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+ The Project Gutenberg eBook of Manuel des difficultés de la langue française, by Thomas MAGUIRE.
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+<pre>
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+The Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses
+
+Author: Thomas Maguire
+
+Release Date: February 17, 2012 [EBook #38913]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
+
+
+
+
+Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard,
+the proofers at Distributed Proofreaders International and
+the Online Distributed Proofreading Canada Team at
+http://www.pgdpcanada.net (This book was created from
+images provided by Bibliothèque et Archives nationales du
+Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<p><br /><br /><br /><br /></p>
+
+<div class="boxcomment">
+<p><span class="u">Notes de transcription:</span> Pour une plus grande cohérence de l'ouvrage,
+les majuscules ont été accentuées. De plus les errata incorporés entre
+l'avertissement et la première page ainsi qu'entre les pages 128 et 129
+ont été corrigés dans le texte et repportés à la fin de l'ouvrage. Les
+primo (1º), secundo (2º) etc. qui figuraient sous la forme 1o, 2o... ont
+été transformés par souci de lisibilité en 1º, 2º...
+Le nom de l'auteur a été ajouté dans la première page de présentation.</p>
+<p>Dans cette version HTML une table des matières a été ajoutée.</p>
+</div>
+<h1>MANUEL</h1>
+<h5>DES</h5>
+<h4>DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES</h4>
+<h5>DE LA</h5>
+<h1>LANGUE FRANÇAISE,</h1>
+<h5>ADAPTÉ</h5>
+<h3>AU JEUNE ÂGE,</h3>
+
+<h5>ET SUIVI D'UN</h5>
+
+<h3>RECUEIL</h3>
+<h5>DE</h5>
+<h3>LOCUTIONS VICIEUSES.</h3>
+<h3><span class="smcap">par Thomas MAGUIRE</span></h3>
+<p class="center">QUÉBEC:<br />
+<span class="smcap">Imprimé et publié par FRÉCHETTE &amp; Cie,<br />
+Nº. 13, RUE LAMONTAGNE,<br />
+Basse-Ville.</span></p>
+
+<p class="center">1841.</p>
+
+<h2><i><a name="AVERTISSEMENT" id="AVERTISSEMENT"></a>AVERTISSEMENT.</i></h2>
+
+<p>Le besoin d'un <i>Manuel Lexique</i> des difficultés de la langue
+française, se fait vivement sentir dans nos écoles de grammaire;
+et l'on a à regretter que le commerce ne nous fournisse
+pas les ouvrages de ce genre, qui se multiplient, depuis
+quelques années, sur l'ancien continent. C'est pour remedier
+en partie à ce défaut, que le présent travail, <i>né de
+circonstances purement fortuites</i>, a été préparé pour la presse:
+et en l'offrant au jeune âge, l'Auteur n'a garde de se présenter
+sous d'autre titre, que celui d'<i>humble compilateur</i>;
+titre qui doit lui demeurer entier, malgré quelques articles
+de sa création, devenus indispensables pour signaler des
+erreurs de langage particulières au Canada.</p>
+
+<p>Les grammaires mises à contribution, pour la confection
+de ce petit livre, sont celles de Duvivier, de Chambaud,
+de Lequien, de Lhomond, de Letellier, de Galland, de
+Noël et Chapsal, etc. Les sources pures et abondantes des
+Dictionnaires de l'Académie, de Trévoux, de Boiste, de
+Rolland, de Gatel, de Noël et Chapsal, etc., ont été exploitées
+dans le même but: et il est essentiel d'ajouter,
+que les articles puisés dans ces riches trésors de la langue
+française sont reproduits textuellement, autant que les circonstances
+et le cadre étroit de l'ouvrage l'ont permis.</p>
+
+<p>Ayant exposé les difficultés les plus communes de la
+langue, il était naturel de fournir un tableau des expressions
+incorrectes et dénaturées, qui en altèrent la beauté et les
+règles: voilà ce qui a donné lieu au <i>Recueil de Locutions
+Vicieuses</i>, placé à la suite du <i>Manuel</i>.</p>
+
+<p>L'Auteur ne s'est point fait illusion sur la difficulté de sa
+tâche: il n'ignore pas qu'il ouvre un champ large à la critique.
+Heureux! si son livre attire l'attention de quelque
+Aristarque consciencieux, qui daigne en signaler les
+erreurs, au profit de la portion chérie de la société à laquelle
+il est destiné!</p>
+
+<p>Du reste, si l'Auteur a aplani au jeune âge quelques-unes
+des aspérités dont la langue est hérissée, son but est
+atteint, son v&oelig;u accompli.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">[Pg 1]</a></span></p><p>Québec, Octobre, 1841.</p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="MANUEL" id="MANUEL"></a>MANUEL</h2>
+<h5>DES</h5>
+<h4>DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES</h4>
+<h5>DE LA</h5>
+<h3>LANGUE FRANÇAISE.</h3>
+
+<p>ABSOUDRE. <i>J'absous</i>, <i>tu absous</i>, <i>il
+absout</i>, <i>nous absolvons</i>, <i>vous absolvez</i>,
+<i>ils absolvent</i>. <i>J'absolvais</i>; point de prétérit
+défini. <i>J'ai absous</i>, <i>j'absoudrai</i>,
+<i>j'absoudrais</i>, <i>absous</i>, <i>absolvons</i>, <i>absolvez</i>,
+<i>que j'absolve;</i> point d'imparfait du subj.
+<i>Absolvant</i>, <i>absous</i>, <i>absoute</i>.</p>
+
+<p><i>Dissoudre</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ACADÉMICIEN est un membre d'une
+compagnie de savans: <i>académiste</i>, celui
+qui étudie les armes, l'équitation dans une
+académie.</p>
+
+<p>ACCENT CIRCONFLEXE. On
+l'emploie pour les voyelles longues, et
+on le met,&mdash;1º. sur <i>a</i> long, <i>lâche</i>, <i>tâche</i>,
+<i>château</i>.&mdash;2º. sur l'avant dernier <i>e</i> des
+mots en eme: <i>même</i>, <i>blême</i>; excepté
+cependant les adjectifs numéraux ordinaux,
+comme <i>deuxième</i>, <i>troisième</i>, etc.&mdash;3º. sur
+l'<i>i</i> des verbes en <i>aitre</i> et <i>oitre</i>, comme <i>paraître,
+accroître</i>; dans tous les temps où
+<i>i</i> est suivi de <i>t</i>; <i>il naît</i>, <i>il paraîtra</i>, <i>nous<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">[Pg 2]</a></span>
+accroîtrons</i>.&mdash;4º. sur l'<i>o</i> qui précède les finales
+<i>le</i>, <i>me</i>, <i>ne</i>: <i>pôle</i>, <i>rôle</i>, <i>dôme</i>, <i>zône</i>.&mdash;5º.
+sur <i>le nôtre</i>, <i>le vôtre</i>, mais non sur
+<i>notre</i>, <i>votre</i>.&mdash;6º. on l'emploie encore à la
+première et seconde personne plurielle du
+prétérit défini: <i>nous aimâmes</i>, <i>vous aimâtes</i>,
+<i>nous reçûmes</i>, <i>vous reçûtes</i>.&mdash;7º. à la troisième
+personne singulière de l'imparfait du
+subjonctif: <i>qu'il fût</i>, <i>qu'il eût</i>, <i>qu'il aimât</i>.&mdash;8º.
+on le pose aussi sur les adjectifs <i>sûr</i>,
+(pour signifier certain) <i>mûr</i>, etc., parce
+qu'on écrivait autrefois <i>seur</i>, <i>meur</i>, et enfin
+sur <i>dû</i>, participe du verbe devoir, pour le distinguer
+de l'article <i>du</i>. Toutefois ce participe
+ne prend l'accent circonflexe, ni au pluriel
+masculin, ni au féminin, tant singulier
+que pluriel, parce qu'alors il ne peut être
+confondu avec l'article <i>du</i>. Enfin on le met
+sur <i>tû</i>, participe du verbe <i>taire</i>, pour le distinguer
+du pronom <i>tu</i>, et sur <i>crû</i>, participe
+de <i>croître</i>, pour le distinguer de <i>cru</i>, participe
+de croire.</p>
+
+<p>ACCORD du verbe avec ses sujets.
+Quand plusieurs substantifs ou pronoms
+composent les sujets, le verbe s'accorde
+avec le dernier substantif ou pronom;</p>
+
+<p>1º. lorsque les mots formant les sujets
+sont synonymes: <i>son courage</i>, <i>son intrépidité</i>
+<span class="smcap">étonne</span> <i>les plus braves</i>. Il est
+essentiel que les substantifs synonymes ne
+soient jamais unis par la conjonction <i>et</i>.</p>
+
+<p>2º. lorsque les mots formant les sujets
+renferment une expression qui réunit en<span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">[Pg 3]</a></span>
+elle tous les mots qui précèdent, comme
+<i>chacun</i>, <i>tout</i>, <i>rien</i>, <i>personne</i>. <i>Paroles et
+regards</i>, <span class="smcap">tout est</span> <i>charmes en vous</i>:&mdash;<i>le
+temps, les biens, la vie</i>, <span class="smcap">rien</span> <i>ne nous</i> <span class="smcap">appartient</span>.</p>
+
+<p>3º. lorsque l'esprit s'arrête sur le dernier
+substantif, parce qu'il est d'un tel intérêt,
+qu'il fait oublier les autres:&mdash;<i>ce sacrifice,
+votre intérêt, votre honneur</i>, <span class="smcap">dieu</span> <i>vous
+le</i> <span class="smcap">commande</span>:&mdash;<i>mon repos, mon</i> <span class="smcap">bonheur
+semblait</span> <i>être affermi</i>.</p>
+
+<p>Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisième
+personne unis par la conjonction <i>ou</i>,
+on peut faire accorder le verbe avec les deux
+sujets, ou avec le dernier, et dire également
+bien&mdash;<i>Pierre</i> ou <i>Paul le</i> <span class="smcap">fera</span>, ou, <i>le</i> <span class="smcap">feront</span>.
+Cependant l'accord avec le dernier
+sujet parait préférable.</p>
+
+<p>Cette règle s'applique à <i>l'un l'autre</i>,
+lorsqu'ils sont unis par la conjonction <i>ou</i>:&mdash;<i>l'un
+ou l'autre vous</i> <span class="smcap">écrira</span>, ou <i>vous</i>
+<span class="smcap">écriront</span>.</p>
+
+<p>Cependant si les mots unis par <i>ou</i> sont de
+différentes personnes, l'usage demande que
+le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde
+avec la personne qui a la priorité:&mdash;<i>c'est
+toi ou moi qui</i> <span class="smcap">avons</span> <i>fait cela</i>,&mdash;<i>c'est
+toi ou lui qui</i> <span class="smcap">avez</span> <i>dit cela</i>:&mdash;<i>lui ou moi
+nous</i> <span class="smcap">serons</span> <i>peut-être assez heureux</i>, <i>etc.</i></p>
+
+<p>Dans les phrases où deux substantifs, ou
+bien deux pronoms sont liés par une des conjonctions,
+<i>de même que</i>, <i>aussi bien que</i>,
+<i>comme</i>, <i>non plus que</i>, <i>plutôt que</i>, <i>avec</i>,
+<i>ainsi que</i>, et autres semblables, c'est avec<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">[Pg 4]</a></span>
+le premier substantif que l'accord a lieu: <i>la
+vertu</i>, <i>de même que le savoir</i>, <i>A son prix</i>.
+<i>C'est sa fille</i>, <i>plutôt que son fils</i>, <i>qu'il</i> <span class="smcap">a
+déshéritée</span>.</p>
+
+<p>Après <i>l'un et l'autre</i> faut-il mettre le
+verbe au singulier, ou au pluriel?</p>
+
+<p>L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &amp;c.,
+sont d'avis que l'on peut se servir indifféremment
+du singulier ou du pluriel: mais presque
+tous les grammairiens, suivant Duvivier,
+se sont prononcés pour le pluriel.</p>
+
+<p>Si <i>l'un et l'autre</i> était placé après le
+verbe, le pluriel serait de rigueur. <i>Ils</i>
+<span class="smcap">voulaient</span> <i>l'un et l'autre se promener</i>.</p>
+
+<p>Si les sujets sont exprimés par <i>ni l'un ni
+l'autre</i>, ou sont liés par <i>ni</i> répété, le verbe
+doit-il être mis au singulier ou au pluriel?</p>
+
+<p>Duvivier répond qu'on est libre de se
+décider en faveur du singulier ou du pluriel,
+puisque l'Académie et les meilleurs auteurs
+ont fait usage indifféremment du singulier et
+du pluriel.</p>
+
+<p>Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion
+de Wailly et de Marmontel qui veulent
+que quand les deux sujets concourent à
+l'action, l'on donne au verbe la forme plurielle,
+parce qu'il y a pluralité dans l'idée,
+et que l'on dise, <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">ont
+fait</span> <i>leur devoir</i>:&mdash;<i>Ni la douceur ni la
+force ne</i> <span class="smcap">peuvent</span> <i>rien</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'un des deux sujets seulement
+fait, ou reçoit l'action, parce qu'alors il y a unité
+dans la pensée, les mêmes grammairiens
+veulent que l'on mette le verbe au singulier,<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[Pg 5]</a></span>
+et que l'on dise, <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">est</span>
+<i>mon père</i>:&mdash;<i>Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni
+Mr. le Comte qui</i> <span class="smcap">sera nommé</span> <i>ambassadeur
+d'Espagne</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le verbe qui suit <i>ni</i> répété, est
+au pluriel, on doit le faire accorder avec la
+personne qui a la priorité. <i>Ni vous ni moi
+ne</i> <span class="smcap">sommes</span> <i>coupables</i>.&mdash;<i>Ni vous ni lui
+n'</i><span class="smcap">avez fait</span> <i>cela</i>.</p>
+
+<p>Doit-on après <i>un</i>, <i>une</i> joint à <i>de</i>, <i>des</i> se
+servir du singulier ou du pluriel, et dire,
+<i>c'est une des plus belles actions qu'il ait
+jamais</i> <span class="smcap">fait</span>: ou, <i>c'est une des plus belles
+actions qu'il ait jamais</i> <span class="smcap">faites</span>?</p>
+
+<p>La phrase dont il s'agit est elliptique:
+c'est comme s'il y avait, <i>c'est une action des
+plus belles actions qu'il ait jamais faites</i>.
+Pour résoudre la difficulté, il faut examiner
+si le pronom relatif <i>que</i> a pour antécédent
+le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel
+placé après la préposition <i>des</i>. Dans le
+premier cas on emploie le singulier, et dans
+le second le pluriel. Or dans la phrase citée
+ci-dessus, il est évident que le relatif <i>que</i> se
+rapporte au substantif placé après la préposition;
+car il s'agit <i>d'actions faites</i>, et non
+pas <i>d'une action faite</i>. Le participe doit
+donc être mis au pluriel.</p>
+
+<p>D'après ces principes il faudra dire au
+singulier, <i>c'est un de nos meilleurs grammairiens
+qui</i> <span class="smcap">a fait</span> <i>cette faute</i>: et au pluriel;
+<i>votre ami est un des hommes qui</i>
+<span class="smcap">périrent</span> <i>dans la sédition</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[Pg 6]</a></span></p>
+
+<p>ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs
+substantifs.</p>
+
+<p>Quand un adjectif suit plusieurs substantifs
+régimes, soit régimes d'un verbe, soit régimes
+d'une proposition, et que cet adjectif ne se
+prononce pas au masculin comme au féminin,
+au singulier comme au pluriel, il ne s'accorde
+qu'avec le dernier des substantifs: mais il
+est sous-entendu après les précédens. <i>Ce
+soupçon..excita des plaintes, et un mécontentement</i>
+<span class="smcap">général</span>.&mdash;<i>C'est donc en
+vain qu'on met la véritable gloire dans
+l'honneur et la probité</i> <span class="smcap">mondaine</span>.</p>
+
+<p>Mais un adjectif, placé après des substantifs
+régimes, se met au pluriel, si cet accord
+ne change pas la prononciation de l'adjectif.&mdash;<i>Il
+sacrifie son repos et sa liberté pour la
+liberté et la félicité</i> <span class="smcap">publiques</span>.</p>
+
+<p>ACQUÉRIR. <i>J'acquiers</i>, <i>tu acquiers</i>,
+<i>il acquiert</i>, <i>nous acquérons</i>, <i>vous acquérez</i>,
+<i>ils acquièrent</i>, <i>j'acquérais</i>, <i>j'acquis</i>, <i>j'acquerrai</i>,
+<i>j'acquerrais</i>, <i>acquiers</i>, <i>acquérons</i>,
+<i>acquérez</i>, <i>que j'acquière</i>, <i>que nous acquérions</i>,
+<i>que j'acquisse</i>, <i>acquérant</i>, <i>acquis</i>,
+<i>acquise</i>.</p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>conquérir</i>, <i>reconquérir</i>,
+<i>requérir</i>, <i>s'enquérir</i>.</p>
+
+<p>ADJECTIFS ABSOLUS, (les) <i>Parfait</i>,
+<i>universel</i>, <i>immortel</i>, <i>mortel</i>, <i>éternel</i>,
+<i>essentiel</i>, <i>divin</i>, <i>suprême</i>, <i>extrême</i>, <i>excellent</i>,
+ne peuvent être précédés de mots qui expriment
+le plus ou le moins, par cela même
+qu'ils sont <i>absolus</i>, et rejettent toute com<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">[Pg 7]</a></span>paraison.
+On ne peut dire, <i>plus</i> ou <i>moins
+éternel,&mdash;mortel</i>, &amp;c.</p>
+
+<p>ADJECTIF NUMÉRAL. Quelquefois
+l'adjectif de nombre cardinal remplace celui
+de nombre ordinal. <i>Il est</i> <span class="smcap">six</span> <i>heures</i>;&mdash;<i>l'an</i>
+<span class="smcap">mil huit cent</span>:&mdash;<i>le</i> <span class="smcap">cinq</span> <i>Mars</i>,&mdash;<span class="smcap">guillaume
+quatre</span>.</p>
+
+<p>AIDER quelqu'un, c'est l'assister de
+sa bourse, de ses conseils:&mdash;<i>aider à quelqu'un</i>,
+c'est partager sa fatigue, sa peine:&mdash;<i>aider
+à quelque chose</i>, c'est y contribuer.</p>
+
+<p>AÏEUL est le père du père ou de la
+mère. Au pluriel on dit <i>aïeuls</i>, quand on
+veut désigner préscisément le grand-père
+paternel et le grand-père maternel. Hors
+delà on dit <i>aïeux</i>, pour signifier tous ceux
+de qui l'on descend, et qui ont devancé nos
+<i>aïeuls</i>.</p>
+
+<p>AIGLE, <i>oiseau</i>, est masculin. <span class="smcap">Aigle</span>,
+<i>drapeau</i>, est féminin. <i>Les Aigles Romaines</i>.
+<span class="smcap">Aigle</span>, <i>constellation</i>, est féminin.</p>
+
+<p>AIGUILLON. Il y a quelques mots,
+comme, <i>aiguillon</i>, <i>aiguille</i>, <i>aiguiser</i>, <i>arguer</i>,
+<i>inextinguible</i>, et les noms propres
+<i>d'Aiguillon, le Guide, de Guise</i>, dans lesquels
+l'<i>u</i> se fait entendre, et que l'on prononce,
+<i>é-gu-i-glion</i>,&mdash;<i>é-gu-i-lle</i>,&mdash;<i>é-gu-i-zé</i>,&mdash;<i>ar-gu-é</i>,&mdash;<i>inextin-gu-i-ble</i>,&mdash;<i>d'É-gu-i-glion</i>,&mdash;<i>le
+Gu-i-de</i>,&mdash;<i>de Gu-i-se</i>.</p>
+
+<p>AIR. On dit, <i>cette femme</i> a l'air <span class="smcap">bon</span>,
+et non pas <span class="smcap">bonne</span>, parce que <i>bon</i> se<span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">[Pg 8]</a></span>
+rapporte à l'<i>air</i>. Mais on dit, <i>cette pomme
+a l'air</i> <span class="smcap">cuite</span>, et non pas <span class="smcap">cuit</span>, parce que
+l'adjectif ne peut être dit ici du substantif
+<i>air</i>.</p>
+
+<p>ALLER. On ne dit plus <i>je vas</i>, mais,
+<i>je vais</i>. L'impératif <i>va</i> prend une <i>s</i> euphonique
+quand il est suivi du pronom relatif <i>y</i>:
+<i>vas y</i>. Mais si après l'<i>y</i> il suit un <i>verbe</i>,
+l'Académie veut que l'on supprime l'<i>s</i>. <i>Va
+y mettre ordre.</i></p>
+
+<p>AMOUR au singulier est masculin: au
+pluriel féminin, excepté quand il désigne
+les petits génies de la mythologie. <i>Ces</i>
+<span class="smcap">petits</span> <i>amours sont bien</i> <span class="smcap">groupés</span>.</p>
+
+<p>À NEUF, DE NEUF. <i>Refaire un
+bâtiment</i> <span class="smcap">à neuf</span>:&mdash;<i>remettre un tableau</i>
+<span class="smcap">à neuf</span>, c'est les restaurer, les réparer.</p>
+
+<p><i>Se faire habiller</i> <span class="smcap">de neuf</span>, c'est se faire
+faire des habits neufs.</p>
+
+<p>ANCÊTRES. <i>Nos ancêtres: nos
+aïeux: nos pères.</i> Le siècle de nos <i>pères</i>
+a touché au nôtre: nos <i>aïeux</i> les ont devancés:
+nos ancêtres sont les plus reculés
+de nous.</p>
+
+<p>ANIMAUX. Leurs parties principales.</p>
+
+<p>On dit le <i>pied</i> d'un cheval, d'un b&oelig;uf, d'un
+cerf, d'un mouton, d'une vache, et des autres
+animaux chez lesquels cette partie est de
+<i>corne</i>.</p>
+
+<p>On dit la <i>patte</i> d'un chien, d'un chat, d'un
+lièvre, d'un loup, d'un ours, d'un rat, et des
+autres animaux chez lesquels cette partie
+n'est pas de <i>corne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[Pg 9]</a></span></p>
+
+<p>On dit les <i>ongles</i> d'un lion, les <i>griffes</i>
+d'un chat, d'un tigre, les <i>serres</i> d'un aigle,
+d'un épervier.</p>
+
+<p>On dit la <i>bouche</i> d'un cheval, d'un b&oelig;uf,
+d'un âne, et en général en parlant des bêtes
+de somme.</p>
+
+<p>On se sert du mot <i>gueule</i> en parlant des
+poissons, des reptiles, et de la plupart des
+quadrupèdes. On dit la <i>gueule</i> d'une carpe
+d'une truite, d'un brochet, d'un serpent, d'un
+lion, d'un tigre, d'un chien, d'un loup, d'un
+chat, &amp;c.</p>
+
+<p>On fait usage du mot <i>bec</i> pour les volatiles.</p>
+
+<p>Quand on parle de cette partie qui comprend
+la <i>gueule</i> et le <i>nez</i>, on dit le <i>groin</i>
+d'un cochon, le <i>muffle</i> d'un cerf, d'un b&oelig;uf,
+d'un lion, d'un léopard, d'un tigre: le <i>museau</i>
+d'un chien, d'un renard, &amp;c.</p>
+
+<p>On donne le nom de <i>défenses</i> ou <i>broches</i>
+de sanglier aux deux grosses dents crochues
+et effilées qui sortent de sa gueule.</p>
+
+<p>On appelle <i>bois de cerf</i> ou <i>tête de cerf</i>,
+le grand bois que cet animal porte sur le
+devant de sa tête, et qui tombe tous les ans
+au printemps.</p>
+
+<p>Enfin on dit la <i>hure</i> d'un sanglier, d'un
+ours, d'un saumon, d'un brochet, pour la
+tête, lorsqu'elle est coupée.</p>
+
+<p>ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne,
+l'âne brait, le b&oelig;uf mugit ou beugle,
+la brebis bêle, le renard nasille, le cerf
+bramme, le chat miaule, le cheval hennit,
+(prononcez hanit) le chien aboie ou jappe,<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[Pg 10]</a></span>
+le cochon grogne, le corbeau croasse, la grenouille
+coasse, le lion rugit, le loup hurle, le
+serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou
+trompettent, les petits chiens et les renards
+glapissent, les pigeons roucoulent, la perdrix
+cacabe, le moineau chuchète ou pépie,
+le paon braille ou criaille, le dindon glougloute,
+le poulet piaule, la poule glousse,
+le grillon grésillonne, l'oie siffle, le rossignol
+gringotte, &amp;c.</p>
+
+<p>APPELER. <i>J'appelle, tu appelles,
+il appelle, nous appelons, vous appelez,
+ils appellent, j'appelais, j'appelai, j'appellerai,
+j'appellerais, appelle, appelons,
+appelez, que j'appelle, que nous appelions,
+que j'appelasse, appelant, appelé, appelée</i>.</p>
+
+<p>Ce verbe comme tous ceux qui sont terminés
+par <i>eler</i>, doublent la lettre <i>l</i>, quand
+après cette lettre on entend un <i>e</i> muet; c.-à-d.
+lorsque la lettre <i>l</i> est suivie de <i>e</i>, <i>es</i>, <i>ent</i>.
+<i>J'appelle</i>,&mdash;<i>tu chancelles</i>,&mdash;<i>ils étincellent.</i></p>
+
+<p>Cette règle est applicable aussi aux
+verbes dont l'infinitif est en <i>eter</i>. V. <span class="smcap">jeter</span>.</p>
+
+<p>APPLAUDIR. Comme on fait usage
+de ce verbe tantôt à l'actif, tantôt au neutre,
+il est indifférent de dire, <i>applaudir</i> <span class="smcap">aux</span>
+<i>acteurs</i>, ou <i>applaudir</i> <span class="smcap">les</span> <i>acteurs</i>: <i>on</i>
+<span class="smcap">lui</span> <i>a applaudi</i>, ou, <i>on</i> <span class="smcap">l'</span><i>a applaudi</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>s'applaudir</i> s'accorde
+toujours. <i>Ils se sont</i> <span class="smcap">applaudis</span> <i>de
+leur conduite</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[Pg 11]</a></span></p>
+
+<p>ARC-EN-CIEL. Au pluriel on écrit,
+<i>arcs-en-ciel</i>; mais on prononce, comme au
+singulier, <i>ar-kan-ciel</i>.</p>
+
+<p>ARTICLE. On répète l'article et les
+adjectifs déterminatifs, <i>mon</i>, <i>ma</i>, <i>mes</i>, <i>ton</i>,
+<i>ta</i>, <i>tes</i>, <i>ce</i>, <i>cette</i>, <i>un</i>, etc.</p>
+
+<p>1º. devant chaque substantif, <i>les officiers
+et</i> <span class="smcap">les</span> <i>soldats</i>;&mdash;<i>son frère et</i> <span class="smcap">sa</span> <i>mère</i>.</p>
+
+<p>2º. devant deux adjectifs unis par <i>et</i>, lorsqu'ils
+ne qualifient pas le même substantif:
+<i>les anciens et</i> <span class="smcap">les</span> <i>nouveaux soldats</i>,&mdash;<i>vos
+grands et</i> <span class="smcap">vos</span> <i>petits appartemens</i>.
+Mais on dirait, <i>les anciens et braves soldats</i>;&mdash;<i>vos
+grands et beaux appartemens</i>, attendu
+que les mêmes soldats sont <i>anciens et
+braves</i>, et les mêmes appartemens <i>grands
+et beaux</i>.</p>
+
+<p>Il n'est pas toujours aisé de connaître
+d'une manière précise les cas où l'on doit
+faire usage de l'article, et ceux où l'on ne
+doit pas s'en servir. Voici un principe général
+qui sera d'un grand secours pour les
+distinguer.</p>
+
+<p>On doit employer l'article avant tous les
+noms communs pris <i>déterminément</i>, mais
+non avant ceux qu'on prend <i>indéterminément</i>.</p>
+
+<p>Un nom est pris <i>déterminément</i> lorsqu'il
+est employé pour désigner tout un genre,
+toute une espèce, ou enfin un individu. <span class="smcap">la</span>
+<i>jeunesse est imprévoyante</i>. Le mot <i>jeunesse</i>
+est genre parce qu'il désigne la totalité
+des jeunes gens. <span class="smcap">les</span> <i>hommes à préten<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[Pg 12]</a></span>tion
+sont insupportables</i>. Le mot <i>hommes</i>
+est espèce, parce qu'il est restreint à un certain
+nombre d'individus. <span class="smcap">Le</span> <i>roi est sage</i>.
+Le mot <i>roi</i>, dans cette phrase, désigne un
+individu.</p>
+
+<p>Un nom est pris <i>indéterminément</i> lorsqu'on
+s'en sert uniquement pour réveiller
+l'idée qu'on y attache: qu'on ne détermine
+rien sur l'étendue dont elle est susceptible;
+en un mot qu'on ne l'emploie pas pour désigner
+ni un genre, ni une espèce, ni un individu.
+<i>Les chemins sont bordés</i> <span class="smcap">de</span> <i>lauriers</i>,
+<span class="smcap">de</span> <i>grenadiers</i>, <span class="smcap">de</span> <i>jasmins</i>. Les
+mots <i>lauriers</i>, <i>grenadiers</i>, <i>jasmins</i> étant
+indéterminés, ne prennent pas l'article.</p>
+
+<p class="center">REMARQUES.</p>
+
+<p>Les noms de provinces et de royaumes
+peuvent être pris <i>déterminément</i> et <i>indéterminément</i>.
+On dit: <i>je viens d'Angleterre,
+de France</i>, sans l'article; parce qu'il suffit
+de regarder l'Angleterre ou la France
+comme terme d'où l'on part, et qu'il est inutile
+de penser à l'étendue de ces royaumes.
+Mais parce que les mots <i>limites</i>, <i>bornes</i> font
+penser à cette étendue, on dit; <i>les limites
+de l'Angleterre, les bornes de la France</i>.</p>
+
+<p>L'usage permet que l'on dise indifféremment,
+<i>les peuples de l'Asie</i> ou <i>les peuples
+d'Asie</i>,&mdash;<i>les villes de l'Angleterre</i> ou <i>les
+villes d'Angleterre</i>.</p>
+
+<p>Mais on dit avec l'article: <i>les peuples de
+l'Asie ont toujours été faciles à subjuguer</i>;
+parce que l'on considère ces peuples par rap<span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[Pg 13]</a></span>port
+à l'étendue du pays qu'ils habitent.</p>
+
+<p>On dit plus communément: <i>il vient de
+l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique</i>. C'est
+une exception à la règle donnée plus haut.</p>
+
+<p>Il y a des noms de royaumes et de pays
+qui veulent absolument l'article; et l'on dit
+toujours: <i>les empereurs de la Chine&mdash;du
+Pérou&mdash;du Japon:&mdash;les habitants du Canada</i>.</p>
+
+<p>Les locutions suivantes sont donc vicieuses:
+<i>je vais</i> <span class="smcap">en</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">en</span> <i>Pérou</i>:&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">en</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">en</span> <i>Japon</i>. Il
+faut dire: <i>je vais</i> <span class="smcap">au</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">au</span> <i>Pérou</i>;&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">au</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">au</span> <i>Japon</i>.</p>
+
+<p>Les noms <i>Mercure</i>, <i>Jupiter</i>, <i>Vénus</i>,
+<i>Mars</i>, <i>Saturne</i>, <i>Herschel</i> ne prennent
+pas l'article.</p>
+
+<p>ASPECT, PERSPECTIVE, VUE. <i>Aspect</i> désigne des points de vue particuliers.
+<i>Les vues de la Suisse offrent les aspects
+les plus agréables.</i> <i>Perspective</i> est <i>l'aspect</i>
+des objets vus de loin. L'idée de
+<i>vue</i> est plus étendue que celle d'<i>aspect</i>.</p>
+
+<p>ASSAILLIR. <i>J'assaille, tu assailles,
+il assaille, nous assaillons, j'assaillais,
+j'assaillis, j'assaillirai, j'assaillirais, assaille,
+assaillons, assaillez, que j'assaille,
+que j'assaillisse, assaillant, assailli, assaillie</i>.</p>
+
+<p><i>Tressaillir</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ASSEOIR. <i>J'assieds, tu assieds, il
+assied, nous asseyons, vous asseyez, ils<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[Pg 14]</a></span>
+asseient, j'asseyais, nous asseyions, vous asseyiez,
+ils asseyaient, j'assis, j'assiérai ou
+j'asseierai, j'assiérais ou j'asseierais, assieds,
+asseyons, asseyez, que j'asseie, que
+nous asseyions, que vous asseyiez, qu'ils
+asseient, que j'assisse, asseyant, assis, assise</i>..</p>
+
+<p><i>Rasseoir</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ASSURER veut un régime direct de
+personne quand il signifie <i>témoigner</i>:
+<i>assurez</i> <span class="smcap">le</span> <i>de mon estime</i>: et un régime
+indirect lorsqu'il veut dire <i>donner pour sûr</i>:
+<i>assurez</i> <span class="smcap">lui</span> <i>que nous sommes réconciliés</i>.</p>
+
+<p>ATOCA. (<i>Oxycoccum</i>). Suivant Sarrasin,
+cité par Charlevoix, <i>atoca</i> est un mot
+indien, qui désigne la baie de la canneberge.
+Cette baie, que les anglais appellent <i>cranberry</i>,
+ne porte point de nom en français.</p>
+
+<p>À TRAVERS veut un régime direct;
+<i>à travers</i> <span class="smcap">les</span> <i>champs</i>: <i>au travers</i> est
+toujours suivi de la proposition <i>de</i>: <i>au travers</i>
+<span class="smcap">du</span> <i>corps</i>.</p>
+
+<p>AUCUN se met toujours au singulier:
+<i>aucun chemin de fleurs ne conduit à la
+gloire</i>: excepté quand il accompagne un
+substantif qui n'a pas de singulier, comme
+<i>pleurs</i>, <i>ancêtres</i>: ou qui, au pluriel, est pris
+dans un autre sens qu'au singulier, comme
+<i>troupes</i>, <i>gages</i>. <i>On n'a fait</i> <span class="smcap">aucunes</span> <i>fénérailles</i>,&mdash;<span class="smcap">aucunes</span>
+<i>troupes ne sont mieux
+disciplinées</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[Pg 15]</a></span></p>
+
+<p>AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes
+de comparaison qui doivent être suivis de
+la conjonction <i>que</i>, et non de <i>comme</i>, autre
+adverbe de comparaison. Ne dites pas:
+<i>il est aussi grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>,&mdash;<i>j'en ai autant</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>,&mdash;dites <i>il est aussi grand</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>vous</i>,&mdash;<i>j'en ai autant</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous</i>. On
+dit: <i>il est grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>:&mdash;<i>j'en ai</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>.</p>
+
+<p>AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on
+veut simplement marquer l'extension d'une
+qualité, il faut prendre <i>si</i>: <i>il n'est pas</i>
+<span class="smcap">si</span> <i>fin</i>, <i>qu'on ne le puisse tromper</i>. Mais
+quand on veut faire comparaison entre deux
+adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir
+d'<i>aussi</i> dans les phrases affirmatives: <i>il
+est</i> <span class="smcap">aussi</span> <i>poli qu'il est brave</i>: mais si la
+phrase est négative il faut employer <i>si</i>:
+<i>personne ne vous a servi</i> <span class="smcap">si</span> <i>utilement que
+lui</i>. Cependant il est bien des personnes
+qui emploient alors presque indifféremment
+<i>si</i> ou <i>aussi</i>, et disent, <i>il ne sera pas</i> <span class="smcap">aussi</span>
+<i>constant qu'il le dit</i>,&mdash;ou,&mdash;<i>il ne sera pas</i>
+<span class="smcap">si</span> <i>constant qu'il le dit</i>.</p>
+
+<p>AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux
+sujets sont unis par <i>aussi bien que</i>, le verbe
+s'accorde avec le premier sujet: <i>le roi,
+aussi bien que ses ministres</i>, <span class="smcap">veut</span> <i>la paix</i>.</p>
+
+<p>AUTOMNE, d'après l'usage le plus
+commun, est masculin quand l'adjectif précède:
+<span class="smcap">un</span> <i>bel automne</i>: et féminin quand
+l'adjectif suit: <span class="smcap">une</span> <i>automne froide</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[Pg 16]</a></span></p>
+
+<p>AUTOUR, ALENTOUR. Suivant
+les écrivains modernes <i>autour</i> est une proposition,
+qui a par conséquent un régime, et
+<i>alentour</i> un adverbe qui n'en a point. Il faut
+donc dire, <i>la reine avait toutes ses filles</i>
+<span class="smcap">autour</span> <i>d'elle</i>; et non pas, <span class="smcap">alentour</span>
+<i>d'elle</i>:&mdash;<i>le roi était là, et ses gardes étaient</i>
+<span class="smcap">alentour</span>, et non pas, <span class="smcap">autour</span>.</p>
+
+<p>AUTRE QUE, TOUT AUTRE
+QUE, AUTREMENT QUE, marquant
+la comparaison, veulent <i>ne</i> devant le verbe
+suivant: <i>il est tout autre que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>pensais</i>:&mdash;<i>il
+parle autrement qu'il</i> <span class="smcap">n'</span><i>agit</i>:
+excepté quand le premier verbe est négatif:
+<i>il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>parle pas autrement qu'il agit</i>.</p>
+
+<p>AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires
+<i>avoir</i> et <i>être</i>: <i>avoir</i> marque l'action,
+et <i>être</i> l'état. Dans les verbes neutres qui
+prennent les deux auxiliaires, comme, <i>accourir</i>,
+<i>disparaître</i>, <i>déchoir</i>, <i>passer</i>, <i>décider</i>,
+<i>périr</i>, <i>croître</i>, <i>éclore</i>, <i>demeurer</i>, <i>rester</i>,
+<i>cesser</i>, <i>échapper</i>, <i>monter</i>, <i>descendre</i>, <i>entrer</i>
+etc., on emploie <i>avoir</i>, si c'est l'action que
+le verbe énonce que l'on a en vue: et <i>être</i>
+si c'est l'état que l'on veut exprimer. Ce
+sont les circonstances dont le verbe est accompagné
+qui indiquent lequel de ces deux
+points de vue on envisage: ainsi pour exprimer
+l'action, l'on dira avec <i>avoir</i>: <i>elle</i> <span class="smcap">a</span>
+<i>disparu subitement</i>;&mdash;<i>la fièvre</i> <span class="smcap">a</span> <i>cessé
+hier</i>;&mdash;<i>la rivière</i> <span class="smcap">a</span> <i>monté rapidement</i>;&mdash;<i>le
+baromètre</i> <span class="smcap">a</span> <i>descendu en peu d'heures</i>:
+et pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on<span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">[Pg 17]</a></span>
+dira avec <i>être</i>; <i>elle</i> <span class="smcap">est</span> <i>disparue depuis
+un an</i>:&mdash;<i>la fièvre</i> <span class="smcap">est</span> <i>passée depuis quelque
+temps</i>;&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">est</span> <i>monté</i>&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">est</span> <i>descendu
+depuis une heure</i>. Il faut excepter
+de cette règle les verbes neutres <i>aller</i>, <i>arriver</i>,
+<i>choir</i>, <i>décéder</i>, <i>mourir</i>, <i>naître</i>, <i>tomber</i>,
+<i>venir</i>, et les composés de ce dernier,
+comme <i>devenir, intervenir, parvenir, revenir,
+survenir</i>, lesquels prennent le seul
+auxiliaire <i>être</i>, quoique chacun d'eux exprime
+une action: c'est l'usage qui en a
+décidé ainsi; <i>elles</i> <span class="smcap">sont</span> <i>allées</i>,&mdash;<i>nous</i>
+<span class="smcap">étions</span> <i>arrivés</i>,&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">sera</span> <i>venu</i>.</p>
+
+<p>Remarque. <i>Convenir</i>, <i>contrevenir</i>, <i>subvenir</i>,
+quoique formés du verbe <i>venir</i>, donnent
+lieu aux observations suivantes.</p>
+
+<p><i>Convenir</i> demande tantôt l'auxiliaire <i>avoir</i>,
+et tantôt l'auxiliaire <i>être</i>. Dans le sens
+d'être convenable, il prend <i>avoir</i>: et <i>être</i>
+dans le sens de demeurer d'accord. <i>Cette
+maison m'</i><span class="smcap">a</span> <i>convenu, et je</i> <span class="smcap">suis</span> <i>convenu du
+prix</i>.</p>
+
+<p><i>Contrevenir</i> est employé par le plus grand
+nombre des écrivains avec <i>avoir</i>.</p>
+
+<p><i>Subvenir</i> prend toujours l'auxiliaire <i>avoir</i>.</p>
+
+<p>AVANT veut un régime, <i>auparavant</i>
+n'en veut aucun. Ne dites pas, <i>auparavant
+de partir</i>, mais, <i>avant de partir</i>.</p>
+
+<p>AVANT, DEVANT. <i>Avant</i> est pour
+l'ordre des temps; <i>devant</i> pour l'ordre des
+places. Le premier est opposé à <i>après</i>, le
+second à <i>derrière</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">[Pg 18]</a></span></p>
+
+<p>Plusieurs auteurs font aussi usage d'<i>avant</i>
+pour l'ordre des places.</p>
+
+<p>AVANT QUE rejette le <i>ne</i>. Dites,
+<i>avant qu'il parte</i>, et non, <i>avant qu'il</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>parte</i>.</p>
+
+<p>AVANT QUE DE, AVANT DE, sont
+employés indifféremment par les écrivains
+modernes: les prosateurs préfèrent même
+<i>avant de</i>.</p>
+
+<p>AVOIR <i>affaire à quelqu'un</i>, suppose infériorité,
+dépendance de celui qui a affaire.
+Un plaideur <i>a affaire</i> <span class="smcap">à</span> ses juges, et non
+<span class="smcap">avec</span> ses juges.</p>
+
+<p><i>Avoir affaire avec quelqu'un</i>, c'est avoir
+à traiter avec lui: <i>il faut éviter d'avoir
+affaire</i> <span class="smcap">avec</span> <i>les fripons</i>.</p>
+
+<p><i>Avoir affaire de</i> signifie avoir besoin de:
+<i>il a affaire</i> <span class="smcap">d'</span><i>argent</i>,&mdash;<i>j'ai affaire</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>vous, ne sortez pas</i>.</p>
+
+<p class="p2">BARBARISME, (le) est l'emploi de
+mots inusités, ou pris dans un mauvais sens,
+ou mal associés: c'est aussi l'emploi de locutions
+insolites. Le <i>solécisme</i> est une faute
+grossière contre la syntaxe.</p>
+
+<p>BÂTISSE, BÂTIMENT. <i>Bâtiment</i>
+est l'édifice entier: <i>bâtisse</i> n'en est que la
+partie comprenant la maçonnerie. Dites:
+<i>la bâtisse de cette construction a couté fort
+cher</i>: mais ne dites pas: <i>je veux assurer
+cette</i> <span class="smcap">batisse</span>; <i>je veux vendre cette</i> <span class="smcap">batisse</span>,
+pour signifier, <i>je veux assurer cette
+maison, je veux vendre cette maison</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[Pg 19]</a></span></p>
+
+<p>BEAUCOUP. <i>Il s'en faut beaucoup</i>
+marque différence de qualité: <i>il s'en faut
+de beaucoup</i> la différence de quantité:
+<i>il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi prudent
+que vous</i>:&mdash;<i>il s'en faut</i> <span class="smcap">de</span> <i>beaucoup
+qu'il ait autant de connaissances que son
+cousin</i>.</p>
+
+<p>BÉARN, ancienne province de France;
+prononcez, <i>Béar</i>.</p>
+
+<p>BÉNIT, TE, signifie consacré par l'église:
+<i>pain bénit</i>, <i>eau bénite</i>. <i>Béni&mdash;e</i>, a
+les autres significations de son verbe;&mdash;<span class="smcap">bénis</span>
+<i>sont les rois qui chérissent leurs peuples</i>.</p>
+
+<p>BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais,
+<i>beef-steak</i>, signifie tranche de b&oelig;uf
+saisie dans le beurre.</p>
+
+<p>BLEU. L'adjectif <i>bleu</i> est invariable
+quand il est modifié par un autre adjectif,
+étant alors substantif. <i>Des étoffes</i> <span class="smcap">bleu
+fonçé</span>, c.-à-d. <i>d'un bleu foncé</i>. Il en
+est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui désignent
+les couleurs: <i>des cheveux</i> <span class="smcap">blond
+fonçé</span>;&mdash;<i>des robes</i> <span class="smcap">rose tendre</span>;&mdash;<i>des
+draps</i> <span class="smcap">vert foncé</span>:&mdash;<i>des cheveux</i> <span class="smcap">chatain
+clair</span>, etc.</p>
+
+<p>BOSSER, BOSSUER. <i>Bosser</i> est
+un terme de marine. <i>Bossuer</i> signifie <i>faire
+des bosses</i>: dites <i>j'ai</i> <span class="smcap">bossué</span> <i>mon goblet</i>,
+et non pas, <i>j'ai</i> <span class="smcap">bossé</span> <i>mon goblet</i>.</p>
+
+<p>BOUILLIR. <i>Je bous</i>, <i>tu bous</i>, <i>il bout</i>,
+<i>nous bouillons</i>, <i>vous bouillez</i>, <i>ils bouillent</i>,
+<i>je bouillais</i>, <i>je bouillis</i>, <i>je bouillirai</i>, <i>je<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[Pg 20]</a></span>
+bouillirais</i>, <i>bous</i>, <i>bouillons</i>, <i>bouillez</i>, <i>que je
+bouillisse</i>, <i>bouillant</i>, <i>bouilli</i>, <i>bouillie</i>.</p>
+
+<p>BRAIRE n'est usité qu'aux temps et
+aux personnes qui suivent: <i>braire</i>, <i>il brait</i>,
+<i>ils braient</i>, <i>il braira</i>, <i>ils brairont</i>, <i>il brairait</i>,
+<i>ils brairaient</i>.</p>
+
+<p>BRUIRE, n'est guère usité qu'à l'infinitif,
+aux troisièmes personnes de l'imparfait de
+l'indicatif, <i>il bruyait</i>, <i>ils bruyaient</i>, et au
+participe présent, <i>bruyant</i>. <i>On entend</i>
+<span class="smcap">bruire</span> <i>les vagues</i>:&mdash;<i>le vent</i> <span class="smcap">bruyait</span> <i>dans
+la forêt</i>.</p>
+
+<p>BUREAU. Lieu où l'on expédie des
+affaires, où l'on travaille, où l'on délibère.
+Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut
+employer le terme <i>étude</i>, et dire, l'<span class="smcap">étude</span>
+<i>de tel avocat</i>, <i>l'</i><span class="smcap">étude</span> <i>de tel notaire</i>.</p>
+
+<p><i>Office</i> pour signifier <i>bureau</i> est un barbarisme.</p>
+
+<p class="p2">C ne se prononce pas à la fin des mots,
+<i>estomac</i>, <i>broc</i>, <i>croc</i>, <i>accroc</i>, <i>marc</i>, <i>échecs</i>,
+(jeu), <i>tabac</i>, <i>jonc</i>, <i>lacs</i>, (filets), <i>arsenic</i>,
+<i>escroc</i>, <i>tronc</i>, <i>clerc</i>, <i>cric</i>, <i>porc</i>, etc.</p>
+
+<p>CALÈCHE est un carosse léger et découvert,
+dont le train porte sur quatre roues.
+<i>Cabriolet</i> est une voiture légère et suspendue,
+montée sur deux roues.</p>
+
+<p><i>Calèche</i> n'est donc pas synonyme de
+<i>cabriolet</i>; et c'est par conséquent une faute
+de l'employer comme tel.</p>
+
+<p>D'un autre côté, l'on se sert souvent du
+mot <i>cabriolet</i>, pour désigner la petite char<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[Pg 21]</a></span>rette
+sans soupentes, dont l'usage est si commun:
+c'est encore, comme l'on voit, une
+faute à éviter.</p>
+
+<p>CAMPAGNE. <i>À la campagne</i> exprime
+le séjour que l'on fait hors de la ville.
+<i>Vivre à la campagne pour sa santé</i>. <i>En
+campagne</i> signifie que l'on est en mouvement
+pour ces affaires, <i>les troupes sont</i> <span class="smcap">en</span> <i>campagne</i>;&mdash;<i>il
+s'est mis</i> <span class="smcap">en</span> <i>campagne pour
+découvrir ce qu'il cherche</i>.</p>
+
+<p>CARRIOLE est une voiture à roues, et
+c'est abusivement que l'on applique ce terme
+à une de nos voitures d'hiver à patins. <i>Traîneau</i>
+est le mot propre. <i>Traîneau</i> signifie
+voiture sans roues pour faire des courses sur
+les neiges, sur les glaces.</p>
+
+<p><i>Traîneau</i> désigne aussi la voiture sans
+roues destinée au transport également sur
+les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot
+<i>traîne</i>, pris dans ce dernier sens, est un barbarisme.</p>
+
+<p><i>Traîneau</i> est encore un assemblage de
+pièces de bois, pour traîner sur la terre des
+fardeaux lourds, des marchandises, etc.</p>
+
+<p>Au mot <i>traîneau</i> quelques personnes
+substituent le terme anglo-américain <i>sleigh</i>.
+C'est une absurdité.</p>
+
+<p>CARTOUCHE est <i>féminin</i> quand il
+signifie charge en rouleau d'une arme à feu:
+mais il est <i>masculin</i> lorsqu'il signifie ornement
+de sculpture, de peinture ou de gravure
+autour des inscriptions, des chiffres,<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[Pg 22]</a></span>
+des armoiries. <span class="smcap">le</span> <i>cartouche d'une carte
+géographique</i>.</p>
+
+<p>CENT au pluriel prend une <i>s</i>, <i>deux cents
+chevaux</i>: excepté lorsqu'il est suivi d'un
+autre adjectif de nombre: <i>deux cent cinquante
+chevaux</i>.</p>
+
+<p>Quand il s'agit de la date, <i>cent est</i> toujours
+invariable; <i>l'an mille huit cent</i>.</p>
+
+<p>CHARLES V, Empereur d'Allemagne,
+se prononce, et même s'écrit quelquefois,
+<span class="smcap">Charles-Quint</span>.</p>
+
+<p>CUEILLIR. <i>Je cueille, tu cueilles, il
+cueille, nous cueillons, vous cueillez, ils
+cueillent; je cueillais, je cueillis, je cueillerai,
+je cueillerais, cueille, cueillons, que
+je cueille, que je cueillisse, cueillant, cueilli,
+cueillie</i>.</p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>recueillir</i>, <i>accueillir</i>.</p>
+
+<p>CH. Le <i>ch</i> dans plusieurs mots qui
+viennent du grec, ou de quelque langue
+orientale, se prononce comme <i>k</i>; tels sont:
+archéologie, archéologue, catéchumène,
+Chersonèse, Chalcédoine, chaldéen, chaos,
+chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie,
+Melchior, Melchisédech, Ochosius,
+Jéchonias, Achaïas, Archimélech, Ezéchias,
+Ezéchiel, exarchat, archiépiscopal,
+Michel-Ange, Achéloüs, archétype, etc.</p>
+
+<p>Cette règle souffre quelques exceptions,
+comme, <i>archevêque</i>, <i>archidiacre</i>, <i>archiprêtre</i>,
+<i>architecte</i>, etc., dont le <i>ch</i> prend la
+prononciation française.<span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">[Pg 23]</a></span></p>
+
+<p>CHACUN, précédé d'un pluriel, prend
+après lui <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, quand le régime direct
+est avant, ou que le verbe n'a pas de
+régime de cette nature: <i>ils ont apporté
+leurs offrandes</i>, <i>chacun selon</i> <span class="smcap">ses</span> <i>moyens</i>;&mdash;<i>ils
+se sont retirés</i>, <i>chacun dans</i> <span class="smcap">sa</span> <i>chambre</i>:&mdash;<i>ils
+ont opiné</i>, <i>chacun à</i> <span class="smcap">son</span> <i>tour</i>.</p>
+
+<p>Il prend <i>leur</i>, <i>leurs</i> lorsqu'il est suivi du
+régime direct: <i>ils ont dit chacun</i> <span class="smcap">leur</span>
+<i>avis</i>: <i>ils ont apporté chacun</i> <span class="smcap">leurs</span> <i>offrandes</i>.</p>
+
+<p><i>Un chacun dit, un quelqu'un a pensé</i>
+sont des locutions vicieuses: dites, <i>chacun
+dit, quelqu'un a pensé</i>.</p>
+
+<p>CHAIR. Considéré comme aliment le
+mot chair se dit plus ordinairement des animaux
+terrestres et des oiseaux: <span class="smcap">chair</span> <i>de
+b&oelig;uf</i>:&mdash;<span class="smcap">chair</span> <i>de mouton</i>:&mdash;<span class="smcap">chair</span> <i>de perdrix</i>:
+et c'est en ce sens que l'on dit, <i>on ne
+mange point de</i> <span class="smcap">chair</span> <i>en carême</i>.</p>
+
+<p><i>Chair</i> se dit aussi quelquefois des poissons
+et des fruits: <i>la</i> <span class="smcap">chair</span> <i>du brochet</i>:&mdash;<i>la</i>
+<span class="smcap">chair</span> <i>du melon</i>. V. <span class="smcap">viande</span>.</p>
+
+<p>CHANTRE se dit pour le chant de
+l'église, et <i>chanteur</i> et <i>chanteuse</i> pour le
+chant profane. <i>Cantatrice</i> est une chanteuse
+de profession.</p>
+
+<p>CHAQUE veut toujours un substantif
+après lui. Ainsi ne dites pas, <i>ces livres me
+coutent quatre francs</i> <span class="smcap">chaque</span>: dites,
+<i>quatre francs</i> <span class="smcap">chacun</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">[Pg 24]</a></span></p>
+
+<p>CHOIR est usité seulement à l'infinitif.
+<i>Un astrologue un jour se laissa</i> <span class="smcap">choir</span>.</p>
+
+<p>CHOISIR. Ce verbe ne régit pas les
+substantifs quand ils sont sans article, ou
+sans préposition: on ne dit pas, <i>il a été
+choisi président du comité</i>, mais, <i>il a été
+choisi</i> <span class="smcap">pour</span> <i>président du comité</i>.</p>
+
+<p>CLORRE ou CLORE est usité à tous
+les temps composés, et de plus aux temps
+simples suivans; <i>je clos</i>, <i>tu clos</i>, <i>il clôt</i>,
+sans pluriel: <i>je clorai</i>, etc., <i>je clorais</i>, etc.:
+<i>clos</i> sans pluriel, <i>clos</i>, <i>close</i>.</p>
+
+<p><i>Enclorre</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>CLUB, mot anglais, adopté depuis la
+révolution française, que l'on prononce <i>klobe</i>.</p>
+
+<p>COLLECTIF. Il y a deux sortes de
+noms collectifs, le <i>général</i> qui représente
+une collection entière, et le <i>partitif</i> qui représente
+une collection partielle.</p>
+
+<p>Tout verbe qui a pour sujet un collectif,
+s'accorde avec ce collectif, s'il est <i>général</i>:
+<i>l'infinité des perfections de Dieu m'accable</i>:&mdash;<i>la
+totalité des enfans sacrifie l'avenir
+au présent</i>; et avec le substantif qui
+suit le collectif, si celui-ci est <i>partitif</i>: <i>une
+multitude d'hommes l'environnaient</i>;&mdash;<i>une
+troupe de barbares désolèrent le pays</i>.</p>
+
+<p>On distingue le collectif partitif au mot,
+<i>un</i>, <i>une</i>, dont il est presque toujours précédé,
+<span class="smcap">une</span> <i>quantité</i>, <span class="smcap">une</span> <i>foule</i>.</p>
+
+<p>Remarque. Avec <i>la plupart</i>, employé
+absolument, le verbe se met toujours au<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[Pg 25]</a></span>
+pluriel. <i>Le sénat fut partagé</i>; <i>la plupart</i>
+<span class="smcap">voulaient</span> <i>que</i>, etc.</p>
+
+<p>COLORER <i>une estampe</i> est une faute.
+Dites <span class="smcap">colorier</span> <i>une estampe</i>. <i>Colorer</i>
+c'est donner la couleur; ainsi le saffran <i>colore</i>
+l'eau. <i>Colorier</i> c'est appliquer les
+couleurs: <i>une estampe</i> <span class="smcap">coloriée</span>.</p>
+
+<p>COMMANDER. On emploie souvent,
+mais improprement, le mot <i>recommander</i>
+au lieu de <i>commander</i>, pour signifier la
+charge que l'on donne de faire quelque chose.
+Ainsi l'on dit, <i>j'ai</i> <span class="smcap">recommandé</span> <i>un habit</i>,&mdash;<i>une
+paire de souliers</i>, au lieu de, <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">commandé</span> <i>un habit</i>,&mdash;<i>une paire de soulliers</i>.</p>
+
+<p>COMME. Lorsque deux sujets sont
+unis par <i>comme</i>, <i>ainsi que</i>, le verbe s'accorde
+avec le premier sujet: <i>l'enfer comme
+le ciel</i> <span class="smcap">prouve</span> <i>un Dieu juste et bon</i>:&mdash;<i>la
+vertu ainsi que le savoir</i> <span class="smcap">a</span> <i>son prix</i>.</p>
+
+<p><i>Comme</i> ne doit pas remplacer <i>que</i> pour
+unir les deux termes d'une comparaison.
+Ne dites pas: <i>César était aussi éloquent</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>brave</i>: dites, <i>aussi éloquent</i> <span class="smcap">que</span>
+<i>brave</i>:&mdash;<i>il est aussi grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>moi</i>:
+dites, <span class="smcap">que</span> <i>moi</i>.</p>
+
+<p>COMMENCER. <i>Commencer à</i>, désigne
+une action qui aura du progrès, de l'accroissement:
+<i>cet enfant commence</i> <span class="smcap">à</span> <i>parler</i>.
+<i>Commencer de</i>, exprime une action complète,
+qui aura de la durée: <i>il commença</i><span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[Pg 26]</a></span>
+<span class="smcap">de</span> <i>parler à deux heures, et ne finit qu'à
+six</i>.</p>
+
+<p>COMPLU est toujours invariable, n'ayant
+pas de régime direct. <i>Elle s'est</i> <span class="smcap">complu</span>
+<i>dans ses enfans</i>.</p>
+
+<p>COMPRIS. Le participe <i>compris</i>, employé
+sans auxiliaire, est invariable, quand
+il précède le mot auquel il se rapporte: <i>y</i>
+<span class="smcap">compris</span> <i>cette somme</i>; mais lorsqu'il le suit,
+il doit s'accorder avec lui: <i>cette somme y</i>
+<span class="smcap">comprise</span>.</p>
+
+<p>CONCORDANCE des temps de l'indicatif
+entre eux dans certains cas.</p>
+
+<p>Lorsque deux verbes sont unis par la
+conjonction <i>que</i>, l'on met le second verbe au
+présent de l'indicatif, si ce second verbe
+exprime une vérité constante, ou une action
+qui se fait ou peut se faire dans tous les
+temps. <i>J'ai toujours cru qu'il</i> <span class="smcap">existait</span>
+<i>un Dieu rénumérateur et vengeur</i>. Il faut
+dire... qu'il <span class="smcap">existe</span>. <i>J'ai toujours cru que
+quatre et cinq</i> <span class="smcap">fesaient</span> <i>neuf</i>. Il faut dire,
+<span class="smcap">font</span> <i>neuf</i>. <i>Je vous ai dit qu'il n'y</i> <span class="smcap">avait</span>
+<i>rien de stable dans ce monde</i>. Dites, <i>qu'il
+n'y</i> <span class="smcap">a</span> <i>rien de stable</i>.</p>
+
+<p>On se servira également du présent, s'il
+s'agit de quelque chose qui existe au moment
+que l'on parle, et l'on dira: <i>je savais
+bien que vous</i> <span class="smcap">êtes</span> <i>marié</i>;&mdash;<i>nous avons su
+que vous</i> <span class="smcap">avez</span> <i>acheté une métairie</i>:&mdash;<i>on
+m'a rapporté que notre mère</i> <span class="smcap">a été</span> <i>quelque
+temps malade</i>; et non pas: <i>je savais
+bien que vous</i> <span class="smcap">étiez</span> <i>marié</i>;&mdash;<i>nous avons<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[Pg 27]</a></span>
+su que vous</i> <span class="smcap">aviez</span> <i>acheté une métairie</i>:&mdash;<i>on
+m'a rapporté que votre mère</i> <span class="smcap">avait été</span>
+<i>quelque temps malade</i>. Au lieu du futur
+on se sert abusivement du conditionnel présent:
+<i>on nous a dit que vous</i> <span class="smcap">consentiriez</span>
+<i>à cette démarche</i>:&mdash;<i>votre frère m'a assuré
+que vous</i> <span class="smcap">iriez</span> <i>à la campagne au printemps
+prochain</i>;&mdash;<i>le bruit a couru que je</i> <span class="smcap">quitterais</span>
+<i>ce pays incessamment</i>: il faut dire
+<i>que vous</i> <span class="smcap">consentirez</span>; <i>que vous</i> <span class="smcap">irez</span>:
+<i>que je</i> <span class="smcap">quitterai</span>, attendu qu'il s'agit ici
+seulement d'exprimer que les actions de <i>consentir</i>,
+d'<i>aller</i>, de <i>quitter</i>, s'exécuteront dans
+un temps où l'on n'est pas encore.</p>
+
+<p>Le conditionnel passé ne doit pas s'employer
+pour le conditionnel simple ou présent:
+<i>j'aurais parié que vous m'</i><span class="smcap">auriez répondu</span>:
+dites, <i>que vous me</i> <span class="smcap">répondriez</span>.</p>
+
+<p>CONCORDANCE des temps du subjonctif
+avec ceux de l'indicatif et du conditionnel.</p>
+
+<p>Quand le verbe de la proposition principale
+est à l'imparfait, aux prétérits, au plus-que-parfait,
+ou à l'un des conditionnels, l'on
+met le second verbe à l'imparfait du subjonctif.
+Par conséquent au lieu des phrases
+sottement ridicules; <i>il désirait que je</i>
+<span class="smcap">chante</span>;&mdash;<i>je voudrais qu'il</i> <span class="smcap">sorte</span>;&mdash;<i>le
+médecin a ordonné que vous</i> <span class="smcap">preniez</span> <i>un
+bain</i>; il faut dire: <i>il désirait que je</i> <span class="smcap">chantasse</span>:&mdash;<i>je
+voudrais qu'il</i> <span class="smcap">sortit</span>:&mdash;<i>le
+médecin a ordonné que vous</i> <span class="smcap">prissiez</span> <i>un
+bain</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[Pg 28]</a></span></p>
+
+<p>Cependant avec le prétérit indéfini l'on
+peut mettre le second verbe au présent du
+subjonctif, quand il exprime une action qui se
+fait dans tous les temps. <i>Dieu nous a
+créés pour que nous l'</i><span class="smcap">aimions</span>.</p>
+
+<p>CONFIRE. <i>Je confis</i>, <i>tu confis</i>, <i>il confit</i>,
+<i>nous confisons</i>, <i>vous confisez</i>, <i>ils confisent</i>;
+<i>je confisais</i>, <i>je confis</i>, <i>je confirai</i>,
+<i>je confirais</i>, <i>confis</i>, <i>confisons</i>, <i>confisez</i>, <i>que
+je confisse</i>, point d'imparf. du subj. <i>confisant</i>,
+<i>confit</i>, <i>confite</i>.</p>
+
+<p>CONNEXITÉ dénote un simple rapport
+qui est dans la nature des choses:
+<i>connexion</i> énonce une liaison établie entre
+les choses.</p>
+
+<p>CONSOMMER, CONSUMER. <i>Consommer
+se dit</i> de tout ce qui est susceptible
+d'être accompli ou perfectionné: <i>un
+homme</i> <span class="smcap">consommé</span> <i>dans les sciences</i>: et
+<i>consumer</i> du tout ce qui ont susceptible
+d'être dévoré ou anéanti: <i>il a</i> <span class="smcap">consumé</span>
+<i>son temps et son argent</i>.</p>
+
+<p>CONSONNES. D'après l'ancienne
+appellation les consonnes, <i>b, c, d, f, g, h,
+j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z,</i> se
+prononcent, <i>bé, cé, dé, effe, gé, ache, ji,
+ka, elle, emme, enne, pé, qu, erre, esse,
+té, vé, ixe, zède</i>.</p>
+
+<p>D'après la nouvelle appellation, elles se
+prononcent, <i>be, ce, de, fe, ghe, he, je, ke,
+le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[Pg 29]</a></span></p>
+
+<p>Cette nouvelle méthode fut proposée, par
+MM. du Port-Royal, et quoiqu'elle ait de
+grands avantages sur l'ancienne, elle resta
+long temps dans l'oubli, par cela seul quelle
+était contraire à la pratique générale. <i>Mais
+enfin</i>, dit Duvivier, <i>l'empire du préjugé
+commence à s'affaiblir, et dans peu elle
+sera selon toute probabilité, la seule en
+usage</i>.</p>
+
+<p>Suivant cette nouvelle appellation, toutes
+les lettres de l'alphabet sont <i>masculines</i>;
+suivant l'ancienne, il y en a qui sont <i>féminines</i>
+et d'autres qui sont <i>masculines</i>. Les
+<i>féminines</i>, sont <i>f, h, l, m, n, r, s</i>: les
+<i>masculines</i>, <i>a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, p,
+q, t, u, v, x, y, z</i>.</p>
+
+<p>CONSTABLE. On sait que les devoirs
+de l'<i>Officier de Paix</i> en France, sont
+analogues à ceux du <i>constable</i> en Angleterre.
+Il est donc évident que l'on doit rejetter
+le mot anglais <i>constable</i>, puisque nous
+avons en français son équivalent.</p>
+
+<p>Quant au mot français <i>connetable</i>, c'est
+une grave faute que de l'employer dans le
+sens d'<i>Officer de Paix</i>.</p>
+
+<p>CONTINUATION est pour la durée:
+<i>continuité</i> pour l'étendue.</p>
+
+<p>CONTINUER À se dit d'une chose
+que l'on fait sans interruption: <i>continuez</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>bien vivre</i>: <i>continuer de</i> d'une chose où il
+y à interruption: <i>continuez</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous former
+le style</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[Pg 30]</a></span></p>
+
+<p>CONTRAINDRE prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant
+l'infinitif: c'est l'oreille et le goût qui en
+décident: <i>contraindre quelqu'un</i> <span class="smcap">à</span> <i>travailler</i>,
+ou <span class="smcap">de</span> <i>travailler</i>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi des verbes <i>demander</i>, <i>s'empresser</i>,
+et <i>forcer</i>.</p>
+
+<p>COPIE n'est pas synonyme d'<i>exemplaire</i>,
+et c'est une faute de dire, <i>j'ai acheté
+quelques</i> <span class="smcap">copies</span> <i>de tel ouvrage</i>: dites,
+<i>quelques</i> <span class="smcap">exemplaires</span>.</p>
+
+<p>COUDRE. <i>Je couds, tu couds, il coud,
+nous cousons, vous cousez, ils cousent, je
+cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais,
+couds, cousons, cousez, que je couse, que
+je cousisse, cousant, cousu, cousue</i>.</p>
+
+<p>COULEUR et COLORIS, en parlant
+d'un tableau, ont des significations bien différentes.
+<i>Couleur</i> est l'impression que fait
+sur l'&oelig;il la lumière réfléchie par chaque
+partie du tableau. <i>Coloris</i> est l'effet qui
+résulte de l'ensemble, et de l'assortiment
+des <i>couleurs</i>.</p>
+
+<p>COULEUR est toujours féminin, excepté
+dans les mots composés, <i>couleur de
+feu</i>, <i>couleur de rose</i>, etc. Ainsi l'on dit;
+<span class="smcap">le</span> <i>couleur de feu est</i> <span class="smcap">ma</span> <i>couleur favorite</i>:
+<i>cette étoffe est d'</i><span class="smcap">un</span> <i>couleur de rose charmant</i>.
+On dit adjectivement, <i>un ruban couleur
+de feu</i>.</p>
+
+<p>Un habit de couleur, une robe de couleur,
+sont un habit et une robe de toute autre couleur
+que le blanc et le noir.<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">[Pg 31]</a></span></p>
+
+<p>COUPLE est féminin quand il désigne
+deux choses qui ne vont pas ensemble nécessairement:
+<i>une couple de serviteurs</i>,&mdash;<i>de
+poulets</i>,&mdash;<i>d'&oelig;ufs</i>. Ils est masculin quand il
+désigne deux personnes unies par le mariage,
+ou qu'il se dit d'un mâle ou d'une femelle
+qu'on a appareillés ensemble: <i>un
+couple d'époux</i>,&mdash;<i>un couple de pigeons</i>.</p>
+
+<p>COURIR prend deux <i>r</i> au futur simple,
+<i>je</i> <span class="smcap">courrai</span> et au présent du conditionnel <i>je</i>
+<i>cou</i><span class="smcap">rr</span><i>ais</i>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi des verbes <i>concourir</i>, <i>discourir</i>,
+<i>encourir</i>, <i>parcourir</i>, <i>secourir</i>, <i>mourir</i>,
+<i>accourir</i>.</p>
+
+<p>COUVERCLE est ce qui ferme en
+couvrant: ainsi on dit, <span class="smcap">couvercle</span> <i>d'un
+chaudron</i>,&mdash;<i>d'un pot</i>,&mdash;<i>d'une écuelle</i>,&mdash;<i>d'une
+soupière</i>, etc. On doit se garder
+d'employer dans ce sens le mot <i>couvert</i> qui
+a une toute autre signification.</p>
+
+<p>CRAINTE, PLAINTE. Autrefois
+l'on rejetait les participes féminins <i>crainte</i>
+et <i>plainte</i>; aujourd'hui on les emploie, et
+l'on dit: <i>la chose que j'ai crainte</i>,&mdash;<i>la personne
+que j'ai plainte</i>.</p>
+
+<p>CRAINTE DE précède toujours un
+substantif: dites, <i>crainte de</i> <span class="smcap">pis</span>, et non pas
+<span class="smcap">de</span> <i>crainte de</i> <span class="smcap">pis</span>. <i>De crainte de</i> se met
+devant un infinitif: dites, <span class="smcap">de</span> <i>crainte de</i>
+<span class="smcap">tomber</span>, et non pas, <i>crainte de</i> <span class="smcap">tomber</span>.</p>
+
+<p>CROIRE <i>quelque chose</i>, c'est l'estimer
+véritable; <i>je crois la religion</i>. <i>Croire à<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">[Pg 32]</a></span>
+quelque chose</i>, c'est s'y fier, y avoir confiance:
+<i>je crois</i> <span class="smcap">à</span> <i>son innocence</i>. <i>Croire
+quelqu'un</i>, c'est ajouter foi à ce qu'il dit:
+<i>c'est un menteur, on ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>croit plus</i>.
+<i>Croire à quelqu'un</i>, c'est croire à son existence:
+<i>il croit</i> <span class="smcap">aux</span> <i>revenans</i>. On dit aussi
+dans ce sens, <i>croire à la magie</i>.</p>
+
+<p>CULOTTE, vêtement d'homme de la
+ceinture aux genoux. On ne doit pas confondre
+<i>culotte</i> avec <i>pantalon</i> qui est un vêtement
+de la ceinture aux pieds.</p>
+
+<p class="p2">D final sonne dans les noms propres
+<i>David</i>, <i>Obed</i>, <i>Joad</i>, etc.: et dans <i>Sud</i>
+(le midi).</p>
+
+<p>En général le d final se fait sentir devant
+une voyelle, ou une <i>h</i> non aspirée. Cette
+règle néanmoins souffre beaucoup d'exceptions,
+surtout dans la conversation: ainsi dans
+ces phrases, <i>chaud accablant</i>,&mdash;<i>bord escarpé</i>,&mdash;<i>froid
+épouvantable</i>, le <i>d</i> est nul en
+prononciation.</p>
+
+<p>On doit à cet égard consulter l'oreille, interroger
+l'usage.</p>
+
+<p>DAME est un titre d'honneur qui s'étend
+aujourd'hui à toutes les femmes d'une condition
+un peu honnête. Mais c'est une erreur
+grossière de l'employer comme synonyme
+de <i>femme mariée</i>. Ainsi ne dites pas,
+<i>la</i> <span class="smcap">dame</span> <i>de Monsieur un tel</i>; ni, <i>votre</i>
+<span class="smcap">dame</span>; dites; <i>la</i> <span class="smcap">femme</span> <i>de Monsieur un
+tel</i>: <i>votre</i> <span class="smcap">femme</span>. Cette dernière locution,
+quoique correcte, doit être évitée
+néanmoins dans la bonne société: au lieu<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">[Pg 33]</a></span>
+donc de dire, <i>votre femme</i>, dites <i>Madame</i>,
+en y ajoutant le nom du mari.</p>
+
+<p>Une dame ne dit, <i>mon mari</i>, que dans
+l'intimité; en toute autre circonstance elle
+le nomme par son nom en l'appelant <i>Monsieur</i>.
+Mais il n'en est pas ainsi du mari;
+il serait ridicule qu'il dit en société, <i>mon
+épouse</i> ou <i>Madame</i> <span class="smcap">n</span>: il doit dire tout simplement,
+<i>ma femme</i>.</p>
+
+<p><i>Madame votre femme</i>, <i>Madame votre
+épouse</i> sont des expressions de mauvais ton;
+moins ridicules néanmoins que, <i>Monsieur
+mon père</i>: <i>Madame ma mère</i>.</p>
+
+<p>Une dame ne doit pas dire, <i>quand j'étais
+fille</i>, mais, <i>quand j'étais demoiselle</i>.</p>
+
+<p>DANS, EN. <i>Dans</i> a un sens précis et
+déterminé: <i>il est</i> <span class="smcap">dans</span> <i>la ville</i>: <i>en</i> a un
+sens vague et indéterminé: <i>il est</i> <span class="smcap">en</span> <i>ville</i>.
+<i>Dans</i> marque le temps où l'on exécute les
+choses; <i>il viendra</i> <span class="smcap">dans</span> <i>un mois</i>: et <i>en</i>,
+celui qu'on emploie à les exécuter: <i>il a fait
+le voyage</i> <span class="smcap">en</span> <i>un mois</i>.</p>
+
+<p>DE entre deux noms. Si le second
+nom ne sert qu'à spécifier la nature du premier
+nom, et par conséquent s'il n'est employé
+que dans un sens indéfini, dans un
+sens général, qui ne présente à l'esprit
+qu'une idée vague et confuse, l'idée de pluralité
+disparaît, et le second nom se met au
+singulier: <i>des queues de cheval</i>;&mdash;<i>de l'huile
+d'olive</i>;&mdash;<i>des gens de plume</i>.</p>
+
+<p>Mais le second nom se place au pluriel,
+s'il désigne une chose qui se compte; <i>une<span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">[Pg 34]</a></span>
+mesure de haricots</i>;&mdash;<i>un bouquet de roses</i>,&mdash;<i>un
+marchand de plumes</i> (à écrire).</p>
+
+<p>DÉCHOIR. <i>Je déchois</i>, <i>tu déchois</i>, <i>il
+déchoit</i>, <i>nous déchoyons</i>, <i>vous déchoyez</i>, <i>ils
+déchoient</i>, point d'imparfait, <i>je déchus</i>, <i>je
+décherrai</i>, <i>je décherrais</i>, <i>déchois</i>, <i>déchoyons</i>,
+<i>déchoyez</i>, <i>que je déchoie</i>, <i>que tu déchoies</i>,
+<i>qu'il déchoie</i>, <i>que nous déchoyions</i>,
+<i>que vous déchoyiez</i>, <i>qu'ils déchoient</i>, <i>que je
+déchusse</i>, point de participe présent, <i>déchu</i>,
+<i>déchue</i>.</p>
+
+<p>DEDANS ne veut point de régime:
+dites, <i>dans la ville</i>, et non, <span class="smcap">dedans</span> <i>la ville</i>;
+à moins que <i>dedans</i> ne soit précédé d'une
+préposition; <span class="smcap">par</span> <i>dedans la ville</i>; ou employé
+en opposition avec un des adverbes
+<i>dehors</i>, <i>dessus</i>, <i>dissous</i>: <i>il y à des animaux</i>
+<span class="smcap">dedans</span> <i>et</i> <span class="smcap">dessus</span> <i>la terre</i>.</p>
+
+<p>DE FACON QUE. <i>De façon que</i>,
+<i>de manière que</i>, <i>de sorte que</i>, demandent
+le subjonctif, quand l'idée tient du doute, de
+l'avenir: <i>conduisez-vous de manière que
+vous</i> <span class="smcap">méritiez</span> <i>l'estime des gens de bien</i>:
+et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle
+a rapport au présent, ou passé: <i>il s'est conduit
+de façon qu'il</i> <span class="smcap">a mérité</span> <i>l'estime des
+gens de bien</i>.</p>
+
+<p>DEHORS ne veut point de régime:
+dites, <i>hors de la ville</i>; à moins que <i>dehors</i>
+ne soit précédé d'une préposition: <i>passer</i>
+<span class="smcap">par</span> <i>dehors la ville</i>; ou employé en opposition
+avec un des adverbes <i>dedans</i>, <i>dessus</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">[Pg 35]</a></span>
+<i>dessous</i>: <i>j'en voyais et</i> <span class="smcap">dedans</span> <i>et</i> <span class="smcap">dehors</span>
+<i>nos murailles</i>.</p>
+
+<p>DÉJEUNER, DÎNER, SOUPER.
+Ces trois verbes veulent la préposition <i>avec</i>
+devant un nom de personne: et la préposition
+de devant le nom de la chose que l'on
+mange, <i>j'ai déjeûné</i>&mdash;<i>dîné</i>&mdash;<i>soupé</i> <span class="smcap">avec</span> <i>mon
+ami</i>: <i>j'ai déjeûné</i> <span class="smcap">de</span> <i>café</i>: <i>j'ai dîné</i> <span class="smcap">d'</span><i>un
+bon pâté</i>.</p>
+
+<p>On dit, <span class="smcap">de</span> <i>quoi avez-vous déjeûné</i>&mdash;<i>dîné</i>&mdash;<i>soupé</i>?
+et non pas, <span class="smcap">avec</span> quoi avez-vous
+déjeûné? etc.</p>
+
+<p>DÉLICE au singulier est masculin; au
+pluriel féminin: <i>mon plus</i> <span class="smcap">grand</span> <i>délice</i>,&mdash;<i>mes
+plus</i> <span class="smcap">chères</span> <i>délices</i>.</p>
+
+<p>DÉLIVRER dans le sens de <i>livrer</i> ne
+peut avoir deux régimes de personnes. Ainsi
+on dit bien, <i>délivrer des marchandises à
+quelqu'un</i>: mais on ne doit pas dire, <i>délivrer
+un prisonnier à quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>DEMAIN. On dit, <i>demain matin</i>, <i>demain
+soir</i> de préférence à <i>demain</i> <span class="smcap">au</span> <i>matin</i>,
+<i>demain</i> <span class="smcap">au</span> <i>soir</i>.</p>
+
+<p>DEMEURER prend <i>avoir</i> pour exprimer
+que le sujet n'est plus au lieu, dans
+l'état dont il est question: <i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>demeuré six
+mois en Italie</i>:&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>demeuré longtemps
+captif</i>.</p>
+
+<p>Il prend <i>être</i> pour marquer que le sujet
+n'a pas changé de lieu, d'état: <i>deux cens
+hommes</i> <span class="smcap">sont</span> <i>demeurés sur le champ de<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">[Pg 36]</a></span>
+bataille</i>:&mdash;<i>il a reçu une blessure, et</i> <span class="smcap">est</span>
+<i>demeuré infirme</i>.</p>
+
+<p>DEMI reste invariable quand il précède
+le substantif: <i>une</i> <span class="smcap">demi</span><i>-heure</i>: <i>une</i> <span class="smcap">demi</span><i>-verge</i>:
+et s'accorde en genre seulement
+lorsqu'il suit le substantif: <i>deux heures et</i>
+<span class="smcap">demie</span>.</p>
+
+<p>DÉPLU. Le participe <i>déplu</i> est toujours
+invariable: <i>ces Messieurs se sont</i> <span class="smcap">déplu</span>
+<i>à la campagne</i>:&mdash;<i>ces Dames se sont</i>
+<span class="smcap">déplu</span>.</p>
+
+<p>DE QUI, DONT, DUQUEL. <i>De
+qui</i> ne se dit que des personnes, ou des
+choses personnifiées. <i>Dont</i> et <i>duquel</i> se
+disent des personnes et des choses; mais
+en général <i>dont</i> est préférable: <i>un arbre</i>
+<span class="smcap">dont</span> <i>le fruit est excellent</i>, et non pas, <i>un
+arbre</i> <span class="smcap">duquel</span>, etc. Cependant <i>duquel</i>
+doit être préféré à <i>dont</i>;</p>
+
+<p>1º pour éviter une équivoque; <i>la bonté
+du Seigneur</i> <span class="smcap">de laquelle</span> <i>nous ressentons
+les effets</i>.</p>
+
+<p>2º lorsque le mot auquel se rapporte ce
+pronom relatif est suivi d'une préposition:
+<i>l'homme à la réputation</i> <span class="smcap">duquel</span> <i>vous voulez
+nuire</i>; et non pas, <i>l'homme à la réputation</i>
+<span class="smcap">dont</span>, etc.</p>
+
+<p>DÉSESPÉRER QUE, étant accompagné
+d'une négation, veut <i>ne</i> devant le
+verbe qui suit: <i>je ne désespère pas qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">[Pg 37]</a></span></p>
+
+<p>DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE.
+Il ne faut pas confondre ces deux mots.
+Le premier est contraire à la pureté: le
+second à la civilité, à la droiture.</p>
+
+<p>DESSUS, DESSOUS ne veulent pas
+de régime: ne dites donc pas, <span class="smcap">dessus</span> <i>la
+table</i>, <span class="smcap">dessous</span> <i>le lit</i>: <i>dites</i> <span class="smcap">sur</span> <i>la table</i>,
+<span class="smcap">sous</span> <i>le lit</i>: à moins que ces adverbes ne
+soient précédés d'une préposition: <span class="smcap">par dessus</span>
+<i>les murs</i>, <span class="smcap">par dessous</span> <i>la jambe</i>: ou
+employés en opposition: <i>il y a des livres
+dessus et dessous</i> <span class="smcap">la table</span>.</p>
+
+<p>DIRE. De tous les composés de <i>dire</i>,
+il n'y a que le verbe <i>redire</i> qui se conjugue
+absolument comme <i>dire</i>: <i>redire</i> fait donc
+au présent de l'indicatif, <i>vous redites</i>, et à
+l'impératif <i>redites</i>.</p>
+
+<p>À l'égard des verbes <i>dédire</i>, <i>contredire</i>,
+<i>interdire</i>, <i>médire</i>, <i>prédire</i>, on dit au présent
+de l'indicatif, <i>vous dédisez</i>, <i>vous contredisez</i>,
+<i>vous interdisez</i>, <i>vous médisez</i>,
+<i>vous prédisez</i>, et à l'impératif, <i>dédisez</i>,
+<i>contredisez</i>, <i>interdisez</i>, <i>médisez</i>, <i>prédisez</i>.</p>
+
+<p>DISCONVENIR. Lorsque <i>disconvenir</i>
+est accompagné d'une négation, il veut
+<i>ne</i> devant le verbe suivant; <i>je ne disconviens
+pas qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>soit habile</i>.</p>
+
+<p>DISPUTER. Lorsque <i>disputer</i> signifie,
+<i>prétendre concurremment à</i>, il prend
+le pronom personnel, et alors il est suivi
+d'un régime direct: <i>on</i> <span class="smcap">se dispute</span> <i>la prééminence</i>,&mdash;<i>un
+rang</i>,&mdash;<i>un héritage</i>. Em<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">[Pg 38]</a></span>ployé
+dans un sens absolu, signifiant <i>avoir
+contestation</i>, il ne prend pas ce pronom:
+ainsi ne dites pas, <i>vous avez tort de</i> <span class="smcap">vous
+disputer</span>,&mdash;<i>ils</i> <span class="smcap">se</span> <i>se sont longtemps</i> <span class="smcap">disputés</span>:
+dites, <i>vous avez tort de</i> <span class="smcap">disputer</span>:
+<i>ils</i> <span class="smcap">ont</span> <i>longtemps</i> <span class="smcap">disputé</span>.</p>
+
+<p>DISTINGUER DE se dit des choses
+analogues; <i>distinguer la bienfaisance</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>la charité</i>; <i>distinguer d'avec</i>, se dit
+d'objets différens: <i>distinguer l'or d'</i><span class="smcap">avec</span>
+<i>l'argent</i>.</p>
+
+<p>DONC se prononce <i>donk</i> devant une
+voyelle, et au commencement d'une phrase,
+ou d'un membre de phrase; et aussi quand
+la phrase indique l'indignation, la colère, etc.</p>
+
+<p>DOUTER accompagné d'une négative
+veut <i>ne</i> devant le verbe suivant: <i>je ne doute
+pas que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>réussissiez</i>. Le participe
+passé de <i>se douter</i> s'accorde toujours avec
+le second pronom; <i>il se sont</i> <span class="smcap">doutés</span> <i>de
+cela</i>.</p>
+
+<p>DRESSER. Dites, <i>les cheveux me
+dressent</i> <span class="smcap">à</span> <i>la tête</i>, et non <span class="smcap">sur</span> <i>la tête</i>.</p>
+
+<p>DROIT. On dit, <i>Mademoiselle marchez</i>
+<span class="smcap">droit</span>, et <i>Mademoiselle marchez</i>
+<span class="smcap">droite</span>. Le premier veut dire, <i>marchez en
+ligne droite</i>: <i>droit</i> est un adverbe, et se
+rapporte au verbe <i>marchez</i>: le second signifie
+<i>tenez-vous droite en marchant</i>.</p>
+
+<p>DU, DE LA, DES sont employés devant
+les substantifs communs, pris dans un
+sens partitif; c.-à-d., pour désigner une<span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">[Pg 39]</a></span>
+<i>partie</i>, une <i>portion</i> des personnes ou des
+choses dont on parle: <i>il a</i> <span class="smcap">du</span> <i>papier</i>; c.-à-d.,
+<i>quelque papier</i>:&mdash;vous avez <span class="smcap">de l'</span><i>encre</i>;
+c.-à-d., <i>quelque encre</i>:&mdash;<i>nous avons acheté</i>
+<span class="smcap">des</span> <i>plumes</i>; c.-à-d., <i>quelques plumes</i>: excepté
+quand le substantif dans un sens partitif,
+est précédé d'un adjectif; alors on emploie
+simplement <i>de</i>; <i>il a</i> <span class="smcap">de</span> <i>bon papier</i>:&mdash;<i>vous
+avez</i> <span class="smcap">de</span> <i>bonne encre</i>:&mdash;<i>nous avons
+acheté</i> <span class="smcap">d'</span><i>excellentes plumes</i>.</p>
+
+<p>On ne doit donc pas dire; <i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de
+la</span> <i>bonne viande</i>:&mdash;<i>j'ai bu</i> <span class="smcap">du</span> <i>bon vin</i>:&mdash;<i>voilà</i>
+<span class="smcap">du</span> <i>beau papier</i>: dites, <i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>bonne viande</i>:&mdash;<i>j'ai bu</i> <span class="smcap">de</span> <i>bon vin</i>:&mdash;<i>voilà</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>bon papier</i>.</p>
+
+<p>DU GUESCLIN. On ne fait point
+sonner l'<i>s</i> de ce nom d'homme.</p>
+
+<p>DURANT. Cette préposition se met
+quelquefois après son régime; <i>sa vie</i> <span class="smcap">durant</span>.</p>
+
+<p><i>Durant</i> exprime une durée continue;
+<i>pendant</i> marque un moment, une époque.</p>
+
+<p><i>Durant que</i>, n'est plus usité.</p>
+
+<p class="p2">ÉCHOIR, n'est guère d'usage au présent
+de l'indicatif qu'à la troisième personne du
+singulier, <i>il échoit</i>, qu'on prononce et qu'on
+écrit quelquefois <i>il échet</i>: point d'imparfait
+de l'indicatif, <i>j'échus</i>, <i>j'écherrai</i>, <i>j'écherrais</i>,
+point d'impératif, <i>qu'il échée</i>, <i>qu'ils échéent</i>,
+<i>que j'échusse</i>, <i>échéant</i>, <i>échu</i>, <i>échue</i>.</p>
+
+<p><i>Échoir</i> construit avec les adverbes <i>bien</i>
+et <i>mal</i>, se dit des personnes; <i>vous ne sauriez
+que</i> <span class="smcap">bien</span> <i>échoir</i>;&mdash;<i>je suis</i> <span class="smcap">mal</span> <i>échu</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_40" id="Page_40">[Pg 40]</a></span></p>
+
+<p>Noël veut qu'aux temps composés <i>échoir</i>
+prenne <i>avoir</i> et <i>être</i>. Duvivier prétend au
+contraire que le participe du verbe <i>échoir</i> se
+construit avec le seul auxiliaire <i>être</i>.</p>
+
+<p>ÉCLAIRER. Lorsqu'on donne ordre
+de porter une lumière à quelqu'un qui passe
+par un endroit obscur, il faut dire, <i>éclairez</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>Monsieur</i>, et non pas, <i>éclairez Monsieur</i>.</p>
+
+<p>ÉCLORE, <i>il éclôt</i>, <i>ils éclosent</i>, <i>il éclora</i>,
+<i>ils écloront</i>, <i>il éclorait</i>, <i>ils écloraient</i>,
+<i>qu'il éclose</i>, <i>qu'ils éclosent</i>, <i>éclos</i>, <i>éclose</i>.
+Il n'est usité qu'aux temps et aux personnes
+ci-dessus, et de plus à la troisième personne
+du singulier et du pluriel des temps composés.</p>
+
+<p>EFFORCER À. (s') <i>S'efforcer à</i>, a
+rapport aux forces physiques; <i>s'efforcer</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>courir</i>:&mdash;<i>s'efforcer</i> <span class="smcap">à</span> <i>porter un fardeau</i>.
+<i>S'efforcer de</i>, a rapport aux facultés intellectuelles:
+<i>s'efforcer</i> <span class="smcap">d'</span><i>être plaisant</i>:&mdash;<i>s'efforcer</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>paraître calme</i>.</p>
+
+<p>ELLE, EUX, ELLES, précédés d'une
+préposition, ainsi que les prénoms, <i>lui</i>, <i>leur</i>,
+ne se disent que des personnes, ou des
+choses personnifiées: il ne faut donc pas
+dire, <i>cette maison menace ruine, n'approchez
+pas</i> <i>d'</i><span class="smcap">elle</span>:&mdash;<i>ce cheval est méchant</i>,
+ne <span class="smcap">lui</span> <i>touchez pas</i>. Dans ces cas on se
+sert des pronoms <i>en</i> et <i>y</i>; <i>n'</i><span class="smcap">en</span> <i>approchez
+pas</i>;&mdash;<i>n'</i><span class="smcap">y</span> <i>touchez pas</i>: ou bien on donne
+une autre tournure à la phrase si les pronoms
+<i>en</i> et <i>y</i> ne peuvent y entrer.<span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">[Pg 41]</a></span></p>
+
+<p>Placés après le verbe <i>être</i> les pronoms
+<i>lui</i>, <i>elle</i>, <i>eux</i>, <i>elles</i> ne se disent que des
+personnes: <i>est-ce Monsieur votre père?</i>&mdash;<i>c'est</i>
+<span class="smcap">lui</span>;&mdash;<i>est-ce votre s&oelig;ur qui a écrit?</i>&mdash;<i>c'est</i>
+<span class="smcap">elle</span>;&mdash;<i>sont-ce là vos cousins?</i>&mdash;<i>ce
+sont</i> <span class="smcap">eux</span>.</p>
+
+<p>Mais aux questions suivantes, où il s'agit
+de <i>choses</i> et non de <i>personnes</i>: <i>est-ce là
+votre chapeau?</i>&mdash;<i>est-ce là votre épée?</i>&mdash;<i>sont-ce
+là vos livres?</i>&mdash;<i>sont-ce là vos
+plumes?</i>&mdash;il ne faut pas <i>répondre</i>, <i>oui, c'est</i>
+<span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>c'est</i> <span class="smcap">elle</span>,&mdash;<i>ce sont</i> <span class="smcap">eux</span>,&mdash;<i>ce sont</i>
+<span class="smcap">elles</span>: il faut répondre <i>ce</i> <span class="smcap">l'</span><i>est</i> aux deux
+premières questions, et <i>ce</i> <span class="smcap">les</span> <i>sont</i> aux deux
+dernières.</p>
+
+<p>EMPIERRER et EMPIERREMENT.
+(Dict. de Boiste) <i>Empierrer</i>
+c'est mettre un lit de pierres sous l'aire du
+gravier pour le consolider. <i>Empierrement</i>
+signifie le lit de pierres, ou l'action de les
+poser. V. <span class="smcap">ferrer</span>.</p>
+
+<p>EMPÊCHER QUE, veut toujours <i>ne</i>
+devant le verbe suivant: <i>j'empêcherai qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p>EN. Lorsqu'il est question de choses,
+on se sert du pronom relatif <i>en</i>, au lieu du
+pronom possessif, ainsi il faut dire; <i>ce livre
+me plaît, la reliure</i> <span class="smcap">en</span> <i>est belle</i>, et non pas,
+<span class="smcap">sa</span> <i>reliure est belle</i>:&mdash;<i>cette statue est belle,
+mais la tête</i> <span class="smcap">en</span> <i>est trop petit</i>, et non pas
+<span class="smcap">sa</span> <i>tête est trop petite</i>.</p>
+
+<p>Au jeu de cartes on dit, <i>jouer</i> <span class="smcap">en</span> <i>pique</i><span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">[Pg 42]</a></span>&mdash;<span class="smcap">en</span>
+<i>c&oelig;ur</i>, etc., et non pas, <span class="smcap">du</span> <i>pique</i>,&mdash;<span class="smcap">du</span>
+<i>c&oelig;ur</i>. V. <span class="smcap">son</span>, <span class="smcap">sa</span>.</p>
+
+<p>ENGAGER prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>il s'engagea</i> <span class="smcap">à</span> <i>payer</i>, ou <span class="smcap">de</span> <i>payer</i>.</p>
+
+<p>ENNOBLIR (prononcer <i>an-noblir</i>,)
+c'est donner de l'éclat, du lustre: <i>les beaux
+arts</i> <span class="smcap">ennoblissent</span> <i>une langue</i>.</p>
+
+<p><i>Anoblir</i> c'est donner des lettres de noblesse:
+<i>la Reine Victoire l'a</i> <span class="smcap">anobli</span>.</p>
+
+<p>ENNUYANT marque l'action, et <i>ennuyeux</i>
+l'état. Un homme <i>ennuyant ennuie</i>
+actuellement par ses discours, ou de
+quelqu'autre manière: un homme <i>ennuyeux</i>
+est celui qui par sa simplicité, par l'habitude
+de bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour
+ennuyer. <i>Ennuyeux</i> se dit des personnes
+et des choses: <i>ennuyant</i> des personnes seulement.</p>
+
+<p>ENTRE. L'<i>e</i> final d'<i>entre</i> s'élide seulement
+dans les verbes réfléchis, dont le simple
+commence par une voyelle: <i>s'entr'aider</i>,
+<i>s'entr'ouvrir</i>: et de plus dans <i>entr'acte</i>,
+<i>entr'autres</i>, et quelquefois devant <i>eux</i>, <i>elles</i>:
+c'est à volonté: <i>entr'eux</i>, <i>entr'elles</i>, ou
+<i>entre eux</i>, <i>entre elles</i>.</p>
+
+<p>ENTRE-NUIRE. (s') Le participe
+passé de <i>s'entre-nuire</i> est toujours invariable:
+<i>ils se sont</i> <span class="smcap">entre-nui</span>.</p>
+
+<p>ENVIRON ne doit pas être suivi de la
+conjonction <i>ou</i>: ne dites pas; <i>une somme
+d'</i><span class="smcap">environ</span> <i>quatre</i> <span class="smcap">ou</span> <i>cinq cens livres sterling</i>:
+dites; <i>une somme de quatre</i> <span class="smcap">ou</span> <i>cinq<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">[Pg 43]</a></span>
+cens livres sterling</i>: ou bien, <i>d'environ
+quatre</i> <span class="smcap">à</span> <i>cinq cens livres sterling</i>. La raison
+en est qu'<i>environ</i> et <i>ou</i> expriment chacun
+quelque chose de vague: leur réunion
+forme un pléonasme vicieux.</p>
+
+<p><i>Environ</i> ne doit pas être suivi de <i>de</i>:
+dites, <i>il était environ deux heures</i>, et non,
+<i>environ</i> <span class="smcap">de</span> <i>deux heures</i>.</p>
+
+<p>ESPÉRER QUE portant à l'esprit une
+idée de <i>futur</i>, ne doit pas être suivi d'un
+verbe au <i>présent</i> ou au <i>passé</i>: <i>j'espère que
+vous vous</i> <span class="smcap">portez</span> <i>bien</i>:&mdash;<i>j'espère que vous</i>
+<span class="smcap">avez réussi</span>. Dites: <i>je me</i> <span class="smcap">flatte</span> <i>que
+vous vous portez bien</i>;&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">pense</span> <i>que vous
+avez réussi</i>.</p>
+
+<p>C'est une faute grossière de dire; <span class="smcap">espérez</span>
+<i>un moment</i>, pour <span class="smcap">attendez</span> <i>un moment</i>.</p>
+
+<p>ESSAYER prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif
+qui suit: <i>essayer</i> <span class="smcap">à</span> ou <span class="smcap">de</span> <i>combattre</i>:
+c'est le goût qui en décide.</p>
+
+<p>ET. La conjonction <i>et</i> donne lieu à plusieurs
+remarques.</p>
+
+<p>1º. Elle ne doit pas unir les mots synonymes;
+ainsi ne dites pas, <i>une douceur</i> <span class="smcap">et</span>
+<i>une aménité admirable</i>;&mdash;<i>il est érudit</i> <span class="smcap">et</span>
+<i>savant</i>; dites, <i>une douceur</i>, <i>une aménité
+admirable</i>:&mdash;<i>il est érudit</i>, <i>savant</i>.</p>
+
+<p>2º. Elle ne doit pas non plus unir deux
+membres de phrases commençant chacun
+par une des conjonctions, <i>plus</i>, <i>moins</i>, <i>autant</i>.
+Dire, <i>plus on étudie</i>, <span class="smcap">et</span> <i>plus on<span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">[Pg 44]</a></span>
+aime l'étude</i>, serait une faute: dites: <i>plus
+en étudie</i>, <i>plus on aime l'étude</i>.</p>
+
+<p>3º. Elle ne peut unir que des mots de
+même nature, c.-à-d., un substantif à un
+substantif, un verbe à un verbe, etc.: d'où
+il suit que l'on ne doit pas dire, <i>il aime le jeu
+et</i> <span class="smcap">à étudier</span>, mais, <i>il aime le jeu et l'</i><span class="smcap">étude</span>.</p>
+
+<p>ET CÆTERA. Quand il est question
+de <i>choses</i>, l'on dit, <i>et cætera</i>; quand il
+s'agit de <i>personnes</i>, il faut dire, <i>et autres</i>,
+ou, <i>et d'autres</i>, ou, <i>et les autres</i>.</p>
+
+<p>ÊTRE. Le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>
+se met au pluriel, lorsqu'il est suivi de la
+troisième personne du pluriel: <i>ce</i> <span class="smcap">sont</span> <i>les
+Romains</i>;&mdash;<i>ce</i> <span class="smcap">sont</span> <i>eux</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">étaient</span> <i>nos
+amis</i>;&mdash;<i>ce</i> <span class="smcap">seront</span> <i>nos ennemis</i>, <i>qui</i>..</p>
+
+<p>Mais on dirait avec le verbe <i>être</i> au singulier,
+<i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>le travail et l'application</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">est</span>
+<i>nous</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>vous</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">était</span> <i>nous</i>;&mdash;<i>ce</i>
+<span class="smcap">sera</span> <i>vous</i>; aucun de ces mots ne
+formant la troisième personne du pluriel.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i> Quelques auteurs emploient
+le singulier, quoique le verbe soit suivi de la
+troisième personne du pluriel. Racine dit,
+<i>ce n'</i><span class="smcap">est</span> <i>pas les Troyens</i>: l'Académie écrit,
+<span class="smcap">est</span>-<i>ce les Anglais</i>?</p>
+
+<p>Le temps du verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i> est
+déterminé par le verbe suivant: ainsi il faut
+dire: <i>ce</i> <span class="smcap">sera</span> <i>nous qui répondrons</i>; et non
+pas, <i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>nous qui répondrons</i>;&mdash;<i>ce</i>
+<span class="smcap">fut</span> <i>Cicéron qui sauva la république</i>; et<span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">[Pg 45]</a></span>
+non pas, <i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>Cicéron qui sauva la république</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>, est
+suivi d'une préposition, comme dans, <i>c'est
+à vous</i>; <i>c'était de nous</i>; <i>ce sera pour mes
+enfans</i>; on fait usage de la conjonction
+<i>que</i>: <i>c'est</i> <span class="smcap">à</span> <i>vous</i> <span class="smcap">que</span> <i>je m'adresse</i>;&mdash;<i>c'était</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>nous</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous parliez</i>;&mdash;<i>ce sera</i>
+<span class="smcap">pour</span> <i>mes enfans</i> <span class="smcap">que</span> <i>je travaillerai</i>. Si
+au lieu de cette conjonction, on employait <i>à
+qui</i>, dans la première phrase; <i>dont</i> ou <i>de
+qui</i> dans la seconde; et <i>pour qui</i> dans la
+troisième; l'on violerait les règles de la grammaire,
+en ce que l'on donnerait deux régimes
+indirects aux verbes, <i>je m'adresse</i>, <i>vous
+parliez</i>, <i>je travaillerai</i>, tandis qu'ils n'en
+doivent avoir qu'un. On dit de même, <i>c'est
+ici</i> <span class="smcap">que</span> <i>je demeure</i>;&mdash;<i>c'est là</i> <span class="smcap">que</span> <i>je vais</i>:
+et non pas, <i>c'est ici</i> <span class="smcap">où</span> <i>je demeure</i>;&mdash;<i>c'est
+là</i> <span class="smcap">où</span> <i>je vais</i>. Dans ces phrases, ce ne sont
+pas, il est vrai, deux régimes indirects qui
+marquent le même rapport, mais deux adverbes
+qui expriment la même circonstance,
+et dont un seul suffit.</p>
+
+<p>Après le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>, l'on
+met <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif: <i>c'est à moi à</i>,&mdash;<i>c'est
+à vous à</i>,&mdash;<i>c'est à lui à</i>, éveille une idée
+de tour: <i>c'est à moi de</i>,&mdash;<i>c'est à vous de</i>,&mdash;<i>c'est
+à lui de</i>, exprime une idée de droit
+ou de devoir. Ainsi l'on dira, <i>c'est à moi</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>jouer</i>, c.-à-d., c'est mon tour de jouer:
+<i>c'est à moi</i> <span class="smcap">de</span> <i>commander</i>, c.-à-d., c'est
+mon droit, c'est mon devoir de commander.</p>
+
+<p>On dit souvent <i>il a été</i> pour <i>il est allé</i>, et<span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">[Pg 46]</a></span>
+vice-versa. La règle à suivre en cela est
+que toutes les fois que l'on suppose le retour
+du lieu, il faut dire, <i>il a été</i>, <i>j'ai été</i>: et
+lorsqu'il n'y a pas de retour, <i>il est allé</i>.
+Ainsi, <i>Pierre est allé au sermon</i>, signifie
+que Pierre n'est pas de retour du sermon:
+<i>Pierre a été au sermon</i>, veut dire que
+Pierre est de retour du sermon. Les locutions,
+<i>je suis allé le voir</i>;&mdash;<i>je suis allé le
+visiter</i>, sont vicieuses; il faut dans l'une et
+l'autre phrase dire, <i>j'ai été</i>.</p>
+
+<p>Il est essentiel de remarquer que ce n'est
+que dans les temps composés, qu'on emploie
+le verbe être pour le verbe <i>aller</i>; <i>il
+est allé à la messe</i>,&mdash;<i>il a été à la messe</i>:
+ne dites, pas: <i>il</i> <span class="smcap">fut</span> <i>à la messe</i>,&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">fut</span>
+<i>jusqu'à Rome</i>: mais, <i>il</i> <span class="smcap">alla</span> <i>à la messe</i>,&mdash;<i>il</i>
+<span class="smcap">alla</span> <i>jusqu'à Rome</i>.</p>
+
+<p>EUPHONIE; terme de grammaire qui
+signifie prononciation agréable. L'<i>euphonie</i>
+fait changer quelquefois un mot, comme
+quand on dit <span class="smcap">mon</span> <i>amitié</i> pour <span class="smcap">ma</span> <i>amitié</i>;
+et quelquefois ajouter certaines consonnes,
+comme dans ces locutions, <i>va</i>-<span class="smcap">t</span>-<i>en</i>;&mdash;<i>va</i>s-<i>y</i>;&mdash;<i>si</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on vous demande</i>: où les lettres
+<span class="smcap">t</span>, <span class="smcap">s</span>, <span class="smcap">l</span>, font éviter le son désagréable qui
+résulte de la rencontre de deux voyelles.</p>
+
+<p>ÉVANGILE est masculin. Ne dites
+pas, <i>la dernière évangile</i>,&mdash;<i>à la dernière
+évangile</i>, mais, <i>le dernier évangile</i>,&mdash;<i>au
+dernier évangile</i>.</p>
+
+<p>ÉVEILLER, RÉVEILLER. <i>Éveiller</i>
+se dit d'une cessation de sommeil douce,<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">[Pg 47]</a></span>
+ordinaire et naturelle. <i>Réveiller</i> suppose
+quelque chose d'irrégulier et de subit.</p>
+
+<p>ÉVITER ne signifie jamais <i>épargner</i>:
+ne dites pas, <i>je vous</i> <span class="smcap">éviterai</span> <i>cette peine</i>;&mdash;<span class="smcap">évitez</span>
+<i>moi ce désagrément</i>: dites, <i>je
+vous</i> <span class="smcap">épargnerai</span> <i>cette peine</i>;&mdash;<span class="smcap">épargnez</span>
+<i>moi ce désagrément</i>.</p>
+
+<p>EXCEPTÉ s'accorde lorsqu'il suit le
+substantif; <i>vos frères</i> <span class="smcap">exceptés</span>, et reste
+invariable quand il le précède, <span class="smcap">excepté</span>
+<i>vos frères</i>.</p>
+
+<p>EXCLURE. Participe passé <i>exclu</i>, <i>exclue</i>:
+ou, <i>exclus</i>, <i>excluse</i>. Ce dernier est peu
+usité.</p>
+
+<p>EXCUSE. <i>Demander excuse</i> signifie
+<i>exiger des excuses</i>: on ne peut donc pas
+dire à quelqu'un qu'on a offensé, <i>je vous
+demande excuse</i>; il faut dire, <i>je vous fais
+excuse</i>.</p>
+
+<p>EXEMPLE est féminin quand il signifie
+modèle de <i>dessin</i>, d'<i>écriture</i>, etc., que l'on
+copie: il est masculin dans ses autres acceptions.</p>
+
+<p>C'est une faute grave de dire, <span class="smcap">imitez</span>
+<i>l'exemple de vos ancêtres</i>, dites, <span class="smcap">suivez</span>
+<i>l'exemple de vos ancêtres</i>.</p>
+
+<p>EXHIBITION est un terme de pratique
+qui signifie, <i>représentation juridique de papiers</i>.
+Gardez-vous donc d'employer ce
+mot en parlant de bestiaux, de grains, et en
+général des produits de l'industrie, d'objets
+d'art, offerts à la vue du public en certaines<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">[Pg 48]</a></span>
+occasions. <i>Exposition</i> est le terme propre.
+Ainsi dites, <span class="smcap">exposition</span> <i>de tableaux</i>, <i>de
+bestiaux</i> etc.; et s'il y a concurrence pour
+des prix, employez le mot <i>concours</i>.</p>
+
+<p>Ces observations s'appliquent également
+au verbe <i>exhiber</i>.</p>
+
+<p>EXPIRER se conjuge avec <i>être</i> quand
+il se dit des choses; <i>la trève</i> <span class="smcap">est</span> <i>expirée</i>;
+et avec <i>avoir</i> lorsqu'il se dit des personnes,
+<i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>expiré entre mes bras</i>.</p>
+
+<p class="p2">F. L'<i>f</i> finale ne se fait pas sentir dans
+les mots suivans: <i>clef</i>, <i>clefs</i>, <i>&oelig;uf frais</i>,
+<i>&oelig;uf dur</i>, <i>&oelig;uf pourri</i>, <i>b&oelig;uf gras</i>, <i>b&oelig;uf
+salé</i>, <i>cerf</i>, <i>cerfs</i>: elle ne se fait pas sentir
+non plus dans les mots au pluriel, <i>nerfs</i>,
+<i>b&oelig;ufs</i>, <i>&oelig;ufs</i>; mais on l'a fait entendre dans
+ces expressions, <i>du b&oelig;uf</i>, <i>un &oelig;uf</i>, <i>un nerf</i>,
+dans <i>nerf de b&oelig;uf</i>, l'on prononce seulement
+l'<i>f</i> du mot <i>b&oelig;uf</i>; dans le mot <i>neuf</i> l'<i>f</i> se
+fait sentir au singulier, et elle est muette au
+pluriel: <i>habit neuffe</i>, <i>habits neu</i>.</p>
+
+<p>FACE. La locution <i>en face</i> prend après
+elle la préposition de; <i>en face</i> <span class="smcap">du</span> <i>temple</i>.
+Cependant dans le style familier on peut
+omettre cette préposition; <i>il demeure en
+face le marché</i>. Cette régle s'applique à
+<i>près</i>, et à <i>vis-à-vis</i>.</p>
+
+<p>FAILLIR est usité principalement à l'infinitif;
+au passé défini, <i>je faillis</i>; et aux
+temps composés, <i>j'ai failli</i>, <i>j'avais failli</i>.
+Le participe présent <i>faillant</i> s'emploie rarement.<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">[Pg 49]</a></span></p>
+
+<p>On dit <i>j'ai failli tomber</i> ou <i>de tomber</i>
+ou <i>à tomber</i>; c'est l'oreille qui décide.
+C'est encore l'oreille qui prescrit le choix
+des prépositions <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif, qui
+suit les verbes <i>contraindre</i>, <i>demander</i>,
+<i>s'empresser</i>, <i>s'engager</i>, <i>finir</i>, <i>forcer</i>, et
+<i>souffrir</i>.</p>
+
+<p>FALLOIR. <i>Il s'en faut</i>, accompagné
+d'une négation, ou de quelque mot qui ait un
+sens négatif, tels que, <i>peu</i>, <i>guère</i>, <i>presque</i>,
+<i>rien</i>, etc., veut la négation devant le verbe
+suivant: <i>il ne s'en faut pas</i> <span class="smcap">beaucoup</span> <i>qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>soit ruiné</i>:&mdash;<i>il s'en fallait</i> <span class="smcap">peu</span> <i>qu'il</i>
+<span class="smcap">n'</span><i>eût achevé</i>. Mais on dirait, <i>il s'en faut
+qu'on y meure de faim</i>, le verbe <i>il s'en faut</i>,
+n'étant accompagné d'aucune préposition
+négative.</p>
+
+<p>FERRER un chemin, c'est le garnir de
+pierraille, d'après le système de McAdam.
+V. <span class="smcap">empierrer</span>.</p>
+
+<p>FEU. L'adjectif <i>feu</i> ne s'accorde en
+genre que quand il précède immédiatement
+le substantif: <i>la</i> <span class="smcap">feue</span> <i>reine</i>,&mdash;<i>notre</i> <span class="smcap">feue</span>
+<i>mère</i>: mais on dit sans accord; <span class="smcap">feu</span> <i>la
+reine</i>;&mdash;<span class="smcap">feu</span> <i>notre mère</i>, l'adjectif <i>feu</i> étant
+séparé de son substantif par les mots <i>la</i>,
+<i>notre</i>.</p>
+
+<p>FEVE et HARICOT. Malgré beaucoup
+de ressemblance <i>la fêve</i> et <i>le haricot</i>
+sont des légumes bien différens, et jamais
+les naturalistes ne les confondent. Linnée
+nomme la <i>fêve</i> <span class="smcap">faba</span>, et le <i>haricot</i> <span class="smcap">pha<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">[Pg 50]</a></span>seolus</span>. Nous possédons en abondance la
+<i>féve</i> et le <i>haricot</i>: mais il est à regretter
+que nous les désignions presque toujours par
+le seul mot <i>féve</i>: à peine même le terme
+<i>haricot</i> nous est-il connu.</p>
+
+<p>FINIR prend <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>il ne finit pas</i> <span class="smcap">de</span> <i>parler</i>; ou, <i>il ne finit pas</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>parler</i>. C'est l'oreille qui en décide.</p>
+
+<p>FIXER ne saurait s'employer pour <i>regarder</i>:
+ne dites pas, <i>on ne peut</i> <span class="smcap">fixer</span> <i>le
+soleil</i>, <i>sans en être ébloui</i>: dites, <i>on ne peut</i>
+<span class="smcap">regarder</span> etc.</p>
+
+<p>FLEURIR employé au figuré, c.-à-d.,
+en parlant des arts, des sciences, d'un empire,
+fait au participe <i>florissant</i> et à l'imparfait
+<i>florissait</i>; <i>alors les sciences</i> <span class="smcap">florissant</span>
+<i>en Égypte</i>:&mdash;<i>l'empire romain</i> <span class="smcap">fleurissait</span>
+<i>sous Tite</i>.</p>
+
+<p>FORTUNÉ n'a jamais le sens de <i>riche</i>.
+Ne dites pas <i>un homme</i> <span class="smcap">fortuné</span>: dites <i>un
+homme qui a de la fortune</i>.</p>
+
+<p>FOUDRE employé au propre est féminin:
+<i>être frappé</i> <span class="smcap">de la</span> <i>foudre</i>: employé
+au figuré il est masculin: <i>quand le
+sublime rient à éclater, il renverse tout
+comme</i> <span class="smcap">un</span> <i>foudre</i>: à moins qu'il ne soit
+accompagné d'une épithète; alors il est des
+deux genres; <i>la foudre</i> <span class="smcap">vengeur</span>, OU, <i>la
+foudre</i> <span class="smcap">vengeresse</span>.</p>
+
+<p>FUNERAIRE n'est guère usité qu'en
+cette phrase: <i>frais funéraires</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">[Pg 51]</a></span></p>
+
+<p>FUR. On dit également bien <span class="smcap">au</span> <i>fur et</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>mesure</i>, ou, <span class="smcap">à</span> <i>fur et</i> <span class="smcap">à</span> <i>mesure</i>.</p>
+
+<p class="p2">G, est nul dans <i>Clugny</i>, <i>Regnaud</i> et
+<i>Regnard</i>, (poëte): dites <i>Cluny</i>, <i>Reno</i>, <i>Renar</i>.
+<i>Gessner</i> (poëte) se prononce <i>Guesse-nère</i>.</p>
+
+<p>GABARI est un terme de marine, et signifie
+modèle de construction de vaisseau,
+et contour vertical de la carène. Toute
+autre acception est étrangère à ce mot.</p>
+
+<p>GARDE. Si <i>garde</i> en composition se
+dit <i>d'une personne</i>, il a alors le sens de <i>gardien</i>,
+substantif qui doit prendre l's au pluriel;
+<i>des gardes-champêtres</i>, des <i>gardes-marines</i>,
+des <i>gardes-magasins</i>. Mais si
+<i>garde</i> se dit d'<i>une chose</i>, ou se rapporte à
+<i>une chose</i>, alors il est verbe, et par conséquent
+invariable: des <i>garde-vue</i>, des
+<i>garde-manger</i>, des <i>garde-robes</i>.</p>
+
+<p><i>Garde</i> est masculin quand il désigne un ou
+plusieurs individus tirés de la totalité, comme
+<span class="smcap">un</span> <i>garde</i> <span class="smcap">national</span>, <i>des gardes</i> <span class="smcap">nationaux</span>.
+Mais il est féminin quand il désigne tout
+le corps, comme <i>la garde</i> <span class="smcap">nationale</span>.</p>
+
+<p>GENS veut au féminin tous les correspondans
+qui le précèdent, et au masculin
+tous ceux qui le suivent: <i>les</i> <span class="smcap">vieilles</span> <i>gens
+sont</i> <span class="smcap">soupconneux</span>.</p>
+
+<p>Cependant au lieu de <i>toutes</i> on emploie
+<i>tous</i>.</p>
+
+<p>1º. quand cet adjectif est le seul qui précède
+le substantif <i>gens</i>: <span class="smcap">tous</span> <i>les gens d'es<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">[Pg 52]</a></span>prit</i>:&mdash;<span class="smcap">tous</span>
+<i>les gens qui pensent bien</i>.</p>
+
+<p>2º. quand <i>gens</i> est précédé d'un adjectif
+qui n'a qu'une seule et même terminaison
+pour les deux genres, comme <i>aimable</i>,
+<i>brave</i>, <i>honnête</i> etc.; <span class="smcap">tous</span> <i>les honnêtes gens</i>,&mdash;<span class="smcap">tous</span>
+<i>les habiles gens</i>.</p>
+
+<p>GÉSIR n'est plus en usage que dans <i>il
+git</i>, <i>nous gisons</i>, <i>ils gisent</i>, <i>il gisait</i>, <i>ils
+gisaient</i>.</p>
+
+<p><i>Ci-git</i> et <i>ci-gisent</i> sont des formules d'épitaphe.</p>
+
+<p>Quoique seule entre deux voyelles dans
+<i>nous gisons</i>, <i>ils gisent</i> etc. <i>s</i> conserve le son
+qui lui est propre, et l'on prononce <i>nous
+gissons</i>, <i>ils gissent</i> etc.</p>
+
+<p>GRANDE. L'<i>e</i> de l'adjectif <i>grande</i>
+s'élide toujours dans <i>grand'mère</i>, <i>grand'tante</i>;
+et fort souvent dans <i>grand'chambre</i>,
+<i>grand'chère</i>, <i>grand'croix</i>, <i>grand'messe</i>,
+<i>grand'peine</i>, <i>grand'peur</i>, <i>grand'rue</i>,
+<i>grand'pitié</i>, <i>grand'salle</i>: cependant l'élision
+cesse d'avoir lieu quand l'adjectif
+<i>grande</i> est précédé de l'article, ou d'un adjectif
+déterminatif, comme, <i>une</i>, <i>ma</i>, <i>ta</i>, <i>sa</i>,
+<i>cette</i>, etc.; <i>la plus</i> <span class="smcap">grande</span> <i>peine</i>,&mdash;<i>une</i>
+<span class="smcap">grande</span> <i>chambre</i>;&mdash;<i>cette</i> <span class="smcap">grande</span> <i>messe
+a été bien chantée</i>.</p>
+
+<p class="p2">HAÏR prend deux points sur l'<i>ï</i> dans toute
+la conjugaison, excepté aux trois personnes
+du singulier du présent de l'indicatif: <i>je hais</i>,
+<i>tu hais</i>, <i>il hait</i>, et à l'impératif, <i>hais</i>.</p>
+
+<p>HENRI. On aspire l'<i>h</i> de ce mot dans<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">[Pg 53]</a></span>
+le discours soutenu, mais on ne l'aspire jamais
+dans la conversation.</p>
+
+<p>L'<i>h</i> de <i>Henriette</i> ne s'aspire dans aucun
+cas.</p>
+
+<p>HIER. L'usage veut qu'on dise, <i>hier
+matin</i>, et non, <i>hier</i> <span class="smcap">au</span> <i>matin</i>: <i>hier</i> <span class="smcap">au</span>
+<i>soir</i>, et non, <i>hier soir</i>. V. <span class="smcap">demain</span>.</p>
+
+<p>HIVERNEMENT n'est pas français,
+mais <i>hivernage</i> l'est, et signifie le temps
+qu'un navire passe en relâche pendant l'hiver.</p>
+
+<p>HIVERNER pour signifier, passer l'hiver
+en quelque lieu, n'est employé qu'en
+parlant de troupes. On ne peut donc pas
+dire, <i>j'ai</i> <span class="smcap">hiverné</span> <i>à trois-Rivières</i>;&mdash;<i>à
+Québec</i>.</p>
+
+<p>HOLLANDE. L'<i>h</i> de ce mot est toujours
+aspiré, excepté dans les locutions,
+<i>toile</i> <span class="smcap">d'</span><i>Hollande</i>;&mdash;<i>fromage</i> <span class="smcap">d'</span><i>Hollande</i>.</p>
+
+<p>HYMNE est toujours masculin, excepté
+quand il signifie chant d'Église.</p>
+
+<p class="p2">IMAGINER. On emploie souvent <i>imaginer</i>
+pour <i>s'imaginer</i>. Le premier signifie
+inventer, ou se former dans l'esprit l'idée de
+quelque chose: le second se persuader
+quelque chose sans fondement: il <span class="smcap">imagine</span>
+<i>avoir raison</i>; dites, <i>il</i> <span class="smcap">s'imagine</span> <i>avoir
+raison</i>.</p>
+
+<p><i>Immaginer</i> sans pronom personnel ne
+peut jamais être suivi immédiatement d'un
+<i>que</i>, ni d'un <i>infinitif</i>. On dit bien, <i>on ne
+peut rien</i> <span class="smcap">imaginer</span> <i>de plus intéressant</i>;&mdash;<i>j'</i><span class="smcap">imagine
+une</span> <i>chose</i>, <span class="smcap">un</span> <i>moyen de</i>.. Mais<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">[Pg 54]</a></span>
+on ne doit pas dire, j'<i>imagine</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela est</i>:&mdash;<i>il
+imagine</i> <span class="smcap">être</span> <i>un grand homme</i>: il
+faut dire: <i>je</i> <span class="smcap">m'</span><i>imagine</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela est</i>;&mdash;<i>il</i>
+s'<i>imagine</i> <span class="smcap">être</span> <i>un grand homme</i>.</p>
+
+<p>IMPARDONNABLE ne se dit que
+des <i>choses</i>, et non des <i>personnes</i>: <i>faute</i>
+<span class="smcap">impardonnable</span>. En parlant des <i>personnes</i>,
+on dit, <i>inexcusable</i>: <i>homme inexcusable</i>.</p>
+
+<p>La même observation s'applique au mot
+<i>pardonnable</i>.</p>
+
+<p>IMPATIENTER. (s') L'usage refuse
+au verbe <i>s'impatienter</i> un infinitif pour régime.
+Ainsi ne dites pas, <i>ils s'impatientèrent
+d'attendre</i>.</p>
+
+<p>IMPERATIF. La seconde personne
+singulière de l'impératif, excepté pour les
+quatre verbes irréguliers, <i>aller</i>, <i>avoir</i>, <i>être</i>
+et <i>savoir</i>, est toujours semblable à la première
+du présent de l'indicatif. Ainsi l'on
+dira, <i>travaille</i>, <i>cueille</i>, et non pas, <i>travailles</i>,
+<i>cueilles</i>, à moins pourtant que la
+seconde personne de l'impératif terminée par
+un <i>e</i> muet, ne soit suivie d'un <i>y</i>, ou du pronom
+<i>en</i>: elle prend alors une <i>s</i>, pour la
+douceur de la prononciation; <i>travailles-y</i>,&mdash;<i>donnes-en</i>.</p>
+
+<p>L'impératif <i>va</i>, suivi d'<i>y</i> et d'<i>en</i>, prend
+aussi une <i>s</i> euphonique: <i>vas-y</i>,&mdash;<i>vas en
+chercher</i>.</p>
+
+<p>IMPOSITION. Le mot anglais <i>imposition</i>
+signifie quelquefois <i>abus de pouvoir</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">[Pg 55]</a></span>
+<i>fraude</i>, etc. Le mot français <i>imposition</i> ne
+comporte pas cette acception.</p>
+
+<p>INCLUS. <i>Ci-inclus</i>, <i>ci joint</i>, sont invariables
+quand ils précèdent un nom, dont
+le sens est vague: <i>vous trouverez</i> <span class="smcap">ci-inclus</span>,&mdash;<span class="smcap">ci-joint</span>
+<i>copie de ma lettre</i>. Mais
+quand l'énonciation est précise, comme <span class="smcap">la</span>
+<i>copie</i>, l'accord a lieu; <i>vous trouverez</i> <span class="smcap">ci-incluse</span>,&mdash;<span class="smcap">ci-jointe</span>
+<i>la copie de ma lettre</i>.</p>
+
+<p>INSULTER <i>quelqu'un</i>, c'est l'injurier.
+<i>Insulter</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>, c'est manquer aux
+égards que réclament sa faiblesse, son malheur:
+<i>insulter</i> <span class="smcap">aux</span> <i>malheureux</i>.</p>
+
+<p>INTERJECTIONS. Duvivier dit</p> <p class="blockquot">«que
+beaucoup de personnes écrivent indistinctement
+<span class="smcap">ah!</span> et <span class="smcap">ha!</span>&mdash;<span class="smcap">ô!</span> <span class="smcap">oh!</span> et <span class="smcap">ho!</span>&mdash;<span class="smcap">eh!</span>
+et <span class="smcap">hé!</span>» et il ajoute, «que cette
+diversité d'orthographe vient de la difficulté
+de représenter nettement, par l'écriture,
+le mouvement de l'organe dans l'espèce
+de cri inarticulé que nous arrache une
+émotion vive.»</p>
+
+<p>Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire
+de l'<i>Académie</i>.</p>
+
+<blockquote>
+<p>«O avec l'accent circonflexe est une interjection
+qui sert à marquer diverses passions... <i>ô
+siècle!</i> <i>ô temps!</i> <i>ô le plaisant
+homme!</i> <i>ô si je pouvais!</i></p>
+
+<p>«O, sans accent circonflexe, désigne
+l'apostrophe, <i>o mon fils!</i> <i>o mon Dieu!</i></p>
+
+<p>«OH. Interjection qui marque la surprise
+ou l'affirmation. <i>Oh, oh, je n'y<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">[Pg 56]</a></span>
+prenais pas garde</i>:&mdash;<i>Oh pour cela,
+non.</i></p>
+
+<p>«HO. Interjection qui sert tantôt pour
+appeler, tantôt pour témoigner de l'étonnement
+ou de l'indignation. <i>Ho! venez
+un peu ici. Ho! que me dites-vous là?</i></p>
+
+<p>«Quand il est interjection d'étonnement,
+ou d'indignation, il s'écrit quelquefois
+<span class="smcap">oh!</span></p>
+
+<p>«AH. Interjection qui sert à marquer
+la joie, la douleur, l'admiration... <i>Ah!
+que vous me faites plaisir! Ah! que
+vous me faites mal!</i></p>
+
+<p>«Ce n'est souvent qu'une interjection
+explétive, qui ne sert qu'à rendre une locution
+plus animée. <i>Ah! Madame,
+gardez-vous de le croire.</i></p>
+
+<p>«HA. Interjection de surprise, d'étonnement.
+<i>Ha! vous voilà! Ha! ha!</i>
+Il se confond souvent avec l'interjection
+<span class="smcap">ah!</span></p>
+
+<p>«EH. Interjection d'admiration, de surprise.
+<i>Eh! qui airait pu croire que...</i></p>
+
+<p>«HÉ. Interjection qui sert principalement
+à appeler. <i>Hé! viens ça.</i></p>
+
+<p>«Souvent cette interjection se confond
+avec <span class="smcap">eh</span>, soit pour avertir de prendre
+garde à quelque chose, comme, <i>Hé!
+qu'allez-vous faire?</i> soit pour témoigner
+de la commisération, <i>Hé! mon Dieu...</i>
+soit pour marquer de la douleur, <i>Hé!
+qu'ai-je fait?</i><span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">[Pg 57]</a></span>»</p>
+</blockquote>
+
+<p class="p2">JAMAIS. Après <i>jamais</i> l'on sous-entend
+souvent l'article devant les substantifs
+communs, et alors on met ces substantifs au
+singulier: <i>jamais mortel n'a joui d'un bonheur
+parfait</i>, et non pas, <i>jamais mortels
+n'ont joui</i>, etc.</p>
+
+<p>JE. Quand <i>je</i>, mis après un verbe,
+produit un son désagréable, ce qui a lieu le
+plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une
+syllabe au présent de l'indicatif, il faut
+prendre un autre tour: ainsi au lieu de
+<i>dors-je?</i> <i>ris-je?</i> <i>choisis-je?</i> <i>mangé-je?</i>
+dites, <i>est-ce que je dors?</i> <i>est-ce que je
+ris?</i> etc.</p>
+
+<p>JETER. Ce verbe et tous ceux qui
+sont terminés en <i>eter</i> à l'infinitif, comme
+<i>fureter</i>, <i>feuilleter</i>, <i>souffleter</i>, <i>projeter</i>, etc.
+ne doublent la consonne <i>t</i> que devant un <i>e</i>
+muet. <i>Je jette, tu jettes, il jette, nous jetons,
+vous jetez, ils jettent, je jetais, tu
+jetais, il jetait, nous jetions, vous jetiez,
+ils jetaient, je jetai, tu jetas, il jeta, nous
+jetâmes, vous jetâtes, ils jetèrent, je jetterai,
+tu jetteras, nous jetterons, vous jetterez,
+ils jetteront, je jetterais, etc., jette,
+jetons, jetez, que je jette, que tu jettes,
+qu'il jette, que nous jetions, que vous jetiez,
+qu'ils jettent, que je jetasse, etc., jetant, jeté,
+jetée.</i></p>
+
+<p>JOINDRE signifiant <i>ajouter</i> demande
+<i>à</i>: <i>joignez cette maison</i> <span class="smcap">à</span> <i>la vôtre</i>: dans le
+sens d'<i>unir</i>, d'<i>allier</i>, il prend indifféremment<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">[Pg 58]</a></span>
+<i>à</i> ou <i>avec</i>: <i>joindre la prudence</i> <span class="smcap">à</span> ou <span class="smcap">avec</span>
+<i>la bravoure</i>.</p>
+
+<p>JOUIR se prend toujours en bonne part:
+ainsi ne dites pas, <span class="smcap">jouir</span> <i>d'une mauvaise
+santé</i>:&mdash;<span class="smcap">jouir</span> <i>d'une mauvaise réputation</i>:
+dites, <span class="smcap">avoir</span> <i>une mauvaise santé</i>:&mdash;<i>une
+mauvaise réputation</i>.</p>
+
+<p>JUSQUE. Au lieu de <i>jusque</i>, on peut
+employer <i>jusques</i> devant une voyelle: <span class="smcap">jusqu'</span><i>à
+nous</i>, ou <span class="smcap">jusques</span> <i>à nous</i>: c'est
+l'oreille qui en décide.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> de <i>jusque</i> s'élide seulement devant
+<i>à</i>, <i>au</i>, <i>aux</i>, <i>ici</i>: <i>jusqu'à Paris</i>,&mdash;<i>jusqu'au
+Pérou</i>,&mdash;<i>jusqu'ici</i>.</p>
+
+<p>L'usage permet de dire également, <i>jusqu'à
+aujourd'hui</i>, et <i>jusqu'aujourd'hui</i>.</p>
+
+<p>L finale ne se prononce pas dans <i>baril</i>,
+<i>chenil</i>, <i>coutil</i>, <i>fournil</i>, <i>fusil</i>, <i>gril</i>, <i>nombril</i>,
+<i>outil</i>, <i>persil</i>, <i>soûl</i>, <i>sourcil</i>, <i>gentil</i>
+(idolâtre). Mais elle sonne dans tous les
+autres mots.</p>
+
+<p>Cependant il faut remarquer que cette
+lettre, dans le mot <i>gentil</i> pour signifier <i>joli</i>,
+ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors
+elle se mouille comme au feminin: <i>un gentil
+enfant</i>: prononcez <i>un gentille enfant</i>:
+mais au pluriel l'<i>l</i> reste muette, et on dit
+<i>genti-zan-fan</i>.</p>
+
+<p>L finale précédée d'un <i>i</i> prend le son
+mouillé, dans <i>avril</i>, <i>babil</i>, <i>cil</i>, <i>mil</i> (petit
+grain), <i>péril</i>, <i>bail</i>, <i>travail</i>, <i>fénil</i>, etc.</p>
+
+<p>Il faut en excepter <i>fil</i>, <i>Nil</i>, <i>mil</i>, (adjectif
+numéral) ainsi que les adjectifs en <i>il</i>, et de<span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">[Pg 59]</a></span>
+plus les mots énumérés ci-dessus, où l'<i>l</i> ne
+se prononce pas.</p>
+
+<p>LÀ. L'adverbe <i>là</i> doit être accompagné
+d'un trait d'union, lorsqu'il est joint à des
+mots, dont le sens ne permet pas de le séparer:
+<i>cet homme</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>celui</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>allez</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>quel
+livre est-ce</i>-<span class="smcap">là</span>? Mais on dira sans
+trait d'union: <i>c'est</i> <span class="smcap">là</span> <i>mon opinion</i>,&mdash;<i>que
+dites-vous</i> <span class="smcap">là</span>?&mdash;<i>sont-ce</i> <span class="smcap">là</span> <i>vos livres</i>? parce
+que dans ces phrases l'adverbe <i>là</i> n'est pas
+indispensable: on peut le supprimer, et dire:
+<i>c'est mon opinion</i>,&mdash;<i>que dites-vous?</i>&mdash;<i>sont-ce
+vos livres?</i></p>
+
+<p>LE. Le pronom <i>le</i> peut représenter un
+<i>substantif</i>, ou un <i>adjectif</i>. Quand il représente
+un substantif, ou un adjectif pris substantivement,
+il s'accorde en genre et en
+nombre avec ce substantif, ou avec cet
+adjectif pris subtantivement: <i>êtes-vous Madame
+de Ste. Croix?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">la</span> <i>suis</i>: <i>êtes-vous
+la malade?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">la</span> <i>suis</i>: <i>êtes-vous
+les ministres du roi?</i> <i>nous</i> <span class="smcap">les</span> <i>sommes</i>:
+<i>êtes-vous les mariés?</i> <i>nous</i> <span class="smcap">les</span> <i>sommes</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le pronom <i>le</i> représente un adjectif,
+ou un substantif pris adjectivement, il
+est invariable, l'adjectif ne pouvant lui communiquer
+ni genre ni nombre: <i>Madame,
+êtes-vous malade?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suis</i>; <i>Messieurs
+êtes-vous mariés?</i>&mdash;<i>nous</i> <span class="smcap">le</span> <i>sommes</i>.&mdash;<i>Madame
+êtes-vous mère?</i> <i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suis</i>.</p>
+
+<p>Le pronom <i>le</i> peut aussi tenir la place d'une
+proposition ou d'un verbe. Dans ce cas il
+est invariable parce qu'une proposition, ou<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">[Pg 60]</a></span>
+un verbe, n'a ni genre ni nombre. <i>Si le
+public a eu quelque indulgence pour moi</i>,
+<i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>dois à votre protection</i>;&mdash;<i>il faut obliger
+quand on</i> <span class="smcap">le</span> <i>peut</i>.</p>
+
+<p>Après <i>aussi</i>, <i>autant</i>, <i>moins</i>, <i>mieux</i>, <i>plus</i>,
+l'on fait suivre la conjonction <i>que</i> du pronom
+<i>le</i>: <i>il est aussi habile que je</i> <span class="smcap">le</span> <i>croyais</i>:&mdash;<i>elle
+est moins douce qu'elle ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>semblait</i>;&mdash;<i>ils
+sont plus savans qu'on ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>disait</i>.
+On pécherait contre la grammaire de dire,.. <i>que
+je croyais</i>,.. <i>qu'elle ne semblait</i>,.. <i>qu'on
+ne disait</i>.</p>
+
+<p>L'oreille exige qu'on dise, <i>donnez</i> <span class="smcap">le</span>
+<i>moi</i>,&mdash;<i>montrez</i> <span class="smcap">la</span> <i>moi</i>,&mdash;<i>prêtez</i> <span class="smcap">la</span> <i>nous</i>, et
+non pas, <i>donnez moi</i> <span class="smcap">le</span>,&mdash;<i>montrez moi</i> <span class="smcap">la</span>,&mdash;<i>prêtez
+nous</i> <span class="smcap">la</span>.</p>
+
+<p>LE DIT, LA DITE, SUSDIT, SUSDITE,
+sont des termes de <i>Palais</i>, dont
+l'emploi, en dehors de la pratique, est interdit
+aux personnes qui se piquent d'écrire
+et de parler avec grâce.</p>
+
+<p>LE MIEN. Les pronoms possessifs,
+<i>le mien</i>, <i>le tien</i>, <i>le nôtre</i>, <i>le vôtre</i>, doivent
+toujours se rapporter à un substantif énoncé
+précédemment. Ainsi, <i>j'ai reçu la</i> <span class="smcap">vôtre</span>
+<i>en date du</i>....est une phrase dans laquelle
+<i>la vôtre</i> ne se rapporte à rien: dites, <i>j'ai
+reçu votre lettre en date du</i>....</p>
+
+<p>LEQUEL. Au lieu de <i>qui</i>, <i>que</i>, l'on doit
+employer <i>lequel</i>, pour éviter une équivoque.
+Ainsi l'on ne dira pas, <i>c'est un effet de la
+Providence divine</i> <span class="smcap">qui</span> <i>excite l'admira<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">[Pg 61]</a></span>tion</i>.&mdash;<i>c'est
+un effet de la Providence divine</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>nous admirons</i>: car on ne sait si
+<i>qui</i> et <i>que</i> se rapportent à <i>effet</i> ou à <i>Providence</i>.
+Il faut dire, <i>c'est un effet de la
+Providence divine</i> <span class="smcap">lequel</span> <i>excite notre admiration</i>..<span class="smcap">lequel</span>
+<i>nous admirons</i>. Hors
+le cas d'équivoque on doit préférer <i>qui</i>, <i>que</i>,
+à <i>lequel</i>, expression prosaïque et inélégante.</p>
+
+<p>LETTRES MAJUSCULES. Il faut
+commencer par une <i>majuscule</i> ou <i>grande
+lettre</i> chaque alinéa, chaque phrase, chaque
+vers, tous les noms d'homme, de vaisseau,
+de fausse divinité, tels que <i>Pierre</i>, <i>Jean</i>, <i>le
+Formidable</i> (vaisseau) <i>Jupiter</i>: tous ceux
+de lieu, tels que l'<i>Europe</i>, <i>Londres</i>, <i>Québec</i>;
+tous ceux de peuples, tels que les <i>Européens</i>,
+les <i>Romains</i>, les <i>Canadiens</i>: tous
+ceux de sectes, tels que les <i>Épicuriens</i>, les
+<i>Protestans</i>: tous ceux de rivières, de montagnes,
+de vents; le <i>St. Laurent</i>, les <i>Alpes</i>,
+le <i>Nord-Est</i>: tous ceux de jour et de mois,
+tels que <i>Vendredi</i>, <i>Août</i>; tous ceux de
+tribunaux, de compagnies, de corps, de
+dignités, quand ces noms sont employés
+avec application individuelle, tels que l'<i>Église</i>
+du Canada, le <i>Parlement</i> d'<i>Angleterre</i>,
+l'<i>Académie</i>, l'<i>Apôtre S. Paul</i>: enfin
+tous ceux de science, d'art, de métier,
+s'ils sont pris dans un sens individuel, qui
+distingue la science, l'art, le métier de toute
+autre science, de tout notre art, de tout
+autre métier. <i>La Grammaire est une<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">[Pg 62]</a></span>
+science indispensable</i>:&mdash;<i>la Musique est un
+art charmant</i>.</p>
+
+<p>Les adjectifs <i>saint</i>, <i>grand</i>, et semblables,
+lorsqu'ils entrent dans la composition d'un
+nom propre, aussi bien que les titres, <i>Monseigneur</i>,
+<i>Monsieur</i>, <i>Madame</i>, etc., doivent
+prendre une <i>initiale majuscule</i>: c'est l'usage.</p>
+
+<p>Quelquefois on personnifie les êtres moraux,
+et alors ils suivent la règle des noms
+d'homme. <i>Envie</i> par ex. prend une lettre
+majuscule dans ce vers de la Henriade: <i>Ci-gît
+la sombre Envie à l'&oelig;il timide et louche.</i>
+Le même mot s'écrit sans grande lettre dès
+qu'il cesse d'être personnifié. <i>L'envie s'attache
+aux grands talens.</i></p>
+
+<p>Lorsque les noms de peuples et de sectes
+n'embrassent pas la totalité, la majuscule
+cesse d'avoir lieu, <i>un français</i>, <i>des anglais</i>,
+<i>un calviniste</i>.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i>&mdash;Ces règles sur l'emploi des
+lettres majuscules sont à peu près les plus
+généralement suivies. Néanmoins il faut
+dire qu'il existe à cet égard bien des contradictions
+entre les auteurs.</p>
+
+<p>LEUR joint au verbe ne prend jamais
+la lettre <i>s</i>: <i>donnez leur à manger</i>;&mdash;<i>je leur ai
+dit</i>: joint à un nom il prend une s au pluriel.</p>
+
+<p>LIRE. On doit dire, <i>lire</i> <span class="smcap">dans</span> <i>un journal</i>,&mdash;<span class="smcap">dans</span>
+<i>un régistre</i>; et non pas, <i>lire</i> <span class="smcap">sur</span>
+<i>un journal</i>,&mdash;<span class="smcap">sur</span> <i>un régistre</i>.</p>
+
+<p>LIS. L'<i>s</i> de ce mot se prononce toujours,
+excepté dans <i>fleur de lis</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">[Pg 63]</a></span></p>
+
+<p>LOUÏS. Plusieurs personnes confondent
+<i>louïs</i>, pièce de monnaie, avec <i>livre</i>,
+monnaie de compte. C'est une erreur
+grave, parce que le <i>louïs</i> est une ancienne
+monnaie d'or de France, dont la valeur,
+fixée par nos lois, est d'un peu plus de
+quatre piastres et demie d'Espagne; tandis
+que notre livre du cours d'Halifax vaut seulement
+quatre piastres.</p>
+
+<p>Le mot <i>dollar</i>, monnaie des États-Unis,
+est reçu, de même que le mot <i>pound</i> pour
+la livre sterling. Ce dernier cependant
+sonne mal à l'oreille.</p>
+
+<p>L'UN et L'AUTRE, employé comme
+sujet, veut le verbe au pluriel: <i>l'un et l'autre</i>
+<span class="smcap">viendront</span>. Le substantif placé après <i>l'un
+et l'autre</i> se met au singulier; <i>l'un et l'autre</i>
+<span class="smcap">cheval</span>. Quand <i>l'un</i> est précédé d'une
+préposition, cette préposition doit être; répétée
+devant <i>l'autre</i>; <i>je parle</i> <span class="smcap">pour</span> <i>l'un et</i>
+<span class="smcap">pour</span> <i>l'autre</i>.</p>
+
+<p><i>Ni l'un ni l'autre</i>, veut également le verbe
+au pluriel, excepté quand un des sujets précédés
+de <i>ni</i> peut seul faire l'action marquée
+par le verbe; <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">obtiendra</span>
+<i>le prix</i>:&mdash;<i>ni Monsieur A</i>, <i>ni Monsieur B ne</i>
+<span class="smcap">sera</span> <i>nommé président</i>.</p>
+
+<p><i>L'un et l'autre, les uns et les autres</i>
+marquent simplement la pluralité. <i>L'un
+l'autre</i>, <i>les uns les autres</i> expriment la réciprocité:
+<i>Racine et Boileau étaient poëtes
+l'un</i> <span class="smcap">et</span> <i>l'autre</i>; <i>ils s'estimaient l'un l'autre</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">[Pg 64]</a></span></p>
+
+<p class="p2">MAJESTÉ veut au féminin l'adjectif et
+le participe qui suit: <i>Votre Majesté est</i> <span class="smcap">victorieuse</span>.
+Lorsqu'il est suivi d'un substantif
+pris adjectivement, les avis sont partagés;
+les uns disent; <i>Votre Majesté est</i> <span class="smcap">maîtresse</span>
+<i>de ses états</i>, les autres, <i>Votre Majesté est</i>
+<span class="smcap">maître</span> <i>de ses états</i>. Cette dernière construction
+est généralement plus usitée.</p>
+
+<p>MALGRÉ QUE employé dans le sens
+de <i>quoique</i>, a vieilli, et n'est plus français.
+Ainsi ne dites pas, <i>il sort</i> <span class="smcap">malgré qu'</span><i>on</i> <i>le
+lui défende</i>: dites, <span class="smcap">quoiqu'</span><i>on le lui défende</i>.</p>
+
+<p>MAN&OElig;UVRE et MANOUVRIER.
+Ces mots différent dans leur signification.
+<i>Man&oelig;uvre</i> est un ouvrier subalterne, qui sert
+ceux qui font l'ouvrage. <i>Manouvrier</i>, ouvrier
+qui travaille de ses mains et à la journée.</p>
+
+<p>MANQUER prend <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>à</i>, quand il signifie ne pas faire ce
+qu'on doit: <i>on mésestime celui qui manque</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>remplir ses devoirs</i>: et <i>de</i> lorsqu'il signifie
+<i>omettre</i>, <i>oublier</i>, <i>faillir</i>: <i>ne manquez pas</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>venir</i>,&mdash;<i>il a manqué</i> <span class="smcap">de</span> <i>tomber</i>.</p>
+
+<p>MASSACRANT. Ce mot ne se trouve
+dans aucun dictionnaire. On doit donc éviter
+de dire, <i>cet homme est aujourd'hui d'une
+humeur</i> <span class="smcap">massacrante</span>, etc.</p>
+
+<p>MATINAL est celui qui s'est levé matin,
+sans en avoir l'habitude; <i>matineux</i> celui
+qui a l'habitude de se lever matin: <i>vous êtes
+bien</i> <span class="smcap">matinal</span> <i>aujourd'hui</i>:&mdash;<i>je ne suis pas</i>
+<span class="smcap">matineux</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">[Pg 65]</a></span></p>
+
+<p>MEILLEUR. Le comparatif <i>meilleur</i>
+suivi de <i>que</i> veut <i>ne</i> devant le verbe suivant:
+<i>ces fruits sont meilleurs que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le croyais</i>:
+à moins que le premier verbe ne soit négatif,
+ou employé interrogativement: <i>ces fruits
+ne sont pas meilleurs que je le croyais</i>.</p>
+
+<p>MÊLER <i>avec</i>, c'est brouiller ensemble
+plusieurs choses; <i>mêler l'eau</i> <span class="smcap">avec</span> <i>le vin</i>,&mdash;<i>mêler
+de l'or</i> <span class="smcap">avec</span> <i>de l'argent</i>. <i>Mêler à</i>,
+c'est joindre, unir: <i>mêler la douceur</i> <span class="smcap">à</span> <i>la
+sévérité</i>:&mdash;<i>mêler l'agréable</i> <span class="smcap">à</span> <i>l'utile</i>.</p>
+
+<p>MÊME est adjectif ou adverbe.</p>
+
+<p><i>Même</i> est adjectif,</p>
+
+<p>1º. quand il précède le substantif: <i>vous
+retombez dans les</i> <span class="smcap">mêmes</span> <i>allarmes</i>.</p>
+
+<p>2º. quand il est placé après un pronom,
+ou un seul substantif: <i>les Dieux</i> <span class="smcap">eux-mêmes</span>
+<i>devinrent furieux</i>,&mdash;<i>ces murs</i> <span class="smcap">mêmes</span> <i>peuvent
+avoir des yeux</i>.</p>
+
+<p><i>Même</i> est adverbe,</p>
+
+<p>1º. quand il est placé après deux ou plusieurs
+substantifs: <i>les animaux, les plantes</i>
+<span class="smcap">même</span>, <i>étaient au nombre des Divinités</i>.</p>
+
+<p>2º. quand il qualifie un verbe; <i>exempts
+de maux réels les hommes s'en forment</i> <span class="smcap">même</span>
+<i>de chimériques</i>.</p>
+
+<p>MI. Particule indéclinable, abréviation
+de <i>demi</i>, signifie la moitié, le milieu: <i>la</i>
+<span class="smcap">mi</span>-<i>août</i>,&mdash;<i>la</i> <span class="smcap">mi</span>-<i>carême</i>.</p>
+
+<p><i>À mi</i> est une locution adverbiale qui signifie,
+à la moitié de; <i>à mi-côte</i>,&mdash;<i>à mi-jambes</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">[Pg 66]</a></span></p>
+
+<p>MIEUX. La syntaxe de l'adverbe <i>mieux</i>
+donne lieu à plusieurs observations.</p>
+
+<p>1º. suivi de deux infinitifs, <i>mieux</i> veut <i>de</i>
+avant le second infinitif; <i>il vaut mieux se
+taire que</i> <span class="smcap">de</span> <i>parler mal</i>.</p>
+
+<p>2º. <i>mieux</i> veut <i>ne</i> devant le verbe qui suit
+la conjonction que; <i>il écrit mieux que je</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>le croyais</i>; à moins que le verbe devant
+<i>mieux</i> ne soit négatif: <i>il n'écrit pas mieux
+que je le croyais.</i></p>
+
+<p>3º. <i>Le mieux</i>, <i>la mieux</i>, <i>les mieux</i>
+veulent le verbe suivant au subjonctif: <i>le
+livre le mieux écrit que nous</i> <span class="smcap">ayons lu</span>.</p>
+
+<p>MIL s'écrit de trois manières.</p>
+
+<p>1º. <i>mil</i>, dans les supputations d'années:
+<i>l'an mil huit cent quarante et un</i>.</p>
+
+<p>2º. <i>mille</i> pour exprimer dix cents: <i>nos
+troupes firent cinq</i> <span class="smcap">mille</span> prisonniers.</p>
+
+<p>Dans ces deux cas il rejette la marque
+du pluriel.</p>
+
+<p>3º. <i>mille</i> avec une <i>s</i> au pluriel, pour représenter
+une mesure de chemin: alors
+il est substantif commun.</p>
+
+<p>MOINDRE veut <i>ne</i> devant le verbe qui
+suit la conjonction <i>que</i>: <i>cette somme est
+moindre que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le dites</i>: à moins que
+le verbe placé devant <i>moindre</i>, ne soit négatif,
+ou interrogatif; <i>cette somme n'est pas
+moindre que vous le dites.</i></p>
+
+<p><i>Le moindre</i>, <i>la moindre</i>, <i>les moindres</i>
+veulent le verbe suivant au subjonctif: <i>la
+moindre faute que vous puissiez commettre.</i><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">[Pg 67]</a></span></p>
+
+<p>Tout ce qui est dit ici pour l'adjectif
+<i>moindre</i> doit s'appliquer à l'adverbe <i>moins</i>.</p>
+
+<p>MOINS. <i>À moins que de</i>, et, <i>à moins
+de</i> se disent également devant l'infinitif.</p>
+
+<p>MON. Les adjectifs possessifs <i>mon</i>,
+<i>ma</i>, <i>mes</i>, <i>ton</i>, <i>ta</i>, <i>tes</i>, <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, <i>notre</i>,
+<i>nos</i>, <i>votre</i>, <i>vos</i>, <i>leur</i>, <i>leurs</i> se répètent,</p>
+
+<p>1º. devant chaque substantif: <i>mon père
+et</i> <span class="smcap">ma</span> <i>mère</i>:&mdash;<i>mes frères et</i> <span class="smcap">mes</span> <i>s&oelig;urs</i>;
+et non pas, <i>mes pères et mère</i>;&mdash;<i>mes frères
+et s&oelig;urs</i>.</p>
+
+<p>2º. devant deux adjectifs unis par <i>et</i>, lorsqu'ils
+ne qualifient pas le même substantif:
+<i>mon grand et</i> <span class="smcap">mon</span> <i>petit appartement</i>;&mdash;<i>nos
+vieux et</i> <span class="smcap">nos</span> <i>jeunes soldats</i>.</p>
+
+<p>Mais on dirait sans répéter l'adjectif possessif;
+<i>mon grand et bel appartement</i>:&mdash;<i>nos
+vieux et braves soldats</i>: attendu que
+le même appartement est <i>grand</i> et <i>beau</i>,
+et que les mêmes soldats sont <i>vieux</i> et
+<i>braves</i>, les deux adjectifs modifiant le même
+substantif.</p>
+
+<p>MOUCHER n'est jamais neutre: ainsi
+il ne faut pas dire, <i>je mouche beaucoup</i>, mais
+<i>je</i> <span class="smcap">me</span> <i>mouche beaucoup</i>.</p>
+
+<p>MOUDRE. <i>Je mouds, tu mouds, il
+moud, nous moulons, vous moulez, ils
+moulent, je moulais, je moulus, je moudrai,
+je moudrais, mous, moulons, moulez, que
+je moule, que tu moules, que je moulusse,
+moulant, moulu, moulue.</i><span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">[Pg 68]</a></span></p>
+
+<p>MOUVOIR. <i>Je meus, tu meus, il meut,
+nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent, je
+mouvais, je mus, je mouvrai, je mouvrais,
+meus, mouvons, mouvez, que je meuve, que
+tu meuves, qu'il meuve, que nous mouvions,
+que vous mouviez, qu'ils meuvent, que je
+musse, mouvant, mû, mûe.</i></p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>émouvoir</i>, <i>s'émouvoir</i>.</p>
+
+<p>MUR et MURAILLE. On dit,&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">murs</span> <i>d'un jardin</i>,&mdash;<i>les</i> <span class="smcap">murailles</span> <i>d'une
+ville</i>. Le propre du <i>mur</i> est de séparer, de
+partager, de fermer: l'idée particulière de
+la <i>muraille</i> est celle de défendre, de fortifier.</p>
+
+<p class="p2">N. Quand un mot est terminé par un
+son nasal, c.-à-d., par <i>an</i>, <i>in</i>, <i>on</i>, l'on ne fait
+la liaison de l'<i>n</i> finale avec la voyelle qui commence
+le mot suivant, que quand le sens
+n'admet aucune pause entre ces deux mots,
+comme dans, <i>mon ami</i>,&mdash;<i>certain auteur</i>,&mdash;<i>on
+ignore</i>. Mais on prononce sans lier la
+consonne <i>n</i> à la voyelle qui suit, <i>mon cousin
+est venu</i>,&mdash;<i>vin bon à boire</i>,&mdash;<i>je demande
+pardon à Dieu</i>, parce que l'on peut faire une
+légère pause après les mots, <i>cousin</i>, <i>bon</i>,
+<i>pardon</i>.</p>
+
+<p>NE. La négation <i>ne</i> précédée d'un <i>que</i>
+et suivie d'un <i>verbe</i> offre quelques difficultés.</p>
+
+<p>Dans les comparatifs d'inégalité caractérisés
+par <i>plus</i>, <i>moins</i>, <i>meilleur</i>, <i>mieux</i>,
+ou autres termes équivalens, si le premier
+membre de la comparaison est <i>négatif</i>, le
+second qui vient après <i>que</i> doit être affir<span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">[Pg 69]</a></span>matif,
+et la négation <i>ne</i> ne peut y paraître:
+<i>il n'est pas plus sage qu'il était</i>;&mdash;<i>il ne pense
+pas autrement qu'il parle</i>;&mdash;<i>il n'écrit pas
+mieux qu'il parle</i>.</p>
+
+<p>Dans les mêmes comparatifs d'inégalité,
+si le premier membre de la comparaison est
+affirmatif, le second doit prendre <i>ne</i>: <i>il est
+plus sage qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>l'était</i>,&mdash;<i>il pense autrement
+qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>parle</i>,&mdash;<i>il écrit mieux qu'il</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>parle</i>.</p>
+
+<p>Les locutions conjonctives <i>à moins que</i>,
+<i>de peur que</i>, <i>de crainte que</i>, et le verbe <i>empécher</i>,
+veulent toujours après eux la négation
+<i>ne</i>; <i>à moins que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>lui parliez</i>,&mdash;<i>de
+peur que l'on</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vous trompe</i>,&mdash;<i>les fautes
+d'Homère n'ont pas empêché qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>fût sublime</i>.</p>
+
+<p><i>Nier</i>, <i>douter</i>, <i>désespérer</i>, <i>disconvenir</i> sont
+suivis de <span class="smcap">ne</span> seulement quand ils sont accompagnés
+d'une négation: <i>je ne doute pas
+que cela</i> <span class="smcap">ne</span> <i>soit</i>, etc.</p>
+
+<p>Mais on dirait sans la négation, <i>je nie</i>,&mdash;<i>je
+doute que cela soit</i>, parce que les verbes
+<i>nier</i>, <i>douter</i> sont employés ici affirmativement.</p>
+
+<p>Les locutions conjonctives <i>avant que</i>, <i>sans
+que</i>, et le verbe <i>défendre</i>, ne sont jamais
+suivis de <i>ne</i>: <i>avant qu'il fasse froid</i>,&mdash;<i>je défends
+qu'on lui fasse mal</i>.</p>
+
+<p>Quand deux phrases négatives sont
+jointes par <i>ni</i>, ou quand <i>ni</i> est répété, l'emploi
+de la négation <i>ne</i> est nécessaire: <i>il ne
+les craignait ni</i> <span class="smcap">ne</span> <i>les aimait</i>,&mdash;<i>ni Pierre ni
+Paul</i> <span class="smcap">ne</span> <i>viendront</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">[Pg 70]</a></span></p>
+
+<p>NÉGATION. La négation se compose
+de <i>ne</i>, <i>ne pas</i>, <i>ne point</i>,&mdash;<i>je n'ose</i>,&mdash;<i>je
+n'ose pas</i>,&mdash;<i>je n'ose point</i>; <i>ne</i> est la plus
+faible des négations; <i>ne point</i> est la plus
+forte; et <i>ne pas</i> tient le milieu.</p>
+
+<p><i>Pas</i> ne peut jamais être employé avec
+<i>rien</i>. Ne dites pas avec Racine; <i>On ne veut</i>
+<span class="smcap">pas rien</span> <i>faire ici qui vous déplaise</i>.</p>
+
+<p>NÉOLOGIE. L'emploi de nouveaux
+termes dans une langue est une conséquence
+qui découle de la nature même des
+langues, qui ne peuvent rester stationnaires.
+Horace l'a dit il y a près de deux mille ans.</p>
+
+<p>Mais avons-nous au Canada mission ou
+titre pour la création de nouveaux mots?
+Oui, sans nul doute. Mais en même temps
+il est clair qu'il n'existe chez nous aucun
+tribunal qui puisse connaître de nos produits
+de ce genre: il est évident que l'Océan
+Atlantique nous sépare des seuls juges
+compétens de la langue française, auxquels
+il appartient de prononcer en dernier ressort.</p>
+
+<p>Tous les lexicographes conviennent de la
+nécessité d'incorporer à la langue les termes
+de relation qui expriment les choses et les
+objets qui n'existent que dans les pays lointains,
+nouvellement découverts, ou avec
+lesquels l'on a eu peu de communications.
+D'où il résulte pour le Canada le droit de
+créer des termes pour les objets et les choses
+qui lui appartiennent exclusivement.</p>
+
+<p>D'un autre côté, notre position sous le
+gouvernement britannique a nécessité l'a<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">[Pg 71]</a></span>doption
+de quelques constructions, de quelques
+termes même anglais.</p>
+
+<p>Il résulte de cette double circonstance,
+qu'un sage emploi de <i>nouveaux termes</i> et
+de mots anglais, là où la langue française n'en
+fournit pas d'équivalens, est permis, commandé
+même.</p>
+
+<p>Mais que l'élève ne perde pas de vue que,
+hors les cas extrêmes, l'emploi de mots et
+de constructions anglaises est un véritable
+fléau pour la langue. Déjà cet abus a envahi
+la portion instruite de notre société, et y
+fait des progrès allarmans; et pour comble
+de malheur l'on porte quelquefois cette licence
+dans des écrits, que d'ailleurs le génie ne
+désavouerait pas.</p>
+
+<p>Quant à l'emploi de mots purement anglais,
+là où il y a des termes en français qui leur
+correspondent, c'est une manie insupportable,
+c'est le comble du ridicule; et cependant
+combien de personnes, même d'éducation,
+qui tombent dans ce défaut! Telle
+Dame ne peut manger de soupe qu'au <span class="smcap">barley</span>!
+Tel Monsieur vous prie <i>de lui passer
+un</i> <span class="smcap">tumbler</span> <i>pour boire du</i> <span class="smcap">brandy</span> <i>et de
+l'eau</i>! Celui-ci vous demande, sans perdre
+son sérieux, si <i>ces</i> <span class="smcap">patates</span> (pommes de terre)
+<i>sont cuites au</i> <span class="smcap">steam</span>: celui-là si <i>vous
+avez</i> <span class="smcap">payé</span> <i>une visite à Monsieur un tel</i>, etc.</p>
+
+<p>Qui ne voit la barbarie de ces expressions;
+l'impertinence de ce langage?</p>
+
+<p>NEUF, NOUVEAU, RECENT.
+<i>Neuf</i> signifie qui n'a pas servi; <i>nouveau</i> qui<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">[Pg 72]</a></span>
+n'a pas encore paru: <i>récent</i> qui vient d'arriver:
+<i>habit neuf</i>,&mdash;<i>mode nouvelle</i>,&mdash;<i>fait
+récent</i>.</p>
+
+<p>NIER veut toujours au subjonctif le
+verbe qui suit la conjonction <i>que</i>; <i>je nie
+qu'il</i> <span class="smcap">ait</span> <i>raison</i>.</p>
+
+<p><i>Nier</i> accompagné d'une négation veut <i>ne</i>
+devant le verbe suivant; <i>je ne nie pas qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>mérite votre estime</i>.</p>
+
+<p>NOMBRE (du) et du GENRE de certains
+substantifs. Les chiffres, les lettres
+de l'alphabet, les notes de musique, s'écrivent
+sans <i>s</i> au pluriel: <i>deux</i> <span class="smcap">cinq</span>;&mdash;<i>trois</i>
+<span class="smcap">b</span>;&mdash;<i>quatre</i> <span class="smcap">fa</span>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi de tous les mots de la
+langue pris matériellement; comme dans
+cette phrase, <i>il y a plusieurs fautes d'impression
+dans cette adresse</i>; <i>il y manque deux</i>
+<span class="smcap">monsieur</span>, <i>trois</i> <span class="smcap">mot</span> <i>et deux</i> <span class="smcap">il</span>. Il est essentiel
+de remarquer, qu'un mot féminin,
+employé matériellement, devient masculin.
+En voici un exemple pris dans Duvivier;
+<i>Rencontre</i>, <i>toujours</i> <span class="smcap">féminin</span> <i>en quelque sens
+qu'on l'emploie</i>, <i>était autrefois</i> <span class="smcap">masculin</span>.</p>
+
+<p>NOMS PROPRES. Les <i>noms propres</i>
+ne prennent jamais la marque du pluriel:
+<i>l'Espagne a vu naître les deux</i> <span class="smcap">Seneque</span>;&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">Corneille</span> <i>et les</i> <span class="smcap">Racine</span> <i>ont illustré la
+scène française</i>; excepté quand ils sont
+employés comme noms communs, c.-à-d.,
+pour désigner des individus semblables à
+ceux dont on emprunte le nom: <i>la France
+a eu ses</i> <span class="smcap">Césars</span> <i>et ses</i> <span class="smcap">Pompées</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">[Pg 73]</a></span></p>
+
+<p>NON PLUS QUE. Quand deux sujets
+sont unis par <i>non plus que</i>, le verbe s'accorde
+avec le premier sujet: <i>la fortune, non
+plus que les dignités</i>, <i>n'</i><span class="smcap">assure</span> <i>le bonheur</i>.</p>
+
+<p>NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom
+<i>nous</i> au lieu de <i>je</i>; alors l'adjectif et le
+participe en rapport avec <i>nous</i>, se mettent au
+singulier; <span class="smcap">convaincu</span> <i>comme nous le sommes
+de notre insuffisance</i>, et non pas, <span class="smcap">convaincus</span>
+<i>comme nous le sommes</i>...</p>
+
+<p>NOUVEAU employé comme adverbe
+est invariable: <i>des enfans</i> <span class="smcap">nouveau</span> <i>nés</i>. Il
+ne s'emploie jamais adverbialement avec un
+substantif féminin; ainsi ne dites pas, <i>une
+fille</i> <span class="smcap">nouveau</span> <i>née</i>, mais, <i>une fille nouvellement
+née</i>.</p>
+
+<p>NU. L'adjectif <i>nu</i> ne s'accorde que
+lorsqu'il suit le substantif; <i>tête</i> <span class="smcap">nue</span>,&mdash;<i>pieds</i>
+<span class="smcap">nus</span>. Lorsqu'il précède le substantif il est
+invariable; <span class="smcap">nu</span> <i>tête</i>,&mdash;<span class="smcap">nu</span> <i>pieds</i>.</p>
+
+<p>NUIRE. <i>Je nuis</i>, <i>tu nuis</i>, <i>je nuisais</i>,
+<i>je nuisis</i>, <i>je nuirai</i>, <i>je nuirais</i>, <i>nuis</i>, <i>que je
+nuise</i>, <i>que je nuisisse</i>, <i>nuisant</i>, <i>nui</i>. Le
+participe <i>nui</i>, ainsi que le participe <i>s'entre-nui</i>
+est invariable: <i>ils se sont nui</i>;&mdash;<i>elles
+se sont entre-nui</i>.</p>
+
+<p>NUL. L'adjectif <i>nul</i>, signifiant <i>pas un</i>,
+rejette la marque du pluriel; <i>nulle proposition</i>;
+à moins qu'il n'accompagne un substantif
+qui n'a pas de singulier, comme <i>pleurs</i>,
+<i>ancêtres</i>; ou qui ou pluriel a un autre sens<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">[Pg 74]</a></span>
+qu'au singulier, comme <i>troupes</i>, <i>gages</i>:
+<i>nuls pleurs</i>,&mdash;<i>nulles troupes</i>.</p>
+
+<p>Avec <i>nul</i> on supprime <i>pas</i> et <i>point</i>.</p>
+
+<p>NUMÉRO, FOLIO, RECTO, DUO,
+etc. Les mots empruntés du latin ne
+prennent pas d's au pluriel; <i>factum</i> est
+excepté; on dit des <i>factums</i>.</p>
+
+<p class="p2">OBÉIR. Quoique verbe neutre, <i>obéir</i>
+a un passif: <i>je veux</i> <span class="smcap">être obéi</span>.</p>
+
+<p>OBLIGER dans le sens <i>d'imposer l'obligation
+de</i>, prend <i>à</i> ou <i>de</i> au choix de l'oreille:
+<i>la religion nous oblige</i> <span class="smcap">à</span> <i>secourir</i>,
+ou, <span class="smcap">de</span> <i>secourir nos semblables</i>.</p>
+
+<p>Dans le sens de <i>rendre service</i>, ou employé
+au passif, il prend <i>de</i>, et jamais <i>à</i>:
+<i>vous m'obligerez</i> <span class="smcap">de</span> <i>m'accompagner</i>;&mdash;<i>nous
+sommes obligés</i> <span class="smcap">d'</span><i>obéir aux lois</i>.</p>
+
+<p><i>Être obligé</i> ne se dit point des <i>choses</i>:
+cette locution, <i>le mérite est</i> <span class="smcap">obligé</span> <i>d'être
+modeste</i>, est donc vicieuse: dites, <i>le mérite</i>
+<span class="smcap">doit être</span> <i>modeste</i>.</p>
+
+<p>OBSERVER accompagné d'un régime
+indirect de personne, doit être précédé du
+verbe <i>faire</i>. Ainsi dites; <i>je vous</i> <span class="smcap">fais</span> <i>observer
+que</i>..:&mdash;<i>il nous</i> <span class="smcap">fit</span> <i>observer que</i>..:&mdash;<i>je</i>
+<span class="smcap">ferai</span> <i>observer à l'assemblée que</i>..
+et non pas, <i>je vous observe que</i>..<i>il nous
+observa que</i>..<i>j'observerai à l'assemblée
+que</i>...</p>
+
+<p>Il résulte de là que l'on ne peut pas dire;
+<i>faire une observation à quelqu'un</i>; il faut<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">[Pg 75]</a></span>
+dire: <span class="smcap">faire</span> <i>faire une observation à quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>OCCUPER (s'). On dit s'<i>occuper à</i> et
+s'<i>occuper de</i>: le premier se met avec les
+verbes, le second avec les substantifs: <i>il
+s'occupe</i> <span class="smcap">à</span> <i>me faire avoir une place</i>;&mdash;<i>il
+s'occupe</i> <span class="smcap">de</span> <i>mon affaire</i>.</p>
+
+<p>&OElig;IL-DE-B&OElig;UF. Au pluriel, <i>&oelig;ils-de-b&oelig;uf</i>:
+il en est ainsi d'<i>&oelig;il-de-bouc</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-chat</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-chèvre</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-christ</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-perdrix</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-soleil</i>.</p>
+
+<p>On dit; <span class="smcap">yeux</span> <i>du frommage</i>:&mdash;<span class="smcap">yeux</span> <i>du
+pain</i>.</p>
+
+<p>OFFRIR devant l'infinitif prend <i>de</i>, et
+<i>s'offrir</i> prend <i>à</i>; <i>il offre</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous accompagner</i>:&mdash;<i>il
+s'offre</i> <span class="smcap">à</span> <i>vous accompagner</i>.</p>
+
+<p>OINDRE, <i>j'oins, tu oins, il oint, nous
+oignons, vous oignez, ils oignent, j'oignais,
+j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais,
+oins, oignons, oignez, que j'oigne, que
+nous oignons, que j'oignisse, oignant, oint,
+ointe.</i></p>
+
+<p>Ainsi se conjugue <i>joindre</i>.</p>
+
+<p>ON. Quoique masculin et singulier de
+sa nature, le pronom <i>on</i> devient <i>féminin</i>
+quand il s'applique spécialement à une personne
+du sexe: et <i>pluriel</i> lorsque le sens
+indique évidemment qu'il désigne plusieurs
+personnes. Alors l'adjectif et le participe
+qui se rapportent à <i>on</i> prennent la marque
+du féminin et du pluriel: <i>quand on est</i>
+<span class="smcap">mère</span> <i>on n'est pas toujours</i> <span class="smcap">maîtresse</span> <i>de<span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">[Pg 76]</a></span>
+son temps</i>:&mdash;<i>quand on s'estime mutuellement</i>,
+<i>on n'est pas heureux d'être</i> <span class="smcap">séparés</span>.</p>
+
+<p>Au lieu de <i>on</i>, il faut employer <i>l'on</i>, pour
+éviter certaines consonnances choquantes
+qui ont lieu principalement après <i>et</i>, <i>si</i>, <i>ou</i>:&mdash;<i>et</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on veut</i>;&mdash;<i>si l'on dit</i>:&mdash;<i>ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>on verra</i>.</p>
+
+<p>Cependant on doit faire usage de <i>on</i> devant
+<i>le</i>, <i>la</i>, <i>les</i>, <i>lui</i> pour éviter la répétition
+désagréable de l'articulation <i>l</i>:&mdash;et dire, <i>et on
+le veut</i>,&mdash;<i>si on le dit</i>,&mdash;<i>ou on le verra</i>, et
+non pas, <i>et</i> <span class="smcap">l'</span><i>on le veut</i>,&mdash;<i>si</i> <span class="smcap">l'</span><i>on le dit</i>,&mdash;<i>ou</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on le verra</i>.</p>
+
+<p>Au commencement d'une phrase, il faut
+préférer <i>on</i> à <i>l'on</i>, parce qu'alors il n'y a pas
+de mauvaise consonnance à éviter.</p>
+
+<p>ONZE se prononce avec aspiration: <i>le</i>
+<span class="smcap">onze</span> <i>de Juillet</i>:&mdash;<i>de</i> <span class="smcap">onze</span> <i>enfans il n'en
+reste que trois</i>:&mdash;<i>vous êtes</i> <span class="smcap">onze</span>;&mdash;<i>sur les</i>
+<span class="smcap">onze</span> <i>heures</i>:&mdash;<i>ils étaient</i> <span class="smcap">onze</span>: prononcez,
+<i>vous ête onze</i>:&mdash;<i>sur lè onze heures</i>:&mdash;<i>ils
+étè onze</i>.</p>
+
+<p>ONZIÈME <i>adjectif</i>. On prononce ce
+mot avec ou sans aspiration, à volonté:
+<span class="smcap">le</span> <i>onzième ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>onzième de Juillet</i>:&mdash;<span class="smcap">la</span> <i>onzième
+ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>onzième page</i>.</p>
+
+<p>Mais dans <i>onzième</i> substantif l'<i>o</i> est toujours
+aspiré; ainsi l'on ne fait pas sentir l'<i>n</i>
+ni l'<i>s</i> dans cas phrases:&mdash;<i>il est héritier pour</i>
+<span class="smcap">un</span> <i>onzième</i>:&mdash;<i>pour trois onzièmes</i>.</p>
+
+<p>ORGUE est <i>masculin</i> au singulier, et
+<i>féminin</i> au pluriel:&mdash;<i>un</i> <span class="smcap">bel</span> <i>orgue</i>:&mdash;<i>de</i>
+<span class="smcap">belles</span> <i>orgues</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">[Pg 77]</a></span></p>
+
+<p>OU. Quand deux ou plusieurs sujets
+sont unis par la conjonction <i>ou</i>, le verbe
+s'accorde avec le dernier sujet:&mdash;<i>la faiblesse</i>
+<span class="smcap">ou</span> <i>l'inexpérience nous</i> <span class="smcap">fait</span> <i>commettre bien
+des fautes</i>: à moins que les mots unis par
+<i>ou</i> ne soient de différentes personnes: alors
+le verbe se met au pluriel, et s'accorde avec
+la personne qui a la priorité: <i>vous ou moi</i>
+<span class="smcap">parlerons</span>, et mieux <span class="smcap">nous parlerons</span>:&mdash;<i>vous
+ou votre frère</i> <span class="smcap">parlerez</span>, et mieux,
+<span class="smcap">vous parlerez</span>.</p>
+
+<p>OUBLIER DE, désigne un manque de
+mémoire:&mdash;<i>j'ai oublié</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous écrire</i>.
+<i>Oublier à</i> marque un manque d'usage: <i>il
+oublie</i> <span class="smcap">à</span> <i>danser</i>&mdash;<span class="smcap">à</span> <i>dessiner</i>.</p>
+
+<p>OUÏR n'est guère usité qu'au prétérit défini,
+<i>j'ouis</i>, <i>il ouit</i>: au présent du subj., <i>que
+j'ouïsse</i>, <i>qu'il ouït</i>: à l'infinitif, <i>ouïr</i>; au
+participe passé, <i>ouï</i>, <i>ouïe</i>; et aux temps
+composés.</p>
+
+<p class="p2">PAÎTRE. <i>Je pais</i>, <i>tu pais</i>, <i>il pait</i>,
+<i>nous paissons</i>, <i>vous paissez</i>, <i>ils paissent</i>,
+<i>je paissais</i>, point de prét. défini, <i>je paîtrai</i>,
+<i>je paîtrais</i>, <i>paissons</i>, <i>paissez</i>, <i>que je paisse</i>,
+point d'imparf. du subj., <i>paissant</i>, <i>pu</i>. Ce
+dernier mot ne s'emploie que dans cette
+phrase familière; <i>il a pu et repu</i>.</p>
+
+<p><i>Repaître</i>, qui se conjugue de même, a
+un prétérit défini;&mdash;<i>je repus</i>.</p>
+
+<p>PÂLE, <i>Pâle</i>, signifie qui est faible de
+coloris: <i>blême</i>, qui est très-pâle; <i>livide</i>,
+qui est plombé et taché de noir; <i>hâve</i> qui<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">[Pg 78]</a></span>
+est défiguré par le décharnement: <i>blafard</i>
+qui est pâle jusqu'à l'affadissement.</p>
+
+<p>PÂQUE substantif féminin: fête annuelle
+des Juifs en mémoire de leur sortie d'Égypte.</p>
+
+<p><i>Pâque</i> ou <i>Pâques</i> substantif masculin,
+singulier: fête des chrétiens:&mdash;<i>Pâques est
+passé</i>.</p>
+
+<p><i>Pâques</i> subst. fém. pluriel; communion
+pascale; <i>faire ses Pâques</i>.</p>
+
+<p><i>Pâques-fleuries</i>, le Dimanche des Rameaux.</p>
+
+<p>PARDONNER veut un régime direct
+des choses; <i>pardonnez quelques vers
+faibles</i>; et non, <span class="smcap">à</span> <i>quelques vers faibles</i>;
+et un régime indirect de personnes: <i>pardonnez</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>vos enfans</i>, et non <i>pardonnez vos
+enfans</i>.</p>
+
+<p>PARLER, (se) Le participe passé de
+<i>se parler</i> est toujours invariable, parce que
+<i>se parler</i> n'a pas de régime direct: <i>ils se
+sont</i> <span class="smcap">parlé</span>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">parlé</span>.</p>
+
+<p>PARMI. <i>Entre</i> se dit de deux objets:
+<i>entre Rome et Carthage</i>: <i>parmi</i> se dit d'un
+plus grand nombre, et veut après lui, ou un
+pluriel: <i>parmi les hommes</i>; ou un collectif:
+<i>parmi la foule</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PRÉSENT. Il est toujours
+terminé en <i>ant</i>, et ne prend ni genre
+ni nombre: <i>un homme</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>des
+hommes</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>une femme</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>des
+femmes</i> <span class="smcap">lisant</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">[Pg 79]</a></span></p>
+
+<p>On dit, <i>des hommes obligeans</i>:&mdash;<i>une
+femme surprenante</i>. Mais ces mots, <i>obligeans</i>,
+<i>surprenante</i>, ne sont point des participes
+présens: ce sont des adjectifs <i>verbaux</i>,
+qui s'accordent avec les substantifs
+auxquels ils se rapportent.</p>
+
+<p>Pour distinguer les adjectifs verbaux des
+participes présens, il faut voir si ces mots
+ont un régime. Lorsqu'ils ont un régime,
+ce sont des participes. Lorsqu'ils n'ont
+point de régime, ils sont adjectifs: <i>cette
+femme est douce</i>, <i>affable</i>, <span class="smcap">prévenant</span> <i>tout
+le monde</i>:&mdash;<i>cette femme est douce</i>, <i>affable</i>,
+<span class="smcap">prévenante</span>. Dans la première phrase le
+mot <i>prévenant</i> est un participe, parce qu'il
+est suivi du régime <i>tout le monde</i>: dans
+la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a
+point de régime.</p>
+
+<p>Cette règle pour distinguer les adjectifs
+verbaux des participes présens souffre quelques
+rares exceptions.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes réfléchis.
+Ce participe s'accorde avec le régime
+direct lorsque ce régime est avant le
+participe: <i>cette femme s'est</i> <span class="smcap">proposée</span>
+<i>pour modèle à ses enfans</i>: <i>proposée</i> est au
+féminin et au singulier, parce qu'il est précédé
+de son régime direct le pronom <i>se</i> qui
+se rapporte à <i>femme</i>: c'est comme s'il y
+avait,&mdash;<i>cette femme a proposé elle</i>.</p>
+
+<p>Mais si le régime direct est après le participe,
+le participe est invariable: <i>ma s&oelig;ur
+s'est</i> <span class="smcap">coupé</span> <i>le doigt</i>. <i>Coupé</i> ici est inva<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">[Pg 80]</a></span>riable
+parce que le régime direct <i>doigt</i>, est
+après le participe: et le pronom <i>se</i> n'est que
+le régime indirect, puisque c'est comme s'il
+y avait, <i>ma s&oelig;ur a coupé le doigt à elle</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ suivi d'un verbe
+à l'infinitif. Quand le <i>participe passé</i> est
+suivi d'un verbe à l'infinitif, il faut examiner
+avec attention si le régime qui précède le
+participe est régime de ce participe, ou régime
+de l'infinitif qui suit le participe.</p>
+
+<p>S'il est régime du participe passé, ce participe
+doit s'accorder avec lui: <i>voilà les enfans</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i> <span class="smcap">entendus</span> <i>lire</i>. <i>Que</i> est ici
+régime du participe <i>entendus</i>, et non de l'infinitif
+<i>lire</i>.</p>
+
+<p>Mais si le régime qui précède le participe
+passé, est celui du verbe à l'infinitif, le participe
+passé demeure invariable: <i>voilà les
+livres</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous avez</i> <span class="smcap">paru</span> <i>désirer</i>: le régime
+<i>que</i> appartient au second verbe.</p>
+
+<p>On reconnaît que le régime qui précède
+le participe passé, est le régime de ce participe,
+lorsqu'on peut mettre ce régime immédiatement
+après le participe, et changer
+l'infinitif qui suit en participe présent; ou
+bien en un imparfait précédé du pronom relatif
+<i>qui</i>: cela est évident dans l'exemple
+ci-dessus: <i>voilà les enfans</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i> <span class="smcap">entendus</span>
+<i>lire</i>: on peut dire, <i>j'ai entendu les
+enfans</i> <span class="smcap">lisant</span>, ou <span class="smcap">qui lisaient</span>.</p>
+
+<p>Lorsque ce changement ne peut se faire,
+il faut en conclure que le régime qui précède<span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">[Pg 81]</a></span>
+le participe, est le régime du verbe qui suit
+le participe.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ entre deux <i>que</i>.
+Lorsque le <i>participe passé</i> se trouve entre
+deux <i>que</i>, le régime direct, c.-à-d., le premier
+<i>que</i> appartient toujours au second
+verbe, et par conséquent le participe est
+toujours invariable: <i>voilà les livres</i> <span class="smcap">que</span> <i>l'on a</i>
+<span class="smcap">voulu</span> <i>que je lusse</i>:&mdash;<i>les peines</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">prévu</span> <i>que cette affaire vous donnerait</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi,
+formé d'un verbe neutre. Ce participe est
+toujours invariable, parce que son verbe
+n'ayant pas de régime direct, ne peut en être
+précédé: <i>elles se sont</i> <span class="smcap">nui</span>:&mdash;<i>ils se sont</i>
+<span class="smcap">parlé</span>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">succédé</span>.</p>
+
+<p>Les verbes réfléchis ainsi formés d'un
+verbe neutre, sont au nombre de neuf, savoir;
+<i>se plaire</i>, <i>se déplaire</i>, <i>se complaire</i>,
+<i>se rire</i>, <i>se sourire</i>, <i>se parler</i>, <i>se succéder</i>,
+<i>se nuire</i>, <i>s'entre-nuire</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé <i>fait</i>, suivi d'un infinitif,
+est toujours invariable: <i>la maison</i> que j'ai
+<span class="smcap">fait</span> bâtir:&mdash;<i>les habits que j'ai</i> <span class="smcap">fait</span> <i>faire</i>.</p>
+
+<p>Beaucoup de grammairiens veulent que le
+participe <i>laissé</i> suive la même règle, et
+que l'on écrive: <i>la femme que j'ai</i> <span class="smcap">laissé</span>
+<i>passer</i>. D'autres veulent que ce mot suive
+la règle générale, et que l'on écrive: <i>la
+femme que j'ai</i> <span class="smcap">laissée</span> <i>passer</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ joint au verbe
+<i>avoir</i> précédé du mot <i>en</i>. Ce participe est
+invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">[Pg 82]</a></span>
+autre régime direct: <i>vous avez plus de richesses
+que je ne vous</i> <span class="smcap">en</span> <i>ai</i> <span class="smcap">donné</span>, et non
+pas <span class="smcap">données</span>:&mdash;<i>il m'a promis plus de services
+qu'il ne m'</i><span class="smcap">en</span> <i>a</i> <span class="smcap">rendu</span>, et non pas
+<span class="smcap">rendus</span>.</p>
+
+<p>Les participes <i>donné</i> et <i>rendu</i> sont invariables
+ici parce que le mot <i>en</i> est un pronom
+relatif qui signifie <i>de cela</i>, et qui par
+conséquent représente un régime indirect.</p>
+
+<p>Mais le participe est variable s'il est
+précédé d'un autre pronom qui en soit le
+régime direct: <i>j'ai écrit à mon frère, et
+voici la réponse</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'</i><span class="smcap">en</span> <i>ai</i> <span class="smcap">reçue</span>. <i>Reçue</i>
+est au féminin et au singulier, parce qu'il
+est précédé de son régime direct, le relatif
+<i>que</i> pronom qui se rapporte à <i>réponse</i>. Le
+pronom <span class="smcap">en</span> est régime indirect et signifie <i>de
+mon frère</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ joint au verbe
+<i>avoir</i> précédé du mot <i>le</i>. Ce participe ne
+varie point, lorsque le relatif <i>le</i> se rapporte
+à un <i>adjectif</i>: ainsi l'on écrira: <i>votre s&oelig;ur
+n'est pas aussi instruite que je l'avais</i> <span class="smcap">pensé</span>,
+parce que le pronom <i>le</i> se rapporte à
+l'adjectif <i>instruite</i>.</p>
+
+<p>Mais le participe varie, quand le mot <i>le</i>
+se rapporte à un <i>substantif</i>, comme dans
+cette phrase: <i>ma s&oelig;ur est toujours la même
+que je l'ai</i> <span class="smcap">connue</span>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels
+<i>il a fait</i>, <i>il y a eu</i>. Ce participe
+demeure invariable: ainsi on dit, <i>les chaleurs
+qu'il a</i> <span class="smcap">fait</span>; et non pas, <i>qu'il a</i><span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">[Pg 83]</a></span>
+<span class="smcap">faites</span>:&mdash;<i>la disette qu'il y a</i> <span class="smcap">eu</span> <i>pendant
+l'hiver dernier</i>; et non pas, <i>qu'il y a</i> <span class="smcap">eue</span>.</p>
+
+<p>On écrit également sans accord: <span class="smcap">il est
+arrivé</span> <i>de grands malheurs</i>:&mdash;<i>quels changemens
+en</i> <span class="smcap">est-il résulté</span>? parce que
+c'est une règle sans exception, que le participe
+conjugué avec <i>être</i> (excepté dans les
+verbes réfléchis, où il est pour <i>avoir</i>) s'accorde
+toujours avec son sujet: or le sujet de,
+<i>est arrivé</i>;&mdash;<i>est résultée</i>, c'est <i>il</i> représentant
+<i>ceci</i>, mot invariable, mot neutre, qui
+ne saurait exercer aucune influence sur le
+participe.</p>
+
+<p>Il faut aussi écrire sans accord: <span class="smcap">il s'est
+rassemblé</span> <i>une foule de gens armés</i>:&mdash;<span class="smcap">il
+s'est glissé</span> <i>une faute dans votre copie</i>:&mdash;<span class="smcap">il
+s'est trouvé</span> <i>dix personnes chez
+moi</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes neutres.
+Le verbe neutre n'ayant pas de régime
+direct, son participe passé demeure
+invariable: <i>les sommes que ce procès m'a</i>
+<span class="smcap">couté</span>:&mdash;<i>les pistoles que ce cheval a</i> <span class="smcap">valu</span>:&mdash;<i>les
+jours que j'ai</i> <span class="smcap">vécu</span>.</p>
+
+<p>Cependant lorsque <i>valoir</i> signifie <i>procurer</i>,
+<i>faire obtenir</i>, il est actif, et alors son participe
+passé doit s'accorder avec le régime
+direct qui le précède: <i>les honneurs que m'a</i>
+<span class="smcap">valus</span> <i>mon habit</i>. Il en est ainsi du participe
+passé de <i>couter</i>, lorsque ce verbe signifie
+<i>causer</i>, <i>exiger</i>: <i>les peines que cette affaire
+m'a</i> <span class="smcap">coutées</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">[Pg 84]</a></span></p>
+
+<p>PARTICIPER À, c'est avoir part à
+quelque chose, à quelque action: <i>participer</i>
+<span class="smcap">aux</span> <i>faveurs du Prince</i>. <i>Participer
+de</i>, c'est tenir de la nature de quelque
+chose: <i>l'enthousiasme de cet auteur participe</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>la folie</i>.</p>
+
+<p>PASSÉ INDÉFINI et DÉFINI. Il
+ne faut pas confondre le <i>passé indéfini</i> avec
+le <i>passé défini</i>. Le passé indéfini s'emploie
+indifféremment pour un temps passé, soit
+qu'il en reste encore une partie à écouler ou
+non: <span class="smcap">j'ai reçu</span> <i>une lettre l'année dernière</i>,&mdash;<i>le
+mois passé</i>,&mdash;<i>la semaine dernière</i>,&mdash;<i>hier</i>:&mdash;<span class="smcap">j'ai
+reçu</span> <i>une lettre cette année</i>,&mdash;<i>ce
+mois</i>,&mdash;<i>cette semaine</i>,&mdash;<i>aujourd'hui</i>.</p>
+
+<p>Le passé défini ne se dit au contraire que
+d'un temps complètement écoulé, et éloigné
+au moins d'un jour de l'instant où l'on parle:
+ainsi l'on ne dira pas; <span class="smcap">je reçus</span> <i>une lettre
+cette année</i>,&mdash;<i>ce mois</i>,&mdash;<i>cette semaine</i>,&mdash;<i>aujourd'hui</i>,
+parce que l'on est encore dans
+le temps dont il s'agit.</p>
+
+<p>PASSIF. Les verbes passifs demandent
+pour régimes les prépositions <i>de</i> et <i>par</i>: <i>de</i>,
+quand ils expriment un sentiment, une passion,
+en un mot un mouvement de l'âme:
+<i>par</i>, lorsqu'ils signifient une action à laquelle
+l'esprit ou le corps a seul part:
+<i>l'honnête homme est estimé</i> <span class="smcap">de</span> <i>tout le
+monde</i>;&mdash;<i>une grande partie de la terre a
+été conquise</i> <span class="smcap">par</span> <i>les Romains</i>.</p>
+
+<p>Cependant au lieu de la préposition <i>de</i>,
+l'usage permet d'employer <i>par</i> pour éviter<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">[Pg 85]</a></span>
+plusieurs <i>de</i>: <i>votre conduite a été approuvée</i>
+<span class="smcap">d'</span><i>une commune voix</i>, <span class="smcap">par</span> <i>toutes les
+personnes sages et éclairées</i>.</p>
+
+<p>PATATE, <i>plante du genre des liserons</i>.
+<span class="smcap">pomme de terre</span>, <i>plante du
+genre des solanums</i>. Ces définitions sont
+du Dict. de l'Académie, Édit. de 1835, et
+elles s'accordent avec celles que les naturalistes
+donnent de ces plantes. C'est donc
+une grave erreur que de désigner notre
+<i>pomme de terre</i> par le terme <i>patate</i>, plante
+que nous ne possédons pas, et qui ne vient
+guère qu'entre les deux Tropiques.</p>
+
+<p>PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT.
+Ce mot, quoique écrit de trois
+différentes manières, se prononce <i>pè-ment</i>.</p>
+
+<p>PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui
+sont terminés au participe présent par <i>yant</i>,
+comme <i>bégayer</i>, <i>bayer</i>, <i>employer</i>, <i>renvoyer</i>,
+<i>aboyer</i>, <i>essayer</i>, <i>ployer</i>, <i>appuyer</i>,
+etc., prennent un <i>y</i> et un <i>i</i> à la première et
+à la seconde personne du pluriel de l'imparfait
+de l'indicatif, et du présent du subj.
+<i>Je paie, tu paies, il paie, nous payons,
+vous payez, ils paient,</i> (prononcez <i>je pè</i>,
+<i>tu pè</i>, <i>il pè</i>, et à la troisième personne du
+pluriel, <i>ils pè</i>) <i>je payais, tu payais, il
+payait, nous payions, vous payiez, ils
+payaient, je payai, tu payas, il paya, nous
+payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je
+paierai, tu paieras, il paiera, nous paierons,
+vous paierez, ils paieront,</i> (prononcez,
+<i>je pè-e-rai</i>, <i>tu pè-e-ras</i>, <i>il pè-e-ra</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">[Pg 86]</a></span>
+etc.) <i>je paierais, tu paierais, il paierait,
+nous paierions, vous paieriez, ils paieraient,</i>
+(prononcez <i>je pè-e-rais</i>, <i>tu pè-e-rais</i>,
+<i>nous pè-e-rions</i>, etc.) <i>paie</i>, (prononcez <i>pè</i>,)
+<i>payons, payez, que je paie, que
+tu paies, qu'il paie, que nous payions, que
+vous payiez, qu'ils paient,</i> (prononcez, <i>que
+je pè</i>, <i>que tu pè</i>, <i>qu'il pè</i>, <i>qu'ils pè</i>) <i>que
+je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que
+nous payassions, que vous payassiez, qu'ils
+payassent, payant, payé, payée.</i></p>
+
+<p>Les verbes <i>croire</i>, <i>voir</i>, <i>fuir</i>, <i>asseoir</i>,
+etc., ayant leur participe présent terminé en
+<i>yant</i>, font aussi à l'imparfait de l'indicatif et
+au présent du subjonctif, <i>nous croyions</i>,
+<i>vous croyiez</i>; <i>que nous croyions</i>, <i>que vous
+croyiez</i>, etc.</p>
+
+<p>Quelques personnes, contrairement aux
+règles de la prononciation, font entendre l'<i>l</i>
+mouillée, ou l'<i>y</i>, aux trois personnes du singulier,
+et à la troisième personne du pluriel
+du présent du subjonctif des verbes dont le
+participe présent est terminé en <i>yant</i>. Ainsi
+elles prononcent, <i>que je pèghe</i>, (du verbe
+payer) <i>que tu pèghes</i>, <i>qu'il pèghe</i>, <i>qu'ils
+pèghe</i>, au lieu de, <i>que je pè</i>, <i>que tu pè</i>, <i>qu'il
+pè</i>, <i>qu'ils pè</i>:&mdash;&mdash; <i>que j'èghe</i>, (du verbe
+avoir) <i>que tu èghes</i>, <i>qu'il èghe</i>, <i>qu'ils èghe</i>,
+au lieu de, <i>que j'è</i>, <i>que tu è</i>, <i>qu'il è</i>, <i>qu'ils
+è</i>:&mdash;&mdash; <i>que je croèghe</i>, (du verbe croire) <i>que
+tu croèghes</i>, <i>qu'il croèghe</i>, <i>qu'ils croèghe</i>, au
+lieu de, <i>que je croa</i>, <i>que tu croa</i>, <i>qu'il croa</i>,
+<i>qu'ils croa</i>.</p>
+
+<p>Ces exemples prouvent combien l'insti<span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">[Pg 87]</a></span>tuteur
+doit faire d'efforts pour rompre de
+bonne heure dans ses élèves l'habitude de
+cette prononciation vicieuse.</p>
+
+<p>PEMINA, que le vulgaire nomme <i>pinbina</i>,
+est l'obier du Canada. Le peuple
+appelle aussi <i>pinbina</i> son fruit: c'est à tort,
+parce que la baie que porte le <i>pémina</i>, n'a
+pas de nom en français.</p>
+
+<p>PENNY est le mot anglais, et <i>denier</i> le
+mot français qui représentent le terme latin
+<i>denarius</i>, quoiqu'ils expriment des monnaies
+de valeurs très-différentes. Pourquoi donc
+employer le mot anglais <i>penny</i>, lorsque le
+français fournit un équivalent? D'ailleurs
+<i>penny</i> fait <i>pence</i> au pluriel, et puis les fractions
+du <i>penny</i> se nomment <i>farthings</i>:
+nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne
+savent pas l'anglais; et nouvelle raison par
+conséquent de rejeter ces mots étrangers,
+pour s'en tenir aux termes faciles et corrects
+de <i>denier</i>;&mdash;<i>demi-denier</i>;&mdash;<i>quart de
+denier</i>, etc.</p>
+
+<p>Il n'en est pas ainsi du mot <i>shilling</i>, dont
+l'emploi est nécessité par l'absence d'un
+terme français qui lui corresponde.</p>
+
+<p>Le mot anglais <i>dollar</i>, monnaie des
+États-Unis, se trouve dans quelques dictionnaires
+modernes: et <i>Boiste</i> admet <i>pound</i>,
+mot anglais pour <i>livre sterling</i>.</p>
+
+<p>PÉRIODE est masculin quand il marque
+le plus haut point, où une chose puisse
+arriver: <i>il est au plus</i> <span class="smcap">haut</span> <i>période de sa
+gloire</i>; ou quand il signifie un espace de<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">[Pg 88]</a></span>
+temps: <i>dans un</i> <span class="smcap">court</span> <i>période</i>:&mdash;<i>dans le</i>
+<span class="smcap">dernier</span> <i>période de sa vie</i>: il est féminin
+dans ses autres acceptions: <span class="smcap">la</span> <i>période lunaire</i>:&mdash;<span class="smcap">la</span>
+<i>période julienne</i>.</p>
+
+<p>PÉRIR. En parlant de personnes qui
+n'existent plus, on dirait, <i>elles</i> <span class="smcap">sont</span> <i>péries</i>,
+parce qu'alors la pensée est occupée de l'état
+des personnes qui n'existent plus. Mais
+si l'on voulait désigner l'époque où elles ont
+cessé d'exister, ou la manière dont elles ont
+perdu la vie, il faudrait se servir de l'auxiliaire
+<i>avoir</i>, et dire, <i>elles</i> <span class="smcap">ont</span> <i>péri en 1840</i>:&mdash;<i>elles</i>
+<span class="smcap">ont</span> <i>péri dans un naufrage</i>.</p>
+
+<p>Le même principe est applicable au verbe
+<i>échouer</i>. <i>Le vaisseau</i> <span class="smcap">a</span> <i>échoué sur la côte</i>;&mdash;<i>le
+vaisseau que montait mon ami</i> <span class="smcap">est</span>
+<i>échoué</i>. V. <span class="smcap">auxiliaires</span>.</p>
+
+<p>PERSONNE <i>pronom indéfini</i>, a un
+sens vague, s'emploie sans article et sans
+adjectif déterminatif, et signifie aucune personne,
+qui que ce soit: il est toujours du
+masculin et du singulier: <span class="smcap">personne</span> <i>n'est
+assez sot pour le croire</i>;&mdash;<i>il n'y a</i> <span class="smcap">personne</span>
+<i>qui ne soit fâché</i>.</p>
+
+<p><i>Personne substantif</i> a un sens déterminé;
+il est accompagné de l'article, ou d'un adjectif
+déterminatif, et est féminin: <i>quelle
+est la personne assez</i> <span class="smcap">sotte</span> <i>pour le croire?</i>&mdash;<i>il
+n'y a pas</i> <span class="smcap">une</span> <i>personne qui n'en soit</i>
+<span class="smcap">fachée</span>.</p>
+
+<p>PERSES. On doit appeler <i>Perses</i> les
+anciens habitans de la Perse, et <i>Persans</i>
+ceux d'aujourd'hui.<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">[Pg 89]</a></span></p>
+
+<p>PERSUADER. La grammaire permet
+d'écrire,&mdash;<i>les modernes se sont</i> <span class="smcap">persuadés</span>
+<i>qu'ils surpassaient les anciens</i>&mdash;et&mdash;<i>les modernes
+se sont</i> <span class="smcap">persuadé</span> <i>qu'ils surpassaient
+les anciens</i>. La raison en est qu'avec
+le verbe <i>se persuader</i>, le pronom <i>se</i> peut
+être également régime direct, ou régime indirect
+du verbe: en effet, on dit <i>persuader
+quelqu'un</i>, et <i>persuader</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le
+verbe qui suit au subjonctif: <i>il y a peu
+d'hommes, qui</i> <span class="smcap">sachent</span> <i>supporter l'adversité</i>.</p>
+
+<p><i>Un petit peu</i> est une faute grossière:
+dites simplement, <i>un peu</i>.</p>
+
+<p><i>Pour le peu que</i> est un barbarisme, il
+faut dire, <i>pour peu que</i>.</p>
+
+<p>PEUR. La locution conjonctive, <i>de peur
+que</i>, veut toujours <i>ne</i> devant le verbe suivant:
+<i>de peur qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p><i>Avoir peur</i> exige également <i>ne</i> devant <i>le</i>
+verbe qui suit: <i>j'ai peur qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vous
+trompe</i>: à moins qu'<i>avoir peur</i> ne soit
+accompagné d'une négation; ou ne soit
+employé interrogativement: dans ces deux
+cas on supprime ne: <i>je n'ai pas peur qu'il
+vous trompe?</i></p>
+
+<p>PEUT-ÊTRE employé avec le verbe
+<i>pouvoir</i> forme un pléonasme ridicule: ne
+dites pas: <i>peut-être il pourra venir</i>, mais,
+<i>peut-être il viendra</i>.</p>
+
+<p>PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours
+à un substantif, et s'accorde avec lui.<span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">[Pg 90]</a></span>
+<i>De deux maux il faut éviter le</i> <span class="smcap">pire</span>:&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">pires</span> <i>des ennemis ce sont les flatteurs</i>.</p>
+
+<p><i>Pire</i>, suivi de <i>que</i>, veut <i>ne</i> devant le verbe
+qui suit: <i>ce vin est pire que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le pensais</i>:
+à moins que cet adjectif n'accompagne
+un verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement:
+<i>ce vin n'est pas pire que je
+le pensais</i>:&mdash;<i>ce vin est-il pire que vous
+le pensiez?</i></p>
+
+<p>PIS est l'opposé de <i>mieux</i>, et se dit
+pour <i>plus mal</i>. Il ne se joint pas à des
+substantifs masculins ou féminins, mais seulement
+à des noms, où à des pronoms indéterminés,
+comme dans cette phrase, <i>rien
+n'est</i> <span class="smcap">pis</span> <i>qu'une mauvaise langue</i>.</p>
+
+<p><i>Pis</i> est quelquefois substantif: <i>le</i> <span class="smcap">pis</span> <i>de
+l'affaire est que</i>...</p>
+
+<p><i>Pis</i> est aussi adverbe comparatif: <span class="smcap">de
+pis</span> <i>en</i> <span class="smcap">pis</span>,&mdash;<i>de mal en</i> <span class="smcap">pis</span>,&mdash;<i>tant</i> <span class="smcap">pis</span>.</p>
+
+<p>Le peuple dit abusivement <i>de</i> <span class="smcap">pire</span> <i>en</i>
+<span class="smcap">pire</span>,&mdash;<i>de mal en</i> <span class="smcap">pire</span>,&mdash;<i>tant</i> <span class="smcap">pire</span>.</p>
+
+<p>PLAINDRE. <i>Se plaindre de ce que</i>,
+suppose un sujet de plainte: <i>il se plaint</i> <span class="smcap">de
+ce que</span> <i>vous l'avez trompé</i>.</p>
+
+<p><i>Se plaindre que</i> ne suppose pas lieu à la
+plainte: <i>il a tort de se plaindre</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous
+l'ayez trompé</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>se plaindre</i> s'accorde
+toujours avec le second pronom: <i>ils
+se sont</i> <span class="smcap">plaints</span> <i>de vous</i>:&mdash;<i>elle s'est plainte
+de votre conduite</i>: excepté lorsque <i>se
+plaindre</i> signifie <i>se refuser</i>, cas dans lequel<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">[Pg 91]</a></span>
+le second pronom cesse d'être régime direct,
+<i>elle s'est</i> <span class="smcap">plaint</span> <i>le boire et le manger</i>.</p>
+
+<p>PLAIRE. Ce <i>qui plait</i> est ce qui est
+agréable: ce <i>qu'il plait</i> est ce que l'on
+veut: <i>les incensés sacrifient leurs intérêts
+à ce</i> <span class="smcap">qui</span> <i>leur</i> <span class="smcap">plait</span>:&mdash;<i>les gens d'un caractère
+opiniâtre ne veulent faire que ce</i> <span class="smcap">qu'il</span>
+<i>leur</i> <span class="smcap">plait</span>.</p>
+
+<p>On doit répondre à quelqu'un qui offre
+quelque chose, <i>ce</i> <span class="smcap">qu'il</span> <i>vous plaîra</i>, et non
+pas, <i>ce</i> <span class="smcap">qui</span> <i>vous plaîra</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>plaire</i> est toujours
+invariable:&mdash;<i>ils nous ont</i> <span class="smcap">plu</span>:&mdash;<i>ils se sont</i>
+<span class="smcap">plu</span> <i>réciproquement</i>:&mdash;<i>ils se sont</i> <span class="smcap">plu</span> <i>à me
+contrarier</i>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">plu</span> <i>à la campagne</i>.</p>
+
+<p>PLAISIR (il y a). Cette locution prend
+<i>à</i> devant une consonne, et <i>de</i> devant une
+voyelle. <i>Il y a plaisir</i> <span class="smcap">à</span> <i>l'entendre chanter</i>:&mdash;<i>il
+y a plaisir</i> <span class="smcap">d'</span><i>avoir affaire à un
+homme si loyal</i>.</p>
+
+<p>PLÉONASME. Le pléonasme est autorisé
+lorsqu'il ajoute à la phrase plus d'énergie
+et de grâce; mais souvent il est un vice
+à éviter. Voici quelques phrases dans lesquelles
+le pléonasme est vicieux. <i>S'entr'égorger
+les uns les autres</i>: les mots <i>les uns
+les autres</i> sont superflus:&mdash;<i>plaintes réciproques
+de part et d'autre</i>: <i>de part et
+d'autre</i> sont redondans: <i>discours rempli de
+beaucoup de citations</i>: <i>beaucoup</i> est inutile.&mdash;<i>À
+Mons. N, Prêtre, Curé de N</i>;&mdash;<i>À
+Mons. N, Prêtre, Vicaire de N</i>:&mdash;<i>Je</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">[Pg 92]</a></span>
+<i>soussigné, Prêtre, Curé de N</i>. Le mot
+<i>prêtre</i> dans ces phrases est superflu:&mdash;<i>une
+heure de temps</i>: retranchez <i>de temps</i>:&mdash;<i>ainsi
+donc vous avez tort</i>; l'un des deux
+termes <i>ainsi</i> et <i>donc</i> est redondant:&mdash;<i>les
+ennemis reculent en arrière</i>: on ne recule
+pas en avant; <i>en arrière</i> est donc superflu;
+<i>un brillant éclat</i>: <i>brillant</i> est superflu,
+car tout éclat est <i>brillant</i>:&mdash;<i>un cadavre
+inanimé</i>; certes il n'y a pas de cadavre
+<i>animé</i>:&mdash;<i>il fut forcé malgré lui d'y
+consentir</i>; supprimez <i>malgré lui</i>:&mdash;<i>il faut
+s'entr'aider mutuellement</i>; le dernier mot
+de cette phrase n'ajoute rien au sens:&mdash;<i>un
+petit peu</i>; retranchez <i>petit</i>:&mdash;<i>dépêchez-vous
+vite</i>; <i>vite</i> est superflu:&mdash;<i>tempête orageuse</i>;
+retranchez <i>orageuse</i>:&mdash;<i>voyons voir</i>;
+répétition barbare:&mdash;<i>je vais aller le chercher</i>,
+dites <i>je vais le chercher</i>:&mdash;<i>pour faire
+fuir les ennemis on n'aurait seulement qu'à
+se montrer</i>; <i>seulement</i> est superflu:&mdash;<i>je
+vais dîner, et puis ensuite je me rendrai
+chez vous</i>; <i>puis</i> signifie <i>ensuite</i>, il faut
+donc retrancher l'un ou l'autre:&mdash;<i>réellement
+vrai</i>; langage ridicule:&mdash;<i>au jour d'aujourd'hui</i>;
+<i>jour</i> est de trop:&mdash;<i>hémorragie de
+sang</i>: retranchez <i>de sang</i>, puisque le mot
+<i>hémorragie</i> signifie par lui-même <i>perte de
+sang</i>:&mdash;<i>il est impossible qu'on puisse réussir</i>;
+dites, <i>il est impossible de réussir</i>:&mdash;<i>il
+est impossible de pouvoir</i>; otez <i>de pouvoir</i>:&mdash;<i>je
+suis bien parfaitement</i>, ou <i>très-parfaitement
+votre humble serviteur</i>; les
+mots <i>bien</i> et <i>très</i>, joints à <i>parfaitement</i>, sont<span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">[Pg 93]</a></span>
+redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter
+à ce qui est parfait:&mdash;<i>un des modèles les
+plus parfaits</i> est une faute, retranchez <i>les
+plus</i>. Quelques grammairiens souffrent dans
+la conversation familière ces expressions,
+<i>montez en haut</i>;&mdash;<i>descendez en bas</i>;&mdash;<i>je
+veux unir ces deux prairies ensemble</i>.</p>
+
+<p>PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles:
+<i>plier du linge</i>;&mdash;<i>plier une lettre</i>.</p>
+
+<p>PLOYER. <i>Je ploie, tu ploies, il ploie,
+nous ployons, vous ployez, ils ploient, je
+ployais, nous ployions, vous ployiez, ils
+ployaient, je ployai, je ploierai, je ploierais,
+ploie, ployons, ployez, que je ploie,
+que nous ployions, qu'ils ploient, que je
+ployasse, ployant, ployé, ployée.</i></p>
+
+<p><i>Ployer</i>, c'est courber, faire fléchir:
+<i>ployer une branche d'arbre</i>.</p>
+
+<p>PLUPART. Le substantif <i>plupart</i>
+étant un collectif partitif, veut que le verbe
+et les autres correspondans, comme adjectifs,
+participes et pronoms s'accordent avec
+le substantif exprimé, ou sous-entendu après
+<i>la plupart</i>: <i>la plupart du monde</i> <span class="smcap">pense</span>,&mdash;<i>la
+plupart des sénateurs</i> <span class="smcap">étaient mécontens</span>
+<i>et</i> <span class="smcap">fatigués</span> <i>de la guerre</i>;&mdash;<i>la plupart</i>
+<span class="smcap">étaient</span> <i>d'avis que</i>...</p>
+
+<p>Dans le premier exemple l'accord a lieu
+avec <i>monde</i>, dans le second avec <i>sénateurs</i>,
+et dans le troisième avec le mot <i>sénateurs</i>
+sous-entendu; c'est comme s'il y avait,
+<i>la plupart des sénateurs étaient d'avis
+que</i>...<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">[Pg 94]</a></span></p>
+
+<p>PLUS. Le superlatif <i>le plus</i>, <i>la plus</i>,
+<i>les plus</i>, veut après lui le subjonctif: <i>les
+mouvemens des planètes sont les plus réguliers
+que nous</i> <span class="smcap">connaissions</span>.</p>
+
+<p>Avant les adverbes <i>plus</i>, <i>mieux</i>, <i>moins</i>,
+on emploie <i>le</i>, <i>la</i>, <i>les</i>, pour exprimer une
+comparaison: <i>cette dame ne pleurait pas,
+quoiqu'elle fût</i> <span class="smcap">la plus</span> <i>affligée</i>, c.-à-d., la
+dame plus affligée que les autres.</p>
+
+<p>Au contraire on emploie simplement <i>le</i>
+pour marquer une qualité portée au plus
+haut degré, sans aucune idée de comparaison
+avec d'autres objets: <i>cette dame ne
+pleure pas alors même qu'elle est</i> <span class="smcap">le plus</span>
+<i>affligée</i>:&mdash;<i>il s'est baigné dans l'endroit où
+les eaux sont</i> <span class="smcap">le moins</span> <i>rapides</i>.</p>
+
+<p>Dira-t-on, <i>les opinions</i> <span class="smcap">les plus</span> ou <span class="smcap">le
+plus</span> <i>généralement suivies</i>?</p>
+
+<p>La réponse dépend de l'intention de celui
+qui parle.</p>
+
+<p>S'il s'agit d'opinions considérées en elles-mêmes,
+et sans comparaison, on dira <span class="smcap">le
+plus</span> <i>généralement suivies</i>.</p>
+
+<p>Si au contraire, vous avez en vue d'autres
+opinions moins suivies, et que vous vouliez
+indiquer une comparaison, vous direz <span class="smcap">les
+plus</span> <i>généralement suivies</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le terme de comparaison placé
+après <i>plus</i> exprime une idée de mesure, de
+quantité, cet adverbe doit être suivi de la
+préposition <i>de</i>, et non de <i>que</i>: <i>il est plus</i> <span class="smcap">d'</span><i>à
+demi mort</i>:&mdash;<i>mon argent est plus</i> <span class="smcap">d'</span><i>à moitié
+dépensé</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">[Pg 95]</a></span></p>
+
+<p>PLUS TÔT, PLUTÔT. Il ne faut
+confondre ces deux mots. <i>Plus tôt</i>, locution
+adverbiale, est l'opposé de <i>plus tard</i>:
+<i>plutôt</i>, adverbe, marque une préférence.
+<i>Plutôt mourir que de trahir ma foi.</i></p>
+
+<p>POINT. Pas énonce simplement la négation:
+<i>point</i> l'exprime avec beaucoup plus
+de force: <i>il n'a</i> <span class="smcap">pas</span> <i>d'esprit ce qu'il faut
+pour cette place</i>:&mdash;<i>c'est un homme qui n'a</i>
+<span class="smcap">point</span> <i>d'esprit</i>.</p>
+
+<p>Il n'en est pas de même quand on interroge:
+si ma question est accompagnée
+de doute, je dirai; <i>n'avez-vous point été là?</i>
+mais si je suis persuadé, je dirai par manière
+de reproche: <i>n'avez-vous pas été là?</i></p>
+
+<p>PORTE. Les mots composés qui suivent
+ne prennent point d'<i>s</i> au pluriel: <i>porte-éguille</i>,
+<i>porte-baguette</i>, <i>porte-balle</i>, <i>porte-chape</i>,
+<i>porte-collet</i>, <i>porte-crayon</i>, <i>porte-croix</i>,
+<i>porte-crosse</i>, <i>porte-dieu</i>, <i>porte-drapeau</i>,
+<i>porte-enseigne</i>, <i>porte-étendard</i>, <i>porte-lanterne</i>,
+<i>porte-malheur</i>, <i>porte-manteau</i>,
+<i>porte-mousqueton</i>, <i>porte-respect</i>, <i>porte-verge</i>,
+etc. V. <span class="smcap">substantifs composés</span>.</p>
+
+<p>POUPÉE, jouet d'enfant. On substitue
+souvent à ce mot celui de <i>catin</i>. Le
+mot <i>catin</i>, quoique désigné par quelques
+auteurs comme synonyme de <i>poupée</i>, sonne
+mal aux oreilles délicates, au point qu'il n'est
+plus prononcé en ce sens dans la bonne société,
+et que le Dict. de l'Académie, Édit.
+de 1834, ne lui donne d'autre signification
+que celle de <i>femme de mauvaises m&oelig;urs</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">[Pg 96]</a></span></p>
+
+<p>POURVOIR. Passé défini, <i>je pourvus</i>:
+futur, <i>je pourvoirai</i>; conditionel, <i>je pourvoirais</i>:
+imparfait du subj. <i>que je pourvusse</i>.
+Le reste sur <i>voir</i>.</p>
+
+<p>POUVOIR. <i>Je puis</i> est plus usité que
+<i>je peux</i>. On ne dit pas <i>peux-je</i>? mais <i>puis-je</i>?
+Avec <i>pouvoir</i> on peut supprimer <i>pas</i> et
+<i>point</i>; <i>je ne puis</i>:&mdash;<i>il ne peut sortir</i>:&mdash;il
+en est de même des verbes <i>cesser</i>, <i>oser</i>,
+et <i>savoir</i>.</p>
+
+<p>PRENDRE GARDE QUE veut <i>ne</i>
+devant le verbe suivant: <i>prenez garde qu'on</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vous trompe</i>: excepté quand il est employé
+interrogativement, ou avec une négation.</p>
+
+<p>PRÉPOSITIONS. Les prépositions
+<i>à</i>, <i>de</i>, <i>en</i>, se répètent toujours avant chaque
+régime: <i>il dut la vie</i> <span class="smcap">à</span> <i>la clémence</i>, <i>et</i> <span class="smcap">à</span> <i>la
+magnanimité du vainqueur</i>:&mdash;<i>il est doux</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>servir</i>, <i>et</i> <span class="smcap">de</span> <i>contribuer à sa gloire</i>.</p>
+
+<p>Les autres prépositions, surtout celles qui
+n'ont qu'une syllabe, se répètent quand les
+régimes n'offrent aucune ressemblance de
+signification. <span class="smcap">Dans</span> <i>la paix et</i> <span class="smcap">dans</span> <i>la
+guerre</i>:&mdash;<span class="smcap">par</span> <i>la force et</i> <span class="smcap">par</span> <i>l'adresse</i>.</p>
+
+<p>Au contraire elles ne se répètent pas
+quand les régimes sont des expressions
+synonymes: <span class="smcap">dans</span> <i>la mollesse et l'oisiveté</i>:&mdash;<span class="smcap">par</span>
+<i>la force et la violence</i>:&mdash;<span class="smcap">à travers</span>
+<i>les dangers et les obstacles</i>.</p>
+
+<p>PRÈS, veut après lui la proposition <i>de</i>:
+<i>près</i> <span class="smcap">des</span> <i>montagnes</i>;&mdash;<i>près</i> <span class="smcap">du</span> <i>château</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">[Pg 97]</a></span>
+excepté dans le style familier; <i>près le marché</i>.</p>
+
+<p><i>Près de</i> indique aussi le temps et le
+nombre: <i>il est</i> <span class="smcap">près de</span> <i>deux heures</i>;&mdash;<i>il
+y a</i> <span class="smcap">près de</span> <i>vingt ans</i>. Ne dites pas:
+<i>il est</i> <span class="smcap">proche</span> <i>de deux heures</i>:&mdash;<i>il y a</i>
+<span class="smcap">proche</span> <i>de vingt ans</i>.</p>
+
+<p>PRESQUE. L'<i>e</i> final de <i>presque</i> s'élide
+seulement dans <i>presqu'île</i>; ainsi écrivez
+sans élision, <i>ouvrage</i> <span class="smcap">presque</span> <i>achevé</i>:&mdash;<i>habit</i>
+<span class="smcap">presque</span> <i>usé</i>.</p>
+
+<p>PRÊT À adjectif, signifie disposé à:
+<i>prêt</i> <span class="smcap">à</span> <i>partir</i>:&mdash;<i>ils sont prêts</i> <span class="smcap">à</span> <i>commencer</i>.
+<i>Près de</i> préposition, signifie sur le point de:
+<i>le soleil est près</i> <span class="smcap">de</span> <i>se coucher</i>.</p>
+
+<p>PRÉVALOIR se conjugue sur <i>valoir</i>,
+excepté au présent du subjonctif, où il fait,
+<i>que je prévale</i>, <i>que tu prévales</i>, <i>qu'il prévale</i>,
+<i>que nous prévalions</i>, <i>que vous prévaliez</i>,
+<i>qu'ils prévalent</i>.</p>
+
+<p>PRIER. Imparf. de l'ind. <i>nous priions</i>,
+<i>vous priiez</i>, <i>ils priaient</i>: présent du subjonctif,
+<i>que nous priions</i>, <i>que vous priiez</i>.</p>
+
+<p><i>Prier</i> <span class="smcap">de</span> <i>dîner</i> se dit d'une invitation accidentelle:
+<i>Prier</i> <span class="smcap">à</span> <i>dîner</i> d'une invitation
+préméditée.</p>
+
+<p>PRONOMS RELATIFS. Les pronoms
+relatifs <i>qui</i>, <i>que</i>, <i>lequel</i>, <i>laquelle</i>, <i>dont</i>,
+<i>où</i>, veulent le subjonctif après eux, quand
+ils ont pour antécédent un nom employé dans
+une phrase qui marque le doute, le désir,
+l'interrogation ou le commandement; et l'in<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">[Pg 98]</a></span>dicatif,
+lorsque la phrase exprime quelque
+chose de positif.</p>
+
+<p class="center">
+<i>Pronoms relatifs<br />
+avec l'indicatif.</i><br />
+</p>
+
+<p>Je connais quelqu'un qui <span class="smcap">pourra</span> vous
+rendre ce service:&mdash;voilà un livre que vous
+<span class="smcap">pourrez</span> consulter au besoin:&mdash;prêtez-moi
+ce livre dont vous n'<span class="smcap">avez</span> pas besoin:&mdash;ne
+quittez pas une place où vous <span class="smcap">êtes</span> commodément,
+et d'où vous <span class="smcap">entendez</span> bien.</p>
+
+<p class="center">
+<i>Les mêmes pronoms<br />
+avec le subjonctif.</i><br />
+</p>
+
+<p>Connaissez-vous quelqu'un qui <span class="smcap">puisse</span> me
+rendre ce service?&mdash;donnez-moi un livre
+que je <span class="smcap">puisse</span> consulter au besoin;&mdash;prêtez-moi
+un livre dont vous n'<span class="smcap">ayez</span> pas besoin:&mdash;choisissez
+une place où vous <span class="smcap">soyez</span>
+commodément, et d'où vous <span class="smcap">entendiez</span>
+bien.</p>
+
+<p><i>Auquel</i>, <i>à laquelle</i>, sont d'un usage très-ordinaire,
+et presque toujours indispensable
+quand il est question de <i>choses</i>: <i>le jardin</i>
+<span class="smcap">auquel</span> <i>je donne mes soins</i>:&mdash;<i>les sciences</i>
+<span class="smcap">auxquelles</span> <i>je m'applique</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'on parle de <i>personnes</i>, on est
+libre d'employer <i>à qui</i>, ou <i>auquel</i>, <i>à laquelle</i>:
+<i>Dieu</i> <span class="smcap">à qui</span>, ou <span class="smcap">auquel</span> <i>nous devons rapporter
+toutes nos actions</i>.</p>
+
+<p>Quand ce sont des prépositions autres que
+<i>de</i> et <i>à</i>, qui régissent le pronom relatif, l'on
+peut employer indifféremment <i>qui</i> ou <i>lequel</i>,
+si l'on parle de <i>personnes</i>, et dire; <i>cherchons
+à fléchir le Juge</i> <span class="smcap">devant qui</span>, OU <span class="smcap">devant le<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">[Pg 99]</a></span>quel</span>
+<i>nous devons paraître un jour</i>:&mdash;<i>on
+s'ennuie toujours avec ceux</i> <span class="smcap">avec qui</span>, ou <span class="smcap">avec
+lesquels</span> <i>il n'est pas permis de s'ennuyer</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'on parle de <i>choses</i>, l'on doit se
+servir de <i>lequel</i>, <i>laquelle</i>: <i>l'opinion</i> <span class="smcap">contre
+laquelle</span> <i>je me déclare</i>.</p>
+
+<p><i>Qui</i> s'emploierait cependant dans les cas
+où les choses seraient <i>personnifiées</i>: <i>rochers</i>
+<span class="smcap">à qui</span> <i>je me plains</i>:&mdash;<i>la gloire</i> <span class="smcap">à qui</span> <i>je me
+suis dévoué</i>.</p>
+
+<p>PRONONCIATION. La prononciation
+de la conversation diffère de celle de la
+déclamation, et de la lecture, en ce qu'elle
+souffre une infinité d'hiatus, pourvu qu'ils ne
+soient pas trop rudes. L'usage est tellement
+prononcé à cet égard, qu'il serait d'un
+pédant de ne pas s'y conformer. Ainsi dans
+la conversation, <i>folâtrer et rire</i>:&mdash;<i>aimer à
+jouer</i>, se prononcent, <i>folâtré et rire</i>:&mdash;<i>aimé
+à jouer</i>. En général l'<i>s</i> finale des verbes ne
+se prononce point devant une voyelle: ainsi,
+<i>tu aimes à rire</i>:&mdash;<i>tu joues avec prudence</i>, se
+prononcent, <i>tu aime à rire</i>:&mdash;<i>tu joue avec
+prudence</i>.</p>
+
+<p>L'articulation vicieuse de la diphthongue
+<i>oi</i>, si fréquente chez nous, doit attirer l'attention
+sérieuse de l'instituteur; ou plutôt,
+devons-nous dire, sa conscience est grevée
+à cet égard, d'une immense responsabilité
+envers ses élèves et la société.</p>
+
+<p>En discutant la prononciation de cette
+diphthongue, Gatel, dans la préface de son
+dictionnaire, p. <span class="smcap">xii</span> (Édit. de 1813) dit:<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">[Pg 100]</a></span></p>
+
+<p class="blockquot">«Quant à la diphthongue <i>oi</i>...je n'ignore
+pas que l'usage lui donne chez
+nous...une susceptibilité de plusieurs
+nuances, pour ceux du moins qui...ont
+les organes extrêmement souples et délicats.
+C'est tantôt le son d'<i>&oelig;</i>, ou plutôt
+d'<i>oè</i>;...tantôt celui d'<i>oa</i>...tantôt celui
+d'<i>oua</i>...mais ces nuances m'ont paru
+en général si légères, si difficiles à saisir...que...j'ai
+jugé plus convenable...de
+désigner toujours...la prononciation d'<i>oi</i>
+par <i>oa</i>, en prenant la seule précaution
+d'affecter l'<i>a</i> de l'accent circonflexe, suivant
+que le son en devait être plus ou
+moins fortement appuyé.»</p>
+
+<p>Duvivier, dans son article des diphthongues,
+dit que le son le plus naturel de
+la diphthongue <i>oi</i>, «est celui que l'on suit
+en grec, où l'on fait entendre l'<i>o</i> et l'<i>i</i>,
+comme dans <i>voi-ïelle</i>, <i>roi-ïaume</i> (<i>voa-ïelle</i>,
+<i>roa-ïaume</i>) mais,» dit-il, «elle a
+encore d'autres sons qu'il est difficile de
+représenter par écrit.»</p>
+
+<p>Outre Gatel déjà cité, Noël et Chapsal
+dans leur dictionnaire, et Rolland dans son
+vocabulaire, désignent toujours la prononciation
+de la diphthongue <i>oi</i> par <i>oa</i>, ou <i>oua</i>.
+Suivant eux, <i>voir</i>, <i>boire</i>, <i>croire</i>, <i>moi</i>, <i>toi</i>,
+<i>droit</i>, etc., se prononcent, <i>voar</i>, <i>boar</i>, <i>croar</i>,
+<i>moa</i>, <i>toa</i>, <i>droa</i>.</p>
+
+<p>Il faut donc éviter de donner le son de l'<i>è</i>
+ouvert à la diphthongue <i>oi</i>, et se garder de
+prononcer, <i>vo-ère</i>, <i>bo-ère</i>, <i>cro-ère</i>, <i>mo-è</i>,
+<i>to-è</i>, <i>dro-è</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">[Pg 101]</a></span></p>
+
+<p>Le Dictionnaire de l'Académie, et la plupart
+des grammairiens modernes donnent, à
+quelques nuances près, la même règle pour
+la prononciation de la diphthongue <i>oi</i>.</p>
+
+<p>Le son de la voyelle <i>a</i>, comme le son de
+quelques autres voyelles, peut être <i>aigu</i> ou
+<i>grave</i>: il est aigu dans <i>patte</i>, <i>natte</i> et
+grave dans <i>hâte</i>, <i>pâte</i>. On conçoit, facilement
+que le son grave doit être plus fort,
+plus rempli que le son aigu: mais on doit
+éviter de prononcer l'<i>a</i> comme les anglais le
+prononcent dans <span class="smcap">law</span> (loi): et les allemands
+dans <span class="smcap">ja</span> (oui) avec une effrayante
+ouverture de bouche. La douceur, l'harmonie
+de la langue française, ne peut souffrir
+la rudesse de tels sons.</p>
+
+<p class="blockquot">L'Académie vient à l'appui de cette règle
+de la prononciation de la voyelle <i>a</i>.</p>
+
+<p>«Le son de l'<i>a</i>, en français, est le même
+dans tous les mots: il ne différe que par
+sa durée, et par des nuances peu sensibles.
+Il est long ou bref: long dans
+<i>pâte</i>, <i>grâce</i>; bref dans <i>glace</i>, <i>trace</i>.
+<i>Dict.</i> de <i>l'Ac. Édit. de 1832</i>.</p>
+
+<p>Les autres voyelles susceptibles de devenir
+graves, sont <i>e</i>, <i>u</i>, <i>o</i>: <i>tempête</i>, <i>jeûne</i>,
+<i>côte</i>.</p>
+
+<p>PROPORTIONNEL <i>adjectif</i>, et <span class="smcap">proportionnellement</span>
+<i>adverbe</i>, termes de
+mathématiques, sont employée quand il s'agit
+de quantités en lignes, en nombres ou
+en grandeurs, qui sont en proportion. <i>Ré<span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">[Pg 102]</a></span>duire</i>
+<span class="smcap">proportionnellement</span> <i>un grand
+plan à un petit</i>.</p>
+
+<p>Dans les autres cas, où il est question de
+proportion entre une chose et une autre
+chose, on se sert du participe <i>proportionné</i>,
+et de l'adverbe <i>proportionnément</i>: <i>le remède
+est</i> <span class="smcap">proportionné</span> <i>au mal</i>:&mdash;<i>il n'a
+pas été récompensé</i> <span class="smcap">proportionnement</span> <i>à
+son mérite</i>.</p>
+
+<p>PROPRE À, désigne une vocation, ou
+une destination encore imparfaite. <i>Propre
+pour</i>, marque une capacité acquise:
+un homme <i>propre à</i> la guerre, pourra être
+un jour un guérier: un homme <i>propre pour</i>
+la guerre, a ce qu'il faut pour l'être maintenant.</p>
+
+<p>PUISQUE. L'<i>e</i> de <i>puisque</i> ne s'élide
+que devant <i>il</i>, <i>ils</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>, <i>on</i>, <i>un</i>, <i>une</i>:
+même observation pour le mot <i>quoique</i>.</p>
+
+<p class="p2">QUATRE-VINGTS prend la marque
+du pluriel: <i>quatre-vingts hommes</i>: excepté
+quand il est suivi d'un autre adjectif de
+nombre: <i>quatre-vingt-dix hommes</i>. Il est
+également invariable quand il s'agit de la
+date: <i>l'an mil huit cent quatre</i>-<span class="smcap">vingt</span>.</p>
+
+<p>QUELQUE s'écrit de trois manières:</p>
+
+<p>1º. suivi d'un verbe il se met en deux
+mots, <i>quel que</i>, et alors <i>quel</i> adjectif s'accorde
+au genre et en nombre avec le sujet
+du verbe: <span class="smcap">quels que</span> <i>soient les humains</i>.</p>
+
+<p>2º. suivi d'un substantif il s'écrit en un
+mot, <i>quelque</i>, et s'accorde en nombre avec<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">[Pg 103]</a></span>
+ce substantif: <span class="smcap">quelques</span> <i>raisons que vous
+puissiez me donner</i>.</p>
+
+<p>3º. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit
+participe, soit adverbe, <i>quelque</i> s'écrit également
+en un mot: mais alors il est adverbe,
+et conséquemment reste invariable: <span class="smcap">quelque</span>
+<i>puissans qu'ils soient</i>:&mdash;<span class="smcap">quelque</span> <i>considérés
+que nous soyons</i>:&mdash;<span class="smcap">quelque</span> <i>adroitement
+qu'ils s'y prennent</i>.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> finale de <i>quelque</i> s'élide seulement
+devant <i>un</i>, <i>une</i>, <i>autre</i>, <i>il</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>:
+<i>quelqu'un</i>,&mdash;<i>quelqu'une</i>,&mdash;<i>quelqu'autre</i>,&mdash;<i>quelqu'il
+soit</i>,&mdash;<i>quelle qu'elle soit</i>.</p>
+
+<p>QUELQUE CHOSE. Quand <i>quelque
+chose</i> signifie une certaine chose, il est
+substantif masculin. <i>J'ai vu quelque chose
+de</i> <span class="smcap">beau</span>. Il est substantif féminin lorsqu'il
+veut dire, quelque soit la chose. <i>Quelque
+chose que je lui ai</i> <span class="smcap">dite</span>.</p>
+
+<p>QUÊTER. C'est abusivement qu'on
+emploie ce mot pour signifier <i>mendier</i>.
+<i>Quêter</i>, c'est faire une collecte pour les
+pauvres, pour les objets de confréries, pour
+les établissemens religieux, etc. <i>Mendier</i>
+c'est demander l'aumône.</p>
+
+<p>Même remarque pour <i>quêteur</i> qu'on fait
+synonyme de <i>mendiant</i>.</p>
+
+<p><i>Quêteux</i> pour <i>mendiant</i> est doublement
+barbare.</p>
+
+<p>QUI prend le nombre et la personne de
+son antécédent, et les communique au verbe
+dont il est le sujet. Conséquemment on
+dira: <i>moi qui</i> <span class="smcap">ai</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>toi qui</i> <span class="smcap">as</span> <i>parlé</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">[Pg 104]</a></span>&mdash;<i>lui</i>
+ou <i>elle qui</i> <span class="smcap">a</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>nous qui</i> <span class="smcap">avons</span>
+<i>parlé</i>:&mdash;<i>vous qui</i> <span class="smcap">avez</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>ils</i>, ou <i>elles
+qui</i> <span class="smcap">ont</span> <i>parlé</i>.</p>
+
+<p>On doit donc aussi dire, <i>si c'était moi qui</i>
+<span class="smcap">voulusse</span>&mdash;<i>si c'était vous qui</i> <span class="smcap">voulussiez</span>&mdash;<i>si
+c'était lui qui</i> <span class="smcap">voulut</span>, et non pas, <i>si
+c'était moi qui</i> <span class="smcap">voulut</span>:&mdash;<i>si c'était vous
+qui</i> <span class="smcap">voulut</span>, etc.</p>
+
+<p>On dira, <i>vous parlez comme un homme</i>
+<span class="smcap">qui entend</span> <i>la matière</i>, et non pas, <span class="smcap">qui
+entendez</span> <i>la matière</i>:&mdash;<i>vous parlez comme
+des hommes</i> <span class="smcap">qui s'y connaissent</span>, et non
+pas, <span class="smcap">qui vous y connaissez</span>:&mdash;<i>tu étais le
+seul qui</i> <span class="smcap">put</span> <i>me dédommager</i>: parce que
+dans ces phrases, le relatif <i>qui</i> représente le
+substantif qui le précède immédiatement: et
+en effet, c'est comme si l'on disait; <i>vous
+parlez comme un homme</i>, <span class="smcap">lequel homme</span>
+<i>entend la matière</i>, etc. et puis ce substantif,
+que l'on est censé répéter après <i>lequel</i>,
+étant réellement le sujet, communique au
+verbe le genre, le nombre et la personne.</p>
+
+<p>Lorsque le relatif <i>qui</i> est précédé d'un
+adjectif, c'est au pronom qui est placé auparavant
+que se rapporte ce relatif: en
+conséquence il faut dire; <i>nous sommes ici</i>
+<span class="smcap">plusieurs</span> <i>qui nous</i> <span class="smcap">souvenons</span> <i>des succès</i>....&mdash;<i>c'est
+vous</i> <span class="smcap">seuls</span> <i>qui vous</i> <span class="smcap">chargez</span>
+<i>de cette responsabilité</i>:&mdash;<i>nous étions</i>
+<span class="smcap">deux</span> <i>qui</i> <span class="smcap">étions</span> <i>du même avis</i>. Observez
+que l'on dirait: <i>nous étions</i> <span class="smcap">deux</span> <i>juges qui</i>
+<span class="smcap">étaient</span> <i>du même avis</i>, et non pas, <i>qui</i>
+<span class="smcap">étions</span> <i>du même avis</i>, à cause du substantif
+<i>juges</i> qui est l'antécédent de <i>qui</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">[Pg 105]</a></span></p>
+
+<p>QUI, QUE. On doit éviter la multiplicité
+de ces pronoms, surtout quand ils
+sont interrogatifs. La grammaire ne les
+condamne pas absolument, mais l'oreille en
+est offensée. Ainsi au lieu de: <span class="smcap">qui</span> <i>est-ce</i>
+<span class="smcap">qui</span> <i>a fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>c'est</i> <span class="smcap">que</span>
+<i>cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>tu as</i>? dites: <span class="smcap">qui</span> <i>a
+fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>as tu</i>?</p>
+
+<p>QUICONQUE devient féminin quand
+il désigne spécialement une femme: <i>quiconque
+est bonne mère est</i> <span class="smcap">adorée</span> <i>de ses enfans</i>.</p>
+
+<p>QUOIQUE, en un mot, signifie <i>bien
+que</i>; <span class="smcap">quoique</span> <i>vous soyez instruit</i>, <i>soyez modeste</i>:
+en deux mots, il veut dire, <i>quelque
+chose que</i>: <span class="smcap">quoi que</span> <i>vous lui disiez</i>, <i>il ne
+vous écoutera pas</i>.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> de <i>quoique</i> ne s'élide que devant <i>il</i>,
+<i>elle</i>, <i>ils</i>, <i>elles</i>, <i>ou</i>, <i>un</i>, <i>une</i>.</p>
+
+<p class="p2">R. Dans la lecture, dans le discours
+soutenu, et dans les vers, <i>r</i> finale des infinitifs
+en <i>er</i> est nulle devant une consonne
+ou une <i>h</i> aspirée: mais suivie d'une voyelle
+ou d'une <i>h</i> muette, elle se fait entendre.</p>
+
+<p>Dans la conversation <i>r</i> est une lettre
+muette à la fin des infinitifs, même devant
+une voyelle: <i>aimer à boire</i>,&mdash;<i>parler et chanter</i>,
+se prononcent <i>aimé à boire</i>,&mdash;<i>parlé et
+chanté</i>.</p>
+
+<p>RAILLERIE. <i>Entendre raillerie</i>, c'est
+bien prendre la raillerie. <i>Entendre</i> <span class="smcap">la</span> <i>raillerie</i>,
+c'est avoir le talent de railler.<span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">[Pg 106]</a></span></p>
+
+<p>RAPPELER, (se) veut un régime direct;
+ne dites pas, <i>je me rappelle</i> <span class="smcap">de</span> <i>cette
+personne</i>:&mdash;<i>je me rappelle</i> <span class="smcap">de</span> <i>cette chose</i>:&mdash;<i>je</i>
+<i>m'</i><span class="smcap">en</span> <i>rappelle</i>: dites, <i>je me rappelle cette
+personne</i>:&mdash;<i>je me rappelle cette chose</i>:&mdash;<i>je
+me le rappelle</i>.</p>
+
+<p>On met cependant la préposition <i>de</i> devant
+l'infinitif: dans ce cas <i>de</i> n'est qu'un mot
+euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins
+le régime direct: <i>je me rappelle</i> <span class="smcap">d'</span><i>avoir vu</i>.</p>
+
+<p>RAPPORT. <i>Avoir rapport à</i> exprime
+une idée de relation, de liaison: <i>les effets
+ont rapport</i> <span class="smcap">aux</span> <i>causes</i>. <i>Avoir rapport avec</i>
+marque une idée d'analogie, de ressemblance:
+<i>nos plus belles tragédies ont beaucoup
+de rapport</i> <span class="smcap">avec</span> <i>celles des Grecs</i>.</p>
+
+<p>RAVOIR ne se dit qu'à l'infinitif.</p>
+
+<p>RÉGIMES, (deux). Quand un verbe a
+deux régimes, l'un est simple et l'autre est
+composé: alors il faut toujours placer le régime
+simple le plus près possible du verbe:
+<i>apportez-moi-la</i>,&mdash;<i>dites-moi-le</i>, seraient donc
+des fautes, parce que <i>moi</i> est régime composé,
+et <i>le</i>, <i>la</i>, régimes simples; il faut
+dire, <i>apportez-la-moi</i>,&mdash;<i>dites-le-moi</i>,&mdash;<i>donnez
+le-lui</i>,&mdash;<i>chantez-la-nous</i>, etc.</p>
+
+<p>RÉGIME PRONOM. Toutes les fois
+qu'un verbe actif est suivi d'un infinitif, on
+doit employer <i>le</i>, <i>la</i> <i>les</i>, devant ce verbe actif,
+si l'infinitif n'est pas régime direct: car
+alors il faut que le pronom soit régime direct,
+puisqu'un verbe actif exige un régime de<span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">[Pg 107]</a></span>
+cette nature: mais on doit employer <i>lui</i>,
+<i>leur</i>, quand l'infinitif est le régime direct du
+verbe actif, un verbe actif ne pouvant pas
+avoir deux régimes directs.</p>
+
+<p>On doit donc dire en parlant d'un homme,
+<i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai vu faire bien des sottises</i>, et non pas,
+<i>je</i> <span class="smcap">lui</span> <i>ai vu faire bien des sottises</i>: et en
+parlant des animaux; <i>c'est la brutalité qui</i>
+<span class="smcap">leur</span> <i>fait suivre les mouvemens de leur colère</i>:
+et non pas: <i>c'est la brutalité qui</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>fait suivre</i>, etc.</p>
+
+<p>Dans la première phrase le pronom <span class="smcap">le</span>
+(<i>cet homme</i>) est le régime direct de <i>voir</i> et
+non pas de l'infinitif <i>faire</i>; c'est comme
+s'il y avait, <i>j'ai vu cet homme faisant bien
+des sottises</i>.</p>
+
+<p>Dans la seconde phrase <i>suivre</i> est le régime
+direct de <i>faire</i>, et <i>leur</i> (aux animaux)
+le régime indirect; c'est comme si l'on
+disait; <i>c'est la brutalité qui fait suivre aux
+animaux les mouvemens de leur colère</i>.</p>
+
+<p>On ne doit pas dire, <i>l'idée</i> <span class="smcap">les</span> <i>a pris
+d'aller à la campagne</i>: mais, <i>l'idée</i> <span class="smcap">leur</span> <i>a
+pris</i>, etc. Ici le verbe est pris neutralement,
+et ne saurait avoir de régime direct.</p>
+
+<p>Il y a une grande différence entre, <i>je</i> <span class="smcap">lui</span>
+<i>ai vu donner un soufflet</i>, et, <i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai vu donner
+un soufflet</i>,&mdash;entre, <i>les offres de service que
+je</i> <span class="smcap">leur</span> <i>ai vu faire</i>, et, <i>les offres de service
+que je</i> <span class="smcap">les</span> <i>ai vus faire</i>:&mdash;entre, <i>les liqueurs
+que je</i> <span class="smcap">leur</span> <i>ai vu verser</i>, et, <i>les liqueurs que
+je</i> <span class="smcap">les</span> <i>ai vus verser</i>. Cette différence est
+telle, qu'en confondant les deux régimes l'on<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">[Pg 108]</a></span>
+exprimerait positivement le contraire de ce
+que l'on voudrait faire entendre.</p>
+
+<p>RÉFORMATION, RÉFORME. La
+<i>réformation</i> est l'action de réformer; la réforme
+en est l'effet.</p>
+
+<p>RÉSOUDRE. <i>Je résous</i>, <i>tu résous</i>, <i>il
+résout</i>, <i>nous résolvons</i>, <i>vous résolvez</i>, <i>ils résolvent</i>,
+<i>je résolvais</i>, <i>je résolus</i>, <i>je résoudrai</i>,
+<i>je résoudrais</i>, <i>résous</i>, <i>résolvons</i>, <i>résolves</i>,
+<i>que je résolve</i>, <i>que nous résolvions</i>, <i>que vous
+résolviez</i>, <i>que je résolusse</i>, <i>résolvant</i>: il a
+deux participes passés, <i>résolu</i> et <i>résous</i>: ce
+dernier n'a point de féminin.</p>
+
+<p>Lorsqu'il est question de déterminer une
+chose douteuse, on se sert de <i>résolu</i>: <i>ce
+jeune homme a</i> <span class="smcap">résolu</span> <i>de changer de conduite</i>.
+En parlant des choses qui se convertissent
+en d'autres, on se sert de <i>résous</i>;
+<i>le soleil a</i> <span class="smcap">résous</span> <i>le brouillard en pluie</i>.</p>
+
+<p>Quant <i>résoudre</i> est actif, il régit <i>de</i> avant
+l'infinitif, <i>on a résolu</i> <span class="smcap">d'</span><i>agir sans plus tarder</i>:
+employé passivement il prend <i>à</i> ou <i>de</i>
+devant l'infinitif: <i>je suis résolu</i> <span class="smcap">à</span> <i>partir</i>, ou
+<span class="smcap">de</span> <i>partir</i>. Quand résoudre est réfléchi, il
+régit <i>à</i>; <i>je me suis résolu</i> <span class="smcap">à</span> <i>demander une
+retraite</i>.</p>
+
+<p>RESPECT. On dit également <i>respè</i>
+ou <i>respeck</i>. Quand aux mots <i>aspect</i> et
+<i>circonspect</i>, il faut prononcer <i>aspeck</i> et <i>circonspeck</i>.
+Cependant Boiste prononce <i>assepekte</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">[Pg 109]</a></span></p>
+
+<p>RESTE. <i>Au reste</i> se dit des choses
+dont on a déjà parlé, et sur lesquelles il reste
+quelque chose à dire; <i>voilà l'opinion de
+Bernard</i>: <span class="smcap">au reste</span> <i>je vous en écrirai</i>.</p>
+
+<p><i>Du reste</i> s'emploie quand ce qui suit n'est
+pas dans le même genre que ce qui <i>précède</i>;
+<i>il est bizarre, emporté</i>, <span class="smcap">du reste</span> <i>brave
+homme</i>.</p>
+
+<p>RÉSULTER n'est usité qu'à l'infinitif et
+aux troisièmes personnes du singulier. Il
+prend <i>avoir</i> et <i>être</i>.</p>
+
+<p>RÉUNIR, lorsqu'il signifie, <i>posséder en
+même temps</i>, ne doit jamais être suivie des
+prépositions <i>à</i> ou <i>avec</i>; ne dites donc pas,
+<i>Turenne réunissait la prudence</i> <span class="smcap">à</span> <i>la hardiesse</i>,
+ni, <span class="smcap">avec</span> <i>la hardiesse</i>: dites, <i>Turenne
+réunissait la prudence</i> <span class="smcap">et</span> <i>la hardiesse</i>.
+En matière de Fief et d'autres
+choses semblables, on dit, <i>réunir à</i>.&mdash;<i>Réunir
+un grand Fief</i> <span class="smcap">à</span> <i>la Couronne</i>.</p>
+
+<p>Le verbe <i>unir</i> rejette la préposition <i>avec</i>,
+et veut <i>à</i>. <i>Turenne unissait la prudence</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>la hardiesse</i>.</p>
+
+<p>RÊVER À, c'est réfléchir profondément;
+<i>il rêve</i> <span class="smcap">à</span> <i>une affaire</i>. <i>Rêver de</i>, c'est faire
+un songe: <i>j'ai rêvé</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous</i>:&mdash;<i>j'ai rêvé</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>combats</i>.</p>
+
+<p>REVERS INATTENDU. On prononce
+<i>rever inattendu</i>.</p>
+
+<p>RIRE. Le participe <i>ri</i> est invariable:
+<i>ils se sont</i> <span class="smcap">ri</span>,&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">ri</span> <i>de mes menaces</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">[Pg 110]</a></span></p>
+
+<p>ROSBIF, du mot anglais <i>roast-beef</i>, signifie
+b&oelig;uf rôti.</p>
+
+<p>ROYAL. On disait autrefois, <i>des lettres
+royaux</i>,&mdash;<i>des ordonnance royaux</i>: la raison
+a fait justice de cette bizarre irrégularité:
+aujourd'hui l'on dit, <i>lettres royales</i>, <i>ordonnances
+royales</i>.</p>
+
+<p class="p2">S. L'<i>s finale</i> se fait entendre dans les
+mots <i>anus</i>, <i>aloès</i>, <i>as</i>, <i>atlas</i>, <i>blocus</i>, <i>calus</i>,
+<i>f&oelig;tus</i>, <i>iris</i>, <i>maïs</i>, <i>m&oelig;urs</i>, <i>prospectus</i>, <i>lapis</i>,
+<i>laps</i>, <i>en sus</i>, <i>locatis</i>, <i>vis</i>, <i>vasistas</i>, et
+dans les mots purement étrangers, tels que
+<i>bibus</i>, <i>chorus</i>, <i>agnus</i>, <i>gratis</i>, <i>Crésus</i>, <i>Délos</i>,
+<i>Rubens</i>, <i>Valens</i>, (prononcez, <i>rubinze
+valinze</i>) <i>Bacchus</i>, <i>Pallas</i>, etc.</p>
+
+<p>Exceptions. L'<i>s</i> ne sonne pas dans <i>Mathias</i>,
+<i>Thomas</i>, <i>Judas</i>.</p>
+
+<p>Quand le pronom <i>y</i>, ou le pronom <i>en</i>, suit
+immédiatement la seconde personne singulière
+de l'impératif terminé par un <i>e</i> muet, il
+faut, pour éviter un hiatus, y ajouter une <i>s</i>
+euphonique, et écrire, <i>donnes-en</i>;&mdash;<i>portes-y</i>;&mdash;<i>aies-en</i>;&mdash;<i>travailles-y</i>.</p>
+
+<p>Mais si le mot <i>en</i>, au lieu d'être un pronom,
+est une préposition, alors on ne fait
+point usage de la lettre euphonique <i>s</i>; et
+l'on écrit, <i>admire en France</i>...et non pas,
+<i>admires en France</i>.</p>
+
+<p>On ne fait pas sonner l'<i>s</i> dans cette phrase
+du discours familier, <i>sur les une heure</i>.</p>
+
+<p>L'impératif <i>va</i>, suivi des pronoms <i>y</i>, <i>en</i>,
+prend aussi une <i>s</i>: <i>vaS-y-voir</i>;&mdash;<i>vaS-en demander</i>;
+mais on ne doit pas dire, <i>vaS en<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">[Pg 111]</a></span>
+Angleterre</i>, mais, <i>va en Angleterre</i>, parce
+que <i>en</i> est ici préposition.</p>
+
+<p>SAILLIR, (verbe neutre et défectif)
+dans le sens de <i>jaillir</i>, ne se dit que des
+liquides: il n'est d'usage, suivant du Duvivier,
+qu'aux troisième personnes, et à l'infinitif,
+et se conjugue sur <i>finir</i>. <i>Il saillit</i>,
+<i>ils saillissent</i>, <i>il saillissait</i>, <i>ils saillissaient</i>,
+<i>il saillit</i>, <i>ils saillirent</i>, <i>il saillira</i>, <i>ils sailliront</i>,
+<i>il saillirait</i>, <i>ils sailliraient</i>, <i>qu'il
+saillisse</i>, <i>qu'ils saillissent</i>, <i>qu'il saillît</i>, <i>qu'ils
+saillissent</i>.</p>
+
+<p>SAILLIR, terme d'architecture, signifie
+s'avancer en dehors comme un balcon, une
+corniche. En ce sens il se conjugue différemment
+du verbe <i>saillir</i> de l'article qui
+précède, et ne s'emploie qu'à l'infinitif, et à
+la troisième personne des temps suivans;
+<i>il saille</i>, <i>ils saillent</i>, <i>il saillait</i>, <i>ils saillaient</i>,
+<i>il saillera</i>, <i>ils sailleront</i>, <i>il saillerait</i>,
+<i>ils sailleraient</i>, <i>qu'il saille</i>, <i>qu'ils
+saillent</i>, <i>qu'il saillît</i>, <i>qu'ils saillissent</i>.</p>
+
+<p>SANS QUE n'est jamais, suivi de <i>ne</i>:
+dites, <i>sans qu'il vienne</i>, et non, <i>sans qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p>SAVOIR est le seul verbe qui se mette
+au subjonctif, sans être sous la dépendance
+d'un autre mot qui le précède; mais alors il
+doit être accompagné d'une négation: <i>je ne</i>
+<span class="smcap">sache</span> <i>rien de nouveau</i>.</p>
+
+<p>SECOND éveille une idée d'ordre, et
+<i>deuxième</i> une idée de série. Ne dites pas;<span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">[Pg 112]</a></span>
+<i>le</i> <span class="smcap">deuxième</span>, <i>mais</i>, <i>le</i> <span class="smcap">second</span> <i>tome</i> d'un
+ouvrage qui n'a que deux tomes. Si l'ouvrage
+a plusieurs tomes, dites, <i>le</i> <span class="smcap">deuxième</span>
+et non <i>le</i> <span class="smcap">second</span> <i>tome</i>.</p>
+
+<p>SEMBLER. Le verbe impersonnel,
+<i>il semble</i>, veut le subjonctif: <i>il semble qu'il
+vous</i> <span class="smcap">craigne</span>: excepté quand il est accompagné
+d'un régime indirect de personne;
+<i>il</i> <span class="smcap">me</span> <i>semble qu'il vous</i> <span class="smcap">craint</span>.</p>
+
+<p>SEMI ne s'emploie qu'avec certains
+mots, et reste toujours invariable; <i>une</i> <span class="smcap">semi</span>-<i>fête</i>:&mdash;<i>des</i>
+<span class="smcap">semi</span>-<i>tons</i>:&mdash;<i>des fleurs</i> <span class="smcap">semi-doubles</span>.</p>
+
+<p>S'EN ALLER. Le pronom <i>en</i> de <i>s'en
+aller</i>, doit toujours, dans les temps composés,
+précéder immédiatement le verbe
+<i>être</i>. Dites, <i>nous nous</i> <span class="smcap">en</span> <i>sommes allés</i>:
+et non pas, <i>nous nous sommes</i> <span class="smcap">en</span> <i>allés</i>.</p>
+
+<p>Il ne faut pas dire; <i>je m'</i><span class="smcap">en</span> <i>vais commencer
+cette lettre</i>:&mdash;<i>je</i> <i>m'</i><span class="smcap">en</span> <i>vais lui
+écrire</i>: mais, <i>je vais commencer cette
+lettre</i>:&mdash;<i>je vais lui écrire</i>.</p>
+
+<p>SENS (ville). Prononcez, <i>San-ce</i>.</p>
+
+<p>SEOIR, pour signifier <i>être assis</i>, ne se
+dit plus qu'aux participes, <i>séant</i>, <i>sis</i>, <i>sise</i>:
+et pour signifier <i>être convenable</i>, ne se dit
+qu'au participe présent, qu'on écrit alors
+<i>seyant</i>, et aux troisièmes personnes, <i>il
+sied</i>, <i>ils siéent</i>, <i>il seyait</i>, <i>ils seyaient</i>, <i>il
+siéra</i>, <i>ils siéront</i>, <i>il siérait</i>, <i>ils siéraient</i>.
+Il est inusité aux temps composés.<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">[Pg 113]</a></span></p>
+
+<p><i>Messeoir</i> se conjugue comme <i>seoir</i>, <i>et
+s'</i>emploie aux mêmes temps.</p>
+
+<p>SI. On ne doit pas dire, <i>il était</i> <span class="smcap">si</span> <i>en
+peine</i>:&mdash;<span class="smcap">si</span> <i>en colère</i>: mais, <i>il était</i> <span class="smcap">si
+fort</span> <i>en peine</i>...<span class="smcap">si fort</span> <i>en colère</i>.</p>
+
+<p>SOFA, CANAPÉ. L'Académie dit
+qu'on confond souvent les <i>canapés</i> avec les
+<i>sofas</i>. <i>Sofa</i>, ou <i>sopha</i>, est un lit de repos
+qui sert de siége. <i>Canapé</i> est un long
+siége à dossier, qui sert quelquefois, mais
+rarement, de lit de repos. La plupart des
+longs siéges, qui parent nos salons, sont
+des <i>canapés</i>, et c'est une faute de les désigner
+par le terme <i>sofa</i>. <i>Divan</i> est un canapé
+oriental, sans dossier.</p>
+
+<p>SOI. Le pronom personnel <i>soi</i> se dit
+des personnes et des choses. Quand il se
+dit des personnes, ce ne peut être que dans
+les propositions générales, ou avec des
+noms collectifs ou indéfinis, comme <i>on</i>, <i>chacun</i>,
+<i>personne</i>, <i>quiconque</i>, etc. <i>On doit
+rarement parler de</i> <span class="smcap">soi</span>;&mdash;<i>chacun est content
+de</i> <span class="smcap">soi</span>;&mdash;<i>quiconque n'aime que</i> <span class="smcap">soi</span>,
+<i>est indigne de vivre</i>;&mdash;<i>ne vivre que pour</i>
+<span class="smcap">soi</span>, <i>c'est être déjà mort</i>.</p>
+
+<p>Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé,
+ce n'est plus <i>soi</i> qu'il faut employer,
+c'est <i>lui</i>, <i>elle</i>, <i>lui-même</i>, <i>elle-même</i>:
+<i>cet homme rapporte tout à</i> <span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>cette
+femme ne parle que d'</i><span class="smcap">elle-même</span>.</p>
+
+<p>Cependant, pour éviter une équivoque,
+les écrivains emploient <i>soi</i>, quoique l'antécédent
+offre un sens déterminé. <i>Ce jeune<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">[Pg 114]</a></span>
+homme, en remplissant les volontés de son
+père, travaille pour</i> <span class="smcap">soi</span>. Si au lieu de <i>pour</i>
+<span class="smcap">soi</span>, l'on disait <i>pour</i> <span class="smcap">lui</span>, il y aurait une
+équivoque; on ne saurait si <span class="smcap">lui</span> représente
+le père ou le fils.</p>
+
+<p>Lorsqu'il est question de <i>choses</i>, on peut
+indifféremment employer le pronom <i>soi</i>, ou
+le pronom <i>lui</i>, <i>elle</i>. <i>L'aimant attire le fer à</i>
+<span class="smcap">soi</span>, ou <i>à</i> <span class="smcap">lui</span>;&mdash;<i>un bienfait porte sa récompense
+avec</i> <span class="smcap">soi</span>, ou <i>avec</i> <span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>la vertu est aimable
+de</i> <span class="smcap">soi</span>, ou <i>d'</i><span class="smcap">elle-même</span>.</p>
+
+<p><i>Soi</i> étant toujours du nombre singulier,
+ne peut jamais se rapporter à un pluriel,
+lorsqu'il s'agit de <i>personnes</i>; mais s'il est
+question de <i>choses</i>, les avis sont partagés.
+L'Académie et Th. Corneille rejettent cette
+phrase, <i>ces choses sont indifférentes de</i> <span class="smcap">soi</span>,
+tandis qu'ils admettent celle-ci, <i>de</i> <span class="smcap">soi</span> <i>ces
+choses sont indifférentes</i>.</p>
+
+<p>SON, SA, SES, LEUR, LEURS,
+quand il s'agit de choses, se remplacent par
+l'article et le pronom <i>en</i>, lorsque ceux-ci
+peuvent entrer dans la phrase sans nuire au
+sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une
+maison, <span class="smcap">son</span> <i>extérieur est agréable</i>; en
+parlant d'une ville, <i>j'aime</i> <span class="smcap">ses</span> <i>environs</i>; et
+en parlant d'arbres, <span class="smcap">leurs</span> <i>fruits sont excellens</i>;
+l'on dira: <span class="smcap">l'</span><i>extérieur</i> <span class="smcap">en</span> <i>est agréable</i>,&mdash;<i>j'</i><span class="smcap">en</span>
+<i>aime</i> <span class="smcap">les</span> <i>environs</i>,&mdash;<span class="smcap">les</span> <i>fruits</i> <span class="smcap">en</span>
+<i>sont excellens</i>.</p>
+
+<p>Mais on dira avec <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, <i>leur</i>, <i>leurs</i>;
+<i>le Saint-Laurent a</i> <span class="smcap">sa</span> <i>source au delà du Lac
+Supérieur</i>,&mdash;<i>les sciences ont</i> <span class="smcap">leurs</span> <i>difficul<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">[Pg 115]</a></span>tés</i>;
+parce que le sens ne permet pas de
+remplacer <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, etc., par l'article et le
+pronom <i>en</i>.</p>
+
+<p>SORTIR, pour signifier <i>obtenir</i>, <i>avoir</i>,
+est un terme de palais, usité seulement à la
+troisième personne, et à quelques-uns de
+ses temps; <i>il sortit</i>, <i>ils sortissent</i>, <i>il sortissait</i>,
+<i>qu'il sortisse</i>, <i>sortissant</i>, <i>sorti</i>, <i>sortie</i>.
+Pour les temps composés, on se sert d'<i>avoir</i>:
+<i>ce jugement</i> <span class="smcap">a</span> <i>sorti son plein et entier effet</i>.</p>
+
+<p>SOU. On n'écrit plus, comme autrefois,
+<i>sol</i>.</p>
+
+<p>SOUFFRIR prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>je souffre</i> <span class="smcap">à</span> <i>le voir</i>, ou <span class="smcap">de</span> <i>le voir dans
+cet état</i>.</p>
+
+<p>SOUVENIR (faire). C'est une faute
+de dire: <i>afin de</i> <span class="smcap">leur</span> <i>faire souvenir</i>:&mdash;<i>je</i>
+<span class="smcap">lui</span> <i>ai fait souvenir</i>: dites, <i>afin de</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>faire souvenir</i>:&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai fait souvenir</i>.</p>
+
+<p><i>Souvenir</i> s'emploie en parlant de choses
+récentes; <i>ressouvenir</i> en parlant de choses
+passées depuis longtemps.</p>
+
+<p>SUBSTANTIFS. L'usage veut que
+certains substantifs, ayant la même inflexion
+et le même genre, servent à désigner
+les deux sexes; tels sont, <i>auteur</i>, <i>docteur</i>,
+<i>général</i>, <i>géomètre</i>, <i>graveur</i>, <i>médecin</i>,
+<i>orateur</i>, <i>philosophe</i>, <i>poëte</i>, <i>sculpteur</i>, <i>soldat</i>,
+<i>témoin</i>, <i>peintre</i>, <i>traducteur</i>, etc.</p>
+
+<p>Quand les substantifs <i>enfant</i>, <i>esclave</i>, <i>dépositaire</i>,
+etc., représentent une personne du
+sexe, l'article et l'adjectif doivent être mis<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">[Pg 116]</a></span>
+au féminin. <span class="smcap">Une</span> <i>enfant</i> <span class="smcap">pieuse</span>;&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>esclave</i>
+<span class="smcap">blanche</span>;&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>dépositaire</i> <span class="smcap">prudente</span>.</p>
+
+<p>SUBSTANTIFS COMPOSÉS (l'orthographe
+des).</p>
+
+<p><i>Première règle</i>. Quand un substantif
+composé est formé d'un substantif et d'un
+adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque
+du pluriel: <i>une basse-taille</i>, <i>des basses-tailles</i>:&mdash;<i>un
+plain-chant</i>, <i>des plains-chants</i>:
+excepté, <i>des blanc-seings</i>, <i>des terre-pleins</i>,
+<i>des chevau-légers</i>, <i>des grand'-mères</i>, <i>des
+grand'-messes</i>.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i> Quand il entre dans un substantif
+composé un mot, qui ne s'emploie plus
+isolément, comme dans <i>pic-grièche</i>, <i>loup-garou</i>,
+<i>gomme-gutte</i>, etc., ce mot joue le rôle
+d'un adjectif, et conséquemment prend la
+marque du pluriel: <i>des pics grièches</i>, <i>des
+loups-garous</i>, <i>des gommes-guttes</i>.</p>
+
+<p><i>Deuxième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé de deux substantifs,
+placés immédiatement l'un après l'autre, ils
+prennent tous les deux la marque du pluriel:
+un <i>chef-lieu</i>, des <i>chefs-lieux</i>, un <i>chien-loup</i>,
+des <i>chiens-loups</i>, un <i>chou-fleur</i>, des <i>choux-fleurs</i>:
+excepté, un <i>bec-figues</i>, des <i>bec-figues</i>,
+un <i>appui-main</i>, des <i>appuis-main</i>, un <i>Hôtel-Dieu</i>,
+des <i>Hôtels-Dieu</i>, un <i>brèche-dents</i>, des
+<i>brèche-dents</i>.</p>
+
+<p><i>Troisième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé de deux substantifs unis par
+une préposition, c'est le premier substantif<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">[Pg 117]</a></span>
+qui prend la marque du pluriel: un <i>ciel-de-lit</i>,
+des <i>ciels-de-lit</i>: un <i>chef-d'&oelig;uvre</i>, des
+<i>chefs-d'&oelig;uvre</i>: excepté, des <i>coq-à-l'âne</i>,
+des <i>pied-à-terre</i>, des <i>tête-à-tête</i>.</p>
+
+<p><i>Quatrième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé d'un substantif joint à
+un verbe, ou à une préposition, ou à un
+adverbe, le substantif seul prend le signe du
+pluriel, si toutefois il y a pluralité dans
+l'idée. Ainsi l'on écrira avec une <i>s</i> au pluriel,
+des <i>contre-coups</i>, des <i>avant-coureurs</i>, des
+<i>arrière-saisons</i>. Mais on écrira sans mettre
+une <i>s</i> au pluriel, parce qu'il y a unité dans
+l'idée, des <i>serre-tête</i>, des <i>réveille-matin</i>
+(horloges), des <i>contre-poison</i>. Enfin on
+écrira avec une <i>s</i>, tant au singulier qu'au
+pluriel, parce qu'il y a toujours pluralité dans
+l'idée, les mots <i>essuie-mains</i>, <i>cure-dents</i>,
+<i>porte-clefs</i>. V. <span class="smcap">tire-balle</span>, <span class="smcap">porte</span>.</p>
+
+<p><i>Cinquième règle.</i> Quand un substantif
+composé ne renferme que des mots invariables
+de leur nature, comme <i>verbe</i>, <i>préposition</i>,
+<i>adverbe</i>, aucune de ces parties ne
+prend la marque du pluriel: des <i>pour-boire</i>,
+des <i>passe partout</i>.</p>
+
+<p>SUCCÉDER. Le participe <i>succédé</i>
+est invariable: <i>ils nous ont</i> <span class="smcap">succédé</span>,&mdash;<i>ils
+se sont</i> <span class="smcap">succédé</span>.</p>
+
+<p>SULLY. Les <i>ll</i> de ce nom propre sont
+mouillées.</p>
+
+<p>SUPPLÉER. <i>Suppléer une chose</i>, et
+<i>suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>une chose</i>, ont des sens très-différens.
+<i>Suppléer une chose</i>, c'est remplacer<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">[Pg 118]</a></span>
+ce qui manque, en fournissant une chose de
+la même nature. <i>Ce sac doit être de mille
+francs</i>: <i>s'il y a cent francs de moins, je</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>suppléerai</i>.</p>
+
+<p><i>Suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>une chose</i> c'est remplacer cette
+chose par une autre chose qui en tient lieu:
+<i>la valeur supplée</i> <span class="smcap">au</span> <i>nombre</i>.</p>
+
+<p>Avec un nom ou pronom de <i>personne</i>,
+qui lui sert de régime, <i>suppléer</i> ne prend
+jamais la préposition <i>à</i>. Ainsi dites <i>suppléer
+quelqu'un</i>, et non pas, <i>suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>:&mdash;<i>s'il
+ne vient pas je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suppléerai</i>, et non
+pas, <i>je</i> <span class="smcap">lui</span> <i>suppléerai</i>.</p>
+
+<p>SUPPOSÉ s'accorde lorsqu'il suit le
+substantif: <i>ces faits</i> <span class="smcap">supposés</span>: il est invariable
+quand il le précède: <span class="smcap">supposé</span> <i>ces
+faits</i>.</p>
+
+<p>SURSEOIR. <i>Je sursois, tu sursois,
+il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez,
+ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions,
+vous sursoyiez, ils sursoyaient, je sursis,
+nous sursîmes, je surseoirai, nous surseoirons,
+je surseoirais, nous surseoirions, surseois,
+sursoyons, que je surseoie, que nous
+sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions,
+sursoyant, sursis, sursise.</i></p>
+
+<p><i>Surseoir</i>, verbe actif, signifie suspendre:
+<i>on a sursis la délibération</i>: on dit aussi
+neutralement: <i>surseoir au jugement d'une
+affaire</i>.</p>
+
+<p>SYNONYME. Après deux substantifs
+synonymes, employés comme sujets, le
+verbe s'accorde avec le dernier: <i>son courage</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">[Pg 119]</a></span>
+<i>son intrépidité</i> <span class="smcap">étonne</span> <i>les plus braves</i>.
+L'adjectif suit la même règle: <i>une douceur</i>,
+<i>une affabilité</i> <span class="smcap">charmante</span>.</p>
+
+<p class="p2">T. À quelques rares exceptions près, le
+<i>t</i> final se prononce seulement devant une
+voyelle ou une <i>h</i> muette. C'est donc une
+faute, même grave, que de le faire sonner
+dans <i>juillet</i>, <i>beset</i>, <i>calumet</i>, <i>Nicolet</i>, ainsi
+que dans les noms d'hommes, <i>Bossuet</i>, <i>Croiset</i>,
+etc.: prononcez, <i>juillè</i>, <i>besè</i>, <i>calumè</i>,
+<i>Nicolè</i>, <i>Bossuè</i>, <i>Croisè</i>.</p>
+
+<p>Dans <i>avant-hier</i> le <i>t</i> se fait sentir faiblement:
+mais il ne peut être prononcé, sans
+blesser l'oreille, dans les locutions, <i>un goût
+horrible</i>,&mdash;<i>un tort incroyable</i>,&mdash;<i>un instinct
+heureux</i>, etc.: et si le mot suivi d'une
+voyelle, a un <i>r</i> devant le <i>t</i> final, comme
+dans <i>il part aujourd'hui</i>,&mdash;<i>il court à bride
+abattue</i>,&mdash;<i>il s'endort à l'ombre</i>, l'usage le
+plus commun est de ne pas faire sonner le <i>t</i>.</p>
+
+<p>Le <i>t</i> final se fait toujours entendre dans
+<i>abject</i>, <i>contact</i>, <i>fat</i> (<i>fat</i> n'a point de féminin),
+<i>suspect</i>, <i>granit</i>, etc.</p>
+
+<p>L'adverbe <i>net</i> se prononce indifféremment
+<i>nè</i> ou <i>nette</i>: mais le <i>t</i> de l'adjectif <i>net</i> est
+muet au masculin.</p>
+
+<p>Duvivier dit:</p> <p class="blockquot">«La plupart des écrivains
+modernes forment le pluriel des substantifs
+qui sont terminés par <i>ant</i>, ou par <i>ent</i>,
+en ajoutant un <i>s</i> et en supprimant le <i>t</i>
+final dans les polysyllabes: mais ils le
+conservent dans les monosyllabes.<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">[Pg 120]</a></span></p>
+
+<p class="blockquot">«Toutefois cette suppression n'est pas
+également adoptée; et en effet <i>Regnier</i>,
+<i>Desmarais</i>, MM. de <i>Port-Royal</i>....
+beaucoup de grammairiens modernes....
+et un grand nombre d'imprimeurs....
+conservent le <i>t</i> final.... mais.... l'Académie
+a adopté cette suppression....»</p>
+
+<p>Les mêmes remarques sont applicables à
+la suppression du <i>t</i> au pluriel des adjectifs
+terminés par <i>ant</i> et par <i>ent</i>.</p>
+
+<p>TÂCHER. <i>Je tâcherai que vous soyez
+content</i>, est un solécisme, parceque <i>tâcher</i>
+n'est jamais suivi de la conjonction <i>que</i>.</p>
+
+<p><i>Tâcher</i> prend <i>à</i> devant l'infinitif, quand il
+signifie <i>songer à</i>, <i>viser à</i>: <i>il tâche</i> <span class="smcap">à</span> <i>m'embarrasser</i>,&mdash;<span class="smcap">à</span>
+<i>me nuire</i>: et <i>de</i> quand il exprime
+les efforts que l'on fait pour parvenir à
+une fin: <i>il tâche</i> <span class="smcap">d'</span><i>avancer</i>.</p>
+
+<p>TAMBOUR. <i>Battre</i> <span class="smcap">du</span> <i>tambour</i>, c'est
+jouer du tambour; <i>battre</i> <span class="smcap">le</span> <i>tambour</i>, c'est
+donner un signal par le tambour.</p>
+
+<p>TARDER prend également <i>à</i> ou <i>de</i> devant
+l'infinitif: <i>tarder</i> <span class="smcap">à</span>, OU <i>tarder</i> <span class="smcap">de</span> <i>venir</i>.</p>
+
+<p>TÉMOIN placé au commencement d'un
+membre de phrase, est pris adverbialement:
+<span class="smcap">témoin</span> <i>les victoires de nos armes</i>.</p>
+
+<p>TERMES DE MARINE. L'emploi
+abusif de termes de marine, importés au
+pays par les premiers colons et navigateurs,
+à fait à la langue une plaie, qu'il n'est pas
+facile de fermer. Le mal, comme une épidémie,
+des dernier rangs de la société, s'est<span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">[Pg 121]</a></span>
+communiqué aux premiers: et souvent l'éducation
+la plus soignée est une faible barrière
+contre l'emploi, à rebours du sens
+commun, des termes, <i>virer</i>, <i>amarrer</i>, <i>larguer</i>,
+<i>greiller</i> (gréer), <i>embarquer</i>, <i>débarquer</i>,
+<i>revirer de bord</i>, <i>amarre</i>, <i>bordée</i>,
+etc., etc.</p>
+
+<p>Les Instituteurs ne peuvent trop sévir
+contre l'abus que nous signalons ici.</p>
+
+<p>TERMES PARASITES. Il faut éviter
+avec un soin extrême les <i>mots favoris</i>,
+les <i>termes bizarres</i>, qui inondent nos discours,
+et nous rendent importuns, ridicules
+et sont souvent le fléau de la société, sans que
+nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs
+ne décèle plus une éducation vulgaire.</p>
+
+<p>Également on doit éviter les tours surannés,
+les expressions ignobles, qui ne peuvent
+que fatiguer les personnes qui écoutent:
+tels que, <i>tirer les vers du nez</i>; <i>vous pouvez
+m'en croire</i>;&mdash;<i>par dessus le marché</i>;&mdash;<i>je
+vous remercie bien des fois</i>;&mdash;<i>au bout du
+compte</i>; <i>ce n'est pas l'embarras</i>; <i>sourd
+comme un pot</i>; etc.</p>
+
+<p>Le jeune âge doit être prémuni contre ces
+défauts, dont l'habitude se corrige difficilement.</p>
+
+<p>TIRANT est un <i>cordon</i> qui sert à ouvrir
+et fermer une bourse, un ridicule: c'est
+un <i>cuir</i>, un <i>ruban</i> pour boucler des souliers,
+monter des bottes, attacher des papiers,
+etc. On ne doit pas employer dans ces sens<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">[Pg 122]</a></span>
+les termes <i>attache</i>, <i>ganse</i>, et encore moins
+le mot anglais <i>strap</i>.</p>
+
+<p>TIRE-BALLE ne prend pas d'<i>s</i> au pluriel;
+non plus que les mots suivans; <i>tire-bouchon</i>,
+<i>tire-bourre</i>, <i>tire-bouton</i>, <i>tire-clou</i>,
+<i>tire-pied</i>, etc.: <i>tire-botte</i> s'écrit au pluriel
+avec une <i>s</i>. V. <span class="smcap">substantifs composés.</span></p>
+
+<p>TITRES <i>d'honneur</i>. Le mot <i>Révérend</i>
+est un titre qui appartient exclusivement aux
+<i>Prélats</i>, aux <i>Religieux</i> et aux <i>Religieuses</i>:
+et par conséquent, c'est une erreur grave
+que de le donner aux membres de notre clergé
+canadien, qui est <i>séculier</i>. Cette erreur
+nous vient des anglais, qui qualifient tous
+leurs ministres de <i>Révérends</i>. Mais quelque
+soit l'usage des Anglais à cet égard, nous ne
+pouvons donner au mot français <i>Révérend</i>,
+une extension qu'il n'a pas, une acception
+qui lui est étrangère.</p>
+
+<p>C'est encore par un abus de langage, que
+l'on attribue à nos ecclésiastiques la qualification
+de <i>Messire</i>. Ce titre d'honneur se
+donnait ci-devant en France et au Canada
+dans les actes, (mais seulement dans les
+actes,) <i>aux nobles et aux personnes distinguées
+par quelque haute dignité</i>, tant parmi
+les laïcs, que parmi les gens d'église: <i>fut
+présent Haut et Puissant Seigneur</i> <span class="smcap">messire</span>
+<i>Pierre Séguier</i>, <i>Chevalier</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Révérend Messire</i> est une expression
+doublement incorrecte.</p>
+
+<p>Il est à regretter que le titre d'<i>Abbé</i>, que
+l'on donne invariablement en France aux<span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">[Pg 123]</a></span>
+ecclésiastiques séculiers, ne soit presque
+plus usité chez nous.</p>
+
+<p>Les titres, <i>Monsieur</i> et <i>Madame</i> doivent
+être supprimés, quand on prend en écrivant,
+une autre qualification. Ainsi un <i>Chevalier</i>
+ne doit pas écrire, <i>Monsieur le Chevalier
+de N. a l'honneur de prévenir Monsieur le
+Colonel</i>: un Curé, <i>Monsieur le Curé de
+N., prie Monsieur le Marguillier en
+charge</i>: une Baronne, <i>Madame la Baronne
+de N. a l'honneur de présenter ses respectueux
+hommages à</i>: un Juge, <i>Monsieur
+le Juge N. présente son compliment à
+Monsieur le Procureur</i>.</p>
+
+<p>Il faut écrire, <i>Le Chevalier de N. a
+l'honneur</i> etc.&mdash;<i>Le Curé de N.</i>, etc.
+<i>La Baronne</i>, etc. etc.</p>
+
+<p>Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification,
+on emploie dans les billets et sur les
+cartes de visite, les termes <i>Monsieur</i>,
+<i>Madame</i>, <i>Mademoiselle</i>.</p>
+
+<p>Le nom d'un individu écrit sur la porte de
+sa demeure, ne doit pas être précédé du mot
+<i>Monsieur</i>. Mais s'il s'agit d'une personne
+du sexe féminin, il convient d'écrire, <i>Madame N.</i>&mdash;<i>Mademoiselle
+N.</i></p>
+
+<p>TOMBER <i>par terre</i>, se dit d'une chose
+qui touchait à la terre avant sa chute: <i>tomber
+à terre</i>, d'une chose qui étant élevée au-dessus
+de terre, tombe d'en haut. Ainsi
+un homme qui tombe en marchant dans
+la rue, <i>tombe</i> <span class="smcap">par</span> <i>terre</i>, et non <span class="smcap">à</span> <i>terre</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">[Pg 124]</a></span>
+un couvreur qui tombe d'un toit, <i>tombe</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>terre</i> et non <span class="smcap">par</span> <i>terre</i>.</p>
+
+<p>TOSTE sub. mas. (de l'anglais <i>toast</i>) signifie
+la proposition de boire à la santé de
+quelqu'un; au souvenir d'un évènement, etc.</p>
+
+<p>C'est à tort que l'on emploie le mot anglais
+<i>toast</i>, pour signifier <i>tranche de pain
+rôtie</i>. <i>Rôtie</i> est en français le correspondant
+de <i>toast</i>: et si la rôtie est recouverte de
+beurre, l'on dit, <i>une rôtie au beurre</i>.</p>
+
+<p>TOUCHER et PINCER, employés
+pour exprimer l'action de jouer des instrumens,
+sont actifs, et doivent conséquemment
+avoir un régime direct: d'où il suit qu'il faut
+dire, <i>toucher l'orgue</i>, <i>le forté-piano</i>: <i>pincer
+la guitarre</i>, <i>la harpe</i>: et non pas, <i>toucher</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>l'orgue</i>, <span class="smcap">du</span> <i>forté-piano</i>: <i>pincer</i>
+<span class="smcap">de la</span> <i>guitarre</i>, <span class="smcap">de la</span> <i>harpe</i>.</p>
+
+<p>TOUT. Quand <i>tout</i> est adverbe il signifie
+<i>tout-à-fait</i>, <i>quelque</i>, et reste invariable:
+<span class="smcap">tout</span> <i>aimable qu'est la vertu</i>,&mdash;<span class="smcap">tout</span>
+<i>spirituels qu'ils sont</i>,&mdash;<i>elle est</i> <span class="smcap">tout</span> <i>étonnée</i>.
+<i>Exception.</i> <i>Tout</i>, quoique adverbe, varie
+quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est
+féminin, et commence par une consonne,
+ou une <i>h</i> aspiré: <i>elle est</i> <span class="smcap">toute</span> <i>stupéfaite</i>,&mdash;<span class="smcap">toute</span>
+<i>hardie qu'elle est</i>.&mdash;<span class="smcap">toutes</span> <i>spirituelles
+qu'elles sont</i>.</p>
+
+<p><i>Tout.</i> Quand l'adjectif <i>tout</i> est joint à un
+nom de ville, il prend le genre masculin,
+quoique le nom de ville soit féminin: non
+que dans ce cas on le considère comme adverbe,
+mais parce que l'on sous-entend le mot<span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">[Pg 125]</a></span>
+<i>peuple</i>. On dira donc, <span class="smcap">tout</span> <i>Rome le sait</i>,&mdash;<span class="smcap">tout</span>
+<i>Florence en est convaincu</i>: c'est-à-dire,
+<i>tout le peuple de Rome</i>...<i>tout le
+peuple de Florence</i>....</p>
+
+<p>Mais joint à un nom de province, de
+royaume, de paroisse, <i>tout</i> prend le genre
+de ce nom. <span class="smcap">toute</span> <i>l'Italie</i>,&mdash;<span class="smcap">toute</span> <i>la
+paroisse</i>.</p>
+
+<p>TOUT-À-COUP signifie soudainement:
+<i>il disparut</i> <span class="smcap">tout-à-coup</span>. <i>Tout-d'un-coup</i>
+veut dire, tout d'une fois; <i>il s'est ruiné</i>
+<span class="smcap">tout-d'un coup</span>.</p>
+
+<p>TOUT DE SUITE, phrase adverbiale,
+signifie <i>incontinent</i>, <i>sur l'heure</i>. Il ne
+faut pas la confondre avec <i>de suite</i>, autre
+phrase adverbiale qui signifie <i>l'un après
+l'autre, sans interruption</i>.&mdash;<i>ces livres ne
+sont pas</i> <span class="smcap">de suite</span>.</p>
+
+<p>TRAIRE. <i>Je trais</i>, <i>tu trais</i>, <i>il trait</i>,
+<i>nous trayons</i>, <i>vous trayez</i>, <i>ils traient</i>, <i>je
+trayais</i>, <i>tu trayais</i>, <i>il trayait</i>, <i>nous trayions</i>,
+<i>vous trayiez</i>, <i>ils trayaient</i>; point de passé
+défini, <i>je trairai</i>, <i>je trairais</i>, <i>trais</i>, <i>trayons</i>,
+<i>trayez</i>, <i>que je traie</i>, <i>que tu traies</i>, <i>qu'il
+traie</i>, <i>que nous trayions</i>, <i>qu'ils traient</i>,
+point d'imparfait du subj. <i>trayant</i>, <i>trait</i>,
+<i>traite</i>.</p>
+
+<p>TRAIT D'UNION ou TIRET. Il
+sert à marquer la liaison qui existe entre
+deux ou plusieurs mots. On l'emploie,</p>
+
+<p>1º. entre le verbe et les pronoms, <i>je</i>, <i>moi</i>,
+<i>nous</i>, <i>tu</i>, <i>vous</i>, <i>il</i>, <i>ils</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>, <i>le</i>, <i>la</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">[Pg 126]</a></span>
+<i>les</i>, <i>lui</i>, <i>leur</i>, <i>y</i>, <i>en</i>, <i>ce</i>, <i>on</i>, quand ces
+pronoms sont placés après le verbe, dont ils
+sont le sujet, ou le régime: <i>irai-je?</i>&mdash;<i>viens-tu?</i>&mdash;<i>donnait-on?</i>&mdash;<i>laisse-moi</i>;&mdash;<i>allez-y</i>;&mdash;<i>portes-en</i>;
+etc. S'il y a deux noms, on
+emploie deux traits d'union: <i>laisse-le-moi</i>,&mdash;<i>donne-les-leur</i>.</p>
+
+<p>2º. avant ou après <i>ci</i> et <i>là</i>, accompagnant
+un substantif, un pronom, une préposition,
+un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une
+manière inséparable: <i>celui-ci</i>,&mdash;<i>celui-là</i>,&mdash;<i>là-dessus</i>,&mdash;<i>là-haut</i>,
+etc.</p>
+
+<p>3º. pour lier <i>très</i> au mot qui suit: <i>très-sagement</i>,&mdash;<i>très-riche</i>.</p>
+
+<p>4º. pour unir le dernier terme d'un nombre
+au terme précédent, quand le dernier terme
+passe <i>un</i>, et ne dépasse pas dix: <i>dix-huit</i>;&mdash;<i>trente-cinq</i>;&mdash;<i>deux
+cent dix-neuf</i>, mais on
+dirait sans trait d'union: <i>vingt et un</i>:&mdash;<i>cinquante
+et un</i>: le dernier terme étant <i>un</i>:
+et <i>cent quinze</i>;&mdash;<i>deux cent vingt</i>; le dernier
+terme dépassant <i>dix</i>. Cependant
+<i>quatre-vingts</i> prend toujours le trait d'union:
+<i>quatre-vingts chevaux</i>:&mdash;<i>quatre-vingt dix
+hommes</i>.</p>
+
+<p>5º. pour lier deux ou plusieurs mots qui,
+par le sens, n'en font qu'un, <i>Marc-Aurèle</i>,&mdash;<i>chef-lieu</i>;&mdash;<i>s'entre-choquer</i>,
+<i>Jean-Jacques</i>,
+<i>Jean-Baptiste</i>.</p>
+
+<p>6º. pour indiquer le changement d'interlocuteur:
+il remplace alors les <i>dit-il</i>, <i>reprit-il</i>,
+<i>répondit-il</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">[Pg 127]</a></span></p>
+
+<p>7º. pour marquer une suspension dans le
+discours.</p>
+
+<p>8º. pour lier le mot, dont une partie se
+trouve à la fin d'une ligne, et l'autre au
+commencement de la ligne suivante.</p>
+
+<p>TRAITER. On dit indifféremment,
+<i>traiter une matière</i>,&mdash;<i>une question</i>: ou,
+<i>traiter</i> <span class="smcap">d'</span><i>une matière</i>,&mdash;<span class="smcap">d'</span><i>une question</i>: à
+moins qu'on ne spécifie la matière, la question:
+alors il faut <i>de</i>:&mdash;<i>dans son ouvrage,
+il traite</i> <span class="smcap">des</span> <i>plantes</i>, <span class="smcap">des</span> <i>métaux</i>.</p>
+
+<p>TRAVERSER <i>le pont</i>, pour exprimer
+l'action de le parcourir dans sa longueur, n'est
+pas correct: il faut dire, <i>passer le pont</i>.</p>
+
+<p>TRÉMA. Le tréma est un double point
+(¨) qu'on met sur une des voyelles <i>e</i>, <i>i</i>, <i>u</i>,
+pour la faire prononcer séparément de celle
+qui précède: <i>naïf</i>, <i>Saül</i>, <i>ciguë</i>. L'emploi
+du tréma est une faute quand on peut le
+remplacer par un accent: ainsi au lieu de
+<i>poësie</i>, <i>Cloë</i>, écrivez, <i>poésie</i>, <i>Cloé</i>.</p>
+
+<p>TRÈS. L'usage ne permet guère de
+mettre <i>très</i> devant les participes. Dans ces
+cas l'on emploie <i>beaucoup</i>, <i>fort</i>, etc., et au
+lieu de dire <i>cet homme est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>aimé</i>; <i>cette
+place est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>menacée par l'ennemi</i>, l'on
+dit, <i>cet homme est</i> <span class="smcap">fort</span> <i>aimé</i>,&mdash;<i>cette place
+est</i> <span class="smcap">fort</span> <i>menacée</i>, etc.</p>
+
+<p>On peut cependant se servir de <i>très</i> avec
+certains participes employés comme adjectifs
+verbaux: <i>il est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>occupé</i>,&mdash;<i>il est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>humilié</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">[Pg 128]</a></span></p>
+
+<p><i>Très</i> ne doit pas être employé dans une
+proposition négative, Ne dites pas, <i>il n'est
+pas</i> <span class="smcap">très</span>-<i>sage</i>;&mdash;<i>il n'est pas</i> <span class="smcap">très</span>-<i>occupé</i>:
+dites, <i>il n'est pas</i> <span class="smcap">fort</span> <i>sage</i>,&mdash;<i>il n'est pas</i>
+<span class="smcap">fort</span> <i>occupé</i>.
+L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre
+adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter
+les locutions suivantes si communes et si vicieuses: <i>J'ai</i>
+<span class="smcap">très</span>-<i>faim</i>:&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">bien</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti</i> <span class="smcap">très</span>-<i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">très</span>-<i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">extrêmement</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne fait pas</i>
+<span class="smcap">bien</span> <i>froid</i>. Il faut dite: <i>J'ai une très</i>-<span class="smcap">grande</span> <i>faim</i>:&mdash;<i>il a
+une bien</i> <span class="smcap">grande</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti de très</i>-<span class="smcap">grand</span> <i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">grand</span> <i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai un</i> <span class="smcap">très-grand</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne
+fait pas un bien</i> <span class="smcap">grand</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<p>TROIS-RIVIÈRES, (en latin <i>Trifluvium</i>)
+nom composé, est substantif masculin
+du nombre singulier: il est masculin
+parceque les noms de ville en général sont
+masculins, à moins qu'ils ne dérivent d'un
+féminin latin: et quoiqu'il porte la marque
+du pluriel, il est au singulier, parce que le
+nom propre n'étant qu'un nom qui distingue
+une chose des autres choses, ne peut être
+susceptible de l'idée accessoire de pluralité.</p>
+
+<p><i>Trois-Rivières</i> étant un nom propre, ne
+peut, d'après la règle générale, être accompagné
+de l'article <i>les</i>. Il est vrai que cette
+règle souffre quelques exceptions, comme,
+<i>Le Hâvre</i>, <i>Le Puy</i>, <i>La Rochelle</i>. Il est
+encore vrai que, jusqu'à ces derniers temps, on
+a toujours écrit <i>Trois-Rivières</i> avec l'article:
+mais les écrivains récens, d'accord avec la
+raison, travaillent à corriger cette vieille erreur
+indiquée d'ailleurs suffisamment par le
+terme latin <i>Trifluvium</i>.</p>
+
+<p>Des observations qui précèdent il résulte
+que l'on doit dire, <i>Je vais</i> <span class="smcap">à</span> <i>Trois-Rivières</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">[Pg 129]</a></span>&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">à</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<i>Trois-Rivières</i>
+<span class="smcap">est bâti</span> <i>sur le fleuve St. Laurent</i>,
+et non pas, <i>je vais</i> <span class="smcap">aux</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">aux</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<span class="smcap">les</span>
+<i>Trois-Rivières</i> <span class="smcap">sont bâties</span> <i>sur le
+fleuve St. Laurent</i>.</p>
+
+<p><i>Trois-Pistoles</i>, <i>Trois-Saumons</i>, noms
+de paroisses, suivent la même règle.</p>
+
+<p>UN. Lévisac pense que le mot <i>un</i> devant
+une voyelle, doit être prononcé comme <i>une</i>,
+et que l'on doit dire <i>une-imbécile</i>,&mdash;<i>une hérétique</i>.
+D'autres grammairiens veulent que
+l'on prononce <i>un-nimbécile</i>.&mdash;<i>un-nhérétique</i>.</p>
+
+<p class="p2">UN DE. Au lieu de <i>un de</i>, il faut employer
+<i>l'un de</i>, quand <i>un</i> est précédé d'un
+substantif ou d'un pronom, et suivi d'un
+nombre précis: <i>Ducis l'un</i> <span class="smcap">des</span> <i>quarante de
+l'Académie</i>.</p>
+
+<p>Mais on dira avec <i>un de</i>,&mdash;<i>Henri IV est</i>
+<span class="smcap">un des</span> <i>meilleurs princes, qui aient régné
+sur la France</i>,&mdash;<span class="smcap">un des</span> <i>quarante de l'Académie
+est de mon avis</i>; parce que dans
+la première phrase, <i>un</i> précédé par le substantif
+<i>Henri</i>, n'est pas suivi d'un nombre: et
+que dans le second, <i>un</i> suivi par le nombre
+<i>quarante</i>, n'est pas précédé par un substantif
+ou un pronom.</p>
+
+<p>UNIQUE veut aprês lui le subjonctif:
+<i>c'est l'unique service que vous</i> <span class="smcap">puissiez</span> <i>me
+rendre</i>.</p>
+
+<p class="p2">VACANCES au pluriel, se dit des
+études publiques: <i>vacations</i> au pluriel, de la
+cessation des séances des gens de justice.<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">[Pg 130]</a></span></p>
+
+<p>VAINCRE. <i>Je vaincs</i>, <i>tu vaincs</i>, <i>il
+vainc</i>, <i>nous vainquons</i>, <i>vous vainquez</i>, <i>ils
+vainquent</i>, <i>je vainquais</i>, <i>je vainquis</i>, <i>je
+vaincrai</i>, <i>je vaincrais</i>, <i>vaincs</i>, <i>vainquons</i>,
+<i>vainquez</i>, <i>que je vainque</i>, <i>que je vainquisse</i>,
+<i>vaincant</i>, <i>vaincu</i>, <i>vaincue</i>.</p>
+
+<p>Le présent de l'indicatif n'est guère usité
+au singulier, non plus que <i>vaincs</i>, seconde
+personne du singulier de l'impératif.</p>
+
+<p>VALOIR. <i>Je vaux</i>, <i>nous valons</i>, <i>ils
+valent</i>, <i>je valais</i>, <i>je valus</i>, <i>je vaudrai</i>, <i>je
+vaudrais</i>: pas d'impératif, <i>que je vaille</i>,
+<i>que nous valions</i>, <i>que je valusse</i>, <i>valant</i>,
+<i>valu</i>, <i>value</i>.</p>
+
+<p>Le participe <i>valu</i> s'accorde seulement
+lorsque le verbe <i>valoir</i> signifie <i>procurer</i>,
+<i>rapporter</i>, et que le régime direct précède
+le participe: <i>que d'éloges ne lui a pas</i> <span class="smcap">valus</span>
+<i>sa conduite noble et généreuse</i>! c.-à-d.
+<i>procurés</i>; le participe, comme l'on voit,
+s'accorde ici avec le régime direct <i>que</i>, qui
+est devant.</p>
+
+<p>VENIMEUX se dit des animaux: <i>le
+scorpion est un animal</i> <span class="smcap">venimeux:</span> <i>vénéneux</i>
+des végétaux; <i>la ciguë est une plante
+vénéneuse</i>.</p>
+
+<p>VÊPRES, MATINES. Dites, <i>aller</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">à</span> <i>matines</i>: <i>réciter vêpres</i>,&mdash;<i>matines</i>:
+et non pas, <i>aller</i> <span class="smcap">aux</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">aux</span>
+<i>matine</i>: <i>réciter</i> <span class="smcap">les</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">les</span> <i>matines</i>:
+attendu que <i>vêpres</i> et <i>matines</i> étant
+pris <i>indéterminément</i> dans ces phrases, on
+doit supprimer l'article.<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">[Pg 131]</a></span></p>
+
+<p>Mais si ces noms étaient pris <i>déterminément</i>,
+comme dans ces locutions, <i>aller</i> <span class="smcap">aux</span>
+<i>vêpres de la paroisse de St. Roch</i>;&mdash;<i>réciter</i>
+<span class="smcap">les</span> <i>matines de Noël</i>, l'on ne pourrait
+omettre l'article.</p>
+
+<p>VERBES. Quelques grammairiens modernes
+ont substitué aux anciens titres de
+certains verbes de nouvelles dénominations,
+qu'il convient d'indiquer. Pour <i>actif</i> ils
+disent <i>transitif</i>: pour <i>neutre</i>,&mdash;<i>intransitifs</i>:
+pour <i>impersonnel</i>,&mdash;<i>unipersonnel</i>: et
+enfin <i>réfléchi</i> est remplacé par le terme
+<i>pronominal</i> ou <i>réciproque</i>.</p>
+
+<p>Les mêmes grammairiens disent <i>complément</i>
+pour <i>régime</i>.</p>
+
+<p>VÊTIR. <i>Je vêts, tu vêts, il vêt</i> (ce
+singulier est peu usité) <i>nous vêtons, je vêtais,
+je vêtis, je vêtirai, je vêtirais, vêts,
+vêtons, vêtez, que je vête, que je vêtisse,
+vêtant, vêtu, vêtue</i>.</p>
+
+<p>VIANDE, chair des animaux terrestres
+et des oiseaux dont on se nourrit. En ce
+sens on dit que l'on ne mange point de <i>viande</i>
+en carême.</p>
+
+<p><i>Viande</i> se dit quelquefois de la chair des
+poissons: <i>le saumon n'est pas une</i> <span class="smcap">viande</span>
+<i>de malade</i>.</p>
+
+<p>On appelle viandes de carême, <i>la morue</i>,
+<i>le hareng</i>, <i>le saumon</i>, etc. V. <span class="smcap">chair</span>.</p>
+
+<p>VIEIL. Au lieu de <i>vieux</i>, on se sert
+de <i>vieil</i> devant un substantif qui commence
+par une voyelle, ou une <i>h</i> non aspirée: ce<span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">[Pg 132]</a></span>pendant
+on est toujours libre d'employer le
+mot <i>vieux</i>.</p>
+
+<p>VILLES. En général les noms de
+<i>ville</i> sont masculins, excepté quand ils dérivent
+d'un féminin latin. Lorsque le genre
+est incertain, l'on doit faire précéder le nom
+du mot <i>ville</i>.</p>
+
+<p>Quand on personnifie une ville, l'on en
+met ordinairement le nom au féminin: <i>malheureuse
+Tyr, dans quelles mains es-tu
+tombée</i>.</p>
+
+<p>VINGT ET UN. On dit <i>vingt et un</i>,
+<i>trente et un</i>, etc. Mais la conjonction est
+omise dans <i>vingt-deux</i>, <i>vingt-trois</i>, etc.,
+<i>trente-deux</i>, <i>trente-trois</i>, etc. Il s'en suit
+que les locutions <i>trente un soldats</i>,&mdash;<i>l'an
+mil huit cent quarante un</i>, sont vicieuses.</p>
+
+<p>L'usage veut que l'on dise, <i>soixante et
+dix</i>, <i>soixante et onze</i>, etc.</p>
+
+<p>VIS-À-VIS ne doit pas s'employer dans
+le sens de <i>envers</i>, <i>à l'égard de</i>. Ne dites
+donc pas, <i>sa conduite</i> <span class="smcap">vis-à-vis</span> <i>de ses
+bienfaiteurs est fort répréhensible</i>: dites,
+<span class="smcap">envers</span> <i>ses bienfaiteurs</i>, etc., ou, <span class="smcap">à l'égard</span>
+<i>de ses bienfaiteurs</i>, etc.</p>
+
+<p>Après <i>vis-à-vis</i>, on met <i>de</i>, excepté dans
+le style familier; <i>vis-à-vis la rue</i>;&mdash;<i>vis-à-vis
+mes croisées</i>.</p>
+
+<p>VIVRE régit <i>de</i> et non pas <i>du</i>: <i>je vis</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>bonne viande</i>,&mdash;<span class="smcap">de</span> <i>bonne soupe</i>,&mdash;<i>vivre</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>légumes</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">[Pg 133]</a></span></p>
+
+<p>VOLUME. TOME. <i>Volume</i> est un
+livre relié ou broché. Tome est un volume
+qui fait partie d'un ouvrage; Le <i>volume</i>
+peut contenir plusieurs <i>tomes</i>: et le <i>tome</i>
+peut faire plusieurs volumes.</p>
+
+<p>Quelquefois <i>tome</i> signifie simplement <i>volume</i>.</p>
+
+<p>VOUS. Lorsqu'on parle à des supérieurs,
+ou à des dames, les convenances du
+langage exigent que l'on se serve <i>quelquefois</i>
+de la troisième personne au lieu de la seconde.
+Ainsi au lieu de, <i>Monsieur, voulez-vous
+me permettre?</i> dites, <i>Monsieur voudrait-il
+me permettre.</i>&mdash;<i>Madame, pourriez-vous
+me faire la grâce?</i> dites, <i>Madame pourrait-elle
+me faire la grâce?</i></p>
+
+<p class="p2">Y, adverbe de lieu avec l'impératif. Le
+pronom <i>moi</i> se met toujours après l'<i>y</i>. <i>Envoyez-y</i>
+<span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>menez-y</i> <span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>attendez-y</i>-<span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>tu
+vas au musée</i>, <i>menes-y</i> <span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>tu
+vas en voiture</i>, <i>donnes-y</i> <span class="smcap">moi</span> <i>une place</i>.</p>
+
+<p>Les pronoms <i>nous</i> et <i>les</i> se mettent au
+contraire avant l'<i>y</i>. <i>Envoyez</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i>&mdash;<i>attendez</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i>,&mdash;<i>tu
+vas au musée</i>, <i>mène</i>-<span class="smcap">les</span>-<i>y</i>,&mdash;<i>tu
+vas en voiture</i>, <i>donne</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i> <i>une
+place</i>.</p>
+
+<p><i>M'y</i> ne peut être placé après le verbe.
+Ne dites pas; <i>Vous allez à Québec</i>, <i>menez</i>-<span class="smcap">m'</span><i>y</i>:
+dites,...<i>menez-y</i>-<span class="smcap">moi</span>. Mais il
+se place très-bien devant: <i>Je vais à Trois-Rivières</i>,
+<i>voulez-vous</i> <span class="smcap">m'</span><i>y</i> <i>accompagner</i>?</p>
+
+<p class="p2">Z, prend le son propre d'<i>s</i>, même avant
+une consonne, dans <i>Metz</i>, <i>Rodez</i>, <i>Suez</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">[Pg 134]</a></span>
+<i>Alvarez</i>, <i>Cortez</i>, <i>Sènez</i>, <i>Usez</i>; mais il
+ne sonne pas dans <i>Sèez</i>. Les deux z
+dans le mot <i>Abruzze</i> se prononcent comme
+deux <i>s</i>, <i>Abrusse</i>.</p>
+
+<p>ZÉPHYR, ZÉPHYRE. Le premier
+se dit d'un vent doux et agréable: le second
+du même vent considéré comme divinité de
+la fable.</p>
+
+<p class="center">FIN<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">[Pg 135]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="RECUEIL" id="RECUEIL"></a>RECUEIL</h2>
+
+<h5>DE</h5>
+
+<h3>LOCUTIONS VICIEUSES.</h3>
+
+<p>À. C'est une faute grossière que de dire,
+<i>la fille</i> <span class="smcap">à</span> <i>Madame une telle</i>,&mdash;<i>le cheval</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>Mons. un tel</i>. Dites, <i>la fille</i> <span class="smcap">de</span> <i>Madame
+une telle</i>,&mdash;<i>le cheval</i> <span class="smcap">de</span> <i>Mons. un tel</i>.
+<i>Venez</i> <span class="smcap">à</span> <i>bonne heure</i>, est aussi une expression
+vicieuse: dites, <i>venez</i> <span class="smcap">de</span> <i>bonne heure</i>.</p>
+
+<p>ABAT <i>de neige</i>, <i>abat de pluie</i> sont des
+barbarismes, de même que, <i>chute de neige</i>,&mdash;<i>chute
+de pluie</i>.</p>
+
+<p>ABIMER. <i>J'ai abîmé mon chapeau</i>,&mdash;<i>ma
+robe</i>; dites, <i>j'ai gâté mon chapeau</i>,&mdash;<i>ma
+robe</i>.</p>
+
+<p>ADONNER (s') est un des mots de la
+langue dont on fait le plus fréquent abus, et
+par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on
+dit, <i>il s'est</i> <span class="smcap">adonné</span> <i>à entrer chez moi, au
+moment où le feu a éclaté</i>; pour, <i>il est
+entré par hasard chez moi au moment</i> etc.:&mdash;<i>il
+s'est</i> <span class="smcap">adonné</span> <i>que votre frère et moi
+nous sommes arrivés le même jour à Trois-Rivières</i>;
+pour, <i>votre frère et moi nous
+sommes arrivés par hasard le même jour à
+Trois-Rivières</i>;&mdash;<i>ce Monsieur s'est</i> <span class="smcap">adonné</span>
+<i>à Kingston à l'ouverture du Parlement</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">[Pg 136]</a></span>
+pour, <i>ce Monsieur s'est trouvé par hasard
+à Kingston, à l'ouverture</i> etc.</p>
+
+<p>Mais on dit, en parlant de chemin, <i>passez
+chez moi quand votre chemin s'</i><span class="smcap">adonnera</span>:
+et en termes de marine, que <i>le vent</i> <span class="smcap">adonne</span>,
+pour signifier qu'il est favorable.</p>
+
+<p>AMBRE, pour désigner l'allure d'un cheval,
+est une faute: dites <i>amble</i>,&mdash;<i>aller
+l'amble</i>.</p>
+
+<p>AMONT, terme de batellier, qui signifie,
+en remontant la rivière: <i>pays d'</i><span class="smcap">amont</span>,&mdash;<i>ce
+bateau arrive d'</i><span class="smcap">amont</span>.</p>
+
+<p>On voit par là combien sont répréhensibles
+les expressions, <span class="smcap">amont</span> <i>le coteau</i>,&mdash;<span class="smcap">amont</span>
+<i>le Cap aux Diamans</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Amont</i> est opposé à <i>aval</i>. On dit, <i>vent
+d'</i><span class="smcap">aval</span>,&mdash;<i>navire venant en</i> <span class="smcap">aval</span>,&mdash;<i>bateau
+amarré en</i> <span class="smcap">aval</span> <i>du pont</i>,&mdash;<i>en</i> <span class="smcap">amont</span> <i>du
+pont</i>,&mdash;<i>en</i> <span class="smcap">amont</span> <i>et en</i> <span class="smcap">aval</span> <i>de la ville
+de Québec</i>.</p>
+
+<p>ANIMAUX. Souvent on désigne par
+ce mot les bestiaux et autres quadrupèdes
+domestiques: et l'on dit, <i>mener les</i> <span class="smcap">animaux</span>
+<i>au paturage</i>,&mdash;<i>soigner les</i> <span class="smcap">animaux</span>,&mdash;<i>ces</i>
+<span class="smcap">animaux</span> <i>sont fort gras</i>, etc. Ce langage
+est incorrect, parce que le terme animal est
+générique, et comprend par conséquent tous
+les êtres animés et sensibles de la nature.</p>
+
+<p><i>Bestiaux</i> ou <span class="smcap">bétail</span> ne se dit guère que
+pour désigner les <i>b&oelig;ufs</i>, les <i>vaches</i>, les
+<i>moutons</i>, les <i>chèvres</i>. Quant aux <i>chevaux</i>,
+aux <i>ânes</i>, aux <i>cochons</i>, aux <i>chiens</i> etc., il
+faut les spécialiser par leurs noms.<span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">[Pg 137]</a></span></p>
+
+<p>On dit <i>animaux domestiques</i> par opposition
+aux <i>animaux sauvages</i>.</p>
+
+<p>ANVALER pour signifier <i>avaler</i>, n'est
+pas français.</p>
+
+<p>APRÈS. <i>La clef est</i> <span class="smcap">après</span> <i>la serrure</i>:
+dites, <span class="smcap">à</span> <i>la serrure</i>.</p>
+
+<p>APPROPRIER. C'est une faute grossière
+de dire, <span class="smcap">APPROPRIER</span> <i>une chambre</i>,
+<i>un meuble</i>, pour signifier, <span class="smcap">NETTOYER</span> <i>une
+chambre</i>, <i>un meuble</i>.</p>
+
+<p>À RAISON DE signifie <i>à proportion</i>;
+et ne peut être par conséquent employé pour
+<i>à cause de</i>, qui a une toute autre acceptation.
+Au lieu donc de, <i>il a abandonné cette
+entreprise</i> <span class="smcap">à raison</span> <i>des obstacles qu'il y a
+rencontres</i>, <i>il faut</i>...<span class="smcap">à cause des</span> <i>obstacles</i>...</p>
+
+<p>ARGENT n'a point de pluriel: c'est
+donc une faute de dire, <i>envoyer des</i> <span class="smcap">argens</span>
+<i>à quelqu'un</i>;&mdash;<i>placer des</i> <span class="smcap">argens</span> <i>à
+intérêt</i>: dites, <i>envoyer de l'argent</i>, ou
+mieux <i>des fonds à quelqu'un</i>,&mdash;<i>placer de
+l'argent</i>, ou <i>des fonds à intérêt</i>.</p>
+
+<p><i>De la</i> <span class="smcap">bonne</span> <i>argent</i>,&mdash;<i>de l'argent</i>
+<span class="smcap">blanche</span>, sont des solécismes révoltans.</p>
+
+<p>ATTELER <i>un cheval sur une voiture</i>,&mdash;<i>mettre
+les chevaux sur le carosse</i>, sont
+des locutions qui blessant le sens commun:
+dites, <i>atteler un cheval</i> <span class="smcap">à</span> <i>une voiture</i>,&mdash;<i>atteler
+les chevaux</i> <span class="smcap">au</span> <i>carosse</i>.</p>
+
+<p>ATTENDRE. Le peuple dit <i>attendre</i>
+pour <i>entendre</i>: de là les expressions cho<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">[Pg 138]</a></span>quantes,
+<i>j'ai</i> <span class="smcap">attendu</span> <i>la messe</i>,&mdash;<i>cet
+homme n'</i><span class="smcap">attend</span> <i>pas raison</i>, etc.</p>
+
+<p>AVEC. <i>Venez</i> <span class="smcap">avecque</span> <i>moi</i>: mauvaise
+prononciation: dites, <i>venez</i> <span class="smcap">avé</span> <i>moi</i>. Le
+<i>c</i> dans ce mot ne sonne que devant une
+voyelle.</p>
+
+<p class="p2">BALANCE, BALANCINE pour signifier
+<i>balançoire</i>, ne sont pas français.</p>
+
+<p><i>Une</i> planche appuyée par le milieu, et
+sur les extrémités de laquelle des enfans
+placés en contre-poids, s'élèvent et s'abaissent
+alternativement, s'appelle également
+<i>bascule</i> et <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p><i>Escarpolette</i> est une balançoire, dont le
+siège est suspendue par des cordes ou par
+des brins de bois.</p>
+
+<p>Si la machine sur laquelle on se balance
+est construite de manière que le mouvement
+soit circulaire et horisontal, elle se nomme
+aussi <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p><i>Brandilloire</i> est synonyme de <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p>BALANCER <i>quelqu'un</i>, c'est imprimer
+un mouvement à la balançoire, où est la
+personne, sans y être placé soi-même.</p>
+
+<p><i>Se balancer</i>, c'est aller soi-même sur la
+balançoire; ainsi quand deux ou plusieurs
+personnes veulent aller se balancer, elles
+doivent dire, <i>allons</i> <span class="smcap">nous</span> <i>balancer</i>, et non
+pas, <i>allons balancer</i>.</p>
+
+<p>BAND. On a francisé à tort ce mot
+anglais, et l'on dit, <i>la</i> <span class="smcap">bande</span> <i>de musique de<span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">[Pg 139]</a></span>
+tel régiment</i>: dites, <i>le</i> <span class="smcap">corps</span> <i>de musique</i>...
+ou simplement, <i>la musique de tel régiment</i>.</p>
+
+<p>BARBOT. C'est ainsi que le peuple
+appelle l'<i>escarbot</i>, insecte de la famille des
+coléoptères.</p>
+
+<p>BARRER <i>une porte</i>, c'est la fermer
+avec une barre. Si la porte est munie d'une
+serrure seulement, il serait ridicule de dire,
+<span class="smcap">barrez</span> <i>la porte</i>.</p>
+
+<p>BATTURES, BORDAGES, employés
+pour signifier les glaces qui s'accumulent
+pendant l'hiver sur le bord des rivières,
+sont des barbarismes. On ne doit
+donc pas dire, <i>les</i> <span class="smcap">bordages</span> <i>tiennent encore</i>,&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">battures</span> <i>sont parties</i>.</p>
+
+<p><i>Embarquement</i> et <i>débarquement</i> sont encore
+des termes impropres, lorsqu'on leur
+fait signifier l'endroit où, en hiver, l'on passe
+de la rive sur la glace d'une rivière, et <i>vice
+versâ</i>.</p>
+
+<p>BELLE, EN BELLE. Ces mots
+sont employés par le peuple pour signifier
+<i>facilité</i>, <i>occasion favorable</i>, et il en résulte
+des locutions tout-à-fait ridicules; comme,
+<i>vous avez</i> <span class="smcap">en belle</span>, pour, <i>vous avez la</i> <span class="smcap">facilité</span>:&mdash;<i>si
+vous trouvez votre</i> <span class="smcap">belle</span>,
+pour, <i>si vous trouvez une</i> <span class="smcap">occasion favorable</span>,
+etc.</p>
+
+<p>BERDAS, BERDASSERIE, de
+même que, <i>berdasser</i>, <i>berdasseur</i>, <i>berdasseuse</i>,
+sont des mots bas et révoltans.<span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">[Pg 140]</a></span></p>
+
+<p>BEURRÉE est une tranche de pain
+recouverte de beurre. L'expression <span class="smcap">beurrée</span>
+<i>de confitures</i> choque le bon sens:
+dites, <span class="smcap">tartine</span> <i>de confitures</i>.</p>
+
+<p>On dit aussi, <i>tartine de beurre</i>,&mdash;<i>de miel</i>,
+etc.</p>
+
+<p>BOITE pour signifier le son, l'avoine,
+les légumes, etc., qu'on délaie avec de
+l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas
+français.</p>
+
+<p>BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi,
+mais improprement, le petit instrument en
+métal, dont on tire du son, en le plaçant
+entre les dents, et en en frappant la languette
+avec le doigt. Cet instrument s'appelle
+<i>trompe</i>, et plus ordinairement <i>guimbarde</i>.</p>
+
+<p>BOTTE. <i>Tomber en botte</i>, en parlant
+d'un tonneau, d'une cuve, etc., dont les
+douves et les cercles se séparent, est un
+solécisme.</p>
+
+<p>Les tonneliers, suivant Trévoux, disent,
+<i>tomber en javelle</i>.</p>
+
+<p>Le peuple dit aussi, mais improprement,
+<i>cet homme tombe en botte</i>, pour désigner le
+dépérissement rapide de sa santé, ou de sa
+fortune.</p>
+
+<p>BOUCANE, terme impropre qu'on emploie
+comme synonyme de <i>fumée</i>.</p>
+
+<p>BOUCANER signifie sécher des comestibles
+à la fumée, et aller à la chasse
+des b&oelig;ufs sauvages: ne dites pas, <i>la che<span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">[Pg 141]</a></span>minée</i>
+<span class="smcap">boucane</span>,&mdash;<i>le poële</i> <span class="smcap">boucane</span>: dites,
+<i>la cheminée fume</i>, etc.</p>
+
+<p>BOUILLIR. Le vulgaire dit abusivement
+<i>bouillir</i> pour <i>fermenter</i>, comme dans
+cette phrase, <i>la bierre n'a pas encore</i> <span class="smcap">bouilli</span>,
+pour, <i>n'a pas encore</i> <span class="smcap">fermenté</span>.</p>
+
+<p>BOUQUET. Le peuple confond les
+termes, <i>bouquet</i> et <i>fleur</i>: il dit, <i>semer des</i>
+<span class="smcap">bouquets</span>; et à l'aspect des fleurs d'un
+parterre, <i>voilà de beaux</i> <span class="smcap">bouquets</span>.</p>
+
+<p><i>Bouquet</i> n'est pas une fleur: il est un assemblage
+de fleurs liées ensemble.</p>
+
+<p>BOUT. <i>Un</i> <span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,&mdash;<i>un long</i>
+<span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,&mdash;<i>un petit</i> <span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,
+sont des locutions basses et vulgaires.</p>
+
+<p>BRASSE CORPS. <i>Prendre à brasse
+corps</i>: populaire: dites <i>à-bras-le-corps</i>.</p>
+
+<p>BRETON. Ce nom appartenait jadis
+aux habitans de la Grande Bretagne: ils
+ont cessé de le porter depuis l'invasion de
+l'Angleterre par les Saxons: et par conséquent
+il ne peut plus être employé comme
+synonyme d'<i>anglais</i>.</p>
+
+<p>Les seuls habitants de la Bretagne, ci-devant
+province de la France, portent aujourd'hui
+le nom de <i>Bretons</i>.</p>
+
+<p>BRIN est une faute dans les expressions
+suivantes, <i>un petit</i> <span class="smcap">brin</span> <i>de pain</i>,&mdash;<i>un petit</i>
+<span class="smcap">brin</span> <i>de lait</i>,&mdash;<i>il n'a mangé qu'un petit</i> <span class="smcap">brin</span>,&mdash;<i>il
+tombe quelques</i> <span class="smcap">brins</span> <i>de pluie</i>, etc.</p>
+
+<p>On dit cependant, <i>un</i> <span class="smcap">brin</span> <i>d'estime</i>,&mdash;<i>un</i>
+<span class="smcap">brin</span> <i>d'amitié</i>,&mdash;<i>un petit</i> <span class="smcap">brin</span> <i>d'espérance</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">[Pg 142]</a></span></p>
+
+<p>BROYER, Au lieu de <i>broyer</i>, pour signifier
+briser le lin, le chanvre; et de <i>broie</i>,
+l'instrument pour broyer, nos paysans disent
+abusivement, <i>brayer</i>, <i>braye</i>.</p>
+
+<p>BUT. Ne dites pas, <i>j'ai rempli mon</i> <span class="smcap">but</span>,
+mais, <i>j'ai atteint mon</i> <span class="smcap">but</span>.</p>
+
+<p>BUTIN est tout ce qu'on enlève à
+l'ennemi. Dans le langage du peuple ce
+mot signifie, <i>meubles</i>, <i>marchandises</i>, <i>comestibles</i>,
+toutes sortes d'effets en un mot: et
+de là une multitude innombrable de locutions
+ignobles, dont voici quelques échantillons.
+Un huitrier dit, <i>j'ai vendu tout mon</i> <span class="smcap">butin</span>:
+un acheteur qui n'a pas achevé de faire ses
+amplettes, <i>j'ai encore du</i> <span class="smcap">butin</span> <i>à acheter</i>:
+celui-ci, à l'aspect de beaux meubles s'écrie,
+<i>voilà de beau</i> <span class="smcap">butin</span>: celui-là, à la vue d'un
+voleur qui enlève ses volailles, <i>au voleur!</i>
+<i>qui emporte mon</i> <span class="smcap">butin</span>: cet autre, en parlant
+d'un tailleur qui a gâté son habit, <i>il a gâté
+mon</i> <span class="smcap">butin</span>. Quel pitoyable langage!</p>
+
+<p class="p2">CADRE. On emploie abusivement ce
+mot pour signifier <i>image</i>, <i>estampe</i>, etc.: et
+l'on dit, <i>voilà un beau</i> <span class="smcap">cadre</span>:&mdash;<i>quel est le
+prix de ce</i> <span class="smcap">cadre</span>? pour, <i>voilà une belle</i> <span class="smcap">estampe</span>:&mdash;<i>quel
+est le prix de cette</i> <span class="smcap">image</span>?</p>
+
+<p><i>Cadre</i> n'est que la bordure de bois, de
+bronze, etc., dans laquelle on enchâsse un
+tableau, une estampe, etc.</p>
+
+<p>CAILLE pour signifier tacheté de blanc
+et de noir, en parlant des bestiaux, etc.,
+n'est pas français.<span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">[Pg 143]</a></span></p>
+
+<p>CAJEU, CAGE. En parlant de pièces
+de bois liées ensemble, que l'on transporte
+à flot sur une rivière, gardez-vous de dire,
+<span class="smcap">cajeu</span>, <span class="smcap">cage</span>. <i>Cajeu</i> n'est pas français,
+non plus que <i>cage</i> dans le sens qu'on lui
+prête ici. Dites, <i>train</i>, <i>radeau</i>, <i>train de
+bois</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Drame</i> employé dans le sens de <i>radeau</i>
+est également un barbarisme.</p>
+
+<p>CALER, terme de marine, est employé
+improprement par le peuple pour signifier
+enfoncer dans la boue,&mdash;dans l'eau,&mdash;couler
+à fond.</p>
+
+<p><i>Caler un fossé</i>, pour, <i>creuser un fossé</i> est
+aussi une locution vicieuse.</p>
+
+<p>CANOT. Outre le canot fait d'écorce,
+ou d'un tronc d'arbre, une autre petite embarcation,
+destinée pour l'ordinaire, au service
+des vaisseaux, se nomme <i>canot</i>. Désigner
+ce canot par le mot <i>chaloupe</i>, est une
+faute grave. <i>Chaloupe</i>, que les Anglais
+nomment <i>long-boat</i>, est une embarcation
+plus grande que le canot, et porte quelquefois
+le nom de <i>grand canot</i>.</p>
+
+<p>CASSOT pour signifier un petit vaisseau
+d'<i>écorce</i>, ou de <i>bois</i>, n'est pas français.</p>
+
+<p>CASTALOGNE est une couverture de
+lit de laine très-fine, et c'est une faute d'employer
+ce mot pour désigner les petits tapis
+d'un travail grossier, dont on couvre un
+plancher, et c'est une autre faute de prononcer
+<i>ca-ta-logne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">[Pg 144]</a></span></p>
+
+<p>C'EST-IL employé pour <i>est-ce</i>? est un
+solécisme. Évitez donc les expressions populaires,
+<span class="smcap">c'est-il</span> <i>moi qui ai fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">c'est-il</span>
+<i>lui qui a parlé</i>?&mdash;<span class="smcap">c'est-il</span> <i>bon,
+cela</i>?</p>
+
+<p>CHAMPLURE pour signifier <i>robinet</i>,
+est un barbarisme. Dites, <i>chantepleure</i>.</p>
+
+<p>Dans quelques départemens de la France
+on appelle <i>chantepleure</i> le robinet d'un tonneau
+de vin ou de cidre.</p>
+
+<p>CHANDELLE. Ne dites pas, <span class="smcap">tuez</span>
+<i>la chandelle</i>,&mdash;<span class="smcap">tuez</span> <i>le feu</i>: dites, <span class="smcap">éteignez</span>
+<i>la chandelle</i>,&mdash;<span class="smcap">éteignez</span> <i>le feu</i>.</p>
+
+<p><i>Enterrer le feu</i> est aussi une faute; dites,
+<i>couvrir le feu</i>.</p>
+
+<p>CHANGER. C'est une faute grossière
+que de dire, <span class="smcap">changez-vous</span>,&mdash;<i>allez</i> <span class="smcap">vous
+changer</span>: dites, <i>changez votre linge</i>,&mdash;<i>allez
+changer vos habits</i>.</p>
+
+<p>CHARGE. <i>La charge d'un vaisseau</i>
+n'est pas français. Dites, <i>le chargement</i> ou
+<i>la cargaison d'un vaisseau</i>.</p>
+
+<p>CHIFFON <i>de pain</i>, pour signifier un
+gros morceau de pain, est une expression
+vicieuse; il faut dire <i>guignon</i>, <i>ou bribe de
+pain</i>.</p>
+
+<p>CIRE, ou CIRAGE, est la composition
+luisante que l'on étend sur les chaussures
+en cuir. L'emploi du mot anglais <i>black-ball</i>
+est insupportable; également on doit
+repousser le terme <i>noir à souliers</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">[Pg 145]</a></span></p>
+
+<p><i>Frottez mes souliers</i>,&mdash;<i>mes bottes</i>: expressions
+ridicules; on doit dire, <i>cirez mes
+souliers</i>,&mdash;<i>mes bottes</i>, quand on veut les faire
+enduire de cire; et, <i>décrottez mes souliers</i>,&mdash;<i>mes
+bottes</i>, lorsqu'on en veut faire ôter la
+boue.</p>
+
+<p>CLAIRER (du verbe anglais <i>to clear</i>)
+n'est pas français. Ainsi ne dites pas, <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">clairé</span> <i>£5OO dans mon année</i>;&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">clairé</span>
+<i>à la douane</i>: dites, <i>j'ai fait un gain
+net de £500 dans mon année</i>:&mdash;<i>il a eu sa
+décharge de la douane</i>.</p>
+
+<p>CLENCHE, suivant Boiste, signifie
+<i>loquet de porte</i>: mais <i>clencher</i> n'est pas
+français: conséquemment l'on ne doit pas
+dire, <i>on clenche à la porte</i>, etc.</p>
+
+<p>C&OElig;UR, CH&OElig;UR se prononcent <i>keur</i>.
+Gardez-vous de dire avec le peuple, <i>qu-eur</i>.</p>
+
+<p>COFFEE. Il est du dernier ridicule
+d'aller chercher le mot anglais <i>coffee</i>, que
+l'on prononce comme les anglais, <i>kâu-fé</i>
+tandis que nous avons le terme français <i>café</i>,
+dont l'<i>a</i> est aigu, et que l'on doit par conséquent
+prononcer <i>caf-é</i>.</p>
+
+<p>COUETTE pour signifier, cheveux de
+la nuque noués, n'est pas français.</p>
+
+<p>COLLÉREUX-EUSE, dites, <i>colère</i>.</p>
+
+<p>COLLATION est féminin. <i>J'ai mangé
+du fruit à</i> <span class="smcap">mon</span> <i>collation</i>,&mdash;<i>il a fait un</i> <span class="smcap">bon</span>
+<i>collation</i>, sont des sollécismes insupportables.</p>
+
+<p>COLLECTER (du verbe anglais <i>to<span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">[Pg 146]</a></span>
+collect</i>) est un barbarisme. Il ne faut donc
+pas dire, <span class="smcap">collecter</span> <i>des dettes</i>,&mdash;<i>des souscriptions</i>;
+mais, <span class="smcap">recueillir</span> <i>des dettes</i>, <i>des
+souscriptions</i>.</p>
+
+<p>COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement
+de celui qui est chargê de percevoir
+les taxes, les impositions; mais non de
+celui qui recueille des souscriptions, des
+dettes, etc.</p>
+
+<p>CONDUITE n'est pas synonyme d'<i>économie</i>:
+et c'est une faute grossière que de
+dire, <i>cet homme a beaucoup de</i> <span class="smcap">conduite</span>,
+pour signifier qu'il est fort entendu en économie.</p>
+
+<p>CORDEAU est une petite corde pour
+aligner: et c'est à tort qu'on l'emploie au
+pluriel comme synonyme des <i>rênes</i> ou
+<i>guides</i>, que l'on attache à la bride d'un cheval
+attelé à une voiture.</p>
+
+<p>CORDON, employé pour signifier une
+mesure de bois de chauffage, n'est pas français.</p>
+
+<p><i>Cordon d'aube</i> est une faute: dites, <i>ceinture
+d'aube</i>.</p>
+
+<p>COTON employé pour designer une
+tige sans feuilles; un épi de blé d'Inde dépouillé
+de ses grains; la souche d'un choux;
+etc., est une faute grossière.</p>
+
+<p>COÛTE QUI COÛTE. Dites, <i>coûte</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>coûte</i>.</p>
+
+<p>CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire<span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">[Pg 147]</a></span>
+anglais, par lequel on désigne une sorte de
+petit biscuit dur et cassant; et dites en
+français <i>biscotin</i>.</p>
+
+<p>CRAQUÉ. <i>Le mur est</i> <span class="smcap">craqué</span>,&mdash;<i>le
+verre est</i> <span class="smcap">craqué</span>, sont des expressions
+incorrectes: dites, <i>le mur est fendu, ou
+crevassé</i>;&mdash;<i>le verre est fêlé</i>.</p>
+
+<p>CRI-CRI est le grillon domestique: il
+ne doit pas être confondu avec le <i>criquet</i>,
+habitant des champs, qui est une autre espèce
+de grillon.</p>
+
+<p>CROCHET et TAQUET sont des
+instrumens recourbés pour tenir quelque
+chose. On ne doit pas confondre ces mots
+avec <i>verrou</i>, qui est une fermeture de porte
+d'une autre forme.</p>
+
+<p>CROUSTILLANT-TE, ne se trouve
+dans aucun dictionnaire. Conséquemment
+l'on ne doit pas dite: <i>pâtisserie</i> <span class="smcap">croustillante</span>:&mdash;<i>comptes</i>
+<span class="smcap">croustillans</span>: mais,
+<i>pâtisserie croquante</i>;&mdash;<i>comptes croustilleux</i>.</p>
+
+<p>CUSTODE. Au lieu de <i>tabernacle</i>,
+le peuple dit <i>custode</i>, pour désigner l'ouvrage
+fait en forme de petit temple pour
+renfermer le saint ciboire. <i>Custode</i> n'est
+qu'une couverture du ciboire.</p>
+
+<p class="p2">DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner
+le petit canal qui conduit l'eau à la
+roue d'un moulin, est une faute: <span class="smcap">auge</span> est
+le vrai terme.<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">[Pg 148]</a></span></p>
+
+<p>DÉCESSER n'est pas français. <i>Il ne</i>
+<span class="smcap">décesse</span> <i>de parler</i>; dites, <i>il ne cesse de
+parler</i>.</p>
+
+<p>DÉFONCER <i>une porte</i>, est un solécisme:
+dites, <i>enfoncer une porte</i>.</p>
+
+<p>DÉGRADER, terme de marine, signifie
+<i>dégréer et abandonner un vaisseau</i>. <i>Navire</i>
+<span class="smcap">dégradé</span> signifie aussi un <i>navire arrêté,
+ou éloigné de sa route par la violence des
+vents</i>.</p>
+
+<p>C'est contrairement aux règles de la langue
+que l'on emploie le mot <i>dégrader</i> en parlant
+des voyages par terre. Ainsi l'on dit, <i>nous
+avons été</i> <span class="smcap">dégradés</span> <i>par le mauvais temps</i>:
+pour, <i>nous avons été arrêtés en chemin par
+le mauvais temps</i>;&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">dégradé</span> <i>mon
+compagnon de voyage</i>; pour, <i>j'ai devancé
+mon compagnon de voyage</i>, etc.</p>
+
+<p>DÉGRAS. <i>Être au dégras</i>, qui se dit
+de quelqu'un devenu infirme et incapable
+d'agir; ou de quelque chose qui est usé et
+hors de service, n'est pas français.</p>
+
+<p>DÉMANCHER, qui veut dire, ôter la
+manche à un instrument, est employé abusivement
+pour signifier démonter un instrument
+composé de plusieurs pièces, défaire
+un ouvrage, détruire, démettre, disloquer,
+etc., comme dans ces phrases: <i>cet ouvrage
+est mal fait, il faut le</i> <span class="smcap">démancher</span>:&mdash;<i>il
+faut</i> <span class="smcap">démancher</span> <i>cette lunette d'approche,
+pour en nettoyer les verres</i>:&mdash;<i>il s'est</i> <span class="smcap">démanché</span>
+<i>une épaule</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">[Pg 149]</a></span></p>
+
+<p>Mais on dit, <i>cette affaire se</i> <span class="smcap">démanche</span>,
+pour signifier qu'elle va mal.</p>
+
+<p>DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le
+langage vulgaire, signifie une mesure de
+liquide, de la demi-contenance d'une chopine.</p>
+
+<p><i>Demi-ard</i> ne se trouve pas dans les dictionnaires;
+et par quel terme le remplacer?&mdash;Par
+celui de <i>demi-chopine</i> ou de <i>demi-setier</i>
+sans doute, puisque la <i>chopine</i> et le <i>setier</i>
+sont une même mesure.</p>
+
+<p>DEPUIS. Ne dites pas, <span class="smcap">depuis</span> <i>Québec
+jusqu'à Montréal il y a 60 lieues</i>;&mdash;<span class="smcap">depuis</span>
+<i>ici jusque-là</i>: dites, <span class="smcap">de</span> <i>Québec à
+Montréal</i> etc.&mdash;<span class="smcap">d'</span><i>ici jusque-là</i>.</p>
+
+<p>DÉTEINDRE. Ne dites pas, <i>ce drap</i>
+<span class="smcap">déteint</span>, mais <span class="smcap">se</span> <i>déteint</i>.</p>
+
+<p>DIFFICILE. C'est une faute de dire,
+<i>ces livres sont</i> <span class="smcap">difficiles</span> <i>à se procurer</i>:
+il faut, <i>il est difficile à se procurer ces
+livres</i>.</p>
+
+<p>DINDON est un substantif masculin qui
+signifie <i>coq-d'Inde</i>. <i>Dinde</i> est la <i>poule-d'Inde</i>,
+et féminin par conséquent: <i>voilà</i> <span class="smcap">un
+beau</span> <i>dinde</i>,&mdash;<i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">du</span> <i>dinde</i>, sont
+donc des solécismes: dites, <i>voilà</i> <span class="smcap">une
+belle</span> <i>dinde</i>:&mdash;<i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de la</span> <i>dinde</i>.</p>
+
+<p>On dit au moral, <i>voilà un grand dindon</i>
+(niais) et non pas, <i>voilà un grand dinde</i>.</p>
+
+<p class="p2">ÉBAROUI. Terme de marine, qui se
+dit d'un navire dont le bordage est desséché
+par le soleil. Ce mot n'a point d'autre ac<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">[Pg 150]</a></span>ception,
+et par conséquent les expressions,
+<i>ce seau est</i> <span class="smcap">ébaroui</span>,&mdash;<i>cette cuve est</i> <span class="smcap">ébarouie</span>,
+ne valent rien.</p>
+
+<p>ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne
+tout membre du clergé, qu'il soit ou
+non <i>prêtre</i>. C'est donc à tort que l'on applique
+ce mot aux seuls aspirans, qui n'ont
+pas reçu l'ordre de la prêtrise.</p>
+
+<p>ÉLEVEZ <i>les yeux au ciel</i>; phrase vicieuse:
+dites, <i>levez les yeux au ciel</i>.</p>
+
+<p>EMBARQUEMENT. DÉBARQUEMENT.
+ABORDAGE. Le peuple emploie
+ces mots pour signifier un lieu propre
+pour embarquer et débarquer. Il faut dire,
+<span class="smcap">embarcadère</span>.</p>
+
+<p>EMBARQUER, S'EMBARQUER,
+DÉBARQUER, pour signifier, monter en
+voiture, descendre de voiture, en parlant de
+voitures de terre, ne seraient que des expressions
+ridicules, si elles fussent restées
+dans les derniers rangs de la société: mais
+que ces locutions ignobles aient gagné nos
+salons respectables, c'est un vrai scandale.
+<i>Monsieur est</i> <span class="smcap">débarqué</span> <i>du carosse</i>,&mdash;<i>Madame
+est</i> <span class="smcap">embarquée</span> <i>dans la calèche</i>,&mdash;<i>je
+m'</i><span class="smcap">embarquerai</span> <i>dans mon traîneau</i>. Quel
+pitoyable langage!</p>
+
+<p>ÉMIGRATION est l'action d'émigrer.
+Il est l'opposé d'<span class="smcap">immigration</span>, qui signifie
+l'établissement d'étrangers dans un pays.</p>
+
+<p>EMMANCHER, (prononcez <i>an-manché</i>,
+et non pas <i>a-manché</i>) signifie mettre<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">[Pg 151]</a></span>
+un manche. On voit par là combien ce
+mot est employé abusivement dans ces
+phrases, <i>cet artiste a mal</i> <span class="smcap">emmanché</span> <i>ma
+lunette d'approche</i>,&mdash;<i>l'ouvrier a</i> <span class="smcap">emmanché</span>
+<i>le tuyau du poële</i>, etc.</p>
+
+<p>Cependant le verbe réfléchi, <i>s'emmancher</i>,
+s'emploie figurément pour signifier <i>s'arranger</i>,
+<i>s'ajuster</i>;&mdash;<i>cela ne</i> <span class="smcap">s'emmanche</span> <i>pas ainsi</i>.</p>
+
+<p>EN QUELQUE PART, locution ridicule:
+<i>il est allé</i> <span class="smcap">en quelque part</span>: retranchez
+<span class="smcap">en</span>.</p>
+
+<p>ENCANTER, ou, <i>mettre sur le</i> <span class="smcap">can</span>,
+sont des expressions barbares que l'on doit
+remplacer par l'adverbe <i>de champ</i>, qui signifie
+posé horisontalement sur le côté le
+plus étroit. Ainsi placer une brique <i>de
+champ</i>, c'est la placer sur la face la plus
+étroite: mettre des solives <i>de champ</i>, c'est
+les poser sur la partie la moins large.</p>
+
+<p>ENGRENER; <i>Laisser</i> <span class="smcap">engrener</span> <i>le
+mal</i>, pour signifier <i>laisser augmenter la maladie</i>,
+est un solécisme.</p>
+
+<p>ESCOUSSE veut dire course pour
+mieux sauter. On confond souvent ce mot
+avec <i>fois</i>, et l'on dit, <i>essayez encore une</i> <span class="smcap">escousse</span>,
+pour, <i>essayez encore une</i> <span class="smcap">fois</span>:&mdash;<i>à
+une autre</i> <span class="smcap">escousse</span> <i>je serai plus heureux</i>,
+pour, <i>une autre</i> <span class="smcap">fois</span> <i>je serai plus heureux</i>.</p>
+
+<p>ÉTANCHE pour signifier qui ne coule
+pas, n'est pas français. <i>Un baril</i> <span class="smcap">étanche</span>,&mdash;<i>un
+navire</i> <span class="smcap">étanche</span>, sont donc des locutions
+vicieuses.<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">[Pg 152]</a></span></p>
+
+<p>Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux.</p>
+
+<p class="blockquot">«On dit d'un vaisseau qui ne prend point
+eau, qu'il est <i>étanché</i>: on dit aussi que
+les soufflets d'un orgue sont bien <i>étanchés</i>,
+lorsque le vent ne se perd pas.»</p>
+
+<p>EXAMEN. On prononce <i>examène</i> et
+<i>examin</i>. Cette dernière prononciation est
+préférable.</p>
+
+<p class="p2">FARD. On désigne souvent par le
+mot <i>fard</i> les viandes et herbes hachées
+mince pour mettre dans la volaille, etc.
+C'est une faute; il faut dire <i>farce</i>.</p>
+
+<p>FER. C'est abusivement qu'on nomme
+<i>marchands de fer</i>, ceux qui exercent la profession
+de <i>taillandier</i> et de <i>ferronnier</i>.</p>
+
+<p>FIÈREMENT. C'est peu connaître
+la valeur de ce mot que de l'employer
+comme suit; <i>cet homme est</i> <span class="smcap">fièrement</span> <i>laid</i>
+(très-laid); <i>cet enfant est</i> <span class="smcap">fièrement</span>
+<i>gauche</i> (très-gauche), etc.</p>
+
+<p>FIXEMENT. Prononcez <i>fixce-ment</i>,
+et non pas <i>fix-é-ment</i>.</p>
+
+<p>FLÉAU, instrument pour battre les
+grains, se prononce <i>flé-ô</i> et non pas <i>flô</i>.</p>
+
+<p>FORT est souvent, mais abusivement,
+employé pour village, bourg, bourgade:
+<i>allons au</i> <span class="smcap">fort</span> <i>de Varennes</i>.</p>
+
+<p>L'existence jadis de forts bâtis par les
+premiers colons du pays, pour se mettre à
+l'abri des incursions des indigènes, a donné
+lieu à cette locution vicieuse.<span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">[Pg 153]</a></span></p>
+
+<p>FOURRIÈRE est le lieu où l'on enferme
+les chevaux, le bétail saisis: on dit, <i>mettre
+en fourrière</i>, <i>être en fourrière</i>.</p>
+
+<p><i>Enclos public</i> pour signifier <i>fourrière</i>, est
+une faute grossière.</p>
+
+<p>FRAÎCHE. <i>Prendre la</i> <span class="smcap">fraîche</span> est
+un barbarisme; dites, <i>prendre le</i> <span class="smcap">frais</span>.</p>
+
+<p>FRICASSER <i>des coups à quelqu'un</i>,&mdash;<i>fricasser
+son camp</i>,&mdash;<i>je m'en fricasse</i>, sont
+des expressions si basses que la plume
+refuse presque de les tracer.</p>
+
+<p>FRICOT, terme bas et populaire, que
+ne profèrent jamais les personnes d'éducation.</p>
+
+<p>FRINGALE, mot vulgaire employé pour
+signifier faim pressante, n'est pas dans les
+dictionnaires.</p>
+
+<p class="p2">GAUSSER, pour signifier couper menu
+du bois, ou autre chose, comme font les
+enfans pour s'amuser, n'est pas français.</p>
+
+<p>GENRE de certains substantifs. Les
+erreurs populaires relativement au genre de
+certains substantifs, doivent être évitées
+avec une attention, toute particulière. Quoi
+de plus révoltant que les expressions, <i>l'angelus
+est</i>-<span class="smcap">elle sonnée</span>?&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>appétit</i>
+<span class="smcap">dévorante</span>:&mdash;<span class="smcap">cette</span> <i>ouvrage est très</i>-<span class="smcap">belle</span>:
+<i>on donne de</i> <span class="smcap">fortes</span> <i>gages à ce
+domestique</i>, etc.</p>
+
+<p>GERMAGE: barbarisme, dont nos
+paysans se servent pour exprimer l'état des<span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">[Pg 154]</a></span>
+grains qui, après avoir été sciés et mis en
+javelle, ont germé sur le sillon.</p>
+
+<p>GINGUER, ÊTRE EN GINGUE:
+expressions barbares pour signifier faire des
+gambades, en parlant des quadrupèdes, et
+même des personnes.</p>
+
+<p>GOUTTIÈRE est un canal pour les eaux
+de pluie des toits: c'est à tort que l'on emploie
+comme synonymes de <i>gouttière</i> les termes
+<i>dalle</i> et <i>dallot</i>, qui signifient, le premier,
+<i>canal de pompe</i>, ou, <i>tablettes de pierres
+dures</i>, <i>dont on revêt les trottoirs</i>, <i>les terrasses</i>,
+etc.: le second, <i>canal pour l'écoulement
+des eaux d'un navire</i>.</p>
+
+<p>Le mot <i>gouttière</i> est, à son tour, employé
+improprement employé pour signifier, <i>petite fente</i> ou
+<i>trou</i> dans un toit, une voûte, etc., par
+lequel les eaux suintent.</p>
+
+<p>GRAINS <i>de pluie</i>, faute grossière: dites,
+<i>gouttes de pluie</i>.</p>
+
+<p>GRÉER, que le peuple prononce <i>grayer</i>,
+signifie <i>équipper un vaisseau</i>. Les locutions
+suivantes prouvent jusqu'à quel point
+le vulgaire abuse du mot <i>gréer</i>. <i>C'est un
+homme bien</i> <span class="smcap">grayé</span> <i>en chevaux</i>:&mdash;<i>je me</i>
+<span class="smcap">graye</span> <i>pour aller à la chasse</i>,&mdash;<i>vous n'êtes
+pas</i> <span class="smcap">grayé</span> <i>pour loger tant de monde</i>, etc.</p>
+
+<p>GROCERY. Rejettez ce mot anglais,
+et dites <i>épicerie</i>. D'ailleurs la prononciation
+du mot <i>grocery</i> donne lieu à une équivoque,
+en ce que l'on croit entendre le mot<span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">[Pg 155]</a></span>
+français <i>grosserie</i>, qui signifie commerce
+en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.</p>
+
+<p>Groseille d'après le Dict. de l'Acad.
+est une espèce de <i>petit fruit..qui vient par
+grappes. Il y a groseille rouge et blanche.</i></p>
+
+<p><i>Groseille à maquerau ou groseille verte</i>,
+d'après la même autorité, est un <i>fruit vert
+ou rougeâtre, plus gros que les groseilles
+ordinaires, qui vient sur un arbrisseau
+épineux</i>.</p>
+
+<p>Ces descriptions de la groseille s'accordent
+avec celles des naturalistes.</p>
+
+<p>Quant au mot <i>gadelle</i>, par lequel nous
+désignons d'ordinaire la groseille à grappes,
+il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad.
+ni dans celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare.
+Boiste dit que <i>gadelle</i> est une
+espèce de <i>groseille</i>: et on lit dans le Dict.
+d'Hist. Nat. par une société de savans, que
+<i>gadelle est le nom que portent les groseilles
+dans la ci-devant province du Perche</i> en
+France.</p>
+
+<p>De ces observations il résulte, que c'est
+une erreur de nommer <i>gadelle</i>, le fruit à
+grappes, dont il est question.</p>
+
+<p>GUELLARD prononcez <i>gheu-lar</i> et
+non pas, <i>gu-el-lar</i>. Celle dernière prononciation
+est vicieuse, et elle doit être evitée
+également dans les mots suivants.</p>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="gueule" class="tableft">
+<tr><td align="left">Gueule,</td><td align="left"><i>prononcez&nbsp;&nbsp;</i></td><td align="left">gheule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueulée,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuler,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">[Pg 156]</a></span>Gueules,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueulette,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lette.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusaille,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-saille.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusailler,&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-sail-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusant,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-san.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuse,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheuse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuser,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheusé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuserie,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-se-ri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueux,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu.</td></tr>
+<tr><td align="left">Dégueuler,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">dé-gheu-lé.</td></tr>
+</table>
+
+<p class="p2">HONTEUX. L'<i>h</i> de ce mot est aspiré.
+Qu'il est pénible d'entendre dire <i>cè-tonteux</i>,&mdash;<i>il
+è-tonteux</i>, pour, <i>c'est-honteux</i>,&mdash;<i>il est-honteux</i>!</p>
+
+<p class="p2">ICI. Ne dites pas, <i>ces jours-ici</i>,&mdash;<i>ces
+livres-ici</i>: ce sont des fautes: il faut dire,
+<i>ces jours-ci</i>,&mdash;<i>ces livres-ci</i>, etc.</p>
+
+<p>IL N'A QU'À <i>pleuvoir</i>; <i>Paul n'a qu'à
+tomber</i>; solécismes; dites, <i>s'il vient à pleuvoir</i>,&mdash;<i>si
+Paul vient à tomber</i>, ou, <i>s'il pleut</i>,&mdash;<i>si
+Paul tombe</i>.</p>
+
+<p>ILS employé pour <span class="smcap">elles</span>, est un solécisme
+révoltant. Quel pitoyable langage
+que celui qui suit! <i>Où sont ces Demoiselles?
+ont-</i><span class="smcap">ils</span> <i>oublié l'invitation à dîner
+chez notre tante?&mdash;non, Monsieur,</i> <span class="smcap">ils</span> <i>ne
+l'ont pas oublié;</i> <span class="smcap">ils</span> <i>sont au jardin, et vous
+y attendent.</i></p>
+
+<p>Les mêmes remarques s'appliquent à <i>eux</i>
+et à <i>eux-autres</i>, qu'on emploie fréquemment
+pour <i>elles</i>.</p>
+
+<p>IMPERTINENCE. <i>Donner des im<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">[Pg 157]</a></span>pertinences
+à quelqu'un</i>, est une locution
+barbare.</p>
+
+<p>INFLAMMATION. Gardez-vous de
+prononcer avec le peuple <span class="smcap">an</span>-<i>flâ-mâ-tion</i>:
+dites, <i>in-flamme-mace-i-on</i>.</p>
+
+<p>INGÉNIEUR. C'est une erreur de
+désigner par ce terme celui qui dirige les
+machines d'un moulin à vapeur; d'un bateau-à-vapeur,
+etc.: <i>machiniste</i> est le mot
+propre.</p>
+
+<p>INVECTIVER <i>quelqu'un</i>, n'est pas
+français: il faut dire, <i>invectiver contre quelqu'un</i>.</p>
+
+<p class="p2">JOLIMENT. On fait quelquefois un
+étrange abus de ce mot; comme quand on
+dit, <i>cet homme est</i> <span class="smcap">joliment</span> <i>laid</i>:&mdash;<i>il fait</i>
+<span class="smcap">joliment</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<p class="p2">LARD. <i>Lard salé</i>, <i>lard frais</i>, <i>manger
+du lard</i>; expressions barbares; dites, <i>porc
+salé</i>, <i>porc frais</i>, <i>manger du porc</i>.</p>
+
+<p><i>Lard</i> est la graisse ferme qui est entre le
+cuir et la chair du porc, de la baleine, etc.</p>
+
+<p><i>Porchet</i> pour <i>jeune porc</i> n'est pas français.</p>
+
+<p>LARGUER. On emploie souvent, mais
+abusivement, ce terme de marine, pour signifier,
+lâcher prise, laisser aller, détendre,
+etc.</p>
+
+<p>LENDEMAIN. <i>Du jour au lendemain</i>
+est une locution incorrecte: dites d'un
+jour à l'autre: ou, de la veille au lendemain.<span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">[Pg 158]</a></span></p>
+
+<p>LETTRE MOULÉE est une lettre
+imprimée: c'est aussi une écriture à la main
+qui imite l'imprimé. Dans ce dernier sens
+on dit, <i>écriture en</i> <span class="smcap">lettres moulées</span>:&mdash;<i>écrire
+un compliment en</i> <span class="smcap">lettres moulées</span>:
+et non pas <i>écriture</i> <span class="smcap">imprimée</span>:&mdash;<span class="smcap">imprimer</span>
+<i>un compliment</i>.</p>
+
+<p>LOCUTIONS LATINES. Les locutions
+latines, <i>exempli gratiâ</i>&mdash;<i>verbi
+gratiâ</i>,&mdash;<i>id est</i>,&mdash;<i>anno Domini</i>,&mdash;<i>ante meridiem</i>,&mdash;<i>post
+meridiem</i>,&mdash;<i>junior</i>, <i>senior</i>, etc.
+n'ayant pas été incorporées à la langue,
+doivent être rejettées.</p>
+
+<p>LONGUE-VUE employé pour signifier
+<i>lunette d'approche</i>, ou <i>lunette à longue
+vue</i>, est un solécisme.</p>
+
+<p>LORSQUE. Faites sonner l'<i>s</i> de ce
+mot: mais garder-vous de faire entendre
+trois syllabes en prononçant <i>lor-se-que</i>.</p>
+
+<p class="p2">MACONNE n'est pas un substantif. C'est
+une erreur très-commune d'employer ce
+moi pour <i>maçonnage</i>, qui est le travail du
+maçon: et pour <i>maçonnerie</i>, qui est l'ouvrage achevé.</p>
+
+<p>MAL. <i>J'ai mal à</i> <span class="smcap">ma</span> <i>jambe</i>,...<i>à</i> <span class="smcap">mon</span>
+<i>bras</i>: dites, <i>j'ai mal à</i> <span class="smcap">la</span> <i>jambe</i>,...<span class="smcap">au</span> <i>bras</i>.</p>
+
+<p>MAL COMPLAISANT. Dites, <span class="smcap">peu</span>
+<i>complaisant</i>. Les locutions <i>mal appris</i>,
+<i>mal éduqué</i> sont incorrectes; il faut dire
+<i>mal élevé</i>.</p>
+
+<p>MANCHONNIER. Dites, <i>foureur</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">[Pg 159]</a></span>
+car <i>manchonnier</i> ne se trouve pas dans les
+dictionnaires.</p>
+
+<p>MARBRE. <i>Bille</i> est le nom de la petite
+boule de marbre, qui sert de jouet aux
+enfans. Il faut donc dire, <i>jouer aux</i> <span class="smcap">billes</span>,
+et non pas, <i>jouer aux</i> <span class="smcap">marbres</span>.</p>
+
+<p>MARIER (se). On ne se marie pas
+<span class="smcap">avec</span> quelqu'un, mais <span class="smcap">à</span> quelqu'un.</p>
+
+<p>La locution, <i>Mons. N. a marié Mlle
+N.</i> pour signifier <i>a épousé Mlle N.</i>, est
+révoltante.</p>
+
+<p>MÉGARD. Le vrai mot, est <i>mégarde</i>:
+ainsi ne dites pas, <i>j'ai fait cela par</i> <span class="smcap">mégard</span>,
+mais...<i>par</i> <span class="smcap">mégarde</span>.</p>
+
+<p>MEILLEUR. <i>Au</i> <span class="smcap">meilleur</span> <i>de mon
+jugement</i>,&mdash;<i>au</i> <span class="smcap">meilleur</span> <i>de ma connaissance</i>,&mdash;<i>Monsieur
+vous offre ses</i> <span class="smcap">meilleurs</span>
+<i>complimens</i>,&mdash;<i>Madame vous présente ses</i>
+<span class="smcap">meilleurs</span> <i>respects</i>, sont des anglicismes
+que la langue française repousse.</p>
+
+<p>MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner
+les deux pièces de bois d'un traîneau,
+entre lesquelles le cheval est attelé, sont
+des barbarismes. Dites <i>limonière</i>.</p>
+
+<p><i>Limon</i> est l'une des branches de la <i>limonière</i>,
+et ne doit pas être confondu <i>avec timon</i>,
+qui est la longue pièce d'un chariot ou
+d'un carrosse, des deux côtés de laquelle on
+attelle les chevaux.</p>
+
+<p>MENTHE se prononce <i>mante</i>. Gardez-vous
+de dire avec le vulgaire, <i>une décoction
+de</i> <span class="smcap">minthe</span>,&mdash;<i>je bois de la</i> <span class="smcap">minthe</span>,<span class="pagenum"><a name="Page_160" id="Page_160">[Pg 160]</a></span>&mdash;<i>la</i>
+<span class="smcap">minthe</span> <i>est un fébrifuge</i>, etc. Cette
+prononciation est insupportable.</p>
+
+<p>MER n'est pas synonyme de <i>vague</i>. Ne
+dites pas, <i>il fut emporté par une</i> <span class="smcap">mer</span>: dites,
+<i>il fut emporté par une lame</i>, <i>par une vague</i>,
+ou <i>par un coup de mer</i>.</p>
+
+<p>MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel.
+<i>Je sors tous les</i> <span class="smcap">midis</span>;&mdash;<i>je m'éveille tous les</i>
+<span class="smcap">minuits</span>, sont donc des locutions incorrectes:
+dites, <i>je sors tous les jours à</i> <span class="smcap">midi</span>:&mdash;<i>je
+m'éveille toujours à</i> <span class="smcap">minuit</span>.</p>
+
+<p>MITOUCHE (sainte). Dites, <i>sainte</i>
+<span class="smcap">Nitouche</span>,&mdash;<i>faire la sainte</i> <span class="smcap">Nitouche</span>.</p>
+
+<p>MOINDREMENT ne se trouve dans
+aucun dictionnaire.</p>
+
+<p>MOUILLER. <i>Il</i> <span class="smcap">mouille</span>,&mdash;<i>il va</i>
+<span class="smcap">mouiller</span>, pour, <i>il pleut</i>,&mdash;<i>il va pleuvoir</i>,
+sont des fautes grossières.</p>
+
+<p>MOYENNANT QUE n'est pas français:
+dites, <i>pourvu que</i>.</p>
+
+<p class="p2">NAVIRE. C'est une erreur de désigner
+par ce mot les seuls vaisseaux à trois
+mâts. <i>Navire</i> signifie en général, <i>bâtiment
+de mer</i>: et l'on dit, <i>un navire à trois mâts</i>,&mdash;<i>à
+deux mâts</i>.</p>
+
+<p>NEIGE. <i>Chute de neige</i>,&mdash;<i>abat de
+neige</i>,&mdash;<i>bordée de neige</i>, sont des solécismes;
+aussi bien que ces autres expressions,
+en parlant de neige: <i>il poudre</i>,&mdash;<i>il
+fait une grosse poudrerie</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">[Pg 161]</a></span></p>
+
+<p class="p2">ORDRE. <i>J'ai</i> <span class="smcap">ordre</span> <i>de vous notifier</i>;
+dites, <i>j'ai</i> <span class="smcap">reçu</span> <i>ordre</i>,....</p>
+
+<p>ORGE est féminin, excepté dans ces
+mots, <i>orge mondé</i>,&mdash;<i>orge perlé</i>.</p>
+
+<p><i>Orge mondaine</i> est une faute grossière.</p>
+
+<p>OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et
+c'est une faute d'employer ce mot pour signifier
+<i>pain à cacheter</i>.</p>
+
+<p>OUSSE <i>qu'il est?</i> expression barbare:
+dites, <i>où est-il?</i></p>
+
+<p>OUVREZ. Quand on frappe à votre
+porte, dites, <i>entrez</i>, et non pas <i>ouvrez</i>.</p>
+
+<p class="p2">PAGAIE est le terme propre pour désigner
+la rame dont les Indiens se servent
+pour faire aller leurs pirogues et canots
+d'écorce. <i>Aviron</i> pris dans ce sens est une
+faute, parce que <i>aviron</i> est une sorte de
+rame de batelier.</p>
+
+<p>PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie.</p>
+
+<p>PAGÉE de clôture. Le mot <i>pagée</i>
+n'est pas français.</p>
+
+<p>PAIRE <i>de vache</i>, faute grossière: dites,
+<i>Pis de vache</i>, <span class="smcap">pis</span> <i>de brebis</i>, <span class="smcap">pis</span> <i>de truie</i>.</p>
+
+<p>Considéré comme bon à manger, <i>pis</i>
+prend le nom de <i>tétine</i>. <i>Manger d'une
+tétine</i>.</p>
+
+<p>PARAPET. On désigne souvent par
+ce mot le chemin élevé, pratiqué le long des
+rues, des ponts, etc., pour les gens à pied.
+C'est une faute: <i>trottoir</i> est le terme propre.<span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">[Pg 162]</a></span></p>
+
+<p>PARCE QUE, conjonction, se prononce
+en deux syllabes, et non en trois.</p>
+
+<p>PARFAIT. <i>Il chante au</i> <span class="smcap">parfait</span>,&mdash;<i>cela
+va au</i> <span class="smcap">parfait</span>.&mdash;Dites, <i>il chante parfaitement</i>,&mdash;<i>cela
+va parfaitement</i>.</p>
+
+<p>PAR RAPPORT QUE, employé pour
+<i>parce que</i>, ou <i>par la raison que</i>, est une
+locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire:
+<i>je ne puis encore répondre à votre question</i>
+<span class="smcap">par rapport que</span> <i>je n'ai pas eu le temps
+de l'examiner à fond</i>:&mdash;dites..<i>parce que</i>,
+ou, <i>par la raison que je n'ai pas eu le
+temps</i>, etc.</p>
+
+<p>PAS MAL est une expression incorrecte,
+lorsqu'elle est employée pour signifier une
+certaine abondance, une quantité ou un
+nombre passable, comme dans ces locutions:
+<i>il pleut</i> <span class="smcap">pas mal</span>,&mdash;<i>il y avait</i> <span class="smcap">pas mal</span> <i>de
+monde à l'assemblée</i>:&mdash;<i>il reste</i> <span class="smcap">pas mal</span>
+<i>de vin dans cette caraffe</i>,&mdash;<i>son discours a
+été</i> <span class="smcap">pas mal</span> <i>long</i>.</p>
+
+<p><i>Pas guère</i> est un barbarisme.</p>
+
+<p>PASSÉ, contraction ridicule des mots
+<i>pas</i> et <i>assez</i>. <i>Je n'ai</i> <span class="smcap">passé</span>, (pas assez)
+<i>d'argent pour faire cette emplette</i>.</p>
+
+<p>PELLETER, qu'on emploie pour signifier,
+jetter quelque chose avec une pelle,
+n'est pas français. On doit donc éviter les
+expressions: <span class="smcap">pelleter</span> <i>la neige</i>,&mdash;<span class="smcap">pellerer</span>
+<i>la terre</i>, etc. Mais on dit, <i>pellée</i>,
+<i>pellerée</i> ou <i>pelletée de neige</i>,&mdash;<i>de terre</i>,
+etc.<span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">[Pg 163]</a></span></p>
+
+<p>PELOTE. <i>Jeu de</i> <span class="smcap">pelote</span>;&mdash;<i>jouer à
+la</i> <span class="smcap">pelote</span>, sont des expressions vicieuses:
+dites: <i>jeu de</i> <span class="smcap">paume</span>,&mdash;<i>jouer à la</i> <span class="smcap">paume</span>.</p>
+
+<p>C'est avec une <i>balle</i>, et non avec une
+<i>pelote</i>, qu'on joue à la paume.</p>
+
+<p>Mais on dit, <i>se battre à coups de pelotes
+de neige</i>...<i>de boules de neige</i>.</p>
+
+<p>Le verbe neutre <i>peloter</i>, signifie, jouer à
+la paume, sans faire de partie réglée.</p>
+
+<p>PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont
+des barbarismes. Il faut, <span class="smcap">variole</span>, <span class="smcap">varicelle</span>:
+ou <span class="smcap">petite-vérole</span>, <span class="smcap">petite-vérole
+volante</span>.</p>
+
+<p>Mais on dit, <i>picoté</i> pour signifier <i>marqué
+de petite vérole</i>.</p>
+
+<p>PIEDS. <i>Il a ses souliers</i> <span class="smcap">dans</span> <i>ses
+pieds</i>;&mdash;<i>il a ses bas</i> <span class="smcap">dans</span> <i>ses jambes</i>:
+dites, <i>il a ses souliers</i> <span class="smcap">aux</span> <i>pieds</i>...<i>ses bas</i>
+<span class="smcap">aux</span> <i>jambes</i>.</p>
+
+<p>PLANCHE. La table peinte en noir
+pour écrire, tracer des figures, etc., dans
+les écoles, se nomme <span class="smcap">tableau</span> et non pas
+<span class="smcap">planche</span>.</p>
+
+<p>PLANCON. On désigne ainsi une
+longue et forte pièce de bois écarrie: c'est
+une faute: <i>plançon</i> est une branche de
+saule, ou d'un autre arbre, qui vient de bouture.</p>
+
+<p>POCHETÉE. <i>Une</i> <span class="smcap">pochetée</span> <i>de
+blé</i>:&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">pochetée</span> <i>de sel</i>, sont des barbarismes:
+dites,&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">poche</span> ou <i>un</i> <span class="smcap">sac</span> <i>de
+blé</i>:&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">poche</span> ou <i>un</i> <span class="smcap">sac</span> <i>de sel</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">[Pg 164]</a></span></p>
+
+<p>POIGNÉE. C'est à tort que l'on emploie
+ce mot pour désigner les <i>anses</i> qui servent
+à porter un coffre, une casette, une malle.
+<i>Portant</i> est le mot propre.</p>
+
+<p><i>Poignée de serrure</i> est aussi une faute:
+dites, <i>bouton de serrure</i>.</p>
+
+<p>On dit cependant <i>poignée d'une épée</i>.</p>
+
+<p>POIS CHICHE est une sorte de gros
+pois. Le peuple dit <i>pois</i> <span class="smcap">chiques</span>: et il
+emploie cette expression pour désigner de
+mauvais pois.</p>
+
+<p>PORTANT, participe du verbe <i>porter</i>,
+ne doit pas être employé comme adjectif
+verbal. Il ne faut donc pas dire, <i>je suis
+bien</i> <span class="smcap">portant</span>,&mdash;<i>elle est bien</i> <span class="smcap">portante</span>:
+mais, <i>je me porte bien</i>,&mdash;<i>elle se porte bien</i>.</p>
+
+<p>PRENDRE <i>du froid</i>,&mdash;<i>un rhume</i>, sont
+des anglicismes que l'on doit éviter: il faut
+dire, <i>attraper</i> ou <i>gagner du froid</i>, <i>un
+rhume</i>, <i>la fièvre</i>, <i>une maladie</i>.</p>
+
+<p>PRÊT. Au lieu de <i>prêt</i> et <i>prête</i>, le
+peuple emploie souvent les mots <i>paré</i> et
+<i>parée</i>. Delà des expressions pitoyables,
+telles que,&mdash;<i>êtes-vous</i> <span class="smcap">paré</span> <i>à commencer</i>?&mdash;<i>cette
+Dame est-elle</i> <span class="smcap">parée</span> <i>à partir</i>? etc.</p>
+
+<p>PROMETTRE. <i>Je vous</i> <span class="smcap">promets</span>
+<i>qu'il est arrivé</i>; expression vicieuse, qui
+doit être remplacée par, <i>je vous</i> <span class="smcap">assure</span> <i>qu'il
+est arrivé</i>.</p>
+
+<p>PROMOUVOIR (qui n'est guère employé
+qu'à l'infinitif et aux temps composés)<span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">[Pg 165]</a></span>
+signifie <i>avancer à quelque dignité</i>: il se dit
+principalement d'un ordre, d'une dignité
+ecclésiastique. <span class="smcap">Promouvoir</span> <i>les intérêts de
+quelqu'un</i>;&mdash;<span class="smcap">promouvoir</span> <i>la prospérité du
+pays</i>; etc., sont donc des barbarismes.</p>
+
+<p class="p2">QUASIMENT: dites, <i>quasi</i>, <i>presque</i>.</p>
+
+<p>QU'EST-CE QUE T'AS?&mdash;<span class="smcap">t'as</span> <i>mal
+agi</i>;&mdash;<span class="smcap">qu'est-ce</span> <i>qui appelle</i>? sont des
+expressions barbares.</p>
+
+<p>QUEUE. Prononcez, <i>keu</i> et non pas
+<i>qu-eu</i>:&mdash;<i>la queue de votre robe</i>;&mdash;<i>Pacha
+à trois queues</i>: dites, <i>la</i> <span class="smcap">keu</span> <i>de votre
+robe</i>:&mdash;<i>Pacha à trois</i> <span class="smcap">keu</span>.</p>
+
+<p class="p2">RAIDE n'est jamais substantif. Il faut
+donc éviter l'expression vulgaire, <i>avoir son</i>
+<span class="smcap">raide</span> <i>à</i>, comme dans cette phrase, <i>il a eu
+tout son</i> <span class="smcap">raide</span> <i>à soulever ce fardeau</i>.</p>
+
+<p>RAISONS. Ne dites pas, <i>avoir des</i>
+<span class="smcap">raisons</span> avec quelqu'un: mais, <i>avoir dispute</i>,
+ou <i>querelle avec quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>RAMANCHER, RAMANCHEUR,
+mots barbares, dont l'emploi est fréquent.
+Ou dit <span class="smcap">ramancher</span> pour <i>remboîter</i>:&mdash;<span class="smcap">ramancheur</span>
+pour <i>rebouteur</i>:&mdash;<span class="smcap">ramancher</span>
+<i>une affaire</i> pour, <i>raccommoder une affaire</i>:
+<span class="smcap">ramancher</span> <i>un instrument</i>, pour, <i>remettre
+un manche à un instrument</i>, etc.</p>
+
+<p>RANCUNEUX, EUSE, n'est pas français:
+dites, <i>rancunier</i>, <i>ère</i>.</p>
+
+<p>RASE, pour signifier <i>radoire</i> ou <i>racloire</i>
+n'est pas français.<span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">[Pg 166]</a></span></p>
+
+<p>RASER <i>le grain</i>, pour signifier, passer
+la racloire par dessus la mesure de grain,
+est une double faute de langage; d'abord
+parceque <i>raser</i> est employé ici improprement
+pour <i>rader</i> ou <i>racler</i>; et ensuite parce
+qu'on ne racle pas le grain, mais bien la
+mesure du grain. Il faut donc pour parler
+correctement, dire, <i>rader</i> ou <i>racler la mesure
+du grain</i>, <i>du sel</i>, etc.</p>
+
+<p>Quelques grammairiens emploient les mots
+<i>rader</i> et <i>radoire</i> seulement pour la mesure
+du sel, et <i>racler</i> et <i>racloire</i> pour celle des
+grains.</p>
+
+<p>On dit, <i>acheter</i> et <i>vendre à mesure rase</i>.</p>
+
+<p>RÉFÉRENCE est un mot anglais, qu'on
+emploie abusivement pour <i>renvoi</i>, en parlant,
+d'un signe, qui dans un livre renvoie à un
+pareil signe hors du texte.</p>
+
+<p>C'est également une faute grave d'employer
+le verbe actif <i>référer</i>, dans le sens de
+<i>renvoyer à une autorité</i>, etc.</p>
+
+<p>REFROIDIR. FROIDIR, FROID.
+Évitez de prononcer <i>refraidir</i>, <i>fraidir</i>,
+<i>fraid</i>; aussi bien que de dire, <i>il fait frette</i>,
+pour, <i>il fait froa</i>.</p>
+
+<p>REMERCIER POUR. ÊTRE OBLIGÉ
+POUR. <i>Je vous</i> <span class="smcap">remercierai pour</span>
+<i>du pain</i>:&mdash;<i>je vous serai</i> <span class="smcap">obligé pour</span> <i>de
+l'eau</i>, sont des anglicismes qui doivent être
+bannis de la bonne société: dites, <i>je vous
+prie de me passer le pain</i>,...<i>de me donner
+l'eau</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">[Pg 167]</a></span></p>
+
+<p>RÉSOLU. C'est une faute de dire
+qu'un homme est <span class="smcap">résolu</span>, pour signifier qu'il
+est <i>gros</i>, <i>robuste</i>, etc.</p>
+
+<p>RESTER, pour signifier, faire sa demeure,
+n'est pas français. Ainsi au lieu
+de, <i>où</i> <span class="smcap">restez</span>-<i>vous</i>? dites, <i>où</i> <span class="smcap">demeurez</span>-<i>vous</i>?</p>
+
+<p>Ne dites pas, <i>ce cheval est</i> <span class="smcap">resté</span>;
+mais, <i>ce cheval est</i> <span class="smcap">rendu</span>.</p>
+
+<p>REVOLIN, terme de marine, est l'action
+du vent qui réfléchit d'une voile à l'autre.
+Le vulgaire emploie improprement ce mot
+pour <span class="smcap">ressac</span>, qui est le retour des vagues
+vers le large, après qu'elles ont frappé violemment
+un obstacle.</p>
+
+<p>RIEN. Ce mot est employé abusivement
+dans plusieurs locutions. Ainsi l'on
+dit, <i>un morceau de</i> <span class="smcap">rien</span>, pour <i>un très-petit
+morceau</i>:&mdash;<i>une maison de</i> <span class="smcap">rien</span>, pour
+<i>une maison de très-peu de valeur</i>, etc.</p>
+
+<p>RONDIN est bien un gros bâton; mais
+il signifie aussi un morceau de bois de chauffage
+qui est rond. Ainsi une grosse buche
+ronde est un <i>rondin</i>. C'est donc une erreur
+de n'employer ce mot que pour désigner
+le menu bois rond de chauffage.</p>
+
+<p>RUETTE, pour <i>petite rue</i>, n'est pas
+français: dites, <i>ruelle</i>.</p>
+
+<p class="p2">SALOPER, pour <i>salir</i>, ne se trouve
+pas dans les dictionnaires.</p>
+
+<p>SALOPERIE. Le peuple donne sou<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">[Pg 168]</a></span>vent
+à ce mot des significations qui lui sont
+étrangères, comme dans ces phrases: <i>il
+s'est vendu beaucoup de</i> <span class="smcap">saloperies</span> <i>à cet
+encan</i>, pour <i>il s'est vendu beaucoup d'</i><span class="smcap">effets
+de peu de valeur</span> <i>à cet encan</i>:&mdash;<i>je
+ne lui dois plus qu'une</i> <span class="smcap">saloperie</span>, pour, <i>je
+ne lui dois plus qu'une</i> <span class="smcap">très-modique
+somme d'argent</span>, etc.</p>
+
+<p>SAINT-CAJETAN. Il n'y a point de
+saint de ce nom. Écrivez, <span class="smcap">Saint-Gaétan</span>.</p>
+
+<p>SARABANDE. <i>Donner la sarabande
+à quelqu'un</i>, pour signifier, <i>gourmander
+quelqu'un</i>, est une locution vicieuse.</p>
+
+<p>SAUVAGESSE ne se trouve dans aucun
+dictionnaire. Dites avec l'Académie,
+<i>un sauvage</i>; <i>une sauvage</i>.</p>
+
+<p>SAVOIR. <i>On fait à savoir</i>, est une
+locution ridicule. Retranchez l'<i>à</i>: ou
+mieux, retranchez cet absurde préambule,
+et énoncez simplement l'objet de la publication.</p>
+
+<p>SOBRIQUETS. Évitez ces phrases
+vulgaires et incorrectes; <i>donner des noms</i>;
+<i>appeler des noms</i>, et dites, <i>donner des sobriquets</i>,&mdash;<i>donner
+des surnoms</i>.</p>
+
+<p>SOLEIL. <i>Il fait</i> <span class="smcap">soleil</span>, est une locution
+vicieuse. Il faut dire, <i>il fait</i> <span class="smcap">du</span>
+<i>soleil</i>, comme on dit, <i>il fait</i> <span class="smcap">de la</span> <i>pluie</i>;
+<span class="smcap">du</span> <i>vent</i>; <span class="smcap">de la</span> <i>neige</i>.</p>
+
+<p>SOLIDITÉ. Quoiqu'on dise, <i>un homme<span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">[Pg 169]</a></span>
+solide</i>, on ne dit pas, <i>la</i> <span class="smcap">solidité</span> <i>d'un
+homme</i>: mais bien la <i>solidité</i> de son esprit,&mdash;de
+son caractère,&mdash;de ses principes.</p>
+
+<p>SOMME. Cette phrase, <i>dormir un
+somme</i>, pèche contre la grammaire, parce
+que <i>dormir</i>, verbe neutre, n'a point de régime:
+dites, <i>faire un</i> <span class="smcap">somme</span>.</p>
+
+<p>SORTIR. Ne dites pas, <span class="smcap">sortez</span> <i>cet
+homme de la maison</i>:&mdash;<span class="smcap">sortez</span> <i>ce cheval
+de l'écurie</i>: dites, <i>faites sortir cet homme</i>,....<i>faites
+sortir ce cheval</i>,....</p>
+
+<p>STEAM-BOAT. Ce mot dur et étranger,
+qui ne se trouve guère que dans le
+Dict. de Boiste, est devenu tellement à la
+mode chez nous, qu'il semble qu'on ait oublié
+que nous avons en français son équivalent,
+<i>bateau-à-vapeur</i>,&mdash;<i>navire-à-vapeur</i>,&mdash;<i>bâtiment-à-vapeur</i>.
+Si le néologisme est
+un mal nuisible à une langue, l'emploi de
+mots purement étrangers, hors une nécessité
+urgente, est un abus intolérable.</p>
+
+<p>SUD. Prononcez <i>sude</i>, et non pas <i>çu</i>.</p>
+
+<p>SUI, POURSUI, mots employés
+abusivement pour les participes passés
+<span class="smcap">suivi</span>, <span class="smcap">poursuivi</span>.</p>
+
+<p>SUPPORTER, dans le sens <i>d'aider</i>,
+<i>d'appuyer de son influence</i>, comme dans
+cette phrase, <i>je</i> <span class="smcap">supporterai</span> <i>mon ami N
+aux prochaines élections</i>, est un anglicisme
+que l'on doit repousser.<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">[Pg 170]</a></span></p>
+
+<p>SUR. Ne dites pas, <i>les cheveux me
+dressèrent</i> <span class="smcap">sur</span> <i>la tête</i>: <i>mais</i>, <span class="smcap">à</span> <i>la tête</i>.</p>
+
+<p class="p2">TASSER se dit des choses, et non des
+personnes. L'expression, <i>nous sommes</i>
+<span class="smcap">tassés</span> <i>ici</i>, est donc incorrecte. Il faut
+dire, <i>nous sommes</i> <span class="smcap">très-pressés</span> <i>ici</i>; ou
+mieux, <i>nous sommes</i> <span class="smcap">entassés</span> <i>ici</i>.</p>
+
+<p>TIRER signifie quelquefois faire le portrait
+de quelqu'un: <span class="smcap">tirer</span> <i>un homme au naturel</i>:&mdash;<i>il
+s'est fait</i> <span class="smcap">tirer</span> <i>par un excellent
+peintre</i>:&mdash;<i>on l'a</i> <span class="smcap">tiré</span> <i>en cire</i>.</p>
+
+<p>Mais, <span class="smcap">tirer</span> <i>un portrait</i>:&mdash;<i>faire</i> <span class="smcap">tirer</span>
+<i>son portrait</i>, sont des locutions absurdes.</p>
+
+<p>TOURTIÈRE. Le peuple dit, <span class="smcap">tourtière</span>
+<i>à la viande</i>:&mdash;<span class="smcap">tourtière</span> <i>aux pommes</i>,
+au lieu de, <span class="smcap">tourte</span> <i>à la viande</i>:&mdash;<span class="smcap">tourte</span>
+<i>aux pommes</i>. <i>Tourtière</i> est l'ustensile
+qui sert à faire cuire des <i>tourtes</i>.</p>
+
+<p>TOURTRE (qu'on écrit et qu'on prononce
+abusivement <i>tourte</i>) est un terme de
+cuisine qui signifie, <i>tourterelle bonne à manger</i>.
+C'est donc une erreur grave que de
+désigner par ce mot le <i>pigeon sauvage</i>, ou le
+<i>pigeon de passage</i>, qui nous visite régulièrement
+chaque été, et que les naturalistes
+nomment <i>palumbus migratorius</i>.</p>
+
+<p>TRAIN. <i>Être en</i> <span class="smcap">train</span>, pour signifier,
+<i>être ivre</i>, ou <i>être à demi-ivre</i>, est un
+solécisme. <i>Être mal en train</i>, est également
+une expression incorrecte.</p>
+
+<p>TRAÎNERIES, qu'on emploie pour<span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">[Pg 171]</a></span>
+signifier les effets déplacés, écartés et épars,
+n'est pas français.</p>
+
+<p>Mais le verbe <i>traîner</i> est usité en ce sens,
+et l'on dit, <i>les livres</i> <span class="smcap">traînent</span>, etc.</p>
+
+<p>TRAMONTADE. Dites <i>tramontane</i>,
+<i>perdre la tramontane</i>.</p>
+
+<p>TRANSVIDER n'est pas français:
+<i>transvaser</i> l'est.</p>
+
+<p>TROT. Gardez-vous de dire avec le
+peuple, <i>trotte</i>,&mdash;<i>aller le trotte</i>: prononcez
+<i>trô</i>,&mdash;<i>aller le trô</i>.</p>
+
+<p class="p2">USURIER-RE pour signifier une personne
+qui use beaucoup ses habits, n'est
+pas français.</p>
+
+<p class="p2">VALEUR. <i>C'est de valeur</i>, pour signifier,
+<i>c'est malheureux</i>, <i>c'est fâcheux</i>,
+est un non-sens ridicule.</p>
+
+<p>VIZ. Abréviation ridicule du mot latin
+<i>videlicet</i>, dont les anglais se servent pour
+signifier <i>c'est à savoir</i>. Ce mot n'est point
+français.</p>
+
+<p>VOIX de Centaure est une faute grave:
+dites, <i>voix de Stentor</i>, et prononcez <i>Stan-tor</i>.</p>
+
+<p>VOYAGE <i>de bois</i>,&mdash;<i>de pierre</i>,&mdash;<i>de foin</i>
+sont des barbarismes. Il faut dire <i>charge</i>,
+<i>charretée</i>, ou <i>voie de bois</i>,&mdash;<i>de pierre</i>,&mdash;<i>de
+foin</i>.</p>
+
+<p>On appelle <i>voie d'eau</i> les deux seaux
+d'eau que porte un homme.<span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">[Pg 172]</a></span></p>
+
+<p>Quelquefois le terme <i>voyage</i> est employé
+pour signifier les allées et venus, que l'on
+fait pour transporter des faix, comme dans
+cette phrase, <i>ce chartier a fait trente</i>
+<span class="smcap">voyages</span> <i>pour transporter cette pierre</i>. Il
+faut se garder de conclurre de là que l'on
+puisse dire; <i>voilà trente</i> <span class="smcap">voyages</span> <i>de pierre
+que ce chartier a transportés</i>: dites, <i>voilà
+trente voies de pierre</i>....<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">[Pg 173]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="PRONONCIATION_FIGUREE" id="PRONONCIATION_FIGUREE"></a>PRONONCIATION FIGURÉE.</h2>
+
+<h3>DE PLUSIEURS MOTS</h3>
+
+<h5>QUI PEUVENT EMBARRASSER</h5>
+
+<h3>LES JEUNES ÉLÈVES.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="prononciation_1" class="tableft">
+<tr><td align="left">Abbaye,</td><td align="left"><i>prononcez</i>,</td><td align="left">a-bé-i.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abruzze,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ab-russe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abject,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ab-jecte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Agnat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">agh-na.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-gade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguail,</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>,</td><td align="left">é-gail.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguayer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghé-i-er.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguière,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghi-ère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguiérée,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghi-é-ré.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillade,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">é-gu-i-llade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillon,</td><td align="left"><i>mouillez les ll</i>, </td><td align="left">é-gu-i-llon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillonner,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">é-gu-i-llo-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguiser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-gu-i-sé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aix,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aisse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aix-La-Chapelle</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aisse-La-Chapelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aoriste,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-rîste.</td></tr>
+<tr><td align="left">Août,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou.</td></tr>
+<tr><td align="left">Appendice,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ap-pin-dice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-boutant,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-boutan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arcs-boutans</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-boutan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-bouter,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-bouter.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-doubleau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-dou-blô,</td></tr>
+<tr><td align="left">Arcs-doubleaux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-dou-blô.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">[Pg 174]</a></span>Archéologie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-o-logie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Archéologue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-o-logue.</td></tr>
+<tr><td align="left">Archétype,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-type.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">as-pek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aucun,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-kun.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aucune,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-kune.</td></tr>
+<tr><td align="left">Auxerre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-cère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Auxerrois,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-cé-ro-a.</td></tr>
+<tr><td align="left">Avril,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Babil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Balai,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ba-lè.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bastonnade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">basse-ton-nade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Beset,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">be-zè.</td></tr>
+<tr><td align="left">B&oelig;ufs,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beu.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bour.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bruxelles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bru-celle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Cadix,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ca-dice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cep,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cè ou cèpe,</td></tr>
+<tr><td align="left">Cataplasme,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ca-ta-plasse-me.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cerf,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ceylan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cé-y-lan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cheptel,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ché-tel.</td></tr>
+<tr><td align="left">Chiromancie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-ro-man-cie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Circonspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cir-con-spek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cognation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kogh-na-tion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Consanguin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">con-san-ghin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Consanguinité,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">con-san-gu-i-ni-té.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td> <td align="left">con-san-ghi-ni-té.</td></tr>
+<tr><td align="left">Curaçao,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cura-çô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Coquin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ko-kin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Czar,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kzar.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">[Pg 175]</a></span>Czarine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kza-rine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Czarowitz,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kza-ro-vitz.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Distinct,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dis-tink.</td></tr>
+<tr><td align="left">District,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dis-trik.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Éden,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">e-denne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Emmancher,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-man-ché.</td></tr>
+<tr><td align="left">Enchiridion,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-ki-ridion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Enorgueillir,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">a-nor-gheu-llir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ennoblir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-no-blir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-rir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissage,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-ris-sage.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-rissement.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrisseur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-risseur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissoir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-ris-so-ar.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équateur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kou-a-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équatorial,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kou-a-torial.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équestre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-ès-tre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équiangle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-angle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équidifférent,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-différent.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équidistant,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-distant.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilatéral,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-latéral.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilatère,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-latère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilboquet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kil-boquet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équimultiple,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-multiple.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équipollence,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ki-pollance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équiponderance,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-pondérance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équitation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-tation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Est (<i>Orient</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">este.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Faon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fatte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Faubourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fau-bour.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">[Pg 176]</a></span>Fenil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Gentilhomme,</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>,</td><td align="left">gen-ti-l-ome.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gentilshommes,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gen-ti-zome.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geolage,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jo-lage.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geolier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jo-li-er.</td></tr>
+<tr><td align="left">Georges,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jorge.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gisent, (<i>ils</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gisse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gluten,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">glu-tenne.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Hennir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">han-nir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Hymen,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">hy-menne.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">hy-min.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Igné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">igh-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Impregnation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-pregh-nation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Impregner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez le gn</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Incognito,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez le gn</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Indemniser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-deme-niser.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">in-dame-niser.</td></tr>
+<tr><td align="left">Inexpugnable,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-ex-pugh-nable.</td></tr>
+<tr><td align="left">Inextinguible,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-ex-tin-gu-i-ble.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ingrédient,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ingrédi-an.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Juillet,</td><td align="left"><i>mouillez les ll</i>,</td><td align="left">jui-llé.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Lacs, (<i>pièges</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">là.</td></tr>
+<tr><td align="left">Laon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">lan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Lingual,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">lin-gou-al.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Madrid,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ma-dri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Maïs, (<i>blé d'inde</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ma-ice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Malesherbe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mal-zerbe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mamluk,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mame-louk.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">[Pg 177]</a></span>Mérinos,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">méri-noce.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mezzo-termine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">med-zo-termine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mezzo-tinto,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">med-zo-tinto.</td></tr>
+<tr><td align="left">Michel-Ange,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mi-kel-ange.</td></tr>
+<tr><td align="left">Munich,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mu-nik.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mil, (<i>grain</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Nerf, (<i>au sing.</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nerffe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nerfs, (<i>au plur.</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ner.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nord-Est,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-deste.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nord-Ouest,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-dou-este.</td></tr>
+<tr><td align="left">Norwege,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-vège.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Orang-Outan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oran-gou-tan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Orchestre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">or-kes-tre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Os,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ouest,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-este.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ours,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ource.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Paon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Péril,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l.</i></td></tr>
+<tr><td align="left">Porc,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">por.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pouding,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pou-dingue.</td></tr>
+<tr><td align="left">Prétérit,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">prété-ri.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">prété-ritte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Progné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">progh-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Punch,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ponche.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Quadrat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-dra.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quadrille,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-drille.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaker, ou</td></tr>
+<tr><td align="left">Quacre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-cre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quasimodo,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-si-modo.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quartz,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-art-ce.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">[Pg 178]</a></span>Quartzeux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-art-zeux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaternaire,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-ternaire.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaterne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-terne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaterné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-terné.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quatriennal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-triennal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quercy,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ker-ci.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quérimonie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-é-ri-monie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Questeur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-es-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Questure,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-es-ture.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quidam,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-dan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quidane,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-danne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quiétisme,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-é-tisme.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quinconce,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kin-conce.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quinquennal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-in-ku-ennal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quintuple,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-in-tuple.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Radoub,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ra-doube.</td></tr>
+<tr><td align="left">Rédempteur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ré-damp-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnard, (<i>le poëte</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">re-nard.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnaud,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">re-nô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnicole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">regh-ni-cole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Respect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">res-pè,</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">respek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Roide,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">raide.</td></tr>
+<tr><td align="left">Roideur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rai-deur,</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">roa-deur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Rhrumb,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rombe.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Saône,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sône.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sens, (<i>ville</i>,)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Serf,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">serffe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Séquelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sé-kelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Séquestrer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sé-kes-tré.</td></tr>
+<tr><td align="left">Signet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">si-nè.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">[Pg 179]</a></span>Sloop,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sloupe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Solemnel,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">so-la-nel.</td></tr>
+<tr><td align="left">Stagnation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stagh-na-tion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Stentor,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stan-tor.</td></tr>
+<tr><td align="left">Strasbourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stras-bour.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sud,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sude.</td></tr>
+<tr><td align="left">Suspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sus-pecte.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Tandis que,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tan-di que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Taon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ton.</td></tr>
+<tr><td align="left">Transir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tran-cir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Trot,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">trô.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Valens, (<i>empereur</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">va-linze.</td></tr>
+<tr><td align="left">Vermicelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ver-mite-chelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Violoncelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vi-o-lonte-chelle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Wahabis,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oua-a-bice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wallon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">val-lon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Walse,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">valse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Walser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">val-sé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Westphalie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vesse-fa-li.</td></tr>
+<tr><td align="left">Whig,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-ighe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Whisky,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-is-ki.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wilna,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vil-na.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wolga,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vol-ga.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wolverenne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vol-ver-enne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wurtemberg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vur-tin-berg.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Yacht,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">i-aque.</td></tr>
+</table>
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">[Pg 180]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="MOTS" id="MOTS"></a>MOTS</h2>
+
+<h3>BARBARES ET DÉNATURÉS</h3>
+
+<h4>USITÉS CHEZ LE PEUPLE,</h4>
+
+<h5>AVEC LE CORRIGÉ.</h5>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="" class="tableft">
+<tr><td align="left">À l'étouffée,</td><td align="left"><i>&nbsp;&nbsp;dites</i>,</td><td align="left">à l'étuvée.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abryer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">couvrir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ambiber,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">imbiber.</td></tr>
+<tr><td align="left">Anflâmâtion,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">inflammation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Apertement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">évidemment.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arêche,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arête.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arridelles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ridelles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arsena,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arsenal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aujord'hui,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aujourd'hui.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Bagoulard,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bavard.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bagouler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bavarder.</td></tr>
+<tr><td align="left">Balier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balayer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Baliures,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balayures.</td></tr>
+<tr><td align="left">Belsamine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balsamine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bère,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">berçeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Blague,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">blaque.</td></tr>
+<tr><td align="left">Boulvari,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bourvari.</td></tr>
+<tr><td align="left">Brouillasse, (<i>il</i>,)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bruine, (<i>il</i>).</td></tr>
+<tr><td align="left">Brousquailier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">brusquer.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Cabrouet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cabriolet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Causette,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">causeri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cahottement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cahotage.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">[Pg 181]</a></span>Calimaçon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">limaçon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Calonier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">canonier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Canneçon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">caleçon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Castonade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cassonade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Chevreu,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">chevreuil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cité de temps,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de temps.</td></tr>
+<tr><td align="left">Clairté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">clarté.</td></tr>
+<tr><td align="left">Coléreux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">colère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Colidor,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">corridor.</td></tr>
+<tr><td align="left">Conté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">en même temps que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Copérer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">coopérer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Corporance,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">corpulence.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cranque,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">crampe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Crasserie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ladrerie.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Désabiyer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">découvrir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Désole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">désolation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Désoublier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oublier.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ébourifflé</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ébouriffé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écharpe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écharde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Éc&oelig;urer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">faire soulever le c&oelig;ur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écopeau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">copeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écosse <i>de légume</i>,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cosse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écroc,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">accroc.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écureu,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écureuil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Embrouillamini,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">brouillamini.</td></tr>
+<tr><td align="left">Égrandir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">agrandir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Émouvé</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ému.</td></tr>
+<tr><td align="left">Émouver</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">émouvoir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Envlimer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">envenimer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Épatienter,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">impatienter.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">[Pg 182]</a></span>Éplan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">éperlan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Errhes,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arrhes.</td></tr>
+<tr><td align="left">Escloppé,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écloppé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Espadron,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">espadon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Esquilancie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">esquinancie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Estatue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">statue.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Falbana,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">falbala.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fani,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fenil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fil d'arréchal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fil d'archal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fil d'alton,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fil de laiton.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ganif,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">canif.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gigier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gésier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gonce,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gauche.</td></tr>
+<tr><td align="left">Goule,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gueule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gouleron,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">goulot.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gouailler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">railler.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Les celles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">celles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Les ceux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ceux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Luméro,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">numéro.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Mais que,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dès que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Matéraux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">matériaux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mauvaiseté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">méchanceté.</td></tr>
+<tr><td align="left">Merlesse,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">merle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Naveau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">navet.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ostiner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">obstiner.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Pacan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">paysan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pacanner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">[Pg 183]</a></span>Pain enchanté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pain à cacheter.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pans d'oreilles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pendans d'oreilles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Passé,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pas assez.</td></tr>
+<tr><td align="left">Picotte,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">petite-vérole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Picotte volante,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">varicelle ou petite-vérole volante.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pimbina,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pémina.</td></tr>
+<tr><td align="left">Plumat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">plumeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pogne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">poignet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Poigner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">empoigner.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pommes calvilles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pommes calvines.</td></tr>
+<tr><td align="left">Porichinelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">polichinelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Poumonique,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pulmonique.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pousailler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pousser.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Quasiment,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">quasi.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quek chose,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">quelque chose.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Raboudinage,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rabondiner,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rachever,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">achever.</td></tr>
+<tr><td align="left">Racoin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">recoin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Radouer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">radouber.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regoulade,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rancuneux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rancunier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Raplisser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rapetisser.</td></tr>
+<tr><td align="left">Respir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">respiration.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ressaurer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sécher.</td></tr>
+<tr><td align="left">Routi,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rôti.</td></tr>
+<tr><td align="left">Routir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rôtir.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Salop,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">malpropre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sapinage,</td></tr>
+<tr><td align="left">Savater,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">saveter.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">[Pg 184]</a></span>Secoupe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">seucoupe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Siau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">seau. (<i>ço.</i>)</td></tr>
+<tr><td align="left">Solitude,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">solidité.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sorcilège,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sortilège.</td></tr>
+<tr><td align="left">Soubriquet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sobriquet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Soupoudrer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">saupoudrer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Surir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">s'aigrir.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Tairir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tarir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tapé de monde,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de monde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tétière,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">téière.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tralé de monde,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de monde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Trémue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">trémie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tricoller,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">chancelier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Turbenthine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">térébenthine.</td></tr>
+</table>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="ERRATA" id="ERRATA"></a>ERRATA</h2>
+
+<p>Note de transcription: Ces errata figurent dans le texte original entre l'Avertissement et la page 1 pour le premier
+et entre la page 128 et la page 129 pour le second.</p>
+<p>Page. Ligne.</p>
+
+<p>8, &mdash; 7, Biffez les mots suivans; <i>quand il est suivi des
+mots y-en</i>: <i>vas-y voir</i>: <i>vas en chercher</i>.
+<i>On dit va-t-en</i>;&mdash;et à leur place écrivez;&mdash;quand
+il est suivi du pronom relatif <i>y</i>:
+<i>vas y</i>. Mais si après l'<i>y</i> il suit un <i>verbe</i>,
+l'Académie veut que l'on supprime l'<i>s</i>. <i>Va
+y mettre ordre.</i></p>
+
+<p>Page. Ligne.</p>
+
+<p>128, &mdash; 6, Biffez tous les mots depuis <i>très ne peut</i> jusqu'à
+<i>très grand matin</i>, et à leur place
+écrivez:</p>
+
+<p>L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre
+adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter
+les locutions suivantes si communes et si vicieuses: <i>J'ai</i>
+<span class="smcap">très</span>-<i>faim</i>:&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">bien</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti</i> <span class="smcap">très</span>-<i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">très</span>-<i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">extrêmement</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne fait pas</i>
+<span class="smcap">bien</span> <i>froid</i>. Il faut dite: <i>J'ai une très</i>-<span class="smcap">grande</span> <i>faim</i>:&mdash;<i>il a
+une bien</i> <span class="smcap">grande</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti de très</i>-<span class="smcap">grand</span> <i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">grand</span> <i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai un</i> <span class="smcap">très-grand</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne
+fait pas un bien</i> <span class="smcap">grand</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<h3>TABLE DES MATIÈRES</h3>
+<div class="center">
+
+<table summary="table_des_matieres" border="0" cellpadding="4"
+cellspacing="0">
+
+<tr><td align="left"><a href="#AVERTISSEMENT"><b>AVERTISSEMENT</b></a></td>
+<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#MANUEL"><b>MANUEL</b></a></td>
+<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
+<td align="right">1</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#RECUEIL"><b>RECUEIL</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">135</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#PRONONCIATION_FIGUREE"><b>PRONONCIATION FIGURÉE</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">173</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#MOTS"><b>MOTS BARBARES ET DÉNATURÉS</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">180</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#ERRATA"><b>ERRATA</b></a></td>
+<td></td></tr>
+
+</table></div>
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
+
+***** This file should be named 38913-h.htm or 38913-h.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ https://www.gutenberg.org/3/8/9/1/38913/
+
+Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard,
+the proofers at Distributed Proofreaders International and
+the Online Distributed Proofreading Canada Team at
+http://www.pgdpcanada.net (This book was created from
+images provided by Bibliothèque et Archives nationales du
+Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
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+
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+will be renamed.
+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
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+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
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+such as creation of derivative works, reports, performances and
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+practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
+
+
+
+*** START: FULL LICENSE ***
+
+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
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+electronic works
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+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
+terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
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+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
+works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
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+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
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+from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
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+through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
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+1.E.9.
+
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+permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
+
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+
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+
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+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
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+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
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+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
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+PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
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+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
+
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+received the work on a physical medium, you must return the medium with
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+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ https://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+
+</pre>
+
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