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| author | Roger Frank <rfrank@pglaf.org> | 2025-10-14 20:13:45 -0700 |
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You may copy it, give it away or +re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included +with this eBook or online at www.gutenberg.org + + +Title: Manuel pratique de Jardinage + contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou + d'en diriger la culture + +Author: unknown Courtois-Gérard + +Release Date: June 1, 2012 [EBook #39889] + +Language: French + +Character set encoding: ISO-8859-1 + +*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE *** + + + + +Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + + + + + + + + + MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE + + + + +L'auteur et l'éditeur se réservent le droit de traduire ou de faire +traduire cet ouvrage en toutes langues. Ils poursuivront +conformément à la loi et en vertu des traités internationaux toute +contrefaçon ou traduction faite au mépris de leurs droits. + +Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait à Paris en temps utile et +toutes les formalités prescrites par les traités sont remplies dans +les divers États avec lesquels il existe des conventions littéraire. + +Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas, comme +ci-dessous, ma griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et +débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la +loi. + +[Illustration: Signature] + +Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, r. du Four-St.-Germ., 43. + + + + + BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES ET AGRICOLES + Série H. N. 41. + + MANUEL PRATIQUE + DE + JARDINAGE + + CONTENANT + LA MANIÈRE DE CULTIVER SOI-MÊME UN JARDIN + OU D'EN DIRIGER LA CULTURE + + PAR COURTOIS-GÉRARD + Marchand grainier, horticulteur. + + SEPTIÈME ÉDITION + + PARIS + LIBRAIRIE SCIENTIFIQUE, INDUSTRIELLE ET AGRICOLE + Eugène LACROIX, Éditeur + + LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS + QUAI MALAQUAIS + + Tous droits réservés. + + + + +INTRODUCTION + +À LA SEPTIÈME ÉDITION + + +Les progrès que le temps amène à sa suite, plus rapidement encore +dans la pratique de l'horticulture que dans les autres branches du +travail humain, se sont produits en grand nombre, non-seulement +depuis la première édition du _Manuel de Jardinage_, mais encore +depuis la sixième, à l'épuisement de laquelle celle-ci vient +suppléer. Nous devons donc prévenir que plusieurs parties ont été +remaniées à fond, pour être ramenées au niveau des connaissances +horticoles du moment; toutes les lacunes que le cours des années +pouvait avoir fait naître, ont été soigneusement comblées; nous en +signalerons les principales. + +Le calendrier, révisé et refondu, a été augmenté de détails nouveaux +et importants. D'intéressantes et lucides explications complètent +le chapitre du jardin potager. L'article _Assolement_, le premier +qui ait été publié sur le jardinage, peut être consulté avec +avantage par toutes les personnes qui veulent obtenir les récoltes +les plus abondantes qu'un jardin potager bien tenu puisse produire; +car pas un fait avancé par l'auteur n'a été pris en dehors de ce qui +est consacré par la pratique. Dans celui du jardin fruitier, l'on +trouve, outre l'exposé plus développé de quelques opérations, les +listes des arbres fruitiers les plus estimés de chaque série, listes +que les nombreuses conquêtes de la Pomologie viennent incessamment +enrichir, et des données d'une grande utilité pratique pour le +traitement des maladies des arbres. + +Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que se +rencontrent les améliorations les plus remarquables au _Manuel de +Jardinage_, dans sa septième édition, depuis la composition de gazons, +écueil où viennent échouer tant de jardiniers inexpérimentés, jusqu'à la +direction des plantes les plus difficiles à obtenir dans tout l'éclat de +leur beauté. + +En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture +d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son +parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de +chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture +contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et +fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au +lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus +variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et +de déboires. + +De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent +avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront +aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un +meilleur parti des ressources dont ils disposent. + +Les livres qui, comme le _Manuel de Jardinage_, aplanissent la +route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les +vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux: +ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout +entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût; +et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux +profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à l'exécution +matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement trop élevé +le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la portée de +tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les éditions +précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus scrupuleuse +correction typographique. Cette édition nouvelle du _Manuel de +Jardinage_ réunit, comme on le voit, tout ce qui peut mériter à ce +livre la continuation de la faveur dont il est en possession depuis +sa naissance. + + + + +MANUEL PRATIQUE + +DE JARDINAGE + + + + +CHAPITRE PREMIER. + +Disposition générale d'un jardin potager. + + +Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin +pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées +d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et +des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer +les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera +maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions +intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du +travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder +sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est +très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à +l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et +de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance. + +Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre +de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche +et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un +terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de +cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture +courante. Nous ne prétendons pas dire que les terrains de nature +différente soient impropres à la végétation; car tous lui +conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à +l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont +assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber +les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement +voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la +culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins. + +Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons, +des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités +qui lui manquent. + +Le potager que nous représentons (fig. 1, à la fin du volume) forme +un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue, +choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus +variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans +l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons; +seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une +planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité +du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les +cultures de même espèce. + +L'assolement devra être conduit de telle sorte qu'une planche ne +produise pas deux années de suite les mêmes légumes. + +Il est convenable, sous tous les rapports, que le potager soit clos +de murs au nord, à l'est et à l'ouest; ce qui nous donnera à +l'intérieur les expositions du sud, de l'ouest et de l'est. Au sud +extérieur, on peut à la rigueur remplacer le mur par une haie. Les +murs devront avoir au moins 2m,65 au-dessus de terre, et ils seront +crépis intérieurement. S'ils sont construits en plâtras ou en +pierre, on y pourra palisser les espaliers à la loque; mais s'ils +étaient en moellon dur, il faudrait les faire préalablement garnir +de treillage. Le chaperon sera garni de tuiles formant une saillie +de 0m,12 à 0m,15, pour garantir les fruits contre les fâcheuses +influences des pluies, ce qui permettra également de conserver le +raisin jusqu'à une époque assez avancée. + +En y suspendant des toiles ou des paillassons, qu'on tiendra écartés +du mur, on pourra garantir les Pêchers en fleur contre les gelées du +printemps. Les murs du _sud_ seront garnis de Pêchers. + +À l'_est_ on plantera de la Vigne, qui sera conduite à la Thomery. + +À l'_ouest_ se trouveront des Pêchers, et dans l'intervalle on +plantera des Poiriers. + +Au _nord_, les murs seront garnis de Poiriers, et, pour planter à +cette exposition, il faut avoir soin de choisir les variétés les +plus hâtives, afin que les fruits puissent atteindre leur parfaite +maturité. + +On peut aussi planter des Pruniers et quelques Cerisiers tardifs, +qui mûrissent à une époque où l'on est ordinairement privé de ces +fruits. + +C'est dans un endroit écarté du potager, et le moins en vue, qu'on +creusera un trou pour jeter les sarclures, les épluchures de légumes +et les débris végétaux, qui pourront être employés comme engrais +après leur réduction en terreau. + +Un point important à observer dans l'établissement d'un jardin, +c'est la distribution de l'eau. Dans le potager, elle doit avoir +lieu par des conduits souterrains, que l'on fera passer dans les +allées, de telle sorte qu'il soit possible d'y faire les réparations +nécessaires sans déranger les plantations. + +L'eau sera reçue dans un ou plusieurs bassins placés au milieu du +jardin, ou, comme nous l'indiquons sur le plan, dans un bassin au +centre n. 62, et dans des tonneaux placés à l'extrémité des +planches n. 8, 9, 24, 25, 34, 35, 50 et 51. + +Ces dispositions sont d'autant plus importantes que l'on connaît +l'utilité indispensable des arrosements non-seulement dans les temps +de sécheresse, mais encore pour accélérer la germination des semis +et faciliter la reprise des plants nouvellement repiqués. + +L'allée du milieu aura 3 mètres de largeur, l'allée circulaire et +celles de traverse n'en auront que 2. + +Les petites allées pratiquées autour des planches devront avoir +0m,60 de largeur, et seront bordées d'Oseille, de Civette, de +Cresson alénois, de Persil, de Cerfeuil, de Chicorée sauvage, de +Pimprenelle, de Fraisiers, etc. + +La largeur des planches sera de 1m,33, avec un sentier de 0m,35 +entre chacune, ce qui suffira pour le passage; car le premier rang +de chaque planche doit toujours être au moins à 0m,10 du bord. + +Les plates-bandes n. 61 de chaque côté de l'allée du milieu et de +celles de traverse auront 1m,65 de largeur, et seront bordées de +Buis. On y plantera un rang de Poiriers en quenouille, espacés entre +eux d'environ 8 mètres, et un Pommier nain entre chaque Poirier. + +Le carré formé par les huit premières planches est destiné à faire +les semis et le repiquage des plantes potagères et des fleurs +nécessaires pour garnir les plates-bandes et les massifs du jardin +d'agrément. + +N. 9 à 29 et 30 à 50. Planches à mettre en culture. + +N. 51. Emplacement pour faire les couches. + +N. 52. Plantation de Groseilliers. + +N. 53. Plantation de Framboisiers. + +N. 54. Côtière de 2m,75 de largeur à mettre en culture potagère. + +N. 55. Plate-bande de 2 mètres de largeur, où l'on plantera un rang +de Rhubarbe anglaise. + +N. 56 et 57. Plate-bande de même largeur à mettre en culture. + +N. 58. Contre-espalier de Vignes, dont on peut chauffer une partie +chaque année. + +N. 59. Plate-bande d'environ 1 mètre de largeur. + +N. 60. Rangs de Vignes soutenues par des échalas placés au bout de +chaque planche, et de manière à ne pas obstruer les sentiers. + +N. 61. Plate-bande de 1m,65 de largeur. + +N. 62. Bassin. + +N. 63. Porte pour entrer les fumiers. + +N. 64. Allée de communication avec le jardin d'agrément. + + + + +CHAPITRE II. + +Calendrier. + + +Nous avons eu en vue, en faisant ce calendrier, d'indiquer d'une +manière à la fois succincte et précise les diverses opérations qui +doivent se succéder sans interruption dans le cours d'une année, +pour que les productions en légumes, fruits et fleurs soient +toujours abondantes, et que jamais le sol ne repose. Pour arriver à +ce résultat, il fallait faire plus qu'énoncer sommairement les +travaux propres à chaque mois; il fallait encore indiquer avec +précision l'époque du semis, celle de la récolte, la place occupée +par chaque genre de culture, et la nature des végétaux qui doivent +succéder à ceux qui ont accompli leur période de végétation. + +Nous pensons avoir atteint ce dernier but en renvoyant aux numéros +portés sur le plan (voir pl. 1), ce qui ne laisse pas d'incertitude +sur le choix de l'emplacement à assigner à chaque plante; et comme +les indications du calendrier eussent été insuffisantes sous la +forme que nous leur avons donnée, ou bien qu'elles eussent exigé +des développements que ne comporte pas un tableau synoptique, nous +renvoyons, pour la culture propre à chaque espèce, à l'article +spécial qui y est consacré. + +Nous commençons, contrairement à la coutume, l'année par le mois +d'août, parce que c'est à cette époque que commence en effet l'année +horticole, tandis qu'en commençant par le mois de janvier, ainsi que +cela a lieu communément, on sépare les travaux d'automne de ceux de +printemps, avec lesquels ils sont intimement unis, puisqu'ils en +sont la préparation nécessaire. + + +AOÛT. + + Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 380[1]. + Température moyenne, maximum + 21°,20. + minimum + 16°,46. + Quantité de pluie, 48 mill. 59. + État de l'hygromètre, 70°,5. + +[Note 1: BOUVART, _Observations météorologiques faites à +l'Observatoire de Paris_.] + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est un de ceux qui réclament de la part +du jardinier tous ses soins et son activité. Non-seulement il +entretient, par des arrosements et des bassinages, la végétation des +plantes dont il attend la récolte vers la fin de la saison, mais +encore il s'occupe déjà des semis et des plantations des végétaux +destinés à passer l'hiver et à donner leur produit l'année suivante. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--Les couches sont peu nécessaires dans ce +mois, et les seuls travaux à faire consistent à planter des +Choux-fleurs sur les couches à Melons, et à faire une meule à +Champignons au n. 8. + +_Côtière_ n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante de la Scarole, +semée en pleine terre dans la seconde quinzaine de juillet. + +N. 11. On sème des Mâches. + +_Pleine terre_, n. 14.--On sème des Épinards de Hollande. + +N. 23. On plante des Choux de Milan, semés en juillet. + +N. 32. On sème des Navets. + +N. 37. On plante du Céleri turc, semé dans la première quinzaine de +juin. + +On sème du Cerfeuil bulbeux et des Radis roses. + +Dans la seconde quinzaine, on sème des Oignons blancs, de la Romaine +rouge d'hiver, de la Laitue de la Passion, de la Chicorée de la +Passion, du Cerfeuil, des Choux d'York, coeur-de-boeuf et +pain-de-sucre. + +On récolte les graines de Carottes, Laitues, Oignons, Ciboule, +Poireaux, Panais, Persil, Crambé maritime. + + +JARDIN FRUITIER.--Terminer le palissage des espaliers; supprimer les +branches qui tendraient à s'emporter. + +Arroser les Pêchers et découvrir les fruits qui approchent de la +maturité. + +Greffer à oeil dormant les arbres fruitiers et les arbres et +arbustes d'ornement. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Tous les soins consistent à arroser, ratisser, +biner, couper les gazons, mettre en place les fleurs d'automne, +telles que les Balsamines, Reines-marguerites, Oeillets d'Inde, +etc., si ces travaux n'ont pas encore eu lieu; terminer les +marcottes d'Oeillets. + +Greffer les Pivoines en arbre sur des tubercules de Pivoines +herbacées. (Voir page 74, l'article _Greffe_.) + +Séparer et replanter les Juliennes doubles, mettre les Oeillets de +semis en planche ou les planter dans les plates-bandes. + +Planter les Couronnes impériales et les Lis martagons. + +Semer les graines de Pivoines herbacées; ce mode de multiplication +est extrêmement long, et l'on ne sème guère que pour obtenir de +nouvelles variétés. + +Semer les Pensées à grandes fleurs, en septembre, on les repique en +pépinière à bonne exposition, pour ne les mettre en place qu'au +printemps; on sème aussi, mais en pots et sous châssis, les +Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires, les Mimulus, les +Giroflées quarantaines. + + +SERRES.--Vers la fin du mois, rabattre et rempoter les Pélargoniums +et les plantes dont les pots ont été enterrés pendant l'été, afin +qu'elles soient reprises à l'époque où on les rentrera dans la +serre. On fait des boutures de Pélargoniums, de Calcéolaires, de +Chrysanthèmes à fleurs blanches, Cuphéa, Ageratum Mexicanum, +Fuchsia, Véroniques ligneuses, Verveines. + + +SEPTEMBRE. + + Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 399. + Température moyenne, maximum +17°,87. + minimum +13°,74. + Quantité de pluie, 57 mill. 26. + État de l'hygromètre, 75°,2. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de jardinage commencent à diminuer, +car l'année approche de sa fin, et les soins d'entretien exigent +moins d'assiduité. Les arrosements deviennent moins fréquents, et +n'ont plus lieu que le matin; on doit, à cause de la fraîcheur des +nuits, cesser ceux du soir. C'est, en revanche, l'époque des +récoltes; les graines sont mûres ou sur le point de l'être, et il +faut songer à les cueillir. Le jardinier soigneux disposera ses +serres et son fruitier pour rentrer ses fruits, ses légumes et ses +plantes quand le moment sera venu. Il faut aussi faire les +réparations nécessaires aux coffres et aux panneaux, afin qu'ils +soient en état dès que les froids viendront. + + +JARDIN POTAGER. _Couches_, n. 3.--Dans la seconde quinzaine, on +recharge la couche avec du terreau et on plante de la Laitue gotte, +semée dans la première quinzaine du mois. À l'approche des froids, +on couvre ces Laitues avec des châssis, on donne autant d'air que +possible, afin d'éviter la pourriture; avec des soins, on peut en +conserver jusqu'en décembre. + +_Côtière_, n. 10.--Dans la première quinzaine, on plante de la +Laitue de la Passion, de la Chicorée de la Passion et de la Romaine +rouge d'hiver, semées dans le courant d'août. + +_Pleine terre._--Dans les premiers jours du mois, on sème des +Choux-fleurs, des Choux d'York et coeur-de-boeuf. On sème de la +Chicorée fine sous cloches, mais à froid. On sème la Pimprenelle, +des Radis roses sur ados, et on continue de semer du Cerfeuil +ordinaire, du Cerfeuil bulbeux, des Mâches et des Épinards. On fait +blanchir des Cardons et du Céleri. + +N. 56. On sème de la Carotte hâtive. + +N. 41. On sème du Poireau long. + +N. 42, 43, 44 et 45. On plante cinq rangs de Fraisiers des quatre +saisons dans chaque planche, et on les met à 0m,35 sur la ligne. + +N. 46 et 47. On plante quatre rangs de Fraisiers Queen's seedling, +ou toute autre espèce à gros fruit, dans chaque planche, et on les +met à 0m,50 sur la ligne. + +On récolte les graines de Chicorées, Céleri, Betteraves, Poirées, +Choux-fleurs. + + +JARDIN FRUITIER.--Les travaux de ce mois se bornent à peu de chose. +Néanmoins, on surveille la végétation des Pêchers, afin de maintenir +l'équilibre de la sève. On greffe les arbres qui végétaient trop +vigoureusement dans le cours du mois précédent, et l'on garantit les +fruits contre la voracité des oiseaux et des insectes. On donne le +dernier binage. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Mêmes travaux de soins et d'entretien que dans +les mois précédents. C'est l'époque la plus favorable pour semer les +pelouses de gazon, car il reste encore assez de temps pour qu'il +couvre la terre avant l'hiver, et au printemps il est en état de +résister à la sécheresse, qui lui est très-contraire. C'est +également l'époque de tondre les bordures de Buis. Semer les +Clarkias, Collinsias, Coréopsis, Crépis, Énothères, Alyssum +maritimum, Gilias, Mufliers, Némophiles, Oeillets de Chine, Silènes, +Saponaire de Calabre, Thlaspis, etc., et repiquer avant l'hiver les +plants en pépinière, pour ne les mettre en place qu'au printemps. +Semer en pots, que l'on hiverne sous châssis, les Anagallis, +Brachycomes, Centranthus, Eucharidium, Leptosiphon, Nemesia, +Nycterinia, Malopes, Phlox Drummondi, Schizanthus, Trachymènes, +Viscaria. + +Planter aussi les Iris Germanica, semer des Giroflées quarantaines +pour les repiquer sur ados, ou dans des pots, qu'on rentre dès que +le froid se fait sentir. Semer les Renoncules et Anémones en terrine +ou en pleine terre. + +Séparer et replanter les Pivoines herbacées, mais de telle sorte que +les bourgeons ne soient recouverts que d'environ 0m,5 ou 0m,3 de +terre. + +Planter les Pancratiums Illyricum, les Fumeterres bulbeuses et les +Alstræmerias, qui peuvent supporter la pleine terre; planter aussi +les Jonquilles à 0m,5 ou 0m,6 de profondeur, ainsi que les Muscaris, +les Jacinthes, les Crocus, les Tulipes hâtives et les Narcisses que +l'on veut chauffer pendant l'hiver. + +On peut encore faire des boutures de Calcéolaires, Ageratum +Mexicanum, Chrysanthèmes à fleurs blanches, Verveines. + + +SERRES.--Vers le 15, on rentre les plantes de serre chaude, qui +souffriraient de l'abaissement de la température. On rempote les +plantes de serre tempérée et d'orangerie, afin qu'elles soient +reprises avant qu'on les rentre, et l'on remet les panneaux sur les +serres et sur les bâches. + + +OCTOBRE. + + Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 465. + Température moyenne, maximum +14°,73. + minimum + 9°,46. + Quantité de pluie, 48 mill. 10. + État de l'hygromètre, 82°,5. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Commencer les labours d'hiver, les travaux de +plantation et les modifications à faire dans la disposition du +jardin; faire les trous d'arbres, planter même si l'on est pressé. +Séparer les bordures et les touffes des plantes vivaces, élaguer les +arbres rustiques, commencer à tondre les haies, couvrir les plantes +délicates; récolter les graines, les fruits, les légumes. Si l'on a +des terres à remuer pour certaines dispositions du jardin, on peut +commencer. Le soir, on fait des paillassons, afin d'être en mesure +de couvrir les châssis et les serres dans le courant du mois +suivant. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--On commence à chauffer les Asperges +vertes, et on plante les oeilletons d'Ananas dans des pots +proportionnés à la force de chacun; aussitôt après la plantation, on +enfonce les pots sur une couche, et, à partir de cette époque +jusqu'au printemps, il faut remanier les réchauds tous les mois. Il +faut aussi relever de pleine terre ceux qui ont été plantés l'année +précédente à la même époque, puis les mettre dans la serre. + +Dans la première quinzaine, on sème sous cloches et sur ados de la +Laitue petite noire; on élève ces Laitues sans jamais leur donner +d'air. À la même époque, on sème de la Romaine verte maraîchère, et +dans la seconde quinzaine de la Laitue rouge, de la Laitue gotte et +de la Romaine blonde ou grise maraîchère. Lorsque le plant +commencera à avoir quelques feuilles, on placera trois rangs de +cloches sur toute la longueur de l'ados, et l'on repiquera sous +chacune d'elles une trentaine de plants. Pendant la première +huitaine qui suivra la plantation, on donnera un peu d'air au plant +en soulevant les cloches d'environ 0m,3, puis après ce temps, on +augmentera progressivement jusqu'à 0m,8, et il ne faudra rabattre +les cloches que lorsqu'il gèlera à 2 ou 3 degrés. Ce plant, étant +convenablement soigné, servira à faire toutes les plantations qui +auront lieu depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février. + +On repique les Choux-fleurs et les Choux cabus hâtifs en pépinière. + +N. 6. Vers la fin du mois ou au commencement de novembre, on plante +sur terre, mais sous châssis, de la Chicorée fine semée dans la +première quinzaine de septembre, et deux rangs de Choux-fleurs semés +dans les premiers jours de septembre. + +Si, vers la fin du mois, on craignait la gelée, il faudrait mettre +les panneaux sur les Laitues plantées n. 3. + +_Pleine terre_, n. 19.--On sème les Épinards pour le printemps. Dans +la seconde quinzaine, on repique au n. 18 de l'Oignon blanc semé +dans la seconde quinzaine du mois d'août, et on sème du Cerfeuil ou +des Mâches dans l'intervalle. On fait les derniers semis de Cerfeuil +bulbeux. + +Vers la fin du mois, ou au commencement de novembre, il faut couper +les vieilles tiges d'Asperges, et donner à chaque planche un léger +binage à la fourche, puis étendre un bon paillis de fumier. + +On continue de faire blanchir du Céleri et des Cardons. + + +JARDIN FRUITIER.--Il ne reste plus rien à faire aux arbres jusqu'au +moment de la taille; on peut cependant marquer ceux qu'on se propose +de déplanter pour les lever le mois suivant. C'est l'époque de +cueillir les fruits et de les déposer dans le fruitier, ce qu'il ne +faut faire que par un temps bien sec et au fur et à mesure que les +arbres cessent de végéter. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Couper les tiges des plantes vivaces qui ont +cessé de fleurir. Nettoyer les plates-bandes, les fumer et les +labourer avant de mettre en place les plantes qui devront fleurir au +printemps. Ramasser les feuilles qui tombent dans les allées, +auxquelles on donne une dernière façon. + +Semer en place des Cynoglosses, Pieds-d'alouette, Pavots, Giroflées +de Mahon, Adonides, etc. Refaire les bordures de Mignardise, de +Buis, de Marjolaine, de Thym et d'Hysope; sevrer les marcottes +d'Oeillets, et les planter en pots ou en pleine terre. Planter les +Jacinthes à 0m,10 de profondeur, et planter en pots celles que l'on +destine à être chauffées. Planter les Iris d'Espagne et +d'Angleterre, à 0m,3 de profondeur; les Crocus en pots, en bordures +ou dans les gazons, où ils produiront au printemps un effet charmant +et seront défleuris avant qu'il soit nécessaire de couper le gazon. +Mettre en terre les Tulipes, à environ 0m,6 de profondeur. Il faut +aussi planter l'Ail doré et les Scilles agréables et d'Italie; +relever de terre les Glaïeuls plantés au printemps. + +Dès les premières gelées, il faut relever de terre les Dahlias, les +Érythrines, les Balisiers, et les déposer dans l'orangerie ou dans +une cave bien sèche, pour passer l'hiver; en faire autant de toutes +les plantes de serre qu'on a mises en pleine terre au printemps pour +garnir les massifs et plates-bandes. Il faut les tailler et les +empoter; puis, pour les rétablir, on les met pendant quelque temps +sous un panneau. + + +SERRES.--Dans la première quinzaine, on rentre les Pélargoniums; et +dans la seconde, à moins de froid prématuré, les Orangers, les +Grenadiers et les Lauriers-roses. Les plantes les plus délicates, +celles qui ont besoin d'air et de lumière, se mettent près du jour, +et les plus rustiques se placent derrière. Lorsque toutes les +plantes sont rentrées, on bine la terre des pots ou des caisses, et +on donne un léger arrosement. + + +NOVEMBRE. + + Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 614. + Température moyenne, maximum + 10°,15. + minimum + 4°,74. + Quantité de pluie, 55 mill. 87. + État de l'hygromètre, 82°,2. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On commence les plantations et les labours, ainsi +que le défoncement du terrain qu'on destine à une nouvelle +plantation. On veille à la conservation des végétaux qui craignent +la gelée, et on ramasse les feuilles pour faire les couches et +couvrir les châssis. Lorsqu'on a le choix, les feuilles de Chêne et +de Châtaignier sont celles auxquelles on doit donner la préférence. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--On continue de chauffer les Asperges +vertes et on commence à chauffer les Asperges blanches. Dans les +premiers jours du mois, on sème sous châssis, mais en pleine terre, +des Pois pour replanter sous châssis. On sème de la Laitue Georges +sous cloches et sur ados, et on traite le plant comme nous l'avons +indiqué pour les Laitues rouges et gottes. + +On relève les Romaines vertes pour les replanter immédiatement sous +cloches; mais, cette fois, on n'en met plus que douze ou quinze par +cloche. S'il arrivait que le plant de Romaine blonde ou grise +avançât trop, il faudrait lui faire subir un second repiquage, +comme aux Romaines vertes. + +S'il survenait de fortes gelées, il faudrait garnir les cloches qui +couvrent le plant de Laitues et de Romaines avec du vieux fumier +bien sec ou des feuilles, et, pour garnir le derrière de l'ados, on +fera un réchaud que l'on élèvera jusqu'à la superficie des cloches. + +On doit augmenter la couverture en raison de l'intensité du froid, +et découvrir les cloches au moment du soleil; mais il est nécessaire +de s'assurer d'abord si le plant n'est pas atteint de la gelée; car +alors il faudrait, au lieu de découvrir, augmenter la couverture et +le laisser dégeler graduellement. + +_Pleine terre._--On arrache le Céleri planté au n. 37, pour le +replanter par rangs dans une tranchée; lorsqu'il viendra de fortes +gelées, on le couvrira avec de la litière ou des feuilles, que l'on +retirera lorsque le temps sera devenu plus doux. + +N. 31. Vers la fin du mois, on sème des Pois Michaux, et, dans les +intervalles, de la Laitue à couper. + +On coupe les montants d'Artichauts et les plus longues feuilles; +puis on les butte, opération qui consiste à relever la terre autour +de chaque touffe, de manière que celle-ci se trouve enterrée presque +jusqu'en haut. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on les couvre avec +de la litière ou des feuilles, que l'on écarte quand le temps est +doux. + +Afin de ne pas manquer de provisions pendant les gelées, il faut +arracher et mettre en jauge, soit dans la serre à légumes, soit dans +le potager, tous les légumes que la gelée endommagerait ou +empêcherait d'arracher, tels que Carottes, Betteraves, Navets, +Chicorées, Scaroles, Céleris, Cardons. Il faudra couvrir avec de la +paille ou des feuilles ceux que l'on aura enjaugés dans le potager, +comme les Poireaux, les Salsifis, les Scorsonères, les Navets, et +les découvrir toutes les fois que le temps le permettra. + +Il faut aussi, dans le courant du mois, arracher les Choux dont les +pommes sont faites, et les mettre en jauge, afin de pouvoir s'en +servir pendant les gelées. + +Dans le courant du mois, mais le plus tard possible, on coupe les +têtes de Choux-fleurs, ce qu'il ne faut faire que par un temps bien +sec, et on les dépose dans la serre à légumes, où elles peuvent se +conserver jusqu'en avril. + + +JARDIN FRUITIER.--Tailler les arbres vieux ou débiles, pour empêcher +que la sève ne monte dans les bourgeons qui doivent être supprimés, +et que l'arbre ne s'épuise. Arracher les arbres qu'on a l'intention +de supprimer. + +Commencer les plantations d'arbres fruitiers dans les terres +calcaires, légères ou sablonneuses, où il est toujours préférable de +planter en automne, excepté pour les Mûriers et les Figuiers, qui ne +doivent être plantés qu'au printemps. Il faut aussi planter en pots +les arbres fruitiers que l'on destine à être chauffés l'année +suivante. + +Si, dans la première quinzaine, on peut disposer de quelques +panneaux, il faudra les placer devant l'espalier de Vigne; par ce +moyen, on peut conserver du Raisin dans toute sa beauté jusqu'en +janvier. Vers la fin du mois, on peut empailler les Figuiers, ou +bien, si les branches sont assez souples pour être abaissées jusqu'à +terre, on les y fixe au moyen de crochets de bois, puis on les +couvre de terre. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Découper à la bêche les bordures de gazon. +Arracher les plantes annuelles qui sont défleuries. Labourer les +plates-bandes et les massifs. Diviser et replanter les plantes +vivaces dont les touffes sont devenues trop larges. Mettre les +Giroflées jaunes en place, de même que les Roses trémières, Oeillets +de poëte, Corbeilles d'or, Thlaspis. + +Terminer la plantation des Tulipes, des Jacinthes et des Narcisses. +Semer en place les premiers Pois de senteur. + +Arracher les Dahlias, dans la seconde quinzaine du mois, si le temps +a été assez favorable pour qu'on les ait laissés en terre jusqu'à +cette époque. + +Butter les Rosiers francs de pied, qui souffrent ordinairement de +nos hivers. Commencer les plantations d'arbres et d'arbustes +d'ornement, excepté les arbres résineux, les Catalpas, Magnolias +grandiflora, Tulipiers, qui ne doivent être plantés qu'au printemps. + +Lorsqu'il commence à geler, il faut couvrir ou mettre dans la serre +les Oeillets en pots, les Giroflées grosse espèce et Cocardeau. + + +SERRES.--Tous les soins à donner aux plantes de serre consistent à +renouveler l'air aussi souvent qu'on pourra, entretenir la propreté, +et ne mouiller qu'avec la plus grande réserve. + +On commence à couvrir la serre chaude pendant la nuit, et, à partir +de cette époque, on continue jusqu'en avril. Lorsque, le soir, le +temps est clair, le vent à l'est, et que le thermomètre ne marque +pas plus de 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, il faut couvrir tous +les châssis et les serres avec des paillassons. + + +DÉCEMBRE. + + Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 953. + Température moyenne, maximum + 7°,93. + minimum + 3°,53. + Quantité de pluie, 43 mill. 60. + État de l'hygromètre, 87°,5. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de pleine terre sont fort restreints; +on peut s'occuper du transport des engrais et les étendre sur le +sol dans lequel ils doivent être enfouis. On continue les labours, +si la gelée le permet. + +Vers la fin du mois ou au commencement de janvier, on vide les +tranchées des vieilles couches à Melons, afin de pouvoir disposer de +l'emplacement. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--La cessation des travaux de pleine terre +laisse aux jardiniers le temps de s'occuper de leurs couches, qui +exigent tous leurs soins. Aussitôt que les couches indiquées pour ce +mois sont faites, il faut les couvrir de panneaux, afin que les +fumiers entrent plus promptement en fermentation; et, à moins de +temps contraire, on peut découvrir tous les jours celles sur +lesquelles on a semé ou planté, en ayant soin de couvrir avant la +nuit. + +On continue de chauffer les Asperges blanches et vertes. Dans la +première quinzaine, on sème des Raves hâtives, et dans la seconde +quinzaine des Poireaux. + +N. 3. Vers le 15 de ce mois, on sème sur couche et sous châssis de +la Carotte courte hâtive, et on plante de la Laitue petite noire +semée dans la première quinzaine d'octobre. + +N. 4. Planter des touffes d'Oseille sur couche et sous châssis. + +N. 5. Dans la première quinzaine on repique sur terre, mais sous +châssis, des Pois semés dans les premiers jours de novembre. + +_Pleine terre._--À l'approche des gelées, on relève les Brocolis en +mottes pour les planter près à près, et assez profondément pour que +la tige soit enterrée jusqu'aux premières feuilles. On lie les +Cardons, on les lève en mottes et on les rentre dans la serre à +légumes. On couvre le Persil avec de la paille ou des feuilles, et +lorsque le temps est doux on découvre un peu les Artichauts; mais il +est prudent de les recouvrir le soir; et, si la gelée augmente, il +faut les recouvrir d'une plus grande quantité de feuilles ou de +litière. + +On continue de semer des Pois Michaux, et dans la première quinzaine +on plante au n. 12 des Choux d'York semés dans les premiers jours de +septembre. + + +JARDIN FRUITIER.--On continue les plantations, et dans les terres +fortes, argileuses ou humides, on fait les trous seulement pour ne +planter qu'en février ou mars. On défonce, on fume et laboure, et +vers la fin du mois on place les serres mobiles sur la Vigne et les +arbres fruitiers en espalier que l'on veut chauffer. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Continuer les changements de disposition, +élaguer les arbres, défoncer les parties de vieux gazons que l'on +veut ressemer, réparer les allées dégradées et continuer les +plantations. Dans la deuxième quinzaine, on peut planter les +Renoncules. + + +SERRES.--Entretenir la température de la serre aux Ananas, garnir +les tablettes de Fraisiers, renouveler l'air dans la serre tempérée +et l'orangerie quand il ne gèle pas, et avoir soin de les refermer +avant la disparition du soleil. + +Couvrir de bâches les Camélias, Rhododendrons, Magnolias, et autres +arbustes rustiques. Bien qu'ils puissent rester trois mois sans +lumière et sans aucun soin, il est bon cependant de les visiter +quelquefois pour enlever la moisissure que l'absence d'air peut +produire. + + +JANVIER. + + Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 759. + Température moyenne, maximum + 7°,10. + minimum + 4°,41. + Quantité de pluie, 36 mill. 27. + État de l'hygromètre, 86°,5. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est ordinairement froid et humide; mais, +lorsque le temps le permet, on continue les défoncements et les +labours qui n'ont pu avoir lieu dans le courant du mois précédent; +et l'on ouvre les fosses à Asperges pour le printemps; on amène +aussi sur le terrain des fumiers destinés à être enterrés; on met en +tas celui qui doit servir à faire les couches, les réchauds, etc. +Lorsque le temps est assez rigoureux pour empêcher les travaux +extérieurs, on fait les réparations nécessaires aux instruments de +jardinage, on nettoie les graines et on prépare tout ce qui sera +nécessaire pour les opérations ultérieures. + +Le jardinier qui a des serres et des couches a une occupation +constante, et, à cette époque de l'année, elles exigent tous ses +soins. Si le temps est humide, il faut écarter la litière qui couvre +les Artichauts et les recouvrir dès qu'on craint la retour du froid. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--Il faut soigner les couches, refaire les +réchauds, remplir ceux qui n'ont pas besoin d'être refaits, de +manière qu'ils soient toujours aussi élevés que la superficie des +panneaux. À moins de temps contraire, on découvre les panneaux tous +les jours, et l'on donne un peu d'air aux plantes, au moment du +soleil, en soulevant les panneaux du côté opposé au vent; il est +prudent de les recouvrir avant qu'il se soit formé du givre sur les +vitres. + +On commence à chauffer les Ananas qui sont de force à donner fruit, +on continue de chauffer les Asperges blanches et vertes, et l'on +plante les Pommes de terre Marjolin. + +On sème sur couches très-chaudes les premières Chicorées fines, pour +planter sous châssis. On sème également sous châssis du Persil, ou +bien on plante des pieds tout venus. + +On continue de planter des touffes d'Oseille. On sème sous cloches +ou sous châssis des Pois hâtifs pour repiquer en pleine terre, et, +vers la fin du mois, on met des châssis sur les Fraisiers de pleine +terre qu'on veut forcer. + +N. 4. Dans la seconde quinzaine, on repique sur couche et sous +châssis des Haricots de Hollande semés dans la première quinzaine du +mois. + +N. 7. On fait une couche sur laquelle on place trois rangs de +cloches. + +On plante sous chaque cloche quatre Laitues petite noire (semée dans +la première quinzaine d'octobre), et au milieu une Romaine verte, +choisie parmi celles qui ont été semées dans les premiers jours +d'octobre. + +_Pleine terre._--Les travaux de pleine terre sont peu nombreux; +cependant, si, vers la fin du mois, il ne gèle pas, on peut planter +dans les terres légères, à bonne exposition, des Choux d'York et +coeur-de-boeuf, semés dans les premiers jours de septembre, et de la +Romaine verte, semée dans la première quinzaine d'octobre; puis +parmi le tout on sème de la Carotte hâtive et du Poireau. + + +JARDIN FRUITIER.--Continuer les plantations, et si le temps le +permet, commencer, quand il ne gèle pas, à tailler les Pommiers et +les Poiriers en espalier et en quenouille, pour continuer jusqu'en +mars, en commençant toujours par les moins vigoureux; enlever le +bois mort et détruire les nids de chenilles. Couper les rameaux +destinés à servir à la greffe, ou faire des boutures et les enterrer +au nord dans du sable, à l'abri de la gelée et des influences +atmosphériques. Lorsque le froid ou d'autres circonstances empêchent +de mettre immédiatement en place les arbres destinés à des +plantations, il faut les disposer en jauge et en couvrir les racines +de manière à les garantir de la gelée. + +Émousser les arbres et les passer au lait de chaux, afin de détruire +les lichens et les insectes qui s'attachent sur l'écorce. On doit, +dans le même but, blanchir les murs des arbres en espalier, ce qui +peut avoir lieu au moyen d'une seringue de jardin semblable à celle +que l'on emploie pour bassiner les plantes de serre. + +Commencer à chauffer la Vigne, les Cerisiers, les Pêchers, les +Pruniers et les Figuiers. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Il y a peu de travaux à faire dans la saison +rigoureuse; cependant, on profite du temps favorable pour faire les +travaux de terrassement, labourer les massifs et enterrer les +feuilles. On peut aussi continuer les plantations. + +Dans la seconde quinzaine de ce mois, on peut commencer à semer sur +couche chaude de la Pervenche de Madagascar. + + +SERRES.--Mettre sous châssis ou dans la serre les Jacinthes en pots, +Narcisses, Tulipes hâtives, Rosiers du Bengale, Lilas, Rhododendrons, +etc., dont on veut avancer la floraison. + +Découvrir les serres tous les jours, à moins de temps contraire, et, +au moment du soleil, donner un peu d'air à l'orangerie et à la serre +tempérée; enfin, visiter avec soin les plantes placées dans les +serres, et veiller à ce qu'elles ne soient pas atteintes de la +pourriture. + + +FÉVRIER. + + Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 706. + Température moyenne, maximum + 7°,08. + minimum + 0°,94. + Quantité de pluie, 40 mill. 50. + État de l'hygromètre, 83°,2. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Terminer tous les labours qui n'ont pu être faits +dans le cours du mois précédent, et achever les travaux que l'hiver +a suspendus; il faut se presser de les finir, pour ne pas être +arrêté quand la végétation recommencera. Toutes les fois que le +temps le permet, donner de l'air aux Artichauts et au Céleri, que +l'on recouvre quand on craint la gelée. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--Mêmes soins que dans le mois précédent. +On sème les premiers Melons à châssis et les Concombres; on continue +de chauffer les Asperges blanches, de semer de la Chicorée fine, des +Haricots de Hollande pour planter sous châssis, de la Chicorée +sauvage, des Radis roses et des Carottes hâtives sur couche, mais à +l'air libre. On sème du Céleri-rave, des Choux rouges, des Choux de +Milan et de Bruxelles. + +Vers la fin du mois, on sème des Aubergines, et on plante, au n. 1, +des Melons cantaloups hâtifs semés dans les premiers jours du mois. + +_Côtière._--Dans le cas où l'état de la température n'aurait pas +permis de le faire plus tôt, on plante, au n. 9, de la Romaine +verte, semée dans la première quinzaine d'octobre, et dans la +Romaine on contre-plante des Choux-fleurs, semés dans la première +quinzaine de septembre; puis, parmi le tout, on sème de la Carotte +hâtive et du Poireau. + +_Pleine terre._--Les semis recommencent dans ce mois et ont pris de +l'importance; on commence à butter les Crambés pour les faire +blanchir. + +N. 15. On sème parmi de la Carotte hâtive et des Radis. + +N. 21. On plante des Choux coeur-de-boeuf, semés dans les premiers +jours de septembre, et après la plantation on sème des Épinards +entre les Choux. + +N. 22. On plante des Choux d'York, également semés dans les premiers +jours de septembre, et on sème du Cerfeuil ou des Épinards. + +N. 34. On sème des Fèves naines hâtives. + +N. 48. On sème des Scorsonères. + +N. 49. On sème des Salsifis. + +Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de mars, on sème, au +n. 40, de l'Oignon jaune des Vertus; au n. 14, on repique des Pois +Michaux de Hollande, semés sur couche en janvier ou février, et, au +n. 29, on plante des Pommes de terre Marjolin ou des fines hâtives. + + +JARDIN FRUITIER.--On commence les plantations dans les terres +fortes, argileuses ou humides; on continue de tailler les Poiriers +et les Pommiers, et on commence à tailler les Abricotiers, Pruniers, +Cerisiers, Pêchers et la Vigne. Tailler les Groseilliers et rabattre +les Framboisiers, pour en obtenir plus de fruits. Émousser les +arbres, et les passer au lait de chaux, quand cette opération n'a +pas été faite à l'époque précédemment indiquée. + +Planter les Mûriers, terminer les labours. Mettre stratifier les +Amandes que l'on veut planter au printemps, et semer les Poiriers et +les Pommiers. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Labourer les bosquets et les massifs, ainsi que +les emplacements destinés à faire des gazons, que l'on sème à la fin +du mois. Tailler les Rosiers à bois dur, tels que cent-feuilles, +Provins, hybrides non remontants, etc. + +Replanter les bordures de Buis, Lavande, Sauge, Hysope, Mignardise, +Pâquerette, etc. Planter les arbres résineux. On peut continuer ces +plantations jusqu'en mars. Semer en place des Pieds-d'alouette, des +Pavots, des Giroflées de Mahon, Thlaspis, Résédas, si l'on n'en a +pas semé durant l'automne. Planter les Renoncules, à 0m,05 de +profondeur. Semer sur couche les Giroflées quarantaines, les +Amarantes, les Pervenches, les Pétunias, Mimulus, Lobélias; presque +toutes les plantes annuelles, excepté celles d'automne; puis, quand +le plant est assez fort, on le repique en pépinière, pour ne le +planter en place qu'en avril et mai. + +On fait également sur couche des boutures de Coléus, Lantana, +Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines, qui, +convenablement soignées, peuvent être plantées en mai dans le jardin +d'agrément. + + +SERRES.--Renouveler l'air dans la serre tempérée et l'orangerie, +enlever les feuilles mortes. Biner la terre des pots et les arroser +modérément. + + +MARS. + + Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 852. + Température moyenne, maximum +9°,94. + minimum +2°,66. + Quantité de pluie, 39 mill. 89. + État de l'hygromètre, 75°,0. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de ce mois sont les premiers de +l'année qui réclament toute l'activité des jardiniers. On doit se +hâter de finir les labours, d'enterrer les fumiers et les engrais et +de refaire partout les bordures. On découvre les végétaux qu'on a +buttés et couverts pour les garantir de la gelée; il faut cependant +encore recouvrir les semis et les plantations d'une petite couche de +terreau ou d'un paillis léger, afin de les mettre à l'abri des +gelées printanières et du hâle, et l'on met en terre les +porte-graines qu'on a conservés en jauge ou dans la serre à légumes. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--Pendant ce mois, les couches nécessitent +beaucoup de surveillance, car il faut souvent ombrer les châssis +pendant le jour et les couvrir la nuit. + +On exhausse les coffres des Choux-fleurs, Haricots, etc., toutes les +fois qu'il est nécessaire; et si, vers la fin du mois, le temps est +favorable, on enlève les panneaux des Choux-fleurs; mais, comme à +cette époque les nuits sont souvent très-froides, il faut, pendant +la nuit et par le mauvais temps, les couvrir avec des paillassons. + +On commence à chauffer les Ananas de deuxième saison. On continue de +semer des Melons à châssis, des Concombres, des Aubergines et de la +Chicorée sauvage. On fait des boutures de Patates, et vers la fin du +mois on sème des Tomates et des Piments. + +N. 7. Dans la première quinzaine, on plante sous chaque cloche trois +Laitues gottes semées dans la seconde quinzaine d'octobre. + +N. 2. Dans la seconde quinzaine, on plante sur couche en tranchée +des Melons semés dans la seconde quinzaine de février, sur lesquels +on rapporte les châssis qui étaient sur les Carottes semées au n. 3. + +_Côtière._--On sème un rang de Persil le long du mur. + +_Pleine terre._--On plante les pommes de terre et tous les +porte-graines. On sème des Oignons blancs, des Choux pommés de +Saint-Denis, quintal, de Milan et de Bruxelles, des Laitues, des +Romaines, des Panais, du Céleri, de la Poirée blonde, des Épinards, +de la Ciboule, des Pois, des Fèves, des Salsifis, des Scorsonères, +de la Chicorée sauvage, de la Pimprenelle, du Persil et du Cerfeuil. + +N. 13. On plante deux rangs de Crambés. + +N. 14. Dans la première quinzaine, on sème des Radis roses. + +N. 17. On plante de la Romaine blonde semée vers la fin d'octobre. + +N. 20. On plante de la Laitue rouge semée vers le 15 octobre, et on +contre-plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de +septembre. + +N. 25, 26, 27, 28. On plante quatre rangs d'Asperges de Hollande; on +les met à environ 0m,40 de distance sur la ligne. + +N. 32. On sème des Pois d'Auvergne et des Pois ridés. + +N. 38. On sème du Poireau. + +N. 39. On sème de la Carotte demi-longue. + +Dans la seconde quinzaine, on sème des Brocolis et des Navets +hâtifs. + + +JARDIN FRUITIER.--Terminer les plantations, achever la taille des +arbres fruitiers, excepté pour ceux qui sont trop vigoureux; +labourer le pied des arbres en espalier. Greffer la Vigne, et lors +du premier mouvement de la séve pratiquer l'incision transversale, +pour faire développer les branches nécessaires à la charpente des +arbres qu'on veut élever sous une forme régulière. + +Planter les Figuiers et découvrir ceux qui sont empaillés; couper le +bois mort et rabattre les branches trop maigres. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Outre les travaux indiqués en tête de ce mois, +il faut terminer les plantations d'arbres, d'arbrisseaux et des +plantes vivaces; nettoyer complétement les allées, les sabler. + +Découvrir tous les Rosiers qui ont été empaillés ou buttés. + +Achever de les tailler, excepté ceux qui auraient souffert du froid; +il faudra attendre pour cela qu'ils aient commencé à végéter, et les +tailler plutôt longs que courts, sauf à les raccourcir une quinzaine +de jours après. + +Refaire les bordures de Buis et labourer les massifs de terre de +bruyère. + +Semer les pelouses de gazon dans les terrains où l'on n'aura pas pu +semer en automne. + +Planter les Renoncules et les Anémones qu'on n'aurait pas encore +plantées. + +Planter les Tigridias, à 0m,5 de profondeur, les Glaïeuls, à 0m,10, +et les Lis de Saint-Jacques en pots ou en pleine terre, à 0m,15 de +profondeur. + +Séparer et replanter les plantes vivaces. (Voir page 69, +_Multiplication par les racines_.) + +Semer les Crépis, Malopes, Lavatères, et du Réséda, que l'on peut +continuer de semer pendant tout l'été. + +Semer, pour être repiqués, de la Giroflée jaune, des Oeillets de +Chine, et presque toutes les plantes annuelles que l'on a semées sur +couche précédemment. Semer aussi les Coréopsis et les Thlaspis, si +on ne les a pas semés en automne. + +Planter sur couche des Tubéreuses, et mettre les tubercules de +Dahlias sous un châssis, afin de favoriser le développement des +bourgeons. + +Semer, sur couche, les Verveines, les Balsamines, Amarantes, +Amarantoïdes, Seneçon des Indes, Zinnias, etc.; et, lorsque le plant +sera assez fort, on le repiquera sur couche en pépinière pour ne +planter en place qu'en mai. + +Semer aussi des Cobéas, et, dès qu'ils auront quelques feuilles, on +les repiquera dans de petits pots qu'on laissera sur couche jusqu'à +la fin d'avril ou le commencement de mai, époque où on les mettra en +pleine terre; on peut encore faire des boutures de Coléus, Lantana, +Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines, +quand celles qu'on a faites en février ne promettent pas une bonne +reprise. + + +SERRES.--On n'a plus besoin, dans ce mois, de faire du feu, car le +soleil a pris assez de force pour que ses rayons échauffent +l'atmosphère, et il est même souvent nécessaire d'ombrager les +serres, afin de ne pas laisser brûler les feuilles des plantes. Les +arrosements seront peu à peu plus fréquents et plus abondants. On +nettoie partout, et on seringue les feuilles des plantes aussi +souvent que l'état de la température l'exige. + + +AVRIL. + + Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 789. + Température moyenne, maximum +12°,70. + minimum + 5°,59. + Quantité de pluie, 45 mill. 53. + État de l'hygromètre, 65°,8. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On continue les travaux qui n'ont pas été +terminés dans le cours du mois précédent; mais, comme les gelées +sont moins à craindre, on peut faire des semis de toutes sortes. + +Sarcler et éclaircir les semis, pailler les plantations pour les +préserver contre le hâle, et, s'il est nécessaire d'arroser, il ne +faut le faire que le matin et dans le jour seulement, à cause de la +fraîcheur des nuits. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--On sème des Melons pour planter sous +cloches, des Concombres, des Cornichons et des Potirons pour planter +en pleine terre; sous châssis, des Haricots flageolets pour repiquer +également en pleine terre; et sur couche, mais à l'air libre, de la +Chicorée fine et des Choux-fleurs. + +N. 3. Dans la première quinzaine, on plante des Melons semés dans la +première quinzaine de mars, sur lesquels on rapporte les châssis qui +étaient sur les Choux-fleurs plantés n. 6. + +N. 7. On plante sous cloches deux rangs d'Aubergines semées fin +février. + +N. 4. Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde, et on +plante sous cloches un rang de Melons semés dans la seconde +quinzaine de mars. + +N. 8. Vers la fin du mois ou au commencement du mois de mai, on +plante, sur couche sourde, un rang de Patates. + +_Plate-bande_, n. 55.--On plante un rang de Rhubarbe anglaise. + +_Pleine terre._--On continue de planter des Pommes de terre. On sème +des Choux-fleurs et on continue de semer des Brocolis, des Choux de +Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Pois, des Fèves, des +Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, du +Céleri à couper, du Persil, du Cerfeuil, de la Pimprenelle, de la +Chicorée sauvage; et, vers la fin du mois, des Choux-fleurs +demi-durs, du Cresson alénois, etc. + +N. 30. On plante des Choux de Milan, semés vers la fin de février. + +N. 37. On sème de l'Oseille. + +N. 50. On plante des Choux quintal semés vers le 15 mars. + +N. 51, 52, 53 et 54. On plante deux rangs d'oeilletons d'Artichauts +dans chaque planche; on les met à 1 mètre sur la ligne. + + +JARDIN FRUITIER.--Achever de tailler les arbres vigoureux et les +Pêchers; garantir par des toiles ou des paillassons les arbres en +fleur, que menacerait la gelée; terminer les labours et les +plantations; faire les boutures et couchages; répandre du paillis +pour empêcher la sécheresse; greffer en fente les Cerisiers, +Pruniers, Poiriers, Pommiers, Mûriers, etc.; repiquer les Amandes +que l'on a mises à stratifier. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les Magnolias grandiflora et les +Tulipiers, qui, à cette époque, reprennent beaucoup mieux qu'en tout +autre temps. Terminer les labours et tous les travaux de nettoyage +du jardin d'agrément. + +Semer les graines d'arbres résineux; semer les Oeillets; rempoter ou +mettre en pleine terre les marcottes de l'année précédente; semer en +place les Capucines grandes et naines, les Haricots d'Espagne, les +Volubilis, les Lupins annuels, les Belles-de-nuit, les Nigelles, +etc.; et semer, pour être repiqués, les Oeillets d'Inde et les Roses +d'Inde, que l'on peut semer successivement jusqu'en juin; diviser +les touffes de Chrysanthèmes. + + +SERRES.--Donner de l'air quand le temps le permet, afin de fortifier +les plantes qui bientôt pourront être exposées à l'air libre; +commencer à seringuer les plantes vers le milieu du jour, et donner +des arrosements modérés. Dans la seconde quinzaine, on commence à +sortir les plantes les moins délicates. + + +MAI. + + Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 863. + Température moyenne, maximum +17°,67. + minimum +10°,98. + Quantité de pluie, 56 mill. 80. + État de l'hygromètre, 70°,0. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous n'entrerons dans aucun détail sur les +opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le +jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du +jardin réclame tous ses soins. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--On fait une couche de 0m,50 d'épaisseur, +que l'on recouvre de 0m,25 de bonne terre, pour planter les Ananas +en pleine terre, sous châssis. + +Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers +Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de +la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au +n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la +première quinzaine d'avril. + +Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n. 6, et on +plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine d'avril, +sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les Aubergines +plantées au n. 7. + +_Côtière_, n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante des +Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en +avril. + +N. 11. On sème du Cerfeuil. + +N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes +ou en rayons. + +_Pleine terre._--On plante les dernières Pommes de terre. On sème +des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la +Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des +Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de +Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des +Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du +Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre. + +Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée +demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril. + +N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde +quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des +Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril. + +N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche. + +N. 33. On sème des Haricots à rames. + +N. 23. On sème des Haricots nains. + +Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise +semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux +rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars. + +N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche vers la fin +d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé sur +couche en février. + +N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en +place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la +première quinzaine du mois. + +N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril. + +N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante +quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril. + +N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un +rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril. + + +JARDIN FRUITIER.--Il faut, outre les travaux généraux, que le +jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes +parties de ses arbres et à favoriser leur développement. + +On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et +l'on commence à greffer en écusson à oeil poussant. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les derniers Magnolias à feuilles +persistantes. + +Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y +a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils +ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur +beauté. + +Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque, +devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de +beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines. + +C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers, +Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias, +Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc. + +Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils sont +défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois. + +Replanter en bordure les Amaryllis jaunes. + +Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce, +et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en +septembre on les relèvera pour les planter en pots. + + +SERRES.--Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des +Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au +moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les +rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se +prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première +quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre +une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur +du soleil. + +Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les +plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de +l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les +plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de +Paris. + +On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les +bâches à Camélias, Rhododendrons, etc. + + +JUIN. + + Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 966. + Température moyenne, maximum +21°,19. + minimum +14°,42. + Quantité de pluie, 54 mill. 34. + État de l'hygromètre, 67°,5. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent +de la culture propre à ce mois pour tous les travaux à faire. +Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des +ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec; +faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les +soins généraux qui appellent l'attention du jardinier. + + +JARDIN POTAGER. _Couches._--Dans ce mois, on peut se passer de faire +de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre; +on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons +plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai; +puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la +première quinzaine de mai. + +_Pleine terre._--On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole, +de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour +l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver. + +On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de +Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses, +des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines, +des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson +alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer +tous ceux que l'on veut mettre en filet. + +Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de +Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la +seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée +à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à +0m,50 sur la ligne. + +N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde +quinzaine de mai. + +N. 31. On sème des Navets. + +N. 30. On sème des Haricots. + +Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la Chicorée +plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les premiers +jours de mai. + +N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les +premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on +contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai. + +Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème +au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place. + +Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en +faire des confitures. + +On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches, +etc. + + +JARDIN FRUITIER.--On commence le palissage de la Vigne et des arbres +en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison. + +On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des +bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et +d'un produit assuré. + +On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la +fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet, +on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des +vers à soie. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--On fauche les gazons, on bine les plates-bandes +et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met +des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc. + +Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers. + +Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui +prennent un trop grand développement. + +Repiquer en pépinière les Oeillets de semis, rempoter les +Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis +Belladones, et les replanter peu de temps après. + +Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales, +Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, Oeillets de poète, Myosotis +alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes vivaces +propres à garnir le jardin d'agrément. + + +SERRES.--Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont +défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition +ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour +que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près +à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux +Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles, +dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre. + + +JUILLET. + + Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 193. + Température moyenne, maximum +21°,19. + minimum +16°,99. + Quantité de pluie, 47 mill. 21. + État de l'hygromètre, 68°,2. + + +TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de +soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale +importance, et réclament la sollicitude du jardinier. + + +JARDIN POTAGER.--_Couches._ Dans la première quinzaine, on enlève le +fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on +en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le +terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine +de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée +dans la première quinzaine de juin. + +N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la +couche, et, comme au n. 2, on remplit la tranchée et on plante des +Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et on +contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première +quinzaine du mois. + + +PLEINE TERRE.--On fait les derniers semis de Choux de Milan, +Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de +semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis +queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut +arriver à maturité avant l'hiver. + +N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la +Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première +quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un +rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin. + +N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante +au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la +première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de +Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin. + +On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de +Salsifis, de Scorsonère, etc. + + +JARDIN FRUITIER.--Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre +les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner, +découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la +maturité. + +Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le +soir seringuer les feuilles. + +De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à oeil +dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et +Pommiers. + + +JARDIN D'AGRÉMENT.--Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter +les Lis à 0m,15 ou 0m,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront +défleuris. + +Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès que les +feuilles seront desséchées. + +Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à +l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou +sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en +pleine terre. + +Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les Oeillets et +commencer à greffer les Rosiers en écusson à oeil dormant. + + +SERRES.--Les plantes de serre sont presque toutes dehors et +n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles +qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons +solaires et les arroser au besoin. + + + + +CHAPITRE III. + +Instruments de jardinage. + + +Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables +pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à +constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre +livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie, +afin de simplifier les opérations. + + +§ I.--_Outils propres aux labours et plantations._ + +BÊCHE DE SOISSONS.--La lame est un peu évidée au milieu; elle a +0m,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0m,16 en bas. Au +lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de +deux chevilles rivées. + + +BÊCHE DE SENLIS.--Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la +partie enfoncée dans la douille; le fer a 0m,30 de hauteur, 0m,22 +de largeur en haut et 0m,18 en bas. + + +BINETTE.--La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que +0m,16 de longueur sur 0m,12 de largeur. Elle sert à remuer la terre +entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi qu'à +faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de terre. + + +BINETTE À CROC.--Cette binette, dont la lame est double, offre un +tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents. + + +HOYAU.--Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et +préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a +0m,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0m,32. + + +HOULETTE.--La houlette est une petite bêche dont la lame, longue +d'environ 0m,15, large de 0m,10, est repliée cylindriquement sur ses +côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes. + + +PIOCHE OU TOURNÉE.--Cet instrument est particulièrement employé pour +les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les +trous et déplanter les gros arbres. + + +PLANTOIR.--Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre +recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être +enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de +pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre. + + +TRAÇOIR TRIDENT.--L'avantage de cet instrument est d'éviter de +déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une +planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le +cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la +planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les +deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une +charnière, et sur la traverse par une petite cheville mobile, qui +permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le besoin. + + +CISEAUX À TONDRE.--Ce sont de grands ciseaux de 0m,40 de longueur, +dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils +servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc. + +Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou. +Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser +les lames l'une contre l'autre. + + +RATEAU SIMPLE À DENTS DE FER.--Il sert à nettoyer les allées, à unir +la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir +légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ +0m,30, et l'autre de 0m,45. + + +RATISSOIRE À POUSSER.--Manche, 1m,40 de longueur; lame, 0m,20. + + +RATISSOIRE À TIRER.--Employée dans les parties où la terre est le +plus dure. La lame, qui a 0m,20 de largeur, est faite avec un +morceau de vieille faux. Le manche a 1m,15 de longueur. + + +ROULEAU.--Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre, +muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un +essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour +rouler les terres et les gazons. + + +SARCLOIR.--Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne +sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0m,25. + + +§ II.--_Outils propres aux transports._ + +BROUETTE À COFFRE.--Les proportions d'une brouette sont: longueur, +1m,50 à 1m,60; largeur du coffre, 0m,50 à 0m,55; écartement des bras +à leur extrémité, 0m,65; diamètre extérieur de la roue, 0m,48. + + +CROCHET POUR LE TRANSPORT DES CAISSES.--Ces crochets sont en fer, et +l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe un +brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux +hommes transportent facilement des caisses très-pesantes. + + +DIABLE.--Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les +caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour +les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les +mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la +flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on +peut alors la diriger facilement partout où l'on veut. + + +FOURCHE ORDINAIRE.--Cet instrument sert à faire les couches, à +transporter les fumiers et à herser les planches du potager. + + +HOTTEREAU (on prononce HOTTRIAU).--Il sert au transport des fumiers +et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette. + + +PELLE DE BOIS.--Comme cet instrument est à peu près partout le même, +nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever +les terres et terreaux, à les amonceler, etc. + + +§ III.--_Instruments servant aux arrosements._ + +ARROSOIR À POMME.--Cet instrument, qui doit être en cuivre pour +avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau. + + +ARROSOIR À BEC pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins +un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme. + +Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place +du bec de prolongement. + + +POMPE À MAIN ET À JET CONTINU, de M. Petit.--Cet instrument, qui +lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert à arroser les arbres +trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue. + + +SERINGUE pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et +de serre. Sa longueur totale est de 0m,50. + + +§ IV.--_Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres._ + +CROISSANT.--On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à +l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres +et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier +objet l'échenilloir, dont la manoeuvre est bien moins fatigante. + + +COUPE-BOURGEONS.--Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à +ébourgeonner et facilite cette opération. + + +ÉCHENILLOIR.--On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet +instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins +commode. + + +SÉCATEUR.--Le choix de cet instrument est d'une grande importance; +car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la +végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter +la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec +ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes. + + +SCIE À MAIN, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au +sécateur. Sa longueur totale est de 0m,25. + + +ÉGOHINE, servant à couper les branches dans les endroits où la scie +à main ne peut passer. + + +SERPETTE.--On en fait de différentes dimensions; mais les plus +généralement employées ont un manche d'environ 0m,12, de longueur, +et la lame de 0m,08 à 0m,09. + + +SERPE.--Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes +des pieux et des tuteurs, etc. + + + + +CHAPITRE IV. + +Défoncements et Labours. + + +Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre +compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est +essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer. + +Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis +très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il +faut faire défoncer. + +Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes +élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler, +quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le +terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver +de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on +ouvrira une tranchée de 1m,60 à 2 mètres de largeur (appelée jauge). +Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche, et l'on +pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a des +terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus profondément. +On divisera le terrain en deux, trois ou quatre parties, selon le +nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la première tranchée au +bout où l'on doit terminer, ce qui servira à combler le vide de la +dernière. On remplacera successivement chaque tranchée par une autre +de même longueur, en ayant soin de mettre la terre du fond à la +superficie. + +Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que +l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne +terre. + +Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de fourche pour +briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain; puis on +passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront encore à +remplir les allées. + +1. _Labours._--Dans les terres légères, on fera annuellement un +profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres +compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes, +c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en +monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les +ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à +cultiver. + +Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de +commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge +d'un bon fer de bêche de profondeur (0m,25 à 0m,30 environ), de +0m,30 à 0m,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une planche +pour un homme seul. + +Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on +déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même +bout. + +Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer, +de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est +aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant +l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent +de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid +durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail. + +On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on +replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois +de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera +du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop +profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On +brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de +côté les pierres que l'on rencontrera. + +Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la terre des +sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de repos. Pour +les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la superficie du +terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer, on l'égalisera +à la fourche. + +On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons, +en maintenant toujours une jauge de même largeur. + +En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de +précautions pour ne pas en blesser les racines. + +Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une +autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément +qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises +herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées. +Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire +de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé. + +2. _Sarclage._--Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les +plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette +opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de +distinguer au premier coup d'oeil les plantes qu'il faut enlever de +celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail doit +offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche: c'est +pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une heure au +moins avant de commencer cette opération, les planches qui ont +besoin d'être sarclées. + +3. _Binage._--Le binage est une opération non moins nécessaire aux +plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la +binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents. + +Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la +terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements. +Dans quelques circonstances (par exemple, pour les plantes +repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois +alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire. + + + + +CHAPITRE V. + +Fumier et Engrais. + + +Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres, +tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la +poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés +que dans la grande culture. + +Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se +procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut +se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues, +qui sont également de bons engrais, mais seulement après être +restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant +l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des +Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté +assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les +graines germent une fois en terre. + +La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être +employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la +poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les +terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des +circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent +de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux +domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre +eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus +chauds sont ceux de _cheval_, de _mulet_, d'_âne_ et de _mouton_; +les plus compactes et les plus froids sont ceux de _boeuf_, de +_vache_ et de _porc_. + +Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit +être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il +soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais +comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides, +qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des +fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de +renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le +principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises +herbes. + +Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier, +on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend +un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé. + +C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le +fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit +l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus +possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en +culture. + +Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles +couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur +les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est +encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces +fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en +terreau. + +Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le +temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les +atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes +potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans +une terre fumée de l'année précédente. + + + + +CHAPITRE VI. + +Des Arrosements. + + +L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est +indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont +on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par +tous les moyens possibles. + +Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les +eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec +soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les +toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues +dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera +les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les +parties du jardin. + +À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir +recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se +préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que +dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de +se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que +fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut +facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est +vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens +se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux +laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition +quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant +serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque +toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques +points même, ces substances sont tellement abondantes que l'eau +dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche de sels +calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des influences +atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions +physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures, +ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans +ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que +l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce +qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se +déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au +soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles +cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10 +degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour +les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt +qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur +végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur +développement. + +On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements +avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de +crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La +colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4 +kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un +bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les +plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque +semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas +être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront +être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du +terrain. + +Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements +pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera +que dans l'après-midi; au printemps et à l'automne, où les nuits +sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin. + +Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et +particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment +repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller +les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les +plantes délicates et nouvellement repiquées. + + + + +CHAPITRE VII. + +Des Couches. + + +Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue +par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a +recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du +soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible, +dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce +que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne +peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits +tardifs. + +I. COUCHES POUR PRIMEURS.--Les couches doivent toujours être à +l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira +sera creusé de 0m,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner +dépend de plusieurs circonstances: 1º Celles qu'on fait en décembre, +janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute autre +époque de l'année; 2º Sur un sol froid et humide, elles doivent être +plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3º Plus elles sont +étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait +ordinairement de 1m,30 de largeur, plus un sentier de 0m,40 qu'on +laisse entre chacune et qu'on remplit de fumier; pour entretenir et +ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds de fumier +neuf, qu'on renouvelle de temps à autre. + +Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval +neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé +d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles +d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des +anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier +seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus +régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur +excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes +plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de +feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf +seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons. + +Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les +fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la +place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à +reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties +sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de +répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être +montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le +mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme, +de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une +fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au +centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération. +Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la +foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du +fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit +régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la +couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les +sentiers et l'on pose les coffres qui, par leur dimension, ont +l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement de +la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de +terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts +pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de +semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent +d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette +précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur, +il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela +ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la +couche, de manière à la refroidir. + +[Illustration: Fig. 2.--Thermosiphon.[2]] + +[Note 2: La figure 2 représente une chaudière en cuivre, à +doubles parois, remplie d'eau; le tuyau de départ A sert également à +introduire l'eau dans la chaudière; il communique avec les tuyaux de +circulation B au moyen d'un coude de même diamètre. + +Aussitôt échauffée, l'eau contenue dans la chaudière se dilate, +pousse celle qui se trouve dans les tuyaux jusqu'au point C, où elle +rentre dans la chaudière pour se réchauffer et circuler de nouveau +dans les tuyaux quand elle est suffisamment chaude. + +Quant aux tuyaux, lorsque le parcours est d'une certaine étendue, on +leur donne la forme méplate, afin de chauffer une plus grande +surface que dans les tuyaux cylindriques, et pour contenir une moins +grande quantité d'eau qui puisse parvenir au degré d'ébullition plus +promptement que dans ces derniers. On donne généralement à ces +tuyaux 0m,02 à 0m,03 d'épaisseur sur une hauteur variable de 0m,10 à +0m,15, suivant le cube d'air et le besoin d'élévation de la +température. Les tuyaux de 0m,21 sur 0m,2 sont assez communément en +usage. En effet, les tuyaux cylindriques, dont la surface extérieure +correspond à celle du tuyau de 0m,21 de hauteur sur 0m,2 contiennent +4 litres 20 d'eau, et la même longueur en tuyaux d'une surface +extérieure semblable, c'est à-dire d'un diamètre de 0m,15, en +contiendrait 15 litres 17. Il est vrai que l'eau chaude contenue +dans le tuyau cylindrique se refroidira moins vite que dans l'autre; +mais aussi il aura fallu pour la mettre en ébullition brûler plus de +combustible sans avoir obtenu plus de surface de chauffe, et par +conséquent plus de chaleur.] + +_Thermosiphon._--En quelques circonstances, on peut remplacer les +couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on +fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les +plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux +au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois, +sous lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon; mais les +plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents +arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour +les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire +circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les +coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la +paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous +fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes +forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est +seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire +aux besoins des plantes. + +II. COUCHES SOURDES.--Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à +faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une +tranchée de 0m,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0m,35 de +profondeur. + +On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour les +précédentes; on leur donne 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur; elles doivent +être légèrement bombées au milieu. + +On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de +culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier +long pour y concentrer la chaleur. + +1. _Réchaud._--Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire +depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire +d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les +refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui +consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier +neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à +remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin, +suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau +fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère, +c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide, +et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de +les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de +concentrer la chaleur. + +2. _Ados._--Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la +culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un +terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1m,33, tournée du +côté du soleil. + +Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir +fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au +sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour +recharger le derrière d'environ 0m,20; après quoi on unit le +terrain; puis on étend sur le tout environ 0m,10 de terre mêlée de +terreau. + +Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place +trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer +les jeunes plants. + + + + +CHAPITRE VIII. + +Multiplication des plantes. + + +Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour +objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune +d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles +présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce +chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et, +en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir +l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain. + + +§ I.--Semis. + +Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une +opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain +doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien +divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève +avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface. + +La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au +printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la +durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques +salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les +légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc +nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de +la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra +attendre pour que les plantes aient atteint leur entier +développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis +en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et +humide, plus il faut semer tard et moins les graines doivent être +recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il faut les +enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre dessus un +peu de terreau après les avoir hersées et foulées; d'autres ne +doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées avec un peu +de litière. + +Il y a deux modes principaux de semis: les _semis sur couche_ et les +_semis en pleine terre_. + +I. SEMIS SUR COUCHE.--Comme il est souvent nécessaire de faire des +semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les +graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que +la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces +de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la +température la plus favorable (excepté pour les Melons, les +Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes +les graines potagères que nous avons soumises à cette température +ont parfaitement réussi. + +L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des +semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours +être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces +semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre, +et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les +conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au +parfait développement des graines. + +II. SEMIS EN PLEINE TERRE.--Ces semis se font _à la volée_, en +_lignes_ ou _rayons_, et en _pochets_. + +1. _Semis à la volée._--La terre étant préparée, comme il a été dit +plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les +bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la +répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un +mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus +également et de ne pas répandre de graines dans les sentiers, on +sème la largeur de la planche en deux fois, en commençant par les +bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne faut pas semer trop +épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si, malgré cette +précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les éclaircir à la +main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas semer trop épais +les graines fines, on peut, pour éviter cet inconvénient, les mêler +avec du sable ou de la terre fine bien sèche. Après le semis, il +faut herser le terrain légèrement avec la fourche, puis fouler un +peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant pas faire si le terrain +était humide. Pour recouvrir les graines, on étend avec le dos du +râteau la terre des bords de la planche, en ayant soin d'en laisser +un peu, de manière à retenir l'eau des arrosements. On peut aussi +étendre sur les semis un peu de fumier bien consommé. Si le temps +est sec, il faudra favoriser la germination des graines par des +bassinages donnés avec l'arrosoir à pomme. + +2. _Semis en lignes_ ou _en rayons._--On trace, soit à la binette, +soit au traçoir, des rayons d'environ 0m,3, ou 0m,5 de profondeur, +et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on +veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre +légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre +des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir +les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce +mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les +binages doivent être fréquents. + +3. _Semis en pochets._--Il consiste à faire avec la binette des +trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur +seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque +touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou, +on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les +plantes sont assez élevées, on finit de remplir les trous en +passant un coup de râteau entre chaque touffe. + + +§ II.--Repiquage. + +Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent +être semées en place; et, pour être certain du succès de +l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux, +car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les +produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent +lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en +pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près +les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de +déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la +reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se +faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura +étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant +profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre +côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce +qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages +qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un +temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il +faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et +faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de +plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas +attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser. + + +§ III.--Oignons. + +Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes +bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de +les planter dans les circonstances les plus favorables à leur +végétation. + + +§ IV.--Caïeux. + +On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour +de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes, +Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut +détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque +les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent +toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins +avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils +se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent +ordinairement au bout de trois ou quatre ans. + + +§ V.--Bulbilles. + +Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la +place des graines, de petits oignons nommés _bulbilles_, qui servent +à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les +traiter comme les caïeux. + + +§ VI.--Tubercules. + +Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges +souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines +fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de +terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles +tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de +morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle +plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels +sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il +faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun +une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient +pas. + + +§ VII.--Griffes ou Pattes. + +On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on +les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un oeil +à chacun. + + +§ VIII.--Oeilletons. + +On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines +plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en +ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut +éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus +certaine. + + +§ IX.--Séparation des racines. + +Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines +partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies +d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les +multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a +d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface +du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes +épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors +les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante +que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles +que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie +de la plante, est naturellement la moins vigoureuse. + + +§ X.--Stolons ou Coulants. + +Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui +produisent à chaque noeud des rejetons s'enracinant sur le sol. +Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant +de nouvelles plantes. + + +§ XI.--Marcottes. + +Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit +en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère +que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que +l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être +abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus +sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée +sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a +plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les +plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la +terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment +humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver +l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du +fumier consommé ou de la mousse. + +1. _Marcottes simples._--Ce sont celles que l'on emploie pour +multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la +Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans +une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la +branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui +se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait +sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la +rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes +qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément. + +2. _Marcottes par strangulation._--Elles diffèrent des précédentes +en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la +couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent +de nouvelles racines. + +3. _Marcottes par incision._--Nous allons décrire cette opération +telle qu'on l'exécute pour multiplier les Oeillets. Dans le courant +de juillet, on suspend les arrosements quelque temps avant le +marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et l'on +choisit des tiges assez longues pour être couchées. On retranchera +les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se trouve en +terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige dans une +petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera l'extrémité +de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en remontant à +mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision d'environ 0m,02 de +longueur, de manière que la partie entaillée forme une languette +dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un noeud, en ayant soin +de ne pas entamer l'autre moitié de la tige. On maintiendra chaque +marcotte par un crochet ou un bout d'osier passé dessous, et dont on +enfoncera les deux extrémités en terre; puis on recouvrira le tout +de terre assez fine pour qu'elle s'introduise partout, en ayant soin +surtout d'en faire pénétrer un peu entre les parties séparées, qui +ordinairement restent écartées par l'effet de la courbure. Une fois +l'opération terminée, on a l'habitude de couper l'extrémité des +feuilles pour les empêcher de se faner; puis on étendra un léger +paillis de fumier à moitié consommé et l'on mouillera avec un +arrosoir à trous très-fins, pour ne pas ébranler les marcottes, qui +s'enracineront ordinairement au bout de peu de temps. + +4. _Marcottes par cépée._--Ce procédé consiste à couper au printemps +un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de +terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève +lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le +Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer. + +5. _Marcottes de racines._--Pour faire ce genre de marcottes, il +faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la +séve forme un bourrelet d'où il ne tarde pas à se développer des +bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus vigoureux, et l'on +supprime les autres; puis, à l'automne, on le sèvre en coupant la +racine près de la souche. + + +§ XII.--Boutures. + +Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par +boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité, +consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une +feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines. +Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est +d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être +multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches +disposées spécialement pour cette opération; aussi nous +bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air +libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien +si l'on possède seulement des cloches et un châssis. + +1. _Boutures à l'air libre._--C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup +d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des +rameaux de l'année par tronçons de 0m,10 à 0m,20 de longueur, selon +les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous d'un +oeil; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de leur +longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un lieu à +l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au commencement +d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien préparé et +autant que possible à une exposition ombragée; on les enfoncera de +manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre, puis après la +plantation on paillera le terrain, et lorsque la sécheresse +commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir l'humidité +de la terre par des arrosements. + +2. _Boutures sous cloches et sous châssis._--Beaucoup de plantes +d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de +boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et +mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à +obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et +on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de +terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la +recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû +être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu +éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les +boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses; +on les étête en leur donnant 0m,08 à 0m,10 de longueur, en ayant +toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous +d'un oeil; puis on les repique immédiatement sur la couche au moyen +d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0m,02 à 0m,03. On pourrait +aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on enfoncerait dans +la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les Héliotropes, les +Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert les bordures de +cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du soleil, et la +nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les bassiner de temps +à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les boutures ne peuvent +s'enraciner qu'en maintenant la terre constamment fraîche; +lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on sera certain qu'elles +sont pourvues de racines, on leur donnera un peu d'air dans le jour, +en soulevant les cloches ou châssis, et au bout de quelque temps on +pincera les extrémités les plus longues, puis on relèvera les +boutures en tâchant de conserver à chacune une petite motte. On les +plantera dans des pots, que l'on pourra replacer sur la même couche +après les avoir arrosés, et, si on le juge nécessaire, on ranimera +la chaleur de la couche en faisant de nouveaux réchauds; les autres +soins se borneront à leur donner de l'air graduellement et à les +arroser au besoin. Toutes les plantes étant ainsi traitées seront +fortes et assez rustiques pour pouvoir être mises en pleine terre à +l'époque où l'on en garnit les massifs et les plates-bandes. + +La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée; +seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est +ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus +favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin +d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué +précédemment, on les repique à 0m,03 ou 0m,04 l'une de l'autre dans +des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée d'un peu +de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement; puis on +place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du soleil. +À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront être +séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de parties +qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément; étant ainsi +traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant des plantes +de force à fleurir. + +On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui +s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis +ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi +haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit +l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que +l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le +trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout +sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus. + +3. _Boutures par tronçons de racines._--Quelques végétaux peuvent +être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante +soit en pleine terre, soit sur couche, mais toutefois en en +laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons. + + + + +CHAPITRE IX. + +De la Greffe. + + +Nous ne décrirons pas longuement la greffe, cette opération est trop +généralement connue pour cela; nous dirons seulement qu'elle a pour +objet de multiplier, de conserver et de perfectionner des variétés +utiles et agréables, et de faire porter à un tronc sauvage des fleurs +brillantes ou des fruits savoureux destinés à l'embellissement de nos +jardins et à l'accroissement des produits non moins appréciables de nos +vergers. + +Cette opération, sur laquelle il a été tant de fois et si longuement +écrit, exige tout simplement un peu d'observation et une certaine +habileté manuelle. Elle repose sur trois points fondamentaux: 1º +l'appréciation des circonstances dans lesquelles la greffe doit être +faite, c'est-à-dire le moment où les plantes abreuvées de sève ne +demandent qu'à végéter; 2º le choix du sujet, qui doit être dans un +état convenable de vigueur et de santé, et surtout apte à recevoir +la greffe, qu'on ne peut pratiquer que sur des espèces unies entre +elles par d'étroites affinités; car toutes les greffes des Rosiers +sur Houx, Lilas, etc., sont autant de contes faits à plaisir; 3º +l'opération manuelle, qui n'exige qu'un court d'apprentissage et +peut être considérée comme la moins difficile des trois, puisque par +l'observation des deux conditions qui précèdent on obtient un succès +auquel on ne peut atteindre, quel que soit le soin du greffeur, si +les circonstances dans lesquelles il opère sont défavorables. + +Il y a différentes sortes de greffes, mais la plupart sont de pur +agrément; aussi nous bornerons-nous à décrire les principales, qui +peuvent être considérées comme le type de toutes les autres, qu'on +pourra exécuter lorsqu'on connaîtra celles que nous indiquons. + +1. _Greffe en écusson._ Cette greffe est la plus généralement +employée, et l'on peut l'exécuter à plusieurs époques de l'année; +premièrement, de mai en juillet, ce que l'on appelle _greffe à oeil +poussant_; cette dénomination vient de ce que ces greffes, +commencent à pousser aussitôt que l'écusson est repris; il en est +même, sur les Rosiers par exemple, qui à l'automne de la même année +forment déjà une belle tête. La seconde époque est d'août en +septembre, lorsque la séve commence à se ralentir, et on l'appelle +_greffe à oeil dormant_, parce qu'à cette époque l'écusson ne fait +plus que se souder au sujet et ne pousse que l'année suivante. C'est +dans cette saison qu'on greffe de préférence les arbres fruitiers. + +Il faut, quelque temps avant l'opération, préparer le sujet à +recevoir la greffe, c'est-à-dire faire choix des branches sur +lesquelles on veut écussonner, et supprimer les autres, surtout +celles qui se trouveraient au-dessous des greffes; et si les +individus qu'on veut greffer commençaient à ne plus être en séve, il +faudrait tâcher, par des arrosements, d'en ranimer la végétation. +Lorsque le moment sera favorable, on choisira les meilleurs yeux de +l'espèce qu'on veut multiplier, on coupera la feuille placée +au-dessus de l'oeil sans endommager le pétiole, on supprimera aussi +les aiguillons qui se trouveraient sur l'écusson; puis, avec la lame +du greffoir, on cernera l'oeil de manière à pouvoir l'enlever avec +une partie de l'écorce environnante, à laquelle on donnera à peu +près la forme de l'écusson (voir A, _fig. 3_). Pour la détacher, on +la soulèvera légèrement avec la pointe du greffoir, puis avec la +spatule, en ayant soin d'enlever toutes les parties ligneuses +adhérentes à l'écusson, et qui empêcheraient son contact avec le +bois du sujet, à moins que le rameau ne soit assez tendre pour qu'on +n'ait pas besoin de faire cette opération; et s'il arrivait que l'on +enlevât la racine de l'oeil, ce qu'il est facile de reconnaître au +vide qui en résulte, il fondrait réformer cet écusson, dont la +reprise serait douteuse. + +[Illustration: Fig. 3.--Greffe en écusson.] + +On peut encore employer un autre moyen pour lever l'écusson, et il +est surtout avantageux quand les greffes sont petites; il consiste à +détacher avec un fil de soie ou un crin (voir B, _fig. 3_) +l'écusson, dont on a d'abord soulevé la partie supérieure; on fait +ensuite sur l'écorce du sujet à greffer une incision en forme de T +(voir C, _fig. 3_), on soulève les bords de la plaie en glissant la +spatule sous l'écorce, de manière à pouvoir placer facilement +l'écusson, qu'on introduit en le tenant par le pétiole et en +appuyant légèrement sur la partie supérieure; s'il arrivait qu'il ne +pût entrer dans toute sa longueur, il faudrait en couper l'extrémité +pour qu'il coïncidât bien avec le sujet; ensuite on rapproche les +bords de l'entaille sur l'écusson, et l'on entoure le tout d'une +ligature de laine, en ayant soin surtout de ne pas engager l'oeil +(voir D, _fig. 3_). Nous avons figuré la ligature plus écartée +qu'elle ne doit l'être, afin qu'on puisse voir la position de +l'écusson. La chute précoce du pétiole est un signe de la reprise de +la greffe, ce qui a lieu ordinairement dix ou quinze jours après +l'opération; il faut alors rabattre le sujet à quelques centimètres +au-dessus de la greffe. On aura soin d'enlever toutes les pousses +qui paraîtront sur le sujet, et l'on pincera le bourgeon terminal +des greffes de manière à favoriser le développement des yeux +inférieurs. + +[Illustration: Fig. 4.--Greffe en anneau.] + +2. _Greffe en anneau._--Les mois d'avril et d'août sont les époques +les plus favorables pour la reprise de cette greffe. Elle convient +pour la multiplication des arbres à bois dur, et particulièrement +des noyers. On choisit, sur l'arbre que l'on veut multiplier, une +branche de même grosseur que le sujet à greffer; on cerne l'écorce +circulairement au-dessous et au-dessus d'un oeil, de manière à +former un anneau que l'on détache en le fendant perpendiculairement +sur la partie apposée à l'oeil (voir C. _fig. 4_); puis on l'enlève +à l'aide de la spatule du greffoir. On enlève ensuite sur le sujet +un anneau de la même largeur (voir B, _fig. 4_), et l'on rapporte à +sa place la partie d'écorce enlevée sur l'arbre que l'on veut +propager. Il faut, pour être certain du succès, avoir la précaution +de bien faire joindre les écorces en haut et en bas; puis on +assujettit les greffes avec une ligature de laine, en ayant soin +surtout de ne pas engager l'oeil. On ne rabattra les branches ou la +tête du sujet que quand la reprise de la greffe sera assurée. Cette +greffe a l'avantage de ne jamais mutiler le sujet; car, dans le cas +où la greffe ne végète pas, l'anneau d'écorce reste et tient lieu de +celui qu'on a enlevé. + +3. _Greffe en fente._--Cette greffe peut être également faite au +printemps et à l'automne; et, pour être certain du succès, il faut, +comme pour la greffe en écusson à oeil dormant, qu'il n'y ait plus +assez de séve pour faire pousser la greffe, mais qu'il y en ait +encore assez pour la souder au sujet, afin qu'elle ne soit pas +desséchée par les intempéries de l'hiver. + +Pour greffer au printemps, il faut avoir la précaution de couper en +janvier les rameaux de l'année précédente sur chaque espèce d'arbre +que l'on veut multiplier, puis on les enterre dans du sable, à +l'exposition du nord, de manière à en retarder autant que possible +la végétation; car, pour être certain du succès de ces greffes, il +faut que la séve commence à monter dans le sujet, mais qu'elle n'ait +pas encore gonflé les bourgeons du rameau que l'on veut greffer. La +première quinzaine d'avril est ordinairement l'époque la plus +favorable pour cette opération: alors on coupe horizontalement la +tête du sujet, et on le fend au milieu de son diamètre, de manière à +faire une entaille de 0m,03 à 0m,06, suivant la force du sujet, et +en ayant soin que cette entaille soit toujours un peu plus profonde +et plus large que ne l'exigerait en apparence la greffe à insérer. +Lorsque le sujet est gros et vigoureux, on peut faire plusieurs +entailles (voir A, B, _fig. 5_); mais il faut qu'elles soient +opposées l'une à l'autre, de manière qu'elles ne se rejoignent pas. +Une fois le sujet prêt à recevoir la greffe, on choisit un rameau +garni de bons yeux et de 0m,06 à 0m,10 de longueur, de sorte +qu'après son insertion dans l'entaille, il y ait au moins deux ou +trois yeux au dehors. On taille ensuite la partie inférieure de ce +rameau de manière à former deux biseaux de 0m,03 à 0m,06 de longueur +(voir C, _fig. 5_), quelle que soit l'épaisseur de la partie qui +doit être en dehors, on fait en sorte de conserver son écorce; +ensuite on ouvre la fente avec la spatule du greffoir ou avec un +coin, et l'on insère la greffe de manière que son écorce coïncide +exactement avec celle du sujet; puis on enveloppe le tout d'une +ligature, et l'on couvre l'extrémité du sujet avec de la cire à +greffer[3]. Il faut, enfin, avoir soin d'enlever toutes les pousses +qui se développent sur le sujet, car elles vivraient aux dépens de +la greffe. + +[Note 3: La cire à greffer se compose de deux parties de +poix-résine, de deux parties de cire jaune et d'une partie de suif, +fondues ensemble.] + +[Illustration: Fig. 5.--Greffe en fente.] + +4. _Greffe en fente sur tubercule._--Cette greffe est +particulièrement employée pour multiplier les Pivoines en arbre. +Dans le courant d'août, on prend un tubercule de Pivoine herbacée, +on en coupe le sommet transversalement, on fait une fente sur l'un +de ses côtés et l'on y insère un rameau dont on aura taillé en +biseau la partie inférieure, puis on plante le tubercule dans un +pot, mais de manière que toute la greffe se trouve enterrée. Les +pots sont placés sur une couche tiède, et on couvre les greffes +d'une cloche qu'il faut ombrager pendant quinze ou vingt jours. Au +printemps suivant, on peut mettre chacune de ces greffes en pleine +terre. + +[Illustration: Fig. 6.--Greffe en placage.] + +5. _Greffe en placage._--On taille en bec de flûte allongé le rameau +que l'on veut greffer (voir A, _fig. 6_), puis on enlève sur ce +sujet une portion d'écorce (voir B, _fig. 6_) exactement de la même +grandeur que la partie taillée de la greffe; on réunit les deux +parties, et l'on fait une ligature. Ces greffes reprennent avec +facilité, mais pour cela il faut les étouffer sous cloche. + +6. _Greffe de la Vigne._--Dans le courant de mars, on coupe le sujet +sur le collet de la racine, à environ 0m,08 à 0m,10 en terre, et on +laisse sécher la plaie pendant quelques jours; car si l'on greffait +aussitôt, la séve monterait avec une telle abondance, qu'il pourrait +arriver qu'elle noyât la greffe. On prépare les rameaux comme pour +les autres greffes en fente, puis on fait une ou plusieurs +entailles, selon la force du sujet, et l'on place les greffes, +auxquelles on laisse deux ou trois yeux hors de terre. La greffe et +l'extrémité du sujet sont recouvertes ensuite avec de la cire à +greffer; quelques personnes se contentent même de comprimer un peu +la terre autour de la greffe, en ayant grand soin de ne pas déranger +les rameaux. + +Dans le midi de la France, on pratique la greffe en fente modifiée +de la manière suivante: après avoir déchaussé le cep qui sert de +sujet, on le coupe un peu au-dessus du sol, on le fend de part en +part, et on y insère latéralement une greffe taillée en lame de +couteau vers la moitié de sa longueur, et dont l'extrémité +inférieure, entièrement libre, plonge dans le sol de 0m,15 à 0m,20; +ce qui sert à alimenter la greffe jusqu'à sa parfaite soudure avec +le sujet. + +_Greffe herbacée._--Cette greffe ne diffère guère de la greffe en +fente que par l'époque où on l'exécute. Elle peut être employée pour +multiplier presque tous les végétaux encore à l'état herbacé, et +particulièrement les arbres résineux et quelques arbrisseaux +d'agrément. L'époque de faire cette greffe varie suivant l'état de +la saison; ordinairement, le moment le plus favorable est le mois de +mai. On coupe l'extrémité du bourgeon au-dessus d'une ou de +plusieurs feuilles, qu'il faut avoir soin de ménager, afin d'attirer +la séve vers la greffe; puis on fend le sujet d'environ 0m,03 à +0m,06 de longueur, et l'on prépare le rameau comme pour la greffe en +fente, en ayant soin de ne pas trop l'amincir. Pour cette opération, +il faut se servir d'un instrument bien tranchant et bien affilé, +afin de couper bien net. La greffe une fois préparée, on l'introduit +dans la fente du sujet, et on l'assujettit avec une ligature de +laine. Pour éviter de couper la tête du sujet, on peut procéder +d'une autre manière: c'est-à-dire que l'on y fait une incision, +comme pour placer un écusson; puis, après avoir taillé le rameau en +biseau allongé d'un seul côté, en bec de flûte, on l'introduit +entre le bois et l'écorce, et comme toujours, on maintient la greffe +avec une ligature, que l'on doit enlever environ un mois après +l'opération. Pour assurer le reprise de ses greffes, il est +nécessaire de les garantir du soleil et du hâle; ainsi, si l'on +opère sur des plantes en pots, il faudra les réunir sous un châssis, +que l'on aura soin d'ombrer; et pour celles que l'on fera sur des +sujets en pleine terre, on les garantira en les entourant d'un +cornet de papier, d'une feuille de vigne, ou de tout autre abri, que +l'on pourra enlever dix ou quinze jours après l'opération. Cette +greffe peut aussi s'appliquer à la multiplication des plantes +tuberculeuses; c'est ainsi qu'au printemps on greffe les jeunes +pousses des variétés de Dahlias les plus belles sur des tubercules +de variétés inférieures. On prend pour cela un tubercule, on en +coupe le sommet horizontalement, et on le fend sur l'un des côtés, +puis on fait choix d'un rameau qui ne soit pas encore creux, ce qui +arrive lorsqu'ils sont déjà forts, et l'on en taille la partie +inférieure en biseau peu aigu, en ayant soin d'enlever seulement +l'épiderme; puis on l'insinue dans la fente du tubercule, que l'on +plante dans un pot, de telle sorte que toute la greffe se trouve +enterrée. On place les pots sur une couche tiède, et on les couvre +d'une cloche, qu'il faut avoir soin d'ombrager plusieurs jours. + +On pratique aussi la greffe herbacée sur la Vigne. + +Cette opération doit avoir lieu, en mai ou juin, sur des bourgeons +de 0m,20 ou 0m,25 de longueur. Elle ne diffère en rien de la greffe +en fente ordinaire; seulement, il faut, après avoir enveloppé la +greffe avec de la laine ou avec de la cire, l'introduire dans une +bouteille à large col (bouteille à conserves), qu'on fixe à un +tuteur ou à tout autre support, et boucher l'ouverture avec de la +mousse fraîche. + +Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine, +on débouche la bouteille, afin de fortifier la greffe, et peu de +temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois que ces +greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que ce +procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme moyen +de multiplication, mais encore pour juger du mérite des variétés +nouvelles. + +[Illustration: Fig. 7.--Greffe en couronne.] + +_Greffe en couronne_, connue sous le nom de _greffe Pline_.--Cette +greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en +fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière +greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper, +pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les +empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer +doit être coupée horizontalement (voir _fig. 7_), et il faut +entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans +la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce +ensuite à la profondeur d'environ 0m,05 un petit coin de fer ou de +bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en +biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de +manière que tout le biseau soit caché (voir _fig. 7_). Le nombre des +greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa +grosseur. Elles devront être placées à environ 0m,05 l'une de +l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir +l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la +cire à greffer. + +[Illustration: Fig. 8.--Greffe par approche.] + +7. _Greffe ordinaire par approche._--Cette opération consiste à +appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une +branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter +pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra +procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux +branches parallèlement (voir _fig. 8_), on enlèvera sur chacune une +partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont +la longueur doit être toujours proportionnée à la force des +individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin +de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux +branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il +est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes, +afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement, +ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la +reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on +sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est +souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de +n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la +sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la +couper le plus près possible de la greffe, afin que la séve +recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite +beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du +greffoir. + +8. _Greffe par approche compliquée._--Cette greffe diffère peu de la +précédente: elle est spécialement employée pour donner de la +solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres, +de manière à former un losange; et, au point où elles se +rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche, +ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux +parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à +mesure que les branches prennent de l'accroissement. + + + + +CHAPITRE X. + +De la Conservation des plantes. + + +Nous nous bornerons à dire sur ce chapitre que la situation +septentrionale de notre pays, l'irrégularité de la marche des +saisons, l'humidité de nos printemps et de nos automnes rendraient +impraticable la culture de certaines plantes exotiques, si nous +n'avions recours à des moyens artificiels de conservation et de +multiplication. + +Ces moyens sont de plusieurs sortes: ils comprennent, en commençant +par les plus simples, pour arriver aux plus composés: 1. les +_cloches_; 2. les _châssis_; 3. l'_orangerie_ ou _serre froide_; 4. +la _serre tempérée_; 5. la _serre chaude_. + +1. _Cloches._--Les cloches de verre sont les plus simples de tous +les abris; elles servent à garantir du froid, et de l'humidité les +plantes délicates et les boutures, et à concentrer la chaleur sur +celles qui ont besoin d'une température plus élevée que celle de +l'atmosphère. Il faut choisir les cloches dont le verre est le plus +blanc, car elles sont assez sujettes à se ternir au bout de quelques +années. Il faut avoir la précaution de les laver de temps à autre; +et, lorsqu'elles ne servent plus, on les met l'une dans l'autre, en +ayant soin de les séparer avec un peu de paille pour éviter la +casse. + +[Illustration: Fig. 9.--Châssis.] + +2. _Châssis._--Les châssis ont pour objet d'activer la germination +de certaines graines, d'augmenter la chaleur des couches, de +permettre la culture des plantes potagères qui ne réussissent pas à +l'air libre, et de garantir contre les injures de l'air les plantes +délicates. Ils se composent de deux parties: le coffre _a_, _a_ +(_fig. 9_), et les panneaux _c_. Chaque coffre a ordinairement 4 +mètres de longueur et 1m,33 de largeur; il est formé de quatre +planches clouées sur quatre pieds placés intérieurement aux quatre +coins. Le derrière du coffre doit toujours être plus élevé que le +devant, afin que les panneaux soient inclinés au midi. On +maintiendra l'écartement par deux barres _b_, _b_, assemblées à +queue d'aronde par le haut et par le bas, et qui servent de support +aux panneaux. Les panneaux vitrés doivent être en bois de chêne, +d'une bonne épaisseur. Ils se composent d'un cadre de 1m,33 de +largeur et d'une longueur arbitraire, divisé par trois petites +barres de même épaisseur, que l'on peut remplacer avantageusement +par des montants en fer, fixés sur les traverses du haut en bas. On +place une poignée à chaque bout, afin de pouvoir les enlever, et, +avant de les vitrer, on les peint à l'huile, opération qu'il est bon +de refaire chaque année à l'automne. + +_Paillassons._--Les paillassons servent à couvrir les couches, les +cloches, les châssis, les serres, etc. + +Avec le métier à paillassons des jardiniers, on peut facilement +faire ses paillassons soi-même. Ce métier se compose d'un cadre de +bois de 2 mètres de longueur sur 1m,33 de largeur, portant à ses +deux extrémités autant de chevilles sans tête qu'on y veut tendre de +ficelles, ce qui dépend de la longueur que l'on donne au paillasson. +On est dans l'habitude de ne faire que trois rangs; cependant il +vaudrait mieux en faire quatre, pour plus de solidité. On attache +les ficelles aux chevilles du bas par une boucle fixe, et en haut +par un noeud coulant, ce qui permet de les tendre autant qu'il est +nécessaire. Une fois chaque ficelle tendue, on lui laisse le double +de la longueur du cadre; cet excédant de longueur sert à coudre le +paillasson, après quoi on pose en travers, et aussi également que +possible, deux couches de paille de seigle, que l'on étend +tête-bêche; et, après avoir roulé la ficelle du rang du milieu sur +une espèce de navette faite avec un morceau de bois de 0m,08 de +longueur et évidé sur les côtés, on prend une pincée de paille, et +l'on passe la navette de droite à gauche par-dessous la paille et +par-dessus la ficelle, puis on revient en dessus l'engager dans +l'anse formée par la ficelle, et l'on serre en tirant droit devant +soi, en ayant soin de presser la paille entre le pouce et l'index de +la main gauche, afin d'avoir une maille plate et non ronde; puis on +continue avec la même navette dans toute la longueur du paillasson, +et, lorsqu'on est arrivé au bout, on arrête la ficelle par un noeud. +On passe ensuite aux autres rangs, que l'on coud de la même +manière, en se guidant pour les mailles du bord sur celles du +milieu; et, une fois le paillasson terminé, on coupe les épis qui +débordent de chaque côté. + +Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de +1m,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce +qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0m,50, ce qui fait +qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue. + +3. _Orangerie._--L'orangerie, ou serre froide, est destinée à +garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un +faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et +construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses +dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur, +proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à +contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne +puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de +fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au +centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera +construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs +intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des +froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il +suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet +effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter +souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire. +L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de +celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des +tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un +tonneau pour se réchauffer un peu. + + +§ I.--_De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement +en hiver._ + +La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la +seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de +les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer +les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin +que toutes jouissent autant que possible de la lumière. + +Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et +beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans +l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou +entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes, +qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut +qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent +leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros +Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle, +qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même +peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin +d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car +alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en +les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans +l'orangerie les Oeillets cultivés en pots et les Giroflées grosse +espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température +le permet. + +On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit. +Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit; +puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les +fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies +extérieurement de paillassons. + +Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4 +degrés au-dessus de zéro, on donnera de l'air, à moins que +l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent. + +Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que +lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la +quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant +pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de +ranimer la végétation, ce qui les épuiserait. + + +§ II.--_De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement +pendant l'été._ + +La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première +quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus +rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences +atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air +possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou +pluvieux. + +Toutes les plantes seront placées (comme cela a presque toujours +lieu) près de l'habitation, mais toujours à bonne exposition et à +l'abri des vents; il faut surtout placer les Lauriers-roses à fleurs +doubles et les Grenadiers à l'extrême sud, si l'on veut les voir +fleurir chaque année. Aussitôt après leur sortie, on rencaissera +toutes les plantes qui en auraient besoin, soit qu'elles demandent +plus d'espace, soit que les caisses doivent être remplacées; mais on +ne le fera qu'après les avoir déposées à leur place, afin d'éviter +qu'elles ne soient ébranlées dans le trajet. + +En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses +plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car, +rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent +beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent. +Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être +rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous +les cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser les +Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif que +le développement des branches et des rameaux est toujours en rapport +avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent beaucoup plus +vigoureusement que les Orangers, il faut donc les rencaisser plus +souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage, il arrivait que +les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela provînt d'une +trop grande humidité, il faudrait leur donner un demi-rencaissage, +ce qui consiste à couper bien net 0m,05 à 0m,10 de terre autour de +la caisse et à la remplacer par de la terre neuve appropriée aux +besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous indiquerons la +terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage différant peu du +rempotage, sauf l'exécution, qui doit être modifiée, nous renvoyons +à cet article pour la connaissance des détails. Après l'opération, +on couvre la surface de la terre d'un paillis de fumier consommé, et +l'on donne un bon arrosement à chaque plante. + +L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver, +être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon +d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis +à décomposer des substances animales ou végétales. + +Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en +été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la +température; puis on diminue progressivement à mesure que la +température se rafraîchit. + +Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler +les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et +toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de +l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et +nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers +sous la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper l'extrémité +de toutes les branches élancées, de manière à donner à chaque arbre +une forme régulière; c'est aussi à cette époque que l'on peut +diminuer la tête de ceux qui prendraient trop d'accroissement, ou +qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être rajeunis, ce qui a +lieu en rabattant toutes les branches plus ou moins près du tronc, +suivant la force de l'arbre. Les Lauriers peuvent être soumis au +même traitement lorsqu'ils s'élancent par trop; mais ils ne doivent +pas être taillés annuellement, car alors on serait privé de fleurs. +Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont défleuris, couper +l'extrémité des branches qui portaient les fleurs, afin d'avoir des +arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent être soumis à une +tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt après qu'ils sont +défleuris; les Grenadiers doivent aussi être tondus chaque année, +afin de présenter une forme aussi gracieuse que possible; mais cette +taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la rentrée. + +Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les +plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les +Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre. + + +§ III.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes +ci-après désignées._ + +ORANGERS.--Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de +potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras. + + +MYRTES.--Terre de bruyère pure. + + +GRENADIERS et LAURIERS-ROSES.--Bonne terre de potager mêlée de +terreau gras. + +4. _Serre tempérée._--Cette serre diffère de l'orangerie en ce +qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la +conservation des plantes que nous conseillons d'y placer; elle sera +attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une dans l'autre: +elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à partir du sol +intérieur, elle aura 2m,45 d'élévation par derrière; le devant aura +0m,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis qui la fermeront +seront fixés dans le haut par des charnières, et s'ouvriront +horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas sur un +petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur les +montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui +doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1m,33 +l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la +serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de +longueur sur 1m,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche +d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une +traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre. +Les panneaux du second rang n'auront que 1m,36 de longueur, et pour +qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une +semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des +panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter +d'environ 0m,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du +bas, doit aller d'un chevron à l'autre. + +Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à +l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on +tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer. + +On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit +pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin +d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une +main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on +ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0m,75 de +largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre doit +être de 0m,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un gradin de 1m,25 +de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du gradin doit être +calculée de manière que les plantes ne soient pas à plus de 0m,60 ou +0m,80 des vitres; on fera devant le gradin un chemin de 0m,50 de +largeur, afin de pouvoir circuler tout autour, puis on établira une +tablette contre le mur de derrière, et un autre chemin de 0m,50 de +largeur sur le devant de la serre et sous laquelle circuleront les +tuyaux du poêle, dont la bouche doit toujours être en dehors. On +fera une ouverture dans le pignon de cette serre, et on la garnira +d'une double porte, qui servira d'entrée pendant les gelées, ce qui +évitera d'ouvrir celle de l'orangerie. + + +§ IV.--_De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur +traitement en hiver._ + +La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre, +mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous +dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne +restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne +soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du +mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre; +l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin, +dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que +l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir +lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface +du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse. + +On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les +Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer +au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les +tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le +mur de derrière les plantes grasses ou celles qui exigent peu de +soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera réservée pour +les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la partie la +plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront placées sur les +tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les distancer de +manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant leur séjour +dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de temps à autre, +afin qu'elles présentent successivement toutes leurs parties à la +lumière; car, sans cette précaution, elles s'inclineraient toutes du +même côté et n'auraient plus alors qu'une forme disgracieuse. Depuis +le placement des plantes dans la serre jusqu'au printemps, les +arrosements doivent être modérés et avoir lieu seulement au fur et à +mesure que les plantes en ont un véritable besoin. Ils se feront +avec un petit arrosoir auquel on ajoutera un bec de prolongement +pour atteindre les plantes éloignées, et l'eau que l'on emploiera +aura dû être tenue pendant quelque temps à la température de la +serre. Les autres soins consistent à entretenir la propreté et à +renouveler l'air aussi souvent que possible, en évitant toutefois +d'ouvrir les châssis par un temps couvert ou pluvieux, afin de ne +pas introduire d'humidité dans la serre; puis, dès l'approche des +froids, l'on bouchera hermétiquement toutes les ouvertures avec de +la mousse, et quand le soir le temps sera clair, et que le +thermomètre placé extérieurement ne marquera plus que 3 ou 4 degrés +de chaleur, il faudra couvrir la serre avec des paillassons, car il +est probable qu'il gèlera dans la nuit. + +En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre +d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température, +il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin +toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins +cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au +reste, l'on peut découvrir sans inconvénient toutes les fois que le +thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de froid; +seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons avant +qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette époque il +arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours refermer avant +la disparition du soleil, afin de concentrer de la chaleur dans la +serre, ce qui peut souvent épargner la peine de faire du feu la +nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit en faisant un +peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de réserve), on +veillera à ce que la température de la serre ne descende pas +au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se trouvait dans la +nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle soit portée à plus +de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de maintenir les plantes +dans un état de repos dont il faudrait qu'elles ne sortissent que +vers la fin de l'hiver. Comme presque toutes les plantes dont nous +avons parlé sont sujettes à être attaquées des pucerons, il faut, +aussi souvent que le besoin s'en fera sentir, avoir recours à une +fumigation de tabac, ce qui doit se faire après avoir tout fermé[4]. + +[Note 4: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil +en cuivre de forme cylindrique, nommé _fumigateur_. Il se compose de +deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie +inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement +pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour +faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet +dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en +soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de +la partie supérieure.] + +Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la +serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment +l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur +la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur +les panneaux, afin d'éviter que le feuillage des plantes ne soit +brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être plus +fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de seringuer les +plantes de temps à autre, opération qui doit à cette époque avoir +lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces arrosements, +il faut les suspendre dès l'épanouissement des premières fleurs de +Pélargonium, car ils en terniraient promptement l'éclat. Dans les +premiers jours d'avril, on introduira progressivement, et selon la +température, une plus grande quantité d'air dans la serre, afin de +fortifier les plantes qui doivent bientôt être exposées à l'air +libre. Si l'on veut avoir une brillante floraison de Pélargoniums, +il faut les sortir de la serre aussitôt que la température le +permettra, et les placer à une bonne exposition, en ayant soin de +les disposer de manière que l'on puisse facilement les couvrir la +nuit, s'il arrivait que la température l'exigeât; après quoi on les +laisse ainsi jusqu'au moment où les premières fleurs commenceront à +s'épanouir, et alors on les replacera dans la serre: de cette +manière, on aura des plantes moins élancées, plus robustes, et des +fleurs d'un coloris plus vif. S'il arrive que quelque circonstance +empêche de sortir les Pélargoniums aussitôt que nous l'indiquons, il +faudra, pour remédier autant que possible à ce contre-temps, donner +de l'air par toutes les ouvertures de la serre. + + +§ V.--_De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur +traitement en été._ + +Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un +temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les +Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après +qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur +floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en +parlant des plantes que l'on doit sortir. On les déposera pendant +quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se +fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui +en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles +qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la +même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il +faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les +plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de +jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à +l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer +cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les +racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu +ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la +diminuer; il est certain alors que cette opération peut être +inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les +plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est +préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour +celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver, +il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de +septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire +de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à +parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une +quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à +supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles +de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon +leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à +former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont +nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera +les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de +taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que possible; +et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à claire-voie +en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des gaulettes maintenus +par des pieux; on continuera d'arroser à propos; on pourra même +continuer les seringages, ce qui, pendant les journées chaudes de +juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que vers la fin de la +journée. Si, peu de temps après l'empotage, il survenait des pluies +abondantes, il faudra momentanément coucher les pots de côté, pour +éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir les racines. Bien +que nous indiquions d'une manière générale les soins à donner aux +plantes de serre tempérée, ils peuvent être appliqués à toutes les +plantes cultivées en pots, à moins qu'on n'enfonce les plantes en +pleine terre avec leur pot, ce qui cependant ne peut avoir lieu que +pour les Verveines, les Pétunias, les Hortensias, les Pélargoniums +et quelques variétés de Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles +on peut former des groupes très-gracieux. + +Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du +soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à +temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la +serre. + + +§ VI.--_Rempotage._ + +Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre +favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce +chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que +possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu +à l'ombre. + +On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec +précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de +manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la +plante la tête en bas, et, en soutenant le pot de la main droite on +en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une fois la +motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a souvent +lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un tissu de +racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant +légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de +vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite +on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi +préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la +plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après +l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et +qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la +vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après +avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de +faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un +lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que +la surface de la motte se trouve de 0m,04, à 0m,05 au-dessous des +bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois +du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au +milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une +spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on +achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois +avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre +d'environ 0m,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir +l'eau des arrosements. + +Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre +tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils +suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne +s'écartent pas de la culture ordinaire. + + +§ VII.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes +ci-après désignées._ + +PÉLARGONIUMS.--Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre +franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un +peu de poudrette bien tamisée[5]. + +[Note 5: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages +doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à +la claie ou au crible. + +La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la +hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ +0m,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au +milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de +l'incliner un peu) sur un bon piquet. + +Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier +ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou +moins ameublir la terre qu'on y passe.] + + +CALCÉOLAIRES.--Terre de bruyère, terre franche et terreau de +feuilles. + + +VERVEINES.--Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de +potager. + + +CINÉRAIRES.--Terre de bruyère et terreau. + + +CAMÉLIAS.--Terre de bruyère pure. + + +HORTENSIAS.--Terre de bruyère pure. + + +PLANTES GRASSES.--Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien +tamisée. + +5. _Serre chaude._--Cette serre communique, ainsi que la serre +tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement +semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci +pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions +intérieures. + +Le chemin intérieur aura 0m,75 de largeur, et la couche 2m,25, y +compris un petit mur d'appui de 0m,45 de hauteur pour la soutenir; +et un autre sur le devant de la serre, où circulent les tuyaux du +poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette placée +contre le mur de derrière est destinée à recevoir des Fraisiers en +pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un _thermosiphon_, +dont les tuyaux circuleront sous un plancher recouvert d'un lit de +tannée assez épais pour que l'on puisse enterrer les pots, et la +température intérieure pourra être produite par le même appareil à +l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de la couche. + +La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous +nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la +température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril, +on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le +milieu de la journée. + +Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour +les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que +les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les +mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée. + + + + +CHAPITRE XI. + +Jardin potager. + + +AIL (_Alium sativum_).--Il se multiplie de caïeux que l'on plante en +planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement +de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles +qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait +un noeud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au +profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles +commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes, on les +laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent de mûrir; puis +on les suspend dans un endroit sec pour les conserver jusqu'au +printemps. + +_Ail d'Espagne ou Rocambole._--Cette espèce, moins répandue que la +précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines, +des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la +culture est la même. + +[Illustration: Fig. 10.--Serre à Ananas.] + +ANANAS (_Ananassa sativa_).--Pour élever les Ananas et les préparer +à la fructification, il faut avoir des châssis de 1m,65 de longueur +sur 1m,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien +exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les +plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre. + +La première quinzaine d'octobre est l'époque la plus favorable pour +la plantation des couronnes et des oeilletons, et cela parce que les +jeunes plantes ne demanderont pas plus de soins pour passer l'hiver +en terre qu'il n'en faudrait pour conserver les vieux pieds, et au +printemps on aura des plantes déjà fortes et tout enracinées. Vers +la fin de septembre, on prépare une bonne couche d'environ 0m,60 +d'épaisseur, composée de moitié fumier neuf, moitié feuilles mêlées, +ou, à défaut, d'une partie de fumier provenant d'anciennes couches. +La hauteur de la couche aura dû être calculée de telle sorte, +qu'après avoir été rechargée de 0m,20 ou 0m,30 de tannée, ou, à +défaut, de mousse, les plantes se trouvent être aussi près du verre +que possible. Les oeilletons destinés à la plantation doivent être +pris de préférence dans l'aisselle des feuilles, où ils sont +toujours plus forts. Après avoir enlevé ces oeilletons, on ne +conserve les vieux pieds que si l'on est à court de plants, et +seulement jusqu'à ce qu'ils aient produit le nombre d'oeilletons +dont on a besoin. Avant de planter les oeilletons, on dégarnit de +feuilles la partie qui doit être en terre (environ 0m,05 à 0m,06); +puis on rafraîchit proprement la plaie, et on les plante +immédiatement dans des pots de 0m,10 à 0m,12 de diamètre, suivant +leur force. Ce que nous conseillons pour les oeilletons est, en +toutes circonstances, applicable aux couronnes. Nous dirons à ce +sujet que l'on peut, si le besoin l'exige, conserver les couronnes +pendant un mois au moins, en les plaçant à l'ombre dans un lieu sec. +Pour la plantation, on emploiera de la terre de bruyère pure, ou, à +défaut, une terre composée d'un cinquième de terre franche, moitié +de terre de bruyère et un sixième de terreau, le tout préparé depuis +six mois au moins, remué plusieurs fois et passé à la claie. Il faut +que cette terre, au moment de l'empotage, ne soit pas humide, sans +cependant être desséchée, bien qu'il vaille mieux toutefois +l'employer sèche qu'humide. Aussitôt après la plantation, on enfonce +les pots dans la couche, en commençant par le rang du haut et en +choisissant toujours les plants les plus élevés, ce qu'il faut +observer chaque fois qu'on les replace, en raison de la pente que +l'on doit toujours donner aux châssis. Il faut avoir soin de les +espacer suivant leur force. Pendant la nuit, on couvre les châssis +avec des paillassons; pendant le jour, on atténue l'intensité des +rayons solaires avec une toile ou du paillis, qu'on étend sur les +châssis; enfin, pendant un mois, espace de temps nécessaire pour +qu'ils prennent racine, on les soigne comme des boutures. Quand ils +commencent à végéter, on leur donne un peu d'air en soulevant les +châssis au moment du soleil; puis on les arrose au pied, mais +seulement au fur et à mesure du besoin. Vers le commencement de +novembre, c'est-à-dire à l'époque des froids et des temps humides, +on entoure le coffre d'un bon réchaud de fumier qui doit descendre à +la même profondeur que la couche, et à partir de cette époque +jusqu'au printemps, il doit être remué au moins tous les mois, en y +ajoutant chaque fois une partie de fumier neuf. Quand les froids +sont rigoureux, il faut doubler les paillassons pendant la nuit, +étendre sur le tout une bonne couche de litière, et avoir soin +d'entretenir les réchauds à hauteur de châssis: puis on découvre les +panneaux tous les jours, à moins que le thermomètre ne descende +au-dessous de 4 ou 5 degrés de froid. + +Au printemps, les arrosements doivent être plus fréquents et plus +abondants, et l'on donne de plus en plus d'eau, à mesure que le soleil +prend de la force. Dans les premiers jours de mai on fait une couche qui +doit être beaucoup plus longue que celle d'automne, en raison du +développement qu'ont pris les plantes; mais, la température étant plus +douce, il n'est pas nécessaire qu'elle soit aussi chaude qu'à l'automne. +Il en est de même des réchauds, que l'on ne fait pas aussi profonds et +que l'on ne remanie que de loin en loin. Cette fois, on remplace la +tannée par une couche de terre de 32 centimètres d'épaisseur, semblable +à celle qu'on emploie pour l'empotage des oeilletons; puis on dépote les +Ananas, on visite les racines, et s'il s'en trouve quelques-unes qui +soient pourries, on les supprime; dans le cas contraire, on les ménage +toutes; seulement on retranche à chaque pied quelques feuilles du bas; +après quoi on les plante sur la couche, en ayant soin de les enfoncer de +manière que l'ancienne motte se trouve recouverte de quelques +centimètres de terre, afin de favoriser l'émission de nouvelles +racines, qui partent du collet. Quelque temps après la plantation, on +commence à donner un peu d'air; puis on augmente progressivement, +suivant la température; car, arrivé à ce point, il est préférable de ne +pas habituer les Ananas à être ombragés; par ce moyen on aura des +plantes beaucoup plus rustiques, mais on comprend qu'il faut alors leur +donner plus d'air. Pendant les chaleurs on peut, sans inconvénient, les +arroser avec l'arrosoir à pomme, surtout si l'on a planté sur une bonne +couche, car l'humidité ne leur est réellement préjudiciable qu'en hiver. +Ainsi traités, les Ananas auront pris à l'automne un développement qu'on +trouverait à peine chez ceux cultivés constamment en pots depuis deux +ans. Vers la fin de septembre ou dans le commencement d'octobre, on +relève les Ananas de pleine terre; on supprime alors tous les +oeilletons, puis quelques feuilles du bas; et comme l'Ananas est au +nombre des plantes dont les racines périssent chaque année et sont +remplacées par de nouvelles, on supprime toutes les anciennes en les +coupant près de la plante; après quoi on lie les Ananas avec un lien de +paille, de manière à les rempoter plus facilement, ce qui doit avoir +lieu dans des pots de 0m,24 de diamètre seulement. Cette opération +s'appelle planter à _cul nu_. Après l'empotage on les place sur une +nouvelle couche, et jusqu'à ce qu'ils aient de nouvelles racines on leur +donne les mêmes soins qu'aux oeilletons du premier âge. Vers le mois de +janvier on les place dans une serre où l'on a préparé une couche +d'environ 6m,65 d'épaisseur et de toute la largeur de l'encaissement, +qui ne doit pas avoir moins de 2 mètres. Cette couche doit être chargée +d'un bon lit de tannée ou de mousse, de manière à pouvoir facilement y +enterrer les pots, que l'on place à environ 0m,50 les uns des autres en +tous sens; enfin, suivant la force des plants, on les laisse ainsi +jusqu'à ce qu'ils marquent fruit, c'est-à-dire depuis avril jusqu'en +juillet, et alors on les plante en pleine terre sur la même couche, +après l'avoir remaniée et avoir remplacé la tannée par un lit de terre. +Pendant tout le temps que les Ananas restent dans la serre, on peut avec +avantage remplacer la couche dont nous avons parlé par un chauffage au +thermosiphon; dans ce cas on place la tannée, et par suite la terre, sur +un plancher sous lequel circulent les tuyaux de l'appareil. On règle le +chauffage de manière à entretenir à peu près 25 à 30 degrés dans la +couche, chaleur bien suffisante pour les besoins de ces plantes. + +Au printemps, on commence à moins chauffer, pour cesser complétement +en mai, car, à partir de cette époque jusqu'en septembre, la chaleur +du soleil suffit. La serre dans laquelle on place les Ananas est +ordinairement divisée en deux par une cloison vitrée, de manière à +faire deux saisons. Les plus fortes plantes doivent être placées +dans le premier compartiment, et l'on commence ordinairement à les +chauffer vers la fin de janvier. À partir de cette époque, la +température de la serre doit être entretenue à une chaleur constante +de 25 à 30 degrés; pendant la nuit, jusque vers la fin d'avril, on +couvre la serre avec des paillassons, qu'il faut enlever tous les +jours. Pour les arrosements qui ont lieu au pied des plantes, on +emploie avec avantage de l'eau dans laquelle on aura fait décomposer +des substances animales ou végétales. Pendant l'hiver il faut +subordonner les arrosements à la chaleur de la couche et avoir soin +que l'eau soit à la température de la serre; mais, en été, ils +doivent être abondants, et même de temps à autre on donne des +bassinages. Comme nous l'avons précédemment indiqué, il est +nécessaire de donner beaucoup d'air, afin de ne point ombrer. Les +fruits de la première saison mûrissent ordinairement de juillet en +septembre. + +On a soin de ne pas élever à plus de 12 degrés la température du +côté de la serre où se trouvent placées les plantes destinées à +faire la seconde saison; mais au mois de mars, époque où l'on +commence habituellement à les chauffer, on observera tout ce qui a +été indiqué pour la première. + +Les fruits de la seconde saison mûrissent ordinairement de septembre +en décembre. On voit qu'en traitant les Ananas comme nous venons de +l'indiquer, on obtient des fruits bons à récolter vingt ou vingt-six +mois après la plantation des oeilletons, ce qui démontre d'une +manière concluante la supériorité de ce mode de culture sur celui +que l'on pratiquait autrefois. + + =Variétés.=--De la Martinique, -- de Cayenne, -- de la Jamaïque, + -- de la Providence, -- de Mont-Serrat, -- Duchesse-d'Orléans, -- + Comte-de-Paris, -- Enville, -- Poli blanc, -- + Charlotte-Rothschild. + + +ARROCHE DES JARDINS. _Belle-Dame_, _Bonne-Dame_ (_Atriplex +horensis_).--Cette plante n'est guère cultivée que pour adoucir +l'acidité de l'Oseille. + +On la sème au printemps, et elle n'exige aucun soin; elle se ressème +ordinairement d'elle-même; et, quand on en possède quelques pieds, +il est rare qu'il soit nécessaire d'en semer. + +Les graines d'Arroche ne se conservent bonnes que pendant une année. + + =Variétés.=--Arroche blonde, -- Arroche rouge. + + +ARTICHAUT (_Cynara Scolymus_).--Pour cultiver les Artichauts avec +succès, il faut une terre douce et substantielle; ils aiment la +chaleur, et craignent l'humidité froide. On peut les multiplier de +graines semées sur une couche en février et mars, ou bien +immédiatement on place en avril et mai; mais, comme ils +reproduisent rarement leurs variétés, il est préférable de les +propager par oeilletons. Cette opération a lieu de la manière +suivante: En avril, on éclate les rejetons qui naissent au collet +des vieux pieds, en ayant soin de les enlever avec le talon ou +portion du collet de la racine; puis on choisit les plus forts, on +raccourcit l'extrémité des feuilles, et, après avoir bien préparé le +terrain, on les plante en échiquier, à environ 0m,75 dans les terres +un peu maigres, et à 1 mètre dans celles où l'on espère une +végétation vigoureuse. S'ils sont binés et arrosés, une bonne partie +de ces oeilletons donneront fruit à l'automne, et tous fructifieront +abondamment au printemps suivant. Chaque année, à l'automne, il faut +avoir soin de couper les vieilles tiges et l'extrémité des feuilles +les plus longues; puis, dans le courant de novembre, en un mot, +avant les gelées, il faut les butter, opération qui consiste à +relever la terre autour de chaque pied; et quand la gelée commence à +se faire sentir, on les couvre complétement avec des feuilles ou de +la litière, qu'on écarte toutes les fois que le temps se radoucit. +Dans le courant de mars, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, +on détruit les buttes des Artichauts, et on leur donne un bon +labour; puis, en avril, on les oeilletonne, comme nous l'avons +indiqué précédemment, de manière à ne laisser que les deux ou trois +plus beaux oeilletons sur chaque pied. Une plantation d'Artichauts +ne produit abondamment que pendant quatre ans; il faut donc +replanter tous les trois ans, afin de ne pas éprouver d'interruption +dans les récoltes. Comme les racines des Artichauts ne prennent pas +un grand développement, elles n'épuisent en rien le terrain +environnant, et l'on peut sans inconvénient contre-planter d'avance +de jeunes Artichauts entre ceux que l'on doit détruire, de manière +que le terrain se trouve, au moment d'arracher les vieux Artichauts, +garni de jeunes pieds en plein rapport. + +On peut facilement avancer l'époque de production des Artichauts. +Soit qu'on les force sur place, soit qu'on les relève en mottes, +dans le courant de novembre, pour les planter dans un coffre, les +soins consistent à entourer le coffre d'un réchaud de fumier pendant +les gelées, à couvrir les panneaux pendant la nuit et à donner de +l'air pendant le jour. Les Artichauts ainsi traités produisent en +avril. On peut aussi, ce qui est beaucoup plus simple, forcer les +Artichauts de la manière suivante: + +Dans la première quinzaine de février, on enlève la terre des +sentiers qui entourent la planche à environ 0m,50 de profondeur, et +on la remplace par un réchaud de fumier neuf; après quoi on met des +cerceaux de loin en loin en travers de la planche, de manière à +servir de support aux paillassons qu'on emploie pour couvrir les +Artichauts pendant la nuit et par le mauvais temps; puis on couvre +le sol avec du fumier chaud, afin d'activer la végétation, on +remanie les réchauds tous les dix ou quinze jours, en ajoutant +chaque fois plus ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la +température. + +Les graines d'Artichaut se conservent bonnes pendant cinq ans. + + =Variétés.=--Vert de Provence, -- vert de Laon, -- Camus de + Bretagne, -- violet. + + +ASPERGE (_Asparagus officinalis_).--On en cultive deux variétés: la +_commune_ ou _Asperge verte_, et celle connue sous le nom de _grosse +Asperge violette_ ou _de Hollande_. Celles de Marchiennes, d'Ulm, de +Besançon et de Vendôme ne sont que des variétés de la dernière, +résultant d'influences locales. + +Les Asperges se multiplient de graines, qu'on sème en mars, soit en +place, soit en pépinière, en pleine terre ou sur couche, pour être +plantées ensuite. + +Les méthodes de plantation varient suivant les pays; celle que nous +exposons ayant produit d'excellents résultats dans toutes les +localités où elle a été mise en pratique, nous croyons devoir lui +donner la préférence. + +Après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on enlève en +automne 0m,25 à 0m,30 de terre sur toute la surface du terrain +destiné à la plantation. Si, à cette profondeur, la terre ne se +trouve pas être de bonne qualité, on enlève un fer de bêche en plus, +que l'on remplace par égale quantité de bonne terre prise à la +surface du sol ou dans toute autre partie du jardin. On pourrait +même y mélanger de vieux gazons consommés ou des débris de vieilles +couches, si le fonds était trop humide ou de nature trop compacte et +capable de retenir l'eau; mais, dans un cas comme dans l'autre, on +étend au fond de la tranchée un bon lit de fumier de vache ou tout +autre bon engrais; car, pour que les Asperges réussissent bien, il +leur faut un sol non-seulement léger et sablonneux, mais encore bien +amendé; puis, par-dessus le tout, on rapporte un lit de bonne terre, +dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que les griffes +d'Asperges soient plantées à 0m,15 de profondeur, au lieu de 0m,35 +que l'on indiquait autrefois par suite d'une erreur que l'expérience +a démontré la nécessité de modifier. + +Dans le courant de mars on donne un bon labour, on passe le râteau +sur le tout, afin d'enlever les mottes et les pierres; on divise le +terrain par planches de 1m,33 de largeur, entre chacune desquelles +on laisse un sentier d'environ 0m,50; après quoi on trace quatre +rangs qui doivent être distancés également entre eux et de manière +que les deux rangs extérieurs soient à 0m,16 des bords de la +planche. On prend ensuite des plants d'un ou de deux ans de semis, +arrachés à la fourche avec précaution, afin que les racines ne +soient pas brisées; on place les griffes à environ 0m,40 les unes +des autres sur la ligne, et, après avoir bien étendu les racines, on +les recouvre de terre bien meuble; il faudrait même la passer à la +claie, si elle était mêlée de pierres de mottes ou de terre mal +brisées. + +Une fois les planches également recouvertes, on étend sur chacune un +bon paillis de fumier à moitié consommé. + +Chaque année, à l'automne, on coupera de vieilles tiges, on donnera +un léger binage, puis on étendra sur le tout un bon paillis de +fumier à moitié consommé. En procédant ainsi, les Asperges seront en +plein rapport à la troisième pousse; on coupera les plus grosses à +l'aide du couteau à asperge. Ce qui, arrivé à ce point, peut avoir +lieu sans nuire en rien à la récolte de l'année suivante. + +On peut aussi faire le semis en place, après avoir préparé les +planches comme nous l'indiquons plus haut. On sème en lignes en +février ou mars; et, quand le plant est assez fort, on n'éclaircit +en ne laissant que les plus beaux pieds et à une distance égale à +celle que nous avons indiquée; après quoi les autres soins à leur +donner sont les mêmes que pour les Asperges plantées. + +Nous ajouterons encore un autre procédé, communiqué au Cercle +général d'horticulture par M. Lenormand, qui le pratique avec succès +depuis un grand nombre d'années. Nous laisserons cet habile +horticulteur indiquer lui-même la manière dont il établit ses +plantations d'Asperges: + +«Au mois d'avril 1834, je fis des tranchées de 1m,30 de largeur sur +0m,33 de profondeur, dans lesquelles je fis des couches, qui, +foulées et mouillées, avaient de 0m,38 à 0m,40 d'épaisseur; après +les avoir recouvertes de terre bien nivelée, je plaçai les coffres +destinés à recevoir les châssis, et dans chaque châssis je plantai +douze griffes d'Asperges d'_un an de semis_. Après la plantation, je +tapissai la terre d'un bon paillis et je plantai deux pieds de +Melons qui sont parfaitement venus sans nuire aux Asperges. Lorsque +les pieds de Melons ont été aux trois quarts de leur force, +j'ajoutai quatre Choux-fleurs par châssis, et après la récolte des +Melons, au mois de septembre, je semai des Mâches pour l'hiver; le +tout a complétement réussi. + +«Au mois de février suivant, la couche ayant tassé, je rechaussai +mes griffes avec la terre des sentiers, puis je plantai sur le tout +des Laitues et des Romaines, avec deux rangs de Choux-fleurs par +planche, ce qui a fait disparaître toute trace de couche. Le tout a +poussé avec une rapidité et une force étonnantes, puisque j'ai eu +des Asperges de 0m,07 de circonférence. En bonifiant ainsi la terre, +on peut obtenir deux récoltes par an, indépendamment des Asperges +que l'on peut forcer dès la seconde année, et continuer ainsi en +leur laissant une année de repos sur trois. Ce plant, établi en +1834, existe encore aujourd'hui, ce qui prouve que l'on ne fait rien +perdre aux griffes de leur vigueur, quoique les mettant en rapport +trois ans plus tôt qu'on ne pouvait le faire par l'ancien procédé.» + +Les cultivateurs d'Argenteuil, dont les produits maraîchers +jouissent d'une réputation justement méritée, cultivent les Asperges +en lignes, le plus souvent entre la vigne, dont il existe de grandes +étendues dans cette localité. Plantées peu profondément à 1 mètre +les unes des autres en tous sens, les Asperges d'Argenteuil sont +régulièrement fumées tous les deux ans. On les bine aussi souvent +qu'il est nécessaire de le faire; on les déchausse chaque année, +dans le courant de novembre, ce qui consiste à enlever quelques +centimètres de la surface du sol; puis on les butte en février ou +mars. + +Pratiquée avec intelligence, cette culture donne des résultats +tellement remarquables, qu'elle peut être adoptée avec confiance +par toutes les personnes qui tiennent à récolter de très-grosses +Asperges. + +Si l'on veut avoir des Asperges précoces, on peut commencer à en +forcer une planche dans les premiers jours de novembre, et l'on peut +continuer successivement jusqu'en février, ce qui se fait de la +manière suivante: après avoir placé les coffres sur les planches que +l'on veut forcer, on étend un lit de terreau sur les Asperges, puis +on enlève la terre des sentiers à 0m,50 de profondeur, et on la +dépose sur les planches de manière à les recharger de 0m,33 environ, +et cela afin d'avoir des Asperges beaucoup plus longues; puis on +remplace la terre des sentiers par un réchaud de fumier neuf qui +doit être élevé jusqu'à la hauteur des panneaux avec lesquels on +couvre les coffres; mais, avant de placer les panneaux, on étend un +lit de fumier sur les planches, afin d'activer la végétation; on +aura soin toutefois d'enlever ce fumier aussitôt que les Asperges +commencent à sortir de terre. Quel que soit l'état de la +température, on ne donne pas d'air à ces Asperges. Pendant la nuit +et par le mauvais temps, on couvre les panneaux avec de bons +paillassons, afin de concentrer la chaleur. On remanie les réchauds +tous les dix ou quinze jours environ, en ajoutant chaque fois plus +ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la température, enfin de +manière à obtenir sous les panneaux une chaleur qui ne doit pas être +moindre de 15 degrés, et qu'il est inutile d'élever à plus de 25. +Ces Asperges sont ordinairement bonnes à couper vingt ou vingt-cinq +jours (suivant l'état de la température) après qu'on aura commencé à +les forcer. + +Les vieilles griffes ou celles qu'on se propose de détruire peuvent +être plantées sur couche, où elles produiront, une fois seulement, +des Asperges minces et vertes propres à être mangées en petits pois. + +Pour cela, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur, dont +la chaleur soit de 20 à 25 degrés; on pose des coffres, on charge la +couche de quelques centimètres de terreau, puis on remplit les +sentiers, mais à moitié seulement. Lorsque la couche a jeté son +premier feu, on prend les griffes d'Asperges, et, sans rien +retrancher de la longueur des racines, on les place sur la couche +les unes à côté des autres; on les laisse en cet état pendant +quelques jours, après quoi on coule un peu de terreau entre les +griffes, de manière à les recouvrir légèrement, puis on achève de +remplir les sentiers, et on les remanie au besoin. Pendant la nuit, +on couvre les panneaux avec des paillassons, et dès que les Asperges +commencent à pousser, il faut leur donner de l'air pendant le jour, +à moins que la température ne soit par trop défavorable. Au bout de +douze ou quinze jours, les Asperges commencent à produire, et l'on +coupe pendant tout le temps qu'elles donnent, c'est-à-dire pendant +trois mois environ. + +Les graines d'Asperges mûrissent vers la fin d'octobre, et sont +bonnes pendant quatre ans. + + +AUBERGINE ou MÉLONGÈNE (_Solanum Melongena_).--Sous le climat de +Paris, on sème l'Aubergine vers la fin de décembre ou au +commencement de janvier, sur une couche dont la chaleur soit de 20 à +25 degrés. Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des +paillassons; quinze jours ou trois semaines après les semis, on +repique le plant en pépinière, mais sur une couche moins chaude que +la première; au bout de quelque temps, on le relève, pour le +repiquer une seconde fois avant de le mettre en place. Lorsque le +plant est repris et que l'état de la température le permet, on +commence à donner un peu d'air. + +Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la +longueur doit être proportionnée à la quantité de plants qu'on veut +cultiver; on place les coffres, on charge la couche de terreau, et +lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20 degrés), on +plante quatre Aubergines sous chaque panneau de 1m,33; on les prive +d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la reprise des +plantes; après quoi, on commence à donner un peu d'air, soit par le +haut, soit par le bas des panneaux; puis on augmente progressivement +à mesure qu'on avance en saison, de manière à enlever les panneaux +et les coffres dans le courant de mai. Les autres soins consistent à +arroser au besoin, il nettoyer les feuilles qui sont attaquées par +les kermès. + +Les graines d'Aubergine sont bonnes pendant sept ans. + + =Variétés.=--Violette, -- blanche, -- panachée, -- géante. + + +BASELLE (_Basella_).--Plante grimpante, dont les feuilles remplacent +les Épinards. On sème en mars sur couche, et lorsqu'on n'a plus de +gelées à craindre, on repique en pleine terre, au pied d'un mur, à +bonne exposition. + +La durée de la germination des graines de Baselle est de trois ans. + + =Variétés.=--Baselle rouge, -- Baselle blanche. + + +BASILIC COMMUN (_Ocimum Basilicum_).--Plante annuelle, que l'on +emploie, ainsi que ses variétés, comme assaisonnement. Toutes se +sèment en mars, sur couche, pour être replantées en mai à une +exposition ombragée. + +Les graines de Basilic se conservent pendant six ans. + + +BETTERAVE (_Beta vulgaris_).--On la sème à la fin d'avril ou au +commencement de mai, en lignes ou à la volée, en terre profondément +labourée et fumée de l'année précédente; puis, lorsque les plants +ont cinq ou six feuilles, on les éclairait de manière qu'ils se +trouvent à environ 0m,35 les uns des autres, et l'on en repique +dans les places où il en manque, opération qu'il ne faut faire que +par un temps pluvieux. Dans le courant de l'été, on leur donne +plusieurs binages, et vers la fin d'octobre ou au commencement de +novembre, on fait la récolte des racines, après en avoir coupé les +feuilles. On les met dans la serre à légumes ou dans une cave bien +saine; on peut en conserver ainsi jusqu'en mai. + +Les graines de Betterave mûrissent en septembre et se conservent +bonnes pendant cinq ou six ans. + + =Variétés.=--Rouge, -- rouge de Castelnaudary, -- rouge foncé de + Whyte, -- Turnep, -- jaune, -- jaune de Castelnaudary. + + +BOURRACHE (_Borrago officinalis_).--Plante dont on emploie les +fleurs pour orner les salades; elle vient dans tous les terrains, et +se sème en place au printemps et à l'automne. + +La durée germinative des graines de Bourrache est de trois ans. + + +CAPUCINE GRANDE (_Tropæolum majus_).--On la sème en avril, au pied +d'un mur, à bonne exposition. On peut aussi la semer isolée, mais +alors il faut la ramer. On emploie les fleurs pour parer les +salades; les graines cueillies encore vertes se confisent au +vinaigre et remplacent les câpres. + +La durée des graines de Capucine est de cinq ans. + + +CARDON (_Cynara Cardunculus_).--Il faut aux Cardons une terre douce +et profonde, ainsi que de fréquents arrosements en été. Ils se +multiplient de graines semées en avril sur couche, ou mieux en mai, +immédiatement en place. On fait des trous à 1 mètre l'un de l'autre, +on les remplit de terreau, puis on sème deux ou trois graines dans +chacun, et lorsqu'elles sont bien levées, on choisit le pied le plus +vigoureux, en supprimant les autres. Dans le cas où l'on aurait à +craindre les ravages des vers blancs ou des courtilières, il +faudrait, à la même époque, en semer en pots, afin de pouvoir +regarnir les places vides. Vers le mois de septembre, lorsqu'ils +sont assez forts pour être blanchis, on les empaille en fixant au +collet de la plante un lien fait avec de la litière, puis on +l'enroule de bas en haut, de manière à ne laisser voir que +l'extrémité des feuilles. Au bout de quinze jours ou trois semaines, +les côtes sont blanches, et doivent être consommées sur-le-champ, +sans quoi elles pourriraient; il ne faut donc les empailler que +successivement. + +Avant les fortes gelées, on arrache les Cardons en mottes pour les +replanter l'un près de l'autre dans la serre à légumes, où ils +blanchiront sans couverture; mais il faut les visiter souvent et +enlever toutes les feuilles pourries. On peut par ce moyen les +conserver jusqu'en mars. + +Les graines de Cardon mûrissent dans la première quinzaine de +septembre, et sont bonnes pendant sept ans. + + =Variétés.=--Cardon de Tours, -- d'Espagne, -- Puvis, -- plein + inerme, -- à côtés rouges. + + +CAROTTE (_Daucus carota_).--Les premiers semis ont lieu sur une +couche, en décembre. On prépare une couche de 0m,35 à 0m,40 +d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés; on place les +coffres, on charge la couche de 0m,15 de terreau, et, à moins de +froid rigoureux, on ne remplit les sentiers qu'à moitié. Lorsque la +chaleur de la couche est favorable, on sème la variété connue sous +le nom de _Carotte courte hâtive_ ou _de Hollande_. + +On peut repiquer parmi les Carottes quelques Laitues petite noire, +ou semer un peu de Radis roses. Pendant la nuit, on couvre les +panneaux avec des paillassons; lorsque le semis est en bonne voie, +on remanie les réchauds, que l'on fait alors de toute la hauteur des +coffres. Ces Carottes sont ordinairement bonnes à récolter dans le +courant d'avril. Si, dans la seconde quinzaine de mars, le temps est +doux et qu'on ait besoin des panneaux qui couvrent les Carottes, on +peut les enlever, ainsi que les coffres; mais alors on récolte plus +tard. + +En pleine terre, les premiers semis peuvent se faire dès le mois de +février, et être continués jusqu'en juillet, ce qui toutefois ne +peut avoir lieu que pour la Carotte courte hâtive; car, pour les +autres variétés, il ne faut pas dépasser le mois d'avril, afin +qu'elles puissent atteindre tout leur développement avant l'hiver. + +Quelle que soit l'époque du semis, le terrain doit être bien +préparé, après quoi on sème à la volée. On herse légèrement à la +fourche, on foule le terrain, puis on étend une couche de terreau +sur chaque planche. On passe légèrement le râteau sur le tout, et +l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Lorsque les +Carottes sont levées, on éclaircit le plant, qui est presque +toujours dru si le semis a réussi. + +En novembre, on coupe le collet de chaque Carotte; on les met en +jauge, puis on les couvre de grand fumier pendant les gelées, ou +bien on les dépose dans la serre à légumes, afin d'en avoir pendant +l'hiver. Dans les terres légères et saines, on peut se dispenser de +les arracher; il suffit de couvrir les plants de Carottes pendant +les gelées. + +On récolte les graines de Carotte en août; leur durée germinative +est de quatre ans. + + =Variétés.=--Rouge-courte de Hollande, -- demi-longue, -- longue, + -- d'Altringham, -- jaune longue, -- rouge pâle de Flandre, -- + blanche, -- violette d'Espagne. + + +CÉLERI CULTIVÉ.--Variété à l'_Apium graveolens_.--On le sème sur +couche, mais à l'air libre, dès le mois de février; la graine doit +être très-légèrement recouverte. En avril, on plante en pleine terre +à environ 0m,33 de distance. + +D'avril en juin, on sème en pleine terré à une exposition ombragée, +pour repiquer immédiatement en place. On favorise la germination des +graines par de fréquents bassinages, et s'il arrivait que le plant +fût trop dru, il faudrait l'éclaircir pour éviter qu'il ne +s'étiolât. En juin et juillet, on repique le plant en place. On +trace quatre rangs par planche de 0m,33 de largeur, puis on plante à +0m,33 de distance sur la ligne. Aussitôt après la plantation, on +arrose pour faciliter la reprise, et l'on continue jusqu'à ce que le +Céleri soit assez fort pour être blanchi, ce qui doit avoir lieu de +la manière suivante: on ouvre une tranchée de 1 mètre de largeur, +dont on jette la terre à droite et à gauche, après quoi on relève le +Céleri en mottes pour le planter dans la tranchée; on en met huit +par rang, puis on coule du terreau entre chaque rang, de manière +qu'il se trouve complétement enterré, sauf l'extrémité des feuilles. +Au bout d'une quinzaine de jours, il est ordinairement assez blanc +pour être récolté; mais, comme il ne se conserve pas longtemps après +ce terme, il ne faut en faire blanchir que successivement, de +manière à prolonger la récolte aussi longtemps que possible. Pendant +les gelées, on le couvre de litière, que l'on enlève toutes les fois +que la température le permet. Avec des soins, on peut en conserver +jusqu'à la fin de février. + + =Variétés.=--Plein blanc, -- Turc, -- Cole's superb red, -- Plein + rose, -- violet, -- à couper. + + +_Céleri-rave._--Les semis peuvent avoir lieu en avril, en pleine +terre, à une exposition ombragée; mais il vaut mieux semer en +février sur couche, repiquer le plant sur couche; après quoi on le +met en pleine terre, après avoir retranché les grandes feuilles et +toutes les racines latérales. On arrose abondamment pendant l'été; +puis on retranche toutes les feuilles inutiles, en ayant soin de +ménager celles du coeur, opération qu'il faut recommencer aussi +souvent qu'il est nécessaire, afin de favoriser le développement du +tubercule. On arrache le Céleri-rave au commencement de l'hiver pour +le mettre en jauge, et on le couvre pendant les gelées; ou bien on +le rentre dans la serre à légumes après en avoir coupé les feuilles. +Ainsi traité, on peut en conserver facilement jusqu'en mars. + + +CERFEUIL (_Scandix cerefolium_).--On le sème presque toute l'année: +au printemps et à l'automne, au pied d'un mur et à une bonne +exposition, et pendant les chaleurs, à celle du nord. + +_Cerfeuil frisé._--Cette variété n'exige rien de plus que le +Cerfeuil ordinaire; elle sert aux mêmes usages, et a sur ce dernier +l'avantage de ne pouvoir être confondue avec la _Ciguë_. + +Les graines du Cerfeuil mûrissent en juin, et se conservent pendant +deux ans. + +_Cerfeuil bulbeux_ (_Chærophyllum bulbosum_).--Le Cerfeuil bulbeux est +une plante alimentaire dont la racine ne dépasse pas les proportions +d'une petite Carotte de Hollande. Elle est très-féculente et d'une +saveur agréable. + +On sème le Cerfeuil bulbeux en septembre, c'est-à-dire aussitôt +après la récolte des graines; autrement elles ne lèvent que la +seconde année, à moins qu'on ne prenne la précaution de les +conserver dans du sable jusqu'au moment de faire les semis, qui peut +alors n'avoir lieu qu'au printemps. + +Après le semis, on recouvre la graine d'une bonne couche de terreau; +cela fait, le cerfeuil bulbeux ne demande plus aucun soin +particulier autre que les sarclages et les arrosements que réclament +tous les produits du potager. + +Quelle que soit l'époque des semis, le Cerfeuil bulbeux est bon à +récolter en juillet. + +On récolte la graine de Cerfeuil bulbeux en juillet. Elle n'est +bonne que pendant un an. + + +CHAMPIGNON COMESTIBLE (_Agaricus edulis_).--Le succès des couches ou +meules de Champignons dépend du choix, de la préparation des fumiers +et des soins à donner aux meules. Pour établir une meule à +Champignons, il faut prendre du fumier provenant des chevaux qui +font un travail pénible; car, étant renouvelé moins souvent, il est +plus moelleux, c'est-à-dire plus imprégné d'urine, et contient plus +de crottin que celui des chevaux de luxe. + +On commence par déposer le fumier en tas, afin qu'il entre en +fermentation; puis, un mois après environ, on le reprend à la +fourche pour en former une couche (nommée planchée) d'environ 0m,65 +d'épaisseur sur 1m,33 de largeur. On étend un premier lit, en ayant +soin de retirer les plus longues pailles, les liens et le foin, puis +de bien mélanger les parties sèches avec celles qui sont le plus +imprégnées d'urine; et pour former les bords de la couche on +retourne le fumier sur les côtés, de manière que les bouts se +trouvent en dedans. Dès qu'on a formé un lit de fumier, on le +mouille avec l'arrosoir à pomme, puis on le foule avec les pieds. On +refait un second lit, que l'on traite de la même manière, et ainsi +de suite jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la hauteur indiquée. Huit ou +dix jours après, on remanie la couche, en commençant par un bout, +puis on la retourne de la même manière que la première fois, mais en +ayant soin de remettre au centre ce qui se trouvait sur les bords et +en dessus. Après l'avoir laissé encore fermenter huit ou dix jours, +le fumier doit enfin être bon à mettre en meule, c'est-à-dire être +gras sans être trop humide, et n'avoir plus que le degré de chaleur +qui convient à l'opération. Comme pendant l'été les orages font +souvent avorter le blanc, on ne commence à cultiver les Champignons +à l'air libre qu'en septembre; et à partir de cette époque, on +continue successivement jusqu'en décembre. Après s'être assuré de la +bonne condition du fumier, on commence à dresser les meules; elles +doivent avoir 0m,50 de largeur à la base et autant de hauteur. On +foule le fumier à mesure qu'on élève la meule, afin qu'elle éprouve +le moins de tassement possible. On la monte en dos d'âne, de telle +sorte qu'elle n'ait que 0m,10 de largeur au sommet. Pendant la durée +de l'opération, on a soin de bien affermir les côtés de la meule en +frappant légèrement avec le dos de la pelle, puis avec le râteau on +enlève les longues pailles qui dépassent de chaque côté. Si, après +avoir monté les meules, il survenait une pluie abondante, il +faudrait les envelopper d'une chemise (couverture de grande +litière), ce qui, par un temps favorable, ne doit avoir lieu +qu'après le gobetage des meules, opération dont nous parlerons plus +loin. Au bout de huit à dix jours, on s'assurera du degré de chaleur +au moyen d'un thermomètre à couche, et s'il ne marque pas plus de 15 +à 18 degrés, on pourra larder la meule, c'est-à-dire qu'on +pratiquera sur ses deux côtés, à 0m,10 ou à 0m,15 du sol, selon +qu'il est sec ou humide, une rangée de petites ouvertures qui +doivent être faites avec la main, et à 0m,33 les unes des autres, +dans lesquelles on place le blanc[6] à fleur du flanc de la meule, +puis on appuie légèrement, afin de mettre le blanc en contact +parfait avec le fumier; mais, dans le cas où l'on craindrait qu'il +n'y eût encore trop de chaleur, on ne rapprocherait le fumier qu'au +bout de quelques jours. Si, huit ou dix jours après avoir lardé la +meule, on aperçoit de petits filaments blanchâtres qui commencent à +s'étendre sur toute la surface, on prendra de la terre légère et +maigre, salpêtrée autant que possible, on la passera à la claie et +l'on en étendra partout une épaisseur d'environ 0m,03 que l'on +appuiera légèrement avec le dos de la pelle, ce qu'on appelle +_gobeter_. + +[Note 6: On appelle blanc de Champignons de petits filaments +blancs assez semblables à la moisissure et qui se forment dans le +fumier. On le trouve soit dans le fumier en tas depuis longtemps, où +il s'en forme souvent de très-bon, soit dans les vieilles couches à +Melons; à défaut, on peut en prendre dans une meule déjà en rapport, +mais où l'on n'aurait encore fait qu'une récolte. Placé dans un lieu +sec, le blanc de Champignons peut se conserver pendant deux ans.] + +Dans le cas où l'on n'aurait pas remarqué les traces dont nous avons +parlé, il faudrait recommencer l'opération en remettant de nouveau +blanc dans des ouvertures pratiquées à côté des anciennes. + +Si le temps est doux et sec, on rafraîchit la meule par de légers +bassinages; mais il faut bien se garder de lui donner trop d'eau à +la fois, car l'excès d'humidité détruirait les Champignons +naissants. Après avoir gobeté, on couvre la meule d'une chemise de +0m,05 à 0m,06 de grande litière (une couverture plus épaisse +pourrait faire de nouveau fermenter le fumier, ce qui détruirait +tout espoir de récolte), qu'on augmentera pendant les gelées et +suivant la rigueur du froid. Environ six semaines après, on +commencera à cueillir les premiers Champignons. Pour les chercher, +on relèvera la litière avec soin, et après les avoir cueillis, on +remplira les trous qu'ils occupaient avec de la terre de même nature +que celle qui a servi à gobeter la meule. Si l'on trouvait quelques +petites places où les jeunes Champignons eussent péri, il faudrait +enlever toute la partie détruite et remettre de la terre nouvelle. +Il faut en tout temps, même après avoir épuisé un côté de la meule, +la recouvrir soigneusement avec de la litière. Une meule peut +produire de trois à cinq mois en tout temps, mais mieux en été. On +peut établir ses meules dans une cave peu éclairée, et alors, vu +l'égalité de température qui règne dans ces localités, il devient +inutile de couvrir les meules de litière. + + +CHENILLETTE (_Scorpiurus vermiculata_), VERS (_Astragalus hamosus_). +LIMAÇON (_Medicago turbinata_).--Plantes annuelles indigènes de la +famille des Papilionacées, dont les fruits imitent des chenilles, +des vers ou des limaçons, et qui doivent être semées en place, en +avril et mai, à environ 0m,30 les unes des autres. + + +CHERVIS ou CHIROUIS (_Sium sisarum_).--Plante dont les racines, +charnues et très-sucrées, se mangent comme les Scorsonères. On la +sème au printemps ou en septembre, en terre franche bien meuble, +puis on bine et l'on donne de fréquents arrosements. + +La durée germinative de la graine de Chervis est de deux ans. + + +CHICORÉES. _Chicorée sauvage_ (_Cichorium intubus_).--Avec les feuilles +naissantes de cette espèce on fait une salade fort estimée, que l'on +peut se procurer presque toute l'année en en semant sur couche dès le +mois de mars; puis en pleine terre, à partir du mois d'avril jusqu'à +l'automne. Si l'on veut faire avec les racines la salade appelée +_Barbe-de-capucin_, il faut, en avril, semer en rayons, et tous les +soins consistent à donner des binages et quelques arrosements; puis, à +l'approche des gelées, on arrache les racines, en les soulevant à la +fourche afin de ne pas les rompre. On les met en jauge de manière à les +avoir à sa disposition, et dans le courant d'octobre, époque à laquelle +on commence ordinairement ce travail, on prépare une couche d'environ +0m,40 d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés. L'endroit le +plus favorable pour cette opération est une cave basse sans air ni +lumière. Lorsque la couche a jeté son premier feu, on réunit les racines +par bottes, mais seulement après en avoir enlevé avec soin les vieilles +feuilles et toutes les parties qui seraient susceptibles d'engendrer de +la moisissure; après quoi on les place debout sur la couche, puis on +bassine fréquemment avec l'arrosoir à pomme; mais, comme toujours, les +arrosements doivent être proportionnés à la chaleur de la couche; dès +que la Chicorée commence à pousser, les arrosements doivent être donnés +avec beaucoup de ménagement pour éviter d'engendrer la pourriture dans +l'intérieur des bottes. Ordinairement, au bout de quinze à dix-huit +jours la Chicorée est assez longue pour être récoltée. On peut +successivement en faire blanchir depuis le mois d'octobre ou de novembre +jusqu'en avril. On peut encore faire blanchir de la Chicorée en +enterrant des racines sur une couche recouverte de panneaux à cadres +pleins, afin d'intercepter la lumière, ou de panneaux ordinaires, que +l'on tiendra constamment couverts de paillassons. + +Les graines de Chicorée sauvage mûrissent en septembre, et se +conservent bonnes pendant huit à dix ans. + +_Chicorée frisée_ (_Cichorium endivia_).--Les premiers semis peuvent +avoir lieu en septembre sous cloches, mais à froid. À partir de +cette époque jusqu'en juin, on sème la Chicorée frisée ou d'Italie. +Dans les premiers jours d'octobre, on repique le plant également +sous cloches, et vers la fin d'octobre ou au commencement de +novembre, on plante la Chicorée sur terre, mais sous panneaux; on +donne de l'air aussi souvent que possible, et pendant les gelées on +couvre les panneaux dans la nuit. En janvier ou février, on sème sur +couche chaude et sous panneaux. La couche ne doit pas avoir moins de +20 à 25 degrés de chaleur, car pour obtenir du plant qui ne monte +pas, il faut que les graines germent en vingt-quatre heures, +n'importe l'époque; mieux vaut recommencer le semis que de repiquer +du plant qui aurait langui. Douze ou quinze jours après le semis, on +repique le plant en pépinière, pour le planter quinze jours ou trois +semaines après, toujours sous panneaux, mais sur une couche moins +forte. Dans la seconde quinzaine de mars, on peut commencer à +repiquer ses Chicorées en pleine terre, mais sous cloches ou sous +panneaux, qu'on enlève aussitôt que le temps est favorable. En +avril, mai et juin, on sème encore les Chicorées sur couche; mais +alors le plant peut être repiqué immédiatement en pleine terre. On +trace quatre rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à +0m,40 de distance sur la ligne. + +En juin et juillet, on sème la Chicorée de Meaux en pleine terre à +une exposition ombragée. Toutefois, dans bien des terrains, il +vaudrait mieux continuer de semer sur couche, mais à l'air libre. +Lorsque le plant est de force à être repiqué, on étend un bon +paillis sur chaque planche, puis on plante à la distance ci-dessus +indiquée, et l'on donne un bon arrosement pour faciliter la reprise; +les autres soins consistent à arracher les mauvaises herbes et à +mouiller au besoin. Lorsque les Chicorées sont suffisamment garnies, +on profite d'un temps sec pour relever les feuilles, qu'on lie avec +du jonc ou de la paille pour en faire blanchir l'intérieur; mais +comme elles blanchissent en peu de temps, il n'en faut lier qu'à +proportion de la consommation. Dès qu'elles sont liées, il ne faut +plus les arroser qu'au goulot, afin d'éviter de les mouiller, ce qui +pourrait les faire pourrir, et, dès les premières gelées, il faut +les couvrir avec des paillassons ou de la litière, que l'on enlève +toutes les fois que le temps le permet; puis, lorsque les gelées +augmentent, on les arrache et on les rentre dans la serre à +légumes, où on les enterre à moitié dans du sable: de cette manière +on en conserve jusqu'en janvier. + +_Chicorée frisée de la Passion._--Cette intéressante variété que +nous devons à l'obligeance de M. Charvet, propriétaire à la +Cellette, près de Blois, est tout aussi rustique que la Laitue dont +elle porte le nom. Semée dans le courant du mois d'août, repiquée en +septembre et mise en place en octobre, la Chicorée frisée de la +Passion est bonne à récolter en mars et avril, époque de l'année où +les produits du potager sont généralement peu abondants. À ce titre, +la Chicorée frisée de la Passion peut être considérée comme une +bonne acquisition. + +_Chicorée toujours blanche._--Cette variété n'est pas aussi répandue +qu'elle le mérite, car elle peut, et avec avantage, remplacer les +Épinards, surtout en été, époque où il est souvent difficile de se +procurer ce légume. On sème cette Chicorée en place et à la volée +pour être coupée toute jeune; on peut la semer sur couche ou en +pleine terre, depuis le mois de février jusqu'au mois d'août. + +_Scarole._--La Scarole est une variété de Chicorée dont la culture +est tout à fait analogue à celle de la Chicorée de Meaux. + +Les graines sont bonnes à récolter à la fin de septembre, et elles +se conservent pendant cinq ou six ans. + + =Variétés.=--Frisée de Meaux, -- fine d'été ou d'Italie, -- de + Rouen, ou corne-de-cerf, -- de la Passion, -- toujours blanche, + -- sauvage, -- panachée, -- améliorée, -- Scarole ordinaire, -- + blonde ou à feuilles de laitue. + + +CHOUX (_Brassica_).--Les choux demandent une terre un peu fraîche et +surtout bien fumée; car plus ils ont d'engrais, plus ils deviennent +gros. Ils sont très-nombreux en variétés, mais toutes peuvent se +rapporter à cinq races principales, savoir: 1º les _Choux cabus_ ou +_pommés_; 2º les _Choux de Milan_ ou _pommés frisés_; 3º les _Choux +verts_ ou _non pommés_; 4º les _Choux-raves_, et 5º les +_Choux-fleurs_ et _Brocolis_. + +N. 1. _Choux cabus ou pommés._--Vers la fin d'août ou dans les +premiers jours de septembre, on sème les Choux cabus hâtifs. En +octobre, on repique le plant en pépinière le long d'un mur à bonne +exposition, pour le mettre en place vers la fin de novembre ou au +commencement de décembre, et en février ou mars dans les terres +froides ou humides. Si l'hiver est rigoureux, il sera nécessaire de +garantir le plant, soit avec de la litière, soit avec des +paillassons posés sur des gaulettes. Si, au printemps, il arrivait +que l'on manquât de plants, on pourrait en semer en février sur +couche et en mars sur plate-bande bien terreautée. + +Les Choux cabus de seconde saison et les Choux cabus tardifs ne se +sèment ordinairement qu'en février ou mars; cependant on peut aussi +les semer dans le courant d'août. Quelle que soit l'époque du semis, +ces Choux doivent être repiqués immédiatement en place, à 50, 60 ou +80 centimètres les uns des autres, suivant les proportions que +doivent acquérir les variétés que l'on cultive; le terrain doit être +largement pourvu d'engrais: car il ne faut pas oublier que c'est +seulement à force de fumier et d'eau que l'on peut obtenir tout ce +que cette plante doit produire. + + =Variétés.=--_Cabus hâtifs_, d'York, -- coeur-de-boeuf, -- + pain-de-sucre. + + _Cabus_ 2e _saison_, de Poméranie, -- de Winigstadt, -- Joannet, + -- de Schweinfurt. + + _Cabus tardifs_, de Saint-Denis, -- de Hollande, -- vert de + Vaugirard, -- d'Allemagne dit Quintal, -- rouge foncé. + +_Conservation des Choux cabus._--Comme les fortes gelées sont +très-préjudiciables aux Choux pommés, il faut, en novembre, +arracher tous ceux dont les pommes sont faites et les mettre en +jauge dans une planche, mais près l'un de l'autre et en ayant soin +d'en incliner un peu la tête. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on +les couvre de litière ou de feuilles que l'on retire dès que le +temps est doux. Dans les terres légères, on peut enterrer la tête au +lieu des racines: de cette manière, les Choux peuvent se conserver +jusqu'au mois de mai sans couverture; il est bon cependant d'en +couvrir une partie, afin de pouvoir en arracher pendant les gelées. + +N. 2. _Choux de Milan._--On les sème depuis la fin de février +jusqu'en juin, on les repique immédiatement en place comme les Choux +cabus. Plus rustiques que ces derniers, les Choux de Milan +supportent ordinairement l'hiver sans abris. + + =Variétés.=--Hâtif d'Ulm, -- pied-court, -- Victoria, -- + ordinaire, -- doré, -- pancalier, -- des Vertus, -- de Bruxelles. + +N. 3. _Choux verts non pommés._--Nous les divisons en deux +catégories: ceux de la première sont à peu près les seuls cultivés +dans le potager; les autres sont cultivés en grand comme fourrage, +et quelques-uns comme plante d'ornement. On sème les premiers en mai +et juin, pour les planter en juillet et août; ils craignent peu le +froid, et sont même plus agréables à manger lorsque la gelée les a +attendris. + + =Variétés.=--Chou à grosse côte, -- Chou à grosse côte frangé, -- + Choux fraise-de-veau. + +Ceux de la seconde catégorie se sèment en juillet et août, ou mieux +en mars et avril, et l'on repique le plant immédiatement à demeure; +mais on peut aussi semer en place, soit en lignes, soit a la volée. +Ces Choux donnent leurs produits en feuilles pendant tout l'hiver +et jusqu'à leur seconde année. + + =Variétés.=--Cavalier ou Chou-arbre, -- Caulet de Flandre, -- + branchu de Poitou, -- de grand Jouan. + +N. 4. _Choux-raves._--Les premiers semis ont lieu vers la fin de +février, et peuvent se continuer jusqu'en juin; on sème sur une +plate-bande terreautée, pour plus tard mettre en place. Ces Choux +différent des autres par leur collet, qui est renflé et charnu, et +que l'on emploie en cuisine comme les Navets; mais, pour les avoir +bien tendres, il faut, en été, leur donner de fréquents arrosements. + + =Variétés.=--Blanc ou de Siam, -- blanc hâtif, -- violet, -- + violet hâtif. + +Le _Chou-navet_, assez semblable au précédent, produit en terre une +tubérosité charnue de même saveur que le Chou-rave. On le sème en +place, en mai et juin, soit en lignes, soit à la volée; puis les +autres soins consistent à éclaircir le plant de manière que les +Choux se trouvent à environ 0m,40 les uns des autres. Ils craignent +peu la gelée, et, à moins d'un hiver rigoureux, on peut ne les +arracher qu'au fur et à mesure du besoin. + +Les graines de Chou mûrissent en juillet; elles se conservent bonnes +pendant cinq ou six ans. + + =Variétés.=--Chou-navet blanc, -- Rutabaga ou navet de Suède. + +N. 5. _Choux-fleurs._--Ils sont beaucoup plus délicats que les +autres races de Choux, aiment une terre légère, bien fumée et +surtout beaucoup d'arrosements en été. On en cultive plusieurs +variétés, mais il est impossible de conseiller plutôt l'une que +l'autre, car les résultats tiennent uniquement à des causes +locales. Les premiers semis se font en septembre, sur une +plate-bande bien terreautée ou sur une vieille couche, pour être +repiqués, en octobre, en pépinière, sur un ados; et lorsqu'il gèle, +on pose des cloches ou des panneaux sur le plant. Il faut avoir soin +de donner de l'air tous les jours et aussi longtemps que la +température le permettra. Si, malgré cette précaution, il arrivait +que le plant avançât trop, il faudra l'arracher et le replanter pour +en retarder la végétation; puis, quand les froids deviennent +rigoureux, on entoure les cloches avec de la litière, et l'on couvre +le tout avec des paillassons; on découvre toutes les fois que le +temps le permet, et l'on donne de l'air. En décembre, on peut +planter une partie de ses Choux-fleurs sur couche et sous panneaux, +et entre eux quelques Laitues. Pendant la nuit, on couvre les +panneaux avec des paillassons, on arrose au besoin, et l'on donne de +l'air toutes les fois que la température le permet; puis, lorsque +les Choux-fleurs atteignent les vitraux, il faut avoir soin +d'exhausser les coffres; si dans la seconde quinzaine de mars, le +temps est favorable, on enlève les panneaux. Ces Choux-fleurs +produiront en avril et mai; en mars, on plantera l'autre partie en +pleine terre, et ils donneront depuis la fin de mai jusqu'en +juillet. On peut aussi semer sur couche, en février et en mars, et +peu de temps après on repique le plant également sur couche, pour le +planter en pleine terre vers la fin de mars ou au commencement +d'avril, et il produira en juin et juillet. + +On sème les derniers Choux-fleurs en juin: c'est l'époque où l'on en +sème le plus et celle où la culture en est le plus facile: c'est +celle des Choux ordinaires, et tout le succès dépend de l'abondance +des arrosements, qui doivent être très-fréquents, surtout pendant +les premiers mois. Il faut semer à une exposition ombragée sur une +plate-bande bien terreautée; puis, lorsque le plant est assez fort, +on repique immédiatement en place. Ces Choux-fleurs produisent +depuis la fin d'août jusqu'en novembre; on peut même en conserver +jusqu'en février, et quelquefois jusqu'en avril. Pour cela, il faut +ne les couper que le plus tard possible, et surtout par un temps +bien sec, afin de ne les rentrer que bien ressuyés, car de là dépend +toute la durée de leur conservation. + +_Conservation des Choux-fleurs._--Après avoir bien enlevé toutes les +feuilles de ses Choux-fleurs, on les dépose sur les tablettes de la +serre à légumes, ou bien, ce qui est encore préférable, on les pend +la tête en bas; et, comme en séchant ils se réduisent beaucoup, il +faut, la veille du jour où l'on veut les manger, rafraîchir le bout +du trognon et les mettre tremper dans l'eau fraîche pendant quelques +heures, en ayant soin d'éviter de mouiller la tête; ils ne tardent +pas à reprendre leur forme primitive, sans avoir rien perdu de leur +qualité. + +On récolte la graine de Choux-fleurs en septembre. Sa durée +germinative est de cinq ans. + + =Variétés.=--Tendre ou petit Salomon, -- demi-dur ou gros + Salomon, -- Lenormand, -- dur de Paris, -- d'Angleterre, -- de + Hollande. + +_Chou brocoli._--On sème les Brocolis en mars, avril et mai, en +commençant par les variétés les plus hâtives. Lorsque le plant est +suffisamment fort, on le repique en pépinière, et plus tard on le +plante en lignes comme les Choux-fleurs. + +Les variétés hâtives semées en mars sont bonnes à récolter en +septembre. Les autres donnent successivement pendant l'hiver et le +printemps. + +Plus rustique que le Chou-fleur, le Brocoli peut supporter sans +souffrir quelques degrés de froid. Cependant, il est plus prudent +de relever les pieds en mottes à l'approche des gelées, pour les +replanter dans une tranchée sur laquelle on place des châssis ou des +paillassons. + +La durée germinative de la graine de Brocoli est de cinq ans. + + =Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc tardif, -- violet hâtif, -- + violet tardif, -- Sprouting (cette dernière variété produit de + petites pommes comme le Chou de Bruxelles). + + +CHOU MARIN (_Crambe maritima_).--Le Crambé est un fort bon légume +dont on mange les feuilles naissantes, qu'on fait blanchir en +buttant le pied; il est rustique et d'une culture facile. Dans des +conditions favorables (c'est-à-dire dans un terrain sablonneux et +bien fumé), il produit pendant fort longtemps. Nous avons vu une +plantation de Crambés en plein rapport, qui depuis quinze ans donne +chaque année plusieurs récoltes. On le multiplie de graines semées +en place ou en pépinière peu de temps après la récolte; car les +semis d'automne réussissent généralement mieux que ceux de +printemps. On peut aussi multiplier les Crambés par boutures de +racines, mais le semis produit toujours, comme il est facile de le +comprendre, des plants plus vigoureux. + +On plante les Crambés en automne ou au printemps. On trace alors +deux rangs dans Une planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à +0m,50 de distance sur la ligne. Chaque année, à l'automne, on enlève +les feuilles mortes, on donne un binage; puis on étend sur les +planches un bon lit de fumier à moitié consommé. Dès la seconde +pousse, on pourrait commencer à couper les feuilles des Crambés; +mais il est préférable d'attendre la troisième, car alors ils seront +dans toute la force de leur végétation, et on les conservera +beaucoup plus longtemps. On commence ordinairement à butter les +Crambés vers la fin de janvier ou au commencement de février; mais, +afin que tous ne donnent pas ensemble, on n'en butte qu'une partie, +et le reste quinze jours après, ce qui a lieu de la manière +suivante: on dépose sur chaque pied un tas de terreau (ou de terre +légère) d'environ 0m,20, et l'on recouvre le tout d'un bon lit de +fumier ou de feuilles, afin d'activer la végétation; un mois après +environ, lorsque l'extrémité des feuilles commence à paraître, on +les coupe rez terre, mais en ayant soin de ménager les yeux qui se +trouvent au collet de la plante, car sans cette précaution elle ne +repousserait plus. Après la récolte, on les butte de nouveau, et ils +donnent une seconde récolte souvent aussi abondante que la première. +Après la seconde coupe, on détruit les buttes, on étend une partie +du terreau sur les planches, et l'on enlève le reste. On peut aussi +forcer le Crambé sous panneaux, comme les Asperges: ce qui consiste +tout simplement à placer, en janvier ou février, des coffres et des +panneaux sur les Crambés, après les avoir buttés; à défaut de +panneaux à cadre plein, on peut utiliser les panneaux ordinaires, à +la condition de les tenir constamment couverts de paillassons. Pour +activer la végétation des Crambés, on peut entourer les coffres d'un +réchaud de fumier, car la chaleur ne nuit en rien à cette plante. On +peut même, comme cela se fait en Angleterre, placer pendant l'hiver +de fortes touffes de Crambés dans la serre à forcer, afin d'en avoir +de bons à récolter avant l'époque, ou donner ceux forcés sur place. + +On récolte les graines de Crambé en août; elles se conservent bonnes +pendant trois ans. + + +CIBOULE COMMUNE (_Allium fistulosum_).--Les premiers semis ont lieu +dans le courant de février, en place et à la volée; et à partir de +cette époque, on peut continuer de semer successivement jusqu'en +juillet. Après le semis, on couvre les graines d'une légère couche +de terreau, et l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Pour +ne pas manquer de Ciboule en hiver, il faut en arracher en novembre, +la mettre en jauge, puis la couvrir de litière sèche pendant les +gelées. + +Les graines mûrissent en août, et se conservent pendant deux ans. + +_Ciboule vivace._--Elle se multiplie d'éclats au printemps ou à +l'automne. + + +CIBOULETTE. _Civette_ (_Allium Schoenoprasum_).--Cette plante se +multiplie par ses caïeux, que l'on sépare en février et mars pour +les planter en bordures. Elle est d'autant plus tendre et pousse +d'autant mieux, qu'on la coupe plus souvent. + +Pour lui faire passer l'hiver, on la coupe au niveau du sol, puis on +la couvre de terreau. + + +CONCOMBRE (_Cucumis sativus_).--On sème les Concombres en janvier, +février et mars, sur couche chaude et sous panneaux. Lorsque les +cotylédons et les premières feuilles sont bien développés, on les +repique dans de petits pots, qu'on enfonce sur une couche chaude, +pour les planter quelque temps après également sur couche et sous +panneaux. Plus tard, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on +peut planter les Concombres en pleine terre. Dans les terres +légères, faciles à s'échauffer, on peut même semer les Concombres en +place, dans de petites fosses remplies de terreau. + +Comme les Melons, les Concombres doivent être taillés pour donner de +beaux fruits; ce qui doit avoir lieu comme il est indiqué à +l'article _Melon_. + +_Concombre vert petit à cornichons._--On le sème au commencement de +mai sur couche et sous panneaux. Peu de temps après, on repique le +plant en pépinière également sur couche et sous panneaux. Dès qu'il +est repris, on commence à donner un peu d'air, afin de le fortifier, +et vers la fin de mai ou le commencement de juin, on le relève en +mottes pour le mettre en pleine terre à bonne exposition, à 0m,60 de +distance. + +On peut aussi semer le Cornichon en pleine terre; plus rustique même +que les autres Concombres, il n'a pas besoin d'être taillé. + +Dans les terrains naturellement humides, il faut, pour récolter de +beaux fruits, ramer les Concombres et les Cornichons, comme les Pois +et les Haricots, afin qu'ils ne posent pas sur le sol. + +La durée germinative des graines de Concombre est de cinq ans. + + =Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc gros, -- jaune long, -- vert + long anglais, -- de Russie, -- serpent. + + +COURGE POTIRON (_Cucurbita maxima_).--On sème les potirons en mars, +sur couche chaude et sous panneaux; en avril, on les repique en +pépinière également sur couche et sous panneaux. Quelques jours +après le repiquage, on commence à donner un peu d'air, afin de +fortifier le plant; et, en mai, on prépare des trous que l'on +dispose de manière que les Potirons soient au moins à 1m,65 les uns +des autres. On remplit les trous de fumier, que l'on couvre +d'environ 0m,15 de terreau. Si, après la plantation, il survient de +petites gelées blanches pendant la nuit, il faut couvrir les +Potirons avec des cloches, ou, à défaut, avec de la litière. Pendant +leur végétation, il faut les arroser abondamment, et les autres +soins consistent à pincer la première tige au-dessus du second oeil, +afin de favoriser le développement d'une ou de deux branches sur +chacun. Lorsqu'elles ont environ 1m,50 de longueur, on les marcotte, +ce qui consiste à coucher les branches en terre, afin qu'elles +produisent des racines; de cette manière, on obtient une végétation +beaucoup plus vigoureuse. Dès qu'un fruit est noué et jugé digne +d'être conservé, il faut pincer la branche qui le porte à deux ou +trois yeux au-dessus du fruit; et si l'on veut en obtenir de +volumineux, on ne doit en laisser qu'un ou deux sur chaque pied, +excepté sur celui de _Hollande_, variété dont les fruits sont moins +gros, mais d'excellente qualité; c'est même celui que l'on doit +réserver de préférence pour les provisions d'hiver; car, cueilli +avant les gelées et déposé sur les tablettes du fruitier ou de +l'orangerie, il se conserve souvent jusqu'en mars et avril. + +Les Courges à la moelle, pleine de Naples, de l'Ohio, de Valparaiso, +de Barbarie, de Madère, des Patagons, le Giraumont turban et le +Pâtisson, se cultivent exactement comme le Potiron. + +La durée germinative des graines de Courge est de cinq ans. + + =Variétés.=--Jaune gros, -- d'Espagne, -- de Hollande, -- blanc, + -- de Corfou. + + +CRESSON DE FONTAINE (_Nasturtium officinale_).--Cette plante, +jusqu'à présent employée en cuisine comme salade et fourniture +seulement, peut aussi être préparée à la manière des Épinards, et +sous cette forme elle a une saveur fort agréable. La consommation du +Cresson est devenue tellement considérable que, dans un rayon +très-rapproché de Paris, des terrains très-étendus sont consacrés à +cette culture. + +Ces cressonnières sont alimentées par des sources naturelles ou +artificielles, et disposées de manière à être submergées à volonté. +Le terrain est divisé par fosses larges chacune d'environ 3 mètres +sur 0m,40 à peu près de profondeur, séparées par des plates-bandes +élevées, destinées à divers genres de culture, tels que Artichauts, +Choux, etc. On multiplie le Cresson de graines semées au printemps, +ou mieux de boutures faites en août. Avant la plantation, il faut +bien unir le terrain; et s'il arrivait qu'il ne fût pas assez +humide, on y laisserait couler un peu d'eau. Une fois le terrain +bien préparé, on prend du Cresson, et on le place au fond des fosses +par petites pincées, à environ 0m,12 à 0m,15 l'une de l'autre. Au +bout de peu de temps, il est enraciné et couvre complétement le sol; +alors on étend sur toute sa surface une légère couche de fumier de +vache bien consommé; puis, au moyen d'une planche à laquelle on +adapte un manche placé obliquement, on comprime le tout légèrement; +après quoi, on introduit 0m,10 à 0m,12 d'eau, quantité bien +suffisante pour cette culture. En été, on cueille le Cresson tous +les quinze jours ou toutes les trois semaines. Pour le cueillir avec +plus de facilité, on pose une planche en travers de la fosse. Dès +qu'une fosse est récoltée, on la met à sec, et l'on étend de nouveau +un peu de fumier de vache, qu'on appuie avec l'instrument mentionné +ci-dessus, opération qu'il faut recommencer immédiatement après +chaque coupe. Quand une fosse a produit pendant un an, on la détruit +pour la replanter, comme nous l'avons indiqué précédemment, mais +seulement après avoir enlevé les vieilles racines et les débris de +fumier, qui forment une épaisseur assez considérable dans le fond. + +On peut aussi en semer ou en planter sur le bord des cours d'eau, +comme il en circule souvent dans les jardins d'agrément. Les tiges +ne tardent pas à s'étendre, et l'on peut en couper chaque année +jusqu'aux gelées, pourvu qu'on le fasse assez souvent pour +l'empêcher de monter en graine. + +La durée germinative des graines de Cresson de fontaine est de +quatre ans. + +_Cresson de terre_, _Cresson vivace_ (_Erysimum præcox_).--Il peut +remplacer le Cresson de fontaine, dont il a tout à fait la saveur. +On le sème au printemps, en rayons, dans une terre franche, légère +et humide. + +La durée germinative des graines de Cresson de terre est de trois +ans. + +_Cresson alénois_ (_Lepidium sativum_).--Comme cette plante monte +très-vite en graine, on est obligé d'en semer très-souvent; les +semis se font en rayons, au printemps sur couche, et en été à une +exposition ombragée. + +Les graines de Cresson alénois mûrissent en juin, et se conservent +pendant cinq ans. + + =Variétés.=--Cresson alénois frisé, -- Cresson doré. + + +ÉCHALOTE (_Allium Ascalonicum_).--On ne la cultive avec succès que +dans une terre légère et substantielle, fumée de l'année précédente. +Elle se multiplie de caïeux plantés en février et mars, à 0m,08 ou +0m,10 de distance, et presque à fleur de terre, afin d'éviter +l'humidité, qui lui est très-préjudiciable. On choisit, pour +replanter, les Échalotes les plus minces et les plus allongées, car +ce sont celles qui produisent les plus belles bulbes. On les arrache +en juillet ou en août, lorsque les feuilles sont sèches, et on les +laisse deux ou trois jours au soleil, puis on les rentre dans un +lieu sec. + + +ÉPINARDS (_Spinacia oleracea_).--On les sème, en lignes ou à la +volée, depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre; et comme ils +restent peu de temps en terre, on en sème souvent parmi les plantes +nouvellement repiquées ou pour garnir les planches qui doivent être +employées à une autre culture environ un mois après. Les semis d'été +doivent se faire à une exposition ombragée; il faut arroser +fréquemment, pour les empêcher de monter. + +Les graines d'Épinards mûrissent en juillet, et se conservent +pendant cinq ans. + + =Variétés.=--Épinards de Hollande, -- d'Angleterre, -- de + Flandre, -- d'Esquermes, à feuilles de laitue. + + +ESTRAGON (_Artemisia dracunculus_).--On le multiplie de graines, +mais plus fréquemment par éclats des pieds, qu'on replante au +printemps à bonne exposition. On coupe les tiges à l'entrée de +l'hiver, et on couvre les touffes de quelques centimètres de +terreau. + + +FENOUIL (_Anethum feniculum_).--On en cultive plusieurs variétés; +mais, comme légume, le Fenouil doux est le plus estimé. On le +multiplie de graines que l'on tire d'Italie chaque année; celles +qu'on récolte dans nos jardins dégénèrent promptement. On sème, de +mars en juin, en place ou en pépinière, et on repique à 0m,40 de +distance; puis on donne des binages et de fréquents arrosements +pendant la sécheresse. Quand le Fenouil est assez fort, on le fait +blanchir à la manière du Céleri. On mange les racines et les jeunes +pousses. + +La durée germinative des graines de Fenouil est de cinq ans. + + +FÈVE (_Faba vulgaris_).--On sème les premières Fèves en janvier, +sous panneaux (pour semer à cette époque, on prend de préférence la +Fève naine hâtive); en février, on les repique en rayons un peu +profonds, qu'on trace à 0m,35 les uns des autres; on les couvre de +litière pendant les mauvais temps, et lorsqu'elles ont quelques +centimètres de hauteur on donne un binage, puis on achève de remplir +les rayons, ce qui augmente la vigueur des plantes et des produits; +lorsqu'elles sont défleuries, l'on pince toutes les extrémités, afin +de forcer la séve à se porter vers le fruit. En février, on sème en +pleine terre, par touffes ou en rayons; et à partir de cette époque, +les semis peuvent être continués successivement jusqu'à la fin de +mai; enfin, quelle que soit l'époque des semis, les soins consistent +à donner quelques binages et à pincer l'extrémité des tiges, comme +nous l'avons précédemment indiqué. + +La durée germinative des semences de Fèves est de six ans. + + =Variétés.=--Naine hâtive, -- Julienne, -- de marais, -- de + Windsor, -- toujours verte, -- violette, -- à fleur pourpre, -- à + longue cosse. + + +FRAISIER (_Fragaria vesca_).--On multiplie les Fraisiers de graines +ou de filets, qui ne doivent être pris que sur du plant d'un an; car +ceux qui proviennent de vieilles touffes produisent beaucoup moins, +les fruits en sont moins beaux et de moins bonne qualité. On sème en +mars, à une exposition ombragée; on couvre les graines d'une légère +couche de terre fine, mêlée de terreau, et l'on entretient la +fraîcheur de la terre par des bassinages. + +Dès que le plant a quatre ou cinq feuilles, on le repique en +pépinière, deux par deux, sur une vieille couche. Aussitôt après le +repiquage, on bassine avec l'arrosoir à pomme, ce que l'on continue +de faire suivant le besoin; et pendant quelques jours on garantit +les jeunes plants contre l'action du soleil avec un peu de litière, +qu'on étend bien légèrement. + +Dans le commencement de juillet, on relève les plants en mottes pour +planter en pleine terre, à environ 0m,15 de distance l'un de +l'autre, et, comme après le premier repiquage, on protége la reprise +par de fréquents arrosements. Le résultat de ces repiquages est de +favoriser le développement d'une grande quantité de jeunes racines; +et plus les Fraisiers en sont garnis, plus ils deviennent +productifs. À partir de cette époque jusqu'au moment de les mettre +en place, on a soin de supprimer toutes les fleurs et les filets qui +se développent sur le jeune plant, et d'arracher ceux qui paraissent +dégénérer, ce qu'il est facile de reconnaître à leur vigueur et à +l'absence des fleurs. + +Vers la fin de septembre, on donne un bon labour aux planches dans +lesquelles on doit planter ses Fraisiers; et si le terrain ne se +trouvait pas être de bonne qualité, il faudrait pour l'améliorer +n'employer que des engrais bien consommés: car lorsque les racines +des Fraisiers atteignent le fumier non consommé, les feuilles se +dessèchent successivement, et souvent les touffes périssent. Après +avoir bien préparé le terrain, on trace cinq rangs par planche de +0m,33 de largeur; puis on plante ses Fraisiers à 0m,35 de distance +sur la ligne, ce qui toutefois ne doit avoir lieu que pour les +Fraisiers des Quatre-Saisons, car pour ceux à très-gros fruits, tels +que le Fraisier Keen's seedling, on trace quatre rangs seulement, et +l'on plante à 0m,50 de distance sur la ligne; après quoi l'on +continue de couper les fleurs et les filets de chaque touffe avant +qu'ils soient enracinés, afin de concentrer sur chaque pied la force +de reproduction dont ils sont doués. + +Au printemps, on donne un binage à chaque planche; dès que les +fleurs commencent à paraître, il faut couvrir la terre d'un paillis +un peu long, ce qui d'une part a l'avantage de conserver l'humidité +du sol, et de l'autre empêche les fruits de porter sur la terre. Les +arrosements doivent être faits avec les arrosoirs à pomme, au +printemps le matin, et le soir en été. L'année suivante, on continue +les mêmes soins; mais, comme au bout de quelques années les produits +dégénèrent, il ne faut pas conserver les Fraisiers plus de deux ans. +Cependant, dans un bon terrain, on peut les conserver trois ou +quatre ans, en ayant soin de les rechausser chaque année au +printemps avec de la terre neuve. + +Les Fraisiers qu'on multiplie de filets doivent être plantés en +juillet, et comme ce que nous venons de dire pour les Fraisiers +provenant de graines est en tout applicable à ces derniers, nous +croyons inutile de traiter ce sujet plus longuement. + +_Des Fraisiers forcés._--Les Fraisiers cultivés pour forcer sont: le +Fraisier des Quatre-Saisons, Keen's seedling, Princesse royale, +Marguerite Lebreton, Victoria Trolopp, Elton. + +Dans le courant de janvier ou dans les premiers jours de février, on +pose des coffres, puis des panneaux, sur les planches des Fraisiers +qu'on veut forcer; on enlève la terre des sentiers qui entourent les +coffres jusqu'à environ 0m,45 de profondeur, après quoi on remplit +les sentiers de fumier, mais jusqu'au niveau du sol seulement, et +dans la première quinzaine de février on achève de les remplir. À +partir de cette époque, il faut avoir soin de les entretenir à la +hauteur des panneaux: pour cela, on rapporte du fumier au fur et à +mesure qu'il en est besoin. On couvre les panneaux pendant la nuit +avec des paillassons, et l'on donne de l'air au moment du soleil. +Vers la fin d'avril, on commence à donner quelques bassinages, si la +température l'exige, ce que l'on continue de faire au besoin. Les +Fraisiers étant ainsi traités, les fruits commenceront à mûrir dans +le courant d'avril. + +Après la récolte, ou enlève les panneaux (qui peuvent encore servir +pour mettre sur les Melons), ce qui n'empêchera pas les Fraisiers, +ceux des Quatre-Saisons surtout, de fructifier jusqu'aux gelées. +Néanmoins, on peut également obtenir une seconde récolte des Keen's +seedling et autres variétés à gros fruits. Pour cela, il faut les +priver d'eau pendant quelque temps, afin d'en arrêter la +végétation; et lorsque les touffes sont presque fanées, on supprime +une bonne partie des feuilles, on les bine légèrement, puis on +favorise leur végétation par de bons arrosements. Dans les premiers +jours d'août, on aura une seconde fructification, tout aussi +abondante que la première. + +Au lieu de détruire, après la récolte, les Fraisiers cultivés en +pots, comme on a l'habitude de le faire, on peut, dans le courant de +l'automne, retrancher les vieilles racines et renouveler la terre +des pots. Traités après cette opération comme les jeunes plants que +l'on renouvelle chaque année, ces Fraisiers donnent des fruits tout +aussi beaux et tout aussi abondants que les jeunes plants. Nous +avons vu à Tours, chez M. Bellanger, un de nos amis, des Fraisiers +soumis à ce traitement depuis quinze ans, dont la vigueur ne laisse +véritablement rien à désirer. + +Depuis l'adoption du chauffage au thermosiphon, on a modifié la +culture forcée des Fraisiers. Ainsi, après avoir traité les +Fraisiers comme nous l'avons indiqué, vers la fin de septembre ou au +commencement d'octobre, on les relève en mottes pour les planter +dans des pots de 0m,15. On emploie pour l'empotage une bonne terre +douce, passée à la claie, et, aussitôt après la plantation, on place +les pots l'un à côté de l'autre dans un coffre, de manière à pouvoir +les garantir des grandes pluies et des gelées, en posant dessus des +châssis ou des paillassons; puis on les arrose pour en faciliter la +reprise, et, comme pour les pieds cultivés en pleine terre, on +supprime les filets et les fleurs au fur et à mesure qu'ils +paraissent. Dans le courant de janvier, on prépare les coffres à +recevoir les Fraisiers; puis on les place sur le sol, tous à côté +les uns des autres, ou sur un gradin sous lequel on fait circuler +les tuyaux du thermosiphon. Après avoir tout disposé, on bine la +terre des pots, on enlève les feuilles mortes, et l'on pose les +panneaux, que l'on couvre de paillassons pendant la nuit. Arrivé à +ce point, on commence à les chauffer, ce qu'il ne faut faire que +modérément et de manière à entretenir sous les panneaux une +température de 12 à 15 degrés, et, comme nous l'avons indiqué pour +les Fraisiers forcés en pleine terre, on bassine et on donne de +l'air toutes les fois que la température est favorable. On peut, par +ce moyen, avoir des fruits mûrs dès les premiers jours de mars. +Comme ceux de pleine terre, les Fraisiers forcés en pots sont +susceptibles de donner une seconde récolte; il suffit de les +dépoter, de les planter en pleine terre et de leur donner les soins +ci-dessus indiqués. + +On divise les Fraisiers en plusieurs sections, qui contiennent +chacune un grand nombre de variétés. Nous indiquerons seulement +celles qui entrent le plus communément dans la culture. + +La durée germinative des graines de Fraisiers est de trois ans. + + =Variétés.=--Des Quatre-Saisons, -- Ambroisia, -- Amiral Dundas, + -- British Queen, -- Eleonor Myatt, -- Elton, -- Jacunda, -- + Keen's sedling, -- Lucas, -- Marguerite Lebreton, -- Napoléon + III, -- Princesse royale, -- Sir Harry, -- Victoria Trolopp, -- + Vicomtesse Héricart de Thury. + + +HARICOT (_Phaseolus vulgaris_).--On sème les premiers Haricots en +décembre, sur couche et sous panneaux; mais, comme à cette époque, il y +a souvent absence complète de soleil, ce qui est très-défavorable à ce +genre de culture, il est préférable de ne commencer ce travail que dans +le courant de janvier, et à partir de cette époque l'on peut continuer +jusqu'à la fin de mars. On sème sur couche et sous panneaux, et aussitôt +après le développement des cotylédons, on repique les Haricots en +pépinière, toujours sur couche et sous panneaux. Quelques jours après, +on prépare une couche d'environ 0m,50 d'épaisseur dont la chaleur soit +de 20 à 25 degrés; on pose les coffres, on charge la couche de 0m,12 à +0m,15 de terre légère, et l'on plante les Haricots. + +On trace quatre rangs par coffre, et l'on plante à environ 0m,15 sur +la ligne; après quoi les soins à donner consistent à refaire les +réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur nécessaire +dans la couche; à couvrir les panneaux pendant la nuit; à donner de +l'air toutes les fois que la température le permet; enfin, à +bassiner au besoin, surtout au moment de la floraison, afin +d'empêcher les fleurs de couler; et lorsque les Haricots ont environ +0m,25 de hauteur, on les couche vers le haut du coffre, puis on les +maintient dans cette position au moyen de petites tringles de bois +qu'on pose sur les tiges. Peu de jours après, l'extrémité des tiges +se relève (on peut alors enlever les tringles), mais la partie +inférieure reste couchée sur le sol. Ainsi traités, on commence +ordinairement à cueillir les premiers Haricots six semaines après le +semis. + +C'est souvent à tort que l'on détruit les Haricots aussitôt après +qu'on en a récolté les premiers produits; car en les nettoyant avec +soin, opération qui consiste à enlever les feuilles mortes et les +fruits que l'on a trouvés trop petits pour être cueillis, ils +donneront au bout de quelque temps une seconde récolte aussi +abondante que la première. + +On peut faire avec avantage l'application du chauffage par le +thermosiphon à la culture des Haricots sous panneaux. Il suffit +alors de préparer une couche très-mince dans le but seul de garantir +les Haricots de l'humidité du sol, puis on fait circuler les tuyaux +de l'appareil au-dessus de la couche; on entretient la chaleur de 15 +à 20 degrés sous les panneaux; et comme l'on peut régler ce +chauffage à volonté, on découvre tous les jours, sans avoir égard à +l'état de la température, et l'on donne de l'air aussi souvent qu'il +est nécessaire, ce qui contribue puissamment au succès de +l'opération. + +En avril, on semé encore sur couche, mais on repique en pleine terre +et sous cloches. On repique trois Haricots sous chacune; au bout de +quelques jours, on commence à donner de l'air, puis on enlève les +cloches lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que la +température est favorable. Il va sans dire qu'on peut indifféremment +employer des cloches ou des panneaux. + +On sème en pleine terre en mai; en terre légère, on sème dans la +première quinzaine du mois; mais en terre forte, dans la seconde +seulement, par touffes, ou mieux en rayons, car, par ce moyen, on +obtient une végétation beaucoup plus vigoureuse, et par conséquent, +des produits plus abondants. On trace des rayons d'environ 0m,05 de +profondeur à 0m,40 les uns des autres; après quoi, on sème les +Haricots un à un, à 0m,15 ou 0m,20 sur la ligne, puis on les couvre +d'environ 0m,02 de terre. + +Pour semer par touffes, on fait des trous de 0m,05 à 0m,06 de +profondeur, disposés en échiquier, à 0m,40 les uns des autres; on +sème cinq ou six Haricots dans chacun, puis on les recouvre de la +même quantité de terre que ceux qui sont semés en rayons. Quelque +temps après, on donne un binage pour faciliter la levée des graines; +mais c'est seulement lorsque les Haricots sont bien levés qu'on +finit de remplir les trous ou les rayons. À partir de l'époque +ci-dessus indiquée, on peut semer des Haricots en pleine terre, +jusqu'à la mi-août, pour manger en vert (les Haricots qu'on cultive +particulièrement pour cet usage sont: le Nain de Hollande, le +Flageolet et le Bagnolet); mais, quand on veut récolter en sec, il +ne faut pas semer après le mois de mai, excepté pour quelques +variétés naines hâtives, que l'on peut encore semer dans la +première quinzaine de juin. On cultive encore un grand nombre de +variétés de Haricots, que l'on divise en deux catégories. + +La durée germinative des semences de Haricots est de trois ans. + +_Haricots à manger en vert ou écossés._--Nain de Hollande, h. +0m,30,--Noir de Belgique, h. 0m,35,--de Soissons nain, h. 0m,50.--de la +Chine, h. 0m,35,--Flageolet, h. 0m,35,--Fl. jaune, h. 0m,40,--Suisse +blanc, 0m,45,--S. gris, h, 0m,45--de Chartres, h. 1m,40,--de Soissons, +h. 2m,--Sabre, h. 2m,--Riz, h. 0m,60. + +_Haricots sans parchemin ou Mange-tout._--Nain blanc, h. 0m,50,--Sabre +nain, h. 0m,50,--de Prague marbré nain, h. 0m,45,--Princesse nain, h. +0m,40,--Jaune du Canada, h. 0m,40,--Beurre nain, h. 0m,35,--Predomme, h. +1m,50,--Princesse, h. 2m,--Beurre 2m,50,--B. blanc, h. 2m,--de Prague +rouge, h. 2m,50,--de P. marbré, h. 2m,--de P. bicolore, h. 2m,50,--de +Villetaneuse, h. 2m. + + +IGNAME DE LA CHINE (_Dioscorea Batatas_).--Cette plante, dont +l'introduction en France date de 1848, a résisté à l'épreuve du +temps, sous laquelle ont succombé un grand nombre de plantes +nouvelles. Elle justifie de plus en plus les espérances fondées sur +les services qu'elle rend dans son pays natal, et l'on peut dire +maintenant qu'elle est digne à tous égards de figurer au premier +rang sur la liste de nos plantes potagères. + +La saveur des racines tuberculeuses de l'Igname de la Chine diffère +peu de celle de la Pomme de terre; elles sont aussi riches en +fécule, et peuvent, comme la Pomme de terre, recevoir toute sorte +d'assaisonnements. + +Ces racines sont annuelles; laissées en terre, elles s'atrophient +chaque année, mais seulement après avoir donné naissance à de +nouvelles racines, qui partent du collet de la plante. + +On multiplie l'Igname de la Chine en plantant, en mars ou avril, +sans plus de soins que n'en exige la culture bien comprise de la +Pomme de terre, soit les bulbilles qui naissent dans les aisselles +des feuilles, soit les jeunes racines que produisent les bulbilles, +soit enfin le collet des racines destinées à la consommation. On +plante les Ignames de la Chine en lignes, à 0m,20 ou 0m,25 les unes +des autres, en tous sens. Dans les terrains siliceux, qui +conviennent mieux que tous les autres à la culture de cette plante, +la récolte des Ignames de la Chine peut être faite l'année même de +la plantation. Les frais d'arrachage ne dépassent pas sensiblement +alors ce que coûte ordinairement la récolte des Carottes longues, +par exemple. Néanmoins, pour obtenir de cette plante tout ce qu'elle +peut produire, il faut laisser les racines en terre pendant deux +ans. D'après ce que nous avons été à même de constater dans nos +propres cultures, le rendement en racines de l'Igname de la Chine +dépasse toujours de beaucoup la seconde année ce que la même étendue +de terrain aurait pu produire de Pommes de terre. Il en résulte que, +malgré les deux années de culture et les frais d'arrachage, cette +opération offre encore des avantages certains. + +Bien que les tiges de l'Igname de la Chine soient grimpantes, elles +n'ont pas besoin d'être ramées, et l'on peut les laisser ramper sur +le sol. S'il arrivait même qu'elles prissent un trop grand +développement la seconde année, on pourrait sans inconvénient en +donner une partie aux bestiaux, qui les mangent avec plaisir comme +fourrage frais. L'Igname de la Chine est peu sensible au froid; sous +le climat de Paris, elle passe très-bien en pleine terre les hivers +ordinaires. Cependant, il est prudent d'arracher les Ignames de la +Chine dès que les tiges sont complétement sèches. + +Placée dans les mêmes conditions que la Pomme de terre, l'Igname de +la Chine peut se conserver facilement cinq et six mois hors de +terre. + + +LAITUE (_Lactuca sativa_).--On en cultive deux races principales: +les Laitues pommées (_Lactuca capitata_) et les Laitues romaines +(_Lactuca romana_). + +_Laitues._--On les divise en Laitues pommées, de printemps, d'été, +d'hiver, et à couper. + +_Laitues de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on +sème la variété dite petite noire, sur un ados exposé au midi; +lorsque les cotylédons sont bien développés et que les premières +petites feuilles commencent à paraître, on place trois rangs de +cloches sur l'ados, et l'on repique sous chacune une trentaine de +plants; puis on élève ces Laitues sans jamais leur donner d'air. +Mais il n'en est pas de même pour les autres variétés, qu'on sème +dans la seconde quinzaine du mois: car lorsque le plant est bien +repris, ce qui se voit quand il commence à végéter, on donne un peu +d'air en soulevant les cloches d'environ 0m,03 du côté opposé au +vent. Au bout de quelques jours, on augmente progressivement, selon +l'état de la température, et afin de fortifier le plant. Il ne faut +rabattre les cloches que lorsqu'il gèle à 2 ou 3 degrés. Lorsque la +gelée devient plus forte, on garnit les cloches avec du fumier bien +sec, qu'on augmente en raison de l'intensité du froid. + +On découvre les cloches au moment du soleil; mais on doit s'assurer +avant si le plant ne souffre pas de la gelée; car il faudrait alors, +au lieu de découvrir, augmenter la couverture et le laisser dégeler +graduellement. + +Dans la première quinzaine de novembre, on plante sur couche (sous +panneaux ou sous cloches), et à partir de cette époque, on continue +successivement jusqu'à la fin de février. En mars, on plante en +pleine terre, à bonne exposition, toujours avec des plants pris sur +le même ados. + +Vers la fin de février ou au commencement de mars, on sème sur +couche et sous panneau; et lorsque le plan est assez fort, on le +repique en planches que l'on aura eu soin de pailler avant la +plantation. + + =Variétés.=--Crêpe ou petite noire, -- Gotte, -- Georges, -- À + bord rouge. -- Bigotte. + +On sème aussi ces variétés en août et en septembre; on les plante +sur des vieilles couches, qu'on recharge de terreau, de manière +qu'elles se trouvent près du verre; mais c'est seulement quand il +gèle qu'on les recouvre de panneaux, et en ayant soin de leur donner +autant d'air qu'il est possible. On en conserve souvent jusqu'en +décembre. + +_Laitues d'été._--On commence à en semer dès les premiers jours +d'avril, puis jusqu'en juillet, successivement tous les quinze +jours, afin d'en avoir qui se succèdent pendant toute la saison. Les +soins sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués précédemment; +seulement, en raison de l'époque, les arrosements doivent être +beaucoup plus fréquents. + + =Variétés.=--Blonde de Versailles, -- Bl. d'été, -- Bl. de + Berlin, -- Batavia blonde, -- Bl. brune, -- de Malte, -- Turque, + -- Impériale, -- verte de Gênes, -- grosse brune paresseuse, -- + Palatine, -- rouge chartreuse, -- rousse à graine jaune, -- + sanguine ou flagellée. + +_Laitues d'hiver._--On commence à les semer en août, et l'on peut +continuer jusque vers le milieu de septembre. En octobre on les +plante dans une plate-bande, à bonne exposition, et on les garantit +des fortes gelées et de la neige en les couvrant avec de la +litière, qu'on enlève toutes les fois que le temps le permet. + + =Variétés.=--De la passion, -- Morine -- Brune d'hiver. + +_Laitues à couper._--On peut facilement en avoir presque toute +l'année, et en commençant à semer sur couche en janvier et en +février, puis en pleine terre dès le mois de mars successivement +jusqu'en novembre. + + =Variétés.=--À pincer, -- Chicorée, -- Épinard. + +_Laitues romaines._--On en cultive plusieurs variétés que l'on peut +classer, comme les Laitues pommées, en Romaines de printemps, d'été +et d'hiver. + +_Romaines de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on +sème la Romaine verte hâtive, et dans la seconde, les Romaines +blonde et grise maraîchère; on traite le plant comme celui des +Laitues pommées cultivées à cette époque; seulement, dans le courant +de novembre, on relève le plant des Romaines vertes pour le +replanter immédiatement; mais alors on n'en place plus que douze ou +quinze par cloche. + +Vers la fin de décembre ou le commencement de janvier, on commence à +planter sous panneaux ou sous cloches, et à partir de cette époque +on continue successivement jusqu'à la fin de février; en mars, on +plante en pleine terre, à bonne exposition. + +_Romaines d'été._--On les cultive absolument comme les Laitues +d'été, à la seule différence que pour les faire blanchir, on lie +avec un ou deux liens de paille les variétés qui ne se coiffent pas +elles-mêmes. Cette opération ne doit avoir lieu que par un temps +sec, et dès lors il faut s'abstenir de mouiller les feuilles en +arrosant. + + =Variétés.=--Alphange, -- Blonde de Brunoy, -- Monstrueuse, -- + Panachée, -- Dorée, -- À feuille de chêne. + +_Romaines d'hiver._--On les traite comme les Laitues d'hiver; et +pour semer à cette époque, on donne généralement la préférence à la +Romaine rouge d'hiver, variété très-rustique et supportant le mieux +les gelées. + +Les graines de Laitues et de Romaines mûrissent en août, et elles se +conservent bonnes pendant cinq ans. + + +LENTILLES (_Ervum lens_).--Cette plante est plus cultivée en plein +champ que dans les jardins; on la sème en rayons en mars et avril. +Dans un terrain sec et sablonneux ses produits sont beaucoup plus +abondants que dans un terrain gras et humide; car alors elle végète +beaucoup, mais ne donne que très-peu de graines. La variété à +laquelle on donne généralement la préférence est celle de +_Gallardon_. + +La durée germinative des semences de Lentille est de trois ans. + + +MÂCHE DE HOLLANDE (_Valerianella olitoria_).--Elle aime une terre +douce et bien fumée. On commence à en semer en août et jusqu'à la +fin d'octobre. On la sème à la volée; et après avoir hersé à la +fourche, on la recouvre légèrement avec le râteau, et l'on arrose si +le temps est sec. Celle qu'on a semée en octobre sera bonne au +printemps. + +Il existe une nouvelle variété de Mâche à feuilles panachées, qui +peut être cultivée exactement de la même manière. + +_Mâche d'Italie ou régence._--C'est une espèce à feuilles plus +larges, mais plus tardive; on en sème souvent parmi celle de +Hollande, de manière à prolonger la durée du semis. + +Les graines de Mâche sont bonnes à récolter en juin, et elles se +conservent pendant quatre ou cinq ans. + + +MAÏS (_Zea maïs_).--Dans les jardins, on cultive particulièrement le +Maïs pour ses jeunes épis, que l'on fait confire au vinaigre comme +les cornichons ou pour manger cuits à l'eau comme les pommes de +terre. On le sème en mai en pleine terre, ou en avril sur couche, +pour le repiquer ensuite à 0m,60 de distance. Quand les plantes +prennent de la force, on les butte, et on retranche les bourgeons +qui viennent au pied. + +La durée germinative des semences du Maïs est de deux ans. + + =Variétés.=--Blanc hâtif, -- Quarantain, -- à poulets, -- sucré. + + +MELONS (_Cucumis Melo_).--La culture des Melons, sur laquelle il a +déjà paru beaucoup de traités, rarement écrits par des praticiens, +est on ne peut plus facile; cependant, dans nos pays elle exige des +soins assidus et intelligents, surtout pour ceux de première saison: +car alors on a à lutter contre les chances défavorables de la +température; et la bonne culture a une telle influence sur la +qualité des fruits, que, quoique placés dans des conditions bien +moins favorables, nos Melons cantaloups sont ordinairement +supérieurs en qualité à ceux des contrées méridionales, où ils sont +semés en plein champ et abandonnés à eux-mêmes. + +Cette culture peut se faire de trois manières: sous panneaux, sous +cloches et en pleine terre. + +_Melons sous panneaux._--On ne cultive sous panneaux que le +Cantaloup Prescott fond blanc et ses variétés. + +Dans la culture de haute primeur on sème les premiers Melons dès les +premiers jours de janvier; mais, dans les cultures ordinaires, on +sème seulement dans les premiers jours de février. + +On prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur, composée de +moitié fumier neuf, moitié fumier recuit. + +On la charge de 0m,10 de terreau, de manière que le semis se trouve +peu éloigné du verre. On entoure le coffre d'un bon réchaud de +fumier, et lorsque la chaleur de la couche est favorable (25 à 30 +degrés), on trace des rayons, on sème des graines, que l'on recouvre +légèrement; on tient les panneaux couverts de paillassons pendant +deux ou trois jours, jusqu'à ce que ces graines aient levé; après +quoi on découvre tous les jours, en ayant soin de recouvrir avant la +nuit. Quelques jours après la levée des graines, on commence à +donner un peu d'air par le haut des panneaux chaque fois que le +temps le permet, afin de fortifier le plant. Lorsque les cotylédons +sont bien développés, on prépare une autre couche, de même épaisseur +que la précédente, mais dont la longueur doit être proportionnée à +la quantité de plants que l'on veut repiquer; puis on la charge de +terreau. On place les coffres, on étend le terreau également, et +lorsque la chaleur de la couche est favorable, on choisit le plant +le plus vigoureux, et on le repique avec le doigt, comme on le +ferait avec un plantoir. On fait ordinairement dix rangs par coffre, +et l'on repique ses Melons à 0m,12 de distance sur la ligne, ayant +soin de les enfoncer jusqu'aux cotylédons; ou bien on enfonce des +pots de 0m,08 de diamètre sur la couche; on les emplit de bonne +terre douce mêlée de terreau, on la foule légèrement, et lorsque la +chaleur est favorable, on repique un pied de Melon dans chaque +pot[7]; et, dans ce cas comme dans l'autre, on tient les panneaux +couverts de paillassons pendant trois ou quatre jours, pour +faciliter la reprise du plant; après quoi on découvre tous les +jours, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil. + +[Note 7: Ces deux modes de repiquage sont encore pratiqués dans +la culture maraîchère. Cependant bon nombre de maraîchers ont +abandonné le repiquage en pot; car l'expérience prouve qu'un Melon +dont les racines sont contournées (ce qui arrive nécessairement aux +pieds repiqués en pot, si la plantation se trouve retardée de +quelques jours), doit végéter avec moins de vigueur que celui, qui +est repiqué sur couche, et dont les racines n'ont pas été gênées +dans leur développement.] + +_Première taille._--Lorsque la tige primitive a trois ou quatre +feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (_fig. 11_); +ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité +ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige. + +[Illustration: Fig. 11.--Melon, première taille.] + +Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de +0m,60 d'épaisseur et 1m,33 de largeur, composées de fumier neuf, de +feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un +tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge +d'environ 0m,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on place +les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les coffres, +on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié, et, quand +la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de Melon sous +chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de trous sur le +milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur couche, on lève les +plants avec une bonne motte, et l'on plante un pied de Melon dans +chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer jusqu'aux premières +feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le plant avec +précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite, on place +la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la tige se +trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe +légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du +pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après +la plantation on donne un peu d'eau au pied; au moment du soleil, +on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant quelques +jours on s'abstient de donner de l'air. + +Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon +réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant +la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des +paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la +température le permet. + +[Illustration: Fig. 12.--Melon, deuxième taille.] + +_Deuxième taille._--La première taille, c'est-à-dire le pincement de +la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches +latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers +le bas; et lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille +au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (_fig. 12_), suivant +la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le développement +de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un bon paillis +de fumier à moitié consommé. + +_Troisième taille._--La seconde taille détermine le développement de +trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur +végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et +lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille au-dessus +de la troisième feuille (_fig. 13_), sans avoir égard aux fleurs, +que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont +ordinairement des fleurs mâles, qu'on nomme fausses fleurs; si par +hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées mailles, on +supprime aussi les branches où elles se trouvent, car alors les +plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits seraient +très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la troisième +taille, on surveille avec soin le développement des nouvelles +branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on choisit le mieux +fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux au-dessus du +fruit, que l'on garantit avec les feuilles environnantes, de manière +qu'il ne soit pas atteint par les rayons directs du soleil, qui le +durciraient; puis l'on supprime immédiatement sur chaque pied tous +les autres fruits, afin de favoriser le développement de celui que +l'on a laissé, et l'on pince toutes les autres branches au-dessus de +la seconde feuille (_fig. 13_). + +[Illustration: Fig. 13.--Melon, troisième taille.] + +Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme +régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime, +et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à +peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit +sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second +fruit, mais en exigeant toujours les mêmes conditions que pour le +premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera un ou +deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à couper +toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières feuilles +et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du coffre. +Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les panneaux, il +faut choisir le moment de la journée où la température est la plus +douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui sont +excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent +nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque +il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température +que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point +retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement, +il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau +avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux, +moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du +soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les +soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible, +les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure +que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il +faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne +faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de +couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la +plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des +panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque +fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur +de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute +leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement, +car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol; +et comme elles se développent rapidement, elles ne tardent pas à +pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir de +toute opération qui pourrait en arrêter le développement. + +Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à +mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février +donnent en mai[8]. + +[Note 8: Un fait assez important à connaître est le point précis +de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas +toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter +un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à +changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on +peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de +mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut +facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours +facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le +juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration +jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur +claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si +elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur +agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à +la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces +minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils +présentent plus d'incertitude.] + +Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est +avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des +circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du +soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme, +malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner +les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent +que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de +nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface +intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de +donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des +fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet +bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté, +on peut donner de l'air toutes les fois qu'il est nécessaire. Par +ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que ceux précédemment +indiqués; seulement on fait une couche beaucoup moins forte, et on +fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous de la couche. + +Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de +Melons. + +Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température +commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi +fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi +souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un +emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de +Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture +soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite +sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de +largeur et de 0m,33 de profondeur; on dépose les terres à +l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la +dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0m,66 +d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de +fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une +tranchée à 0m,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est +pas trop compacte, on charge la couche de 0m,15; on fait une couche +dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on +trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière +couche. + +Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend +la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on +entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les +sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable, +on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on leur donne +les mêmes soins qu'aux Melons de première saison. + +_Melons sous cloches._--Pour planter sous cloches, on peut encore +semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers +préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la +fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous +panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour +l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la +plantation, on fait une tranchée de 0m,65 de largeur sur 0m,40 de +profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur. +On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne +terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est +favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0m,66 les uns des +autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une +cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours, +pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre +les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à +végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le +jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever, +ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches, +mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait +mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps +humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la +Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter +plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la +taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués +pour les Melons cultivés sous panneaux. + +_Melons sur buttes._--Nous allons maintenant donner la description +d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, récemment indiquée +par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol des buttes +en forme de cône, faites avec du fumier à moitié consommé, des +feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0m,50 ou 0m,60 de +diamètre à la base, 0m,60 de hauteur, et on les établit à environ 1 +mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être préparés comme pour +les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien les mélanger, et +les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure qu'on les emploie, +il faut les fouler de manière que les buttes subissent le moins de +tassement possible; et, quelle que soit la nature des substances +employées pour construire ces buttes, il faut les couvrir d'environ +0m,15 de bonne terre, préparée comme nous l'avons indiqué +précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte un petit trou +d'environ 0m,10 de diamètre, que l'on remplit de terreau fin; puis +on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour ne laisser plus +tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien, ce qui est +encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il faut, dans +ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on enlèvera +lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous renvoyons, +pour les soins à donner et pour la première taille, à ce qui a été +dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les cloches, +on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de leur +conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain environnant, +puis on les couvrira complétement d'un paillis de fumier, que l'on +peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette couverture a l'avantage +de maintenir la fraîcheur des arrosements. On visitera les buttes de +temps à autre. Les soins à donner consistent à faire descendre les +branches qui prendraient une mauvaise direction, à arracher les +mauvaises herbes à mesure qu'elles paraîtront; et lorsque les +branches seront arrivées à peu près au milieu de la butte, on en +pincera l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de +nouvelles branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de +fruits; et comme elles atteignent promptement le bas de la butte, il +en faut couper une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles +commencent à ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les +soins se borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou +un bout de planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à +peu près à moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent +ces buttes, elles offrent l'avantage d'être plus facilement +pénétrées par les rayons solaires, ce qui est un point important +dans les cultures de ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des +branches est tellement favorable à la fructification, que chaque +butte peut facilement produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant +de l'été; les premiers commencent ordinairement à mûrir dans la +seconde quinzaine de juillet, et continuent à donner des fruits +jusqu'en septembre. + +On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les +meilleures variétés: + +_Melons brodés._--Maraîcher.--Sucrin de Tour.--S. à chair +blanche.--Ananas d'Amérique,--d'Arkangel,--de Grammont,--de +Honfleur,--de Cavaillon. + +_Melons cantaloups._--Orange.--Noir des Carmes,--de Vingt-Huit +Jours.--Prescott fond blanc.--Pr. fond gris.--Galeux fond vert,--de +Portugal.--Noir de Hollande. + +_Melons à écorce lisse._--De Malte,--de M. à chair +rouge,--d'Hiver,--de Perse.[9] + +[Note 9: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent +sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.] + +_Melons d'eau, Pastèques_ (_Cucurbita Citrullus_).--On les cultive +comme les Melons à cloches, à cette différence près, qu'on laisse +une plus grande quantité de fruits sur chacun. + +La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans. + + +NAVET (_Brassio Napus_).--Les navets viennent assez bien dans tous +les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce +n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une +bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai +jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un +temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus +ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine +pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août. +On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane, +afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les +couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les +conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés, +que l'on divise en _Navets tendres_, _demi-tendres et secs_; pour +les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut +prendre, comme étant les plus hâtifs. + +Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes +pendant cinq ans. + +_Navets tendres._--Des Vertus.--Blanc plat hâtif.--Rouge plat +hâtif.--Boule de Neige. + +_Navets demi-tendres._--Jaune de Hollande.--J. d'Écosse.--J. de +Malte.--J. de Finlande.--Rose du Palatinat.--Rond de Croissy.--Gris +de Morigny. + +_Navets secs._--De Freneuse,--de Meaux,--de Berlin petit.--Jaune +long. + + +OIGNON (_Allium cepa_).--L'Oignon aime une terre douce et +substantielle, fumée de l'année précédente; on le sème à la volée +dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est favorable, +mieux en février et même en mars dans les terres fortes. Après le +semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres légères, il +faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe le râteau, +et on recouvre les graines d'une légère couche de terreau. Si le +temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de favoriser la +germination; puis, lorsque les graines ont bien levé, on éclaircit +dans les places où le plant est trop épais, et l'on repique dans +celles où il en manque. Pendant leur végétation les Oignons +n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements, qu'il +faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez +ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les +fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la +séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin +d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on +les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour +qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier. +Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait +engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de +mai. + + =Variétés.=--Rouge foncé, -- R. pâle, -- Jaune des Vertus, -- + Souffré d'Espagne, -- pyriforme, -- de Madère. + +On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même +des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup +montent à graine au printemps. + +_Oignon blanc._--On le sème en pépinière et à la volée dans la +première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la +fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres +légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain +qu'on destine à la plantation de l'Oignon blanc. On trace 10 ou 12 +rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on repique les Oignons à +0m,10 de distance sur la ligne. + +Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec +de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin +d'avril ou au commencement de mai. + +Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de +plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en +janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en +semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront +beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque. + + =Variétés.=--Oignon blanc hâtif, -- Oignon blanc gros. + +_Oignon d'Égypte_ ou _Rocambole_.--Il diffère des autres en ce qu'il +porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les +plante en mars, à 0m,12 les uns des autres, et chacun de ces +bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque +les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour +servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le +nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars +suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des +bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment +indiquée. + +_Oignon Patate._--On le plante en février ou plus tôt, si le temps +le permet, à 0m,30 ou 0m,40 de distance; pendant sa végétation on le +butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement des +bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère. + +On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent +pendant deux ans. + + +OSEILLE (_Rumex acetosa_).--On la multiplie au printemps par éclats +de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars jusqu'en +juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une légère couche +de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on en fait +ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en été, il +faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de copieux +arrosements pendant la sécheresse. + +On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on +donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié +consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève +les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en +hiver. + +À cet effet, on prépare une couche de 0m,35 à 0m,40 d'épaisseur, +dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on +charge la couche de 0m,15 à 0m,20 de terreau; après quoi on plante +10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les +panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que +possible. + +On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des +coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers +qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que +l'on remanie de loin en loin. + +On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au +commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement +jusqu'à la fin de février. + +Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant +deux ans. + + =Variétés.=--Vierge, -- de Belleville, -- de Frévent. + +_Oseille Épinard._--On cultive sous ce nom la Patience des jardins, +_Rumex Patientia_. Cette plante a les feuilles grandes et allongées; +elle est d'une saveur plus douce que l'Oseille, et se multiplie +facilement, soit de graines semées au printemps, en place ou en +pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds. Il faut +les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre. + +La durée germinative des graines de Patience est de trois ans. + + +OXALIS CRÉNELÉE (_Oxalis crenata_).--Cette plante est d'une +multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand +nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement +peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées +comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que +l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles +ont poussé d'environ 0m,12, on commence à les butter au centre, afin +de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis, à +mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre +jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former. +À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de +fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard +possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez +avancée. + + +PANAIS (_Pastinaca sativa_).--Il leur faut une terre profonde et +substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut +les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus +larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne +craignent nullement les gelées. + +La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que +pendant un an. + + =Variétés.=--Panais long, -- Panais rond. + + +PATATE DOUCE (_Convolvulus Batatas_).--On cultive les Patates sur +couche et sous châssis, sur couche sourde et en pleine terre. + +On les multiplie de graines, qu'on sème en mars sur couche et sous +châssis; mais comme on en récolte rarement, le plus souvent on les +multiplie de la manière suivante: dans les premiers jours de janvier +on fait choix de quelques tubercules parmi les mieux conservés; on +les dépose sur couche chaude et on les couvre de châssis sur +lesquels on étend des paillassons pendant la nuit; peu de temps +après ils entrent en végétation. Alors on les couvre de 0m,05 ou +0m,06 de terre légère, et à l'époque de la plantation, on détache le +plant du tubercule mère pour le planter immédiatement en place; ou +bien, lorsqu'on veut avoir du plant d'une reprise plus facile, on +enlève les jeunes pousses à mesure qu'elles ont atteint 0m,06 ou +0m,08 de longueur, on les repique dans des pots d'environ 0m,06 que +l'on enterre sur couche; on les couvre d'une cloche, après quoi l'on +bassine au besoin, et lorsque les boutures sont enracinées, ce qui a +lieu assez promptement, on commence à soulever un peu la cloche, et +l'on augmente graduellement pour l'enlever tout à fait lorsqu'elles +peuvent supporter l'air sans se faner. + +1. _Patates sur couche et sous châssis._--Dans la première quinzaine +de février, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,70 d'épaisseur, +moitié fumier et moitié feuilles. La hauteur de la couche doit être +calculée de telle sorte qu'après qu'elle aura été chargée d'environ +0m,25 de bonne terre mêlée de terreau, le tout ne soit pas à plus de +0m,10 du verre. Après avoir placé les coffres, on pose les panneaux, +et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on plante les +Patates sur deux rangs et à 0m,60 de distance sur la ligne. En les +plantant, il faut avoir soin de bien étendre les racines; car si +elles étaient contournées, cela nuirait essentiellement à la +production des tubercules. Pendant la nuit, on couvre les panneaux +avec des paillassons, puis on remanie les réchauds de temps à autre, +afin d'entretenir la chaleur de la couche; on bassine au besoin et +l'on donne de l'air toutes les fois que le temps le permet. Comme en +grossissant il arrive souvent que les tubercules sortent de terre, +il faut avoir soin de les recouvrir de quelques centimètres de +terre. On peut récolter en mai ou juin au plus tard les Patates +ainsi traitées; on détache les plus grosses, et si l'on recouvre les +racines avec soin, elles ne continueront pas moins de végéter +jusqu'à l'automne. En septembre on suspend les arrosements, afin de +ne point prolonger la végétation, ce qui nuirait essentiellement à +la maturité des tubercules. + +2. _Patates sur couche sourde._--Dans le courant d'avril, on prépare +une couche sourde d'environ 1 mètre de largeur sur 0m,50 +d'épaisseur; on la recouvre de 0m,20 à 0m,25 de bonne terre légère +et substantielle, et vers la fin d'avril ou au commencement de mai +on plante les Patates sur un rang et à 0m,65 l'une de l'autre; on +couvre chaque pied d'une cloche sur laquelle on met un peu de +litière au moment du soleil; au bout de quelques jours on commence à +donner de l'air, en soulevant les cloches pendant le jour, et on +enlève celles-ci lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches. + +Pendant la végétation, les soins se bornent à arroser toutes les +fois qu'il en est besoin. + +Vers la fin d'août ou au commencement de septembre, on trouvera des +tubercules bons à être consommés; mais c'est seulement dans le +courant d'octobre que l'on fait la récolte complète. Il faut la +faire avec beaucoup de précaution, car les Patates qui sont rompues +ou froissées pourrissent promptement. + +3. _Patates en pleine terre._--En mai, on fait de 0m,60 en 0m,60 +des trous de 0m,50 de largeur et de 0m,35 à 0m,40 de profondeur; on +remplit le fond de fumier, on le couvre d'environ 0m,20 de terre +légère et substantielle, et l'on plante trois Patates dans chaque +trou, en les disposant de manière qu'elles se trouvent à environ +0m,8 l'une de l'autre. On arrose, on recouvre d'une cloche, et l'on +ombre au besoin. + +Dans les terres légères et saines, on peut, sous le climat de Paris, +cultiver les Patates simplement en pleine terre, sur buttes de 0,80 +de hauteur ou par planches d'environ 1 mètre de largeur, dont on +recharge le milieu de manière à former un billon sur la crête duquel +on plante un rang de Patates. Après la plantation, on les garantit +des rayons brûlants du soleil jusqu'à une parfaite reprise, après +quoi tous les soins consistent à les arroser au besoin. + +4. _Conservation des Patates._--Le procédé le plus simple pour +conserver les Patates consiste à déposer les tubercules dans un lieu +sec où la température, étant la plus égale possible, ne descende pas +au-dessous de 12 degrés. Par ce moyen, l'on peut facilement +conserver des Patates sans altération jusqu'en février et mars. On +peut aussi conserver les Patates sur place, comme le fait M. +Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, en les couvrant avec +des panneaux vitrés et des paillassons, de manière à empêcher le +froid de pénétrer sous les panneaux. + + =Variétés.=--Blanche, -- jaune, -- rose de Malaga, -- violette. + + +PERCE-PIERRE. _Bacille maritime_, _Fenouil marin_ (_Crithmum +maritimum_).--On la sème aussitôt la maturité des graines ou en +mars, sur couche, pour la repiquer au pied d'un mur, au midi ou au +levant; on la couvre de litière pendant l'hiver, parce qu'elle est +délicate et sensible aux gelées. + +La graine de Perce-pierre ne conserve sa qualité germinative que +pendant un an. + + +PERSIL (_Petroselinum sativum_).--On le sème en rayons, depuis le +mois de février jusqu'en mai et juin; et pour, n'en pas manquer en +hiver, il faut le couvrir de feuilles ou de litière dès l'approche +des gelées. On peut aussi poser des coffres sur des planches +disposées à cet effet, puis on les couvre de panneaux; enfin, en +janvier ou février, on peut semer sur terre, mais sous panneaux; de +cette manière on a du jeune Persil dans la seconde quinzaine de +mars. + +Les graines de Persil mûrissent en août, et elles se conservent +pendant trois ans. + + =Variétés.=--Frisé, -- Nain très-frisé à grosse racine. + + +PIMENT (_Capsicum annuum_).--On le sème sur couche en février ou +mars, en avril sur plate-bande terreautée, pour le repiquer à la fin +d'avril ou au commencement de mai en pleine terre, à bonne +exposition. + +La durée germinative de la graine de Piment est de quatre ans. + + =Variétés.=--Long, -- rond, -- du Chili, -- doux d'Espagne, -- + tomate. + + +PIMPRENELLE (PETITE) (_Poterium Sanguisora_).--On la sème au +printemps ou à l'automne; on en fait ordinairement des bordures qui +sont excessivement rustiques. + +Les graines de Pimprenelle mûrissent en septembre, et elles se +conservent pendant deux ans. + + +PISSENLIT. _Dent de lion_ (_Taraxacum dens leonis_).--Cette plante +est peu cultivée, car on en trouve abondamment dans les prés; +cependant, quand les pissenlits sont semés au printemps, on les +obtient plus beaux et de meilleure qualité, surtout si l'on a soin +de récolter les graines sur les individus dont les feuilles sont les +plus larges. Indépendamment de la salade, qu'ils produisent vers la +fin de l'hiver, on peut en faire blanchir à l'automne. Il suffit, +pour cela, de les recouvrir de 0m,12 à 0m,15 de terreau bien +consommé; et dès qu'ils commencent à percer la couche de terreau, on +les coupe sur le collet de la racine. + +La durée germinative des graines de Pissenlit est de deux ans. + + +POIREAU (_Allium Porrum_).--On commence à semer le Poireau vers la +fin de décembre ou le commencement de janvier, sur couche et sous +panneaux; vers la fin de février ou au commencement de mars, on +repique le plant en pleine terre et il la volée; vers la fin +d'avril, c'est-à-dire lorsque le plant est assez fort, on trace huit +ou dix rangs par planches de 1m,33 de largeur, et l'on repique le +Poireau à 0m,15 de distance sur la ligne. On arrache le plant +nécessaire à la plantation en éclaircissant le semis, et l'on +commence à consommer les pieds restés en place, ce qui donne à ceux +qu'on a repiqués le temps de se former. On peut aussi en semer en +juillet pour repiquer au commencement de septembre; puis, dans la +seconde quinzaine de septembre, on fait un dernier semis, et, comme +toujours, on sème à la volée, mais très-clair, car alors on ne +repique pas. Ce Poireau est bon à récolter en juin. + +Les graines de Poireau sont bonnes à récolter en août, et elles ne +se conservent que pendant deux ans. + + =Variétés.=--Court, -- long, -- monstrueux de Rouen, -- jaune du + Poitou. + + +POIRÉE BLONDE (_Beta vulgaris_).--On la sème en rayons, de mai en +août; et pour avoir toujours des feuilles bien tendres, il faut les +couper souvent et les arroser fréquemment pendant la sécheresse. +Pour n'en pas manquer en hiver, on peut, dès l'approche des gelées, +relever ses racines en motte, pour les planter sur couche; ou bien +on pose des coffres et des panneaux sur des planches disposées à cet +effet. On relève la terre des sentiers, puis on entoure les coffres +d'un réchaud de vieux fumier; ou donne de l'air aussi souvent que +possible. + +La Poirée blonde peut au besoin être mangée comme épinards. + +_Poirée à cardes._--On la sème en pépinière en mai et juin. Lorsque +le plant est assez fort, on le repique immédiatement en place. On +trace trois rangs par planche de 1m,33 de large, et l'on repique à +0m,50 de distance sur la ligne. Pendant la sécheresse on arrose +abondamment, afin d'avoir des cardes grosses et bien tendres. +Pendant les gelées on les couvre de litière, et c'est seulement au +printemps qu'on commence à les récolter. + +Les graines de Poirée mûrissent en septembre, et se conservent +bonnes pendant cinq ou six ans. + + =Variétés.=--À cardes blanches, -- à cardes rouges, -- à cardes + jaune, -- du Chili. La plus remarquable de toutes les Poirées à + cardes par le développement et la riche coloration de ses côtes. + + +POIS (_Pisum sativum_).--Au commencement de novembre, on sème les +premiers Pois sur terre, mais sous panneaux, pour repiquer le plan +également sous panneaux. + +Dans le courant de décembre, on place les coffres qu'on destine à la +plantation et on enlève environ un bon fer de bêche dans chacun, de +manière à avoir 0m,45 à 0m,50 de profondeur sous les panneaux; l'on +dépose la terre dans les sentiers, ce qui sert à accoter les +coffres; après quoi on dresse le terrain, on passe le râteau, et +l'on trace dans chaque coffre quatre rayons d'environ 0m,08 de +profondeur, en ayant soin de les distancer également, mais de +manière à laisser plus d'espace vers le bas du coffre, qui est +naturellement la partie la plus humide. Une fois l'emplacement +préparé, et dès que le plant a 0m,08 ou 0m,10 de hauteur, on le +soulève, afin de ne point rompre les racines en l'arrachant, puis on +le repique par 3 ou 4 ensemble et à environ 0m,20 de distance sur la +ligne. + +Lorsque les Pois ont 0m,20 à 0m,25 de hauteur, on couche toutes les +tiges vers le haut du coffre; et pour les maintenir dans cette +position, on les recouvre d'un peu de terre. Peu de jours après, +l'extrémité des tiges se relève et continue de pousser; ils ne +tardent pas à fleurir; alors on pince toutes les tiges au-dessus de +la troisième ou de la quatrième fleur, afin de les faire fructifier +plus promptement. + +Pendant la nuit on couvre les panneaux avec des paillassons; on +donne de l'air toutes les fois que la température le permet, et l'on +fait quelques bassinages, ce qui doit avoir lieu avec beaucoup de +ménagement, afin de ne point déterminer une végétation trop +vigoureuse, qui nuirait essentiellement à la récolte. + +Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de +panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de +janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la +température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on +les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent +après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt +que les Pois semés en place en novembre et décembre. + +_Pleine terre._--En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans +la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace +des rayons un peu profonds et à 0m,25 les uns des autres. Après le +semis, on couvre les Pois de quelques centimètres de terreau; et +lorsqu'ils ont 0m,15 ou 0m,20 de hauteur, on donne un binage et l'on +remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on couvre les Pois +avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que la température +le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois ont souffert de +la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre, les laisser +dégeler graduellement et ne les découvrir que si le temps se +radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut semer +successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour récolter +en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du semis, +les soins consistent à donner quelques binages, à pincer l'extrémité +des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la quatrième +fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames aux grandes +variétés. On cultive un grand nombre de variétés de Pois; nous ne +citerons seulement que les plus répandues, que nous placerons dans +leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que pour les semis +qui auront lieu en pleine terre avant le mois de février, il faut +prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus hâtif est moins +rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce dernier, semé en +février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé d'automne. + +La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans. + +_Pois à écosser._--Carter, h. 0m,80.--Prince Albert, h. 0m,45.--Ridé +nain hâtif, h. 0m,25.--Michaux de Hollande, h. 0m,90.--M. de Ruelle, +h. 1m.--M. ordinaire, h. 1m,20.--Nain de Hollande, h. 0m,60.--N. à +châssis, h. 0m,20.--N. de Bretagne, h. 0m,36.--N. gros sucré, h. +0m,30.--N. vert anglais, h. 0m,46.--N. vert de Prusse, h. 0m,60.--N. +vert impérial, h. 0m,50.--Bishop à longue cosse, h. 0m,48.--Champion +d'Écosse, h. 0m,60,--de Clamart, h. 1m,30,--de Marly, h. +1m,35,--d'Auvergne, h. 1m,20;--à la moelle de Victoria, h. +1m,50.--Ridé ou de Knight, h. 1m,40.--R. vert, h. 1m,30.--Turc, h. +0m,85. + +_Pois sans parchemin ou Mange-tout._--Nain, h. 0m,75,--à fleurs +blanches, h. 1m,65,--à fleurs rouges, h. 1m,60,--à cosse blanche, h. +1m,45,--à cosse jaune, h. 1m,20.--Géant, h. 1m,90. + + +POMMES DE TERRE (_Solanum tuberosum_).--On ne cultive ordinairement +dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables +par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres +appartiennent essentiellement à la grande culture. + +Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur +couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement +de février. À cet effet, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur, +on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0m,20 de bonne +terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on plante les +pommes de terre à 0m,33 de distance sur la ligne (la variété connue +sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour planter à cette +époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des +paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que possible. Par +ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles dans la +première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et l'on +recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps après. + +_Pleine terre._--En pleine terre, on plante les premières Pommes de +terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation +doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé +de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à +moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait +ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les +Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus +rapprochés les uns des autres que pour les Haricots. + +Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour +planter les Pommes de terre, on dispose la semence par rang sur le +sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et, avec la terre +provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de terre. + +Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec +soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une +maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés. + +Pour avancer l'époque de la récolte, on peut, comme le font beaucoup +de cultivateurs des environs de Paris, faire germer les Pommes de +terre avant de les planter, en les plaçant dans une pièce de +l'habitation. + +Pendant l'été, les Pommes de terre doivent être binées plusieurs +fois, puis buttées lorsqu'elles sont arrivées au terme moyen de leur +développement. Cette opération, considérée comme inutile par les +uns, recommandée par les autres, est, on peut le dire, aussi +nécessaire dans les terres légères qu'elle peut être nuisible dans +les terres humides. + +Depuis quelques années, des essais de plantations d'automne ont été +tentés dans le but de récolter les Pommes de terre beaucoup plus +tôt. + +Malgré tous les soins apportés à cette opération, nous n'avons pas +trouvé jusqu'à présent de différence appréciable dans les résultats +de cette culture, comparés à ceux qu'on obtient en plantant au +printemps, et, à notre avis du moins, il serait préférable, plutôt +que de planter en automne, de rechercher les variétés hâtives qui +peuvent être récoltées avant l'époque où la maladie des Pommes de +terre commence à sévir. + +On récolte dans la première quinzaine de juin les Pommes de terre +hâtives plantées en février; et, comme nous l'avons dit relativement +aux pieds cultivés sur couche, on détache seulement les plus +grosses, et l'on recouvre les racines avec soin, afin de prolonger +la récolte. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut +planter successivement jusqu'à la fin de juin. + + =Variétés.=--_Jaunes rondes._ Naine hâtive, Schaw, régent des + Cordillières. -- _Jaunes longues._ Marjolin, lapston kidney, + marjolin deuxième saison. -- _Rouges rondes._ Truffe d'août, de + Strasbourg, de Montreuil. -- _Rouges longues._ Pousse debout. + Vitelotte. Xavier. -- _Violettes._ Plate hâtive, -- de Vincennes, + -- Smith seedling. + + +POURPIER (_Portulaca oleracea_).--On le sème sur couche en février +et mars, et en pleine terre en mai et pendant tout l'été; il ne faut +presque pas recouvrir les graines; mais on doit les bassiner +assidûment jusqu'à ce qu'elles aient bien levé. + +La durée germinative de la graine de Pourpier est de huit ans. + + =Variétés.=--Pourpier vert, -- Pourpier doré. + + +RADIS (_Raphanus sativus_).--Les premiers semis ont lieu vers le 15 +septembre, sur ados. S'il survient des froids pendant la nuit, on +couvre le plant avec des paillassons. En décembre, on sème sur +couche et sous panneaux; en février, on sème encore sur couche, mais +à l'air libre, puis en mars commencent les semis de pleine terre, +qui peuvent être continués jusqu'en automne. Pour avoir toujours des +radis bien tendres, il faut en semer souvent, et par conséquent en +petite quantité, ce qui fait que, sur couche comme en pleine terre, +on ne les sème ordinairement que parmi d'autres plantes. Les semis +d'été doivent autant que possible, être faits à l'ombre et arrosés +souvent, et pour cette époque on peut semer indistinctement toutes +les variétés; mais sur couche il faut semer de préférence le Radis +rose hâtif ou le rose demi-long. + + =Variétés.=--Blanc hâtif de Hollande, -- violet hâtif, -- rose + rond hâtif, -- rose demi-long, -- rose demi-long à bout blanc, -- + gris d'été, -- jaune ou roux. + + +RAVES.--On les cultive exactement de même que les Radis roses. + +_Radis d'hiver, Raifort._--On les sème à la volée depuis le 1er juin +jusqu'au 10 juillet: comme on sème presque toujours trop dru, il +faut éclaircir le plant. Ces radis peuvent se conserver tout l'hiver +en les mettant en jauge et en les couvrant pendant les gelées, ou +bien en les déposant dans la serre à légumes. + + =Variétés.=--Noir, -- rose de Chine, -- violet de Gournay. + +_Radis serpent_, _Radis queue de rat_ (_Raphanus caudatus_).--Semés +pendant les mois de juin, juillet et août, à 1 mètre les uns des +autres en tous sens, ces Radis prennent en peu de temps un grand +développement et produisent une quantité prodigieuse de siliques que +l'on peut manger comme les Radis ordinaires, dont elles ont +exactement la saveur. + +Les graines de Radis sont bonnes à récolter en août, et elles +peuvent se conserver pendant cinq ans. + + +RAIFORT SAUVAGE (_Cranson_, _Cochlearia armoracia_).--Les racines de +cette plante ont une saveur extrêmement piquante; après avoir été +râpées, elles peuvent remplacer la Moutarde. On le multiplie de +tronçons de racines à l'automne; mais ce n'est guère que la +troisième année que les racines sont de grosseur à être employées. + + +RAIPONCE (_Campanula rapunculus_).--On sème la Raiponce à la volée +en juin et juillet. Comme la graine est extrêmement fine, il faut la +mêler avec du sable ou de la terre fine et très-sèche, car sans +cette précaution le semis serait inégal ou trop dru. On ne recouvre +pas la graine; il suffit de passer le râteau, de fouler le terrain +très-légèrement, après quoi on étend sur le tout un peu de grande +litière, qu'on enlève aussitôt après la levée des graines, dont on +favorise la germination par de fréquents bassinages; assez +ordinairement on sème parmi la Raiponce un peu d'Épinards ou de +Radis, afin de protéger le jeune plant. C'est seulement en février +que l'on commence à récolter les Raiponces, et la récolte peut s'en +prolonger jusqu'à ce qu'elles montent en graines. + +Les graines de Raiponce mûrissent en juillet et août, et elles se +conservent bonnes pendant cinq ans. + + +RHUBARBE (_Rheum_).--On cultive de la Rhubarbe dans les jardins pour +le pétiole de ses feuilles, avec lequel on fait d'excellentes +confitures, ou pour remplacer les fruits que l'on met quelquefois +dans les pâtisseries. + +Elle se multiplie de graines semées aussitôt après la maturité, ou +mieux encore par la séparation des pieds, que l'on divise au +printemps, en ayant soin que chaque éclat soit au moins muni d'un +germe reproducteur; enfin, quel que soit le mode de multiplication, +on les plante à environ 1 mètre de distance, et tous les soins +consistent à couper les vieilles feuilles et à donner chaque année +un binage au printemps. On commence ordinairement à couper les +pétioles vers la fin de mai ou au commencement de juin. + +On récolte les graines de Rhubarbe en juin, et elles se conservent +bonnes pendant trois ans. + + =Variétés.=--Myatt's linnæus, -- Myatt's Victoria, -- prince + Albert. + + +SALSIFIS BLANC (_Tragopogon porrifolium_).--On le sème en mars, +avril et mai, en lignes ou à la volée, en terre profonde et +substantielle, fumée de l'année précédente. Si le temps est sec, on +bassine assidûment le semis, afin de favoriser la levée des graines; +si le plant est trop dru, on éclaircit, puis on donne quelques +binages. + +On commence à récolter les racines en octobre, puis successivement +jusqu'au printemps. Pour n'en pas manquer en hiver, on en met en +jauge vers la fin de novembre, ou bien on les couvre sur place +pendant les gelées. + +Les graines de Salsifis mûrissent en juillet, et elles ne sont +bonnes que pendant un an. + + +SARRIETTE DES JARDINS (_Satureia hortensis_).--On la sème au +printemps, après quoi elle se ressème tous les ans d'elle-même, sans +qu'il soit nécessaire de lui donner aucun soin. + +_Sarriette vivace_ (_S. montana_).--On la multiplie de graines +semées au printemps, ou par éclats des pieds à la même époque. + +Les graines de Sarriette se conservent bonnes pendant trois ans. + + +SCORSONÈRE D'ESPAGNE OU SALSIFIS NOIR (_Scorzonera Hispanica_).--On +la sème soit en août, soit en mars et avril, en ligne ou à la volée: +les soins à donner sont exactement les mêmes que ceux qui sont +indiqués pour le Salsifis blanc; seulement, comme elle monte en +graines la même année, dans le courant de juillet on coupe les tiges +rez terre; et comme rarement les racines acquièrent dès la première +année la grosseur suffisante pour être mangées, il faut recommencer +cette opération l'année suivante. On commence à récolter les racines +en octobre, puis successivement jusqu'au printemps. + +On récolte les graines de Scorsonère vers la fin de juillet sur les +individus de deux ans, et elles se conservent bonnes pendant deux +ans. + + +TÉTRAGONE ÉTALÉE ou ÉPINARDS D'ÉTÉ (_Tetragonia expansa_).--Cette +plante peut très-bien remplacer l'Épinard pendant l'été, car elle +en a complétement la saveur. On la sème sur couche en février et +mars, après avoir fait tremper les graines, et lorsqu'on ne craint +plus les gelées, on repique le plant en pleine terre à environ 0m,60 +de distance en tous sens. Dès que les tiges commencent à couvrir le +sol, on coupe les feuilles et l'extrémité des jeunes pousses. + +Les semences mûrissent en automne, et elles se conservent bonnes +pendant cinq ans. + + +TOMATE ou POMME D'AMOUR (_Solanum lycopersicum_).--On sème les +premières Tomates, dès le mois de septembre, et en pots, que l'on +dépose dans la serre à Ananas, ou sur couche et sous panneaux, pour +les planter sur couche en janvier. Plantées à cette époque, les +fruits commencent à mûrir dès les premiers jours de mai. En janvier +on sème sur couche et sous panneaux; et lorsque le plant est assez +fort, on le repique en pépinière également sur couche et sous +panneaux. Quelques jours après la plantation, on commence à donner +un peu d'air, afin de fortifier le plant. En février ou mars, on +prépare une seconde couche de 0m,50 d'épaisseur, dont la chaleur +soit de 20 à 25 degrés; on la charge de 0m,25 de terreau, après quoi +l'on plante quatre pieds de Tomates sous chaque panneau. Pendant la +nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, on bassine au +besoin, on donne de l'air au moment du soleil; et lorsque les +plantes commencent à se développer, on fait choix de deux branches +sur chacune, puis on les abaisse de manière à empêcher qu'elles ne +touchent à la surface intérieure des panneaux. Pour les maintenir +dans cette position, on les attache à de petits piquets qu'on +enfonce dans la couche à une certaine distance du pied; puis on +supprime les autres rameaux; et lorsque les plantes sont +suffisamment garnies de fleurs, on pince l'extrémité de toutes les +branches. + +À partir de cette époque on supprime avec soin tous les nouveaux +bourgeons, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille +complétement sur les fruits, afin d'avancer la maturité. On sème +encore des Tomates en février et mars, et lorsque le plant est bon à +planter, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur et de 0m,80 de +largeur. On la charge de 0m,25 de terreau, on trace deux rangs, et +l'on plante les Tomates à 0m,80 de distance sur la ligne. On met une +cloche sur chacune et l'on donne de l'air toutes les fois que le +temps le permet; puis on enlève les cloches dès que les gelées ne +sont plus à craindre. Lorsque les plantes commencent à se +développer, on choisit trois ou quatre branches sur chacune, on les +attache à un échalas, et l'on supprime les autres; puis, +lorsqu'elles ont atteint 0m,75 à 1 mètre de hauteur, on en pince +toutes les extrémités, si toutefois les plantes sont garnies de +fleurs, car dans le cas contraire on ne les rabat que lorsqu'elles +sont plus élevées, et, comme nous l'avons indiqué précédemment, on a +soin d'enlever tous les nouveaux bourgeons; on supprime quelques +feuilles, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille +complétement sur les fruits. + +Pour planter en pleine terre, on sème en février et mars, également +sur couche et sous panneaux; on repique le plant en pépinière, et +lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on relève le plant en +motte pour le mettre en pleine terre. + +On trace deux rangs par planche, et l'on plante les Tomates à 0m,80 +de distance sur la ligne. On arrose abondamment pendant les +chaleurs, après quoi la taille et les autres soins sont en tout +semblables à ceux que nous avons précédemment indiqués. + +Les graines de Tomates se conservent bonnes pendant cinq ans. + + =Variétés.=--Rouge hâtive, -- rouge grosse, -- à tige raide ou + monstrueuse, -- jaune, -- poire, -- cerise. + +_Serre à légumes._--On n'a pas toujours un lieu convenable pour +serrer ses légumes, et l'on est souvent obligé d'accepter un hangar +incommode ou bien une cave humide et mal aérée, où les plantes +potagères ne peuvent être conservées sans altération. + +Dans une circonstance semblable, il n'y a rien à faire, et il faut +se résigner à ne garder que de petites provisions; mais quand on +peut disposer d'une cave spacieuse, privée de lumière, et dont l'air +peut être renouvelé à volonté par des portes ou des soupiraux, on se +trouve dans les conditions les plus favorables pour conserver les +légumes. + +La serre à légumes doit être divisée en plusieurs compartiments, +dans lesquels on dépose par lits les végétaux qu'on veut conserver, +en ayant soin de mettre un peu de sable ou de terre sèche entre +chacun. Cette méthode convient aux plantes à racines; quant aux +Choux, Choux-fleurs, Cardons, Chicorée, etc., il faut les arracher +avec leurs racines et les planter dans le sable à un intervalle +suffisant pour éviter un contact qui engendrerait la pourriture. + +On peut par ce moyen conserver jusqu'en avril et mai des légumes de +l'année précédente. + + + + +CHAPITRE XII + +Maladies des Plantes potagères. + + +La connaissance des maladies qui attaquent les plantes potagères est +d'une mince importance, d'autant plus que rarement on peut y porter +remède, et que la nature seule peut amener la guérison. + +Chaque fois qu'un végétal se trouve dans un état pathologique par +suite d'influences ambiantes défavorables qui ont développé en lui +un état morbide, et que ses tissus ne jouissent plus d'assez +d'énergie vitale pour lutter contre le mal, la désorganisation +commence, et l'unique moyen de guérison est un redoublement de soins +pour rendre au végétal sa vigueur première. + +Les parasites qui croissent sur les végétaux malades ne sont pas la +cause du mal; ils en sont tout simplement l'effet. À quoi bon alors +savoir que le _Puccinia Asparagi_ croît sur l'Asperge, le +_Sclerotium varium_ sur le Chou; plusieurs espèces d'_Uredo_ sur le +Céleri, le Haricot, la Pimprenelle et le Poireau; le _Botrytis +effusa_ sur l'Épinard; le _Fusisporium_ sur le Melon; l'_Acrosporium +monilioides_ sur l'Oignon; l'_Erysiphe communis_ sur les Pois; le +_Botrytis infestans_ sur la Pomme de terre, etc.? + +Ce sont là, nous le répétons, des effets et non des causes. + +Dans les saisons froides et humides, à des expositions défavorables, +par suite de l'absence de soins et de précautions, les végétaux +souffrent et tombent malades; mais avec de l'eau, du fumier et des +abris, on peut prévenir tout ce mal, qu'on ne pourrait pas réparer +une fois qu'il existerait. + + + + +CHAPITRE XIII + +Jardin fruitier. + + +Les personnes pour lesquelles nous écrivons ce livre ayant rarement +un jardin fruitier distinct du potager, nous n'avons pas cru devoir +donner des dispositions spéciales pour le verger; nous nous sommes +borné à réunir toutes les notions qu'il importe de posséder pour +tirer un parti avantageux de ses arbres fruitiers. + +Ce chapitre contient les principes généraux de plantation, de +taille, d'ébourgeonnage et de palissage, sans avoir égard aux +différences qui existent entre les arbres de diverses sortes. Nous +traiterons dans des articles spéciaux des soins qu'il convient de +donner à chaque espèce en particulier. + + +§ 1.--Plantation. + +Le succès des plantations dépend de plusieurs conditions qui, +malheureusement, ne sont pas assez observées. La première est de se +rendre compte de la nature du sol, ce qui devra guider pour le choix +des arbres; car un arbre greffé sur un tel sujet languira dans un +terrain où il aurait, au contraire, prospéré, s'il eût été greffé +sur un autre. Le choix des arbres est également très-important, mais +présente bien des difficultés; car les pépiniéristes se préoccupent +si peu de l'avenir des arbres qu'ils élèvent, qu'ils négligent trop +souvent leur éducation première et préparent ainsi bien des +déceptions aux planteurs. Il faut qu'ils soient jeunes et vigoureux, +que l'écorce en soit bien lisse, le sujet toujours bien proportionné +à la greffe, et surtout qu'ils aient été arrachés avec beaucoup de +soin. + +L'époque la plus favorable pour la plantation est aussitôt après la +chute des feuilles, dans les terres légères; mais dans les terres +fortes et humides on ne plantera qu'en février et mars. Avant de +planter, on visitera les racines, et l'on coupera proprement +l'extrémité de toutes celles qui auraient été rompues, sans en +retrancher aucune et en ayant soin de conserver tout le chevelu. Si, +à cette époque, le terrain n'était pas prêt à être planté, ou si la +plantation nécessitait plusieurs journées de travail, il faudrait +faire mettre les plants en jauge par rangées et de manière à +pouvoir les retirer un à un lors de la plantation. Si quelque +circonstance empêchait de planter aux époques indiquées à partir de +la fin de mars jusqu'à l'époque où l'on pourra les mettre en place, +il faudra les relever tous les quinze jours, et les remettre +immédiatement en jauge, puis les arroser. Plus la saison avancera, +plus il faudra prendre de précautions: car ils auront poussé +beaucoup de jeunes racines, qu'il faut avoir soin de ne pas rompre. +Si l'on observe bien ce que nous conseillons, on pourra ne les +planter définitivement qu'en juin. Ces plantations tardives devront +être arrosées pendant les fortes chaleurs; il sera même bien de +mettre un ou deux arrosoirs d'eau dans le trou avant de planter. + +Pour les plantations faites aux époques ordinaires, il faut toujours +que les trous soient faits en automne, même dans les terrains où +l'on ne doit planter qu'en mars; ils devront être larges et +profonds, c'est-à-dire proportionnés au volume des racines, et de +manière qu'elles s'y étendent à leur aise. Dans les terres +très-légères, on obtiendra toujours un bon résultat si, après avoir +fait des trous d'un mètre au moins de profondeur et d'une largeur +proportionnée, on met, au fond, des gazons placés de telle sorte que +les racines soient en dessus. Dans les terres humides et sujettes à +retenir l'eau, il faut aussi faire des trous très-larges et +très-creux, et mettre au fond de menus plâtras; puis on les remplit +jusqu'à la hauteur nécessaire avec de bonne terre mêlée de fumier +consommé; enfin, il vaudrait mieux retarder la plantation de +quelques jours que de planter par la pluie ou dans une terre trop +humide. Quand le moment de la plantation sera venu, on placera +l'arbre au milieu du trou, le plus d'aplomb possible, pendant qu'une +autre personne fera couler la terre bien meuble et fine entre les +racines; puis, pour ne laisser aucun vide, on soulèvera l'arbre +doucement en le maintenant dans sa position verticale. On ne doit +enterrer les arbres que jusqu'au collet, c'est-à-dire à environ +0m,10 au-dessus des racines; et, pour ceux qui sont greffés rez +terre, on ne doit pas les couvrir par-dessus la greffe, afin que, +par suite du tassement des terres, les racines ne se trouvent pas +trop profondément enterrées. Lorsqu'on jugera que l'arbre est à la +hauteur voulue, on couvrira toutes les racines de terres fines, puis +on remplira le reste du trou avec de la terre mêlée de fumier +consommé. Pour fixer l'arbre, on foulera légèrement la terre avec +les pieds, en appuyant davantage sur les bords. On remettra ensuite +de la terre pour achever de remplir le trou. + +Quelques personnes sèment en place des sujets d'arbres fruitiers +destinés à recevoir la greffe, afin d'avoir des arbres plus +vigoureux et qui ne soient pas retardés par la transplantation. Pour +agir ainsi avec succès, il faut bien connaître le sous-sol; car, si +l'on n'avait pas un bon fond de terre, on n'obtiendrait qu'un +très-mauvais résultat. Ces arbres ayant toujours un pivot qui +descend très-profondément, lorsqu'ils atteignent la mauvaise terre, +ils jaunissent et n'ont plus qu'une végétation languissante. + + +§ 2.--Taille. + +La taille des arbres fruitiers est une opération très-importante: + +1º Elle a pour but de distribuer la séve également dans toutes les +parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable; + +2º Elle dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de +meilleure qualité: + +3º Si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues +épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins +longtemps; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle +prolonge l'existence des arbres. + +De toutes les opérations du jardinage, la taille des arbres est la +partie la moins avancée. Sous ce rapport, il serait à désirer que +les praticiens se livrassent à l'étude de la physiologie végétale: +en effet, comment procéder à une opération d'une aussi haute +importance, si l'on ne connaît les fonctions de chacune des parties +d'un arbre? + +Les instruments employés pour la taille sont la _serpette_ et le +_sécateur_. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne +peut pas complétement remplacer la serpette; car son emploi +nécessite beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point +d'appui on occasionne une pression qui meurtrit la branche +au-dessous de la coupe; mais il est très-avantageux pour rabattre +une branche que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour +tailler la Vigne et les Rosiers. + +Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois +nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les +grosses branches. + +On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jusqu'en +mars, et quelquefois même encore au commencement d'avril; mais il +est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque la plus +favorable pour commencer cette opération, car elle varie suivant +l'exposition et la différence de température des années. + +Il serait beaucoup plus naturel d'exécuter la taille dans l'ordre de +la végétation: ainsi, on commencerait par les Abricotiers; puis +viendraient les Pêchers, les Pruniers, les Poiriers, les Cerisiers +et les Pommiers. Mais, par économie de temps, l'usage est de +commencer par les Poiriers et les Pommiers, parce qu'ils craignent +peu les gelées, et que l'on a presque toujours fini de les tailler à +l'époque ou l'on commence à tailler les Pêchers. + +Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et terminer +par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un peu la vigueur; +cependant il faut toujours tailler avant que la séve soit en +mouvement; car plus tard on altérerait beaucoup la santé de ces +arbres, et l'on n'obtiendrait que des pousses très-faibles. + +Il est aussi quelques principes généraux dont il ne faut jamais +s'écarter: + +1º On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un peu +oblique, opposée à l'oeil sur lequel on taille, et à 0m,03 environ +au-dessus, afin que la séve puisse facilement recouvrir la plaie; +c'est aussi pour ce motif que toutes les fois qu'il est nécessaire +de rabattre une branche, il faut la couper le plus près possible de +son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se recouvre +toujours plus facilement. + +2º Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils +poussent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit. + +3º Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se +mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage; car les +fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils +restent ordinairement plusieurs années sans rapporter. + +Nous allons donner la description des différentes parties d'un +arbre, qu'il est essentiel de savoir reconnaître avant de commencer +à tailler. + + +1. _Arbres à fruits à noyaux._ + +Le _tronc_ ou la _tige_ est la partie qui s'élève depuis la racine +jusqu'à la naissance des branches. + +Les _branches mères_ sont ainsi nommées parce que ce sont celles qui +donnent naissance à toutes les autres; elles naissent directement +sur le tronc. + +Les _membres_ sont les branches qui poussent sur le côté des +branches mères, et dont on favorise le développement pour former la +charpente de l'arbre. + +Les _branches de bifurcation_ sont des membres destinés à remplir +les vides qui résultent du prolongement des branches mères et des +membres; il ne faut jamais les établir que sur le troisième ou le +quatrième bourgeon au-dessus de la taille précédente. + +Les _branches à bois_ sont celles qui servent à former la charpente +de l'arbre et le prolongement de chaque membre; elles sont faciles à +reconnaître sur tous les arbres, à leur grosseur et aux yeux dont +elles sont garnies, yeux qui sont toujours minces et pointus. + +Les _branches à fruits_ sont généralement minces et allongées; dans +les Pêchers, l'écorce est verte du côté du mur et rougeâtre du côté +du soleil. Ces branches doivent être renouvelées annuellement, car +elles ne donnent du fruit qu'une fois. + +_Branches de remplacement._--Les branches à fruits du Pêcher ne +produisent que la seconde année, et ne portent fruit qu'une fois, +comme nous venons de le dire. Il est donc essentiel de les remplacer +chaque année, ce qui est très-facile, car chaque branche à fruits a +plusieurs yeux à sa base; il suffit donc, une fois que ces yeux se +sont développés, de choisir le bourgeon le plus vigoureux et le plus +rapproché possible de l'insertion de la branche à fruits et de +supprimer les autres. Ce sont ces nouvelles branches qu'on appelle +branches de remplacement; après avoir porté fruit, elles devront +être remplacées à leur tour, et ainsi de suite. + +_Branches gourmandes._--Sur les arbres en espalier, les gourmands +sont généralement placés sur le dessus des membres. On les reconnaît +facilement à leur large empatement et à leur vigueur, qui est +tellement préjudiciable aux autres branches, qu'il faut en arrêter +le développement par tous les moyens possibles; on ne doit jamais +en voir sur un arbre bien traité. + +Les _bourgeons_ sont de jeunes pousses de l'année; la seconde année, +le bourgeon devient une branche à bois ou à fruits, selon sa +position. + +Les _faux bourgeons_ ou _bourgeons anticipés_ sont ceux qui naissent +entre les feuilles des pousses de l'année. + + +2. _Arbres à fruits à pépins._ + +Les branches à bois ayant à peu près les mêmes caractères sur tous +les arbres à fruits, nous ne parlerons que des boutons dont elles +sont garnies: ceux des Poiriers et Pommiers sont enveloppés d'une +membrane écailleuse; mais ils sont toujours minces et allongés, +comme sur les Pêchers. + +Les _boutons à fleurs_ sont beaucoup plus gros que les boutons à +bois, d'une forme arrondie, et enveloppés d'une grande quantité +d'écailles. + +Les _brindilles_ sont de petites branches minces et allongées, +terminées par un bouton à feuille ou à fleur. Les yeux dont elles +sont garnies sont très-rapprochés, et se transforment facilement en +boutons à fleurs. Elles doivent être conservées, car elles peuvent +donner du fruit pendant plusieurs années. + +Les _lambourdes_ sont des parties essentiellement productives; elles +naissent sur les brindilles, et souvent aussi sur les branches à +bois. Elles sont presque toujours terminées par un bouton à fleur, +qui ne s'épanouit souvent que la seconde année. Les yeux dont elles +sont garnies sont beaucoup plus rapprochés que sur les autres +rameaux, et toujours très-disposés à fructifier. Elles restent +plusieurs années avant d'atteindre tout leur développement, sont +beaucoup plus grosses à leur base qu'à leur extrémité, et +recouvertes d'une écorce ridée circulairement dont les plis +deviennent plus profonds en vieillissant. + + +§ 3.--Ébourgeonnage. + +On commence cette opération dès le mois de mai, et on la continue +pendant tout le temps de la végétation; elle consiste à supprimer +les bourgeons mal placés, qu'il faudrait enlever à la taille +suivante. L'ébourgeonnage a lieu sur les branches des années +précédentes, et pour le faire on peut employer l'outil nommé +_ébourgeonneur_. + +Quant à celui qui a lieu sur les bourgeons de l'année, comme il +consiste à enlever les faux bourgeons, on le fait avec l'ongle. Dans +un cas comme dans l'autre, il faut supprimer sur les arbres en +espalier les bourgeons placés sur le devant et le derrière des +branches, et ceux des côtés qui seraient trop rapprochés les uns des +autres; et sur les autres arbres on enlève les bourgeons placés sur +le dessus et le dessous des membres, ainsi que ceux qui seraient +trop rapprochés. + +On doit commencer cette opération dès que les bourgeons à supprimer +auront de 0m,02 à 0m,03 de longueur, afin que la séve qui sera +nécessaire à leur végétation, si l'on attendait plus tard, tourne +immédiatement au profit de ceux qui doivent être conservés. + + +§ 4.--Palissage. + +Le palissage consiste à fixer les bourgeons des arbres en espalier +sur des treillages ou sur les murs, et pour cela on se sert d'osier +et de jonc pour palisser sur le treillage, de loques et de clous sur +les murs qui sont assez tendres pour qu'on puisse les y enfoncer +facilement[10]. + +[Note 10: Une échelle étant toujours indispensable pour cette +opération, nous conseillons celle de M. Forest. Les arcs-boutants +décrivent un arc de cercle qui empêche, lorsque les pieds de +l'échelle entrent dans le sol, d'endommager les branches sur +lesquelles elle porte.] + +L'époque où il faut commencer le palissage est indiquée par le +développement des bourgeons; c'est ordinairement en juin qu'il est +essentiel de s'en occuper, pour ne finir que vers la fin de la +saison. On doit commencer en suivant l'ordre du développement des +bourgeons; car le but de cette opération est non-seulement de fixer +les bourgeons dans la crainte qu'ils ne soient rompus par le vent, +mais encore de ralentir la vigueur des plus avancés en les palissant +plus tôt que les autres. Il faut toujours, en palissant, placer les +bourgeons en ligne droite, à égale distance et sans jamais les +croiser l'un sur l'autre. C'est en faisant le premier palissage +qu'il faut supprimer les fruits mal placés et éclaircir ceux qui +sont trop serrés et qui se nuiraient réciproquement. + + +§ 5.--Fruitier. + +La plupart des personnes qui cultivent les arbres à fruits +choisissent pour leur fruitier la pièce la plus saine de leur +habitation, et quelquefois même la première venue. Aussi rien +n'est-il regardé comme plus difficile que la conservation des +fruits. Il est certaines conditions qu'on observe généralement fort +peu, et qui sont cependant indispensables. + +Pour conserver les fruits le plus longtemps possible et avec le plus +de chances de succès, il faut disposer pour cet usage un local +spécial, à demi enterré, à une exposition où la température soit le +moins susceptible de varier et où l'air et la lumière puissent être +renouvelés ou interceptés à volonté. On y dispose des tablettes de +0m,50 à 0m,60 de largeur, munies d'un rebord pour empêcher les +fruits de tomber, et on les couvre d'un lit de paille neuve, fine, +sèche et sans odeur. + +C'est dans ce local qu'on place par espèces les fruits que la saison +avancée empêche de laisser sur les arbres, et qui doivent mûrir à +des époques plus ou moins éloignées. Il faut, quelques jours avant +de les placer définitivement dans le fruitier, les trier avec soin, +pour en séparer ceux qui ne valent pas la peine d'être conservés, et +les laisser se ressuyer. Quand le fruitier sera garni et bien sec, +on le fermera à l'air et à la lumière, et tous les soins se +borneront à visiter les fruits une ou deux fois par semaine. + +Les Raisins se conservent sur les tablettes comme les autres fruits, +ou plutôt suspendus au plafond; mais ils exigent une surveillance +scrupuleuse, et sont généralement d'une conservation assez +difficile. + +Les personnes qui attachent un grand prix à la conservation de leurs +fruits peuvent faire garnir de bois toutes les parois des murailles +de leur fruitier, et elles augmenteront les chances de conservation. +On pourrait aussi placer de la chaux vive sur les derniers rayons, +en ayant soin de la renouveler toutes les fois qu'elle serait +éteinte. Par ses propriétés siccatives, cette chaux conservera +l'atmosphère toujours sèche. + +Le moyen que nous indiquons est le seul employé par les +fruitiers-orangers; toutes les recettes de conservation sont ou peu +sûres ou tout à fait impraticables, et nous conseillons de se +contenter d'un fruitier, en observant les conditions de conservation +que nous indiquons ici. + + +§ 6.--Culture des meilleures espèces de fruits. + +ABRICOTIER (_Armeniaca vulgaris_).--Tous les terrains conviennent +aux Abricotiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. On les +greffe ordinairement sur le Prunier Saint-Julien; mais, comme dans +les terres fortes ils poussent très-vigoureusement et fructifient +peu, il faut en ce cas les prendre greffés sur le Prunier Cerisette, +qui pousse beaucoup moins que le Saint-Julien. + +Les fruits des Abricotiers en plein vent étant beaucoup plus +parfumés que ceux des arbres en espalier, on ne plante ordinairement +que quelques-uns de ces derniers, pour avoir des fruits mûrs un peu +plus tôt, ou dans les localités où ils mûrissent mal en plein vent. +On plante les Abricotiers à haute tige à environ 6 mètres l'un de +l'autre. Après avoir donné une bonne direction aux jeunes arbres, il +sera encore nécessaire de les tailler chaque année; car sans cela +les branches se dégarniraient facilement du bas; mais par une taille +raisonnée et faite à propos on forcera facilement la séve à refluer +dans les parties inférieures; on traitera de même les arbres à haute +tige, et de plus on retranchera toutes les branches qui se +dirigeraient vers l'intérieur, afin que l'air puisse circuler +facilement. On peut rajeunir les Abricotiers en rabattant les +grosses branches; on choisit pour les remplacer les jeunes jets les +plus vigoureux et les mieux disposés. + +On n'avance que difficilement la maturité des Abricotiers; +néanmoins, dans le cas où l'on voudrait l'essayer, il faut ne leur +donner que très-peu de chaleur et ne commencer à les chauffer qu'en +février. + + =Variétés.=--Précoce ou Abricotin, -- Angoumois, -- Commun, -- de + Hollande, -- Alberge, -- Pêche. + + +AMANDIER (_Amygdalus communis_).--C'est sur la variété commune que +se greffent les Amandiers cultivés, et l'on ne les plante guère +qu'élevés en plein vent, où ils n'exigent aucun soin. Néanmoins, +dans le Nord, il est nécessaire de les planter en espalier, à une +bonne exposition, et dans cette circonstance ils doivent être +taillés. + +L'Amandier fleurit souvent dès le mois de février; c'est à cause de +cela qu'on le place assez ordinairement dans les jardins d'agrément. + + =Variétés.=--Amandier à gros fruits, -- Amandier de Tours, -- + Amandier Princesse ou des Dames, à coque tendre. + + +CERISIER (_Cerasus_).--Les Cerisiers ne sont pas difficiles sur le +choix du terrain: on greffe les Cerisiers à haute tige sur le +Merisier, et pour les autres formes sur le Sainte-Lucie. + +Pour avoir des fruits un peu plus tôt, on peut planter quelques +Cerisiers anglais en espalier ou en former des quenouilles qui +produisent beaucoup; mais on plante plus souvent des arbres à haute +tige, qui produisent toujours davantage. Si on les place en lignes, +il faut les mettre à environ 6 mètres l'un de l'autre. Il n'est +nécessaire de les tailler que pendant les premières années, pour +former la charpente de l'arbre; et pour les espaliers et les +quenouilles, une fois formés, il faut ne leur supprimer que le moins +de branches possible. On se bornera à donner une bonne direction à +chaque membre, à mesure qu'ils prendront de l'étendue. Quand les +Cerisiers cessent de donner du fruit, on peut facilement les +rajeunir en rabattant les grosses branches près de leur insertion; +ils en fournissent promptement de nouvelles, avec lesquelles on +formera une autre tête. + +_De la culture forcée du Cerisier._--Pour avancer la maturité des +arbres fruitiers, il faut avoir égard à la température moyenne de +l'époque où chaque espèce commence à végéter, à entrer en fleur, et +enfin à celle qui règne ordinairement à l'époque de la maturité des +fruits, afin que, dans un espace de temps qui doit toujours être +moins long que dans l'état naturel, on fasse subir aux arbres les +différentes modifications de chaleur par lesquelles ils passent +ordinairement; car, dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent +fructifier qu'après avoir accompli toutes les phases de la +végétation. + +On peut avancer la maturité des Cerisiers en espalier en plaçant +devant eux des châssis vitrés, ou, mieux encore, en plantant en pots +à l'automne des Cerisiers nains, de l'espèce anglaise ou royale, +qui sont ceux qui réussissent le mieux. Ils doivent être le plus +ramifiés possible. On enterre les pots à bonne exposition, et, +l'année suivante, en janvier, on les met dans une serre vitrée, où +il suffira d'entretenir la température à 12 ou 14 degrés. On donnera +de l'air au moment du soleil. On pourrait même les réunir aux +Pruniers et leur donner les mêmes soins. En les mettant dans la +serre à l'époque indiquée, les fruits sont ordinairement mûrs au +commencement d'avril. On peut ainsi les chauffer plusieurs années de +suite. + + =Variétés.=--Anglaise, -- Royale, -- Reine-Hortense, -- Belle de + Choisy, -- de Portugal, -- Belle magnifique, -- du Nord tardive, + -- grosse, -- Guigne noire, -- Guigne ambrée, -- Gros bigarreau + noir. + + +COIGNASSIER (_Cydonia communis_).--On cultive généralement les +Coignassiers pour recevoir la greffe du Poirier. La plantation doit +avoir lieu à l'époque indiquée pour ces derniers. On n'en élève que +peu comme arbres fruitiers; cependant les fruits en sont très-beaux, +mais l'odeur qu'ils répandent lorsqu'ils commencent à mûrir déplaît +généralement et force à reléguer ces arbres loin des habitations. +Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de choisir le terrain comme +quand ils servent de sujets à greffer les Poiriers; car alors ils +viennent bien partout, même dans les endroits humides. + +On n'a pas besoin de tailler les Coignassiers; il suffit d'enlever +le bois mort. La seule variété cultivée n'est guère que celle de +_Portugal_, greffée sur le Coignassier commun, et dont les fruits +mûrissent en octobre. + + +ÉPINE-VINETTE (_Berberis_).--L'Épine-Vinette croît dans les sols les +plus arides, et donne à l'automne des fruits dont on fait +d'excellentes confitures. + + +FIGUIER. (_Ficus Carica_).--Tous les terrains conviennent aux +Figuiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Il ne faut +planter ces arbres qu'à la fin de mars ou dans le courant d'avril; +et, comme ils sont d'une reprise assez difficile, il faut les +planter en mottes ou les élever en pots. On les mettra de préférence +près d'un mur et à l'exposition la plus chaude; il serait même +préférable, dans certains endroits, de les mettre en espalier et de +les palisser comme les autres arbres. Mais, sous quelque forme que +l'on élève les Figuiers, il faut les couvrir en hiver afin de les +préserver de la gelée. Vers la fin de novembre on réunit toutes les +branches et on les enveloppe de paille maintenue par des liens. +Lorsque les tiges sont jeunes et peu élevées, on les abaisse sur le +sol et on les y maintient par des crochets de bois; puis on les +couvre de 0m,15 de terre ou de paille, pour ne les découvrir qu'à la +fin de mars. Quelle que soit la manière dont on les abrite, il faut +avoir grand soin de garantir le pied, et, dans le cas où les tiges +seraient atteintes par la gelée, on les couperait au niveau du +collet, opération que l'on pourrait faire aussi quand ils sont +devenus trop forts. Ils repoussent rapidement de nouvelles tiges, +qui donnent du fruit la seconde année. + +Les Figuiers produisent ordinairement deux récoltes; mais sous notre +climat il est extrêmement rare que celle d'automne mûrisse; nous ne +parlerons donc que de la première, qui mûrit en juillet et août. +Pour favoriser le développement des fruits et en avancer la +maturité, on pincera en juin le boutoir terminal des branches +portant des fruits, ce qui empêchera ces derniers de tomber avant la +maturité. Les Figuiers ne se taillent pas, car les amputations leur +sont très-préjudiciables, à cause de la grande quantité de séve +qu'ils perdent chaque fois. On se contentera donc, au printemps, de +couper les branches mortes et de rabattre celles qui sont trop +maigres pour donner du fruit. Cependant, s'ils poussent trop +vigoureusement, on pincera l'extrémité des branches, moyen employé +souvent avec avantage pour les faire fructifier. On en cultive un +grand nombre de variétés dans le Midi; mais à Paris on n'en cultive +guère avec succès que deux, la _blanche ronde_ et la _violette_. + +_De la culture forcée du Figuier._--En janvier, on recouvre les +Figuiers d'une petite serre mobile, et on commence à les chauffer à +15 degrés; puis on élève progressivement la chaleur jusqu'à 25 +degrés sans inconvénient, et dans les premiers jours de mai, on +obtient des fruits mûrs. + +Nous ne parlerons que fort brièvement d'un procédé tombé chez nous +en discrédit et sur le compte duquel on commence à revenir: nous +voulons parler de la _caprification_. Des faits récents semblent +prouver que cette opération n'est pas aussi inutile qu'on l'a +prétendu, bien qu'elle ne soit pas indispensable pour la fécondation +des Figuiers. Elle augmente le nombre des fruits, qui viennent plus +sûrement à maturité. En l'absence des insectes fécondateurs qu'on +trouve dans le fruit du Figuier sauvage, dont on suspend une branche +sur le Figuier qu'on veut caprifier, on peut se borner à piquer +l'oeil de la Figue avec une aiguille trempée dans de l'huile +d'olive, et attendre le résultat. Cette opération, que nous livrons +à nos lecteurs pour ce qu'elle peut valoir, a au moins l'avantage de +ne pas compromettre les fruits sur lesquels l'essai a été fait. + + +FRAMBOISIER (_Rubus Idæus_).--Les Framboisiers viennent partout; +mais ils préfèrent un terrain frais, léger et bien amendé, car ils +épuisent considérablement la terre, et il est nécessaire, pour en +avoir de beaux fruits, de leur mettre au pied, à l'automne, des +terres neuves ou des engrais consommés. + +On les plante en automne, ou bien en février et mars, selon les +variétés, à environ 1 mètre de distance. Après la plantation, on les +rabattra à environ 0m,15 de hauteur. + +Chaque année, en juin, on choisira sur chaque touffe les cinq ou six +plus beaux bourgeons, et l'on coupera les autres. Cette suppression +tournera à l'avantage des tiges qu'on aura laissées, et les fruits +qu'elles produiront seront beaucoup plus beaux; ils mûrissent en +juillet. + +En mars, on coupera rez terre les tiges qui ont porté fruit, et l'on +taillera les autres plus ou moins long, selon leur vigueur. Il +faudra, suivant le terrain et les soins qu'ils auront reçus, les +changer de place tous les quatre, cinq ou six ans. + + =Variétés.=--Framboisier rouge, -- Fr. à fruit couleur de chair, + -- Fr. blanc, -- Fr. des quatre saisons. + + +GROSEILLIER À GRAPPES (_Ribes rubrum_).--Les Groseilliers, quoique +peu difficiles sur le choix du terrain, produiront des fruits plus +beaux et de meilleure qualité dans les terres douces et fraîches, +sans excès d'humidité, que dans les autres sols. On peut leur donner +toutes les formes que l'on veut; mais il est préférable, en raison +de la taille à laquelle ils doivent être soumis, de les élever en +touffes. + +Les Groseilliers à grappes peuvent être mis en espalier, et ils +mûrissent ordinairement leurs fruits de juin en juillet; mais on +peut facilement en avancer la maturité en plaçant des châssis devant +eux. + +On les plante a environ 1m,30 l'un de l'autre, à l'automne ou en +février, selon la nature du terrain. + +On les taille en février: la première année, on les taille court, +afin de favoriser le développement des yeux du bas; mais pour les +tailles successives on devra tailler plus long, et toujours se +rappeler que les Groseilliers ne donnent abondamment de fruits que +sur le bois de deux ans. + +On laissera successivement se développer, chaque année, les +branches nécessaires pour former une belle touffe, et l'on aura soin +d'enlever les bourgeons qui partent du pied, puis de rabattre les +grosses branches à mesure qu'elles atteignent leur sixième année (ce +qu'il sera facile de voir en comptant les pousses de chaque année); +car alors elles deviennent trop élevées, se dégarnissent du bas et +ne donnent plus que des fruits de qualité médiocre; après quoi on +remplacera chaque branche retranchée par un jeune bourgeon. + +_De la culture forcée du Groseillier._--On peut facilement chauffer +les Groseilliers à grappes sur place, s'ils sont plantés en +contre-espalier; plantés en pots, on pourra les traiter comme les +Cerisiers. + + =Variétés.=--Groseillier à fruit rouge, -- Gr. blanc, -- Gr. + couleur de chair, -- Gr. cerise, -- Gr. Gondouin, -- Gr. Queen + Victoria. + + +GROSEILLIER À FRUIT NOIR, CASSIS, POIVRIER (_R. nigrum_).--On le +traite exactement comme le Groseillier ordinaire; seulement on peut +le rabattre plus souvent, car le bois d'un an porte fruit. + + +GROSEILLIER ÉPINEUX OU À MAQUEREAU (_R. uva crispa_).--On a obtenu, +par la voie du semis, un nombre considérable de variétés du +Groseillier à maquereau dont plusieurs sont remarquables par la +grosseur de leurs fruits. + +Pour avoir toujours de beaux fruits, il faut démonter les branches +qui produisent depuis trois ans. + + +MÛRIER (_Morus_).--Les Mûriers sont des arbres très-rustiques qui +s'accommodent de presque tous les terrains, même de ceux de médiocre +qualité, excepté de ceux qui sont constamment humides. Quelle que +soit l'espèce, il ne faut pas la planter avant le mois de février, +ni en retrancher aucune branche; après quoi tous les soins +consistent à donner quelques binages. + +Comme arbre à fruit, on ne cultive guère que le Mûrier noir, dont +les fruits mûrissent de juillet en septembre. Il ne se taille pas, +et l'on se borne à retrancher le bois mort. Lorsque ces arbres sont +trop vieux et qu'ils ne donnent plus que de petits fruits, il faut +les rabattre, c'est-à-dire rabattre les branches à quelques +centimètres du tronc; ils produiront de jeunes jets très-vigoureux +qui ne tarderont pas à se mettre à fruit. + +Le Mûrier blanc est cultivé comme arbre d'agrément, mais plus +particulièrement encore pour recevoir la greffe des espèces à larges +feuilles cultivées pour la nourriture des vers à soie. + +L'époque la plus favorable pour les greffer est la fin d'avril, et +la variété la plus avantageuse, parmi celles qui sont cultivées pour +l'usage indiqué plus haut, est le Moretti, dont les feuilles sont +très-larges et de beaucoup préférables à celles du Multicaule. Sa +rusticité est au moins égale à celle du Mûrier blanc ordinaire. Il +se reproduit très-bien de graines semées au printemps. + +On élève les Mûriers en baliveaux ou en touffes, dont on peut faire +des haies qui, bien conduites, produiront beaucoup de feuilles. + +Il est préférable de couper les branches dont on veut prendre les +feuilles pour la nourriture des vers; mais il faut avoir soin de +laisser toutes les petites branches, et de n'en pas détacher les +feuilles, afin de ne pas intercepter complétement la circulation de +la séve. À la fin de juin ou au commencement de juillet, enfin +aussitôt qu'on aura fini de nourrir les vers, on taillera +immédiatement les Mûriers, afin que les pousses qui se développeront +à la séve d'août prennent assez de force pour résister aux gelées. + + +NÉFLIER (_Mespilus Germanica_).--Les Néfliers réussissent très-bien +partout, même dans les terrains très-frais. On les plantera en +automne, à moins que la nature du sol ne le permette pas; comme les +fruits viennent à l'extrémité des branches, ces arbres ne doivent +pas être taillés; il serait d'ailleurs impossible de leur donner une +forme régulière. + +On plantera de préférence le _Néflier à gros fruits_. + +Il faut cueillir les fruits en octobre et novembre, et les étendre +sur la paille ou sur des tablettes, où ils mûrissent. + + +NOISETIER (_Corylus_).--Les Noisetiers sont très-rustiques, et +doivent être plantés en automne; ils viennent dans tous les terrains +et à toutes les expositions. On les élève en touffes ou à tiges, et +ils fructifient aussi bien dans un cas que dans l'autre. + +Les fruits mûrissent en août et septembre, et tombent aussitôt après +leur maturité. + +Plusieurs espèces ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins +d'agrément. + + =Variétés.=--Noisetier à fruit rouge, -- N. grosse aveline de + Provence, -- N. avelinier rouge, -- N. à fruits en grappes. + + +NOYER (_Juglans regia_).--Les Noyers méritent sous plusieurs +rapports d'être cultivés; cependant on leur accorde rarement une +place dans les jardins, à cause de l'espace qu'ils couvrent (il faut +entre les pieds au moins 20 ou 30 mètres) et de l'étendue de leurs +racines, qui épuisent la terre et nuisent beaucoup aux cultures +environnantes. Ils aiment une terre douce, substantielle et +profonde. Ils supportent assez bien la transplantation lorsqu'ils +sont jeunes et qu'on y apporte beaucoup de soin; il faut surtout +éviter de rabattre en les plantant, ce qui nuirait beaucoup à leur +élévation. + +Il y a avantage à les semer en place. Dans ce cas, il faut choisir +les noix les plus belles et les plus mûres de la variété que l'on +veut semer, et à l'automne on les met en terre ou bien on les fait +stratifier dans du sable pour ne les semer qu'au printemps. Ils +fructifieront au bout de six à huit ans de semis. + +Si l'on voulait changer la variété que l'on a semée, ou si l'on +craignait qu'elle ne se reproduisît pas identiquement lorsque les +sujets auront atteint environ 1 mètre de hauteur et 0m,03 de +diamètre, il faudra, au printemps, les greffer, soit en fente, soit +en anneau; ils prendront alors un peu moins de développement. + +Les Noyers n'ont pas besoin d'être taillés; seulement, quand ils +sont vieux, il arrive souvent que l'extrémité des branches meurt; il +faut alors les rabattre à environ 0m,60 du tronc, et il se forme une +nouvelle tête. + + =Variétés.=--Noyer à coque tendre, -- N. tardif,-- N. à bijoux + (pour la grosseur des fruits). + +Il y a une nouvelle espèce très-intéressante, connue sous le nom de +_Juglans præparturiens_. Elle s'élève peu et donne des fruits de +bonne qualité dès la seconde année de semis. + +Les noyers mûrissent leurs fruits vers la fin de septembre ou le +commencement d'octobre; mais on peut les manger en cerneaux dès la +fin de juillet. + +On cultive aussi comme arbres d'ornement plusieurs espèces de Noyers +d'Amérique. + + +PÊCHER (_Amygdalus Persica_)[11].--Dans les terrains profonds, on +plantera de préférence des Pêchers greffés sur Amandier; mais dans +ceux qui n'ont qu'une couche peu épaisse de bonne terre, et dont le +fond serait de tuf ou de glaise, il faut planter des arbres greffés +sur Prunier, car ils ont des racines traçantes qui se contentent +d'une terre moins profonde. + +[Note 11: Nous ne parlerons que des Pêchers en espalier, car les +Pêchers en plein vent ne réussissent réellement bien que dans nos +départements méridionaux.] + +On peut établir des espaliers de Pêchers à toutes les expositions; +seulement, au nord et à l'ouest, on plantera des variétés hâtives, +et on leur donnera un peu moins d'écartement qu'aux autres +expositions. La distance ordinaire est de 8 à 10 mètres, suivant la +forme qu'on leur donne et la nature du terrain. On peut planter dans +l'intervalle un Poirier, qui donne des fruits en attendant que le +développement des Pêchers en amène la suppression. + +Il est presque toujours préférable de planter des Pêchers greffés de +dix-huit mois; ils ont, avec un concours de circonstances +favorables, plus de chances de succès que ceux qu'on plante tout +formés, c'est-à-dire ayant déjà subi plusieurs tailles. Il faut +avoir soin, en plantant, de placer les plus fortes racines par +devant, et il faut que le collet de l'arbre soit à environ 0m,15 du +mur sur lequel la tige est inclinée. + +(Pour l'époque de la plantation et les autres précautions, voir +l'article _Plantation_, page 182.) + +Pour entretenir la vigueur des arbres, il est nécessaire de fumer la +plate-bande où sont les Pêchers; mais il n'est pas possible de +déterminer le temps qui doit s'écouler entre deux fumures, car cela +dépend de la nature du terrain. On emploiera de préférence des +terres neuves, des gazons ou des fumiers à moitié consommés. Dans +les années où il sera nécessaire de fumer les Pêchers, il faudra les +tailler plus long, et chaque année, après la taille, il faudra +donner un binage au pied des arbres. + +En juillet et août, à l'aide de la pompe à main, on arrosera les +feuilles des Pêchers. Cette opération est très-utile; mais elle ne +doit se faire que lorsque le soleil ne donne plus sur l'espalier. + +La température élevée de cette époque oblige souvent d'arroser le +pied des Pêchers; on doit alors donner un binage et former autour de +chaque arbre un bassin qu'on remplira de fumier court, qui conserve +plus longtemps l'humidité. + +Il faut, aussitôt après la plantation, fixer d'une manière positive +la forme sous laquelle on veut élever ses Pêchers; et, sans nous +arrêter à discuter les avantages et les inconvénients des autres +modes de culture, nous nous bornerons à indiquer celui qui est en +usage à Montreuil, comme le plus simple et l'un des plus avantageux. +Pour arriver à un bon résultat, nous conseillons de tracer un quart +de cercle sur le mur (_fig._ 17), où nous indiquerons chaque année +la place que les branches principales devront occuper suivant leur +développement. + +_Première année._ On coupera après la plantation la tige des jeunes +Pêchers dont nous recommandons l'emploi à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus +de la greffe. Ce qui détermine le développement de plusieurs +bourgeons. + +_Ébourgeonnage._--Quand les bourgeons auront de 0m,25 à 0m,30 de +longueur, on choisira les deux plus vigoureux, un de chaque côté, +pour former les deux branches mères _b_ (_fig._ 14), puis on +supprimera les autres. + +_Palissage._--Dans la crainte qu'elles ne soient cassées, on les +attachera, mais de manière à ne pas les gêner dans leur +développement. Si l'un des deux bourgeons était plus vigoureux que +l'autre, il faudrait l'incliner davantage, afin de rétablir +l'équilibre de la séve, principe dont il ne faudra jamais s'écarter; +car de là dépend tout l'avenir de l'arbre. + +_Deuxième année._--En février, c'est-à-dire lorsque la séve commence +à gonfler les boutons, et non pas lorsqu'ils sont en fleur, comme +quelques personnes le conseillent, après avoir dépalissé l'arbre, ou +devra nettoyer le mur ainsi que les membres sur lesquels on +trouverait des gallinsectes, ce qu'il faudra faire chaque année; +après quoi on coupera le chicot _a_ (_fig._ 14), et on couvrira la +plaie avec de la cire à greffer. + +Les branches mères _b_ seront taillées à 0m,35 ou 0m,40 de longueur, +selon la forme de l'arbre immédiatement au-dessus de l'oeil destiné +à prolonger les branches. À défaut de l'oeil de devant, on peut +prendre celui de dessus, ce qui devra être observé à chaque taille. +Arrivé à ce point, le développement des branches mères permet +d'établir une branche sous-mère inférieure de chaque côté de +l'arbre, au moyen des yeux latéraux placés à la base des branches +mères. + +[Illustration: Fig. 14.--Pêcher, 2e année.] + +Lorsqu'on attachera les deux branches mères _b_, on leur donnera +environ 10 degrés d'ouverture. + +_Ébourgeonnage._--Dans le courant de mai, on enlèvera avec l'ongle, +ou bien avec la pointe d'une serpette, tous les bourgeons qui se +trouvent trop rapprochés les uns des autres, ceux qui font double et +triple emploi par suite du développement des yeux, doubles et +triples, si nombreux sur les Pêchers; ceux placés sur le devant ou +le derrière des branches; tous ceux, enfin, qu'il faudrait supprimer +à la taille afin de favoriser tout spécialement le développement +des bourgeons qui doivent fournir les secondes branches sous-mères +inférieures. + +Forcé de faire un choix, on supprimera de préférence le bourgeon du +milieu des yeux triples, qui, toujours plus vigoureux que les +autres, pourrait être plus tard une cause d'embarras. Quant aux +autres bourgeons, on ne conservera, dans un cas comme dans l'autre, +que le mieux placé des deux. + +La raison qui fait supprimer le bourgeon le plus vigoureux des yeux +ordinaires fait que l'on doit conserver ce même bourgeon en +ébourgeonnant l'oeil terminal de chaque branche; car, destiné à +prolonger la branche, ce bourgeon doit toujours dominer les autres. + +Plus tard, on supprimera également les faux bourgeons, et l'on +pincera au-dessus de la septième ou huitième feuille ceux que l'on +croira devoir conserver. + +À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on continue l'ébourgeonnage +successivement jusqu'en juillet, puis on pince avec l'ongle +l'extrémité de tous les bourgeons dont il est nécessaire de modérer +le développement. + +_Palissage._--À mesure que les bourgeons se développeront, on les +palissera; mais cette opération nécessite beaucoup de soin, car les +bourgeons sont tellement tendres qu'ils cassent net si l'on ne prend +beaucoup de précautions pour les amener à la place qu'ils doivent +occuper. On leur donnera toujours la position la plus directe +possible, afin que la circulation de la séve ne soit ralentie par +aucun obstacle, et il faut toujours éviter de croiser les bourgeons +l'un sur l'autre. + +_Troisième année._--À l'époque de la taille, et avant de dépalisser +l'arbre, on examinera la végétation de chaque membre, et l'on jugera +s'il ne serait pas nécessaire, en taillant, de rétablir l'équilibre +de la séve dans le cas où un membre serait beaucoup plus vigoureux +que l'autre. + +On coupera les branches mères _b_ (_fig._ 15) à peu près à 0m,40 ou +0m,50 de longueur, suivant leur vigueur, en ayant soin que l'oeil +sur lequel on taillera soit placé de manière à les prolonger le plus +directement possible, ce qu'il faudra observer à chaque taille et +pour chaque branche. + +[Illustration: Fig. 15.--Pêcher, 3e année.] + +On taillera les branches sous-mères selon leur force, mais toujours +un peu plus longues que les branches mères; tous les bourgeons de +l'année précédente, qui garnissent les branches à bois, seront +taillés à deux ou trois yeux de leur insertion, afin d'avoir l'année +suivante autant de branches fruitières que la vigueur de l'arbre +permettra d'en laisser; puis on supprimera tous les bourgeons qui +seraient mal placés. + +Si les bourgeons placés à la base des branches mères sont +très-vigoureux, il faudra les tailler court, afin de déterminer le +développement des branches à fruits; mais dans le cas contraire, on +les taillera à cinq ou six yeux. + +On donnera aux branches mères, en les rattachant, environ 25 à 30 +degrés d'ouverture, si elles sont de même force; dans le cas +contraire, il faudrait donner une position plus verticale à la moins +vigoureuse, ce qu'il faudra encore observer chaque année. + +_Ébourgeonnage._--On enlèvera les bourgeons et les faux bourgeons +qui seraient mal placés, en prenant les mêmes précautions que +l'année précédente. + +On favorisera le développement des bourgeons placés à la base des +branches mères, qui doivent fournir les premières branches +sous-mères supérieures; ce qu'il faudra également faire, pour les +bourgeons des branches fruitières les plus rapprochés de la branche +principale: car ce sont eux qui doivent, à la taille suivante, +remplacer les branches fruitières; pour le reste de l'ébourgeonnage, +il faudra observer ce qui a déjà été dit. + +_Palissage._--Lorsque les bourgeons auront environ de 0m,25 à 0m,30 +de longueur, on les palissera, en commençant toujours par les plus +vigoureux. + +_Quatrième année._--Après avoir, comme chaque année, dépalissé +l'arbre, on taillera plus ou moins longues, suivant leur vigueur, +l'extrémité des branches mères _b_ (_fig._ 16), au point 3, par +exemple. + +On taillera également les branches sous-mères inférieures suivant +leur force, et toujours sur l'oeil le plus favorable à leur +prolongement; on rabattra les branches fruitières sur celles de +remplacement, qui devront toujours être les plus rapprochées +possible des branches principales, de manière que ces dernières +semblent toujours être rajeunies par des pousses nouvelles; puis on +taillera les branches de remplacement, pour porter fruit, à cinq ou +six yeux, selon leur force et la vigueur de l'arbre, mais toujours +dans le but d'obtenir un bourgeon de remplacement le plus près +possible de leur insertion. Quant aux faux bourgeons, il faut, comme +toujours, les tailler à deux ou trois yeux.... + +On rattachera les branches mères, auxquelles on donnera environ 35 à +40 degrés d'ouverture, en ayant toujours soin d'observer ce qui a +été dit à ce sujet pour l'année précédente. + +_Ébourgeonnage._--Il faudra surveiller les branches à bois qui +tendraient à s'établir là où il ne doit jamais y avoir que des +branches à fruits; il faut s'attacher surtout à favoriser le +développement des bourgeons, qui doivent fournir les secondes +branches sous-mères supérieures et les branches de bifurcation, +ainsi que les bourgeons destinés à former les branches de +remplacement. + +[Illustration: Fig. 16. Pêcher, 4e année.] + +On aura soin de pincer les bourgeons à fruits; s'il n'y a pas de +fruits, ou qu'ils soient tombés avant la maturité, il faudra +rabattre ces bourgeons immédiatement sur le bourgeon de +remplacement, à moins cependant que l'un d'eux ne soit trop +vigoureux; car alors il serait préférable de ne le rapprocher qu'à +la taille. + +Pour le reste de cette opération, on peut se reporter à tout ce qui +a été dit relativement à l'ébourgeonnement de la seconde année. + +Il faut surtout pincer à propos les bourgeons qui, par leur vigueur, +menaceraient de devenir ce que l'on nomme des _gourmands_. + +_Palissage._--Le palissage sera fait d'après les mêmes principes, et +successivement, comme les années précédentes. + +Comme l'arbre devra porter des fruits, il faudra, aux approches de +la maturité, les découvrir, mais progressivement, précaution qu'on +devra toujours avoir. + +_Cinquième année._--Le but de la taille de cette année est d'étendre +et de fortifier toutes les parties de l'arbre (_fig. 17_). + +On raccourcira les rameaux terminaux d'après les mêmes principes que +pour les tailles précédentes, et, en taillant les branches +fruitières, on y laissera du fruit suivant leur vigueur et la santé +de l'arbre; on taillera les faux bourgeons à deux ou trois yeux, +comme les années précédentes, et on donnera aux branches mères +environ 45 à 50 degrés d'ouverture. + +On favorisera le prolongement des branches de bifurcation _e_, _f_, +ainsi que celui des bourgeons _g_, dont on pourra faire par la suite +de nouvelles branches de bifurcation. + +Enfin, par l'ébourgeonnement des jeunes pousses et par celui des +faux bourgeons mal placés, par le pincement et le palissage, on +maintiendra ou l'on ramènera toutes les parties de l'arbre à un +parfait équilibre de végétation. + +À mesure que l'arbre avancera en âge, la taille et les autres +opérations deviendront plus compliquées, mais les principes seront +toujours les mêmes; on établira successivement des branches de +bifurcation, pour remplir les intervalles, et il faudra toujours +avoir soin de conserver aux branches mères, ainsi qu'à toutes les +autres, les proportions relatives à leurs diverses fonctions. + +[Illustration: Fig. 17.--Pêcher, 5e année.] + +_Pêcher en U._ + +Les pêchers élevés sous cette forme conviennent tout +particulièrement aux personnes qui veulent avoir des murs +promptement garnis. Plantés à un mètre les uns des autres, ces +pêchers peuvent sans exiger de soins particuliers fructifier +abondamment dès la troisième année. + +[Illustration: Fig. 18.--Pêchers en U.] + +Comme tous les arbres cultivés en espalier, les pêchers en U doivent +être rabattus après la plantation à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus de la +greffe, afin de favoriser le développement des bourgeons destinés à +fournir les deux mères branches. Pendant le cours de leur +végétation, ces deux bourgeons seront dirigés de manière à figurer +un U simple ou double (_fig._ 18), en ayant soin toutefois de +laisser les extrémités libres, afin qu'elles ne soient pas gênées +dans leur développement. Arrivés à ce point, les pêchers en U sont +tout aussi faciles à diriger que les pêchers obliques, sur lesquels +ils ont véritablement un avantage marqué. + +_De la culture forcée du Pêcher._--On peut facilement avancer la +maturité des Pêchers en espalier, surtout des variétés hâtives; et, +pour être plus certain du succès de l'opération, on avancera de +préférence ceux qui sont placés à l'est ou à l'ouest. + +[Illustration: Fig. 19.--Serre à forcer.] + +En janvier, on placera devant les Pêchers une petite serre mobile, +couverte par des châssis de 2 mètres de longueur, supportés par des +chevrons dont le haut sera scellé dans le mur, et qui porteront en +bas sur un soubassement de planches qui aura 0m,85 de hauteur, ce +qui produira intérieurement 0m,90, espace suffisant pour donner les +soins nécessaires, qui, au reste, sont absolument les mêmes que ceux +qui ont été indiqués plus haut. + +Après avoir taillé les arbres, on commencera à leur donner une +température de 12 degrés; puis, progressivement, on augmentera +jusqu'à 18 degrés, mais pas plus; et comme au moment du soleil la +chaleur sera beaucoup plus élevée, on donnera de l'air; pendant la +nuit on couvrira la serre avec des paillassons, on seringuera les +feuilles au besoin; et comme les fruits sont ordinairement plus +nombreux qu'en plein air, il est souvent nécessaire d'en supprimer +quelques-uns, afin de ne point épuiser les arbres. Après la +maturité, qui a lieu en avril, on enlève les châssis. + +Ordinairement, on laisse une année ou deux de repos aux Pêchers qui +ont été forcés; mais nous dirons que l'on peut sans inconvénient +recommencer cette opération l'année suivante. + +=Variétés.=--Avant-Pêche blanche, -- Petite Mignonne, -- Grosse +Mignonne, -- Malte, -- Madeleine, -- Chevreuse, -- Chevreuse +tardive, -- Admirable Belle de Vitry, -- Brugnon musqué, --Madeleine +rouge tardive, -- Alberge jaune, -- Galande, -- Vineuse pourpre +hâtive, -- Madeleine de Courson, -- Violette hâtive, --Veloutée +tardive, -- Téton de Vénus, -- Bourdine, -- Bon ouvrier, --Pourprée +tardive, -- Belle de Doué, -- Reine des vergers. + + +POIRIER (_Pyrus_).--_Plantation._--Les Poiriers greffés sur +Coignassier réussissent dans presque tous les terrains, même dans +ceux qui ont peu de profondeur, pourvu cependant qu'ils ne soient +pas glaiseux ou humides; car alors, malgré tous les soins, ils +périraient au bout de quelques années. Toutes les fois que l'on aura +à planter dans un terrain profond, il sera préférable de planter des +Poiriers greffés sur franc, parce qu'ils sont beaucoup plus +robustes. + +C'est à tort que l'on dit que ces arbres sont trop lents à se mettre +à fruit, parce qu'ils poussent trop vigoureusement; car si, par une +taille bien raisonnée et proportionnée à la force des arbres, on +établit une égale répartition de séve dans tous les membres, on +parviendra souvent à les faire fructifier dès les premières années; +une fois que ces arbres sont à fruit, ils en donnent abondamment, et +vivent très-vieux. Si l'on plante des Poiriers greffés sur +Coignassier, on prendra des arbres de dix-huit ou vingt mois de +greffe; mais s'ils sont greffés sur franc, comme ils poussent +beaucoup plus vigoureusement, on peut quelquefois les planter +greffés de l'année. Nous conseillons, pour planter dans les +plates-bandes, de prendre des Poiriers élevés en quenouille; car, +dans cette position, c'est réellement la forme la plus avantageuse, +en ce qu'elle occupe peu de place et produits beaucoup de fruits. Il +faut mettre entre deux pieds un Pommier ou un Poirier nain, que l'on +taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou 5 +mètres l'un de l'autre. + + +1. _Poiriers en quenouille._ + +[Illustration: Fig. 20.--Poirier en quenouille.] + +_Taille._--La première année, on taillera le rameau terminal à sept +ou huit yeux, selon la vigueur de l'arbre, afin d'obtenir trois ou +quatre nouveaux membres. On aura soin de tailler sur l'oeil placé le +plus favorablement, pour prolonger la tige le plus verticalement +possible (_fig._ 20). + +On taillera aussi le rameau terminal de chaque rameau sur un oeil +placé de manière à prolonger le bras horizontalement. Les bras +inférieurs étant les plus âgés, ils seront plus allongés que ceux +qui sont placés au-dessus, et il faudra à chaque taille avoir soin +de leur conserver les mêmes proportions. On enlèvera sur chaque +membre les rameaux qui se trouveraient placés dessus et dessous, +puis on taillera à environ 0m,03 de longueur ceux qui ne sont pas +nécessaires à la forme de l'arbre. Ce sont les jeux inférieurs de +ces rameaux qui donneront naissance aux brindilles. S'il se trouvait +quelques lambourdes terminées par un bouton à fleur, il ne faudra +pas les tailler, car on se priverait de quelques fruits. + +Si, à la place où il est indispensable d'établir un membre pour +compléter la régularité de l'arbre, il ne se trouvait pas de +bourgeon pour le former, on pourra facilement en obtenir un, soit en +posant un écusson, soit en cernant l'oeil le plus rapproché de la +place où l'on a besoin d'un membre, ce qui doit se faire de la +manière suivante. À l'époque de la taille, on fait une incision +transversale immédiatement au-dessus, puis une seconde à 0m,02 ou +0m,03 au-dessus de la première, enfin plus ou moins, selon la force +qu'on veut donner au bourgeon. Ensuite, partant de la seconde +incision, on fait à 0m,02 ou 0m,03 de chaque côté de l'oeil une +incision longitudinale, puis on enlève la portion d'écorce qui se +trouve entre les deux incisions transversales. Ainsi cerné, l'oeil +se développe avec autant de vigueur que si l'on avait supprimé toute +la partie qui est au-dessus. + +Cette opération peut être pratiquée avec succès non-seulement sur la +tige, mais encore sur tous les membres d'un arbre sur lequel il y a +des vides à remplir. + +_Ébourgeonnage._--Pour favoriser le développement du bourgeon +terminal, on pincera très-courtes deux ou trois bourgeons qui en +sont les plus rapprochés, à moins que le premier n'ait fourni une +pousse trop faible; il faudrait alors le remplacer par le plus +vigoureux et le plus rapproché de l'extrémité. On choisira parmi les +autres les mieux placés pour en former des membres à la taille +suivante, en observant toujours qu'ils ne doivent jamais être placé +juste au-dessus de ceux de l'année précédente; car les membres d'une +quenouille doivent être disposés de manière que, partant de +l'insertion du premier membre, les autres tournent en spirale autour +de la tige. On pincera également les deux ou trois bourgeons les +plus rapprochés du rameau terminal de chaque bras, et on enlèvera +sur chaque membre tous les bourgeons qui naîtront dessus et dessous. +On pincera, sur les membres de l'année précédente, les bourgeons qui +poussent trop vigoureusement; puis on taillera des brindilles à +0m,16 ou 0m,18 de longueur. La taille des rameaux terminaux sera +proportionnée à la vigueur de l'arbre, et l'on taillera toujours sur +l'oeil le mieux placé pour les prolonger suivant leur position. Les +autres rameaux seront taillés à environ 0m,05, même ceux qui ont été +pincés à l'ébourgeonnage; les brindilles qui ont donné du fruit le +seront à 0m,12 ou 0m,15, et si celles qui ont été rompues à +l'ébourgeonnage avaient poussé, il faudrait les tailler au-dessus de +la pousse. + +On protégera successivement l'établissement des branches fruitières, +et l'on surveillera celles qui pousseraient trop vigoureusement, de +manière qu'il ne puisse se former de gourmands sur aucune partie de +l'arbre; enfin, on traitera les quenouilles la seconde année comme +on les a traitées la première, et ainsi de suite; seulement, à +chaque taille, les opérations deviendront plus compliquées. + +Comme souvent il arrive que les membres d'une quenouille tendent à +s'élever verticalement, ce qui est non-seulement contraire aux +principes, mais encore préjudiciable au développement ultérieur de +l'arbre (car alors ces membres poussent avec une telle vigueur +qu'ils absorbent une forte partie de la séve nécessaire à la +végétation des autres membres), il faut, dans cette circonstance, +chercher le moyen de remédier à un pareil état de choses. Souvent on +a recours à de petits arcs-boutants; mais comme ce moyen présente +beaucoup de difficultés et de graves inconvénients, nous allons +faire connaître un procédé communiqué à la Société centrale +d'horticulture par M. Chevalier Gérolme: «J'ai placé quatre piquets +au pied de chaque pyramide, avec une encoche de 0m,028 à la tête de +chacun; j'y ai attaché un cercle avec de fil du fer à 0m,081 +d'élévation du sol, afin de pouvoir biner et nettoyer. Avec ce +simple appareil, que j'appelle _treillage horizontal_, et qui +m'offre les ressources d'un mur à la Montreuil, je deviens maître de +mon arbre. Muni d'une grande quantité de loques en cuir percées aux +deux bouts et d'une botte d'osier, je prends la branche à incliner, +petite ou grosse, courte ou longue, n'importe; à l'endroit +convenable je la cerne de ma loque, que je ferme avec l'un des bouts +d'un brin d'osier, dont je viens arrêter l'autre sur le cercle à la +place que réclame l'inflexion de la branche ou le vide de l'arbre. +Avec ce procédé, j'ai pu rectifier mille irrégularités indépendantes +de la taille, comme proportionner les espaces, détruire la confusion +qui existe toujours dans les pyramides, faciliter la circulation de +l'air, le mouvement de la lumière; en un mot, satisfaire à toutes +les conditions de développement et d'équilibre qui jusqu'alors +n'avaient point été remplies.» + + +2. _Poiriers en espalier._ + +Pour former un espalier de Poiriers on prendra des arbres nains, +jeunes et vigoureux, et on les plantera de préférence à l'est ou à +l'ouest. On peut les élever sous plusieurs formes, mais nous +considérons celles en éventail (_fig._ 21) et en palmette (_fig._ 22 +et _fig._ 23) comme les plus faciles à diriger et les plus +avantageuses. Les Poiriers que l'on veut former en éventail seront +plantés à 5m,33, 6m,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon la nature +du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la préférence aux +arbres greffés de l'année. On les rabattra de manière à obtenir cinq +bourgeons de chaque côté pour former la charpente de l'arbre. + +[Illustration: Fig. 21.--Poirier en éventail.] + +Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bourgeons +nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticalement le +bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année suivante on le +rabattra de manière à obtenir les membres _a_, _b_, _c_, _d_, _e_. À +mesure que les bourgeons se développeront, on les palissera, en les +plaçant aussi parallèlement que possible et à égale distance l'un +de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui pousseraient plus +vigoureusement que les autres, de telle sorte que chaque membre ait +une végétation à peu près égale. On pincera aussi très-court les +bourgeons placés devant et derrière les branches, pour les démonter +par suite de la taille. + +Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bourgeon +terminal de chaque membre, et l'on pincera très-court tous ceux qui +sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur chaque +membre successivement, et selon le besoin, des branches de +bifurcation, _f_, _g_, _h_, _i_ (_fig._ 21), pour remplir les +intervalles. + +Pour compléter la régularité des Poiriers cultivés en espalier, on +peut, indépendamment de ce que nous avons indiqué pour ceux qui sont +élevés en quenouille, avoir recours à la greffe par approche, ce qui +doit se faire de la manière suivante. À l'époque où les bourgeons +sont encore il l'état herbacé, on choisit le plus rapproché de la +place où l'on a besoin d'établir un membre, on l'abaisse avec +précaution afin de ne pas le rompre, et, après avoir fait une plaie +longitudinale sur chaque partie, on les applique l'une sur l'autre, +puis on les maintient dans cette position au moyen d'une ligature +que l'on desserre aussitôt après la reprise de la greffe; lorsque le +bourgeon est arrivé à l'état ligneux, on fait une entaille à +mi-bois, juste au-dessous de la greffe, mais on ne sèvre +complétement celle-ci qu'à l'époque de la taille. On peut sans +inconvénient placer sur le même arbre autant de greffes qu'il est +nécessaire; ce que nous avons été à même d'observer sur un espalier +de Poiriers confié aux soins de M. Fourquet, habile horticulteur, +qui, à l'aide de la greffe par approche, est parvenu en très-peu de +temps à donner une forme régulière à des Poiriers dont les membres +étaient dans un désordre complet. + +Si l'on plantait des arbres ayant déjà le nombre de branches +nécessaire pour les former, il faudrait tailler toutes les branches +bien placées à environ 0m,04 et sur un oeil disposé de manière à +prolonger le membre dans la direction voulue d'après la forme de +l'arbre. On démontera les autres, en ayant toujours soin de +conserver les lambourdes et les brindilles. + +[Illustration: Fig. 22.--Poiriers en palmette.] + +On plantera, à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, ceux que l'on destine +à être élevés en _palmette_; on rabattra la tige de manière à +obtenir à droite et à gauche quelques bourgeons, dont on formera les +premiers membres a (_fig._ 22), en les établissant à environ 0m,30 à +0m,35 les uns au-dessus des autres. Ceux de droite doivent alterner, +autant que possible, avec ceux de gauche; en les palissant, il faut +les incliner plus ou moins, suivant que l'on voudra favoriser le +développement de l'un ou restreindre celui de l'autre. Les années +suivantes, on les abaissera davantage, mais en observant qu'ils ne +doivent jamais être placés horizontalement. On guidera verticalement +le bourgeon qui sert à prolonger la tige, et l'on pincera les +bourgeons mal placés; puis, les années suivantes, on taillera le +rameau vertical de manière à obtenir chaque année deux branches +latérales, jusqu'à ce que l'arbre soit arrivé à garnir le mur dans +toute sa hauteur. On taillera les bras à environ 0m,15 à 0m,18 de +longueur, suivant leur force et leur position, mais toujours sur un +oeil placé de manière à les prolonger le plus directement possible. +S'il arrivait qu'un bourgeon de prolongement fût beaucoup plus +vigoureux que l'autre, il faudrait, au palissage, l'incliner plus +que les autres, de manière à rétablir l'équilibre. + +[Illustration: Fig. 23.--Poirier en palmette à double tige.] + +L'éducation des Poiriers élevés sous la forme de palmette à double +tige (_fig._ 23) doit avoir lieu d'après les principes suivis pour +la palmette à tige simple. + +Cette forme est adoptée maintenant par le plus grand nombre de +cultivateurs de Poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres. + +Les Poiriers à tiges seront plantés à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, +et, pendant les premières années, ils devront être taillés de +manière que les branches qui doivent former la charpente de l'arbre +soient également espacées. On surveillera leur développement pour +favoriser celles qui seraient les moins vigoureuses, jusqu'à +l'époque où les arbres pourront être abandonnés à eux-mêmes, +c'est-à-dire environ deux ans après. + +Lorsque les Poiriers sont très-vieux ou épuisés au point de ne plus +produire de fruits, on peut encore en tirer un bon parti en les +rabattant et en les greffant en couronne. (Voir l'article _Greffe_, +p. 67.) On pose plus ou moins de greffes, suivant la force de +l'arbre; puis, lorsqu'elles sont bien reprises, on choisit les plus +vigoureuses pour en former la nouvelle charpente. + + +_Liste des meilleures variétés de poires admises par le Congrès +pomologique._ + + ADÈLE DE SAINT-DENIS (Adèle de Saint-Céras, baronne de Mello). + Fertile; moyen; bon; octobre[12]. + + [Note 12: Le nom en PETITES CAPITALES indique le _nom + définitif_; les noms _entre parenthèses_ indiquent les _synonymes + détruits_; le mot _fertile_ s'applique à la fertilité de + l'_arbre_; le mot _moyen_, à la grosseur du _fruit_; le mot + _bon_, à la qualité de la _chair_; enfin, l'énonciation du mois + de l'année fait connaître l'époque de la _maturité_.] + + BEAU PRÉSENT D'ARTOIS (Présent royal de Naples). Très-fertile; + gros; assez bon; commencement de septembre. (Entre-cueillir.) + + BERGAMOTE D'ANGLETERRE (Gansel's bergamote, Bezy de Caissoy par + plusieurs pépiniéristes.) Fertile; moyen; bon; septembre, + octobre. (Greffer sur franc.) + + BERGAMOTE ESPEREN. Très-fertile; moyen; très-bon; mars, mai. + + BEURRÉ BEAUMONT (Beurré de Beaumont, Bezy Waët, Bezy de + Saint-Waast, Belmont, Beymont). Fertile; moyen; bon; janvier. + + BEURRÉ CAPIAUMONT (Beurré aurore). Très-fertile; moyen; bon; + octobre. (Greffer sur franc; très-bon cuit.) + + BEURRÉ CLAIRGEAU. Très-fertile; gros ou très-gros; bon; novembre, + décembre. + + BEURRÉ D'AMANLIS, BEURRÉ D'AMANLIS PANACHÉ (Wilhelmine, Hubard, + Duchesse de Brabant, Poire Delbert ou d'Albert, Poire kessoise). + Très-fertile; gros; septembre. + + BEURRÉ D'AREMBERG (Orpheline d'Enghien, Colmar Deschamps, Beurré + Deschamps, Beurré des orphelins, Délices des orphelins). + Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, janvier. (Greffer sur + franc.) + + BEURRÉ D'ANJOU (Ne plus Meuris, _Nec plus Muris_). Peu fertile; + assez gros; très-bon; décembre. + + BEURRÉ DAVY (Beurré Spence, Beurré de Bourgogne, Beurré + Saint-Amour, Belle de Flandre ou des Flandres, Nouvelle gagnée à + Heuze, Beurré des bois, Fondante des bois, Boss père, Poire des + bois, Boss pear, Beurré d'Elberg, Beurré Davis, B. Foidart). + Fertile; gros ou très-gros; bon; octobre. + + BEURRÉ D'ARDENPONT (Beurré d'Arenberg par erreur, Glou morceau, + Goulu morceau de Cambron, Beurré de Kent, Beurré Lombard, Beurré + de Cambronne). Fertile; gros; très-bon; janvier. + + BEURRÉ DIEL (Beurré magnifique, Beurré incomparable, Beurré + royal, Beurré des trois tours, Dry Toren, Melon de Knops, Poire + melon, Graciole d'hiver, Fourcroy, Dorothée). Fertile; gros; + très-bon; novembre, décembre. (Recommandé.) + + BEURRÉ GIFFART. Fertile; moyen; très-bon; fin juillet. + + BEURRÉ PICQUERY (Urbaniste, Louis Dupont, Beurré Drapiez, Louise + d'Orléans, Serrurier d'automne, Vergaline musquée). Peu fertile; + moyen; très-bon; octobre, novembre. + + BEURRÉ QUETELET (Beurré Dumortier). Très-fertile; moyen; + très-bon; septembre, octobre. + + BEZY DE MONTIGNY (Non pas Doyenné musqué, vulgairement nommé Bezy + de Montigny). Très-fertile; moyen; bon; septembre. + + BON CHRÉTIEN NAPOLÉON (Liard, Médaille, Mabille, Captif de + Sainte-Hélène, Charles d'Autriche, Charles X, Beurré Napoléon, + Bonaparte, Gloire de l'Empereur, Napoléon d'hiver). Très-fertile; + assez gros; très-bon; octobre, novembre. + + BON CHRÉTIEN WILLIAM (Bartlett de Boston, de Lavault). + Très-fertile; gros ou très-gros; très-bon; septembre. + + BONNE D'ÉZÉE (Belle ou Bonne des Zées, Belle et Bonne des haies). + Très-fertile; gros; bon; septembre. + + CALEBASSE MONSTRE (Calebasse Carafon, Calebasse royale, Calebasse + monstrueuse du Nord, Van Marum, Triomphe de Hasselt). + Très-fertile; très-gros; assez bon; octobre. (Greffer sur franc.) + + COLMAR D'ARENBERG (Kartoffel). Très-fertile; très-gros; assez + bon; novembre. + + DÉLICES D'HARDENPONT D'ANGERS (Poire-Pomme de Racqueingheim). + Très-fertile; moyen; très-bon; novembre, décembre. + + DOYENNÉ BOUSSOCH (Beurré de Mérode, Double Philippe, Nouvelle + Boussoch); Fertile; gros; bon; septembre. + + DOYENNÉ D'HIVER (Bergamote de la Pentecôte, Seigneur d'hiver, + Doyenné de ou du Printemps, Dorothée royale, Poire Fourcroy, + Canning d'hiver, Merveille de la nature, Pastorale d'hiver, Poire + du Pâtre, Beurré roupé). Très-fertile; gros; bon; janvier, mai. + + DUCHESSE D'ANGOULÊME (Poire de Pézénas, des Éparonnais, + Duchesse). Très-fertile; très-gros; bon; octobre, novembre. + + DUCHESSE DE BERRI D'ÉTÉ. Assez fertile; moyen; très-bon; fin + août. + + ÉPINE DU MAS (Belle Épine Dumas, Colmar du Lot, Duc de Bordeaux, + Épine de Rochechouart, C. de Limoges). Fertile; moyen; bon; + novembre. + + FIGUE (Figue d'Alençon, Figue d'hiver, Bonissime de la Sarthe). + Fertile; assez gros; très-bon; novembre, décembre. + + FONDANTE DE CHARNEUX (Beurré ou Fondante des Charneuses, Duc de + Brabant (Van Mons), Miel de Waterloo. Fertile; assez gros; + très-bon; octobre. (Greffer sur franc.) + + FONDANTE DE NOËL (Belle ou Bonne de Noël, Belle ou Bonne après + Noël, Souvenir d'Esperen). Fertile; moyen; bon; décembre. + + JALOUSIE DE FONTENAY (Jalousie de Fontenay-Vendée, Belle + d'Esquermes). Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre. + + LOUISE BONNE D'AVRANCHES (Louise de Jersey, Bonne ou Beurré + d'Avranches, Bergamote d'Avranches, Bonne de Longueval). + Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre. + + MARIE-LOUISE DELCOURT (Marie-Louise Nova, Marie-Louise Nouvelle, + Van Donkelaer, Vandonckelaër, Marie-Louise Van Mons). + Très-fertile; moyen ou assez gros; très bon: octobre, novembre. + + NOUVEAU POITEAU (Tombe de l'amateur). Fertile; gros; bon; + novembre. (Blettit avant de jaunir.) + + PASSE-COLMAR (Passe-Colmar gris, Passe-Colmar nouveau, + Passe-Colmar ordinaire). Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, + février. + + ROUSSELET D'AOÛT (Gros Rousselet d'août, Van Mons). Très-fertile; + moyen; très-bon; août. + + SAINT-MICHEL-ARCHANGE. Fertile; assez gros; très-bon; octobre. + + SAINT-NICOLAS (Duchesse d'Orléans). Très-fertile; moyen; + très-bon; septembre, octobre. + + SEIGNEUR (ESPEREN). (Seigneur d'Esperen, Bergamote Fiévée, + Bergamote lucrative, Lucrate, Brésilière, Beurré lucratif. + Fondante d'automne, Arbre superbe). Très-fertile; moyen; assez + gros; très-bon; septembre, octobre. + + SOLDAT LABOUREUR. Fertile; assez gros; bon; octobre, décembre. + + SUZETTE DE BAVAY. Très-fertile; petit; bon; février, avril. + + TRIOMPHE DE JODOIGNE. Fertile; gros ou très-gros; assez bon; + décembre. + + VAN MONS (Van Mons de Léon Leclerc). Fertile; gros; très-bon; + novembre. (Greffer sur franc.) + + +_Poiriers spécialement pour espaliers._ + + BERGAMOTE CRASSANE (Cressane, Cressane d'automne, Beurré plat). + Fertile; moyen; très-bon; novembre. (Contre un mur et au soleil.) + + BEURRÉ GRIS (Beurré doré, Beurré d'Amboise, Beurré roux, Beurré + d'Isambart, Beurré du Roi, Isambart le bon, Beurré de + Terwerenne). Fertile; moyen et gros; très-bon; septembre et + octobre. (Contre un mur, avec avant-toit; levant, couchant; peut + s'élever en haute tige.) + + BEZY DE CHAUMONTEL (Beurré de Chaumontel, Chaumontel, Beurré + d'hiver). Assez fertile; moyen et gros; assez bon; janvier. (Peut + aussi s'élever en pyramide.) + + BON CHRÉTIEN DE RANS (Beurré de Rance, Beurré de Flandre, Beurré + Noirchain, Beurré noire chair, Hardenpont de printemps, Beurré de + Pentecôte). Assez fertile; assez gros; assez bon; janvier, mars. + (Sur franc, contre un mur; bonne exposition.) + + DOYENNÉ BLANC (Beurré blanc, par erreur, Saint-Michel, Bonne + ente, Doyenné picté, de Neige, du Seigneur, Citron de septembre, + etc.). Très-fertile; moyen; très-bon; octobre. (Sur franc, contre + un mur avec avant-toit; nord, levant, couchant.) + + DOYENNÉ GRIS (Doyenné roux, Doyenné crotté, Doyenné galeux, + Doyenné jaune, Saint-Michel gris, Neige grise). Très-fertile; + moyen; très-bon; octobre, novembre. (Sur franc, contre un mur + avec avant-toit; terre légère; levant, couchant, nord.) + + SAINT-GERMAIN D'HIVER (Inconnue Lafare, Saint-Germain gris, + Saint-Germain vert). Fertile; assez gros; très-bon; novembre, + mars. (Contre un mur au soleil.) + + +_Variétés dont les fruits sont à cuire._ + + BELLE ANGEVINE (Angora, Bolivar, Comtesse ou Beauté de Terweren, + Royale d'Angleterre, Duchesse de Berri d'hiver, Abbé Mongein, + Très-grosse de Bruxelles). Assez fertile; énorme; assez bon fin + d'hiver. (Pyramide, mieux en espalier, contre un mur au midi.) + + BON CHRÉTIEN D'HIVER (Poire d'angoisse, Poire de Saint-Martin, + Bon Chrétien de Tours). Assez fertile; gros; bon; mars, mai. + Contre un mur à bonne exposition. + + CATILLAC (Quenillat, Téton de Vénus, Gros-Gillot, Bon Chrétien + d'Amiens, Grand Monarque, Monstrueuse des Landes, Chartreuse, + Abbé Mongein). Très-fertile; très-gros; bon; février, mai. + (Pyramide, mieux en espalier et haute tige.) + + CERTEAU D'AUTOMNE (Cuisse-Dame, par erreur). Très-fertile; moyen; + très-bon; octobre, novembre. (Mieux en espalier et haute tige.) + + CURÉ (Monsieur le Curé, de Monsieur, de Clio, Belle de Berri, + Belle Andréanne ou Adrienne, Bon Papa, Pater Noster, Vicar of + Wakefield, Belle Héloïse, Beurré Comice de Toulon, Belle + Andréine). Fertile; gros; très-bon; novembre, janvier. (Pyramide, + espalier, haute tige.) + + LÉON LECLERC. Fertile; gros; assez bon; mars, mai. (Pyramide; + mieux, en espalier; sur franc; bonne exposition.) + + MARTIN SEC (Rousselet d'hiver). Assez fertile; petit; très-bon; + décembre, janvier. (Mieux en haute tige.) + + MESSIRE-JEAN (Mi-Sergent, Messire-Jean gris, Messire-Jean doré, + Chaulis). Assez fertile; moyen; bon; novembre. (Mieux en tige.) + + +_Poiriers spécialement pour haute tige_ (Arbres de verger). + + BERGAMOTE SYLVANGE (Poire Sylvange). Fertile; moyen; bon; + novembre. + + BEURRÉ D'ANGLETERRE (Bec d'Oie, Amande, Poire d'Amande, Poire + anglaise, Saint-François, Poire des Finnois). Très-fertile; + moyen; assez bon; septembre. + + BEURRÉ GOUBAULT. Très-fertile; moyen; bon; septembre. + (Entre-cueillir.) + + BLANQUET (Blanquet gros, Cramoisin, Cramoisine). Fertile; petit; + assez bon; juillet. (Entre-cueillir.) + + CITRON DES CARMES (Petite Madeleine, Saint-Jean). Très-fertile; + petit; assez bon; juillet. (Entre-cueillir.) + + COLMAR NÉLIS (Nélis d'hiver, Bonne ou Fondante de Malines). + Fertile; moyen; bon; novembre et décembre. + + DOYENNÉ DE JUILLET (Roi Jolimont). Très-fertile; petit; très-bon; + juillet. (Entre-cueillir.) + + ÉPARGNE (Beau-Présent, Cuisse-Madame, Grosse Madeleine; + Saint-Samson, Chopine, Beurré de Paris, Cueillette, de la Table + des Princes). Très-fertile; moyen ou assez gros; bon; juillet, + août. (Réussit en espalier.) + + JOSÉPHINE DE MALINES. Peu fertile; moyen et petit; très-bon; + janvier. (Réussit en espalier.) + + ROUSSELET DE REIMS (Petit Rousselet, Rousselet musqué). Fertile; + petit; bon; septembre. (Très-bon confit.) + + SECKLE (Shakespeare, Seckle pear). Fertile; petit; bon; octobre. + + +POMMIER (_Pyrus malus_).--Tous les terrains, même ceux qui sont un +peu frais, conviennent au Pommier; toutes les expositions, excepté +le sud, lui sont favorables. On greffe les arbres à haute tige sur +égrin et les nains sur doucin et sur paradis. + +Ce que nous avons dit de la culture et de la taille des Poiriers +peut, en toutes circonstances, s'appliquer également aux Pommiers. +On peut facilement leur faire prendre toutes les formes. Ceux qu'on +élève à haute tige sont les plus durables et ceux qui produisent le +plus. Nous conseillons de les tailler pendant les premières années. + +Si on les plante en lignes, on les met à 8 ou 10 mètres l'un de +l'autre, et quelquefois plus, selon la nature du terrain. Dans les +jardins, on ne plante ordinairement que des arbres nains, qui +n'occupent que peu de place, et qui, bien dirigés, produisent +beaucoup au bout de très-peu de temps. + +Dans les terrains légers et chauds, on plantera de préférence les +Pommiers greffés sur doucin, parce qu'alors leurs racines +s'enfoncent plus profondément que lorsqu'ils sont greffés sur +paradis. Dans ce dernier cas, ils s'élèvent peu, mais fructifient +beaucoup, et les fruits en sont généralement très-beaux. Il faut les +planter à environ 1m,65 les uns des autres. + +Comme presque toutes leurs racines sont à la surface du sol, il ne +faut leur donner que les binages. + +Nous avons conseillé, à l'article POIRIER, de placer un Pommier nain +entre chaque quenouille; la forme la plus avantageuse a leur donner +est celle d'un gobelet (_fig._ 24). La première année, on choisit +cinq ou six bourgeons placés, autant que possible, a égale distance, +pour établir la charpente de l'arbre, et on les palissera sur un +cerceau. L'année suivante, on taillera les mères branches suivant +leur force, et toujours sur un oeil placé de manière à les prolonger +dans la même direction. + +[Illustration: Fig. 24.--Pommier en gobelet.] + +À l'ébourgeonnage, on pincera très-court les bourgeons qui se +dirigeraient intérieurement, de manière à évider l'intérieur de +l'arbre; puis on pincera aussi ceux qui pousseraient en dehors. + +On placera un second cerceau qui devient nécessaire pour palisser le +prolongement des branches, et par suite il faudra établir des +branches pour remplir les vides qui résulteront de l'écartement des +branches mères. + +Généralement, il faudra tailler plus long et beaucoup plus tard les +arbres qui pousseront trop vigoureusement. + +Les bordures de buis du potager peuvent être avantageusement +remplacées par de jeunes Pommiers paradis, que l'on plante à environ +2 mètres les uns des autres, et que l'on dirige horizontalement sur +une seule branche (_fig._ 25.) + +Avant de planter, on marque la place de chaque arbre par un piquet +destiné à servir de support au fil de fer sur lequel on attache les +Pommiers. Ces piquets doivent être enfoncés de manière que le fil de +fer puisse être tendu à 0m,40 ou 0m,50 du sol. + +[Illustration: Fig. 25.--Pommiers en cordons.] + +Après la plantation, ou courbe la tige de chaque arbre avec +précaution, on la maintient le long du fil de fer au moyen de +quelques ligatures en osier, puis on coupe l'extrémité plus ou moins +longue, suivant la vigueur de l'arbre. + +Quand on veut obtenir deux branches sur chaque Pommier, il suffit, +après la plantation, de couper la tige au-dessous du fil de fer, et +l'année suivante on dirige une branche à droite et une branche à +gauche. + +Les années suivantes, on taille toutes les branches latérales le +plus près possible de leur insertion, afin de favoriser le +développement des boutons à fruits; puis on prolonge les cordons de +0m,40 à 0m,50, suivant la vigueur de l'arbre, et cela jusqu'à ce +qu'ils aient atteint une longueur qui permette de les greffer l'un +sur l'autre, de manière à former un seul et même cordon. + +Nous conseillons de former des haies de Pommiers toutes les fois +qu'on devra faire des clôtures dans les endroits où l'on n'aura pas +à craindre la dévastation des fruits; on prendra des arbres greffés +sur doucin, et on les plantera à environ 1 mètre l'un de l'autre. +Pendant les premières années, on maintiendra l'inclinaison des +membres en les attachant sur des échalas placés de loin en loin. On +greffera par approche toutes les branches principales qui se +croiseront, et on entrelacera les autres. + +À l'époque de l'ébourgeonnage, on pincera la haie sur les deux +faces; puis, par la taille et les ébourgeonnages, on tâchera +d'éviter qu'elle ne se dégarnisse par le bas. + + =Variétés.=--Api, -- Calville blanc, -- C. rouge, -- Fenouillet + gris, -- Pigeonnet, -- Potophe d'hiver, -- Gros Rambour, -- + Reinette de Hollande, -- R. franche, -- R. du Canada, -- R. + d'Angleterre, -- R. dorée, -- R. grise, -- R. de Bretagne, -- R. + d'Espagne, -- R. de Granville. + + +PRUNIER (_Prunus_).--Les Pruniers, ayant des racines traçantes, +n'exigent pas un terrain très-profond; ils viennent assez bien +presque partout, pourvu cependant que le sol ne soit ni trop sec ni +trop humide. On les greffe sur le Prunier Saint-Julien ou sur le +Damas noir; et, quoiqu'ils réussissent bien sous toutes les formes, +on n'en plante guère en espalier que dans les contrées où les fruits +mûrissent mal; il faut alors les mettre à bonne exposition. + +Il est beaucoup plus avantageux de planter des arbres à haute tige. +Si l'on en forme des lignes, il faut les placer à 6 mètres l'un de +l'autre. Plusieurs espèces peuvent aussi être plantées pour former +des haies intérieures, ou dans les endroits où l'on n'a pas à +craindre la dévastation des fruits. Il n'est pas absolument +nécessaire de tailler les Pruniers, si ce n'est pendant les +premières années, pour former la charpente de l'arbre. + +_De la culture forcée du Prunier._--On peut facilement avancer la +maturité de plusieurs variétés, telles que le Monsieur hâtif, la +Mirabelle et la Reine-Claude. Pour cela, à l'automne, on plantera +dans des pots de 0m,30 de jeunes Pruniers élevés sous la forme de +petites quenouilles; on les choisira aussi ramifiés que possible, et +après l'empotage on enfoncera les pots à une bonne exposition. +L'année suivante, en janvier, on les placera dans une serre vitrée +dont on n'élèvera pas la température à plus de 12° ou 14°. On +donnera de l'air au moment du soleil, et la nuit on couvrira la +serre avec des paillassons. Les autres soins consistent à arroser +ces arbres à propos et à les seringuer de temps à autre, après +qu'ils sont défleuris; les fruits seront mûrs dans les premiers +jours de mai. On peut chauffer les mêmes Pruniers deux ou trois +années de suite. + + =Variétés.=--Jaune hâtive, -- Monsieur, -- Royale de Tours, -- + Reine-Claude, -- R.-C. Coëgolden drop, -- R.-C. violette, -- + R.-C. monstrueuse de Bavay, -- Mirabelle grosse et petite, -- + Impériale blanche, -- Surpasse-Monsieur, -- Jefferson, -- Drap + d'or d'Esperen. -- Washington, -- Gros Damas, -- Perdrigon rouge, + -- de Sainte-Catherine, -- de Saint-Martin, -- Pond's Seedling. + + +VIGNE (_Vitis vinifera_).--La vigne vient dans presque tous les +terrains, et il est peu de localités où l'on ne puisse en obtenir de +beaux et bons produits, si elle est plantée à une exposition +favorable et bien gouvernée: cependant le sol le plus propice est +une terre franche, douce et profonde, amendée de temps à autre par +des engrais bien consommés. + +[Illustration: F. 26. Vigne à la Thomery.] + +Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous +laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi, +pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment +quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre +circonstance, nous conseillons de la conduire à la Thomery (_fig._ +26), ce mode de plantation offrant tous les avantages désirables. + +1. _Plantation._--La distance à observer entre chaque pied de Vigne +dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de +profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus +près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner +moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on +peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière +suivante: tous les 0m,65, on fera une tranchée d'environ 0m,33 de +largeur et 0m,35 de profondeur; on la commencera 1m,33 ou 1m,65 du +mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera +jusqu'à 0m,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes +enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de +plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque +marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit +être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de +telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0m,65 du mur +soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la +courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre. + +Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis +recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la +tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de +remplir la tranchée avec la terre du sol. + +En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois +yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques +millimètres au-dessus de l'oeil, et de faire que le biseau de la +coupe soit toujours opposé à l'oeil terminal. + +Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus +vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et +on mettra un échalas à chaque pied. On y attachera chaque bourgeon, +en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils se +développeront. + +2. _Taille._--_Première année._--À l'automne suivant, on continuera +les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année +précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du +mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée +d'avance. + +À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou +trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à +mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux +bourgeons dès qu'ils auront 0m,12 ou 0m,15 de longueur. Comme il est +probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira +quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en +supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes +Vignes. + +_Deuxième année._--On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui +est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible, +car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera +toutes les tiges _a_ sur un oeil placé à quelques centimètres +au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0m,25 du sol. Si +les tiges _b_, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à +0m,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur, promettent +des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges _a_. + +On taillera les tiges _c_, _d_, _e_ d'après leur vigueur, et les +années suivantes on établira les cordons des tiges _c_ à 1m,25 du +sol, ceux des tiges _d_ à 1m,75, et enfin ceux des tiges _e_ à +2m,25. + +En général, pour rabattre sur de bons yeux, il faut tailler la +pousse de l'année à la moitié de sa longueur, à moins cependant que +le premier ou le deuxième oeil au-dessus ne se trouve à la hauteur +d'un cordon, sur la partie de la tige que l'on prolongera chaque +année et jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la hauteur où elle doit +former cordon. On laissera sur chaque tige trois ou quatre bourgeons +qu'on choisira parmi ceux qui ont le plus de grappes; on les +palissera à mesure qu'ils se développeront, et, comme les autres +années, on supprimera les faux bourgeons, puis on pincera très-court +tous les autres bourgeons, et à la taille suivante on les démontera +au rez de la tige. + +_Troisième année._--L'année suivante, on taillera le bourgeon +vertical des tiges qui dès l'année précédente avaient été rabattues +à la hauteur du cordon, à partir de son insertion sur le second +oeil, y compris celui du talon, ce qui donnera naissance à deux +bourgeons, dont on formera les deux bras horizontaux; mais il ne +faudra les amener que graduellement à la place qu'ils doivent +occuper, et il vaudrait souvent mieux attendre à l'automne que de +s'exposer à les casser. Pendant leur végétation on les attachera à +mesure qu'ils se développeront, et on enlèvera les faux bourgeons, +ainsi que tous les bourgeons placés devant et derrière et ceux qui +se développent sur les tiges. + +_Quatrième année._--On taillera les deux branches qui forment le +cordon à environ 0m,35 de longueur, suivant leur vigueur, mais +toujours sur l'oeil placé le plus favorablement pour prolonger le +cordon dans la même direction. Puis, pour former les branches +fruitières, on taillera les bourgeons placés sur la partie +supérieure du cordon, en observant qu'ils doivent avoir entre eux +une distance de 0m,16 à 0m,20. + +Comme précédemment, on enlèvera tous les faux bourgeons, ainsi que +les bourgeons mal placés, et l'on pincera ceux qui sont le plus près +de l'extrémité, afin de favoriser la végétation des bourgeons de +prolongement, ce qu'il faudra observer jusqu'à ce que le cordon ait +atteint toute sa longueur. D'après l'écartement indiqué pour la +plantation, chaque partie du cordon devra avoir 1m,60 de long de +chaque côté. + +_Cinquième année._--On taillera les branches fruitières en courson +sur deux yeux, puis on prolongera chaque part du cordon d'environ +0m,35; et comme, arrivés à ce point, les soins à donner à la Vigne +pendant la végétation sont exactement les mêmes que ceux +précédemment indiqués, nous croyons inutile de traiter ce sujet plus +longuement. + +_Sixième année._--Pour cette taille et celles qui auront lieu +successivement, on démontera toutes les branches fruitières sur le +bourgeon le plus près du cordon, afin de les rajeunir chaque année; +et ensuite on taillera les coursons sur un ou deux yeux, ce que +l'expérience indiquera; car si, après avoir taillé sur un oeil, on +obtenait des bourgeons trop vigoureux, il faudrait l'année suivante +tailler sur deux yeux. Lorsque chaque cordon est arrivé à remplir le +cadre qui lui est assigné, il ne s'agit plus que de maintenir +l'équilibre de la séve, afin d'avoir une végétation égale dans toute +la longueur du cordon. Pour arriver à ce résultat, il faut +surveiller la végétation des bourgeons placés vers l'extrémité (car +ils sont toujours disposés à attirer vers eux une grande quantité de +séve), et, par des pincements et le palissage, forcer la séve à +refluer vers le centre. + +Ces notions, quoique bien succinctes, suffisent pour faire connaître +la série des opérations nécessaires à la conduite d'une treille, et +l'étude attentive des dernières tailles servira à l'intelligence des +autres. + +3. _Vigne en palmette._--Après avoir amené les Vignes à la place +qu'elles doivent occuper, on les taille toutes à trois ou quatre +yeux au-dessus de terre; aussitôt après le développement des +bourgeons, on choisit le plus vigoureux, on le dirige verticalement, +et, pour en favoriser la végétation, on pince ou l'on supprime les +autres. L'année suivante, on rabat toutes les tiges à peu près à la +moitié de leur longueur, plus ou moins, selon leur vigueur; après +quoi, sur chacune, on fait choix d'un bourgeon pour prolonger la +tige, puis on palisse les bourgeons placés à droite et à gauche, en +ayant soin de les incliner plus ou moins, suivant qu'on voudra +favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de l'autre; +et, comme toujours, on supprime les bourgeons placés devant et +derrière, ainsi que les faux bourgeons. + +Les années suivantes, on taille les bourgeons à droite et à gauche +en courson sur deux yeux, puis on rabat le bourgeon vertical de +manière à obtenir chaque année quelques nouveaux bourgeons, et cela +jusqu'à ce que l'on soit arrivé à garnir le mur dans toute sa +hauteur. + +4. _Vigne en contre-espalier._--Pour former un contre-espalier, nous +conseillons d'observer tout ce qui a été indiqué pour la treille à +la Thomery, de manière à représenter les deux premiers cordons _a_, +_b_ (_fig._ 26). + +Après la plantation, on enfoncera un pieu de loin en loin, et l'on +tendra dessus un fil de fer pour guider chaque cordon, puis un autre +entre les deux pour attacher les bourgeons du premier cordon, et +enfin un quatrième à 0m,28 au-dessus du second cordon, pour en +attacher aussi les bourgeons. Pour l'établissement des cordons et +les soins à leur donner pendant leur végétation, on observera tout +ce qui a été indiqué précédemment. + +On peut chaque année en chauffer une partie, ainsi que nous l'avons +indiqué dans le chapitre II, relatif à la disposition d'un jardin; +mais on ne commencera qu'au bout de trois ou quatre ans de +plantation, et alors on pourra chaque année chauffer le quart de la +longueur, de sorte que lorsqu'on sera arrivé à reprendre la première +partie, elle ait eu trois ans de repos. + +5. _De la culture forcée de la Vigne._--Vers la fin de décembre, +dans le courant de janvier et même jusqu'en février, enfin suivant +la maturité du bois, on taille la Vigne; puis, suivant la position, +on place devant elle soit des panneaux si elle est plantée le long +d'un mur, soit une petite bâche mobile[13]. + +[Note 13: Cette bâche se compose d'un coffre de 0m,80 de largeur +sur 1m,33 de hauteur par derrière et de 0m,33 par devant. On +maintient l'écartement au moyen de barres assemblées à queue +d'aronde par le haut et par le bas, et placées de manière à servir +de support aux panneaux.] + +Si la Vigne est plantée en contre-espalier, on entoure le tout d'un +réchaud de fumier qu'on remanie au besoin, puis on pose les +panneaux; mais on arrive à des résultats beaucoup plus prompts en +faisant passer dans la bâche le tuyau d'un poêle ou mieux d'un +thermosiphon. Ce mode de chauffage est très-favorable à la +végétation, et nécessite beaucoup moins de surveillance pour arriver +à un bon résultat. On règle la température comme il suit: à partir +de l'époque où l'on commence à chauffer jusqu'à ce que la Vigne +entre en végétation, on maintient une chaleur de 15° à 18° dans la +bâche; après quoi on augmente de 4° à 5°, température que l'on +entretient jusqu'à ce que la grappe soit bien formée, et pendant la +floraison on chauffe de 25° à 30°; mais une fois que les grains sont +bien formés on diminue graduellement la chaleur, de manière à +n'avoir plus que 18° à 20° jusqu'à parfaite maturité. + +La température est d'autant plus facile à régler, que cette bâche ne +contient qu'une très-petite quantité d'air. + +Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons qu'on +enlève tous les jours; et si, au moment du soleil, le thermomètre +monte plus haut que nous ne l'avons indiqué, on donne un peu d'air +en soulevant les panneaux par le haut. Pour entretenir l'humidité +nécessaire à la Vigne, on donne des bassinages, qui doivent être +plus ou moins fréquents, suivant la température et les progrès de la +végétation. L'eau qu'on emploie pour ces arrosements doit être +déposée sous la bâche quelque temps avant d'être employée, afin +qu'elle soit, autant que possible, à la température de l'atmosphère +dans laquelle on la répand. + +La Vigne étant ainsi traitée, on aura des Raisins mûrs au bout de +quatre mois ou quatre mois et demi, à partir de l'époque où l'on +aura commencé à chauffer. + +Pour utiliser la place qui reste au devant de la Vigne, on peut +mettre quelques rangs des Fraisiers en pots, qui s'accommodent +très-bien de la même température. + + =Variétés.=--Madeleine noire, -- M. blanche, -- Chasselas de + Fontainebleau, -- Ch. de Bar-sur-Aube, -- Ch. gros coulard, -- + Ch. musqué, -- Ch. rose, -- Muscat blanc, -- M. violet, -- M. + d'Alexandrie, -- Corinthe, -- Panse commune, -- Gromier du + Cantal, -- Frankental, -- Cornichon, -- Raisin cassis. + + + + +CHAPITRE XIV + +Maladies des Arbres. + + +Les maladies qui attaquent les arbres et les font périr sont dues à +deux causes distinctes: les unes, telles que le chancre et la gomme, +sont le résultat de causes internes, tandis que les autres sont +produites par des causes extérieures, et surtout par la présence des +plantes parasites comme les Lichens, les Mousses et les Champignons. + +Les premières, souvent mortelles, peuvent être guéries par +l'amputation des parties maladives, si l'arbre n'en est attaqué que +partiellement ou si les causes qui les ont produites sont passagères +et n'ont pu détruire en lui tout germe de vie; mais quand il en est +envahi tout entier et que sa végétation est modifiée au point que +le dépérissement est journalier, l'arbre languit et meurt bientôt, +sans que les secours du jardinier puissent le sauver. + +Il n'en est pas de même des maladies dues à l'établissement de +végétaux parasites sur l'épiderme de l'arbre; des lotions avec de +l'eau de chaux et un nettoyage attentif avec une brosse ou un +émoussoir suffisent ordinairement pour détruire les Lichens et les +Mousses, et rendre la santé à l'arbre qui en était chargé. + +Quant aux Champignons, il faut pour les détruire avoir recours à un +moyen plus énergique, surtout pour celui de la Vigne nommé _Oïdium +Tuckeri_; car l'eau de chaux a été reconnue insuffisante, et +l'hydrosulfate de chaux[14], étendu dans la proportion de 1 litre +pour 50 litres d'eau, est, jusqu'à présent du moins, le moyen le +plus simple et le plus efficace que l'on ait encore trouvé. + +[Note 14: Pour faire de l'hydrosulfate de chaux, on prend 250 +grammes de soufre en poudre et environ un demi-litre de chaux +fraîchement éteinte; on fait du tout une pâte à laquelle on ajoute 3 +litres d'eau. + +On place cette préparation sur le feu, dans une marmite de fonte ou +de terre vernie; on la fait bouillir pendant dix minutes environ, +après quoi on la met en bouteilles.] + +Plus anciennement connue, la fleur de soufre appliquée après un +bassinage détruit également bien le Champignon de la Vigne; mais, +que l'on emploie la fleur de soufre ou l'hydrosulfate de chaux, +l'important pour réussir est d'opérer à temps, c'est-à-dire aussitôt +que l'on aperçoit les premières traces blanches qui caractérisent la +maladie, car elle se propage avec une grande rapidité. + +Si, malgré le soin apporté à l'opération, le Champignon n'était pas +détruit par un premier traitement, il faudrait recommencer quelques +jours après. + +La fleur de soufre et l'hydrosulfate de chaux peuvent être également +employés avec succès pour détruire le _blanc_ ou _meunier_, qui fait +tant de tort aux Pêchers. + +C'est à ces notions insuffisantes que se borne notre science, et les +seuls moyens que nous ayons pour prévenir les maladies sont des +soins attentifs, des abris dans les mauvais temps, et le choix d'une +bonne exposition. + +Il est à regretter que cette partie importante de l'horticulture +soit si négligée et que personne ne s'en occupe sérieusement. + + + + +CHAPITRE XV + +Jardin d'agrément. + + +Nous ne pouvons, pour cette partie, qui est soumise à des +modifications dépendant de la situation et de la forme du terrain, +ainsi que du goût du propriétaire, entrer dans les mêmes détails que +pour le potager, qui admet des règles plus fixes. + +Quoique les murs soient pour tous les jardins le meilleur mode de +clôture, ils ne sont pas indispensables pour un jardin d'agrément, +qui peut être fermé par des haies vives. + +Bien que l'Épine blanche (Aubépine) soit considérée comme l'arbre +qui convient le mieux pour établir une haie, on peut, selon la +nature du terrain, employer les essences suivantes: Acacia blanc +(Robinier), Arbre de Judée, Acer campestre et Tataricum, Buplevrum +fruticosum, Charme, Cornus sanguinea, Clavalier (Xanthoxylum), +Caragana arborea, Celtis (Micocoulier) occidentalis et australis; +Cerisier, Cyprès, Épine-Vinette, Elæagnus angustifolia, Frêne +commun, Gleditschia Sinensis et triacanthos; Houx, Hêtre, If, Lilas, +Lycium Barbarum; Maclura aurantiaca, Mûrier blanc, Noisetier, Orme, +Prunus spinosa (Prunellier), incana, Mahaleb (Sainte-Lucie) et +insititia (Prunier sauvage); Poirier commun, Pommier, Rhamnus +catharticus (Nerprun), Paliurus, hybridus, sempervirens et +Alaternus (Alaterne); Sureau commun, Troëne commun, Thuya, Viburnum +lantana (Viorne). + +Lorsqu'on établit une haie, il faut, pendant les premières années, +la protéger au dehors par une haie morte ou un fossé assez large et +assez profond pour la défendre contre la dent des bestiaux. Comme +clôture, les haies sont d'un aspect moins désagréable que les murs, +et elles permettent de profiter de chaque échappée de vue, avantage +immense dans la composition d'un jardin d'agrément. + +L'étude de la position du terrain doit avoir pour but de ménager +tout ce qui peut contribuer à rendre la perspective agréable, et de +masquer les endroits que l'on voulait cacher. + +Rien de plus disgracieux dans un jardin d'agrément que la +disproportion entre ses différentes parties; les allées, les +pelouses, les massifs, les bassins, tout enfin doit être +proportionné à l'étendue du terrain. + +Les arbres plantés dans les massifs ne doivent pas être disséminés +au hasard, mais dans l'ordre de leur élévation; il faut les +distancer assez pour que la végétation n'en soit pas gênée. On doit +les grouper en harmonisant les feuillages et les fleurs de manière à +produire sur la vue une impression agréable. + +Nous ne saurions trop recommander l'introduction dans les jardins +d'agrément, au lieu d'arbres inutiles, des arbres fruitiers à haute +tige, tels que Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, Pommiers, Poiriers, +Amandiers, Coignassiers, etc., en les plaçant de préférence à la +pointe des massifs, pour qu'ils ne soient pas étouffés par la +végétation des arbres voisins et qu'ils jouissent les premiers de +l'air et du soleil. + +Bien des personnes ont été arrêtées dans l'idée de plantation +d'arbres fruitiers par la crainte de voir une partie de leur +récolte dévorée par les oiseaux, et de n'avoir que des fruits de +médiocre grosseur. + +Cette considération ne doit pas être un motif d'exclusion: car, +quelque mince que soit le produit de chaque arbre à fruit, il ne +sera pas, comme pour les arbres d'ornement, complétement stérile; de +plus, les arbres fruitiers ne le cèdent pas aux arbres d'ornement, +tant par la beauté de leur feuillage que par le coloris brillant et +l'abondance de leurs fleurs, et ils ont, de plus que les autres, des +fruits, qui flattent aussi agréablement la vue que la grappe du +Sorbier, le fruit des Mespilus, de Sureaux, etc. + +Les arbres verts et tous les arbres à feuilles persistantes qui font +jouir, au milieu de l'hiver, d'une verdure sévère peut-être, mais +qui rappelle les beaux jours, doivent aussi trouver place dans un +jardin d'agrément. + +Le Cèdre du Liban, le Mélèze, le Sapin épicéa, le Cyprès distique, +les grands arbres de nos forêts, comme le Hêtre, le Bouleau, peuvent +être plantés isolément et servir à rompre la monotonie des lignes +droites. + +En établissant un jardin d'agrément, il faut que l'allée qui en fait +le tour ne soit pas trop près de la clôture, afin de cacher autant +que possible l'étendue de la propriété. + +Les allées principales doivent avoir plus de largeur que les autres, +et l'on doit en les traçant éviter la régularité; des courbures plus +ou moins longues, de sinuosités qui dissimulent le parcours sont +indispensables pour ôter à un jardin de cette espèce la monotone +symétrie de nos anciens jardins publics. + +On peut, suivant l'étendue du jardin, élever çà et là quelques +constructions rustiques, ménager des salles de verdure où l'on +arrive sans s'y attendre dans le cours de la promenade, et l'on ne +doit pas négliger de placer des bancs de distance en distance, et +surtout aux endroits où l'on a ménagé des échappées de vue. + +Quelle que soit l'étendue du terrain, il faut toujours une partie de +gazon devant la maison. + +La pelouse devra avoir des contours gracieux et s'harmoniser avec +les parties environnantes. On la creusera un peu au milieu, afin de +produire un effet plus naturel, et l'on disposera sur les bords de +petits massifs, placés de manière à concourir à l'effet général sans +masquer la perspective. + +Pour établir une pelouse, on emploie le plus souvent en France du +_Rye-grass anglais_, auquel on ajoute une petite quantité de Trèfle +blanc de Hollande; mais en Angleterre on a depuis longtemps renoncé +au _Rye-grass_ pour semer du _Lawn's grass_ (herbe à pelouse), +mélange composé d'Agrostis traçante, de Crételle des prés, de Brome +des prés, de Fétuque ovine, de Fétuque traçante, de Flouve odorante, +de Paturin des prés, de _Rye-grass anglais_, de Mille-feuilles et de +Trèfle blanc. + +Mélangées dans des proportions raisonnées, ces plantes produisent un +aussi bel effet que le _Rye-grass_, et elles ont l'avantage de durer +beaucoup plus longtemps. Bien que ces mélanges conviennent à tous +les terrains à peu près, on doit dans les terres fraîches remplacer +les Fétuques ovine et traçante par de la Fétuque des prés, qui +s'élève un peu plus, il est vrai, mais qui convient plus +particulièrement que les autres espèces aux terrains humides. + +Dans les terres sèches, on peut aussi, au lieu de _Rye-grass +anglais_, semer du _Rye-grass d'Italie_, qui réussit dans les plus +mauvaises conditions. + +Sous les grands arbres, on sème de préférence du Paturin des bois, +seul ou avec un peu d'Agrostis traçante, de Fétuque ovine, de +Fétuque hétérophylle et de Fétuque des prés, graminées qui viennent +également bien a l'ombre. + +Dans les grands jardins, où les pelouses ont souvent beaucoup +d'étendue, on peut, après avoir consulté la nature du terrain, +remplacer le gazon par une véritable prairie naturelle dont le foin +peut être donné aux bestiaux; mais il faut alors faire choix de +plantes qui puissent convenir à la nature du sol auquel elles sont +destinées. + +L'époque la plus favorable pour semer une pelouse est le mois de +septembre dans les terrains légers, ou bien le mois de mars dans les +terres fortes ou humides; mais quelle que soit l'époque, il faut, +avant de semer, bien préparer le terrain, ce qui consiste à briser +les mottes de terre et à extraire toutes les racines et les pierres; +puis, suivant la nature du sol, on fera le labour plus ou moins +profond. + +Si l'on détruit un vieux gazon pour en semer un autre, il faut le +retourner à la bêche, de manière qu'il se trouve enterré à la +profondeur de 0m,35 au moins; après le labour, il faut herser la +terre à la fourche, puis enlever avec le râteau les pierres et les +mottes qui se trouvent à sa superficie, afin que le sol soit +parfaitement uni. Si la mauvaise qualité de la terre forçait +d'ajouter des engrais, il ne faudrait les employer que bien +consommés. + +Le semis ne devra être fait que par un beau temps, à cause des +opérations qui doivent le suivre. On sème à la volée, et aussitôt +après le semis on herse légèrement à la fourche; ensuite on passe le +rouleau, ou, à défaut, on foule avec les pieds, si cependant +l'étendue n'est pas trop considérable; puis on recouvre les graines +d'une très-légère couche de terre ou de terreau très-fin. + +Pour conserver un gazon longtemps en bon état, il faut le couper +souvent. On fera la première coupe au commencement de mai, et la +dernière à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Il nous +est impossible d'indiquer le nombre de celles qui devront être +faites entre ces deux époques, car cela dépendra de l'état +d'humidité dans lequel on les entretiendra. Pendant la sécheresse +de l'été, les arrosements doivent être très-fréquents, et doivent se +faire, le matin ou le soir, avec les arrosoirs à pomme. + +Il faut après chaque coupe donner un coup de râteau, afin d'enlever +tout ce qui pourrait occasionner de la pourriture; puis après le +nettoyage, on passera le rouleau. Chaque année, après la dernière +coupe, il faut enlever la mousse avec le râteau, et étendre partout +une légère couche de terreau. + +Comme, pour garnir de gazon les talus ou les bancs, le semis ne peut +se faire qu'avec beaucoup de difficulté, il vaut mieux se servir de +plaques de gazon levées dans les prairies ou sur le bord des +chemins; on les ajuste les unes à côté des autres; on fixe avec de +petites fiches de bois celles qui se trouvent dans une position +verticale, après quoi on les appuie légèrement avec une petite +batte. L'époque la plus favorable pour faire cette opération est +ordinairement le mois de mars. + +Pour les pelouses de peu d'étendue on peut, au lieu de semer des +graminées, planter des Rosiers à fleur remontante, dont on fixe les +branches sur le sol après les avoir étendues dans tous les sens. +Lorsque le terrain est complétement couvert, il est impossible de +voir quelque chose de plus ravissant qu'une pelouse de Rosiers, +surtout quand les couleurs ont été bien variées dans la plantation. + +Les arbustes qui fleurissent le plus longtemps possible doivent être +massés sur les bords du gazon; et l'on y pourra jeter, comme au +hasard, quelques beaux arbres verts, comme Cèdre du Liban, Cèdre +Deodora, Abies Pinsapo, Cryptomeria Japonica, Pinus Sabiniana, Pinus +Lambertiana, Taxodium sempervirens, etc. + +Un Saule pleureur, un Frêne pleureur, un Hêtre pourpre, un Negundo +à feuilles panachées, etc., et, parmi les végétaux moins élevés, les +Pivoines en arbre, les Gynerium argenteum, les Bambusa edulis et +aurea, les Andropogon formosum, les Saccharum Maddeni, les Rheum, +les Gunnera scabra, les Heracleum, les Caladium et les Wigandia, +produisent également un bel effet sur les pelouses de gazon. + +L'usage, actuellement fort répandu, d'établir dans le jardin +d'agrément des massifs d'une ou plusieurs espèces de plantes +d'ornement est de très-bon goût, en ce qu'il permet d'apprécier +complétement la valeur ornementale d'une foule de plantes qui +produisent tout leur effet seulement lorsqu'elles se produisent par +groupes. + +Les amateurs peu familiarisés avec les ressources que leur offre +l'horticulture pour ce genre de décoration sont souvent embarrassés +dans le choix des plantes de chaque saison dont on peut former des +massifs. Voici, à cet égard, quelques indications qui pourront +servir à les guider: + + +_Première garniture._ + +Crocus de Hollande, Jacinthes de Hollande, Tulipes à fleur simple, +Tulipes à fleur double, Anémones à fleur simple, Auricules, +Primevères des jardins, Hépatiques printanières, Pensées à grande +fleur, Aubrietia deltoidea, Cynoglosse omphalode, Corbeille d'or, +Thlaspi vivace, Ellébore rose de Noël, Héliotrope d'hiver, +_Tussilago suaveolens_, Saxifrage de Sibérie, Doronicum Caucasicum, +Silene pendula, Nemophila, Phlox verna, Giroflées jaunes de diverses +nuances, Pieds-d'alouette, Tourette printanière, Myosotis alpestris, +Coquelicots à fleur double, Lunaire annuelle, Dielytra spectabilis +et Iris Germanica. + +Dans cette liste, on remarquera qu'il se trouve des plantes de +hauteurs diverses, depuis les Crocus de Hollande, tout à fait nains, +jusqu'aux Pieds-d'alouette et aux Coquelicots de moyenne grandeur; +il y a donc de quoi former des massifs de toutes dimensions, selon +l'étendue et la situation du jardin dont ils doivent faire partie. + +Pour ne citer qu'un seul exemple de ce que l'on peut faire avec ces +plantes, nous dirons qu'un massif composé de Tourettes printanières, +de Saxifrages de Sibérie et de Doroniques produit au printemps un +charmant effet. + + +_Deuxième garniture._ + +N. 1. Ageratum du Mexique avec un double rang de Calcéolaires jaunes +et de Verveines rouges. + +Ces trois plantes, disposées en cercles concentriques, bleu +améthyste, jaune vif et rouge foncé, produisent un très-bel effet; +les autres listes sont calculées dans le même but d'association de +forme et de couleur qui s'accordent le mieux entre elles, et +flattent le plus agréablement la vue. + +2. Calcéolaires jaunes avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs +bleues. + +3. Capucines naines avec un rang de Verveines bleues. + +4. Chrysanthèmes à fleurs blanches avec un rang de Géranium rouges +ou de Verveines rouges. + +5. Cuphea ignea avec un rang de Cerastium tomentosum. + +6. Fuschia avec un rang de Géranium à feuilles panachées ou de +Verveines blanches. + +7. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et de +Calcéolaires jaunes. + +8. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et d'Ageratum +Mexicanum. + +9. Géranium rouge ou rose avec un rang de Verveines blanches. + +10. Géranium à feuilles panachées avec un rang de Verveines bleues +ou de Verveines rouges. + +11. Lantana Camara avec un rang de Lantana delicatissima. + +12. Menthes à feuilles panachées avec un rang de Verveines rouges. + +13. Perilla Nankinensis avec un rang de Géranium à feuilles +panachées ou de Verveines blanches. + +14. Pétunia roses avec un double rang de Chrysanthèmes à fleurs +blanches et de Géranium rouge. + +15. Salvia fulgens avec un rang d'Ageratum Mexicanium. + +16. Souci de Trianon avec un double rang de Pétunia blanc et de +Géranium rouge. + +17. Tagetes lucida ou Calcéolaires jaunes avec un double rang de +Géranium rouges et de Nierembergia gracilis. + +18. Verveines rouges avec un double rang de Nierembergia gracilis et +de Lobelia Erinus à fleurs bleues. + +19. Verveines blanches avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs +bleues. + +20. Héliotrope du Pérou. + +21. Coleus Werschaffelti avec un rang de Cineraria maritima ou de +Centaurea candidissima. + +22. Canna discolor. + +23. Caladium esculentum. + +24. Wigandia Caracasana. + +25. Dahlias variés. + +On peut également, dans les grands jardins, former des groupes de +plantes annuelles que l'on sème immédiatement en place pour éviter +les frais de culture. + +En remplaçant successivement les plantes qui font partie de la +seconde garniture par des Chrysanthèmes de la Chine, on peut avoir, +en adoptant l'assolement que nous proposons, des massifs garnis de +fleurs pendant toute l'année. + +Comme les longues descriptions servent uniquement à grossir un +ouvrage, nous avons cru devoir suivre dans notre livre un plan +différent de celui qui est adopté dans les autres traités de +culture: nous avons préféré grouper les végétaux d'après la place +qu'ils doivent occuper dans un jardin, en indiquant brièvement, pour +chacun d'eux, l'époque du semis, celle de la floraison, la couleur +de la fleur et la hauteur de la plante. Cependant, nous avons +consacré un article spécial aux plantes dont la culture demande des +soins particuliers. + + +SECTION I.--Arbustes pour bordures. + +BUIS À BORDURES.--Pour établir une bordure, on prend des touffes de +_Buis_, que l'on divise en autant d'éclats qu'il est possible. + +On plante ces éclats, en automne ou au printemps, en ligne mince et +régulière, en ayant soin de ne laisser sortir de terre que +l'extrémité des branches. + +L'année suivante, en septembre ou en février, c'est-à-dire avant ou +après la pousse, on taille le Buis en bordure, avec de grands +ciseaux, opération qu'il faut faire chaque année; autrement, il +prendrait un trop grand développement. + + +LIERRE GRIMPANT.--Pour planter sous les grands arbres, où il est +toujours si difficile d'avoir de la verdure, il n'est rien qui +convienne mieux que le _Lierre grimpant_ ou l'une de ses variétés. + +Toutes peuvent être cultivées en bordures; mais la variété connue +sous le nom de _Lierre d'Irlande_ convient mieux que les autres, en +raison de la beauté de son feuillage. Pour établir une bordure, on +plante, en automne ou au printemps, de jeunes Lierres élevés en +pots, ou, à défaut, des marcottes enracinées, que l'on dispose de +manière à garnir le terrain. Pour faciliter le développement des +racines sur toute la longueur des branches, on les fixe sur le sol +au moyen de petites fiches de bois semblables à celles que l'on +emploie pour marcotter les Oeillets. + +Une fois la reprise assurée, tous les soins consistent à couper ou +fixer au sol toutes les jeunes pousses, afin d'avoir toujours des +bordures régulières. + + +ROSIERS.--Les rosiers-pompons et les variétés connues sous le nom de +Rosiers de miss Lawrence, à fleurs blanches, roses ou cramoisies, +peuvent être cultivés en bordures. Véritables miniatures, ces +derniers ne s'élèvent pas à plus de 0m,12 à 0m,15. Plus vigoureux, +les Rosiers-pompons doivent être préférés; car ils résistent mieux +aux inconvénients de toutes sortes que les plantes à bordures ont à +supporter. + + +2. _Plantes vivaces formant des touffes._ + +ALYSSE CORBEILLE-D'OR, THLASPI jaune (_Alyssum saxatile_).--Fleurs +jaunes, en avril et mai; multiplication d'éclats au printemps ou de +graines semées aussitôt après la maturité. + + +AUBRIÉTIE deltoïde (_Aubrietia deltoidea_), ALYSSE deltoïde +(_Alyssum deltoideum_).--Au printemps et pendant l'été, fleurs +nombreuses de couleur bleu-clair. Les _Aubriéties_ forment de larges +touffes peu élevées, que l'on replante tous les deux ou trois ans. + + +ASPÉRULE odorante (_Asperula odorata_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,30; +fleurs blanches odorantes, en mai; multiplication par séparation. + + +ASTER Reversii.--En septembre, en octobre, fleurs blanches carnées, +extrêmement abondantes. On multiplie cette charmante petite plante +par la séparation des touffes, comme tous les autres Asters. + + +BERMUDIENNE à petites fleurs (_Sisyrinchium Bermudiana_).--Hauteur, +0m,18 à 0m,20; fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication +de graines ou par l'éclat des pieds. + + +BRUNELLE à grandes fleurs (_Brunella grandiflora_).--Fleurs bleues, +pourpres, roses ou blanches, en juillet; multiplication de graines, +semées en mars ou d'éclats en automne. + + +CAMPANULE gazonnante (_Campanula cespitosa_).--Tout l'été, fleurs +bleues ou blanches, petites, mais nombreuses. Les _Campanula +Carpathica_ et _Bocconi_ peuvent également être cultivées en +bordures. Toutes se multiplient par la séparation des touffes. + + +CÉRAISTE cotonneux, ARGENTINE (_Cerastium tomentosum_).--En mai et +juin, fleurs blanches; multiplication de graines ou de traces. + + +CYNOGLOSSE printanière (_Cynoglossum Omphalodes_). OMPHALODE +printanière (_O. verna_).--Charmante petite plante que l'on peut +placer à l'ombre. Fleurs bleues, en mars et avril. Multiplication de +traces. + + +DORONIC du Caucase (_Doronicum Caucasicum_).--Fleurs jaunes, de mars +en mai; multiplication de rejetons, en automne. + + +GENTIANE acaule (_Gentiana acaulis_).--Fleurs d'un très-beau bleu, +en avril et mai; multiplication par l'éclat des pieds. + + +GRAMINÉES.--Le _Rye-grass anglais_ est d'une des graminées les plus +fréquemment employées pour semer en bordures. Cependant l'_Agrostis +traçante_, la _Fétuque ovine_ et la _Fétuque glauque_ conviennent +tout aussi bien pour cet usage que le _Rye-grass anglais_. + + +HÉMÉROCALLE du Japon, H. à feuilles en coeur (_Hemerocallis +Japonica_, _Funkia subcordata_).--En août, fleurs blanches, +très-odorantes. Variétés à fleurs bleues. Multiplication par +séparation. + + +HÉPATIQUE printanière (_Anemone hepatica_).--De février en mars, +fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles, selon la +variété; multiplication d'éclats en automne. + + +IRIS d'Allemagne (_Iris Germanica_).--Voir l'article relatif à la +culture de cette plante. + + +LIPPIA REPENS. Plante vivace propre à gazonner les terrains en +pente. Elle est rustique et donne de juin en octobre de nombreuses +fleurs de couleur lilas. Multiplication d'éclats en toute saison. + + +LYCHNIDE laciniée (_Lychnis flos cuculi_).--De juin en septembre, +fleurs rouges ou blanches, semblables à de petits Oeillets. + +Variétés à fleurs doubles. Multiplication par la séparation des +touffes, en février. + + +OEILLET Mignardise (_Dianthus moschatus_, _D. plumarius_).--Fleurs +rouges, blanches ou roses, simples ou doubles, en mai et juin; +multiplication en août par marcottes, sans incision. + + +OPHIOPOGON du Japon, Herbe aux turquoises. Plante gazonnante, propre +à faire des bordures dans les terrains secs. Multiplication d'éclats +en automne ou au printemps. + + +PAQUERETTE petite Marguerite (_Bellis perennis_).--Vivaces; fleurs +doubles, blanches, roses, rouges ou panachées; replanter tous les +ans après la floraison. + + +PHLOX subulé (_Phlox subulata_).--Fleurs roses, marquées d'une +étoile d'un pourpre violet, d'avril en mai; multiplication par la +division des touffes. + + +PHLOX à feuilles étroites (_P. setacea_).--Fleurs roses ou pourpres, +tachées de rouge, en juin ou juillet. + +Variétés à fleurs blanches; même multiplication. + + +PRIMEVÈRE auricule, OREILLE-D'OURS (_Primula auricula_).--Fleurit en +avril et mai; variétés très-nombreuses obtenues par les semis, qui +ont lieu en février et mars; il faut peu recouvrir les graines. + + +PRIMEVÈRE des jardins (_P. veris_).--En mars; fleurs simples ou +doubles de toutes nuances; multiplication d'éclats, en automne, ou +de graines semées aussitôt après la maturité. + + +PYRETHRUM INODORUM.--En juin et juillet, fleurs blanches doubles, +d'un très-bel effet; multiplication de boutures ou d'éclats. + + +SABLINE des montagnes (_Arenaria montana_).--Hauteur, 0m,20; en +juin, fleurs blanches; multiplication de traces. + + +SABLINE grandiflore (_A. grandiflora_).--Hauteur, 0m,05 ou 0m,06; +fleurs blanches; même multiplication. + + +SALVIA _tricolor_, charmante variété de la _Salvia officinalis_, à +feuilles panachées de rouge et de jaune. + +On la multiplie de boutures, d'une reprise facile. + + +SAXIFRAGE ombreuse (_Saxifraga umbrosa_).--Fleurs blanches, en avril +et mai; on les multiplie toutes par séparation, en automne ou en +février. + + +SAXIFRAGE mousseuse, GAZON turc (_S. hypnoides_).--Fleurs blanches, +en mai. + + +SAXIFRAGE géranioïde (_geranioides_).--Fleurs blanches, en mai. + + +SEDUM.--Tous les _Sedum_ peuvent être cultivés en bordures; ils sont +rustiques et d'un bel effet, surtout le _Pulchellum_. Les _Sedum +acre_ et _cruciatum_ conviennent également bien pour cet usage. + + +STATICÉ gazon d'Olympe (_Statice Armeria_), ARMERIA commun (_Armeria +vulgaris_).--En mai, juin et juillet, fleurs rouges, blanches ou +lilas. + +En coupant les fleurs aussitôt qu'elles sont passées, on obtient une +seconde floraison, souvent tout aussi abondante que la première. + +Le _Statice bellidifolia_ peut également être cultivé en bordures. +On le multiplie, comme le _Statice Armeria_, d'éclats que l'on +plante en automne ou au printemps. + + +THLASPI vivace (_Iberis semperflorens_.) Fleurs blanches, en avril +et mai; multiplication en été, par boutures ou marcottes. + + +TOURRETTE printanière (_Turritis verna_,) ARABETTE printanière +(_Arabis verna_).--Fleurs blanches, en mars et avril; multiplication +de traces, en automne. + + +VIOLETTE odorante (_Viola odorata_).--Fleurs bleu foncé, blanches ou +roses, de février en avril; multiplication de graines ou mieux +d'éclats de pieds, en automne. + + +VITTADINIA _triloba_.--Tout l'été, fleurs simples, blanches, rosées, +exactement semblables à de petites Marguerites; multiplication de +boutures, faites en août et septembre, et hivernées sous châssis. + + +3. _Plantes bulbeuses pour bordures._ + +AIL doré (_Allium moly_).--Fleurs d'un beau jaune, en juin; variété +à fleurs blanches; multiplication par caïeux. + + +AMARYLLIS jaune (_Amaryllis lutea_).--Fleurs jaunes, en septembre. + + +CROCUS, Safran printanier (_Crocus vernus_).--En février et mars, +fleurs jaunes, bleues, blanches, ou blanches rayées de violet, selon +les variétés, qui sont très-nombreuses; planter en automne, pour +relever tous les trois ans. + + +GLAÏEUL commun (_Gladiolus communis_).--Fleurs blanches ou rouges, +de mai en juin; planter en automne. + + +NARCISSE des poètes (_Narcissus poeticus_).--En mai, fleurs blanches +à couronne pourpre; odeur suave; Variétés à fleurs doubles. Planter +en octobre. + + +NARCISSE des prés (_N. Pseudo-Narcissus_).--Fleurs jaunes, doubles, +en avril; même multiplication. + + +OXALIDE de Deppe (_Oxalis Deppei_).--Fleurs rouges, tout l'été; +planter au printemps, pour les relever chaque année à l'automne. + + +4. _Plantes annuelles que l'on multiplie de graines._ + +CAMPANULE miroir-de-Vénus (_Campanula speculum_), SPÉCULAIRE +miroir-de-Vénus (_Specularia speculum_).--En mai, juin et juillet, +fleurs violettes ou blanches; semer en place, en septembre ou au +printemps. + + +COLLINSIE de deux couleurs (_Collinsia bicolor_).--Fleurs lilas ou +blanches, tout l'été; semer en place, en septembre ou au printemps. + + =Variétés.=--Grandiflora, -- Multicolor. + + +COLLOMIE écarlate (_Collomia coccinea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs +d'un rouge écarlate, tout l'été; semer en place, en septembre ou au +printemps. + + +CRÉPIS rose (_Creris rubra_) BARKHAUSIE rouge (_Barkhausia +rubra_).--Hauteur, 0m,25. Tout l'été, fleurs roses ou blanches; +semer en place ou en pépinière, pour repiquer en automne ou au +printemps. + + +CYNOGLOSSE à feuilles de lin (_Cynoglossum +linifolium_).--Bisannuelle; hauteur, 0m,50; fleurs blanches, de juin +en août; semer en place, en septembre ou au printemps. + + +KAULFUSSIE amelloïde, CHARIEIS à feuilles variées (_Charieis +heterophylla_).--Hauteur, 0m,20; fleurs bleues, tout l'été; semer en +place, au printemps. + + +JULIENNE de Mahon, GIROFLÉE de Mahon (_Cheirantus maritimus_, +_Malcolmia maritima_).--Fleurs d'abord rouges, ensuite violettes, en +juin et juillet; variété à fleurs blanches; semer en place, en +automne ou au printemps. + + +LEPTOSIPHON androsace (_Leptosiphon androsaceus_), GILIE androsace +(_Gilia androsacea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs bleues ou blanches; +tout l'été, semer en place, en septembre ou au printemps. + + +LEPTOSIPHON à fleurs denses (_L. densiflorus_), GILIE à fleurs +denses (_Gilia densiflora_).--Hauteur, 0m,30 à 0m,35; tout l'été, +fleurs d'un rose clair passant au bleu clair; même multiplication. + + +LEPTOSIPHON AUREUS.--Touffe arrondie, semblable à celle des _Statice +armoria_. Tout l'été, fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet; +multiplication de graines, que l'on sème en septembre en pots, que +l'on hiverne sous châssis. + + +LINAIRE à fleurs d'ORCHIS (_Linaria bipartita_).--Hauteur, 0m,45; +fleurs d'un violet bleuâtre, en été; semer en septembre ou au +printemps. + + +LOBÉLIE Erine (_Lobelia Erinus_).--Charmante petite plante à fleurs +bleues, blanches ou roses, formant de larges touffes couvertes de +fleurs, qui se succêdent pendant tout l'été. + +On sème les _Lobelia_ en mars et avril, sur couche, ou mieux en +septembre; puis on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous +châssis. + + +NÉMÉSIE à fleurs nombreuses (_Nemesia floribunda_).--Hauteur, 0m,40; +tout l'été, fleurs lilas, jaunes et blanches; semer en place, en +septembre ou au printemps. + + +NÉMOPHILE remarquable (_Nemophila insignis_).--Hauteur, 0m,33; tout +l'été, fleurs d'un beau bleu; semer en place, en septembre ou au +printemps. + + +NÉMOPHILE maculée (_N. maculata_).--Fleurs blanches, largement +maculées de bleu; même culture. + + +PIED-D'ALOUETTE nain (_Delphinium Ajacis_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40. +En mai, juin et juillet, fleurs doubles, de couleurs très-variées; +on doit toujours supprimer les pieds à fleurs simples; semer en +place, en automne ou en février et mars. + + +REINE-MARGUERITE hâtive (_Aster Sinensis_, _Callistephus +hortensis_).--Hauteur, 0m,33; en fleur de juillet en septembre; +semer depuis mars jusqu'en juin, en pépinière pour repiquer ensuite +en place. + + +SANVITALIA _rampante_ (_Sanvitalia procumbens_).--Semer sur couche +en mars. Cette plante, une fois repiquée, s'étend naturellement sur +le sol et donne en abondance de charmantes fleurs jaunes à disque +brun simples ou doubles. + + +SAPONAIRE de Calabre (_Saponaria Calabrica_).--Tout l'été, fleurs +roses ou blanches, plus petites que celles des _Silènes_, avec +lesquelles elles ont beaucoup de rapport. Multiplication de graines, +semées en septembre, en pépinière, ou en mars et avril. + + +SCHIZANTE étalé (_Shizanthus porrigens_).--Hauteur, 0m,30; fleurs +lilas et jaunes, ponctuées de brun, tout l'été; semer au printemps, +en place ou en pépinière, pour être ensuite repiqué. + + +SILÈNE à fleurs roses (_Silene bipartita_).--Hauteur, 0m,22 à +0m,28; fleurs roses, en juin et juillet; semer en septembre, en +pépinière, ou au printemps, immédiatement en place. + + +Section II.--Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes. + +_Plantes annuelles et bisannuelles._ + +ABRONIA UMBELLATA, belle plante à fleurs rose lilacé, ayant quelque +rapport avec la valériane. Multiplication de graines, semées en +mars, sur couche. + + +ACROCLINIUM ROSEUM, nouvelle espèce d'immortelle, à fleurs d'un beau +rose satiné, plus larges que celle du Rhodanthe Manglesii. +Multiplication de graines, que l'on sème sur couche, en février et +mars. + + +ADONIDE d'été (_Adonis æstivalis_).--Tiges de 0m,30; fleurs rouge +foncé, en juin et juillet; semer en place, en automne ou au +printemps. + +_Ageratum Mexicanum._--Plante bisannuelle, à fleurs bleues, en +corymbe terminal. Planté en mai, l'_Ageratum Mexicanum_ donne des +fleurs pendant une bonne partie de l'année; on le multiplie de +graines ou de boutures, en août et septembre, et l'on hiverne sous +châssis. + +Cette charmante plante convient particulièrement pour garnir les +massifs ou faire de larges bordures autour des Canna. + + +AGERATUM CÆRULEUM.--Plante annuelle également à fleurs bleues; on la +sème sur couche en mars, ou en pleine terre en avril; elle sert aux +mêmes usages que l'_Ageratum Mexicanum_. + + +ALYSSUM MARITIMUM (_Koniga maritima_).--Touffe de 0m,20 à 0m,30, se +couvrant de petites fleurs blanches, odorantes, en ombelle, depuis +le mois de mai jusqu'en novembre. Semer en mars et avril, +immédiatement en place; propre à former des massifs. + + +AMARANTE queue-de-renard (_Amarantus caudatus_).--Tiges de 0m,65 à 1 +mètre. Tout l'été, fleurs en longues grappes, de couleur rouge et +jaune. Semer en mars, sur couche, ou en place, en avril. + + +AMARANTE mélancolique (_A. melancholicus_).--Tige anguleuse de 0m,75 +à 1 mètre, feuilles glabres d'un rouge sanguin, fleurs d'un vert +clair assez insignifiantes; même culture. La variété cultivée sous +le nom d'_Amarantus melancholicus ruber_ est colorée d'une teinte +plus vive, elle est moins élevée que la précédente. + + +L'AMARANTUS BICOLOR et l'AMARANTUS TRICOLOR sont deux plantes +remarquables par la riche coloration de leurs feuilles; elles sont +considérées comme des variétés de l'_Amarantus melancholicus_; on la +cultive de la même manière. + + +AMARANTE à feuilles rouges (_A. sanguineus_).--Tige de 0m,90, lavée +ou striée de pourpre, feuilles d'un rouge sanguin, fleurs purpurines +en épis allongés; même culture que les variétés précédentes. + + +ANAGALLIS à grandes fleurs (_Anagallis grandiflora_).--Tout l'été et +l'automne, fleurs bleues, roses ou rouges. On sème les _Anagallis_ +au printemps, sur couche, ou en septembre; puis on repique le plant +en pots, que l'on hiverne sous châssis. + +Cultivées comme plante de serre, les _Anagallis_ peuvent être +conservées pendant plusieurs années. + + +ARGÉMONE à grandes fleurs (_Argemone grandiflora_).--Hauteur, 0m,60 +à 1 mètre; fleurs blanches, tout l'été; semer en place, au +printemps. + + +BALSAMINE des jardins (_Balsamina hortensis_), IMPATIENTE BALSAMINE +(_Impatiens Balsamina_).--Tiges succulentes, d'environ 0m,50; de +juillet en octobre, fleurs blanches, jaunâtres, rouges, roses, +violettes, gris de lin, unicolores ou ponctuées. On en cultive une +race à fleurs larges et très-doubles, que l'on nomme _Camellia_, et +une autre race naine, à fleurs également doubles et variées: celles +qu'on nomme Balsamine à _rameaux_ sont beaucoup plus élevées que les +autres. On les sème toutes sur couche, en mars, ou en pleine terre, +en avril. + +Les Balsamines n'exigent pas des soins particuliers; seulement, +comme elles végètent avec une grande vigueur dans les bons terrains, +il faut, pour avoir de belles fleurs, pincer l'extrémité des tiges +quand on voit qu'elles dépassent les proportions ordinaires. + + +BALSAMINE glanduleuse (_I. glanduligera_).--Tige de 1 à 2 mètres; +fleurs bleu violacé, en juillet; semer sur couche, au printemps, ou +mieux, en pleine terre, aussitôt après la maturité des graines. + + +BARTONIE dorée (_Bartonia aurea_).--Tiges rameuses d'environ 0m,60; +fleurs d'un beau jaune, tout l'été; semer en place, au printemps. + + +BELLE-DE-JOUR, LISERON tricolore (_Convolvulus tricolor_).--Hauteur, +0m,33; fleurs bleues, blanches ou panachées, de juin en septembre; +semer en place, en avril. + + +BELLE-DE-NUIT FAUX JALAP (_Mirabilis Jalappa_, _Nyctago +hortensis_).--Tiges rameuses de 0m,50; fleurs rouges, blanches, +jaunes ou panachées, de juillet en septembre. Multiplication de +graines, semées en avril, ou de racines, que l'on conserve comme +celle des Dahlias. + + +BRACHYCOME à feuille d'ibéris (_Brachycome iberidifolia_).--Hauteur, +0m,25; tout l'été, fleurs bleues ou blanches; semer en mars et +avril, ou mieux en septembre, en pots, que l'on hiverne sous +châssis. + + +BROUAILLE élevée (_Browallia elata_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +bleues, de juillet en septembre; semer au printemps. + + +BROUAILLE à tige tombante (_B. demissa_).--Tiges rameuses de 0m,33; +fleurs d'un violet bleuâtre, de juillet en septembre; même culture. + + +CACALIE à feuilles hastées (_Cacalia sagittata_), ÉMILIE à feuilles +hastées (_Emilia sagittata_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un rouge +orangé, de juillet en septembre; semer en mars, sur couche, ou en +place en avril. + + +CARDE poirée du Chili (_Beta cycla_, _Var. chiliensis_).--Considérée +à juste titre comme une excellente plante potagère, la poirée à +carde du Chili n'en constitue pas moins une belle plante +ornementale, que l'on peut admettre dans le jardin d'agrément au +même titre que les choux frisés et panachés; on la multiplie de +graines semées en avril et mai, en place ou en pépinière. Seulement +il faut, dans un cas comme dans l'autre, faire en sorte que chaque +plante soit espacée de 1 mètre en tous sens. + + +CALANDRINE en ombelle (_Calandrinia umbellata_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; fleurs d'un beau rose-violet, tout l'été; semer au +printemps.--Les _Calandrinia Lindleyana_ et _speciosa_ se cultivent +de la même manière. + + +CAMPANULE à grosses fleurs, VIOLETTE marine (_Campanula +medium_).--Bisannuelle; tige de 0m,65; de juin en août, fleurs +bleues, blanches, roses, simples ou doubles; semer en juin. + + +CAMPANULE pyramidale (_C. pyramidalis_).--Bisannuelle; hauteur, +1m,30 à 1m,60; fleurs bleues ou blanches, de juillet en septembre; +semer aussitôt à la maturité. + + +CAPUCINE grande (_Tropæolum majus_).--Cultivée jusqu'à présent +comme plante grimpante, la Capucine grande à fleurs jaunes et à +fleurs brunes convient parfaitement pour garnir les massifs dans les +grands jardins. Dans ce but, on sème les Capucines au printemps, par +touffes; puis on laisse ramper les tiges sur le sol. + + +CAPUCINE naine (_T. minus_).--Les variétés de cette plante connues +sous le nom de Capucines Tom-Pouce conviennent beaucoup mieux que la +Capucine grande pour composer des massifs. + +On les cultive exactement de même. + + +CENTRANTHUS MACROSIPHON.--Valériane annuelle, à fleurs d'un beau +rouge, que l'on sème en septembre, en place ou en pépinière. On peut +aussi la semer au printemps. Elle fleurit en mai, et successivement +jusqu'en juillet. + + +CÉLOSIE à crête, ou AMARANTE à crête de coq (_Celosia +cristata_).--De juin en septembre, fleurs rouges, violettes ou +jaunes, suivant la variété; semer sur couche, au printemps; repiquer +en pépinière sur couche, pour ne remettre en pleine terre qu'en juin +et juillet. + + +CÉLOSIE à épi (_Celosia species_).--Haute de 0m,40 à 0m,50, de +juillet en octobre; fleurs roses, rouges ou jaunes en longs épis. +Multiplication de graines, semées sur couche en février et mars. + +La _Célosie à épi_ est une plante véritablement remarquable par +l'abondance et la fraîcheur de ses fleurs. + + +CENTAURÉE odorante, BARBEAU jaune (_Centaurea Amberboi_).--Tiges de +0m,40 à 0m,50; fleurs grosses, d'un beau jaune, de juillet en +octobre; semer au printemps. + + +CENTAURÉE d'Amérique (_C. Americana_).--Tiges rameuses, de 1 mètre; +fleurs bleu lilacé, en août et septembre; même culture que la +précédente. + + +CENTAURÉE musquée, BARBEAU musqué (_C. moschata_).--Tiges de 0m,40; +fleurs blanches purpurines, en août et septembre; même culture. + + +CENTAURÉE bluet, BARBEAU (_C. cyanus_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +variété de toutes couleurs, excepté le jaune; fleurit en juin et +août; semer en place, en automne ou au printemps. + +La _Centaurea depressa_ est une espèce plus belle, que l'on cultive +de la même manière. + + +CHÉNOSTOME à fleurs nombreuses (_Chenostoma polyanthum_).--Tout +l'été, fleurs roses, peu apparentes. + +On sème les _Chénostomes_ sur couche, en mars et avril, et on +repique le plant en ligne, sur le bord des massifs. + + +CHOUX à feuilles ornementales (_Brassica oleracea var._).--Le Chou +frisé vert, le frisé rouge, le panaché de rouge, le panaché de +lilas, le lacinié et le palmier peuvent être considérés comme de +véritables plantes d'ornement, par la beauté de leurs feuilles. + +On les sème au printemps, comme tous les autres Choux; et, comme ils +sont bisannuels, on peut n'en semer que tous les deux ans. + + +CHRYSANTHÈME des jardins (_Chrysanthemum coronarium_).--Tiges de +0m,65; fleurs blanches ou jaunes, de juillet en septembre; semer au +printemps. + + +CHRYSANTHÈME à carène (_C. carinatum_).--Tiges d'environ 0m,40; +fleurs jaunes, à disque brun; semer au printemps. + +Les _Chrysanthemum Burridgeanum_ et _Dunnetti_ sont deux belles +variétés du _Chrysanthemum carinatum_, que l'on cultive exactement +de la même manière. + + +CLARKIA a pétales découpés (_Clarkia pulchella_).--Hauteur, 0m,40. +Tout l'été, fleurs rose rouge ou blanches; semer en place, en +septembre ou au printemps. + + =Variétés.=--Marginata, -- Pulcherrima, -- Elegans. + + +CLÉOME piquante (_Cleome pungens_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +violacées; semer sur couche, au printemps, et repiquer le plant en +pleine terre. + + +COQUELICOT (_Papaver rhoeas_).--Moins élevé que le pavot, le +Coquelicot donne, en juin et en juillet, des fleurs très-doubles, de +couleur ponceau, unicolores ou bordées de rouge, de blanc ou de +rose. On le sème en place, en automne ou au printemps. + + +COQUELOURDE rose du ciel (_Lychnis coeli rosa_, _Viscaria coeli +rosa_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un beau rose, en juillet; semer en +place, au printemps. + + +COQUELOURDE des jardins, LYCHNIS des jardins (_L. +coronaria_).--Bisannuelle; tige de 0m,50; fleurs rouges, pourpres ou +blanches, de juin en septembre; semer en juin. + + +CORÉOPSIS élégant, C. des teinturiers (_Coreopsis tinctoria_); +Calliopside des teinturiers (_Calliopsis tinctoria_).--Hauteur, +0m,65; fleurs jaunes, à disque brun, de juin en octobre; semer en +automne ou au printemps, sans presque couvrir les graines; produit +souvent des variétés. + + +CORÉOPSIS de Drummond, CALLIOPSIS de Drummond (_C. +Drummondi_).--Moins élevé; fleurs plus grandes; semer au printemps. + + +COSMOS bipinné (_Cosmos bipinnatus_).--Tige de 0m,50 à 1 mètre; +fleurs rouge violacé, en automne; semer sur couche, au printemps. + +Le _Cosmos atrosanguineus_, récemment introduit sous le nom de +_Bidens atrosanguinea_, se cultive de même. + + +CUPHÉA silénoïde (_Cuphea silenoïdes_).--Tout l'été et l'automne, +fleurs tubuleuses, pourpres, nuancées de brun. + + +CYNOGLOSSE argentée (_Cynoglossum cheirifolium_).--Bisannuelle; tige +de 0m,50; fleurs rouges, en juin et juillet; semer en place, à +l'automne. + + +DATURA FASTUOSA (_Stramonium fastuosum_).--Tige de 1m,30; tout l'été +et l'automne, fleurs blanches ou violettes; semer sur couche en +avril. + + +DATURA TUBERIANA.--Variété du précédent, remarquable par les +proportions largement développées de ses fleurs blanches lilacées +semi-doubles. Même culture. + + +DIGITALE pourprée (_Digitalis purpurea_).--Bisannuelle; tige de 1 +mètre; fleurs pourpres ou blanches, en juillet et en août; semer en +juin. + + +DRACOCÉPHALE de Moldavie (_Dracocephalum Moldavicum_).--Tige de +0m,65; fleurs purpurines ou blanches, en juillet; semer en place, au +printemps. + + +ÉNOTHÈRE odorante (_Oenothera suaveolens_).--Tige de 1 mètre; fleurs +d'un beau jaune, à tube très-long, en juillet et août. + + +ÉNOTHÈRE à longues fleurs (_Oe. longiflora_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs jaunes, à tube très-long, en juillet et août. + + +ÉNOTHÈRE à feuilles de Pissenlit (_Oe. taraxacifolia_).--Hauteur, +0m,40; fleurs d'un blanc carné, tout l'été. + + +ÉNOTHÈRE de Lindley (_Oe. Lindleyana_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50; +fleurs d'un rose tendre, avec une large tache pourpre sur chaque +pétale, de juillet en octobre. + + +ÉNOTHÈRE agréable (_Oe. amoena_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs +d'un beau rose, en juillet et août. + + +ÉNOTHÈRE pourpre (_Oe. purpurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs pourpres, +en juillet.--Toutes les Énothères se multiplient de graines semées +en place, au printemps. + + +ÉRYSIMUM de Pétrowski (_Erysimum Petrowskianum_).--Hauteur, 0m,40 à +0m,50. Tout l'été, fleur jaune safrané, légèrement odorantes; semer +en automne ou au printemps. + + +EUCHARIDIUM élégant (_Eucharidium elegans_).--Tout l'été, fleurs +rouge foncé, découpées comme celles des _Clarkia_; semer au +printemps ou en septembre; puis on repique le plant en pots, que +l'on hiverne sous châssis. + + +ESCHOLTZIE de Californie (_Escholtzia Californica_).--Bisannuelle; +hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs jaune safrané ou blanches, tout +l'été; semer au printemps. + + +EUTOCA visqueux (_Eutoca viscida_).--Tige rameuse de 0m,80; fleurs +bleues, tout l'été; semer au printemps. + + +FICOÏDE glaciale (_Mesembryanthemum cristallinum_).--Cette plante +est chargée d'une si grande quantité de petites vésicules +transparentes et pleines d'eau, qu'elle semble, au soleil surtout, +comme couverte de givre. On sème sur couche, en avril, et on repique +le plant également sur couche avant de le mettre en pleine terre. + +La Ficoïde tricolore (_M. tricolor_) et la Ficoïde à fleurs jaunes +(_M. pomeridianum_) sont deux charmantes plantes qu'on cultive de la +même manière. + + +GAURA bisannuel (_Gaura biennis_).--Bisannuel; tige de 1m,60; en +juillet, et successivement jusqu'en novembre, fleurs roses passant +au blanc; multiplication par boutures ou mieux de graines, que l'on +sème en juin ou en mars, sur couche. + +Le _Gaura_ de _Lindheimer_ est une espèce nouvelle, que l'on cultive +de la même manière. + + +GILIE à fleurs en tête (_Gilia capitata_).--Hauteur, 0m,65; tout +l'été, fleurs bleues ou blanches. Semer en place, au printemps. + +Le _Gilia tricolor_ et ses variétés à fleurs blanches et roses se +cultivent de la même manière. + + +GIROFLÉE jaune (_Cheiranthus Cheiri_).--Bisannuelle; fleurs jaunes, +odorantes, au printemps; semer de mars en juin; variétés à fleurs +doubles, qu'on multiplie de boutures aussitôt après que les fleurs +sont passées. + + +GIROFLÉE des jardins ou GROSSE ESPÈCE (_C. incanus_).--Bisannuelle; +fleurs rouges blanches, roses ou violettes, de mai en octobre; semer +en mai et juin; repiquer en pépinière, et en septembre les relever +pour les mettre en pots, que l'on rentre dans la serre pendant les +gelées. + + +GIROFLÉE grecque, KIRIS (_C. græcus_).--La giroflée grecque et ses +variétés se cultivent comme la _Giroflée quarantaine_. + + +GIROFLÉE quarantaine (_C. annuus_).--Les principales variétés sont: +la rouge, la blanche, la rose et la violette. Semer sur couche en +février et mars, en pleine terre en mai et juin et en août pour +mettre en pots, que l'on hiverne sous châssis. + + +GOMPHRÈNE AMARANTOÏDE (_Gomphrena globosa_).--Tige de 0m,35; fleurs +rouges ou blanches, tout l'été. Semer sur couche, au printemps; +culture des Amarantes à crête. + + +GYPSOPHILE élégante (_Gypsophila elegans_).--Hauteur, 0m,40; fleurs +blanches, tout l'été; semer au printemps. + + +HIBISCUS TRIONUM (_Ketmie vésiculeuse_).--Hauteur, 0m,50, de juin +en septembre; fleurs nombreuses, d'un jaune sulfureux, à onglet +brun. Semer en placé, au printemps. + + +HIBISCUS AFRICANUS (_Ketmie d'Afrique_).--Fleurs de même couleur, +mais beaucoup plus grandes. Même culture. + + +HELIANTHUS ARGOPHYLLUS.--Variété du soleil annuel couverte d'une +laine épaisse qui lui donne un bel aspect argenté; en juillet et +août, fleurs jaunes à disque brun. Multiplication de graines, que +l'on sème en place, en avril. + + +HUMEA élégant (_Humea elegans_, _Calomeria +amarantoïdes_).--Bisannuel; hauteur, 1 mètre; de juin en septembre, +fleurs d'un rouge-cuivre, en panicules, d'un très-bel effet. Semer +en juin et juillet, en pots, que l'on hiverne sous châssis. + + +HUGÉLIE bleue (_Hugelia coerulea_, _Didiscus coeruleus_, _Trachymene +coerulea_).--Hauteur, 0m,65; fleurs bleues, en août et septembre. + +Semer sur couche au printemps, ou en pleine terre en septembre; puis +on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous châssis. + + +IMMORTELLE annuelle (_Xeranthemum annum_).--Tiges de 0m,65; de +juillet en octobre, fleurs violettes, blanches ou pourpres, +semblables à de petites _Marguerites_ simples. + +Semer en place, en automne ou au printemps. + + +IMMORTELLE à bractées (_Helichrysum bracteatum_).--Hauteur, 1 mètre; +tout l'été et une partie de l'automne, fleurs jaunes ou blanches; +semer sur couche, au printemps ou en septembre; puis on repique le +plant sous châssis pour passer l'hiver. + + +IMMORTELLE à grandes fleurs (_Helichrysum macranthum_).--Fleurs +rouges écarlates ou roses. Même culture. + + +IPOMOPSIS élégant, Gilie ponctuée (_Ipomopsis elegans_, _Cantua +coronopifolia_, _Gilia coronopifolia_).--Hauteur, 1 mètre à 1 mètre +30; tout l'été, fleurs rouges écarlates ou jaunes. + +On sème les _Ipomopsis_ en juin et en automne; on repique le plant +en pots, que l'on hiverne sous châssis. + + +LAVATÈRE à grandes fleurs (_Lavatera trimestris_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs roses ou blanches, de juillet en septembre; semer en place, +au printemps. + + +LIN à grandes fleurs (_Linum grandiflorum_).--Tout l'été, fleurs +rouge-amarante de la plus grande beauté. + +On sème le _Linum grandiflorum_ immédiatement en place, en avril et +mai. + +Cultivé dans une bonne terre de potager, le _Linum grandiflorum_ +végète beaucoup plus vigoureusement que dans la terre de bruyère, +qu'on croyait devoir lui convenir plus particulièrement. + + +LOTIER rouge (_Tetragonolobus purpureus_).--Tige de 0m,33; fleurs +rouge foncé, en juin ou juillet; semer sur couche, en février et +mars, ou en pleine terre, en avril. + + +LUNAIRE annuelle (_Lunaria annua_).--Tige de 1 mètre; fleurs en +grappes rouges, purpurines, blanches ou panachées, en avril et mai; +semer en juin et juillet. + + +LUPIN annuel (_Lupinus annuus_).--Fleurs bleues, blanches, roses ou +jaunes, suivant la variété; semer en place, en avril. + + +MADIA élégant (_Madia elegans_), MADAIRE élégante (_Madaria +elegans_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs jaunes, tout l'été; semer au +printemps. + + +MAÏS rubané du Japon (_Zea Japonica variegata_), belle graminée à +feuilles rubanées de vert et de blanc rosé que l'on multiplie de +graines, comme tous les autres maïs. Depuis son introduction, cette +belle plante a fourni plusieurs générations qui toutes ont conservé +les caractères du type primitif. + + +MALOPE à grandes fleurs (_Malope grandiflora_).--Hauteur, 0m,50 à +0m,60; tout l'été, fleurs rouges ou blanches. + +On sème les _Malopes_ en septembre, en pots, que l'on hiverne sous +châssis; ou en place, en mars et avril. + + +MAUVE de Crée (_Malva Creena_, _Sphæralcea Creeana_).--Bisannuelle; +hauteur; 0m,40 à 0m,50; fleurs roses ou rouge-cinabre; semer en +automne ou au printemps. + + +MAUVE campanulée (_Malva campanulata_).--Tout l'été, fleurs lilas +tendre, à odeur de vanille. On la sème à la fin d'août, en pleine +terre, ou au printemps, sur couche. + + +MARTYNIA FRAGRANS (_Craniolaria fragrans_).--Tout l'automne, fleurs +pourpre-violacé, à odeur de vanille. + +On sème le _Martynia fragrans_ en avril, sur couche; puis on repique +le plant, également sur couche, avant de le mettre en pleine terre. + +Le _Martynia lutea_ est une espèce à fleurs jaunes, que l'on cultive +de la même manière. + + +MÉLILOT bleu (_Melilotus coerulea_).--Tige de 0m,65; fleurs bleues +et odorantes, en août; semer en place, en avril. + + +MUFLIER des jardins (_Antirrhinum majus_).--Bisannuel; hauteur; +0m,65; fleurs rouges ou blanches, de mai en août; multiplication de +graines, semées en automne ou au printemps; on en obtient souvent de +charmantes variétés. + + +NIGELLE de Damas (_Nigella Damascena_).--Tige de 0m,50; fleurs +bleues ou blanches, de juin en septembre; semer en place en avril. + + +NIGELLE d'Espagne (_N. Hispanica_).--Fleurs plus grandes; même +culture. + + +NÉMÉSIE à fleurs nombreuses (_Nemesia floribunda_).--En juin et +juillet, fleurs blanches, semblables à celle des _Linaires_. Semer +en place, en avril et mai. + + +NYCTERINIA SELAGINOÏDES.--Touffe basse, couverte tout l'été de +petites fleurs roses, odorantes. + +Cette charmante petite plante convient également pour former des +massifs. + +On la multiplie de graines semées sur couche, en mars et avril. + + +OEILLET de la Chine (_Dianthus Sinensis_).--Bisannuel; hauteur, +0m,33; fleurs violettes, rouges ou pourpres, panachées ou ponctuées +de blanc, de juillet en septembre; semer en septembre ou au +printemps. + + =Variétés.=--Heddewigii, -- Laciniatus. + + +OXALIS à fleurs roses (_Oxalis rosea_).--On sème l'_Oxalis rosea_ en +avril sur couche, ou en mai et juin, immédiatement en place, en +ligne, ou par petites touffes, sur le bord des massifs.--Au moyen +des semis indiqués ci-dessus, on peut avoir des _Oxalis_ en fleur +pendant tout l'été et l'automne. + + +PAVOT (_Papaver somniferum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; variétés +très-nombreuses; fleurs tout l'été; semer en place, en automne ou au +printemps. + + +PENTAPÉTÈS pourpre (_Pentapetes phoenicea_).--Tige de 0m,65 à 1 +mètre; fleurs écarlates, en août; semer sur couche, au printemps. + + +PERSICAIRE Indigotier (_Polygonum tinctorium_).--Hauteur, 1m,30; +fleurs rouges tout l'automne; semer au printemps. + + +POURPIER à grandes fleurs (_Portulaca grandiflora_).--Tout l'été et +l'automne, fleurs pourpre-violacé, rouge-écarlate, blanches rayées +de carmin ou jaunes tachées de rouge. Semer sur couche, en mars et +avril, pour mettre ensuite en pleine terre. + +Cultivé en mélange et par groupes, le _Pourpier à grandes fleurs_ +forme un véritable gazon émaillé des couleurs les plus vives au +moment du soleil. + + +PHACÉLIE bipennée (_Phacelia congesta_).--Hauteur, 0m,30 à 0m,33; +tout l'été, fleurs bleues, petites, disposées comme celles de +l'Héliotrope; semer en place, à l'automne ou au printemps. + + +PHACÉLIE à feuilles de Tanaisie (_P. tanacetifolia_).--Hauteur, +0m,30 à 0m,40; en mai, fleurs unilatérales, bleu clair, en épis +terminaux. Même culture. + + +PHLOX de Drummond (_Phlox Drummondi_).--Tout l'été et l'automne, +fleurs blanches, roses ou pourpres, de nuances extrêmement variées. + +On sème le _Phlox de Drummond_ au printemps, sur couche, ou mieux en +automne, aussitôt après la maturité des graines; lorsque le plant +est assez fort, on le repique dans de petits pots, qu'on hiverne +sous châssis. + +En mai, quand on n'a plus de gelées à craindre, on procède à la +plantation. Cultivé en lignes ou par groupes, il n'est véritablement +pas de plantes plus gracieuses que ces charmants petits Phlox. + + +PIED-D'ALOUETTE grand (_Delphinium Ajacis_).--Hauteur, 0m,70. En +mai, juin et juillet, fleurs de couleurs variées, comme celle de la +race naine; semer en place, en automne, ou en février et mars. + + +PIED-D'ALOUETTE des blés (_Delphinium consolida_).--Hauteur, 1 mètre +à 1m,30. Tout l'été, fleurs également très-variées, simples ou +doubles, selon les variétés; semer en septembre, en place ou en +pépinière, ou en février et mars, immédiatement en place. + + +PODOLEPIS à fleurs carnées (_Podolepis gracilis_).--Hauteur, 0m,50 à +0m,60; fleurs de différentes nuances, du rose au blanc pur, tout +l'été; semer au printemps. + + +REINE-MARGUERITE (_Aster Sinensis Callistephus hortensis_).--On +possède un nombre considérable de variétés de toutes nuances, dont +les plus remarquables se rapportent toutes à la race pyramidale +connue sous le nom de Reine-Marguerite TRUFFAUT, véritable +perfection par la forme, la grosseur de la fleur et la bonne tenue +des plantes. + +Les unes ont les fleurs _planes_, comme la race ancienne, mais plus +grandes et très-doubles; les autres ont les pétales légèrement +recourbés vers le centre, ce qui donne aux fleurs une forme +globuleuse, et leur a valu le nom de Reines-Marguerites _pivoines_. + +On sème les Reines-Marguerites du 15 mars au 20 avril, sur couche ou +en pleine terre, puis on repique chaque plant séparément. Bien +qu'elles viennent à peu près dans tous les terrains, il faut, pour +avoir de belles Reines-Marguerites, les cultiver dans une terre +largement pourvue d'engrais consommé. + +Pendant les premiers mois de leur végétation, les Reines-Marguerites +n'ont pas besoin d'une grande quantité d'eau; mais une quinzaine de +jours avant la floraison, il faut les arroser plus fréquemment et +plus abondamment. + + +RÉSÉDA odorant (_Reseda odorata_).--Semer en place, au printemps et +tout l'été. + + +RHODANTHE de Mangles (_Rhodanthe Manglesii_).--Hauteur, 0m,35; +fleurs roses, tout l'été; semer sur couche, en février et mars; +planter à une exposition ombragée. + + +RICIN sanguin (_Ricinus sanguineus_).--Hauteur, 1m,30; en juillet et +août, fleurs en grappes, d'un rouge-pourpre. Multiplication de +graines, que l'on sème en avril, sur couche, ou en mai, +immédiatement en place. + +Cette belle plante produit beaucoup d'effet, surtout cultivée +isolément. + + +ROSE TRÉMIÈRE de la Chine (_Alcæa rosea Sinensis_).--Bisannuelle; +tige de 1 mètre à 1m,30; de juillet en octobre, fleurs pourpres, +panachées de blanc; variété à fleurs rouges; semer sur couche, au +printemps. + + +SAINFOIN d'Espagne (_Hedysarum coronarium_).--Bisannuel; tiges de +0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un beau rouge, en juillet; semer en août. + + +SALPIGLOSSIS à feuilles sinuées (_Salpiglossis sinuata_).--Plusieurs +variétés se rapportent à cette espèce, et toutes aujourd'hui sont +cultivées sous le même nom. + +On les sème en avril, sur couche, ou en mai, immédiatement en place. +Elles fleurissent en juillet, et successivement jusqu'en septembre. + +Cultivés en massifs, les _Salpiglossis_ produisent plus d'effet que +séparément; en ajoutant au semis un peu de graines de l'espèce à +fleurs jaunes, nommée _aurea_, on aura toutes les couleurs que +comporte ce beau genre. + + +SALVIA HORMINUM.--Pour jouir de toute la beauté de cette plante, si +remarquable par ses fleurs à bractées rouges, roses ou violettes, il +faut, au lieu de la cultiver par petites touffes, en faire de longs +massifs. + +On la sème en mars et avril, en place ou en pépinière. + + +SCABIEUSE fleur-de-veuve (_Scabiosa atropurpurea_).--Bisannuelle; +tige de 0m,65; fleurs d'un violet foncé velouté, en juillet et +septembre; semer en automne. + + =Variétés.=--Naine à fleurs roses, -- Naine à fleurs pourpres. + + +SCHIZANTHE émoussé (_Schizanthus retusus_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60. +Tout l'été, fleurs roses, pourpres, lilas ou blanches, largement +marquées de jaune au centre. On sème le _Schizanthus_ dans la +première quinzaine de septembre, et on repique les plants en pots, +que l'on hiverne sous châssis. On peut aussi, ce qui est beaucoup +plus simple, les semer en avril, immédiatement en place; mais jamais +le plant semé à cette époque ne produit des plantes aussi belles que +celui qu'on a semé en automne. + + +SCHIZANTHUS GRAHAMI.--Le _Schizanthus Grahami_ est une espèce +également très-belle, que l'on cultive de la même manière. + + +SÉNEÇON élégant (_Senecio elegans_).--Tige rameuse, de 0m,30 à +0m,40; de juin en août, fleurs pourpres, violettes ou blanches, +simples ou doubles; semer sur couche, en mars, ou en pleine terre, +en avril. + + +SILÈNE à fleurs pendantes (_Silene pendula_).--Charmante petite +plante à fleurs roses, avec laquelle on fait, depuis quelques +années, dans le jardin des Tuileries et au Luxembourg, des +corbeilles qui font, au printemps, l'admiration de tous les +visiteurs. + +Pour avoir de beaux Silènes, il faut les semer en juillet, en +pépinière, ou au printemps, immédiatement en place. + + +SILÈNE à bouquets (_Silene compacta_).--Hauteur, 0m,50. Tout l'été, +fleurs roses; semer en juin et juillet. + + +SILÈNE attrape-mouche (_Silene armeria_).--Hauteur, 0m,40. Tout +l'été, fleurs roses ou blanches. Même culture que le _Silène +compacte_. + + +SOUCI de Trianon, SOUCI anémone (_Calendula officinalis var._).--De +juillet en octobre, fleurs jaunes très-doubles. Semer en place, en +avril et mai. + + +SOUCI pluvial (_C. pluvialis, Dimorphotheca pluvialis_).--En juin et +août, fleurs blanches en dedans, violettes en dehors; même culture. + + +SPHÉNOGYNE élégante (_Sphenogyne speciosa_).--Hauteur, 0m,30. De +juillet en septembre, fleurs jaune pâle à pétales brun-violacé à la +base; semer en février ou mars, sur couche, ou en avril, en pleine +terre, en place ou en pépinière. + + +TAGÈTE étalé, OEILLET d'Inde (_Tagetes patula_).--Tiges rameuses, de +0m,40; fleurs orangées, rayées de jaune, en juillet et octobre; +semer d'avril en juin. + + +TAGÈTES maculé nain (_Tagetes signata pumila_).--Variété moins +élevée que la précédente, tout aussi rameuse, littéralement couverte +de fleurs d'un beau jaune-vif; même culture. + + +TAGÈTE élevé, ROSE D'INDE (_T. erecta_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +jaunes; même culture. + + +THLASPI, IBÉRIS à ombelles (_Iberis umbellata_).--Tiges de 0m,33; +fleurs blanches ou violettes, en mai, juin ou juillet; semer en +automne ou au printemps. + + +TRACHÉLIE bleue (_Trachelium coeruleum_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,40; +fleurs bleu-violacé, tout l'été; multiplication de graines ou de +boutures. + + +VALÉRIANE Corne-d'abondance (_Valeriana Cornucopiæ_).--Hauteur, +0m,25; fleurs rouges, de mai en août; semer en place, au printemps. + + +VERVEINE de Miquelon (_Verbena Aubletia_).--Bisannuelle; hauteur, +0m,33; fleurs d'un violet-pourpre, de juillet en novembre; semer au +printemps. + + +VIOLETTE tricolore, PENSÉE à grandes fleurs (_Viola tricolor +hortensis_).--Variétés très-nombreuses, fleurissant d'avril en +septembre; semer en août, repiquer en pépinière à l'automne, pour ne +les planter en place qu'au printemps. + + +VISCARIA à coeur pourpre (_Viscaria oculata_).--Hauteur, 0m,40. En +juin et juillet, fleurs blanches ou roses, à centre pourpre foncé; +semer en septembre, en pots, que l'on hiverne sous châssis, ou en +avril, immédiatement en place. + + +WHITLAVIA GRANDIFLORA.--Hauteur, 0m,40. En juin, juillet et août, +fleurs d'un beau violet, en épi. Multiplication de graines, semées +en place, en avril; propre à former des massifs. + + +ZINNIA multiflore (_Zinnia multiflora_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +rouges, à disque jaune, de juillet en octobre; semer sur couche, en +mars, ou en pleine terre, en avril et mai. + + +ZINNIA élégant (_Z. elegans_).--Plus élevé que l'espèce précédente. +Le _Zinnia elegans_ a produit un grand nombre de variétés, que l'on +cultive en mélange ou par couleurs séparées; on le sème en mars, sur +couche, comme le _Zinnia multiflora_, ou bien en avril et mai, en +pleine terre, puis on repique le plant en lignes ou par groupes. + + =Variétés= _à fleurs doubles_ de mêmes couleurs que les variétés + à fleurs simples. + + +SECTION III.--Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre. + +ACHILLÉE dorée (_Achillea aurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs d'un +jaune doré, de juillet en septembre; pour tout ce genre, +multiplication de graines, semées aussitôt la maturité ou par +l'éclat des pieds. + + +ACHILLÉE à mille feuilles (_A. millefolium_).--Hauteur, 0m,65; tout +l'été, fleurs pourpres; variétés à fleurs roses. + + +ACHILLÉE rose (_A. rosea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un +rose-pourpre, tout l'été. + + +ACHILLÉE sternutatoire, BOUTON d'argent (_A. ptarmica_).--Hauteur, +0m,65 à 1 mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre. + + +ACONIT Tue-loup (_Aconitum lycoctonum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; +fleurs jaune pâle, en juin et août. + + +ACONIT Napel (_A. Napellus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs d'un bleu +foncé, en mai et juin; variétés à fleurs blanches. + +Toutes les espèces d'Aconit sont vénéneuses; elles se multiplient de +graines semées aussitôt après la maturité ou par l'éclat des pieds. + + =Espèces.=--Anthora, -- Eminens, -- Rubicundum, -- Speciosum. + + +ACTÉA des Alpes (_Actea spicata_). Hauteur, 1m,30; fleurs blanches, +en juillet et août; multiplication de graines semées aussitôt après +la maturité, ou par la séparation des pieds. + + +ADONIDE printanière (_Adonis vernalis_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30; +fleurs jaunes, en mars et avril; multiplication de graines semées +aussitôt après la maturité, ou par éclats; couverture l'hiver. + + +ALSTROEMÈRE à fleurs tachées, Lis des Incas (_Alstroemeria +pelegrina_).--Tiges de 0m,35, ayant besoin de tuteurs; de juin en +octobre, fleurs blanches marquées de taches purpurines et de +plusieurs points d'un pourpre foncé. + + +ALSTROEMÈRE du Chili.--On a fait depuis plusieurs années des semis +d'Alstroemère du Chili qui ont donné un grand nombre de variétés. +Toutes peuvent être cultivées en pleine terre légère; il suffit, +pendant l'hiver, de les couvrir de feuilles, qu'on enlève vers la +fin de mars ou dans les premiers jours d'avril. + +On multiplie les Alstroemères de graines semées aussitôt après leur +maturité, en place ou en pots, que l'on hiverne sous châssis. + +Comme ces plantes végètent de très-bonne heure en automne, il faut +les planter en septembre ou octobre; autrement, elles ne +fleuriraient pas l'année suivante. + + +AMARYLLIS.--Un grand nombre d'Amaryllis, considérées comme plantes +de serre, peuvent, sous le climat de Paris, être cultivées en pleine +terre, à l'air libre. M. Aimé, de Versailles, qui cultive +spécialement ce beau genre, a, depuis 1845, plusieurs planches +d'Amaryllis en pleine terre, qui végètent et fleurissent +admirablement. + +Pour cultiver les Amaryllis en pleine terre, on prépare une tranchée +de 0m,25 de profondeur, dont la longueur et la largeur soient +proportionnées au nombre d'oignons qu'on veut planter. On met au +fond une bonne couche de feuilles, et, après les avoir bien foulées, +on achève de remplir la tranchée avec de la terre du sol si elle +n'est pas trop compacte, de la terre de bruyère, ou, à défaut, du +sable végétal et du terreau de feuilles bien consommées et mélangées +par parties égales. + +Cultivées en pleine terre, les Amaryllis doivent être plantées plus +profondément qu'en pots, et il ne faut les arroser que lorsqu'elles +sont en végétation. Après la floraison on supprime les arrosements, +et à l'approche des gelées on les couvre d'une couche de feuilles, +dont on augmente la quantité en raison de l'intensité du froid. + +Toutes les variétés de l'Amaryllis _pulverulenta_ et de l'Amaryllis +_cinnamomea_ peuvent être cultivées comme nous venons de l'indiquer. + + +AMARYLLIS à fleurs roses (_A. Belladona_).--De juillet en octobre, +fleurs roses, mêlées de blanc; multiplication par caïeux, qu'on +enlève en septembre ou octobre, aussitôt après la floraison, et +qu'il faut replanter tout de suite; couverture l'hiver. + + +AMARYLLIS à longues feuilles (_A. longifolia_).--En juin et juillet, +fleurs blanches; variété à fleurs roses; planter en automne; +couverture l'hiver. + + +AMARYLLIS, Lis Saint-Jacques (_A. formosissima_).--Plantes bulbeuses +donnant en juillet et août des fleurs d'un rouge-pourpre foncé; +planter en pleine terre au printemps, ou en pots à l'automne; +multiplication de caïeux. + + +ANCOLIE commune (_Aquilegia vulgaris_).--Hauteur, 1 mètre; en mai et +juin, fleurs rouges, bleues, violâtres, blanches, roses, simples ou +doubles, selon la variété; multiplication de graines, semées +aussitôt après la maturité, ou par l'éclat des pieds. + + +ANCOLIE du Canada (_A. Canadensis_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un +rouge safrané. + + +ANCOLIE de Sibérie (_A. Sibirica_).--Hauteur, 0m,40; fleurs d'un +beau bleu. + + +ANÉMONE des fleuristes (_Anemone coronaria_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; en mai et juin, fleurs simples, semi-doubles ou doubles, de +toutes couleurs et variées. Elle aime une terre légère et +substantielle. On la multiplie de graines et par tubercules. Les +graines se sèment en septembre, soit en terrines, soit en pleine +terre, dans une planche bien préparée; on les couvre légèrement de +terreau fin à l'approche des gelées. Il faut garantir le jeune plant +avec des paillassons, que l'on étend sur des gaulettes disposées de +telle sorte qu'ils soient élevés de quelques centimètres au-dessus +du sol. On découvre toutes les fois que le temps le permet; puis, +arrivé au printemps, on sarcle et arrose au besoin; lorsque les +feuilles sont desséchées, on arrache les tubercules pour les traiter +par la suite comme les plantes faites, ce qui consiste à planter en +mars et avril, à environ 0m,05 de profondeur et à 0m,10 ou 0m,15 les +uns des autres, suivant la force de chacun. Quand on possède un +assez grand nombre d'Anémones de force à fleurir, il est bien de +n'en planter que la moitié, de manière que chaque tubercule ne +fleurisse que tous les deux ans, car alors les fleurs en sont plus +belles. + + +ANÉMONE Oeil-de-paon (_A. pavonina_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,25; en +avril et mai, fleurs rouges, bleuâtres au centre; multiplication par +la séparation des racines, ainsi que pour les suivantes. + + +ANÉMONE à fleurs bleues (_A. Apennina_).--Fleurs bleues, en mars. + + +ANÉMONE en ombelle (_A. narcissiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs +blanches, en mai. + + +ANÉMONE du Japon (_A. Japonica_).--Hauteur 0m,50; d'août en octobre, +fleurs semi-doubles, roses, pourpres ou blanches. + +Cette charmante plante végète vigoureusement en pleine terre; elle +s'accommode de tous les terrains et on la multiplie par l'éclat des +touffes, qu'on divise au printemps. + + +ANÉMONE pulsatille (_A. pulsatilla_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30; +fleurs d'un violet foncé, en avril et mai. + + +ANTHÉMIS des teinturiers (_Anthemis tinctoria_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs jaunes, en juin et novembre; multiplication de graines ou par +éclats. + + +APOCYN Gobe-mouche (_Apocynum androsæmifolium_).--Tige rameuse de +0m,50; fleurs roses, en juillet et septembre; multiplication de +graines ou de traces, en mars. + + +ARUM Attrape-mouche (_Arum crinitum_).--Hauteur, 0m,40 à 0m,50; en +mars, spathe de 0m,33 de longueur, violacé en dedans et maculée de +vert en dehors. Son odeur infecte attire les mouches. Multiplication +de graines ou de bulbes; couverture d'hiver. + + +ARUM Serpentaire (_A. dracunculus_).--Hauteur 0m,65 à 1 mètre; en +juin et juillet, spathe d'un pourpre foncé en dedans, verte à +l'extérieur; même multiplication. + + +ASCLÉPIADE à la ouate (_Asclepias Cornuti_).--Hauteur, 1m,30 à +1m,60; fleurs blanches lavées de rouge, en juillet et août; +multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, +d'éclats ou de traces; les autres espèces se multiplient de même. + + +ASCLÉPIADE tubéreuse (_A. tuberosa_).--Tiges rameuses, de 0m,50; +fleurs en ombelles, d'un rouge-orangé, en juillet, août et +septembre. + + +ASCLÉPIADE incarnate (_A. incarnata_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; en +juillet et août, fleurs rouge-pourpre. + +On multiplie les Asclépias de graines ou d'éclats. + + +ASPHODÈLE Bâton-de-Jacob (_Asphodelus luteus_).--Hauteur, 1 mètre; +de mai en juillet, fleurs d'un beau jaune; multiplication par +graines, semées au printemps, par drageons ou par la séparation des +racines. + + +ASPHODÈLE rameux (_Asphodelus ramosus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches marquées de lignes roussâtres. + + +ASTER (_Aster_).--Tiges de 0m,35 à 1m,60; depuis juillet jusqu'à la +fin d'octobre, fleurs d'un bleu plus ou moins foncé, blanc-pourpre, +ou roses, selon les espèces, qui sont très-nombreuses. Elles +résistent très-bien à nos hivers. On les multiplie de graines, +semées aussitôt après la maturité, ou mieux par l'éclat des touffes, +en automne ou au printemps, opération qui doit se faire au moins +tous les trois ans, afin de renouveler les pieds. + + =Espèces.=--Alpinus, -- Amelloïdes, -- Bicolor, -- Corymbosus, -- + Ericoïdes, -- Floribundus, -- Gracilis, -- Grandiflorus, -- + Pendulus, -- Versicolor. + + +ASTRAGALE varié (_Astragalus varius_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un +pourpre-violet marquées de jaune, en juin et juillet. + + +ASTRANCE à larges feuilles (_Astrantia major_).--Hauteur, 0m,65; +tout l'été, fleurs d'un blanc-rougeâtre, multiplication de graines +ou d'éclats en automne. + + +BÉTOINE velue (_Betonica hirsuta_).--Hauteur, 0m,33; fleur d'un +rouge vif et foncé, en juillet; multiplication de graines, semées en +mars, ou par l'éclat des racines, en automne. + + +BÉTOINE à grandes fleurs (_B. grandiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs +rouges. + + +BOCCONIE à feuilles en coeur (_Bocconia cordata_).--Hauteur, 1m,30 +à 1m,60; fleurs blanches, en juillet; multiplication de graines et +d'éclats; couverture l'hiver. + + +BOLTONIE à feuille d'aster (_Boltonia asteroides_).--Hauteur, 1 +mètre à 1m,60; fleurs blanches, à disque jaune, d'août en octobre; +multiplication de graines, semées en place, ou par l'éclat des +pieds. + + +BUGLOSSE à larges feuilles (_Anchusa sempervirens_).--Hauteur, 1 +mètre; en mai, juin et juillet, fleurs bleues; multiplication de +graines, semées en juin et juillet, ou par éclat des pieds, en +février ou mars. + + +BUGLOSSE d'Italie (_A. Italica_).--Plus élevée que la précédente; +fleurs également d'un beau bleu; même culture. + + +BUGRANE élevée (_Ononis altissima_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +purpurines, en juillet; multiplication de graines ou d'éclats. + + +BUGRANE à feuilles rondes (_O. rotundifolia_).--Hauteur, 0m,35; +fleurs roses, en mai et juillet; même multiplication; couverture +l'hiver. + + +CAMPANULE à feuilles de Pêcher (_Campanula persicæfolia_).--Hauteur, +0m,65; fleurs bleues ou blanches, simples ou doubles, de juillet en +septembre. + + +CAMPANULE à feuilles d'Ortie (_C. urticæfolia_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs bleues, blanches ou tricolores, en juin et juillet. + + +CAMPANULE à larges feuilles (_C. latifolia_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs bleues, variété à fleurs blanches, en juin et juillet. + + +CAMPANULE à fleurs en tête (_C. glomerata_).--Hauteur, 0m,33; fleurs +bleues, blanches ou tricolores, en été. + + +CAMPANULE à grandes fleurs (_C. grandiflora_).--Hauteur, 0m,50; +fleurs d'un beau bleu, en juillet. + + +CAMPANULE noble (_C. nobilis_).--Hauteur, 1 mètre environ; fleurs +d'un beau violet-pourpre bordé de blanc, en juin et juillet. + +On multiplie toutes les espèces de Campanule de graines, semées +aussitôt après leur maturité, sans les recouvrir, ou par l'éclat des +pieds, en automne ou en mars. + + +CARDAMINE des prés à fleurs doubles (_Cardamine +pratensis_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40; fleurs blanches purpurines, en +avril et mai. + + +CENTAURÉE Jacée (_Centaurea Jacea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleurs purpurines, en juin et juillet; multiplication de graines, +semées au printemps, ou par la séparation des touffes. + +Centaurée de montagne (_C. montana_).--Hauteur, 0m,50 fleurs bleues, +blanches ou roses, de juin en août; même multiplication. + + +CENTAURÉE noire (_C. nigra_).--Hauteur, 0m,50; fleurs purpurines, de +mai en juillet; multiplication de graines et d'éclats. + + +CHRYSANTHÈME des Indes (_Chrysanthemum Indicum_, _Pyrethrum +Indicum_).--Tiges de 0m,65 à 1m,30; d'octobre en janvier, fleurs de +toutes les nuances de pourpre, de blanc et de jaune, suivant les +variétés, qui sont très-nombreuses; multiplication de boutures ou +d'éclats, en avril; on les plante en pleine terre ou en pots. On les +arrose de temps à autre afin de favoriser la reprise; mais, une fois +qu'ils sont bien enracinés, on modère les arrosements. Dans le +courant de juin, on pince l'extrémité de chaque tige, afin d'avoir +des touffes bien garnies et peu élevées. Dès l'approche des gelées, +il faut rentrer dans les serres les pieds en pots, si l'on veut +jouir de toute la beauté de leur floraison, car elle est tellement +tardive qu'il est rare qu'elle ne soit point surprise par les +gelées. + +On divise les nombreuses variétés de cette plante en deux races. +L'une est cultivée sous le nom de Chrysanthème pompon. + + +CHRYSOCOME à feuilles de lin (_Chrysocoma linosyris_).--Hauteur, +0m,65; fleurs jaunes, d'août en octobre; multiplication de graines +ou d'éclats. + + +COLCHIQUE d'automne (_Colchicum autumnale_).--En septembre, fleurs +rouge-purpurin pâle, semblables à celles des Crocus; variétés à +fleurs doubles, blanches, rouges, roses et panachées; multiplication +par caïeux, qu'on replante en juillet. + + +COMMÉLINE tubéreuse (_Commelina tuberosa_).--Hauteur, 0m,33; fleur +d'un beau bleu, de juin et septembre; multiplication de graines, +semées sur couche au printemps, ou par la séparation des pieds; +couverture l'hiver. + + +CONSOUDE à feuilles rudes (_Symphytum asperrimum_).--Hauteur, 1 +mètre à 1m,30; fleurs azurées, en mai et juin; multiplication de +graines et d'éclats, à l'automne ou au printemps. + + +CONSOUDE à fleurs pourpres (_S. purpureum_).--Hauteur, 0m,40 à +0m,50; fleurs pourpre-violacé, d'avril en septembre; même +multiplication. + + +CORÉOPSIS auriculé (_Coreopsis auriculata_).--Hauteur, 1 mètre à +1m,30; fleurs d'un beau jaune, d'août en septembre; multiplication +de graines et d'éclats, en automne ou au printemps. + + +CORÉOPSIS à trois ailes (_C. tripteris_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; +fleurs jaunes, à disque brun, d'août en septembre; même +multiplication. + + +CORYDALE bulbeuse (_Corydalis formosa_).--Hauteur, 0m,15 à 0m,18; en +avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, selon la variété; +multiplication par la séparation des racines. + + +CUPIDONE bleue (_Catananche cærulea_).--Hauteur, 0m,35, fleur bleu +de ciel, de juillet en octobre; variété à fleurs blanches; +multiplication de graines ou d'éclats; couverture l'hiver. + + +CYCLAMEN d'Europe (_Cyclamen Europæum_).--Plante très-basse; fleurs +blanches ou pourpres, en avril; multiplication de graines, semées en +terrines ou par la division des tubercules, ayant soin qu'il y ait +un oeil à chaque partie séparée; couverture l'hiver. + + +CYCLAMEN à feuilles de lierre (_C. hederæfolium_).--En avril, fleurs +blanches, roses ou rouges, odorantes; même culture. + + +DAHLIA.--Tiges de 0m,50 à 2 mètres; depuis le mois de juin jusqu'aux +gelées, fleurs blanches, jaunes, roses, pourpres, et passant de ces +couleurs à leurs nuances les plus délicates et les plus foncées. +Tout terrain leur convient; mais la floraison est plus belle dans +une terre légère que dans une terre compacte ou trop fumée. +Multiplication par semis, séparations, boutures et greffes sur +tubercules. + +1. _Semis._--On sème sur couche tiède, en mars et avril; dans le +courant de mai, l'on repique le plant en pleine terre, à environ 1 +mètre de distance; puis on le traite dans les autres Dahlias. + +2. _Séparation._--On place les Dahlias sur couche, en mars ou avril, +et lorsqu'ils entrent en végétation on divise les touffes, en ayant +soin que chaque tubercule détaché soit muni d'un germe reproducteur. + +3. _Boutures._--On peut commencer les boutures peu de temps après +que les Dahlias sont en végétation et continuer jusqu'en juin; mais, +quelle que soit l'époque, il ne faut prendre que de jeunes +bourgeons, qu'on enlève dès qu'ils ont atteint 0m,06 ou 0m,08 de +longueur; après avoir supprimé les feuilles inférieures, on les +repique séparément dans de petits pots que l'on enfonce sur une +couche tiède. On les arrose légèrement, puis on les couvre d'une +cloche, qu'il faut ombrager au moment du soleil. Ces soins doivent +être continués jusqu'à ce qu'on soit certain de la reprise des +boutures; alors on soulève la cloche graduellement, pour l'enlever +quand elles supporteront l'air sans se faner. + +4. _Greffes._--Il faut que les greffes, comme les boutures, soient +faites assez à temps pour qu'il se forme des tubercules qui puissent +passer l'hiver. Pour l'opération manuelle, on observera ce qui a été +indiqué à l'article _Greffe herbacée_, page 74. + +_Plantation._--C'est vers la fin de mai seulement que nous +conseillons de planter les Dahlias: car, plantés plus tôt, il arrive +souvent qu'ils sont épuisés de fleurs dès le mois de septembre, +époque la plus favorable à leur beauté. Il faut les placer dans une +position bien aérée, et à environ 1m,65 les uns des autres. On les +plante au milieu d'un bassin de 0m,40 à 0m,50 de diamètre; après +quoi l'on étend autour de chaque pied un bon paillis de fumier à +moitié consommé, afin de conserver l'eau des arrosements, qui +doivent être modérés pendant les premiers temps, puis plus fréquents +à mesure que la sécheresse augmente. Lorsque les Dahlias ont environ +0m,30 à 0m,40 de hauteur, s'il y a plusieurs tiges sur chaque pied, +il faut choisir la plus vigoureuse et supprimer les autres. On +l'assujettit immédiatement à un tuteur. Lorsqu'elle a 0m,60 à 0,70, +on supprime les rameaux placés trop près de terre ou ceux qui se +croisent, de manière à ne laisser que six ou huit branches bien +disposées autour de la tige principale; s'il arrivait qu'à la +hauteur indiquée la tige fût sans ramification, il faudrait pincer +l'extrémité, ce qui retarde un peu la floraison; mais ce retard est +moins désagréable que l'inconvénient d'avoir des Dahlias très-élevés +et sur une seule tige. + +En juillet ou août, lorsque les Dahlias auront à peu près atteint le +maximum de leur développement, on commencera à les ébourgeonner, +opération qui consiste à détacher les bourgeons secondaires qui +naissent entre les feuilles; il en résulte que, débarrassée d'une +multitude de bourgeons inutiles, chaque touffe produira une belle et +abondante floraison. Vers la fin d'octobre ou au commencement de +novembre, dès les premières gelées, il faut arracher les Dahlias. Si +le temps est favorable, on les laisse un peu se ressuyer, puis on +les dépose soit dans l'orangerie, sous le gradin de la serre aux +Géraniums, soit dans une cave bien sèche, pour passer l'hiver. + + +DATURA METELOIDES.--Hauteur, 0m,80; de juillet en novembre, fleurs +blanches bordées de bleu lilacé, longues de 0m,20, odorantes. + +Les racines sont charnues, et se conservent en hiver, comme celles +du Dahlia. + + +DELPHINIUM ELATUM (_Pied d'alouette vivace_).--Hauteur, 1m,30; en +juin et juillet, fleurs bleues, simples ou doubles. Multiplication +de graines semées en juin et juillet, ou d'éclats du pied, au +printemps. + + +DELPHINIUM AZUREUM.--Hauteur, 1 mètre; en juin et juillet, fleurs +simples ou doubles, d'un beau bleu d'azur; multiplication d'éclats +du pied, au printemps. + + +DELPHINIUM BARLOWI.--Hauteur, 1m,30; en juin et juillet, fleurs +bleues, semi-doubles, plus larges que celles des espèces ci-dessus; +même culture. + + +DELPHINIUM HYBRIDUM.--Hauteur, 1m,30; en juin et juillet, fleurs +bleues, plus pâles que celles du _D. Barlowi_, semi-doubles; même +culture. + +Le _Delphinium Hendersoni_ et l'espèce nommée _formosum_, l'une des +plus belles du genre, sont d'une culture tout aussi facile. + + +DIELYTRA SPECTABILIS.--Cette charmante plante a les feuilles +découpées exactement comme celles de la Pivoine en arbre. Elle +donne, en mai et juin, une grande quantité de fleurs disposées en +longues grappes, d'un beau rose. + +On la multiplie de boutures, qui, une fois bien enracinées, peuvent +être cultivées en pleine terre, comme le plus grand nombre de nos +plantes vivaces. + + +DODÉCATHÉON de Virginie (_Dodecatheon Meadia_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; fleurs rose pourpre, au printemps; variété à fleurs blanches. +Multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par +la division des racines. + + +DORONIC à feuilles en coeur (_Doronicum pardalianches_).--Hauteur, +0m,65; fleurs jaunes, en mai et juin; multiplication de rejetons. + + +DRACOCÉPHALE de Virginie (_Dracocephalum Virginianum_).--Hauteur, +0m,65 à 1 mètre; fleurs roses, de juillet en septembre. + +Tous les Dracocéphales se multiplient de graines ou par la +séparation des drageons. + + +ECHINOPS boulette azurée (_Echinops ritro_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +d'un joli bleu; variété à fleurs blanches. Multiplication de +graines, semées au printemps. + + +ENOTHÈRE frutiqueuse (_Oenothera fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau jaune, en juillet et août; multiplication de +graines, semées sur couche, d'éclats de touffes ou de boutures. + + +ENOTHÈRE superbe (_Oe. speciosa_).--Hauteur, 1m,30; fleurs blanches, +odorantes, en juillet et août; même multiplication. + + +ÉPERVIÈRE orangée (_Hieracium aurantiacum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +d'un jaune orangé, de juin en septembre; multiplication de graines, +semées au printemps, ou par rejetons. + + +ÉPHÉMÈRE de Virginie (_Tradescantia Virginica_).--Hauteur, 0m,40; +fleurs bleu purpurin ou blanches, de mai en octobre; multiplication +par la séparation des pieds en automne. + + +ÉPHÉMÈRE rose (_T. rosea_).--Hauteur, 0m,20; fleurs roses, tout +l'été; même multiplication. + + +ÉPILOBE à épi, Laurier Saint-Antoine (_Epilobium +spicatum_).--Hauteur, 1m,30 à 1m,60; fleurs rouge purpurin, de +juillet en septembre; variété à fleurs blanches; multiplication de +graines et de rejetons. + + +ÉPIMÈDE des Alpes (_Epimedium Alpinum_).--Hauteur, 0m,35; fleurs +jaunes et rougeâtres, en avril et mai; multiplication par l'éclat +des touffes en automne. + + +ERIGÉRON des Alpes (_Erigeron Alpinum_).--Hauteur, 0m,20; fleurs +bleues, à disques jaunes, en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou +par la division des pieds. Toutes les espèces d'Erigéron se +multiplient de même. + + +ERIGÉRON presque nu (_E. glabellum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +lilacées, à disque jaune, tout l'été. + + +ERIGÉRON à grandes fleurs (_E. speciosum_).--Même hauteur; fleurs +lilas foncé, à disque jaune, en août et septembre. + + +ERINE des Alpes (_Erinus Alpinus_).--Hauteur, 0m,16; fleurs +purpurines ou blanches, de mars en juin; multiplication de graines +ou par éclats, en automne. + + +ERODIUM des Alpes (_Erodium Alpinum_).--Hauteur, 0m,35; fleurs +bleues, tout l'été; multiplication de graines et d'éclats. + + +ERODIUM de Rome (_E. Romanum_).--Fleurs purpurines, tout l'été; même +multiplication. + + +EUPATOIRE agératoïde (_Eupatorium ageratoïdes_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs blanches, en septembre. + + +EUPATOIRE pourpre (_E. purpureum_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +purpurines, de septembre en octobre. + +On multiplie tous les Eupatoires de graines, semées aussitôt après +la maturité, ou par la séparation des pieds, en automne. + +L'Eupatoire à fleurs blanches (_E. glechonophyllum_) et l'Eupatoire +à fleurs bleues (_E. coelestinum_), sont deux charmantes plantes +d'orangerie, que l'on peut cultiver en pleine terre pendant toute la +belle saison. + +On les multiplie toutes deux de boutures, que l'on hiverne sous +châssis. + + +FARFUGIUM GRANDE.--Cette plante, remarquable par ses larges feuilles +maculées de jaune, doit, pour produire de l'effet, être cultivée +par groupes sur les pelouses de gazons. + +On la multiplie de boutures de racines. + + +FRAXINELLE d'Europe (_Dictamnus albus_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleur d'un brun rougeâtre, en juin et juillet; variété à fleurs +blanches; multiplication de graines, semées aussitôt après la +maturité; car, semées plus tard, elles ne lèvent que la seconde +année; on peut aussi les multiplier par éclats. + + +FRITILLAIRE damier (_Fritillaria Meleagris_).--Hauteur, 0m,33; en +mars et avril, fleurs pourpres marquées de petits carreaux de +couleurs différentes; multiplication de caïeux, en août; il faut les +replanter aussitôt, ainsi que les bulbes principaux; couverture +l'hiver. + + +FRITILLAIRE couronne impériale (_F. imperialis_).--Hauteur, 0m,65 à +1 mètre; en mars et avril, fleurs rouges, simples ou doubles, +jaunes, simples ou doubles, orangées et à feuilles panachées de +jaune ou de blanc; multiplication par caïeux, en août; il faut les +replanter immédiatement, à 0m,15 de profondeur, ainsi que les bulbes +principaux. + + +FUMETERRE bulbeuse (_Fumaria bulbosa_).--Hauteur, 0m,18 à 0m,20; de +février en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, suivant +la variété; on les multiplie toutes de graines ou par la séparation +des touffes, en automne. + + +FUMETERRE jaune (_F. lutea_).--Hauteur, 0m,33; fleurs blanches et +jaunes, d'avril en novembre; couverture l'hiver. + + +FUMETERRE odorante (_F. nobilis_).--Hauteur, 0m,50; fleurs d'un +jaune pâle, pourprées au sommet, en avril. + + +GAILLARDE peinte (_Gaillardia picta_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40; au +printemps et à l'automne, fleurs d'un jaune orangé, pourprées à la +base, disque brun; on les multiplie toutes de graines, d'éclats ou +de boutures. + + =Variétés.=--Nana, -- Grandiflora, -- Alba marginata. + + +GALANE glabre (_Chelone glabra_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches, ou pourpres, en août et septembre; toutes se multiplient +de graines ou d'éclats. + + =Espèce.=--Barbata. + + +GALANTHE d'hiver ou PERCE-NEIGE (_Galanthus nivalis_).--Hauteur, +0m,15 à 0m,18; fleurs blanches tachées de vert, en février; variété +à fleurs doubles; multiplication par caïeux replantés en automne. + + +GALÉGA officinal (_Galega officinalis_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; +fleurs bleues ou blanches, en juin et juillet; multiplication de +graines. + + +GALÉGA oriental (_G. orientalis_).--Même hauteur; fleurs bleues, en +juin; même multiplication. + + +GENTIANE croisette (_G. cruciata_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,25; fleurs +bleues, en juin et juillet; même multiplication. + + +GENTIANE pourpre (_G. purpurea_).--Hauteur, 0m,65 fleurs jaunes +ponctuées de pourpre, en juillet; même multiplication. + + +GENTIANE jaune (_G. lutea_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; fleurs +jaunes, en juillet; même multiplication. + + +GÉRANIUM sanguin (_Geranium sanguineum_). Hauteur, 0m,35; fleurs +d'un rouge violet, en juin et juillet. + + +GÉRANIUM noirâtre (_G. phæum_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un violet +noir, d'avril en juin. + + +GÉRANIUM des prés (_G. pratense_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches, +rayées de violet, en mai et juin; variété à fleurs doubles. + + +GÉRANIUM à grandes racines (_G. macrorhizum_).--Hauteur, 0m,40; +fleurs rouges, de mai en juillet. + + +GÉRANIUM strié (_G. striatum_).--Hauteur, 0m,33; fleurs blanches +veinées de pourpre, en mai et septembre; couverture l'hiver. + + +GÉRANIUM à grandes fleurs (_G. Ibericum_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +disposées en bouquets, passant du violet au bleu d'azur des plus +purs. + +Il faut aux Géraniums une terre meuble; tous se multiplient de +graines ou d'éclats, au printemps. + + +GEUM COCCINEUM.--Hauteur, 0m,50; fleurs écarlates, tout l'été; +multiplication de graines semées en place, ou par la séparation des +touffes; les autres espèces se multiplient de même. + + =Espèces.=--Rivale, -- Montanum. + + +GLADIOLUS (_Glaïeul_).--On cultive les _Gladiolus_ en terre légère +mélangée de terreau de feuilles. On les plante en pleine terre, en +mars et avril; ils fleurissent en juillet et août, puis on les +relève en octobre. On peut aussi les planter en pots, en automne; +mais alors il faut les mettre sous châssis pour passer l'hiver, et +ils fleurissent dès le mois de mai. On les multiplie de graines ou +de caïeux. + + +GLADIOLUS CARDINALIS.--Hampe de 0m,50; en juillet et août, fleurs +écarlates, marquées d'une tache blanche. Les bulbes de ce Glaïeul +étant continuellement en végétation, il ne faut jamais les laisser +hors de terre. + + +GLADIOLUS BLANDUS OU FLORIBUNDUS.--Hampe de 0m,30; en août, fleurs +blanc pur ou blanc rosé, marquées d'une bande longitudinale pourpre +violacé. + + +GLADIOLUS RAMOSUS.--Hampe de 0m,70 à 1 mètre; en juillet et août, +fleurs roses, marquées d'une tache blanche entourée d'azur. + +Cette admirable plante a produit un grand nombre de belles variétés. + + +GLADIOLUS GANDAVENSIS.--On possède maintenant un nombre si +considérable de variétés de cette plante, qu'il est matériellement +impossible d'en donner la nomenclature. + +Toutes peuvent être cultivées en pleine terre, comme l'espèce type. + + +GUNNERA SCABRA.--Cette plante, si remarquable par la beauté de son +feuillage, ressemble beaucoup aux Rhubarbes. Elle doit être cultivée +isolément pour produire tout son effet. Bien qu'elle soit rustique, +il faut la couvrir l'hiver. + + +GYNERIUM ARGENTEUM.--Graminée ornementale, à feuilles linéaires +inclinées en tous sens; en septembre, fleurs soyeuses, argentées, en +panicules d'un très-bel effet. Multiplication de rejetons, que l'on +sépare au printemps. + + =Variétés.=--À fleur rose, -- à fleur pourpre. + + +GYPSOPHILE paniculée (_Gypsophila paniculata_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs blanches en juin et juillet; multiplication de graines semées +au printemps. On cultive de même les _Gypsophila acutifolia_, +_altissifolia_, _altissima_, _pubescens_, _Gmelini_, _perfoliata_, +_fastigiata_ et _dichotoma_. + + +HÉLÉNIE d'automne (_Helenium autumnale_).--Hauteur, 1m,60 à 2 +mètres; fleurs d'un beau jaune, d'août à novembre; multiplication +par racines. + + +HELLÉBORE noir, Rose de Noël (_Helleborus niger_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; fleurs d'un blanc rosé, de décembre en février; multiplication +de graines, semées aussitôt après la maturité ou par éclats. + + +HELLÉBORE d'hiver (_H. hyemalis_).--Hauteur, 0m,10 à 0m,15; fleurs +jaunes; multiplication par la séparation des pieds en automne. + + +HEMÉROCALLE jaune ou LIS jaune (_Hemerocallis flava_).--Hauteur, 1 +mètre; fleurs odorantes d'un beau jaune, en juin; multiplication par +la séparation des pieds en automne. + + +HÉMÉROCALLE fauve (_H. fulva_).--Plus élevée que la précédente; +fleurs d'un rouge fauve, en juillet. + + +HERACLEUM WILLEMSII.--Bien supérieure, par la beauté de ses +feuilles, à l'espèce type connue sous le nom d'_Heracleum +sphondylium_, Berce commune, Acanthe d'Allemagne, Angélique sauvage. +Cette plante produit beaucoup d'effet, sur les pelouses de gazon. + +On la multiplie de semis, ou par la séparation des pieds. + + +HIBISCUS ROSEUS.--Hauteur, 1m,38; en août et septembre, fleurs +roses, semblables à celles de Rose trémière simple. Cette belle +plante exige une exposition chaude et beaucoup d'eau pendant l'été; +on la multiplie de boutures et de graines. + + =Variétés.=--Palustris, -- Moschatus, -- Sanguineus. + + +HOTEIA du Japon (_Hoteia Japonica_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; fleurs +blanches, en juin et juillet; multiplication d'éclats, au printemps. + + +IMMORTELLE blanche (_Gnaphalium margaritaceum_).--Hauteur; 0m,50; +fleurs jaunes, à involucre blanc, de juillet en septembre; +multiplication de traces. + + +IRIS d'Allemagne ou FLAMBE (_Iris Germanica_).--Les nombreuses +variétés de cette plante méritent d'occuper une place distinguée +dans les jardins; car, soit en bordure, soit en massif, elles +produisent un effet charmant à l'époque de leur floraison, qui a +lieu en mai et en juin, surtout si l'on a convenablement mélangé les +couleurs, et leur rusticité est un titre de plus à la faveur des +amateurs. On les multiplie de graines ou par la séparation des +pieds, en septembre; on en possède déjà plus d'une centaine de +belles variétés. + + +IRIS bulbeuse, XIPHIUM, ou d'Angleterre.--On en cultive un grand +nombre de variétés de toutes les couleurs; fleurs remarquables par +le peu de largeur de toutes leurs divisions; elles fleurissent en +juin; on les multiplie de caïeux, qu'on plante en automne; +couverture l'hiver. + + +IRIS xiphioïde ou d'Espagne.--Comme la précédente, cette espèce +offre un grand nombre de variétés; même culture. + + +JACINTHE (_Hyacinthus orientalis_).--En avril, fleurs simples ou +doubles, de toutes les couleurs, suivant les variétés, qui sont +très-nombreuses; multiplication de graines ou de caïeux. Les +Jacinthes aiment une terre douce, substantielle, et d'autant plus +légère que le climat est froid et humide. Pour obtenir une belle +végétation, il faut planter dans un terrain bien fumé; mais le +fumier doit être enterré assez profondément pour que les racines +seules puissent l'atteindre, car autrement, il arrive presque +toujours que les oignons pourrissent peu de temps après avoir été +arrachés. L'époque la plus favorable pour la plantation est la fin +de septembre et le commencement d'octobre; cependant il vaudrait +mieux retarder d'une quinzaine de jours que de planter par un temps +pluvieux. On procède à la plantation de la manière suivante. Après +avoir bien préparé le terrain, on trace avec la binette un sillon +de 0m,10 de profondeur; on place les oignons à environ 0m,15 les uns +des autres sur la ligne, et on les enfonce de manière qu'ils soient +recouverts de 0m,10 de terre; puis on ouvre les autres sillons +successivement, et à 0m,15 de distance. Après la plantation, on +étend un bon paillis sur le tout, et les autres soins consistent à +arracher les mauvaises herbes. Si le froid devenait assez intense +pour que l'on craignît que la terre ne gelât jusqu'aux racines, il +faudrait les couvrir de feuilles ou de litière sèche, que l'on +enlèvera en février; s'il survenait du mauvais temps, on les +recouvrirait, mais plus légèrement. Quand elles seront défleuries et +aussitôt que les feuilles commenceront à jaunir, on en coupera les +feuilles et les hampes rez terre, et vers la fin de juin on les +arrachera avec précaution, ce qu'il ne faudra faire que par un beau +temps. Dès qu'elles seront arrachées, on les déposera dans un +endroit sec et bien aéré, sans qu'elles soient exposées au soleil; +au bout de quelques jours on détachera les caïeux et les racines, +puis, avant de les déposer sur les tablettes, on les nettoiera avec +une brosse douce, de manière à enlever tout ce qui pourrait +engendrer la pourriture. + +Pour garnir le terrain en attendant que les oignons soient bons à +relever, on peut, au printemps, semer un peu de graine de +Pied-d'alouette, de Némophile ou de Silène qui succède aux Jacinthes +sans nuire en rien à la maturité des oignons, quand il est semé +clair. + +_Plantations en pots._--Les Jacinthes dont on veut avancer la +floraison doivent être plantées en pots, et à la même époque qu'en +pleine terre. La terre qu'on emploiera pour l'empotage doit être +légère et substantielle, et les pots proportionnés à la grosseur des +oignons. Après la plantation, on enfoncera ces pots à côté les uns +des autres, de telle sorte qu'ils soient recouverts de 0m,03 de +terre. On pourra en placer une partie au midi, et l'autre au nord, +afin qu'elles ne fleurissent pas toutes à la même époque. S'il +survenait de fortes gelées, il faudrait les couvrir de feuilles ou +de litière, afin que la terre des pots ne gelât pas; et dans le +courant de janvier on pourrait commencer à en mettre une partie sous +châssis ou dans une serre chauffée, mais toujours le plus près +possible des vitres. Elles seront en fleurs environ un mois après +l'époque où l'on aura commencé à les chauffer; il ne faut en forcer +que successivement, de manière à prolonger la floraison aussi +longtemps que possible. Dès qu'elles seront défleuries, on enfoncera +les pots en pleine terre, afin de laisser mûrir les oignons, qu'on +pourra planter en terre l'année suivante. + + +JULIENNE des jardins (_Hesperis matronalis_).--Hauteur, 0m,65 à 1 +mètre; fleurs doubles, odorantes, blanches ou violettes, de mai en +juillet; multiplication de boutures ou d'éclats en avril. Variété +vivace à fleurs doubles, blanches ou violettes. Terre franche +substantielle; autrement la plante périt. + + +LAMIER orvale (_Lamium orvala_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches +lavées et tachées de rose foncé, d'avril en juin; multiplication de +graines ou par l'éclat des pieds à l'automne. + + +LIN vivace (_Linum perenne_).--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un joli +bleu, de juin en août; multiplication de graines, semées en automne +ou au printemps, ou d'éclats, en automne. Variété à fleurs blanches. + + +LIN visqueux (_L. viscosum_).--Espèce à fleurs roses, que l'on peut +également cultiver en pleine terre, à la condition toutefois de la +couvrir pendant l'hiver. + +On peut, pendant l'été, cultiver en pleine terre le lin à fleurs +jaunes, nommé _Linum flavum_. + + +LINAIRE à grandes fleurs (_Linaria triornithophora_).--Hauteur, +0m,65; fleurs violettes, tout l'été; multiplication de graines, +semées au printemps; couverture l'hiver. + + +LIS blanc (_Lilium candidum_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches, +en juin et juillet; variétés à fleurs doubles, à fleurs panachées de +rouge et à feuilles panachées. Tous les Lis se multiplient de +graines ou par leurs caïeux, qu'on enlève aussitôt après la +floraison, et qu'il faut replanter immédiatement, ainsi que les +bulbes principaux, si l'on veut qu'ils fleurissent l'année suivante. + + +LIS blanc à longues fleurs (_L. longiflorum_).--Hauteur, 1 mètre à +1m,30; fleurs blanches, beaucoup plus grandes que celles du Lis +blanc. + + +LIS à feuilles en fer de lance (_L. lancifolium_, _L. +speciosum_).--Hauteur, 1 mètre; en septembre, fleurs blanches, +ponctuées de pourpre, ou rouge pâle, également ponctuées. + +On les plante au printemps, en terre de bruyère pure ou dans une +terre composée de terre de bruyère, de terreau de fumier et de +feuilles bien consommé, mélangés par parties égales; puis on les +relève en automne pour les mettre en pots, qu'on dépose sous un +châssis ou sur une tablette de la serre tempérée ou dans +l'orangerie, et on les laisse pendant tout l'hiver sans leur donner +d'eau. + + +LIS à bandes dorées (_Lilium auratum_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; +fleurs très-odorantes, longues de 0m,18 à 0m,20, blanches maculées +de pourpre, avec de larges bandes d'un beau jaune. + +Cette plante, remarquable par la grandeur, le coloris et l'odeur de +ses fleurs, n'exige pas plus de soin que la précédente. + + +LIS bulbifère (_L. bulbiferum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs +grandes, d'un rouge safrané, en juin; variétés à fleurs doubles, à +feuilles panachées. + + +LIS de Pomponne (_L. Pomponium_).--Hauteur, 0m,65; fleurs jaunes +ponctuées de rouge brun, en mai; variété à fleurs d'un beau rouge +ponceau. + + +LIS orangé (_L. croceum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; fleurs d'un +rouge safrané ponctué de noir, en juin. + + +LIS de Catesby (_L. Catesbæi_).--Hauteur, 0m,35; fleurs d'un rouge +orangé, le milieu des pétales jaune ponctué de brun, en juillet et +août. + + +LIS tigré (_L. tigrinum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un +beau rouge orangé, ponctuées de pourpre noir, en juillet. + + +LIS Martagon (_L. Martagon_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en juillet, +fleurs rouges, safranées, jaunes, blanches, pourpres, piquetées de +blanc ou de pourpre, selon les variétés, qui sont très-nombreuses; +même culture que le Lis blanc; couverture l'hiver. + + +LIS superbe (_L. superbum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; en juin et +juillet, fleurs d'un rouge orangé, ponctuées de pourpre; terre de +bruyère; couverture l'hiver. + + +LOBÉLIE cardinale (_Lobelia cardinalis_).--Hauteur, 0m,70 à 1 mètre. +En juillet et successivement jusqu'aux gelées, fleurs en épis rouge +écarlate. Multiplication de graines, semées en pots, au printemps, +sur couche, ou en juin et juillet également en pots, mais à froid, +ou bien encore d'éclats de pied, au printemps; couverture l'hiver. + + +LOBELIA Queen Victoria.--Hauteur, 1m,30. En août, septembre et +octobre, fleurs en longs épis d'un rouge vif. Multiplication +d'éclats de pied; couverture l'hiver. + + +LOBELIA DOUGLASII.--Hauteur, 1m,30. En août, septembre et octobre, +fleurs rouges, plus larges que celles de l'espèce ci-dessus. Même +culture. + + +LOBELIA COELESTIS.--Tiges plus élevées que celles des autres +espèces; fleurs également en épis, d'un beau bleu céleste. Même +culture. + + +LUPIN polyphylle (_Lupinus polyphyllus_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +bleues, en mai; variété à fleurs blanches; multiplication de +graines, semées aussitôt après la maturité; terre légère, siliceuse +ou de bruyère. + + +LYCHNIDE de Chalcédoine, CROIX de Jérusalem (_Lychnis +Chalcedonica_).--Hauteur, 0m,65; en juin et juillet, fleurs écarlate +vif, simples ou doubles; variété à fleurs blanches; multiplication +de graines, de boutures, faites en juin, ou d'éclats, à l'automne ou +en février. + +La variété à fleurs doubles veut être garantie du froid. + + +LYCHNIDE visqueuse (_L. viscaria_).--Hauteur, 0m,35; fleurs +purpurines, de mai en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication par la séparation des touffes, en février. + + +LYCHNIDE dioïque, Jacée (_L. dioica_).--Hauteur, 0m,50; de mai en +juillet, fleurs rouges ou blanches, simples ou doubles; même +multiplication. + + +LYCHNIDE de Bunge (_L. Bungeana_).--Hauteur, 0m,50; en juin et +juillet, fleurs d'un rouge vif; multiplication de boutures ou +d'éclats. + + +LYCHNIDE à grandes fleurs (_L. grandiflora_).--Hauteur, 0m,65 à 1 +mètre; fleurs écarlates, en juin et juillet; multiplication de +graines ou d'éclats. + + +LYCHNIDE éclatante (_L. fulgens_).--Hauteur, 0m,35; fleurs d'un +rouge éclatant; même multiplication; exposition à mi-soleil. + + +MATRICAIRE Mandiane (_Matricaria parthenioides_).--Hauteur, 0m,50; +fleurs blanches très-doubles, tout l'été et l'automne; multiplication +de boutures ou d'éclats, en février et mars. Il faut en mettre quelques +pieds en pots, qu'on rentre dans l'orangerie pour passer l'hiver, afin +d'avoir des boutures au printemps. + + +MENTHE poivrée (_Mentha piperita_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +rougeâtres, en août; cultivée particulièrement pour l'odeur des +feuilles, dont l'essence sert à parfumer les pastilles: variété à +feuilles panachées. Multiplication de drageons. + + +MÉRENDÈRE bulbocode (_Merendera bulbocodium_).--Hauteur, 0m,06 à +0m,08; fleurs blanches, puis purpurines, en mars; multiplication par +caïeux, qu'on replante en juillet et août. + + +MOLÈNE purpurine (_Verbascum phoeniceum_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; +fleurs pourpres, de mai en juillet; variétés à fleurs rose plus ou +moins vif; multiplication de graines, semées aussitôt après la +maturité. + + +MONARDE à fleurs rouges, THÉ d'Oswégo (_Monarda didyma_).--Hauteur, +0m,50; fleurs d'un écarlate foncé, de juin en août. Multiplication +de drageons, en automne; couverture l'hiver. On en cultive plusieurs +autres variétés, qui ne diffèrent de la précédente que par la +couleur des fleurs. + + +MORINE à longues feuilles (_Morina longifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1 +mètre; fleurs, d'un blanc rose, en juin et juillet; multiplication +de graines et d'éclats. + + +MORÉE de la Chine, IRIS tigré (_Moroea Sinensis_).--Hauteur, 0m,50; +fleurs safranées, ponctuées de rouge, en juin et juillet; +multiplication de graines ou par la séparation des pieds. + + +MUGUET de mai (_Convallaria maialis_).--Fleurs blanches, simples ou +doubles, en mai: variété à fleurs roses; multiplication de rejetons, +en automne. + + +MUSCARI monstrueux, LILAS de terre (_Muscari monstruosum_).--Plante +bulbeuse; fleurs bleu violacé, en juin, multiplication de caïeux, +qu'il faut replanter en automne, ainsi que les bulbes. + + +MUSCARI odorant (_M. moschatum_).--Fleurs rougeâtres, odorantes, en +mai; même multiplication. + + +MYOSOTIS ALPESTRIS.--Semé en juillet, le Myosotis Alpestris donne, +en avril et en mai, de charmantes fleurs bleues ou blanches, suivant +ses variétés. Repiquée par couleurs séparées, cette plante peut +servir à composer de délicieux massifs, en attendant que les plantes +de serre soient bonnes à mettre en pleine terre. + + +NARCISSE à bouquet (_Narcissus Tazetta_).--Fleurs jaunes, odorantes, +en mai; multiplication de caïeux, plantés en octobre. Cette espèce a +produit un grand nombre de variétés, dont les plus remarquables +sont: _Constantinople_, _Soleil d'or_, _Multiflore_ et _Grand +Monarque_; mais comme elles ne peuvent pas supporter nos hivers et +succombent à 4 degrés de froid, il faut les planter en pots ou les +mettre sur des carafes remplies d'eau, avec quelques grains de sel; +elles fleurissent en janvier et février. + + +NARCISSE jonquille (_N. Jonquilla_).--Fleurs jaunes, odorantes, +simples ou doubles, en avril. Il faut une terre douce et +substantielle; car, dans toute autre condition, non-seulement il ne +fleurit pas, mais il périt promptement. On plante les Jonquilles en +septembre, à 0m,05 ou 0m,06 de profondeur, puis on les relève +lorsque les feuilles sont desséchées. Multiplication de caïeux, +plantés à cette époque. + + +OEILLET des fleuristes (_Dianthus caryophyllus_).--Cette espèce a +produit un nombre considérable de variétés, qui toutes peuvent se +reporter à deux races principales: 1º les _flamands_, dont les +caractères sont: pétales parfaitement arrondis, sans dentelures et +avec de larges bandes de diverses couleurs sur un fond blanc; 2º de +_fantaisie_; on les classe dans l'ordre suivant: + +1re Série. _Ardoisés._ Ils sont unicolores, striés ou rubanés. + +2e Série. _Avranchains._ Fond jaune, plus souvent nankin, avec +flammes plus ou moins intenses. + +3e Série. _Anglais._ Le fond des pétales est d'un blanc pur; ils ne +sont ni laciniés ni crénelés, mais brodés d'un liséré. + +4e Série. _Fond blanc._ Pétales fond blanc strié, quelquefois aussi +bordés en même temps. + +5e Série. _Saxons._ Pétales à fond jaune strié, quelquefois bordés +en même temps. + +6e Série. _Bichons._ Les couleurs ne sont apparentes que sur la +superficie des pétales. + +On les multiplie de marcottes ou de graines, qu'on peut semer +aussitôt après la maturité; mais comme ils ne fleurissent pas tous +l'année suivante, on ne sème ordinairement les _Oeillets_ qu'en +avril soit en pleine terre, soit en terrines, et dans le courant de +juin; enfin, lorsque le plant est assez fort, on le repique en +pépinière et à 0m,12 ou 0m,15 d'écartement. On aide à la reprise par +quelques arrosements; puis, vers la fin d'août, on les plante, soit +dans les plates-bandes, soit par planches, et à environ 0m,40 les +uns des autres. Aussitôt après la plantation on étend sur le terrain +un paillis de fumier à moitié consommé, et les autres soins se +bornent à quelques binages et à des arrosements au besoin. + +Les jeunes Oeillets sont ordinairement très-vigoureux, et capables +de supporter de fortes gelées sans souffrir; cependant, il est plus +prudent de les couvrir en hiver, afin de les garantir de la neige et +du givre, qui leur sont très-nuisibles. Au printemps suivant, et +dès qu'il sera nécessaire, on leur mettra des tuteurs; puis, afin +d'avoir des fleurs parfaites, au moment où apparaissent les boutons, +on en réduit le nombre avant qu'ils soient trop avancés. À la fin de +juin ou au commencement de juillet, époque de la floraison, on fera +choix de ceux qui méritent d'être conservés, et dans le courant de +juillet on les marcottera, en ayant soin d'observer pour cette +opération tout ce que nous avons indiqué au chapitre _Marcottes_. +Mais comme il se trouve quelquefois des branches placées tellement +haut sur les tiges qu'il n'est pas possible de les marcotter de +cette manière, il faut alors les enlever et en faire des boutures, +que l'on traite de la manière suivante: après les avoir coupées bien +net au-dessous d'un noeud, on fait une petite incision en remontant +de manière à diviser la bouture en deux; après quoi on les repique +en terre légère, à une exposition ombragée, et on les recouvre de +cloches, qu'on enlève lorsque les boutures commencent à pousser. + +Quand celles-ci auront assez de racines, on les empotera, puis on +les traitera, comme les marcottes enracinées, ainsi que nous allons +l'indiquer. Au commencement d'octobre, on sèvre les marcottes, +c'est-à-dire qu'on les sépare des vieux pieds, pour les planter dans +des pots d'environ 0m,08 à 0m,10; la terre que l'on emploiera pour +l'empotage devra être saine et composée de deux tiers de bonne terre +franche et d'un tiers de terreau de feuilles bien consommé, le tout +bien mélangé et passé à la claie. Aussitôt après l'empotage, on +place les pots à l'abri d'un mur, et on leur donne de temps à autre +quelques légers arrosements. À l'approche des gelées, il faut les +rentrer, afin de garantir les Oeillets du froid et de l'humidité. +S'il arrivait qu'on manquât de place sous les châssis, il faudrait +faire une tranchée d'environ 0m,20 de profondeur sur 1 mètre de +largeur; puis on dispose les gaulettes de manière à supporter des +paillassons, que l'on place au besoin, et qu'on enlève toutes les +fois que le temps le permet; et s'il survenait des froids plus +rigoureux, il suffirait toujours d'étendre les feuilles ou de la +litière sur les paillassons. Vers le mois d'avril enfin, quand les +giboulées ne sont plus à craindre, on plante les Oeillets en pleine +terre ou bien on les rempote plus grandement, si on veut les +conserver en pots. + + +OEILLET remontant.--Variété de l'oeillet des fleuristes, bien +supérieur au type par la longue durée de ses fleurs; même culture. + + +OEILLET de poëte, OEILLET barbu (_Dianthus barbatus_).--Tiges de +0m,30 à 0m,40; en juin et juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou +panachées, simples ou doubles; multiplication de boutures, +marcottes, ou graines semées en août. + + +OEILLET Flon.--Quelles que soient les conditions dans lesquelles on +le cultive, cet Oeillet justifie pleinement, par l'abondance et la +longue durée de ses fleurs, le nom de _Dianthus semperflorens_ qu'on +lui donne en France et celui de _Dianthus hybridus multiflorus_, +qu'on lui donne en Angleterre; ses fleurs sont roses, rouges, +blanches ou blanches panachées de rose, semi-doubles et odorantes. + +Sans exiger rien de plus que les autres Oeillets, il donne des +fleurs depuis le mois de juin jusqu'en novembre. Rentrés dans la +serre, les pieds que l'on cultive en pots continuent de fleurir +pendant tout l'hiver. + +On le multiplie de boutures, en août et septembre. + + +ORNITHOGALE pyramidale, ÉPI de la Vierge (_Ornithogalum +pyramidale_).--Plante bulbeuse; hauteur, 0m,50; fleurs blanches, fin +de juin; multiplication de caïeux, plantés en octobre. + + +OROBE printanier (_Orobus vernus_).--Hauteur, 0m,33; fleurs +purpurines, en avril; variétés à fleurs azurées. Multiplication de +graines, semées aussitôt après la maturité, ou d'éclats en automne. + + +PAVOT de Tournefort (_Papaver Orientale_).--Hauteur, 0m,60 à 0m,80; +fleurs rouge orangé, en juin; multiplication de graines, semées +aussitôt après la maturité, ou de rejetons, en février. + + +PAVOT à bractées (_P. bracteatum_).--Fleurs plus grandes et plus +vives de couleur; même multiplication. + + +PENTSTÉMON à feuilles de Gentiane (_P. gentianoides_).--Hauteur, +0m,50. Tout l'été, fleurs pourpres, roses ou blanches, disposées en +longues grappes unilatérales. + +Multiplication de graines que l'on sème en juin. + + =Variétés.=--Argutus, -- Ovatus, -- Digitalis. + + +PHALANGÈRE, Lis Saint-Bruno (_Phalangium liliastrum_).--Hauteur, +0m,35; fleurs blanches, en juin; multiplication par la séparation +des racines, en automne, avec la précaution de ne pas les rompre, +car elles sont très-fragiles. + + +PHLOMIS tubéreux (_Phlomis tuberosa_).--Hauteur, 1m,30; fleurs +violâtres, de juillet en septembre; multiplication par la séparation +des tubercules, tous les trois ans, ou de graines semées en pots. + + +PHLOX ligneux.--Tiges de 0m,30 à 1m,20; en juillet, août et +septembre, fleurs roses, pourpres, lilas, gris de lin, blanc pur ou +blanc lamé de différentes couleurs, selon les variétés, qui sont +très-nombreuses. + +On les multiplie de graines, semées aussitôt après la récolte de +boutures ou par la séparation des touffes. + + =Variétés.=--Hébé, -- La Candeur, -- Le Vésuve, -- Le Lion, -- + Liervalii, -- Mme La Croix, -- Mme de Wendel, -- Mme Lierval, -- + Mars, -- Parmentier, -- Raphaël, -- Victor Hugo. + + +PIGAMON à feuilles d'Ancolie (_Thalictrum +aquilegifolium_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en mai, fleurs vertes, +à étamines blanches; variétés à étamines lilas et rose vif; +multiplication de graines, semées au printemps, ou par la séparation +des pieds en automne. + + +PIVOINE officinale (_Pæonia officinalis_).--Hauteur, 0m,65; en mai, +fleurs rouges, simples ou doubles; variétés à fleurs roses ou à +fleurs carnées d'abord, puis blanches; toutes se multiplient de +graines, semées en août, ou par la séparation des tubercules munis +d'yeux; on les plante en septembre, et de manière qu'ils ne se +trouvent recouverts que d'environ 0m,02 ou 0m,03 de terre. Ces +variétés garnissent les plates-bandes et les parterres, où elles +produisent un très-bel effet. + + +PIVOINE de Chine (_Pæonia Sinensis_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +blanches, très-doubles, en juin. + + =Variétés.=--Alba sulfurea, -- Anemonæflora, -- Striata, -- + Clarisse, -- Comte de Cussy, -- Faust, -- Festiva, -- + Hericartiana, -- Lutea variegata, -- Magnifica, -- Pulcherrima, + -- Reine des Français, -- Victoire Modeste. + + +PLUMBAGO LARPENTÆ.--Plante traçante, que l'on peut cultiver à +l'ombre. Placée dans des conditions favorables, elle forme de larges +touffes et donne pendant tout l'automne une grande quantité de +fleurs bleues, de la plus grande beauté. On la multiplie de boutures +et d'éclats. + + +POLÉMOINE bleu, VALÉRIANE grecque (_Polemonium cæruleum_).--Hauteur, +0m,65; fleurs bleues, de mai en juillet; variété à fleurs blanches; +multiplication de graines, qui se sèment d'elles-mêmes, ou par la +séparation des touffes. Tout terrain. + + +POTENTILLA.--On cultive un grand nombre d'espèces de Potentilles. +Elles ressemblent toutes un peu au Fraisier par leur feuillage. Les +fleurs roses, rouges, pourpres, jaunes ou blanches de ces plantes, +se succèdent pendant tout l'été. Multiplication de graines et +d'éclats. + + =Variétés.=--Atrosanguinea, -- Aurantiaca, -- Mac-Nabbiana, -- + Nepalensis, -- Obwoodiana, -- Alba, -- Purpurea, -- Smoutii, -- + Versicolor. + + +PULMONAIRE de Virginie (_Pulmonaria Virginica_).--Hauteur, 0m,65; de +mars en mai; fleurs bleues, quelquefois rouges ou blanches: +multiplication par la séparation des touffes en automne. + + +PYRETHRUM ROSEUM, CAMOMILLE rouge.--Hauteur, 0m,30 à 0m,40; en juin +et juillet, fleurs simples d'un rose vif; multiplication de graines +ou par la séparation des pieds. + +C'est avec les fleurs de cette plante que l'on prépare la poudre +insecticide, connue sous le nom de poudre de pyrèthre. + + =Variétés= _à fleurs doubles_.--Rouges, -- roses ou carnées. + + +RENONCULE des jardins (_Ranunculus Asiaticus_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; variétés très-nombreuses, simples, semi-doubles ou doubles, +de presque toutes les couleurs. On les plante à 0m,05 de +profondeur, vers la fin de décembre, dans les terres légères, puis +en février et mars, dans toutes autres circonstances; elles sont en +fleurs de la fin d'avril au commencement de juin. + +Pour la culture et la multiplication, on observera tout ce que nous +avons indiqué pour les Anémones. + + +ROSE trémière (_Alcoea rosea_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; de +juillet en septembre, fleurs simples, semi-doubles ou doubles, +offrant presque toutes les nuances; multiplication de graines semées +en juin; on repique les plantes en pépinière en juillet et on les +plante en automne; on peut aussi les multiplier au moyen de leurs +drageons. Plantées en ligne, les Roses trémières produisent un effet +charmant. Pour éviter qu'elles ne soient rompues par le vent, il +faut leur donner des tuteurs ou les attacher sur des lattes de +treillage fixées sur des pieux qu'on enfonce de loin en loin. Pour +celles qui sont plantées isolément, il faut mettre un tuteur à +chacune; et lorsque les touffes sont fortes, on place un cerceau au +milieu des tiges, puis on les fixe dessus. Cette disposition produit +un fort bon effet. + +Pour avoir des Roses trémières moins élevées, il suffit de pincer +l'extrémité des tiges, lorsqu'elles sont arrivées à la hauteur à +laquelle on veut soumettre les plantes que l'on cultive. + + +RUDBECKIA pourpre (_Rudbeckia purpurea_).--Hauteur, 1 mètre; fleurie +d'un pourpre rosé, disque pourpre noirâtre, de juillet en septembre; +multiplication par la séparation des pieds, en automne ou en mars. + + =Variétés.=--Hirta, -- Laciniata, -- Drummondi, -- Speciosa. + + +SAINFOIN du Caucase (_Hedysarum Caucasicum_).--Hauteur, 0m,50; de +mai en juillet, fleurs pendantes, d'un beau violet pourpre. +Multiplication de graines et d'éclats. + + +SAPONAIRE officinale (_Saponaria officinalis_)--Hauteur, 0m,30; +fleurs roses, odorantes, en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication de traces. + + +SAXIFRAGE cotylédon (_Saxifraga cotyledon_), S. pyramidale (_S. +pyramidalis_).--Hauteur, 0m,50 à 0m,60; fleurs d'un blanc pur, de +mai en juillet; multiplication de graines, ou par la séparation des +rosettes, qu'on repique en automne ou en février. + + +SAXIFRAGE de Sibérie (_S. crassifolia_, _Megasea +crassifolia_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un beau rose, en mars et +avril; multiplication de drageons. + + +SCABIEUSE du Caucase (_Scabiosa Caucasica_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +d'un bleu tendre, de juin en août; multiplication de graines et +d'éclats. + + +SCILLE agréable (_Scilla amoena_).--Plante bulbeuse; hauteur, 0m,25; +fleurs d'un joli bleu, en avril. + + +SCILLE d'Italie, LIS-JACINTHE des jardiniers (_S. +Italica_).--Hauteur, 0m,16; en avril et mai, fleurs d'un joli bleu, +odorantes. + + +SCILLE campanulée (_S. campanulata_).--Hauteur, 0m,30; fleurs d'un +joli violet, en juin; variété à fleurs blanches. + + +SCILLE du Pérou (_S. Peruviana_).--Hauteur, 0m,33; fleurs d'un joli +bleu, en mai; variété à fleurs blanches. + +Moins rustique que les autres espèces, la _Scille du Pérou_ exige +d'être couverte pendant l'hiver. + +On les multiplie toutes de caïeux, que l'on plante en octobre, ainsi +que les bulbes. + + +SCUTELLAIRE à grandes fleurs (_Scutellaria macrantha_).--Hauteur, +0m,20 à 0m,25; fleurs d'un beau bleu, de juin en octobre; +multiplication de graines ou d'éclats. + + +SEDUM TELEPHIUM RUBRUM.--Plante grasse à feuilles charnues, dont les +fleurs, disposées en larges ombelles d'un beau rose, produisent un +effet très-ornemental; essentiellement de pleine terre, cette belle +plante n'exige pas de soins particuliers; seulement elle craint +l'humidité, surtout à l'état de repos. + + +SÉNEÇON à feuilles d'Adonis (_Senecio adonidifolium_).--Hauteur, +0m,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, en juillet et août; on le multiplie +de graines ou d'éclats. + + +SILÉNÉ de Virginie (_Silene Virginica_).--Hauteur, 0m,25 à 0m,30; +fleurs écarlates, en juillet; multiplication de graines en automne; +couverture l'hiver. + + +SOLEIL multiflore (_Helianthus multiflorus_).--Hauteur, 1 mètre à +1m,30; fleurs jaunes, d'août en septembre; tous se multiplient par +la séparation des pieds, en automne. + + =Variétés.=--Mollis, -- Orgyalis. + + +SPIRÉE reine des prés (_Spiræa Ulmaria_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleurs blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; variété à +feuilles panachées; arrosements fréquents en été; multiplication +d'éclats. + + +SPIRÉE barbe de bouc (_S. Aruncus_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,30; +fleurs blanches, en juin et juillet; même culture. Mi-soleil. + + +SPIRÉE Filipendule (_S. Filipendula_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; même culture. + + +SPIRÉE à feuilles lobées (_S. lobata_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +roses, odorantes, en juillet; variété à feuilles panachées; même +culture. + + +STENACTIS agréable (_Stenactis speciosa_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +pourpre violacé, à disque jaune, tout l'été; multiplication de +graines ou par la division du pied. + + +STEVIA pourpre (_Stevia purpurea_).--Hauteur, 0m,50; fleurs roses, +disposées en corymbe, en juillet et août: multiplication de graines +semées au printemps ou d'éclats; couverture l'hiver. + + +STEVIA à feuilles en scie (_S. serrata_).--Même hauteur; fleurs +blanches, odorantes, en juillet et août; même culture. + + +TANAISIE commune (_Tanacetum vulgare_).--Hauteur, 1m,30; fleurs +d'un beau jaune, en août; multiplication de drageons. + + +TIGRIDIE à grandes fleurs (_Tigridia pavonia_).--Plante bulbeuse; +hauteur, 0m,40 à 0m,50; fleurs jaunes ou écarlates, ponctuées de +pourpre foncé; elles se succèdent de juillet en août, mais elles ne +durent chacune que huit ou dix heures; multiplication par caïeux, +que l'on sépare en mars et avril, et que l'on replante de suite, +ainsi que les bulbes, à 0m,05 de profondeur. + + +TOURNEFORTIE couchée (_Tournefortia heliotropioides_).--Hauteur, +0m,35; tout l'été, fleurs bleuâtres que l'on hiverne sous châssis; +multiplication de graines et de boutures. + + +TUBÉREUSE des jardins (_Polianthes tuberosa_).--Plante bulbeuse; +hauteur, 1 mètre à 1m,30; de juillet en septembre, fleurs blanches à +odeur très-suave, simples ou doubles; multiplication des caïeux, +qu'on ne sépare qu'au printemps, pour les planter sur couche. La +plantation des bulbes à fleurs doit avoir lieu au mois de mars, et +en pots, qui sont placés sur une couche et sous châssis. Tant que +l'oignon ne pousse pas, il ne faut lui donner que peu d'eau; mais +dès qu'il a quelques feuilles, il faut l'arroser fréquemment. + + +TULIPE de Gessner ou des Fleuristes (_Tulipa Gessneriana_).--Cette +espèce a fourni, par le semis, un nombre considérable de variétés, aux +nuances des couleurs les plus vives. Elles aiment une terre douce et +substantielle, rendue légère par des engrais très-consommés. On les +multiplie de graines, semées en pleine terre, depuis septembre jusqu'en +novembre, ou de caïeux qu'on replante en septembre au plus tard. La +plantation des oignons à fleurs doit avoir lieu à la fin d'octobre ou au +commencement de novembre. Après avoir bien préparé le terrain, on le +divise ordinairement par plates-bandes d'environ 1 mètre de largeur, on +trace un rang au milieu, puis deux de chaque côté, les disposant de +manière qu'ils soient à égale distance, et les deux premiers à 0m,12 ou +0m,15 du bord, et, comme pour les Jacinthes, on ouvre un sillon avec la +binette, en commençant la plantation par le rang du milieu, pour lequel +on choisit les plantes les plus élevées; car, en admettant qu'on ne +possède pas une collection classée par noms et couleurs, elle doit au +moins être rangée par hauteurs. On place les Tulipes à environ 0m,15 les +unes des autres sur la ligne, et on les appuie légèrement de manière +qu'elles soient recouvertes d'environ 0m,08 de terre; puis on rapproche +la terre, afin qu'il n'existe aucun vide. On procédera de même pour +chaque rang, en ayant soin de placer les oignons en échiquier. Après la +plantation, on étend sur le tout un bon paillis de fumier à moitié +consommé, et jusqu'à la floraison tous les soins consistent à donner +quelques binages, à arracher les mauvaises herbes, et en quelques +bassinages au printemps si la température l'exige. + +La floraison est ordinairement dans toute sa beauté vers les +premiers jours de mai. Si l'on veut prolonger la durée des fleurs et +jouir de tout leur éclat, il faut, vers la fin d'avril, élever une +petite charpente sur laquelle on étend une toile au moment du +soleil. Aussitôt après que les Tulipes sont défleuries, on étête +celles dont on ne veut pas conserver la graine, afin que la séve +reste concentrée dans l'oignon, ce qui augmentera sa vigueur pour la +floraison de l'année suivante. On laisse les oignons en terre +jusqu'à leur parfaite maturité, qui a lieu ordinairement vers la fin +de juin; mais pour les arracher il faut choisir un beau temps, et à +mesure qu'on les retire de terre, on détache les caïeux et les +vieilles racines, puis, en frottant légèrement avec le pouce on +enlève les vieilles écailles. Mais il faut surtout éviter de laisser +les oignons exposés au soleil, car le plus grand nombre seraient +perdus. On place chaque rang immédiatement dans une case avec un +numéro d'ordre, puis l'on dépose tous les oignons dans un lieu bien +aéré, mais où ils ne puissent pas être atteints par la gelée. + +Comme nous l'avons indiqué pour les Jacinthes, on peut semer au +printemps un peu de graines de Pied-d'Alouette dans les planches de +Tulipes, pour garnir le terrain en attendant l'époque d'enlever les +oignons. + + +TUSSILAGE odorant, HÉLIOTROPE d'hiver (_Tussilago +fragrans_).--Hauteur, 0m,30; de novembre en janvier, fleurs d'un +blanc purpurin, à odeur d'Héliotrope; multiplication de drageons. + + +VALÉRIANE rouge (_Valeriana rubra_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleurs rouges ou blanches, de juin en octobre; toutes se multiplient +de graines, semées en place en automne ou au printemps, ou par la +séparation de leurs pieds. + + +VARAIRE blanc, HELLÉBORE blanc (_Veratrum album_).--Hauteur, 1 +mètre; fleurs blanches, en juin et août; multiplication de graines +et de bulbes. + + +VARAIRE noir (_V. nigrum_).--Plus haut que le précédent; fleurs +brunâtres, de juin en août; même multiplication. + + +VÉLAR de Barbarie, HERBE de Sainte-Barbe (_Erysimum +Barbarea_).--Hauteur, 0m,65; en mai, fleurs jaunes, simples ou +doubles; multiplication d'éclats, en automne. + + +VERGE d'or du Canada (_Solidago Canadensis_).--Hauteur, 0m,65; +fleurs d'un jaune brillant, de juillet en septembre. On la multiplie +de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par la séparation +des pieds, en automne. + + +VERNONIE (_Vernonia præalta_).--Hauteur, 2 mètres, en octobre et +novembre, fleurs pourpre violacé disposées en corymbe terminal. +Multiplication par l'éclat des pieds. + + +VÉRONIQUE à épis (_Veronica spicata_).--Hauteur, 0m,50; fleurs +bleues, blanches ou roses, de juin en août. Multiplication de +graines, semées en juin, ou par la séparation des pieds, en automne. + + +ZAUSCHNÉRIA de Californie (_Zauschneria Californica_).--Charmante +petite plante à fleurs rouge écarlate, qu'on multiplie de boutures +ou de graines semées en juillet en pépinière. + +On hiverne le jeune plant sous châssis, et au printemps on le plante +en pleine terre par groupes comme les Verveines et les Pétunies. + + +SECTION IV.--Plantes de serre que l'on peut cultiver en pleine terre +pendant l'été. + +Pour les soins généraux à donner aux plantes de serre cultivées en +pleine terre, pendant l'été, voir page 91. + + +ALTERNANTHERA SPATULATA.--Plante herbacée, touffue; haute de 0m,10 à +0m,15, feuilles en forme de spatule, d'un vert clair irrégulièrement +panachée de rose, de saumon et de jaune. + +Traitée comme les Coléus, cette charmante plante peut être employée +exactement aux mêmes usages. + + +BEGONIA.--Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Begonias +produisent un charmant effet, par la beauté de leurs feuilles, +l'abondance et la longue durée de leurs fleurs. + +On les plante, dans la seconde quinzaine de mai, en terre de +bruyère, en lignes ou en massif. On les multiplie de boutures que +l'on hiverne dans la serre chaude. + + =Variétés.=--Fuchsioïdes, -- Ingrami, -- Lucida, -- + Prestoniensis. + + +CALADIUM ESCULENTUM.--Bien que cette plante soit de serre chaude, on +peut la cultiver en pleine terre pendant l'été. C'est même à en +juger d'après le développement que prennent les Caladium esculentum, +cultivés en pleine terre, le mode de culture qui leur convient le +mieux. Comme tous les végétaux doués d'une grande vigueur, les +Caladium esculentum veulent de bons engrais consommés et de copieux +arrosements pendant les chaleurs. + +On les plante dans la seconde quinzaine de mai isolément ou en +massif, puis on les relève à l'approche des gelées pour les hiverner +dans la serre chaude. + + +CALCÉOLAIRE ligneuse.--Beaucoup plus rustiques que les Calcéolaires +herbacées, les Calcéolaires ligneuses peuvent être cultivées en +pleine terre pendant l'été. Le beau jaune des fleurs de ces plantes +produit un charmant effet, au centre d'un massif de Géranium rouge +ou de Lobelia erinus à fleurs bleues. + +On multiplie les Calcéolaires ligneuses de boutures, faites sous +cloches en août et septembre, et hivernées sous châssis. Ces +boutures sont bonnes à mettre en pleine terre dans le courant de +mai[15]. + +[Note 15: _Calcéolaires herbacées._--On sème les Calcéolaires +herbacées en août et en septembre en terre légère, composée de terre +de bruyère, de terre franche et de terreau, sous châssis, à une +exposition ombragée. Lorsque le plant a trois ou quatre feuilles, on +le repique dans de petits pots que l'on replace sous châssis pour +passer l'hiver. + +En février ou en mars, on donne des pots plus grands aux +Calcéolaires de semis, après quoi on peut les mettre dans la serre +tempérée pour jouir de la beauté de leurs fleurs.] + + +CANNA INDICA.--Cette plante, plus remarquable par ses feuilles que +par ses fleurs, peut être cultivée en pleine terre, pendant l'été. +Avec de la chaleur, de l'eau et des engrais, les Canna dépassent par +leur vigueur tout ce que notre climat permet d'espérer. + +Pour avoir des Canna semblables à ceux que l'on voit, chaque année, +dans les squares de Paris, il faut les mettre sur couche, dans la +seconde quinzaine de mars. Quand les drageons qui partent du pied +ont environ 0m,10 de longueur, on les détache avec une portion de +tubercule, puis on les plante dans des pots que l'on tient sur +couche jusqu'en mai, époque à laquelle on peut mettre les Canna en +pleine terre. + +Après avoir joui de la beauté de cette plante, pendant toute la +belle saison, on la relève à l'approche des gelées, pour la +conserver dans une cave bien sèche, ou sur le gradin de la serre +tempérée, exactement comme les Dahlias. + +Quant aux variétés qui ne produisent pas de tubercules, on doit, +après les avoir arrachées, les mettre dans des pots que l'on hiverne +dans la serre chaude. + +On multiplie les Canna de drageons, comme nous avons indiqué de le +faire, ou de graines, que l'on sème sur couche au printemps. + + =Variétés.=--Annei, -- Discolor, Edulis, -- Gigantea, -- Indica, + -- Indica superba, -- Leptophylla, -- Liliiflora, -- Lutea, -- + Peruviana, -- Zebrina, -- Warscewczii. + + +CASSIA.--Les Cassia sont de beaux arbrisseaux, à fleurs jaunes +disposées en corymbe, que l'on peut placer sur les pelouses de +gazon, pendant l'été. + +Jeunes, ils produisent peu d'effet; mais comme, cultivés en pleine +terre, ils végètent vigoureusement, on peut, à défaut de forts +exemplaires, en planter de moyens; on les plante en mai, puis on les +relève, à l'approche des gelées, pour les conserver dans +l'orangerie jusqu'au printemps suivant. + + =Variétés.=--Floribunda, -- Corymbosa, -- Tomentosa. + + +CHAMÆROPS HUMILIS (_Palmier nain_).--Malgré la rusticité bien connue +de cette plante, on doit sous le climat de Paris la cultiver en pot. + +Disposés par groupe sur les pelouses de gazon, les Chamærops humilis +produisent pendant l'été un effet tout nouveau, par l'aspect de +leurs feuilles, si différentes de celles des autres végétaux. + +Hiverné dans l'orangerie, le Chamærops humilis est facile à +conserver. + + +CHEIRANTHUS DELILIANUS.--Charmante petite giroflée à fleurs rouge +violacé, d'une longue durée, que l'on peut cultiver en pleine terre +pendant l'été. + +On la multiplie de boutures, que l'on hiverne sous châssis. + + +CHEIRANTHUS MARSHALLII.--Tout aussi recommandable, cette plante +diffère du Cheiranthus Delilianus par la couleur de ses fleurs, qui +sont d'un beau jaune; elle se cultive exactement de même. + + +CHRYSANTHÈME frutescent (_Chrysanthème à fleurs blanches_).--Cette +plante, dont les fleurs ressemblent un peu aux marguerites des prés, +convient tout particulièrement, par la rusticité et la longue durée +de ses fleurs, pour garnir les massifs. + +On la multiplie de boutures faites sous cloche en août et septembre. +Hivernés sous châssis, les Chrysanthèmes frutescents peuvent être +livrés à la pleine terre dans le courant de mai[16]. + +[Note 16: _Cinéraires hybrides._--Pour avoir de belles +Cinéraires, il faut leur donner une terre légère, composée de terre +de bruyère, de terre franche et de terreau. + +On les sème en août et septembre, sous châssis, à une exposition +ombragée. Repiquées, puis rempotées à propos, les Cinéraires de +semis peuvent, au printemps, faire l'ornement des serres et des +appartements.] + + +COLEUS VERSCHAFFELTI.--Tous les Coléus sont remarquables par la +riche coloration de leurs feuilles, mais ils sont délicats. Seule, +l'espèce nommée Verschaffelti peut être cultivée en pleine terre +pendant l'été comme les Lantana, les Héliotropes et les Salvia. + +Rien ne peut donner une idée de la beauté de cette plante, quand +elle a reçu à propos tous les soins qu'elle réclame. + +On multiplie les Coleus Verschaffelti de boutures, que l'on hiverne +dans la serre chaude. + + +CUPHÉA.--Les Cuphéa doivent, conformément à leur taille peu élevée, +être placés sur le bord des massifs. Cultivées en pleine terre +pendant l'été, ces charmantes petites plantes donnent des fleurs +jusqu'aux gelées; on les multiplie de semis ou de boutures que l'on +hiverne sous châssis. + + =Variétés.=--Platycentra, -- Ignea, -- Strigulosa. + + +ÉRYTHRINA.--Comme toutes les plantes qui végètent vigoureusement, +les Érythrina ont besoin de beaucoup de nourriture pour donner de +belles fleurs. Aussi, à moins que le sol qu'on leur destine ne soit +froid et humide, il vaut mieux les cultiver en pleine terre pendant +l'été que de les conserver en pots. + +Cet arbuste est digne, par la beauté de ses grandes fleurs rouges, +de figurer dans tous les jardins. On peut le planter isolément ou en +massif. On le rentre pendant l'hiver dans l'orangerie où il doit +rester jusqu'au printemps. + + =Variétés.=--Crista galli, -- Bellengerii, -- Floribunda, -- + Madame Bellengé, -- Marie Bellengé, -- Ruberrima. + + +EUCALYPTUS GLOBULUS.--Grand et bel arbre de l'Australie que l'on +peut cultiver en pleine terre pendant l'été; doué d'une vigueur peu +commune, l'Eucalyptus globulus est susceptible d'acquérir 5 mètres +d'élévation dans une année; ses feuilles, couvertes d'une poussière +blanchâtre dans leur jeunesse, diffèrent essentiellement de celles +que donnent les arbres de nos jardins. Multiplication de graines, +semées vers la fin de l'été, afin d'avoir des plants bons à mettre +en pleine terre l'année suivante. + + +DATURA ARBOREA.--Le Datura arborea est sinon la première plante de +serre que l'on ait cultivée en pleine terre pendant l'été, du moins +l'une des premières; ses fleurs, longues souvent de 0m,32, sont +pendantes, blanches et très-odorantes. + +Dans de grands jardins, on peut composer des massifs de Datura +arborea; mais partout ailleurs, il est préférable de cultiver cette +belle plante isolément. + +On multiplie le Datura arborea de boutures, que l'on hiverne dans +l'orangerie, comme les vieux pieds. + + +FUCHSIA.--Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Fuchsia +donnent des fleurs jusqu'aux gelées, sans exiger d'autres soins que +des arrosements proportionnés à l'état de la température. + +On les multiplie de semis, ou de boutures que l'on hiverne en serre +ou sous châssis. + + =Variétés.=--À fleurs rouge plus ou moins foncé, ou blanches avec + la corolle rouge. + + +HÉLIOTROPES.--Pour avoir de beaux Héliotropes, il faut les cultiver +en pleine terre pendant l'été. + +On les multiplie de semis, ou mieux de boutures, faites sur couches, +en janvier et février. + +Plantées dans le courant de mai, les boutures d'Héliotrope prennent +en peu de temps un grand développement et donnent des fleurs +jusqu'aux gelées. + +Quelques pieds d'Héliotropes hivernés dans la serre chaude +suffisent, chaque année, pour avoir autant de boutures qu'il en faut +pour garnir un jardin. + + =Variétés.=--Du Pérou, -- Triomphe de Liége, -- Gloire des + massifs, -- Anna Thurell. + + +LANTANA.--Les Lantana sont de charmantes petites plantes à fleurs en +corymbes, d'abord jaunes, puis rouges ou lilas, avec lesquelles on +peut composer de délicieux massifs. + +On multiplie les Lantana de semis ou de boutures, faites sur couche +en janvier et février. En donnant à ces boutures la chaleur dont +elles ont besoin, elles peuvent être livrées à la pleine terre dans +la seconde quinzaine de mai. + +Il faut aux Lantana une terre légère, largement pourvue d'engrais +consommé. + + =Variétés.=--Aurantiaca, -- Delicatissima, -- Mutabilis. + + +LOBELIA RAMOSA.--Plante à bordures, à fleurs d'un beau bleu. + +Cultivé en pleine terre pendant l'été, le Lobelia ramosa donne des +fleurs jusqu'aux gelées. On le multiplie de semis, ou de boutures en +août et septembre. + +Hivernées sous châssis, les boutures de Lobelia ramosa peuvent être +livrées à la pleine terre dans le courant de mai. + + +MIMULUS.--La difficulté de conserver les Mimulus pendant l'hiver +fait que l'on doit se contenter de les cultiver comme des plantes +annuelles. + +Semés sur couche en février et mars, les Mimulus peuvent être livrés +à la pleine terre, dans la seconde quinzaine de mai. Cultivés en +terre légère mélangée de terreau, les Mimulus forment de larges +touffes, quand on pince à propos l'extrémité des tiges. + + =Variétés.=--Variegatus, -- Cardinalis. + +Le Mimulus musqué est une espèce rampante à petites fleurs jaunes, +que l'on peut cultiver à l'ombre, en terre de bruyère. + + +NICOTIANA WIGANDIOÏDES.--Plante vivace d'orangerie que l'on peut +cultiver en pleine terre pendant l'été, exactement comme les Datura. +Placé dans des conditions favorables le Nicotiana wigandioïdes +constitue une belle plante à feuilles ornementales que l'on +multiplie de graines et de boutures. + + +NIEREMBERGIA GRACILIS.--La Nierembergia gracilis, convient tout +particulièrement, pour faire des bordures, en couchant les branches +sur le sol. Cultivée en pleine terre pendant l'été, elle donne des +fleurs jusqu'aux gelées. On la multiplie de semis, ou mieux de +boutures, que l'on hiverne sous châssis. + +Beaucoup plus vigoureux, le _Nierembergia frutescent_ mérite la +préférence à tous égards. + + +PÉLARGONIUM ZONALE.--Beaucoup plus connue sous le nom de Géranium, +que sous celui de Pélargonium, cette plante fait aujourd'hui le plus +bel ornement de nos jardins. + +Tout aussi recommandable par sa rusticité que par l'éclat, +l'abondance et la longue durée de ses fleurs, le Géranium zonale +convient tout particulièrement pour garnir les vases et les massifs. +On le multiplie de semis, ou mieux de boutures faites sous cloches +en août et septembre. + +Hivernés en serre ou sous châssis, les Géranium zonale peuvent être +livrés à la pleine terre dans le courant de mai. Comme ils prennent +en peu de temps un grand développement, il est beaucoup plus simple +de planter chaque année de jeunes Géranium, que de conserver les +vieux pieds. + + =Variétés.=--À fleurs rouges, -- roses, -- blanches, ou rouges à + feuilles panachées de blanc. + +L'espèce connue sous le nom de _Géranium à feuilles de lierre_ peut +être cultivée en bordure pendant l'été. + + +PÉTUNIA.--Ayant reconnu depuis longtemps qu'il était beaucoup plus +simple de cultiver les Pétunia comme des plantes annuelles que de +conserver les vieux pieds, on les sème maintenant en mars sur +couche, puis on les repique, aussitôt que le plan est assez avancé, +ou bien on les sème en avril, immédiatement en place. + +Quant aux variétés à fleurs doubles, que l'on veut conserver, il +faut en faire des boutures, en août et septembre, et les hiverner +sous châssis. + +Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Pétunia donnent des +fleurs jusqu'aux gelées. Aussi, de toutes les plantes qui servent à +l'ornementation des jardins, il n'en est pas qui conviennent mieux +que les Pétunia pour garnir les vases et les massifs, ou faire des +bordures, en couchant les branches sur le sol[17]. + +[Note 17: PRIMULA Sinensis.--La Primula Sinensis est une des +plantes qui conviennent le mieux pour orner les serres et les +appartements pendant l'hiver. + +On la sème en mars et avril sous châssis, puis on la repique en +pots. Il lui faut de la terre de bruyère mêlée d'un quart de +terreau.] + + +SALVIA SPLENDENS.--Bien que les fleurs de cette belle plante +apparaissent un peu tard, on ne doit pas en négliger la culture, car +livrée à la pleine terre, dans le courant de juin, elle donne, +pendant tout l'automne, de longs épis de fleurs rouges, d'un éclat +tel, qu'il est impossible de les fixer longtemps. + +On multiplie le Salvia splendens de semis, ou mieux de boutures, +faites sur couche en mars et avril. Quelques pieds de Salvia +splendens, hivernés dans la serre chaude, suffisent, chaque année, +pour avoir autant de boutures qu'il en faut pour garnir un jardin. + + +SOLANUM.--Considérés au point de vue ornemental, les Solanum +présentent un immense intérêt. Cultivées en pleine terre pendant +l'été, certaines espèces produisent un effet remarquable par la +beauté de leurs feuilles. + +On peut en composer des massifs; cependant il est préférable de les +placer isolément sur les pelouses de gazon. + +On multiplie les Solanum de semis, ou de boutures, que l'on hiverne +dans la serre chaude. + + =Variétés.=--Atropurpureum, -- Betaceum, -- Callicarqum, -- + Marginatum, -- Purpureum, -- Pyracanthum, -- Robustum. + + +SENECIO CINÉRARIA (_Cineraria maritima_).--Plante rameuse à feuilles +pennées recouverte de même que les tiges, d'un duvet tomenteux. +Disposée en lignes, autour des massifs de Coléus ou de toute autre +plante de couleur vive, la Cineraria maritime produit un charmant +effet; elle peut au besoin passer l'hiver dehors; cependant, il est +préférable de faire des boutures chaque année, afin de remplacer les +vieux pieds, qui finissent par prendre un trop grand développement. + +La _Centaurea candidissima_ peut être employée dans les mêmes +circonstances; elle est même d'un plus beau blanc que la Cineraria +maritime, seulement elle est moins rustique. + + +STATICE LATIFOLIA.--Cette plante vivace, à feuilles radicales, tiges +rameuses à ramifications, disposées en corymbe paniculé; fleurs +bleues, de juillet en septembre. + +Multiplication de graines, en juin et juillet; bien que rustique, la +Statice latifolia doit être cultivée en pot, que l'on hiverne sous +châssis. + + +TAGETES LUCIDA.--Les fleurs de cette plante sont d'un beau jaune. +Elles sont petites, mais très-nombreuses et d'une longue durée. Au +besoin, le Tagetes lucida peut remplacer la Calcéolaire ligneuse +dans la composition des massifs, où l'on veut avoir des fleurs +jaunes. On le multiplie de semis ou de boutures, que l'on hiverne +sous châssis. + + +TRADESCANTIA zebrina.--Plante rampante, propre à garnir, pendant +l'été, la surface des massifs consacrés à la culture des plantes de +serre chaude. + +Les conditions tout exceptionnelles dans lesquelles prospère le +Tradescantia zebrina, ajoutent encore à l'intérêt que présente cette +charmante plante si remarquable déjà par la beauté de ses feuilles. + +On multiplie le Tradescantia zebrina de boutures que l'on hiverne en +serre chaude. + + +VERVEINES hybrides.--Les graines que donnent ces charmantes petites +plantes, produisent chaque année un nombre considérable de variétés +de toutes nuances. Semées en février et mars sur couche, les +Verveines hybrides peuvent être repiquées en pots, ou immédiatement +en place, comme toutes les plantes annuelles que l'on sème au +printemps. + +Malgré la simplicité de ce mode de culture, on multiplie le plus +souvent les Verveines de boutures, en août et septembre; hivernés +sous châssis, les boutures de Verveines sont bonnes à mettre en +pleine terre en avril et mai. + +L'éclat, la fraîcheur et la longue durée des fleurs de Verveines +permettent de recommander particulièrement ces plantes, pour +composer des massifs, ou faire des bordures, en couchant les +branches sur le sol. + + +VÉRONIQUES ligneuses.--Les Véroniques ligneuses sont des plantes +qu'il ne faut pas confondre avec les Véroniques vivaces dont les +tiges meurent chaque année. Disposées en longues grappes rouges, +roses ou lilas les fleurs de Véroniques ligneuses passent +successivement au blanc. + +On les multiplie de semis ou de boutures, faites sous cloches, en +août et septembre. Hivernées sous châssis, les boutures de +Véroniques ligneuses peuvent être livrées à la pleine terre dans le +courant de mai. + + =Variétés.=--Andersoni, -- Lindleyana, -- Splendida. + + +WIGANDIA Caracasana.--De toutes les plantes de serre cultivées pour +la beauté de leurs feuilles il n'en est pas de plus ornementales que +le Wigandia Caracasana. + +On le multiplie de semis ou de boutures, de racines, en septembre et +octobre; hivernées en serre ou sous châssis, les boutures de +Wigandia Caracasana peuvent être livrées à la pleine terre vers la +fin de mai. + +Pour obtenir tout l'effet que cette belle plante peut produire, il +faut lui réserver une place sur les pelouses de gazon et lui donner +une terre légère largement pourvue d'engrais consommés. + + +Section V.--Plantes pour l'ornement des eaux. + +1. _Plantes à feuilles flottantes._ + +ALISMA flottant (_Alisma natans_).--Fleurs blanches. + + +CORNIFLE à fruits épineux (_Ceratophyllum demersum_).--Fleurs +herbacées, en juin et juillet; variété à fruits lisses. + + +FLÉCHIÈRE aquatique (_Sagittaria sagittifolia_).--Fleurs blanches, +en juin; multiplication de graines. + + +MACRE flottante, châtaigne d'eau (_Trapa natans_).--Fleurs blanches, +en juin; multiplication de graines. + + +MÉNYANTHE Trèfle d'eau (_Menyanthes trifoliata_).--Fleurs blanches, +en juillet. + + +MORRÈNE grenouillette (_Hydrocharis morsus ranæ_).--Fleurs blanches, +en juin. + + +NÉNUPHAR blanc, LIS d'étang (_Nymphæa alba_).--Fleurs blanches ou +jaunes, en juin, juillet et août. + + +NÉNUPHAR odorant (_N. odorata_).--Fleurs blanches, doubles, +odorantes, en juillet. + + +RENOUÉE amphibie (_Polygonum amphibium_).--Fleurs rouges, en +juillet. + + +VILLARSIE à feuilles de Nénuphar, MÉNYANTHE (_Villarsia +nymphoides_).--Fleurs jaunes, en juillet. + + +2. _Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux._ + +ACORE odorant (_Acorus calamus_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,50; fleurs +odorantes, en chatons, en juillet. + + +IRIS des marais, GLAÏEUL des marais (_Iris +Pseudo-Acorus_).--Hauteur, 1m,33; fleurs d'un beau jaune, en juin. + + +MASSETTE à larges feuilles (_Typha latifolia_).--Tiges de 1m,65 à 2 +mètres, terminées par un épi de fleurs brunes, en juillet. + + +MASSETTE à feuilles étroites (_T. angustifolia_).--Moins élevée que +la précédente. + + +NAÏADE à feuilles lancéolées (_Naias monosperma_).--Hauteur, 0m,15; +fleurs herbacées, en août et septembre; multiplication de graines, +qui se resèment d'elles-mêmes. + + +PATIENCE aquatique (_Rumex hydrolapathum_),--Hauteur, 1m,50 à 2 +mètres; fleurs verdâtres, en juillet. + + +PONTÉDÉRIE à feuilles en coeur (_Pontederia cordata_).--Fleurs +bleues, en mai. On peut également cultiver cette belle plante sur le +bord de l'eau. + + +PESSE d'eau (_Hippuris vulgaris_).--Hauteur, 0m,15 à 0m,20; fleurs +d'un blanc sale, en mai. + + +RENONCULE à feuilles longues, GRANDE DOUVE (_Ranunculus +lingua_).--Tiges de 1 mètre; fleurs jaunes, en juin, et +successivement jusqu'en octobre. + + +SALICAIRE effilée (_Lythrum virgatum_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs d'un rose pourpre, en juillet et août. + +Toutes les Salicaires peuvent également être cultivées sur le bord +de l'eau. + + +SAURURE penché (_Saururus cernuus_).--Hauteur, 0m,40; fleurs +blanches, disposées en une longue grappe courbée au sommet. + + +SCIRPE des étangs (_Scirpus lacustris_).--Plante très-élevée, +donnant en juillet des fleurs disposées en épis terminaux. + + +SPARGANIUM flottant, RUBAN d'eau (_Sparganium natans_).--Hauteur, +0m,33; fleurs en chatons, en juillet. + +Toutes ces plantes peuvent être cultivées dans de grands pots ou +dans des baquets que l'on plonge dans l'eau. + + +3. _Plantes propres à la décoration du bord de l'eau._ + +ALISMA plantain d'eau (_Alisma plantago_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +blanches ou rougeâtres, en juillet. + + +ARUNDO DONAX.--Cette plante, remarquable par la puissance de sa +végétation, doit, comme tous les roseaux, être cultivée isolément; +chaque année, on coupe les tiges de l'Arundo donax rez de terre, +puis on le couvre de feuilles pendant les hivers rigoureux. + + =Variétés.=--À feuilles panachées de blanc, -- à feuilles + panachées de jaune. + + La variété à feuilles panachées de blanc doit être rentrée + l'hiver. Celle à feuilles panachées de jaune peut rester en + place. + + +BAMBUSA AUREA. Originaire du nord de la Chine, cette belle plante +résiste, sans souffrir, aux froids les plus rigoureux. Comme tous +les bambous, elle fournit de nombreuses tiges ligneuses d'un effet +véritablement très-pittoresque. Multiplication par boutures de +racines. + + +BUTOME ombellé, JONC fleuri (_Butomus umbellatus_).--Hauteur, 1 +mètre; fleurs roses, en juillet; variété à feuilles panachées. + + +LINAIGRETTE à gaînes (_Eriophorum vaginatum_).--Hauteur, 0m,33; en +mars et avril, épis couverts de longues soies blanches. + + +LYSIMACHIE à feuilles de saule (_Lysimachia ephemerum_).--Hauteur, 1 +mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre; multiplication de +graines semées sur couches, fréquemment arrosées, ou de l'éclat des +pieds. + + +LYSIMACHIE thyrsiflore, NAUMBURGIA thyrsiflore (_L. +thyrsiflora_).--Hauteur, 0m,33; fleurs jaunes, en juin et juillet; +multiplication de graines et d'éclats. + + +LYSIMACHIE ponctuée (_L. punctata_).--Hauteur, 0m,65; fleurs jaunes, +en juillet. + + +PARNASSIE des marais (_Parnassia palustris_).--Hauteur, 0m,25 à +0m,30; fleurs blanches tachées de jaune, en juin et juillet. + + +PHALARIS rubané, ROSEAU ruban (_Phalaris arundinacea +picta_).--Hauteur, 1 mètre; feuilles rubanées de jaune; fleurs +disposées en panicule spiciforme, blanchâtre du côté de l'ombre, +pourpre du côté du soleil; multiplication par traces. + + +POPULAGE des marais, SOUCI des marais (_Calthapalustris_).--Hauteur, +0m,33; en avril et mai, fleurs d'un beau jaune, simples ou doubles. + + +RENONCULE flamme (_Ranunculus flammula_).--Hauteur, 0m,40; fleurs +jaunes, en juin et juillet. + + +SCORPIONE des marais, SOUVENEZ-VOUS-DE-MOI (_Myosotis +palustris_).--Tiges de 0m,20 à 0m,26; fleurs d'un bleu céleste, +d'avril en août; multiplication de graines, semées au printemps, de +boutures ou par l'éclat des pieds. + + +SPIRÉES (_Spiræa_).--Presque toutes les espèces herbacées se +plaisent sur le bord des eaux et produisent un effet agréable. + + +4. _Arbres et arbustes._ + +AIRELLE veinée (_Vaccinium uliginosum_).--Tiges rampantes; fleurs +blanches ou carnées, en mai et juin. + + +AIRELLE caneberge (_V. Oxycoccos_).--Tiges comme la précédente; +fleurs rouges, en mai; baies rouges avec des points pourpre. + + +AUNE (_Alnus_).--Tous aiment une terre humide, marécageuse ou même +submergée. (_V. Arbres d'agrément._) + + +CÉPHALANTHE d'Amérique, BOIS-BOUTON (_Cephalantus +occidentalis_).--Hauteur, 1m,30 à 1m,65; fleurs blanches, en août et +septembre. + + +CHIONANTHE de Virginie, ARBRE de neige (_Chionantus +Virginica_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; fleurs blanches, en juin. + + +CYPRÈS chauve de la Louisiane (_Cupressus disticha_, _Schubertia +disticha_). (V. _Arbres d'agrément._) + + +DIRCA des marais, BOIS-CUIR (_Dirca palustris_).--Hauteur, 1m,33 à 2 +mètres; fleurs d'un blanc jaunâtre, en mars et avril. + + +GALÉ, Piment royal (_Myrica Gale_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs en chatons, en mai. + + +GALÉ de Pensylvanie (_M. Pennsylvanica_).--Hauteur, 1m,65 à 2 +mètres; fleurs comme le précédent. + + +HAMAMÉLIS de Virginie (_Hamamelis Virginica_).--Hauteur, 1m,33 à +1m,65; fleurs d'un blanc jaunâtre, en automne. + + +PEUPLIERS (_Populus_).--Ils se plaisent dans les terrains humides et +tous sont propres à la décoration des pièces d'eau et des rivières. +(V. _Arbres d'agrément._) + + +SAULES (_Salix_).--Tous les saules conviennent aux sites aquatiques +des jardins paysagers et peuvent être avantageusement placés aux +bords des eaux, où ils produisent un effet très-pittoresque. (V. +_Arbres d'agrément._) + + +TAMARIX de Narbonne (_Tamarix Gallica_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33; +fleurs d'un blanc purpurin, de mai en octobre. + + +TAMARIX d'Allemagne (_T. Germanica_).--Hauteur, 2m,33 à 2m,65; +fleurs d'un pourpre pâle ou rose, de juin en septembre. + + +TUPÉLO velu (_Nyssa villosa_).--Grand et bel arbre, à fleurs +verdâtres, en juin; fruit bleu. + + =Variétés.=--Aquatique, -- des forêts. + + +VIORNE obier, SUREAU aquatique (_Viburnum opulus_).--Hauteur, 1 +mètre à 1m,65; fleurs blanches, en mai et juin; baies rouges. + + +SECTION VI.--Plantes pour rocailles. + +AUBRIETIA DELTOIDEA.--Petite plante formant de larges touffes, à +fleurs d'un bleu clair, pendant tout le printemps. + + +ARABIS VERNA.--Petite plante en touffes; fleurs blanches, en mars. + + +CAMPANULES.--Les _Campanula cespitosa_ et _Carpathica_, déjà +recommandées comme plantes à bordures, conviennent également bien +pour garnir les rochers. + + +CRUCIANELLA RUBRA.--Tiges étalées, longues de 0m,25 à 0m,30; fleurs +roses, tout l'été. + + +EPINEDIUM ALPINUM.--Tiges de 0m,35; fleurs rouges et jaunes, en +avril et mai. + + +ERINUS ALPINUS.--Petite plante en touffes; fleurs purpurines ou +blanches; en mars et avril. + + +FOUGÈRES.--Les _Athyrium foemina_, _Adianthum pedatum_, _Aspidium +lobatum_, _astræa_, _recurva_, _Blechnum spicans_, _Osmunda +regalis_, _Onoclea sensibilis_, _Pteris aquilina_, _Scolopendrium +officinarum_, _Struthiopteris Germanica_, peuvent être placés entre +les pierres des rochers, surtout de ceux qui se trouvent dans un +endroit frais et abrité. + + +IRIS GERMANICA.--Il n'est pas de plante plus rustique et qui +convienne mieux que les _Iris Germanica_ pour garnir les rochers. + + +LINARIA CYMBALARIA.--Tiges rampantes; fleurs bleues, tout l'été. + + +OETHIONEMA CORDIFOLIA.--Tiges étalées, longues de 0m,15 à 0m,20; +fleurs d'un beau rose, en avril et mai. + + +POTENTILLA REPTANS.--Tiges rampantes; fleurs jaunes, tout l'été. + + +PRIMEVÈRES.--Toutes les variétés du _Primula veris_ peuvent être +employées pour garnir les rochers. + + +SAPONARIA OCIMOIDES.--Tiges étalées, longues de 0m,15 à 0m,20; +fleurs purpurines, en juin et juillet. + + +SAXIFRAGES.--Les _Saxifraga granulata_, _hypnoides_ et _sarmentosa_ +conviennent tout particulièrement pour garnir les rochers. + + +SEDUM.--Tous les Sedum sont propres à garnir les rochers, et +particulièrement les _Sedum acre_, _elegans_, _hirsutum_, +_populifolium_, _Sieboldii_ et _Telephium rubrum_. + + +SEMPERVIVUM TECTORUM.--Hauteur, 0m,33; fleurs purpurines, de juillet +en septembre. + + +TUSSILAGO FARFARA, _foliis variegatis_.--Plante remarquable par la +beauté de ses larges feuilles, panachées de jaune; fleurs jaunes en +février et mars. + + +VINCA MAJOR (Pervenche grande).--Tiges d'environ 0m,65, les unes +droites, les autres couchées; fleurs bleues tout l'été; variété à +feuilles panachées. + + +VINCA MINOR (Pervenche petite).--Fleurs bleues, simples ou doubles; +variété à fleurs blanches. + + +_Arbres et arbrisseaux._ + +AIRELLE anguleuse (_Vaccinium myrtillus_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +d'un blanc rosé, en mai; baies d'un bleu noirâtre. + + +ASTRAGALE adragant (_Astragalus tragacantha_).--Hauteur, 0m,33; +fleurs blanches, en juin et juillet. + + +CÂPRIER commun (_Capparis spinosa_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs blanches, en juin et juillet; couverture l'hiver. + + +CHÊNE kermès (_Quercus coccifera_).--Hauteur, 1 mètre; glands +ovales, ne mûrissant que la seconde année. + + +COTONEASTER BUXIFOLIA.--Arbrisseau peu élevé, à rameaux inclinés; en +avril et mai, fleurs blanches. Fruits rouges, en automne. + +Les _Cotoneaster microphylla comptus_ et _marginatus_, conviennent +également pour garnir les rochers et les terrains en pente. + + +FONTANESIA à feuilles de Filaria (_Fontaniesa +phyllireoides_).--Hauteur, 2m,65; fleurs blanches, puis rougeâtres, +en mai. + + +GROSEILLIER stérile (_Ribes sterile_).--Fleurs jaunes, en avril. + + +JASMIN jaune (_Jasminum fruticans_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs jaunes, de mai en septembre; baies noirâtres. + + +LYCIET de la Chine (_Lycium Sinense_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33; +fleurs d'un violet purpurin, tout l'été; baies rouges. + + +LYCIET à feuilles étroites, JASMINOIDE (_L. barbarum_).--Il diffère +du précédent par ses feuilles un peu plus larges, et par ses fleurs +d'un blanc pourpre. + + +LYCIET d'Europe (_L. Europeum_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs +blanchâtres. + + +MILLEPERTUIS à grandes fleurs (_Hypericum calycinum_).--Hauteur, +0m,34; fleurs d'un beau jaune, de juin en septembre. + + +RONCE commune (_Rubus fruticosus_).--On en cultive plusieurs +variétés les plus remarquables sont: + + +RONCE à fleurs blanches doubles.--Fleurs semblables à de petites +roses, de juin en novembre. + + +RONCE à feuilles découpées.--Fleurs roses, de juillet en septembre. + + +RONCE à fleurs roses.--Fleurs roses très-doubles. + + +SECTION VII.--Plantes grimpantes pour garnir les murs, berceaux, +tonnelles. + +1. _Plantes annuelles et vivaces._ + +CALYSTEGIA PUBESCENS.--Tout l'été, fleurs doubles, d'un rose tendre, +nuancé de rose plus vif. + + +CALYSTEGIA SEPIUM (var. _incarnatum_).--Fleurs simples, d'un rose +tendre. + +Les Calystégia conviennent tout particulièrement pour garnir les +berceaux, les rochers et la tige des grands arbres que l'on veut +dissimuler; on les multiplie par tronçons de racines. + + +CAPUCINE grande (_Tropoeolum majus_).--Fleurs jaune orangé, tout +l'été; variété à fleur brune; semer en place, en avril. + + +CAPUCINE des Canaries. (_Tropoeolum peregrinum_).--Tout l'été, +fleurs jaune serin; même culture. + + +COBÉE grimpante (_Cobæa scandens_). Fleurs violettes, tout l'été; +semer sur couche, en mars. Dès que les plants ont quelques feuilles, +on les repique dans de petits pots, qu'on laisse sur couche jusqu'à +la fin d'avril ou au commencement de mai, époque où on les met en +pleine terre. + + +COURGE vivace (_Cucurbita perennis_).--Cette courge est extrêmement +remarquable par sa rusticité, la beauté de ses feuilles veloutées et +l'odeur agréable de ses fleurs. Les tiges de la courge vivace +meurent pendant l'hiver, mais elles repoussent au printemps avec une +grande vigueur; on la multiplie de graines, de marcottes et de +rejetons, que l'on replante au printemps. + +La courge, connue sous le nom de _Tladiantha dubia_, produit des +tubercules qui servent à sa reproduction. + + +COURGES annuelles.--Toutes les courges annuelles peuvent être +cultivées comme plantes grimpantes. + +On les sème en mars, sur couche, ou en mai, immédiatement en place; +à cet effet, on prépare un bon trou, que l'on remplit de fumier, on +place la terre provenant de la fouille sur le fumier, puis on fait +un bassin, au centre duquel on sème les graines de courge. + +Les courges pèlerine, poire à poudre, plate de Corse, massue, +siphon, métulifère, dipsaceus, myriocarpus (courge groseille), +melanosperma et toutes les coloquintes peuvent être traitées comme +nous venons de l'indiquer. + + +GESSE odorante, Pois de senteur (_Lathyrus odoratus_).--Fleurs +violettes, roses, rouges ou blanches, odorantes; semer en place, en +automne ou au printemps. + + +GESSE de Tanger (_L. Tingitanus_).--Fleurs d'un rouge pourpre foncé, +de juillet en octobre; semer en place au printemps. + + +GESSE à larges feuilles, POIS vivace (_L. Latifolius_).--Plante +vivace; fleurs d'un rose pourpre, de juillet en septembre; semer en +place, en automne ou au printemps. + + +HARICOT d'Espagne (_Phasoelus coccineus_).--Fleurs rouge écarlate, +tout l'été; variétés à fleurs blanches et à fleurs bicolores; semer +en place, en avril. + + +IPOMÉE pourpre, VOLUBILIS (_Convolvulus purpureus_, _Ipomoea +purpurea_).--Pendant l'été, fleurs blanches, rouges, roses, bleues +ou panachées. Toutes les variétés se sèment en place, en avril et +mai. + + +IPOMÉE Nil ou de Michaux (_I. Nil_, _C. Nil._)--Fleurs d'un bleu +azuré, tout l'été. + + +IPOMÉE écarlate, QUAMOCLIT écarlate (_I. coccinea_).--Fleurs +écarlates, tout l'été. + + +THUNBERGIA à pétioles ailés (_Thunbergia alala_).--Fleurs jaunes +avec le centre pourpre, tout l'été; variété à fleurs blanches; semer +sur couche, au printemps, et repiquer le plant en pleine terre. + + +2. _Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut mettre en +pleine terre tout l'été._ + +BOUSSINGAULTIA BASELLOIDES.--Grande plante sarmenteuse, à fleurs +blanches, petites, très-odorantes. + +Multiplication de boutures, qui s'enracinent facilement et par les +tubercules; couverture l'hiver. + + +CAPUCINES tubéreuses.--On cultive plusieurs espèces de Capucines à +racines tubéreuses, mais elles exigent la serre. Plus rustique que +les autres, l'espèce connue sous le nom de _Tropæolum pentaphyllum_ +peut être plantée en pleine terre, en avril ou mai. + +À l'approche des froids, on relève les tubercules, que l'on conserve +dans de la terre sèche jusqu'au moment de les replanter. + + +DIOCLÉE glycinoïde (_Dioclea glycinoides_).--Fleurs d'un rouge +très-vif, en automne; multiplication de boutures. + + +ECCREMOCARPUS rude (_Eccremocarpus scaber_).--Fleurs écarlates, en +juillet et août; semer aussitôt après la maturité. + + +IPOMÉE de Léar (_Ipomoea Learii_).--Fleurs grandes, d'un beau bleu, +tout l'été et l'automne; multiplication de boutures. + + +LOASA à fleurs rouges (_Laosa lateritia_).--Fleurs rouge brique, +tout l'été; multiplication de graines ou de boutures. + + +LOASA à fleurs orangées (_L. aurantiaca_).--Fleurs jaune orangé, +tout l'été; même multiplication. + + +LOPHOSPERME à fleurs roses (_Lophospermum erubescens_).--Fleurs +roses, tout l'été; multiplication de graines et de boutures. + + +LOPHOSPERME volubile (_L. rhodochiton_).--Moins élevée que la +précédente; fleurs roses, tout l'été; même multiplication. + + +MAURANDIE toujours fleurie (_Maurandia semperflorens_).--Fleurs d'un +rose pourpre, tout l'été. On la multiplie de graines, semées sur +couche au printemps, et de boutures. + + +MAURANDIE à fleurs de Muflier (_M. antirrhiniflora_).--Fleurs +lilacées, tout l'été. + + +MAURANDIE de Barclay (_M. Barclayana_).--Fleurs d'un beau bleu, tout +l'été. + + +3. _Arbrisseaux[18]._ + +[Note 18: Les plantes marquées d'un astérisque sont à feuillage +persistant.] + +ARISTOLOCHE siphon (_Aristolochia sipho_).--En mai et juin, fleurs +d'un pourpre obscur, en forme de pipe. + + =Variétés=.--Tomenteuse, -- * Sempervirens. + + +ATRAGÈNE des Alpes (_Atragene Alpina_).--Fleurs bleu clair, en juin +et juillet. + + +ATRAGÈNE de Sibérie (_A. Sibirica_).--Fleurs blanches. + + +ATRAGÈNE de l'Inde (_A. Indica_).--Fleurs d'abord verdâtres, puis +blanches, d'avril en novembre; couverture l'hiver. + + +ATRAGÈNE à vrilles (_A. cirrhosa_).--Fleurs d'un blanc verdâtre, en +automne. + + +BIGNONE, JASMIN de Virginie (_Bignonia radicans_).--Fleurs grandes, +d'un rouge écarlate, en juillet et août. + + +BIGNONE à grandes fleurs (_B. grandiflora_).--Fleurs safranées. + + +BIGNONE à vrilles (_B. capreolata_).--En juin, fleurs d'un jaune +orangé au sommet, pourpre à la base. + + +CÉLASTRE grimpant, BOURREAU des arbres (_Celastrus +scandens_).--Fleurs verdâtres, en mai et juin; fruit rouge. + + +CHÈVREFEUILLE des jardiniers (_Lonicera Caprifolium_).--En mai et +juin, fleurs à odeur suave, roses en dedans, plus ou moins rouges en +dehors. Variété à fleurs blanches et à feuilles panachées. + + =Variétés=.--Flava, -- Japonica, -- Sempervirens, -- Sinensis. + + +CLÉMATITE odorante (_Clematis flammula_).--En juillet et août, +fleurs blanches, disposées en grappes, très-odorantes. + + =Variétés=.--Azurea, -- Bicolor, -- Florida, -- Hendersoni, -- + Montana, -- Sophia, -- Viticella, -- Viticella venosa. + + +DÉCUMAIRE sarmenteux (_Decumaria barbata_).--Fleurs blanches, d'une +odeur suave, en août et septembre. + + +GLYCINE de la Chine (_Glycine Sinensis_).--Fleurs grandes, d'un bleu +pâle ou blanches, à odeur suave, en avril. Comme tous les arbustes +vigoureux, les Glycines de la Chine peuvent être taillées. +Seulement, il faut, contrairement à ce qui se fait ordinairement, +les tailler dans le courant de juin, autrement elles ne donnent pas +de fleurs l'année suivante. + + +GLYCINE frutescente (_G. frutescens_).--Fleurs violettes, de juin en +septembre. + + =Variétés.=--Backousiana, -- Floribunda. + + +GRENADILLE bleue, FLEUR de la Passion (_Passiflora +coerulea_).--Fleurs blanches, bleues et purpurines, de juillet en +octobre; couverture l'hiver. + + +GRENADILLE incarnate (_P. incarnata_).--Fleurs blanches, purpurines, +violettes et noires, en juillet et en août; couverture l'hiver. + + +HOUBLON cultivé (_Humulus lupulus_).--Fleurs jaunes, en cône +écailleux, de juin en août. + + +JASMIN blanc (_Jasminum officinale_).--Fleurs blanches, à odeur +suave, tout l'été. + + +JASMIN triomphant (_J. revolutum_).--Fleurs d'un jaune très-vif, +très-odorantes; couverture l'hiver. + + +LIERRE grimpant (_Hedera helix_).--Fleurs petites, verdâtres, en +septembre et octobre; baies noires; variété à feuilles panachées ou +maculées de blanc ou de jaune. + + +LIERRE d'Irlande (_H. Hibernica_).--Feuilles plus grandes; produit +plus d'effet. + + +MÉNISPERME du Canada (_Menispermum Canadense_).--Fleurs petites, +verdâtres, de juin en juillet. + + =Variétés.=--De la Caroline, -- de Virginie. + + +MORELLE grimpante, VIGNE de Judée (_Solanum dulcamara_).--Fleurs +violettes, en juin et juillet; baies rouges. + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles de jasmin. + + +PÉRIPLOCA de Grèce (_Periploca Græca_).--Fleurs pourpre noirâtre, en +juin et juillet. + + +4. _Rosiers._ + +_Des Alpes._--Boursault, fleurs roses, semi-doubles,--Calypso, +fleurs blanches, nacrées,--Reversa, fleurs pourpres,--Inermis, +fleurs rose pâle. + +_Banks._--À fleurs blanches,--À fleurs jaunes. + +_À bractées._--Ayrschyres, fleurs doubles, carnées, à odeur de +thé,--Macartney, fleurs blanches,--Maria-Leonida, fleurs +blanches,--Triomphe de Machetteau, fleurs roses, striées de blanc. + +_Des champs._--À fleurs roses,--À grandes fleurs blanches. + +_Multiflore._--À fleurs-roses, doubles,--À fleurs rouges, +doubles,--Gaulhie, fleurs blanches,--Laure Davoust, fleurs carné +vif. + +_Muscat._--Blanches simples,--Blanches doubles,--Comtesse Plater, fleurs +blanc jaunâtre,--Princesse de Nassau, fleurs blanches,--Dupont, fleurs +blanches simples,--Éponine, fleurs blanches doubles. + +_Noisette._--Chromatella jaune foncé,--Euphrosine, roses et jaunâtres, +odorant,--Noisette ordinaire, fleurs couleur de chair,--Desprez, fleurs +jaune rosé,--Lamarque, fleurs blanches,--Labiche, fleurs blanches, coeur +rose,--Solfatare, jaune soufre. + +_Toujours vert._--Scandens, fleurs blanches,--Adélaïde d'Orléans, fleurs +blanches,--Princesse Marie, fleurs rose tendre,--Félicité-Perpétue, +fleurs blanc carné. + + +Les Rosiers grimpants, que l'on veut tailler, doivent être soumis à +cette opération aussitôt après la floraison; autrement, ils ne +donnent pas de fleurs l'année suivante. + + +SCHIZANDRE cocciné (_Schizandra coccinea_).--Fleurs coccinées, en +juillet; couverture l'hiver. + + +VIGNE vierge (_Cissus quinquefolia_).--Arbrisseau recommandable par +sa vigueur et sa rusticité; fleurs verdâtres, en automne. + + =Variétés.=--D'Orient, -- Hétérophylle. + + +SECTION VIII.--Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques[19]. + +[Note 19: En procédant à la plantation des espèces marquées d'un +astérisque, il faut garnir, dans le principe seulement, les racines +de terre de bruyère, afin de favoriser leur reprise.] + +Chaque fois que la culture des arbrisseaux, arbustes et arbres +n'offrira rien de particulier, nous n'entrerons dans aucun détail à +ce sujet. Tous se multiplient de graines, de greffes, de boutures ou +de marcottes; mais nous n'avons pas jugé nécessaire d'indiquer le +mode de reproduction de chacun, car ce n'est guère que dans les +pépinières qu'on peut se livrer à leur éducation avec avantage. +Quant à l'époque de la plantation, on devra toujours tenir compte de +la nature du terrain et observer tout ce qui est indiqué pour les +arbres fruitiers. + + +AMANDIER nain (_Amygdalus nana_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs +d'un beau rose, en avril; variété à fleurs doubles. + + =Variétés.=--De Géorgie, -- de Perse, -- à feuilles panachées. + + +AMELANCHIER du Canada (_Cratægus Canadensis_).--Hauteur, 3m,33 à 4 +mètres; fleurs blanches, en avril; fruits presque noirs. + + +AMELANCHIER à grappes (_C. racemosa_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33; +fleurs blanches, en avril et mai; fruits noirs. + + +AMELANCHIER à épis (_C. spicata_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; +fleurs blanches, en mai; fruits rouges. + + +AMORPHA frutescent, FAUX-INDIGO (_Amorpha fruticosa_).--Hauteur, 2 +mètres à 2m,65; fleurs d'un bleu violâtre, en juin et juillet. + + =Variétés.=--Lewesii, -- Glabra, -- Crispa. + + +ARGOUSIER rhamnoïde (_Hippophæ rhamnoides_).--Hauteur, 2 mètres à +2m,33; rameaux épineux; feuilles blanchâtres, tachées de roussâtre; +fleurs verdâtres, en avril; baies orangées. + + +* ASSIMINIER de Virginie, ANONE à trois lobes (_Assiminia +virginiana_).--Hauteur, 3m,33 à 4 mètres; fleurs d'un pourpre +très-brun, en mai et juin. + + =Variétés.=--À grandes fleurs, -- à petites fleurs. + + +* AZÉDARACH bipenné, ARBRE saint (_Melia Azedarach_).--Hauteur, +3m,33 à 4 mètres; en juillet, fleurs d'un lilas tendre, à odeur +suave; couverture l'hiver. + + +BAGUENAUDIER ordinaire (_Colutea arborescens_).--Hauteur, 3 à 4 +mètres; fleurs jaunes, tout l'été; fruits vésiculeux. + + +BAGUENAUDIER du Levant (_C. orientalis_).--Hauteur, 2 mètres; fleurs +rouge safrané, en juin et juillet. + + +BAGUENAUDIER d'Alep (_C. Alepica_).--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs +jaunes, tout l'été. + + +BOURGÈNE (_Rhamnus frangula_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; fleurs +verdâtres, en avril et mai; baies noires. + + =Variétés.=--Des Alpes, -- à larges feuilles. + + +BUGRANE frutescente (_Ononis fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +roses, en mai et juin; variété à fleurs blanches. + + +* CALYCANTHE de la Caroline, POMPADOURA, ARBRE aux Anémones +(_Calycanthus floridus_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; de mai en +août, fleurs d'un rouge brun, exhalant une odeur très-agréable. + + =Variétés.=--Fragrans, Occidentalis. + + +CARAGANA arborescent (_Caragana arborescens_, _Robinia +Caragana_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33; fleurs jaunes, en mai. + + +CARAGANA frutescent (_C. frutescens_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +jaunes, en mai. + + +CARAGANA argenté (_C. argentea_).--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs +d'un rose pâle, en avril et mai. + + =Variétés.=--Altagana, -- Chamlagu, -- Grandiflora, -- Pygmæa. + + +CERISIER odorant, BOIS de Sainte-Lucie (_Cerasus Mahaleb_, _Prunus +Mahaleb_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs blanches odorantes, en +mai; fruits noirs. + + +CESTREAU à baies noires (_Cestrum Parqui_).--Hauteur, 1m,65; tout +l'été, fleurs jaunes, exhalant une agréable odeur pendant la nuit. + + +CHAMÉCERISIER de Tartarie (_Chamæcerasus (Lonicera) +Tatarica_).--Hauteur, 2m,65; fleurs roses en dehors, blanches en +dedans; baies rouges. + + =Variétés.=--Des Pyrénées, -- Ledebour, -- de Standish. + + +* CLETHRA à feuilles d'Aune (_Clethra alnifolia_).--Hauteur, 1m,65 à +2 mètres; fleurs petites, blanches, odorantes, en août. + + =Variétés.=--Cotonneux, -- Acuminé, -- Paniculé. + + +COIGNASSIER de la Chine (_Cydonia Sinensis_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau rouge, odeur suave, en avril et mai. + + +* COMPTONIE à feuilles de Fougère (_Comptonia +aspleniifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs en chatons, de +mars en mai. + + +CORÈTE du Japon (_Kerria Japonica_, _Spiræa Japonica_).--Hauteur, +1m,65 à deux mètres; fleurs jaunes, très-doubles, tout l'été et +l'automne. + + +CORONILLE des jardins (_Coronilla Emerus_).--Hauteur, 1m,33; fleurs +d'un beau jaune, tachées de rouge, d'avril en juin. + + +CORNOUILLER sanguin (_Cornus sanguinea_).--Hauteur, 2m,65 à 4 +mètres; rameaux d'un beau rouge; fleurs blanches, en juin, baies +noires. + + =Variétés.=--De la Floride, -- à feuilles alternes. + + +CYTISE à feuilles sessiles, TRIFOLIUM (_Cytisus +sessilifolius_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mars +et juin. + + +CYTISE à épis (_C. nigricans_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; fleurs +jaunes, odorantes, en juin et juillet. + + +CYTISE à fleurs en tête (_C. capitatus_).--Hauteur, 0m,65; fleurs +d'un jaune aurore, en juin et juillet. + + =Variétés.=--Adami, -- à fleurs blanches, -- à fleurs pourpres, + -- Biflore. + + +DAPHNÉ Bois-Joli (_Daphne Mezereum_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; de +décembre en février, fleurs rose vif ou blanches, odorantes. + + +DAPHNÉ des Alpes (_D. alpina_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches +odorantes, en mai et juin. + + +DEUTZIE crénelée (_Deutzia scabra_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches, tout l'été. + + +DEUTZIE à tiges effilées (_D. gracilis_).--Plus élevée que la +précédente; en mai et juin, fleurs disposées en petites grappes, +d'un beau blanc. + + =Variétés.=--Canescens, -- Corymbosa. + + +DIERVILLE jaune (_Diervilla lutea_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleurs jaunes, de juin en novembre. + + +ÉPINE-VINETTE (_Berberis vulgaris_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; +fleurs jaunes, en mai; fruits rouges dans la maturité. + + =Variétés.=--À feuilles pourpres, -- à feuilles panachées, -- du + Canada, -- du Népal. + + +FORSYTHIA SUSPENSA.--Arbuste du Japon, à rameaux sarmenteux. Fleurs +jaunes, nombreuses, en février et mars. + + +FUSAIN commun, BONNET de prêtre (_Evonymus Europæus_).--Hauteur, +3m,33 à 4 mètres; fleurs blanchâtres, en mai; fruits d'un beau +rouge. + + =Variétés.=--Atropurpureus, -- Latifolius, -- Verrucosus. + + +GATTILIER commun (_Vitex agnus castus_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; +fleurs violettes ou blanches, en été. + + =Variétés.=--Hybride, -- à feuilles incisées. + + +GENÊT d'Espagne (_Genista juncea_).--Hauteur, 2 mètres; fleurs d'un +beau jaune, à odeur suave, en juillet et août; variétés à fleurs +doubles inodores. + + =Variétés.=--À fleurs blanches, -- de Sibérie, -- des + teinturiers. + + +* GORDONIA à feuilles glabres (_Gordonia lasianthus_).--Hauteur, 4 +mètres; fleurs blanches, en septembre et octobre. + + +GORDANIA pubescent (_G. pubescens_).--Moins élevé que le précédent; +fleurs blanches, en août et septembre. + + +GROSEILLIER doré (_Ribes aureum_).--Hauteur, 2 à 3 mètres; fleurs +jaunes, odorantes, en avril. + + +GROSEILLIER à fleurs rouges (_R. sanguineum_).--Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs d'un rose vif, en avril. + + =Variétés.=--Malvaceum, -- Gordonianum, -- Sanguineum, -- + Sanguineum flore pleno, -- Flore albo, -- Speciosum. + + +HALÉSIE à quatre ailes (_Halesia tetraptera_).--Hauteur; 4 à 5 +mètres; fleurs blanches, nombreuses, en mai. + + +HALÉSIE à deux ailes (_H. diptera_).--Cette espèce ne diffère de la +précédente que par ses feuilles, un peu plus larges, et ses graines. + + +HYDRANGEA JAPONICA.--Port de l'Hortensia; en août, fleurs d'un blanc +rosé teinté de bleu; variétés à feuilles panachées de blanc; propre +à former de charmants massifs. + + +* HYDRANGÉE de Virginie (_Hydrangea arborescens_).--Hauteur, 1 mètre +à 1m,33; fleurs blanches, en juillet. + + +INDIGOFERA DOSUA.--Cet arbuste, digne à tous égards de figurer au +premier rang dans les massifs du jardin d'agrément, donne en mai, et +successivement jusqu'aux gelées, de charmantes fleurs, d'un rose +pourpre, disposées en longues grappes, semblables à celles de +l'Acacia blanc. L'espèce nommée _Indigofera decora_ est également +recommandable par l'abondance de sa floraison. + + +ITEA de Virginie (_Itea Virginica_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs blanches, en juin. + + +ITEA à grappes (_I. racemiflora_).--Hauteur, 5 à 6 mètres; fleurs +blanches, en juin. + + +KETMIE des jardins, ALTHÆA FRUTEX (_Hibiscus Syriacus_).--Hauteur, 2 +mètres à 2m,33; en août et septembre, fleurs rouge pourpre, +violettes ou blanches, avec onglets d'un rouge vif, suivant la +variété. + + =Variétés.=--À fleurs doubles, -- à feuilles panachées. + + +LEYCESTÉRIE élégante (_Leycesteria formosa_).--Hauteur, 1m,65 à 2 +mètres; fleurs d'un blanc rosé, tout l'été; couverture pendant les +fortes gelées. + + +LILAS commun (_Syringa vulgaris_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; en avril +et mai, fleurs violettes, rouges, pourpres ou blanches, suivant les +variétés, qui sont nombreuses maintenant, par suite des semis que +l'on fait chaque année. + + +LILAS de Perse (_S. Persica_).--Fleurs rouges, pourpres ou blanches, +plus petites que celles du Lilas commun. + + +LILAS Josika (_S. Josikæa_).--Fleurs de couleur violâtre, plus +tardives que celles des autres espèces. + + +* MAGNOLIA discolore (_Magnolia discolor_).--Hauteur, 1 mètre à 4 +mètres; fleurs pourpres en dehors, blanches en dedans, d'avril en +juin. + + +MAGNOLIA glauque (_M. glauca_).--Hauteur, 5 mètres; fleurs blanches, +à odeur très-suave, de juillet en septembre. + + +MERISIER à grappes (_Cerasus Padus_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +blanches, en mai; fruits noirs. + + +MILLEPERTUIS fétide (_Hypericum hircinum_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs jaunes, tout l'été. + + =Variétés.=--Élevé, -- Prolifique, -- à feuilles oblongues, -- à + feuilles de Kalmia, -- à feuilles de Romarin. + + +MÛRIER multicaule (_Morus multicolis_).--Feuilles grandes et +gaufrées, d'un bel effet; il craint les gelées, mais on peut le +rabattre chaque année et couvrir le pied en hiver. + + +NOISETIER d'Amérique (_Corylus Americana_).--Hauteur, 1 mètre à +1m,65; fleurs en mars et avril; fruits petits et de peu de valeur. + + =Variétés.=--À feuilles pourpres, -- à feuilles laciniées. + + +PALIURE porte-chapeau (_Paliurus aculeatus_).--Hauteur, 2m,65; +rameaux très-épineux; fleurs jaunes, très-petites, en juin et +juillet; fruits d'une forme singulière. + + +PIVOINE en arbre.--Toutes les Pivoines en arbre supportent +très-bien nos hivers avec un léger abri; mais comme elles entrent en +végétation de très-bonne heure, il faut avoir soin de les garantir +contre les gelées du printemps. + + =Variétés.=--Athlète, -- Blanche de Noisette, -- Comte de + Flandres, -- Comte de Rambuteau, -- Impératrice Joséphine, -- + Moutan, -- Mme de Vatry, -- Triomphe de Malines. + + +POINCILLADE de Gillies (_Poinciana Gilliesii_).--Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs en grappes, grandes, jaunes, étamines d'un beau +pourpre violacé; couverture l'hiver. + + +POTENTILLE frutescente (_Potentilla fruticosa_).--Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau jaune, tout l'été. + + +PRUNIER épineux, PRUNELLIER (_Prunus spinosa_).--Hauteur, 2m,65; +rameaux épineux: fleurs blanches, en mars et avril; fruits petits, +très-acerbes. Cet arbrisseau est propre à faire des haies +impénétrables. + + =Variétés.=--À fleurs doubles, -- à fleurs panachées. + + +PTÉLÉA trifolié, ORME à trois feuilles (_Ptelea +trifoliata_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs verdâtres, en juin. + + +ROSIERS.--Ce beau genre est très-nombreux en espèces, et grâce aux +variétés remontantes, on peut jouir maintenant une bonne partie de +l'année de la beauté de ses charmantes fleurs. Les Rosiers aiment +une terre franche, un peu fraîche, amendée de temps à autre avec des +engrais consommés; on les multiplie de graines, de rejetons, de +marcottes, de boutures et de greffes. + +1. _Semis._--Ce mode de multiplication n'est employé que lorsqu'on +désire avoir des variétés nouvelles. On sème les graines aussitôt +après la maturité, soit en terrines, qu'on rentre l'hiver, soit dans +une plate-bande au levant, en ayant soin de couvrir les semis +pendant les gelées. + +2. _Rejetons._--On les enlève en automne, on les met en jauge pour +les replanter en février ou mars; ils sont d'une reprise facile; il +n'est même pas nécessaire qu'ils aient beaucoup de racines; il +suffit souvent d'un bon talon. + +3. _Marcottes._--On marcotte les espèces à bois tendre par incision, +en mai et juin, soit en pleine terre, soit dans des pots à marcotte, +et pour les espèces à rameaux ligneux on les marcotte par cépée. +(_Voyez_ l'article _Marcottes_.) + +4. _Boutures._--Presque tous peuvent être multipliés de boutures, +mais sur couche et étouffées. Les Bengales et les Îles-Bourbon +peuvent seuls se passer de ces soins. + +C'est principalement par la greffe en écusson que l'on multiplie les +espèces qu'on veut élever à tige; on leur donne l'Églantier à fruits +longs pour sujet, puis le Rosier Quatre-Saisons ou le Bengale +ordinaire pour les espèces qui ont quelque affinité avec ces +derniers, et dans le cas où l'on ne veut que des tiges peu élevées. + +On greffe les Rosiers en juillet et août, en ayant soin, comme nous +l'avons indiqué à l'article _Greffes_, de profiter du moment où les +sujets sont le plus en séve. + +Quant au choix des espèces, chacun doit les prendre à son goût, et +la seule recommandation que nous ayons à faire aux personnes qui ont +des rosiers à greffer, c'est de prendre toujours de préférence des +espèces qui puissent supporter sans souffrir les rigueurs de nos +hivers. + +Indépendamment des Rosiers greffés, on cultive un grand nombre de +variétés franches de pied, avec lesquelles on forme de charmants +massifs. Mais comme beaucoup souffrent de nos hivers, il faut, pour +les conserver, les butter à l'approche des froids, puis les couvrir +de feuilles ou de litière, s'il survient de fortes gelées. En +février enfin, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on +découvre ces Rosiers et l'on détruit les buttes. Par ce moyen, l'on +peut sans crainte livrer à la pleine terre toutes les variétés +qu'on cultive ordinairement en pots. + +On peut facilement avancer la floraison des espèces, telles que +Quatre-Saisons, du Roi, Bengale ordinaire et quelques-unes de ses +variétés. Pour cela, il faut avoir des Rosiers plantés en pots de +l'année précédente; on les taille en automne, et dès le mois de +janvier on peut commencer à en forcer une partie, soit en les +plaçant dans une serre chauffée, toujours le plus près possible des +vitraux, ou bien sous châssis; mais alors il faut creuser une bonne +tranchée autour du coffre; puis on élève un réchaud de fumier neuf, +que l'on remanie plus ou moins souvent, suivant l'époque. On couvre +les châssis la nuit, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil. + +Tous les Rosiers cultivés en pleine terre fleurissent en juin; plus +tard ceux d'espèce remontante donnent une seconde floraison; mais il +y a nécessairement interruption entre la première et la seconde +floraison. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit tout +simplement de supprimer les boutons à fleurs d'un certain nombre de +Rosiers remontants. + +Un instant arrêtés dans leur développement, ces Rosiers ne tardent +pas à produire de nouveaux rameaux, dont les fleurs succèdent aux +premières Roses. Vient ensuite la seconde floraison naturelle, de +manière que par ce moyen on a des Roses pendant toute la belle +saison. + +La culture des Rosiers n'offre rien de particulier; il suffit de les +tailler en mars, plus ou moins court, selon leur vigueur, et pendant +leur végétation de pincer l'extrémité des branches qui poussent trop +vigoureusement; puis d'enlever avec soin toutes celles qui partent +du pied ou qui se développent sur la tige. + +Pour garnir la tige des Rosiers greffés un peu haut, on peut planter +au pied des _Pétunias_ blancs et violets, ou bien des _Gladiolus_, +qui produisent également un bel effet. On peut aussi, dans le même +but, semer au printemps un peu de graine de _Pied-d'alouette nain_ +entre ceux qui sont cultivés en massif. + + =Variétés.= ROSIERS THÉS OU INDICA.--Adam, pl. rose clair, -- + Bougère, rose tendre, -- Comte de Paris, rose très-clair, -- + Devoniensis, blanc jaunâtre, -- Duc de Magenta, rose cuivré, -- + Louise de Savoie, jaune soufre, -- Madame Bravy, blanc lég. rosé, + -- Id. Mélanie Willermoz, blanc, centre jaunâtre, -- Narcisse, + jaunâtre, -- Pactole blanc, coeur jaune, -- Safrano, jaune pass. + au bl. jaunâtre, -- Sombreuil, blanc lég. rosé, -- Souvenir d'un + Ami, ou Queen Victoria, beau rose, -- Vicomtesse de Cazes, jaune + cuivré passant au jaune pâle. + + ROSIERS BENGALE.--Archiduc Charles, rose pass. au + cramoisi,--Camélia blanc,--Cels, multiflore, carné,--Cramoisi + supérieur, cramoisi vif,--Madame Bréon, beau rose,--Prince + Charles, cerise vif. + + ROSIERS NOISETTE.--Aimé Vibert, blanc pur,--Chromatella, jaune + pass. au jaune clair,--Desprez, rose et jaunâtre,--Lamarque, + blanc jaunâtre,--Madame Deslonchamps, blanc carné légèrement + jaunâtre,--Ophirie, aurore cuivré,--Solfatare, gr. pl. jaune + soufre bien prononcé,--Triomphe de Rennes, jaune canari. + + ROSIERS ÎLE BOURBON.--Acidalie, moy. ou gr. pl. blanc léger. + carné,--Apolline, rose tendre fortement nuancé,--Comice de + Tarn-et-Garonne, carmin brillant,--Comtesse de Barbantane, blanc + carné,--Docteur Leprestre, rouge velouté vif,--Gloire de Dijon, + blanc carné à centre jaunâtre,--Guillaume le Conquérant, rose + clair,--Hermosa, rose tendre,--Louise Odier, rose vif,--Marquis + de Moyria, rose vif,--Mistriss Bosanquet, carné tendre, tr. + florifère,-- * Monsieur Gourdau, pourpre foncée,--Paxton, rose vif + nuancé feu,--Reine des îles Bourbon, carné jaunâtre,--Souvenir de + la Malmaison, blanc légèrement carné,--Id. de l'Arquebuse, gr. + pl. rouge vif, cerise vif,--Victor-Emmanuel, rouge pourpre + variable. + + ROSIERS HYBRIDES REMONTANTS.--Alexandrine Bachmeteff, rouge + vif,--Alphonse Karr (Cherpin), rose vif,--Anna de Diesbach, beau + rose carm.,--Auguste Mie, rose éclatant,--Baronne Hallez de + Claparède, rouge vif,--Baronne Prévost, beau rose,--Caroline de + Sansal, carné clair, centre rosé,--Cardinal Patrizzi, rouge ébl. + nuancé pourpre,--Comte de Nanteuil, rose vif,--Comtesse Cécile de + Chabrillant, rose vif glacé,--Cornet, rose tendre,--Deuil de la + reine des Belges, rouge foncé,--Duchesse de Cambacérès, rose + vif,--Id. d'Orléans, rose hortensia,--Id. Sutherland, + carné,--Empereur de Maroc, pourpre velouté nuancé,--François + Arago, amarante velouté nuancé,--François Ier, rouge cerise + nuancé de rouge foncé,--François Lacharme, carmin vif passant au + rouge,--Géant des batailles, rouge éclatant,--Général + Jacqueminot, carmin vif,--Id. Washington, rouge vif,--Jules + Margottin, carmin clair pourpre,--Lion des combats, rouge foncé + nuancé de feu,--Lord Raglan, centre feu vif pourpre, violet à la + circonférence,--Louis Bonaparte, rose vif,--Louis XIV, rouge + cramoisi velouté éclatant,--Louise Odier, beau rose vif,--Madame + Boll, beau rose vif,--Id. Charles Crapelet, rose cerise + glacé,--Id. Ducher, rose tend, presq. blanc,--Id. Furtado, rose + carminé,--Id. Hilaire, rose, revers des pet. blanc,--Id. Knorr, + beau rose vif à bords rose clair,--Id. Laffay, rose clair,--Id. + Vidot, blanc carné nuancé de rose vif,--Mère de saint Louis, + blanc passant au rose tr. tendre,--Pæonia, rouge cramoisi,--Pie + IX, cramoisi,--Id. Léon Kotschoubey, rouge vif,--Rose de la + Reine, rose satiné lilacé,--Sénateur Vaïsse, rouge + éclatant,--Souvenir de la reine d'Angleterre, beau rose vif,--Id. + de Leweson, Gower, rouge foncé passant au rouge clair,--Sidonie, + rose,--Triomphe de l'Exposition, rouge vif,--Vicomte Vigier, + rouge violacé,--Victor Verdier, rose nuancé de carmin vif. + + ROSIERS HYBRIDES DE NOISETTE.--Impératrice Eugénie, blanc lég. + rosé passant au blanc pur,--Virginale, blanc pur. + + ROSIER CAPUCINE.--Persian yellow. + + ROSIERS CENT FEUILLES.--Des peintres,--Unique + panachée,--Mousseuse rose,--Mousseuse blanche. + + +SERINGA odorant (_Philadelphus coronarius_).--Hauteur, 2 mètres à +2m,60; fleurs blanches, très-odorantes, en juin; variété à feuilles +panachées. + + =Variétés.=--Inodorus, -- Latifolius, -- Mexicanus, -- + Grandiflorus, -- Speciosus, -- Gordonianus. + + +SPIRÆA.--Les _Spiræa_ sont de charmants arbustes à fleurs blanches +ou à fleurs roses, en ombrelles, en corymbes ou en panicules, que +l'on doit comprendre dans la composition de tous les massifs; ils +demandent une terre légère et fraîche pour prospérer. + + =Variétés.=--Ariæfolia, -- Bella, -- Billardi, -- Callosa, -- + Douglasi, -- Eximia, -- Lanceolata, -- Lindleyana, -- Pruuifolia, + -- Pubescens, -- Reevesi, -- Salicifolia, -- Fortuneii. + + +STAPHYLÉ à feuilles ailées, FAUX PISTACHIER (_Staphylea +pinnata_).--Hauteur 4 à 5 mètres; fleurs blanches, en avril et juin. + + +STAPHYLÉ à feuilles ternées (_S. trifoliata_).--Moins élevé que le +précédent; fleurs plus grandes et d'un blanc plus pur, en mai et +juin. + + +SUMAC fustet (_Rhus cotinus_).--Hauteur, 0m,33 à 2 mètres; fleurs +petites blanchâtres; pédoncules très-longs, formant un panache +très-pittoresque. + + +SUREAU à grappes (_Sambucus racemosa_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; +fleurs blanches, en avril et mai; baies rouges. + + +SUREAU du Canada (_S. canadensis_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; +fleurs blanches, en juillet; baies noires. + + =Variétés.=--Commun, -- à feuilles argentées, -- à feuilles + laciniées, -- à feuilles rondes, -- Hétérophylle. + + +SYMPHORINE à petites fleurs (_Symphoricarpos parviflora_).--Hauteur, +1m,33 à 1m,65; en août, fleurs petites, roses, peu apparentes; +fruits rouges. + + +SYMPHORINE à grappes (_S. racemosa_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,65; +fleurs semblables à la précédente, en août; fruits produisant un +effet charmant. + + +SYMPHORINE du Mexique (_S. Mexicana_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +fleurs roses, tout l'été; fruits blancs, pictés de violet. + + +TROËNE commun (_Ligustrum vulgare_).--Hauteur, 2m,65 à 4 mètres; +fleurs blanches, en juin et juillet; baies noires. Variété à +feuilles panachées. On en forme des bordures et des haies +susceptibles d'être taillées. + + +VIORNE commune (_Viburnum lanterna_).--Hauteur, 2m,65; fleurs +blanches, en juillet; baies rouges, puis noires. + + +VIORNE obier (_V. opulus_).--Même hauteur que la précédente; fleurs +blanches, en mai; baies noires. + + +VIORNE stérile, BOULE DE NEIGE (_V. stérile_).--Variété de la +précédente; hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs blanches, en mai. + + +WEIGELIA ROSEA.--Charmant arbrisseau du nord de la Chine, assez +semblable au Seringa. En mai, fleurs roses, nombreuses et +très-élégantes. Terre légère ordinaire. + + +XANTHORHIZE à feuilles de Persil (_Xanthorhiza +apiifolia_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs d'un violet brun, en +mars et avril. + + +SECTION IX.--Arbrisseaux et Arbustes d'ornement à feuillage +persistant. + +AJONC du Népal (_Ulex Nepalensis_).--Hauteur, 1 mètre; fleurs +jaunes, en avril et mai. + + +ALATERNE (_Rhamnus alaternus_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs +jaunâtres, odorantes, en avril; variété à feuilles étroites. + + =Variétés.=--À feuilles panachées de blanc, -- à feuilles + panachées de jaune. + + +ALISIER luisant (_Cratægus glabra_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33; +fleurs petites, blanches, lavées de rose. + + =Variétés.=--Glauque, -- de la Chine. + + +AUCUBA du Japon (_Aucuba Japonica_).--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; +feuilles d'un vert luisant, marbrées de jaune; fleurs brunes, +petites en avril, nombreuses en mai et juin. Depuis l'introduction +de l'Aucuba à fleur mâle, l'Aucuba à fleur femelle le seul que l'on +possédait autrefois donne de nombreux fruits de couleur écarlate qui +ajoute énormément à la valeur ornementale de ce charmant arbuste, +l'expérience ayant prouvé qu'un seul Aucuba à fleur mâle suffisait +pour féconder tous les Aucuba à fleur femelle d'une plantation; +rien, n'est plus facile, comme on le voit, d'avoir maintenant des +fruits sur tous les Aucuba de nos jardins. + + +BUDDLEIA LINDLEYANA.--Arbuste rustique, propre à l'ornement des +massifs. Tout le printemps, fleurs en épis, disposés par bouquets, +d'un pourpre violacé. + + +BUIS arborescent (_Buxus sempervirens_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; +fleurs blanches, peu apparentes, en avril; variété à feuilles +panachées de blanc ou de jaune. + + +BUIS de Mahon (_B. Balearica_).--Hauteur, 3m,33; fleurs jaunes, en +avril. + + +BUISSON ardent (_Mespilus pyracantha_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; +fleurs blanches, très-nombreuses en mai et juin; fruits écarlates. + + +BUPLÈVRE Oreille de lièvre (_Buplevrum fruticosum_).--Hauteur, 1m,33 +à 1m,65; fleurs petites, jaunes, en juillet et août. + + +CAROUBIER à siliques (_Ceratonia siliqua_).--Arbre d'une taille +moyenne, fleurs pourpre foncé, en août; silique de 0m,33 de +longueur, contenant une pulpe rougeâtre bonne à manger; exposition +du midi. + + +CHÊNE vert (_Quercus ilex_).--Ces chênes sont moins élevés que les +chênes communs, ont les feuilles plus petites, fermes et coriaces, à +dents plus ou moins piquantes; ils sont sensibles aux froids +rigoureux, et il faut les couvrir en hiver pendant leur jeunesse. + + =Variétés.=--De la Caroline, -- de la Caroline à feuilles + panachées, -- Coccifère, -- Hétérophylle, -- Liége, -- Yeuse. + + +FILARIA à larges feuilles (_Phillyrea latifolia_).--Hauteur, 4 +mètres; fleurs d'un blanc verdâtre, peu apparentes, en mars; baies +noires; variété à feuilles étroites. + + +FUSAIN DU JAPON (_Evonymus Japonicus_).--Cet arbuste a produit deux +variétés à feuilles larges bordées l'une de blanc, l'autre de jaune, +avec lesquelles on peut composer de beaux massifs. + + +HOUX commun (_Ilex aquifolium_).--Hauteur, 6 à 8 mètres; fleurs +petites, blanches, en mai et juin; baies rouges, jaunes ou blanches, +suivant la variété. + + =Variétés.=--Altaclarense, -- Balearica, -- Canadensis, -- + Cuninghamii, -- Ferox, -- Flammea, -- Laurifolia, -- Longifolia, + -- Marginata, -- Serratifolia. + + +LAURIER cerise ou amande (_Cerasus laurocerasus_).--Hauteur, 4 à 5 +mètres; fleurs petites, blanches, en mai. + + =Variétés.=--À feuilles étroites, -- à feuilles panachées, -- de + la Colchide. + + +LAURIER franc, à sauce (_Laurus nobilis_).--Hauteur, 5 à 6 mètres; +fleurs jaunâtres, en mai; baies noires; variété à feuilles +panachées; couverture l'hiver. + + +LAURIER de Portugal, Azaréro (_Cerasus Lusitanica_).--Hauteur, 5 +mètres; fleurs petites, blanches en mai; baies noires. + + +LAURIER tin (_Viburnum tinus_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; fleurs +blanches, en mars et avril; couverture l'hiver. + + =Variétés.=--À larges feuilles, -- à feuilles panachées. + + +LIERRE en arbre (_Hedera arborescens_).--Espèce non grimpante, dont +on peut tirer bon parti dans la composition des massifs du jardin +d'agrément. + + +MAGNOLIA à grandes fleurs (_Magnolia grandiflora_).--Grand et bel +arbre, à fleurs blanches, odorantes. Sans être difficile sur le +choix du terrain, le Magnolia craint l'humidité. + +On le plante en avril et mai; autrement il perd ses feuilles et +reprend difficilement. L'espèce cultivée sous le nom de _Magnolia +Oxoniensis_ fleurit plus jeune, mais elle est plus délicate, et, +souvent on la perd sous le climat de Paris. + + +MAHONIE à feuilles de Houx (_Mahonia aquifolium_).--Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs jaunes, en avril et mai. + + =Variétés.=--Fascicularis, -- Intermedia, -- Nervosa, -- + Nepalensis, -- Trifoliata, -- Pallida, -- Darwinii, -- Bealii, -- + Fortunei, -- Japonica. + + +NÉFLIER du Japon (_Mespilus Japonica_).--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; +fleurs blanches, odorantes, en automne et quelquefois en mai; il +faut le garantir du froid pendant les hivers rigoureux. + + +PHLOMIS frutescent (_Phlomis fruticosa_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; +fleur jaune éclatant, de juillet en septembre. + + +SÉNEÇON en arbre (_Coniza halimifolia_).--Hauteur, 2 mètres à 3m,33; +fleurs blanches, en octobre et novembre. + + +TROËNE du Japon (_Ligustrum Japonicum_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; +fleurs blanches, en juin et juillet. + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Du Népal. + + +YUCCA nain (_Yucca gloriosa_).--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; en août +et septembre, fleurs blanches, assez grandes et nombreuses. + + =Variétés.=--Aloefolia, -- Glauca, -- Glaucescens, -- Pendula, -- + Filamentosa, -- Flaccida. + + +SECTION X.--Arbuste de terre de bruyère. + +ANDROMÈDE (_Andromeda_).--Arbuste assez rustique; hauteur, 0m,65 à +1m,65; fleurs blanches ou rouges, de juin en août; terre de bruyère +fraîche, à l'exposition du nord ou du levant. + + =Variétés.=--Axillaris, -- Lucida, -- Hendersonii, -- Poliifolia, + -- Racemosa, -- Cassinefolia, -- Rollisonii, -- Arborea. + + +ARBOUSIER commun (_Arbutus unedo_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +blanches, de septembre en décembre; fruits rouges, charnus, +semblables à la fraise. + + +ARBOUSIER andrachné (_A. andrachne_).--Plus délicat que le +précédent; fleurs blanches, en mars et avril, fruits rouges. + + +AZALÉE (_Azalea à feuilles caduques_).--Arbrisseau très-rustique; +hauteur, 0m,65 à 2 mètres; tout le printemps et l'été, fleurs +charmantes, soit blanches, rouges, roses ou jaunes, suivant les +variétés. On en cultive en pleine terre trois espèces principales, +qui ont produit chacune un grand nombre de variétés. Nous +indiquerons seulement les plus remarquables. Il leur faut, comme aux +Andromèdes, une exposition ombragée. + + +AZALEA NUDIFLORA.--Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches ou rouges en +mai et juin. + + =Variétés.=--Alba, -- Alba plena, -- Bicolor, -- Blanda, -- + Carnea, -- Coccinea, -- Crispa, -- Incana, -- Incarnata, -- + Mirabilis, -- Partita, -- Purpurea, -- Rosea, -- Rubicunda, -- + Rubra, -- Rutilans, -- Versicolor. + + +AZALEA VISCOSA.--Hauteur, 1m,33 à 1m,65; fleurs blanches, odorantes, +en avril et mai. + + =Variétés.=--Dealbata, -- Fissa, -- Glauca, -- Odorata, -- + Rubescens, -- Serotina, -- Variegata, -- Vittata. + + +AZALEA PONTICA.--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mai et +juin. + + =Variétés.=--Albiflora, -- Aurantiaca, -- Calendulacea, -- + Crocea, -- Cuprea, -- Flammea, -- Grandiflora, -- Ignescens, -- + Pallida, -- Speciosa, -- Splendens, -- Sinensis lutea, -- + Tricolor, -- Triumphans. + + +DAPHNE CNEORUM, THYMELÉE des Alpes.--Tiges rampantes; fleurs rose +foncé, d'une odeur agréable, en avril et mai. + + =Variétés.=--À fleurs blanches, -- à feuilles panachées. + + +DAPHNE COLLINA.--Hauteur, 0m,65; fleurs rose tendre, à odeur suave, +d'avril en juin. + + +DAPHNE PONTICA.--Hauteur, 0m,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, odorantes, +en mars et avril. + + +DAPHNÉ dauphin.--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un rose pourpre, de +novembre en avril. + + +ERICA ARBOREA.--Hauteur, 1m,33 à 2 mètres; fleurs petites, blanches, +en février et mars. + + +ERICA MEDITERRANEA.--Hauteur, 1 mètre à 1m,33; fleurs roses, en mars +et avril. + + +ERICA MULTIFLORA.--Hauteur, 0m,65; fleurs d'un pourpre clair, d'août +en octobre. + + +FOTHERGILLE à feuilles d'Aune (_Fothergilla alnifolia_).--Hauteur, +0m,65; fleurs petites, en épis, blanches, d'une odeur agréable, en +avril. + + +GAULTHÉRIE du Canada (_Gaultheria procumbens_).--Hauteur, 0m,20 à +0m,25; fleurs d'un rouge vif, à différentes époques; baies rouges. + + +HORTENSIA à feuilles d'obier (_Hortensia opulifolia_).--Hauteur, 1 +mètre à 1m,33; de juin en novembre; fleurs d'un rouge purpurin, +bleues dans certains terrains; couverture d'hiver. + + +KALMIE (_Kalmia_).--Superbe arbrisseau; hauteur, 0m,50 à 2 mètres; +de mai en juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou carnées, +suivant les variétés; terre de bruyère fraîche, à l'exposition du +nord ou du levant. + + =Variétés.=--Latifolia, -- Augustifolia, -- Glauca, -- Oleifolia. + + +MENZIEZIA à feuilles de Polium (_Menziezia poliifolia_).--Tiges +rampantes, peu élevées, fleurs pourpres, en été; variétés à fleurs +blanches. + + +PRINOS verticillé, APALANCHE vert (_Prinos +verticillatus_).--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs blanches, en +juillet et août; fruits rouges. + + +PRINOS glabre (_P. glaber_).--Hauteur, 0m,65; fleurs blanches, en +août. + + +RHODODENDRUM PONTICUM.--Hauteur, 2 mètres à 2m,65; en mai, fleurs +grandes, d'un pourpre violacé plus ou moins foncé. Il a produit un +grand nombre de variétés: les plus remarquables sont: + + =Variétés.=--Album, -- Bullatum, -- Elegantissimum, -- Guttatum, + -- Heterophyllum, -- Hyacinthæflorum, -- Monstrosum, -- + Nivaticum, -- Nazarethii, -- Roseum superbum, -- Rubrum, -- + Vervaenneanum. + + +RHODODENDRUM MAXIMUM.--Hauteur, 1m,65 à 2 mètres; fleurs rose plus +ou moins vif, en mai et juin; variétés. + + =Variétés.=--Album, -- Roseum. + + +RHODODENDRUM CATAWBIENSE.--Hauteur, 1 mètre; fleurs grandes, d'un +rose tendre, en mai et juin. + + =Variétés.=--Bicolor, -- Purpureum, -- Pardolaton, -- Speciosum. + + +RHODODENDRUM ARBOREUM.--Le _Rhododendrum arboreum_, si remarquable +par la beauté de ses fleurs, a produit plusieurs variétés qui +peuvent être cultivées en pleine terre. Comme tous les arbustes de +terre de bruyère, les _Rhododendrum arboreum_ doivent être placés au +nord de préférence; ils fleurissent quelque temps après ceux qui +sont cultivés en serre, de manière que l'on peut par ce moyen avoir +des fleurs pendant plusieurs mois. + +Les variétés suivantes ont déjà supporté plusieurs hivers en pleine +terre sans souffrir. + + =Variétés.=--Altaclanense, -- Charles Truffaut, -- Curninghami, + -- Elegantissima, -- Lady Warander, -- Louis-Philippe, -- Madame + Berlin, -- Nobilianum, -- Russelianum, -- Smithi elegans, -- + Superbissima, -- Triumphans. + + +SECTION XI.--Arbres d'ornement à feuilles caduques. + +AILANTE glanduleux, VERNIS du Japon (_Ailantus glandulosa_).--Arbre +élevé, d'un beau port et d'une végétation vigoureuse; fleurs +verdâtres, en août. + + +ALIZIER à feuilles larges ou de Fontainebleau (_Cratoegus +latifolia_).--Hauteur, 8m,33; feuilles blanchâtres en dessous; +fleurs blanches, en mai et juin; fruits d'un écarlate safrané. + + =Variétés.=--Blanc, -- de Laponie. + + +ARALIE épineuse (_Aralia spinosa_).--Hauteur, 2m,65 à 3m,33; tige +épineuse; fleurs blanches, odorantes, de mars en septembre. + + +AUNE commun (_Alnus communis_).--Arbre très-élevé, à tige ou en +buisson, d'une végétation vigoureuse dans les terrains humides; +fleurs en chaton, en juillet. + + =Variétés.=--À feuilles laciniées, -- Argenté. + + +BONDUC, CHICOT du Canada (_Gymnocladus Canadensis_).--Arbre d'un +beau port; fleurs blanches, en juin. + + +BOULEAU commun (_Betula alba_).--Arbre rustique très-élevé, à +rameaux flexibles; feuillage très-léger; fleurs en chaton, en +juillet. + + =Variétés.=--À feuilles laciniées, -- Noir, -- à papier, -- + Odorant. + + +BROUSSONETIA, MÛRIER à papier (_Broussonetia papyrifera_).--Hauteur, +5 mètres à 6m,65; feuilles de différentes formes; fleurs en chatons +grisâtres, de mars en septembre. + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles en capuchon. + + +CATALPA (_Bignonia Catalpa_).--Hauteur, 10 mètres; feuilles grandes, +d'un beau vert; fleurs blanches, marquées de points pourpres, en +août. Ce bel arbre mérite d'être placé isolément, afin qu'on puisse +jouir de l'agrément de sa vue. + + +CERISIER à fleurs doubles (_Cerasus flore pleno_).--Variété du +Cerisier commun; fleurs d'un beau blanc, en avril. + + =Variétés.=--De Virginie, -- à feuilles de Pêcher. + + +CHALEF à feuilles étroites, OLIVIER de Bohême (_Elæagnus +angustifolia_).--Hauteur, 5 mètres à 6m,65; rameaux couverts d'un +duvet blanc; feuilles blanchâtres, cotonneuses; fleurs petites, +jaunâtres, très-odorantes, en juin et juillet. + + +CHARME commun (_Carpinus betulus_).--Arbre très-élevé et rustique; +fleurs en chaton, de mars en mai. Planté jeune, il sert à former des +palissades nommées charmilles; en le soumettant à une tonte +régulière, il prend facilement toutes les formes que l'on désire. On +place aussi dans les jardins paysagers les variétés suivantes: + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- à feuilles de Chêne, -- + d'Amérique, -- de Virginie. + + +CHÂTAIGNIER d'Amérique, CHINCAPIN (_Castanea Americana_).--Grand +arbre, à feuilles lancéolées, bordées de dents aiguës; fleurs en +chaton, en juillet et août. + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Hétérophylle. + + +CHÊNE commun (_Quercus pedunculata_).--C'est sans contredit le plus +bel arbre de nos forêts; il est à regretter que ses proportions +gigantesques ne permettent pas toujours de le placer dans les +jardins. + +Parmi les espèces de l'Europe et celles d'Amérique, il en est +plusieurs qui méritent à tous égards d'être employées à l'ornement +des jardins paysagers. Nous citerons les plus remarquables. + + 1. _Chênes d'Europe._--À feuilles panachées,--À feuilles de + fougère,--Pyramidal,--Chevelu,--Chevelu à feuilles panachées. + + 2. _Chênes d'Amérique._--Blanc,--À très-gros + fruits,--Bicolore,--Rouge,--Des montagnes,--Des + marais,--Quercitron,--Cocciné,--À feuilles de Saule. + + +CLAVALIER à feuilles de Frêne (_Xanthoxylum fraxineum_).--Hauteur, 4 +mètres; rameaux épineux, fleurs peu apparentes, en mars et avril; +capsules d'un beau rouge. + + +COIGNASSIER de la Chine (_Cydonia Sinensis_).--Arbre de moyenne +grandeur; feuilles lisses; fleurs roses, odorantes, en avril et mai. + + +CORNOUILLER mâle (_Cornus mas_).--Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +jaunes, petites, en février; baies rouges ou jaunes, suivant la +variété. + + +CORNOUILLER à grandes fleurs (_C. florida_).--Hauteur, 10 mètres; +fleurs jaunes, petites, en mai; baies rouges. + + +CYTISE des Alpes, FAUX ÉBÉNIER (_Cytisus laburnum_).--Hauteur, 5 +mètres, à tige ou en buisson; rameaux longs et pendants; fleurs +jaunes, nombreuses, en mai et juin. + + =Variétés.=--Odorant, -- Pleureur, -- à feuilles de Chêne, -- + d'Adam. + + +ÉPINE blanche, AUBÉPINE (_Mespilus oxyacantha_).--Hauteur, 6 mètres +à 6m,65; rameaux épineux; fleurs blanches, très-odorantes, en mai; +fruits rouges ou jaunes. Élevée en buisson, on en forme des haies +très-solides. + + =Variétés.=--À fleurs blanches doubles, -- à fleurs roses + simples, -- à feuilles panachées, -- Parasol. + + +ÉPINE d'Espagne, AZEROLIER (_M. Azarolus_).--Plus élevée que la +précédente; fleurs blanches, en juin; fruits en pomme, rouges ou +jaunes, ou en poire, selon la variété. + + +ÉPINE ergot de coq (_M. crus galli_).--Hauteur, 6m,65; rameaux +garnis d'épines semblables aux ergots de coq; fleurs blanches, en +mai et juin; fruits d'un beau rouge. + + +ÉRABLE sycomore (_Acer pseudo-platanus_).--Arbre très-élevé; +feuilles palmées; fleurs jaunâtres, en avril et mai. + + +ÉRABLE negundo (_A. negundo_).--Grand arbre à rameaux roides et +cassants; écorce d'un vert lisse; fleurs vertes, petites, en avril. +Variété à feuilles panachées de blanc. + +Rien ne peut donner une idée exacte de l'effet que produit un massif +de Negundo à feuilles panachées de blanc, dans lequel on place +quelques plantes annuelles à feuilles rouges. + + +ÉRABLE jaspé (_A. Pensylvanicum_).--Arbre de moyenne grandeur; +feuilles larges, arrondies; écorce d'un vert glauque strié de lignes +blanches; fleurs verdâtres, en mai. + + +ÉRABLE rouge (_A. rubrum_).--Grand et bel arbre; feuilles dentées, +blanches en dessous; fleurs rouges, en avril et mai; fruits rouges. + +Les Érables japonais _ornatum_, _Friederici Guillelmi_ et +_sanguineum_ sont de charmants arbres à feuilles ornementales dignes +de figurer dans tous les jardins d'agrément. + + +FÉVIER d'Amérique, ACACIA triacanthos (_Gleditschia +triacanthos_).--Hauteur, 10 à 12 mètres; épines nombreuses, souvent +très-longues; fleurs peu apparentes, d'un blanc sale, en mai et +juin; gousse très-longue. + + =Variétés.=--Sans épines, -- Pleureur. + + +FÉVIER de la Chine (_G. Sinensis_, _G. horrida_).--Hauteur, 10 à 12 +mètres; épines nombreuses, en fuseau; fleurs verdâtres, en juin et +juillet. + + +FÉVIER de la mer Caspienne (_G. Caspica_).--Arbre élevé, à épines +très-longues et recourbées. + + +FRÊNE commun (_Fraxinus excelsior_).--Arbre très-élevé, à feuillage +léger; fleurs jaunâtres, en avril et mai. On en cultive plusieurs +variétés, toutes propres à la décoration des jardins paysagers. + + +FRÊNE à fleurs (_F. ornus_).--Hauteur, 10 mètres; feuilles d'un vert +foncé; fleurs blanches, en mai et juin. + + =Variétés.=--Argentea, -- Aurea, -- Pendula, -- Scolopendrifolia, + -- Jaspidoea, -- Americana, -- Juglandifolia, -- Sambucifolia, -- + Latifolia, -- Variegata. + + +GINKGO BILOBA, ARBRE aux Quarante-Écus (_Salisburia +adiantifolia_).--Arbre très-élevé, à port pyramidal, remarquable +pour la forme de ses feuilles; fleurs jaunâtres, en chaton; fruits +semblables à de petites prunes; amandes bonnes à manger. + + +HÊTRE commun (_Fagus sylvatica_).--Grand et bel arbre très-rustique; +fleurs en chaton, en avril et mai; fruit nommé faîne, ayant la +saveur de la noisette, et dont on retire une huile très-estimée. + + =Variétés.=--Pleureur, -- à feuilles pourpres, -- à feuilles + enivrées, -- à feuilles panachées, -- à feuilles de fougère, -- à + feuilles crispées. + + +KOELREUTERIA paniculé, SAVONNIER (_Koelreuteria paniculata_).--Arbre +de moyenne grandeur; port agréable; fleurs d'un beau jaune, de juin +en août. + + +LIQUIDAMBAR copal (_Liquidambar styraciflua_).--Hauteur, 10 à 12 +mètres; feuilles palmées; fleurs verdâtres, odorantes, au printemps. + + +LIQUIDAMBAR imberbe (_L. imberbe_).--Même hauteur que le précédent, +mais plus rustique. + + +MACLURE épineux (_Maclura aurantiana_).--Bel arbre à rameaux +épineux; fleurs verdâtres, en chaton, en juin et juillet; fruits +verts, sphériques, à écorce rude. + + +MAGNOLIA acuminé (_Magnolia acuminata_).--Arbre très élevé, +rustique; feuilles très-grandes; fleurs d'un jaune verdâtre, larges +de 0m,10, en mai et juin. + + +MAGNOLIA à feuilles en coeur (_M. cordata_).--Cette espèce a +beaucoup de rapport avec la précédente. + + +MAGNOLIA auriculé (_M. auriculata_).--Hauteur, 10 mètres; fleurs +grandes, blanches, odorantes, en avril et mai. + + +MAGNOLIA glauque (_M. glauca_).--Hauteur, 5 mètres; très-rustique; +feuilles d'un vert glauque en dessous; fleurs blanches, odorantes, +de juillet en septembre. + + +MAGNOLIA de Thompson (_M. Thompsoniana_).--Tige pyramidale; fleurs +blanches, larges de 0m,15. + + +MAGNOLIA à grandes feuilles (_M. macrophylla_).--Hauteur, 6m,65 à 10 +mètres; feuilles de 0m,65 de long; fleurs blanches, larges de 0m,15. + + +MAGNOLIA Yulan (_M. conspicua_).--Hauteur, 10 à 12 mètres; feuilles +de 0m,20 de long; fleurs blanches, odorantes, en avril. + + +MAGNOLIA parasol (_M. umbella_).--Hauteur, 6m,65 à 10 mètres; +feuilles de 0m,50 de long; fleurs grandes, blanches, en mai et juin. + + +MAGNOLIA de Soulange (_M. Soulangeana_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; +fleurs odorantes, blanches en dedans, pourpres en dessus, en avril. + + +MARRONNIER d'Inde (_Æsculus hippocastanum_).--Bel arbre, très-élevé +et rustique; fleurs blanches, panachées de rouge, en mai. + + +MARRONNIER rubicond (_Æ. rubicunda_).--Moins élevé que le précédent; +feuillage plus vert; fleurs d'un beau rouge, en mai et juin. + + +MARRONNIER Pavier jaune (_Pavia lutea_, _Æsculus flava_).--Arbre +moins élevé que le Marronnier d'Inde; fleurs d'un jaune pâle, en +mai. + + +MARRONNIER rouge (_P. rubra_).--Hauteur, 5 mètres à 6m,65; fleurs +d'un beau rouge foncé, en mai. + + +MARRONNIER de l'Ohio (_P. Ohiotensis_).--Hauteur, 6m,65 à 8m,33; +fleurs blanches, en mai. + + +MARRONNIER à longs épis (_P. macrostachya_).--Fleurs blanches, +odorantes, en juillet et août; fruits petits, bons à manger. + + +MARRONNIER de deux couleurs (_P. dicolor_).--Arbre peu élevé; fleurs +rouges et jaunes, en mai. + + +MICOCOULIER de Provence (_Celtis australis_).--Arbre d'un beau port; +fleurs petites, verdâtres, en mai; fruits noirs. + + =Variétés.=--De Tournefort, -- à feuilles en coeur, -- de + Virginie, -- du Mississipi. + + +MÛRIER blanc (_Morus alba_).--Arbre d'un port agréable, digne de +figurer dans les jardins paysagers; fleurs en chaton, en juin; baies +blanchâtres. + + =Variétés.=--Rouge du Canada, -- Moretti. + + +NÉFLIER parasol (_Mespilus linearis_).--Cet arbrisseau étend ses +branches latéralement, et, greffé en tête sur l'Épine blanche, il +est très-propre à former de belles allées couvertes; fleurs +blanches, en mai et juin. + + +NOISETIER du Levant (_Corylus colurna_),--Arbre très-élevé; port +pyramidal; fleurs en chaton, en mars et avril; fruits petits, +aplatis. + + +NOISETIER de Byzance (_C. Byzantina_).--Semblable au précédent, mais +un peu moins élevé. + + +NOYER noir d'Amérique (_Juglans nigra_).--Arbre très-élevé, d'une +végétation vigoureuse; fleurs en chaton, en avril et mai; fruits +petits, ronds, à coque très-dure. + + =Variétés.=--Cendré, -- Blanc, -- à feuilles de Frêne, -- + Hétérophylle. + + +ORME commun (_Ulmus campestris_).--Arbre très-élevé, remarquable par +sa rusticité; fleurs blanchâtres, en faisceau écailleux, en avril. + + +ORME à feuilles étroites (_U. stricta_).--Variété du précédent; on +en forme des palissades très-rustiques. + + =Variétés.=--À larges feuilles, -- à feuilles panachées, -- + Pleureur, -- Pyramidal. + + +ORME d'Amérique (_U. Americana_).--Arbre plus élevé que l'Orme +commun; rameaux rougeâtres, recourbés vers leur extrémité. + + +PAULOWNIA IMPERIALIS.--Arbre du Japon, introduit en 1834; port du +Catalpa; végétation remarquable; feuilles très-grandes, surtout chez +les jeunes individus; fleurs bleues, en avril. Pour jouir de toute +la beauté de son feuillage, il faudrait le rabattre chaque année, +afin d'avoir de jeunes rameaux, sur lesquels les feuilles sont +toujours beaucoup plus larges. + + +PÊCHER à fleurs doubles (_Amygdalus Persica flore pleno_).--Arbre +admirable pendant sa floraison, qui a lieu en mars et avril; on +l'élève à tige ou en buisson. + + =Variétés.=--Alba plena, -- Rubra plena, -- Versicolor, -- Flore + pleno, -- Camelliæflora, -- Dianthiflora. + + +PEUPLIER (_Populus_).--Tous les Peupliers sont des arbres élevés et +d'une végétation rapide; ils se plaisent dans les terrains humides +et sont propres à la décoration des jardins paysagers; les plus +remarquables sont: + + =Variétés.=--Nivea, -- Angulata, -- Balsamifera, -- Canadensis, + -- Pyramidalis, -- Grandidentata, -- Heterophylla, -- + Ontariensis, -- Tremula, -- Molinifera. + + +PLANERA CRENATA, Orme de Sibérie.--Tout aussi rustique que l'orme +commun, avec lequel il a beaucoup de rapport, le _Planera crenata_ +a, sur ce dernier, l'avantage de ne jamais être attaqué par les +insectes. + + +PLAQUEMINIER LOTUS ou d'Italie (_Diospyros lotus_).--Hauteur, 8m,33 +à 10 mètres; feuilles lancéolées, d'un beau vert; fleurs verdâtres, +peu apparentes, en juin et juillet; fruits jaunâtres, bons à manger. + + +PLAQUEMINIER de Virginie (_D. Virginiana_).--Plus élevé que le +précédent; fruits bons à manger. + + +PLATANE d'Orient (_Platanus orientalis_).--Arbre très-élevé, d'un +beau port; feuilles palmées; fleurs en chaton globuleux, en avril et +mai. + + +PLATANE d'Occident (_P. occidentalis_).--Port du précédent; +seulement il a les feuilles plus larges. + + =Variétés.=--À feuilles d'Érable, -- à feuilles laciniées, -- + Ondulé, -- Étoilé. + + +POIRIER à fleurs doubles (_Pyrus communis flore pleno_).--Variété du +poirier commun; hauteur, 4 mètres; fleurs blanches doubles, en +avril. + + +POIRIER cotonneux (_P. Polveria_).--Hauteur, 5 mètres; feuille et +rameaux couverts d'un duvet blanc; fleurs blanches, en mai. + + +POMMIER à fleurs doubles (_Malus communis flore pleno_).--Variété du +Pommier commun; hauteur, 4 mètres, fleurs blanc rosé, en mai. + + +POMMIER baccifère ou de Sibérie (_M. Baccata_).--Hauteur, 2m,65; +fleurs grandes, d'un blanc rosé, en avril; fruits rouges, en forme +de baie. + + +POMMIER de la Chine ou à bouquets (_M. spectabilis_).--Hauteur, 4 +mètres, fleurs d'un beau carmin avant leur épanouissement, puis +blanc lavé de rose, en mai; fruits très-petits. + + +POMMIER toujours vert (_Malus sempervirens_).--Feuilles presque +persistantes; fleurs d'un beau rose avant leur épanouissement, puis +presque blanches, en mai. + + +POMMIER odorant (_M. coronaria_).--Fleurs grandes, d'un beau blanc, +odorantes, en mai. + + +PRUNIER à fleurs doubles (_Prunus flore pleno_).--Variété du Prunier +commun, cultivée pour la beauté de ses fleurs. + + =Variétés.=--Sinensis alba plena, -- Sinensis rosea plena, -- + Trilobata, -- Blanc. + + +PRUNIER mirobolan (_P. mirobolana_).--On en cultive deux variétés, +l'une à fruits rouges, l'autre à fruits jaunes. + + +ROBINIER blanc, Acacia blanc (_Robinia pseudo-acacia_).--Arbre +élevé, à feuillage élégant; rameaux épineux; fleurs blanches, +très-odorantes, en mai et juin. + + =Variétés.=--Pyramidalis, -- Pendula, -- Flore luteo, -- Amoena, + -- Decaisneana, -- Les variétés sans épines, cultivées sous le + nom de Spectabilis, Inermis, Crispa, sortent également du + Robinier blanc. + + +ROBINIER visqueux (_R. viscosa_).--Port de l'Acacia blanc; arbre +épineux dans sa jeunesse; rameaux visqueux; fleurs rose pâle, en +juin et juillet. + + +ROBINIER rose (_R. hispida_).--Hauteur, 4 mètres; rameaux +très-cassants, couverts de poils rougeâtres; fleurs d'un beau rose, +de juin en août. En le greffant rez terre, il forme un charmant +arbrisseau. + + +SAULE pleureur (_Salix Babylonica_).--Arbre d'un aspect +très-pittoresque; rameaux longs et flexibles, pendants jusqu'à +terre; feuilles lancéolées; fleurs en chaton, en avril et mai. + + =Variétés.=--À feuilles de laurier, -- à feuilles de Romarin, -- + Argenté, -- En anneau. + +Tous les saules peuvent être placés avantageusement dans les jardins +paysagers: ils se plaisent particulièrement dans les terrains +humides. + + +SOPHORA du Japon (_Sophora Japonica_).--Grand et bel arbre; feuilles +d'un vert foncé; rameaux un peu pendants; fleurs blanchâtres, en +juillet. Variété à rameaux pendants. + + +SORBIER des oiseleurs (_Sorbus aucuparia_).--Hauteur, 5 à 6 mètres; +rameaux longs et souvent pendants; fleurs blanches, en mai; fruits +d'un beau rouge. + + +SORBIER domestique (_S. domestica_).--Beaucoup plus élevé que le +précédent; fleurs blanches en mai; fruits pyriformes, rougeâtres. + + =Variétés.=--Hybride, -- d'Amérique, -- à feuilles de Sureau. + + +TILLEUL d'Europe (_Tilia Europæa_).--Arbre élevé et rustique; port +pyramidal. Cet arbre se couvre de feuilles dès les premiers jours du +printemps, mais il les perd beaucoup plus tôt que tous les autres. +On l'emploie pour former les avenues. Il est facile à diriger et +peut être soumis à une tonte régulière. Fleurs blanchâtres, +odorantes, de mars en juin. + + =Variétés.=--Corail, -- Pleureur, -- à feuilles laciniées, -- à + feuilles panachées. + + +TILLEUL argenté (_T. argentea_).--Port du Tilleul d'Europe, +seulement un peu moins élevé; feuilles d'un vert foncé en dessus, +planches et cotonneuses en dessous. + + +TILLEUL d'Amérique (_T. Americana_).--Arbre très élevé; feuilles +très-grandes et dentées. + + +TULIPIER de Virginie (_Liriodendron tulipifera_).--Arbre d'un beau +port, remarquable par la forme de ses feuilles et par ses fleurs, +d'un jaune verdâtre mêlé de rouge, semblables à une Tulipe pour la +forme et la grandeur; fleurs en juin et en juillet. La plantation +des Tulipiers ne doit avoir lieu qu'au printemps, et il faut éviter, +autant que possible, de couper aucune branche, car les amputations +leur sont très-nuisibles, surtout pendant leur jeunesse. + + =Variétés.=--À feuilles entières, -- à fleurs jaunes. + + +VIRGILIER à bois jaune (_Virgilia lutea_).--Hauteur, 10 mètres +environ; fleurs blanches très-belles, en juin. + + +SECTION XII.--Arbres résineux. + +Les arbres résineux, vulgairement nommés arbres verts, doivent être +plantés jeunes et de préférence en avril et en mai, époque où ils +commencent à végéter. Si l'on se trouvait forcé de planter en +automne, il faudrait le faire dès la fin de septembre; autrement on +risque de perdre un grand nombre de sujets. + +Les Ifs, les Thuias et le Sequoia sempervirens peuvent être taillés; +quant aux autres, on doit éviter de les couper; et si jamais il +devenait nécessaire de supprimer quelques branches, il faudrait les +couper à quelques centimètres de la tige, afin d'éviter une perte +de séve, toujours préjudiciable. + +On multiplie les arbres verts de graines, semées en avril, ou par la +greffe herbacée, en leur donnant pour sujets les variétés les plus +ordinaires. + + +ARAUCARIA IMBRICATA.--Arbre d'une forme pyramidale, très-gracieux; +rameaux couverts de feuilles lancéolées, piquantes au sommet. + + +CÈDRE du Liban (_Cedrus Libani_).--Arbre très-élevé, pyramidal; +rameaux horizontaux; cônes ovales oblongs, sans aspérités. On doit +toujours le planter isolément, afin de jouir de son effet +majestueux. + + +CÈDRE DEODORA (_Cedrus deodora_).--Cet arbre, si remarquable par ses +rameaux pendants et le beau vert glauque de ses feuilles, est d'une +croissance rapide et susceptible d'atteindre une grande élévation. + + +CRYPTOMERIA JAPONICA.--Cet arbre diffère essentiellement des autres +arbres verts, par ses feuilles et la disposition de ses rameaux. +Pour jouir de toute la beauté des Cryptomeria, il faut les planter +isolément. + + +CYPRÈS (_Cupressus_).--Ces arbres, d'un vert peu sombre, conviennent +tous au jardin d'agrément; on les plante en lignes ou isolément, +suivant la forme qu'ils affectent. Seul, le Cupressus disticha exige +un terrain frais pour prospérer. + + =Variétés.=--Sempervirens (pyramidal), -- Funebris, -- + Lawsoniana, -- Lambertiana, -- Disticha (chauve). + + +GENÉVRIER commun (_Juniperus communis_).--Arbrisseau de 4 à 5 mètres +de hauteur; rameaux diffus, feuilles piquantes; baies sphériques, +d'un bleu noirâtre. + + =Variétés.=--De Virginie, -- d'Orient. + + +IF commun. (_Taxus baccata_).--Arbre rustique, très-rameux; baies +rouges. On peut lui faire prendre différentes formes, en le tondant +annuellement. + + =Variétés.=--À feuilles panachées, -- Pyramidal. + + +MÉLÈZE d'Europe (_Larix Europæa_).--Arbre très-élevé, d'une forme +pyramidale; branches horizontales; feuilles caduques; cônes +très-petits. + + =Variétés.=--À rameaux pendants, -- Noir d'Amérique. + + +PINS (_Pinus_).--Arbres très-élevés, rustiques, toujours verts, +précieux pour l'ornement des jardins paysagers; on les place +isolément ou par groupes, et leur nuance sombre contraste +agréablement avec le feuillage des autres arbres. + + =Variétés.=--Sylvestris (d'Écosse), -- Laricio (de Corse), -- + Austriaca, -- Benthamiana, -- Lambertiana, -- Pinaster, -- + Ponderosa, -- Pyrenaica, -- Strobus, -- Sabiniana. + + +SAPINS (_Abies_).--Les Sapins sont généralement des arbres de haute +taille; ils diffèrent des Pins par leur forme pyramidale. Tous +peuvent être cultivés dans les grands jardins. + + =Variétés.=--Alba (Sapinette blanche), -- Excelsa (Épicéa), -- + Canadensis (Hemlock), -- Cephalonica, -- Cilicica, -- Balsamea + (Baumier), -- Douglasii, -- Morinda, -- Nobilis, -- Nordmanniana, + Pectinata (S. argenté), -- Pinsapo. + + +SEQUOIA SEMPERVIRENS (_Taxodium sempervirens_).--Grand et bel arbre +de la Californie, d'une croissance rapide et d'une grande rusticité. +On peut laisser le Sequoia s'élever naturellement, ou bien le +tailler comme les Ifs, qualités essentielles, qui doivent le faire +rechercher avec empressement. + + +SEQUOIA GIGANTEA (_Wellingtonia gigantea_).--Également originaire +de la Californie, cet arbre est susceptible d'acquérir des +proportions gigantesques. + +Pour produire tout son effet, il doit être cultivé isolément. + + +THUIA du Canada (_Thuia occidentalis_).--Hauteur, 8m,33; cime +pyramidale; branches verticales; feuilles plates, imbriquées, d'un +beau vert. + + +THUIA de la Chine (_T. orientalis_).--Plus élevé que le précédent; +branches flexibles, feuillage vert roussâtre. + + =Variétés.=--Aurea, -- Pendula, -- Gigantea, -- Lobbii. + + + + +CHAPITRE XVI + +Destruction des animaux nuisibles. + + +Le potager, le verger et le jardin d'agrément sont, trop fréquemment +pour l'horticulteur, exposés aux ravages des oiseaux, des petits +mammifères et des insectes, qui, à toutes les époques de leur vie, +depuis leur sortie de l'oeuf jusqu'à leur métamorphose, vivent aux +dépens des végétaux que nous élevons pour notre utilité ou pour +notre agrément. Des piéges, des boulettes empoisonnées servent à la +destruction des petits rongeurs tels que souris, rats, loirs, +lérots, etc. Des piéges, des épouvantails et quelques coups de fusil +éloignent les oiseaux; mais le cultivateur doit savoir distinguer +ses amis et ses ennemis, et excepter de cette proscription les +fauvettes et autres becs fins, les hirondelles et les oiseaux +insectivores, qui à toutes les époques de l'année vivent d'insectes, +et l'hiver de graines ou de quelques petites baies restées sur les +buissons. À l'époque de l'éducation des petits, les moineaux et les +autres granivores détruisent une quantité prodigieuse d'insectes, et +on doit les ménager pendant cette saison; c'est vers juillet qu'il +faut commencer à leur faire une chasse impitoyable. + +Quant aux insectes, qui sont si nombreux, et qui par leur +multiplicité et leur petitesse échappent à nos moyens de +destruction, le nombre en est bien diminué, il est vrai, par la +chasse active que leur font les oiseaux; mais leur multiplication +est si rapide, qu'ils bravent ces mauvaises chances et semblent n'en +devenir que plus incommodes. Il a été proposé un grand nombre de +moyens pour les faire disparaître, mais peu d'entre eux réussissent; +et de tous ceux qu'on a employés, la recherche attentive et +persévérante est sans contredit le plus long, mais le plus certain. +On élève dans les jardins des hérissons, des tortues de terre, de +petits oiseaux de nuit, la chevêche, entre autres, qui dévorent une +grande quantité d'insectes, et de tous ce sont les derniers qui en +détruisent le plus; leur utilité est d'autant plus grande qu'ils ne +chassent que la nuit, et c'est surtout à cette époque de la journée +que beaucoup d'insectes exercent leurs ravages. Nous conseillons +donc aux horticulteurs d'avoir dans leur jardin un de ces animaux, +qui ne coûtent rien et rendent de grands services. Il faut aussi se +garder de détruire les chauves-souris, qui ne se nourrissent que de +papillons crépusculaires et de phalènes. + +Il est bien aussi quelques insectes qui, tels que les coccinelles ou +bêtes à bon Dieu, les syrphes, les calosomes, les ichneumons et les +sphex, détruisent un grand nombre d'insectes et de chenilles: ainsi +les coccinelles, les syrphes mangent les pucerons, et on peut les +laisser se multiplier sans crainte; mais il arrive souvent que +certains insectes carnassiers deviennent nuisibles à leur tour quand +ils n'ont plus rien à manger. Les ichneumons, les sphex et les +syrphes doivent en être exceptés: ils sont toujours utiles et ne +nuisent jamais. On peut encore compter les épéires (araignées de +jardin) parmi les animaux qui rendent de grands services. + + +ABEILLES, GUÊPES.--Les fruits mûrs sont souvent attaqués par ces +insectes, qui causent des dégâts considérables dans les espaliers. +On les détruit en suspendant aux branches de petites fioles remplies +d'eau miellée, dans lesquelles ils viennent se noyer; on recherche +les nids de guêpes, et l'on asphyxie leurs habitants par la fumée de +soufre ou par l'eau bouillante. + + +ACARUS, vulgairement appelé la _grise_.--Au nombre des causes de +destruction des arbres de nos vergers, il faut compter, comme une +des plus dangereuses, les piqûres de l'acarus, qui attaque les +pêchers et les fait périr. Il s'attache sous les feuilles, en suce +le parenchyme, et, malgré sa petitesse, il est si multiplié, qu'il +tue l'arbre le plus vigoureux. Le soufre en poudre, appliqué après +un bassinage, est le remède le plus efficace que l'on puisse +employer pour détruire la grise du pêcher. Les Melons, les +Concombres, les Fèves et les Choux attaqués par cette arachnide +peuvent être également traités par le même moyen. + + +ARAIGNÉES.--Si la grosse araignée est inoffensive, il n'en est pas +de même des petites, qui courent rapidement sur le sol: elles +attaquent les jeunes semis, particulièrement ceux des carottes, en +piquent la tige, en sucent la séve et les font périr. On les éloigne +en répandant de la suie en poudre sur la terre, et, quand le temps +le permet, on fait des bassinages. + + +COURTILIÈRES.--Ces insectes, qui sont fort gros, et par ce moyen +faciles à découvrir, font de grands ravages dans les plantes +potagères, et plus particulièrement dans les couches. Les divers +moyens de destruction indiqués sont d'arroser la terre avec une eau +chargée de savon noir ou d'huile, de planter en terre des pots à +demi pleins d'eau dans la direction des galeries des courtilières, +afin de les y noyer. Les jardiniers les écrasent simplement à mesure +qu'ils les trouvent en retournant les couches, et leur livrent de +petits tas de fumier dans lesquels elles viennent se nicher. + + +CHENILLES et LARVES.--Dans les vergers, l'échenillage attentif est +un des moyens les plus infaillibles, car il détruit à la fois les +oeufs et les générations suivantes; et si quelques nids échappent, +il faut, comme le conseille M. Samuel Curtis, habile amateur +anglais, saupoudrer les arbres avec de la chaux vive au moment où +les feuilles commencent à se développer, et avant l'épanouissement +des fleurs. + +M. le docteur Bailly dit aussi qu'on peut facilement détruire les +chenilles, lorsqu'elles sont rassemblées, en les aspergeant, à +l'aide d'un balai, avec de l'eau mêlée de savon noir: il paraît +qu'aussitôt touchées elles sont instantanément frappées de mort; il +dit même que l'acide prussique n'agit pas avec plus de promptitude. + +Les larves des insectes du genre _Tenthrède_ font le désespoir des +amateurs de Rosiers: elles attaquent, de concert avec les autres +ennemis de cet arbuste, les jeunes rameaux, et font avorter la +fleur. C'est au printemps, dans le mois d'avril, qu'il faut +s'attacher à les détruire. L'époque de la journée la plus favorable +est le matin, avant qu'elles aient commencé à se disperser; il faut +les chercher dans l'extrémité des rameaux, qui sont gonflés par leur +présence, et les écraser par la pression, ou bien même fendre la +branche avec la pointe d'un canif et en extraire la larve. Quand le +mal est trop avancé, il faut couper les rameaux malades. + +Les larves de l'_Hylotoma rosæ_ rongent les feuilles des Rosiers, il +est facile de les détruire en les écrasant. + +Quant aux chenilles qui dévorent les plantes potagères et se +tiennent cachées sous les feuilles des plantes ou dans la terre, il +faut, après les autres moyens naturels de destruction, essayer pour +les tuer les décoctions de suie et de brou de noix, mais compter +plus encore sur la recherche qu'on en fait. Les horticulteurs +attentifs devront détruire sans pitié tous les papillons, qui sont +les propagateurs des ennemis de leurs récoltes. + + +FOURMIS.--L'incommodité de ces petits insectes est bien connue: ils +nuisent aux racines en soulevant la terre dans laquelle ils +pratiquent leur demeure; ils attaquent les feuilles et les fruits et +ils échappent à beaucoup de moyens de destruction par leur petitesse +et leur agilité. Pour les empêcher de monter aux arbres, il faut +entourer le pied avec un cordon de laine bien cardée; on les éloigne +des pots et des caisses en les entourant d'eau, soit par un support, +soit par de petits vases que l'on entretient constamment pleins. Des +bouteilles d'eau miellée suspendues aux arbres attirent les fourmis, +et elles y trouvent la mort en nombre considérable. Enfin on peut +les détruire, comme les courtilières, avec de l'eau mêlée de savon +noir ou d'huile. + + +KERMÈS, COCHENILLES, GALLINSECTES.--Les kermès font un tort +considérable au pêcher et en général aux arbres à fruits. Au +printemps, ils adhèrent si fortement aux branches, qu'il faut le +secours d'une brosse rude pour les en détacher. C'est au mois +d'avril qu'on doit en faire la recherche, avant la ponte, et avant +qu'ils aient quitté les branches où ils ont passé l'hiver, pour se +disperser sur les feuilles des arbres. Il y a plusieurs espèces de +kermès toutes généralement appliquées aux branches comme de petites +verrues. + + +LIMAÇONS (_Hélices jardinières_).--Pour s'en débarrasser, on n'a +rien de mieux à faire que de les ramasser à mesure qu'on les +rencontre, surtout le matin ou après la pluie; on doit aussi chaque +fois qu'on rencontre des oeufs les détruire avec soin. + + +LIMACES (ou _Buhottes_).--Elles font beaucoup de tort aux végétaux, +qu'elles dévorent avec une incroyable voracité. Le meilleur moyen de +les détruire est sans contredit l'emploi de la chaux hydratée +réduite en poudre. Pour la répandre, on se place sous le vent et on +la jette à la main, en rasant le sol aussi vivement et aussi +régulièrement que possible, afin de la répandre bien également. + + +LOMBRICS, VERS DE TERRE.--Les lombrics ne font d'autre tort aux +plantes que de soulever la terre pour creuser leur galerie, et ce +n'est que dans les planches où ont été faits de jeunes semis qu'on +doit les détruire. On les fait sortir en battant la terre ou en y +enfonçant un bâton que l'on agite en tous sens: ils sortent alors de +terre; on les met dans un pot et on les noie, on les écrase, ou +mieux encore on les donne à la volaille. + + +PERCE-OREILLES ou FORFICULES.--Comme tous les insectes qui sortent +particulièrement la nuit, les perce-oreilles s'attaquent aux +feuilles des végétaux, aux fleurs et aux fruits, qu'ils percent afin +de s'y loger. Les Oeillets, les Dahlias, les Roses trémières sont la +proie de leur voracité. Pour les détruire, le moyen le plus simple +consiste à placer sur des bâtons de petits pots à fleurs renversés, +au fond desquels on met un peu de mousse; on visite les piéges tous +les matins, et, pour détruire les perce-oreilles qui s'y sont +réfugiés, on les plonge dans un baquet plein d'eau. + + +PUCERONS.--Les pucerons, dont on connaît un grand nombre d'espèces, +s'attaquent à toutes les plantes en général. Qu'ils soient gris +comme les pucerons lanigères, verts comme ceux des Rosiers, etc., +ils causent les mêmes ravages et font périr les végétaux par les +succions répétées qu'ils exercent sur leurs feuilles; les fourmis, +qu'ils attirent, viennent ajouter aux dégâts qu'ils commettent. On +les détruit en nettoyant une à une les branches ou les feuilles qui +en sont chargées, en enlevant celles qui ont été trop profondément +altérées, ou en les enfumant avec du tabac un peu humide, au moyen +de l'appareil nommé _fumigateur_, ou bien en lavant les plantes avec +une légère eau de savon noir; la poudre de pyrèthre, recommandée +pour la destruction des pucerons, peut être avantageusement +remplacée par le tabac en poudre. + + +TAUPES.--On fait encore une chasse active à ce petit quadrupède +insectivore, quoiqu'il ne nuise guère que par ses galeries, car il +ne vit que d'insectes et de vers; mais il remue tout le sol, le +bouleverse et coupe les racines qui se trouvent dans la direction de +ses couloirs. La taupe travaille trois fois le jour: le matin, à +midi, et le soir au coucher du soleil; il faut profiter de ce moment +pour l'enlever d'un coup de bêche, pendant qu'elle rétablit sa +galerie qu'on a d'abord enfoncée avec le pied. On place encore dans +la galerie, qu'on débouche, un piège amorcé avec des noix bouillies +dans de la lessive, et dont la taupe est très-friande. On met aussi +dans l'eau des vers de terre coupés en morceaux et saupoudrés de +noix vomique. + + +TIQUETS (ALTISE BLEUE).--Ces petits insectes, d'une agilité extrême, +et qui échappent par un bond à la main qui veut les saisir, font des +ravages considérables dans les semis de Choux, Radis, Navets, etc. +On n'a guère de moyens de les détruire; mais on les éloigne en +arrosant les végétaux avec une décoction de tabac ou de plantes +âcres. + + +VERS BLANCS (LARVE DES HANNETONS).--Ces insectes, nuisibles aux +arbres à fruits, à la Vigne, aux arbustes d'agrément et aux plantes +potagères, sont difficiles à détruire, non pas à cause de leur +agilité, puisqu'à l'époque de leur vie de larve ils rampent avec +lenteur sous le sol, mais parce qu'ils exercent leurs ravages cachés +dans le sein de la terre et qu'on ne s'aperçoit de leur présence que +quand le mal est irréparable. Dès qu'on voit se flétrir les feuilles +d'une plante, il faut fouiller au pied, et l'on est sûr d'y trouver +un ou deux vers blancs. Lorsqu'on veut soustraire à leur voracité +des plantes auxquelles on attache du prix, comme les arbres à fruits +ou les jeunes plantations, il faut planter près d'eux des Fraisiers, +des Laitues, etc., dont les vers blancs sont très-friands. Une autre +précaution à prendre est de poursuivre les hannetons avec le plus +grand soin et de les détruire aussitôt qu'ils paraissent. Il faut +faire cette chasse le matin: les hannetons, engourdis par la +fraîcheur de la nuit, sont alors faiblement attachés aux branches et +tombent facilement à terre. + +M. Duval, qui paraît, avoir étudié avec soin les moeurs du hanneton, +prétend que de simples binages suffisent, pour détruire les larves +de cet insecte. Seulement les binages doivent être pratiqués à +propos. Selon lui, c'est après la ponte que l'on doit biner les +terrains ordinairement ravagés par le ver blanc, afin de ramener à +la surface du sol les oeufs qui se trouvent dans la terre. À cette +époque, l'action de la lumière suffit, d'après ce qu'il a observé, +pour détruire tous les oeufs que l'on peut atteindre. + + + + +CHAPITRE XVII + +Vocabulaire des principaux termes de jardinage. + + + +ACCOT. Fumier qu'on élève autour de couches pour empêcher le froid +d'y pénétrer. + +ADOS. Terrain en pente tournée du côté du soleil. Les ados servent à +faire des semis et repiquer le jeune plant. + +AMENDER. Améliorer une terre par les engrais. + +ANNUEL. On donne ce nom aux plantes qui dans l'année germent, +fleurissent, portent graines et meurent. + +AOUTÉ. Se dit des jeunes branches qui ont atteint la consistance +nécessaire pour résister à l'hiver. + +ARROSER. Synonyme de mouiller. + +BASSINER. Arroser légèrement avec la pomme de l'arrosoir, de manière +que l'eau tombe en forme de pluie. + +BIFURQUÉ. Qui se divise en deux branches. + +BINER. C'est diviser la superficie du sol avec la binette, afin +qu'elle ne se durcisse pas. + +BISANNUEL. Les plantes qui durent deux ans. + +BOURGEONS. Feuilles et tiges qui commencent à se développer. + +BOUTONS. Yeux placés dans l'aisselle des feuilles et au bout des +rameaux. + +BOUTONS ADVENTIFS. Ceux qui naissent ailleurs que dans l'aisselle +des feuilles et au bout des rameaux. + +BRINDILLE. Branche à fruits mince et courte. + +BULBE. Oignon de plante. + +BUTTER. Relever la terre autour du pied des plantes pour les +préserver de la gelée, les faire blanchir ou favoriser le +développement des tubercules. + +CADUQUES (feuilles). Qui tombent chaque année. + +CAÏEU. Bourgeon qui se forme sur le côté des gros oignons. + +CHARGER UNE COUCHE. C'est placer dessus la terre ou le terreau +nécessaire au besoin des plantes qu'on veut cultiver. + +COLLET. Espèce de noeud placé entre la racine et la tige. + +CONTRE-ESPALIER. Arbres plantés parallèlement à l'espalier et dont +les branches s'attachent sur un treillage peu élevé. + +CONTRE-PLANTER. Cette opération consiste à planter entre les rangs +d'une planche garnie de plants à moitié ou aux trois quarts venus, +des plants qui leur succéderont. + +CÔTIÈRE. Planche plus ou moins large, abritée par un mur ou un +brise-vent, où l'on cultive des légumes qui viennent plus tôt qu'en +plein jardin. + +COTYLÉDON. Lobes séminaux ou feuilles séminales. + +COURSON. Branches taillées court. + +DRAGEONS. Jeunes pousses qui partent des racines. + +ÉCLAIRCIR. C'est arracher du plant lorsqu'on l'a semé trop dru, de +manière que celui qui reste profite davantage. + +ÉCLATER. Séparer les racines d'une plante qui pousse plusieurs +tiges. + +ESPALIER. Arbre dont les branches sont étendues contre un mur. + +ÉTÊTER. Couper avec les ongles la tige principale d'une plante, de +manière à faciliter le développement des branches inférieures. + +FORCER. C'est obliger une plante ou un arbre à produire plus tôt +qu'il ne le ferait naturellement. + +FRAPPÉ. Se dit d'un melon qui, arrivé à sa grosseur, commence à +changer de couleur et de teinte. + +GERME. Partie de la semence dont se forme la plante. + +GOBTER. Couvrir les meules à champignons avec de la terre légère. + +HALE. Vent sec et desséchant. + +HERBACÉES. Se dit des tiges vertes, molles, succulentes. + +HERSER. Cette opération consiste à briser les mottes de terre avec +la fourche, après le labour. + +JAUGE. On nomme jauge le fossé provenant de la terre qu'on doit +enlever avant de commencer à labourer. + +LARDER. Introduire le blanc dans les meules à champignons. + +LIGNEUX. Qui tient de la nature du bois. + +MEUBLE. Se dit d'une terre bien divisée par les labours. + +MOUILLER. Synonyme d'arroser. + +NOUER. Se dit des fleurs qui passent à l'état de fruit. + +OEIL. Petite pointe qui paraît dans l'aisselle des feuilles et au +bout des rameaux. Cette petite pointe, au printemps suivant, devient +un bouton à bois ou à fruit. + +OEILLETONS. Rejetons que produisent certaines plantes, et qui +servent à la propagation de l'espèce. + +OMBRER. Étendre une toile ou du paillis sur les châssis, pour +atténuer l'intensité des rayons solaires. + +PAILLER. Étendre du fumier court sur le sol, afin d'empêcher +l'évaporation rapide de l'eau des arrosements. + +PALISSER. Cette opération consiste à fixer seulement les branches et +les bourgeons des arbres cultivés en espalier. + +PERSISTANTS, PERSISTANTES. On appelle persistantes les feuilles qui +restent plusieurs années sur l'arbre. + +PINCER. Couper avec les ongles l'extrémité des jeunes rameaux, pour +favoriser le développement des branches inférieures. + +RAMEAU. Petite branche qui est une division des plus grandes. + +RATISSER. Couper l'herbe entre deux terres avec la ratissoire, dans +les allées et dans les plantations. + +RÉCHAUD. Fumier neuf qu'on élève autour des couches pour réchauffer +ou entretenir la chaleur. + +REMONTANTS. Les rosiers et autres végétaux qui fleurissent deux fois +dans la même année. + +REPIQUER. Le repiquage consiste à planter au plantoir le jeune plant +provenant de semis. + +RUSTIQUE. Plant de culture facile, qui résiste aux intempéries de +l'hiver. + +SARCLER. Arracher les mauvaises herbes qui naissent dans les +planches en culture. + +SENTIER. Chemin étroit qu'on laisse entre chaque planche. + +TERREAUTER. C'est étendre une couche de terreau sur un semis. + +TRACER. Faire des lignes dans le sens de la longueur des planches, +pour semer ou planter. + +TUBERCULES. Parties charnues et arrondies d'où partent ordinairement +de petites racines fibreuses. + +TURION. Oeil ou bouton naissant immédiatement sur les racines. + +VIVACE. On nomme plantes vivaces tous les végétaux qui subsistent au +delà de trois ans, qu'ils perdent ou non chaque année leurs feuilles +ou leurs tiges. + +[Illustration: Plan de culture.] + + + + +TABLE DES MATIÈRES. + + +CHAPITRE PREMIER + + Disposition générale d'un jardin potager 1 + + + CHAPITRE II + + Calendrier 5 + + -- Août 6 + + -- Septembre 8 + + -- Octobre 11 + + -- Novembre 14 + + -- Décembre 17 + + -- Janvier 19 + + -- Février 22 + + -- Mars 25 + + -- Avril 29 + + -- Mai 31 + + -- Juin 34 + + -- Juillet 37 + + +CHAPITRE III + + Instruments de jardinage 39 + + § 1. Outils propres aux labours et plantations 39 + + 2. Outils propres au transport 41 + + 3. Instruments servant aux arrosements 42 + + 4. Instruments propres à la taille et à l'élagage des + arbres 43 + + +CHAPITRE IV + + Défoncements et labours 44 + + +CHAPITRE V + + Fumiers et engrais 47 + + +CHAPITRE VI + + Des arrosements 49 + + +CHAPITRE VII + + Des couches 51 + + +CHAPITRE VIII + + Multiplication des plantes 56 + + § 1. Semis 56 + + I. Semis sur couche 57 + + II. Semis en pleine terre 57 + + 1. Semis à la volée 57 + + 2. Semis en lignes ou en rayons 58 + + 3. Semis en pochets 58 + + § 2. Repiquage 59 + + 3. Oignons 59 + + 4. Caïeux 60 + + 5. Bulbiles 60 + + 6. Tubercules 60 + + 7. Griffes ou pattes 61 + + 8. Oeilletons 61 + + 9. Séparations des racines 61 + + 10. Stolons ou Coulants 61 + + 11. Marcottes 62 + + 1. Marcottes simples 62 + + 2. Marcottes par strangulation 62 + + 3. Marcottes par incision 62 + + 4. Marcottes par cépée 63 + + 5. Marcottes de racines 63 + + 12. Boutures 64 + + 1. Boutures à l'air libre 64 + + 2. Boutures sous cloches et sous châssis 64 + + 3. Boutures par tronçons de racine 66 + + +CHAPITRE IX + + De la greffe 67 + + 1. Greffe en écusson 68 + + 2. Greffe en anneau 70 + + 3. Greffe en fente 71 + + 4. Greffe en fente sur tubercule 72 + + 5. Greffe en placage 73 + + 6. Greffe de la vigne 73 + + 6 _bis._ Greffe herbacée 74 + + 6 _ter._ Greffe en couronne (Pline) 76 + + 7. Greffe ordinaire par approche 77 + + 8. Greffe par approche compliquée 78 + + +CHAPITRE X + + De la conservation des plantes. -- Cloches. -- Châssis. -- + Paillassons. -- Orangerie 78 + + § 1. De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur + traitement en hiver 82 + + 2. De la sortie des plantes d'orangerie et de leur + traitement pendant l'été 83 + + 3. Composition de la terre qu'il faut donner aux + plantes ci-après désignées 85 + + 4. De la rentrée des plantes de serre tempérée et de + leur traitement en hiver 87 + + 5. De la sortie des plantes de serre tempérée et de + leur traitement en été 90 + + 6. Rempotage 92 + + 7. Composition de la terre qu'il faut donner aux + plantes ci-après désignées 94 + + +CHAPITRE XI + + Jardin potager 95 + + +CHAPITRE XII + + Maladies des plantes potagères 180 + + +CHAPITRE XIII + + Jardin fruitier 181 + + § 1. Plantation 182 + + 2. Taille 184 + + 1. Arbres à fruits à noyaux 186 + + 2. Arbres à fruits à pépins 188 + + 3. Ébourgeonnage 189 + + 4. Palissage 189 + + 5. Fruitier 190 + + 6. Culture des meilleures espèces de fruits 191 + + Culture forcée du Cerisier 193 + + -- -- du Figuier 196 + + -- -- du Groseillier 198 + + -- -- du Pêcher 212 + + -- -- du Prunier 230 + + -- -- de la Vigne 238 + + +CHAPITRE XIV + + Maladies des arbres 239 + + +CHAPITRE XV + + Jardin d'agrément 241 + + SECTION Ire. Plantes pour bordures 250 + + 1. Arbustes 250 + + 2. Plantes vivaces formant des touffes 251 + + 3. Plantes bulbeuses 255 + + 4. Plantes annuelles que l'on multiplie de graines 256 + + SECTION II. Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes. + Plantes annuelles et bisannuelles 259 + + SECTION III. Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre 279 + + SECTION IV. Plantes de serre tempérée que l'on peut cultiver + en pleine terre l'été 319 + + SECTION V. Plantes pour l'ornement des eaux 330 + + 1. Plantes à feuilles flottantes 330 + + 2. Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux 331 + + 3. Plantes propres à la décoration du bord de l'eau 332 + + 4. Arbres et arbustes 334 + + SECTION VI. Plantes pour rocailles 336 + + Arbres et arbrisseaux 337 + + SECTION VII. Plantes grimpantes pour garnir les murs, + berceaux, tonnelles 339 + + 1. Plantes annuelles et vivaces 339 + + 2. Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut + mettre en pleine terre tout l'été 341 + + 3. Arbrisseaux 342 + + SECTION VIII. Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques 346 + + SECTION IX. Arbrisseaux et arbustes d'ornement à feuillage + persistant 359 + + SECTION X. Arbustes de terre de bruyère 363 + + SECTION XI. Arbres d'ornement à feuilles caduques 366 + + SECTION XII. Arbres résineux 378 + + +CHAPITRE XVI + + Destruction des animaux nuisibles 381 + + +CHAPITRE XVII + + Vocabulaire des principaux termes de jardinage 389 + + Table des matières 394 + + Table alphabétique 399 + + Table des figures 410 + + +FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. + + + + +TABLE ALPHABÉTIQUE + + + Abies, _voir_ Sapins. + Abricotiers, 191. + Abronia umbellata, 259. + Acacia blanc, _voir_ Robinier. + Acer, _voir_ Érable. + Achillea, 279. + Aconit, 279 + Aconitum, _voir_ Aconit. + Acorus, 331. + Acroclinium roseum, 259. + Actæa spicata, 279. + Adonide, 259, 279. + Adonis, _voir_ Adonide. + Æsculus, _voir_ Marronnier. + Æthionema coridifolium, 336. + Ageratum, 259. + Ail, 95. + Ail doré, 255. + Ailantus, 366. + Airelle, 334, 337. + Ajonc, 359. + Alaterne, 359. + Alcea, _voir_ Rose Trémière. + Alizier, 359, 366. + Alisma, 330. + Alnus, _voir_ Aune. + Alstroemeria, 280. + Althæa, _voir_ Hibiscus. + Alternanthera spatula, 319. + Alyssum, 251, 259. + Amandier, 192, 346. + Amarante, 260. + Amarante à crête, _voir_ Celosia à crête. + Amarantoïde, 268. + Amarantus, _voir_ Amarante. + Amaryllis, 255, 280. + Amelanchier, 346. + Amorpha, 346. + Amygdalus, _voir_ Amandier. + Anagallis grandiflora, 260. + Ananas, 96. + Anchusa, _voir_ Buglosse. + Ancolie, 281. + Andromeda, 363. + Anémone, 281. + Anona, _voir_ Asimina. + Anthémis des teinturiers, 283. + Antirrhinum majus, _voir_ Muflier. + Apalanche vert, _voir_ Prinos verticillata. + Apocyn, 283. + Apocynum, _voir_ Apocyn. + Aquilegia, _voir_ Ancolie. + Arabis verna, _voir_ Tourrette printanière. + Aralia, 367. + Arbousier, 363. + Arbre aux quarante écus, _voir_ Gingko biloba. + Arbre aux Anémones, _voir_ Calycanthus. + Arbre de neige, _voir_ Chionanth. + Arbre saint, _voir_ Azedarach. + Arbre aux fraises, _voir_ Arbutus unedo. + Arbutus, _voir_ Arbousier. + Araucaria, 379. + Arenaria, _voir_ Sabline. + Argemone grandiflora, 260. + Argentine, _voir_ Cerastium tomentosum. + Argousier, 347. + Aristoloche, 342. + Arroche des jardins, 101. + Artichaut, 101. + Arum, 283. + Arundo donax, 332. + Asclepias, 283. + Asimina virginica, 347. + Asperges, 103. + Asperula odorata, 251. + Asphodèle, 284. + Asphodelus, _voir_ Asphodèle. + Aster, 251, 284. + Aster Sinensis, _voir_ Reine-marguerite. + Astragale, 284, 337. + Astrantia, 284. + Atragène, 342. + Aubépine, _voir_ Épine blanche. + Aubergine, 108. + Aubrietia deltoida, 251, 336. + Aucuba, 360. + Auricule, _voir_ Primevère auricule. + Aune, 334, 367. + Azalea, 363. + Azarero, _voir_ Cerasus Lusitanica. + Azédarach, 347. + Azerolier, _voir_ Épine d'Espagne. + + + Baguenaudier, 347. + Balisier, _voir_ Canna Indica. + Balsamine, 261. + Bambusa, 333. + Barbe de capucin, _voir_ Chicorée sauvage. + Barbeau, _voir_ Centaurées. + Barkhausia rubra, _voir_ Crepis rubra. + Bartonia aurea, 261. + Baselle, 109. + Basilic, 109. + Begonia, 319. + Belle-Dame, _voir_ Arroche. + Belle-de-jour, 261. + Belle-de-nuit, 261. + Bellis perennis, _voir_ Pâquerette. + Berberis, _voir_ Épine vinette. + Bermudienne, 252. + Betonica, 284. + Betterave, 109. + Betula, _voir_ Bouleau. + Bidens atrosanguinea, _voir_ Cosmos. + Bignonia, 343. + Blé de Turquie, _voir_ Maïs. + Bleuet, _voir_ Centaurée. + Bocconia, 284. + Bois-bouton, _voir_ Cephalanthus. + Bois-cuir, _voir_ Dirca. + Bois de Sainte-Lucie, _voir_ Cerisier odorant. + Bois-Joli, _voir_ Daphne mezereum. + Boltonia, 285. + Bonduc, 367. + Bonne-Dame, _voir_ Arroche. + Bonnet de Prêtre, _voir_ Fusain commun. + Bouleau, 367. + Boulette azurée, _voir_ Echinops ritro. + Boule de neige, _voir_ Viorne stérile. + Bourgène, 347. + Bourrache, 110. + Bourreau des arbres, _voir_ Celastrus scandens. + Boussingaultia baselloides, 341. + Bouton-d'argent, _voir_ Achillea ptarmica. + Brachycome, 261. + Brassica, _voir_ Choux. + Broualle, 262. + Broussonetia, 367. + Browallia, _voir_ Broualle. + Brunella grandiflora, 252. + Buddleia Lindleyana, 360. + Buglose, 285. + Bugrane, 285, 347. + Buis, 250, 360. + Buisson ardent, 360. + Buplevrum, 360. + Butomus umbellatus, 333. + Buxus, _voir_ Buis. + + + Cacalia sagittata, 262. + Caladium, 320. + Calandrinia umbellata, 262. + Calcéolaires, 320. + Calendula, _voir_ Souci. + Calliopsis, _voir_ Coreopsis. + Callistephus hortensis, _voir_ Reine-marguerite. + Calomeria, _voir_ Humea. + Caltha palustris, _voir_ Populage des marais. + Calycanthus, 347. + Calystégia, 339. + Camomille rouge, _voir_ Pyrethrum roseum. + Campanule, 252, 256, 262, 285, 336. + Canna Indica, 320. + Cantua coronopifolia, _voir_ Ipomopsis elegans. + Câprier, 337. + Capucines, 110, 262, 339. + Capucine tubéreuse, 341. + Caragana, 347. + Cardamine pratensis, 286. + Carde poirée, _voir_ Poirée à carde. + Cardon, 110. + Carotte, 111. + Caroubier, 360. + Carpinus, _voir_ Charme. + Cassia, 320. + Cassis, _voir_ Groseillier à fruit noir. + Castanea, _voir_ Châtaignier. + Catalpa, 367. + Catananche cærulea, _voir_ Cupidone bleue. + Cèdre, 379. + Celastrus scandens, 343. + Céleri, 112. + Celosia, 263. + Celtis, _voir_ Micoulier. + Centaurea, 263, 286. + Centranthus macrosiphon, 263. + Cephalanthus, 334. + Céraiste, 252. + Cerastium, _voir_ Céraiste. + Cerasus, _voir_ Cerisier. + Ceratonia, _voir_ Caroubier. + Ceratophyllum, _voir_ Cornifle. + Cerfeuil, 114. + Cerfeuil bulbeux, 114. + Cerisiers, 193. + Cerisier odorant, 348. + Cerisier à fleurs doubles, 367. + Cestrum, 348. + Chænostoma polyanthum, 264. + Chalef, 368. + Chamæcerasus, 348. + Chamærops, 322. + Champignon comestible, 115. + Charieis heterophylla, _voir_ Kaulfussia amelloïdes. + Charme, 368. + Châtaigne d'eau, _voir_ Macre. + Châtaignier, 368. + Cheiranthus, 268, 322. + Cheiranthus maritimus, _voir_ Julienne de Mahon. + Chelone, _voir_ Galane. + Chêne, 338, 360, 368. + Chenillette, 118. + Chervis, 118. + Chèvrefeuille, 343. + Chicorée, 118. + Chicot du Canada, _voir_ Bonduc. + Chincapin, _voir_ Castanea Americana. + Chionanthus, 334. + Chirouis, _voir_ Chervis. + Choux, 121. + Chou-rave, 124. + Chou-navet, 124. + Chou brocoli, 126. + Chou marin, 127. + Choux à feuilles ornementales, 264. + Choux-fleurs, 124. + Chrysanthème, 264, 286, 322. + Chrysocoma, 287. + Ciboule, 128. + Ciboulette, 129. + Cinéraires hybrides, 322. + Cissus quinquefolia, _voir_ Vigne vierge. + Civette, _voir_ Ciboulette. + Clavalier, 368. + Clarkia, 264. + Clématite, 343. + Cléome, 265. + Clethra, 348. + Cobæa scandens, 339. + Coelestina cærulea, _voir_ Ageratum cæruleum. + Coignassier, 194, 348. + Coignassier de la Chine, 369. + Colchicum, _voir_ Colchique. + Colchique, 287. + Coléus, 322. + Collinsia, 256. + Collomia, 256. + Colutea, _voir_ Baguenaudier. + Commelina tuberosa, 287. + Comptonia aspleniifolia, 348. + Concombre, 129. + Coniza, _voir_ Seneçon en arbre. + Conservation des Patates, 166. + Conservation des Choux-fleurs, 126. + Conservation des Choux cabus, 122. + Consoude, 287. + Convallaria maialis, _voir_ Muguet de mai. + Convolvulus, _voir_ Ipomæa. + Convolvulus tricolor, _voir_ Belle-de-jour. + Coquelicot, 265. + Coquelourde, 265. + Corbeille d'or, _voir_ Alyssum. + Corbeille d'argent, _voir_ Thlaspi vivace et Tourette printanière. + Coréopsis, 265, 287. + Corète du Japon, 348. + Cornichon, _voir_ Concombre. + Cornifle, 330. + Cornouiller, 349, 369. + Cornus, _voir_ Cornouiller. + Coronilla emerus, 349. + Corydalis formosa, 288. + Corylus, _voir_ Noisetier. + Cosmos bipinnatus, 265. + Cotoneaster, 338. + Courges, 130, 339. + Couronne impériale, _voir_ Fritillaria imperialis. + Crambe maritima, _voir_ Chou marin. + Craniolaria fragrans, _voir_ Martynia fragrans. + Cranson, _voir_ Raifort. + Cratægus, _voir_ Alizier. + Crépis rose, 256. + Cresson, 131. + Crocus vernus, 256. + Croix de Jérusalem, _voir_ Lychnis. + Crucianella, 336. + Cryptomeria, 379. + Cucurbita, _voir_ Courge. + Cuphéa, 266. + Cupidone bleue, 288. + Cupressus, _voir_ Cyprès. + Cyclamen, 288. + Cydonia, _voir_ Coignassier. + Cynoglossum, _voir_ Cynoglosse. + Cynoglosse, 252, 257, 266. + Cyprès, 379. + Cyprès chauve, 335. + Cytise, 349, 369. + + + Dahlia, 288, 364. + Daphné, 349. + Datura, 266, 290, 324. + Decumaria barbata, 343. + Delphinium, _voir_ Pied-d'Alouette. + Dent-de-lion, _voir_ Pissenlit. + Deutzia, 349. + Dianthus, _voir_ Oeillet. + Dictamnus albus, _voir_ Fraxinelle. + Didiscus cæruleus, _voir_ Hugelia cærulea. + Dielytra spectabilis, 290. + Diervilla lutea, 349. + Digitale pourpre, 266. + Dimorphotheca pluvialis, _voir_ Calendula pluvialis. + Dioclea glycinoides, 341. + Dioscorea batatas, _voir_ Igname de la Chine. + Diospyros, _voir_ Plaqueminier. + Dirca palustris, 335. + Dodecatheon meadia, 291. + Doronic, 252, 291. + Dracocephalum, 266, 291. + + + Eccremocarpus scaber, 341. + Échalote, 133. + Echinops ritro, 292. + Eloeagnus, _voir_ Chalef. + Emilia sagittata, _voir_ Cacalia sagittata. + Énothères, 266, 292. + Épervière, 292. + Éphémère, _voir_ Tradescantia. + Épi de la Vierge, _voir_ Ornithogalum pyramidale. + Epilobium, 292. + Epimedium, 292, 336. + Épinard, 133. + Épinard d'été, _voir_ Tétragone étalée. + Épine, 369. + Épine-vinette, 194, 349. + Érable, 369. + Erica, 364. + Erigeron, 292. + Erinus, 293, 336. + Eriophorum, _voir_ Linaigrette. + Erodium, 293. + Érysimum, 267. + Erysimum barbarea, _voir_ Vélar. + Érythrina, 322. + Escholtzia Californica, 267. + Estragon, 134. + Eucalyptus globulus, 324. + Eucharidium elegans, 267. + Eupatoire, 293. + Eupatorium, _voir_ Eupatoire. + Eutoca viscida, 267. + Evonymus, _voir_ Fusain. + + + Fagus, _voir_ Hêtre. + Farfugium, 293. + Faux Ébénier, _voir_ Cytise. + Faux Indigo, _voir_ Amorpha. + Faux Jalap, _voir_ Belle-de-nuit. + Faux Pistachier, _voir_ Staphylea. + Fenouil, 134. + Fenouil marin, _voir_ Perce-pierre. + Fève, 134. + Févier, 370. + Ficoïde, 267. + Figuier, 195. + Filaria, 361. + Fléchière, 330. + Fleur de la Passion, _voir_ Passiflora. + Fontanesia, 338. + Forsythia suspensa, 350. + Fothergilla, 364. + Fougères, 336. + Fraisiers, 135. + Framboisiers, 196. + Fraxinelle d'Europe, 293. + Fraxinus, _voir_ Frêne. + Frêne, 370. + Fritillaria, 293. + Fumaria, _voir_ Fumeterre. + Fumeterre, 293. + Funkia subcordata, _voir_ Hemerocallis Japonica. + Fusain, 350, 361. + Fuchsia, 324. + + + Gaillardia, 295. + Galane, 295. + Galanthus nivalis, 295. + Galé, 335. + Galega officinalis, 295. + Gattilier, 350. + Gaultheria, 365. + Gaura biennis, 267. + Gazon turc, _voir_ Saxifrage. + Genêt, 350. + Genévrier, 379. + Genista, _voir_ Genêt. + Gentiana, 252, 295. + Géranium, 295. + Géranium rouge, _voir_ Pélargonium zonale. + Gesse, 340. + Geum coccineum, 296. + Gilia, 268. + Gilia androsacea, _voir_ Leptosiphon androsaceus. + Gilia coronopifolia, _voir_ Ipomopsis elegans. + Gilia densiflora, _voir_ Leptosiphon densiflorus. + Ginkgo bibola, 371. + Giroflée, 268. + Giroflée de Mahon, _voir_ Julienne de Mahon. + Gladiolus, 256, 296. + Glaïeul des marais, _voir_ Iris des marais. + Gleditschia, _voir_ Févier. + Glycine, 343. + Gnaphalium margaritaceum, _voir_ Immortelle. + Gomphrena globosa, _voir_ Amarantoïde. + Gordonia, 350. + Graminées à bordures, 252. + Grande douve, _voir_ Ranuncul. + Grenadille, 344. + Groseillier, 197, 338, 350. + Gunnera scabra, 297. + Gymnocladus, _voir_ Bonduc. + Gynerium argenteum, 297. + Gypsophila, 268, 296. + + + Helesia, 350. + Hamamélis, 335. + Haricot, 139. + Haricot d'Espagne, 340. + Hedera, _voir_ Lierre. + Hedysarum, _voir_ Sainfoin. + Helenium autumnale, 297. + Helianthus, _voir_ Soleil. + Helianthus argophyllus, 269. + Helichrysium, _voir_ Immortelle. + Héliotrope d'hiver, _voir_ Tussilago fragrans. + Héliotrope, 324. + Heliotropium, _voir_ Héliotrope. + Hellébore, 297. + Hellébore blanc, _voir_ Varaire. + Hémérocalle, 253, 298. + Hemerocallis, _voir_ Hémérocalle. + Hépatique printanière, 253. + Heraclum, 298. + Herbe aux turquoises, _voir_ Ophiopogon du Japon. + Herbe de Ste-Barbe, _voir_ Vélar. + Hesperis matronalis, _voir_ Julienne des jardins. + Hêtre, 371. + Hibiscus, 268, 298, 351. + Hieracium aurantiacum, _voir_ Épervière. + Hippophæ rhamnoides, _voir_ Argousier. + Hippuris vulgaris, _voir_ Pesse d'eau. + Hortensia, 365. + Hoteia Japonica, 298. + Houblon, 344. + Houx, 361. + Hugelia cærulea, 269. + Humea elegans, 269. + Humulus lupulus, _voir_ Houblon. + Hyacinthus orientalis, _voir_ Jacinthe. + Hydrangea, 351. + Hydrocharis, _voir_ Morrène. + Hypericum, _voir_ Millepertuis. + + + Ibéris, _voir_ Thlaspi. + If, 380. + Igname de la Chine, 142. + Ilex, _voir_ Houx. + Immortelle, 269, 298. + Impatiens balsamina, _voir_ Balsamine. + Indigofera, 351. + Ipomoea, 340. + Ipomopsis elegans, 270. + Iris, 253, 278, 331, 336. + Itea, 351. + + + Jacée, _voir_ Lychnis dioica. + Jacinthe, 299. + Jasmin, 338, 344. + Jasmin de Virginie, _voir_ Bignonia radicans. + Jonc fleuri, _voir_ Butomus umbellatus. + Jonquille, _voir_ Narcissus Jonquilla. + Juglans, _voir_ Noyer. + Julienne de Mahon, 257. + Julienne des jardins, 301. + Juniperus, _voir_ Genévrier. + + + Kalmia, 365. + Kaulfussia amelloïdes, 257. + Kerria Japonica, _voir_ Corète du Japon. + Ketmie, _voir_ Hibiscus. + Koelreuteria, 371. + Koniga, _voir_ Alyssum maritima. + + + Laitues, 144. + Lamium orvala, 301. + Lantana, 325. + Larix, _voir_ Mélèze. + Lathyrus, _voir_ Gesse. + Laurier, 361. + Laurier Saint-Antoine, _voir_ Epilobium spicatum. + Laurus, _voir_ Laurier. + Lavatère à grandes fleurs, 270. + Lawn's-grass, 244. + Lentilles, 147. + Leptosiphon, 257. + Leycesteria, 351. + Lierre, 250, 344, 361. + Ligustrum, _voir_ Troëne. + Lilas, 351. + Lilas de terre, _voir_ Muscari monstrosum. + Lilium, _voir_ Lis. + Limaçon, 118. + Lin à grandes fleurs, 270. + Lin vivace, 301. + Linaigrette, 333. + Linaire, 257, 302, 336. + Linum perenne, _voir_ Lin vivace. + Lippia repens, 253. + Liquidambar, 371. + Liriodendron, _voir_ Tulipier. + Lis, 302. + Lis des Incas, _voir_ Alstroemeria pelegrina. + Lis Saint-Bruno, _voir_ Phalangium liliastrum. + Liseron tricolore, _voir_ Belle-de-jour. + Loasa, 342. + Lobelia, 257, 303, 325. + Lonicera, _voir_ Chèvrefeuille. + Lophospermum, 342. + Lothier rouge, 270. + Lunaire annuelle, 270. + Lunaria annua, _voir_ Lunaire annuelle. + Lupin, 270, 304. + Lupinus, _voir_ Lupin. + Lychnide, 253, 304. + Lychnis, Coquelourde, _voir_ Lychnide. + Lycium, 338. + Lysimachi, 333. + Lythrum virgatum, _voir_ Salicaire. + + + Mâche, 147. + Maclura, 371. + Macre, 331. + Madaria elegans, _voir_ Madia elegans. + Madia elegans, 270. + Magnolia, 352, 362, 371. + Mahonia, 362. + Maïs, 147, 270. + Malcolmia maritima, _voir_ Julienne de Mahon. + Malope grandiflora, 271. + Malus, _voir_ Pommier. + Malva, _voir_ Mauve. + Marronnier, 372. + Martynia, 271. + Massette, 331. + Matricaria mandiana, 304. + Maurandia, 342. + Mauves, 271. + Megasea crassifolia, _voir_ Saxifraga crassifolia. + Mélèze, 380. + Melia, _voir_ Azedarach. + Mélilot, 271. + Melilotus, _voir_ Mélilot. + Mélongène, _voir_ Aubergine. + Melons, 148. + Melon d'eau, 158. + Menispermum Canadense, 344. + Mentha piperita, _voir_ Menthe poivrée. + Menthe poivrée, 305. + Menyanthes, 331. + Menziezia, 365. + Merendera bulbocodium, 305. + Merisier, 352. + Mesembryanthenum, _voir_ Ficoïdes. + Mespilus Germanica, _voir_ Néflier. + Micocoulier, 372. + Mignardise, _voir_ Oeillet mignardise. + Millepertuis, 338, 352. + Mimulus, 325. + Mirabilis Jalapa, _voir_ Belle-de-nuit. + Molène purpurine, 305. + Monarda didyma, 305. + Moræa Sinensis, 305. + Morelle grimpante, 344. + Morina longiflora, 305. + Morrène, 331. + Morus, _voir_ Mûrier. + Mullier des jardins, 271. + Muguet de mai, 305. + Mûrier, 198, 352, 373. + Mûrier à papier, _voir_ Broussonetia. + Muscari, 306. + Myosotis, 306, 334. + Myrica, _voir_ Galé. + + + Naïade, 331. + Narcisse, 256, 306. + Narcissus, _voir_ Narcisse. + Naumburgia, _voir_ Lysimachia. + Navet, 159. + Néflier, 199, 362, 373. + Negundo, _voir_ Érable negundo. + Nemesia floribunda, 258, 272. + Nemophila, 258. + Nénuphar, 331. + Nierembergia, 326. + Nicotiana wigandioïdes, 326. + Nigelle, 272. + Noisetier, 200, 352, 373. + Noyer, 200. + Noyer d'Amérique, 374. + Nyctago hortensis, _voir_ Mirabilis Jalapa. + Nycterinia selaginoïdes, 272. + Nymphæa, _voir_ Nénuphar. + Nyssa, _voir_ Tupélo. + + + Oeillet, 306. + Oeillet mignardise, 253. + Oeillet de la Chine, 272. + Oeillet de poëte, 309. + Oeillet flon, 309. + Oeillet d'Inde, _voir_ Tagetes. + Oenothera, _voir_ Enothère. + Oignon, 159. + Olivier de Bohême, _voir_ Chalef. + Omphalode printanière, _voir_ Cynoglossum omphalodes. + Onomis, _voir_ Brugrane. + Ophiopogon du Japon, 253. + Oreille d'Ours, _voir_ Primevère auricule. + Oreille de lièvre, _voir_ Buplevrum. + Orme, 374. + Orme à trois feuilles, _voir_ Ptelea trifoliata. + Ornithogalum pyramidale, 309. + Orobe printanier, 310. + Orobus vernus, _voir_ Orbe printanier. + Oseille, 162. + Oseille épinard, 162. + Oxalis, 163, 256, 272. + + + Pæonia, _voir_ Pivoine. + Paliurus, 352. + Panais, 163. + Papaver, _voir_ Pavot. + Pâquerette, 253. + Parnassia palustris, 333. + Passiflora, _voir_ Grenadille. + Pastèque, _voir_ Melon d'eau. + Patate douce, 164. + Patience des Jardins, 162. + Patience aquatique, 332. + Paulownia, 374. + Pavia, _voir_ Marronnier. + Pavot, 272, 310. + Pêchers, 201. + Pêches à fleurs doubles, 374. + Pélargonium zonale, 326. + Pensée à grandes fleurs, 278. + Pentapetes phoenicea, 272. + Pentstémon, 309. + Perce-neige, _voir_ Galanthus nivalis. + Perce-pierre, 166. + Périploca, 344. + Persicaire, 272. + Persil, 167. + Pervenche, 337. + Pesse d'eau, 332. + Petite-Marguerite, _voir_ Bellis perennis. + Pétunia, 327. + Peuplier, 335, 374. + Phacelia, 273. + Phalangère, 310. + Phalangium, _voir_ Phalangère. + Phalaris, 333. + Phaseolus, _voir_ Haricot. + Philadelphus, _voir_ Seringat. + Phlomis, 310, 362. + Phlox, 254, 273, 310. + Phlox Drummundii, 273. + Pied-d'alouette, 258. + Pied-d'alouette grand, 273. + Pied-d'alouette des blés, 274. + Pied-d'alouette vivace, 290. + Pigamon, 311. + Piment, 167. + Pimprenelle, 167. + Pins, 380. + Pinsapo, _voir_ Sapins. + Pinus, _voir_ Pins. + Pissenlit, 167. + Pivoine herbacée, 311. + Pivoine en arbre, 352. + Planera, 375. + Plantain d'eau, _voir_ Alisma. + Plaqueminier, 375. + Platane, 375. + Platanus, _voir_ Platane. + Plumbago Larpentæ, 311. + Podolepis gracilis, 274. + Poinciana Gilliesii, 353. + Poireau, 168. + Poirée blonde, 168. + Poirée à cardes, 169, 262. + Poiriers, 213, 375. + Poiriers à fleurs doubles, 375. + Pois, 109. + Pois de senteur, _voir_ Gesse odorante. + Pois vivace, _voir_ Gesse à larges feuilles. + Poivre long, _voir_ Piment. + Polémoine bleu, 311. + Pelemonium cæruleum, _voir_ Polémoine. + Polianthes, _voir_ Tubéreuse. + Polygonum _voir_ Persicaire. + Pomme-d'amour, _voir_ Tomate. + Pommes de terre, 172. + Pommiers, 227, 375. + Pommiers à fleurs doubles, 375. + Pompadoura, _voir_ Calycanthus. + Pontederia cordata, 332. + Populage des marais, 334. + Populus, _voir_ Peuplier. + Porte-Chapeau, _voir_ Paliurus. + Portulaca, _voir_ Pourpier. + Potentilla, 311, 353. + Potiron, _voir_ Courge. + Pourpier, 174. + Pourpier à grandes fleurs, 273. + Primevère, 254, 327. + Primevère auricule, 254. + Primula, _voir_ Primevère. + Prinos, 365. + Prunellier, _voir_ Pruniers épineux. + Pruniers, 230, 376. + Pruniers épineux, 353. + Pruniers à fleurs doubles, 376. + Prunus, _voir_ Pruniers. + Prunus mahaleb, _voir_ Cerasus mahaleb. + Ptelea trifoliata, 353. + Pulmonaire, 312. + Pulmonaria, _voir_ Pulmonaire. + Pyrethrum, 254, 312. + Pyrethrum Indicum, _voir_ Chrysanthème. + Pyrus, _voir_ Poirier. + + + Quercus, _voir_ Chêne. + + + Radis, 174. + Raifort, 175. + Raiponce, 175. + Ranunculus, _voir_ Renoncule. + Raves, 175. + Régence, _voir_ Mâche d'Italie. + Reine-Marguerite, 258, 274. + Renoncule, 312, 332, 334. + Renouée, 331. + Réséda, 274. + Rhamnus, _voir_ Bourgène, Alaterne. + Rhodanthe Manglesii, 275. + Rhododendron, 365. + Rhubarbe, 176. + Rhus, _voir_ Sumac. + Ribes, _voir_ Groseillier. + Ricin, 275. + Ricinus, _voir_ Ricin. + Robinier, 376. + Romaines, _voir_ Laitues. + Ronce, 338. + Rose trémière, 275, 312. + Rose de Noël, _voir_ Helleborus niger. + Rose d'Inde, _voir_ Tagetes erecta. + Rose du ciel, _voir_ Coquelourde-Rose-du-Ciel. + Rosiers, 251, 345, 353. + Ruban-d'eau, _voir_ Sparganium natans. + Roseau à Quenouille, _voir_ Arundo donax. + Roseau ruban, _voir_ Phalaris arundinacea. + Rubus, _voir_ Ronce. + Rudbeckia, 313. + Rumex, _voir_ Oseille. + Ray grass, anglais, 244. + + + Sabline, 254. + Safran printanier, _voir_ Crocus vernus. + Sagittaria, _voir_ Fléchière. + Sainfoin d'Espagne, 275. + Sainfoin du Caucase, 313. + Salicaire effilée, 332. + Salisburia, _voir_ Gingko biloba. + Salix, _voir_ Saules. + Salpiglossis sinuata, 275. + Salsifis blanc, 176. + Salsifis noir, _voir_ Scorsonère. + Salvia, 254, 275, 327. + Sambucus, _voir_ Sureau. + Sanvitalia, 258. + Sapins, 380. + Saponaire, 258, 313, 337. + Sariette, 177. + Sauge, _voir_ Salvia. + Saules, 335, 377. + Saururus cernuus, 332. + Savonnier, _voir_ Koelreuteria. + Saxifrage, 254, 313, 337. + Scabieuse, 276, 314. + Scabiosa, _voir_ Scabieuse. + Scaroles, _voir_ Chicorée. + Schizandra coccinea, 345. + Schizanthus, 258, 276. + Schubertia desticha, _voir_ Cyprès chauve. + Scille, 314. + Scirpus lacustris, 332. + Scorsonère d'Espagne, 177. + Scutellaria macrantha, 314. + Sedum pyramidale, _voir_ Saxifraga pyramidalis. + Sedum, 255, 314, 337. + Sempervivum, 337. + Senecio, _voir_ Séneçon. + Séneçon, 276, 314, 328. + Séneçon en arbre, 362. + Sequoia, 380. + Seringat, 357. + Silène, 258, 276, 315. + Sisyrinchium, _voir_ Bermudienne. + Solanum, 328. + Soleil, 315. + Solidago, _voir_ Verge d'or. + Sophora, 377. + Sorbier, 377. + Sorbus, _voir_ Sorbier. + Souci des marais, _voir_ Populage des marais. + Souci, 277. + Souvenez-vous-de-moi, _voir_ Myosotis palustris. + Sparganium natans, 332. + Specularia speculum, _voir_ Campanula speculum. + Sphenogyne speciosa, 277. + Spiræa Japonica, _voir_ Kerria Japonica. + Staphylea, 358. + Statice, 255, 328. + Stenactis speciosa, 315. + Stevia, 315. + Stramonium fastuosum, _voir_ Datura fastuosa. + Sumac, 358. + Sureau, 358. + Sureau aquatique, _voir_ Viorne obier. + Symphorine, 358. + Sycomore, _voir_. Érable sycomore. + Symphoricarpos, _voir_ Symphorine. + Symphytum, _voir_ Consoude. + Sisyrinchium, _voir_ Bermudienne. + Syringa, _voir_ Lilas. + + + Tagetes, 277, 329. + Tagetes patula, _voir_ Oeillet d'Inde. + Tagetes erecta, _voir_ Rose d'Inde. + Tamarix, 335. + Tanacetum, _voir_ Tanaisie. + Tanaisie, 315. + Taxodium, _voir_ Sequoia. + Taxus, _voir_ If. + Tétragone étalée, 177. + Tetragonolobus purpureus, _voir_ Lotier rouge. + Thalictrum, _voir_ Pigamon. + Thé d'Oswégo, _voir_ Monarda didyma. + Thlaspi, 277. + Thlaspi jaune, _voir_ Alyssum saxatile. + Thlaspi vivace, 255. + Thrachymene cærulea, _voir_ Hugelia cærulea. + Thuia, 381. + Thunbergia, 341. + Thymélée des Alpes, _voir_ Daphne Cneorum. + Tigridia, 316. + Tilleul, 377. + Tilia, _voir_ Tilleul. + Tomate, 178. + Tournefortia, 316. + Tourrette printanière, 255, 336. + Trachelium cæruleum, 277. + Tradescantia, 292, 329. + Trapa natans, _voir_ Macre. + Trèfle d'eau, _voir_ Menyanthes trifoliata. + Triacanthos, _voir_ Févier d'Amérique. + Trifolium, _voir_ Cytisus sessilifolius. + Troëne, 359, 362. + Tropæolum, _voir_ Capucines. + Tubéreuse, 316. + Tulipe, 316. + Tulipier, 378. + Tupélo, 335. + Turritis verna, _voir_ Tourrette printanière. + Tussilage, 318, 337. + Tussilago, _voir_ Tussilage. + Typha, _voir_ Massette. + + + Ulex, _voir_ Ajonc. + Ulmus, _voir_ Orme. + + + Vaccinium, _voir_ Airelle. + Valériane, 277. + Valériane grecque, _voir_ Polémoine. + Varaire, 318. + Vélar de Barbarie, 318. + Veratrum, _voir_ Varaire. + Verbascum phoeniceum; _voir_ Molène purpurine. + Verbena, _voir_ Verveine. + Verge d'or, 318. + Vernis du Japon, _voir_ Ailantus glandulosa. + Véroniques, 319, 330. + Vernonia, 319. + Vers, 118. + Verveine, 277, 329. + Viburnum, _voir_ Viorne. + Vigne de Judée, _voir_ Morelle grimpante. + Vigne vierge, 345. + Vigne, 231. + Villarsia, 331. + Vinca, _voir_ Pervenche. + Viola tricolor, _voir_ Pensée. + Violette marine, _voir_ Campanule à grosses fleurs. + Viorne, 335, 359. + Violette odorante, 255. + Viola odorata, _voir_ Violette odorante. + Virgilia, 378. + Viscaria, 278. + Vitex, _voir_ Gattilier. + Vitadinia, 255. + Volubilis, _voir_ Ipomæa purpurea. + + + Wellingtonia, _voir_ Sequoia. + Witlavia grandiflora, 278. + Weigelia rosea, 359. + Wigandia, 330. + + + Xanthorhiza, 359. + Xanthoxylum, _voir_ Clavalier. + Xeranthemum annuum, _voir_ Immortelle. + + + Yucca, 362. + + + Zauschnéria, 319. + Zea, maïs, _voir_ Maïs. + Zinnia, 278. + + +FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE. + + + + +TABLE DES FIGURES + + + Fig. 1. Plan du jardin potager. 5 + + -- 2. Thermosiphon. 53 + + -- 3. Greffe en écusson. 69 + + -- 4. -- en anneau. 70 + + -- 5. -- en fente. 72 + + -- 6. -- en placage. 73 + + -- 7. -- en couronne. 76 + + -- 8. -- par approche. 77 + + -- 9. Châssis. 79 + + -- 10. Serre à Ananas. 96 + + -- 11. Melon, 1re taille. 150 + + -- 12. -- 2e taille. 151 + + -- 13. -- 3e taille. 152 + + -- 14. Pêcher, 2e année. 204 + + -- 15. -- 3e année. 206 + + -- 16. -- 4e année. 208 + + -- 17. -- 5e année. 210 + + -- 18. -- en V. 211 + + -- 19. Serre à forcer. 212 + + -- 20. Poiriers en quenouille. 214 + + -- 21. -- en éventail. 218 + + -- 22. -- en palmette. 220 + + -- 23. -- en palmette à double tige. 221 + + -- 24. Pommier en gobelet. 228 + + -- 25. -- en cordons. 229 + + -- 26. Vigne à la Thomery. 233 + + +FIN DE LA TABLE DES FIGURES. + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Manuel pratique de Jardinage, by +unknown Courtois-Gérard + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE *** + +***** This file should be named 39889-8.txt or 39889-8.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + http://www.gutenberg.org/3/9/8/8/39889/ + +Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + +Updated editions will replace the previous one--the old editions +will be renamed. + +Creating the works from public domain print editions means that no +one owns a United States copyright in these works, so the Foundation +(and you!) can copy and distribute it in the United States without +permission and without paying copyright royalties. Special rules, +set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to +copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to +protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project +Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you +charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you +do not charge anything for copies of this eBook, complying with the +rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose +such as creation of derivative works, reports, performances and +research. They may be modified and printed and given away--you may do +practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is +subject to the trademark license, especially commercial +redistribution. + + + +*** START: FULL LICENSE *** + +THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE +PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK + +To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free +distribution of electronic works, by using or distributing this work +(or any other work associated in any way with the phrase "Project +Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project +Gutenberg-tm License available with this file or online at + www.gutenberg.org/license. + + +Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm +electronic works + +1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm +electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to +and accept all the terms of this license and intellectual property +(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all +the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy +all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. +If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project +Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the +terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or +entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. + +1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be +used on or associated in any way with an electronic work by people who +agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few +things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works +even without complying with the full terms of this agreement. See +paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project +Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement +and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic +works. See paragraph 1.E below. + +1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" +or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project +Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the +collection are in the public domain in the United States. If an +individual work is in the public domain in the United States and you are +located in the United States, we do not claim a right to prevent you from +copying, distributing, performing, displaying or creating derivative +works based on the work as long as all references to Project Gutenberg +are removed. 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It exists +because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from +people in all walks of life. + +Volunteers and financial support to provide volunteers with the +assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's +goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will +remain freely available for generations to come. In 2001, the Project +Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure +and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. +To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation +and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 +and the Foundation information page at www.gutenberg.org + + +Section 3. 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Newby + Chief Executive and Director + gbnewby@pglaf.org + +Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation + +Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide +spread public support and donations to carry out its mission of +increasing the number of public domain and licensed works that can be +freely distributed in machine readable form accessible by the widest +array of equipment including outdated equipment. Many small donations +($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt +status with the IRS. + +The Foundation is committed to complying with the laws regulating +charities and charitable donations in all 50 states of the United +States. Compliance requirements are not uniform and it takes a +considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up +with these requirements. We do not solicit donations in locations +where we have not received written confirmation of compliance. 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Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm +concept of a library of electronic works that could be freely shared +with anyone. For forty years, he produced and distributed Project +Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. + +Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed +editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. +unless a copyright notice is included. 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You may copy it, give it away or +re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included +with this eBook or online at www.gutenberg.org + + +Title: Manuel pratique de Jardinage + contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou + d'en diriger la culture + +Author: unknown Courtois-Gérard + +Release Date: June 1, 2012 [EBook #39889] + +Language: French + +Character set encoding: ISO-8859-1 + +*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE *** + + + + +Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + + + + + +</pre> + + +<p class="p4 center"><span class="smaller">MANUEL PRATIQUE</span><br> + DE JARDINAGE</p> + +<div class="p4 smaller width80"> +<p>L'auteur et l'éditeur se réservent le droit de traduire ou de faire +traduire cet ouvrage en toutes langues. Ils poursuivront +conformément à la loi et en vertu des traités internationaux toute +contrefaçon ou traduction faite au mépris de leurs droits.</p> + +<p>Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait à Paris en temps utile et +toutes les formalités prescrites par les traités sont remplies dans +les divers États avec lesquels il existe des conventions littéraire.</p> + +<p>Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas, comme +ci-dessous, ma griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et +débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la +loi.</p> +</div> + +<a id="img001" name="img001"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img001.jpg" width="300" height="170" alt="Signature." title=""> +</div> + +<p class="p4 small center">Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, r. du Four-St.-Germ., 43.</p> + +<p class="p4 center">BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES ET AGRICOLES<br> + Série H. N. 41.</p> + +<h1><span class="smaller">MANUEL PRATIQUE</span><br> +<span class="small">DE</span><br> + JARDINAGE</h1> + +<p class="p2 center"><span class="smaller">CONTENANT</span><br> + LA MANIÈRE DE CULTIVER SOI-MÊME UN JARDIN<br> +<span class="smaller">OU D'EN DIRIGER LA CULTURE</span></p> + +<p class="p2 center">PAR COURTOIS-GÉRARD<br> +<span class="smaller">Marchand grainier, horticulteur.</span></p> + +<hr class="p4 hr5"> +<p class="center">SEPTIÈME ÉDITION</p> +<hr class="hr5"> + +<p class="p4 center">PARIS<br> + LIBRAIRIE SCIENTIFIQUE, INDUSTRIELLE ET AGRICOLE<br> + Eugène LACROIX, Éditeur<br> + LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS<br> + QUAI MALAQUAIS</p> + +<hr class="hr5"> +<p class="small center">Tous droits réservés.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="pagev" name="pagev"></a>(p. v)</span> INTRODUCTION<br> +<span class="smaller">À LA SEPTIÈME ÉDITION</span></h2> + +<p>Les progrès que le temps amène à sa suite, plus rapidement encore +dans la pratique de l'horticulture que dans les autres branches du +travail humain, se sont produits en grand nombre, non-seulement +depuis la première édition du <i>Manuel de Jardinage</i>, mais encore +depuis la sixième, à l'épuisement de laquelle celle-ci vient +suppléer. Nous devons donc prévenir que plusieurs parties ont été +remaniées à fond, pour être ramenées au niveau des connaissances +horticoles du moment; toutes les lacunes que le cours des années +pouvait avoir fait naître, ont été soigneusement comblées; nous en +signalerons les principales.</p> + +<p>Le calendrier, révisé et refondu, a été augmenté de détails nouveaux +et importants. D'intéressantes et lucides explications complètent +<span class="pagenum"><a id="pagevi" name="pagevi"></a>(p. vi)</span> le chapitre du jardin potager. L'article <i>Assolement</i>, le +premier qui ait été publié sur le jardinage, peut être consulté avec +avantage par toutes les personnes qui veulent obtenir les récoltes +les plus abondantes qu'un jardin potager bien tenu puisse produire; +car pas un fait avancé par l'auteur n'a été pris en dehors de ce qui +est consacré par la pratique. Dans celui du jardin fruitier, l'on +trouve, outre l'exposé plus développé de quelques opérations, les +listes des arbres fruitiers les plus estimés de chaque série, listes +que les nombreuses conquêtes de la Pomologie viennent incessamment +enrichir, et des données d'une grande utilité pratique pour le +traitement des maladies des arbres.</p> + +<p>Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que +se rencontrent les améliorations les plus remarquables au <i>Manuel de +Jardinage</i>, dans sa septième édition, depuis la composition de +gazons, écueil où viennent échouer tant de jardiniers +inexpérimentés, jusqu'à la direction des plantes les plus difficiles +à obtenir dans tout l'éclat de leur beauté.</p> + +<p>En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture <span class="pagenum"><a id="pagevii" name="pagevii"></a>(p. vii)</span> +d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son +parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de +chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture +contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et +fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au +lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus +variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et +de déboires.</p> + +<p>De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent +avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront +aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un +meilleur parti des ressources dont ils disposent.</p> + +<p>Les livres qui, comme le <i>Manuel de Jardinage</i>, aplanissent la +route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les +vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux: +ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout +entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût; +et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux +<span class="pagenum"><a id="pageviii" name="pageviii"></a>(p. viii)</span> profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à +l'exécution matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement +trop élevé le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la +portée de tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les +éditions précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus +scrupuleuse correction typographique. Cette édition nouvelle du +<i>Manuel de Jardinage</i> réunit, comme on le voit, tout ce qui peut +mériter à ce livre la continuation de la faveur dont il est en +possession depuis sa naissance.</p> + +<p class="p4 center"><span class="pagenum"><a id="page1" name="page1"></a>(p. 1)</span> MANUEL PRATIQUE<br> +DE JARDINAGE</p> + +<h2>CHAPITRE PREMIER.<br> +<span class="smaller">Disposition générale d'un jardin potager.</span></h2> + +<p>Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin +pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées +d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et +des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer +les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera +maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions +intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du +travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder +sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est +très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à +l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et +de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance.</p> + +<p>Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre +de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche +et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un +terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de +cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture +courante. <span class="pagenum"><a id="page2" name="page2"></a>(p. 2)</span> Nous ne prétendons pas dire que les terrains de +nature différente soient impropres à la végétation; car tous lui +conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à +l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont +assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber +les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement +voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la +culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins.</p> + +<p>Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons, +des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités +qui lui manquent.</p> + +<p>Le potager que nous représentons (fig. <a href="#img027">1</a>, à la fin du volume) forme +un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue, +choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus +variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans +l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons; +seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une +planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité +du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les +cultures de même espèce.</p> + +<p>L'assolement devra être conduit de telle sorte qu'une planche ne +produise pas deux années de suite les mêmes légumes.</p> + +<p>Il est convenable, sous tous les rapports, que le potager soit clos +de murs au nord, à l'est et à l'ouest; ce qui nous donnera à +l'intérieur les expositions du sud, de l'ouest et de l'est. Au sud +extérieur, on peut à la rigueur remplacer le mur par une haie. Les +murs devront avoir au moins 2<sup>m</sup>,65 au-dessus de terre, et ils seront +crépis intérieurement. S'ils sont construits en plâtras ou en +pierre, on y pourra palisser les espaliers à la loque; mais s'ils +étaient en moellon dur, il faudrait les faire préalablement garnir +<span class="pagenum"><a id="page3" name="page3"></a>(p. 3)</span> de treillage. Le chaperon sera garni de tuiles formant une +saillie de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15, pour garantir les fruits contre les +fâcheuses influences des pluies, ce qui permettra également de +conserver le raisin jusqu'à une époque assez avancée.</p> + +<p>En y suspendant des toiles ou des paillassons, qu'on tiendra écartés +du mur, on pourra garantir les Pêchers en fleur contre les gelées du +printemps. Les murs du <i>sud</i> seront garnis de Pêchers.</p> + +<p>À l'<i>est</i> on plantera de la Vigne, qui sera conduite à la Thomery.</p> + +<p>À l'<i>ouest</i> se trouveront des Pêchers, et dans l'intervalle on +plantera des Poiriers.</p> + +<p>Au <i>nord</i>, les murs seront garnis de Poiriers, et, pour planter à +cette exposition, il faut avoir soin de choisir les variétés les +plus hâtives, afin que les fruits puissent atteindre leur parfaite +maturité.</p> + +<p>On peut aussi planter des Pruniers et quelques Cerisiers tardifs, +qui mûrissent à une époque où l'on est ordinairement privé de ces +fruits.</p> + +<p>C'est dans un endroit écarté du potager, et le moins en vue, qu'on +creusera un trou pour jeter les sarclures, les épluchures de légumes +et les débris végétaux, qui pourront être employés comme engrais +après leur réduction en terreau.</p> + +<p>Un point important à observer dans l'établissement d'un jardin, +c'est la distribution de l'eau. Dans le potager, elle doit avoir +lieu par des conduits souterrains, que l'on fera passer dans les +allées, de telle sorte qu'il soit possible d'y faire les réparations +nécessaires sans déranger les plantations.</p> + +<p>L'eau sera reçue dans un ou plusieurs bassins placés au milieu du +jardin, ou, comme nous l'indiquons sur le plan, dans un bassin au +centre n. 62, et dans des tonneaux placés <span class="pagenum"><a id="page4" name="page4"></a>(p. 4)</span> à l'extrémité des +planches n. 8, 9, 24, 25, 34, 35, 50 et 51.</p> + +<p>Ces dispositions sont d'autant plus importantes que l'on connaît +l'utilité indispensable des arrosements non-seulement dans les temps +de sécheresse, mais encore pour accélérer la germination des semis +et faciliter la reprise des plants nouvellement repiqués.</p> + +<p>L'allée du milieu aura 3 mètres de largeur, l'allée circulaire et +celles de traverse n'en auront que 2.</p> + +<p>Les petites allées pratiquées autour des planches devront avoir +0<sup>m</sup>,60 de largeur, et seront bordées d'Oseille, de Civette, de +Cresson alénois, de Persil, de Cerfeuil, de Chicorée sauvage, de +Pimprenelle, de Fraisiers, etc.</p> + +<p>La largeur des planches sera de 1<sup>m</sup>,33, avec un sentier de 0<sup>m</sup>,35 +entre chacune, ce qui suffira pour le passage; car le premier rang +de chaque planche doit toujours être au moins à 0<sup>m</sup>,10 du bord.</p> + +<p>Les plates-bandes n. 61 de chaque côté de l'allée du milieu et de +celles de traverse auront 1<sup>m</sup>,65 de largeur, et seront bordées de +Buis. On y plantera un rang de Poiriers en quenouille, espacés entre +eux d'environ 8 mètres, et un Pommier nain entre chaque Poirier.</p> + +<p>Le carré formé par les huit premières planches est destiné à faire +les semis et le repiquage des plantes potagères et des fleurs +nécessaires pour garnir les plates-bandes et les massifs du jardin +d'agrément.</p> + +<p>N. 9 à 29 et 30 à 50. Planches à mettre en culture.</p> + +<p>N. 51. Emplacement pour faire les couches.</p> + +<p>N. 52. Plantation de Groseilliers.</p> + +<p>N. 53. Plantation de Framboisiers.</p> + +<p>N. 54. Côtière de 2<sup>m</sup>,75 de largeur à mettre en culture potagère.</p> + +<p>N. 55. Plate-bande de 2 mètres de largeur, où l'on plantera un rang +de Rhubarbe anglaise.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page5" name="page5"></a>(p. 5)</span> N. 56 et 57. Plate-bande de même largeur à mettre en culture.</p> + +<p>N. 58. Contre-espalier de Vignes, dont on peut chauffer une partie +chaque année.</p> + +<p>N. 59. Plate-bande d'environ 1 mètre de largeur.</p> + +<p>N. 60. Rangs de Vignes soutenues par des échalas placés au bout de +chaque planche, et de manière à ne pas obstruer les sentiers.</p> + +<p>N. 61. Plate-bande de 1<sup>m</sup>,65 de largeur.</p> + +<p>N. 62. Bassin.</p> + +<p>N. 63. Porte pour entrer les fumiers.</p> + +<p>N. 64. Allée de communication avec le jardin d'agrément.</p> + +<h2>CHAPITRE II.<br> +<span class="smaller">Calendrier.</span></h2> + +<p>Nous avons eu en vue, en faisant ce calendrier, d'indiquer d'une +manière à la fois succincte et précise les diverses opérations qui +doivent se succéder sans interruption dans le cours d'une année, +pour que les productions en légumes, fruits et fleurs soient +toujours abondantes, et que jamais le sol ne repose. Pour arriver à +ce résultat, il fallait faire plus qu'énoncer sommairement les +travaux propres à chaque mois; il fallait encore indiquer avec +précision l'époque du semis, celle de la récolte, la place occupée +par chaque genre de culture, et la nature des végétaux qui doivent +succéder à ceux qui ont accompli leur période de végétation.</p> + +<p>Nous pensons avoir atteint ce dernier but en renvoyant aux numéros +portés sur le plan (voir pl. <a href="#img027">1</a>), ce qui ne laisse pas d'incertitude +sur le choix de l'emplacement à assigner à chaque plante; et comme +les indications du calendrier eussent été insuffisantes sous la +forme que nous leur avons <span class="pagenum"><a id="page6" name="page6"></a>(p. 6)</span> donnée, ou bien qu'elles eussent +exigé des développements que ne comporte pas un tableau synoptique, +nous renvoyons, pour la culture propre à chaque espèce, à l'article +spécial qui y est consacré.</p> + +<p>Nous commençons, contrairement à la coutume, l'année par le mois +d'août, parce que c'est à cette époque que commence en effet l'année +horticole, tandis qu'en commençant par le mois de janvier, ainsi que +cela a lieu communément, on sépare les travaux d'automne de ceux de +printemps, avec lesquels ils sont intimement unis, puisqu'ils en +sont la préparation nécessaire.</p> + +<h3>AOÛT.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>756 mill. 380<a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a><a href="#footnote1" title="Go to footnote 1"><span class="smaller">[1]</span></a>.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+ 21°,20.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+ 16°,46.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">48 mill. 59.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">70°,5.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Ce mois est un de ceux qui réclament de la part +du jardinier tous ses soins et son activité. Non-seulement il +entretient, par des arrosements et des bassinages, la végétation des +plantes dont il attend la récolte vers la fin de la saison, mais +encore il s'occupe déjà des semis et des plantations des végétaux +destinés à passer l'hiver et à donner leur produit l'année suivante.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—Les couches sont peu nécessaires dans ce +mois, et les seuls travaux à faire consistent à planter des +Choux-fleurs sur les couches à Melons, et à faire une meule à +Champignons au n. 8.</p> + +<p><i>Côtière</i> n. 9.—Dans la seconde quinzaine, on plante de la Scarole, +semée en pleine terre dans la seconde quinzaine de juillet.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page7" name="page7"></a>(p. 7)</span> N. 11. On sème des Mâches.</p> + +<p><i>Pleine terre</i>, n. 14.—On sème des Épinards de Hollande.</p> + +<p>N. 23. On plante des Choux de Milan, semés en juillet.</p> + +<p>N. 32. On sème des Navets.</p> + +<p>N. 37. On plante du Céleri turc, semé dans la première quinzaine de +juin.</p> + +<p>On sème du Cerfeuil bulbeux et des Radis roses.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine, on sème des Oignons blancs, de la Romaine +rouge d'hiver, de la Laitue de la Passion, de la Chicorée de la +Passion, du Cerfeuil, des Choux d'York, cœur-de-bœuf et +pain-de-sucre.</p> + +<p>On récolte les graines de Carottes, Laitues, Oignons, Ciboule, +Poireaux, Panais, Persil, Crambé maritime.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Terminer le palissage des espaliers; supprimer les +branches qui tendraient à s'emporter.</p> + +<p>Arroser les Pêchers et découvrir les fruits qui approchent de la +maturité.</p> + +<p>Greffer à œil dormant les arbres fruitiers et les arbres et +arbustes d'ornement.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Tous les soins consistent à arroser, ratisser, +biner, couper les gazons, mettre en place les fleurs d'automne, +telles que les Balsamines, Reines-marguerites, Œillets d'Inde, +etc., si ces travaux n'ont pas encore eu lieu; terminer les +marcottes d'Œillets.</p> + +<p>Greffer les Pivoines en arbre sur des tubercules de Pivoines +herbacées. (Voir page <a href="#page74">74</a>, l'article <i>Greffe</i>.)</p> + +<p>Séparer et replanter les Juliennes doubles, mettre les Œillets de +semis en planche ou les planter dans les plates-bandes.</p> + +<p>Planter les Couronnes impériales et les Lis martagons.</p> + +<p>Semer les graines de Pivoines herbacées; ce mode de <span class="pagenum"><a id="page8" name="page8"></a>(p. 8)</span> +multiplication est extrêmement long, et l'on ne sème guère que pour +obtenir de nouvelles variétés.</p> + +<p>Semer les Pensées à grandes fleurs, en septembre, on les repique en +pépinière à bonne exposition, pour ne les mettre en place qu'au +printemps; on sème aussi, mais en pots et sous châssis, les +Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires, les Mimulus, les +Giroflées quarantaines.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Vers la fin du mois, rabattre et rempoter les Pélargoniums +et les plantes dont les pots ont été enterrés pendant l'été, afin +qu'elles soient reprises à l'époque où on les rentrera dans la +serre. On fait des boutures de Pélargoniums, de Calcéolaires, de +Chrysanthèmes à fleurs blanches, Cuphéa, Ageratum Mexicanum, +Fuchsia, Véroniques ligneuses, Verveines.</p> + +<h3>SEPTEMBRE.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>756 mill. 399.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+17°,87.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+13°,74.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">57 mill. 26.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">75°,2.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Les travaux de jardinage commencent à diminuer, +car l'année approche de sa fin, et les soins d'entretien exigent +moins d'assiduité. Les arrosements deviennent moins fréquents, et +n'ont plus lieu que le matin; on doit, à cause de la fraîcheur des +nuits, cesser ceux du soir. C'est, en revanche, l'époque des +récoltes; les graines sont mûres ou sur le point de l'être, et il +faut songer à les cueillir. Le jardinier soigneux disposera ses +serres et son fruitier pour rentrer ses fruits, ses légumes et ses +plantes quand le moment sera venu. Il faut aussi faire les +réparations nécessaires aux coffres et aux panneaux, afin qu'ils +soient en état dès que les froids viendront.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page9" name="page9"></a>(p. 9)</span> <span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches</i>, n. 3.—Dans la seconde quinzaine, +on recharge la couche avec du terreau et on plante de la Laitue +gotte, semée dans la première quinzaine du mois. À l'approche des +froids, on couvre ces Laitues avec des châssis, on donne autant +d'air que possible, afin d'éviter la pourriture; avec des soins, on +peut en conserver jusqu'en décembre.</p> + +<p><i>Côtière</i>, n. 10.—Dans la première quinzaine, on plante de la +Laitue de la Passion, de la Chicorée de la Passion et de la Romaine +rouge d'hiver, semées dans le courant d'août.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—Dans les premiers jours du mois, on sème des +Choux-fleurs, des Choux d'York et cœur-de-bœuf. On sème de la +Chicorée fine sous cloches, mais à froid. On sème la Pimprenelle, +des Radis roses sur ados, et on continue de semer du Cerfeuil +ordinaire, du Cerfeuil bulbeux, des Mâches et des Épinards. On fait +blanchir des Cardons et du Céleri.</p> + +<p>N. 56. On sème de la Carotte hâtive.</p> + +<p>N. 41. On sème du Poireau long.</p> + +<p>N. 42, 43, 44 et 45. On plante cinq rangs de Fraisiers des quatre +saisons dans chaque planche, et on les met à 0<sup>m</sup>,35 sur la ligne.</p> + +<p>N. 46 et 47. On plante quatre rangs de Fraisiers Queen's seedling, +ou toute autre espèce à gros fruit, dans chaque planche, et on les +met à 0<sup>m</sup>,50 sur la ligne.</p> + +<p>On récolte les graines de Chicorées, Céleri, Betteraves, Poirées, +Choux-fleurs.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Les travaux de ce mois se bornent à peu de chose. +Néanmoins, on surveille la végétation des Pêchers, afin de maintenir +l'équilibre de la sève. On greffe les arbres qui végétaient trop +vigoureusement dans le cours du mois précédent, et l'on garantit les +fruits contre la voracité des oiseaux et des insectes. On donne le +dernier binage.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page10" name="page10"></a>(p. 10)</span> <span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Mêmes travaux de soins et d'entretien +que dans les mois précédents. C'est l'époque la plus favorable pour +semer les pelouses de gazon, car il reste encore assez de temps pour +qu'il couvre la terre avant l'hiver, et au printemps il est en état +de résister à la sécheresse, qui lui est très-contraire. C'est +également l'époque de tondre les bordures de Buis. Semer les +Clarkias, Collinsias, Coréopsis, Crépis, Énothères, Alyssum +maritimum, Gilias, Mufliers, Némophiles, Œillets de Chine, +Silènes, Saponaire de Calabre, Thlaspis, etc., et repiquer avant +l'hiver les plants en pépinière, pour ne les mettre en place qu'au +printemps. Semer en pots, que l'on hiverne sous châssis, les +Anagallis, Brachycomes, Centranthus, Eucharidium, Leptosiphon, +Nemesia, Nycterinia, Malopes, Phlox Drummondi, Schizanthus, +Trachymènes, Viscaria.</p> + +<p>Planter aussi les Iris Germanica, semer des Giroflées quarantaines +pour les repiquer sur ados, ou dans des pots, qu'on rentre dès que +le froid se fait sentir. Semer les Renoncules et Anémones en terrine +ou en pleine terre.</p> + +<p>Séparer et replanter les Pivoines herbacées, mais de telle sorte que +les bourgeons ne soient recouverts que d'environ 0<sup>m</sup>,5 ou 0<sup>m</sup>,3 de +terre.</p> + +<p>Planter les Pancratiums Illyricum, les Fumeterres bulbeuses et les +Alstræmerias, qui peuvent supporter la pleine terre; planter aussi +les Jonquilles à 0<sup>m</sup>,5 ou 0<sup>m</sup>,6 de profondeur, ainsi que les +Muscaris, les Jacinthes, les Crocus, les Tulipes hâtives et les +Narcisses que l'on veut chauffer pendant l'hiver.</p> + +<p>On peut encore faire des boutures de Calcéolaires, Ageratum +Mexicanum, Chrysanthèmes à fleurs blanches, Verveines.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Vers le 15, on rentre les plantes de serre chaude, qui +souffriraient de l'abaissement de la température. <span class="pagenum"><a id="page11" name="page11"></a>(p. 11)</span> On +rempote les plantes de serre tempérée et d'orangerie, afin qu'elles +soient reprises avant qu'on les rentre, et l'on remet les panneaux +sur les serres et sur les bâches.</p> + +<h3>OCTOBRE.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>754 mill. 465.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+14°,73.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+9°,46.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">48 mill. 10.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">82°,5.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux Généraux.</span>—Commencer les labours d'hiver, les travaux de +plantation et les modifications à faire dans la disposition du +jardin; faire les trous d'arbres, planter même si l'on est pressé. +Séparer les bordures et les touffes des plantes vivaces, élaguer les +arbres rustiques, commencer à tondre les haies, couvrir les plantes +délicates; récolter les graines, les fruits, les légumes. Si l'on a +des terres à remuer pour certaines dispositions du jardin, on peut +commencer. Le soir, on fait des paillassons, afin d'être en mesure +de couvrir les châssis et les serres dans le courant du mois +suivant.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin Potager.</span> <i>Couches.</i>—On commence à chauffer les Asperges +vertes, et on plante les œilletons d'Ananas dans des pots +proportionnés à la force de chacun; aussitôt après la plantation, on +enfonce les pots sur une couche, et, à partir de cette époque +jusqu'au printemps, il faut remanier les réchauds tous les mois. Il +faut aussi relever de pleine terre ceux qui ont été plantés l'année +précédente à la même époque, puis les mettre dans la serre.</p> + +<p>Dans la première quinzaine, on sème sous cloches et sur ados de la +Laitue petite noire; on élève ces Laitues sans jamais leur donner +d'air. À la même époque, on sème de la Romaine verte maraîchère, et +dans la seconde quinzaine <span class="pagenum"><a id="page12" name="page12"></a>(p. 12)</span> de la Laitue rouge, de la Laitue +gotte et de la Romaine blonde ou grise maraîchère. Lorsque le plant +commencera à avoir quelques feuilles, on placera trois rangs de +cloches sur toute la longueur de l'ados, et l'on repiquera sous +chacune d'elles une trentaine de plants. Pendant la première +huitaine qui suivra la plantation, on donnera un peu d'air au plant +en soulevant les cloches d'environ 0<sup>m</sup>,3, puis après ce temps, on +augmentera progressivement jusqu'à 0<sup>m</sup>,8, et il ne faudra rabattre +les cloches que lorsqu'il gèlera à 2 ou 3 degrés. Ce plant, étant +convenablement soigné, servira à faire toutes les plantations qui +auront lieu depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février.</p> + +<p>On repique les Choux-fleurs et les Choux cabus hâtifs en pépinière.</p> + +<p>N. 6. Vers la fin du mois ou au commencement de novembre, on plante +sur terre, mais sous châssis, de la Chicorée fine semée dans la +première quinzaine de septembre, et deux rangs de Choux-fleurs semés +dans les premiers jours de septembre.</p> + +<p>Si, vers la fin du mois, on craignait la gelée, il faudrait mettre +les panneaux sur les Laitues plantées n. 3.</p> + +<p><i>Pleine terre</i>, n. 19.—On sème les Épinards pour le printemps. Dans +la seconde quinzaine, on repique au n. 18 de l'Oignon blanc semé +dans la seconde quinzaine du mois d'août, et on sème du Cerfeuil ou +des Mâches dans l'intervalle. On fait les derniers semis de Cerfeuil +bulbeux.</p> + +<p>Vers la fin du mois, ou au commencement de novembre, il faut couper +les vieilles tiges d'Asperges, et donner à chaque planche un léger +binage à la fourche, puis étendre un bon paillis de fumier.</p> + +<p>On continue de faire blanchir du Céleri et des Cardons.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin Fruitier.</span>—Il ne reste plus rien à faire aux <span class="pagenum"><a id="page13" name="page13"></a>(p. 13)</span> arbres +jusqu'au moment de la taille; on peut cependant marquer ceux qu'on +se propose de déplanter pour les lever le mois suivant. C'est +l'époque de cueillir les fruits et de les déposer dans le fruitier, +ce qu'il ne faut faire que par un temps bien sec et au fur et à +mesure que les arbres cessent de végéter.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Couper les tiges des plantes vivaces qui ont +cessé de fleurir. Nettoyer les plates-bandes, les fumer et les +labourer avant de mettre en place les plantes qui devront fleurir au +printemps. Ramasser les feuilles qui tombent dans les allées, +auxquelles on donne une dernière façon.</p> + +<p>Semer en place des Cynoglosses, Pieds-d'alouette, Pavots, Giroflées +de Mahon, Adonides, etc. Refaire les bordures de Mignardise, de +Buis, de Marjolaine, de Thym et d'Hysope; sevrer les marcottes +d'Œillets, et les planter en pots ou en pleine terre. Planter les +Jacinthes à 0<sup>m</sup>,10 de profondeur, et planter en pots celles que l'on +destine à être chauffées. Planter les Iris d'Espagne et +d'Angleterre, à 0<sup>m</sup>,3 de profondeur; les Crocus en pots, en bordures +ou dans les gazons, où ils produiront au printemps un effet charmant +et seront défleuris avant qu'il soit nécessaire de couper le gazon. +Mettre en terre les Tulipes, à environ 0<sup>m</sup>,6 de profondeur. Il faut +aussi planter l'Ail doré et les Scilles agréables et d'Italie; +relever de terre les Glaïeuls plantés au printemps.</p> + +<p>Dès les premières gelées, il faut relever de terre les Dahlias, les +Érythrines, les Balisiers, et les déposer dans l'orangerie ou dans +une cave bien sèche, pour passer l'hiver; en faire autant de toutes +les plantes de serre qu'on a mises en pleine terre au printemps pour +garnir les massifs et plates-bandes. Il faut les tailler et les +empoter; puis, pour les rétablir, on les met pendant quelque temps +sous un panneau.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page14" name="page14"></a>(p. 14)</span> <span class="smcap">Serres.</span>—Dans la première quinzaine, on rentre les +Pélargoniums; et dans la seconde, à moins de froid prématuré, les +Orangers, les Grenadiers et les Lauriers-roses. Les plantes les plus +délicates, celles qui ont besoin d'air et de lumière, se mettent +près du jour, et les plus rustiques se placent derrière. Lorsque +toutes les plantes sont rentrées, on bine la terre des pots ou des +caisses, et on donne un léger arrosement.</p> + +<h3>NOVEMBRE.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>755 mill. 614.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+10°,15.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+4°,74.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">55 mill. 87.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">82°,2.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—On commence les plantations et les labours, ainsi +que le défoncement du terrain qu'on destine à une nouvelle +plantation. On veille à la conservation des végétaux qui craignent +la gelée, et on ramasse les feuilles pour faire les couches et +couvrir les châssis. Lorsqu'on a le choix, les feuilles de Chêne et +de Châtaignier sont celles auxquelles on doit donner la préférence.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—On continue de chauffer les Asperges +vertes et on commence à chauffer les Asperges blanches. Dans les +premiers jours du mois, on sème sous châssis, mais en pleine terre, +des Pois pour replanter sous châssis. On sème de la Laitue Georges +sous cloches et sur ados, et on traite le plant comme nous l'avons +indiqué pour les Laitues rouges et gottes.</p> + +<p>On relève les Romaines vertes pour les replanter immédiatement sous +cloches; mais, cette fois, on n'en met plus que douze ou quinze par +cloche. S'il arrivait que le plant de Romaine blonde ou grise +avançât trop, il faudrait <span class="pagenum"><a id="page15" name="page15"></a>(p. 15)</span> lui faire subir un second +repiquage, comme aux Romaines vertes.</p> + +<p>S'il survenait de fortes gelées, il faudrait garnir les cloches qui +couvrent le plant de Laitues et de Romaines avec du vieux fumier +bien sec ou des feuilles, et, pour garnir le derrière de l'ados, on +fera un réchaud que l'on élèvera jusqu'à la superficie des cloches.</p> + +<p>On doit augmenter la couverture en raison de l'intensité du froid, +et découvrir les cloches au moment du soleil; mais il est nécessaire +de s'assurer d'abord si le plant n'est pas atteint de la gelée; car +alors il faudrait, au lieu de découvrir, augmenter la couverture et +le laisser dégeler graduellement.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—On arrache le Céleri planté au n. 37, pour le +replanter par rangs dans une tranchée; lorsqu'il viendra de fortes +gelées, on le couvrira avec de la litière ou des feuilles, que l'on +retirera lorsque le temps sera devenu plus doux.</p> + +<p>N. 31. Vers la fin du mois, on sème des Pois Michaux, et, dans les +intervalles, de la Laitue à couper.</p> + +<p>On coupe les montants d'Artichauts et les plus longues feuilles; +puis on les butte, opération qui consiste à relever la terre autour +de chaque touffe, de manière que celle-ci se trouve enterrée presque +jusqu'en haut. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on les couvre avec +de la litière ou des feuilles, que l'on écarte quand le temps est +doux.</p> + +<p>Afin de ne pas manquer de provisions pendant les gelées, il faut +arracher et mettre en jauge, soit dans la serre à légumes, soit dans +le potager, tous les légumes que la gelée endommagerait ou +empêcherait d'arracher, tels que Carottes, Betteraves, Navets, +Chicorées, Scaroles, Céleris, Cardons. Il faudra couvrir avec de la +paille ou des feuilles ceux que l'on aura enjaugés dans le potager, +comme les Poireaux, les Salsifis, les Scorsonères, les <span class="pagenum"><a id="page16" name="page16"></a>(p. 16)</span> +Navets, et les découvrir toutes les fois que le temps le permettra.</p> + +<p>Il faut aussi, dans le courant du mois, arracher les Choux dont les +pommes sont faites, et les mettre en jauge, afin de pouvoir s'en +servir pendant les gelées.</p> + +<p>Dans le courant du mois, mais le plus tard possible, on coupe les +têtes de Choux-fleurs, ce qu'il ne faut faire que par un temps bien +sec, et on les dépose dans la serre à légumes, où elles peuvent se +conserver jusqu'en avril.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin Fruitier.</span>—Tailler les arbres vieux ou débiles, pour empêcher +que la sève ne monte dans les bourgeons qui doivent être supprimés, +et que l'arbre ne s'épuise. Arracher les arbres qu'on a l'intention +de supprimer.</p> + +<p>Commencer les plantations d'arbres fruitiers dans les terres +calcaires, légères ou sablonneuses, où il est toujours préférable de +planter en automne, excepté pour les Mûriers et les Figuiers, qui ne +doivent être plantés qu'au printemps. Il faut aussi planter en pots +les arbres fruitiers que l'on destine à être chauffés l'année +suivante.</p> + +<p>Si, dans la première quinzaine, on peut disposer de quelques +panneaux, il faudra les placer devant l'espalier de Vigne; par ce +moyen, on peut conserver du Raisin dans toute sa beauté jusqu'en +janvier. Vers la fin du mois, on peut empailler les Figuiers, ou +bien, si les branches sont assez souples pour être abaissées jusqu'à +terre, on les y fixe au moyen de crochets de bois, puis on les +couvre de terre.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Découper à la bêche les bordures de gazon. +Arracher les plantes annuelles qui sont défleuries. Labourer les +plates-bandes et les massifs. Diviser et replanter les plantes +vivaces dont les touffes sont devenues trop larges. Mettre les +Giroflées jaunes en place, de même que les Roses trémières, +Œillets de poëte, Corbeilles d'or, Thlaspis.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page17" name="page17"></a>(p. 17)</span> Terminer la plantation des Tulipes, des Jacinthes et des +Narcisses. Semer en place les premiers Pois de senteur.</p> + +<p>Arracher les Dahlias, dans la seconde quinzaine du mois, si le temps +a été assez favorable pour qu'on les ait laissés en terre jusqu'à +cette époque.</p> + +<p>Butter les Rosiers francs de pied, qui souffrent ordinairement de +nos hivers. Commencer les plantations d'arbres et d'arbustes +d'ornement, excepté les arbres résineux, les Catalpas, Magnolias +grandiflora, Tulipiers, qui ne doivent être plantés qu'au printemps.</p> + +<p>Lorsqu'il commence à geler, il faut couvrir ou mettre dans la serre +les Œillets en pots, les Giroflées grosse espèce et Cocardeau.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Tous les soins à donner aux plantes de serre consistent à +renouveler l'air aussi souvent qu'on pourra, entretenir la propreté, +et ne mouiller qu'avec la plus grande réserve.</p> + +<p>On commence à couvrir la serre chaude pendant la nuit, et, à partir +de cette époque, on continue jusqu'en avril. Lorsque, le soir, le +temps est clair, le vent à l'est, et que le thermomètre ne marque +pas plus de 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, il faut couvrir tous +les châssis et les serres avec des paillassons.</p> + +<h3>DÉCEMBRE.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>754 mill. 953.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+7°,93.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+3°,53.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">43 mill. 60.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">87°,5.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Les travaux de pleine terre sont fort restreints; +on peut s'occuper du transport des engrais <span class="pagenum"><a id="page18" name="page18"></a>(p. 18)</span> et les étendre +sur le sol dans lequel ils doivent être enfouis. On continue les +labours, si la gelée le permet.</p> + +<p>Vers la fin du mois ou au commencement de janvier, on vide les +tranchées des vieilles couches à Melons, afin de pouvoir disposer de +l'emplacement.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—La cessation des travaux de pleine terre +laisse aux jardiniers le temps de s'occuper de leurs couches, qui +exigent tous leurs soins. Aussitôt que les couches indiquées pour ce +mois sont faites, il faut les couvrir de panneaux, afin que les +fumiers entrent plus promptement en fermentation; et, à moins de +temps contraire, on peut découvrir tous les jours celles sur +lesquelles on a semé ou planté, en ayant soin de couvrir avant la +nuit.</p> + +<p>On continue de chauffer les Asperges blanches et vertes. Dans la +première quinzaine, on sème des Raves hâtives, et dans la seconde +quinzaine des Poireaux.</p> + +<p>N. 3. Vers le 15 de ce mois, on sème sur couche et sous châssis de +la Carotte courte hâtive, et on plante de la Laitue petite noire +semée dans la première quinzaine d'octobre.</p> + +<p>N. 4. Planter des touffes d'Oseille sur couche et sous châssis.</p> + +<p>N. 5. Dans la première quinzaine on repique sur terre, mais sous +châssis, des Pois semés dans les premiers jours de novembre.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—À l'approche des gelées, on relève les Brocolis en +mottes pour les planter près à près, et assez profondément pour que +la tige soit enterrée jusqu'aux premières feuilles. On lie les +Cardons, on les lève en mottes et on les rentre dans la serre à +légumes. On couvre le Persil avec de la paille ou des feuilles, et +lorsque le temps est doux on découvre un peu les Artichauts; mais il +est prudent de les recouvrir le soir; et, si la gelée <span class="pagenum"><a id="page19" name="page19"></a>(p. 19)</span> +augmente, il faut les recouvrir d'une plus grande quantité de +feuilles ou de litière.</p> + +<p>On continue de semer des Pois Michaux, et dans la première quinzaine +on plante au n. 12 des Choux d'York semés dans les premiers jours de +septembre.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—On continue les plantations, et dans les terres +fortes, argileuses ou humides, on fait les trous seulement pour ne +planter qu'en février ou mars. On défonce, on fume et laboure, et +vers la fin du mois on place les serres mobiles sur la Vigne et les +arbres fruitiers en espalier que l'on veut chauffer.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Continuer les changements de disposition, +élaguer les arbres, défoncer les parties de vieux gazons que l'on +veut ressemer, réparer les allées dégradées et continuer les +plantations. Dans la deuxième quinzaine, on peut planter les +Renoncules.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Entretenir la température de la serre aux Ananas, garnir +les tablettes de Fraisiers, renouveler l'air dans la serre tempérée +et l'orangerie quand il ne gèle pas, et avoir soin de les refermer +avant la disparition du soleil.</p> + +<p>Couvrir de bâches les Camélias, Rhododendrons, Magnolias, et autres +arbustes rustiques. Bien qu'ils puissent rester trois mois sans +lumière et sans aucun soin, il est bon cependant de les visiter +quelquefois pour enlever la moisissure que l'absence d'air peut +produire.</p> + +<h3>JANVIER.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>757 mill. 759.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+7°,10.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+4°,41.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">36 mill. 27.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">86°,5.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="pagenum"><a id="page20" name="page20"></a>(p. 20)</span> <span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Ce mois est ordinairement froid et +humide; mais, lorsque le temps le permet, on continue les +défoncements et les labours qui n'ont pu avoir lieu dans le courant +du mois précédent; et l'on ouvre les fosses à Asperges pour le +printemps; on amène aussi sur le terrain des fumiers destinés à être +enterrés; on met en tas celui qui doit servir à faire les couches, +les réchauds, etc. Lorsque le temps est assez rigoureux pour +empêcher les travaux extérieurs, on fait les réparations nécessaires +aux instruments de jardinage, on nettoie les graines et on prépare +tout ce qui sera nécessaire pour les opérations ultérieures.</p> + +<p>Le jardinier qui a des serres et des couches a une occupation +constante, et, à cette époque de l'année, elles exigent tous ses +soins. Si le temps est humide, il faut écarter la litière qui couvre +les Artichauts et les recouvrir dès qu'on craint la retour du froid.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—Il faut soigner les couches, refaire les +réchauds, remplir ceux qui n'ont pas besoin d'être refaits, de +manière qu'ils soient toujours aussi élevés que la superficie des +panneaux. À moins de temps contraire, on découvre les panneaux tous +les jours, et l'on donne un peu d'air aux plantes, au moment du +soleil, en soulevant les panneaux du côté opposé au vent; il est +prudent de les recouvrir avant qu'il se soit formé du givre sur les +vitres.</p> + +<p>On commence à chauffer les Ananas qui sont de force à donner fruit, +on continue de chauffer les Asperges blanches et vertes, et l'on +plante les Pommes de terre Marjolin.</p> + +<p>On sème sur couches très-chaudes les premières Chicorées fines, pour +planter sous châssis. On sème également sous châssis du Persil, ou +bien on plante des pieds tout venus.</p> + +<p>On continue de planter des touffes d'Oseille. On sème <span class="pagenum"><a id="page21" name="page21"></a>(p. 21)</span> sous +cloches ou sous châssis des Pois hâtifs pour repiquer en pleine +terre, et, vers la fin du mois, on met des châssis sur les Fraisiers +de pleine terre qu'on veut forcer.</p> + +<p>N. 4. Dans la seconde quinzaine, on repique sur couche et sous +châssis des Haricots de Hollande semés dans la première quinzaine du +mois.</p> + +<p>N. 7. On fait une couche sur laquelle on place trois rangs de +cloches.</p> + +<p>On plante sous chaque cloche quatre Laitues petite noire (semée dans +la première quinzaine d'octobre), et au milieu une Romaine verte, +choisie parmi celles qui ont été semées dans les premiers jours +d'octobre.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—Les travaux de pleine terre sont peu nombreux; +cependant, si, vers la fin du mois, il ne gèle pas, on peut planter +dans les terres légères, à bonne exposition, des Choux d'York et +cœur-de-bœuf, semés dans les premiers jours de septembre, et +de la Romaine verte, semée dans la première quinzaine d'octobre; +puis parmi le tout on sème de la Carotte hâtive et du Poireau.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Continuer les plantations, et si le temps le +permet, commencer, quand il ne gèle pas, à tailler les Pommiers et +les Poiriers en espalier et en quenouille, pour continuer jusqu'en +mars, en commençant toujours par les moins vigoureux; enlever le +bois mort et détruire les nids de chenilles. Couper les rameaux +destinés à servir à la greffe, ou faire des boutures et les enterrer +au nord dans du sable, à l'abri de la gelée et des influences +atmosphériques. Lorsque le froid ou d'autres circonstances empêchent +de mettre immédiatement en place les arbres destinés à des +plantations, il faut les disposer en jauge et en couvrir les racines +de manière à les garantir de la gelée.</p> + +<p>Émousser les arbres et les passer au lait de chaux, afin de détruire +les lichens et les insectes qui s'attachent <span class="pagenum"><a id="page22" name="page22"></a>(p. 22)</span> sur l'écorce. +On doit, dans le même but, blanchir les murs des arbres en espalier, +ce qui peut avoir lieu au moyen d'une seringue de jardin semblable à +celle que l'on emploie pour bassiner les plantes de serre.</p> + +<p>Commencer à chauffer la Vigne, les Cerisiers, les Pêchers, les +Pruniers et les Figuiers.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Il y a peu de travaux à faire dans la saison +rigoureuse; cependant, on profite du temps favorable pour faire les +travaux de terrassement, labourer les massifs et enterrer les +feuilles. On peut aussi continuer les plantations.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine de ce mois, on peut commencer à semer sur +couche chaude de la Pervenche de Madagascar.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Mettre sous châssis ou dans la serre les Jacinthes en pots, +Narcisses, Tulipes hâtives, Rosiers du Bengale, Lilas, +Rhododendrons, etc., dont on veut avancer la floraison.</p> + +<p>Découvrir les serres tous les jours, à moins de temps contraire, et, +au moment du soleil, donner un peu d'air à l'orangerie et à la serre +tempérée; enfin, visiter avec soin les plantes placées dans les +serres, et veiller à ce qu'elles ne soient pas atteintes de la +pourriture.</p> + +<h3>FÉVRIER.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>757 mill. 706.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+7°,08.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+0°,94.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">40 mill. 50.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">83°,2.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Terminer tous les labours qui n'ont pu être faits +dans le cours du mois précédent, et achever les travaux que l'hiver +a suspendus; il faut se <span class="pagenum"><a id="page23" name="page23"></a>(p. 23)</span> presser de les finir, pour ne pas +être arrêté quand la végétation recommencera. Toutes les fois que le +temps le permet, donner de l'air aux Artichauts et au Céleri, que +l'on recouvre quand on craint la gelée.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—Mêmes soins que dans le mois précédent. +On sème les premiers Melons à châssis et les Concombres; on continue +de chauffer les Asperges blanches, de semer de la Chicorée fine, des +Haricots de Hollande pour planter sous châssis, de la Chicorée +sauvage, des Radis roses et des Carottes hâtives sur couche, mais à +l'air libre. On sème du Céleri-rave, des Choux rouges, des Choux de +Milan et de Bruxelles.</p> + +<p>Vers la fin du mois, on sème des Aubergines, et on plante, au n. 1, +des Melons cantaloups hâtifs semés dans les premiers jours du mois.</p> + +<p><i>Côtière.</i>—Dans le cas où l'état de la température n'aurait pas +permis de le faire plus tôt, on plante, au n. 9, de la Romaine +verte, semée dans la première quinzaine d'octobre, et dans la +Romaine on contre-plante des Choux-fleurs, semés dans la première +quinzaine de septembre; puis, parmi le tout, on sème de la Carotte +hâtive et du Poireau.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—Les semis recommencent dans ce mois et ont pris de +l'importance; on commence à butter les Crambés pour les faire +blanchir.</p> + +<p>N. 15. On sème parmi de la Carotte hâtive et des Radis.</p> + +<p>N. 21. On plante des Choux cœur-de-bœuf, semés dans les +premiers jours de septembre, et après la plantation on sème des +Épinards entre les Choux.</p> + +<p>N. 22. On plante des Choux d'York, également semés dans les premiers +jours de septembre, et on sème du Cerfeuil ou des Épinards.</p> + +<p>N. 34. On sème des Fèves naines hâtives.</p> + +<p>N. 48. On sème des Scorsonères.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page24" name="page24"></a>(p. 24)</span> N. 49. On sème des Salsifis.</p> + +<p>Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de mars, on sème, au +n. 40, de l'Oignon jaune des Vertus; au n. 14, on repique des Pois +Michaux de Hollande, semés sur couche en janvier ou février, et, au +n. 29, on plante des Pommes de terre Marjolin ou des fines hâtives.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—On commence les plantations dans les terres +fortes, argileuses ou humides; on continue de tailler les Poiriers +et les Pommiers, et on commence à tailler les Abricotiers, Pruniers, +Cerisiers, Pêchers et la Vigne. Tailler les Groseilliers et rabattre +les Framboisiers, pour en obtenir plus de fruits. Émousser les +arbres, et les passer au lait de chaux, quand cette opération n'a +pas été faite à l'époque précédemment indiquée.</p> + +<p>Planter les Mûriers, terminer les labours. Mettre stratifier les +Amandes que l'on veut planter au printemps, et semer les Poiriers et +les Pommiers.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Labourer les bosquets et les massifs, ainsi que +les emplacements destinés à faire des gazons, que l'on sème à la fin +du mois. Tailler les Rosiers à bois dur, tels que cent-feuilles, +Provins, hybrides non remontants, etc.</p> + +<p>Replanter les bordures de Buis, Lavande, Sauge, Hysope, Mignardise, +Pâquerette, etc. Planter les arbres résineux. On peut continuer ces +plantations jusqu'en mars. Semer en place des Pieds-d'alouette, des +Pavots, des Giroflées de Mahon, Thlaspis, Résédas, si l'on n'en a +pas semé durant l'automne. Planter les Renoncules, à 0<sup>m</sup>,05 de +profondeur. Semer sur couche les Giroflées quarantaines, les +Amarantes, les Pervenches, les Pétunias, Mimulus, Lobélias; presque +toutes les plantes annuelles, excepté celles d'automne; puis, quand +le plant est assez fort, on le repique en pépinière, pour ne le +planter en place qu'en avril et mai.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page25" name="page25"></a>(p. 25)</span> On fait également sur couche des boutures de Coléus, +Lantana, Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, +Verveines, qui, convenablement soignées, peuvent être plantées en +mai dans le jardin d'agrément.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Renouveler l'air dans la serre tempérée et l'orangerie, +enlever les feuilles mortes. Biner la terre des pots et les arroser +modérément.</p> + +<h3>MARS.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>755 mill. 852.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+9°,94.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+2°,66.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">39 mill. 89.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">75°,0.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Les travaux de ce mois sont les premiers de +l'année qui réclament toute l'activité des jardiniers. On doit se +hâter de finir les labours, d'enterrer les fumiers et les engrais et +de refaire partout les bordures. On découvre les végétaux qu'on a +buttés et couverts pour les garantir de la gelée; il faut cependant +encore recouvrir les semis et les plantations d'une petite couche de +terreau ou d'un paillis léger, afin de les mettre à l'abri des +gelées printanières et du hâle, et l'on met en terre les +porte-graines qu'on a conservés en jauge ou dans la serre à légumes.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—Pendant ce mois, les couches nécessitent +beaucoup de surveillance, car il faut souvent ombrer les châssis +pendant le jour et les couvrir la nuit.</p> + +<p>On exhausse les coffres des Choux-fleurs, Haricots, etc., toutes les +fois qu'il est nécessaire; et si, vers la fin du mois, le temps est +favorable, on enlève les panneaux des Choux-fleurs; mais, comme à +cette époque les nuits sont <span class="pagenum"><a id="page26" name="page26"></a>(p. 26)</span> souvent très-froides, il faut, +pendant la nuit et par le mauvais temps, les couvrir avec des +paillassons.</p> + +<p>On commence à chauffer les Ananas de deuxième saison. On continue de +semer des Melons à châssis, des Concombres, des Aubergines et de la +Chicorée sauvage. On fait des boutures de Patates, et vers la fin du +mois on sème des Tomates et des Piments.</p> + +<p>N. 7. Dans la première quinzaine, on plante sous chaque cloche trois +Laitues gottes semées dans la seconde quinzaine d'octobre.</p> + +<p>N. 2. Dans la seconde quinzaine, on plante sur couche en tranchée +des Melons semés dans la seconde quinzaine de février, sur lesquels +on rapporte les châssis qui étaient sur les Carottes semées au n. 3.</p> + +<p><i>Côtière.</i>—On sème un rang de Persil le long du mur.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—On plante les pommes de terre et tous les +porte-graines. On sème des Oignons blancs, des Choux pommés de +Saint-Denis, quintal, de Milan et de Bruxelles, des Laitues, des +Romaines, des Panais, du Céleri, de la Poirée blonde, des Épinards, +de la Ciboule, des Pois, des Fèves, des Salsifis, des Scorsonères, +de la Chicorée sauvage, de la Pimprenelle, du Persil et du Cerfeuil.</p> + +<p>N. 13. On plante deux rangs de Crambés.</p> + +<p>N. 14. Dans la première quinzaine, on sème des Radis roses.</p> + +<p>N. 17. On plante de la Romaine blonde semée vers la fin d'octobre.</p> + +<p>N. 20. On plante de la Laitue rouge semée vers le 15 octobre, et on +contre-plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de +septembre.</p> + +<p>N. 25, 26, 27, 28. On plante quatre rangs d'Asperges de Hollande; on +les met à environ 0<sup>m</sup>,40 de distance sur la ligne.</p> + +<p>N. 32. On sème des Pois d'Auvergne et des Pois ridés.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page27" name="page27"></a>(p. 27)</span> N. 38. On sème du Poireau.</p> + +<p>N. 39. On sème de la Carotte demi-longue.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine, on sème des Brocolis et des Navets +hâtifs.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Terminer les plantations, achever la taille des +arbres fruitiers, excepté pour ceux qui sont trop vigoureux; +labourer le pied des arbres en espalier. Greffer la Vigne, et lors +du premier mouvement de la séve pratiquer l'incision transversale, +pour faire développer les branches nécessaires à la charpente des +arbres qu'on veut élever sous une forme régulière.</p> + +<p>Planter les Figuiers et découvrir ceux qui sont empaillés; couper le +bois mort et rabattre les branches trop maigres.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Outre les travaux indiqués en tête de ce mois, +il faut terminer les plantations d'arbres, d'arbrisseaux et des +plantes vivaces; nettoyer complétement les allées, les sabler.</p> + +<p>Découvrir tous les Rosiers qui ont été empaillés ou buttés.</p> + +<p>Achever de les tailler, excepté ceux qui auraient souffert du froid; +il faudra attendre pour cela qu'ils aient commencé à végéter, et les +tailler plutôt longs que courts, sauf à les raccourcir une quinzaine +de jours après.</p> + +<p>Refaire les bordures de Buis et labourer les massifs de terre de +bruyère.</p> + +<p>Semer les pelouses de gazon dans les terrains où l'on n'aura pas pu +semer en automne.</p> + +<p>Planter les Renoncules et les Anémones qu'on n'aurait pas encore +plantées.</p> + +<p>Planter les Tigridias, à 0<sup>m</sup>,5 de profondeur, les Glaïeuls, à +0<sup>m</sup>,10, et les Lis de Saint-Jacques en pots ou en pleine terre, à +0<sup>m</sup>,15 de profondeur.</p> + +<p>Séparer et replanter les plantes vivaces. (Voir page <a href="#page69">69</a>, +<i>Multiplication par les racines</i>.)</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page28" name="page28"></a>(p. 28)</span> Semer les Crépis, Malopes, Lavatères, et du Réséda, que l'on +peut continuer de semer pendant tout l'été.</p> + +<p>Semer, pour être repiqués, de la Giroflée jaune, des Œillets de +Chine, et presque toutes les plantes annuelles que l'on a semées sur +couche précédemment. Semer aussi les Coréopsis et les Thlaspis, si +on ne les a pas semés en automne.</p> + +<p>Planter sur couche des Tubéreuses, et mettre les tubercules de +Dahlias sous un châssis, afin de favoriser le développement des +bourgeons.</p> + +<p>Semer, sur couche, les Verveines, les Balsamines, Amarantes, +Amarantoïdes, Seneçon des Indes, Zinnias, etc.; et, lorsque le plant +sera assez fort, on le repiquera sur couche en pépinière pour ne +planter en place qu'en mai.</p> + +<p>Semer aussi des Cobéas, et, dès qu'ils auront quelques feuilles, on +les repiquera dans de petits pots qu'on laissera sur couche jusqu'à +la fin d'avril ou le commencement de mai, époque où on les mettra en +pleine terre; on peut encore faire des boutures de Coléus, Lantana, +Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines, +quand celles qu'on a faites en février ne promettent pas une bonne +reprise.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—On n'a plus besoin, dans ce mois, de faire du feu, car le +soleil a pris assez de force pour que ses rayons échauffent +l'atmosphère, et il est même souvent nécessaire d'ombrager les +serres, afin de ne pas laisser brûler les feuilles des plantes. Les +arrosements seront peu à peu plus fréquents et plus abondants. On +nettoie partout, et on seringue les feuilles des plantes aussi +souvent que l'état de la température l'exige.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page29" name="page29"></a>(p. 29)</span> AVRIL.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>754 mill. 789.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+12°,70.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+5°,59.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">45 mill. 53.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">65°,8.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—On continue les travaux qui n'ont pas été +terminés dans le cours du mois précédent; mais, comme les gelées +sont moins à craindre, on peut faire des semis de toutes sortes.</p> + +<p>Sarcler et éclaircir les semis, pailler les plantations pour les +préserver contre le hâle, et, s'il est nécessaire d'arroser, il ne +faut le faire que le matin et dans le jour seulement, à cause de la +fraîcheur des nuits.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—On sème des Melons pour planter sous +cloches, des Concombres, des Cornichons et des Potirons pour planter +en pleine terre; sous châssis, des Haricots flageolets pour repiquer +également en pleine terre; et sur couche, mais à l'air libre, de la +Chicorée fine et des Choux-fleurs.</p> + +<p>N. 3. Dans la première quinzaine, on plante des Melons semés dans la +première quinzaine de mars, sur lesquels on rapporte les châssis qui +étaient sur les Choux-fleurs plantés n. 6.</p> + +<p>N. 7. On plante sous cloches deux rangs d'Aubergines semées fin +février.</p> + +<p>N. 4. Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde, et on +plante sous cloches un rang de Melons semés dans la seconde +quinzaine de mars.</p> + +<p>N. 8. Vers la fin du mois ou au commencement du mois de mai, on +plante, sur couche sourde, un rang de Patates.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page30" name="page30"></a>(p. 30)</span> <i>Plate-bande</i>, n. 55.—On plante un rang de Rhubarbe +anglaise.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—On continue de planter des Pommes de terre. On sème +des Choux-fleurs et on continue de semer des Brocolis, des Choux de +Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Pois, des Fèves, des +Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, du +Céleri à couper, du Persil, du Cerfeuil, de la Pimprenelle, de la +Chicorée sauvage; et, vers la fin du mois, des Choux-fleurs +demi-durs, du Cresson alénois, etc.</p> + +<p>N. 30. On plante des Choux de Milan, semés vers la fin de février.</p> + +<p>N. 37. On sème de l'Oseille.</p> + +<p>N. 50. On plante des Choux quintal semés vers le 15 mars.</p> + +<p>N. 51, 52, 53 et 54. On plante deux rangs d'œilletons +d'Artichauts dans chaque planche; on les met à 1 mètre sur la ligne.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Achever de tailler les arbres vigoureux et les +Pêchers; garantir par des toiles ou des paillassons les arbres en +fleur, que menacerait la gelée; terminer les labours et les +plantations; faire les boutures et couchages; répandre du paillis +pour empêcher la sécheresse; greffer en fente les Cerisiers, +Pruniers, Poiriers, Pommiers, Mûriers, etc.; repiquer les Amandes +que l'on a mises à stratifier.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Planter les Magnolias grandiflora et les +Tulipiers, qui, à cette époque, reprennent beaucoup mieux qu'en tout +autre temps. Terminer les labours et tous les travaux de nettoyage +du jardin d'agrément.</p> + +<p>Semer les graines d'arbres résineux; semer les Œillets; rempoter +ou mettre en pleine terre les marcottes de l'année précédente; semer +en place les Capucines grandes et naines, les Haricots d'Espagne, +les Volubilis, les Lupins <span class="pagenum"><a id="page31" name="page31"></a>(p. 31)</span> annuels, les Belles-de-nuit, les +Nigelles, etc.; et semer, pour être repiqués, les Œillets d'Inde +et les Roses d'Inde, que l'on peut semer successivement jusqu'en +juin; diviser les touffes de Chrysanthèmes.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Donner de l'air quand le temps le permet, afin de fortifier +les plantes qui bientôt pourront être exposées à l'air libre; +commencer à seringuer les plantes vers le milieu du jour, et donner +des arrosements modérés. Dans la seconde quinzaine, on commence à +sortir les plantes les moins délicates.</p> + +<h3>MAI.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>754 mill. 863.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+17°,67.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+10°,98.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">56 mill. 80.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">70°,0.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Nous n'entrerons dans aucun détail sur les +opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le +jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du +jardin réclame tous ses soins.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—On fait une couche de 0<sup>m</sup>,50 +d'épaisseur, que l'on recouvre de 0<sup>m</sup>,25 de bonne terre, pour +planter les Ananas en pleine terre, sous châssis.</p> + +<p>Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers +Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de +la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au +n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la +première quinzaine d'avril.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page32" name="page32"></a>(p. 32)</span> Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n. +6, et on plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine +d'avril, sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les +Aubergines plantées au n. 7.</p> + +<p><i>Côtière</i>, n. 9.—Dans la seconde quinzaine, on plante des +Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en +avril.</p> + +<p>N. 11. On sème du Cerfeuil.</p> + +<p>N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes +ou en rayons.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—On plante les dernières Pommes de terre. On sème +des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la +Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des +Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de +Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des +Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du +Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre.</p> + +<p>Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée +demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril.</p> + +<p>N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde +quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des +Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril.</p> + +<p>N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche.</p> + +<p>N. 33. On sème des Haricots à rames.</p> + +<p>N. 23. On sème des Haricots nains.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise +semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux +rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars.</p> + +<p>N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche <span class="pagenum"><a id="page33" name="page33"></a>(p. 33)</span> vers +la fin d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé +sur couche en février.</p> + +<p>N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en +place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la +première quinzaine du mois.</p> + +<p>N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril.</p> + +<p>N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante +quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril.</p> + +<p>N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un +rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Il faut, outre les travaux généraux, que le +jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes +parties de ses arbres et à favoriser leur développement.</p> + +<p>On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et +l'on commence à greffer en écusson à œil poussant.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Planter les derniers Magnolias à feuilles +persistantes.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y +a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils +ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur +beauté.</p> + +<p>Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque, +devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de +beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines.</p> + +<p>C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers, +Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias, +Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page34" name="page34"></a>(p. 34)</span> Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils +sont défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois.</p> + +<p>Replanter en bordure les Amaryllis jaunes.</p> + +<p>Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce, +et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en +septembre on les relèvera pour les planter en pots.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des +Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au +moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les +rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se +prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première +quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre +une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur +du soleil.</p> + +<p>Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les +plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de +l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les +plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de +Paris.</p> + +<p>On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les +bâches à Camélias, Rhododendrons, etc.</p> + +<h3>JUIN.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>756 mill. 966.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+21°,19.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+14°,42.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">54 mill. 34.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">67°,5.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent +de la culture propre à ce mois pour <span class="pagenum"><a id="page35" name="page35"></a>(p. 35)</span> tous les travaux à +faire. Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des +ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec; +faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les +soins généraux qui appellent l'attention du jardinier.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span> <i>Couches.</i>—Dans ce mois, on peut se passer de faire +de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre; +on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons +plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai; +puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la +première quinzaine de mai.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole, +de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour +l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver.</p> + +<p>On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de +Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses, +des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines, +des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson +alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer +tous ceux que l'on veut mettre en filet.</p> + +<p>Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de +Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la +seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée +à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à +0<sup>m</sup>,50 sur la ligne.</p> + +<p>N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde +quinzaine de mai.</p> + +<p>N. 31. On sème des Navets.</p> + +<p>N. 30. On sème des Haricots.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la <span class="pagenum"><a id="page36" name="page36"></a>(p. 36)</span> +Chicorée plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les +premiers jours de mai.</p> + +<p>N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les +premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on +contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai.</p> + +<p>Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème +au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place.</p> + +<p>Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en +faire des confitures.</p> + +<p>On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches, +etc.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—On commence le palissage de la Vigne et des arbres +en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison.</p> + +<p>On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des +bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et +d'un produit assuré.</p> + +<p>On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la +fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet, +on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des +vers à soie.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—On fauche les gazons, on bine les plates-bandes +et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met +des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc.</p> + +<p>Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers.</p> + +<p>Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui +prennent un trop grand développement.</p> + +<p>Repiquer en pépinière les Œillets de semis, rempoter les +Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis +Belladones, et les replanter peu de temps après.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page37" name="page37"></a>(p. 37)</span> Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales, +Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, Œillets de poète, +Myosotis alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes +vivaces propres à garnir le jardin d'agrément.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont +défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition +ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour +que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près +à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux +Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles, +dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre.</p> + +<h3>JUILLET.</h3> + +<table border="0" cellpadding="1" summary="Calendrier."> +<tr> +<td colspan="2">Hauteur moyenne du baromètre,</td> +<td>756 mill. 193.</td> +</tr> +<tr> +<td>Température moyenne,</td> +<td>maximum</td> +<td colspan="2">+21°,19.</td> +</tr> +<tr> +<td> </td> +<td>minimum</td> +<td colspan="2">+16°,99.</td> +</tr> +<tr> +<td>Quantité de pluie,</td> +<td colspan="3">47 mill. 21.</td> +</tr> +<tr> +<td>État de l'hygromètre,</td> +<td colspan="3">68°,2.</td> +</tr> +</table> + +<p><span class="smcap">Travaux généraux.</span>—Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de +soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale +importance, et réclament la sollicitude du jardinier.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin potager.</span>—<i>Couches.</i> Dans la première quinzaine, on enlève le +fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on +en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le +terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine +de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée +dans la première quinzaine de juin.</p> + +<p>N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la +couche, et, comme au n. 2, on remplit la <span class="pagenum"><a id="page38" name="page38"></a>(p. 38)</span> tranchée et on +plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et +on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la +première quinzaine du mois.</p> + +<p><span class="smcap">Pleine terre.</span>—On fait les derniers semis de Choux de Milan, +Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de +semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis +queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut +arriver à maturité avant l'hiver.</p> + +<p>N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la +Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première +quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un +rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin.</p> + +<p>N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante +au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la +première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de +Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin.</p> + +<p>On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de +Salsifis, de Scorsonère, etc.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin fruitier.</span>—Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre +les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner, +découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la +maturité.</p> + +<p>Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le +soir seringuer les feuilles.</p> + +<p>De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à œil +dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et +Pommiers.</p> + +<p><span class="smcap">Jardin d'agrément.</span>—Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter +les Lis à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront +défleuris.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page39" name="page39"></a>(p. 39)</span> Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès +que les feuilles seront desséchées.</p> + +<p>Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à +l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou +sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en +pleine terre.</p> + +<p>Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les Œillets et +commencer à greffer les Rosiers en écusson à œil dormant.</p> + +<p><span class="smcap">Serres.</span>—Les plantes de serre sont presque toutes dehors et +n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles +qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons +solaires et les arroser au besoin.</p> + +<h2>CHAPITRE III.<br> +<span class="smaller">Instruments de jardinage.</span></h2> + +<p>Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables +pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à +constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre +livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie, +afin de simplifier les opérations.</p> + +<h3>§ I.—<i>Outils propres aux labours et plantations.</i></h3> + +<p><span class="smcap">Bêche de Soissons.</span>—La lame est un peu évidée au milieu; elle a +0<sup>m</sup>,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0<sup>m</sup>,16 en bas. Au +lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de +deux chevilles rivées.</p> + +<p><span class="smcap">Bêche de Senlis.</span>—Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la +partie enfoncée dans la douille; le fer <span class="pagenum"><a id="page40" name="page40"></a>(p. 40)</span> a 0<sup>m</sup>,30 de +hauteur, 0<sup>m</sup>,22 de largeur en haut et 0<sup>m</sup>,18 en bas.</p> + +<p><span class="smcap">Binette.</span>—La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que +0<sup>m</sup>,16 de longueur sur 0<sup>m</sup>,12 de largeur. Elle sert à remuer la +terre entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi +qu'à faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de +terre.</p> + +<p><span class="smcap">Binette à croc.</span>—Cette binette, dont la lame est double, offre un +tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents.</p> + +<p><span class="smcap">Hoyau.</span>—Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et +préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a +0<sup>m</sup>,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0<sup>m</sup>,32.</p> + +<p><span class="smcap">Houlette.</span>—La houlette est une petite bêche dont la lame, longue +d'environ 0<sup>m</sup>,15, large de 0<sup>m</sup>,10, est repliée cylindriquement sur +ses côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes.</p> + +<p><span class="smcap">Pioche ou Tournée.</span>—Cet instrument est particulièrement employé pour +les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les +trous et déplanter les gros arbres.</p> + +<p><span class="smcap">Plantoir.</span>—Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre +recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être +enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de +pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre.</p> + +<p><span class="smcap">Traçoir trident.</span>—L'avantage de cet instrument est d'éviter de +déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une +planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le +cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la +planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les +deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une +charnière, <span class="pagenum"><a id="page41" name="page41"></a>(p. 41)</span> et sur la traverse par une petite cheville +mobile, qui permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le +besoin.</p> + +<p><span class="smcap">Ciseaux à tondre.</span>—Ce sont de grands ciseaux de 0<sup>m</sup>,40 de longueur, +dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils +servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc.</p> + +<p>Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou. +Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser +les lames l'une contre l'autre.</p> + +<p><span class="smcap">Rateau simple à dents de fer.</span>—Il sert à nettoyer les allées, à unir +la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir +légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ +0<sup>m</sup>,30, et l'autre de 0<sup>m</sup>,45.</p> + +<p><span class="smcap">Ratissoire à pousser.</span>—Manche, 1<sup>m</sup>,40 de longueur; lame, 0<sup>m</sup>,20.</p> + +<p><span class="smcap">Ratissoire à tirer.</span>—Employée dans les parties où la terre est le +plus dure. La lame, qui a 0<sup>m</sup>,20 de largeur, est faite avec un +morceau de vieille faux. Le manche a 1<sup>m</sup>,15 de longueur.</p> + +<p><span class="smcap">Rouleau.</span>—Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre, +muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un +essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour +rouler les terres et les gazons.</p> + +<p><span class="smcap">Sarcloir.</span>—Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne +sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,25.</p> + +<h3>§ II.—<i>Outils propres aux transports.</i></h3> + +<p>Brouette a coffre.—Les proportions d'une brouette sont: longueur, +1<sup>m</sup>,50 à 1<sup>m</sup>,60; largeur du coffre, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,55; écartement des +bras à leur extrémité, 0<sup>m</sup>,65; diamètre extérieur de la roue, +0<sup>m</sup>,48.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page42" name="page42"></a>(p. 42)</span> <span class="smcap">Crochet pour le transport des caisses.</span>—Ces crochets sont en +fer, et l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe +un brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux +hommes transportent facilement des caisses très-pesantes.</p> + +<p><span class="smcap">Diable.</span>—Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les +caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour +les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les +mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la +flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on +peut alors la diriger facilement partout où l'on veut.</p> + +<p><span class="smcap">Fourche ordinaire.</span>—Cet instrument sert à faire les couches, à +transporter les fumiers et à herser les planches du potager.</p> + +<p><span class="smcap">Hottereau</span> (on prononce <span class="smcap">Hottriau</span>).—Il sert au transport des fumiers +et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette.</p> + +<p><span class="smcap">Pelle de bois.</span>—Comme cet instrument est à peu près partout le même, +nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever +les terres et terreaux, à les amonceler, etc.</p> + +<h3>§ III.—<i>Instruments servant aux arrosements.</i></h3> + +<p><span class="smcap">Arrosoir à pomme.</span>—Cet instrument, qui doit être en cuivre pour +avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau.</p> + +<p><span class="smcap">Arrosoir à bec</span> pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins +un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme.</p> + +<p>Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place +du bec de prolongement.</p> + +<p><span class="smcap">Pompe à main et à jet continu</span>, de M. Petit.—Cet instrument, qui +lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert <span class="pagenum"><a id="page43" name="page43"></a>(p. 43)</span> à arroser les +arbres trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue.</p> + +<p><span class="smcap">Seringue</span> pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et +de serre. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,50.</p> + +<h3>§ IV.—<i>Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres.</i></h3> + +<p><span class="smcap">Croissant.</span>—On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à +l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres +et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier +objet l'échenilloir, dont la manœuvre est bien moins fatigante.</p> + +<p><span class="smcap">Coupe-bourgeons.</span>—Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à +ébourgeonner et facilite cette opération.</p> + +<p><span class="smcap">Échenilloir.</span>—On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet +instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins +commode.</p> + +<p><span class="smcap">Sécateur.</span>—Le choix de cet instrument est d'une grande importance; +car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la +végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter +la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec +ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes.</p> + +<p><span class="smcap">Scie à main</span>, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au +sécateur. Sa longueur totale est de 0<sup>m</sup>,25.</p> + +<p><span class="smcap">Égohine</span>, servant à couper les branches dans les endroits où la scie +à main ne peut passer.</p> + +<p><span class="smcap">Serpette.</span>—On en fait de différentes dimensions; mais les plus +généralement employées ont un manche d'environ 0<sup>m</sup>,12, de longueur, +et la lame de 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,09.</p> + +<p><span class="smcap">Serpe.</span>—Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes +des pieux et des tuteurs, etc.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page44" name="page44"></a>(p. 44)</span> CHAPITRE IV.<br> +<span class="smaller">Défoncements et Labours.</span></h2> + +<p>Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre +compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est +essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer.</p> + +<p>Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis +très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il +faut faire défoncer.</p> + +<p>Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes +élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler, +quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le +terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver +de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on +ouvrira une tranchée de 1<sup>m</sup>,60 à 2 mètres de largeur (appelée +jauge). Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche, +et l'on pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a +des terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus +profondément. On divisera le terrain en deux, trois ou quatre +parties, selon le nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la +première tranchée au bout où l'on doit terminer, ce qui servira à +combler le vide de la dernière. On remplacera successivement chaque +tranchée par une autre de même longueur, en ayant soin de mettre la +terre du fond à la superficie.</p> + +<p>Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que +l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne +terre.</p> + +<p>Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de <span class="pagenum"><a id="page45" name="page45"></a>(p. 45)</span> fourche +pour briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain; +puis on passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront +encore à remplir les allées.</p> + +<p>1. <i>Labours.</i>—Dans les terres légères, on fera annuellement un +profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres +compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes, +c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en +monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les +ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à +cultiver.</p> + +<p>Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de +commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge +d'un bon fer de bêche de profondeur (0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 environ), de +0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une +planche pour un homme seul.</p> + +<p>Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on +déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même +bout.</p> + +<p>Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer, +de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est +aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant +l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent +de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid +durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail.</p> + +<p>On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on +replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois +de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera +du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop +profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On +brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de +côté les pierres que l'on rencontrera.</p> + +<p>Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la <span class="pagenum"><a id="page46" name="page46"></a>(p. 46)</span> +terre des sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de +repos. Pour les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la +superficie du terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer, +on l'égalisera à la fourche.</p> + +<p>On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons, +en maintenant toujours une jauge de même largeur.</p> + +<p>En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de +précautions pour ne pas en blesser les racines.</p> + +<p>Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une +autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément +qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises +herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées. +Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire +de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé.</p> + +<p>2. <i>Sarclage.</i>—Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les +plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette +opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de +distinguer au premier coup d'œil les plantes qu'il faut enlever +de celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail +doit offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche: +c'est pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une +heure au moins avant de commencer cette opération, les planches qui +ont besoin d'être sarclées.</p> + +<p>3. <i>Binage.</i>—Le binage est une opération non moins nécessaire aux +plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la +binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents.</p> + +<p>Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la +terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements. +Dans quelques circonstances (par <span class="pagenum"><a id="page47" name="page47"></a>(p. 47)</span> exemple, pour les plantes +repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois +alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire.</p> + +<h2>CHAPITRE V.<br> +<span class="smaller">Fumier et Engrais.</span></h2> + +<p>Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres, +tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la +poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés +que dans la grande culture.</p> + +<p>Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se +procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut +se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues, +qui sont également de bons engrais, mais seulement après être +restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant +l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des +Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté +assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les +graines germent une fois en terre.</p> + +<p>La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être +employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la +poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les +terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des +circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent +de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux +domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre +eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus +chauds sont ceux de <i>cheval</i>, de <i>mulet</i>, <span class="pagenum"><a id="page48" name="page48"></a>(p. 48)</span> d'<i>âne</i> et de +<i>mouton</i>; les plus compactes et les plus froids sont ceux de +<i>bœuf</i>, de <i>vache</i> et de <i>porc</i>.</p> + +<p>Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit +être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il +soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais +comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides, +qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des +fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de +renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le +principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises +herbes.</p> + +<p>Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier, +on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend +un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé.</p> + +<p>C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le +fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit +l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus +possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en +culture.</p> + +<p>Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles +couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur +les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est +encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces +fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en +terreau.</p> + +<p>Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le +temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les +atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes +potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans +une terre fumée de l'année précédente.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page49" name="page49"></a>(p. 49)</span> CHAPITRE VI.<br> +<span class="smaller">Des Arrosements.</span></h2> + +<p>L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est +indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont +on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par +tous les moyens possibles.</p> + +<p>Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les +eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec +soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les +toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues +dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera +les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les +parties du jardin.</p> + +<p>À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir +recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se +préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que +dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de +se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que +fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut +facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est +vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens +se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux +laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition +quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant +serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque +toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques +points même, ces substances sont tellement abondantes <span class="pagenum"><a id="page50" name="page50"></a>(p. 50)</span> que +l'eau dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche +de sels calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des +influences atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions +physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures, +ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans +ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que +l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce +qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se +déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au +soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles +cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10 +degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour +les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt +qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur +végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur +développement.</p> + +<p>On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements +avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de +crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La +colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4 +kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un +bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les +plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque +semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas +être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront +être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du +terrain.</p> + +<p>Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements +pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera +que dans l'après-midi; au printemps <span class="pagenum"><a id="page51" name="page51"></a>(p. 51)</span> et à l'automne, où les +nuits sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin.</p> + +<p>Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et +particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment +repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller +les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les +plantes délicates et nouvellement repiquées.</p> + +<h2>CHAPITRE VII.<br> +<span class="smaller">Des Couches.</span></h2> + +<p>Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue +par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a +recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du +soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible, +dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce +que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne +peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits +tardifs.</p> + +<p>I. <span class="smcap">Couches pour primeurs.</span>—Les couches doivent toujours être à +l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira +sera creusé de 0<sup>m</sup>,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner +dépend de plusieurs circonstances: 1<sup>o</sup> Celles qu'on fait en +décembre, janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute +autre époque de l'année; 2<sup>o</sup> Sur un sol froid et humide, elles +doivent être plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3<sup>o</sup> Plus +elles sont étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait +ordinairement de 1<sup>m</sup>,30 de largeur, plus un sentier de 0<sup>m</sup>,40 qu'on +laisse entre chacune et qu'on remplit de <span class="pagenum"><a id="page52" name="page52"></a>(p. 52)</span> fumier; pour +entretenir et ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds +de fumier neuf, qu'on renouvelle de temps à autre.</p> + +<p>Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval +neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé +d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles +d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des +anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier +seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus +régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur +excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes +plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de +feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf +seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons.</p> + +<p>Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les +fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la +place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à +reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties +sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de +répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être +montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le +mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme, +de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une +fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au +centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération. +Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la +foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du +fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit +régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la +couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les +sentiers <span class="pagenum"><a id="page53" name="page53"></a>(p. 53)</span> et l'on pose les coffres qui, par leur dimension, +ont l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement +de la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de +terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts +pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de +semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent +d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette +précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur, +il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela +ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la +couche, de manière à la refroidir.</p> + +<a id="img002" name="img002"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img002.jpg" width="500" height="215" alt="" title=""> +<p>Fig. 2.—Thermosiphon.<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a><a href="#footnote2" title="Go to footnote 2"><span class="smaller">[2]</span></a></p> +</div> + +<p><i>Thermosiphon.</i>—En quelques circonstances, on peut remplacer les +couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on +fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les +plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux +au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois, +sous <span class="pagenum"><a id="page54" name="page54"></a>(p. 54)</span> lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon; +mais les plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents +arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour +les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire +circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les +coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la +paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous +fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes +forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est +seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire +aux besoins des plantes.</p> + +<p>II. <span class="smcap">Couches sourdes.</span>—Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à +faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une +tranchée de 0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0<sup>m</sup>,35 de +profondeur.</p> + +<p>On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour <span class="pagenum"><a id="page55" name="page55"></a>(p. 55)</span> les +précédentes; on leur donne 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,80 d'épaisseur; elles +doivent être légèrement bombées au milieu.</p> + +<p>On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de +culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier +long pour y concentrer la chaleur.</p> + +<p>1. <i>Réchaud.</i>—Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire +depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire +d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les +refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui +consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier +neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à +remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin, +suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau +fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère, +c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide, +et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de +les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de +concentrer la chaleur.</p> + +<p>2. <i>Ados.</i>—Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la +culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un +terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1<sup>m</sup>,33, tournée +du côté du soleil.</p> + +<p>Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir +fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au +sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour +recharger le derrière d'environ 0<sup>m</sup>,20; après quoi on unit le +terrain; puis on étend sur le tout environ 0<sup>m</sup>,10 de terre mêlée de +terreau.</p> + +<p>Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place +trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer +les jeunes plants.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page56" name="page56"></a>(p. 56)</span> CHAPITRE VIII.<br> +<span class="smaller">Multiplication des plantes.</span></h2> + +<p>Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour +objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune +d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles +présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce +chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et, +en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir +l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain.</p> + +<h3>§ I.—Semis.</h3> + +<p>Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une +opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain +doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien +divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève +avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface.</p> + +<p>La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au +printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la +durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques +salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les +légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc +nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de +la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra +attendre pour que les plantes aient atteint leur entier +développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis +en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et +humide, plus il faut semer tard et moins <span class="pagenum"><a id="page57" name="page57"></a>(p. 57)</span> les graines +doivent être recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il +faut les enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre +dessus un peu de terreau après les avoir hersées et foulées; +d'autres ne doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées +avec un peu de litière.</p> + +<p>Il y a deux modes principaux de semis: les <i>semis sur couche</i> et les +<i>semis en pleine terre</i>.</p> + +<p>I. <span class="smcap">Semis sur couche.</span>—Comme il est souvent nécessaire de faire des +semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les +graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que +la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces +de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la +température la plus favorable (excepté pour les Melons, les +Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes +les graines potagères que nous avons soumises à cette température +ont parfaitement réussi.</p> + +<p>L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des +semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours +être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces +semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre, +et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les +conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au +parfait développement des graines.</p> + +<p>II. <span class="smcap">Semis en pleine terre.</span>—Ces semis se font <i>à la volée</i>, en +<i>lignes</i> ou <i>rayons</i>, et en <i>pochets</i>.</p> + +<p>1. <i>Semis à la volée.</i>—La terre étant préparée, comme il a été dit +plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les +bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la +répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un +mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus +également et <span class="pagenum"><a id="page58" name="page58"></a>(p. 58)</span> de ne pas répandre de graines dans les +sentiers, on sème la largeur de la planche en deux fois, en +commençant par les bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne +faut pas semer trop épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si, +malgré cette précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les +éclaircir à la main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas +semer trop épais les graines fines, on peut, pour éviter cet +inconvénient, les mêler avec du sable ou de la terre fine bien +sèche. Après le semis, il faut herser le terrain légèrement avec la +fourche, puis fouler un peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant +pas faire si le terrain était humide. Pour recouvrir les graines, on +étend avec le dos du râteau la terre des bords de la planche, en +ayant soin d'en laisser un peu, de manière à retenir l'eau des +arrosements. On peut aussi étendre sur les semis un peu de fumier +bien consommé. Si le temps est sec, il faudra favoriser la +germination des graines par des bassinages donnés avec l'arrosoir à +pomme.</p> + +<p>2. <i>Semis en lignes</i> ou <i>en rayons.</i>—On trace, soit à la binette, +soit au traçoir, des rayons d'environ 0<sup>m</sup>,3, ou 0<sup>m</sup>,5 de profondeur, +et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on +veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre +légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre +des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir +les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce +mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les +binages doivent être fréquents.</p> + +<p>3. <i>Semis en pochets.</i>—Il consiste à faire avec la binette des +trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur +seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque +touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou, +on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les +plantes sont assez <span class="pagenum"><a id="page59" name="page59"></a>(p. 59)</span> élevées, on finit de remplir les trous +en passant un coup de râteau entre chaque touffe.</p> + +<h3>§ II.—Repiquage.</h3> + +<p>Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent +être semées en place; et, pour être certain du succès de +l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux, +car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les +produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent +lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en +pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près +les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de +déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la +reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se +faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura +étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant +profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre +côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce +qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages +qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un +temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il +faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et +faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de +plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas +attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser.</p> + +<h3>§ III.—Oignons.</h3> + +<p>Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes +bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de +les planter dans les circonstances les plus favorables à leur +végétation.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page60" name="page60"></a>(p. 60)</span> § IV.—Caïeux.</h3> + +<p>On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour +de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes, +Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut +détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque +les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent +toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins +avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils +se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent +ordinairement au bout de trois ou quatre ans.</p> + +<h3>§ V.—Bulbilles.</h3> + +<p>Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la +place des graines, de petits oignons nommés <i>bulbilles</i>, qui servent +à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les +traiter comme les caïeux.</p> + +<h3>§ VI.—Tubercules.</h3> + +<p>Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges +souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines +fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de +terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles +tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de +morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle +plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels +sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il +faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun +une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient +pas.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page61" name="page61"></a>(p. 61)</span> § VII.—Griffes ou Pattes.</h3> + +<p>On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on +les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un +œil à chacun.</p> + +<h3>§ VIII.—Œilletons.</h3> + +<p>On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines +plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en +ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut +éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus +certaine.</p> + +<h3>§ IX.—Séparation des racines.</h3> + +<p>Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines +partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies +d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les +multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a +d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface +du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes +épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors +les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante +que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles +que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie +de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.</p> + +<h3>§ X.—Stolons ou Coulants.</h3> + +<p>Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui +produisent à chaque nœud des rejetons s'enracinant sur le sol. +Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant +de nouvelles plantes.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page62" name="page62"></a>(p. 62)</span> § XI.—Marcottes.</h3> + +<p>Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit +en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère +que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que +l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être +abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus +sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée +sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a +plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les +plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la +terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment +humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver +l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du +fumier consommé ou de la mousse.</p> + +<p>1. <i>Marcottes simples.</i>—Ce sont celles que l'on emploie pour +multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la +Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans +une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la +branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui +se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait +sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la +rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes +qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément.</p> + +<p>2. <i>Marcottes par strangulation.</i>—Elles diffèrent des précédentes +en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la +couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent +de nouvelles racines.</p> + +<p>3. <i>Marcottes par incision.</i>—Nous allons décrire cette opération +telle qu'on l'exécute pour multiplier les Œillets. <span class="pagenum"><a id="page63" name="page63"></a>(p. 63)</span> Dans +le courant de juillet, on suspend les arrosements quelque temps +avant le marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et +l'on choisit des tiges assez longues pour être couchées. On +retranchera les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se +trouve en terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige +dans une petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera +l'extrémité de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en +remontant à mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision +d'environ 0<sup>m</sup>,02 de longueur, de manière que la partie entaillée +forme une languette dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un +nœud, en ayant soin de ne pas entamer l'autre moitié de la tige. +On maintiendra chaque marcotte par un crochet ou un bout d'osier +passé dessous, et dont on enfoncera les deux extrémités en terre; +puis on recouvrira le tout de terre assez fine pour qu'elle +s'introduise partout, en ayant soin surtout d'en faire pénétrer un +peu entre les parties séparées, qui ordinairement restent écartées +par l'effet de la courbure. Une fois l'opération terminée, on a +l'habitude de couper l'extrémité des feuilles pour les empêcher de +se faner; puis on étendra un léger paillis de fumier à moitié +consommé et l'on mouillera avec un arrosoir à trous très-fins, pour +ne pas ébranler les marcottes, qui s'enracineront ordinairement au +bout de peu de temps.</p> + +<p>4. <i>Marcottes par cépée.</i>—Ce procédé consiste à couper au printemps +un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de +terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève +lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le +Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer.</p> + +<p>5. <i>Marcottes de racines.</i>—Pour faire ce genre de marcottes, il +faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la +séve forme un bourrelet d'où il ne tarde <span class="pagenum"><a id="page64" name="page64"></a>(p. 64)</span> pas à se +développer des bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus +vigoureux, et l'on supprime les autres; puis, à l'automne, on le +sèvre en coupant la racine près de la souche.</p> + +<h3>§ XII.—Boutures.</h3> + +<p>Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par +boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité, +consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une +feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines. +Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est +d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être +multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches +disposées spécialement pour cette opération; aussi nous +bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air +libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien +si l'on possède seulement des cloches et un châssis.</p> + +<p>1. <i>Boutures à l'air libre.</i>—C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup +d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des +rameaux de l'année par tronçons de 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,20 de longueur, +selon les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous +d'un œil; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de +leur longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un +lieu à l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au +commencement d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien +préparé et autant que possible à une exposition ombragée; on les +enfoncera de manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre, +puis après la plantation on paillera le terrain, et lorsque la +sécheresse commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir +l'humidité de la terre par des arrosements.</p> + +<p>2. <i>Boutures sous cloches et sous châssis.</i>—Beaucoup de <span class="pagenum"><a id="page65" name="page65"></a>(p. 65)</span> +plantes d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de +boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et +mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à +obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et +on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de +terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la +recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû +être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu +éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les +boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses; +on les étête en leur donnant 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10 de longueur, en ayant +toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous +d'un œil; puis on les repique immédiatement sur la couche au +moyen d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03. On +pourrait aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on +enfoncerait dans la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les +Héliotropes, les Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert +les bordures de cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du +soleil, et la nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les +bassiner de temps à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les +boutures ne peuvent s'enraciner qu'en maintenant la terre +constamment fraîche; lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on +sera certain qu'elles sont pourvues de racines, on leur donnera un +peu d'air dans le jour, en soulevant les cloches ou châssis, et au +bout de quelque temps on pincera les extrémités les plus longues, +puis on relèvera les boutures en tâchant de conserver à chacune une +petite motte. On les plantera dans des pots, que l'on pourra +replacer sur la même couche après les avoir arrosés, et, si on le +juge nécessaire, on ranimera la chaleur de la couche en faisant de +nouveaux réchauds; les autres <span class="pagenum"><a id="page66" name="page66"></a>(p. 66)</span> soins se borneront à leur +donner de l'air graduellement et à les arroser au besoin. Toutes les +plantes étant ainsi traitées seront fortes et assez rustiques pour +pouvoir être mises en pleine terre à l'époque où l'on en garnit les +massifs et les plates-bandes.</p> + +<p>La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée; +seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est +ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus +favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin +d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué +précédemment, on les repique à 0<sup>m</sup>,03 ou 0<sup>m</sup>,04 l'une de l'autre +dans des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée +d'un peu de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement; +puis on place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du +soleil. À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront +être séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de +parties qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément; +étant ainsi traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant +des plantes de force à fleurir.</p> + +<p>On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui +s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis +ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi +haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit +l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que +l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le +trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout +sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus.</p> + +<p>3. <i>Boutures par tronçons de racines.</i>—Quelques végétaux peuvent +être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante +soit en pleine terre, soit sur <span class="pagenum"><a id="page67" name="page67"></a>(p. 67)</span> couche, mais toutefois en en +laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons.</p> + +<h2>CHAPITRE IX.<br> +<span class="smaller">De la Greffe.</span></h2> + +<p>Nous ne décrirons pas longuement la greffe, cette opération est trop +généralement connue pour cela; nous dirons seulement qu'elle a pour +objet de multiplier, de conserver et de perfectionner des variétés +utiles et agréables, et de faire porter à un tronc sauvage des +fleurs brillantes ou des fruits savoureux destinés à +l'embellissement de nos jardins et à l'accroissement des produits +non moins appréciables de nos vergers.</p> + +<p>Cette opération, sur laquelle il a été tant de fois et si longuement +écrit, exige tout simplement un peu d'observation et une certaine +habileté manuelle. Elle repose sur trois points fondamentaux: 1<sup>o</sup> +l'appréciation des circonstances dans lesquelles la greffe doit être +faite, c'est-à-dire le moment où les plantes abreuvées de sève ne +demandent qu'à végéter; 2<sup>o</sup> le choix du sujet, qui doit être dans +un état convenable de vigueur et de santé, et surtout apte à +recevoir la greffe, qu'on ne peut pratiquer que sur des espèces +unies entre elles par d'étroites affinités; car toutes les greffes +des Rosiers sur Houx, Lilas, etc., sont autant de contes faits à +plaisir; 3<sup>o</sup> l'opération manuelle, qui n'exige qu'un court +d'apprentissage et peut être considérée comme la moins difficile des +trois, puisque par l'observation des deux conditions qui précèdent +on obtient un succès auquel on ne peut atteindre, quel que soit le +soin du greffeur, si les circonstances dans lesquelles il opère sont +défavorables.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page68" name="page68"></a>(p. 68)</span> Il y a différentes sortes de greffes, mais la plupart sont +de pur agrément; aussi nous bornerons-nous à décrire les +principales, qui peuvent être considérées comme le type de toutes +les autres, qu'on pourra exécuter lorsqu'on connaîtra celles que +nous indiquons.</p> + +<p>1. <i>Greffe en écusson.</i> Cette greffe est la plus généralement +employée, et l'on peut l'exécuter à plusieurs époques de l'année; +premièrement, de mai en juillet, ce que l'on appelle <i>greffe à +œil poussant</i>; cette dénomination vient de ce que ces greffes, +commencent à pousser aussitôt que l'écusson est repris; il en est +même, sur les Rosiers par exemple, qui à l'automne de la même année +forment déjà une belle tête. La seconde époque est d'août en +septembre, lorsque la séve commence à se ralentir, et on l'appelle +<i>greffe à œil dormant</i>, parce qu'à cette époque l'écusson ne fait +plus que se souder au sujet et ne pousse que l'année suivante. C'est +dans cette saison qu'on greffe de préférence les arbres fruitiers.</p> + +<p>Il faut, quelque temps avant l'opération, préparer le sujet à +recevoir la greffe, c'est-à-dire faire choix des branches sur +lesquelles on veut écussonner, et supprimer les autres, surtout +celles qui se trouveraient au-dessous des greffes; et si les +individus qu'on veut greffer commençaient à ne plus être en séve, il +faudrait tâcher, par des arrosements, d'en ranimer la végétation. +Lorsque le moment sera favorable, on choisira les meilleurs yeux de +l'espèce qu'on veut multiplier, on coupera la feuille placée +au-dessus de l'œil sans endommager le pétiole, on supprimera +aussi les aiguillons qui se trouveraient sur l'écusson; puis, avec +la lame du greffoir, on cernera l'œil de manière à pouvoir +l'enlever avec une partie de l'écorce environnante, à laquelle on +donnera à peu près la forme de l'écusson (voir A, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>). Pour la +détacher, on la soulèvera légèrement avec la pointe du greffoir, +puis avec la <span class="pagenum"><a id="page69" name="page69"></a>(p. 69)</span> spatule, en ayant soin d'enlever toutes les +parties ligneuses adhérentes à l'écusson, et qui empêcheraient son +contact avec le bois du sujet, à moins que le rameau ne soit assez +tendre pour qu'on n'ait pas besoin de faire cette opération; et s'il +arrivait que l'on enlevât la racine de l'œil, ce qu'il est facile +de reconnaître au vide qui en résulte, il fondrait réformer cet +écusson, dont la reprise serait douteuse.</p> + +<a id="img003" name="img003"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img003.jpg" width="400" height="212" alt="" title=""> +<p>Fig. 3.—Greffe en écusson.</p> +</div> + +<p>On peut encore employer un autre moyen pour lever l'écusson, et il +est surtout avantageux quand les greffes sont petites; il consiste à +détacher avec un fil de soie ou un crin (voir B, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>) +l'écusson, dont on a d'abord soulevé la partie supérieure; on fait +ensuite sur l'écorce du sujet à greffer une incision en forme de T +(voir C, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>), on soulève les bords de la plaie en glissant la +spatule sous l'écorce, de manière à pouvoir placer facilement +l'écusson, qu'on introduit en le tenant par le pétiole et en +appuyant légèrement sur la partie supérieure; s'il arrivait qu'il ne +pût entrer dans toute sa longueur, il faudrait en couper l'extrémité +pour qu'il coïncidât bien avec le sujet; ensuite on rapproche les +bords de l'entaille sur l'écusson, et l'on entoure le tout d'une +ligature de laine, en ayant soin surtout de ne pas engager l'œil +(voir D, <i>fig. <a href="#img003">3</a></i>). Nous avons figuré la ligature plus écartée +qu'elle ne doit l'être, afin <span class="pagenum"><a id="page70" name="page70"></a>(p. 70)</span> qu'on puisse voir la position +de l'écusson. La chute précoce du pétiole est un signe de la reprise +de la greffe, ce qui a lieu ordinairement dix ou quinze jours après +l'opération; il faut alors rabattre le sujet à quelques centimètres +au-dessus de la greffe. On aura soin d'enlever toutes les pousses +qui paraîtront sur le sujet, et l'on pincera le bourgeon terminal +des greffes de manière à favoriser le développement des yeux +inférieurs.</p> + +<a id="img004" name="img004"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img004.jpg" width="200" height="223" alt="" title=""> +<p>Fig. 4.—Greffe en anneau.</p> +</div> + +<p>2. <i>Greffe en anneau.</i>—Les mois d'avril et d'août sont les époques +les plus favorables pour la reprise de cette greffe. Elle convient +pour la multiplication des arbres à bois dur, et particulièrement +des noyers. On choisit, sur l'arbre que l'on veut multiplier, une +branche de même grosseur que le sujet à greffer; on cerne l'écorce +circulairement au-dessous et au-dessus d'un œil, de manière à +former un anneau que l'on détache en le fendant perpendiculairement +sur la partie apposée à l'œil (voir C. <i>fig. <a href="#img004">4</a></i>); puis on +l'enlève à l'aide de la spatule du greffoir. On enlève ensuite sur +le sujet un anneau de la même largeur (voir B, <i>fig. <a href="#img004">4</a></i>), et l'on +rapporte à sa place la partie d'écorce enlevée sur l'arbre que l'on +veut propager. Il faut, pour être certain du succès, avoir la +précaution de bien faire joindre les écorces en haut et en bas; puis +on assujettit les greffes avec une ligature de laine, en ayant soin +surtout de ne pas engager <span class="pagenum"><a id="page71" name="page71"></a>(p. 71)</span> l'œil. On ne rabattra les +branches ou la tête du sujet que quand la reprise de la greffe sera +assurée. Cette greffe a l'avantage de ne jamais mutiler le sujet; +car, dans le cas où la greffe ne végète pas, l'anneau d'écorce reste +et tient lieu de celui qu'on a enlevé.</p> + +<p>3. <i>Greffe en fente.</i>—Cette greffe peut être également faite au +printemps et à l'automne; et, pour être certain du succès, il faut, +comme pour la greffe en écusson à œil dormant, qu'il n'y ait plus +assez de séve pour faire pousser la greffe, mais qu'il y en ait +encore assez pour la souder au sujet, afin qu'elle ne soit pas +desséchée par les intempéries de l'hiver.</p> + +<p>Pour greffer au printemps, il faut avoir la précaution de couper en +janvier les rameaux de l'année précédente sur chaque espèce d'arbre +que l'on veut multiplier, puis on les enterre dans du sable, à +l'exposition du nord, de manière à en retarder autant que possible +la végétation; car, pour être certain du succès de ces greffes, il +faut que la séve commence à monter dans le sujet, mais qu'elle n'ait +pas encore gonflé les bourgeons du rameau que l'on veut greffer. La +première quinzaine d'avril est ordinairement l'époque la plus +favorable pour cette opération: alors on coupe horizontalement la +tête du sujet, et on le fend au milieu de son diamètre, de manière à +faire une entaille de 0<sup>m</sup>,03 à 0<sup>m</sup>,06, suivant la force du sujet, et +en ayant soin que cette entaille soit toujours un peu plus profonde +et plus large que ne l'exigerait en apparence la greffe à insérer. +Lorsque le sujet est gros et vigoureux, on peut faire plusieurs +entailles (voir A, B, <i>fig. <a href="#img005">5</a></i>); mais il faut qu'elles soient +opposées l'une à l'autre, de manière qu'elles ne se rejoignent pas. +Une fois le sujet prêt à recevoir la greffe, on choisit un rameau +garni de bons yeux et de 0<sup>m</sup>,06 à 0<sup>m</sup>,10 de longueur, de sorte +qu'après son insertion dans l'entaille, il y ait au moins deux ou +trois yeux au <span class="pagenum"><a id="page72" name="page72"></a>(p. 72)</span> dehors. On taille ensuite la partie +inférieure de ce rameau de manière à former deux biseaux de 0<sup>m</sup>,03 à +0<sup>m</sup>,06 de longueur (voir C, <i>fig. <a href="#img005">5</a></i>), quelle que soit l'épaisseur +de la partie qui doit être en dehors, on fait en sorte de conserver +son écorce; ensuite on ouvre la fente avec la spatule du greffoir ou +avec un coin, et l'on insère la greffe de manière que son écorce +coïncide exactement avec celle du sujet; puis on enveloppe le tout +d'une ligature, et l'on couvre l'extrémité du sujet avec de la cire +à greffer<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a><a href="#footnote3" title="Go to footnote 3"><span class="smaller">[3]</span></a>. Il faut, enfin, avoir soin d'enlever toutes les +pousses qui se développent sur le sujet, car elles vivraient aux +dépens de la greffe.</p> + +<a id="img005" name="img005"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img005.jpg" width="300" height="232" alt="" title=""> +<p>Fig. 5.—Greffe en fente.</p> +</div> + +<p>4. <i>Greffe en fente sur tubercule.</i>—Cette greffe est +particulièrement employée pour multiplier les Pivoines en arbre. +Dans le courant d'août, on prend un tubercule de Pivoine herbacée, +on en coupe le sommet transversalement, on fait une fente sur l'un +de ses côtés et l'on y insère un rameau dont on aura taillé en +biseau la partie inférieure, puis on plante le tubercule dans un +pot, mais de manière que toute la greffe se trouve enterrée. Les +pots <span class="pagenum"><a id="page73" name="page73"></a>(p. 73)</span> sont placés sur une couche tiède, et on couvre les +greffes d'une cloche qu'il faut ombrager pendant quinze ou vingt +jours. Au printemps suivant, on peut mettre chacune de ces greffes +en pleine terre.</p> + +<a id="img006" name="img006"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img006.jpg" width="200" height="321" alt="" title=""> +<p>Fig. 6.—Greffe en placage.</p> +</div> + +<p>5. <i>Greffe en placage.</i>—On taille en bec de flûte allongé le rameau +que l'on veut greffer (voir A, <i>fig. <a href="#img006">6</a></i>), puis on enlève sur ce +sujet une portion d'écorce (voir B, <i>fig. <a href="#img006">6</a></i>) exactement de la même +grandeur que la partie taillée de la greffe; on réunit les deux +parties, et l'on fait une ligature. Ces greffes reprennent avec +facilité, mais pour cela il faut les étouffer sous cloche.</p> + +<p>6. <i>Greffe de la Vigne.</i>—Dans le courant de mars, on coupe le sujet +sur le collet de la racine, à environ 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10 en terre, et +on laisse sécher la plaie pendant quelques jours; car si l'on +greffait aussitôt, la séve monterait avec une telle abondance, qu'il +pourrait arriver qu'elle noyât la greffe. On prépare les rameaux +comme pour les autres greffes en fente, puis on fait une ou +plusieurs entailles, selon la force du sujet, et l'on place les +greffes, <span class="pagenum"><a id="page74" name="page74"></a>(p. 74)</span> auxquelles on laisse deux ou trois yeux hors de +terre. La greffe et l'extrémité du sujet sont recouvertes ensuite +avec de la cire à greffer; quelques personnes se contentent même de +comprimer un peu la terre autour de la greffe, en ayant grand soin +de ne pas déranger les rameaux.</p> + +<p>Dans le midi de la France, on pratique la greffe en fente modifiée +de la manière suivante: après avoir déchaussé le cep qui sert de +sujet, on le coupe un peu au-dessus du sol, on le fend de part en +part, et on y insère latéralement une greffe taillée en lame de +couteau vers la moitié de sa longueur, et dont l'extrémité +inférieure, entièrement libre, plonge dans le sol de 0<sup>m</sup>,15 à +0<sup>m</sup>,20; ce qui sert à alimenter la greffe jusqu'à sa parfaite +soudure avec le sujet.</p> + +<p><i>Greffe herbacée.</i>—Cette greffe ne diffère guère de la greffe en +fente que par l'époque où on l'exécute. Elle peut être employée pour +multiplier presque tous les végétaux encore à l'état herbacé, et +particulièrement les arbres résineux et quelques arbrisseaux +d'agrément. L'époque de faire cette greffe varie suivant l'état de +la saison; ordinairement, le moment le plus favorable est le mois de +mai. On coupe l'extrémité du bourgeon au-dessus d'une ou de +plusieurs feuilles, qu'il faut avoir soin de ménager, afin d'attirer +la séve vers la greffe; puis on fend le sujet d'environ 0<sup>m</sup>,03 à +0<sup>m</sup>,06 de longueur, et l'on prépare le rameau comme pour la greffe +en fente, en ayant soin de ne pas trop l'amincir. Pour cette +opération, il faut se servir d'un instrument bien tranchant et bien +affilé, afin de couper bien net. La greffe une fois préparée, on +l'introduit dans la fente du sujet, et on l'assujettit avec une +ligature de laine. Pour éviter de couper la tête du sujet, on peut +procéder d'une autre manière: c'est-à-dire que l'on y fait une +incision, comme pour placer un écusson; puis, après avoir taillé le +rameau en biseau allongé d'un seul côté, <span class="pagenum"><a id="page75" name="page75"></a>(p. 75)</span> en bec de flûte, +on l'introduit entre le bois et l'écorce, et comme toujours, on +maintient la greffe avec une ligature, que l'on doit enlever environ +un mois après l'opération. Pour assurer le reprise de ses greffes, +il est nécessaire de les garantir du soleil et du hâle; ainsi, si +l'on opère sur des plantes en pots, il faudra les réunir sous un +châssis, que l'on aura soin d'ombrer; et pour celles que l'on fera +sur des sujets en pleine terre, on les garantira en les entourant +d'un cornet de papier, d'une feuille de vigne, ou de tout autre +abri, que l'on pourra enlever dix ou quinze jours après l'opération. +Cette greffe peut aussi s'appliquer à la multiplication des plantes +tuberculeuses; c'est ainsi qu'au printemps on greffe les jeunes +pousses des variétés de Dahlias les plus belles sur des tubercules +de variétés inférieures. On prend pour cela un tubercule, on en +coupe le sommet horizontalement, et on le fend sur l'un des côtés, +puis on fait choix d'un rameau qui ne soit pas encore creux, ce qui +arrive lorsqu'ils sont déjà forts, et l'on en taille la partie +inférieure en biseau peu aigu, en ayant soin d'enlever seulement +l'épiderme; puis on l'insinue dans la fente du tubercule, que l'on +plante dans un pot, de telle sorte que toute la greffe se trouve +enterrée. On place les pots sur une couche tiède, et on les couvre +d'une cloche, qu'il faut avoir soin d'ombrager plusieurs jours.</p> + +<p>On pratique aussi la greffe herbacée sur la Vigne.</p> + +<p>Cette opération doit avoir lieu, en mai ou juin, sur des bourgeons +de 0<sup>m</sup>,20 ou 0<sup>m</sup>,25 de longueur. Elle ne diffère en rien de la +greffe en fente ordinaire; seulement, il faut, après avoir enveloppé +la greffe avec de la laine ou avec de la cire, l'introduire dans une +bouteille à large col (bouteille à conserves), qu'on fixe à un +tuteur ou à tout autre support, et boucher l'ouverture avec de la +mousse fraîche.</p> + +<p>Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine, +on débouche la bouteille, afin de fortifier la <span class="pagenum"><a id="page76" name="page76"></a>(p. 76)</span> greffe, et +peu de temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois +que ces greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que +ce procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme +moyen de multiplication, mais encore pour juger du mérite des +variétés nouvelles.</p> + +<a id="img007" name="img007"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img007.jpg" width="150" height="229" alt="" title=""> +<p>Fig. 7.—Greffe en couronne.</p> +</div> + +<p><i>Greffe en couronne</i>, connue sous le nom de <i>greffe Pline</i>.—Cette +greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en +fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière +greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper, +pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les +empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer +doit être coupée horizontalement (voir <i>fig. <a href="#img007">7</a></i>), et il faut +entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans +la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce +ensuite à la profondeur d'environ 0<sup>m</sup>,05 un petit coin de fer ou de +bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en +biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de +manière que tout le biseau soit caché (voir <i>fig. <a href="#img007">7</a></i>). Le nombre des +greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa +grosseur. Elles devront être placées à environ 0<sup>m</sup>,05 l'une de +l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir +l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la +cire à greffer.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page77" name="page77"></a>(p. 77)</span> + +<a id="img008" name="img008"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img008.jpg" width="200" height="279" alt="" title=""> +<p>Fig. 8.—Greffe par approche.</p> +</div> + +<p>7. <i>Greffe ordinaire par approche.</i>—Cette opération consiste à +appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une +branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter +pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra +procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux +branches parallèlement (voir <i>fig. <a href="#img008">8</a></i>), on enlèvera sur chacune une +partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont +la longueur doit être toujours proportionnée à la force des +individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin +de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux +branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il +est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes, +afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement, +ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la +reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on +sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est +souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de +n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la +sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la +couper le <span class="pagenum"><a id="page78" name="page78"></a>(p. 78)</span> plus près possible de la greffe, afin que la séve +recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite +beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du +greffoir.</p> + +<p>8. <i>Greffe par approche compliquée.</i>—Cette greffe diffère peu de la +précédente: elle est spécialement employée pour donner de la +solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres, +de manière à former un losange; et, au point où elles se +rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche, +ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux +parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à +mesure que les branches prennent de l'accroissement.</p> + +<h2>CHAPITRE X.<br> +<span class="smaller">De la Conservation des plantes.</span></h2> + +<p>Nous nous bornerons à dire sur ce chapitre que la situation +septentrionale de notre pays, l'irrégularité de la marche des +saisons, l'humidité de nos printemps et de nos automnes rendraient +impraticable la culture de certaines plantes exotiques, si nous +n'avions recours à des moyens artificiels de conservation et de +multiplication.</p> + +<p>Ces moyens sont de plusieurs sortes: ils comprennent, en commençant +par les plus simples, pour arriver aux plus composés: 1. les +<i>cloches</i>; 2. les <i>châssis</i>; 3. l'<i>orangerie</i> ou <i>serre froide</i>; 4. +la <i>serre tempérée</i>; 5. la <i>serre chaude</i>.</p> + +<p>1. <i>Cloches.</i>—Les cloches de verre sont les plus simples de tous +les abris; elles servent à garantir du froid, et de l'humidité les +plantes délicates et les boutures, et à concentrer la chaleur sur +celles qui ont besoin d'une température plus élevée que celle de +l'atmosphère. Il faut <span class="pagenum"><a id="page79" name="page79"></a>(p. 79)</span> choisir les cloches dont le verre est +le plus blanc, car elles sont assez sujettes à se ternir au bout de +quelques années. Il faut avoir la précaution de les laver de temps à +autre; et, lorsqu'elles ne servent plus, on les met l'une dans +l'autre, en ayant soin de les séparer avec un peu de paille pour +éviter la casse.</p> + +<a id="img009" name="img009"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img009.jpg" width="500" height="216" alt="" title=""> +<p>Fig. 9.—Châssis.</p> +</div> + +<p>2. <i>Châssis.</i>—Les châssis ont pour objet d'activer la germination +de certaines graines, d'augmenter la chaleur des couches, de +permettre la culture des plantes potagères qui ne réussissent pas à +l'air libre, et de garantir contre les injures de l'air les plantes +délicates. Ils se composent de deux parties: le coffre <i>a</i>, <i>a</i> +(<i>fig. <a href="#img009">9</a></i>), et les panneaux <i>c</i>. Chaque coffre a ordinairement 4 +mètres de longueur et 1<sup>m</sup>,33 de largeur; il est formé de quatre +planches clouées sur quatre pieds placés intérieurement aux quatre +coins. Le derrière du coffre doit toujours être plus élevé que le +devant, afin que les panneaux soient inclinés au midi. On +maintiendra l'écartement par deux barres <i>b</i>, <i>b</i>, assemblées à +queue d'aronde par le haut et par le bas, et qui servent de support +aux panneaux. Les panneaux vitrés doivent être en bois de chêne, +d'une bonne épaisseur. Ils se composent d'un cadre de 1<sup>m</sup>,33 de +largeur et d'une longueur arbitraire, divisé par trois petites +barres de même épaisseur, que l'on peut remplacer <span class="pagenum"><a id="page80" name="page80"></a>(p. 80)</span> +avantageusement par des montants en fer, fixés sur les traverses du +haut en bas. On place une poignée à chaque bout, afin de pouvoir les +enlever, et, avant de les vitrer, on les peint à l'huile, opération +qu'il est bon de refaire chaque année à l'automne.</p> + +<p><i>Paillassons.</i>—Les paillassons servent à couvrir les couches, les +cloches, les châssis, les serres, etc.</p> + +<p>Avec le métier à paillassons des jardiniers, on peut facilement +faire ses paillassons soi-même. Ce métier se compose d'un cadre de +bois de 2 mètres de longueur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur, portant à ses +deux extrémités autant de chevilles sans tête qu'on y veut tendre de +ficelles, ce qui dépend de la longueur que l'on donne au paillasson. +On est dans l'habitude de ne faire que trois rangs; cependant il +vaudrait mieux en faire quatre, pour plus de solidité. On attache +les ficelles aux chevilles du bas par une boucle fixe, et en haut +par un nœud coulant, ce qui permet de les tendre autant qu'il est +nécessaire. Une fois chaque ficelle tendue, on lui laisse le double +de la longueur du cadre; cet excédant de longueur sert à coudre le +paillasson, après quoi on pose en travers, et aussi également que +possible, deux couches de paille de seigle, que l'on étend +tête-bêche; et, après avoir roulé la ficelle du rang du milieu sur +une espèce de navette faite avec un morceau de bois de 0<sup>m</sup>,08 de +longueur et évidé sur les côtés, on prend une pincée de paille, et +l'on passe la navette de droite à gauche par-dessous la paille et +par-dessus la ficelle, puis on revient en dessus l'engager dans +l'anse formée par la ficelle, et l'on serre en tirant droit devant +soi, en ayant soin de presser la paille entre le pouce et l'index de +la main gauche, afin d'avoir une maille plate et non ronde; puis on +continue avec la même navette dans toute la longueur du paillasson, +et, lorsqu'on est arrivé au bout, on arrête la ficelle par un +nœud. On passe ensuite <span class="pagenum"><a id="page81" name="page81"></a>(p. 81)</span> aux autres rangs, que l'on coud +de la même manière, en se guidant pour les mailles du bord sur +celles du milieu; et, une fois le paillasson terminé, on coupe les +épis qui débordent de chaque côté.</p> + +<p>Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de +1<sup>m</sup>,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce +qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0<sup>m</sup>,50, ce qui fait +qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue.</p> + +<p>3. <i>Orangerie.</i>—L'orangerie, ou serre froide, est destinée à +garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un +faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et +construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses +dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur, +proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à +contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne +puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de +fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au +centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera +construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs +intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des +froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il +suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet +effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter +souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire. +L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de +celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des +tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un +tonneau pour se réchauffer un peu.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page82" name="page82"></a>(p. 82)</span> § I.—<i>De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur +traitement en hiver.</i></h3> + +<p>La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la +seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de +les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer +les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin +que toutes jouissent autant que possible de la lumière.</p> + +<p>Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et +beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans +l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou +entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes, +qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut +qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent +leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros +Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle, +qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même +peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin +d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car +alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en +les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans +l'orangerie les Œillets cultivés en pots et les Giroflées grosse +espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température +le permet.</p> + +<p>On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit. +Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit; +puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les +fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies +extérieurement de paillassons.</p> + +<p>Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4 +degrés au-dessus de zéro, on <span class="pagenum"><a id="page83" name="page83"></a>(p. 83)</span> donnera de l'air, à moins que +l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent.</p> + +<p>Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que +lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la +quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant +pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de +ranimer la végétation, ce qui les épuiserait.</p> + +<h3>§ II.—<i>De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement +pendant l'été.</i></h3> + +<p>La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première +quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus +rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences +atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air +possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou +pluvieux.</p> + +<p>Toutes les plantes seront placées (comme cela a presque toujours +lieu) près de l'habitation, mais toujours à bonne exposition et à +l'abri des vents; il faut surtout placer les Lauriers-roses à fleurs +doubles et les Grenadiers à l'extrême sud, si l'on veut les voir +fleurir chaque année. Aussitôt après leur sortie, on rencaissera +toutes les plantes qui en auraient besoin, soit qu'elles demandent +plus d'espace, soit que les caisses doivent être remplacées; mais on +ne le fera qu'après les avoir déposées à leur place, afin d'éviter +qu'elles ne soient ébranlées dans le trajet.</p> + +<p>En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses +plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car, +rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent +beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent. +Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être +rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous +les <span class="pagenum"><a id="page84" name="page84"></a>(p. 84)</span> cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser +les Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif +que le développement des branches et des rameaux est toujours en +rapport avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent +beaucoup plus vigoureusement que les Orangers, il faut donc les +rencaisser plus souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage, +il arrivait que les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela +provînt d'une trop grande humidité, il faudrait leur donner un +demi-rencaissage, ce qui consiste à couper bien net 0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,10 +de terre autour de la caisse et à la remplacer par de la terre neuve +appropriée aux besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous +indiquerons la terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage +différant peu du rempotage, sauf l'exécution, qui doit être +modifiée, nous renvoyons à cet article pour la connaissance des +détails. Après l'opération, on couvre la surface de la terre d'un +paillis de fumier consommé, et l'on donne un bon arrosement à chaque +plante.</p> + +<p>L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver, +être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon +d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis +à décomposer des substances animales ou végétales.</p> + +<p>Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en +été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la +température; puis on diminue progressivement à mesure que la +température se rafraîchit.</p> + +<p>Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler +les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et +toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de +l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et +nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers +sous <span class="pagenum"><a id="page85" name="page85"></a>(p. 85)</span> la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper +l'extrémité de toutes les branches élancées, de manière à donner à +chaque arbre une forme régulière; c'est aussi à cette époque que +l'on peut diminuer la tête de ceux qui prendraient trop +d'accroissement, ou qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être +rajeunis, ce qui a lieu en rabattant toutes les branches plus ou +moins près du tronc, suivant la force de l'arbre. Les Lauriers +peuvent être soumis au même traitement lorsqu'ils s'élancent par +trop; mais ils ne doivent pas être taillés annuellement, car alors +on serait privé de fleurs. Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont +défleuris, couper l'extrémité des branches qui portaient les fleurs, +afin d'avoir des arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent +être soumis à une tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt +après qu'ils sont défleuris; les Grenadiers doivent aussi être +tondus chaque année, afin de présenter une forme aussi gracieuse que +possible; mais cette taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la +rentrée.</p> + +<p>Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les +plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les +Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre.</p> + +<h3>§ III.—<i>Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes +ci-après désignées.</i></h3> + +<p><span class="smcap">Orangers.</span>—Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de +potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras.</p> + +<p><span class="smcap">Myrtes.</span>—Terre de bruyère pure.</p> + +<p><span class="smcap">Grenadiers</span> et <span class="smcap">Lauriers-roses.</span>—Bonne terre de potager mêlée de +terreau gras.</p> + +<p>4. <i>Serre tempérée.</i>—Cette serre diffère de l'orangerie en ce +qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la +conservation des plantes que nous conseillons <span class="pagenum"><a id="page86" name="page86"></a>(p. 86)</span> d'y placer; +elle sera attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une +dans l'autre: elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à +partir du sol intérieur, elle aura 2<sup>m</sup>,45 d'élévation par derrière; +le devant aura 0<sup>m</sup>,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis +qui la fermeront seront fixés dans le haut par des charnières, et +s'ouvriront horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas +sur un petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur +les montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui +doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1<sup>m</sup>,33 +l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la +serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de +longueur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche +d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une +traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre. +Les panneaux du second rang n'auront que 1<sup>m</sup>,36 de longueur, et pour +qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une +semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des +panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter +d'environ 0<sup>m</sup>,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du +bas, doit aller d'un chevron à l'autre.</p> + +<p>Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à +l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on +tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer.</p> + +<p>On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit +pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin +d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une +main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on +ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0<sup>m</sup>,75 de +largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre +<span class="pagenum"><a id="page87" name="page87"></a>(p. 87)</span> doit être de 0<sup>m</sup>,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un +gradin de 1<sup>m</sup>,25 de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du +gradin doit être calculée de manière que les plantes ne soient pas à +plus de 0<sup>m</sup>,60 ou 0<sup>m</sup>,80 des vitres; on fera devant le gradin un +chemin de 0<sup>m</sup>,50 de largeur, afin de pouvoir circuler tout autour, +puis on établira une tablette contre le mur de derrière, et un autre +chemin de 0<sup>m</sup>,50 de largeur sur le devant de la serre et sous +laquelle circuleront les tuyaux du poêle, dont la bouche doit +toujours être en dehors. On fera une ouverture dans le pignon de +cette serre, et on la garnira d'une double porte, qui servira +d'entrée pendant les gelées, ce qui évitera d'ouvrir celle de +l'orangerie.</p> + +<h3>§ IV.—<i>De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur +traitement en hiver.</i></h3> + +<p>La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre, +mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous +dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne +restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne +soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du +mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre; +l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin, +dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que +l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir +lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface +du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse.</p> + +<p>On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les +Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer +au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les +tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le +mur de derrière les plantes <span class="pagenum"><a id="page88" name="page88"></a>(p. 88)</span> grasses ou celles qui exigent +peu de soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera +réservée pour les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la +partie la plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront +placées sur les tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les +distancer de manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant +leur séjour dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de +temps à autre, afin qu'elles présentent successivement toutes leurs +parties à la lumière; car, sans cette précaution, elles +s'inclineraient toutes du même côté et n'auraient plus alors qu'une +forme disgracieuse. Depuis le placement des plantes dans la serre +jusqu'au printemps, les arrosements doivent être modérés et avoir +lieu seulement au fur et à mesure que les plantes en ont un +véritable besoin. Ils se feront avec un petit arrosoir auquel on +ajoutera un bec de prolongement pour atteindre les plantes +éloignées, et l'eau que l'on emploiera aura dû être tenue pendant +quelque temps à la température de la serre. Les autres soins +consistent à entretenir la propreté et à renouveler l'air aussi +souvent que possible, en évitant toutefois d'ouvrir les châssis par +un temps couvert ou pluvieux, afin de ne pas introduire d'humidité +dans la serre; puis, dès l'approche des froids, l'on bouchera +hermétiquement toutes les ouvertures avec de la mousse, et quand le +soir le temps sera clair, et que le thermomètre placé extérieurement +ne marquera plus que 3 ou 4 degrés de chaleur, il faudra couvrir la +serre avec des paillassons, car il est probable qu'il gèlera dans la +nuit.</p> + +<p>En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre +d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température, +il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin +toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins +cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au +reste, l'on peut <span class="pagenum"><a id="page89" name="page89"></a>(p. 89)</span> découvrir sans inconvénient toutes les +fois que le thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de +froid; seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons +avant qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette +époque il arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours +refermer avant la disparition du soleil, afin de concentrer de la +chaleur dans la serre, ce qui peut souvent épargner la peine de +faire du feu la nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit +en faisant un peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de +réserve), on veillera à ce que la température de la serre ne +descende pas au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se +trouvait dans la nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle +soit portée à plus de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de +maintenir les plantes dans un état de repos dont il faudrait +qu'elles ne sortissent que vers la fin de l'hiver. Comme presque +toutes les plantes dont nous avons parlé sont sujettes à être +attaquées des pucerons, il faut, aussi souvent que le besoin s'en +fera sentir, avoir recours à une fumigation de tabac, ce qui doit se +faire après avoir tout fermé<a id="footnotetag4" name="footnotetag4"></a><a href="#footnote4" title="Go to footnote 4"><span class="smaller">[4]</span></a>.</p> + +<p>Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la +serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment +l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur +la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur +les panneaux, afin d'éviter <span class="pagenum"><a id="page90" name="page90"></a>(p. 90)</span> que le feuillage des plantes ne +soit brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être +plus fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de +seringuer les plantes de temps à autre, opération qui doit à cette +époque avoir lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces +arrosements, il faut les suspendre dès l'épanouissement des +premières fleurs de Pélargonium, car ils en terniraient promptement +l'éclat. Dans les premiers jours d'avril, on introduira +progressivement, et selon la température, une plus grande quantité +d'air dans la serre, afin de fortifier les plantes qui doivent +bientôt être exposées à l'air libre. Si l'on veut avoir une +brillante floraison de Pélargoniums, il faut les sortir de la serre +aussitôt que la température le permettra, et les placer à une bonne +exposition, en ayant soin de les disposer de manière que l'on puisse +facilement les couvrir la nuit, s'il arrivait que la température +l'exigeât; après quoi on les laisse ainsi jusqu'au moment où les +premières fleurs commenceront à s'épanouir, et alors on les +replacera dans la serre: de cette manière, on aura des plantes moins +élancées, plus robustes, et des fleurs d'un coloris plus vif. S'il +arrive que quelque circonstance empêche de sortir les Pélargoniums +aussitôt que nous l'indiquons, il faudra, pour remédier autant que +possible à ce contre-temps, donner de l'air par toutes les +ouvertures de la serre.</p> + +<h3>§ V.—<i>De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur +traitement en été.</i></h3> + +<p>Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un +temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les +Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après +qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur +floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en +parlant des <span class="pagenum"><a id="page91" name="page91"></a>(p. 91)</span> plantes que l'on doit sortir. On les déposera +pendant quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se +fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui +en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles +qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la +même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il +faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les +plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de +jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à +l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer +cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les +racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu +ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la +diminuer; il est certain alors que cette opération peut être +inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les +plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est +préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour +celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver, +il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de +septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire +de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à +parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une +quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à +supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles +de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon +leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à +former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont +nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera +les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de +<span class="pagenum"><a id="page92" name="page92"></a>(p. 92)</span> taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que +possible; et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à +claire-voie en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des +gaulettes maintenus par des pieux; on continuera d'arroser à propos; +on pourra même continuer les seringages, ce qui, pendant les +journées chaudes de juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que +vers la fin de la journée. Si, peu de temps après l'empotage, il +survenait des pluies abondantes, il faudra momentanément coucher les +pots de côté, pour éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir +les racines. Bien que nous indiquions d'une manière générale les +soins à donner aux plantes de serre tempérée, ils peuvent être +appliqués à toutes les plantes cultivées en pots, à moins qu'on +n'enfonce les plantes en pleine terre avec leur pot, ce qui +cependant ne peut avoir lieu que pour les Verveines, les Pétunias, +les Hortensias, les Pélargoniums et quelques variétés de +Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles on peut former des +groupes très-gracieux.</p> + +<p>Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du +soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à +temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la +serre.</p> + +<h3>§ VI.—<i>Rempotage.</i></h3> + +<p>Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre +favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce +chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que +possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu +à l'ombre.</p> + +<p>On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec +précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de +manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la +plante la tête en bas, et, en soutenant <span class="pagenum"><a id="page93" name="page93"></a>(p. 93)</span> le pot de la main +droite on en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une +fois la motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a +souvent lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un +tissu de racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant +légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de +vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite +on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi +préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la +plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après +l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et +qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la +vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après +avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de +faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un +lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que +la surface de la motte se trouve de 0<sup>m</sup>,04, à 0<sup>m</sup>,05 au-dessous des +bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois +du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au +milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une +spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on +achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois +avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre +d'environ 0<sup>m</sup>,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir +l'eau des arrosements.</p> + +<p>Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre +tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils +suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne +s'écartent pas de la culture ordinaire.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page94" name="page94"></a>(p. 94)</span> § VII.—<i>Composition de la terre qu'il faut donner aux +plantes ci-après désignées.</i></h3> + +<p><span class="smcap">Pélargoniums.</span>—Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre +franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un +peu de poudrette bien tamisée<a id="footnotetag5" name="footnotetag5"></a><a href="#footnote5" title="Go to footnote 5"><span class="smaller">[5]</span></a>.</p> + +<p><span class="smcap">Calcéolaires.</span>—Terre de bruyère, terre franche et terreau de +feuilles.</p> + +<p><span class="smcap">Verveines.</span>—Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de +potager.</p> + +<p><span class="smcap">Cinéraires.</span>—Terre de bruyère et terreau.</p> + +<p><span class="smcap">Camélias.</span>—Terre de bruyère pure.</p> + +<p><span class="smcap">Hortensias.</span>—Terre de bruyère pure.</p> + +<p><span class="smcap">Plantes grasses.</span>—Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien +tamisée.</p> + +<p>5. <i>Serre chaude.</i>—Cette serre communique, ainsi que la serre +tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement +semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci +pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions +intérieures.</p> + +<p>Le chemin intérieur aura 0<sup>m</sup>,75 de largeur, et la couche 2<sup>m</sup>,25, y +compris un petit mur d'appui de 0<sup>m</sup>,45 de hauteur pour la soutenir; +et un autre sur le devant de la <span class="pagenum"><a id="page95" name="page95"></a>(p. 95)</span> serre, où circulent les +tuyaux du poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette +placée contre le mur de derrière est destinée à recevoir des +Fraisiers en pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un +<i>thermosiphon</i>, dont les tuyaux circuleront sous un plancher +recouvert d'un lit de tannée assez épais pour que l'on puisse +enterrer les pots, et la température intérieure pourra être produite +par le même appareil à l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de +la couche.</p> + +<p>La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous +nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la +température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril, +on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le +milieu de la journée.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour +les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que +les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les +mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée.</p> + +<h2>CHAPITRE XI.<br> +<span class="smaller">Jardin potager.</span></h2> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ail</span> (<i>Alium sativum</i>).—Il se multiplie de caïeux que l'on plante en +planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement +de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles +qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait +un nœud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au +profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles +commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes, +<span class="pagenum"><a id="page96" name="page96"></a>(p. 96)</span> on les laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent +de mûrir; puis on les suspend dans un endroit sec pour les conserver +jusqu'au printemps.</p> + +<p><i>Ail d'Espagne ou Rocambole.</i>—Cette espèce, moins répandue que la +précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines, +des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la +culture est la même.</p> +</div> + +<a id="img010" name="img010"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img010.jpg" width="500" height="169" alt="" title=""> +<p>Fig. 10.—Serre à Ananas.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ananas</span> (<i>Ananassa sativa</i>).—Pour élever les Ananas et les préparer +à la fructification, il faut avoir des châssis de 1<sup>m</sup>,65 de longueur +sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien +exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les +plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre.</p> + +<p>La première quinzaine d'octobre est l'époque la plus favorable pour +la plantation des couronnes et des œilletons, et cela parce que +les jeunes plantes ne demanderont pas plus de soins pour passer +l'hiver en terre qu'il n'en faudrait pour conserver les vieux pieds, +et au printemps on aura des plantes déjà fortes et tout enracinées. +Vers la fin de septembre, on prépare une bonne couche d'environ +0<sup>m</sup>,60 d'épaisseur, composée de moitié fumier neuf, moitié feuilles +mêlées, ou, à défaut, d'une partie de fumier provenant d'anciennes +couches. La hauteur de la couche aura dû être calculée de telle +sorte, qu'après avoir été rechargée <span class="pagenum"><a id="page97" name="page97"></a>(p. 97)</span> de 0<sup>m</sup>,20 ou 0<sup>m</sup>,30 de +tannée, ou, à défaut, de mousse, les plantes se trouvent être aussi +près du verre que possible. Les œilletons destinés à la +plantation doivent être pris de préférence dans l'aisselle des +feuilles, où ils sont toujours plus forts. Après avoir enlevé ces +œilletons, on ne conserve les vieux pieds que si l'on est à court +de plants, et seulement jusqu'à ce qu'ils aient produit le nombre +d'œilletons dont on a besoin. Avant de planter les œilletons, +on dégarnit de feuilles la partie qui doit être en terre (environ +0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06); puis on rafraîchit proprement la plaie, et on les +plante immédiatement dans des pots de 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,12 de diamètre, +suivant leur force. Ce que nous conseillons pour les œilletons +est, en toutes circonstances, applicable aux couronnes. Nous dirons +à ce sujet que l'on peut, si le besoin l'exige, conserver les +couronnes pendant un mois au moins, en les plaçant à l'ombre dans un +lieu sec. Pour la plantation, on emploiera de la terre de bruyère +pure, ou, à défaut, une terre composée d'un cinquième de terre +franche, moitié de terre de bruyère et un sixième de terreau, le +tout préparé depuis six mois au moins, remué plusieurs fois et passé +à la claie. Il faut que cette terre, au moment de l'empotage, ne +soit pas humide, sans cependant être desséchée, bien qu'il vaille +mieux toutefois l'employer sèche qu'humide. Aussitôt après la +plantation, on enfonce les pots dans la couche, en commençant par le +rang du haut et en choisissant toujours les plants les plus élevés, +ce qu'il faut observer chaque fois qu'on les replace, en raison de +la pente que l'on doit toujours donner aux châssis. Il faut avoir +soin de les espacer suivant leur force. Pendant la nuit, on couvre +les châssis avec des paillassons; pendant le jour, on atténue +l'intensité des rayons solaires avec une toile ou du paillis, qu'on +étend sur les châssis; enfin, pendant un mois, espace de temps +nécessaire pour qu'ils prennent racine, on les soigne comme des +boutures. <span class="pagenum"><a id="page98" name="page98"></a>(p. 98)</span> Quand ils commencent à végéter, on leur donne un +peu d'air en soulevant les châssis au moment du soleil; puis on les +arrose au pied, mais seulement au fur et à mesure du besoin. Vers le +commencement de novembre, c'est-à-dire à l'époque des froids et des +temps humides, on entoure le coffre d'un bon réchaud de fumier qui +doit descendre à la même profondeur que la couche, et à partir de +cette époque jusqu'au printemps, il doit être remué au moins tous +les mois, en y ajoutant chaque fois une partie de fumier neuf. Quand +les froids sont rigoureux, il faut doubler les paillassons pendant +la nuit, étendre sur le tout une bonne couche de litière, et avoir +soin d'entretenir les réchauds à hauteur de châssis: puis on +découvre les panneaux tous les jours, à moins que le thermomètre ne +descende au-dessous de 4 ou 5 degrés de froid.</p> + +<p>Au printemps, les arrosements doivent être plus fréquents et plus +abondants, et l'on donne de plus en plus d'eau, à mesure que le +soleil prend de la force. Dans les premiers jours de mai on fait une +couche qui doit être beaucoup plus longue que celle d'automne, en +raison du développement qu'ont pris les plantes; mais, la +température étant plus douce, il n'est pas nécessaire qu'elle soit +aussi chaude qu'à l'automne. Il en est de même des réchauds, que +l'on ne fait pas aussi profonds et que l'on ne remanie que de loin +en loin. Cette fois, on remplace la tannée par une couche de terre +de 32 centimètres d'épaisseur, semblable à celle qu'on emploie pour +l'empotage des œilletons; puis on dépote les Ananas, on visite +les racines, et s'il s'en trouve quelques-unes qui soient pourries, +on les supprime; dans le cas contraire, on les ménage toutes; +seulement on retranche à chaque pied quelques feuilles du bas; après +quoi on les plante sur la couche, en ayant soin de les enfoncer de +manière que l'ancienne motte se trouve recouverte de quelques +centimètres <span class="pagenum"><a id="page99" name="page99"></a>(p. 99)</span> de terre, afin de favoriser l'émission de +nouvelles racines, qui partent du collet. Quelque temps après la +plantation, on commence à donner un peu d'air; puis on augmente +progressivement, suivant la température; car, arrivé à ce point, il +est préférable de ne pas habituer les Ananas à être ombragés; par ce +moyen on aura des plantes beaucoup plus rustiques, mais on comprend +qu'il faut alors leur donner plus d'air. Pendant les chaleurs on +peut, sans inconvénient, les arroser avec l'arrosoir à pomme, +surtout si l'on a planté sur une bonne couche, car l'humidité ne +leur est réellement préjudiciable qu'en hiver. Ainsi traités, les +Ananas auront pris à l'automne un développement qu'on trouverait à +peine chez ceux cultivés constamment en pots depuis deux ans. Vers +la fin de septembre ou dans le commencement d'octobre, on relève les +Ananas de pleine terre; on supprime alors tous les œilletons, +puis quelques feuilles du bas; et comme l'Ananas est au nombre des +plantes dont les racines périssent chaque année et sont remplacées +par de nouvelles, on supprime toutes les anciennes en les coupant +près de la plante; après quoi on lie les Ananas avec un lien de +paille, de manière à les rempoter plus facilement, ce qui doit avoir +lieu dans des pots de 0<sup>m</sup>,24 de diamètre seulement. Cette opération +s'appelle planter à <i>cul nu</i>. Après l'empotage on les place sur une +nouvelle couche, et jusqu'à ce qu'ils aient de nouvelles racines on +leur donne les mêmes soins qu'aux œilletons du premier âge. Vers +le mois de janvier on les place dans une serre où l'on a préparé une +couche d'environ 6<sup>m</sup>,65 d'épaisseur et de toute la largeur de +l'encaissement, qui ne doit pas avoir moins de 2 mètres. Cette +couche doit être chargée d'un bon lit de tannée ou de mousse, de +manière à pouvoir facilement y enterrer les pots, que l'on place à +environ 0<sup>m</sup>,50 les uns des autres en tous sens; enfin, suivant la +force des plants, <span class="pagenum"><a id="page100" name="page100"></a>(p. 100)</span> on les laisse ainsi jusqu'à ce qu'ils +marquent fruit, c'est-à-dire depuis avril jusqu'en juillet, et alors +on les plante en pleine terre sur la même couche, après l'avoir +remaniée et avoir remplacé la tannée par un lit de terre. Pendant +tout le temps que les Ananas restent dans la serre, on peut avec +avantage remplacer la couche dont nous avons parlé par un chauffage +au thermosiphon; dans ce cas on place la tannée, et par suite la +terre, sur un plancher sous lequel circulent les tuyaux de +l'appareil. On règle le chauffage de manière à entretenir à peu près +25 à 30 degrés dans la couche, chaleur bien suffisante pour les +besoins de ces plantes.</p> + +<p>Au printemps, on commence à moins chauffer, pour cesser complétement +en mai, car, à partir de cette époque jusqu'en septembre, la chaleur +du soleil suffit. La serre dans laquelle on place les Ananas est +ordinairement divisée en deux par une cloison vitrée, de manière à +faire deux saisons. Les plus fortes plantes doivent être placées +dans le premier compartiment, et l'on commence ordinairement à les +chauffer vers la fin de janvier. À partir de cette époque, la +température de la serre doit être entretenue à une chaleur constante +de 25 à 30 degrés; pendant la nuit, jusque vers la fin d'avril, on +couvre la serre avec des paillassons, qu'il faut enlever tous les +jours. Pour les arrosements qui ont lieu au pied des plantes, on +emploie avec avantage de l'eau dans laquelle on aura fait décomposer +des substances animales ou végétales. Pendant l'hiver il faut +subordonner les arrosements à la chaleur de la couche et avoir soin +que l'eau soit à la température de la serre; mais, en été, ils +doivent être abondants, et même de temps à autre on donne des +bassinages. Comme nous l'avons précédemment indiqué, il est +nécessaire de donner beaucoup d'air, afin de ne point ombrer. Les +fruits de la première saison mûrissent ordinairement de juillet en +septembre.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page101" name="page101"></a>(p. 101)</span> On a soin de ne pas élever à plus de 12 degrés la +température du côté de la serre où se trouvent placées les plantes +destinées à faire la seconde saison; mais au mois de mars, époque où +l'on commence habituellement à les chauffer, on observera tout ce +qui a été indiqué pour la première.</p> + +<p>Les fruits de la seconde saison mûrissent ordinairement de septembre +en décembre. On voit qu'en traitant les Ananas comme nous venons de +l'indiquer, on obtient des fruits bons à récolter vingt ou vingt-six +mois après la plantation des œilletons, ce qui démontre d'une +manière concluante la supériorité de ce mode de culture sur celui +que l'on pratiquait autrefois.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De la Martinique, — de Cayenne, — de la Jamaïque, — + de la Providence, — de Mont-Serrat, — Duchesse-d'Orléans, — + Comte-de-Paris, — Enville, — Poli blanc, — + Charlotte-Rothschild.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Arroche des jardins.</span> <i>Belle-Dame</i>, <i>Bonne-Dame</i> (<i>Atriplex +horensis</i>).—Cette plante n'est guère cultivée que pour adoucir +l'acidité de l'Oseille.</p> + +<p>On la sème au printemps, et elle n'exige aucun soin; elle se ressème +ordinairement d'elle-même; et, quand on en possède quelques pieds, +il est rare qu'il soit nécessaire d'en semer.</p> + +<p>Les graines d'Arroche ne se conservent bonnes que pendant une année.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Arroche blonde, — Arroche rouge.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Artichaut</span> (<i>Cynara Scolymus</i>).—Pour cultiver les Artichauts avec +succès, il faut une terre douce et substantielle; ils aiment la +chaleur, et craignent l'humidité froide. On peut les multiplier de +graines semées sur une couche en février et mars, ou bien +immédiatement on place en <span class="pagenum"><a id="page102" name="page102"></a>(p. 102)</span> avril et mai; mais, comme ils +reproduisent rarement leurs variétés, il est préférable de les +propager par œilletons. Cette opération a lieu de la manière +suivante: En avril, on éclate les rejetons qui naissent au collet +des vieux pieds, en ayant soin de les enlever avec le talon ou +portion du collet de la racine; puis on choisit les plus forts, on +raccourcit l'extrémité des feuilles, et, après avoir bien préparé le +terrain, on les plante en échiquier, à environ 0<sup>m</sup>,75 dans les +terres un peu maigres, et à 1 mètre dans celles où l'on espère une +végétation vigoureuse. S'ils sont binés et arrosés, une bonne partie +de ces œilletons donneront fruit à l'automne, et tous +fructifieront abondamment au printemps suivant. Chaque année, à +l'automne, il faut avoir soin de couper les vieilles tiges et +l'extrémité des feuilles les plus longues; puis, dans le courant de +novembre, en un mot, avant les gelées, il faut les butter, opération +qui consiste à relever la terre autour de chaque pied; et quand la +gelée commence à se faire sentir, on les couvre complétement avec +des feuilles ou de la litière, qu'on écarte toutes les fois que le +temps se radoucit. Dans le courant de mars, lorsque les gelées ne +sont plus à craindre, on détruit les buttes des Artichauts, et on +leur donne un bon labour; puis, en avril, on les œilletonne, +comme nous l'avons indiqué précédemment, de manière à ne laisser que +les deux ou trois plus beaux œilletons sur chaque pied. Une +plantation d'Artichauts ne produit abondamment que pendant quatre +ans; il faut donc replanter tous les trois ans, afin de ne pas +éprouver d'interruption dans les récoltes. Comme les racines des +Artichauts ne prennent pas un grand développement, elles n'épuisent +en rien le terrain environnant, et l'on peut sans inconvénient +contre-planter d'avance de jeunes Artichauts entre ceux que l'on +doit détruire, de manière que le terrain se trouve, au moment +d'arracher les vieux Artichauts, garni de jeunes pieds en plein +rapport.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page103" name="page103"></a>(p. 103)</span> On peut facilement avancer l'époque de production des +Artichauts. Soit qu'on les force sur place, soit qu'on les relève en +mottes, dans le courant de novembre, pour les planter dans un +coffre, les soins consistent à entourer le coffre d'un réchaud de +fumier pendant les gelées, à couvrir les panneaux pendant la nuit et +à donner de l'air pendant le jour. Les Artichauts ainsi traités +produisent en avril. On peut aussi, ce qui est beaucoup plus simple, +forcer les Artichauts de la manière suivante:</p> + +<p>Dans la première quinzaine de février, on enlève la terre des +sentiers qui entourent la planche à environ 0<sup>m</sup>,50 de profondeur, et +on la remplace par un réchaud de fumier neuf; après quoi on met des +cerceaux de loin en loin en travers de la planche, de manière à +servir de support aux paillassons qu'on emploie pour couvrir les +Artichauts pendant la nuit et par le mauvais temps; puis on couvre +le sol avec du fumier chaud, afin d'activer la végétation, on +remanie les réchauds tous les dix ou quinze jours, en ajoutant +chaque fois plus ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la +température.</p> + +<p>Les graines d'Artichaut se conservent bonnes pendant cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Vert de Provence, — vert de Laon, — Camus de + Bretagne, — violet.</p> +</div> + +<div> +<p><span class="smcap">Asperge</span> (<i>Asparagus officinalis</i>).—On en cultive deux variétés: la +<i>commune</i> ou <i>Asperge verte</i>, et celle connue sous le nom de <i>grosse +Asperge violette</i> ou <i>de Hollande</i>. Celles de Marchiennes, d'Ulm, de +Besançon et de Vendôme ne sont que des variétés de la dernière, +résultant d'influences locales.</p> + +<p>Les Asperges se multiplient de graines, qu'on sème en mars, soit en +place, soit en pépinière, en pleine terre ou sur couche, pour être +plantées ensuite.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page104" name="page104"></a>(p. 104)</span> Les méthodes de plantation varient suivant les pays; celle +que nous exposons ayant produit d'excellents résultats dans toutes +les localités où elle a été mise en pratique, nous croyons devoir +lui donner la préférence.</p> + +<p>Après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on enlève en +automne 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 de terre sur toute la surface du terrain +destiné à la plantation. Si, à cette profondeur, la terre ne se +trouve pas être de bonne qualité, on enlève un fer de bêche en plus, +que l'on remplace par égale quantité de bonne terre prise à la +surface du sol ou dans toute autre partie du jardin. On pourrait +même y mélanger de vieux gazons consommés ou des débris de vieilles +couches, si le fonds était trop humide ou de nature trop compacte et +capable de retenir l'eau; mais, dans un cas comme dans l'autre, on +étend au fond de la tranchée un bon lit de fumier de vache ou tout +autre bon engrais; car, pour que les Asperges réussissent bien, il +leur faut un sol non-seulement léger et sablonneux, mais encore bien +amendé; puis, par-dessus le tout, on rapporte un lit de bonne terre, +dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que les griffes +d'Asperges soient plantées à 0<sup>m</sup>,15 de profondeur, au lieu de 0<sup>m</sup>,35 +que l'on indiquait autrefois par suite d'une erreur que l'expérience +a démontré la nécessité de modifier.</p> + +<p>Dans le courant de mars on donne un bon labour, on passe le râteau +sur le tout, afin d'enlever les mottes et les pierres; on divise le +terrain par planches de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, entre chacune desquelles +on laisse un sentier d'environ 0<sup>m</sup>,50; après quoi on trace quatre +rangs qui doivent être distancés également entre eux et de manière +que les deux rangs extérieurs soient à 0<sup>m</sup>,16 des bords de la +planche. On prend ensuite des plants d'un ou de deux ans de semis, +arrachés à la fourche avec précaution, afin que les racines ne +soient pas brisées; on place les griffes <span class="pagenum"><a id="page105" name="page105"></a>(p. 105)</span> à environ 0<sup>m</sup>,40 +les unes des autres sur la ligne, et, après avoir bien étendu les +racines, on les recouvre de terre bien meuble; il faudrait même la +passer à la claie, si elle était mêlée de pierres de mottes ou de +terre mal brisées.</p> + +<p>Une fois les planches également recouvertes, on étend sur chacune un +bon paillis de fumier à moitié consommé.</p> + +<p>Chaque année, à l'automne, on coupera de vieilles tiges, on donnera +un léger binage, puis on étendra sur le tout un bon paillis de +fumier à moitié consommé. En procédant ainsi, les Asperges seront en +plein rapport à la troisième pousse; on coupera les plus grosses à +l'aide du couteau à asperge. Ce qui, arrivé à ce point, peut avoir +lieu sans nuire en rien à la récolte de l'année suivante.</p> + +<p>On peut aussi faire le semis en place, après avoir préparé les +planches comme nous l'indiquons plus haut. On sème en lignes en +février ou mars; et, quand le plant est assez fort, on n'éclaircit +en ne laissant que les plus beaux pieds et à une distance égale à +celle que nous avons indiquée; après quoi les autres soins à leur +donner sont les mêmes que pour les Asperges plantées.</p> + +<p>Nous ajouterons encore un autre procédé, communiqué au Cercle +général d'horticulture par M. Lenormand, qui le pratique avec succès +depuis un grand nombre d'années. Nous laisserons cet habile +horticulteur indiquer lui-même la manière dont il établit ses +plantations d'Asperges:</p> + +<p>«Au mois d'avril 1834, je fis des tranchées de 1<sup>m</sup>,30 de largeur sur +0<sup>m</sup>,33 de profondeur, dans lesquelles je fis des couches, qui, +foulées et mouillées, avaient de 0<sup>m</sup>,38 à 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur; après +les avoir recouvertes de terre bien nivelée, je plaçai les coffres +destinés à recevoir les châssis, et dans chaque châssis je plantai +douze griffes d'Asperges d'<i>un an de semis</i>. Après la plantation, je +tapissai la terre d'un bon paillis et je plantai deux pieds de +Melons <span class="pagenum"><a id="page106" name="page106"></a>(p. 106)</span> qui sont parfaitement venus sans nuire aux +Asperges. Lorsque les pieds de Melons ont été aux trois quarts de +leur force, j'ajoutai quatre Choux-fleurs par châssis, et après la +récolte des Melons, au mois de septembre, je semai des Mâches pour +l'hiver; le tout a complétement réussi.</p> + +<p>«Au mois de février suivant, la couche ayant tassé, je rechaussai +mes griffes avec la terre des sentiers, puis je plantai sur le tout +des Laitues et des Romaines, avec deux rangs de Choux-fleurs par +planche, ce qui a fait disparaître toute trace de couche. Le tout a +poussé avec une rapidité et une force étonnantes, puisque j'ai eu +des Asperges de 0<sup>m</sup>,07 de circonférence. En bonifiant ainsi la +terre, on peut obtenir deux récoltes par an, indépendamment des +Asperges que l'on peut forcer dès la seconde année, et continuer +ainsi en leur laissant une année de repos sur trois. Ce plant, +établi en 1834, existe encore aujourd'hui, ce qui prouve que l'on ne +fait rien perdre aux griffes de leur vigueur, quoique les mettant en +rapport trois ans plus tôt qu'on ne pouvait le faire par l'ancien +procédé.»</p> + +<p>Les cultivateurs d'Argenteuil, dont les produits maraîchers +jouissent d'une réputation justement méritée, cultivent les Asperges +en lignes, le plus souvent entre la vigne, dont il existe de grandes +étendues dans cette localité. Plantées peu profondément à 1 mètre +les unes des autres en tous sens, les Asperges d'Argenteuil sont +régulièrement fumées tous les deux ans. On les bine aussi souvent +qu'il est nécessaire de le faire; on les déchausse chaque année, +dans le courant de novembre, ce qui consiste à enlever quelques +centimètres de la surface du sol; puis on les butte en février ou +mars.</p> + +<p>Pratiquée avec intelligence, cette culture donne des résultats +tellement remarquables, qu'elle peut être <span class="pagenum"><a id="page107" name="page107"></a>(p. 107)</span> adoptée avec +confiance par toutes les personnes qui tiennent à récolter de +très-grosses Asperges.</p> + +<p>Si l'on veut avoir des Asperges précoces, on peut commencer à en +forcer une planche dans les premiers jours de novembre, et l'on peut +continuer successivement jusqu'en février, ce qui se fait de la +manière suivante: après avoir placé les coffres sur les planches que +l'on veut forcer, on étend un lit de terreau sur les Asperges, puis +on enlève la terre des sentiers à 0<sup>m</sup>,50 de profondeur, et on la +dépose sur les planches de manière à les recharger de 0<sup>m</sup>,33 +environ, et cela afin d'avoir des Asperges beaucoup plus longues; +puis on remplace la terre des sentiers par un réchaud de fumier neuf +qui doit être élevé jusqu'à la hauteur des panneaux avec lesquels on +couvre les coffres; mais, avant de placer les panneaux, on étend un +lit de fumier sur les planches, afin d'activer la végétation; on +aura soin toutefois d'enlever ce fumier aussitôt que les Asperges +commencent à sortir de terre. Quel que soit l'état de la +température, on ne donne pas d'air à ces Asperges. Pendant la nuit +et par le mauvais temps, on couvre les panneaux avec de bons +paillassons, afin de concentrer la chaleur. On remanie les réchauds +tous les dix ou quinze jours environ, en ajoutant chaque fois plus +ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la température, enfin de +manière à obtenir sous les panneaux une chaleur qui ne doit pas être +moindre de 15 degrés, et qu'il est inutile d'élever à plus de 25. +Ces Asperges sont ordinairement bonnes à couper vingt ou vingt-cinq +jours (suivant l'état de la température) après qu'on aura commencé à +les forcer.</p> + +<p>Les vieilles griffes ou celles qu'on se propose de détruire peuvent +être plantées sur couche, où elles produiront, une fois seulement, +des Asperges minces et vertes propres à être mangées en petits pois.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page108" name="page108"></a>(p. 108)</span> Pour cela, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,80 +d'épaisseur, dont la chaleur soit de 20 à 25 degrés; on pose des +coffres, on charge la couche de quelques centimètres de terreau, +puis on remplit les sentiers, mais à moitié seulement. Lorsque la +couche a jeté son premier feu, on prend les griffes d'Asperges, et, +sans rien retrancher de la longueur des racines, on les place sur la +couche les unes à côté des autres; on les laisse en cet état pendant +quelques jours, après quoi on coule un peu de terreau entre les +griffes, de manière à les recouvrir légèrement, puis on achève de +remplir les sentiers, et on les remanie au besoin. Pendant la nuit, +on couvre les panneaux avec des paillassons, et dès que les Asperges +commencent à pousser, il faut leur donner de l'air pendant le jour, +à moins que la température ne soit par trop défavorable. Au bout de +douze ou quinze jours, les Asperges commencent à produire, et l'on +coupe pendant tout le temps qu'elles donnent, c'est-à-dire pendant +trois mois environ.</p> + +<p>Les graines d'Asperges mûrissent vers la fin d'octobre, et sont +bonnes pendant quatre ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Aubergine</span> ou <span class="smcap">Mélongène</span> (<i>Solanum Melongena</i>).—Sous le climat de +Paris, on sème l'Aubergine vers la fin de décembre ou au +commencement de janvier, sur une couche dont la chaleur soit de 20 à +25 degrés. Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des +paillassons; quinze jours ou trois semaines après les semis, on +repique le plant en pépinière, mais sur une couche moins chaude que +la première; au bout de quelque temps, on le relève, pour le +repiquer une seconde fois avant de le mettre en place. Lorsque le +plant est repris et que l'état de la température le permet, on +commence à donner un peu d'air.</p> + +<p>Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la +longueur doit être proportionnée à la quantité <span class="pagenum"><a id="page109" name="page109"></a>(p. 109)</span> de plants +qu'on veut cultiver; on place les coffres, on charge la couche de +terreau, et lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20 +degrés), on plante quatre Aubergines sous chaque panneau de 1<sup>m</sup>,33; +on les prive d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la +reprise des plantes; après quoi, on commence à donner un peu d'air, +soit par le haut, soit par le bas des panneaux; puis on augmente +progressivement à mesure qu'on avance en saison, de manière à +enlever les panneaux et les coffres dans le courant de mai. Les +autres soins consistent à arroser au besoin, il nettoyer les +feuilles qui sont attaquées par les kermès.</p> + +<p>Les graines d'Aubergine sont bonnes pendant sept ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Violette, — blanche, — panachée, — géante.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Baselle</span> (<i>Basella</i>).—Plante grimpante, dont les feuilles remplacent +les Épinards. On sème en mars sur couche, et lorsqu'on n'a plus de +gelées à craindre, on repique en pleine terre, au pied d'un mur, à +bonne exposition.</p> + +<p>La durée de la germination des graines de Baselle est de trois ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Baselle rouge, — Baselle blanche.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Basilic commun</span> (<i>Ocimum Basilicum</i>).—Plante annuelle, que l'on +emploie, ainsi que ses variétés, comme assaisonnement. Toutes se +sèment en mars, sur couche, pour être replantées en mai à une +exposition ombragée.</p> + +<p>Les graines de Basilic se conservent pendant six ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Betterave</span> (<i>Beta vulgaris</i>).—On la sème à la fin d'avril ou au +commencement de mai, en lignes ou à la volée, en terre profondément +labourée et fumée de l'année précédente; puis, lorsque les plants +ont cinq ou six feuilles, on les éclairait de manière qu'ils se +trouvent à environ <span class="pagenum"><a id="page110" name="page110"></a>(p. 110)</span> 0<sup>m</sup>,35 les uns des autres, et l'on en +repique dans les places où il en manque, opération qu'il ne faut +faire que par un temps pluvieux. Dans le courant de l'été, on leur +donne plusieurs binages, et vers la fin d'octobre ou au commencement +de novembre, on fait la récolte des racines, après en avoir coupé +les feuilles. On les met dans la serre à légumes ou dans une cave +bien saine; on peut en conserver ainsi jusqu'en mai.</p> + +<p>Les graines de Betterave mûrissent en septembre et se conservent +bonnes pendant cinq ou six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Rouge, — rouge de Castelnaudary, — rouge foncé de + Whyte, — Turnep, — jaune, — jaune de Castelnaudary.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Bourrache</span> (<i>Borrago officinalis</i>).—Plante dont on emploie les +fleurs pour orner les salades; elle vient dans tous les terrains, et +se sème en place au printemps et à l'automne.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Bourrache est de trois ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Capucine grande</span> (<i>Tropæolum majus</i>).—On la sème en avril, au +pied d'un mur, à bonne exposition. On peut aussi la semer isolée, +mais alors il faut la ramer. On emploie les fleurs pour parer les +salades; les graines cueillies encore vertes se confisent au +vinaigre et remplacent les câpres.</p> + +<p>La durée des graines de Capucine est de cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cardon</span> (<i>Cynara Cardunculus</i>).—Il faut aux Cardons une terre douce +et profonde, ainsi que de fréquents arrosements en été. Ils se +multiplient de graines semées en avril sur couche, ou mieux en mai, +immédiatement en place. On fait des trous à 1 mètre l'un de l'autre, +on les remplit de terreau, puis on sème deux ou trois graines +<span class="pagenum"><a id="page111" name="page111"></a>(p. 111)</span> dans chacun, et lorsqu'elles sont bien levées, on choisit +le pied le plus vigoureux, en supprimant les autres. Dans le cas où +l'on aurait à craindre les ravages des vers blancs ou des +courtilières, il faudrait, à la même époque, en semer en pots, afin +de pouvoir regarnir les places vides. Vers le mois de septembre, +lorsqu'ils sont assez forts pour être blanchis, on les empaille en +fixant au collet de la plante un lien fait avec de la litière, puis +on l'enroule de bas en haut, de manière à ne laisser voir que +l'extrémité des feuilles. Au bout de quinze jours ou trois semaines, +les côtes sont blanches, et doivent être consommées sur-le-champ, +sans quoi elles pourriraient; il ne faut donc les empailler que +successivement.</p> + +<p>Avant les fortes gelées, on arrache les Cardons en mottes pour les +replanter l'un près de l'autre dans la serre à légumes, où ils +blanchiront sans couverture; mais il faut les visiter souvent et +enlever toutes les feuilles pourries. On peut par ce moyen les +conserver jusqu'en mars.</p> + +<p>Les graines de Cardon mûrissent dans la première quinzaine de +septembre, et sont bonnes pendant sept ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Cardon de Tours, — d'Espagne, — Puvis, — plein + inerme, — à côtés rouges.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Carotte</span> (<i>Daucus carota</i>).—Les premiers semis ont lieu sur une +couche, en décembre. On prépare une couche de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40 +d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés; on place les +coffres, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,15 de terreau, et, à moins de +froid rigoureux, on ne remplit les sentiers qu'à moitié. Lorsque la +chaleur de la couche est favorable, on sème la variété connue sous +le nom de <i>Carotte courte hâtive</i> ou <i>de Hollande</i>.</p> + +<p>On peut repiquer parmi les Carottes quelques Laitues petite noire, +ou semer un peu de Radis roses. Pendant la nuit, on couvre les +panneaux avec des paillassons; lorsque <span class="pagenum"><a id="page112" name="page112"></a>(p. 112)</span> le semis est en +bonne voie, on remanie les réchauds, que l'on fait alors de toute la +hauteur des coffres. Ces Carottes sont ordinairement bonnes à +récolter dans le courant d'avril. Si, dans la seconde quinzaine de +mars, le temps est doux et qu'on ait besoin des panneaux qui +couvrent les Carottes, on peut les enlever, ainsi que les coffres; +mais alors on récolte plus tard.</p> + +<p>En pleine terre, les premiers semis peuvent se faire dès le mois de +février, et être continués jusqu'en juillet, ce qui toutefois ne +peut avoir lieu que pour la Carotte courte hâtive; car, pour les +autres variétés, il ne faut pas dépasser le mois d'avril, afin +qu'elles puissent atteindre tout leur développement avant l'hiver.</p> + +<p>Quelle que soit l'époque du semis, le terrain doit être bien +préparé, après quoi on sème à la volée. On herse légèrement à la +fourche, on foule le terrain, puis on étend une couche de terreau +sur chaque planche. On passe légèrement le râteau sur le tout, et +l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Lorsque les +Carottes sont levées, on éclaircit le plant, qui est presque +toujours dru si le semis a réussi.</p> + +<p>En novembre, on coupe le collet de chaque Carotte; on les met en +jauge, puis on les couvre de grand fumier pendant les gelées, ou +bien on les dépose dans la serre à légumes, afin d'en avoir pendant +l'hiver. Dans les terres légères et saines, on peut se dispenser de +les arracher; il suffit de couvrir les plants de Carottes pendant +les gelées.</p> + +<p>On récolte les graines de Carotte en août; leur durée germinative +est de quatre ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Rouge-courte de Hollande, — demi-longue, — longue, + — d'Altringham, — jaune longue, — rouge pâle de Flandre, — + blanche, — violette d'Espagne.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Céleri cultivé.</span>—Variété à l'<i>Apium graveolens</i>.—On <span class="pagenum"><a id="page113" name="page113"></a>(p. 113)</span> le +sème sur couche, mais à l'air libre, dès le mois de février; la +graine doit être très-légèrement recouverte. En avril, on plante en +pleine terre à environ 0<sup>m</sup>,33 de distance.</p> + +<p>D'avril en juin, on sème en pleine terré à une exposition ombragée, +pour repiquer immédiatement en place. On favorise la germination des +graines par de fréquents bassinages, et s'il arrivait que le plant +fût trop dru, il faudrait l'éclaircir pour éviter qu'il ne +s'étiolât. En juin et juillet, on repique le plant en place. On +trace quatre rangs par planche de 0<sup>m</sup>,33 de largeur, puis on plante +à 0<sup>m</sup>,33 de distance sur la ligne. Aussitôt après la plantation, on +arrose pour faciliter la reprise, et l'on continue jusqu'à ce que le +Céleri soit assez fort pour être blanchi, ce qui doit avoir lieu de +la manière suivante: on ouvre une tranchée de 1 mètre de largeur, +dont on jette la terre à droite et à gauche, après quoi on relève le +Céleri en mottes pour le planter dans la tranchée; on en met huit +par rang, puis on coule du terreau entre chaque rang, de manière +qu'il se trouve complétement enterré, sauf l'extrémité des feuilles. +Au bout d'une quinzaine de jours, il est ordinairement assez blanc +pour être récolté; mais, comme il ne se conserve pas longtemps après +ce terme, il ne faut en faire blanchir que successivement, de +manière à prolonger la récolte aussi longtemps que possible. Pendant +les gelées, on le couvre de litière, que l'on enlève toutes les fois +que la température le permet. Avec des soins, on peut en conserver +jusqu'à la fin de février.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Plein blanc, — Turc, — Cole's superb red, — Plein + rose, — violet, — à couper.</p> +</div> + +<p class="plants"><i>Céleri-rave.</i>—Les semis peuvent avoir lieu en avril, en pleine +terre, à une exposition ombragée; mais il vaut mieux semer en +février sur couche, repiquer le plant sur <span class="pagenum"><a id="page114" name="page114"></a>(p. 114)</span> couche; après +quoi on le met en pleine terre, après avoir retranché les grandes +feuilles et toutes les racines latérales. On arrose abondamment +pendant l'été; puis on retranche toutes les feuilles inutiles, en +ayant soin de ménager celles du cœur, opération qu'il faut +recommencer aussi souvent qu'il est nécessaire, afin de favoriser le +développement du tubercule. On arrache le Céleri-rave au +commencement de l'hiver pour le mettre en jauge, et on le couvre +pendant les gelées; ou bien on le rentre dans la serre à légumes +après en avoir coupé les feuilles. Ainsi traité, on peut en +conserver facilement jusqu'en mars.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cerfeuil</span> (<i>Scandix cerefolium</i>).—On le sème presque toute l'année: +au printemps et à l'automne, au pied d'un mur et à une bonne +exposition, et pendant les chaleurs, à celle du nord.</p> + +<p><i>Cerfeuil frisé.</i>—Cette variété n'exige rien de plus que le +Cerfeuil ordinaire; elle sert aux mêmes usages, et a sur ce dernier +l'avantage de ne pouvoir être confondue avec la <i>Ciguë</i>.</p> + +<p>Les graines du Cerfeuil mûrissent en juin, et se conservent pendant +deux ans.</p> + +<p><i>Cerfeuil bulbeux</i> (<i>Chærophyllum bulbosum</i>).—Le Cerfeuil bulbeux +est une plante alimentaire dont la racine ne dépasse pas les +proportions d'une petite Carotte de Hollande. Elle est +très-féculente et d'une saveur agréable.</p> + +<p>On sème le Cerfeuil bulbeux en septembre, c'est-à-dire aussitôt +après la récolte des graines; autrement elles ne lèvent que la +seconde année, à moins qu'on ne prenne la précaution de les +conserver dans du sable jusqu'au moment de faire les semis, qui peut +alors n'avoir lieu qu'au printemps.</p> + +<p>Après le semis, on recouvre la graine d'une bonne couche de terreau; +cela fait, le cerfeuil bulbeux ne demande <span class="pagenum"><a id="page115" name="page115"></a>(p. 115)</span> plus aucun soin +particulier autre que les sarclages et les arrosements que réclament +tous les produits du potager.</p> + +<p>Quelle que soit l'époque des semis, le Cerfeuil bulbeux est bon à +récolter en juillet.</p> + +<p>On récolte la graine de Cerfeuil bulbeux en juillet. Elle n'est +bonne que pendant un an.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Champignon comestible</span> (<i>Agaricus edulis</i>).—Le succès des couches ou +meules de Champignons dépend du choix, de la préparation des fumiers +et des soins à donner aux meules. Pour établir une meule à +Champignons, il faut prendre du fumier provenant des chevaux qui +font un travail pénible; car, étant renouvelé moins souvent, il est +plus moelleux, c'est-à-dire plus imprégné d'urine, et contient plus +de crottin que celui des chevaux de luxe.</p> + +<p>On commence par déposer le fumier en tas, afin qu'il entre en +fermentation; puis, un mois après environ, on le reprend à la +fourche pour en former une couche (nommée planchée) d'environ 0<sup>m</sup>,65 +d'épaisseur sur 1<sup>m</sup>,33 de largeur. On étend un premier lit, en ayant +soin de retirer les plus longues pailles, les liens et le foin, puis +de bien mélanger les parties sèches avec celles qui sont le plus +imprégnées d'urine; et pour former les bords de la couche on +retourne le fumier sur les côtés, de manière que les bouts se +trouvent en dedans. Dès qu'on a formé un lit de fumier, on le +mouille avec l'arrosoir à pomme, puis on le foule avec les pieds. On +refait un second lit, que l'on traite de la même manière, et ainsi +de suite jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la hauteur indiquée. Huit ou +dix jours après, on remanie la couche, en commençant par un bout, +puis on la retourne de la même manière que la première fois, mais en +ayant soin de remettre au centre ce qui se trouvait sur les bords et +en dessus. Après l'avoir laissé encore fermenter huit ou dix jours, +le fumier doit enfin être bon à mettre en meule, <span class="pagenum"><a id="page116" name="page116"></a>(p. 116)</span> +c'est-à-dire être gras sans être trop humide, et n'avoir plus que le +degré de chaleur qui convient à l'opération. Comme pendant l'été les +orages font souvent avorter le blanc, on ne commence à cultiver les +Champignons à l'air libre qu'en septembre; et à partir de cette +époque, on continue successivement jusqu'en décembre. Après s'être +assuré de la bonne condition du fumier, on commence à dresser les +meules; elles doivent avoir 0<sup>m</sup>,50 de largeur à la base et autant de +hauteur. On foule le fumier à mesure qu'on élève la meule, afin +qu'elle éprouve le moins de tassement possible. On la monte en dos +d'âne, de telle sorte qu'elle n'ait que 0<sup>m</sup>,10 de largeur au sommet. +Pendant la durée de l'opération, on a soin de bien affermir les +côtés de la meule en frappant légèrement avec le dos de la pelle, +puis avec le râteau on enlève les longues pailles qui dépassent de +chaque côté. Si, après avoir monté les meules, il survenait une +pluie abondante, il faudrait les envelopper d'une chemise +(couverture de grande litière), ce qui, par un temps favorable, ne +doit avoir lieu qu'après le gobetage des meules, opération dont nous +parlerons plus loin. Au bout de huit à dix jours, on s'assurera du +degré de chaleur au moyen d'un thermomètre à couche, et s'il ne +marque pas plus de 15 à 18 degrés, on pourra larder la meule, +c'est-à-dire qu'on pratiquera sur ses deux côtés, à 0<sup>m</sup>,10 ou à +0<sup>m</sup>,15 du sol, selon qu'il est sec ou humide, une rangée de petites +ouvertures qui doivent être faites avec la main, et à 0<sup>m</sup>,33 les +unes des autres, dans lesquelles on place le blanc<a id="footnotetag6" name="footnotetag6"></a><a href="#footnote6" title="Go to footnote 6"><span class="smaller">[6]</span></a> à fleur du +flanc de la meule, puis on appuie <span class="pagenum"><a id="page117" name="page117"></a>(p. 117)</span> légèrement, afin de +mettre le blanc en contact parfait avec le fumier; mais, dans le cas +où l'on craindrait qu'il n'y eût encore trop de chaleur, on ne +rapprocherait le fumier qu'au bout de quelques jours. Si, huit ou +dix jours après avoir lardé la meule, on aperçoit de petits +filaments blanchâtres qui commencent à s'étendre sur toute la +surface, on prendra de la terre légère et maigre, salpêtrée autant +que possible, on la passera à la claie et l'on en étendra partout +une épaisseur d'environ 0<sup>m</sup>,03 que l'on appuiera légèrement avec le +dos de la pelle, ce qu'on appelle <i>gobeter</i>.</p> + +<p>Dans le cas où l'on n'aurait pas remarqué les traces dont nous avons +parlé, il faudrait recommencer l'opération en remettant de nouveau +blanc dans des ouvertures pratiquées à côté des anciennes.</p> + +<p>Si le temps est doux et sec, on rafraîchit la meule par de légers +bassinages; mais il faut bien se garder de lui donner trop d'eau à +la fois, car l'excès d'humidité détruirait les Champignons +naissants. Après avoir gobeté, on couvre la meule d'une chemise de +0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06 de grande litière (une couverture plus épaisse +pourrait faire de nouveau fermenter le fumier, ce qui détruirait +tout espoir de récolte), qu'on augmentera pendant les gelées et +suivant la rigueur du froid. Environ six semaines après, on +commencera à cueillir les premiers Champignons. Pour les chercher, +on relèvera la litière avec soin, et après les avoir cueillis, on +remplira les trous qu'ils occupaient avec de la terre de même nature +que celle qui a servi à gobeter la meule. Si l'on trouvait quelques +petites places où les jeunes Champignons eussent péri, il faudrait +enlever toute la partie détruite et remettre de la terre nouvelle. +Il faut en tout temps, même après avoir épuisé un côté de la meule, +la recouvrir soigneusement avec de la litière. Une meule peut +produire de trois à cinq mois en tout temps, mais <span class="pagenum"><a id="page118" name="page118"></a>(p. 118)</span> mieux en +été. On peut établir ses meules dans une cave peu éclairée, et +alors, vu l'égalité de température qui règne dans ces localités, il +devient inutile de couvrir les meules de litière.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Chenillette</span> (<i>Scorpiurus vermiculata</i>), <span class="smcap">Vers</span> (<i>Astragalus hamosus</i>). +<span class="smcap">Limaçon</span> (<i>Medicago turbinata</i>).—Plantes annuelles indigènes de la +famille des Papilionacées, dont les fruits imitent des chenilles, +des vers ou des limaçons, et qui doivent être semées en place, en +avril et mai, à environ 0<sup>m</sup>,30 les unes des autres.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chervis</span> ou <span class="smcap">Chirouis</span> (<i>Sium sisarum</i>).—Plante dont les racines, +charnues et très-sucrées, se mangent comme les Scorsonères. On la +sème au printemps ou en septembre, en terre franche bien meuble, +puis on bine et l'on donne de fréquents arrosements.</p> + +<p>La durée germinative de la graine de Chervis est de deux ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chicorées.</span> <i>Chicorée sauvage</i> (<i>Cichorium intubus</i>).—Avec les +feuilles naissantes de cette espèce on fait une salade fort estimée, +que l'on peut se procurer presque toute l'année en en semant sur +couche dès le mois de mars; puis en pleine terre, à partir du mois +d'avril jusqu'à l'automne. Si l'on veut faire avec les racines la +salade appelée <i>Barbe-de-capucin</i>, il faut, en avril, semer en +rayons, et tous les soins consistent à donner des binages et +quelques arrosements; puis, à l'approche des gelées, on arrache les +racines, en les soulevant à la fourche afin de ne pas les rompre. On +les met en jauge de manière à les avoir à sa disposition, et dans le +courant d'octobre, époque à laquelle on commence ordinairement ce +travail, on prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur, dont +<span class="pagenum"><a id="page119" name="page119"></a>(p. 119)</span> la chaleur soit de 15 à 20 degrés. L'endroit le plus +favorable pour cette opération est une cave basse sans air ni +lumière. Lorsque la couche a jeté son premier feu, on réunit les +racines par bottes, mais seulement après en avoir enlevé avec soin +les vieilles feuilles et toutes les parties qui seraient +susceptibles d'engendrer de la moisissure; après quoi on les place +debout sur la couche, puis on bassine fréquemment avec l'arrosoir à +pomme; mais, comme toujours, les arrosements doivent être +proportionnés à la chaleur de la couche; dès que la Chicorée +commence à pousser, les arrosements doivent être donnés avec +beaucoup de ménagement pour éviter d'engendrer la pourriture dans +l'intérieur des bottes. Ordinairement, au bout de quinze à dix-huit +jours la Chicorée est assez longue pour être récoltée. On peut +successivement en faire blanchir depuis le mois d'octobre ou de +novembre jusqu'en avril. On peut encore faire blanchir de la +Chicorée en enterrant des racines sur une couche recouverte de +panneaux à cadres pleins, afin d'intercepter la lumière, ou de +panneaux ordinaires, que l'on tiendra constamment couverts de +paillassons.</p> + +<p>Les graines de Chicorée sauvage mûrissent en septembre, et se +conservent bonnes pendant huit à dix ans.</p> + +<p><i>Chicorée frisée</i> (<i>Cichorium endivia</i>).—Les premiers semis peuvent +avoir lieu en septembre sous cloches, mais à froid. À partir de +cette époque jusqu'en juin, on sème la Chicorée frisée ou d'Italie. +Dans les premiers jours d'octobre, on repique le plant également +sous cloches, et vers la fin d'octobre ou au commencement de +novembre, on plante la Chicorée sur terre, mais sous panneaux; on +donne de l'air aussi souvent que possible, et pendant les gelées on +couvre les panneaux dans la nuit. En janvier ou février, on sème sur +couche chaude et sous panneaux. La couche ne doit pas avoir moins de +20 à 25 degrés de chaleur, <span class="pagenum"><a id="page120" name="page120"></a>(p. 120)</span> car pour obtenir du plant qui +ne monte pas, il faut que les graines germent en vingt-quatre +heures, n'importe l'époque; mieux vaut recommencer le semis que de +repiquer du plant qui aurait langui. Douze ou quinze jours après le +semis, on repique le plant en pépinière, pour le planter quinze +jours ou trois semaines après, toujours sous panneaux, mais sur une +couche moins forte. Dans la seconde quinzaine de mars, on peut +commencer à repiquer ses Chicorées en pleine terre, mais sous +cloches ou sous panneaux, qu'on enlève aussitôt que le temps est +favorable. En avril, mai et juin, on sème encore les Chicorées sur +couche; mais alors le plant peut être repiqué immédiatement en +pleine terre. On trace quatre rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de +largeur, et l'on plante à 0<sup>m</sup>,40 de distance sur la ligne.</p> + +<p>En juin et juillet, on sème la Chicorée de Meaux en pleine terre à +une exposition ombragée. Toutefois, dans bien des terrains, il +vaudrait mieux continuer de semer sur couche, mais à l'air libre. +Lorsque le plant est de force à être repiqué, on étend un bon +paillis sur chaque planche, puis on plante à la distance ci-dessus +indiquée, et l'on donne un bon arrosement pour faciliter la reprise; +les autres soins consistent à arracher les mauvaises herbes et à +mouiller au besoin. Lorsque les Chicorées sont suffisamment garnies, +on profite d'un temps sec pour relever les feuilles, qu'on lie avec +du jonc ou de la paille pour en faire blanchir l'intérieur; mais +comme elles blanchissent en peu de temps, il n'en faut lier qu'à +proportion de la consommation. Dès qu'elles sont liées, il ne faut +plus les arroser qu'au goulot, afin d'éviter de les mouiller, ce qui +pourrait les faire pourrir, et, dès les premières gelées, il faut +les couvrir avec des paillassons ou de la litière, que l'on enlève +toutes les fois que le temps le permet; puis, lorsque les gelées +augmentent, on les arrache et on les <span class="pagenum"><a id="page121" name="page121"></a>(p. 121)</span> rentre dans la serre +à légumes, où on les enterre à moitié dans du sable: de cette +manière on en conserve jusqu'en janvier.</p> + +<p><i>Chicorée frisée de la Passion.</i>—Cette intéressante variété que +nous devons à l'obligeance de M. Charvet, propriétaire à la +Cellette, près de Blois, est tout aussi rustique que la Laitue dont +elle porte le nom. Semée dans le courant du mois d'août, repiquée en +septembre et mise en place en octobre, la Chicorée frisée de la +Passion est bonne à récolter en mars et avril, époque de l'année où +les produits du potager sont généralement peu abondants. À ce titre, +la Chicorée frisée de la Passion peut être considérée comme une +bonne acquisition.</p> + +<p><i>Chicorée toujours blanche.</i>—Cette variété n'est pas aussi répandue +qu'elle le mérite, car elle peut, et avec avantage, remplacer les +Épinards, surtout en été, époque où il est souvent difficile de se +procurer ce légume. On sème cette Chicorée en place et à la volée +pour être coupée toute jeune; on peut la semer sur couche ou en +pleine terre, depuis le mois de février jusqu'au mois d'août.</p> + +<p><i>Scarole.</i>—La Scarole est une variété de Chicorée dont la culture +est tout à fait analogue à celle de la Chicorée de Meaux.</p> + +<p>Les graines sont bonnes à récolter à la fin de septembre, et elles +se conservent pendant cinq ou six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Frisée de Meaux, — fine d'été ou d'Italie, — de + Rouen, ou corne-de-cerf, — de la Passion, — toujours blanche, + — sauvage, — panachée, — améliorée, — Scarole ordinaire, — + blonde ou à feuilles de laitue.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Choux</span> (<i>Brassica</i>).—Les choux demandent une terre un peu fraîche et +surtout bien fumée; car plus ils ont d'engrais, plus ils deviennent +gros. Ils sont très-nombreux en variétés, mais toutes peuvent se +rapporter à cinq races <span class="pagenum"><a id="page122" name="page122"></a>(p. 122)</span> principales, savoir: 1<sup>o</sup> les +<i>Choux cabus</i> ou <i>pommés</i>; 2<sup>o</sup> les <i>Choux de Milan</i> ou <i>pommés +frisés</i>; 3<sup>o</sup> les <i>Choux verts</i> ou <i>non pommés</i>; 4<sup>o</sup> les +<i>Choux-raves</i>, et 5<sup>o</sup> les <i>Choux-fleurs</i> et <i>Brocolis</i>.</p> + +<p>N. 1. <i>Choux cabus ou pommés.</i>—Vers la fin d'août ou dans les +premiers jours de septembre, on sème les Choux cabus hâtifs. En +octobre, on repique le plant en pépinière le long d'un mur à bonne +exposition, pour le mettre en place vers la fin de novembre ou au +commencement de décembre, et en février ou mars dans les terres +froides ou humides. Si l'hiver est rigoureux, il sera nécessaire de +garantir le plant, soit avec de la litière, soit avec des +paillassons posés sur des gaulettes. Si, au printemps, il arrivait +que l'on manquât de plants, on pourrait en semer en février sur +couche et en mars sur plate-bande bien terreautée.</p> + +<p>Les Choux cabus de seconde saison et les Choux cabus tardifs ne se +sèment ordinairement qu'en février ou mars; cependant on peut aussi +les semer dans le courant d'août. Quelle que soit l'époque du semis, +ces Choux doivent être repiqués immédiatement en place, à 50, 60 ou +80 centimètres les uns des autres, suivant les proportions que +doivent acquérir les variétés que l'on cultive; le terrain doit être +largement pourvu d'engrais: car il ne faut pas oublier que c'est +seulement à force de fumier et d'eau que l'on peut obtenir tout ce +que cette plante doit produire.</p> + +<div class="type"> +<p><b>Variétés.</b>—<i>Cabus hâtifs</i>, d'York, — cœur-de-bœuf, — + pain-de-sucre.</p> + + <p><i>Cabus</i> 2<sup>e</sup> <i>saison</i>, de Poméranie, — de Winigstadt, — + Joannet, — de Schweinfurt.</p> + + <p><i>Cabus tardifs</i>, de Saint-Denis, — de Hollande, — vert de + Vaugirard, — d'Allemagne dit Quintal, — rouge foncé.</p> +</div> + +<p><i>Conservation des Choux cabus.</i>—Comme les fortes gelées sont +très-préjudiciables aux Choux pommés, il <span class="pagenum"><a id="page123" name="page123"></a>(p. 123)</span> faut, en +novembre, arracher tous ceux dont les pommes sont faites et les +mettre en jauge dans une planche, mais près l'un de l'autre et en +ayant soin d'en incliner un peu la tête. Lorsqu'il vient de fortes +gelées, on les couvre de litière ou de feuilles que l'on retire dès +que le temps est doux. Dans les terres légères, on peut enterrer la +tête au lieu des racines: de cette manière, les Choux peuvent se +conserver jusqu'au mois de mai sans couverture; il est bon cependant +d'en couvrir une partie, afin de pouvoir en arracher pendant les +gelées.</p> + +<p>N. 2. <i>Choux de Milan.</i>—On les sème depuis la fin de février +jusqu'en juin, on les repique immédiatement en place comme les Choux +cabus. Plus rustiques que ces derniers, les Choux de Milan +supportent ordinairement l'hiver sans abris.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Hâtif d'Ulm, — pied-court, — Victoria, — ordinaire, + — doré, — pancalier, — des Vertus, — de Bruxelles.</p> + +<p>N. 3. <i>Choux verts non pommés.</i>—Nous les divisons en deux +catégories: ceux de la première sont à peu près les seuls cultivés +dans le potager; les autres sont cultivés en grand comme fourrage, +et quelques-uns comme plante d'ornement. On sème les premiers en mai +et juin, pour les planter en juillet et août; ils craignent peu le +froid, et sont même plus agréables à manger lorsque la gelée les a +attendris.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Chou à grosse côte, — Chou à grosse côte frangé, — + Choux fraise-de-veau.</p> + +<p>Ceux de la seconde catégorie se sèment en juillet et août, ou mieux +en mars et avril, et l'on repique le plant immédiatement à demeure; +mais on peut aussi semer en place, soit en lignes, soit a la volée. +Ces Choux donnent <span class="pagenum"><a id="page124" name="page124"></a>(p. 124)</span> leurs produits en feuilles pendant tout +l'hiver et jusqu'à leur seconde année.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Cavalier ou Chou-arbre, — Caulet de Flandre, — + branchu de Poitou, — de grand Jouan.</p> + +<p>N. 4. <i>Choux-raves.</i>—Les premiers semis ont lieu vers la fin de +février, et peuvent se continuer jusqu'en juin; on sème sur une +plate-bande terreautée, pour plus tard mettre en place. Ces Choux +différent des autres par leur collet, qui est renflé et charnu, et +que l'on emploie en cuisine comme les Navets; mais, pour les avoir +bien tendres, il faut, en été, leur donner de fréquents arrosements.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc ou de Siam, — blanc hâtif, — violet, — violet + hâtif.</p> + +<p>Le <i>Chou-navet</i>, assez semblable au précédent, produit en terre une +tubérosité charnue de même saveur que le Chou-rave. On le sème en +place, en mai et juin, soit en lignes, soit à la volée; puis les +autres soins consistent à éclaircir le plant de manière que les +Choux se trouvent à environ 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres. Ils craignent +peu la gelée, et, à moins d'un hiver rigoureux, on peut ne les +arracher qu'au fur et à mesure du besoin.</p> + +<p>Les graines de Chou mûrissent en juillet; elles se conservent bonnes +pendant cinq ou six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Chou-navet blanc, — Rutabaga ou navet de Suède.</p> + +<p>N. 5. <i>Choux-fleurs.</i>—Ils sont beaucoup plus délicats que les +autres races de Choux, aiment une terre légère, bien fumée et +surtout beaucoup d'arrosements en été. On en cultive plusieurs +variétés, mais il est impossible de conseiller plutôt l'une que +l'autre, car les résultats <span class="pagenum"><a id="page125" name="page125"></a>(p. 125)</span> tiennent uniquement à des +causes locales. Les premiers semis se font en septembre, sur une +plate-bande bien terreautée ou sur une vieille couche, pour être +repiqués, en octobre, en pépinière, sur un ados; et lorsqu'il gèle, +on pose des cloches ou des panneaux sur le plant. Il faut avoir soin +de donner de l'air tous les jours et aussi longtemps que la +température le permettra. Si, malgré cette précaution, il arrivait +que le plant avançât trop, il faudra l'arracher et le replanter pour +en retarder la végétation; puis, quand les froids deviennent +rigoureux, on entoure les cloches avec de la litière, et l'on couvre +le tout avec des paillassons; on découvre toutes les fois que le +temps le permet, et l'on donne de l'air. En décembre, on peut +planter une partie de ses Choux-fleurs sur couche et sous panneaux, +et entre eux quelques Laitues. Pendant la nuit, on couvre les +panneaux avec des paillassons, on arrose au besoin, et l'on donne de +l'air toutes les fois que la température le permet; puis, lorsque +les Choux-fleurs atteignent les vitraux, il faut avoir soin +d'exhausser les coffres; si dans la seconde quinzaine de mars, le +temps est favorable, on enlève les panneaux. Ces Choux-fleurs +produiront en avril et mai; en mars, on plantera l'autre partie en +pleine terre, et ils donneront depuis la fin de mai jusqu'en +juillet. On peut aussi semer sur couche, en février et en mars, et +peu de temps après on repique le plant également sur couche, pour le +planter en pleine terre vers la fin de mars ou au commencement +d'avril, et il produira en juin et juillet.</p> + +<p>On sème les derniers Choux-fleurs en juin: c'est l'époque où l'on en +sème le plus et celle où la culture en est le plus facile: c'est +celle des Choux ordinaires, et tout le succès dépend de l'abondance +des arrosements, qui doivent être très-fréquents, surtout pendant +les premiers mois. Il faut semer à une exposition ombragée sur une +<span class="pagenum"><a id="page126" name="page126"></a>(p. 126)</span> plate-bande bien terreautée; puis, lorsque le plant est +assez fort, on repique immédiatement en place. Ces Choux-fleurs +produisent depuis la fin d'août jusqu'en novembre; on peut même en +conserver jusqu'en février, et quelquefois jusqu'en avril. Pour +cela, il faut ne les couper que le plus tard possible, et surtout +par un temps bien sec, afin de ne les rentrer que bien ressuyés, car +de là dépend toute la durée de leur conservation.</p> + +<p><i>Conservation des Choux-fleurs.</i>—Après avoir bien enlevé toutes les +feuilles de ses Choux-fleurs, on les dépose sur les tablettes de la +serre à légumes, ou bien, ce qui est encore préférable, on les pend +la tête en bas; et, comme en séchant ils se réduisent beaucoup, il +faut, la veille du jour où l'on veut les manger, rafraîchir le bout +du trognon et les mettre tremper dans l'eau fraîche pendant quelques +heures, en ayant soin d'éviter de mouiller la tête; ils ne tardent +pas à reprendre leur forme primitive, sans avoir rien perdu de leur +qualité.</p> + +<p>On récolte la graine de Choux-fleurs en septembre. Sa durée +germinative est de cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Tendre ou petit Salomon, — demi-dur ou gros Salomon, + — Lenormand, — dur de Paris, — d'Angleterre, — de Hollande.</p> + +<p><i>Chou brocoli.</i>—On sème les Brocolis en mars, avril et mai, en +commençant par les variétés les plus hâtives. Lorsque le plant est +suffisamment fort, on le repique en pépinière, et plus tard on le +plante en lignes comme les Choux-fleurs.</p> + +<p>Les variétés hâtives semées en mars sont bonnes à récolter en +septembre. Les autres donnent successivement pendant l'hiver et le +printemps.</p> + +<p>Plus rustique que le Chou-fleur, le Brocoli peut supporter sans +souffrir quelques degrés de froid. Cependant, <span class="pagenum"><a id="page127" name="page127"></a>(p. 127)</span> il est plus +prudent de relever les pieds en mottes à l'approche des gelées, pour +les replanter dans une tranchée sur laquelle on place des châssis ou +des paillassons.</p> + +<p>La durée germinative de la graine de Brocoli est de cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc hâtif, — blanc tardif, — violet hâtif, — + violet tardif, — Sprouting (cette dernière variété produit de + petites pommes comme le Chou de Bruxelles).</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chou marin</span> (<i>Crambe maritima</i>).—Le Crambé est un fort bon légume +dont on mange les feuilles naissantes, qu'on fait blanchir en +buttant le pied; il est rustique et d'une culture facile. Dans des +conditions favorables (c'est-à-dire dans un terrain sablonneux et +bien fumé), il produit pendant fort longtemps. Nous avons vu une +plantation de Crambés en plein rapport, qui depuis quinze ans donne +chaque année plusieurs récoltes. On le multiplie de graines semées +en place ou en pépinière peu de temps après la récolte; car les +semis d'automne réussissent généralement mieux que ceux de +printemps. On peut aussi multiplier les Crambés par boutures de +racines, mais le semis produit toujours, comme il est facile de le +comprendre, des plants plus vigoureux.</p> + +<p>On plante les Crambés en automne ou au printemps. On trace alors +deux rangs dans Une planche de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on plante à +0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne. Chaque année, à l'automne, on +enlève les feuilles mortes, on donne un binage; puis on étend sur +les planches un bon lit de fumier à moitié consommé. Dès la seconde +pousse, on pourrait commencer à couper les feuilles des Crambés; +mais il est préférable d'attendre la troisième, car alors ils seront +dans toute la force de leur végétation, et on les conservera +beaucoup plus longtemps. On commence ordinairement à butter les +Crambés vers la fin de <span class="pagenum"><a id="page128" name="page128"></a>(p. 128)</span> janvier ou au commencement de +février; mais, afin que tous ne donnent pas ensemble, on n'en butte +qu'une partie, et le reste quinze jours après, ce qui a lieu de la +manière suivante: on dépose sur chaque pied un tas de terreau (ou de +terre légère) d'environ 0<sup>m</sup>,20, et l'on recouvre le tout d'un bon +lit de fumier ou de feuilles, afin d'activer la végétation; un mois +après environ, lorsque l'extrémité des feuilles commence à paraître, +on les coupe rez terre, mais en ayant soin de ménager les yeux qui +se trouvent au collet de la plante, car sans cette précaution elle +ne repousserait plus. Après la récolte, on les butte de nouveau, et +ils donnent une seconde récolte souvent aussi abondante que la +première. Après la seconde coupe, on détruit les buttes, on étend +une partie du terreau sur les planches, et l'on enlève le reste. On +peut aussi forcer le Crambé sous panneaux, comme les Asperges: ce +qui consiste tout simplement à placer, en janvier ou février, des +coffres et des panneaux sur les Crambés, après les avoir buttés; à +défaut de panneaux à cadre plein, on peut utiliser les panneaux +ordinaires, à la condition de les tenir constamment couverts de +paillassons. Pour activer la végétation des Crambés, on peut +entourer les coffres d'un réchaud de fumier, car la chaleur ne nuit +en rien à cette plante. On peut même, comme cela se fait en +Angleterre, placer pendant l'hiver de fortes touffes de Crambés dans +la serre à forcer, afin d'en avoir de bons à récolter avant +l'époque, ou donner ceux forcés sur place.</p> + +<p>On récolte les graines de Crambé en août; elles se conservent bonnes +pendant trois ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ciboule commune</span> (<i>Allium fistulosum</i>).—Les premiers semis ont lieu +dans le courant de février, en place et à la volée; et à partir de +cette époque, on peut continuer de semer successivement jusqu'en +juillet. Après le semis, on <span class="pagenum"><a id="page129" name="page129"></a>(p. 129)</span> couvre les graines d'une +légère couche de terreau, et l'on arrose toutes les fois qu'il en +est besoin. Pour ne pas manquer de Ciboule en hiver, il faut en +arracher en novembre, la mettre en jauge, puis la couvrir de litière +sèche pendant les gelées.</p> + +<p>Les graines mûrissent en août, et se conservent pendant deux ans.</p> + +<p><i>Ciboule vivace.</i>—Elle se multiplie d'éclats au printemps ou à +l'automne.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ciboulette.</span> <i>Civette</i> (<i>Allium Schœnoprasum</i>).—Cette plante se +multiplie par ses caïeux, que l'on sépare en février et mars pour +les planter en bordures. Elle est d'autant plus tendre et pousse +d'autant mieux, qu'on la coupe plus souvent.</p> + +<p>Pour lui faire passer l'hiver, on la coupe au niveau du sol, puis on +la couvre de terreau.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Concombre</span> (<i>Cucumis sativus</i>).—On sème les Concombres en janvier, +février et mars, sur couche chaude et sous panneaux. Lorsque les +cotylédons et les premières feuilles sont bien développés, on les +repique dans de petits pots, qu'on enfonce sur une couche chaude, +pour les planter quelque temps après également sur couche et sous +panneaux. Plus tard, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on +peut planter les Concombres en pleine terre. Dans les terres +légères, faciles à s'échauffer, on peut même semer les Concombres en +place, dans de petites fosses remplies de terreau.</p> + +<p>Comme les Melons, les Concombres doivent être taillés pour donner de +beaux fruits; ce qui doit avoir lieu comme il est indiqué à +l'article <i>Melon</i>.</p> + +<p><i>Concombre vert petit à cornichons.</i>—On le sème au commencement de +mai sur couche et sous panneaux. Peu <span class="pagenum"><a id="page130" name="page130"></a>(p. 130)</span> de temps après, on +repique le plant en pépinière également sur couche et sous panneaux. +Dès qu'il est repris, on commence à donner un peu d'air, afin de le +fortifier, et vers la fin de mai ou le commencement de juin, on le +relève en mottes pour le mettre en pleine terre à bonne exposition, +à 0<sup>m</sup>,60 de distance.</p> + +<p>On peut aussi semer le Cornichon en pleine terre; plus rustique même +que les autres Concombres, il n'a pas besoin d'être taillé.</p> + +<p>Dans les terrains naturellement humides, il faut, pour récolter de +beaux fruits, ramer les Concombres et les Cornichons, comme les Pois +et les Haricots, afin qu'ils ne posent pas sur le sol.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Concombre est de cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc hâtif, — blanc gros, — jaune long, — vert + long anglais, — de Russie, — serpent.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Courge Potiron</span> (<i>Cucurbita maxima</i>).—On sème les potirons en mars, +sur couche chaude et sous panneaux; en avril, on les repique en +pépinière également sur couche et sous panneaux. Quelques jours +après le repiquage, on commence à donner un peu d'air, afin de +fortifier le plant; et, en mai, on prépare des trous que l'on +dispose de manière que les Potirons soient au moins à 1<sup>m</sup>,65 les uns +des autres. On remplit les trous de fumier, que l'on couvre +d'environ 0<sup>m</sup>,15 de terreau. Si, après la plantation, il survient de +petites gelées blanches pendant la nuit, il faut couvrir les +Potirons avec des cloches, ou, à défaut, avec de la litière. Pendant +leur végétation, il faut les arroser abondamment, et les autres +soins consistent à pincer la première tige au-dessus du second +œil, afin de favoriser le développement d'une ou de deux branches +sur chacun. Lorsqu'elles ont environ 1<sup>m</sup>,50 de longueur, on les +marcotte, <span class="pagenum"><a id="page131" name="page131"></a>(p. 131)</span> ce qui consiste à coucher les branches en terre, +afin qu'elles produisent des racines; de cette manière, on obtient +une végétation beaucoup plus vigoureuse. Dès qu'un fruit est noué et +jugé digne d'être conservé, il faut pincer la branche qui le porte à +deux ou trois yeux au-dessus du fruit; et si l'on veut en obtenir de +volumineux, on ne doit en laisser qu'un ou deux sur chaque pied, +excepté sur celui de <i>Hollande</i>, variété dont les fruits sont moins +gros, mais d'excellente qualité; c'est même celui que l'on doit +réserver de préférence pour les provisions d'hiver; car, cueilli +avant les gelées et déposé sur les tablettes du fruitier ou de +l'orangerie, il se conserve souvent jusqu'en mars et avril.</p> + +<p>Les Courges à la moelle, pleine de Naples, de l'Ohio, de Valparaiso, +de Barbarie, de Madère, des Patagons, le Giraumont turban et le +Pâtisson, se cultivent exactement comme le Potiron.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Courge est de cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Jaune gros, — d'Espagne, — de Hollande, — blanc, — + de Corfou.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cresson de fontaine</span> (<i>Nasturtium officinale</i>).—Cette plante, +jusqu'à présent employée en cuisine comme salade et fourniture +seulement, peut aussi être préparée à la manière des Épinards, et +sous cette forme elle a une saveur fort agréable. La consommation du +Cresson est devenue tellement considérable que, dans un rayon +très-rapproché de Paris, des terrains très-étendus sont consacrés à +cette culture.</p> + +<p>Ces cressonnières sont alimentées par des sources naturelles ou +artificielles, et disposées de manière à être submergées à volonté. +Le terrain est divisé par fosses larges chacune d'environ 3 mètres +sur 0<sup>m</sup>,40 à peu près <span class="pagenum"><a id="page132" name="page132"></a>(p. 132)</span> de profondeur, séparées par des +plates-bandes élevées, destinées à divers genres de culture, tels +que Artichauts, Choux, etc. On multiplie le Cresson de graines +semées au printemps, ou mieux de boutures faites en août. Avant la +plantation, il faut bien unir le terrain; et s'il arrivait qu'il ne +fût pas assez humide, on y laisserait couler un peu d'eau. Une fois +le terrain bien préparé, on prend du Cresson, et on le place au fond +des fosses par petites pincées, à environ 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15 l'une de +l'autre. Au bout de peu de temps, il est enraciné et couvre +complétement le sol; alors on étend sur toute sa surface une légère +couche de fumier de vache bien consommé; puis, au moyen d'une +planche à laquelle on adapte un manche placé obliquement, on +comprime le tout légèrement; après quoi, on introduit 0<sup>m</sup>,10 à +0<sup>m</sup>,12 d'eau, quantité bien suffisante pour cette culture. En été, +on cueille le Cresson tous les quinze jours ou toutes les trois +semaines. Pour le cueillir avec plus de facilité, on pose une +planche en travers de la fosse. Dès qu'une fosse est récoltée, on la +met à sec, et l'on étend de nouveau un peu de fumier de vache, qu'on +appuie avec l'instrument mentionné ci-dessus, opération qu'il faut +recommencer immédiatement après chaque coupe. Quand une fosse a +produit pendant un an, on la détruit pour la replanter, comme nous +l'avons indiqué précédemment, mais seulement après avoir enlevé les +vieilles racines et les débris de fumier, qui forment une épaisseur +assez considérable dans le fond.</p> + +<p>On peut aussi en semer ou en planter sur le bord des cours d'eau, +comme il en circule souvent dans les jardins d'agrément. Les tiges +ne tardent pas à s'étendre, et l'on peut en couper chaque année +jusqu'aux gelées, pourvu qu'on le fasse assez souvent pour +l'empêcher de monter en graine.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Cresson de fontaine est de +quatre ans.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page133" name="page133"></a>(p. 133)</span> <i>Cresson de terre</i>, <i>Cresson vivace</i> (<i>Erysimum +præcox</i>).—Il peut remplacer le Cresson de fontaine, dont il a tout +à fait la saveur. On le sème au printemps, en rayons, dans une terre +franche, légère et humide.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Cresson de terre est de trois +ans.</p> + +<p><i>Cresson alénois</i> (<i>Lepidium sativum</i>).—Comme cette plante monte +très-vite en graine, on est obligé d'en semer très-souvent; les +semis se font en rayons, au printemps sur couche, et en été à une +exposition ombragée.</p> + +<p>Les graines de Cresson alénois mûrissent en juin, et se conservent +pendant cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Cresson alénois frisé, — Cresson doré.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Échalote</span> (<i>Allium Ascalonicum</i>).—On ne la cultive avec succès que +dans une terre légère et substantielle, fumée de l'année précédente. +Elle se multiplie de caïeux plantés en février et mars, à 0<sup>m</sup>,08 ou +0<sup>m</sup>,10 de distance, et presque à fleur de terre, afin d'éviter +l'humidité, qui lui est très-préjudiciable. On choisit, pour +replanter, les Échalotes les plus minces et les plus allongées, car +ce sont celles qui produisent les plus belles bulbes. On les arrache +en juillet ou en août, lorsque les feuilles sont sèches, et on les +laisse deux ou trois jours au soleil, puis on les rentre dans un +lieu sec.</p> + +<p><span class="smcap">Épinards</span> (<i>Spinacia oleracea</i>).—On les sème, en lignes ou à la +volée, depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre; et comme ils +restent peu de temps en terre, on en sème souvent parmi les plantes +nouvellement repiquées ou pour garnir les planches qui doivent être +employées à une autre culture environ un mois après. Les semis d'été +doivent se faire à une exposition ombragée; il faut arroser +fréquemment, pour les empêcher de monter.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page134" name="page134"></a>(p. 134)</span> Les graines d'Épinards mûrissent en juillet, et se +conservent pendant cinq ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Épinards de Hollande, — d'Angleterre, — de Flandre, + — d'Esquermes, à feuilles de laitue.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Estragon</span> (<i>Artemisia dracunculus</i>).—On le multiplie de graines, +mais plus fréquemment par éclats des pieds, qu'on replante au +printemps à bonne exposition. On coupe les tiges à l'entrée de +l'hiver, et on couvre les touffes de quelques centimètres de +terreau.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Fenouil</span> (<i>Anethum feniculum</i>).—On en cultive plusieurs variétés; +mais, comme légume, le Fenouil doux est le plus estimé. On le +multiplie de graines que l'on tire d'Italie chaque année; celles +qu'on récolte dans nos jardins dégénèrent promptement. On sème, de +mars en juin, en place ou en pépinière, et on repique à 0<sup>m</sup>,40 de +distance; puis on donne des binages et de fréquents arrosements +pendant la sécheresse. Quand le Fenouil est assez fort, on le fait +blanchir à la manière du Céleri. On mange les racines et les jeunes +pousses.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Fenouil est de cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Fève</span> (<i>Faba vulgaris</i>).—On sème les premières Fèves en janvier, +sous panneaux (pour semer à cette époque, on prend de préférence la +Fève naine hâtive); en février, on les repique en rayons un peu +profonds, qu'on trace à 0<sup>m</sup>,35 les uns des autres; on les couvre de +litière pendant les mauvais temps, et lorsqu'elles ont quelques +centimètres de hauteur on donne un binage, puis on achève de remplir +les rayons, ce qui augmente la vigueur des plantes et des produits; +lorsqu'elles sont défleuries, l'on pince toutes les extrémités, afin +de forcer la séve à se <span class="pagenum"><a id="page135" name="page135"></a>(p. 135)</span> porter vers le fruit. En février, +on sème en pleine terre, par touffes ou en rayons; et à partir de +cette époque, les semis peuvent être continués successivement +jusqu'à la fin de mai; enfin, quelle que soit l'époque des semis, +les soins consistent à donner quelques binages et à pincer +l'extrémité des tiges, comme nous l'avons précédemment indiqué.</p> + +<p>La durée germinative des semences de Fèves est de six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Naine hâtive, — Julienne, — de marais, — de + Windsor, — toujours verte, — violette, — à fleur pourpre, — à + longue cosse.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Fraisier</span> (<i>Fragaria vesca</i>).—On multiplie les Fraisiers de graines +ou de filets, qui ne doivent être pris que sur du plant d'un an; car +ceux qui proviennent de vieilles touffes produisent beaucoup moins, +les fruits en sont moins beaux et de moins bonne qualité. On sème en +mars, à une exposition ombragée; on couvre les graines d'une légère +couche de terre fine, mêlée de terreau, et l'on entretient la +fraîcheur de la terre par des bassinages.</p> + +<p>Dès que le plant a quatre ou cinq feuilles, on le repique en +pépinière, deux par deux, sur une vieille couche. Aussitôt après le +repiquage, on bassine avec l'arrosoir à pomme, ce que l'on continue +de faire suivant le besoin; et pendant quelques jours on garantit +les jeunes plants contre l'action du soleil avec un peu de litière, +qu'on étend bien légèrement.</p> + +<p>Dans le commencement de juillet, on relève les plants en mottes pour +planter en pleine terre, à environ 0<sup>m</sup>,15 de distance l'un de +l'autre, et, comme après le premier repiquage, on protége la reprise +par de fréquents arrosements. Le résultat de ces repiquages est de +favoriser le développement d'une grande quantité de jeunes racines; +<span class="pagenum"><a id="page136" name="page136"></a>(p. 136)</span> et plus les Fraisiers en sont garnis, plus ils deviennent +productifs. À partir de cette époque jusqu'au moment de les mettre +en place, on a soin de supprimer toutes les fleurs et les filets qui +se développent sur le jeune plant, et d'arracher ceux qui paraissent +dégénérer, ce qu'il est facile de reconnaître à leur vigueur et à +l'absence des fleurs.</p> + +<p>Vers la fin de septembre, on donne un bon labour aux planches dans +lesquelles on doit planter ses Fraisiers; et si le terrain ne se +trouvait pas être de bonne qualité, il faudrait pour l'améliorer +n'employer que des engrais bien consommés: car lorsque les racines +des Fraisiers atteignent le fumier non consommé, les feuilles se +dessèchent successivement, et souvent les touffes périssent. Après +avoir bien préparé le terrain, on trace cinq rangs par planche de +0<sup>m</sup>,33 de largeur; puis on plante ses Fraisiers à 0<sup>m</sup>,35 de distance +sur la ligne, ce qui toutefois ne doit avoir lieu que pour les +Fraisiers des Quatre-Saisons, car pour ceux à très-gros fruits, tels +que le Fraisier Keen's seedling, on trace quatre rangs seulement, et +l'on plante à 0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne; après quoi l'on +continue de couper les fleurs et les filets de chaque touffe avant +qu'ils soient enracinés, afin de concentrer sur chaque pied la force +de reproduction dont ils sont doués.</p> + +<p>Au printemps, on donne un binage à chaque planche; dès que les +fleurs commencent à paraître, il faut couvrir la terre d'un paillis +un peu long, ce qui d'une part a l'avantage de conserver l'humidité +du sol, et de l'autre empêche les fruits de porter sur la terre. Les +arrosements doivent être faits avec les arrosoirs à pomme, au +printemps le matin, et le soir en été. L'année suivante, on continue +les mêmes soins; mais, comme au bout de quelques années les produits +dégénèrent, il ne faut pas conserver les Fraisiers plus de deux ans. +Cependant, dans un <span class="pagenum"><a id="page137" name="page137"></a>(p. 137)</span> bon terrain, on peut les conserver +trois ou quatre ans, en ayant soin de les rechausser chaque année au +printemps avec de la terre neuve.</p> + +<p>Les Fraisiers qu'on multiplie de filets doivent être plantés en +juillet, et comme ce que nous venons de dire pour les Fraisiers +provenant de graines est en tout applicable à ces derniers, nous +croyons inutile de traiter ce sujet plus longuement.</p> + +<p><i>Des Fraisiers forcés.</i>—Les Fraisiers cultivés pour forcer sont: le +Fraisier des Quatre-Saisons, Keen's seedling, Princesse royale, +Marguerite Lebreton, Victoria Trolopp, Elton.</p> + +<p>Dans le courant de janvier ou dans les premiers jours de février, on +pose des coffres, puis des panneaux, sur les planches des Fraisiers +qu'on veut forcer; on enlève la terre des sentiers qui entourent les +coffres jusqu'à environ 0<sup>m</sup>,45 de profondeur, après quoi on remplit +les sentiers de fumier, mais jusqu'au niveau du sol seulement, et +dans la première quinzaine de février on achève de les remplir. À +partir de cette époque, il faut avoir soin de les entretenir à la +hauteur des panneaux: pour cela, on rapporte du fumier au fur et à +mesure qu'il en est besoin. On couvre les panneaux pendant la nuit +avec des paillassons, et l'on donne de l'air au moment du soleil. +Vers la fin d'avril, on commence à donner quelques bassinages, si la +température l'exige, ce que l'on continue de faire au besoin. Les +Fraisiers étant ainsi traités, les fruits commenceront à mûrir dans +le courant d'avril.</p> + +<p>Après la récolte, ou enlève les panneaux (qui peuvent encore servir +pour mettre sur les Melons), ce qui n'empêchera pas les Fraisiers, +ceux des Quatre-Saisons surtout, de fructifier jusqu'aux gelées. +Néanmoins, on peut également obtenir une seconde récolte des Keen's +seedling et autres variétés à gros fruits. Pour cela, il faut les +priver d'eau <span class="pagenum"><a id="page138" name="page138"></a>(p. 138)</span> pendant quelque temps, afin d'en arrêter la +végétation; et lorsque les touffes sont presque fanées, on supprime +une bonne partie des feuilles, on les bine légèrement, puis on +favorise leur végétation par de bons arrosements. Dans les premiers +jours d'août, on aura une seconde fructification, tout aussi +abondante que la première.</p> + +<p>Au lieu de détruire, après la récolte, les Fraisiers cultivés en +pots, comme on a l'habitude de le faire, on peut, dans le courant de +l'automne, retrancher les vieilles racines et renouveler la terre +des pots. Traités après cette opération comme les jeunes plants que +l'on renouvelle chaque année, ces Fraisiers donnent des fruits tout +aussi beaux et tout aussi abondants que les jeunes plants. Nous +avons vu à Tours, chez M. Bellanger, un de nos amis, des Fraisiers +soumis à ce traitement depuis quinze ans, dont la vigueur ne laisse +véritablement rien à désirer.</p> + +<p>Depuis l'adoption du chauffage au thermosiphon, on a modifié la +culture forcée des Fraisiers. Ainsi, après avoir traité les +Fraisiers comme nous l'avons indiqué, vers la fin de septembre ou au +commencement d'octobre, on les relève en mottes pour les planter +dans des pots de 0<sup>m</sup>,15. On emploie pour l'empotage une bonne terre +douce, passée à la claie, et, aussitôt après la plantation, on place +les pots l'un à côté de l'autre dans un coffre, de manière à pouvoir +les garantir des grandes pluies et des gelées, en posant dessus des +châssis ou des paillassons; puis on les arrose pour en faciliter la +reprise, et, comme pour les pieds cultivés en pleine terre, on +supprime les filets et les fleurs au fur et à mesure qu'ils +paraissent. Dans le courant de janvier, on prépare les coffres à +recevoir les Fraisiers; puis on les place sur le sol, tous à côté +les uns des autres, ou sur un gradin sous lequel on fait circuler +les tuyaux du thermosiphon. Après avoir tout disposé, on bine la +terre des pots, on enlève les feuilles mortes, et l'on <span class="pagenum"><a id="page139" name="page139"></a>(p. 139)</span> +pose les panneaux, que l'on couvre de paillassons pendant la nuit. +Arrivé à ce point, on commence à les chauffer, ce qu'il ne faut +faire que modérément et de manière à entretenir sous les panneaux +une température de 12 à 15 degrés, et, comme nous l'avons indiqué +pour les Fraisiers forcés en pleine terre, on bassine et on donne de +l'air toutes les fois que la température est favorable. On peut, par +ce moyen, avoir des fruits mûrs dès les premiers jours de mars. +Comme ceux de pleine terre, les Fraisiers forcés en pots sont +susceptibles de donner une seconde récolte; il suffit de les +dépoter, de les planter en pleine terre et de leur donner les soins +ci-dessus indiqués.</p> + +<p>On divise les Fraisiers en plusieurs sections, qui contiennent +chacune un grand nombre de variétés. Nous indiquerons seulement +celles qui entrent le plus communément dans la culture.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Fraisiers est de trois ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Des Quatre-Saisons, — Ambroisia, — Amiral Dundas, — + British Queen, — Eleonor Myatt, — Elton, — Jacunda, — Keen's + sedling, — Lucas, — Marguerite Lebreton, — Napoléon III, — + Princesse royale, — Sir Harry, — Victoria Trolopp, — + Vicomtesse Héricart de Thury.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Haricot</span> (<i>Phaseolus vulgaris</i>).—On sème les premiers Haricots en +décembre, sur couche et sous panneaux; mais, comme à cette époque, +il y a souvent absence complète de soleil, ce qui est +très-défavorable à ce genre de culture, il est préférable de ne +commencer ce travail que dans le courant de janvier, et à partir de +cette époque l'on peut continuer jusqu'à la fin de mars. On sème sur +couche et sous panneaux, et aussitôt après le développement des +cotylédons, on repique les Haricots en pépinière, toujours sur +couche et sous panneaux. Quelques jours après, on <span class="pagenum"><a id="page140" name="page140"></a>(p. 140)</span> prépare +une couche d'environ 0<sup>m</sup>,50 d'épaisseur dont la chaleur soit de 20 à +25 degrés; on pose les coffres, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,12 à +0<sup>m</sup>,15 de terre légère, et l'on plante les Haricots.</p> + +<p>On trace quatre rangs par coffre, et l'on plante à environ 0<sup>m</sup>,15 +sur la ligne; après quoi les soins à donner consistent à refaire les +réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur nécessaire +dans la couche; à couvrir les panneaux pendant la nuit; à donner de +l'air toutes les fois que la température le permet; enfin, à +bassiner au besoin, surtout au moment de la floraison, afin +d'empêcher les fleurs de couler; et lorsque les Haricots ont environ +0<sup>m</sup>,25 de hauteur, on les couche vers le haut du coffre, puis on les +maintient dans cette position au moyen de petites tringles de bois +qu'on pose sur les tiges. Peu de jours après, l'extrémité des tiges +se relève (on peut alors enlever les tringles), mais la partie +inférieure reste couchée sur le sol. Ainsi traités, on commence +ordinairement à cueillir les premiers Haricots six semaines après le +semis.</p> + +<p>C'est souvent à tort que l'on détruit les Haricots aussitôt après +qu'on en a récolté les premiers produits; car en les nettoyant avec +soin, opération qui consiste à enlever les feuilles mortes et les +fruits que l'on a trouvés trop petits pour être cueillis, ils +donneront au bout de quelque temps une seconde récolte aussi +abondante que la première.</p> + +<p>On peut faire avec avantage l'application du chauffage par le +thermosiphon à la culture des Haricots sous panneaux. Il suffit +alors de préparer une couche très-mince dans le but seul de garantir +les Haricots de l'humidité du sol, puis on fait circuler les tuyaux +de l'appareil au-dessus de la couche; on entretient la chaleur de 15 +à 20 degrés sous les panneaux; et comme l'on peut régler ce +chauffage <span class="pagenum"><a id="page141" name="page141"></a>(p. 141)</span> à volonté, on découvre tous les jours, sans +avoir égard à l'état de la température, et l'on donne de l'air aussi +souvent qu'il est nécessaire, ce qui contribue puissamment au succès +de l'opération.</p> + +<p>En avril, on semé encore sur couche, mais on repique en pleine terre +et sous cloches. On repique trois Haricots sous chacune; au bout de +quelques jours, on commence à donner de l'air, puis on enlève les +cloches lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que la +température est favorable. Il va sans dire qu'on peut indifféremment +employer des cloches ou des panneaux.</p> + +<p>On sème en pleine terre en mai; en terre légère, on sème dans la +première quinzaine du mois; mais en terre forte, dans la seconde +seulement, par touffes, ou mieux en rayons, car, par ce moyen, on +obtient une végétation beaucoup plus vigoureuse, et par conséquent, +des produits plus abondants. On trace des rayons d'environ 0<sup>m</sup>,05 de +profondeur à 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres; après quoi, on sème les +Haricots un à un, à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 sur la ligne, puis on les +couvre d'environ 0<sup>m</sup>,02 de terre.</p> + +<p>Pour semer par touffes, on fait des trous de 0<sup>m</sup>,05 à 0<sup>m</sup>,06 de +profondeur, disposés en échiquier, à 0<sup>m</sup>,40 les uns des autres; on +sème cinq ou six Haricots dans chacun, puis on les recouvre de la +même quantité de terre que ceux qui sont semés en rayons. Quelque +temps après, on donne un binage pour faciliter la levée des graines; +mais c'est seulement lorsque les Haricots sont bien levés qu'on +finit de remplir les trous ou les rayons. À partir de l'époque +ci-dessus indiquée, on peut semer des Haricots en pleine terre, +jusqu'à la mi-août, pour manger en vert (les Haricots qu'on cultive +particulièrement pour cet usage sont: le Nain de Hollande, le +Flageolet et le Bagnolet); mais, quand on veut récolter en sec, il +ne faut pas semer après le mois de mai, excepté pour quelques +variétés <span class="pagenum"><a id="page142" name="page142"></a>(p. 142)</span> naines hâtives, que l'on peut encore semer dans +la première quinzaine de juin. On cultive encore un grand nombre de +variétés de Haricots, que l'on divise en deux catégories.</p> + +<p>La durée germinative des semences de Haricots est de trois ans.</p> + +<div class="duree"> +<p><i>Haricots à manger en vert ou écossés.</i>—Nain de Hollande, h. + 0<sup>m</sup>,30,—Noir de Belgique, h. 0<sup>m</sup>,35,—de Soissons nain, h. + 0<sup>m</sup>,50.—de la Chine, h. 0<sup>m</sup>,35,—Flageolet, h. 0<sup>m</sup>,35,—Fl. + jaune, h. 0<sup>m</sup>,40,—Suisse blanc, 0<sup>m</sup>,45,—S. gris, h, 0<sup>m</sup>,45—de + Chartres, h. 1<sup>m</sup>,40,—de Soissons, h. 2<sup>m</sup>,—Sabre, h. 2<sup>m</sup>,—Riz, + h. 0<sup>m</sup>,60.</p> + +<p><i>Haricots sans parchemin ou Mange-tout.</i>—Nain blanc, h. + 0<sup>m</sup>,50,—Sabre nain, h. 0<sup>m</sup>,50,—de Prague marbré nain, h. + 0<sup>m</sup>,45,—Princesse nain, h. 0<sup>m</sup>,40,—Jaune du Canada, h. + 0<sup>m</sup>,40,—Beurre nain, h. 0<sup>m</sup>,35,—Predomme, h. + 1<sup>m</sup>,50,—Princesse, h. 2<sup>m</sup>,—Beurre 2<sup>m</sup>,50,—B. blanc, h. + 2<sup>m</sup>,—de Prague rouge, h. 2<sup>m</sup>,50,—de P. marbré, h. 2<sup>m</sup>,—de P. + bicolore, h. 2<sup>m</sup>,50,—de Villetaneuse, h. 2<sup>m</sup>.</p> +</div> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Igname de la chine</span> (<i>Dioscorea Batatas</i>).—Cette plante, dont +l'introduction en France date de 1848, a résisté à l'épreuve du +temps, sous laquelle ont succombé un grand nombre de plantes +nouvelles. Elle justifie de plus en plus les espérances fondées sur +les services qu'elle rend dans son pays natal, et l'on peut dire +maintenant qu'elle est digne à tous égards de figurer au premier +rang sur la liste de nos plantes potagères.</p> + +<p>La saveur des racines tuberculeuses de l'Igname de la Chine diffère +peu de celle de la Pomme de terre; elles sont aussi riches en +fécule, et peuvent, comme la Pomme de terre, recevoir toute sorte +d'assaisonnements.</p> + +<p>Ces racines sont annuelles; laissées en terre, elles s'atrophient +chaque année, mais seulement après avoir donné naissance à de +nouvelles racines, qui partent du collet de la plante.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page143" name="page143"></a>(p. 143)</span> On multiplie l'Igname de la Chine en plantant, en mars ou +avril, sans plus de soins que n'en exige la culture bien comprise de +la Pomme de terre, soit les bulbilles qui naissent dans les +aisselles des feuilles, soit les jeunes racines que produisent les +bulbilles, soit enfin le collet des racines destinées à la +consommation. On plante les Ignames de la Chine en lignes, à 0<sup>m</sup>,20 +ou 0<sup>m</sup>,25 les unes des autres, en tous sens. Dans les terrains +siliceux, qui conviennent mieux que tous les autres à la culture de +cette plante, la récolte des Ignames de la Chine peut être faite +l'année même de la plantation. Les frais d'arrachage ne dépassent +pas sensiblement alors ce que coûte ordinairement la récolte des +Carottes longues, par exemple. Néanmoins, pour obtenir de cette +plante tout ce qu'elle peut produire, il faut laisser les racines en +terre pendant deux ans. D'après ce que nous avons été à même de +constater dans nos propres cultures, le rendement en racines de +l'Igname de la Chine dépasse toujours de beaucoup la seconde année +ce que la même étendue de terrain aurait pu produire de Pommes de +terre. Il en résulte que, malgré les deux années de culture et les +frais d'arrachage, cette opération offre encore des avantages +certains.</p> + +<p>Bien que les tiges de l'Igname de la Chine soient grimpantes, elles +n'ont pas besoin d'être ramées, et l'on peut les laisser ramper sur +le sol. S'il arrivait même qu'elles prissent un trop grand +développement la seconde année, on pourrait sans inconvénient en +donner une partie aux bestiaux, qui les mangent avec plaisir comme +fourrage frais. L'Igname de la Chine est peu sensible au froid; sous +le climat de Paris, elle passe très-bien en pleine terre les hivers +ordinaires. Cependant, il est prudent d'arracher les Ignames de la +Chine dès que les tiges sont complétement sèches.</p> + +<p>Placée dans les mêmes conditions que la Pomme de <span class="pagenum"><a id="page144" name="page144"></a>(p. 144)</span> terre, +l'Igname de la Chine peut se conserver facilement cinq et six mois +hors de terre.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Laitue</span> (<i>Lactuca sativa</i>).—On en cultive deux races principales: +les Laitues pommées (<i>Lactuca capitata</i>) et les Laitues romaines +(<i>Lactuca romana</i>).</p> + +<p><i>Laitues.</i>—On les divise en Laitues pommées, de printemps, d'été, +d'hiver, et à couper.</p> + +<p><i>Laitues de printemps.</i>—Dans la première quinzaine d'octobre, on +sème la variété dite petite noire, sur un ados exposé au midi; +lorsque les cotylédons sont bien développés et que les premières +petites feuilles commencent à paraître, on place trois rangs de +cloches sur l'ados, et l'on repique sous chacune une trentaine de +plants; puis on élève ces Laitues sans jamais leur donner d'air. +Mais il n'en est pas de même pour les autres variétés, qu'on sème +dans la seconde quinzaine du mois: car lorsque le plant est bien +repris, ce qui se voit quand il commence à végéter, on donne un peu +d'air en soulevant les cloches d'environ 0<sup>m</sup>,03 du côté opposé au +vent. Au bout de quelques jours, on augmente progressivement, selon +l'état de la température, et afin de fortifier le plant. Il ne faut +rabattre les cloches que lorsqu'il gèle à 2 ou 3 degrés. Lorsque la +gelée devient plus forte, on garnit les cloches avec du fumier bien +sec, qu'on augmente en raison de l'intensité du froid.</p> + +<p>On découvre les cloches au moment du soleil; mais on doit s'assurer +avant si le plant ne souffre pas de la gelée; car il faudrait alors, +au lieu de découvrir, augmenter la couverture et le laisser dégeler +graduellement.</p> + +<p>Dans la première quinzaine de novembre, on plante sur couche (sous +panneaux ou sous cloches), et à partir de cette époque, on continue +successivement jusqu'à la fin de février. En mars, on plante en +pleine terre, à bonne <span class="pagenum"><a id="page145" name="page145"></a>(p. 145)</span> exposition, toujours avec des plants +pris sur le même ados.</p> + +<p>Vers la fin de février ou au commencement de mars, on sème sur +couche et sous panneau; et lorsque le plan est assez fort, on le +repique en planches que l'on aura eu soin de pailler avant la +plantation.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Crêpe ou petite noire, — Gotte, — Georges, — À bord + rouge. — Bigotte.</p> + +<p>On sème aussi ces variétés en août et en septembre; on les plante +sur des vieilles couches, qu'on recharge de terreau, de manière +qu'elles se trouvent près du verre; mais c'est seulement quand il +gèle qu'on les recouvre de panneaux, et en ayant soin de leur donner +autant d'air qu'il est possible. On en conserve souvent jusqu'en +décembre.</p> + +<p><i>Laitues d'été.</i>—On commence à en semer dès les premiers jours +d'avril, puis jusqu'en juillet, successivement tous les quinze +jours, afin d'en avoir qui se succèdent pendant toute la saison. Les +soins sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués précédemment; +seulement, en raison de l'époque, les arrosements doivent être +beaucoup plus fréquents.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blonde de Versailles, — Bl. d'été, — Bl. de Berlin, + — Batavia blonde, — Bl. brune, — de Malte, — Turque, — + Impériale, — verte de Gênes, — grosse brune paresseuse, — + Palatine, — rouge chartreuse, — rousse à graine jaune, — + sanguine ou flagellée.</p> + +<p><i>Laitues d'hiver.</i>—On commence à les semer en août, et l'on peut +continuer jusque vers le milieu de septembre. En octobre on les +plante dans une plate-bande, à bonne exposition, et on les garantit +des fortes gelées et de la <span class="pagenum"><a id="page146" name="page146"></a>(p. 146)</span> neige en les couvrant avec de +la litière, qu'on enlève toutes les fois que le temps le permet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De la passion, — Morine — Brune d'hiver.</p> + +<p><i>Laitues à couper.</i>—On peut facilement en avoir presque toute +l'année, et en commençant à semer sur couche en janvier et en +février, puis en pleine terre dès le mois de mars successivement +jusqu'en novembre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À pincer, — Chicorée, — Épinard.</p> + +<p><i>Laitues romaines.</i>—On en cultive plusieurs variétés que l'on peut +classer, comme les Laitues pommées, en Romaines de printemps, d'été +et d'hiver.</p> + +<p><i>Romaines de printemps.</i>—Dans la première quinzaine d'octobre, on +sème la Romaine verte hâtive, et dans la seconde, les Romaines +blonde et grise maraîchère; on traite le plant comme celui des +Laitues pommées cultivées à cette époque; seulement, dans le courant +de novembre, on relève le plant des Romaines vertes pour le +replanter immédiatement; mais alors on n'en place plus que douze ou +quinze par cloche.</p> + +<p>Vers la fin de décembre ou le commencement de janvier, on commence à +planter sous panneaux ou sous cloches, et à partir de cette époque +on continue successivement jusqu'à la fin de février; en mars, on +plante en pleine terre, à bonne exposition.</p> + +<p><i>Romaines d'été.</i>—On les cultive absolument comme les Laitues +d'été, à la seule différence que pour les faire blanchir, on lie +avec un ou deux liens de paille les variétés qui ne se coiffent pas +elles-mêmes. Cette opération ne doit avoir lieu que par un temps +sec, et dès lors il faut s'abstenir de mouiller les feuilles en +arrosant.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Alphange, — Blonde de Brunoy, — Monstrueuse, — + Panachée, — Dorée, — À feuille de chêne.</p> + +<p><i>Romaines d'hiver.</i>—On les traite comme les Laitues <span class="pagenum"><a id="page147" name="page147"></a>(p. 147)</span> +d'hiver; et pour semer à cette époque, on donne généralement la +préférence à la Romaine rouge d'hiver, variété très-rustique et +supportant le mieux les gelées.</p> + +<p>Les graines de Laitues et de Romaines mûrissent en août, et elles se +conservent bonnes pendant cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lentilles</span> (<i>Ervum lens</i>).—Cette plante est plus cultivée en plein +champ que dans les jardins; on la sème en rayons en mars et avril. +Dans un terrain sec et sablonneux ses produits sont beaucoup plus +abondants que dans un terrain gras et humide; car alors elle végète +beaucoup, mais ne donne que très-peu de graines. La variété à +laquelle on donne généralement la préférence est celle de +<i>Gallardon</i>.</p> + +<p>La durée germinative des semences de Lentille est de trois ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mâche de Hollande</span> (<i>Valerianella olitoria</i>).—Elle aime une terre +douce et bien fumée. On commence à en semer en août et jusqu'à la +fin d'octobre. On la sème à la volée; et après avoir hersé à la +fourche, on la recouvre légèrement avec le râteau, et l'on arrose si +le temps est sec. Celle qu'on a semée en octobre sera bonne au +printemps.</p> + +<p>Il existe une nouvelle variété de Mâche à feuilles panachées, qui +peut être cultivée exactement de la même manière.</p> + +<p><i>Mâche d'Italie ou régence.</i>—C'est une espèce à feuilles plus +larges, mais plus tardive; on en sème souvent parmi celle de +Hollande, de manière à prolonger la durée du semis.</p> + +<p>Les graines de Mâche sont bonnes à récolter en juin, et elles se +conservent pendant quatre ou cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Maïs</span> (<i>Zea maïs</i>).—Dans les jardins, on cultive particulièrement le +Maïs pour ses jeunes épis, que l'on fait <span class="pagenum"><a id="page148" name="page148"></a>(p. 148)</span> confire au +vinaigre comme les cornichons ou pour manger cuits à l'eau comme les +pommes de terre. On le sème en mai en pleine terre, ou en avril sur +couche, pour le repiquer ensuite à 0<sup>m</sup>,60 de distance. Quand les +plantes prennent de la force, on les butte, et on retranche les +bourgeons qui viennent au pied.</p> + +<p>La durée germinative des semences du Maïs est de deux ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc hâtif, — Quarantain, — à poulets, — sucré.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Melons</span> (<i>Cucumis Melo</i>).—La culture des Melons, sur laquelle il a +déjà paru beaucoup de traités, rarement écrits par des praticiens, +est on ne peut plus facile; cependant, dans nos pays elle exige des +soins assidus et intelligents, surtout pour ceux de première saison: +car alors on a à lutter contre les chances défavorables de la +température; et la bonne culture a une telle influence sur la +qualité des fruits, que, quoique placés dans des conditions bien +moins favorables, nos Melons cantaloups sont ordinairement +supérieurs en qualité à ceux des contrées méridionales, où ils sont +semés en plein champ et abandonnés à eux-mêmes.</p> + +<p>Cette culture peut se faire de trois manières: sous panneaux, sous +cloches et en pleine terre.</p> + +<p><i>Melons sous panneaux.</i>—On ne cultive sous panneaux que le +Cantaloup Prescott fond blanc et ses variétés.</p> + +<p>Dans la culture de haute primeur on sème les premiers Melons dès les +premiers jours de janvier; mais, dans les cultures ordinaires, on +sème seulement dans les premiers jours de février.</p> + +<p>On prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,75 d'épaisseur, composée de +moitié fumier neuf, moitié fumier recuit.</p> + +<p>On la charge de 0<sup>m</sup>,10 de terreau, de manière que le semis se trouve +peu éloigné du verre. On entoure le coffre <span class="pagenum"><a id="page149" name="page149"></a>(p. 149)</span> d'un bon +réchaud de fumier, et lorsque la chaleur de la couche est favorable +(25 à 30 degrés), on trace des rayons, on sème des graines, que l'on +recouvre légèrement; on tient les panneaux couverts de paillassons +pendant deux ou trois jours, jusqu'à ce que ces graines aient levé; +après quoi on découvre tous les jours, en ayant soin de recouvrir +avant la nuit. Quelques jours après la levée des graines, on +commence à donner un peu d'air par le haut des panneaux chaque fois +que le temps le permet, afin de fortifier le plant. Lorsque les +cotylédons sont bien développés, on prépare une autre couche, de +même épaisseur que la précédente, mais dont la longueur doit être +proportionnée à la quantité de plants que l'on veut repiquer; puis +on la charge de terreau. On place les coffres, on étend le terreau +également, et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on +choisit le plant le plus vigoureux, et on le repique avec le doigt, +comme on le ferait avec un plantoir. On fait ordinairement dix rangs +par coffre, et l'on repique ses Melons à 0<sup>m</sup>,12 de distance sur la +ligne, ayant soin de les enfoncer jusqu'aux cotylédons; ou bien on +enfonce des pots de 0<sup>m</sup>,08 de diamètre sur la couche; on les emplit +de bonne terre douce mêlée de terreau, on la foule légèrement, et +lorsque la chaleur est favorable, on repique un pied de Melon dans +chaque pot<a id="footnotetag7" name="footnotetag7"></a><a href="#footnote7" title="Go to footnote 7"><span class="smaller">[7]</span></a>; et, dans ce cas comme dans l'autre, on tient les +panneaux couverts de paillassons pendant trois ou quatre jours, pour +faciliter <span class="pagenum"><a id="page150" name="page150"></a>(p. 150)</span> la reprise du plant; après quoi on découvre tous +les jours, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.</p> + +<p><i>Première taille.</i>—Lorsque la tige primitive a trois ou quatre +feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (<i>fig. <a href="#img011">11</a></i>); +ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité +ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige.</p> + +<a id="img011" name="img011"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img011.jpg" width="500" height="162" alt="" title=""> +<p>Fig. 11.—Melon, première taille.</p> +</div> + +<p>Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de +0<sup>m</sup>,60 d'épaisseur et 1<sup>m</sup>,33 de largeur, composées de fumier neuf, +de feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un +tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge +d'environ 0<sup>m</sup>,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on +place les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les +coffres, on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié, +et, quand la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de +Melon sous chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de +trous sur le milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur +couche, on lève les plants avec une bonne motte, et l'on plante un +pied de Melon dans chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer +jusqu'aux premières feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le +plant avec précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite, +on place la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la +tige se trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe +légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du +pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après +la plantation on donne un <span class="pagenum"><a id="page151" name="page151"></a>(p. 151)</span> peu d'eau au pied; au moment du +soleil, on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant +quelques jours on s'abstient de donner de l'air.</p> + +<p>Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon +réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant +la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des +paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la +température le permet.</p> + +<a id="img012" name="img012"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img012.jpg" width="500" height="199" alt="" title=""> +<p>Fig. 12.—Melon, deuxième taille.</p> +</div> + +<p><i>Deuxième taille.</i>—La première taille, c'est-à-dire le pincement de +la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches +latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers +le bas; et lorsqu'elles ont environ 0<sup>m</sup>,33 de longueur, on les +taille au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (<i>fig. <a href="#img012">12</a></i>), +suivant la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le +développement de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un +bon paillis de fumier à moitié consommé.</p> + +<p><i>Troisième taille.</i>—La seconde taille détermine le développement de +trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur +végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et +lorsqu'elles ont environ 0<sup>m</sup>,33 de longueur, on les taille au-dessus +de la troisième feuille (<i>fig. <a href="#img013">13</a></i>), sans avoir égard aux fleurs, +que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont +ordinairement <span class="pagenum"><a id="page152" name="page152"></a>(p. 152)</span> des fleurs mâles, qu'on nomme fausses +fleurs; si par hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées +mailles, on supprime aussi les branches où elles se trouvent, car +alors les plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits +seraient très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la +troisième taille, on surveille avec soin le développement des +nouvelles branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on +choisit le mieux fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux +au-dessus du fruit, que l'on garantit avec les feuilles +environnantes, de manière qu'il ne soit pas atteint par les rayons +directs du soleil, qui le durciraient; puis l'on supprime +immédiatement sur chaque pied tous les autres fruits, afin de +favoriser le développement de celui que l'on a laissé, et l'on pince +toutes les autres branches au-dessus de la seconde feuille (<i>fig. +<a href="#img013">13</a></i>).</p> + +<a id="img013" name="img013"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img013.jpg" width="500" height="209" alt="" title=""> +<p>Fig. 13.—Melon, troisième taille.</p> +</div> + +<p>Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme +régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime, +et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à +peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit +sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second +fruit, mais en <span class="pagenum"><a id="page153" name="page153"></a>(p. 153)</span> exigeant toujours les mêmes conditions que +pour le premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera +un ou deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à +couper toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières +feuilles et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du +coffre. Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les +panneaux, il faut choisir le moment de la journée où la température +est la plus douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui +sont excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent +nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque +il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température +que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point +retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement, +il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau +avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux, +moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du +soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les +soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible, +les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure +que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il +faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne +faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de +couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la +plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des +panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque +fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur +de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute +leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement, +car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol; +et comme elles se développent rapidement, <span class="pagenum"><a id="page154" name="page154"></a>(p. 154)</span> elles ne tardent +pas à pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir +de toute opération qui pourrait en arrêter le développement.</p> + +<p>Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à +mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février +donnent en mai<a id="footnotetag8" name="footnotetag8"></a><a href="#footnote8" title="Go to footnote 8"><span class="smaller">[8]</span></a>.</p> + +<p>Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est +avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des +circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du +soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme, +malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner +les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent +que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de +nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface +intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de +donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des +fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet +bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté, +on <span class="pagenum"><a id="page155" name="page155"></a>(p. 155)</span> peut donner de l'air toutes les fois qu'il est +nécessaire. Par ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que +ceux précédemment indiqués; seulement on fait une couche beaucoup +moins forte, et on fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous +de la couche.</p> + +<p>Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de +Melons.</p> + +<p>Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température +commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi +fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi +souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un +emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de +Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture +soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite +sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de +largeur et de 0<sup>m</sup>,33 de profondeur; on dépose les terres à +l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la +dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0<sup>m</sup>,66 +d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de +fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une +tranchée à 0<sup>m</sup>,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est +pas trop compacte, on charge la couche de 0<sup>m</sup>,15; on fait une couche +dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on +trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière +couche.</p> + +<p>Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend +la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on +entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les +sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable, +on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on <span class="pagenum"><a id="page156" name="page156"></a>(p. 156)</span> +leur donne les mêmes soins qu'aux Melons de première saison.</p> + +<p><i>Melons sous cloches.</i>—Pour planter sous cloches, on peut encore +semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers +préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la +fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous +panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour +l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la +plantation, on fait une tranchée de 0<sup>m</sup>,65 de largeur sur 0<sup>m</sup>,40 de +profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0<sup>m</sup>,75 d'épaisseur. +On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne +terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est +favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0<sup>m</sup>,66 les uns des +autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une +cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours, +pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre +les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à +végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le +jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever, +ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches, +mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait +mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps +humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la +Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter +plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la +taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués +pour les Melons cultivés sous panneaux.</p> + +<p><i>Melons sur buttes.</i>—Nous allons maintenant donner la description +d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, <span class="pagenum"><a id="page157" name="page157"></a>(p. 157)</span> récemment +indiquée par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol +des buttes en forme de cône, faites avec du fumier à moitié +consommé, des feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0<sup>m</sup>,50 +ou 0<sup>m</sup>,60 de diamètre à la base, 0<sup>m</sup>,60 de hauteur, et on les +établit à environ 1 mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être +préparés comme pour les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien +les mélanger, et les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure +qu'on les emploie, il faut les fouler de manière que les buttes +subissent le moins de tassement possible; et, quelle que soit la +nature des substances employées pour construire ces buttes, il faut +les couvrir d'environ 0<sup>m</sup>,15 de bonne terre, préparée comme nous +l'avons indiqué précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte +un petit trou d'environ 0<sup>m</sup>,10 de diamètre, que l'on remplit de +terreau fin; puis on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour +ne laisser plus tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien, +ce qui est encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il +faut, dans ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on +enlèvera lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous +renvoyons, pour les soins à donner et pour la première taille, à ce +qui a été dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les +cloches, on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de +leur conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain +environnant, puis on les couvrira complétement d'un paillis de +fumier, que l'on peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette +couverture a l'avantage de maintenir la fraîcheur des arrosements. +On visitera les buttes de temps à autre. Les soins à donner +consistent à faire descendre les branches qui prendraient une +mauvaise direction, à arracher les mauvaises herbes à mesure +qu'elles paraîtront; et lorsque les branches seront arrivées +<span class="pagenum"><a id="page158" name="page158"></a>(p. 158)</span> à peu près au milieu de la butte, on en pincera +l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de nouvelles +branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de fruits; et comme +elles atteignent promptement le bas de la butte, il en faut couper +une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles commencent à +ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les soins se +borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou un bout de +planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à peu près à +moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent ces buttes, +elles offrent l'avantage d'être plus facilement pénétrées par les +rayons solaires, ce qui est un point important dans les cultures de +ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des branches est tellement +favorable à la fructification, que chaque butte peut facilement +produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant de l'été; les premiers +commencent ordinairement à mûrir dans la seconde quinzaine de +juillet, et continuent à donner des fruits jusqu'en septembre.</p> + +<p>On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les +meilleures variétés:</p> + +<div class="type"> +<p><i>Melons brodés.</i>—Maraîcher.—Sucrin de Tour.—S. à chair + blanche.—Ananas d'Amérique,—d'Arkangel,—de Grammont,—de + Honfleur,—de Cavaillon.</p> + +<p><i>Melons cantaloups.</i>—Orange.—Noir des Carmes,—de Vingt-Huit + Jours.—Prescott fond blanc.—Pr. fond gris.—Galeux fond + vert,—de Portugal.—Noir de Hollande.</p> + +<p><i>Melons à écorce lisse.</i>—De Malte,—de M. à chair + rouge,—d'Hiver,—de Perse.<a id="footnotetag9" name="footnotetag9"></a><a href="#footnote9" title="Go to footnote 9"><span class="smaller">[9]</span></a></p> +</div> + +<p><i>Melons d'eau, Pastèques</i> (<i>Cucurbita Citrullus</i>).—On les cultive +comme les Melons à cloches, à cette différence <span class="pagenum"><a id="page159" name="page159"></a>(p. 159)</span> près, qu'on +laisse une plus grande quantité de fruits sur chacun.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Navet</span> (<i>Brassio Napus</i>).—Les navets viennent assez bien dans tous +les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce +n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une +bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai +jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un +temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus +ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine +pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août. +On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane, +afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les +couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les +conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés, +que l'on divise en <i>Navets tendres</i>, <i>demi-tendres et secs</i>; pour +les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut +prendre, comme étant les plus hâtifs.</p> + +<p>Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes +pendant cinq ans.</p> + +<div class="type"> +<p><i>Navets tendres.</i>—Des Vertus.—Blanc plat hâtif.—Rouge plat + hâtif.—Boule de Neige.</p> + +<p><i>Navets demi-tendres.</i>—Jaune de Hollande.—J. d'Écosse.—J. de + Malte.—J. de Finlande.—Rose du Palatinat.—Rond de + Croissy.—Gris de Morigny.</p> + +<p><i>Navets secs.</i>—De Freneuse,—de Meaux,—de Berlin petit.—Jaune + long.</p> +</div> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Oignon</span> (<i>Allium cepa</i>).—L'Oignon aime une terre douce et +substantielle, fumée de l'année précédente; on <span class="pagenum"><a id="page160" name="page160"></a>(p. 160)</span> le sème à +la volée dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est +favorable, mieux en février et même en mars dans les terres fortes. +Après le semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres +légères, il faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe +le râteau, et on recouvre les graines d'une légère couche de +terreau. Si le temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de +favoriser la germination; puis, lorsque les graines ont bien levé, +on éclaircit dans les places où le plant est trop épais, et l'on +repique dans celles où il en manque. Pendant leur végétation les +Oignons n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements, +qu'il faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez +ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les +fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la +séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin +d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on +les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour +qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier. +Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait +engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de +mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Rouge foncé, — R. pâle, — Jaune des Vertus, — + Souffré d'Espagne, — pyriforme, — de Madère.</p> + +<p>On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même +des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup +montent à graine au printemps.</p> + +<p><i>Oignon blanc.</i>—On le sème en pépinière et à la volée dans la +première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la +fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres +légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain +qu'on destine à la <span class="pagenum"><a id="page161" name="page161"></a>(p. 161)</span> plantation de l'Oignon blanc. On trace +10 ou 12 rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on repique les +Oignons à 0<sup>m</sup>,10 de distance sur la ligne.</p> + +<p>Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec +de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin +d'avril ou au commencement de mai.</p> + +<p>Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de +plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en +janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en +semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront +beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Oignon blanc hâtif, — Oignon blanc gros.</p> + +<p><i>Oignon d'Égypte</i> ou <i>Rocambole</i>.—Il diffère des autres en ce qu'il +porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les +plante en mars, à 0<sup>m</sup>,12 les uns des autres, et chacun de ces +bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque +les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour +servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le +nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars +suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des +bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment +indiquée.</p> + +<p><i>Oignon Patate.</i>—On le plante en février ou plus tôt, si le temps +le permet, à 0<sup>m</sup>,30 ou 0<sup>m</sup>,40 de distance; pendant sa végétation on +le butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement +des bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère.</p> + +<p>On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent +pendant deux ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page162" name="page162"></a>(p. 162)</span> <span class="smcap">Oseille</span> (<i>Rumex acetosa</i>).—On la multiplie au printemps +par éclats de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars +jusqu'en juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une +légère couche de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on +en fait ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en +été, il faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de +copieux arrosements pendant la sécheresse.</p> + +<p>On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on +donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié +consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève +les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en +hiver.</p> + +<p>À cet effet, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur, +dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on +charge la couche de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20 de terreau; après quoi on plante +10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les +panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que +possible.</p> + +<p>On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des +coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers +qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que +l'on remanie de loin en loin.</p> + +<p>On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au +commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement +jusqu'à la fin de février.</p> + +<p>Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant +deux ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Vierge, — de Belleville, — de Frévent.</p> + +<p><i>Oseille Épinard.</i>—On cultive sous ce nom la Patience des jardins, +<i>Rumex Patientia</i>. Cette plante a les feuilles grandes et allongées; +elle est d'une saveur plus douce que <span class="pagenum"><a id="page163" name="page163"></a>(p. 163)</span> l'Oseille, et se +multiplie facilement, soit de graines semées au printemps, en place +ou en pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds. +Il faut les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Patience est de trois ans.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Oxalis crénelée</span> (<i>Oxalis crenata</i>).—Cette plante est d'une +multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand +nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement +peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées +comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que +l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles +ont poussé d'environ 0<sup>m</sup>,12, on commence à les butter au centre, +afin de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis, +à mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre +jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former. +À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de +fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard +possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez +avancée.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Panais</span> (<i>Pastinaca sativa</i>).—Il leur faut une terre profonde et +substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut +les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus +larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne +craignent nullement les gelées.</p> + +<p>La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que +pendant un an.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Panais long, — Panais rond.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page164" name="page164"></a>(p. 164)</span> <span class="smcap">Patate douce</span> (<i>Convolvulus Batatas</i>).—On cultive les +Patates sur couche et sous châssis, sur couche sourde et en pleine +terre.</p> + +<p>On les multiplie de graines, qu'on sème en mars sur couche et sous +châssis; mais comme on en récolte rarement, le plus souvent on les +multiplie de la manière suivante: dans les premiers jours de janvier +on fait choix de quelques tubercules parmi les mieux conservés; on +les dépose sur couche chaude et on les couvre de châssis sur +lesquels on étend des paillassons pendant la nuit; peu de temps +après ils entrent en végétation. Alors on les couvre de 0<sup>m</sup>,05 ou +0<sup>m</sup>,06 de terre légère, et à l'époque de la plantation, on détache +le plant du tubercule mère pour le planter immédiatement en place; +ou bien, lorsqu'on veut avoir du plant d'une reprise plus facile, on +enlève les jeunes pousses à mesure qu'elles ont atteint 0<sup>m</sup>,06 ou +0<sup>m</sup>,08 de longueur, on les repique dans des pots d'environ 0<sup>m</sup>,06 +que l'on enterre sur couche; on les couvre d'une cloche, après quoi +l'on bassine au besoin, et lorsque les boutures sont enracinées, ce +qui a lieu assez promptement, on commence à soulever un peu la +cloche, et l'on augmente graduellement pour l'enlever tout à fait +lorsqu'elles peuvent supporter l'air sans se faner.</p> + +<p>1. <i>Patates sur couche et sous châssis.</i>—Dans la première quinzaine +de février, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,60 à 0<sup>m</sup>,70 d'épaisseur, +moitié fumier et moitié feuilles. La hauteur de la couche doit être +calculée de telle sorte qu'après qu'elle aura été chargée d'environ +0<sup>m</sup>,25 de bonne terre mêlée de terreau, le tout ne soit pas à plus +de 0<sup>m</sup>,10 du verre. Après avoir placé les coffres, on pose les +panneaux, et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on +plante les Patates sur deux rangs et à 0<sup>m</sup>,60 de distance sur la +ligne. En les plantant, il faut avoir soin de bien étendre les +racines; car si elles étaient contournées, <span class="pagenum"><a id="page165" name="page165"></a>(p. 165)</span> cela nuirait +essentiellement à la production des tubercules. Pendant la nuit, on +couvre les panneaux avec des paillassons, puis on remanie les +réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur de la +couche; on bassine au besoin et l'on donne de l'air toutes les fois +que le temps le permet. Comme en grossissant il arrive souvent que +les tubercules sortent de terre, il faut avoir soin de les recouvrir +de quelques centimètres de terre. On peut récolter en mai ou juin au +plus tard les Patates ainsi traitées; on détache les plus grosses, +et si l'on recouvre les racines avec soin, elles ne continueront pas +moins de végéter jusqu'à l'automne. En septembre on suspend les +arrosements, afin de ne point prolonger la végétation, ce qui +nuirait essentiellement à la maturité des tubercules.</p> + +<p>2. <i>Patates sur couche sourde.</i>—Dans le courant d'avril, on prépare +une couche sourde d'environ 1 mètre de largeur sur 0<sup>m</sup>,50 +d'épaisseur; on la recouvre de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25 de bonne terre légère +et substantielle, et vers la fin d'avril ou au commencement de mai +on plante les Patates sur un rang et à 0<sup>m</sup>,65 l'une de l'autre; on +couvre chaque pied d'une cloche sur laquelle on met un peu de +litière au moment du soleil; au bout de quelques jours on commence à +donner de l'air, en soulevant les cloches pendant le jour, et on +enlève celles-ci lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches.</p> + +<p>Pendant la végétation, les soins se bornent à arroser toutes les +fois qu'il en est besoin.</p> + +<p>Vers la fin d'août ou au commencement de septembre, on trouvera des +tubercules bons à être consommés; mais c'est seulement dans le +courant d'octobre que l'on fait la récolte complète. Il faut la +faire avec beaucoup de précaution, car les Patates qui sont rompues +ou froissées pourrissent promptement.</p> + +<p>3. <i>Patates en pleine terre.</i>—En mai, on fait de 0<sup>m</sup>,60 <span class="pagenum"><a id="page166" name="page166"></a>(p. 166)</span> +en 0<sup>m</sup>,60 des trous de 0<sup>m</sup>,50 de largeur et de 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40 de +profondeur; on remplit le fond de fumier, on le couvre d'environ +0<sup>m</sup>,20 de terre légère et substantielle, et l'on plante trois +Patates dans chaque trou, en les disposant de manière qu'elles se +trouvent à environ 0<sup>m</sup>,8 l'une de l'autre. On arrose, on recouvre +d'une cloche, et l'on ombre au besoin.</p> + +<p>Dans les terres légères et saines, on peut, sous le climat de Paris, +cultiver les Patates simplement en pleine terre, sur buttes de 0,80 +de hauteur ou par planches d'environ 1 mètre de largeur, dont on +recharge le milieu de manière à former un billon sur la crête duquel +on plante un rang de Patates. Après la plantation, on les garantit +des rayons brûlants du soleil jusqu'à une parfaite reprise, après +quoi tous les soins consistent à les arroser au besoin.</p> + +<p>4. <i>Conservation des Patates.</i>—Le procédé le plus simple pour +conserver les Patates consiste à déposer les tubercules dans un lieu +sec où la température, étant la plus égale possible, ne descende pas +au-dessous de 12 degrés. Par ce moyen, l'on peut facilement +conserver des Patates sans altération jusqu'en février et mars. On +peut aussi conserver les Patates sur place, comme le fait M. +Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, en les couvrant avec +des panneaux vitrés et des paillassons, de manière à empêcher le +froid de pénétrer sous les panneaux.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanche, — jaune, — rose de Malaga, — violette.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Perce-pierre.</span> <i>Bacille maritime</i>, <i>Fenouil marin</i> (<i>Crithmum +maritimum</i>).—On la sème aussitôt la maturité des graines ou en +mars, sur couche, pour la repiquer au pied d'un mur, au midi ou au +levant; on la couvre de litière pendant l'hiver, parce qu'elle est +délicate et sensible aux gelées.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page167" name="page167"></a>(p. 167)</span> La graine de Perce-pierre ne conserve sa qualité +germinative que pendant un an.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Persil</span> (<i>Petroselinum sativum</i>).—On le sème en rayons, depuis le +mois de février jusqu'en mai et juin; et pour, n'en pas manquer en +hiver, il faut le couvrir de feuilles ou de litière dès l'approche +des gelées. On peut aussi poser des coffres sur des planches +disposées à cet effet, puis on les couvre de panneaux; enfin, en +janvier ou février, on peut semer sur terre, mais sous panneaux; de +cette manière on a du jeune Persil dans la seconde quinzaine de +mars.</p> + +<p>Les graines de Persil mûrissent en août, et elles se conservent +pendant trois ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Frisé, — Nain très-frisé à grosse racine.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Piment</span> (<i>Capsicum annuum</i>).—On le sème sur couche en février ou +mars, en avril sur plate-bande terreautée, pour le repiquer à la fin +d'avril ou au commencement de mai en pleine terre, à bonne +exposition.</p> + +<p>La durée germinative de la graine de Piment est de quatre ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Long, — rond, — du Chili, — doux d'Espagne, — + tomate.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pimprenelle</span> (<span class="smcap">Petite</span>) (<i>Poterium Sanguisora</i>).—On la sème au +printemps ou à l'automne; on en fait ordinairement des bordures qui +sont excessivement rustiques.</p> + +<p>Les graines de Pimprenelle mûrissent en septembre, et elles se +conservent pendant deux ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pissenlit.</span> <i>Dent de lion</i> (<i>Taraxacum dens leonis</i>).—Cette plante +est peu cultivée, car on en trouve abondamment dans les prés; +cependant, quand les pissenlits sont semés au printemps, on les +obtient plus beaux et de meilleure <span class="pagenum"><a id="page168" name="page168"></a>(p. 168)</span> qualité, surtout si +l'on a soin de récolter les graines sur les individus dont les +feuilles sont les plus larges. Indépendamment de la salade, qu'ils +produisent vers la fin de l'hiver, on peut en faire blanchir à +l'automne. Il suffit, pour cela, de les recouvrir de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15 +de terreau bien consommé; et dès qu'ils commencent à percer la +couche de terreau, on les coupe sur le collet de la racine.</p> + +<p>La durée germinative des graines de Pissenlit est de deux ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Poireau</span> (<i>Allium Porrum</i>).—On commence à semer le Poireau vers la +fin de décembre ou le commencement de janvier, sur couche et sous +panneaux; vers la fin de février ou au commencement de mars, on +repique le plant en pleine terre et il la volée; vers la fin +d'avril, c'est-à-dire lorsque le plant est assez fort, on trace huit +ou dix rangs par planches de 1<sup>m</sup>,33 de largeur, et l'on repique le +Poireau à 0<sup>m</sup>,15 de distance sur la ligne. On arrache le plant +nécessaire à la plantation en éclaircissant le semis, et l'on +commence à consommer les pieds restés en place, ce qui donne à ceux +qu'on a repiqués le temps de se former. On peut aussi en semer en +juillet pour repiquer au commencement de septembre; puis, dans la +seconde quinzaine de septembre, on fait un dernier semis, et, comme +toujours, on sème à la volée, mais très-clair, car alors on ne +repique pas. Ce Poireau est bon à récolter en juin.</p> + +<p>Les graines de Poireau sont bonnes à récolter en août, et elles ne +se conservent que pendant deux ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Court, — long, — monstrueux de Rouen, — jaune du + Poitou.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Poirée blonde</span> (<i>Beta vulgaris</i>).—On la sème en rayons, de mai en +août; et pour avoir toujours des feuilles <span class="pagenum"><a id="page169" name="page169"></a>(p. 169)</span> bien tendres, il +faut les couper souvent et les arroser fréquemment pendant la +sécheresse. Pour n'en pas manquer en hiver, on peut, dès l'approche +des gelées, relever ses racines en motte, pour les planter sur +couche; ou bien on pose des coffres et des panneaux sur des planches +disposées à cet effet. On relève la terre des sentiers, puis on +entoure les coffres d'un réchaud de vieux fumier; ou donne de l'air +aussi souvent que possible.</p> + +<p>La Poirée blonde peut au besoin être mangée comme épinards.</p> + +<p><i>Poirée à cardes.</i>—On la sème en pépinière en mai et juin. Lorsque +le plant est assez fort, on le repique immédiatement en place. On +trace trois rangs par planche de 1<sup>m</sup>,33 de large, et l'on repique à +0<sup>m</sup>,50 de distance sur la ligne. Pendant la sécheresse on arrose +abondamment, afin d'avoir des cardes grosses et bien tendres. +Pendant les gelées on les couvre de litière, et c'est seulement au +printemps qu'on commence à les récolter.</p> + +<p>Les graines de Poirée mûrissent en septembre, et se conservent +bonnes pendant cinq ou six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À cardes blanches, — à cardes rouges, — à cardes + jaune, — du Chili. La plus remarquable de toutes les Poirées à + cardes par le développement et la riche coloration de ses côtes.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pois</span> (<i>Pisum sativum</i>).—Au commencement de novembre, on sème les +premiers Pois sur terre, mais sous panneaux, pour repiquer le plan +également sous panneaux.</p> + +<p>Dans le courant de décembre, on place les coffres qu'on destine à la +plantation et on enlève environ un bon fer de bêche dans chacun, de +manière à avoir 0<sup>m</sup>,45 à 0<sup>m</sup>,50 de profondeur sous les panneaux; +l'on dépose la terre dans les sentiers, ce qui sert à accoter les +coffres; après quoi on dresse le terrain, on passe le râteau, et +l'on trace dans <span class="pagenum"><a id="page170" name="page170"></a>(p. 170)</span> chaque coffre quatre rayons d'environ +0<sup>m</sup>,08 de profondeur, en ayant soin de les distancer également, mais +de manière à laisser plus d'espace vers le bas du coffre, qui est +naturellement la partie la plus humide. Une fois l'emplacement +préparé, et dès que le plant a 0<sup>m</sup>,08 ou 0<sup>m</sup>,10 de hauteur, on le +soulève, afin de ne point rompre les racines en l'arrachant, puis on +le repique par 3 ou 4 ensemble et à environ 0<sup>m</sup>,20 de distance sur +la ligne.</p> + +<p>Lorsque les Pois ont 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25 de hauteur, on couche toutes +les tiges vers le haut du coffre; et pour les maintenir dans cette +position, on les recouvre d'un peu de terre. Peu de jours après, +l'extrémité des tiges se relève et continue de pousser; ils ne +tardent pas à fleurir; alors on pince toutes les tiges au-dessus de +la troisième ou de la quatrième fleur, afin de les faire fructifier +plus promptement.</p> + +<p>Pendant la nuit on couvre les panneaux avec des paillassons; on +donne de l'air toutes les fois que la température le permet, et l'on +fait quelques bassinages, ce qui doit avoir lieu avec beaucoup de +ménagement, afin de ne point déterminer une végétation trop +vigoureuse, qui nuirait essentiellement à la récolte.</p> + +<p>Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de +panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de +janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la +température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on +les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent +après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt +que les Pois semés en place en novembre et décembre.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans +la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace +des rayons un peu profonds et à 0<sup>m</sup>,25 les uns des autres. Après le +semis, on couvre les <span class="pagenum"><a id="page171" name="page171"></a>(p. 171)</span> Pois de quelques centimètres de +terreau; et lorsqu'ils ont 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 de hauteur, on donne un +binage et l'on remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on +couvre les Pois avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que +la température le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois +ont souffert de la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre, +les laisser dégeler graduellement et ne les découvrir que si le +temps se radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut +semer successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour +récolter en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du +semis, les soins consistent à donner quelques binages, à pincer +l'extrémité des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la +quatrième fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames +aux grandes variétés. On cultive un grand nombre de variétés de +Pois; nous ne citerons seulement que les plus répandues, que nous +placerons dans leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que +pour les semis qui auront lieu en pleine terre avant le mois de +février, il faut prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus +hâtif est moins rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce +dernier, semé en février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé +d'automne.</p> + +<p>La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans.</p> + +<div class="duree"> + <p><i>Pois à écosser.</i>—Carter, h. 0<sup>m</sup>,80.—Prince Albert, h. + 0<sup>m</sup>,45.—Ridé nain hâtif, h. 0<sup>m</sup>,25.—Michaux de Hollande, h. + 0<sup>m</sup>,90.—M. de Ruelle, h. 1<sup>m</sup>.—M. ordinaire, h. 1<sup>m</sup>,20.—Nain de + Hollande, h. 0<sup>m</sup>,60.—N. à châssis, h. 0<sup>m</sup>,20.—N. de Bretagne, + h. 0<sup>m</sup>,36.—N. gros sucré, h. 0<sup>m</sup>,30.—N. vert anglais, h. + 0<sup>m</sup>,46.—N. vert de Prusse, h. 0<sup>m</sup>,60.—N. vert impérial, h. + 0<sup>m</sup>,50.—Bishop à longue cosse, h. 0<sup>m</sup>,48.—Champion d'Écosse, h. + 0<sup>m</sup>,60,—de Clamart, h. 1<sup>m</sup>,30,—de Marly, h. + 1<sup>m</sup>,35,—d'Auvergne, h. 1<sup>m</sup>,20;—à la moelle de Victoria, h. + 1<sup>m</sup>,50.—Ridé ou de Knight, h. 1<sup>m</sup>,40.—R. vert, h. + 1<sup>m</sup>,30.—Turc, h. 0<sup>m</sup>,85.</p> + + <p><span class="pagenum"><a id="page172" name="page172"></a>(p. 172)</span> <i>Pois sans parchemin ou Mange-tout.</i>—Nain, h. + 0<sup>m</sup>,75,—à fleurs blanches, h. 1<sup>m</sup>,65,—à fleurs rouges, h. + 1<sup>m</sup>,60,—à cosse blanche, h. 1<sup>m</sup>,45,—à cosse jaune, h. + 1<sup>m</sup>,20.—Géant, h. 1<sup>m</sup>,90.</p> +</div> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pommes de terre</span> (<i>Solanum tuberosum</i>).—On ne cultive ordinairement +dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables +par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres +appartiennent essentiellement à la grande culture.</p> + +<p>Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur +couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement +de février. À cet effet, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,40 +d'épaisseur, on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0<sup>m</sup>,20 +de bonne terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on +plante les pommes de terre à 0<sup>m</sup>,33 de distance sur la ligne (la +variété connue sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour +planter à cette époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux +avec des paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que +possible. Par ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles +dans la première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et +l'on recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps +après.</p> + +<p><i>Pleine terre.</i>—En pleine terre, on plante les premières Pommes de +terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation +doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé +de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à +moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait +ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les +Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus +rapprochés les uns des autres que pour les Haricots.</p> + +<p>Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour +planter les Pommes de terre, on dispose la semence <span class="pagenum"><a id="page173" name="page173"></a>(p. 173)</span> par +rang sur le sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et, +avec la terre provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de +terre.</p> + +<p>Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec +soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une +maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés.</p> + +<p>Pour avancer l'époque de la récolte, on peut, comme le font beaucoup +de cultivateurs des environs de Paris, faire germer les Pommes de +terre avant de les planter, en les plaçant dans une pièce de +l'habitation.</p> + +<p>Pendant l'été, les Pommes de terre doivent être binées plusieurs +fois, puis buttées lorsqu'elles sont arrivées au terme moyen de leur +développement. Cette opération, considérée comme inutile par les +uns, recommandée par les autres, est, on peut le dire, aussi +nécessaire dans les terres légères qu'elle peut être nuisible dans +les terres humides.</p> + +<p>Depuis quelques années, des essais de plantations d'automne ont été +tentés dans le but de récolter les Pommes de terre beaucoup plus +tôt.</p> + +<p>Malgré tous les soins apportés à cette opération, nous n'avons pas +trouvé jusqu'à présent de différence appréciable dans les résultats +de cette culture, comparés à ceux qu'on obtient en plantant au +printemps, et, à notre avis du moins, il serait préférable, plutôt +que de planter en automne, de rechercher les variétés hâtives qui +peuvent être récoltées avant l'époque où la maladie des Pommes de +terre commence à sévir.</p> + +<p>On récolte dans la première quinzaine de juin les Pommes de terre +hâtives plantées en février; et, comme nous l'avons dit relativement +aux pieds cultivés sur couche, on détache seulement les plus +grosses, et l'on recouvre les racines avec soin, afin de prolonger +la récolte. À <span class="pagenum"><a id="page174" name="page174"></a>(p. 174)</span> partir de l'époque ci-dessus indiquée, on +peut planter successivement jusqu'à la fin de juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—<i>Jaunes rondes.</i> Naine hâtive, Schaw, régent des + Cordillières. — <i>Jaunes longues.</i> Marjolin, lapston kidney, + marjolin deuxième saison. — <i>Rouges rondes.</i> Truffe d'août, de + Strasbourg, de Montreuil. — <i>Rouges longues.</i> Pousse debout. + Vitelotte. Xavier. — <i>Violettes.</i> Plate hâtive, — de Vincennes, + — Smith seedling.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pourpier</span> (<i>Portulaca oleracea</i>).—On le sème sur couche en février +et mars, et en pleine terre en mai et pendant tout l'été; il ne faut +presque pas recouvrir les graines; mais on doit les bassiner +assidûment jusqu'à ce qu'elles aient bien levé.</p> + +<p>La durée germinative de la graine de Pourpier est de huit ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Pourpier vert, — Pourpier doré.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Radis</span> (<i>Raphanus sativus</i>).—Les premiers semis ont lieu vers le 15 +septembre, sur ados. S'il survient des froids pendant la nuit, on +couvre le plant avec des paillassons. En décembre, on sème sur +couche et sous panneaux; en février, on sème encore sur couche, mais +à l'air libre, puis en mars commencent les semis de pleine terre, +qui peuvent être continués jusqu'en automne. Pour avoir toujours des +radis bien tendres, il faut en semer souvent, et par conséquent en +petite quantité, ce qui fait que, sur couche comme en pleine terre, +on ne les sème ordinairement que parmi d'autres plantes. Les semis +d'été doivent autant que possible, être faits à l'ombre et arrosés +souvent, et pour cette époque on peut semer indistinctement toutes +les variétés; mais sur couche il faut semer de préférence le Radis +rose hâtif ou le rose demi-long.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc hâtif de Hollande, — violet hâtif, — rose rond + hâtif, — rose demi-long, — rose demi-long à bout blanc, — gris + d'été, — jaune ou roux.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page175" name="page175"></a>(p. 175)</span> <span class="smcap">Raves.</span>—On les cultive exactement de même que les Radis +roses.</p> + +<p><i>Radis d'hiver, Raifort.</i>—On les sème à la volée depuis le 1<sup>er</sup> +juin jusqu'au 10 juillet: comme on sème presque toujours trop dru, +il faut éclaircir le plant. Ces radis peuvent se conserver tout +l'hiver en les mettant en jauge et en les couvrant pendant les +gelées, ou bien en les déposant dans la serre à légumes.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Noir, — rose de Chine, — violet de Gournay.</p> + +<p><i>Radis serpent</i>, <i>Radis queue de rat</i> (<i>Raphanus caudatus</i>).—Semés +pendant les mois de juin, juillet et août, à 1 mètre les uns des +autres en tous sens, ces Radis prennent en peu de temps un grand +développement et produisent une quantité prodigieuse de siliques que +l'on peut manger comme les Radis ordinaires, dont elles ont +exactement la saveur.</p> + +<p>Les graines de Radis sont bonnes à récolter en août, et elles +peuvent se conserver pendant cinq ans.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Raifort sauvage</span> (<i>Cranson</i>, <i>Cochlearia armoracia</i>).—Les racines de +cette plante ont une saveur extrêmement piquante; après avoir été +râpées, elles peuvent remplacer la Moutarde. On le multiplie de +tronçons de racines à l'automne; mais ce n'est guère que la +troisième année que les racines sont de grosseur à être employées.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Raiponce</span> (<i>Campanula rapunculus</i>).—On sème la Raiponce à la volée +en juin et juillet. Comme la graine est extrêmement fine, il faut la +mêler avec du sable ou de la terre fine et très-sèche, car sans +cette précaution le semis serait inégal ou trop dru. On ne recouvre +pas la graine; il suffit de passer le râteau, de fouler le terrain +très-légèrement, après quoi on étend sur le tout un peu de grande +<span class="pagenum"><a id="page176" name="page176"></a>(p. 176)</span> litière, qu'on enlève aussitôt après la levée des graines, +dont on favorise la germination par de fréquents bassinages; assez +ordinairement on sème parmi la Raiponce un peu d'Épinards ou de +Radis, afin de protéger le jeune plant. C'est seulement en février +que l'on commence à récolter les Raiponces, et la récolte peut s'en +prolonger jusqu'à ce qu'elles montent en graines.</p> + +<p>Les graines de Raiponce mûrissent en juillet et août, et elles se +conservent bonnes pendant cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rhubarbe</span> (<i>Rheum</i>).—On cultive de la Rhubarbe dans les jardins pour +le pétiole de ses feuilles, avec lequel on fait d'excellentes +confitures, ou pour remplacer les fruits que l'on met quelquefois +dans les pâtisseries.</p> + +<p>Elle se multiplie de graines semées aussitôt après la maturité, ou +mieux encore par la séparation des pieds, que l'on divise au +printemps, en ayant soin que chaque éclat soit au moins muni d'un +germe reproducteur; enfin, quel que soit le mode de multiplication, +on les plante à environ 1 mètre de distance, et tous les soins +consistent à couper les vieilles feuilles et à donner chaque année +un binage au printemps. On commence ordinairement à couper les +pétioles vers la fin de mai ou au commencement de juin.</p> + +<p>On récolte les graines de Rhubarbe en juin, et elles se conservent +bonnes pendant trois ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Myatt's linnæus, — Myatt's Victoria, — prince + Albert.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salsifis blanc</span> (<i>Tragopogon porrifolium</i>).—On le sème en mars, +avril et mai, en lignes ou à la volée, en terre profonde et +substantielle, fumée de l'année précédente. Si le temps est sec, on +bassine assidûment le semis, afin de favoriser la levée des graines; +si le plant est trop dru, on éclaircit, puis on donne quelques +binages.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page177" name="page177"></a>(p. 177)</span> On commence à récolter les racines en octobre, puis +successivement jusqu'au printemps. Pour n'en pas manquer en hiver, +on en met en jauge vers la fin de novembre, ou bien on les couvre +sur place pendant les gelées.</p> + +<p>Les graines de Salsifis mûrissent en juillet, et elles ne sont +bonnes que pendant un an.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sarriette des jardins</span> (<i>Satureia hortensis</i>).—On la sème au +printemps, après quoi elle se ressème tous les ans d'elle-même, sans +qu'il soit nécessaire de lui donner aucun soin.</p> + +<p><i>Sarriette vivace</i> (<i>S. montana</i>).—On la multiplie de graines +semées au printemps, ou par éclats des pieds à la même époque.</p> + +<p>Les graines de Sarriette se conservent bonnes pendant trois ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Scorsonère d'Espagne ou Salsifis noir</span> (<i>Scorzonera Hispanica</i>).—On +la sème soit en août, soit en mars et avril, en ligne ou à la volée: +les soins à donner sont exactement les mêmes que ceux qui sont +indiqués pour le Salsifis blanc; seulement, comme elle monte en +graines la même année, dans le courant de juillet on coupe les tiges +rez terre; et comme rarement les racines acquièrent dès la première +année la grosseur suffisante pour être mangées, il faut recommencer +cette opération l'année suivante. On commence à récolter les racines +en octobre, puis successivement jusqu'au printemps.</p> + +<p>On récolte les graines de Scorsonère vers la fin de juillet sur les +individus de deux ans, et elles se conservent bonnes pendant deux +ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tétragone étalée</span> ou <span class="smcap">Épinards d'été</span> (<i>Tetragonia expansa</i>).—Cette +plante peut très-bien remplacer l'Épinard <span class="pagenum"><a id="page178" name="page178"></a>(p. 178)</span> pendant l'été, +car elle en a complétement la saveur. On la sème sur couche en +février et mars, après avoir fait tremper les graines, et lorsqu'on +ne craint plus les gelées, on repique le plant en pleine terre à +environ 0<sup>m</sup>,60 de distance en tous sens. Dès que les tiges +commencent à couvrir le sol, on coupe les feuilles et l'extrémité +des jeunes pousses.</p> + +<p>Les semences mûrissent en automne, et elles se conservent bonnes +pendant cinq ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tomate</span> ou <span class="smcap">Pomme d'amour</span> (<i>Solanum lycopersicum</i>).—On sème les +premières Tomates, dès le mois de septembre, et en pots, que l'on +dépose dans la serre à Ananas, ou sur couche et sous panneaux, pour +les planter sur couche en janvier. Plantées à cette époque, les +fruits commencent à mûrir dès les premiers jours de mai. En janvier +on sème sur couche et sous panneaux; et lorsque le plant est assez +fort, on le repique en pépinière également sur couche et sous +panneaux. Quelques jours après la plantation, on commence à donner +un peu d'air, afin de fortifier le plant. En février ou mars, on +prépare une seconde couche de 0<sup>m</sup>,50 d'épaisseur, dont la chaleur +soit de 20 à 25 degrés; on la charge de 0<sup>m</sup>,25 de terreau, après +quoi l'on plante quatre pieds de Tomates sous chaque panneau. +Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, on +bassine au besoin, on donne de l'air au moment du soleil; et lorsque +les plantes commencent à se développer, on fait choix de deux +branches sur chacune, puis on les abaisse de manière à empêcher +qu'elles ne touchent à la surface intérieure des panneaux. Pour les +maintenir dans cette position, on les attache à de petits piquets +qu'on enfonce dans la couche à une certaine distance du pied; puis +on supprime les autres rameaux; et lorsque les plantes sont +suffisamment garnies de fleurs, on pince l'extrémité de toutes les +branches.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page179" name="page179"></a>(p. 179)</span> À partir de cette époque on supprime avec soin tous les +nouveaux bourgeons, et quand les Tomates commencent à rougir, on +effeuille complétement sur les fruits, afin d'avancer la maturité. +On sème encore des Tomates en février et mars, et lorsque le plant +est bon à planter, on prépare une couche de 0<sup>m</sup>,40 d'épaisseur et de +0<sup>m</sup>,80 de largeur. On la charge de 0<sup>m</sup>,25 de terreau, on trace deux +rangs, et l'on plante les Tomates à 0<sup>m</sup>,80 de distance sur la ligne. +On met une cloche sur chacune et l'on donne de l'air toutes les fois +que le temps le permet; puis on enlève les cloches dès que les +gelées ne sont plus à craindre. Lorsque les plantes commencent à se +développer, on choisit trois ou quatre branches sur chacune, on les +attache à un échalas, et l'on supprime les autres; puis, +lorsqu'elles ont atteint 0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre de hauteur, on en pince +toutes les extrémités, si toutefois les plantes sont garnies de +fleurs, car dans le cas contraire on ne les rabat que lorsqu'elles +sont plus élevées, et, comme nous l'avons indiqué précédemment, on a +soin d'enlever tous les nouveaux bourgeons; on supprime quelques +feuilles, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille +complétement sur les fruits.</p> + +<p>Pour planter en pleine terre, on sème en février et mars, également +sur couche et sous panneaux; on repique le plant en pépinière, et +lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on relève le plant en +motte pour le mettre en pleine terre.</p> + +<p>On trace deux rangs par planche, et l'on plante les Tomates à 0<sup>m</sup>,80 +de distance sur la ligne. On arrose abondamment pendant les +chaleurs, après quoi la taille et les autres soins sont en tout +semblables à ceux que nous avons précédemment indiqués.</p> + +<p>Les graines de Tomates se conservent bonnes pendant cinq ans.</p> + +<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page180" name="page180"></a>(p. 180)</span> <b>Variétés.</b>—Rouge hâtive, — rouge grosse, — à tige + raide ou monstrueuse, — jaune, — poire, — cerise.</p> + +<p><i>Serre à légumes.</i>—On n'a pas toujours un lieu convenable pour +serrer ses légumes, et l'on est souvent obligé d'accepter un hangar +incommode ou bien une cave humide et mal aérée, où les plantes +potagères ne peuvent être conservées sans altération.</p> + +<p>Dans une circonstance semblable, il n'y a rien à faire, et il faut +se résigner à ne garder que de petites provisions; mais quand on +peut disposer d'une cave spacieuse, privée de lumière, et dont l'air +peut être renouvelé à volonté par des portes ou des soupiraux, on se +trouve dans les conditions les plus favorables pour conserver les +légumes.</p> + +<p>La serre à légumes doit être divisée en plusieurs compartiments, +dans lesquels on dépose par lits les végétaux qu'on veut conserver, +en ayant soin de mettre un peu de sable ou de terre sèche entre +chacun. Cette méthode convient aux plantes à racines; quant aux +Choux, Choux-fleurs, Cardons, Chicorée, etc., il faut les arracher +avec leurs racines et les planter dans le sable à un intervalle +suffisant pour éviter un contact qui engendrerait la pourriture.</p> + +<p>On peut par ce moyen conserver jusqu'en avril et mai des légumes de +l'année précédente.</p> +</div> + +<h2>CHAPITRE XII<br> +<span class="smaller">Maladies des Plantes potagères.</span></h2> + +<p>La connaissance des maladies qui attaquent les plantes potagères est +d'une mince importance, d'autant plus que rarement on peut y porter +remède, et que la nature seule peut amener la guérison.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page181" name="page181"></a>(p. 181)</span> Chaque fois qu'un végétal se trouve dans un état +pathologique par suite d'influences ambiantes défavorables qui ont +développé en lui un état morbide, et que ses tissus ne jouissent +plus d'assez d'énergie vitale pour lutter contre le mal, la +désorganisation commence, et l'unique moyen de guérison est un +redoublement de soins pour rendre au végétal sa vigueur première.</p> + +<p>Les parasites qui croissent sur les végétaux malades ne sont pas la +cause du mal; ils en sont tout simplement l'effet. À quoi bon alors +savoir que le <i>Puccinia Asparagi</i> croît sur l'Asperge, le +<i>Sclerotium varium</i> sur le Chou; plusieurs espèces d'<i>Uredo</i> sur le +Céleri, le Haricot, la Pimprenelle et le Poireau; le <i>Botrytis +effusa</i> sur l'Épinard; le <i>Fusisporium</i> sur le Melon; l'<i>Acrosporium +monilioides</i> sur l'Oignon; l'<i>Erysiphe communis</i> sur les Pois; le +<i>Botrytis infestans</i> sur la Pomme de terre, etc.?</p> + +<p>Ce sont là, nous le répétons, des effets et non des causes.</p> + +<p>Dans les saisons froides et humides, à des expositions défavorables, +par suite de l'absence de soins et de précautions, les végétaux +souffrent et tombent malades; mais avec de l'eau, du fumier et des +abris, on peut prévenir tout ce mal, qu'on ne pourrait pas réparer +une fois qu'il existerait.</p> + +<h2>CHAPITRE XIII<br> +<span class="smaller">Jardin fruitier.</span></h2> + +<p>Les personnes pour lesquelles nous écrivons ce livre ayant rarement +un jardin fruitier distinct du potager, nous n'avons pas cru devoir +donner des dispositions spéciales pour le verger; nous nous sommes +borné à réunir toutes <span class="pagenum"><a id="page182" name="page182"></a>(p. 182)</span> les notions qu'il importe de +posséder pour tirer un parti avantageux de ses arbres fruitiers.</p> + +<p>Ce chapitre contient les principes généraux de plantation, de +taille, d'ébourgeonnage et de palissage, sans avoir égard aux +différences qui existent entre les arbres de diverses sortes. Nous +traiterons dans des articles spéciaux des soins qu'il convient de +donner à chaque espèce en particulier.</p> + +<h3>§ 1.—Plantation.</h3> + +<p>Le succès des plantations dépend de plusieurs conditions qui, +malheureusement, ne sont pas assez observées. La première est de se +rendre compte de la nature du sol, ce qui devra guider pour le choix +des arbres; car un arbre greffé sur un tel sujet languira dans un +terrain où il aurait, au contraire, prospéré, s'il eût été greffé +sur un autre. Le choix des arbres est également très-important, mais +présente bien des difficultés; car les pépiniéristes se préoccupent +si peu de l'avenir des arbres qu'ils élèvent, qu'ils négligent trop +souvent leur éducation première et préparent ainsi bien des +déceptions aux planteurs. Il faut qu'ils soient jeunes et vigoureux, +que l'écorce en soit bien lisse, le sujet toujours bien proportionné +à la greffe, et surtout qu'ils aient été arrachés avec beaucoup de +soin.</p> + +<p>L'époque la plus favorable pour la plantation est aussitôt après la +chute des feuilles, dans les terres légères; mais dans les terres +fortes et humides on ne plantera qu'en février et mars. Avant de +planter, on visitera les racines, et l'on coupera proprement +l'extrémité de toutes celles qui auraient été rompues, sans en +retrancher aucune et en ayant soin de conserver tout le chevelu. Si, +à cette époque, le terrain n'était pas prêt à être planté, ou si la +plantation nécessitait plusieurs journées de travail, il faudrait +faire mettre les plants en jauge par rangées et de manière <span class="pagenum"><a id="page183" name="page183"></a>(p. 183)</span> +à pouvoir les retirer un à un lors de la plantation. Si quelque +circonstance empêchait de planter aux époques indiquées à partir de +la fin de mars jusqu'à l'époque où l'on pourra les mettre en place, +il faudra les relever tous les quinze jours, et les remettre +immédiatement en jauge, puis les arroser. Plus la saison avancera, +plus il faudra prendre de précautions: car ils auront poussé +beaucoup de jeunes racines, qu'il faut avoir soin de ne pas rompre. +Si l'on observe bien ce que nous conseillons, on pourra ne les +planter définitivement qu'en juin. Ces plantations tardives devront +être arrosées pendant les fortes chaleurs; il sera même bien de +mettre un ou deux arrosoirs d'eau dans le trou avant de planter.</p> + +<p>Pour les plantations faites aux époques ordinaires, il faut toujours +que les trous soient faits en automne, même dans les terrains où +l'on ne doit planter qu'en mars; ils devront être larges et +profonds, c'est-à-dire proportionnés au volume des racines, et de +manière qu'elles s'y étendent à leur aise. Dans les terres +très-légères, on obtiendra toujours un bon résultat si, après avoir +fait des trous d'un mètre au moins de profondeur et d'une largeur +proportionnée, on met, au fond, des gazons placés de telle sorte que +les racines soient en dessus. Dans les terres humides et sujettes à +retenir l'eau, il faut aussi faire des trous très-larges et +très-creux, et mettre au fond de menus plâtras; puis on les remplit +jusqu'à la hauteur nécessaire avec de bonne terre mêlée de fumier +consommé; enfin, il vaudrait mieux retarder la plantation de +quelques jours que de planter par la pluie ou dans une terre trop +humide. Quand le moment de la plantation sera venu, on placera +l'arbre au milieu du trou, le plus d'aplomb possible, pendant qu'une +autre personne fera couler la terre bien meuble et fine entre les +racines; puis, pour ne laisser aucun vide, on soulèvera l'arbre +doucement en le maintenant <span class="pagenum"><a id="page184" name="page184"></a>(p. 184)</span> dans sa position verticale. On +ne doit enterrer les arbres que jusqu'au collet, c'est-à-dire à +environ 0<sup>m</sup>,10 au-dessus des racines; et, pour ceux qui sont greffés +rez terre, on ne doit pas les couvrir par-dessus la greffe, afin +que, par suite du tassement des terres, les racines ne se trouvent +pas trop profondément enterrées. Lorsqu'on jugera que l'arbre est à +la hauteur voulue, on couvrira toutes les racines de terres fines, +puis on remplira le reste du trou avec de la terre mêlée de fumier +consommé. Pour fixer l'arbre, on foulera légèrement la terre avec +les pieds, en appuyant davantage sur les bords. On remettra ensuite +de la terre pour achever de remplir le trou.</p> + +<p>Quelques personnes sèment en place des sujets d'arbres fruitiers +destinés à recevoir la greffe, afin d'avoir des arbres plus +vigoureux et qui ne soient pas retardés par la transplantation. Pour +agir ainsi avec succès, il faut bien connaître le sous-sol; car, si +l'on n'avait pas un bon fond de terre, on n'obtiendrait qu'un +très-mauvais résultat. Ces arbres ayant toujours un pivot qui +descend très-profondément, lorsqu'ils atteignent la mauvaise terre, +ils jaunissent et n'ont plus qu'une végétation languissante.</p> + +<h3>§ 2.—Taille.</h3> + +<p>La taille des arbres fruitiers est une opération très-importante:</p> + +<p>1<sup>o</sup> Elle a pour but de distribuer la séve également dans toutes les +parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable;</p> + +<p>2<sup>o</sup> Elle dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de +meilleure qualité:</p> + +<p>3<sup>o</sup> Si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues +épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins +longtemps; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle +prolonge l'existence des arbres.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page185" name="page185"></a>(p. 185)</span> De toutes les opérations du jardinage, la taille des arbres +est la partie la moins avancée. Sous ce rapport, il serait à désirer +que les praticiens se livrassent à l'étude de la physiologie +végétale: en effet, comment procéder à une opération d'une aussi +haute importance, si l'on ne connaît les fonctions de chacune des +parties d'un arbre?</p> + +<p>Les instruments employés pour la taille sont la <i>serpette</i> et le +<i>sécateur</i>. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne +peut pas complétement remplacer la serpette; car son emploi +nécessite beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point +d'appui on occasionne une pression qui meurtrit la branche +au-dessous de la coupe; mais il est très-avantageux pour rabattre +une branche que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour +tailler la Vigne et les Rosiers.</p> + +<p>Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois +nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les +grosses branches.</p> + +<p>On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jusqu'en +mars, et quelquefois même encore au commencement d'avril; mais il +est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque la plus +favorable pour commencer cette opération, car elle varie suivant +l'exposition et la différence de température des années.</p> + +<p>Il serait beaucoup plus naturel d'exécuter la taille dans l'ordre de +la végétation: ainsi, on commencerait par les Abricotiers; puis +viendraient les Pêchers, les Pruniers, les Poiriers, les Cerisiers +et les Pommiers. Mais, par économie de temps, l'usage est de +commencer par les Poiriers et les Pommiers, parce qu'ils craignent +peu les gelées, et que l'on a presque toujours fini de les tailler à +l'époque ou l'on commence à tailler les Pêchers.</p> + +<p>Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et terminer +par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un <span class="pagenum"><a id="page186" name="page186"></a>(p. 186)</span> peu la +vigueur; cependant il faut toujours tailler avant que la séve soit +en mouvement; car plus tard on altérerait beaucoup la santé de ces +arbres, et l'on n'obtiendrait que des pousses très-faibles.</p> + +<p>Il est aussi quelques principes généraux dont il ne faut jamais +s'écarter:</p> + +<p>1<sup>o</sup> On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un +peu oblique, opposée à l'œil sur lequel on taille, et à 0<sup>m</sup>,03 +environ au-dessus, afin que la séve puisse facilement recouvrir la +plaie; c'est aussi pour ce motif que toutes les fois qu'il est +nécessaire de rabattre une branche, il faut la couper le plus près +possible de son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se +recouvre toujours plus facilement.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils +poussent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit.</p> + +<p>3<sup>o</sup> Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se +mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage; car les +fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils +restent ordinairement plusieurs années sans rapporter.</p> + +<p>Nous allons donner la description des différentes parties d'un +arbre, qu'il est essentiel de savoir reconnaître avant de commencer +à tailler.</p> + +<h4>1. <i>Arbres à fruits à noyaux.</i></h4> + +<p>Le <i>tronc</i> ou la <i>tige</i> est la partie qui s'élève depuis la racine +jusqu'à la naissance des branches.</p> + +<p>Les <i>branches mères</i> sont ainsi nommées parce que ce sont celles qui +donnent naissance à toutes les autres; elles naissent directement +sur le tronc.</p> + +<p>Les <i>membres</i> sont les branches qui poussent sur le côté <span class="pagenum"><a id="page187" name="page187"></a>(p. 187)</span> +des branches mères, et dont on favorise le développement pour former +la charpente de l'arbre.</p> + +<p>Les <i>branches de bifurcation</i> sont des membres destinés à remplir +les vides qui résultent du prolongement des branches mères et des +membres; il ne faut jamais les établir que sur le troisième ou le +quatrième bourgeon au-dessus de la taille précédente.</p> + +<p>Les <i>branches à bois</i> sont celles qui servent à former la charpente +de l'arbre et le prolongement de chaque membre; elles sont faciles à +reconnaître sur tous les arbres, à leur grosseur et aux yeux dont +elles sont garnies, yeux qui sont toujours minces et pointus.</p> + +<p>Les <i>branches à fruits</i> sont généralement minces et allongées; dans +les Pêchers, l'écorce est verte du côté du mur et rougeâtre du côté +du soleil. Ces branches doivent être renouvelées annuellement, car +elles ne donnent du fruit qu'une fois.</p> + +<p><i>Branches de remplacement.</i>—Les branches à fruits du Pêcher ne +produisent que la seconde année, et ne portent fruit qu'une fois, +comme nous venons de le dire. Il est donc essentiel de les remplacer +chaque année, ce qui est très-facile, car chaque branche à fruits a +plusieurs yeux à sa base; il suffit donc, une fois que ces yeux se +sont développés, de choisir le bourgeon le plus vigoureux et le plus +rapproché possible de l'insertion de la branche à fruits et de +supprimer les autres. Ce sont ces nouvelles branches qu'on appelle +branches de remplacement; après avoir porté fruit, elles devront +être remplacées à leur tour, et ainsi de suite.</p> + +<p><i>Branches gourmandes.</i>—Sur les arbres en espalier, les gourmands +sont généralement placés sur le dessus des membres. On les reconnaît +facilement à leur large empatement et à leur vigueur, qui est +tellement préjudiciable aux autres branches, qu'il faut en arrêter +le développement <span class="pagenum"><a id="page188" name="page188"></a>(p. 188)</span> par tous les moyens possibles; on ne doit +jamais en voir sur un arbre bien traité.</p> + +<p>Les <i>bourgeons</i> sont de jeunes pousses de l'année; la seconde année, +le bourgeon devient une branche à bois ou à fruits, selon sa +position.</p> + +<p>Les <i>faux bourgeons</i> ou <i>bourgeons anticipés</i> sont ceux qui naissent +entre les feuilles des pousses de l'année.</p> + +<h4>2. <i>Arbres à fruits à pépins.</i></h4> + +<p>Les branches à bois ayant à peu près les mêmes caractères sur tous +les arbres à fruits, nous ne parlerons que des boutons dont elles +sont garnies: ceux des Poiriers et Pommiers sont enveloppés d'une +membrane écailleuse; mais ils sont toujours minces et allongés, +comme sur les Pêchers.</p> + +<p>Les <i>boutons à fleurs</i> sont beaucoup plus gros que les boutons à +bois, d'une forme arrondie, et enveloppés d'une grande quantité +d'écailles.</p> + +<p>Les <i>brindilles</i> sont de petites branches minces et allongées, +terminées par un bouton à feuille ou à fleur. Les yeux dont elles +sont garnies sont très-rapprochés, et se transforment facilement en +boutons à fleurs. Elles doivent être conservées, car elles peuvent +donner du fruit pendant plusieurs années.</p> + +<p>Les <i>lambourdes</i> sont des parties essentiellement productives; elles +naissent sur les brindilles, et souvent aussi sur les branches à +bois. Elles sont presque toujours terminées par un bouton à fleur, +qui ne s'épanouit souvent que la seconde année. Les yeux dont elles +sont garnies sont beaucoup plus rapprochés que sur les autres +rameaux, et toujours très-disposés à fructifier. Elles restent +plusieurs années avant d'atteindre tout leur développement, sont +beaucoup plus grosses à leur base qu'à leur extrémité, et <span class="pagenum"><a id="page189" name="page189"></a>(p. 189)</span> +recouvertes d'une écorce ridée circulairement dont les plis +deviennent plus profonds en vieillissant.</p> + +<h4>§ 3.—Ébourgeonnage.</h4> + +<p>On commence cette opération dès le mois de mai, et on la continue +pendant tout le temps de la végétation; elle consiste à supprimer +les bourgeons mal placés, qu'il faudrait enlever à la taille +suivante. L'ébourgeonnage a lieu sur les branches des années +précédentes, et pour le faire on peut employer l'outil nommé +<i>ébourgeonneur</i>.</p> + +<p>Quant à celui qui a lieu sur les bourgeons de l'année, comme il +consiste à enlever les faux bourgeons, on le fait avec l'ongle. Dans +un cas comme dans l'autre, il faut supprimer sur les arbres en +espalier les bourgeons placés sur le devant et le derrière des +branches, et ceux des côtés qui seraient trop rapprochés les uns des +autres; et sur les autres arbres on enlève les bourgeons placés sur +le dessus et le dessous des membres, ainsi que ceux qui seraient +trop rapprochés.</p> + +<p>On doit commencer cette opération dès que les bourgeons à supprimer +auront de 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03 de longueur, afin que la séve qui sera +nécessaire à leur végétation, si l'on attendait plus tard, tourne +immédiatement au profit de ceux qui doivent être conservés.</p> + +<h4>§ 4.—Palissage.</h4> + +<p>Le palissage consiste à fixer les bourgeons des arbres en espalier +sur des treillages ou sur les murs, et pour cela on se sert d'osier +et de jonc pour palisser sur le treillage, de loques et de clous sur +les murs qui sont assez tendres pour qu'on puisse les y enfoncer +facilement<a id="footnotetag10" name="footnotetag10"></a><a href="#footnote10" title="Go to footnote 10"><span class="smaller">[10]</span></a>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page190" name="page190"></a>(p. 190)</span> L'époque où il faut commencer le palissage est indiquée par +le développement des bourgeons; c'est ordinairement en juin qu'il +est essentiel de s'en occuper, pour ne finir que vers la fin de la +saison. On doit commencer en suivant l'ordre du développement des +bourgeons; car le but de cette opération est non-seulement de fixer +les bourgeons dans la crainte qu'ils ne soient rompus par le vent, +mais encore de ralentir la vigueur des plus avancés en les palissant +plus tôt que les autres. Il faut toujours, en palissant, placer les +bourgeons en ligne droite, à égale distance et sans jamais les +croiser l'un sur l'autre. C'est en faisant le premier palissage +qu'il faut supprimer les fruits mal placés et éclaircir ceux qui +sont trop serrés et qui se nuiraient réciproquement.</p> + +<h4>§ 5.—Fruitier.</h4> + +<p>La plupart des personnes qui cultivent les arbres à fruits +choisissent pour leur fruitier la pièce la plus saine de leur +habitation, et quelquefois même la première venue. Aussi rien +n'est-il regardé comme plus difficile que la conservation des +fruits. Il est certaines conditions qu'on observe généralement fort +peu, et qui sont cependant indispensables.</p> + +<p>Pour conserver les fruits le plus longtemps possible et avec le plus +de chances de succès, il faut disposer pour cet usage un local +spécial, à demi enterré, à une exposition où la température soit le +moins susceptible de varier et où l'air et la lumière puissent être +renouvelés ou interceptés à volonté. On y dispose des tablettes de +0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60 de largeur, munies d'un rebord pour empêcher les +fruits de tomber, et on les couvre d'un lit de paille neuve, fine, +sèche et sans odeur.</p> + +<p>C'est dans ce local qu'on place par espèces les fruits que la saison +avancée empêche de laisser sur les arbres, <span class="pagenum"><a id="page191" name="page191"></a>(p. 191)</span> et qui doivent +mûrir à des époques plus ou moins éloignées. Il faut, quelques jours +avant de les placer définitivement dans le fruitier, les trier avec +soin, pour en séparer ceux qui ne valent pas la peine d'être +conservés, et les laisser se ressuyer. Quand le fruitier sera garni +et bien sec, on le fermera à l'air et à la lumière, et tous les +soins se borneront à visiter les fruits une ou deux fois par +semaine.</p> + +<p>Les Raisins se conservent sur les tablettes comme les autres fruits, +ou plutôt suspendus au plafond; mais ils exigent une surveillance +scrupuleuse, et sont généralement d'une conservation assez +difficile.</p> + +<p>Les personnes qui attachent un grand prix à la conservation de leurs +fruits peuvent faire garnir de bois toutes les parois des murailles +de leur fruitier, et elles augmenteront les chances de conservation. +On pourrait aussi placer de la chaux vive sur les derniers rayons, +en ayant soin de la renouveler toutes les fois qu'elle serait +éteinte. Par ses propriétés siccatives, cette chaux conservera +l'atmosphère toujours sèche.</p> + +<p>Le moyen que nous indiquons est le seul employé par les +fruitiers-orangers; toutes les recettes de conservation sont ou peu +sûres ou tout à fait impraticables, et nous conseillons de se +contenter d'un fruitier, en observant les conditions de conservation +que nous indiquons ici.</p> + +<h4>§ 6.—Culture des meilleures espèces de fruits.</h4> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Abricotier</span> (<i>Armeniaca vulgaris</i>).—Tous les terrains conviennent +aux Abricotiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. On les +greffe ordinairement sur le Prunier Saint-Julien; mais, comme dans +les terres fortes ils poussent très-vigoureusement et fructifient +peu, il faut en ce cas les prendre greffés sur le Prunier Cerisette, +qui pousse beaucoup moins que le Saint-Julien.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page192" name="page192"></a>(p. 192)</span> Les fruits des Abricotiers en plein vent étant beaucoup +plus parfumés que ceux des arbres en espalier, on ne plante +ordinairement que quelques-uns de ces derniers, pour avoir des +fruits mûrs un peu plus tôt, ou dans les localités où ils mûrissent +mal en plein vent. On plante les Abricotiers à haute tige à environ +6 mètres l'un de l'autre. Après avoir donné une bonne direction aux +jeunes arbres, il sera encore nécessaire de les tailler chaque +année; car sans cela les branches se dégarniraient facilement du +bas; mais par une taille raisonnée et faite à propos on forcera +facilement la séve à refluer dans les parties inférieures; on +traitera de même les arbres à haute tige, et de plus on retranchera +toutes les branches qui se dirigeraient vers l'intérieur, afin que +l'air puisse circuler facilement. On peut rajeunir les Abricotiers +en rabattant les grosses branches; on choisit pour les remplacer les +jeunes jets les plus vigoureux et les mieux disposés.</p> + +<p>On n'avance que difficilement la maturité des Abricotiers; +néanmoins, dans le cas où l'on voudrait l'essayer, il faut ne leur +donner que très-peu de chaleur et ne commencer à les chauffer qu'en +février.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Précoce ou Abricotin, — Angoumois, — Commun, — de + Hollande, — Alberge, — Pêche.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Amandier</span> (<i>Amygdalus communis</i>).—C'est sur la variété commune que +se greffent les Amandiers cultivés, et l'on ne les plante guère +qu'élevés en plein vent, où ils n'exigent aucun soin. Néanmoins, +dans le Nord, il est nécessaire de les planter en espalier, à une +bonne exposition, et dans cette circonstance ils doivent être +taillés.</p> + +<p>L'Amandier fleurit souvent dès le mois de février; c'est à cause de +cela qu'on le place assez ordinairement dans les jardins d'agrément.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Amandier à gros fruits, — Amandier de Tours, — + Amandier Princesse ou des Dames, à coque tendre.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page193" name="page193"></a>(p. 193)</span> <span class="smcap">Cerisier</span> (<i>Cerasus</i>).—Les Cerisiers ne sont pas difficiles +sur le choix du terrain: on greffe les Cerisiers à haute tige sur le +Merisier, et pour les autres formes sur le Sainte-Lucie.</p> + +<p>Pour avoir des fruits un peu plus tôt, on peut planter quelques +Cerisiers anglais en espalier ou en former des quenouilles qui +produisent beaucoup; mais on plante plus souvent des arbres à haute +tige, qui produisent toujours davantage. Si on les place en lignes, +il faut les mettre à environ 6 mètres l'un de l'autre. Il n'est +nécessaire de les tailler que pendant les premières années, pour +former la charpente de l'arbre; et pour les espaliers et les +quenouilles, une fois formés, il faut ne leur supprimer que le moins +de branches possible. On se bornera à donner une bonne direction à +chaque membre, à mesure qu'ils prendront de l'étendue. Quand les +Cerisiers cessent de donner du fruit, on peut facilement les +rajeunir en rabattant les grosses branches près de leur insertion; +ils en fournissent promptement de nouvelles, avec lesquelles on +formera une autre tête.</p> + +<p><i>De la culture forcée du Cerisier.</i>—Pour avancer la maturité des +arbres fruitiers, il faut avoir égard à la température moyenne de +l'époque où chaque espèce commence à végéter, à entrer en fleur, et +enfin à celle qui règne ordinairement à l'époque de la maturité des +fruits, afin que, dans un espace de temps qui doit toujours être +moins long que dans l'état naturel, on fasse subir aux arbres les +différentes modifications de chaleur par lesquelles ils passent +ordinairement; car, dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent +fructifier qu'après avoir accompli toutes les phases de la +végétation.</p> + +<p>On peut avancer la maturité des Cerisiers en espalier en plaçant +devant eux des châssis vitrés, ou, mieux encore, en plantant en pots +à l'automne des Cerisiers nains, <span class="pagenum"><a id="page194" name="page194"></a>(p. 194)</span> de l'espèce anglaise ou +royale, qui sont ceux qui réussissent le mieux. Ils doivent être le +plus ramifiés possible. On enterre les pots à bonne exposition, et, +l'année suivante, en janvier, on les met dans une serre vitrée, où +il suffira d'entretenir la température à 12 ou 14 degrés. On donnera +de l'air au moment du soleil. On pourrait même les réunir aux +Pruniers et leur donner les mêmes soins. En les mettant dans la +serre à l'époque indiquée, les fruits sont ordinairement mûrs au +commencement d'avril. On peut ainsi les chauffer plusieurs années de +suite.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Anglaise, — Royale, — Reine-Hortense, — Belle de + Choisy, — de Portugal, — Belle magnifique, — du Nord tardive, + — grosse, — Guigne noire, — Guigne ambrée, — Gros bigarreau + noir.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Coignassier</span> (<i>Cydonia communis</i>).—On cultive généralement les +Coignassiers pour recevoir la greffe du Poirier. La plantation doit +avoir lieu à l'époque indiquée pour ces derniers. On n'en élève que +peu comme arbres fruitiers; cependant les fruits en sont très-beaux, +mais l'odeur qu'ils répandent lorsqu'ils commencent à mûrir déplaît +généralement et force à reléguer ces arbres loin des habitations. +Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de choisir le terrain comme +quand ils servent de sujets à greffer les Poiriers; car alors ils +viennent bien partout, même dans les endroits humides.</p> + +<p>On n'a pas besoin de tailler les Coignassiers; il suffit d'enlever +le bois mort. La seule variété cultivée n'est guère que celle de +<i>Portugal</i>, greffée sur le Coignassier commun, et dont les fruits +mûrissent en octobre.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Épine-Vinette</span> (<i>Berberis</i>).—L'Épine-Vinette croît dans les sols les +plus arides, et donne à l'automne des fruits dont on fait +d'excellentes confitures.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page195" name="page195"></a>(p. 195)</span> <span class="smcap">Figuier.</span> (<i>Ficus Carica</i>).—Tous les terrains conviennent +aux Figuiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Il ne faut +planter ces arbres qu'à la fin de mars ou dans le courant d'avril; +et, comme ils sont d'une reprise assez difficile, il faut les +planter en mottes ou les élever en pots. On les mettra de préférence +près d'un mur et à l'exposition la plus chaude; il serait même +préférable, dans certains endroits, de les mettre en espalier et de +les palisser comme les autres arbres. Mais, sous quelque forme que +l'on élève les Figuiers, il faut les couvrir en hiver afin de les +préserver de la gelée. Vers la fin de novembre on réunit toutes les +branches et on les enveloppe de paille maintenue par des liens. +Lorsque les tiges sont jeunes et peu élevées, on les abaisse sur le +sol et on les y maintient par des crochets de bois; puis on les +couvre de 0<sup>m</sup>,15 de terre ou de paille, pour ne les découvrir qu'à +la fin de mars. Quelle que soit la manière dont on les abrite, il +faut avoir grand soin de garantir le pied, et, dans le cas où les +tiges seraient atteintes par la gelée, on les couperait au niveau du +collet, opération que l'on pourrait faire aussi quand ils sont +devenus trop forts. Ils repoussent rapidement de nouvelles tiges, +qui donnent du fruit la seconde année.</p> + +<p>Les Figuiers produisent ordinairement deux récoltes; mais sous notre +climat il est extrêmement rare que celle d'automne mûrisse; nous ne +parlerons donc que de la première, qui mûrit en juillet et août. +Pour favoriser le développement des fruits et en avancer la +maturité, on pincera en juin le boutoir terminal des branches +portant des fruits, ce qui empêchera ces derniers de tomber avant la +maturité. Les Figuiers ne se taillent pas, car les amputations leur +sont très-préjudiciables, à cause de la grande quantité de séve +qu'ils perdent chaque fois. On se contentera donc, au printemps, de +couper les branches mortes et de rabattre celles qui sont trop +maigres pour donner du <span class="pagenum"><a id="page196" name="page196"></a>(p. 196)</span> fruit. Cependant, s'ils poussent +trop vigoureusement, on pincera l'extrémité des branches, moyen +employé souvent avec avantage pour les faire fructifier. On en +cultive un grand nombre de variétés dans le Midi; mais à Paris on +n'en cultive guère avec succès que deux, la <i>blanche ronde</i> et la +<i>violette</i>.</p> + +<p><i>De la culture forcée du Figuier.</i>—En janvier, on recouvre les +Figuiers d'une petite serre mobile, et on commence à les chauffer à +15 degrés; puis on élève progressivement la chaleur jusqu'à 25 +degrés sans inconvénient, et dans les premiers jours de mai, on +obtient des fruits mûrs.</p> + +<p>Nous ne parlerons que fort brièvement d'un procédé tombé chez nous +en discrédit et sur le compte duquel on commence à revenir: nous +voulons parler de la <i>caprification</i>. Des faits récents semblent +prouver que cette opération n'est pas aussi inutile qu'on l'a +prétendu, bien qu'elle ne soit pas indispensable pour la fécondation +des Figuiers. Elle augmente le nombre des fruits, qui viennent plus +sûrement à maturité. En l'absence des insectes fécondateurs qu'on +trouve dans le fruit du Figuier sauvage, dont on suspend une branche +sur le Figuier qu'on veut caprifier, on peut se borner à piquer +l'œil de la Figue avec une aiguille trempée dans de l'huile +d'olive, et attendre le résultat. Cette opération, que nous livrons +à nos lecteurs pour ce qu'elle peut valoir, a au moins l'avantage de +ne pas compromettre les fruits sur lesquels l'essai a été fait.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Framboisier</span> (<i>Rubus Idæus</i>).—Les Framboisiers viennent partout; +mais ils préfèrent un terrain frais, léger et bien amendé, car ils +épuisent considérablement la terre, et il est nécessaire, pour en +avoir de beaux fruits, de leur mettre au pied, à l'automne, des +terres neuves ou des engrais consommés.</p> + +<p>On les plante en automne, ou bien en février et mars, <span class="pagenum"><a id="page197" name="page197"></a>(p. 197)</span> +selon les variétés, à environ 1 mètre de distance. Après la +plantation, on les rabattra à environ 0<sup>m</sup>,15 de hauteur.</p> + +<p>Chaque année, en juin, on choisira sur chaque touffe les cinq ou six +plus beaux bourgeons, et l'on coupera les autres. Cette suppression +tournera à l'avantage des tiges qu'on aura laissées, et les fruits +qu'elles produiront seront beaucoup plus beaux; ils mûrissent en +juillet.</p> + +<p>En mars, on coupera rez terre les tiges qui ont porté fruit, et l'on +taillera les autres plus ou moins long, selon leur vigueur. Il +faudra, suivant le terrain et les soins qu'ils auront reçus, les +changer de place tous les quatre, cinq ou six ans.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Framboisier rouge, — Fr. à fruit couleur de chair, — + Fr. blanc, — Fr. des quatre saisons.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Groseillier a grappes</span> (<i>Ribes rubrum</i>).—Les Groseilliers, quoique +peu difficiles sur le choix du terrain, produiront des fruits plus +beaux et de meilleure qualité dans les terres douces et fraîches, +sans excès d'humidité, que dans les autres sols. On peut leur donner +toutes les formes que l'on veut; mais il est préférable, en raison +de la taille à laquelle ils doivent être soumis, de les élever en +touffes.</p> + +<p>Les Groseilliers à grappes peuvent être mis en espalier, et ils +mûrissent ordinairement leurs fruits de juin en juillet; mais on +peut facilement en avancer la maturité en plaçant des châssis devant +eux.</p> + +<p>On les plante a environ 1<sup>m</sup>,30 l'un de l'autre, à l'automne ou en +février, selon la nature du terrain.</p> + +<p>On les taille en février: la première année, on les taille court, +afin de favoriser le développement des yeux du bas; mais pour les +tailles successives on devra tailler plus long, et toujours se +rappeler que les Groseilliers ne donnent abondamment de fruits que +sur le bois de deux ans.</p> + +<p>On laissera successivement se développer, chaque année, <span class="pagenum"><a id="page198" name="page198"></a>(p. 198)</span> +les branches nécessaires pour former une belle touffe, et l'on aura +soin d'enlever les bourgeons qui partent du pied, puis de rabattre +les grosses branches à mesure qu'elles atteignent leur sixième année +(ce qu'il sera facile de voir en comptant les pousses de chaque +année); car alors elles deviennent trop élevées, se dégarnissent du +bas et ne donnent plus que des fruits de qualité médiocre; après +quoi on remplacera chaque branche retranchée par un jeune bourgeon.</p> + +<p><i>De la culture forcée du Groseillier.</i>—On peut facilement chauffer +les Groseilliers à grappes sur place, s'ils sont plantés en +contre-espalier; plantés en pots, on pourra les traiter comme les +Cerisiers.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Groseillier à fruit rouge, — Gr. blanc, — Gr. + couleur de chair, — Gr. cerise, — Gr. Gondouin, — Gr. Queen + Victoria.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier à fruit noir, Cassis, Poivrier</span> (<i>R. nigrum</i>).—On le +traite exactement comme le Groseillier ordinaire; seulement on peut +le rabattre plus souvent, car le bois d'un an porte fruit.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Groseillier épineux ou à maquereau</span> (<i>R. uva crispa</i>).—On a obtenu, +par la voie du semis, un nombre considérable de variétés du +Groseillier à maquereau dont plusieurs sont remarquables par la +grosseur de leurs fruits.</p> + +<p>Pour avoir toujours de beaux fruits, il faut démonter les branches +qui produisent depuis trois ans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mûrier</span> (<i>Morus</i>).—Les Mûriers sont des arbres très-rustiques qui +s'accommodent de presque tous les terrains, même de ceux de médiocre +qualité, excepté de ceux qui sont constamment humides. Quelle que +soit l'espèce, il ne faut pas la planter avant le mois de février, +ni en retrancher aucune branche; après quoi tous les soins +consistent à donner quelques binages.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page199" name="page199"></a>(p. 199)</span> Comme arbre à fruit, on ne cultive guère que le Mûrier +noir, dont les fruits mûrissent de juillet en septembre. Il ne se +taille pas, et l'on se borne à retrancher le bois mort. Lorsque ces +arbres sont trop vieux et qu'ils ne donnent plus que de petits +fruits, il faut les rabattre, c'est-à-dire rabattre les branches à +quelques centimètres du tronc; ils produiront de jeunes jets +très-vigoureux qui ne tarderont pas à se mettre à fruit.</p> + +<p>Le Mûrier blanc est cultivé comme arbre d'agrément, mais plus +particulièrement encore pour recevoir la greffe des espèces à larges +feuilles cultivées pour la nourriture des vers à soie.</p> + +<p>L'époque la plus favorable pour les greffer est la fin d'avril, et +la variété la plus avantageuse, parmi celles qui sont cultivées pour +l'usage indiqué plus haut, est le Moretti, dont les feuilles sont +très-larges et de beaucoup préférables à celles du Multicaule. Sa +rusticité est au moins égale à celle du Mûrier blanc ordinaire. Il +se reproduit très-bien de graines semées au printemps.</p> + +<p>On élève les Mûriers en baliveaux ou en touffes, dont on peut faire +des haies qui, bien conduites, produiront beaucoup de feuilles.</p> + +<p>Il est préférable de couper les branches dont on veut prendre les +feuilles pour la nourriture des vers; mais il faut avoir soin de +laisser toutes les petites branches, et de n'en pas détacher les +feuilles, afin de ne pas intercepter complétement la circulation de +la séve. À la fin de juin ou au commencement de juillet, enfin +aussitôt qu'on aura fini de nourrir les vers, on taillera +immédiatement les Mûriers, afin que les pousses qui se développeront +à la séve d'août prennent assez de force pour résister aux gelées.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Néflier</span> (<i>Mespilus Germanica</i>).—Les Néfliers réussissent <span class="pagenum"><a id="page200" name="page200"></a>(p. 200)</span> +très-bien partout, même dans les terrains très-frais. On les +plantera en automne, à moins que la nature du sol ne le permette +pas; comme les fruits viennent à l'extrémité des branches, ces +arbres ne doivent pas être taillés; il serait d'ailleurs impossible +de leur donner une forme régulière.</p> + +<p>On plantera de préférence le <i>Néflier à gros fruits</i>.</p> + +<p>Il faut cueillir les fruits en octobre et novembre, et les étendre +sur la paille ou sur des tablettes, où ils mûrissent.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Noisetier</span> (<i>Corylus</i>).—Les Noisetiers sont très-rustiques, et +doivent être plantés en automne; ils viennent dans tous les terrains +et à toutes les expositions. On les élève en touffes ou à tiges, et +ils fructifient aussi bien dans un cas que dans l'autre.</p> + +<p>Les fruits mûrissent en août et septembre, et tombent aussitôt après +leur maturité.</p> + +<p>Plusieurs espèces ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins +d'agrément.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Noisetier à fruit rouge, — N. grosse aveline de + Provence, — N. avelinier rouge, — N. à fruits en grappes.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Noyer</span> (<i>Juglans regia</i>).—Les Noyers méritent sous plusieurs +rapports d'être cultivés; cependant on leur accorde rarement une +place dans les jardins, à cause de l'espace qu'ils couvrent (il faut +entre les pieds au moins 20 ou 30 mètres) et de l'étendue de leurs +racines, qui épuisent la terre et nuisent beaucoup aux cultures +environnantes. Ils aiment une terre douce, substantielle et +profonde. Ils supportent assez bien la transplantation lorsqu'ils +sont jeunes et qu'on y apporte beaucoup de soin; il faut surtout +éviter de rabattre en les plantant, ce qui nuirait beaucoup à leur +élévation.</p> + +<p>Il y a avantage à les semer en place. Dans ce cas, il faut <span class="pagenum"><a id="page201" name="page201"></a>(p. 201)</span> +choisir les noix les plus belles et les plus mûres de la variété que +l'on veut semer, et à l'automne on les met en terre ou bien on les +fait stratifier dans du sable pour ne les semer qu'au printemps. Ils +fructifieront au bout de six à huit ans de semis.</p> + +<p>Si l'on voulait changer la variété que l'on a semée, ou si l'on +craignait qu'elle ne se reproduisît pas identiquement lorsque les +sujets auront atteint environ 1 mètre de hauteur et 0<sup>m</sup>,03 de +diamètre, il faudra, au printemps, les greffer, soit en fente, soit +en anneau; ils prendront alors un peu moins de développement.</p> + +<p>Les Noyers n'ont pas besoin d'être taillés; seulement, quand ils +sont vieux, il arrive souvent que l'extrémité des branches meurt; il +faut alors les rabattre à environ 0<sup>m</sup>,60 du tronc, et il se forme +une nouvelle tête.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Noyer à coque tendre, — N. tardif,— N. à bijoux + (pour la grosseur des fruits).</p> + +<p>Il y a une nouvelle espèce très-intéressante, connue sous le nom de +<i>Juglans præparturiens</i>. Elle s'élève peu et donne des fruits de +bonne qualité dès la seconde année de semis.</p> + +<p>Les noyers mûrissent leurs fruits vers la fin de septembre ou le +commencement d'octobre; mais on peut les manger en cerneaux dès la +fin de juillet.</p> + +<p>On cultive aussi comme arbres d'ornement plusieurs espèces de Noyers +d'Amérique.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pêcher</span> (<i>Amygdalus Persica</i>)<a id="footnotetag11" name="footnotetag11"></a><a href="#footnote11" title="Go to footnote 11"><span class="smaller">[11]</span></a>.—Dans les terrains profonds, on +plantera de préférence des Pêchers greffés sur Amandier; mais dans +ceux qui n'ont qu'une couche peu épaisse de bonne terre, et dont le +fond serait de tuf <span class="pagenum"><a id="page202" name="page202"></a>(p. 202)</span> ou de glaise, il faut planter des +arbres greffés sur Prunier, car ils ont des racines traçantes qui se +contentent d'une terre moins profonde.</p> + +<p>On peut établir des espaliers de Pêchers à toutes les expositions; +seulement, au nord et à l'ouest, on plantera des variétés hâtives, +et on leur donnera un peu moins d'écartement qu'aux autres +expositions. La distance ordinaire est de 8 à 10 mètres, suivant la +forme qu'on leur donne et la nature du terrain. On peut planter dans +l'intervalle un Poirier, qui donne des fruits en attendant que le +développement des Pêchers en amène la suppression.</p> + +<p>Il est presque toujours préférable de planter des Pêchers greffés de +dix-huit mois; ils ont, avec un concours de circonstances +favorables, plus de chances de succès que ceux qu'on plante tout +formés, c'est-à-dire ayant déjà subi plusieurs tailles. Il faut +avoir soin, en plantant, de placer les plus fortes racines par +devant, et il faut que le collet de l'arbre soit à environ 0<sup>m</sup>,15 du +mur sur lequel la tige est inclinée.</p> + +<p>(Pour l'époque de la plantation et les autres précautions, voir +l'article <i>Plantation</i>, page <a href="#page182">182</a>.)</p> + +<p>Pour entretenir la vigueur des arbres, il est nécessaire de fumer la +plate-bande où sont les Pêchers; mais il n'est pas possible de +déterminer le temps qui doit s'écouler entre deux fumures, car cela +dépend de la nature du terrain. On emploiera de préférence des +terres neuves, des gazons ou des fumiers à moitié consommés. Dans +les années où il sera nécessaire de fumer les Pêchers, il faudra les +tailler plus long, et chaque année, après la taille, il faudra +donner un binage au pied des arbres.</p> + +<p>En juillet et août, à l'aide de la pompe à main, on arrosera les +feuilles des Pêchers. Cette opération est très-utile; mais elle ne +doit se faire que lorsque le soleil ne donne plus sur l'espalier.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page203" name="page203"></a>(p. 203)</span> La température élevée de cette époque oblige souvent +d'arroser le pied des Pêchers; on doit alors donner un binage et +former autour de chaque arbre un bassin qu'on remplira de fumier +court, qui conserve plus longtemps l'humidité.</p> + +<p>Il faut, aussitôt après la plantation, fixer d'une manière positive +la forme sous laquelle on veut élever ses Pêchers; et, sans nous +arrêter à discuter les avantages et les inconvénients des autres +modes de culture, nous nous bornerons à indiquer celui qui est en +usage à Montreuil, comme le plus simple et l'un des plus avantageux. +Pour arriver à un bon résultat, nous conseillons de tracer un quart +de cercle sur le mur (<i>fig.</i> <a href="#img017">17</a>), où nous indiquerons chaque année +la place que les branches principales devront occuper suivant leur +développement.</p> + +<p><i>Première année.</i> On coupera après la plantation la tige des jeunes +Pêchers dont nous recommandons l'emploi à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 au-dessus +de la greffe. Ce qui détermine le développement de plusieurs +bourgeons.</p> + +<p><i>Ébourgeonnage.</i>—Quand les bourgeons auront de 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30 de +longueur, on choisira les deux plus vigoureux, un de chaque côté, +pour former les deux branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img014">14</a>), puis on +supprimera les autres.</p> + +<p><i>Palissage.</i>—Dans la crainte qu'elles ne soient cassées, on les +attachera, mais de manière à ne pas les gêner dans leur +développement. Si l'un des deux bourgeons était plus vigoureux que +l'autre, il faudrait l'incliner davantage, afin de rétablir +l'équilibre de la séve, principe dont il ne faudra jamais s'écarter; +car de là dépend tout l'avenir de l'arbre.</p> + +<p><i>Deuxième année.</i>—En février, c'est-à-dire lorsque la séve commence +à gonfler les boutons, et non pas lorsqu'ils sont en fleur, comme +quelques personnes le conseillent, après avoir dépalissé l'arbre, ou +devra nettoyer le mur ainsi que les membres sur lesquels on +trouverait des gallinsectes, <span class="pagenum"><a id="page204" name="page204"></a>(p. 204)</span> ce qu'il faudra faire chaque +année; après quoi on coupera le chicot <i>a</i> (<i>fig.</i> <a href="#img014">14</a>), et on +couvrira la plaie avec de la cire à greffer.</p> + +<p>Les branches mères <i>b</i> seront taillées à 0<sup>m</sup>,35 ou 0<sup>m</sup>,40 de +longueur, selon la forme de l'arbre immédiatement au-dessus de +l'œil destiné à prolonger les branches. À défaut de l'œil de +devant, on peut prendre celui de dessus, ce qui devra être observé à +chaque taille. Arrivé à ce point, le développement des branches +mères permet d'établir une branche sous-mère inférieure de chaque +côté de l'arbre, au moyen des yeux latéraux placés à la base des +branches mères.</p> + +<a id="img014" name="img014"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img014.jpg" width="150" height="237" alt="" title=""> +<p>Fig. 14.—Pêcher, 2<sup>e</sup> année.</p> +</div> + +<p>Lorsqu'on attachera les deux branches mères <i>b</i>, on leur donnera +environ 10 degrés d'ouverture.</p> + +<p><i>Ébourgeonnage.</i>—Dans le courant de mai, on enlèvera avec l'ongle, +ou bien avec la pointe d'une serpette, tous les bourgeons qui se +trouvent trop rapprochés les uns des autres, ceux qui font double et +triple emploi par suite du développement des yeux, doubles et +triples, si nombreux sur les Pêchers; ceux placés sur le devant ou +le derrière des branches; tous ceux, enfin, qu'il faudrait supprimer +à la taille afin de favoriser tout spécialement le développement +<span class="pagenum"><a id="page205" name="page205"></a>(p. 205)</span> des bourgeons qui doivent fournir les secondes branches +sous-mères inférieures.</p> + +<p>Forcé de faire un choix, on supprimera de préférence le bourgeon du +milieu des yeux triples, qui, toujours plus vigoureux que les +autres, pourrait être plus tard une cause d'embarras. Quant aux +autres bourgeons, on ne conservera, dans un cas comme dans l'autre, +que le mieux placé des deux.</p> + +<p>La raison qui fait supprimer le bourgeon le plus vigoureux des yeux +ordinaires fait que l'on doit conserver ce même bourgeon en +ébourgeonnant l'œil terminal de chaque branche; car, destiné à +prolonger la branche, ce bourgeon doit toujours dominer les autres.</p> + +<p>Plus tard, on supprimera également les faux bourgeons, et l'on +pincera au-dessus de la septième ou huitième feuille ceux que l'on +croira devoir conserver.</p> + +<p>À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on continue l'ébourgeonnage +successivement jusqu'en juillet, puis on pince avec l'ongle +l'extrémité de tous les bourgeons dont il est nécessaire de modérer +le développement.</p> + +<p><i>Palissage.</i>—À mesure que les bourgeons se développeront, on les +palissera; mais cette opération nécessite beaucoup de soin, car les +bourgeons sont tellement tendres qu'ils cassent net si l'on ne prend +beaucoup de précautions pour les amener à la place qu'ils doivent +occuper. On leur donnera toujours la position la plus directe +possible, afin que la circulation de la séve ne soit ralentie par +aucun obstacle, et il faut toujours éviter de croiser les bourgeons +l'un sur l'autre.</p> + +<p><i>Troisième année.</i>—À l'époque de la taille, et avant de dépalisser +l'arbre, on examinera la végétation de chaque membre, et l'on jugera +s'il ne serait pas nécessaire, en taillant, de rétablir l'équilibre +de la séve dans le cas où un membre serait beaucoup plus vigoureux +que l'autre.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page206" name="page206"></a>(p. 206)</span> On coupera les branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img015">15</a>) à peu près à +0<sup>m</sup>,40 ou 0<sup>m</sup>,50 de longueur, suivant leur vigueur, en ayant soin +que l'œil sur lequel on taillera soit placé de manière à les +prolonger le plus directement possible, ce qu'il faudra observer à +chaque taille et pour chaque branche.</p> + +<a id="img015" name="img015"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img015.jpg" width="300" height="266" alt="" title=""> +<p>Fig. 15.—Pêcher, 3<sup>e</sup> année.</p> +</div> + +<p>On taillera les branches sous-mères selon leur force, mais toujours +un peu plus longues que les branches mères; tous les bourgeons de +l'année précédente, qui garnissent les branches à bois, seront +taillés à deux ou trois yeux de leur insertion, afin d'avoir l'année +suivante autant de branches fruitières que la vigueur de l'arbre +permettra d'en laisser; puis on supprimera tous les bourgeons qui +seraient mal placés.</p> + +<p>Si les bourgeons placés à la base des branches mères sont +très-vigoureux, il faudra les tailler court, afin de déterminer le +développement des branches à fruits; mais dans le cas contraire, on +les taillera à cinq ou six yeux.</p> + +<p>On donnera aux branches mères, en les rattachant, environ <span class="pagenum"><a id="page207" name="page207"></a>(p. 207)</span> +25 à 30 degrés d'ouverture, si elles sont de même force; dans le cas +contraire, il faudrait donner une position plus verticale à la moins +vigoureuse, ce qu'il faudra encore observer chaque année.</p> + +<p><i>Ébourgeonnage.</i>—On enlèvera les bourgeons et les faux bourgeons +qui seraient mal placés, en prenant les mêmes précautions que +l'année précédente.</p> + +<p>On favorisera le développement des bourgeons placés à la base des +branches mères, qui doivent fournir les premières branches +sous-mères supérieures; ce qu'il faudra également faire, pour les +bourgeons des branches fruitières les plus rapprochés de la branche +principale: car ce sont eux qui doivent, à la taille suivante, +remplacer les branches fruitières; pour le reste de l'ébourgeonnage, +il faudra observer ce qui a déjà été dit.</p> + +<p><i>Palissage.</i>—Lorsque les bourgeons auront environ de 0<sup>m</sup>,25 à +0<sup>m</sup>,30 de longueur, on les palissera, en commençant toujours par les +plus vigoureux.</p> + +<p><i>Quatrième année.</i>—Après avoir, comme chaque année, dépalissé +l'arbre, on taillera plus ou moins longues, suivant leur vigueur, +l'extrémité des branches mères <i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img016">16</a>), au point 3, par +exemple.</p> + +<p>On taillera également les branches sous-mères inférieures suivant +leur force, et toujours sur l'œil le plus favorable à leur +prolongement; on rabattra les branches fruitières sur celles de +remplacement, qui devront toujours être les plus rapprochées +possible des branches principales, de manière que ces dernières +semblent toujours être rajeunies par des pousses nouvelles; puis on +taillera les branches de remplacement, pour porter fruit, à cinq ou +six yeux, selon leur force et la vigueur de l'arbre, mais toujours +dans le but d'obtenir un bourgeon de remplacement le plus près +possible de leur insertion. Quant aux faux bourgeons, il faut, comme +toujours, les tailler à deux ou trois yeux....</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page208" name="page208"></a>(p. 208)</span> On rattachera les branches mères, auxquelles on donnera +environ 35 à 40 degrés d'ouverture, en ayant toujours soin +d'observer ce qui a été dit à ce sujet pour l'année précédente.</p> + +<p><i>Ébourgeonnage.</i>—Il faudra surveiller les branches à bois qui +tendraient à s'établir là où il ne doit jamais y avoir que des +branches à fruits; il faut s'attacher surtout à favoriser le +développement des bourgeons, qui doivent fournir les secondes +branches sous-mères supérieures et les branches de bifurcation, +ainsi que les bourgeons destinés à former les branches de +remplacement.</p> + +<a id="img016" name="img016"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img016.jpg" width="400" height="241" alt="" title=""> +<p>Fig. 16. Pêcher, 4<sup>e</sup> année.</p> +</div> + +<p>On aura soin de pincer les bourgeons à fruits; s'il n'y a pas de +fruits, ou qu'ils soient tombés avant la maturité, il faudra +rabattre ces bourgeons immédiatement sur le bourgeon de +remplacement, à moins cependant que l'un d'eux ne soit trop +vigoureux; car alors il serait préférable de ne le rapprocher qu'à +la taille.</p> + +<p>Pour le reste de cette opération, on peut se reporter à tout ce qui +a été dit relativement à l'ébourgeonnement de la seconde année.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page209" name="page209"></a>(p. 209)</span> Il faut surtout pincer à propos les bourgeons qui, par leur +vigueur, menaceraient de devenir ce que l'on nomme des <i>gourmands</i>.</p> + +<p><i>Palissage.</i>—Le palissage sera fait d'après les mêmes principes, et +successivement, comme les années précédentes.</p> + +<p>Comme l'arbre devra porter des fruits, il faudra, aux approches de +la maturité, les découvrir, mais progressivement, précaution qu'on +devra toujours avoir.</p> + +<p><i>Cinquième année.</i>—Le but de la taille de cette année est d'étendre +et de fortifier toutes les parties de l'arbre (<i>fig. <a href="#img017">17</a></i>).</p> + +<p>On raccourcira les rameaux terminaux d'après les mêmes principes que +pour les tailles précédentes, et, en taillant les branches +fruitières, on y laissera du fruit suivant leur vigueur et la santé +de l'arbre; on taillera les faux bourgeons à deux ou trois yeux, +comme les années précédentes, et on donnera aux branches mères +environ 45 à 50 degrés d'ouverture.</p> + +<p>On favorisera le prolongement des branches de bifurcation <i>e</i>, <i>f</i>, +ainsi que celui des bourgeons <i>g</i>, dont on pourra faire par la suite +de nouvelles branches de bifurcation.</p> + +<p>Enfin, par l'ébourgeonnement des jeunes pousses et par celui des +faux bourgeons mal placés, par le pincement et le palissage, on +maintiendra ou l'on ramènera toutes les parties de l'arbre à un +parfait équilibre de végétation.</p> + +<p>À mesure que l'arbre avancera en âge, la taille et les autres +opérations deviendront plus compliquées, mais les principes seront +toujours les mêmes; on établira successivement des branches de +bifurcation, pour remplir les intervalles, et il faudra toujours +avoir soin de conserver aux branches mères, ainsi qu'à toutes les +autres, les proportions relatives à leurs diverses fonctions.</p> + +<span class="pagenum"><a id="page210" name="page210"></a>(p. 210)</span> + +<a id="img017" name="img017"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img017.jpg" width="500" height="281" alt="" title=""> +<p>Fig. 17.—Pêcher, 5<sup>e</sup> année.</p> +</div> + +<p class="center"><span class="pagenum"><a id="page211" name="page211"></a>(p. 211)</span> <i>Pêcher en U.</i></p> + +<p>Les pêchers élevés sous cette forme conviennent tout +particulièrement aux personnes qui veulent avoir des murs +promptement garnis. Plantés à un mètre les uns des autres, ces +pêchers peuvent sans exiger de soins particuliers fructifier +abondamment dès la troisième année.</p> + +<a id="img018" name="img018"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img018.jpg" width="250" height="281" alt="" title=""> +<p>Fig. 18.—Pêchers en U.</p> +</div> + +<p>Comme tous les arbres cultivés en espalier, les pêchers en U doivent +être rabattus après la plantation à 0<sup>m</sup>,15 ou 0<sup>m</sup>,20 au-dessus de la +greffe, afin de favoriser le développement des bourgeons destinés à +fournir les deux mères branches. Pendant le cours de leur +végétation, ces deux bourgeons seront dirigés de manière à figurer +un U simple <span class="pagenum"><a id="page212" name="page212"></a>(p. 212)</span> ou double (<i>fig.</i> <a href="#img018">18</a>), en ayant soin toutefois +de laisser les extrémités libres, afin qu'elles ne soient pas gênées +dans leur développement. Arrivés à ce point, les pêchers en U sont +tout aussi faciles à diriger que les pêchers obliques, sur lesquels +ils ont véritablement un avantage marqué.</p> + +<p><i>De la culture forcée du Pêcher.</i>—On peut facilement avancer la +maturité des Pêchers en espalier, surtout des variétés hâtives; et, +pour être plus certain du succès de l'opération, on avancera de +préférence ceux qui sont placés à l'est ou à l'ouest.</p> + +<a id="img019" name="img019"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img019.jpg" width="500" height="167" alt="" title=""> +<p>Fig. 19.—Serre à forcer.</p> +</div> + +<p>En janvier, on placera devant les Pêchers une petite serre mobile, +couverte par des châssis de 2 mètres de longueur, supportés par des +chevrons dont le haut sera scellé dans le mur, et qui porteront en +bas sur un soubassement de planches qui aura 0<sup>m</sup>,85 de hauteur, ce +qui produira intérieurement 0<sup>m</sup>,90, espace suffisant pour donner les +soins nécessaires, qui, au reste, sont absolument les mêmes que ceux +qui ont été indiqués plus haut.</p> + +<p>Après avoir taillé les arbres, on commencera à leur donner une +température de 12 degrés; puis, progressivement, on augmentera +jusqu'à 18 degrés, mais pas plus; et comme au moment du soleil la +chaleur sera beaucoup plus élevée, on donnera de l'air; pendant la +nuit on couvrira la serre avec des paillassons, on seringuera les +feuilles <span class="pagenum"><a id="page213" name="page213"></a>(p. 213)</span> au besoin; et comme les fruits sont ordinairement +plus nombreux qu'en plein air, il est souvent nécessaire d'en +supprimer quelques-uns, afin de ne point épuiser les arbres. Après +la maturité, qui a lieu en avril, on enlève les châssis.</p> + +<p>Ordinairement, on laisse une année ou deux de repos aux Pêchers qui +ont été forcés; mais nous dirons que l'on peut sans inconvénient +recommencer cette opération l'année suivante.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Avant-Pêche blanche, — Petite Mignonne, — Grosse +Mignonne, — Malte, — Madeleine, — Chevreuse, — Chevreuse +tardive, — Admirable Belle de Vitry, — Brugnon musqué, — +Madeleine rouge tardive, — Alberge jaune, — Galande, — Vineuse +pourpre hâtive, — Madeleine de Courson, — Violette hâtive, — +Veloutée tardive, — Téton de Vénus, — Bourdine, — Bon ouvrier, — +Pourprée tardive, — Belle de Doué, — Reine des vergers.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Poirier</span> (<i>Pyrus</i>).—<i>Plantation.</i>—Les Poiriers greffés sur +Coignassier réussissent dans presque tous les terrains, même dans +ceux qui ont peu de profondeur, pourvu cependant qu'ils ne soient +pas glaiseux ou humides; car alors, malgré tous les soins, ils +périraient au bout de quelques années. Toutes les fois que l'on aura +à planter dans un terrain profond, il sera préférable de planter des +Poiriers greffés sur franc, parce qu'ils sont beaucoup plus +robustes.</p> + +<p>C'est à tort que l'on dit que ces arbres sont trop lents à se mettre +à fruit, parce qu'ils poussent trop vigoureusement; car si, par une +taille bien raisonnée et proportionnée à la force des arbres, on +établit une égale répartition de séve dans tous les membres, on +parviendra souvent à les faire fructifier dès les premières années; +une fois que ces arbres sont à fruit, ils en donnent abondamment, et +vivent très-vieux. Si l'on plante des Poiriers greffés sur +Coignassier, on prendra des arbres de dix-huit ou vingt mois de +greffe; mais s'ils sont greffés sur franc, comme ils poussent +beaucoup plus vigoureusement, on peut quelquefois <span class="pagenum"><a id="page214" name="page214"></a>(p. 214)</span> les +planter greffés de l'année. Nous conseillons, pour planter dans les +plates-bandes, de prendre des Poiriers élevés en quenouille; car, +dans cette position, c'est réellement la forme la plus avantageuse, +en ce qu'elle occupe peu de place et produits beaucoup de fruits. Il +faut mettre entre deux pieds un Pommier ou un Poirier nain, que l'on +taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou 5 +mètres l'un de l'autre.</p> + +<p class="center">1. <i>Poiriers en quenouille.</i></p> + +<a id="img020" name="img020"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img020.jpg" width="150" height="342" alt="" title=""> +<p>Fig. 20.—Poirier en quenouille.</p> +</div> + +<p><i>Taille.</i>—La première année, on taillera le rameau terminal à sept +ou huit yeux, selon la vigueur de l'arbre, afin d'obtenir trois ou +quatre nouveaux membres. On aura soin de tailler sur l'œil placé +le plus favorablement, pour prolonger la tige le plus verticalement +possible (<i>fig.</i> <a href="#img020">20</a>).</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page215" name="page215"></a>(p. 215)</span> On taillera aussi le rameau terminal de chaque rameau sur +un œil placé de manière à prolonger le bras horizontalement. Les +bras inférieurs étant les plus âgés, ils seront plus allongés que +ceux qui sont placés au-dessus, et il faudra à chaque taille avoir +soin de leur conserver les mêmes proportions. On enlèvera sur chaque +membre les rameaux qui se trouveraient placés dessus et dessous, +puis on taillera à environ 0<sup>m</sup>,03 de longueur ceux qui ne sont pas +nécessaires à la forme de l'arbre. Ce sont les jeux inférieurs de +ces rameaux qui donneront naissance aux brindilles. S'il se trouvait +quelques lambourdes terminées par un bouton à fleur, il ne faudra +pas les tailler, car on se priverait de quelques fruits.</p> + +<p>Si, à la place où il est indispensable d'établir un membre pour +compléter la régularité de l'arbre, il ne se trouvait pas de +bourgeon pour le former, on pourra facilement en obtenir un, soit en +posant un écusson, soit en cernant l'œil le plus rapproché de la +place où l'on a besoin d'un membre, ce qui doit se faire de la +manière suivante. À l'époque de la taille, on fait une incision +transversale immédiatement au-dessus, puis une seconde à 0<sup>m</sup>,02 ou +0<sup>m</sup>,03 au-dessus de la première, enfin plus ou moins, selon la force +qu'on veut donner au bourgeon. Ensuite, partant de la seconde +incision, on fait à 0<sup>m</sup>,02 ou 0<sup>m</sup>,03 de chaque côté de l'œil une +incision longitudinale, puis on enlève la portion d'écorce qui se +trouve entre les deux incisions transversales. Ainsi cerné, l'œil +se développe avec autant de vigueur que si l'on avait supprimé toute +la partie qui est au-dessus.</p> + +<p>Cette opération peut être pratiquée avec succès non-seulement sur la +tige, mais encore sur tous les membres d'un arbre sur lequel il y a +des vides à remplir.</p> + +<p><i>Ébourgeonnage.</i>—Pour favoriser le développement du bourgeon +terminal, on pincera très-courtes deux ou trois <span class="pagenum"><a id="page216" name="page216"></a>(p. 216)</span> bourgeons +qui en sont les plus rapprochés, à moins que le premier n'ait fourni +une pousse trop faible; il faudrait alors le remplacer par le plus +vigoureux et le plus rapproché de l'extrémité. On choisira parmi les +autres les mieux placés pour en former des membres à la taille +suivante, en observant toujours qu'ils ne doivent jamais être placé +juste au-dessus de ceux de l'année précédente; car les membres d'une +quenouille doivent être disposés de manière que, partant de +l'insertion du premier membre, les autres tournent en spirale autour +de la tige. On pincera également les deux ou trois bourgeons les +plus rapprochés du rameau terminal de chaque bras, et on enlèvera +sur chaque membre tous les bourgeons qui naîtront dessus et dessous. +On pincera, sur les membres de l'année précédente, les bourgeons qui +poussent trop vigoureusement; puis on taillera des brindilles à +0<sup>m</sup>,16 ou 0<sup>m</sup>,18 de longueur. La taille des rameaux terminaux sera +proportionnée à la vigueur de l'arbre, et l'on taillera toujours sur +l'œil le mieux placé pour les prolonger suivant leur position. +Les autres rameaux seront taillés à environ 0<sup>m</sup>,05, même ceux qui +ont été pincés à l'ébourgeonnage; les brindilles qui ont donné du +fruit le seront à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15, et si celles qui ont été rompues +à l'ébourgeonnage avaient poussé, il faudrait les tailler au-dessus +de la pousse.</p> + +<p>On protégera successivement l'établissement des branches fruitières, +et l'on surveillera celles qui pousseraient trop vigoureusement, de +manière qu'il ne puisse se former de gourmands sur aucune partie de +l'arbre; enfin, on traitera les quenouilles la seconde année comme +on les a traitées la première, et ainsi de suite; seulement, à +chaque taille, les opérations deviendront plus compliquées.</p> + +<p>Comme souvent il arrive que les membres d'une quenouille tendent à +s'élever verticalement, ce qui est non-seulement <span class="pagenum"><a id="page217" name="page217"></a>(p. 217)</span> contraire +aux principes, mais encore préjudiciable au développement ultérieur +de l'arbre (car alors ces membres poussent avec une telle vigueur +qu'ils absorbent une forte partie de la séve nécessaire à la +végétation des autres membres), il faut, dans cette circonstance, +chercher le moyen de remédier à un pareil état de choses. Souvent on +a recours à de petits arcs-boutants; mais comme ce moyen présente +beaucoup de difficultés et de graves inconvénients, nous allons +faire connaître un procédé communiqué à la Société centrale +d'horticulture par M. Chevalier Gérolme: «J'ai placé quatre piquets +au pied de chaque pyramide, avec une encoche de 0<sup>m</sup>,028 à la tête de +chacun; j'y ai attaché un cercle avec de fil du fer à 0<sup>m</sup>,081 +d'élévation du sol, afin de pouvoir biner et nettoyer. Avec ce +simple appareil, que j'appelle <i>treillage horizontal</i>, et qui +m'offre les ressources d'un mur à la Montreuil, je deviens maître de +mon arbre. Muni d'une grande quantité de loques en cuir percées aux +deux bouts et d'une botte d'osier, je prends la branche à incliner, +petite ou grosse, courte ou longue, n'importe; à l'endroit +convenable je la cerne de ma loque, que je ferme avec l'un des bouts +d'un brin d'osier, dont je viens arrêter l'autre sur le cercle à la +place que réclame l'inflexion de la branche ou le vide de l'arbre. +Avec ce procédé, j'ai pu rectifier mille irrégularités indépendantes +de la taille, comme proportionner les espaces, détruire la confusion +qui existe toujours dans les pyramides, faciliter la circulation de +l'air, le mouvement de la lumière; en un mot, satisfaire à toutes +les conditions de développement et d'équilibre qui jusqu'alors +n'avaient point été remplies.»</p> + +<p class="center">2. <i>Poiriers en espalier.</i></p> + +<p>Pour former un espalier de Poiriers on prendra des arbres nains, +jeunes et vigoureux, et on les plantera de préférence <span class="pagenum"><a id="page218" name="page218"></a>(p. 218)</span> à +l'est ou à l'ouest. On peut les élever sous plusieurs formes, mais +nous considérons celles en éventail (<i>fig.</i> <a href="#img021">21</a>) et en palmette +(<i>fig.</i> <a href="#img022">22</a> et <i>fig.</i> <a href="#img023">23</a>) comme les plus faciles à diriger et les +plus avantageuses. Les Poiriers que l'on veut former en éventail +seront plantés à 5<sup>m</sup>,33, 6<sup>m</sup>,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon +la nature du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la +préférence aux arbres greffés de l'année. On les rabattra de manière +à obtenir cinq bourgeons de chaque côté pour former la charpente de +l'arbre.</p> + +<a id="img021" name="img021"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img021.jpg" width="400" height="278" alt="" title=""> +<p>Fig. 21.—Poirier en éventail.</p> +</div> + +<p>Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bourgeons +nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticalement le +bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année suivante on le +rabattra de manière à obtenir les membres <i>a</i>, <i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, <i>e</i>. À +mesure que les bourgeons se développeront, on les palissera, en les +plaçant aussi parallèlement <span class="pagenum"><a id="page219" name="page219"></a>(p. 219)</span> que possible et à égale +distance l'un de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui +pousseraient plus vigoureusement que les autres, de telle sorte que +chaque membre ait une végétation à peu près égale. On pincera aussi +très-court les bourgeons placés devant et derrière les branches, +pour les démonter par suite de la taille.</p> + +<p>Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bourgeon +terminal de chaque membre, et l'on pincera très-court tous ceux qui +sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur chaque +membre successivement, et selon le besoin, des branches de +bifurcation, <i>f</i>, <i>g</i>, <i>h</i>, <i>i</i> (<i>fig.</i> <a href="#img021">21</a>), pour remplir les +intervalles.</p> + +<p>Pour compléter la régularité des Poiriers cultivés en espalier, on +peut, indépendamment de ce que nous avons indiqué pour ceux qui sont +élevés en quenouille, avoir recours à la greffe par approche, ce qui +doit se faire de la manière suivante. À l'époque où les bourgeons +sont encore il l'état herbacé, on choisit le plus rapproché de la +place où l'on a besoin d'établir un membre, on l'abaisse avec +précaution afin de ne pas le rompre, et, après avoir fait une plaie +longitudinale sur chaque partie, on les applique l'une sur l'autre, +puis on les maintient dans cette position au moyen d'une ligature +que l'on desserre aussitôt après la reprise de la greffe; lorsque le +bourgeon est arrivé à l'état ligneux, on fait une entaille à +mi-bois, juste au-dessous de la greffe, mais on ne sèvre +complétement celle-ci qu'à l'époque de la taille. On peut sans +inconvénient placer sur le même arbre autant de greffes qu'il est +nécessaire; ce que nous avons été à même d'observer sur un espalier +de Poiriers confié aux soins de M. Fourquet, habile horticulteur, +qui, à l'aide de la greffe par approche, est parvenu en très-peu de +temps à donner une forme régulière à des Poiriers dont les membres +étaient dans un désordre complet.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page220" name="page220"></a>(p. 220)</span> Si l'on plantait des arbres ayant déjà le nombre de +branches nécessaire pour les former, il faudrait tailler toutes les +branches bien placées à environ 0<sup>m</sup>,04 et sur un œil disposé de +manière à prolonger le membre dans la direction voulue d'après la +forme de l'arbre. On démontera les autres, en ayant toujours soin de +conserver les lambourdes et les brindilles.</p> + +<a id="img022" name="img022"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img022.jpg" width="400" height="290" alt="" title=""> +<p>Fig. 22.—Poiriers en palmette.</p> +</div> + +<p>On plantera, à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, ceux que l'on destine +à être élevés en <i>palmette</i>; on rabattra la tige de manière à +obtenir à droite et à gauche quelques bourgeons, dont on formera les +premiers membres a (<i>fig.</i> <a href="#img022">22</a>), en les établissant à environ 0<sup>m</sup>,30 +à 0<sup>m</sup>,35 les uns au-dessus des autres. Ceux de droite doivent +alterner, autant que possible, avec ceux de gauche; en les +palissant, il faut les incliner plus ou moins, suivant que l'on +voudra favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de +<span class="pagenum"><a id="page221" name="page221"></a>(p. 221)</span> l'autre. Les années suivantes, on les abaissera davantage, +mais en observant qu'ils ne doivent jamais être placés +horizontalement. On guidera verticalement le bourgeon qui sert à +prolonger la tige, et l'on pincera les bourgeons mal placés; puis, +les années suivantes, on taillera le rameau vertical de manière à +obtenir chaque année deux branches latérales, jusqu'à ce que l'arbre +soit arrivé à garnir le mur dans toute sa hauteur. On taillera les +bras à environ 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18 de longueur, suivant leur force et +leur position, mais toujours sur un œil placé de manière à les +prolonger le plus directement possible. S'il arrivait qu'un bourgeon +de prolongement fût beaucoup plus vigoureux que l'autre, il +faudrait, au palissage, l'incliner plus que les autres, de manière à +rétablir l'équilibre.</p> + +<a id="img023" name="img023"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img023.jpg" width="400" height="242" alt="" title=""> +<p>Fig. 23.—Poirier en palmette à double tige.</p> +</div> + +<p>L'éducation des Poiriers élevés sous la forme de palmette à double +tige (<i>fig.</i> <a href="#img023">23</a>) doit avoir lieu d'après les principes suivis pour +la palmette à tige simple.</p> + +<p>Cette forme est adoptée maintenant par le plus grand nombre de +cultivateurs de Poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page222" name="page222"></a>(p. 222)</span> Les Poiriers à tiges seront plantés à 5 ou 6 mètres l'un de +l'autre, et, pendant les premières années, ils devront être taillés +de manière que les branches qui doivent former la charpente de +l'arbre soient également espacées. On surveillera leur développement +pour favoriser celles qui seraient les moins vigoureuses, jusqu'à +l'époque où les arbres pourront être abandonnés à eux-mêmes, +c'est-à-dire environ deux ans après.</p> + +<p>Lorsque les Poiriers sont très-vieux ou épuisés au point de ne plus +produire de fruits, on peut encore en tirer un bon parti en les +rabattant et en les greffant en couronne. (Voir l'article <i>Greffe</i>, +p. <a href="#page67">67</a>.) On pose plus ou moins de greffes, suivant la force de +l'arbre; puis, lorsqu'elles sont bien reprises, on choisit les plus +vigoureuses pour en former la nouvelle charpente.</p> + +<p class="center"><i>Liste des meilleures variétés de poires admises par le Congrès +pomologique.</i></p> + +<div class="type"> + <p><span class="smcap">Adèle de Saint-Denis</span> (Adèle de Saint-Céras, baronne de Mello). + Fertile; moyen; bon; octobre<a id="footnotetag12" name="footnotetag12"></a><a href="#footnote12" title="Go to footnote 12"><span class="smaller">[12]</span></a>.</p> + + <p><span class="smcap">Beau présent d'Artois</span> (Présent royal de Naples). Très-fertile; + gros; assez bon; commencement de septembre. (Entre-cueillir.)</p> + + <p><span class="smcap">Bergamote d'Angleterre</span> (Gansel's bergamote, Bezy de Caissoy par + plusieurs pépiniéristes.) Fertile; moyen; bon; septembre, + octobre. (Greffer sur franc.)</p> + + <p><span class="smcap">Bergamote Esperen.</span> Très-fertile; moyen; très-bon; mars, mai.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Beaumont</span> (Beurré de Beaumont, Bezy Waët, Bezy de + Saint-Waast, Belmont, Beymont). Fertile; moyen; bon; janvier.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Capiaumont</span> (Beurré aurore). Très-fertile; moyen; bon; + octobre. (Greffer sur franc; très-bon cuit.)</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Clairgeau.</span> Très-fertile; gros ou très-gros; bon; novembre, + décembre.</p> + + <p><span class="pagenum"><a id="page223" name="page223"></a>(p. 223)</span> <span class="smcap">Beurré d'Amanlis</span>, <span class="smcap">Beurré d'Amanlis panaché</span> (Wilhelmine, + Hubard, Duchesse de Brabant, Poire Delbert ou d'Albert, Poire + kessoise). Très-fertile; gros; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré d'Aremberg</span> (Orpheline d'Enghien, Colmar Deschamps, Beurré + Deschamps, Beurré des orphelins, Délices des orphelins). + Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, janvier. (Greffer sur + franc.)</p> + + <p><span class="smcap">Beurré d'Anjou</span> (Ne plus Meuris, <i>Nec plus Muris</i>). Peu fertile; + assez gros; très-bon; décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Davy</span> (Beurré Spence, Beurré de Bourgogne, Beurré + Saint-Amour, Belle de Flandre ou des Flandres, Nouvelle gagnée à + Heuze, Beurré des bois, Fondante des bois, Boss père, Poire des + bois, Boss pear, Beurré d'Elberg, Beurré Davis, B. Foidart). + Fertile; gros ou très-gros; bon; octobre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré d'Ardenpont</span> (Beurré d'Arenberg par erreur, Glou morceau, + Goulu morceau de Cambron, Beurré de Kent, Beurré Lombard, Beurré + de Cambronne). Fertile; gros; très-bon; janvier.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Diel</span> (Beurré magnifique, Beurré incomparable, Beurré + royal, Beurré des trois tours, Dry Toren, Melon de Knops, Poire + melon, Graciole d'hiver, Fourcroy, Dorothée). Fertile; gros; + très-bon; novembre, décembre. (Recommandé.)</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Giffart.</span> Fertile; moyen; très-bon; fin juillet.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Picquery</span> (Urbaniste, Louis Dupont, Beurré Drapiez, Louise + d'Orléans, Serrurier d'automne, Vergaline musquée). Peu fertile; + moyen; très-bon; octobre, novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Quetelet</span> (Beurré Dumortier). Très-fertile; moyen; + très-bon; septembre, octobre.</p> + + <p><span class="smcap">Bezy de Montigny</span> (Non pas Doyenné musqué, vulgairement nommé Bezy + de Montigny). Très-fertile; moyen; bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Bon Chrétien Napoléon</span> (Liard, Médaille, Mabille, Captif de + Sainte-Hélène, Charles d'Autriche, Charles X, Beurré Napoléon, + Bonaparte, Gloire de l'Empereur, Napoléon d'hiver). Très-fertile; + assez gros; très-bon; octobre, novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Bon Chrétien William</span> (Bartlett de Boston, de Lavault). + Très-fertile; gros ou très-gros; très-bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Bonne d'Ézée</span> (Belle ou Bonne des Zées, Belle et Bonne des haies). + Très-fertile; gros; bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Calebasse Monstre</span> (Calebasse Carafon, Calebasse royale, Calebasse + monstrueuse du Nord, Van Marum, Triomphe de Hasselt). + Très-fertile; très-gros; assez bon; octobre. (Greffer sur franc.)</p> + + <p><span class="pagenum"><a id="page224" name="page224"></a>(p. 224)</span> <span class="smcap">Colmar d'Arenberg</span> (Kartoffel). Très-fertile; très-gros; + assez bon; novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Délices d'Hardenpont d'Angers</span> (Poire-Pomme de Racqueingheim). + Très-fertile; moyen; très-bon; novembre, décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Doyenné Boussoch</span> (Beurré de Mérode, Double Philippe, Nouvelle + Boussoch); Fertile; gros; bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Doyenné d'hiver</span> (Bergamote de la Pentecôte, Seigneur d'hiver, + Doyenné de ou du Printemps, Dorothée royale, Poire Fourcroy, + Canning d'hiver, Merveille de la nature, Pastorale d'hiver, Poire + du Pâtre, Beurré roupé). Très-fertile; gros; bon; janvier, mai.</p> + + <p><span class="smcap">Duchesse d'Angoulême</span> (Poire de Pézénas, des Éparonnais, + Duchesse). Très-fertile; très-gros; bon; octobre, novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Duchesse de Berri d'été.</span> Assez fertile; moyen; très-bon; fin + août.</p> + + <p><span class="smcap">Épine du Mas</span> (Belle Épine Dumas, Colmar du Lot, Duc de Bordeaux, + Épine de Rochechouart, C. de Limoges). Fertile; moyen; bon; + novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Figue</span> (Figue d'Alençon, Figue d'hiver, Bonissime de la Sarthe). + Fertile; assez gros; très-bon; novembre, décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Fondante de Charneux</span> (Beurré ou Fondante des Charneuses, Duc de + Brabant (Van Mons), Miel de Waterloo. Fertile; assez gros; + très-bon; octobre. (Greffer sur franc.)</p> + + <p><span class="smcap">Fondante de Noël</span> (Belle ou Bonne de Noël, Belle ou Bonne après + Noël, Souvenir d'Esperen). Fertile; moyen; bon; décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Jalousie de Fontenay</span> (Jalousie de Fontenay-Vendée, Belle + d'Esquermes). Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Louise Bonne d'Avranches</span> (Louise de Jersey, Bonne ou Beurré + d'Avranches, Bergamote d'Avranches, Bonne de Longueval). + Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Marie-Louise Delcourt</span> (Marie-Louise Nova, Marie-Louise Nouvelle, + Van Donkelaer, Vandonckelaër, Marie-Louise Van Mons). + Très-fertile; moyen ou assez gros; très bon: octobre, novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Nouveau Poiteau</span> (Tombe de l'amateur). Fertile; gros; bon; + novembre. (Blettit avant de jaunir.)</p> + + <p><span class="smcap">Passe-Colmar</span> (Passe-Colmar gris, Passe-Colmar nouveau, + Passe-Colmar ordinaire). Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, + février.</p> + + <p><span class="smcap">Rousselet d'août</span> (Gros Rousselet d'août, Van Mons). Très-fertile; + moyen; très-bon; août.</p> + + <p><span class="smcap">Saint-Michel-Archange.</span> Fertile; assez gros; très-bon; octobre.</p> + + <p><span class="smcap">Saint-Nicolas</span> (Duchesse d'Orléans). Très-fertile; moyen; + très-bon; septembre, octobre.</p> + + <p><span class="pagenum"><a id="page225" name="page225"></a>(p. 225)</span> <span class="smcap">Seigneur</span> (<span class="smcap">Esperen</span>). (Seigneur d'Esperen, Bergamote + Fiévée, Bergamote lucrative, Lucrate, Brésilière, Beurré + lucratif. Fondante d'automne, Arbre superbe). Très-fertile; + moyen; assez gros; très-bon; septembre, octobre.</p> + + <p><span class="smcap">Soldat laboureur.</span> Fertile; assez gros; bon; octobre, décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Suzette de Bavay.</span> Très-fertile; petit; bon; février, avril.</p> + + <p><span class="smcap">Triomphe de Jodoigne.</span> Fertile; gros ou très-gros; assez bon; + décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Van Mons</span> (Van Mons de Léon Leclerc). Fertile; gros; très-bon; + novembre. (Greffer sur franc.)</p> +</div> + +<p class="center"><i>Poiriers spécialement pour espaliers.</i></p> + +<div class="type"> + <p><span class="smcap">Bergamote Crassane</span> (Cressane, Cressane d'automne, Beurré plat). + Fertile; moyen; très-bon; novembre. (Contre un mur et au soleil.)</p> + + <p><span class="smcap">Beurré gris</span> (Beurré doré, Beurré d'Amboise, Beurré roux, Beurré + d'Isambart, Beurré du Roi, Isambart le bon, Beurré de + Terwerenne). Fertile; moyen et gros; très-bon; septembre et + octobre. (Contre un mur, avec avant-toit; levant, couchant; peut + s'élever en haute tige.)</p> + + <p><span class="smcap">Bezy de Chaumontel</span> (Beurré de Chaumontel, Chaumontel, Beurré + d'hiver). Assez fertile; moyen et gros; assez bon; janvier. (Peut + aussi s'élever en pyramide.)</p> + + <p><span class="smcap">Bon Chrétien de Rans</span> (Beurré de Rance, Beurré de Flandre, Beurré + Noirchain, Beurré noire chair, Hardenpont de printemps, Beurré de + Pentecôte). Assez fertile; assez gros; assez bon; janvier, mars. + (Sur franc, contre un mur; bonne exposition.)</p> + + <p><span class="smcap">Doyenné blanc</span> (Beurré blanc, par erreur, Saint-Michel, Bonne + ente, Doyenné picté, de Neige, du Seigneur, Citron de septembre, + etc.). Très-fertile; moyen; très-bon; octobre. (Sur franc, contre + un mur avec avant-toit; nord, levant, couchant.)</p> + + <p><span class="smcap">Doyenné gris</span> (Doyenné roux, Doyenné crotté, Doyenné galeux, + Doyenné jaune, Saint-Michel gris, Neige grise). Très-fertile; + moyen; très-bon; octobre, novembre. (Sur franc, contre un mur + avec avant-toit; terre légère; levant, couchant, nord.)</p> + + <p><span class="smcap">Saint-Germain d'hiver</span> (Inconnue Lafare, Saint-Germain gris, + Saint-Germain vert). Fertile; assez gros; très-bon; novembre, + mars. (Contre un mur au soleil.)</p> +</div> + +<p class="center"><i>Variétés dont les fruits sont à cuire.</i></p> + +<div class="type"> + <p><span class="smcap">Belle Angevine</span> (Angora, Bolivar, Comtesse ou Beauté de Terweren, + Royale d'Angleterre, Duchesse de Berri d'hiver, Abbé Mongein, + <span class="pagenum"><a id="page226" name="page226"></a>(p. 226)</span> Très-grosse de Bruxelles). Assez fertile; énorme; assez + bon fin d'hiver. (Pyramide, mieux en espalier, contre un mur au + midi.)</p> + + <p><span class="smcap">Bon Chrétien d'hiver</span> (Poire d'angoisse, Poire de Saint-Martin, + Bon Chrétien de Tours). Assez fertile; gros; bon; mars, mai. + Contre un mur à bonne exposition.</p> + + <p><span class="smcap">Catillac</span> (Quenillat, Téton de Vénus, Gros-Gillot, Bon Chrétien + d'Amiens, Grand Monarque, Monstrueuse des Landes, Chartreuse, + Abbé Mongein). Très-fertile; très-gros; bon; février, mai. + (Pyramide, mieux en espalier et haute tige.)</p> + + <p><span class="smcap">Certeau d'automne</span> (Cuisse-Dame, par erreur). Très-fertile; moyen; + très-bon; octobre, novembre. (Mieux en espalier et haute tige.)</p> + + <p><span class="smcap">Curé</span> (Monsieur le Curé, de Monsieur, de Clio, Belle de Berri, + Belle Andréanne ou Adrienne, Bon Papa, Pater Noster, Vicar of + Wakefield, Belle Héloïse, Beurré Comice de Toulon, Belle + Andréine). Fertile; gros; très-bon; novembre, janvier. (Pyramide, + espalier, haute tige.)</p> + + <p><span class="smcap">Léon Leclerc.</span> Fertile; gros; assez bon; mars, mai. (Pyramide; + mieux, en espalier; sur franc; bonne exposition.)</p> + + <p><span class="smcap">Martin sec</span> (Rousselet d'hiver). Assez fertile; petit; très-bon; + décembre, janvier. (Mieux en haute tige.)</p> + + <p><span class="smcap">Messire-Jean</span> (Mi-Sergent, Messire-Jean gris, Messire-Jean doré, + Chaulis). Assez fertile; moyen; bon; novembre. (Mieux en tige.)</p> +</div> + +<p class="center"><i>Poiriers spécialement pour haute tige</i> (Arbres de verger).</p> + +<div class="type"> + <p><span class="smcap">Bergamote Sylvange</span> (Poire Sylvange). Fertile; moyen; bon; + novembre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré d'Angleterre</span> (Bec d'Oie, Amande, Poire d'Amande, Poire + anglaise, Saint-François, Poire des Finnois). Très-fertile; + moyen; assez bon; septembre.</p> + + <p><span class="smcap">Beurré Goubault.</span> Très-fertile; moyen; bon; septembre. + (Entre-cueillir.)</p> + + <p><span class="smcap">Blanquet</span> (Blanquet gros, Cramoisin, Cramoisine). Fertile; petit; + assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)</p> + + <p><span class="smcap">Citron des Carmes</span> (Petite Madeleine, Saint-Jean). Très-fertile; + petit; assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)</p> + + <p><span class="smcap">Colmar Nélis</span> (Nélis d'hiver, Bonne ou Fondante de Malines). + Fertile; moyen; bon; novembre et décembre.</p> + + <p><span class="smcap">Doyenné de juillet</span> (Roi Jolimont). Très-fertile; petit; très-bon; + juillet. (Entre-cueillir.)</p> + + <p><span class="smcap">Épargne</span> (Beau-Présent, Cuisse-Madame, Grosse Madeleine; + Saint-Samson, <span class="pagenum"><a id="page227" name="page227"></a>(p. 227)</span> Chopine, Beurré de Paris, Cueillette, de + la Table des Princes). Très-fertile; moyen ou assez gros; bon; + juillet, août. (Réussit en espalier.)</p> + + <p><span class="smcap">Joséphine de Malines.</span> Peu fertile; moyen et petit; très-bon; + janvier. (Réussit en espalier.)</p> + + <p><span class="smcap">Rousselet de Reims</span> (Petit Rousselet, Rousselet musqué). Fertile; + petit; bon; septembre. (Très-bon confit.)</p> + + <p><span class="smcap">Seckle</span> (Shakespeare, Seckle pear). Fertile; petit; bon; octobre.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pommier</span> (<i>Pyrus malus</i>).—Tous les terrains, même ceux qui sont un +peu frais, conviennent au Pommier; toutes les expositions, excepté +le sud, lui sont favorables. On greffe les arbres à haute tige sur +égrin et les nains sur doucin et sur paradis.</p> + +<p>Ce que nous avons dit de la culture et de la taille des Poiriers +peut, en toutes circonstances, s'appliquer également aux Pommiers. +On peut facilement leur faire prendre toutes les formes. Ceux qu'on +élève à haute tige sont les plus durables et ceux qui produisent le +plus. Nous conseillons de les tailler pendant les premières années.</p> + +<p>Si on les plante en lignes, on les met à 8 ou 10 mètres l'un de +l'autre, et quelquefois plus, selon la nature du terrain. Dans les +jardins, on ne plante ordinairement que des arbres nains, qui +n'occupent que peu de place, et qui, bien dirigés, produisent +beaucoup au bout de très-peu de temps.</p> + +<p>Dans les terrains légers et chauds, on plantera de préférence les +Pommiers greffés sur doucin, parce qu'alors leurs racines +s'enfoncent plus profondément que lorsqu'ils sont greffés sur +paradis. Dans ce dernier cas, ils s'élèvent peu, mais fructifient +beaucoup, et les fruits en sont généralement très-beaux. Il faut les +planter à environ 1<sup>m</sup>,65 les uns des autres.</p> + +<p>Comme presque toutes leurs racines sont à la surface du sol, il ne +faut leur donner que les binages.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page228" name="page228"></a>(p. 228)</span> Nous avons conseillé, à l'article <span class="smcap">Poirier</span>, de placer un +Pommier nain entre chaque quenouille; la forme la plus avantageuse a +leur donner est celle d'un gobelet (<i>fig.</i> <a href="#img024">24</a>). La première année, +on choisit cinq ou six bourgeons placés, autant que possible, a +égale distance, pour établir la charpente de l'arbre, et on les +palissera sur un cerceau. L'année suivante, on taillera les mères +branches suivant leur force, et toujours sur un œil placé de +manière à les prolonger dans la même direction.</p> + +<a id="img024" name="img024"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img024.jpg" width="200" height="251" alt="" title=""> +<p>Fig. 24.—Pommier en gobelet.</p> +</div> + +<p>À l'ébourgeonnage, on pincera très-court les bourgeons qui se +dirigeraient intérieurement, de manière à évider l'intérieur de +l'arbre; puis on pincera aussi ceux qui pousseraient en dehors.</p> + +<p>On placera un second cerceau qui devient nécessaire pour palisser le +prolongement des branches, et par suite il faudra établir des +branches pour remplir les vides qui résulteront de l'écartement des +branches mères.</p> + +<p>Généralement, il faudra tailler plus long et beaucoup plus tard les +arbres qui pousseront trop vigoureusement.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page229" name="page229"></a>(p. 229)</span> Les bordures de buis du potager peuvent être +avantageusement remplacées par de jeunes Pommiers paradis, que l'on +plante à environ 2 mètres les uns des autres, et que l'on dirige +horizontalement sur une seule branche (<i>fig.</i> <a href="#img025">25</a>.)</p> + +<p>Avant de planter, on marque la place de chaque arbre par un piquet +destiné à servir de support au fil de fer sur lequel on attache les +Pommiers. Ces piquets doivent être enfoncés de manière que le fil de +fer puisse être tendu à 0<sup>m</sup>,40 ou 0<sup>m</sup>,50 du sol.</p> + +<a id="img025" name="img025"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img025.jpg" width="500" height="125" alt="" title=""> +<p>Fig. 25.—Pommiers en cordons.</p> +</div> + +<p>Après la plantation, ou courbe la tige de chaque arbre avec +précaution, on la maintient le long du fil de fer au moyen de +quelques ligatures en osier, puis on coupe l'extrémité plus ou moins +longue, suivant la vigueur de l'arbre.</p> + +<p>Quand on veut obtenir deux branches sur chaque Pommier, il suffit, +après la plantation, de couper la tige au-dessous du fil de fer, et +l'année suivante on dirige une branche à droite et une branche à +gauche.</p> + +<p>Les années suivantes, on taille toutes les branches latérales le +plus près possible de leur insertion, afin de favoriser le +développement des boutons à fruits; puis on prolonge les cordons de +0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50, suivant la vigueur de l'arbre, et cela jusqu'à ce +qu'ils aient atteint une longueur qui permette de les greffer l'un +sur l'autre, de manière à former un seul et même cordon.</p> + +<p>Nous conseillons de former des haies de Pommiers <span class="pagenum"><a id="page230" name="page230"></a>(p. 230)</span> toutes +les fois qu'on devra faire des clôtures dans les endroits où l'on +n'aura pas à craindre la dévastation des fruits; on prendra des +arbres greffés sur doucin, et on les plantera à environ 1 mètre l'un +de l'autre. Pendant les premières années, on maintiendra +l'inclinaison des membres en les attachant sur des échalas placés de +loin en loin. On greffera par approche toutes les branches +principales qui se croiseront, et on entrelacera les autres.</p> + +<p>À l'époque de l'ébourgeonnage, on pincera la haie sur les deux +faces; puis, par la taille et les ébourgeonnages, on tâchera +d'éviter qu'elle ne se dégarnisse par le bas.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Api, — Calville blanc, — C. rouge, — Fenouillet + gris, — Pigeonnet, — Potophe d'hiver, — Gros Rambour, — + Reinette de Hollande, — R. franche, — R. du Canada, — R. + d'Angleterre, — R. dorée, — R. grise, — R. de Bretagne, — R. + d'Espagne, — R. de Granville.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Prunier</span> (<i>Prunus</i>).—Les Pruniers, ayant des racines traçantes, +n'exigent pas un terrain très-profond; ils viennent assez bien +presque partout, pourvu cependant que le sol ne soit ni trop sec ni +trop humide. On les greffe sur le Prunier Saint-Julien ou sur le +Damas noir; et, quoiqu'ils réussissent bien sous toutes les formes, +on n'en plante guère en espalier que dans les contrées où les fruits +mûrissent mal; il faut alors les mettre à bonne exposition.</p> + +<p>Il est beaucoup plus avantageux de planter des arbres à haute tige. +Si l'on en forme des lignes, il faut les placer à 6 mètres l'un de +l'autre. Plusieurs espèces peuvent aussi être plantées pour former +des haies intérieures, ou dans les endroits où l'on n'a pas à +craindre la dévastation des fruits. Il n'est pas absolument +nécessaire de tailler les Pruniers, si ce n'est pendant les +premières années, pour former la charpente de l'arbre.</p> + +<p><i>De la culture forcée du Prunier.</i>—On peut facilement <span class="pagenum"><a id="page231" name="page231"></a>(p. 231)</span> +avancer la maturité de plusieurs variétés, telles que le Monsieur +hâtif, la Mirabelle et la Reine-Claude. Pour cela, à l'automne, on +plantera dans des pots de 0<sup>m</sup>,30 de jeunes Pruniers élevés sous la +forme de petites quenouilles; on les choisira aussi ramifiés que +possible, et après l'empotage on enfoncera les pots à une bonne +exposition. L'année suivante, en janvier, on les placera dans une +serre vitrée dont on n'élèvera pas la température à plus de 12° ou +14°. On donnera de l'air au moment du soleil, et la nuit on couvrira +la serre avec des paillassons. Les autres soins consistent à arroser +ces arbres à propos et à les seringuer de temps à autre, après +qu'ils sont défleuris; les fruits seront mûrs dans les premiers +jours de mai. On peut chauffer les mêmes Pruniers deux ou trois +années de suite.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Jaune hâtive, — Monsieur, — Royale de Tours, — + Reine-Claude, — R.-C. Coëgolden drop, — R.-C. violette, — + R.-C. monstrueuse de Bavay, — Mirabelle grosse et petite, — + Impériale blanche, — Surpasse-Monsieur, — Jefferson, — Drap + d'or d'Esperen. — Washington, — Gros Damas, — Perdrigon rouge, + — de Sainte-Catherine, — de Saint-Martin, — Pond's Seedling.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Vigne</span> (<i>Vitis vinifera</i>).—La vigne vient dans presque tous les +terrains, et il est peu de localités où l'on ne puisse en obtenir de +beaux et bons produits, si elle est plantée à une exposition +favorable et bien gouvernée: cependant le sol le plus propice est +une terre franche, douce et profonde, amendée de temps à autre par +des engrais bien consommés.</p> + +<a id="img026" name="img026"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img026.jpg" width="500" height="289" alt="" title=""> +<p>F. 26. Vigne à la Thomery.</p> +</div> + +<p>Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous +laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi, +pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment +quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre +circonstance, nous <span class="pagenum"><a id="page232" name="page232"></a>(p. 232)</span> conseillons de la conduire à la Thomery +(<i>fig.</i> <a href="#img026">26</a>), ce <span class="pagenum"><a id="page233" name="page233"></a>(p. 233)</span> mode de plantation offrant tous les +avantages désirables.</p> + +<p>1. <i>Plantation.</i>—La distance à observer entre chaque pied de Vigne +dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de +profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus +près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner +moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on +peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière +suivante: tous les 0<sup>m</sup>,65, on fera une tranchée d'environ 0<sup>m</sup>,33 de +largeur et 0<sup>m</sup>,35 de profondeur; on la commencera 1<sup>m</sup>,33 ou 1<sup>m</sup>,65 +du mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera +jusqu'à 0<sup>m</sup>,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes +enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de +plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque +marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit +être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de +telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0<sup>m</sup>,65 du mur +soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la +courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre.</p> + +<p>Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis +recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la +tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de +remplir la tranchée avec la terre du sol.</p> + +<p>En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois +yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques +millimètres au-dessus de l'œil, et de faire que le biseau de la +coupe soit toujours opposé à l'œil terminal.</p> + +<p>Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus +vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et +on mettra un échalas à chaque pied. <span class="pagenum"><a id="page234" name="page234"></a>(p. 234)</span> On y attachera chaque +bourgeon, en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils +se développeront.</p> + +<p>2. <i>Taille.</i>—<i>Première année.</i>—À l'automne suivant, on continuera +les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année +précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du +mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée +d'avance.</p> + +<p>À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou +trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à +mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux +bourgeons dès qu'ils auront 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 de longueur. Comme il +est probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira +quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en +supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes +Vignes.</p> + +<p><i>Deuxième année.</i>—On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui +est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible, +car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera +toutes les tiges <i>a</i> sur un œil placé à quelques centimètres +au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0<sup>m</sup>,25 du sol. Si +les tiges <i>b</i>, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à +0<sup>m</sup>,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur, +promettent des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges +<i>a</i>.</p> + +<p>On taillera les tiges <i>c</i>, <i>d</i>, <i>e</i> d'après leur vigueur, et les +années suivantes on établira les cordons des tiges <i>c</i> à 1<sup>m</sup>,25 du +sol, ceux des tiges <i>d</i> à 1<sup>m</sup>,75, et enfin ceux des tiges <i>e</i> à +2<sup>m</sup>,25.</p> + +<p>En général, pour rabattre sur de bons yeux, il faut tailler la +pousse de l'année à la moitié de sa longueur, à moins cependant que +le premier ou le deuxième œil au-dessus ne se trouve à la hauteur +d'un cordon, sur la partie de la <span class="pagenum"><a id="page235" name="page235"></a>(p. 235)</span> tige que l'on prolongera +chaque année et jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la hauteur où elle +doit former cordon. On laissera sur chaque tige trois ou quatre +bourgeons qu'on choisira parmi ceux qui ont le plus de grappes; on +les palissera à mesure qu'ils se développeront, et, comme les autres +années, on supprimera les faux bourgeons, puis on pincera très-court +tous les autres bourgeons, et à la taille suivante on les démontera +au rez de la tige.</p> + +<p><i>Troisième année.</i>—L'année suivante, on taillera le bourgeon +vertical des tiges qui dès l'année précédente avaient été rabattues +à la hauteur du cordon, à partir de son insertion sur le second +œil, y compris celui du talon, ce qui donnera naissance à deux +bourgeons, dont on formera les deux bras horizontaux; mais il ne +faudra les amener que graduellement à la place qu'ils doivent +occuper, et il vaudrait souvent mieux attendre à l'automne que de +s'exposer à les casser. Pendant leur végétation on les attachera à +mesure qu'ils se développeront, et on enlèvera les faux bourgeons, +ainsi que tous les bourgeons placés devant et derrière et ceux qui +se développent sur les tiges.</p> + +<p><i>Quatrième année.</i>—On taillera les deux branches qui forment le +cordon à environ 0<sup>m</sup>,35 de longueur, suivant leur vigueur, mais +toujours sur l'œil placé le plus favorablement pour prolonger le +cordon dans la même direction. Puis, pour former les branches +fruitières, on taillera les bourgeons placés sur la partie +supérieure du cordon, en observant qu'ils doivent avoir entre eux +une distance de 0<sup>m</sup>,16 à 0<sup>m</sup>,20.</p> + +<p>Comme précédemment, on enlèvera tous les faux bourgeons, ainsi que +les bourgeons mal placés, et l'on pincera ceux qui sont le plus près +de l'extrémité, afin de favoriser la végétation des bourgeons de +prolongement, ce qu'il faudra observer jusqu'à ce que le cordon ait +atteint toute <span class="pagenum"><a id="page236" name="page236"></a>(p. 236)</span> sa longueur. D'après l'écartement indiqué +pour la plantation, chaque partie du cordon devra avoir 1<sup>m</sup>,60 de +long de chaque côté.</p> + +<p><i>Cinquième année.</i>—On taillera les branches fruitières en courson +sur deux yeux, puis on prolongera chaque part du cordon d'environ +0<sup>m</sup>,35; et comme, arrivés à ce point, les soins à donner à la Vigne +pendant la végétation sont exactement les mêmes que ceux +précédemment indiqués, nous croyons inutile de traiter ce sujet plus +longuement.</p> + +<p><i>Sixième année.</i>—Pour cette taille et celles qui auront lieu +successivement, on démontera toutes les branches fruitières sur le +bourgeon le plus près du cordon, afin de les rajeunir chaque année; +et ensuite on taillera les coursons sur un ou deux yeux, ce que +l'expérience indiquera; car si, après avoir taillé sur un œil, on +obtenait des bourgeons trop vigoureux, il faudrait l'année suivante +tailler sur deux yeux. Lorsque chaque cordon est arrivé à remplir le +cadre qui lui est assigné, il ne s'agit plus que de maintenir +l'équilibre de la séve, afin d'avoir une végétation égale dans toute +la longueur du cordon. Pour arriver à ce résultat, il faut +surveiller la végétation des bourgeons placés vers l'extrémité (car +ils sont toujours disposés à attirer vers eux une grande quantité de +séve), et, par des pincements et le palissage, forcer la séve à +refluer vers le centre.</p> + +<p>Ces notions, quoique bien succinctes, suffisent pour faire connaître +la série des opérations nécessaires à la conduite d'une treille, et +l'étude attentive des dernières tailles servira à l'intelligence des +autres.</p> + +<p>3. <i>Vigne en palmette.</i>—Après avoir amené les Vignes à la place +qu'elles doivent occuper, on les taille toutes à trois ou quatre +yeux au-dessus de terre; aussitôt après le développement des +bourgeons, on choisit le plus vigoureux, on le dirige verticalement, +et, pour en favoriser la <span class="pagenum"><a id="page237" name="page237"></a>(p. 237)</span> végétation, on pince ou l'on +supprime les autres. L'année suivante, on rabat toutes les tiges à +peu près à la moitié de leur longueur, plus ou moins, selon leur +vigueur; après quoi, sur chacune, on fait choix d'un bourgeon pour +prolonger la tige, puis on palisse les bourgeons placés à droite et +à gauche, en ayant soin de les incliner plus ou moins, suivant qu'on +voudra favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de +l'autre; et, comme toujours, on supprime les bourgeons placés devant +et derrière, ainsi que les faux bourgeons.</p> + +<p>Les années suivantes, on taille les bourgeons à droite et à gauche +en courson sur deux yeux, puis on rabat le bourgeon vertical de +manière à obtenir chaque année quelques nouveaux bourgeons, et cela +jusqu'à ce que l'on soit arrivé à garnir le mur dans toute sa +hauteur.</p> + +<p>4. <i>Vigne en contre-espalier.</i>—Pour former un contre-espalier, nous +conseillons d'observer tout ce qui a été indiqué pour la treille à +la Thomery, de manière à représenter les deux premiers cordons <i>a</i>, +<i>b</i> (<i>fig.</i> <a href="#img026">26</a>).</p> + +<p>Après la plantation, on enfoncera un pieu de loin en loin, et l'on +tendra dessus un fil de fer pour guider chaque cordon, puis un autre +entre les deux pour attacher les bourgeons du premier cordon, et +enfin un quatrième à 0<sup>m</sup>,28 au-dessus du second cordon, pour en +attacher aussi les bourgeons. Pour l'établissement des cordons et +les soins à leur donner pendant leur végétation, on observera tout +ce qui a été indiqué précédemment.</p> + +<p>On peut chaque année en chauffer une partie, ainsi que nous l'avons +indiqué dans le chapitre II, relatif à la disposition d'un jardin; +mais on ne commencera qu'au bout de trois ou quatre ans de +plantation, et alors on pourra chaque année chauffer le quart de la +longueur, de sorte que lorsqu'on sera arrivé à reprendre la première +partie, elle ait eu trois ans de repos.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page238" name="page238"></a>(p. 238)</span> 5. <i>De la culture forcée de la Vigne.</i>—Vers la fin de +décembre, dans le courant de janvier et même jusqu'en février, enfin +suivant la maturité du bois, on taille la Vigne; puis, suivant la +position, on place devant elle soit des panneaux si elle est plantée +le long d'un mur, soit une petite bâche mobile<a id="footnotetag13" name="footnotetag13"></a><a href="#footnote13" title="Go to footnote 13"><span class="smaller">[13]</span></a>.</p> + +<p>Si la Vigne est plantée en contre-espalier, on entoure le tout d'un +réchaud de fumier qu'on remanie au besoin, puis on pose les +panneaux; mais on arrive à des résultats beaucoup plus prompts en +faisant passer dans la bâche le tuyau d'un poêle ou mieux d'un +thermosiphon. Ce mode de chauffage est très-favorable à la +végétation, et nécessite beaucoup moins de surveillance pour arriver +à un bon résultat. On règle la température comme il suit: à partir +de l'époque où l'on commence à chauffer jusqu'à ce que la Vigne +entre en végétation, on maintient une chaleur de 15° à 18° dans la +bâche; après quoi on augmente de 4° à 5°, température que l'on +entretient jusqu'à ce que la grappe soit bien formée, et pendant la +floraison on chauffe de 25° à 30°; mais une fois que les grains sont +bien formés on diminue graduellement la chaleur, de manière à +n'avoir plus que 18° à 20° jusqu'à parfaite maturité.</p> + +<p>La température est d'autant plus facile à régler, que cette bâche ne +contient qu'une très-petite quantité d'air.</p> + +<p>Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons qu'on +enlève tous les jours; et si, au moment du soleil, le thermomètre +monte plus haut que nous ne l'avons indiqué, on donne un peu d'air +en soulevant les panneaux par le haut. Pour entretenir l'humidité +nécessaire à la <span class="pagenum"><a id="page239" name="page239"></a>(p. 239)</span> Vigne, on donne des bassinages, qui +doivent être plus ou moins fréquents, suivant la température et les +progrès de la végétation. L'eau qu'on emploie pour ces arrosements +doit être déposée sous la bâche quelque temps avant d'être employée, +afin qu'elle soit, autant que possible, à la température de +l'atmosphère dans laquelle on la répand.</p> + +<p>La Vigne étant ainsi traitée, on aura des Raisins mûrs au bout de +quatre mois ou quatre mois et demi, à partir de l'époque où l'on +aura commencé à chauffer.</p> + +<p>Pour utiliser la place qui reste au devant de la Vigne, on peut +mettre quelques rangs des Fraisiers en pots, qui s'accommodent +très-bien de la même température.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Madeleine noire, — M. blanche, — Chasselas de + Fontainebleau, — Ch. de Bar-sur-Aube, — Ch. gros coulard, — + Ch. musqué, — Ch. rose, — Muscat blanc, — M. violet, — M. + d'Alexandrie, — Corinthe, — Panse commune, — Gromier du + Cantal, — Frankental, — Cornichon, — Raisin cassis.</p> +</div> + +<h2>CHAPITRE XIV<br> +<span class="smaller">Maladies des Arbres.</span></h2> + +<p>Les maladies qui attaquent les arbres et les font périr sont dues à +deux causes distinctes: les unes, telles que le chancre et la gomme, +sont le résultat de causes internes, tandis que les autres sont +produites par des causes extérieures, et surtout par la présence des +plantes parasites comme les Lichens, les Mousses et les Champignons.</p> + +<p>Les premières, souvent mortelles, peuvent être guéries par +l'amputation des parties maladives, si l'arbre n'en est attaqué que +partiellement ou si les causes qui les ont produites sont passagères +et n'ont pu détruire en lui tout germe de vie; mais quand il en est +envahi tout entier et <span class="pagenum"><a id="page240" name="page240"></a>(p. 240)</span> que sa végétation est modifiée au +point que le dépérissement est journalier, l'arbre languit et meurt +bientôt, sans que les secours du jardinier puissent le sauver.</p> + +<p>Il n'en est pas de même des maladies dues à l'établissement de +végétaux parasites sur l'épiderme de l'arbre; des lotions avec de +l'eau de chaux et un nettoyage attentif avec une brosse ou un +émoussoir suffisent ordinairement pour détruire les Lichens et les +Mousses, et rendre la santé à l'arbre qui en était chargé.</p> + +<p>Quant aux Champignons, il faut pour les détruire avoir recours à un +moyen plus énergique, surtout pour celui de la Vigne nommé <i>Oïdium +Tuckeri</i>; car l'eau de chaux a été reconnue insuffisante, et +l'hydrosulfate de chaux<a id="footnotetag14" name="footnotetag14"></a><a href="#footnote14" title="Go to footnote 14"><span class="smaller">[14]</span></a>, étendu dans la proportion de 1 litre +pour 50 litres d'eau, est, jusqu'à présent du moins, le moyen le +plus simple et le plus efficace que l'on ait encore trouvé.</p> + +<p>Plus anciennement connue, la fleur de soufre appliquée après un +bassinage détruit également bien le Champignon de la Vigne; mais, +que l'on emploie la fleur de soufre ou l'hydrosulfate de chaux, +l'important pour réussir est d'opérer à temps, c'est-à-dire aussitôt +que l'on aperçoit les premières traces blanches qui caractérisent la +maladie, car elle se propage avec une grande rapidité.</p> + +<p>Si, malgré le soin apporté à l'opération, le Champignon n'était pas +détruit par un premier traitement, il faudrait recommencer quelques +jours après.</p> + +<p>La fleur de soufre et l'hydrosulfate de chaux peuvent être également +employés avec succès pour détruire le <i>blanc</i> ou <i>meunier</i>, qui fait +tant de tort aux Pêchers.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page241" name="page241"></a>(p. 241)</span> C'est à ces notions insuffisantes que se borne notre +science, et les seuls moyens que nous ayons pour prévenir les +maladies sont des soins attentifs, des abris dans les mauvais temps, +et le choix d'une bonne exposition.</p> + +<p>Il est à regretter que cette partie importante de l'horticulture +soit si négligée et que personne ne s'en occupe sérieusement.</p> + +<h2>CHAPITRE XV<br> +<span class="smaller">Jardin d'agrément.</span></h2> + +<p>Nous ne pouvons, pour cette partie, qui est soumise à des +modifications dépendant de la situation et de la forme du terrain, +ainsi que du goût du propriétaire, entrer dans les mêmes détails que +pour le potager, qui admet des règles plus fixes.</p> + +<p>Quoique les murs soient pour tous les jardins le meilleur mode de +clôture, ils ne sont pas indispensables pour un jardin d'agrément, +qui peut être fermé par des haies vives.</p> + +<p>Bien que l'Épine blanche (Aubépine) soit considérée comme l'arbre +qui convient le mieux pour établir une haie, on peut, selon la +nature du terrain, employer les essences suivantes: Acacia blanc +(Robinier), Arbre de Judée, Acer campestre et Tataricum, Buplevrum +fruticosum, Charme, Cornus sanguinea, Clavalier (Xanthoxylum), +Caragana arborea, Celtis (Micocoulier) occidentalis et australis; +Cerisier, Cyprès, Épine-Vinette, Elæagnus angustifolia, Frêne +commun, Gleditschia Sinensis et triacanthos; Houx, Hêtre, If, Lilas, +Lycium Barbarum; Maclura aurantiaca, Mûrier blanc, Noisetier, Orme, +Prunus spinosa (Prunellier), incana, Mahaleb (Sainte-Lucie) et +insititia (Prunier sauvage); Poirier commun, Pommier, Rhamnus +<span class="pagenum"><a id="page242" name="page242"></a>(p. 242)</span> catharticus (Nerprun), Paliurus, hybridus, sempervirens et +Alaternus (Alaterne); Sureau commun, Troëne commun, Thuya, Viburnum +lantana (Viorne).</p> + +<p>Lorsqu'on établit une haie, il faut, pendant les premières années, +la protéger au dehors par une haie morte ou un fossé assez large et +assez profond pour la défendre contre la dent des bestiaux. Comme +clôture, les haies sont d'un aspect moins désagréable que les murs, +et elles permettent de profiter de chaque échappée de vue, avantage +immense dans la composition d'un jardin d'agrément.</p> + +<p>L'étude de la position du terrain doit avoir pour but de ménager +tout ce qui peut contribuer à rendre la perspective agréable, et de +masquer les endroits que l'on voulait cacher.</p> + +<p>Rien de plus disgracieux dans un jardin d'agrément que la +disproportion entre ses différentes parties; les allées, les +pelouses, les massifs, les bassins, tout enfin doit être +proportionné à l'étendue du terrain.</p> + +<p>Les arbres plantés dans les massifs ne doivent pas être disséminés +au hasard, mais dans l'ordre de leur élévation; il faut les +distancer assez pour que la végétation n'en soit pas gênée. On doit +les grouper en harmonisant les feuillages et les fleurs de manière à +produire sur la vue une impression agréable.</p> + +<p>Nous ne saurions trop recommander l'introduction dans les jardins +d'agrément, au lieu d'arbres inutiles, des arbres fruitiers à haute +tige, tels que Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, Pommiers, Poiriers, +Amandiers, Coignassiers, etc., en les plaçant de préférence à la +pointe des massifs, pour qu'ils ne soient pas étouffés par la +végétation des arbres voisins et qu'ils jouissent les premiers de +l'air et du soleil.</p> + +<p>Bien des personnes ont été arrêtées dans l'idée de plantation +d'arbres fruitiers par la crainte de voir une partie <span class="pagenum"><a id="page243" name="page243"></a>(p. 243)</span> de +leur récolte dévorée par les oiseaux, et de n'avoir que des fruits +de médiocre grosseur.</p> + +<p>Cette considération ne doit pas être un motif d'exclusion: car, +quelque mince que soit le produit de chaque arbre à fruit, il ne +sera pas, comme pour les arbres d'ornement, complétement stérile; de +plus, les arbres fruitiers ne le cèdent pas aux arbres d'ornement, +tant par la beauté de leur feuillage que par le coloris brillant et +l'abondance de leurs fleurs, et ils ont, de plus que les autres, des +fruits, qui flattent aussi agréablement la vue que la grappe du +Sorbier, le fruit des Mespilus, de Sureaux, etc.</p> + +<p>Les arbres verts et tous les arbres à feuilles persistantes qui font +jouir, au milieu de l'hiver, d'une verdure sévère peut-être, mais +qui rappelle les beaux jours, doivent aussi trouver place dans un +jardin d'agrément.</p> + +<p>Le Cèdre du Liban, le Mélèze, le Sapin épicéa, le Cyprès distique, +les grands arbres de nos forêts, comme le Hêtre, le Bouleau, peuvent +être plantés isolément et servir à rompre la monotonie des lignes +droites.</p> + +<p>En établissant un jardin d'agrément, il faut que l'allée qui en fait +le tour ne soit pas trop près de la clôture, afin de cacher autant +que possible l'étendue de la propriété.</p> + +<p>Les allées principales doivent avoir plus de largeur que les autres, +et l'on doit en les traçant éviter la régularité; des courbures plus +ou moins longues, de sinuosités qui dissimulent le parcours sont +indispensables pour ôter à un jardin de cette espèce la monotone +symétrie de nos anciens jardins publics.</p> + +<p>On peut, suivant l'étendue du jardin, élever çà et là quelques +constructions rustiques, ménager des salles de verdure où l'on +arrive sans s'y attendre dans le cours de la promenade, et l'on ne +doit pas négliger de placer des bancs de distance en distance, et +surtout aux endroits où l'on a ménagé des échappées de vue.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page244" name="page244"></a>(p. 244)</span> Quelle que soit l'étendue du terrain, il faut toujours une +partie de gazon devant la maison.</p> + +<p>La pelouse devra avoir des contours gracieux et s'harmoniser avec +les parties environnantes. On la creusera un peu au milieu, afin de +produire un effet plus naturel, et l'on disposera sur les bords de +petits massifs, placés de manière à concourir à l'effet général sans +masquer la perspective.</p> + +<p>Pour établir une pelouse, on emploie le plus souvent en France du +<i>Rye-grass anglais</i>, auquel on ajoute une petite quantité de Trèfle +blanc de Hollande; mais en Angleterre on a depuis longtemps renoncé +au <i>Rye-grass</i> pour semer du <i>Lawn's grass</i> (herbe à pelouse), +mélange composé d'Agrostis traçante, de Crételle des prés, de Brome +des prés, de Fétuque ovine, de Fétuque traçante, de Flouve odorante, +de Paturin des prés, de <i>Rye-grass anglais</i>, de Mille-feuilles et de +Trèfle blanc.</p> + +<p>Mélangées dans des proportions raisonnées, ces plantes produisent un +aussi bel effet que le <i>Rye-grass</i>, et elles ont l'avantage de durer +beaucoup plus longtemps. Bien que ces mélanges conviennent à tous +les terrains à peu près, on doit dans les terres fraîches remplacer +les Fétuques ovine et traçante par de la Fétuque des prés, qui +s'élève un peu plus, il est vrai, mais qui convient plus +particulièrement que les autres espèces aux terrains humides.</p> + +<p>Dans les terres sèches, on peut aussi, au lieu de <i>Rye-grass +anglais</i>, semer du <i>Rye-grass d'Italie</i>, qui réussit dans les plus +mauvaises conditions.</p> + +<p>Sous les grands arbres, on sème de préférence du Paturin des bois, +seul ou avec un peu d'Agrostis traçante, de Fétuque ovine, de +Fétuque hétérophylle et de Fétuque des prés, graminées qui viennent +également bien a l'ombre.</p> + +<p>Dans les grands jardins, où les pelouses ont souvent <span class="pagenum"><a id="page245" name="page245"></a>(p. 245)</span> +beaucoup d'étendue, on peut, après avoir consulté la nature du +terrain, remplacer le gazon par une véritable prairie naturelle dont +le foin peut être donné aux bestiaux; mais il faut alors faire choix +de plantes qui puissent convenir à la nature du sol auquel elles +sont destinées.</p> + +<p>L'époque la plus favorable pour semer une pelouse est le mois de +septembre dans les terrains légers, ou bien le mois de mars dans les +terres fortes ou humides; mais quelle que soit l'époque, il faut, +avant de semer, bien préparer le terrain, ce qui consiste à briser +les mottes de terre et à extraire toutes les racines et les pierres; +puis, suivant la nature du sol, on fera le labour plus ou moins +profond.</p> + +<p>Si l'on détruit un vieux gazon pour en semer un autre, il faut le +retourner à la bêche, de manière qu'il se trouve enterré à la +profondeur de 0<sup>m</sup>,35 au moins; après le labour, il faut herser la +terre à la fourche, puis enlever avec le râteau les pierres et les +mottes qui se trouvent à sa superficie, afin que le sol soit +parfaitement uni. Si la mauvaise qualité de la terre forçait +d'ajouter des engrais, il ne faudrait les employer que bien +consommés.</p> + +<p>Le semis ne devra être fait que par un beau temps, à cause des +opérations qui doivent le suivre. On sème à la volée, et aussitôt +après le semis on herse légèrement à la fourche; ensuite on passe le +rouleau, ou, à défaut, on foule avec les pieds, si cependant +l'étendue n'est pas trop considérable; puis on recouvre les graines +d'une très-légère couche de terre ou de terreau très-fin.</p> + +<p>Pour conserver un gazon longtemps en bon état, il faut le couper +souvent. On fera la première coupe au commencement de mai, et la +dernière à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Il nous +est impossible d'indiquer le nombre de celles qui devront être +faites entre ces deux époques, car cela dépendra de l'état +d'humidité <span class="pagenum"><a id="page246" name="page246"></a>(p. 246)</span> dans lequel on les entretiendra. Pendant la +sécheresse de l'été, les arrosements doivent être très-fréquents, et +doivent se faire, le matin ou le soir, avec les arrosoirs à pomme.</p> + +<p>Il faut après chaque coupe donner un coup de râteau, afin d'enlever +tout ce qui pourrait occasionner de la pourriture; puis après le +nettoyage, on passera le rouleau. Chaque année, après la dernière +coupe, il faut enlever la mousse avec le râteau, et étendre partout +une légère couche de terreau.</p> + +<p>Comme, pour garnir de gazon les talus ou les bancs, le semis ne peut +se faire qu'avec beaucoup de difficulté, il vaut mieux se servir de +plaques de gazon levées dans les prairies ou sur le bord des +chemins; on les ajuste les unes à côté des autres; on fixe avec de +petites fiches de bois celles qui se trouvent dans une position +verticale, après quoi on les appuie légèrement avec une petite +batte. L'époque la plus favorable pour faire cette opération est +ordinairement le mois de mars.</p> + +<p>Pour les pelouses de peu d'étendue on peut, au lieu de semer des +graminées, planter des Rosiers à fleur remontante, dont on fixe les +branches sur le sol après les avoir étendues dans tous les sens. +Lorsque le terrain est complétement couvert, il est impossible de +voir quelque chose de plus ravissant qu'une pelouse de Rosiers, +surtout quand les couleurs ont été bien variées dans la plantation.</p> + +<p>Les arbustes qui fleurissent le plus longtemps possible doivent être +massés sur les bords du gazon; et l'on y pourra jeter, comme au +hasard, quelques beaux arbres verts, comme Cèdre du Liban, Cèdre +Deodora, Abies Pinsapo, Cryptomeria Japonica, Pinus Sabiniana, Pinus +Lambertiana, Taxodium sempervirens, etc.</p> + +<p>Un Saule pleureur, un Frêne pleureur, un Hêtre pourpre, <span class="pagenum"><a id="page247" name="page247"></a>(p. 247)</span> un +Negundo à feuilles panachées, etc., et, parmi les végétaux moins +élevés, les Pivoines en arbre, les Gynerium argenteum, les Bambusa +edulis et aurea, les Andropogon formosum, les Saccharum Maddeni, les +Rheum, les Gunnera scabra, les Heracleum, les Caladium et les +Wigandia, produisent également un bel effet sur les pelouses de +gazon.</p> + +<p>L'usage, actuellement fort répandu, d'établir dans le jardin +d'agrément des massifs d'une ou plusieurs espèces de plantes +d'ornement est de très-bon goût, en ce qu'il permet d'apprécier +complétement la valeur ornementale d'une foule de plantes qui +produisent tout leur effet seulement lorsqu'elles se produisent par +groupes.</p> + +<p>Les amateurs peu familiarisés avec les ressources que leur offre +l'horticulture pour ce genre de décoration sont souvent embarrassés +dans le choix des plantes de chaque saison dont on peut former des +massifs. Voici, à cet égard, quelques indications qui pourront +servir à les guider:</p> + +<p class="center"><i>Première garniture.</i></p> + +<p>Crocus de Hollande, Jacinthes de Hollande, Tulipes à fleur simple, +Tulipes à fleur double, Anémones à fleur simple, Auricules, +Primevères des jardins, Hépatiques printanières, Pensées à grande +fleur, Aubrietia deltoidea, Cynoglosse omphalode, Corbeille d'or, +Thlaspi vivace, Ellébore rose de Noël, Héliotrope d'hiver, +<i>Tussilago suaveolens</i>, Saxifrage de Sibérie, Doronicum Caucasicum, +Silene pendula, Nemophila, Phlox verna, Giroflées jaunes de diverses +nuances, Pieds-d'alouette, Tourette printanière, Myosotis alpestris, +Coquelicots à fleur double, Lunaire annuelle, Dielytra spectabilis +et Iris Germanica.</p> + +<p>Dans cette liste, on remarquera qu'il se trouve des plantes de +hauteurs diverses, depuis les Crocus de Hollande, tout à fait nains, +jusqu'aux Pieds-d'alouette et aux Coquelicots <span class="pagenum"><a id="page248" name="page248"></a>(p. 248)</span> de moyenne +grandeur; il y a donc de quoi former des massifs de toutes +dimensions, selon l'étendue et la situation du jardin dont ils +doivent faire partie.</p> + +<p>Pour ne citer qu'un seul exemple de ce que l'on peut faire avec ces +plantes, nous dirons qu'un massif composé de Tourettes printanières, +de Saxifrages de Sibérie et de Doroniques produit au printemps un +charmant effet.</p> + +<p class="center"><i>Deuxième garniture.</i></p> + +<p>N. 1. Ageratum du Mexique avec un double rang de Calcéolaires jaunes +et de Verveines rouges.</p> + +<p>Ces trois plantes, disposées en cercles concentriques, bleu +améthyste, jaune vif et rouge foncé, produisent un très-bel effet; +les autres listes sont calculées dans le même but d'association de +forme et de couleur qui s'accordent le mieux entre elles, et +flattent le plus agréablement la vue.</p> + +<p>2. Calcéolaires jaunes avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs +bleues.</p> + +<p>3. Capucines naines avec un rang de Verveines bleues.</p> + +<p>4. Chrysanthèmes à fleurs blanches avec un rang de Géranium rouges +ou de Verveines rouges.</p> + +<p>5. Cuphea ignea avec un rang de Cerastium tomentosum.</p> + +<p>6. Fuschia avec un rang de Géranium à feuilles panachées ou de +Verveines blanches.</p> + +<p>7. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et de +Calcéolaires jaunes.</p> + +<p>8. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et d'Ageratum +Mexicanum.</p> + +<p>9. Géranium rouge ou rose avec un rang de Verveines blanches.</p> + +<p>10. Géranium à feuilles panachées avec un rang de Verveines bleues +ou de Verveines rouges.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page249" name="page249"></a>(p. 249)</span> 11. Lantana Camara avec un rang de Lantana delicatissima.</p> + +<p>12. Menthes à feuilles panachées avec un rang de Verveines rouges.</p> + +<p>13. Perilla Nankinensis avec un rang de Géranium à feuilles +panachées ou de Verveines blanches.</p> + +<p>14. Pétunia roses avec un double rang de Chrysanthèmes à fleurs +blanches et de Géranium rouge.</p> + +<p>15. Salvia fulgens avec un rang d'Ageratum Mexicanium.</p> + +<p>16. Souci de Trianon avec un double rang de Pétunia blanc et de +Géranium rouge.</p> + +<p>17. Tagetes lucida ou Calcéolaires jaunes avec un double rang de +Géranium rouges et de Nierembergia gracilis.</p> + +<p>18. Verveines rouges avec un double rang de Nierembergia gracilis et +de Lobelia Erinus à fleurs bleues.</p> + +<p>19. Verveines blanches avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs +bleues.</p> + +<p>20. Héliotrope du Pérou.</p> + +<p>21. Coleus Werschaffelti avec un rang de Cineraria maritima ou de +Centaurea candidissima.</p> + +<p>22. Canna discolor.</p> + +<p>23. Caladium esculentum.</p> + +<p>24. Wigandia Caracasana.</p> + +<p>25. Dahlias variés.</p> + +<p>On peut également, dans les grands jardins, former des groupes de +plantes annuelles que l'on sème immédiatement en place pour éviter +les frais de culture.</p> + +<p>En remplaçant successivement les plantes qui font partie de la +seconde garniture par des Chrysanthèmes de la Chine, on peut avoir, +en adoptant l'assolement que nous proposons, des massifs garnis de +fleurs pendant toute l'année.</p> + +<p>Comme les longues descriptions servent uniquement à <span class="pagenum"><a id="page250" name="page250"></a>(p. 250)</span> +grossir un ouvrage, nous avons cru devoir suivre dans notre livre un +plan différent de celui qui est adopté dans les autres traités de +culture: nous avons préféré grouper les végétaux d'après la place +qu'ils doivent occuper dans un jardin, en indiquant brièvement, pour +chacun d'eux, l'époque du semis, celle de la floraison, la couleur +de la fleur et la hauteur de la plante. Cependant, nous avons +consacré un article spécial aux plantes dont la culture demande des +soins particuliers.</p> + +<h3><span class="smcap">Section I.</span>—Arbustes pour bordures.</h3> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Buis à bordures.</span>—Pour établir une bordure, on prend des touffes de +<i>Buis</i>, que l'on divise en autant d'éclats qu'il est possible.</p> + +<p>On plante ces éclats, en automne ou au printemps, en ligne mince et +régulière, en ayant soin de ne laisser sortir de terre que +l'extrémité des branches.</p> + +<p>L'année suivante, en septembre ou en février, c'est-à-dire avant ou +après la pousse, on taille le Buis en bordure, avec de grands +ciseaux, opération qu'il faut faire chaque année; autrement, il +prendrait un trop grand développement.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lierre grimpant.</span>—Pour planter sous les grands arbres, où il est +toujours si difficile d'avoir de la verdure, il n'est rien qui +convienne mieux que le <i>Lierre grimpant</i> ou l'une de ses variétés.</p> + +<p>Toutes peuvent être cultivées en bordures; mais la variété connue +sous le nom de <i>Lierre d'Irlande</i> convient mieux que les autres, en +raison de la beauté de son feuillage. Pour établir une bordure, on +plante, en automne ou au printemps, de jeunes Lierres élevés en +pots, ou, à défaut, des marcottes enracinées, que l'on dispose de +manière à <span class="pagenum"><a id="page251" name="page251"></a>(p. 251)</span> garnir le terrain. Pour faciliter le +développement des racines sur toute la longueur des branches, on les +fixe sur le sol au moyen de petites fiches de bois semblables à +celles que l'on emploie pour marcotter les Œillets.</p> + +<p>Une fois la reprise assurée, tous les soins consistent à couper ou +fixer au sol toutes les jeunes pousses, afin d'avoir toujours des +bordures régulières.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Rosiers.</span>—Les rosiers-pompons et les variétés connues sous le nom de +Rosiers de miss Lawrence, à fleurs blanches, roses ou cramoisies, +peuvent être cultivés en bordures. Véritables miniatures, ces +derniers ne s'élèvent pas à plus de 0<sup>m</sup>,12 à 0<sup>m</sup>,15. Plus vigoureux, +les Rosiers-pompons doivent être préférés; car ils résistent mieux +aux inconvénients de toutes sortes que les plantes à bordures ont à +supporter.</p> + + +<h4>2. <i>Plantes vivaces formant des touffes.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Alysse Corbeille-d'or</span>, <span class="smcap">Thlaspi</span> jaune (<i>Alyssum saxatile</i>).—Fleurs +jaunes, en avril et mai; multiplication d'éclats au printemps ou de +graines semées aussitôt après la maturité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aubriétie</span> deltoïde (<i>Aubrietia deltoidea</i>), <span class="smcap">Alysse</span> deltoïde +(<i>Alyssum deltoideum</i>).—Au printemps et pendant l'été, fleurs +nombreuses de couleur bleu-clair. Les <i>Aubriéties</i> forment de larges +touffes peu élevées, que l'on replante tous les deux ou trois ans.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aspérule</span> odorante (<i>Asperula odorata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,30; +fleurs blanches odorantes, en mai; multiplication par séparation.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aster</span> Reversii.—En septembre, en octobre, fleurs blanches carnées, +extrêmement abondantes. On multiplie <span class="pagenum"><a id="page252" name="page252"></a>(p. 252)</span> cette charmante +petite plante par la séparation des touffes, comme tous les autres +Asters.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bermudienne</span> à petites fleurs (<i>Sisyrinchium Bermudiana</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20; fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication +de graines ou par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Brunelle</span> à grandes fleurs (<i>Brunella grandiflora</i>).—Fleurs bleues, +pourpres, roses ou blanches, en juillet; multiplication de graines, +semées en mars ou d'éclats en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> gazonnante (<i>Campanula cespitosa</i>).—Tout l'été, fleurs +bleues ou blanches, petites, mais nombreuses. Les <i>Campanula +Carpathica</i> et <i>Bocconi</i> peuvent également être cultivées en +bordures. Toutes se multiplient par la séparation des touffes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Céraiste</span> cotonneux, <span class="smcap">Argentine</span> (<i>Cerastium tomentosum</i>).—En mai et +juin, fleurs blanches; multiplication de graines ou de traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cynoglosse</span> printanière (<i>Cynoglossum Omphalodes</i>). <span class="smcap">Omphalode</span> +printanière (<i>O. verna</i>).—Charmante petite plante que l'on peut +placer à l'ombre. Fleurs bleues, en mars et avril. Multiplication de +traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Doronic</span> du Caucase (<i>Doronicum Caucasicum</i>).—Fleurs jaunes, de mars +en mai; multiplication de rejetons, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> acaule (<i>Gentiana acaulis</i>).—Fleurs d'un très-beau bleu, +en avril et mai; multiplication par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Graminées.</span>—Le <i>Rye-grass anglais</i> est d'une des graminées les plus +fréquemment employées pour semer en bordures. <span class="pagenum"><a id="page253" name="page253"></a>(p. 253)</span> Cependant +l'<i>Agrostis traçante</i>, la <i>Fétuque ovine</i> et la <i>Fétuque glauque</i> +conviennent tout aussi bien pour cet usage que le <i>Rye-grass +anglais</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hémérocalle</span> du Japon, H. à feuilles en cœur (<i>Hemerocallis +Japonica</i>, <i>Funkia subcordata</i>).—En août, fleurs blanches, +très-odorantes. Variétés à fleurs bleues. Multiplication par +séparation.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hépatique</span> printanière (<i>Anemone hepatica</i>).—De février en mars, +fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles, selon la +variété; multiplication d'éclats en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> d'Allemagne (<i>Iris Germanica</i>).—Voir l'article relatif à la +culture de cette plante.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lippia repens.</span> Plante vivace propre à gazonner les terrains en +pente. Elle est rustique et donne de juin en octobre de nombreuses +fleurs de couleur lilas. Multiplication d'éclats en toute saison.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lychnide</span> laciniée (<i>Lychnis flos cuculi</i>).—De juin en septembre, +fleurs rouges ou blanches, semblables à de petits Œillets.</p> + +<p>Variétés à fleurs doubles. Multiplication par la séparation des +touffes, en février.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Œillet</span> Mignardise (<i>Dianthus moschatus</i>, <i>D. plumarius</i>).—Fleurs +rouges, blanches ou roses, simples ou doubles, en mai et juin; +multiplication en août par marcottes, sans incision.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ophiopogon</span> du Japon, Herbe aux turquoises. Plante gazonnante, propre +à faire des bordures dans les terrains secs. Multiplication d'éclats +en automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Paquerette</span> petite Marguerite (<i>Bellis perennis</i>).—Vivaces; fleurs +doubles, blanches, roses, rouges ou panachées; replanter tous les +ans après la floraison.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page254" name="page254"></a>(p. 254)</span> <span class="smcap">Phlox</span> subulé (<i>Phlox subulata</i>).—Fleurs roses, marquées +d'une étoile d'un pourpre violet, d'avril en mai; multiplication par +la division des touffes.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Phlox</span> à feuilles étroites (<i>P. setacea</i>).—Fleurs roses ou pourpres, +tachées de rouge, en juin ou juillet.</p> + +<p>Variétés à fleurs blanches; même multiplication.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Primevère</span> auricule, <span class="smcap">Oreille-d'ours</span> (<i>Primula auricula</i>).—Fleurit en +avril et mai; variétés très-nombreuses obtenues par les semis, qui +ont lieu en février et mars; il faut peu recouvrir les graines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Primevère</span> des jardins (<i>P. veris</i>).—En mars; fleurs simples ou +doubles de toutes nuances; multiplication d'éclats, en automne, ou +de graines semées aussitôt après la maturité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pyrethrum inodorum.</span>—En juin et juillet, fleurs blanches doubles, +d'un très-bel effet; multiplication de boutures ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sabline</span> des montagnes (<i>Arenaria montana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; en +juin, fleurs blanches; multiplication de traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sabline</span> grandiflore (<i>A. grandiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,05 ou 0<sup>m</sup>,06; +fleurs blanches; même multiplication.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salvia</span> <i>tricolor</i>, charmante variété de la <i>Salvia officinalis</i>, à +feuilles panachées de rouge et de jaune.</p> + +<p>On la multiplie de boutures, d'une reprise facile.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> ombreuse (<i>Saxifraga umbrosa</i>).—Fleurs blanches, en avril +et mai; on les multiplie toutes par séparation, en automne ou en +février.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> mousseuse, <span class="smcap">Gazon</span> turc (<i>S. hypnoides</i>).—Fleurs blanches, +en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> géranioïde (<i>geranioides</i>).—Fleurs blanches, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page255" name="page255"></a>(p. 255)</span> <span class="smcap">Sedum.</span>—Tous les <i>Sedum</i> peuvent être cultivés en bordures; +ils sont rustiques et d'un bel effet, surtout le <i>Pulchellum</i>. Les +<i>Sedum acre</i> et <i>cruciatum</i> conviennent également bien pour cet +usage.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Staticé</span> gazon d'Olympe (<i>Statice Armeria</i>), <span class="smcap">Armeria</span> commun (<i>Armeria +vulgaris</i>).—En mai, juin et juillet, fleurs rouges, blanches ou +lilas.</p> + +<p>En coupant les fleurs aussitôt qu'elles sont passées, on obtient une +seconde floraison, souvent tout aussi abondante que la première.</p> + +<p>Le <i>Statice bellidifolia</i> peut également être cultivé en bordures. +On le multiplie, comme le <i>Statice Armeria</i>, d'éclats que l'on +plante en automne ou au printemps.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Thlaspi</span> vivace (<i>Iberis semperflorens</i>.) Fleurs blanches, en avril +et mai; multiplication en été, par boutures ou marcottes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tourrette</span> printanière (<i>Turritis verna</i>,) <span class="smcap">Arabette</span> printanière +(<i>Arabis verna</i>).—Fleurs blanches, en mars et avril; multiplication +de traces, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Violette</span> odorante (<i>Viola odorata</i>).—Fleurs bleu foncé, blanches ou +roses, de février en avril; multiplication de graines ou mieux +d'éclats de pieds, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Vittadinia</span> <i>triloba</i>.—Tout l'été, fleurs simples, blanches, rosées, +exactement semblables à de petites Marguerites; multiplication de +boutures, faites en août et septembre, et hivernées sous châssis.</p> + +<h4>3. <i>Plantes bulbeuses pour bordures.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ail</span> doré (<i>Allium moly</i>).—Fleurs d'un beau jaune, en juin; variété +à fleurs blanches; multiplication par caïeux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> jaune (<i>Amaryllis lutea</i>).—Fleurs jaunes, en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page256" name="page256"></a>(p. 256)</span> <span class="smcap">Crocus</span>, Safran printanier (<i>Crocus vernus</i>).—En février et +mars, fleurs jaunes, bleues, blanches, ou blanches rayées de violet, +selon les variétés, qui sont très-nombreuses; planter en automne, +pour relever tous les trois ans.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Glaïeul</span> commun (<i>Gladiolus communis</i>).—Fleurs blanches ou rouges, +de mai en juin; planter en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> des poètes (<i>Narcissus poeticus</i>).—En mai, fleurs blanches +à couronne pourpre; odeur suave; Variétés à fleurs doubles. Planter +en octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> des prés (<i>N. Pseudo-Narcissus</i>).—Fleurs jaunes, doubles, +en avril; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Oxalide</span> de Deppe (<i>Oxalis Deppei</i>).—Fleurs rouges, tout l'été; +planter au printemps, pour les relever chaque année à l'automne.</p> + + +<h4>4. <i>Plantes annuelles que l'on multiplie de graines.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> miroir-de-Vénus (<i>Campanula speculum</i>), <span class="smcap">Spéculaire</span> +miroir-de-Vénus (<i>Specularia speculum</i>).—En mai, juin et juillet, +fleurs violettes ou blanches; semer en place, en septembre ou au +printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Collinsie</span> de deux couleurs (<i>Collinsia bicolor</i>).—Fleurs lilas ou +blanches, tout l'été; semer en place, en septembre ou au printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Grandiflora, — Multicolor.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Collomie</span> écarlate (<i>Collomia coccinea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25; fleurs +d'un rouge écarlate, tout l'été; semer en place, en septembre ou au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Crépis</span> rose (<i>Creris rubra</i>) <span class="smcap">Barkhausie</span> rouge (<i>Barkhausia +rubra</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25. Tout l'été, fleurs roses ou blanches; +semer en place ou en pépinière, pour repiquer en automne ou au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page257" name="page257"></a>(p. 257)</span> <span class="smcap">Cynoglosse</span> à feuilles de lin (<i>Cynoglossum +linifolium</i>).—Bisannuelle; hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs blanches, de +juin en août; semer en place, en septembre ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Kaulfussie</span> amelloïde, <span class="smcap">Charieis</span> à feuilles variées (<i>Charieis +heterophylla</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs bleues, tout l'été; semer +en place, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Julienne</span> de Mahon, <span class="smcap">Giroflée</span> de Mahon (<i>Cheirantus maritimus</i>, +<i>Malcolmia maritima</i>).—Fleurs d'abord rouges, ensuite violettes, en +juin et juillet; variété à fleurs blanches; semer en place, en +automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon</span> androsace (<i>Leptosiphon androsaceus</i>), <span class="smcap">Gilie</span> androsace +(<i>Gilia androsacea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25; fleurs bleues ou blanches; +tout l'été, semer en place, en septembre ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon</span> à fleurs denses (<i>L. densiflorus</i>), <span class="smcap">Gilie</span> à fleurs +denses (<i>Gilia densiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,35; tout l'été, +fleurs d'un rose clair passant au bleu clair; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Leptosiphon aureus.</span>—Touffe arrondie, semblable à celle des <i>Statice +armoria</i>. Tout l'été, fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet; +multiplication de graines, que l'on sème en septembre en pots, que +l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Linaire</span> à fleurs d'<span class="smcap">Orchis</span> (<i>Linaria bipartita</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,45; +fleurs d'un violet bleuâtre, en été; semer en septembre ou au +printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lobélie</span> Erine (<i>Lobelia Erinus</i>).—Charmante petite plante à fleurs +bleues, blanches ou roses, formant de larges touffes couvertes de +fleurs, qui se succêdent pendant tout l'été.</p> + +<p>On sème les <i>Lobelia</i> en mars et avril, sur couche, ou mieux en +septembre; puis on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous +châssis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page258" name="page258"></a>(p. 258)</span> <span class="smcap">Némésie</span> à fleurs nombreuses (<i>Nemesia +floribunda</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; tout l'été, fleurs lilas, jaunes et +blanches; semer en place, en septembre ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Némophile</span> remarquable (<i>Nemophila insignis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; tout +l'été, fleurs d'un beau bleu; semer en place, en septembre ou au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Némophile</span> maculée (<i>N. maculata</i>).—Fleurs blanches, largement +maculées de bleu; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> nain (<i>Delphinium Ajacis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à +0<sup>m</sup>,40. En mai, juin et juillet, fleurs doubles, de couleurs +très-variées; on doit toujours supprimer les pieds à fleurs simples; +semer en place, en automne ou en février et mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Reine-Marguerite</span> hâtive (<i>Aster Sinensis</i>, <i>Callistephus +hortensis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en fleur de juillet en septembre; +semer depuis mars jusqu'en juin, en pépinière pour repiquer ensuite +en place.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sanvitalia</span> <i>rampante</i> (<i>Sanvitalia procumbens</i>).—Semer sur couche +en mars. Cette plante, une fois repiquée, s'étend naturellement sur +le sol et donne en abondance de charmantes fleurs jaunes à disque +brun simples ou doubles.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saponaire</span> de Calabre (<i>Saponaria Calabrica</i>).—Tout l'été, fleurs +roses ou blanches, plus petites que celles des <i>Silènes</i>, avec +lesquelles elles ont beaucoup de rapport. Multiplication de graines, +semées en septembre, en pépinière, ou en mars et avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Schizante</span> étalé (<i>Shizanthus porrigens</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; fleurs +lilas et jaunes, ponctuées de brun, tout l'été; semer au printemps, +en place ou en pépinière, pour être ensuite repiqué.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> à fleurs roses (<i>Silene bipartita</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page259" name="page259"></a>(p. 259)</span> +0<sup>m</sup>,22 à 0<sup>m</sup>,28; fleurs roses, en juin et juillet; semer en +septembre, en pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.</p> + + +<h3>Section II.—Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes.</h3> + +<p class="center"><i>Plantes annuelles et bisannuelles.</i></p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Abronia umbellata</span>, belle plante à fleurs rose lilacé, ayant quelque +rapport avec la valériane. Multiplication de graines, semées en +mars, sur couche.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Acroclinium roseum</span>, nouvelle espèce d'immortelle, à fleurs d'un beau +rose satiné, plus larges que celle du Rhodanthe Manglesii. +Multiplication de graines, que l'on sème sur couche, en février et +mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Adonide</span> d'été (<i>Adonis æstivalis</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,30; fleurs rouge +foncé, en juin et juillet; semer en place, en automne ou au +printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><i>Ageratum Mexicanum.</i>—Plante bisannuelle, à fleurs bleues, en +corymbe terminal. Planté en mai, l'<i>Ageratum Mexicanum</i> donne des +fleurs pendant une bonne partie de l'année; on le multiplie de +graines ou de boutures, en août et septembre, et l'on hiverne sous +châssis.</p> + +<p>Cette charmante plante convient particulièrement pour garnir les +massifs ou faire de larges bordures autour des Canna.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ageratum cæruleum.</span>—Plante annuelle également à fleurs bleues; on +la sème sur couche en mars, ou en pleine terre en avril; elle sert +aux mêmes usages que l'<i>Ageratum Mexicanum</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Alyssum maritimum</span> (<i>Koniga maritima</i>).—Touffe de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,30, +se couvrant de petites fleurs blanches, odorantes, <span class="pagenum"><a id="page260" name="page260"></a>(p. 260)</span> en +ombelle, depuis le mois de mai jusqu'en novembre. Semer en mars et +avril, immédiatement en place; propre à former des massifs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> queue-de-renard (<i>Amarantus caudatus</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,65 à +1 mètre. Tout l'été, fleurs en longues grappes, de couleur rouge et +jaune. Semer en mars, sur couche, ou en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> mélancolique (<i>A. melancholicus</i>).—Tige anguleuse de +0<sup>m</sup>,75 à 1 mètre, feuilles glabres d'un rouge sanguin, fleurs d'un +vert clair assez insignifiantes; même culture. La variété cultivée +sous le nom d'<i>Amarantus melancholicus ruber</i> est colorée d'une +teinte plus vive, elle est moins élevée que la précédente.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">L'Amarantus bicolor</span> et l'<span class="smcap">Amarantus tricolor</span> sont deux plantes +remarquables par la riche coloration de leurs feuilles; elles sont +considérées comme des variétés de l'<i>Amarantus melancholicus</i>; on la +cultive de la même manière.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amarante</span> à feuilles rouges (<i>A. sanguineus</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,90, lavée +ou striée de pourpre, feuilles d'un rouge sanguin, fleurs purpurines +en épis allongés; même culture que les variétés précédentes.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Anagallis</span> à grandes fleurs (<i>Anagallis grandiflora</i>).—Tout l'été et +l'automne, fleurs bleues, roses ou rouges. On sème les <i>Anagallis</i> +au printemps, sur couche, ou en septembre; puis on repique le plant +en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p>Cultivées comme plante de serre, les <i>Anagallis</i> peuvent être +conservées pendant plusieurs années.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Argémone</span> à grandes fleurs (<i>Argemone grandiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,60 +à 1 mètre; fleurs blanches, tout l'été; semer en place, au +printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page261" name="page261"></a>(p. 261)</span> <span class="smcap">Balsamine</span> des jardins (<i>Balsamina hortensis</i>), <span class="smcap">Impatiente +Balsamine</span> (<i>Impatiens Balsamina</i>).—Tiges succulentes, d'environ +0<sup>m</sup>,50; de juillet en octobre, fleurs blanches, jaunâtres, rouges, +roses, violettes, gris de lin, unicolores ou ponctuées. On en +cultive une race à fleurs larges et très-doubles, que l'on nomme +<i>Camellia</i>, et une autre race naine, à fleurs également doubles et +variées: celles qu'on nomme Balsamine à <i>rameaux</i> sont beaucoup plus +élevées que les autres. On les sème toutes sur couche, en mars, ou +en pleine terre, en avril.</p> + +<p>Les Balsamines n'exigent pas des soins particuliers; seulement, +comme elles végètent avec une grande vigueur dans les bons terrains, +il faut, pour avoir de belles fleurs, pincer l'extrémité des tiges +quand on voit qu'elles dépassent les proportions ordinaires.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Balsamine</span> glanduleuse (<i>I. glanduligera</i>).—Tige de 1 à 2 mètres; +fleurs bleu violacé, en juillet; semer sur couche, au printemps, ou +mieux, en pleine terre, aussitôt après la maturité des graines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bartonie</span> dorée (<i>Bartonia aurea</i>).—Tiges rameuses d'environ 0<sup>m</sup>,60; +fleurs d'un beau jaune, tout l'été; semer en place, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Belle-de-jour</span>, <span class="smcap">Liseron</span> tricolore (<i>Convolvulus tricolor</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,33; fleurs bleues, blanches ou panachées, de juin en septembre; +semer en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Belle-de-nuit Faux Jalap</span> (<i>Mirabilis Jalappa</i>, <i>Nyctago +hortensis</i>).—Tiges rameuses de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, blanches, +jaunes ou panachées, de juillet en septembre. Multiplication de +graines, semées en avril, ou de racines, que l'on conserve comme +celle des Dahlias.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Brachycome</span> à feuille d'ibéris (<i>Brachycome iberidifolia</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,25; tout l'été, fleurs bleues ou blanches; <span class="pagenum"><a id="page262" name="page262"></a>(p. 262)</span> semer en +mars et avril, ou mieux en septembre, en pots, que l'on hiverne sous +châssis.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Brouaille</span> élevée (<i>Browallia elata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +bleues, de juillet en septembre; semer au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Brouaille</span> à tige tombante (<i>B. demissa</i>).—Tiges rameuses de 0<sup>m</sup>,33; +fleurs d'un violet bleuâtre, de juillet en septembre; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cacalie</span> à feuilles hastées (<i>Cacalia sagittata</i>), <span class="smcap">Émilie</span> à feuilles +hastées (<i>Emilia sagittata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un rouge +orangé, de juillet en septembre; semer en mars, sur couche, ou en +place en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Carde</span> poirée du Chili (<i>Beta cycla</i>, <i>Var. chiliensis</i>).—Considérée +à juste titre comme une excellente plante potagère, la poirée à +carde du Chili n'en constitue pas moins une belle plante +ornementale, que l'on peut admettre dans le jardin d'agrément au +même titre que les choux frisés et panachés; on la multiplie de +graines semées en avril et mai, en place ou en pépinière. Seulement +il faut, dans un cas comme dans l'autre, faire en sorte que chaque +plante soit espacée de 1 mètre en tous sens.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Calandrine</span> en ombelle (<i>Calandrinia umbellata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à +0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un beau rose-violet, tout l'été; semer au +printemps.—Les <i>Calandrinia Lindleyana</i> et <i>speciosa</i> se cultivent +de la même manière.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à grosses fleurs, <span class="smcap">Violette</span> marine (<i>Campanula +medium</i>).—Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,65; de juin en août, fleurs +bleues, blanches, roses, simples ou doubles; semer en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> pyramidale (<i>C. pyramidalis</i>).—Bisannuelle; hauteur, +1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs bleues ou blanches, de juillet en septembre; +semer aussitôt à la maturité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> grande (<i>Tropæolum majus</i>).—Cultivée jusqu'à <span class="pagenum"><a id="page263" name="page263"></a>(p. 263)</span> +présent comme plante grimpante, la Capucine grande à fleurs jaunes +et à fleurs brunes convient parfaitement pour garnir les massifs +dans les grands jardins. Dans ce but, on sème les Capucines au +printemps, par touffes; puis on laisse ramper les tiges sur le sol.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Capucine</span> naine (<i>T. minus</i>).—Les variétés de cette plante connues +sous le nom de Capucines Tom-Pouce conviennent beaucoup mieux que la +Capucine grande pour composer des massifs.</p> + +<p>On les cultive exactement de même.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Centranthus macrosiphon.</span>—Valériane annuelle, à fleurs d'un beau +rouge, que l'on sème en septembre, en place ou en pépinière. On peut +aussi la semer au printemps. Elle fleurit en mai, et successivement +jusqu'en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Célosie</span> à crête, ou <span class="smcap">Amarante</span> à crête de coq (<i>Celosia +cristata</i>).—De juin en septembre, fleurs rouges, violettes ou +jaunes, suivant la variété; semer sur couche, au printemps; repiquer +en pépinière sur couche, pour ne remettre en pleine terre qu'en juin +et juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Célosie</span> à épi (<i>Celosia species</i>).—Haute de 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50, de +juillet en octobre; fleurs roses, rouges ou jaunes en longs épis. +Multiplication de graines, semées sur couche en février et mars.</p> + +<p>La <i>Célosie à épi</i> est une plante véritablement remarquable par +l'abondance et la fraîcheur de ses fleurs.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> odorante, <span class="smcap">Barbeau</span> jaune (<i>Centaurea Amberboi</i>).—Tiges de +0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs grosses, d'un beau jaune, de juillet en +octobre; semer au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> d'Amérique (<i>C. Americana</i>).—Tiges rameuses, de 1 mètre; +fleurs bleu lilacé, en août et septembre; même culture que la +précédente.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page264" name="page264"></a>(p. 264)</span> <span class="smcap">Centaurée</span> musquée, <span class="smcap">Barbeau</span> musqué (<i>C. moschata</i>).—Tiges +de 0<sup>m</sup>,40; fleurs blanches purpurines, en août et septembre; même +culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Centaurée</span> bluet, <span class="smcap">Barbeau</span> (<i>C. cyanus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; +variété de toutes couleurs, excepté le jaune; fleurit en juin et +août; semer en place, en automne ou au printemps.</p> + +<p>La <i>Centaurea depressa</i> est une espèce plus belle, que l'on cultive +de la même manière.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chénostome</span> à fleurs nombreuses (<i>Chenostoma polyanthum</i>).—Tout +l'été, fleurs roses, peu apparentes.</p> + +<p>On sème les <i>Chénostomes</i> sur couche, en mars et avril, et on +repique le plant en ligne, sur le bord des massifs.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Choux</span> à feuilles ornementales (<i>Brassica oleracea var.</i>).—Le Chou +frisé vert, le frisé rouge, le panaché de rouge, le panaché de +lilas, le lacinié et le palmier peuvent être considérés comme de +véritables plantes d'ornement, par la beauté de leurs feuilles.</p> + +<p>On les sème au printemps, comme tous les autres Choux; et, comme ils +sont bisannuels, on peut n'en semer que tous les deux ans.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Chrysanthème</span> des jardins (<i>Chrysanthemum coronarium</i>).—Tiges de +0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches ou jaunes, de juillet en septembre; semer au +printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> à carène (<i>C. carinatum</i>).—Tiges d'environ 0<sup>m</sup>,40; +fleurs jaunes, à disque brun; semer au printemps.</p> + +<p>Les <i>Chrysanthemum Burridgeanum</i> et <i>Dunnetti</i> sont deux belles +variétés du <i>Chrysanthemum carinatum</i>, que l'on cultive exactement +de la même manière.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Clarkia</span> a pétales découpés (<i>Clarkia pulchella</i>).—Hauteur, +<span class="pagenum"><a id="page265" name="page265"></a>(p. 265)</span> 0<sup>m</sup>,40. Tout l'été, fleurs rose rouge ou blanches; semer +en place, en septembre ou au printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Marginata, — Pulcherrima, — Elegans.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cléome</span> piquante (<i>Cleome pungens</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +violacées; semer sur couche, au printemps, et repiquer le plant en +pleine terre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coquelicot</span> (<i>Papaver rhœas</i>).—Moins élevé que le pavot, le +Coquelicot donne, en juin et en juillet, des fleurs très-doubles, de +couleur ponceau, unicolores ou bordées de rouge, de blanc ou de +rose. On le sème en place, en automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coquelourde</span> rose du ciel (<i>Lychnis cœli rosa</i>, <i>Viscaria cœli +rosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau rose, en juillet; semer +en place, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coquelourde</span> des jardins, <span class="smcap">Lychnis</span> des jardins (<i>L. +coronaria</i>).—Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, pourpres +ou blanches, de juin en septembre; semer en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> élégant, C. des teinturiers (<i>Coreopsis tinctoria</i>); +Calliopside des teinturiers (<i>Calliopsis tinctoria</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, à disque brun, de juin en octobre; semer en +automne ou au printemps, sans presque couvrir les graines; produit +souvent des variétés.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> de Drummond, <span class="smcap">Calliopsis</span> de Drummond (<i>C. +Drummondi</i>).—Moins élevé; fleurs plus grandes; semer au printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cosmos</span> bipinné (<i>Cosmos bipinnatus</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,50 à 1 mètre; +fleurs rouge violacé, en automne; semer sur couche, au printemps.</p> + +<p>Le <i>Cosmos atrosanguineus</i>, récemment introduit sous le nom de +<i>Bidens atrosanguinea</i>, se cultive de même.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page266" name="page266"></a>(p. 266)</span> <span class="smcap">Cuphéa</span> silénoïde (<i>Cuphea silenoïdes</i>).—Tout l'été et +l'automne, fleurs tubuleuses, pourpres, nuancées de brun.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cynoglosse</span> argentée (<i>Cynoglossum cheirifolium</i>).—Bisannuelle; tige +de 0<sup>m</sup>,50; fleurs rouges, en juin et juillet; semer en place, à +l'automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Datura fastuosa</span> (<i>Stramonium fastuosum</i>).—Tige de 1<sup>m</sup>,30; tout +l'été et l'automne, fleurs blanches ou violettes; semer sur couche +en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Datura tuberiana.</span>—Variété du précédent, remarquable par les +proportions largement développées de ses fleurs blanches lilacées +semi-doubles. Même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Digitale</span> pourprée (<i>Digitalis purpurea</i>).—Bisannuelle; tige de 1 +mètre; fleurs pourpres ou blanches, en juillet et en août; semer en +juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Dracocéphale</span> de Moldavie (<i>Dracocephalum Moldavicum</i>).—Tige de +0<sup>m</sup>,65; fleurs purpurines ou blanches, en juillet; semer en place, +au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> odorante (<i>Œnothera suaveolens</i>).—Tige de 1 mètre; +fleurs d'un beau jaune, à tube très-long, en juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> à longues fleurs (<i>Œ. longiflora</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs jaunes, à tube très-long, en juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> à feuilles de Pissenlit (<i>Œ. taraxacifolia</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un blanc carné, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> de Lindley (<i>Œ. Lindleyana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; +fleurs d'un rose tendre, avec une large tache pourpre sur chaque +pétale, de juillet en octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page267" name="page267"></a>(p. 267)</span> <span class="smcap">Énothère</span> agréable (<i>Œ. amœna</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à +0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un beau rose, en juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Énothère</span> pourpre (<i>Œ. purpurea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +pourpres, en juillet.—Toutes les Énothères se multiplient de +graines semées en place, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Érysimum</span> de Pétrowski (<i>Erysimum Petrowskianum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à +0<sup>m</sup>,50. Tout l'été, fleur jaune safrané, légèrement odorantes; semer +en automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Eucharidium</span> élégant (<i>Eucharidium elegans</i>).—Tout l'été, fleurs +rouge foncé, découpées comme celles des <i>Clarkia</i>; semer au +printemps ou en septembre; puis on repique le plant en pots, que +l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Escholtzie</span> de Californie (<i>Escholtzia Californica</i>).—Bisannuelle; +hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs jaune safrané ou blanches, tout +l'été; semer au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Eutoca</span> visqueux (<i>Eutoca viscida</i>).—Tige rameuse de 0<sup>m</sup>,80; fleurs +bleues, tout l'été; semer au printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ficoïde</span> glaciale (<i>Mesembryanthemum cristallinum</i>).—Cette plante +est chargée d'une si grande quantité de petites vésicules +transparentes et pleines d'eau, qu'elle semble, au soleil surtout, +comme couverte de givre. On sème sur couche, en avril, et on repique +le plant également sur couche avant de le mettre en pleine terre.</p> + +<p>La Ficoïde tricolore (<i>M. tricolor</i>) et la Ficoïde à fleurs jaunes +(<i>M. pomeridianum</i>) sont deux charmantes plantes qu'on cultive de la +même manière.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Gaura</span> bisannuel (<i>Gaura biennis</i>).—Bisannuel; tige de 1<sup>m</sup>,60; en +juillet, et successivement jusqu'en novembre, fleurs roses passant +au blanc; multiplication par boutures ou mieux de graines, que l'on +sème en juin ou en mars, sur couche.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page268" name="page268"></a>(p. 268)</span> Le <i>Gaura</i> de <i>Lindheimer</i> est une espèce nouvelle, que +l'on cultive de la même manière.</p> + +<p><span class="smcap">Gilie</span> à fleurs en tête (<i>Gilia capitata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; tout +l'été, fleurs bleues ou blanches. Semer en place, au printemps.</p> + +<p>Le <i>Gilia tricolor</i> et ses variétés à fleurs blanches et roses se +cultivent de la même manière.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> jaune (<i>Cheiranthus Cheiri</i>).—Bisannuelle; fleurs jaunes, +odorantes, au printemps; semer de mars en juin; variétés à fleurs +doubles, qu'on multiplie de boutures aussitôt après que les fleurs +sont passées.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> des jardins ou <span class="smcap">GROSSE ESPÈCE</span> (<i>C. incanus</i>).—Bisannuelle; +fleurs rouges blanches, roses ou violettes, de mai en octobre; semer +en mai et juin; repiquer en pépinière, et en septembre les relever +pour les mettre en pots, que l'on rentre dans la serre pendant les +gelées.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> grecque, <span class="smcap">Kiris</span> (<i>C. græcus</i>).—La giroflée grecque et ses +variétés se cultivent comme la <i>Giroflée quarantaine</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Giroflée</span> quarantaine (<i>C. annuus</i>).—Les principales variétés sont: +la rouge, la blanche, la rose et la violette. Semer sur couche en +février et mars, en pleine terre en mai et juin et en août pour +mettre en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gomphrène Amarantoïde</span> (<i>Gomphrena globosa</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,35; fleurs +rouges ou blanches, tout l'été. Semer sur couche, au printemps; +culture des Amarantes à crête.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gypsophile</span> élégante (<i>Gypsophila elegans</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs +blanches, tout l'été; semer au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hibiscus trionum</span> (<i>Ketmie vésiculeuse</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50, <span class="pagenum"><a id="page269" name="page269"></a>(p. 269)</span> +de juin en septembre; fleurs nombreuses, d'un jaune sulfureux, à +onglet brun. Semer en placé, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hibiscus Africanus</span> (<i>Ketmie d'Afrique</i>).—Fleurs de même couleur, +mais beaucoup plus grandes. Même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Helianthus argophyllus.</span>—Variété du soleil annuel couverte d'une +laine épaisse qui lui donne un bel aspect argenté; en juillet et +août, fleurs jaunes à disque brun. Multiplication de graines, que +l'on sème en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Humea</span> élégant (<i>Humea elegans</i>, <i>Calomeria +amarantoïdes</i>).—Bisannuel; hauteur, 1 mètre; de juin en septembre, +fleurs d'un rouge-cuivre, en panicules, d'un très-bel effet. Semer +en juin et juillet, en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Hugélie</span> bleue (<i>Hugelia cœrulea</i>, <i>Didiscus cœruleus</i>, +<i>Trachymene cœrulea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues, en août +et septembre.</p> + +<p>Semer sur couche au printemps, ou en pleine terre en septembre; puis +on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Immortelle</span> annuelle (<i>Xeranthemum annum</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,65; de +juillet en octobre, fleurs violettes, blanches ou pourpres, +semblables à de petites <i>Marguerites</i> simples.</p> + +<p>Semer en place, en automne ou au printemps.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> à bractées (<i>Helichrysum bracteatum</i>).—Hauteur, 1 mètre; +tout l'été et une partie de l'automne, fleurs jaunes ou blanches; +semer sur couche, au printemps ou en septembre; puis on repique le +plant sous châssis pour passer l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> à grandes fleurs (<i>Helichrysum macranthum</i>).—Fleurs +rouges écarlates ou roses. Même culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page270" name="page270"></a>(p. 270)</span> <span class="smcap">Ipomopsis</span> élégant, Gilie ponctuée (<i>Ipomopsis elegans</i>, +<i>Cantua coronopifolia</i>, <i>Gilia coronopifolia</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1 mètre 30; tout l'été, fleurs rouges écarlates ou jaunes.</p> + +<p>On sème les <i>Ipomopsis</i> en juin et en automne; on repique le plant +en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lavatère</span> à grandes fleurs (<i>Lavatera trimestris</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs roses ou blanches, de juillet en septembre; semer en place, +au printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lin</span> à grandes fleurs (<i>Linum grandiflorum</i>).—Tout l'été, fleurs +rouge-amarante de la plus grande beauté.</p> + +<p>On sème le <i>Linum grandiflorum</i> immédiatement en place, en avril et +mai.</p> + +<p>Cultivé dans une bonne terre de potager, le <i>Linum grandiflorum</i> +végète beaucoup plus vigoureusement que dans la terre de bruyère, +qu'on croyait devoir lui convenir plus particulièrement.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lotier</span> rouge (<i>Tetragonolobus purpureus</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,33; fleurs +rouge foncé, en juin ou juillet; semer sur couche, en février et +mars, ou en pleine terre, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lunaire</span> annuelle (<i>Lunaria annua</i>).—Tige de 1 mètre; fleurs en +grappes rouges, purpurines, blanches ou panachées, en avril et mai; +semer en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lupin</span> annuel (<i>Lupinus annuus</i>).—Fleurs bleues, blanches, roses ou +jaunes, suivant la variété; semer en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Madia</span> élégant (<i>Madia elegans</i>), <span class="smcap">Madaire</span> élégante (<i>Madaria +elegans</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs jaunes, tout l'été; semer au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Maïs</span> rubané du Japon (<i>Zea Japonica variegata</i>), belle <span class="pagenum"><a id="page271" name="page271"></a>(p. 271)</span> +graminée à feuilles rubanées de vert et de blanc rosé que l'on +multiplie de graines, comme tous les autres maïs. Depuis son +introduction, cette belle plante a fourni plusieurs générations qui +toutes ont conservé les caractères du type primitif.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Malope</span> à grandes fleurs (<i>Malope grandiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à +0<sup>m</sup>,60; tout l'été, fleurs rouges ou blanches.</p> + +<p>On sème les <i>Malopes</i> en septembre, en pots, que l'on hiverne sous +châssis; ou en place, en mars et avril.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Mauve</span> de Crée (<i>Malva Creena</i>, <i>Sphæralcea Creeana</i>).—Bisannuelle; +hauteur; 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs roses ou rouge-cinabre; semer en +automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Mauve</span> campanulée (<i>Malva campanulata</i>).—Tout l'été, fleurs lilas +tendre, à odeur de vanille. On la sème à la fin d'août, en pleine +terre, ou au printemps, sur couche.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Martynia fragrans</span> (<i>Craniolaria fragrans</i>).—Tout l'automne, fleurs +pourpre-violacé, à odeur de vanille.</p> + +<p>On sème le <i>Martynia fragrans</i> en avril, sur couche; puis on repique +le plant, également sur couche, avant de le mettre en pleine terre.</p> + +<p>Le <i>Martynia lutea</i> est une espèce à fleurs jaunes, que l'on cultive +de la même manière.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Mélilot</span> bleu (<i>Melilotus cœrulea</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,65; fleurs +bleues et odorantes, en août; semer en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Muflier</span> des jardins (<i>Antirrhinum majus</i>).—Bisannuel; hauteur; +0<sup>m</sup>,65; fleurs rouges ou blanches, de mai en août; multiplication de +graines, semées en automne ou au printemps; on en obtient souvent de +charmantes variétés.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page272" name="page272"></a>(p. 272)</span> <span class="smcap">Nigelle</span> de Damas (<i>Nigella Damascena</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,50; +fleurs bleues ou blanches, de juin en septembre; semer en place en +avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Nigelle</span> d'Espagne (<i>N. Hispanica</i>).—Fleurs plus grandes; même +culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Némésie</span> à fleurs nombreuses (<i>Nemesia floribunda</i>).—En juin et +juillet, fleurs blanches, semblables à celle des <i>Linaires</i>. Semer +en place, en avril et mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Nycterinia selaginoïdes.</span>—Touffe basse, couverte tout l'été de +petites fleurs roses, odorantes.</p> + +<p>Cette charmante petite plante convient également pour former des +massifs.</p> + +<p>On la multiplie de graines semées sur couche, en mars et avril.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Œillet</span> de la Chine (<i>Dianthus Sinensis</i>).—Bisannuel; hauteur, +0<sup>m</sup>,33; fleurs violettes, rouges ou pourpres, panachées ou ponctuées +de blanc, de juillet en septembre; semer en septembre ou au +printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Heddewigii, — Laciniatus.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Oxalis</span> à fleurs roses (<i>Oxalis rosea</i>).—On sème l'<i>Oxalis rosea</i> en +avril sur couche, ou en mai et juin, immédiatement en place, en +ligne, ou par petites touffes, sur le bord des massifs.—Au moyen +des semis indiqués ci-dessus, on peut avoir des <i>Oxalis</i> en fleur +pendant tout l'été et l'automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> (<i>Papaver somniferum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; variétés +très-nombreuses; fleurs tout l'été; semer en place, en automne ou au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pentapétès</span> pourpre (<i>Pentapetes phœnicea</i>).—Tige de 0<sup>m</sup>,65 à 1 +mètre; fleurs écarlates, en août; semer sur couche, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page273" name="page273"></a>(p. 273)</span> <span class="smcap">Persicaire</span> Indigotier (<i>Polygonum tinctorium</i>).—Hauteur, +1<sup>m</sup>,30; fleurs rouges tout l'automne; semer au printemps.</p> + +<p class="plants"> +<p><span class="smcap">Pourpier</span> à grandes fleurs (<i>Portulaca grandiflora</i>).—Tout l'été et +l'automne, fleurs pourpre-violacé, rouge-écarlate, blanches rayées +de carmin ou jaunes tachées de rouge. Semer sur couche, en mars et +avril, pour mettre ensuite en pleine terre.</p> + +<p>Cultivé en mélange et par groupes, le <i>Pourpier à grandes fleurs</i> +forme un véritable gazon émaillé des couleurs les plus vives au +moment du soleil.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phacélie</span> bipennée (<i>Phacelia congesta</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,33; +tout l'été, fleurs bleues, petites, disposées comme celles de +l'Héliotrope; semer en place, à l'automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phacélie</span> à feuilles de Tanaisie (<i>P. tanacetifolia</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en mai, fleurs unilatérales, bleu clair, en épis +terminaux. Même culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Phlox</span> de Drummond (<i>Phlox Drummondi</i>).—Tout l'été et l'automne, +fleurs blanches, roses ou pourpres, de nuances extrêmement variées.</p> + +<p>On sème le <i>Phlox de Drummond</i> au printemps, sur couche, ou mieux en +automne, aussitôt après la maturité des graines; lorsque le plant +est assez fort, on le repique dans de petits pots, qu'on hiverne +sous châssis.</p> + +<p>En mai, quand on n'a plus de gelées à craindre, on procède à la +plantation. Cultivé en lignes ou par groupes, il n'est véritablement +pas de plantes plus gracieuses que ces charmants petits Phlox.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> grand (<i>Delphinium Ajacis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,70. En +mai, juin et juillet, fleurs de couleurs variées, <span class="pagenum"><a id="page274" name="page274"></a>(p. 274)</span> comme +celle de la race naine; semer en place, en automne, ou en février et +mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pied-d'alouette</span> des blés (<i>Delphinium consolida</i>).—Hauteur, 1 mètre +à 1<sup>m</sup>,30. Tout l'été, fleurs également très-variées, simples ou +doubles, selon les variétés; semer en septembre, en place ou en +pépinière, ou en février et mars, immédiatement en place.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Podolepis</span> à fleurs carnées (<i>Podolepis gracilis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 +à 0<sup>m</sup>,60; fleurs de différentes nuances, du rose au blanc pur, tout +l'été; semer au printemps.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Reine-Marguerite</span> (<i>Aster Sinensis Callistephus hortensis</i>).—On +possède un nombre considérable de variétés de toutes nuances, dont +les plus remarquables se rapportent toutes à la race pyramidale +connue sous le nom de Reine-Marguerite <span class="smcap">Truffaut</span>, véritable +perfection par la forme, la grosseur de la fleur et la bonne tenue +des plantes.</p> + +<p>Les unes ont les fleurs <i>planes</i>, comme la race ancienne, mais plus +grandes et très-doubles; les autres ont les pétales légèrement +recourbés vers le centre, ce qui donne aux fleurs une forme +globuleuse, et leur a valu le nom de Reines-Marguerites <i>pivoines</i>.</p> + +<p>On sème les Reines-Marguerites du 15 mars au 20 avril, sur couche ou +en pleine terre, puis on repique chaque plant séparément. Bien +qu'elles viennent à peu près dans tous les terrains, il faut, pour +avoir de belles Reines-Marguerites, les cultiver dans une terre +largement pourvue d'engrais consommé.</p> + +<p>Pendant les premiers mois de leur végétation, les Reines-Marguerites +n'ont pas besoin d'une grande quantité d'eau; mais une quinzaine de +jours avant la floraison, il faut les arroser plus fréquemment et +plus abondamment.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Réséda</span> odorant (<i>Reseda odorata</i>).—Semer en place, au printemps et +tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page275" name="page275"></a>(p. 275)</span> <span class="smcap">Rhodanthe</span> de Mangles (<i>Rhodanthe Manglesii</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,35; fleurs roses, tout l'été; semer sur couche, en février et +mars; planter à une exposition ombragée.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ricin</span> sanguin (<i>Ricinus sanguineus</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juillet +et août, fleurs en grappes, d'un rouge-pourpre. Multiplication de +graines, que l'on sème en avril, sur couche, ou en mai, +immédiatement en place.</p> + +<p>Cette belle plante produit beaucoup d'effet, surtout cultivée +isolément.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Rose trémière</span> de la Chine (<i>Alcæa rosea Sinensis</i>).—Bisannuelle; +tige de 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; de juillet en octobre, fleurs pourpres, +panachées de blanc; variété à fleurs rouges; semer sur couche, au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sainfoin</span> d'Espagne (<i>Hedysarum coronarium</i>).—Bisannuel; tiges de +0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un beau rouge, en juillet; semer en août.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salpiglossis</span> à feuilles sinuées (<i>Salpiglossis sinuata</i>).—Plusieurs +variétés se rapportent à cette espèce, et toutes aujourd'hui sont +cultivées sous le même nom.</p> + +<p>On les sème en avril, sur couche, ou en mai, immédiatement en place. +Elles fleurissent en juillet, et successivement jusqu'en septembre.</p> + +<p>Cultivés en massifs, les <i>Salpiglossis</i> produisent plus d'effet que +séparément; en ajoutant au semis un peu de graines de l'espèce à +fleurs jaunes, nommée <i>aurea</i>, on aura toutes les couleurs que +comporte ce beau genre.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salvia horminum.</span>—Pour jouir de toute la beauté de cette plante, si +remarquable par ses fleurs à bractées rouges, roses ou violettes, il +faut, au lieu de la cultiver par petites touffes, en faire de longs +massifs.</p> + +<p>On la sème en mars et avril, en place ou en pépinière.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page276" name="page276"></a>(p. 276)</span> <span class="smcap">Scabieuse</span> fleur-de-veuve (<i>Scabiosa +atropurpurea</i>).—Bisannuelle; tige de 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un violet +foncé velouté, en juillet et septembre; semer en automne.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Naine à fleurs roses, — Naine à fleurs pourpres.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Schizanthe</span> émoussé (<i>Schizanthus retusus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à +0<sup>m</sup>,60. Tout l'été, fleurs roses, pourpres, lilas ou blanches, +largement marquées de jaune au centre. On sème le <i>Schizanthus</i> dans +la première quinzaine de septembre, et on repique les plants en +pots, que l'on hiverne sous châssis. On peut aussi, ce qui est +beaucoup plus simple, les semer en avril, immédiatement en place; +mais jamais le plant semé à cette époque ne produit des plantes +aussi belles que celui qu'on a semé en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Schizanthus Grahami.</span>—Le <i>Schizanthus Grahami</i> est une espèce +également très-belle, que l'on cultive de la même manière.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> élégant (<i>Senecio elegans</i>).—Tige rameuse, de 0<sup>m</sup>,30 à +0<sup>m</sup>,40; de juin en août, fleurs pourpres, violettes ou blanches, +simples ou doubles; semer sur couche, en mars, ou en pleine terre, +en avril.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Silène</span> à fleurs pendantes (<i>Silene pendula</i>).—Charmante petite +plante à fleurs roses, avec laquelle on fait, depuis quelques +années, dans le jardin des Tuileries et au Luxembourg, des +corbeilles qui font, au printemps, l'admiration de tous les +visiteurs.</p> + +<p>Pour avoir de beaux Silènes, il faut les semer en juillet, en +pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> à bouquets (<i>Silene compacta</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50. Tout l'été, +fleurs roses; semer en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Silène</span> attrape-mouche (<i>Silene armeria</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page277" name="page277"></a>(p. 277)</span> +0<sup>m</sup>,40. Tout l'été, fleurs roses ou blanches. Même culture que le +<i>Silène compacte</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Souci</span> de Trianon, <span class="smcap">Souci</span> anémone (<i>Calendula officinalis var.</i>).—De +juillet en octobre, fleurs jaunes très-doubles. Semer en place, en +avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Souci</span> pluvial (<i>C. pluvialis, Dimorphotheca pluvialis</i>).—En juin et +août, fleurs blanches en dedans, violettes en dehors; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sphénogyne</span> élégante (<i>Sphenogyne speciosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30. De +juillet en septembre, fleurs jaune pâle à pétales brun-violacé à la +base; semer en février ou mars, sur couche, ou en avril, en pleine +terre, en place ou en pépinière.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tagète</span> étalé, <span class="smcap">Œillet</span> d'Inde (<i>Tagetes patula</i>).—Tiges rameuses, +de 0<sup>m</sup>,40; fleurs orangées, rayées de jaune, en juillet et octobre; +semer d'avril en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tagètes</span> maculé nain (<i>Tagetes signata pumila</i>).—Variété moins +élevée que la précédente, tout aussi rameuse, littéralement couverte +de fleurs d'un beau jaune-vif; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tagète</span> élevé, <span class="smcap">Rose d'Inde</span> (<i>T. erecta</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +jaunes; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Thlaspi, Ibéris</span> à ombelles (<i>Iberis umbellata</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches ou violettes, en mai, juin ou juillet; semer en +automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Trachélie</span> bleue (<i>Trachelium cœruleum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à +0<sup>m</sup>,40; fleurs bleu-violacé, tout l'été; multiplication de graines +ou de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Valériane</span> Corne-d'abondance (<i>Valeriana Cornucopiæ</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,25; fleurs rouges, de mai en août; semer en place, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Verveine</span> de Miquelon (<i>Verbena Aubletia</i>).—Bisannuelle; <span class="pagenum"><a id="page278" name="page278"></a>(p. 278)</span> +hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un violet-pourpre, de juillet en novembre; +semer au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Violette</span> tricolore, <span class="smcap">Pensée</span> à grandes fleurs (<i>Viola tricolor +hortensis</i>).—Variétés très-nombreuses, fleurissant d'avril en +septembre; semer en août, repiquer en pépinière à l'automne, pour ne +les planter en place qu'au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Viscaria</span> à cœur pourpre (<i>Viscaria oculata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40. +En juin et juillet, fleurs blanches ou roses, à centre pourpre +foncé; semer en septembre, en pots, que l'on hiverne sous châssis, +ou en avril, immédiatement en place.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Whitlavia grandiflora.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40. En juin, juillet et août, +fleurs d'un beau violet, en épi. Multiplication de graines, semées +en place, en avril; propre à former des massifs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Zinnia</span> multiflore (<i>Zinnia multiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +rouges, à disque jaune, de juillet en octobre; semer sur couche, en +mars, ou en pleine terre, en avril et mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Zinnia</span> élégant (<i>Z. elegans</i>).—Plus élevé que l'espèce précédente. +Le <i>Zinnia elegans</i> a produit un grand nombre de variétés, que l'on +cultive en mélange ou par couleurs séparées; on le sème en mars, sur +couche, comme le <i>Zinnia multiflora</i>, ou bien en avril et mai, en +pleine terre, puis on repique le plant en lignes ou par groupes.</p> + +<p class="type"><b>Variétés</b> <i>à fleurs doubles</i> de mêmes couleurs que les variétés à + fleurs simples.</p> +</div> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page279" name="page279"></a>(p. 279)</span> <span class="smcap">Section III.</span>—Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre.</h3> + +<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> dorée (<i>Achillea aurea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un +jaune doré, de juillet en septembre; pour tout ce genre, +multiplication de graines, semées aussitôt la maturité ou par +l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> à mille feuilles (<i>A. millefolium</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; tout +l'été, fleurs pourpres; variétés à fleurs roses.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> rose (<i>A. rosea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un +rose-pourpre, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Achillée</span> sternutatoire, <span class="smcap">Bouton</span> d'argent (<i>A. ptarmica</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aconit</span> Tue-loup (<i>Aconitum lycoctonum</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; +fleurs jaune pâle, en juin et août.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Aconit</span> Napel (<i>A. Napellus</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs d'un bleu +foncé, en mai et juin; variétés à fleurs blanches.</p> + +<p>Toutes les espèces d'Aconit sont vénéneuses; elles se multiplient de +graines semées aussitôt après la maturité ou par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="type"><b>Espèces.</b>—Anthora, — Eminens, — Rubicundum, — Speciosum.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Actéa</span> des Alpes (<i>Actea spicata</i>). Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs blanches, +en juillet et août; multiplication de graines semées aussitôt après +la maturité, ou par la séparation des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Adonide</span> printanière (<i>Adonis vernalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30; +fleurs jaunes, en mars et avril; multiplication de graines semées +aussitôt après la maturité, ou par éclats; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page280" name="page280"></a>(p. 280)</span> <span class="smcap">Alstrœmère</span> à fleurs tachées, Lis des Incas +(<i>Alstrœmeria pelegrina</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,35, ayant besoin de +tuteurs; de juin en octobre, fleurs blanches marquées de taches +purpurines et de plusieurs points d'un pourpre foncé.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Alstrœmère</span> du Chili.—On a fait depuis plusieurs années des semis +d'Alstrœmère du Chili qui ont donné un grand nombre de variétés. +Toutes peuvent être cultivées en pleine terre légère; il suffit, +pendant l'hiver, de les couvrir de feuilles, qu'on enlève vers la +fin de mars ou dans les premiers jours d'avril.</p> + +<p>On multiplie les Alstrœmères de graines semées aussitôt après +leur maturité, en place ou en pots, que l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p>Comme ces plantes végètent de très-bonne heure en automne, il faut +les planter en septembre ou octobre; autrement, elles ne +fleuriraient pas l'année suivante.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Amaryllis.</span>—Un grand nombre d'Amaryllis, considérées comme plantes +de serre, peuvent, sous le climat de Paris, être cultivées en pleine +terre, à l'air libre. M. Aimé, de Versailles, qui cultive +spécialement ce beau genre, a, depuis 1845, plusieurs planches +d'Amaryllis en pleine terre, qui végètent et fleurissent +admirablement.</p> + +<p>Pour cultiver les Amaryllis en pleine terre, on prépare une tranchée +de 0<sup>m</sup>,25 de profondeur, dont la longueur et la largeur soient +proportionnées au nombre d'oignons qu'on veut planter. On met au +fond une bonne couche de feuilles, et, après les avoir bien foulées, +on achève de remplir la tranchée avec de la terre du sol si elle +n'est pas trop compacte, de la terre de bruyère, ou, à défaut, du +sable végétal et du terreau de feuilles bien consommées et mélangées +par parties égales.</p> + +<p>Cultivées en pleine terre, les Amaryllis doivent être plantées plus +profondément qu'en pots, et il ne faut les <span class="pagenum"><a id="page281" name="page281"></a>(p. 281)</span> arroser que +lorsqu'elles sont en végétation. Après la floraison on supprime les +arrosements, et à l'approche des gelées on les couvre d'une couche +de feuilles, dont on augmente la quantité en raison de l'intensité +du froid.</p> + +<p>Toutes les variétés de l'Amaryllis <i>pulverulenta</i> et de l'Amaryllis +<i>cinnamomea</i> peuvent être cultivées comme nous venons de l'indiquer.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> à fleurs roses (<i>A. Belladona</i>).—De juillet en octobre, +fleurs roses, mêlées de blanc; multiplication par caïeux, qu'on +enlève en septembre ou octobre, aussitôt après la floraison, et +qu'il faut replanter tout de suite; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span> à longues feuilles (<i>A. longifolia</i>).—En juin et juillet, +fleurs blanches; variété à fleurs roses; planter en automne; +couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amaryllis</span>, Lis Saint-Jacques (<i>A. formosissima</i>).—Plantes bulbeuses +donnant en juillet et août des fleurs d'un rouge-pourpre foncé; +planter en pleine terre au printemps, ou en pots à l'automne; +multiplication de caïeux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> commune (<i>Aquilegia vulgaris</i>).—Hauteur, 1 mètre; en mai et +juin, fleurs rouges, bleues, violâtres, blanches, roses, simples ou +doubles, selon la variété; multiplication de graines, semées +aussitôt après la maturité, ou par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> du Canada (<i>A. Canadensis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un +rouge safrané.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ancolie</span> de Sibérie (<i>A. Sibirica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs d'un +beau bleu.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> des fleuristes (<i>Anemone coronaria</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page282" name="page282"></a>(p. 282)</span> +0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; en mai et juin, fleurs simples, semi-doubles ou +doubles, de toutes couleurs et variées. Elle aime une terre légère +et substantielle. On la multiplie de graines et par tubercules. Les +graines se sèment en septembre, soit en terrines, soit en pleine +terre, dans une planche bien préparée; on les couvre légèrement de +terreau fin à l'approche des gelées. Il faut garantir le jeune plant +avec des paillassons, que l'on étend sur des gaulettes disposées de +telle sorte qu'ils soient élevés de quelques centimètres au-dessus +du sol. On découvre toutes les fois que le temps le permet; puis, +arrivé au printemps, on sarcle et arrose au besoin; lorsque les +feuilles sont desséchées, on arrache les tubercules pour les traiter +par la suite comme les plantes faites, ce qui consiste à planter en +mars et avril, à environ 0<sup>m</sup>,05 de profondeur et à 0<sup>m</sup>,10 ou 0<sup>m</sup>,15 +les uns des autres, suivant la force de chacun. Quand on possède un +assez grand nombre d'Anémones de force à fleurir, il est bien de +n'en planter que la moitié, de manière que chaque tubercule ne +fleurisse que tous les deux ans, car alors les fleurs en sont plus +belles.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> Œil-de-paon (<i>A. pavonina</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; +en avril et mai, fleurs rouges, bleuâtres au centre; multiplication +par la séparation des racines, ainsi que pour les suivantes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> à fleurs bleues (<i>A. Apennina</i>).—Fleurs b</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> en ombelle (<i>A. narcissiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs +blanches, en mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Anémone</span> du Japon (<i>A. Japonica</i>).—Hauteur 0<sup>m</sup>,50; d'août en +octobre, fleurs semi-doubles, roses, pourpres ou blanches.</p> + +<p>Cette charmante plante végète vigoureusement en <span class="pagenum"><a id="page283" name="page283"></a>(p. 283)</span> pleine +terre; elle s'accommode de tous les terrains et on la multiplie par +l'éclat des touffes, qu'on divise au printemps.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anémone</span> pulsatille (<i>A. pulsatilla</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30; +fleurs d'un violet foncé, en avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Anthémis</span> des teinturiers (<i>Anthemis tinctoria</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs jaunes, en juin et novembre; multiplication de graines ou par +éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Apocyn</span> Gobe-mouche (<i>Apocynum androsæmifolium</i>).—Tige rameuse de +0<sup>m</sup>,50; fleurs roses, en juillet et septembre; multiplication de +graines ou de traces, en mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Arum</span> Attrape-mouche (<i>Arum crinitum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; en +mars, spathe de 0<sup>m</sup>,33 de longueur, violacé en dedans et maculée de +vert en dehors. Son odeur infecte attire les mouches. Multiplication +de graines ou de bulbes; couverture d'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Arum</span> Serpentaire (<i>A. dracunculus</i>).—Hauteur 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en +juin et juillet, spathe d'un pourpre foncé en dedans, verte à +l'extérieur; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Asclépiade</span> à la ouate (<i>Asclepias Cornuti</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à +1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches lavées de rouge, en juillet et août; +multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, +d'éclats ou de traces; les autres espèces se multiplient de même.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Asclépiade</span> tubéreuse (<i>A. tuberosa</i>).—Tiges rameuses, de 0<sup>m</sup>,50; +fleurs en ombelles, d'un rouge-orangé, en juillet, août et +septembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Asclépiade</span> incarnate (<i>A. incarnata</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; +en juillet et août, fleurs rouge-pourpre.</p> + +<p>On multiplie les Asclépias de graines ou d'éclats.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page284" name="page284"></a>(p. 284)</span> <span class="smcap">Asphodèle</span> Bâton-de-Jacob (<i>Asphodelus luteus</i>).—Hauteur, 1 +mètre; de mai en juillet, fleurs d'un beau jaune; multiplication par +graines, semées au printemps, par drageons ou par la séparation des +racines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Asphodèle</span> rameux (<i>Asphodelus ramosus</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches marquées de lignes roussâtres.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Aster</span> (<i>Aster</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,35 à 1<sup>m</sup>,60; depuis juillet jusqu'à +la fin d'octobre, fleurs d'un bleu plus ou moins foncé, +blanc-pourpre, ou roses, selon les espèces, qui sont +très-nombreuses. Elles résistent très-bien à nos hivers. On les +multiplie de graines, semées aussitôt après la maturité, ou mieux +par l'éclat des touffes, en automne ou au printemps, opération qui +doit se faire au moins tous les trois ans, afin de renouveler les +pieds.</p> + +<p class="type"><b>Espèces.</b>—Alpinus, — Amelloïdes, — Bicolor, — Corymbosus, — + Ericoïdes, — Floribundus, — Gracilis, — Grandiflorus, — + Pendulus, — Versicolor.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Astragale</span> varié (<i>Astragalus varius</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un +pourpre-violet marquées de jaune, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Astrance</span> à larges feuilles (<i>Astrantia major</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +tout l'été, fleurs d'un blanc-rougeâtre, multiplication de graines +ou d'éclats en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bétoine</span> velue (<i>Betonica hirsuta</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleur d'un +rouge vif et foncé, en juillet; multiplication de graines, semées en +mars, ou par l'éclat des racines, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bétoine</span> à grandes fleurs (<i>B. grandiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; +fleurs rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bocconie</span> à feuilles en cœur (<i>Bocconia cordata</i>).—Hauteur, +<span class="pagenum"><a id="page285" name="page285"></a>(p. 285)</span> 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, en juillet; +multiplication de graines et d'éclats; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Boltonie</span> à feuille d'aster (<i>Boltonia asteroides</i>).—Hauteur, 1 +mètre à 1<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, à disque jaune, d'août en octobre; +multiplication de graines, semées en place, ou par l'éclat des +pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buglosse</span> à larges feuilles (<i>Anchusa sempervirens</i>).—Hauteur, 1 +mètre; en mai, juin et juillet, fleurs bleues; multiplication de +graines, semées en juin et juillet, ou par éclat des pieds, en +février ou mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buglosse</span> d'Italie (<i>A. Italica</i>).—Plus élevée que la précédente; +fleurs également d'un beau bleu; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> élevée (<i>Ononis altissima</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +purpurines, en juillet; multiplication de graines ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> à feuilles rondes (<i>O. rotundifolia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; +fleurs roses, en mai et juillet; même multiplication; couverture +l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à feuilles de Pêcher (<i>Campanula persicæfolia</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues ou blanches, simples ou doubles, de juillet en +septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à feuilles d'Ortie (<i>C. urticæfolia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs bleues, blanches ou tricolores, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à larges feuilles (<i>C. latifolia</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs bleues, variété à fleurs blanches, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanule</span> à fleurs en tête (<i>C. glomerata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; +fleurs bleues, blanches ou tricolores, en été.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page286" name="page286"></a>(p. 286)</span> <span class="smcap">Campanule</span> à grandes fleurs (<i>C. grandiflora</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un beau bleu, en juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Campanule</span> noble (<i>C. nobilis</i>).—Hauteur, 1 mètre environ; fleurs +d'un beau violet-pourpre bordé de blanc, en juin et juillet.</p> + +<p>On multiplie toutes les espèces de Campanule de graines, semées +aussitôt après leur maturité, sans les recouvrir, ou par l'éclat des +pieds, en automne ou en mars.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cardamine</span> des prés à fleurs doubles (<i>Cardamine +pratensis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à 0<sup>m</sup>,40; fleurs blanches purpurines, +en avril et mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Centaurée</span> Jacée (<i>Centaurea Jacea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; +fleurs purpurines, en juin et juillet; multiplication de graines, +semées au printemps, ou par la séparation des touffes.</p> + +<p>Centaurée de montagne (<i>C. montana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 fleurs +bleues, blanches ou roses, de juin en août; même multiplication.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Centaurée</span> noire (<i>C. nigra</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs purpurines, +de mai en juillet; multiplication de graines et d'éclats.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> des Indes (<i>Chrysanthemum Indicum</i>, <i>Pyrethrum +Indicum</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,65 à 1<sup>m</sup>,30; d'octobre en janvier, fleurs +de toutes les nuances de pourpre, de blanc et de jaune, suivant les +variétés, qui sont très-nombreuses; multiplication de boutures ou +d'éclats, en avril; on les plante en pleine terre ou en pots. On les +arrose de temps à autre afin de favoriser la reprise; mais, une fois +qu'ils sont bien enracinés, on modère les arrosements. Dans le +courant de juin, on pince l'extrémité de chaque tige, afin d'avoir +des touffes bien garnies et peu élevées. <span class="pagenum"><a id="page287" name="page287"></a>(p. 287)</span> Dès l'approche +des gelées, il faut rentrer dans les serres les pieds en pots, si +l'on veut jouir de toute la beauté de leur floraison, car elle est +tellement tardive qu'il est rare qu'elle ne soit point surprise par +les gelées.</p> + +<p>On divise les nombreuses variétés de cette plante en deux races. +L'une est cultivée sous le nom de Chrysanthème pompon.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Chrysocome</span> à feuilles de lin (<i>Chrysocoma linosyris</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, d'août en octobre; multiplication de graines +ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Colchique</span> d'automne (<i>Colchicum autumnale</i>).—En septembre, fleurs +rouge-purpurin pâle, semblables à celles des Crocus; variétés à +fleurs doubles, blanches, rouges, roses et panachées; multiplication +par caïeux, qu'on replante en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Comméline</span> tubéreuse (<i>Commelina tuberosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleur +d'un beau bleu, de juin et septembre; multiplication de graines, +semées sur couche au printemps, ou par la séparation des pieds; +couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Consoude</span> à feuilles rudes (<i>Symphytum asperrimum</i>).—Hauteur, 1 +mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs azurées, en mai et juin; multiplication de +graines et d'éclats, à l'automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Consoude</span> à fleurs pourpres (<i>S. purpureum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à +0<sup>m</sup>,50; fleurs pourpre-violacé, d'avril en septembre; même +multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coréopsis</span> auriculé (<i>Coreopsis auriculata</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1<sup>m</sup>,30; fleurs d'un beau jaune, d'août en septembre; multiplication +de graines et d'éclats, en automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page288" name="page288"></a>(p. 288)</span> <span class="smcap">Coréopsis</span> à trois ailes (<i>C. tripteris</i>).—Hauteur, 1 mètre +à 1<sup>m</sup>,30; fleurs jaunes, à disque brun, d'août en septembre; même +multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Corydale</span> bulbeuse (<i>Corydalis formosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18; +en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, selon la +variété; multiplication par la séparation des racines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cupidone</span> bleue (<i>Catananche cærulea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35, fleur bleu +de ciel, de juillet en octobre; variété à fleurs blanches; +multiplication de graines ou d'éclats; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cyclamen</span> d'Europe (<i>Cyclamen Europæum</i>).—Plante très-basse; fleurs +blanches ou pourpres, en avril; multiplication de graines, semées en +terrines ou par la division des tubercules, ayant soin qu'il y ait +un œil à chaque partie séparée; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cyclamen</span> à feuilles de lierre (<i>C. hederæfolium</i>).—En avril, fleurs +blanches, roses ou rouges, odorantes; même culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Dahlia.</span>—Tiges de 0<sup>m</sup>,50 à 2 mètres; depuis le mois de juin +jusqu'aux gelées, fleurs blanches, jaunes, roses, pourpres, et +passant de ces couleurs à leurs nuances les plus délicates et les +plus foncées. Tout terrain leur convient; mais la floraison est plus +belle dans une terre légère que dans une terre compacte ou trop +fumée. Multiplication par semis, séparations, boutures et greffes +sur tubercules.</p> + +<p>1. <i>Semis.</i>—On sème sur couche tiède, en mars et avril; dans le +courant de mai, l'on repique le plant en pleine terre, à environ 1 +mètre de distance; puis on le traite dans les autres Dahlias.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page289" name="page289"></a>(p. 289)</span> 2. <i>Séparation.</i>—On place les Dahlias sur couche, en mars +ou avril, et lorsqu'ils entrent en végétation on divise les touffes, +en ayant soin que chaque tubercule détaché soit muni d'un germe +reproducteur.</p> + +<p>3. <i>Boutures.</i>—On peut commencer les boutures peu de temps après +que les Dahlias sont en végétation et continuer jusqu'en juin; mais, +quelle que soit l'époque, il ne faut prendre que de jeunes +bourgeons, qu'on enlève dès qu'ils ont atteint 0<sup>m</sup>,06 ou 0<sup>m</sup>,08 de +longueur; après avoir supprimé les feuilles inférieures, on les +repique séparément dans de petits pots que l'on enfonce sur une +couche tiède. On les arrose légèrement, puis on les couvre d'une +cloche, qu'il faut ombrager au moment du soleil. Ces soins doivent +être continués jusqu'à ce qu'on soit certain de la reprise des +boutures; alors on soulève la cloche graduellement, pour l'enlever +quand elles supporteront l'air sans se faner.</p> + +<p>4. <i>Greffes.</i>—Il faut que les greffes, comme les boutures, soient +faites assez à temps pour qu'il se forme des tubercules qui puissent +passer l'hiver. Pour l'opération manuelle, on observera ce qui a été +indiqué à l'article <i>Greffe herbacée</i>, page <a href="#page74">74</a>.</p> + +<p><i>Plantation.</i>—C'est vers la fin de mai seulement que nous +conseillons de planter les Dahlias: car, plantés plus tôt, il arrive +souvent qu'ils sont épuisés de fleurs dès le mois de septembre, +époque la plus favorable à leur beauté. Il faut les placer dans une +position bien aérée, et à environ 1<sup>m</sup>,65 les uns des autres. On les +plante au milieu d'un bassin de 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50 de diamètre; après +quoi l'on étend autour de chaque pied un bon paillis de fumier à +moitié consommé, afin de conserver l'eau des arrosements, qui +doivent être modérés pendant les premiers temps, puis plus fréquents +à mesure que la sécheresse augmente. Lorsque les Dahlias ont environ +0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40 de hauteur, <span class="pagenum"><a id="page290" name="page290"></a>(p. 290)</span> s'il y a plusieurs tiges sur +chaque pied, il faut choisir la plus vigoureuse et supprimer les +autres. On l'assujettit immédiatement à un tuteur. Lorsqu'elle a +0<sup>m</sup>,60 à 0,70, on supprime les rameaux placés trop près de terre ou +ceux qui se croisent, de manière à ne laisser que six ou huit +branches bien disposées autour de la tige principale; s'il arrivait +qu'à la hauteur indiquée la tige fût sans ramification, il faudrait +pincer l'extrémité, ce qui retarde un peu la floraison; mais ce +retard est moins désagréable que l'inconvénient d'avoir des Dahlias +très-élevés et sur une seule tige.</p> + +<p>En juillet ou août, lorsque les Dahlias auront à peu près atteint le +maximum de leur développement, on commencera à les ébourgeonner, +opération qui consiste à détacher les bourgeons secondaires qui +naissent entre les feuilles; il en résulte que, débarrassée d'une +multitude de bourgeons inutiles, chaque touffe produira une belle et +abondante floraison. Vers la fin d'octobre ou au commencement de +novembre, dès les premières gelées, il faut arracher les Dahlias. Si +le temps est favorable, on les laisse un peu se ressuyer, puis on +les dépose soit dans l'orangerie, sous le gradin de la serre aux +Géraniums, soit dans une cave bien sèche, pour passer l'hiver.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Datura meteloides.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,80; de juillet en novembre, fleurs +blanches bordées de bleu lilacé, longues de 0<sup>m</sup>,20, odorantes.</p> + +<p>Les racines sont charnues, et se conservent en hiver, comme celles +du Dahlia.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium elatum</span> (<i>Pied d'alouette vivace</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en +juin et juillet, fleurs bleues, simples ou doubles. Multiplication +de graines semées en juin et juillet, ou d'éclats du pied, au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium azureum.</span>—Hauteur, 1 mètre; en juin et <span class="pagenum"><a id="page291" name="page291"></a>(p. 291)</span> juillet, +fleurs simples ou doubles, d'un beau bleu d'azur; multiplication +d'éclats du pied, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Delphinium Barlowi.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juin et juillet, fleurs +bleues, semi-doubles, plus larges que celles des espèces ci-dessus; +même culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Delphinium hybridum.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; en juin et juillet, fleurs +bleues, plus pâles que celles du <i>D. Barlowi</i>, semi-doubles; même +culture.</p> + +<p>Le <i>Delphinium Hendersoni</i> et l'espèce nommée <i>formosum</i>, l'une des +plus belles du genre, sont d'une culture tout aussi facile.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Dielytra spectabilis.</span>—Cette charmante plante a les feuilles +découpées exactement comme celles de la Pivoine en arbre. Elle +donne, en mai et juin, une grande quantité de fleurs disposées en +longues grappes, d'un beau rose.</p> + +<p>On la multiplie de boutures, qui, une fois bien enracinées, peuvent +être cultivées en pleine terre, comme le plus grand nombre de nos +plantes vivaces.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Dodécathéon</span> de Virginie (<i>Dodecatheon Meadia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à +0<sup>m</sup>,25; fleurs rose pourpre, au printemps; variété à fleurs +blanches. Multiplication de graines, semées aussitôt après la +maturité, ou par la division des racines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Doronic</span> à feuilles en cœur (<i>Doronicum pardalianches</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, en mai et juin; multiplication de rejetons.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Dracocéphale</span> de Virginie (<i>Dracocephalum Virginianum</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs roses, de juillet en septembre.</p> + +<p>Tous les Dracocéphales se multiplient de graines ou par la +séparation des drageons.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page292" name="page292"></a>(p. 292)</span> <span class="smcap">Echinops</span> boulette azurée (<i>Echinops ritro</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un joli bleu; variété à fleurs blanches. +Multiplication de graines, semées au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Enothère</span> frutiqueuse (<i>Œnothera fruticosa</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau jaune, en juillet et août; multiplication de +graines, semées sur couche, d'éclats de touffes ou de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Enothère</span> superbe (<i>Œ. speciosa</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs +blanches, odorantes, en juillet et août; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Épervière</span> orangée (<i>Hieracium aurantiacum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; +fleurs d'un jaune orangé, de juin en septembre; multiplication de +graines, semées au printemps, ou par rejetons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Éphémère</span> de Virginie (<i>Tradescantia Virginica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; +fleurs bleu purpurin ou blanches, de mai en octobre; multiplication +par la séparation des pieds en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Éphémère</span> rose (<i>T. rosea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs roses, tout +l'été; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><p><span class="smcap">Épilobe</span> à épi, Laurier Saint-Antoine (<i>Epilobium +spicatum</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,60; fleurs rouge purpurin, de +juillet en septembre; variété à fleurs blanches; multiplication de +graines et de rejetons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Épimède</span> des Alpes (<i>Epimedium Alpinum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs +jaunes et rougeâtres, en avril et mai; multiplication par l'éclat +des touffes en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> des Alpes (<i>Erigeron Alpinum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20; fleurs +bleues, à disques jaunes, en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication de graines, semées aussitôt <span class="pagenum"><a id="page293" name="page293"></a>(p. 293)</span> après la +maturité, ou par la division des pieds. Toutes les espèces +d'Erigéron se multiplient de même.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> presque nu (<i>E. glabellum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +lilacées, à disque jaune, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erigéron</span> à grandes fleurs (<i>E. speciosum</i>).—Même hauteur; fleurs +lilas foncé, à disque jaune, en août et septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erine</span> des Alpes (<i>Erinus Alpinus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,16; fleurs +purpurines ou blanches, de mars en juin; multiplication de graines +ou par éclats, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erodium</span> des Alpes (<i>Erodium Alpinum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs +bleues, tout l'été; multiplication de graines et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erodium</span> de Rome (<i>E. Romanum</i>).—Fleurs purpurines, tout l'été; même +multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Eupatoire</span> agératoïde (<i>Eupatorium ageratoïdes</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches, en septembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Eupatoire</span> pourpre (<i>E. purpureum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +purpurines, de septembre en octobre.</p> + +<p>On multiplie tous les Eupatoires de graines, semées aussitôt après +la maturité, ou par la séparation des pieds, en automne.</p> + +<p>L'Eupatoire à fleurs blanches (<i>E. glechonophyllum</i>) et l'Eupatoire +à fleurs bleues (<i>E. cœlestinum</i>), sont deux charmantes plantes +d'orangerie, que l'on peut cultiver en pleine terre pendant toute la +belle saison.</p> + +<p>On les multiplie toutes deux de boutures, que l'on hiverne sous +châssis.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Farfugium grande.</span>—Cette plante, remarquable par ses larges feuilles +maculées de jaune, doit, pour produire <span class="pagenum"><a id="page294" name="page294"></a>(p. 294)</span> de l'effet, être +cultivée par groupes sur les pelouses de gazons.</p> + +<p>On la multiplie de boutures de racines.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fraxinelle</span> d'Europe (<i>Dictamnus albus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; +fleur d'un brun rougeâtre, en juin et juillet; variété à fleurs +blanches; multiplication de graines, semées aussitôt après la +maturité; car, semées plus tard, elles ne lèvent que la seconde +année; on peut aussi les multiplier par éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fritillaire</span> damier (<i>Fritillaria Meleagris</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en +mars et avril, fleurs pourpres marquées de petits carreaux de +couleurs différentes; multiplication de caïeux, en août; il faut les +replanter aussitôt, ainsi que les bulbes principaux; couverture +l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fritillaire</span> couronne impériale (<i>F. imperialis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à +1 mètre; en mars et avril, fleurs rouges, simples ou doubles, +jaunes, simples ou doubles, orangées et à feuilles panachées de +jaune ou de blanc; multiplication par caïeux, en août; il faut les +replanter immédiatement, à 0<sup>m</sup>,15 de profondeur, ainsi que les +bulbes principaux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> bulbeuse (<i>Fumaria bulbosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20; +de février en avril, fleurs blanches, pourpres ou gris de lin, +suivant la variété; on les multiplie toutes de graines ou par la +séparation des touffes, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> jaune (<i>F. lutea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs blanches et +jaunes, d'avril en novembre; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fumeterre</span> odorante (<i>F. nobilis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un +jaune pâle, pourprées au sommet, en avril.</p> + +<div class="plants"><span class="pagenum"><a id="page295" name="page295"></a>(p. 295)</span> +<p><span class="smcap">Gaillarde</span> peinte (<i>Gaillardia picta</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35 à +0<sup>m</sup>,40; au printemps et à l'automne, fleurs d'un jaune orangé, +pourprées à la base, disque brun; on les multiplie toutes de +graines, d'éclats ou de boutures.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Nana, — Grandiflora, — Alba marginata.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Galane</span> glabre (<i>Chelone glabra</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches, ou pourpres, en août et septembre; toutes se multiplient +de graines ou d'éclats.</p> + +<p class="type"><b>Espèce.</b>—Barbata.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Galanthe</span> d'hiver ou <span class="smcap">Perce-Neige</span> (<i>Galanthus nivalis</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,18; fleurs blanches tachées de vert, en février; +variété à fleurs doubles; multiplication par caïeux replantés en +automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Galéga</span> officinal (<i>Galega officinalis</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; +fleurs bleues ou blanches, en juin et juillet; multiplication de +graines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Galéga</span> oriental (<i>G. orientalis</i>).—Même hauteur; fleurs bleues, en +juin; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> croisette (<i>G. cruciata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; +fleurs bleues, en juin et juillet; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> pourpre (<i>G. purpurea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 fleurs jaunes +ponctuées de pourpre, en juillet; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gentiane</span> jaune (<i>G. lutea</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs +jaunes, en juillet; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> sanguin (<i>Geranium sanguineum</i>). Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs +d'un rouge violet, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> noirâtre (<i>G. phæum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un +violet noir, d'avril en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page296" name="page296"></a>(p. 296)</span> <span class="smcap">Géranium</span> des prés (<i>G. pratense</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +blanches, rayées de violet, en mai et juin; variété à fleurs +doubles.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> à grandes racines (<i>G. macrorhizum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; +fleurs rouges, de mai en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Géranium</span> strié (<i>G. striatum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs blanches +veinées de pourpre, en mai et septembre; couverture l'hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Géranium</span> à grandes fleurs (<i>G. Ibericum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +disposées en bouquets, passant du violet au bleu d'azur des plus +purs.</p> + +<p>Il faut aux Géraniums une terre meuble; tous se multiplient de +graines ou d'éclats, au printemps.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Geum coccineum.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs écarlates, tout l'été; +multiplication de graines semées en place, ou par la séparation des +touffes; les autres espèces se multiplient de même.</p> + +<p class="type"><b>Espèces.</b>—Rivale, — Montanum.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus</span> (<i>Glaïeul</i>).—On cultive les <i>Gladiolus</i> en terre légère +mélangée de terreau de feuilles. On les plante en pleine terre, en +mars et avril; ils fleurissent en juillet et août, puis on les +relève en octobre. On peut aussi les planter en pots, en automne; +mais alors il faut les mettre sous châssis pour passer l'hiver, et +ils fleurissent dès le mois de mai. On les multiplie de graines ou +de caïeux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus cardinalis.</span>—Hampe de 0<sup>m</sup>,50; en juillet et août, fleurs +écarlates, marquées d'une tache blanche. Les bulbes de ce Glaïeul +étant continuellement en végétation, il ne faut jamais les laisser +hors de terre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gladiolus blandus ou floribundus.</span>—Hampe de 0<sup>m</sup>,30; <span class="pagenum"><a id="page297" name="page297"></a>(p. 297)</span> en +août, fleurs blanc pur ou blanc rosé, marquées d'une bande +longitudinale pourpre violacé.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Gladiolus ramosus.</span>—Hampe de 0<sup>m</sup>,70 à 1 mètre; en juillet et août, +fleurs roses, marquées d'une tache blanche entourée d'azur.</p> + +<p>Cette admirable plante a produit un grand nombre de belles variétés.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Gladiolus gandavensis.</span>—On possède maintenant un nombre si +considérable de variétés de cette plante, qu'il est matériellement +impossible d'en donner la nomenclature.</p> + +<p>Toutes peuvent être cultivées en pleine terre, comme l'espèce type.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gunnera scabra.</span>—Cette plante, si remarquable par la beauté de son +feuillage, ressemble beaucoup aux Rhubarbes. Elle doit être cultivée +isolément pour produire tout son effet. Bien qu'elle soit rustique, +il faut la couvrir l'hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Gynerium argenteum.</span>—Graminée ornementale, à feuilles linéaires +inclinées en tous sens; en septembre, fleurs soyeuses, argentées, en +panicules d'un très-bel effet. Multiplication de rejetons, que l'on +sépare au printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleur rose, — à fleur pourpre.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gypsophile</span> paniculée (<i>Gypsophila paniculata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches en juin et juillet; multiplication de graines semées +au printemps. On cultive de même les <i>Gypsophila acutifolia</i>, +<i>altissifolia</i>, <i>altissima</i>, <i>pubescens</i>, <i>Gmelini</i>, <i>perfoliata</i>, +<i>fastigiata</i> et <i>dichotoma</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hélénie</span> d'automne (<i>Helenium autumnale</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,60 à 2 +mètres; fleurs d'un beau jaune, d'août à novembre; multiplication +par racines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hellébore</span> noir, Rose de Noël (<i>Helleborus niger</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 +à 0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un blanc rosé, de décembre <span class="pagenum"><a id="page298" name="page298"></a>(p. 298)</span> en février; +multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité ou par +éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hellébore</span> d'hiver (<i>H. hyemalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,15; fleurs +jaunes; multiplication par la séparation des pieds en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hemérocalle</span> jaune ou <span class="smcap">Lis</span> jaune (<i>Hemerocallis flava</i>).—Hauteur, 1 +mètre; fleurs odorantes d'un beau jaune, en juin; multiplication par +la séparation des pieds en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hémérocalle</span> fauve (<i>H. fulva</i>).—Plus élevée que la précédente; +fleurs d'un rouge fauve, en juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Heracleum Willemsii.</span>—Bien supérieure, par la beauté de ses +feuilles, à l'espèce type connue sous le nom d'<i>Heracleum +sphondylium</i>, Berce commune, Acanthe d'Allemagne, Angélique sauvage. +Cette plante produit beaucoup d'effet, sur les pelouses de gazon.</p> + +<p>On la multiplie de semis, ou par la séparation des pieds.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Hibiscus roseus.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,38; en août et septembre, fleurs +roses, semblables à celles de Rose trémière simple. Cette belle +plante exige une exposition chaude et beaucoup d'eau pendant l'été; +on la multiplie de boutures et de graines.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Palustris, — Moschatus, — Sanguineus.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hoteia</span> du Japon (<i>Hoteia Japonica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60; +fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication d'éclats, au +printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Immortelle</span> blanche (<i>Gnaphalium margaritaceum</i>).—Hauteur; 0<sup>m</sup>,50; +fleurs jaunes, à involucre blanc, de juillet en septembre; +multiplication de traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> d'Allemagne ou <span class="smcap">Flambe</span> (<i>Iris Germanica</i>).—Les <span class="pagenum"><a id="page299" name="page299"></a>(p. 299)</span> +nombreuses variétés de cette plante méritent d'occuper une place +distinguée dans les jardins; car, soit en bordure, soit en massif, +elles produisent un effet charmant à l'époque de leur floraison, qui +a lieu en mai et en juin, surtout si l'on a convenablement mélangé +les couleurs, et leur rusticité est un titre de plus à la faveur des +amateurs. On les multiplie de graines ou par la séparation des +pieds, en septembre; on en possède déjà plus d'une centaine de +belles variétés.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> bulbeuse, <span class="smcap">Xiphium</span>, ou d'Angleterre.—On en cultive un grand +nombre de variétés de toutes les couleurs; fleurs remarquables par +le peu de largeur de toutes leurs divisions; elles fleurissent en +juin; on les multiplie de caïeux, qu'on plante en automne; +couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> xiphioïde ou d'Espagne.—Comme la précédente, cette espèce +offre un grand nombre de variétés; même culture.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Jacinthe</span> (<i>Hyacinthus orientalis</i>).—En avril, fleurs simples ou +doubles, de toutes les couleurs, suivant les variétés, qui sont +très-nombreuses; multiplication de graines ou de caïeux. Les +Jacinthes aiment une terre douce, substantielle, et d'autant plus +légère que le climat est froid et humide. Pour obtenir une belle +végétation, il faut planter dans un terrain bien fumé; mais le +fumier doit être enterré assez profondément pour que les racines +seules puissent l'atteindre, car autrement, il arrive presque +toujours que les oignons pourrissent peu de temps après avoir été +arrachés. L'époque la plus favorable pour la plantation est la fin +de septembre et le commencement d'octobre; cependant il vaudrait +mieux retarder d'une quinzaine de jours que de planter par un temps +pluvieux. On procède à la plantation de la manière suivante. Après +avoir bien préparé le terrain, on trace avec la binette un <span class="pagenum"><a id="page300" name="page300"></a>(p. 300)</span> +sillon de 0<sup>m</sup>,10 de profondeur; on place les oignons à environ +0<sup>m</sup>,15 les uns des autres sur la ligne, et on les enfonce de manière +qu'ils soient recouverts de 0<sup>m</sup>,10 de terre; puis on ouvre les +autres sillons successivement, et à 0<sup>m</sup>,15 de distance. Après la +plantation, on étend un bon paillis sur le tout, et les autres soins +consistent à arracher les mauvaises herbes. Si le froid devenait +assez intense pour que l'on craignît que la terre ne gelât jusqu'aux +racines, il faudrait les couvrir de feuilles ou de litière sèche, +que l'on enlèvera en février; s'il survenait du mauvais temps, on +les recouvrirait, mais plus légèrement. Quand elles seront +défleuries et aussitôt que les feuilles commenceront à jaunir, on en +coupera les feuilles et les hampes rez terre, et vers la fin de juin +on les arrachera avec précaution, ce qu'il ne faudra faire que par +un beau temps. Dès qu'elles seront arrachées, on les déposera dans +un endroit sec et bien aéré, sans qu'elles soient exposées au +soleil; au bout de quelques jours on détachera les caïeux et les +racines, puis, avant de les déposer sur les tablettes, on les +nettoiera avec une brosse douce, de manière à enlever tout ce qui +pourrait engendrer la pourriture.</p> + +<p>Pour garnir le terrain en attendant que les oignons soient bons à +relever, on peut, au printemps, semer un peu de graine de +Pied-d'alouette, de Némophile ou de Silène qui succède aux Jacinthes +sans nuire en rien à la maturité des oignons, quand il est semé +clair.</p> + +<p><i>Plantations en pots.</i>—Les Jacinthes dont on veut avancer la +floraison doivent être plantées en pots, et à la même époque qu'en +pleine terre. La terre qu'on emploiera pour l'empotage doit être +légère et substantielle, et les pots proportionnés à la grosseur des +oignons. Après la plantation, on enfoncera ces pots à côté les uns +des autres, de telle sorte qu'ils soient recouverts de 0<sup>m</sup>,03 de +terre. On pourra en placer une partie au midi, et l'autre au nord, +<span class="pagenum"><a id="page301" name="page301"></a>(p. 301)</span> afin qu'elles ne fleurissent pas toutes à la même époque. +S'il survenait de fortes gelées, il faudrait les couvrir de feuilles +ou de litière, afin que la terre des pots ne gelât pas; et dans le +courant de janvier on pourrait commencer à en mettre une partie sous +châssis ou dans une serre chauffée, mais toujours le plus près +possible des vitres. Elles seront en fleurs environ un mois après +l'époque où l'on aura commencé à les chauffer; il ne faut en forcer +que successivement, de manière à prolonger la floraison aussi +longtemps que possible. Dès qu'elles seront défleuries, on enfoncera +les pots en pleine terre, afin de laisser mûrir les oignons, qu'on +pourra planter en terre l'année suivante.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Julienne</span> des jardins (<i>Hesperis matronalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 +mètre; fleurs doubles, odorantes, blanches ou violettes, de mai en +juillet; multiplication de boutures ou d'éclats en avril. Variété +vivace à fleurs doubles, blanches ou violettes. Terre franche +substantielle; autrement la plante périt.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lamier</span> orvale (<i>Lamium orvala</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches +lavées et tachées de rose foncé, d'avril en juin; multiplication de +graines ou par l'éclat des pieds à l'automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lin</span> vivace (<i>Linum perenne</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un joli +bleu, de juin en août; multiplication de graines, semées en automne +ou au printemps, ou d'éclats, en automne. Variété à fleurs blanches.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lin</span> visqueux (<i>L. viscosum</i>).—Espèce à fleurs roses, que l'on peut +également cultiver en pleine terre, à la condition toutefois de la +couvrir pendant l'hiver.</p> + +<p>On peut, pendant l'été, cultiver en pleine terre le lin à fleurs +jaunes, nommé <i>Linum flavum</i>.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page302" name="page302"></a>(p. 302)</span> <span class="smcap">Linaire</span> à grandes fleurs (<i>Linaria +triornithophora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs violettes, tout l'été; +multiplication de graines, semées au printemps; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> blanc (<i>Lilium candidum</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches, +en juin et juillet; variétés à fleurs doubles, à fleurs panachées de +rouge et à feuilles panachées. Tous les Lis se multiplient de +graines ou par leurs caïeux, qu'on enlève aussitôt après la +floraison, et qu'il faut replanter immédiatement, ainsi que les +bulbes principaux, si l'on veut qu'ils fleurissent l'année suivante.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> blanc à longues fleurs (<i>L. longiflorum</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1<sup>m</sup>,30; fleurs blanches, beaucoup plus grandes que celles du Lis +blanc.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lis</span> à feuilles en fer de lance (<i>L. lancifolium</i>, <i>L. +speciosum</i>).—Hauteur, 1 mètre; en septembre, fleurs blanches, +ponctuées de pourpre, ou rouge pâle, également ponctuées.</p> + +<p>On les plante au printemps, en terre de bruyère pure ou dans une +terre composée de terre de bruyère, de terreau de fumier et de +feuilles bien consommé, mélangés par parties égales; puis on les +relève en automne pour les mettre en pots, qu'on dépose sous un +châssis ou sur une tablette de la serre tempérée ou dans +l'orangerie, et on les laisse pendant tout l'hiver sans leur donner +d'eau.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lis</span> à bandes dorées (<i>Lilium auratum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60; +fleurs très-odorantes, longues de 0<sup>m</sup>,18 à 0<sup>m</sup>,20, blanches maculées +de pourpre, avec de larges bandes d'un beau jaune.</p> + +<p>Cette plante, remarquable par la grandeur, le coloris et l'odeur de +ses fleurs, n'exige pas plus de soin que la précédente.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> bulbifère (<i>L. bulbiferum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs +grandes, d'un rouge safrané, en juin; variétés à fleurs doubles, à +feuilles panachées.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page303" name="page303"></a>(p. 303)</span> <span class="smcap">Lis</span> de Pomponne (<i>L. Pomponium</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +jaunes ponctuées de rouge brun, en mai; variété à fleurs d'un beau +rouge ponceau.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> orangé (<i>L. croceum</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; fleurs d'un +rouge safrané ponctué de noir, en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> de Catesby (<i>L. Catesbæi</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs d'un +rouge orangé, le milieu des pétales jaune ponctué de brun, en +juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> tigré (<i>L. tigrinum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un +beau rouge orangé, ponctuées de pourpre noir, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> Martagon (<i>L. Martagon</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en +juillet, fleurs rouges, safranées, jaunes, blanches, pourpres, +piquetées de blanc ou de pourpre, selon les variétés, qui sont +très-nombreuses; même culture que le Lis blanc; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lis</span> superbe (<i>L. superbum</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; en juin et +juillet, fleurs d'un rouge orangé, ponctuées de pourpre; terre de +bruyère; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lobélie</span> cardinale (<i>Lobelia cardinalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,70 à 1 +mètre. En juillet et successivement jusqu'aux gelées, fleurs en épis +rouge écarlate. Multiplication de graines, semées en pots, au +printemps, sur couche, ou en juin et juillet également en pots, mais +à froid, ou bien encore d'éclats de pied, au printemps; couverture +l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lobelia</span> Queen Victoria.—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30. En août, septembre et +octobre, fleurs en longs épis d'un rouge vif. Multiplication +d'éclats de pied; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lobelia Douglasii.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30. En août, septembre et octobre, +fleurs rouges, plus larges que celles de l'espèce ci-dessus. Même +culture.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page304" name="page304"></a>(p. 304)</span> <span class="smcap">Lobelia cœlestis.</span>—Tiges plus élevées que celles des +autres espèces; fleurs également en épis, d'un beau bleu céleste. +Même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lupin</span> polyphylle (<i>Lupinus polyphyllus</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +bleues, en mai; variété à fleurs blanches; multiplication de +graines, semées aussitôt après la maturité; terre légère, siliceuse +ou de bruyère.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lychnide</span> de Chalcédoine, <span class="smcap">Croix</span> de Jérusalem (<i>Lychnis +Chalcedonica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en juin et juillet, fleurs +écarlate vif, simples ou doubles; variété à fleurs blanches; +multiplication de graines, de boutures, faites en juin, ou d'éclats, +à l'automne ou en février.</p> + +<p>La variété à fleurs doubles veut être garantie du froid.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> visqueuse (<i>L. viscaria</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs +purpurines, de mai en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication par la séparation des touffes, en février.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> dioïque, Jacée (<i>L. dioica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; de mai en +juillet, fleurs rouges ou blanches, simples ou doubles; même +multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> de Bunge (<i>L. Bungeana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; en juin et +juillet, fleurs d'un rouge vif; multiplication de boutures ou +d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> à grandes fleurs (<i>L. grandiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 +mètre; fleurs écarlates, en juin et juillet; multiplication de +graines ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lychnide</span> éclatante (<i>L. fulgens</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,35; fleurs d'un +rouge éclatant; même multiplication; exposition à mi-soleil.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Matricaire</span> Mandiane (<i>Matricaria parthenioides</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; +fleurs blanches très-doubles, tout l'été et <span class="pagenum"><a id="page305" name="page305"></a>(p. 305)</span> l'automne; +multiplication de boutures ou d'éclats, en février et mars. Il faut +en mettre quelques pieds en pots, qu'on rentre dans l'orangerie pour +passer l'hiver, afin d'avoir des boutures au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Menthe</span> poivrée (<i>Mentha piperita</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +rougeâtres, en août; cultivée particulièrement pour l'odeur des +feuilles, dont l'essence sert à parfumer les pastilles: variété à +feuilles panachées. Multiplication de drageons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Mérendère</span> bulbocode (<i>Merendera bulbocodium</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,06 à +0<sup>m</sup>,08; fleurs blanches, puis purpurines, en mars; multiplication +par caïeux, qu'on replante en juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Molène</span> purpurine (<i>Verbascum phœniceum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à +0<sup>m</sup>,60; fleurs pourpres, de mai en juillet; variétés à fleurs rose +plus ou moins vif; multiplication de graines, semées aussitôt après +la maturité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Monarde</span> à fleurs rouges, <span class="smcap">Thé</span> d'Oswégo (<i>Monarda didyma</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,50; fleurs d'un écarlate foncé, de juin en août. Multiplication +de drageons, en automne; couverture l'hiver. On en cultive plusieurs +autres variétés, qui ne diffèrent de la précédente que par la +couleur des fleurs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Morine</span> à longues feuilles (<i>Morina longifolia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à +1 mètre; fleurs, d'un blanc rose, en juin et juillet; multiplication +de graines et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Morée</span> de la Chine, <span class="smcap">Iris</span> tigré (<i>Morœa Sinensis</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,50; fleurs safranées, ponctuées de rouge, en juin et juillet; +multiplication de graines ou par la séparation des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Muguet</span> de mai (<i>Convallaria maialis</i>).—Fleurs blanches, <span class="pagenum"><a id="page306" name="page306"></a>(p. 306)</span> +simples ou doubles, en mai: variété à fleurs roses; multiplication +de rejetons, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Muscari</span> monstrueux, <span class="smcap">Lilas</span> de terre (<i>Muscari monstruosum</i>).—Plante +bulbeuse; fleurs bleu violacé, en juin, multiplication de caïeux, +qu'il faut replanter en automne, ainsi que les bulbes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Muscari</span> odorant (<i>M. moschatum</i>).—Fleurs rougeâtres, odorantes, en +mai; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Myosotis Alpestris.</span>—Semé en juillet, le Myosotis Alpestris donne, +en avril et en mai, de charmantes fleurs bleues ou blanches, suivant +ses variétés. Repiquée par couleurs séparées, cette plante peut +servir à composer de délicieux massifs, en attendant que les plantes +de serre soient bonnes à mettre en pleine terre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> à bouquet (<i>Narcissus Tazetta</i>).—Fleurs jaunes, odorantes, +en mai; multiplication de caïeux, plantés en octobre. Cette espèce a +produit un grand nombre de variétés, dont les plus remarquables +sont: <i>Constantinople</i>, <i>Soleil d'or</i>, <i>Multiflore</i> et <i>Grand +Monarque</i>; mais comme elles ne peuvent pas supporter nos hivers et +succombent à 4 degrés de froid, il faut les planter en pots ou les +mettre sur des carafes remplies d'eau, avec quelques grains de sel; +elles fleurissent en janvier et février.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Narcisse</span> jonquille (<i>N. Jonquilla</i>).—Fleurs jaunes, odorantes, +simples ou doubles, en avril. Il faut une terre douce et +substantielle; car, dans toute autre condition, non-seulement il ne +fleurit pas, mais il périt promptement. On plante les Jonquilles en +septembre, à 0<sup>m</sup>,05 ou 0<sup>m</sup>,06 de profondeur, puis on les relève +lorsque les feuilles sont desséchées. Multiplication de caïeux, +plantés à cette époque.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Œillet</span> des fleuristes (<i>Dianthus caryophyllus</i>).—Cette <span class="pagenum"><a id="page307" name="page307"></a>(p. 307)</span> +espèce a produit un nombre considérable de variétés, qui toutes +peuvent se reporter à deux races principales: 1<sup>o</sup> les <i>flamands</i>, +dont les caractères sont: pétales parfaitement arrondis, sans +dentelures et avec de larges bandes de diverses couleurs sur un fond +blanc; 2<sup>o</sup> de <i>fantaisie</i>; on les classe dans l'ordre suivant:</p> + +<p>1<sup>re</sup> Série. <i>Ardoisés.</i> Ils sont unicolores, striés ou rubanés.</p> + +<p>2<sup>e</sup> Série. <i>Avranchains.</i> Fond jaune, plus souvent nankin, avec +flammes plus ou moins intenses.</p> + +<p>3<sup>e</sup> Série. <i>Anglais.</i> Le fond des pétales est d'un blanc pur; ils +ne sont ni laciniés ni crénelés, mais brodés d'un liséré.</p> + +<p>4<sup>e</sup> Série. <i>Fond blanc.</i> Pétales fond blanc strié, quelquefois +aussi bordés en même temps.</p> + +<p>5<sup>e</sup> Série. <i>Saxons.</i> Pétales à fond jaune strié, quelquefois +bordés en même temps.</p> + +<p>6<sup>e</sup> Série. <i>Bichons.</i> Les couleurs ne sont apparentes que sur la +superficie des pétales.</p> + +<p>On les multiplie de marcottes ou de graines, qu'on peut semer +aussitôt après la maturité; mais comme ils ne fleurissent pas tous +l'année suivante, on ne sème ordinairement les <i>Œillets</i> qu'en +avril soit en pleine terre, soit en terrines, et dans le courant de +juin; enfin, lorsque le plant est assez fort, on le repique en +pépinière et à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 d'écartement. On aide à la reprise +par quelques arrosements; puis, vers la fin d'août, on les plante, +soit dans les plates-bandes, soit par planches, et à environ 0<sup>m</sup>,40 +les uns des autres. Aussitôt après la plantation on étend sur le +terrain un paillis de fumier à moitié consommé, et les autres soins +se bornent à quelques binages et à des arrosements au besoin.</p> + +<p>Les jeunes Œillets sont ordinairement très-vigoureux, et capables +de supporter de fortes gelées sans souffrir; cependant, il est plus +prudent de les couvrir en hiver, afin de les garantir de la neige et +du givre, qui leur sont très-nuisibles. <span class="pagenum"><a id="page308" name="page308"></a>(p. 308)</span> Au printemps +suivant, et dès qu'il sera nécessaire, on leur mettra des tuteurs; +puis, afin d'avoir des fleurs parfaites, au moment où apparaissent +les boutons, on en réduit le nombre avant qu'ils soient trop +avancés. À la fin de juin ou au commencement de juillet, époque de +la floraison, on fera choix de ceux qui méritent d'être conservés, +et dans le courant de juillet on les marcottera, en ayant soin +d'observer pour cette opération tout ce que nous avons indiqué au +chapitre <i>Marcottes</i>. Mais comme il se trouve quelquefois des +branches placées tellement haut sur les tiges qu'il n'est pas +possible de les marcotter de cette manière, il faut alors les +enlever et en faire des boutures, que l'on traite de la manière +suivante: après les avoir coupées bien net au-dessous d'un nœud, +on fait une petite incision en remontant de manière à diviser la +bouture en deux; après quoi on les repique en terre légère, à une +exposition ombragée, et on les recouvre de cloches, qu'on enlève +lorsque les boutures commencent à pousser.</p> + +<p>Quand celles-ci auront assez de racines, on les empotera, puis on +les traitera, comme les marcottes enracinées, ainsi que nous allons +l'indiquer. Au commencement d'octobre, on sèvre les marcottes, +c'est-à-dire qu'on les sépare des vieux pieds, pour les planter dans +des pots d'environ 0<sup>m</sup>,08 à 0<sup>m</sup>,10; la terre que l'on emploiera pour +l'empotage devra être saine et composée de deux tiers de bonne terre +franche et d'un tiers de terreau de feuilles bien consommé, le tout +bien mélangé et passé à la claie. Aussitôt après l'empotage, on +place les pots à l'abri d'un mur, et on leur donne de temps à autre +quelques légers arrosements. À l'approche des gelées, il faut les +rentrer, afin de garantir les Œillets du froid et de l'humidité. +S'il arrivait qu'on manquât de place sous les châssis, il faudrait +faire une tranchée d'environ 0<sup>m</sup>,20 de profondeur sur 1 mètre de +largeur; puis on dispose les gaulettes de manière à <span class="pagenum"><a id="page309" name="page309"></a>(p. 309)</span> +supporter des paillassons, que l'on place au besoin, et qu'on enlève +toutes les fois que le temps le permet; et s'il survenait des froids +plus rigoureux, il suffirait toujours d'étendre les feuilles ou de +la litière sur les paillassons. Vers le mois d'avril enfin, quand +les giboulées ne sont plus à craindre, on plante les Œillets en +pleine terre ou bien on les rempote plus grandement, si on veut les +conserver en pots.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Œillet</span> remontant.—Variété de l'œillet des fleuristes, bien +supérieur au type par la longue durée de ses fleurs; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Œillet</span> de poëte, <span class="smcap">Œillet</span> barbu (<i>Dianthus barbatus</i>).—Tiges de +0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en juin et juillet, fleurs rouges, roses, blanches +ou panachées, simples ou doubles; multiplication de boutures, +marcottes, ou graines semées en août.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Œillet</span> Flon.—Quelles que soient les conditions dans lesquelles +on le cultive, cet Œillet justifie pleinement, par l'abondance et +la longue durée de ses fleurs, le nom de <i>Dianthus semperflorens</i> +qu'on lui donne en France et celui de <i>Dianthus hybridus +multiflorus</i>, qu'on lui donne en Angleterre; ses fleurs sont roses, +rouges, blanches ou blanches panachées de rose, semi-doubles et +odorantes.</p> + +<p>Sans exiger rien de plus que les autres Œillets, il donne des +fleurs depuis le mois de juin jusqu'en novembre. Rentrés dans la +serre, les pieds que l'on cultive en pots continuent de fleurir +pendant tout l'hiver.</p> + +<p>On le multiplie de boutures, en août et septembre.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ornithogale</span> pyramidale, <span class="smcap">Épi</span> de la Vierge (<i>Ornithogalum +pyramidale</i>).—Plante bulbeuse; hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs blanches, +fin de juin; multiplication de caïeux, plantés en octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page310" name="page310"></a>(p. 310)</span> <span class="smcap">Orobe</span> printanier (<i>Orobus vernus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; +fleurs purpurines, en avril; variétés à fleurs azurées. +Multiplication de graines, semées aussitôt après la maturité, ou +d'éclats en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> de Tournefort (<i>Papaver Orientale</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,60 à +0<sup>m</sup>,80; fleurs rouge orangé, en juin; multiplication de graines, +semées aussitôt après la maturité, ou de rejetons, en février.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pavot</span> à bractées (<i>P. bracteatum</i>).—Fleurs plus grandes et plus +vives de couleur; même multiplication.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pentstémon</span> à feuilles de Gentiane (<i>P. gentianoides</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,50. Tout l'été, fleurs pourpres, roses ou blanches, disposées en +longues grappes unilatérales.</p> + +<p>Multiplication de graines que l'on sème en juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Argutus, — Ovatus, — Digitalis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phalangère</span>, Lis Saint-Bruno (<i>Phalangium liliastrum</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,35; fleurs blanches, en juin; multiplication par la séparation +des racines, en automne, avec la précaution de ne pas les rompre, +car elles sont très-fragiles.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phlomis</span> tubéreux (<i>Phlomis tuberosa</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30; fleurs +violâtres, de juillet en septembre; multiplication par la séparation +des tubercules, tous les trois ans, ou de graines semées en pots.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Phlox</span> ligneux.—Tiges de 0<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,20; en juillet, août et +septembre, fleurs roses, pourpres, lilas, gris de lin, blanc pur ou +blanc lamé de différentes couleurs, selon les variétés, qui sont +très-nombreuses.</p> + +<p>On les multiplie de graines, semées aussitôt après la récolte de +boutures ou par la séparation des touffes.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Hébé, — La Candeur, — Le Vésuve, — Le Lion, — + Liervalii, — M<sup>me</sup> La Croix, — M<sup>me</sup> de Wendel, — M<sup>me</sup> + Lierval, — Mars, — Parmentier, — Raphaël, — Victor Hugo.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page311" name="page311"></a>(p. 311)</span> <span class="smcap">Pigamon</span> à feuilles d'Ancolie (<i>Thalictrum +aquilegifolium</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; en mai, fleurs vertes, +à étamines blanches; variétés à étamines lilas et rose vif; +multiplication de graines, semées au printemps, ou par la séparation +des pieds en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pivoine</span> officinale (<i>Pæonia officinalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en mai, +fleurs rouges, simples ou doubles; variétés à fleurs roses ou à +fleurs carnées d'abord, puis blanches; toutes se multiplient de +graines, semées en août, ou par la séparation des tubercules munis +d'yeux; on les plante en septembre, et de manière qu'ils ne se +trouvent recouverts que d'environ 0<sup>m</sup>,02 ou 0<sup>m</sup>,03 de terre. Ces +variétés garnissent les plates-bandes et les parterres, où elles +produisent un très-bel effet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pivoine</span> de Chine (<i>Pæonia Sinensis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +blanches, très-doubles, en juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Alba sulfurea, — Anemonæflora, — Striata, — + Clarisse, — Comte de Cussy, — Faust, — Festiva, — + Hericartiana, — Lutea variegata, — Magnifica, — Pulcherrima, + — Reine des Français, — Victoire Modeste.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Plumbago Larpentæ.</span>—Plante traçante, que l'on peut cultiver à +l'ombre. Placée dans des conditions favorables, elle forme de larges +touffes et donne pendant tout l'automne une grande quantité de +fleurs bleues, de la plus grande beauté. On la multiplie de boutures +et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Polémoine</span> bleu, <span class="smcap">Valériane</span> grecque (<i>Polemonium +cæruleum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs bleues, de mai en juillet; +variété à fleurs blanches; multiplication de graines, qui se sèment +d'elles-mêmes, ou par la séparation des touffes. Tout terrain.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Potentilla.</span>—On cultive un grand nombre d'espèces de Potentilles. +Elles ressemblent toutes un peu au Fraisier <span class="pagenum"><a id="page312" name="page312"></a>(p. 312)</span> par leur +feuillage. Les fleurs roses, rouges, pourpres, jaunes ou blanches de +ces plantes, se succèdent pendant tout l'été. Multiplication de +graines et d'éclats.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Atrosanguinea, — Aurantiaca, — Mac-Nabbiana, — + Nepalensis, — Obwoodiana, — Alba, — Purpurea, — Smoutii, — + Versicolor.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pulmonaire</span> de Virginie (<i>Pulmonaria Virginica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +de mars en mai; fleurs bleues, quelquefois rouges ou blanches: +multiplication par la séparation des touffes en automne.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pyrethrum roseum</span>, <span class="smcap">Camomille</span> rouge.—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30 à 0<sup>m</sup>,40; en +juin et juillet, fleurs simples d'un rose vif; multiplication de +graines ou par la séparation des pieds.</p> + +<p>C'est avec les fleurs de cette plante que l'on prépare la poudre +insecticide, connue sous le nom de poudre de pyrèthre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés</b> <i>à fleurs doubles</i>.—Rouges, — roses ou carnées.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Renoncule</span> des jardins (<i>Ranunculus Asiaticus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à +0<sup>m</sup>,25; variétés très-nombreuses, simples, semi-doubles ou doubles, +de presque toutes les couleurs. On les plante à 0<sup>m</sup>,05 de +profondeur, vers la fin de décembre, dans les terres légères, puis +en février et mars, dans toutes autres circonstances; elles sont en +fleurs de la fin d'avril au commencement de juin.</p> + +<p>Pour la culture et la multiplication, on observera tout ce que nous +avons indiqué pour les Anémones.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rose</span> trémière (<i>Alcœa rosea</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; de +juillet en septembre, fleurs simples, semi-doubles ou doubles, +offrant presque toutes les nuances; multiplication de graines semées +en juin; on repique les plantes en pépinière en juillet et on les +plante en automne; <span class="pagenum"><a id="page313" name="page313"></a>(p. 313)</span> on peut aussi les multiplier au moyen +de leurs drageons. Plantées en ligne, les Roses trémières produisent +un effet charmant. Pour éviter qu'elles ne soient rompues par le +vent, il faut leur donner des tuteurs ou les attacher sur des lattes +de treillage fixées sur des pieux qu'on enfonce de loin en loin. +Pour celles qui sont plantées isolément, il faut mettre un tuteur à +chacune; et lorsque les touffes sont fortes, on place un cerceau au +milieu des tiges, puis on les fixe dessus. Cette disposition produit +un fort bon effet.</p> + +<p>Pour avoir des Roses trémières moins élevées, il suffit de pincer +l'extrémité des tiges, lorsqu'elles sont arrivées à la hauteur à +laquelle on veut soumettre les plantes que l'on cultive.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rudbeckia</span> pourpre (<i>Rudbeckia purpurea</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurie +d'un pourpre rosé, disque pourpre noirâtre, de juillet en septembre; +multiplication par la séparation des pieds, en automne ou en mars.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Hirta, — Laciniata, — Drummondi, — Speciosa.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sainfoin</span> du Caucase (<i>Hedysarum Caucasicum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; de +mai en juillet, fleurs pendantes, d'un beau violet pourpre. +Multiplication de graines et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saponaire</span> officinale (<i>Saponaria officinalis</i>)—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; +fleurs roses, odorantes, en juillet; variété à fleurs doubles; +multiplication de traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> cotylédon (<i>Saxifraga cotyledon</i>), S. pyramidale (<i>S. +pyramidalis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 0<sup>m</sup>,60; fleurs d'un blanc pur, de +mai en juillet; multiplication de graines, ou par la séparation des +rosettes, qu'on repique en automne ou en février.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrage</span> de Sibérie (<i>S. crassifolia</i>, <i>Megasea +crassifolia</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page314" name="page314"></a>(p. 314)</span> 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau rose, en +mars et avril; multiplication de drageons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scabieuse</span> du Caucase (<i>Scabiosa Caucasica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; +fleurs d'un bleu tendre, de juin en août; multiplication de graines +et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> agréable (<i>Scilla amœna</i>).—Plante bulbeuse; hauteur, +0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un joli bleu, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> d'Italie, <span class="smcap">Lis-Jacinthe</span> des jardiniers (<i>S. +Italica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,16; en avril et mai, fleurs d'un joli bleu, +odorantes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scille</span> campanulée (<i>S. campanulata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; fleurs d'un +joli violet, en juin; variété à fleurs blanches.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Scille</span> du Pérou (<i>S. Peruviana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs d'un joli +bleu, en mai; variété à fleurs blanches.</p> + +<p>Moins rustique que les autres espèces, la <i>Scille du Pérou</i> exige +d'être couverte pendant l'hiver.</p> + +<p>On les multiplie toutes de caïeux, que l'on plante en octobre, ainsi +que les bulbes.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scutellaire</span> à grandes fleurs (<i>Scutellaria macrantha</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un beau bleu, de juin en octobre; +multiplication de graines ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sedum telephium rubrum.</span>—Plante grasse à feuilles charnues, dont les +fleurs, disposées en larges ombelles d'un beau rose, produisent un +effet très-ornemental; essentiellement de pleine terre, cette belle +plante n'exige pas de soins particuliers; seulement elle craint +l'humidité, surtout à l'état de repos.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> à feuilles d'Adonis (<i>Senecio adonidifolium</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, en juillet et août; on le multiplie +de graines ou d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page315" name="page315"></a>(p. 315)</span> <span class="smcap">Siléné</span> de Virginie (<i>Silene Virginica</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à +0<sup>m</sup>,30; fleurs écarlates, en juillet; multiplication de graines en +automne; couverture l'hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Soleil</span> multiflore (<i>Helianthus multiflorus</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1<sup>m</sup>,30; fleurs jaunes, d'août en septembre; tous se multiplient par +la séparation des pieds, en automne.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Mollis, — Orgyalis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> reine des prés (<i>Spiræa Ulmaria</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 +mètre; fleurs blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; +variété à feuilles panachées; arrosements fréquents en été; +multiplication d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> barbe de bouc (<i>S. Aruncus</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; +fleurs blanches, en juin et juillet; même culture. Mi-soleil.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> Filipendule (<i>S. Filipendula</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +blanches, simples ou doubles, en juin et juillet; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Spirée</span> à feuilles lobées (<i>S. lobata</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +roses, odorantes, en juillet; variété à feuilles panachées; même +culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Stenactis</span> agréable (<i>Stenactis speciosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +pourpre violacé, à disque jaune, tout l'été; multiplication de +graines ou par la division du pied.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Stevia</span> pourpre (<i>Stevia purpurea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs roses, +disposées en corymbe, en juillet et août: multiplication de graines +semées au printemps ou d'éclats; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Stevia</span> à feuilles en scie (<i>S. serrata</i>).—Même hauteur; fleurs +blanches, odorantes, en juillet et août; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tanaisie</span> commune (<i>Tanacetum vulgare</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page316" name="page316"></a>(p. 316)</span> 1<sup>m</sup>,30; +fleurs d'un beau jaune, en août; multiplication de drageons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tigridie</span> à grandes fleurs (<i>Tigridia pavonia</i>).—Plante bulbeuse; +hauteur, 0<sup>m</sup>,40 à 0<sup>m</sup>,50; fleurs jaunes ou écarlates, ponctuées de +pourpre foncé; elles se succèdent de juillet en août, mais elles ne +durent chacune que huit ou dix heures; multiplication par caïeux, +que l'on sépare en mars et avril, et que l'on replante de suite, +ainsi que les bulbes, à 0<sup>m</sup>,05 de profondeur.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tournefortie</span> couchée (<i>Tournefortia heliotropioides</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,35; tout l'été, fleurs bleuâtres que l'on hiverne sous châssis; +multiplication de graines et de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tubéreuse</span> des jardins (<i>Polianthes tuberosa</i>).—Plante bulbeuse; +hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,30; de juillet en septembre, fleurs blanches +à odeur très-suave, simples ou doubles; multiplication des caïeux, +qu'on ne sépare qu'au printemps, pour les planter sur couche. La +plantation des bulbes à fleurs doit avoir lieu au mois de mars, et +en pots, qui sont placés sur une couche et sous châssis. Tant que +l'oignon ne pousse pas, il ne faut lui donner que peu d'eau; mais +dès qu'il a quelques feuilles, il faut l'arroser fréquemment.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tulipe</span> de Gessner ou des Fleuristes (<i>Tulipa Gessneriana</i>).—Cette +espèce a fourni, par le semis, un nombre considérable de variétés, +aux nuances des couleurs les plus vives. Elles aiment une terre +douce et substantielle, rendue légère par des engrais +très-consommés. On les multiplie de graines, semées en pleine terre, +depuis septembre jusqu'en novembre, ou de caïeux qu'on replante en +septembre au plus tard. La plantation des oignons à fleurs doit +avoir lieu à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Après +avoir bien préparé le terrain, on le divise <span class="pagenum"><a id="page317" name="page317"></a>(p. 317)</span> ordinairement +par plates-bandes d'environ 1 mètre de largeur, on trace un rang au +milieu, puis deux de chaque côté, les disposant de manière qu'ils +soient à égale distance, et les deux premiers à 0<sup>m</sup>,12 ou 0<sup>m</sup>,15 du +bord, et, comme pour les Jacinthes, on ouvre un sillon avec la +binette, en commençant la plantation par le rang du milieu, pour +lequel on choisit les plantes les plus élevées; car, en admettant +qu'on ne possède pas une collection classée par noms et couleurs, +elle doit au moins être rangée par hauteurs. On place les Tulipes à +environ 0<sup>m</sup>,15 les unes des autres sur la ligne, et on les appuie +légèrement de manière qu'elles soient recouvertes d'environ 0<sup>m</sup>,08 +de terre; puis on rapproche la terre, afin qu'il n'existe aucun +vide. On procédera de même pour chaque rang, en ayant soin de placer +les oignons en échiquier. Après la plantation, on étend sur le tout +un bon paillis de fumier à moitié consommé, et jusqu'à la floraison +tous les soins consistent à donner quelques binages, à arracher les +mauvaises herbes, et en quelques bassinages au printemps si la +température l'exige.</p> + +<p>La floraison est ordinairement dans toute sa beauté vers les +premiers jours de mai. Si l'on veut prolonger la durée des fleurs et +jouir de tout leur éclat, il faut, vers la fin d'avril, élever une +petite charpente sur laquelle on étend une toile au moment du +soleil. Aussitôt après que les Tulipes sont défleuries, on étête +celles dont on ne veut pas conserver la graine, afin que la séve +reste concentrée dans l'oignon, ce qui augmentera sa vigueur pour la +floraison de l'année suivante. On laisse les oignons en terre +jusqu'à leur parfaite maturité, qui a lieu ordinairement vers la fin +de juin; mais pour les arracher il faut choisir un beau temps, et à +mesure qu'on les retire de terre, on détache les caïeux et les +vieilles racines, puis, en frottant légèrement avec le pouce on +enlève les vieilles écailles. Mais il faut surtout éviter de laisser +les oignons exposés au soleil, <span class="pagenum"><a id="page318" name="page318"></a>(p. 318)</span> car le plus grand nombre +seraient perdus. On place chaque rang immédiatement dans une case +avec un numéro d'ordre, puis l'on dépose tous les oignons dans un +lieu bien aéré, mais où ils ne puissent pas être atteints par la +gelée.</p> + +<p>Comme nous l'avons indiqué pour les Jacinthes, on peut semer au +printemps un peu de graines de Pied-d'Alouette dans les planches de +Tulipes, pour garnir le terrain en attendant l'époque d'enlever les +oignons.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tussilage</span> odorant, <span class="smcap">Héliotrope</span> d'hiver (<i>Tussilago +fragrans</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,30; de novembre en janvier, fleurs d'un +blanc purpurin, à odeur d'Héliotrope; multiplication de drageons.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Valériane</span> rouge (<i>Valeriana rubra</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; +fleurs rouges ou blanches, de juin en octobre; toutes se multiplient +de graines, semées en place en automne ou au printemps, ou par la +séparation de leurs pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Varaire</span> blanc, <span class="smcap">Hellébore</span> blanc (<i>Veratrum album</i>).—Hauteur, 1 +mètre; fleurs blanches, en juin et août; multiplication de graines +et de bulbes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Varaire</span> noir (<i>V. <a href="#groseillier">nigrum</a></i>).—Plus haut que le précédent; fleurs +brunâtres, de juin en août; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Vélar</span> de Barbarie, <span class="smcap">Herbe</span> de Sainte-Barbe (<i>Erysimum +Barbarea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; en mai, fleurs jaunes, simples ou +doubles; multiplication d'éclats, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Verge</span> d'or du Canada (<i>Solidago Canadensis</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; +fleurs d'un jaune brillant, de juillet en septembre. On la multiplie +de graines, semées aussitôt après la maturité, ou par la séparation +des pieds, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page319" name="page319"></a>(p. 319)</span> <span class="smcap">Vernonie</span> (<i>Vernonia præalta</i>).—Hauteur, 2 mètres, en +octobre et novembre, fleurs pourpre violacé disposées en corymbe +terminal. Multiplication par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Véronique</span> à épis (<i>Veronica spicata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,50; fleurs +bleues, blanches ou roses, de juin en août. Multiplication de +graines, semées en juin, ou par la séparation des pieds, en automne.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Zauschnéria</span> de Californie (<i>Zauschneria Californica</i>).—Charmante +petite plante à fleurs rouge écarlate, qu'on multiplie de boutures +ou de graines semées en juillet en pépinière.</p> + +<p>On hiverne le jeune plant sous châssis, et au printemps on le plante +en pleine terre par groupes comme les Verveines et les Pétunies.</p> +</div> + + +<h3><span class="smcap">Section IV.</span>—Plantes de serre que l'on peut cultiver en pleine terre +pendant l'été.</h3> + +<p>Pour les soins généraux à donner aux plantes de serre cultivées en +pleine terre, pendant l'été, voir page <a href="#page91">91</a>.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Alternanthera spatulata.</span>—Plante herbacée, touffue; haute de 0<sup>m</sup>,10 +à 0<sup>m</sup>,15, feuilles en forme de spatule, d'un vert clair +irrégulièrement panachée de rose, de saumon et de jaune.</p> + +<p>Traitée comme les Coléus, cette charmante plante peut être employée +exactement aux mêmes usages.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Begonia.</span>—Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Begonias +produisent un charmant effet, par la beauté de leurs feuilles, +l'abondance et la longue durée de leurs fleurs.</p> + +<p>On les plante, dans la seconde quinzaine de mai, en terre de +bruyère, en lignes ou en massif. On les multiplie de boutures que +l'on hiverne dans la serre chaude.</p> + +<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page320" name="page320"></a>(p. 320)</span> <b>Variétés.</b>—Fuchsioïdes, — Ingrami, — Lucida, — + Prestoniensis.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Caladium esculentum.</span>—Bien que cette plante soit de serre chaude, on +peut la cultiver en pleine terre pendant l'été. C'est même à en +juger d'après le développement que prennent les Caladium esculentum, +cultivés en pleine terre, le mode de culture qui leur convient le +mieux. Comme tous les végétaux doués d'une grande vigueur, les +Caladium esculentum veulent de bons engrais consommés et de copieux +arrosements pendant les chaleurs.</p> + +<p>On les plante dans la seconde quinzaine de mai isolément ou en +massif, puis on les relève à l'approche des gelées pour les hiverner +dans la serre chaude.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Calcéolaire</span> ligneuse.—Beaucoup plus rustiques que les Calcéolaires +herbacées, les Calcéolaires ligneuses peuvent être cultivées en +pleine terre pendant l'été. Le beau jaune des fleurs de ces plantes +produit un charmant effet, au centre d'un massif de Géranium rouge +ou de Lobelia erinus à fleurs bleues.</p> + +<p>On multiplie les Calcéolaires ligneuses de boutures, faites sous +cloches en août et septembre, et hivernées sous châssis. Ces +boutures sont bonnes à mettre en pleine terre dans le courant de +mai<a id="footnotetag15" name="footnotetag15"></a><a href="#footnote15" title="Go to footnote 15"><span class="smaller">[15]</span></a>.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Canna Indica.</span>—Cette plante, plus remarquable par <span class="pagenum"><a id="page321" name="page321"></a>(p. 321)</span> ses +feuilles que par ses fleurs, peut être cultivée en pleine terre, +pendant l'été. Avec de la chaleur, de l'eau et des engrais, les +Canna dépassent par leur vigueur tout ce que notre climat permet +d'espérer.</p> + +<p>Pour avoir des Canna semblables à ceux que l'on voit, chaque année, +dans les squares de Paris, il faut les mettre sur couche, dans la +seconde quinzaine de mars. Quand les drageons qui partent du pied +ont environ 0<sup>m</sup>,10 de longueur, on les détache avec une portion de +tubercule, puis on les plante dans des pots que l'on tient sur +couche jusqu'en mai, époque à laquelle on peut mettre les Canna en +pleine terre.</p> + +<p>Après avoir joui de la beauté de cette plante, pendant toute la +belle saison, on la relève à l'approche des gelées, pour la +conserver dans une cave bien sèche, ou sur le gradin de la serre +tempérée, exactement comme les Dahlias.</p> + +<p>Quant aux variétés qui ne produisent pas de tubercules, on doit, +après les avoir arrachées, les mettre dans des pots que l'on hiverne +dans la serre chaude.</p> + +<p>On multiplie les Canna de drageons, comme nous avons indiqué de le +faire, ou de graines, que l'on sème sur couche au printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Annei, — Discolor, Edulis, — Gigantea, — Indica, — + Indica superba, — Leptophylla, — Liliiflora, — Lutea, — + Peruviana, — Zebrina, — Warscewczii.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cassia.</span>—Les Cassia sont de beaux arbrisseaux, à fleurs jaunes +disposées en corymbe, que l'on peut placer sur les pelouses de +gazon, pendant l'été.</p> + +<p>Jeunes, ils produisent peu d'effet; mais comme, cultivés en pleine +terre, ils végètent vigoureusement, on peut, à défaut de forts +exemplaires, en planter de moyens; on les plante en mai, puis on les +relève, à l'approche des gelées, <span class="pagenum"><a id="page322" name="page322"></a>(p. 322)</span> pour les conserver dans +l'orangerie jusqu'au printemps suivant.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Floribunda, — Corymbosa, — Tomentosa.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chamærops humilis</span> (<i>Palmier nain</i>).—Malgré la rusticité bien connue +de cette plante, on doit sous le climat de Paris la cultiver en pot.</p> + +<p>Disposés par groupe sur les pelouses de gazon, les Chamærops humilis +produisent pendant l'été un effet tout nouveau, par l'aspect de +leurs feuilles, si différentes de celles des autres végétaux.</p> + +<p>Hiverné dans l'orangerie, le Chamærops humilis est facile à +conserver.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cheiranthus Delilianus.</span>—Charmante petite giroflée à fleurs rouge +violacé, d'une longue durée, que l'on peut cultiver en pleine terre +pendant l'été.</p> + +<p>On la multiplie de boutures, que l'on hiverne sous châssis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cheiranthus Marshallii.</span>—Tout aussi recommandable, cette plante +diffère du Cheiranthus Delilianus par la couleur de ses fleurs, qui +sont d'un beau jaune; elle se cultive exactement de même.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chrysanthème</span> frutescent (<i>Chrysanthème à fleurs blanches</i>).—Cette +plante, dont les fleurs ressemblent un peu aux marguerites des prés, +convient tout particulièrement, par la rusticité et la longue durée +de ses fleurs, pour garnir les massifs.</p> + +<p>On la multiplie de boutures faites sous cloche en août et septembre. +Hivernés sous châssis, les Chrysanthèmes frutescents peuvent être +livrés à la pleine terre dans le courant de mai<a id="footnotetag16" name="footnotetag16"></a><a href="#footnote16" title="Go to footnote 16"><span class="smaller">[16]</span></a>.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Coleus Verschaffelti.</span>—Tous les Coléus sont remarquables <span class="pagenum"><a id="page323" name="page323"></a>(p. 323)</span> +par la riche coloration de leurs feuilles, mais ils sont délicats. +Seule, l'espèce nommée Verschaffelti peut être cultivée en pleine +terre pendant l'été comme les Lantana, les Héliotropes et les +Salvia.</p> + +<p>Rien ne peut donner une idée de la beauté de cette plante, quand +elle a reçu à propos tous les soins qu'elle réclame.</p> + +<p>On multiplie les Coleus Verschaffelti de boutures, que l'on hiverne +dans la serre chaude.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cuphéa.</span>—Les Cuphéa doivent, conformément à leur taille peu élevée, +être placés sur le bord des massifs. Cultivées en pleine terre +pendant l'été, ces charmantes petites plantes donnent des fleurs +jusqu'aux gelées; on les multiplie de semis ou de boutures que l'on +hiverne sous châssis.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Platycentra, — Ignea, — Strigulosa.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Érythrina.</span>—Comme toutes les plantes qui végètent vigoureusement, +les Érythrina ont besoin de beaucoup de nourriture pour donner de +belles fleurs. Aussi, à moins que le sol qu'on leur destine ne soit +froid et humide, il vaut mieux les cultiver en pleine terre pendant +l'été que de les conserver en pots.</p> + +<p>Cet arbuste est digne, par la beauté de ses grandes fleurs rouges, +de figurer dans tous les jardins. On peut le planter isolément ou en +massif. On le rentre pendant l'hiver dans l'orangerie où il doit +rester jusqu'au printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Crista galli, — Bellengerii, — Floribunda, — Madame + Bellengé, — Marie Bellengé, — Ruberrima.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page324" name="page324"></a>(p. 324)</span> <span class="smcap">Eucalyptus globulus.</span>—Grand et bel arbre de l'Australie que +l'on peut cultiver en pleine terre pendant l'été; doué d'une vigueur +peu commune, l'Eucalyptus globulus est susceptible d'acquérir 5 +mètres d'élévation dans une année; ses feuilles, couvertes d'une +poussière blanchâtre dans leur jeunesse, diffèrent essentiellement +de celles que donnent les arbres de nos jardins. Multiplication de +graines, semées vers la fin de l'été, afin d'avoir des plants bons à +mettre en pleine terre l'année suivante.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Datura arborea.</span>—Le Datura arborea est sinon la première plante de +serre que l'on ait cultivée en pleine terre pendant l'été, du moins +l'une des premières; ses fleurs, longues souvent de 0<sup>m</sup>,32, sont +pendantes, blanches et très-odorantes.</p> + +<p>Dans de grands jardins, on peut composer des massifs de Datura +arborea; mais partout ailleurs, il est préférable de cultiver cette +belle plante isolément.</p> + +<p>On multiplie le Datura arborea de boutures, que l'on hiverne dans +l'orangerie, comme les vieux pieds.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Fuchsia.</span>—Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Fuchsia +donnent des fleurs jusqu'aux gelées, sans exiger d'autres soins que +des arrosements proportionnés à l'état de la température.</p> + +<p>On les multiplie de semis, ou de boutures que l'on hiverne en serre +ou sous châssis.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs rouge plus ou moins foncé, ou blanches avec + la corolle rouge.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Héliotropes.</span>—Pour avoir de beaux Héliotropes, il faut les cultiver +en pleine terre pendant l'été.</p> + +<p>On les multiplie de semis, ou mieux de boutures, faites sur couches, +en janvier et février.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page325" name="page325"></a>(p. 325)</span> Plantées dans le courant de mai, les boutures d'Héliotrope +prennent en peu de temps un grand développement et donnent des +fleurs jusqu'aux gelées.</p> + +<p>Quelques pieds d'Héliotropes hivernés dans la serre chaude +suffisent, chaque année, pour avoir autant de boutures qu'il en faut +pour garnir un jardin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Du Pérou, — Triomphe de Liége, — Gloire des massifs, + — Anna Thurell.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lantana.</span>—Les Lantana sont de charmantes petites plantes à fleurs en +corymbes, d'abord jaunes, puis rouges ou lilas, avec lesquelles on +peut composer de délicieux massifs.</p> + +<p>On multiplie les Lantana de semis ou de boutures, faites sur couche +en janvier et février. En donnant à ces boutures la chaleur dont +elles ont besoin, elles peuvent être livrées à la pleine terre dans +la seconde quinzaine de mai.</p> + +<p>Il faut aux Lantana une terre légère, largement pourvue d'engrais +consommé.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Aurantiaca, — Delicatissima, — Mutabilis.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Lobelia ramosa.</span>—Plante à bordures, à fleurs d'un beau bleu.</p> + +<p>Cultivé en pleine terre pendant l'été, le Lobelia ramosa donne des +fleurs jusqu'aux gelées. On le multiplie de semis, ou de boutures en +août et septembre.</p> + +<p>Hivernées sous châssis, les boutures de Lobelia ramosa peuvent être +livrées à la pleine terre dans le courant de mai.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mimulus.</span>—La difficulté de conserver les Mimulus pendant l'hiver +fait que l'on doit se contenter de les cultiver comme des plantes +annuelles.</p> + +<p>Semés sur couche en février et mars, les Mimulus peuvent être livrés +à la pleine terre, dans la seconde quinzaine de mai. Cultivés en +terre légère mélangée de terreau, les <span class="pagenum"><a id="page326" name="page326"></a>(p. 326)</span> Mimulus forment de +larges touffes, quand on pince à propos l'extrémité des tiges.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Variegatus, — Cardinalis.</p> + +<p>Le Mimulus musqué est une espèce rampante à petites fleurs jaunes, +que l'on peut cultiver à l'ombre, en terre de bruyère.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Nicotiana wigandioïdes.</span>—Plante vivace d'orangerie que l'on peut +cultiver en pleine terre pendant l'été, exactement comme les Datura. +Placé dans des conditions favorables le Nicotiana wigandioïdes +constitue une belle plante à feuilles ornementales que l'on +multiplie de graines et de boutures.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Nierembergia gracilis.</span>—La Nierembergia gracilis, convient tout +particulièrement, pour faire des bordures, en couchant les branches +sur le sol. Cultivée en pleine terre pendant l'été, elle donne des +fleurs jusqu'aux gelées. On la multiplie de semis, ou mieux de +boutures, que l'on hiverne sous châssis.</p> + +<p>Beaucoup plus vigoureux, le <i>Nierembergia frutescent</i> mérite la +préférence à tous égards.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pélargonium zonale.</span>—Beaucoup plus connue sous le nom de Géranium, +que sous celui de Pélargonium, cette plante fait aujourd'hui le plus +bel ornement de nos jardins.</p> + +<p>Tout aussi recommandable par sa rusticité que par l'éclat, +l'abondance et la longue durée de ses fleurs, le Géranium zonale +convient tout particulièrement pour garnir les vases et les massifs. +On le multiplie de semis, ou mieux de boutures faites sous cloches +en août et septembre.</p> + +<p>Hivernés en serre ou sous châssis, les Géranium zonale peuvent être +livrés à la pleine terre dans le courant de <span class="pagenum"><a id="page327" name="page327"></a>(p. 327)</span> mai. Comme ils +prennent en peu de temps un grand développement, il est beaucoup +plus simple de planter chaque année de jeunes Géranium, que de +conserver les vieux pieds.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs rouges, — roses, — blanches, ou rouges à + feuilles panachées de blanc.</p> + +<p>L'espèce connue sous le nom de <i>Géranium à feuilles de lierre</i> peut +être cultivée en bordure pendant l'été.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pétunia.</span>—Ayant reconnu depuis longtemps qu'il était beaucoup plus +simple de cultiver les Pétunia comme des plantes annuelles que de +conserver les vieux pieds, on les sème maintenant en mars sur +couche, puis on les repique, aussitôt que le plan est assez avancé, +ou bien on les sème en avril, immédiatement en place.</p> + +<p>Quant aux variétés à fleurs doubles, que l'on veut conserver, il +faut en faire des boutures, en août et septembre, et les hiverner +sous châssis.</p> + +<p>Cultivés en pleine terre pendant l'été, les Pétunia donnent des +fleurs jusqu'aux gelées. Aussi, de toutes les plantes qui servent à +l'ornementation des jardins, il n'en est pas qui conviennent mieux +que les Pétunia pour garnir les vases et les massifs, ou faire des +bordures, en couchant les branches sur le sol<a id="footnotetag17" name="footnotetag17"></a><a href="#footnote17" title="Go to footnote 17"><span class="smaller">[17]</span></a>.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salvia splendens.</span>—Bien que les fleurs de cette belle plante +apparaissent un peu tard, on ne doit pas en négliger la culture, car +livrée à la pleine terre, dans le courant de juin, elle donne, +pendant tout l'automne, de longs épis <span class="pagenum"><a id="page328" name="page328"></a>(p. 328)</span> de fleurs rouges, +d'un éclat tel, qu'il est impossible de les fixer longtemps.</p> + +<p>On multiplie le Salvia splendens de semis, ou mieux de boutures, +faites sur couche en mars et avril. Quelques pieds de Salvia +splendens, hivernés dans la serre chaude, suffisent, chaque année, +pour avoir autant de boutures qu'il en faut pour garnir un jardin.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Solanum.</span>—Considérés au point de vue ornemental, les Solanum +présentent un immense intérêt. Cultivées en pleine terre pendant +l'été, certaines espèces produisent un effet remarquable par la +beauté de leurs feuilles.</p> + +<p>On peut en composer des massifs; cependant il est préférable de les +placer isolément sur les pelouses de gazon.</p> + +<p>On multiplie les Solanum de semis, ou de boutures, que l'on hiverne +dans la serre chaude.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Atropurpureum, — Betaceum, — Callicarqum, — + Marginatum, — Purpureum, — Pyracanthum, — Robustum.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Senecio cinéraria</span> (<i>Cineraria maritima</i>).—Plante rameuse à feuilles +pennées recouverte de même que les tiges, d'un duvet tomenteux. +Disposée en lignes, autour des massifs de Coléus ou de toute autre +plante de couleur vive, la Cineraria maritime produit un charmant +effet; elle peut au besoin passer l'hiver dehors; cependant, il est +préférable de faire des boutures chaque année, afin de remplacer les +vieux pieds, qui finissent par prendre un trop grand développement.</p> + +<p>La <i>Centaurea candidissima</i> peut être employée dans les mêmes +circonstances; elle est même d'un plus beau blanc que la Cineraria +maritime, seulement elle est moins rustique.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Statice latifolia.</span>—Cette plante vivace, à feuilles radicales, tiges +rameuses à ramifications, disposées en corymbe paniculé; fleurs +bleues, de juillet en septembre.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page329" name="page329"></a>(p. 329)</span> Multiplication de graines, en juin et juillet; bien que +rustique, la Statice latifolia doit être cultivée en pot, que l'on +hiverne sous châssis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tagetes lucida.</span>—Les fleurs de cette plante sont d'un beau jaune. +Elles sont petites, mais très-nombreuses et d'une longue durée. Au +besoin, le Tagetes lucida peut remplacer la Calcéolaire ligneuse +dans la composition des massifs, où l'on veut avoir des fleurs +jaunes. On le multiplie de semis ou de boutures, que l'on hiverne +sous châssis.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tradescantia</span> zebrina.—Plante rampante, propre à garnir, pendant +l'été, la surface des massifs consacrés à la culture des plantes de +serre chaude.</p> + +<p>Les conditions tout exceptionnelles dans lesquelles prospère le +Tradescantia zebrina, ajoutent encore à l'intérêt que présente cette +charmante plante si remarquable déjà par la beauté de ses feuilles.</p> + +<p>On multiplie le Tradescantia zebrina de boutures que l'on hiverne en +serre chaude.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Verveines</span> hybrides.—Les graines que donnent ces charmantes petites +plantes, produisent chaque année un nombre considérable de variétés +de toutes nuances. Semées en février et mars sur couche, les +Verveines hybrides peuvent être repiquées en pots, ou immédiatement +en place, comme toutes les plantes annuelles que l'on sème au +printemps.</p> + +<p>Malgré la simplicité de ce mode de culture, on multiplie le plus +souvent les Verveines de boutures, en août et septembre; hivernés +sous châssis, les boutures de Verveines sont bonnes à mettre en +pleine terre en avril et mai.</p> + +<p>L'éclat, la fraîcheur et la longue durée des fleurs de Verveines +permettent de recommander particulièrement <span class="pagenum"><a id="page330" name="page330"></a>(p. 330)</span> ces plantes, +pour composer des massifs, ou faire des bordures, en couchant les +branches sur le sol.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Véroniques</span> ligneuses.—Les Véroniques ligneuses sont des plantes +qu'il ne faut pas confondre avec les Véroniques vivaces dont les +tiges meurent chaque année. Disposées en longues grappes rouges, +roses ou lilas les fleurs de Véroniques ligneuses passent +successivement au blanc.</p> + +<p>On les multiplie de semis ou de boutures, faites sous cloches, en +août et septembre. Hivernées sous châssis, les boutures de +Véroniques ligneuses peuvent être livrées à la pleine terre dans le +courant de mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Andersoni, — Lindleyana, — Splendida.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Wigandia</span> Caracasana.—De toutes les plantes de serre cultivées pour +la beauté de leurs feuilles il n'en est pas de plus ornementales que +le Wigandia Caracasana.</p> + +<p>On le multiplie de semis ou de boutures, de racines, en septembre et +octobre; hivernées en serre ou sous châssis, les boutures de +Wigandia Caracasana peuvent être livrées à la pleine terre vers la +fin de mai.</p> + +<p>Pour obtenir tout l'effet que cette belle plante peut produire, il +faut lui réserver une place sur les pelouses de gazon et lui donner +une terre légère largement pourvue d'engrais consommés.</p> + +<h3>Section V.—Plantes pour l'ornement des eaux.</h3> + +<h4>1. <i>Plantes à feuilles flottantes.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Alisma</span> flottant (<i>Alisma natans</i>).—Fleurs blanches.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cornifle</span> à fruits épineux (<i>Ceratophyllum demersum</i>).—Fleurs +herbacées, en juin et juillet; variété à fruits lisses.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fléchière</span> aquatique (<i>Sagittaria sagittifolia</i>).—Fleurs blanches, +en juin; multiplication de graines.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page331" name="page331"></a>(p. 331)</span> <span class="smcap">Macre</span> flottante, châtaigne d'eau (<i>Trapa natans</i>).—Fleurs +blanches, en juin; multiplication de graines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ményanthe</span> Trèfle d'eau (<i>Menyanthes trifoliata</i>).—Fleurs blanches, +en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Morrène</span> grenouillette (<i>Hydrocharis morsus ranæ</i>).—Fleurs blanches, +en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Nénuphar</span> blanc, <span class="smcap">Lis</span> d'étang (<i>Nymphæa alba</i>).—Fleurs blanches ou +jaunes, en juin, juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Nénuphar</span> odorant (<i>N. odorata</i>).—Fleurs blanches, doubles, +odorantes, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Renouée</span> amphibie (<i>Polygonum amphibium</i>).—Fleurs rouges, en +juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Villarsie</span> à feuilles de Nénuphar, <span class="smcap">Ményanthe</span> (<i>Villarsia +nymphoides</i>).—Fleurs jaunes, en juillet.</p> + + +<h4>2. <i>Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Acore</span> odorant (<i>Acorus calamus</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,50; fleurs +odorantes, en chatons, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris</span> des marais, <span class="smcap">Glaïeul</span> des marais (<i>Iris +Pseudo-Acorus</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau jaune, en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Massette</span> à larges feuilles (<i>Typha latifolia</i>).—Tiges de 1<sup>m</sup>,65 à 2 +mètres, terminées par un épi de fleurs brunes, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Massette</span> à feuilles étroites (<i>T. angustifolia</i>).—Moins élevée que +la précédente.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Naïade</span> à feuilles lancéolées (<i>Naias monosperma</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,15; +fleurs herbacées, en août et septembre; multiplication de graines, +qui se resèment d'elles-mêmes.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page332" name="page332"></a>(p. 332)</span> <span class="smcap">Patience</span> aquatique (<i>Rumex hydrolapathum</i>),—Hauteur, +1<sup>m</sup>,50 à 2 mètres; fleurs verdâtres, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pontédérie</span> à feuilles en cœur (<i>Pontederia cordata</i>).—Fleurs +bleues, en mai. On peut également cultiver cette belle plante sur le +bord de l'eau.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pesse</span> d'eau (<i>Hippuris vulgaris</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20; fleurs +d'un blanc sale, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Renoncule</span> à feuilles longues, <span class="smcap">Grande Douve</span> (<i>Ranunculus +lingua</i>).—Tiges de 1 mètre; fleurs jaunes, en juin, et +successivement jusqu'en octobre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Salicaire</span> effilée (<i>Lythrum virgatum</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs d'un rose pourpre, en juillet et août.</p> + +<p>Toutes les Salicaires peuvent également être cultivées sur le bord +de l'eau.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saurure</span> penché (<i>Saururus cernuus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs +blanches, disposées en une longue grappe courbée au sommet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scirpe</span> des étangs (<i>Scirpus lacustris</i>).—Plante très-élevée, +donnant en juillet des fleurs disposées en épis terminaux.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sparganium</span> flottant, <span class="smcap">Ruban</span> d'eau (<i>Sparganium natans</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,33; fleurs en chatons, en juillet.</p> + +<p>Toutes ces plantes peuvent être cultivées dans de grands pots ou +dans des baquets que l'on plonge dans l'eau.</p> +</div> + +<h4>3. <i>Plantes propres à la décoration du bord de l'eau.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Alisma</span> plantain d'eau (<i>Alisma plantago</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +blanches ou rougeâtres, en juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Arundo donax.</span>—Cette plante, remarquable par la <span class="pagenum"><a id="page333" name="page333"></a>(p. 333)</span> puissance +de sa végétation, doit, comme tous les roseaux, être cultivée +isolément; chaque année, on coupe les tiges de l'Arundo donax rez de +terre, puis on le couvre de feuilles pendant les hivers rigoureux.</p> + +<div class="type"> +<p><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées de blanc, — à feuilles panachées + de jaune.</p> + +<p>La variété à feuilles panachées de blanc doit être rentrée + l'hiver. Celle à feuilles panachées de jaune peut rester en + place.</p> +</div> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bambusa aurea.</span> Originaire du nord de la Chine, cette belle plante +résiste, sans souffrir, aux froids les plus rigoureux. Comme tous +les bambous, elle fournit de nombreuses tiges ligneuses d'un effet +véritablement très-pittoresque. Multiplication par boutures de +racines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Butome</span> ombellé, <span class="smcap">Jonc</span> fleuri (<i>Butomus umbellatus</i>).—Hauteur, 1 +mètre; fleurs roses, en juillet; variété à feuilles panachées.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Linaigrette</span> à gaînes (<i>Eriophorum vaginatum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; en +mars et avril, épis couverts de longues soies blanches.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> à feuilles de saule (<i>Lysimachia ephemerum</i>).—Hauteur, 1 +mètre; fleurs blanches, de juillet en septembre; multiplication de +graines semées sur couches, fréquemment arrosées, ou de l'éclat des +pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> thyrsiflore, <span class="smcap">Naumburgia</span> thyrsiflore (<i>L. +thyrsiflora</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en juin et juillet; +multiplication de graines et d'éclats.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lysimachie</span> ponctuée (<i>L. punctata</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +jaunes, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Parnassie</span> des marais (<i>Parnassia palustris</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,25 à +0<sup>m</sup>,30; fleurs blanches tachées de jaune, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phalaris</span> rubané, <span class="smcap">Roseau</span> ruban (<i>Phalaris arundinacea <span class="pagenum"><a id="page334" name="page334"></a>(p. 334)</span> +picta</i>).—Hauteur, 1 mètre; feuilles rubanées de jaune; fleurs +disposées en panicule spiciforme, blanchâtre du côté de l'ombre, +pourpre du côté du soleil; multiplication par traces.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Populage</span> des marais, <span class="smcap">Souci</span> des marais (<i>Calthapalustris</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,33; en avril et mai, fleurs d'un beau jaune, simples ou doubles.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Renoncule</span> flamme (<i>Ranunculus flammula</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,40; fleurs +jaunes, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Scorpione</span> des marais, <span class="smcap">Souvenez-vous-de-moi</span> (<i>Myosotis +palustris</i>).—Tiges de 0<sup>m</sup>,20 à 0<sup>m</sup>,26; fleurs d'un bleu céleste, +d'avril en août; multiplication de graines, semées au printemps, de +boutures ou par l'éclat des pieds.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Spirées</span> (<i>Spiræa</i>).—Presque toutes les espèces herbacées se +plaisent sur le bord des eaux et produisent un effet agréable.</p> + +<h4>4. <i>Arbres et arbustes.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> veinée (<i>Vaccinium uliginosum</i>).—Tiges rampantes; fleurs +blanches ou carnées, en mai et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> caneberge (<i>V. Oxycoccos</i>).—Tiges comme la précédente; +fleurs rouges, en mai; baies rouges avec des points pourpre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aune</span> (<i>Alnus</i>).—Tous aiment une terre humide, marécageuse ou même +submergée. (<i>V. Arbres d'agrément.</i>)</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Céphalanthe</span> d'Amérique, <span class="smcap">Bois-bouton</span> (<i>Cephalantus +occidentalis</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,30 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en août +et septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Chionanthe</span> de Virginie, <span class="smcap">Arbre</span> de neige (<i>Chionantus +Virginica</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 mètres; fleurs blanches, en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page335" name="page335"></a>(p. 335)</span> <span class="smcap">Cyprès</span> chauve de la Louisiane (<i>Cupressus disticha</i>, +<i>Schubertia disticha</i>). (V. <i>Arbres d'agrément.</i>)</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Dirca</span> des marais, <span class="smcap">Bois-cuir</span> (<i>Dirca palustris</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à +2 mètres; fleurs d'un blanc jaunâtre, en mars et avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Galé</span>, Piment royal (<i>Myrica Gale</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs en chatons, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Galé</span> de Pensylvanie (<i>M. Pennsylvanica</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 +mètres; fleurs comme le précédent.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hamamélis</span> de Virginie (<i>Hamamelis Virginica</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à +1<sup>m</sup>,65; fleurs d'un blanc jaunâtre, en automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Peupliers</span> (<i>Populus</i>).—Ils se plaisent dans les terrains humides et +tous sont propres à la décoration des pièces d'eau et des rivières. +(V. <i>Arbres d'agrément.</i>)</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saules</span> (<i>Salix</i>).—Tous les saules conviennent aux sites aquatiques +des jardins paysagers et peuvent être avantageusement placés aux +bords des eaux, où ils produisent un effet très-pittoresque. (V. +<i>Arbres d'agrément.</i>)</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tamarix</span> de Narbonne (<i>Tamarix Gallica</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33; +fleurs d'un blanc purpurin, de mai en octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tamarix</span> d'Allemagne (<i>T. Germanica</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,33 à 2<sup>m</sup>,65; +fleurs d'un pourpre pâle ou rose, de juin en septembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tupélo</span> velu (<i>Nyssa villosa</i>).—Grand et bel arbre, à fleurs +verdâtres, en juin; fruit bleu.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Aquatique, — des forêts.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> obier, <span class="smcap">Sureau</span> aquatique (<i>Viburnum opulus</i>).—Hauteur, 1 +mètre à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en mai et juin; baies rouges.</p> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page336" name="page336"></a>(p. 336)</span> <span class="smcap">Section VI.</span>—Plantes pour rocailles.</h3> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aubrietia deltoidea.</span>—Petite plante formant de larges touffes, à +fleurs d'un bleu clair, pendant tout le printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Arabis verna.</span>—Petite plante en touffes; fleurs bla</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Campanules.</span>—Les <i>Campanula cespitosa</i> et <i>Carpathica</i>, déjà +recommandées comme plantes à bordures, conviennent également bien +pour garnir les rochers.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Crucianella rubra.</span>—Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,25 à 0<sup>m</sup>,30; +fleurs roses, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Epinedium Alpinum.</span>—Tiges de 0<sup>m</sup>,35; fleurs rouges et jaunes, en +avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erinus Alpinus.</span>—Petite plante en touffes; fleurs purpurines ou +blanches; en mars et avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fougères.</span>—Les <i>Athyrium fœmina</i>, <i>Adianthum pedatum</i>, <i>Aspidium +lobatum</i>, <i>astræa</i>, <i>recurva</i>, <i>Blechnum spicans</i>, <i>Osmunda +regalis</i>, <i>Onoclea sensibilis</i>, <i>Pteris aquilina</i>, <i>Scolopendrium +officinarum</i>, <i>Struthiopteris Germanica</i>, peuvent être placés entre +les pierres des rochers, surtout de ceux qui se trouvent dans un +endroit frais et abrité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Iris Germanica.</span>—Il n'est pas de plante plus rustique et qui +convienne mieux que les <i>Iris Germanica</i> pour garnir les rochers.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Linaria cymbalaria.</span>—Tiges rampantes; fleurs bleu</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Œthionema cordifolia.</span>—Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20; +fleurs d'un beau rose, en avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Potentilla reptans.</span>—Tiges rampantes; fleurs jaun</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page337" name="page337"></a>(p. 337)</span> <span class="smcap">Primevères.</span>—Toutes les variétés du <i>Primula veris</i> peuvent +être employées pour garnir les rochers.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saponaria ocimoides.</span>—Tiges étalées, longues de 0<sup>m</sup>,15 à 0<sup>m</sup>,20; +fleurs purpurines, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Saxifrages.</span>—Les <i>Saxifraga granulata</i>, <i>hypnoides</i> et <i>sarmentosa</i> +conviennent tout particulièrement pour garnir les rochers.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sedum.</span>—Tous les Sedum sont propres à garnir les rochers, et +particulièrement les <i>Sedum acre</i>, <i>elegans</i>, <i>hirsutum</i>, +<i>populifolium</i>, <i>Sieboldii</i> et <i>Telephium rubrum</i>.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sempervivum tectorum.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; fleurs purpurines, de +juillet en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tussilago farfara</span>, <i>foliis variegatis</i>.—Plante remarquable par la +beauté de ses larges feuilles, panachées de jaune; fleurs jaunes en +février et mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Vinca major</span> (Pervenche grande).—Tiges d'environ 0<sup>m</sup>,65, les unes +droites, les autres couchées; fleurs bleues tout l'été; variété à +feuilles panachées.</p> + +<p><span class="smcap">Vinca minor</span> (Pervenche petite).—Fleurs bleues, simples ou doubles; +variété à fleurs blanches.</p> +</div> + +<h4><i>Arbres et arbrisseaux.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Airelle</span> anguleuse (<i>Vaccinium myrtillus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +d'un blanc rosé, en mai; baies d'un bleu noirâtre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Astragale</span> adragant (<i>Astragalus tragacantha</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Câprier</span> commun (<i>Capparis spinosa</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches, en juin et juillet; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page338" name="page338"></a>(p. 338)</span> <span class="smcap">Chêne</span> kermès (<i>Quercus coccifera</i>).—Hauteur, 1 mètre; +glands ovales, ne mûrissant que la seconde année.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cotoneaster buxifolia.</span>—Arbrisseau peu élevé, à rameaux inclinés; en +avril et mai, fleurs blanches. Fruits rouges, en automne.</p> + +<p>Les <i>Cotoneaster microphylla comptus</i> et <i>marginatus</i>, conviennent +également pour garnir les rochers et les terrains en pente.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fontanesia</span> à feuilles de Filaria (<i>Fontaniesa +phyllireoides</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, puis rougeâtres, +en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier</span> stérile (<i>Ribes sterile</i>).—Fleurs jaunes, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> jaune (<i>Jasminum fruticans</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs jaunes, de mai en septembre; baies noirâtres.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> de la Chine (<i>Lycium Sinense</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33; +fleurs d'un violet purpurin, tout l'été; baies rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> à feuilles étroites, <span class="smcap">Jasminoide</span> (<i>L. barbarum</i>).—Il diffère +du précédent par ses feuilles un peu plus larges, et par ses fleurs +d'un blanc pourpre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lyciet</span> d'Europe (<i>L. Europeum</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs +blanchâtres.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Millepertuis</span> à grandes fleurs (<i>Hypericum calycinum</i>).—Hauteur, +0<sup>m</sup>,34; fleurs d'un beau jaune, de juin en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> commune (<i>Rubus fruticosus</i>).—On en cultive plusieurs +variétés les plus remarquables sont:</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> à fleurs blanches doubles.—Fleurs semblables à de petites +roses, de juin en novembre.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page339" name="page339"></a>(p. 339)</span> <span class="smcap">Ronce</span> à feuilles découpées.—Fleurs roses, de juillet en +septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ronce</span> à fleurs roses.—Fleurs roses très-doubles.</p> + + +<h3><span class="smcap">Section VII.</span>—Plantes grimpantes pour garnir les murs, berceaux, +tonnelles.</h3> + +<h4>1. <i>Plantes annuelles et vivaces.</i></h4> + +<p class="plants"><span class="smcap">Calystegia pubescens.</span>—Tout l'été, fleurs doubles, d'un rose tendre, +nuancé de rose plus vif.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Calystegia sepium</span> (var. <i>incarnatum</i>).—Fleurs simples, d'un rose +tendre.</p> + +<p>Les Calystégia conviennent tout particulièrement pour garnir les +berceaux, les rochers et la tige des grands arbres que l'on veut +dissimuler; on les multiplie par tronçons de racines.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> grande (<i>Tropœolum majus</i>).—Fleurs jaune orangé, tout +l'été; variété à fleur brune; semer en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Capucine</span> des Canaries. (<i>Tropœolum peregrinum</i>).—Tout l'été, +fleurs jaune serin; même culture.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cobée</span> grimpante (<i>Cobæa scandens</i>). Fleurs violettes, tout l'été; +semer sur couche, en mars. Dès que les plants ont quelques feuilles, +on les repique dans de petits pots, qu'on laisse sur couche jusqu'à +la fin d'avril ou au commencement de mai, époque où on les met en +pleine terre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Courge</span> vivace (<i>Cucurbita perennis</i>).—Cette courge est extrêmement +remarquable par sa rusticité, la beauté de ses feuilles veloutées et +l'odeur agréable de ses fleurs. Les tiges de la courge vivace +meurent pendant l'hiver, mais elles repoussent au printemps avec une +grande vigueur; <span class="pagenum"><a id="page340" name="page340"></a>(p. 340)</span> on la multiplie de graines, de marcottes +et de rejetons, que l'on replante au printemps.</p> + +<p>La courge, connue sous le nom de <i>Tladiantha dubia</i>, produit des +tubercules qui servent à sa reproduction.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Courges</span> annuelles.—Toutes les courges annuelles peuvent être +cultivées comme plantes grimpantes.</p> + +<p>On les sème en mars, sur couche, ou en mai, immédiatement en place; +à cet effet, on prépare un bon trou, que l'on remplit de fumier, on +place la terre provenant de la fouille sur le fumier, puis on fait +un bassin, au centre duquel on sème les graines de courge.</p> + +<p>Les courges pèlerine, poire à poudre, plate de Corse, massue, +siphon, métulifère, dipsaceus, myriocarpus (courge groseille), +melanosperma et toutes les coloquintes peuvent être traitées comme +nous venons de l'indiquer.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> odorante, Pois de senteur (<i>Lathyrus odoratus</i>).—Fleurs +violettes, roses, rouges ou blanches, odorantes; semer en place, en +automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> de Tanger (<i>L. Tingitanus</i>).—Fleurs d'un rouge pourpre foncé, +de juillet en octobre; semer en place au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gesse</span> à larges feuilles, <span class="smcap">Pois</span> vivace (<i>L. Latifolius</i>).—Plante +vivace; fleurs d'un rose pourpre, de juillet en septembre; semer en +place, en automne ou au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Haricot</span> d'Espagne (<i>Phasœlus coccineus</i>).—Fleurs rouge écarlate, +tout l'été; variétés à fleurs blanches et à fleurs bicolores; semer +en place, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> pourpre, <span class="smcap">Volubilis</span> (<i>Convolvulus purpureus</i>, <i>Ipomœa +purpurea</i>).—Pendant l'été, fleurs blanches, rouges, roses, bleues +ou panachées. Toutes les variétés se sèment en place, en avril et +mai.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page341" name="page341"></a>(p. 341)</span> <span class="smcap">Ipomée</span> Nil ou de Michaux (<i>I. Nil</i>, <i>C. Nil.</i>)—Fleurs d'un +bleu azuré, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> écarlate, <span class="smcap">Quamoclit</span> écarlate (<i>I. coccinea</i>).—Fleurs +écarlates, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Thunbergia</span> à pétioles ailés (<i>Thunbergia alala</i>).—Fleurs jaunes +avec le centre pourpre, tout l'été; variété à fleurs blanches; semer +sur couche, au printemps, et repiquer le plant en pleine terre.</p> + + +<h4>2. <i>Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut mettre en +pleine terre tout l'été.</i></h4> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Boussingaultia Baselloides.</span>—Grande plante sarmenteuse, à fleurs +blanches, petites, très-odorantes.</p> + +<p>Multiplication de boutures, qui s'enracinent facilement et par les +tubercules; couverture l'hiver.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Capucines</span> tubéreuses.—On cultive plusieurs espèces de Capucines à +racines tubéreuses, mais elles exigent la serre. Plus rustique que +les autres, l'espèce connue sous le nom de <i>Tropæolum pentaphyllum</i> +peut être plantée en pleine terre, en avril ou mai.</p> + +<p>À l'approche des froids, on relève les tubercules, que l'on conserve +dans de la terre sèche jusqu'au moment de les replanter.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Dioclée</span> glycinoïde (<i>Dioclea glycinoides</i>).—Fleurs d'un rouge +très-vif, en automne; multiplication de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Eccremocarpus</span> rude (<i>Eccremocarpus scaber</i>).—Fleurs écarlates, en +juillet et août; semer aussitôt après la maturité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ipomée</span> de Léar (<i>Ipomœa Learii</i>).—Fleurs grandes, d'un beau +bleu, tout l'été et l'automne; multiplication de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page342" name="page342"></a>(p. 342)</span> <span class="smcap">Loasa</span> à fleurs rouges (<i>Laosa lateritia</i>).—Fleurs rouge +brique, tout l'été; multiplication de graines ou de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Loasa</span> à fleurs orangées (<i>L. aurantiaca</i>).—Fleurs jaune orangé, +tout l'été; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lophosperme</span> à fleurs roses (<i>Lophospermum erubescens</i>).—Fleurs +roses, tout l'été; multiplication de graines et de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lophosperme</span> volubile (<i>L. rhodochiton</i>).—Moins élevée que la +précédente; fleurs roses, tout l'été; même multiplication.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> toujours fleurie (<i>Maurandia semperflorens</i>).—Fleurs d'un +rose pourpre, tout l'été. On la multiplie de graines, semées sur +couche au printemps, et de boutures.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> à fleurs de Muflier (<i>M. antirrhiniflora</i>).—Fleurs +lilacées, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Maurandie</span> de Barclay (<i>M. Barclayana</i>).—Fleurs d'un beau bleu, tout +l'été.</p> + + +<h4>3. <i>Arbrisseaux<a id="footnotetag18" name="footnotetag18"></a><a href="#footnote18" title="Go to footnote 18"><span class="smaller">[18]</span></a>.</i></h4> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Aristoloche</span> siphon (<i>Aristolochia sipho</i>).—En mai et juin, fleurs +d'un pourpre obscur, en forme de pipe.</p> + +<p class="type"><b>Variétés</b>.—Tomenteuse, — * Sempervirens.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> des Alpes (<i>Atragene Alpina</i>).—Fleurs bleu clair, en juin +et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> de Sibérie (<i>A. Sibirica</i>).—Fleurs blanches.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> de l'Inde (<i>A. Indica</i>).—Fleurs d'abord verdâtres, +<span class="pagenum"><a id="page343" name="page343"></a>(p. 343)</span> puis blanches, d'avril en novembre; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Atragène</span> à vrilles (<i>A. cirrhosa</i>).—Fleurs d'un blanc verdâtre, en +automne.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span>, <span class="smcap">Jasmin</span> de Virginie (<i>Bignonia radicans</i>).—Fleurs grandes, +d'un rouge écarlate, en juillet et août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span> à grandes fleurs (<i>B. grandiflora</i>).—Fl</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bignone</span> à vrilles (<i>B. capreolata</i>).—En juin, fleurs d'un jaune +orangé au sommet, pourpre à la base.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Célastre</span> grimpant, <span class="smcap">Bourreau</span> des arbres (<i>Celastrus +scandens</i>).—Fleurs verdâtres, en mai et juin; fruit rouge.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chèvrefeuille</span> des jardiniers (<i>Lonicera Caprifolium</i>).—En mai et +juin, fleurs à odeur suave, roses en dedans, plus ou moins rouges en +dehors. Variété à fleurs blanches et à feuilles panachées.</p> + +<p class="type"><b>Variétés</b>.—Flava, — Japonica, — Sempervirens, — Sinensis.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Clématite</span> odorante (<i>Clematis flammula</i>).—En juillet et août, +fleurs blanches, disposées en grappes, très-odorantes.</p> + +<p class="type"><b>Variétés</b>.—Azurea, — Bicolor, — Florida, — Hendersoni, — + Montana, — Sophia, — Viticella, — Viticella venosa.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Décumaire</span> sarmenteux (<i>Decumaria barbata</i>).—Fleurs blanches, d'une +odeur suave, en août et septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Glycine</span> de la Chine (<i>Glycine Sinensis</i>).—Fleurs grandes, d'un bleu +pâle ou blanches, à odeur suave, en avril. Comme tous les arbustes +vigoureux, les Glycines de la Chine peuvent être taillées. +Seulement, il faut, contrairement à ce qui se fait ordinairement, +les tailler dans le courant de juin, autrement elles ne donnent pas +de fleurs l'année suivante.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page344" name="page344"></a>(p. 344)</span> <span class="smcap">Glycine</span> frutescente (<i>G. frutescens</i>).—Fleurs violettes, +de juin en septembre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Backousiana, — Floribunda.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Grenadille</span> bleue, <span class="smcap">Fleur</span> de la Passion (<i>Passiflora +cœrulea</i>).—Fleurs blanches, bleues et purpurines, de juillet en +octobre; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Grenadille</span> incarnate (<i>P. incarnata</i>).—Fleurs blanches, purpurines, +violettes et noires, en juillet et en août; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Houblon</span> cultivé (<i>Humulus lupulus</i>).—Fleurs jaunes, en cône +écailleux, de juin en août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> blanc (<i>Jasminum officinale</i>).—Fleurs blanches, à odeur +suave, tout l'été.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Jasmin</span> triomphant (<i>J. revolutum</i>).—Fleurs d'un jaune très-vif, +très-odorantes; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> grimpant (<i>Hedera helix</i>).—Fleurs petites, verdâtres, en +septembre et octobre; baies noires; variété à feuilles panachées ou +maculées de blanc ou de jaune.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> d'Irlande (<i>H. Hibernica</i>).—Feuilles plus grandes; produit +plus d'effet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ménisperme</span> du Canada (<i>Menispermum Canadense</i>).—Fleurs petites, +verdâtres, de juin en juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De la Caroline, — de Virginie.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Morelle</span> grimpante, <span class="smcap">Vigne</span> de Judée (<i>Solanum dulcamara</i>).—Fleurs +violettes, en juin et juillet; baies rouges.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — à feuilles de jasmin.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Périploca</span> de Grèce (<i>Periploca Græca</i>).—Fleurs pourpre noirâtre, en +juin et juillet.</p> + +<h4><span class="pagenum"><a id="page345" name="page345"></a>(p. 345)</span> 4. <i>Rosiers.</i></h4> + +<div class="type"> + <p><i>Des Alpes.</i>—Boursault, fleurs roses, semi-doubles,—Calypso, + fleurs blanches, nacrées,—Reversa, fleurs pourpres,—Inermis, + fleurs rose pâle.</p> + + <p><i>Banks.</i>—À fleurs blanches,—À fleurs jaunes.</p> + + <p><i>À bractées.</i>—Ayrschyres, fleurs doubles, carnées, à odeur de + thé,—Macartney, fleurs blanches,—Maria-Leonida, fleurs + blanches,—Triomphe de Machetteau, fleurs roses, striées de + blanc.</p> + + <p><i>Des champs.</i>—À fleurs roses,—À grandes fleurs blanches.</p> + + <p><i>Multiflore.</i>—À fleurs-roses, doubles,—À fleurs rouges, + doubles,—Gaulhie, fleurs blanches,—Laure Davoust, fleurs carné + vif.</p> + + <p><i>Muscat.</i>—Blanches simples,—Blanches doubles,—Comtesse Plater, + fleurs blanc jaunâtre,—Princesse de Nassau, fleurs + blanches,—Dupont, fleurs blanches simples,—Éponine, fleurs + blanches doubles.</p> + + <p><i>Noisette.</i>—Chromatella jaune foncé,—Euphrosine, roses et + jaunâtres, odorant,—Noisette ordinaire, fleurs couleur de + chair,—Desprez, fleurs jaune rosé,—Lamarque, fleurs + blanches,—Labiche, fleurs blanches, cœur rose,—Solfatare, + jaune soufre.</p> + + <p><i>Toujours vert.</i>—Scandens, fleurs blanches,—Adélaïde d'Orléans, + fleurs blanches,—Princesse Marie, fleurs rose + tendre,—Félicité-Perpétue, fleurs blanc carné.</p> +</div> + +<p>Les Rosiers grimpants, que l'on veut tailler, doivent être soumis à +cette opération aussitôt après la floraison; autrement, ils ne +donnent pas de fleurs l'année suivante.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Schizandre</span> cocciné (<i>Schizandra coccinea</i>).—Fleurs coccinées, en +juillet; couverture l'hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Vigne</span> vierge (<i>Cissus quinquefolia</i>).—Arbrisseau recommandable par +sa vigueur et sa rusticité; fleurs verdâtres, en automne.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—D'Orient, — Hétérophylle.</p> +</div> + +<h3><span class="pagenum"><a id="page346" name="page346"></a>(p. 346)</span> <span class="smcap">Section VIII.</span>—Arbrisseaux et arbustes à feuilles +caduques<a id="footnotetag19" name="footnotetag19"></a><a href="#footnote19" title="Go to footnote 19"><span class="smaller">[19]</span></a>.</h3> + +<p>Chaque fois que la culture des arbrisseaux, arbustes et arbres +n'offrira rien de particulier, nous n'entrerons dans aucun détail à +ce sujet. Tous se multiplient de graines, de greffes, de boutures ou +de marcottes; mais nous n'avons pas jugé nécessaire d'indiquer le +mode de reproduction de chacun, car ce n'est guère que dans les +pépinières qu'on peut se livrer à leur éducation avec avantage. +Quant à l'époque de la plantation, on devra toujours tenir compte de +la nature du terrain et observer tout ce qui est indiqué pour les +arbres fruitiers.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Amandier</span> nain (<i>Amygdalus nana</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs +d'un beau rose, en avril; variété à fleurs doubles.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De Géorgie, — de Perse, — à feuilles panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> du Canada (<i>Cratægus Canadensis</i>).—Hauteur, 3<sup>m</sup>,33 à 4 +mètres; fleurs blanches, en avril; fruits presque noirs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> à grappes (<i>C. racemosa</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches, en avril et mai; fruits noirs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Amelanchier</span> à épis (<i>C. spicata</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches, en mai; fruits rouges.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Amorpha</span> frutescent, <span class="smcap">Faux-Indigo</span> (<i>Amorpha fruticosa</i>).—Hauteur, 2 +mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs d'un bleu violâtre, en juin et juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Lewesii, — Glabra, — Crispa.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page347" name="page347"></a>(p. 347)</span> <span class="smcap">Argousier</span> rhamnoïde (<i>Hippophæ rhamnoides</i>).—Hauteur, 2 +mètres à 2<sup>m</sup>,33; rameaux épineux; feuilles blanchâtres, tachées de +roussâtre; fleurs verdâtres, en avril; baies orangées.</p> + +<div class="plants"> +<p>* <span class="smcap">Assiminier</span> de Virginie, <span class="smcap">Anone</span> à trois lobes (<i>Assiminia +virginiana</i>).—Hauteur, 3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; fleurs d'un pourpre +très-brun, en mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À grandes fleurs, — à petites fleurs.</p> +</div> + +<p class="plants">* <span class="smcap">Azédarach</span> bipenné, <span class="smcap">Arbre</span> saint (<i>Melia Azedarach</i>).—Hauteur, +3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; en juillet, fleurs d'un lilas tendre, à odeur +suave; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> ordinaire (<i>Colutea arborescens</i>).—Hauteur, 3 à 4 +mètres; fleurs jaunes, tout l'été; fruits vésiculeux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> du Levant (<i>C. orientalis</i>).—Hauteur, 2 mètres; fleurs +rouge safrané, en juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Baguenaudier</span> d'Alep (<i>C. Alepica</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; +fleurs jaunes, tout l'été.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Bourgène</span> (<i>Rhamnus frangula</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 mètres; fleurs +verdâtres, en avril et mai; baies noires.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Des Alpes, — à larges feuilles.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bugrane</span> frutescente (<i>Ononis fruticosa</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +roses, en mai et juin; variété à fleurs blanches.</p> + +<div class="plants"> +<p>* <span class="smcap">Calycanthe</span> de la Caroline, <span class="smcap">Pompadoura</span>, <span class="smcap">Arbre</span> aux Anémones +(<i>Calycanthus floridus</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; de mai en +août, fleurs d'un rouge brun, exhalant une odeur très-agréable.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Fragrans, Occidentalis.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Caragana</span> arborescent (<i>Caragana arborescens</i>, <i>Robinia <span class="pagenum"><a id="page348" name="page348"></a>(p. 348)</span> +Caragana</i>).—Hauteur, 2 mètres à 3<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Caragana</span> frutescent (<i>C. frutescens</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +jaunes, en mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Caragana</span> argenté (<i>C. argentea</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs +d'un rose pâle, en avril et mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Altagana, — Chamlagu, — Grandiflora, — Pygmæa.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cerisier</span> odorant, <span class="smcap">Bois</span> de Sainte-Lucie (<i>Cerasus Mahaleb</i>, <i>Prunus +Mahaleb</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs blanches odorantes, en +mai; fruits noirs.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cestreau</span> à baies noires (<i>Cestrum Parqui</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65; tout +l'été, fleurs jaunes, exhalant une agréable odeur pendant la nuit.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chamécerisier</span> de Tartarie (<i>Chamæcerasus (Lonicera) +Tatarica</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs roses en dehors, blanches en +dedans; baies rouges.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Des Pyrénées, — Ledebour, — de Standish.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p>* <span class="smcap">Clethra</span> à feuilles d'Aune (<i>Clethra alnifolia</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 +à 2 mètres; fleurs petites, blanches, odorantes, en août.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Cotonneux, — Acuminé, — Paniculé.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coignassier</span> de la Chine (<i>Cydonia Sinensis</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau rouge, odeur suave, en avril et mai.</p> + +<p class="plants">* <span class="smcap">Comptonie</span> à feuilles de Fougère (<i>Comptonia +aspleniifolia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs en chatons, de +mars en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Corète</span> du Japon (<i>Kerria Japonica</i>, <i>Spiræa Japonica</i>).—Hauteur, +1<sup>m</sup>,65 à deux mètres; fleurs jaunes, très-doubles, tout l'été et +l'automne.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page349" name="page349"></a>(p. 349)</span> <span class="smcap">Coronille</span> des jardins (<i>Coronilla Emerus</i>).—Hauteur, +1<sup>m</sup>,33; fleurs d'un beau jaune, tachées de rouge, d'avril en juin.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cornouiller</span> sanguin (<i>Cornus sanguinea</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 +mètres; rameaux d'un beau rouge; fleurs blanches, en juin, baies +noires.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De la Floride, — à feuilles alternes.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cytise</span> à feuilles sessiles, <span class="smcap">Trifolium</span> (<i>Cytisus +sessilifolius</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mars +et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cytise</span> à épis (<i>C. nigricans</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; fleurs +jaunes, odorantes, en juin et juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cytise</span> à fleurs en tête (<i>C. capitatus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs +d'un jaune aurore, en juin et juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Adami, — à fleurs blanches, — à fleurs pourpres, — + Biflore.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> Bois-Joli (<i>Daphne Mezereum</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; de +décembre en février, fleurs rose vif ou blanches, odorantes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> des Alpes (<i>D. alpina</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches +odorantes, en mai et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Deutzie</span> crénelée (<i>Deutzia scabra</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +blanches, tout l'été.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Deutzie</span> à tiges effilées (<i>D. gracilis</i>).—Plus élevée que la +précédente; en mai et juin, fleurs disposées en petites grappes, +d'un beau blanc.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Canescens, — Corymbosa.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Dierville</span> jaune (<i>Diervilla lutea</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; +fleurs jaunes, de juin en novembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Épine-Vinette</span> (<i>Berberis vulgaris</i>).—Hauteur, 2 mètres <span class="pagenum"><a id="page350" name="page350"></a>(p. 350)</span> à +2<sup>m</sup>,65; fleurs jaunes, en mai; fruits rouges dans la maturité.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles pourpres, — à feuilles panachées, — du + Canada, — du Népal.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Forsythia suspensa.</span>—Arbuste du Japon, à rameaux sarmenteux. Fleurs +jaunes, nombreuses, en février et mars.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Fusain</span> commun, <span class="smcap">Bonnet</span> de prêtre (<i>Evonymus Europæus</i>).—Hauteur, +3<sup>m</sup>,33 à 4 mètres; fleurs blanchâtres, en mai; fruits d'un beau +rouge. + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Atropurpureus, — Latifolius, — Verrucosus.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Gattilier</span> commun (<i>Vitex agnus castus</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 +mètres; fleurs violettes ou blanches, en été.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Hybride, — à feuilles incisées.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Genêt</span> d'Espagne (<i>Genista juncea</i>).—Hauteur, 2 mètres; fleurs d'un +beau jaune, à odeur suave, en juillet et août; variétés à fleurs +doubles inodores.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs blanches, — de Sibérie, — des teinturiers.</p> +</div> + +<p class="plants">* <span class="smcap">Gordonia</span> à feuilles glabres (<i>Gordonia lasianthus</i>).—Hauteur, 4 +mètres; fleurs blanches, en septembre et octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gordania</span> pubescent (<i>G. pubescens</i>).—Moins élevé que le précédent; +fleurs blanches, en août et septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Groseillier</span> doré (<i>Ribes aureum</i>).—Hauteur, 2 à 3 mètres; fleurs +jaunes, odorantes, en avril.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Groseillier</span> à fleurs rouges (<i>R. sanguineum</i>).—Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs d'un rose vif, en avril.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Malvaceum, — Gordonianum, — Sanguineum, — + Sanguineum flore pleno, — Flore albo, — Speciosum.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Halésie</span> à quatre ailes (<i>Halesia tetraptera</i>).—Hauteur; 4 à 5 +mètres; fleurs blanches, nombreuses, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page351" name="page351"></a>(p. 351)</span> <span class="smcap">Halésie</span> à deux ailes (<i>H. diptera</i>).—Cette espèce ne +diffère de la précédente que par ses feuilles, un peu plus larges, +et ses graines.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hydrangea japonica.</span>—Port de l'Hortensia; en août, fleurs d'un blanc +rosé teinté de bleu; variétés à feuilles panachées de blanc; propre +à former de charmants massifs.</p> + +<p class="plants">* <span class="smcap">Hydrangée</span> de Virginie (<i>Hydrangea arborescens</i>).—Hauteur, 1 mètre +à 1<sup>m</sup>,33; fleurs blanches, en juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Indigofera Dosua.</span>—Cet arbuste, digne à tous égards de figurer au +premier rang dans les massifs du jardin d'agrément, donne en mai, et +successivement jusqu'aux gelées, de charmantes fleurs, d'un rose +pourpre, disposées en longues grappes, semblables à celles de +l'Acacia blanc. L'espèce nommée <i>Indigofera decora</i> est également +recommandable par l'abondance de sa floraison.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Itea</span> de Virginie (<i>Itea Virginica</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches, en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Itea</span> à grappes (<i>I. racemiflora</i>).—Hauteur, 5 à 6 mètres; fleurs +blanches, en juin.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Ketmie</span> des jardins, <span class="smcap">Althæa Frutex</span> (<i>Hibiscus Syriacus</i>).—Hauteur, 2 +mètres à 2<sup>m</sup>,33; en août et septembre, fleurs rouge pourpre, +violettes ou blanches, avec onglets d'un rouge vif, suivant la +variété.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs doubles, — à feuilles panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Leycestérie</span> élégante (<i>Leycesteria formosa</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 +mètres; fleurs d'un blanc rosé, tout l'été; couverture pendant les +fortes gelées.</p> + +<p><span class="smcap">Lilas</span> commun (<i>Syringa vulgaris</i>).—Hauteur, 3 à 4 mètres; en avril +et mai, fleurs violettes, rouges, pourpres ou blanches, suivant les +variétés, qui sont nombreuses <span class="pagenum"><a id="page352" name="page352"></a>(p. 352)</span> maintenant, par suite des +semis que l'on fait chaque année.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lilas</span> de Perse (<i>S. Persica</i>).—Fleurs rouges, pourpres ou blanches, +plus petites que celles du Lilas commun.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lilas</span> Josika (<i>S. Josikæa</i>).—Fleurs de couleur violâtre, plus +tardives que celles des autres espèces.</p> + +<p class="plants">* <span class="smcap">Magnolia</span> discolore (<i>Magnolia discolor</i>).—Hauteur, 1 mètre à 4 +mètres; fleurs pourpres en dehors, blanches en dedans, d'avril en +juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> glauque (<i>M. glauca</i>).—Hauteur, 5 mètres; fleurs blanches, +à odeur très-suave, de juillet en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Merisier</span> à grappes (<i>Cerasus Padus</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +blanches, en mai; fruits noirs.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Millepertuis</span> fétide (<i>Hypericum hircinum</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs jaunes, tout l'été.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Élevé, — Prolifique, — à feuilles oblongues, — à + feuilles de Kalmia, — à feuilles de Romarin.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Mûrier</span> multicaule (<i>Morus multicolis</i>).—Feuilles grandes et +gaufrées, d'un bel effet; il craint les gelées, mais on peut le +rabattre chaque année et couvrir le pied en hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Noisetier</span> d'Amérique (<i>Corylus Americana</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1<sup>m</sup>,65; fleurs en mars et avril; fruits petits et de peu de valeur.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles pourpres, — à feuilles laciniées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Paliure</span> porte-chapeau (<i>Paliurus aculeatus</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; +rameaux très-épineux; fleurs jaunes, très-petites, en juin et +juillet; fruits d'une forme singulière.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pivoine</span> en arbre.—Toutes les Pivoines en arbre supportent <span class="pagenum"><a id="page353" name="page353"></a>(p. 353)</span> +très-bien nos hivers avec un léger abri; mais comme elles entrent en +végétation de très-bonne heure, il faut avoir soin de les garantir +contre les gelées du printemps.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Athlète, — Blanche de Noisette, — Comte de Flandres, + — Comte de Rambuteau, — Impératrice Joséphine, — Moutan, — + M<sup>me</sup> de Vatry, — Triomphe de Malines.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Poincillade</span> de Gillies (<i>Poinciana Gilliesii</i>).—Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs en grappes, grandes, jaunes, étamines d'un beau +pourpre violacé; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Potentille</span> frutescente (<i>Potentilla fruticosa</i>).—Hauteur, 1 mètre; +fleurs d'un beau jaune, tout l'été.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Prunier</span> épineux, <span class="smcap">Prunellier</span> (<i>Prunus spinosa</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; +rameaux épineux: fleurs blanches, en mars et avril; fruits petits, +très-acerbes. Cet arbrisseau est propre à faire des haies +impénétrables.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs doubles, — à fleurs panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ptéléa</span> trifolié, <span class="smcap">Orme</span> à trois feuilles (<i>Ptelea +trifoliata</i>).—Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs verdâtres, en juin.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rosiers.</span>—Ce beau genre est très-nombreux en espèces, et grâce aux +variétés remontantes, on peut jouir maintenant une bonne partie de +l'année de la beauté de ses charmantes fleurs. Les Rosiers aiment +une terre franche, un peu fraîche, amendée de temps à autre avec des +engrais consommés; on les multiplie de graines, de rejetons, de +marcottes, de boutures et de greffes.</p> + +<p>1. <i>Semis.</i>—Ce mode de multiplication n'est employé que lorsqu'on +désire avoir des variétés nouvelles. On sème les graines aussitôt +après la maturité, soit en terrines, qu'on rentre l'hiver, soit dans +une plate-bande au levant, en ayant soin de couvrir les semis +pendant les gelées.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page354" name="page354"></a>(p. 354)</span> 2. <i>Rejetons.</i>—On les enlève en automne, on les met en +jauge pour les replanter en février ou mars; ils sont d'une reprise +facile; il n'est même pas nécessaire qu'ils aient beaucoup de +racines; il suffit souvent d'un bon talon.</p> + +<p>3. <i>Marcottes.</i>—On marcotte les espèces à bois tendre par incision, +en mai et juin, soit en pleine terre, soit dans des pots à marcotte, +et pour les espèces à rameaux ligneux on les marcotte par cépée. +(<i>Voyez</i> l'article <i>Marcottes</i>.)</p> + +<p>4. <i>Boutures.</i>—Presque tous peuvent être multipliés de boutures, +mais sur couche et étouffées. Les Bengales et les Îles-Bourbon +peuvent seuls se passer de ces soins.</p> + +<p>C'est principalement par la greffe en écusson que l'on multiplie les +espèces qu'on veut élever à tige; on leur donne l'Églantier à fruits +longs pour sujet, puis le Rosier Quatre-Saisons ou le Bengale +ordinaire pour les espèces qui ont quelque affinité avec ces +derniers, et dans le cas où l'on ne veut que des tiges peu élevées.</p> + +<p>On greffe les Rosiers en juillet et août, en ayant soin, comme nous +l'avons indiqué à l'article <i>Greffes</i>, de profiter du moment où les +sujets sont le plus en séve.</p> + +<p>Quant au choix des espèces, chacun doit les prendre à son goût, et +la seule recommandation que nous ayons à faire aux personnes qui ont +des rosiers à greffer, c'est de prendre toujours de préférence des +espèces qui puissent supporter sans souffrir les rigueurs de nos +hivers.</p> + +<p>Indépendamment des Rosiers greffés, on cultive un grand nombre de +variétés franches de pied, avec lesquelles on forme de charmants +massifs. Mais comme beaucoup souffrent de nos hivers, il faut, pour +les conserver, les butter à l'approche des froids, puis les couvrir +de feuilles ou de litière, s'il survient de fortes gelées. En +février enfin, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on +découvre ces Rosiers et l'on détruit les buttes. Par ce moyen, l'on +peut <span class="pagenum"><a id="page355" name="page355"></a>(p. 355)</span> sans crainte livrer à la pleine terre toutes les +variétés qu'on cultive ordinairement en pots.</p> + +<p>On peut facilement avancer la floraison des espèces, telles que +Quatre-Saisons, du Roi, Bengale ordinaire et quelques-unes de ses +variétés. Pour cela, il faut avoir des Rosiers plantés en pots de +l'année précédente; on les taille en automne, et dès le mois de +janvier on peut commencer à en forcer une partie, soit en les +plaçant dans une serre chauffée, toujours le plus près possible des +vitraux, ou bien sous châssis; mais alors il faut creuser une bonne +tranchée autour du coffre; puis on élève un réchaud de fumier neuf, +que l'on remanie plus ou moins souvent, suivant l'époque. On couvre +les châssis la nuit, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.</p> + +<p>Tous les Rosiers cultivés en pleine terre fleurissent en juin; plus +tard ceux d'espèce remontante donnent une seconde floraison; mais il +y a nécessairement interruption entre la première et la seconde +floraison. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit tout +simplement de supprimer les boutons à fleurs d'un certain nombre de +Rosiers remontants.</p> + +<p>Un instant arrêtés dans leur développement, ces Rosiers ne tardent +pas à produire de nouveaux rameaux, dont les fleurs succèdent aux +premières Roses. Vient ensuite la seconde floraison naturelle, de +manière que par ce moyen on a des Roses pendant toute la belle +saison.</p> + +<p>La culture des Rosiers n'offre rien de particulier; il suffit de les +tailler en mars, plus ou moins court, selon leur vigueur, et pendant +leur végétation de pincer l'extrémité des branches qui poussent trop +vigoureusement; puis d'enlever avec soin toutes celles qui partent +du pied ou qui se développent sur la tige.</p> + +<p>Pour garnir la tige des Rosiers greffés un peu haut, on peut planter +au pied des <i>Pétunias</i> blancs et violets, ou bien <span class="pagenum"><a id="page356" name="page356"></a>(p. 356)</span> des +<i>Gladiolus</i>, qui produisent également un bel effet. On peut aussi, +dans le même but, semer au printemps un peu de graine de +<i>Pied-d'alouette nain</i> entre ceux qui sont cultivés en massif.</p> + +<div class="type"> + <p><b>Variétés.</b> <span class="smcap">Rosiers thés ou indica.</span>—Adam, pl. rose clair, — + Bougère, rose tendre, — Comte de Paris, rose très-clair, — + Devoniensis, blanc jaunâtre, — Duc de Magenta, rose cuivré, — + Louise de Savoie, jaune soufre, — Madame Bravy, blanc lég. rosé, + — Id. Mélanie Willermoz, blanc, centre jaunâtre, — Narcisse, + jaunâtre, — Pactole blanc, cœur jaune, — Safrano, jaune + pass. au bl. jaunâtre, — Sombreuil, blanc lég. rosé, — Souvenir + d'un Ami, ou Queen Victoria, beau rose, — Vicomtesse de Cazes, + jaune cuivré passant au jaune pâle.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers bengale.</span>—Archiduc Charles, rose pass. au + cramoisi,—Camélia blanc,—Cels, multiflore, carné,—Cramoisi + supérieur, cramoisi vif,—Madame Bréon, beau rose,—Prince + Charles, cerise vif.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers noisette.</span>—Aimé Vibert, blanc pur,—Chromatella, jaune + pass. au jaune clair,—Desprez, rose et jaunâtre,—Lamarque, + blanc jaunâtre,—Madame Deslonchamps, blanc carné légèrement + jaunâtre,—Ophirie, aurore cuivré,—Solfatare, gr. pl. jaune + soufre bien prononcé,—Triomphe de Rennes, jaune canari.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers île Bourbon.</span>—Acidalie, moy. ou gr. pl. blanc léger. + carné,—Apolline, rose tendre fortement nuancé,—Comice de + Tarn-et-Garonne, carmin brillant,—Comtesse de Barbantane, blanc + carné,—Docteur Leprestre, rouge velouté vif,—Gloire de Dijon, + blanc carné à centre jaunâtre,—Guillaume le Conquérant, rose + clair,—Hermosa, rose tendre,—Louise Odier, rose vif,—Marquis + de Moyria, rose vif,—Mistriss Bosanquet, carné tendre, tr. + florifère,— * Monsieur Gourdau, pourpre foncée,—Paxton, rose vif + nuancé feu,—Reine des îles Bourbon, carné jaunâtre,—Souvenir de + la Malmaison, blanc légèrement carné,—Id. de l'Arquebuse, gr. + pl. rouge vif, cerise vif,—Victor-Emmanuel, rouge pourpre + variable.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers hybrides remontants.</span>—Alexandrine Bachmeteff, rouge + vif,—Alphonse Karr (Cherpin), rose vif,—Anna de Diesbach, beau + rose carm.,—Auguste Mie, rose éclatant,—Baronne Hallez de + Claparède, rouge vif,—Baronne Prévost, beau rose,—Caroline + <span class="pagenum"><a id="page357" name="page357"></a>(p. 357)</span> de Sansal, carné clair, centre rosé,—Cardinal + Patrizzi, rouge ébl. nuancé pourpre,—Comte de Nanteuil, rose + vif,—Comtesse Cécile de Chabrillant, rose vif glacé,—Cornet, + rose tendre,—Deuil de la reine des Belges, rouge + foncé,—Duchesse de Cambacérès, rose vif,—Id. d'Orléans, rose + hortensia,—Id. Sutherland, carné,—Empereur de Maroc, pourpre + velouté nuancé,—François Arago, amarante velouté + nuancé,—François I<sup>er</sup>, rouge cerise nuancé de rouge + foncé,—François Lacharme, carmin vif passant au rouge,—Géant + des batailles, rouge éclatant,—Général Jacqueminot, carmin + vif,—Id. Washington, rouge vif,—Jules Margottin, carmin clair + pourpre,—Lion des combats, rouge foncé nuancé de feu,—Lord + Raglan, centre feu vif pourpre, violet à la circonférence,—Louis + Bonaparte, rose vif,—Louis XIV, rouge cramoisi velouté + éclatant,—Louise Odier, beau rose vif,—Madame Boll, beau rose + vif,—Id. Charles Crapelet, rose cerise glacé,—Id. Ducher, rose + tend, presq. blanc,—Id. Furtado, rose carminé,—Id. Hilaire, + rose, revers des pet. blanc,—Id. Knorr, beau rose vif à bords + rose clair,—Id. Laffay, rose clair,—Id. Vidot, blanc carné + nuancé de rose vif,—Mère de saint Louis, blanc passant au rose + tr. tendre,—Pæonia, rouge cramoisi,—Pie IX, cramoisi,—Id. Léon + Kotschoubey, rouge vif,—Rose de la Reine, rose satiné + lilacé,—Sénateur Vaïsse, rouge éclatant,—Souvenir de la reine + d'Angleterre, beau rose vif,—Id. de Leweson, Gower, rouge foncé + passant au rouge clair,—Sidonie, rose,—Triomphe de + l'Exposition, rouge vif,—Vicomte Vigier, rouge violacé,—Victor + Verdier, rose nuancé de carmin vif.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers hybrides de noisette.</span>—Impératrice Eugénie, blanc lég. + rosé passant au blanc pur,—Virginale, blanc pur.</p> + + <p><span class="smcap">Rosier capucine.</span>—Persian yellow.</p> + + <p><span class="smcap">Rosiers cent feuilles.</span>—Des peintres,—Unique + panachée,—Mousseuse rose,—Mousseuse blanche.</p> +</div> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Seringa</span> odorant (<i>Philadelphus coronarius</i>).—Hauteur, 2 mètres à +2<sup>m</sup>,60; fleurs blanches, très-odorantes, en juin; variété à feuilles +panachées.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Inodorus, — Latifolius, — Mexicanus, — + Grandiflorus, — Speciosus, — Gordonianus.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Spiræa.</span>—Les <i>Spiræa</i> sont de charmants arbustes à <span class="pagenum"><a id="page358" name="page358"></a>(p. 358)</span> fleurs +blanches ou à fleurs roses, en ombrelles, en corymbes ou en +panicules, que l'on doit comprendre dans la composition de tous les +massifs; ils demandent une terre légère et fraîche pour prospérer.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Ariæfolia, — Bella, — Billardi, — Callosa, — + Douglasi, — Eximia, — Lanceolata, — Lindleyana, — Pruuifolia, + — Pubescens, — Reevesi, — Salicifolia, — Fortuneii.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Staphylé</span> à feuilles ailées, <span class="smcap">Faux Pistachier</span> (<i>Staphylea +pinnata</i>).—Hauteur 4 à 5 mètres; fleurs blanches, en avril et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Staphylé</span> à feuilles ternées (<i>S. trifoliata</i>).—Moins élevé que le +précédent; fleurs plus grandes et d'un blanc plus pur, en mai et +juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sumac</span> fustet (<i>Rhus cotinus</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,33 à 2 mètres; fleurs +petites blanchâtres; pédoncules très-longs, formant un panache +très-pittoresque.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sureau</span> à grappes (<i>Sambucus racemosa</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches, en avril et mai; baies rouges.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sureau</span> du Canada (<i>S. canadensis</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches, en juillet; baies noires.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Commun, — à feuilles argentées, — à feuilles + laciniées, — à feuilles rondes, — Hétérophylle.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> à petites fleurs (<i>Symphoricarpos parviflora</i>).—Hauteur, +1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; en août, fleurs petites, roses, peu apparentes; +fruits rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> à grappes (<i>S. racemosa</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,65; +fleurs semblables à la précédente, en août; fruits produisant un +effet charmant.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Symphorine</span> du Mexique (<i>S. Mexicana</i>).—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; +fleurs roses, tout l'été; fruits blancs, pictés de violet.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page359" name="page359"></a>(p. 359)</span> <span class="smcap">Troëne</span> commun (<i>Ligustrum vulgare</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 4 +mètres; fleurs blanches, en juin et juillet; baies noires. Variété à +feuilles panachées. On en forme des bordures et des haies +susceptibles d'être taillées.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> commune (<i>Viburnum lanterna</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65; fleurs +blanches, en juillet; baies rouges, puis noires.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> obier (<i>V. <a href="#viorne">opulus</a></i>).—Même hauteur que la précédente; fleurs +blanches, en mai; baies noires.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Viorne</span> stérile, <span class="smcap">Boule de neige</span> (<i>V. <a href="#viorne">stérile</a></i>).—Variété de la +précédente; hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Weigelia rosea.</span>—Charmant arbrisseau du nord de la Chine, assez +semblable au Seringa. En mai, fleurs roses, nombreuses et +très-élégantes. Terre légère ordinaire.</p> + +<p><span class="smcap">Xanthorhize</span> à feuilles de Persil (<i>Xanthorhiza +apiifolia</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs d'un violet brun, en +mars et avril.</p> + +<h3><span class="smcap">Section IX.</span>—Arbrisseaux et Arbustes d'ornement à feuillage +persistant.</h3> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ajonc</span> du Népal (<i>Ulex Nepalensis</i>).—Hauteur, 1 mètre; fleurs +jaunes, en avril et mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Alaterne</span> (<i>Rhamnus alaternus</i>).—Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs +jaunâtres, odorantes, en avril; variété à feuilles étroites.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées de blanc, — à feuilles panachées + de jaune.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Alisier</span> luisant (<i>Cratægus glabra</i>).—Hauteur, 2 mètres à 3<sup>m</sup>,33; +fleurs petites, blanches, lavées de rose.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Glauque, — de la Chine.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page360" name="page360"></a>(p. 360)</span> <span class="smcap">Aucuba</span> du Japon (<i>Aucuba Japonica</i>).—Hauteur, 1 mètre à +1<sup>m</sup>,33; feuilles d'un vert luisant, marbrées de jaune; fleurs +brunes, petites en avril, nombreuses en mai et juin. Depuis +l'introduction de l'Aucuba à fleur mâle, l'Aucuba à fleur femelle le +seul que l'on possédait autrefois donne de nombreux fruits de +couleur écarlate qui ajoute énormément à la valeur ornementale de ce +charmant arbuste, l'expérience ayant prouvé qu'un seul Aucuba à +fleur mâle suffisait pour féconder tous les Aucuba à fleur femelle +d'une plantation; rien, n'est plus facile, comme on le voit, d'avoir +maintenant des fruits sur tous les Aucuba de nos jardins.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buddleia Lindleyana.</span>—Arbuste rustique, propre à l'ornement des +massifs. Tout le printemps, fleurs en épis, disposés par bouquets, +d'un pourpre violacé.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buis</span> arborescent (<i>Buxus sempervirens</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; +fleurs blanches, peu apparentes, en avril; variété à feuilles +panachées de blanc ou de jaune.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buis</span> de Mahon (<i>B. Balearica</i>).—Hauteur, 3<sup>m</sup>,33; fleurs jaunes, en +avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buisson</span> ardent (<i>Mespilus pyracantha</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; +fleurs blanches, très-nombreuses en mai et juin; fruits écarlates.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Buplèvre</span> Oreille de lièvre (<i>Buplevrum fruticosum</i>).—Hauteur, +1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs petites, jaunes, en juillet et août.</p> + +<p><span class="smcap">Caroubier</span> à siliques (<i>Ceratonia siliqua</i>).—Arbre d'une taille +moyenne, fleurs pourpre foncé, en août; silique de 0<sup>m</sup>,33 de +longueur, contenant une pulpe rougeâtre bonne à manger; exposition +du midi.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chêne</span> vert (<i>Quercus ilex</i>).—Ces chênes sont moins élevés que les +chênes communs, ont les feuilles plus petites, fermes et coriaces, à +dents plus ou moins piquantes; <span class="pagenum"><a id="page361" name="page361"></a>(p. 361)</span> ils sont sensibles aux +froids rigoureux, et il faut les couvrir en hiver pendant leur +jeunesse.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De la Caroline, — de la Caroline à feuilles + panachées, — Coccifère, — Hétérophylle, — Liége, — Yeuse.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Filaria</span> à larges feuilles (<i>Phillyrea latifolia</i>).—Hauteur, 4 +mètres; fleurs d'un blanc verdâtre, peu apparentes, en mars; baies +noires; variété à feuilles étroites.</p> + +<p class="plants"><p><span class="smcap">Fusain du Japon</span> (<i>Evonymus Japonicus</i>).—Cet arbuste a produit deux +variétés à feuilles larges bordées l'une de blanc, l'autre de jaune, +avec lesquelles on peut composer de beaux massifs.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Houx</span> commun (<i>Ilex aquifolium</i>).—Hauteur, 6 à 8 mètres; fleurs +petites, blanches, en mai et juin; baies rouges, jaunes ou blanches, +suivant la variété.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Altaclarense, — Balearica, — Canadensis, — + Cuninghamii, — Ferox, — Flammea, — Laurifolia, — Longifolia, + — Marginata, — Serratifolia.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Laurier</span> cerise ou amande (<i>Cerasus laurocerasus</i>).—Hauteur, 4 à 5 +mètres; fleurs petites, blanches, en mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles étroites, — à feuilles panachées, — de la + Colchide.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Laurier</span> franc, à sauce (<i>Laurus nobilis</i>).—Hauteur, 5 à 6 mètres; +fleurs jaunâtres, en mai; baies noires; variété à feuilles +panachées; couverture l'hiver.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Laurier</span> de Portugal, Azaréro (<i>Cerasus Lusitanica</i>).—Hauteur, 5 +mètres; fleurs petites, blanches en mai; baies noires.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Laurier</span> tin (<i>Viburnum tinus</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; fleurs +blanches, en mars et avril; couverture l'hiver.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À larges feuilles, — à feuilles panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lierre</span> en arbre (<i>Hedera arborescens</i>).—Espèce non <span class="pagenum"><a id="page362" name="page362"></a>(p. 362)</span> +grimpante, dont on peut tirer bon parti dans la composition des +massifs du jardin d'agrément.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Magnolia</span> à grandes fleurs (<i>Magnolia grandiflora</i>).—Grand et bel +arbre, à fleurs blanches, odorantes. Sans être difficile sur le +choix du terrain, le Magnolia craint l'humidité.</p> + +<p>On le plante en avril et mai; autrement il perd ses feuilles et +reprend difficilement. L'espèce cultivée sous le nom de <i>Magnolia +Oxoniensis</i> fleurit plus jeune, mais elle est plus délicate, et, +souvent on la perd sous le climat de Paris.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mahonie</span> à feuilles de Houx (<i>Mahonia aquifolium</i>).—Hauteur, 1 à 2 +mètres; fleurs jaunes, en avril et mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Fascicularis, — Intermedia, — Nervosa, — + Nepalensis, — Trifoliata, — Pallida, — Darwinii, — Bealii, — + Fortunei, — Japonica.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Néflier</span> du Japon (<i>Mespilus Japonica</i>).—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; +fleurs blanches, odorantes, en automne et quelquefois en mai; il +faut le garantir du froid pendant les hivers rigoureux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Phlomis</span> frutescent (<i>Phlomis fruticosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 +mètre; fleur jaune éclatant, de juillet en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Séneçon</span> en arbre (<i>Coniza halimifolia</i>).—Hauteur, 2 mètres à +3<sup>m</sup>,33; fleurs blanches, en octobre et novembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Troëne</span> du Japon (<i>Ligustrum Japonicum</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; +fleurs blanches, en juin et juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — Du Népal.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Yucca</span> nain (<i>Yucca gloriosa</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; <span class="pagenum"><a id="page363" name="page363"></a>(p. 363)</span> +en août et septembre, fleurs blanches, assez grandes et nombreuses.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Aloefolia, — Glauca, — Glaucescens, — Pendula, — + Filamentosa, — Flaccida.</p> +</div> + +<h3><span class="smcap">Section X.</span>—Arbuste de terre de bruyère.</h3> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Andromède</span> (<i>Andromeda</i>).—Arbuste assez rustique; hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à +1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches ou rouges, de juin en août; terre de bruyère +fraîche, à l'exposition du nord ou du levant.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Axillaris, — Lucida, — Hendersonii, — Poliifolia, + — Racemosa, — Cassinefolia, — Rollisonii, — Arborea.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Arbousier</span> commun (<i>Arbutus unedo</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +blanches, de septembre en décembre; fruits rouges, charnus, +semblables à la fraise.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Arbousier</span> andrachné (<i>A. andrachne</i>).—Plus délicat que le +précédent; fleurs blanches, en mars et avril, fruits rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Azalée</span> (<i>Azalea à feuilles caduques</i>).—Arbrisseau très-rustique; +hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; tout le printemps et l'été, fleurs +charmantes, soit blanches, rouges, roses ou jaunes, suivant les +variétés. On en cultive en pleine terre trois espèces principales, +qui ont produit chacune un grand nombre de variétés. Nous +indiquerons seulement les plus remarquables. Il leur faut, comme aux +Andromèdes, une exposition ombragée.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Azalea nudiflora.</span>—Hauteur, 1 mètre; fleurs blanches ou rouges en +mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Alba, — Alba plena, — Bicolor, — Blanda, — Carnea, + — Coccinea, — Crispa, — Incana, — Incarnata, — Mirabilis, — + Partita, — Purpurea, — Rosea, — Rubicunda, — Rubra, — + Rutilans, — Versicolor.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page364" name="page364"></a>(p. 364)</span> <span class="smcap">Azalea viscosa.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 1<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, +odorantes, en avril et mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Dealbata, — Fissa, — Glauca, — Odorata, — + Rubescens, — Serotina, — Variegata, — Vittata.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Azalea Pontica.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs jaunes, en mai +et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Albiflora, — Aurantiaca, — Calendulacea, — Crocea, + — Cuprea, — Flammea, — Grandiflora, — Ignescens, — Pallida, + — Speciosa, — Splendens, — Sinensis lutea, — Tricolor, — + Triumphans.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Daphne Cneorum</span>, <span class="smcap">Thymelée</span> des Alpes.—Tiges rampantes; fleurs rose +foncé, d'une odeur agréable, en avril et mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs blanches, — à feuilles panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Daphne collina.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs rose tendre, à odeur suave, +d'avril en juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Daphne Pontica.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65 à 1 mètre; fleurs jaunes, +odorantes, en mars et avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Daphné</span> dauphin.—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un rose pourpre, de +novembre en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erica arborea.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,33 à 2 mètres; fleurs petites, +blanches, en février et mars.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erica mediterranea.</span>—Hauteur, 1 mètre à 1<sup>m</sup>,33; fleurs roses, en +mars et avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Erica multiflora.</span>—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs d'un pourpre clair, +d'août en octobre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fothergille</span> à feuilles d'Aune (<i>Fothergilla alnifolia</i>).—Hauteur, +<span class="pagenum"><a id="page365" name="page365"></a>(p. 365)</span> 0<sup>m</sup>,65; fleurs petites, en épis, blanches, d'une odeur +agréable, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Gaulthérie</span> du Canada (<i>Gaultheria procumbens</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,20 à +0<sup>m</sup>,25; fleurs d'un rouge vif, à différentes époques; baies rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Hortensia</span> à feuilles d'obier (<i>Hortensia opulifolia</i>).—Hauteur, 1 +mètre à 1<sup>m</sup>,33; de juin en novembre; fleurs d'un rouge purpurin, +bleues dans certains terrains; couverture d'hiver.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Kalmie</span> (<i>Kalmia</i>).—Superbe arbrisseau; hauteur, 0<sup>m</sup>,50 à 2 mètres; +de mai en juillet, fleurs rouges, roses, blanches ou carnées, +suivant les variétés; terre de bruyère fraîche, à l'exposition du +nord ou du levant.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Latifolia, — Augustifolia, — Glauca, — Oleifolia.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Menziezia</span> à feuilles de Polium (<i>Menziezia poliifolia</i>).—Tiges +rampantes, peu élevées, fleurs pourpres, en été; variétés à fleurs +blanches.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Prinos</span> verticillé, <span class="smcap">Apalanche</span> vert (<i>Prinos +verticillatus</i>).—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs blanches, en +juillet et août; fruits rouges.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Prinos</span> glabre (<i>P. glaber</i>).—Hauteur, 0<sup>m</sup>,65; fleurs blanches, en +août.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rhododendrum Ponticum.</span>—Hauteur, 2 mètres à 2<sup>m</sup>,65; en mai, fleurs +grandes, d'un pourpre violacé plus ou moins foncé. Il a produit un +grand nombre de variétés: les plus remarquables sont:</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Album, — Bullatum, — Elegantissimum, — Guttatum, — + Heterophyllum, — Hyacinthæflorum, — Monstrosum, — Nivaticum, + — Nazarethii, — Roseum superbum, — Rubrum, — Vervaenneanum.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page366" name="page366"></a>(p. 366)</span> <span class="smcap">Rhododendrum maximum.</span>—Hauteur, 1<sup>m</sup>,65 à 2 mètres; fleurs +rose plus ou moins vif, en mai et juin; variétés.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Album, — Roseum.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rhododendrum Catawbiense.</span>—Hauteur, 1 mètre; fleurs grandes, d'un +rose tendre, en mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Bicolor, — Purpureum, — Pardolaton, — Speciosum.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Rhododendrum arboreum.</span>—Le <i>Rhododendrum arboreum</i>, si remarquable +par la beauté de ses fleurs, a produit plusieurs variétés qui +peuvent être cultivées en pleine terre. Comme tous les arbustes de +terre de bruyère, les <i>Rhododendrum arboreum</i> doivent être placés au +nord de préférence; ils fleurissent quelque temps après ceux qui +sont cultivés en serre, de manière que l'on peut par ce moyen avoir +des fleurs pendant plusieurs mois.</p> + +<p>Les variétés suivantes ont déjà supporté plusieurs hivers en pleine +terre sans souffrir.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Altaclanense, — Charles Truffaut, — Curninghami, — + Elegantissima, — Lady Warander, — Louis-Philippe, — Madame + Berlin, — Nobilianum, — Russelianum, — Smithi elegans, — + Superbissima, — Triumphans.</p> +</div> + +<h3><span class="smcap">Section XI.</span>—Arbres d'ornement à feuilles caduques.</h3> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ailante</span> glanduleux, <span class="smcap">Vernis</span> du Japon (<i>Ailantus glandulosa</i>).—Arbre +élevé, d'un beau port et d'une végétation vigoureuse; fleurs +verdâtres, en août.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Alizier</span> à feuilles larges ou de Fontainebleau (<i>Cratœgus +latifolia</i>).—Hauteur, 8<sup>m</sup>,33; feuilles blanchâtres en dessous; +<span class="pagenum"><a id="page367" name="page367"></a>(p. 367)</span> fleurs blanches, en mai et juin; fruits d'un écarlate +safrané.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Blanc, — de Laponie.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Aralie</span> épineuse (<i>Aralia spinosa</i>).—Hauteur, 2<sup>m</sup>,65 à 3<sup>m</sup>,33; tige +épineuse; fleurs blanches, odorantes, de mars en septembre.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Aune</span> commun (<i>Alnus communis</i>).—Arbre très-élevé, à tige ou en +buisson, d'une végétation vigoureuse dans les terrains humides; +fleurs en chaton, en juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles laciniées, — Argenté.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Bonduc, Chicot</span> du Canada (<i>Gymnocladus Canadensis</i>).—Arbre d'un +beau port; fleurs blanches, en juin.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Bouleau</span> commun (<i>Betula alba</i>).—Arbre rustique très-élevé, à +rameaux flexibles; feuillage très-léger; fleurs en chaton, en +juillet.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles laciniées, — Noir, — à papier, — + Odorant.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Broussonetia, Mûrier</span> à papier (<i>Broussonetia papyrifera</i>).—Hauteur, +5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; feuilles de différentes formes; fleurs en chatons +grisâtres, de mars en septembre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — à feuilles en capuchon.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Catalpa</span> (<i>Bignonia Catalpa</i>).—Hauteur, 10 mètres; feuilles grandes, +d'un beau vert; fleurs blanches, marquées de points pourpres, en +août. Ce bel arbre mérite d'être placé isolément, afin qu'on puisse +jouir de l'agrément de sa vue.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cerisier</span> à fleurs doubles (<i>Cerasus flore pleno</i>).—Variété du +Cerisier commun; fleurs d'un beau blanc, en avril.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De Virginie, — à feuilles de Pêcher.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page368" name="page368"></a>(p. 368)</span> <span class="smcap">Chalef</span> à feuilles étroites, <span class="smcap">Olivier</span> de Bohême (<i>Elæagnus +angustifolia</i>).—Hauteur, 5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; rameaux couverts d'un +duvet blanc; feuilles blanchâtres, cotonneuses; fleurs petites, +jaunâtres, très-odorantes, en juin et juillet.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Charme</span> commun (<i>Carpinus betulus</i>).—Arbre très-élevé et rustique; +fleurs en chaton, de mars en mai. Planté jeune, il sert à former des +palissades nommées charmilles; en le soumettant à une tonte +régulière, il prend facilement toutes les formes que l'on désire. On +place aussi dans les jardins paysagers les variétés suivantes:</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — à feuilles de Chêne, — + d'Amérique, — de Virginie.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Châtaignier</span> d'Amérique, <span class="smcap">Chincapin</span> (<i>Castanea Americana</i>).—Grand +arbre, à feuilles lancéolées, bordées de dents aiguës; fleurs en +chaton, en juillet et août.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — Hétérophylle.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Chêne</span> commun (<i>Quercus pedunculata</i>).—C'est sans contredit le plus +bel arbre de nos forêts; il est à regretter que ses proportions +gigantesques ne permettent pas toujours de le placer dans les +jardins.</p> + +<p>Parmi les espèces de l'Europe et celles d'Amérique, il en est +plusieurs qui méritent à tous égards d'être employées à l'ornement +des jardins paysagers. Nous citerons les plus remarquables.</p> + +<div class="type"> + <p>1. <i>Chênes d'Europe.</i>—À feuilles panachées,—À feuilles de + fougère,—Pyramidal,—Chevelu,—Chevelu à feuilles panachées.</p> + + <p>2. <i>Chênes d'Amérique.</i>—Blanc,—À très-gros + fruits,—Bicolore,—Rouge,—Des montagnes,—Des + marais,—Quercitron,—Cocciné,—À feuilles de Saule.</p> +</div> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Clavalier</span> à feuilles de Frêne (<i>Xanthoxylum fraxineum</i>).—Hauteur, 4 +mètres; rameaux épineux, fleurs <span class="pagenum"><a id="page369" name="page369"></a>(p. 369)</span> peu apparentes, en mars et +avril; capsules d'un beau rouge.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Coignassier</span> de la Chine (<i>Cydonia Sinensis</i>).—Arbre de moyenne +grandeur; feuilles lisses; fleurs roses, odorantes, en avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cornouiller</span> mâle (<i>Cornus mas</i>).—Hauteur, 4 à 5 mètres; fleurs +jaunes, petites, en février; baies rouges ou jaunes, suivant la +variété.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cornouiller</span> à grandes fleurs (<i>C. florida</i>).—Hauteur, 10 mètres; +fleurs jaunes, petites, en mai; baies rouges.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cytise</span> des Alpes, <span class="smcap">Faux ébénier</span> (<i>Cytisus laburnum</i>).—Hauteur, 5 +mètres, à tige ou en buisson; rameaux longs et pendants; fleurs +jaunes, nombreuses, en mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Odorant, — Pleureur, — à feuilles de Chêne, — + d'Adam.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Épine</span> blanche, <span class="smcap">Aubépine</span> (<i>Mespilus oxyacantha</i>).—Hauteur, 6 mètres +à 6<sup>m</sup>,65; rameaux épineux; fleurs blanches, très-odorantes, en mai; +fruits rouges ou jaunes. Élevée en buisson, on en forme des haies +très-solides.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À fleurs blanches doubles, — à fleurs roses simples, + — à feuilles panachées, — Parasol.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Épine</span> d'Espagne, <span class="smcap">Azerolier</span> (<i>M. Azarolus</i>).—Plus élevée que la +précédente; fleurs blanches, en juin; fruits en pomme, rouges ou +jaunes, ou en poire, selon la variété.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Épine</span> ergot de coq (<i>M. crus galli</i>).—Hauteur, 6<sup>m</sup>,65; rameaux +garnis d'épines semblables aux ergots de coq; fleurs blanches, en +mai et juin; fruits d'un beau rouge.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Érable</span> sycomore (<i>Acer pseudo-platanus</i>).—Arbre très-élevé; +feuilles palmées; fleurs jaunâtres, en avril et mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Érable</span> negundo (<i>A. negundo</i>).—Grand arbre à rameaux <span class="pagenum"><a id="page370" name="page370"></a>(p. 370)</span> +roides et cassants; écorce d'un vert lisse; fleurs vertes, petites, +en avril. Variété à feuilles panachées de blanc.</p> + +<p>Rien ne peut donner une idée exacte de l'effet que produit un massif +de Negundo à feuilles panachées de blanc, dans lequel on place +quelques plantes annuelles à feuilles rouges.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Érable</span> jaspé (<i>A. Pensylvanicum</i>).—Arbre de moyenne grandeur; +feuilles larges, arrondies; écorce d'un vert glauque strié de lignes +blanches; fleurs verdâtres, en mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Érable</span> rouge (<i>A. rubrum</i>).—Grand et bel arbre; feuilles dentées, +blanches en dessous; fleurs rouges, en avril et mai; fruits rouges.</p> + +<p>Érables japonais <i>ornatum</i>, <i>Friederici Guillelmi</i> et +<i>sanguineum</i> sont de charmants arbres à feuilles ornementales dignes +de figurer dans tous les jardins d'agrément.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Févier</span> d'Amérique, <span class="smcap">Acacia</span> triacanthos (<i>Gleditschia +triacanthos</i>).—Hauteur, 10 à 12 mètres; épines nombreuses, souvent +très-longues; fleurs peu apparentes, d'un blanc sale, en mai et +juin; gousse très-longue.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Sans épines, — Pleureur.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Févier</span> de la Chine (<i>G. Sinensis</i>, <i>G. horrida</i>).—Hauteur, 10 à 12 +mètres; épines nombreuses, en fuseau; fleurs verdâtres, en juin et +juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Févier</span> de la mer Caspienne (<i>G. Caspica</i>).—Arbre élevé, à épines +très-longues et recourbées.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Frêne</span> commun (<i>Fraxinus excelsior</i>).—Arbre très-élevé, à feuillage +léger; fleurs jaunâtres, en avril et mai. On en cultive plusieurs +variétés, toutes propres à la décoration des jardins paysagers.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page371" name="page371"></a>(p. 371)</span> <span class="smcap">Frêne</span> à fleurs (<i>F. ornus</i>).—Hauteur, 10 mètres; feuilles +d'un vert foncé; fleurs blanches, en mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Argentea, — Aurea, — Pendula, — Scolopendrifolia, + — Jaspidœa, — Americana, — Juglandifolia, — Sambucifolia, + — Latifolia, — Variegata.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Ginkgo biloba</span>, <span class="smcap">Arbre</span> aux Quarante-Écus (<i>Salisburia +adiantifolia</i>).—Arbre très-élevé, à port pyramidal, remarquable +pour la forme de ses feuilles; fleurs jaunâtres, en chaton; fruits +semblables à de petites prunes; amandes bonnes à manger.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Hêtre</span> commun (<i>Fagus sylvatica</i>).—Grand et bel arbre très-rustique; +fleurs en chaton, en avril et mai; fruit nommé faîne, ayant la +saveur de la noisette, et dont on retire une huile très-estimée.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Pleureur, — à feuilles pourpres, — à feuilles + enivrées, — à feuilles panachées, — à feuilles de fougère, — à + feuilles crispées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Kœlreuteria</span> paniculé, <span class="smcap">Savonnier</span> (<i>Kœlreuteria +paniculata</i>).—Arbre de moyenne grandeur; port agréable; fleurs d'un +beau jaune, de juin en août.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Liquidambar</span> copal (<i>Liquidambar styraciflua</i>).—Hauteur, 10 à 12 +mètres; feuilles palmées; fleurs verdâtres, odorantes, au printemps.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Liquidambar</span> imberbe (<i>L. imberbe</i>).—Même hauteur que le précédent, +mais plus rustique.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Maclure</span> épineux (<i>Maclura aurantiana</i>).—Bel arbre à rameaux +épineux; fleurs verdâtres, en chaton, en juin et juillet; fruits +verts, sphériques, à écorce rude.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> acuminé (<i>Magnolia acuminata</i>).—Arbre très élevé, +rustique; feuilles très-grandes; fleurs d'un jaune verdâtre, larges +de 0<sup>m</sup>,10, en mai et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="pagenum"><a id="page372" name="page372"></a>(p. 372)</span> <span class="smcap">Magnolia</span> à feuilles en cœur (<i>M. cordata</i>).—Cette +espèce a beaucoup de rapport avec la précédente.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> auriculé (<i>M. auriculata</i>).—Hauteur, 10 mètres; fleurs +grandes, blanches, odorantes, en avril et mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> glauque (<i>M. glauca</i>).—Hauteur, 5 mètres; très-rustique; +feuilles d'un vert glauque en dessous; fleurs blanches, odorantes, +de juillet en septembre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> de Thompson (<i>M. Thompsoniana</i>).—Tige pyramidale; fleurs +blanches, larges de 0<sup>m</sup>,15.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> à grandes feuilles (<i>M. macrophylla</i>).—Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à +10 mètres; feuilles de 0<sup>m</sup>,65 de long; fleurs blanches, larges de +0<sup>m</sup>,15.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> Yulan (<i>M. conspicua</i>).—Hauteur, 10 à 12 mètres; feuilles +de 0<sup>m</sup>,20 de long; fleurs blanches, odorantes, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> parasol (<i>M. umbella</i>).—Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à 10 mètres; +feuilles de 0<sup>m</sup>,50 de long; fleurs grandes, blanches, en mai et +juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Magnolia</span> de Soulange (<i>M. Soulangeana</i>).—Hauteur, 3 à 4 mètres; +fleurs odorantes, blanches en dedans, pourpres en dessus, en avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> d'Inde (<i>Æsculus hippocastanum</i>).—Bel arbre, très-élevé +et rustique; fleurs blanches, panachées de rouge, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> rubicond (<i>Æ. rubicunda</i>).—Moins élevé que le précédent; +feuillage plus vert; fleurs d'un beau rouge, en mai et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> Pavier jaune (<i>Pavia lutea</i>, <i>Æsculus flava</i>).—Arbre +<span class="pagenum"><a id="page373" name="page373"></a>(p. 373)</span> moins élevé que le Marronnier d'Inde; fleurs d'un jaune +pâle, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> rouge (<i>P. rubra</i>).—Hauteur, 5 mètres à 6<sup>m</sup>,65; fleurs +d'un beau rouge foncé, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> de l'Ohio (<i>P. Ohiotensis</i>).—Hauteur, 6<sup>m</sup>,65 à 8<sup>m</sup>,33; +fleurs blanches, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> à longs épis (<i>P. macrostachya</i>).—Fleurs blanches, +odorantes, en juillet et août; fruits petits, bons à manger.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Marronnier</span> de deux couleurs (<i>P. dicolor</i>).—Arbre peu élevé; fleurs +rouges et jaunes, en mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Micocoulier</span> de Provence (<i>Celtis australis</i>).—Arbre d'un beau port; +fleurs petites, verdâtres, en mai; fruits noirs.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De Tournefort, — à feuilles en cœur, — de + Virginie, — du Mississipi.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mûrier</span> blanc (<i>Morus alba</i>).—Arbre d'un port agréable, digne de +figurer dans les jardins paysagers; fleurs en chaton, en juin; baies +blanchâtres.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Rouge du Canada, — Moretti.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Néflier</span> parasol (<i>Mespilus linearis</i>).—Cet arbrisseau étend ses +branches latéralement, et, greffé en tête sur l'Épine blanche, il +est très-propre à former de belles allées couvertes; fleurs +blanches, en mai et juin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Noisetier</span> du Levant (<i>Corylus colurna</i>),—Arbre très-élevé; port +pyramidal; fleurs en chaton, en mars et avril; fruits petits, +aplatis.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Noisetier</span> de Byzance (<i>C. Byzantina</i>).—Semblable au précédent, mais +un peu moins élevé.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page374" name="page374"></a>(p. 374)</span> <span class="smcap">Noyer</span> noir d'Amérique (<i>Juglans nigra</i>).—Arbre très-élevé, +d'une végétation vigoureuse; fleurs en chaton, en avril et mai; +fruits petits, ronds, à coque très-dure.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Cendré, — Blanc, — à feuilles de Frêne, — + Hétérophylle.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Orme</span> commun (<i>Ulmus campestris</i>).—Arbre très-élevé, remarquable par +sa rusticité; fleurs blanchâtres, en faisceau écailleux, en avril.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Orme</span> à feuilles étroites (<i>U. stricta</i>).—Variété du précédent; on +en forme des palissades très-rustiques.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À larges feuilles, — à feuilles panachées, — + Pleureur, — Pyramidal.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Orme</span> d'Amérique (<i>U. Americana</i>).—Arbre plus élevé que l'Orme +commun; rameaux rougeâtres, recourbés vers leur extrémité.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Paulownia imperialis.</span>—Arbre du Japon, introduit en 1834; port du +Catalpa; végétation remarquable; feuilles très-grandes, surtout chez +les jeunes individus; fleurs bleues, en avril. Pour jouir de toute +la beauté de son feuillage, il faudrait le rabattre chaque année, +afin d'avoir de jeunes rameaux, sur lesquels les feuilles sont +toujours beaucoup plus larges.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pêcher</span> à fleurs doubles (<i>Amygdalus Persica flore pleno</i>).—Arbre +admirable pendant sa floraison, qui a lieu en mars et avril; on +l'élève à tige ou en buisson.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Alba plena, — Rubra plena, — Versicolor, — Flore + pleno, — Camelliæflora, — Dianthiflora.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Peuplier</span> (<i>Populus</i>).—Tous les Peupliers sont des arbres élevés et +d'une végétation rapide; ils se plaisent dans les terrains humides +et sont propres à la décoration des jardins paysagers; les plus +remarquables sont:</p> + +<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page375" name="page375"></a>(p. 375)</span> <b>Variétés.</b>—Nivea, — Angulata, — Balsamifera, — + Canadensis, — Pyramidalis, — Grandidentata, — Heterophylla, — + Ontariensis, — Tremula, — Molinifera.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Planera crenata</span>, Orme de Sibérie.—Tout aussi rustique que l'orme +commun, avec lequel il a beaucoup de rapport, le <i>Planera crenata</i> +a, sur ce dernier, l'avantage de ne jamais être attaqué par les +insectes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Plaqueminier lotus</span> ou d'Italie (<i>Diospyros lotus</i>).—Hauteur, 8<sup>m</sup>,33 +à 10 mètres; feuilles lancéolées, d'un beau vert; fleurs verdâtres, +peu apparentes, en juin et juillet; fruits jaunâtres, bons à manger.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Plaqueminier</span> de Virginie (<i>D. Virginiana</i>).—Plus élevé que le +précédent; fruits bons à manger.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Platane</span> d'Orient (<i>Platanus orientalis</i>).—Arbre très-élevé, d'un +beau port; feuilles palmées; fleurs en chaton globuleux, en avril et +mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Platane</span> d'Occident (<i>P. occidentalis</i>).—Port du précédent; +seulement il a les feuilles plus larges.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles d'Érable, — à feuilles laciniées, — + Ondulé, — Étoilé.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Poirier</span> à fleurs doubles (<i>Pyrus communis flore pleno</i>).—Variété du +poirier commun; hauteur, 4 mètres; fleurs blanches doubles, en +avril.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Poirier</span> cotonneux (<i>P. Polveria</i>).—Hauteur, 5 mètres; feuille et +rameaux couverts d'un duvet blanc; fleurs blanches, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> à fleurs doubles (<i>Malus communis flore pleno</i>).—Variété du +Pommier commun; hauteur, 4 mètres, fleurs blanc rosé, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> baccifère ou de Sibérie (<i>M. Baccata</i>).—Hauteur, <span class="pagenum"><a id="page376" name="page376"></a>(p. 376)</span> +2<sup>m</sup>,65; fleurs grandes, d'un blanc rosé, en avril; fruits rouges, en +forme de baie.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> de la Chine ou à bouquets (<i>M. spectabilis</i>).—Hauteur, 4 +mètres, fleurs d'un beau carmin avant leur épanouissement, puis +blanc lavé de rose, en mai; fruits très-petits.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> toujours vert (<i>Malus sempervirens</i>).—Feuilles presque +persistantes; fleurs d'un beau rose avant leur épanouissement, puis +presque blanches, en mai.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pommier</span> odorant (<i>M. coronaria</i>).—Fleurs grandes, d'un beau blanc, +odorantes, en mai.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Prunier</span> à fleurs doubles (<i>Prunus flore pleno</i>).—Variété du Prunier +commun, cultivée pour la beauté de ses fleurs.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Sinensis alba plena, — Sinensis rosea plena, — + Trilobata, — Blanc.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Prunier</span> mirobolan (<i>P. mirobolana</i>).—On en cultive deux variétés, +l'une à fruits rouges, l'autre à fruits jaunes.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Robinier</span> blanc, Acacia blanc (<i>Robinia pseudo-acacia</i>).—Arbre +élevé, à feuillage élégant; rameaux épineux; fleurs blanches, +très-odorantes, en mai et juin.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Pyramidalis, — Pendula, — Flore luteo, — Amœna, + — Decaisneana, — Les variétés sans épines, cultivées sous le + nom de Spectabilis, Inermis, Crispa, sortent également du + Robinier blanc.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Robinier</span> visqueux (<i>R. viscosa</i>).—Port de l'Acacia blanc; arbre +épineux dans sa jeunesse; rameaux visqueux; fleurs rose pâle, en +juin et juillet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Robinier</span> rose (<i>R. hispida</i>).—Hauteur, 4 mètres; rameaux <span class="pagenum"><a id="page377" name="page377"></a>(p. 377)</span> +très-cassants, couverts de poils rougeâtres; fleurs d'un beau rose, +de juin en août. En le greffant rez terre, il forme un charmant +arbrisseau.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Saule</span> pleureur (<i>Salix Babylonica</i>).—Arbre d'un aspect +très-pittoresque; rameaux longs et flexibles, pendants jusqu'à +terre; feuilles lancéolées; fleurs en chaton, en avril et mai.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles de laurier, — à feuilles de Romarin, — + Argenté, — En anneau.</p> + +<p>Tous les saules peuvent être placés avantageusement dans les jardins +paysagers: ils se plaisent particulièrement dans les terrains +humides.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sophora</span> du Japon (<i>Sophora Japonica</i>).—Grand et bel arbre; feuilles +d'un vert foncé; rameaux un peu pendants; fleurs blanchâtres, en +juillet. Variété à rameaux pendants.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sorbier</span> des oiseleurs (<i>Sorbus aucuparia</i>).—Hauteur, 5 à 6 mètres; +rameaux longs et souvent pendants; fleurs blanches, en mai; fruits +d'un beau rouge.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sorbier</span> domestique (<i>S. domestica</i>).—Beaucoup plus élevé que le +précédent; fleurs blanches en mai; fruits pyriformes, rougeâtres.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Hybride, — d'Amérique, — à feuilles de Sureau.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tilleul</span> d'Europe (<i>Tilia Europæa</i>).—Arbre élevé et rustique; port +pyramidal. Cet arbre se couvre de feuilles dès les premiers jours du +printemps, mais il les perd beaucoup plus tôt que tous les autres. +On l'emploie pour former les avenues. Il est facile à diriger et +peut être soumis à une tonte régulière. Fleurs blanchâtres, +odorantes, de mars en juin.</p> + +<p class="type"><span class="pagenum"><a id="page378" name="page378"></a>(p. 378)</span> <b>Variétés.</b>—Corail, — Pleureur, — à feuilles laciniées, + — à feuilles panachées.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tilleul</span> argenté (<i>T. argentea</i>).—Port du Tilleul d'Europe, +seulement un peu moins élevé; feuilles d'un vert foncé en dessus, +planches et cotonneuses en dessous.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tilleul</span> d'Amérique (<i>T. Americana</i>).—Arbre très élevé; feuilles +très-grandes et dentées.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Tulipier</span> de Virginie (<i>Liriodendron tulipifera</i>).—Arbre d'un beau +port, remarquable par la forme de ses feuilles et par ses fleurs, +d'un jaune verdâtre mêlé de rouge, semblables à une Tulipe pour la +forme et la grandeur; fleurs en juin et en juillet. La plantation +des Tulipiers ne doit avoir lieu qu'au printemps, et il faut éviter, +autant que possible, de couper aucune branche, car les amputations +leur sont très-nuisibles, surtout pendant leur jeunesse.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles entières, — à fleurs jaunes.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Virgilier</span> à bois jaune (<i>Virgilia lutea</i>).—Hauteur, 10 mètres +environ; fleurs blanches très-belles, en juin.</p> + + +<h3><span class="smcap">Section XII.</span>—Arbres résineux.</h3> + +<p>Les arbres résineux, vulgairement nommés arbres verts, doivent être +plantés jeunes et de préférence en avril et en mai, époque où ils +commencent à végéter. Si l'on se trouvait forcé de planter en +automne, il faudrait le faire dès la fin de septembre; autrement on +risque de perdre un grand nombre de sujets.</p> + +<p>Les Ifs, les Thuias et le Sequoia sempervirens peuvent être taillés; +quant aux autres, on doit éviter de les couper; et si jamais il +devenait nécessaire de supprimer quelques branches, il faudrait les +couper à quelques centimètres <span class="pagenum"><a id="page379" name="page379"></a>(p. 379)</span> de la tige, afin d'éviter +une perte de séve, toujours préjudiciable.</p> + +<p>On multiplie les arbres verts de graines, semées en avril, ou par la +greffe herbacée, en leur donnant pour sujets les variétés les plus +ordinaires.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Araucaria imbricata.</span>—Arbre d'une forme pyramidale, très-gracieux; +rameaux couverts de feuilles lancéolées, piquantes au sommet.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cèdre</span> du Liban (<i>Cedrus Libani</i>).—Arbre très-élevé, pyramidal; +rameaux horizontaux; cônes ovales oblongs, sans aspérités. On doit +toujours le planter isolément, afin de jouir de son effet +majestueux.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cèdre deodora</span> (<i>Cedrus deodora</i>).—Cet arbre, si remarquable par ses +rameaux pendants et le beau vert glauque de ses feuilles, est d'une +croissance rapide et susceptible d'atteindre une grande élévation.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Cryptomeria Japonica.</span>—Cet arbre diffère essentiellement des autres +arbres verts, par ses feuilles et la disposition de ses rameaux. +Pour jouir de toute la beauté des Cryptomeria, il faut les planter +isolément.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Cyprès</span> (<i>Cupressus</i>).—Ces arbres, d'un vert peu sombre, conviennent +tous au jardin d'agrément; on les plante en lignes ou isolément, +suivant la forme qu'ils affectent. Seul, le Cupressus disticha exige +un terrain frais pour prospérer.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Sempervirens (pyramidal), — Funebris, — Lawsoniana, + — Lambertiana, — Disticha (chauve).</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Genévrier</span> commun (<i>Juniperus communis</i>).—Arbrisseau de 4 à 5 mètres +de hauteur; rameaux diffus, feuilles piquantes; baies sphériques, +d'un bleu noirâtre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—De Virginie, — d'Orient.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="pagenum"><a id="page380" name="page380"></a>(p. 380)</span> <span class="smcap">If</span> commun. (<i>Taxus baccata</i>).—Arbre rustique, très-rameux; +baies rouges. On peut lui faire prendre différentes formes, en le +tondant annuellement.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À feuilles panachées, — Pyramidal.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Mélèze</span> d'Europe (<i>Larix Europæa</i>).—Arbre très-élevé, d'une forme +pyramidale; branches horizontales; feuilles caduques; cônes +très-petits.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—À rameaux pendants, — Noir d'Amérique.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Pins</span> (<i>Pinus</i>).—Arbres très-élevés, rustiques, toujours verts, +précieux pour l'ornement des jardins paysagers; on les place +isolément ou par groupes, et leur nuance sombre contraste +agréablement avec le feuillage des autres arbres.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Sylvestris (d'Écosse), — Laricio (de Corse), — + Austriaca, — Benthamiana, — Lambertiana, — Pinaster, — + Ponderosa, — Pyrenaica, — Strobus, — Sabiniana.</p> +</div> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sapins</span> (<i>Abies</i>).—Les Sapins sont généralement des arbres de haute +taille; ils diffèrent des Pins par leur forme pyramidale. Tous +peuvent être cultivés dans les grands jardins.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Alba (Sapinette blanche), — Excelsa (Épicéa), — + Canadensis (Hemlock), — Cephalonica, — Cilicica, — Balsamea + (Baumier), — Douglasii, — Morinda, — Nobilis, — Nordmanniana, + Pectinata (S. argenté), — Pinsapo.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Sequoia sempervirens</span> (<i>Taxodium sempervirens</i>).—Grand et bel arbre +de la Californie, d'une croissance rapide et d'une grande rusticité. +On peut laisser le Sequoia s'élever naturellement, ou bien le +tailler comme les Ifs, qualités essentielles, qui doivent le faire +rechercher avec empressement.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Sequoia gigantea</span> (<i>Wellingtonia gigantea</i>).—Également <span class="pagenum"><a id="page381" name="page381"></a>(p. 381)</span> +originaire de la Californie, cet arbre est susceptible d'acquérir +des proportions gigantesques.</p> + +<p>Pour produire tout son effet, il doit être cultivé isolément.</p> +</div> + +<p class="plants"><span class="smcap">Thuia</span> du Canada (<i>Thuia occidentalis</i>).—Hauteur, 8<sup>m</sup>,33; cime +pyramidale; branches verticales; feuilles plates, imbriquées, d'un +beau vert.</p> + +<div class="plants"> +<p><span class="smcap">Thuia</span> de la Chine (<i>T. orientalis</i>).—Plus élevé que le précédent; +branches flexibles, feuillage vert roussâtre.</p> + +<p class="type"><b>Variétés.</b>—Aurea, — Pendula, — Gigantea, — Lobbii.</p> +</div> + +<h2>CHAPITRE XVI<br> +<span class="smaller">Destruction des animaux nuisibles.</span></h2> + +<p>Le potager, le verger et le jardin d'agrément sont, trop fréquemment +pour l'horticulteur, exposés aux ravages des oiseaux, des petits +mammifères et des insectes, qui, à toutes les époques de leur vie, +depuis leur sortie de l'œuf jusqu'à leur métamorphose, vivent aux +dépens des végétaux que nous élevons pour notre utilité ou pour +notre agrément. Des piéges, des boulettes empoisonnées servent à la +destruction des petits rongeurs tels que souris, rats, loirs, +lérots, etc. Des piéges, des épouvantails et quelques coups de fusil +éloignent les oiseaux; mais le cultivateur doit savoir distinguer +ses amis et ses ennemis, et excepter de cette proscription les +fauvettes et autres becs fins, les hirondelles et les oiseaux +insectivores, qui à toutes les époques de l'année vivent d'insectes, +et l'hiver de graines ou de quelques petites baies restées sur les +buissons. À l'époque de l'éducation des petits, les moineaux et les +autres granivores détruisent une quantité prodigieuse d'insectes, et +on doit les ménager pendant cette <span class="pagenum"><a id="page382" name="page382"></a>(p. 382)</span> saison; c'est vers +juillet qu'il faut commencer à leur faire une chasse impitoyable.</p> + +<p>Quant aux insectes, qui sont si nombreux, et qui par leur +multiplicité et leur petitesse échappent à nos moyens de +destruction, le nombre en est bien diminué, il est vrai, par la +chasse active que leur font les oiseaux; mais leur multiplication +est si rapide, qu'ils bravent ces mauvaises chances et semblent n'en +devenir que plus incommodes. Il a été proposé un grand nombre de +moyens pour les faire disparaître, mais peu d'entre eux réussissent; +et de tous ceux qu'on a employés, la recherche attentive et +persévérante est sans contredit le plus long, mais le plus certain. +On élève dans les jardins des hérissons, des tortues de terre, de +petits oiseaux de nuit, la chevêche, entre autres, qui dévorent une +grande quantité d'insectes, et de tous ce sont les derniers qui en +détruisent le plus; leur utilité est d'autant plus grande qu'ils ne +chassent que la nuit, et c'est surtout à cette époque de la journée +que beaucoup d'insectes exercent leurs ravages. Nous conseillons +donc aux horticulteurs d'avoir dans leur jardin un de ces animaux, +qui ne coûtent rien et rendent de grands services. Il faut aussi se +garder de détruire les chauves-souris, qui ne se nourrissent que de +papillons crépusculaires et de phalènes.</p> + +<p>Il est bien aussi quelques insectes qui, tels que les coccinelles ou +bêtes à bon Dieu, les syrphes, les calosomes, les ichneumons et les +sphex, détruisent un grand nombre d'insectes et de chenilles: ainsi +les coccinelles, les syrphes mangent les pucerons, et on peut les +laisser se multiplier sans crainte; mais il arrive souvent que +certains insectes carnassiers deviennent nuisibles à leur tour quand +ils n'ont plus rien à manger. Les ichneumons, les sphex et les +syrphes doivent en être exceptés: ils sont toujours utiles et ne +nuisent jamais. On peut encore compter les <span class="pagenum"><a id="page383" name="page383"></a>(p. 383)</span> épéires +(araignées de jardin) parmi les animaux qui rendent de grands +services.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Abeilles, Guêpes.</span>—Les fruits mûrs sont souvent attaqués par ces +insectes, qui causent des dégâts considérables dans les espaliers. +On les détruit en suspendant aux branches de petites fioles remplies +d'eau miellée, dans lesquelles ils viennent se noyer; on recherche +les nids de guêpes, et l'on asphyxie leurs habitants par la fumée de +soufre ou par l'eau bouillante.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Acarus</span>, vulgairement appelé la <i>grise</i>.—Au nombre des causes de +destruction des arbres de nos vergers, il faut compter, comme une +des plus dangereuses, les piqûres de l'acarus, qui attaque les +pêchers et les fait périr. Il s'attache sous les feuilles, en suce +le parenchyme, et, malgré sa petitesse, il est si multiplié, qu'il +tue l'arbre le plus vigoureux. Le soufre en poudre, appliqué après +un bassinage, est le remède le plus efficace que l'on puisse +employer pour détruire la grise du pêcher. Les Melons, les +Concombres, les Fèves et les Choux attaqués par cette arachnide +peuvent être également traités par le même moyen.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Araignées.</span>—Si la grosse araignée est inoffensive, il n'en est pas +de même des petites, qui courent rapidement sur le sol: elles +attaquent les jeunes semis, particulièrement ceux des carottes, en +piquent la tige, en sucent la séve et les font périr. On les éloigne +en répandant de la suie en poudre sur la terre, et, quand le temps +le permet, on fait des bassinages.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Courtilières.</span>—Ces insectes, qui sont fort gros, et par ce moyen +faciles à découvrir, font de grands ravages dans les plantes +potagères, et plus particulièrement dans les couches. Les divers +moyens de destruction indiqués <span class="pagenum"><a id="page384" name="page384"></a>(p. 384)</span> sont d'arroser la terre +avec une eau chargée de savon noir ou d'huile, de planter en terre +des pots à demi pleins d'eau dans la direction des galeries des +courtilières, afin de les y noyer. Les jardiniers les écrasent +simplement à mesure qu'ils les trouvent en retournant les couches, +et leur livrent de petits tas de fumier dans lesquels elles viennent +se nicher.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Chenilles</span> et <span class="smcap">Larves</span>.—Dans les vergers, l'échenillage attentif est +un des moyens les plus infaillibles, car il détruit à la fois les +œufs et les générations suivantes; et si quelques nids échappent, +il faut, comme le conseille M. Samuel Curtis, habile amateur +anglais, saupoudrer les arbres avec de la chaux vive au moment où +les feuilles commencent à se développer, et avant l'épanouissement +des fleurs.</p> + +<p>M. le docteur Bailly dit aussi qu'on peut facilement détruire les +chenilles, lorsqu'elles sont rassemblées, en les aspergeant, à +l'aide d'un balai, avec de l'eau mêlée de savon noir: il paraît +qu'aussitôt touchées elles sont instantanément frappées de mort; il +dit même que l'acide prussique n'agit pas avec plus de promptitude.</p> + +<p>Les larves des insectes du genre <i>Tenthrède</i> font le désespoir des +amateurs de Rosiers: elles attaquent, de concert avec les autres +ennemis de cet arbuste, les jeunes rameaux, et font avorter la +fleur. C'est au printemps, dans le mois d'avril, qu'il faut +s'attacher à les détruire. L'époque de la journée la plus favorable +est le matin, avant qu'elles aient commencé à se disperser; il faut +les chercher dans l'extrémité des rameaux, qui sont gonflés par leur +présence, et les écraser par la pression, ou bien même fendre la +branche avec la pointe d'un canif et en extraire la larve. Quand le +mal est trop avancé, il faut couper les rameaux malades.</p> + +<p>Les larves de l'<i>Hylotoma rosæ</i> rongent les feuilles des Rosiers, il +est facile de les détruire en les écrasant.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page385" name="page385"></a>(p. 385)</span> Quant aux chenilles qui dévorent les plantes potagères et +se tiennent cachées sous les feuilles des plantes ou dans la terre, +il faut, après les autres moyens naturels de destruction, essayer +pour les tuer les décoctions de suie et de brou de noix, mais +compter plus encore sur la recherche qu'on en fait. Les +horticulteurs attentifs devront détruire sans pitié tous les +papillons, qui sont les propagateurs des ennemis de leurs récoltes.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Fourmis.</span>—L'incommodité de ces petits insectes est bien connue: ils +nuisent aux racines en soulevant la terre dans laquelle ils +pratiquent leur demeure; ils attaquent les feuilles et les fruits et +ils échappent à beaucoup de moyens de destruction par leur petitesse +et leur agilité. Pour les empêcher de monter aux arbres, il faut +entourer le pied avec un cordon de laine bien cardée; on les éloigne +des pots et des caisses en les entourant d'eau, soit par un support, +soit par de petits vases que l'on entretient constamment pleins. Des +bouteilles d'eau miellée suspendues aux arbres attirent les fourmis, +et elles y trouvent la mort en nombre considérable. Enfin on peut +les détruire, comme les courtilières, avec de l'eau mêlée de savon +noir ou d'huile.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Kermès, Cochenilles, Gallinsectes.</span>—Les kermès font un tort +considérable au pêcher et en général aux arbres à fruits. Au +printemps, ils adhèrent si fortement aux branches, qu'il faut le +secours d'une brosse rude pour les en détacher. C'est au mois +d'avril qu'on doit en faire la recherche, avant la ponte, et avant +qu'ils aient quitté les branches où ils ont passé l'hiver, pour se +disperser sur les feuilles des arbres. Il y a plusieurs espèces de +kermès toutes généralement appliquées aux branches comme de petites +verrues.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Limaçons</span> (<i>Hélices jardinières</i>).—Pour s'en débarrasser, <span class="pagenum"><a id="page386" name="page386"></a>(p. 386)</span> +on n'a rien de mieux à faire que de les ramasser à mesure qu'on les +rencontre, surtout le matin ou après la pluie; on doit aussi chaque +fois qu'on rencontre des œufs les détruire avec soin.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Limaces</span> (ou <i>Buhottes</i>).—Elles font beaucoup de tort aux végétaux, +qu'elles dévorent avec une incroyable voracité. Le meilleur moyen de +les détruire est sans contredit l'emploi de la chaux hydratée +réduite en poudre. Pour la répandre, on se place sous le vent et on +la jette à la main, en rasant le sol aussi vivement et aussi +régulièrement que possible, afin de la répandre bien également.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Lombrics, Vers de terre.</span>—Les lombrics ne font d'autre tort aux +plantes que de soulever la terre pour creuser leur galerie, et ce +n'est que dans les planches où ont été faits de jeunes semis qu'on +doit les détruire. On les fait sortir en battant la terre ou en y +enfonçant un bâton que l'on agite en tous sens: ils sortent alors de +terre; on les met dans un pot et on les noie, on les écrase, ou +mieux encore on les donne à la volaille.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Perce-oreilles</span> ou <span class="smcap">Forficules</span>.—Comme tous les insectes qui sortent +particulièrement la nuit, les perce-oreilles s'attaquent aux +feuilles des végétaux, aux fleurs et aux fruits, qu'ils percent afin +de s'y loger. Les Œillets, les Dahlias, les Roses trémières sont +la proie de leur voracité. Pour les détruire, le moyen le plus +simple consiste à placer sur des bâtons de petits pots à fleurs +renversés, au fond desquels on met un peu de mousse; on visite les +piéges tous les matins, et, pour détruire les perce-oreilles qui s'y +sont réfugiés, on les plonge dans un baquet plein d'eau.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Pucerons.</span>—Les pucerons, dont on connaît un grand nombre d'espèces, +s'attaquent à toutes les plantes en général. <span class="pagenum"><a id="page387" name="page387"></a>(p. 387)</span> Qu'ils soient +gris comme les pucerons lanigères, verts comme ceux des Rosiers, +etc., ils causent les mêmes ravages et font périr les végétaux par +les succions répétées qu'ils exercent sur leurs feuilles; les +fourmis, qu'ils attirent, viennent ajouter aux dégâts qu'ils +commettent. On les détruit en nettoyant une à une les branches ou +les feuilles qui en sont chargées, en enlevant celles qui ont été +trop profondément altérées, ou en les enfumant avec du tabac un peu +humide, au moyen de l'appareil nommé <i>fumigateur</i>, ou bien en lavant +les plantes avec une légère eau de savon noir; la poudre de +pyrèthre, recommandée pour la destruction des pucerons, peut être +avantageusement remplacée par le tabac en poudre.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Taupes.</span>—On fait encore une chasse active à ce petit quadrupède +insectivore, quoiqu'il ne nuise guère que par ses galeries, car il +ne vit que d'insectes et de vers; mais il remue tout le sol, le +bouleverse et coupe les racines qui se trouvent dans la direction de +ses couloirs. La taupe travaille trois fois le jour: le matin, à +midi, et le soir au coucher du soleil; il faut profiter de ce moment +pour l'enlever d'un coup de bêche, pendant qu'elle rétablit sa +galerie qu'on a d'abord enfoncée avec le pied. On place encore dans +la galerie, qu'on débouche, un piège amorcé avec des noix bouillies +dans de la lessive, et dont la taupe est très-friande. On met aussi +dans l'eau des vers de terre coupés en morceaux et saupoudrés de +noix vomique.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Tiquets</span> (<span class="smcap">Altise bleue</span>).—Ces petits insectes, d'une agilité extrême, +et qui échappent par un bond à la main qui veut les saisir, font des +ravages considérables dans les semis de Choux, Radis, Navets, etc. +On n'a guère de moyens de les détruire; mais on les éloigne en +arrosant <span class="pagenum"><a id="page388" name="page388"></a>(p. 388)</span> les végétaux avec une décoction de tabac ou de +plantes âcres.</p> + +<p class="plants"><span class="smcap">Vers blancs</span> (<span class="smcap">larve des Hannetons</span>).—Ces insectes, nuisibles aux +arbres à fruits, à la Vigne, aux arbustes d'agrément et aux plantes +potagères, sont difficiles à détruire, non pas à cause de leur +agilité, puisqu'à l'époque de leur vie de larve ils rampent avec +lenteur sous le sol, mais parce qu'ils exercent leurs ravages cachés +dans le sein de la terre et qu'on ne s'aperçoit de leur présence que +quand le mal est irréparable. Dès qu'on voit se flétrir les feuilles +d'une plante, il faut fouiller au pied, et l'on est sûr d'y trouver +un ou deux vers blancs. Lorsqu'on veut soustraire à leur voracité +des plantes auxquelles on attache du prix, comme les arbres à fruits +ou les jeunes plantations, il faut planter près d'eux des Fraisiers, +des Laitues, etc., dont les vers blancs sont très-friands. Une autre +précaution à prendre est de poursuivre les hannetons avec le plus +grand soin et de les détruire aussitôt qu'ils paraissent. Il faut +faire cette chasse le matin: les hannetons, engourdis par la +fraîcheur de la nuit, sont alors faiblement attachés aux branches et +tombent facilement à terre.</p> + +<p>M. Duval, qui paraît, avoir étudié avec soin les mœurs du +hanneton, prétend que de simples binages suffisent, pour détruire +les larves de cet insecte. Seulement les binages doivent être +pratiqués à propos. Selon lui, c'est après la ponte que l'on doit +biner les terrains ordinairement ravagés par le ver blanc, afin de +ramener à la surface du sol les œufs qui se trouvent dans la +terre. À cette époque, l'action de la lumière suffit, d'après ce +qu'il a observé, pour détruire tous les œufs que l'on peut +atteindre.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page389" name="page389"></a>(p. 389)</span> CHAPITRE XVII<br> +<span class="smaller">Vocabulaire des principaux termes de jardinage.</span></h2> + +<div class="vocab"> +<p><span class="smcap">Accot.</span> Fumier qu'on élève autour de couches pour empêcher le + froid d'y pénétrer.</p> + +<p><span class="smcap">Ados.</span> Terrain en pente tournée du côté du soleil. Les ados + servent à faire des semis et repiquer le jeune plant.</p> + +<p><span class="smcap">Amender.</span> Améliorer une terre par les engrais.</p> + +<p><span class="smcap">Annuel.</span> On donne ce nom aux plantes qui dans l'année germent, + fleurissent, portent graines et meurent.</p> + +<p><span class="smcap">Aouté.</span> Se dit des jeunes branches qui ont atteint la consistance + nécessaire pour résister à l'hiver.</p> + +<p><span class="smcap">Arroser.</span> Synonyme de mouiller.</p> + +<p><span class="smcap">Bassiner.</span> Arroser légèrement avec la pomme de l'arrosoir, de + manière que l'eau tombe en forme de pluie.</p> + +<p><span class="smcap">Bifurqué.</span> Qui se divise en deux branches.</p> + +<p><span class="smcap">Biner.</span> C'est diviser la superficie du sol avec la binette, afin + qu'elle ne se durcisse pas.</p> + +<p><span class="smcap">Bisannuel.</span> Les plantes qui durent deux ans.</p> + +<p><span class="smcap">Bourgeons.</span> Feuilles et tiges qui commencent à se développer.</p> + +<p><span class="smcap">Boutons.</span> Yeux placés dans l'aisselle des feuilles et au bout des + rameaux.</p> + +<p><span class="smcap">Boutons adventifs.</span> Ceux qui naissent ailleurs que dans l'aisselle + des feuilles et au bout des rameaux.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page390" name="page390"></a>(p. 390)</span> <span class="smcap">Brindille.</span> Branche à fruits mince et courte.</p> + +<p><span class="smcap">Bulbe.</span> Oignon de plante.</p> + +<p><span class="smcap">Butter.</span> Relever la terre autour du pied des plantes pour les + préserver de la gelée, les faire blanchir ou favoriser le + développement des tubercules.</p> + +<p><span class="smcap">Caduques</span> (feuilles). Qui tombent chaque année.</p> + +<p><span class="smcap">Caïeu.</span> Bourgeon qui se forme sur le côté des gros oignons.</p> + +<p><span class="smcap">Charger une couche.</span> C'est placer dessus la terre ou le terreau + nécessaire au besoin des plantes qu'on veut cultiver.</p> + +<p><span class="smcap">Collet.</span> Espèce de nœud placé entre la racine et la tige.</p> + +<p><span class="smcap">Contre-espalier.</span> Arbres plantés parallèlement à l'espalier et + dont les branches s'attachent sur un treillage peu élevé.</p> + +<p><span class="smcap">Contre-planter.</span> Cette opération consiste à planter entre les + rangs d'une planche garnie de plants à moitié ou aux trois quarts + venus, des plants qui leur succéderont.</p> + +<p><span class="smcap">Côtière.</span> Planche plus ou moins large, abritée par un mur ou un + brise-vent, où l'on cultive des légumes qui viennent plus tôt + qu'en plein jardin.</p> + +<p><span class="smcap">Cotylédon.</span> Lobes séminaux ou feuilles séminales.</p> + +<p><span class="smcap">Courson.</span> Branches taillées court.</p> + +<p><span class="smcap">Drageons.</span> Jeunes pousses qui partent des racines.</p> + +<p><span class="smcap">Éclaircir.</span> C'est arracher du plant lorsqu'on l'a semé trop dru, + de manière que celui qui reste profite davantage.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page391" name="page391"></a>(p. 391)</span> <span class="smcap">Éclater.</span> Séparer les racines d'une plante qui pousse + plusieurs tiges.</p> + +<p><span class="smcap">Espalier.</span> Arbre dont les branches sont étendues contre un mur.</p> + +<p><span class="smcap">Étêter.</span> Couper avec les ongles la tige principale d'une plante, + de manière à faciliter le développement des branches inférieures.</p> + +<p><span class="smcap">Forcer.</span> C'est obliger une plante ou un arbre à produire plus tôt + qu'il ne le ferait naturellement.</p> + +<p><span class="smcap">Frappé.</span> Se dit d'un melon qui, arrivé à sa grosseur, commence à + changer de couleur et de teinte.</p> + +<p><span class="smcap">Germe.</span> Partie de la semence dont se forme la plante.</p> + +<p><span class="smcap">Gobter.</span> Couvrir les meules à champignons avec de la terre légère.</p> + +<p><span class="smcap">Hale.</span> Vent sec et desséchant.</p> + +<p><span class="smcap">Herbacées.</span> Se dit des tiges vertes, molles, succulentes.</p> + +<p><span class="smcap">Herser.</span> Cette opération consiste à briser les mottes de terre + avec la fourche, après le labour.</p> + +<p><span class="smcap">Jauge.</span> On nomme jauge le fossé provenant de la terre qu'on doit + enlever avant de commencer à labourer.</p> + +<p><span class="smcap">Larder.</span> Introduire le blanc dans les meules à champignons.</p> + +<p><span class="smcap">Ligneux.</span> Qui tient de la nature du bois.</p> + +<p><span class="smcap">Meuble.</span> Se dit d'une terre bien divisée par les labours.</p> + +<p><span class="smcap">Mouiller.</span> Synonyme d'arroser.</p> + +<p><span class="smcap">Nouer.</span> Se dit des fleurs qui passent à l'état de fruit.</p> + +<p><span class="smcap">Œil.</span> Petite pointe qui paraît dans l'aisselle des feuilles + <span class="pagenum"><a id="page392" name="page392"></a>(p. 392)</span> et au bout des rameaux. Cette petite pointe, au + printemps suivant, devient un bouton à bois ou à fruit.</p> + +<p><span class="smcap">Œilletons.</span> Rejetons que produisent certaines plantes, et qui + servent à la propagation de l'espèce.</p> + +<p><span class="smcap">Ombrer.</span> Étendre une toile ou du paillis sur les châssis, pour + atténuer l'intensité des rayons solaires.</p> + +<p><span class="smcap">Pailler.</span> Étendre du fumier court sur le sol, afin d'empêcher + l'évaporation rapide de l'eau des arrosements.</p> + +<p><span class="smcap">Palisser.</span> Cette opération consiste à fixer seulement les branches + et les bourgeons des arbres cultivés en espalier.</p> + +<p><span class="smcap">Persistants, persistantes.</span> On appelle persistantes les feuilles + qui restent plusieurs années sur l'arbre.</p> + +<p><span class="smcap">Pincer.</span> Couper avec les ongles l'extrémité des jeunes rameaux, + pour favoriser le développement des branches inférieures.</p> + +<p><span class="smcap">Rameau.</span> Petite branche qui est une division des plus grandes.</p> + +<p><span class="smcap">Ratisser.</span> Couper l'herbe entre deux terres avec la ratissoire, + dans les allées et dans les plantations.</p> + +<p><span class="smcap">Réchaud.</span> Fumier neuf qu'on élève autour des couches pour + réchauffer ou entretenir la chaleur.</p> + +<p><span class="smcap">Remontants.</span> Les rosiers et autres végétaux qui fleurissent deux + fois dans la même année.</p> + +<p><span class="smcap">Repiquer.</span> Le repiquage consiste à planter au plantoir le jeune + plant provenant de semis.</p> + +<p><span class="smcap">Rustique.</span> Plant de culture facile, qui résiste aux intempéries de + l'hiver.</p> + +<p><span class="pagenum"><a id="page393" name="page393"></a>(p. 393)</span> <span class="smcap">Sarcler.</span> Arracher les mauvaises herbes qui naissent dans + les planches en culture.</p> + +<p><span class="smcap">Sentier.</span> Chemin étroit qu'on laisse entre chaque planche.</p> + +<p><span class="smcap">Terreauter.</span> C'est étendre une couche de terreau sur un semis.</p> + +<p><span class="smcap">Tracer.</span> Faire des lignes dans le sens de la longueur des + planches, pour semer ou planter.</p> + +<p><span class="smcap">Tubercules.</span> Parties charnues et arrondies d'où partent + ordinairement de petites racines fibreuses.</p> + +<p><span class="smcap">Turion.</span> Œil ou bouton naissant immédiatement sur les racines.</p> + +<p><span class="smcap">Vivace.</span> On nomme plantes vivaces tous les végétaux qui subsistent + au delà de trois ans, qu'ils perdent ou non chaque année leurs + feuilles ou leurs tiges.</p> +</div> + +<a id="img027" name="img027"></a> +<div class="figcenter"> +<img src="images/img027.jpg" width="600" height="413" alt="" title=""> +<p>Plan du jardin.</p> +</div> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page395" name="page395"></a>(p. 395)</span> TABLE DES MATIÈRES.</h2> +<div class="toc"> + +<p class="center">CHAPITRE PREMIER</p> + +<p>Disposition générale d'un jardin potager +<span class="ralign10"><a href="#page1">1</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE II</p> + +<p>Calendrier +<span class="ralign10"><a href="#page5">5</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>— Août +<span class="ralign10"><a href="#page6">6</a></span></li> + +<li>— Septembre +<span class="ralign10"><a href="#page8">8</a></span></li> + +<li>— Octobre +<span class="ralign10"><a href="#page11">11</a></span></li> + +<li>— Novembre +<span class="ralign10"><a href="#page14">14</a></span></li> + +<li>— Décembre +<span class="ralign10"><a href="#page17">17</a></span></li> + +<li>— Janvier +<span class="ralign10"><a href="#page19">19</a></span></li> + +<li>— Février +<span class="ralign10"><a href="#page22">22</a></span></li> + +<li>— Mars +<span class="ralign10"><a href="#page25">25</a></span></li> + +<li>— Avril +<span class="ralign10"><a href="#page29">29</a></span></li> + +<li>— Mai +<span class="ralign10"><a href="#page31">31</a></span></li> + +<li>— Juin +<span class="ralign10"><a href="#page34">34</a></span></li> + +<li>— Juillet +<span class="ralign10"><a href="#page37">37</a></span></li> +</ul> + +<p class="p2 center">CHAPITRE III</p> + +<p>Instruments de jardinage +<span class="ralign10"><a href="#page39">39</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>§ 1. Outils propres aux labours et plantations +<span class="ralign10"><a href="#page39">39</a></span></li> + +<li>2. Outils propres au transport +<span class="ralign10"><a href="#page41">41</a></span></li> + +<li>3. Instruments servant aux arrosements +<span class="ralign10"><a href="#page42">42</a></span></li> + +<li>4. Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres +<span class="ralign10"><a href="#page43">43</a></span></li> +</ul> + +<p class="p2 center">CHAPITRE IV</p> + +<p>Défoncements et labours +<span class="ralign10"><a href="#page44">44</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE V</p> + +<p>Fumiers et engrais +<span class="ralign10"><a href="#page47">47</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE VI</p> + +<p>Des arrosements +<span class="ralign10"><a href="#page49">49</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE VII</p> + +<p>Des couches +<span class="ralign10"><a href="#page51">51</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE VIII</p> + +<p>Multiplication des plantes +<span class="ralign10"><a href="#page56">56</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>§ 1. Semis +<span class="ralign10"><a href="#page56">56</a></span></li> + +<li><ul class="none"> +<li>I. Semis sur couche +<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li> + +<li>II. Semis en pleine terre +<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li> + +<li><ul class="none"> +<li>1. Semis à la volée +<span class="ralign10"><a href="#page57">57</a></span></li> + +<li>2. Semis en lignes ou en rayons +<span class="ralign10"><a href="#page58">58</a></span></li> + +<li>3. Semis en pochets +<span class="ralign10"><a href="#page58">58</a></span></li> +</ul></li> +</ul></li> + +<li>§ 2. Repiquage +<span class="ralign10"><a href="#page59">59</a></span></li> + +<li>3. Oignons +<span class="ralign10"><a href="#page59">59</a></span></li> + +<li>4. Caïeux +<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li> + +<li>5. Bulbiles +<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li> + +<li>6. Tubercules +<span class="ralign10"><a href="#page60">60</a></span></li> + +<li>7. Griffes ou pattes +<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li> + +<li>8. Œilletons +<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li> + +<li>9. Séparations des racines +<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li> + +<li>10. Stolons ou Coulants +<span class="ralign10"><a href="#page61">61</a></span></li> + +<li>11. Marcottes +<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li> + +<li><ul class="none"> +<li>1. Marcottes simples +<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li> + +<li>2. Marcottes par strangulation +<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li> + +<li>3. Marcottes par incision +<span class="ralign10"><a href="#page62">62</a></span></li> + +<li>4. Marcottes par cépée +<span class="ralign10"><a href="#page63">63</a></span></li> + +<li>5. Marcottes de racines +<span class="ralign10"><a href="#page63">63</a></span></li> +</ul></li> + +<li>12. Boutures +<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li> + +<li><ul class="none"> +<li>1. Boutures à l'air libre +<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li> + +<li>2. Boutures sous cloches et sous châssis +<span class="ralign10"><a href="#page64">64</a></span></li> + +<li>3. Boutures par tronçons de racine +<span class="ralign10"><a href="#page66">66</a></span></li> +</ul></li> +</ul> + +<p class="p2 center">CHAPITRE IX</p> + +<p>De la greffe +<span class="ralign10"><a href="#page67">67</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>1. Greffe en écusson +<span class="ralign10"><a href="#page68">68</a></span></li> + +<li>2. Greffe en anneau +<span class="ralign10"><a href="#page70">70</a></span></li> + +<li>3. Greffe en fente +<span class="ralign10"><a href="#page71">71</a></span></li> + +<li>4. Greffe en fente sur tubercule +<span class="ralign10"><a href="#page72">72</a></span></li> + +<li>5. Greffe en placage +<span class="ralign10"><a href="#page73">73</a></span></li> + +<li>6. Greffe de la vigne +<span class="ralign10"><a href="#page73">73</a></span></li> +<li>6 <i>bis.</i> Greffe herbacée +<span class="ralign10"><a href="#page74">74</a></span></li> +<li>6 <i>ter.</i> Greffe en couronne (Pline) +<span class="ralign10"><a href="#page76">76</a></span></li> + +<li>7. Greffe ordinaire par approche +<span class="ralign10"><a href="#page77">77</a></span></li> + +<li>8. Greffe par approche compliquée +<span class="ralign10"><a href="#page78">78</a></span></li> +</ul> + +<p class="p2 center">CHAPITRE X</p> + +<p>De la conservation des plantes. — Cloches. — Châssis. — Paillassons. — Orangerie + <span class="ralign10"><a href="#page78">78</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>§ 1. De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement + en hiver +<span class="ralign10"><a href="#page82">82</a></span></li> + +<li>2. De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement pendant l'été +<span class="ralign10"><a href="#page83">83</a></span></li> + +<li>3. Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes + ci-après désignées +<span class="ralign10"><a href="#page85">85</a></span></li> + +<li>4. De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur + traitement en hiver +<span class="ralign10"><a href="#page87">87</a></span></li> + +<li>5. De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur + traitement en été +<span class="ralign10"><a href="#page90">90</a></span></li> + +<li>6. Rempotage +<span class="ralign10"><a href="#page92">92</a></span></li> + +<li>7. Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes + ci-après désignées +<span class="ralign10"><a href="#page94">94</a></span></li> +</ul> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XI</p> + +<p>Jardin potager +<span class="ralign10"><a href="#page95">95</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XII</p> + +<p>Maladies des plantes potagères +<span class="ralign10"><a href="#page180">180</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XIII</p> + +<p>Jardin fruitier +<span class="ralign10"><a href="#page181">181</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>§ 1. Plantation +<span class="ralign10"><a href="#page182">182</a></span></li> + +<li>2. Taille +<span class="ralign10"><a href="#page184">184</a></span></li> + +<li><ul class="none"> +<li>1. Arbres à fruits à noyaux +<span class="ralign10"><a href="#page186">186</a></span></li> + +<li>2. Arbres à fruits à pépins +<span class="ralign10"><a href="#page188">188</a></span></li> +</ul></li> + +<li>3. Ébourgeonnage +<span class="ralign10"><a href="#page189">189</a></span></li> + +<li>4. Palissage +<span class="ralign10"><a href="#page189">189</a></span></li> + +<li>5. Fruitier +<span class="ralign10"><a href="#page190">190</a></span></li> + +<li>6. Culture des meilleures espèces de fruits +<span class="ralign10"><a href="#page191">191</a></span></li> +</ul> + +<p>Culture forcée du Cerisier +<span class="ralign10"><a href="#page193">193</a></span></p> + +<p>— — du Figuier +<span class="ralign10"><a href="#page196">196</a></span></p> + +<p>— — du Groseillier +<span class="ralign10"><a href="#page198">198</a></span></p> + +<p>— — du Pêcher +<span class="ralign10"><a href="#page212">212</a></span></p> + +<p>— — du Prunier +<span class="ralign10"><a href="#page230">230</a></span></p> + +<p>— — de la Vigne +<span class="ralign10"><a href="#page238">238</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XIV</p> + +<p>Maladies des arbres +<span class="ralign10"><a href="#page239">239</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XV</p> + +<p>Jardin d'agrément +<span class="ralign10"><a href="#page241">241</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section</span> I<sup>re</sup>. Plantes pour bordures +<span class="ralign10"><a href="#page250">250</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>1. Arbustes +<span class="ralign10"><a href="#page250">250</a></span></li> + +<li>2. Plantes vivaces formant des touffes +<span class="ralign10"><a href="#page251">251</a></span></li> + +<li>3. Plantes bulbeuses +<span class="ralign10"><a href="#page255">255</a></span></li> + +<li>4. Plantes annuelles que l'on multiplie de graines +<span class="ralign10"><a href="#page256">256</a></span></li> +</ul> + +<p><span class="smcap">Section II.</span> Plantes à garnir les massifs et les plates-bandes. + Plantes annuelles et bisannuelles +<span class="ralign10"><a href="#page259">259</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section III.</span> Plantes vivaces et bulbeuses de pleine terre +<span class="ralign10"><a href="#page279">279</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section IV.</span> Plantes de serre tempérée que l'on peut cultiver + en pleine terre l'été +<span class="ralign10"><a href="#page319">319</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section V.</span> Plantes pour l'ornement des eaux +<span class="ralign10"><a href="#page330">330</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>1. Plantes à feuilles flottantes +<span class="ralign10"><a href="#page330">330</a></span></li> + +<li>2. Plantes s'élevant au-dessus de la surface des eaux +<span class="ralign10"><a href="#page331">331</a></span></li> + +<li>3. Plantes propres à la décoration du bord de l'eau +<span class="ralign10"><a href="#page332">332</a></span></li> + +<li>4. Arbres et arbustes +<span class="ralign10"><a href="#page334">334</a></span></li> +</ul> + +<p><span class="smcap">Section VI.</span> Plantes pour rocailles +<span class="ralign10"><a href="#page336">336</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>Arbres et arbrisseaux +<span class="ralign10"><a href="#page337">337</a></span></li> +</ul> + +<p><span class="smcap">Section VII.</span> Plantes grimpantes pour garnir les murs, + berceaux, tonnelles +<span class="ralign10"><a href="#page339">339</a></span></p> + +<ul class="none"> +<li>1. Plantes annuelles et vivaces +<span class="ralign10"><a href="#page339">339</a></span></li> + +<li>2. Plantes grimpantes de serre tempérée que l'on peut + mettre en pleine terre tout l'été +<span class="ralign10"><a href="#page341">341</a></span></li> + +<li>3. Arbrisseaux +<span class="ralign10"><a href="#page342">342</a></span></li> +</ul> + +<p><span class="smcap">Section VIII.</span> Arbrisseaux et arbustes à feuilles caduques +<span class="ralign10"><a href="#page346">346</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section IX.</span> Arbrisseaux et arbustes d'ornement à feuillage + persistant +<span class="ralign10"><a href="#page359">359</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section X.</span> Arbustes de terre de bruyère +<span class="ralign10"><a href="#page363">363</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section XI.</span> Arbres d'ornement à feuilles caduques +<span class="ralign10"><a href="#page366">366</a></span></p> + +<p><span class="smcap">Section XII.</span> Arbres résineux +<span class="ralign10"><a href="#page378">378</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XVI</p> + +<p>Destruction des animaux nuisibles +<span class="ralign10"><a href="#page381">381</a></span></p> + +<p class="p2 center">CHAPITRE XVII</p> + +<p>Vocabulaire des principaux termes de jardinage +<span class="ralign10"><a href="#page389">389</a></span></p> + +<p class="p2">Table des matières +<span class="ralign10"><a href="#page395">395</a></span></p> + +<p>Table alphabétique +<span class="ralign10"><a href="#page399">399</a></span></p> + +<p>Table des figures +<span class="ralign10"><a href="#page410">410</a></span></p> +</div> + +<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page399" name="page399"></a>(p. 399)</span> TABLE ALPHABÉTIQUE</h2> + +<div class="index"> +<p>Abies, <i>voir</i> <a href="#page380">Sapins</a>.<br> + Abricotiers, +<a href="#page191">191</a>.<br> + Abronia umbellata, +<a href="#page259">259</a>.<br> + Acacia blanc, <i>voir</i> <a href="#page376">Robinier</a>.<br> + Acer, <i>voir</i> <a href="#page369">Érable</a>.<br> + Achillea, +<a href="#page279">279</a>.<br> + Aconit, +<a href="#page279">279</a><br> + Aconitum, <i>voir</i> <a href="#page279">Aconit</a>.<br> + Acorus, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Acroclinium roseum, +<a href="#page259">259</a>.<br> + Actæa spicata, +<a href="#page279">279</a>.<br> +<a id="adonide" name="adonide"></a> + Adonide, +<a href="#page259">259</a>, +<a href="#page279">279</a>.<br> + Adonis, <i>voir</i> <a href="#adonide">Adonide</a>.<br> + Æsculus, <i>voir</i> <a href="#page372">Marronnier</a>.<br> + Æthionema coridifolium, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Ageratum, +<a href="#page259">259</a>.<br> + Ail, +<a href="#page95">95</a>.<br> + Ail doré, +<a href="#page255">255</a>.<br> + Ailantus, +<a href="#page366">366</a>.<br> +<a id="airelle" name="airelle"></a> + Airelle, +<a href="#page334">334</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Ajonc, +<a href="#page359">359</a>.<br> + Alaterne, +<a href="#page359">359</a>.<br> + Alcea, <i>voir</i> <a href="#rosetremiere">Rose Trémière</a>.<br> +<a id="alizier" name="alizier"></a> + Alizier, +<a href="#page359">359</a>, +<a href="#page366">366</a>.<br> + Alisma, +<a href="#page330">330</a>.<br> + Alnus, <i>voir</i> <a href="#aune">Aune</a>.<br> + Alstrœmeria, +<a href="#page280">280</a>.<br> + Althæa, <i>voir</i> <a href="#hibiscus">Hibiscus</a>.<br> + Alternanthera spatula, +<a href="#page319">319</a>.<br> +<a id="alyssum" name="alyssum"></a> + Alyssum, +<a href="#page251">251</a>, +<a href="#page259">259</a>.<br> +<a id="amandier" name="amandier"></a> + Amandier, +<a href="#page192">192</a>, +<a href="#page346">346</a>.<br> + Amarante, +<a href="#page260">260</a>.<br> + Amarante à crête, <i>voir</i> <a href="#page263">Celosia à crête</a>.<br> + Amarantoïde, +<a href="#page268">268</a>.<br> + Amarantus, <i>voir</i> <a href="#page260">Amarante</a>.<br> + Amaryllis, +<a href="#page255">255</a>, +<a href="#page280">280</a>.<br> + Amelanchier, +<a href="#page346">346</a>.<br> + Amorpha, +<a href="#page346">346</a>.<br> + Amygdalus, <i>voir</i> <a href="#amandier">Amandier</a>.<br> + Anagallis grandiflora, +<a href="#page260">260</a>.<br> + Ananas, +<a href="#page96">96</a>.<br> + Anchusa, <i>voir</i> <a href="#page285">Buglosse</a>.<br> + Ancolie, +<a href="#page281">281</a>.<br> + Andromeda, +<a href="#page363">363</a>.<br> + Anémone, +<a href="#page281">281</a>.<br> + Anona, <i>voir</i> <a href="#page347">Asimina</a>.<br> + Anthémis des teinturiers, +<a href="#page283">283</a>.<br> + Antirrhinum majus, <i>voir</i> Muflier.<br> + Apalanche vert, <i>voir</i> <a href="#page365">Prinos verticillata</a>.<br> + Apocyn, +<a href="#page283">283</a>.<br> + Apocynum, <i>voir</i> <a href="#page283">Apocyn</a>.<br> + Aquilegia, <i>voir</i> <a href="#page281">Ancolie</a>.<br> + Arabis verna, <i>voir</i> <a href="#tourretteprintaniere">Tourrette printanière</a>.<br> + Aralia, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Arbousier, +<a href="#page363">363</a>.<br> + Arbre aux quarante écus, <i>voir</i> <a href="#page371">Gingko biloba</a>.<br> + Arbre aux Anémones, <i>voir</i> <a href="#page347">Calycanthus</a>.<br> + Arbre de neige, <i>voir</i> <a href="#page334">Chionanth</a>.<br> + Arbre saint, <i>voir</i> <a href="#page347">Azedarach</a>.<br> + Arbre aux fraises, <i>voir</i> <a href="#page363">Arbutus unedo</a>.<br> + Arbutus, <i>voir</i> <a href="#page363">Arbousier</a>.<br> + Araucaria, +<a href="#page379">379</a>.<br> + Arenaria, <i>voir</i> <a href="#page254">Sabline</a>.<br> + Argemone grandiflora, +<a href="#page260">260</a>.<br> + Argentine, <i>voir</i> <a href="#page252">Cerastium tomentosum</a>.<br> + Argousier, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Aristoloche, +<a href="#page342">342</a>.<br> + Arroche des jardins, +<a href="#page101">101</a>.<br> + Artichaut, +<a href="#page101">101</a>.<br> + Arum, +<a href="#page283">283</a>.<br> + Arundo donax, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Asclepias, +<a href="#page283">283</a>.<br> + Asimina virginica, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Asperges, +<a href="#page103">103</a>.<br> + Asperula odorata, +<a href="#page251">251</a>.<br> + Asphodèle, +<a href="#page284">284</a>.<br> + Asphodelus, <i>voir</i> <a href="#page284">Asphodèle</a>.<br> + Aster, +<a href="#page251">251</a>, +<a href="#page284">284</a>.<br> + Aster Sinensis, <i>voir</i> <a href="#reinemarguerite">Reine-marguerite</a>.<br> + Astragale, +<a href="#page284">284</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Astrantia, +<a href="#page284">284</a>.<br> + Atragène, +<a href="#page342">342</a>.<br> + Aubépine, <i>voir</i> <a href="#page369">Épine blanche</a>.<br> + Aubergine, +<a href="#page108">108</a>.<br> + Aubrietia deltoida, +<a href="#page251">251</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Aucuba, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Auricule, <i>voir</i> <a href="#page254">Primevère auricule</a>.<br> +<a id="aune" name="aune"></a> + Aune, +<a href="#page334">334</a>, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Azalea, +<a href="#page363">363</a>.<br> + Azarero, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerasus Lusitanica</a>.<br> + Azédarach, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Azerolier, <i>voir</i> <a href="#page369">Épine d'Espagne</a>.</p> + +<p class="p2">Baguenaudier, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Balisier, <i>voir</i> <a href="#page320">Canna Indica</a>.<br> + Balsamine, +<a href="#page261">261</a>.<br> + Bambusa, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Barbe de capucin, <i>voir</i> <a href="#page118">Chicorée sauvage</a>.<br> + Barbeau, <i>voir</i> <a href="#centauree">Centaurées</a>.<br> + Barkhausia rubra, <i>voir</i> <a href="#page256">Crepis rubra</a>.<br> + Bartonia aurea, +<a href="#page261">261</a>.<br> + Baselle, +<a href="#page109">109</a>.<br> + Basilic, +<a href="#page109">109</a>.<br> + Begonia, +<a href="#page319">319</a>.<br> + Belle-Dame, <i>voir</i> <a href="#page101">Arroche</a>.<br> + Belle-de-jour, +<a href="#page261">261</a>.<br> + Belle-de-nuit, +<a href="#page261">261</a>.<br> + Bellis perennis, <i>voir</i> <a href="#page253">Pâquerette</a>.<br> + Berberis, <i>voir</i> <a href="#epinevinette">Épine vinette</a>.<br> + Bermudienne, +<a href="#page252">252</a>.<br> + Betonica, +<a href="#page284">284</a>.<br> + Betterave, +<a href="#page109">109</a>.<br> + Betula, <i>voir</i> <a href="#page367">Bouleau</a>.<br> + Bidens atrosanguinea, <i>voir</i> <a href="#page265">Cosmos</a>.<br> + Bignonia, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Blé de Turquie, <i>voir</i> <a href="#mais">Maïs</a>.<br> + Bleuet, <i>voir</i> <a href="#centauree">Centaurée</a>.<br> + Bocconia, +<a href="#page284">284</a>.<br> + Bois-bouton, <i>voir</i> <a href="#page334">Cephalanthus</a>.<br> + Bois-cuir, <i>voir</i> <a href="#page335">Dirca</a>.<br> + Bois de Sainte-Lucie, <i>voir</i> <a href="#page348">Cerisier odorant</a>.<br> + Bois-Joli, <i>voir</i> <a href="#page349">Daphne mezereum</a>.<br> + Boltonia, +<a href="#page285">285</a>.<br> + Bonduc, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Bonne-Dame, <i>voir</i> <a href="#page101">Arroche</a>.<br> + Bonnet de Prêtre, <i>voir</i> <a href="#page350">Fusain commun</a>.<br> + Bouleau, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Boulette azurée, <i>voir</i> <a href="#page292">Echinops ritro</a>.<br> + Boule de neige, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne stérile</a>.<br> + Bourgène, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Bourrache, +<a href="#page110">110</a>.<br> + Bourreau des arbres, <i>voir</i> <a href="#page343">Celastrus scandens</a>.<br> + Boussingaultia baselloides, +<a href="#page341">341</a>.<br> + Bouton-d'argent, <i>voir</i> <a href="#page279">Achillea ptarmica</a>.<br> + Brachycome, +<a href="#page261">261</a>.<br> + Brassica, <i>voir</i> <a href="#page121">Choux</a>.<br> + Broualle, +<a href="#page262">262</a>.<br> + Broussonetia, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Browallia, <i>voir</i> <a href="#page262">Broualle</a>.<br> + Brunella grandiflora, +<a href="#page252">252</a>.<br> + Buddleia Lindleyana, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Buglose, +<a href="#page285">285</a>.<br> +<a id="bugrane" name="bugrane"></a> + Bugrane, +<a href="#page285">285</a>, +<a href="#page347">347</a>.<br> +<a id="buis" name="buis"></a> + Buis, +<a href="#page250">250</a>, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Buisson ardent, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Buplevrum, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Butomus umbellatus, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Buxus, <i>voir</i> <a href="#buis">Buis</a>.</p> + +<p class="p2">Cacalia sagittata, +<a href="#page262">262</a>.<br> + Caladium, +<a href="#page320">320</a>.<br> + Calandrinia umbellata, +<a href="#page262">262</a>.<br> + Calcéolaires, +<a href="#page320">320</a>.<br> + Calendula, <i>voir</i> <a href="#page277">Souci</a>.<br> + Calliopsis, <i>voir</i> <a href="#coreopsis">Coreopsis</a>.<br> + Callistephus hortensis, <i>voir</i> <a href="#reinemarguerite">Reine-marguerite</a>.<br> + Calomeria, <i>voir</i> <a href="#page269">Humea</a>.<br> + Caltha palustris, <i>voir</i> <a href="#page334">Populage des marais</a>.<br> + Calycanthus, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Calystégia, +<a href="#page339">339</a>.<br> + Camomille rouge, <i>voir</i> <a href="#pyrethrum">Pyrethrum roseum</a>.<br> +<a id="campanule" name="campanule"></a> + Campanule, +<a href="#page252">252</a>, +<a href="#page256">256</a>, +<a href="#page262">262</a>, +<a href="#page285">285</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Canna Indica, +<a href="#page320">320</a>.<br> + Cantua coronopifolia, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomopsis elegans</a>.<br> + Câprier, +<a href="#page337">337</a>.<br> +<a id="capucines" name="capucines"></a> + Capucines, +<a href="#page110">110</a>, +<a href="#page262">262</a>, +<a href="#page339">339</a>.<br> + Capucine tubéreuse, +<a href="#page341">341</a>.<br> + Caragana, +<a href="#page347">347</a>.<br> + Cardamine pratensis, +<a href="#page286">286</a>.<br> + Carde poirée, <i>voir</i> <a href="#poireeacarde">Poirée à carde</a>.<br> + Cardon, +<a href="#page110">110</a>.<br> + Carotte, +<a href="#page111">111</a>.<br> + Caroubier, +<a href="#page360">360</a>.<br> + Carpinus, <i>voir</i> <a href="#page368">Charme</a>.<br> + Cassia, +<a href="#page320">320</a>.<br> + Cassis, <i>voir</i> <a href="#groseillier">Groseillier à fruit noir</a>.<br> + Castanea, <i>voir</i> <a href="#page368">Châtaignier</a>.<br> + Catalpa, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Catananche cærulea, <i>voir</i> <a href="#page288">Cupidone bleue</a>.<br> + Cèdre, +<a href="#page379">379</a>.<br> + Celastrus scandens, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Céleri, +<a href="#page112">112</a>.<br> + Celosia, +<a href="#page263">263</a>.<br> + Celtis, <i>voir</i> <a href="#page372">Micoulier</a>.<br> +<a id="centauree" name="centauree"></a> + Centaurea, +<a href="#page263">263</a>, +<a href="#page286">286</a>.<br> + Centranthus macrosiphon, +<a href="#page263">263</a>.<br> + Cephalanthus, +<a href="#page334">334</a>.<br> + Céraiste, +<a href="#page252">252</a>.<br> + Cerastium, <i>voir</i> <a href="#page252">Céraiste</a>.<br> + Cerasus, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerisier</a>.<br> + Ceratonia, <i>voir</i> <a href="#page360">Caroubier</a>.<br> + Ceratophyllum, <i>voir</i> <a href="#page330">Cornifle</a>.<br> + Cerfeuil, +<a href="#page114">114</a>.<br> + Cerfeuil bulbeux, +<a href="#page114">114</a>.<br> + Cerisiers, +<a href="#page193">193</a>.<br> + Cerisier odorant, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Cerisier à fleurs doubles, +<a href="#page367">367</a>.<br> + Cestrum, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Chænostoma polyanthum, +<a href="#page264">264</a>.<br> + Chalef, +<a href="#page368">368</a>.<br> + Chamæcerasus, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Chamærops, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Champignon comestible, +<a href="#page115">115</a>.<br> + Charieis heterophylla, <i>voir</i> <a href="#page257">Kaulfussia amelloïdes</a>.<br> + Charme, +<a href="#page368">368</a>.<br> + Châtaigne d'eau, <i>voir</i> <a href="#page331">Macre</a>.<br> + Châtaignier, +<a href="#page368">368</a>.<br> + Cheiranthus, +<a href="#page268">268</a>, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Cheiranthus maritimus, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br> + Chelone, <i>voir</i> <a href="#page295">Galane</a>.<br> +<a id="chene" name="chene"></a> + Chêne, +<a href="#page338">338</a>, +<a href="#page360">360</a>, +<a href="#page368">368</a>.<br> + Chenillette, +<a href="#page118">118</a>.<br> + Chervis, +<a href="#page118">118</a>.<br> + Chèvrefeuille, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Chicorée, +<a href="#page118">118</a>.<br> + Chicot du Canada, <i>voir</i> <a href="#page367">Bonduc</a>.<br> + Chincapin, <i>voir</i> <a href="#page368">Castanea Americana</a>.<br> + Chionanthus, +<a href="#page334">334</a>.<br> + Chirouis, <i>voir</i> <a href="#page118">Chervis</a>.<br> + Choux, +<a href="#page121">121</a>.<br> + Chou-rave, +<a href="#page124">124</a>.<br> + Chou-navet, +<a href="#page124">124</a>.<br> + Chou brocoli, +<a href="#page126">126</a>.<br> + Chou marin, +<a href="#page127">127</a>.<br> + Choux à feuilles ornementales, +<a href="#page264">264</a>.<br> + Choux-fleurs, +<a href="#page124">124</a>.<br> +<a id="chrysantheme" name="chrysantheme"></a> + Chrysanthème, +<a href="#page264">264</a>, +<a href="#page286">286</a>, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Chrysocoma, +<a href="#page287">287</a>.<br> + Ciboule, +<a href="#page128">128</a>.<br> + Ciboulette, +<a href="#page129">129</a>.<br> + Cinéraires hybrides, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Cissus quinquefolia, <i>voir</i> <a href="#page345">Vigne vierge</a>.<br> + Civette, <i>voir</i> <a href="#page129">Ciboulette</a>.<br> + Clavalier, +<a href="#page368">368</a>.<br> + Clarkia, +<a href="#page264">264</a>.<br> + Clématite, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Cléome, +<a href="#page265">265</a>.<br> + Clethra, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Cobæa scandens, +<a href="#page339">339</a>.<br> + Cœlestina cærulea, <i>voir</i> <a href="#page259">Ageratum cæruleum</a>.<br> +<a id="coignassier" name="coignassier"></a> + Coignassier, +<a href="#page194">194</a>, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Coignassier de la Chine, +<a href="#page369">369</a>.<br> + Colchicum, <i>voir</i> <a href="#page287">Colchique</a>.<br> + Colchique, +<a href="#page287">287</a>.<br> + Coléus, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Collinsia, +<a href="#page256">256</a>.<br> + Collomia, +<a href="#page256">256</a>.<br> + Colutea, <i>voir</i> <a href="#page347">Baguenaudier</a>.<br> + Commelina tuberosa, +<a href="#page287">287</a>.<br> + Comptonia aspleniifolia, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Concombre, +<a href="#page129">129</a>.<br> + Coniza, <i>voir</i> <a href="#page362">Seneçon en arbre</a>.<br> + Conservation des Patates, +<a href="#page166">166</a>.<br> + Conservation des Choux-fleurs, +<a href="#page126">126</a>.<br> + Conservation des Choux cabus, +<a href="#page122">122</a>.<br> + Consoude, +<a href="#page287">287</a>.<br> + Convallaria maialis, <i>voir</i> <a href="#page305">Muguet de mai</a>.<br> + Convolvulus, <i>voir</i> <a href="#page340">Ipomæa</a>.<br> + Convolvulus tricolor, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-jour</a>.<br> + Coquelicot, +<a href="#page265">265</a>.<br> + Coquelourde, +<a href="#page265">265</a>.<br> + Corbeille d'or, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum</a>.<br> + Corbeille d'argent, <i>voir</i> <a href="#page255">Thlaspi vivace</a> +et <a href="#tourretteprintaniere">Tourette printanière</a>.<br> +<a id="coreopsis" name="coreopsis"></a> + Coréopsis, +<a href="#page265">265</a>, +<a href="#page287">287</a>.<br> + Corète du Japon, +<a href="#page348">348</a>.<br> + Cornichon, <i>voir</i> <a href="#page129">Concombre</a>.<br> + Cornifle, +<a href="#page330">330</a>.<br> +<a id="cornouiller" name="cornouiller"></a> + Cornouiller, +<a href="#page349">349</a>, +<a href="#page369">369</a>.<br> + Cornus, <i>voir</i> <a href="#cornouiller">Cornouiller</a>.<br> + Coronilla emerus, +<a href="#page349">349</a>.<br> + Corydalis formosa, +<a href="#page288">288</a>.<br> + Corylus, <i>voir</i> <a href="#noisetier">Noisetier</a>.<br> + Cosmos bipinnatus, +<a href="#page265">265</a>.<br> + Cotoneaster, +<a href="#page338">338</a>.<br> +<a id="courge" name="courge"></a> + Courges, +<a href="#page130">130</a>, +<a href="#page339">339</a>.<br> + Couronne impériale, <i>voir</i> <a href="#page293">Fritillaria imperialis</a>.<br> + Crambe maritima, <i>voir</i> <a href="#page127">Chou marin</a>.<br> + Craniolaria fragrans, <i>voir</i> <a href="#page271">Martynia fragrans</a>.<br> + Cranson, <i>voir</i> <a href="#page175">Raifort</a>.<br> + Cratægus, <i>voir</i> <a href="#alizier">Alizier</a>.<br> + Crépis rose, +<a href="#page256">256</a>.<br> + Cresson, +<a href="#page131">131</a>.<br> + Crocus vernus, +<a href="#page256">256</a>.<br> + Croix de Jérusalem, <i>voir</i> <a href="#lychnis">Lychnis</a>.<br> + Crucianella, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Cryptomeria, +<a href="#page379">379</a>.<br> + Cucurbita, <i>voir</i> <a href="#courge">Courge</a>.<br> + Cuphéa, +<a href="#page266">266</a>.<br> + Cupidone bleue, +<a href="#page288">288</a>.<br> + Cupressus, <i>voir</i> <a href="#page379">Cyprès</a>.<br> + Cyclamen, +<a href="#page288">288</a>.<br> + Cydonia, <i>voir</i> <a href="#coignassier">Coignassier</a>.<br> + Cynoglossum, <i>voir</i> <a href="#cynoglosse">Cynoglosse</a>.<br> +<a id="cynoglosse" name="cynoglosse"></a> + Cynoglosse, +<a href="#page252">252</a>, +<a href="#page257">257</a>, +<a href="#page266">266</a>.<br> + Cyprès, +<a href="#page379">379</a>.<br> + Cyprès chauve, +<a href="#page335">335</a>.<br> +<a id="cytise" name="cytise"></a> + Cytise, +<a href="#page349">349</a>, +<a href="#page369">369</a>.</p> + +<p class="p2">Dahlia, +<a href="#page288">288</a>, +<a href="#page364">364</a>.<br> + Daphné, +<a href="#page349">349</a>.<br> +<a id="datura" name="datura"></a> + Datura, +<a href="#page266">266</a>, +<a href="#page290">290</a>, +<a href="#page324">324</a>.<br> + Decumaria barbata, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Delphinium, <i>voir</i> <a href="#page258">Pied-d'Alouette</a>.<br> + Dent-de-lion, <i>voir</i> <a href="#page167">Pissenlit</a>.<br> + Deutzia, +<a href="#page349">349</a>.<br> + Dianthus, <i>voir</i> <a href="#page306">Œillet</a>.<br> + Dictamnus albus, <i>voir</i> <a href="#page293">Fraxinelle</a>.<br> + Didiscus cæruleus, <i>voir</i> <a href="#page269">Hugelia cærulea</a>.<br> + Dielytra spectabilis, +<a href="#page290">290</a>.<br> + Diervilla lutea, +<a href="#page349">349</a>.<br> + Digitale pourpre, +<a href="#page266">266</a>.<br> + Dimorphotheca pluvialis, <i>voir</i> <a href="#page277">Calendula pluvialis</a>.<br> + Dioclea glycinoides, +<a href="#page341">341</a>.<br> + Dioscorea batatas, <i>voir</i> <a href="#page142">Igname de la Chine</a>.<br> + Diospyros, <i>voir</i> <a href="#page375">Plaqueminier</a>.<br> + Dirca palustris, +<a href="#page335">335</a>.<br> + Dodecatheon meadia, +<a href="#page291">291</a>.<br> + Doronic, +<a href="#page252">252</a>, +<a href="#page291">291</a>.<br> + Dracocephalum, +<a href="#page266">266</a>, +<a href="#page291">291</a>.</p> + +<p class="p2">Eccremocarpus scaber, +<a href="#page341">341</a>.<br> + Échalote, +<a href="#page133">133</a>.<br> + Echinops ritro, +<a href="#page292">292</a>.<br> + Elœagnus, <i>voir</i> <a href="#page368">Chalef</a>.<br> + Emilia sagittata, <i>voir</i> <a href="#page262">Cacalia sagittata</a>.<br> +<a id="enothere" name="enothere"></a> + Énothères, +<a href="#page266">266</a>, +<a href="#page292">292</a>.<br> + Épervière, +<a href="#page292">292</a>.<br> + Éphémère, <i>voir</i> <a href="#tradescantia">Tradescantia</a>.<br> + Épi de la Vierge, <i>voir</i> <a href="#page309">Ornithogalum pyramidale</a>.<br> + Epilobium, +<a href="#page292">292</a>.<br> + Epimedium, +<a href="#page292">292</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Épinard, +<a href="#page133">133</a>.<br> + Épinard d'été, <i>voir</i> <a href="#page177">Tétragone étalée</a>.<br> + Épine, +<a href="#page369">369</a>.<br> +<a id="epinevinette" name="epinevinette"></a> + Épine-vinette, +<a href="#page194">194</a>, +<a href="#page349">349</a>.<br> + Érable, +<a href="#page369">369</a>.<br> + Erica, +<a href="#page364">364</a>.<br> + Erigeron, +<a href="#page292">292</a>.<br> + Erinus, +<a href="#page293">293</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Eriophorum, <i>voir</i> <a href="#page333">Linaigrette</a>.<br> + Erodium, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Érysimum, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Erysimum barbarea, <i>voir</i> <a href="#page318">Vélar</a>.<br> + Érythrina, +<a href="#page322">322</a>.<br> + Escholtzia Californica, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Estragon, +<a href="#page134">134</a>.<br> + Eucalyptus globulus, +<a href="#page324">324</a>.<br> + Eucharidium elegans, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Eupatoire, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Eupatorium, <i>voir</i> <a href="#page293">Eupatoire</a>.<br> + Eutoca viscida, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Evonymus, <i>voir</i> <a href="#fusain">Fusain</a>.</p> + +<p class="p2">Fagus, <i>voir</i> <a href="#page371">Hêtre</a>.<br> + Farfugium, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Faux Ébénier, <i>voir</i> <a href="#cytise">Cytise</a>.<br> + Faux Indigo, <i>voir</i> <a href="#page346">Amorpha</a>.<br> + Faux Jalap, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-nuit</a>.<br> + Faux Pistachier, <i>voir</i> <a href="#page358">Staphylea</a>.<br> + Fenouil, +<a href="#page134">134</a>.<br> + Fenouil marin, <i>voir</i> <a href="#page166">Perce-pierre</a>.<br> + Fève, +<a href="#page134">134</a>.<br> + Févier, +<a href="#page370">370</a>.<br> + Ficoïde, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Figuier, +<a href="#page195">195</a>.<br> + Filaria, +<a href="#page361">361</a>.<br> + Fléchière, +<a href="#page330">330</a>.<br> + Fleur de la Passion, <i>voir</i> <a href="#page344">Passiflora</a>.<br> + Fontanesia, +<a href="#page338">338</a>.<br> + Forsythia suspensa, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Fothergilla, +<a href="#page364">364</a>.<br> + Fougères, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Fraisiers, +<a href="#page135">135</a>.<br> + Framboisiers, +<a href="#page196">196</a>.<br> + Fraxinelle d'Europe, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Fraxinus, <i>voir</i> <a href="#page370">Frêne</a>.<br> + Frêne, +<a href="#page370">370</a>.<br> + Fritillaria, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Fumaria, <i>voir</i> <a href="#page293">Fumeterre</a>.<br> + Fumeterre, +<a href="#page293">293</a>.<br> + Funkia subcordata, <i>voir</i> <a href="#hemerocalle">Hemerocallis Japonica</a>.<br> +<a id="fusain" name="fusain"></a> + Fusain, +<a href="#page350">350</a>, +<a href="#page361">361</a>.<br> + Fuchsia, +<a href="#page324">324</a>.</p> + +<p class="p2">Gaillardia, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Galane, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Galanthus nivalis, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Galé, +<a href="#page335">335</a>.<br> + Galega officinalis, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Gattilier, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Gaultheria, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Gaura biennis, +<a href="#page267">267</a>.<br> + Gazon turc, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifrage</a>.<br> + Genêt, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Genévrier, +<a href="#page379">379</a>.<br> + Genista, <i>voir</i> <a href="#page350">Genêt</a>.<br> + Gentiana, +<a href="#page252">252</a>, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Géranium, +<a href="#page295">295</a>.<br> + Géranium rouge, <i>voir</i> <a href="#page326">Pélargonium zonale</a>.<br> + Gesse, +<a href="#page340">340</a>.<br> + Geum coccineum, +<a href="#page296">296</a>.<br> + Gilia, +<a href="#page268">268</a>.<br> + Gilia androsacea, <i>voir</i> <a href="#page257">Leptosiphon androsaceus</a>.<br> + Gilia coronopifolia, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomopsis elegans</a>.<br> + Gilia densiflora, <i>voir</i> <a href="#page257">Leptosiphon densiflorus</a>.<br> + Ginkgo bibola, +<a href="#page371">371</a>.<br> + Giroflée, +<a href="#page268">268</a>.<br> + Giroflée de Mahon, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br> + Gladiolus, +<a href="#page256">256</a>, +<a href="#page296">296</a>.<br> + Glaïeul des marais, <i>voir</i> <a href="#iris">Iris des marais</a>.<br> + Gleditschia, <i>voir</i> <a href="#page370">Févier</a>.<br> + Glycine, +<a href="#page343">343</a>.<br> + Gnaphalium margaritaceum, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.<br> + Gomphrena globosa, <i>voir</i> <a href="#page268">Amarantoïde</a>.<br> + Gordonia, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Graminées à bordures, +<a href="#page252">252</a>.<br> + Grande douve, <i>voir</i> <a href="#ranuncul">Ranuncul</a>.<br> + Grenadille, +<a href="#page344">344</a>.<br> +<a id="groseillier" name="groseillier"></a> + Groseillier, +<a href="#page197">197</a>, +<a href="#page338">338</a>, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Gunnera scabra, +<a href="#page297">297</a>.<br> + Gymnocladus, <i>voir</i> <a href="#page367">Bonduc</a>.<br> + Gynerium argenteum, +<a href="#page297">297</a>.<br> + Gypsophila, +<a href="#page268">268</a>, +<a href="#page296">296</a>.</p> + +<p class="p2">Helesia, +<a href="#page350">350</a>.<br> + Hamamélis, +<a href="#page335">335</a>.<br> + Haricot, +<a href="#page139">139</a>.<br> + Haricot d'Espagne, +<a href="#page340">340</a>.<br> + Hedera, <i>voir</i> <a href="#lierre">Lierre</a>.<br> + Hedysarum, <i>voir</i> <a href="#sainfoin">Sainfoin</a>.<br> + Helenium autumnale, +<a href="#page297">297</a>.<br> + Helianthus, <i>voir</i> <a href="#page315">Soleil</a>.<br> + Helianthus argophyllus, +<a href="#page269">269</a>.<br> + Helichrysium, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.<br> + Héliotrope d'hiver, <i>voir</i> <a href="#tussilage">Tussilago fragrans</a>.<br> + Héliotrope, +<a href="#page324">324</a>.<br> + Heliotropium, <i>voir</i> <a href="#page324">Héliotrope</a>.<br> + Hellébore, +<a href="#page297">297</a>.<br> +<a id="hellebor" name="hellebor"></a> + Hellébore blanc, <i>voir</i> <a href="#page318">Varaire</a>.<br> +<a id="hemerocalle" name="hemerocalle"></a> + Hémérocalle, +<a href="#page253">253</a>, +<a href="#page298">298</a>.<br> + Hemerocallis, <i>voir</i> <a href="#hemerocalle">Hémérocalle</a>.<br> + Hépatique printanière, +<a href="#page253">253</a>.<br> + Heraclum, +<a href="#page298">298</a>.<br> + Herbe aux turquoises, <i>voir</i> <a href="#page253">Ophiopogon du Japon</a>.<br> + Herbe de Ste-Barbe, <i>voir</i> <a href="#page318">Vélar</a>.<br> + Hesperis matronalis, <i>voir</i> <a href="#page301">Julienne des jardins</a>.<br> + Hêtre, +<a href="#page371">371</a>.<br> +<a id="hibiscus" name="hibiscus"></a> + Hibiscus, +<a href="#page268">268</a>, +<a href="#page298">298</a>, +<a href="#page351">351</a>.<br> + Hieracium aurantiacum, <i>voir</i> <a href="#page292">Épervière</a>.<br> + Hippophæ rhamnoides, <i>voir</i> <a href="#page347">Argousier</a>.<br> + Hippuris vulgaris, <i>voir</i> <a href="#page332">Pesse d'eau</a>.<br> + Hortensia, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Hoteia Japonica, +<a href="#page298">298</a>.<br> + Houblon, +<a href="#page344">344</a>.<br> + Houx, +<a href="#page361">361</a>.<br> + Hugelia cærulea, +<a href="#page269">269</a>.<br> + Humea elegans, +<a href="#page269">269</a>.<br> + Humulus lupulus, <i>voir</i> <a href="#page344">Houblon</a>.<br> + Hyacinthus orientalis, <i>voir</i> <a href="#page299">Jacinthe</a>.<br> + Hydrangea, +<a href="#page351">351</a>.<br> + Hydrocharis, <i>voir</i> <a href="#page331">Morrène</a>.<br> + Hypericum, <i>voir</i> <a href="#millepertuis">Millepertuis</a>.</p> + +<p class="p2">Ibéris, <i>voir</i> <a href="#page277">Thlaspi</a>.<br> + If, +<a href="#page380">380</a>.<br> + Igname de la Chine, +<a href="#page142">142</a>.<br> + Ilex, <i>voir</i> <a href="#page361">Houx</a>.<br> +<a id="immortelle" name="immortelle"></a> + Immortelle, +<a href="#page269">269</a>, +<a href="#page298">298</a>.<br> + Impatiens balsamina, <i>voir</i> <a href="#page261">Balsamine</a>.<br> + Indigofera, +<a href="#page351">351</a>.<br> + Ipomœa, +<a href="#page340">340</a>.<br> + Ipomopsis elegans, +<a href="#page270">270</a>.<br> +<a id="iris" name="iris"></a> + Iris, +<a href="#page253">253</a>, +<a href="#page278">278</a>, +<a href="#page331">331</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Itea, +<a href="#page351">351</a>.</p> + +<p class="p2">Jacée, <i>voir</i> <a href="#lychnis">Lychnis dioica</a>.<br> + Jacinthe, +<a href="#page299">299</a>.<br> + Jasmin, +<a href="#page338">338</a>, +<a href="#page344">344</a>.<br> + Jasmin de Virginie, <i>voir</i> <a href="#page343">Bignonia radicans</a>.<br> + Jonc fleuri, <i>voir</i> <a href="#page333">Butomus umbellatus</a>.<br> + Jonquille, <i>voir</i> <a href="#narcissus">Narcissus Jonquilla</a>.<br> + Juglans, <i>voir</i> <a href="#page200">Noyer</a>.<br> + Julienne de Mahon, +<a href="#page257">257</a>.<br> + Julienne des jardins, +<a href="#page301">301</a>.<br> + Juniperus, <i>voir</i> <a href="#page379">Genévrier</a>.</p> + +<p class="p2">Kalmia, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Kaulfussia amelloïdes, +<a href="#page257">257</a>.<br> + Kerria Japonica, <i>voir</i> <a href="#page348">Corète du Japon</a>.<br> + Ketmie, <i>voir</i> <a href="#hibiscus">Hibiscus</a>.<br> + Kœlreuteria, +<a href="#page371">371</a>.<br> + Koniga, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum maritima</a>.</p> + +<p class="p2">Laitues, +<a href="#page144">144</a>.<br> + Lamium orvala, +<a href="#page301">301</a>.<br> + Lantana, +<a href="#page325">325</a>.<br> + Larix, <i>voir</i> <a href="#page380">Mélèze</a>.<br> + Lathyrus, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse</a>.<br> + Laurier, +<a href="#page361">361</a>.<br> + Laurier Saint-Antoine, <i>voir</i> <a href="#page292">Epilobium spicatum</a>.<br> + Laurus, <i>voir</i> <a href="#page361">Laurier</a>.<br> + Lavatère à grandes fleurs, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Lawn's-grass, +<a href="#page244">244</a>.<br> + Lentilles, +<a href="#page147">147</a>.<br> + Leptosiphon, +<a href="#page257">257</a>.<br> + Leycesteria, +<a href="#page351">351</a>.<br> +<a id="lierre" name="lierre"></a> + Lierre, +<a href="#page250">250</a>, +<a href="#page344">344</a>, +<a href="#page361">361</a>.<br> + Ligustrum, <i>voir</i> <a href="#troene">Troëne</a>.<br> + Lilas, +<a href="#page351">351</a>.<br> + Lilas de terre, <i>voir</i> <a href="#page306">Muscari monstrosum</a>.<br> + Lilium, <i>voir</i> <a href="#page302">Lis</a>.<br> + Limaçon, +<a href="#page118">118</a>.<br> + Lin à grandes fleurs, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Lin vivace, +<a href="#page301">301</a>.<br> + Linaigrette, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Linaire, +<a href="#page257">257</a>, +<a href="#page302">302</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Linum perenne, <i>voir</i> <a href="#page301">Lin vivace</a>.<br> + Lippia repens, +<a href="#page253">253</a>.<br> + Liquidambar, +<a href="#page371">371</a>.<br> + Liriodendron, <i>voir</i> <a href="#page378">Tulipier</a>.<br> + Lis, +<a href="#page302">302</a>.<br> + Lis des Incas, <i>voir</i> <a href="#page280">Alstrœmeria pelegrina</a>.<br> + Lis Saint-Bruno, <i>voir</i> <a href="#page310">Phalangium liliastrum</a>.<br> + Liseron tricolore, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-jour</a>.<br> + Loasa, +<a href="#page342">342</a>.<br> + Lobelia, +<a href="#page257">257</a>, +<a href="#page303">303</a>, +<a href="#page325">325</a>.<br> + Lonicera, <i>voir</i> <a href="#page343">Chèvrefeuille</a>.<br> + Lophospermum, +<a href="#page342">342</a>.<br> + Lothier rouge, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Lunaire annuelle, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Lunaria annua, <i>voir</i> <a href="#page270">Lunaire annuelle</a>.<br> +<a id="lupin" name="lupin"></a> + Lupin, +<a href="#page270">270</a>, +<a href="#page304">304</a>.<br> + Lupinus, <i>voir</i> <a href="#lupin">Lupin</a>.<br> +<a id="lychnide" name="lychnide"></a> + Lychnide, +<a href="#page253">253</a>, +<a href="#page304">304</a>.<br> +<a id="lychnis" name="lychnis"></a> + Lychnis, Coquelourde, <i>voir</i> <a href="#lychnide">Lychnide</a>.<br> + Lycium, +<a href="#page338">338</a>.<br> + Lysimachi, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Lythrum virgatum, <i>voir</i> <a href="#page332">Salicaire</a>.</p> + +<p class="p2">Mâche, +<a href="#page147">147</a>.<br> + Maclura, +<a href="#page371">371</a>.<br> + Macre, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Madaria elegans, <i>voir</i> <a href="#page270">Madia elegans</a>.<br> + Madia elegans, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Magnolia, +<a href="#page352">352</a>, +<a href="#page362">362</a>, +<a href="#page371">371</a>.<br> + Mahonia, +<a href="#page362">362</a>.<br> +<a id="mais" name="mais"></a> + Maïs, +<a href="#page147">147</a>, +<a href="#page270">270</a>.<br> + Malcolmia maritima, <i>voir</i> <a href="#page257">Julienne de Mahon</a>.<br> + Malope grandiflora, +<a href="#page271">271</a>.<br> + Malus, <i>voir</i> <a href="#pommier">Pommier</a>.<br> + Malva, <i>voir</i> <a href="#page271">Mauve</a>.<br> + Marronnier, +<a href="#page372">372</a>.<br> + Martynia, +<a href="#page271">271</a>.<br> + Massette, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Matricaria mandiana, +<a href="#page304">304</a>.<br> + Maurandia, +<a href="#page342">342</a>.<br> + Mauves, +<a href="#page271">271</a>.<br> + Megasea crassifolia, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifraga crassifolia</a>.<br> + Mélèze, +<a href="#page380">380</a>.<br> + Melia, <i>voir</i> <a href="#page347">Azedarach</a>.<br> + Mélilot, +<a href="#page271">271</a>.<br> + Melilotus, <i>voir</i> <a href="#page271">Mélilot</a>.<br> + Mélongène, <i>voir</i> <a href="#page108">Aubergine</a>.<br> + Melons, +<a href="#page148">148</a>.<br> + Melon d'eau, +<a href="#page158">158</a>.<br> + Menispermum Canadense, +<a href="#page344">344</a>.<br> + Mentha piperita, <i>voir</i> <a href="#page305">Menthe poivrée</a>.<br> + Menthe poivrée, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Menyanthes, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Menziezia, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Merendera bulbocodium, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Merisier, +<a href="#page352">352</a>.<br> + Mesembryanthenum, <i>voir</i> <a href="#page267">Ficoïdes</a>.<br> + Mespilus Germanica, <i>voir</i> <a href="#neflier">Néflier</a>.<br> + Micocoulier, +<a href="#page372">372</a>.<br> + Mignardise, <i>voir</i> <a href="#page253">Œillet mignardise</a>.<br> +<a id="millepertuis" name="millepertuis"></a> + Millepertuis, +<a href="#page338">338</a>, +<a href="#page352">352</a>.<br> + Mimulus, +<a href="#page325">325</a>.<br> + Mirabilis Jalapa, <i>voir</i> <a href="#page261">Belle-de-nuit</a>.<br> + Molène purpurine, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Monarda didyma, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Moræa Sinensis, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Morelle grimpante, +<a href="#page344">344</a>.<br> + Morina longiflora, +<a href="#page305">305</a>.<br> + Morrène, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Morus, <i>voir</i> <a href="#murier">Mûrier</a>.<br> + Mullier des jardins, +<a href="#page271">271</a>.<br> + Muguet de mai, +<a href="#page305">305</a>.<br> +<a id="murier" name="murier"></a> + Mûrier, +<a href="#page198">198</a>, +<a href="#page352">352</a>, +<a href="#page373">373</a>.<br> + Mûrier à papier, <i>voir</i> <a href="#page367">Broussonetia</a>.<br> + Muscari, +<a href="#page306">306</a>.<br> +<a id="myosotis" name="myosotis"></a> + Myosotis, +<a href="#page306">306</a>, +<a href="#page334">334</a>.<br> + Myrica, <i>voir</i> <a href="#page335">Galé</a>.</p> + +<p class="p2">Naïade, +<a href="#page331">331</a>.<br> +<a id="narcisse" name="narcisse"></a> + Narcisse, +<a href="#page256">256</a>, +<a href="#page306">306</a>.<br> +<a id="narcissus" name="narcissus"></a> + Narcissus, <i>voir</i> <a href="#narcisse">Narcisse</a>.<br> + Naumburgia, <i>voir</i> <a href="#page333">Lysimachia</a>.<br> + Navet, +<a href="#page159">159</a>.<br> +<a id="neflier" name="neflier"></a> + Néflier, +<a href="#page199">199</a>, +<a href="#page362">362</a>, +<a href="#page373">373</a>.<br> + Negundo, <i>voir</i> <a href="#page369">Érable negundo</a>.<br> + Nemesia floribunda, +<a href="#page258">258</a>, +<a href="#page272">272</a>.<br> + Nemophila, +<a href="#page258">258</a>.<br> + Nénuphar, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Nierembergia, +<a href="#page326">326</a>.<br> + Nicotiana wigandioïdes, +<a href="#page326">326</a>.<br> + Nigelle, +<a href="#page272">272</a>.<br> +<a id="noisetier" name="noisetier"></a> + Noisetier, +<a href="#page200">200</a>, +<a href="#page352">352</a>, +<a href="#page373">373</a>.<br> + Noyer, +<a href="#page200">200</a>.<br> + Noyer d'Amérique, +<a href="#page374">374</a>.<br> + Nyctago hortensis, <i>voir</i> <a href="#page261">Mirabilis Jalapa</a>.<br> + Nycterinia selaginoïdes, +<a href="#page272">272</a>.<br> + Nymphæa, <i>voir</i> <a href="#page331">Nénuphar</a>.<br> + Nyssa, <i>voir</i> <a href="#page335">Tupélo</a>.</p> + +<p class="p2">Œillet, +<a href="#page306">306</a>.<br> + Œillet mignardise, +<a href="#page253">253</a>.<br> + Œillet de la Chine, +<a href="#page272">272</a>.<br> + Œillet de poëte, +<a href="#page309">309</a>.<br> + Œillet flon, +<a href="#page309">309</a>.<br> +<a id="oeilletdinde" name="oeilletdinde"></a> + Œillet d'Inde, <i>voir</i> <a href="#tagetes">Tagetes</a>.<br> + Œnothera, <i>voir</i> <a href="#enothere">Enothère</a>.<br> + Oignon, +<a href="#page159">159</a>.<br> + Olivier de Bohême, <i>voir</i> <a href="#page368">Chalef</a>.<br> + Omphalode printanière, <i>voir</i> <a href="#cynoglosse">Cynoglossum omphalodes</a>.<br> + Onomis, <i>voir</i> <a href="#bugrane">Brugrane</a>.<br> + Ophiopogon du Japon, +<a href="#page253">253</a>.<br> + Oreille d'Ours, <i>voir</i> <a href="#page254">Primevère auricule</a>.<br> + Oreille de lièvre, <i>voir</i> <a href="#page360">Buplevrum</a>.<br> + Orme, +<a href="#page374">374</a>.<br> + Orme à trois feuilles, <i>voir</i> <a href="#page353">Ptelea trifoliata</a>.<br> + Ornithogalum pyramidale, +<a href="#page309">309</a>.<br> + Orobe printanier, +<a href="#page310">310</a>.<br> + Orobus vernus, <i>voir</i> <a href="#page310">Orbe printanier</a>.<br> + Oseille, +<a href="#page162">162</a>.<br> + Oseille épinard, +<a href="#page162">162</a>.<br> + Oxalis, +<a href="#page163">163</a>, +<a href="#page256">256</a>, +<a href="#page272">272</a>.</p> + +<p class="p2">Pæonia, <i>voir</i> <a href="#pivoine">Pivoine</a>.<br> + Paliurus, +<a href="#page352">352</a>.<br> + Panais, +<a href="#page163">163</a>.<br> + Papaver, <i>voir</i> <a href="#pavot">Pavot</a>.<br> + Pâquerette, +<a href="#page253">253</a>.<br> + Parnassia palustris, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Passiflora, <i>voir</i> <a href="#page344">Grenadille</a>.<br> + Pastèque, <i>voir</i> <a href="#page158">Melon d'eau</a>.<br> + Patate douce, +<a href="#page164">164</a>.<br> + Patience des Jardins, +<a href="#page162">162</a>.<br> + Patience aquatique, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Paulownia, +<a href="#page374">374</a>.<br> + Pavia, <i>voir</i> <a href="#page372">Marronnier</a>.<br> +<a id="pavot" name="pavot"></a> + Pavot, +<a href="#page272">272</a>, +<a href="#page310">310</a>.<br> + Pêchers, +<a href="#page201">201</a>.<br> + Pêches à fleurs doubles, +<a href="#page374">374</a>.<br> + Pélargonium zonale, +<a href="#page326">326</a>.<br> + Pensée à grandes fleurs, +<a href="#page278">278</a>.<br> + Pentapetes phœnicea, +<a href="#page272">272</a>.<br> + Pentstémon, +<a href="#page309">309</a>.<br> + Perce-neige, <i>voir</i> <a href="#page295">Galanthus nivalis</a>.<br> + Perce-pierre, +<a href="#page166">166</a>.<br> + Périploca, +<a href="#page344">344</a>.<br> + Persicaire, +<a href="#page272">272</a>.<br> + Persil, +<a href="#page167">167</a>.<br> + Pervenche, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Pesse d'eau, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Petite-Marguerite, <i>voir</i> <a href="#page253">Bellis perennis</a>.<br> + Pétunia, +<a href="#page327">327</a>.<br> +<a id="peuplier" name="peuplier"></a> + Peuplier, +<a href="#page335">335</a>, +<a href="#page374">374</a>.<br> + Phacelia, +<a href="#page273">273</a>.<br> + Phalangère, +<a href="#page310">310</a>.<br> + Phalangium, <i>voir</i> <a href="#page310">Phalangère</a>.<br> + Phalaris, +<a href="#page333">333</a>.<br> + Phaseolus, <i>voir</i> <a href="#page139">Haricot</a>.<br> + Philadelphus, <i>voir</i> <a href="#page357">Seringat</a>.<br> + Phlomis, +<a href="#page310">310</a>, +<a href="#page362">362</a>.<br> + Phlox, +<a href="#page254">254</a>, +<a href="#page273">273</a>, +<a href="#page310">310</a>.<br> + Phlox Drummundii, +<a href="#page273">273</a>.<br> + Pied-d'alouette, +<a href="#page258">258</a>.<br> + Pied-d'alouette grand, +<a href="#page273">273</a>.<br> + Pied-d'alouette des blés, +<a href="#page274">274</a>.<br> + Pied-d'alouette vivace, +<a href="#page290">290</a>.<br> + Pigamon, +<a href="#page311">311</a>.<br> + Piment, +<a href="#page167">167</a>.<br> + Pimprenelle, +<a href="#page167">167</a>.<br> + Pins, +<a href="#page380">380</a>.<br> + Pinsapo, <i>voir</i> <a href="#page380">Sapins</a>.<br> + Pinus, <i>voir</i> <a href="#page380">Pins</a>.<br> + Pissenlit, +<a href="#page167">167</a>.<br> +<a id="pivoine" name="pivoine"></a> + Pivoine herbacée, +<a href="#page311">311</a>.<br> + Pivoine en arbre, +<a href="#page352">352</a>.<br> + Planera, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Plantain d'eau, <i>voir</i> <a href="#page330">Alisma</a>.<br> + Plaqueminier, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Platane, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Platanus, <i>voir</i> <a href="#page375">Platane</a>.<br> + Plumbago Larpentæ, +<a href="#page311">311</a>.<br> + Podolepis gracilis, +<a href="#page274">274</a>.<br> + Poinciana Gilliesii, +<a href="#page353">353</a>.<br> + Poireau, +<a href="#page168">168</a>.<br> + Poirée blonde, +<a href="#page168">168</a>.<br> +<a id="poireeacarde" name="poireeacarde"></a> + Poirée à cardes, +<a href="#page169">169</a>, +<a href="#page262">262</a>.<br> +<a id="poirier" name="poirier"></a> + Poiriers, +<a href="#page213">213</a>, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Poiriers à fleurs doubles, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Pois, +<a href="#page109">109</a>.<br> + Pois de senteur, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse odorante</a>.<br> + Pois vivace, <i>voir</i> <a href="#page340">Gesse à larges feuilles</a>.<br> + Poivre long, <i>voir</i> <a href="#page167">Piment</a>.<br> + Polémoine bleu, +<a href="#page311">311</a>.<br> + Pelemonium cæruleum, <i>voir</i> <a href="#page311">Polémoine</a>.<br> + Polianthes, <i>voir</i> <a href="#page316">Tubéreuse</a>.<br> + Polygonum <i>voir</i> <a href="#page272">Persicaire</a>.<br> + Pomme-d'amour, <i>voir</i> <a href="#page178">Tomate</a>.<br> + Pommes de terre, +<a href="#page172">172</a>.<br> +<a id="pommier" name="pommier"></a> + Pommiers, +<a href="#page227">227</a>, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Pommiers à fleurs doubles, +<a href="#page375">375</a>.<br> + Pompadoura, <i>voir</i> <a href="#page347">Calycanthus</a>.<br> + Pontederia cordata, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Populage des marais, +<a href="#page334">334</a>.<br> + Populus, <i>voir</i> <a href="#peuplier">Peuplier</a>.<br> + Porte-Chapeau, <i>voir</i> <a href="#page352">Paliurus</a>.<br> + Portulaca, <i>voir</i> <a href="#page174">Pourpier</a>.<br> + Potentilla, +<a href="#page311">311</a>, +<a href="#page353">353</a>.<br> + Potiron, <i>voir</i> <a href="#courge">Courge</a>.<br> + Pourpier, +<a href="#page174">174</a>.<br> + Pourpier à grandes fleurs, +<a href="#page273">273</a>.<br> +<a id="primevere" name="primevere"></a> + Primevère, +<a href="#page254">254</a>, +<a href="#page327">327</a>.<br> + Primevère auricule, +<a href="#page254">254</a>.<br> + Primula, <i>voir</i> <a href="#primevere">Primevère</a>.<br> + Prinos, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Prunellier, <i>voir</i> <a href="#page353">Pruniers épineux</a>.<br> +<a id="pruniers" name="pruniers"></a> + Pruniers, +<a href="#page230">230</a>, +<a href="#page376">376</a>.<br> + Pruniers épineux, +<a href="#page353">353</a>.<br> + Pruniers à fleurs doubles, +<a href="#page376">376</a>.<br> + Prunus, <i>voir</i> <a href="#pruniers">Pruniers</a>.<br> + Prunus mahaleb, <i>voir</i> <a href="#page193">Cerasus mahaleb</a>.<br> + Ptelea trifoliata, +<a href="#page353">353</a>.<br> + Pulmonaire, +<a href="#page312">312</a>.<br> + Pulmonaria, <i>voir</i> <a href="#page312">Pulmonaire</a>.<br> +<a id="pyrethrum" name="pyrethrum"></a> + Pyrethrum, +<a href="#page254">254</a>, +<a href="#page312">312</a>.<br> + Pyrethrum Indicum, <i>voir</i> <a href="#chrysantheme">Chrysanthème</a>.<br> + Pyrus, <i>voir</i> <a href="#poirier">Poirier</a>.</p> + +<p class="p2">Quercus, <i>voir</i> <a href="#chene">Chêne</a>.</p> + +<p class="p2">Radis, +<a href="#page174">174</a>.<br> + Raifort, +<a href="#page175">175</a>.<br> + Raiponce, +<a href="#page175">175</a>.<br> +<a id="ranuncul" name="ranuncul"></a> + Ranunculus, <i>voir</i> <a href="#renoncule">Renoncule</a>.<br> + Raves, +<a href="#page175">175</a>.<br> + Régence, <i>voir</i> <a href="#page147">Mâche d'Italie</a>.<br> +<a id="reinemarguerite" name="reinemarguerite"></a> + Reine-Marguerite, +<a href="#page258">258</a>, +<a href="#page274">274</a>.<br> +<a id="renoncule" name="renoncule"></a> + Renoncule, +<a href="#page312">312</a>, +<a href="#page332">332</a>, +<a href="#page334">334</a>.<br> + Renouée, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Réséda, +<a href="#page274">274</a>.<br> + Rhamnus, <i>voir</i> <a href="#page347">Bourgène</a>, <a href="#page359">Alaterne</a>.<br> + Rhodanthe Manglesii, +<a href="#page275">275</a>.<br> + Rhododendron, +<a href="#page365">365</a>.<br> + Rhubarbe, +<a href="#page176">176</a>.<br> + Rhus, <i>voir</i> <a href="#page358">Sumac</a>.<br> + Ribes, <i>voir</i> <a href="#groseillier">Groseillier</a>.<br> + Ricin, +<a href="#page275">275</a>.<br> + Ricinus, <i>voir</i> <a href="#page275">Ricin</a>.<br> + Robinier, +<a href="#page376">376</a>.<br> + Romaines, <i>voir</i> <a href="#page144">Laitues</a>.<br> + Ronce, +<a href="#page338">338</a>.<br> +<a id="rosetremiere" name="rosetremiere"></a> + Rose trémière, +<a href="#page275">275</a>, +<a href="#page312">312</a>.<br> + Rose de Noël, <i>voir</i> <a href="#hellebor">Helleborus niger</a>.<br> +<a id="rosedinde" name="rosedinde"></a> + Rose d'Inde, <i>voir</i> <a href="#tagetes">Tagetes erecta</a>.<br> + Rose du ciel, <i>voir</i> <a href="#page265">Coquelourde-Rose-du-Ciel</a>.<br> + Rosiers, +<a href="#page251">251</a>, +<a href="#page345">345</a>, +<a href="#page353">353</a>.<br> + Ruban-d'eau, <i>voir</i> <a href="#page332">Sparganium natans</a>.<br> + Roseau à Quenouille, <i>voir</i> <a href="#page332">Arundo donax</a>.<br> + Roseau ruban, <i>voir</i> <a href="#page333">Phalaris arundinacea</a>.<br> + Rubus, <i>voir</i> <a href="#page338">Ronce</a>.<br> + Rudbeckia, +<a href="#page313">313</a>.<br> + Rumex, <i>voir</i> <a href="#page162">Oseille</a>.<br> + Ray grass, anglais, +<a href="#page244">244</a>.</p> + +<p class="p2">Sabline, +<a href="#page254">254</a>.<br> + Safran printanier, <i>voir</i> <a href="#page256">Crocus vernus</a>.<br> + Sagittaria, <i>voir</i> <a href="#page330">Fléchière</a>.<br> +<a id="sainfoin" name="sainfoin"></a> + Sainfoin d'Espagne, +<a href="#page275">275</a>.<br> + Sainfoin du Caucase, +<a href="#page313">313</a>.<br> + Salicaire effilée, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Salisburia, <i>voir</i> <a href="#page371">Gingko biloba</a>.<br> + Salix, <i>voir</i> <a href="#saules">Saules</a>.<br> + Salpiglossis sinuata, +<a href="#page275">275</a>.<br> + Salsifis blanc, +<a href="#page176">176</a>.<br> + Salsifis noir, <i>voir</i> <a href="#page177">Scorsonère</a>.<br> +<a id="salvia" name="salvia"></a> + Salvia, +<a href="#page254">254</a>, +<a href="#page275">275</a>, +<a href="#page327">327</a>.<br> + Sambucus, <i>voir</i> <a href="#page358">Sureau</a>.<br> + Sanvitalia, +<a href="#page258">258</a>.<br> + Sapins, +<a href="#page380">380</a>.<br> + Saponaire, +<a href="#page258">258</a>, +<a href="#page313">313</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Sariette, +<a href="#page177">177</a>.<br> + Sauge, <i>voir</i> <a href="#salvia">Salvia</a>.<br> +<a id="saules" name="saules"></a> + Saules, +<a href="#page335">335</a>, +<a href="#page377">377</a>.<br> + Saururus cernuus, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Savonnier, <i>voir</i> <a href="#page371">Kœlreuteria</a>.<br> +<a id="saxifrage" name="saxifrage"></a> + Saxifrage, +<a href="#page254">254</a>, +<a href="#page313">313</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> +<a id="scabieuse" name="scabieuse"></a> + Scabieuse, +<a href="#page276">276</a>, +<a href="#page314">314</a>.<br> + Scabiosa, <i>voir</i> <a href="#scabieuse">Scabieuse</a>.<br> + Scaroles, <i>voir</i> <a href="#page118">Chicorée</a>.<br> + Schizandra coccinea, +<a href="#page345">345</a>.<br> + Schizanthus, +<a href="#page258">258</a>, +<a href="#page276">276</a>.<br> + Schubertia desticha, <i>voir</i> <a href="#page335">Cyprès chauve</a>.<br> + Scille, +<a href="#page314">314</a>.<br> + Scirpus lacustris, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Scorsonère d'Espagne, +<a href="#page177">177</a>.<br> + Scutellaria macrantha, +<a href="#page314">314</a>.<br> + Sedum pyramidale, <i>voir</i> <a href="#saxifrage">Saxifraga pyramidalis</a>.<br> + Sedum, +<a href="#page255">255</a>, +<a href="#page314">314</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Sempervivum, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Senecio, <i>voir</i> <a href="#senecon">Séneçon</a>.<br> +<a id="senecon" name="senecon"></a> + Séneçon, +<a href="#page276">276</a>, +<a href="#page314">314</a>, +<a href="#page328">328</a>.<br> + Séneçon en arbre, +<a href="#page362">362</a>.<br> + Sequoia, +<a href="#page380">380</a>.<br> + Seringat, +<a href="#page357">357</a>.<br> + Silène, +<a href="#page258">258</a>, +<a href="#page276">276</a>, +<a href="#page315">315</a>.<br> + Sisyrinchium, <i>voir</i> <a href="#page252">Bermudienne</a>.<br> + Solanum, +<a href="#page328">328</a>.<br> + Soleil, +<a href="#page315">315</a>.<br> + Solidago, <i>voir</i> <a href="#page318">Verge d'or</a>.<br> + Sophora, +<a href="#page377">377</a>.<br> + Sorbier, +<a href="#page377">377</a>.<br> + Sorbus, <i>voir</i> <a href="#page377">Sorbier</a>.<br> + Souci des marais, <i>voir</i> <a href="#page334">Populage des marais</a>.<br> + Souci, +<a href="#page277">277</a>.<br> + Souvenez-vous-de-moi, <i>voir</i> <a href="#myosotis">Myosotis palustris</a>.<br> + Sparganium natans, +<a href="#page332">332</a>.<br> + Specularia speculum, <i>voir</i> <a href="#campanule">Campanula speculum</a>.<br> + Sphenogyne speciosa, +<a href="#page277">277</a>.<br> + Spiræa Japonica, <i>voir</i> <a href="#page348">Kerria Japonica</a>.<br> + Staphylea, +<a href="#page358">358</a>.<br> + Statice, +<a href="#page255">255</a>, +<a href="#page328">328</a>.<br> + Stenactis speciosa, +<a href="#page315">315</a>.<br> + Stevia, +<a href="#page315">315</a>.<br> + Stramonium fastuosum, <i>voir</i> <a href="#datura">Datura fastuosa</a>.<br> + Sumac, +<a href="#page358">358</a>.<br> + Sureau, +<a href="#page358">358</a>.<br> + Sureau aquatique, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne obier</a>.<br> + Symphorine, +<a href="#page358">358</a>.<br> + Sycomore, <i>voir</i>. <a href="#page369">Érable sycomore</a>.<br> + Symphoricarpos, <i>voir</i> <a href="#page358">Symphorine</a>.<br> + Symphytum, <i>voir</i> <a href="#page287">Consoude</a>.<br> + Sisyrinchium, <i>voir</i> <a href="#page252">Bermudienne</a>.<br> + Syringa, <i>voir</i> <a href="#page351">Lilas</a>.</p> + +<a id="tagetes" name="tagetes"></a> +<p class="p2">Tagetes, +<a href="#page277">277</a>, +<a href="#page329">329</a>.<br> + Tagetes patula, <i>voir</i> <a href="#oeilletdinde">Œillet d'Inde</a>.<br> + Tagetes erecta, <i>voir</i> <a href="#rosedinde">Rose d'Inde</a>.<br> + Tamarix, +<a href="#page335">335</a>.<br> + Tanacetum, <i>voir</i> <a href="#page315">Tanaisie</a>.<br> + Tanaisie, +<a href="#page315">315</a>.<br> + Taxodium, <i>voir</i> <a href="#page380">Sequoia</a>.<br> + Taxus, <i>voir</i> <a href="#page380">If</a>.<br> + Tétragone étalée, +<a href="#page177">177</a>.<br> + Tetragonolobus purpureus, <i>voir</i> <a href="#page270">Lotier rouge</a>.<br> + Thalictrum, <i>voir</i> <a href="#page311">Pigamon</a>.<br> + Thé d'Oswégo, <i>voir</i> <a href="#page305">Monarda didyma</a>.<br> + Thlaspi, +<a href="#page277">277</a>.<br> + Thlaspi jaune, <i>voir</i> <a href="#alyssum">Alyssum saxatile</a>.<br> + Thlaspi vivace, +<a href="#page255">255</a>.<br> + Thrachymene cærulea, <i>voir</i> <a href="#page269">Hugelia cærulea</a>.<br> + Thuia, +<a href="#page381">381</a>.<br> + Thunbergia, +<a href="#page341">341</a>.<br> + Thymélée des Alpes, <i>voir</i> <a href="#page349">Daphne Cneorum</a>.<br> + Tigridia, +<a href="#page316">316</a>.<br> + Tilleul, +<a href="#page377">377</a>.<br> + Tilia, <i>voir</i> <a href="#page377">Tilleul</a>.<br> + Tomate, +<a href="#page178">178</a>.<br> + Tournefortia, +<a href="#page316">316</a>.<br> +<a id="tourretteprintaniere" name="tourretteprintaniere"></a> + Tourrette printanière, +<a href="#page255">255</a>, +<a href="#page336">336</a>.<br> + Trachelium cæruleum, +<a href="#page277">277</a>.<br> +<a id="tradescantia" name="tradescantia"></a> + Tradescantia, +<a href="#page292">292</a>, +<a href="#page329">329</a>.<br> + Trapa natans, <i>voir</i> <a href="#page331">Macre</a>.<br> + Trèfle d'eau, <i>voir</i> <a href="#page331">Menyanthes trifoliata</a>.<br> + Triacanthos, <i>voir</i> <a href="#page370">Févier d'Amérique</a>.<br> + Trifolium, <i>voir</i> <a href="#cytise">Cytisus sessilifolius</a>.<br> +<a id="troene" name="troene"></a> + Troëne, +<a href="#page359">359</a>, +<a href="#page362">362</a>.<br> + Tropæolum, <i>voir</i> <a href="#capucines">Capucines</a>.<br> + Tubéreuse, +<a href="#page316">316</a>.<br> + Tulipe, +<a href="#page316">316</a>.<br> + Tulipier, +<a href="#page378">378</a>.<br> + Tupélo, +<a href="#page335">335</a>.<br> + Turritis verna, <i>voir</i> <a href="#tourretteprintaniere">Tourrette printanière</a>.<br> +<a id="tussilage" name="tussilage"></a> + Tussilage, +<a href="#page318">318</a>, +<a href="#page337">337</a>.<br> + Tussilago, <i>voir</i> <a href="#tussilage">Tussilage</a>.<br> + Typha, <i>voir</i> <a href="#page331">Massette</a>.</p> + +<p class="p2">Ulex, <i>voir</i> <a href="#page359">Ajonc</a>.<br> + Ulmus, <i>voir</i> <a href="#page374">Orme</a>.</p> + +<p class="p2">Vaccinium, <i>voir</i> <a href="#airelle">Airelle</a>.<br> + Valériane, +<a href="#page277">277</a>.<br> + Valériane grecque, <i>voir</i> <a href="#page311">Polémoine</a>.<br> + Varaire, +<a href="#page318">318</a>.<br> + Vélar de Barbarie, +<a href="#page318">318</a>.<br> + Veratrum, <i>voir</i> <a href="#page318">Varaire</a>.<br> + Verbascum phœniceum; <i>voir</i> <a href="#page305">Molène purpurine</a>.<br> + Verbena, <i>voir</i> <a href="#verveine">Verveine</a>.<br> + Verge d'or, +<a href="#page318">318</a>.<br> + Vernis du Japon, <i>voir</i> <a href="#page366">Ailantus glandulosa</a>.<br> + Véroniques, +<a href="#page319">319</a>, +<a href="#page330">330</a>.<br> + Vernonia, +<a href="#page319">319</a>.<br> + Vers, +<a href="#page118">118</a>.<br> +<a id="verveine" name="verveine"></a> + Verveine, +<a href="#page277">277</a>, +<a href="#page329">329</a>.<br> + Viburnum, <i>voir</i> <a href="#viorne">Viorne</a>.<br> + Vigne de Judée, <i>voir</i> <a href="#page344">Morelle grimpante</a>.<br> + Vigne vierge, +<a href="#page345">345</a>.<br> + Vigne, +<a href="#page231">231</a>.<br> + Villarsia, +<a href="#page331">331</a>.<br> + Vinca, <i>voir</i> <a href="#page337">Pervenche</a>.<br> + Viola tricolor, <i>voir</i> <a href="#page278">Pensée</a>.<br> + Violette marine, <i>voir</i> <a href="#campanule">Campanule à grosses fleurs</a>.<br> +<a id="viorne" name="viorne"></a> + Viorne, +<a href="#page335">335</a>, +<a href="#page359">359</a>.<br> + Violette odorante, +<a href="#page255">255</a>.<br> + Viola odorata, <i>voir</i> <a href="#page255">Violette odorante</a>.<br> + Virgilia, +<a href="#page378">378</a>.<br> + Viscaria, +<a href="#page278">278</a>.<br> + Vitex, <i>voir</i> <a href="#page350">Gattilier</a>.<br> + Vitadinia, +<a href="#page255">255</a>.<br> + Volubilis, <i>voir</i> <a href="#page270">Ipomæa purpurea</a>.</p> + +<p class="p2">Wellingtonia, <i>voir</i> <a href="#page380">Sequoia</a>.<br> + Witlavia grandiflora, +<a href="#page278">278</a>.<br> + Weigelia rosea, +<a href="#page359">359</a>.<br> + Wigandia, +<a href="#page330">330</a>.</p> + +<p class="p2">Xanthorhiza, +<a href="#page359">359</a>.<br> + Xanthoxylum, <i>voir</i> <a href="#page368">Clavalier</a>.<br> + Xeranthemum annuum, <i>voir</i> <a href="#immortelle">Immortelle</a>.</p> + +<p class="p2">Yucca, +<a href="#page362">362</a>.</p> + +<p class="p2">Zauschnéria, +<a href="#page319">319</a>.<br> + Zea, maïs, <i>voir</i> <a href="#mais">Maïs</a>.<br> + Zinnia, +<a href="#page278">278</a>.</p> +</div> + +<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE.</p> + +<h2><span class="pagenum"><a id="page410" name="page410"></a>(p. 410)</span>TABLE DES FIGURES</h2> + +<ul class="none"> +<li>Fig. 1. Plan du jardin potager. +<span class="ralign10"><a href="#img027">5</a></span></li> + +<li>— 2. Thermosiphon. +<span class="ralign10"><a href="#img002">53</a></span></li> + +<li>— 3. Greffe en écusson. +<span class="ralign10"><a href="#img003">69</a></span></li> + +<li>— 4. — en anneau. +<span class="ralign10"><a href="#img004">70</a></span></li> + +<li>— 5. — en fente. +<span class="ralign10"><a href="#img005">72</a></span></li> + +<li>— 6. — en placage. +<span class="ralign10"><a href="#img006">73</a></span></li> + +<li>— 7. — en couronne. +<span class="ralign10"><a href="#img007">76</a></span></li> + +<li>— 8. — par approche. +<span class="ralign10"><a href="#img008">77</a></span></li> + +<li>— 9. Châssis. +<span class="ralign10"><a href="#img009">79</a></span></li> + +<li>— 10. Serre à Ananas. +<span class="ralign10"><a href="#img010">96</a></span></li> + +<li>— 11. Melon, 1<sup>re</sup> taille. +<span class="ralign10"><a href="#img011">150</a></span></li> + +<li>— 12. — 2<sup>e</sup> taille. +<span class="ralign10"><a href="#img012">151</a></span></li> + +<li>— 13. — 3<sup>e</sup> taille. +<span class="ralign10"><a href="#img013">152</a></span></li> + +<li>— 14. Pêcher, 2<sup>e</sup> année. +<span class="ralign10"><a href="#img014">204</a></span></li> + +<li>— 15. — 3<sup>e</sup> année. +<span class="ralign10"><a href="#img015">206</a></span></li> + +<li>— 16. — 4<sup>e</sup> année. +<span class="ralign10"><a href="#img016">208</a></span></li> + +<li>— 17. — 5<sup>e</sup> année. +<span class="ralign10"><a href="#img017">210</a></span></li> + +<li>— 18. — en V. +<span class="ralign10"><a href="#img018">211</a></span></li> + +<li>— 19. Serre à forcer. +<span class="ralign10"><a href="#img019">212</a></span></li> + +<li>— 20. Poiriers en quenouille. +<span class="ralign10"><a href="#img020">214</a></span></li> + +<li>— 21. — en éventail. +<span class="ralign10"><a href="#img021">218</a></span></li> + +<li>— 22. — en palmette. +<span class="ralign10"><a href="#img022">220</a></span></li> + +<li>— 23. — en palmette à double tige. +<span class="ralign10"><a href="#img023">221</a></span></li> + +<li>— 24. Pommier en gobelet. +<span class="ralign10"><a href="#img024">228</a></span></li> + +<li>— 25. — en cordons. +<span class="ralign10"><a href="#img025">229</a></span></li> + +<li>— 26. Vigne à la Thomery. +<span class="ralign10"><a href="#img026">233</a></span></li> +</ul> +</div> + +<p class="p2 center">FIN DE LA TABLE DES FIGURES.</p> + +<div class="footnote"> +<p><a id="footnote1" name="footnote1"></a> +<b><a href="#footnotetag1">1</a></b>: <span class="smcap">Bouvart</span>, <i>Observations météorologiques faites à +l'Observatoire de Paris</i>.</p> + +<p><a id="footnote2" name="footnote2"></a> +<b><a href="#footnotetag2">2</a></b>: La figure 2 représente une chaudière en cuivre, à +doubles parois, remplie d'eau; le tuyau de départ A sert également à +introduire l'eau dans la chaudière; il communique avec les tuyaux de +circulation B au moyen d'un coude de même diamètre.</p> + +<p>Aussitôt échauffée, l'eau contenue dans la chaudière se dilate, +pousse celle qui se trouve dans les tuyaux jusqu'au point C, où elle +rentre dans la chaudière pour se réchauffer et circuler de nouveau +dans les tuyaux quand elle est suffisamment chaude.</p> + +<p>Quant aux tuyaux, lorsque le parcours est d'une certaine étendue, on +leur donne la forme méplate, afin de chauffer une plus grande +surface que dans les tuyaux cylindriques, et pour contenir une moins +grande quantité d'eau qui puisse parvenir au degré d'ébullition plus +promptement que dans ces derniers. On donne généralement à ces +tuyaux 0<sup>m</sup>,02 à 0<sup>m</sup>,03 d'épaisseur sur une hauteur variable de +0<sup>m</sup>,10 à 0<sup>m</sup>,15, suivant le cube d'air et le besoin d'élévation de +la température. Les tuyaux de 0<sup>m</sup>,21 sur 0<sup>m</sup>,2 sont assez +communément en usage. En effet, les tuyaux cylindriques, dont la +surface extérieure correspond à celle du tuyau de 0<sup>m</sup>,21 de hauteur +sur 0<sup>m</sup>,2 contiennent 4 litres 20 d'eau, et la même longueur en +tuyaux d'une surface extérieure semblable, c'est à-dire d'un +diamètre de 0<sup>m</sup>,15, en contiendrait 15 litres 17. Il est vrai que +l'eau chaude contenue dans le tuyau cylindrique se refroidira moins +vite que dans l'autre; mais aussi il aura fallu pour la mettre en +ébullition brûler plus de combustible sans avoir obtenu plus de +surface de chauffe, et par conséquent plus de chaleur.</p> + +<p><a id="footnote3" name="footnote3"></a> +<b><a href="#footnotetag3">3</a></b>: La cire à greffer se compose de deux parties de +poix-résine, de deux parties de cire jaune et d'une partie de suif, +fondues ensemble.</p> + +<p><a id="footnote4" name="footnote4"></a> +<b><a href="#footnotetag4">4</a></b>: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil +en cuivre de forme cylindrique, nommé <i>fumigateur</i>. Il se compose de +deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie +inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement +pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour +faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet +dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en +soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de +la partie supérieure.</p> + +<p><a id="footnote5" name="footnote5"></a> +<b><a href="#footnotetag5">5</a></b>: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages +doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à +la claie ou au crible.</p> + +<p>La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la +hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ +0<sup>m</sup>,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au +milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de +l'incliner un peu) sur un bon piquet.</p> + +<p>Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier +ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou +moins ameublir la terre qu'on y passe.</p> + +<p><a id="footnote6" name="footnote6"></a> +<b><a href="#footnotetag6">6</a></b>: On appelle blanc de Champignons de petits filaments +blancs assez semblables à la moisissure et qui se forment dans le +fumier. On le trouve soit dans le fumier en tas depuis longtemps, où +il s'en forme souvent de très-bon, soit dans les vieilles couches à +Melons; à défaut, on peut en prendre dans une meule déjà en rapport, +mais où l'on n'aurait encore fait qu'une récolte. Placé dans un lieu +sec, le blanc de Champignons peut se conserver pendant deux ans.</p> + +<p><a id="footnote7" name="footnote7"></a> +<b><a href="#footnotetag7">7</a></b>: Ces deux modes de repiquage sont encore pratiqués dans +la culture maraîchère. Cependant bon nombre de maraîchers ont +abandonné le repiquage en pot; car l'expérience prouve qu'un Melon +dont les racines sont contournées (ce qui arrive nécessairement aux +pieds repiqués en pot, si la plantation se trouve retardée de +quelques jours), doit végéter avec moins de vigueur que celui, qui +est repiqué sur couche, et dont les racines n'ont pas été gênées +dans leur développement.</p> + +<p><a id="footnote8" name="footnote8"></a> +<b><a href="#footnotetag8">8</a></b>: Un fait assez important à connaître est le point précis +de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas +toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter +un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à +changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on +peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de +mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut +facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours +facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le +juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration +jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur +claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si +elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur +agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à +la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces +minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils +présentent plus d'incertitude.</p> + +<p><a id="footnote9" name="footnote9"></a> +<b><a href="#footnotetag9">9</a></b>: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent +sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.</p> + +<p><a id="footnote10" name="footnote10"></a> +<b><a href="#footnotetag10">10</a></b>: Une échelle étant toujours indispensable pour cette +opération, nous conseillons celle de M. Forest. Les arcs-boutants +décrivent un arc de cercle qui empêche, lorsque les pieds de +l'échelle entrent dans le sol, d'endommager les branches sur +lesquelles elle porte.</p> + +<p><a id="footnote11" name="footnote11"></a> +<b><a href="#footnotetag11">11</a></b>: Nous ne parlerons que des Pêchers en espalier, car les +Pêchers en plein vent ne réussissent réellement bien que dans nos +départements méridionaux.</p> + +<p><a id="footnote12" name="footnote12"></a> +<b><a href="#footnotetag12">12</a></b>: Le nom en <span class="smcap">PETITES CAPITALES</span> indique le <i>nom définitif</i>; +les noms <i>entre parenthèses</i> indiquent les <i>synonymes détruits</i>; le mot +<i>fertile</i> s'applique à la fertilité de l'<i>arbre</i>; le mot <i>moyen</i>, à la +grosseur du <i>fruit</i>; le mot <i>bon</i>, à la qualité de la <i>chair</i>; enfin, +l'énonciation du mois de l'année fait connaître l'époque de la +<i>maturité</i>.</p> + +<p><a id="footnote13" name="footnote13"></a> +<b><a href="#footnotetag13">13</a></b>: Cette bâche se compose d'un coffre de 0<sup>m</sup>,80 de +largeur sur 1<sup>m</sup>,33 de hauteur par derrière et de 0<sup>m</sup>,33 par devant. +On maintient l'écartement au moyen de barres assemblées à queue +d'aronde par le haut et par le bas, et placées de manière à servir +de support aux panneaux.</p> + +<p><a id="footnote14" name="footnote14"></a> +<b><a href="#footnotetag14">14</a></b>: Pour faire de l'hydrosulfate de chaux, on prend 250 +grammes de soufre en poudre et environ un demi-litre de chaux +fraîchement éteinte; on fait du tout une pâte à laquelle on ajoute 3 +litres d'eau.</p> + +<p>On place cette préparation sur le feu, dans une marmite de fonte ou +de terre vernie; on la fait bouillir pendant dix minutes environ, +après quoi on la met en bouteilles.</p> + +<p><a id="footnote15" name="footnote15"></a> +<b><a href="#footnotetag15">15</a></b>: <i>Calcéolaires herbacées.</i>—On sème les Calcéolaires +herbacées en août et en septembre en terre légère, composée de terre +de bruyère, de terre franche et de terreau, sous châssis, à une +exposition ombragée. Lorsque le plant a trois ou quatre feuilles, on +le repique dans de petits pots que l'on replace sous châssis pour +passer l'hiver.</p> + +<p>En février ou en mars, on donne des pots plus grands aux +Calcéolaires de semis, après quoi on peut les mettre dans la serre +tempérée pour jouir de la beauté de leurs fleurs.</p> + +<p><a id="footnote16" name="footnote16"></a> +<b><a href="#footnotetag16">16</a></b>: <i>Cinéraires hybrides.</i>—Pour avoir de belles +Cinéraires, il faut leur donner une terre légère, composée de terre +de bruyère, de terre franche et de terreau.</p> + +<p>On les sème en août et septembre, sous châssis, à une exposition +ombragée. Repiquées, puis rempotées à propos, les Cinéraires de +semis peuvent, au printemps, faire l'ornement des serres et des +appartements.</p> + +<p><a id="footnote17" name="footnote17"></a> +<b><a href="#footnotetag17">17</a></b>: <span class="smcap">Primula</span> Sinensis.—La Primula Sinensis est une des +plantes qui conviennent le mieux pour orner les serres et les +appartements pendant l'hiver.</p> + +<p>On la sème en mars et avril sous châssis, puis on la repique en +pots. Il lui faut de la terre de bruyère mêlée d'un quart de +terreau.</p> + +<p><a id="footnote18" name="footnote18"></a> +<b><a href="#footnotetag18">18</a></b>: Les plantes marquées d'un astérisque sont à feuillage +persistant.</p> + +<p><a id="footnote19" name="footnote19"></a> +<b><a href="#footnotetag19">19</a></b>: En procédant à la plantation des espèces marquées d'un +astérisque, il faut garnir, dans le principe seulement, les racines +de terre de bruyère, afin de favoriser leur reprise.</p> + +</div> + + + + + + + +<pre> + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Manuel pratique de Jardinage, by +unknown Courtois-Gérard + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE *** + +***** This file should be named 39889-h.htm or 39889-h.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + http://www.gutenberg.org/3/9/8/8/39889/ + +Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + +Updated editions will replace the previous one--the old editions +will be renamed. + +Creating the works from public domain print editions means that no +one owns a United States copyright in these works, so the Foundation +(and you!) can copy and distribute it in the United States without +permission and without paying copyright royalties. Special rules, +set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to +copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to +protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project +Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you +charge for the eBooks, unless you receive specific permission. 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General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm +electronic works + +1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm +electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to +and accept all the terms of this license and intellectual property +(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all +the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy +all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. +If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project +Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the +terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or +entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. + +1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be +used on or associated in any way with an electronic work by people who +agree to be bound by the terms of this agreement. 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It exists +because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from +people in all walks of life. + +Volunteers and financial support to provide volunteers with the +assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's +goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will +remain freely available for generations to come. In 2001, the Project +Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure +and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. +To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation +and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 +and the Foundation information page at www.gutenberg.org + + +Section 3. 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Newby + Chief Executive and Director + gbnewby@pglaf.org + +Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation + +Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide +spread public support and donations to carry out its mission of +increasing the number of public domain and licensed works that can be +freely distributed in machine readable form accessible by the widest +array of equipment including outdated equipment. Many small donations +($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt +status with the IRS. + +The Foundation is committed to complying with the laws regulating +charities and charitable donations in all 50 states of the United +States. Compliance requirements are not uniform and it takes a +considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up +with these requirements. We do not solicit donations in locations +where we have not received written confirmation of compliance. To +SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any +particular state visit www.gutenberg.org/donate + +While we cannot and do not solicit contributions from states where we +have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition +against accepting unsolicited donations from donors in such states who +approach us with offers to donate. + +International donations are gratefully accepted, but we cannot make +any statements concerning tax treatment of donations received from +outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. + +Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation +methods and addresses. Donations are accepted in a number of other +ways including checks, online payments and credit card donations. +To donate, please visit: www.gutenberg.org/donate + + +Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic +works. + +Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm +concept of a library of electronic works that could be freely shared +with anyone. For forty years, he produced and distributed Project +Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. + +Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed +editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. +unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily +keep eBooks in compliance with any particular paper edition. + +Most people start at our Web site which has the main PG search facility: + + www.gutenberg.org + +This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, +including how to make donations to the Project Gutenberg Literary +Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to +subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. + + + +</pre> + +</body> +</html> diff --git a/39889-h/images/img001.jpg b/39889-h/images/img001.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..d5a3fa7 --- /dev/null +++ b/39889-h/images/img001.jpg diff --git a/39889-h/images/img002.jpg b/39889-h/images/img002.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..89f9259 --- /dev/null +++ b/39889-h/images/img002.jpg diff --git a/39889-h/images/img003.jpg b/39889-h/images/img003.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..b746d69 --- /dev/null +++ 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