçon</span> (<i>Medicago turbinata</i>).&mdash;Plantes annuelles indigènes de la
+famille des Papilionacées, dont les fruits imitent des chenilles,
+des vers ou des limaçons, et qui doivent être semées en place, en
+avril et mai, à environ 0<sup>m</sup>,30 les unes des autres.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chervis</span> ou <span class="smcap">Chirouis</span> (<i>Sium sisarum</i>).&mdash;Plante dont les racines,
+charnues et très-sucrées, se mangent comme les Scorsonères. On la
+sème au printemps ou en septembre, en terre franche bien meuble,
+puis on bine et l'on donne de fréquents arrosements.</p>
+
+<p>La durée germinative de la graine de Chervis est de deux ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chicorées.</span> <i>Chicorée sauvage</i> (<i>Cichorium intubus</i>).&mdash;Avec les
+feuilles naissantes de cette espèce on fait une salade fort estimée,
+que l'on peut se procurer presque toute l'année en en semant sur
+couche dès le mois de mars; puis en pleine terre, à partir du mois
+d'avril jusqu'à l'automne. Si l'on veut faire avec les racines la
+salade appelée <i>Barbe-de-capucin</i>, il faut, en avril, semer en
+rayons, et tous les soins consistent à donner des binages et
+quelques arrosements; puis, à l'approche des gelées, on arrache les
+racines, en les soulevant à la fourche afin de ne pas les rompre. On
+les met en jauge de manière à les avoir à sa disposition, et dans le
+courant d'octobre, époque à laquelle on commence ordinairement ce
+travail, on prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur, dont
+<span class="pagenum"><a id="page119" name="page119"></a>(p. 119)</span> la chaleur soit de 15 à 20 degrés. L'endroit le plus
+favorable pour cette opération est une cave basse sans air ni
+lumière. Lorsque la couche a jeté son premier feu, on réunit les
+racines par bottes, mais seulement après en avoir enlevé avec soin
+les vieilles feuilles et toutes les parties qui seraient
+susceptibles d'engendrer de la moisissure; après quoi on les place
+debout sur la couche, puis on bassine fréquemment avec l'arrosoir à
+pomme; mais, comme toujours, les arrosements doivent être
+proportionnés à la chaleur de la couche; dès que la Chicorée
+commence à pousser, les arrosements doivent être donnés avec
+beaucoup de ménagement pour éviter d'engendrer la pourriture dans
+l'intérieur des bottes. Ordinairement, au bout de quinze à dix-huit
+jours la Chicorée est assez longue pour être récoltée. On peut
+successivement en faire blanchir depuis le mois d'octobre ou de
+novembre jusqu'en avril. On peut encore faire blanchir de la
+Chicorée en enterrant des racines sur une couche recouverte de
+panneaux à cadres pleins, afin d'intercepter la lumière, ou de
+panneaux ordinaires, que l'on tiendra constamment couverts de
+paillassons.</p>
+
+<p>Les graines de Chicorée sauvage mûrissent en septembre, et se
+conservent bonnes pendant huit à dix ans.</p>
+
+<p><i>Chicorée frisée</i> (<i>Cichorium endivia</i>).&mdash;Les premiers semis peuvent
+avoir lieu en septembre sous cloches, mais à froid. À partir de
+cette époque jusqu'en juin, on sème la Chicorée frisée ou d'Italie.
+Dans les premiers jours d'octobre, on repique le plant également
+sous cloches, et vers la fin d'octobre ou au commencement de
+novembre, on plante la Chicorée sur terre, mais sous panneaux; on
+donne de l'air aussi souvent que possible, et pendant les gelées on
+couvre les panneaux dans la nuit. En janvier ou février, on sème sur
+couche chaude et sous panneaux. La couche ne doit pas avoir moins de
+20 à 25 degrés de chaleur, <span class="pagenum"><a id="page120" name="page120"></a>(p. 120)</span> car pour obtenir du plant qui
+ne monte pas, il faut que les graines germent en vingt-quatre
+heures, n'importe l'époque; mieux vaut recommencer le semis que de
+repiquer du plant qui aurait langui. Douze ou quinze jours après le
+semis, on repique le plant en pépinière, pour le planter quinze
+jours ou trois semaines après, toujours sous panneaux, mais sur une
+couche moins forte. Dans la seconde quinzaine de mars, on peut
+commencer à repiquer ses Chicorées en pleine terre, mais sous
+cloches ou sous panneaux, qu'on enlève aussitôt que le temps est
+favorable. En avril, mai et juin, on sème encore les Chicorées sur
+couche; mais alors le plant peut être repiqué immédiatement en
+pleine terre. On trace quatre rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de
+largeur, et l'on plante à 0<sup>m</sup>,40 de distance sur la ligne.</p>
+
+<p>En juin et juillet, on sème la Chicorée de Meaux en pleine terre à
+une exposition ombragée. Toutefois, dans bien des terrains, il
+vaudrait mieux continuer de semer sur couche, mais à l'air libre.
+Lorsque le plant est de force à être repiqué, on étend un bon
+paillis sur chaque planche, puis on plante à la distance ci-dessus
+indiquée, et l'on donne un bon arrosement pour faciliter la reprise;
+les autres soins consistent à arracher les mauvaises herbes et à
+mouiller au besoin. Lorsque les Chicorées sont suffisamment garnies,
+on profite d'un temps sec pour relever les feuilles, qu'on lie avec
+du jonc ou de la paille pour en faire blanchir l'intérieur; mais
+comme elles blanchissent en peu de temps, il n'en faut lier qu'à
+proportion de la consommation. Dès qu'elles sont liées, il ne faut
+plus les arroser qu'au goulot, afin d'éviter de les mouiller, ce qui
+pourrait les faire pourrir, et, dès les premières gelées, il faut
+les couvrir avec des paillassons ou de la litière, que l'on enlève
+toutes les fois que le temps le permet; puis, lorsque les gelées
+augmentent, on les arrache et on les <span class="pagenum"><a id="page121" name="page121"></a>(p. 121)</span> rentre dans la serre
+à légumes, où on les enterre à moitié dans du sable: de cette
+manière on en conserve jusqu'en janvier.</p>
+
+<p><i>Chicorée frisée de la Passion.</i>&mdash;Cette intéressante variété que
+nous devons à l'obligeance de M. Charvet, propriétaire à la
+Cellette, près de Blois, est tout aussi rustique que la Laitue dont
+elle porte le nom. Semée dans le courant du mois d'août, repiquée en
+septembre et mise en place en octobre, la Chicorée frisée de la
+Passion est bonne à récolter en mars et avril, époque de l'année où
+les produits du potager sont généralement peu abondants. À ce titre,
+la Chicorée frisée de la Passion peut être considérée comme une
+bonne acquisition.</p>
+
+<p><i>Chicorée toujours blanche.</i>&mdash;Cette variété n'est pas aussi répandue
+qu'elle le mérite, car elle peut, et avec avantage, remplacer les
+Épinards, surtout en été, époque où il est souvent difficile de se
+procurer ce légume. On sème cette Chicorée en place et à la volée
+pour être coupée toute jeune; on peut la semer sur couche ou en
+pleine terre, depuis le mois de février jusqu'au mois d'août.</p>
+
+<p><i>Scarole.</i>&mdash;La Scarole est une variété de Chicorée dont la culture
+est tout à fait analogue à celle de la Chicorée de Meaux.</p>
+
+<p>Les graines sont bonnes à récolter à la fin de septembre, et elles
+se conservent pendant cinq ou six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Frisée de Meaux, &mdash; fine d'été ou d'Italie, &mdash; de
+ Rouen, ou corne-de-cerf, &mdash; de la Passion, &mdash; toujours blanche,
+ &mdash; sauvage, &mdash; panachée, &mdash; améliorée, &mdash; Scarole ordinaire, &mdash;
+ blonde ou à feuilles de laitue.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Choux</span> (<i>Brassica</i>).&mdash;Les choux demandent une terre un peu fraîche et
+surtout bien fumée; car plus ils ont d'engrais, plus ils deviennent
+gros. Ils sont très-nombreux en variétés, mais toutes peuvent se
+rapporter à cinq races <span class="pagenum"><a id="page122" name="page122"></a>(p. 122)</span> principales, savoir: 1<sup>o</sup> les
+<i>Choux cabus</i> ou <i>pommés</i>; 2<sup>o</sup> les <i>Choux de Milan</i> ou <i>pommés
+frisés</i>; 3<sup>o</sup> les <i>Choux verts</i> ou <i>non pommés</i>; 4<sup>o</sup> les
+<i>Choux-raves</i>, et 5<sup>o</sup> les <i>Choux-fleurs</i> et <i>Brocolis</i>.</p>
+
+<p>N. 1. <i>Choux cabus ou pommés.</i>&mdash;Vers la fin d'août ou dans les
+premiers jours de septembre, on sème les Choux cabus hâtifs. En
+octobre, on repique le plant en pépinière le long d'un mur à bonne
+exposition, pour le mettre en place vers la fin de novembre ou au
+commencement de décembre, et en février ou mars dans les terres
+froides ou humides. Si l'hiver est rigoureux, il sera nécessaire de
+garantir le plant, soit avec de la litière, soit avec des
+paillassons posés sur des gaulettes. Si, au printemps, il arrivait
+que l'on manquât de plants, on pourrait en semer en février sur
+couche et en mars sur plate-bande bien terreautée.</p>
+
+<p>Les Choux cabus de seconde saison et les Choux cabus tardifs ne se
+sèment ordinairement qu'en février ou mars; cependant on peut aussi
+les semer dans le courant d'août. Quelle que soit l'époque du semis,
+ces Choux doivent être repiqués immédiatement en place, à 50, 60 ou
+80 centimètres les uns des autres, suivant les proportions que
+doivent acquérir les variétés que l'on cultive; le terrain doit être
+largement pourvu d'engrais: car il ne faut pas oublier que c'est
+seulement à force de fumier et d'eau que l'on peut obtenir tout ce
+que cette plante doit produire.</p>
+
+<div class="type">
+<p><b>Variétés.</b>&mdash;<i>Cabus hâtifs</i>, d'York, &mdash; c&oelig;ur-de-b&oelig;uf, &mdash;
+ pain-de-sucre.</p>
+
+ <p><i>Cabus</i> 2<sup>e</sup> <i>saison</i>, de Poméranie, &mdash; de Winigstadt, &mdash;
+ Joannet, &mdash; de Schweinfurt.</p>
+
+ <p><i>Cabus tardifs</i>, de Saint-Denis, &mdash; de Hollande, &mdash; vert de
+ Vaugirard, &mdash; d'Allemagne dit Quintal, &mdash; rouge foncé.</p>
+</div>
+
+<p><i>Conservation des Choux cabus.</i>&mdash;Comme les fortes gelées sont
+très-préjudiciables aux Choux pommés, il <span class="pagenum"><a id="page123" name="page123"></a>(p. 123)</span> faut, en
+novembre, arracher tous ceux dont les pommes sont faites et les
+mettre en jauge dans une planche, mais près l'un de l'autre et en
+ayant soin d'en incliner un peu la tête. Lorsqu'il vient de fortes
+gelées, on les couvre de litière ou de feuilles que l'on retire dès
+que le temps est doux. Dans les terres légères, on peut enterrer la
+tête au lieu des racines: de cette manière, les Choux peuvent se
+conserver jusqu'au mois de mai sans couverture; il est bon cependant
+d'en couvrir une partie, afin de pouvoir en arracher pendant les
+gelées.</p>
+
+<p>N. 2. <i>Choux de Milan.</i>&mdash;On les sème depuis la fin de février
+jusqu'en juin, on les repique immédiatement en place comme les Choux
+cabus. Plus rustiques que ces derniers, les Choux de Milan
+supportent ordinairement l'hiver sans abris.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Hâtif d'Ulm, &mdash; pied-court, &mdash; Victoria, &mdash; ordinaire,
+ &mdash; doré, &mdash; pancalier, &mdash; des Vertus, &mdash; de Bruxelles.</p>
+
+<p>N. 3. <i>Choux verts non pommés.</i>&mdash;Nous les divisons en deux
+catégories: ceux de la première sont à peu près les seuls cultivés
+dans le potager; les autres sont cultivés en grand comme fourrage,
+et quelques-uns comme plante d'ornement. On sème les premiers en mai
+et juin, pour les planter en juillet et août; ils craignent peu le
+froid, et sont même plus agréables à manger lorsque la gelée les a
+attendris.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Chou à grosse côte, &mdash; Chou à grosse côte frangé, &mdash;
+ Choux fraise-de-veau.</p>
+
+<p>Ceux de la seconde catégorie se sèment en juillet et août, ou mieux
+en mars et avril, et l'on repique le plant immédiatement à demeure;
+mais on peut aussi semer en place, soit en lignes, soit a la volée.
+Ces Choux donnent <span class="pagenum"><a id="page124" name="page124"></a>(p. 124)</span> leurs produits en feuilles pendant tout
+l'hiver et jusqu'à leur seconde année.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Cavalier ou Chou-arbre, &mdash; Caulet de Flandre, &mdash;
+ branchu de Poitou, &mdash; de grand Jouan.</p>
+
+<p>N. 4. <i>Choux-raves.</i>&mdash;Les premiers semis ont lieu vers la fin de
+février, et peuvent se continuer jusqu'en juin; on sème sur une
+plate-bande terreautée, pour plus tard mettre en place. Ces Choux
+différent des autres par leur collet, qui est renflé et charnu, et
+que l'on emploie en cuisine comme les Navets; mais, pour les avoir
+bien tendres, il faut, en été, leur donner de fréquents arrosements.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc ou de Siam, &mdash; blanc hâtif, &mdash; violet, &mdash; violet
+ hâtif.</p>
+
+<p>Le <i>Chou-navet</i>, assez semblable au précédent, produit en terre une
+tubérosité charnue de même saveur que le Chou-rave. On le sème en
+place, en mai et juin, soit en lignes, soit à la volée; puis les
+autres soins consistent à éclaircir le plant de manière que les
+Choux se trouvent à environ 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres. Ils craignent
+peu la gelée, et, à moins d'un hiver rigoureux, on peut ne les
+arracher qu'au fur et à mesure du besoin.</p>
+
+<p>Les graines de Chou mûrissent en juillet; elles se conservent bonnes
+pendant cinq ou six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Chou-navet blanc, &mdash; Rutabaga ou navet de Suède.</p>
+
+<p>N. 5. <i>Choux-fleurs.</i>&mdash;Ils sont beaucoup plus délicats que les
+autres races de Choux, aiment une terre légère, bien fumée et
+surtout beaucoup d'arrosements en été. On en cultive plusieurs
+variétés, mais il est impossible de conseiller plutôt l'une que
+l'autre, car les résultats <span class="pagenum"><a id="page125" name="page125"></a>(p. 125)</span> tiennent uniquement à des
+causes locales. Les premiers semis se font en septembre, sur une
+plate-bande bien terreautée ou sur une vieille couche, pour être
+repiqués, en octobre, en pépinière, sur un ados; et lorsqu'il gèle,
+on pose des cloches ou des panneaux sur le plant. Il faut avoir soin
+de donner de l'air tous les jours et aussi longtemps que la
+température le permettra. Si, malgré cette précaution, il arrivait
+que le plant avançât trop, il faudra l'arracher et le replanter pour
+en retarder la végétation; puis, quand les froids deviennent
+rigoureux, on entoure les cloches avec de la litière, et l'on couvre
+le tout avec des paillassons; on découvre toutes les fois que le
+temps le permet, et l'on donne de l'air. En décembre, on peut
+planter une partie de ses Choux-fleurs sur couche et sous panneaux,
+et entre eux quelques Laitues. Pendant la nuit, on couvre les
+panneaux avec des paillassons, on arrose au besoin, et l'on donne de
+l'air toutes les fois que la température le permet; puis, lorsque
+les Choux-fleurs atteignent les vitraux, il faut avoir soin
+d'exhausser les coffres; si dans la seconde quinzaine de mars, le
+temps est favorable, on enlève les panneaux. Ces Choux-fleurs
+produiront en avril et mai; en mars, on plantera l'autre partie en
+pleine terre, et ils donneront depuis la fin de mai jusqu'en
+juillet. On peut aussi semer sur couche, en février et en mars, et
+peu de temps après on repique le plant également sur couche, pour le
+planter en pleine terre vers la fin de mars ou au commencement
+d'avril, et il produira en juin et juillet.</p>
+
+<p>On sème les derniers Choux-fleurs en juin: c'est l'époque où l'on en
+sème le plus et celle où la culture en est le plus facile: c'est
+celle des Choux ordinaires, et tout le succès dépend de l'abondance
+des arrosements, qui doivent être très-fréquents, surtout pendant
+les premiers mois. Il faut semer à une exposition ombragée sur une
+<span class="pagenum"><a id="page126" name="page126"></a>(p. 126)</span> plate-bande bien terreautée; puis, lorsque le plant est
+assez fort, on repique immédiatement en place. Ces Choux-fleurs
+produisent depuis la fin d'août jusqu'en novembre; on peut même en
+conserver jusqu'en février, et quelquefois jusqu'en avril. Pour
+cela, il faut ne les couper que le plus tard possible, et surtout
+par un temps bien sec, afin de ne les rentrer que bien ressuyés, car
+de là dépend toute la durée de leur conservation.</p>
+
+<p><i>Conservation des Choux-fleurs.</i>&mdash;Après avoir bien enlevé toutes les
+feuilles de ses Choux-fleurs, on les dépose sur les tablettes de la
+serre à légumes, ou bien, ce qui est encore préférable, on les pend
+la tête en bas; et, comme en séchant ils se réduisent beaucoup, il
+faut, la veille du jour où l'on veut les manger, rafraîchir le bout
+du trognon et les mettre tremper dans l'eau fraîche pendant quelques
+heures, en ayant soin d'éviter de mouiller la tête; ils ne tardent
+pas à reprendre leur forme primitive, sans avoir rien perdu de leur
+qualité.</p>
+
+<p>On récolte la graine de Choux-fleurs en septembre. Sa durée
+germinative est de cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Tendre ou petit Salomon, &mdash; demi-dur ou gros Salomon,
+ &mdash; Lenormand, &mdash; dur de Paris, &mdash; d'Angleterre, &mdash; de Hollande.</p>
+
+<p><i>Chou brocoli.</i>&mdash;On sème les Brocolis en mars, avril et mai, en
+commençant par les variétés les plus hâtives. Lorsque le plant est
+suffisamment fort, on le repique en pépinière, et plus tard on le
+plante en lignes comme les Choux-fleurs.</p>
+
+<p>Les variétés hâtives semées en mars sont bonnes à récolter en
+septembre. Les autres donnent successivement pendant l'hiver et le
+printemps.</p>
+
+<p>Plus rustique que le Chou-fleur, le Brocoli peut supporter sans
+souffrir quelques degrés de froid. Cependant, <span class="pagenum"><a id="page127" name="page127"></a>(p. 127)</span> il est plus
+prudent de relever les pieds en mottes à l'approche des gelées, pour
+les replanter dans une tranchée sur laquelle on place des châssis ou
+des paillassons.</p>
+
+<p>La durée germinative de la graine de Brocoli est de cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc hâtif, &mdash; blanc tardif, &mdash; violet hâtif, &mdash;
+ violet tardif, &mdash; Sprouting (cette dernière variété produit de
+ petites pommes comme le Chou de Bruxelles).</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chou marin</span> (<i>Crambe maritima</i>).&mdash;Le Crambé est un fort bon légume
+dont on mange les feuilles naissantes, qu'on fait blanchir en
+buttant le pied; il est rustique et d'une culture facile. Dans des
+conditions favorables (c'est-à-dire dans un terrain sablonneux et
+bien fumé), il produit pendant fort longtemps. Nous avons vu une
+plantation de Crambés en plein rapport, qui depuis quinze ans donne
+chaque année plusieurs récoltes. On le multiplie de graines semées
+en place ou en pépinière peu de temps après la récolte; car les
+semis d'automne réussissent généralement mieux que ceux de
+printemps. On peut aussi multiplier les Crambés par boutures de
+racines, mais le semis produit toujours, comme il est facile de le
+comprendre, des plants plus vigoureux.</p>
+
+<p>On plante les Crambés en automne ou au printemps. On trace alors
+deux rangs dans Une planche de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on plante à
+0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne. Chaque année, à l'automne, on
+enlève les feuilles mortes, on donne un binage; puis on étend sur
+les planches un bon lit de fumier à moitié consommé. Dès la seconde
+pousse, on pourrait commencer à couper les feuilles des Crambés;
+mais il est préférable d'attendre la troisième, car alors ils seront
+dans toute la force de leur végétation, et on les conservera
+beaucoup plus longtemps. On commence ordinairement à butter les
+Crambés vers la fin de <span class="pagenum"><a id="page128" name="page128"></a>(p. 128)</span> janvier ou au commencement de
+février; mais, afin que tous ne donnent pas ensemble, on n'en butte
+qu'une partie, et le reste quinze jours après, ce qui a lieu de la
+manière suivante: on dépose sur chaque pied un tas de terreau (ou de
+terre légère) d'environ 0<sup>m</sup>,20, et l'on recouvre le tout d'un bon
+lit de fumier ou de feuilles, afin d'activer la végétation; un mois
+après environ, lorsque l'extrémité des feuilles commence à paraître,
+on les coupe rez terre, mais en ayant soin de ménager les yeux qui
+se trouvent au collet de la plante, car sans cette précaution elle
+ne repousserait plus. Après la récolte, on les butte de nouveau, et
+ils donnent une seconde récolte souvent aussi abondante que la
+première. Après la seconde coupe, on détruit les buttes, on étend
+une partie du terreau sur les planches, et l'on enlève le reste. On
+peut aussi forcer le Crambé sous panneaux, comme les Asperges: ce
+qui consiste tout simplement à placer, en janvier ou février, des
+coffres et des panneaux sur les Crambés, après les avoir buttés; à
+défaut de panneaux à cadre plein, on peut utiliser les panneaux
+ordinaires, à la condition de les tenir constamment couverts de
+paillassons. Pour activer la végétation des Crambés, on peut
+entourer les coffres d'un réchaud de fumier, car la chaleur ne nuit
+en rien à cette plante. On peut même, comme cela se fait en
+Angleterre, placer pendant l'hiver de fortes touffes de Crambés dans
+la serre à forcer, afin d'en avoir de bons à récolter avant
+l'époque, ou donner ceux forcés sur place.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Crambé en août; elles se conservent bonnes
+pendant trois ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ciboule commune</span> (<i>Allium fistulosum</i>).&mdash;Les premiers semis ont lieu
+dans le courant de février, en place et à la volée; et à partir de
+cette époque, on peut continuer de semer successivement jusqu'en
+juillet. Après le semis, on <span class="pagenum"><a id="page129" name="page129"></a>(p. 129)</span> couvre les graines d'une
+légère couche de terreau, et l'on arrose toutes les fois qu'il en
+est besoin. Pour ne pas manquer de Ciboule en hiver, il faut en
+arracher en novembre, la mettre en jauge, puis la couvrir de litière
+sèche pendant les gelées.</p>
+
+<p>Les graines mûrissent en août, et se conservent pendant deux ans.</p>
+
+<p><i>Ciboule vivace.</i>&mdash;Elle se multiplie d'éclats au printemps ou à
+l'automne.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ciboulette.</span> <i>Civette</i> (<i>Allium Sch&oelig;noprasum</i>).&mdash;Cette plante se
+multiplie par ses caïeux, que l'on sépare en février et mars pour
+les planter en bordures. Elle est d'autant plus tendre et pousse
+d'autant mieux, qu'on la coupe plus souvent.</p>
+
+<p>Pour lui faire passer l'hiver, on la coupe au niveau du sol, puis on
+la couvre de terreau.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Concombre</span> (<i>Cucumis sativus</i>).&mdash;On sème les Concombres en janvier,
+février et mars, sur couche chaude et sous panneaux. Lorsque les
+cotylédons et les premières feuilles sont bien développés, on les
+repique dans de petits pots, qu'on enfonce sur une couche chaude,
+pour les planter quelque temps après également sur couche et sous
+panneaux. Plus tard, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on
+peut planter les Concombres en pleine terre. Dans les terres
+légères, faciles à s'échauffer, on peut même semer les Concombres en
+place, dans de petites fosses remplies de terreau.</p>
+
+<p>Comme les Melons, les Concombres doivent être taillés pour donner de
+beaux fruits; ce qui doit avoir lieu comme il est indiqué à
+l'article <i>Melon</i>.</p>
+
+<p><i>Concombre vert petit à cornichons.</i>&mdash;On le sème au commencement de
+mai sur couche et sous panneaux. Peu <span class="pagenum"><a id="page130" name="page130"></a>(p. 130)</span> de temps après, on
+repique le plant en pépinière également sur couche et sous panneaux.
+Dès qu'il est repris, on commence à donner un peu d'air, afin de le
+fortifier, et vers la fin de mai ou le commencement de juin, on le
+relève en mottes pour le mettre en pleine terre à bonne exposition,
+à 0<sup>m</sup>,60 de distance.</p>
+
+<p>On peut aussi semer le Cornichon en pleine terre; plus rustique même
+que les autres Concombres, il n'a pas besoin d'être taillé.</p>
+
+<p>Dans les terrains naturellement humides, il faut, pour récolter de
+beaux fruits, ramer les Concombres et les Cornichons, comme les Pois
+et les Haricots, afin qu'ils ne posent pas sur le sol.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Concombre est de cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc hâtif, &mdash; blanc gros, &mdash; jaune long, &mdash; vert
+ long anglais, &mdash; de Russie, &mdash; serpent.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Courge Potiron</span> (<i>Cucurbita maxima</i>).&mdash;On sème les potirons en mars,
+sur couche chaude et sous panneaux; en avril, on les repique en
+pépinière également sur couche et sous panneaux. Quelques jours
+après le repiquage, on commence à donner un peu d'air, afin de
+fortifier le plant; et, en mai, on prépare des trous que l'on
+dispose de manière que les Potirons soient au moins à 1<sup>m</sup>,65 les uns
+des autres. On remplit les trous de fumier, que l'on couvre
+d'environ 0<sup>m</sup>,15 de terreau. Si, après la plantation, il survient de
+petites gelées blanches pendant la nuit, il faut couvrir les
+Potirons avec des cloches, ou, à défaut, avec de la litière. Pendant
+leur végétation, il faut les arroser abondamment, et les autres
+soins consistent à pincer la première tige au-dessus du second
+&oelig;il, afin de favoriser le développement d'une ou de deux branches
+sur chacun. Lorsqu'elles ont environ 1<sup>m</sup>,50 de longueur, on les
+marcotte, <span class="pagenum"><a id="page131" name="page131"></a>(p. 131)</span> ce qui consiste à coucher les branches en terre,
+afin qu'elles produisent des racines; de cette manière, on obtient
+une végétation beaucoup plus vigoureuse. Dès qu'un fruit est noué et
+jugé digne d'être conservé, il faut pincer la branche qui le porte à
+deux ou trois yeux au-dessus du fruit; et si l'on veut en obtenir de
+volumineux, on ne doit en laisser qu'un ou deux sur chaque pied,
+excepté sur celui de <i>Hollande</i>, variété dont les fruits sont moins
+gros, mais d'excellente qualité; c'est même celui que l'on doit
+réserver de préférence pour les provisions d'hiver; car, cueilli
+avant les gelées et déposé sur les tablettes du fruitier ou de
+l'orangerie, il se conserve souvent jusqu'en mars et avril.</p>
+
+<p>Les Courges à la moelle, pleine de Naples, de l'Ohio, de Valparaiso,
+de Barbarie, de Madère, des Patagons, le Giraumont turban et le
+Pâtisson, se cultivent exactement comme le Potiron.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Courge est de cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Jaune gros, &mdash; d'Espagne, &mdash; de Hollande, &mdash; blanc, &mdash;
+ de Corfou.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cresson de fontaine</span> (<i>Nasturtium officinale</i>).&mdash;Cette plante,
+jusqu'à présent employée en cuisine comme salade et fourniture
+seulement, peut aussi être préparée à la manière des Épinards, et
+sous cette forme elle a une saveur fort agréable. La consommation du
+Cresson est devenue tellement considérable que, dans un rayon
+très-rapproché de Paris, des terrains très-étendus sont consacrés à
+cette culture.</p>
+
+<p>Ces cressonnières sont alimentées par des sources naturelles ou
+artificielles, et disposées de manière à être submergées à volonté.
+Le terrain est divisé par fosses larges chacune d'environ 3 mètres
+sur 0<sup>m</sup>,40 à peu près <span class="pagenum"><a id="page132" name="page132"></a>(p. 132)</span> de profondeur, séparées par des
+plates-bandes élevées, destinées à divers genres de culture, tels
+que Artichauts, Choux, etc. On multiplie le Cresson de graines
+semées au printemps, ou mieux de boutures faites en août. Avant la
+plantation, il faut bien unir le terrain; et s'il arrivait qu'il ne
+fût pas assez humide, on y laisserait couler un peu d'eau. Une fois
+le terrain bien préparé, on prend du Cresson, et on le place au fond
+des fosses par petites pincées, à environ 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15 l'une de
+l'autre. Au bout de peu de temps, il est enraciné et couvre
+complétement le sol; alors on étend sur toute sa surface une légère
+couche de fumier de vache bien consommé; puis, au moyen d'une
+planche à laquelle on adapte un manche placé obliquement, on
+comprime le tout légèrement; après quoi, on introduit 0<sup>m</sup>,10 à
+0<sup>m</sup>,12 d'eau, quantité bien suffisante pour cette culture. En été,
+on cueille le Cresson tous les quinze jours ou toutes les trois
+semaines. Pour le cueillir avec plus de facilité, on pose une
+planche en travers de la fosse. Dès qu'une fosse est récoltée, on la
+met à sec, et l'on étend de nouveau un peu de fumier de vache, qu'on
+appuie avec l'instrument mentionné ci-dessus, opération qu'il faut
+recommencer immédiatement après chaque coupe. Quand une fosse a
+produit pendant un an, on la détruit pour la replanter, comme nous
+l'avons indiqué précédemment, mais seulement après avoir enlevé les
+vieilles racines et les débris de fumier, qui forment une épaisseur
+assez considérable dans le fond.</p>
+
+<p>On peut aussi en semer ou en planter sur le bord des cours d'eau,
+comme il en circule souvent dans les jardins d'agrément. Les tiges
+ne tardent pas à s'étendre, et l'on peut en couper chaque année
+jusqu'aux gelées, pourvu qu'on le fasse assez souvent pour
+l'empêcher de monter en graine.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Cresson de fontaine est de
+quatre ans.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page133" name="page133"></a>(p. 133)</span> <i>Cresson de terre</i>, <i>Cresson vivace</i> (<i>Erysimum
+præcox</i>).&mdash;Il peut remplacer le Cresson de fontaine, dont il a tout
+à fait la saveur. On le sème au printemps, en rayons, dans une terre
+franche, légère et humide.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Cresson de terre est de trois
+ans.</p>
+
+<p><i>Cresson alénois</i> (<i>Lepidium sativum</i>).&mdash;Comme cette plante monte
+très-vite en graine, on est obligé d'en semer très-souvent; les
+semis se font en rayons, au printemps sur couche, et en été à une
+exposition ombragée.</p>
+
+<p>Les graines de Cresson alénois mûrissent en juin, et se conservent
+pendant cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Cresson alénois frisé, &mdash; Cresson doré.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Échalote</span> (<i>Allium Ascalonicum</i>).&mdash;On ne la cultive avec succès que
+dans une terre légère et substantielle, fumée de l'année précédente.
+Elle se multiplie de caïeux plantés en février et mars, à 0<sup>m</sup>,08 ou
+0<sup>m</sup>,10 de distance, et presque à fleur de terre, afin d'éviter
+l'humidité, qui lui est très-préjudiciable. On choisit, pour
+replanter, les Échalotes les plus minces et les plus allongées, car
+ce sont celles qui produisent les plus belles bulbes. On les arrache
+en juillet ou en août, lorsque les feuilles sont sèches, et on les
+laisse deux ou trois jours au soleil, puis on les rentre dans un
+lieu sec.</p>
+
+<p><span class="smcap">Épinards</span> (<i>Spinacia oleracea</i>).&mdash;On les sème, en lignes ou à la
+volée, depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre; et comme ils
+restent peu de temps en terre, on en sème souvent parmi les plantes
+nouvellement repiquées ou pour garnir les planches qui doivent être
+employées à une autre culture environ un mois après. Les semis d'été
+doivent se faire à une exposition ombragée; il faut arroser
+fréquemment, pour les empêcher de monter.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page134" name="page134"></a>(p. 134)</span> Les graines d'Épinards mûrissent en juillet, et se
+conservent pendant cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Épinards de Hollande, &mdash; d'Angleterre, &mdash; de Flandre,
+ &mdash; d'Esquermes, à feuilles de laitue.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Estragon</span> (<i>Artemisia dracunculus</i>).&mdash;On le multiplie de graines,
+mais plus fréquemment par éclats des pieds, qu'on replante au
+printemps à bonne exposition. On coupe les tiges à l'entrée de
+l'hiver, et on couvre les touffes de quelques centimètres de
+terreau.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Fenouil</span> (<i>Anethum feniculum</i>).&mdash;On en cultive plusieurs variétés;
+mais, comme légume, le Fenouil doux est le plus estimé. On le
+multiplie de graines que l'on tire d'Italie chaque année; celles
+qu'on récolte dans nos jardins dégénèrent promptement. On sème, de
+mars en juin, en place ou en pépinière, et on repique à 0<sup>m</sup>,40 de
+distance; puis on donne des binages et de fréquents arrosements
+pendant la sécheresse. Quand le Fenouil est assez fort, on le fait
+blanchir à la manière du Céleri. On mange les racines et les jeunes
+pousses.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Fenouil est de cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Fève</span> (<i>Faba vulgaris</i>).&mdash;On sème les premières Fèves en janvier,
+sous panneaux (pour semer à cette époque, on prend de préférence la
+Fève naine hâtive); en février, on les repique en rayons un peu
+profonds, qu'on trace à 0<sup>m</sup>,35 les uns des autres; on les couvre de
+litière pendant les mauvais temps, et lorsqu'elles ont quelques
+centimètres de hauteur on donne un binage, puis on achève de remplir
+les rayons, ce qui augmente la vigueur des plantes et des produits;
+lorsqu'elles sont défleuries, l'on pince toutes les extrémités, afin
+de forcer la séve à se <span class="pagenum"><a id="page135" name="page135"></a>(p. 135)</span> porter vers le fruit. En février,
+on sème en pleine terre, par touffes ou en rayons; et à partir de
+cette époque, les semis peuvent être continués successivement
+jusqu'à la fin de mai; enfin, quelle que soit l'époque des semis,
+les soins consistent à donner quelques binages et à pincer
+l'extrémité des tiges, comme nous l'avons précédemment indiqué.</p>
+
+<p>La durée germinative des semences de Fèves est de six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Naine hâtive, &mdash; Julienne, &mdash; de marais, &mdash; de
+ Windsor, &mdash; toujours verte, &mdash; violette, &mdash; à fleur pourpre, &mdash; à
+ longue cosse.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Fraisier</span> (<i>Fragaria vesca</i>).&mdash;On multiplie les Fraisiers de graines
+ou de filets, qui ne doivent être pris que sur du plant d'un an; car
+ceux qui proviennent de vieilles touffes produisent beaucoup moins,
+les fruits en sont moins beaux et de moins bonne qualité. On sème en
+mars, à une exposition ombragée; on couvre les graines d'une légère
+couche de terre fine, mêlée de terreau, et l'on entretient la
+fraîcheur de la terre par des bassinages.</p>
+
+<p>Dès que le plant a quatre ou cinq feuilles, on le repique en
+pépinière, deux par deux, sur une vieille couche. Aussitôt après le
+repiquage, on bassine avec l'arrosoir à pomme, ce que l'on continue
+de faire suivant le besoin; et pendant quelques jours on garantit
+les jeunes plants contre l'action du soleil avec un peu de litière,
+qu'on étend bien légèrement.</p>
+
+<p>Dans le commencement de juillet, on relève les plants en mottes pour
+planter en pleine terre, à environ 0<sup>m</sup>,15 de distance l'un de
+l'autre, et, comme après le premier repiquage, on protége la reprise
+par de fréquents arrosements. Le résultat de ces repiquages est de
+favoriser le développement d'une grande quantité de jeunes racines;
+<span class="pagenum"><a id="page136" name="page136"></a>(p. 136)</span> et plus les Fraisiers en sont garnis, plus ils deviennent
+productifs. À partir de cette époque jusqu'au moment de les mettre
+en place, on a soin de supprimer toutes les fleurs et les filets qui
+se développent sur le jeune plant, et d'arracher ceux qui paraissent
+dégénérer, ce qu'il est facile de reconnaître à leur vigueur et à
+l'absence des fleurs.</p>
+
+<p>Vers la fin de septembre, on donne un bon labour aux planches dans
+lesquelles on doit planter ses Fraisiers; et si le terrain ne se
+trouvait pas être de bonne qualité, il faudrait pour l'améliorer
+n'employer que des engrais bien consommés: car lorsque les racines
+des Fraisiers atteignent le fumier non consommé, les feuilles se
+dessèchent successivement, et souvent les touffes périssent. Après
+avoir bien préparé le terrain, on trace cinq rangs par planche de
+0<sup>m</sup>,33 de largeur; puis on plante ses Fraisiers à 0<sup>m</sup>,35 de distance
+sur la ligne, ce qui toutefois ne doit avoir lieu que pour les
+Fraisiers des Quatre-Saisons, car pour ceux à très-gros fruits, tels
+que le Fraisier Keen's seedling, on trace quatre rangs seulement, et
+l'on plante à 0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne; après quoi l'on
+continue de couper les fleurs et les filets de chaque touffe avant
+qu'ils soient enracinés, afin de concentrer sur chaque pied la force
+de reproduction dont ils sont doués.</p>
+
+<p>Au printemps, on donne un binage à chaque planche; dès que les
+fleurs commencent à paraître, il faut couvrir la terre d'un paillis
+un peu long, ce qui d'une part a l'avantage de conserver l'humidité
+du sol, et de l'autre empêche les fruits de porter sur la terre. Les
+arrosements doivent être faits avec les arrosoirs à pomme, au
+printemps le matin, et le soir en été. L'année suivante, on continue
+les mêmes soins; mais, comme au bout de quelques années les produits
+dégénèrent, il ne faut pas conserver les Fraisiers plus de deux ans.
+Cependant, dans un <span class="pagenum"><a id="page137" name="page137"></a>(p. 137)</span> bon terrain, on peut les conserver
+trois ou quatre ans, en ayant soin de les rechausser chaque année au
+printemps avec de la terre neuve.</p>
+
+<p>Les Fraisiers qu'on multiplie de filets doivent être plantés en
+juillet, et comme ce que nous venons de dire pour les Fraisiers
+provenant de graines est en tout applicable à ces derniers, nous
+croyons inutile de traiter ce sujet plus longuement.</p>
+
+<p><i>Des Fraisiers forcés.</i>&mdash;Les Fraisiers cultivés pour forcer sont: le
+Fraisier des Quatre-Saisons, Keen's seedling, Princesse royale,
+Marguerite Lebreton, Victoria Trolopp, Elton.</p>
+
+<p>Dans le courant de janvier ou dans les premiers jours de février, on
+pose des coffres, puis des panneaux, sur les planches des Fraisiers
+qu'on veut forcer; on enlève la terre des sentiers qui entourent les
+coffres jusqu'à environ 0<sup>m</sup>,45 de profondeur, après quoi on remplit
+les sentiers de fumier, mais jusqu'au niveau du sol seulement, et
+dans la première quinzaine de février on achève de les remplir. À
+partir de cette époque, il faut avoir soin de les entretenir à la
+hauteur des panneaux: pour cela, on rapporte du fumier au fur et à
+mesure qu'il en est besoin. On couvre les panneaux pendant la nuit
+avec des paillassons, et l'on donne de l'air au moment du soleil.
+Vers la fin d'avril, on commence à donner quelques bassinages, si la
+température l'exige, ce que l'on continue de faire au besoin. Les
+Fraisiers étant ainsi traités, les fruits commenceront à mûrir dans
+le courant d'avril.</p>
+
+<p>Après la récolte, ou enlève les panneaux (qui peuvent encore servir
+pour mettre sur les Melons), ce qui n'empêchera pas les Fraisiers,
+ceux des Quatre-Saisons surtout, de fructifier jusqu'aux gelées.
+Néanmoins, on peut également obtenir une seconde récolte des Keen's
+seedling et autres variétés à gros fruits. Pour cela, il faut les
+priver d'eau <span class="pagenum"><a id="page138" name="page138"></a>(p. 138)</span> pendant quelque temps, afin d'en arrêter la
+végétation; et lorsque les touffes sont presque fanées, on supprime
+une bonne partie des feuilles, on les bine légèrement, puis on
+favorise leur végétation par de bons arrosements. Dans les premiers
+jours d'août, on aura une seconde fructification, tout aussi
+abondante que la première.</p>
+
+<p>Au lieu de détruire, après la récolte, les Fraisiers cultivés en
+pots, comme on a l'habitude de le faire, on peut, dans le courant de
+l'automne, retrancher les vieilles racines et renouveler la terre
+des pots. Traités après cette opération comme les jeunes plants que
+l'on renouvelle chaque année, ces Fraisiers donnent des fruits tout
+aussi beaux et tout aussi abondants que les jeunes plants. Nous
+avons vu à Tours, chez M. Bellanger, un de nos amis, des Fraisiers
+soumis à ce traitement depuis quinze ans, dont la vigueur ne laisse
+véritablement rien à désirer.</p>
+
+<p>Depuis l'adoption du chauffage au thermosiphon, on a modifié la
+culture forcée des Fraisiers. Ainsi, après avoir traité les
+Fraisiers comme nous l'avons indiqué, vers la fin de septembre ou au
+commencement d'octobre, on les relève en mottes pour les planter
+dans des pots de 0<sup>m</sup>,15. On emploie pour l'empotage une bonne terre
+douce, passée à la claie, et, aussitôt après la plantation, on place
+les pots l'un à côté de l'autre dans un coffre, de manière à pouvoir
+les garantir des grandes pluies et des gelées, en posant dessus des
+châssis ou des paillassons; puis on les arrose pour en faciliter la
+reprise, et, comme pour les pieds cultivés en pleine terre, on
+supprime les filets et les fleurs au fur et à mesure qu'ils
+paraissent. Dans le courant de janvier, on prépare les coffres à
+recevoir les Fraisiers; puis on les place sur le sol, tous à côté
+les uns des autres, ou sur un gradin sous lequel on fait circuler
+les tuyaux du thermosiphon. Après avoir tout disposé, on bine la
+terre des pots, on enlève les feuilles mortes, et l'on <span class="pagenum"><a id="page139" name="page139"></a>(p. 139)</span>
+pose les panneaux, que l'on couvre de paillassons pendant la nuit.
+Arrivé à ce point, on commence à les chauffer, ce qu'il ne faut
+faire que modérément et de manière à entretenir sous les panneaux
+une température de 12 à 15 degrés, et, comme nous l'avons indiqué
+pour les Fraisiers forcés en pleine terre, on bassine et on donne de
+l'air toutes les fois que la température est favorable. On peut, par
+ce moyen, avoir des fruits mûrs dès les premiers jours de mars.
+Comme ceux de pleine terre, les Fraisiers forcés en pots sont
+susceptibles de donner une seconde récolte; il suffit de les
+dépoter, de les planter en pleine terre et de leur donner les soins
+ci-dessus indiqués.</p>
+
+<p>On divise les Fraisiers en plusieurs sections, qui contiennent
+chacune un grand nombre de variétés. Nous indiquerons seulement
+celles qui entrent le plus communément dans la culture.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Fraisiers est de trois ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Des Quatre-Saisons, &mdash; Ambroisia, &mdash; Amiral Dundas, &mdash;
+ British Queen, &mdash; Eleonor Myatt, &mdash; Elton, &mdash; Jacunda, &mdash; Keen's
+ sedling, &mdash; Lucas, &mdash; Marguerite Lebreton, &mdash; Napoléon III, &mdash;
+ Princesse royale, &mdash; Sir Harry, &mdash; Victoria Trolopp, &mdash;
+ Vicomtesse Héricart de Thury.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Haricot</span> (<i>Phaseolus vulgaris</i>).&mdash;On sème les premiers Haricots en
+décembre, sur couche et sous panneaux; mais, comme à cette époque,
+il y a souvent absence complète de soleil, ce qui est
+très-défavorable à ce genre de culture, il est préférable de ne
+commencer ce travail que dans le courant de janvier, et à partir de
+cette époque l'on peut continuer jusqu'à la fin de mars. On sème sur
+couche et sous panneaux, et aussitôt après le développement des
+cotylédons, on repique les Haricots en pépinière, toujours sur
+couche et sous panneaux. Quelques jours après, on <span class="pagenum"><a id="page140" name="page140"></a>(p. 140)</span> prépare
+une couche d'environ 0<sup>m</sup>,50 d'épaisseur dont la chaleur soit de 20 à
+25 degrés; on pose les coffres, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,12 à
+0<sup>m</sup>,15 de terre légère, et l'on plante les Haricots.</p>
+
+<p>On trace quatre rangs par coffre, et l'on plante à environ 0<sup>m</sup>,15
+sur la ligne; après quoi les soins à donner consistent à refaire les
+réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur nécessaire
+dans la couche; à couvrir les panneaux pendant la nuit; à donner de
+l'air toutes les fois que la température le permet; enfin, à
+bassiner au besoin, surtout au moment de la floraison, afin
+d'empêcher les fleurs de couler; et lorsque les Haricots ont environ
+0<sup>m</sup>,25 de hauteur, on les couche vers le haut du coffre, puis on les
+maintient dans cette position au moyen de petites tringles de bois
+qu'on pose sur les tiges. Peu de jours après, l'extrémité des tiges
+se relève (on peut alors enlever les tringles), mais la partie
+inférieure reste couchée sur le sol. Ainsi traités, on commence
+ordinairement à cueillir les premiers Haricots six semaines après le
+semis.</p>
+
+<p>C'est souvent à tort que l'on détruit les Haricots aussitôt après
+qu'on en a récolté les premiers produits; car en les nettoyant avec
+soin, opération qui consiste à enlever les feuilles mortes et les
+fruits que l'on a trouvés trop petits pour être cueillis, ils
+donneront au bout de quelque temps une seconde récolte aussi
+abondante que la première.</p>
+
+<p>On peut faire avec avantage l'application du chauffage par le
+thermosiphon à la culture des Haricots sous panneaux. Il suffit
+alors de préparer une couche très-mince dans le but seul de garantir
+les Haricots de l'humidité du sol, puis on fait circuler les tuyaux
+de l'appareil au-dessus de la couche; on entretient la chaleur de 15
+à 20 degrés sous les panneaux; et comme l'on peut régler ce
+chauffage <span class="pagenum"><a id="page141" name="page141"></a>(p. 141)</span> à volonté, on découvre tous les jours, sans
+avoir égard à l'état de la température, et l'on donne de l'air aussi
+souvent qu'il est nécessaire, ce qui contribue puissamment au succès
+de l'opération.</p>
+
+<p>En avril, on semé encore sur couche, mais on repique en pleine terre
+et sous cloches. On repique trois Haricots sous chacune; au bout de
+quelques jours, on commence à donner de l'air, puis on enlève les
+cloches lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que la
+température est favorable. Il va sans dire qu'on peut indifféremment
+employer des cloches ou des panneaux.</p>
+
+<p>On sème en pleine terre en mai; en terre légère, on sème dans la
+première quinzaine du mois; mais en terre forte, dans la seconde
+seulement, par touffes, ou mieux en rayons, car, par ce moyen, on
+obtient une végétation beaucoup plus vigoureuse, et par conséquent,
+des produits plus abondants. On trace des rayons d'environ 0<sup>m</sup>,05 de
+profondeur à 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres; après quoi, on sème les
+Haricots un à un, à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 sur la ligne, puis on les
+couvre d'environ 0<sup>m</sup>,02 de terre.</p>
+
+<p>Pour semer par touffes, on fait des trous de 0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06 de
+profondeur, disposés en échiquier, à 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres; on
+sème cinq ou six Haricots dans chacun, puis on les recouvre de la
+même quantité de terre que ceux qui sont semés en rayons. Quelque
+temps après, on donne un binage pour faciliter la levée des graines;
+mais c'est seulement lorsque les Haricots sont bien levés qu'on
+finit de remplir les trous ou les rayons. À partir de l'époque
+ci-dessus indiquée, on peut semer des Haricots en pleine terre,
+jusqu'à la mi-août, pour manger en vert (les Haricots qu'on cultive
+particulièrement pour cet usage sont: le Nain de Hollande, le
+Flageolet et le Bagnolet); mais, quand on veut récolter en sec, il
+ne faut pas semer après le mois de mai, excepté pour quelques
+variétés <span class="pagenum"><a id="page142" name="page142"></a>(p. 142)</span> naines hâtives, que l'on peut encore semer dans
+la première quinzaine de juin. On cultive encore un grand nombre de
+variétés de Haricots, que l'on divise en deux catégories.</p>
+
+<p>La durée germinative des semences de Haricots est de trois ans.</p>
+
+<div class="duree">
+<p><i>Haricots à manger en vert ou écossés.</i>&mdash;Nain de Hollande, h.
+ 0<sup>m</sup>,30,&mdash;Noir de Belgique, h. 0<sup>m</sup>,35,&mdash;de Soissons nain, h.
+ 0<sup>m</sup>,50.&mdash;de la Chine, h. 0<sup>m</sup>,35,&mdash;Flageolet, h. 0<sup>m</sup>,35,&mdash;Fl.
+ jaune, h. 0<sup>m</sup>,40,&mdash;Suisse blanc, 0<sup>m</sup>,45,&mdash;S. gris, h, 0<sup>m</sup>,45&mdash;de
+ Chartres, h. 1<sup>m</sup>,40,&mdash;de Soissons, h. 2<sup>m</sup>,&mdash;Sabre, h. 2<sup>m</sup>,&mdash;Riz,
+ h. 0<sup>m</sup>,60.</p>
+
+<p><i>Haricots sans parchemin ou Mange-tout.</i>&mdash;Nain blanc, h.
+ 0<sup>m</sup>,50,&mdash;Sabre nain, h. 0<sup>m</sup>,50,&mdash;de Prague marbré nain, h.
+ 0<sup>m</sup>,45,&mdash;Princesse nain, h. 0<sup>m</sup>,40,&mdash;Jaune du Canada, h.
+ 0<sup>m</sup>,40,&mdash;Beurre nain, h. 0<sup>m</sup>,35,&mdash;Predomme, h.
+ 1<sup>m</sup>,50,&mdash;Princesse, h. 2<sup>m</sup>,&mdash;Beurre 2<sup>m</sup>,50,&mdash;B. blanc, h.
+ 2<sup>m</sup>,&mdash;de Prague rouge, h. 2<sup>m</sup>,50,&mdash;de P. marbré, h. 2<sup>m</sup>,&mdash;de P.
+ bicolore, h. 2<sup>m</sup>,50,&mdash;de Villetaneuse, h. 2<sup>m</sup>.</p>
+</div>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Igname de la chine</span> (<i>Dioscorea Batatas</i>).&mdash;Cette plante, dont
+l'introduction en France date de 1848, a résisté à l'épreuve du
+temps, sous laquelle ont succombé un grand nombre de plantes
+nouvelles. Elle justifie de plus en plus les espérances fondées sur
+les services qu'elle rend dans son pays natal, et l'on peut dire
+maintenant qu'elle est digne à tous égards de figurer au premier
+rang sur la liste de nos plantes potagères.</p>
+
+<p>La saveur des racines tuberculeuses de l'Igname de la Chine diffère
+peu de celle de la Pomme de terre; elles sont aussi riches en
+fécule, et peuvent, comme la Pomme de terre, recevoir toute sorte
+d'assaisonnements.</p>
+
+<p>Ces racines sont annuelles; laissées en terre, elles s'atrophient
+chaque année, mais seulement après avoir donné naissance à de
+nouvelles racines, qui partent du collet de la plante.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page143" name="page143"></a>(p. 143)</span> On multiplie l'Igname de la Chine en plantant, en mars ou
+avril, sans plus de soins que n'en exige la culture bien comprise de
+la Pomme de terre, soit les bulbilles qui naissent dans les
+aisselles des feuilles, soit les jeunes racines que produisent les
+bulbilles, soit enfin le collet des racines destinées à la
+consommation. On plante les Ignames de la Chine en lignes, à 0<sup>m</sup>,20
+ou 0<sup>m</sup>,25 les unes des autres, en tous sens. Dans les terrains
+siliceux, qui conviennent mieux que tous les autres à la culture de
+cette plante, la récolte des Ignames de la Chine peut être faite
+l'année même de la plantation. Les frais d'arrachage ne dépassent
+pas sensiblement alors ce que coûte ordinairement la récolte des
+Carottes longues, par exemple. Néanmoins, pour obtenir de cette
+plante tout ce qu'elle peut produire, il faut laisser les racines en
+terre pendant deux ans. D'après ce que nous avons été à même de
+constater dans nos propres cultures, le rendement en racines de
+l'Igname de la Chine dépasse toujours de beaucoup la seconde année
+ce que la même étendue de terrain aurait pu produire de Pommes de
+terre. Il en résulte que, malgré les deux années de culture et les
+frais d'arrachage, cette opération offre encore des avantages
+certains.</p>
+
+<p>Bien que les tiges de l'Igname de la Chine soient grimpantes, elles
+n'ont pas besoin d'être ramées, et l'on peut les laisser ramper sur
+le sol. S'il arrivait même qu'elles prissent un trop grand
+développement la seconde année, on pourrait sans inconvénient en
+donner une partie aux bestiaux, qui les mangent avec plaisir comme
+fourrage frais. L'Igname de la Chine est peu sensible au froid; sous
+le climat de Paris, elle passe très-bien en pleine terre les hivers
+ordinaires. Cependant, il est prudent d'arracher les Ignames de la
+Chine dès que les tiges sont complétement sèches.</p>
+
+<p>Placée dans les mêmes conditions que la Pomme de <span class="pagenum"><a id="page144" name="page144"></a>(p. 144)</span> terre,
+l'Igname de la Chine peut se conserver facilement cinq et six mois
+hors de terre.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Laitue</span> (<i>Lactuca sativa</i>).&mdash;On en cultive deux races principales:
+les Laitues pommées (<i>Lactuca capitata</i>) et les Laitues romaines
+(<i>Lactuca romana</i>).</p>
+
+<p><i>Laitues.</i>&mdash;On les divise en Laitues pommées, de printemps, d'été,
+d'hiver, et à couper.</p>
+
+<p><i>Laitues de printemps.</i>&mdash;Dans la première quinzaine d'octobre, on
+sème la variété dite petite noire, sur un ados exposé au midi;
+lorsque les cotylédons sont bien développés et que les premières
+petites feuilles commencent à paraître, on place trois rangs de
+cloches sur l'ados, et l'on repique sous chacune une trentaine de
+plants; puis on élève ces Laitues sans jamais leur donner d'air.
+Mais il n'en est pas de même pour les autres variétés, qu'on sème
+dans la seconde quinzaine du mois: car lorsque le plant est bien
+repris, ce qui se voit quand il commence à végéter, on donne un peu
+d'air en soulevant les cloches d'environ 0<sup>m</sup>,03 du côté opposé au
+vent. Au bout de quelques jours, on augmente progressivement, selon
+l'état de la température, et afin de fortifier le plant. Il ne faut
+rabattre les cloches que lorsqu'il gèle à 2 ou 3 degrés. Lorsque la
+gelée devient plus forte, on garnit les cloches avec du fumier bien
+sec, qu'on augmente en raison de l'intensité du froid.</p>
+
+<p>On découvre les cloches au moment du soleil; mais on doit s'assurer
+avant si le plant ne souffre pas de la gelée; car il faudrait alors,
+au lieu de découvrir, augmenter la couverture et le laisser dégeler
+graduellement.</p>
+
+<p>Dans la première quinzaine de novembre, on plante sur couche (sous
+panneaux ou sous cloches), et à partir de cette époque, on continue
+successivement jusqu'à la fin de février. En mars, on plante en
+pleine terre, à bonne <span class="pagenum"><a id="page145" name="page145"></a>(p. 145)</span> exposition, toujours avec des plants
+pris sur le même ados.</p>
+
+<p>Vers la fin de février ou au commencement de mars, on sème sur
+couche et sous panneau; et lorsque le plan est assez fort, on le
+repique en planches que l'on aura eu soin de pailler avant la
+plantation.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Crêpe ou petite noire, &mdash; Gotte, &mdash; Georges, &mdash; À bord
+ rouge. &mdash; Bigotte.</p>
+
+<p>On sème aussi ces variétés en août et en septembre; on les plante
+sur des vieilles couches, qu'on recharge de terreau, de manière
+qu'elles se trouvent près du verre; mais c'est seulement quand il
+gèle qu'on les recouvre de panneaux, et en ayant soin de leur donner
+autant d'air qu'il est possible. On en conserve souvent jusqu'en
+décembre.</p>
+
+<p><i>Laitues d'été.</i>&mdash;On commence à en semer dès les premiers jours
+d'avril, puis jusqu'en juillet, successivement tous les quinze
+jours, afin d'en avoir qui se succèdent pendant toute la saison. Les
+soins sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués précédemment;
+seulement, en raison de l'époque, les arrosements doivent être
+beaucoup plus fréquents.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blonde de Versailles, &mdash; Bl. d'été, &mdash; Bl. de Berlin,
+ &mdash; Batavia blonde, &mdash; Bl. brune, &mdash; de Malte, &mdash; Turque, &mdash;
+ Impériale, &mdash; verte de Gênes, &mdash; grosse brune paresseuse, &mdash;
+ Palatine, &mdash; rouge chartreuse, &mdash; rousse à graine jaune, &mdash;
+ sanguine ou flagellée.</p>
+
+<p><i>Laitues d'hiver.</i>&mdash;On commence à les semer en août, et l'on peut
+continuer jusque vers le milieu de septembre. En octobre on les
+plante dans une plate-bande, à bonne exposition, et on les garantit
+des fortes gelées et de la <span class="pagenum"><a id="page146" name="page146"></a>(p. 146)</span> neige en les couvrant avec de
+la litière, qu'on enlève toutes les fois que le temps le permet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De la passion, &mdash; Morine &mdash; Brune d'hiver.</p>
+
+<p><i>Laitues à couper.</i>&mdash;On peut facilement en avoir presque toute
+l'année, et en commençant à semer sur couche en janvier et en
+février, puis en pleine terre dès le mois de mars successivement
+jusqu'en novembre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À pincer, &mdash; Chicorée, &mdash; Épinard.</p>
+
+<p><i>Laitues romaines.</i>&mdash;On en cultive plusieurs variétés que l'on peut
+classer, comme les Laitues pommées, en Romaines de printemps, d'été
+et d'hiver.</p>
+
+<p><i>Romaines de printemps.</i>&mdash;Dans la première quinzaine d'octobre, on
+sème la Romaine verte hâtive, et dans la seconde, les Romaines
+blonde et grise maraîchère; on traite le plant comme celui des
+Laitues pommées cultivées à cette époque; seulement, dans le courant
+de novembre, on relève le plant des Romaines vertes pour le
+replanter immédiatement; mais alors on n'en place plus que douze ou
+quinze par cloche.</p>
+
+<p>Vers la fin de décembre ou le commencement de janvier, on commence à
+planter sous panneaux ou sous cloches, et à partir de cette époque
+on continue successivement jusqu'à la fin de février; en mars, on
+plante en pleine terre, à bonne exposition.</p>
+
+<p><i>Romaines d'été.</i>&mdash;On les cultive absolument comme les Laitues
+d'été, à la seule différence que pour les faire blanchir, on lie
+avec un ou deux liens de paille les variétés qui ne se coiffent pas
+elles-mêmes. Cette opération ne doit avoir lieu que par un temps
+sec, et dès lors il faut s'abstenir de mouiller les feuilles en
+arrosant.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Alphange, &mdash; Blonde de Brunoy, &mdash; Monstrueuse, &mdash;
+ Panachée, &mdash; Dorée, &mdash; À feuille de chêne.</p>
+
+<p><i>Romaines d'hiver.</i>&mdash;On les traite comme les Laitues <span class="pagenum"><a id="page147" name="page147"></a>(p. 147)</span>
+d'hiver; et pour semer à cette époque, on donne généralement la
+préférence à la Romaine rouge d'hiver, variété très-rustique et
+supportant le mieux les gelées.</p>
+
+<p>Les graines de Laitues et de Romaines mûrissent en août, et elles se
+conservent bonnes pendant cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lentilles</span> (<i>Ervum lens</i>).&mdash;Cette plante est plus cultivée en plein
+champ que dans les jardins; on la sème en rayons en mars et avril.
+Dans un terrain sec et sablonneux ses produits sont beaucoup plus
+abondants que dans un terrain gras et humide; car alors elle végète
+beaucoup, mais ne donne que très-peu de graines. La variété à
+laquelle on donne généralement la préférence est celle de
+<i>Gallardon</i>.</p>
+
+<p>La durée germinative des semences de Lentille est de trois ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mâche de Hollande</span> (<i>Valerianella olitoria</i>).&mdash;Elle aime une terre
+douce et bien fumée. On commence à en semer en août et jusqu'à la
+fin d'octobre. On la sème à la volée; et après avoir hersé à la
+fourche, on la recouvre légèrement avec le râteau, et l'on arrose si
+le temps est sec. Celle qu'on a semée en octobre sera bonne au
+printemps.</p>
+
+<p>Il existe une nouvelle variété de Mâche à feuilles panachées, qui
+peut être cultivée exactement de la même manière.</p>
+
+<p><i>Mâche d'Italie ou régence.</i>&mdash;C'est une espèce à feuilles plus
+larges, mais plus tardive; on en sème souvent parmi celle de
+Hollande, de manière à prolonger la durée du semis.</p>
+
+<p>Les graines de Mâche sont bonnes à récolter en juin, et elles se
+conservent pendant quatre ou cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Maïs</span> (<i>Zea maïs</i>).&mdash;Dans les jardins, on cultive particulièrement le
+Maïs pour ses jeunes épis, que l'on fait <span class="pagenum"><a id="page148" name="page148"></a>(p. 148)</span> confire au
+vinaigre comme les cornichons ou pour manger cuits à l'eau comme les
+pommes de terre. On le sème en mai en pleine terre, ou en avril sur
+couche, pour le repiquer ensuite à 0<sup>m</sup>,60 de distance. Quand les
+plantes prennent de la force, on les butte, et on retranche les
+bourgeons qui viennent au pied.</p>
+
+<p>La durée germinative des semences du Maïs est de deux ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc hâtif, &mdash; Quarantain, &mdash; à poulets, &mdash; sucré.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Melons</span> (<i>Cucumis Melo</i>).&mdash;La culture des Melons, sur laquelle il a
+déjà paru beaucoup de traités, rarement écrits par des praticiens,
+est on ne peut plus facile; cependant, dans nos pays elle exige des
+soins assidus et intelligents, surtout pour ceux de première saison:
+car alors on a à lutter contre les chances défavorables de la
+température; et la bonne culture a une telle influence sur la
+qualité des fruits, que, quoique placés dans des conditions bien
+moins favorables, nos Melons cantaloups sont ordinairement
+supérieurs en qualité à ceux des contrées méridionales, où ils sont
+semés en plein champ et abandonnés à eux-mêmes.</p>
+
+<p>Cette culture peut se faire de trois manières: sous panneaux, sous
+cloches et en pleine terre.</p>
+
+<p><i>Melons sous panneaux.</i>&mdash;On ne cultive sous panneaux que le
+Cantaloup Prescott fond blanc et ses variétés.</p>
+
+<p>Dans la culture de haute primeur on sème les premiers Melons dès les
+premiers jours de janvier; mais, dans les cultures ordinaires, on
+sème seulement dans les premiers jours de février.</p>
+
+<p>On prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,75 d'épaisseur, composée de
+moitié fumier neuf, moitié fumier recuit.</p>
+
+<p>On la charge de 0<sup>m</sup>,10 de terreau, de manière que le semis se trouve
+peu éloigné du verre. On entoure le coffre <span class="pagenum"><a id="page149" name="page149"></a>(p. 149)</span> d'un bon
+réchaud de fumier, et lorsque la chaleur de la couche est favorable
+(25 à 30 degrés), on trace des rayons, on sème des graines, que l'on
+recouvre légèrement; on tient les panneaux couverts de paillassons
+pendant deux ou trois jours, jusqu'à ce que ces graines aient levé;
+après quoi on découvre tous les jours, en ayant soin de recouvrir
+avant la nuit. Quelques jours après la levée des graines, on
+commence à donner un peu d'air par le haut des panneaux chaque fois
+que le temps le permet, afin de fortifier le plant. Lorsque les
+cotylédons sont bien développés, on prépare une autre couche, de
+même épaisseur que la précédente, mais dont la longueur doit être
+proportionnée à la quantité de plants que l'on veut repiquer; puis
+on la charge de terreau. On place les coffres, on étend le terreau
+également, et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on
+choisit le plant le plus vigoureux, et on le repique avec le doigt,
+comme on le ferait avec un plantoir. On fait ordinairement dix rangs
+par coffre, et l'on repique ses Melons à 0<sup>m</sup>,12 de distance sur la
+ligne, ayant soin de les enfoncer jusqu'aux cotylédons; ou bien on
+enfonce des pots de 0<sup>m</sup>,08 de diamètre sur la couche; on les emplit
+de bonne terre douce mêlée de terreau, on la foule légèrement, et
+lorsque la chaleur est favorable, on repique un pied de Melon dans
+chaque pot<a id="footnotetag7" name="footnotetag7"></a><a href="#footnote7" title="Go to footnote 7"><span class="smaller">[7]</span></a>; et, dans ce cas comme dans l'autre, on tient les
+panneaux couverts de paillassons pendant trois ou quatre jours, pour
+faciliter <span class="pagenum"><a id="page150" name="page150"></a>(p. 150)</span> la reprise du plant; après quoi on découvre tous
+les jours, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.</p>
+
+<p><i>Première taille.</i>&mdash;Lorsque la tige primitive a trois ou quatre
+feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (<i>fig. <a href="#img011">11</a></i>);
+ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité
+ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige.</p>
+
+<a id="img011" name="img011"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img011.jpg" width="500" height="162" alt="" title="">
+<p>Fig. 11.&mdash;Melon, première taille.</p>
+</div>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de
+0<sup>m</sup>,60 d'épaisseur et 1<sup>m</sup>,33 de largeur, composées de fumier neuf,
+de feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un
+tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge
+d'environ 0<sup>m</sup>,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on
+place les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les
+coffres, on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié,
+et, quand la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de
+Melon sous chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de
+trous sur le milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur
+couche, on lève les plants avec une bonne motte, et l'on plante un
+pied de Melon dans chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer
+jusqu'aux premières feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le
+plant avec précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite,
+on place la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la
+tige se trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe
+légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du
+pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après
+la plantation on donne un <span class="pagenum"><a id="page151" name="page151"></a>(p. 151)</span> peu d'eau au pied; au moment du
+soleil, on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant
+quelques jours on s'abstient de donner de l'air.</p>
+
+<p>Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon
+réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant
+la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des
+paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la
+température le permet.</p>
+
+<a id="img012" name="img012"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img012.jpg" width="500" height="199" alt="" title="">
+<p>Fig. 12.&mdash;Melon, deuxième taille.</p>
+</div>
+
+<p><i>Deuxième taille.</i>&mdash;La première taille, c'est-à-dire le pincement de
+la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches
+latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers
+le bas; et lorsqu'elles ont environ 0<sup>m</sup>,33 de longueur, on les
+taille au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (<i>fig. <a href="#img012">12</a></i>),
+suivant la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le
+développement de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un
+bon paillis de fumier à moitié consommé.</p>
+
+<p><i>Troisième taille.</i>&mdash;La seconde taille détermine le développement de
+trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur
+végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et
+lorsqu'elles ont environ 0<sup>m</sup>,33 de longueur, on les taille au-dessus
+de la troisième feuille (<i>fig. <a href="#img013">13</a></i>), sans avoir égard aux fleurs,
+que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont
+ordinairement <span class="pagenum"><a id="page152" name="page152"></a>(p. 152)</span> des fleurs mâles, qu'on nomme fausses
+fleurs; si par hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées
+mailles, on supprime aussi les branches où elles se trouvent, car
+alors les plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits
+seraient très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la
+troisième taille, on surveille avec soin le développement des
+nouvelles branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on
+choisit le mieux fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux
+au-dessus du fruit, que l'on garantit avec les feuilles
+environnantes, de manière qu'il ne soit pas atteint par les rayons
+directs du soleil, qui le durciraient; puis l'on supprime
+immédiatement sur chaque pied tous les autres fruits, afin de
+favoriser le développement de celui que l'on a laissé, et l'on pince
+toutes les autres branches au-dessus de la seconde feuille (<i>fig.
+<a href="#img013">13</a></i>).</p>
+
+<a id="img013" name="img013"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img013.jpg" width="500" height="209" alt="" title="">
+<p>Fig. 13.&mdash;Melon, troisième taille.</p>
+</div>
+
+<p>Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme
+régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime,
+et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à
+peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit
+sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second
+fruit, mais en <span class="pagenum"><a id="page153" name="page153"></a>(p. 153)</span> exigeant toujours les mêmes conditions que
+pour le premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera
+un ou deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à
+couper toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières
+feuilles et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du
+coffre. Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les
+panneaux, il faut choisir le moment de la journée où la température
+est la plus douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui
+sont excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent
+nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque
+il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température
+que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point
+retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement,
+il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau
+avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux,
+moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du
+soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les
+soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible,
+les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure
+que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il
+faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne
+faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de
+couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la
+plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des
+panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque
+fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur
+de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute
+leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement,
+car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol;
+et comme elles se développent rapidement, <span class="pagenum"><a id="page154" name="page154"></a>(p. 154)</span> elles ne tardent
+pas à pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir
+de toute opération qui pourrait en arrêter le développement.</p>
+
+<p>Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à
+mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février
+donnent en mai<a id="footnotetag8" name="footnotetag8"></a><a href="#footnote8" title="Go to footnote 8"><span class="smaller">[8]</span></a>.</p>
+
+<p>Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est
+avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des
+circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du
+soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme,
+malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner
+les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent
+que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de
+nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface
+intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de
+donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des
+fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet
+bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté,
+on <span class="pagenum"><a id="page155" name="page155"></a>(p. 155)</span> peut donner de l'air toutes les fois qu'il est
+nécessaire. Par ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que
+ceux précédemment indiqués; seulement on fait une couche beaucoup
+moins forte, et on fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous
+de la couche.</p>
+
+<p>Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de
+Melons.</p>
+
+<p>Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température
+commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi
+fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi
+souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un
+emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de
+Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture
+soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite
+sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de
+largeur et de 0<sup>m</sup>,33 de profondeur; on dépose les terres à
+l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la
+dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0<sup>m</sup>,66
+d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de
+fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une
+tranchée à 0<sup>m</sup>,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est
+pas trop compacte, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,15; on fait une couche
+dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on
+trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière
+couche.</p>
+
+<p>Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend
+la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on
+entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les
+sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable,
+on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on <span class="pagenum"><a id="page156" name="page156"></a>(p. 156)</span>
+leur donne les mêmes soins qu'aux Melons de première saison.</p>
+
+<p><i>Melons sous cloches.</i>&mdash;Pour planter sous cloches, on peut encore
+semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers
+préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la
+fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous
+panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour
+l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la
+plantation, on fait une tranchée de 0<sup>m</sup>,65 de largeur sur 0<sup>m</sup>,40 de
+profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,75 d'épaisseur.
+On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne
+terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est
+favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0<sup>m</sup>,66 les uns des
+autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une
+cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours,
+pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre
+les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à
+végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le
+jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever,
+ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches,
+mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait
+mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps
+humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la
+Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter
+plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la
+taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués
+pour les Melons cultivés sous panneaux.</p>
+
+<p><i>Melons sur buttes.</i>&mdash;Nous allons maintenant donner la description
+d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, <span class="pagenum"><a id="page157" name="page157"></a>(p. 157)</span> récemment
+indiquée par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol
+des buttes en forme de cône, faites avec du fumier à moitié
+consommé, des feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0<sup>m</sup>,50
+ou 0<sup>m</sup>,60 de diamètre à la base, 0<sup>m</sup>,60 de hauteur, et on les
+établit à environ 1 mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être
+préparés comme pour les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien
+les mélanger, et les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure
+qu'on les emploie, il faut les fouler de manière que les buttes
+subissent le moins de tassement possible; et, quelle que soit la
+nature des substances employées pour construire ces buttes, il faut
+les couvrir d'environ 0<sup>m</sup>,15 de bonne terre, préparée comme nous
+l'avons indiqué précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte
+un petit trou d'environ 0<sup>m</sup>,10 de diamètre, que l'on remplit de
+terreau fin; puis on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour
+ne laisser plus tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien,
+ce qui est encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il
+faut, dans ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on
+enlèvera lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous
+renvoyons, pour les soins à donner et pour la première taille, à ce
+qui a été dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les
+cloches, on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de
+leur conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain
+environnant, puis on les couvrira complétement d'un paillis de
+fumier, que l'on peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette
+couverture a l'avantage de maintenir la fraîcheur des arrosements.
+On visitera les buttes de temps à autre. Les soins à donner
+consistent à faire descendre les branches qui prendraient une
+mauvaise direction, à arracher les mauvaises herbes à mesure
+qu'elles paraîtront; et lorsque les branches seront arrivées
+<span class="pagenum"><a id="page158" name="page158"></a>(p. 158)</span> à peu près au milieu de la butte, on en pincera
+l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de nouvelles
+branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de fruits; et comme
+elles atteignent promptement le bas de la butte, il en faut couper
+une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles commencent à
+ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les soins se
+borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou un bout de
+planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à peu près à
+moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent ces buttes,
+elles offrent l'avantage d'être plus facilement pénétrées par les
+rayons solaires, ce qui est un point important dans les cultures de
+ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des branches est tellement
+favorable à la fructification, que chaque butte peut facilement
+produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant de l'été; les premiers
+commencent ordinairement à mûrir dans la seconde quinzaine de
+juillet, et continuent à donner des fruits jusqu'en septembre.</p>
+
+<p>On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les
+meilleures variétés:</p>
+
+<div class="type">
+<p><i>Melons brodés.</i>&mdash;Maraîcher.&mdash;Sucrin de Tour.&mdash;S. à chair
+ blanche.&mdash;Ananas d'Amérique,&mdash;d'Arkangel,&mdash;de Grammont,&mdash;de
+ Honfleur,&mdash;de Cavaillon.</p>
+
+<p><i>Melons cantaloups.</i>&mdash;Orange.&mdash;Noir des Carmes,&mdash;de Vingt-Huit
+ Jours.&mdash;Prescott fond blanc.&mdash;Pr. fond gris.&mdash;Galeux fond
+ vert,&mdash;de Portugal.&mdash;Noir de Hollande.</p>
+
+<p><i>Melons à écorce lisse.</i>&mdash;De Malte,&mdash;de M. à chair
+ rouge,&mdash;d'Hiver,&mdash;de Perse.<a id="footnotetag9" name="footnotetag9"></a><a href="#footnote9" title="Go to footnote 9"><span class="smaller">[9]</span></a></p>
+</div>
+
+<p><i>Melons d'eau, Pastèques</i> (<i>Cucurbita Citrullus</i>).&mdash;On les cultive
+comme les Melons à cloches, à cette différence <span class="pagenum"><a id="page159" name="page159"></a>(p. 159)</span> près, qu'on
+laisse une plus grande quantité de fruits sur chacun.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Navet</span> (<i>Brassio Napus</i>).&mdash;Les navets viennent assez bien dans tous
+les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce
+n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une
+bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai
+jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un
+temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus
+ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine
+pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août.
+On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane,
+afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les
+couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les
+conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés,
+que l'on divise en <i>Navets tendres</i>, <i>demi-tendres et secs</i>; pour
+les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut
+prendre, comme étant les plus hâtifs.</p>
+
+<p>Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes
+pendant cinq ans.</p>
+
+<div class="type">
+<p><i>Navets tendres.</i>&mdash;Des Vertus.&mdash;Blanc plat hâtif.&mdash;Rouge plat
+ hâtif.&mdash;Boule de Neige.</p>
+
+<p><i>Navets demi-tendres.</i>&mdash;Jaune de Hollande.&mdash;J. d'Écosse.&mdash;J. de
+ Malte.&mdash;J. de Finlande.&mdash;Rose du Palatinat.&mdash;Rond de
+ Croissy.&mdash;Gris de Morigny.</p>
+
+<p><i>Navets secs.</i>&mdash;De Freneuse,&mdash;de Meaux,&mdash;de Berlin petit.&mdash;Jaune
+ long.</p>
+</div>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Oignon</span> (<i>Allium cepa</i>).&mdash;L'Oignon aime une terre douce et
+substantielle, fumée de l'année précédente; on <span class="pagenum"><a id="page160" name="page160"></a>(p. 160)</span> le sème à
+la volée dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est
+favorable, mieux en février et même en mars dans les terres fortes.
+Après le semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres
+légères, il faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe
+le râteau, et on recouvre les graines d'une légère couche de
+terreau. Si le temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de
+favoriser la germination; puis, lorsque les graines ont bien levé,
+on éclaircit dans les places où le plant est trop épais, et l'on
+repique dans celles où il en manque. Pendant leur végétation les
+Oignons n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements,
+qu'il faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez
+ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les
+fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la
+séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin
+d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on
+les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour
+qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier.
+Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait
+engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de
+mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Rouge foncé, &mdash; R. pâle, &mdash; Jaune des Vertus, &mdash;
+ Souffré d'Espagne, &mdash; pyriforme, &mdash; de Madère.</p>
+
+<p>On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même
+des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup
+montent à graine au printemps.</p>
+
+<p><i>Oignon blanc.</i>&mdash;On le sème en pépinière et à la volée dans la
+première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la
+fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres
+légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain
+qu'on destine à la <span class="pagenum"><a id="page161" name="page161"></a>(p. 161)</span> plantation de l'Oignon blanc. On trace
+10 ou 12 rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on repique les
+Oignons à 0<sup>m</sup>,10 de distance sur la ligne.</p>
+
+<p>Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec
+de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin
+d'avril ou au commencement de mai.</p>
+
+<p>Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de
+plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en
+janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en
+semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront
+beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Oignon blanc hâtif, &mdash; Oignon blanc gros.</p>
+
+<p><i>Oignon d'Égypte</i> ou <i>Rocambole</i>.&mdash;Il diffère des autres en ce qu'il
+porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les
+plante en mars, à 0<sup>m</sup>,12 les uns des autres, et chacun de ces
+bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque
+les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour
+servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le
+nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars
+suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des
+bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment
+indiquée.</p>
+
+<p><i>Oignon Patate.</i>&mdash;On le plante en février ou plus tôt, si le temps
+le permet, à 0<sup>m</sup>,30 ou 0<sup>m</sup>,40 de distance; pendant sa végétation on
+le butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement
+des bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère.</p>
+
+<p>On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent
+pendant deux ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page162" name="page162"></a>(p. 162)</span> <span class="smcap">Oseille</span> (<i>Rumex acetosa</i>).&mdash;On la multiplie au printemps
+par éclats de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars
+jusqu'en juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une
+légère couche de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on
+en fait ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en
+été, il faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de
+copieux arrosements pendant la sécheresse.</p>
+
+<p>On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on
+donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié
+consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève
+les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en
+hiver.</p>
+
+<p>À cet effet, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur,
+dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on
+charge la couche de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20 de terreau; après quoi on plante
+10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les
+panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que
+possible.</p>
+
+<p>On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des
+coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers
+qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que
+l'on remanie de loin en loin.</p>
+
+<p>On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au
+commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement
+jusqu'à la fin de février.</p>
+
+<p>Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant
+deux ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Vierge, &mdash; de Belleville, &mdash; de Frévent.</p>
+
+<p><i>Oseille Épinard.</i>&mdash;On cultive sous ce nom la Patience des jardins,
+<i>Rumex Patientia</i>. Cette plante a les feuilles grandes et allongées;
+elle est d'une saveur plus douce que <span class="pagenum"><a id="page163" name="page163"></a>(p. 163)</span> l'Oseille, et se
+multiplie facilement, soit de graines semées au printemps, en place
+ou en pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds.
+Il faut les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Patience est de trois ans.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Oxalis crénelée</span> (<i>Oxalis crenata</i>).&mdash;Cette plante est d'une
+multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand
+nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement
+peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées
+comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que
+l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles
+ont poussé d'environ 0<sup>m</sup>,12, on commence à les butter au centre,
+afin de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis,
+à mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre
+jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former.
+À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de
+fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard
+possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez
+avancée.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Panais</span> (<i>Pastinaca sativa</i>).&mdash;Il leur faut une terre profonde et
+substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut
+les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus
+larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne
+craignent nullement les gelées.</p>
+
+<p>La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que
+pendant un an.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Panais long, &mdash; Panais rond.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page164" name="page164"></a>(p. 164)</span> <span class="smcap">Patate douce</span> (<i>Convolvulus Batatas</i>).&mdash;On cultive les
+Patates sur couche et sous châssis, sur couche sourde et en pleine
+terre.</p>
+
+<p>On les multiplie de graines, qu'on sème en mars sur couche et sous
+châssis; mais comme on en récolte rarement, le plus souvent on les
+multiplie de la manière suivante: dans les premiers jours de janvier
+on fait choix de quelques tubercules parmi les mieux conservés; on
+les dépose sur couche chaude et on les couvre de châssis sur
+lesquels on étend des paillassons pendant la nuit; peu de temps
+après ils entrent en végétation. Alors on les couvre de 0<sup>m</sup>,05 ou
+0<sup>m</sup>,06 de terre légère, et à l'époque de la plantation, on détache
+le plant du tubercule mère pour le planter immédiatement en place;
+ou bien, lorsqu'on veut avoir du plant d'une reprise plus facile, on
+enlève les jeunes pousses à mesure qu'elles ont atteint 0<sup>m</sup>,06 ou
+0<sup>m</sup>,08 de longueur, on les repique dans des pots d'environ 0<sup>m</sup>,06
+que l'on enterre sur couche; on les couvre d'une cloche, après quoi
+l'on bassine au besoin, et lorsque les boutures sont enracinées, ce
+qui a lieu assez promptement, on commence à soulever un peu la
+cloche, et l'on augmente graduellement pour l'enlever tout à fait
+lorsqu'elles peuvent supporter l'air sans se faner.</p>
+
+<p>1. <i>Patates sur couche et sous châssis.</i>&mdash;Dans la première quinzaine
+de février, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,70 d'épaisseur,
+moitié fumier et moitié feuilles. La hauteur de la couche doit être
+calculée de telle sorte qu'après qu'elle aura été chargée d'environ
+0<sup>m</sup>,25 de bonne terre mêlée de terreau, le tout ne soit pas à plus
+de 0<sup>m</sup>,10 du verre. Après avoir placé les coffres, on pose les
+panneaux, et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on
+plante les Patates sur deux rangs et à 0<sup>m</sup>,60 de distance sur la
+ligne. En les plantant, il faut avoir soin de bien étendre les
+racines; car si elles étaient contournées, <span class="pagenum"><a id="page165" name="page165"></a>(p. 165)</span> cela nuirait
+essentiellement à la production des tubercules. Pendant la nuit, on
+couvre les panneaux avec des paillassons, puis on remanie les
+réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur de la
+couche; on bassine au besoin et l'on donne de l'air toutes les fois
+que le temps le permet. Comme en grossissant il arrive souvent que
+les tubercules sortent de terre, il faut avoir soin de les recouvrir
+de quelques centimètres de terre. On peut récolter en mai ou juin au
+plus tard les Patates ainsi traitées; on détache les plus grosses,
+et si l'on recouvre les racines avec soin, elles ne continueront pas
+moins de végéter jusqu'à l'automne. En septembre on suspend les
+arrosements, afin de ne point prolonger la végétation, ce qui
+nuirait essentiellement à la maturité des tubercules.</p>
+
+<p>2. <i>Patates sur couche sourde.</i>&mdash;Dans le courant d'avril, on prépare
+une couche sourde d'environ 1 mètre de largeur sur 0<sup>m</sup>,50
+d'épaisseur; on la recouvre de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25 de bonne terre légère
+et substantielle, et vers la fin d'avril ou au commencement de mai
+on plante les Patates sur un rang et à 0<sup>m</sup>,65 l'une de l'autre; on
+couvre chaque pied d'une cloche sur laquelle on met un peu de
+litière au moment du soleil; au bout de quelques jours on commence à
+donner de l'air, en soulevant les cloches pendant le jour, et on
+enlève celles-ci lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches.</p>
+
+<p>Pendant la végétation, les soins se bornent à arroser toutes les
+fois qu'il en est besoin.</p>
+
+<p>Vers la fin d'août ou au commencement de septembre, on trouvera des
+tubercules bons à être consommés; mais c'est seulement dans le
+courant d'octobre que l'on fait la récolte complète. Il faut la
+faire avec beaucoup de précaution, car les Patates qui sont rompues
+ou froissées pourrissent promptement.</p>
+
+<p>3. <i>Patates en pleine terre.</i>&mdash;En mai, on fait de 0<sup>m</sup>,60 <span class="pagenum"><a id="page166" name="page166"></a>(p. 166)</span>
+en 0<sup>m</sup>,60 des trous de 0<sup>m</sup>,50 de largeur et de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40 de
+profondeur; on remplit le fond de fumier, on le couvre d'environ
+0<sup>m</sup>,20 de terre légère et substantielle, et l'on plante trois
+Patates dans chaque trou, en les disposant de manière qu'elles se
+trouvent à environ 0<sup>m</sup>,8 l'une de l'autre. On arrose, on recouvre
+d'une cloche, et l'on ombre au besoin.</p>
+
+<p>Dans les terres légères et saines, on peut, sous le climat de Paris,
+cultiver les Patates simplement en pleine terre, sur buttes de 0,80
+de hauteur ou par planches d'environ 1 mètre de largeur, dont on
+recharge le milieu de manière à former un billon sur la crête duquel
+on plante un rang de Patates. Après la plantation, on les garantit
+des rayons brûlants du soleil jusqu'à une parfaite reprise, après
+quoi tous les soins consistent à les arroser au besoin.</p>
+
+<p>4. <i>Conservation des Patates.</i>&mdash;Le procédé le plus simple pour
+conserver les Patates consiste à déposer les tubercules dans un lieu
+sec où la température, étant la plus égale possible, ne descende pas
+au-dessous de 12 degrés. Par ce moyen, l'on peut facilement
+conserver des Patates sans altération jusqu'en février et mars. On
+peut aussi conserver les Patates sur place, comme le fait M.
+Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, en les couvrant avec
+des panneaux vitrés et des paillassons, de manière à empêcher le
+froid de pénétrer sous les panneaux.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanche, &mdash; jaune, &mdash; rose de Malaga, &mdash; violette.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Perce-pierre.</span> <i>Bacille maritime</i>, <i>Fenouil marin</i> (<i>Crithmum
+maritimum</i>).&mdash;On la sème aussitôt la maturité des graines ou en
+mars, sur couche, pour la repiquer au pied d'un mur, au midi ou au
+levant; on la couvre de litière pendant l'hiver, parce qu'elle est
+délicate et sensible aux gelées.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page167" name="page167"></a>(p. 167)</span> La graine de Perce-pierre ne conserve sa qualité
+germinative que pendant un an.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Persil</span> (<i>Petroselinum sativum</i>).&mdash;On le sème en rayons, depuis le
+mois de février jusqu'en mai et juin; et pour, n'en pas manquer en
+hiver, il faut le couvrir de feuilles ou de litière dès l'approche
+des gelées. On peut aussi poser des coffres sur des planches
+disposées à cet effet, puis on les couvre de panneaux; enfin, en
+janvier ou février, on peut semer sur terre, mais sous panneaux; de
+cette manière on a du jeune Persil dans la seconde quinzaine de
+mars.</p>
+
+<p>Les graines de Persil mûrissent en août, et elles se conservent
+pendant trois ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Frisé, &mdash; Nain très-frisé à grosse racine.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Piment</span> (<i>Capsicum annuum</i>).&mdash;On le sème sur couche en février ou
+mars, en avril sur plate-bande terreautée, pour le repiquer à la fin
+d'avril ou au commencement de mai en pleine terre, à bonne
+exposition.</p>
+
+<p>La durée germinative de la graine de Piment est de quatre ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Long, &mdash; rond, &mdash; du Chili, &mdash; doux d'Espagne, &mdash;
+ tomate.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pimprenelle</span> (<span class="smcap">Petite</span>) (<i>Poterium Sanguisora</i>).&mdash;On la sème au
+printemps ou à l'automne; on en fait ordinairement des bordures qui
+sont excessivement rustiques.</p>
+
+<p>Les graines de Pimprenelle mûrissent en septembre, et elles se
+conservent pendant deux ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pissenlit.</span> <i>Dent de lion</i> (<i>Taraxacum dens leonis</i>).&mdash;Cette plante
+est peu cultivée, car on en trouve abondamment dans les prés;
+cependant, quand les pissenlits sont semés au printemps, on les
+obtient plus beaux et de meilleure <span class="pagenum"><a id="page168" name="page168"></a>(p. 168)</span> qualité, surtout si
+l'on a soin de récolter les graines sur les individus dont les
+feuilles sont les plus larges. Indépendamment de la salade, qu'ils
+produisent vers la fin de l'hiver, on peut en faire blanchir à
+l'automne. Il suffit, pour cela, de les recouvrir de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15
+de terreau bien consommé; et dès qu'ils commencent à percer la
+couche de terreau, on les coupe sur le collet de la racine.</p>
+
+<p>La durée germinative des graines de Pissenlit est de deux ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Poireau</span> (<i>Allium Porrum</i>).&mdash;On commence à semer le Poireau vers la
+fin de décembre ou le commencement de janvier, sur couche et sous
+panneaux; vers la fin de février ou au commencement de mars, on
+repique le plant en pleine terre et il la volée; vers la fin
+d'avril, c'est-à-dire lorsque le plant est assez fort, on trace huit
+ou dix rangs par planches de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on repique le
+Poireau à 0<sup>m</sup>,15 de distance sur la ligne. On arrache le plant
+nécessaire à la plantation en éclaircissant le semis, et l'on
+commence à consommer les pieds restés en place, ce qui donne à ceux
+qu'on a repiqués le temps de se former. On peut aussi en semer en
+juillet pour repiquer au commencement de septembre; puis, dans la
+seconde quinzaine de septembre, on fait un dernier semis, et, comme
+toujours, on sème à la volée, mais très-clair, car alors on ne
+repique pas. Ce Poireau est bon à récolter en juin.</p>
+
+<p>Les graines de Poireau sont bonnes à récolter en août, et elles ne
+se conservent que pendant deux ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Court, &mdash; long, &mdash; monstrueux de Rouen, &mdash; jaune du
+ Poitou.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Poirée blonde</span> (<i>Beta vulgaris</i>).&mdash;On la sème en rayons, de mai en
+août; et pour avoir toujours des feuilles <span class="pagenum"><a id="page169" name="page169"></a>(p. 169)</span> bien tendres, il
+faut les couper souvent et les arroser fréquemment pendant la
+sécheresse. Pour n'en pas manquer en hiver, on peut, dès l'approche
+des gelées, relever ses racines en motte, pour les planter sur
+couche; ou bien on pose des coffres et des panneaux sur des planches
+disposées à cet effet. On relève la terre des sentiers, puis on
+entoure les coffres d'un réchaud de vieux fumier; ou donne de l'air
+aussi souvent que possible.</p>
+
+<p>La Poirée blonde peut au besoin être mangée comme épinards.</p>
+
+<p><i>Poirée à cardes.</i>&mdash;On la sème en pépinière en mai et juin. Lorsque
+le plant est assez fort, on le repique immédiatement en place. On
+trace trois rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de large, et l'on repique à
+0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne. Pendant la sécheresse on arrose
+abondamment, afin d'avoir des cardes grosses et bien tendres.
+Pendant les gelées on les couvre de litière, et c'est seulement au
+printemps qu'on commence à les récolter.</p>
+
+<p>Les graines de Poirée mûrissent en septembre, et se conservent
+bonnes pendant cinq ou six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À cardes blanches, &mdash; à cardes rouges, &mdash; à cardes
+ jaune, &mdash; du Chili. La plus remarquable de toutes les Poirées à
+ cardes par le développement et la riche coloration de ses côtes.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pois</span> (<i>Pisum sativum</i>).&mdash;Au commencement de novembre, on sème les
+premiers Pois sur terre, mais sous panneaux, pour repiquer le plan
+également sous panneaux.</p>
+
+<p>Dans le courant de décembre, on place les coffres qu'on destine à la
+plantation et on enlève environ un bon fer de bêche dans chacun, de
+manière à avoir 0<sup>m</sup>,45 à 0<sup>m</sup>,50 de profondeur sous les panneaux;
+l'on dépose la terre dans les sentiers, ce qui sert à accoter les
+coffres; après quoi on dresse le terrain, on passe le râteau, et
+l'on trace dans <span class="pagenum"><a id="page170" name="page170"></a>(p. 170)</span> chaque coffre quatre rayons d'environ
+0<sup>m</sup>,08 de profondeur, en ayant soin de les distancer également, mais
+de manière à laisser plus d'espace vers le bas du coffre, qui est
+naturellement la partie la plus humide. Une fois l'emplacement
+préparé, et dès que le plant a 0<sup>m</sup>,08 ou 0<sup>m</sup>,10 de hauteur, on le
+soulève, afin de ne point rompre les racines en l'arrachant, puis on
+le repique par 3 ou 4 ensemble et à environ 0<sup>m</sup>,20 de distance sur
+la ligne.</p>
+
+<p>Lorsque les Pois ont 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25 de hauteur, on couche toutes
+les tiges vers le haut du coffre; et pour les maintenir dans cette
+position, on les recouvre d'un peu de terre. Peu de jours après,
+l'extrémité des tiges se relève et continue de pousser; ils ne
+tardent pas à fleurir; alors on pince toutes les tiges au-dessus de
+la troisième ou de la quatrième fleur, afin de les faire fructifier
+plus promptement.</p>
+
+<p>Pendant la nuit on couvre les panneaux avec des paillassons; on
+donne de l'air toutes les fois que la température le permet, et l'on
+fait quelques bassinages, ce qui doit avoir lieu avec beaucoup de
+ménagement, afin de ne point déterminer une végétation trop
+vigoureuse, qui nuirait essentiellement à la récolte.</p>
+
+<p>Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de
+panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de
+janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la
+température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on
+les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent
+après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt
+que les Pois semés en place en novembre et décembre.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans
+la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace
+des rayons un peu profonds et à 0<sup>m</sup>,25 les uns des autres. Après le
+semis, on couvre les <span class="pagenum"><a id="page171" name="page171"></a>(p. 171)</span> Pois de quelques centimètres de
+terreau; et lorsqu'ils ont 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 de hauteur, on donne un
+binage et l'on remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on
+couvre les Pois avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que
+la température le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois
+ont souffert de la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre,
+les laisser dégeler graduellement et ne les découvrir que si le
+temps se radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut
+semer successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour
+récolter en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du
+semis, les soins consistent à donner quelques binages, à pincer
+l'extrémité des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la
+quatrième fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames
+aux grandes variétés. On cultive un grand nombre de variétés de
+Pois; nous ne citerons seulement que les plus répandues, que nous
+placerons dans leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que
+pour les semis qui auront lieu en pleine terre avant le mois de
+février, il faut prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus
+hâtif est moins rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce
+dernier, semé en février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé
+d'automne.</p>
+
+<p>La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans.</p>
+
+<div class="duree">
+ <p><i>Pois à écosser.</i>&mdash;Carter, h. 0<sup>m</sup>,80.&mdash;Prince Albert, h.
+ 0<sup>m</sup>,45.&mdash;Ridé nain hâtif, h. 0<sup>m</sup>,25.&mdash;Michaux de Hollande, h.
+ 0<sup>m</sup>,90.&mdash;M. de Ruelle, h. 1<sup>m</sup>.&mdash;M. ordinaire, h. 1<sup>m</sup>,20.&mdash;Nain de
+ Hollande, h. 0<sup>m</sup>,60.&mdash;N. à châssis, h. 0<sup>m</sup>,20.&mdash;N. de Bretagne,
+ h. 0<sup>m</sup>,36.&mdash;N. gros sucré, h. 0<sup>m</sup>,30.&mdash;N. vert anglais, h.
+ 0<sup>m</sup>,46.&mdash;N. vert de Prusse, h. 0<sup>m</sup>,60.&mdash;N. vert impérial, h.
+ 0<sup>m</sup>,50.&mdash;Bishop à longue cosse, h. 0<sup>m</sup>,48.&mdash;Champion d'Écosse, h.
+ 0<sup>m</sup>,60,&mdash;de Clamart, h. 1<sup>m</sup>,30,&mdash;de Marly, h.
+ 1<sup>m</sup>,35,&mdash;d'Auvergne, h. 1<sup>m</sup>,20;&mdash;à la moelle de Victoria, h.
+ 1<sup>m</sup>,50.&mdash;Ridé ou de Knight, h. 1<sup>m</sup>,40.&mdash;R. vert, h.
+ 1<sup>m</sup>,30.&mdash;Turc, h. 0<sup>m</sup>,85.</p>
+
+ <p><span class="pagenum"><a id="page172" name="page172"></a>(p. 172)</span> <i>Pois sans parchemin ou Mange-tout.</i>&mdash;Nain, h.
+ 0<sup>m</sup>,75,&mdash;à fleurs blanches, h. 1<sup>m</sup>,65,&mdash;à fleurs rouges, h.
+ 1<sup>m</sup>,60,&mdash;à cosse blanche, h. 1<sup>m</sup>,45,&mdash;à cosse jaune, h.
+ 1<sup>m</sup>,20.&mdash;Géant, h. 1<sup>m</sup>,90.</p>
+</div>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pommes de terre</span> (<i>Solanum tuberosum</i>).&mdash;On ne cultive ordinairement
+dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables
+par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres
+appartiennent essentiellement à la grande culture.</p>
+
+<p>Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur
+couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement
+de février. À cet effet, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,40
+d'épaisseur, on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0<sup>m</sup>,20
+de bonne terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on
+plante les pommes de terre à 0<sup>m</sup>,33 de distance sur la ligne (la
+variété connue sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour
+planter à cette époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux
+avec des paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que
+possible. Par ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles
+dans la première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et
+l'on recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps
+après.</p>
+
+<p><i>Pleine terre.</i>&mdash;En pleine terre, on plante les premières Pommes de
+terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation
+doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé
+de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à
+moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait
+ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les
+Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus
+rapprochés les uns des autres que pour les Haricots.</p>
+
+<p>Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour
+planter les Pommes de terre, on dispose la semence <span class="pagenum"><a id="page173" name="page173"></a>(p. 173)</span> par
+rang sur le sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et,
+avec la terre provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de
+terre.</p>
+
+<p>Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec
+soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une
+maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés.</p>
+
+<p>Pour avancer l'époque de la récolte, on peut, comme le font beaucoup
+de cultivateurs des environs de Paris, faire germer les Pommes de
+terre avant de les planter, en les plaçant dans une pièce de
+l'habitation.</p>
+
+<p>Pendant l'été, les Pommes de terre doivent être binées plusieurs
+fois, puis buttées lorsqu'elles sont arrivées au terme moyen de leur
+développement. Cette opération, considérée comme inutile par les
+uns, recommandée par les autres, est, on peut le dire, aussi
+nécessaire dans les terres légères qu'elle peut être nuisible dans
+les terres humides.</p>
+
+<p>Depuis quelques années, des essais de plantations d'automne ont été
+tentés dans le but de récolter les Pommes de terre beaucoup plus
+tôt.</p>
+
+<p>Malgré tous les soins apportés à cette opération, nous n'avons pas
+trouvé jusqu'à présent de différence appréciable dans les résultats
+de cette culture, comparés à ceux qu'on obtient en plantant au
+printemps, et, à notre avis du moins, il serait préférable, plutôt
+que de planter en automne, de rechercher les variétés hâtives qui
+peuvent être récoltées avant l'époque où la maladie des Pommes de
+terre commence à sévir.</p>
+
+<p>On récolte dans la première quinzaine de juin les Pommes de terre
+hâtives plantées en février; et, comme nous l'avons dit relativement
+aux pieds cultivés sur couche, on détache seulement les plus
+grosses, et l'on recouvre les racines avec soin, afin de prolonger
+la récolte. À <span class="pagenum"><a id="page174" name="page174"></a>(p. 174)</span> partir de l'époque ci-dessus indiquée, on
+peut planter successivement jusqu'à la fin de juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;<i>Jaunes rondes.</i> Naine hâtive, Schaw, régent des
+ Cordillières. &mdash; <i>Jaunes longues.</i> Marjolin, lapston kidney,
+ marjolin deuxième saison. &mdash; <i>Rouges rondes.</i> Truffe d'août, de
+ Strasbourg, de Montreuil. &mdash; <i>Rouges longues.</i> Pousse debout.
+ Vitelotte. Xavier. &mdash; <i>Violettes.</i> Plate hâtive, &mdash; de Vincennes,
+ &mdash; Smith seedling.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pourpier</span> (<i>Portulaca oleracea</i>).&mdash;On le sème sur couche en février
+et mars, et en pleine terre en mai et pendant tout l'été; il ne faut
+presque pas recouvrir les graines; mais on doit les bassiner
+assidûment jusqu'à ce qu'elles aient bien levé.</p>
+
+<p>La durée germinative de la graine de Pourpier est de huit ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Pourpier vert, &mdash; Pourpier doré.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Radis</span> (<i>Raphanus sativus</i>).&mdash;Les premiers semis ont lieu vers le 15
+septembre, sur ados. S'il survient des froids pendant la nuit, on
+couvre le plant avec des paillassons. En décembre, on sème sur
+couche et sous panneaux; en février, on sème encore sur couche, mais
+à l'air libre, puis en mars commencent les semis de pleine terre,
+qui peuvent être continués jusqu'en automne. Pour avoir toujours des
+radis bien tendres, il faut en semer souvent, et par conséquent en
+petite quantité, ce qui fait que, sur couche comme en pleine terre,
+on ne les sème ordinairement que parmi d'autres plantes. Les semis
+d'été doivent autant que possible, être faits à l'ombre et arrosés
+souvent, et pour cette époque on peut semer indistinctement toutes
+les variétés; mais sur couche il faut semer de préférence le Radis
+rose hâtif ou le rose demi-long.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc hâtif de Hollande, &mdash; violet hâtif, &mdash; rose rond
+ hâtif, &mdash; rose demi-long, &mdash; rose demi-long à bout blanc, &mdash; gris
+ d'été, &mdash; jaune ou roux.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page175" name="page175"></a>(p. 175)</span> <span class="smcap">Raves.</span>&mdash;On les cultive exactement de même que les Radis
+roses.</p>
+
+<p><i>Radis d'hiver, Raifort.</i>&mdash;On les sème à la volée depuis le 1<sup>er</sup>
+juin jusqu'au 10 juillet: comme on sème presque toujours trop dru,
+il faut éclaircir le plant. Ces radis peuvent se conserver tout
+l'hiver en les mettant en jauge et en les couvrant pendant les
+gelées, ou bien en les déposant dans la serre à légumes.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Noir, &mdash; rose de Chine, &mdash; violet de Gournay.</p>
+
+<p><i>Radis serpent</i>, <i>Radis queue de rat</i> (<i>Raphanus caudatus</i>).&mdash;Semés
+pendant les mois de juin, juillet et août, à 1 mètre les uns des
+autres en tous sens, ces Radis prennent en peu de temps un grand
+développement et produisent une quantité prodigieuse de siliques que
+l'on peut manger comme les Radis ordinaires, dont elles ont
+exactement la saveur.</p>
+
+<p>Les graines de Radis sont bonnes à récolter en août, et elles
+peuvent se conserver pendant cinq ans.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Raifort sauvage</span> (<i>Cranson</i>, <i>Cochlearia armoracia</i>).&mdash;Les racines de
+cette plante ont une saveur extrêmement piquante; après avoir été
+râpées, elles peuvent remplacer la Moutarde. On le multiplie de
+tronçons de racines à l'automne; mais ce n'est guère que la
+troisième année que les racines sont de grosseur à être employées.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Raiponce</span> (<i>Campanula rapunculus</i>).&mdash;On sème la Raiponce à la volée
+en juin et juillet. Comme la graine est extrêmement fine, il faut la
+mêler avec du sable ou de la terre fine et très-sèche, car sans
+cette précaution le semis serait inégal ou trop dru. On ne recouvre
+pas la graine; il suffit de passer le râteau, de fouler le terrain
+très-légèrement, après quoi on étend sur le tout un peu de grande
+<span class="pagenum"><a id="page176" name="page176"></a>(p. 176)</span> litière, qu'on enlève aussitôt après la levée des graines,
+dont on favorise la germination par de fréquents bassinages; assez
+ordinairement on sème parmi la Raiponce un peu d'Épinards ou de
+Radis, afin de protéger le jeune plant. C'est seulement en février
+que l'on commence à récolter les Raiponces, et la récolte peut s'en
+prolonger jusqu'à ce qu'elles montent en graines.</p>
+
+<p>Les graines de Raiponce mûrissent en juillet et août, et elles se
+conservent bonnes pendant cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rhubarbe</span> (<i>Rheum</i>).&mdash;On cultive de la Rhubarbe dans les jardins pour
+le pétiole de ses feuilles, avec lequel on fait d'excellentes
+confitures, ou pour remplacer les fruits que l'on met quelquefois
+dans les pâtisseries.</p>
+
+<p>Elle se multiplie de graines semées aussitôt après la maturité, ou
+mieux encore par la séparation des pieds, que l'on divise au
+printemps, en ayant soin que chaque éclat soit au moins muni d'un
+germe reproducteur; enfin, quel que soit le mode de multiplication,
+on les plante à environ 1 mètre de distance, et tous les soins
+consistent à couper les vieilles feuilles et à donner chaque année
+un binage au printemps. On commence ordinairement à couper les
+pétioles vers la fin de mai ou au commencement de juin.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Rhubarbe en juin, et elles se conservent
+bonnes pendant trois ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Myatt's linnæus, &mdash; Myatt's Victoria, &mdash; prince
+ Albert.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salsifis blanc</span> (<i>Tragopogon porrifolium</i>).&mdash;On le sème en mars,
+avril et mai, en lignes ou à la volée, en terre profonde et
+substantielle, fumée de l'année précédente. Si le temps est sec, on
+bassine assidûment le semis, afin de favoriser la levée des graines;
+si le plant est trop dru, on éclaircit, puis on donne quelques
+binages.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page177" name="page177"></a>(p. 177)</span> On commence à récolter les racines en octobre, puis
+successivement jusqu'au printemps. Pour n'en pas manquer en hiver,
+on en met en jauge vers la fin de novembre, ou bien on les couvre
+sur place pendant les gelées.</p>
+
+<p>Les graines de Salsifis mûrissent en juillet, et elles ne sont
+bonnes que pendant un an.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sarriette des jardins</span> (<i>Satureia hortensis</i>).&mdash;On la sème au
+printemps, après quoi elle se ressème tous les ans d'elle-même, sans
+qu'il soit nécessaire de lui donner aucun soin.</p>
+
+<p><i>Sarriette vivace</i> (<i>S. montana</i>).&mdash;On la multiplie de graines
+semées au printemps, ou par éclats des pieds à la même époque.</p>
+
+<p>Les graines de Sarriette se conservent bonnes pendant trois ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Scorsonère d'Espagne ou Salsifis noir</span> (<i>Scorzonera Hispanica</i>).&mdash;On
+la sème soit en août, soit en mars et avril, en ligne ou à la volée:
+les soins à donner sont exactement les mêmes que ceux qui sont
+indiqués pour le Salsifis blanc; seulement, comme elle monte en
+graines la même année, dans le courant de juillet on coupe les tiges
+rez terre; et comme rarement les racines acquièrent dès la première
+année la grosseur suffisante pour être mangées, il faut recommencer
+cette opération l'année suivante. On commence à récolter les racines
+en octobre, puis successivement jusqu'au printemps.</p>
+
+<p>On récolte les graines de Scorsonère vers la fin de juillet sur les
+individus de deux ans, et elles se conservent bonnes pendant deux
+ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tétragone étalée</span> ou <span class="smcap">Épinards d'été</span> (<i>Tetragonia expansa</i>).&mdash;Cette
+plante peut très-bien remplacer l'Épinard <span class="pagenum"><a id="page178" name="page178"></a>(p. 178)</span> pendant l'été,
+car elle en a complétement la saveur. On la sème sur couche en
+février et mars, après avoir fait tremper les graines, et lorsqu'on
+ne craint plus les gelées, on repique le plant en pleine terre à
+environ 0<sup>m</sup>,60 de distance en tous sens. Dès que les tiges
+commencent à couvrir le sol, on coupe les feuilles et l'extrémité
+des jeunes pousses.</p>
+
+<p>Les semences mûrissent en automne, et elles se conservent bonnes
+pendant cinq ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tomate</span> ou <span class="smcap">Pomme d'amour</span> (<i>Solanum lycopersicum</i>).&mdash;On sème les
+premières Tomates, dès le mois de septembre, et en pots, que l'on
+dépose dans la serre à Ananas, ou sur couche et sous panneaux, pour
+les planter sur couche en janvier. Plantées à cette époque, les
+fruits commencent à mûrir dès les premiers jours de mai. En janvier
+on sème sur couche et sous panneaux; et lorsque le plant est assez
+fort, on le repique en pépinière également sur couche et sous
+panneaux. Quelques jours après la plantation, on commence à donner
+un peu d'air, afin de fortifier le plant. En février ou mars, on
+prépare une seconde couche de 0<sup>m</sup>,50 d'épaisseur, dont la chaleur
+soit de 20 à 25 degrés; on la charge de 0<sup>m</sup>,25 de terreau, après
+quoi l'on plante quatre pieds de Tomates sous chaque panneau.
+Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, on
+bassine au besoin, on donne de l'air au moment du soleil; et lorsque
+les plantes commencent à se développer, on fait choix de deux
+branches sur chacune, puis on les abaisse de manière à empêcher
+qu'elles ne touchent à la surface intérieure des panneaux. Pour les
+maintenir dans cette position, on les attache à de petits piquets
+qu'on enfonce dans la couche à une certaine distance du pied; puis
+on supprime les autres rameaux; et lorsque les plantes sont
+suffisamment garnies de fleurs, on pince l'extrémité de toutes les
+branches.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page179" name="page179"></a>(p. 179)</span> À partir de cette époque on supprime avec soin tous les
+nouveaux bourgeons, et quand les Tomates commencent à rougir, on
+effeuille complétement sur les fruits, afin d'avancer la maturité.
+On sème encore des Tomates en février et mars, et lorsque le plant
+est bon à planter, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur et de
+0<sup>m</sup>,80 de largeur. On la charge de 0<sup>m</sup>,25 de terreau, on trace deux
+rangs, et l'on plante les Tomates à 0<sup>m</sup>,80 de distance sur la ligne.
+On met une cloche sur chacune et l'on donne de l'air toutes les fois
+que le temps le permet; puis on enlève les cloches dès que les
+gelées ne sont plus à craindre. Lorsque les plantes commencent à se
+développer, on choisit trois ou quatre branches sur chacune, on les
+attache à un échalas, et l'on supprime les autres; puis,
+lorsqu'elles ont atteint 0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre de hauteur, on en pince
+toutes les extrémités, si toutefois les plantes sont garnies de
+fleurs, car dans le cas contraire on ne les rabat que lorsqu'elles
+sont plus élevées, et, comme nous l'avons indiqué précédemment, on a
+soin d'enlever tous les nouveaux bourgeons; on supprime quelques
+feuilles, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille
+complétement sur les fruits.</p>
+
+<p>Pour planter en pleine terre, on sème en février et mars, également
+sur couche et sous panneaux; on repique le plant en pépinière, et
+lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on relève le plant en
+motte pour le mettre en pleine terre.</p>
+
+<p>On trace deux rangs par planche, et l'on plante les Tomates à 0<sup>m</sup>,80
+de distance sur la ligne. On arrose abondamment pendant les
+chaleurs, après quoi la taille et les autres soins sont en tout
+semblables à ceux que nous avons précédemment indiqués.</p>
+
+<p>Les graines de Tomates se conservent bonnes pendant cinq ans.</p>
+
+<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page180" name="page180"></a>(p. 180)</span> <b>Variétés.</b>&mdash;Rouge hâtive, &mdash; rouge grosse, &mdash; à tige
+ raide ou monstrueuse, &mdash; jaune, &mdash; poire, &mdash; cerise.</p>
+
+<p><i>Serre à légumes.</i>&mdash;On n'a pas toujours un lieu convenable pour
+serrer ses légumes, et l'on est souvent obligé d'accepter un hangar
+incommode ou bien une cave humide et mal aérée, où les plantes
+potagères ne peuvent être conservées sans altération.</p>
+
+<p>Dans une circonstance semblable, il n'y a rien à faire, et il faut
+se résigner à ne garder que de petites provisions; mais quand on
+peut disposer d'une cave spacieuse, privée de lumière, et dont l'air
+peut être renouvelé à volonté par des portes ou des soupiraux, on se
+trouve dans les conditions les plus favorables pour conserver les
+légumes.</p>
+
+<p>La serre à légumes doit être divisée en plusieurs compartiments,
+dans lesquels on dépose par lits les végétaux qu'on veut conserver,
+en ayant soin de mettre un peu de sable ou de terre sèche entre
+chacun. Cette méthode convient aux plantes à racines; quant aux
+Choux, Choux-fleurs, Cardons, Chicorée, etc., il faut les arracher
+avec leurs racines et les planter dans le sable à un intervalle
+suffisant pour éviter un contact qui engendrerait la pourriture.</p>
+
+<p>On peut par ce moyen conserver jusqu'en avril et mai des légumes de
+l'année précédente.</p>
+</div>
+
+<h2>CHAPITRE XII<br>
+<span class="smaller">Maladies des Plantes potagères.</span></h2>
+
+<p>La connaissance des maladies qui attaquent les plantes potagères est
+d'une mince importance, d'autant plus que rarement on peut y porter
+remède, et que la nature seule peut amener la guérison.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page181" name="page181"></a>(p. 181)</span> Chaque fois qu'un végétal se trouve dans un état
+pathologique par suite d'influences ambiantes défavorables qui ont
+développé en lui un état morbide, et que ses tissus ne jouissent
+plus d'assez d'énergie vitale pour lutter contre le mal, la
+désorganisation commence, et l'unique moyen de guérison est un
+redoublement de soins pour rendre au végétal sa vigueur première.</p>
+
+<p>Les parasites qui croissent sur les végétaux malades ne sont pas la
+cause du mal; ils en sont tout simplement l'effet. À quoi bon alors
+savoir que le <i>Puccinia Asparagi</i> croît sur l'Asperge, le
+<i>Sclerotium varium</i> sur le Chou; plusieurs espèces d'<i>Uredo</i> sur le
+Céleri, le Haricot, la Pimprenelle et le Poireau; le <i>Botrytis
+effusa</i> sur l'Épinard; le <i>Fusisporium</i> sur le Melon; l'<i>Acrosporium
+monilioides</i> sur l'Oignon; l'<i>Erysiphe communis</i> sur les Pois; le
+<i>Botrytis infestans</i> sur la Pomme de terre, etc.?</p>
+
+<p>Ce sont là, nous le répétons, des effets et non des causes.</p>
+
+<p>Dans les saisons froides et humides, à des expositions défavorables,
+par suite de l'absence de soins et de précautions, les végétaux
+souffrent et tombent malades; mais avec de l'eau, du fumier et des
+abris, on peut prévenir tout ce mal, qu'on ne pourrait pas réparer
+une fois qu'il existerait.</p>
+
+<h2>CHAPITRE XIII<br>
+<span class="smaller">Jardin fruitier.</span></h2>
+
+<p>Les personnes pour lesquelles nous écrivons ce livre ayant rarement
+un jardin fruitier distinct du potager, nous n'avons pas cru devoir
+donner des dispositions spéciales pour le verger; nous nous sommes
+borné à réunir toutes <span class="pagenum"><a id="page182" name="page182"></a>(p. 182)</span> les notions qu'il importe de
+posséder pour tirer un parti avantageux de ses arbres fruitiers.</p>
+
+<p>Ce chapitre contient les principes généraux de plantation, de
+taille, d'ébourgeonnage et de palissage, sans avoir égard aux
+différences qui existent entre les arbres de diverses sortes. Nous
+traiterons dans des articles spéciaux des soins qu'il convient de
+donner à chaque espèce en particulier.</p>
+
+<h3>§ 1.&mdash;Plantation.</h3>
+
+<p>Le succès des plantations dépend de plusieurs conditions qui,
+malheureusement, ne sont pas assez observées. La première est de se
+rendre compte de la nature du sol, ce qui devra guider pour le choix
+des arbres; car un arbre greffé sur un tel sujet languira dans un
+terrain où il aurait, au contraire, prospéré, s'il eût été greffé
+sur un autre. Le choix des arbres est également très-important, mais
+présente bien des difficultés; car les pépiniéristes se préoccupent
+si peu de l'avenir des arbres qu'ils élèvent, qu'ils négligent trop
+souvent leur éducation première et préparent ainsi bien des
+déceptions aux planteurs. Il faut qu'ils soient jeunes et vigoureux,
+que l'écorce en soit bien lisse, le sujet toujours bien proportionné
+à la greffe, et surtout qu'ils aient été arrachés avec beaucoup de
+soin.</p>
+
+<p>L'époque la plus favorable pour la plantation est aussitôt après la
+chute des feuilles, dans les terres légères; mais dans les terres
+fortes et humides on ne plantera qu'en février et mars. Avant de
+planter, on visitera les racines, et l'on coupera proprement
+l'extrémité de toutes celles qui auraient été rompues, sans en
+retrancher aucune et en ayant soin de conserver tout le chevelu. Si,
+à cette époque, le terrain n'était pas prêt à être planté, ou si la
+plantation nécessitait plusieurs journées de travail, il faudrait
+faire mettre les plants en jauge par rangées et de manière <span class="pagenum"><a id="page183" name="page183"></a>(p. 183)</span>
+à pouvoir les retirer un à un lors de la plantation. Si quelque
+circonstance empêchait de planter aux époques indiquées à partir de
+la fin de mars jusqu'à l'époque où l'on pourra les mettre en place,
+il faudra les relever tous les quinze jours, et les remettre
+immédiatement en jauge, puis les arroser. Plus la saison avancera,
+plus il faudra prendre de précautions: car ils auront poussé
+beaucoup de jeunes racines, qu'il faut avoir soin de ne pas rompre.
+Si l'on observe bien ce que nous conseillons, on pourra ne les
+planter définitivement qu'en juin. Ces plantations tardives devront
+être arrosées pendant les fortes chaleurs; il sera même bien de
+mettre un ou deux arrosoirs d'eau dans le trou avant de planter.</p>
+
+<p>Pour les plantations faites aux époques ordinaires, il faut toujours
+que les trous soient faits en automne, même dans les terrains où
+l'on ne doit planter qu'en mars; ils devront être larges et
+profonds, c'est-à-dire proportionnés au volume des racines, et de
+manière qu'elles s'y étendent à leur aise. Dans les terres
+très-légères, on obtiendra toujours un bon résultat si, après avoir
+fait des trous d'un mètre au moins de profondeur et d'une largeur
+proportionnée, on met, au fond, des gazons placés de telle sorte que
+les racines soient en dessus. Dans les terres humides et sujettes à
+retenir l'eau, il faut aussi faire des trous très-larges et
+très-creux, et mettre au fond de menus plâtras; puis on les remplit
+jusqu'à la hauteur nécessaire avec de bonne terre mêlée de fumier
+consommé; enfin, il vaudrait mieux retarder la plantation de
+quelques jours que de planter par la pluie ou dans une terre trop
+humide. Quand le moment de la plantation sera venu, on placera
+l'arbre au milieu du trou, le plus d'aplomb possible, pendant qu'une
+autre personne fera couler la terre bien meuble et fine entre les
+racines; puis, pour ne laisser aucun vide, on soulèvera l'arbre
+doucement en le maintenant <span class="pagenum"><a id="page184" name="page184"></a>(p. 184)</span> dans sa position verticale. On
+ne doit enterrer les arbres que jusqu'au collet, c'est-à-dire à
+environ 0<sup>m</sup>,10 au-dessus des racines; et, pour ceux qui sont greffés
+rez terre, on ne doit pas les couvrir par-dessus la greffe, afin
+que, par suite du tassement des terres, les racines ne se trouvent
+pas trop profondément enterrées. Lorsqu'on jugera que l'arbre est à
+la hauteur voulue, on couvrira toutes les racines de terres fines,
+puis on remplira le reste du trou avec de la terre mêlée de fumier
+consommé. Pour fixer l'arbre, on foulera légèrement la terre avec
+les pieds, en appuyant davantage sur les bords. On remettra ensuite
+de la terre pour achever de remplir le trou.</p>
+
+<p>Quelques personnes sèment en place des sujets d'arbres fruitiers
+destinés à recevoir la greffe, afin d'avoir des arbres plus
+vigoureux et qui ne soient pas retardés par la transplantation. Pour
+agir ainsi avec succès, il faut bien connaître le sous-sol; car, si
+l'on n'avait pas un bon fond de terre, on n'obtiendrait qu'un
+très-mauvais résultat. Ces arbres ayant toujours un pivot qui
+descend très-profondément, lorsqu'ils atteignent la mauvaise terre,
+ils jaunissent et n'ont plus qu'une végétation languissante.</p>
+
+<h3>§ 2.&mdash;Taille.</h3>
+
+<p>La taille des arbres fruitiers est une opération très-importante:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Elle a pour but de distribuer la séve également dans toutes les
+parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable;</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Elle dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de
+meilleure qualité:</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues
+épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins
+longtemps; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle
+prolonge l'existence des arbres.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page185" name="page185"></a>(p. 185)</span> De toutes les opérations du jardinage, la taille des arbres
+est la partie la moins avancée. Sous ce rapport, il serait à désirer
+que les praticiens se livrassent à l'étude de la physiologie
+végétale: en effet, comment procéder à une opération d'une aussi
+haute importance, si l'on ne connaît les fonctions de chacune des
+parties d'un arbre?</p>
+
+<p>Les instruments employés pour la taille sont la <i>serpette</i> et le
+<i>sécateur</i>. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne
+peut pas complétement remplacer la serpette; car son emploi
+nécessite beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point
+d'appui on occasionne une pression qui meurtrit la branche
+au-dessous de la coupe; mais il est très-avantageux pour rabattre
+une branche que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour
+tailler la Vigne et les Rosiers.</p>
+
+<p>Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois
+nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les
+grosses branches.</p>
+
+<p>On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jusqu'en
+mars, et quelquefois même encore au commencement d'avril; mais il
+est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque la plus
+favorable pour commencer cette opération, car elle varie suivant
+l'exposition et la différence de température des années.</p>
+
+<p>Il serait beaucoup plus naturel d'exécuter la taille dans l'ordre de
+la végétation: ainsi, on commencerait par les Abricotiers; puis
+viendraient les Pêchers, les Pruniers, les Poiriers, les Cerisiers
+et les Pommiers. Mais, par économie de temps, l'usage est de
+commencer par les Poiriers et les Pommiers, parce qu'ils craignent
+peu les gelées, et que l'on a presque toujours fini de les tailler à
+l'époque ou l'on commence à tailler les Pêchers.</p>
+
+<p>Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et terminer
+par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un <span class="pagenum"><a id="page186" name="page186"></a>(p. 186)</span> peu la
+vigueur; cependant il faut toujours tailler avant que la séve soit
+en mouvement; car plus tard on altérerait beaucoup la santé de ces
+arbres, et l'on n'obtiendrait que des pousses très-faibles.</p>
+
+<p>Il est aussi quelques principes généraux dont il ne faut jamais
+s'écarter:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un
+peu oblique, opposée à l'&oelig;il sur lequel on taille, et à 0<sup>m</sup>,03
+environ au-dessus, afin que la séve puisse facilement recouvrir la
+plaie; c'est aussi pour ce motif que toutes les fois qu'il est
+nécessaire de rabattre une branche, il faut la couper le plus près
+possible de son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se
+recouvre toujours plus facilement.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils
+poussent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se
+mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage; car les
+fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils
+restent ordinairement plusieurs années sans rapporter.</p>
+
+<p>Nous allons donner la description des différentes parties d'un
+arbre, qu'il est essentiel de savoir reconnaître avant de commencer
+à tailler.</p>
+
+<h4>1. <i>Arbres à fruits à noyaux.</i></h4>
+
+<p>Le <i>tronc</i> ou la <i>tige</i> est la partie qui s'élève depuis la racine
+jusqu'à la naissance des branches.</p>
+
+<p>Les <i>branches mères</i> sont ainsi nommées parce que ce sont celles qui
+donnent naissance à toutes les autres; elles naissent directement
+sur le tronc.</p>
+
+<p>Les <i>membres</i> sont les branches qui poussent sur le côté <span class="pagenum"><a id="page187" name="page187"></a>(p. 187)</span>
+des branches mères, et dont on favorise le développement pour former
+la charpente de l'arbre.</p>
+
+<p>Les <i>branches de bifurcation</i> sont des membres destinés à remplir
+les vides qui résultent du prolongement des branches mères et des
+membres; il ne faut jamais les établir que sur le troisième ou le
+quatrième bourgeon au-dessus de la taille précédente.</p>
+
+<p>Les <i>branches à bois</i> sont celles qui servent à former la charpente
+de l'arbre et le prolongement de chaque membre; elles sont faciles à
+reconnaître sur tous les arbres, à leur grosseur et aux yeux dont
+elles sont garnies, yeux qui sont toujours minces et pointus.</p>
+
+<p>Les <i>branches à fruits</i> sont généralement minces et allongées; dans
+les Pêchers, l'écorce est verte du côté du mur et rougeâtre du côté
+du soleil. Ces branches doivent être renouvelées annuellement, car
+elles ne donnent du fruit qu'une fois.</p>
+
+<p><i>Branches de remplacement.</i>&mdash;Les branches à fruits du Pêcher ne
+produisent que la seconde année, et ne portent fruit qu'une fois,
+comme nous venons de le dire. Il est donc essentiel de les remplacer
+chaque année, ce qui est très-facile, car chaque branche à fruits a
+plusieurs yeux à sa base; il suffit donc, une fois que ces yeux se
+sont développés, de choisir le bourgeon le plus vigoureux et le plus
+rapproché possible de l'insertion de la branche à fruits et de
+supprimer les autres. Ce sont ces nouvelles branches qu'on appelle
+branches de remplacement; après avoir porté fruit, elles devront
+être remplacées à leur tour, et ainsi de suite.</p>
+
+<p><i>Branches gourmandes.</i>&mdash;Sur les arbres en espalier, les gourmands
+sont généralement placés sur le dessus des membres. On les reconnaît
+facilement à leur large empatement et à leur vigueur, qui est
+tellement préjudiciable aux autres branches, qu'il faut en arrêter
+le développement <span class="pagenum"><a id="page188" name="page188"></a>(p. 188)</span> par tous les moyens possibles; on ne doit
+jamais en voir sur un arbre bien traité.</p>
+
+<p>Les <i>bourgeons</i> sont de jeunes pousses de l'année; la seconde année,
+le bourgeon devient une branche à bois ou à fruits, selon sa
+position.</p>
+
+<p>Les <i>faux bourgeons</i> ou <i>bourgeons anticipés</i> sont ceux qui naissent
+entre les feuilles des pousses de l'année.</p>
+
+<h4>2. <i>Arbres à fruits à pépins.</i></h4>
+
+<p>Les branches à bois ayant à peu près les mêmes caractères sur tous
+les arbres à fruits, nous ne parlerons que des boutons dont elles
+sont garnies: ceux des Poiriers et Pommiers sont enveloppés d'une
+membrane écailleuse; mais ils sont toujours minces et allongés,
+comme sur les Pêchers.</p>
+
+<p>Les <i>boutons à fleurs</i> sont beaucoup plus gros que les boutons à
+bois, d'une forme arrondie, et enveloppés d'une grande quantité
+d'écailles.</p>
+
+<p>Les <i>brindilles</i> sont de petites branches minces et allongées,
+terminées par un bouton à feuille ou à fleur. Les yeux dont elles
+sont garnies sont très-rapprochés, et se transforment facilement en
+boutons à fleurs. Elles doivent être conservées, car elles peuvent
+donner du fruit pendant plusieurs années.</p>
+
+<p>Les <i>lambourdes</i> sont des parties essentiellement productives; elles
+naissent sur les brindilles, et souvent aussi sur les branches à
+bois. Elles sont presque toujours terminées par un bouton à fleur,
+qui ne s'épanouit souvent que la seconde année. Les yeux dont elles
+sont garnies sont beaucoup plus rapprochés que sur les autres
+rameaux, et toujours très-disposés à fructifier. Elles restent
+plusieurs années avant d'atteindre tout leur développement, sont
+beaucoup plus grosses à leur base qu'à leur extrémité, et <span class="pagenum"><a id="page189" name="page189"></a>(p. 189)</span>
+recouvertes d'une écorce ridée circulairement dont les plis
+deviennent plus profonds en vieillissant.</p>
+
+<h4>§ 3.&mdash;Ébourgeonnage.</h4>
+
+<p>On commence cette opération dès le mois de mai, et on la continue
+pendant tout le temps de la végétation; elle consiste à supprimer
+les bourgeons mal placés, qu'il faudrait enlever à la taille
+suivante. L'ébourgeonnage a lieu sur les branches des années
+précédentes, et pour le faire on peut employer l'outil nommé
+<i>ébourgeonneur</i>.</p>
+
+<p>Quant à celui qui a lieu sur les bourgeons de l'année, comme il
+consiste à enlever les faux bourgeons, on le fait avec l'ongle. Dans
+un cas comme dans l'autre, il faut supprimer sur les arbres en
+espalier les bourgeons placés sur le devant et le derrière des
+branches, et ceux des côtés qui seraient trop rapprochés les uns des
+autres; et sur les autres arbres on enlève les bourgeons placés sur
+le dessus et le dessous des membres, ainsi que ceux qui seraient
+trop rapprochés.</p>
+
+<p>On doit commencer cette opération dès que les bourgeons à supprimer
+auront de 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03 de longueur, afin que la séve qui sera
+nécessaire à leur végétation, si l'on attendait plus tard, tourne
+immédiatement au profit de ceux qui doivent être conservés.</p>
+
+<h4>§ 4.&mdash;Palissage.</h4>
+
+<p>Le palissage consiste à fixer les bourgeons des arbres en espalier
+sur des treillages ou sur les murs, et pour cela on se sert d'osier
+et de jonc pour palisser sur le treillage, de loques et de clous sur
+les murs qui sont assez tendres pour qu'on puisse les y enfoncer
+facilement<a id="footnotetag10" name="footnotetag10"></a><a href="#footnote10" title="Go to footnote 10"><span class="smaller">[10]</span></a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page190" name="page190"></a>(p. 190)</span> L'époque où il faut commencer le palissage est indiquée par
+le développement des bourgeons; c'est ordinairement en juin qu'il
+est essentiel de s'en occuper, pour ne finir que vers la fin de la
+saison. On doit commencer en suivant l'ordre du développement des
+bourgeons; car le but de cette opération est non-seulement de fixer
+les bourgeons dans la crainte qu'ils ne soient rompus par le vent,
+mais encore de ralentir la vigueur des plus avancés en les palissant
+plus tôt que les autres. Il faut toujours, en palissant, placer les
+bourgeons en ligne droite, à égale distance et sans jamais les
+croiser l'un sur l'autre. C'est en faisant le premier palissage
+qu'il faut supprimer les fruits mal placés et éclaircir ceux qui
+sont trop serrés et qui se nuiraient réciproquement.</p>
+
+<h4>§ 5.&mdash;Fruitier.</h4>
+
+<p>La plupart des personnes qui cultivent les arbres à fruits
+choisissent pour leur fruitier la pièce la plus saine de leur
+habitation, et quelquefois même la première venue. Aussi rien
+n'est-il regardé comme plus difficile que la conservation des
+fruits. Il est certaines conditions qu'on observe généralement fort
+peu, et qui sont cependant indispensables.</p>
+
+<p>Pour conserver les fruits le plus longtemps possible et avec le plus
+de chances de succès, il faut disposer pour cet usage un local
+spécial, à demi enterré, à une exposition où la température soit le
+moins susceptible de varier et où l'air et la lumière puissent être
+renouvelés ou interceptés à volonté. On y dispose des tablettes de
+0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60 de largeur, munies d'un rebord pour empêcher les
+fruits de tomber, et on les couvre d'un lit de paille neuve, fine,
+sèche et sans odeur.</p>
+
+<p>C'est dans ce local qu'on place par espèces les fruits que la saison
+avancée empêche de laisser sur les arbres, <span class="pagenum"><a id="page191" name="page191"></a>(p. 191)</span> et qui doivent
+mûrir à des époques plus ou moins éloignées. Il faut, quelques jours
+avant de les placer définitivement dans le fruitier, les trier avec
+soin, pour en séparer ceux qui ne valent pas la peine d'être
+conservés, et les laisser se ressuyer. Quand le fruitier sera garni
+et bien sec, on le fermera à l'air et à la lumière, et tous les
+soins se borneront à visiter les fruits une ou deux fois par
+semaine.</p>
+
+<p>Les Raisins se conservent sur les tablettes comme les autres fruits,
+ou plutôt suspendus au plafond; mais ils exigent une surveillance
+scrupuleuse, et sont généralement d'une conservation assez
+difficile.</p>
+
+<p>Les personnes qui attachent un grand prix à la conservation de leurs
+fruits peuvent faire garnir de bois toutes les parois des murailles
+de leur fruitier, et elles augmenteront les chances de conservation.
+On pourrait aussi placer de la chaux vive sur les derniers rayons,
+en ayant soin de la renouveler toutes les fois qu'elle serait
+éteinte. Par ses propriétés siccatives, cette chaux conservera
+l'atmosphère toujours sèche.</p>
+
+<p>Le moyen que nous indiquons est le seul employé par les
+fruitiers-orangers; toutes les recettes de conservation sont ou peu
+sûres ou tout à fait impraticables, et nous conseillons de se
+contenter d'un fruitier, en observant les conditions de conservation
+que nous indiquons ici.</p>
+
+<h4>§ 6.&mdash;Culture des meilleures espèces de fruits.</h4>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Abricotier</span> (<i>Armeniaca vulgaris</i>).&mdash;Tous les terrains conviennent
+aux Abricotiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. On les
+greffe ordinairement sur le Prunier Saint-Julien; mais, comme dans
+les terres fortes ils poussent très-vigoureusement et fructifient
+peu, il faut en ce cas les prendre greffés sur le Prunier Cerisette,
+qui pousse beaucoup moins que le Saint-Julien.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page192" name="page192"></a>(p. 192)</span> Les fruits des Abricotiers en plein vent étant beaucoup
+plus parfumés que ceux des arbres en espalier, on ne plante
+ordinairement que quelques-uns de ces derniers, pour avoir des
+fruits mûrs un peu plus tôt, ou dans les localités où ils mûrissent
+mal en plein vent. On plante les Abricotiers à haute tige à environ
+6 mètres l'un de l'autre. Après avoir donné une bonne direction aux
+jeunes arbres, il sera encore nécessaire de les tailler chaque
+année; car sans cela les branches se dégarniraient facilement du
+bas; mais par une taille raisonnée et faite à propos on forcera
+facilement la séve à refluer dans les parties inférieures; on
+traitera de même les arbres à haute tige, et de plus on retranchera
+toutes les branches qui se dirigeraient vers l'intérieur, afin que
+l'air puisse circuler facilement. On peut rajeunir les Abricotiers
+en rabattant les grosses branches; on choisit pour les remplacer les
+jeunes jets les plus vigoureux et les mieux disposés.</p>
+
+<p>On n'avance que difficilement la maturité des Abricotiers;
+néanmoins, dans le cas où l'on voudrait l'essayer, il faut ne leur
+donner que très-peu de chaleur et ne commencer à les chauffer qu'en
+février.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Précoce ou Abricotin, &mdash; Angoumois, &mdash; Commun, &mdash; de
+ Hollande, &mdash; Alberge, &mdash; Pêche.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Amandier</span> (<i>Amygdalus communis</i>).&mdash;C'est sur la variété commune que
+se greffent les Amandiers cultivés, et l'on ne les plante guère
+qu'élevés en plein vent, où ils n'exigent aucun soin. Néanmoins,
+dans le Nord, il est nécessaire de les planter en espalier, à une
+bonne exposition, et dans cette circonstance ils doivent être
+taillés.</p>
+
+<p>L'Amandier fleurit souvent dès le mois de février; c'est à cause de
+cela qu'on le place assez ordinairement dans les jardins d'agrément.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Amandier à gros fruits, &mdash; Amandier de Tours, &mdash;
+ Amandier Princesse ou des Dames, à coque tendre.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page193" name="page193"></a>(p. 193)</span> <span class="smcap">Cerisier</span> (<i>Cerasus</i>).&mdash;Les Cerisiers ne sont pas difficiles
+sur le choix du terrain: on greffe les Cerisiers à haute tige sur le
+Merisier, et pour les autres formes sur le Sainte-Lucie.</p>
+
+<p>Pour avoir des fruits un peu plus tôt, on peut planter quelques
+Cerisiers anglais en espalier ou en former des quenouilles qui
+produisent beaucoup; mais on plante plus souvent des arbres à haute
+tige, qui produisent toujours davantage. Si on les place en lignes,
+il faut les mettre à environ 6 mètres l'un de l'autre. Il n'est
+nécessaire de les tailler que pendant les premières années, pour
+former la charpente de l'arbre; et pour les espaliers et les
+quenouilles, une fois formés, il faut ne leur supprimer que le moins
+de branches possible. On se bornera à donner une bonne direction à
+chaque membre, à mesure qu'ils prendront de l'étendue. Quand les
+Cerisiers cessent de donner du fruit, on peut facilement les
+rajeunir en rabattant les grosses branches près de leur insertion;
+ils en fournissent promptement de nouvelles, avec lesquelles on
+formera une autre tête.</p>
+
+<p><i>De la culture forcée du Cerisier.</i>&mdash;Pour avancer la maturité des
+arbres fruitiers, il faut avoir égard à la température moyenne de
+l'époque où chaque espèce commence à végéter, à entrer en fleur, et
+enfin à celle qui règne ordinairement à l'époque de la maturité des
+fruits, afin que, dans un espace de temps qui doit toujours être
+moins long que dans l'état naturel, on fasse subir aux arbres les
+différentes modifications de chaleur par lesquelles ils passent
+ordinairement; car, dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent
+fructifier qu'après avoir accompli toutes les phases de la
+végétation.</p>
+
+<p>On peut avancer la maturité des Cerisiers en espalier en plaçant
+devant eux des châssis vitrés, ou, mieux encore, en plantant en pots
+à l'automne des Cerisiers nains, <span class="pagenum"><a id="page194" name="page194"></a>(p. 194)</span> de l'espèce anglaise ou
+royale, qui sont ceux qui réussissent le mieux. Ils doivent être le
+plus ramifiés possible. On enterre les pots à bonne exposition, et,
+l'année suivante, en janvier, on les met dans une serre vitrée, où
+il suffira d'entretenir la température à 12 ou 14 degrés. On donnera
+de l'air au moment du soleil. On pourrait même les réunir aux
+Pruniers et leur donner les mêmes soins. En les mettant dans la
+serre à l'époque indiquée, les fruits sont ordinairement mûrs au
+commencement d'avril. On peut ainsi les chauffer plusieurs années de
+suite.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Anglaise, &mdash; Royale, &mdash; Reine-Hortense, &mdash; Belle de
+ Choisy, &mdash; de Portugal, &mdash; Belle magnifique, &mdash; du Nord tardive,
+ &mdash; grosse, &mdash; Guigne noire, &mdash; Guigne ambrée, &mdash; Gros bigarreau
+ noir.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Coignassier</span> (<i>Cydonia communis</i>).&mdash;On cultive généralement les
+Coignassiers pour recevoir la greffe du Poirier. La plantation doit
+avoir lieu à l'époque indiquée pour ces derniers. On n'en élève que
+peu comme arbres fruitiers; cependant les fruits en sont très-beaux,
+mais l'odeur qu'ils répandent lorsqu'ils commencent à mûrir déplaît
+généralement et force à reléguer ces arbres loin des habitations.
+Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de choisir le terrain comme
+quand ils servent de sujets à greffer les Poiriers; car alors ils
+viennent bien partout, même dans les endroits humides.</p>
+
+<p>On n'a pas besoin de tailler les Coignassiers; il suffit d'enlever
+le bois mort. La seule variété cultivée n'est guère que celle de
+<i>Portugal</i>, greffée sur le Coignassier commun, et dont les fruits
+mûrissent en octobre.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Épine-Vinette</span> (<i>Berberis</i>).&mdash;L'Épine-Vinette croît dans les sols les
+plus arides, et donne à l'automne des fruits dont on fait
+d'excellentes confitures.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page195" name="page195"></a>(p. 195)</span> <span class="smcap">Figuier.</span> (<i>Ficus Carica</i>).&mdash;Tous les terrains conviennent
+aux Figuiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Il ne faut
+planter ces arbres qu'à la fin de mars ou dans le courant d'avril;
+et, comme ils sont d'une reprise assez difficile, il faut les
+planter en mottes ou les élever en pots. On les mettra de préférence
+près d'un mur et à l'exposition la plus chaude; il serait même
+préférable, dans certains endroits, de les mettre en espalier et de
+les palisser comme les autres arbres. Mais, sous quelque forme que
+l'on élève les Figuiers, il faut les couvrir en hiver afin de les
+préserver de la gelée. Vers la fin de novembre on réunit toutes les
+branches et on les enveloppe de paille maintenue par des liens.
+Lorsque les tiges sont jeunes et peu élevées, on les abaisse sur le
+sol et on les y maintient par des crochets de bois; puis on les
+couvre de 0<sup>m</sup>,15 de terre ou de paille, pour ne les découvrir qu'à
+la fin de mars. Quelle que soit la manière dont on les abrite, il
+faut avoir grand soin de garantir le pied, et, dans le cas où les
+tiges seraient atteintes par la gelée, on les couperait au niveau du
+collet, opération que l'on pourrait faire aussi quand ils sont
+devenus trop forts. Ils repoussent rapidement de nouvelles tiges,
+qui donnent du fruit la seconde année.</p>
+
+<p>Les Figuiers produisent ordinairement deux récoltes; mais sous notre
+climat il est extrêmement rare que celle d'automne mûrisse; nous ne
+parlerons donc que de la première, qui mûrit en juillet et août.
+Pour favoriser le développement des fruits et en avancer la
+maturité, on pincera en juin le boutoir terminal des branches
+portant des fruits, ce qui empêchera ces derniers de tomber avant la
+maturité. Les Figuiers ne se taillent pas, car les amputations leur
+sont très-préjudiciables, à cause de la grande quantité de séve
+qu'ils perdent chaque fois. On se contentera donc, au printemps, de
+couper les branches mortes et de rabattre celles qui sont trop
+maigres pour donner du <span class="pagenum"><a id="page196" name="page196"></a>(p. 196)</span> fruit. Cependant, s'ils poussent
+trop vigoureusement, on pincera l'extrémité des branches, moyen
+employé souvent avec avantage pour les faire fructifier. On en
+cultive un grand nombre de variétés dans le Midi; mais à Paris on
+n'en cultive guère avec succès que deux, la <i>blanche ronde</i> et la
+<i>violette</i>.</p>
+
+<p><i>De la culture forcée du Figuier.</i>&mdash;En janvier, on recouvre les
+Figuiers d'une petite serre mobile, et on commence à les chauffer à
+15 degrés; puis on élève progressivement la chaleur jusqu'à 25
+degrés sans inconvénient, et dans les premiers jours de mai, on
+obtient des fruits mûrs.</p>
+
+<p>Nous ne parlerons que fort brièvement d'un procédé tombé chez nous
+en discrédit et sur le compte duquel on commence à revenir: nous
+voulons parler de la <i>caprification</i>. Des faits récents semblent
+prouver que cette opération n'est pas aussi inutile qu'on l'a
+prétendu, bien qu'elle ne soit pas indispensable pour la fécondation
+des Figuiers. Elle augmente le nombre des fruits, qui viennent plus
+sûrement à maturité. En l'absence des insectes fécondateurs qu'on
+trouve dans le fruit du Figuier sauvage, dont on suspend une branche
+sur le Figuier qu'on veut caprifier, on peut se borner à piquer
+l'&oelig;il de la Figue avec une aiguille trempée dans de l'huile
+d'olive, et attendre le résultat. Cette opération, que nous livrons
+à nos lecteurs pour ce qu'elle peut valoir, a au moins l'avantage de
+ne pas compromettre les fruits sur lesquels l'essai a été fait.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Framboisier</span> (<i>Rubus Idæus</i>).&mdash;Les Framboisiers viennent partout;
+mais ils préfèrent un terrain frais, léger et bien amendé, car ils
+épuisent considérablement la terre, et il est nécessaire, pour en
+avoir de beaux fruits, de leur mettre au pied, à l'automne, des
+terres neuves ou des engrais consommés.</p>
+
+<p>On les plante en automne, ou bien en février et mars, <span class="pagenum"><a id="page197" name="page197"></a>(p. 197)</span>
+selon les variétés, à environ 1 mètre de distance. Après la
+plantation, on les rabattra à environ 0<sup>m</sup>,15 de hauteur.</p>
+
+<p>Chaque année, en juin, on choisira sur chaque touffe les cinq ou six
+plus beaux bourgeons, et l'on coupera les autres. Cette suppression
+tournera à l'avantage des tiges qu'on aura laissées, et les fruits
+qu'elles produiront seront beaucoup plus beaux; ils mûrissent en
+juillet.</p>
+
+<p>En mars, on coupera rez terre les tiges qui ont porté fruit, et l'on
+taillera les autres plus ou moins long, selon leur vigueur. Il
+faudra, suivant le terrain et les soins qu'ils auront reçus, les
+changer de place tous les quatre, cinq ou six ans.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Framboisier rouge, &mdash; Fr. à fruit couleur de chair, &mdash;
+ Fr. blanc, &mdash; Fr. des quatre saisons.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Groseillier a grappes</span> (<i>Ribes rubrum</i>).&mdash;Les Groseilliers, quoique
+peu difficiles sur le choix du terrain, produiront des fruits plus
+beaux et de meilleure qualité dans les terres douces et fraîches,
+sans excès d'humidité, que dans les autres sols. On peut leur donner
+toutes les formes que l'on veut; mais il est préférable, en raison
+de la taille à laquelle ils doivent être soumis, de les élever en
+touffes.</p>
+
+<p>Les Groseilliers à grappes peuvent être mis en espalier, et ils
+mûrissent ordinairement leurs fruits de juin en juillet; mais on
+peut facilement en avancer la maturité en plaçant des châssis devant
+eux.</p>
+
+<p>On les plante a environ 1<sup>m</sup>,30 l'un de l'autre, à l'automne ou en
+février, selon la nature du terrain.</p>
+
+<p>On les taille en février: la première année, on les taille court,
+afin de favoriser le développement des yeux du bas; mais pour les
+tailles successives on devra tailler plus long, et toujours se
+rappeler que les Groseilliers ne donnent abondamment de fruits que
+sur le bois de deux ans.</p>
+
+<p>On laissera successivement se développer, chaque année, <span class="pagenum"><a id="page198" name="page198"></a>(p. 198)</span>
+les branches nécessaires pour former une belle touffe, et l'on aura
+soin d'enlever les bourgeons qui partent du pied, puis de rabattre
+les grosses branches à mesure qu'elles atteignent leur sixième année
+(ce qu'il sera facile de voir en comptant les pousses de chaque
+année); car alors elles deviennent trop élevées, se dégarnissent du
+bas et ne donnent plus que des fruits de qualité médiocre; après
+quoi on remplacera chaque branche retranchée par un jeune bourgeon.</p>
+
+<p><i>De la culture forcée du Groseillier.</i>&mdash;On peut facilement chauffer
+les Groseilliers à grappes sur place, s'ils sont plantés en
+contre-espalier; plantés en pots, on pourra les traiter comme les
+Cerisiers.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Groseillier à fruit rouge, &mdash; Gr. blanc, &mdash; Gr.
+ couleur de chair, &mdash; Gr. cerise, &mdash; Gr. Gondouin, &mdash; Gr. Queen
+ Victoria.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier à fruit noir, Cassis, Poivrier</span> (<i>R. nigrum</i>).&mdash;On le
+traite exactement comme le Groseillier ordinaire; seulement on peut
+le rabattre plus souvent, car le bois d'un an porte fruit.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Groseillier épineux ou à maquereau</span> (<i>R. uva crispa</i>).&mdash;On a obtenu,
+par la voie du semis, un nombre considérable de variétés du
+Groseillier à maquereau dont plusieurs sont remarquables par la
+grosseur de leurs fruits.</p>
+
+<p>Pour avoir toujours de beaux fruits, il faut démonter les branches
+qui produisent depuis trois ans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mûrier</span> (<i>Morus</i>).&mdash;Les Mûriers sont des arbres très-rustiques qui
+s'accommodent de presque tous les terrains, même de ceux de médiocre
+qualité, excepté de ceux qui sont constamment humides. Quelle que
+soit l'espèce, il ne faut pas la planter avant le mois de février,
+ni en retrancher aucune branche; après quoi tous les soins
+consistent à donner quelques binages.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page199" name="page199"></a>(p. 199)</span> Comme arbre à fruit, on ne cultive guère que le Mûrier
+noir, dont les fruits mûrissent de juillet en septembre. Il ne se
+taille pas, et l'on se borne à retrancher le bois mort. Lorsque ces
+arbres sont trop vieux et qu'ils ne donnent plus que de petits
+fruits, il faut les rabattre, c'est-à-dire rabattre les branches à
+quelques centimètres du tronc; ils produiront de jeunes jets
+très-vigoureux qui ne tarderont pas à se mettre à fruit.</p>
+
+<p>Le Mûrier blanc est cultivé comme arbre d'agrément, mais plus
+particulièrement encore pour recevoir la greffe des espèces à larges
+feuilles cultivées pour la nourriture des vers à soie.</p>
+
+<p>L'époque la plus favorable pour les greffer est la fin d'avril, et
+la variété la plus avantageuse, parmi celles qui sont cultivées pour
+l'usage indiqué plus haut, est le Moretti, dont les feuilles sont
+très-larges et de beaucoup préférables à celles du Multicaule. Sa
+rusticité est au moins égale à celle du Mûrier blanc ordinaire. Il
+se reproduit très-bien de graines semées au printemps.</p>
+
+<p>On élève les Mûriers en baliveaux ou en touffes, dont on peut faire
+des haies qui, bien conduites, produiront beaucoup de feuilles.</p>
+
+<p>Il est préférable de couper les branches dont on veut prendre les
+feuilles pour la nourriture des vers; mais il faut avoir soin de
+laisser toutes les petites branches, et de n'en pas détacher les
+feuilles, afin de ne pas intercepter complétement la circulation de
+la séve. À la fin de juin ou au commencement de juillet, enfin
+aussitôt qu'on aura fini de nourrir les vers, on taillera
+immédiatement les Mûriers, afin que les pousses qui se développeront
+à la séve d'août prennent assez de force pour résister aux gelées.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Néflier</span> (<i>Mespilus Germanica</i>).&mdash;Les Néfliers réussissent <span class="pagenum"><a id="page200" name="page200"></a>(p. 200)</span>
+très-bien partout, même dans les terrains très-frais. On les
+plantera en automne, à moins que la nature du sol ne le permette
+pas; comme les fruits viennent à l'extrémité des branches, ces
+arbres ne doivent pas être taillés; il serait d'ailleurs impossible
+de leur donner une forme régulière.</p>
+
+<p>On plantera de préférence le <i>Néflier à gros fruits</i>.</p>
+
+<p>Il faut cueillir les fruits en octobre et novembre, et les étendre
+sur la paille ou sur des tablettes, où ils mûrissent.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Noisetier</span> (<i>Corylus</i>).&mdash;Les Noisetiers sont très-rustiques, et
+doivent être plantés en automne; ils viennent dans tous les terrains
+et à toutes les expositions. On les élève en touffes ou à tiges, et
+ils fructifient aussi bien dans un cas que dans l'autre.</p>
+
+<p>Les fruits mûrissent en août et septembre, et tombent aussitôt après
+leur maturité.</p>
+
+<p>Plusieurs espèces ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins
+d'agrément.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Noisetier à fruit rouge, &mdash; N. grosse aveline de
+ Provence, &mdash; N. avelinier rouge, &mdash; N. à fruits en grappes.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Noyer</span> (<i>Juglans regia</i>).&mdash;Les Noyers méritent sous plusieurs
+rapports d'être cultivés; cependant on leur accorde rarement une
+place dans les jardins, à cause de l'espace qu'ils couvrent (il faut
+entre les pieds au moins 20 ou 30 mètres) et de l'étendue de leurs
+racines, qui épuisent la terre et nuisent beaucoup aux cultures
+environnantes. Ils aiment une terre douce, substantielle et
+profonde. Ils supportent assez bien la transplantation lorsqu'ils
+sont jeunes et qu'on y apporte beaucoup de soin; il faut surtout
+éviter de rabattre en les plantant, ce qui nuirait beaucoup à leur
+élévation.</p>
+
+<p>Il y a avantage à les semer en place. Dans ce cas, il faut <span class="pagenum"><a id="page201" name="page201"></a>(p. 201)</span>
+choisir les noix les plus belles et les plus mûres de la variété que
+l'on veut semer, et à l'automne on les met en terre ou bien on les
+fait stratifier dans du sable pour ne les semer qu'au printemps. Ils
+fructifieront au bout de six à huit ans de semis.</p>
+
+<p>Si l'on voulait changer la variété que l'on a semée, ou si l'on
+craignait qu'elle ne se reproduisît pas identiquement lorsque les
+sujets auront atteint environ 1 mètre de hauteur et 0<sup>m</sup>,03 de
+diamètre, il faudra, au printemps, les greffer, soit en fente, soit
+en anneau; ils prendront alors un peu moins de développement.</p>
+
+<p>Les Noyers n'ont pas besoin d'être taillés; seulement, quand ils
+sont vieux, il arrive souvent que l'extrémité des branches meurt; il
+faut alors les rabattre à environ 0<sup>m</sup>,60 du tronc, et il se forme
+une nouvelle tête.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Noyer à coque tendre, &mdash; N. tardif,&mdash; N. à bijoux
+ (pour la grosseur des fruits).</p>
+
+<p>Il y a une nouvelle espèce très-intéressante, connue sous le nom de
+<i>Juglans præparturiens</i>. Elle s'élève peu et donne des fruits de
+bonne qualité dès la seconde année de semis.</p>
+
+<p>Les noyers mûrissent leurs fruits vers la fin de septembre ou le
+commencement d'octobre; mais on peut les manger en cerneaux dès la
+fin de juillet.</p>
+
+<p>On cultive aussi comme arbres d'ornement plusieurs espèces de Noyers
+d'Amérique.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pêcher</span> (<i>Amygdalus Persica</i>)<a id="footnotetag11" name="footnotetag11"></a><a href="#footnote11" title="Go to footnote 11"><span class="smaller">[11]</span></a>.&mdash;Dans les terrains profonds, on
+plantera de préférence des Pêchers greffés sur Amandier; mais dans
+ceux qui n'ont qu'une couche peu épaisse de bonne terre, et dont le
+fond serait de tuf <span class="pagenum"><a id="page202" name="page202"></a>(p. 202)</span> ou de glaise, il faut planter des
+arbres greffés sur Prunier, car ils ont des racines traçantes qui se
+contentent d'une terre moins profonde.</p>
+
+<p>On peut établir des espaliers de Pêchers à toutes les expositions;
+seulement, au nord et à l'ouest, on plantera des variétés hâtives,
+et on leur donnera un peu moins d'écartement qu'aux autres
+expositions. La distance ordinaire est de 8 à 10 mètres, suivant la
+forme qu'on leur donne et la nature du terrain. On peut planter dans
+l'intervalle un Poirier, qui donne des fruits en attendant que le
+développement des Pêchers en amène la suppression.</p>
+
+<p>Il est presque toujours préférable de planter des Pêchers greffés de
+dix-huit mois; ils ont, avec un concours de circonstances
+favorables, plus de chances de succès que ceux qu'on plante tout
+formés, c'est-à-dire ayant déjà subi plusieurs tailles. Il faut
+avoir soin, en plantant, de placer les plus fortes racines par
+devant, et il faut que le collet de l'arbre soit à environ 0<sup>m</sup>,15 du
+mur sur lequel la tige est inclinée.</p>
+
+<p>(Pour l'époque de la plantation et les autres précautions, voir
+l'article <i>Plantation</i>, page <a href="#page182">182</a>.)</p>
+
+<p>Pour entretenir la vigueur des arbres, il est nécessaire de fumer la
+plate-bande où sont les Pêchers; mais il n'est pas possible de
+déterminer le temps qui doit s'écouler entre deux fumures, car cela
+dépend de la nature du terrain. On emploiera de préférence des
+terres neuves, des gazons ou des fumiers à moitié consommés. Dans
+les années où il sera nécessaire de fumer les Pêchers, il faudra les
+tailler plus long, et chaque année, après la taille, il faudra
+donner un binage au pied des arbres.</p>
+
+<p>En juillet et août, à l'aide de la pompe à main, on arrosera les
+feuilles des Pêchers. Cette opération est très-utile; mais elle ne
+doit se faire que lorsque le soleil ne donne plus sur l'espalier.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page203" name="page203"></a>(p. 203)</span> La température élevée de cette époque oblige souvent
+d'arroser le pied des Pêchers; on doit alors donner un binage et
+former autour de chaque arbre un bassin qu'on remplira de fumier
+court, qui conserve plus longtemps l'humidité.</p>
+
+<p>Il faut, aussitôt après la plantation, fixer d'une manière positive
+la forme sous laquelle on veut élever ses Pêchers; et, sans nous
+arrêter à discuter les avantages et les inconvénients des autres
+modes de culture, nous nous bornerons à indiquer celui qui est en
+usage à Montreuil, comme le plus simple et l'un des plus avantageux.
+Pour arriver à un bon résultat, nous conseillons de tracer un quart
+de cercle sur le mur (<i>fig.</i> <a href="#img017">17</a>), où nous indiquerons chaque année
+la place que les branches principales devront occuper suivant leur
+développement.</p>
+
+<p><i>Première année.</i> On coupera après la plantation la tige des jeunes
+Pêchers dont nous recommandons l'emploi à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 au-dessus
+de la greffe. Ce qui détermine le développement de plusieurs
+bourgeons.</p>
+
+<p><i>Ébourgeonnage.</i>&mdash;Quand les bourgeons auront de 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 de
+longueur, on choisira les deux plus vigoureux, un de chaque côté,
+pour former les deux branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img014">14</a>), puis on
+supprimera les autres.</p>
+
+<p><i>Palissage.</i>&mdash;Dans la crainte qu'elles ne soient cassées, on les
+attachera, mais de manière à ne pas les gêner dans leur
+développement. Si l'un des deux bourgeons était plus vigoureux que
+l'autre, il faudrait l'incliner davantage, afin de rétablir
+l'équilibre de la séve, principe dont il ne faudra jamais s'écarter;
+car de là dépend tout l'avenir de l'arbre.</p>
+
+<p><i>Deuxième année.</i>&mdash;En février, c'est-à-dire lorsque la séve commence
+à gonfler les boutons, et non pas lorsqu'ils sont en fleur, comme
+quelques personnes le conseillent, après avoir dépalissé l'arbre, ou
+devra nettoyer le mur ainsi que les membres sur lesquels on
+trouverait des gallinsectes, <span class="pagenum"><a id="page204" name="page204"></a>(p. 204)</span> ce qu'il faudra faire chaque
+année; après quoi on coupera le chicot <i>a</i> (<i>fig.</i> <a href="#img014">14</a>), et on
+couvrira la plaie avec de la cire à greffer.</p>
+
+<p>Les branches mères <i>b</i> seront taillées à 0<sup>m</sup>,35 ou 0<sup>m</sup>,40 de
+longueur, selon la forme de l'arbre immédiatement au-dessus de
+l'&oelig;il destiné à prolonger les branches. À défaut de l'&oelig;il de
+devant, on peut prendre celui de dessus, ce qui devra être observé à
+chaque taille. Arrivé à ce point, le développement des branches
+mères permet d'établir une branche sous-mère inférieure de chaque
+côté de l'arbre, au moyen des yeux latéraux placés à la base des
+branches mères.</p>
+
+<a id="img014" name="img014"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img014.jpg" width="150" height="237" alt="" title="">
+<p>Fig. 14.&mdash;Pêcher, 2<sup>e</sup> année.</p>
+</div>
+
+<p>Lorsqu'on attachera les deux branches mères <i>b</i>, on leur donnera
+environ 10 degrés d'ouverture.</p>
+
+<p><i>Ébourgeonnage.</i>&mdash;Dans le courant de mai, on enlèvera avec l'ongle,
+ou bien avec la pointe d'une serpette, tous les bourgeons qui se
+trouvent trop rapprochés les uns des autres, ceux qui font double et
+triple emploi par suite du développement des yeux, doubles et
+triples, si nombreux sur les Pêchers; ceux placés sur le devant ou
+le derrière des branches; tous ceux, enfin, qu'il faudrait supprimer
+à la taille afin de favoriser tout spécialement le développement
+<span class="pagenum"><a id="page205" name="page205"></a>(p. 205)</span> des bourgeons qui doivent fournir les secondes branches
+sous-mères inférieures.</p>
+
+<p>Forcé de faire un choix, on supprimera de préférence le bourgeon du
+milieu des yeux triples, qui, toujours plus vigoureux que les
+autres, pourrait être plus tard une cause d'embarras. Quant aux
+autres bourgeons, on ne conservera, dans un cas comme dans l'autre,
+que le mieux placé des deux.</p>
+
+<p>La raison qui fait supprimer le bourgeon le plus vigoureux des yeux
+ordinaires fait que l'on doit conserver ce même bourgeon en
+ébourgeonnant l'&oelig;il terminal de chaque branche; car, destiné à
+prolonger la branche, ce bourgeon doit toujours dominer les autres.</p>
+
+<p>Plus tard, on supprimera également les faux bourgeons, et l'on
+pincera au-dessus de la septième ou huitième feuille ceux que l'on
+croira devoir conserver.</p>
+
+<p>À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on continue l'ébourgeonnage
+successivement jusqu'en juillet, puis on pince avec l'ongle
+l'extrémité de tous les bourgeons dont il est nécessaire de modérer
+le développement.</p>
+
+<p><i>Palissage.</i>&mdash;À mesure que les bourgeons se développeront, on les
+palissera; mais cette opération nécessite beaucoup de soin, car les
+bourgeons sont tellement tendres qu'ils cassent net si l'on ne prend
+beaucoup de précautions pour les amener à la place qu'ils doivent
+occuper. On leur donnera toujours la position la plus directe
+possible, afin que la circulation de la séve ne soit ralentie par
+aucun obstacle, et il faut toujours éviter de croiser les bourgeons
+l'un sur l'autre.</p>
+
+<p><i>Troisième année.</i>&mdash;À l'époque de la taille, et avant de dépalisser
+l'arbre, on examinera la végétation de chaque membre, et l'on jugera
+s'il ne serait pas nécessaire, en taillant, de rétablir l'équilibre
+de la séve dans le cas où un membre serait beaucoup plus vigoureux
+que l'autre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page206" name="page206"></a>(p. 206)</span> On coupera les branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img015">15</a>) à peu près à
+0<sup>m</sup>,40 ou 0<sup>m</sup>,50 de longueur, suivant leur vigueur, en ayant soin
+que l'&oelig;il sur lequel on taillera soit placé de manière à les
+prolonger le plus directement possible, ce qu'il faudra observer à
+chaque taille et pour chaque branche.</p>
+
+<a id="img015" name="img015"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img015.jpg" width="300" height="266" alt="" title="">
+<p>Fig. 15.&mdash;Pêcher, 3<sup>e</sup> année.</p>
+</div>
+
+<p>On taillera les branches sous-mères selon leur force, mais toujours
+un peu plus longues que les branches mères; tous les bourgeons de
+l'année précédente, qui garnissent les branches à bois, seront
+taillés à deux ou trois yeux de leur insertion, afin d'avoir l'année
+suivante autant de branches fruitières que la vigueur de l'arbre
+permettra d'en laisser; puis on supprimera tous les bourgeons qui
+seraient mal placés.</p>
+
+<p>Si les bourgeons placés à la base des branches mères sont
+très-vigoureux, il faudra les tailler court, afin de déterminer le
+développement des branches à fruits; mais dans le cas contraire, on
+les taillera à cinq ou six yeux.</p>
+
+<p>On donnera aux branches mères, en les rattachant, environ <span class="pagenum"><a id="page207" name="page207"></a>(p. 207)</span>
+25 à 30 degrés d'ouverture, si elles sont de même force; dans le cas
+contraire, il faudrait donner une position plus verticale à la moins
+vigoureuse, ce qu'il faudra encore observer chaque année.</p>
+
+<p><i>Ébourgeonnage.</i>&mdash;On enlèvera les bourgeons et les faux bourgeons
+qui seraient mal placés, en prenant les mêmes précautions que
+l'année précédente.</p>
+
+<p>On favorisera le développement des bourgeons placés à la base des
+branches mères, qui doivent fournir les premières branches
+sous-mères supérieures; ce qu'il faudra également faire, pour les
+bourgeons des branches fruitières les plus rapprochés de la branche
+principale: car ce sont eux qui doivent, à la taille suivante,
+remplacer les branches fruitières; pour le reste de l'ébourgeonnage,
+il faudra observer ce qui a déjà été dit.</p>
+
+<p><i>Palissage.</i>&mdash;Lorsque les bourgeons auront environ de 0<sup>m</sup>,25 à
+0<sup>m</sup>,30 de longueur, on les palissera, en commençant toujours par les
+plus vigoureux.</p>
+
+<p><i>Quatrième année.</i>&mdash;Après avoir, comme chaque année, dépalissé
+l'arbre, on taillera plus ou moins longues, suivant leur vigueur,
+l'extrémité des branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img016">16</a>), au point 3, par
+exemple.</p>
+
+<p>On taillera également les branches sous-mères inférieures suivant
+leur force, et toujours sur l'&oelig;il le plus favorable à leur
+prolongement; on rabattra les branches fruitières sur celles de
+remplacement, qui devront toujours être les plus rapprochées
+possible des branches principales, de manière que ces dernières
+semblent toujours être rajeunies par des pousses nouvelles; puis on
+taillera les branches de remplacement, pour porter fruit, à cinq ou
+six yeux, selon leur force et la vigueur de l'arbre, mais toujours
+dans le but d'obtenir un bourgeon de remplacement le plus près
+possible de leur insertion. Quant aux faux bourgeons, il faut, comme
+toujours, les tailler à deux ou trois yeux....</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page208" name="page208"></a>(p. 208)</span> On rattachera les branches mères, auxquelles on donnera
+environ 35 à 40 degrés d'ouverture, en ayant toujours soin
+d'observer ce qui a été dit à ce sujet pour l'année précédente.</p>
+
+<p><i>Ébourgeonnage.</i>&mdash;Il faudra surveiller les branches à bois qui
+tendraient à s'établir là où il ne doit jamais y avoir que des
+branches à fruits; il faut s'attacher surtout à favoriser le
+développement des bourgeons, qui doivent fournir les secondes
+branches sous-mères supérieures et les branches de bifurcation,
+ainsi que les bourgeons destinés à former les branches de
+remplacement.</p>
+
+<a id="img016" name="img016"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img016.jpg" width="400" height="241" alt="" title="">
+<p>Fig. 16. Pêcher, 4<sup>e</sup> année.</p>
+</div>
+
+<p>On aura soin de pincer les bourgeons à fruits; s'il n'y a pas de
+fruits, ou qu'ils soient tombés avant la maturité, il faudra
+rabattre ces bourgeons immédiatement sur le bourgeon de
+remplacement, à moins cependant que l'un d'eux ne soit trop
+vigoureux; car alors il serait préférable de ne le rapprocher qu'à
+la taille.</p>
+
+<p>Pour le reste de cette opération, on peut se reporter à tout ce qui
+a été dit relativement à l'ébourgeonnement de la seconde année.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page209" name="page209"></a>(p. 209)</span> Il faut surtout pincer à propos les bourgeons qui, par leur
+vigueur, menaceraient de devenir ce que l'on nomme des <i>gourmands</i>.</p>
+
+<p><i>Palissage.</i>&mdash;Le palissage sera fait d'après les mêmes principes, et
+successivement, comme les années précédentes.</p>
+
+<p>Comme l'arbre devra porter des fruits, il faudra, aux approches de
+la maturité, les découvrir, mais progressivement, précaution qu'on
+devra toujours avoir.</p>
+
+<p><i>Cinquième année.</i>&mdash;Le but de la taille de cette année est d'étendre
+et de fortifier toutes les parties de l'arbre (<i>fig. <a href="#img017">17</a></i>).</p>
+
+<p>On raccourcira les rameaux terminaux d'après les mêmes principes que
+pour les tailles précédentes, et, en taillant les branches
+fruitières, on y laissera du fruit suivant leur vigueur et la santé
+de l'arbre; on taillera les faux bourgeons à deux ou trois yeux,
+comme les années précédentes, et on donnera aux branches mères
+environ 45 à 50 degrés d'ouverture.</p>
+
+<p>On favorisera le prolongement des branches de bifurcation <i>e</i>, <i>f</i>,
+ainsi que celui des bourgeons <i>g</i>, dont on pourra faire par la suite
+de nouvelles branches de bifurcation.</p>
+
+<p>Enfin, par l'ébourgeonnement des jeunes pousses et par celui des
+faux bourgeons mal placés, par le pincement et le palissage, on
+maintiendra ou l'on ramènera toutes les parties de l'arbre à un
+parfait équilibre de végétation.</p>
+
+<p>À mesure que l'arbre avancera en âge, la taille et les autres
+opérations deviendront plus compliquées, mais les principes seront
+toujours les mêmes; on établira successivement des branches de
+bifurcation, pour remplir les intervalles, et il faudra toujours
+avoir soin de conserver aux branches mères, ainsi qu'à toutes les
+autres, les proportions relatives à leurs diverses fonctions.</p>
+
+<span class="pagenum"><a id="page210" name="page210"></a>(p. 210)</span>
+
+<a id="img017" name="img017"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img017.jpg" width="500" height="281" alt="" title="">
+<p>Fig. 17.&mdash;Pêcher, 5<sup>e</sup> année.</p>
+</div>
+
+<p class="center"><span class="pagenum"><a id="page211" name="page211"></a>(p. 211)</span> <i>Pêcher en U.</i></p>
+
+<p>Les pêchers élevés sous cette forme conviennent tout
+particulièrement aux personnes qui veulent avoir des murs
+promptement garnis. Plantés à un mètre les uns des autres, ces
+pêchers peuvent sans exiger de soins particuliers fructifier
+abondamment dès la troisième année.</p>
+
+<a id="img018" name="img018"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img018.jpg" width="250" height="281" alt="" title="">
+<p>Fig. 18.&mdash;Pêchers en U.</p>
+</div>
+
+<p>Comme tous les arbres cultivés en espalier, les pêchers en U doivent
+être rabattus après la plantation à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 au-dessus de la
+greffe, afin de favoriser le développement des bourgeons destinés à
+fournir les deux mères branches. Pendant le cours de leur
+végétation, ces deux bourgeons seront dirigés de manière à figurer
+un U simple <span class="pagenum"><a id="page212" name="page212"></a>(p. 212)</span> ou double (<i>fig.</i> <a href="#img018">18</a>), en ayant soin toutefois
+de laisser les extrémités libres, afin qu'elles ne soient pas gênées
+dans leur développement. Arrivés à ce point, les pêchers en U sont
+tout aussi faciles à diriger que les pêchers obliques, sur lesquels
+ils ont véritablement un avantage marqué.</p>
+
+<p><i>De la culture forcée du Pêcher.</i>&mdash;On peut facilement avancer la
+maturité des Pêchers en espalier, surtout des variétés hâtives; et,
+pour être plus certain du succès de l'opération, on avancera de
+préférence ceux qui sont placés à l'est ou à l'ouest.</p>
+
+<a id="img019" name="img019"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img019.jpg" width="500" height="167" alt="" title="">
+<p>Fig. 19.&mdash;Serre à forcer.</p>
+</div>
+
+<p>En janvier, on placera devant les Pêchers une petite serre mobile,
+couverte par des châssis de 2 mètres de longueur, supportés par des
+chevrons dont le haut sera scellé dans le mur, et qui porteront en
+bas sur un soubassement de planches qui aura 0<sup>m</sup>,85 de hauteur, ce
+qui produira intérieurement 0<sup>m</sup>,90, espace suffisant pour donner les
+soins nécessaires, qui, au reste, sont absolument les mêmes que ceux
+qui ont été indiqués plus haut.</p>
+
+<p>Après avoir taillé les arbres, on commencera à leur donner une
+température de 12 degrés; puis, progressivement, on augmentera
+jusqu'à 18 degrés, mais pas plus; et comme au moment du soleil la
+chaleur sera beaucoup plus élevée, on donnera de l'air; pendant la
+nuit on couvrira la serre avec des paillassons, on seringuera les
+feuilles <span class="pagenum"><a id="page213" name="page213"></a>(p. 213)</span> au besoin; et comme les fruits sont ordinairement
+plus nombreux qu'en plein air, il est souvent nécessaire d'en
+supprimer quelques-uns, afin de ne point épuiser les arbres. Après
+la maturité, qui a lieu en avril, on enlève les châssis.</p>
+
+<p>Ordinairement, on laisse une année ou deux de repos aux Pêchers qui
+ont été forcés; mais nous dirons que l'on peut sans inconvénient
+recommencer cette opération l'année suivante.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Avant-Pêche blanche, &mdash; Petite Mignonne, &mdash; Grosse
+Mignonne, &mdash; Malte, &mdash; Madeleine, &mdash; Chevreuse, &mdash; Chevreuse
+tardive, &mdash; Admirable Belle de Vitry, &mdash; Brugnon musqué, &mdash;
+Madeleine rouge tardive, &mdash; Alberge jaune, &mdash; Galande, &mdash; Vineuse
+pourpre hâtive, &mdash; Madeleine de Courson, &mdash; Violette hâtive, &mdash;
+Veloutée tardive, &mdash; Téton de Vénus, &mdash; Bourdine, &mdash; Bon ouvrier, &mdash;
+Pourprée tardive, &mdash; Belle de Doué, &mdash; Reine des vergers.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Poirier</span> (<i>Pyrus</i>).&mdash;<i>Plantation.</i>&mdash;Les Poiriers greffés sur
+Coignassier réussissent dans presque tous les terrains, même dans
+ceux qui ont peu de profondeur, pourvu cependant qu'ils ne soient
+pas glaiseux ou humides; car alors, malgré tous les soins, ils
+périraient au bout de quelques années. Toutes les fois que l'on aura
+à planter dans un terrain profond, il sera préférable de planter des
+Poiriers greffés sur franc, parce qu'ils sont beaucoup plus
+robustes.</p>
+
+<p>C'est à tort que l'on dit que ces arbres sont trop lents à se mettre
+à fruit, parce qu'ils poussent trop vigoureusement; car si, par une
+taille bien raisonnée et proportionnée à la force des arbres, on
+établit une égale répartition de séve dans tous les membres, on
+parviendra souvent à les faire fructifier dès les premières années;
+une fois que ces arbres sont à fruit, ils en donnent abondamment, et
+vivent très-vieux. Si l'on plante des Poiriers greffés sur
+Coignassier, on prendra des arbres de dix-huit ou vingt mois de
+greffe; mais s'ils sont greffés sur franc, comme ils poussent
+beaucoup plus vigoureusement, on peut quelquefois <span class="pagenum"><a id="page214" name="page214"></a>(p. 214)</span> les
+planter greffés de l'année. Nous conseillons, pour planter dans les
+plates-bandes, de prendre des Poiriers élevés en quenouille; car,
+dans cette position, c'est réellement la forme la plus avantageuse,
+en ce qu'elle occupe peu de place et produits beaucoup de fruits. Il
+faut mettre entre deux pieds un Pommier ou un Poirier nain, que l'on
+taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou 5
+mètres l'un de l'autre.</p>
+
+<p class="center">1. <i>Poiriers en quenouille.</i></p>
+
+<a id="img020" name="img020"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img020.jpg" width="150" height="342" alt="" title="">
+<p>Fig. 20.&mdash;Poirier en quenouille.</p>
+</div>
+
+<p><i>Taille.</i>&mdash;La première année, on taillera le rameau terminal à sept
+ou huit yeux, selon la vigueur de l'arbre, afin d'obtenir trois ou
+quatre nouveaux membres. On aura soin de tailler sur l'&oelig;il placé
+le plus favorablement, pour prolonger la tige le plus verticalement
+possible (<i>fig.</i> <a href="#img020">20</a>).</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page215" name="page215"></a>(p. 215)</span> On taillera aussi le rameau terminal de chaque rameau sur
+un &oelig;il placé de manière à prolonger le bras horizontalement. Les
+bras inférieurs étant les plus âgés, ils seront plus allongés que
+ceux qui sont placés au-dessus, et il faudra à chaque taille avoir
+soin de leur conserver les mêmes proportions. On enlèvera sur chaque
+membre les rameaux qui se trouveraient placés dessus et dessous,
+puis on taillera à environ 0<sup>m</sup>,03 de longueur ceux qui ne sont pas
+nécessaires à la forme de l'arbre. Ce sont les jeux inférieurs de
+ces rameaux qui donneront naissance aux brindilles. S'il se trouvait
+quelques lambourdes terminées par un bouton à fleur, il ne faudra
+pas les tailler, car on se priverait de quelques fruits.</p>
+
+<p>Si, à la place où il est indispensable d'établir un membre pour
+compléter la régularité de l'arbre, il ne se trouvait pas de
+bourgeon pour le former, on pourra facilement en obtenir un, soit en
+posant un écusson, soit en cernant l'&oelig;il le plus rapproché de la
+place où l'on a besoin d'un membre, ce qui doit se faire de la
+manière suivante. À l'époque de la taille, on fait une incision
+transversale immédiatement au-dessus, puis une seconde à 0<sup>m</sup>,02 ou
+0<sup>m</sup>,03 au-dessus de la première, enfin plus ou moins, selon la force
+qu'on veut donner au bourgeon. Ensuite, partant de la seconde
+incision, on fait à 0<sup>m</sup>,02 ou 0<sup>m</sup>,03 de chaque côté de l'&oelig;il une
+incision longitudinale, puis on enlève la portion d'écorce qui se
+trouve entre les deux incisions transversales. Ainsi cerné, l'&oelig;il
+se développe avec autant de vigueur que si l'on avait supprimé toute
+la partie qui est au-dessus.</p>
+
+<p>Cette opération peut être pratiquée avec succès non-seulement sur la
+tige, mais encore sur tous les membres d'un arbre sur lequel il y a
+des vides à remplir.</p>
+
+<p><i>Ébourgeonnage.</i>&mdash;Pour favoriser le développement du bourgeon
+terminal, on pincera très-courtes deux ou trois <span class="pagenum"><a id="page216" name="page216"></a>(p. 216)</span> bourgeons
+qui en sont les plus rapprochés, à moins que le premier n'ait fourni
+une pousse trop faible; il faudrait alors le remplacer par le plus
+vigoureux et le plus rapproché de l'extrémité. On choisira parmi les
+autres les mieux placés pour en former des membres à la taille
+suivante, en observant toujours qu'ils ne doivent jamais être placé
+juste au-dessus de ceux de l'année précédente; car les membres d'une
+quenouille doivent être disposés de manière que, partant de
+l'insertion du premier membre, les autres tournent en spirale autour
+de la tige. On pincera également les deux ou trois bourgeons les
+plus rapprochés du rameau terminal de chaque bras, et on enlèvera
+sur chaque membre tous les bourgeons qui naîtront dessus et dessous.
+On pincera, sur les membres de l'année précédente, les bourgeons qui
+poussent trop vigoureusement; puis on taillera des brindilles à
+0<sup>m</sup>,16 ou 0<sup>m</sup>,18 de longueur. La taille des rameaux terminaux sera
+proportionnée à la vigueur de l'arbre, et l'on taillera toujours sur
+l'&oelig;il le mieux placé pour les prolonger suivant leur position.
+Les autres rameaux seront taillés à environ 0<sup>m</sup>,05, même ceux qui
+ont été pincés à l'ébourgeonnage; les brindilles qui ont donné du
+fruit le seront à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15, et si celles qui ont été rompues
+à l'ébourgeonnage avaient poussé, il faudrait les tailler au-dessus
+de la pousse.</p>
+
+<p>On protégera successivement l'établissement des branches fruitières,
+et l'on surveillera celles qui pousseraient trop vigoureusement, de
+manière qu'il ne puisse se former de gourmands sur aucune partie de
+l'arbre; enfin, on traitera les quenouilles la seconde année comme
+on les a traitées la première, et ainsi de suite; seulement, à
+chaque taille, les opérations deviendront plus compliquées.</p>
+
+<p>Comme souvent il arrive que les membres d'une quenouille tendent à
+s'élever verticalement, ce qui est non-seulement <span class="pagenum"><a id="page217" name="page217"></a>(p. 217)</span> contraire
+aux principes, mais encore préjudiciable au développement ultérieur
+de l'arbre (car alors ces membres poussent avec une telle vigueur
+qu'ils absorbent une forte partie de la séve nécessaire à la
+végétation des autres membres), il faut, dans cette circonstance,
+chercher le moyen de remédier à un pareil état de choses. Souvent on
+a recours à de petits arcs-boutants; mais comme ce moyen présente
+beaucoup de difficultés et de graves inconvénients, nous allons
+faire connaître un procédé communiqué à la Société centrale
+d'horticulture par M. Chevalier Gérolme: «J'ai placé quatre piquets
+au pied de chaque pyramide, avec une encoche de 0<sup>m</sup>,028 à la tête de
+chacun; j'y ai attaché un cercle avec de fil du fer à 0<sup>m</sup>,081
+d'élévation du sol, afin de pouvoir biner et nettoyer. Avec ce
+simple appareil, que j'appelle <i>treillage horizontal</i>, et qui
+m'offre les ressources d'un mur à la Montreuil, je deviens maître de
+mon arbre. Muni d'une grande quantité de loques en cuir percées aux
+deux bouts et d'une botte d'osier, je prends la branche à incliner,
+petite ou grosse, courte ou longue, n'importe; à l'endroit
+convenable je la cerne de ma loque, que je ferme avec l'un des bouts
+d'un brin d'osier, dont je viens arrêter l'autre sur le cercle à la
+place que réclame l'inflexion de la branche ou le vide de l'arbre.
+Avec ce procédé, j'ai pu rectifier mille irrégularités indépendantes
+de la taille, comme proportionner les espaces, détruire la confusion
+qui existe toujours dans les pyramides, faciliter la circulation de
+l'air, le mouvement de la lumière; en un mot, satisfaire à toutes
+les conditions de développement et d'équilibre qui jusqu'alors
+n'avaient point été remplies.»</p>
+
+<p class="center">2. <i>Poiriers en espalier.</i></p>
+
+<p>Pour former un espalier de Poiriers on prendra des arbres nains,
+jeunes et vigoureux, et on les plantera de préférence <span class="pagenum"><a id="page218" name="page218"></a>(p. 218)</span> à
+l'est ou à l'ouest. On peut les élever sous plusieurs formes, mais
+nous considérons celles en éventail (<i>fig.</i> <a href="#img021">21</a>) et en palmette
+(<i>fig.</i> <a href="#img022">22</a> et <i>fig.</i> <a href="#img023">23</a>) comme les plus faciles à diriger et les
+plus avantageuses. Les Poiriers que l'on veut former en éventail
+seront plantés à 5<sup>m</sup>,33, 6<sup>m</sup>,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon
+la nature du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la
+préférence aux arbres greffés de l'année. On les rabattra de manière
+à obtenir cinq bourgeons de chaque côté pour former la charpente de
+l'arbre.</p>
+
+<a id="img021" name="img021"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img021.jpg" width="400" height="278" alt="" title="">
+<p>Fig. 21.&mdash;Poirier en éventail.</p>
+</div>
+
+<p>Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bourgeons
+nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticalement le
+bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année suivante on le
+rabattra de manière à obtenir les membres <i>a</i>, <i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, <i>e</i>. À
+mesure que les bourgeons se développeront, on les palissera, en les
+plaçant aussi parallèlement <span class="pagenum"><a id="page219" name="page219"></a>(p. 219)</span> que possible et à égale
+distance l'un de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui
+pousseraient plus vigoureusement que les autres, de telle sorte que
+chaque membre ait une végétation à peu près égale. On pincera aussi
+très-court les bourgeons placés devant et derrière les branches,
+pour les démonter par suite de la taille.</p>
+
+<p>Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bourgeon
+terminal de chaque membre, et l'on pincera très-court tous ceux qui
+sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur chaque
+membre successivement, et selon le besoin, des branches de
+bifurcation, <i>f</i>, <i>g</i>, <i>h</i>, <i>i</i> (<i>fig.</i> <a href="#img021">21</a>), pour remplir les
+intervalles.</p>
+
+<p>Pour compléter la régularité des Poiriers cultivés en espalier, on
+peut, indépendamment de ce que nous avons indiqué pour ceux qui sont
+élevés en quenouille, avoir recours à la greffe par approche, ce qui
+doit se faire de la manière suivante. À l'époque où les bourgeons
+sont encore il l'état herbacé, on choisit le plus rapproché de la
+place où l'on a besoin d'établir un membre, on l'abaisse avec
+précaution afin de ne pas le rompre, et, après avoir fait une plaie
+longitudinale sur chaque partie, on les applique l'une sur l'autre,
+puis on les maintient dans cette position au moyen d'une ligature
+que l'on desserre aussitôt après la reprise de la greffe; lorsque le
+bourgeon est arrivé à l'état ligneux, on fait une entaille à
+mi-bois, juste au-dessous de la greffe, mais on ne sèvre
+complétement celle-ci qu'à l'époque de la taille. On peut sans
+inconvénient placer sur le même arbre autant de greffes qu'il est
+nécessaire; ce que nous avons été à même d'observer sur un espalier
+de Poiriers confié aux soins de M. Fourquet, habile horticulteur,
+qui, à l'aide de la greffe par approche, est parvenu en très-peu de
+temps à donner une forme régulière à des Poiriers dont les membres
+étaient dans un désordre complet.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page220" name="page220"></a>(p. 220)</span> Si l'on plantait des arbres ayant déjà le nombre de
+branches nécessaire pour les former, il faudrait tailler toutes les
+branches bien placées à environ 0<sup>m</sup>,04 et sur un &oelig;il disposé de
+manière à prolonger le membre dans la direction voulue d'après la
+forme de l'arbre. On démontera les autres, en ayant toujours soin de
+conserver les lambourdes et les brindilles.</p>
+
+<a id="img022" name="img022"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img022.jpg" width="400" height="290" alt="" title="">
+<p>Fig. 22.&mdash;Poiriers en palmette.</p>
+</div>
+
+<p>On plantera, à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, ceux que l'on destine
+à être élevés en <i>palmette</i>; on rabattra la tige de manière à
+obtenir à droite et à gauche quelques bourgeons, dont on formera les
+premiers membres a (<i>fig.</i> <a href="#img022">22</a>), en les établissant à environ 0<sup>m</sup>,30
+à 0<sup>m</sup>,35 les uns au-dessus des autres. Ceux de droite doivent
+alterner, autant que possible, avec ceux de gauche; en les
+palissant, il faut les incliner plus ou moins, suivant que l'on
+voudra favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de
+<span class="pagenum"><a id="page221" name="page221"></a>(p. 221)</span> l'autre. Les années suivantes, on les abaissera davantage,
+mais en observant qu'ils ne doivent jamais être placés
+horizontalement. On guidera verticalement le bourgeon qui sert à
+prolonger la tige, et l'on pincera les bourgeons mal placés; puis,
+les années suivantes, on taillera le rameau vertical de manière à
+obtenir chaque année deux branches latérales, jusqu'à ce que l'arbre
+soit arrivé à garnir le mur dans toute sa hauteur. On taillera les
+bras à environ 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18 de longueur, suivant leur force et
+leur position, mais toujours sur un &oelig;il placé de manière à les
+prolonger le plus directement possible. S'il arrivait qu'un bourgeon
+de prolongement fût beaucoup plus vigoureux que l'autre, il
+faudrait, au palissage, l'incliner plus que les autres, de manière à
+rétablir l'équilibre.</p>
+
+<a id="img023" name="img023"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img023.jpg" width="400" height="242" alt="" title="">
+<p>Fig. 23.&mdash;Poirier en palmette à double tige.</p>
+</div>
+
+<p>L'éducation des Poiriers élevés sous la forme de palmette à double
+tige (<i>fig.</i> <a href="#img023">23</a>) doit avoir lieu d'après les principes suivis pour
+la palmette à tige simple.</p>
+
+<p>Cette forme est adoptée maintenant par le plus grand nombre de
+cultivateurs de Poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page222" name="page222"></a>(p. 222)</span> Les Poiriers à tiges seront plantés à 5 ou 6 mètres l'un de
+l'autre, et, pendant les premières années, ils devront être taillés
+de manière que les branches qui doivent former la charpente de
+l'arbre soient également espacées. On surveillera leur développement
+pour favoriser celles qui seraient les moins vigoureuses, jusqu'à
+l'époque où les arbres pourront être abandonnés à eux-mêmes,
+c'est-à-dire environ deux ans après.</p>
+
+<p>Lorsque les Poiriers sont très-vieux ou épuisés au point de ne plus
+produire de fruits, on peut encore en tirer un bon parti en les
+rabattant et en les greffant en couronne. (Voir l'article <i>Greffe</i>,
+p. <a href="#page67">67</a>.) On pose plus ou moins de greffes, suivant la force de
+l'arbre; puis, lorsqu'elles sont bien reprises, on choisit les plus
+vigoureuses pour en former la nouvelle charpente.</p>
+
+<p class="center"><i>Liste des meilleures variétés de poires admises par le Congrès
+pomologique.</i></p>
+
+<div class="type">
+ <p><span class="smcap">Adèle de Saint-Denis</span> (Adèle de Saint-Céras, baronne de Mello).
+ Fertile; moyen; bon; octobre<a id="footnotetag12" name="footnotetag12"></a><a href="#footnote12" title="Go to footnote 12"><span class="smaller">[12]</span></a>.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beau présent d'Artois</span> (Présent royal de Naples). Très-fertile;
+ gros; assez bon; commencement de septembre. (Entre-cueillir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bergamote d'Angleterre</span> (Gansel's bergamote, Bezy de Caissoy par
+ plusieurs pépiniéristes.) Fertile; moyen; bon; septembre,
+ octobre. (Greffer sur franc.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bergamote Esperen.</span> Très-fertile; moyen; très-bon; mars, mai.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Beaumont</span> (Beurré de Beaumont, Bezy Waët, Bezy de
+ Saint-Waast, Belmont, Beymont). Fertile; moyen; bon; janvier.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Capiaumont</span> (Beurré aurore). Très-fertile; moyen; bon;
+ octobre. (Greffer sur franc; très-bon cuit.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Clairgeau.</span> Très-fertile; gros ou très-gros; bon; novembre,
+ décembre.</p>
+
+ <p><span class="pagenum"><a id="page223" name="page223"></a>(p. 223)</span> <span class="smcap">Beurré d'Amanlis</span>, <span class="smcap">Beurré d'Amanlis panaché</span> (Wilhelmine,
+ Hubard, Duchesse de Brabant, Poire Delbert ou d'Albert, Poire
+ kessoise). Très-fertile; gros; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré d'Aremberg</span> (Orpheline d'Enghien, Colmar Deschamps, Beurré
+ Deschamps, Beurré des orphelins, Délices des orphelins).
+ Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, janvier. (Greffer sur
+ franc.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré d'Anjou</span> (Ne plus Meuris, <i>Nec plus Muris</i>). Peu fertile;
+ assez gros; très-bon; décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Davy</span> (Beurré Spence, Beurré de Bourgogne, Beurré
+ Saint-Amour, Belle de Flandre ou des Flandres, Nouvelle gagnée à
+ Heuze, Beurré des bois, Fondante des bois, Boss père, Poire des
+ bois, Boss pear, Beurré d'Elberg, Beurré Davis, B. Foidart).
+ Fertile; gros ou très-gros; bon; octobre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré d'Ardenpont</span> (Beurré d'Arenberg par erreur, Glou morceau,
+ Goulu morceau de Cambron, Beurré de Kent, Beurré Lombard, Beurré
+ de Cambronne). Fertile; gros; très-bon; janvier.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Diel</span> (Beurré magnifique, Beurré incomparable, Beurré
+ royal, Beurré des trois tours, Dry Toren, Melon de Knops, Poire
+ melon, Graciole d'hiver, Fourcroy, Dorothée). Fertile; gros;
+ très-bon; novembre, décembre. (Recommandé.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Giffart.</span> Fertile; moyen; très-bon; fin juillet.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Picquery</span> (Urbaniste, Louis Dupont, Beurré Drapiez, Louise
+ d'Orléans, Serrurier d'automne, Vergaline musquée). Peu fertile;
+ moyen; très-bon; octobre, novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Quetelet</span> (Beurré Dumortier). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; septembre, octobre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bezy de Montigny</span> (Non pas Doyenné musqué, vulgairement nommé Bezy
+ de Montigny). Très-fertile; moyen; bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bon Chrétien Napoléon</span> (Liard, Médaille, Mabille, Captif de
+ Sainte-Hélène, Charles d'Autriche, Charles X, Beurré Napoléon,
+ Bonaparte, Gloire de l'Empereur, Napoléon d'hiver). Très-fertile;
+ assez gros; très-bon; octobre, novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bon Chrétien William</span> (Bartlett de Boston, de Lavault).
+ Très-fertile; gros ou très-gros; très-bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bonne d'Ézée</span> (Belle ou Bonne des Zées, Belle et Bonne des haies).
+ Très-fertile; gros; bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Calebasse Monstre</span> (Calebasse Carafon, Calebasse royale, Calebasse
+ monstrueuse du Nord, Van Marum, Triomphe de Hasselt).
+ Très-fertile; très-gros; assez bon; octobre. (Greffer sur franc.)</p>
+
+ <p><span class="pagenum"><a id="page224" name="page224"></a>(p. 224)</span> <span class="smcap">Colmar d'Arenberg</span> (Kartoffel). Très-fertile; très-gros;
+ assez bon; novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Délices d'Hardenpont d'Angers</span> (Poire-Pomme de Racqueingheim).
+ Très-fertile; moyen; très-bon; novembre, décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Doyenné Boussoch</span> (Beurré de Mérode, Double Philippe, Nouvelle
+ Boussoch); Fertile; gros; bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Doyenné d'hiver</span> (Bergamote de la Pentecôte, Seigneur d'hiver,
+ Doyenné de ou du Printemps, Dorothée royale, Poire Fourcroy,
+ Canning d'hiver, Merveille de la nature, Pastorale d'hiver, Poire
+ du Pâtre, Beurré roupé). Très-fertile; gros; bon; janvier, mai.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Duchesse d'Angoulême</span> (Poire de Pézénas, des Éparonnais,
+ Duchesse). Très-fertile; très-gros; bon; octobre, novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Duchesse de Berri d'été.</span> Assez fertile; moyen; très-bon; fin
+ août.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Épine du Mas</span> (Belle Épine Dumas, Colmar du Lot, Duc de Bordeaux,
+ Épine de Rochechouart, C. de Limoges). Fertile; moyen; bon;
+ novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Figue</span> (Figue d'Alençon, Figue d'hiver, Bonissime de la Sarthe).
+ Fertile; assez gros; très-bon; novembre, décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Fondante de Charneux</span> (Beurré ou Fondante des Charneuses, Duc de
+ Brabant (Van Mons), Miel de Waterloo. Fertile; assez gros;
+ très-bon; octobre. (Greffer sur franc.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Fondante de Noël</span> (Belle ou Bonne de Noël, Belle ou Bonne après
+ Noël, Souvenir d'Esperen). Fertile; moyen; bon; décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Jalousie de Fontenay</span> (Jalousie de Fontenay-Vendée, Belle
+ d'Esquermes). Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Louise Bonne d'Avranches</span> (Louise de Jersey, Bonne ou Beurré
+ d'Avranches, Bergamote d'Avranches, Bonne de Longueval).
+ Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Marie-Louise Delcourt</span> (Marie-Louise Nova, Marie-Louise Nouvelle,
+ Van Donkelaer, Vandonckelaër, Marie-Louise Van Mons).
+ Très-fertile; moyen ou assez gros; très bon: octobre, novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Nouveau Poiteau</span> (Tombe de l'amateur). Fertile; gros; bon;
+ novembre. (Blettit avant de jaunir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Passe-Colmar</span> (Passe-Colmar gris, Passe-Colmar nouveau,
+ Passe-Colmar ordinaire). Très-fertile; moyen; très-bon; décembre,
+ février.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rousselet d'août</span> (Gros Rousselet d'août, Van Mons). Très-fertile;
+ moyen; très-bon; août.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Saint-Michel-Archange.</span> Fertile; assez gros; très-bon; octobre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Saint-Nicolas</span> (Duchesse d'Orléans). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; septembre, octobre.</p>
+
+ <p><span class="pagenum"><a id="page225" name="page225"></a>(p. 225)</span> <span class="smcap">Seigneur</span> (<span class="smcap">Esperen</span>). (Seigneur d'Esperen, Bergamote
+ Fiévée, Bergamote lucrative, Lucrate, Brésilière, Beurré
+ lucratif. Fondante d'automne, Arbre superbe). Très-fertile;
+ moyen; assez gros; très-bon; septembre, octobre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Soldat laboureur.</span> Fertile; assez gros; bon; octobre, décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Suzette de Bavay.</span> Très-fertile; petit; bon; février, avril.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Triomphe de Jodoigne.</span> Fertile; gros ou très-gros; assez bon;
+ décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Van Mons</span> (Van Mons de Léon Leclerc). Fertile; gros; très-bon;
+ novembre. (Greffer sur franc.)</p>
+</div>
+
+<p class="center"><i>Poiriers spécialement pour espaliers.</i></p>
+
+<div class="type">
+ <p><span class="smcap">Bergamote Crassane</span> (Cressane, Cressane d'automne, Beurré plat).
+ Fertile; moyen; très-bon; novembre. (Contre un mur et au soleil.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré gris</span> (Beurré doré, Beurré d'Amboise, Beurré roux, Beurré
+ d'Isambart, Beurré du Roi, Isambart le bon, Beurré de
+ Terwerenne). Fertile; moyen et gros; très-bon; septembre et
+ octobre. (Contre un mur, avec avant-toit; levant, couchant; peut
+ s'élever en haute tige.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bezy de Chaumontel</span> (Beurré de Chaumontel, Chaumontel, Beurré
+ d'hiver). Assez fertile; moyen et gros; assez bon; janvier. (Peut
+ aussi s'élever en pyramide.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bon Chrétien de Rans</span> (Beurré de Rance, Beurré de Flandre, Beurré
+ Noirchain, Beurré noire chair, Hardenpont de printemps, Beurré de
+ Pentecôte). Assez fertile; assez gros; assez bon; janvier, mars.
+ (Sur franc, contre un mur; bonne exposition.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Doyenné blanc</span> (Beurré blanc, par erreur, Saint-Michel, Bonne
+ ente, Doyenné picté, de Neige, du Seigneur, Citron de septembre,
+ etc.). Très-fertile; moyen; très-bon; octobre. (Sur franc, contre
+ un mur avec avant-toit; nord, levant, couchant.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Doyenné gris</span> (Doyenné roux, Doyenné crotté, Doyenné galeux,
+ Doyenné jaune, Saint-Michel gris, Neige grise). Très-fertile;
+ moyen; très-bon; octobre, novembre. (Sur franc, contre un mur
+ avec avant-toit; terre légère; levant, couchant, nord.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Saint-Germain d'hiver</span> (Inconnue Lafare, Saint-Germain gris,
+ Saint-Germain vert). Fertile; assez gros; très-bon; novembre,
+ mars. (Contre un mur au soleil.)</p>
+</div>
+
+<p class="center"><i>Variétés dont les fruits sont à cuire.</i></p>
+
+<div class="type">
+ <p><span class="smcap">Belle Angevine</span> (Angora, Bolivar, Comtesse ou Beauté de Terweren,
+ Royale d'Angleterre, Duchesse de Berri d'hiver, Abbé Mongein,
+ <span class="pagenum"><a id="page226" name="page226"></a>(p. 226)</span> Très-grosse de Bruxelles). Assez fertile; énorme; assez
+ bon fin d'hiver. (Pyramide, mieux en espalier, contre un mur au
+ midi.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Bon Chrétien d'hiver</span> (Poire d'angoisse, Poire de Saint-Martin,
+ Bon Chrétien de Tours). Assez fertile; gros; bon; mars, mai.
+ Contre un mur à bonne exposition.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Catillac</span> (Quenillat, Téton de Vénus, Gros-Gillot, Bon Chrétien
+ d'Amiens, Grand Monarque, Monstrueuse des Landes, Chartreuse,
+ Abbé Mongein). Très-fertile; très-gros; bon; février, mai.
+ (Pyramide, mieux en espalier et haute tige.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Certeau d'automne</span> (Cuisse-Dame, par erreur). Très-fertile; moyen;
+ très-bon; octobre, novembre. (Mieux en espalier et haute tige.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Curé</span> (Monsieur le Curé, de Monsieur, de Clio, Belle de Berri,
+ Belle Andréanne ou Adrienne, Bon Papa, Pater Noster, Vicar of
+ Wakefield, Belle Héloïse, Beurré Comice de Toulon, Belle
+ Andréine). Fertile; gros; très-bon; novembre, janvier. (Pyramide,
+ espalier, haute tige.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Léon Leclerc.</span> Fertile; gros; assez bon; mars, mai. (Pyramide;
+ mieux, en espalier; sur franc; bonne exposition.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Martin sec</span> (Rousselet d'hiver). Assez fertile; petit; très-bon;
+ décembre, janvier. (Mieux en haute tige.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Messire-Jean</span> (Mi-Sergent, Messire-Jean gris, Messire-Jean doré,
+ Chaulis). Assez fertile; moyen; bon; novembre. (Mieux en tige.)</p>
+</div>
+
+<p class="center"><i>Poiriers spécialement pour haute tige</i> (Arbres de verger).</p>
+
+<div class="type">
+ <p><span class="smcap">Bergamote Sylvange</span> (Poire Sylvange). Fertile; moyen; bon;
+ novembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré d'Angleterre</span> (Bec d'Oie, Amande, Poire d'Amande, Poire
+ anglaise, Saint-François, Poire des Finnois). Très-fertile;
+ moyen; assez bon; septembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Beurré Goubault.</span> Très-fertile; moyen; bon; septembre.
+ (Entre-cueillir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Blanquet</span> (Blanquet gros, Cramoisin, Cramoisine). Fertile; petit;
+ assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Citron des Carmes</span> (Petite Madeleine, Saint-Jean). Très-fertile;
+ petit; assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Colmar Nélis</span> (Nélis d'hiver, Bonne ou Fondante de Malines).
+ Fertile; moyen; bon; novembre et décembre.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Doyenné de juillet</span> (Roi Jolimont). Très-fertile; petit; très-bon;
+ juillet. (Entre-cueillir.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Épargne</span> (Beau-Présent, Cuisse-Madame, Grosse Madeleine;
+ Saint-Samson, <span class="pagenum"><a id="page227" name="page227"></a>(p. 227)</span> Chopine, Beurré de Paris, Cueillette, de
+ la Table des Princes). Très-fertile; moyen ou assez gros; bon;
+ juillet, août. (Réussit en espalier.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Joséphine de Malines.</span> Peu fertile; moyen et petit; très-bon;
+ janvier. (Réussit en espalier.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rousselet de Reims</span> (Petit Rousselet, Rousselet musqué). Fertile;
+ petit; bon; septembre. (Très-bon confit.)</p>
+
+ <p><span class="smcap">Seckle</span> (Shakespeare, Seckle pear). Fertile; petit; bon; octobre.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pommier</span> (<i>Pyrus malus</i>).&mdash;Tous les terrains, même ceux qui sont un
+peu frais, conviennent au Pommier; toutes les expositions, excepté
+le sud, lui sont favorables. On greffe les arbres à haute tige sur
+égrin et les nains sur doucin et sur paradis.</p>
+
+<p>Ce que nous avons dit de la culture et de la taille des Poiriers
+peut, en toutes circonstances, s'appliquer également aux Pommiers.
+On peut facilement leur faire prendre toutes les formes. Ceux qu'on
+élève à haute tige sont les plus durables et ceux qui produisent le
+plus. Nous conseillons de les tailler pendant les premières années.</p>
+
+<p>Si on les plante en lignes, on les met à 8 ou 10 mètres l'un de
+l'autre, et quelquefois plus, selon la nature du terrain. Dans les
+jardins, on ne plante ordinairement que des arbres nains, qui
+n'occupent que peu de place, et qui, bien dirigés, produisent
+beaucoup au bout de très-peu de temps.</p>
+
+<p>Dans les terrains légers et chauds, on plantera de préférence les
+Pommiers greffés sur doucin, parce qu'alors leurs racines
+s'enfoncent plus profondément que lorsqu'ils sont greffés sur
+paradis. Dans ce dernier cas, ils s'élèvent peu, mais fructifient
+beaucoup, et les fruits en sont généralement très-beaux. Il faut les
+planter à environ 1<sup>m</sup>,65 les uns des autres.</p>
+
+<p>Comme presque toutes leurs racines sont à la surface du sol, il ne
+faut leur donner que les binages.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page228" name="page228"></a>(p. 228)</span> Nous avons conseillé, à l'article <span class="smcap">Poirier</span>, de placer un
+Pommier nain entre chaque quenouille; la forme la plus avantageuse a
+leur donner est celle d'un gobelet (<i>fig.</i> <a href="#img024">24</a>). La première année,
+on choisit cinq ou six bourgeons placés, autant que possible, a
+égale distance, pour établir la charpente de l'arbre, et on les
+palissera sur un cerceau. L'année suivante, on taillera les mères
+branches suivant leur force, et toujours sur un &oelig;il placé de
+manière à les prolonger dans la même direction.</p>
+
+<a id="img024" name="img024"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img024.jpg" width="200" height="251" alt="" title="">
+<p>Fig. 24.&mdash;Pommier en gobelet.</p>
+</div>
+
+<p>À l'ébourgeonnage, on pincera très-court les bourgeons qui se
+dirigeraient intérieurement, de manière à évider l'intérieur de
+l'arbre; puis on pincera aussi ceux qui pousseraient en dehors.</p>
+
+<p>On placera un second cerceau qui devient nécessaire pour palisser le
+prolongement des branches, et par suite il faudra établir des
+branches pour remplir les vides qui résulteront de l'écartement des
+branches mères.</p>
+
+<p>Généralement, il faudra tailler plus long et beaucoup plus tard les
+arbres qui pousseront trop vigoureusement.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page229" name="page229"></a>(p. 229)</span> Les bordures de buis du potager peuvent être
+avantageusement remplacées par de jeunes Pommiers paradis, que l'on
+plante à environ 2 mètres les uns des autres, et que l'on dirige
+horizontalement sur une seule branche (<i>fig.</i> <a href="#img025">25</a>.)</p>
+
+<p>Avant de planter, on marque la place de chaque arbre par un piquet
+destiné à servir de support au fil de fer sur lequel on attache les
+Pommiers. Ces piquets doivent être enfoncés de manière que le fil de
+fer puisse être tendu à 0<sup>m</sup>,40 ou 0<sup>m</sup>,50 du sol.</p>
+
+<a id="img025" name="img025"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img025.jpg" width="500" height="125" alt="" title="">
+<p>Fig. 25.&mdash;Pommiers en cordons.</p>
+</div>
+
+<p>Après la plantation, ou courbe la tige de chaque arbre avec
+précaution, on la maintient le long du fil de fer au moyen de
+quelques ligatures en osier, puis on coupe l'extrémité plus ou moins
+longue, suivant la vigueur de l'arbre.</p>
+
+<p>Quand on veut obtenir deux branches sur chaque Pommier, il suffit,
+après la plantation, de couper la tige au-dessous du fil de fer, et
+l'année suivante on dirige une branche à droite et une branche à
+gauche.</p>
+
+<p>Les années suivantes, on taille toutes les branches latérales le
+plus près possible de leur insertion, afin de favoriser le
+développement des boutons à fruits; puis on prolonge les cordons de
+0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50, suivant la vigueur de l'arbre, et cela jusqu'à ce
+qu'ils aient atteint une longueur qui permette de les greffer l'un
+sur l'autre, de manière à former un seul et même cordon.</p>
+
+<p>Nous conseillons de former des haies de Pommiers <span class="pagenum"><a id="page230" name="page230"></a>(p. 230)</span> toutes
+les fois qu'on devra faire des clôtures dans les endroits où l'on
+n'aura pas à craindre la dévastation des fruits; on prendra des
+arbres greffés sur doucin, et on les plantera à environ 1 mètre l'un
+de l'autre. Pendant les premières années, on maintiendra
+l'inclinaison des membres en les attachant sur des échalas placés de
+loin en loin. On greffera par approche toutes les branches
+principales qui se croiseront, et on entrelacera les autres.</p>
+
+<p>À l'époque de l'ébourgeonnage, on pincera la haie sur les deux
+faces; puis, par la taille et les ébourgeonnages, on tâchera
+d'éviter qu'elle ne se dégarnisse par le bas.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Api, &mdash; Calville blanc, &mdash; C. rouge, &mdash; Fenouillet
+ gris, &mdash; Pigeonnet, &mdash; Potophe d'hiver, &mdash; Gros Rambour, &mdash;
+ Reinette de Hollande, &mdash; R. franche, &mdash; R. du Canada, &mdash; R.
+ d'Angleterre, &mdash; R. dorée, &mdash; R. grise, &mdash; R. de Bretagne, &mdash; R.
+ d'Espagne, &mdash; R. de Granville.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Prunier</span> (<i>Prunus</i>).&mdash;Les Pruniers, ayant des racines traçantes,
+n'exigent pas un terrain très-profond; ils viennent assez bien
+presque partout, pourvu cependant que le sol ne soit ni trop sec ni
+trop humide. On les greffe sur le Prunier Saint-Julien ou sur le
+Damas noir; et, quoiqu'ils réussissent bien sous toutes les formes,
+on n'en plante guère en espalier que dans les contrées où les fruits
+mûrissent mal; il faut alors les mettre à bonne exposition.</p>
+
+<p>Il est beaucoup plus avantageux de planter des arbres à haute tige.
+Si l'on en forme des lignes, il faut les placer à 6 mètres l'un de
+l'autre. Plusieurs espèces peuvent aussi être plantées pour former
+des haies intérieures, ou dans les endroits où l'on n'a pas à
+craindre la dévastation des fruits. Il n'est pas absolument
+nécessaire de tailler les Pruniers, si ce n'est pendant les
+premières années, pour former la charpente de l'arbre.</p>
+
+<p><i>De la culture forcée du Prunier.</i>&mdash;On peut facilement <span class="pagenum"><a id="page231" name="page231"></a>(p. 231)</span>
+avancer la maturité de plusieurs variétés, telles que le Monsieur
+hâtif, la Mirabelle et la Reine-Claude. Pour cela, à l'automne, on
+plantera dans des pots de 0<sup>m</sup>,30 de jeunes Pruniers élevés sous la
+forme de petites quenouilles; on les choisira aussi ramifiés que
+possible, et après l'empotage on enfoncera les pots à une bonne
+exposition. L'année suivante, en janvier, on les placera dans une
+serre vitrée dont on n'élèvera pas la température à plus de 12° ou
+14°. On donnera de l'air au moment du soleil, et la nuit on couvrira
+la serre avec des paillassons. Les autres soins consistent à arroser
+ces arbres à propos et à les seringuer de temps à autre, après
+qu'ils sont défleuris; les fruits seront mûrs dans les premiers
+jours de mai. On peut chauffer les mêmes Pruniers deux ou trois
+années de suite.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Jaune hâtive, &mdash; Monsieur, &mdash; Royale de Tours, &mdash;
+ Reine-Claude, &mdash; R.-C. Coëgolden drop, &mdash; R.-C. violette, &mdash;
+ R.-C. monstrueuse de Bavay, &mdash; Mirabelle grosse et petite, &mdash;
+ Impériale blanche, &mdash; Surpasse-Monsieur, &mdash; Jefferson, &mdash; Drap
+ d'or d'Esperen. &mdash; Washington, &mdash; Gros Damas, &mdash; Perdrigon rouge,
+ &mdash; de Sainte-Catherine, &mdash; de Saint-Martin, &mdash; Pond's Seedling.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Vigne</span> (<i>Vitis vinifera</i>).&mdash;La vigne vient dans presque tous les
+terrains, et il est peu de localités où l'on ne puisse en obtenir de
+beaux et bons produits, si elle est plantée à une exposition
+favorable et bien gouvernée: cependant le sol le plus propice est
+une terre franche, douce et profonde, amendée de temps à autre par
+des engrais bien consommés.</p>
+
+<a id="img026" name="img026"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img026.jpg" width="500" height="289" alt="" title="">
+<p>F. 26. Vigne à la Thomery.</p>
+</div>
+
+<p>Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous
+laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi,
+pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment
+quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre
+circonstance, nous <span class="pagenum"><a id="page232" name="page232"></a>(p. 232)</span> conseillons de la conduire à la Thomery
+(<i>fig.</i> <a href="#img026">26</a>), ce <span class="pagenum"><a id="page233" name="page233"></a>(p. 233)</span> mode de plantation offrant tous les
+avantages désirables.</p>
+
+<p>1. <i>Plantation.</i>&mdash;La distance à observer entre chaque pied de Vigne
+dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de
+profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus
+près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner
+moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on
+peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière
+suivante: tous les 0<sup>m</sup>,65, on fera une tranchée d'environ 0<sup>m</sup>,33 de
+largeur et 0<sup>m</sup>,35 de profondeur; on la commencera 1<sup>m</sup>,33 ou 1<sup>m</sup>,65
+du mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera
+jusqu'à 0<sup>m</sup>,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes
+enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de
+plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque
+marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit
+être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de
+telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0<sup>m</sup>,65 du mur
+soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la
+courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre.</p>
+
+<p>Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis
+recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la
+tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de
+remplir la tranchée avec la terre du sol.</p>
+
+<p>En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois
+yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques
+millimètres au-dessus de l'&oelig;il, et de faire que le biseau de la
+coupe soit toujours opposé à l'&oelig;il terminal.</p>
+
+<p>Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus
+vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et
+on mettra un échalas à chaque pied. <span class="pagenum"><a id="page234" name="page234"></a>(p. 234)</span> On y attachera chaque
+bourgeon, en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils
+se développeront.</p>
+
+<p>2. <i>Taille.</i>&mdash;<i>Première année.</i>&mdash;À l'automne suivant, on continuera
+les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année
+précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du
+mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée
+d'avance.</p>
+
+<p>À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou
+trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à
+mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux
+bourgeons dès qu'ils auront 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 de longueur. Comme il
+est probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira
+quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en
+supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes
+Vignes.</p>
+
+<p><i>Deuxième année.</i>&mdash;On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui
+est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible,
+car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera
+toutes les tiges <i>a</i> sur un &oelig;il placé à quelques centimètres
+au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0<sup>m</sup>,25 du sol. Si
+les tiges <i>b</i>, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à
+0<sup>m</sup>,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur,
+promettent des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges
+<i>a</i>.</p>
+
+<p>On taillera les tiges <i>c</i>, <i>d</i>, <i>e</i> d'après leur vigueur, et les
+années suivantes on établira les cordons des tiges <i>c</i> à 1<sup>m</sup>,25 du
+sol, ceux des tiges <i>d</i> à 1<sup>m</sup>,75, et enfin ceux des tiges <i>e</i> à
+2<sup>m</sup>,25.</p>
+
+<p>En général, pour rabattre sur de bons yeux, il faut tailler la
+pousse de l'année à la moitié de sa longueur, à moins cependant que
+le premier ou le deuxième &oelig;il au-dessus ne se trouve à la hauteur
+d'un cordon, sur la partie de la <span class="pagenum"><a id="page235" name="page235"></a>(p. 235)</span> tige que l'on prolongera
+chaque année et jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la hauteur où elle
+doit former cordon. On laissera sur chaque tige trois ou quatre
+bourgeons qu'on choisira parmi ceux qui ont le plus de grappes; on
+les palissera à mesure qu'ils se développeront, et, comme les autres
+années, on supprimera les faux bourgeons, puis on pincera très-court
+tous les autres bourgeons, et à la taille suivante on les démontera
+au rez de la tige.</p>
+
+<p><i>Troisième année.</i>&mdash;L'année suivante, on taillera le bourgeon
+vertical des tiges qui dès l'année précédente avaient été rabattues
+à la hauteur du cordon, à partir de son insertion sur le second
+&oelig;il, y compris celui du talon, ce qui donnera naissance à deux
+bourgeons, dont on formera les deux bras horizontaux; mais il ne
+faudra les amener que graduellement à la place qu'ils doivent
+occuper, et il vaudrait souvent mieux attendre à l'automne que de
+s'exposer à les casser. Pendant leur végétation on les attachera à
+mesure qu'ils se développeront, et on enlèvera les faux bourgeons,
+ainsi que tous les bourgeons placés devant et derrière et ceux qui
+se développent sur les tiges.</p>
+
+<p><i>Quatrième année.</i>&mdash;On taillera les deux branches qui forment le
+cordon à environ 0<sup>m</sup>,35 de longueur, suivant leur vigueur, mais
+toujours sur l'&oelig;il placé le plus favorablement pour prolonger le
+cordon dans la même direction. Puis, pour former les branches
+fruitières, on taillera les bourgeons placés sur la partie
+supérieure du cordon, en observant qu'ils doivent avoir entre eux
+une distance de 0<sup>m</sup>,16 à 0<sup>m</sup>,20.</p>
+
+<p>Comme précédemment, on enlèvera tous les faux bourgeons, ainsi que
+les bourgeons mal placés, et l'on pincera ceux qui sont le plus près
+de l'extrémité, afin de favoriser la végétation des bourgeons de
+prolongement, ce qu'il faudra observer jusqu'à ce que le cordon ait
+atteint toute <span class="pagenum"><a id="page236" name="page236"></a>(p. 236)</span> sa longueur. D'après l'écartement indiqué
+pour la plantation, chaque partie du cordon devra avoir 1<sup>m</sup>,60 de
+long de chaque côté.</p>
+
+<p><i>Cinquième année.</i>&mdash;On taillera les branches fruitières en courson
+sur deux yeux, puis on prolongera chaque part du cordon d'environ
+0<sup>m</sup>,35; et comme, arrivés à ce point, les soins à donner à la Vigne
+pendant la végétation sont exactement les mêmes que ceux
+précédemment indiqués, nous croyons inutile de traiter ce sujet plus
+longuement.</p>
+
+<p><i>Sixième année.</i>&mdash;Pour cette taille et celles qui auront lieu
+successivement, on démontera toutes les branches fruitières sur le
+bourgeon le plus près du cordon, afin de les rajeunir chaque année;
+et ensuite on taillera les coursons sur un ou deux yeux, ce que
+l'expérience indiquera; car si, après avoir taillé sur un &oelig;il, on
+obtenait des bourgeons trop vigoureux, il faudrait l'année suivante
+tailler sur deux yeux. Lorsque chaque cordon est arrivé à remplir le
+cadre qui lui est assigné, il ne s'agit plus que de maintenir
+l'équilibre de la séve, afin d'avoir une végétation égale dans toute
+la longueur du cordon. Pour arriver à ce résultat, il faut
+surveiller la végétation des bourgeons placés vers l'extrémité (car
+ils sont toujours disposés à attirer vers eux une grande quantité de
+séve), et, par des pincements et le palissage, forcer la séve à
+refluer vers le centre.</p>
+
+<p>Ces notions, quoique bien succinctes, suffisent pour faire connaître
+la série des opérations nécessaires à la conduite d'une treille, et
+l'étude attentive des dernières tailles servira à l'intelligence des
+autres.</p>
+
+<p>3. <i>Vigne en palmette.</i>&mdash;Après avoir amené les Vignes à la place
+qu'elles doivent occuper, on les taille toutes à trois ou quatre
+yeux au-dessus de terre; aussitôt après le développement des
+bourgeons, on choisit le plus vigoureux, on le dirige verticalement,
+et, pour en favoriser la <span class="pagenum"><a id="page237" name="page237"></a>(p. 237)</span> végétation, on pince ou l'on
+supprime les autres. L'année suivante, on rabat toutes les tiges à
+peu près à la moitié de leur longueur, plus ou moins, selon leur
+vigueur; après quoi, sur chacune, on fait choix d'un bourgeon pour
+prolonger la tige, puis on palisse les bourgeons placés à droite et
+à gauche, en ayant soin de les incliner plus ou moins, suivant qu'on
+voudra favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de
+l'autre; et, comme toujours, on supprime les bourgeons placés devant
+et derrière, ainsi que les faux bourgeons.</p>
+
+<p>Les années suivantes, on taille les bourgeons à droite et à gauche
+en courson sur deux yeux, puis on rabat le bourgeon vertical de
+manière à obtenir chaque année quelques nouveaux bourgeons, et cela
+jusqu'à ce que l'on soit arrivé à garnir le mur dans toute sa
+hauteur.</p>
+
+<p>4. <i>Vigne en contre-espalier.</i>&mdash;Pour former un contre-espalier, nous
+conseillons d'observer tout ce qui a été indiqué pour la treille à
+la Thomery, de manière à représenter les deux premiers cordons <i>a</i>,
+<i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img026">26</a>).</p>
+
+<p>Après la plantation, on enfoncera un pieu de loin en loin, et l'on
+tendra dessus un fil de fer pour guider chaque cordon, puis un autre
+entre les deux pour attacher les bourgeons du premier cordon, et
+enfin un quatrième à 0<sup>m</sup>,28 au-dessus du second cordon, pour en
+attacher aussi les bourgeons. Pour l'établissement des cordons et
+les soins à leur donner pendant leur végétation, on observera tout
+ce qui a été indiqué précédemment.</p>
+
+<p>On peut chaque année en chauffer une partie, ainsi que nous l'avons
+indiqué dans le chapitre II, relatif à la disposition d'un jardin;
+mais on ne commencera qu'au bout de trois ou quatre ans de
+plantation, et alors on pourra chaque année chauffer le quart de la
+longueur, de sorte que lorsqu'on sera arrivé à reprendre la première
+partie, elle ait eu trois ans de repos.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page238" name="page238"></a>(p. 238)</span> 5. <i>De la culture forcée de la Vigne.</i>&mdash;Vers la fin de
+décembre, dans le courant de janvier et même jusqu'en février, enfin
+suivant la maturité du bois, on taille la Vigne; puis, suivant la
+position, on place devant elle soit des panneaux si elle est plantée
+le long d'un mur, soit une petite bâche mobile<a id="footnotetag13" name="footnotetag13"></a><a href="#footnote13" title="Go to footnote 13"><span class="smaller">[13]</span></a>.</p>
+
+<p>Si la Vigne est plantée en contre-espalier, on entoure le tout d'un
+réchaud de fumier qu'on remanie au besoin, puis on pose les
+panneaux; mais on arrive à des résultats beaucoup plus prompts en
+faisant passer dans la bâche le tuyau d'un poêle ou mieux d'un
+thermosiphon. Ce mode de chauffage est très-favorable à la
+végétation, et nécessite beaucoup moins de surveillance pour arriver
+à un bon résultat. On règle la température comme il suit: à partir
+de l'époque où l'on commence à chauffer jusqu'à ce que la Vigne
+entre en végétation, on maintient une chaleur de 15° à 18° dans la
+bâche; après quoi on augmente de 4° à 5°, température que l'on
+entretient jusqu'à ce que la grappe soit bien formée, et pendant la
+floraison on chauffe de 25° à 30°; mais une fois que les grains sont
+bien formés on diminue graduellement la chaleur, de manière à
+n'avoir plus que 18° à 20° jusqu'à parfaite maturité.</p>
+
+<p>La température est d'autant plus facile à régler, que cette bâche ne
+contient qu'une très-petite quantité d'air.</p>
+
+<p>Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons qu'on
+enlève tous les jours; et si, au moment du soleil, le thermomètre
+monte plus haut que nous ne l'avons indiqué, on donne un peu d'air
+en soulevant les panneaux par le haut. Pour entretenir l'humidité
+nécessaire à la <span class="pagenum"><a id="page239" name="page239"></a>(p. 239)</span> Vigne, on donne des bassinages, qui
+doivent être plus ou moins fréquents, suivant la température et les
+progrès de la végétation. L'eau qu'on emploie pour ces arrosements
+doit être déposée sous la bâche quelque temps avant d'être employée,
+afin qu'elle soit, autant que possible, à la température de
+l'atmosphère dans laquelle on la répand.</p>
+
+<p>La Vigne étant ainsi traitée, on aura des Raisins mûrs au bout de
+quatre mois ou quatre mois et demi, à partir de l'époque où l'on
+aura commencé à chauffer.</p>
+
+<p>Pour utiliser la place qui reste au devant de la Vigne, on peut
+mettre quelques rangs des Fraisiers en pots, qui s'accommodent
+très-bien de la même température.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Madeleine noire, &mdash; M. blanche, &mdash; Chasselas de
+ Fontainebleau, &mdash; Ch. de Bar-sur-Aube, &mdash; Ch. gros coulard, &mdash;
+ Ch. musqué, &mdash; Ch. rose, &mdash; Muscat blanc, &mdash; M. violet, &mdash; M.
+ d'Alexandrie, &mdash; Corinthe, &mdash; Panse commune, &mdash; Gromier du
+ Cantal, &mdash; Frankental, &mdash; Cornichon, &mdash; Raisin cassis.</p>
+</div>
+
+<h2>CHAPITRE XIV<br>
+<span class="smaller">Maladies des Arbres.</span></h2>
+
+<p>Les maladies qui attaquent les arbres et les font périr sont dues à
+deux causes distinctes: les unes, telles que le chancre et la gomme,
+sont le résultat de causes internes, tandis que les autres sont
+produites par des causes extérieures, et surtout par la présence des
+plantes parasites comme les Lichens, les Mousses et les Champignons.</p>
+
+<p>Les premières, souvent mortelles, peuvent être guéries par
+l'amputation des parties maladives, si l'arbre n'en est attaqué que
+partiellement ou si les causes qui les ont produites sont passagères
+et n'ont pu détruire en lui tout germe de vie; mais quand il en est
+envahi tout entier et <span class="pagenum"><a id="page240" name="page240"></a>(p. 240)</span> que sa végétation est modifiée au
+point que le dépérissement est journalier, l'arbre languit et meurt
+bientôt, sans que les secours du jardinier puissent le sauver.</p>
+
+<p>Il n'en est pas de même des maladies dues à l'établissement de
+végétaux parasites sur l'épiderme de l'arbre; des lotions avec de
+l'eau de chaux et un nettoyage attentif avec une brosse ou un
+émoussoir suffisent ordinairement pour détruire les Lichens et les
+Mousses, et rendre la santé à l'arbre qui en était chargé.</p>
+
+<p>Quant aux Champignons, il faut pour les détruire avoir recours à un
+moyen plus énergique, surtout pour celui de la Vigne nommé <i>Oïdium
+Tuckeri</i>; car l'eau de chaux a été reconnue insuffisante, et
+l'hydrosulfate de chaux<a id="footnotetag14" name="footnotetag14"></a><a href="#footnote14" title="Go to footnote 14"><span class="smaller">[14]</span></a>, étendu dans la proportion de 1 litre
+pour 50 litres d'eau, est, jusqu'à présent du moins, le moyen le
+plus simple et le plus efficace que l'on ait encore trouvé.</p>
+
+<p>Plus anciennement connue, la fleur de soufre appliquée après un
+bassinage détruit également bien le Champignon de la Vigne; mais,
+que l'on emploie la fleur de soufre ou l'hydrosulfate de chaux,
+l'important pour réussir est d'opérer à temps, c'est-à-dire aussitôt
+que l'on aperçoit les premières traces blanches qui caractérisent la
+maladie, car elle se propage avec une grande rapidité.</p>
+
+<p>Si, malgré le soin apporté à l'opération, le Champignon n'était pas
+détruit par un premier traitement, il faudrait recommencer quelques
+jours après.</p>
+
+<p>La fleur de soufre et l'hydrosulfate de chaux peuvent être également
+employés avec succès pour détruire le <i>blanc</i> ou <i>meunier</i>, qui fait
+tant de tort aux Pêchers.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page241" name="page241"></a>(p. 241)</span> C'est à ces notions insuffisantes que se borne notre
+science, et les seuls moyens que nous ayons pour prévenir les
+maladies sont des soins attentifs, des abris dans les mauvais temps,
+et le choix d'une bonne exposition.</p>
+
+<p>Il est à regretter que cette partie importante de l'horticulture
+soit si négligée et que personne ne s'en occupe sérieusement.</p>
+
+<h2>CHAPITRE XV<br>
+<span class="smaller">Jardin d'agrément.</span></h2>
+
+<p>Nous ne pouvons, pour cette partie, qui est soumise à des
+modifications dépendant de la situation et de la forme du terrain,
+ainsi que du goût du propriétaire, entrer dans les mêmes détails que
+pour le potager, qui admet des règles plus fixes.</p>
+
+<p>Quoique les murs soient pour tous les jardins le meilleur mode de
+clôture, ils ne sont pas indispensables pour un jardin d'agrément,
+qui peut être fermé par des haies vives.</p>
+
+<p>Bien que l'Épine blanche (Aubépine) soit considérée comme l'arbre
+qui convient le mieux pour établir une haie, on peut, selon la
+nature du terrain, employer les essences suivantes: Acacia blanc
+(Robinier), Arbre de Judée, Acer campestre et Tataricum, Buplevrum
+fruticosum, Charme, Cornus sanguinea, Clavalier (Xanthoxylum),
+Caragana arborea, Celtis (Micocoulier) occidentalis et australis;
+Cerisier, Cyprès, Épine-Vinette, Elæagnus angustifolia, Frêne
+commun, Gleditschia Sinensis et triacanthos; Houx, Hêtre, If, Lilas,
+Lycium Barbarum; Maclura aurantiaca, Mûrier blanc, Noisetier, Orme,
+Prunus spinosa (Prunellier), incana, Mahaleb (Sainte-Lucie) et
+insititia (Prunier sauvage); Poirier commun, Pommier, Rhamnus
+<span class="pagenum"><a id="page242" name="page242"></a>(p. 242)</span> catharticus (Nerprun), Paliurus, hybridus, sempervirens et
+Alaternus (Alaterne); Sureau commun, Troëne commun, Thuya, Viburnum
+lantana (Viorne).</p>
+
+<p>Lorsqu'on établit une haie, il faut, pendant les premières années,
+la protéger au dehors par une haie morte ou un fossé assez large et
+assez profond pour la défendre contre la dent des bestiaux. Comme
+clôture, les haies sont d'un aspect moins désagréable que les murs,
+et elles permettent de profiter de chaque échappée de vue, avantage
+immense dans la composition d'un jardin d'agrément.</p>
+
+<p>L'étude de la position du terrain doit avoir pour but de ménager
+tout ce qui peut contribuer à rendre la perspective agréable, et de
+masquer les endroits que l'on voulait cacher.</p>
+
+<p>Rien de plus disgracieux dans un jardin d'agrément que la
+disproportion entre ses différentes parties; les allées, les
+pelouses, les massifs, les bassins, tout enfin doit être
+proportionné à l'étendue du terrain.</p>
+
+<p>Les arbres plantés dans les massifs ne doivent pas être disséminés
+au hasard, mais dans l'ordre de leur élévation; il faut les
+distancer assez pour que la végétation n'en soit pas gênée. On doit
+les grouper en harmonisant les feuillages et les fleurs de manière à
+produire sur la vue une impression agréable.</p>
+
+<p>Nous ne saurions trop recommander l'introduction dans les jardins
+d'agrément, au lieu d'arbres inutiles, des arbres fruitiers à haute
+tige, tels que Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, Pommiers, Poiriers,
+Amandiers, Coignassiers, etc., en les plaçant de préférence à la
+pointe des massifs, pour qu'ils ne soient pas étouffés par la
+végétation des arbres voisins et qu'ils jouissent les premiers de
+l'air et du soleil.</p>
+
+<p>Bien des personnes ont été arrêtées dans l'idée de plantation
+d'arbres fruitiers par la crainte de voir une partie <span class="pagenum"><a id="page243" name="page243"></a>(p. 243)</span> de
+leur récolte dévorée par les oiseaux, et de n'avoir que des fruits
+de médiocre grosseur.</p>
+
+<p>Cette considération ne doit pas être un motif d'exclusion: car,
+quelque mince que soit le produit de chaque arbre à fruit, il ne
+sera pas, comme pour les arbres d'ornement, complétement stérile; de
+plus, les arbres fruitiers ne le cèdent pas aux arbres d'ornement,
+tant par la beauté de leur feuillage que par le coloris brillant et
+l'abondance de leurs fleurs, et ils ont, de plus que les autres, des
+fruits, qui flattent aussi agréablement la vue que la grappe du
+Sorbier, le fruit des Mespilus, de Sureaux, etc.</p>
+
+<p>Les arbres verts et tous les arbres à feuilles persistantes qui font
+jouir, au milieu de l'hiver, d'une verdure sévère peut-être, mais
+qui rappelle les beaux jours, doivent aussi trouver place dans un
+jardin d'agrément.</p>
+
+<p>Le Cèdre du Liban, le Mélèze, le Sapin épicéa, le Cyprès distique,
+les grands arbres de nos forêts, comme le Hêtre, le Bouleau, peuvent
+être plantés isolément et servir à rompre la monotonie des lignes
+droites.</p>
+
+<p>En établissant un jardin d'agrément, il faut que l'allée qui en fait
+le tour ne soit pas trop près de la clôture, afin de cacher autant
+que possible l'étendue de la propriété.</p>
+
+<p>Les allées principales doivent avoir plus de largeur que les autres,
+et l'on doit en les traçant éviter la régularité; des courbures plus
+ou moins longues, de sinuosités qui dissimulent le parcours sont
+indispensables pour ôter à un jardin de cette espèce la monotone
+symétrie de nos anciens jardins publics.</p>
+
+<p>On peut, suivant l'étendue du jardin, élever çà et là quelques
+constructions rustiques, ménager des salles de verdure où l'on
+arrive sans s'y attendre dans le cours de la promenade, et l'on ne
+doit pas négliger de placer des bancs de distance en distance, et
+surtout aux endroits où l'on a ménagé des échappées de vue.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page244" name="page244"></a>(p. 244)</span> Quelle que soit l'étendue du terrain, il faut toujours une
+partie de gazon devant la maison.</p>
+
+<p>La pelouse devra avoir des contours gracieux et s'harmoniser avec
+les parties environnantes. On la creusera un peu au milieu, afin de
+produire un effet plus naturel, et l'on disposera sur les bords de
+petits massifs, placés de manière à concourir à l'effet général sans
+masquer la perspective.</p>
+
+<p>Pour établir une pelouse, on emploie le plus souvent en France du
+<i>Rye-grass anglais</i>, auquel on ajoute une petite quantité de Trèfle
+blanc de Hollande; mais en Angleterre on a depuis longtemps renoncé
+au <i>Rye-grass</i> pour semer du <i>Lawn's grass</i> (herbe à pelouse),
+mélange composé d'Agrostis traçante, de Crételle des prés, de Brome
+des prés, de Fétuque ovine, de Fétuque traçante, de Flouve odorante,
+de Paturin des prés, de <i>Rye-grass anglais</i>, de Mille-feuilles et de
+Trèfle blanc.</p>
+
+<p>Mélangées dans des proportions raisonnées, ces plantes produisent un
+aussi bel effet que le <i>Rye-grass</i>, et elles ont l'avantage de durer
+beaucoup plus longtemps. Bien que ces mélanges conviennent à tous
+les terrains à peu près, on doit dans les terres fraîches remplacer
+les Fétuques ovine et traçante par de la Fétuque des prés, qui
+s'élève un peu plus, il est vrai, mais qui convient plus
+particulièrement que les autres espèces aux terrains humides.</p>
+
+<p>Dans les terres sèches, on peut aussi, au lieu de <i>Rye-grass
+anglais</i>, semer du <i>Rye-grass d'Italie</i>, qui réussit dans les plus
+mauvaises conditions.</p>
+
+<p>Sous les grands arbres, on sème de préférence du Paturin des bois,
+seul ou avec un peu d'Agrostis traçante, de Fétuque ovine, de
+Fétuque hétérophylle et de Fétuque des prés, graminées qui viennent
+également bien a l'ombre.</p>
+
+<p>Dans les grands jardins, où les pelouses ont souvent <span class="pagenum"><a id="page245" name="page245"></a>(p. 245)</span>
+beaucoup d'étendue, on peut, après avoir consulté la nature du
+terrain, remplacer le gazon par une véritable prairie naturelle dont
+le foin peut être donné aux bestiaux; mais il faut alors faire choix
+de plantes qui puissent convenir à la nature du sol auquel elles
+sont destinées.</p>
+
+<p>L'époque la plus favorable pour semer une pelouse est le mois de
+septembre dans les terrains légers, ou bien le mois de mars dans les
+terres fortes ou humides; mais quelle que soit l'époque, il faut,
+avant de semer, bien préparer le terrain, ce qui consiste à briser
+les mottes de terre et à extraire toutes les racines et les pierres;
+puis, suivant la nature du sol, on fera le labour plus ou moins
+profond.</p>
+
+<p>Si l'on détruit un vieux gazon pour en semer un autre, il faut le
+retourner à la bêche, de manière qu'il se trouve enterré à la
+profondeur de 0<sup>m</sup>,35 au moins; après le labour, il faut herser la
+terre à la fourche, puis enlever avec le râteau les pierres et les
+mottes qui se trouvent à sa superficie, afin que le sol soit
+parfaitement uni. Si la mauvaise qualité de la terre forçait
+d'ajouter des engrais, il ne faudrait les employer que bien
+consommés.</p>
+
+<p>Le semis ne devra être fait que par un beau temps, à cause des
+opérations qui doivent le suivre. On sème à la volée, et aussitôt
+après le semis on herse légèrement à la fourche; ensuite on passe le
+rouleau, ou, à défaut, on foule avec les pieds, si cependant
+l'étendue n'est pas trop considérable; puis on recouvre les graines
+d'une très-légère couche de terre ou de terreau très-fin.</p>
+
+<p>Pour conserver un gazon longtemps en bon état, il faut le couper
+souvent. On fera la première coupe au commencement de mai, et la
+dernière à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Il nous
+est impossible d'indiquer le nombre de celles qui devront être
+faites entre ces deux époques, car cela dépendra de l'état
+d'humidité <span class="pagenum"><a id="page246" name="page246"></a>(p. 246)</span> dans lequel on les entretiendra. Pendant la
+sécheresse de l'été, les arrosements doivent être très-fréquents, et
+doivent se faire, le matin ou le soir, avec les arrosoirs à pomme.</p>
+
+<p>Il faut après chaque coupe donner un coup de râteau, afin d'enlever
+tout ce qui pourrait occasionner de la pourriture; puis après le
+nettoyage, on passera le rouleau. Chaque année, après la dernière
+coupe, il faut enlever la mousse avec le râteau, et étendre partout
+une légère couche de terreau.</p>
+
+<p>Comme, pour garnir de gazon les talus ou les bancs, le semis ne peut
+se faire qu'avec beaucoup de difficulté, il vaut mieux se servir de
+plaques de gazon levées dans les prairies ou sur le bord des
+chemins; on les ajuste les unes à côté des autres; on fixe avec de
+petites fiches de bois celles qui se trouvent dans une position
+verticale, après quoi on les appuie légèrement avec une petite
+batte. L'époque la plus favorable pour faire cette opération est
+ordinairement le mois de mars.</p>
+
+<p>Pour les pelouses de peu d'étendue on peut, au lieu de semer des
+graminées, planter des Rosiers à fleur remontante, dont on fixe les
+branches sur le sol après les avoir étendues dans tous les sens.
+Lorsque le terrain est complétement couvert, il est impossible de
+voir quelque chose de plus ravissant qu'une pelouse de Rosiers,
+surtout quand les couleurs ont été bien variées dans la plantation.</p>
+
+<p>Les arbustes qui fleurissent le plus longtemps possible doivent être
+massés sur les bords du gazon; et l'on y pourra jeter, comme au
+hasard, quelques beaux arbres verts, comme Cèdre du Liban, Cèdre
+Deodora, Abies Pinsapo, Cryptomeria Japonica, Pinus Sabiniana, Pinus
+Lambertiana, Taxodium sempervirens, etc.</p>
+
+<p>Un Saule pleureur, un Frêne pleureur, un Hêtre pourpre, <span class="pagenum"><a id="page247" name="page247"></a>(p. 247)</span> un
+Negundo à feuilles panachées, etc., et, parmi les végétaux moins
+élevés, les Pivoines en arbre, les Gynerium argenteum, les Bambusa
+edulis et aurea, les Andropogon formosum, les Saccharum Maddeni, les
+Rheum, les Gunnera scabra, les Heracleum, les Caladium et les
+Wigandia, produisent également un bel effet sur les pelouses de
+gazon.</p>
+
+<p>L'usage, actuellement fort répandu, d'établir dans le jardin
+d'agrément des massifs d'une ou plusieurs espèces de plantes
+d'ornement est de très-bon goût, en ce qu'il permet d'apprécier
+complétement la valeur ornementale d'une foule de plantes qui
+produisent tout leur effet seulement lorsqu'elles se produisent par
+groupes.</p>
+
+<p>Les amateurs peu familiarisés avec les ressources que leur offre
+l'horticulture pour ce genre de décoration sont souvent embarrassés
+dans le choix des plantes de chaque saison dont on peut former des
+massifs. Voici, à cet égard, quelques indications qui pourront
+servir à les guider:</p>
+
+<p class="center"><i>Première garniture.</i></p>
+
+<p>Crocus de Hollande, Jacinthes de Hollande, Tulipes à fleur simple,
+Tulipes à fleur double, Anémones à fleur simple, Auricules,
+Primevères des jardins, Hépatiques printanières, Pensées à grande
+fleur, Aubrietia deltoidea, Cynoglosse omphalode, Corbeille d'or,
+Thlaspi vivace, Ellébore rose de Noël, Héliotrope d'hiver,
+<i>Tussilago suaveolens</i>, Saxifrage de Sibérie, Doronicum Caucasicum,
+Silene pendula, Nemophila, Phlox verna, Giroflées jaunes de diverses
+nuances, Pieds-d'alouette, Tourette printanière, Myosotis alpestris,
+Coquelicots à fleur double, Lunaire annuelle, Dielytra spectabilis
+et Iris Germanica.</p>
+
+<p>Dans cette liste, on remarquera qu'il se trouve des plantes de
+hauteurs diverses, depuis les Crocus de Hollande, tout à fait nains,
+jusqu'aux Pieds-d'alouette et aux Coquelicots <span class="pagenum"><a id="page248" name="page248"></a>(p. 248)</span> de moyenne
+grandeur; il y a donc de quoi former des massifs de toutes
+dimensions, selon l'étendue et la situation du jardin dont ils
+doivent faire partie.</p>
+
+<p>Pour ne citer qu'un seul exemple de ce que l'on peut faire avec ces
+plantes, nous dirons qu'un massif composé de Tourettes printanières,
+de Saxifrages de Sibérie et de Doroniques produit au printemps un
+charmant effet.</p>
+
+<p class="center"><i>Deuxième garniture.</i></p>
+
+<p>N. 1. Ageratum du Mexique avec un double rang de Calcéolaires jaunes
+et de Verveines rouges.</p>
+
+<p>Ces trois plantes, disposées en cercles concentriques, bleu
+améthyste, jaune vif et rouge foncé, produisent un très-bel effet;
+les autres listes sont calculées dans le même but d'association de
+forme et de couleur qui s'accordent le mieux entre elles, et
+flattent le plus agréablement la vue.</p>
+
+<p>2. Calcéolaires jaunes avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs
+bleues.</p>
+
+<p>3. Capucines naines avec un rang de Verveines bleues.</p>
+
+<p>4. Chrysanthèmes à fleurs blanches avec un rang de Géranium rouges
+ou de Verveines rouges.</p>
+
+<p>5. Cuphea ignea avec un rang de Cerastium tomentosum.</p>
+
+<p>6. Fuschia avec un rang de Géranium à feuilles panachées ou de
+Verveines blanches.</p>
+
+<p>7. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et de
+Calcéolaires jaunes.</p>
+
+<p>8. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et d'Ageratum
+Mexicanum.</p>
+
+<p>9. Géranium rouge ou rose avec un rang de Verveines blanches.</p>
+
+<p>10. Géranium à feuilles panachées avec un rang de Verveines bleues
+ou de Verveines rouges.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page249" name="page249"></a>(p. 249)</span> 11. Lantana Camara avec un rang de Lantana delicatissima.</p>
+
+<p>12. Menthes à feuilles panachées avec un rang de Verveines rouges.</p>
+
+<p>13. Perilla Nankinensis avec un rang de Géranium à feuilles
+panachées ou de Verveines blanches.</p>
+
+<p>14. Pétunia roses avec un double rang de Chrysanthèmes à fleurs
+blanches et de Géranium rouge.</p>
+
+<p>15. Salvia fulgens avec un rang d'Ageratum Mexicanium.</p>
+
+<p>16. Souci de Trianon avec un double rang de Pétunia blanc et de
+Géranium rouge.</p>
+
+<p>17. Tagetes lucida ou Calcéolaires jaunes avec un double rang de
+Géranium rouges et de Nierembergia gracilis.</p>
+
+<p>18. Verveines rouges avec un double rang de Nierembergia gracilis et
+de Lobelia Erinus à fleurs bleues.</p>
+
+<p>19. Verveines blanches avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs
+bleues.</p>
+
+<p>20. Héliotrope du Pérou.</p>
+
+<p>21. Coleus Werschaffelti avec un rang de Cineraria maritima ou de
+Centaurea candidissima.</p>
+
+<p>22. Canna discolor.</p>
+
+<p>23. Caladium esculentum.</p>
+
+<p>24. Wigandia Caracasana.</p>
+
+<p>25. Dahlias variés.</p>
+
+<p>On peut également, dans les grands jardins, former des groupes de
+plantes annuelles que l'on sème immédiatement en place pour éviter
+les frais de culture.</p>
+
+<p>En remplaçant successivement les plantes qui font partie de la
+seconde garniture par des Chrysanthèmes de la Chine, on peut avoir,
+en adoptant l'assolement que nous proposons, des massifs garnis de
+fleurs pendant toute l'année.</p>
+
+<p>Comme les longues descriptions servent uniquement à <span class="pagenum"><a id="page250" name="page250"></a>(p. 250)</span>
+grossir un ouvrage, nous avons cru devoir suivre dans notre livre un
+plan différent de celui qui est adopté dans les autres traités de
+culture: nous avons préféré grouper les végétaux d'après la place
+qu'ils doivent occuper dans un jardin, en indiquant brièvement, pour
+chacun d'eux, l'époque du semis, celle de la floraison, la couleur
+de la fleur et la hauteur de la plante. Cependant, nous avons
+consacré un article spécial aux plantes dont la culture demande des
+soins particuliers.</p>
+
+<h3><span class="smcap">Section I.</span>&mdash;Arbustes pour bordures.</h3>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Buis à bordures.</span>&mdash;Pour établir une bordure, on prend des touffes de
+<i>Buis</i>, que l'on divise en autant d'éclats qu'il est possible.</p>
+
+<p>On plante ces éclats, en automne ou au printemps, en ligne mince et
+régulière, en ayant soin de ne laisser sortir de terre que
+l'extrémité des branches.</p>
+
+<p>L'année suivante, en septembre ou en février, c'est-à-dire avant ou
+après la pousse, on taille le Buis en bordure, avec de grands
+ciseaux, opération qu'il faut faire chaque année; autrement, il
+prendrait un trop grand développement.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lierre grimpant.</span>&mdash;Pour planter sous les grands arbres, où il est
+toujours si difficile d'avoir de la verdure, il n'est rien qui
+convienne mieux que le <i>Lierre grimpant</i> ou l'une de ses variétés.</p>
+
+<p>Toutes peuvent être cultivées en bordures; mais la variété connue
+sous le nom de <i>Lierre d'Irlande</i> convient mieux que les autres, en
+raison de la beauté de son feuillage. Pour établir une bordure, on
+plante, en automne ou au printemps, de jeunes Lierres élevés en
+pots, ou, à défaut, des marcottes enracinées, que l'on dispose de
+manière à <span class="pagenum"><a id="page251" name="page251"></a>(p. 251)</span> garnir le terrain. Pour faciliter le
+développement des racines sur toute la longueur des branches, on les
+fixe sur le sol au moyen de petites fiches de bois semblables à
+celles que l'on emploie pour marcotter les &OElig;illets.</p>
+
+<p>Une fois la reprise assurée, tous les soins consistent à couper ou
+fixer au sol toutes les jeunes pousses, afin d'avoir toujours des
+bordures régulières.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Rosiers.</span>&mdash;Les rosiers-pompons et les variétés connues sous le nom de
+Rosiers de miss Lawrence, à fleurs blanches, roses ou cramoisies,
+peuvent être cultivés en bordures. Véritables miniatures, ces
+derniers ne s'élèvent pas à plus de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15. Plus vigoureux,
+les Rosiers-pompons doivent être préférés; car ils résistent mieux
+aux inconvénients de toutes sortes que les plantes à bordures ont à
+supporter.</p>
+
+
+<h4>2. <i>Plantes vivaces formant des touffes.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Alysse Corbeille-d'or</span>, <span class="smcap">Thlaspi</span> jaune (<i>Alyssum saxatile</i>).&mdash;Fleurs
+jaunes, en avril et mai; multiplication d'éclats au printemps ou de
+graines semées aussitôt après la maturité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aubriétie</span> deltoïde (<i>Aubrietia deltoidea</i>), <span class="smcap">Alysse</span> deltoïde
+(<i>Alyssum deltoideum</i>).&mdash;Au printemps et pendant l'été, fleurs
+nombreuses de couleur bleu-clair. Les <i>Aubriéties</i> forment de larges
+touffes peu élevées, que l'on replante tous les deux ou trois ans.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aspérule</span> odorante (<i>Asperula odorata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,30;
+fleurs blanches odorantes, en mai; multiplication par séparation.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aster</span> Reversii.&mdash;En septembre, en octobre, fleurs blanches carnées,
+extrêmement abondantes. On multiplie <span class="pagenum"><a id="page252" name="page252"></a>(p. 252)</span> cette charmante
+petite plante par la séparation des touffes, comme tous les autres
+Asters.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bermudienne</span> à petites fleurs (<i>Sisyrinchium Bermudiana</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20; fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication
+de graines ou par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Brunelle</span> à grandes fleurs (<i>Brunella grandiflora</i>).&mdash;Fleurs bleues,
+pourpres, roses ou blanches, en juillet; multiplication de graines,
+semées en mars ou d'éclats en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> gazonnante (<i>Campanula cespitosa</i>).&mdash;Tout l'été, fleurs
+bleues ou blanches, petites, mais nombreuses. Les <i>Campanula
+Carpathica</i> et <i>Bocconi</i> peuvent également être cultivées en
+bordures. Toutes se multiplient par la séparation des touffes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Céraiste</span> cotonneux, <span class="smcap">Argentine</span> (<i>Cerastium tomentosum</i>).&mdash;En mai et
+juin, fleurs blanches; multiplication de graines ou de traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cynoglosse</span> printanière (<i>Cynoglossum Omphalodes</i>). <span class="smcap">Omphalode</span>
+printanière (<i>O. verna</i>).&mdash;Charmante petite plante que l'on peut
+placer à l'ombre. Fleurs bleues, en mars et avril. Multiplication de
+traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Doronic</span> du Caucase (<i>Doronicum Caucasicum</i>).&mdash;Fleurs jaunes, de mars
+en mai; multiplication de rejetons, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> acaule (<i>Gentiana acaulis</i>).&mdash;Fleurs d'un très-beau bleu,
+en avril et mai; multiplication par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Graminées.</span>&mdash;Le <i>Rye-grass anglais</i> est d'une des graminées les plus
+fréquemment employées pour semer en bordures. <span class="pagenum"><a id="page253" name="page253"></a>(p. 253)</span> Cependant
+l'<i>Agrostis traçante</i>, la <i>Fétuque ovine</i> et la <i>Fétuque glauque</i>
+conviennent tout aussi bien pour cet usage que le <i>Rye-grass
+anglais</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hémérocalle</span> du Japon, H. à feuilles en c&oelig;ur (<i>Hemerocallis
+Japonica</i>, <i>Funkia subcordata</i>).&mdash;En août, fleurs blanches,
+très-odorantes. Variétés à fleurs bleues. Multiplication par
+séparation.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hépatique</span> printanière (<i>Anemone hepatica</i>).&mdash;De février en mars,
+fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles, selon la
+variété; multiplication d'éclats en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> d'Allemagne (<i>Iris Germanica</i>).&mdash;Voir l'article relatif à la
+culture de cette plante.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lippia repens.</span> Plante vivace propre à gazonner les terrains en
+pente. Elle est rustique et donne de juin en octobre de nombreuses
+fleurs de couleur lilas. Multiplication d'éclats en toute saison.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lychnide</span> laciniée (<i>Lychnis flos cuculi</i>).&mdash;De juin en septembre,
+fleurs rouges ou blanches, semblables à de petits &OElig;illets.</p>
+
+<p>Variétés à fleurs doubles. Multiplication par la séparation des
+touffes, en février.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">&OElig;illet</span> Mignardise (<i>Dianthus moschatus</i>, <i>D. plumarius</i>).&mdash;Fleurs
+rouges, blanches ou roses, simples ou doubles, en mai et juin;
+multiplication en août par marcottes, sans incision.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ophiopogon</span> du Japon, Herbe aux turquoises. Plante gazonnante, propre
+à faire des bordures dans les terrains secs. Multiplication d'éclats
+en automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Paquerette</span> petite Marguerite (<i>Bellis perennis</i>).&mdash;Vivaces; fleurs
+doubles, blanches, roses, rouges ou panachées; replanter tous les
+ans après la floraison.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page254" name="page254"></a>(p. 254)</span> <span class="smcap">Phlox</span> subulé (<i>Phlox subulata</i>).&mdash;Fleurs roses, marquées
+d'une étoile d'un pourpre violet, d'avril en mai; multiplication par
+la division des touffes.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Phlox</span> à feuilles étroites (<i>P. setacea</i>).&mdash;Fleurs roses ou pourpres,
+tachées de rouge, en juin ou juillet.</p>
+
+<p>Variétés à fleurs blanches; même multiplication.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Primevère</span> auricule, <span class="smcap">Oreille-d'ours</span> (<i>Primula auricula</i>).&mdash;Fleurit en
+avril et mai; variétés très-nombreuses obtenues par les semis, qui
+ont lieu en février et mars; il faut peu recouvrir les graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Primevère</span> des jardins (<i>P. veris</i>).&mdash;En mars; fleurs simples ou
+doubles de toutes nuances; multiplication d'éclats, en automne, ou
+de graines semées aussitôt après la maturité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pyrethrum inodorum.</span>&mdash;En juin et juillet, fleurs blanches doubles,
+d'un très-bel effet; multiplication de boutures ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sabline</span> des montagnes (<i>Arenaria montana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; en
+juin, fleurs blanches; multiplication de traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sabline</span> grandiflore (<i>A. grandiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,05 ou 0<sup>m</sup>,06;
+fleurs blanches; même multiplication.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salvia</span> <i>tricolor</i>, charmante variété de la <i>Salvia officinalis</i>, à
+feuilles panachées de rouge et de jaune.</p>
+
+<p>On la multiplie de boutures, d'une reprise facile.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> ombreuse (<i>Saxifraga umbrosa</i>).&mdash;Fleurs blanches, en avril
+et mai; on les multiplie toutes par séparation, en automne ou en
+février.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> mousseuse, <span class="smcap">Gazon</span> turc (<i>S. hypnoides</i>).&mdash;Fleurs blanches,
+en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> géranioïde (<i>geranioides</i>).&mdash;Fleurs blanches, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page255" name="page255"></a>(p. 255)</span> <span class="smcap">Sedum.</span>&mdash;Tous les <i>Sedum</i> peuvent être cultivés en bordures;
+ils sont rustiques et d'un bel effet, surtout le <i>Pulchellum</i>. Les
+<i>Sedum acre</i> et <i>cruciatum</i> conviennent également bien pour cet
+usage.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Staticé</span> gazon d'Olympe (<i>Statice Armeria</i>), <span class="smcap">Armeria</span> commun (<i>Armeria
+vulgaris</i>).&mdash;En mai, juin et juillet, fleurs rouges, blanches ou
+lilas.</p>
+
+<p>En coupant les fleurs aussitôt qu'elles sont passées, on obtient une
+seconde floraison, souvent tout aussi abondante que la première.</p>
+
+<p>Le <i>Statice bellidifolia</i> peut également être cultivé en bordures.
+On le multiplie, comme le <i>Statice Armeria</i>, d'éclats que l'on
+plante en automne ou au printemps.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Thlaspi</span> vivace (<i>Iberis semperflorens</i>.) Fleurs blanches, en avril
+et mai; multiplication en été, par boutures ou marcottes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tourrette</span> printanière (<i>Turritis verna</i>,) <span class="smcap">Arabette</span> printanière
+(<i>Arabis verna</i>).&mdash;Fleurs blanches, en mars et avril; multiplication
+de traces, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Violette</span> odorante (<i>Viola odorata</i>).&mdash;Fleurs bleu foncé, blanches ou
+roses, de février en avril; multiplication de graines ou mieux
+d'éclats de pieds, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Vittadinia</span> <i>triloba</i>.&mdash;Tout l'été, fleurs simples, blanches, rosées,
+exactement semblables à de petites Marguerites; multiplication de
+boutures, faites en août et septembre, et hivernées sous châssis.</p>
+
+<h4>3. <i>Plantes bulbeuses pour bordures.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ail</span> doré (<i>Allium moly</i>).&mdash;Fleurs d'un beau jaune, en juin; variété
+à fleurs blanches; multiplication par caïeux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> jaune (<i>Amaryllis lutea</i>).&mdash;Fleurs jaunes, en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page256" name="page256"></a>(p. 256)</span> <span class="smcap">Crocus</span>, Safran printanier (<i>Crocus vernus</i>).&mdash;En février et
+mars, fleurs jaunes, bleues, blanches, ou blanches rayées de violet,
+selon les variétés, qui sont très-nombreuses; planter en automne,
+pour relever tous les trois ans.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Glaïeul</span> commun (<i>Gladiolus communis</i>).&mdash;Fleurs blanches ou rouges,
+de mai en juin; planter en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> des poètes (<i>Narcissus poeticus</i>).&mdash;En mai, fleurs blanches
+à couronne pourpre; odeur suave; Variétés à fleurs doubles. Planter
+en octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> des prés (<i>N. Pseudo-Narcissus</i>).&mdash;Fleurs jaunes, doubles,
+en avril; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Oxalide</span> de Deppe (<i>Oxalis Deppei</i>).&mdash;Fleurs rouges, tout l'été;
+planter au printemps, pour les relever chaque année à l'automne.</p>
+
+
+<h4>4. <i>Plantes annuelles que l'on multiplie de graines.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> miroir-de-Vénus (<i>Campanula speculum</i>), <span class="smcap">Spéculaire</span>
+miroir-de-Vénus (<i>Specularia speculum</i>).&mdash;En mai, juin et juillet,
+fleurs violettes ou blanches; semer en place, en septembre ou au
+printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Collinsie</span> de deux couleurs (<i>Collinsia bicolor</i>).&mdash;Fleurs lilas ou
+blanches, tout l'été; semer en place, en septembre ou au printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Grandiflora, &mdash; Multicolor.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Collomie</span> écarlate (<i>Collomia coccinea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25; fleurs
+d'un rouge écarlate, tout l'été; semer en place, en septembre ou au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Crépis</span> rose (<i>Creris rubra</i>) <span class="smcap">Barkhausie</span> rouge (<i>Barkhausia
+rubra</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25. Tout l'été, fleurs roses ou blanches;
+semer en place ou en pépinière, pour repiquer en automne ou au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page257" name="page257"></a>(p. 257)</span> <span class="smcap">Cynoglosse</span> à feuilles de lin (<i>Cynoglossum
+linifolium</i>).&mdash;Bisannuelle; hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs blanches, de
+juin en août; semer en place, en septembre ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Kaulfussie</span> amelloïde, <span class="smcap">Charieis</span> à feuilles variées (<i>Charieis
+heterophylla</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs bleues, tout l'été; semer
+en place, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Julienne</span> de Mahon, <span class="smcap">Giroflée</span> de Mahon (<i>Cheirantus maritimus</i>,
+<i>Malcolmia maritima</i>).&mdash;Fleurs d'abord rouges, ensuite violettes, en
+juin et juillet; variété à fleurs blanches; semer en place, en
+automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon</span> androsace (<i>Leptosiphon androsaceus</i>), <span class="smcap">Gilie</span> androsace
+(<i>Gilia androsacea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25; fleurs bleues ou blanches;
+tout l'été, semer en place, en septembre ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon</span> à fleurs denses (<i>L. densiflorus</i>), <span class="smcap">Gilie</span> à fleurs
+denses (<i>Gilia densiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,35; tout l'été,
+fleurs d'un rose clair passant au bleu clair; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon aureus.</span>&mdash;Touffe arrondie, semblable à celle des <i>Statice
+armoria</i>. Tout l'été, fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet;
+multiplication de graines, que l'on sème en septembre en pots, que
+l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Linaire</span> à fleurs d'<span class="smcap">Orchis</span> (<i>Linaria bipartita</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,45;
+fleurs d'un violet bleuâtre, en été; semer en septembre ou au
+printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lobélie</span> Erine (<i>Lobelia Erinus</i>).&mdash;Charmante petite plante à fleurs
+bleues, blanches ou roses, formant de larges touffes couvertes de
+fleurs, qui se succêdent pendant tout l'été.</p>
+
+<p>On sème les <i>Lobelia</i> en mars et avril, sur couche, ou mieux en
+septembre; puis on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous
+châssis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page258" name="page258"></a>(p. 258)</span> <span class="smcap">Némésie</span> à fleurs nombreuses (<i>Nemesia
+floribunda</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; tout l'été, fleurs lilas, jaunes et
+blanches; semer en place, en septembre ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Némophile</span> remarquable (<i>Nemophila insignis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; tout
+l'été, fleurs d'un beau bleu; semer en place, en septembre ou au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Némophile</span> maculée (<i>N. maculata</i>).&mdash;Fleurs blanches, largement
+maculées de bleu; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> nain (<i>Delphinium Ajacis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à
+0<sup>m</sup>,40. En mai, juin et juillet, fleurs doubles, de couleurs
+très-variées; on doit toujours supprimer les pieds à fleurs simples;
+semer en place, en automne ou en février et mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Reine-Marguerite</span> hâtive (<i>Aster Sinensis</i>, <i>Callistephus
+hortensis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en fleur de juillet en septembre;
+semer depuis mars jusqu'en juin, en pépinière pour repiquer ensuite
+en place.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sanvitalia</span> <i>rampante</i> (<i>Sanvitalia procumbens</i>).&mdash;Semer sur couche
+en mars. Cette plante, une fois repiquée, s'étend naturellement sur
+le sol et donne en abondance de charmantes fleurs jaunes à disque
+brun simples ou doubles.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saponaire</span> de Calabre (<i>Saponaria Calabrica</i>).&mdash;Tout l'été, fleurs
+roses ou blanches, plus petites que celles des <i>Silènes</i>, avec
+lesquelles elles ont beaucoup de rapport. Multiplication de graines,
+semées en septembre, en pépinière, ou en mars et avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Schizante</span> étalé (<i>Shizanthus porrigens</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; fleurs
+lilas et jaunes, ponctuées de brun, tout l'été; semer au printemps,
+en place ou en pépinière, pour être ensuite repiqué.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> à fleurs roses (<i>Silene bipartita</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page259" name="page259"></a>(p. 259)</span>
+0<sup>m</sup>,22 à 0<sup>m</sup>,28; fleurs roses, en juin et juillet; semer en
+septembre, en pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.</p>
+
+
+<h3>Section II.&mdash;Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes.</h3>
+
+<p class="center"><i>Plantes annuelles et bisannuelles.</i></p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Abronia umbellata</span>, belle plante à fleurs rose lilacé, ayant quelque
+rapport avec la valériane. Multiplication de graines, semées en
+mars, sur couche.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Acroclinium roseum</span>, nouvelle espèce d'immortelle, à fleurs d'un beau
+rose satiné, plus larges que celle du Rhodanthe Manglesii.
+Multiplication de graines, que l'on sème sur couche, en février et
+mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Adonide</span> d'été (<i>Adonis æstivalis</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,30; fleurs rouge
+foncé, en juin et juillet; semer en place, en automne ou au
+printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><i>Ageratum Mexicanum.</i>&mdash;Plante bisannuelle, à fleurs bleues, en
+corymbe terminal. Planté en mai, l'<i>Ageratum Mexicanum</i> donne des
+fleurs pendant une bonne partie de l'année; on le multiplie de
+graines ou de boutures, en août et septembre, et l'on hiverne sous
+châssis.</p>
+
+<p>Cette charmante plante convient particulièrement pour garnir les
+massifs ou faire de larges bordures autour des Canna.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ageratum cæruleum.</span>&mdash;Plante annuelle également à fleurs bleues; on
+la sème sur couche en mars, ou en pleine terre en avril; elle sert
+aux mêmes usages que l'<i>Ageratum Mexicanum</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Alyssum maritimum</span> (<i>Koniga maritima</i>).&mdash;Touffe de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,30,
+se couvrant de petites fleurs blanches, odorantes, <span class="pagenum"><a id="page260" name="page260"></a>(p. 260)</span> en
+ombelle, depuis le mois de mai jusqu'en novembre. Semer en mars et
+avril, immédiatement en place; propre à former des massifs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> queue-de-renard (<i>Amarantus caudatus</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,65 à
+1 mètre. Tout l'été, fleurs en longues grappes, de couleur rouge et
+jaune. Semer en mars, sur couche, ou en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> mélancolique (<i>A. melancholicus</i>).&mdash;Tige anguleuse de
+0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre, feuilles glabres d'un rouge sanguin, fleurs d'un
+vert clair assez insignifiantes; même culture. La variété cultivée
+sous le nom d'<i>Amarantus melancholicus ruber</i> est colorée d'une
+teinte plus vive, elle est moins élevée que la précédente.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">L'Amarantus bicolor</span> et l'<span class="smcap">Amarantus tricolor</span> sont deux plantes
+remarquables par la riche coloration de leurs feuilles; elles sont
+considérées comme des variétés de l'<i>Amarantus melancholicus</i>; on la
+cultive de la même manière.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> à feuilles rouges (<i>A. sanguineus</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,90, lavée
+ou striée de pourpre, feuilles d'un rouge sanguin, fleurs purpurines
+en épis allongés; même culture que les variétés précédentes.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Anagallis</span> à grandes fleurs (<i>Anagallis grandiflora</i>).&mdash;Tout l'été et
+l'automne, fleurs bleues, roses ou rouges. On sème les <i>Anagallis</i>
+au printemps, sur couche, ou en septembre; puis on repique le plant
+en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p>Cultivées comme plante de serre, les <i>Anagallis</i> peuvent être
+conservées pendant plusieurs années.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Argémone</span> à grandes fleurs (<i>Argemone grandiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,60
+à 1 mètre; fleurs blanches, tout l'été; semer en place, au
+printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page261" name="page261"></a>(p. 261)</span> <span class="smcap">Balsamine</span> des jardins (<i>Balsamina hortensis</i>), <span class="smcap">Impatiente
+Balsamine</span> (<i>Impatiens Balsamina</i>).&mdash;Tiges succulentes, d'environ
+0<sup>m</sup>,50; de juillet en octobre, fleurs blanches, jaunâtres, rouges,
+roses, violettes, gris de lin, unicolores ou ponctuées. On en
+cultive une race à fleurs larges et très-doubles, que l'on nomme
+<i>Camellia</i>, et une autre race naine, à fleurs également doubles et
+variées: celles qu'on nomme Balsamine à <i>rameaux</i> sont beaucoup plus
+élevées que les autres. On les sème toutes sur couche, en mars, ou
+en pleine terre, en avril.</p>
+
+<p>Les Balsamines n'exigent pas des soins particuliers; seulement,
+comme elles végètent avec une grande vigueur dans les bons terrains,
+il faut, pour avoir de belles fleurs, pincer l'extrémité des tiges
+quand on voit qu'elles dépassent les proportions ordinaires.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Balsamine</span> glanduleuse (<i>I. glanduligera</i>).&mdash;Tige de 1 à 2 mètres;
+fleurs bleu violacé, en juillet; semer sur couche, au printemps, ou
+mieux, en pleine terre, aussitôt après la maturité des graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bartonie</span> dorée (<i>Bartonia aurea</i>).&mdash;Tiges rameuses d'environ 0<sup>m</sup>,60;
+fleurs d'un beau jaune, tout l'été; semer en place, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Belle-de-jour</span>, <span class="smcap">Liseron</span> tricolore (<i>Convolvulus tricolor</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,33; fleurs bleues, blanches ou panachées, de juin en septembre;
+semer en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Belle-de-nuit Faux Jalap</span> (<i>Mirabilis Jalappa</i>, <i>Nyctago
+hortensis</i>).&mdash;Tiges rameuses de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, blanches,
+jaunes ou panachées, de juillet en septembre. Multiplication de
+graines, semées en avril, ou de racines, que l'on conserve comme
+celle des Dahlias.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Brachycome</span> à feuille d'ibéris (<i>Brachycome iberidifolia</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,25; tout l'été, fleurs bleues ou blanches; <span class="pagenum"><a id="page262" name="page262"></a>(p. 262)</span> semer en
+mars et avril, ou mieux en septembre, en pots, que l'on hiverne sous
+châssis.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Brouaille</span> élevée (<i>Browallia elata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+bleues, de juillet en septembre; semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Brouaille</span> à tige tombante (<i>B. demissa</i>).&mdash;Tiges rameuses de 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs d'un violet bleuâtre, de juillet en septembre; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cacalie</span> à feuilles hastées (<i>Cacalia sagittata</i>), <span class="smcap">Émilie</span> à feuilles
+hastées (<i>Emilia sagittata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un rouge
+orangé, de juillet en septembre; semer en mars, sur couche, ou en
+place en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Carde</span> poirée du Chili (<i>Beta cycla</i>, <i>Var. chiliensis</i>).&mdash;Considérée
+à juste titre comme une excellente plante potagère, la poirée à
+carde du Chili n'en constitue pas moins une belle plante
+ornementale, que l'on peut admettre dans le jardin d'agrément au
+même titre que les choux frisés et panachés; on la multiplie de
+graines semées en avril et mai, en place ou en pépinière. Seulement
+il faut, dans un cas comme dans l'autre, faire en sorte que chaque
+plante soit espacée de 1 mètre en tous sens.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Calandrine</span> en ombelle (<i>Calandrinia umbellata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à
+0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un beau rose-violet, tout l'été; semer au
+printemps.&mdash;Les <i>Calandrinia Lindleyana</i> et <i>speciosa</i> se cultivent
+de la même manière.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à grosses fleurs, <span class="smcap">Violette</span> marine (<i>Campanula
+medium</i>).&mdash;Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,65; de juin en août, fleurs
+bleues, blanches, roses, simples ou doubles; semer en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> pyramidale (<i>C. pyramidalis</i>).&mdash;Bisannuelle; hauteur,
+1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs bleues ou blanches, de juillet en septembre;
+semer aussitôt à la maturité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> grande (<i>Tropæolum majus</i>).&mdash;Cultivée jusqu'à <span class="pagenum"><a id="page263" name="page263"></a>(p. 263)</span>
+présent comme plante grimpante, la Capucine grande à fleurs jaunes
+et à fleurs brunes convient parfaitement pour garnir les massifs
+dans les grands jardins. Dans ce but, on sème les Capucines au
+printemps, par touffes; puis on laisse ramper les tiges sur le sol.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Capucine</span> naine (<i>T. minus</i>).&mdash;Les variétés de cette plante connues
+sous le nom de Capucines Tom-Pouce conviennent beaucoup mieux que la
+Capucine grande pour composer des massifs.</p>
+
+<p>On les cultive exactement de même.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Centranthus macrosiphon.</span>&mdash;Valériane annuelle, à fleurs d'un beau
+rouge, que l'on sème en septembre, en place ou en pépinière. On peut
+aussi la semer au printemps. Elle fleurit en mai, et successivement
+jusqu'en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Célosie</span> à crête, ou <span class="smcap">Amarante</span> à crête de coq (<i>Celosia
+cristata</i>).&mdash;De juin en septembre, fleurs rouges, violettes ou
+jaunes, suivant la variété; semer sur couche, au printemps; repiquer
+en pépinière sur couche, pour ne remettre en pleine terre qu'en juin
+et juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Célosie</span> à épi (<i>Celosia species</i>).&mdash;Haute de 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50, de
+juillet en octobre; fleurs roses, rouges ou jaunes en longs épis.
+Multiplication de graines, semées sur couche en février et mars.</p>
+
+<p>La <i>Célosie à épi</i> est une plante véritablement remarquable par
+l'abondance et la fraîcheur de ses fleurs.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> odorante, <span class="smcap">Barbeau</span> jaune (<i>Centaurea Amberboi</i>).&mdash;Tiges de
+0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs grosses, d'un beau jaune, de juillet en
+octobre; semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> d'Amérique (<i>C. Americana</i>).&mdash;Tiges rameuses, de 1 mètre;
+fleurs bleu lilacé, en août et septembre; même culture que la
+précédente.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page264" name="page264"></a>(p. 264)</span> <span class="smcap">Centaurée</span> musquée, <span class="smcap">Barbeau</span> musqué (<i>C. moschata</i>).&mdash;Tiges
+de 0<sup>m</sup>,40; fleurs blanches purpurines, en août et septembre; même
+culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Centaurée</span> bluet, <span class="smcap">Barbeau</span> (<i>C. cyanus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre;
+variété de toutes couleurs, excepté le jaune; fleurit en juin et
+août; semer en place, en automne ou au printemps.</p>
+
+<p>La <i>Centaurea depressa</i> est une espèce plus belle, que l'on cultive
+de la même manière.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chénostome</span> à fleurs nombreuses (<i>Chenostoma polyanthum</i>).&mdash;Tout
+l'été, fleurs roses, peu apparentes.</p>
+
+<p>On sème les <i>Chénostomes</i> sur couche, en mars et avril, et on
+repique le plant en ligne, sur le bord des massifs.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Choux</span> à feuilles ornementales (<i>Brassica oleracea var.</i>).&mdash;Le Chou
+frisé vert, le frisé rouge, le panaché de rouge, le panaché de
+lilas, le lacinié et le palmier peuvent être considérés comme de
+véritables plantes d'ornement, par la beauté de leurs feuilles.</p>
+
+<p>On les sème au printemps, comme tous les autres Choux; et, comme ils
+sont bisannuels, on peut n'en semer que tous les deux ans.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Chrysanthème</span> des jardins (<i>Chrysanthemum coronarium</i>).&mdash;Tiges de
+0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches ou jaunes, de juillet en septembre; semer au
+printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> à carène (<i>C. carinatum</i>).&mdash;Tiges d'environ 0<sup>m</sup>,40;
+fleurs jaunes, à disque brun; semer au printemps.</p>
+
+<p>Les <i>Chrysanthemum Burridgeanum</i> et <i>Dunnetti</i> sont deux belles
+variétés du <i>Chrysanthemum carinatum</i>, que l'on cultive exactement
+de la même manière.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Clarkia</span> a pétales découpés (<i>Clarkia pulchella</i>).&mdash;Hauteur,
+<span class="pagenum"><a id="page265" name="page265"></a>(p. 265)</span> 0<sup>m</sup>,40. Tout l'été, fleurs rose rouge ou blanches; semer
+en place, en septembre ou au printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Marginata, &mdash; Pulcherrima, &mdash; Elegans.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cléome</span> piquante (<i>Cleome pungens</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+violacées; semer sur couche, au printemps, et repiquer le plant en
+pleine terre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coquelicot</span> (<i>Papaver rh&oelig;as</i>).&mdash;Moins élevé que le pavot, le
+Coquelicot donne, en juin et en juillet, des fleurs très-doubles, de
+couleur ponceau, unicolores ou bordées de rouge, de blanc ou de
+rose. On le sème en place, en automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coquelourde</span> rose du ciel (<i>Lychnis c&oelig;li rosa</i>, <i>Viscaria c&oelig;li
+rosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau rose, en juillet; semer
+en place, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coquelourde</span> des jardins, <span class="smcap">Lychnis</span> des jardins (<i>L.
+coronaria</i>).&mdash;Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, pourpres
+ou blanches, de juin en septembre; semer en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> élégant, C. des teinturiers (<i>Coreopsis tinctoria</i>);
+Calliopside des teinturiers (<i>Calliopsis tinctoria</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, à disque brun, de juin en octobre; semer en
+automne ou au printemps, sans presque couvrir les graines; produit
+souvent des variétés.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> de Drummond, <span class="smcap">Calliopsis</span> de Drummond (<i>C.
+Drummondi</i>).&mdash;Moins élevé; fleurs plus grandes; semer au printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cosmos</span> bipinné (<i>Cosmos bipinnatus</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,50 à 1 mètre;
+fleurs rouge violacé, en automne; semer sur couche, au printemps.</p>
+
+<p>Le <i>Cosmos atrosanguineus</i>, récemment introduit sous le nom de
+<i>Bidens atrosanguinea</i>, se cultive de même.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page266" name="page266"></a>(p. 266)</span> <span class="smcap">Cuphéa</span> silénoïde (<i>Cuphea silenoïdes</i>).&mdash;Tout l'été et
+l'automne, fleurs tubuleuses, pourpres, nuancées de brun.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cynoglosse</span> argentée (<i>Cynoglossum cheirifolium</i>).&mdash;Bisannuelle; tige
+de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, en juin et juillet; semer en place, à
+l'automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Datura fastuosa</span> (<i>Stramonium fastuosum</i>).&mdash;Tige de 1<sup>m</sup>,30; tout
+l'été et l'automne, fleurs blanches ou violettes; semer sur couche
+en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Datura tuberiana.</span>&mdash;Variété du précédent, remarquable par les
+proportions largement développées de ses fleurs blanches lilacées
+semi-doubles. Même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Digitale</span> pourprée (<i>Digitalis purpurea</i>).&mdash;Bisannuelle; tige de 1
+mètre; fleurs pourpres ou blanches, en juillet et en août; semer en
+juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Dracocéphale</span> de Moldavie (<i>Dracocephalum Moldavicum</i>).&mdash;Tige de
+0<sup>m</sup>,65; fleurs purpurines ou blanches, en juillet; semer en place,
+au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> odorante (<i>&OElig;nothera suaveolens</i>).&mdash;Tige de 1 mètre;
+fleurs d'un beau jaune, à tube très-long, en juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> à longues fleurs (<i>&OElig;. longiflora</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs jaunes, à tube très-long, en juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> à feuilles de Pissenlit (<i>&OElig;. taraxacifolia</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un blanc carné, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> de Lindley (<i>&OElig;. Lindleyana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs d'un rose tendre, avec une large tache pourpre sur chaque
+pétale, de juillet en octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page267" name="page267"></a>(p. 267)</span> <span class="smcap">Énothère</span> agréable (<i>&OElig;. am&oelig;na</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à
+0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un beau rose, en juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> pourpre (<i>&OElig;. purpurea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+pourpres, en juillet.&mdash;Toutes les Énothères se multiplient de
+graines semées en place, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Érysimum</span> de Pétrowski (<i>Erysimum Petrowskianum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à
+0<sup>m</sup>,50. Tout l'été, fleur jaune safrané, légèrement odorantes; semer
+en automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Eucharidium</span> élégant (<i>Eucharidium elegans</i>).&mdash;Tout l'été, fleurs
+rouge foncé, découpées comme celles des <i>Clarkia</i>; semer au
+printemps ou en septembre; puis on repique le plant en pots, que
+l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Escholtzie</span> de Californie (<i>Escholtzia Californica</i>).&mdash;Bisannuelle;
+hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs jaune safrané ou blanches, tout
+l'été; semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Eutoca</span> visqueux (<i>Eutoca viscida</i>).&mdash;Tige rameuse de 0<sup>m</sup>,80; fleurs
+bleues, tout l'été; semer au printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ficoïde</span> glaciale (<i>Mesembryanthemum cristallinum</i>).&mdash;Cette plante
+est chargée d'une si grande quantité de petites vésicules
+transparentes et pleines d'eau, qu'elle semble, au soleil surtout,
+comme couverte de givre. On sème sur couche, en avril, et on repique
+le plant également sur couche avant de le mettre en pleine terre.</p>
+
+<p>La Ficoïde tricolore (<i>M. tricolor</i>) et la Ficoïde à fleurs jaunes
+(<i>M. pomeridianum</i>) sont deux charmantes plantes qu'on cultive de la
+même manière.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Gaura</span> bisannuel (<i>Gaura biennis</i>).&mdash;Bisannuel; tige de 1<sup>m</sup>,60; en
+juillet, et successivement jusqu'en novembre, fleurs roses passant
+au blanc; multiplication par boutures ou mieux de graines, que l'on
+sème en juin ou en mars, sur couche.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page268" name="page268"></a>(p. 268)</span> Le <i>Gaura</i> de <i>Lindheimer</i> est une espèce nouvelle, que
+l'on cultive de la même manière.</p>
+
+<p><span class="smcap">Gilie</span> à fleurs en tête (<i>Gilia capitata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; tout
+l'été, fleurs bleues ou blanches. Semer en place, au printemps.</p>
+
+<p>Le <i>Gilia tricolor</i> et ses variétés à fleurs blanches et roses se
+cultivent de la même manière.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> jaune (<i>Cheiranthus Cheiri</i>).&mdash;Bisannuelle; fleurs jaunes,
+odorantes, au printemps; semer de mars en juin; variétés à fleurs
+doubles, qu'on multiplie de boutures aussitôt après que les fleurs
+sont passées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> des jardins ou <span class="smcap">GROSSE ESPÈCE</span> (<i>C. incanus</i>).&mdash;Bisannuelle;
+fleurs rouges blanches, roses ou violettes, de mai en octobre; semer
+en mai et juin; repiquer en pépinière, et en septembre les relever
+pour les mettre en pots, que l'on rentre dans la serre pendant les
+gelées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> grecque, <span class="smcap">Kiris</span> (<i>C. græcus</i>).&mdash;La giroflée grecque et ses
+variétés se cultivent comme la <i>Giroflée quarantaine</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> quarantaine (<i>C. annuus</i>).&mdash;Les principales variétés sont:
+la rouge, la blanche, la rose et la violette. Semer sur couche en
+février et mars, en pleine terre en mai et juin et en août pour
+mettre en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gomphrène Amarantoïde</span> (<i>Gomphrena globosa</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,35; fleurs
+rouges ou blanches, tout l'été. Semer sur couche, au printemps;
+culture des Amarantes à crête.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gypsophile</span> élégante (<i>Gypsophila elegans</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs
+blanches, tout l'été; semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hibiscus trionum</span> (<i>Ketmie vésiculeuse</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50, <span class="pagenum"><a id="page269" name="page269"></a>(p. 269)</span>
+de juin en septembre; fleurs nombreuses, d'un jaune sulfureux, à
+onglet brun. Semer en placé, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hibiscus Africanus</span> (<i>Ketmie d'Afrique</i>).&mdash;Fleurs de même couleur,
+mais beaucoup plus grandes. Même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Helianthus argophyllus.</span>&mdash;Variété du soleil annuel couverte d'une
+laine épaisse qui lui donne un bel aspect argenté; en juillet et
+août, fleurs jaunes à disque brun. Multiplication de graines, que
+l'on sème en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Humea</span> élégant (<i>Humea elegans</i>, <i>Calomeria
+amarantoïdes</i>).&mdash;Bisannuel; hauteur, 1 mètre; de juin en septembre,
+fleurs d'un rouge-cuivre, en panicules, d'un très-bel effet. Semer
+en juin et juillet, en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Hugélie</span> bleue (<i>Hugelia c&oelig;rulea</i>, <i>Didiscus c&oelig;ruleus</i>,
+<i>Trachymene c&oelig;rulea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues, en août
+et septembre.</p>
+
+<p>Semer sur couche au printemps, ou en pleine terre en septembre; puis
+on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Immortelle</span> annuelle (<i>Xeranthemum annum</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,65; de
+juillet en octobre, fleurs violettes, blanches ou pourpres,
+semblables à de petites <i>Marguerites</i> simples.</p>
+
+<p>Semer en place, en automne ou au printemps.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> à bractées (<i>Helichrysum bracteatum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+tout l'été et une partie de l'automne, fleurs jaunes ou blanches;
+semer sur couche, au printemps ou en septembre; puis on repique le
+plant sous châssis pour passer l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> à grandes fleurs (<i>Helichrysum macranthum</i>).&mdash;Fleurs
+rouges écarlates ou roses. Même culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page270" name="page270"></a>(p. 270)</span> <span class="smcap">Ipomopsis</span> élégant, Gilie ponctuée (<i>Ipomopsis elegans</i>,
+<i>Cantua coronopifolia</i>, <i>Gilia coronopifolia</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1 mètre 30; tout l'été, fleurs rouges écarlates ou jaunes.</p>
+
+<p>On sème les <i>Ipomopsis</i> en juin et en automne; on repique le plant
+en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lavatère</span> à grandes fleurs (<i>Lavatera trimestris</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs roses ou blanches, de juillet en septembre; semer en place,
+au printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lin</span> à grandes fleurs (<i>Linum grandiflorum</i>).&mdash;Tout l'été, fleurs
+rouge-amarante de la plus grande beauté.</p>
+
+<p>On sème le <i>Linum grandiflorum</i> immédiatement en place, en avril et
+mai.</p>
+
+<p>Cultivé dans une bonne terre de potager, le <i>Linum grandiflorum</i>
+végète beaucoup plus vigoureusement que dans la terre de bruyère,
+qu'on croyait devoir lui convenir plus particulièrement.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lotier</span> rouge (<i>Tetragonolobus purpureus</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,33; fleurs
+rouge foncé, en juin ou juillet; semer sur couche, en février et
+mars, ou en pleine terre, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lunaire</span> annuelle (<i>Lunaria annua</i>).&mdash;Tige de 1 mètre; fleurs en
+grappes rouges, purpurines, blanches ou panachées, en avril et mai;
+semer en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lupin</span> annuel (<i>Lupinus annuus</i>).&mdash;Fleurs bleues, blanches, roses ou
+jaunes, suivant la variété; semer en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Madia</span> élégant (<i>Madia elegans</i>), <span class="smcap">Madaire</span> élégante (<i>Madaria
+elegans</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs jaunes, tout l'été; semer au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Maïs</span> rubané du Japon (<i>Zea Japonica variegata</i>), belle <span class="pagenum"><a id="page271" name="page271"></a>(p. 271)</span>
+graminée à feuilles rubanées de vert et de blanc rosé que l'on
+multiplie de graines, comme tous les autres maïs. Depuis son
+introduction, cette belle plante a fourni plusieurs générations qui
+toutes ont conservé les caractères du type primitif.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Malope</span> à grandes fleurs (<i>Malope grandiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à
+0<sup>m</sup>,60; tout l'été, fleurs rouges ou blanches.</p>
+
+<p>On sème les <i>Malopes</i> en septembre, en pots, que l'on hiverne sous
+châssis; ou en place, en mars et avril.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Mauve</span> de Crée (<i>Malva Creena</i>, <i>Sphæralcea Creeana</i>).&mdash;Bisannuelle;
+hauteur; 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs roses ou rouge-cinabre; semer en
+automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Mauve</span> campanulée (<i>Malva campanulata</i>).&mdash;Tout l'été, fleurs lilas
+tendre, à odeur de vanille. On la sème à la fin d'août, en pleine
+terre, ou au printemps, sur couche.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Martynia fragrans</span> (<i>Craniolaria fragrans</i>).&mdash;Tout l'automne, fleurs
+pourpre-violacé, à odeur de vanille.</p>
+
+<p>On sème le <i>Martynia fragrans</i> en avril, sur couche; puis on repique
+le plant, également sur couche, avant de le mettre en pleine terre.</p>
+
+<p>Le <i>Martynia lutea</i> est une espèce à fleurs jaunes, que l'on cultive
+de la même manière.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Mélilot</span> bleu (<i>Melilotus c&oelig;rulea</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+bleues et odorantes, en août; semer en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Muflier</span> des jardins (<i>Antirrhinum majus</i>).&mdash;Bisannuel; hauteur;
+0<sup>m</sup>,65; fleurs rouges ou blanches, de mai en août; multiplication de
+graines, semées en automne ou au printemps; on en obtient souvent de
+charmantes variétés.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page272" name="page272"></a>(p. 272)</span> <span class="smcap">Nigelle</span> de Damas (<i>Nigella Damascena</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs bleues ou blanches, de juin en septembre; semer en place en
+avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Nigelle</span> d'Espagne (<i>N. Hispanica</i>).&mdash;Fleurs plus grandes; même
+culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Némésie</span> à fleurs nombreuses (<i>Nemesia floribunda</i>).&mdash;En juin et
+juillet, fleurs blanches, semblables à celle des <i>Linaires</i>. Semer
+en place, en avril et mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Nycterinia selaginoïdes.</span>&mdash;Touffe basse, couverte tout l'été de
+petites fleurs roses, odorantes.</p>
+
+<p>Cette charmante petite plante convient également pour former des
+massifs.</p>
+
+<p>On la multiplie de graines semées sur couche, en mars et avril.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">&OElig;illet</span> de la Chine (<i>Dianthus Sinensis</i>).&mdash;Bisannuel; hauteur,
+0<sup>m</sup>,33; fleurs violettes, rouges ou pourpres, panachées ou ponctuées
+de blanc, de juillet en septembre; semer en septembre ou au
+printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Heddewigii, &mdash; Laciniatus.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Oxalis</span> à fleurs roses (<i>Oxalis rosea</i>).&mdash;On sème l'<i>Oxalis rosea</i> en
+avril sur couche, ou en mai et juin, immédiatement en place, en
+ligne, ou par petites touffes, sur le bord des massifs.&mdash;Au moyen
+des semis indiqués ci-dessus, on peut avoir des <i>Oxalis</i> en fleur
+pendant tout l'été et l'automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> (<i>Papaver somniferum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; variétés
+très-nombreuses; fleurs tout l'été; semer en place, en automne ou au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pentapétès</span> pourpre (<i>Pentapetes ph&oelig;nicea</i>).&mdash;Tige de 0<sup>m</sup>,65 à 1
+mètre; fleurs écarlates, en août; semer sur couche, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page273" name="page273"></a>(p. 273)</span> <span class="smcap">Persicaire</span> Indigotier (<i>Polygonum tinctorium</i>).&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,30; fleurs rouges tout l'automne; semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants">
+<p><span class="smcap">Pourpier</span> à grandes fleurs (<i>Portulaca grandiflora</i>).&mdash;Tout l'été et
+l'automne, fleurs pourpre-violacé, rouge-écarlate, blanches rayées
+de carmin ou jaunes tachées de rouge. Semer sur couche, en mars et
+avril, pour mettre ensuite en pleine terre.</p>
+
+<p>Cultivé en mélange et par groupes, le <i>Pourpier à grandes fleurs</i>
+forme un véritable gazon émaillé des couleurs les plus vives au
+moment du soleil.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phacélie</span> bipennée (<i>Phacelia congesta</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,33;
+tout l'été, fleurs bleues, petites, disposées comme celles de
+l'Héliotrope; semer en place, à l'automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phacélie</span> à feuilles de Tanaisie (<i>P. tanacetifolia</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en mai, fleurs unilatérales, bleu clair, en épis
+terminaux. Même culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Phlox</span> de Drummond (<i>Phlox Drummondi</i>).&mdash;Tout l'été et l'automne,
+fleurs blanches, roses ou pourpres, de nuances extrêmement variées.</p>
+
+<p>On sème le <i>Phlox de Drummond</i> au printemps, sur couche, ou mieux en
+automne, aussitôt après la maturité des graines; lorsque le plant
+est assez fort, on le repique dans de petits pots, qu'on hiverne
+sous châssis.</p>
+
+<p>En mai, quand on n'a plus de gelées à craindre, on procède à la
+plantation. Cultivé en lignes ou par groupes, il n'est véritablement
+pas de plantes plus gracieuses que ces charmants petits Phlox.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> grand (<i>Delphinium Ajacis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,70. En
+mai, juin et juillet, fleurs de couleurs variées, <span class="pagenum"><a id="page274" name="page274"></a>(p. 274)</span> comme
+celle de la race naine; semer en place, en automne, ou en février et
+mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> des blés (<i>Delphinium consolida</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre
+à 1<sup>m</sup>,30. Tout l'été, fleurs également très-variées, simples ou
+doubles, selon les variétés; semer en septembre, en place ou en
+pépinière, ou en février et mars, immédiatement en place.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Podolepis</span> à fleurs carnées (<i>Podolepis gracilis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50
+à 0<sup>m</sup>,60; fleurs de différentes nuances, du rose au blanc pur, tout
+l'été; semer au printemps.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Reine-Marguerite</span> (<i>Aster Sinensis Callistephus hortensis</i>).&mdash;On
+possède un nombre considérable de variétés de toutes nuances, dont
+les plus remarquables se rapportent toutes à la race pyramidale
+connue sous le nom de Reine-Marguerite <span class="smcap">Truffaut</span>, véritable
+perfection par la forme, la grosseur de la fleur et la bonne tenue
+des plantes.</p>
+
+<p>Les unes ont les fleurs <i>planes</i>, comme la race ancienne, mais plus
+grandes et très-doubles; les autres ont les pétales légèrement
+recourbés vers le centre, ce qui donne aux fleurs une forme
+globuleuse, et leur a valu le nom de Reines-Marguerites <i>pivoines</i>.</p>
+
+<p>On sème les Reines-Marguerites du 15 mars au 20 avril, sur couche ou
+en pleine terre, puis on repique chaque plant séparément. Bien
+qu'elles viennent à peu près dans tous les terrains, il faut, pour
+avoir de belles Reines-Marguerites, les cultiver dans une terre
+largement pourvue d'engrais consommé.</p>
+
+<p>Pendant les premiers mois de leur végétation, les Reines-Marguerites
+n'ont pas besoin d'une grande quantité d'eau; mais une quinzaine de
+jours avant la floraison, il faut les arroser plus fréquemment et
+plus abondamment.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Réséda</span> odorant (<i>Reseda odorata</i>).&mdash;Semer en place, au printemps et
+tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page275" name="page275"></a>(p. 275)</span> <span class="smcap">Rhodanthe</span> de Mangles (<i>Rhodanthe Manglesii</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,35; fleurs roses, tout l'été; semer sur couche, en février et
+mars; planter à une exposition ombragée.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ricin</span> sanguin (<i>Ricinus sanguineus</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juillet
+et août, fleurs en grappes, d'un rouge-pourpre. Multiplication de
+graines, que l'on sème en avril, sur couche, ou en mai,
+immédiatement en place.</p>
+
+<p>Cette belle plante produit beaucoup d'effet, surtout cultivée
+isolément.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Rose trémière</span> de la Chine (<i>Alcæa rosea Sinensis</i>).&mdash;Bisannuelle;
+tige de 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; de juillet en octobre, fleurs pourpres,
+panachées de blanc; variété à fleurs rouges; semer sur couche, au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sainfoin</span> d'Espagne (<i>Hedysarum coronarium</i>).&mdash;Bisannuel; tiges de
+0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un beau rouge, en juillet; semer en août.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salpiglossis</span> à feuilles sinuées (<i>Salpiglossis sinuata</i>).&mdash;Plusieurs
+variétés se rapportent à cette espèce, et toutes aujourd'hui sont
+cultivées sous le même nom.</p>
+
+<p>On les sème en avril, sur couche, ou en mai, immédiatement en place.
+Elles fleurissent en juillet, et successivement jusqu'en septembre.</p>
+
+<p>Cultivés en massifs, les <i>Salpiglossis</i> produisent plus d'effet que
+séparément; en ajoutant au semis un peu de graines de l'espèce à
+fleurs jaunes, nommée <i>aurea</i>, on aura toutes les couleurs que
+comporte ce beau genre.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salvia horminum.</span>&mdash;Pour jouir de toute la beauté de cette plante, si
+remarquable par ses fleurs à bractées rouges, roses ou violettes, il
+faut, au lieu de la cultiver par petites touffes, en faire de longs
+massifs.</p>
+
+<p>On la sème en mars et avril, en place ou en pépinière.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page276" name="page276"></a>(p. 276)</span> <span class="smcap">Scabieuse</span> fleur-de-veuve (<i>Scabiosa
+atropurpurea</i>).&mdash;Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un violet
+foncé velouté, en juillet et septembre; semer en automne.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Naine à fleurs roses, &mdash; Naine à fleurs pourpres.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Schizanthe</span> émoussé (<i>Schizanthus retusus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à
+0<sup>m</sup>,60. Tout l'été, fleurs roses, pourpres, lilas ou blanches,
+largement marquées de jaune au centre. On sème le <i>Schizanthus</i> dans
+la première quinzaine de septembre, et on repique les plants en
+pots, que l'on hiverne sous châssis. On peut aussi, ce qui est
+beaucoup plus simple, les semer en avril, immédiatement en place;
+mais jamais le plant semé à cette époque ne produit des plantes
+aussi belles que celui qu'on a semé en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Schizanthus Grahami.</span>&mdash;Le <i>Schizanthus Grahami</i> est une espèce
+également très-belle, que l'on cultive de la même manière.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> élégant (<i>Senecio elegans</i>).&mdash;Tige rameuse, de 0<sup>m</sup>,30 à
+0<sup>m</sup>,40; de juin en août, fleurs pourpres, violettes ou blanches,
+simples ou doubles; semer sur couche, en mars, ou en pleine terre,
+en avril.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Silène</span> à fleurs pendantes (<i>Silene pendula</i>).&mdash;Charmante petite
+plante à fleurs roses, avec laquelle on fait, depuis quelques
+années, dans le jardin des Tuileries et au Luxembourg, des
+corbeilles qui font, au printemps, l'admiration de tous les
+visiteurs.</p>
+
+<p>Pour avoir de beaux Silènes, il faut les semer en juillet, en
+pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> à bouquets (<i>Silene compacta</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50. Tout l'été,
+fleurs roses; semer en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> attrape-mouche (<i>Silene armeria</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page277" name="page277"></a>(p. 277)</span>
+0<sup>m</sup>,40. Tout l'été, fleurs roses ou blanches. Même culture que le
+<i>Silène compacte</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Souci</span> de Trianon, <span class="smcap">Souci</span> anémone (<i>Calendula officinalis var.</i>).&mdash;De
+juillet en octobre, fleurs jaunes très-doubles. Semer en place, en
+avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Souci</span> pluvial (<i>C. pluvialis, Dimorphotheca pluvialis</i>).&mdash;En juin et
+août, fleurs blanches en dedans, violettes en dehors; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sphénogyne</span> élégante (<i>Sphenogyne speciosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30. De
+juillet en septembre, fleurs jaune pâle à pétales brun-violacé à la
+base; semer en février ou mars, sur couche, ou en avril, en pleine
+terre, en place ou en pépinière.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tagète</span> étalé, <span class="smcap">&OElig;illet</span> d'Inde (<i>Tagetes patula</i>).&mdash;Tiges rameuses,
+de 0<sup>m</sup>,40; fleurs orangées, rayées de jaune, en juillet et octobre;
+semer d'avril en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tagètes</span> maculé nain (<i>Tagetes signata pumila</i>).&mdash;Variété moins
+élevée que la précédente, tout aussi rameuse, littéralement couverte
+de fleurs d'un beau jaune-vif; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tagète</span> élevé, <span class="smcap">Rose d'Inde</span> (<i>T. erecta</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+jaunes; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Thlaspi, Ibéris</span> à ombelles (<i>Iberis umbellata</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches ou violettes, en mai, juin ou juillet; semer en
+automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Trachélie</span> bleue (<i>Trachelium c&oelig;ruleum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à
+0<sup>m</sup>,40; fleurs bleu-violacé, tout l'été; multiplication de graines
+ou de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Valériane</span> Corne-d'abondance (<i>Valeriana Cornucopiæ</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,25; fleurs rouges, de mai en août; semer en place, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Verveine</span> de Miquelon (<i>Verbena Aubletia</i>).&mdash;Bisannuelle; <span class="pagenum"><a id="page278" name="page278"></a>(p. 278)</span>
+hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un violet-pourpre, de juillet en novembre;
+semer au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Violette</span> tricolore, <span class="smcap">Pensée</span> à grandes fleurs (<i>Viola tricolor
+hortensis</i>).&mdash;Variétés très-nombreuses, fleurissant d'avril en
+septembre; semer en août, repiquer en pépinière à l'automne, pour ne
+les planter en place qu'au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Viscaria</span> à c&oelig;ur pourpre (<i>Viscaria oculata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40.
+En juin et juillet, fleurs blanches ou roses, à centre pourpre
+foncé; semer en septembre, en pots, que l'on hiverne sous châssis,
+ou en avril, immédiatement en place.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Whitlavia grandiflora.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40. En juin, juillet et août,
+fleurs d'un beau violet, en épi. Multiplication de graines, semées
+en place, en avril; propre à former des massifs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Zinnia</span> multiflore (<i>Zinnia multiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+rouges, à disque jaune, de juillet en octobre; semer sur couche, en
+mars, ou en pleine terre, en avril et mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Zinnia</span> élégant (<i>Z. elegans</i>).&mdash;Plus élevé que l'espèce précédente.
+Le <i>Zinnia elegans</i> a produit un grand nombre de variétés, que l'on
+cultive en mélange ou par couleurs séparées; on le sème en mars, sur
+couche, comme le <i>Zinnia multiflora</i>, ou bien en avril et mai, en
+pleine terre, puis on repique le plant en lignes ou par groupes.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés</b> <i>à fleurs doubles</i> de mêmes couleurs que les variétés à
+ fleurs simples.</p>
+</div>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page279" name="page279"></a>(p. 279)</span> <span class="smcap">Section III.</span>&mdash;Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre.</h3>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> dorée (<i>Achillea aurea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un
+jaune doré, de juillet en septembre; pour tout ce genre,
+multiplication de graines, semées aussitôt la maturité ou par
+l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> à mille feuilles (<i>A. millefolium</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; tout
+l'été, fleurs pourpres; variétés à fleurs roses.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> rose (<i>A. rosea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un
+rose-pourpre, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> sternutatoire, <span class="smcap">Bouton</span> d'argent (<i>A. ptarmica</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aconit</span> Tue-loup (<i>Aconitum lycoctonum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30;
+fleurs jaune pâle, en juin et août.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Aconit</span> Napel (<i>A. Napellus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs d'un bleu
+foncé, en mai et juin; variétés à fleurs blanches.</p>
+
+<p>Toutes les espèces d'Aconit sont vénéneuses; elles se multiplient de
+graines semées aussitôt après la maturité ou par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="type"><b>Espèces.</b>&mdash;Anthora, &mdash; Eminens, &mdash; Rubicundum, &mdash; Speciosum.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Actéa</span> des Alpes (<i>Actea spicata</i>). Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs blanches,
+en juillet et août; multiplication de graines semées aussitôt après
+la maturité, ou par la séparation des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Adonide</span> printanière (<i>Adonis vernalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30;
+fleurs jaunes, en mars et avril; multiplication de graines semées
+aussitôt après la maturité, ou par éclats; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page280" name="page280"></a>(p. 280)</span> <span class="smcap">Alstr&oelig;mère</span> à fleurs tachées, Lis des Incas
+(<i>Alstr&oelig;meria pelegrina</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,35, ayant besoin de
+tuteurs; de juin en octobre, fleurs blanches marquées de taches
+purpurines et de plusieurs points d'un pourpre foncé.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Alstr&oelig;mère</span> du Chili.&mdash;On a fait depuis plusieurs années des semis
+d'Alstr&oelig;mère du Chili qui ont donné un grand nombre de variétés.
+Toutes peuvent être cultivées en pleine terre légère; il suffit,
+pendant l'hiver, de les couvrir de feuilles, qu'on enlève vers la
+fin de mars ou dans les premiers jours d'avril.</p>
+
+<p>On multiplie les Alstr&oelig;mères de graines semées aussitôt après
+leur maturité, en place ou en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p>Comme ces plantes végètent de très-bonne heure en automne, il faut
+les planter en septembre ou octobre; autrement, elles ne
+fleuriraient pas l'année suivante.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Amaryllis.</span>&mdash;Un grand nombre d'Amaryllis, considérées comme plantes
+de serre, peuvent, sous le climat de Paris, être cultivées en pleine
+terre, à l'air libre. M. Aimé, de Versailles, qui cultive
+spécialement ce beau genre, a, depuis 1845, plusieurs planches
+d'Amaryllis en pleine terre, qui végètent et fleurissent
+admirablement.</p>
+
+<p>Pour cultiver les Amaryllis en pleine terre, on prépare une tranchée
+de 0<sup>m</sup>,25 de profondeur, dont la longueur et la largeur soient
+proportionnées au nombre d'oignons qu'on veut planter. On met au
+fond une bonne couche de feuilles, et, après les avoir bien foulées,
+on achève de remplir la tranchée avec de la terre du sol si elle
+n'est pas trop compacte, de la terre de bruyère, ou, à défaut, du
+sable végétal et du terreau de feuilles bien consommées et mélangées
+par parties égales.</p>
+
+<p>Cultivées en pleine terre, les Amaryllis doivent être plantées plus
+profondément qu'en pots, et il ne faut les <span class="pagenum"><a id="page281" name="page281"></a>(p. 281)</span> arroser que
+lorsqu'elles sont en végétation. Après la floraison on supprime les
+arrosements, et à l'approche des gelées on les couvre d'une couche
+de feuilles, dont on augmente la quantité en raison de l'intensité
+du froid.</p>
+
+<p>Toutes les variétés de l'Amaryllis <i>pulverulenta</i> et de l'Amaryllis
+<i>cinnamomea</i> peuvent être cultivées comme nous venons de l'indiquer.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> à fleurs roses (<i>A. Belladona</i>).&mdash;De juillet en octobre,
+fleurs roses, mêlées de blanc; multiplication par caïeux, qu'on
+enlève en septembre ou octobre, aussitôt après la floraison, et
+qu'il faut replanter tout de suite; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> à longues feuilles (<i>A. longifolia</i>).&mdash;En juin et juillet,
+fleurs blanches; variété à fleurs roses; planter en automne;
+couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span>, Lis Saint-Jacques (<i>A. formosissima</i>).&mdash;Plantes bulbeuses
+donnant en juillet et août des fleurs d'un rouge-pourpre foncé;
+planter en pleine terre au printemps, ou en pots à l'automne;
+multiplication de caïeux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> commune (<i>Aquilegia vulgaris</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; en mai et
+juin, fleurs rouges, bleues, violâtres, blanches, roses, simples ou
+doubles, selon la variété; multiplication de graines, semées
+aussitôt après la maturité, ou par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> du Canada (<i>A. Canadensis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un
+rouge safrané.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> de Sibérie (<i>A. Sibirica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un
+beau bleu.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> des fleuristes (<i>Anemone coronaria</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page282" name="page282"></a>(p. 282)</span>
+0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; en mai et juin, fleurs simples, semi-doubles ou
+doubles, de toutes couleurs et variées. Elle aime une terre légère
+et substantielle. On la multiplie de graines et par tubercules. Les
+graines se sèment en septembre, soit en terrines, soit en pleine
+terre, dans une planche bien préparée; on les couvre légèrement de
+terreau fin à l'approche des gelées. Il faut garantir le jeune plant
+avec des paillassons, que l'on étend sur des gaulettes disposées de
+telle sorte qu'ils soient élevés de quelques centimètres au-dessus
+du sol. On découvre toutes les fois que le temps le permet; puis,
+arrivé au printemps, on sarcle et arrose au besoin; lorsque les
+feuilles sont desséchées, on arrache les tubercules pour les traiter
+par la suite comme les plantes faites, ce qui consiste à planter en
+mars et avril, à environ 0<sup>m</sup>,05 de profondeur et à 0<sup>m</sup>,10 ou 0<sup>m</sup>,15
+les uns des autres, suivant la force de chacun. Quand on possède un
+assez grand nombre d'Anémones de force à fleurir, il est bien de
+n'en planter que la moitié, de manière que chaque tubercule ne
+fleurisse que tous les deux ans, car alors les fleurs en sont plus
+belles.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> &OElig;il-de-paon (<i>A. pavonina</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25;
+en avril et mai, fleurs rouges, bleuâtres au centre; multiplication
+par la séparation des racines, ainsi que pour les suivantes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> à fleurs bleues (<i>A. Apennina</i>).&mdash;Fleurs b</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> en ombelle (<i>A. narcissiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs
+blanches, en mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Anémone</span> du Japon (<i>A. Japonica</i>).&mdash;Hauteur 0<sup>m</sup>,50; d'août en
+octobre, fleurs semi-doubles, roses, pourpres ou blanches.</p>
+
+<p>Cette charmante plante végète vigoureusement en <span class="pagenum"><a id="page283" name="page283"></a>(p. 283)</span> pleine
+terre; elle s'accommode de tous les terrains et on la multiplie par
+l'éclat des touffes, qu'on divise au printemps.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> pulsatille (<i>A. pulsatilla</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30;
+fleurs d'un violet foncé, en avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Anthémis</span> des teinturiers (<i>Anthemis tinctoria</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs jaunes, en juin et novembre; multiplication de graines ou par
+éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Apocyn</span> Gobe-mouche (<i>Apocynum androsæmifolium</i>).&mdash;Tige rameuse de
+0<sup>m</sup>,50; fleurs roses, en juillet et septembre; multiplication de
+graines ou de traces, en mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Arum</span> Attrape-mouche (<i>Arum crinitum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; en
+mars, spathe de 0<sup>m</sup>,33 de longueur, violacé en dedans et maculée de
+vert en dehors. Son odeur infecte attire les mouches. Multiplication
+de graines ou de bulbes; couverture d'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Arum</span> Serpentaire (<i>A. dracunculus</i>).&mdash;Hauteur 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en
+juin et juillet, spathe d'un pourpre foncé en dedans, verte à
+l'extérieur; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Asclépiade</span> à la ouate (<i>Asclepias Cornuti</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à
+1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches lavées de rouge, en juillet et août;
+multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité,
+d'éclats ou de traces; les autres espèces se multiplient de même.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Asclépiade</span> tubéreuse (<i>A. tuberosa</i>).&mdash;Tiges rameuses, de 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs en ombelles, d'un rouge-orangé, en juillet, août et
+septembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Asclépiade</span> incarnate (<i>A. incarnata</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30;
+en juillet et août, fleurs rouge-pourpre.</p>
+
+<p>On multiplie les Asclépias de graines ou d'éclats.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page284" name="page284"></a>(p. 284)</span> <span class="smcap">Asphodèle</span> Bâton-de-Jacob (<i>Asphodelus luteus</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; de mai en juillet, fleurs d'un beau jaune; multiplication par
+graines, semées au printemps, par drageons ou par la séparation des
+racines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Asphodèle</span> rameux (<i>Asphodelus ramosus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches marquées de lignes roussâtres.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Aster</span> (<i>Aster</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,35 à 1<sup>m</sup>,60; depuis juillet jusqu'à
+la fin d'octobre, fleurs d'un bleu plus ou moins foncé,
+blanc-pourpre, ou roses, selon les espèces, qui sont
+très-nombreuses. Elles résistent très-bien à nos hivers. On les
+multiplie de graines, semées aussitôt après la maturité, ou mieux
+par l'éclat des touffes, en automne ou au printemps, opération qui
+doit se faire au moins tous les trois ans, afin de renouveler les
+pieds.</p>
+
+<p class="type"><b>Espèces.</b>&mdash;Alpinus, &mdash; Amelloïdes, &mdash; Bicolor, &mdash; Corymbosus, &mdash;
+ Ericoïdes, &mdash; Floribundus, &mdash; Gracilis, &mdash; Grandiflorus, &mdash;
+ Pendulus, &mdash; Versicolor.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Astragale</span> varié (<i>Astragalus varius</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un
+pourpre-violet marquées de jaune, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Astrance</span> à larges feuilles (<i>Astrantia major</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+tout l'été, fleurs d'un blanc-rougeâtre, multiplication de graines
+ou d'éclats en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bétoine</span> velue (<i>Betonica hirsuta</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleur d'un
+rouge vif et foncé, en juillet; multiplication de graines, semées en
+mars, ou par l'éclat des racines, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bétoine</span> à grandes fleurs (<i>B. grandiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bocconie</span> à feuilles en c&oelig;ur (<i>Bocconia cordata</i>).&mdash;Hauteur,
+<span class="pagenum"><a id="page285" name="page285"></a>(p. 285)</span> 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, en juillet;
+multiplication de graines et d'éclats; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Boltonie</span> à feuille d'aster (<i>Boltonia asteroides</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre à 1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, à disque jaune, d'août en octobre;
+multiplication de graines, semées en place, ou par l'éclat des
+pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buglosse</span> à larges feuilles (<i>Anchusa sempervirens</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; en mai, juin et juillet, fleurs bleues; multiplication de
+graines, semées en juin et juillet, ou par éclat des pieds, en
+février ou mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buglosse</span> d'Italie (<i>A. Italica</i>).&mdash;Plus élevée que la précédente;
+fleurs également d'un beau bleu; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> élevée (<i>Ononis altissima</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+purpurines, en juillet; multiplication de graines ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> à feuilles rondes (<i>O. rotundifolia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35;
+fleurs roses, en mai et juillet; même multiplication; couverture
+l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à feuilles de Pêcher (<i>Campanula persicæfolia</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues ou blanches, simples ou doubles, de juillet en
+septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à feuilles d'Ortie (<i>C. urticæfolia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs bleues, blanches ou tricolores, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à larges feuilles (<i>C. latifolia</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs bleues, variété à fleurs blanches, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à fleurs en tête (<i>C. glomerata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs bleues, blanches ou tricolores, en été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page286" name="page286"></a>(p. 286)</span> <span class="smcap">Campanule</span> à grandes fleurs (<i>C. grandiflora</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un beau bleu, en juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Campanule</span> noble (<i>C. nobilis</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre environ; fleurs
+d'un beau violet-pourpre bordé de blanc, en juin et juillet.</p>
+
+<p>On multiplie toutes les espèces de Campanule de graines, semées
+aussitôt après leur maturité, sans les recouvrir, ou par l'éclat des
+pieds, en automne ou en mars.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cardamine</span> des prés à fleurs doubles (<i>Cardamine
+pratensis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40; fleurs blanches purpurines,
+en avril et mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Centaurée</span> Jacée (<i>Centaurea Jacea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre;
+fleurs purpurines, en juin et juillet; multiplication de graines,
+semées au printemps, ou par la séparation des touffes.</p>
+
+<p>Centaurée de montagne (<i>C. montana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 fleurs
+bleues, blanches ou roses, de juin en août; même multiplication.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> noire (<i>C. nigra</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs purpurines,
+de mai en juillet; multiplication de graines et d'éclats.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> des Indes (<i>Chrysanthemum Indicum</i>, <i>Pyrethrum
+Indicum</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,65 à 1<sup>m</sup>,30; d'octobre en janvier, fleurs
+de toutes les nuances de pourpre, de blanc et de jaune, suivant les
+variétés, qui sont très-nombreuses; multiplication de boutures ou
+d'éclats, en avril; on les plante en pleine terre ou en pots. On les
+arrose de temps à autre afin de favoriser la reprise; mais, une fois
+qu'ils sont bien enracinés, on modère les arrosements. Dans le
+courant de juin, on pince l'extrémité de chaque tige, afin d'avoir
+des touffes bien garnies et peu élevées. <span class="pagenum"><a id="page287" name="page287"></a>(p. 287)</span> Dès l'approche
+des gelées, il faut rentrer dans les serres les pieds en pots, si
+l'on veut jouir de toute la beauté de leur floraison, car elle est
+tellement tardive qu'il est rare qu'elle ne soit point surprise par
+les gelées.</p>
+
+<p>On divise les nombreuses variétés de cette plante en deux races.
+L'une est cultivée sous le nom de Chrysanthème pompon.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Chrysocome</span> à feuilles de lin (<i>Chrysocoma linosyris</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, d'août en octobre; multiplication de graines
+ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Colchique</span> d'automne (<i>Colchicum autumnale</i>).&mdash;En septembre, fleurs
+rouge-purpurin pâle, semblables à celles des Crocus; variétés à
+fleurs doubles, blanches, rouges, roses et panachées; multiplication
+par caïeux, qu'on replante en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Comméline</span> tubéreuse (<i>Commelina tuberosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleur
+d'un beau bleu, de juin et septembre; multiplication de graines,
+semées sur couche au printemps, ou par la séparation des pieds;
+couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Consoude</span> à feuilles rudes (<i>Symphytum asperrimum</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs azurées, en mai et juin; multiplication de
+graines et d'éclats, à l'automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Consoude</span> à fleurs pourpres (<i>S. purpureum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à
+0<sup>m</sup>,50; fleurs pourpre-violacé, d'avril en septembre; même
+multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> auriculé (<i>Coreopsis auriculata</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1<sup>m</sup>,30; fleurs d'un beau jaune, d'août en septembre; multiplication
+de graines et d'éclats, en automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page288" name="page288"></a>(p. 288)</span> <span class="smcap">Coréopsis</span> à trois ailes (<i>C. tripteris</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre
+à 1<sup>m</sup>,30; fleurs jaunes, à disque brun, d'août en septembre; même
+multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Corydale</span> bulbeuse (<i>Corydalis formosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18;
+en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, selon la
+variété; multiplication par la séparation des racines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cupidone</span> bleue (<i>Catananche cærulea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35, fleur bleu
+de ciel, de juillet en octobre; variété à fleurs blanches;
+multiplication de graines ou d'éclats; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cyclamen</span> d'Europe (<i>Cyclamen Europæum</i>).&mdash;Plante très-basse; fleurs
+blanches ou pourpres, en avril; multiplication de graines, semées en
+terrines ou par la division des tubercules, ayant soin qu'il y ait
+un &oelig;il à chaque partie séparée; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cyclamen</span> à feuilles de lierre (<i>C. hederæfolium</i>).&mdash;En avril, fleurs
+blanches, roses ou rouges, odorantes; même culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Dahlia.</span>&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,50 à 2 mètres; depuis le mois de juin
+jusqu'aux gelées, fleurs blanches, jaunes, roses, pourpres, et
+passant de ces couleurs à leurs nuances les plus délicates et les
+plus foncées. Tout terrain leur convient; mais la floraison est plus
+belle dans une terre légère que dans une terre compacte ou trop
+fumée. Multiplication par semis, séparations, boutures et greffes
+sur tubercules.</p>
+
+<p>1. <i>Semis.</i>&mdash;On sème sur couche tiède, en mars et avril; dans le
+courant de mai, l'on repique le plant en pleine terre, à environ 1
+mètre de distance; puis on le traite dans les autres Dahlias.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page289" name="page289"></a>(p. 289)</span> 2. <i>Séparation.</i>&mdash;On place les Dahlias sur couche, en mars
+ou avril, et lorsqu'ils entrent en végétation on divise les touffes,
+en ayant soin que chaque tubercule détaché soit muni d'un germe
+reproducteur.</p>
+
+<p>3. <i>Boutures.</i>&mdash;On peut commencer les boutures peu de temps après
+que les Dahlias sont en végétation et continuer jusqu'en juin; mais,
+quelle que soit l'époque, il ne faut prendre que de jeunes
+bourgeons, qu'on enlève dès qu'ils ont atteint 0<sup>m</sup>,06 ou 0<sup>m</sup>,08 de
+longueur; après avoir supprimé les feuilles inférieures, on les
+repique séparément dans de petits pots que l'on enfonce sur une
+couche tiède. On les arrose légèrement, puis on les couvre d'une
+cloche, qu'il faut ombrager au moment du soleil. Ces soins doivent
+être continués jusqu'à ce qu'on soit certain de la reprise des
+boutures; alors on soulève la cloche graduellement, pour l'enlever
+quand elles supporteront l'air sans se faner.</p>
+
+<p>4. <i>Greffes.</i>&mdash;Il faut que les greffes, comme les boutures, soient
+faites assez à temps pour qu'il se forme des tubercules qui puissent
+passer l'hiver. Pour l'opération manuelle, on observera ce qui a été
+indiqué à l'article <i>Greffe herbacée</i>, page <a href="#page74">74</a>.</p>
+
+<p><i>Plantation.</i>&mdash;C'est vers la fin de mai seulement que nous
+conseillons de planter les Dahlias: car, plantés plus tôt, il arrive
+souvent qu'ils sont épuisés de fleurs dès le mois de septembre,
+époque la plus favorable à leur beauté. Il faut les placer dans une
+position bien aérée, et à environ 1<sup>m</sup>,65 les uns des autres. On les
+plante au milieu d'un bassin de 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50 de diamètre; après
+quoi l'on étend autour de chaque pied un bon paillis de fumier à
+moitié consommé, afin de conserver l'eau des arrosements, qui
+doivent être modérés pendant les premiers temps, puis plus fréquents
+à mesure que la sécheresse augmente. Lorsque les Dahlias ont environ
+0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40 de hauteur, <span class="pagenum"><a id="page290" name="page290"></a>(p. 290)</span> s'il y a plusieurs tiges sur
+chaque pied, il faut choisir la plus vigoureuse et supprimer les
+autres. On l'assujettit immédiatement à un tuteur. Lorsqu'elle a
+0<sup>m</sup>,60 à 0,70, on supprime les rameaux placés trop près de terre ou
+ceux qui se croisent, de manière à ne laisser que six ou huit
+branches bien disposées autour de la tige principale; s'il arrivait
+qu'à la hauteur indiquée la tige fût sans ramification, il faudrait
+pincer l'extrémité, ce qui retarde un peu la floraison; mais ce
+retard est moins désagréable que l'inconvénient d'avoir des Dahlias
+très-élevés et sur une seule tige.</p>
+
+<p>En juillet ou août, lorsque les Dahlias auront à peu près atteint le
+maximum de leur développement, on commencera à les ébourgeonner,
+opération qui consiste à détacher les bourgeons secondaires qui
+naissent entre les feuilles; il en résulte que, débarrassée d'une
+multitude de bourgeons inutiles, chaque touffe produira une belle et
+abondante floraison. Vers la fin d'octobre ou au commencement de
+novembre, dès les premières gelées, il faut arracher les Dahlias. Si
+le temps est favorable, on les laisse un peu se ressuyer, puis on
+les dépose soit dans l'orangerie, sous le gradin de la serre aux
+Géraniums, soit dans une cave bien sèche, pour passer l'hiver.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Datura meteloides.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,80; de juillet en novembre, fleurs
+blanches bordées de bleu lilacé, longues de 0<sup>m</sup>,20, odorantes.</p>
+
+<p>Les racines sont charnues, et se conservent en hiver, comme celles
+du Dahlia.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium elatum</span> (<i>Pied d'alouette vivace</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en
+juin et juillet, fleurs bleues, simples ou doubles. Multiplication
+de graines semées en juin et juillet, ou d'éclats du pied, au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium azureum.</span>&mdash;Hauteur, 1 mètre; en juin et <span class="pagenum"><a id="page291" name="page291"></a>(p. 291)</span> juillet,
+fleurs simples ou doubles, d'un beau bleu d'azur; multiplication
+d'éclats du pied, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium Barlowi.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juin et juillet, fleurs
+bleues, semi-doubles, plus larges que celles des espèces ci-dessus;
+même culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Delphinium hybridum.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juin et juillet, fleurs
+bleues, plus pâles que celles du <i>D. Barlowi</i>, semi-doubles; même
+culture.</p>
+
+<p>Le <i>Delphinium Hendersoni</i> et l'espèce nommée <i>formosum</i>, l'une des
+plus belles du genre, sont d'une culture tout aussi facile.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Dielytra spectabilis.</span>&mdash;Cette charmante plante a les feuilles
+découpées exactement comme celles de la Pivoine en arbre. Elle
+donne, en mai et juin, une grande quantité de fleurs disposées en
+longues grappes, d'un beau rose.</p>
+
+<p>On la multiplie de boutures, qui, une fois bien enracinées, peuvent
+être cultivées en pleine terre, comme le plus grand nombre de nos
+plantes vivaces.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Dodécathéon</span> de Virginie (<i>Dodecatheon Meadia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à
+0<sup>m</sup>,25; fleurs rose pourpre, au printemps; variété à fleurs
+blanches. Multiplication de graines, semées aussitôt après la
+maturité, ou par la division des racines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Doronic</span> à feuilles en c&oelig;ur (<i>Doronicum pardalianches</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, en mai et juin; multiplication de rejetons.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Dracocéphale</span> de Virginie (<i>Dracocephalum Virginianum</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs roses, de juillet en septembre.</p>
+
+<p>Tous les Dracocéphales se multiplient de graines ou par la
+séparation des drageons.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page292" name="page292"></a>(p. 292)</span> <span class="smcap">Echinops</span> boulette azurée (<i>Echinops ritro</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un joli bleu; variété à fleurs blanches.
+Multiplication de graines, semées au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Enothère</span> frutiqueuse (<i>&OElig;nothera fruticosa</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau jaune, en juillet et août; multiplication de
+graines, semées sur couche, d'éclats de touffes ou de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Enothère</span> superbe (<i>&OElig;. speciosa</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs
+blanches, odorantes, en juillet et août; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Épervière</span> orangée (<i>Hieracium aurantiacum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs d'un jaune orangé, de juin en septembre; multiplication de
+graines, semées au printemps, ou par rejetons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Éphémère</span> de Virginie (<i>Tradescantia Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40;
+fleurs bleu purpurin ou blanches, de mai en octobre; multiplication
+par la séparation des pieds en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Éphémère</span> rose (<i>T. rosea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs roses, tout
+l'été; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><p><span class="smcap">Épilobe</span> à épi, Laurier Saint-Antoine (<i>Epilobium
+spicatum</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs rouge purpurin, de
+juillet en septembre; variété à fleurs blanches; multiplication de
+graines et de rejetons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Épimède</span> des Alpes (<i>Epimedium Alpinum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs
+jaunes et rougeâtres, en avril et mai; multiplication par l'éclat
+des touffes en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> des Alpes (<i>Erigeron Alpinum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs
+bleues, à disques jaunes, en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication de graines, semées aussitôt <span class="pagenum"><a id="page293" name="page293"></a>(p. 293)</span> après la
+maturité, ou par la division des pieds. Toutes les espèces
+d'Erigéron se multiplient de même.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> presque nu (<i>E. glabellum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+lilacées, à disque jaune, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> à grandes fleurs (<i>E. speciosum</i>).&mdash;Même hauteur; fleurs
+lilas foncé, à disque jaune, en août et septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erine</span> des Alpes (<i>Erinus Alpinus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,16; fleurs
+purpurines ou blanches, de mars en juin; multiplication de graines
+ou par éclats, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erodium</span> des Alpes (<i>Erodium Alpinum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs
+bleues, tout l'été; multiplication de graines et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erodium</span> de Rome (<i>E. Romanum</i>).&mdash;Fleurs purpurines, tout l'été; même
+multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Eupatoire</span> agératoïde (<i>Eupatorium ageratoïdes</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches, en septembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Eupatoire</span> pourpre (<i>E. purpureum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+purpurines, de septembre en octobre.</p>
+
+<p>On multiplie tous les Eupatoires de graines, semées aussitôt après
+la maturité, ou par la séparation des pieds, en automne.</p>
+
+<p>L'Eupatoire à fleurs blanches (<i>E. glechonophyllum</i>) et l'Eupatoire
+à fleurs bleues (<i>E. c&oelig;lestinum</i>), sont deux charmantes plantes
+d'orangerie, que l'on peut cultiver en pleine terre pendant toute la
+belle saison.</p>
+
+<p>On les multiplie toutes deux de boutures, que l'on hiverne sous
+châssis.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Farfugium grande.</span>&mdash;Cette plante, remarquable par ses larges feuilles
+maculées de jaune, doit, pour produire <span class="pagenum"><a id="page294" name="page294"></a>(p. 294)</span> de l'effet, être
+cultivée par groupes sur les pelouses de gazons.</p>
+
+<p>On la multiplie de boutures de racines.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fraxinelle</span> d'Europe (<i>Dictamnus albus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre;
+fleur d'un brun rougeâtre, en juin et juillet; variété à fleurs
+blanches; multiplication de graines, semées aussitôt après la
+maturité; car, semées plus tard, elles ne lèvent que la seconde
+année; on peut aussi les multiplier par éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fritillaire</span> damier (<i>Fritillaria Meleagris</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en
+mars et avril, fleurs pourpres marquées de petits carreaux de
+couleurs différentes; multiplication de caïeux, en août; il faut les
+replanter aussitôt, ainsi que les bulbes principaux; couverture
+l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fritillaire</span> couronne impériale (<i>F. imperialis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à
+1 mètre; en mars et avril, fleurs rouges, simples ou doubles,
+jaunes, simples ou doubles, orangées et à feuilles panachées de
+jaune ou de blanc; multiplication par caïeux, en août; il faut les
+replanter immédiatement, à 0<sup>m</sup>,15 de profondeur, ainsi que les
+bulbes principaux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> bulbeuse (<i>Fumaria bulbosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20;
+de février en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin,
+suivant la variété; on les multiplie toutes de graines ou par la
+séparation des touffes, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> jaune (<i>F. lutea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs blanches et
+jaunes, d'avril en novembre; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> odorante (<i>F. nobilis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un
+jaune pâle, pourprées au sommet, en avril.</p>
+
+<div class="plants"><span class="pagenum"><a id="page295" name="page295"></a>(p. 295)</span>
+<p><span class="smcap">Gaillarde</span> peinte (<i>Gaillardia picta</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à
+0<sup>m</sup>,40; au printemps et à l'automne, fleurs d'un jaune orangé,
+pourprées à la base, disque brun; on les multiplie toutes de
+graines, d'éclats ou de boutures.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Nana, &mdash; Grandiflora, &mdash; Alba marginata.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Galane</span> glabre (<i>Chelone glabra</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches, ou pourpres, en août et septembre; toutes se multiplient
+de graines ou d'éclats.</p>
+
+<p class="type"><b>Espèce.</b>&mdash;Barbata.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Galanthe</span> d'hiver ou <span class="smcap">Perce-Neige</span> (<i>Galanthus nivalis</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18; fleurs blanches tachées de vert, en février;
+variété à fleurs doubles; multiplication par caïeux replantés en
+automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Galéga</span> officinal (<i>Galega officinalis</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30;
+fleurs bleues ou blanches, en juin et juillet; multiplication de
+graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Galéga</span> oriental (<i>G. orientalis</i>).&mdash;Même hauteur; fleurs bleues, en
+juin; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> croisette (<i>G. cruciata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25;
+fleurs bleues, en juin et juillet; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> pourpre (<i>G. purpurea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 fleurs jaunes
+ponctuées de pourpre, en juillet; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> jaune (<i>G. lutea</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs
+jaunes, en juillet; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> sanguin (<i>Geranium sanguineum</i>). Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs
+d'un rouge violet, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> noirâtre (<i>G. phæum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un
+violet noir, d'avril en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page296" name="page296"></a>(p. 296)</span> <span class="smcap">Géranium</span> des prés (<i>G. pratense</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanches, rayées de violet, en mai et juin; variété à fleurs
+doubles.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> à grandes racines (<i>G. macrorhizum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40;
+fleurs rouges, de mai en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> strié (<i>G. striatum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs blanches
+veinées de pourpre, en mai et septembre; couverture l'hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Géranium</span> à grandes fleurs (<i>G. Ibericum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+disposées en bouquets, passant du violet au bleu d'azur des plus
+purs.</p>
+
+<p>Il faut aux Géraniums une terre meuble; tous se multiplient de
+graines ou d'éclats, au printemps.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Geum coccineum.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs écarlates, tout l'été;
+multiplication de graines semées en place, ou par la séparation des
+touffes; les autres espèces se multiplient de même.</p>
+
+<p class="type"><b>Espèces.</b>&mdash;Rivale, &mdash; Montanum.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus</span> (<i>Glaïeul</i>).&mdash;On cultive les <i>Gladiolus</i> en terre légère
+mélangée de terreau de feuilles. On les plante en pleine terre, en
+mars et avril; ils fleurissent en juillet et août, puis on les
+relève en octobre. On peut aussi les planter en pots, en automne;
+mais alors il faut les mettre sous châssis pour passer l'hiver, et
+ils fleurissent dès le mois de mai. On les multiplie de graines ou
+de caïeux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus cardinalis.</span>&mdash;Hampe de 0<sup>m</sup>,50; en juillet et août, fleurs
+écarlates, marquées d'une tache blanche. Les bulbes de ce Glaïeul
+étant continuellement en végétation, il ne faut jamais les laisser
+hors de terre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus blandus ou floribundus.</span>&mdash;Hampe de 0<sup>m</sup>,30; <span class="pagenum"><a id="page297" name="page297"></a>(p. 297)</span> en
+août, fleurs blanc pur ou blanc rosé, marquées d'une bande
+longitudinale pourpre violacé.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Gladiolus ramosus.</span>&mdash;Hampe de 0<sup>m</sup>,70 à 1 mètre; en juillet et août,
+fleurs roses, marquées d'une tache blanche entourée d'azur.</p>
+
+<p>Cette admirable plante a produit un grand nombre de belles variétés.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Gladiolus gandavensis.</span>&mdash;On possède maintenant un nombre si
+considérable de variétés de cette plante, qu'il est matériellement
+impossible d'en donner la nomenclature.</p>
+
+<p>Toutes peuvent être cultivées en pleine terre, comme l'espèce type.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gunnera scabra.</span>&mdash;Cette plante, si remarquable par la beauté de son
+feuillage, ressemble beaucoup aux Rhubarbes. Elle doit être cultivée
+isolément pour produire tout son effet. Bien qu'elle soit rustique,
+il faut la couvrir l'hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Gynerium argenteum.</span>&mdash;Graminée ornementale, à feuilles linéaires
+inclinées en tous sens; en septembre, fleurs soyeuses, argentées, en
+panicules d'un très-bel effet. Multiplication de rejetons, que l'on
+sépare au printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleur rose, &mdash; à fleur pourpre.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gypsophile</span> paniculée (<i>Gypsophila paniculata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches en juin et juillet; multiplication de graines semées
+au printemps. On cultive de même les <i>Gypsophila acutifolia</i>,
+<i>altissifolia</i>, <i>altissima</i>, <i>pubescens</i>, <i>Gmelini</i>, <i>perfoliata</i>,
+<i>fastigiata</i> et <i>dichotoma</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hélénie</span> d'automne (<i>Helenium autumnale</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,60 à 2
+mètres; fleurs d'un beau jaune, d'août à novembre; multiplication
+par racines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hellébore</span> noir, Rose de Noël (<i>Helleborus niger</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20
+à 0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un blanc rosé, de décembre <span class="pagenum"><a id="page298" name="page298"></a>(p. 298)</span> en février;
+multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité ou par
+éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hellébore</span> d'hiver (<i>H. hyemalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,15; fleurs
+jaunes; multiplication par la séparation des pieds en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hemérocalle</span> jaune ou <span class="smcap">Lis</span> jaune (<i>Hemerocallis flava</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; fleurs odorantes d'un beau jaune, en juin; multiplication par
+la séparation des pieds en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hémérocalle</span> fauve (<i>H. fulva</i>).&mdash;Plus élevée que la précédente;
+fleurs d'un rouge fauve, en juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Heracleum Willemsii.</span>&mdash;Bien supérieure, par la beauté de ses
+feuilles, à l'espèce type connue sous le nom d'<i>Heracleum
+sphondylium</i>, Berce commune, Acanthe d'Allemagne, Angélique sauvage.
+Cette plante produit beaucoup d'effet, sur les pelouses de gazon.</p>
+
+<p>On la multiplie de semis, ou par la séparation des pieds.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Hibiscus roseus.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,38; en août et septembre, fleurs
+roses, semblables à celles de Rose trémière simple. Cette belle
+plante exige une exposition chaude et beaucoup d'eau pendant l'été;
+on la multiplie de boutures et de graines.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Palustris, &mdash; Moschatus, &mdash; Sanguineus.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hoteia</span> du Japon (<i>Hoteia Japonica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60;
+fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication d'éclats, au
+printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> blanche (<i>Gnaphalium margaritaceum</i>).&mdash;Hauteur; 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs jaunes, à involucre blanc, de juillet en septembre;
+multiplication de traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> d'Allemagne ou <span class="smcap">Flambe</span> (<i>Iris Germanica</i>).&mdash;Les <span class="pagenum"><a id="page299" name="page299"></a>(p. 299)</span>
+nombreuses variétés de cette plante méritent d'occuper une place
+distinguée dans les jardins; car, soit en bordure, soit en massif,
+elles produisent un effet charmant à l'époque de leur floraison, qui
+a lieu en mai et en juin, surtout si l'on a convenablement mélangé
+les couleurs, et leur rusticité est un titre de plus à la faveur des
+amateurs. On les multiplie de graines ou par la séparation des
+pieds, en septembre; on en possède déjà plus d'une centaine de
+belles variétés.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> bulbeuse, <span class="smcap">Xiphium</span>, ou d'Angleterre.&mdash;On en cultive un grand
+nombre de variétés de toutes les couleurs; fleurs remarquables par
+le peu de largeur de toutes leurs divisions; elles fleurissent en
+juin; on les multiplie de caïeux, qu'on plante en automne;
+couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> xiphioïde ou d'Espagne.&mdash;Comme la précédente, cette espèce
+offre un grand nombre de variétés; même culture.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Jacinthe</span> (<i>Hyacinthus orientalis</i>).&mdash;En avril, fleurs simples ou
+doubles, de toutes les couleurs, suivant les variétés, qui sont
+très-nombreuses; multiplication de graines ou de caïeux. Les
+Jacinthes aiment une terre douce, substantielle, et d'autant plus
+légère que le climat est froid et humide. Pour obtenir une belle
+végétation, il faut planter dans un terrain bien fumé; mais le
+fumier doit être enterré assez profondément pour que les racines
+seules puissent l'atteindre, car autrement, il arrive presque
+toujours que les oignons pourrissent peu de temps après avoir été
+arrachés. L'époque la plus favorable pour la plantation est la fin
+de septembre et le commencement d'octobre; cependant il vaudrait
+mieux retarder d'une quinzaine de jours que de planter par un temps
+pluvieux. On procède à la plantation de la manière suivante. Après
+avoir bien préparé le terrain, on trace avec la binette un <span class="pagenum"><a id="page300" name="page300"></a>(p. 300)</span>
+sillon de 0<sup>m</sup>,10 de profondeur; on place les oignons à environ
+0<sup>m</sup>,15 les uns des autres sur la ligne, et on les enfonce de manière
+qu'ils soient recouverts de 0<sup>m</sup>,10 de terre; puis on ouvre les
+autres sillons successivement, et à 0<sup>m</sup>,15 de distance. Après la
+plantation, on étend un bon paillis sur le tout, et les autres soins
+consistent à arracher les mauvaises herbes. Si le froid devenait
+assez intense pour que l'on craignît que la terre ne gelât jusqu'aux
+racines, il faudrait les couvrir de feuilles ou de litière sèche,
+que l'on enlèvera en février; s'il survenait du mauvais temps, on
+les recouvrirait, mais plus légèrement. Quand elles seront
+défleuries et aussitôt que les feuilles commenceront à jaunir, on en
+coupera les feuilles et les hampes rez terre, et vers la fin de juin
+on les arrachera avec précaution, ce qu'il ne faudra faire que par
+un beau temps. Dès qu'elles seront arrachées, on les déposera dans
+un endroit sec et bien aéré, sans qu'elles soient exposées au
+soleil; au bout de quelques jours on détachera les caïeux et les
+racines, puis, avant de les déposer sur les tablettes, on les
+nettoiera avec une brosse douce, de manière à enlever tout ce qui
+pourrait engendrer la pourriture.</p>
+
+<p>Pour garnir le terrain en attendant que les oignons soient bons à
+relever, on peut, au printemps, semer un peu de graine de
+Pied-d'alouette, de Némophile ou de Silène qui succède aux Jacinthes
+sans nuire en rien à la maturité des oignons, quand il est semé
+clair.</p>
+
+<p><i>Plantations en pots.</i>&mdash;Les Jacinthes dont on veut avancer la
+floraison doivent être plantées en pots, et à la même époque qu'en
+pleine terre. La terre qu'on emploiera pour l'empotage doit être
+légère et substantielle, et les pots proportionnés à la grosseur des
+oignons. Après la plantation, on enfoncera ces pots à côté les uns
+des autres, de telle sorte qu'ils soient recouverts de 0<sup>m</sup>,03 de
+terre. On pourra en placer une partie au midi, et l'autre au nord,
+<span class="pagenum"><a id="page301" name="page301"></a>(p. 301)</span> afin qu'elles ne fleurissent pas toutes à la même époque.
+S'il survenait de fortes gelées, il faudrait les couvrir de feuilles
+ou de litière, afin que la terre des pots ne gelât pas; et dans le
+courant de janvier on pourrait commencer à en mettre une partie sous
+châssis ou dans une serre chauffée, mais toujours le plus près
+possible des vitres. Elles seront en fleurs environ un mois après
+l'époque où l'on aura commencé à les chauffer; il ne faut en forcer
+que successivement, de manière à prolonger la floraison aussi
+longtemps que possible. Dès qu'elles seront défleuries, on enfoncera
+les pots en pleine terre, afin de laisser mûrir les oignons, qu'on
+pourra planter en terre l'année suivante.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Julienne</span> des jardins (<i>Hesperis matronalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1
+mètre; fleurs doubles, odorantes, blanches ou violettes, de mai en
+juillet; multiplication de boutures ou d'éclats en avril. Variété
+vivace à fleurs doubles, blanches ou violettes. Terre franche
+substantielle; autrement la plante périt.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lamier</span> orvale (<i>Lamium orvala</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches
+lavées et tachées de rose foncé, d'avril en juin; multiplication de
+graines ou par l'éclat des pieds à l'automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lin</span> vivace (<i>Linum perenne</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un joli
+bleu, de juin en août; multiplication de graines, semées en automne
+ou au printemps, ou d'éclats, en automne. Variété à fleurs blanches.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lin</span> visqueux (<i>L. viscosum</i>).&mdash;Espèce à fleurs roses, que l'on peut
+également cultiver en pleine terre, à la condition toutefois de la
+couvrir pendant l'hiver.</p>
+
+<p>On peut, pendant l'été, cultiver en pleine terre le lin à fleurs
+jaunes, nommé <i>Linum flavum</i>.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page302" name="page302"></a>(p. 302)</span> <span class="smcap">Linaire</span> à grandes fleurs (<i>Linaria
+triornithophora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs violettes, tout l'été;
+multiplication de graines, semées au printemps; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> blanc (<i>Lilium candidum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches,
+en juin et juillet; variétés à fleurs doubles, à fleurs panachées de
+rouge et à feuilles panachées. Tous les Lis se multiplient de
+graines ou par leurs caïeux, qu'on enlève aussitôt après la
+floraison, et qu'il faut replanter immédiatement, ainsi que les
+bulbes principaux, si l'on veut qu'ils fleurissent l'année suivante.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> blanc à longues fleurs (<i>L. longiflorum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1<sup>m</sup>,30; fleurs blanches, beaucoup plus grandes que celles du Lis
+blanc.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lis</span> à feuilles en fer de lance (<i>L. lancifolium</i>, <i>L.
+speciosum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; en septembre, fleurs blanches,
+ponctuées de pourpre, ou rouge pâle, également ponctuées.</p>
+
+<p>On les plante au printemps, en terre de bruyère pure ou dans une
+terre composée de terre de bruyère, de terreau de fumier et de
+feuilles bien consommé, mélangés par parties égales; puis on les
+relève en automne pour les mettre en pots, qu'on dépose sous un
+châssis ou sur une tablette de la serre tempérée ou dans
+l'orangerie, et on les laisse pendant tout l'hiver sans leur donner
+d'eau.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lis</span> à bandes dorées (<i>Lilium auratum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60;
+fleurs très-odorantes, longues de 0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20, blanches maculées
+de pourpre, avec de larges bandes d'un beau jaune.</p>
+
+<p>Cette plante, remarquable par la grandeur, le coloris et l'odeur de
+ses fleurs, n'exige pas plus de soin que la précédente.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> bulbifère (<i>L. bulbiferum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs
+grandes, d'un rouge safrané, en juin; variétés à fleurs doubles, à
+feuilles panachées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page303" name="page303"></a>(p. 303)</span> <span class="smcap">Lis</span> de Pomponne (<i>L. Pomponium</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+jaunes ponctuées de rouge brun, en mai; variété à fleurs d'un beau
+rouge ponceau.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> orangé (<i>L. croceum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs d'un
+rouge safrané ponctué de noir, en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> de Catesby (<i>L. Catesbæi</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs d'un
+rouge orangé, le milieu des pétales jaune ponctué de brun, en
+juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> tigré (<i>L. tigrinum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un
+beau rouge orangé, ponctuées de pourpre noir, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> Martagon (<i>L. Martagon</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en
+juillet, fleurs rouges, safranées, jaunes, blanches, pourpres,
+piquetées de blanc ou de pourpre, selon les variétés, qui sont
+très-nombreuses; même culture que le Lis blanc; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> superbe (<i>L. superbum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; en juin et
+juillet, fleurs d'un rouge orangé, ponctuées de pourpre; terre de
+bruyère; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lobélie</span> cardinale (<i>Lobelia cardinalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,70 à 1
+mètre. En juillet et successivement jusqu'aux gelées, fleurs en épis
+rouge écarlate. Multiplication de graines, semées en pots, au
+printemps, sur couche, ou en juin et juillet également en pots, mais
+à froid, ou bien encore d'éclats de pied, au printemps; couverture
+l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lobelia</span> Queen Victoria.&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30. En août, septembre et
+octobre, fleurs en longs épis d'un rouge vif. Multiplication
+d'éclats de pied; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lobelia Douglasii.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30. En août, septembre et octobre,
+fleurs rouges, plus larges que celles de l'espèce ci-dessus. Même
+culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page304" name="page304"></a>(p. 304)</span> <span class="smcap">Lobelia c&oelig;lestis.</span>&mdash;Tiges plus élevées que celles des
+autres espèces; fleurs également en épis, d'un beau bleu céleste.
+Même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lupin</span> polyphylle (<i>Lupinus polyphyllus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+bleues, en mai; variété à fleurs blanches; multiplication de
+graines, semées aussitôt après la maturité; terre légère, siliceuse
+ou de bruyère.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lychnide</span> de Chalcédoine, <span class="smcap">Croix</span> de Jérusalem (<i>Lychnis
+Chalcedonica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en juin et juillet, fleurs
+écarlate vif, simples ou doubles; variété à fleurs blanches;
+multiplication de graines, de boutures, faites en juin, ou d'éclats,
+à l'automne ou en février.</p>
+
+<p>La variété à fleurs doubles veut être garantie du froid.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> visqueuse (<i>L. viscaria</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs
+purpurines, de mai en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication par la séparation des touffes, en février.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> dioïque, Jacée (<i>L. dioica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; de mai en
+juillet, fleurs rouges ou blanches, simples ou doubles; même
+multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> de Bunge (<i>L. Bungeana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; en juin et
+juillet, fleurs d'un rouge vif; multiplication de boutures ou
+d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> à grandes fleurs (<i>L. grandiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1
+mètre; fleurs écarlates, en juin et juillet; multiplication de
+graines ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> éclatante (<i>L. fulgens</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs d'un
+rouge éclatant; même multiplication; exposition à mi-soleil.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Matricaire</span> Mandiane (<i>Matricaria parthenioides</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs blanches très-doubles, tout l'été et <span class="pagenum"><a id="page305" name="page305"></a>(p. 305)</span> l'automne;
+multiplication de boutures ou d'éclats, en février et mars. Il faut
+en mettre quelques pieds en pots, qu'on rentre dans l'orangerie pour
+passer l'hiver, afin d'avoir des boutures au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Menthe</span> poivrée (<i>Mentha piperita</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+rougeâtres, en août; cultivée particulièrement pour l'odeur des
+feuilles, dont l'essence sert à parfumer les pastilles: variété à
+feuilles panachées. Multiplication de drageons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Mérendère</span> bulbocode (<i>Merendera bulbocodium</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,06 à
+0<sup>m</sup>,08; fleurs blanches, puis purpurines, en mars; multiplication
+par caïeux, qu'on replante en juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Molène</span> purpurine (<i>Verbascum ph&oelig;niceum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à
+0<sup>m</sup>,60; fleurs pourpres, de mai en juillet; variétés à fleurs rose
+plus ou moins vif; multiplication de graines, semées aussitôt après
+la maturité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Monarde</span> à fleurs rouges, <span class="smcap">Thé</span> d'Oswégo (<i>Monarda didyma</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un écarlate foncé, de juin en août. Multiplication
+de drageons, en automne; couverture l'hiver. On en cultive plusieurs
+autres variétés, qui ne diffèrent de la précédente que par la
+couleur des fleurs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Morine</span> à longues feuilles (<i>Morina longifolia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à
+1 mètre; fleurs, d'un blanc rose, en juin et juillet; multiplication
+de graines et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Morée</span> de la Chine, <span class="smcap">Iris</span> tigré (<i>Mor&oelig;a Sinensis</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,50; fleurs safranées, ponctuées de rouge, en juin et juillet;
+multiplication de graines ou par la séparation des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Muguet</span> de mai (<i>Convallaria maialis</i>).&mdash;Fleurs blanches, <span class="pagenum"><a id="page306" name="page306"></a>(p. 306)</span>
+simples ou doubles, en mai: variété à fleurs roses; multiplication
+de rejetons, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Muscari</span> monstrueux, <span class="smcap">Lilas</span> de terre (<i>Muscari monstruosum</i>).&mdash;Plante
+bulbeuse; fleurs bleu violacé, en juin, multiplication de caïeux,
+qu'il faut replanter en automne, ainsi que les bulbes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Muscari</span> odorant (<i>M. moschatum</i>).&mdash;Fleurs rougeâtres, odorantes, en
+mai; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Myosotis Alpestris.</span>&mdash;Semé en juillet, le Myosotis Alpestris donne,
+en avril et en mai, de charmantes fleurs bleues ou blanches, suivant
+ses variétés. Repiquée par couleurs séparées, cette plante peut
+servir à composer de délicieux massifs, en attendant que les plantes
+de serre soient bonnes à mettre en pleine terre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> à bouquet (<i>Narcissus Tazetta</i>).&mdash;Fleurs jaunes, odorantes,
+en mai; multiplication de caïeux, plantés en octobre. Cette espèce a
+produit un grand nombre de variétés, dont les plus remarquables
+sont: <i>Constantinople</i>, <i>Soleil d'or</i>, <i>Multiflore</i> et <i>Grand
+Monarque</i>; mais comme elles ne peuvent pas supporter nos hivers et
+succombent à 4 degrés de froid, il faut les planter en pots ou les
+mettre sur des carafes remplies d'eau, avec quelques grains de sel;
+elles fleurissent en janvier et février.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> jonquille (<i>N. Jonquilla</i>).&mdash;Fleurs jaunes, odorantes,
+simples ou doubles, en avril. Il faut une terre douce et
+substantielle; car, dans toute autre condition, non-seulement il ne
+fleurit pas, mais il périt promptement. On plante les Jonquilles en
+septembre, à 0<sup>m</sup>,05 ou 0<sup>m</sup>,06 de profondeur, puis on les relève
+lorsque les feuilles sont desséchées. Multiplication de caïeux,
+plantés à cette époque.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">&OElig;illet</span> des fleuristes (<i>Dianthus caryophyllus</i>).&mdash;Cette <span class="pagenum"><a id="page307" name="page307"></a>(p. 307)</span>
+espèce a produit un nombre considérable de variétés, qui toutes
+peuvent se reporter à deux races principales: 1<sup>o</sup> les <i>flamands</i>,
+dont les caractères sont: pétales parfaitement arrondis, sans
+dentelures et avec de larges bandes de diverses couleurs sur un fond
+blanc; 2<sup>o</sup> de <i>fantaisie</i>; on les classe dans l'ordre suivant:</p>
+
+<p>1<sup>re</sup> Série. <i>Ardoisés.</i> Ils sont unicolores, striés ou rubanés.</p>
+
+<p>2<sup>e</sup> Série. <i>Avranchains.</i> Fond jaune, plus souvent nankin, avec
+flammes plus ou moins intenses.</p>
+
+<p>3<sup>e</sup> Série. <i>Anglais.</i> Le fond des pétales est d'un blanc pur; ils
+ne sont ni laciniés ni crénelés, mais brodés d'un liséré.</p>
+
+<p>4<sup>e</sup> Série. <i>Fond blanc.</i> Pétales fond blanc strié, quelquefois
+aussi bordés en même temps.</p>
+
+<p>5<sup>e</sup> Série. <i>Saxons.</i> Pétales à fond jaune strié, quelquefois
+bordés en même temps.</p>
+
+<p>6<sup>e</sup> Série. <i>Bichons.</i> Les couleurs ne sont apparentes que sur la
+superficie des pétales.</p>
+
+<p>On les multiplie de marcottes ou de graines, qu'on peut semer
+aussitôt après la maturité; mais comme ils ne fleurissent pas tous
+l'année suivante, on ne sème ordinairement les <i>&OElig;illets</i> qu'en
+avril soit en pleine terre, soit en terrines, et dans le courant de
+juin; enfin, lorsque le plant est assez fort, on le repique en
+pépinière et à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 d'écartement. On aide à la reprise
+par quelques arrosements; puis, vers la fin d'août, on les plante,
+soit dans les plates-bandes, soit par planches, et à environ 0<sup>m</sup>,40
+les uns des autres. Aussitôt après la plantation on étend sur le
+terrain un paillis de fumier à moitié consommé, et les autres soins
+se bornent à quelques binages et à des arrosements au besoin.</p>
+
+<p>Les jeunes &OElig;illets sont ordinairement très-vigoureux, et capables
+de supporter de fortes gelées sans souffrir; cependant, il est plus
+prudent de les couvrir en hiver, afin de les garantir de la neige et
+du givre, qui leur sont très-nuisibles. <span class="pagenum"><a id="page308" name="page308"></a>(p. 308)</span> Au printemps
+suivant, et dès qu'il sera nécessaire, on leur mettra des tuteurs;
+puis, afin d'avoir des fleurs parfaites, au moment où apparaissent
+les boutons, on en réduit le nombre avant qu'ils soient trop
+avancés. À la fin de juin ou au commencement de juillet, époque de
+la floraison, on fera choix de ceux qui méritent d'être conservés,
+et dans le courant de juillet on les marcottera, en ayant soin
+d'observer pour cette opération tout ce que nous avons indiqué au
+chapitre <i>Marcottes</i>. Mais comme il se trouve quelquefois des
+branches placées tellement haut sur les tiges qu'il n'est pas
+possible de les marcotter de cette manière, il faut alors les
+enlever et en faire des boutures, que l'on traite de la manière
+suivante: après les avoir coupées bien net au-dessous d'un n&oelig;ud,
+on fait une petite incision en remontant de manière à diviser la
+bouture en deux; après quoi on les repique en terre légère, à une
+exposition ombragée, et on les recouvre de cloches, qu'on enlève
+lorsque les boutures commencent à pousser.</p>
+
+<p>Quand celles-ci auront assez de racines, on les empotera, puis on
+les traitera, comme les marcottes enracinées, ainsi que nous allons
+l'indiquer. Au commencement d'octobre, on sèvre les marcottes,
+c'est-à-dire qu'on les sépare des vieux pieds, pour les planter dans
+des pots d'environ 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10; la terre que l'on emploiera pour
+l'empotage devra être saine et composée de deux tiers de bonne terre
+franche et d'un tiers de terreau de feuilles bien consommé, le tout
+bien mélangé et passé à la claie. Aussitôt après l'empotage, on
+place les pots à l'abri d'un mur, et on leur donne de temps à autre
+quelques légers arrosements. À l'approche des gelées, il faut les
+rentrer, afin de garantir les &OElig;illets du froid et de l'humidité.
+S'il arrivait qu'on manquât de place sous les châssis, il faudrait
+faire une tranchée d'environ 0<sup>m</sup>,20 de profondeur sur 1 mètre de
+largeur; puis on dispose les gaulettes de manière à <span class="pagenum"><a id="page309" name="page309"></a>(p. 309)</span>
+supporter des paillassons, que l'on place au besoin, et qu'on enlève
+toutes les fois que le temps le permet; et s'il survenait des froids
+plus rigoureux, il suffirait toujours d'étendre les feuilles ou de
+la litière sur les paillassons. Vers le mois d'avril enfin, quand
+les giboulées ne sont plus à craindre, on plante les &OElig;illets en
+pleine terre ou bien on les rempote plus grandement, si on veut les
+conserver en pots.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">&OElig;illet</span> remontant.&mdash;Variété de l'&oelig;illet des fleuristes, bien
+supérieur au type par la longue durée de ses fleurs; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">&OElig;illet</span> de poëte, <span class="smcap">&OElig;illet</span> barbu (<i>Dianthus barbatus</i>).&mdash;Tiges de
+0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en juin et juillet, fleurs rouges, roses, blanches
+ou panachées, simples ou doubles; multiplication de boutures,
+marcottes, ou graines semées en août.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">&OElig;illet</span> Flon.&mdash;Quelles que soient les conditions dans lesquelles
+on le cultive, cet &OElig;illet justifie pleinement, par l'abondance et
+la longue durée de ses fleurs, le nom de <i>Dianthus semperflorens</i>
+qu'on lui donne en France et celui de <i>Dianthus hybridus
+multiflorus</i>, qu'on lui donne en Angleterre; ses fleurs sont roses,
+rouges, blanches ou blanches panachées de rose, semi-doubles et
+odorantes.</p>
+
+<p>Sans exiger rien de plus que les autres &OElig;illets, il donne des
+fleurs depuis le mois de juin jusqu'en novembre. Rentrés dans la
+serre, les pieds que l'on cultive en pots continuent de fleurir
+pendant tout l'hiver.</p>
+
+<p>On le multiplie de boutures, en août et septembre.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ornithogale</span> pyramidale, <span class="smcap">Épi</span> de la Vierge (<i>Ornithogalum
+pyramidale</i>).&mdash;Plante bulbeuse; hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs blanches,
+fin de juin; multiplication de caïeux, plantés en octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page310" name="page310"></a>(p. 310)</span> <span class="smcap">Orobe</span> printanier (<i>Orobus vernus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs purpurines, en avril; variétés à fleurs azurées.
+Multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou
+d'éclats en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> de Tournefort (<i>Papaver Orientale</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,60 à
+0<sup>m</sup>,80; fleurs rouge orangé, en juin; multiplication de graines,
+semées aussitôt après la maturité, ou de rejetons, en février.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> à bractées (<i>P. bracteatum</i>).&mdash;Fleurs plus grandes et plus
+vives de couleur; même multiplication.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pentstémon</span> à feuilles de Gentiane (<i>P. gentianoides</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,50. Tout l'été, fleurs pourpres, roses ou blanches, disposées en
+longues grappes unilatérales.</p>
+
+<p>Multiplication de graines que l'on sème en juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Argutus, &mdash; Ovatus, &mdash; Digitalis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phalangère</span>, Lis Saint-Bruno (<i>Phalangium liliastrum</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,35; fleurs blanches, en juin; multiplication par la séparation
+des racines, en automne, avec la précaution de ne pas les rompre,
+car elles sont très-fragiles.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phlomis</span> tubéreux (<i>Phlomis tuberosa</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs
+violâtres, de juillet en septembre; multiplication par la séparation
+des tubercules, tous les trois ans, ou de graines semées en pots.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Phlox</span> ligneux.&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,20; en juillet, août et
+septembre, fleurs roses, pourpres, lilas, gris de lin, blanc pur ou
+blanc lamé de différentes couleurs, selon les variétés, qui sont
+très-nombreuses.</p>
+
+<p>On les multiplie de graines, semées aussitôt après la récolte de
+boutures ou par la séparation des touffes.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Hébé, &mdash; La Candeur, &mdash; Le Vésuve, &mdash; Le Lion, &mdash;
+ Liervalii, &mdash; M<sup>me</sup> La Croix, &mdash; M<sup>me</sup> de Wendel, &mdash; M<sup>me</sup>
+ Lierval, &mdash; Mars, &mdash; Parmentier, &mdash; Raphaël, &mdash; Victor Hugo.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page311" name="page311"></a>(p. 311)</span> <span class="smcap">Pigamon</span> à feuilles d'Ancolie (<i>Thalictrum
+aquilegifolium</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en mai, fleurs vertes,
+à étamines blanches; variétés à étamines lilas et rose vif;
+multiplication de graines, semées au printemps, ou par la séparation
+des pieds en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pivoine</span> officinale (<i>Pæonia officinalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en mai,
+fleurs rouges, simples ou doubles; variétés à fleurs roses ou à
+fleurs carnées d'abord, puis blanches; toutes se multiplient de
+graines, semées en août, ou par la séparation des tubercules munis
+d'yeux; on les plante en septembre, et de manière qu'ils ne se
+trouvent recouverts que d'environ 0<sup>m</sup>,02 ou 0<sup>m</sup>,03 de terre. Ces
+variétés garnissent les plates-bandes et les parterres, où elles
+produisent un très-bel effet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pivoine</span> de Chine (<i>Pæonia Sinensis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanches, très-doubles, en juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Alba sulfurea, &mdash; Anemonæflora, &mdash; Striata, &mdash;
+ Clarisse, &mdash; Comte de Cussy, &mdash; Faust, &mdash; Festiva, &mdash;
+ Hericartiana, &mdash; Lutea variegata, &mdash; Magnifica, &mdash; Pulcherrima,
+ &mdash; Reine des Français, &mdash; Victoire Modeste.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Plumbago Larpentæ.</span>&mdash;Plante traçante, que l'on peut cultiver à
+l'ombre. Placée dans des conditions favorables, elle forme de larges
+touffes et donne pendant tout l'automne une grande quantité de
+fleurs bleues, de la plus grande beauté. On la multiplie de boutures
+et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Polémoine</span> bleu, <span class="smcap">Valériane</span> grecque (<i>Polemonium
+cæruleum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues, de mai en juillet;
+variété à fleurs blanches; multiplication de graines, qui se sèment
+d'elles-mêmes, ou par la séparation des touffes. Tout terrain.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Potentilla.</span>&mdash;On cultive un grand nombre d'espèces de Potentilles.
+Elles ressemblent toutes un peu au Fraisier <span class="pagenum"><a id="page312" name="page312"></a>(p. 312)</span> par leur
+feuillage. Les fleurs roses, rouges, pourpres, jaunes ou blanches de
+ces plantes, se succèdent pendant tout l'été. Multiplication de
+graines et d'éclats.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Atrosanguinea, &mdash; Aurantiaca, &mdash; Mac-Nabbiana, &mdash;
+ Nepalensis, &mdash; Obwoodiana, &mdash; Alba, &mdash; Purpurea, &mdash; Smoutii, &mdash;
+ Versicolor.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pulmonaire</span> de Virginie (<i>Pulmonaria Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+de mars en mai; fleurs bleues, quelquefois rouges ou blanches:
+multiplication par la séparation des touffes en automne.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pyrethrum roseum</span>, <span class="smcap">Camomille</span> rouge.&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en
+juin et juillet, fleurs simples d'un rose vif; multiplication de
+graines ou par la séparation des pieds.</p>
+
+<p>C'est avec les fleurs de cette plante que l'on prépare la poudre
+insecticide, connue sous le nom de poudre de pyrèthre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés</b> <i>à fleurs doubles</i>.&mdash;Rouges, &mdash; roses ou carnées.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Renoncule</span> des jardins (<i>Ranunculus Asiaticus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à
+0<sup>m</sup>,25; variétés très-nombreuses, simples, semi-doubles ou doubles,
+de presque toutes les couleurs. On les plante à 0<sup>m</sup>,05 de
+profondeur, vers la fin de décembre, dans les terres légères, puis
+en février et mars, dans toutes autres circonstances; elles sont en
+fleurs de la fin d'avril au commencement de juin.</p>
+
+<p>Pour la culture et la multiplication, on observera tout ce que nous
+avons indiqué pour les Anémones.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rose</span> trémière (<i>Alc&oelig;a rosea</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; de
+juillet en septembre, fleurs simples, semi-doubles ou doubles,
+offrant presque toutes les nuances; multiplication de graines semées
+en juin; on repique les plantes en pépinière en juillet et on les
+plante en automne; <span class="pagenum"><a id="page313" name="page313"></a>(p. 313)</span> on peut aussi les multiplier au moyen
+de leurs drageons. Plantées en ligne, les Roses trémières produisent
+un effet charmant. Pour éviter qu'elles ne soient rompues par le
+vent, il faut leur donner des tuteurs ou les attacher sur des lattes
+de treillage fixées sur des pieux qu'on enfonce de loin en loin.
+Pour celles qui sont plantées isolément, il faut mettre un tuteur à
+chacune; et lorsque les touffes sont fortes, on place un cerceau au
+milieu des tiges, puis on les fixe dessus. Cette disposition produit
+un fort bon effet.</p>
+
+<p>Pour avoir des Roses trémières moins élevées, il suffit de pincer
+l'extrémité des tiges, lorsqu'elles sont arrivées à la hauteur à
+laquelle on veut soumettre les plantes que l'on cultive.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rudbeckia</span> pourpre (<i>Rudbeckia purpurea</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurie
+d'un pourpre rosé, disque pourpre noirâtre, de juillet en septembre;
+multiplication par la séparation des pieds, en automne ou en mars.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Hirta, &mdash; Laciniata, &mdash; Drummondi, &mdash; Speciosa.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sainfoin</span> du Caucase (<i>Hedysarum Caucasicum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; de
+mai en juillet, fleurs pendantes, d'un beau violet pourpre.
+Multiplication de graines et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saponaire</span> officinale (<i>Saponaria officinalis</i>)&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30;
+fleurs roses, odorantes, en juillet; variété à fleurs doubles;
+multiplication de traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> cotylédon (<i>Saxifraga cotyledon</i>), S. pyramidale (<i>S.
+pyramidalis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60; fleurs d'un blanc pur, de
+mai en juillet; multiplication de graines, ou par la séparation des
+rosettes, qu'on repique en automne ou en février.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> de Sibérie (<i>S. crassifolia</i>, <i>Megasea
+crassifolia</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page314" name="page314"></a>(p. 314)</span> 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau rose, en
+mars et avril; multiplication de drageons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scabieuse</span> du Caucase (<i>Scabiosa Caucasica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50;
+fleurs d'un bleu tendre, de juin en août; multiplication de graines
+et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> agréable (<i>Scilla am&oelig;na</i>).&mdash;Plante bulbeuse; hauteur,
+0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un joli bleu, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> d'Italie, <span class="smcap">Lis-Jacinthe</span> des jardiniers (<i>S.
+Italica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,16; en avril et mai, fleurs d'un joli bleu,
+odorantes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> campanulée (<i>S. campanulata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; fleurs d'un
+joli violet, en juin; variété à fleurs blanches.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Scille</span> du Pérou (<i>S. Peruviana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un joli
+bleu, en mai; variété à fleurs blanches.</p>
+
+<p>Moins rustique que les autres espèces, la <i>Scille du Pérou</i> exige
+d'être couverte pendant l'hiver.</p>
+
+<p>On les multiplie toutes de caïeux, que l'on plante en octobre, ainsi
+que les bulbes.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scutellaire</span> à grandes fleurs (<i>Scutellaria macrantha</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un beau bleu, de juin en octobre;
+multiplication de graines ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sedum telephium rubrum.</span>&mdash;Plante grasse à feuilles charnues, dont les
+fleurs, disposées en larges ombelles d'un beau rose, produisent un
+effet très-ornemental; essentiellement de pleine terre, cette belle
+plante n'exige pas de soins particuliers; seulement elle craint
+l'humidité, surtout à l'état de repos.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> à feuilles d'Adonis (<i>Senecio adonidifolium</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, en juillet et août; on le multiplie
+de graines ou d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page315" name="page315"></a>(p. 315)</span> <span class="smcap">Siléné</span> de Virginie (<i>Silene Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à
+0<sup>m</sup>,30; fleurs écarlates, en juillet; multiplication de graines en
+automne; couverture l'hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Soleil</span> multiflore (<i>Helianthus multiflorus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1<sup>m</sup>,30; fleurs jaunes, d'août en septembre; tous se multiplient par
+la séparation des pieds, en automne.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Mollis, &mdash; Orgyalis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> reine des prés (<i>Spiræa Ulmaria</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1
+mètre; fleurs blanches, simples ou doubles, en juin et juillet;
+variété à feuilles panachées; arrosements fréquents en été;
+multiplication d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> barbe de bouc (<i>S. Aruncus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30;
+fleurs blanches, en juin et juillet; même culture. Mi-soleil.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> Filipendule (<i>S. Filipendula</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> à feuilles lobées (<i>S. lobata</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+roses, odorantes, en juillet; variété à feuilles panachées; même
+culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Stenactis</span> agréable (<i>Stenactis speciosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+pourpre violacé, à disque jaune, tout l'été; multiplication de
+graines ou par la division du pied.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Stevia</span> pourpre (<i>Stevia purpurea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs roses,
+disposées en corymbe, en juillet et août: multiplication de graines
+semées au printemps ou d'éclats; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Stevia</span> à feuilles en scie (<i>S. serrata</i>).&mdash;Même hauteur; fleurs
+blanches, odorantes, en juillet et août; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tanaisie</span> commune (<i>Tanacetum vulgare</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page316" name="page316"></a>(p. 316)</span> 1<sup>m</sup>,30;
+fleurs d'un beau jaune, en août; multiplication de drageons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tigridie</span> à grandes fleurs (<i>Tigridia pavonia</i>).&mdash;Plante bulbeuse;
+hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs jaunes ou écarlates, ponctuées de
+pourpre foncé; elles se succèdent de juillet en août, mais elles ne
+durent chacune que huit ou dix heures; multiplication par caïeux,
+que l'on sépare en mars et avril, et que l'on replante de suite,
+ainsi que les bulbes, à 0<sup>m</sup>,05 de profondeur.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tournefortie</span> couchée (<i>Tournefortia heliotropioides</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,35; tout l'été, fleurs bleuâtres que l'on hiverne sous châssis;
+multiplication de graines et de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tubéreuse</span> des jardins (<i>Polianthes tuberosa</i>).&mdash;Plante bulbeuse;
+hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; de juillet en septembre, fleurs blanches
+à odeur très-suave, simples ou doubles; multiplication des caïeux,
+qu'on ne sépare qu'au printemps, pour les planter sur couche. La
+plantation des bulbes à fleurs doit avoir lieu au mois de mars, et
+en pots, qui sont placés sur une couche et sous châssis. Tant que
+l'oignon ne pousse pas, il ne faut lui donner que peu d'eau; mais
+dès qu'il a quelques feuilles, il faut l'arroser fréquemment.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tulipe</span> de Gessner ou des Fleuristes (<i>Tulipa Gessneriana</i>).&mdash;Cette
+espèce a fourni, par le semis, un nombre considérable de variétés,
+aux nuances des couleurs les plus vives. Elles aiment une terre
+douce et substantielle, rendue légère par des engrais
+très-consommés. On les multiplie de graines, semées en pleine terre,
+depuis septembre jusqu'en novembre, ou de caïeux qu'on replante en
+septembre au plus tard. La plantation des oignons à fleurs doit
+avoir lieu à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Après
+avoir bien préparé le terrain, on le divise <span class="pagenum"><a id="page317" name="page317"></a>(p. 317)</span> ordinairement
+par plates-bandes d'environ 1 mètre de largeur, on trace un rang au
+milieu, puis deux de chaque côté, les disposant de manière qu'ils
+soient à égale distance, et les deux premiers à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 du
+bord, et, comme pour les Jacinthes, on ouvre un sillon avec la
+binette, en commençant la plantation par le rang du milieu, pour
+lequel on choisit les plantes les plus élevées; car, en admettant
+qu'on ne possède pas une collection classée par noms et couleurs,
+elle doit au moins être rangée par hauteurs. On place les Tulipes à
+environ 0<sup>m</sup>,15 les unes des autres sur la ligne, et on les appuie
+légèrement de manière qu'elles soient recouvertes d'environ 0<sup>m</sup>,08
+de terre; puis on rapproche la terre, afin qu'il n'existe aucun
+vide. On procédera de même pour chaque rang, en ayant soin de placer
+les oignons en échiquier. Après la plantation, on étend sur le tout
+un bon paillis de fumier à moitié consommé, et jusqu'à la floraison
+tous les soins consistent à donner quelques binages, à arracher les
+mauvaises herbes, et en quelques bassinages au printemps si la
+température l'exige.</p>
+
+<p>La floraison est ordinairement dans toute sa beauté vers les
+premiers jours de mai. Si l'on veut prolonger la durée des fleurs et
+jouir de tout leur éclat, il faut, vers la fin d'avril, élever une
+petite charpente sur laquelle on étend une toile au moment du
+soleil. Aussitôt après que les Tulipes sont défleuries, on étête
+celles dont on ne veut pas conserver la graine, afin que la séve
+reste concentrée dans l'oignon, ce qui augmentera sa vigueur pour la
+floraison de l'année suivante. On laisse les oignons en terre
+jusqu'à leur parfaite maturité, qui a lieu ordinairement vers la fin
+de juin; mais pour les arracher il faut choisir un beau temps, et à
+mesure qu'on les retire de terre, on détache les caïeux et les
+vieilles racines, puis, en frottant légèrement avec le pouce on
+enlève les vieilles écailles. Mais il faut surtout éviter de laisser
+les oignons exposés au soleil, <span class="pagenum"><a id="page318" name="page318"></a>(p. 318)</span> car le plus grand nombre
+seraient perdus. On place chaque rang immédiatement dans une case
+avec un numéro d'ordre, puis l'on dépose tous les oignons dans un
+lieu bien aéré, mais où ils ne puissent pas être atteints par la
+gelée.</p>
+
+<p>Comme nous l'avons indiqué pour les Jacinthes, on peut semer au
+printemps un peu de graines de Pied-d'Alouette dans les planches de
+Tulipes, pour garnir le terrain en attendant l'époque d'enlever les
+oignons.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tussilage</span> odorant, <span class="smcap">Héliotrope</span> d'hiver (<i>Tussilago
+fragrans</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; de novembre en janvier, fleurs d'un
+blanc purpurin, à odeur d'Héliotrope; multiplication de drageons.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Valériane</span> rouge (<i>Valeriana rubra</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre;
+fleurs rouges ou blanches, de juin en octobre; toutes se multiplient
+de graines, semées en place en automne ou au printemps, ou par la
+séparation de leurs pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Varaire</span> blanc, <span class="smcap">Hellébore</span> blanc (<i>Veratrum album</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; fleurs blanches, en juin et août; multiplication de graines
+et de bulbes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Varaire</span> noir (<i>V. <a href="#groseillier">nigrum</a></i>).&mdash;Plus haut que le précédent; fleurs
+brunâtres, de juin en août; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Vélar</span> de Barbarie, <span class="smcap">Herbe</span> de Sainte-Barbe (<i>Erysimum
+Barbarea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en mai, fleurs jaunes, simples ou
+doubles; multiplication d'éclats, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Verge</span> d'or du Canada (<i>Solidago Canadensis</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65;
+fleurs d'un jaune brillant, de juillet en septembre. On la multiplie
+de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par la séparation
+des pieds, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page319" name="page319"></a>(p. 319)</span> <span class="smcap">Vernonie</span> (<i>Vernonia præalta</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres, en
+octobre et novembre, fleurs pourpre violacé disposées en corymbe
+terminal. Multiplication par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Véronique</span> à épis (<i>Veronica spicata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs
+bleues, blanches ou roses, de juin en août. Multiplication de
+graines, semées en juin, ou par la séparation des pieds, en automne.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Zauschnéria</span> de Californie (<i>Zauschneria Californica</i>).&mdash;Charmante
+petite plante à fleurs rouge écarlate, qu'on multiplie de boutures
+ou de graines semées en juillet en pépinière.</p>
+
+<p>On hiverne le jeune plant sous châssis, et au printemps on le plante
+en pleine terre par groupes comme les Verveines et les Pétunies.</p>
+</div>
+
+
+<h3><span class="smcap">Section IV.</span>&mdash;Plantes de serre que l'on peut cultiver en pleine terre
+pendant l'été.</h3>
+
+<p>Pour les soins généraux à donner aux plantes de serre cultivées en
+pleine terre, pendant l'été, voir page <a href="#page91">91</a>.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Alternanthera spatulata.</span>&mdash;Plante herbacée, touffue; haute de 0<sup>m</sup>,10
+à 0<sup>m</sup>,15, feuilles en forme de spatule, d'un vert clair
+irrégulièrement panachée de rose, de saumon et de jaune.</p>
+
+<p>Traitée comme les Coléus, cette charmante plante peut être employée
+exactement aux mêmes usages.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Begonia.</span>&mdash;Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Begonias
+produisent un charmant effet, par la beauté de leurs feuilles,
+l'abondance et la longue durée de leurs fleurs.</p>
+
+<p>On les plante, dans la seconde quinzaine de mai, en terre de
+bruyère, en lignes ou en massif. On les multiplie de boutures que
+l'on hiverne dans la serre chaude.</p>
+
+<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page320" name="page320"></a>(p. 320)</span> <b>Variétés.</b>&mdash;Fuchsioïdes, &mdash; Ingrami, &mdash; Lucida, &mdash;
+ Prestoniensis.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Caladium esculentum.</span>&mdash;Bien que cette plante soit de serre chaude, on
+peut la cultiver en pleine terre pendant l'été. C'est même à en
+juger d'après le développement que prennent les Caladium esculentum,
+cultivés en pleine terre, le mode de culture qui leur convient le
+mieux. Comme tous les végétaux doués d'une grande vigueur, les
+Caladium esculentum veulent de bons engrais consommés et de copieux
+arrosements pendant les chaleurs.</p>
+
+<p>On les plante dans la seconde quinzaine de mai isolément ou en
+massif, puis on les relève à l'approche des gelées pour les hiverner
+dans la serre chaude.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Calcéolaire</span> ligneuse.&mdash;Beaucoup plus rustiques que les Calcéolaires
+herbacées, les Calcéolaires ligneuses peuvent être cultivées en
+pleine terre pendant l'été. Le beau jaune des fleurs de ces plantes
+produit un charmant effet, au centre d'un massif de Géranium rouge
+ou de Lobelia erinus à fleurs bleues.</p>
+
+<p>On multiplie les Calcéolaires ligneuses de boutures, faites sous
+cloches en août et septembre, et hivernées sous châssis. Ces
+boutures sont bonnes à mettre en pleine terre dans le courant de
+mai<a id="footnotetag15" name="footnotetag15"></a><a href="#footnote15" title="Go to footnote 15"><span class="smaller">[15]</span></a>.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Canna Indica.</span>&mdash;Cette plante, plus remarquable par <span class="pagenum"><a id="page321" name="page321"></a>(p. 321)</span> ses
+feuilles que par ses fleurs, peut être cultivée en pleine terre,
+pendant l'été. Avec de la chaleur, de l'eau et des engrais, les
+Canna dépassent par leur vigueur tout ce que notre climat permet
+d'espérer.</p>
+
+<p>Pour avoir des Canna semblables à ceux que l'on voit, chaque année,
+dans les squares de Paris, il faut les mettre sur couche, dans la
+seconde quinzaine de mars. Quand les drageons qui partent du pied
+ont environ 0<sup>m</sup>,10 de longueur, on les détache avec une portion de
+tubercule, puis on les plante dans des pots que l'on tient sur
+couche jusqu'en mai, époque à laquelle on peut mettre les Canna en
+pleine terre.</p>
+
+<p>Après avoir joui de la beauté de cette plante, pendant toute la
+belle saison, on la relève à l'approche des gelées, pour la
+conserver dans une cave bien sèche, ou sur le gradin de la serre
+tempérée, exactement comme les Dahlias.</p>
+
+<p>Quant aux variétés qui ne produisent pas de tubercules, on doit,
+après les avoir arrachées, les mettre dans des pots que l'on hiverne
+dans la serre chaude.</p>
+
+<p>On multiplie les Canna de drageons, comme nous avons indiqué de le
+faire, ou de graines, que l'on sème sur couche au printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Annei, &mdash; Discolor, Edulis, &mdash; Gigantea, &mdash; Indica, &mdash;
+ Indica superba, &mdash; Leptophylla, &mdash; Liliiflora, &mdash; Lutea, &mdash;
+ Peruviana, &mdash; Zebrina, &mdash; Warscewczii.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cassia.</span>&mdash;Les Cassia sont de beaux arbrisseaux, à fleurs jaunes
+disposées en corymbe, que l'on peut placer sur les pelouses de
+gazon, pendant l'été.</p>
+
+<p>Jeunes, ils produisent peu d'effet; mais comme, cultivés en pleine
+terre, ils végètent vigoureusement, on peut, à défaut de forts
+exemplaires, en planter de moyens; on les plante en mai, puis on les
+relève, à l'approche des gelées, <span class="pagenum"><a id="page322" name="page322"></a>(p. 322)</span> pour les conserver dans
+l'orangerie jusqu'au printemps suivant.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Floribunda, &mdash; Corymbosa, &mdash; Tomentosa.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chamærops humilis</span> (<i>Palmier nain</i>).&mdash;Malgré la rusticité bien connue
+de cette plante, on doit sous le climat de Paris la cultiver en pot.</p>
+
+<p>Disposés par groupe sur les pelouses de gazon, les Chamærops humilis
+produisent pendant l'été un effet tout nouveau, par l'aspect de
+leurs feuilles, si différentes de celles des autres végétaux.</p>
+
+<p>Hiverné dans l'orangerie, le Chamærops humilis est facile à
+conserver.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cheiranthus Delilianus.</span>&mdash;Charmante petite giroflée à fleurs rouge
+violacé, d'une longue durée, que l'on peut cultiver en pleine terre
+pendant l'été.</p>
+
+<p>On la multiplie de boutures, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cheiranthus Marshallii.</span>&mdash;Tout aussi recommandable, cette plante
+diffère du Cheiranthus Delilianus par la couleur de ses fleurs, qui
+sont d'un beau jaune; elle se cultive exactement de même.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> frutescent (<i>Chrysanthème à fleurs blanches</i>).&mdash;Cette
+plante, dont les fleurs ressemblent un peu aux marguerites des prés,
+convient tout particulièrement, par la rusticité et la longue durée
+de ses fleurs, pour garnir les massifs.</p>
+
+<p>On la multiplie de boutures faites sous cloche en août et septembre.
+Hivernés sous châssis, les Chrysanthèmes frutescents peuvent être
+livrés à la pleine terre dans le courant de mai<a id="footnotetag16" name="footnotetag16"></a><a href="#footnote16" title="Go to footnote 16"><span class="smaller">[16]</span></a>.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Coleus Verschaffelti.</span>&mdash;Tous les Coléus sont remarquables <span class="pagenum"><a id="page323" name="page323"></a>(p. 323)</span>
+par la riche coloration de leurs feuilles, mais ils sont délicats.
+Seule, l'espèce nommée Verschaffelti peut être cultivée en pleine
+terre pendant l'été comme les Lantana, les Héliotropes et les
+Salvia.</p>
+
+<p>Rien ne peut donner une idée de la beauté de cette plante, quand
+elle a reçu à propos tous les soins qu'elle réclame.</p>
+
+<p>On multiplie les Coleus Verschaffelti de boutures, que l'on hiverne
+dans la serre chaude.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cuphéa.</span>&mdash;Les Cuphéa doivent, conformément à leur taille peu élevée,
+être placés sur le bord des massifs. Cultivées en pleine terre
+pendant l'été, ces charmantes petites plantes donnent des fleurs
+jusqu'aux gelées; on les multiplie de semis ou de boutures que l'on
+hiverne sous châssis.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Platycentra, &mdash; Ignea, &mdash; Strigulosa.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Érythrina.</span>&mdash;Comme toutes les plantes qui végètent vigoureusement,
+les Érythrina ont besoin de beaucoup de nourriture pour donner de
+belles fleurs. Aussi, à moins que le sol qu'on leur destine ne soit
+froid et humide, il vaut mieux les cultiver en pleine terre pendant
+l'été que de les conserver en pots.</p>
+
+<p>Cet arbuste est digne, par la beauté de ses grandes fleurs rouges,
+de figurer dans tous les jardins. On peut le planter isolément ou en
+massif. On le rentre pendant l'hiver dans l'orangerie où il doit
+rester jusqu'au printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Crista galli, &mdash; Bellengerii, &mdash; Floribunda, &mdash; Madame
+ Bellengé, &mdash; Marie Bellengé, &mdash; Ruberrima.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page324" name="page324"></a>(p. 324)</span> <span class="smcap">Eucalyptus globulus.</span>&mdash;Grand et bel arbre de l'Australie que
+l'on peut cultiver en pleine terre pendant l'été; doué d'une vigueur
+peu commune, l'Eucalyptus globulus est susceptible d'acquérir 5
+mètres d'élévation dans une année; ses feuilles, couvertes d'une
+poussière blanchâtre dans leur jeunesse, diffèrent essentiellement
+de celles que donnent les arbres de nos jardins. Multiplication de
+graines, semées vers la fin de l'été, afin d'avoir des plants bons à
+mettre en pleine terre l'année suivante.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Datura arborea.</span>&mdash;Le Datura arborea est sinon la première plante de
+serre que l'on ait cultivée en pleine terre pendant l'été, du moins
+l'une des premières; ses fleurs, longues souvent de 0<sup>m</sup>,32, sont
+pendantes, blanches et très-odorantes.</p>
+
+<p>Dans de grands jardins, on peut composer des massifs de Datura
+arborea; mais partout ailleurs, il est préférable de cultiver cette
+belle plante isolément.</p>
+
+<p>On multiplie le Datura arborea de boutures, que l'on hiverne dans
+l'orangerie, comme les vieux pieds.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Fuchsia.</span>&mdash;Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Fuchsia
+donnent des fleurs jusqu'aux gelées, sans exiger d'autres soins que
+des arrosements proportionnés à l'état de la température.</p>
+
+<p>On les multiplie de semis, ou de boutures que l'on hiverne en serre
+ou sous châssis.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs rouge plus ou moins foncé, ou blanches avec
+ la corolle rouge.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Héliotropes.</span>&mdash;Pour avoir de beaux Héliotropes, il faut les cultiver
+en pleine terre pendant l'été.</p>
+
+<p>On les multiplie de semis, ou mieux de boutures, faites sur couches,
+en janvier et février.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page325" name="page325"></a>(p. 325)</span> Plantées dans le courant de mai, les boutures d'Héliotrope
+prennent en peu de temps un grand développement et donnent des
+fleurs jusqu'aux gelées.</p>
+
+<p>Quelques pieds d'Héliotropes hivernés dans la serre chaude
+suffisent, chaque année, pour avoir autant de boutures qu'il en faut
+pour garnir un jardin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Du Pérou, &mdash; Triomphe de Liége, &mdash; Gloire des massifs,
+ &mdash; Anna Thurell.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lantana.</span>&mdash;Les Lantana sont de charmantes petites plantes à fleurs en
+corymbes, d'abord jaunes, puis rouges ou lilas, avec lesquelles on
+peut composer de délicieux massifs.</p>
+
+<p>On multiplie les Lantana de semis ou de boutures, faites sur couche
+en janvier et février. En donnant à ces boutures la chaleur dont
+elles ont besoin, elles peuvent être livrées à la pleine terre dans
+la seconde quinzaine de mai.</p>
+
+<p>Il faut aux Lantana une terre légère, largement pourvue d'engrais
+consommé.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Aurantiaca, &mdash; Delicatissima, &mdash; Mutabilis.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Lobelia ramosa.</span>&mdash;Plante à bordures, à fleurs d'un beau bleu.</p>
+
+<p>Cultivé en pleine terre pendant l'été, le Lobelia ramosa donne des
+fleurs jusqu'aux gelées. On le multiplie de semis, ou de boutures en
+août et septembre.</p>
+
+<p>Hivernées sous châssis, les boutures de Lobelia ramosa peuvent être
+livrées à la pleine terre dans le courant de mai.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mimulus.</span>&mdash;La difficulté de conserver les Mimulus pendant l'hiver
+fait que l'on doit se contenter de les cultiver comme des plantes
+annuelles.</p>
+
+<p>Semés sur couche en février et mars, les Mimulus peuvent être livrés
+à la pleine terre, dans la seconde quinzaine de mai. Cultivés en
+terre légère mélangée de terreau, les <span class="pagenum"><a id="page326" name="page326"></a>(p. 326)</span> Mimulus forment de
+larges touffes, quand on pince à propos l'extrémité des tiges.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Variegatus, &mdash; Cardinalis.</p>
+
+<p>Le Mimulus musqué est une espèce rampante à petites fleurs jaunes,
+que l'on peut cultiver à l'ombre, en terre de bruyère.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Nicotiana wigandioïdes.</span>&mdash;Plante vivace d'orangerie que l'on peut
+cultiver en pleine terre pendant l'été, exactement comme les Datura.
+Placé dans des conditions favorables le Nicotiana wigandioïdes
+constitue une belle plante à feuilles ornementales que l'on
+multiplie de graines et de boutures.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Nierembergia gracilis.</span>&mdash;La Nierembergia gracilis, convient tout
+particulièrement, pour faire des bordures, en couchant les branches
+sur le sol. Cultivée en pleine terre pendant l'été, elle donne des
+fleurs jusqu'aux gelées. On la multiplie de semis, ou mieux de
+boutures, que l'on hiverne sous châssis.</p>
+
+<p>Beaucoup plus vigoureux, le <i>Nierembergia frutescent</i> mérite la
+préférence à tous égards.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pélargonium zonale.</span>&mdash;Beaucoup plus connue sous le nom de Géranium,
+que sous celui de Pélargonium, cette plante fait aujourd'hui le plus
+bel ornement de nos jardins.</p>
+
+<p>Tout aussi recommandable par sa rusticité que par l'éclat,
+l'abondance et la longue durée de ses fleurs, le Géranium zonale
+convient tout particulièrement pour garnir les vases et les massifs.
+On le multiplie de semis, ou mieux de boutures faites sous cloches
+en août et septembre.</p>
+
+<p>Hivernés en serre ou sous châssis, les Géranium zonale peuvent être
+livrés à la pleine terre dans le courant de <span class="pagenum"><a id="page327" name="page327"></a>(p. 327)</span> mai. Comme ils
+prennent en peu de temps un grand développement, il est beaucoup
+plus simple de planter chaque année de jeunes Géranium, que de
+conserver les vieux pieds.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs rouges, &mdash; roses, &mdash; blanches, ou rouges à
+ feuilles panachées de blanc.</p>
+
+<p>L'espèce connue sous le nom de <i>Géranium à feuilles de lierre</i> peut
+être cultivée en bordure pendant l'été.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pétunia.</span>&mdash;Ayant reconnu depuis longtemps qu'il était beaucoup plus
+simple de cultiver les Pétunia comme des plantes annuelles que de
+conserver les vieux pieds, on les sème maintenant en mars sur
+couche, puis on les repique, aussitôt que le plan est assez avancé,
+ou bien on les sème en avril, immédiatement en place.</p>
+
+<p>Quant aux variétés à fleurs doubles, que l'on veut conserver, il
+faut en faire des boutures, en août et septembre, et les hiverner
+sous châssis.</p>
+
+<p>Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Pétunia donnent des
+fleurs jusqu'aux gelées. Aussi, de toutes les plantes qui servent à
+l'ornementation des jardins, il n'en est pas qui conviennent mieux
+que les Pétunia pour garnir les vases et les massifs, ou faire des
+bordures, en couchant les branches sur le sol<a id="footnotetag17" name="footnotetag17"></a><a href="#footnote17" title="Go to footnote 17"><span class="smaller">[17]</span></a>.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salvia splendens.</span>&mdash;Bien que les fleurs de cette belle plante
+apparaissent un peu tard, on ne doit pas en négliger la culture, car
+livrée à la pleine terre, dans le courant de juin, elle donne,
+pendant tout l'automne, de longs épis <span class="pagenum"><a id="page328" name="page328"></a>(p. 328)</span> de fleurs rouges,
+d'un éclat tel, qu'il est impossible de les fixer longtemps.</p>
+
+<p>On multiplie le Salvia splendens de semis, ou mieux de boutures,
+faites sur couche en mars et avril. Quelques pieds de Salvia
+splendens, hivernés dans la serre chaude, suffisent, chaque année,
+pour avoir autant de boutures qu'il en faut pour garnir un jardin.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Solanum.</span>&mdash;Considérés au point de vue ornemental, les Solanum
+présentent un immense intérêt. Cultivées en pleine terre pendant
+l'été, certaines espèces produisent un effet remarquable par la
+beauté de leurs feuilles.</p>
+
+<p>On peut en composer des massifs; cependant il est préférable de les
+placer isolément sur les pelouses de gazon.</p>
+
+<p>On multiplie les Solanum de semis, ou de boutures, que l'on hiverne
+dans la serre chaude.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Atropurpureum, &mdash; Betaceum, &mdash; Callicarqum, &mdash;
+ Marginatum, &mdash; Purpureum, &mdash; Pyracanthum, &mdash; Robustum.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Senecio cinéraria</span> (<i>Cineraria maritima</i>).&mdash;Plante rameuse à feuilles
+pennées recouverte de même que les tiges, d'un duvet tomenteux.
+Disposée en lignes, autour des massifs de Coléus ou de toute autre
+plante de couleur vive, la Cineraria maritime produit un charmant
+effet; elle peut au besoin passer l'hiver dehors; cependant, il est
+préférable de faire des boutures chaque année, afin de remplacer les
+vieux pieds, qui finissent par prendre un trop grand développement.</p>
+
+<p>La <i>Centaurea candidissima</i> peut être employée dans les mêmes
+circonstances; elle est même d'un plus beau blanc que la Cineraria
+maritime, seulement elle est moins rustique.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Statice latifolia.</span>&mdash;Cette plante vivace, à feuilles radicales, tiges
+rameuses à ramifications, disposées en corymbe paniculé; fleurs
+bleues, de juillet en septembre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page329" name="page329"></a>(p. 329)</span> Multiplication de graines, en juin et juillet; bien que
+rustique, la Statice latifolia doit être cultivée en pot, que l'on
+hiverne sous châssis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tagetes lucida.</span>&mdash;Les fleurs de cette plante sont d'un beau jaune.
+Elles sont petites, mais très-nombreuses et d'une longue durée. Au
+besoin, le Tagetes lucida peut remplacer la Calcéolaire ligneuse
+dans la composition des massifs, où l'on veut avoir des fleurs
+jaunes. On le multiplie de semis ou de boutures, que l'on hiverne
+sous châssis.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tradescantia</span> zebrina.&mdash;Plante rampante, propre à garnir, pendant
+l'été, la surface des massifs consacrés à la culture des plantes de
+serre chaude.</p>
+
+<p>Les conditions tout exceptionnelles dans lesquelles prospère le
+Tradescantia zebrina, ajoutent encore à l'intérêt que présente cette
+charmante plante si remarquable déjà par la beauté de ses feuilles.</p>
+
+<p>On multiplie le Tradescantia zebrina de boutures que l'on hiverne en
+serre chaude.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Verveines</span> hybrides.&mdash;Les graines que donnent ces charmantes petites
+plantes, produisent chaque année un nombre considérable de variétés
+de toutes nuances. Semées en février et mars sur couche, les
+Verveines hybrides peuvent être repiquées en pots, ou immédiatement
+en place, comme toutes les plantes annuelles que l'on sème au
+printemps.</p>
+
+<p>Malgré la simplicité de ce mode de culture, on multiplie le plus
+souvent les Verveines de boutures, en août et septembre; hivernés
+sous châssis, les boutures de Verveines sont bonnes à mettre en
+pleine terre en avril et mai.</p>
+
+<p>L'éclat, la fraîcheur et la longue durée des fleurs de Verveines
+permettent de recommander particulièrement <span class="pagenum"><a id="page330" name="page330"></a>(p. 330)</span> ces plantes,
+pour composer des massifs, ou faire des bordures, en couchant les
+branches sur le sol.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Véroniques</span> ligneuses.&mdash;Les Véroniques ligneuses sont des plantes
+qu'il ne faut pas confondre avec les Véroniques vivaces dont les
+tiges meurent chaque année. Disposées en longues grappes rouges,
+roses ou lilas les fleurs de Véroniques ligneuses passent
+successivement au blanc.</p>
+
+<p>On les multiplie de semis ou de boutures, faites sous cloches, en
+août et septembre. Hivernées sous châssis, les boutures de
+Véroniques ligneuses peuvent être livrées à la pleine terre dans le
+courant de mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Andersoni, &mdash; Lindleyana, &mdash; Splendida.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Wigandia</span> Caracasana.&mdash;De toutes les plantes de serre cultivées pour
+la beauté de leurs feuilles il n'en est pas de plus ornementales que
+le Wigandia Caracasana.</p>
+
+<p>On le multiplie de semis ou de boutures, de racines, en septembre et
+octobre; hivernées en serre ou sous châssis, les boutures de
+Wigandia Caracasana peuvent être livrées à la pleine terre vers la
+fin de mai.</p>
+
+<p>Pour obtenir tout l'effet que cette belle plante peut produire, il
+faut lui réserver une place sur les pelouses de gazon et lui donner
+une terre légère largement pourvue d'engrais consommés.</p>
+
+<h3>Section V.&mdash;Plantes pour l'ornement des eaux.</h3>
+
+<h4>1. <i>Plantes à feuilles flottantes.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Alisma</span> flottant (<i>Alisma natans</i>).&mdash;Fleurs blanches.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cornifle</span> à fruits épineux (<i>Ceratophyllum demersum</i>).&mdash;Fleurs
+herbacées, en juin et juillet; variété à fruits lisses.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fléchière</span> aquatique (<i>Sagittaria sagittifolia</i>).&mdash;Fleurs blanches,
+en juin; multiplication de graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page331" name="page331"></a>(p. 331)</span> <span class="smcap">Macre</span> flottante, châtaigne d'eau (<i>Trapa natans</i>).&mdash;Fleurs
+blanches, en juin; multiplication de graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ményanthe</span> Trèfle d'eau (<i>Menyanthes trifoliata</i>).&mdash;Fleurs blanches,
+en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Morrène</span> grenouillette (<i>Hydrocharis morsus ranæ</i>).&mdash;Fleurs blanches,
+en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Nénuphar</span> blanc, <span class="smcap">Lis</span> d'étang (<i>Nymphæa alba</i>).&mdash;Fleurs blanches ou
+jaunes, en juin, juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Nénuphar</span> odorant (<i>N. odorata</i>).&mdash;Fleurs blanches, doubles,
+odorantes, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Renouée</span> amphibie (<i>Polygonum amphibium</i>).&mdash;Fleurs rouges, en
+juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Villarsie</span> à feuilles de Nénuphar, <span class="smcap">Ményanthe</span> (<i>Villarsia
+nymphoides</i>).&mdash;Fleurs jaunes, en juillet.</p>
+
+
+<h4>2. <i>Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Acore</span> odorant (<i>Acorus calamus</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,50; fleurs
+odorantes, en chatons, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> des marais, <span class="smcap">Glaïeul</span> des marais (<i>Iris
+Pseudo-Acorus</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau jaune, en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Massette</span> à larges feuilles (<i>Typha latifolia</i>).&mdash;Tiges de 1<sup>m</sup>,65 à 2
+mètres, terminées par un épi de fleurs brunes, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Massette</span> à feuilles étroites (<i>T. angustifolia</i>).&mdash;Moins élevée que
+la précédente.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Naïade</span> à feuilles lancéolées (<i>Naias monosperma</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,15;
+fleurs herbacées, en août et septembre; multiplication de graines,
+qui se resèment d'elles-mêmes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page332" name="page332"></a>(p. 332)</span> <span class="smcap">Patience</span> aquatique (<i>Rumex hydrolapathum</i>),&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,50 à 2 mètres; fleurs verdâtres, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pontédérie</span> à feuilles en c&oelig;ur (<i>Pontederia cordata</i>).&mdash;Fleurs
+bleues, en mai. On peut également cultiver cette belle plante sur le
+bord de l'eau.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pesse</span> d'eau (<i>Hippuris vulgaris</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20; fleurs
+d'un blanc sale, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Renoncule</span> à feuilles longues, <span class="smcap">Grande Douve</span> (<i>Ranunculus
+lingua</i>).&mdash;Tiges de 1 mètre; fleurs jaunes, en juin, et
+successivement jusqu'en octobre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Salicaire</span> effilée (<i>Lythrum virgatum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs d'un rose pourpre, en juillet et août.</p>
+
+<p>Toutes les Salicaires peuvent également être cultivées sur le bord
+de l'eau.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saurure</span> penché (<i>Saururus cernuus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs
+blanches, disposées en une longue grappe courbée au sommet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scirpe</span> des étangs (<i>Scirpus lacustris</i>).&mdash;Plante très-élevée,
+donnant en juillet des fleurs disposées en épis terminaux.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sparganium</span> flottant, <span class="smcap">Ruban</span> d'eau (<i>Sparganium natans</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,33; fleurs en chatons, en juillet.</p>
+
+<p>Toutes ces plantes peuvent être cultivées dans de grands pots ou
+dans des baquets que l'on plonge dans l'eau.</p>
+</div>
+
+<h4>3. <i>Plantes propres à la décoration du bord de l'eau.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Alisma</span> plantain d'eau (<i>Alisma plantago</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanches ou rougeâtres, en juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Arundo donax.</span>&mdash;Cette plante, remarquable par la <span class="pagenum"><a id="page333" name="page333"></a>(p. 333)</span> puissance
+de sa végétation, doit, comme tous les roseaux, être cultivée
+isolément; chaque année, on coupe les tiges de l'Arundo donax rez de
+terre, puis on le couvre de feuilles pendant les hivers rigoureux.</p>
+
+<div class="type">
+<p><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées de blanc, &mdash; à feuilles panachées
+ de jaune.</p>
+
+<p>La variété à feuilles panachées de blanc doit être rentrée
+ l'hiver. Celle à feuilles panachées de jaune peut rester en
+ place.</p>
+</div>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bambusa aurea.</span> Originaire du nord de la Chine, cette belle plante
+résiste, sans souffrir, aux froids les plus rigoureux. Comme tous
+les bambous, elle fournit de nombreuses tiges ligneuses d'un effet
+véritablement très-pittoresque. Multiplication par boutures de
+racines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Butome</span> ombellé, <span class="smcap">Jonc</span> fleuri (<i>Butomus umbellatus</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; fleurs roses, en juillet; variété à feuilles panachées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Linaigrette</span> à gaînes (<i>Eriophorum vaginatum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en
+mars et avril, épis couverts de longues soies blanches.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> à feuilles de saule (<i>Lysimachia ephemerum</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre; multiplication de
+graines semées sur couches, fréquemment arrosées, ou de l'éclat des
+pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> thyrsiflore, <span class="smcap">Naumburgia</span> thyrsiflore (<i>L.
+thyrsiflora</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en juin et juillet;
+multiplication de graines et d'éclats.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> ponctuée (<i>L. punctata</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+jaunes, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Parnassie</span> des marais (<i>Parnassia palustris</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à
+0<sup>m</sup>,30; fleurs blanches tachées de jaune, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phalaris</span> rubané, <span class="smcap">Roseau</span> ruban (<i>Phalaris arundinacea <span class="pagenum"><a id="page334" name="page334"></a>(p. 334)</span>
+picta</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; feuilles rubanées de jaune; fleurs
+disposées en panicule spiciforme, blanchâtre du côté de l'ombre,
+pourpre du côté du soleil; multiplication par traces.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Populage</span> des marais, <span class="smcap">Souci</span> des marais (<i>Calthapalustris</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,33; en avril et mai, fleurs d'un beau jaune, simples ou doubles.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Renoncule</span> flamme (<i>Ranunculus flammula</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs
+jaunes, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Scorpione</span> des marais, <span class="smcap">Souvenez-vous-de-moi</span> (<i>Myosotis
+palustris</i>).&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,26; fleurs d'un bleu céleste,
+d'avril en août; multiplication de graines, semées au printemps, de
+boutures ou par l'éclat des pieds.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Spirées</span> (<i>Spiræa</i>).&mdash;Presque toutes les espèces herbacées se
+plaisent sur le bord des eaux et produisent un effet agréable.</p>
+
+<h4>4. <i>Arbres et arbustes.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> veinée (<i>Vaccinium uliginosum</i>).&mdash;Tiges rampantes; fleurs
+blanches ou carnées, en mai et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> caneberge (<i>V. Oxycoccos</i>).&mdash;Tiges comme la précédente;
+fleurs rouges, en mai; baies rouges avec des points pourpre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aune</span> (<i>Alnus</i>).&mdash;Tous aiment une terre humide, marécageuse ou même
+submergée. (<i>V. Arbres d'agrément.</i>)</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Céphalanthe</span> d'Amérique, <span class="smcap">Bois-bouton</span> (<i>Cephalantus
+occidentalis</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en août
+et septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Chionanthe</span> de Virginie, <span class="smcap">Arbre</span> de neige (<i>Chionantus
+Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 mètres; fleurs blanches, en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page335" name="page335"></a>(p. 335)</span> <span class="smcap">Cyprès</span> chauve de la Louisiane (<i>Cupressus disticha</i>,
+<i>Schubertia disticha</i>). (V. <i>Arbres d'agrément.</i>)</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Dirca</span> des marais, <span class="smcap">Bois-cuir</span> (<i>Dirca palustris</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à
+2 mètres; fleurs d'un blanc jaunâtre, en mars et avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Galé</span>, Piment royal (<i>Myrica Gale</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs en chatons, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Galé</span> de Pensylvanie (<i>M. Pennsylvanica</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2
+mètres; fleurs comme le précédent.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hamamélis</span> de Virginie (<i>Hamamelis Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à
+1<sup>m</sup>,65; fleurs d'un blanc jaunâtre, en automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Peupliers</span> (<i>Populus</i>).&mdash;Ils se plaisent dans les terrains humides et
+tous sont propres à la décoration des pièces d'eau et des rivières.
+(V. <i>Arbres d'agrément.</i>)</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saules</span> (<i>Salix</i>).&mdash;Tous les saules conviennent aux sites aquatiques
+des jardins paysagers et peuvent être avantageusement placés aux
+bords des eaux, où ils produisent un effet très-pittoresque. (V.
+<i>Arbres d'agrément.</i>)</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tamarix</span> de Narbonne (<i>Tamarix Gallica</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33;
+fleurs d'un blanc purpurin, de mai en octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tamarix</span> d'Allemagne (<i>T. Germanica</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,33 à 2<sup>m</sup>,65;
+fleurs d'un pourpre pâle ou rose, de juin en septembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tupélo</span> velu (<i>Nyssa villosa</i>).&mdash;Grand et bel arbre, à fleurs
+verdâtres, en juin; fruit bleu.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Aquatique, &mdash; des forêts.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> obier, <span class="smcap">Sureau</span> aquatique (<i>Viburnum opulus</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en mai et juin; baies rouges.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page336" name="page336"></a>(p. 336)</span> <span class="smcap">Section VI.</span>&mdash;Plantes pour rocailles.</h3>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aubrietia deltoidea.</span>&mdash;Petite plante formant de larges touffes, à
+fleurs d'un bleu clair, pendant tout le printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Arabis verna.</span>&mdash;Petite plante en touffes; fleurs bla</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Campanules.</span>&mdash;Les <i>Campanula cespitosa</i> et <i>Carpathica</i>, déjà
+recommandées comme plantes à bordures, conviennent également bien
+pour garnir les rochers.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Crucianella rubra.</span>&mdash;Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30;
+fleurs roses, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Epinedium Alpinum.</span>&mdash;Tiges de 0<sup>m</sup>,35; fleurs rouges et jaunes, en
+avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erinus Alpinus.</span>&mdash;Petite plante en touffes; fleurs purpurines ou
+blanches; en mars et avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fougères.</span>&mdash;Les <i>Athyrium f&oelig;mina</i>, <i>Adianthum pedatum</i>, <i>Aspidium
+lobatum</i>, <i>astræa</i>, <i>recurva</i>, <i>Blechnum spicans</i>, <i>Osmunda
+regalis</i>, <i>Onoclea sensibilis</i>, <i>Pteris aquilina</i>, <i>Scolopendrium
+officinarum</i>, <i>Struthiopteris Germanica</i>, peuvent être placés entre
+les pierres des rochers, surtout de ceux qui se trouvent dans un
+endroit frais et abrité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Iris Germanica.</span>&mdash;Il n'est pas de plante plus rustique et qui
+convienne mieux que les <i>Iris Germanica</i> pour garnir les rochers.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Linaria cymbalaria.</span>&mdash;Tiges rampantes; fleurs bleu</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">&OElig;thionema cordifolia.</span>&mdash;Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20;
+fleurs d'un beau rose, en avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Potentilla reptans.</span>&mdash;Tiges rampantes; fleurs jaun</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page337" name="page337"></a>(p. 337)</span> <span class="smcap">Primevères.</span>&mdash;Toutes les variétés du <i>Primula veris</i> peuvent
+être employées pour garnir les rochers.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saponaria ocimoides.</span>&mdash;Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20;
+fleurs purpurines, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrages.</span>&mdash;Les <i>Saxifraga granulata</i>, <i>hypnoides</i> et <i>sarmentosa</i>
+conviennent tout particulièrement pour garnir les rochers.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sedum.</span>&mdash;Tous les Sedum sont propres à garnir les rochers, et
+particulièrement les <i>Sedum acre</i>, <i>elegans</i>, <i>hirsutum</i>,
+<i>populifolium</i>, <i>Sieboldii</i> et <i>Telephium rubrum</i>.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sempervivum tectorum.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs purpurines, de
+juillet en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tussilago farfara</span>, <i>foliis variegatis</i>.&mdash;Plante remarquable par la
+beauté de ses larges feuilles, panachées de jaune; fleurs jaunes en
+février et mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Vinca major</span> (Pervenche grande).&mdash;Tiges d'environ 0<sup>m</sup>,65, les unes
+droites, les autres couchées; fleurs bleues tout l'été; variété à
+feuilles panachées.</p>
+
+<p><span class="smcap">Vinca minor</span> (Pervenche petite).&mdash;Fleurs bleues, simples ou doubles;
+variété à fleurs blanches.</p>
+</div>
+
+<h4><i>Arbres et arbrisseaux.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> anguleuse (<i>Vaccinium myrtillus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+d'un blanc rosé, en mai; baies d'un bleu noirâtre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Astragale</span> adragant (<i>Astragalus tragacantha</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Câprier</span> commun (<i>Capparis spinosa</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches, en juin et juillet; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page338" name="page338"></a>(p. 338)</span> <span class="smcap">Chêne</span> kermès (<i>Quercus coccifera</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+glands ovales, ne mûrissant que la seconde année.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cotoneaster buxifolia.</span>&mdash;Arbrisseau peu élevé, à rameaux inclinés; en
+avril et mai, fleurs blanches. Fruits rouges, en automne.</p>
+
+<p>Les <i>Cotoneaster microphylla comptus</i> et <i>marginatus</i>, conviennent
+également pour garnir les rochers et les terrains en pente.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fontanesia</span> à feuilles de Filaria (<i>Fontaniesa
+phyllireoides</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, puis rougeâtres,
+en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier</span> stérile (<i>Ribes sterile</i>).&mdash;Fleurs jaunes, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> jaune (<i>Jasminum fruticans</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs jaunes, de mai en septembre; baies noirâtres.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> de la Chine (<i>Lycium Sinense</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33;
+fleurs d'un violet purpurin, tout l'été; baies rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> à feuilles étroites, <span class="smcap">Jasminoide</span> (<i>L. barbarum</i>).&mdash;Il diffère
+du précédent par ses feuilles un peu plus larges, et par ses fleurs
+d'un blanc pourpre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> d'Europe (<i>L. Europeum</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanchâtres.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Millepertuis</span> à grandes fleurs (<i>Hypericum calycinum</i>).&mdash;Hauteur,
+0<sup>m</sup>,34; fleurs d'un beau jaune, de juin en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> commune (<i>Rubus fruticosus</i>).&mdash;On en cultive plusieurs
+variétés les plus remarquables sont:</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> à fleurs blanches doubles.&mdash;Fleurs semblables à de petites
+roses, de juin en novembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page339" name="page339"></a>(p. 339)</span> <span class="smcap">Ronce</span> à feuilles découpées.&mdash;Fleurs roses, de juillet en
+septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> à fleurs roses.&mdash;Fleurs roses très-doubles.</p>
+
+
+<h3><span class="smcap">Section VII.</span>&mdash;Plantes grimpantes pour garnir les murs, berceaux,
+tonnelles.</h3>
+
+<h4>1. <i>Plantes annuelles et vivaces.</i></h4>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Calystegia pubescens.</span>&mdash;Tout l'été, fleurs doubles, d'un rose tendre,
+nuancé de rose plus vif.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Calystegia sepium</span> (var. <i>incarnatum</i>).&mdash;Fleurs simples, d'un rose
+tendre.</p>
+
+<p>Les Calystégia conviennent tout particulièrement pour garnir les
+berceaux, les rochers et la tige des grands arbres que l'on veut
+dissimuler; on les multiplie par tronçons de racines.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> grande (<i>Trop&oelig;olum majus</i>).&mdash;Fleurs jaune orangé, tout
+l'été; variété à fleur brune; semer en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> des Canaries. (<i>Trop&oelig;olum peregrinum</i>).&mdash;Tout l'été,
+fleurs jaune serin; même culture.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cobée</span> grimpante (<i>Cobæa scandens</i>). Fleurs violettes, tout l'été;
+semer sur couche, en mars. Dès que les plants ont quelques feuilles,
+on les repique dans de petits pots, qu'on laisse sur couche jusqu'à
+la fin d'avril ou au commencement de mai, époque où on les met en
+pleine terre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Courge</span> vivace (<i>Cucurbita perennis</i>).&mdash;Cette courge est extrêmement
+remarquable par sa rusticité, la beauté de ses feuilles veloutées et
+l'odeur agréable de ses fleurs. Les tiges de la courge vivace
+meurent pendant l'hiver, mais elles repoussent au printemps avec une
+grande vigueur; <span class="pagenum"><a id="page340" name="page340"></a>(p. 340)</span> on la multiplie de graines, de marcottes
+et de rejetons, que l'on replante au printemps.</p>
+
+<p>La courge, connue sous le nom de <i>Tladiantha dubia</i>, produit des
+tubercules qui servent à sa reproduction.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Courges</span> annuelles.&mdash;Toutes les courges annuelles peuvent être
+cultivées comme plantes grimpantes.</p>
+
+<p>On les sème en mars, sur couche, ou en mai, immédiatement en place;
+à cet effet, on prépare un bon trou, que l'on remplit de fumier, on
+place la terre provenant de la fouille sur le fumier, puis on fait
+un bassin, au centre duquel on sème les graines de courge.</p>
+
+<p>Les courges pèlerine, poire à poudre, plate de Corse, massue,
+siphon, métulifère, dipsaceus, myriocarpus (courge groseille),
+melanosperma et toutes les coloquintes peuvent être traitées comme
+nous venons de l'indiquer.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> odorante, Pois de senteur (<i>Lathyrus odoratus</i>).&mdash;Fleurs
+violettes, roses, rouges ou blanches, odorantes; semer en place, en
+automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> de Tanger (<i>L. Tingitanus</i>).&mdash;Fleurs d'un rouge pourpre foncé,
+de juillet en octobre; semer en place au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> à larges feuilles, <span class="smcap">Pois</span> vivace (<i>L. Latifolius</i>).&mdash;Plante
+vivace; fleurs d'un rose pourpre, de juillet en septembre; semer en
+place, en automne ou au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Haricot</span> d'Espagne (<i>Phas&oelig;lus coccineus</i>).&mdash;Fleurs rouge écarlate,
+tout l'été; variétés à fleurs blanches et à fleurs bicolores; semer
+en place, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> pourpre, <span class="smcap">Volubilis</span> (<i>Convolvulus purpureus</i>, <i>Ipom&oelig;a
+purpurea</i>).&mdash;Pendant l'été, fleurs blanches, rouges, roses, bleues
+ou panachées. Toutes les variétés se sèment en place, en avril et
+mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page341" name="page341"></a>(p. 341)</span> <span class="smcap">Ipomée</span> Nil ou de Michaux (<i>I. Nil</i>, <i>C. Nil.</i>)&mdash;Fleurs d'un
+bleu azuré, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> écarlate, <span class="smcap">Quamoclit</span> écarlate (<i>I. coccinea</i>).&mdash;Fleurs
+écarlates, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Thunbergia</span> à pétioles ailés (<i>Thunbergia alala</i>).&mdash;Fleurs jaunes
+avec le centre pourpre, tout l'été; variété à fleurs blanches; semer
+sur couche, au printemps, et repiquer le plant en pleine terre.</p>
+
+
+<h4>2. <i>Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut mettre en
+pleine terre tout l'été.</i></h4>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Boussingaultia Baselloides.</span>&mdash;Grande plante sarmenteuse, à fleurs
+blanches, petites, très-odorantes.</p>
+
+<p>Multiplication de boutures, qui s'enracinent facilement et par les
+tubercules; couverture l'hiver.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Capucines</span> tubéreuses.&mdash;On cultive plusieurs espèces de Capucines à
+racines tubéreuses, mais elles exigent la serre. Plus rustique que
+les autres, l'espèce connue sous le nom de <i>Tropæolum pentaphyllum</i>
+peut être plantée en pleine terre, en avril ou mai.</p>
+
+<p>À l'approche des froids, on relève les tubercules, que l'on conserve
+dans de la terre sèche jusqu'au moment de les replanter.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Dioclée</span> glycinoïde (<i>Dioclea glycinoides</i>).&mdash;Fleurs d'un rouge
+très-vif, en automne; multiplication de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Eccremocarpus</span> rude (<i>Eccremocarpus scaber</i>).&mdash;Fleurs écarlates, en
+juillet et août; semer aussitôt après la maturité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> de Léar (<i>Ipom&oelig;a Learii</i>).&mdash;Fleurs grandes, d'un beau
+bleu, tout l'été et l'automne; multiplication de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page342" name="page342"></a>(p. 342)</span> <span class="smcap">Loasa</span> à fleurs rouges (<i>Laosa lateritia</i>).&mdash;Fleurs rouge
+brique, tout l'été; multiplication de graines ou de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Loasa</span> à fleurs orangées (<i>L. aurantiaca</i>).&mdash;Fleurs jaune orangé,
+tout l'été; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lophosperme</span> à fleurs roses (<i>Lophospermum erubescens</i>).&mdash;Fleurs
+roses, tout l'été; multiplication de graines et de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lophosperme</span> volubile (<i>L. rhodochiton</i>).&mdash;Moins élevée que la
+précédente; fleurs roses, tout l'été; même multiplication.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> toujours fleurie (<i>Maurandia semperflorens</i>).&mdash;Fleurs d'un
+rose pourpre, tout l'été. On la multiplie de graines, semées sur
+couche au printemps, et de boutures.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> à fleurs de Muflier (<i>M. antirrhiniflora</i>).&mdash;Fleurs
+lilacées, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> de Barclay (<i>M. Barclayana</i>).&mdash;Fleurs d'un beau bleu, tout
+l'été.</p>
+
+
+<h4>3. <i>Arbrisseaux<a id="footnotetag18" name="footnotetag18"></a><a href="#footnote18" title="Go to footnote 18"><span class="smaller">[18]</span></a>.</i></h4>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Aristoloche</span> siphon (<i>Aristolochia sipho</i>).&mdash;En mai et juin, fleurs
+d'un pourpre obscur, en forme de pipe.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés</b>.&mdash;Tomenteuse, &mdash; * Sempervirens.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> des Alpes (<i>Atragene Alpina</i>).&mdash;Fleurs bleu clair, en juin
+et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> de Sibérie (<i>A. Sibirica</i>).&mdash;Fleurs blanches.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> de l'Inde (<i>A. Indica</i>).&mdash;Fleurs d'abord verdâtres,
+<span class="pagenum"><a id="page343" name="page343"></a>(p. 343)</span> puis blanches, d'avril en novembre; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> à vrilles (<i>A. cirrhosa</i>).&mdash;Fleurs d'un blanc verdâtre, en
+automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span>, <span class="smcap">Jasmin</span> de Virginie (<i>Bignonia radicans</i>).&mdash;Fleurs grandes,
+d'un rouge écarlate, en juillet et août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span> à grandes fleurs (<i>B. grandiflora</i>).&mdash;Fl</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span> à vrilles (<i>B. capreolata</i>).&mdash;En juin, fleurs d'un jaune
+orangé au sommet, pourpre à la base.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Célastre</span> grimpant, <span class="smcap">Bourreau</span> des arbres (<i>Celastrus
+scandens</i>).&mdash;Fleurs verdâtres, en mai et juin; fruit rouge.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chèvrefeuille</span> des jardiniers (<i>Lonicera Caprifolium</i>).&mdash;En mai et
+juin, fleurs à odeur suave, roses en dedans, plus ou moins rouges en
+dehors. Variété à fleurs blanches et à feuilles panachées.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés</b>.&mdash;Flava, &mdash; Japonica, &mdash; Sempervirens, &mdash; Sinensis.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Clématite</span> odorante (<i>Clematis flammula</i>).&mdash;En juillet et août,
+fleurs blanches, disposées en grappes, très-odorantes.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés</b>.&mdash;Azurea, &mdash; Bicolor, &mdash; Florida, &mdash; Hendersoni, &mdash;
+ Montana, &mdash; Sophia, &mdash; Viticella, &mdash; Viticella venosa.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Décumaire</span> sarmenteux (<i>Decumaria barbata</i>).&mdash;Fleurs blanches, d'une
+odeur suave, en août et septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Glycine</span> de la Chine (<i>Glycine Sinensis</i>).&mdash;Fleurs grandes, d'un bleu
+pâle ou blanches, à odeur suave, en avril. Comme tous les arbustes
+vigoureux, les Glycines de la Chine peuvent être taillées.
+Seulement, il faut, contrairement à ce qui se fait ordinairement,
+les tailler dans le courant de juin, autrement elles ne donnent pas
+de fleurs l'année suivante.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page344" name="page344"></a>(p. 344)</span> <span class="smcap">Glycine</span> frutescente (<i>G. frutescens</i>).&mdash;Fleurs violettes,
+de juin en septembre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Backousiana, &mdash; Floribunda.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Grenadille</span> bleue, <span class="smcap">Fleur</span> de la Passion (<i>Passiflora
+c&oelig;rulea</i>).&mdash;Fleurs blanches, bleues et purpurines, de juillet en
+octobre; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Grenadille</span> incarnate (<i>P. incarnata</i>).&mdash;Fleurs blanches, purpurines,
+violettes et noires, en juillet et en août; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Houblon</span> cultivé (<i>Humulus lupulus</i>).&mdash;Fleurs jaunes, en cône
+écailleux, de juin en août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> blanc (<i>Jasminum officinale</i>).&mdash;Fleurs blanches, à odeur
+suave, tout l'été.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> triomphant (<i>J. revolutum</i>).&mdash;Fleurs d'un jaune très-vif,
+très-odorantes; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> grimpant (<i>Hedera helix</i>).&mdash;Fleurs petites, verdâtres, en
+septembre et octobre; baies noires; variété à feuilles panachées ou
+maculées de blanc ou de jaune.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> d'Irlande (<i>H. Hibernica</i>).&mdash;Feuilles plus grandes; produit
+plus d'effet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ménisperme</span> du Canada (<i>Menispermum Canadense</i>).&mdash;Fleurs petites,
+verdâtres, de juin en juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De la Caroline, &mdash; de Virginie.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Morelle</span> grimpante, <span class="smcap">Vigne</span> de Judée (<i>Solanum dulcamara</i>).&mdash;Fleurs
+violettes, en juin et juillet; baies rouges.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; à feuilles de jasmin.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Périploca</span> de Grèce (<i>Periploca Græca</i>).&mdash;Fleurs pourpre noirâtre, en
+juin et juillet.</p>
+
+<h4><span class="pagenum"><a id="page345" name="page345"></a>(p. 345)</span> 4. <i>Rosiers.</i></h4>
+
+<div class="type">
+ <p><i>Des Alpes.</i>&mdash;Boursault, fleurs roses, semi-doubles,&mdash;Calypso,
+ fleurs blanches, nacrées,&mdash;Reversa, fleurs pourpres,&mdash;Inermis,
+ fleurs rose pâle.</p>
+
+ <p><i>Banks.</i>&mdash;À fleurs blanches,&mdash;À fleurs jaunes.</p>
+
+ <p><i>À bractées.</i>&mdash;Ayrschyres, fleurs doubles, carnées, à odeur de
+ thé,&mdash;Macartney, fleurs blanches,&mdash;Maria-Leonida, fleurs
+ blanches,&mdash;Triomphe de Machetteau, fleurs roses, striées de
+ blanc.</p>
+
+ <p><i>Des champs.</i>&mdash;À fleurs roses,&mdash;À grandes fleurs blanches.</p>
+
+ <p><i>Multiflore.</i>&mdash;À fleurs-roses, doubles,&mdash;À fleurs rouges,
+ doubles,&mdash;Gaulhie, fleurs blanches,&mdash;Laure Davoust, fleurs carné
+ vif.</p>
+
+ <p><i>Muscat.</i>&mdash;Blanches simples,&mdash;Blanches doubles,&mdash;Comtesse Plater,
+ fleurs blanc jaunâtre,&mdash;Princesse de Nassau, fleurs
+ blanches,&mdash;Dupont, fleurs blanches simples,&mdash;Éponine, fleurs
+ blanches doubles.</p>
+
+ <p><i>Noisette.</i>&mdash;Chromatella jaune foncé,&mdash;Euphrosine, roses et
+ jaunâtres, odorant,&mdash;Noisette ordinaire, fleurs couleur de
+ chair,&mdash;Desprez, fleurs jaune rosé,&mdash;Lamarque, fleurs
+ blanches,&mdash;Labiche, fleurs blanches, c&oelig;ur rose,&mdash;Solfatare,
+ jaune soufre.</p>
+
+ <p><i>Toujours vert.</i>&mdash;Scandens, fleurs blanches,&mdash;Adélaïde d'Orléans,
+ fleurs blanches,&mdash;Princesse Marie, fleurs rose
+ tendre,&mdash;Félicité-Perpétue, fleurs blanc carné.</p>
+</div>
+
+<p>Les Rosiers grimpants, que l'on veut tailler, doivent être soumis à
+cette opération aussitôt après la floraison; autrement, ils ne
+donnent pas de fleurs l'année suivante.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Schizandre</span> cocciné (<i>Schizandra coccinea</i>).&mdash;Fleurs coccinées, en
+juillet; couverture l'hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Vigne</span> vierge (<i>Cissus quinquefolia</i>).&mdash;Arbrisseau recommandable par
+sa vigueur et sa rusticité; fleurs verdâtres, en automne.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;D'Orient, &mdash; Hétérophylle.</p>
+</div>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="page346" name="page346"></a>(p. 346)</span> <span class="smcap">Section VIII.</span>&mdash;Arbrisseaux et arbustes à feuilles
+caduques<a id="footnotetag19" name="footnotetag19"></a><a href="#footnote19" title="Go to footnote 19"><span class="smaller">[19]</span></a>.</h3>
+
+<p>Chaque fois que la culture des arbrisseaux, arbustes et arbres
+n'offrira rien de particulier, nous n'entrerons dans aucun détail à
+ce sujet. Tous se multiplient de graines, de greffes, de boutures ou
+de marcottes; mais nous n'avons pas jugé nécessaire d'indiquer le
+mode de reproduction de chacun, car ce n'est guère que dans les
+pépinières qu'on peut se livrer à leur éducation avec avantage.
+Quant à l'époque de la plantation, on devra toujours tenir compte de
+la nature du terrain et observer tout ce qui est indiqué pour les
+arbres fruitiers.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Amandier</span> nain (<i>Amygdalus nana</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs
+d'un beau rose, en avril; variété à fleurs doubles.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De Géorgie, &mdash; de Perse, &mdash; à feuilles panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> du Canada (<i>Cratægus Canadensis</i>).&mdash;Hauteur, 3<sup>m</sup>,33 à 4
+mètres; fleurs blanches, en avril; fruits presque noirs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> à grappes (<i>C. racemosa</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches, en avril et mai; fruits noirs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> à épis (<i>C. spicata</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches, en mai; fruits rouges.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Amorpha</span> frutescent, <span class="smcap">Faux-Indigo</span> (<i>Amorpha fruticosa</i>).&mdash;Hauteur, 2
+mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs d'un bleu violâtre, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Lewesii, &mdash; Glabra, &mdash; Crispa.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page347" name="page347"></a>(p. 347)</span> <span class="smcap">Argousier</span> rhamnoïde (<i>Hippophæ rhamnoides</i>).&mdash;Hauteur, 2
+mètres à 2<sup>m</sup>,33; rameaux épineux; feuilles blanchâtres, tachées de
+roussâtre; fleurs verdâtres, en avril; baies orangées.</p>
+
+<div class="plants">
+<p>* <span class="smcap">Assiminier</span> de Virginie, <span class="smcap">Anone</span> à trois lobes (<i>Assiminia
+virginiana</i>).&mdash;Hauteur, 3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; fleurs d'un pourpre
+très-brun, en mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À grandes fleurs, &mdash; à petites fleurs.</p>
+</div>
+
+<p class="plants">* <span class="smcap">Azédarach</span> bipenné, <span class="smcap">Arbre</span> saint (<i>Melia Azedarach</i>).&mdash;Hauteur,
+3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; en juillet, fleurs d'un lilas tendre, à odeur
+suave; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> ordinaire (<i>Colutea arborescens</i>).&mdash;Hauteur, 3 à 4
+mètres; fleurs jaunes, tout l'été; fruits vésiculeux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> du Levant (<i>C. orientalis</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres; fleurs
+rouge safrané, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> d'Alep (<i>C. Alepica</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65;
+fleurs jaunes, tout l'été.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Bourgène</span> (<i>Rhamnus frangula</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 mètres; fleurs
+verdâtres, en avril et mai; baies noires.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Des Alpes, &mdash; à larges feuilles.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> frutescente (<i>Ononis fruticosa</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+roses, en mai et juin; variété à fleurs blanches.</p>
+
+<div class="plants">
+<p>* <span class="smcap">Calycanthe</span> de la Caroline, <span class="smcap">Pompadoura</span>, <span class="smcap">Arbre</span> aux Anémones
+(<i>Calycanthus floridus</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; de mai en
+août, fleurs d'un rouge brun, exhalant une odeur très-agréable.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Fragrans, Occidentalis.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Caragana</span> arborescent (<i>Caragana arborescens</i>, <i>Robinia <span class="pagenum"><a id="page348" name="page348"></a>(p. 348)</span>
+Caragana</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 3<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Caragana</span> frutescent (<i>C. frutescens</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+jaunes, en mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Caragana</span> argenté (<i>C. argentea</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs
+d'un rose pâle, en avril et mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Altagana, &mdash; Chamlagu, &mdash; Grandiflora, &mdash; Pygmæa.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cerisier</span> odorant, <span class="smcap">Bois</span> de Sainte-Lucie (<i>Cerasus Mahaleb</i>, <i>Prunus
+Mahaleb</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs blanches odorantes, en
+mai; fruits noirs.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cestreau</span> à baies noires (<i>Cestrum Parqui</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65; tout
+l'été, fleurs jaunes, exhalant une agréable odeur pendant la nuit.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chamécerisier</span> de Tartarie (<i>Chamæcerasus (Lonicera)
+Tatarica</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs roses en dehors, blanches en
+dedans; baies rouges.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Des Pyrénées, &mdash; Ledebour, &mdash; de Standish.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p>* <span class="smcap">Clethra</span> à feuilles d'Aune (<i>Clethra alnifolia</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65
+à 2 mètres; fleurs petites, blanches, odorantes, en août.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Cotonneux, &mdash; Acuminé, &mdash; Paniculé.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coignassier</span> de la Chine (<i>Cydonia Sinensis</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau rouge, odeur suave, en avril et mai.</p>
+
+<p class="plants">* <span class="smcap">Comptonie</span> à feuilles de Fougère (<i>Comptonia
+aspleniifolia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs en chatons, de
+mars en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Corète</span> du Japon (<i>Kerria Japonica</i>, <i>Spiræa Japonica</i>).&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,65 à deux mètres; fleurs jaunes, très-doubles, tout l'été et
+l'automne.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page349" name="page349"></a>(p. 349)</span> <span class="smcap">Coronille</span> des jardins (<i>Coronilla Emerus</i>).&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau jaune, tachées de rouge, d'avril en juin.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cornouiller</span> sanguin (<i>Cornus sanguinea</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4
+mètres; rameaux d'un beau rouge; fleurs blanches, en juin, baies
+noires.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De la Floride, &mdash; à feuilles alternes.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cytise</span> à feuilles sessiles, <span class="smcap">Trifolium</span> (<i>Cytisus
+sessilifolius</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mars
+et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cytise</span> à épis (<i>C. nigricans</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; fleurs
+jaunes, odorantes, en juin et juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cytise</span> à fleurs en tête (<i>C. capitatus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs
+d'un jaune aurore, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Adami, &mdash; à fleurs blanches, &mdash; à fleurs pourpres, &mdash;
+ Biflore.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> Bois-Joli (<i>Daphne Mezereum</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; de
+décembre en février, fleurs rose vif ou blanches, odorantes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> des Alpes (<i>D. alpina</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches
+odorantes, en mai et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Deutzie</span> crénelée (<i>Deutzia scabra</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+blanches, tout l'été.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Deutzie</span> à tiges effilées (<i>D. gracilis</i>).&mdash;Plus élevée que la
+précédente; en mai et juin, fleurs disposées en petites grappes,
+d'un beau blanc.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Canescens, &mdash; Corymbosa.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Dierville</span> jaune (<i>Diervilla lutea</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre;
+fleurs jaunes, de juin en novembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Épine-Vinette</span> (<i>Berberis vulgaris</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres <span class="pagenum"><a id="page350" name="page350"></a>(p. 350)</span> à
+2<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, en mai; fruits rouges dans la maturité.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles pourpres, &mdash; à feuilles panachées, &mdash; du
+ Canada, &mdash; du Népal.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Forsythia suspensa.</span>&mdash;Arbuste du Japon, à rameaux sarmenteux. Fleurs
+jaunes, nombreuses, en février et mars.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Fusain</span> commun, <span class="smcap">Bonnet</span> de prêtre (<i>Evonymus Europæus</i>).&mdash;Hauteur,
+3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; fleurs blanchâtres, en mai; fruits d'un beau
+rouge.
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Atropurpureus, &mdash; Latifolius, &mdash; Verrucosus.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Gattilier</span> commun (<i>Vitex agnus castus</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4
+mètres; fleurs violettes ou blanches, en été.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Hybride, &mdash; à feuilles incisées.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Genêt</span> d'Espagne (<i>Genista juncea</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres; fleurs d'un
+beau jaune, à odeur suave, en juillet et août; variétés à fleurs
+doubles inodores.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs blanches, &mdash; de Sibérie, &mdash; des teinturiers.</p>
+</div>
+
+<p class="plants">* <span class="smcap">Gordonia</span> à feuilles glabres (<i>Gordonia lasianthus</i>).&mdash;Hauteur, 4
+mètres; fleurs blanches, en septembre et octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gordania</span> pubescent (<i>G. pubescens</i>).&mdash;Moins élevé que le précédent;
+fleurs blanches, en août et septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier</span> doré (<i>Ribes aureum</i>).&mdash;Hauteur, 2 à 3 mètres; fleurs
+jaunes, odorantes, en avril.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Groseillier</span> à fleurs rouges (<i>R. sanguineum</i>).&mdash;Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs d'un rose vif, en avril.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Malvaceum, &mdash; Gordonianum, &mdash; Sanguineum, &mdash;
+ Sanguineum flore pleno, &mdash; Flore albo, &mdash; Speciosum.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Halésie</span> à quatre ailes (<i>Halesia tetraptera</i>).&mdash;Hauteur; 4 à 5
+mètres; fleurs blanches, nombreuses, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page351" name="page351"></a>(p. 351)</span> <span class="smcap">Halésie</span> à deux ailes (<i>H. diptera</i>).&mdash;Cette espèce ne
+diffère de la précédente que par ses feuilles, un peu plus larges,
+et ses graines.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hydrangea japonica.</span>&mdash;Port de l'Hortensia; en août, fleurs d'un blanc
+rosé teinté de bleu; variétés à feuilles panachées de blanc; propre
+à former de charmants massifs.</p>
+
+<p class="plants">* <span class="smcap">Hydrangée</span> de Virginie (<i>Hydrangea arborescens</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre
+à 1<sup>m</sup>,33; fleurs blanches, en juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Indigofera Dosua.</span>&mdash;Cet arbuste, digne à tous égards de figurer au
+premier rang dans les massifs du jardin d'agrément, donne en mai, et
+successivement jusqu'aux gelées, de charmantes fleurs, d'un rose
+pourpre, disposées en longues grappes, semblables à celles de
+l'Acacia blanc. L'espèce nommée <i>Indigofera decora</i> est également
+recommandable par l'abondance de sa floraison.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Itea</span> de Virginie (<i>Itea Virginica</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches, en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Itea</span> à grappes (<i>I. racemiflora</i>).&mdash;Hauteur, 5 à 6 mètres; fleurs
+blanches, en juin.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Ketmie</span> des jardins, <span class="smcap">Althæa Frutex</span> (<i>Hibiscus Syriacus</i>).&mdash;Hauteur, 2
+mètres à 2<sup>m</sup>,33; en août et septembre, fleurs rouge pourpre,
+violettes ou blanches, avec onglets d'un rouge vif, suivant la
+variété.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs doubles, &mdash; à feuilles panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Leycestérie</span> élégante (<i>Leycesteria formosa</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2
+mètres; fleurs d'un blanc rosé, tout l'été; couverture pendant les
+fortes gelées.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lilas</span> commun (<i>Syringa vulgaris</i>).&mdash;Hauteur, 3 à 4 mètres; en avril
+et mai, fleurs violettes, rouges, pourpres ou blanches, suivant les
+variétés, qui sont nombreuses <span class="pagenum"><a id="page352" name="page352"></a>(p. 352)</span> maintenant, par suite des
+semis que l'on fait chaque année.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lilas</span> de Perse (<i>S. Persica</i>).&mdash;Fleurs rouges, pourpres ou blanches,
+plus petites que celles du Lilas commun.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lilas</span> Josika (<i>S. Josikæa</i>).&mdash;Fleurs de couleur violâtre, plus
+tardives que celles des autres espèces.</p>
+
+<p class="plants">* <span class="smcap">Magnolia</span> discolore (<i>Magnolia discolor</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 4
+mètres; fleurs pourpres en dehors, blanches en dedans, d'avril en
+juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> glauque (<i>M. glauca</i>).&mdash;Hauteur, 5 mètres; fleurs blanches,
+à odeur très-suave, de juillet en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Merisier</span> à grappes (<i>Cerasus Padus</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+blanches, en mai; fruits noirs.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Millepertuis</span> fétide (<i>Hypericum hircinum</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs jaunes, tout l'été.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Élevé, &mdash; Prolifique, &mdash; à feuilles oblongues, &mdash; à
+ feuilles de Kalmia, &mdash; à feuilles de Romarin.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Mûrier</span> multicaule (<i>Morus multicolis</i>).&mdash;Feuilles grandes et
+gaufrées, d'un bel effet; il craint les gelées, mais on peut le
+rabattre chaque année et couvrir le pied en hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Noisetier</span> d'Amérique (<i>Corylus Americana</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1<sup>m</sup>,65; fleurs en mars et avril; fruits petits et de peu de valeur.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles pourpres, &mdash; à feuilles laciniées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Paliure</span> porte-chapeau (<i>Paliurus aculeatus</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65;
+rameaux très-épineux; fleurs jaunes, très-petites, en juin et
+juillet; fruits d'une forme singulière.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pivoine</span> en arbre.&mdash;Toutes les Pivoines en arbre supportent <span class="pagenum"><a id="page353" name="page353"></a>(p. 353)</span>
+très-bien nos hivers avec un léger abri; mais comme elles entrent en
+végétation de très-bonne heure, il faut avoir soin de les garantir
+contre les gelées du printemps.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Athlète, &mdash; Blanche de Noisette, &mdash; Comte de Flandres,
+ &mdash; Comte de Rambuteau, &mdash; Impératrice Joséphine, &mdash; Moutan, &mdash;
+ M<sup>me</sup> de Vatry, &mdash; Triomphe de Malines.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Poincillade</span> de Gillies (<i>Poinciana Gilliesii</i>).&mdash;Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs en grappes, grandes, jaunes, étamines d'un beau
+pourpre violacé; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Potentille</span> frutescente (<i>Potentilla fruticosa</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre;
+fleurs d'un beau jaune, tout l'été.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Prunier</span> épineux, <span class="smcap">Prunellier</span> (<i>Prunus spinosa</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65;
+rameaux épineux: fleurs blanches, en mars et avril; fruits petits,
+très-acerbes. Cet arbrisseau est propre à faire des haies
+impénétrables.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs doubles, &mdash; à fleurs panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ptéléa</span> trifolié, <span class="smcap">Orme</span> à trois feuilles (<i>Ptelea
+trifoliata</i>).&mdash;Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs verdâtres, en juin.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rosiers.</span>&mdash;Ce beau genre est très-nombreux en espèces, et grâce aux
+variétés remontantes, on peut jouir maintenant une bonne partie de
+l'année de la beauté de ses charmantes fleurs. Les Rosiers aiment
+une terre franche, un peu fraîche, amendée de temps à autre avec des
+engrais consommés; on les multiplie de graines, de rejetons, de
+marcottes, de boutures et de greffes.</p>
+
+<p>1. <i>Semis.</i>&mdash;Ce mode de multiplication n'est employé que lorsqu'on
+désire avoir des variétés nouvelles. On sème les graines aussitôt
+après la maturité, soit en terrines, qu'on rentre l'hiver, soit dans
+une plate-bande au levant, en ayant soin de couvrir les semis
+pendant les gelées.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page354" name="page354"></a>(p. 354)</span> 2. <i>Rejetons.</i>&mdash;On les enlève en automne, on les met en
+jauge pour les replanter en février ou mars; ils sont d'une reprise
+facile; il n'est même pas nécessaire qu'ils aient beaucoup de
+racines; il suffit souvent d'un bon talon.</p>
+
+<p>3. <i>Marcottes.</i>&mdash;On marcotte les espèces à bois tendre par incision,
+en mai et juin, soit en pleine terre, soit dans des pots à marcotte,
+et pour les espèces à rameaux ligneux on les marcotte par cépée.
+(<i>Voyez</i> l'article <i>Marcottes</i>.)</p>
+
+<p>4. <i>Boutures.</i>&mdash;Presque tous peuvent être multipliés de boutures,
+mais sur couche et étouffées. Les Bengales et les Îles-Bourbon
+peuvent seuls se passer de ces soins.</p>
+
+<p>C'est principalement par la greffe en écusson que l'on multiplie les
+espèces qu'on veut élever à tige; on leur donne l'Églantier à fruits
+longs pour sujet, puis le Rosier Quatre-Saisons ou le Bengale
+ordinaire pour les espèces qui ont quelque affinité avec ces
+derniers, et dans le cas où l'on ne veut que des tiges peu élevées.</p>
+
+<p>On greffe les Rosiers en juillet et août, en ayant soin, comme nous
+l'avons indiqué à l'article <i>Greffes</i>, de profiter du moment où les
+sujets sont le plus en séve.</p>
+
+<p>Quant au choix des espèces, chacun doit les prendre à son goût, et
+la seule recommandation que nous ayons à faire aux personnes qui ont
+des rosiers à greffer, c'est de prendre toujours de préférence des
+espèces qui puissent supporter sans souffrir les rigueurs de nos
+hivers.</p>
+
+<p>Indépendamment des Rosiers greffés, on cultive un grand nombre de
+variétés franches de pied, avec lesquelles on forme de charmants
+massifs. Mais comme beaucoup souffrent de nos hivers, il faut, pour
+les conserver, les butter à l'approche des froids, puis les couvrir
+de feuilles ou de litière, s'il survient de fortes gelées. En
+février enfin, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on
+découvre ces Rosiers et l'on détruit les buttes. Par ce moyen, l'on
+peut <span class="pagenum"><a id="page355" name="page355"></a>(p. 355)</span> sans crainte livrer à la pleine terre toutes les
+variétés qu'on cultive ordinairement en pots.</p>
+
+<p>On peut facilement avancer la floraison des espèces, telles que
+Quatre-Saisons, du Roi, Bengale ordinaire et quelques-unes de ses
+variétés. Pour cela, il faut avoir des Rosiers plantés en pots de
+l'année précédente; on les taille en automne, et dès le mois de
+janvier on peut commencer à en forcer une partie, soit en les
+plaçant dans une serre chauffée, toujours le plus près possible des
+vitraux, ou bien sous châssis; mais alors il faut creuser une bonne
+tranchée autour du coffre; puis on élève un réchaud de fumier neuf,
+que l'on remanie plus ou moins souvent, suivant l'époque. On couvre
+les châssis la nuit, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.</p>
+
+<p>Tous les Rosiers cultivés en pleine terre fleurissent en juin; plus
+tard ceux d'espèce remontante donnent une seconde floraison; mais il
+y a nécessairement interruption entre la première et la seconde
+floraison. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit tout
+simplement de supprimer les boutons à fleurs d'un certain nombre de
+Rosiers remontants.</p>
+
+<p>Un instant arrêtés dans leur développement, ces Rosiers ne tardent
+pas à produire de nouveaux rameaux, dont les fleurs succèdent aux
+premières Roses. Vient ensuite la seconde floraison naturelle, de
+manière que par ce moyen on a des Roses pendant toute la belle
+saison.</p>
+
+<p>La culture des Rosiers n'offre rien de particulier; il suffit de les
+tailler en mars, plus ou moins court, selon leur vigueur, et pendant
+leur végétation de pincer l'extrémité des branches qui poussent trop
+vigoureusement; puis d'enlever avec soin toutes celles qui partent
+du pied ou qui se développent sur la tige.</p>
+
+<p>Pour garnir la tige des Rosiers greffés un peu haut, on peut planter
+au pied des <i>Pétunias</i> blancs et violets, ou bien <span class="pagenum"><a id="page356" name="page356"></a>(p. 356)</span> des
+<i>Gladiolus</i>, qui produisent également un bel effet. On peut aussi,
+dans le même but, semer au printemps un peu de graine de
+<i>Pied-d'alouette nain</i> entre ceux qui sont cultivés en massif.</p>
+
+<div class="type">
+ <p><b>Variétés.</b> <span class="smcap">Rosiers thés ou indica.</span>&mdash;Adam, pl. rose clair, &mdash;
+ Bougère, rose tendre, &mdash; Comte de Paris, rose très-clair, &mdash;
+ Devoniensis, blanc jaunâtre, &mdash; Duc de Magenta, rose cuivré, &mdash;
+ Louise de Savoie, jaune soufre, &mdash; Madame Bravy, blanc lég. rosé,
+ &mdash; Id. Mélanie Willermoz, blanc, centre jaunâtre, &mdash; Narcisse,
+ jaunâtre, &mdash; Pactole blanc, c&oelig;ur jaune, &mdash; Safrano, jaune
+ pass. au bl. jaunâtre, &mdash; Sombreuil, blanc lég. rosé, &mdash; Souvenir
+ d'un Ami, ou Queen Victoria, beau rose, &mdash; Vicomtesse de Cazes,
+ jaune cuivré passant au jaune pâle.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers bengale.</span>&mdash;Archiduc Charles, rose pass. au
+ cramoisi,&mdash;Camélia blanc,&mdash;Cels, multiflore, carné,&mdash;Cramoisi
+ supérieur, cramoisi vif,&mdash;Madame Bréon, beau rose,&mdash;Prince
+ Charles, cerise vif.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers noisette.</span>&mdash;Aimé Vibert, blanc pur,&mdash;Chromatella, jaune
+ pass. au jaune clair,&mdash;Desprez, rose et jaunâtre,&mdash;Lamarque,
+ blanc jaunâtre,&mdash;Madame Deslonchamps, blanc carné légèrement
+ jaunâtre,&mdash;Ophirie, aurore cuivré,&mdash;Solfatare, gr. pl. jaune
+ soufre bien prononcé,&mdash;Triomphe de Rennes, jaune canari.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers île Bourbon.</span>&mdash;Acidalie, moy. ou gr. pl. blanc léger.
+ carné,&mdash;Apolline, rose tendre fortement nuancé,&mdash;Comice de
+ Tarn-et-Garonne, carmin brillant,&mdash;Comtesse de Barbantane, blanc
+ carné,&mdash;Docteur Leprestre, rouge velouté vif,&mdash;Gloire de Dijon,
+ blanc carné à centre jaunâtre,&mdash;Guillaume le Conquérant, rose
+ clair,&mdash;Hermosa, rose tendre,&mdash;Louise Odier, rose vif,&mdash;Marquis
+ de Moyria, rose vif,&mdash;Mistriss Bosanquet, carné tendre, tr.
+ florifère,&mdash; * Monsieur Gourdau, pourpre foncée,&mdash;Paxton, rose vif
+ nuancé feu,&mdash;Reine des îles Bourbon, carné jaunâtre,&mdash;Souvenir de
+ la Malmaison, blanc légèrement carné,&mdash;Id. de l'Arquebuse, gr.
+ pl. rouge vif, cerise vif,&mdash;Victor-Emmanuel, rouge pourpre
+ variable.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers hybrides remontants.</span>&mdash;Alexandrine Bachmeteff, rouge
+ vif,&mdash;Alphonse Karr (Cherpin), rose vif,&mdash;Anna de Diesbach, beau
+ rose carm.,&mdash;Auguste Mie, rose éclatant,&mdash;Baronne Hallez de
+ Claparède, rouge vif,&mdash;Baronne Prévost, beau rose,&mdash;Caroline
+ <span class="pagenum"><a id="page357" name="page357"></a>(p. 357)</span> de Sansal, carné clair, centre rosé,&mdash;Cardinal
+ Patrizzi, rouge ébl. nuancé pourpre,&mdash;Comte de Nanteuil, rose
+ vif,&mdash;Comtesse Cécile de Chabrillant, rose vif glacé,&mdash;Cornet,
+ rose tendre,&mdash;Deuil de la reine des Belges, rouge
+ foncé,&mdash;Duchesse de Cambacérès, rose vif,&mdash;Id. d'Orléans, rose
+ hortensia,&mdash;Id. Sutherland, carné,&mdash;Empereur de Maroc, pourpre
+ velouté nuancé,&mdash;François Arago, amarante velouté
+ nuancé,&mdash;François I<sup>er</sup>, rouge cerise nuancé de rouge
+ foncé,&mdash;François Lacharme, carmin vif passant au rouge,&mdash;Géant
+ des batailles, rouge éclatant,&mdash;Général Jacqueminot, carmin
+ vif,&mdash;Id. Washington, rouge vif,&mdash;Jules Margottin, carmin clair
+ pourpre,&mdash;Lion des combats, rouge foncé nuancé de feu,&mdash;Lord
+ Raglan, centre feu vif pourpre, violet à la circonférence,&mdash;Louis
+ Bonaparte, rose vif,&mdash;Louis XIV, rouge cramoisi velouté
+ éclatant,&mdash;Louise Odier, beau rose vif,&mdash;Madame Boll, beau rose
+ vif,&mdash;Id. Charles Crapelet, rose cerise glacé,&mdash;Id. Ducher, rose
+ tend, presq. blanc,&mdash;Id. Furtado, rose carminé,&mdash;Id. Hilaire,
+ rose, revers des pet. blanc,&mdash;Id. Knorr, beau rose vif à bords
+ rose clair,&mdash;Id. Laffay, rose clair,&mdash;Id. Vidot, blanc carné
+ nuancé de rose vif,&mdash;Mère de saint Louis, blanc passant au rose
+ tr. tendre,&mdash;Pæonia, rouge cramoisi,&mdash;Pie IX, cramoisi,&mdash;Id. Léon
+ Kotschoubey, rouge vif,&mdash;Rose de la Reine, rose satiné
+ lilacé,&mdash;Sénateur Vaïsse, rouge éclatant,&mdash;Souvenir de la reine
+ d'Angleterre, beau rose vif,&mdash;Id. de Leweson, Gower, rouge foncé
+ passant au rouge clair,&mdash;Sidonie, rose,&mdash;Triomphe de
+ l'Exposition, rouge vif,&mdash;Vicomte Vigier, rouge violacé,&mdash;Victor
+ Verdier, rose nuancé de carmin vif.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers hybrides de noisette.</span>&mdash;Impératrice Eugénie, blanc lég.
+ rosé passant au blanc pur,&mdash;Virginale, blanc pur.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosier capucine.</span>&mdash;Persian yellow.</p>
+
+ <p><span class="smcap">Rosiers cent feuilles.</span>&mdash;Des peintres,&mdash;Unique
+ panachée,&mdash;Mousseuse rose,&mdash;Mousseuse blanche.</p>
+</div>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Seringa</span> odorant (<i>Philadelphus coronarius</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à
+2<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, très-odorantes, en juin; variété à feuilles
+panachées.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Inodorus, &mdash; Latifolius, &mdash; Mexicanus, &mdash;
+ Grandiflorus, &mdash; Speciosus, &mdash; Gordonianus.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Spiræa.</span>&mdash;Les <i>Spiræa</i> sont de charmants arbustes à <span class="pagenum"><a id="page358" name="page358"></a>(p. 358)</span> fleurs
+blanches ou à fleurs roses, en ombrelles, en corymbes ou en
+panicules, que l'on doit comprendre dans la composition de tous les
+massifs; ils demandent une terre légère et fraîche pour prospérer.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Ariæfolia, &mdash; Bella, &mdash; Billardi, &mdash; Callosa, &mdash;
+ Douglasi, &mdash; Eximia, &mdash; Lanceolata, &mdash; Lindleyana, &mdash; Pruuifolia,
+ &mdash; Pubescens, &mdash; Reevesi, &mdash; Salicifolia, &mdash; Fortuneii.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Staphylé</span> à feuilles ailées, <span class="smcap">Faux Pistachier</span> (<i>Staphylea
+pinnata</i>).&mdash;Hauteur 4 à 5 mètres; fleurs blanches, en avril et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Staphylé</span> à feuilles ternées (<i>S. trifoliata</i>).&mdash;Moins élevé que le
+précédent; fleurs plus grandes et d'un blanc plus pur, en mai et
+juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sumac</span> fustet (<i>Rhus cotinus</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,33 à 2 mètres; fleurs
+petites blanchâtres; pédoncules très-longs, formant un panache
+très-pittoresque.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sureau</span> à grappes (<i>Sambucus racemosa</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches, en avril et mai; baies rouges.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sureau</span> du Canada (<i>S. canadensis</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches, en juillet; baies noires.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Commun, &mdash; à feuilles argentées, &mdash; à feuilles
+ laciniées, &mdash; à feuilles rondes, &mdash; Hétérophylle.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> à petites fleurs (<i>Symphoricarpos parviflora</i>).&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; en août, fleurs petites, roses, peu apparentes;
+fruits rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> à grappes (<i>S. racemosa</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,65;
+fleurs semblables à la précédente, en août; fruits produisant un
+effet charmant.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> du Mexique (<i>S. Mexicana</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33;
+fleurs roses, tout l'été; fruits blancs, pictés de violet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page359" name="page359"></a>(p. 359)</span> <span class="smcap">Troëne</span> commun (<i>Ligustrum vulgare</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4
+mètres; fleurs blanches, en juin et juillet; baies noires. Variété à
+feuilles panachées. On en forme des bordures et des haies
+susceptibles d'être taillées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> commune (<i>Viburnum lanterna</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanches, en juillet; baies rouges, puis noires.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> obier (<i>V. <a href="#viorne">opulus</a></i>).&mdash;Même hauteur que la précédente; fleurs
+blanches, en mai; baies noires.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> stérile, <span class="smcap">Boule de neige</span> (<i>V. <a href="#viorne">stérile</a></i>).&mdash;Variété de la
+précédente; hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Weigelia rosea.</span>&mdash;Charmant arbrisseau du nord de la Chine, assez
+semblable au Seringa. En mai, fleurs roses, nombreuses et
+très-élégantes. Terre légère ordinaire.</p>
+
+<p><span class="smcap">Xanthorhize</span> à feuilles de Persil (<i>Xanthorhiza
+apiifolia</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un violet brun, en
+mars et avril.</p>
+
+<h3><span class="smcap">Section IX.</span>&mdash;Arbrisseaux et Arbustes d'ornement à feuillage
+persistant.</h3>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ajonc</span> du Népal (<i>Ulex Nepalensis</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs
+jaunes, en avril et mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Alaterne</span> (<i>Rhamnus alaternus</i>).&mdash;Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs
+jaunâtres, odorantes, en avril; variété à feuilles étroites.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées de blanc, &mdash; à feuilles panachées
+ de jaune.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Alisier</span> luisant (<i>Cratægus glabra</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 3<sup>m</sup>,33;
+fleurs petites, blanches, lavées de rose.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Glauque, &mdash; de la Chine.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page360" name="page360"></a>(p. 360)</span> <span class="smcap">Aucuba</span> du Japon (<i>Aucuba Japonica</i>).&mdash;Hauteur, 1 mètre à
+1<sup>m</sup>,33; feuilles d'un vert luisant, marbrées de jaune; fleurs
+brunes, petites en avril, nombreuses en mai et juin. Depuis
+l'introduction de l'Aucuba à fleur mâle, l'Aucuba à fleur femelle le
+seul que l'on possédait autrefois donne de nombreux fruits de
+couleur écarlate qui ajoute énormément à la valeur ornementale de ce
+charmant arbuste, l'expérience ayant prouvé qu'un seul Aucuba à
+fleur mâle suffisait pour féconder tous les Aucuba à fleur femelle
+d'une plantation; rien, n'est plus facile, comme on le voit, d'avoir
+maintenant des fruits sur tous les Aucuba de nos jardins.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buddleia Lindleyana.</span>&mdash;Arbuste rustique, propre à l'ornement des
+massifs. Tout le printemps, fleurs en épis, disposés par bouquets,
+d'un pourpre violacé.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buis</span> arborescent (<i>Buxus sempervirens</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres;
+fleurs blanches, peu apparentes, en avril; variété à feuilles
+panachées de blanc ou de jaune.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buis</span> de Mahon (<i>B. Balearica</i>).&mdash;Hauteur, 3<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en
+avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buisson</span> ardent (<i>Mespilus pyracantha</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres;
+fleurs blanches, très-nombreuses en mai et juin; fruits écarlates.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Buplèvre</span> Oreille de lièvre (<i>Buplevrum fruticosum</i>).&mdash;Hauteur,
+1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs petites, jaunes, en juillet et août.</p>
+
+<p><span class="smcap">Caroubier</span> à siliques (<i>Ceratonia siliqua</i>).&mdash;Arbre d'une taille
+moyenne, fleurs pourpre foncé, en août; silique de 0<sup>m</sup>,33 de
+longueur, contenant une pulpe rougeâtre bonne à manger; exposition
+du midi.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chêne</span> vert (<i>Quercus ilex</i>).&mdash;Ces chênes sont moins élevés que les
+chênes communs, ont les feuilles plus petites, fermes et coriaces, à
+dents plus ou moins piquantes; <span class="pagenum"><a id="page361" name="page361"></a>(p. 361)</span> ils sont sensibles aux
+froids rigoureux, et il faut les couvrir en hiver pendant leur
+jeunesse.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De la Caroline, &mdash; de la Caroline à feuilles
+ panachées, &mdash; Coccifère, &mdash; Hétérophylle, &mdash; Liége, &mdash; Yeuse.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Filaria</span> à larges feuilles (<i>Phillyrea latifolia</i>).&mdash;Hauteur, 4
+mètres; fleurs d'un blanc verdâtre, peu apparentes, en mars; baies
+noires; variété à feuilles étroites.</p>
+
+<p class="plants"><p><span class="smcap">Fusain du Japon</span> (<i>Evonymus Japonicus</i>).&mdash;Cet arbuste a produit deux
+variétés à feuilles larges bordées l'une de blanc, l'autre de jaune,
+avec lesquelles on peut composer de beaux massifs.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Houx</span> commun (<i>Ilex aquifolium</i>).&mdash;Hauteur, 6 à 8 mètres; fleurs
+petites, blanches, en mai et juin; baies rouges, jaunes ou blanches,
+suivant la variété.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Altaclarense, &mdash; Balearica, &mdash; Canadensis, &mdash;
+ Cuninghamii, &mdash; Ferox, &mdash; Flammea, &mdash; Laurifolia, &mdash; Longifolia,
+ &mdash; Marginata, &mdash; Serratifolia.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Laurier</span> cerise ou amande (<i>Cerasus laurocerasus</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5
+mètres; fleurs petites, blanches, en mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles étroites, &mdash; à feuilles panachées, &mdash; de la
+ Colchide.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Laurier</span> franc, à sauce (<i>Laurus nobilis</i>).&mdash;Hauteur, 5 à 6 mètres;
+fleurs jaunâtres, en mai; baies noires; variété à feuilles
+panachées; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Laurier</span> de Portugal, Azaréro (<i>Cerasus Lusitanica</i>).&mdash;Hauteur, 5
+mètres; fleurs petites, blanches en mai; baies noires.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Laurier</span> tin (<i>Viburnum tinus</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs
+blanches, en mars et avril; couverture l'hiver.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À larges feuilles, &mdash; à feuilles panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> en arbre (<i>Hedera arborescens</i>).&mdash;Espèce non <span class="pagenum"><a id="page362" name="page362"></a>(p. 362)</span>
+grimpante, dont on peut tirer bon parti dans la composition des
+massifs du jardin d'agrément.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Magnolia</span> à grandes fleurs (<i>Magnolia grandiflora</i>).&mdash;Grand et bel
+arbre, à fleurs blanches, odorantes. Sans être difficile sur le
+choix du terrain, le Magnolia craint l'humidité.</p>
+
+<p>On le plante en avril et mai; autrement il perd ses feuilles et
+reprend difficilement. L'espèce cultivée sous le nom de <i>Magnolia
+Oxoniensis</i> fleurit plus jeune, mais elle est plus délicate, et,
+souvent on la perd sous le climat de Paris.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mahonie</span> à feuilles de Houx (<i>Mahonia aquifolium</i>).&mdash;Hauteur, 1 à 2
+mètres; fleurs jaunes, en avril et mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Fascicularis, &mdash; Intermedia, &mdash; Nervosa, &mdash;
+ Nepalensis, &mdash; Trifoliata, &mdash; Pallida, &mdash; Darwinii, &mdash; Bealii, &mdash;
+ Fortunei, &mdash; Japonica.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Néflier</span> du Japon (<i>Mespilus Japonica</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65;
+fleurs blanches, odorantes, en automne et quelquefois en mai; il
+faut le garantir du froid pendant les hivers rigoureux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Phlomis</span> frutescent (<i>Phlomis fruticosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1
+mètre; fleur jaune éclatant, de juillet en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> en arbre (<i>Coniza halimifolia</i>).&mdash;Hauteur, 2 mètres à
+3<sup>m</sup>,33; fleurs blanches, en octobre et novembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Troëne</span> du Japon (<i>Ligustrum Japonicum</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres;
+fleurs blanches, en juin et juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; Du Népal.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Yucca</span> nain (<i>Yucca gloriosa</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; <span class="pagenum"><a id="page363" name="page363"></a>(p. 363)</span>
+en août et septembre, fleurs blanches, assez grandes et nombreuses.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Aloefolia, &mdash; Glauca, &mdash; Glaucescens, &mdash; Pendula, &mdash;
+ Filamentosa, &mdash; Flaccida.</p>
+</div>
+
+<h3><span class="smcap">Section X.</span>&mdash;Arbuste de terre de bruyère.</h3>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Andromède</span> (<i>Andromeda</i>).&mdash;Arbuste assez rustique; hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à
+1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches ou rouges, de juin en août; terre de bruyère
+fraîche, à l'exposition du nord ou du levant.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Axillaris, &mdash; Lucida, &mdash; Hendersonii, &mdash; Poliifolia,
+ &mdash; Racemosa, &mdash; Cassinefolia, &mdash; Rollisonii, &mdash; Arborea.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Arbousier</span> commun (<i>Arbutus unedo</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+blanches, de septembre en décembre; fruits rouges, charnus,
+semblables à la fraise.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Arbousier</span> andrachné (<i>A. andrachne</i>).&mdash;Plus délicat que le
+précédent; fleurs blanches, en mars et avril, fruits rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Azalée</span> (<i>Azalea à feuilles caduques</i>).&mdash;Arbrisseau très-rustique;
+hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; tout le printemps et l'été, fleurs
+charmantes, soit blanches, rouges, roses ou jaunes, suivant les
+variétés. On en cultive en pleine terre trois espèces principales,
+qui ont produit chacune un grand nombre de variétés. Nous
+indiquerons seulement les plus remarquables. Il leur faut, comme aux
+Andromèdes, une exposition ombragée.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Azalea nudiflora.</span>&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches ou rouges en
+mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Alba, &mdash; Alba plena, &mdash; Bicolor, &mdash; Blanda, &mdash; Carnea,
+ &mdash; Coccinea, &mdash; Crispa, &mdash; Incana, &mdash; Incarnata, &mdash; Mirabilis, &mdash;
+ Partita, &mdash; Purpurea, &mdash; Rosea, &mdash; Rubicunda, &mdash; Rubra, &mdash;
+ Rutilans, &mdash; Versicolor.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page364" name="page364"></a>(p. 364)</span> <span class="smcap">Azalea viscosa.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches,
+odorantes, en avril et mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Dealbata, &mdash; Fissa, &mdash; Glauca, &mdash; Odorata, &mdash;
+ Rubescens, &mdash; Serotina, &mdash; Variegata, &mdash; Vittata.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Azalea Pontica.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mai
+et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Albiflora, &mdash; Aurantiaca, &mdash; Calendulacea, &mdash; Crocea,
+ &mdash; Cuprea, &mdash; Flammea, &mdash; Grandiflora, &mdash; Ignescens, &mdash; Pallida,
+ &mdash; Speciosa, &mdash; Splendens, &mdash; Sinensis lutea, &mdash; Tricolor, &mdash;
+ Triumphans.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Daphne Cneorum</span>, <span class="smcap">Thymelée</span> des Alpes.&mdash;Tiges rampantes; fleurs rose
+foncé, d'une odeur agréable, en avril et mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs blanches, &mdash; à feuilles panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Daphne collina.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs rose tendre, à odeur suave,
+d'avril en juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Daphne Pontica.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs jaunes,
+odorantes, en mars et avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> dauphin.&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un rose pourpre, de
+novembre en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erica arborea.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 2 mètres; fleurs petites,
+blanches, en février et mars.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erica mediterranea.</span>&mdash;Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; fleurs roses, en
+mars et avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Erica multiflora.</span>&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un pourpre clair,
+d'août en octobre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fothergille</span> à feuilles d'Aune (<i>Fothergilla alnifolia</i>).&mdash;Hauteur,
+<span class="pagenum"><a id="page365" name="page365"></a>(p. 365)</span> 0<sup>m</sup>,65; fleurs petites, en épis, blanches, d'une odeur
+agréable, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Gaulthérie</span> du Canada (<i>Gaultheria procumbens</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à
+0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un rouge vif, à différentes époques; baies rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Hortensia</span> à feuilles d'obier (<i>Hortensia opulifolia</i>).&mdash;Hauteur, 1
+mètre à 1<sup>m</sup>,33; de juin en novembre; fleurs d'un rouge purpurin,
+bleues dans certains terrains; couverture d'hiver.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Kalmie</span> (<i>Kalmia</i>).&mdash;Superbe arbrisseau; hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 2 mètres;
+de mai en juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou carnées,
+suivant les variétés; terre de bruyère fraîche, à l'exposition du
+nord ou du levant.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Latifolia, &mdash; Augustifolia, &mdash; Glauca, &mdash; Oleifolia.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Menziezia</span> à feuilles de Polium (<i>Menziezia poliifolia</i>).&mdash;Tiges
+rampantes, peu élevées, fleurs pourpres, en été; variétés à fleurs
+blanches.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Prinos</span> verticillé, <span class="smcap">Apalanche</span> vert (<i>Prinos
+verticillatus</i>).&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs blanches, en
+juillet et août; fruits rouges.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Prinos</span> glabre (<i>P. glaber</i>).&mdash;Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en
+août.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rhododendrum Ponticum.</span>&mdash;Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; en mai, fleurs
+grandes, d'un pourpre violacé plus ou moins foncé. Il a produit un
+grand nombre de variétés: les plus remarquables sont:</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Album, &mdash; Bullatum, &mdash; Elegantissimum, &mdash; Guttatum, &mdash;
+ Heterophyllum, &mdash; Hyacinthæflorum, &mdash; Monstrosum, &mdash; Nivaticum,
+ &mdash; Nazarethii, &mdash; Roseum superbum, &mdash; Rubrum, &mdash; Vervaenneanum.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page366" name="page366"></a>(p. 366)</span> <span class="smcap">Rhododendrum maximum.</span>&mdash;Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs
+rose plus ou moins vif, en mai et juin; variétés.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Album, &mdash; Roseum.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rhododendrum Catawbiense.</span>&mdash;Hauteur, 1 mètre; fleurs grandes, d'un
+rose tendre, en mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Bicolor, &mdash; Purpureum, &mdash; Pardolaton, &mdash; Speciosum.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Rhododendrum arboreum.</span>&mdash;Le <i>Rhododendrum arboreum</i>, si remarquable
+par la beauté de ses fleurs, a produit plusieurs variétés qui
+peuvent être cultivées en pleine terre. Comme tous les arbustes de
+terre de bruyère, les <i>Rhododendrum arboreum</i> doivent être placés au
+nord de préférence; ils fleurissent quelque temps après ceux qui
+sont cultivés en serre, de manière que l'on peut par ce moyen avoir
+des fleurs pendant plusieurs mois.</p>
+
+<p>Les variétés suivantes ont déjà supporté plusieurs hivers en pleine
+terre sans souffrir.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Altaclanense, &mdash; Charles Truffaut, &mdash; Curninghami, &mdash;
+ Elegantissima, &mdash; Lady Warander, &mdash; Louis-Philippe, &mdash; Madame
+ Berlin, &mdash; Nobilianum, &mdash; Russelianum, &mdash; Smithi elegans, &mdash;
+ Superbissima, &mdash; Triumphans.</p>
+</div>
+
+<h3><span class="smcap">Section XI.</span>&mdash;Arbres d'ornement à feuilles caduques.</h3>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ailante</span> glanduleux, <span class="smcap">Vernis</span> du Japon (<i>Ailantus glandulosa</i>).&mdash;Arbre
+élevé, d'un beau port et d'une végétation vigoureuse; fleurs
+verdâtres, en août.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Alizier</span> à feuilles larges ou de Fontainebleau (<i>Crat&oelig;gus
+latifolia</i>).&mdash;Hauteur, 8<sup>m</sup>,33; feuilles blanchâtres en dessous;
+<span class="pagenum"><a id="page367" name="page367"></a>(p. 367)</span> fleurs blanches, en mai et juin; fruits d'un écarlate
+safrané.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Blanc, &mdash; de Laponie.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Aralie</span> épineuse (<i>Aralia spinosa</i>).&mdash;Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33; tige
+épineuse; fleurs blanches, odorantes, de mars en septembre.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Aune</span> commun (<i>Alnus communis</i>).&mdash;Arbre très-élevé, à tige ou en
+buisson, d'une végétation vigoureuse dans les terrains humides;
+fleurs en chaton, en juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles laciniées, &mdash; Argenté.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Bonduc, Chicot</span> du Canada (<i>Gymnocladus Canadensis</i>).&mdash;Arbre d'un
+beau port; fleurs blanches, en juin.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Bouleau</span> commun (<i>Betula alba</i>).&mdash;Arbre rustique très-élevé, à
+rameaux flexibles; feuillage très-léger; fleurs en chaton, en
+juillet.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles laciniées, &mdash; Noir, &mdash; à papier, &mdash;
+ Odorant.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Broussonetia, Mûrier</span> à papier (<i>Broussonetia papyrifera</i>).&mdash;Hauteur,
+5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; feuilles de différentes formes; fleurs en chatons
+grisâtres, de mars en septembre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; à feuilles en capuchon.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Catalpa</span> (<i>Bignonia Catalpa</i>).&mdash;Hauteur, 10 mètres; feuilles grandes,
+d'un beau vert; fleurs blanches, marquées de points pourpres, en
+août. Ce bel arbre mérite d'être placé isolément, afin qu'on puisse
+jouir de l'agrément de sa vue.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cerisier</span> à fleurs doubles (<i>Cerasus flore pleno</i>).&mdash;Variété du
+Cerisier commun; fleurs d'un beau blanc, en avril.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De Virginie, &mdash; à feuilles de Pêcher.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page368" name="page368"></a>(p. 368)</span> <span class="smcap">Chalef</span> à feuilles étroites, <span class="smcap">Olivier</span> de Bohême (<i>Elæagnus
+angustifolia</i>).&mdash;Hauteur, 5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; rameaux couverts d'un
+duvet blanc; feuilles blanchâtres, cotonneuses; fleurs petites,
+jaunâtres, très-odorantes, en juin et juillet.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Charme</span> commun (<i>Carpinus betulus</i>).&mdash;Arbre très-élevé et rustique;
+fleurs en chaton, de mars en mai. Planté jeune, il sert à former des
+palissades nommées charmilles; en le soumettant à une tonte
+régulière, il prend facilement toutes les formes que l'on désire. On
+place aussi dans les jardins paysagers les variétés suivantes:</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; à feuilles de Chêne, &mdash;
+ d'Amérique, &mdash; de Virginie.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Châtaignier</span> d'Amérique, <span class="smcap">Chincapin</span> (<i>Castanea Americana</i>).&mdash;Grand
+arbre, à feuilles lancéolées, bordées de dents aiguës; fleurs en
+chaton, en juillet et août.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; Hétérophylle.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Chêne</span> commun (<i>Quercus pedunculata</i>).&mdash;C'est sans contredit le plus
+bel arbre de nos forêts; il est à regretter que ses proportions
+gigantesques ne permettent pas toujours de le placer dans les
+jardins.</p>
+
+<p>Parmi les espèces de l'Europe et celles d'Amérique, il en est
+plusieurs qui méritent à tous égards d'être employées à l'ornement
+des jardins paysagers. Nous citerons les plus remarquables.</p>
+
+<div class="type">
+ <p>1. <i>Chênes d'Europe.</i>&mdash;À feuilles panachées,&mdash;À feuilles de
+ fougère,&mdash;Pyramidal,&mdash;Chevelu,&mdash;Chevelu à feuilles panachées.</p>
+
+ <p>2. <i>Chênes d'Amérique.</i>&mdash;Blanc,&mdash;À très-gros
+ fruits,&mdash;Bicolore,&mdash;Rouge,&mdash;Des montagnes,&mdash;Des
+ marais,&mdash;Quercitron,&mdash;Cocciné,&mdash;À feuilles de Saule.</p>
+</div>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Clavalier</span> à feuilles de Frêne (<i>Xanthoxylum fraxineum</i>).&mdash;Hauteur, 4
+mètres; rameaux épineux, fleurs <span class="pagenum"><a id="page369" name="page369"></a>(p. 369)</span> peu apparentes, en mars et
+avril; capsules d'un beau rouge.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Coignassier</span> de la Chine (<i>Cydonia Sinensis</i>).&mdash;Arbre de moyenne
+grandeur; feuilles lisses; fleurs roses, odorantes, en avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cornouiller</span> mâle (<i>Cornus mas</i>).&mdash;Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs
+jaunes, petites, en février; baies rouges ou jaunes, suivant la
+variété.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cornouiller</span> à grandes fleurs (<i>C. florida</i>).&mdash;Hauteur, 10 mètres;
+fleurs jaunes, petites, en mai; baies rouges.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cytise</span> des Alpes, <span class="smcap">Faux ébénier</span> (<i>Cytisus laburnum</i>).&mdash;Hauteur, 5
+mètres, à tige ou en buisson; rameaux longs et pendants; fleurs
+jaunes, nombreuses, en mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Odorant, &mdash; Pleureur, &mdash; à feuilles de Chêne, &mdash;
+ d'Adam.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Épine</span> blanche, <span class="smcap">Aubépine</span> (<i>Mespilus oxyacantha</i>).&mdash;Hauteur, 6 mètres
+à 6<sup>m</sup>,65; rameaux épineux; fleurs blanches, très-odorantes, en mai;
+fruits rouges ou jaunes. Élevée en buisson, on en forme des haies
+très-solides.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À fleurs blanches doubles, &mdash; à fleurs roses simples,
+ &mdash; à feuilles panachées, &mdash; Parasol.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Épine</span> d'Espagne, <span class="smcap">Azerolier</span> (<i>M. Azarolus</i>).&mdash;Plus élevée que la
+précédente; fleurs blanches, en juin; fruits en pomme, rouges ou
+jaunes, ou en poire, selon la variété.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Épine</span> ergot de coq (<i>M. crus galli</i>).&mdash;Hauteur, 6<sup>m</sup>,65; rameaux
+garnis d'épines semblables aux ergots de coq; fleurs blanches, en
+mai et juin; fruits d'un beau rouge.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Érable</span> sycomore (<i>Acer pseudo-platanus</i>).&mdash;Arbre très-élevé;
+feuilles palmées; fleurs jaunâtres, en avril et mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Érable</span> negundo (<i>A. negundo</i>).&mdash;Grand arbre à rameaux <span class="pagenum"><a id="page370" name="page370"></a>(p. 370)</span>
+roides et cassants; écorce d'un vert lisse; fleurs vertes, petites,
+en avril. Variété à feuilles panachées de blanc.</p>
+
+<p>Rien ne peut donner une idée exacte de l'effet que produit un massif
+de Negundo à feuilles panachées de blanc, dans lequel on place
+quelques plantes annuelles à feuilles rouges.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Érable</span> jaspé (<i>A. Pensylvanicum</i>).&mdash;Arbre de moyenne grandeur;
+feuilles larges, arrondies; écorce d'un vert glauque strié de lignes
+blanches; fleurs verdâtres, en mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Érable</span> rouge (<i>A. rubrum</i>).&mdash;Grand et bel arbre; feuilles dentées,
+blanches en dessous; fleurs rouges, en avril et mai; fruits rouges.</p>
+
+<p>Érables japonais <i>ornatum</i>, <i>Friederici Guillelmi</i> et
+<i>sanguineum</i> sont de charmants arbres à feuilles ornementales dignes
+de figurer dans tous les jardins d'agrément.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Févier</span> d'Amérique, <span class="smcap">Acacia</span> triacanthos (<i>Gleditschia
+triacanthos</i>).&mdash;Hauteur, 10 à 12 mètres; épines nombreuses, souvent
+très-longues; fleurs peu apparentes, d'un blanc sale, en mai et
+juin; gousse très-longue.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Sans épines, &mdash; Pleureur.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Févier</span> de la Chine (<i>G. Sinensis</i>, <i>G. horrida</i>).&mdash;Hauteur, 10 à 12
+mètres; épines nombreuses, en fuseau; fleurs verdâtres, en juin et
+juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Févier</span> de la mer Caspienne (<i>G. Caspica</i>).&mdash;Arbre élevé, à épines
+très-longues et recourbées.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Frêne</span> commun (<i>Fraxinus excelsior</i>).&mdash;Arbre très-élevé, à feuillage
+léger; fleurs jaunâtres, en avril et mai. On en cultive plusieurs
+variétés, toutes propres à la décoration des jardins paysagers.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page371" name="page371"></a>(p. 371)</span> <span class="smcap">Frêne</span> à fleurs (<i>F. ornus</i>).&mdash;Hauteur, 10 mètres; feuilles
+d'un vert foncé; fleurs blanches, en mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Argentea, &mdash; Aurea, &mdash; Pendula, &mdash; Scolopendrifolia,
+ &mdash; Jaspid&oelig;a, &mdash; Americana, &mdash; Juglandifolia, &mdash; Sambucifolia,
+ &mdash; Latifolia, &mdash; Variegata.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Ginkgo biloba</span>, <span class="smcap">Arbre</span> aux Quarante-Écus (<i>Salisburia
+adiantifolia</i>).&mdash;Arbre très-élevé, à port pyramidal, remarquable
+pour la forme de ses feuilles; fleurs jaunâtres, en chaton; fruits
+semblables à de petites prunes; amandes bonnes à manger.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Hêtre</span> commun (<i>Fagus sylvatica</i>).&mdash;Grand et bel arbre très-rustique;
+fleurs en chaton, en avril et mai; fruit nommé faîne, ayant la
+saveur de la noisette, et dont on retire une huile très-estimée.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Pleureur, &mdash; à feuilles pourpres, &mdash; à feuilles
+ enivrées, &mdash; à feuilles panachées, &mdash; à feuilles de fougère, &mdash; à
+ feuilles crispées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">K&oelig;lreuteria</span> paniculé, <span class="smcap">Savonnier</span> (<i>K&oelig;lreuteria
+paniculata</i>).&mdash;Arbre de moyenne grandeur; port agréable; fleurs d'un
+beau jaune, de juin en août.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Liquidambar</span> copal (<i>Liquidambar styraciflua</i>).&mdash;Hauteur, 10 à 12
+mètres; feuilles palmées; fleurs verdâtres, odorantes, au printemps.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Liquidambar</span> imberbe (<i>L. imberbe</i>).&mdash;Même hauteur que le précédent,
+mais plus rustique.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Maclure</span> épineux (<i>Maclura aurantiana</i>).&mdash;Bel arbre à rameaux
+épineux; fleurs verdâtres, en chaton, en juin et juillet; fruits
+verts, sphériques, à écorce rude.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> acuminé (<i>Magnolia acuminata</i>).&mdash;Arbre très élevé,
+rustique; feuilles très-grandes; fleurs d'un jaune verdâtre, larges
+de 0<sup>m</sup>,10, en mai et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page372" name="page372"></a>(p. 372)</span> <span class="smcap">Magnolia</span> à feuilles en c&oelig;ur (<i>M. cordata</i>).&mdash;Cette
+espèce a beaucoup de rapport avec la précédente.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> auriculé (<i>M. auriculata</i>).&mdash;Hauteur, 10 mètres; fleurs
+grandes, blanches, odorantes, en avril et mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> glauque (<i>M. glauca</i>).&mdash;Hauteur, 5 mètres; très-rustique;
+feuilles d'un vert glauque en dessous; fleurs blanches, odorantes,
+de juillet en septembre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> de Thompson (<i>M. Thompsoniana</i>).&mdash;Tige pyramidale; fleurs
+blanches, larges de 0<sup>m</sup>,15.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> à grandes feuilles (<i>M. macrophylla</i>).&mdash;Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à
+10 mètres; feuilles de 0<sup>m</sup>,65 de long; fleurs blanches, larges de
+0<sup>m</sup>,15.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> Yulan (<i>M. conspicua</i>).&mdash;Hauteur, 10 à 12 mètres; feuilles
+de 0<sup>m</sup>,20 de long; fleurs blanches, odorantes, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> parasol (<i>M. umbella</i>).&mdash;Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à 10 mètres;
+feuilles de 0<sup>m</sup>,50 de long; fleurs grandes, blanches, en mai et
+juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> de Soulange (<i>M. Soulangeana</i>).&mdash;Hauteur, 3 à 4 mètres;
+fleurs odorantes, blanches en dedans, pourpres en dessus, en avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> d'Inde (<i>Æsculus hippocastanum</i>).&mdash;Bel arbre, très-élevé
+et rustique; fleurs blanches, panachées de rouge, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> rubicond (<i>Æ. rubicunda</i>).&mdash;Moins élevé que le précédent;
+feuillage plus vert; fleurs d'un beau rouge, en mai et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> Pavier jaune (<i>Pavia lutea</i>, <i>Æsculus flava</i>).&mdash;Arbre
+<span class="pagenum"><a id="page373" name="page373"></a>(p. 373)</span> moins élevé que le Marronnier d'Inde; fleurs d'un jaune
+pâle, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> rouge (<i>P. rubra</i>).&mdash;Hauteur, 5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; fleurs
+d'un beau rouge foncé, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> de l'Ohio (<i>P. Ohiotensis</i>).&mdash;Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à 8<sup>m</sup>,33;
+fleurs blanches, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> à longs épis (<i>P. macrostachya</i>).&mdash;Fleurs blanches,
+odorantes, en juillet et août; fruits petits, bons à manger.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> de deux couleurs (<i>P. dicolor</i>).&mdash;Arbre peu élevé; fleurs
+rouges et jaunes, en mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Micocoulier</span> de Provence (<i>Celtis australis</i>).&mdash;Arbre d'un beau port;
+fleurs petites, verdâtres, en mai; fruits noirs.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De Tournefort, &mdash; à feuilles en c&oelig;ur, &mdash; de
+ Virginie, &mdash; du Mississipi.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mûrier</span> blanc (<i>Morus alba</i>).&mdash;Arbre d'un port agréable, digne de
+figurer dans les jardins paysagers; fleurs en chaton, en juin; baies
+blanchâtres.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Rouge du Canada, &mdash; Moretti.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Néflier</span> parasol (<i>Mespilus linearis</i>).&mdash;Cet arbrisseau étend ses
+branches latéralement, et, greffé en tête sur l'Épine blanche, il
+est très-propre à former de belles allées couvertes; fleurs
+blanches, en mai et juin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Noisetier</span> du Levant (<i>Corylus colurna</i>),&mdash;Arbre très-élevé; port
+pyramidal; fleurs en chaton, en mars et avril; fruits petits,
+aplatis.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Noisetier</span> de Byzance (<i>C. Byzantina</i>).&mdash;Semblable au précédent, mais
+un peu moins élevé.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page374" name="page374"></a>(p. 374)</span> <span class="smcap">Noyer</span> noir d'Amérique (<i>Juglans nigra</i>).&mdash;Arbre très-élevé,
+d'une végétation vigoureuse; fleurs en chaton, en avril et mai;
+fruits petits, ronds, à coque très-dure.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Cendré, &mdash; Blanc, &mdash; à feuilles de Frêne, &mdash;
+ Hétérophylle.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Orme</span> commun (<i>Ulmus campestris</i>).&mdash;Arbre très-élevé, remarquable par
+sa rusticité; fleurs blanchâtres, en faisceau écailleux, en avril.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Orme</span> à feuilles étroites (<i>U. stricta</i>).&mdash;Variété du précédent; on
+en forme des palissades très-rustiques.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À larges feuilles, &mdash; à feuilles panachées, &mdash;
+ Pleureur, &mdash; Pyramidal.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Orme</span> d'Amérique (<i>U. Americana</i>).&mdash;Arbre plus élevé que l'Orme
+commun; rameaux rougeâtres, recourbés vers leur extrémité.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Paulownia imperialis.</span>&mdash;Arbre du Japon, introduit en 1834; port du
+Catalpa; végétation remarquable; feuilles très-grandes, surtout chez
+les jeunes individus; fleurs bleues, en avril. Pour jouir de toute
+la beauté de son feuillage, il faudrait le rabattre chaque année,
+afin d'avoir de jeunes rameaux, sur lesquels les feuilles sont
+toujours beaucoup plus larges.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pêcher</span> à fleurs doubles (<i>Amygdalus Persica flore pleno</i>).&mdash;Arbre
+admirable pendant sa floraison, qui a lieu en mars et avril; on
+l'élève à tige ou en buisson.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Alba plena, &mdash; Rubra plena, &mdash; Versicolor, &mdash; Flore
+ pleno, &mdash; Camelliæflora, &mdash; Dianthiflora.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Peuplier</span> (<i>Populus</i>).&mdash;Tous les Peupliers sont des arbres élevés et
+d'une végétation rapide; ils se plaisent dans les terrains humides
+et sont propres à la décoration des jardins paysagers; les plus
+remarquables sont:</p>
+
+<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page375" name="page375"></a>(p. 375)</span> <b>Variétés.</b>&mdash;Nivea, &mdash; Angulata, &mdash; Balsamifera, &mdash;
+ Canadensis, &mdash; Pyramidalis, &mdash; Grandidentata, &mdash; Heterophylla, &mdash;
+ Ontariensis, &mdash; Tremula, &mdash; Molinifera.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Planera crenata</span>, Orme de Sibérie.&mdash;Tout aussi rustique que l'orme
+commun, avec lequel il a beaucoup de rapport, le <i>Planera crenata</i>
+a, sur ce dernier, l'avantage de ne jamais être attaqué par les
+insectes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Plaqueminier lotus</span> ou d'Italie (<i>Diospyros lotus</i>).&mdash;Hauteur, 8<sup>m</sup>,33
+à 10 mètres; feuilles lancéolées, d'un beau vert; fleurs verdâtres,
+peu apparentes, en juin et juillet; fruits jaunâtres, bons à manger.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Plaqueminier</span> de Virginie (<i>D. Virginiana</i>).&mdash;Plus élevé que le
+précédent; fruits bons à manger.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Platane</span> d'Orient (<i>Platanus orientalis</i>).&mdash;Arbre très-élevé, d'un
+beau port; feuilles palmées; fleurs en chaton globuleux, en avril et
+mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Platane</span> d'Occident (<i>P. occidentalis</i>).&mdash;Port du précédent;
+seulement il a les feuilles plus larges.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles d'Érable, &mdash; à feuilles laciniées, &mdash;
+ Ondulé, &mdash; Étoilé.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Poirier</span> à fleurs doubles (<i>Pyrus communis flore pleno</i>).&mdash;Variété du
+poirier commun; hauteur, 4 mètres; fleurs blanches doubles, en
+avril.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Poirier</span> cotonneux (<i>P. Polveria</i>).&mdash;Hauteur, 5 mètres; feuille et
+rameaux couverts d'un duvet blanc; fleurs blanches, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> à fleurs doubles (<i>Malus communis flore pleno</i>).&mdash;Variété du
+Pommier commun; hauteur, 4 mètres, fleurs blanc rosé, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> baccifère ou de Sibérie (<i>M. Baccata</i>).&mdash;Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page376" name="page376"></a>(p. 376)</span>
+2<sup>m</sup>,65; fleurs grandes, d'un blanc rosé, en avril; fruits rouges, en
+forme de baie.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> de la Chine ou à bouquets (<i>M. spectabilis</i>).&mdash;Hauteur, 4
+mètres, fleurs d'un beau carmin avant leur épanouissement, puis
+blanc lavé de rose, en mai; fruits très-petits.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> toujours vert (<i>Malus sempervirens</i>).&mdash;Feuilles presque
+persistantes; fleurs d'un beau rose avant leur épanouissement, puis
+presque blanches, en mai.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> odorant (<i>M. coronaria</i>).&mdash;Fleurs grandes, d'un beau blanc,
+odorantes, en mai.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Prunier</span> à fleurs doubles (<i>Prunus flore pleno</i>).&mdash;Variété du Prunier
+commun, cultivée pour la beauté de ses fleurs.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Sinensis alba plena, &mdash; Sinensis rosea plena, &mdash;
+ Trilobata, &mdash; Blanc.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Prunier</span> mirobolan (<i>P. mirobolana</i>).&mdash;On en cultive deux variétés,
+l'une à fruits rouges, l'autre à fruits jaunes.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Robinier</span> blanc, Acacia blanc (<i>Robinia pseudo-acacia</i>).&mdash;Arbre
+élevé, à feuillage élégant; rameaux épineux; fleurs blanches,
+très-odorantes, en mai et juin.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Pyramidalis, &mdash; Pendula, &mdash; Flore luteo, &mdash; Am&oelig;na,
+ &mdash; Decaisneana, &mdash; Les variétés sans épines, cultivées sous le
+ nom de Spectabilis, Inermis, Crispa, sortent également du
+ Robinier blanc.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Robinier</span> visqueux (<i>R. viscosa</i>).&mdash;Port de l'Acacia blanc; arbre
+épineux dans sa jeunesse; rameaux visqueux; fleurs rose pâle, en
+juin et juillet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Robinier</span> rose (<i>R. hispida</i>).&mdash;Hauteur, 4 mètres; rameaux <span class="pagenum"><a id="page377" name="page377"></a>(p. 377)</span>
+très-cassants, couverts de poils rougeâtres; fleurs d'un beau rose,
+de juin en août. En le greffant rez terre, il forme un charmant
+arbrisseau.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Saule</span> pleureur (<i>Salix Babylonica</i>).&mdash;Arbre d'un aspect
+très-pittoresque; rameaux longs et flexibles, pendants jusqu'à
+terre; feuilles lancéolées; fleurs en chaton, en avril et mai.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles de laurier, &mdash; à feuilles de Romarin, &mdash;
+ Argenté, &mdash; En anneau.</p>
+
+<p>Tous les saules peuvent être placés avantageusement dans les jardins
+paysagers: ils se plaisent particulièrement dans les terrains
+humides.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sophora</span> du Japon (<i>Sophora Japonica</i>).&mdash;Grand et bel arbre; feuilles
+d'un vert foncé; rameaux un peu pendants; fleurs blanchâtres, en
+juillet. Variété à rameaux pendants.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sorbier</span> des oiseleurs (<i>Sorbus aucuparia</i>).&mdash;Hauteur, 5 à 6 mètres;
+rameaux longs et souvent pendants; fleurs blanches, en mai; fruits
+d'un beau rouge.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sorbier</span> domestique (<i>S. domestica</i>).&mdash;Beaucoup plus élevé que le
+précédent; fleurs blanches en mai; fruits pyriformes, rougeâtres.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Hybride, &mdash; d'Amérique, &mdash; à feuilles de Sureau.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tilleul</span> d'Europe (<i>Tilia Europæa</i>).&mdash;Arbre élevé et rustique; port
+pyramidal. Cet arbre se couvre de feuilles dès les premiers jours du
+printemps, mais il les perd beaucoup plus tôt que tous les autres.
+On l'emploie pour former les avenues. Il est facile à diriger et
+peut être soumis à une tonte régulière. Fleurs blanchâtres,
+odorantes, de mars en juin.</p>
+
+<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page378" name="page378"></a>(p. 378)</span> <b>Variétés.</b>&mdash;Corail, &mdash; Pleureur, &mdash; à feuilles laciniées,
+ &mdash; à feuilles panachées.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tilleul</span> argenté (<i>T. argentea</i>).&mdash;Port du Tilleul d'Europe,
+seulement un peu moins élevé; feuilles d'un vert foncé en dessus,
+planches et cotonneuses en dessous.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tilleul</span> d'Amérique (<i>T. Americana</i>).&mdash;Arbre très élevé; feuilles
+très-grandes et dentées.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Tulipier</span> de Virginie (<i>Liriodendron tulipifera</i>).&mdash;Arbre d'un beau
+port, remarquable par la forme de ses feuilles et par ses fleurs,
+d'un jaune verdâtre mêlé de rouge, semblables à une Tulipe pour la
+forme et la grandeur; fleurs en juin et en juillet. La plantation
+des Tulipiers ne doit avoir lieu qu'au printemps, et il faut éviter,
+autant que possible, de couper aucune branche, car les amputations
+leur sont très-nuisibles, surtout pendant leur jeunesse.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles entières, &mdash; à fleurs jaunes.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Virgilier</span> à bois jaune (<i>Virgilia lutea</i>).&mdash;Hauteur, 10 mètres
+environ; fleurs blanches très-belles, en juin.</p>
+
+
+<h3><span class="smcap">Section XII.</span>&mdash;Arbres résineux.</h3>
+
+<p>Les arbres résineux, vulgairement nommés arbres verts, doivent être
+plantés jeunes et de préférence en avril et en mai, époque où ils
+commencent à végéter. Si l'on se trouvait forcé de planter en
+automne, il faudrait le faire dès la fin de septembre; autrement on
+risque de perdre un grand nombre de sujets.</p>
+
+<p>Les Ifs, les Thuias et le Sequoia sempervirens peuvent être taillés;
+quant aux autres, on doit éviter de les couper; et si jamais il
+devenait nécessaire de supprimer quelques branches, il faudrait les
+couper à quelques centimètres <span class="pagenum"><a id="page379" name="page379"></a>(p. 379)</span> de la tige, afin d'éviter
+une perte de séve, toujours préjudiciable.</p>
+
+<p>On multiplie les arbres verts de graines, semées en avril, ou par la
+greffe herbacée, en leur donnant pour sujets les variétés les plus
+ordinaires.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Araucaria imbricata.</span>&mdash;Arbre d'une forme pyramidale, très-gracieux;
+rameaux couverts de feuilles lancéolées, piquantes au sommet.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cèdre</span> du Liban (<i>Cedrus Libani</i>).&mdash;Arbre très-élevé, pyramidal;
+rameaux horizontaux; cônes ovales oblongs, sans aspérités. On doit
+toujours le planter isolément, afin de jouir de son effet
+majestueux.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cèdre deodora</span> (<i>Cedrus deodora</i>).&mdash;Cet arbre, si remarquable par ses
+rameaux pendants et le beau vert glauque de ses feuilles, est d'une
+croissance rapide et susceptible d'atteindre une grande élévation.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Cryptomeria Japonica.</span>&mdash;Cet arbre diffère essentiellement des autres
+arbres verts, par ses feuilles et la disposition de ses rameaux.
+Pour jouir de toute la beauté des Cryptomeria, il faut les planter
+isolément.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Cyprès</span> (<i>Cupressus</i>).&mdash;Ces arbres, d'un vert peu sombre, conviennent
+tous au jardin d'agrément; on les plante en lignes ou isolément,
+suivant la forme qu'ils affectent. Seul, le Cupressus disticha exige
+un terrain frais pour prospérer.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Sempervirens (pyramidal), &mdash; Funebris, &mdash; Lawsoniana,
+ &mdash; Lambertiana, &mdash; Disticha (chauve).</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Genévrier</span> commun (<i>Juniperus communis</i>).&mdash;Arbrisseau de 4 à 5 mètres
+de hauteur; rameaux diffus, feuilles piquantes; baies sphériques,
+d'un bleu noirâtre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;De Virginie, &mdash; d'Orient.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="pagenum"><a id="page380" name="page380"></a>(p. 380)</span> <span class="smcap">If</span> commun. (<i>Taxus baccata</i>).&mdash;Arbre rustique, très-rameux;
+baies rouges. On peut lui faire prendre différentes formes, en le
+tondant annuellement.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À feuilles panachées, &mdash; Pyramidal.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Mélèze</span> d'Europe (<i>Larix Europæa</i>).&mdash;Arbre très-élevé, d'une forme
+pyramidale; branches horizontales; feuilles caduques; cônes
+très-petits.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;À rameaux pendants, &mdash; Noir d'Amérique.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Pins</span> (<i>Pinus</i>).&mdash;Arbres très-élevés, rustiques, toujours verts,
+précieux pour l'ornement des jardins paysagers; on les place
+isolément ou par groupes, et leur nuance sombre contraste
+agréablement avec le feuillage des autres arbres.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Sylvestris (d'Écosse), &mdash; Laricio (de Corse), &mdash;
+ Austriaca, &mdash; Benthamiana, &mdash; Lambertiana, &mdash; Pinaster, &mdash;
+ Ponderosa, &mdash; Pyrenaica, &mdash; Strobus, &mdash; Sabiniana.</p>
+</div>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sapins</span> (<i>Abies</i>).&mdash;Les Sapins sont généralement des arbres de haute
+taille; ils diffèrent des Pins par leur forme pyramidale. Tous
+peuvent être cultivés dans les grands jardins.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Alba (Sapinette blanche), &mdash; Excelsa (Épicéa), &mdash;
+ Canadensis (Hemlock), &mdash; Cephalonica, &mdash; Cilicica, &mdash; Balsamea
+ (Baumier), &mdash; Douglasii, &mdash; Morinda, &mdash; Nobilis, &mdash; Nordmanniana,
+ Pectinata (S. argenté), &mdash; Pinsapo.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Sequoia sempervirens</span> (<i>Taxodium sempervirens</i>).&mdash;Grand et bel arbre
+de la Californie, d'une croissance rapide et d'une grande rusticité.
+On peut laisser le Sequoia s'élever naturellement, ou bien le
+tailler comme les Ifs, qualités essentielles, qui doivent le faire
+rechercher avec empressement.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Sequoia gigantea</span> (<i>Wellingtonia gigantea</i>).&mdash;Également <span class="pagenum"><a id="page381" name="page381"></a>(p. 381)</span>
+originaire de la Californie, cet arbre est susceptible d'acquérir
+des proportions gigantesques.</p>
+
+<p>Pour produire tout son effet, il doit être cultivé isolément.</p>
+</div>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Thuia</span> du Canada (<i>Thuia occidentalis</i>).&mdash;Hauteur, 8<sup>m</sup>,33; cime
+pyramidale; branches verticales; feuilles plates, imbriquées, d'un
+beau vert.</p>
+
+<div class="plants">
+<p><span class="smcap">Thuia</span> de la Chine (<i>T. orientalis</i>).&mdash;Plus élevé que le précédent;
+branches flexibles, feuillage vert roussâtre.</p>
+
+<p class="type"><b>Variétés.</b>&mdash;Aurea, &mdash; Pendula, &mdash; Gigantea, &mdash; Lobbii.</p>
+</div>
+
+<h2>CHAPITRE XVI<br>
+<span class="smaller">Destruction des animaux nuisibles.</span></h2>
+
+<p>Le potager, le verger et le jardin d'agrément sont, trop fréquemment
+pour l'horticulteur, exposés aux ravages des oiseaux, des petits
+mammifères et des insectes, qui, à toutes les époques de leur vie,
+depuis leur sortie de l'&oelig;uf jusqu'à leur métamorphose, vivent aux
+dépens des végétaux que nous élevons pour notre utilité ou pour
+notre agrément. Des piéges, des boulettes empoisonnées servent à la
+destruction des petits rongeurs tels que souris, rats, loirs,
+lérots, etc. Des piéges, des épouvantails et quelques coups de fusil
+éloignent les oiseaux; mais le cultivateur doit savoir distinguer
+ses amis et ses ennemis, et excepter de cette proscription les
+fauvettes et autres becs fins, les hirondelles et les oiseaux
+insectivores, qui à toutes les époques de l'année vivent d'insectes,
+et l'hiver de graines ou de quelques petites baies restées sur les
+buissons. À l'époque de l'éducation des petits, les moineaux et les
+autres granivores détruisent une quantité prodigieuse d'insectes, et
+on doit les ménager pendant cette <span class="pagenum"><a id="page382" name="page382"></a>(p. 382)</span> saison; c'est vers
+juillet qu'il faut commencer à leur faire une chasse impitoyable.</p>
+
+<p>Quant aux insectes, qui sont si nombreux, et qui par leur
+multiplicité et leur petitesse échappent à nos moyens de
+destruction, le nombre en est bien diminué, il est vrai, par la
+chasse active que leur font les oiseaux; mais leur multiplication
+est si rapide, qu'ils bravent ces mauvaises chances et semblent n'en
+devenir que plus incommodes. Il a été proposé un grand nombre de
+moyens pour les faire disparaître, mais peu d'entre eux réussissent;
+et de tous ceux qu'on a employés, la recherche attentive et
+persévérante est sans contredit le plus long, mais le plus certain.
+On élève dans les jardins des hérissons, des tortues de terre, de
+petits oiseaux de nuit, la chevêche, entre autres, qui dévorent une
+grande quantité d'insectes, et de tous ce sont les derniers qui en
+détruisent le plus; leur utilité est d'autant plus grande qu'ils ne
+chassent que la nuit, et c'est surtout à cette époque de la journée
+que beaucoup d'insectes exercent leurs ravages. Nous conseillons
+donc aux horticulteurs d'avoir dans leur jardin un de ces animaux,
+qui ne coûtent rien et rendent de grands services. Il faut aussi se
+garder de détruire les chauves-souris, qui ne se nourrissent que de
+papillons crépusculaires et de phalènes.</p>
+
+<p>Il est bien aussi quelques insectes qui, tels que les coccinelles ou
+bêtes à bon Dieu, les syrphes, les calosomes, les ichneumons et les
+sphex, détruisent un grand nombre d'insectes et de chenilles: ainsi
+les coccinelles, les syrphes mangent les pucerons, et on peut les
+laisser se multiplier sans crainte; mais il arrive souvent que
+certains insectes carnassiers deviennent nuisibles à leur tour quand
+ils n'ont plus rien à manger. Les ichneumons, les sphex et les
+syrphes doivent en être exceptés: ils sont toujours utiles et ne
+nuisent jamais. On peut encore compter les <span class="pagenum"><a id="page383" name="page383"></a>(p. 383)</span> épéires
+(araignées de jardin) parmi les animaux qui rendent de grands
+services.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Abeilles, Guêpes.</span>&mdash;Les fruits mûrs sont souvent attaqués par ces
+insectes, qui causent des dégâts considérables dans les espaliers.
+On les détruit en suspendant aux branches de petites fioles remplies
+d'eau miellée, dans lesquelles ils viennent se noyer; on recherche
+les nids de guêpes, et l'on asphyxie leurs habitants par la fumée de
+soufre ou par l'eau bouillante.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Acarus</span>, vulgairement appelé la <i>grise</i>.&mdash;Au nombre des causes de
+destruction des arbres de nos vergers, il faut compter, comme une
+des plus dangereuses, les piqûres de l'acarus, qui attaque les
+pêchers et les fait périr. Il s'attache sous les feuilles, en suce
+le parenchyme, et, malgré sa petitesse, il est si multiplié, qu'il
+tue l'arbre le plus vigoureux. Le soufre en poudre, appliqué après
+un bassinage, est le remède le plus efficace que l'on puisse
+employer pour détruire la grise du pêcher. Les Melons, les
+Concombres, les Fèves et les Choux attaqués par cette arachnide
+peuvent être également traités par le même moyen.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Araignées.</span>&mdash;Si la grosse araignée est inoffensive, il n'en est pas
+de même des petites, qui courent rapidement sur le sol: elles
+attaquent les jeunes semis, particulièrement ceux des carottes, en
+piquent la tige, en sucent la séve et les font périr. On les éloigne
+en répandant de la suie en poudre sur la terre, et, quand le temps
+le permet, on fait des bassinages.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Courtilières.</span>&mdash;Ces insectes, qui sont fort gros, et par ce moyen
+faciles à découvrir, font de grands ravages dans les plantes
+potagères, et plus particulièrement dans les couches. Les divers
+moyens de destruction indiqués <span class="pagenum"><a id="page384" name="page384"></a>(p. 384)</span> sont d'arroser la terre
+avec une eau chargée de savon noir ou d'huile, de planter en terre
+des pots à demi pleins d'eau dans la direction des galeries des
+courtilières, afin de les y noyer. Les jardiniers les écrasent
+simplement à mesure qu'ils les trouvent en retournant les couches,
+et leur livrent de petits tas de fumier dans lesquels elles viennent
+se nicher.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Chenilles</span> et <span class="smcap">Larves</span>.&mdash;Dans les vergers, l'échenillage attentif est
+un des moyens les plus infaillibles, car il détruit à la fois les
+&oelig;ufs et les générations suivantes; et si quelques nids échappent,
+il faut, comme le conseille M. Samuel Curtis, habile amateur
+anglais, saupoudrer les arbres avec de la chaux vive au moment où
+les feuilles commencent à se développer, et avant l'épanouissement
+des fleurs.</p>
+
+<p>M. le docteur Bailly dit aussi qu'on peut facilement détruire les
+chenilles, lorsqu'elles sont rassemblées, en les aspergeant, à
+l'aide d'un balai, avec de l'eau mêlée de savon noir: il paraît
+qu'aussitôt touchées elles sont instantanément frappées de mort; il
+dit même que l'acide prussique n'agit pas avec plus de promptitude.</p>
+
+<p>Les larves des insectes du genre <i>Tenthrède</i> font le désespoir des
+amateurs de Rosiers: elles attaquent, de concert avec les autres
+ennemis de cet arbuste, les jeunes rameaux, et font avorter la
+fleur. C'est au printemps, dans le mois d'avril, qu'il faut
+s'attacher à les détruire. L'époque de la journée la plus favorable
+est le matin, avant qu'elles aient commencé à se disperser; il faut
+les chercher dans l'extrémité des rameaux, qui sont gonflés par leur
+présence, et les écraser par la pression, ou bien même fendre la
+branche avec la pointe d'un canif et en extraire la larve. Quand le
+mal est trop avancé, il faut couper les rameaux malades.</p>
+
+<p>Les larves de l'<i>Hylotoma rosæ</i> rongent les feuilles des Rosiers, il
+est facile de les détruire en les écrasant.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page385" name="page385"></a>(p. 385)</span> Quant aux chenilles qui dévorent les plantes potagères et
+se tiennent cachées sous les feuilles des plantes ou dans la terre,
+il faut, après les autres moyens naturels de destruction, essayer
+pour les tuer les décoctions de suie et de brou de noix, mais
+compter plus encore sur la recherche qu'on en fait. Les
+horticulteurs attentifs devront détruire sans pitié tous les
+papillons, qui sont les propagateurs des ennemis de leurs récoltes.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Fourmis.</span>&mdash;L'incommodité de ces petits insectes est bien connue: ils
+nuisent aux racines en soulevant la terre dans laquelle ils
+pratiquent leur demeure; ils attaquent les feuilles et les fruits et
+ils échappent à beaucoup de moyens de destruction par leur petitesse
+et leur agilité. Pour les empêcher de monter aux arbres, il faut
+entourer le pied avec un cordon de laine bien cardée; on les éloigne
+des pots et des caisses en les entourant d'eau, soit par un support,
+soit par de petits vases que l'on entretient constamment pleins. Des
+bouteilles d'eau miellée suspendues aux arbres attirent les fourmis,
+et elles y trouvent la mort en nombre considérable. Enfin on peut
+les détruire, comme les courtilières, avec de l'eau mêlée de savon
+noir ou d'huile.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Kermès, Cochenilles, Gallinsectes.</span>&mdash;Les kermès font un tort
+considérable au pêcher et en général aux arbres à fruits. Au
+printemps, ils adhèrent si fortement aux branches, qu'il faut le
+secours d'une brosse rude pour les en détacher. C'est au mois
+d'avril qu'on doit en faire la recherche, avant la ponte, et avant
+qu'ils aient quitté les branches où ils ont passé l'hiver, pour se
+disperser sur les feuilles des arbres. Il y a plusieurs espèces de
+kermès toutes généralement appliquées aux branches comme de petites
+verrues.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Limaçons</span> (<i>Hélices jardinières</i>).&mdash;Pour s'en débarrasser, <span class="pagenum"><a id="page386" name="page386"></a>(p. 386)</span>
+on n'a rien de mieux à faire que de les ramasser à mesure qu'on les
+rencontre, surtout le matin ou après la pluie; on doit aussi chaque
+fois qu'on rencontre des &oelig;ufs les détruire avec soin.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Limaces</span> (ou <i>Buhottes</i>).&mdash;Elles font beaucoup de tort aux végétaux,
+qu'elles dévorent avec une incroyable voracité. Le meilleur moyen de
+les détruire est sans contredit l'emploi de la chaux hydratée
+réduite en poudre. Pour la répandre, on se place sous le vent et on
+la jette à la main, en rasant le sol aussi vivement et aussi
+régulièrement que possible, afin de la répandre bien également.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Lombrics, Vers de terre.</span>&mdash;Les lombrics ne font d'autre tort aux
+plantes que de soulever la terre pour creuser leur galerie, et ce
+n'est que dans les planches où ont été faits de jeunes semis qu'on
+doit les détruire. On les fait sortir en battant la terre ou en y
+enfonçant un bâton que l'on agite en tous sens: ils sortent alors de
+terre; on les met dans un pot et on les noie, on les écrase, ou
+mieux encore on les donne à la volaille.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Perce-oreilles</span> ou <span class="smcap">Forficules</span>.&mdash;Comme tous les insectes qui sortent
+particulièrement la nuit, les perce-oreilles s'attaquent aux
+feuilles des végétaux, aux fleurs et aux fruits, qu'ils percent afin
+de s'y loger. Les &OElig;illets, les Dahlias, les Roses trémières sont
+la proie de leur voracité. Pour les détruire, le moyen le plus
+simple consiste à placer sur des bâtons de petits pots à fleurs
+renversés, au fond desquels on met un peu de mousse; on visite les
+piéges tous les matins, et, pour détruire les perce-oreilles qui s'y
+sont réfugiés, on les plonge dans un baquet plein d'eau.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Pucerons.</span>&mdash;Les pucerons, dont on connaît un grand nombre d'espèces,
+s'attaquent à toutes les plantes en général. <span class="pagenum"><a id="page387" name="page387"></a>(p. 387)</span> Qu'ils soient
+gris comme les pucerons lanigères, verts comme ceux des Rosiers,
+etc., ils causent les mêmes ravages et font périr les végétaux par
+les succions répétées qu'ils exercent sur leurs feuilles; les
+fourmis, qu'ils attirent, viennent ajouter aux dégâts qu'ils
+commettent. On les détruit en nettoyant une à une les branches ou
+les feuilles qui en sont chargées, en enlevant celles qui ont été
+trop profondément altérées, ou en les enfumant avec du tabac un peu
+humide, au moyen de l'appareil nommé <i>fumigateur</i>, ou bien en lavant
+les plantes avec une légère eau de savon noir; la poudre de
+pyrèthre, recommandée pour la destruction des pucerons, peut être
+avantageusement remplacée par le tabac en poudre.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Taupes.</span>&mdash;On fait encore une chasse active à ce petit quadrupède
+insectivore, quoiqu'il ne nuise guère que par ses galeries, car il
+ne vit que d'insectes et de vers; mais il remue tout le sol, le
+bouleverse et coupe les racines qui se trouvent dans la direction de
+ses couloirs. La taupe travaille trois fois le jour: le matin, à
+midi, et le soir au coucher du soleil; il faut profiter de ce moment
+pour l'enlever d'un coup de bêche, pendant qu'elle rétablit sa
+galerie qu'on a d'abord enfoncée avec le pied. On place encore dans
+la galerie, qu'on débouche, un piège amorcé avec des noix bouillies
+dans de la lessive, et dont la taupe est très-friande. On met aussi
+dans l'eau des vers de terre coupés en morceaux et saupoudrés de
+noix vomique.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Tiquets</span> (<span class="smcap">Altise bleue</span>).&mdash;Ces petits insectes, d'une agilité extrême,
+et qui échappent par un bond à la main qui veut les saisir, font des
+ravages considérables dans les semis de Choux, Radis, Navets, etc.
+On n'a guère de moyens de les détruire; mais on les éloigne en
+arrosant <span class="pagenum"><a id="page388" name="page388"></a>(p. 388)</span> les végétaux avec une décoction de tabac ou de
+plantes âcres.</p>
+
+<p class="plants"><span class="smcap">Vers blancs</span> (<span class="smcap">larve des Hannetons</span>).&mdash;Ces insectes, nuisibles aux
+arbres à fruits, à la Vigne, aux arbustes d'agrément et aux plantes
+potagères, sont difficiles à détruire, non pas à cause de leur
+agilité, puisqu'à l'époque de leur vie de larve ils rampent avec
+lenteur sous le sol, mais parce qu'ils exercent leurs ravages cachés
+dans le sein de la terre et qu'on ne s'aperçoit de leur présence que
+quand le mal est irréparable. Dès qu'on voit se flétrir les feuilles
+d'une plante, il faut fouiller au pied, et l'on est sûr d'y trouver
+un ou deux vers blancs. Lorsqu'on veut soustraire à leur voracité
+des plantes auxquelles on attache du prix, comme les arbres à fruits
+ou les jeunes plantations, il faut planter près d'eux des Fraisiers,
+des Laitues, etc., dont les vers blancs sont très-friands. Une autre
+précaution à prendre est de poursuivre les hannetons avec le plus
+grand soin et de les détruire aussitôt qu'ils paraissent. Il faut
+faire cette chasse le matin: les hannetons, engourdis par la
+fraîcheur de la nuit, sont alors faiblement attachés aux branches et
+tombent facilement à terre.</p>
+
+<p>M. Duval, qui paraît, avoir étudié avec soin les m&oelig;urs du
+hanneton, prétend que de simples binages suffisent, pour détruire
+les larves de cet insecte. Seulement les binages doivent être
+pratiqués à propos. Selon lui, c'est après la ponte que l'on doit
+biner les terrains ordinairement ravagés par le ver blanc, afin de
+ramener à la surface du sol les &oelig;ufs qui se trouvent dans la
+terre. À cette époque, l'action de la lumière suffit, d'après ce
+qu'il a observé, pour détruire tous les &oelig;ufs que l'on peut
+atteindre.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page389" name="page389"></a>(p. 389)</span> CHAPITRE XVII<br>
+<span class="smaller">Vocabulaire des principaux termes de jardinage.</span></h2>
+
+<div class="vocab">
+<p><span class="smcap">Accot.</span> Fumier qu'on élève autour de couches pour empêcher le
+ froid d'y pénétrer.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ados.</span> Terrain en pente tournée du côté du soleil. Les ados
+ servent à faire des semis et repiquer le jeune plant.</p>
+
+<p><span class="smcap">Amender.</span> Améliorer une terre par les engrais.</p>
+
+<p><span class="smcap">Annuel.</span> On donne ce nom aux plantes qui dans l'année germent,
+ fleurissent, portent graines et meurent.</p>
+
+<p><span class="smcap">Aouté.</span> Se dit des jeunes branches qui ont atteint la consistance
+ nécessaire pour résister à l'hiver.</p>
+
+<p><span class="smcap">Arroser.</span> Synonyme de mouiller.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bassiner.</span> Arroser légèrement avec la pomme de l'arrosoir, de
+ manière que l'eau tombe en forme de pluie.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bifurqué.</span> Qui se divise en deux branches.</p>
+
+<p><span class="smcap">Biner.</span> C'est diviser la superficie du sol avec la binette, afin
+ qu'elle ne se durcisse pas.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bisannuel.</span> Les plantes qui durent deux ans.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bourgeons.</span> Feuilles et tiges qui commencent à se développer.</p>
+
+<p><span class="smcap">Boutons.</span> Yeux placés dans l'aisselle des feuilles et au bout des
+ rameaux.</p>
+
+<p><span class="smcap">Boutons adventifs.</span> Ceux qui naissent ailleurs que dans l'aisselle
+ des feuilles et au bout des rameaux.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page390" name="page390"></a>(p. 390)</span> <span class="smcap">Brindille.</span> Branche à fruits mince et courte.</p>
+
+<p><span class="smcap">Bulbe.</span> Oignon de plante.</p>
+
+<p><span class="smcap">Butter.</span> Relever la terre autour du pied des plantes pour les
+ préserver de la gelée, les faire blanchir ou favoriser le
+ développement des tubercules.</p>
+
+<p><span class="smcap">Caduques</span> (feuilles). Qui tombent chaque année.</p>
+
+<p><span class="smcap">Caïeu.</span> Bourgeon qui se forme sur le côté des gros oignons.</p>
+
+<p><span class="smcap">Charger une couche.</span> C'est placer dessus la terre ou le terreau
+ nécessaire au besoin des plantes qu'on veut cultiver.</p>
+
+<p><span class="smcap">Collet.</span> Espèce de n&oelig;ud placé entre la racine et la tige.</p>
+
+<p><span class="smcap">Contre-espalier.</span> Arbres plantés parallèlement à l'espalier et
+ dont les branches s'attachent sur un treillage peu élevé.</p>
+
+<p><span class="smcap">Contre-planter.</span> Cette opération consiste à planter entre les
+ rangs d'une planche garnie de plants à moitié ou aux trois quarts
+ venus, des plants qui leur succéderont.</p>
+
+<p><span class="smcap">Côtière.</span> Planche plus ou moins large, abritée par un mur ou un
+ brise-vent, où l'on cultive des légumes qui viennent plus tôt
+ qu'en plein jardin.</p>
+
+<p><span class="smcap">Cotylédon.</span> Lobes séminaux ou feuilles séminales.</p>
+
+<p><span class="smcap">Courson.</span> Branches taillées court.</p>
+
+<p><span class="smcap">Drageons.</span> Jeunes pousses qui partent des racines.</p>
+
+<p><span class="smcap">Éclaircir.</span> C'est arracher du plant lorsqu'on l'a semé trop dru,
+ de manière que celui qui reste profite davantage.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page391" name="page391"></a>(p. 391)</span> <span class="smcap">Éclater.</span> Séparer les racines d'une plante qui pousse
+ plusieurs tiges.</p>
+
+<p><span class="smcap">Espalier.</span> Arbre dont les branches sont étendues contre un mur.</p>
+
+<p><span class="smcap">Étêter.</span> Couper avec les ongles la tige principale d'une plante,
+ de manière à faciliter le développement des branches inférieures.</p>
+
+<p><span class="smcap">Forcer.</span> C'est obliger une plante ou un arbre à produire plus tôt
+ qu'il ne le ferait naturellement.</p>
+
+<p><span class="smcap">Frappé.</span> Se dit d'un melon qui, arrivé à sa grosseur, commence à
+ changer de couleur et de teinte.</p>
+
+<p><span class="smcap">Germe.</span> Partie de la semence dont se forme la plante.</p>
+
+<p><span class="smcap">Gobter.</span> Couvrir les meules à champignons avec de la terre légère.</p>
+
+<p><span class="smcap">Hale.</span> Vent sec et desséchant.</p>
+
+<p><span class="smcap">Herbacées.</span> Se dit des tiges vertes, molles, succulentes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Herser.</span> Cette opération consiste à briser les mottes de terre
+ avec la fourche, après le labour.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jauge.</span> On nomme jauge le fossé provenant de la terre qu'on doit
+ enlever avant de commencer à labourer.</p>
+
+<p><span class="smcap">Larder.</span> Introduire le blanc dans les meules à champignons.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ligneux.</span> Qui tient de la nature du bois.</p>
+
+<p><span class="smcap">Meuble.</span> Se dit d'une terre bien divisée par les labours.</p>
+
+<p><span class="smcap">Mouiller.</span> Synonyme d'arroser.</p>
+
+<p><span class="smcap">Nouer.</span> Se dit des fleurs qui passent à l'état de fruit.</p>
+
+<p><span class="smcap">&OElig;il.</span> Petite pointe qui paraît dans l'aisselle des feuilles
+ <span class="pagenum"><a id="page392" name="page392"></a>(p. 392)</span> et au bout des rameaux. Cette petite pointe, au
+ printemps suivant, devient un bouton à bois ou à fruit.</p>
+
+<p><span class="smcap">&OElig;illetons.</span> Rejetons que produisent certaines plantes, et qui
+ servent à la propagation de l'espèce.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ombrer.</span> Étendre une toile ou du paillis sur les châssis, pour
+ atténuer l'intensité des rayons solaires.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pailler.</span> Étendre du fumier court sur le sol, afin d'empêcher
+ l'évaporation rapide de l'eau des arrosements.</p>
+
+<p><span class="smcap">Palisser.</span> Cette opération consiste à fixer seulement les branches
+ et les bourgeons des arbres cultivés en espalier.</p>
+
+<p><span class="smcap">Persistants, persistantes.</span> On appelle persistantes les feuilles
+ qui restent plusieurs années sur l'arbre.</p>
+
+<p><span class="smcap">Pincer.</span> Couper avec les ongles l'extrémité des jeunes rameaux,
+ pour favoriser le développement des branches inférieures.</p>
+
+<p><span class="smcap">Rameau.</span> Petite branche qui est une division des plus grandes.</p>
+
+<p><span class="smcap">Ratisser.</span> Couper l'herbe entre deux terres avec la ratissoire,
+ dans les allées et dans les plantations.</p>
+
+<p><span class="smcap">Réchaud.</span> Fumier neuf qu'on élève autour des couches pour
+ réchauffer ou entretenir la chaleur.</p>
+
+<p><span class="smcap">Remontants.</span> Les rosiers et autres végétaux qui fleurissent deux
+ fois dans la même année.</p>
+
+<p><span class="smcap">Repiquer.</span> Le repiquage consiste à planter au plantoir le jeune
+ plant provenant de semis.</p>
+
+<p><span class="smcap">Rustique.</span> Plant de culture facile, qui résiste aux intempéries de
+ l'hiver.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page393" name="page393"></a>(p. 393)</span> <span class="smcap">Sarcler.</span> Arracher les mauvaises herbes qui naissent dans
+ les planches en culture.</p>
+
+<p><span class="smcap">Sentier.</span> Chemin étroit qu'on laisse entre chaque planche.</p>
+
+<p><span class="smcap">Terreauter.</span> C'est étendre une couche de terreau sur un semis.</p>
+
+<p><span class="smcap">Tracer.</span> Faire des lignes dans le sens de la longueur des
+ planches, pour semer ou planter.</p>
+
+<p><span class="smcap">Tubercules.</span> Parties charnues et arrondies d'où partent
+ ordinairement de petites racines fibreuses.</p>
+
+<p><span class="smcap">Turion.</span> &OElig;il ou bouton naissant immédiatement sur les racines.</p>
+
+<p><span class="smcap">Vivace.</span> On nomme plantes vivaces tous les végétaux qui subsistent
+ au delà de trois ans, qu'ils perdent ou non chaque année leurs
+ feuilles ou leurs tiges.</p>
+</div>
+
+<a id="img027" name="img027"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img027.jpg" width="600" height="413" alt="" title="">
+<p>Plan du jardin.</p>
+</div>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page395" name="page395"></a>(p. 395)</span> TABLE DES MATIÈRES.</h2>
+<div class="toc">
+
+<p class="center">CHAPITRE PREMIER</p>
+
+<p>Disposition générale d'un jardin potager
+<span class="ralign10"><a href="#page1">1</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE II</p>
+
+<p>Calendrier
+<span class="ralign10"><a href="#page5">5</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>&mdash; Août
+<span class="ralign10"><a href="#page6">6</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Septembre
+<span class="ralign10"><a href="#page8">8</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Octobre
+<span class="ralign10"><a href="#page11">11</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Novembre
+<span class="ralign10"><a href="#page14">14</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Décembre
+<span class="ralign10"><a href="#page17">17</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Janvier
+<span class="ralign10"><a href="#page19">19</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Février
+<span class="ralign10"><a href="#page22">22</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Mars
+<span class="ralign10"><a href="#page25">25</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Avril
+<span class="ralign10"><a href="#page29">29</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Mai
+<span class="ralign10"><a href="#page31">31</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Juin
+<span class="ralign10"><a href="#page34">34</a></span></li>
+
+<li>&mdash; Juillet
+<span class="ralign10"><a href="#page37">37</a></span></li>
+</ul>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE III</p>
+
+<p>Instruments de jardinage
+<span class="ralign10"><a href="#page39">39</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>§ 1. Outils propres aux labours et plantations
+<span class="ralign10"><a href="#page39">39</a></span></li>
+
+<li>2. Outils propres au transport
+<span class="ralign10"><a href="#page41">41</a></span></li>
+
+<li>3. Instruments servant aux arrosements
+<span class="ralign10"><a href="#page42">42</a></span></li>
+
+<li>4. Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres
+<span class="ralign10"><a href="#page43">43</a></span></li>
+</ul>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE IV</p>
+
+<p>Défoncements et labours
+<span class="ralign10"><a href="#page44">44</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE V</p>
+
+<p>Fumiers et engrais
+<span class="ralign10"><a href="#page47">47</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE VI</p>
+
+<p>Des arrosements
+<span class="ralign10"><a href="#page49">49</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE VII</p>
+
+<p>Des couches
+<span class="ralign10"><a href="#page51">51</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE VIII</p>
+
+<p>Multiplication des plantes
+<span class="ralign10"><a href="#page56">56</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>§ 1. Semis
+<span class="ralign10"><a href="#page56">56</a></span></li>
+
+<li><ul class="none">
+<li>I. Semis sur couche
+<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li>
+
+<li>II. Semis en pleine terre
+<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li>
+
+<li><ul class="none">
+<li>1. Semis à la volée
+<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li>
+
+<li>2. Semis en lignes ou en rayons
+<span class="ralign10"><a href="#page58">58</a></span></li>
+
+<li>3. Semis en pochets
+<span class="ralign10"><a href="#page58">58</a></span></li>
+</ul></li>
+</ul></li>
+
+<li>§ 2. Repiquage
+<span class="ralign10"><a href="#page59">59</a></span></li>
+
+<li>3. Oignons
+<span class="ralign10"><a href="#page59">59</a></span></li>
+
+<li>4. Caïeux
+<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li>
+
+<li>5. Bulbiles
+<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li>
+
+<li>6. Tubercules
+<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li>
+
+<li>7. Griffes ou pattes
+<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li>
+
+<li>8. &OElig;illetons
+<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li>
+
+<li>9. Séparations des racines
+<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li>
+
+<li>10. Stolons ou Coulants
+<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li>
+
+<li>11. Marcottes
+<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li>
+
+<li><ul class="none">
+<li>1. Marcottes simples
+<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li>
+
+<li>2. Marcottes par strangulation
+<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li>
+
+<li>3. Marcottes par incision
+<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li>
+
+<li>4. Marcottes par cépée
+<span class="ralign10"><a href="#page63">63</a></span></li>
+
+<li>5. Marcottes de racines
+<span class="ralign10"><a href="#page63">63</a></span></li>
+</ul></li>
+
+<li>12. Boutures
+<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li>
+
+<li><ul class="none">
+<li>1. Boutures à l'air libre
+<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li>
+
+<li>2. Boutures sous cloches et sous châssis
+<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li>
+
+<li>3. Boutures par tronçons de racine
+<span class="ralign10"><a href="#page66">66</a></span></li>
+</ul></li>
+</ul>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE IX</p>
+
+<p>De la greffe
+<span class="ralign10"><a href="#page67">67</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>1. Greffe en écusson
+<span class="ralign10"><a href="#page68">68</a></span></li>
+
+<li>2. Greffe en anneau
+<span class="ralign10"><a href="#page70">70</a></span></li>
+
+<li>3. Greffe en fente
+<span class="ralign10"><a href="#page71">71</a></span></li>
+
+<li>4. Greffe en fente sur tubercule
+<span class="ralign10"><a href="#page72">72</a></span></li>
+
+<li>5. Greffe en placage
+<span class="ralign10"><a href="#page73">73</a></span></li>
+
+<li>6. Greffe de la vigne
+<span class="ralign10"><a href="#page73">73</a></span></li>
+<li>6 <i>bis.</i> Greffe herbacée
+<span class="ralign10"><a href="#page74">74</a></span></li>
+<li>6 <i>ter.</i> Greffe en couronne (Pline)
+<span class="ralign10"><a href="#page76">76</a></span></li>
+
+<li>7. Greffe ordinaire par approche
+<span class="ralign10"><a href="#page77">77</a></span></li>
+
+<li>8. Greffe par approche compliquée
+<span class="ralign10"><a href="#page78">78</a></span></li>
+</ul>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE X</p>
+
+<p>De la conservation des plantes. &mdash; Cloches. &mdash; Châssis. &mdash; Paillassons. &mdash; Orangerie
+ <span class="ralign10"><a href="#page78">78</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>§ 1. De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement
+ en hiver
+<span class="ralign10"><a href="#page82">82</a></span></li>
+
+<li>2. De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement pendant l'été
+<span class="ralign10"><a href="#page83">83</a></span></li>
+
+<li>3. Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes
+ ci-après désignées
+<span class="ralign10"><a href="#page85">85</a></span></li>
+
+<li>4. De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur
+ traitement en hiver
+<span class="ralign10"><a href="#page87">87</a></span></li>
+
+<li>5. De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur
+ traitement en été
+<span class="ralign10"><a href="#page90">90</a></span></li>
+
+<li>6. Rempotage
+<span class="ralign10"><a href="#page92">92</a></span></li>
+
+<li>7. Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes
+ ci-après désignées
+<span class="ralign10"><a href="#page94">94</a></span></li>
+</ul>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XI</p>
+
+<p>Jardin potager
+<span class="ralign10"><a href="#page95">95</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XII</p>
+
+<p>Maladies des plantes potagères
+<span class="ralign10"><a href="#page180">180</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XIII</p>
+
+<p>Jardin fruitier
+<span class="ralign10"><a href="#page181">181</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>§ 1. Plantation
+<span class="ralign10"><a href="#page182">182</a></span></li>
+
+<li>2. Taille
+<span class="ralign10"><a href="#page184">184</a></span></li>
+
+<li><ul class="none">
+<li>1. Arbres à fruits à noyaux
+<span class="ralign10"><a href="#page186">186</a></span></li>
+
+<li>2. Arbres à fruits à pépins
+<span class="ralign10"><a href="#page188">188</a></span></li>
+</ul></li>
+
+<li>3. Ébourgeonnage
+<span class="ralign10"><a href="#page189">189</a></span></li>
+
+<li>4. Palissage
+<span class="ralign10"><a href="#page189">189</a></span></li>
+
+<li>5. Fruitier
+<span class="ralign10"><a href="#page190">190</a></span></li>
+
+<li>6. Culture des meilleures espèces de fruits
+<span class="ralign10"><a href="#page191">191</a></span></li>
+</ul>
+
+<p>Culture forcée du Cerisier
+<span class="ralign10"><a href="#page193">193</a></span></p>
+
+<p>&mdash; &mdash; du Figuier
+<span class="ralign10"><a href="#page196">196</a></span></p>
+
+<p>&mdash; &mdash; du Groseillier
+<span class="ralign10"><a href="#page198">198</a></span></p>
+
+<p>&mdash; &mdash; du Pêcher
+<span class="ralign10"><a href="#page212">212</a></span></p>
+
+<p>&mdash; &mdash; du Prunier
+<span class="ralign10"><a href="#page230">230</a></span></p>
+
+<p>&mdash; &mdash; de la Vigne
+<span class="ralign10"><a href="#page238">238</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XIV</p>
+
+<p>Maladies des arbres
+<span class="ralign10"><a href="#page239">239</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XV</p>
+
+<p>Jardin d'agrément
+<span class="ralign10"><a href="#page241">241</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section</span> I<sup>re</sup>. Plantes pour bordures
+<span class="ralign10"><a href="#page250">250</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>1. Arbustes
+<span class="ralign10"><a href="#page250">250</a></span></li>
+
+<li>2. Plantes vivaces formant des touffes
+<span class="ralign10"><a href="#page251">251</a></span></li>
+
+<li>3. Plantes bulbeuses
+<span class="ralign10"><a href="#page255">255</a></span></li>
+
+<li>4. Plantes annuelles que l'on multiplie de graines
+<span class="ralign10"><a href="#page256">256</a></span></li>
+</ul>
+
+<p><span class="smcap">Section II.</span> Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes.
+ Plantes annuelles et bisannuelles
+<span class="ralign10"><a href="#page259">259</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section III.</span> Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre
+<span class="ralign10"><a href="#page279">279</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section IV.</span> Plantes de serre tempérée que l'on peut cultiver
+ en pleine terre l'été
+<span class="ralign10"><a href="#page319">319</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section V.</span> Plantes pour l'ornement des eaux
+<span class="ralign10"><a href="#page330">330</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>1. Plantes à feuilles flottantes
+<span class="ralign10"><a href="#page330">330</a></span></li>
+
+<li>2. Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux
+<span class="ralign10"><a href="#page331">331</a></span></li>
+
+<li>3. Plantes propres à la décoration du bord de l'eau
+<span class="ralign10"><a href="#page332">332</a></span></li>
+
+<li>4. Arbres et arbustes
+<span class="ralign10"><a href="#page334">334</a></span></li>
+</ul>
+
+<p><span class="smcap">Section VI.</span> Plantes pour rocailles
+<span class="ralign10"><a href="#page336">336</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>Arbres et arbrisseaux
+<span class="ralign10"><a href="#page337">337</a></span></li>
+</ul>
+
+<p><span class="smcap">Section VII.</span> Plantes grimpantes pour garnir les murs,
+ berceaux, tonnelles
+<span class="ralign10"><a href="#page339">339</a></span></p>
+
+<ul class="none">
+<li>1. Plantes annuelles et vivaces
+<span class="ralign10"><a href="#page339">339</a></span></li>
+
+<li>2. Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut
+ mettre en pleine terre tout l'été
+<span class="ralign10"><a href="#page341">341</a></span></li>
+
+<li>3. Arbrisseaux
+<span class="ralign10"><a href="#page342">342</a></span></li>
+</ul>
+
+<p><span class="smcap">Section VIII.</span> Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques
+<span class="ralign10"><a href="#page346">346</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section IX.</span> Arbrisseaux et arbustes d'ornement à feuillage
+ persistant
+<span class="ralign10"><a href="#page359">359</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section X.</span> Arbustes de terre de bruyère
+<span class="ralign10"><a href="#page363">363</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section XI.</span> Arbres d'ornement à feuilles caduques
+<span class="ralign10"><a href="#page366">366</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Section XII.</span> Arbres résineux
+<span class="ralign10"><a href="#page378">378</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XVI</p>
+
+<p>Destruction des animaux nuisibles
+<span class="ralign10"><a href="#page381">381</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">CHAPITRE XVII</p>
+
+<p>Vocabulaire des principaux termes de jardinage
+<span class="ralign10"><a href="#page389">389</a></span></p>
+
+<p class="p2">Table des matières
+<span class="ralign10"><a href="#page395">395</a></span></p>
+
+<p>Table alphabétique
+<span class="ralign10"><a href="#page399">399</a></span></p>
+
+<p>Table des figures
+<span class="ralign10"><a href="#page410">410</a></span></p>
+</div>
+
+<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page399" name="page399"></a>(p. 399)</span> TABLE ALPHABÉTIQUE</h2>
+
+<div class="index">
+<p>Abies, <i>voir</i> <a href="#page380">Sapins</a>.<br>
+ Abricotiers,
+<a href="#page191">191</a>.<br>
+ Abronia umbellata,
+<a href="#page259">259</a>.<br>
+ Acacia blanc, <i>voir</i> <a href="#page376">Robinier</a>.<br>
+ Acer, <i>voir</i> <a href="#page369">Érable</a>.<br>
+ Achillea,
+<a href="#page279">279</a>.<br>
+ Aconit,
+<a href="#page279">279</a><br>
+ Aconitum, <i>voir</i> <a href="#page279">Aconit</a>.<br>
+ Acorus,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Acroclinium roseum,
+<a href="#page259">259</a>.<br>
+ Actæa spicata,
+<a href="#page279">279</a>.<br>
+<a id="adonide" name="adonide"></a>
+ Adonide,
+<a href="#page259">259</a>,
+<a href="#page279">279</a>.<br>
+ Adonis, <i>voir</i> <a href="#adonide">Adonide</a>.<br>
+ Æsculus, <i>voir</i> <a href="#page372">Marronnier</a>.<br>
+ Æthionema coridifolium,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Ageratum,
+<a href="#page259">259</a>.<br>
+ Ail,
+<a href="#page95">95</a>.<br>
+ Ail doré,
+<a href="#page255">255</a>.<br>
+ Ailantus,
+<a href="#page366">366</a>.<br>
+<a id="airelle" name="airelle"></a>
+ Airelle,
+<a href="#page334">334</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Ajonc,
+<a href="#page359">359</a>.<br>
+ Alaterne,
+<a href="#page359">359</a>.<br>
+ Alcea, <i>voir</i> <a href="#rosetremiere">Rose Trémière</a>.<br>
+<a id="alizier" name="alizier"></a>
+ Alizier,
+<a href="#page359">359</a>,
+<a href="#page366">366</a>.<br>
+ Alisma,
+<a href="#page330">330</a>.<br>
+ Alnus, <i>voir</i> <a href="#aune">Aune</a>.<br>
+ Alstr&oelig;meria,
+<a href="#page280">280</a>.<br>
+ Althæa, <i>voir</i> <a href="#hibiscus">Hibiscus</a>.<br>
+ Alternanthera spatula,
+<a href="#page319">319</a>.<br>
+<a id="alyssum" name="alyssum"></a>
+ Alyssum,
+<a href="#page251">251</a>,
+<a href="#page259">259</a>.<br>
+<a id="amandier" name="amandier"></a>
+ Amandier,
+<a href="#page192">192</a>,
+<a href="#page346">346</a>.<br>
+ Amarante,
+<a href="#page260">260</a>.<br>
+ Amarante à crête, <i>voir</i> <a href="#page263">Celosia à crête</a>.<br>
+ Amarantoïde,
+<a href="#page268">268</a>.<br>
+ Amarantus, <i>voir</i> <a href="#page260">Amarante</a>.<br>
+ Amaryllis,
+<a href="#page255">255</a>,
+<a href="#page280">280</a>.<br>
+ Amelanchier,
+<a href="#page346">346</a>.<br>
+ Amorpha,
+<a href="#page346">346</a>.<br>
+ Amygdalus, <i>voir</i> <a href="#amandier">Amandier</a>.<br>
+ Anagallis grandiflora,
+<a href="#page260">260</a>.<br>
+ Ananas,
+<a href="#page96">96</a>.<br>
+ Anchusa, <i>voir</i> <a href="#page285">Buglosse</a>.<br>
+ Ancolie,
+<a href="#page281">281</a>.<br>
+ Andromeda,
+<a href="#page363">363</a>.<br>
+ Anémone,
+<a href="#page281">281</a>.<br>
+ Anona, <i>voir</i> <a href="#page347">Asimina</a>.<br>
+ Anthémis des teinturiers,
+<a href="#page283">283</a>.<br>
+ Antirrhinum majus, <i>voir</i> Muflier.<br>
+ Apalanche vert, <i>voir</i> <a href="#page365">Prinos verticillata</a>.<br>
+ Apocyn,
+<a href="#page283">283</a>.<br>
+ Apocynum, <i>voir</i> <a href="#page283">Apocyn</a>.<br>
+ Aquilegia, <i>voir</i> <a href="#page281">Ancolie</a>.<br>
+ Arabis verna, <i>voir</i> <a href="#tourretteprintaniere">Tourrette printanière</a>.<br>
+ Aralia,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Arbousier,
+<a href="#page363">363</a>.<br>
+ Arbre aux quarante écus, <i>voir</i> <a href="#page371">Gingko biloba</a>.<br>
+ Arbre aux Anémones, <i>voir</i> <a href="#page347">Calycanthus</a>.<br>
+ Arbre de neige, <i>voir</i> <a href="#page334">Chionanth</a>.<br>
+ Arbre saint, <i>voir</i> <a href="#page347">Azedarach</a>.<br>
+ Arbre aux fraises, <i>voir</i> <a href="#page363">Arbutus unedo</a>.<br>
+ Arbutus, <i>voir</i> <a href="#page363">Arbousier</a>.<br>
+ Araucaria,
+<a href="#page379">379</a>.<br>
+ Arenaria, <i>voir</i> <a href="#page254">Sabline</a>.<br>
+ Argemone grandiflora,
+<a href="#page260">260</a>.<br>
+ Argentine, <i>voir</i> <a href="#page252">Cerastium tomentosum</a>.<br>
+ Argousier,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Aristoloche,
+<a href="#page342">342</a>.<br>
+ Arroche des jardins,
+<a href="#page101">101</a>.<br>
+ Artichaut,
+<a href="#page101">101</a>.<br>
+ Arum,
+<a href="#page283">283</a>.<br>
+ Arundo donax,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Asclepias,
+<a href="#page283">283</a>.<br>
+ Asimina virginica,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Asperges,
+<a href="#page103">103</a>.<br>
+ Asperula odorata,
+<a href="#page251">251</a>.<br>
+ Asphodèle,
+<a href="#page284">284</a>.<br>
+ Asphodelus, <i>voir</i> <a href="#page284">Asphodèle</a>.<br>
+ Aster,
+<a href="#page251">251</a>,
+<a href="#page284">284</a>.<br>
+ Aster Sinensis, <i>voir</i> <a href="#reinemarguerite">Reine-marguerite</a>.<br>
+ Astragale,
+<a href="#page284">284</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Astrantia,
+<a href="#page284">284</a>.<br>
+ Atragène,
+<a href="#page342">342</a>.<br>
+ Aubépine, <i>voir</i> <a href="#page369">Épine blanche</a>.<br>
+ Aubergine,
+<a href="#page108">108</a>.<br>
+ Aubrietia deltoida,
+<a href="#page251">251</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Aucuba,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Auricule, <i>voir</i> <a href="#page254">Primevère auricule</a>.<br>
+<a id="aune" name="aune"></a>
+ Aune,
+<a href="#page334">334</a>,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Azalea,
+<a href="#page363">363</a>.<br>
+ Azarero, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerasus Lusitanica</a>.<br>
+ Azédarach,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Azerolier, <i>voir</i> <a href="#page369">Épine d'Espagne</a>.</p>
+
+<p class="p2">Baguenaudier,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Balisier, <i>voir</i> <a href="#page320">Canna Indica</a>.<br>
+ Balsamine,
+<a href="#page261">261</a>.<br>
+ Bambusa,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Barbe de capucin, <i>voir</i> <a href="#page118">Chicorée sauvage</a>.<br>
+ Barbeau, <i>voir</i> <a href="#centauree">Centaurées</a>.<br>
+ Barkhausia rubra, <i>voir</i> <a href="#page256">Crepis rubra</a>.<br>
+ Bartonia aurea,
+<a href="#page261">261</a>.<br>
+ Baselle,
+<a href="#page109">109</a>.<br>
+ Basilic,
+<a href="#page109">109</a>.<br>
+ Begonia,
+<a href="#page319">319</a>.<br>
+ Belle-Dame, <i>voir</i> <a href="#page101">Arroche</a>.<br>
+ Belle-de-jour,
+<a href="#page261">261</a>.<br>
+ Belle-de-nuit,
+<a href="#page261">261</a>.<br>
+ Bellis perennis, <i>voir</i> <a href="#page253">Pâquerette</a>.<br>
+ Berberis, <i>voir</i> <a href="#epinevinette">Épine vinette</a>.<br>
+ Bermudienne,
+<a href="#page252">252</a>.<br>
+ Betonica,
+<a href="#page284">284</a>.<br>
+ Betterave,
+<a href="#page109">109</a>.<br>
+ Betula, <i>voir</i> <a href="#page367">Bouleau</a>.<br>
+ Bidens atrosanguinea, <i>voir</i> <a href="#page265">Cosmos</a>.<br>
+ Bignonia,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Blé de Turquie, <i>voir</i> <a href="#mais">Maïs</a>.<br>
+ Bleuet, <i>voir</i> <a href="#centauree">Centaurée</a>.<br>
+ Bocconia,
+<a href="#page284">284</a>.<br>
+ Bois-bouton, <i>voir</i> <a href="#page334">Cephalanthus</a>.<br>
+ Bois-cuir, <i>voir</i> <a href="#page335">Dirca</a>.<br>
+ Bois de Sainte-Lucie, <i>voir</i> <a href="#page348">Cerisier odorant</a>.<br>
+ Bois-Joli, <i>voir</i> <a href="#page349">Daphne mezereum</a>.<br>
+ Boltonia,
+<a href="#page285">285</a>.<br>
+ Bonduc,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Bonne-Dame, <i>voir</i> <a href="#page101">Arroche</a>.<br>
+ Bonnet de Prêtre, <i>voir</i> <a href="#page350">Fusain commun</a>.<br>
+ Bouleau,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Boulette azurée, <i>voir</i> <a href="#page292">Echinops ritro</a>.<br>
+ Boule de neige, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne stérile</a>.<br>
+ Bourgène,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Bourrache,
+<a href="#page110">110</a>.<br>
+ Bourreau des arbres, <i>voir</i> <a href="#page343">Celastrus scandens</a>.<br>
+ Boussingaultia baselloides,
+<a href="#page341">341</a>.<br>
+ Bouton-d'argent, <i>voir</i> <a href="#page279">Achillea ptarmica</a>.<br>
+ Brachycome,
+<a href="#page261">261</a>.<br>
+ Brassica, <i>voir</i> <a href="#page121">Choux</a>.<br>
+ Broualle,
+<a href="#page262">262</a>.<br>
+ Broussonetia,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Browallia, <i>voir</i> <a href="#page262">Broualle</a>.<br>
+ Brunella grandiflora,
+<a href="#page252">252</a>.<br>
+ Buddleia Lindleyana,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Buglose,
+<a href="#page285">285</a>.<br>
+<a id="bugrane" name="bugrane"></a>
+ Bugrane,
+<a href="#page285">285</a>,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+<a id="buis" name="buis"></a>
+ Buis,
+<a href="#page250">250</a>,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Buisson ardent,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Buplevrum,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Butomus umbellatus,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Buxus, <i>voir</i> <a href="#buis">Buis</a>.</p>
+
+<p class="p2">Cacalia sagittata,
+<a href="#page262">262</a>.<br>
+ Caladium,
+<a href="#page320">320</a>.<br>
+ Calandrinia umbellata,
+<a href="#page262">262</a>.<br>
+ Calcéolaires,
+<a href="#page320">320</a>.<br>
+ Calendula, <i>voir</i> <a href="#page277">Souci</a>.<br>
+ Calliopsis, <i>voir</i> <a href="#coreopsis">Coreopsis</a>.<br>
+ Callistephus hortensis, <i>voir</i> <a href="#reinemarguerite">Reine-marguerite</a>.<br>
+ Calomeria, <i>voir</i> <a href="#page269">Humea</a>.<br>
+ Caltha palustris, <i>voir</i> <a href="#page334">Populage des marais</a>.<br>
+ Calycanthus,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Calystégia,
+<a href="#page339">339</a>.<br>
+ Camomille rouge, <i>voir</i> <a href="#pyrethrum">Pyrethrum roseum</a>.<br>
+<a id="campanule" name="campanule"></a>
+ Campanule,
+<a href="#page252">252</a>,
+<a href="#page256">256</a>,
+<a href="#page262">262</a>,
+<a href="#page285">285</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Canna Indica,
+<a href="#page320">320</a>.<br>
+ Cantua coronopifolia, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomopsis elegans</a>.<br>
+ Câprier,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+<a id="capucines" name="capucines"></a>
+ Capucines,
+<a href="#page110">110</a>,
+<a href="#page262">262</a>,
+<a href="#page339">339</a>.<br>
+ Capucine tubéreuse,
+<a href="#page341">341</a>.<br>
+ Caragana,
+<a href="#page347">347</a>.<br>
+ Cardamine pratensis,
+<a href="#page286">286</a>.<br>
+ Carde poirée, <i>voir</i> <a href="#poireeacarde">Poirée à carde</a>.<br>
+ Cardon,
+<a href="#page110">110</a>.<br>
+ Carotte,
+<a href="#page111">111</a>.<br>
+ Caroubier,
+<a href="#page360">360</a>.<br>
+ Carpinus, <i>voir</i> <a href="#page368">Charme</a>.<br>
+ Cassia,
+<a href="#page320">320</a>.<br>
+ Cassis, <i>voir</i> <a href="#groseillier">Groseillier à fruit noir</a>.<br>
+ Castanea, <i>voir</i> <a href="#page368">Châtaignier</a>.<br>
+ Catalpa,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Catananche cærulea, <i>voir</i> <a href="#page288">Cupidone bleue</a>.<br>
+ Cèdre,
+<a href="#page379">379</a>.<br>
+ Celastrus scandens,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Céleri,
+<a href="#page112">112</a>.<br>
+ Celosia,
+<a href="#page263">263</a>.<br>
+ Celtis, <i>voir</i> <a href="#page372">Micoulier</a>.<br>
+<a id="centauree" name="centauree"></a>
+ Centaurea,
+<a href="#page263">263</a>,
+<a href="#page286">286</a>.<br>
+ Centranthus macrosiphon,
+<a href="#page263">263</a>.<br>
+ Cephalanthus,
+<a href="#page334">334</a>.<br>
+ Céraiste,
+<a href="#page252">252</a>.<br>
+ Cerastium, <i>voir</i> <a href="#page252">Céraiste</a>.<br>
+ Cerasus, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerisier</a>.<br>
+ Ceratonia, <i>voir</i> <a href="#page360">Caroubier</a>.<br>
+ Ceratophyllum, <i>voir</i> <a href="#page330">Cornifle</a>.<br>
+ Cerfeuil,
+<a href="#page114">114</a>.<br>
+ Cerfeuil bulbeux,
+<a href="#page114">114</a>.<br>
+ Cerisiers,
+<a href="#page193">193</a>.<br>
+ Cerisier odorant,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Cerisier à fleurs doubles,
+<a href="#page367">367</a>.<br>
+ Cestrum,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Chænostoma polyanthum,
+<a href="#page264">264</a>.<br>
+ Chalef,
+<a href="#page368">368</a>.<br>
+ Chamæcerasus,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Chamærops,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Champignon comestible,
+<a href="#page115">115</a>.<br>
+ Charieis heterophylla, <i>voir</i> <a href="#page257">Kaulfussia amelloïdes</a>.<br>
+ Charme,
+<a href="#page368">368</a>.<br>
+ Châtaigne d'eau, <i>voir</i> <a href="#page331">Macre</a>.<br>
+ Châtaignier,
+<a href="#page368">368</a>.<br>
+ Cheiranthus,
+<a href="#page268">268</a>,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Cheiranthus maritimus, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br>
+ Chelone, <i>voir</i> <a href="#page295">Galane</a>.<br>
+<a id="chene" name="chene"></a>
+ Chêne,
+<a href="#page338">338</a>,
+<a href="#page360">360</a>,
+<a href="#page368">368</a>.<br>
+ Chenillette,
+<a href="#page118">118</a>.<br>
+ Chervis,
+<a href="#page118">118</a>.<br>
+ Chèvrefeuille,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Chicorée,
+<a href="#page118">118</a>.<br>
+ Chicot du Canada, <i>voir</i> <a href="#page367">Bonduc</a>.<br>
+ Chincapin, <i>voir</i> <a href="#page368">Castanea Americana</a>.<br>
+ Chionanthus,
+<a href="#page334">334</a>.<br>
+ Chirouis, <i>voir</i> <a href="#page118">Chervis</a>.<br>
+ Choux,
+<a href="#page121">121</a>.<br>
+ Chou-rave,
+<a href="#page124">124</a>.<br>
+ Chou-navet,
+<a href="#page124">124</a>.<br>
+ Chou brocoli,
+<a href="#page126">126</a>.<br>
+ Chou marin,
+<a href="#page127">127</a>.<br>
+ Choux à feuilles ornementales,
+<a href="#page264">264</a>.<br>
+ Choux-fleurs,
+<a href="#page124">124</a>.<br>
+<a id="chrysantheme" name="chrysantheme"></a>
+ Chrysanthème,
+<a href="#page264">264</a>,
+<a href="#page286">286</a>,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Chrysocoma,
+<a href="#page287">287</a>.<br>
+ Ciboule,
+<a href="#page128">128</a>.<br>
+ Ciboulette,
+<a href="#page129">129</a>.<br>
+ Cinéraires hybrides,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Cissus quinquefolia, <i>voir</i> <a href="#page345">Vigne vierge</a>.<br>
+ Civette, <i>voir</i> <a href="#page129">Ciboulette</a>.<br>
+ Clavalier,
+<a href="#page368">368</a>.<br>
+ Clarkia,
+<a href="#page264">264</a>.<br>
+ Clématite,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Cléome,
+<a href="#page265">265</a>.<br>
+ Clethra,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Cobæa scandens,
+<a href="#page339">339</a>.<br>
+ C&oelig;lestina cærulea, <i>voir</i> <a href="#page259">Ageratum cæruleum</a>.<br>
+<a id="coignassier" name="coignassier"></a>
+ Coignassier,
+<a href="#page194">194</a>,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Coignassier de la Chine,
+<a href="#page369">369</a>.<br>
+ Colchicum, <i>voir</i> <a href="#page287">Colchique</a>.<br>
+ Colchique,
+<a href="#page287">287</a>.<br>
+ Coléus,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Collinsia,
+<a href="#page256">256</a>.<br>
+ Collomia,
+<a href="#page256">256</a>.<br>
+ Colutea, <i>voir</i> <a href="#page347">Baguenaudier</a>.<br>
+ Commelina tuberosa,
+<a href="#page287">287</a>.<br>
+ Comptonia aspleniifolia,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Concombre,
+<a href="#page129">129</a>.<br>
+ Coniza, <i>voir</i> <a href="#page362">Seneçon en arbre</a>.<br>
+ Conservation des Patates,
+<a href="#page166">166</a>.<br>
+ Conservation des Choux-fleurs,
+<a href="#page126">126</a>.<br>
+ Conservation des Choux cabus,
+<a href="#page122">122</a>.<br>
+ Consoude,
+<a href="#page287">287</a>.<br>
+ Convallaria maialis, <i>voir</i> <a href="#page305">Muguet de mai</a>.<br>
+ Convolvulus, <i>voir</i> <a href="#page340">Ipomæa</a>.<br>
+ Convolvulus tricolor, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-jour</a>.<br>
+ Coquelicot,
+<a href="#page265">265</a>.<br>
+ Coquelourde,
+<a href="#page265">265</a>.<br>
+ Corbeille d'or, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum</a>.<br>
+ Corbeille d'argent, <i>voir</i> <a href="#page255">Thlaspi vivace</a>
+et <a href="#tourretteprintaniere">Tourette printanière</a>.<br>
+<a id="coreopsis" name="coreopsis"></a>
+ Coréopsis,
+<a href="#page265">265</a>,
+<a href="#page287">287</a>.<br>
+ Corète du Japon,
+<a href="#page348">348</a>.<br>
+ Cornichon, <i>voir</i> <a href="#page129">Concombre</a>.<br>
+ Cornifle,
+<a href="#page330">330</a>.<br>
+<a id="cornouiller" name="cornouiller"></a>
+ Cornouiller,
+<a href="#page349">349</a>,
+<a href="#page369">369</a>.<br>
+ Cornus, <i>voir</i> <a href="#cornouiller">Cornouiller</a>.<br>
+ Coronilla emerus,
+<a href="#page349">349</a>.<br>
+ Corydalis formosa,
+<a href="#page288">288</a>.<br>
+ Corylus, <i>voir</i> <a href="#noisetier">Noisetier</a>.<br>
+ Cosmos bipinnatus,
+<a href="#page265">265</a>.<br>
+ Cotoneaster,
+<a href="#page338">338</a>.<br>
+<a id="courge" name="courge"></a>
+ Courges,
+<a href="#page130">130</a>,
+<a href="#page339">339</a>.<br>
+ Couronne impériale, <i>voir</i> <a href="#page293">Fritillaria imperialis</a>.<br>
+ Crambe maritima, <i>voir</i> <a href="#page127">Chou marin</a>.<br>
+ Craniolaria fragrans, <i>voir</i> <a href="#page271">Martynia fragrans</a>.<br>
+ Cranson, <i>voir</i> <a href="#page175">Raifort</a>.<br>
+ Cratægus, <i>voir</i> <a href="#alizier">Alizier</a>.<br>
+ Crépis rose,
+<a href="#page256">256</a>.<br>
+ Cresson,
+<a href="#page131">131</a>.<br>
+ Crocus vernus,
+<a href="#page256">256</a>.<br>
+ Croix de Jérusalem, <i>voir</i> <a href="#lychnis">Lychnis</a>.<br>
+ Crucianella,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Cryptomeria,
+<a href="#page379">379</a>.<br>
+ Cucurbita, <i>voir</i> <a href="#courge">Courge</a>.<br>
+ Cuphéa,
+<a href="#page266">266</a>.<br>
+ Cupidone bleue,
+<a href="#page288">288</a>.<br>
+ Cupressus, <i>voir</i> <a href="#page379">Cyprès</a>.<br>
+ Cyclamen,
+<a href="#page288">288</a>.<br>
+ Cydonia, <i>voir</i> <a href="#coignassier">Coignassier</a>.<br>
+ Cynoglossum, <i>voir</i> <a href="#cynoglosse">Cynoglosse</a>.<br>
+<a id="cynoglosse" name="cynoglosse"></a>
+ Cynoglosse,
+<a href="#page252">252</a>,
+<a href="#page257">257</a>,
+<a href="#page266">266</a>.<br>
+ Cyprès,
+<a href="#page379">379</a>.<br>
+ Cyprès chauve,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+<a id="cytise" name="cytise"></a>
+ Cytise,
+<a href="#page349">349</a>,
+<a href="#page369">369</a>.</p>
+
+<p class="p2">Dahlia,
+<a href="#page288">288</a>,
+<a href="#page364">364</a>.<br>
+ Daphné,
+<a href="#page349">349</a>.<br>
+<a id="datura" name="datura"></a>
+ Datura,
+<a href="#page266">266</a>,
+<a href="#page290">290</a>,
+<a href="#page324">324</a>.<br>
+ Decumaria barbata,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Delphinium, <i>voir</i> <a href="#page258">Pied-d'Alouette</a>.<br>
+ Dent-de-lion, <i>voir</i> <a href="#page167">Pissenlit</a>.<br>
+ Deutzia,
+<a href="#page349">349</a>.<br>
+ Dianthus, <i>voir</i> <a href="#page306">&OElig;illet</a>.<br>
+ Dictamnus albus, <i>voir</i> <a href="#page293">Fraxinelle</a>.<br>
+ Didiscus cæruleus, <i>voir</i> <a href="#page269">Hugelia cærulea</a>.<br>
+ Dielytra spectabilis,
+<a href="#page290">290</a>.<br>
+ Diervilla lutea,
+<a href="#page349">349</a>.<br>
+ Digitale pourpre,
+<a href="#page266">266</a>.<br>
+ Dimorphotheca pluvialis, <i>voir</i> <a href="#page277">Calendula pluvialis</a>.<br>
+ Dioclea glycinoides,
+<a href="#page341">341</a>.<br>
+ Dioscorea batatas, <i>voir</i> <a href="#page142">Igname de la Chine</a>.<br>
+ Diospyros, <i>voir</i> <a href="#page375">Plaqueminier</a>.<br>
+ Dirca palustris,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+ Dodecatheon meadia,
+<a href="#page291">291</a>.<br>
+ Doronic,
+<a href="#page252">252</a>,
+<a href="#page291">291</a>.<br>
+ Dracocephalum,
+<a href="#page266">266</a>,
+<a href="#page291">291</a>.</p>
+
+<p class="p2">Eccremocarpus scaber,
+<a href="#page341">341</a>.<br>
+ Échalote,
+<a href="#page133">133</a>.<br>
+ Echinops ritro,
+<a href="#page292">292</a>.<br>
+ El&oelig;agnus, <i>voir</i> <a href="#page368">Chalef</a>.<br>
+ Emilia sagittata, <i>voir</i> <a href="#page262">Cacalia sagittata</a>.<br>
+<a id="enothere" name="enothere"></a>
+ Énothères,
+<a href="#page266">266</a>,
+<a href="#page292">292</a>.<br>
+ Épervière,
+<a href="#page292">292</a>.<br>
+ Éphémère, <i>voir</i> <a href="#tradescantia">Tradescantia</a>.<br>
+ Épi de la Vierge, <i>voir</i> <a href="#page309">Ornithogalum pyramidale</a>.<br>
+ Epilobium,
+<a href="#page292">292</a>.<br>
+ Epimedium,
+<a href="#page292">292</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Épinard,
+<a href="#page133">133</a>.<br>
+ Épinard d'été, <i>voir</i> <a href="#page177">Tétragone étalée</a>.<br>
+ Épine,
+<a href="#page369">369</a>.<br>
+<a id="epinevinette" name="epinevinette"></a>
+ Épine-vinette,
+<a href="#page194">194</a>,
+<a href="#page349">349</a>.<br>
+ Érable,
+<a href="#page369">369</a>.<br>
+ Erica,
+<a href="#page364">364</a>.<br>
+ Erigeron,
+<a href="#page292">292</a>.<br>
+ Erinus,
+<a href="#page293">293</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Eriophorum, <i>voir</i> <a href="#page333">Linaigrette</a>.<br>
+ Erodium,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Érysimum,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Erysimum barbarea, <i>voir</i> <a href="#page318">Vélar</a>.<br>
+ Érythrina,
+<a href="#page322">322</a>.<br>
+ Escholtzia Californica,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Estragon,
+<a href="#page134">134</a>.<br>
+ Eucalyptus globulus,
+<a href="#page324">324</a>.<br>
+ Eucharidium elegans,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Eupatoire,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Eupatorium, <i>voir</i> <a href="#page293">Eupatoire</a>.<br>
+ Eutoca viscida,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Evonymus, <i>voir</i> <a href="#fusain">Fusain</a>.</p>
+
+<p class="p2">Fagus, <i>voir</i> <a href="#page371">Hêtre</a>.<br>
+ Farfugium,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Faux Ébénier, <i>voir</i> <a href="#cytise">Cytise</a>.<br>
+ Faux Indigo, <i>voir</i> <a href="#page346">Amorpha</a>.<br>
+ Faux Jalap, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-nuit</a>.<br>
+ Faux Pistachier, <i>voir</i> <a href="#page358">Staphylea</a>.<br>
+ Fenouil,
+<a href="#page134">134</a>.<br>
+ Fenouil marin, <i>voir</i> <a href="#page166">Perce-pierre</a>.<br>
+ Fève,
+<a href="#page134">134</a>.<br>
+ Févier,
+<a href="#page370">370</a>.<br>
+ Ficoïde,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Figuier,
+<a href="#page195">195</a>.<br>
+ Filaria,
+<a href="#page361">361</a>.<br>
+ Fléchière,
+<a href="#page330">330</a>.<br>
+ Fleur de la Passion, <i>voir</i> <a href="#page344">Passiflora</a>.<br>
+ Fontanesia,
+<a href="#page338">338</a>.<br>
+ Forsythia suspensa,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Fothergilla,
+<a href="#page364">364</a>.<br>
+ Fougères,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Fraisiers,
+<a href="#page135">135</a>.<br>
+ Framboisiers,
+<a href="#page196">196</a>.<br>
+ Fraxinelle d'Europe,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Fraxinus, <i>voir</i> <a href="#page370">Frêne</a>.<br>
+ Frêne,
+<a href="#page370">370</a>.<br>
+ Fritillaria,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Fumaria, <i>voir</i> <a href="#page293">Fumeterre</a>.<br>
+ Fumeterre,
+<a href="#page293">293</a>.<br>
+ Funkia subcordata, <i>voir</i> <a href="#hemerocalle">Hemerocallis Japonica</a>.<br>
+<a id="fusain" name="fusain"></a>
+ Fusain,
+<a href="#page350">350</a>,
+<a href="#page361">361</a>.<br>
+ Fuchsia,
+<a href="#page324">324</a>.</p>
+
+<p class="p2">Gaillardia,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Galane,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Galanthus nivalis,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Galé,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+ Galega officinalis,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Gattilier,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Gaultheria,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Gaura biennis,
+<a href="#page267">267</a>.<br>
+ Gazon turc, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifrage</a>.<br>
+ Genêt,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Genévrier,
+<a href="#page379">379</a>.<br>
+ Genista, <i>voir</i> <a href="#page350">Genêt</a>.<br>
+ Gentiana,
+<a href="#page252">252</a>,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Géranium,
+<a href="#page295">295</a>.<br>
+ Géranium rouge, <i>voir</i> <a href="#page326">Pélargonium zonale</a>.<br>
+ Gesse,
+<a href="#page340">340</a>.<br>
+ Geum coccineum,
+<a href="#page296">296</a>.<br>
+ Gilia,
+<a href="#page268">268</a>.<br>
+ Gilia androsacea, <i>voir</i> <a href="#page257">Leptosiphon androsaceus</a>.<br>
+ Gilia coronopifolia, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomopsis elegans</a>.<br>
+ Gilia densiflora, <i>voir</i> <a href="#page257">Leptosiphon densiflorus</a>.<br>
+ Ginkgo bibola,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+ Giroflée,
+<a href="#page268">268</a>.<br>
+ Giroflée de Mahon, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br>
+ Gladiolus,
+<a href="#page256">256</a>,
+<a href="#page296">296</a>.<br>
+ Glaïeul des marais, <i>voir</i> <a href="#iris">Iris des marais</a>.<br>
+ Gleditschia, <i>voir</i> <a href="#page370">Févier</a>.<br>
+ Glycine,
+<a href="#page343">343</a>.<br>
+ Gnaphalium margaritaceum, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.<br>
+ Gomphrena globosa, <i>voir</i> <a href="#page268">Amarantoïde</a>.<br>
+ Gordonia,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Graminées à bordures,
+<a href="#page252">252</a>.<br>
+ Grande douve, <i>voir</i> <a href="#ranuncul">Ranuncul</a>.<br>
+ Grenadille,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+<a id="groseillier" name="groseillier"></a>
+ Groseillier,
+<a href="#page197">197</a>,
+<a href="#page338">338</a>,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Gunnera scabra,
+<a href="#page297">297</a>.<br>
+ Gymnocladus, <i>voir</i> <a href="#page367">Bonduc</a>.<br>
+ Gynerium argenteum,
+<a href="#page297">297</a>.<br>
+ Gypsophila,
+<a href="#page268">268</a>,
+<a href="#page296">296</a>.</p>
+
+<p class="p2">Helesia,
+<a href="#page350">350</a>.<br>
+ Hamamélis,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+ Haricot,
+<a href="#page139">139</a>.<br>
+ Haricot d'Espagne,
+<a href="#page340">340</a>.<br>
+ Hedera, <i>voir</i> <a href="#lierre">Lierre</a>.<br>
+ Hedysarum, <i>voir</i> <a href="#sainfoin">Sainfoin</a>.<br>
+ Helenium autumnale,
+<a href="#page297">297</a>.<br>
+ Helianthus, <i>voir</i> <a href="#page315">Soleil</a>.<br>
+ Helianthus argophyllus,
+<a href="#page269">269</a>.<br>
+ Helichrysium, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.<br>
+ Héliotrope d'hiver, <i>voir</i> <a href="#tussilage">Tussilago fragrans</a>.<br>
+ Héliotrope,
+<a href="#page324">324</a>.<br>
+ Heliotropium, <i>voir</i> <a href="#page324">Héliotrope</a>.<br>
+ Hellébore,
+<a href="#page297">297</a>.<br>
+<a id="hellebor" name="hellebor"></a>
+ Hellébore blanc, <i>voir</i> <a href="#page318">Varaire</a>.<br>
+<a id="hemerocalle" name="hemerocalle"></a>
+ Hémérocalle,
+<a href="#page253">253</a>,
+<a href="#page298">298</a>.<br>
+ Hemerocallis, <i>voir</i> <a href="#hemerocalle">Hémérocalle</a>.<br>
+ Hépatique printanière,
+<a href="#page253">253</a>.<br>
+ Heraclum,
+<a href="#page298">298</a>.<br>
+ Herbe aux turquoises, <i>voir</i> <a href="#page253">Ophiopogon du Japon</a>.<br>
+ Herbe de Ste-Barbe, <i>voir</i> <a href="#page318">Vélar</a>.<br>
+ Hesperis matronalis, <i>voir</i> <a href="#page301">Julienne des jardins</a>.<br>
+ Hêtre,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+<a id="hibiscus" name="hibiscus"></a>
+ Hibiscus,
+<a href="#page268">268</a>,
+<a href="#page298">298</a>,
+<a href="#page351">351</a>.<br>
+ Hieracium aurantiacum, <i>voir</i> <a href="#page292">Épervière</a>.<br>
+ Hippophæ rhamnoides, <i>voir</i> <a href="#page347">Argousier</a>.<br>
+ Hippuris vulgaris, <i>voir</i> <a href="#page332">Pesse d'eau</a>.<br>
+ Hortensia,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Hoteia Japonica,
+<a href="#page298">298</a>.<br>
+ Houblon,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+ Houx,
+<a href="#page361">361</a>.<br>
+ Hugelia cærulea,
+<a href="#page269">269</a>.<br>
+ Humea elegans,
+<a href="#page269">269</a>.<br>
+ Humulus lupulus, <i>voir</i> <a href="#page344">Houblon</a>.<br>
+ Hyacinthus orientalis, <i>voir</i> <a href="#page299">Jacinthe</a>.<br>
+ Hydrangea,
+<a href="#page351">351</a>.<br>
+ Hydrocharis, <i>voir</i> <a href="#page331">Morrène</a>.<br>
+ Hypericum, <i>voir</i> <a href="#millepertuis">Millepertuis</a>.</p>
+
+<p class="p2">Ibéris, <i>voir</i> <a href="#page277">Thlaspi</a>.<br>
+ If,
+<a href="#page380">380</a>.<br>
+ Igname de la Chine,
+<a href="#page142">142</a>.<br>
+ Ilex, <i>voir</i> <a href="#page361">Houx</a>.<br>
+<a id="immortelle" name="immortelle"></a>
+ Immortelle,
+<a href="#page269">269</a>,
+<a href="#page298">298</a>.<br>
+ Impatiens balsamina, <i>voir</i> <a href="#page261">Balsamine</a>.<br>
+ Indigofera,
+<a href="#page351">351</a>.<br>
+ Ipom&oelig;a,
+<a href="#page340">340</a>.<br>
+ Ipomopsis elegans,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+<a id="iris" name="iris"></a>
+ Iris,
+<a href="#page253">253</a>,
+<a href="#page278">278</a>,
+<a href="#page331">331</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Itea,
+<a href="#page351">351</a>.</p>
+
+<p class="p2">Jacée, <i>voir</i> <a href="#lychnis">Lychnis dioica</a>.<br>
+ Jacinthe,
+<a href="#page299">299</a>.<br>
+ Jasmin,
+<a href="#page338">338</a>,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+ Jasmin de Virginie, <i>voir</i> <a href="#page343">Bignonia radicans</a>.<br>
+ Jonc fleuri, <i>voir</i> <a href="#page333">Butomus umbellatus</a>.<br>
+ Jonquille, <i>voir</i> <a href="#narcissus">Narcissus Jonquilla</a>.<br>
+ Juglans, <i>voir</i> <a href="#page200">Noyer</a>.<br>
+ Julienne de Mahon,
+<a href="#page257">257</a>.<br>
+ Julienne des jardins,
+<a href="#page301">301</a>.<br>
+ Juniperus, <i>voir</i> <a href="#page379">Genévrier</a>.</p>
+
+<p class="p2">Kalmia,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Kaulfussia amelloïdes,
+<a href="#page257">257</a>.<br>
+ Kerria Japonica, <i>voir</i> <a href="#page348">Corète du Japon</a>.<br>
+ Ketmie, <i>voir</i> <a href="#hibiscus">Hibiscus</a>.<br>
+ K&oelig;lreuteria,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+ Koniga, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum maritima</a>.</p>
+
+<p class="p2">Laitues,
+<a href="#page144">144</a>.<br>
+ Lamium orvala,
+<a href="#page301">301</a>.<br>
+ Lantana,
+<a href="#page325">325</a>.<br>
+ Larix, <i>voir</i> <a href="#page380">Mélèze</a>.<br>
+ Lathyrus, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse</a>.<br>
+ Laurier,
+<a href="#page361">361</a>.<br>
+ Laurier Saint-Antoine, <i>voir</i> <a href="#page292">Epilobium spicatum</a>.<br>
+ Laurus, <i>voir</i> <a href="#page361">Laurier</a>.<br>
+ Lavatère à grandes fleurs,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Lawn's-grass,
+<a href="#page244">244</a>.<br>
+ Lentilles,
+<a href="#page147">147</a>.<br>
+ Leptosiphon,
+<a href="#page257">257</a>.<br>
+ Leycesteria,
+<a href="#page351">351</a>.<br>
+<a id="lierre" name="lierre"></a>
+ Lierre,
+<a href="#page250">250</a>,
+<a href="#page344">344</a>,
+<a href="#page361">361</a>.<br>
+ Ligustrum, <i>voir</i> <a href="#troene">Troëne</a>.<br>
+ Lilas,
+<a href="#page351">351</a>.<br>
+ Lilas de terre, <i>voir</i> <a href="#page306">Muscari monstrosum</a>.<br>
+ Lilium, <i>voir</i> <a href="#page302">Lis</a>.<br>
+ Limaçon,
+<a href="#page118">118</a>.<br>
+ Lin à grandes fleurs,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Lin vivace,
+<a href="#page301">301</a>.<br>
+ Linaigrette,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Linaire,
+<a href="#page257">257</a>,
+<a href="#page302">302</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Linum perenne, <i>voir</i> <a href="#page301">Lin vivace</a>.<br>
+ Lippia repens,
+<a href="#page253">253</a>.<br>
+ Liquidambar,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+ Liriodendron, <i>voir</i> <a href="#page378">Tulipier</a>.<br>
+ Lis,
+<a href="#page302">302</a>.<br>
+ Lis des Incas, <i>voir</i> <a href="#page280">Alstr&oelig;meria pelegrina</a>.<br>
+ Lis Saint-Bruno, <i>voir</i> <a href="#page310">Phalangium liliastrum</a>.<br>
+ Liseron tricolore, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-jour</a>.<br>
+ Loasa,
+<a href="#page342">342</a>.<br>
+ Lobelia,
+<a href="#page257">257</a>,
+<a href="#page303">303</a>,
+<a href="#page325">325</a>.<br>
+ Lonicera, <i>voir</i> <a href="#page343">Chèvrefeuille</a>.<br>
+ Lophospermum,
+<a href="#page342">342</a>.<br>
+ Lothier rouge,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Lunaire annuelle,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Lunaria annua, <i>voir</i> <a href="#page270">Lunaire annuelle</a>.<br>
+<a id="lupin" name="lupin"></a>
+ Lupin,
+<a href="#page270">270</a>,
+<a href="#page304">304</a>.<br>
+ Lupinus, <i>voir</i> <a href="#lupin">Lupin</a>.<br>
+<a id="lychnide" name="lychnide"></a>
+ Lychnide,
+<a href="#page253">253</a>,
+<a href="#page304">304</a>.<br>
+<a id="lychnis" name="lychnis"></a>
+ Lychnis, Coquelourde, <i>voir</i> <a href="#lychnide">Lychnide</a>.<br>
+ Lycium,
+<a href="#page338">338</a>.<br>
+ Lysimachi,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Lythrum virgatum, <i>voir</i> <a href="#page332">Salicaire</a>.</p>
+
+<p class="p2">Mâche,
+<a href="#page147">147</a>.<br>
+ Maclura,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+ Macre,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Madaria elegans, <i>voir</i> <a href="#page270">Madia elegans</a>.<br>
+ Madia elegans,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Magnolia,
+<a href="#page352">352</a>,
+<a href="#page362">362</a>,
+<a href="#page371">371</a>.<br>
+ Mahonia,
+<a href="#page362">362</a>.<br>
+<a id="mais" name="mais"></a>
+ Maïs,
+<a href="#page147">147</a>,
+<a href="#page270">270</a>.<br>
+ Malcolmia maritima, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br>
+ Malope grandiflora,
+<a href="#page271">271</a>.<br>
+ Malus, <i>voir</i> <a href="#pommier">Pommier</a>.<br>
+ Malva, <i>voir</i> <a href="#page271">Mauve</a>.<br>
+ Marronnier,
+<a href="#page372">372</a>.<br>
+ Martynia,
+<a href="#page271">271</a>.<br>
+ Massette,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Matricaria mandiana,
+<a href="#page304">304</a>.<br>
+ Maurandia,
+<a href="#page342">342</a>.<br>
+ Mauves,
+<a href="#page271">271</a>.<br>
+ Megasea crassifolia, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifraga crassifolia</a>.<br>
+ Mélèze,
+<a href="#page380">380</a>.<br>
+ Melia, <i>voir</i> <a href="#page347">Azedarach</a>.<br>
+ Mélilot,
+<a href="#page271">271</a>.<br>
+ Melilotus, <i>voir</i> <a href="#page271">Mélilot</a>.<br>
+ Mélongène, <i>voir</i> <a href="#page108">Aubergine</a>.<br>
+ Melons,
+<a href="#page148">148</a>.<br>
+ Melon d'eau,
+<a href="#page158">158</a>.<br>
+ Menispermum Canadense,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+ Mentha piperita, <i>voir</i> <a href="#page305">Menthe poivrée</a>.<br>
+ Menthe poivrée,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Menyanthes,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Menziezia,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Merendera bulbocodium,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Merisier,
+<a href="#page352">352</a>.<br>
+ Mesembryanthenum, <i>voir</i> <a href="#page267">Ficoïdes</a>.<br>
+ Mespilus Germanica, <i>voir</i> <a href="#neflier">Néflier</a>.<br>
+ Micocoulier,
+<a href="#page372">372</a>.<br>
+ Mignardise, <i>voir</i> <a href="#page253">&OElig;illet mignardise</a>.<br>
+<a id="millepertuis" name="millepertuis"></a>
+ Millepertuis,
+<a href="#page338">338</a>,
+<a href="#page352">352</a>.<br>
+ Mimulus,
+<a href="#page325">325</a>.<br>
+ Mirabilis Jalapa, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-nuit</a>.<br>
+ Molène purpurine,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Monarda didyma,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Moræa Sinensis,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Morelle grimpante,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+ Morina longiflora,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+ Morrène,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Morus, <i>voir</i> <a href="#murier">Mûrier</a>.<br>
+ Mullier des jardins,
+<a href="#page271">271</a>.<br>
+ Muguet de mai,
+<a href="#page305">305</a>.<br>
+<a id="murier" name="murier"></a>
+ Mûrier,
+<a href="#page198">198</a>,
+<a href="#page352">352</a>,
+<a href="#page373">373</a>.<br>
+ Mûrier à papier, <i>voir</i> <a href="#page367">Broussonetia</a>.<br>
+ Muscari,
+<a href="#page306">306</a>.<br>
+<a id="myosotis" name="myosotis"></a>
+ Myosotis,
+<a href="#page306">306</a>,
+<a href="#page334">334</a>.<br>
+ Myrica, <i>voir</i> <a href="#page335">Galé</a>.</p>
+
+<p class="p2">Naïade,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+<a id="narcisse" name="narcisse"></a>
+ Narcisse,
+<a href="#page256">256</a>,
+<a href="#page306">306</a>.<br>
+<a id="narcissus" name="narcissus"></a>
+ Narcissus, <i>voir</i> <a href="#narcisse">Narcisse</a>.<br>
+ Naumburgia, <i>voir</i> <a href="#page333">Lysimachia</a>.<br>
+ Navet,
+<a href="#page159">159</a>.<br>
+<a id="neflier" name="neflier"></a>
+ Néflier,
+<a href="#page199">199</a>,
+<a href="#page362">362</a>,
+<a href="#page373">373</a>.<br>
+ Negundo, <i>voir</i> <a href="#page369">Érable negundo</a>.<br>
+ Nemesia floribunda,
+<a href="#page258">258</a>,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+ Nemophila,
+<a href="#page258">258</a>.<br>
+ Nénuphar,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Nierembergia,
+<a href="#page326">326</a>.<br>
+ Nicotiana wigandioïdes,
+<a href="#page326">326</a>.<br>
+ Nigelle,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+<a id="noisetier" name="noisetier"></a>
+ Noisetier,
+<a href="#page200">200</a>,
+<a href="#page352">352</a>,
+<a href="#page373">373</a>.<br>
+ Noyer,
+<a href="#page200">200</a>.<br>
+ Noyer d'Amérique,
+<a href="#page374">374</a>.<br>
+ Nyctago hortensis, <i>voir</i> <a href="#page261">Mirabilis Jalapa</a>.<br>
+ Nycterinia selaginoïdes,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+ Nymphæa, <i>voir</i> <a href="#page331">Nénuphar</a>.<br>
+ Nyssa, <i>voir</i> <a href="#page335">Tupélo</a>.</p>
+
+<p class="p2">&OElig;illet,
+<a href="#page306">306</a>.<br>
+ &OElig;illet mignardise,
+<a href="#page253">253</a>.<br>
+ &OElig;illet de la Chine,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+ &OElig;illet de poëte,
+<a href="#page309">309</a>.<br>
+ &OElig;illet flon,
+<a href="#page309">309</a>.<br>
+<a id="oeilletdinde" name="oeilletdinde"></a>
+ &OElig;illet d'Inde, <i>voir</i> <a href="#tagetes">Tagetes</a>.<br>
+ &OElig;nothera, <i>voir</i> <a href="#enothere">Enothère</a>.<br>
+ Oignon,
+<a href="#page159">159</a>.<br>
+ Olivier de Bohême, <i>voir</i> <a href="#page368">Chalef</a>.<br>
+ Omphalode printanière, <i>voir</i> <a href="#cynoglosse">Cynoglossum omphalodes</a>.<br>
+ Onomis, <i>voir</i> <a href="#bugrane">Brugrane</a>.<br>
+ Ophiopogon du Japon,
+<a href="#page253">253</a>.<br>
+ Oreille d'Ours, <i>voir</i> <a href="#page254">Primevère auricule</a>.<br>
+ Oreille de lièvre, <i>voir</i> <a href="#page360">Buplevrum</a>.<br>
+ Orme,
+<a href="#page374">374</a>.<br>
+ Orme à trois feuilles, <i>voir</i> <a href="#page353">Ptelea trifoliata</a>.<br>
+ Ornithogalum pyramidale,
+<a href="#page309">309</a>.<br>
+ Orobe printanier,
+<a href="#page310">310</a>.<br>
+ Orobus vernus, <i>voir</i> <a href="#page310">Orbe printanier</a>.<br>
+ Oseille,
+<a href="#page162">162</a>.<br>
+ Oseille épinard,
+<a href="#page162">162</a>.<br>
+ Oxalis,
+<a href="#page163">163</a>,
+<a href="#page256">256</a>,
+<a href="#page272">272</a>.</p>
+
+<p class="p2">Pæonia, <i>voir</i> <a href="#pivoine">Pivoine</a>.<br>
+ Paliurus,
+<a href="#page352">352</a>.<br>
+ Panais,
+<a href="#page163">163</a>.<br>
+ Papaver, <i>voir</i> <a href="#pavot">Pavot</a>.<br>
+ Pâquerette,
+<a href="#page253">253</a>.<br>
+ Parnassia palustris,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Passiflora, <i>voir</i> <a href="#page344">Grenadille</a>.<br>
+ Pastèque, <i>voir</i> <a href="#page158">Melon d'eau</a>.<br>
+ Patate douce,
+<a href="#page164">164</a>.<br>
+ Patience des Jardins,
+<a href="#page162">162</a>.<br>
+ Patience aquatique,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Paulownia,
+<a href="#page374">374</a>.<br>
+ Pavia, <i>voir</i> <a href="#page372">Marronnier</a>.<br>
+<a id="pavot" name="pavot"></a>
+ Pavot,
+<a href="#page272">272</a>,
+<a href="#page310">310</a>.<br>
+ Pêchers,
+<a href="#page201">201</a>.<br>
+ Pêches à fleurs doubles,
+<a href="#page374">374</a>.<br>
+ Pélargonium zonale,
+<a href="#page326">326</a>.<br>
+ Pensée à grandes fleurs,
+<a href="#page278">278</a>.<br>
+ Pentapetes ph&oelig;nicea,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+ Pentstémon,
+<a href="#page309">309</a>.<br>
+ Perce-neige, <i>voir</i> <a href="#page295">Galanthus nivalis</a>.<br>
+ Perce-pierre,
+<a href="#page166">166</a>.<br>
+ Périploca,
+<a href="#page344">344</a>.<br>
+ Persicaire,
+<a href="#page272">272</a>.<br>
+ Persil,
+<a href="#page167">167</a>.<br>
+ Pervenche,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Pesse d'eau,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Petite-Marguerite, <i>voir</i> <a href="#page253">Bellis perennis</a>.<br>
+ Pétunia,
+<a href="#page327">327</a>.<br>
+<a id="peuplier" name="peuplier"></a>
+ Peuplier,
+<a href="#page335">335</a>,
+<a href="#page374">374</a>.<br>
+ Phacelia,
+<a href="#page273">273</a>.<br>
+ Phalangère,
+<a href="#page310">310</a>.<br>
+ Phalangium, <i>voir</i> <a href="#page310">Phalangère</a>.<br>
+ Phalaris,
+<a href="#page333">333</a>.<br>
+ Phaseolus, <i>voir</i> <a href="#page139">Haricot</a>.<br>
+ Philadelphus, <i>voir</i> <a href="#page357">Seringat</a>.<br>
+ Phlomis,
+<a href="#page310">310</a>,
+<a href="#page362">362</a>.<br>
+ Phlox,
+<a href="#page254">254</a>,
+<a href="#page273">273</a>,
+<a href="#page310">310</a>.<br>
+ Phlox Drummundii,
+<a href="#page273">273</a>.<br>
+ Pied-d'alouette,
+<a href="#page258">258</a>.<br>
+ Pied-d'alouette grand,
+<a href="#page273">273</a>.<br>
+ Pied-d'alouette des blés,
+<a href="#page274">274</a>.<br>
+ Pied-d'alouette vivace,
+<a href="#page290">290</a>.<br>
+ Pigamon,
+<a href="#page311">311</a>.<br>
+ Piment,
+<a href="#page167">167</a>.<br>
+ Pimprenelle,
+<a href="#page167">167</a>.<br>
+ Pins,
+<a href="#page380">380</a>.<br>
+ Pinsapo, <i>voir</i> <a href="#page380">Sapins</a>.<br>
+ Pinus, <i>voir</i> <a href="#page380">Pins</a>.<br>
+ Pissenlit,
+<a href="#page167">167</a>.<br>
+<a id="pivoine" name="pivoine"></a>
+ Pivoine herbacée,
+<a href="#page311">311</a>.<br>
+ Pivoine en arbre,
+<a href="#page352">352</a>.<br>
+ Planera,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Plantain d'eau, <i>voir</i> <a href="#page330">Alisma</a>.<br>
+ Plaqueminier,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Platane,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Platanus, <i>voir</i> <a href="#page375">Platane</a>.<br>
+ Plumbago Larpentæ,
+<a href="#page311">311</a>.<br>
+ Podolepis gracilis,
+<a href="#page274">274</a>.<br>
+ Poinciana Gilliesii,
+<a href="#page353">353</a>.<br>
+ Poireau,
+<a href="#page168">168</a>.<br>
+ Poirée blonde,
+<a href="#page168">168</a>.<br>
+<a id="poireeacarde" name="poireeacarde"></a>
+ Poirée à cardes,
+<a href="#page169">169</a>,
+<a href="#page262">262</a>.<br>
+<a id="poirier" name="poirier"></a>
+ Poiriers,
+<a href="#page213">213</a>,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Poiriers à fleurs doubles,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Pois,
+<a href="#page109">109</a>.<br>
+ Pois de senteur, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse odorante</a>.<br>
+ Pois vivace, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse à larges feuilles</a>.<br>
+ Poivre long, <i>voir</i> <a href="#page167">Piment</a>.<br>
+ Polémoine bleu,
+<a href="#page311">311</a>.<br>
+ Pelemonium cæruleum, <i>voir</i> <a href="#page311">Polémoine</a>.<br>
+ Polianthes, <i>voir</i> <a href="#page316">Tubéreuse</a>.<br>
+ Polygonum <i>voir</i> <a href="#page272">Persicaire</a>.<br>
+ Pomme-d'amour, <i>voir</i> <a href="#page178">Tomate</a>.<br>
+ Pommes de terre,
+<a href="#page172">172</a>.<br>
+<a id="pommier" name="pommier"></a>
+ Pommiers,
+<a href="#page227">227</a>,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Pommiers à fleurs doubles,
+<a href="#page375">375</a>.<br>
+ Pompadoura, <i>voir</i> <a href="#page347">Calycanthus</a>.<br>
+ Pontederia cordata,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Populage des marais,
+<a href="#page334">334</a>.<br>
+ Populus, <i>voir</i> <a href="#peuplier">Peuplier</a>.<br>
+ Porte-Chapeau, <i>voir</i> <a href="#page352">Paliurus</a>.<br>
+ Portulaca, <i>voir</i> <a href="#page174">Pourpier</a>.<br>
+ Potentilla,
+<a href="#page311">311</a>,
+<a href="#page353">353</a>.<br>
+ Potiron, <i>voir</i> <a href="#courge">Courge</a>.<br>
+ Pourpier,
+<a href="#page174">174</a>.<br>
+ Pourpier à grandes fleurs,
+<a href="#page273">273</a>.<br>
+<a id="primevere" name="primevere"></a>
+ Primevère,
+<a href="#page254">254</a>,
+<a href="#page327">327</a>.<br>
+ Primevère auricule,
+<a href="#page254">254</a>.<br>
+ Primula, <i>voir</i> <a href="#primevere">Primevère</a>.<br>
+ Prinos,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Prunellier, <i>voir</i> <a href="#page353">Pruniers épineux</a>.<br>
+<a id="pruniers" name="pruniers"></a>
+ Pruniers,
+<a href="#page230">230</a>,
+<a href="#page376">376</a>.<br>
+ Pruniers épineux,
+<a href="#page353">353</a>.<br>
+ Pruniers à fleurs doubles,
+<a href="#page376">376</a>.<br>
+ Prunus, <i>voir</i> <a href="#pruniers">Pruniers</a>.<br>
+ Prunus mahaleb, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerasus mahaleb</a>.<br>
+ Ptelea trifoliata,
+<a href="#page353">353</a>.<br>
+ Pulmonaire,
+<a href="#page312">312</a>.<br>
+ Pulmonaria, <i>voir</i> <a href="#page312">Pulmonaire</a>.<br>
+<a id="pyrethrum" name="pyrethrum"></a>
+ Pyrethrum,
+<a href="#page254">254</a>,
+<a href="#page312">312</a>.<br>
+ Pyrethrum Indicum, <i>voir</i> <a href="#chrysantheme">Chrysanthème</a>.<br>
+ Pyrus, <i>voir</i> <a href="#poirier">Poirier</a>.</p>
+
+<p class="p2">Quercus, <i>voir</i> <a href="#chene">Chêne</a>.</p>
+
+<p class="p2">Radis,
+<a href="#page174">174</a>.<br>
+ Raifort,
+<a href="#page175">175</a>.<br>
+ Raiponce,
+<a href="#page175">175</a>.<br>
+<a id="ranuncul" name="ranuncul"></a>
+ Ranunculus, <i>voir</i> <a href="#renoncule">Renoncule</a>.<br>
+ Raves,
+<a href="#page175">175</a>.<br>
+ Régence, <i>voir</i> <a href="#page147">Mâche d'Italie</a>.<br>
+<a id="reinemarguerite" name="reinemarguerite"></a>
+ Reine-Marguerite,
+<a href="#page258">258</a>,
+<a href="#page274">274</a>.<br>
+<a id="renoncule" name="renoncule"></a>
+ Renoncule,
+<a href="#page312">312</a>,
+<a href="#page332">332</a>,
+<a href="#page334">334</a>.<br>
+ Renouée,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Réséda,
+<a href="#page274">274</a>.<br>
+ Rhamnus, <i>voir</i> <a href="#page347">Bourgène</a>, <a href="#page359">Alaterne</a>.<br>
+ Rhodanthe Manglesii,
+<a href="#page275">275</a>.<br>
+ Rhododendron,
+<a href="#page365">365</a>.<br>
+ Rhubarbe,
+<a href="#page176">176</a>.<br>
+ Rhus, <i>voir</i> <a href="#page358">Sumac</a>.<br>
+ Ribes, <i>voir</i> <a href="#groseillier">Groseillier</a>.<br>
+ Ricin,
+<a href="#page275">275</a>.<br>
+ Ricinus, <i>voir</i> <a href="#page275">Ricin</a>.<br>
+ Robinier,
+<a href="#page376">376</a>.<br>
+ Romaines, <i>voir</i> <a href="#page144">Laitues</a>.<br>
+ Ronce,
+<a href="#page338">338</a>.<br>
+<a id="rosetremiere" name="rosetremiere"></a>
+ Rose trémière,
+<a href="#page275">275</a>,
+<a href="#page312">312</a>.<br>
+ Rose de Noël, <i>voir</i> <a href="#hellebor">Helleborus niger</a>.<br>
+<a id="rosedinde" name="rosedinde"></a>
+ Rose d'Inde, <i>voir</i> <a href="#tagetes">Tagetes erecta</a>.<br>
+ Rose du ciel, <i>voir</i> <a href="#page265">Coquelourde-Rose-du-Ciel</a>.<br>
+ Rosiers,
+<a href="#page251">251</a>,
+<a href="#page345">345</a>,
+<a href="#page353">353</a>.<br>
+ Ruban-d'eau, <i>voir</i> <a href="#page332">Sparganium natans</a>.<br>
+ Roseau à Quenouille, <i>voir</i> <a href="#page332">Arundo donax</a>.<br>
+ Roseau ruban, <i>voir</i> <a href="#page333">Phalaris arundinacea</a>.<br>
+ Rubus, <i>voir</i> <a href="#page338">Ronce</a>.<br>
+ Rudbeckia,
+<a href="#page313">313</a>.<br>
+ Rumex, <i>voir</i> <a href="#page162">Oseille</a>.<br>
+ Ray grass, anglais,
+<a href="#page244">244</a>.</p>
+
+<p class="p2">Sabline,
+<a href="#page254">254</a>.<br>
+ Safran printanier, <i>voir</i> <a href="#page256">Crocus vernus</a>.<br>
+ Sagittaria, <i>voir</i> <a href="#page330">Fléchière</a>.<br>
+<a id="sainfoin" name="sainfoin"></a>
+ Sainfoin d'Espagne,
+<a href="#page275">275</a>.<br>
+ Sainfoin du Caucase,
+<a href="#page313">313</a>.<br>
+ Salicaire effilée,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Salisburia, <i>voir</i> <a href="#page371">Gingko biloba</a>.<br>
+ Salix, <i>voir</i> <a href="#saules">Saules</a>.<br>
+ Salpiglossis sinuata,
+<a href="#page275">275</a>.<br>
+ Salsifis blanc,
+<a href="#page176">176</a>.<br>
+ Salsifis noir, <i>voir</i> <a href="#page177">Scorsonère</a>.<br>
+<a id="salvia" name="salvia"></a>
+ Salvia,
+<a href="#page254">254</a>,
+<a href="#page275">275</a>,
+<a href="#page327">327</a>.<br>
+ Sambucus, <i>voir</i> <a href="#page358">Sureau</a>.<br>
+ Sanvitalia,
+<a href="#page258">258</a>.<br>
+ Sapins,
+<a href="#page380">380</a>.<br>
+ Saponaire,
+<a href="#page258">258</a>,
+<a href="#page313">313</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Sariette,
+<a href="#page177">177</a>.<br>
+ Sauge, <i>voir</i> <a href="#salvia">Salvia</a>.<br>
+<a id="saules" name="saules"></a>
+ Saules,
+<a href="#page335">335</a>,
+<a href="#page377">377</a>.<br>
+ Saururus cernuus,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Savonnier, <i>voir</i> <a href="#page371">K&oelig;lreuteria</a>.<br>
+<a id="saxifrage" name="saxifrage"></a>
+ Saxifrage,
+<a href="#page254">254</a>,
+<a href="#page313">313</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+<a id="scabieuse" name="scabieuse"></a>
+ Scabieuse,
+<a href="#page276">276</a>,
+<a href="#page314">314</a>.<br>
+ Scabiosa, <i>voir</i> <a href="#scabieuse">Scabieuse</a>.<br>
+ Scaroles, <i>voir</i> <a href="#page118">Chicorée</a>.<br>
+ Schizandra coccinea,
+<a href="#page345">345</a>.<br>
+ Schizanthus,
+<a href="#page258">258</a>,
+<a href="#page276">276</a>.<br>
+ Schubertia desticha, <i>voir</i> <a href="#page335">Cyprès chauve</a>.<br>
+ Scille,
+<a href="#page314">314</a>.<br>
+ Scirpus lacustris,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Scorsonère d'Espagne,
+<a href="#page177">177</a>.<br>
+ Scutellaria macrantha,
+<a href="#page314">314</a>.<br>
+ Sedum pyramidale, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifraga pyramidalis</a>.<br>
+ Sedum,
+<a href="#page255">255</a>,
+<a href="#page314">314</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Sempervivum,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Senecio, <i>voir</i> <a href="#senecon">Séneçon</a>.<br>
+<a id="senecon" name="senecon"></a>
+ Séneçon,
+<a href="#page276">276</a>,
+<a href="#page314">314</a>,
+<a href="#page328">328</a>.<br>
+ Séneçon en arbre,
+<a href="#page362">362</a>.<br>
+ Sequoia,
+<a href="#page380">380</a>.<br>
+ Seringat,
+<a href="#page357">357</a>.<br>
+ Silène,
+<a href="#page258">258</a>,
+<a href="#page276">276</a>,
+<a href="#page315">315</a>.<br>
+ Sisyrinchium, <i>voir</i> <a href="#page252">Bermudienne</a>.<br>
+ Solanum,
+<a href="#page328">328</a>.<br>
+ Soleil,
+<a href="#page315">315</a>.<br>
+ Solidago, <i>voir</i> <a href="#page318">Verge d'or</a>.<br>
+ Sophora,
+<a href="#page377">377</a>.<br>
+ Sorbier,
+<a href="#page377">377</a>.<br>
+ Sorbus, <i>voir</i> <a href="#page377">Sorbier</a>.<br>
+ Souci des marais, <i>voir</i> <a href="#page334">Populage des marais</a>.<br>
+ Souci,
+<a href="#page277">277</a>.<br>
+ Souvenez-vous-de-moi, <i>voir</i> <a href="#myosotis">Myosotis palustris</a>.<br>
+ Sparganium natans,
+<a href="#page332">332</a>.<br>
+ Specularia speculum, <i>voir</i> <a href="#campanule">Campanula speculum</a>.<br>
+ Sphenogyne speciosa,
+<a href="#page277">277</a>.<br>
+ Spiræa Japonica, <i>voir</i> <a href="#page348">Kerria Japonica</a>.<br>
+ Staphylea,
+<a href="#page358">358</a>.<br>
+ Statice,
+<a href="#page255">255</a>,
+<a href="#page328">328</a>.<br>
+ Stenactis speciosa,
+<a href="#page315">315</a>.<br>
+ Stevia,
+<a href="#page315">315</a>.<br>
+ Stramonium fastuosum, <i>voir</i> <a href="#datura">Datura fastuosa</a>.<br>
+ Sumac,
+<a href="#page358">358</a>.<br>
+ Sureau,
+<a href="#page358">358</a>.<br>
+ Sureau aquatique, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne obier</a>.<br>
+ Symphorine,
+<a href="#page358">358</a>.<br>
+ Sycomore, <i>voir</i>. <a href="#page369">Érable sycomore</a>.<br>
+ Symphoricarpos, <i>voir</i> <a href="#page358">Symphorine</a>.<br>
+ Symphytum, <i>voir</i> <a href="#page287">Consoude</a>.<br>
+ Sisyrinchium, <i>voir</i> <a href="#page252">Bermudienne</a>.<br>
+ Syringa, <i>voir</i> <a href="#page351">Lilas</a>.</p>
+
+<a id="tagetes" name="tagetes"></a>
+<p class="p2">Tagetes,
+<a href="#page277">277</a>,
+<a href="#page329">329</a>.<br>
+ Tagetes patula, <i>voir</i> <a href="#oeilletdinde">&OElig;illet d'Inde</a>.<br>
+ Tagetes erecta, <i>voir</i> <a href="#rosedinde">Rose d'Inde</a>.<br>
+ Tamarix,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+ Tanacetum, <i>voir</i> <a href="#page315">Tanaisie</a>.<br>
+ Tanaisie,
+<a href="#page315">315</a>.<br>
+ Taxodium, <i>voir</i> <a href="#page380">Sequoia</a>.<br>
+ Taxus, <i>voir</i> <a href="#page380">If</a>.<br>
+ Tétragone étalée,
+<a href="#page177">177</a>.<br>
+ Tetragonolobus purpureus, <i>voir</i> <a href="#page270">Lotier rouge</a>.<br>
+ Thalictrum, <i>voir</i> <a href="#page311">Pigamon</a>.<br>
+ Thé d'Oswégo, <i>voir</i> <a href="#page305">Monarda didyma</a>.<br>
+ Thlaspi,
+<a href="#page277">277</a>.<br>
+ Thlaspi jaune, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum saxatile</a>.<br>
+ Thlaspi vivace,
+<a href="#page255">255</a>.<br>
+ Thrachymene cærulea, <i>voir</i> <a href="#page269">Hugelia cærulea</a>.<br>
+ Thuia,
+<a href="#page381">381</a>.<br>
+ Thunbergia,
+<a href="#page341">341</a>.<br>
+ Thymélée des Alpes, <i>voir</i> <a href="#page349">Daphne Cneorum</a>.<br>
+ Tigridia,
+<a href="#page316">316</a>.<br>
+ Tilleul,
+<a href="#page377">377</a>.<br>
+ Tilia, <i>voir</i> <a href="#page377">Tilleul</a>.<br>
+ Tomate,
+<a href="#page178">178</a>.<br>
+ Tournefortia,
+<a href="#page316">316</a>.<br>
+<a id="tourretteprintaniere" name="tourretteprintaniere"></a>
+ Tourrette printanière,
+<a href="#page255">255</a>,
+<a href="#page336">336</a>.<br>
+ Trachelium cæruleum,
+<a href="#page277">277</a>.<br>
+<a id="tradescantia" name="tradescantia"></a>
+ Tradescantia,
+<a href="#page292">292</a>,
+<a href="#page329">329</a>.<br>
+ Trapa natans, <i>voir</i> <a href="#page331">Macre</a>.<br>
+ Trèfle d'eau, <i>voir</i> <a href="#page331">Menyanthes trifoliata</a>.<br>
+ Triacanthos, <i>voir</i> <a href="#page370">Févier d'Amérique</a>.<br>
+ Trifolium, <i>voir</i> <a href="#cytise">Cytisus sessilifolius</a>.<br>
+<a id="troene" name="troene"></a>
+ Troëne,
+<a href="#page359">359</a>,
+<a href="#page362">362</a>.<br>
+ Tropæolum, <i>voir</i> <a href="#capucines">Capucines</a>.<br>
+ Tubéreuse,
+<a href="#page316">316</a>.<br>
+ Tulipe,
+<a href="#page316">316</a>.<br>
+ Tulipier,
+<a href="#page378">378</a>.<br>
+ Tupélo,
+<a href="#page335">335</a>.<br>
+ Turritis verna, <i>voir</i> <a href="#tourretteprintaniere">Tourrette printanière</a>.<br>
+<a id="tussilage" name="tussilage"></a>
+ Tussilage,
+<a href="#page318">318</a>,
+<a href="#page337">337</a>.<br>
+ Tussilago, <i>voir</i> <a href="#tussilage">Tussilage</a>.<br>
+ Typha, <i>voir</i> <a href="#page331">Massette</a>.</p>
+
+<p class="p2">Ulex, <i>voir</i> <a href="#page359">Ajonc</a>.<br>
+ Ulmus, <i>voir</i> <a href="#page374">Orme</a>.</p>
+
+<p class="p2">Vaccinium, <i>voir</i> <a href="#airelle">Airelle</a>.<br>
+ Valériane,
+<a href="#page277">277</a>.<br>
+ Valériane grecque, <i>voir</i> <a href="#page311">Polémoine</a>.<br>
+ Varaire,
+<a href="#page318">318</a>.<br>
+ Vélar de Barbarie,
+<a href="#page318">318</a>.<br>
+ Veratrum, <i>voir</i> <a href="#page318">Varaire</a>.<br>
+ Verbascum ph&oelig;niceum; <i>voir</i> <a href="#page305">Molène purpurine</a>.<br>
+ Verbena, <i>voir</i> <a href="#verveine">Verveine</a>.<br>
+ Verge d'or,
+<a href="#page318">318</a>.<br>
+ Vernis du Japon, <i>voir</i> <a href="#page366">Ailantus glandulosa</a>.<br>
+ Véroniques,
+<a href="#page319">319</a>,
+<a href="#page330">330</a>.<br>
+ Vernonia,
+<a href="#page319">319</a>.<br>
+ Vers,
+<a href="#page118">118</a>.<br>
+<a id="verveine" name="verveine"></a>
+ Verveine,
+<a href="#page277">277</a>,
+<a href="#page329">329</a>.<br>
+ Viburnum, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne</a>.<br>
+ Vigne de Judée, <i>voir</i> <a href="#page344">Morelle grimpante</a>.<br>
+ Vigne vierge,
+<a href="#page345">345</a>.<br>
+ Vigne,
+<a href="#page231">231</a>.<br>
+ Villarsia,
+<a href="#page331">331</a>.<br>
+ Vinca, <i>voir</i> <a href="#page337">Pervenche</a>.<br>
+ Viola tricolor, <i>voir</i> <a href="#page278">Pensée</a>.<br>
+ Violette marine, <i>voir</i> <a href="#campanule">Campanule à grosses fleurs</a>.<br>
+<a id="viorne" name="viorne"></a>
+ Viorne,
+<a href="#page335">335</a>,
+<a href="#page359">359</a>.<br>
+ Violette odorante,
+<a href="#page255">255</a>.<br>
+ Viola odorata, <i>voir</i> <a href="#page255">Violette odorante</a>.<br>
+ Virgilia,
+<a href="#page378">378</a>.<br>
+ Viscaria,
+<a href="#page278">278</a>.<br>
+ Vitex, <i>voir</i> <a href="#page350">Gattilier</a>.<br>
+ Vitadinia,
+<a href="#page255">255</a>.<br>
+ Volubilis, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomæa purpurea</a>.</p>
+
+<p class="p2">Wellingtonia, <i>voir</i> <a href="#page380">Sequoia</a>.<br>
+ Witlavia grandiflora,
+<a href="#page278">278</a>.<br>
+ Weigelia rosea,
+<a href="#page359">359</a>.<br>
+ Wigandia,
+<a href="#page330">330</a>.</p>
+
+<p class="p2">Xanthorhiza,
+<a href="#page359">359</a>.<br>
+ Xanthoxylum, <i>voir</i> <a href="#page368">Clavalier</a>.<br>
+ Xeranthemum annuum, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.</p>
+
+<p class="p2">Yucca,
+<a href="#page362">362</a>.</p>
+
+<p class="p2">Zauschnéria,
+<a href="#page319">319</a>.<br>
+ Zea, maïs, <i>voir</i> <a href="#mais">Maïs</a>.<br>
+ Zinnia,
+<a href="#page278">278</a>.</p>
+</div>
+
+<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE.</p>
+
+<h2><span class="pagenum"><a id="page410" name="page410"></a>(p. 410)</span>TABLE DES FIGURES</h2>
+
+<ul class="none">
+<li>Fig. 1. Plan du jardin potager.
+<span class="ralign10"><a href="#img027">5</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 2. Thermosiphon.
+<span class="ralign10"><a href="#img002">53</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 3. Greffe en écusson.
+<span class="ralign10"><a href="#img003">69</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 4. &mdash; en anneau.
+<span class="ralign10"><a href="#img004">70</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 5. &mdash; en fente.
+<span class="ralign10"><a href="#img005">72</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 6. &mdash; en placage.
+<span class="ralign10"><a href="#img006">73</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 7. &mdash; en couronne.
+<span class="ralign10"><a href="#img007">76</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 8. &mdash; par approche.
+<span class="ralign10"><a href="#img008">77</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 9. Châssis.
+<span class="ralign10"><a href="#img009">79</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 10. Serre à Ananas.
+<span class="ralign10"><a href="#img010">96</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 11. Melon, 1<sup>re</sup> taille.
+<span class="ralign10"><a href="#img011">150</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 12. &mdash; 2<sup>e</sup> taille.
+<span class="ralign10"><a href="#img012">151</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 13. &mdash; 3<sup>e</sup> taille.
+<span class="ralign10"><a href="#img013">152</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 14. Pêcher, 2<sup>e</sup> année.
+<span class="ralign10"><a href="#img014">204</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 15. &mdash; 3<sup>e</sup> année.
+<span class="ralign10"><a href="#img015">206</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 16. &mdash; 4<sup>e</sup> année.
+<span class="ralign10"><a href="#img016">208</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 17. &mdash; 5<sup>e</sup> année.
+<span class="ralign10"><a href="#img017">210</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 18. &mdash; en V.
+<span class="ralign10"><a href="#img018">211</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 19. Serre à forcer.
+<span class="ralign10"><a href="#img019">212</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 20. Poiriers en quenouille.
+<span class="ralign10"><a href="#img020">214</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 21. &mdash; en éventail.
+<span class="ralign10"><a href="#img021">218</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 22. &mdash; en palmette.
+<span class="ralign10"><a href="#img022">220</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 23. &mdash; en palmette à double tige.
+<span class="ralign10"><a href="#img023">221</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 24. Pommier en gobelet.
+<span class="ralign10"><a href="#img024">228</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 25. &mdash; en cordons.
+<span class="ralign10"><a href="#img025">229</a></span></li>
+
+<li>&mdash; 26. Vigne à la Thomery.
+<span class="ralign10"><a href="#img026">233</a></span></li>
+</ul>
+</div>
+
+<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE DES FIGURES.</p>
+
+<div class="footnote">
+<p><a id="footnote1" name="footnote1"></a>
+<b><a href="#footnotetag1">1</a></b>: <span class="smcap">Bouvart</span>, <i>Observations météorologiques faites à
+l'Observatoire de Paris</i>.</p>
+
+<p><a id="footnote2" name="footnote2"></a>
+<b><a href="#footnotetag2">2</a></b>: La figure 2 représente une chaudière en cuivre, à
+doubles parois, remplie d'eau; le tuyau de départ A sert également à
+introduire l'eau dans la chaudière; il communique avec les tuyaux de
+circulation B au moyen d'un coude de même diamètre.</p>
+
+<p>Aussitôt échauffée, l'eau contenue dans la chaudière se dilate,
+pousse celle qui se trouve dans les tuyaux jusqu'au point C, où elle
+rentre dans la chaudière pour se réchauffer et circuler de nouveau
+dans les tuyaux quand elle est suffisamment chaude.</p>
+
+<p>Quant aux tuyaux, lorsque le parcours est d'une certaine étendue, on
+leur donne la forme méplate, afin de chauffer une plus grande
+surface que dans les tuyaux cylindriques, et pour contenir une moins
+grande quantité d'eau qui puisse parvenir au degré d'ébullition plus
+promptement que dans ces derniers. On donne généralement à ces
+tuyaux 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03 d'épaisseur sur une hauteur variable de
+0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,15, suivant le cube d'air et le besoin d'élévation de
+la température. Les tuyaux de 0<sup>m</sup>,21 sur 0<sup>m</sup>,2 sont assez
+communément en usage. En effet, les tuyaux cylindriques, dont la
+surface extérieure correspond à celle du tuyau de 0<sup>m</sup>,21 de hauteur
+sur 0<sup>m</sup>,2 contiennent 4 litres 20 d'eau, et la même longueur en
+tuyaux d'une surface extérieure semblable, c'est à-dire d'un
+diamètre de 0<sup>m</sup>,15, en contiendrait 15 litres 17. Il est vrai que
+l'eau chaude contenue dans le tuyau cylindrique se refroidira moins
+vite que dans l'autre; mais aussi il aura fallu pour la mettre en
+ébullition brûler plus de combustible sans avoir obtenu plus de
+surface de chauffe, et par conséquent plus de chaleur.</p>
+
+<p><a id="footnote3" name="footnote3"></a>
+<b><a href="#footnotetag3">3</a></b>: La cire à greffer se compose de deux parties de
+poix-résine, de deux parties de cire jaune et d'une partie de suif,
+fondues ensemble.</p>
+
+<p><a id="footnote4" name="footnote4"></a>
+<b><a href="#footnotetag4">4</a></b>: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil
+en cuivre de forme cylindrique, nommé <i>fumigateur</i>. Il se compose de
+deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie
+inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement
+pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour
+faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet
+dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en
+soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de
+la partie supérieure.</p>
+
+<p><a id="footnote5" name="footnote5"></a>
+<b><a href="#footnotetag5">5</a></b>: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages
+doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à
+la claie ou au crible.</p>
+
+<p>La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la
+hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ
+0<sup>m</sup>,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au
+milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de
+l'incliner un peu) sur un bon piquet.</p>
+
+<p>Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier
+ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou
+moins ameublir la terre qu'on y passe.</p>
+
+<p><a id="footnote6" name="footnote6"></a>
+<b><a href="#footnotetag6">6</a></b>: On appelle blanc de Champignons de petits filaments
+blancs assez semblables à la moisissure et qui se forment dans le
+fumier. On le trouve soit dans le fumier en tas depuis longtemps, où
+il s'en forme souvent de très-bon, soit dans les vieilles couches à
+Melons; à défaut, on peut en prendre dans une meule déjà en rapport,
+mais où l'on n'aurait encore fait qu'une récolte. Placé dans un lieu
+sec, le blanc de Champignons peut se conserver pendant deux ans.</p>
+
+<p><a id="footnote7" name="footnote7"></a>
+<b><a href="#footnotetag7">7</a></b>: Ces deux modes de repiquage sont encore pratiqués dans
+la culture maraîchère. Cependant bon nombre de maraîchers ont
+abandonné le repiquage en pot; car l'expérience prouve qu'un Melon
+dont les racines sont contournées (ce qui arrive nécessairement aux
+pieds repiqués en pot, si la plantation se trouve retardée de
+quelques jours), doit végéter avec moins de vigueur que celui, qui
+est repiqué sur couche, et dont les racines n'ont pas été gênées
+dans leur développement.</p>
+
+<p><a id="footnote8" name="footnote8"></a>
+<b><a href="#footnotetag8">8</a></b>: Un fait assez important à connaître est le point précis
+de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas
+toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter
+un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à
+changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on
+peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de
+mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut
+facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours
+facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le
+juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration
+jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur
+claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si
+elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur
+agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à
+la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces
+minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils
+présentent plus d'incertitude.</p>
+
+<p><a id="footnote9" name="footnote9"></a>
+<b><a href="#footnotetag9">9</a></b>: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent
+sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.</p>
+
+<p><a id="footnote10" name="footnote10"></a>
+<b><a href="#footnotetag10">10</a></b>: Une échelle étant toujours indispensable pour cette
+opération, nous conseillons celle de M. Forest. Les arcs-boutants
+décrivent un arc de cercle qui empêche, lorsque les pieds de
+l'échelle entrent dans le sol, d'endommager les branches sur
+lesquelles elle porte.</p>
+
+<p><a id="footnote11" name="footnote11"></a>
+<b><a href="#footnotetag11">11</a></b>: Nous ne parlerons que des Pêchers en espalier, car les
+Pêchers en plein vent ne réussissent réellement bien que dans nos
+départements méridionaux.</p>
+
+<p><a id="footnote12" name="footnote12"></a>
+<b><a href="#footnotetag12">12</a></b>: Le nom en <span class="smcap">PETITES CAPITALES</span> indique le <i>nom définitif</i>;
+les noms <i>entre parenthèses</i> indiquent les <i>synonymes détruits</i>; le mot
+<i>fertile</i> s'applique à la fertilité de l'<i>arbre</i>; le mot <i>moyen</i>, à la
+grosseur du <i>fruit</i>; le mot <i>bon</i>, à la qualité de la <i>chair</i>; enfin,
+l'énonciation du mois de l'année fait connaître l'époque de la
+<i>maturité</i>.</p>
+
+<p><a id="footnote13" name="footnote13"></a>
+<b><a href="#footnotetag13">13</a></b>: Cette bâche se compose d'un coffre de 0<sup>m</sup>,80 de
+largeur sur 1<sup>m</sup>,33 de hauteur par derrière et de 0<sup>m</sup>,33 par devant.
+On maintient l'écartement au moyen de barres assemblées à queue
+d'aronde par le haut et par le bas, et placées de manière à servir
+de support aux panneaux.</p>
+
+<p><a id="footnote14" name="footnote14"></a>
+<b><a href="#footnotetag14">14</a></b>: Pour faire de l'hydrosulfate de chaux, on prend 250
+grammes de soufre en poudre et environ un demi-litre de chaux
+fraîchement éteinte; on fait du tout une pâte à laquelle on ajoute 3
+litres d'eau.</p>
+
+<p>On place cette préparation sur le feu, dans une marmite de fonte ou
+de terre vernie; on la fait bouillir pendant dix minutes environ,
+après quoi on la met en bouteilles.</p>
+
+<p><a id="footnote15" name="footnote15"></a>
+<b><a href="#footnotetag15">15</a></b>: <i>Calcéolaires herbacées.</i>&mdash;On sème les Calcéolaires
+herbacées en août et en septembre en terre légère, composée de terre
+de bruyère, de terre franche et de terreau, sous châssis, à une
+exposition ombragée. Lorsque le plant a trois ou quatre feuilles, on
+le repique dans de petits pots que l'on replace sous châssis pour
+passer l'hiver.</p>
+
+<p>En février ou en mars, on donne des pots plus grands aux
+Calcéolaires de semis, après quoi on peut les mettre dans la serre
+tempérée pour jouir de la beauté de leurs fleurs.</p>
+
+<p><a id="footnote16" name="footnote16"></a>
+<b><a href="#footnotetag16">16</a></b>: <i>Cinéraires hybrides.</i>&mdash;Pour avoir de belles
+Cinéraires, il faut leur donner une terre légère, composée de terre
+de bruyère, de terre franche et de terreau.</p>
+
+<p>On les sème en août et septembre, sous châssis, à une exposition
+ombragée. Repiquées, puis rempotées à propos, les Cinéraires de
+semis peuvent, au printemps, faire l'ornement des serres et des
+appartements.</p>
+
+<p><a id="footnote17" name="footnote17"></a>
+<b><a href="#footnotetag17">17</a></b>: <span class="smcap">Primula</span> Sinensis.&mdash;La Primula Sinensis est une des
+plantes qui conviennent le mieux pour orner les serres et les
+appartements pendant l'hiver.</p>
+
+<p>On la sème en mars et avril sous châssis, puis on la repique en
+pots. Il lui faut de la terre de bruyère mêlée d'un quart de
+terreau.</p>
+
+<p><a id="footnote18" name="footnote18"></a>
+<b><a href="#footnotetag18">18</a></b>: Les plantes marquées d'un astérisque sont à feuillage
+persistant.</p>
+
+<p><a id="footnote19" name="footnote19"></a>
+<b><a href="#footnotetag19">19</a></b>: En procédant à la plantation des espèces marquées d'un
+astérisque, il faut garnir, dans le principe seulement, les racines
+de terre de bruyère, afin de favoriser leur reprise.</p>
+
+</div>
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
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+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
+metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be
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+
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+
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+jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize
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+status under the laws that apply to them.
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+Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for
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