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+The Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses
+
+Author: Thomas Maguire
+
+Release Date: February 17, 2012 [EBook #38913]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
+
+
+
+
+Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard,
+the proofers at Distributed Proofreaders International and
+the Online Distributed Proofreading Canada Team at
+http://www.pgdpcanada.net (This book was created from
+images provided by Bibliothèque et Archives nationales du
+Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
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+Notes de transcription: Pour une plus grande cohérence de l'ouvrage, les
+majuscules ont été accentuées. De plus les errata incorporés entre
+l'avertissement et la première page ainsi qu'entre les pages 128 et 129
+ont été corrigés dans le texte et repportés à la fin de l'ouvrage. Les
+primo (1º), secundo (2º) etc. qui figuraient sous la forme 1o, 2o... ont
+été transformés par souci de lisibilité en 1º, 2º... Le nom de l'auteur
+a été ajouté dans la première page de présentation.
+
+Dans cette version texte les expressions qui étaient en italiques ont été
+entourées de tirets bas.
+
+
+
+
+ MANUEL
+ DES
+ DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES
+ DE LA
+ LANGUE FRANÇAISE,
+ ADAPTÉ
+ AU JEUNE ÂGE,
+
+ ET SUIVI D'UN
+
+ RECUEIL
+ DE
+ LOCUTIONS VICIEUSES.
+
+ PAR THOMAS MAGUIRE
+
+ QUÉBEC:
+IMPRIMÉ ET PUBLIÉ PAR FRÉCHETTE & Cie,
+ Nº. 13, RUE LAMONTAGNE,
+ BASSE-VILLE.
+
+ 1841.
+
+
+
+
+_AVERTISSEMENT._
+
+
+Le besoin d'un _Manuel Lexique_ des difficultés de la langue française,
+se fait vivement sentir dans nos écoles de grammaire; et l'on a à
+regretter que le commerce ne nous fournisse pas les ouvrages de ce
+genre, qui se multiplient, depuis quelques années, sur l'ancien
+continent. C'est pour remedier en partie à ce défaut, que le présent
+travail, _né de circonstances purement fortuites_, a été préparé pour la
+presse: et en l'offrant au jeune âge, l'Auteur n'a garde de se présenter
+sous d'autre titre, que celui d'_humble compilateur_; titre qui doit lui
+demeurer entier, malgré quelques articles de sa création, devenus
+indispensables pour signaler des erreurs de langage particulières au
+Canada.
+
+Les grammaires mises à contribution, pour la confection de ce petit
+livre, sont celles de Duvivier, de Chambaud, de Lequien, de Lhomond, de
+Letellier, de Galland, de Noël et Chapsal, etc. Les sources pures et
+abondantes des Dictionnaires de l'Académie, de Trévoux, de Boiste, de
+Rolland, de Gatel, de Noël et Chapsal, etc., ont été exploitées dans le
+même but: et il est essentiel d'ajouter, que les articles puisés dans
+ces riches trésors de la langue française sont reproduits textuellement,
+autant que les circonstances et le cadre étroit de l'ouvrage l'ont
+permis.
+
+Ayant exposé les difficultés les plus communes de la langue, il était
+naturel de fournir un tableau des expressions incorrectes et dénaturées,
+qui en altèrent la beauté et les règles: voilà ce qui a donné lieu au
+_Recueil de Locutions Vicieuses_, placé à la suite du _Manuel_.
+
+L'Auteur ne s'est point fait illusion sur la difficulté de sa tâche: il
+n'ignore pas qu'il ouvre un champ large à la critique. Heureux! si son
+livre attire l'attention de quelque Aristarque consciencieux, qui daigne
+en signaler les erreurs, au profit de la portion chérie de la société à
+laquelle il est destiné!
+
+Du reste, si l'Auteur a aplani au jeune âge quelques-unes des aspérités
+dont la langue est hérissée, son but est atteint, son voeu accompli.
+
+Québec, Octobre, 1841.
+
+
+
+
+MANUEL
+
+DES
+
+DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES
+
+DE LA
+
+LANGUE FRANÇAISE.
+
+
+ABSOUDRE. _J'absous_, _tu absous_, _il absout_, _nous absolvons_, _vous
+absolvez_, _ils absolvent_. _J'absolvais_; point de prétérit défini.
+_J'ai absous_, _j'absoudrai_, _j'absoudrais_, _absous_, _absolvons_,
+_absolvez_, _que j'absolve;_ point d'imparfait du subj. _Absolvant_,
+_absous_, _absoute_.
+
+_Dissoudre_ se conjugue de même.
+
+ACADÉMICIEN est un membre d'une compagnie de savans: _académiste_, celui
+qui étudie les armes, l'équitation dans une académie.
+
+ACCENT CIRCONFLEXE. On l'emploie pour les voyelles longues, et on le
+met,--1º. sur _a_ long, _lâche_, _tâche_, _château_.--2º. sur l'avant
+dernier _e_ des mots en eme: _même_, _blême_; excepté cependant les
+adjectifs numéraux ordinaux, comme _deuxième_, _troisième_, etc.--3º.
+sur l'_i_ des verbes en _aitre_ et _oitre_, comme _paraître, accroître_;
+dans tous les temps où _i_ est suivi de _t_; _il naît_, _il paraîtra_,
+_nous accroîtrons_.--4º. sur l'_o_ qui précède les finales _le_, _me_,
+_ne_: _pôle_, _rôle_, _dôme_, _zône_.--5º. sur _le nôtre_, _le vôtre_,
+mais non sur _notre_, _votre_.--6º. on l'emploie encore à la première et
+seconde personne plurielle du prétérit défini: _nous aimâmes_, _vous
+aimâtes_, _nous reçûmes_, _vous reçûtes_.--7º. à la troisième personne
+singulière de l'imparfait du subjonctif: _qu'il fût_, _qu'il eût_,
+_qu'il aimât_.--8º. on le pose aussi sur les adjectifs _sûr_, (pour
+signifier certain) _mûr_, etc., parce qu'on écrivait autrefois _seur_,
+_meur_, et enfin sur _dû_, participe du verbe devoir, pour le distinguer
+de l'article _du_. Toutefois ce participe ne prend l'accent circonflexe,
+ni au pluriel masculin, ni au féminin, tant singulier que pluriel, parce
+qu'alors il ne peut être confondu avec l'article _du_. Enfin on le met
+sur _tû_, participe du verbe _taire_, pour le distinguer du pronom _tu_,
+et sur _crû_, participe de _croître_, pour le distinguer de _cru_,
+participe de croire.
+
+ACCORD du verbe avec ses sujets. Quand plusieurs substantifs ou pronoms
+composent les sujets, le verbe s'accorde avec le dernier substantif ou
+pronom;
+
+1º. lorsque les mots formant les sujets sont synonymes: _son courage_,
+_son intrépidité_ ÉTONNE _les plus braves_. Il est essentiel que les
+substantifs synonymes ne soient jamais unis par la conjonction _et_.
+
+2º. lorsque les mots formant les sujets renferment une expression qui
+réunit en elle tous les mots qui précèdent, comme _chacun_, _tout_,
+_rien_, _personne_. _Paroles et regards_, TOUT EST _charmes en
+vous_:--_le temps, les biens, la vie_, RIEN _ne nous_ <sc>appartient</sc>.
+
+3º. lorsque l'esprit s'arrête sur le dernier substantif, parce qu'il est
+d'un tel intérêt, qu'il fait oublier les autres:--_ce sacrifice, votre
+intérêt, votre honneur_, DIEU _vous le_ COMMANDE:--_mon repos, mon_
+BONHEUR SEMBLAIT _être affermi_.
+
+Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisième personne unis par la
+conjonction _ou_, on peut faire accorder le verbe avec les deux sujets,
+ou avec le dernier, et dire également bien--_Pierre_ ou _Paul le_ FERA,
+ou, _le_ FERONT. Cependant l'accord avec le dernier sujet parait
+préférable.
+
+Cette règle s'applique à _l'un l'autre_, lorsqu'ils sont unis par la
+conjonction _ou_:--_l'un ou l'autre vous_ ÉCRIRA, ou _vous_ ÉCRIRONT.
+
+Cependant si les mots unis par _ou_ sont de différentes personnes,
+l'usage demande que le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde
+avec la personne qui a la priorité:--_c'est toi ou moi qui_ AVONS _fait
+cela_,--_c'est toi ou lui qui_ AVEZ _dit cela_:--_lui ou moi nous_
+SERONS _peut-être assez heureux_, _etc._
+
+Dans les phrases où deux substantifs, ou bien deux pronoms sont liés par
+une des conjonctions, _de même que_, _aussi bien que_, _comme_, _non
+plus que_, _plutôt que_, _avec_, _ainsi que_, et autres semblables,
+c'est avec le premier substantif que l'accord a lieu: _la vertu_, _de
+même que le savoir_, _A son prix_. _C'est sa fille_, _plutôt que son
+fils_, _qu'il_ A DÉSHÉRITÉE.
+
+Après _l'un et l'autre_ faut-il mettre le verbe au singulier, ou au
+pluriel?
+
+L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &c., sont d'avis que l'on peut se
+servir indifféremment du singulier ou du pluriel: mais presque tous les
+grammairiens, suivant Duvivier, se sont prononcés pour le pluriel.
+
+Si _l'un et l'autre_ était placé après le verbe, le pluriel serait de
+rigueur. _Ils_ VOULAIENT _l'un et l'autre se promener_.
+
+Si les sujets sont exprimés par _ni l'un ni l'autre_, ou sont liés par
+_ni_ répété, le verbe doit-il être mis au singulier ou au pluriel?
+
+Duvivier répond qu'on est libre de se décider en faveur du singulier ou
+du pluriel, puisque l'Académie et les meilleurs auteurs ont fait usage
+indifféremment du singulier et du pluriel.
+
+Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion de Wailly et de Marmontel
+qui veulent que quand les deux sujets concourent à l'action, l'on donne
+au verbe la forme plurielle, parce qu'il y a pluralité dans l'idée, et
+que l'on dise, _ni l'un ni l'autre n'_ONT FAIT _leur devoir_:--_Ni la
+douceur ni la force ne_ PEUVENT _rien_.
+
+Mais si l'un des deux sujets seulement fait, ou reçoit l'action, parce
+qu'alors il y a unité dans la pensée, les mêmes grammairiens veulent que
+l'on mette le verbe au singulier, et que l'on dise, _ni l'un ni l'autre
+n'_EST _mon père_:--_Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni Mr. le Comte qui_ SERA
+NOMMÉ _ambassadeur d'Espagne_.
+
+Lorsque le verbe qui suit _ni_ répété, est au pluriel, on doit le faire
+accorder avec la personne qui a la priorité. _Ni vous ni moi ne_ SOMMES
+_coupables_.--_Ni vous ni lui n'_AVEZ FAIT _cela_.
+
+Doit-on après _un_, _une_ joint à _de_, _des_ se servir du singulier ou
+du pluriel, et dire, _c'est une des plus belles actions qu'il ait
+jamais_ FAIT: ou, _c'est une des plus belles actions qu'il ait jamais_
+FAITES?
+
+La phrase dont il s'agit est elliptique: c'est comme s'il y avait,
+_c'est une action des plus belles actions qu'il ait jamais faites_. Pour
+résoudre la difficulté, il faut examiner si le pronom relatif _que_ a
+pour antécédent le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel placé
+après la préposition _des_. Dans le premier cas on emploie le singulier,
+et dans le second le pluriel. Or dans la phrase citée ci-dessus, il est
+évident que le relatif _que_ se rapporte au substantif placé après la
+préposition; car il s'agit _d'actions faites_, et non pas _d'une action
+faite_. Le participe doit donc être mis au pluriel.
+
+D'après ces principes il faudra dire au singulier, _c'est un de nos
+meilleurs grammairiens qui_ A FAIT _cette faute_: et au pluriel; _votre
+ami est un des hommes qui_ PÉRIRENT _dans la sédition_.
+
+ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs substantifs.
+
+Quand un adjectif suit plusieurs substantifs régimes, soit régimes d'un
+verbe, soit régimes d'une proposition, et que cet adjectif ne se
+prononce pas au masculin comme au féminin, au singulier comme au
+pluriel, il ne s'accorde qu'avec le dernier des substantifs: mais il est
+sous-entendu après les précédens. _Ce soupçon..excita des plaintes, et
+un mécontentement_ GÉNÉRAL.--_C'est donc en vain qu'on met la véritable
+gloire dans l'honneur et la probité_ MONDAINE.
+
+Mais un adjectif, placé après des substantifs régimes, se met au
+pluriel, si cet accord ne change pas la prononciation de
+l'adjectif.--_Il sacrifie son repos et sa liberté pour la liberté et la
+félicité_ PUBLIQUES.
+
+ACQUÉRIR. _J'acquiers_, _tu acquiers_, _il acquiert_, _nous acquérons_,
+_vous acquérez_, _ils acquièrent_, _j'acquérais_, _j'acquis_,
+_j'acquerrai_, _j'acquerrais_, _acquiers_, _acquérons_, _acquérez_, _que
+j'acquière_, _que nous acquérions_, _que j'acquisse_, _acquérant_,
+_acquis_, _acquise_.
+
+Conjuguez de même _conquérir_, _reconquérir_, _requérir_, _s'enquérir_.
+
+ADJECTIFS ABSOLUS, (les) _Parfait_, _universel_, _immortel_, _mortel_,
+_éternel_, _essentiel_, _divin_, _suprême_, _extrême_, _excellent_, ne
+peuvent être précédés de mots qui expriment le plus ou le moins, par
+cela même qu'ils sont _absolus_, et rejettent toute comparaison. On ne
+peut dire, _plus_ ou _moins éternel,--mortel_, &c.
+
+ADJECTIF NUMÉRAL. Quelquefois l'adjectif de nombre cardinal remplace
+celui de nombre ordinal. _Il est_ SIX _heures_;--_l'an_ MIL HUIT
+CENT:--_le_ CINQ _Mars_,--GUILLAUME QUATRE.
+
+AIDER quelqu'un, c'est l'assister de sa bourse, de ses conseils:--_aider
+à quelqu'un_, c'est partager sa fatigue, sa peine:--_aider à quelque
+chose_, c'est y contribuer.
+
+AÏEUL est le père du père ou de la mère. Au pluriel on dit _aïeuls_,
+quand on veut désigner préscisément le grand-père paternel et le
+grand-père maternel. Hors delà on dit _aïeux_, pour signifier tous ceux
+de qui l'on descend, et qui ont devancé nos _aïeuls_.
+
+AIGLE, _oiseau_, est masculin. AIGLE, _drapeau_, est féminin. _Les
+Aigles Romaines_. AIGLE, _constellation_, est féminin.
+
+AIGUILLON. Il y a quelques mots, comme, _aiguillon_, _aiguille_,
+_aiguiser_, _arguer_, _inextinguible_, et les noms propres _d'Aiguillon,
+le Guide, de Guise_, dans lesquels l'_u_ se fait entendre, et que l'on
+prononce, _é-gu-i-glion_,--_é-gu-i-lle_,--_é-gu-i-zé_,--_ar-gu-é_,
+--_inextin-gu-i-ble_,--_d'É-gu-i-glion_,--_le Gu-i-de_,--_de Gu-i-se_.
+
+AIR. On dit, _cette femme_ a l'air BON, et non pas BONNE, parce que
+_bon_ se rapporte à l'_air_. Mais on dit, _cette pomme a l'air_ CUITE,
+et non pas CUIT, parce que l'adjectif ne peut être dit ici du substantif
+_air_.
+
+ALLER. On ne dit plus _je vas_, mais, _je vais_. L'impératif _va_ prend
+une _s_ euphonique quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_.
+Mais si après l'_y_ il suit un _verbe_, l'Académie veut que l'on
+supprime l'_s_. _Va y mettre ordre._
+
+AMOUR au singulier est masculin: au pluriel féminin, excepté quand il
+désigne les petits génies de la mythologie. _Ces_ PETITS _amours sont
+bien_ GROUPÉS.
+
+À NEUF, DE NEUF. _Refaire un bâtiment_ À NEUF:--_remettre un tableau_ À
+NEUF, c'est les restaurer, les réparer.
+
+_Se faire habiller_ DE NEUF, c'est se faire faire des habits neufs.
+
+ANCÊTRES. _Nos ancêtres: nos aïeux: nos pères._ Le siècle de nos _pères_
+a touché au nôtre: nos _aïeux_ les ont devancés: nos ancêtres sont les
+plus reculés de nous.
+
+ANIMAUX. Leurs parties principales.
+
+On dit le _pied_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un cerf, d'un mouton, d'une
+vache, et des autres animaux chez lesquels cette partie est de _corne_.
+
+On dit la _patte_ d'un chien, d'un chat, d'un lièvre, d'un loup, d'un
+ours, d'un rat, et des autres animaux chez lesquels cette partie n'est
+pas de _corne_.
+
+On dit les _ongles_ d'un lion, les _griffes_ d'un chat, d'un tigre, les
+_serres_ d'un aigle, d'un épervier.
+
+On dit la _bouche_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un âne, et en général en
+parlant des bêtes de somme.
+
+On se sert du mot _gueule_ en parlant des poissons, des reptiles, et de
+la plupart des quadrupèdes. On dit la _gueule_ d'une carpe d'une truite,
+d'un brochet, d'un serpent, d'un lion, d'un tigre, d'un chien, d'un
+loup, d'un chat, &c.
+
+On fait usage du mot _bec_ pour les volatiles.
+
+Quand on parle de cette partie qui comprend la _gueule_ et le _nez_, on
+dit le _groin_ d'un cochon, le _muffle_ d'un cerf, d'un boeuf, d'un lion,
+d'un léopard, d'un tigre: le _museau_ d'un chien, d'un renard, &c.
+
+On donne le nom de _défenses_ ou _broches_ de sanglier aux deux grosses
+dents crochues et effilées qui sortent de sa gueule.
+
+On appelle _bois de cerf_ ou _tête de cerf_, le grand bois que cet
+animal porte sur le devant de sa tête, et qui tombe tous les ans au
+printemps.
+
+Enfin on dit la _hure_ d'un sanglier, d'un ours, d'un saumon, d'un
+brochet, pour la tête, lorsqu'elle est coupée.
+
+ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne, l'âne brait, le boeuf mugit ou
+beugle, la brebis bêle, le renard nasille, le cerf bramme, le chat
+miaule, le cheval hennit, (prononcez hanit) le chien aboie ou jappe, le
+cochon grogne, le corbeau croasse, la grenouille coasse, le lion rugit,
+le loup hurle, le serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou
+trompettent, les petits chiens et les renards glapissent, les pigeons
+roucoulent, la perdrix cacabe, le moineau chuchète ou pépie, le paon
+braille ou criaille, le dindon glougloute, le poulet piaule, la poule
+glousse, le grillon grésillonne, l'oie siffle, le rossignol gringotte,
+&c.
+
+APPELER. _J'appelle, tu appelles, il appelle, nous appelons, vous
+appelez, ils appellent, j'appelais, j'appelai, j'appellerai,
+j'appellerais, appelle, appelons, appelez, que j'appelle, que nous
+appelions, que j'appelasse, appelant, appelé, appelée_.
+
+Ce verbe comme tous ceux qui sont terminés par _eler_, doublent la
+lettre _l_, quand après cette lettre on entend un _e_ muet; c.-à-d.
+lorsque la lettre _l_ est suivie de _e_, _es_, _ent_. _J'appelle_,--_tu
+chancelles_,--_ils étincellent._
+
+Cette règle est applicable aussi aux verbes dont l'infinitif est en
+_eter_. V. JETER.
+
+APPLAUDIR. Comme on fait usage de ce verbe tantôt à l'actif, tantôt au
+neutre, il est indifférent de dire, _applaudir_ AUX _acteurs_, ou
+_applaudir_ LES _acteurs_: _on_ LUI _a applaudi_, ou, _on_ L'_a
+applaudi_.
+
+Le participe passé de _s'applaudir_ s'accorde toujours. _Ils se sont_
+APPLAUDIS _de leur conduite_.
+
+ARC-EN-CIEL. Au pluriel on écrit, _arcs-en-ciel_; mais on prononce,
+comme au singulier, _ar-kan-ciel_.
+
+ARTICLE. On répète l'article et les adjectifs déterminatifs, _mon_,
+_ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_, _ce_, _cette_, _un_, etc.
+
+1º. devant chaque substantif, _les officiers et_ LES _soldats_;--_son
+frère et_ SA _mère_.
+
+2º. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le
+même substantif: _les anciens et_ LES _nouveaux soldats_,--_vos grands
+et_ VOS _petits appartemens_. Mais on dirait, _les anciens et braves
+soldats_;--_vos grands et beaux appartemens_, attendu que les mêmes
+soldats sont _anciens et braves_, et les mêmes appartemens _grands et
+beaux_.
+
+Il n'est pas toujours aisé de connaître d'une manière précise les cas où
+l'on doit faire usage de l'article, et ceux où l'on ne doit pas s'en
+servir. Voici un principe général qui sera d'un grand secours pour les
+distinguer.
+
+On doit employer l'article avant tous les noms communs pris
+_déterminément_, mais non avant ceux qu'on prend _indéterminément_.
+
+Un nom est pris _déterminément_ lorsqu'il est employé pour désigner tout
+un genre, toute une espèce, ou enfin un individu. LA _jeunesse est
+imprévoyante_. Le mot _jeunesse_ est genre parce qu'il désigne la
+totalité des jeunes gens. LES _hommes à prétention sont
+insupportables_. Le mot _hommes_ est espèce, parce qu'il est restreint à
+un certain nombre d'individus. LE _roi est sage_. Le mot _roi_, dans
+cette phrase, désigne un individu.
+
+Un nom est pris _indéterminément_ lorsqu'on s'en sert uniquement pour
+réveiller l'idée qu'on y attache: qu'on ne détermine rien sur l'étendue
+dont elle est susceptible; en un mot qu'on ne l'emploie pas pour
+désigner ni un genre, ni une espèce, ni un individu. _Les chemins sont
+bordés_ DE _lauriers_, DE _grenadiers_, DE _jasmins_. Les mots
+_lauriers_, _grenadiers_, _jasmins_ étant indéterminés, ne prennent pas
+l'article.
+
+
+REMARQUES.
+
+Les noms de provinces et de royaumes peuvent être pris _déterminément_
+et _indéterminément_. On dit: _je viens d'Angleterre, de France_, sans
+l'article; parce qu'il suffit de regarder l'Angleterre ou la France
+comme terme d'où l'on part, et qu'il est inutile de penser à l'étendue
+de ces royaumes. Mais parce que les mots _limites_, _bornes_ font penser
+à cette étendue, on dit; _les limites de l'Angleterre, les bornes de la
+France_.
+
+L'usage permet que l'on dise indifféremment, _les peuples de l'Asie_ ou
+_les peuples d'Asie_,--_les villes de l'Angleterre_ ou _les villes
+d'Angleterre_.
+
+Mais on dit avec l'article: _les peuples de l'Asie ont toujours été
+faciles à subjuguer_; parce que l'on considère ces peuples par rapport
+à l'étendue du pays qu'ils habitent.
+
+On dit plus communément: _il vient de l'Asie, de l'Europe, de
+l'Afrique_. C'est une exception à la règle donnée plus haut.
+
+Il y a des noms de royaumes et de pays qui veulent absolument l'article;
+et l'on dit toujours: _les empereurs de la Chine--du Pérou--du
+Japon:--les habitants du Canada_.
+
+Les locutions suivantes sont donc vicieuses: _je vais_ EN _Canada_,..EN
+_Pérou_:--_il demeure_ EN _Canada_,..EN _Japon_. Il faut dire: _je vais_
+AU _Canada_,..AU _Pérou_;--_il demeure_ AU _Canada_,..AU _Japon_.
+
+Les noms _Mercure_, _Jupiter_, _Vénus_, _Mars_, _Saturne_, _Herschel_ ne
+prennent pas l'article.
+
+ASPECT, PERSPECTIVE, VUE. _Aspect_ désigne des points de vue
+particuliers. _Les vues de la Suisse offrent les aspects les plus
+agréables._ _Perspective_ est _l'aspect_ des objets vus de loin. L'idée
+de _vue_ est plus étendue que celle d'_aspect_.
+
+ASSAILLIR. _J'assaille, tu assailles, il assaille, nous assaillons,
+j'assaillais, j'assaillis, j'assaillirai, j'assaillirais, assaille,
+assaillons, assaillez, que j'assaille, que j'assaillisse, assaillant,
+assailli, assaillie_.
+
+_Tressaillir_ se conjugue de même.
+
+ASSEOIR. _J'assieds, tu assieds, il assied, nous asseyons, vous asseyez,
+ils asseient, j'asseyais, nous asseyions, vous asseyiez, ils
+asseyaient, j'assis, j'assiérai ou j'asseierai, j'assiérais ou
+j'asseierais, assieds, asseyons, asseyez, que j'asseie, que nous
+asseyions, que vous asseyiez, qu'ils asseient, que j'assisse, asseyant,
+assis, assise_..
+
+_Rasseoir_ se conjugue de même.
+
+ASSURER veut un régime direct de personne quand il signifie _témoigner_:
+_assurez_ LE _de mon estime_: et un régime indirect lorsqu'il veut dire
+_donner pour sûr_: _assurez_ LUI _que nous sommes réconciliés_.
+
+ATOCA. (_Oxycoccum_). Suivant Sarrasin, cité par Charlevoix, _atoca_ est
+un mot indien, qui désigne la baie de la canneberge. Cette baie, que les
+anglais appellent _cranberry_, ne porte point de nom en français.
+
+À TRAVERS veut un régime direct; _à travers_ LES _champs_: _au travers_
+est toujours suivi de la proposition _de_: _au travers_ DU _corps_.
+
+AUCUN se met toujours au singulier: _aucun chemin de fleurs ne conduit à
+la gloire_: excepté quand il accompagne un substantif qui n'a pas de
+singulier, comme _pleurs_, _ancêtres_: ou qui, au pluriel, est pris dans
+un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_. _On n'a fait_
+AUCUNES _fénérailles_,--AUCUNES _troupes ne sont mieux disciplinées_.
+
+AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes de comparaison qui doivent être suivis
+de la conjonction _que_, et non de _comme_, autre adverbe de
+comparaison. Ne dites pas: _il est aussi grand_ COMME _vous_,--_j'en ai
+autant_ COMME _vous_,--dites _il est aussi grand_ QUE _vous_,--_j'en ai
+autant_ QUE _vous_. On dit: _il est grand_ COMME _vous_:--_j'en ai_
+COMME _vous_.
+
+AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on veut simplement marquer l'extension
+d'une qualité, il faut prendre _si_: _il n'est pas_ SI _fin_, _qu'on ne
+le puisse tromper_. Mais quand on veut faire comparaison entre deux
+adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir d'_aussi_ dans les
+phrases affirmatives: _il est_ AUSSI _poli qu'il est brave_: mais si la
+phrase est négative il faut employer _si_: _personne ne vous a servi_ SI
+_utilement que lui_. Cependant il est bien des personnes qui emploient
+alors presque indifféremment _si_ ou _aussi_, et disent, _il ne sera
+pas_ AUSSI _constant qu'il le dit_,--ou,--_il ne sera pas_ SI _constant
+qu'il le dit_.
+
+AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux sujets sont unis par _aussi bien que_, le
+verbe s'accorde avec le premier sujet: _le roi, aussi bien que ses
+ministres_, VEUT _la paix_.
+
+AUTOMNE, d'après l'usage le plus commun, est masculin quand l'adjectif
+précède: UN _bel automne_: et féminin quand l'adjectif suit: UNE
+_automne froide_.
+
+AUTOUR, ALENTOUR. Suivant les écrivains modernes _autour_ est une
+proposition, qui a par conséquent un régime, et _alentour_ un adverbe
+qui n'en a point. Il faut donc dire, _la reine avait toutes ses filles_
+AUTOUR _d'elle_; et non pas, ALENTOUR _d'elle_:--_le roi était là, et
+ses gardes étaient_ ALENTOUR, et non pas, AUTOUR.
+
+AUTRE QUE, TOUT AUTRE QUE, AUTREMENT QUE, marquant la comparaison,
+veulent _ne_ devant le verbe suivant: _il est tout autre que je_ NE
+_pensais_:--_il parle autrement qu'il_ N'_agit_: excepté quand le
+premier verbe est négatif: _il_ NE _parle pas autrement qu'il agit_.
+
+AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires _avoir_ et _être_: _avoir_ marque
+l'action, et _être_ l'état. Dans les verbes neutres qui prennent les
+deux auxiliaires, comme, _accourir_, _disparaître_, _déchoir_, _passer_,
+_décider_, _périr_, _croître_, _éclore_, _demeurer_, _rester_, _cesser_,
+_échapper_, _monter_, _descendre_, _entrer_ etc., on emploie _avoir_, si
+c'est l'action que le verbe énonce que l'on a en vue: et _être_ si c'est
+l'état que l'on veut exprimer. Ce sont les circonstances dont le verbe
+est accompagné qui indiquent lequel de ces deux points de vue on
+envisage: ainsi pour exprimer l'action, l'on dira avec _avoir_: _elle_ A
+_disparu subitement_;--_la fièvre_ A _cessé hier_;--_la rivière_ A
+_monté rapidement_;--_le baromètre_ A _descendu en peu d'heures_: et
+pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on dira avec _être_; _elle_
+EST _disparue depuis un an_:--_la fièvre_ EST _passée depuis quelque
+temps_;--_il_ EST _monté_--_il_ EST _descendu depuis une heure_. Il faut
+excepter de cette règle les verbes neutres _aller_, _arriver_, _choir_,
+_décéder_, _mourir_, _naître_, _tomber_, _venir_, et les composés de ce
+dernier, comme _devenir, intervenir, parvenir, revenir, survenir_,
+lesquels prennent le seul auxiliaire _être_, quoique chacun d'eux
+exprime une action: c'est l'usage qui en a décidé ainsi; _elles_ SONT
+_allées_,--_nous_ ÉTIONS _arrivés_,--_il_ SERA _venu_.
+
+Remarque. _Convenir_, _contrevenir_, _subvenir_, quoique formés du verbe
+_venir_, donnent lieu aux observations suivantes.
+
+_Convenir_ demande tantôt l'auxiliaire _avoir_, et tantôt l'auxiliaire
+_être_. Dans le sens d'être convenable, il prend _avoir_: et _être_ dans
+le sens de demeurer d'accord. _Cette maison m'_A _convenu, et je_ SUIS
+_convenu du prix_.
+
+_Contrevenir_ est employé par le plus grand nombre des écrivains avec
+_avoir_.
+
+_Subvenir_ prend toujours l'auxiliaire _avoir_.
+
+AVANT veut un régime, _auparavant_ n'en veut aucun. Ne dites pas,
+_auparavant de partir_, mais, _avant de partir_.
+
+AVANT, DEVANT. _Avant_ est pour l'ordre des temps; _devant_ pour l'ordre
+des places. Le premier est opposé à _après_, le second à _derrière_.
+
+Plusieurs auteurs font aussi usage d'_avant_ pour l'ordre des places.
+
+AVANT QUE rejette le _ne_. Dites, _avant qu'il parte_, et non, _avant
+qu'il_ NE _parte_.
+
+AVANT QUE DE, AVANT DE, sont employés indifféremment par les écrivains
+modernes: les prosateurs préfèrent même _avant de_.
+
+AVOIR _affaire à quelqu'un_, suppose infériorité, dépendance de celui
+qui a affaire. Un plaideur _a affaire_ À ses juges, et non AVEC ses
+juges.
+
+_Avoir affaire avec quelqu'un_, c'est avoir à traiter avec lui: _il faut
+éviter d'avoir affaire_ AVEC _les fripons_.
+
+_Avoir affaire de_ signifie avoir besoin de: _il a affaire_
+D'_argent_,--_j'ai affaire_ DE _vous, ne sortez pas_.
+
+
+BARBARISME, (le) est l'emploi de mots inusités, ou pris dans un mauvais
+sens, ou mal associés: c'est aussi l'emploi de locutions insolites. Le
+_solécisme_ est une faute grossière contre la syntaxe.
+
+BÂTISSE, BÂTIMENT. _Bâtiment_ est l'édifice entier: _bâtisse_ n'en est
+que la partie comprenant la maçonnerie. Dites: _la bâtisse de cette
+construction a couté fort cher_: mais ne dites pas: _je veux assurer
+cette_ BATISSE; _je veux vendre cette_ BATISSE, pour signifier, _je veux
+assurer cette maison, je veux vendre cette maison_.
+
+BEAUCOUP. _Il s'en faut beaucoup_ marque différence de qualité: _il s'en
+faut de beaucoup_ la différence de quantité: _il s'en faut beaucoup
+qu'il soit aussi prudent que vous_:--_il s'en faut_ DE _beaucoup qu'il
+ait autant de connaissances que son cousin_.
+
+BÉARN, ancienne province de France; prononcez, _Béar_.
+
+BÉNIT, TE, signifie consacré par l'église: _pain bénit_, _eau bénite_.
+_Béni--e_, a les autres significations de son verbe;--BÉNIS _sont les
+rois qui chérissent leurs peuples_.
+
+BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais, _beef-steak_, signifie tranche de boeuf
+saisie dans le beurre.
+
+BLEU. L'adjectif _bleu_ est invariable quand il est modifié par un autre
+adjectif, étant alors substantif. _Des étoffes_ BLEU FONÇÉ, c.-à-d.
+_d'un bleu foncé_. Il en est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui
+désignent les couleurs: _des cheveux_ BLOND FONÇÉ;--_des robes_ ROSE
+TENDRE;--_des draps_ VERT FONCÉ:--_des cheveux_ CHATAIN CLAIR, etc.
+
+BOSSER, BOSSUER. _Bosser_ est un terme de marine. _Bossuer_ signifie
+_faire des bosses_: dites _j'ai_ BOSSUÉ _mon goblet_, et non pas, _j'ai_
+BOSSÉ _mon goblet_.
+
+BOUILLIR. _Je bous_, _tu bous_, _il bout_, _nous bouillons_, _vous
+bouillez_, _ils bouillent_, _je bouillais_, _je bouillis_, _je
+bouillirai_, _je bouillirais_, _bous_, _bouillons_, _bouillez_, _que je
+bouillisse_, _bouillant_, _bouilli_, _bouillie_.
+
+BRAIRE n'est usité qu'aux temps et aux personnes qui suivent: _braire_,
+_il brait_, _ils braient_, _il braira_, _ils brairont_, _il brairait_,
+_ils brairaient_.
+
+BRUIRE, n'est guère usité qu'à l'infinitif, aux troisièmes personnes de
+l'imparfait de l'indicatif, _il bruyait_, _ils bruyaient_, et au
+participe présent, _bruyant_. _On entend_ BRUIRE _les vagues_:--_le
+vent_ BRUYAIT _dans la forêt_.
+
+BUREAU. Lieu où l'on expédie des affaires, où l'on travaille, où l'on
+délibère. Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut employer le
+terme _étude_, et dire, l'ÉTUDE _de tel avocat_, _l'_ÉTUDE _de tel
+notaire_.
+
+_Office_ pour signifier _bureau_ est un barbarisme.
+
+
+C ne se prononce pas à la fin des mots, _estomac_, _broc_, _croc_,
+_accroc_, _marc_, _échecs_, (jeu), _tabac_, _jonc_, _lacs_, (filets),
+_arsenic_, _escroc_, _tronc_, _clerc_, _cric_, _porc_, etc.
+
+CALÈCHE est un carosse léger et découvert, dont le train porte sur
+quatre roues. _Cabriolet_ est une voiture légère et suspendue, montée
+sur deux roues.
+
+_Calèche_ n'est donc pas synonyme de _cabriolet_; et c'est par
+conséquent une faute de l'employer comme tel.
+
+D'un autre côté, l'on se sert souvent du mot _cabriolet_, pour désigner
+la petite charrette sans soupentes, dont l'usage est si commun: c'est
+encore, comme l'on voit, une faute à éviter.
+
+CAMPAGNE. _À la campagne_ exprime le séjour que l'on fait hors de la
+ville. _Vivre à la campagne pour sa santé_. _En campagne_ signifie que
+l'on est en mouvement pour ces affaires, _les troupes sont_ EN
+_campagne_;--_il s'est mis_ EN _campagne pour découvrir ce qu'il
+cherche_.
+
+CARRIOLE est une voiture à roues, et c'est abusivement que l'on applique
+ce terme à une de nos voitures d'hiver à patins. _Traîneau_ est le mot
+propre. _Traîneau_ signifie voiture sans roues pour faire des courses
+sur les neiges, sur les glaces.
+
+_Traîneau_ désigne aussi la voiture sans roues destinée au transport
+également sur les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot _traîne_,
+pris dans ce dernier sens, est un barbarisme.
+
+_Traîneau_ est encore un assemblage de pièces de bois, pour traîner sur
+la terre des fardeaux lourds, des marchandises, etc.
+
+Au mot _traîneau_ quelques personnes substituent le terme
+anglo-américain _sleigh_. C'est une absurdité.
+
+CARTOUCHE est _féminin_ quand il signifie charge en rouleau d'une arme à
+feu: mais il est _masculin_ lorsqu'il signifie ornement de sculpture, de
+peinture ou de gravure autour des inscriptions, des chiffres, des
+armoiries. LE _cartouche d'une carte géographique_.
+
+CENT au pluriel prend une _s_, _deux cents chevaux_: excepté lorsqu'il
+est suivi d'un autre adjectif de nombre: _deux cent cinquante chevaux_.
+
+Quand il s'agit de la date, _cent est_ toujours invariable; _l'an mille
+huit cent_.
+
+CHARLES V, Empereur d'Allemagne, se prononce, et même s'écrit
+quelquefois, CHARLES-QUINT.
+
+CUEILLIR. _Je cueille, tu cueilles, il cueille, nous cueillons, vous
+cueillez, ils cueillent; je cueillais, je cueillis, je cueillerai, je
+cueillerais, cueille, cueillons, que je cueille, que je cueillisse,
+cueillant, cueilli, cueillie_.
+
+Conjuguez de même _recueillir_, _accueillir_.
+
+CH. Le _ch_ dans plusieurs mots qui viennent du grec, ou de quelque
+langue orientale, se prononce comme _k_; tels sont: archéologie,
+archéologue, catéchumène, Chersonèse, Chalcédoine, chaldéen, chaos,
+chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie, Melchior,
+Melchisédech, Ochosius, Jéchonias, Achaïas, Archimélech, Ezéchias,
+Ezéchiel, exarchat, archiépiscopal, Michel-Ange, Achéloüs, archétype,
+etc.
+
+Cette règle souffre quelques exceptions, comme, _archevêque_,
+_archidiacre_, _archiprêtre_, _architecte_, etc., dont le _ch_ prend la
+prononciation française.
+
+CHACUN, précédé d'un pluriel, prend après lui _son_, _sa_, _ses_, quand
+le régime direct est avant, ou que le verbe n'a pas de régime de cette
+nature: _ils ont apporté leurs offrandes_, _chacun selon_ SES
+_moyens_;--_ils se sont retirés_, _chacun dans_ SA _chambre_:--_ils ont
+opiné_, _chacun à_ SON _tour_.
+
+Il prend _leur_, _leurs_ lorsqu'il est suivi du régime direct: _ils ont
+dit chacun_ LEUR _avis_: _ils ont apporté chacun_ LEURS _offrandes_.
+
+_Un chacun dit, un quelqu'un a pensé_ sont des locutions vicieuses:
+dites, _chacun dit, quelqu'un a pensé_.
+
+CHAIR. Considéré comme aliment le mot chair se dit plus ordinairement
+des animaux terrestres et des oiseaux: CHAIR _de boeuf_:--CHAIR _de
+mouton_:--CHAIR _de perdrix_: et c'est en ce sens que l'on dit, _on ne
+mange point de_ CHAIR _en carême_.
+
+_Chair_ se dit aussi quelquefois des poissons et des fruits: _la_ CHAIR
+_du brochet_:--_la_ CHAIR _du melon_. V. VIANDE.
+
+CHANTRE se dit pour le chant de l'église, et _chanteur_ et _chanteuse_
+pour le chant profane. _Cantatrice_ est une chanteuse de profession.
+
+CHAQUE veut toujours un substantif après lui. Ainsi ne dites pas, _ces
+livres me coutent quatre francs_ CHAQUE: dites, _quatre francs_ CHACUN.
+
+CHOIR est usité seulement à l'infinitif. _Un astrologue un jour se
+laissa_ CHOIR.
+
+CHOISIR. Ce verbe ne régit pas les substantifs quand ils sont sans
+article, ou sans préposition: on ne dit pas, _il a été choisi président
+du comité_, mais, _il a été choisi_ POUR _président du comité_.
+
+CLORRE ou CLORE est usité à tous les temps composés, et de plus aux
+temps simples suivans; _je clos_, _tu clos_, _il clôt_, sans pluriel:
+_je clorai_, etc., _je clorais_, etc.: _clos_ sans pluriel, _clos_,
+_close_.
+
+_Enclorre_ se conjugue de même.
+
+CLUB, mot anglais, adopté depuis la révolution française, que l'on
+prononce _klobe_.
+
+COLLECTIF. Il y a deux sortes de noms collectifs, le _général_ qui
+représente une collection entière, et le _partitif_ qui représente une
+collection partielle.
+
+Tout verbe qui a pour sujet un collectif, s'accorde avec ce collectif,
+s'il est _général_: _l'infinité des perfections de Dieu m'accable_:--_la
+totalité des enfans sacrifie l'avenir au présent_; et avec le substantif
+qui suit le collectif, si celui-ci est _partitif_: _une multitude
+d'hommes l'environnaient_;--_une troupe de barbares désolèrent le pays_.
+
+On distingue le collectif partitif au mot, _un_, _une_, dont il est
+presque toujours précédé, UNE _quantité_, UNE _foule_.
+
+Remarque. Avec _la plupart_, employé absolument, le verbe se met
+toujours au pluriel. _Le sénat fut partagé_; _la plupart_ VOULAIENT
+_que_, etc.
+
+COLORER _une estampe_ est une faute. Dites COLORIER _une estampe_.
+_Colorer_ c'est donner la couleur; ainsi le saffran _colore_ l'eau.
+_Colorier_ c'est appliquer les couleurs: _une estampe_ COLORIÉE.
+
+COMMANDER. On emploie souvent, mais improprement, le mot _recommander_
+au lieu de _commander_, pour signifier la charge que l'on donne de faire
+quelque chose. Ainsi l'on dit, _j'ai_ RECOMMANDÉ _un habit_,--_une paire
+de souliers_, au lieu de, _j'ai_ COMMANDÉ _un habit_,--_une paire de
+soulliers_.
+
+COMME. Lorsque deux sujets sont unis par _comme_, _ainsi que_, le verbe
+s'accorde avec le premier sujet: _l'enfer comme le ciel_ PROUVE _un Dieu
+juste et bon_:--_la vertu ainsi que le savoir_ A _son prix_.
+
+_Comme_ ne doit pas remplacer _que_ pour unir les deux termes d'une
+comparaison. Ne dites pas: _César était aussi éloquent_ COMME _brave_:
+dites, _aussi éloquent_ QUE _brave_:--_il est aussi grand_ COMME _moi_:
+dites, QUE _moi_.
+
+COMMENCER. _Commencer à_, désigne une action qui aura du progrès, de
+l'accroissement: _cet enfant commence_ À _parler_. _Commencer de_,
+exprime une action complète, qui aura de la durée: _il commença_ DE
+_parler à deux heures, et ne finit qu'à six_.
+
+COMPLU est toujours invariable, n'ayant pas de régime direct. _Elle
+s'est_ COMPLU _dans ses enfans_.
+
+COMPRIS. Le participe _compris_, employé sans auxiliaire, est
+invariable, quand il précède le mot auquel il se rapporte: _y_ COMPRIS
+_cette somme_; mais lorsqu'il le suit, il doit s'accorder avec lui:
+_cette somme y_ COMPRISE.
+
+CONCORDANCE des temps de l'indicatif entre eux dans certains cas.
+
+Lorsque deux verbes sont unis par la conjonction _que_, l'on met le
+second verbe au présent de l'indicatif, si ce second verbe exprime une
+vérité constante, ou une action qui se fait ou peut se faire dans tous
+les temps. _J'ai toujours cru qu'il_ EXISTAIT _un Dieu rénumérateur et
+vengeur_. Il faut dire... qu'il EXISTE. _J'ai toujours cru que quatre et
+cinq_ FESAIENT _neuf_. Il faut dire, FONT _neuf_. _Je vous ai dit qu'il
+n'y_ AVAIT _rien de stable dans ce monde_. Dites, _qu'il n'y_ A _rien de
+stable_.
+
+On se servira également du présent, s'il s'agit de quelque chose qui
+existe au moment que l'on parle, et l'on dira: _je savais bien que vous_
+ÊTES _marié_;--_nous avons su que vous_ AVEZ _acheté une métairie_:--_on
+m'a rapporté que notre mère_ A ÉTÉ _quelque temps malade_; et non pas:
+_je savais bien que vous_ ÉTIEZ _marié_;--_nous avons su que vous_
+AVIEZ _acheté une métairie_:--_on m'a rapporté que votre mère_ AVAIT ÉTÉ
+_quelque temps malade_. Au lieu du futur on se sert abusivement du
+conditionnel présent: _on nous a dit que vous_ CONSENTIRIEZ _à cette
+démarche_:--_votre frère m'a assuré que vous_ IRIEZ _à la campagne au
+printemps prochain_;--_le bruit a couru que je_ QUITTERAIS _ce pays
+incessamment_: il faut dire _que vous_ CONSENTIREZ; _que vous_ IREZ:
+_que je_ QUITTERAI, attendu qu'il s'agit ici seulement d'exprimer que
+les actions de _consentir_, d'_aller_, de _quitter_, s'exécuteront dans
+un temps où l'on n'est pas encore.
+
+Le conditionnel passé ne doit pas s'employer pour le conditionnel simple
+ou présent: _j'aurais parié que vous m'_AURIEZ RÉPONDU: dites, _que vous
+me_ RÉPONDRIEZ.
+
+CONCORDANCE des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif et du
+conditionnel.
+
+Quand le verbe de la proposition principale est à l'imparfait, aux
+prétérits, au plus-que-parfait, ou à l'un des conditionnels, l'on met le
+second verbe à l'imparfait du subjonctif. Par conséquent au lieu des
+phrases sottement ridicules; _il désirait que je_ CHANTE;--_je voudrais
+qu'il_ SORTE;--_le médecin a ordonné que vous_ PRENIEZ _un bain_; il
+faut dire: _il désirait que je_ CHANTASSE:--_je voudrais qu'il_
+SORTIT:--_le médecin a ordonné que vous_ PRISSIEZ _un bain_.
+
+Cependant avec le prétérit indéfini l'on peut mettre le second verbe au
+présent du subjonctif, quand il exprime une action qui se fait dans tous
+les temps. _Dieu nous a créés pour que nous l'_AIMIONS.
+
+CONFIRE. _Je confis_, _tu confis_, _il confit_, _nous confisons_, _vous
+confisez_, _ils confisent_; _je confisais_, _je confis_, _je confirai_,
+_je confirais_, _confis_, _confisons_, _confisez_, _que je confisse_,
+point d'imparf. du subj. _confisant_, _confit_, _confite_.
+
+CONNEXITÉ dénote un simple rapport qui est dans la nature des choses:
+_connexion_ énonce une liaison établie entre les choses.
+
+CONSOMMER, CONSUMER. _Consommer se dit_ de tout ce qui est susceptible
+d'être accompli ou perfectionné: _un homme_ CONSOMMÉ _dans les
+sciences_: et _consumer_ du tout ce qui ont susceptible d'être dévoré ou
+anéanti: _il a_ CONSUMÉ _son temps et son argent_.
+
+CONSONNES. D'après l'ancienne appellation les consonnes, _b, c, d, f, g,
+h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z,_ se prononcent, _bé, cé, dé,
+effe, gé, ache, ji, ka, elle, emme, enne, pé, qu, erre, esse, té, vé,
+ixe, zède_.
+
+D'après la nouvelle appellation, elles se prononcent, _be, ce, de, fe,
+ghe, he, je, ke, le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze_.
+
+Cette nouvelle méthode fut proposée, par MM. du Port-Royal, et
+quoiqu'elle ait de grands avantages sur l'ancienne, elle resta long
+temps dans l'oubli, par cela seul quelle était contraire à la pratique
+générale. _Mais enfin_, dit Duvivier, _l'empire du préjugé commence à
+s'affaiblir, et dans peu elle sera selon toute probabilité, la seule en
+usage_.
+
+Suivant cette nouvelle appellation, toutes les lettres de l'alphabet
+sont _masculines_; suivant l'ancienne, il y en a qui sont _féminines_ et
+d'autres qui sont _masculines_. Les _féminines_, sont _f, h, l, m, n, r,
+s_: les _masculines_, _a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, p, q, t, u, v, x,
+y, z_.
+
+CONSTABLE. On sait que les devoirs de l'_Officier de Paix_ en France,
+sont analogues à ceux du _constable_ en Angleterre. Il est donc évident
+que l'on doit rejetter le mot anglais _constable_, puisque nous avons en
+français son équivalent.
+
+Quant au mot français _connetable_, c'est une grave faute que de
+l'employer dans le sens d'_Officer de Paix_.
+
+CONTINUATION est pour la durée: _continuité_ pour l'étendue.
+
+CONTINUER À se dit d'une chose que l'on fait sans interruption:
+_continuez_ À _bien vivre_: _continuer de_ d'une chose où il y à
+interruption: _continuez_ DE _vous former le style_.
+
+CONTRAINDRE prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: c'est l'oreille et le
+goût qui en décident: _contraindre quelqu'un_ À _travailler_, ou DE
+_travailler_.
+
+Il en est ainsi des verbes _demander_, _s'empresser_, et _forcer_.
+
+COPIE n'est pas synonyme d'_exemplaire_, et c'est une faute de dire,
+_j'ai acheté quelques_ COPIES _de tel ouvrage_: dites, _quelques_
+EXEMPLAIRES.
+
+COUDRE. _Je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils
+cousent, je cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais, couds, cousons,
+cousez, que je couse, que je cousisse, cousant, cousu, cousue_.
+
+COULEUR et COLORIS, en parlant d'un tableau, ont des significations bien
+différentes. _Couleur_ est l'impression que fait sur l'oeil la lumière
+réfléchie par chaque partie du tableau. _Coloris_ est l'effet qui
+résulte de l'ensemble, et de l'assortiment des _couleurs_.
+
+COULEUR est toujours féminin, excepté dans les mots composés, _couleur
+de feu_, _couleur de rose_, etc. Ainsi l'on dit; LE _couleur de feu est_
+MA _couleur favorite_: _cette étoffe est d'_UN _couleur de rose
+charmant_. On dit adjectivement, _un ruban couleur de feu_.
+
+Un habit de couleur, une robe de couleur, sont un habit et une robe de
+toute autre couleur que le blanc et le noir.
+
+COUPLE est féminin quand il désigne deux choses qui ne vont pas ensemble
+nécessairement: _une couple de serviteurs_,--_de poulets_,--_d'oeufs_.
+Ils est masculin quand il désigne deux personnes unies par le mariage,
+ou qu'il se dit d'un mâle ou d'une femelle qu'on a appareillés ensemble:
+_un couple d'époux_,--_un couple de pigeons_.
+
+COURIR prend deux _r_ au futur simple, _je_ COURRAI et au présent du
+conditionnel _je_ _cou_RR_ais_.
+
+Il en est ainsi des verbes _concourir_, _discourir_, _encourir_,
+_parcourir_, _secourir_, _mourir_, _accourir_.
+
+COUVERCLE est ce qui ferme en couvrant: ainsi on dit, COUVERCLE _d'un
+chaudron_,--_d'un pot_,--_d'une écuelle_,--_d'une soupière_, etc. On
+doit se garder d'employer dans ce sens le mot _couvert_ qui a une toute
+autre signification.
+
+CRAINTE, PLAINTE. Autrefois l'on rejetait les participes féminins
+_crainte_ et _plainte_; aujourd'hui on les emploie, et l'on dit: _la
+chose que j'ai crainte_,--_la personne que j'ai plainte_.
+
+CRAINTE DE précède toujours un substantif: dites, _crainte de_ PIS, et
+non pas DE _crainte de_ PIS. _De crainte de_ se met devant un infinitif:
+dites, DE _crainte de_ TOMBER, et non pas, _crainte de_ TOMBER.
+
+CROIRE _quelque chose_, c'est l'estimer véritable; _je crois la
+religion_. _Croire à quelque chose_, c'est s'y fier, y avoir confiance:
+_je crois_ À _son innocence_. _Croire quelqu'un_, c'est ajouter foi à ce
+qu'il dit: _c'est un menteur, on ne_ LE _croit plus_. _Croire à
+quelqu'un_, c'est croire à son existence: _il croit_ AUX _revenans_. On
+dit aussi dans ce sens, _croire à la magie_.
+
+CULOTTE, vêtement d'homme de la ceinture aux genoux. On ne doit pas
+confondre _culotte_ avec _pantalon_ qui est un vêtement de la ceinture
+aux pieds.
+
+
+D final sonne dans les noms propres _David_, _Obed_, _Joad_, etc.: et
+dans _Sud_ (le midi).
+
+En général le d final se fait sentir devant une voyelle, ou une _h_ non
+aspirée. Cette règle néanmoins souffre beaucoup d'exceptions, surtout
+dans la conversation: ainsi dans ces phrases, _chaud accablant_,--_bord
+escarpé_,--_froid épouvantable_, le _d_ est nul en prononciation.
+
+On doit à cet égard consulter l'oreille, interroger l'usage.
+
+DAME est un titre d'honneur qui s'étend aujourd'hui à toutes les femmes
+d'une condition un peu honnête. Mais c'est une erreur grossière de
+l'employer comme synonyme de _femme mariée_. Ainsi ne dites pas, _la_
+DAME _de Monsieur un tel_; ni, _votre_ DAME; dites; _la_ FEMME _de
+Monsieur un tel_: _votre_ FEMME. Cette dernière locution, quoique
+correcte, doit être évitée néanmoins dans la bonne société: au lieu
+donc de dire, _votre femme_, dites _Madame_, en y ajoutant le nom du
+mari.
+
+Une dame ne dit, _mon mari_, que dans l'intimité; en toute autre
+circonstance elle le nomme par son nom en l'appelant _Monsieur_. Mais il
+n'en est pas ainsi du mari; il serait ridicule qu'il dit en société,
+_mon épouse_ ou _Madame_ N: il doit dire tout simplement, _ma femme_.
+
+_Madame votre femme_, _Madame votre épouse_ sont des expressions de
+mauvais ton; moins ridicules néanmoins que, _Monsieur mon père_: _Madame
+ma mère_.
+
+Une dame ne doit pas dire, _quand j'étais fille_, mais, _quand j'étais
+demoiselle_.
+
+DANS, EN. _Dans_ a un sens précis et déterminé: _il est_ DANS _la
+ville_: _en_ a un sens vague et indéterminé: _il est_ EN _ville_. _Dans_
+marque le temps où l'on exécute les choses; _il viendra_ DANS _un mois_:
+et _en_, celui qu'on emploie à les exécuter: _il a fait le voyage_ EN
+_un mois_.
+
+DE entre deux noms. Si le second nom ne sert qu'à spécifier la nature du
+premier nom, et par conséquent s'il n'est employé que dans un sens
+indéfini, dans un sens général, qui ne présente à l'esprit qu'une idée
+vague et confuse, l'idée de pluralité disparaît, et le second nom se met
+au singulier: _des queues de cheval_;--_de l'huile d'olive_;--_des gens
+de plume_.
+
+Mais le second nom se place au pluriel, s'il désigne une chose qui se
+compte; _une mesure de haricots_;--_un bouquet de roses_,--_un marchand
+de plumes_ (à écrire).
+
+DÉCHOIR. _Je déchois_, _tu déchois_, _il déchoit_, _nous déchoyons_,
+_vous déchoyez_, _ils déchoient_, point d'imparfait, _je déchus_, _je
+décherrai_, _je décherrais_, _déchois_, _déchoyons_, _déchoyez_, _que je
+déchoie_, _que tu déchoies_, _qu'il déchoie_, _que nous déchoyions_,
+_que vous déchoyiez_, _qu'ils déchoient_, _que je déchusse_, point de
+participe présent, _déchu_, _déchue_.
+
+DEDANS ne veut point de régime: dites, _dans la ville_, et non, DEDANS
+_la ville_; à moins que _dedans_ ne soit précédé d'une préposition; PAR
+_dedans la ville_; ou employé en opposition avec un des adverbes
+_dehors_, _dessus_, _dissous_: _il y à des animaux_ DEDANS _et_ DESSUS
+_la terre_.
+
+DE FACON QUE. _De façon que_, _de manière que_, _de sorte que_,
+demandent le subjonctif, quand l'idée tient du doute, de l'avenir:
+_conduisez-vous de manière que vous_ MÉRITIEZ _l'estime des gens de
+bien_: et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle a rapport au
+présent, ou passé: _il s'est conduit de façon qu'il_ A MÉRITÉ _l'estime
+des gens de bien_.
+
+DEHORS ne veut point de régime: dites, _hors de la ville_; à moins que
+_dehors_ ne soit précédé d'une préposition: _passer_ PAR _dehors la
+ville_; ou employé en opposition avec un des adverbes _dedans_,
+_dessus_, _dessous_: _j'en voyais et_ DEDANS _et_ DEHORS _nos
+murailles_.
+
+DÉJEUNER, DÎNER, SOUPER. Ces trois verbes veulent la préposition _avec_
+devant un nom de personne: et la préposition de devant le nom de la
+chose que l'on mange, _j'ai déjeûné_--_dîné_--_soupé_ AVEC _mon ami_:
+_j'ai déjeûné_ DE _café_: _j'ai dîné_ D'_un bon pâté_.
+
+On dit, DE _quoi avez-vous déjeûné_--_dîné_--_soupé_? et non pas, AVEC
+quoi avez-vous déjeûné? etc.
+
+DÉLICE au singulier est masculin; au pluriel féminin: _mon plus_ GRAND
+_délice_,--_mes plus_ CHÈRES _délices_.
+
+DÉLIVRER dans le sens de _livrer_ ne peut avoir deux régimes de
+personnes. Ainsi on dit bien, _délivrer des marchandises à quelqu'un_:
+mais on ne doit pas dire, _délivrer un prisonnier à quelqu'un_.
+
+DEMAIN. On dit, _demain matin_, _demain soir_ de préférence à _demain_
+AU _matin_, _demain_ AU _soir_.
+
+DEMEURER prend _avoir_ pour exprimer que le sujet n'est plus au lieu,
+dans l'état dont il est question: _il_ A _demeuré six mois en
+Italie_:--_il_ A _demeuré longtemps captif_.
+
+Il prend _être_ pour marquer que le sujet n'a pas changé de lieu,
+d'état: _deux cens hommes_ SONT _demeurés sur le champ de
+bataille_:--_il a reçu une blessure, et_ EST _demeuré infirme_.
+
+DEMI reste invariable quand il précède le substantif: _une_
+DEMI_-heure_: _une_ DEMI_-verge_: et s'accorde en genre seulement
+lorsqu'il suit le substantif: _deux heures et_ DEMIE.
+
+DÉPLU. Le participe _déplu_ est toujours invariable: _ces Messieurs se
+sont_ DÉPLU _à la campagne_:--_ces Dames se sont_ DÉPLU.
+
+DE QUI, DONT, DUQUEL. _De qui_ ne se dit que des personnes, ou des
+choses personnifiées. _Dont_ et _duquel_ se disent des personnes et des
+choses; mais en général _dont_ est préférable: _un arbre_ DONT _le fruit
+est excellent_, et non pas, _un arbre_ DUQUEL, etc. Cependant _duquel_
+doit être préféré à _dont_;
+
+1º pour éviter une équivoque; _la bonté du Seigneur_ DE LAQUELLE _nous
+ressentons les effets_.
+
+2º lorsque le mot auquel se rapporte ce pronom relatif est suivi d'une
+préposition: _l'homme à la réputation_ DUQUEL _vous voulez nuire_; et
+non pas, _l'homme à la réputation_ DONT, etc.
+
+DÉSESPÉRER QUE, étant accompagné d'une négation, veut _ne_ devant le
+verbe qui suit: _je ne désespère pas qu'il_ NE _vienne_.
+
+DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE. Il ne faut pas confondre ces deux mots. Le
+premier est contraire à la pureté: le second à la civilité, à la
+droiture.
+
+DESSUS, DESSOUS ne veulent pas de régime: ne dites donc pas, DESSUS _la
+table_, DESSOUS _le lit_: _dites_ SUR _la table_, SOUS _le lit_: à moins
+que ces adverbes ne soient précédés d'une préposition: PAR DESSUS _les
+murs_, PAR DESSOUS _la jambe_: ou employés en opposition: _il y a des
+livres dessus et dessous_ LA TABLE.
+
+DIRE. De tous les composés de _dire_, il n'y a que le verbe _redire_ qui
+se conjugue absolument comme _dire_: _redire_ fait donc au présent de
+l'indicatif, _vous redites_, et à l'impératif _redites_.
+
+À l'égard des verbes _dédire_, _contredire_, _interdire_, _médire_,
+_prédire_, on dit au présent de l'indicatif, _vous dédisez_, _vous
+contredisez_, _vous interdisez_, _vous médisez_, _vous prédisez_, et à
+l'impératif, _dédisez_, _contredisez_, _interdisez_, _médisez_,
+_prédisez_.
+
+DISCONVENIR. Lorsque _disconvenir_ est accompagné d'une négation, il
+veut _ne_ devant le verbe suivant; _je ne disconviens pas qu'il_ NE
+_soit habile_.
+
+DISPUTER. Lorsque _disputer_ signifie, _prétendre concurremment à_, il
+prend le pronom personnel, et alors il est suivi d'un régime direct:
+_on_ SE DISPUTE _la prééminence_,--_un rang_,--_un héritage_. Employé
+dans un sens absolu, signifiant _avoir contestation_, il ne prend pas ce
+pronom: ainsi ne dites pas, _vous avez tort de_ VOUS DISPUTER,--_ils_ SE
+_se sont longtemps_ DISPUTÉS: dites, _vous avez tort de_ DISPUTER: _ils_
+ONT _longtemps_ DISPUTÉ.
+
+DISTINGUER DE se dit des choses analogues; _distinguer la bienfaisance_
+DE _la charité_; _distinguer d'avec_, se dit d'objets différens:
+_distinguer l'or d'_AVEC _l'argent_.
+
+DONC se prononce _donk_ devant une voyelle, et au commencement d'une
+phrase, ou d'un membre de phrase; et aussi quand la phrase indique
+l'indignation, la colère, etc.
+
+DOUTER accompagné d'une négative veut _ne_ devant le verbe suivant: _je
+ne doute pas que vous_ NE _réussissiez_. Le participe passé de _se
+douter_ s'accorde toujours avec le second pronom; _il se sont_ DOUTÉS
+_de cela_.
+
+DRESSER. Dites, _les cheveux me dressent_ À _la tête_, et non SUR _la
+tête_.
+
+DROIT. On dit, _Mademoiselle marchez_ DROIT, et _Mademoiselle marchez_
+DROITE. Le premier veut dire, _marchez en ligne droite_: _droit_ est un
+adverbe, et se rapporte au verbe _marchez_: le second signifie
+_tenez-vous droite en marchant_.
+
+DU, DE LA, DES sont employés devant les substantifs communs, pris dans
+un sens partitif; c.-à-d., pour désigner une _partie_, une _portion_
+des personnes ou des choses dont on parle: _il a_ DU _papier_; c.-à-d.,
+_quelque papier_:--vous avez DE L'_encre_; c.-à-d., _quelque
+encre_:--_nous avons acheté_ DES _plumes_; c.-à-d., _quelques plumes_:
+excepté quand le substantif dans un sens partitif, est précédé d'un
+adjectif; alors on emploie simplement _de_; _il a_ DE _bon
+papier_:--_vous avez_ DE _bonne encre_:--_nous avons acheté_
+D'_excellentes plumes_.
+
+On ne doit donc pas dire; _j'ai mangé_ DE LA _bonne viande_:--_j'ai bu_
+DU _bon vin_:--_voilà_ DU _beau papier_: dites, _j'ai mangé_ DE _bonne
+viande_:--_j'ai bu_ DE _bon vin_:--_voilà_ DE _bon papier_.
+
+DU GUESCLIN. On ne fait point sonner l'_s_ de ce nom d'homme.
+
+DURANT. Cette préposition se met quelquefois après son régime; _sa vie_
+DURANT.
+
+_Durant_ exprime une durée continue; _pendant_ marque un moment, une
+époque.
+
+_Durant que_, n'est plus usité.
+
+
+ÉCHOIR, n'est guère d'usage au présent de l'indicatif qu'à la troisième
+personne du singulier, _il échoit_, qu'on prononce et qu'on écrit
+quelquefois _il échet_: point d'imparfait de l'indicatif, _j'échus_,
+_j'écherrai_, _j'écherrais_, point d'impératif, _qu'il échée_, _qu'ils
+échéent_, _que j'échusse_, _échéant_, _échu_, _échue_.
+
+_Échoir_ construit avec les adverbes _bien_ et _mal_, se dit des
+personnes; _vous ne sauriez que_ BIEN _échoir_;--_je suis_ MAL _échu_.
+
+Noël veut qu'aux temps composés _échoir_ prenne _avoir_ et _être_.
+Duvivier prétend au contraire que le participe du verbe _échoir_ se
+construit avec le seul auxiliaire _être_.
+
+ÉCLAIRER. Lorsqu'on donne ordre de porter une lumière à quelqu'un qui
+passe par un endroit obscur, il faut dire, _éclairez_ À _Monsieur_, et
+non pas, _éclairez Monsieur_.
+
+ÉCLORE, _il éclôt_, _ils éclosent_, _il éclora_, _ils écloront_, _il
+éclorait_, _ils écloraient_, _qu'il éclose_, _qu'ils éclosent_, _éclos_,
+_éclose_. Il n'est usité qu'aux temps et aux personnes ci-dessus, et de
+plus à la troisième personne du singulier et du pluriel des temps
+composés.
+
+EFFORCER À. (s') _S'efforcer à_, a rapport aux forces physiques;
+_s'efforcer_ À _courir_:--_s'efforcer_ À _porter un fardeau_.
+_S'efforcer de_, a rapport aux facultés intellectuelles: _s'efforcer_
+D'_être plaisant_:--_s'efforcer_ DE _paraître calme_.
+
+ELLE, EUX, ELLES, précédés d'une préposition, ainsi que les prénoms,
+_lui_, _leur_, ne se disent que des personnes, ou des choses
+personnifiées: il ne faut donc pas dire, _cette maison menace ruine,
+n'approchez pas_ _d'_ELLE:--_ce cheval est méchant_, ne LUI _touchez
+pas_. Dans ces cas on se sert des pronoms _en_ et _y_; _n'_EN _approchez
+pas_;--_n'_Y _touchez pas_: ou bien on donne une autre tournure à la
+phrase si les pronoms _en_ et _y_ ne peuvent y entrer.
+
+Placés après le verbe _être_ les pronoms _lui_, _elle_, _eux_, _elles_
+ne se disent que des personnes: _est-ce Monsieur votre père?_--_c'est_
+LUI;--_est-ce votre soeur qui a écrit?_--_c'est_ ELLE;--_sont-ce là vos
+cousins?_--_ce sont_ EUX.
+
+Mais aux questions suivantes, où il s'agit de _choses_ et non de
+_personnes_: _est-ce là votre chapeau?_--_est-ce là votre
+épée?_--_sont-ce là vos livres?_--_sont-ce là vos plumes?_--il ne faut
+pas _répondre_, _oui, c'est_ LUI,--_c'est_ ELLE,--_ce sont_ EUX,--_ce
+sont_ ELLES: il faut répondre _ce_ L'_est_ aux deux premières questions,
+et _ce_ LES _sont_ aux deux dernières.
+
+EMPIERRER et EMPIERREMENT. (Dict. de Boiste) _Empierrer_ c'est mettre un
+lit de pierres sous l'aire du gravier pour le consolider. _Empierrement_
+signifie le lit de pierres, ou l'action de les poser. V. FERRER.
+
+EMPÊCHER QUE, veut toujours _ne_ devant le verbe suivant: _j'empêcherai
+qu'il_ NE _vienne_.
+
+EN. Lorsqu'il est question de choses, on se sert du pronom relatif _en_,
+au lieu du pronom possessif, ainsi il faut dire; _ce livre me plaît, la
+reliure_ EN _est belle_, et non pas, SA _reliure est belle_:--_cette
+statue est belle, mais la tête_ EN _est trop petit_, et non pas SA _tête
+est trop petite_.
+
+Au jeu de cartes on dit, _jouer_ EN _pique_--EN _coeur_, etc., et non
+pas, DU _pique_,--DU _coeur_. V. SON, SA.
+
+ENGAGER prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _il s'engagea_ À _payer_,
+ou DE _payer_.
+
+ENNOBLIR (prononcer _an-noblir_,) c'est donner de l'éclat, du lustre:
+_les beaux arts_ ENNOBLISSENT _une langue_.
+
+_Anoblir_ c'est donner des lettres de noblesse: _la Reine Victoire l'a_
+ANOBLI.
+
+ENNUYANT marque l'action, et _ennuyeux_ l'état. Un homme _ennuyant
+ennuie_ actuellement par ses discours, ou de quelqu'autre manière: un
+homme _ennuyeux_ est celui qui par sa simplicité, par l'habitude de
+bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour ennuyer. _Ennuyeux_ se dit des
+personnes et des choses: _ennuyant_ des personnes seulement.
+
+ENTRE. L'_e_ final d'_entre_ s'élide seulement dans les verbes
+réfléchis, dont le simple commence par une voyelle: _s'entr'aider_,
+_s'entr'ouvrir_: et de plus dans _entr'acte_, _entr'autres_, et
+quelquefois devant _eux_, _elles_: c'est à volonté: _entr'eux_,
+_entr'elles_, ou _entre eux_, _entre elles_.
+
+ENTRE-NUIRE. (s') Le participe passé de _s'entre-nuire_ est toujours
+invariable: _ils se sont_ ENTRE-NUI.
+
+ENVIRON ne doit pas être suivi de la conjonction _ou_: ne dites pas;
+_une somme d'_ENVIRON _quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: dites;
+_une somme de quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: ou bien,
+_d'environ quatre_ À _cinq cens livres sterling_. La raison en est
+qu'_environ_ et _ou_ expriment chacun quelque chose de vague: leur
+réunion forme un pléonasme vicieux.
+
+_Environ_ ne doit pas être suivi de _de_: dites, _il était environ deux
+heures_, et non, _environ_ DE _deux heures_.
+
+ESPÉRER QUE portant à l'esprit une idée de _futur_, ne doit pas être
+suivi d'un verbe au _présent_ ou au _passé_: _j'espère que vous vous_
+PORTEZ _bien_:--_j'espère que vous_ AVEZ RÉUSSI. Dites: _je me_ FLATTE
+_que vous vous portez bien_;--_je_ PENSE _que vous avez réussi_.
+
+C'est une faute grossière de dire; ESPÉREZ _un moment_, pour ATTENDEZ
+_un moment_.
+
+ESSAYER prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif qui suit: _essayer_ À ou DE
+_combattre_: c'est le goût qui en décide.
+
+ET. La conjonction _et_ donne lieu à plusieurs remarques.
+
+1º. Elle ne doit pas unir les mots synonymes; ainsi ne dites pas, _une
+douceur_ ET _une aménité admirable_;--_il est érudit_ ET _savant_;
+dites, _une douceur_, _une aménité admirable_:--_il est érudit_,
+_savant_.
+
+2º. Elle ne doit pas non plus unir deux membres de phrases commençant
+chacun par une des conjonctions, _plus_, _moins_, _autant_. Dire, _plus
+on étudie_, ET _plus on aime l'étude_, serait une faute: dites: _plus
+en étudie_, _plus on aime l'étude_.
+
+3º. Elle ne peut unir que des mots de même nature, c.-à-d., un
+substantif à un substantif, un verbe à un verbe, etc.: d'où il suit que
+l'on ne doit pas dire, _il aime le jeu et_ À ÉTUDIER, mais, _il aime le
+jeu et l'_ÉTUDE.
+
+ET CÆTERA. Quand il est question de _choses_, l'on dit, _et cætera_;
+quand il s'agit de _personnes_, il faut dire, _et autres_, ou, _et
+d'autres_, ou, _et les autres_.
+
+ÊTRE. Le verbe _être_ précédé de _ce_ se met au pluriel, lorsqu'il est
+suivi de la troisième personne du pluriel: _ce_ SONT _les
+Romains_;--_ce_ SONT _eux_;--_c'_ÉTAIENT _nos amis_;--_ce_ SERONT _nos
+ennemis_, _qui_..
+
+Mais on dirait avec le verbe _être_ au singulier, _c'_EST _le travail et
+l'application_;--_c'_EST _nous_;--_c'_EST _vous_;--_c'_ÉTAIT
+_nous_;--_ce_ SERA _vous_; aucun de ces mots ne formant la troisième
+personne du pluriel.
+
+_Remarque._ Quelques auteurs emploient le singulier, quoique le verbe
+soit suivi de la troisième personne du pluriel. Racine dit, _ce n'_EST
+_pas les Troyens_: l'Académie écrit, EST-_ce les Anglais_?
+
+Le temps du verbe _être_ précédé de _ce_ est déterminé par le verbe
+suivant: ainsi il faut dire: _ce_ SERA _nous qui répondrons_; et non
+pas, _c'_EST _nous qui répondrons_;--_ce_ FUT _Cicéron qui sauva la
+république_; et non pas, _c'_EST _Cicéron qui sauva la république_.
+
+Lorsque le verbe _être_ précédé de _ce_, est suivi d'une préposition,
+comme dans, _c'est à vous_; _c'était de nous_; _ce sera pour mes
+enfans_; on fait usage de la conjonction _que_: _c'est_ À _vous_ QUE _je
+m'adresse_;--_c'était_ DE _nous_ QUE _vous parliez_;--_ce sera_ POUR
+_mes enfans_ QUE _je travaillerai_. Si au lieu de cette conjonction, on
+employait _à qui_, dans la première phrase; _dont_ ou _de qui_ dans la
+seconde; et _pour qui_ dans la troisième; l'on violerait les règles de
+la grammaire, en ce que l'on donnerait deux régimes indirects aux
+verbes, _je m'adresse_, _vous parliez_, _je travaillerai_, tandis qu'ils
+n'en doivent avoir qu'un. On dit de même, _c'est ici_ QUE _je
+demeure_;--_c'est là_ QUE _je vais_: et non pas, _c'est ici_ OÙ _je
+demeure_;--_c'est là_ OÙ _je vais_. Dans ces phrases, ce ne sont pas, il
+est vrai, deux régimes indirects qui marquent le même rapport, mais deux
+adverbes qui expriment la même circonstance, et dont un seul suffit.
+
+Après le verbe _être_ précédé de _ce_, l'on met _à_ et _de_ devant
+l'infinitif: _c'est à moi à_,--_c'est à vous à_,--_c'est à lui à_,
+éveille une idée de tour: _c'est à moi de_,--_c'est à vous de_,--_c'est
+à lui de_, exprime une idée de droit ou de devoir. Ainsi l'on dira,
+_c'est à moi_ À _jouer_, c.-à-d., c'est mon tour de jouer: _c'est à moi_
+DE _commander_, c.-à-d., c'est mon droit, c'est mon devoir de commander.
+
+On dit souvent _il a été_ pour _il est allé_, et vice-versa. La règle à
+suivre en cela est que toutes les fois que l'on suppose le retour du
+lieu, il faut dire, _il a été_, _j'ai été_: et lorsqu'il n'y a pas de
+retour, _il est allé_. Ainsi, _Pierre est allé au sermon_, signifie que
+Pierre n'est pas de retour du sermon: _Pierre a été au sermon_, veut
+dire que Pierre est de retour du sermon. Les locutions, _je suis allé le
+voir_;--_je suis allé le visiter_, sont vicieuses; il faut dans l'une et
+l'autre phrase dire, _j'ai été_.
+
+Il est essentiel de remarquer que ce n'est que dans les temps composés,
+qu'on emploie le verbe être pour le verbe _aller_; _il est allé à la
+messe_,--_il a été à la messe_: ne dites, pas: _il_ FUT _à la
+messe_,--_il_ FUT _jusqu'à Rome_: mais, _il_ ALLA _à la messe_,--_il_
+ALLA _jusqu'à Rome_.
+
+EUPHONIE; terme de grammaire qui signifie prononciation agréable.
+L'_euphonie_ fait changer quelquefois un mot, comme quand on dit MON
+_amitié_ pour MA _amitié_; et quelquefois ajouter certaines consonnes,
+comme dans ces locutions, _va_-T-_en_;--_va_s-_y_;--_si_ L'_on vous
+demande_: où les lettres T, S, L, font éviter le son désagréable qui
+résulte de la rencontre de deux voyelles.
+
+ÉVANGILE est masculin. Ne dites pas, _la dernière évangile_,--_à la
+dernière évangile_, mais, _le dernier évangile_,--_au dernier évangile_.
+
+ÉVEILLER, RÉVEILLER. _Éveiller_ se dit d'une cessation de sommeil
+douce, ordinaire et naturelle. _Réveiller_ suppose quelque chose
+d'irrégulier et de subit.
+
+ÉVITER ne signifie jamais _épargner_: ne dites pas, _je vous_ ÉVITERAI
+_cette peine_;--ÉVITEZ _moi ce désagrément_: dites, _je vous_ ÉPARGNERAI
+_cette peine_;--ÉPARGNEZ _moi ce désagrément_.
+
+EXCEPTÉ s'accorde lorsqu'il suit le substantif; _vos frères_ EXCEPTÉS,
+et reste invariable quand il le précède, EXCEPTÉ _vos frères_.
+
+EXCLURE. Participe passé _exclu_, _exclue_: ou, _exclus_, _excluse_. Ce
+dernier est peu usité.
+
+EXCUSE. _Demander excuse_ signifie _exiger des excuses_: on ne peut donc
+pas dire à quelqu'un qu'on a offensé, _je vous demande excuse_; il faut
+dire, _je vous fais excuse_.
+
+EXEMPLE est féminin quand il signifie modèle de _dessin_, d'_écriture_,
+etc., que l'on copie: il est masculin dans ses autres acceptions.
+
+C'est une faute grave de dire, IMITEZ _l'exemple de vos ancêtres_,
+dites, SUIVEZ _l'exemple de vos ancêtres_.
+
+EXHIBITION est un terme de pratique qui signifie, _représentation
+juridique de papiers_. Gardez-vous donc d'employer ce mot en parlant de
+bestiaux, de grains, et en général des produits de l'industrie, d'objets
+d'art, offerts à la vue du public en certaines occasions. _Exposition_
+est le terme propre. Ainsi dites, EXPOSITION _de tableaux_, _de
+bestiaux_ etc.; et s'il y a concurrence pour des prix, employez le mot
+_concours_.
+
+Ces observations s'appliquent également au verbe _exhiber_.
+
+EXPIRER se conjuge avec _être_ quand il se dit des choses; _la trève_
+EST _expirée_; et avec _avoir_ lorsqu'il se dit des personnes, _il_ A
+_expiré entre mes bras_.
+
+
+F. L'_f_ finale ne se fait pas sentir dans les mots suivans: _clef_,
+_clefs_, _oeuf frais_, _oeuf dur_, _oeuf pourri_, _boeuf gras_, _boeuf
+salé_, _cerf_, _cerfs_: elle ne se fait pas sentir non plus dans les
+mots au pluriel, _nerfs_, _boeufs_, _oeufs_; mais on l'a fait entendre
+dans ces expressions, _du boeuf_, _un oeuf_, _un nerf_, dans _nerf de
+boeuf_, l'on prononce seulement l'_f_ du mot _boeuf_; dans le mot _neuf_
+l'_f_ se fait sentir au singulier, et elle est muette au pluriel: _habit
+neuffe_, _habits neu_.
+
+FACE. La locution _en face_ prend après elle la préposition de; _en
+face_ DU _temple_. Cependant dans le style familier on peut omettre
+cette préposition; _il demeure en face le marché_. Cette régle
+s'applique à _près_, et à _vis-à-vis_.
+
+FAILLIR est usité principalement à l'infinitif; au passé défini, _je
+faillis_; et aux temps composés, _j'ai failli_, _j'avais failli_. Le
+participe présent _faillant_ s'emploie rarement.
+
+On dit _j'ai failli tomber_ ou _de tomber_ ou _à tomber_; c'est
+l'oreille qui décide. C'est encore l'oreille qui prescrit le choix des
+prépositions _à_ ou _de_ devant l'infinitif, qui suit les verbes
+_contraindre_, _demander_, _s'empresser_, _s'engager_, _finir_,
+_forcer_, et _souffrir_.
+
+FALLOIR. _Il s'en faut_, accompagné d'une négation, ou de quelque mot
+qui ait un sens négatif, tels que, _peu_, _guère_, _presque_, _rien_,
+etc., veut la négation devant le verbe suivant: _il ne s'en faut pas_
+BEAUCOUP _qu'il_ NE _soit ruiné_:--_il s'en fallait_ PEU _qu'il_ N'_eût
+achevé_. Mais on dirait, _il s'en faut qu'on y meure de faim_, le verbe
+_il s'en faut_, n'étant accompagné d'aucune préposition négative.
+
+FERRER un chemin, c'est le garnir de pierraille, d'après le système de
+McAdam. V. EMPIERRER.
+
+FEU. L'adjectif _feu_ ne s'accorde en genre que quand il précède
+immédiatement le substantif: _la_ FEUE _reine_,--_notre_ FEUE _mère_:
+mais on dit sans accord; FEU _la reine_;--FEU _notre mère_, l'adjectif
+_feu_ étant séparé de son substantif par les mots _la_, _notre_.
+
+FEVE et HARICOT. Malgré beaucoup de ressemblance _la fêve_ et _le
+haricot_ sont des légumes bien différens, et jamais les naturalistes ne
+les confondent. Linnée nomme la _fêve_ FABA, et le _haricot_ PHASEOLUS.
+Nous possédons en abondance la _féve_ et le _haricot_: mais il est à
+regretter que nous les désignions presque toujours par le seul mot
+_féve_: à peine même le terme _haricot_ nous est-il connu.
+
+FINIR prend _à_ et _de_ devant l'infinitif: _il ne finit pas_ DE
+_parler_; ou, _il ne finit pas_ À _parler_. C'est l'oreille qui en
+décide.
+
+FIXER ne saurait s'employer pour _regarder_: ne dites pas, _on ne peut_
+FIXER _le soleil_, _sans en être ébloui_: dites, _on ne peut_ REGARDER
+etc.
+
+FLEURIR employé au figuré, c.-à-d., en parlant des arts, des sciences,
+d'un empire, fait au participe _florissant_ et à l'imparfait
+_florissait_; _alors les sciences_ FLORISSANT _en Égypte_:--_l'empire
+romain_ FLEURISSAIT _sous Tite_.
+
+FORTUNÉ n'a jamais le sens de _riche_. Ne dites pas _un homme_ FORTUNÉ:
+dites _un homme qui a de la fortune_.
+
+FOUDRE employé au propre est féminin: _être frappé_ DE LA _foudre_:
+employé au figuré il est masculin: _quand le sublime rient à éclater, il
+renverse tout comme_ UN _foudre_: à moins qu'il ne soit accompagné d'une
+épithète; alors il est des deux genres; _la foudre_ VENGEUR, OU, _la
+foudre_ VENGERESSE.
+
+FUNERAIRE n'est guère usité qu'en cette phrase: _frais funéraires_.
+
+FUR. On dit également bien AU _fur et_ À _mesure_, ou, À _fur et_ À
+_mesure_.
+
+
+G, est nul dans _Clugny_, _Regnaud_ et _Regnard_, (poëte): dites
+_Cluny_, _Reno_, _Renar_. _Gessner_ (poëte) se prononce _Guesse-nère_.
+
+GABARI est un terme de marine, et signifie modèle de construction de
+vaisseau, et contour vertical de la carène. Toute autre acception est
+étrangère à ce mot.
+
+GARDE. Si _garde_ en composition se dit _d'une personne_, il a alors le
+sens de _gardien_, substantif qui doit prendre l's au pluriel; _des
+gardes-champêtres_, des _gardes-marines_, des _gardes-magasins_. Mais si
+_garde_ se dit d'_une chose_, ou se rapporte à _une chose_, alors il est
+verbe, et par conséquent invariable: des _garde-vue_, des
+_garde-manger_, des _garde-robes_.
+
+_Garde_ est masculin quand il désigne un ou plusieurs individus tirés de
+la totalité, comme UN _garde_ NATIONAL, _des gardes_ NATIONAUX. Mais il
+est féminin quand il désigne tout le corps, comme _la garde_ NATIONALE.
+
+GENS veut au féminin tous les correspondans qui le précèdent, et au
+masculin tous ceux qui le suivent: _les_ VIEILLES _gens sont_
+SOUPCONNEUX.
+
+Cependant au lieu de _toutes_ on emploie _tous_.
+
+1º. quand cet adjectif est le seul qui précède le substantif _gens_:
+TOUS _les gens d'esprit_:--TOUS _les gens qui pensent bien_.
+
+2º. quand _gens_ est précédé d'un adjectif qui n'a qu'une seule et même
+terminaison pour les deux genres, comme _aimable_, _brave_, _honnête_
+etc.; TOUS _les honnêtes gens_,--TOUS _les habiles gens_.
+
+GÉSIR n'est plus en usage que dans _il git_, _nous gisons_, _ils
+gisent_, _il gisait_, _ils gisaient_.
+
+_Ci-git_ et _ci-gisent_ sont des formules d'épitaphe.
+
+Quoique seule entre deux voyelles dans _nous gisons_, _ils gisent_ etc.
+_s_ conserve le son qui lui est propre, et l'on prononce _nous gissons_,
+_ils gissent_ etc.
+
+GRANDE. L'_e_ de l'adjectif _grande_ s'élide toujours dans _grand'mère_,
+_grand'tante_; et fort souvent dans _grand'chambre_, _grand'chère_,
+_grand'croix_, _grand'messe_, _grand'peine_, _grand'peur_, _grand'rue_,
+_grand'pitié_, _grand'salle_: cependant l'élision cesse d'avoir lieu
+quand l'adjectif _grande_ est précédé de l'article, ou d'un adjectif
+déterminatif, comme, _une_, _ma_, _ta_, _sa_, _cette_, etc.; _la plus_
+GRANDE _peine_,--_une_ GRANDE _chambre_;--_cette_ GRANDE _messe a été
+bien chantée_.
+
+
+HAÏR prend deux points sur l'_ï_ dans toute la conjugaison, excepté aux
+trois personnes du singulier du présent de l'indicatif: _je hais_, _tu
+hais_, _il hait_, et à l'impératif, _hais_.
+
+HENRI. On aspire l'_h_ de ce mot dans le discours soutenu, mais on ne
+l'aspire jamais dans la conversation.
+
+L'_h_ de _Henriette_ ne s'aspire dans aucun cas.
+
+HIER. L'usage veut qu'on dise, _hier matin_, et non, _hier_ AU _matin_:
+_hier_ AU _soir_, et non, _hier soir_. V. DEMAIN.
+
+HIVERNEMENT n'est pas français, mais _hivernage_ l'est, et signifie le
+temps qu'un navire passe en relâche pendant l'hiver.
+
+HIVERNER pour signifier, passer l'hiver en quelque lieu, n'est employé
+qu'en parlant de troupes. On ne peut donc pas dire, _j'ai_ HIVERNÉ _à
+trois-Rivières_;--_à Québec_.
+
+HOLLANDE. L'_h_ de ce mot est toujours aspiré, excepté dans les
+locutions, _toile_ D'_Hollande_;--_fromage_ D'_Hollande_.
+
+HYMNE est toujours masculin, excepté quand il signifie chant d'Église.
+
+
+IMAGINER. On emploie souvent _imaginer_ pour _s'imaginer_. Le premier
+signifie inventer, ou se former dans l'esprit l'idée de quelque chose:
+le second se persuader quelque chose sans fondement: il IMAGINE _avoir
+raison_; dites, _il_ S'IMAGINE _avoir raison_.
+
+_Immaginer_ sans pronom personnel ne peut jamais être suivi
+immédiatement d'un _que_, ni d'un _infinitif_. On dit bien, _on ne peut
+rien_ IMAGINER _de plus intéressant_;--_j'_IMAGINE UNE _chose_, UN
+_moyen de_.. Mais on ne doit pas dire, j'_imagine_ QUE _cela est_:--_il
+imagine_ ÊTRE _un grand homme_: il faut dire: _je_ M'_imagine_ QUE _cela
+est_;--_il_ s'_imagine_ ÊTRE _un grand homme_.
+
+IMPARDONNABLE ne se dit que des _choses_, et non des _personnes_:
+_faute_ IMPARDONNABLE. En parlant des _personnes_, on dit,
+_inexcusable_: _homme inexcusable_.
+
+La même observation s'applique au mot _pardonnable_.
+
+IMPATIENTER. (s') L'usage refuse au verbe _s'impatienter_ un infinitif
+pour régime. Ainsi ne dites pas, _ils s'impatientèrent d'attendre_.
+
+IMPERATIF. La seconde personne singulière de l'impératif, excepté pour
+les quatre verbes irréguliers, _aller_, _avoir_, _être_ et _savoir_, est
+toujours semblable à la première du présent de l'indicatif. Ainsi l'on
+dira, _travaille_, _cueille_, et non pas, _travailles_, _cueilles_, à
+moins pourtant que la seconde personne de l'impératif terminée par un
+_e_ muet, ne soit suivie d'un _y_, ou du pronom _en_: elle prend alors
+une _s_, pour la douceur de la prononciation;_travailles-y_,--_donnes-en_.
+
+L'impératif _va_, suivi d'_y_ et d'_en_, prend aussi une _s_ euphonique:
+_vas-y_,--_vas en chercher_.
+
+IMPOSITION. Le mot anglais _imposition_ signifie quelquefois _abus de
+pouvoir_, _fraude_, etc. Le mot français _imposition_ ne comporte pas
+cette acception.
+
+INCLUS. _Ci-inclus_, _ci joint_, sont invariables quand ils précèdent un
+nom, dont le sens est vague: _vous trouverez_ CI-INCLUS,--CI-JOINT
+_copie de ma lettre_. Mais quand l'énonciation est précise, comme LA
+_copie_, l'accord a lieu; _vous trouverez_ CI-INCLUSE,--CI-JOINTE _la
+copie de ma lettre_.
+
+INSULTER _quelqu'un_, c'est l'injurier. _Insulter_ À _quelqu'un_, c'est
+manquer aux égards que réclament sa faiblesse, son malheur: _insulter_
+AUX _malheureux_.
+
+INTERJECTIONS. Duvivier dit
+
+ «que beaucoup de personnes écrivent indistinctement AH! et HA!--Ô!
+ OH! et HO!--EH! et HÉ!»
+
+et il ajoute,
+
+ «que cette diversité d'orthographe vient de la difficulté de
+ représenter nettement, par l'écriture, le mouvement de l'organe
+ dans l'espèce de cri inarticulé que nous arrache une émotion
+ vive.»
+
+Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire de l'_Académie_.
+
+ «Ô avec l'accent circonflexe est une interjection qui sert à
+ marquer diverses passions... _ô siècle!_ _ô temps!_ _ô le
+ plaisant homme!_ _ô si je pouvais!_
+
+ «O, sans accent circonflexe, désigne l'apostrophe, _o mon
+ fils!_ _o mon Dieu!_
+
+ «OH. Interjection qui marque la surprise ou l'affirmation. _Oh,
+ oh, je n'y prenais pas garde_:--_Oh pour cela, non._
+
+ «HO. Interjection qui sert tantôt pour appeler, tantôt pour
+ témoigner de l'étonnement ou de l'indignation. _Ho! venez un
+ peu ici. Ho! que me dites-vous là?_
+
+ «Quand il est interjection d'étonnement, ou d'indignation, il
+ s'écrit quelquefois OH!
+
+ «AH. Interjection qui sert à marquer la joie, la douleur,
+ l'admiration... _Ah! que vous me faites plaisir! Ah! que vous
+ me faites mal!_
+
+ «Ce n'est souvent qu'une interjection explétive, qui ne sert
+ qu'à rendre une locution plus animée. _Ah! Madame, gardez-vous
+ de le croire._
+
+ «HA. Interjection de surprise, d'étonnement. _Ha! vous voilà!
+ Ha! ha!_ Il se confond souvent avec l'interjection AH!
+
+ «EH. Interjection d'admiration, de surprise. _Eh! qui airait pu
+ croire que..._
+
+ «HÉ. Interjection qui sert principalement à appeler. _Hé! viens
+ ça._
+
+ «Souvent cette interjection se confond avec EH, soit pour
+ avertir de prendre garde à quelque chose, comme, _Hé!
+ qu'allez-vous faire?_ soit pour témoigner de la commisération,
+ _Hé! mon Dieu..._ soit pour marquer de la douleur, _Hé!
+ qu'ai-je fait?_»
+
+
+JAMAIS. Après _jamais_ l'on sous-entend souvent l'article devant les
+substantifs communs, et alors on met ces substantifs au singulier:
+_jamais mortel n'a joui d'un bonheur parfait_, et non pas, _jamais
+mortels n'ont joui_, etc.
+
+JE. Quand _je_, mis après un verbe, produit un son désagréable, ce qui a
+lieu le plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une syllabe au présent
+de l'indicatif, il faut prendre un autre tour: ainsi au lieu de
+_dors-je?_ _ris-je?_ _choisis-je?_ _mangé-je?_ dites, _est-ce que je
+dors?_ _est-ce que je ris?_ etc.
+
+JETER. Ce verbe et tous ceux qui sont terminés en _eter_ à l'infinitif,
+comme _fureter_, _feuilleter_, _souffleter_, _projeter_, etc. ne
+doublent la consonne _t_ que devant un _e_ muet. _Je jette, tu jettes,
+il jette, nous jetons, vous jetez, ils jettent, je jetais, tu jetais, il
+jetait, nous jetions, vous jetiez, ils jetaient, je jetai, tu jetas, il
+jeta, nous jetâmes, vous jetâtes, ils jetèrent, je jetterai, tu
+jetteras, nous jetterons, vous jetterez, ils jetteront, je jetterais,
+etc., jette, jetons, jetez, que je jette, que tu jettes, qu'il jette,
+que nous jetions, que vous jetiez, qu'ils jettent, que je jetasse, etc.,
+jetant, jeté, jetée._
+
+JOINDRE signifiant _ajouter_ demande _à_: _joignez cette maison_ À _la
+vôtre_: dans le sens d'_unir_, d'_allier_, il prend indifféremment _à_
+ou _avec_: _joindre la prudence_ À ou AVEC _la bravoure_.
+
+JOUIR se prend toujours en bonne part: ainsi ne dites pas, JOUIR _d'une
+mauvaise santé_:--JOUIR _d'une mauvaise réputation_: dites, AVOIR _une
+mauvaise santé_:--_une mauvaise réputation_.
+
+JUSQUE. Au lieu de _jusque_, on peut employer _jusques_ devant une
+voyelle: JUSQU'_à nous_, ou JUSQUES _à nous_: c'est l'oreille qui en
+décide.
+
+L'_e_ de _jusque_ s'élide seulement devant _à_, _au_, _aux_, _ici_:
+_jusqu'à Paris_,--_jusqu'au Pérou_,--_jusqu'ici_.
+
+L'usage permet de dire également, _jusqu'à aujourd'hui_, et
+_jusqu'aujourd'hui_.
+
+
+L finale ne se prononce pas dans _baril_, _chenil_, _coutil_, _fournil_,
+_fusil_, _gril_, _nombril_, _outil_, _persil_, _soûl_, _sourcil_,
+_gentil_ (idolâtre). Mais elle sonne dans tous les autres mots.
+
+Cependant il faut remarquer que cette lettre, dans le mot _gentil_ pour
+signifier _joli_, ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors elle se
+mouille comme au feminin: _un gentil enfant_: prononcez _un gentille
+enfant_: mais au pluriel l'_l_ reste muette, et on dit _genti-zan-fan_.
+
+L finale précédée d'un _i_ prend le son mouillé, dans _avril_, _babil_,
+_cil_, _mil_ (petit grain), _péril_, _bail_, _travail_, _fénil_, etc.
+
+Il faut en excepter _fil_, _Nil_, _mil_, (adjectif numéral) ainsi que
+les adjectifs en _il_, et de plus les mots énumérés ci-dessus, où l'_l_
+ne se prononce pas.
+
+LÀ. L'adverbe _là_ doit être accompagné d'un trait d'union, lorsqu'il
+est joint à des mots, dont le sens ne permet pas de le séparer: _cet
+homme_-LÀ,--_celui_-LÀ,--_allez_-LÀ,--_quel livre est-ce_-LÀ? Mais on
+dira sans trait d'union: _c'est_ LÀ _mon opinion_,--_que dites-vous_
+LÀ?--_sont-ce_ LÀ _vos livres_? parce que dans ces phrases l'adverbe
+_là_ n'est pas indispensable: on peut le supprimer, et dire: _c'est mon
+opinion_,--_que dites-vous?_--_sont-ce vos livres?_
+
+LE. Le pronom _le_ peut représenter un _substantif_, ou un _adjectif_.
+Quand il représente un substantif, ou un adjectif pris substantivement,
+il s'accorde en genre et en nombre avec ce substantif, ou avec cet
+adjectif pris subtantivement: _êtes-vous Madame de Ste. Croix?_--_je_ LA
+_suis_: _êtes-vous la malade?_--_je_ LA _suis_: _êtes-vous les ministres
+du roi?_ _nous_ LES _sommes_: _êtes-vous les mariés?_ _nous_ LES
+_sommes_.
+
+Lorsque le pronom _le_ représente un adjectif, ou un substantif pris
+adjectivement, il est invariable, l'adjectif ne pouvant lui communiquer
+ni genre ni nombre: _Madame, êtes-vous malade?_--_je_ LE _suis_;
+_Messieurs êtes-vous mariés?_--_nous_ LE _sommes_.--_Madame êtes-vous
+mère?_ _je_ LE _suis_.
+
+Le pronom _le_ peut aussi tenir la place d'une proposition ou d'un
+verbe. Dans ce cas il est invariable parce qu'une proposition, ou un
+verbe, n'a ni genre ni nombre. _Si le public a eu quelque indulgence
+pour moi_, _je_ LE _dois à votre protection_;--_il faut obliger quand
+on_ LE _peut_.
+
+Après _aussi_, _autant_, _moins_, _mieux_, _plus_, l'on fait suivre la
+conjonction _que_ du pronom _le_: _il est aussi habile que je_ LE
+_croyais_:--_elle est moins douce qu'elle ne_ LE _semblait_;--_ils sont
+plus savans qu'on ne_ LE _disait_. On pécherait contre la grammaire de
+dire,.. _que je croyais_,.. _qu'elle ne semblait_,.. _qu'on ne disait_.
+
+L'oreille exige qu'on dise, _donnez_ LE _moi_,--_montrez_ LA
+_moi_,--_prêtez_ LA _nous_, et non pas, _donnez moi_ LE,--_montrez moi_
+LA,--_prêtez nous_ LA.
+
+LE DIT, LA DITE, SUSDIT, SUSDITE, sont des termes de _Palais_, dont
+l'emploi, en dehors de la pratique, est interdit aux personnes qui se
+piquent d'écrire et de parler avec grâce.
+
+LE MIEN. Les pronoms possessifs, _le mien_, _le tien_, _le nôtre_, _le
+vôtre_, doivent toujours se rapporter à un substantif énoncé
+précédemment. Ainsi, _j'ai reçu la_ VÔTRE _en date du_....est une phrase
+dans laquelle _la vôtre_ ne se rapporte à rien: dites, _j'ai reçu votre
+lettre en date du_....
+
+LEQUEL. Au lieu de _qui_, _que_, l'on doit employer _lequel_, pour
+éviter une équivoque. Ainsi l'on ne dira pas, _c'est un effet de la
+Providence divine_ QUI _excite l'admiration_.--_c'est un effet de la
+Providence divine_ QUE _nous admirons_: car on ne sait si _qui_ et _que_
+se rapportent à _effet_ ou à _Providence_. Il faut dire, _c'est un effet
+de la Providence divine_ LEQUEL _excite notre admiration_..LEQUEL _nous
+admirons_. Hors le cas d'équivoque on doit préférer _qui_, _que_, à
+_lequel_, expression prosaïque et inélégante.
+
+LETTRES MAJUSCULES. Il faut commencer par une _majuscule_ ou _grande
+lettre_ chaque alinéa, chaque phrase, chaque vers, tous les noms
+d'homme, de vaisseau, de fausse divinité, tels que _Pierre_, _Jean_, _le
+Formidable_ (vaisseau) _Jupiter_: tous ceux de lieu, tels que
+l'_Europe_, _Londres_, _Québec_; tous ceux de peuples, tels que les
+_Européens_, les _Romains_, les _Canadiens_: tous ceux de sectes, tels
+que les _Épicuriens_, les _Protestans_: tous ceux de rivières, de
+montagnes, de vents; le _St. Laurent_, les _Alpes_, le _Nord-Est_: tous
+ceux de jour et de mois, tels que _Vendredi_, _Août_; tous ceux de
+tribunaux, de compagnies, de corps, de dignités, quand ces noms sont
+employés avec application individuelle, tels que l'_Église_ du Canada,
+le _Parlement_ d'_Angleterre_, l'_Académie_, l'_Apôtre S. Paul_: enfin
+tous ceux de science, d'art, de métier, s'ils sont pris dans un sens
+individuel, qui distingue la science, l'art, le métier de toute autre
+science, de tout notre art, de tout autre métier. _La Grammaire est une
+science indispensable_:--_la Musique est un art charmant_.
+
+Les adjectifs _saint_, _grand_, et semblables, lorsqu'ils entrent dans
+la composition d'un nom propre, aussi bien que les titres,
+_Monseigneur_, _Monsieur_, _Madame_, etc., doivent prendre une _initiale
+majuscule_: c'est l'usage.
+
+Quelquefois on personnifie les êtres moraux, et alors ils suivent la
+règle des noms d'homme. _Envie_ par ex. prend une lettre majuscule dans
+ce vers de la Henriade: _Ci-gît la sombre Envie à l'oeil timide et
+louche._ Le même mot s'écrit sans grande lettre dès qu'il cesse d'être
+personnifié. _L'envie s'attache aux grands talens._
+
+Lorsque les noms de peuples et de sectes n'embrassent pas la totalité,
+la majuscule cesse d'avoir lieu, _un français_, _des anglais_, _un
+calviniste_.
+
+_Remarque._--Ces règles sur l'emploi des lettres majuscules sont à peu
+près les plus généralement suivies. Néanmoins il faut dire qu'il existe
+à cet égard bien des contradictions entre les auteurs.
+
+LEUR joint au verbe ne prend jamais la lettre _s_: _donnez leur à
+manger_;--_je leur ai dit_: joint à un nom il prend une s au pluriel.
+
+LIRE. On doit dire, _lire_ DANS _un journal_,--DANS _un régistre_; et
+non pas, _lire_ SUR _un journal_,--SUR _un régistre_.
+
+LIS. L'_s_ de ce mot se prononce toujours, excepté dans _fleur de lis_.
+
+LOUIS. Plusieurs personnes confondent _louïs_, pièce de monnaie, avec
+_livre_, monnaie de compte. C'est une erreur grave, parce que le _louïs_
+est une ancienne monnaie d'or de France, dont la valeur, fixée par nos
+lois, est d'un peu plus de quatre piastres et demie d'Espagne; tandis
+que notre livre du cours d'Halifax vaut seulement quatre piastres.
+
+Le mot _dollar_, monnaie des États-Unis, est reçu, de même que le mot
+_pound_ pour la livre sterling. Ce dernier cependant sonne mal à
+l'oreille.
+
+L'UN et L'AUTRE, employé comme sujet, veut le verbe au pluriel: _l'un et
+l'autre_ VIENDRONT. Le substantif placé après _l'un et l'autre_ se met
+au singulier; _l'un et l'autre_ CHEVAL. Quand _l'un_ est précédé d'une
+préposition, cette préposition doit être; répétée devant _l'autre_; _je
+parle_ POUR _l'un et_ POUR _l'autre_.
+
+_Ni l'un ni l'autre_, veut également le verbe au pluriel, excepté quand
+un des sujets précédés de _ni_ peut seul faire l'action marquée par le
+verbe; _ni l'un ni l'autre n'_OBTIENDRA _le prix_:--_ni Monsieur A_, _ni
+Monsieur B ne_ SERA _nommé président_.
+
+_L'un et l'autre, les uns et les autres_ marquent simplement la
+pluralité. _L'un l'autre_, _les uns les autres_ expriment la
+réciprocité: _Racine et Boileau étaient poëtes l'un_ ET _l'autre_; _ils
+s'estimaient l'un l'autre_.
+
+
+MAJESTÉ veut au féminin l'adjectif et le participe qui suit: _Votre
+Majesté est_ VICTORIEUSE. Lorsqu'il est suivi d'un substantif pris
+adjectivement, les avis sont partagés; les uns disent; _Votre Majesté
+est_ MAÎTRESSE _de ses états_, les autres, _Votre Majesté est_ MAÎTRE
+_de ses états_. Cette dernière construction est généralement plus
+usitée.
+
+MALGRÉ QUE employé dans le sens de _quoique_, a vieilli, et n'est plus
+français. Ainsi ne dites pas, _il sort_ MALGRÉ QU'_on_ _le lui défende_:
+dites, QUOIQU'_on le lui défende_.
+
+MANOEUVRE et MANOUVRIER. Ces mots différent dans leur signification.
+_Manoeuvre_ est un ouvrier subalterne, qui sert ceux qui font l'ouvrage.
+_Manouvrier_, ouvrier qui travaille de ses mains et à la journée.
+
+MANQUER prend _à_ et _de_ devant l'infinitif: _à_, quand il signifie ne
+pas faire ce qu'on doit: _on mésestime celui qui manque_ À _remplir ses
+devoirs_: et _de_ lorsqu'il signifie _omettre_, _oublier_, _faillir_:
+_ne manquez pas_ DE _venir_,--_il a manqué_ DE _tomber_.
+
+MASSACRANT. Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire. On doit donc
+éviter de dire, _cet homme est aujourd'hui d'une humeur_ MASSACRANTE,
+etc.
+
+MATINAL est celui qui s'est levé matin, sans en avoir l'habitude;
+_matineux_ celui qui a l'habitude de se lever matin: _vous êtes bien_
+MATINAL _aujourd'hui_:--_je ne suis pas_ MATINEUX.
+
+MEILLEUR. Le comparatif _meilleur_ suivi de _que_ veut _ne_ devant le
+verbe suivant: _ces fruits sont meilleurs que je_ NE _le croyais_: à
+moins que le premier verbe ne soit négatif, ou employé interrogativement:
+_ces fruits ne sont pas meilleurs que je le croyais_.
+
+MÊLER _avec_, c'est brouiller ensemble plusieurs choses; _mêler l'eau_
+AVEC _le vin_,--_mêler de l'or_ AVEC _de l'argent_. _Mêler à_, c'est
+joindre, unir: _mêler la douceur_ À _la sévérité_:--_mêler l'agréable_ À
+_l'utile_.
+
+MÊME est adjectif ou adverbe.
+
+_Même_ est adjectif,
+
+1º. quand il précède le substantif: _vous retombez dans les_ MÊMES
+_allarmes_.
+
+2º. quand il est placé après un pronom, ou un seul substantif: _les
+Dieux_ EUX-MÊMES _devinrent furieux_,--_ces murs_ MÊMES _peuvent avoir
+des yeux_.
+
+_Même_ est adverbe,
+
+1º. quand il est placé après deux ou plusieurs substantifs: _les
+animaux, les plantes_ MÊME, _étaient au nombre des Divinités_.
+
+2º. quand il qualifie un verbe; _exempts de maux réels les hommes s'en
+forment_ MÊME _de chimériques_.
+
+MI. Particule indéclinable, abréviation de _demi_, signifie la moitié,
+le milieu: _la_ MI-_août_,--_la_ MI-_carême_.
+
+_À mi_ est une locution adverbiale qui signifie, à la moitié de; _à
+mi-côte_,--_à mi-jambes_.
+
+MIEUX. La syntaxe de l'adverbe _mieux_ donne lieu à plusieurs
+observations.
+
+1º. suivi de deux infinitifs, _mieux_ veut _de_ avant le second
+infinitif; _il vaut mieux se taire que_ DE _parler mal_.
+
+2º. _mieux_ veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction que; _il
+écrit mieux que je_ NE _le croyais_; à moins que le verbe devant _mieux_
+ne soit négatif: _il n'écrit pas mieux que je le croyais._
+
+3º. _Le mieux_, _la mieux_, _les mieux_ veulent le verbe suivant au
+subjonctif: _le livre le mieux écrit que nous_ AYONS LU.
+
+MIL s'écrit de trois manières.
+
+1º. _mil_, dans les supputations d'années: _l'an mil huit cent quarante
+et un_.
+
+2º. _mille_ pour exprimer dix cents: _nos troupes firent cinq_ MILLE
+prisonniers.
+
+Dans ces deux cas il rejette la marque du pluriel.
+
+3º. _mille_ avec une _s_ au pluriel, pour représenter une mesure de
+chemin: alors il est substantif commun.
+
+MOINDRE veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction _que_: _cette
+somme est moindre que vous_ NE _le dites_: à moins que le verbe placé
+devant _moindre_, ne soit négatif, ou interrogatif; _cette somme n'est
+pas moindre que vous le dites._
+
+_Le moindre_, _la moindre_, _les moindres_ veulent le verbe suivant au
+subjonctif: _la moindre faute que vous puissiez commettre._
+
+Tout ce qui est dit ici pour l'adjectif _moindre_ doit s'appliquer à
+l'adverbe _moins_.
+
+MOINS. _À moins que de_, et, _à moins de_ se disent également devant
+l'infinitif.
+
+MON. Les adjectifs possessifs _mon_, _ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_,
+_son_, _sa_, _ses_, _notre_, _nos_, _votre_, _vos_, _leur_, _leurs_ se
+répètent,
+
+1º. devant chaque substantif: _mon père et_ MA _mère_:--_mes frères et_
+MES _soeurs_; et non pas, _mes pères et mère_;--_mes frères et soeurs_.
+
+2º. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le
+même substantif: _mon grand et_ MON _petit appartement_;--_nos vieux et_
+NOS _jeunes soldats_.
+
+Mais on dirait sans répéter l'adjectif possessif; _mon grand et bel
+appartement_:--_nos vieux et braves soldats_: attendu que le même
+appartement est _grand_ et _beau_, et que les mêmes soldats sont _vieux_
+et _braves_, les deux adjectifs modifiant le même substantif.
+
+MOUCHER n'est jamais neutre: ainsi il ne faut pas dire, _je mouche
+beaucoup_, mais _je_ ME _mouche beaucoup_.
+
+MOUDRE. _Je mouds, tu mouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils
+moulent, je moulais, je moulus, je moudrai, je moudrais, mous, moulons,
+moulez, que je moule, que tu moules, que je moulusse, moulant, moulu,
+moulue._
+
+MOUVOIR. _Je meus, tu meus, il meut, nous mouvons, vous mouvez, ils
+meuvent, je mouvais, je mus, je mouvrai, je mouvrais, meus, mouvons,
+mouvez, que je meuve, que tu meuves, qu'il meuve, que nous mouvions, que
+vous mouviez, qu'ils meuvent, que je musse, mouvant, mû, mûe._
+
+Conjuguez de même _émouvoir_, _s'émouvoir_.
+
+MUR et MURAILLE. On dit,--_les_ MURS _d'un jardin_,--_les_ MURAILLES
+_d'une ville_. Le propre du _mur_ est de séparer, de partager, de
+fermer: l'idée particulière de la _muraille_ est celle de défendre, de
+fortifier.
+
+
+N. Quand un mot est terminé par un son nasal, c.-à-d., par _an_, _in_,
+_on_, l'on ne fait la liaison de l'_n_ finale avec la voyelle qui
+commence le mot suivant, que quand le sens n'admet aucune pause entre
+ces deux mots, comme dans, _mon ami_,--_certain auteur_,--_on ignore_.
+Mais on prononce sans lier la consonne _n_ à la voyelle qui suit, _mon
+cousin est venu_,--_vin bon à boire_,--_je demande pardon à Dieu_, parce
+que l'on peut faire une légère pause après les mots, _cousin_, _bon_,
+_pardon_.
+
+NE. La négation _ne_ précédée d'un _que_ et suivie d'un _verbe_ offre
+quelques difficultés.
+
+Dans les comparatifs d'inégalité caractérisés par _plus_, _moins_,
+_meilleur_, _mieux_, ou autres termes équivalens, si le premier membre
+de la comparaison est _négatif_, le second qui vient après _que_ doit
+être affirmatif, et la négation _ne_ ne peut y paraître: _il n'est pas
+plus sage qu'il était_;--_il ne pense pas autrement qu'il parle_;--_il
+n'écrit pas mieux qu'il parle_.
+
+Dans les mêmes comparatifs d'inégalité, si le premier membre de la
+comparaison est affirmatif, le second doit prendre _ne_: _il est plus
+sage qu'il_ NE _l'était_,--_il pense autrement qu'il_ NE _parle_,--_il
+écrit mieux qu'il_ NE _parle_.
+
+Les locutions conjonctives _à moins que_, _de peur que_, _de crainte
+que_, et le verbe _empécher_, veulent toujours après eux la négation
+_ne_; _à moins que vous_ NE _lui parliez_,--_de peur que l'on_ NE _vous
+trompe_,--_les fautes d'Homère n'ont pas empêché qu'il_ NE _fût
+sublime_.
+
+_Nier_, _douter_, _désespérer_, _disconvenir_ sont suivis de NE
+seulement quand ils sont accompagnés d'une négation: _je ne doute pas
+que cela_ NE _soit_, etc.
+
+Mais on dirait sans la négation, _je nie_,--_je doute que cela soit_,
+parce que les verbes _nier_, _douter_ sont employés ici affirmativement.
+
+Les locutions conjonctives _avant que_, _sans que_, et le verbe
+_défendre_, ne sont jamais suivis de _ne_: _avant qu'il fasse
+froid_,--_je défends qu'on lui fasse mal_.
+
+Quand deux phrases négatives sont jointes par _ni_, ou quand _ni_ est
+répété, l'emploi de la négation _ne_ est nécessaire: _il ne les
+craignait ni_ NE _les aimait_,--_ni Pierre ni Paul_ NE _viendront_.
+
+NÉGATION. La négation se compose de _ne_, _ne pas_, _ne point_,--_je
+n'ose_,--_je n'ose pas_,--_je n'ose point_; _ne_ est la plus faible des
+négations; _ne point_ est la plus forte; et _ne pas_ tient le milieu.
+
+_Pas_ ne peut jamais être employé avec _rien_. Ne dites pas avec Racine;
+_On ne veut_ PAS RIEN _faire ici qui vous déplaise_.
+
+NÉOLOGIE. L'emploi de nouveaux termes dans une langue est une
+conséquence qui découle de la nature même des langues, qui ne peuvent
+rester stationnaires. Horace l'a dit il y a près de deux mille ans.
+
+Mais avons-nous au Canada mission ou titre pour la création de nouveaux
+mots? Oui, sans nul doute. Mais en même temps il est clair qu'il
+n'existe chez nous aucun tribunal qui puisse connaître de nos produits
+de ce genre: il est évident que l'Océan Atlantique nous sépare des seuls
+juges compétens de la langue française, auxquels il appartient de
+prononcer en dernier ressort.
+
+Tous les lexicographes conviennent de la nécessité d'incorporer à la
+langue les termes de relation qui expriment les choses et les objets qui
+n'existent que dans les pays lointains, nouvellement découverts, ou avec
+lesquels l'on a eu peu de communications. D'où il résulte pour le Canada
+le droit de créer des termes pour les objets et les choses qui lui
+appartiennent exclusivement.
+
+D'un autre côté, notre position sous le gouvernement britannique a
+nécessité l'adoption de quelques constructions, de quelques termes même
+anglais.
+
+Il résulte de cette double circonstance, qu'un sage emploi de _nouveaux
+termes_ et de mots anglais, là où la langue française n'en fournit pas
+d'équivalens, est permis, commandé même.
+
+Mais que l'élève ne perde pas de vue que, hors les cas extrêmes,
+l'emploi de mots et de constructions anglaises est un véritable fléau
+pour la langue. Déjà cet abus a envahi la portion instruite de notre
+société, et y fait des progrès allarmans; et pour comble de malheur l'on
+porte quelquefois cette licence dans des écrits, que d'ailleurs le génie
+ne désavouerait pas.
+
+Quant à l'emploi de mots purement anglais, là où il y a des termes en
+français qui leur correspondent, c'est une manie insupportable, c'est le
+comble du ridicule; et cependant combien de personnes, même d'éducation,
+qui tombent dans ce défaut! Telle Dame ne peut manger de soupe qu'au
+BARLEY! Tel Monsieur vous prie _de lui passer un_ TUMBLER _pour boire
+du_ BRANDY _et de l'eau_! Celui-ci vous demande, sans perdre son
+sérieux, si _ces_ PATATES (pommes de terre) _sont cuites au_ STEAM:
+celui-là si _vous avez_ PAYÉ _une visite à Monsieur un tel_, etc.
+
+Qui ne voit la barbarie de ces expressions; l'impertinence de ce
+langage?
+
+NEUF, NOUVEAU, RECENT. _Neuf_ signifie qui n'a pas servi; _nouveau_ qui
+n'a pas encore paru: _récent_ qui vient d'arriver: _habit neuf_,--_mode
+nouvelle_,--_fait récent_.
+
+NIER veut toujours au subjonctif le verbe qui suit la conjonction _que_;
+_je nie qu'il_ AIT _raison_.
+
+_Nier_ accompagné d'une négation veut _ne_ devant le verbe suivant; _je
+ne nie pas qu'il_ NE _mérite votre estime_.
+
+NOMBRE (du) et du GENRE de certains substantifs. Les chiffres, les
+lettres de l'alphabet, les notes de musique, s'écrivent sans _s_ au
+pluriel: _deux_ CINQ;--_trois_ B;--_quatre_ FA.
+
+Il en est ainsi de tous les mots de la langue pris matériellement; comme
+dans cette phrase, _il y a plusieurs fautes d'impression dans cette
+adresse_; _il y manque deux_ MONSIEUR, _trois_ MOT _et deux_ IL. Il est
+essentiel de remarquer, qu'un mot féminin, employé matériellement,
+devient masculin. En voici un exemple pris dans Duvivier; _Rencontre_,
+_toujours_ FÉMININ _en quelque sens qu'on l'emploie_, _était autrefois_
+MASCULIN.
+
+NOMS PROPRES. Les _noms propres_ ne prennent jamais la marque du
+pluriel: _l'Espagne a vu naître les deux_ SENEQUE;--_les_ CORNEILLE _et
+les_ RACINE _ont illustré la scène française_; excepté quand ils sont
+employés comme noms communs, c.-à-d., pour désigner des individus
+semblables à ceux dont on emprunte le nom: _la France a eu ses_ CÉSARS
+_et ses_ POMPÉES.
+
+NON PLUS QUE. Quand deux sujets sont unis par _non plus que_, le verbe
+s'accorde avec le premier sujet: _la fortune, non plus que les
+dignités_, _n'_ASSURE _le bonheur_.
+
+NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom _nous_ au lieu de _je_; alors
+l'adjectif et le participe en rapport avec _nous_, se mettent au
+singulier; CONVAINCU _comme nous le sommes de notre insuffisance_, et
+non pas, CONVAINCUS _comme nous le sommes_...
+
+NOUVEAU employé comme adverbe est invariable: _des enfans_ NOUVEAU
+_nés_. Il ne s'emploie jamais adverbialement avec un substantif féminin;
+ainsi ne dites pas, _une fille_ NOUVEAU _née_, mais, _une fille
+nouvellement née_.
+
+NU. L'adjectif _nu_ ne s'accorde que lorsqu'il suit le substantif;
+_tête_ NUE,--_pieds_ NUS. Lorsqu'il précède le substantif il est
+invariable; NU _tête_,--NU _pieds_.
+
+NUIRE. _Je nuis_, _tu nuis_, _je nuisais_, _je nuisis_, _je nuirai_, _je
+nuirais_, _nuis_, _que je nuise_, _que je nuisisse_, _nuisant_, _nui_.
+Le participe _nui_, ainsi que le participe _s'entre-nui_ est invariable:
+_ils se sont nui_;--_elles se sont entre-nui_.
+
+NUL. L'adjectif _nul_, signifiant _pas un_, rejette la marque du
+pluriel; _nulle proposition_; à moins qu'il n'accompagne un substantif
+qui n'a pas de singulier, comme _pleurs_, _ancêtres_; ou qui ou pluriel
+a un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_: _nuls
+pleurs_,--_nulles troupes_.
+
+Avec _nul_ on supprime _pas_ et _point_.
+
+NUMÉRO, FOLIO, RECTO, DUO, etc. Les mots empruntés du latin ne prennent
+pas d's au pluriel; _factum_ est excepté; on dit des _factums_.
+
+
+OBÉIR. Quoique verbe neutre, _obéir_ a un passif: _je veux_ ÊTRE OBÉI.
+
+OBLIGER dans le sens _d'imposer l'obligation de_, prend _à_ ou _de_ au
+choix de l'oreille: _la religion nous oblige_ À _secourir_, ou, DE
+_secourir nos semblables_.
+
+Dans le sens de _rendre service_, ou employé au passif, il prend _de_,
+et jamais _à_: _vous m'obligerez_ DE _m'accompagner_;--_nous sommes
+obligés_ D'_obéir aux lois_.
+
+_Être obligé_ ne se dit point des _choses_: cette locution, _le mérite
+est_ OBLIGÉ _d'être modeste_, est donc vicieuse: dites, _le mérite_ DOIT
+ÊTRE _modeste_.
+
+OBSERVER accompagné d'un régime indirect de personne, doit être précédé
+du verbe _faire_. Ainsi dites; _je vous_ FAIS _observer que_..:--_il
+nous_ FIT _observer que_..:--_je_ FERAI _observer à l'assemblée que_..
+et non pas, _je vous observe que_.._il nous observa que_.._j'observerai
+à l'assemblée que_...
+
+Il résulte de là que l'on ne peut pas dire; _faire une observation à
+quelqu'un_; il faut dire: FAIRE _faire une observation à quelqu'un_.
+
+OCCUPER (s'). On dit s'_occuper à_ et s'_occuper de_: le premier se met
+avec les verbes, le second avec les substantifs: _il s'occupe_ À _me
+faire avoir une place_;--_il s'occupe_ DE _mon affaire_.
+
+OEIL-DE-BOEUF. Au pluriel, _oeils-de-boeuf_: il en est ainsi
+d'_oeil-de-bouc_,--d'_oeil-de-chat_,--d'_oeil-de-chèvre_,
+--d'_oeil-de-christ_,--d'_oeil-de-perdrix_,--d'_oeil-de-soleil_.
+
+On dit; YEUX _du frommage_:--YEUX _du pain_.
+
+OFFRIR devant l'infinitif prend _de_, et _s'offrir_ prend _à_; _il
+offre_ DE _vous accompagner_:--_il s'offre_ À _vous accompagner_.
+
+OINDRE, _j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils
+oignent, j'oignais, j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais, oins,
+oignons, oignez, que j'oigne, que nous oignons, que j'oignisse, oignant,
+oint, ointe._
+
+Ainsi se conjugue _joindre_.
+
+ON. Quoique masculin et singulier de sa nature, le pronom _on_ devient
+_féminin_ quand il s'applique spécialement à une personne du sexe: et
+_pluriel_ lorsque le sens indique évidemment qu'il désigne plusieurs
+personnes. Alors l'adjectif et le participe qui se rapportent à _on_
+prennent la marque du féminin et du pluriel: _quand on est_ MÈRE _on
+n'est pas toujours_ MAÎTRESSE _de son temps_:--_quand on s'estime
+mutuellement_, _on n'est pas heureux d'être_ SÉPARÉS.
+
+Au lieu de _on_, il faut employer _l'on_, pour éviter certaines
+consonnances choquantes qui ont lieu principalement après _et_, _si_,
+_ou_:--_et_ L'_on veut_;--_si l'on dit_:--_ou_ L'_on verra_.
+
+Cependant on doit faire usage de _on_ devant _le_, _la_, _les_, _lui_
+pour éviter la répétition désagréable de l'articulation _l_:--et dire,
+_et on le veut_,--_si on le dit_,--_ou on le verra_, et non pas, _et_
+L'_on le veut_,--_si_ L'_on le dit_,--_ou_ L'_on le verra_.
+
+Au commencement d'une phrase, il faut préférer _on_ à _l'on_, parce
+qu'alors il n'y a pas de mauvaise consonnance à éviter.
+
+ONZE se prononce avec aspiration: _le_ ONZE _de Juillet_:--_de_ ONZE
+_enfans il n'en reste que trois_:--_vous êtes_ ONZE;--_sur les_ ONZE
+_heures_:--_ils étaient_ ONZE: prononcez, _vous ête onze_:--_sur lè onze
+heures_:--_ils étè onze_.
+
+ONZIÈME _adjectif_. On prononce ce mot avec ou sans aspiration, à
+volonté: LE _onzième ou_ L'_onzième de Juillet_:--LA _onzième ou_
+L'_onzième page_.
+
+Mais dans _onzième_ substantif l'_o_ est toujours aspiré; ainsi l'on ne
+fait pas sentir l'_n_ ni l'_s_ dans cas phrases:--_il est héritier pour_
+UN _onzième_:--_pour trois onzièmes_.
+
+ORGUE est _masculin_ au singulier, et _féminin_ au pluriel:--_un_ BEL
+_orgue_:--_de_ BELLES _orgues_.
+
+OU. Quand deux ou plusieurs sujets sont unis par la conjonction _ou_, le
+verbe s'accorde avec le dernier sujet:--_la faiblesse_ OU
+_l'inexpérience nous_ FAIT _commettre bien des fautes_: à moins que les
+mots unis par _ou_ ne soient de différentes personnes: alors le verbe se
+met au pluriel, et s'accorde avec la personne qui a la priorité: _vous
+ou moi_ PARLERONS, et mieux NOUS PARLERONS:--_vous ou votre frère_
+PARLEREZ, et mieux, VOUS PARLEREZ.
+
+OUBLIER DE, désigne un manque de mémoire:--_j'ai oublié_ DE _vous
+écrire_. _Oublier à_ marque un manque d'usage: _il oublie_ À _danser_--À
+_dessiner_.
+
+OUÏR n'est guère usité qu'au prétérit défini, _j'ouis_, _il ouit_: au
+présent du subj., _que j'ouïsse_, _qu'il ouït_: à l'infinitif, _ouïr_;
+au participe passé, _ouï_, _ouïe_; et aux temps composés.
+
+
+PAÎTRE. _Je pais_, _tu pais_, _il pait_, _nous paissons_, _vous
+paissez_, _ils paissent_, _je paissais_, point de prét. défini, _je
+paîtrai_, _je paîtrais_, _paissons_, _paissez_, _que je paisse_, point
+d'imparf. du subj., _paissant_, _pu_. Ce dernier mot ne s'emploie que
+dans cette phrase familière; _il a pu et repu_.
+
+_Repaître_, qui se conjugue de même, a un prétérit défini;--_je repus_.
+
+PÂLE, _Pâle_, signifie qui est faible de coloris: _blême_, qui est
+très-pâle; _livide_, qui est plombé et taché de noir; _hâve_ qui est
+défiguré par le décharnement: _blafard_ qui est pâle jusqu'à
+l'affadissement.
+
+PÂQUE substantif féminin: fête annuelle des Juifs en mémoire de leur
+sortie d'Égypte.
+
+_Pâque_ ou _Pâques_ substantif masculin, singulier: fête des
+chrétiens:--_Pâques est passé_.
+
+_Pâques_ subst. fém. pluriel; communion pascale; _faire ses Pâques_.
+
+_Pâques-fleuries_, le Dimanche des Rameaux.
+
+PARDONNER veut un régime direct des choses; _pardonnez quelques vers
+faibles_; et non, À _quelques vers faibles_; et un régime indirect de
+personnes: _pardonnez_ À _vos enfans_, et non _pardonnez vos enfans_.
+
+PARLER, (se) Le participe passé de _se parler_ est toujours invariable,
+parce que _se parler_ n'a pas de régime direct: _ils se sont_
+PARLÉ:--_elles se sont_ PARLÉ.
+
+PARMI. _Entre_ se dit de deux objets: _entre Rome et Carthage_: _parmi_
+se dit d'un plus grand nombre, et veut après lui, ou un pluriel: _parmi
+les hommes_; ou un collectif: _parmi la foule_.
+
+PARTICIPE PRÉSENT. Il est toujours terminé en _ant_, et ne prend ni
+genre ni nombre: _un homme_ LISANT:--_des hommes_ LISANT:--_une femme_
+LISANT:--_des femmes_ LISANT.
+
+On dit, _des hommes obligeans_:--_une femme surprenante_. Mais ces mots,
+_obligeans_, _surprenante_, ne sont point des participes présens: ce
+sont des adjectifs _verbaux_, qui s'accordent avec les substantifs
+auxquels ils se rapportent.
+
+Pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens, il faut
+voir si ces mots ont un régime. Lorsqu'ils ont un régime, ce sont des
+participes. Lorsqu'ils n'ont point de régime, ils sont adjectifs: _cette
+femme est douce_, _affable_, PRÉVENANT _tout le monde_:--_cette femme
+est douce_, _affable_, PRÉVENANTE. Dans la première phrase le mot
+_prévenant_ est un participe, parce qu'il est suivi du régime _tout le
+monde_: dans la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a point de
+régime.
+
+Cette règle pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens
+souffre quelques rares exceptions.
+
+PARTICIPE PASSÉ des verbes réfléchis. Ce participe s'accorde avec le
+régime direct lorsque ce régime est avant le participe: _cette femme
+s'est_ PROPOSÉE _pour modèle à ses enfans_: _proposée_ est au féminin et
+au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct le pronom
+_se_ qui se rapporte à _femme_: c'est comme s'il y avait,--_cette femme
+a proposé elle_.
+
+Mais si le régime direct est après le participe, le participe est
+invariable: _ma soeur s'est_ COUPÉ _le doigt_. _Coupé_ ici est
+invariable parce que le régime direct _doigt_, est après le participe:
+et le pronom _se_ n'est que le régime indirect, puisque c'est comme s'il
+y avait, _ma soeur a coupé le doigt à elle_.
+
+PARTICIPE PASSÉ suivi d'un verbe à l'infinitif. Quand le _participe
+passé_ est suivi d'un verbe à l'infinitif, il faut examiner avec
+attention si le régime qui précède le participe est régime de ce
+participe, ou régime de l'infinitif qui suit le participe.
+
+S'il est régime du participe passé, ce participe doit s'accorder avec
+lui: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_. _Que_ est ici régime
+du participe _entendus_, et non de l'infinitif _lire_.
+
+Mais si le régime qui précède le participe passé, est celui du verbe à
+l'infinitif, le participe passé demeure invariable: _voilà les livres_
+QUE _vous avez_ PARU _désirer_: le régime _que_ appartient au second
+verbe.
+
+On reconnaît que le régime qui précède le participe passé, est le régime
+de ce participe, lorsqu'on peut mettre ce régime immédiatement après le
+participe, et changer l'infinitif qui suit en participe présent; ou bien
+en un imparfait précédé du pronom relatif _qui_: cela est évident dans
+l'exemple ci-dessus: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_: on
+peut dire, _j'ai entendu les enfans_ LISANT, ou QUI LISAIENT.
+
+Lorsque ce changement ne peut se faire, il faut en conclure que le
+régime qui précède le participe, est le régime du verbe qui suit le
+participe.
+
+PARTICIPE PASSÉ entre deux _que_. Lorsque le _participe passé_ se trouve
+entre deux _que_, le régime direct, c.-à-d., le premier _que_ appartient
+toujours au second verbe, et par conséquent le participe est toujours
+invariable: _voilà les livres_ QUE _l'on a_ VOULU _que je lusse_:--_les
+peines_ QUE _j'ai_ PRÉVU _que cette affaire vous donnerait_.
+
+PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi, formé d'un verbe neutre. Ce participe
+est toujours invariable, parce que son verbe n'ayant pas de régime
+direct, ne peut en être précédé: _elles se sont_ NUI:--_ils se sont_
+PARLÉ:--_elles se sont_ SUCCÉDÉ.
+
+Les verbes réfléchis ainsi formés d'un verbe neutre, sont au nombre de
+neuf, savoir; _se plaire_, _se déplaire_, _se complaire_, _se rire_, _se
+sourire_, _se parler_, _se succéder_, _se nuire_, _s'entre-nuire_.
+
+Le participe passé _fait_, suivi d'un infinitif, est toujours
+invariable: _la maison_ que j'ai FAIT bâtir:--_les habits que j'ai_ FAIT
+_faire_.
+
+Beaucoup de grammairiens veulent que le participe _laissé_ suive la même
+règle, et que l'on écrive: _la femme que j'ai_ LAISSÉ _passer_. D'autres
+veulent que ce mot suive la règle générale, et que l'on écrive: _la
+femme que j'ai_ LAISSÉE _passer_.
+
+PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _en_. Ce participe
+est invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un autre régime direct:
+_vous avez plus de richesses que je ne vous_ EN _ai_ DONNÉ, et non pas
+DONNÉES:--_il m'a promis plus de services qu'il ne m'_EN _a_ RENDU, et
+non pas RENDUS.
+
+Les participes _donné_ et _rendu_ sont invariables ici parce que le mot
+_en_ est un pronom relatif qui signifie _de cela_, et qui par conséquent
+représente un régime indirect.
+
+Mais le participe est variable s'il est précédé d'un autre pronom qui en
+soit le régime direct: _j'ai écrit à mon frère, et voici la réponse_ QUE
+_j'_EN _ai_ REÇUE. _Reçue_ est au féminin et au singulier, parce qu'il
+est précédé de son régime direct, le relatif _que_ pronom qui se
+rapporte à _réponse_. Le pronom EN est régime indirect et signifie _de
+mon frère_.
+
+PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _le_. Ce participe
+ne varie point, lorsque le relatif _le_ se rapporte à un _adjectif_:
+ainsi l'on écrira: _votre soeur n'est pas aussi instruite que je l'avais_
+PENSÉ, parce que le pronom _le_ se rapporte à l'adjectif _instruite_.
+
+Mais le participe varie, quand le mot _le_ se rapporte à un
+_substantif_, comme dans cette phrase: _ma soeur est toujours la même que
+je l'ai_ CONNUE.
+
+PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels _il a fait_, _il y a eu_. Ce
+participe demeure invariable: ainsi on dit, _les chaleurs qu'il a_ FAIT;
+et non pas, _qu'il a_ FAITES:--_la disette qu'il y a_ EU _pendant
+l'hiver dernier_; et non pas, _qu'il y a_ EUE.
+
+On écrit également sans accord: IL EST ARRIVÉ _de grands
+malheurs_:--_quels changemens en_ EST-IL RÉSULTÉ? parce que c'est une
+règle sans exception, que le participe conjugué avec _être_ (excepté
+dans les verbes réfléchis, où il est pour _avoir_) s'accorde toujours
+avec son sujet: or le sujet de, _est arrivé_;--_est résultée_, c'est
+_il_ représentant _ceci_, mot invariable, mot neutre, qui ne saurait
+exercer aucune influence sur le participe.
+
+Il faut aussi écrire sans accord: IL S'EST RASSEMBLÉ _une foule de gens
+armés_:--IL S'EST GLISSÉ _une faute dans votre copie_:--IL S'EST TROUVÉ
+_dix personnes chez moi_.
+
+PARTICIPE PASSÉ des verbes neutres. Le verbe neutre n'ayant pas de
+régime direct, son participe passé demeure invariable: _les sommes que
+ce procès m'a_ COUTÉ:--_les pistoles que ce cheval a_ VALU:--_les jours
+que j'ai_ VÉCU.
+
+Cependant lorsque _valoir_ signifie _procurer_, _faire obtenir_, il est
+actif, et alors son participe passé doit s'accorder avec le régime
+direct qui le précède: _les honneurs que m'a_ VALUS _mon habit_. Il en
+est ainsi du participe passé de _couter_, lorsque ce verbe signifie
+_causer_, _exiger_: _les peines que cette affaire m'a_ COUTÉES.
+
+PARTICIPER À, c'est avoir part à quelque chose, à quelque action:
+_participer_ AUX _faveurs du Prince_. _Participer de_, c'est tenir de la
+nature de quelque chose: _l'enthousiasme de cet auteur participe_ DE _la
+folie_.
+
+PASSÉ INDÉFINI et DÉFINI. Il ne faut pas confondre le _passé indéfini_
+avec le _passé défini_. Le passé indéfini s'emploie indifféremment pour
+un temps passé, soit qu'il en reste encore une partie à écouler ou non:
+J'AI REÇU _une lettre l'année dernière_,--_le mois passé_,--_la semaine
+dernière_,--_hier_:--J'AI REÇU _une lettre cette année_,--_ce
+mois_,--_cette semaine_,--_aujourd'hui_.
+
+Le passé défini ne se dit au contraire que d'un temps complètement
+écoulé, et éloigné au moins d'un jour de l'instant où l'on parle: ainsi
+l'on ne dira pas; JE REÇUS _une lettre cette année_,--_ce mois_,--_cette
+semaine_,--_aujourd'hui_, parce que l'on est encore dans le temps dont
+il s'agit.
+
+PASSIF. Les verbes passifs demandent pour régimes les prépositions _de_
+et _par_: _de_, quand ils expriment un sentiment, une passion, en un mot
+un mouvement de l'âme: _par_, lorsqu'ils signifient une action à
+laquelle l'esprit ou le corps a seul part: _l'honnête homme est estimé_
+DE _tout le monde_;--_une grande partie de la terre a été conquise_ PAR
+_les Romains_.
+
+Cependant au lieu de la préposition _de_, l'usage permet d'employer
+_par_ pour éviter plusieurs _de_: _votre conduite a été approuvée_
+D'_une commune voix_, PAR _toutes les personnes sages et éclairées_.
+
+PATATE, _plante du genre des liserons_. POMME DE TERRE, _plante du genre
+des solanums_. Ces définitions sont du Dict. de l'Académie, Édit. de
+1835, et elles s'accordent avec celles que les naturalistes donnent de
+ces plantes. C'est donc une grave erreur que de désigner notre _pomme de
+terre_ par le terme _patate_, plante que nous ne possédons pas, et qui
+ne vient guère qu'entre les deux Tropiques.
+
+PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT. Ce mot, quoique écrit de trois différentes
+manières, se prononce _pè-ment_.
+
+PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui sont terminés au participe présent par
+_yant_, comme _bégayer_, _bayer_, _employer_, _renvoyer_, _aboyer_,
+_essayer_, _ployer_, _appuyer_, etc., prennent un _y_ et un _i_ à la
+première et à la seconde personne du pluriel de l'imparfait de
+l'indicatif, et du présent du subj. _Je paie, tu paies, il paie, nous
+payons, vous payez, ils paient,_ (prononcez _je pè_, _tu pè_, _il pè_,
+et à la troisième personne du pluriel, _ils pè_) _je payais, tu payais,
+il payait, nous payions, vous payiez, ils payaient, je payai, tu payas,
+il paya, nous payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je paierai, tu
+paieras, il paiera, nous paierons, vous paierez, ils paieront,_
+(prononcez, _je pè-e-rai_, _tu pè-e-ras_, _il pè-e-ra_, etc.) _je
+paierais, tu paierais, il paierait, nous paierions, vous paieriez, ils
+paieraient,_ (prononcez _je pè-e-rais_, _tu pè-e-rais_, _nous
+pè-e-rions_, etc.) _paie_, (prononcez _pè_,) _payons, payez, que je
+paie, que tu paies, qu'il paie, que nous payions, que vous payiez,
+qu'ils paient,_ (prononcez, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_,
+_qu'ils pè_) _que je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que nous
+payassions, que vous payassiez, qu'ils payassent, payant, payé, payée._
+
+Les verbes _croire_, _voir_, _fuir_, _asseoir_, etc., ayant leur
+participe présent terminé en _yant_, font aussi à l'imparfait de
+l'indicatif et au présent du subjonctif, _nous croyions_, _vous
+croyiez_; _que nous croyions_, _que vous croyiez_, etc.
+
+Quelques personnes, contrairement aux règles de la prononciation, font
+entendre l'_l_ mouillée, ou l'_y_, aux trois personnes du singulier, et
+à la troisième personne du pluriel du présent du subjonctif des verbes
+dont le participe présent est terminé en _yant_. Ainsi elles prononcent,
+_que je pèghe_, (du verbe payer) _que tu pèghes_, _qu'il pèghe_, _qu'ils
+pèghe_, au lieu de, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_, _qu'ils
+pè_:---- _que j'èghe_, (du verbe avoir) _que tu èghes_, _qu'il èghe_,
+_qu'ils èghe_, au lieu de, _que j'è_, _que tu è_, _qu'il è_, _qu'ils
+è_:---- _que je croèghe_, (du verbe croire) _que tu croèghes_, _qu'il
+croèghe_, _qu'ils croèghe_, au lieu de, _que je croa_, _que tu croa_,
+_qu'il croa_, _qu'ils croa_.
+
+Ces exemples prouvent combien l'instituteur doit faire d'efforts pour
+rompre de bonne heure dans ses élèves l'habitude de cette prononciation
+vicieuse.
+
+PEMINA, que le vulgaire nomme _pinbina_, est l'obier du Canada. Le
+peuple appelle aussi _pinbina_ son fruit: c'est à tort, parce que la
+baie que porte le _pémina_, n'a pas de nom en français.
+
+PENNY est le mot anglais, et _denier_ le mot français qui représentent
+le terme latin _denarius_, quoiqu'ils expriment des monnaies de valeurs
+très-différentes. Pourquoi donc employer le mot anglais _penny_, lorsque
+le français fournit un équivalent? D'ailleurs _penny_ fait _pence_ au
+pluriel, et puis les fractions du _penny_ se nomment _farthings_:
+nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne savent pas l'anglais; et
+nouvelle raison par conséquent de rejeter ces mots étrangers, pour s'en
+tenir aux termes faciles et corrects de _denier_;--_demi-denier_;
+--_quart de denier_, etc.
+
+Il n'en est pas ainsi du mot _shilling_, dont l'emploi est nécessité par
+l'absence d'un terme français qui lui corresponde.
+
+Le mot anglais _dollar_, monnaie des États-Unis, se trouve dans quelques
+dictionnaires modernes: et _Boiste_ admet _pound_, mot anglais pour
+_livre sterling_.
+
+PÉRIODE est masculin quand il marque le plus haut point, où une chose
+puisse arriver: _il est au plus_ HAUT _période de sa gloire_; ou quand
+il signifie un espace de temps: _dans un_ COURT _période_:--_dans le_
+DERNIER _période de sa vie_: il est féminin dans ses autres acceptions:
+LA _période lunaire_:--LA _période julienne_.
+
+PÉRIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, _elles_
+SONT _péries_, parce qu'alors la pensée est occupée de l'état des
+personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait désigner l'époque où
+elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, il
+faudrait se servir de l'auxiliaire _avoir_, et dire, _elles_ ONT _péri
+en 1840_:--_elles_ ONT _péri dans un naufrage_.
+
+Le même principe est applicable au verbe _échouer_. _Le vaisseau_ A
+_échoué sur la côte_;--_le vaisseau que montait mon ami_ EST _échoué_.
+V. AUXILIAIRES.
+
+PERSONNE _pronom indéfini_, a un sens vague, s'emploie sans article et
+sans adjectif déterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce
+soit: il est toujours du masculin et du singulier: PERSONNE _n'est assez
+sot pour le croire_;--_il n'y a_ PERSONNE _qui ne soit fâché_.
+
+_Personne substantif_ a un sens déterminé; il est accompagné de
+l'article, ou d'un adjectif déterminatif, et est féminin: _quelle est la
+personne assez_ SOTTE _pour le croire?_--_il n'y a pas_ UNE _personne
+qui n'en soit_ FACHÉE.
+
+PERSES. On doit appeler _Perses_ les anciens habitans de la Perse, et
+_Persans_ ceux d'aujourd'hui.
+
+PERSUADER. La grammaire permet d'écrire,--_les modernes se sont_
+PERSUADÉS _qu'ils surpassaient les anciens_--et--_les modernes se sont_
+PERSUADÉ _qu'ils surpassaient les anciens_. La raison en est qu'avec le
+verbe _se persuader_, le pronom _se_ peut être également régime direct,
+ou régime indirect du verbe: en effet, on dit _persuader quelqu'un_, et
+_persuader_ À _quelqu'un_.
+
+PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif:
+_il y a peu d'hommes, qui_ SACHENT _supporter l'adversité_.
+
+_Un petit peu_ est une faute grossière: dites simplement, _un peu_.
+
+_Pour le peu que_ est un barbarisme, il faut dire, _pour peu que_.
+
+PEUR. La locution conjonctive, _de peur que_, veut toujours _ne_ devant
+le verbe suivant: _de peur qu'il_ NE _vienne_.
+
+_Avoir peur_ exige également _ne_ devant _le_ verbe qui suit: _j'ai peur
+qu'il_ NE _vous trompe_: à moins qu'_avoir peur_ ne soit accompagné
+d'une négation; ou ne soit employé interrogativement: dans ces deux cas
+on supprime ne: _je n'ai pas peur qu'il vous trompe?_
+
+PEUT-ÊTRE employé avec le verbe _pouvoir_ forme un pléonasme ridicule:
+ne dites pas: _peut-être il pourra venir_, mais, _peut-être il viendra_.
+
+PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours à un substantif, et
+s'accorde avec lui. _De deux maux il faut éviter le_ PIRE:--_les_ PIRES
+_des ennemis ce sont les flatteurs_.
+
+_Pire_, suivi de _que_, veut _ne_ devant le verbe qui suit: _ce vin est
+pire que je_ NE _le pensais_: à moins que cet adjectif n'accompagne un
+verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement: _ce vin n'est pas
+pire que je le pensais_:--_ce vin est-il pire que vous le pensiez?_
+
+PIS est l'opposé de _mieux_, et se dit pour _plus mal_. Il ne se joint
+pas à des substantifs masculins ou féminins, mais seulement à des noms,
+où à des pronoms indéterminés, comme dans cette phrase, _rien n'est_ PIS
+_qu'une mauvaise langue_.
+
+_Pis_ est quelquefois substantif: _le_ PIS _de l'affaire est que_...
+
+_Pis_ est aussi adverbe comparatif: DE PIS _en_ PIS,--_de mal en_
+PIS,--_tant_ PIS.
+
+Le peuple dit abusivement _de_ PIRE _en_ PIRE,--_de mal en_
+PIRE,--_tant_ PIRE.
+
+PLAINDRE. _Se plaindre de ce que_, suppose un sujet de plainte: _il se
+plaint_ DE CE QUE _vous l'avez trompé_.
+
+_Se plaindre que_ ne suppose pas lieu à la plainte: _il a tort de se
+plaindre_ QUE _vous l'ayez trompé_.
+
+Le participe passé de _se plaindre_ s'accorde toujours avec le second
+pronom: _ils se sont_ PLAINTS _de vous_:--_elle s'est plainte de votre
+conduite_: excepté lorsque _se plaindre_ signifie _se refuser_, cas dans
+lequel le second pronom cesse d'être régime direct, _elle s'est_ PLAINT
+_le boire et le manger_.
+
+PLAIRE. Ce _qui plait_ est ce qui est agréable: ce _qu'il plait_ est ce
+que l'on veut: _les incensés sacrifient leurs intérêts à ce_ QUI _leur_
+PLAIT:--_les gens d'un caractère opiniâtre ne veulent faire que ce_
+QU'IL _leur_ PLAIT.
+
+On doit répondre à quelqu'un qui offre quelque chose, _ce_ QU'IL _vous
+plaîra_, et non pas, _ce_ QUI _vous plaîra_.
+
+Le participe passé de _plaire_ est toujours invariable:--_ils nous ont_
+PLU:--_ils se sont_ PLU _réciproquement_:--_ils se sont_ PLU _à me
+contrarier_:--_elles se sont_ PLU _à la campagne_.
+
+PLAISIR (il y a). Cette locution prend _à_ devant une consonne, et _de_
+devant une voyelle. _Il y a plaisir_ À _l'entendre chanter_:--_il y a
+plaisir_ D'_avoir affaire à un homme si loyal_.
+
+PLÉONASME. Le pléonasme est autorisé lorsqu'il ajoute à la phrase plus
+d'énergie et de grâce; mais souvent il est un vice à éviter. Voici
+quelques phrases dans lesquelles le pléonasme est vicieux.
+_S'entr'égorger les uns les autres_: les mots _les uns les autres_ sont
+superflus:--_plaintes réciproques de part et d'autre_: _de part et
+d'autre_ sont redondans: _discours rempli de beaucoup de citations_:
+_beaucoup_ est inutile.--_À Mons. N, Prêtre, Curé de N_;--_À Mons. N,
+Prêtre, Vicaire de N_:--_Je_, _soussigné, Prêtre, Curé de N_. Le mot
+_prêtre_ dans ces phrases est superflu:--_une heure de temps_:
+retranchez _de temps_:--_ainsi donc vous avez tort_; l'un des deux
+termes _ainsi_ et _donc_ est redondant:--_les ennemis reculent en
+arrière_: on ne recule pas en avant; _en arrière_ est donc superflu; _un
+brillant éclat_: _brillant_ est superflu, car tout éclat est
+_brillant_:--_un cadavre inanimé_; certes il n'y a pas de cadavre
+_animé_:--_il fut forcé malgré lui d'y consentir_; supprimez _malgré
+lui_:--_il faut s'entr'aider mutuellement_; le dernier mot de cette
+phrase n'ajoute rien au sens:--_un petit peu_; retranchez
+_petit_:--_dépêchez-vous vite_; _vite_ est superflu:--_tempête
+orageuse_; retranchez _orageuse_:--_voyons voir_; répétition
+barbare:--_je vais aller le chercher_, dites _je vais le
+chercher_:--_pour faire fuir les ennemis on n'aurait seulement qu'à se
+montrer_; _seulement_ est superflu:--_je vais dîner, et puis ensuite je
+me rendrai chez vous_; _puis_ signifie _ensuite_, il faut donc
+retrancher l'un ou l'autre:--_réellement vrai_; langage ridicule:--_au
+jour d'aujourd'hui_; _jour_ est de trop:--_hémorragie de sang_:
+retranchez _de sang_, puisque le mot _hémorragie_ signifie par lui-même
+_perte de sang_:--_il est impossible qu'on puisse réussir_; dites, _il
+est impossible de réussir_:--_il est impossible de pouvoir_; otez _de
+pouvoir_:--_je suis bien parfaitement_, ou _très-parfaitement votre
+humble serviteur_; les mots _bien_ et _très_, joints à _parfaitement_,
+sont redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter à ce qui est
+parfait:--_un des modèles les plus parfaits_ est une faute, retranchez
+_les plus_. Quelques grammairiens souffrent dans la conversation
+familière ces expressions, _montez en haut_;--_descendez en bas_;--_je
+veux unir ces deux prairies ensemble_.
+
+PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles: _plier du linge_;--_plier une
+lettre_.
+
+PLOYER. _Je ploie, tu ploies, il ploie, nous ployons, vous ployez, ils
+ploient, je ployais, nous ployions, vous ployiez, ils ployaient, je
+ployai, je ploierai, je ploierais, ploie, ployons, ployez, que je ploie,
+que nous ployions, qu'ils ploient, que je ployasse, ployant, ployé,
+ployée._
+
+_Ployer_, c'est courber, faire fléchir: _ployer une branche d'arbre_.
+
+PLUPART. Le substantif _plupart_ étant un collectif partitif, veut que
+le verbe et les autres correspondans, comme adjectifs, participes et
+pronoms s'accordent avec le substantif exprimé, ou sous-entendu après
+_la plupart_: _la plupart du monde_ PENSE,--_la plupart des sénateurs_
+ÉTAIENT MÉCONTENS _et_ FATIGUÉS _de la guerre_;--_la plupart_ ÉTAIENT
+_d'avis que_...
+
+Dans le premier exemple l'accord a lieu avec _monde_, dans le second
+avec _sénateurs_, et dans le troisième avec le mot _sénateurs_
+sous-entendu; c'est comme s'il y avait, _la plupart des sénateurs
+étaient d'avis que_...
+
+PLUS. Le superlatif _le plus_, _la plus_, _les plus_, veut après lui le
+subjonctif: _les mouvemens des planètes sont les plus réguliers que
+nous_ CONNAISSIONS.
+
+Avant les adverbes _plus_, _mieux_, _moins_, on emploie _le_, _la_,
+_les_, pour exprimer une comparaison: _cette dame ne pleurait pas,
+quoiqu'elle fût_ LA PLUS _affligée_, c.-à-d., la dame plus affligée que
+les autres.
+
+Au contraire on emploie simplement _le_ pour marquer une qualité portée
+au plus haut degré, sans aucune idée de comparaison avec d'autres
+objets: _cette dame ne pleure pas alors même qu'elle est_ LE PLUS
+_affligée_:--_il s'est baigné dans l'endroit où les eaux sont_ LE MOINS
+_rapides_.
+
+Dira-t-on, _les opinions_ LES PLUS ou LE PLUS _généralement suivies_?
+
+La réponse dépend de l'intention de celui qui parle.
+
+S'il s'agit d'opinions considérées en elles-mêmes, et sans comparaison,
+on dira LE PLUS _généralement suivies_.
+
+Si au contraire, vous avez en vue d'autres opinions moins suivies, et
+que vous vouliez indiquer une comparaison, vous direz LES PLUS
+_généralement suivies_.
+
+Lorsque le terme de comparaison placé après _plus_ exprime une idée de
+mesure, de quantité, cet adverbe doit être suivi de la préposition _de_,
+et non de _que_: _il est plus_ D'_à demi mort_:--_mon argent est plus_
+D'_à moitié dépensé_.
+
+PLUS TÔT, PLUTÔT. Il ne faut confondre ces deux mots. _Plus tôt_,
+locution adverbiale, est l'opposé de _plus tard_: _plutôt_, adverbe,
+marque une préférence. _Plutôt mourir que de trahir ma foi._
+
+POINT. Pas énonce simplement la négation: _point_ l'exprime avec
+beaucoup plus de force: _il n'a_ PAS _d'esprit ce qu'il faut pour cette
+place_:--_c'est un homme qui n'a_ POINT _d'esprit_.
+
+Il n'en est pas de même quand on interroge: si ma question est
+accompagnée de doute, je dirai; _n'avez-vous point été là?_ mais si je
+suis persuadé, je dirai par manière de reproche: _n'avez-vous pas été
+là?_
+
+PORTE. Les mots composés qui suivent ne prennent point d'_s_ au pluriel:
+_porte-éguille_, _porte-baguette_, _porte-balle_, _porte-chape_,
+_porte-collet_, _porte-crayon_, _porte-croix_, _porte-crosse_,
+_porte-dieu_, _porte-drapeau_, _porte-enseigne_, _porte-étendard_,
+_porte-lanterne_, _porte-malheur_, _porte-manteau_, _porte-mousqueton_,
+_porte-respect_, _porte-verge_, etc. V. SUBSTANTIFS COMPOSÉS.
+
+POUPÉE, jouet d'enfant. On substitue souvent à ce mot celui de _catin_.
+Le mot _catin_, quoique désigné par quelques auteurs comme synonyme de
+_poupée_, sonne mal aux oreilles délicates, au point qu'il n'est plus
+prononcé en ce sens dans la bonne société, et que le Dict. de
+l'Académie, Édit. de 1834, ne lui donne d'autre signification que celle
+de _femme de mauvaises moeurs_.
+
+POURVOIR. Passé défini, _je pourvus_: futur, _je pourvoirai_;
+conditionel, _je pourvoirais_: imparfait du subj. _que je pourvusse_. Le
+reste sur _voir_.
+
+POUVOIR. _Je puis_ est plus usité que _je peux_. On ne dit pas
+_peux-je_? mais _puis-je_? Avec _pouvoir_ on peut supprimer _pas_ et
+_point_; _je ne puis_:--_il ne peut sortir_:--il en est de même des
+verbes _cesser_, _oser_, et _savoir_.
+
+PRENDRE GARDE QUE veut _ne_ devant le verbe suivant: _prenez garde
+qu'on_ NE _vous trompe_: excepté quand il est employé interrogativement,
+ou avec une négation.
+
+PRÉPOSITIONS. Les prépositions _à_, _de_, _en_, se répètent toujours
+avant chaque régime: _il dut la vie_ À _la clémence_, _et_ À _la
+magnanimité du vainqueur_:--_il est doux_ DE _servir_, _et_ DE
+_contribuer à sa gloire_.
+
+Les autres prépositions, surtout celles qui n'ont qu'une syllabe, se
+répètent quand les régimes n'offrent aucune ressemblance de
+signification. DANS _la paix et_ DANS _la guerre_:--PAR _la force et_
+PAR _l'adresse_.
+
+Au contraire elles ne se répètent pas quand les régimes sont des
+expressions synonymes: DANS _la mollesse et l'oisiveté_:--PAR _la force
+et la violence_:--À TRAVERS _les dangers et les obstacles_.
+
+PRÈS, veut après lui la proposition _de_: _près_ DES
+_montagnes_;--_près_ DU _château_, excepté dans le style familier;
+_près le marché_.
+
+_Près de_ indique aussi le temps et le nombre: _il est_ PRÈS DE _deux
+heures_;--_il y a_ PRÈS DE _vingt ans_. Ne dites pas: _il est_ PROCHE
+_de deux heures_:--_il y a_ PROCHE _de vingt ans_.
+
+PRESQUE. L'_e_ final de _presque_ s'élide seulement dans _presqu'île_;
+ainsi écrivez sans élision, _ouvrage_ PRESQUE _achevé_:--_habit_ PRESQUE
+_usé_.
+
+PRÊT À adjectif, signifie disposé à: _prêt_ À _partir_:--_ils sont
+prêts_ À _commencer_. _Près de_ préposition, signifie sur le point de:
+_le soleil est près_ DE _se coucher_.
+
+PRÉVALOIR se conjugue sur _valoir_, excepté au présent du subjonctif, où
+il fait, _que je prévale_, _que tu prévales_, _qu'il prévale_, _que nous
+prévalions_, _que vous prévaliez_, _qu'ils prévalent_.
+
+PRIER. Imparf. de l'ind. _nous priions_, _vous priiez_, _ils priaient_:
+présent du subjonctif, _que nous priions_, _que vous priiez_.
+
+_Prier_ DE _dîner_ se dit d'une invitation accidentelle: _Prier_ À
+_dîner_ d'une invitation préméditée.
+
+PRONOMS RELATIFS. Les pronoms relatifs _qui_, _que_, _lequel_,
+_laquelle_, _dont_, _où_, veulent le subjonctif après eux, quand ils ont
+pour antécédent un nom employé dans une phrase qui marque le doute, le
+désir, l'interrogation ou le commandement; et l'indicatif, lorsque la
+phrase exprime quelque chose de positif.
+
+ _Pronoms relatifs
+ avec l'indicatif._
+
+Je connais quelqu'un qui POURRA vous rendre ce service:--voilà un livre
+que vous POURREZ consulter au besoin:--prêtez-moi ce livre dont vous
+n'AVEZ pas besoin:--ne quittez pas une place où vous ÊTES commodément,
+et d'où vous ENTENDEZ bien.
+
+ _Les mêmes pronoms
+ avec le subjonctif._
+
+Connaissez-vous quelqu'un qui PUISSE me rendre ce service?--donnez-moi
+un livre que je PUISSE consulter au besoin;--prêtez-moi un livre dont
+vous n'AYEZ pas besoin:--choisissez une place où vous SOYEZ commodément,
+et d'où vous ENTENDIEZ bien.
+
+_Auquel_, _à laquelle_, sont d'un usage très-ordinaire, et presque
+toujours indispensable quand il est question de _choses_: _le jardin_
+AUQUEL _je donne mes soins_:--_les sciences_ AUXQUELLES _je m'applique_.
+
+Mais si l'on parle de _personnes_, on est libre d'employer _à qui_, ou
+_auquel_, _à laquelle_: _Dieu_ À QUI, ou AUQUEL _nous devons rapporter
+toutes nos actions_.
+
+Quand ce sont des prépositions autres que _de_ et _à_, qui régissent le
+pronom relatif, l'on peut employer indifféremment _qui_ ou _lequel_, si
+l'on parle de _personnes_, et dire; _cherchons à fléchir le Juge_ DEVANT
+QUI, OU DEVANT LEQUEL _nous devons paraître un jour_:--_on s'ennuie
+toujours avec ceux_ AVEC QUI, ou AVEC LESQUELS _il n'est pas permis de
+s'ennuyer_.
+
+Mais si l'on parle de _choses_, l'on doit se servir de _lequel_,
+_laquelle_: _l'opinion_ CONTRE LAQUELLE _je me déclare_.
+
+_Qui_ s'emploierait cependant dans les cas où les choses seraient
+_personnifiées_: _rochers_ À QUI _je me plains_:--_la gloire_ À QUI _je
+me suis dévoué_.
+
+PRONONCIATION. La prononciation de la conversation diffère de celle de
+la déclamation, et de la lecture, en ce qu'elle souffre une infinité
+d'hiatus, pourvu qu'ils ne soient pas trop rudes. L'usage est tellement
+prononcé à cet égard, qu'il serait d'un pédant de ne pas s'y conformer.
+Ainsi dans la conversation, _folâtrer et rire_:--_aimer à jouer_, se
+prononcent, _folâtré et rire_:--_aimé à jouer_. En général l'_s_ finale
+des verbes ne se prononce point devant une voyelle: ainsi, _tu aimes à
+rire_:--_tu joues avec prudence_, se prononcent, _tu aime à rire_:--_tu
+joue avec prudence_.
+
+L'articulation vicieuse de la diphthongue _oi_, si fréquente chez nous,
+doit attirer l'attention sérieuse de l'instituteur; ou plutôt,
+devons-nous dire, sa conscience est grevée à cet égard, d'une immense
+responsabilité envers ses élèves et la société.
+
+En discutant la prononciation de cette diphthongue, Gatel, dans la
+préface de son dictionnaire, p. XII (Édit. de 1813) dit:
+
+ «Quant à la diphthongue _oi_...je n'ignore pas que l'usage lui
+ donne chez nous...une susceptibilité de plusieurs nuances, pour
+ ceux du moins qui...ont les organes extrêmement souples et
+ délicats. C'est tantôt le son d'_oe_, ou plutôt
+ d'_oè_;...tantôt celui d'_oa_...tantôt celui d'_oua_...mais ces
+ nuances m'ont paru en général si légères, si difficiles à
+ saisir...que...j'ai jugé plus convenable...de désigner
+ toujours...la prononciation d'_oi_ par _oa_, en prenant la
+ seule précaution d'affecter l'_a_ de l'accent circonflexe,
+ suivant que le son en devait être plus ou moins fortement
+ appuyé.»
+
+Duvivier, dans son article des diphthongues, dit que le son le plus
+naturel de la diphthongue _oi_,
+
+ «est celui que l'on suit en grec, où l'on fait entendre l'_o_
+ et l'_i_, comme dans _voi-ïelle_, _roi-ïaume_ (_voa-ïelle_,
+ _roa-ïaume_) mais,» dit-il, «elle a encore d'autres sons qu'il
+ est difficile de représenter par écrit.»
+
+Outre Gatel déjà cité, Noël et Chapsal dans leur dictionnaire, et
+Rolland dans son vocabulaire, désignent toujours la prononciation de la
+diphthongue _oi_ par _oa_, ou _oua_. Suivant eux, _voir_, _boire_,
+_croire_, _moi_, _toi_, _droit_, etc., se prononcent, _voar_, _boar_,
+_croar_, _moa_, _toa_, _droa_.
+
+Il faut donc éviter de donner le son de l'_è_ ouvert à la diphthongue
+_oi_, et se garder de prononcer, _vo-ère_, _bo-ère_, _cro-ère_, _mo-è_,
+_to-è_, _dro-è_, etc.
+
+Le Dictionnaire de l'Académie, et la plupart des grammairiens modernes
+donnent, à quelques nuances près, la même règle pour la prononciation de
+la diphthongue _oi_.
+
+Le son de la voyelle _a_, comme le son de quelques autres voyelles, peut
+être _aigu_ ou _grave_: il est aigu dans _patte_, _natte_ et grave dans
+_hâte_, _pâte_. On conçoit, facilement que le son grave doit être plus
+fort, plus rempli que le son aigu: mais on doit éviter de prononcer
+l'_a_ comme les anglais le prononcent dans LAW (loi): et les allemands
+dans JA (oui) avec une effrayante ouverture de bouche. La douceur,
+l'harmonie de la langue française, ne peut souffrir la rudesse de tels
+sons.
+
+L'Académie vient à l'appui de cette règle de la prononciation de la
+voyelle _a_.
+
+ «Le son de l'_a_, en français, est le même dans tous les mots:
+ il ne différe que par sa durée, et par des nuances peu
+ sensibles. Il est long ou bref: long dans _pâte_, _grâce_; bref
+ dans _glace_, _trace_. _Dict._ de _l'Ac. Édit. de 1832_.»
+
+Les autres voyelles susceptibles de devenir graves, sont _e_, _u_, _o_:
+_tempête_, _jeûne_, _côte_.
+
+PROPORTIONNEL _adjectif_, et PROPORTIONNELLEMENT _adverbe_, termes de
+mathématiques, sont employée quand il s'agit de quantités en lignes, en
+nombres ou en grandeurs, qui sont en proportion. _Réduire_
+PROPORTIONNELLEMENT _un grand plan à un petit_.
+
+Dans les autres cas, où il est question de proportion entre une chose et
+une autre chose, on se sert du participe _proportionné_, et de l'adverbe
+_proportionnément_: _le remède est_ PROPORTIONNÉ _au mal_:--_il n'a pas
+été récompensé_ PROPORTIONNEMENT _à son mérite_.
+
+PROPRE À, désigne une vocation, ou une destination encore imparfaite.
+_Propre pour_, marque une capacité acquise: un homme _propre à_ la
+guerre, pourra être un jour un guérier: un homme _propre pour_ la
+guerre, a ce qu'il faut pour l'être maintenant.
+
+PUISQUE. L'_e_ de _puisque_ ne s'élide que devant _il_, _ils_, _elle_,
+_elles_, _on_, _un_, _une_: même observation pour le mot _quoique_.
+
+
+QUATRE-VINGTS prend la marque du pluriel: _quatre-vingts hommes_:
+excepté quand il est suivi d'un autre adjectif de nombre:
+_quatre-vingt-dix hommes_. Il est également invariable quand il s'agit
+de la date: _l'an mil huit cent quatre_-VINGT.
+
+QUELQUE s'écrit de trois manières:
+
+1º. suivi d'un verbe il se met en deux mots, _quel que_, et alors _quel_
+adjectif s'accorde au genre et en nombre avec le sujet du verbe: QUELS
+QUE _soient les humains_.
+
+2º. suivi d'un substantif il s'écrit en un mot, _quelque_, et s'accorde
+en nombre avec ce substantif: QUELQUES _raisons que vous puissiez me
+donner_.
+
+3º. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit participe, soit
+adverbe, _quelque_ s'écrit également en un mot: mais alors il est
+adverbe, et conséquemment reste invariable: QUELQUE _puissans qu'ils
+soient_:--QUELQUE _considérés que nous soyons_:--QUELQUE _adroitement
+qu'ils s'y prennent_.
+
+L'_e_ finale de _quelque_ s'élide seulement devant _un_, _une_, _autre_,
+_il_, _elle_, _elles_: _quelqu'un_,--_quelqu'une_,--_quelqu'autre_,
+--_quelqu'il soit_,--_quelle qu'elle soit_.
+
+QUELQUE CHOSE. Quand _quelque chose_ signifie une certaine chose, il est
+substantif masculin. _J'ai vu quelque chose de_ BEAU. Il est substantif
+féminin lorsqu'il veut dire, quelque soit la chose. _Quelque chose que
+je lui ai_ DITE.
+
+QUÊTER. C'est abusivement qu'on emploie ce mot pour signifier _mendier_.
+_Quêter_, c'est faire une collecte pour les pauvres, pour les objets de
+confréries, pour les établissemens religieux, etc. _Mendier_ c'est
+demander l'aumône.
+
+Même remarque pour _quêteur_ qu'on fait synonyme de _mendiant_.
+
+_Quêteux_ pour _mendiant_ est doublement barbare.
+
+QUI prend le nombre et la personne de son antécédent, et les communique
+au verbe dont il est le sujet. Conséquemment on dira: _moi qui_ AI
+_parlé_:--_toi qui_ AS _parlé_:--_lui_ ou _elle qui_ A _parlé_:--_nous
+qui_ AVONS _parlé_:--_vous qui_ AVEZ _parlé_:--_ils_, ou _elles qui_ ONT
+_parlé_.
+
+On doit donc aussi dire, _si c'était moi qui_ VOULUSSE--_si c'était vous
+qui_ VOULUSSIEZ--_si c'était lui qui_ VOULUT, et non pas, _si c'était
+moi qui_ VOULUT:--_si c'était vous qui_ VOULUT, etc.
+
+On dira, _vous parlez comme un homme_ QUI ENTEND _la matière_, et non
+pas, QUI ENTENDEZ _la matière_:--_vous parlez comme des hommes_ QUI S'Y
+CONNAISSENT, et non pas, QUI VOUS Y CONNAISSEZ:--_tu étais le seul qui_
+PUT _me dédommager_: parce que dans ces phrases, le relatif _qui_
+représente le substantif qui le précède immédiatement: et en effet,
+c'est comme si l'on disait; _vous parlez comme un homme_, LEQUEL HOMME
+_entend la matière_, etc. et puis ce substantif, que l'on est censé
+répéter après _lequel_, étant réellement le sujet, communique au verbe
+le genre, le nombre et la personne.
+
+Lorsque le relatif _qui_ est précédé d'un adjectif, c'est au pronom qui
+est placé auparavant que se rapporte ce relatif: en conséquence il faut
+dire; _nous sommes ici_ PLUSIEURS _qui nous_ SOUVENONS _des
+succès_....--_c'est vous_ SEULS _qui vous_ CHARGEZ _de cette
+responsabilité_:--_nous étions_ DEUX _qui_ ÉTIONS _du même avis_.
+Observez que l'on dirait: _nous étions_ DEUX _juges qui_ ÉTAIENT _du
+même avis_, et non pas, _qui_ ÉTIONS _du même avis_, à cause du
+substantif _juges_ qui est l'antécédent de _qui_.
+
+QUI, QUE. On doit éviter la multiplicité de ces pronoms, surtout quand
+ils sont interrogatifs. La grammaire ne les condamne pas absolument,
+mais l'oreille en est offensée. Ainsi au lieu de: QUI _est-ce_ QUI _a
+fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _c'est_ QUE _cela_?--QU'_est-ce_ QUE _tu
+as_? dites: QUI _a fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _cela_?--QU'_as tu_?
+
+QUICONQUE devient féminin quand il désigne spécialement une femme:
+_quiconque est bonne mère est_ ADORÉE _de ses enfans_.
+
+QUOIQUE, en un mot, signifie _bien que_; QUOIQUE _vous soyez instruit_,
+_soyez modeste_: en deux mots, il veut dire, _quelque chose que_: QUOI
+QUE _vous lui disiez_, _il ne vous écoutera pas_.
+
+L'_e_ de _quoique_ ne s'élide que devant _il_, _elle_, _ils_, _elles_,
+_ou_, _un_, _une_.
+
+
+R. Dans la lecture, dans le discours soutenu, et dans les vers, _r_
+finale des infinitifs en _er_ est nulle devant une consonne ou une _h_
+aspirée: mais suivie d'une voyelle ou d'une _h_ muette, elle se fait
+entendre.
+
+Dans la conversation _r_ est une lettre muette à la fin des infinitifs,
+même devant une voyelle: _aimer à boire_,--_parler et chanter_, se
+prononcent _aimé à boire_,--_parlé et chanté_.
+
+RAILLERIE. _Entendre raillerie_, c'est bien prendre la raillerie.
+_Entendre_ LA _raillerie_, c'est avoir le talent de railler.
+
+RAPPELER, (se) veut un régime direct; ne dites pas, _je me rappelle_ DE
+_cette personne_:--_je me rappelle_ DE _cette chose_:--_je_ _m'_EN
+_rappelle_: dites, _je me rappelle cette personne_:--_je me rappelle
+cette chose_:--_je me le rappelle_.
+
+On met cependant la préposition _de_ devant l'infinitif: dans ce cas
+_de_ n'est qu'un mot euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins le
+régime direct: _je me rappelle_ D'_avoir vu_.
+
+RAPPORT. _Avoir rapport à_ exprime une idée de relation, de liaison:
+_les effets ont rapport_ AUX _causes_. _Avoir rapport avec_ marque une
+idée d'analogie, de ressemblance: _nos plus belles tragédies ont
+beaucoup de rapport_ AVEC _celles des Grecs_.
+
+RAVOIR ne se dit qu'à l'infinitif.
+
+RÉGIMES, (deux). Quand un verbe a deux régimes, l'un est simple et
+l'autre est composé: alors il faut toujours placer le régime simple le
+plus près possible du verbe: _apportez-moi-la_,--_dites-moi-le_,
+seraient donc des fautes, parce que _moi_ est régime composé, et _le_,
+_la_, régimes simples; il faut dire, _apportez-la-moi_,
+--_dites-le-moi_,--_donnez le-lui_,--_chantez-la-nous_, etc.
+
+RÉGIME PRONOM. Toutes les fois qu'un verbe actif est suivi d'un
+infinitif, on doit employer _le_, _la_ _les_, devant ce verbe actif, si
+l'infinitif n'est pas régime direct: car alors il faut que le pronom
+soit régime direct, puisqu'un verbe actif exige un régime de cette
+nature: mais on doit employer _lui_, _leur_, quand l'infinitif est le
+régime direct du verbe actif, un verbe actif ne pouvant pas avoir deux
+régimes directs.
+
+On doit donc dire en parlant d'un homme, _je_ L'_ai vu faire bien des
+sottises_, et non pas, _je_ LUI _ai vu faire bien des sottises_: et en
+parlant des animaux; _c'est la brutalité qui_ LEUR _fait suivre les
+mouvemens de leur colère_: et non pas: _c'est la brutalité qui_ LES
+_fait suivre_, etc.
+
+Dans la première phrase le pronom LE (_cet homme_) est le régime direct
+de _voir_ et non pas de l'infinitif _faire_; c'est comme s'il y avait,
+_j'ai vu cet homme faisant bien des sottises_.
+
+Dans la seconde phrase _suivre_ est le régime direct de _faire_, et
+_leur_ (aux animaux) le régime indirect; c'est comme si l'on disait;
+_c'est la brutalité qui fait suivre aux animaux les mouvemens de leur
+colère_.
+
+On ne doit pas dire, _l'idée_ LES _a pris d'aller à la campagne_: mais,
+_l'idée_ LEUR _a pris_, etc. Ici le verbe est pris neutralement, et ne
+saurait avoir de régime direct.
+
+Il y a une grande différence entre, _je_ LUI _ai vu donner un soufflet_,
+et, _je_ L'_ai vu donner un soufflet_,--entre, _les offres de service
+que je_ LEUR _ai vu faire_, et, _les offres de service que je_ LES _ai
+vus faire_:--entre, _les liqueurs que je_ LEUR _ai vu verser_, et, _les
+liqueurs que je_ LES _ai vus verser_. Cette différence est telle, qu'en
+confondant les deux régimes l'on exprimerait positivement le contraire
+de ce que l'on voudrait faire entendre.
+
+RÉFORMATION, RÉFORME. La _réformation_ est l'action de réformer; la
+réforme en est l'effet.
+
+RÉSOUDRE. _Je résous_, _tu résous_, _il résout_, _nous résolvons_, _vous
+résolvez_, _ils résolvent_, _je résolvais_, _je résolus_, _je
+résoudrai_, _je résoudrais_, _résous_, _résolvons_, _résolves_, _que je
+résolve_, _que nous résolvions_, _que vous résolviez_, _que je
+résolusse_, _résolvant_: il a deux participes passés, _résolu_ et
+_résous_: ce dernier n'a point de féminin.
+
+Lorsqu'il est question de déterminer une chose douteuse, on se sert de
+_résolu_: _ce jeune homme a_ RÉSOLU _de changer de conduite_. En parlant
+des choses qui se convertissent en d'autres, on se sert de _résous_; _le
+soleil a_ RÉSOUS _le brouillard en pluie_.
+
+Quant _résoudre_ est actif, il régit _de_ avant l'infinitif, _on a
+résolu_ D'_agir sans plus tarder_: employé passivement il prend _à_ ou
+_de_ devant l'infinitif: _je suis résolu_ À _partir_, ou DE _partir_.
+Quand résoudre est réfléchi, il régit _à_; _je me suis résolu_ À
+_demander une retraite_.
+
+RESPECT. On dit également _respè_ ou _respeck_. Quand aux mots _aspect_
+et _circonspect_, il faut prononcer _aspeck_ et _circonspeck_. Cependant
+Boiste prononce _assepekte_.
+
+RESTE. _Au reste_ se dit des choses dont on a déjà parlé, et sur
+lesquelles il reste quelque chose à dire; _voilà l'opinion de Bernard_:
+AU RESTE _je vous en écrirai_.
+
+_Du reste_ s'emploie quand ce qui suit n'est pas dans le même genre que
+ce qui _précède_; _il est bizarre, emporté_, DU RESTE _brave homme_.
+
+RÉSULTER n'est usité qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes du
+singulier. Il prend _avoir_ et _être_.
+
+RÉUNIR, lorsqu'il signifie, _posséder en même temps_, ne doit jamais
+être suivie des prépositions _à_ ou _avec_; ne dites donc pas, _Turenne
+réunissait la prudence_ À _la hardiesse_, ni, AVEC _la hardiesse_:
+dites, _Turenne réunissait la prudence_ ET _la hardiesse_. En matière de
+Fief et d'autres choses semblables, on dit, _réunir à_.--_Réunir un
+grand Fief_ À _la Couronne_.
+
+Le verbe _unir_ rejette la préposition _avec_, et veut _à_. _Turenne
+unissait la prudence_ À _la hardiesse_.
+
+RÊVER À, c'est réfléchir profondément; _il rêve_ À _une affaire_. _Rêver
+de_, c'est faire un songe: _j'ai rêvé_ DE _vous_:--_j'ai rêvé_ DE
+_combats_.
+
+REVERS INATTENDU. On prononce _rever inattendu_.
+
+RIRE. Le participe _ri_ est invariable: _ils se sont_ RI,--_elles se
+sont_ RI _de mes menaces_.
+
+ROSBIF, du mot anglais _roast-beef_, signifie boeuf rôti.
+
+ROYAL. On disait autrefois, _des lettres royaux_,--_des ordonnance
+royaux_: la raison a fait justice de cette bizarre irrégularité:
+aujourd'hui l'on dit, _lettres royales_, _ordonnances royales_.
+
+
+S. L'_s finale_ se fait entendre dans les mots _anus_, _aloès_, _as_,
+_atlas_, _blocus_, _calus_, _foetus_, _iris_, _maïs_, _moeurs_,
+_prospectus_, _lapis_, _laps_, _en sus_, _locatis_, _vis_, _vasistas_,
+et dans les mots purement étrangers, tels que _bibus_, _chorus_,
+_agnus_, _gratis_, _Crésus_, _Délos_, _Rubens_, _Valens_, (prononcez,
+_rubinze valinze_) _Bacchus_, _Pallas_, etc.
+
+Exceptions. L'_s_ ne sonne pas dans _Mathias_, _Thomas_, _Judas_.
+
+Quand le pronom _y_, ou le pronom _en_, suit immédiatement la seconde
+personne singulière de l'impératif terminé par un _e_ muet, il faut,
+pour éviter un hiatus, y ajouter une _s_ euphonique, et écrire,
+_donnes-en_;--_portes-y_;--_aies-en_;--_travailles-y_.
+
+Mais si le mot _en_, au lieu d'être un pronom, est une préposition,
+alors on ne fait point usage de la lettre euphonique _s_; et l'on écrit,
+_admire en France_...et non pas, _admires en France_.
+
+On ne fait pas sonner l'_s_ dans cette phrase du discours familier, _sur
+les une heure_.
+
+L'impératif _va_, suivi des pronoms _y_, _en_, prend aussi une _s_:
+_vaS-y-voir_;--_vaS-en demander_; mais on ne doit pas dire, _vaS en
+Angleterre_, mais, _va en Angleterre_, parce que _en_ est ici
+préposition.
+
+SAILLIR, (verbe neutre et défectif) dans le sens de _jaillir_, ne se dit
+que des liquides: il n'est d'usage, suivant du Duvivier, qu'aux
+troisième personnes, et à l'infinitif, et se conjugue sur _finir_. _Il
+saillit_, _ils saillissent_, _il saillissait_, _ils saillissaient_, _il
+saillit_, _ils saillirent_, _il saillira_, _ils sailliront_, _il
+saillirait_, _ils sailliraient_, _qu'il saillisse_, _qu'ils
+saillissent_, _qu'il saillît_, _qu'ils saillissent_.
+
+SAILLIR, terme d'architecture, signifie s'avancer en dehors comme un
+balcon, une corniche. En ce sens il se conjugue différemment du verbe
+_saillir_ de l'article qui précède, et ne s'emploie qu'à l'infinitif, et
+à la troisième personne des temps suivans; _il saille_, _ils saillent_,
+_il saillait_, _ils saillaient_, _il saillera_, _ils sailleront_, _il
+saillerait_, _ils sailleraient_, _qu'il saille_, _qu'ils saillent_,
+_qu'il saillît_, _qu'ils saillissent_.
+
+SANS QUE n'est jamais, suivi de _ne_: dites, _sans qu'il vienne_, et
+non, _sans qu'il_ NE _vienne_.
+
+SAVOIR est le seul verbe qui se mette au subjonctif, sans être sous la
+dépendance d'un autre mot qui le précède; mais alors il doit être
+accompagné d'une négation: _je ne_ SACHE _rien de nouveau_.
+
+SECOND éveille une idée d'ordre, et _deuxième_ une idée de série. Ne
+dites pas; _le_ DEUXIÈME, _mais_, _le_ SECOND _tome_ d'un ouvrage qui
+n'a que deux tomes. Si l'ouvrage a plusieurs tomes, dites, _le_ DEUXIÈME
+et non _le_ SECOND _tome_.
+
+SEMBLER. Le verbe impersonnel, _il semble_, veut le subjonctif: _il
+semble qu'il vous_ CRAIGNE: excepté quand il est accompagné d'un régime
+indirect de personne; _il_ ME _semble qu'il vous_ CRAINT.
+
+SEMI ne s'emploie qu'avec certains mots, et reste toujours invariable;
+_une_ SEMI-_fête_:--_des_ SEMI-_tons_:--_des fleurs_ SEMI-DOUBLES.
+
+S'EN ALLER. Le pronom _en_ de _s'en aller_, doit toujours, dans les
+temps composés, précéder immédiatement le verbe _être_. Dites, _nous
+nous_ EN _sommes allés_: et non pas, _nous nous sommes_ EN _allés_.
+
+Il ne faut pas dire; _je m'_EN _vais commencer cette lettre_:--_je_
+_m'_EN _vais lui écrire_: mais, _je vais commencer cette lettre_:--_je
+vais lui écrire_.
+
+SENS (ville). Prononcez, _San-ce_.
+
+SEOIR, pour signifier _être assis_, ne se dit plus qu'aux participes,
+_séant_, _sis_, _sise_: et pour signifier _être convenable_, ne se dit
+qu'au participe présent, qu'on écrit alors _seyant_, et aux troisièmes
+personnes, _il sied_, _ils siéent_, _il seyait_, _ils seyaient_, _il
+siéra_, _ils siéront_, _il siérait_, _ils siéraient_. Il est inusité aux
+temps composés.
+
+_Messeoir_ se conjugue comme _seoir_, _et s'_emploie aux mêmes temps.
+
+SI. On ne doit pas dire, _il était_ SI _en peine_:--SI _en colère_:
+mais, _il était_ SI FORT _en peine_...SI FORT _en colère_.
+
+SOFA, CANAPÉ. L'Académie dit qu'on confond souvent les _canapés_ avec
+les _sofas_. _Sofa_, ou _sopha_, est un lit de repos qui sert de siége.
+_Canapé_ est un long siége à dossier, qui sert quelquefois, mais
+rarement, de lit de repos. La plupart des longs siéges, qui parent nos
+salons, sont des _canapés_, et c'est une faute de les désigner par le
+terme _sofa_. _Divan_ est un canapé oriental, sans dossier.
+
+SOI. Le pronom personnel _soi_ se dit des personnes et des choses. Quand
+il se dit des personnes, ce ne peut être que dans les propositions
+générales, ou avec des noms collectifs ou indéfinis, comme _on_,
+_chacun_, _personne_, _quiconque_, etc. _On doit rarement parler de_
+SOI;--_chacun est content de_ SOI;--_quiconque n'aime que_ SOI, _est
+indigne de vivre_;--_ne vivre que pour_ SOI, _c'est être déjà mort_.
+
+Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé, ce n'est plus _soi_
+qu'il faut employer, c'est _lui_, _elle_, _lui-même_, _elle-même_: _cet
+homme rapporte tout à_ LUI,--_cette femme ne parle que d'_ELLE-MÊME.
+
+Cependant, pour éviter une équivoque, les écrivains emploient _soi_,
+quoique l'antécédent offre un sens déterminé. _Ce jeune homme, en
+remplissant les volontés de son père, travaille pour_ SOI. Si au lieu de
+_pour_ SOI, l'on disait _pour_ LUI, il y aurait une équivoque; on ne
+saurait si LUI représente le père ou le fils.
+
+Lorsqu'il est question de _choses_, on peut indifféremment employer le
+pronom _soi_, ou le pronom _lui_, _elle_. _L'aimant attire le fer à_
+SOI, ou _à_ LUI;--_un bienfait porte sa récompense avec_ SOI, ou _avec_
+LUI,--_la vertu est aimable de_ SOI, ou _d'_ELLE-MÊME.
+
+_Soi_ étant toujours du nombre singulier, ne peut jamais se rapporter à
+un pluriel, lorsqu'il s'agit de _personnes_; mais s'il est question de
+_choses_, les avis sont partagés. L'Académie et Th. Corneille rejettent
+cette phrase, _ces choses sont indifférentes de_ SOI, tandis qu'ils
+admettent celle-ci, _de_ SOI _ces choses sont indifférentes_.
+
+SON, SA, SES, LEUR, LEURS, quand il s'agit de choses, se remplacent par
+l'article et le pronom _en_, lorsque ceux-ci peuvent entrer dans la
+phrase sans nuire au sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une
+maison, SON _extérieur est agréable_; en parlant d'une ville, _j'aime_
+SES _environs_; et en parlant d'arbres, LEURS _fruits sont excellens_;
+l'on dira: L'_extérieur_ EN _est agréable_,--_j'_EN _aime_ LES
+_environs_,--LES _fruits_ EN _sont excellens_.
+
+Mais on dira avec _son_, _sa_, _ses_, _leur_, _leurs_; _le Saint-Laurent
+a_ SA _source au delà du Lac Supérieur_,--_les sciences ont_ LEURS
+_difficultés_; parce que le sens ne permet pas de remplacer _son_,
+_sa_, _ses_, etc., par l'article et le pronom _en_.
+
+SORTIR, pour signifier _obtenir_, _avoir_, est un terme de palais, usité
+seulement à la troisième personne, et à quelques-uns de ses temps; _il
+sortit_, _ils sortissent_, _il sortissait_, _qu'il sortisse_,
+_sortissant_, _sorti_, _sortie_. Pour les temps composés, on se sert
+d'_avoir_: _ce jugement_ A _sorti son plein et entier effet_.
+
+SOU. On n'écrit plus, comme autrefois, _sol_.
+
+SOUFFRIR prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _je souffre_ À _le voir_,
+ou DE _le voir dans cet état_.
+
+SOUVENIR (faire). C'est une faute de dire: _afin de_ LEUR _faire
+souvenir_:--_je_ LUI _ai fait souvenir_: dites, _afin de_ LES _faire
+souvenir_:--_je_ L'_ai fait souvenir_.
+
+_Souvenir_ s'emploie en parlant de choses récentes; _ressouvenir_ en
+parlant de choses passées depuis longtemps.
+
+SUBSTANTIFS. L'usage veut que certains substantifs, ayant la même
+inflexion et le même genre, servent à désigner les deux sexes; tels
+sont, _auteur_, _docteur_, _général_, _géomètre_, _graveur_, _médecin_,
+_orateur_, _philosophe_, _poëte_, _sculpteur_, _soldat_, _témoin_,
+_peintre_, _traducteur_, etc.
+
+Quand les substantifs _enfant_, _esclave_, _dépositaire_, etc.,
+représentent une personne du sexe, l'article et l'adjectif doivent être
+mis au féminin. UNE _enfant_ PIEUSE;--UNE _esclave_ BLANCHE;--UNE
+_dépositaire_ PRUDENTE.
+
+SUBSTANTIFS COMPOSÉS (l'orthographe des).
+
+_Première règle_. Quand un substantif composé est formé d'un substantif
+et d'un adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque du pluriel:
+_une basse-taille_, _des basses-tailles_:--_un plain-chant_, _des
+plains-chants_: excepté, _des blanc-seings_, _des terre-pleins_, _des
+chevau-légers_, _des grand'-mères_, _des grand'-messes_.
+
+_Remarque._ Quand il entre dans un substantif composé un mot, qui ne
+s'emploie plus isolément, comme dans _pic-grièche_, _loup-garou_,
+_gomme-gutte_, etc., ce mot joue le rôle d'un adjectif, et conséquemment
+prend la marque du pluriel: _des pics grièches_, _des loups-garous_,
+_des gommes-guttes_.
+
+_Deuxième règle._ Quand un substantif composé est formé de deux
+substantifs, placés immédiatement l'un après l'autre, ils prennent tous
+les deux la marque du pluriel: un _chef-lieu_, des _chefs-lieux_, un
+_chien-loup_, des _chiens-loups_, un _chou-fleur_, des _choux-fleurs_:
+excepté, un _bec-figues_, des _bec-figues_, un _appui-main_, des
+_appuis-main_, un _Hôtel-Dieu_, des _Hôtels-Dieu_, un _brèche-dents_,
+des _brèche-dents_.
+
+_Troisième règle._ Quand un substantif composé est formé de deux
+substantifs unis par une préposition, c'est le premier substantif qui
+prend la marque du pluriel: un _ciel-de-lit_, des _ciels-de-lit_: un
+_chef-d'oeuvre_, des _chefs-d'oeuvre_: excepté, des _coq-à-l'âne_, des
+_pied-à-terre_, des _tête-à-tête_.
+
+_Quatrième règle._ Quand un substantif composé est formé d'un substantif
+joint à un verbe, ou à une préposition, ou à un adverbe, le substantif
+seul prend le signe du pluriel, si toutefois il y a pluralité dans
+l'idée. Ainsi l'on écrira avec une _s_ au pluriel, des _contre-coups_,
+des _avant-coureurs_, des _arrière-saisons_. Mais on écrira sans mettre
+une _s_ au pluriel, parce qu'il y a unité dans l'idée, des _serre-tête_,
+des _réveille-matin_ (horloges), des _contre-poison_. Enfin on écrira
+avec une _s_, tant au singulier qu'au pluriel, parce qu'il y a toujours
+pluralité dans l'idée, les mots _essuie-mains_, _cure-dents_,
+_porte-clefs_. V. TIRE-BALLE, PORTE.
+
+_Cinquième règle._ Quand un substantif composé ne renferme que des mots
+invariables de leur nature, comme _verbe_, _préposition_, _adverbe_,
+aucune de ces parties ne prend la marque du pluriel: des _pour-boire_,
+des _passe partout_.
+
+SUCCÉDER. Le participe _succédé_ est invariable: _ils nous ont_
+SUCCÉDÉ,--_ils se sont_ SUCCÉDÉ.
+
+SULLY. Les _ll_ de ce nom propre sont mouillées.
+
+SUPPLÉER. _Suppléer une chose_, et _suppléer_ À _une chose_, ont des
+sens très-différens. _Suppléer une chose_, c'est remplacer ce qui
+manque, en fournissant une chose de la même nature. _Ce sac doit être de
+mille francs_: _s'il y a cent francs de moins, je_ LES _suppléerai_.
+
+_Suppléer_ À _une chose_ c'est remplacer cette chose par une autre chose
+qui en tient lieu: _la valeur supplée_ AU _nombre_.
+
+Avec un nom ou pronom de _personne_, qui lui sert de régime, _suppléer_
+ne prend jamais la préposition _à_. Ainsi dites _suppléer quelqu'un_, et
+non pas, _suppléer_ À _quelqu'un_:--_s'il ne vient pas je_ LE
+_suppléerai_, et non pas, _je_ LUI _suppléerai_.
+
+SUPPOSÉ s'accorde lorsqu'il suit le substantif: _ces faits_ SUPPOSÉS: il
+est invariable quand il le précède: SUPPOSÉ _ces faits_.
+
+SURSEOIR. _Je sursois, tu sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous
+sursoyez, ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions, vous sursoyiez,
+ils sursoyaient, je sursis, nous sursîmes, je surseoirai, nous
+surseoirons, je surseoirais, nous surseoirions, surseois, sursoyons, que
+je surseoie, que nous sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions,
+sursoyant, sursis, sursise._
+
+_Surseoir_, verbe actif, signifie suspendre: _on a sursis la
+délibération_: on dit aussi neutralement: _surseoir au jugement d'une
+affaire_.
+
+SYNONYME. Après deux substantifs synonymes, employés comme sujets, le
+verbe s'accorde avec le dernier: _son courage_, _son intrépidité_
+ÉTONNE _les plus braves_. L'adjectif suit la même règle: _une douceur_,
+_une affabilité_ CHARMANTE.
+
+
+T. À quelques rares exceptions près, le _t_ final se prononce seulement
+devant une voyelle ou une _h_ muette. C'est donc une faute, même grave,
+que de le faire sonner dans _juillet_, _beset_, _calumet_, _Nicolet_,
+ainsi que dans les noms d'hommes, _Bossuet_, _Croiset_, etc.: prononcez,
+_juillè_, _besè_, _calumè_, _Nicolè_, _Bossuè_, _Croisè_.
+
+Dans _avant-hier_ le _t_ se fait sentir faiblement: mais il ne peut être
+prononcé, sans blesser l'oreille, dans les locutions, _un goût
+horrible_,--_un tort incroyable_,--_un instinct heureux_, etc.: et si le
+mot suivi d'une voyelle, a un _r_ devant le _t_ final, comme dans _il
+part aujourd'hui_,--_il court à bride abattue_,--_il s'endort à
+l'ombre_, l'usage le plus commun est de ne pas faire sonner le _t_.
+
+Le _t_ final se fait toujours entendre dans _abject_, _contact_, _fat_
+(_fat_ n'a point de féminin), _suspect_, _granit_, etc.
+
+L'adverbe _net_ se prononce indifféremment _nè_ ou _nette_: mais le _t_
+de l'adjectif _net_ est muet au masculin.
+
+Duvivier dit:
+
+ «La plupart des écrivains modernes forment le pluriel des
+ substantifs qui sont terminés par _ant_, ou par _ent_, en
+ ajoutant un _s_ et en supprimant le _t_ final dans les
+ polysyllabes: mais ils le conservent dans les monosyllabes.
+
+ «Toutefois cette suppression n'est pas également adoptée; et en
+ effet _Regnier_, _Desmarais_, MM. de _Port-Royal_.... beaucoup
+ de grammairiens modernes.... et un grand nombre
+ d'imprimeurs.... conservent le _t_ final.... mais....
+ l'Académie a adopté cette suppression....»
+
+Les mêmes remarques sont applicables à la suppression du _t_ au pluriel
+des adjectifs terminés par _ant_ et par _ent_.
+
+TÂCHER. _Je tâcherai que vous soyez content_, est un solécisme, parceque
+_tâcher_ n'est jamais suivi de la conjonction _que_.
+
+_Tâcher_ prend _à_ devant l'infinitif, quand il signifie _songer à_,
+_viser à_: _il tâche_ À _m'embarrasser_,--À _me nuire_: et _de_ quand il
+exprime les efforts que l'on fait pour parvenir à une fin: _il tâche_
+D'_avancer_.
+
+TAMBOUR. _Battre_ DU _tambour_, c'est jouer du tambour; _battre_ LE
+_tambour_, c'est donner un signal par le tambour.
+
+TARDER prend également _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _tarder_ À, OU
+_tarder_ DE _venir_.
+
+TÉMOIN placé au commencement d'un membre de phrase, est pris
+adverbialement: TÉMOIN _les victoires de nos armes_.
+
+TERMES DE MARINE. L'emploi abusif de termes de marine, importés au pays
+par les premiers colons et navigateurs, à fait à la langue une plaie,
+qu'il n'est pas facile de fermer. Le mal, comme une épidémie, des
+dernier rangs de la société, s'est communiqué aux premiers: et souvent
+l'éducation la plus soignée est une faible barrière contre l'emploi, à
+rebours du sens commun, des termes, _virer_, _amarrer_, _larguer_,
+_greiller_ (gréer), _embarquer_, _débarquer_, _revirer de bord_,
+_amarre_, _bordée_, etc., etc.
+
+Les Instituteurs ne peuvent trop sévir contre l'abus que nous signalons
+ici.
+
+TERMES PARASITES. Il faut éviter avec un soin extrême les _mots
+favoris_, les _termes bizarres_, qui inondent nos discours, et nous
+rendent importuns, ridicules et sont souvent le fléau de la société,
+sans que nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs ne décèle plus une
+éducation vulgaire.
+
+Également on doit éviter les tours surannés, les expressions ignobles,
+qui ne peuvent que fatiguer les personnes qui écoutent: tels que, _tirer
+les vers du nez_; _vous pouvez m'en croire_;--_par dessus le
+marché_;--_je vous remercie bien des fois_;--_au bout du compte_; _ce
+n'est pas l'embarras_; _sourd comme un pot_; etc.
+
+Le jeune âge doit être prémuni contre ces défauts, dont l'habitude se
+corrige difficilement.
+
+TIRANT est un _cordon_ qui sert à ouvrir et fermer une bourse, un
+ridicule: c'est un _cuir_, un _ruban_ pour boucler des souliers, monter
+des bottes, attacher des papiers, etc. On ne doit pas employer dans ces
+sens les termes _attache_, _ganse_, et encore moins le mot anglais
+_strap_.
+
+TIRE-BALLE ne prend pas d'_s_ au pluriel; non plus que les mots suivans;
+_tire-bouchon_, _tire-bourre_, _tire-bouton_, _tire-clou_, _tire-pied_,
+etc.: _tire-botte_ s'écrit au pluriel avec une _s_. V. SUBSTANTIFS
+COMPOSÉS.
+
+TITRES _d'honneur_. Le mot _Révérend_ est un titre qui appartient
+exclusivement aux _Prélats_, aux _Religieux_ et aux _Religieuses_: et
+par conséquent, c'est une erreur grave que de le donner aux membres de
+notre clergé canadien, qui est _séculier_. Cette erreur nous vient des
+anglais, qui qualifient tous leurs ministres de _Révérends_. Mais
+quelque soit l'usage des Anglais à cet égard, nous ne pouvons donner au
+mot français _Révérend_, une extension qu'il n'a pas, une acception qui
+lui est étrangère.
+
+C'est encore par un abus de langage, que l'on attribue à nos
+ecclésiastiques la qualification de _Messire_. Ce titre d'honneur se
+donnait ci-devant en France et au Canada dans les actes, (mais seulement
+dans les actes,) _aux nobles et aux personnes distinguées par quelque
+haute dignité_, tant parmi les laïcs, que parmi les gens d'église: _fut
+présent Haut et Puissant Seigneur_ MESSIRE _Pierre Séguier_,
+_Chevalier_, etc.
+
+_Révérend Messire_ est une expression doublement incorrecte.
+
+Il est à regretter que le titre d'_Abbé_, que l'on donne invariablement
+en France aux ecclésiastiques séculiers, ne soit presque plus usité
+chez nous.
+
+Les titres, _Monsieur_ et _Madame_ doivent être supprimés, quand on
+prend en écrivant, une autre qualification. Ainsi un _Chevalier_ ne doit
+pas écrire, _Monsieur le Chevalier de N. a l'honneur de prévenir
+Monsieur le Colonel_: un Curé, _Monsieur le Curé de N., prie Monsieur le
+Marguillier en charge_: une Baronne, _Madame la Baronne de N. a
+l'honneur de présenter ses respectueux hommages à_: un Juge, _Monsieur
+le Juge N. présente son compliment à Monsieur le Procureur_.
+
+Il faut écrire, _Le Chevalier de N. a l'honneur_ etc.--_Le Curé de N._,
+etc. _La Baronne_, etc. etc.
+
+Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification, on emploie dans les billets
+et sur les cartes de visite, les termes _Monsieur_, _Madame_,
+_Mademoiselle_.
+
+Le nom d'un individu écrit sur la porte de sa demeure, ne doit pas être
+précédé du mot _Monsieur_. Mais s'il s'agit d'une personne du sexe
+féminin, il convient d'écrire, _Madame N._--_Mademoiselle N._
+
+TOMBER _par terre_, se dit d'une chose qui touchait à la terre avant sa
+chute: _tomber à terre_, d'une chose qui étant élevée au-dessus de
+terre, tombe d'en haut. Ainsi un homme qui tombe en marchant dans la
+rue, _tombe_ PAR _terre_, et non À _terre_: un couvreur qui tombe d'un
+toit, _tombe_ À _terre_ et non PAR _terre_.
+
+TOSTE sub. mas. (de l'anglais _toast_) signifie la proposition de boire
+à la santé de quelqu'un; au souvenir d'un évènement, etc.
+
+C'est à tort que l'on emploie le mot anglais _toast_, pour signifier
+_tranche de pain rôtie_. _Rôtie_ est en français le correspondant de
+_toast_: et si la rôtie est recouverte de beurre, l'on dit, _une rôtie
+au beurre_.
+
+TOUCHER et PINCER, employés pour exprimer l'action de jouer des
+instrumens, sont actifs, et doivent conséquemment avoir un régime
+direct: d'où il suit qu'il faut dire, _toucher l'orgue_, _le
+forté-piano_: _pincer la guitarre_, _la harpe_: et non pas, _toucher_ DE
+_l'orgue_, DU _forté-piano_: _pincer_ DE LA _guitarre_, DE LA _harpe_.
+
+TOUT. Quand _tout_ est adverbe il signifie _tout-à-fait_, _quelque_, et
+reste invariable: TOUT _aimable qu'est la vertu_,--TOUT _spirituels
+qu'ils sont_,--_elle est_ TOUT _étonnée_. _Exception._ _Tout_, quoique
+adverbe, varie quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est féminin,
+et commence par une consonne, ou une _h_ aspiré: _elle est_ TOUTE
+_stupéfaite_,--TOUTE _hardie qu'elle est_.--TOUTES _spirituelles
+qu'elles sont_.
+
+_Tout._ Quand l'adjectif _tout_ est joint à un nom de ville, il prend le
+genre masculin, quoique le nom de ville soit féminin: non que dans ce
+cas on le considère comme adverbe, mais parce que l'on sous-entend le
+mot _peuple_. On dira donc, TOUT _Rome le sait_,--TOUT _Florence en est
+convaincu_: c'est-à-dire, _tout le peuple de Rome_..._tout le peuple de
+Florence_....
+
+Mais joint à un nom de province, de royaume, de paroisse, _tout_ prend
+le genre de ce nom. TOUTE _l'Italie_,--TOUTE _la paroisse_.
+
+TOUT-À-COUP signifie soudainement: _il disparut_ TOUT-À-COUP.
+_Tout-d'un-coup_ veut dire, tout d'une fois; _il s'est ruiné_ TOUT-D'UN
+COUP.
+
+TOUT DE SUITE, phrase adverbiale, signifie _incontinent_, _sur l'heure_.
+Il ne faut pas la confondre avec _de suite_, autre phrase adverbiale qui
+signifie _l'un après l'autre, sans interruption_.--_ces livres ne sont
+pas_ DE SUITE.
+
+TRAIRE. _Je trais_, _tu trais_, _il trait_, _nous trayons_, _vous
+trayez_, _ils traient_, _je trayais_, _tu trayais_, _il trayait_, _nous
+trayions_, _vous trayiez_, _ils trayaient_; point de passé défini, _je
+trairai_, _je trairais_, _trais_, _trayons_, _trayez_, _que je traie_,
+_que tu traies_, _qu'il traie_, _que nous trayions_, _qu'ils traient_,
+point d'imparfait du subj. _trayant_, _trait_, _traite_.
+
+TRAIT D'UNION ou TIRET. Il sert à marquer la liaison qui existe entre
+deux ou plusieurs mots. On l'emploie,
+
+1º. entre le verbe et les pronoms, _je_, _moi_, _nous_, _tu_, _vous_,
+_il_, _ils_, _elle_, _elles_, _le_, _la_, _les_, _lui_, _leur_, _y_,
+_en_, _ce_, _on_, quand ces pronoms sont placés après le verbe, dont ils
+sont le sujet, ou le régime: _irai-je?_--_viens-tu?_--_donnait-on?_
+--_laisse-moi_;--_allez-y_; --_portes-en_; etc. S'il y a deux noms, on
+emploie deux traits d'union: _laisse-le-moi_,--_donne-les-leur_.
+
+2º. avant ou après _ci_ et _là_, accompagnant un substantif, un pronom,
+une préposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une manière
+inséparable: _celui-ci_,--_celui-là_,--_là-dessus_,--_là-haut_, etc.
+
+3º. pour lier _très_ au mot qui suit: _très-sagement_,--_très-riche_.
+
+4º. pour unir le dernier terme d'un nombre au terme précédent, quand le
+dernier terme passe _un_, et ne dépasse pas dix: _dix-huit_;
+--_trente-cinq_;--_deux cent dix-neuf_, mais on dirait sans trait
+d'union: _vingt et un_:--_cinquante et un_: le dernier terme étant _un_:
+et _cent quinze_;--_deux cent vingt_; le dernier terme dépassant _dix_.
+Cependant _quatre-vingts_ prend toujours le trait d'union:
+_quatre-vingts chevaux_:--_quatre-vingt dix hommes_.
+
+5º. pour lier deux ou plusieurs mots qui, par le sens, n'en font qu'un,
+_Marc-Aurèle_,--_chef-lieu_;--_s'entre-choquer_, _Jean-Jacques_,
+_Jean-Baptiste_.
+
+6º. pour indiquer le changement d'interlocuteur: il remplace alors les
+_dit-il_, _reprit-il_, _répondit-il_.
+
+7º. pour marquer une suspension dans le discours.
+
+8º. pour lier le mot, dont une partie se trouve à la fin d'une ligne, et
+l'autre au commencement de la ligne suivante.
+
+TRAITER. On dit indifféremment, _traiter une matière_,--_une question_:
+ou, _traiter_ D'_une matière_,--D'_une question_: à moins qu'on ne
+spécifie la matière, la question: alors il faut _de_:--_dans son
+ouvrage, il traite_ DES _plantes_, DES _métaux_.
+
+TRAVERSER _le pont_, pour exprimer l'action de le parcourir dans sa
+longueur, n'est pas correct: il faut dire, _passer le pont_.
+
+TRÉMA. Le tréma est un double point (¨) qu'on met sur une des voyelles
+_e_, _i_, _u_, pour la faire prononcer séparément de celle qui précède:
+_naïf_, _Saül_, _ciguë_. L'emploi du tréma est une faute quand on peut
+le remplacer par un accent: ainsi au lieu de _poësie_, _Cloë_, écrivez,
+_poésie_, _Cloé_.
+
+TRÈS. L'usage ne permet guère de mettre _très_ devant les participes.
+Dans ces cas l'on emploie _beaucoup_, _fort_, etc., et au lieu de dire
+_cet homme est_ TRÈS-_aimé_; _cette place est_ TRÈS-_menacée par
+l'ennemi_, l'on dit, _cet homme est_ FORT _aimé_,--_cette place est_
+FORT _menacée_, etc.
+
+On peut cependant se servir de _très_ avec certains participes employés
+comme adjectifs verbaux: _il est_ TRÈS-_occupé_,--_il est_
+TRÈS-_humilié_.
+
+_Très_ ne doit pas être employé dans une proposition négative, Ne dites
+pas, _il n'est pas_ TRÈS-_sage_;--_il n'est pas_ TRÈS-_occupé_: dites,
+_il n'est pas_ FORT _sage_,--_il n'est pas_ FORT _occupé_. L'adverbe
+modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais un
+substantif. On doit donc éviter les locutions suivantes si communes et
+si vicieuses: _J'ai_ TRÈS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est parti_
+TRÈS-_matin_:--_il fait_ TRÈS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRÊMEMENT _froid_:--_il
+ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une très_-GRANDE
+_faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de très_-GRAND
+_matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRÈS-GRAND _froid_:--_il
+ne fait pas un bien_ GRAND _froid_.
+
+TROIS-RIVIÈRES, (en latin _Trifluvium_) nom composé, est substantif
+masculin du nombre singulier: il est masculin parceque les noms de ville
+en général sont masculins, à moins qu'ils ne dérivent d'un féminin
+latin: et quoiqu'il porte la marque du pluriel, il est au singulier,
+parce que le nom propre n'étant qu'un nom qui distingue une chose des
+autres choses, ne peut être susceptible de l'idée accessoire de
+pluralité.
+
+_Trois-Rivières_ étant un nom propre, ne peut, d'après la règle
+générale, être accompagné de l'article _les_. Il est vrai que cette
+règle souffre quelques exceptions, comme, _Le Hâvre_, _Le Puy_, _La
+Rochelle_. Il est encore vrai que, jusqu'à ces derniers temps, on a
+toujours écrit _Trois-Rivières_ avec l'article: mais les écrivains
+récens, d'accord avec la raison, travaillent à corriger cette vieille
+erreur indiquée d'ailleurs suffisamment par le terme latin _Trifluvium_.
+
+Des observations qui précèdent il résulte que l'on doit dire, _Je vais_
+À _Trois-Rivières_:--_il demeure_ À _Trois-Rivières_:--_Trois-Rivières_
+EST BÂTI _sur le fleuve St. Laurent_, et non pas, _je vais_ AUX
+_Trois-Rivières_:--_il demeure_ AUX _Trois-Rivières_:--LES
+_Trois-Rivières_ SONT BÂTIES _sur le fleuve St. Laurent_.
+
+_Trois-Pistoles_, _Trois-Saumons_, noms de paroisses, suivent la même
+règle.
+
+
+UN. Lévisac pense que le mot _un_ devant une voyelle, doit être prononcé
+comme _une_, et que l'on doit dire _une-imbécile_,--_une hérétique_.
+D'autres grammairiens veulent que l'on prononce _un-nimbécile_,
+--_un-nhérétique_.
+
+UN DE. Au lieu de _un de_, il faut employer _l'un de_, quand _un_ est
+précédé d'un substantif ou d'un pronom, et suivi d'un nombre précis:
+_Ducis l'un_ DES _quarante de l'Académie_.
+
+Mais on dira avec _un de_,--_Henri IV est_ UN DES _meilleurs princes,
+qui aient régné sur la France_,--UN DES _quarante de l'Académie est de
+mon avis_; parce que dans la première phrase, _un_ précédé par le
+substantif _Henri_, n'est pas suivi d'un nombre: et que dans le second,
+_un_ suivi par le nombre _quarante_, n'est pas précédé par un substantif
+ou un pronom.
+
+UNIQUE veut aprês lui le subjonctif: _c'est l'unique service que vous_
+PUISSIEZ _me rendre_.
+
+
+VACANCES au pluriel, se dit des études publiques: _vacations_ au
+pluriel, de la cessation des séances des gens de justice.
+
+VAINCRE. _Je vaincs_, _tu vaincs_, _il vainc_, _nous vainquons_, _vous
+vainquez_, _ils vainquent_, _je vainquais_, _je vainquis_, _je
+vaincrai_, _je vaincrais_, _vaincs_, _vainquons_, _vainquez_, _que je
+vainque_, _que je vainquisse_, _vaincant_, _vaincu_, _vaincue_.
+
+Le présent de l'indicatif n'est guère usité au singulier, non plus que
+_vaincs_, seconde personne du singulier de l'impératif.
+
+VALOIR. _Je vaux_, _nous valons_, _ils valent_, _je valais_, _je valus_,
+_je vaudrai_, _je vaudrais_: pas d'impératif, _que je vaille_, _que nous
+valions_, _que je valusse_, _valant_, _valu_, _value_.
+
+Le participe _valu_ s'accorde seulement lorsque le verbe _valoir_
+signifie _procurer_, _rapporter_, et que le régime direct précède le
+participe: _que d'éloges ne lui a pas_ VALUS _sa conduite noble et
+généreuse_! c.-à-d. _procurés_; le participe, comme l'on voit, s'accorde
+ici avec le régime direct _que_, qui est devant.
+
+VENIMEUX se dit des animaux: _le scorpion est un animal_ VENIMEUX:
+_vénéneux_ des végétaux; _la ciguë est une plante vénéneuse_.
+
+VÊPRES, MATINES. Dites, _aller_ À _vêpres_,--À _matines_: _réciter
+vêpres_,--_matines_: et non pas, _aller_ AUX _vêpres_,--AUX _matine_:
+_réciter_ LES _vêpres_,--LES _matines_: attendu que _vêpres_ et
+_matines_ étant pris _indéterminément_ dans ces phrases, on doit
+supprimer l'article.
+
+Mais si ces noms étaient pris _déterminément_, comme dans ces locutions,
+_aller_ AUX _vêpres de la paroisse de St. Roch_;--_réciter_ LES _matines
+de Noël_, l'on ne pourrait omettre l'article.
+
+VERBES. Quelques grammairiens modernes ont substitué aux anciens titres
+de certains verbes de nouvelles dénominations, qu'il convient
+d'indiquer. Pour _actif_ ils disent _transitif_: pour _neutre_,
+--_intransitifs_: pour _impersonnel_,--_unipersonnel_: et enfin
+_réfléchi_ est remplacé par le terme _pronominal_ ou _réciproque_.
+
+Les mêmes grammairiens disent _complément_ pour _régime_.
+
+VÊTIR. _Je vêts, tu vêts, il vêt_ (ce singulier est peu usité) _nous
+vêtons, je vêtais, je vêtis, je vêtirai, je vêtirais, vêts, vêtons,
+vêtez, que je vête, que je vêtisse, vêtant, vêtu, vêtue_.
+
+VIANDE, chair des animaux terrestres et des oiseaux dont on se nourrit.
+En ce sens on dit que l'on ne mange point de _viande_ en carême.
+
+_Viande_ se dit quelquefois de la chair des poissons: _le saumon n'est
+pas une_ VIANDE _de malade_.
+
+On appelle viandes de carême, _la morue_, _le hareng_, _le saumon_, etc.
+V. CHAIR.
+
+VIEIL. Au lieu de _vieux_, on se sert de _vieil_ devant un substantif
+qui commence par une voyelle, ou une _h_ non aspirée: cependant on est
+toujours libre d'employer le mot _vieux_.
+
+VILLES. En général les noms de _ville_ sont masculins, excepté quand ils
+dérivent d'un féminin latin. Lorsque le genre est incertain, l'on doit
+faire précéder le nom du mot _ville_.
+
+Quand on personnifie une ville, l'on en met ordinairement le nom au
+féminin: _malheureuse Tyr, dans quelles mains es-tu tombée_.
+
+VINGT ET UN. On dit _vingt et un_, _trente et un_, etc. Mais la
+conjonction est omise dans _vingt-deux_, _vingt-trois_, etc.,
+_trente-deux_, _trente-trois_, etc. Il s'en suit que les locutions
+_trente un soldats_,--_l'an mil huit cent quarante un_, sont vicieuses.
+
+L'usage veut que l'on dise, _soixante et dix_, _soixante et onze_, etc.
+
+VIS-À-VIS ne doit pas s'employer dans le sens de _envers_, _à l'égard
+de_. Ne dites donc pas, _sa conduite_ VIS-À-VIS _de ses bienfaiteurs est
+fort répréhensible_: dites, ENVERS _ses bienfaiteurs_, etc., ou, À
+L'ÉGARD _de ses bienfaiteurs_, etc.
+
+Après _vis-à-vis_, on met _de_, excepté dans le style familier;
+_vis-à-vis la rue_;--_vis-à-vis mes croisées_.
+
+VIVRE régit _de_ et non pas _du_: _je vis_ DE _bonne viande_,--DE _bonne
+soupe_,--_vivre_ DE _légumes_.
+
+VOLUME. TOME. _Volume_ est un livre relié ou broché. Tome est un volume
+qui fait partie d'un ouvrage; Le _volume_ peut contenir plusieurs
+_tomes_: et le _tome_ peut faire plusieurs volumes.
+
+Quelquefois _tome_ signifie simplement _volume_.
+
+VOUS. Lorsqu'on parle à des supérieurs, ou à des dames, les convenances
+du langage exigent que l'on se serve _quelquefois_ de la troisième
+personne au lieu de la seconde. Ainsi au lieu de, _Monsieur, voulez-vous
+me permettre?_ dites, _Monsieur voudrait-il me permettre._--_Madame,
+pourriez-vous me faire la grâce?_ dites, _Madame pourrait-elle me faire
+la grâce?_
+
+
+Y, adverbe de lieu avec l'impératif. Le pronom _moi_ se met toujours
+après l'_y_. _Envoyez-y_ MOI,--_menez-y_ MOI,--_attendez-y_-MOI,--_tu
+vas au musée_, _menes-y_ MOI,--_tu vas en voiture_, _donnes-y_ MOI _une
+place_.
+
+Les pronoms _nous_ et _les_ se mettent au contraire avant l'_y_.
+_Envoyez_-NOUS-_y_--_attendez_-NOUS-_y_,--_tu vas au musée_,
+_mène_-LES-_y_,--_tu vas en voiture_, _donne_-NOUS-_y_ _une place_.
+
+_M'y_ ne peut être placé après le verbe. Ne dites pas; _Vous allez à
+Québec_, _menez_-M'_y_: dites,..._menez-y_-MOI. Mais il se place
+très-bien devant: _Je vais à Trois-Rivières_, _voulez-vous_ M'_y_
+_accompagner_?
+
+
+Z, prend le son propre d'_s_, même avant une consonne, dans _Metz_,
+_Rodez_, _Suez_, _Alvarez_, _Cortez_, _Sènez_, _Usez_; mais il ne sonne
+pas dans _Sèez_. Les deux z dans le mot _Abruzze_ se prononcent comme
+deux _s_, _Abrusse_.
+
+ZÉPHYR, ZÉPHYRE. Le premier se dit d'un vent doux et agréable: le second
+du même vent considéré comme divinité de la fable.
+
+
+FIN
+
+
+
+
+RECUEIL
+
+DE
+
+LOCUTIONS VICIEUSES.
+
+
+À. C'est une faute grossière que de dire, _la fille_ À _Madame une
+telle_,--_le cheval_ À _Mons. un tel_. Dites, _la fille_ DE _Madame une
+telle_,--_le cheval_ DE _Mons. un tel_. _Venez_ À _bonne heure_, est
+aussi une expression vicieuse: dites, _venez_ DE _bonne heure_.
+
+ABAT _de neige_, _abat de pluie_ sont des barbarismes, de même que,
+_chute de neige_,--_chute de pluie_.
+
+ABIMER. _J'ai abîmé mon chapeau_,--_ma robe_; dites, _j'ai gâté mon
+chapeau_,--_ma robe_.
+
+ADONNER (s') est un des mots de la langue dont on fait le plus fréquent
+abus, et par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on dit, _il s'est_
+ADONNÉ _à entrer chez moi, au moment où le feu a éclaté_; pour, _il est
+entré par hasard chez moi au moment_ etc.:--_il s'est_ ADONNÉ _que votre
+frère et moi nous sommes arrivés le même jour à Trois-Rivières_; pour,
+_votre frère et moi nous sommes arrivés par hasard le même jour à
+Trois-Rivières_;--_ce Monsieur s'est_ ADONNÉ _à Kingston à l'ouverture
+du Parlement_, pour, _ce Monsieur s'est trouvé par hasard à Kingston, à
+l'ouverture_ etc.
+
+Mais on dit, en parlant de chemin, _passez chez moi quand votre chemin
+s'_ADONNERA: et en termes de marine, que _le vent_ ADONNE, pour
+signifier qu'il est favorable.
+
+AMBRE, pour désigner l'allure d'un cheval, est une faute: dites
+_amble_,--_aller l'amble_.
+
+AMONT, terme de batellier, qui signifie, en remontant la rivière: _pays
+d'_AMONT,--_ce bateau arrive d'_AMONT.
+
+On voit par là combien sont répréhensibles les expressions, AMONT _le
+coteau_,--AMONT _le Cap aux Diamans_, etc.
+
+_Amont_ est opposé à _aval_. On dit, _vent d'_AVAL,--_navire venant en_
+AVAL,--_bateau amarré en_ AVAL _du pont_,--_en_ AMONT _du pont_,--_en_
+AMONT _et en_ AVAL _de la ville de Québec_.
+
+ANIMAUX. Souvent on désigne par ce mot les bestiaux et autres
+quadrupèdes domestiques: et l'on dit, _mener les_ ANIMAUX _au
+paturage_,--_soigner les_ ANIMAUX,--_ces_ ANIMAUX _sont fort gras_, etc.
+Ce langage est incorrect, parce que le terme animal est générique, et
+comprend par conséquent tous les êtres animés et sensibles de la nature.
+
+_Bestiaux_ ou BÉTAIL ne se dit guère que pour désigner les _boeufs_, les
+_vaches_, les _moutons_, les _chèvres_. Quant aux _chevaux_, aux _ânes_,
+aux _cochons_, aux _chiens_ etc., il faut les spécialiser par leurs
+noms.
+
+On dit _animaux domestiques_ par opposition aux _animaux sauvages_.
+
+ANVALER pour signifier _avaler_, n'est pas français.
+
+APRÈS. _La clef est_ APRÈS _la serrure_: dites, À _la serrure_.
+
+APPROPRIER. C'est une faute grossière de dire, APPROPRIER _une chambre_,
+_un meuble_, pour signifier, NETTOYER _une chambre_, _un meuble_.
+
+À RAISON DE signifie _à proportion_; et ne peut être par conséquent
+employé pour _à cause de_, qui a une toute autre acceptation. Au lieu
+donc de, _il a abandonné cette entreprise_ À RAISON _des obstacles qu'il
+y a rencontres_, _il faut_...À CAUSE DES _obstacles_...
+
+ARGENT n'a point de pluriel: c'est donc une faute de dire, _envoyer des_
+ARGENS _à quelqu'un_;--_placer des_ ARGENS _à intérêt_: dites, _envoyer
+de l'argent_, ou mieux _des fonds à quelqu'un_,--_placer de l'argent_,
+ou _des fonds à intérêt_.
+
+_De la_ BONNE _argent_,--_de l'argent_ BLANCHE, sont des solécismes
+révoltans.
+
+ATTELER _un cheval sur une voiture_,--_mettre les chevaux sur le
+carosse_, sont des locutions qui blessant le sens commun: dites,
+_atteler un cheval_ À _une voiture_,--_atteler les chevaux_ AU
+_carosse_.
+
+ATTENDRE. Le peuple dit _attendre_ pour _entendre_: de là les
+expressions choquantes, _j'ai_ ATTENDU _la messe_,--_cet homme
+n'_ATTEND _pas raison_, etc.
+
+AVEC. _Venez_ AVECQUE _moi_: mauvaise prononciation: dites, _venez_ AVÉ
+_moi_. Le _c_ dans ce mot ne sonne que devant une voyelle.
+
+
+BALANCE, BALANCINE pour signifier _balançoire_, ne sont pas français.
+
+_Une_ planche appuyée par le milieu, et sur les extrémités de laquelle
+des enfans placés en contre-poids, s'élèvent et s'abaissent
+alternativement, s'appelle également _bascule_ et _balançoire_.
+
+_Escarpolette_ est une balançoire, dont le siège est suspendue par des
+cordes ou par des brins de bois.
+
+Si la machine sur laquelle on se balance est construite de manière que
+le mouvement soit circulaire et horisontal, elle se nomme aussi
+_balançoire_.
+
+_Brandilloire_ est synonyme de _balançoire_.
+
+BALANCER _quelqu'un_, c'est imprimer un mouvement à la balançoire, où
+est la personne, sans y être placé soi-même.
+
+_Se balancer_, c'est aller soi-même sur la balançoire; ainsi quand deux
+ou plusieurs personnes veulent aller se balancer, elles doivent dire,
+_allons_ NOUS _balancer_, et non pas, _allons balancer_.
+
+BAND. On a francisé à tort ce mot anglais, et l'on dit, _la_ BANDE _de
+musique de tel régiment_: dites, _le_ CORPS _de musique_... ou
+simplement, _la musique de tel régiment_.
+
+BARBOT. C'est ainsi que le peuple appelle l'_escarbot_, insecte de la
+famille des coléoptères.
+
+BARRER _une porte_, c'est la fermer avec une barre. Si la porte est
+munie d'une serrure seulement, il serait ridicule de dire, BARREZ _la
+porte_.
+
+BATTURES, BORDAGES, employés pour signifier les glaces qui s'accumulent
+pendant l'hiver sur le bord des rivières, sont des barbarismes. On ne
+doit donc pas dire, _les_ BORDAGES _tiennent encore_,--_les_ BATTURES
+_sont parties_.
+
+_Embarquement_ et _débarquement_ sont encore des termes impropres,
+lorsqu'on leur fait signifier l'endroit où, en hiver, l'on passe de la
+rive sur la glace d'une rivière, et _vice versâ_.
+
+BELLE, EN BELLE. Ces mots sont employés par le peuple pour signifier
+_facilité_, _occasion favorable_, et il en résulte des locutions
+tout-à-fait ridicules; comme, _vous avez_ EN BELLE, pour, _vous avez la_
+FACILITÉ:--_si vous trouvez votre_ BELLE, pour, _si vous trouvez une_
+OCCASION FAVORABLE, etc.
+
+BERDAS, BERDASSERIE, de même que, _berdasser_, _berdasseur_,
+_berdasseuse_, sont des mots bas et révoltans.
+
+BEURRÉE est une tranche de pain recouverte de beurre. L'expression
+BEURRÉE _de confitures_ choque le bon sens: dites, TARTINE _de
+confitures_.
+
+On dit aussi, _tartine de beurre_,--_de miel_, etc.
+
+BOITE pour signifier le son, l'avoine, les légumes, etc., qu'on délaie
+avec de l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas français.
+
+BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi, mais improprement, le petit instrument
+en métal, dont on tire du son, en le plaçant entre les dents, et en en
+frappant la languette avec le doigt. Cet instrument s'appelle _trompe_,
+et plus ordinairement _guimbarde_.
+
+BOTTE. _Tomber en botte_, en parlant d'un tonneau, d'une cuve, etc.,
+dont les douves et les cercles se séparent, est un solécisme.
+
+Les tonneliers, suivant Trévoux, disent, _tomber en javelle_.
+
+Le peuple dit aussi, mais improprement, _cet homme tombe en botte_, pour
+désigner le dépérissement rapide de sa santé, ou de sa fortune.
+
+BOUCANE, terme impropre qu'on emploie comme synonyme de _fumée_.
+
+BOUCANER signifie sécher des comestibles à la fumée, et aller à la
+chasse des boeufs sauvages: ne dites pas, _la cheminée_ BOUCANE,--_le
+poële_ BOUCANE: dites, _la cheminée fume_, etc.
+
+BOUILLIR. Le vulgaire dit abusivement _bouillir_ pour _fermenter_, comme
+dans cette phrase, _la bierre n'a pas encore_ BOUILLI, pour, _n'a pas
+encore_ FERMENTÉ.
+
+BOUQUET. Le peuple confond les termes, _bouquet_ et _fleur_: il dit,
+_semer des_ BOUQUETS; et à l'aspect des fleurs d'un parterre, _voilà de
+beaux_ BOUQUETS.
+
+_Bouquet_ n'est pas une fleur: il est un assemblage de fleurs liées
+ensemble.
+
+BOUT. _Un_ BOUT _de temps_,--_un long_ BOUT _de temps_,--_un petit_ BOUT
+_de temps_, sont des locutions basses et vulgaires.
+
+BRASSE CORPS. _Prendre à brasse corps_: populaire: dites
+_à-bras-le-corps_.
+
+BRETON. Ce nom appartenait jadis aux habitans de la Grande Bretagne: ils
+ont cessé de le porter depuis l'invasion de l'Angleterre par les Saxons:
+et par conséquent il ne peut plus être employé comme synonyme
+d'_anglais_.
+
+Les seuls habitants de la Bretagne, ci-devant province de la France,
+portent aujourd'hui le nom de _Bretons_.
+
+BRIN est une faute dans les expressions suivantes, _un petit_ BRIN _de
+pain_,--_un petit_ BRIN _de lait_,--_il n'a mangé qu'un petit_
+BRIN,--_il tombe quelques_ BRINS _de pluie_, etc.
+
+On dit cependant, _un_ BRIN _d'estime_,--_un_ BRIN _d'amitié_,--_un
+petit_ BRIN _d'espérance_.
+
+BROYER, Au lieu de _broyer_, pour signifier briser le lin, le chanvre;
+et de _broie_, l'instrument pour broyer, nos paysans disent abusivement,
+_brayer_, _braye_.
+
+BUT. Ne dites pas, _j'ai rempli mon_ BUT, mais, _j'ai atteint mon_ BUT.
+
+BUTIN est tout ce qu'on enlève à l'ennemi. Dans le langage du peuple ce
+mot signifie, _meubles_, _marchandises_, _comestibles_, toutes sortes
+d'effets en un mot: et de là une multitude innombrable de locutions
+ignobles, dont voici quelques échantillons. Un huitrier dit, _j'ai vendu
+tout mon_ BUTIN: un acheteur qui n'a pas achevé de faire ses amplettes,
+_j'ai encore du_ BUTIN _à acheter_: celui-ci, à l'aspect de beaux
+meubles s'écrie, _voilà de beau_ BUTIN: celui-là, à la vue d'un voleur
+qui enlève ses volailles, _au voleur!_ _qui emporte mon_ BUTIN: cet
+autre, en parlant d'un tailleur qui a gâté son habit, _il a gâté mon_
+BUTIN. Quel pitoyable langage!
+
+
+CADRE. On emploie abusivement ce mot pour signifier _image_, _estampe_,
+etc.: et l'on dit, _voilà un beau_ CADRE:--_quel est le prix de ce_
+CADRE? pour, _voilà une belle_ ESTAMPE:--_quel est le prix de cette_
+IMAGE?
+
+_Cadre_ n'est que la bordure de bois, de bronze, etc., dans laquelle on
+enchâsse un tableau, une estampe, etc.
+
+CAILLE pour signifier tacheté de blanc et de noir, en parlant des
+bestiaux, etc., n'est pas français.
+
+CAJEU, CAGE. En parlant de pièces de bois liées ensemble, que l'on
+transporte à flot sur une rivière, gardez-vous de dire, CAJEU, CAGE.
+_Cajeu_ n'est pas français, non plus que _cage_ dans le sens qu'on lui
+prête ici. Dites, _train_, _radeau_, _train de bois_, etc.
+
+_Drame_ employé dans le sens de _radeau_ est également un barbarisme.
+
+CALER, terme de marine, est employé improprement par le peuple pour
+signifier enfoncer dans la boue,--dans l'eau,--couler à fond.
+
+_Caler un fossé_, pour, _creuser un fossé_ est aussi une locution
+vicieuse.
+
+CANOT. Outre le canot fait d'écorce, ou d'un tronc d'arbre, une autre
+petite embarcation, destinée pour l'ordinaire, au service des vaisseaux,
+se nomme _canot_. Désigner ce canot par le mot _chaloupe_, est une faute
+grave. _Chaloupe_, que les Anglais nomment _long-boat_, est une
+embarcation plus grande que le canot, et porte quelquefois le nom de
+_grand canot_.
+
+CASSOT pour signifier un petit vaisseau d'_écorce_, ou de _bois_, n'est
+pas français.
+
+CASTALOGNE est une couverture de lit de laine très-fine, et c'est une
+faute d'employer ce mot pour désigner les petits tapis d'un travail
+grossier, dont on couvre un plancher, et c'est une autre faute de
+prononcer _ca-ta-logne_.
+
+C'EST-IL employé pour _est-ce_? est un solécisme. Évitez donc les
+expressions populaires, C'EST-IL _moi qui ai fait cela_?--C'EST-IL _lui
+qui a parlé_?--C'EST-IL _bon, cela_?
+
+CHAMPLURE pour signifier _robinet_, est un barbarisme. Dites,
+_chantepleure_.
+
+Dans quelques départemens de la France on appelle _chantepleure_ le
+robinet d'un tonneau de vin ou de cidre.
+
+CHANDELLE. Ne dites pas, TUEZ _la chandelle_,--TUEZ _le feu_: dites,
+ÉTEIGNEZ _la chandelle_,--ÉTEIGNEZ _le feu_.
+
+_Enterrer le feu_ est aussi une faute; dites, _couvrir le feu_.
+
+CHANGER. C'est une faute grossière que de dire, CHANGEZ-VOUS,--_allez_
+VOUS CHANGER: dites, _changez votre linge_,--_allez changer vos habits_.
+
+CHARGE. _La charge d'un vaisseau_ n'est pas français. Dites, _le
+chargement_ ou _la cargaison d'un vaisseau_.
+
+CHIFFON _de pain_, pour signifier un gros morceau de pain, est une
+expression vicieuse; il faut dire _guignon_, _ou bribe de pain_.
+
+CIRE, ou CIRAGE, est la composition luisante que l'on étend sur les
+chaussures en cuir. L'emploi du mot anglais _black-ball_ est
+insupportable; également on doit repousser le terme _noir à souliers_.
+
+_Frottez mes souliers_,--_mes bottes_: expressions ridicules; on doit
+dire, _cirez mes souliers_,--_mes bottes_, quand on veut les faire
+enduire de cire; et, _décrottez mes souliers_,--_mes bottes_, lorsqu'on
+en veut faire ôter la boue.
+
+CLAIRER (du verbe anglais _to clear_) n'est pas français. Ainsi ne dites
+pas, _j'ai_ CLAIRÉ _£5OO dans mon année_;--_il a_ CLAIRÉ _à la douane_:
+dites, _j'ai fait un gain net de £500 dans mon année_:--_il a eu sa
+décharge de la douane_.
+
+CLENCHE, suivant Boiste, signifie _loquet de porte_: mais _clencher_
+n'est pas français: conséquemment l'on ne doit pas dire, _on clenche à
+la porte_, etc.
+
+COEUR, CHOEUR se prononcent _keur_. Gardez-vous de dire avec le peuple,
+_qu-eur_.
+
+COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais
+_coffee_, que l'on prononce comme les anglais, _kâu-fé_ tandis que nous
+avons le terme français _café_, dont l'_a_ est aigu, et que l'on doit
+par conséquent prononcer _caf-é_.
+
+COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque noués, n'est pas français.
+
+COLLÉREUX-EUSE, dites, _colère_.
+
+COLLATION est féminin. _J'ai mangé du fruit à_ MON _collation_,--_il a
+fait un_ BON _collation_, sont des sollécismes insupportables.
+
+COLLECTER (du verbe anglais _to collect_) est un barbarisme. Il ne faut
+donc pas dire, COLLECTER _des dettes_,--_des souscriptions_; mais,
+RECUEILLIR _des dettes_, _des souscriptions_.
+
+COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement de celui qui est chargê de percevoir
+les taxes, les impositions; mais non de celui qui recueille des
+souscriptions, des dettes, etc.
+
+CONDUITE n'est pas synonyme d'_économie_: et c'est une faute grossière
+que de dire, _cet homme a beaucoup de_ CONDUITE, pour signifier qu'il
+est fort entendu en économie.
+
+CORDEAU est une petite corde pour aligner: et c'est à tort qu'on
+l'emploie au pluriel comme synonyme des _rênes_ ou _guides_, que l'on
+attache à la bride d'un cheval attelé à une voiture.
+
+CORDON, employé pour signifier une mesure de bois de chauffage, n'est
+pas français.
+
+_Cordon d'aube_ est une faute: dites, _ceinture d'aube_.
+
+COTON employé pour designer une tige sans feuilles; un épi de blé d'Inde
+dépouillé de ses grains; la souche d'un choux; etc., est une faute
+grossière.
+
+COÛTE QUI COÛTE. Dites, _coûte_ QUE _coûte_.
+
+CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire anglais, par lequel on désigne une
+sorte de petit biscuit dur et cassant; et dites en français _biscotin_.
+
+CRAQUÉ. _Le mur est_ CRAQUÉ,--_le verre est_ CRAQUÉ, sont des
+expressions incorrectes: dites, _le mur est fendu, ou crevassé_;--_le
+verre est fêlé_.
+
+CRI-CRI est le grillon domestique: il ne doit pas être confondu avec le
+_criquet_, habitant des champs, qui est une autre espèce de grillon.
+
+CROCHET et TAQUET sont des instrumens recourbés pour tenir quelque
+chose. On ne doit pas confondre ces mots avec _verrou_, qui est une
+fermeture de porte d'une autre forme.
+
+CROUSTILLANT-TE, ne se trouve dans aucun dictionnaire. Conséquemment
+l'on ne doit pas dite: _pâtisserie_ CROUSTILLANTE:--_comptes_
+CROUSTILLANS: mais, _pâtisserie croquante_;--_comptes croustilleux_.
+
+CUSTODE. Au lieu de _tabernacle_, le peuple dit _custode_, pour désigner
+l'ouvrage fait en forme de petit temple pour renfermer le saint ciboire.
+_Custode_ n'est qu'une couverture du ciboire.
+
+
+DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner le petit canal qui conduit
+l'eau à la roue d'un moulin, est une faute: AUGE est le vrai terme.
+
+DÉCESSER n'est pas français. _Il ne_ DÉCESSE _de parler_; dites, _il ne
+cesse de parler_.
+
+DÉFONCER _une porte_, est un solécisme: dites, _enfoncer une porte_.
+
+DÉGRADER, terme de marine, signifie _dégréer et abandonner un vaisseau_.
+_Navire_ DÉGRADÉ signifie aussi un _navire arrêté, ou éloigné de sa
+route par la violence des vents_.
+
+C'est contrairement aux règles de la langue que l'on emploie le mot
+_dégrader_ en parlant des voyages par terre. Ainsi l'on dit, _nous avons
+été_ DÉGRADÉS _par le mauvais temps_: pour, _nous avons été arrêtés en
+chemin par le mauvais temps_;--_j'ai_ DÉGRADÉ _mon compagnon de voyage_;
+pour, _j'ai devancé mon compagnon de voyage_, etc.
+
+DÉGRAS. _Être au dégras_, qui se dit de quelqu'un devenu infirme et
+incapable d'agir; ou de quelque chose qui est usé et hors de service,
+n'est pas français.
+
+DÉMANCHER, qui veut dire, ôter la manche à un instrument, est employé
+abusivement pour signifier démonter un instrument composé de plusieurs
+pièces, défaire un ouvrage, détruire, démettre, disloquer, etc., comme
+dans ces phrases: _cet ouvrage est mal fait, il faut le_ DÉMANCHER:--_il
+faut_ DÉMANCHER _cette lunette d'approche, pour en nettoyer les
+verres_:--_il s'est_ DÉMANCHÉ _une épaule_.
+
+Mais on dit, _cette affaire se_ DÉMANCHE, pour signifier qu'elle va mal.
+
+DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le langage vulgaire, signifie une mesure de
+liquide, de la demi-contenance d'une chopine.
+
+_Demi-ard_ ne se trouve pas dans les dictionnaires; et par quel terme le
+remplacer?--Par celui de _demi-chopine_ ou de _demi-setier_ sans doute,
+puisque la _chopine_ et le _setier_ sont une même mesure.
+
+DEPUIS. Ne dites pas, DEPUIS _Québec jusqu'à Montréal il y a 60
+lieues_;--DEPUIS _ici jusque-là_: dites, DE _Québec à Montréal_
+etc.--D'_ici jusque-là_.
+
+DÉTEINDRE. Ne dites pas, _ce drap_ DÉTEINT, mais SE _déteint_.
+
+DIFFICILE. C'est une faute de dire, _ces livres sont_ DIFFICILES _à se
+procurer_: il faut, _il est difficile à se procurer ces livres_.
+
+DINDON est un substantif masculin qui signifie _coq-d'Inde_. _Dinde_ est
+la _poule-d'Inde_, et féminin par conséquent: _voilà_ UN BEAU
+_dinde_,--_j'ai mangé_ DU _dinde_, sont donc des solécismes: dites,
+_voilà_ UNE BELLE _dinde_:--_j'ai mangé_ DE LA _dinde_.
+
+On dit au moral, _voilà un grand dindon_ (niais) et non pas, _voilà un
+grand dinde_.
+
+
+ÉBAROUI. Terme de marine, qui se dit d'un navire dont le bordage est
+desséché par le soleil. Ce mot n'a point d'autre acception, et par
+conséquent les expressions, _ce seau est_ ÉBAROUI,--_cette cuve est_
+ÉBAROUIE, ne valent rien.
+
+ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne tout membre du clergé, qu'il soit ou
+non _prêtre_. C'est donc à tort que l'on applique ce mot aux seuls
+aspirans, qui n'ont pas reçu l'ordre de la prêtrise.
+
+ÉLEVEZ _les yeux au ciel_; phrase vicieuse: dites, _levez les yeux au
+ciel_.
+
+EMBARQUEMENT. DÉBARQUEMENT. ABORDAGE. Le peuple emploie ces mots pour
+signifier un lieu propre pour embarquer et débarquer. Il faut dire,
+EMBARCADÈRE.
+
+EMBARQUER, S'EMBARQUER, DÉBARQUER, pour signifier, monter en voiture,
+descendre de voiture, en parlant de voitures de terre, ne seraient que
+des expressions ridicules, si elles fussent restées dans les derniers
+rangs de la société: mais que ces locutions ignobles aient gagné nos
+salons respectables, c'est un vrai scandale. _Monsieur est_ DÉBARQUÉ _du
+carosse_,--_Madame est_ EMBARQUÉE _dans la calèche_,--_je m'_EMBARQUERAI
+_dans mon traîneau_. Quel pitoyable langage!
+
+ÉMIGRATION est l'action d'émigrer. Il est l'opposé d'IMMIGRATION, qui
+signifie l'établissement d'étrangers dans un pays.
+
+EMMANCHER, (prononcez _an-manché_, et non pas _a-manché_) signifie
+mettre un manche. On voit par là combien ce mot est employé abusivement
+dans ces phrases, _cet artiste a mal_ EMMANCHÉ _ma lunette
+d'approche_,--_l'ouvrier a_ EMMANCHÉ _le tuyau du poële_, etc.
+
+Cependant le verbe réfléchi, _s'emmancher_, s'emploie figurément pour
+signifier _s'arranger_, _s'ajuster_;--_cela ne_ S'EMMANCHE _pas ainsi_.
+
+EN QUELQUE PART, locution ridicule: _il est allé_ EN QUELQUE PART:
+retranchez EN.
+
+ENCANTER, ou, _mettre sur le_ CAN, sont des expressions barbares que
+l'on doit remplacer par l'adverbe _de champ_, qui signifie posé
+horisontalement sur le côté le plus étroit. Ainsi placer une brique _de
+champ_, c'est la placer sur la face la plus étroite: mettre des solives
+_de champ_, c'est les poser sur la partie la moins large.
+
+ENGRENER; _Laisser_ ENGRENER _le mal_, pour signifier _laisser augmenter
+la maladie_, est un solécisme.
+
+ESCOUSSE veut dire course pour mieux sauter. On confond souvent ce mot
+avec _fois_, et l'on dit, _essayez encore une_ ESCOUSSE, pour, _essayez
+encore une_ FOIS:--_à une autre_ ESCOUSSE _je serai plus heureux_, pour,
+_une autre_ FOIS _je serai plus heureux_.
+
+ÉTANCHE pour signifier qui ne coule pas, n'est pas français. _Un baril_
+ÉTANCHE,--_un navire_ ÉTANCHE, sont donc des locutions vicieuses.
+
+Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux.
+
+ «On dit d'un vaisseau qui ne prend point eau, qu'il est
+ _étanché_: on dit aussi que les soufflets d'un orgue sont bien
+ _étanchés_, lorsque le vent ne se perd pas.»
+
+EXAMEN. On prononce _examène_ et _examin_. Cette dernière prononciation
+est préférable.
+
+
+FARD. On désigne souvent par le mot _fard_ les viandes et herbes hachées
+mince pour mettre dans la volaille, etc. C'est une faute; il faut dire
+_farce_.
+
+FER. C'est abusivement qu'on nomme _marchands de fer_, ceux qui exercent
+la profession de _taillandier_ et de _ferronnier_.
+
+FIÈREMENT. C'est peu connaître la valeur de ce mot que de l'employer
+comme suit; _cet homme est_ FIÈREMENT _laid_ (très-laid); _cet enfant
+est_ FIÈREMENT _gauche_ (très-gauche), etc.
+
+FIXEMENT. Prononcez _fixce-ment_, et non pas _fix-é-ment_.
+
+FLÉAU, instrument pour battre les grains, se prononce _flé-ô_ et non pas
+_flô_.
+
+FORT est souvent, mais abusivement, employé pour village, bourg,
+bourgade: _allons au_ FORT _de Varennes_.
+
+L'existence jadis de forts bâtis par les premiers colons du pays, pour
+se mettre à l'abri des incursions des indigènes, a donné lieu à cette
+locution vicieuse.
+
+FOURRIÈRE est le lieu où l'on enferme les chevaux, le bétail saisis: on
+dit, _mettre en fourrière_, _être en fourrière_.
+
+_Enclos public_ pour signifier _fourrière_, est une faute grossière.
+
+FRAÎCHE. _Prendre la_ FRAÎCHE est un barbarisme; dites, _prendre le_
+FRAIS.
+
+FRICASSER _des coups à quelqu'un_,--_fricasser son camp_,--_je m'en
+fricasse_, sont des expressions si basses que la plume refuse presque de
+les tracer.
+
+FRICOT, terme bas et populaire, que ne profèrent jamais les personnes
+d'éducation.
+
+FRINGALE, mot vulgaire employé pour signifier faim pressante, n'est pas
+dans les dictionnaires.
+
+
+GAUSSER, pour signifier couper menu du bois, ou autre chose, comme font
+les enfans pour s'amuser, n'est pas français.
+
+GENRE de certains substantifs. Les erreurs populaires relativement au
+genre de certains substantifs, doivent être évitées avec une attention,
+toute particulière. Quoi de plus révoltant que les expressions,
+_l'angelus est_-ELLE SONNÉE?--UNE _appétit_ DÉVORANTE:--CETTE _ouvrage
+est très_-BELLE: _on donne de_ FORTES _gages à ce domestique_, etc.
+
+GERMAGE: barbarisme, dont nos paysans se servent pour exprimer l'état
+des grains qui, après avoir été sciés et mis en javelle, ont germé sur
+le sillon.
+
+GINGUER, ÊTRE EN GINGUE: expressions barbares pour signifier faire des
+gambades, en parlant des quadrupèdes, et même des personnes.
+
+GOUTTIÈRE est un canal pour les eaux de pluie des toits: c'est à tort
+que l'on emploie comme synonymes de _gouttière_ les termes _dalle_ et
+_dallot_, qui signifient, le premier, _canal de pompe_, ou, _tablettes
+de pierres dures_, _dont on revêt les trottoirs_, _les terrasses_, etc.:
+le second, _canal pour l'écoulement des eaux d'un navire_.
+
+Le mot _gouttière_ est, à son tour, employé improprement employé pour
+signifier, _petite fente_ ou _trou_ dans un toit, une voûte, etc., par
+lequel les eaux suintent.
+
+GRAINS _de pluie_, faute grossière: dites, _gouttes de pluie_.
+
+GRÉER, que le peuple prononce _grayer_, signifie _équipper un vaisseau_.
+Les locutions suivantes prouvent jusqu'à quel point le vulgaire abuse du
+mot _gréer_. _C'est un homme bien_ GRAYÉ _en chevaux_:--_je me_ GRAYE
+_pour aller à la chasse_,--_vous n'êtes pas_ GRAYÉ _pour loger tant de
+monde_, etc.
+
+GROCERY. Rejettez ce mot anglais, et dites _épicerie_. D'ailleurs la
+prononciation du mot _grocery_ donne lieu à une équivoque, en ce que
+l'on croit entendre le mot français _grosserie_, qui signifie commerce
+en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.
+
+Groseille d'après le Dict. de l'Acad. est une espèce de _petit
+fruit..qui vient par grappes. Il y a groseille rouge et blanche._
+
+_Groseille à maquerau ou groseille verte_, d'après la même autorité, est
+un _fruit vert ou rougeâtre, plus gros que les groseilles ordinaires,
+qui vient sur un arbrisseau épineux_.
+
+Ces descriptions de la groseille s'accordent avec celles des
+naturalistes.
+
+Quant au mot _gadelle_, par lequel nous désignons d'ordinaire la
+groseille à grappes, il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans
+celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare. Boiste dit que _gadelle_ est
+une espèce de _groseille_: et on lit dans le Dict. d'Hist. Nat. par une
+société de savans, que _gadelle est le nom que portent les groseilles
+dans la ci-devant province du Perche_ en France.
+
+De ces observations il résulte, que c'est une erreur de nommer
+_gadelle_, le fruit à grappes, dont il est question.
+
+GUELLARD prononcez _gheu-lar_ et non pas, _gu-el-lar_. Celle dernière
+prononciation est vicieuse, et elle doit être evitée également dans les
+mots suivants.
+
+ Gueule, _prononcez_ gheule.
+ Gueulée, ---- gheu-lé.
+ Gueuler, ---- gheu-lé.
+ Gueules, ---- gheule.
+ Gueulette, ---- gheu-lette.
+ Gueusaille, ---- gheu-saille.
+ Gueusailler, ---- gheu-sail-lé.
+ Gueusant, ---- gheu-san.
+ Gueuse, ---- gheuse.
+ Gueuser, ---- gheusé.
+ Gueuserie, ---- gheu-se-ri.
+ Gueux, ---- gheu.
+ Dégueuler, ---- dé-gheu-lé.
+
+
+HONTEUX. L'_h_ de ce mot est aspiré. Qu'il est pénible d'entendre dire
+_cè-tonteux_,--_il è-tonteux_, pour, _c'est-honteux_,--_il est-honteux_!
+
+
+ICI. Ne dites pas, _ces jours-ici_,--_ces livres-ici_: ce sont des
+fautes: il faut dire, _ces jours-ci_,--_ces livres-ci_, etc.
+
+IL N'A QU'À _pleuvoir_; _Paul n'a qu'à tomber_; solécismes; dites, _s'il
+vient à pleuvoir_,--_si Paul vient à tomber_, ou, _s'il pleut_,--_si
+Paul tombe_.
+
+ILS employé pour ELLES, est un solécisme révoltant. Quel pitoyable
+langage que celui qui suit! _Où sont ces Demoiselles? ont-_ILS _oublié
+l'invitation à dîner chez notre tante?--non, Monsieur,_ ILS _ne l'ont
+pas oublié;_ ILS _sont au jardin, et vous y attendent._
+
+Les mêmes remarques s'appliquent à _eux_ et à _eux-autres_, qu'on
+emploie fréquemment pour _elles_.
+
+IMPERTINENCE. _Donner des impertinences à quelqu'un_, est une locution
+barbare.
+
+INFLAMMATION. Gardez-vous de prononcer avec le peuple AN-_flâ-mâ-tion_:
+dites, _in-flamme-mace-i-on_.
+
+INGÉNIEUR. C'est une erreur de désigner par ce terme celui qui dirige
+les machines d'un moulin à vapeur; d'un bateau-à-vapeur, etc.:
+_machiniste_ est le mot propre.
+
+INVECTIVER _quelqu'un_, n'est pas français: il faut dire, _invectiver
+contre quelqu'un_.
+
+
+JOLIMENT. On fait quelquefois un étrange abus de ce mot; comme quand on
+dit, _cet homme est_ JOLIMENT _laid_:--_il fait_ JOLIMENT _froid_.
+
+
+LARD. _Lard salé_, _lard frais_, _manger du lard_; expressions barbares;
+dites, _porc salé_, _porc frais_, _manger du porc_.
+
+_Lard_ est la graisse ferme qui est entre le cuir et la chair du porc,
+de la baleine, etc.
+
+_Porchet_ pour _jeune porc_ n'est pas français.
+
+LARGUER. On emploie souvent, mais abusivement, ce terme de marine, pour
+signifier, lâcher prise, laisser aller, détendre, etc.
+
+LENDEMAIN. _Du jour au lendemain_ est une locution incorrecte: dites
+d'un jour à l'autre: ou, de la veille au lendemain.
+
+LETTRE MOULÉE est une lettre imprimée: c'est aussi une écriture à la
+main qui imite l'imprimé. Dans ce dernier sens on dit, _écriture en_
+LETTRES MOULÉES:--_écrire un compliment en_ LETTRES MOULÉES: et non pas
+_écriture_ IMPRIMÉE:--IMPRIMER _un compliment_.
+
+LOCUTIONS LATINES. Les locutions latines, _exempli gratiâ_--_verbi
+gratiâ_,--_id est_,--_anno Domini_,--_ante meridiem_,--_post
+meridiem_,--_junior_, _senior_, etc. n'ayant pas été incorporées à la
+langue, doivent être rejettées.
+
+LONGUE-VUE employé pour signifier _lunette d'approche_, ou _lunette à
+longue vue_, est un solécisme.
+
+LORSQUE. Faites sonner l'_s_ de ce mot: mais garder-vous de faire
+entendre trois syllabes en prononçant _lor-se-que_.
+
+
+MACONNE n'est pas un substantif. C'est une erreur très-commune
+d'employer ce moi pour _maçonnage_, qui est le travail du maçon: et pour
+_maçonnerie_, qui est l'ouvrage achevé.
+
+MAL. _J'ai mal à_ MA _jambe_,..._à_ MON _bras_: dites, _j'ai mal à_ LA
+_jambe_,...AU _bras_.
+
+MAL COMPLAISANT. Dites, PEU _complaisant_. Les locutions _mal appris_,
+_mal éduqué_ sont incorrectes; il faut dire _mal élevé_.
+
+MANCHONNIER. Dites, _foureur_, car _manchonnier_ ne se trouve pas dans
+les dictionnaires.
+
+MARBRE. _Bille_ est le nom de la petite boule de marbre, qui sert de
+jouet aux enfans. Il faut donc dire, _jouer aux_ BILLES, et non pas,
+_jouer aux_ MARBRES.
+
+MARIER (se). On ne se marie pas AVEC quelqu'un, mais À quelqu'un.
+
+La locution, _Mons. N. a marié Mlle N._ pour signifier _a épousé Mlle
+N._, est révoltante.
+
+MÉGARD. Le vrai mot, est _mégarde_: ainsi ne dites pas, _j'ai fait cela
+par_ MÉGARD, mais..._par_ MÉGARDE.
+
+MEILLEUR. _Au_ MEILLEUR _de mon jugement_,--_au_ MEILLEUR _de ma
+connaissance_,--_Monsieur vous offre ses_ MEILLEURS _complimens_,
+--_Madame vous présente ses_ MEILLEURS _respects_, sont des anglicismes
+que la langue française repousse.
+
+MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner les deux pièces de bois d'un traîneau,
+entre lesquelles le cheval est attelé, sont des barbarismes. Dites
+_limonière_.
+
+_Limon_ est l'une des branches de la _limonière_, et ne doit pas être
+confondu _avec timon_, qui est la longue pièce d'un chariot ou d'un
+carrosse, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.
+
+MENTHE se prononce _mante_. Gardez-vous de dire avec le vulgaire, _une
+décoction de_ MINTHE,--_je bois de la_ MINTHE,--_la_ MINTHE _est un
+fébrifuge_, etc. Cette prononciation est insupportable.
+
+MER n'est pas synonyme de _vague_. Ne dites pas, _il fut emporté par
+une_ MER: dites, _il fut emporté par une lame_, _par une vague_, ou _par
+un coup de mer_.
+
+MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel. _Je sors tous les_ MIDIS;--_je
+m'éveille tous les_ MINUITS, sont donc des locutions incorrectes: dites,
+_je sors tous les jours à_ MIDI:--_je m'éveille toujours à_ MINUIT.
+
+MITOUCHE (sainte). Dites, _sainte_ NITOUCHE,--_faire la sainte_
+NITOUCHE.
+
+MOINDREMENT ne se trouve dans aucun dictionnaire.
+
+MOUILLER. _Il_ MOUILLE,--_il va_ MOUILLER, pour, _il pleut_,--_il va
+pleuvoir_, sont des fautes grossières.
+
+MOYENNANT QUE n'est pas français: dites, _pourvu que_.
+
+
+NAVIRE. C'est une erreur de désigner par ce mot les seuls vaisseaux à
+trois mâts. _Navire_ signifie en général, _bâtiment de mer_: et l'on
+dit, _un navire à trois mâts_,--_à deux mâts_.
+
+NEIGE. _Chute de neige_,--_abat de neige_,--_bordée de neige_, sont des
+solécismes; aussi bien que ces autres expressions, en parlant de neige:
+_il poudre_,--_il fait une grosse poudrerie_, etc.
+
+
+ORDRE. _J'ai_ ORDRE _de vous notifier_; dites, _j'ai_ REÇU _ordre_,....
+
+ORGE est féminin, excepté dans ces mots, _orge mondé_,--_orge perlé_.
+
+_Orge mondaine_ est une faute grossière.
+
+OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et c'est une faute d'employer ce mot
+pour signifier _pain à cacheter_.
+
+OUSSE _qu'il est?_ expression barbare: dites, _où est-il?_
+
+OUVREZ. Quand on frappe à votre porte, dites, _entrez_, et non pas
+_ouvrez_.
+
+
+PAGAIE est le terme propre pour désigner la rame dont les Indiens se
+servent pour faire aller leurs pirogues et canots d'écorce. _Aviron_
+pris dans ce sens est une faute, parce que _aviron_ est une sorte de
+rame de batelier.
+
+PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie.
+
+PAGÉE de clôture. Le mot _pagée_ n'est pas français.
+
+PAIRE _de vache_, faute grossière: dites, _Pis de vache_, PIS _de
+brebis_, PIS _de truie_.
+
+Considéré comme bon à manger, _pis_ prend le nom de _tétine_. _Manger
+d'une tétine_.
+
+PARAPET. On désigne souvent par ce mot le chemin élevé, pratiqué le long
+des rues, des ponts, etc., pour les gens à pied. C'est une faute:
+_trottoir_ est le terme propre.
+
+PARCE QUE, conjonction, se prononce en deux syllabes, et non en trois.
+
+PARFAIT. _Il chante au_ PARFAIT,--_cela va au_ PARFAIT.--Dites, _il
+chante parfaitement_,--_cela va parfaitement_.
+
+PAR RAPPORT QUE, employé pour _parce que_, ou _par la raison que_, est
+une locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire: _je ne puis encore
+répondre à votre question_ PAR RAPPORT QUE _je n'ai pas eu le temps de
+l'examiner à fond_:--dites.._parce que_, ou, _par la raison que je n'ai
+pas eu le temps_, etc.
+
+PAS MAL est une expression incorrecte, lorsqu'elle est employée pour
+signifier une certaine abondance, une quantité ou un nombre passable,
+comme dans ces locutions: _il pleut_ PAS MAL,--_il y avait_ PAS MAL _de
+monde à l'assemblée_:--_il reste_ PAS MAL _de vin dans cette
+caraffe_,--_son discours a été_ PAS MAL _long_.
+
+_Pas guère_ est un barbarisme.
+
+PASSÉ, contraction ridicule des mots _pas_ et _assez_. _Je n'ai_ PASSÉ,
+(pas assez) _d'argent pour faire cette emplette_.
+
+PELLETER, qu'on emploie pour signifier, jetter quelque chose avec une
+pelle, n'est pas français. On doit donc éviter les expressions: PELLETER
+_la neige_,--PELLERER _la terre_, etc. Mais on dit, _pellée_, _pellerée_
+ou _pelletée de neige_,--_de terre_, etc.
+
+PELOTE. _Jeu de_ PELOTE;--_jouer à la_ PELOTE, sont des expressions
+vicieuses: dites: _jeu de_ PAUME,--_jouer à la_ PAUME.
+
+C'est avec une _balle_, et non avec une _pelote_, qu'on joue à la paume.
+
+Mais on dit, _se battre à coups de pelotes de neige_..._de boules de
+neige_.
+
+Le verbe neutre _peloter_, signifie, jouer à la paume, sans faire de
+partie réglée.
+
+PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont des barbarismes. Il faut, VARIOLE,
+VARICELLE: ou PETITE-VÉROLE, PETITE-VÉROLE VOLANTE.
+
+Mais on dit, _picoté_ pour signifier _marqué de petite vérole_.
+
+PIEDS. _Il a ses souliers_ DANS _ses pieds_;--_il a ses bas_ DANS _ses
+jambes_: dites, _il a ses souliers_ AUX _pieds_..._ses bas_ AUX
+_jambes_.
+
+PLANCHE. La table peinte en noir pour écrire, tracer des figures, etc.,
+dans les écoles, se nomme TABLEAU et non pas PLANCHE.
+
+PLANCON. On désigne ainsi une longue et forte pièce de bois écarrie:
+c'est une faute: _plançon_ est une branche de saule, ou d'un autre
+arbre, qui vient de bouture.
+
+POCHETÉE. _Une_ POCHETÉE _de blé_:--_une_ POCHETÉE _de sel_, sont des
+barbarismes: dites,--_une_ POCHE ou _un_ SAC _de blé_:--_une_ POCHE ou
+_un_ SAC _de sel_.
+
+POIGNÉE. C'est à tort que l'on emploie ce mot pour désigner les _anses_
+qui servent à porter un coffre, une casette, une malle. _Portant_ est le
+mot propre.
+
+_Poignée de serrure_ est aussi une faute: dites, _bouton de serrure_.
+
+On dit cependant _poignée d'une épée_.
+
+POIS CHICHE est une sorte de gros pois. Le peuple dit _pois_ CHIQUES: et
+il emploie cette expression pour désigner de mauvais pois.
+
+PORTANT, participe du verbe _porter_, ne doit pas être employé comme
+adjectif verbal. Il ne faut donc pas dire, _je suis bien_
+PORTANT,--_elle est bien_ PORTANTE: mais, _je me porte bien_,--_elle se
+porte bien_.
+
+PRENDRE _du froid_,--_un rhume_, sont des anglicismes que l'on doit
+éviter: il faut dire, _attraper_ ou _gagner du froid_, _un rhume_, _la
+fièvre_, _une maladie_.
+
+PRÊT. Au lieu de _prêt_ et _prête_, le peuple emploie souvent les mots
+_paré_ et _parée_. Delà des expressions pitoyables, telles
+que,--_êtes-vous_ PARÉ _à commencer_?--_cette Dame est-elle_ PARÉE _à
+partir_? etc.
+
+PROMETTRE. _Je vous_ PROMETS _qu'il est arrivé_; expression vicieuse,
+qui doit être remplacée par, _je vous_ ASSURE _qu'il est arrivé_.
+
+PROMOUVOIR (qui n'est guère employé qu'à l'infinitif et aux temps
+composés) signifie _avancer à quelque dignité_: il se dit
+principalement d'un ordre, d'une dignité ecclésiastique. PROMOUVOIR _les
+intérêts de quelqu'un_;--PROMOUVOIR _la prospérité du pays_; etc., sont
+donc des barbarismes.
+
+
+QUASIMENT: dites, _quasi_, _presque_.
+
+QU'EST-CE QUE T'AS?--T'AS _mal agi_;--QU'EST-CE _qui appelle_? sont des
+expressions barbares.
+
+QUEUE. Prononcez, _keu_ et non pas _qu-eu_:--_la queue de votre
+robe_;--_Pacha à trois queues_: dites, _la_ KEU _de votre robe_:--_Pacha
+à trois_ KEU.
+
+
+RAIDE n'est jamais substantif. Il faut donc éviter l'expression
+vulgaire, _avoir son_ RAIDE _à_, comme dans cette phrase, _il a eu tout
+son_ RAIDE _à soulever ce fardeau_.
+
+RAISONS. Ne dites pas, _avoir des_ RAISONS avec quelqu'un: mais, _avoir
+dispute_, ou _querelle avec quelqu'un_.
+
+RAMANCHER, RAMANCHEUR, mots barbares, dont l'emploi est fréquent. Ou dit
+RAMANCHER pour _remboîter_:--RAMANCHEUR pour _rebouteur_:--RAMANCHER
+_une affaire_ pour, _raccommoder une affaire_: RAMANCHER _un
+instrument_, pour, _remettre un manche à un instrument_, etc.
+
+RANCUNEUX, EUSE, n'est pas français: dites, _rancunier_, _ère_.
+
+RASE, pour signifier _radoire_ ou _racloire_ n'est pas français.
+
+RASER _le grain_, pour signifier, passer la racloire par dessus la
+mesure de grain, est une double faute de langage; d'abord parceque
+_raser_ est employé ici improprement pour _rader_ ou _racler_; et
+ensuite parce qu'on ne racle pas le grain, mais bien la mesure du grain.
+Il faut donc pour parler correctement, dire, _rader_ ou _racler la
+mesure du grain_, _du sel_, etc.
+
+Quelques grammairiens emploient les mots _rader_ et _radoire_ seulement
+pour la mesure du sel, et _racler_ et _racloire_ pour celle des grains.
+
+On dit, _acheter_ et _vendre à mesure rase_.
+
+RÉFÉRENCE est un mot anglais, qu'on emploie abusivement pour _renvoi_,
+en parlant, d'un signe, qui dans un livre renvoie à un pareil signe hors
+du texte.
+
+C'est également une faute grave d'employer le verbe actif _référer_,
+dans le sens de _renvoyer à une autorité_, etc.
+
+REFROIDIR. FROIDIR, FROID. Évitez de prononcer _refraidir_, _fraidir_,
+_fraid_; aussi bien que de dire, _il fait frette_, pour, _il fait froa_.
+
+REMERCIER POUR. ÊTRE OBLIGÉ POUR. _Je vous_ REMERCIERAI POUR _du
+pain_:--_je vous serai_ OBLIGÉ POUR _de l'eau_, sont des anglicismes qui
+doivent être bannis de la bonne société: dites, _je vous prie de me
+passer le pain_,..._de me donner l'eau_.
+
+RÉSOLU. C'est une faute de dire qu'un homme est RÉSOLU, pour signifier
+qu'il est _gros_, _robuste_, etc.
+
+RESTER, pour signifier, faire sa demeure, n'est pas français. Ainsi au
+lieu de, _où_ RESTEZ-_vous_? dites, _où_ DEMEUREZ-_vous_?
+
+Ne dites pas, _ce cheval est_ RESTÉ; mais, _ce cheval est_ RENDU.
+
+REVOLIN, terme de marine, est l'action du vent qui réfléchit d'une voile
+à l'autre. Le vulgaire emploie improprement ce mot pour RESSAC, qui est
+le retour des vagues vers le large, après qu'elles ont frappé violemment
+un obstacle.
+
+RIEN. Ce mot est employé abusivement dans plusieurs locutions. Ainsi
+l'on dit, _un morceau de_ RIEN, pour _un très-petit morceau_:--_une
+maison de_ RIEN, pour _une maison de très-peu de valeur_, etc.
+
+RONDIN est bien un gros bâton; mais il signifie aussi un morceau de bois
+de chauffage qui est rond. Ainsi une grosse buche ronde est un _rondin_.
+C'est donc une erreur de n'employer ce mot que pour désigner le menu
+bois rond de chauffage.
+
+RUETTE, pour _petite rue_, n'est pas français: dites, _ruelle_.
+
+
+SALOPER, pour _salir_, ne se trouve pas dans les dictionnaires.
+
+SALOPERIE. Le peuple donne souvent à ce mot des significations qui lui
+sont étrangères, comme dans ces phrases: _il s'est vendu beaucoup de_
+SALOPERIES _à cet encan_, pour _il s'est vendu beaucoup d'_EFFETS DE PEU
+DE VALEUR _à cet encan_:--_je ne lui dois plus qu'une_ SALOPERIE, pour,
+_je ne lui dois plus qu'une_ TRÈS-MODIQUE SOMME D'ARGENT, etc.
+
+SAINT-CAJETAN. Il n'y a point de saint de ce nom. Écrivez, SAINT-GAÉTAN.
+
+SARABANDE. _Donner la sarabande à quelqu'un_, pour signifier,
+_gourmander quelqu'un_, est une locution vicieuse.
+
+SAUVAGESSE ne se trouve dans aucun dictionnaire. Dites avec l'Académie,
+_un sauvage_; _une sauvage_.
+
+SAVOIR. _On fait à savoir_, est une locution ridicule. Retranchez l'_à_:
+ou mieux, retranchez cet absurde préambule, et énoncez simplement
+l'objet de la publication.
+
+SOBRIQUETS. Évitez ces phrases vulgaires et incorrectes; _donner des
+noms_; _appeler des noms_, et dites, _donner des sobriquets_,--_donner
+des surnoms_.
+
+SOLEIL. _Il fait_ SOLEIL, est une locution vicieuse. Il faut dire, _il
+fait_ DU _soleil_, comme on dit, _il fait_ DE LA _pluie_; DU _vent_; DE
+LA _neige_.
+
+SOLIDITÉ. Quoiqu'on dise, _un homme solide_, on ne dit pas, _la_
+SOLIDITÉ _d'un homme_: mais bien la _solidité_ de son esprit,--de son
+caractère,--de ses principes.
+
+SOMME. Cette phrase, _dormir un somme_, pèche contre la grammaire, parce
+que _dormir_, verbe neutre, n'a point de régime: dites, _faire un_
+SOMME.
+
+SORTIR. Ne dites pas, SORTEZ _cet homme de la maison_:--SORTEZ _ce
+cheval de l'écurie_: dites, _faites sortir cet homme_,...._faites sortir
+ce cheval_,....
+
+STEAM-BOAT. Ce mot dur et étranger, qui ne se trouve guère que dans le
+Dict. de Boiste, est devenu tellement à la mode chez nous, qu'il semble
+qu'on ait oublié que nous avons en français son équivalent,
+_bateau-à-vapeur_,--_navire-à-vapeur_,--_bâtiment-à-vapeur_. Si le
+néologisme est un mal nuisible à une langue, l'emploi de mots purement
+étrangers, hors une nécessité urgente, est un abus intolérable.
+
+SUD. Prononcez _sude_, et non pas _çu_.
+
+SUI, POURSUI, mots employés abusivement pour les participes passés
+SUIVI, POURSUIVI.
+
+SUPPORTER, dans le sens _d'aider_, _d'appuyer de son influence_, comme
+dans cette phrase, _je_ SUPPORTERAI _mon ami N aux prochaines
+élections_, est un anglicisme que l'on doit repousser.
+
+SUR. Ne dites pas, _les cheveux me dressèrent_ SUR _la tête_: _mais_, À
+_la tête_.
+
+
+TASSER se dit des choses, et non des personnes. L'expression, _nous
+sommes_ TASSÉS _ici_, est donc incorrecte. Il faut dire, _nous sommes_
+TRÈS-PRESSÉS _ici_; ou mieux, _nous sommes_ ENTASSÉS _ici_.
+
+TIRER signifie quelquefois faire le portrait de quelqu'un: TIRER _un
+homme au naturel_:--_il s'est fait_ TIRER _par un excellent
+peintre_:--_on l'a_ TIRÉ _en cire_.
+
+Mais, TIRER _un portrait_:--_faire_ TIRER _son portrait_, sont des
+locutions absurdes.
+
+TOURTIÈRE. Le peuple dit, TOURTIÈRE _à la viande_:--TOURTIÈRE _aux
+pommes_, au lieu de, TOURTE _à la viande_:--TOURTE _aux pommes_.
+_Tourtière_ est l'ustensile qui sert à faire cuire des _tourtes_.
+
+TOURTRE (qu'on écrit et qu'on prononce abusivement _tourte_) est un
+terme de cuisine qui signifie, _tourterelle bonne à manger_. C'est donc
+une erreur grave que de désigner par ce mot le _pigeon sauvage_, ou le
+_pigeon de passage_, qui nous visite régulièrement chaque été, et que
+les naturalistes nomment _palumbus migratorius_.
+
+TRAIN. _Être en_ TRAIN, pour signifier, _être ivre_, ou _être à
+demi-ivre_, est un solécisme. _Être mal en train_, est également une
+expression incorrecte.
+
+TRAÎNERIES, qu'on emploie pour signifier les effets déplacés, écartés
+et épars, n'est pas français.
+
+Mais le verbe _traîner_ est usité en ce sens, et l'on dit, _les livres_
+TRAÎNENT, etc.
+
+TRAMONTADE. Dites _tramontane_, _perdre la tramontane_.
+
+TRANSVIDER n'est pas français: _transvaser_ l'est.
+
+TROT. Gardez-vous de dire avec le peuple, _trotte_,--_aller le trotte_:
+prononcez _trô_,--_aller le trô_.
+
+
+USURIER-RE pour signifier une personne qui use beaucoup ses habits,
+n'est pas français.
+
+
+VALEUR. _C'est de valeur_, pour signifier, _c'est malheureux_, _c'est
+fâcheux_, est un non-sens ridicule.
+
+VIZ. Abréviation ridicule du mot latin _videlicet_, dont les anglais se
+servent pour signifier _c'est à savoir_. Ce mot n'est point français.
+
+VOIX de Centaure est une faute grave: dites, _voix de Stentor_, et
+prononcez _Stan-tor_.
+
+VOYAGE _de bois_,--_de pierre_,--_de foin_ sont des barbarismes. Il faut
+dire _charge_, _charretée_, ou _voie de bois_,--_de pierre_,--_de foin_.
+
+On appelle _voie d'eau_ les deux seaux d'eau que porte un homme.
+
+Quelquefois le terme _voyage_ est employé pour signifier les allées et
+venus, que l'on fait pour transporter des faix, comme dans cette phrase,
+_ce chartier a fait trente_ VOYAGES _pour transporter cette pierre_. Il
+faut se garder de conclurre de là que l'on puisse dire; _voilà trente_
+VOYAGES _de pierre que ce chartier a transportés_: dites, _voilà trente
+voies de pierre_....
+
+
+
+
+PRONONCIATION FIGURÉE.
+
+DE PLUSIEURS MOTS
+
+QUI PEUVENT EMBARRASSER
+
+LES JEUNES ÉLÈVES.
+
+
+ Abbaye, _prononcez_, a-bé-i.
+ Abruzze, ---- ab-russe.
+ Abject, ---- ab-jecte.
+ Agnat, ---- agh-na.
+ Aiguade, ---- é-gade.
+ Aiguail, _mouillez l'l_, é-gail.
+ Aiguayer, ---- é-ghé-i-er.
+ Aiguière, ---- é-ghi-ère.
+ Aiguiérée, ---- é-ghi-é-ré.
+ Aiguillade, _mouil. les ll_, é-gu-i-llade.
+ Aiguillon, _mouillez les ll_, é-gu-i-llon.
+ Aiguillonner, _mouil. les ll_, é-gu-i-llo-né.
+ Aiguiser, ---- é-gu-i-sé.
+ Aix, ---- aisse.
+ Aix-La-Chapelle ---- aisse-La-Chapelle.
+ Aoriste, ---- ô-rîste.
+ Août, ---- ou.
+ Appendice, ---- ap-pin-dice.
+ Arc-boutant, ---- ar-boutan.
+ Arcs-boutans ---- ar-boutan.
+ Arc-bouter, ---- ar-bouter.
+ Arc-doubleau, ---- ar-dou-blô,
+ Arcs-doubleaux, ---- ar-dou-blô.
+ Archéologie, ---- ar-ké-o-logie.
+ Archéologue, ---- ar-ké-o-logue.
+ Archétype, ---- ar-ké-type.
+ Aspect, ---- as-pek.
+ Aucun, ---- ô-kun.
+ Aucune, ---- ô-kune.
+ Auxerre, ---- ô-cère.
+ Auxerrois, ---- ô-cé-ro-a.
+ Avril, ---- _mouillez l'l_.
+
+ Babil, ---- _mouillez l'l_.
+ Balai, ---- ba-lè.
+ Bastonnade, ---- basse-ton-nade.
+ Beset, ---- be-zè.
+ Boeufs, ---- beu.
+ Bourg, ---- bour.
+ Bruxelles, ---- bru-celle.
+
+ Cadix, ---- ca-dice.
+ Cep, ---- cè ou cèpe,
+ Cataplasme, ---- ca-ta-plasse-me.
+ Cerf, ---- cer.
+ Ceylan, ---- cé-y-lan.
+ Cheptel, ---- ché-tel.
+ Chiromancie, ---- ki-ro-man-cie.
+ Cil, ---- _mouillez l'l_.
+ Circonspect, ---- cir-con-spek.
+ Cognation, ---- kogh-na-tion.
+ Consanguin, ---- con-san-ghin.
+ Consanguinité, ---- con-san-gu-i-ni-té.
+ ou, con-san-ghi-ni-té.
+ Curaçao, ---- cura-çô.
+ Coquin, ---- ko-kin.
+ Czar, ---- kzar.
+ Czarine, ---- kza-rine.
+ Czarowitz, ---- kza-ro-vitz.
+
+ Distinct, ---- dis-tink.
+ District, ---- dis-trik.
+
+ Éden, ---- e-denne.
+ Emmancher, ---- an-man-ché.
+ Enchiridion, ---- an-ki-ridion.
+ Enorgueillir, _mouil. les ll_, a-nor-gheu-llir.
+ Ennoblir, ---- an-no-blir.
+ Équarrir, ---- é-ka-rir.
+ Équarrissage, ---- é-ka-ris-sage.
+ Équarrissement, ---- é-ka-rissement.
+ Équarrisseur, ---- é-ka-risseur.
+ Équarrissoir, ---- é-ka-ris-so-ar.
+ Équateur, ---- é-kou-a-teur.
+ Équatorial, ---- é-kou-a-torial.
+ Équestre, ---- é-ku-ès-tre.
+ Équiangle, ---- é-ku-i-angle.
+ Équidifférent, ---- é-ku-i-différent.
+ Équidistant, ---- é-ku-i-distant.
+ Équilatéral, ---- é-ku-i-latéral.
+ Équilatère, ---- é-ku-i-latère.
+ Équilboquet, ---- é-kil-boquet.
+ Équimultiple, ---- é-ku-multiple.
+ Équipollence, ---- é-ki-pollance.
+ Équiponderance, ---- é-ku-i-pondérance.
+ Équitation, ---- é-ku-i-tation.
+ Est (_Orient_), ---- este.
+
+ Faon, ---- fan.
+ Fat, ---- fatte.
+ Faubourg, ---- fau-bour.
+ Fenil, ---- _mouillez l'l_.
+ Gentilhomme, _mouillez l'l_, gen-ti-l-ome.
+ Gentilshommes, ---- gen-ti-zome.
+ Geolage, ---- jo-lage.
+ Geole, ---- jole.
+ Geolier, ---- jo-li-er.
+ Georges, ---- jorge.
+ Gisent, (_ils_) ---- gisse.
+ Gluten, ---- glu-tenne.
+
+ Hennir, ---- han-nir.
+ Hymen, ---- hy-menne.
+ ou, hy-min.
+
+ Igné, ---- igh-né.
+ Impregnation, ---- in-pregh-nation.
+ Impregner, ---- _mouillez le gn_.
+ Incognito, ---- _mouillez le gn_.
+ Indemniser, ---- in-deme-niser.
+ ou, in-dame-niser.
+ Inexpugnable, ---- in-ex-pugh-nable.
+ Inextinguible, ---- in-ex-tin-gu-i-ble.
+ Ingrédient, ---- ingrédi-an.
+
+ Juillet, _mouillez les ll_, jui-llé.
+
+ Lacs, (_pièges_), ---- là.
+ Laon, ---- lan.
+ Lingual, ---- lin-gou-al.
+
+ Madrid, ---- ma-dri.
+ Maïs, (_blé d'inde_), ---- ma-ice.
+ Malesherbe, ---- mal-zerbe.
+ Mamluk, ---- mame-louk.
+ Mérinos, ---- méri-noce.
+ Mezzo-termine, ---- med-zo-termine.
+ Mezzo-tinto, ---- med-zo-tinto.
+ Michel-Ange, ---- mi-kel-ange.
+ Munich, ---- mu-nik.
+ Mil, (_grain_), ---- _mouillez l'l_.
+
+ Nerf, (_au sing._) ---- nerffe.
+ Nerfs, (_au plur._) ---- ner.
+ Nord-Est, ---- nor-deste.
+ Nord-Ouest, ---- nor-dou-este.
+ Norwege, ---- nor-vège.
+
+ Orang-Outan, ---- oran-gou-tan.
+ Orchestre, ---- or-kes-tre.
+ Os, ---- ô.
+ Ouest, ---- ou-este.
+ Ours, ---- ource.
+
+ Paon, ---- pan.
+ Péril, ---- _mouillez l'l._
+ Porc, ---- por.
+ Pouding, ---- pou-dingue.
+ Prétérit, ---- prété-ri.
+ ou, prété-ritte.
+ Progné, ---- progh-né.
+ Punch, ---- ponche.
+
+ Quadrat, ---- ka-dra.
+ Quadrille, ---- kou-a-drille.
+ Quaker, ou
+ Quacre, ---- kou-a-cre.
+ Quasimodo, ---- ka-si-modo.
+ Quartz, ---- kou-art-ce.
+ Quartzeux, ---- kou-art-zeux.
+ Quaternaire, ---- kou-a-ternaire.
+ Quaterne, ---- kou-a-terne.
+ Quaterné, ---- kou-a-terné.
+ Quatriennal, ---- ka-triennal.
+ Quercy, ---- ker-ci.
+ Quérimonie, ---- ku-é-ri-monie.
+ Questeur, ---- ku-es-teur.
+ Questure, ---- ku-es-ture.
+ Quidam, ---- ki-dan.
+ Quidane, ---- ki-danne.
+ Quiétisme, ---- ki-é-tisme.
+ Quinconce, ---- kin-conce.
+ Quinquennal, ---- ku-in-ku-ennal.
+ Quintuple, ---- ku-in-tuple.
+
+ Radoub, ---- ra-doube.
+ Rédempteur, ---- ré-damp-teur.
+ Regnard, (_le poëte_) ---- re-nard.
+ Regnaud, ---- re-nô.
+ Regnicole, ---- regh-ni-cole.
+ Respect, ---- res-pè,
+ ou, respek.
+ Roide, ---- raide.
+ Roideur, ---- rai-deur,
+ ou, roa-deur.
+ Rhrumb, ---- rombe.
+
+ Saône, ---- sône.
+ Sens, (_ville_,) ---- sance.
+ Serf, ---- serffe.
+ Séquelle, ---- sé-kelle.
+ Séquestrer, ---- sé-kes-tré.
+ Signet, ---- si-nè.
+ Sloop, ---- sloupe.
+ Solemnel, ---- so-la-nel.
+ Stagnation, ---- stagh-na-tion.
+ Stentor, ---- stan-tor.
+ Strasbourg, ---- stras-bour.
+ Sud, ---- sude.
+ Suspect, ---- sus-pecte.
+
+ Tandis que, ---- tan-di que.
+ Taon, ---- ton.
+ Transir, ---- tran-cir.
+ Trot, ---- trô.
+
+ Valens, (_empereur_), ---- va-linze.
+ Vermicelle, ---- ver-mite-chelle.
+ Violoncelle, ---- vi-o-lonte-chelle.
+
+ Wahabis, ---- oua-a-bice.
+ Wallon, ---- val-lon.
+ Walse, ---- valse.
+ Walser, ---- val-sé.
+ Westphalie, ---- vesse-fa-li.
+ Whig, ---- ou-ighe.
+ Whisky, ---- ou-is-ki.
+ Wilna, ---- vil-na.
+ Wolga, ---- vol-ga.
+ Wolverenne, ---- vol-ver-enne.
+ Wurtemberg, ---- vur-tin-berg.
+
+ Yacht, ---- i-aque.
+
+
+
+
+MOTS
+
+BARBARES ET DÉNATURÉS,
+
+USITÉS CHEZ LE PEUPLE,
+
+AVEC LE CORRIGÉ.
+
+
+ À l'étouffée, _dites_, à l'étuvée.
+ Abryer, ---- couvrir.
+ Ambiber, ---- imbiber.
+ Anflâmâtion, ---- inflammation.
+ Apertement, ---- évidemment.
+ Arêche, ---- arête.
+ Arridelles, ---- ridelles.
+ Arsena, ---- arsenal.
+ Aujord'hui, ---- aujourd'hui.
+
+ Bagoulard, ---- bavard.
+ Bagouler, ---- bavarder.
+ Balier, ---- balayer.
+ Baliures, ---- balayures.
+ Belsamine, ---- balsamine.
+ Bère, ---- berçeau.
+ Blague, ---- blaque.
+ Boulvari, ---- bourvari.
+ Brouillasse, (_il_,) ---- bruine, (_il_).
+ Brousquailier, ---- brusquer.
+
+ Cabrouet, ---- cabriolet.
+ Causette, ---- causeri.
+ Cahottement, ---- cahotage.
+ Calimaçon, ---- limaçon.
+ Calonier, ---- canonier.
+ Canneçon, ---- caleçon.
+ Castonade, ---- cassonade.
+ Chevreu, ---- chevreuil.
+ Cité de temps, ---- beaucoup de temps.
+ Clairté, ---- clarté.
+ Coléreux, ---- colère.
+ Colidor, ---- corridor.
+ Conté, ---- en même temps que.
+ Copérer, ---- coopérer.
+ Corporance, ---- corpulence.
+ Cranque, ---- crampe.
+ Crasserie, ---- ladrerie.
+
+ Désabiyer, ---- découvrir.
+ Désole, ---- désolation.
+ Désoublier, ---- oublier.
+
+ Ébourifflé ---- ébouriffé.
+ Écharpe, ---- écharde.
+ Écoeurer, ---- faire soulever le coeur.
+ Écopeau, ---- copeau.
+ Écosse _de légume_, ---- cosse.
+ Écroc, ---- accroc.
+ Écureu, ---- écureuil.
+ Embrouillamini, ---- brouillamini.
+ Égrandir, ---- agrandir.
+ Émouvé ---- ému.
+ Émouver ---- émouvoir.
+ Envlimer, ---- envenimer.
+ Épatienter, ---- impatienter.
+ Éplan, ---- éperlan.
+ Errhes, ---- arrhes.
+ Escloppé, ---- écloppé.
+ Espadron, ---- espadon.
+ Esquilancie, ---- esquinancie.
+ Estatue, ---- statue.
+
+ Falbana, ---- falbala.
+ Fani, ---- fenil.
+ Fil d'arréchal, ---- fil d'archal.
+ Fil d'alton, ---- fil de laiton.
+
+ Ganif, ---- canif.
+ Gigier, ---- gésier.
+ Gonce, ---- gauche.
+ Goule, ---- gueule.
+ Gouleron, ---- goulot.
+ Gouailler, ---- railler.
+
+ Les celles, ---- celles.
+ Les ceux, ---- ceux.
+ Luméro, ---- numéro.
+
+ Mais que, ---- dès que.
+ Matéraux, ---- matériaux.
+ Mauvaiseté, ---- méchanceté.
+ Merlesse, ---- merle.
+
+ Naveau, ---- navet.
+
+ Ostiner, ---- obstiner.
+
+ Pacan, ---- paysan.
+ Pacanner, ----
+ Pain enchanté, ---- pain à cacheter.
+ Pans d'oreilles, ---- pendans d'oreilles.
+ Passé, ---- pas assez.
+ Picotte, ---- petite-vérole.
+ Picotte volante, ---- varicelle ou petite-vérole volante.
+ Pimbina, ---- pémina.
+ Plumat, ---- plumeau.
+ Pogne, ---- poignet.
+ Poigner, ---- empoigner.
+ Pommes calvilles, ---- pommes calvines.
+ Porichinelle, ---- polichinelle.
+ Poumonique, ---- pulmonique.
+ Pousailler, ---- pousser.
+
+ Quasiment, ---- quasi.
+ Quek chose, ---- quelque chose.
+
+ Raboudinage,
+ Rabondiner,
+ Rachever, ---- achever.
+ Racoin, ---- recoin.
+ Radouer, ---- radouber.
+ Regoulade,
+ Rancuneux, ---- rancunier.
+ Raplisser, ---- rapetisser.
+ Respir, ---- respiration.
+ Ressaurer, ---- sécher.
+ Routi, ---- rôti.
+ Routir, ---- rôtir.
+
+ Salop, ---- malpropre.
+ Sapinage,
+ Savater, ---- saveter.
+ Secoupe, ---- seucoupe.
+ Siau, ---- seau. (_ço._)
+ Solitude, ---- solidité.
+ Sorcilège, ---- sortilège.
+ Soubriquet, ---- sobriquet.
+ Soupoudrer, ---- saupoudrer.
+ Surir, ---- s'aigrir.
+
+ Tairir, ---- tarir.
+ Tapé de monde, ---- beaucoup de monde.
+ Tétière, ---- téière.
+ Tralé de monde, ---- beaucoup de monde.
+ Trémue, ---- trémie.
+ Tricoller, ---- chancelier.
+ Turbenthine, ---- térébenthine.
+
+
+
+
+ERRATA
+
+
+Page. Ligne.
+
+8,--7, Biffez les mots suivans; _quand il est suivi des mots y-en_:
+_vas-y voir_: _vas en chercher_. _On dit va-t-en_;--et à leur place
+écrivez;--quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_. Mais si
+après l'_y_ il suit un _verbe_, l'Académie veut que l'on supprime l'_s_.
+_Va y mettre ordre._
+
+Page. Ligne.
+
+128,--6, Biffez tous les mots depuis _très ne peut_ jusqu'à _très grand
+matin_, et à leur place écrivez:
+
+L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais
+un substantif. On doit donc éviter les locutions suivantes si communes
+et si vicieuses: _J'ai_ TRÈS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est
+parti_ TRÈS-_matin_:--_il fait_ TRÈS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRÊMEMENT
+_froid_:--_il ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une
+très_-GRANDE _faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de
+très_-GRAND _matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRÈS-GRAND
+_froid_:--_il ne fait pas un bien_ GRAND _froid_.
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
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+ The Project Gutenberg eBook of Manuel des difficultés de la langue française, by Thomas MAGUIRE.
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+The Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses
+
+Author: Thomas Maguire
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+Release Date: February 17, 2012 [EBook #38913]
+
+Language: French
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+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
+
+
+
+
+Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard,
+the proofers at Distributed Proofreaders International and
+the Online Distributed Proofreading Canada Team at
+http://www.pgdpcanada.net (This book was created from
+images provided by Bibliothèque et Archives nationales du
+Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<p><br /><br /><br /><br /></p>
+
+<div class="boxcomment">
+<p><span class="u">Notes de transcription:</span> Pour une plus grande cohérence de l'ouvrage,
+les majuscules ont été accentuées. De plus les errata incorporés entre
+l'avertissement et la première page ainsi qu'entre les pages 128 et 129
+ont été corrigés dans le texte et repportés à la fin de l'ouvrage. Les
+primo (1º), secundo (2º) etc. qui figuraient sous la forme 1o, 2o... ont
+été transformés par souci de lisibilité en 1º, 2º...
+Le nom de l'auteur a été ajouté dans la première page de présentation.</p>
+<p>Dans cette version HTML une table des matières a été ajoutée.</p>
+</div>
+<h1>MANUEL</h1>
+<h5>DES</h5>
+<h4>DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES</h4>
+<h5>DE LA</h5>
+<h1>LANGUE FRANÇAISE,</h1>
+<h5>ADAPTÉ</h5>
+<h3>AU JEUNE ÂGE,</h3>
+
+<h5>ET SUIVI D'UN</h5>
+
+<h3>RECUEIL</h3>
+<h5>DE</h5>
+<h3>LOCUTIONS VICIEUSES.</h3>
+<h3><span class="smcap">par Thomas MAGUIRE</span></h3>
+<p class="center">QUÉBEC:<br />
+<span class="smcap">Imprimé et publié par FRÉCHETTE &amp; Cie,<br />
+Nº. 13, RUE LAMONTAGNE,<br />
+Basse-Ville.</span></p>
+
+<p class="center">1841.</p>
+
+<h2><i><a name="AVERTISSEMENT" id="AVERTISSEMENT"></a>AVERTISSEMENT.</i></h2>
+
+<p>Le besoin d'un <i>Manuel Lexique</i> des difficultés de la langue
+française, se fait vivement sentir dans nos écoles de grammaire;
+et l'on a à regretter que le commerce ne nous fournisse
+pas les ouvrages de ce genre, qui se multiplient, depuis
+quelques années, sur l'ancien continent. C'est pour remedier
+en partie à ce défaut, que le présent travail, <i>né de
+circonstances purement fortuites</i>, a été préparé pour la presse:
+et en l'offrant au jeune âge, l'Auteur n'a garde de se présenter
+sous d'autre titre, que celui d'<i>humble compilateur</i>;
+titre qui doit lui demeurer entier, malgré quelques articles
+de sa création, devenus indispensables pour signaler des
+erreurs de langage particulières au Canada.</p>
+
+<p>Les grammaires mises à contribution, pour la confection
+de ce petit livre, sont celles de Duvivier, de Chambaud,
+de Lequien, de Lhomond, de Letellier, de Galland, de
+Noël et Chapsal, etc. Les sources pures et abondantes des
+Dictionnaires de l'Académie, de Trévoux, de Boiste, de
+Rolland, de Gatel, de Noël et Chapsal, etc., ont été exploitées
+dans le même but: et il est essentiel d'ajouter,
+que les articles puisés dans ces riches trésors de la langue
+française sont reproduits textuellement, autant que les circonstances
+et le cadre étroit de l'ouvrage l'ont permis.</p>
+
+<p>Ayant exposé les difficultés les plus communes de la
+langue, il était naturel de fournir un tableau des expressions
+incorrectes et dénaturées, qui en altèrent la beauté et les
+règles: voilà ce qui a donné lieu au <i>Recueil de Locutions
+Vicieuses</i>, placé à la suite du <i>Manuel</i>.</p>
+
+<p>L'Auteur ne s'est point fait illusion sur la difficulté de sa
+tâche: il n'ignore pas qu'il ouvre un champ large à la critique.
+Heureux! si son livre attire l'attention de quelque
+Aristarque consciencieux, qui daigne en signaler les
+erreurs, au profit de la portion chérie de la société à laquelle
+il est destiné!</p>
+
+<p>Du reste, si l'Auteur a aplani au jeune âge quelques-unes
+des aspérités dont la langue est hérissée, son but est
+atteint, son v&oelig;u accompli.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">[Pg 1]</a></span></p><p>Québec, Octobre, 1841.</p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="MANUEL" id="MANUEL"></a>MANUEL</h2>
+<h5>DES</h5>
+<h4>DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES</h4>
+<h5>DE LA</h5>
+<h3>LANGUE FRANÇAISE.</h3>
+
+<p>ABSOUDRE. <i>J'absous</i>, <i>tu absous</i>, <i>il
+absout</i>, <i>nous absolvons</i>, <i>vous absolvez</i>,
+<i>ils absolvent</i>. <i>J'absolvais</i>; point de prétérit
+défini. <i>J'ai absous</i>, <i>j'absoudrai</i>,
+<i>j'absoudrais</i>, <i>absous</i>, <i>absolvons</i>, <i>absolvez</i>,
+<i>que j'absolve;</i> point d'imparfait du subj.
+<i>Absolvant</i>, <i>absous</i>, <i>absoute</i>.</p>
+
+<p><i>Dissoudre</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ACADÉMICIEN est un membre d'une
+compagnie de savans: <i>académiste</i>, celui
+qui étudie les armes, l'équitation dans une
+académie.</p>
+
+<p>ACCENT CIRCONFLEXE. On
+l'emploie pour les voyelles longues, et
+on le met,&mdash;1º. sur <i>a</i> long, <i>lâche</i>, <i>tâche</i>,
+<i>château</i>.&mdash;2º. sur l'avant dernier <i>e</i> des
+mots en eme: <i>même</i>, <i>blême</i>; excepté
+cependant les adjectifs numéraux ordinaux,
+comme <i>deuxième</i>, <i>troisième</i>, etc.&mdash;3º. sur
+l'<i>i</i> des verbes en <i>aitre</i> et <i>oitre</i>, comme <i>paraître,
+accroître</i>; dans tous les temps où
+<i>i</i> est suivi de <i>t</i>; <i>il naît</i>, <i>il paraîtra</i>, <i>nous<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">[Pg 2]</a></span>
+accroîtrons</i>.&mdash;4º. sur l'<i>o</i> qui précède les finales
+<i>le</i>, <i>me</i>, <i>ne</i>: <i>pôle</i>, <i>rôle</i>, <i>dôme</i>, <i>zône</i>.&mdash;5º.
+sur <i>le nôtre</i>, <i>le vôtre</i>, mais non sur
+<i>notre</i>, <i>votre</i>.&mdash;6º. on l'emploie encore à la
+première et seconde personne plurielle du
+prétérit défini: <i>nous aimâmes</i>, <i>vous aimâtes</i>,
+<i>nous reçûmes</i>, <i>vous reçûtes</i>.&mdash;7º. à la troisième
+personne singulière de l'imparfait du
+subjonctif: <i>qu'il fût</i>, <i>qu'il eût</i>, <i>qu'il aimât</i>.&mdash;8º.
+on le pose aussi sur les adjectifs <i>sûr</i>,
+(pour signifier certain) <i>mûr</i>, etc., parce
+qu'on écrivait autrefois <i>seur</i>, <i>meur</i>, et enfin
+sur <i>dû</i>, participe du verbe devoir, pour le distinguer
+de l'article <i>du</i>. Toutefois ce participe
+ne prend l'accent circonflexe, ni au pluriel
+masculin, ni au féminin, tant singulier
+que pluriel, parce qu'alors il ne peut être
+confondu avec l'article <i>du</i>. Enfin on le met
+sur <i>tû</i>, participe du verbe <i>taire</i>, pour le distinguer
+du pronom <i>tu</i>, et sur <i>crû</i>, participe
+de <i>croître</i>, pour le distinguer de <i>cru</i>, participe
+de croire.</p>
+
+<p>ACCORD du verbe avec ses sujets.
+Quand plusieurs substantifs ou pronoms
+composent les sujets, le verbe s'accorde
+avec le dernier substantif ou pronom;</p>
+
+<p>1º. lorsque les mots formant les sujets
+sont synonymes: <i>son courage</i>, <i>son intrépidité</i>
+<span class="smcap">étonne</span> <i>les plus braves</i>. Il est
+essentiel que les substantifs synonymes ne
+soient jamais unis par la conjonction <i>et</i>.</p>
+
+<p>2º. lorsque les mots formant les sujets
+renferment une expression qui réunit en<span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">[Pg 3]</a></span>
+elle tous les mots qui précèdent, comme
+<i>chacun</i>, <i>tout</i>, <i>rien</i>, <i>personne</i>. <i>Paroles et
+regards</i>, <span class="smcap">tout est</span> <i>charmes en vous</i>:&mdash;<i>le
+temps, les biens, la vie</i>, <span class="smcap">rien</span> <i>ne nous</i> <span class="smcap">appartient</span>.</p>
+
+<p>3º. lorsque l'esprit s'arrête sur le dernier
+substantif, parce qu'il est d'un tel intérêt,
+qu'il fait oublier les autres:&mdash;<i>ce sacrifice,
+votre intérêt, votre honneur</i>, <span class="smcap">dieu</span> <i>vous
+le</i> <span class="smcap">commande</span>:&mdash;<i>mon repos, mon</i> <span class="smcap">bonheur
+semblait</span> <i>être affermi</i>.</p>
+
+<p>Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisième
+personne unis par la conjonction <i>ou</i>,
+on peut faire accorder le verbe avec les deux
+sujets, ou avec le dernier, et dire également
+bien&mdash;<i>Pierre</i> ou <i>Paul le</i> <span class="smcap">fera</span>, ou, <i>le</i> <span class="smcap">feront</span>.
+Cependant l'accord avec le dernier
+sujet parait préférable.</p>
+
+<p>Cette règle s'applique à <i>l'un l'autre</i>,
+lorsqu'ils sont unis par la conjonction <i>ou</i>:&mdash;<i>l'un
+ou l'autre vous</i> <span class="smcap">écrira</span>, ou <i>vous</i>
+<span class="smcap">écriront</span>.</p>
+
+<p>Cependant si les mots unis par <i>ou</i> sont de
+différentes personnes, l'usage demande que
+le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde
+avec la personne qui a la priorité:&mdash;<i>c'est
+toi ou moi qui</i> <span class="smcap">avons</span> <i>fait cela</i>,&mdash;<i>c'est
+toi ou lui qui</i> <span class="smcap">avez</span> <i>dit cela</i>:&mdash;<i>lui ou moi
+nous</i> <span class="smcap">serons</span> <i>peut-être assez heureux</i>, <i>etc.</i></p>
+
+<p>Dans les phrases où deux substantifs, ou
+bien deux pronoms sont liés par une des conjonctions,
+<i>de même que</i>, <i>aussi bien que</i>,
+<i>comme</i>, <i>non plus que</i>, <i>plutôt que</i>, <i>avec</i>,
+<i>ainsi que</i>, et autres semblables, c'est avec<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">[Pg 4]</a></span>
+le premier substantif que l'accord a lieu: <i>la
+vertu</i>, <i>de même que le savoir</i>, <i>A son prix</i>.
+<i>C'est sa fille</i>, <i>plutôt que son fils</i>, <i>qu'il</i> <span class="smcap">a
+déshéritée</span>.</p>
+
+<p>Après <i>l'un et l'autre</i> faut-il mettre le
+verbe au singulier, ou au pluriel?</p>
+
+<p>L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &amp;c.,
+sont d'avis que l'on peut se servir indifféremment
+du singulier ou du pluriel: mais presque
+tous les grammairiens, suivant Duvivier,
+se sont prononcés pour le pluriel.</p>
+
+<p>Si <i>l'un et l'autre</i> était placé après le
+verbe, le pluriel serait de rigueur. <i>Ils</i>
+<span class="smcap">voulaient</span> <i>l'un et l'autre se promener</i>.</p>
+
+<p>Si les sujets sont exprimés par <i>ni l'un ni
+l'autre</i>, ou sont liés par <i>ni</i> répété, le verbe
+doit-il être mis au singulier ou au pluriel?</p>
+
+<p>Duvivier répond qu'on est libre de se
+décider en faveur du singulier ou du pluriel,
+puisque l'Académie et les meilleurs auteurs
+ont fait usage indifféremment du singulier et
+du pluriel.</p>
+
+<p>Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion
+de Wailly et de Marmontel qui veulent
+que quand les deux sujets concourent à
+l'action, l'on donne au verbe la forme plurielle,
+parce qu'il y a pluralité dans l'idée,
+et que l'on dise, <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">ont
+fait</span> <i>leur devoir</i>:&mdash;<i>Ni la douceur ni la
+force ne</i> <span class="smcap">peuvent</span> <i>rien</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'un des deux sujets seulement
+fait, ou reçoit l'action, parce qu'alors il y a unité
+dans la pensée, les mêmes grammairiens
+veulent que l'on mette le verbe au singulier,<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[Pg 5]</a></span>
+et que l'on dise, <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">est</span>
+<i>mon père</i>:&mdash;<i>Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni
+Mr. le Comte qui</i> <span class="smcap">sera nommé</span> <i>ambassadeur
+d'Espagne</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le verbe qui suit <i>ni</i> répété, est
+au pluriel, on doit le faire accorder avec la
+personne qui a la priorité. <i>Ni vous ni moi
+ne</i> <span class="smcap">sommes</span> <i>coupables</i>.&mdash;<i>Ni vous ni lui
+n'</i><span class="smcap">avez fait</span> <i>cela</i>.</p>
+
+<p>Doit-on après <i>un</i>, <i>une</i> joint à <i>de</i>, <i>des</i> se
+servir du singulier ou du pluriel, et dire,
+<i>c'est une des plus belles actions qu'il ait
+jamais</i> <span class="smcap">fait</span>: ou, <i>c'est une des plus belles
+actions qu'il ait jamais</i> <span class="smcap">faites</span>?</p>
+
+<p>La phrase dont il s'agit est elliptique:
+c'est comme s'il y avait, <i>c'est une action des
+plus belles actions qu'il ait jamais faites</i>.
+Pour résoudre la difficulté, il faut examiner
+si le pronom relatif <i>que</i> a pour antécédent
+le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel
+placé après la préposition <i>des</i>. Dans le
+premier cas on emploie le singulier, et dans
+le second le pluriel. Or dans la phrase citée
+ci-dessus, il est évident que le relatif <i>que</i> se
+rapporte au substantif placé après la préposition;
+car il s'agit <i>d'actions faites</i>, et non
+pas <i>d'une action faite</i>. Le participe doit
+donc être mis au pluriel.</p>
+
+<p>D'après ces principes il faudra dire au
+singulier, <i>c'est un de nos meilleurs grammairiens
+qui</i> <span class="smcap">a fait</span> <i>cette faute</i>: et au pluriel;
+<i>votre ami est un des hommes qui</i>
+<span class="smcap">périrent</span> <i>dans la sédition</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[Pg 6]</a></span></p>
+
+<p>ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs
+substantifs.</p>
+
+<p>Quand un adjectif suit plusieurs substantifs
+régimes, soit régimes d'un verbe, soit régimes
+d'une proposition, et que cet adjectif ne se
+prononce pas au masculin comme au féminin,
+au singulier comme au pluriel, il ne s'accorde
+qu'avec le dernier des substantifs: mais il
+est sous-entendu après les précédens. <i>Ce
+soupçon..excita des plaintes, et un mécontentement</i>
+<span class="smcap">général</span>.&mdash;<i>C'est donc en
+vain qu'on met la véritable gloire dans
+l'honneur et la probité</i> <span class="smcap">mondaine</span>.</p>
+
+<p>Mais un adjectif, placé après des substantifs
+régimes, se met au pluriel, si cet accord
+ne change pas la prononciation de l'adjectif.&mdash;<i>Il
+sacrifie son repos et sa liberté pour la
+liberté et la félicité</i> <span class="smcap">publiques</span>.</p>
+
+<p>ACQUÉRIR. <i>J'acquiers</i>, <i>tu acquiers</i>,
+<i>il acquiert</i>, <i>nous acquérons</i>, <i>vous acquérez</i>,
+<i>ils acquièrent</i>, <i>j'acquérais</i>, <i>j'acquis</i>, <i>j'acquerrai</i>,
+<i>j'acquerrais</i>, <i>acquiers</i>, <i>acquérons</i>,
+<i>acquérez</i>, <i>que j'acquière</i>, <i>que nous acquérions</i>,
+<i>que j'acquisse</i>, <i>acquérant</i>, <i>acquis</i>,
+<i>acquise</i>.</p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>conquérir</i>, <i>reconquérir</i>,
+<i>requérir</i>, <i>s'enquérir</i>.</p>
+
+<p>ADJECTIFS ABSOLUS, (les) <i>Parfait</i>,
+<i>universel</i>, <i>immortel</i>, <i>mortel</i>, <i>éternel</i>,
+<i>essentiel</i>, <i>divin</i>, <i>suprême</i>, <i>extrême</i>, <i>excellent</i>,
+ne peuvent être précédés de mots qui expriment
+le plus ou le moins, par cela même
+qu'ils sont <i>absolus</i>, et rejettent toute com<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">[Pg 7]</a></span>paraison.
+On ne peut dire, <i>plus</i> ou <i>moins
+éternel,&mdash;mortel</i>, &amp;c.</p>
+
+<p>ADJECTIF NUMÉRAL. Quelquefois
+l'adjectif de nombre cardinal remplace celui
+de nombre ordinal. <i>Il est</i> <span class="smcap">six</span> <i>heures</i>;&mdash;<i>l'an</i>
+<span class="smcap">mil huit cent</span>:&mdash;<i>le</i> <span class="smcap">cinq</span> <i>Mars</i>,&mdash;<span class="smcap">guillaume
+quatre</span>.</p>
+
+<p>AIDER quelqu'un, c'est l'assister de
+sa bourse, de ses conseils:&mdash;<i>aider à quelqu'un</i>,
+c'est partager sa fatigue, sa peine:&mdash;<i>aider
+à quelque chose</i>, c'est y contribuer.</p>
+
+<p>AÏEUL est le père du père ou de la
+mère. Au pluriel on dit <i>aïeuls</i>, quand on
+veut désigner préscisément le grand-père
+paternel et le grand-père maternel. Hors
+delà on dit <i>aïeux</i>, pour signifier tous ceux
+de qui l'on descend, et qui ont devancé nos
+<i>aïeuls</i>.</p>
+
+<p>AIGLE, <i>oiseau</i>, est masculin. <span class="smcap">Aigle</span>,
+<i>drapeau</i>, est féminin. <i>Les Aigles Romaines</i>.
+<span class="smcap">Aigle</span>, <i>constellation</i>, est féminin.</p>
+
+<p>AIGUILLON. Il y a quelques mots,
+comme, <i>aiguillon</i>, <i>aiguille</i>, <i>aiguiser</i>, <i>arguer</i>,
+<i>inextinguible</i>, et les noms propres
+<i>d'Aiguillon, le Guide, de Guise</i>, dans lesquels
+l'<i>u</i> se fait entendre, et que l'on prononce,
+<i>é-gu-i-glion</i>,&mdash;<i>é-gu-i-lle</i>,&mdash;<i>é-gu-i-zé</i>,&mdash;<i>ar-gu-é</i>,&mdash;<i>inextin-gu-i-ble</i>,&mdash;<i>d'É-gu-i-glion</i>,&mdash;<i>le
+Gu-i-de</i>,&mdash;<i>de Gu-i-se</i>.</p>
+
+<p>AIR. On dit, <i>cette femme</i> a l'air <span class="smcap">bon</span>,
+et non pas <span class="smcap">bonne</span>, parce que <i>bon</i> se<span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">[Pg 8]</a></span>
+rapporte à l'<i>air</i>. Mais on dit, <i>cette pomme
+a l'air</i> <span class="smcap">cuite</span>, et non pas <span class="smcap">cuit</span>, parce que
+l'adjectif ne peut être dit ici du substantif
+<i>air</i>.</p>
+
+<p>ALLER. On ne dit plus <i>je vas</i>, mais,
+<i>je vais</i>. L'impératif <i>va</i> prend une <i>s</i> euphonique
+quand il est suivi du pronom relatif <i>y</i>:
+<i>vas y</i>. Mais si après l'<i>y</i> il suit un <i>verbe</i>,
+l'Académie veut que l'on supprime l'<i>s</i>. <i>Va
+y mettre ordre.</i></p>
+
+<p>AMOUR au singulier est masculin: au
+pluriel féminin, excepté quand il désigne
+les petits génies de la mythologie. <i>Ces</i>
+<span class="smcap">petits</span> <i>amours sont bien</i> <span class="smcap">groupés</span>.</p>
+
+<p>À NEUF, DE NEUF. <i>Refaire un
+bâtiment</i> <span class="smcap">à neuf</span>:&mdash;<i>remettre un tableau</i>
+<span class="smcap">à neuf</span>, c'est les restaurer, les réparer.</p>
+
+<p><i>Se faire habiller</i> <span class="smcap">de neuf</span>, c'est se faire
+faire des habits neufs.</p>
+
+<p>ANCÊTRES. <i>Nos ancêtres: nos
+aïeux: nos pères.</i> Le siècle de nos <i>pères</i>
+a touché au nôtre: nos <i>aïeux</i> les ont devancés:
+nos ancêtres sont les plus reculés
+de nous.</p>
+
+<p>ANIMAUX. Leurs parties principales.</p>
+
+<p>On dit le <i>pied</i> d'un cheval, d'un b&oelig;uf, d'un
+cerf, d'un mouton, d'une vache, et des autres
+animaux chez lesquels cette partie est de
+<i>corne</i>.</p>
+
+<p>On dit la <i>patte</i> d'un chien, d'un chat, d'un
+lièvre, d'un loup, d'un ours, d'un rat, et des
+autres animaux chez lesquels cette partie
+n'est pas de <i>corne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[Pg 9]</a></span></p>
+
+<p>On dit les <i>ongles</i> d'un lion, les <i>griffes</i>
+d'un chat, d'un tigre, les <i>serres</i> d'un aigle,
+d'un épervier.</p>
+
+<p>On dit la <i>bouche</i> d'un cheval, d'un b&oelig;uf,
+d'un âne, et en général en parlant des bêtes
+de somme.</p>
+
+<p>On se sert du mot <i>gueule</i> en parlant des
+poissons, des reptiles, et de la plupart des
+quadrupèdes. On dit la <i>gueule</i> d'une carpe
+d'une truite, d'un brochet, d'un serpent, d'un
+lion, d'un tigre, d'un chien, d'un loup, d'un
+chat, &amp;c.</p>
+
+<p>On fait usage du mot <i>bec</i> pour les volatiles.</p>
+
+<p>Quand on parle de cette partie qui comprend
+la <i>gueule</i> et le <i>nez</i>, on dit le <i>groin</i>
+d'un cochon, le <i>muffle</i> d'un cerf, d'un b&oelig;uf,
+d'un lion, d'un léopard, d'un tigre: le <i>museau</i>
+d'un chien, d'un renard, &amp;c.</p>
+
+<p>On donne le nom de <i>défenses</i> ou <i>broches</i>
+de sanglier aux deux grosses dents crochues
+et effilées qui sortent de sa gueule.</p>
+
+<p>On appelle <i>bois de cerf</i> ou <i>tête de cerf</i>,
+le grand bois que cet animal porte sur le
+devant de sa tête, et qui tombe tous les ans
+au printemps.</p>
+
+<p>Enfin on dit la <i>hure</i> d'un sanglier, d'un
+ours, d'un saumon, d'un brochet, pour la
+tête, lorsqu'elle est coupée.</p>
+
+<p>ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne,
+l'âne brait, le b&oelig;uf mugit ou beugle,
+la brebis bêle, le renard nasille, le cerf
+bramme, le chat miaule, le cheval hennit,
+(prononcez hanit) le chien aboie ou jappe,<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[Pg 10]</a></span>
+le cochon grogne, le corbeau croasse, la grenouille
+coasse, le lion rugit, le loup hurle, le
+serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou
+trompettent, les petits chiens et les renards
+glapissent, les pigeons roucoulent, la perdrix
+cacabe, le moineau chuchète ou pépie,
+le paon braille ou criaille, le dindon glougloute,
+le poulet piaule, la poule glousse,
+le grillon grésillonne, l'oie siffle, le rossignol
+gringotte, &amp;c.</p>
+
+<p>APPELER. <i>J'appelle, tu appelles,
+il appelle, nous appelons, vous appelez,
+ils appellent, j'appelais, j'appelai, j'appellerai,
+j'appellerais, appelle, appelons,
+appelez, que j'appelle, que nous appelions,
+que j'appelasse, appelant, appelé, appelée</i>.</p>
+
+<p>Ce verbe comme tous ceux qui sont terminés
+par <i>eler</i>, doublent la lettre <i>l</i>, quand
+après cette lettre on entend un <i>e</i> muet; c.-à-d.
+lorsque la lettre <i>l</i> est suivie de <i>e</i>, <i>es</i>, <i>ent</i>.
+<i>J'appelle</i>,&mdash;<i>tu chancelles</i>,&mdash;<i>ils étincellent.</i></p>
+
+<p>Cette règle est applicable aussi aux
+verbes dont l'infinitif est en <i>eter</i>. V. <span class="smcap">jeter</span>.</p>
+
+<p>APPLAUDIR. Comme on fait usage
+de ce verbe tantôt à l'actif, tantôt au neutre,
+il est indifférent de dire, <i>applaudir</i> <span class="smcap">aux</span>
+<i>acteurs</i>, ou <i>applaudir</i> <span class="smcap">les</span> <i>acteurs</i>: <i>on</i>
+<span class="smcap">lui</span> <i>a applaudi</i>, ou, <i>on</i> <span class="smcap">l'</span><i>a applaudi</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>s'applaudir</i> s'accorde
+toujours. <i>Ils se sont</i> <span class="smcap">applaudis</span> <i>de
+leur conduite</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[Pg 11]</a></span></p>
+
+<p>ARC-EN-CIEL. Au pluriel on écrit,
+<i>arcs-en-ciel</i>; mais on prononce, comme au
+singulier, <i>ar-kan-ciel</i>.</p>
+
+<p>ARTICLE. On répète l'article et les
+adjectifs déterminatifs, <i>mon</i>, <i>ma</i>, <i>mes</i>, <i>ton</i>,
+<i>ta</i>, <i>tes</i>, <i>ce</i>, <i>cette</i>, <i>un</i>, etc.</p>
+
+<p>1º. devant chaque substantif, <i>les officiers
+et</i> <span class="smcap">les</span> <i>soldats</i>;&mdash;<i>son frère et</i> <span class="smcap">sa</span> <i>mère</i>.</p>
+
+<p>2º. devant deux adjectifs unis par <i>et</i>, lorsqu'ils
+ne qualifient pas le même substantif:
+<i>les anciens et</i> <span class="smcap">les</span> <i>nouveaux soldats</i>,&mdash;<i>vos
+grands et</i> <span class="smcap">vos</span> <i>petits appartemens</i>.
+Mais on dirait, <i>les anciens et braves soldats</i>;&mdash;<i>vos
+grands et beaux appartemens</i>, attendu
+que les mêmes soldats sont <i>anciens et
+braves</i>, et les mêmes appartemens <i>grands
+et beaux</i>.</p>
+
+<p>Il n'est pas toujours aisé de connaître
+d'une manière précise les cas où l'on doit
+faire usage de l'article, et ceux où l'on ne
+doit pas s'en servir. Voici un principe général
+qui sera d'un grand secours pour les
+distinguer.</p>
+
+<p>On doit employer l'article avant tous les
+noms communs pris <i>déterminément</i>, mais
+non avant ceux qu'on prend <i>indéterminément</i>.</p>
+
+<p>Un nom est pris <i>déterminément</i> lorsqu'il
+est employé pour désigner tout un genre,
+toute une espèce, ou enfin un individu. <span class="smcap">la</span>
+<i>jeunesse est imprévoyante</i>. Le mot <i>jeunesse</i>
+est genre parce qu'il désigne la totalité
+des jeunes gens. <span class="smcap">les</span> <i>hommes à préten<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[Pg 12]</a></span>tion
+sont insupportables</i>. Le mot <i>hommes</i>
+est espèce, parce qu'il est restreint à un certain
+nombre d'individus. <span class="smcap">Le</span> <i>roi est sage</i>.
+Le mot <i>roi</i>, dans cette phrase, désigne un
+individu.</p>
+
+<p>Un nom est pris <i>indéterminément</i> lorsqu'on
+s'en sert uniquement pour réveiller
+l'idée qu'on y attache: qu'on ne détermine
+rien sur l'étendue dont elle est susceptible;
+en un mot qu'on ne l'emploie pas pour désigner
+ni un genre, ni une espèce, ni un individu.
+<i>Les chemins sont bordés</i> <span class="smcap">de</span> <i>lauriers</i>,
+<span class="smcap">de</span> <i>grenadiers</i>, <span class="smcap">de</span> <i>jasmins</i>. Les
+mots <i>lauriers</i>, <i>grenadiers</i>, <i>jasmins</i> étant
+indéterminés, ne prennent pas l'article.</p>
+
+<p class="center">REMARQUES.</p>
+
+<p>Les noms de provinces et de royaumes
+peuvent être pris <i>déterminément</i> et <i>indéterminément</i>.
+On dit: <i>je viens d'Angleterre,
+de France</i>, sans l'article; parce qu'il suffit
+de regarder l'Angleterre ou la France
+comme terme d'où l'on part, et qu'il est inutile
+de penser à l'étendue de ces royaumes.
+Mais parce que les mots <i>limites</i>, <i>bornes</i> font
+penser à cette étendue, on dit; <i>les limites
+de l'Angleterre, les bornes de la France</i>.</p>
+
+<p>L'usage permet que l'on dise indifféremment,
+<i>les peuples de l'Asie</i> ou <i>les peuples
+d'Asie</i>,&mdash;<i>les villes de l'Angleterre</i> ou <i>les
+villes d'Angleterre</i>.</p>
+
+<p>Mais on dit avec l'article: <i>les peuples de
+l'Asie ont toujours été faciles à subjuguer</i>;
+parce que l'on considère ces peuples par rap<span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[Pg 13]</a></span>port
+à l'étendue du pays qu'ils habitent.</p>
+
+<p>On dit plus communément: <i>il vient de
+l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique</i>. C'est
+une exception à la règle donnée plus haut.</p>
+
+<p>Il y a des noms de royaumes et de pays
+qui veulent absolument l'article; et l'on dit
+toujours: <i>les empereurs de la Chine&mdash;du
+Pérou&mdash;du Japon:&mdash;les habitants du Canada</i>.</p>
+
+<p>Les locutions suivantes sont donc vicieuses:
+<i>je vais</i> <span class="smcap">en</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">en</span> <i>Pérou</i>:&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">en</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">en</span> <i>Japon</i>. Il
+faut dire: <i>je vais</i> <span class="smcap">au</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">au</span> <i>Pérou</i>;&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">au</span> <i>Canada</i>,..<span class="smcap">au</span> <i>Japon</i>.</p>
+
+<p>Les noms <i>Mercure</i>, <i>Jupiter</i>, <i>Vénus</i>,
+<i>Mars</i>, <i>Saturne</i>, <i>Herschel</i> ne prennent
+pas l'article.</p>
+
+<p>ASPECT, PERSPECTIVE, VUE. <i>Aspect</i> désigne des points de vue particuliers.
+<i>Les vues de la Suisse offrent les aspects
+les plus agréables.</i> <i>Perspective</i> est <i>l'aspect</i>
+des objets vus de loin. L'idée de
+<i>vue</i> est plus étendue que celle d'<i>aspect</i>.</p>
+
+<p>ASSAILLIR. <i>J'assaille, tu assailles,
+il assaille, nous assaillons, j'assaillais,
+j'assaillis, j'assaillirai, j'assaillirais, assaille,
+assaillons, assaillez, que j'assaille,
+que j'assaillisse, assaillant, assailli, assaillie</i>.</p>
+
+<p><i>Tressaillir</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ASSEOIR. <i>J'assieds, tu assieds, il
+assied, nous asseyons, vous asseyez, ils<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[Pg 14]</a></span>
+asseient, j'asseyais, nous asseyions, vous asseyiez,
+ils asseyaient, j'assis, j'assiérai ou
+j'asseierai, j'assiérais ou j'asseierais, assieds,
+asseyons, asseyez, que j'asseie, que
+nous asseyions, que vous asseyiez, qu'ils
+asseient, que j'assisse, asseyant, assis, assise</i>..</p>
+
+<p><i>Rasseoir</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>ASSURER veut un régime direct de
+personne quand il signifie <i>témoigner</i>:
+<i>assurez</i> <span class="smcap">le</span> <i>de mon estime</i>: et un régime
+indirect lorsqu'il veut dire <i>donner pour sûr</i>:
+<i>assurez</i> <span class="smcap">lui</span> <i>que nous sommes réconciliés</i>.</p>
+
+<p>ATOCA. (<i>Oxycoccum</i>). Suivant Sarrasin,
+cité par Charlevoix, <i>atoca</i> est un mot
+indien, qui désigne la baie de la canneberge.
+Cette baie, que les anglais appellent <i>cranberry</i>,
+ne porte point de nom en français.</p>
+
+<p>À TRAVERS veut un régime direct;
+<i>à travers</i> <span class="smcap">les</span> <i>champs</i>: <i>au travers</i> est
+toujours suivi de la proposition <i>de</i>: <i>au travers</i>
+<span class="smcap">du</span> <i>corps</i>.</p>
+
+<p>AUCUN se met toujours au singulier:
+<i>aucun chemin de fleurs ne conduit à la
+gloire</i>: excepté quand il accompagne un
+substantif qui n'a pas de singulier, comme
+<i>pleurs</i>, <i>ancêtres</i>: ou qui, au pluriel, est pris
+dans un autre sens qu'au singulier, comme
+<i>troupes</i>, <i>gages</i>. <i>On n'a fait</i> <span class="smcap">aucunes</span> <i>fénérailles</i>,&mdash;<span class="smcap">aucunes</span>
+<i>troupes ne sont mieux
+disciplinées</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[Pg 15]</a></span></p>
+
+<p>AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes
+de comparaison qui doivent être suivis de
+la conjonction <i>que</i>, et non de <i>comme</i>, autre
+adverbe de comparaison. Ne dites pas:
+<i>il est aussi grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>,&mdash;<i>j'en ai autant</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>,&mdash;dites <i>il est aussi grand</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>vous</i>,&mdash;<i>j'en ai autant</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous</i>. On
+dit: <i>il est grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>:&mdash;<i>j'en ai</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>vous</i>.</p>
+
+<p>AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on
+veut simplement marquer l'extension d'une
+qualité, il faut prendre <i>si</i>: <i>il n'est pas</i>
+<span class="smcap">si</span> <i>fin</i>, <i>qu'on ne le puisse tromper</i>. Mais
+quand on veut faire comparaison entre deux
+adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir
+d'<i>aussi</i> dans les phrases affirmatives: <i>il
+est</i> <span class="smcap">aussi</span> <i>poli qu'il est brave</i>: mais si la
+phrase est négative il faut employer <i>si</i>:
+<i>personne ne vous a servi</i> <span class="smcap">si</span> <i>utilement que
+lui</i>. Cependant il est bien des personnes
+qui emploient alors presque indifféremment
+<i>si</i> ou <i>aussi</i>, et disent, <i>il ne sera pas</i> <span class="smcap">aussi</span>
+<i>constant qu'il le dit</i>,&mdash;ou,&mdash;<i>il ne sera pas</i>
+<span class="smcap">si</span> <i>constant qu'il le dit</i>.</p>
+
+<p>AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux
+sujets sont unis par <i>aussi bien que</i>, le verbe
+s'accorde avec le premier sujet: <i>le roi,
+aussi bien que ses ministres</i>, <span class="smcap">veut</span> <i>la paix</i>.</p>
+
+<p>AUTOMNE, d'après l'usage le plus
+commun, est masculin quand l'adjectif précède:
+<span class="smcap">un</span> <i>bel automne</i>: et féminin quand
+l'adjectif suit: <span class="smcap">une</span> <i>automne froide</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[Pg 16]</a></span></p>
+
+<p>AUTOUR, ALENTOUR. Suivant
+les écrivains modernes <i>autour</i> est une proposition,
+qui a par conséquent un régime, et
+<i>alentour</i> un adverbe qui n'en a point. Il faut
+donc dire, <i>la reine avait toutes ses filles</i>
+<span class="smcap">autour</span> <i>d'elle</i>; et non pas, <span class="smcap">alentour</span>
+<i>d'elle</i>:&mdash;<i>le roi était là, et ses gardes étaient</i>
+<span class="smcap">alentour</span>, et non pas, <span class="smcap">autour</span>.</p>
+
+<p>AUTRE QUE, TOUT AUTRE
+QUE, AUTREMENT QUE, marquant
+la comparaison, veulent <i>ne</i> devant le verbe
+suivant: <i>il est tout autre que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>pensais</i>:&mdash;<i>il
+parle autrement qu'il</i> <span class="smcap">n'</span><i>agit</i>:
+excepté quand le premier verbe est négatif:
+<i>il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>parle pas autrement qu'il agit</i>.</p>
+
+<p>AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires
+<i>avoir</i> et <i>être</i>: <i>avoir</i> marque l'action,
+et <i>être</i> l'état. Dans les verbes neutres qui
+prennent les deux auxiliaires, comme, <i>accourir</i>,
+<i>disparaître</i>, <i>déchoir</i>, <i>passer</i>, <i>décider</i>,
+<i>périr</i>, <i>croître</i>, <i>éclore</i>, <i>demeurer</i>, <i>rester</i>,
+<i>cesser</i>, <i>échapper</i>, <i>monter</i>, <i>descendre</i>, <i>entrer</i>
+etc., on emploie <i>avoir</i>, si c'est l'action que
+le verbe énonce que l'on a en vue: et <i>être</i>
+si c'est l'état que l'on veut exprimer. Ce
+sont les circonstances dont le verbe est accompagné
+qui indiquent lequel de ces deux
+points de vue on envisage: ainsi pour exprimer
+l'action, l'on dira avec <i>avoir</i>: <i>elle</i> <span class="smcap">a</span>
+<i>disparu subitement</i>;&mdash;<i>la fièvre</i> <span class="smcap">a</span> <i>cessé
+hier</i>;&mdash;<i>la rivière</i> <span class="smcap">a</span> <i>monté rapidement</i>;&mdash;<i>le
+baromètre</i> <span class="smcap">a</span> <i>descendu en peu d'heures</i>:
+et pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on<span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">[Pg 17]</a></span>
+dira avec <i>être</i>; <i>elle</i> <span class="smcap">est</span> <i>disparue depuis
+un an</i>:&mdash;<i>la fièvre</i> <span class="smcap">est</span> <i>passée depuis quelque
+temps</i>;&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">est</span> <i>monté</i>&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">est</span> <i>descendu
+depuis une heure</i>. Il faut excepter
+de cette règle les verbes neutres <i>aller</i>, <i>arriver</i>,
+<i>choir</i>, <i>décéder</i>, <i>mourir</i>, <i>naître</i>, <i>tomber</i>,
+<i>venir</i>, et les composés de ce dernier,
+comme <i>devenir, intervenir, parvenir, revenir,
+survenir</i>, lesquels prennent le seul
+auxiliaire <i>être</i>, quoique chacun d'eux exprime
+une action: c'est l'usage qui en a
+décidé ainsi; <i>elles</i> <span class="smcap">sont</span> <i>allées</i>,&mdash;<i>nous</i>
+<span class="smcap">étions</span> <i>arrivés</i>,&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">sera</span> <i>venu</i>.</p>
+
+<p>Remarque. <i>Convenir</i>, <i>contrevenir</i>, <i>subvenir</i>,
+quoique formés du verbe <i>venir</i>, donnent
+lieu aux observations suivantes.</p>
+
+<p><i>Convenir</i> demande tantôt l'auxiliaire <i>avoir</i>,
+et tantôt l'auxiliaire <i>être</i>. Dans le sens
+d'être convenable, il prend <i>avoir</i>: et <i>être</i>
+dans le sens de demeurer d'accord. <i>Cette
+maison m'</i><span class="smcap">a</span> <i>convenu, et je</i> <span class="smcap">suis</span> <i>convenu du
+prix</i>.</p>
+
+<p><i>Contrevenir</i> est employé par le plus grand
+nombre des écrivains avec <i>avoir</i>.</p>
+
+<p><i>Subvenir</i> prend toujours l'auxiliaire <i>avoir</i>.</p>
+
+<p>AVANT veut un régime, <i>auparavant</i>
+n'en veut aucun. Ne dites pas, <i>auparavant
+de partir</i>, mais, <i>avant de partir</i>.</p>
+
+<p>AVANT, DEVANT. <i>Avant</i> est pour
+l'ordre des temps; <i>devant</i> pour l'ordre des
+places. Le premier est opposé à <i>après</i>, le
+second à <i>derrière</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">[Pg 18]</a></span></p>
+
+<p>Plusieurs auteurs font aussi usage d'<i>avant</i>
+pour l'ordre des places.</p>
+
+<p>AVANT QUE rejette le <i>ne</i>. Dites,
+<i>avant qu'il parte</i>, et non, <i>avant qu'il</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>parte</i>.</p>
+
+<p>AVANT QUE DE, AVANT DE, sont
+employés indifféremment par les écrivains
+modernes: les prosateurs préfèrent même
+<i>avant de</i>.</p>
+
+<p>AVOIR <i>affaire à quelqu'un</i>, suppose infériorité,
+dépendance de celui qui a affaire.
+Un plaideur <i>a affaire</i> <span class="smcap">à</span> ses juges, et non
+<span class="smcap">avec</span> ses juges.</p>
+
+<p><i>Avoir affaire avec quelqu'un</i>, c'est avoir
+à traiter avec lui: <i>il faut éviter d'avoir
+affaire</i> <span class="smcap">avec</span> <i>les fripons</i>.</p>
+
+<p><i>Avoir affaire de</i> signifie avoir besoin de:
+<i>il a affaire</i> <span class="smcap">d'</span><i>argent</i>,&mdash;<i>j'ai affaire</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>vous, ne sortez pas</i>.</p>
+
+<p class="p2">BARBARISME, (le) est l'emploi de
+mots inusités, ou pris dans un mauvais sens,
+ou mal associés: c'est aussi l'emploi de locutions
+insolites. Le <i>solécisme</i> est une faute
+grossière contre la syntaxe.</p>
+
+<p>BÂTISSE, BÂTIMENT. <i>Bâtiment</i>
+est l'édifice entier: <i>bâtisse</i> n'en est que la
+partie comprenant la maçonnerie. Dites:
+<i>la bâtisse de cette construction a couté fort
+cher</i>: mais ne dites pas: <i>je veux assurer
+cette</i> <span class="smcap">batisse</span>; <i>je veux vendre cette</i> <span class="smcap">batisse</span>,
+pour signifier, <i>je veux assurer cette
+maison, je veux vendre cette maison</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[Pg 19]</a></span></p>
+
+<p>BEAUCOUP. <i>Il s'en faut beaucoup</i>
+marque différence de qualité: <i>il s'en faut
+de beaucoup</i> la différence de quantité:
+<i>il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi prudent
+que vous</i>:&mdash;<i>il s'en faut</i> <span class="smcap">de</span> <i>beaucoup
+qu'il ait autant de connaissances que son
+cousin</i>.</p>
+
+<p>BÉARN, ancienne province de France;
+prononcez, <i>Béar</i>.</p>
+
+<p>BÉNIT, TE, signifie consacré par l'église:
+<i>pain bénit</i>, <i>eau bénite</i>. <i>Béni&mdash;e</i>, a
+les autres significations de son verbe;&mdash;<span class="smcap">bénis</span>
+<i>sont les rois qui chérissent leurs peuples</i>.</p>
+
+<p>BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais,
+<i>beef-steak</i>, signifie tranche de b&oelig;uf
+saisie dans le beurre.</p>
+
+<p>BLEU. L'adjectif <i>bleu</i> est invariable
+quand il est modifié par un autre adjectif,
+étant alors substantif. <i>Des étoffes</i> <span class="smcap">bleu
+fonçé</span>, c.-à-d. <i>d'un bleu foncé</i>. Il en
+est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui désignent
+les couleurs: <i>des cheveux</i> <span class="smcap">blond
+fonçé</span>;&mdash;<i>des robes</i> <span class="smcap">rose tendre</span>;&mdash;<i>des
+draps</i> <span class="smcap">vert foncé</span>:&mdash;<i>des cheveux</i> <span class="smcap">chatain
+clair</span>, etc.</p>
+
+<p>BOSSER, BOSSUER. <i>Bosser</i> est
+un terme de marine. <i>Bossuer</i> signifie <i>faire
+des bosses</i>: dites <i>j'ai</i> <span class="smcap">bossué</span> <i>mon goblet</i>,
+et non pas, <i>j'ai</i> <span class="smcap">bossé</span> <i>mon goblet</i>.</p>
+
+<p>BOUILLIR. <i>Je bous</i>, <i>tu bous</i>, <i>il bout</i>,
+<i>nous bouillons</i>, <i>vous bouillez</i>, <i>ils bouillent</i>,
+<i>je bouillais</i>, <i>je bouillis</i>, <i>je bouillirai</i>, <i>je<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[Pg 20]</a></span>
+bouillirais</i>, <i>bous</i>, <i>bouillons</i>, <i>bouillez</i>, <i>que je
+bouillisse</i>, <i>bouillant</i>, <i>bouilli</i>, <i>bouillie</i>.</p>
+
+<p>BRAIRE n'est usité qu'aux temps et
+aux personnes qui suivent: <i>braire</i>, <i>il brait</i>,
+<i>ils braient</i>, <i>il braira</i>, <i>ils brairont</i>, <i>il brairait</i>,
+<i>ils brairaient</i>.</p>
+
+<p>BRUIRE, n'est guère usité qu'à l'infinitif,
+aux troisièmes personnes de l'imparfait de
+l'indicatif, <i>il bruyait</i>, <i>ils bruyaient</i>, et au
+participe présent, <i>bruyant</i>. <i>On entend</i>
+<span class="smcap">bruire</span> <i>les vagues</i>:&mdash;<i>le vent</i> <span class="smcap">bruyait</span> <i>dans
+la forêt</i>.</p>
+
+<p>BUREAU. Lieu où l'on expédie des
+affaires, où l'on travaille, où l'on délibère.
+Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut
+employer le terme <i>étude</i>, et dire, l'<span class="smcap">étude</span>
+<i>de tel avocat</i>, <i>l'</i><span class="smcap">étude</span> <i>de tel notaire</i>.</p>
+
+<p><i>Office</i> pour signifier <i>bureau</i> est un barbarisme.</p>
+
+<p class="p2">C ne se prononce pas à la fin des mots,
+<i>estomac</i>, <i>broc</i>, <i>croc</i>, <i>accroc</i>, <i>marc</i>, <i>échecs</i>,
+(jeu), <i>tabac</i>, <i>jonc</i>, <i>lacs</i>, (filets), <i>arsenic</i>,
+<i>escroc</i>, <i>tronc</i>, <i>clerc</i>, <i>cric</i>, <i>porc</i>, etc.</p>
+
+<p>CALÈCHE est un carosse léger et découvert,
+dont le train porte sur quatre roues.
+<i>Cabriolet</i> est une voiture légère et suspendue,
+montée sur deux roues.</p>
+
+<p><i>Calèche</i> n'est donc pas synonyme de
+<i>cabriolet</i>; et c'est par conséquent une faute
+de l'employer comme tel.</p>
+
+<p>D'un autre côté, l'on se sert souvent du
+mot <i>cabriolet</i>, pour désigner la petite char<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[Pg 21]</a></span>rette
+sans soupentes, dont l'usage est si commun:
+c'est encore, comme l'on voit, une
+faute à éviter.</p>
+
+<p>CAMPAGNE. <i>À la campagne</i> exprime
+le séjour que l'on fait hors de la ville.
+<i>Vivre à la campagne pour sa santé</i>. <i>En
+campagne</i> signifie que l'on est en mouvement
+pour ces affaires, <i>les troupes sont</i> <span class="smcap">en</span> <i>campagne</i>;&mdash;<i>il
+s'est mis</i> <span class="smcap">en</span> <i>campagne pour
+découvrir ce qu'il cherche</i>.</p>
+
+<p>CARRIOLE est une voiture à roues, et
+c'est abusivement que l'on applique ce terme
+à une de nos voitures d'hiver à patins. <i>Traîneau</i>
+est le mot propre. <i>Traîneau</i> signifie
+voiture sans roues pour faire des courses sur
+les neiges, sur les glaces.</p>
+
+<p><i>Traîneau</i> désigne aussi la voiture sans
+roues destinée au transport également sur
+les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot
+<i>traîne</i>, pris dans ce dernier sens, est un barbarisme.</p>
+
+<p><i>Traîneau</i> est encore un assemblage de
+pièces de bois, pour traîner sur la terre des
+fardeaux lourds, des marchandises, etc.</p>
+
+<p>Au mot <i>traîneau</i> quelques personnes
+substituent le terme anglo-américain <i>sleigh</i>.
+C'est une absurdité.</p>
+
+<p>CARTOUCHE est <i>féminin</i> quand il
+signifie charge en rouleau d'une arme à feu:
+mais il est <i>masculin</i> lorsqu'il signifie ornement
+de sculpture, de peinture ou de gravure
+autour des inscriptions, des chiffres,<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[Pg 22]</a></span>
+des armoiries. <span class="smcap">le</span> <i>cartouche d'une carte
+géographique</i>.</p>
+
+<p>CENT au pluriel prend une <i>s</i>, <i>deux cents
+chevaux</i>: excepté lorsqu'il est suivi d'un
+autre adjectif de nombre: <i>deux cent cinquante
+chevaux</i>.</p>
+
+<p>Quand il s'agit de la date, <i>cent est</i> toujours
+invariable; <i>l'an mille huit cent</i>.</p>
+
+<p>CHARLES V, Empereur d'Allemagne,
+se prononce, et même s'écrit quelquefois,
+<span class="smcap">Charles-Quint</span>.</p>
+
+<p>CUEILLIR. <i>Je cueille, tu cueilles, il
+cueille, nous cueillons, vous cueillez, ils
+cueillent; je cueillais, je cueillis, je cueillerai,
+je cueillerais, cueille, cueillons, que
+je cueille, que je cueillisse, cueillant, cueilli,
+cueillie</i>.</p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>recueillir</i>, <i>accueillir</i>.</p>
+
+<p>CH. Le <i>ch</i> dans plusieurs mots qui
+viennent du grec, ou de quelque langue
+orientale, se prononce comme <i>k</i>; tels sont:
+archéologie, archéologue, catéchumène,
+Chersonèse, Chalcédoine, chaldéen, chaos,
+chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie,
+Melchior, Melchisédech, Ochosius,
+Jéchonias, Achaïas, Archimélech, Ezéchias,
+Ezéchiel, exarchat, archiépiscopal,
+Michel-Ange, Achéloüs, archétype, etc.</p>
+
+<p>Cette règle souffre quelques exceptions,
+comme, <i>archevêque</i>, <i>archidiacre</i>, <i>archiprêtre</i>,
+<i>architecte</i>, etc., dont le <i>ch</i> prend la
+prononciation française.<span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">[Pg 23]</a></span></p>
+
+<p>CHACUN, précédé d'un pluriel, prend
+après lui <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, quand le régime direct
+est avant, ou que le verbe n'a pas de
+régime de cette nature: <i>ils ont apporté
+leurs offrandes</i>, <i>chacun selon</i> <span class="smcap">ses</span> <i>moyens</i>;&mdash;<i>ils
+se sont retirés</i>, <i>chacun dans</i> <span class="smcap">sa</span> <i>chambre</i>:&mdash;<i>ils
+ont opiné</i>, <i>chacun à</i> <span class="smcap">son</span> <i>tour</i>.</p>
+
+<p>Il prend <i>leur</i>, <i>leurs</i> lorsqu'il est suivi du
+régime direct: <i>ils ont dit chacun</i> <span class="smcap">leur</span>
+<i>avis</i>: <i>ils ont apporté chacun</i> <span class="smcap">leurs</span> <i>offrandes</i>.</p>
+
+<p><i>Un chacun dit, un quelqu'un a pensé</i>
+sont des locutions vicieuses: dites, <i>chacun
+dit, quelqu'un a pensé</i>.</p>
+
+<p>CHAIR. Considéré comme aliment le
+mot chair se dit plus ordinairement des animaux
+terrestres et des oiseaux: <span class="smcap">chair</span> <i>de
+b&oelig;uf</i>:&mdash;<span class="smcap">chair</span> <i>de mouton</i>:&mdash;<span class="smcap">chair</span> <i>de perdrix</i>:
+et c'est en ce sens que l'on dit, <i>on ne
+mange point de</i> <span class="smcap">chair</span> <i>en carême</i>.</p>
+
+<p><i>Chair</i> se dit aussi quelquefois des poissons
+et des fruits: <i>la</i> <span class="smcap">chair</span> <i>du brochet</i>:&mdash;<i>la</i>
+<span class="smcap">chair</span> <i>du melon</i>. V. <span class="smcap">viande</span>.</p>
+
+<p>CHANTRE se dit pour le chant de
+l'église, et <i>chanteur</i> et <i>chanteuse</i> pour le
+chant profane. <i>Cantatrice</i> est une chanteuse
+de profession.</p>
+
+<p>CHAQUE veut toujours un substantif
+après lui. Ainsi ne dites pas, <i>ces livres me
+coutent quatre francs</i> <span class="smcap">chaque</span>: dites,
+<i>quatre francs</i> <span class="smcap">chacun</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">[Pg 24]</a></span></p>
+
+<p>CHOIR est usité seulement à l'infinitif.
+<i>Un astrologue un jour se laissa</i> <span class="smcap">choir</span>.</p>
+
+<p>CHOISIR. Ce verbe ne régit pas les
+substantifs quand ils sont sans article, ou
+sans préposition: on ne dit pas, <i>il a été
+choisi président du comité</i>, mais, <i>il a été
+choisi</i> <span class="smcap">pour</span> <i>président du comité</i>.</p>
+
+<p>CLORRE ou CLORE est usité à tous
+les temps composés, et de plus aux temps
+simples suivans; <i>je clos</i>, <i>tu clos</i>, <i>il clôt</i>,
+sans pluriel: <i>je clorai</i>, etc., <i>je clorais</i>, etc.:
+<i>clos</i> sans pluriel, <i>clos</i>, <i>close</i>.</p>
+
+<p><i>Enclorre</i> se conjugue de même.</p>
+
+<p>CLUB, mot anglais, adopté depuis la
+révolution française, que l'on prononce <i>klobe</i>.</p>
+
+<p>COLLECTIF. Il y a deux sortes de
+noms collectifs, le <i>général</i> qui représente
+une collection entière, et le <i>partitif</i> qui représente
+une collection partielle.</p>
+
+<p>Tout verbe qui a pour sujet un collectif,
+s'accorde avec ce collectif, s'il est <i>général</i>:
+<i>l'infinité des perfections de Dieu m'accable</i>:&mdash;<i>la
+totalité des enfans sacrifie l'avenir
+au présent</i>; et avec le substantif qui
+suit le collectif, si celui-ci est <i>partitif</i>: <i>une
+multitude d'hommes l'environnaient</i>;&mdash;<i>une
+troupe de barbares désolèrent le pays</i>.</p>
+
+<p>On distingue le collectif partitif au mot,
+<i>un</i>, <i>une</i>, dont il est presque toujours précédé,
+<span class="smcap">une</span> <i>quantité</i>, <span class="smcap">une</span> <i>foule</i>.</p>
+
+<p>Remarque. Avec <i>la plupart</i>, employé
+absolument, le verbe se met toujours au<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[Pg 25]</a></span>
+pluriel. <i>Le sénat fut partagé</i>; <i>la plupart</i>
+<span class="smcap">voulaient</span> <i>que</i>, etc.</p>
+
+<p>COLORER <i>une estampe</i> est une faute.
+Dites <span class="smcap">colorier</span> <i>une estampe</i>. <i>Colorer</i>
+c'est donner la couleur; ainsi le saffran <i>colore</i>
+l'eau. <i>Colorier</i> c'est appliquer les
+couleurs: <i>une estampe</i> <span class="smcap">coloriée</span>.</p>
+
+<p>COMMANDER. On emploie souvent,
+mais improprement, le mot <i>recommander</i>
+au lieu de <i>commander</i>, pour signifier la
+charge que l'on donne de faire quelque chose.
+Ainsi l'on dit, <i>j'ai</i> <span class="smcap">recommandé</span> <i>un habit</i>,&mdash;<i>une
+paire de souliers</i>, au lieu de, <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">commandé</span> <i>un habit</i>,&mdash;<i>une paire de soulliers</i>.</p>
+
+<p>COMME. Lorsque deux sujets sont
+unis par <i>comme</i>, <i>ainsi que</i>, le verbe s'accorde
+avec le premier sujet: <i>l'enfer comme
+le ciel</i> <span class="smcap">prouve</span> <i>un Dieu juste et bon</i>:&mdash;<i>la
+vertu ainsi que le savoir</i> <span class="smcap">a</span> <i>son prix</i>.</p>
+
+<p><i>Comme</i> ne doit pas remplacer <i>que</i> pour
+unir les deux termes d'une comparaison.
+Ne dites pas: <i>César était aussi éloquent</i>
+<span class="smcap">comme</span> <i>brave</i>: dites, <i>aussi éloquent</i> <span class="smcap">que</span>
+<i>brave</i>:&mdash;<i>il est aussi grand</i> <span class="smcap">comme</span> <i>moi</i>:
+dites, <span class="smcap">que</span> <i>moi</i>.</p>
+
+<p>COMMENCER. <i>Commencer à</i>, désigne
+une action qui aura du progrès, de l'accroissement:
+<i>cet enfant commence</i> <span class="smcap">à</span> <i>parler</i>.
+<i>Commencer de</i>, exprime une action complète,
+qui aura de la durée: <i>il commença</i><span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[Pg 26]</a></span>
+<span class="smcap">de</span> <i>parler à deux heures, et ne finit qu'à
+six</i>.</p>
+
+<p>COMPLU est toujours invariable, n'ayant
+pas de régime direct. <i>Elle s'est</i> <span class="smcap">complu</span>
+<i>dans ses enfans</i>.</p>
+
+<p>COMPRIS. Le participe <i>compris</i>, employé
+sans auxiliaire, est invariable, quand
+il précède le mot auquel il se rapporte: <i>y</i>
+<span class="smcap">compris</span> <i>cette somme</i>; mais lorsqu'il le suit,
+il doit s'accorder avec lui: <i>cette somme y</i>
+<span class="smcap">comprise</span>.</p>
+
+<p>CONCORDANCE des temps de l'indicatif
+entre eux dans certains cas.</p>
+
+<p>Lorsque deux verbes sont unis par la
+conjonction <i>que</i>, l'on met le second verbe au
+présent de l'indicatif, si ce second verbe
+exprime une vérité constante, ou une action
+qui se fait ou peut se faire dans tous les
+temps. <i>J'ai toujours cru qu'il</i> <span class="smcap">existait</span>
+<i>un Dieu rénumérateur et vengeur</i>. Il faut
+dire... qu'il <span class="smcap">existe</span>. <i>J'ai toujours cru que
+quatre et cinq</i> <span class="smcap">fesaient</span> <i>neuf</i>. Il faut dire,
+<span class="smcap">font</span> <i>neuf</i>. <i>Je vous ai dit qu'il n'y</i> <span class="smcap">avait</span>
+<i>rien de stable dans ce monde</i>. Dites, <i>qu'il
+n'y</i> <span class="smcap">a</span> <i>rien de stable</i>.</p>
+
+<p>On se servira également du présent, s'il
+s'agit de quelque chose qui existe au moment
+que l'on parle, et l'on dira: <i>je savais
+bien que vous</i> <span class="smcap">êtes</span> <i>marié</i>;&mdash;<i>nous avons su
+que vous</i> <span class="smcap">avez</span> <i>acheté une métairie</i>:&mdash;<i>on
+m'a rapporté que notre mère</i> <span class="smcap">a été</span> <i>quelque
+temps malade</i>; et non pas: <i>je savais
+bien que vous</i> <span class="smcap">étiez</span> <i>marié</i>;&mdash;<i>nous avons<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[Pg 27]</a></span>
+su que vous</i> <span class="smcap">aviez</span> <i>acheté une métairie</i>:&mdash;<i>on
+m'a rapporté que votre mère</i> <span class="smcap">avait été</span>
+<i>quelque temps malade</i>. Au lieu du futur
+on se sert abusivement du conditionnel présent:
+<i>on nous a dit que vous</i> <span class="smcap">consentiriez</span>
+<i>à cette démarche</i>:&mdash;<i>votre frère m'a assuré
+que vous</i> <span class="smcap">iriez</span> <i>à la campagne au printemps
+prochain</i>;&mdash;<i>le bruit a couru que je</i> <span class="smcap">quitterais</span>
+<i>ce pays incessamment</i>: il faut dire
+<i>que vous</i> <span class="smcap">consentirez</span>; <i>que vous</i> <span class="smcap">irez</span>:
+<i>que je</i> <span class="smcap">quitterai</span>, attendu qu'il s'agit ici
+seulement d'exprimer que les actions de <i>consentir</i>,
+d'<i>aller</i>, de <i>quitter</i>, s'exécuteront dans
+un temps où l'on n'est pas encore.</p>
+
+<p>Le conditionnel passé ne doit pas s'employer
+pour le conditionnel simple ou présent:
+<i>j'aurais parié que vous m'</i><span class="smcap">auriez répondu</span>:
+dites, <i>que vous me</i> <span class="smcap">répondriez</span>.</p>
+
+<p>CONCORDANCE des temps du subjonctif
+avec ceux de l'indicatif et du conditionnel.</p>
+
+<p>Quand le verbe de la proposition principale
+est à l'imparfait, aux prétérits, au plus-que-parfait,
+ou à l'un des conditionnels, l'on
+met le second verbe à l'imparfait du subjonctif.
+Par conséquent au lieu des phrases
+sottement ridicules; <i>il désirait que je</i>
+<span class="smcap">chante</span>;&mdash;<i>je voudrais qu'il</i> <span class="smcap">sorte</span>;&mdash;<i>le
+médecin a ordonné que vous</i> <span class="smcap">preniez</span> <i>un
+bain</i>; il faut dire: <i>il désirait que je</i> <span class="smcap">chantasse</span>:&mdash;<i>je
+voudrais qu'il</i> <span class="smcap">sortit</span>:&mdash;<i>le
+médecin a ordonné que vous</i> <span class="smcap">prissiez</span> <i>un
+bain</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[Pg 28]</a></span></p>
+
+<p>Cependant avec le prétérit indéfini l'on
+peut mettre le second verbe au présent du
+subjonctif, quand il exprime une action qui se
+fait dans tous les temps. <i>Dieu nous a
+créés pour que nous l'</i><span class="smcap">aimions</span>.</p>
+
+<p>CONFIRE. <i>Je confis</i>, <i>tu confis</i>, <i>il confit</i>,
+<i>nous confisons</i>, <i>vous confisez</i>, <i>ils confisent</i>;
+<i>je confisais</i>, <i>je confis</i>, <i>je confirai</i>,
+<i>je confirais</i>, <i>confis</i>, <i>confisons</i>, <i>confisez</i>, <i>que
+je confisse</i>, point d'imparf. du subj. <i>confisant</i>,
+<i>confit</i>, <i>confite</i>.</p>
+
+<p>CONNEXITÉ dénote un simple rapport
+qui est dans la nature des choses:
+<i>connexion</i> énonce une liaison établie entre
+les choses.</p>
+
+<p>CONSOMMER, CONSUMER. <i>Consommer
+se dit</i> de tout ce qui est susceptible
+d'être accompli ou perfectionné: <i>un
+homme</i> <span class="smcap">consommé</span> <i>dans les sciences</i>: et
+<i>consumer</i> du tout ce qui ont susceptible
+d'être dévoré ou anéanti: <i>il a</i> <span class="smcap">consumé</span>
+<i>son temps et son argent</i>.</p>
+
+<p>CONSONNES. D'après l'ancienne
+appellation les consonnes, <i>b, c, d, f, g, h,
+j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z,</i> se
+prononcent, <i>bé, cé, dé, effe, gé, ache, ji,
+ka, elle, emme, enne, pé, qu, erre, esse,
+té, vé, ixe, zède</i>.</p>
+
+<p>D'après la nouvelle appellation, elles se
+prononcent, <i>be, ce, de, fe, ghe, he, je, ke,
+le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[Pg 29]</a></span></p>
+
+<p>Cette nouvelle méthode fut proposée, par
+MM. du Port-Royal, et quoiqu'elle ait de
+grands avantages sur l'ancienne, elle resta
+long temps dans l'oubli, par cela seul quelle
+était contraire à la pratique générale. <i>Mais
+enfin</i>, dit Duvivier, <i>l'empire du préjugé
+commence à s'affaiblir, et dans peu elle
+sera selon toute probabilité, la seule en
+usage</i>.</p>
+
+<p>Suivant cette nouvelle appellation, toutes
+les lettres de l'alphabet sont <i>masculines</i>;
+suivant l'ancienne, il y en a qui sont <i>féminines</i>
+et d'autres qui sont <i>masculines</i>. Les
+<i>féminines</i>, sont <i>f, h, l, m, n, r, s</i>: les
+<i>masculines</i>, <i>a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, p,
+q, t, u, v, x, y, z</i>.</p>
+
+<p>CONSTABLE. On sait que les devoirs
+de l'<i>Officier de Paix</i> en France, sont
+analogues à ceux du <i>constable</i> en Angleterre.
+Il est donc évident que l'on doit rejetter
+le mot anglais <i>constable</i>, puisque nous
+avons en français son équivalent.</p>
+
+<p>Quant au mot français <i>connetable</i>, c'est
+une grave faute que de l'employer dans le
+sens d'<i>Officer de Paix</i>.</p>
+
+<p>CONTINUATION est pour la durée:
+<i>continuité</i> pour l'étendue.</p>
+
+<p>CONTINUER À se dit d'une chose
+que l'on fait sans interruption: <i>continuez</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>bien vivre</i>: <i>continuer de</i> d'une chose où il
+y à interruption: <i>continuez</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous former
+le style</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[Pg 30]</a></span></p>
+
+<p>CONTRAINDRE prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant
+l'infinitif: c'est l'oreille et le goût qui en
+décident: <i>contraindre quelqu'un</i> <span class="smcap">à</span> <i>travailler</i>,
+ou <span class="smcap">de</span> <i>travailler</i>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi des verbes <i>demander</i>, <i>s'empresser</i>,
+et <i>forcer</i>.</p>
+
+<p>COPIE n'est pas synonyme d'<i>exemplaire</i>,
+et c'est une faute de dire, <i>j'ai acheté
+quelques</i> <span class="smcap">copies</span> <i>de tel ouvrage</i>: dites,
+<i>quelques</i> <span class="smcap">exemplaires</span>.</p>
+
+<p>COUDRE. <i>Je couds, tu couds, il coud,
+nous cousons, vous cousez, ils cousent, je
+cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais,
+couds, cousons, cousez, que je couse, que
+je cousisse, cousant, cousu, cousue</i>.</p>
+
+<p>COULEUR et COLORIS, en parlant
+d'un tableau, ont des significations bien différentes.
+<i>Couleur</i> est l'impression que fait
+sur l'&oelig;il la lumière réfléchie par chaque
+partie du tableau. <i>Coloris</i> est l'effet qui
+résulte de l'ensemble, et de l'assortiment
+des <i>couleurs</i>.</p>
+
+<p>COULEUR est toujours féminin, excepté
+dans les mots composés, <i>couleur de
+feu</i>, <i>couleur de rose</i>, etc. Ainsi l'on dit;
+<span class="smcap">le</span> <i>couleur de feu est</i> <span class="smcap">ma</span> <i>couleur favorite</i>:
+<i>cette étoffe est d'</i><span class="smcap">un</span> <i>couleur de rose charmant</i>.
+On dit adjectivement, <i>un ruban couleur
+de feu</i>.</p>
+
+<p>Un habit de couleur, une robe de couleur,
+sont un habit et une robe de toute autre couleur
+que le blanc et le noir.<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">[Pg 31]</a></span></p>
+
+<p>COUPLE est féminin quand il désigne
+deux choses qui ne vont pas ensemble nécessairement:
+<i>une couple de serviteurs</i>,&mdash;<i>de
+poulets</i>,&mdash;<i>d'&oelig;ufs</i>. Ils est masculin quand il
+désigne deux personnes unies par le mariage,
+ou qu'il se dit d'un mâle ou d'une femelle
+qu'on a appareillés ensemble: <i>un
+couple d'époux</i>,&mdash;<i>un couple de pigeons</i>.</p>
+
+<p>COURIR prend deux <i>r</i> au futur simple,
+<i>je</i> <span class="smcap">courrai</span> et au présent du conditionnel <i>je</i>
+<i>cou</i><span class="smcap">rr</span><i>ais</i>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi des verbes <i>concourir</i>, <i>discourir</i>,
+<i>encourir</i>, <i>parcourir</i>, <i>secourir</i>, <i>mourir</i>,
+<i>accourir</i>.</p>
+
+<p>COUVERCLE est ce qui ferme en
+couvrant: ainsi on dit, <span class="smcap">couvercle</span> <i>d'un
+chaudron</i>,&mdash;<i>d'un pot</i>,&mdash;<i>d'une écuelle</i>,&mdash;<i>d'une
+soupière</i>, etc. On doit se garder
+d'employer dans ce sens le mot <i>couvert</i> qui
+a une toute autre signification.</p>
+
+<p>CRAINTE, PLAINTE. Autrefois
+l'on rejetait les participes féminins <i>crainte</i>
+et <i>plainte</i>; aujourd'hui on les emploie, et
+l'on dit: <i>la chose que j'ai crainte</i>,&mdash;<i>la personne
+que j'ai plainte</i>.</p>
+
+<p>CRAINTE DE précède toujours un
+substantif: dites, <i>crainte de</i> <span class="smcap">pis</span>, et non pas
+<span class="smcap">de</span> <i>crainte de</i> <span class="smcap">pis</span>. <i>De crainte de</i> se met
+devant un infinitif: dites, <span class="smcap">de</span> <i>crainte de</i>
+<span class="smcap">tomber</span>, et non pas, <i>crainte de</i> <span class="smcap">tomber</span>.</p>
+
+<p>CROIRE <i>quelque chose</i>, c'est l'estimer
+véritable; <i>je crois la religion</i>. <i>Croire à<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">[Pg 32]</a></span>
+quelque chose</i>, c'est s'y fier, y avoir confiance:
+<i>je crois</i> <span class="smcap">à</span> <i>son innocence</i>. <i>Croire
+quelqu'un</i>, c'est ajouter foi à ce qu'il dit:
+<i>c'est un menteur, on ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>croit plus</i>.
+<i>Croire à quelqu'un</i>, c'est croire à son existence:
+<i>il croit</i> <span class="smcap">aux</span> <i>revenans</i>. On dit aussi
+dans ce sens, <i>croire à la magie</i>.</p>
+
+<p>CULOTTE, vêtement d'homme de la
+ceinture aux genoux. On ne doit pas confondre
+<i>culotte</i> avec <i>pantalon</i> qui est un vêtement
+de la ceinture aux pieds.</p>
+
+<p class="p2">D final sonne dans les noms propres
+<i>David</i>, <i>Obed</i>, <i>Joad</i>, etc.: et dans <i>Sud</i>
+(le midi).</p>
+
+<p>En général le d final se fait sentir devant
+une voyelle, ou une <i>h</i> non aspirée. Cette
+règle néanmoins souffre beaucoup d'exceptions,
+surtout dans la conversation: ainsi dans
+ces phrases, <i>chaud accablant</i>,&mdash;<i>bord escarpé</i>,&mdash;<i>froid
+épouvantable</i>, le <i>d</i> est nul en
+prononciation.</p>
+
+<p>On doit à cet égard consulter l'oreille, interroger
+l'usage.</p>
+
+<p>DAME est un titre d'honneur qui s'étend
+aujourd'hui à toutes les femmes d'une condition
+un peu honnête. Mais c'est une erreur
+grossière de l'employer comme synonyme
+de <i>femme mariée</i>. Ainsi ne dites pas,
+<i>la</i> <span class="smcap">dame</span> <i>de Monsieur un tel</i>; ni, <i>votre</i>
+<span class="smcap">dame</span>; dites; <i>la</i> <span class="smcap">femme</span> <i>de Monsieur un
+tel</i>: <i>votre</i> <span class="smcap">femme</span>. Cette dernière locution,
+quoique correcte, doit être évitée
+néanmoins dans la bonne société: au lieu<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">[Pg 33]</a></span>
+donc de dire, <i>votre femme</i>, dites <i>Madame</i>,
+en y ajoutant le nom du mari.</p>
+
+<p>Une dame ne dit, <i>mon mari</i>, que dans
+l'intimité; en toute autre circonstance elle
+le nomme par son nom en l'appelant <i>Monsieur</i>.
+Mais il n'en est pas ainsi du mari;
+il serait ridicule qu'il dit en société, <i>mon
+épouse</i> ou <i>Madame</i> <span class="smcap">n</span>: il doit dire tout simplement,
+<i>ma femme</i>.</p>
+
+<p><i>Madame votre femme</i>, <i>Madame votre
+épouse</i> sont des expressions de mauvais ton;
+moins ridicules néanmoins que, <i>Monsieur
+mon père</i>: <i>Madame ma mère</i>.</p>
+
+<p>Une dame ne doit pas dire, <i>quand j'étais
+fille</i>, mais, <i>quand j'étais demoiselle</i>.</p>
+
+<p>DANS, EN. <i>Dans</i> a un sens précis et
+déterminé: <i>il est</i> <span class="smcap">dans</span> <i>la ville</i>: <i>en</i> a un
+sens vague et indéterminé: <i>il est</i> <span class="smcap">en</span> <i>ville</i>.
+<i>Dans</i> marque le temps où l'on exécute les
+choses; <i>il viendra</i> <span class="smcap">dans</span> <i>un mois</i>: et <i>en</i>,
+celui qu'on emploie à les exécuter: <i>il a fait
+le voyage</i> <span class="smcap">en</span> <i>un mois</i>.</p>
+
+<p>DE entre deux noms. Si le second
+nom ne sert qu'à spécifier la nature du premier
+nom, et par conséquent s'il n'est employé
+que dans un sens indéfini, dans un
+sens général, qui ne présente à l'esprit
+qu'une idée vague et confuse, l'idée de pluralité
+disparaît, et le second nom se met au
+singulier: <i>des queues de cheval</i>;&mdash;<i>de l'huile
+d'olive</i>;&mdash;<i>des gens de plume</i>.</p>
+
+<p>Mais le second nom se place au pluriel,
+s'il désigne une chose qui se compte; <i>une<span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">[Pg 34]</a></span>
+mesure de haricots</i>;&mdash;<i>un bouquet de roses</i>,&mdash;<i>un
+marchand de plumes</i> (à écrire).</p>
+
+<p>DÉCHOIR. <i>Je déchois</i>, <i>tu déchois</i>, <i>il
+déchoit</i>, <i>nous déchoyons</i>, <i>vous déchoyez</i>, <i>ils
+déchoient</i>, point d'imparfait, <i>je déchus</i>, <i>je
+décherrai</i>, <i>je décherrais</i>, <i>déchois</i>, <i>déchoyons</i>,
+<i>déchoyez</i>, <i>que je déchoie</i>, <i>que tu déchoies</i>,
+<i>qu'il déchoie</i>, <i>que nous déchoyions</i>,
+<i>que vous déchoyiez</i>, <i>qu'ils déchoient</i>, <i>que je
+déchusse</i>, point de participe présent, <i>déchu</i>,
+<i>déchue</i>.</p>
+
+<p>DEDANS ne veut point de régime:
+dites, <i>dans la ville</i>, et non, <span class="smcap">dedans</span> <i>la ville</i>;
+à moins que <i>dedans</i> ne soit précédé d'une
+préposition; <span class="smcap">par</span> <i>dedans la ville</i>; ou employé
+en opposition avec un des adverbes
+<i>dehors</i>, <i>dessus</i>, <i>dissous</i>: <i>il y à des animaux</i>
+<span class="smcap">dedans</span> <i>et</i> <span class="smcap">dessus</span> <i>la terre</i>.</p>
+
+<p>DE FACON QUE. <i>De façon que</i>,
+<i>de manière que</i>, <i>de sorte que</i>, demandent
+le subjonctif, quand l'idée tient du doute, de
+l'avenir: <i>conduisez-vous de manière que
+vous</i> <span class="smcap">méritiez</span> <i>l'estime des gens de bien</i>:
+et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle
+a rapport au présent, ou passé: <i>il s'est conduit
+de façon qu'il</i> <span class="smcap">a mérité</span> <i>l'estime des
+gens de bien</i>.</p>
+
+<p>DEHORS ne veut point de régime:
+dites, <i>hors de la ville</i>; à moins que <i>dehors</i>
+ne soit précédé d'une préposition: <i>passer</i>
+<span class="smcap">par</span> <i>dehors la ville</i>; ou employé en opposition
+avec un des adverbes <i>dedans</i>, <i>dessus</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">[Pg 35]</a></span>
+<i>dessous</i>: <i>j'en voyais et</i> <span class="smcap">dedans</span> <i>et</i> <span class="smcap">dehors</span>
+<i>nos murailles</i>.</p>
+
+<p>DÉJEUNER, DÎNER, SOUPER.
+Ces trois verbes veulent la préposition <i>avec</i>
+devant un nom de personne: et la préposition
+de devant le nom de la chose que l'on
+mange, <i>j'ai déjeûné</i>&mdash;<i>dîné</i>&mdash;<i>soupé</i> <span class="smcap">avec</span> <i>mon
+ami</i>: <i>j'ai déjeûné</i> <span class="smcap">de</span> <i>café</i>: <i>j'ai dîné</i> <span class="smcap">d'</span><i>un
+bon pâté</i>.</p>
+
+<p>On dit, <span class="smcap">de</span> <i>quoi avez-vous déjeûné</i>&mdash;<i>dîné</i>&mdash;<i>soupé</i>?
+et non pas, <span class="smcap">avec</span> quoi avez-vous
+déjeûné? etc.</p>
+
+<p>DÉLICE au singulier est masculin; au
+pluriel féminin: <i>mon plus</i> <span class="smcap">grand</span> <i>délice</i>,&mdash;<i>mes
+plus</i> <span class="smcap">chères</span> <i>délices</i>.</p>
+
+<p>DÉLIVRER dans le sens de <i>livrer</i> ne
+peut avoir deux régimes de personnes. Ainsi
+on dit bien, <i>délivrer des marchandises à
+quelqu'un</i>: mais on ne doit pas dire, <i>délivrer
+un prisonnier à quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>DEMAIN. On dit, <i>demain matin</i>, <i>demain
+soir</i> de préférence à <i>demain</i> <span class="smcap">au</span> <i>matin</i>,
+<i>demain</i> <span class="smcap">au</span> <i>soir</i>.</p>
+
+<p>DEMEURER prend <i>avoir</i> pour exprimer
+que le sujet n'est plus au lieu, dans
+l'état dont il est question: <i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>demeuré six
+mois en Italie</i>:&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>demeuré longtemps
+captif</i>.</p>
+
+<p>Il prend <i>être</i> pour marquer que le sujet
+n'a pas changé de lieu, d'état: <i>deux cens
+hommes</i> <span class="smcap">sont</span> <i>demeurés sur le champ de<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">[Pg 36]</a></span>
+bataille</i>:&mdash;<i>il a reçu une blessure, et</i> <span class="smcap">est</span>
+<i>demeuré infirme</i>.</p>
+
+<p>DEMI reste invariable quand il précède
+le substantif: <i>une</i> <span class="smcap">demi</span><i>-heure</i>: <i>une</i> <span class="smcap">demi</span><i>-verge</i>:
+et s'accorde en genre seulement
+lorsqu'il suit le substantif: <i>deux heures et</i>
+<span class="smcap">demie</span>.</p>
+
+<p>DÉPLU. Le participe <i>déplu</i> est toujours
+invariable: <i>ces Messieurs se sont</i> <span class="smcap">déplu</span>
+<i>à la campagne</i>:&mdash;<i>ces Dames se sont</i>
+<span class="smcap">déplu</span>.</p>
+
+<p>DE QUI, DONT, DUQUEL. <i>De
+qui</i> ne se dit que des personnes, ou des
+choses personnifiées. <i>Dont</i> et <i>duquel</i> se
+disent des personnes et des choses; mais
+en général <i>dont</i> est préférable: <i>un arbre</i>
+<span class="smcap">dont</span> <i>le fruit est excellent</i>, et non pas, <i>un
+arbre</i> <span class="smcap">duquel</span>, etc. Cependant <i>duquel</i>
+doit être préféré à <i>dont</i>;</p>
+
+<p>1º pour éviter une équivoque; <i>la bonté
+du Seigneur</i> <span class="smcap">de laquelle</span> <i>nous ressentons
+les effets</i>.</p>
+
+<p>2º lorsque le mot auquel se rapporte ce
+pronom relatif est suivi d'une préposition:
+<i>l'homme à la réputation</i> <span class="smcap">duquel</span> <i>vous voulez
+nuire</i>; et non pas, <i>l'homme à la réputation</i>
+<span class="smcap">dont</span>, etc.</p>
+
+<p>DÉSESPÉRER QUE, étant accompagné
+d'une négation, veut <i>ne</i> devant le
+verbe qui suit: <i>je ne désespère pas qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">[Pg 37]</a></span></p>
+
+<p>DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE.
+Il ne faut pas confondre ces deux mots.
+Le premier est contraire à la pureté: le
+second à la civilité, à la droiture.</p>
+
+<p>DESSUS, DESSOUS ne veulent pas
+de régime: ne dites donc pas, <span class="smcap">dessus</span> <i>la
+table</i>, <span class="smcap">dessous</span> <i>le lit</i>: <i>dites</i> <span class="smcap">sur</span> <i>la table</i>,
+<span class="smcap">sous</span> <i>le lit</i>: à moins que ces adverbes ne
+soient précédés d'une préposition: <span class="smcap">par dessus</span>
+<i>les murs</i>, <span class="smcap">par dessous</span> <i>la jambe</i>: ou
+employés en opposition: <i>il y a des livres
+dessus et dessous</i> <span class="smcap">la table</span>.</p>
+
+<p>DIRE. De tous les composés de <i>dire</i>,
+il n'y a que le verbe <i>redire</i> qui se conjugue
+absolument comme <i>dire</i>: <i>redire</i> fait donc
+au présent de l'indicatif, <i>vous redites</i>, et à
+l'impératif <i>redites</i>.</p>
+
+<p>À l'égard des verbes <i>dédire</i>, <i>contredire</i>,
+<i>interdire</i>, <i>médire</i>, <i>prédire</i>, on dit au présent
+de l'indicatif, <i>vous dédisez</i>, <i>vous contredisez</i>,
+<i>vous interdisez</i>, <i>vous médisez</i>,
+<i>vous prédisez</i>, et à l'impératif, <i>dédisez</i>,
+<i>contredisez</i>, <i>interdisez</i>, <i>médisez</i>, <i>prédisez</i>.</p>
+
+<p>DISCONVENIR. Lorsque <i>disconvenir</i>
+est accompagné d'une négation, il veut
+<i>ne</i> devant le verbe suivant; <i>je ne disconviens
+pas qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>soit habile</i>.</p>
+
+<p>DISPUTER. Lorsque <i>disputer</i> signifie,
+<i>prétendre concurremment à</i>, il prend
+le pronom personnel, et alors il est suivi
+d'un régime direct: <i>on</i> <span class="smcap">se dispute</span> <i>la prééminence</i>,&mdash;<i>un
+rang</i>,&mdash;<i>un héritage</i>. Em<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">[Pg 38]</a></span>ployé
+dans un sens absolu, signifiant <i>avoir
+contestation</i>, il ne prend pas ce pronom:
+ainsi ne dites pas, <i>vous avez tort de</i> <span class="smcap">vous
+disputer</span>,&mdash;<i>ils</i> <span class="smcap">se</span> <i>se sont longtemps</i> <span class="smcap">disputés</span>:
+dites, <i>vous avez tort de</i> <span class="smcap">disputer</span>:
+<i>ils</i> <span class="smcap">ont</span> <i>longtemps</i> <span class="smcap">disputé</span>.</p>
+
+<p>DISTINGUER DE se dit des choses
+analogues; <i>distinguer la bienfaisance</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>la charité</i>; <i>distinguer d'avec</i>, se dit
+d'objets différens: <i>distinguer l'or d'</i><span class="smcap">avec</span>
+<i>l'argent</i>.</p>
+
+<p>DONC se prononce <i>donk</i> devant une
+voyelle, et au commencement d'une phrase,
+ou d'un membre de phrase; et aussi quand
+la phrase indique l'indignation, la colère, etc.</p>
+
+<p>DOUTER accompagné d'une négative
+veut <i>ne</i> devant le verbe suivant: <i>je ne doute
+pas que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>réussissiez</i>. Le participe
+passé de <i>se douter</i> s'accorde toujours avec
+le second pronom; <i>il se sont</i> <span class="smcap">doutés</span> <i>de
+cela</i>.</p>
+
+<p>DRESSER. Dites, <i>les cheveux me
+dressent</i> <span class="smcap">à</span> <i>la tête</i>, et non <span class="smcap">sur</span> <i>la tête</i>.</p>
+
+<p>DROIT. On dit, <i>Mademoiselle marchez</i>
+<span class="smcap">droit</span>, et <i>Mademoiselle marchez</i>
+<span class="smcap">droite</span>. Le premier veut dire, <i>marchez en
+ligne droite</i>: <i>droit</i> est un adverbe, et se
+rapporte au verbe <i>marchez</i>: le second signifie
+<i>tenez-vous droite en marchant</i>.</p>
+
+<p>DU, DE LA, DES sont employés devant
+les substantifs communs, pris dans un
+sens partitif; c.-à-d., pour désigner une<span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">[Pg 39]</a></span>
+<i>partie</i>, une <i>portion</i> des personnes ou des
+choses dont on parle: <i>il a</i> <span class="smcap">du</span> <i>papier</i>; c.-à-d.,
+<i>quelque papier</i>:&mdash;vous avez <span class="smcap">de l'</span><i>encre</i>;
+c.-à-d., <i>quelque encre</i>:&mdash;<i>nous avons acheté</i>
+<span class="smcap">des</span> <i>plumes</i>; c.-à-d., <i>quelques plumes</i>: excepté
+quand le substantif dans un sens partitif,
+est précédé d'un adjectif; alors on emploie
+simplement <i>de</i>; <i>il a</i> <span class="smcap">de</span> <i>bon papier</i>:&mdash;<i>vous
+avez</i> <span class="smcap">de</span> <i>bonne encre</i>:&mdash;<i>nous avons
+acheté</i> <span class="smcap">d'</span><i>excellentes plumes</i>.</p>
+
+<p>On ne doit donc pas dire; <i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de
+la</span> <i>bonne viande</i>:&mdash;<i>j'ai bu</i> <span class="smcap">du</span> <i>bon vin</i>:&mdash;<i>voilà</i>
+<span class="smcap">du</span> <i>beau papier</i>: dites, <i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>bonne viande</i>:&mdash;<i>j'ai bu</i> <span class="smcap">de</span> <i>bon vin</i>:&mdash;<i>voilà</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>bon papier</i>.</p>
+
+<p>DU GUESCLIN. On ne fait point
+sonner l'<i>s</i> de ce nom d'homme.</p>
+
+<p>DURANT. Cette préposition se met
+quelquefois après son régime; <i>sa vie</i> <span class="smcap">durant</span>.</p>
+
+<p><i>Durant</i> exprime une durée continue;
+<i>pendant</i> marque un moment, une époque.</p>
+
+<p><i>Durant que</i>, n'est plus usité.</p>
+
+<p class="p2">ÉCHOIR, n'est guère d'usage au présent
+de l'indicatif qu'à la troisième personne du
+singulier, <i>il échoit</i>, qu'on prononce et qu'on
+écrit quelquefois <i>il échet</i>: point d'imparfait
+de l'indicatif, <i>j'échus</i>, <i>j'écherrai</i>, <i>j'écherrais</i>,
+point d'impératif, <i>qu'il échée</i>, <i>qu'ils échéent</i>,
+<i>que j'échusse</i>, <i>échéant</i>, <i>échu</i>, <i>échue</i>.</p>
+
+<p><i>Échoir</i> construit avec les adverbes <i>bien</i>
+et <i>mal</i>, se dit des personnes; <i>vous ne sauriez
+que</i> <span class="smcap">bien</span> <i>échoir</i>;&mdash;<i>je suis</i> <span class="smcap">mal</span> <i>échu</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_40" id="Page_40">[Pg 40]</a></span></p>
+
+<p>Noël veut qu'aux temps composés <i>échoir</i>
+prenne <i>avoir</i> et <i>être</i>. Duvivier prétend au
+contraire que le participe du verbe <i>échoir</i> se
+construit avec le seul auxiliaire <i>être</i>.</p>
+
+<p>ÉCLAIRER. Lorsqu'on donne ordre
+de porter une lumière à quelqu'un qui passe
+par un endroit obscur, il faut dire, <i>éclairez</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>Monsieur</i>, et non pas, <i>éclairez Monsieur</i>.</p>
+
+<p>ÉCLORE, <i>il éclôt</i>, <i>ils éclosent</i>, <i>il éclora</i>,
+<i>ils écloront</i>, <i>il éclorait</i>, <i>ils écloraient</i>,
+<i>qu'il éclose</i>, <i>qu'ils éclosent</i>, <i>éclos</i>, <i>éclose</i>.
+Il n'est usité qu'aux temps et aux personnes
+ci-dessus, et de plus à la troisième personne
+du singulier et du pluriel des temps composés.</p>
+
+<p>EFFORCER À. (s') <i>S'efforcer à</i>, a
+rapport aux forces physiques; <i>s'efforcer</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>courir</i>:&mdash;<i>s'efforcer</i> <span class="smcap">à</span> <i>porter un fardeau</i>.
+<i>S'efforcer de</i>, a rapport aux facultés intellectuelles:
+<i>s'efforcer</i> <span class="smcap">d'</span><i>être plaisant</i>:&mdash;<i>s'efforcer</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>paraître calme</i>.</p>
+
+<p>ELLE, EUX, ELLES, précédés d'une
+préposition, ainsi que les prénoms, <i>lui</i>, <i>leur</i>,
+ne se disent que des personnes, ou des
+choses personnifiées: il ne faut donc pas
+dire, <i>cette maison menace ruine, n'approchez
+pas</i> <i>d'</i><span class="smcap">elle</span>:&mdash;<i>ce cheval est méchant</i>,
+ne <span class="smcap">lui</span> <i>touchez pas</i>. Dans ces cas on se
+sert des pronoms <i>en</i> et <i>y</i>; <i>n'</i><span class="smcap">en</span> <i>approchez
+pas</i>;&mdash;<i>n'</i><span class="smcap">y</span> <i>touchez pas</i>: ou bien on donne
+une autre tournure à la phrase si les pronoms
+<i>en</i> et <i>y</i> ne peuvent y entrer.<span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">[Pg 41]</a></span></p>
+
+<p>Placés après le verbe <i>être</i> les pronoms
+<i>lui</i>, <i>elle</i>, <i>eux</i>, <i>elles</i> ne se disent que des
+personnes: <i>est-ce Monsieur votre père?</i>&mdash;<i>c'est</i>
+<span class="smcap">lui</span>;&mdash;<i>est-ce votre s&oelig;ur qui a écrit?</i>&mdash;<i>c'est</i>
+<span class="smcap">elle</span>;&mdash;<i>sont-ce là vos cousins?</i>&mdash;<i>ce
+sont</i> <span class="smcap">eux</span>.</p>
+
+<p>Mais aux questions suivantes, où il s'agit
+de <i>choses</i> et non de <i>personnes</i>: <i>est-ce là
+votre chapeau?</i>&mdash;<i>est-ce là votre épée?</i>&mdash;<i>sont-ce
+là vos livres?</i>&mdash;<i>sont-ce là vos
+plumes?</i>&mdash;il ne faut pas <i>répondre</i>, <i>oui, c'est</i>
+<span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>c'est</i> <span class="smcap">elle</span>,&mdash;<i>ce sont</i> <span class="smcap">eux</span>,&mdash;<i>ce sont</i>
+<span class="smcap">elles</span>: il faut répondre <i>ce</i> <span class="smcap">l'</span><i>est</i> aux deux
+premières questions, et <i>ce</i> <span class="smcap">les</span> <i>sont</i> aux deux
+dernières.</p>
+
+<p>EMPIERRER et EMPIERREMENT.
+(Dict. de Boiste) <i>Empierrer</i>
+c'est mettre un lit de pierres sous l'aire du
+gravier pour le consolider. <i>Empierrement</i>
+signifie le lit de pierres, ou l'action de les
+poser. V. <span class="smcap">ferrer</span>.</p>
+
+<p>EMPÊCHER QUE, veut toujours <i>ne</i>
+devant le verbe suivant: <i>j'empêcherai qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p>EN. Lorsqu'il est question de choses,
+on se sert du pronom relatif <i>en</i>, au lieu du
+pronom possessif, ainsi il faut dire; <i>ce livre
+me plaît, la reliure</i> <span class="smcap">en</span> <i>est belle</i>, et non pas,
+<span class="smcap">sa</span> <i>reliure est belle</i>:&mdash;<i>cette statue est belle,
+mais la tête</i> <span class="smcap">en</span> <i>est trop petit</i>, et non pas
+<span class="smcap">sa</span> <i>tête est trop petite</i>.</p>
+
+<p>Au jeu de cartes on dit, <i>jouer</i> <span class="smcap">en</span> <i>pique</i><span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">[Pg 42]</a></span>&mdash;<span class="smcap">en</span>
+<i>c&oelig;ur</i>, etc., et non pas, <span class="smcap">du</span> <i>pique</i>,&mdash;<span class="smcap">du</span>
+<i>c&oelig;ur</i>. V. <span class="smcap">son</span>, <span class="smcap">sa</span>.</p>
+
+<p>ENGAGER prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>il s'engagea</i> <span class="smcap">à</span> <i>payer</i>, ou <span class="smcap">de</span> <i>payer</i>.</p>
+
+<p>ENNOBLIR (prononcer <i>an-noblir</i>,)
+c'est donner de l'éclat, du lustre: <i>les beaux
+arts</i> <span class="smcap">ennoblissent</span> <i>une langue</i>.</p>
+
+<p><i>Anoblir</i> c'est donner des lettres de noblesse:
+<i>la Reine Victoire l'a</i> <span class="smcap">anobli</span>.</p>
+
+<p>ENNUYANT marque l'action, et <i>ennuyeux</i>
+l'état. Un homme <i>ennuyant ennuie</i>
+actuellement par ses discours, ou de
+quelqu'autre manière: un homme <i>ennuyeux</i>
+est celui qui par sa simplicité, par l'habitude
+de bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour
+ennuyer. <i>Ennuyeux</i> se dit des personnes
+et des choses: <i>ennuyant</i> des personnes seulement.</p>
+
+<p>ENTRE. L'<i>e</i> final d'<i>entre</i> s'élide seulement
+dans les verbes réfléchis, dont le simple
+commence par une voyelle: <i>s'entr'aider</i>,
+<i>s'entr'ouvrir</i>: et de plus dans <i>entr'acte</i>,
+<i>entr'autres</i>, et quelquefois devant <i>eux</i>, <i>elles</i>:
+c'est à volonté: <i>entr'eux</i>, <i>entr'elles</i>, ou
+<i>entre eux</i>, <i>entre elles</i>.</p>
+
+<p>ENTRE-NUIRE. (s') Le participe
+passé de <i>s'entre-nuire</i> est toujours invariable:
+<i>ils se sont</i> <span class="smcap">entre-nui</span>.</p>
+
+<p>ENVIRON ne doit pas être suivi de la
+conjonction <i>ou</i>: ne dites pas; <i>une somme
+d'</i><span class="smcap">environ</span> <i>quatre</i> <span class="smcap">ou</span> <i>cinq cens livres sterling</i>:
+dites; <i>une somme de quatre</i> <span class="smcap">ou</span> <i>cinq<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">[Pg 43]</a></span>
+cens livres sterling</i>: ou bien, <i>d'environ
+quatre</i> <span class="smcap">à</span> <i>cinq cens livres sterling</i>. La raison
+en est qu'<i>environ</i> et <i>ou</i> expriment chacun
+quelque chose de vague: leur réunion
+forme un pléonasme vicieux.</p>
+
+<p><i>Environ</i> ne doit pas être suivi de <i>de</i>:
+dites, <i>il était environ deux heures</i>, et non,
+<i>environ</i> <span class="smcap">de</span> <i>deux heures</i>.</p>
+
+<p>ESPÉRER QUE portant à l'esprit une
+idée de <i>futur</i>, ne doit pas être suivi d'un
+verbe au <i>présent</i> ou au <i>passé</i>: <i>j'espère que
+vous vous</i> <span class="smcap">portez</span> <i>bien</i>:&mdash;<i>j'espère que vous</i>
+<span class="smcap">avez réussi</span>. Dites: <i>je me</i> <span class="smcap">flatte</span> <i>que
+vous vous portez bien</i>;&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">pense</span> <i>que vous
+avez réussi</i>.</p>
+
+<p>C'est une faute grossière de dire; <span class="smcap">espérez</span>
+<i>un moment</i>, pour <span class="smcap">attendez</span> <i>un moment</i>.</p>
+
+<p>ESSAYER prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif
+qui suit: <i>essayer</i> <span class="smcap">à</span> ou <span class="smcap">de</span> <i>combattre</i>:
+c'est le goût qui en décide.</p>
+
+<p>ET. La conjonction <i>et</i> donne lieu à plusieurs
+remarques.</p>
+
+<p>1º. Elle ne doit pas unir les mots synonymes;
+ainsi ne dites pas, <i>une douceur</i> <span class="smcap">et</span>
+<i>une aménité admirable</i>;&mdash;<i>il est érudit</i> <span class="smcap">et</span>
+<i>savant</i>; dites, <i>une douceur</i>, <i>une aménité
+admirable</i>:&mdash;<i>il est érudit</i>, <i>savant</i>.</p>
+
+<p>2º. Elle ne doit pas non plus unir deux
+membres de phrases commençant chacun
+par une des conjonctions, <i>plus</i>, <i>moins</i>, <i>autant</i>.
+Dire, <i>plus on étudie</i>, <span class="smcap">et</span> <i>plus on<span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">[Pg 44]</a></span>
+aime l'étude</i>, serait une faute: dites: <i>plus
+en étudie</i>, <i>plus on aime l'étude</i>.</p>
+
+<p>3º. Elle ne peut unir que des mots de
+même nature, c.-à-d., un substantif à un
+substantif, un verbe à un verbe, etc.: d'où
+il suit que l'on ne doit pas dire, <i>il aime le jeu
+et</i> <span class="smcap">à étudier</span>, mais, <i>il aime le jeu et l'</i><span class="smcap">étude</span>.</p>
+
+<p>ET CÆTERA. Quand il est question
+de <i>choses</i>, l'on dit, <i>et cætera</i>; quand il
+s'agit de <i>personnes</i>, il faut dire, <i>et autres</i>,
+ou, <i>et d'autres</i>, ou, <i>et les autres</i>.</p>
+
+<p>ÊTRE. Le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>
+se met au pluriel, lorsqu'il est suivi de la
+troisième personne du pluriel: <i>ce</i> <span class="smcap">sont</span> <i>les
+Romains</i>;&mdash;<i>ce</i> <span class="smcap">sont</span> <i>eux</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">étaient</span> <i>nos
+amis</i>;&mdash;<i>ce</i> <span class="smcap">seront</span> <i>nos ennemis</i>, <i>qui</i>..</p>
+
+<p>Mais on dirait avec le verbe <i>être</i> au singulier,
+<i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>le travail et l'application</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">est</span>
+<i>nous</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>vous</i>;&mdash;<i>c'</i><span class="smcap">était</span> <i>nous</i>;&mdash;<i>ce</i>
+<span class="smcap">sera</span> <i>vous</i>; aucun de ces mots ne
+formant la troisième personne du pluriel.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i> Quelques auteurs emploient
+le singulier, quoique le verbe soit suivi de la
+troisième personne du pluriel. Racine dit,
+<i>ce n'</i><span class="smcap">est</span> <i>pas les Troyens</i>: l'Académie écrit,
+<span class="smcap">est</span>-<i>ce les Anglais</i>?</p>
+
+<p>Le temps du verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i> est
+déterminé par le verbe suivant: ainsi il faut
+dire: <i>ce</i> <span class="smcap">sera</span> <i>nous qui répondrons</i>; et non
+pas, <i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>nous qui répondrons</i>;&mdash;<i>ce</i>
+<span class="smcap">fut</span> <i>Cicéron qui sauva la république</i>; et<span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">[Pg 45]</a></span>
+non pas, <i>c'</i><span class="smcap">est</span> <i>Cicéron qui sauva la république</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>, est
+suivi d'une préposition, comme dans, <i>c'est
+à vous</i>; <i>c'était de nous</i>; <i>ce sera pour mes
+enfans</i>; on fait usage de la conjonction
+<i>que</i>: <i>c'est</i> <span class="smcap">à</span> <i>vous</i> <span class="smcap">que</span> <i>je m'adresse</i>;&mdash;<i>c'était</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>nous</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous parliez</i>;&mdash;<i>ce sera</i>
+<span class="smcap">pour</span> <i>mes enfans</i> <span class="smcap">que</span> <i>je travaillerai</i>. Si
+au lieu de cette conjonction, on employait <i>à
+qui</i>, dans la première phrase; <i>dont</i> ou <i>de
+qui</i> dans la seconde; et <i>pour qui</i> dans la
+troisième; l'on violerait les règles de la grammaire,
+en ce que l'on donnerait deux régimes
+indirects aux verbes, <i>je m'adresse</i>, <i>vous
+parliez</i>, <i>je travaillerai</i>, tandis qu'ils n'en
+doivent avoir qu'un. On dit de même, <i>c'est
+ici</i> <span class="smcap">que</span> <i>je demeure</i>;&mdash;<i>c'est là</i> <span class="smcap">que</span> <i>je vais</i>:
+et non pas, <i>c'est ici</i> <span class="smcap">où</span> <i>je demeure</i>;&mdash;<i>c'est
+là</i> <span class="smcap">où</span> <i>je vais</i>. Dans ces phrases, ce ne sont
+pas, il est vrai, deux régimes indirects qui
+marquent le même rapport, mais deux adverbes
+qui expriment la même circonstance,
+et dont un seul suffit.</p>
+
+<p>Après le verbe <i>être</i> précédé de <i>ce</i>, l'on
+met <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif: <i>c'est à moi à</i>,&mdash;<i>c'est
+à vous à</i>,&mdash;<i>c'est à lui à</i>, éveille une idée
+de tour: <i>c'est à moi de</i>,&mdash;<i>c'est à vous de</i>,&mdash;<i>c'est
+à lui de</i>, exprime une idée de droit
+ou de devoir. Ainsi l'on dira, <i>c'est à moi</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>jouer</i>, c.-à-d., c'est mon tour de jouer:
+<i>c'est à moi</i> <span class="smcap">de</span> <i>commander</i>, c.-à-d., c'est
+mon droit, c'est mon devoir de commander.</p>
+
+<p>On dit souvent <i>il a été</i> pour <i>il est allé</i>, et<span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">[Pg 46]</a></span>
+vice-versa. La règle à suivre en cela est
+que toutes les fois que l'on suppose le retour
+du lieu, il faut dire, <i>il a été</i>, <i>j'ai été</i>: et
+lorsqu'il n'y a pas de retour, <i>il est allé</i>.
+Ainsi, <i>Pierre est allé au sermon</i>, signifie
+que Pierre n'est pas de retour du sermon:
+<i>Pierre a été au sermon</i>, veut dire que
+Pierre est de retour du sermon. Les locutions,
+<i>je suis allé le voir</i>;&mdash;<i>je suis allé le
+visiter</i>, sont vicieuses; il faut dans l'une et
+l'autre phrase dire, <i>j'ai été</i>.</p>
+
+<p>Il est essentiel de remarquer que ce n'est
+que dans les temps composés, qu'on emploie
+le verbe être pour le verbe <i>aller</i>; <i>il
+est allé à la messe</i>,&mdash;<i>il a été à la messe</i>:
+ne dites, pas: <i>il</i> <span class="smcap">fut</span> <i>à la messe</i>,&mdash;<i>il</i> <span class="smcap">fut</span>
+<i>jusqu'à Rome</i>: mais, <i>il</i> <span class="smcap">alla</span> <i>à la messe</i>,&mdash;<i>il</i>
+<span class="smcap">alla</span> <i>jusqu'à Rome</i>.</p>
+
+<p>EUPHONIE; terme de grammaire qui
+signifie prononciation agréable. L'<i>euphonie</i>
+fait changer quelquefois un mot, comme
+quand on dit <span class="smcap">mon</span> <i>amitié</i> pour <span class="smcap">ma</span> <i>amitié</i>;
+et quelquefois ajouter certaines consonnes,
+comme dans ces locutions, <i>va</i>-<span class="smcap">t</span>-<i>en</i>;&mdash;<i>va</i>s-<i>y</i>;&mdash;<i>si</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on vous demande</i>: où les lettres
+<span class="smcap">t</span>, <span class="smcap">s</span>, <span class="smcap">l</span>, font éviter le son désagréable qui
+résulte de la rencontre de deux voyelles.</p>
+
+<p>ÉVANGILE est masculin. Ne dites
+pas, <i>la dernière évangile</i>,&mdash;<i>à la dernière
+évangile</i>, mais, <i>le dernier évangile</i>,&mdash;<i>au
+dernier évangile</i>.</p>
+
+<p>ÉVEILLER, RÉVEILLER. <i>Éveiller</i>
+se dit d'une cessation de sommeil douce,<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">[Pg 47]</a></span>
+ordinaire et naturelle. <i>Réveiller</i> suppose
+quelque chose d'irrégulier et de subit.</p>
+
+<p>ÉVITER ne signifie jamais <i>épargner</i>:
+ne dites pas, <i>je vous</i> <span class="smcap">éviterai</span> <i>cette peine</i>;&mdash;<span class="smcap">évitez</span>
+<i>moi ce désagrément</i>: dites, <i>je
+vous</i> <span class="smcap">épargnerai</span> <i>cette peine</i>;&mdash;<span class="smcap">épargnez</span>
+<i>moi ce désagrément</i>.</p>
+
+<p>EXCEPTÉ s'accorde lorsqu'il suit le
+substantif; <i>vos frères</i> <span class="smcap">exceptés</span>, et reste
+invariable quand il le précède, <span class="smcap">excepté</span>
+<i>vos frères</i>.</p>
+
+<p>EXCLURE. Participe passé <i>exclu</i>, <i>exclue</i>:
+ou, <i>exclus</i>, <i>excluse</i>. Ce dernier est peu
+usité.</p>
+
+<p>EXCUSE. <i>Demander excuse</i> signifie
+<i>exiger des excuses</i>: on ne peut donc pas
+dire à quelqu'un qu'on a offensé, <i>je vous
+demande excuse</i>; il faut dire, <i>je vous fais
+excuse</i>.</p>
+
+<p>EXEMPLE est féminin quand il signifie
+modèle de <i>dessin</i>, d'<i>écriture</i>, etc., que l'on
+copie: il est masculin dans ses autres acceptions.</p>
+
+<p>C'est une faute grave de dire, <span class="smcap">imitez</span>
+<i>l'exemple de vos ancêtres</i>, dites, <span class="smcap">suivez</span>
+<i>l'exemple de vos ancêtres</i>.</p>
+
+<p>EXHIBITION est un terme de pratique
+qui signifie, <i>représentation juridique de papiers</i>.
+Gardez-vous donc d'employer ce
+mot en parlant de bestiaux, de grains, et en
+général des produits de l'industrie, d'objets
+d'art, offerts à la vue du public en certaines<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">[Pg 48]</a></span>
+occasions. <i>Exposition</i> est le terme propre.
+Ainsi dites, <span class="smcap">exposition</span> <i>de tableaux</i>, <i>de
+bestiaux</i> etc.; et s'il y a concurrence pour
+des prix, employez le mot <i>concours</i>.</p>
+
+<p>Ces observations s'appliquent également
+au verbe <i>exhiber</i>.</p>
+
+<p>EXPIRER se conjuge avec <i>être</i> quand
+il se dit des choses; <i>la trève</i> <span class="smcap">est</span> <i>expirée</i>;
+et avec <i>avoir</i> lorsqu'il se dit des personnes,
+<i>il</i> <span class="smcap">a</span> <i>expiré entre mes bras</i>.</p>
+
+<p class="p2">F. L'<i>f</i> finale ne se fait pas sentir dans
+les mots suivans: <i>clef</i>, <i>clefs</i>, <i>&oelig;uf frais</i>,
+<i>&oelig;uf dur</i>, <i>&oelig;uf pourri</i>, <i>b&oelig;uf gras</i>, <i>b&oelig;uf
+salé</i>, <i>cerf</i>, <i>cerfs</i>: elle ne se fait pas sentir
+non plus dans les mots au pluriel, <i>nerfs</i>,
+<i>b&oelig;ufs</i>, <i>&oelig;ufs</i>; mais on l'a fait entendre dans
+ces expressions, <i>du b&oelig;uf</i>, <i>un &oelig;uf</i>, <i>un nerf</i>,
+dans <i>nerf de b&oelig;uf</i>, l'on prononce seulement
+l'<i>f</i> du mot <i>b&oelig;uf</i>; dans le mot <i>neuf</i> l'<i>f</i> se
+fait sentir au singulier, et elle est muette au
+pluriel: <i>habit neuffe</i>, <i>habits neu</i>.</p>
+
+<p>FACE. La locution <i>en face</i> prend après
+elle la préposition de; <i>en face</i> <span class="smcap">du</span> <i>temple</i>.
+Cependant dans le style familier on peut
+omettre cette préposition; <i>il demeure en
+face le marché</i>. Cette régle s'applique à
+<i>près</i>, et à <i>vis-à-vis</i>.</p>
+
+<p>FAILLIR est usité principalement à l'infinitif;
+au passé défini, <i>je faillis</i>; et aux
+temps composés, <i>j'ai failli</i>, <i>j'avais failli</i>.
+Le participe présent <i>faillant</i> s'emploie rarement.<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">[Pg 49]</a></span></p>
+
+<p>On dit <i>j'ai failli tomber</i> ou <i>de tomber</i>
+ou <i>à tomber</i>; c'est l'oreille qui décide.
+C'est encore l'oreille qui prescrit le choix
+des prépositions <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif, qui
+suit les verbes <i>contraindre</i>, <i>demander</i>,
+<i>s'empresser</i>, <i>s'engager</i>, <i>finir</i>, <i>forcer</i>, et
+<i>souffrir</i>.</p>
+
+<p>FALLOIR. <i>Il s'en faut</i>, accompagné
+d'une négation, ou de quelque mot qui ait un
+sens négatif, tels que, <i>peu</i>, <i>guère</i>, <i>presque</i>,
+<i>rien</i>, etc., veut la négation devant le verbe
+suivant: <i>il ne s'en faut pas</i> <span class="smcap">beaucoup</span> <i>qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>soit ruiné</i>:&mdash;<i>il s'en fallait</i> <span class="smcap">peu</span> <i>qu'il</i>
+<span class="smcap">n'</span><i>eût achevé</i>. Mais on dirait, <i>il s'en faut
+qu'on y meure de faim</i>, le verbe <i>il s'en faut</i>,
+n'étant accompagné d'aucune préposition
+négative.</p>
+
+<p>FERRER un chemin, c'est le garnir de
+pierraille, d'après le système de McAdam.
+V. <span class="smcap">empierrer</span>.</p>
+
+<p>FEU. L'adjectif <i>feu</i> ne s'accorde en
+genre que quand il précède immédiatement
+le substantif: <i>la</i> <span class="smcap">feue</span> <i>reine</i>,&mdash;<i>notre</i> <span class="smcap">feue</span>
+<i>mère</i>: mais on dit sans accord; <span class="smcap">feu</span> <i>la
+reine</i>;&mdash;<span class="smcap">feu</span> <i>notre mère</i>, l'adjectif <i>feu</i> étant
+séparé de son substantif par les mots <i>la</i>,
+<i>notre</i>.</p>
+
+<p>FEVE et HARICOT. Malgré beaucoup
+de ressemblance <i>la fêve</i> et <i>le haricot</i>
+sont des légumes bien différens, et jamais
+les naturalistes ne les confondent. Linnée
+nomme la <i>fêve</i> <span class="smcap">faba</span>, et le <i>haricot</i> <span class="smcap">pha<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">[Pg 50]</a></span>seolus</span>. Nous possédons en abondance la
+<i>féve</i> et le <i>haricot</i>: mais il est à regretter
+que nous les désignions presque toujours par
+le seul mot <i>féve</i>: à peine même le terme
+<i>haricot</i> nous est-il connu.</p>
+
+<p>FINIR prend <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>il ne finit pas</i> <span class="smcap">de</span> <i>parler</i>; ou, <i>il ne finit pas</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>parler</i>. C'est l'oreille qui en décide.</p>
+
+<p>FIXER ne saurait s'employer pour <i>regarder</i>:
+ne dites pas, <i>on ne peut</i> <span class="smcap">fixer</span> <i>le
+soleil</i>, <i>sans en être ébloui</i>: dites, <i>on ne peut</i>
+<span class="smcap">regarder</span> etc.</p>
+
+<p>FLEURIR employé au figuré, c.-à-d.,
+en parlant des arts, des sciences, d'un empire,
+fait au participe <i>florissant</i> et à l'imparfait
+<i>florissait</i>; <i>alors les sciences</i> <span class="smcap">florissant</span>
+<i>en Égypte</i>:&mdash;<i>l'empire romain</i> <span class="smcap">fleurissait</span>
+<i>sous Tite</i>.</p>
+
+<p>FORTUNÉ n'a jamais le sens de <i>riche</i>.
+Ne dites pas <i>un homme</i> <span class="smcap">fortuné</span>: dites <i>un
+homme qui a de la fortune</i>.</p>
+
+<p>FOUDRE employé au propre est féminin:
+<i>être frappé</i> <span class="smcap">de la</span> <i>foudre</i>: employé
+au figuré il est masculin: <i>quand le
+sublime rient à éclater, il renverse tout
+comme</i> <span class="smcap">un</span> <i>foudre</i>: à moins qu'il ne soit
+accompagné d'une épithète; alors il est des
+deux genres; <i>la foudre</i> <span class="smcap">vengeur</span>, OU, <i>la
+foudre</i> <span class="smcap">vengeresse</span>.</p>
+
+<p>FUNERAIRE n'est guère usité qu'en
+cette phrase: <i>frais funéraires</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">[Pg 51]</a></span></p>
+
+<p>FUR. On dit également bien <span class="smcap">au</span> <i>fur et</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>mesure</i>, ou, <span class="smcap">à</span> <i>fur et</i> <span class="smcap">à</span> <i>mesure</i>.</p>
+
+<p class="p2">G, est nul dans <i>Clugny</i>, <i>Regnaud</i> et
+<i>Regnard</i>, (poëte): dites <i>Cluny</i>, <i>Reno</i>, <i>Renar</i>.
+<i>Gessner</i> (poëte) se prononce <i>Guesse-nère</i>.</p>
+
+<p>GABARI est un terme de marine, et signifie
+modèle de construction de vaisseau,
+et contour vertical de la carène. Toute
+autre acception est étrangère à ce mot.</p>
+
+<p>GARDE. Si <i>garde</i> en composition se
+dit <i>d'une personne</i>, il a alors le sens de <i>gardien</i>,
+substantif qui doit prendre l's au pluriel;
+<i>des gardes-champêtres</i>, des <i>gardes-marines</i>,
+des <i>gardes-magasins</i>. Mais si
+<i>garde</i> se dit d'<i>une chose</i>, ou se rapporte à
+<i>une chose</i>, alors il est verbe, et par conséquent
+invariable: des <i>garde-vue</i>, des
+<i>garde-manger</i>, des <i>garde-robes</i>.</p>
+
+<p><i>Garde</i> est masculin quand il désigne un ou
+plusieurs individus tirés de la totalité, comme
+<span class="smcap">un</span> <i>garde</i> <span class="smcap">national</span>, <i>des gardes</i> <span class="smcap">nationaux</span>.
+Mais il est féminin quand il désigne tout
+le corps, comme <i>la garde</i> <span class="smcap">nationale</span>.</p>
+
+<p>GENS veut au féminin tous les correspondans
+qui le précèdent, et au masculin
+tous ceux qui le suivent: <i>les</i> <span class="smcap">vieilles</span> <i>gens
+sont</i> <span class="smcap">soupconneux</span>.</p>
+
+<p>Cependant au lieu de <i>toutes</i> on emploie
+<i>tous</i>.</p>
+
+<p>1º. quand cet adjectif est le seul qui précède
+le substantif <i>gens</i>: <span class="smcap">tous</span> <i>les gens d'es<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">[Pg 52]</a></span>prit</i>:&mdash;<span class="smcap">tous</span>
+<i>les gens qui pensent bien</i>.</p>
+
+<p>2º. quand <i>gens</i> est précédé d'un adjectif
+qui n'a qu'une seule et même terminaison
+pour les deux genres, comme <i>aimable</i>,
+<i>brave</i>, <i>honnête</i> etc.; <span class="smcap">tous</span> <i>les honnêtes gens</i>,&mdash;<span class="smcap">tous</span>
+<i>les habiles gens</i>.</p>
+
+<p>GÉSIR n'est plus en usage que dans <i>il
+git</i>, <i>nous gisons</i>, <i>ils gisent</i>, <i>il gisait</i>, <i>ils
+gisaient</i>.</p>
+
+<p><i>Ci-git</i> et <i>ci-gisent</i> sont des formules d'épitaphe.</p>
+
+<p>Quoique seule entre deux voyelles dans
+<i>nous gisons</i>, <i>ils gisent</i> etc. <i>s</i> conserve le son
+qui lui est propre, et l'on prononce <i>nous
+gissons</i>, <i>ils gissent</i> etc.</p>
+
+<p>GRANDE. L'<i>e</i> de l'adjectif <i>grande</i>
+s'élide toujours dans <i>grand'mère</i>, <i>grand'tante</i>;
+et fort souvent dans <i>grand'chambre</i>,
+<i>grand'chère</i>, <i>grand'croix</i>, <i>grand'messe</i>,
+<i>grand'peine</i>, <i>grand'peur</i>, <i>grand'rue</i>,
+<i>grand'pitié</i>, <i>grand'salle</i>: cependant l'élision
+cesse d'avoir lieu quand l'adjectif
+<i>grande</i> est précédé de l'article, ou d'un adjectif
+déterminatif, comme, <i>une</i>, <i>ma</i>, <i>ta</i>, <i>sa</i>,
+<i>cette</i>, etc.; <i>la plus</i> <span class="smcap">grande</span> <i>peine</i>,&mdash;<i>une</i>
+<span class="smcap">grande</span> <i>chambre</i>;&mdash;<i>cette</i> <span class="smcap">grande</span> <i>messe
+a été bien chantée</i>.</p>
+
+<p class="p2">HAÏR prend deux points sur l'<i>ï</i> dans toute
+la conjugaison, excepté aux trois personnes
+du singulier du présent de l'indicatif: <i>je hais</i>,
+<i>tu hais</i>, <i>il hait</i>, et à l'impératif, <i>hais</i>.</p>
+
+<p>HENRI. On aspire l'<i>h</i> de ce mot dans<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">[Pg 53]</a></span>
+le discours soutenu, mais on ne l'aspire jamais
+dans la conversation.</p>
+
+<p>L'<i>h</i> de <i>Henriette</i> ne s'aspire dans aucun
+cas.</p>
+
+<p>HIER. L'usage veut qu'on dise, <i>hier
+matin</i>, et non, <i>hier</i> <span class="smcap">au</span> <i>matin</i>: <i>hier</i> <span class="smcap">au</span>
+<i>soir</i>, et non, <i>hier soir</i>. V. <span class="smcap">demain</span>.</p>
+
+<p>HIVERNEMENT n'est pas français,
+mais <i>hivernage</i> l'est, et signifie le temps
+qu'un navire passe en relâche pendant l'hiver.</p>
+
+<p>HIVERNER pour signifier, passer l'hiver
+en quelque lieu, n'est employé qu'en
+parlant de troupes. On ne peut donc pas
+dire, <i>j'ai</i> <span class="smcap">hiverné</span> <i>à trois-Rivières</i>;&mdash;<i>à
+Québec</i>.</p>
+
+<p>HOLLANDE. L'<i>h</i> de ce mot est toujours
+aspiré, excepté dans les locutions,
+<i>toile</i> <span class="smcap">d'</span><i>Hollande</i>;&mdash;<i>fromage</i> <span class="smcap">d'</span><i>Hollande</i>.</p>
+
+<p>HYMNE est toujours masculin, excepté
+quand il signifie chant d'Église.</p>
+
+<p class="p2">IMAGINER. On emploie souvent <i>imaginer</i>
+pour <i>s'imaginer</i>. Le premier signifie
+inventer, ou se former dans l'esprit l'idée de
+quelque chose: le second se persuader
+quelque chose sans fondement: il <span class="smcap">imagine</span>
+<i>avoir raison</i>; dites, <i>il</i> <span class="smcap">s'imagine</span> <i>avoir
+raison</i>.</p>
+
+<p><i>Immaginer</i> sans pronom personnel ne
+peut jamais être suivi immédiatement d'un
+<i>que</i>, ni d'un <i>infinitif</i>. On dit bien, <i>on ne
+peut rien</i> <span class="smcap">imaginer</span> <i>de plus intéressant</i>;&mdash;<i>j'</i><span class="smcap">imagine
+une</span> <i>chose</i>, <span class="smcap">un</span> <i>moyen de</i>.. Mais<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">[Pg 54]</a></span>
+on ne doit pas dire, j'<i>imagine</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela est</i>:&mdash;<i>il
+imagine</i> <span class="smcap">être</span> <i>un grand homme</i>: il
+faut dire: <i>je</i> <span class="smcap">m'</span><i>imagine</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela est</i>;&mdash;<i>il</i>
+s'<i>imagine</i> <span class="smcap">être</span> <i>un grand homme</i>.</p>
+
+<p>IMPARDONNABLE ne se dit que
+des <i>choses</i>, et non des <i>personnes</i>: <i>faute</i>
+<span class="smcap">impardonnable</span>. En parlant des <i>personnes</i>,
+on dit, <i>inexcusable</i>: <i>homme inexcusable</i>.</p>
+
+<p>La même observation s'applique au mot
+<i>pardonnable</i>.</p>
+
+<p>IMPATIENTER. (s') L'usage refuse
+au verbe <i>s'impatienter</i> un infinitif pour régime.
+Ainsi ne dites pas, <i>ils s'impatientèrent
+d'attendre</i>.</p>
+
+<p>IMPERATIF. La seconde personne
+singulière de l'impératif, excepté pour les
+quatre verbes irréguliers, <i>aller</i>, <i>avoir</i>, <i>être</i>
+et <i>savoir</i>, est toujours semblable à la première
+du présent de l'indicatif. Ainsi l'on
+dira, <i>travaille</i>, <i>cueille</i>, et non pas, <i>travailles</i>,
+<i>cueilles</i>, à moins pourtant que la
+seconde personne de l'impératif terminée par
+un <i>e</i> muet, ne soit suivie d'un <i>y</i>, ou du pronom
+<i>en</i>: elle prend alors une <i>s</i>, pour la
+douceur de la prononciation; <i>travailles-y</i>,&mdash;<i>donnes-en</i>.</p>
+
+<p>L'impératif <i>va</i>, suivi d'<i>y</i> et d'<i>en</i>, prend
+aussi une <i>s</i> euphonique: <i>vas-y</i>,&mdash;<i>vas en
+chercher</i>.</p>
+
+<p>IMPOSITION. Le mot anglais <i>imposition</i>
+signifie quelquefois <i>abus de pouvoir</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">[Pg 55]</a></span>
+<i>fraude</i>, etc. Le mot français <i>imposition</i> ne
+comporte pas cette acception.</p>
+
+<p>INCLUS. <i>Ci-inclus</i>, <i>ci joint</i>, sont invariables
+quand ils précèdent un nom, dont
+le sens est vague: <i>vous trouverez</i> <span class="smcap">ci-inclus</span>,&mdash;<span class="smcap">ci-joint</span>
+<i>copie de ma lettre</i>. Mais
+quand l'énonciation est précise, comme <span class="smcap">la</span>
+<i>copie</i>, l'accord a lieu; <i>vous trouverez</i> <span class="smcap">ci-incluse</span>,&mdash;<span class="smcap">ci-jointe</span>
+<i>la copie de ma lettre</i>.</p>
+
+<p>INSULTER <i>quelqu'un</i>, c'est l'injurier.
+<i>Insulter</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>, c'est manquer aux
+égards que réclament sa faiblesse, son malheur:
+<i>insulter</i> <span class="smcap">aux</span> <i>malheureux</i>.</p>
+
+<p>INTERJECTIONS. Duvivier dit</p> <p class="blockquot">«que
+beaucoup de personnes écrivent indistinctement
+<span class="smcap">ah!</span> et <span class="smcap">ha!</span>&mdash;<span class="smcap">ô!</span> <span class="smcap">oh!</span> et <span class="smcap">ho!</span>&mdash;<span class="smcap">eh!</span>
+et <span class="smcap">hé!</span>» et il ajoute, «que cette
+diversité d'orthographe vient de la difficulté
+de représenter nettement, par l'écriture,
+le mouvement de l'organe dans l'espèce
+de cri inarticulé que nous arrache une
+émotion vive.»</p>
+
+<p>Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire
+de l'<i>Académie</i>.</p>
+
+<blockquote>
+<p>«O avec l'accent circonflexe est une interjection
+qui sert à marquer diverses passions... <i>ô
+siècle!</i> <i>ô temps!</i> <i>ô le plaisant
+homme!</i> <i>ô si je pouvais!</i></p>
+
+<p>«O, sans accent circonflexe, désigne
+l'apostrophe, <i>o mon fils!</i> <i>o mon Dieu!</i></p>
+
+<p>«OH. Interjection qui marque la surprise
+ou l'affirmation. <i>Oh, oh, je n'y<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">[Pg 56]</a></span>
+prenais pas garde</i>:&mdash;<i>Oh pour cela,
+non.</i></p>
+
+<p>«HO. Interjection qui sert tantôt pour
+appeler, tantôt pour témoigner de l'étonnement
+ou de l'indignation. <i>Ho! venez
+un peu ici. Ho! que me dites-vous là?</i></p>
+
+<p>«Quand il est interjection d'étonnement,
+ou d'indignation, il s'écrit quelquefois
+<span class="smcap">oh!</span></p>
+
+<p>«AH. Interjection qui sert à marquer
+la joie, la douleur, l'admiration... <i>Ah!
+que vous me faites plaisir! Ah! que
+vous me faites mal!</i></p>
+
+<p>«Ce n'est souvent qu'une interjection
+explétive, qui ne sert qu'à rendre une locution
+plus animée. <i>Ah! Madame,
+gardez-vous de le croire.</i></p>
+
+<p>«HA. Interjection de surprise, d'étonnement.
+<i>Ha! vous voilà! Ha! ha!</i>
+Il se confond souvent avec l'interjection
+<span class="smcap">ah!</span></p>
+
+<p>«EH. Interjection d'admiration, de surprise.
+<i>Eh! qui airait pu croire que...</i></p>
+
+<p>«HÉ. Interjection qui sert principalement
+à appeler. <i>Hé! viens ça.</i></p>
+
+<p>«Souvent cette interjection se confond
+avec <span class="smcap">eh</span>, soit pour avertir de prendre
+garde à quelque chose, comme, <i>Hé!
+qu'allez-vous faire?</i> soit pour témoigner
+de la commisération, <i>Hé! mon Dieu...</i>
+soit pour marquer de la douleur, <i>Hé!
+qu'ai-je fait?</i><span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">[Pg 57]</a></span>»</p>
+</blockquote>
+
+<p class="p2">JAMAIS. Après <i>jamais</i> l'on sous-entend
+souvent l'article devant les substantifs
+communs, et alors on met ces substantifs au
+singulier: <i>jamais mortel n'a joui d'un bonheur
+parfait</i>, et non pas, <i>jamais mortels
+n'ont joui</i>, etc.</p>
+
+<p>JE. Quand <i>je</i>, mis après un verbe,
+produit un son désagréable, ce qui a lieu le
+plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une
+syllabe au présent de l'indicatif, il faut
+prendre un autre tour: ainsi au lieu de
+<i>dors-je?</i> <i>ris-je?</i> <i>choisis-je?</i> <i>mangé-je?</i>
+dites, <i>est-ce que je dors?</i> <i>est-ce que je
+ris?</i> etc.</p>
+
+<p>JETER. Ce verbe et tous ceux qui
+sont terminés en <i>eter</i> à l'infinitif, comme
+<i>fureter</i>, <i>feuilleter</i>, <i>souffleter</i>, <i>projeter</i>, etc.
+ne doublent la consonne <i>t</i> que devant un <i>e</i>
+muet. <i>Je jette, tu jettes, il jette, nous jetons,
+vous jetez, ils jettent, je jetais, tu
+jetais, il jetait, nous jetions, vous jetiez,
+ils jetaient, je jetai, tu jetas, il jeta, nous
+jetâmes, vous jetâtes, ils jetèrent, je jetterai,
+tu jetteras, nous jetterons, vous jetterez,
+ils jetteront, je jetterais, etc., jette,
+jetons, jetez, que je jette, que tu jettes,
+qu'il jette, que nous jetions, que vous jetiez,
+qu'ils jettent, que je jetasse, etc., jetant, jeté,
+jetée.</i></p>
+
+<p>JOINDRE signifiant <i>ajouter</i> demande
+<i>à</i>: <i>joignez cette maison</i> <span class="smcap">à</span> <i>la vôtre</i>: dans le
+sens d'<i>unir</i>, d'<i>allier</i>, il prend indifféremment<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">[Pg 58]</a></span>
+<i>à</i> ou <i>avec</i>: <i>joindre la prudence</i> <span class="smcap">à</span> ou <span class="smcap">avec</span>
+<i>la bravoure</i>.</p>
+
+<p>JOUIR se prend toujours en bonne part:
+ainsi ne dites pas, <span class="smcap">jouir</span> <i>d'une mauvaise
+santé</i>:&mdash;<span class="smcap">jouir</span> <i>d'une mauvaise réputation</i>:
+dites, <span class="smcap">avoir</span> <i>une mauvaise santé</i>:&mdash;<i>une
+mauvaise réputation</i>.</p>
+
+<p>JUSQUE. Au lieu de <i>jusque</i>, on peut
+employer <i>jusques</i> devant une voyelle: <span class="smcap">jusqu'</span><i>à
+nous</i>, ou <span class="smcap">jusques</span> <i>à nous</i>: c'est
+l'oreille qui en décide.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> de <i>jusque</i> s'élide seulement devant
+<i>à</i>, <i>au</i>, <i>aux</i>, <i>ici</i>: <i>jusqu'à Paris</i>,&mdash;<i>jusqu'au
+Pérou</i>,&mdash;<i>jusqu'ici</i>.</p>
+
+<p>L'usage permet de dire également, <i>jusqu'à
+aujourd'hui</i>, et <i>jusqu'aujourd'hui</i>.</p>
+
+<p>L finale ne se prononce pas dans <i>baril</i>,
+<i>chenil</i>, <i>coutil</i>, <i>fournil</i>, <i>fusil</i>, <i>gril</i>, <i>nombril</i>,
+<i>outil</i>, <i>persil</i>, <i>soûl</i>, <i>sourcil</i>, <i>gentil</i>
+(idolâtre). Mais elle sonne dans tous les
+autres mots.</p>
+
+<p>Cependant il faut remarquer que cette
+lettre, dans le mot <i>gentil</i> pour signifier <i>joli</i>,
+ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors
+elle se mouille comme au feminin: <i>un gentil
+enfant</i>: prononcez <i>un gentille enfant</i>:
+mais au pluriel l'<i>l</i> reste muette, et on dit
+<i>genti-zan-fan</i>.</p>
+
+<p>L finale précédée d'un <i>i</i> prend le son
+mouillé, dans <i>avril</i>, <i>babil</i>, <i>cil</i>, <i>mil</i> (petit
+grain), <i>péril</i>, <i>bail</i>, <i>travail</i>, <i>fénil</i>, etc.</p>
+
+<p>Il faut en excepter <i>fil</i>, <i>Nil</i>, <i>mil</i>, (adjectif
+numéral) ainsi que les adjectifs en <i>il</i>, et de<span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">[Pg 59]</a></span>
+plus les mots énumérés ci-dessus, où l'<i>l</i> ne
+se prononce pas.</p>
+
+<p>LÀ. L'adverbe <i>là</i> doit être accompagné
+d'un trait d'union, lorsqu'il est joint à des
+mots, dont le sens ne permet pas de le séparer:
+<i>cet homme</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>celui</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>allez</i>-<span class="smcap">là</span>,&mdash;<i>quel
+livre est-ce</i>-<span class="smcap">là</span>? Mais on dira sans
+trait d'union: <i>c'est</i> <span class="smcap">là</span> <i>mon opinion</i>,&mdash;<i>que
+dites-vous</i> <span class="smcap">là</span>?&mdash;<i>sont-ce</i> <span class="smcap">là</span> <i>vos livres</i>? parce
+que dans ces phrases l'adverbe <i>là</i> n'est pas
+indispensable: on peut le supprimer, et dire:
+<i>c'est mon opinion</i>,&mdash;<i>que dites-vous?</i>&mdash;<i>sont-ce
+vos livres?</i></p>
+
+<p>LE. Le pronom <i>le</i> peut représenter un
+<i>substantif</i>, ou un <i>adjectif</i>. Quand il représente
+un substantif, ou un adjectif pris substantivement,
+il s'accorde en genre et en
+nombre avec ce substantif, ou avec cet
+adjectif pris subtantivement: <i>êtes-vous Madame
+de Ste. Croix?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">la</span> <i>suis</i>: <i>êtes-vous
+la malade?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">la</span> <i>suis</i>: <i>êtes-vous
+les ministres du roi?</i> <i>nous</i> <span class="smcap">les</span> <i>sommes</i>:
+<i>êtes-vous les mariés?</i> <i>nous</i> <span class="smcap">les</span> <i>sommes</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le pronom <i>le</i> représente un adjectif,
+ou un substantif pris adjectivement, il
+est invariable, l'adjectif ne pouvant lui communiquer
+ni genre ni nombre: <i>Madame,
+êtes-vous malade?</i>&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suis</i>; <i>Messieurs
+êtes-vous mariés?</i>&mdash;<i>nous</i> <span class="smcap">le</span> <i>sommes</i>.&mdash;<i>Madame
+êtes-vous mère?</i> <i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suis</i>.</p>
+
+<p>Le pronom <i>le</i> peut aussi tenir la place d'une
+proposition ou d'un verbe. Dans ce cas il
+est invariable parce qu'une proposition, ou<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">[Pg 60]</a></span>
+un verbe, n'a ni genre ni nombre. <i>Si le
+public a eu quelque indulgence pour moi</i>,
+<i>je</i> <span class="smcap">le</span> <i>dois à votre protection</i>;&mdash;<i>il faut obliger
+quand on</i> <span class="smcap">le</span> <i>peut</i>.</p>
+
+<p>Après <i>aussi</i>, <i>autant</i>, <i>moins</i>, <i>mieux</i>, <i>plus</i>,
+l'on fait suivre la conjonction <i>que</i> du pronom
+<i>le</i>: <i>il est aussi habile que je</i> <span class="smcap">le</span> <i>croyais</i>:&mdash;<i>elle
+est moins douce qu'elle ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>semblait</i>;&mdash;<i>ils
+sont plus savans qu'on ne</i> <span class="smcap">le</span> <i>disait</i>.
+On pécherait contre la grammaire de dire,.. <i>que
+je croyais</i>,.. <i>qu'elle ne semblait</i>,.. <i>qu'on
+ne disait</i>.</p>
+
+<p>L'oreille exige qu'on dise, <i>donnez</i> <span class="smcap">le</span>
+<i>moi</i>,&mdash;<i>montrez</i> <span class="smcap">la</span> <i>moi</i>,&mdash;<i>prêtez</i> <span class="smcap">la</span> <i>nous</i>, et
+non pas, <i>donnez moi</i> <span class="smcap">le</span>,&mdash;<i>montrez moi</i> <span class="smcap">la</span>,&mdash;<i>prêtez
+nous</i> <span class="smcap">la</span>.</p>
+
+<p>LE DIT, LA DITE, SUSDIT, SUSDITE,
+sont des termes de <i>Palais</i>, dont
+l'emploi, en dehors de la pratique, est interdit
+aux personnes qui se piquent d'écrire
+et de parler avec grâce.</p>
+
+<p>LE MIEN. Les pronoms possessifs,
+<i>le mien</i>, <i>le tien</i>, <i>le nôtre</i>, <i>le vôtre</i>, doivent
+toujours se rapporter à un substantif énoncé
+précédemment. Ainsi, <i>j'ai reçu la</i> <span class="smcap">vôtre</span>
+<i>en date du</i>....est une phrase dans laquelle
+<i>la vôtre</i> ne se rapporte à rien: dites, <i>j'ai
+reçu votre lettre en date du</i>....</p>
+
+<p>LEQUEL. Au lieu de <i>qui</i>, <i>que</i>, l'on doit
+employer <i>lequel</i>, pour éviter une équivoque.
+Ainsi l'on ne dira pas, <i>c'est un effet de la
+Providence divine</i> <span class="smcap">qui</span> <i>excite l'admira<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">[Pg 61]</a></span>tion</i>.&mdash;<i>c'est
+un effet de la Providence divine</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>nous admirons</i>: car on ne sait si
+<i>qui</i> et <i>que</i> se rapportent à <i>effet</i> ou à <i>Providence</i>.
+Il faut dire, <i>c'est un effet de la
+Providence divine</i> <span class="smcap">lequel</span> <i>excite notre admiration</i>..<span class="smcap">lequel</span>
+<i>nous admirons</i>. Hors
+le cas d'équivoque on doit préférer <i>qui</i>, <i>que</i>,
+à <i>lequel</i>, expression prosaïque et inélégante.</p>
+
+<p>LETTRES MAJUSCULES. Il faut
+commencer par une <i>majuscule</i> ou <i>grande
+lettre</i> chaque alinéa, chaque phrase, chaque
+vers, tous les noms d'homme, de vaisseau,
+de fausse divinité, tels que <i>Pierre</i>, <i>Jean</i>, <i>le
+Formidable</i> (vaisseau) <i>Jupiter</i>: tous ceux
+de lieu, tels que l'<i>Europe</i>, <i>Londres</i>, <i>Québec</i>;
+tous ceux de peuples, tels que les <i>Européens</i>,
+les <i>Romains</i>, les <i>Canadiens</i>: tous
+ceux de sectes, tels que les <i>Épicuriens</i>, les
+<i>Protestans</i>: tous ceux de rivières, de montagnes,
+de vents; le <i>St. Laurent</i>, les <i>Alpes</i>,
+le <i>Nord-Est</i>: tous ceux de jour et de mois,
+tels que <i>Vendredi</i>, <i>Août</i>; tous ceux de
+tribunaux, de compagnies, de corps, de
+dignités, quand ces noms sont employés
+avec application individuelle, tels que l'<i>Église</i>
+du Canada, le <i>Parlement</i> d'<i>Angleterre</i>,
+l'<i>Académie</i>, l'<i>Apôtre S. Paul</i>: enfin
+tous ceux de science, d'art, de métier,
+s'ils sont pris dans un sens individuel, qui
+distingue la science, l'art, le métier de toute
+autre science, de tout notre art, de tout
+autre métier. <i>La Grammaire est une<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">[Pg 62]</a></span>
+science indispensable</i>:&mdash;<i>la Musique est un
+art charmant</i>.</p>
+
+<p>Les adjectifs <i>saint</i>, <i>grand</i>, et semblables,
+lorsqu'ils entrent dans la composition d'un
+nom propre, aussi bien que les titres, <i>Monseigneur</i>,
+<i>Monsieur</i>, <i>Madame</i>, etc., doivent
+prendre une <i>initiale majuscule</i>: c'est l'usage.</p>
+
+<p>Quelquefois on personnifie les êtres moraux,
+et alors ils suivent la règle des noms
+d'homme. <i>Envie</i> par ex. prend une lettre
+majuscule dans ce vers de la Henriade: <i>Ci-gît
+la sombre Envie à l'&oelig;il timide et louche.</i>
+Le même mot s'écrit sans grande lettre dès
+qu'il cesse d'être personnifié. <i>L'envie s'attache
+aux grands talens.</i></p>
+
+<p>Lorsque les noms de peuples et de sectes
+n'embrassent pas la totalité, la majuscule
+cesse d'avoir lieu, <i>un français</i>, <i>des anglais</i>,
+<i>un calviniste</i>.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i>&mdash;Ces règles sur l'emploi des
+lettres majuscules sont à peu près les plus
+généralement suivies. Néanmoins il faut
+dire qu'il existe à cet égard bien des contradictions
+entre les auteurs.</p>
+
+<p>LEUR joint au verbe ne prend jamais
+la lettre <i>s</i>: <i>donnez leur à manger</i>;&mdash;<i>je leur ai
+dit</i>: joint à un nom il prend une s au pluriel.</p>
+
+<p>LIRE. On doit dire, <i>lire</i> <span class="smcap">dans</span> <i>un journal</i>,&mdash;<span class="smcap">dans</span>
+<i>un régistre</i>; et non pas, <i>lire</i> <span class="smcap">sur</span>
+<i>un journal</i>,&mdash;<span class="smcap">sur</span> <i>un régistre</i>.</p>
+
+<p>LIS. L'<i>s</i> de ce mot se prononce toujours,
+excepté dans <i>fleur de lis</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">[Pg 63]</a></span></p>
+
+<p>LOUÏS. Plusieurs personnes confondent
+<i>louïs</i>, pièce de monnaie, avec <i>livre</i>,
+monnaie de compte. C'est une erreur
+grave, parce que le <i>louïs</i> est une ancienne
+monnaie d'or de France, dont la valeur,
+fixée par nos lois, est d'un peu plus de
+quatre piastres et demie d'Espagne; tandis
+que notre livre du cours d'Halifax vaut seulement
+quatre piastres.</p>
+
+<p>Le mot <i>dollar</i>, monnaie des États-Unis,
+est reçu, de même que le mot <i>pound</i> pour
+la livre sterling. Ce dernier cependant
+sonne mal à l'oreille.</p>
+
+<p>L'UN et L'AUTRE, employé comme
+sujet, veut le verbe au pluriel: <i>l'un et l'autre</i>
+<span class="smcap">viendront</span>. Le substantif placé après <i>l'un
+et l'autre</i> se met au singulier; <i>l'un et l'autre</i>
+<span class="smcap">cheval</span>. Quand <i>l'un</i> est précédé d'une
+préposition, cette préposition doit être; répétée
+devant <i>l'autre</i>; <i>je parle</i> <span class="smcap">pour</span> <i>l'un et</i>
+<span class="smcap">pour</span> <i>l'autre</i>.</p>
+
+<p><i>Ni l'un ni l'autre</i>, veut également le verbe
+au pluriel, excepté quand un des sujets précédés
+de <i>ni</i> peut seul faire l'action marquée
+par le verbe; <i>ni l'un ni l'autre n'</i><span class="smcap">obtiendra</span>
+<i>le prix</i>:&mdash;<i>ni Monsieur A</i>, <i>ni Monsieur B ne</i>
+<span class="smcap">sera</span> <i>nommé président</i>.</p>
+
+<p><i>L'un et l'autre, les uns et les autres</i>
+marquent simplement la pluralité. <i>L'un
+l'autre</i>, <i>les uns les autres</i> expriment la réciprocité:
+<i>Racine et Boileau étaient poëtes
+l'un</i> <span class="smcap">et</span> <i>l'autre</i>; <i>ils s'estimaient l'un l'autre</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">[Pg 64]</a></span></p>
+
+<p class="p2">MAJESTÉ veut au féminin l'adjectif et
+le participe qui suit: <i>Votre Majesté est</i> <span class="smcap">victorieuse</span>.
+Lorsqu'il est suivi d'un substantif
+pris adjectivement, les avis sont partagés;
+les uns disent; <i>Votre Majesté est</i> <span class="smcap">maîtresse</span>
+<i>de ses états</i>, les autres, <i>Votre Majesté est</i>
+<span class="smcap">maître</span> <i>de ses états</i>. Cette dernière construction
+est généralement plus usitée.</p>
+
+<p>MALGRÉ QUE employé dans le sens
+de <i>quoique</i>, a vieilli, et n'est plus français.
+Ainsi ne dites pas, <i>il sort</i> <span class="smcap">malgré qu'</span><i>on</i> <i>le
+lui défende</i>: dites, <span class="smcap">quoiqu'</span><i>on le lui défende</i>.</p>
+
+<p>MAN&OElig;UVRE et MANOUVRIER.
+Ces mots différent dans leur signification.
+<i>Man&oelig;uvre</i> est un ouvrier subalterne, qui sert
+ceux qui font l'ouvrage. <i>Manouvrier</i>, ouvrier
+qui travaille de ses mains et à la journée.</p>
+
+<p>MANQUER prend <i>à</i> et <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>à</i>, quand il signifie ne pas faire ce
+qu'on doit: <i>on mésestime celui qui manque</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>remplir ses devoirs</i>: et <i>de</i> lorsqu'il signifie
+<i>omettre</i>, <i>oublier</i>, <i>faillir</i>: <i>ne manquez pas</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>venir</i>,&mdash;<i>il a manqué</i> <span class="smcap">de</span> <i>tomber</i>.</p>
+
+<p>MASSACRANT. Ce mot ne se trouve
+dans aucun dictionnaire. On doit donc éviter
+de dire, <i>cet homme est aujourd'hui d'une
+humeur</i> <span class="smcap">massacrante</span>, etc.</p>
+
+<p>MATINAL est celui qui s'est levé matin,
+sans en avoir l'habitude; <i>matineux</i> celui
+qui a l'habitude de se lever matin: <i>vous êtes
+bien</i> <span class="smcap">matinal</span> <i>aujourd'hui</i>:&mdash;<i>je ne suis pas</i>
+<span class="smcap">matineux</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">[Pg 65]</a></span></p>
+
+<p>MEILLEUR. Le comparatif <i>meilleur</i>
+suivi de <i>que</i> veut <i>ne</i> devant le verbe suivant:
+<i>ces fruits sont meilleurs que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le croyais</i>:
+à moins que le premier verbe ne soit négatif,
+ou employé interrogativement: <i>ces fruits
+ne sont pas meilleurs que je le croyais</i>.</p>
+
+<p>MÊLER <i>avec</i>, c'est brouiller ensemble
+plusieurs choses; <i>mêler l'eau</i> <span class="smcap">avec</span> <i>le vin</i>,&mdash;<i>mêler
+de l'or</i> <span class="smcap">avec</span> <i>de l'argent</i>. <i>Mêler à</i>,
+c'est joindre, unir: <i>mêler la douceur</i> <span class="smcap">à</span> <i>la
+sévérité</i>:&mdash;<i>mêler l'agréable</i> <span class="smcap">à</span> <i>l'utile</i>.</p>
+
+<p>MÊME est adjectif ou adverbe.</p>
+
+<p><i>Même</i> est adjectif,</p>
+
+<p>1º. quand il précède le substantif: <i>vous
+retombez dans les</i> <span class="smcap">mêmes</span> <i>allarmes</i>.</p>
+
+<p>2º. quand il est placé après un pronom,
+ou un seul substantif: <i>les Dieux</i> <span class="smcap">eux-mêmes</span>
+<i>devinrent furieux</i>,&mdash;<i>ces murs</i> <span class="smcap">mêmes</span> <i>peuvent
+avoir des yeux</i>.</p>
+
+<p><i>Même</i> est adverbe,</p>
+
+<p>1º. quand il est placé après deux ou plusieurs
+substantifs: <i>les animaux, les plantes</i>
+<span class="smcap">même</span>, <i>étaient au nombre des Divinités</i>.</p>
+
+<p>2º. quand il qualifie un verbe; <i>exempts
+de maux réels les hommes s'en forment</i> <span class="smcap">même</span>
+<i>de chimériques</i>.</p>
+
+<p>MI. Particule indéclinable, abréviation
+de <i>demi</i>, signifie la moitié, le milieu: <i>la</i>
+<span class="smcap">mi</span>-<i>août</i>,&mdash;<i>la</i> <span class="smcap">mi</span>-<i>carême</i>.</p>
+
+<p><i>À mi</i> est une locution adverbiale qui signifie,
+à la moitié de; <i>à mi-côte</i>,&mdash;<i>à mi-jambes</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">[Pg 66]</a></span></p>
+
+<p>MIEUX. La syntaxe de l'adverbe <i>mieux</i>
+donne lieu à plusieurs observations.</p>
+
+<p>1º. suivi de deux infinitifs, <i>mieux</i> veut <i>de</i>
+avant le second infinitif; <i>il vaut mieux se
+taire que</i> <span class="smcap">de</span> <i>parler mal</i>.</p>
+
+<p>2º. <i>mieux</i> veut <i>ne</i> devant le verbe qui suit
+la conjonction que; <i>il écrit mieux que je</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>le croyais</i>; à moins que le verbe devant
+<i>mieux</i> ne soit négatif: <i>il n'écrit pas mieux
+que je le croyais.</i></p>
+
+<p>3º. <i>Le mieux</i>, <i>la mieux</i>, <i>les mieux</i>
+veulent le verbe suivant au subjonctif: <i>le
+livre le mieux écrit que nous</i> <span class="smcap">ayons lu</span>.</p>
+
+<p>MIL s'écrit de trois manières.</p>
+
+<p>1º. <i>mil</i>, dans les supputations d'années:
+<i>l'an mil huit cent quarante et un</i>.</p>
+
+<p>2º. <i>mille</i> pour exprimer dix cents: <i>nos
+troupes firent cinq</i> <span class="smcap">mille</span> prisonniers.</p>
+
+<p>Dans ces deux cas il rejette la marque
+du pluriel.</p>
+
+<p>3º. <i>mille</i> avec une <i>s</i> au pluriel, pour représenter
+une mesure de chemin: alors
+il est substantif commun.</p>
+
+<p>MOINDRE veut <i>ne</i> devant le verbe qui
+suit la conjonction <i>que</i>: <i>cette somme est
+moindre que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le dites</i>: à moins que
+le verbe placé devant <i>moindre</i>, ne soit négatif,
+ou interrogatif; <i>cette somme n'est pas
+moindre que vous le dites.</i></p>
+
+<p><i>Le moindre</i>, <i>la moindre</i>, <i>les moindres</i>
+veulent le verbe suivant au subjonctif: <i>la
+moindre faute que vous puissiez commettre.</i><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">[Pg 67]</a></span></p>
+
+<p>Tout ce qui est dit ici pour l'adjectif
+<i>moindre</i> doit s'appliquer à l'adverbe <i>moins</i>.</p>
+
+<p>MOINS. <i>À moins que de</i>, et, <i>à moins
+de</i> se disent également devant l'infinitif.</p>
+
+<p>MON. Les adjectifs possessifs <i>mon</i>,
+<i>ma</i>, <i>mes</i>, <i>ton</i>, <i>ta</i>, <i>tes</i>, <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, <i>notre</i>,
+<i>nos</i>, <i>votre</i>, <i>vos</i>, <i>leur</i>, <i>leurs</i> se répètent,</p>
+
+<p>1º. devant chaque substantif: <i>mon père
+et</i> <span class="smcap">ma</span> <i>mère</i>:&mdash;<i>mes frères et</i> <span class="smcap">mes</span> <i>s&oelig;urs</i>;
+et non pas, <i>mes pères et mère</i>;&mdash;<i>mes frères
+et s&oelig;urs</i>.</p>
+
+<p>2º. devant deux adjectifs unis par <i>et</i>, lorsqu'ils
+ne qualifient pas le même substantif:
+<i>mon grand et</i> <span class="smcap">mon</span> <i>petit appartement</i>;&mdash;<i>nos
+vieux et</i> <span class="smcap">nos</span> <i>jeunes soldats</i>.</p>
+
+<p>Mais on dirait sans répéter l'adjectif possessif;
+<i>mon grand et bel appartement</i>:&mdash;<i>nos
+vieux et braves soldats</i>: attendu que
+le même appartement est <i>grand</i> et <i>beau</i>,
+et que les mêmes soldats sont <i>vieux</i> et
+<i>braves</i>, les deux adjectifs modifiant le même
+substantif.</p>
+
+<p>MOUCHER n'est jamais neutre: ainsi
+il ne faut pas dire, <i>je mouche beaucoup</i>, mais
+<i>je</i> <span class="smcap">me</span> <i>mouche beaucoup</i>.</p>
+
+<p>MOUDRE. <i>Je mouds, tu mouds, il
+moud, nous moulons, vous moulez, ils
+moulent, je moulais, je moulus, je moudrai,
+je moudrais, mous, moulons, moulez, que
+je moule, que tu moules, que je moulusse,
+moulant, moulu, moulue.</i><span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">[Pg 68]</a></span></p>
+
+<p>MOUVOIR. <i>Je meus, tu meus, il meut,
+nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent, je
+mouvais, je mus, je mouvrai, je mouvrais,
+meus, mouvons, mouvez, que je meuve, que
+tu meuves, qu'il meuve, que nous mouvions,
+que vous mouviez, qu'ils meuvent, que je
+musse, mouvant, mû, mûe.</i></p>
+
+<p>Conjuguez de même <i>émouvoir</i>, <i>s'émouvoir</i>.</p>
+
+<p>MUR et MURAILLE. On dit,&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">murs</span> <i>d'un jardin</i>,&mdash;<i>les</i> <span class="smcap">murailles</span> <i>d'une
+ville</i>. Le propre du <i>mur</i> est de séparer, de
+partager, de fermer: l'idée particulière de
+la <i>muraille</i> est celle de défendre, de fortifier.</p>
+
+<p class="p2">N. Quand un mot est terminé par un
+son nasal, c.-à-d., par <i>an</i>, <i>in</i>, <i>on</i>, l'on ne fait
+la liaison de l'<i>n</i> finale avec la voyelle qui commence
+le mot suivant, que quand le sens
+n'admet aucune pause entre ces deux mots,
+comme dans, <i>mon ami</i>,&mdash;<i>certain auteur</i>,&mdash;<i>on
+ignore</i>. Mais on prononce sans lier la
+consonne <i>n</i> à la voyelle qui suit, <i>mon cousin
+est venu</i>,&mdash;<i>vin bon à boire</i>,&mdash;<i>je demande
+pardon à Dieu</i>, parce que l'on peut faire une
+légère pause après les mots, <i>cousin</i>, <i>bon</i>,
+<i>pardon</i>.</p>
+
+<p>NE. La négation <i>ne</i> précédée d'un <i>que</i>
+et suivie d'un <i>verbe</i> offre quelques difficultés.</p>
+
+<p>Dans les comparatifs d'inégalité caractérisés
+par <i>plus</i>, <i>moins</i>, <i>meilleur</i>, <i>mieux</i>,
+ou autres termes équivalens, si le premier
+membre de la comparaison est <i>négatif</i>, le
+second qui vient après <i>que</i> doit être affir<span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">[Pg 69]</a></span>matif,
+et la négation <i>ne</i> ne peut y paraître:
+<i>il n'est pas plus sage qu'il était</i>;&mdash;<i>il ne pense
+pas autrement qu'il parle</i>;&mdash;<i>il n'écrit pas
+mieux qu'il parle</i>.</p>
+
+<p>Dans les mêmes comparatifs d'inégalité,
+si le premier membre de la comparaison est
+affirmatif, le second doit prendre <i>ne</i>: <i>il est
+plus sage qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>l'était</i>,&mdash;<i>il pense autrement
+qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>parle</i>,&mdash;<i>il écrit mieux qu'il</i> <span class="smcap">ne</span>
+<i>parle</i>.</p>
+
+<p>Les locutions conjonctives <i>à moins que</i>,
+<i>de peur que</i>, <i>de crainte que</i>, et le verbe <i>empécher</i>,
+veulent toujours après eux la négation
+<i>ne</i>; <i>à moins que vous</i> <span class="smcap">ne</span> <i>lui parliez</i>,&mdash;<i>de
+peur que l'on</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vous trompe</i>,&mdash;<i>les fautes
+d'Homère n'ont pas empêché qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>fût sublime</i>.</p>
+
+<p><i>Nier</i>, <i>douter</i>, <i>désespérer</i>, <i>disconvenir</i> sont
+suivis de <span class="smcap">ne</span> seulement quand ils sont accompagnés
+d'une négation: <i>je ne doute pas
+que cela</i> <span class="smcap">ne</span> <i>soit</i>, etc.</p>
+
+<p>Mais on dirait sans la négation, <i>je nie</i>,&mdash;<i>je
+doute que cela soit</i>, parce que les verbes
+<i>nier</i>, <i>douter</i> sont employés ici affirmativement.</p>
+
+<p>Les locutions conjonctives <i>avant que</i>, <i>sans
+que</i>, et le verbe <i>défendre</i>, ne sont jamais
+suivis de <i>ne</i>: <i>avant qu'il fasse froid</i>,&mdash;<i>je défends
+qu'on lui fasse mal</i>.</p>
+
+<p>Quand deux phrases négatives sont
+jointes par <i>ni</i>, ou quand <i>ni</i> est répété, l'emploi
+de la négation <i>ne</i> est nécessaire: <i>il ne
+les craignait ni</i> <span class="smcap">ne</span> <i>les aimait</i>,&mdash;<i>ni Pierre ni
+Paul</i> <span class="smcap">ne</span> <i>viendront</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">[Pg 70]</a></span></p>
+
+<p>NÉGATION. La négation se compose
+de <i>ne</i>, <i>ne pas</i>, <i>ne point</i>,&mdash;<i>je n'ose</i>,&mdash;<i>je
+n'ose pas</i>,&mdash;<i>je n'ose point</i>; <i>ne</i> est la plus
+faible des négations; <i>ne point</i> est la plus
+forte; et <i>ne pas</i> tient le milieu.</p>
+
+<p><i>Pas</i> ne peut jamais être employé avec
+<i>rien</i>. Ne dites pas avec Racine; <i>On ne veut</i>
+<span class="smcap">pas rien</span> <i>faire ici qui vous déplaise</i>.</p>
+
+<p>NÉOLOGIE. L'emploi de nouveaux
+termes dans une langue est une conséquence
+qui découle de la nature même des
+langues, qui ne peuvent rester stationnaires.
+Horace l'a dit il y a près de deux mille ans.</p>
+
+<p>Mais avons-nous au Canada mission ou
+titre pour la création de nouveaux mots?
+Oui, sans nul doute. Mais en même temps
+il est clair qu'il n'existe chez nous aucun
+tribunal qui puisse connaître de nos produits
+de ce genre: il est évident que l'Océan
+Atlantique nous sépare des seuls juges
+compétens de la langue française, auxquels
+il appartient de prononcer en dernier ressort.</p>
+
+<p>Tous les lexicographes conviennent de la
+nécessité d'incorporer à la langue les termes
+de relation qui expriment les choses et les
+objets qui n'existent que dans les pays lointains,
+nouvellement découverts, ou avec
+lesquels l'on a eu peu de communications.
+D'où il résulte pour le Canada le droit de
+créer des termes pour les objets et les choses
+qui lui appartiennent exclusivement.</p>
+
+<p>D'un autre côté, notre position sous le
+gouvernement britannique a nécessité l'a<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">[Pg 71]</a></span>doption
+de quelques constructions, de quelques
+termes même anglais.</p>
+
+<p>Il résulte de cette double circonstance,
+qu'un sage emploi de <i>nouveaux termes</i> et
+de mots anglais, là où la langue française n'en
+fournit pas d'équivalens, est permis, commandé
+même.</p>
+
+<p>Mais que l'élève ne perde pas de vue que,
+hors les cas extrêmes, l'emploi de mots et
+de constructions anglaises est un véritable
+fléau pour la langue. Déjà cet abus a envahi
+la portion instruite de notre société, et y
+fait des progrès allarmans; et pour comble
+de malheur l'on porte quelquefois cette licence
+dans des écrits, que d'ailleurs le génie ne
+désavouerait pas.</p>
+
+<p>Quant à l'emploi de mots purement anglais,
+là où il y a des termes en français qui leur
+correspondent, c'est une manie insupportable,
+c'est le comble du ridicule; et cependant
+combien de personnes, même d'éducation,
+qui tombent dans ce défaut! Telle
+Dame ne peut manger de soupe qu'au <span class="smcap">barley</span>!
+Tel Monsieur vous prie <i>de lui passer
+un</i> <span class="smcap">tumbler</span> <i>pour boire du</i> <span class="smcap">brandy</span> <i>et de
+l'eau</i>! Celui-ci vous demande, sans perdre
+son sérieux, si <i>ces</i> <span class="smcap">patates</span> (pommes de terre)
+<i>sont cuites au</i> <span class="smcap">steam</span>: celui-là si <i>vous
+avez</i> <span class="smcap">payé</span> <i>une visite à Monsieur un tel</i>, etc.</p>
+
+<p>Qui ne voit la barbarie de ces expressions;
+l'impertinence de ce langage?</p>
+
+<p>NEUF, NOUVEAU, RECENT.
+<i>Neuf</i> signifie qui n'a pas servi; <i>nouveau</i> qui<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">[Pg 72]</a></span>
+n'a pas encore paru: <i>récent</i> qui vient d'arriver:
+<i>habit neuf</i>,&mdash;<i>mode nouvelle</i>,&mdash;<i>fait
+récent</i>.</p>
+
+<p>NIER veut toujours au subjonctif le
+verbe qui suit la conjonction <i>que</i>; <i>je nie
+qu'il</i> <span class="smcap">ait</span> <i>raison</i>.</p>
+
+<p><i>Nier</i> accompagné d'une négation veut <i>ne</i>
+devant le verbe suivant; <i>je ne nie pas qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>mérite votre estime</i>.</p>
+
+<p>NOMBRE (du) et du GENRE de certains
+substantifs. Les chiffres, les lettres
+de l'alphabet, les notes de musique, s'écrivent
+sans <i>s</i> au pluriel: <i>deux</i> <span class="smcap">cinq</span>;&mdash;<i>trois</i>
+<span class="smcap">b</span>;&mdash;<i>quatre</i> <span class="smcap">fa</span>.</p>
+
+<p>Il en est ainsi de tous les mots de la
+langue pris matériellement; comme dans
+cette phrase, <i>il y a plusieurs fautes d'impression
+dans cette adresse</i>; <i>il y manque deux</i>
+<span class="smcap">monsieur</span>, <i>trois</i> <span class="smcap">mot</span> <i>et deux</i> <span class="smcap">il</span>. Il est essentiel
+de remarquer, qu'un mot féminin,
+employé matériellement, devient masculin.
+En voici un exemple pris dans Duvivier;
+<i>Rencontre</i>, <i>toujours</i> <span class="smcap">féminin</span> <i>en quelque sens
+qu'on l'emploie</i>, <i>était autrefois</i> <span class="smcap">masculin</span>.</p>
+
+<p>NOMS PROPRES. Les <i>noms propres</i>
+ne prennent jamais la marque du pluriel:
+<i>l'Espagne a vu naître les deux</i> <span class="smcap">Seneque</span>;&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">Corneille</span> <i>et les</i> <span class="smcap">Racine</span> <i>ont illustré la
+scène française</i>; excepté quand ils sont
+employés comme noms communs, c.-à-d.,
+pour désigner des individus semblables à
+ceux dont on emprunte le nom: <i>la France
+a eu ses</i> <span class="smcap">Césars</span> <i>et ses</i> <span class="smcap">Pompées</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">[Pg 73]</a></span></p>
+
+<p>NON PLUS QUE. Quand deux sujets
+sont unis par <i>non plus que</i>, le verbe s'accorde
+avec le premier sujet: <i>la fortune, non
+plus que les dignités</i>, <i>n'</i><span class="smcap">assure</span> <i>le bonheur</i>.</p>
+
+<p>NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom
+<i>nous</i> au lieu de <i>je</i>; alors l'adjectif et le
+participe en rapport avec <i>nous</i>, se mettent au
+singulier; <span class="smcap">convaincu</span> <i>comme nous le sommes
+de notre insuffisance</i>, et non pas, <span class="smcap">convaincus</span>
+<i>comme nous le sommes</i>...</p>
+
+<p>NOUVEAU employé comme adverbe
+est invariable: <i>des enfans</i> <span class="smcap">nouveau</span> <i>nés</i>. Il
+ne s'emploie jamais adverbialement avec un
+substantif féminin; ainsi ne dites pas, <i>une
+fille</i> <span class="smcap">nouveau</span> <i>née</i>, mais, <i>une fille nouvellement
+née</i>.</p>
+
+<p>NU. L'adjectif <i>nu</i> ne s'accorde que
+lorsqu'il suit le substantif; <i>tête</i> <span class="smcap">nue</span>,&mdash;<i>pieds</i>
+<span class="smcap">nus</span>. Lorsqu'il précède le substantif il est
+invariable; <span class="smcap">nu</span> <i>tête</i>,&mdash;<span class="smcap">nu</span> <i>pieds</i>.</p>
+
+<p>NUIRE. <i>Je nuis</i>, <i>tu nuis</i>, <i>je nuisais</i>,
+<i>je nuisis</i>, <i>je nuirai</i>, <i>je nuirais</i>, <i>nuis</i>, <i>que je
+nuise</i>, <i>que je nuisisse</i>, <i>nuisant</i>, <i>nui</i>. Le
+participe <i>nui</i>, ainsi que le participe <i>s'entre-nui</i>
+est invariable: <i>ils se sont nui</i>;&mdash;<i>elles
+se sont entre-nui</i>.</p>
+
+<p>NUL. L'adjectif <i>nul</i>, signifiant <i>pas un</i>,
+rejette la marque du pluriel; <i>nulle proposition</i>;
+à moins qu'il n'accompagne un substantif
+qui n'a pas de singulier, comme <i>pleurs</i>,
+<i>ancêtres</i>; ou qui ou pluriel a un autre sens<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">[Pg 74]</a></span>
+qu'au singulier, comme <i>troupes</i>, <i>gages</i>:
+<i>nuls pleurs</i>,&mdash;<i>nulles troupes</i>.</p>
+
+<p>Avec <i>nul</i> on supprime <i>pas</i> et <i>point</i>.</p>
+
+<p>NUMÉRO, FOLIO, RECTO, DUO,
+etc. Les mots empruntés du latin ne
+prennent pas d's au pluriel; <i>factum</i> est
+excepté; on dit des <i>factums</i>.</p>
+
+<p class="p2">OBÉIR. Quoique verbe neutre, <i>obéir</i>
+a un passif: <i>je veux</i> <span class="smcap">être obéi</span>.</p>
+
+<p>OBLIGER dans le sens <i>d'imposer l'obligation
+de</i>, prend <i>à</i> ou <i>de</i> au choix de l'oreille:
+<i>la religion nous oblige</i> <span class="smcap">à</span> <i>secourir</i>,
+ou, <span class="smcap">de</span> <i>secourir nos semblables</i>.</p>
+
+<p>Dans le sens de <i>rendre service</i>, ou employé
+au passif, il prend <i>de</i>, et jamais <i>à</i>:
+<i>vous m'obligerez</i> <span class="smcap">de</span> <i>m'accompagner</i>;&mdash;<i>nous
+sommes obligés</i> <span class="smcap">d'</span><i>obéir aux lois</i>.</p>
+
+<p><i>Être obligé</i> ne se dit point des <i>choses</i>:
+cette locution, <i>le mérite est</i> <span class="smcap">obligé</span> <i>d'être
+modeste</i>, est donc vicieuse: dites, <i>le mérite</i>
+<span class="smcap">doit être</span> <i>modeste</i>.</p>
+
+<p>OBSERVER accompagné d'un régime
+indirect de personne, doit être précédé du
+verbe <i>faire</i>. Ainsi dites; <i>je vous</i> <span class="smcap">fais</span> <i>observer
+que</i>..:&mdash;<i>il nous</i> <span class="smcap">fit</span> <i>observer que</i>..:&mdash;<i>je</i>
+<span class="smcap">ferai</span> <i>observer à l'assemblée que</i>..
+et non pas, <i>je vous observe que</i>..<i>il nous
+observa que</i>..<i>j'observerai à l'assemblée
+que</i>...</p>
+
+<p>Il résulte de là que l'on ne peut pas dire;
+<i>faire une observation à quelqu'un</i>; il faut<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">[Pg 75]</a></span>
+dire: <span class="smcap">faire</span> <i>faire une observation à quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>OCCUPER (s'). On dit s'<i>occuper à</i> et
+s'<i>occuper de</i>: le premier se met avec les
+verbes, le second avec les substantifs: <i>il
+s'occupe</i> <span class="smcap">à</span> <i>me faire avoir une place</i>;&mdash;<i>il
+s'occupe</i> <span class="smcap">de</span> <i>mon affaire</i>.</p>
+
+<p>&OElig;IL-DE-B&OElig;UF. Au pluriel, <i>&oelig;ils-de-b&oelig;uf</i>:
+il en est ainsi d'<i>&oelig;il-de-bouc</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-chat</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-chèvre</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-christ</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-perdrix</i>,&mdash;d'<i>&oelig;il-de-soleil</i>.</p>
+
+<p>On dit; <span class="smcap">yeux</span> <i>du frommage</i>:&mdash;<span class="smcap">yeux</span> <i>du
+pain</i>.</p>
+
+<p>OFFRIR devant l'infinitif prend <i>de</i>, et
+<i>s'offrir</i> prend <i>à</i>; <i>il offre</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous accompagner</i>:&mdash;<i>il
+s'offre</i> <span class="smcap">à</span> <i>vous accompagner</i>.</p>
+
+<p>OINDRE, <i>j'oins, tu oins, il oint, nous
+oignons, vous oignez, ils oignent, j'oignais,
+j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais,
+oins, oignons, oignez, que j'oigne, que
+nous oignons, que j'oignisse, oignant, oint,
+ointe.</i></p>
+
+<p>Ainsi se conjugue <i>joindre</i>.</p>
+
+<p>ON. Quoique masculin et singulier de
+sa nature, le pronom <i>on</i> devient <i>féminin</i>
+quand il s'applique spécialement à une personne
+du sexe: et <i>pluriel</i> lorsque le sens
+indique évidemment qu'il désigne plusieurs
+personnes. Alors l'adjectif et le participe
+qui se rapportent à <i>on</i> prennent la marque
+du féminin et du pluriel: <i>quand on est</i>
+<span class="smcap">mère</span> <i>on n'est pas toujours</i> <span class="smcap">maîtresse</span> <i>de<span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">[Pg 76]</a></span>
+son temps</i>:&mdash;<i>quand on s'estime mutuellement</i>,
+<i>on n'est pas heureux d'être</i> <span class="smcap">séparés</span>.</p>
+
+<p>Au lieu de <i>on</i>, il faut employer <i>l'on</i>, pour
+éviter certaines consonnances choquantes
+qui ont lieu principalement après <i>et</i>, <i>si</i>, <i>ou</i>:&mdash;<i>et</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on veut</i>;&mdash;<i>si l'on dit</i>:&mdash;<i>ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>on verra</i>.</p>
+
+<p>Cependant on doit faire usage de <i>on</i> devant
+<i>le</i>, <i>la</i>, <i>les</i>, <i>lui</i> pour éviter la répétition
+désagréable de l'articulation <i>l</i>:&mdash;et dire, <i>et on
+le veut</i>,&mdash;<i>si on le dit</i>,&mdash;<i>ou on le verra</i>, et
+non pas, <i>et</i> <span class="smcap">l'</span><i>on le veut</i>,&mdash;<i>si</i> <span class="smcap">l'</span><i>on le dit</i>,&mdash;<i>ou</i>
+<span class="smcap">l'</span><i>on le verra</i>.</p>
+
+<p>Au commencement d'une phrase, il faut
+préférer <i>on</i> à <i>l'on</i>, parce qu'alors il n'y a pas
+de mauvaise consonnance à éviter.</p>
+
+<p>ONZE se prononce avec aspiration: <i>le</i>
+<span class="smcap">onze</span> <i>de Juillet</i>:&mdash;<i>de</i> <span class="smcap">onze</span> <i>enfans il n'en
+reste que trois</i>:&mdash;<i>vous êtes</i> <span class="smcap">onze</span>;&mdash;<i>sur les</i>
+<span class="smcap">onze</span> <i>heures</i>:&mdash;<i>ils étaient</i> <span class="smcap">onze</span>: prononcez,
+<i>vous ête onze</i>:&mdash;<i>sur lè onze heures</i>:&mdash;<i>ils
+étè onze</i>.</p>
+
+<p>ONZIÈME <i>adjectif</i>. On prononce ce
+mot avec ou sans aspiration, à volonté:
+<span class="smcap">le</span> <i>onzième ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>onzième de Juillet</i>:&mdash;<span class="smcap">la</span> <i>onzième
+ou</i> <span class="smcap">l'</span><i>onzième page</i>.</p>
+
+<p>Mais dans <i>onzième</i> substantif l'<i>o</i> est toujours
+aspiré; ainsi l'on ne fait pas sentir l'<i>n</i>
+ni l'<i>s</i> dans cas phrases:&mdash;<i>il est héritier pour</i>
+<span class="smcap">un</span> <i>onzième</i>:&mdash;<i>pour trois onzièmes</i>.</p>
+
+<p>ORGUE est <i>masculin</i> au singulier, et
+<i>féminin</i> au pluriel:&mdash;<i>un</i> <span class="smcap">bel</span> <i>orgue</i>:&mdash;<i>de</i>
+<span class="smcap">belles</span> <i>orgues</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">[Pg 77]</a></span></p>
+
+<p>OU. Quand deux ou plusieurs sujets
+sont unis par la conjonction <i>ou</i>, le verbe
+s'accorde avec le dernier sujet:&mdash;<i>la faiblesse</i>
+<span class="smcap">ou</span> <i>l'inexpérience nous</i> <span class="smcap">fait</span> <i>commettre bien
+des fautes</i>: à moins que les mots unis par
+<i>ou</i> ne soient de différentes personnes: alors
+le verbe se met au pluriel, et s'accorde avec
+la personne qui a la priorité: <i>vous ou moi</i>
+<span class="smcap">parlerons</span>, et mieux <span class="smcap">nous parlerons</span>:&mdash;<i>vous
+ou votre frère</i> <span class="smcap">parlerez</span>, et mieux,
+<span class="smcap">vous parlerez</span>.</p>
+
+<p>OUBLIER DE, désigne un manque de
+mémoire:&mdash;<i>j'ai oublié</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous écrire</i>.
+<i>Oublier à</i> marque un manque d'usage: <i>il
+oublie</i> <span class="smcap">à</span> <i>danser</i>&mdash;<span class="smcap">à</span> <i>dessiner</i>.</p>
+
+<p>OUÏR n'est guère usité qu'au prétérit défini,
+<i>j'ouis</i>, <i>il ouit</i>: au présent du subj., <i>que
+j'ouïsse</i>, <i>qu'il ouït</i>: à l'infinitif, <i>ouïr</i>; au
+participe passé, <i>ouï</i>, <i>ouïe</i>; et aux temps
+composés.</p>
+
+<p class="p2">PAÎTRE. <i>Je pais</i>, <i>tu pais</i>, <i>il pait</i>,
+<i>nous paissons</i>, <i>vous paissez</i>, <i>ils paissent</i>,
+<i>je paissais</i>, point de prét. défini, <i>je paîtrai</i>,
+<i>je paîtrais</i>, <i>paissons</i>, <i>paissez</i>, <i>que je paisse</i>,
+point d'imparf. du subj., <i>paissant</i>, <i>pu</i>. Ce
+dernier mot ne s'emploie que dans cette
+phrase familière; <i>il a pu et repu</i>.</p>
+
+<p><i>Repaître</i>, qui se conjugue de même, a
+un prétérit défini;&mdash;<i>je repus</i>.</p>
+
+<p>PÂLE, <i>Pâle</i>, signifie qui est faible de
+coloris: <i>blême</i>, qui est très-pâle; <i>livide</i>,
+qui est plombé et taché de noir; <i>hâve</i> qui<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">[Pg 78]</a></span>
+est défiguré par le décharnement: <i>blafard</i>
+qui est pâle jusqu'à l'affadissement.</p>
+
+<p>PÂQUE substantif féminin: fête annuelle
+des Juifs en mémoire de leur sortie d'Égypte.</p>
+
+<p><i>Pâque</i> ou <i>Pâques</i> substantif masculin,
+singulier: fête des chrétiens:&mdash;<i>Pâques est
+passé</i>.</p>
+
+<p><i>Pâques</i> subst. fém. pluriel; communion
+pascale; <i>faire ses Pâques</i>.</p>
+
+<p><i>Pâques-fleuries</i>, le Dimanche des Rameaux.</p>
+
+<p>PARDONNER veut un régime direct
+des choses; <i>pardonnez quelques vers
+faibles</i>; et non, <span class="smcap">à</span> <i>quelques vers faibles</i>;
+et un régime indirect de personnes: <i>pardonnez</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>vos enfans</i>, et non <i>pardonnez vos
+enfans</i>.</p>
+
+<p>PARLER, (se) Le participe passé de
+<i>se parler</i> est toujours invariable, parce que
+<i>se parler</i> n'a pas de régime direct: <i>ils se
+sont</i> <span class="smcap">parlé</span>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">parlé</span>.</p>
+
+<p>PARMI. <i>Entre</i> se dit de deux objets:
+<i>entre Rome et Carthage</i>: <i>parmi</i> se dit d'un
+plus grand nombre, et veut après lui, ou un
+pluriel: <i>parmi les hommes</i>; ou un collectif:
+<i>parmi la foule</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PRÉSENT. Il est toujours
+terminé en <i>ant</i>, et ne prend ni genre
+ni nombre: <i>un homme</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>des
+hommes</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>une femme</i> <span class="smcap">lisant</span>:&mdash;<i>des
+femmes</i> <span class="smcap">lisant</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">[Pg 79]</a></span></p>
+
+<p>On dit, <i>des hommes obligeans</i>:&mdash;<i>une
+femme surprenante</i>. Mais ces mots, <i>obligeans</i>,
+<i>surprenante</i>, ne sont point des participes
+présens: ce sont des adjectifs <i>verbaux</i>,
+qui s'accordent avec les substantifs
+auxquels ils se rapportent.</p>
+
+<p>Pour distinguer les adjectifs verbaux des
+participes présens, il faut voir si ces mots
+ont un régime. Lorsqu'ils ont un régime,
+ce sont des participes. Lorsqu'ils n'ont
+point de régime, ils sont adjectifs: <i>cette
+femme est douce</i>, <i>affable</i>, <span class="smcap">prévenant</span> <i>tout
+le monde</i>:&mdash;<i>cette femme est douce</i>, <i>affable</i>,
+<span class="smcap">prévenante</span>. Dans la première phrase le
+mot <i>prévenant</i> est un participe, parce qu'il
+est suivi du régime <i>tout le monde</i>: dans
+la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a
+point de régime.</p>
+
+<p>Cette règle pour distinguer les adjectifs
+verbaux des participes présens souffre quelques
+rares exceptions.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes réfléchis.
+Ce participe s'accorde avec le régime
+direct lorsque ce régime est avant le
+participe: <i>cette femme s'est</i> <span class="smcap">proposée</span>
+<i>pour modèle à ses enfans</i>: <i>proposée</i> est au
+féminin et au singulier, parce qu'il est précédé
+de son régime direct le pronom <i>se</i> qui
+se rapporte à <i>femme</i>: c'est comme s'il y
+avait,&mdash;<i>cette femme a proposé elle</i>.</p>
+
+<p>Mais si le régime direct est après le participe,
+le participe est invariable: <i>ma s&oelig;ur
+s'est</i> <span class="smcap">coupé</span> <i>le doigt</i>. <i>Coupé</i> ici est inva<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">[Pg 80]</a></span>riable
+parce que le régime direct <i>doigt</i>, est
+après le participe: et le pronom <i>se</i> n'est que
+le régime indirect, puisque c'est comme s'il
+y avait, <i>ma s&oelig;ur a coupé le doigt à elle</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ suivi d'un verbe
+à l'infinitif. Quand le <i>participe passé</i> est
+suivi d'un verbe à l'infinitif, il faut examiner
+avec attention si le régime qui précède le
+participe est régime de ce participe, ou régime
+de l'infinitif qui suit le participe.</p>
+
+<p>S'il est régime du participe passé, ce participe
+doit s'accorder avec lui: <i>voilà les enfans</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i> <span class="smcap">entendus</span> <i>lire</i>. <i>Que</i> est ici
+régime du participe <i>entendus</i>, et non de l'infinitif
+<i>lire</i>.</p>
+
+<p>Mais si le régime qui précède le participe
+passé, est celui du verbe à l'infinitif, le participe
+passé demeure invariable: <i>voilà les
+livres</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous avez</i> <span class="smcap">paru</span> <i>désirer</i>: le régime
+<i>que</i> appartient au second verbe.</p>
+
+<p>On reconnaît que le régime qui précède
+le participe passé, est le régime de ce participe,
+lorsqu'on peut mettre ce régime immédiatement
+après le participe, et changer
+l'infinitif qui suit en participe présent; ou
+bien en un imparfait précédé du pronom relatif
+<i>qui</i>: cela est évident dans l'exemple
+ci-dessus: <i>voilà les enfans</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i> <span class="smcap">entendus</span>
+<i>lire</i>: on peut dire, <i>j'ai entendu les
+enfans</i> <span class="smcap">lisant</span>, ou <span class="smcap">qui lisaient</span>.</p>
+
+<p>Lorsque ce changement ne peut se faire,
+il faut en conclure que le régime qui précède<span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">[Pg 81]</a></span>
+le participe, est le régime du verbe qui suit
+le participe.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ entre deux <i>que</i>.
+Lorsque le <i>participe passé</i> se trouve entre
+deux <i>que</i>, le régime direct, c.-à-d., le premier
+<i>que</i> appartient toujours au second
+verbe, et par conséquent le participe est
+toujours invariable: <i>voilà les livres</i> <span class="smcap">que</span> <i>l'on a</i>
+<span class="smcap">voulu</span> <i>que je lusse</i>:&mdash;<i>les peines</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">prévu</span> <i>que cette affaire vous donnerait</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi,
+formé d'un verbe neutre. Ce participe est
+toujours invariable, parce que son verbe
+n'ayant pas de régime direct, ne peut en être
+précédé: <i>elles se sont</i> <span class="smcap">nui</span>:&mdash;<i>ils se sont</i>
+<span class="smcap">parlé</span>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">succédé</span>.</p>
+
+<p>Les verbes réfléchis ainsi formés d'un
+verbe neutre, sont au nombre de neuf, savoir;
+<i>se plaire</i>, <i>se déplaire</i>, <i>se complaire</i>,
+<i>se rire</i>, <i>se sourire</i>, <i>se parler</i>, <i>se succéder</i>,
+<i>se nuire</i>, <i>s'entre-nuire</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé <i>fait</i>, suivi d'un infinitif,
+est toujours invariable: <i>la maison</i> que j'ai
+<span class="smcap">fait</span> bâtir:&mdash;<i>les habits que j'ai</i> <span class="smcap">fait</span> <i>faire</i>.</p>
+
+<p>Beaucoup de grammairiens veulent que le
+participe <i>laissé</i> suive la même règle, et
+que l'on écrive: <i>la femme que j'ai</i> <span class="smcap">laissé</span>
+<i>passer</i>. D'autres veulent que ce mot suive
+la règle générale, et que l'on écrive: <i>la
+femme que j'ai</i> <span class="smcap">laissée</span> <i>passer</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ joint au verbe
+<i>avoir</i> précédé du mot <i>en</i>. Ce participe est
+invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">[Pg 82]</a></span>
+autre régime direct: <i>vous avez plus de richesses
+que je ne vous</i> <span class="smcap">en</span> <i>ai</i> <span class="smcap">donné</span>, et non
+pas <span class="smcap">données</span>:&mdash;<i>il m'a promis plus de services
+qu'il ne m'</i><span class="smcap">en</span> <i>a</i> <span class="smcap">rendu</span>, et non pas
+<span class="smcap">rendus</span>.</p>
+
+<p>Les participes <i>donné</i> et <i>rendu</i> sont invariables
+ici parce que le mot <i>en</i> est un pronom
+relatif qui signifie <i>de cela</i>, et qui par
+conséquent représente un régime indirect.</p>
+
+<p>Mais le participe est variable s'il est
+précédé d'un autre pronom qui en soit le
+régime direct: <i>j'ai écrit à mon frère, et
+voici la réponse</i> <span class="smcap">que</span> <i>j'</i><span class="smcap">en</span> <i>ai</i> <span class="smcap">reçue</span>. <i>Reçue</i>
+est au féminin et au singulier, parce qu'il
+est précédé de son régime direct, le relatif
+<i>que</i> pronom qui se rapporte à <i>réponse</i>. Le
+pronom <span class="smcap">en</span> est régime indirect et signifie <i>de
+mon frère</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ joint au verbe
+<i>avoir</i> précédé du mot <i>le</i>. Ce participe ne
+varie point, lorsque le relatif <i>le</i> se rapporte
+à un <i>adjectif</i>: ainsi l'on écrira: <i>votre s&oelig;ur
+n'est pas aussi instruite que je l'avais</i> <span class="smcap">pensé</span>,
+parce que le pronom <i>le</i> se rapporte à
+l'adjectif <i>instruite</i>.</p>
+
+<p>Mais le participe varie, quand le mot <i>le</i>
+se rapporte à un <i>substantif</i>, comme dans
+cette phrase: <i>ma s&oelig;ur est toujours la même
+que je l'ai</i> <span class="smcap">connue</span>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels
+<i>il a fait</i>, <i>il y a eu</i>. Ce participe
+demeure invariable: ainsi on dit, <i>les chaleurs
+qu'il a</i> <span class="smcap">fait</span>; et non pas, <i>qu'il a</i><span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">[Pg 83]</a></span>
+<span class="smcap">faites</span>:&mdash;<i>la disette qu'il y a</i> <span class="smcap">eu</span> <i>pendant
+l'hiver dernier</i>; et non pas, <i>qu'il y a</i> <span class="smcap">eue</span>.</p>
+
+<p>On écrit également sans accord: <span class="smcap">il est
+arrivé</span> <i>de grands malheurs</i>:&mdash;<i>quels changemens
+en</i> <span class="smcap">est-il résulté</span>? parce que
+c'est une règle sans exception, que le participe
+conjugué avec <i>être</i> (excepté dans les
+verbes réfléchis, où il est pour <i>avoir</i>) s'accorde
+toujours avec son sujet: or le sujet de,
+<i>est arrivé</i>;&mdash;<i>est résultée</i>, c'est <i>il</i> représentant
+<i>ceci</i>, mot invariable, mot neutre, qui
+ne saurait exercer aucune influence sur le
+participe.</p>
+
+<p>Il faut aussi écrire sans accord: <span class="smcap">il s'est
+rassemblé</span> <i>une foule de gens armés</i>:&mdash;<span class="smcap">il
+s'est glissé</span> <i>une faute dans votre copie</i>:&mdash;<span class="smcap">il
+s'est trouvé</span> <i>dix personnes chez
+moi</i>.</p>
+
+<p>PARTICIPE PASSÉ des verbes neutres.
+Le verbe neutre n'ayant pas de régime
+direct, son participe passé demeure
+invariable: <i>les sommes que ce procès m'a</i>
+<span class="smcap">couté</span>:&mdash;<i>les pistoles que ce cheval a</i> <span class="smcap">valu</span>:&mdash;<i>les
+jours que j'ai</i> <span class="smcap">vécu</span>.</p>
+
+<p>Cependant lorsque <i>valoir</i> signifie <i>procurer</i>,
+<i>faire obtenir</i>, il est actif, et alors son participe
+passé doit s'accorder avec le régime
+direct qui le précède: <i>les honneurs que m'a</i>
+<span class="smcap">valus</span> <i>mon habit</i>. Il en est ainsi du participe
+passé de <i>couter</i>, lorsque ce verbe signifie
+<i>causer</i>, <i>exiger</i>: <i>les peines que cette affaire
+m'a</i> <span class="smcap">coutées</span>.<span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">[Pg 84]</a></span></p>
+
+<p>PARTICIPER À, c'est avoir part à
+quelque chose, à quelque action: <i>participer</i>
+<span class="smcap">aux</span> <i>faveurs du Prince</i>. <i>Participer
+de</i>, c'est tenir de la nature de quelque
+chose: <i>l'enthousiasme de cet auteur participe</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>la folie</i>.</p>
+
+<p>PASSÉ INDÉFINI et DÉFINI. Il
+ne faut pas confondre le <i>passé indéfini</i> avec
+le <i>passé défini</i>. Le passé indéfini s'emploie
+indifféremment pour un temps passé, soit
+qu'il en reste encore une partie à écouler ou
+non: <span class="smcap">j'ai reçu</span> <i>une lettre l'année dernière</i>,&mdash;<i>le
+mois passé</i>,&mdash;<i>la semaine dernière</i>,&mdash;<i>hier</i>:&mdash;<span class="smcap">j'ai
+reçu</span> <i>une lettre cette année</i>,&mdash;<i>ce
+mois</i>,&mdash;<i>cette semaine</i>,&mdash;<i>aujourd'hui</i>.</p>
+
+<p>Le passé défini ne se dit au contraire que
+d'un temps complètement écoulé, et éloigné
+au moins d'un jour de l'instant où l'on parle:
+ainsi l'on ne dira pas; <span class="smcap">je reçus</span> <i>une lettre
+cette année</i>,&mdash;<i>ce mois</i>,&mdash;<i>cette semaine</i>,&mdash;<i>aujourd'hui</i>,
+parce que l'on est encore dans
+le temps dont il s'agit.</p>
+
+<p>PASSIF. Les verbes passifs demandent
+pour régimes les prépositions <i>de</i> et <i>par</i>: <i>de</i>,
+quand ils expriment un sentiment, une passion,
+en un mot un mouvement de l'âme:
+<i>par</i>, lorsqu'ils signifient une action à laquelle
+l'esprit ou le corps a seul part:
+<i>l'honnête homme est estimé</i> <span class="smcap">de</span> <i>tout le
+monde</i>;&mdash;<i>une grande partie de la terre a
+été conquise</i> <span class="smcap">par</span> <i>les Romains</i>.</p>
+
+<p>Cependant au lieu de la préposition <i>de</i>,
+l'usage permet d'employer <i>par</i> pour éviter<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">[Pg 85]</a></span>
+plusieurs <i>de</i>: <i>votre conduite a été approuvée</i>
+<span class="smcap">d'</span><i>une commune voix</i>, <span class="smcap">par</span> <i>toutes les
+personnes sages et éclairées</i>.</p>
+
+<p>PATATE, <i>plante du genre des liserons</i>.
+<span class="smcap">pomme de terre</span>, <i>plante du
+genre des solanums</i>. Ces définitions sont
+du Dict. de l'Académie, Édit. de 1835, et
+elles s'accordent avec celles que les naturalistes
+donnent de ces plantes. C'est donc
+une grave erreur que de désigner notre
+<i>pomme de terre</i> par le terme <i>patate</i>, plante
+que nous ne possédons pas, et qui ne vient
+guère qu'entre les deux Tropiques.</p>
+
+<p>PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT.
+Ce mot, quoique écrit de trois
+différentes manières, se prononce <i>pè-ment</i>.</p>
+
+<p>PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui
+sont terminés au participe présent par <i>yant</i>,
+comme <i>bégayer</i>, <i>bayer</i>, <i>employer</i>, <i>renvoyer</i>,
+<i>aboyer</i>, <i>essayer</i>, <i>ployer</i>, <i>appuyer</i>,
+etc., prennent un <i>y</i> et un <i>i</i> à la première et
+à la seconde personne du pluriel de l'imparfait
+de l'indicatif, et du présent du subj.
+<i>Je paie, tu paies, il paie, nous payons,
+vous payez, ils paient,</i> (prononcez <i>je pè</i>,
+<i>tu pè</i>, <i>il pè</i>, et à la troisième personne du
+pluriel, <i>ils pè</i>) <i>je payais, tu payais, il
+payait, nous payions, vous payiez, ils
+payaient, je payai, tu payas, il paya, nous
+payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je
+paierai, tu paieras, il paiera, nous paierons,
+vous paierez, ils paieront,</i> (prononcez,
+<i>je pè-e-rai</i>, <i>tu pè-e-ras</i>, <i>il pè-e-ra</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">[Pg 86]</a></span>
+etc.) <i>je paierais, tu paierais, il paierait,
+nous paierions, vous paieriez, ils paieraient,</i>
+(prononcez <i>je pè-e-rais</i>, <i>tu pè-e-rais</i>,
+<i>nous pè-e-rions</i>, etc.) <i>paie</i>, (prononcez <i>pè</i>,)
+<i>payons, payez, que je paie, que
+tu paies, qu'il paie, que nous payions, que
+vous payiez, qu'ils paient,</i> (prononcez, <i>que
+je pè</i>, <i>que tu pè</i>, <i>qu'il pè</i>, <i>qu'ils pè</i>) <i>que
+je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que
+nous payassions, que vous payassiez, qu'ils
+payassent, payant, payé, payée.</i></p>
+
+<p>Les verbes <i>croire</i>, <i>voir</i>, <i>fuir</i>, <i>asseoir</i>,
+etc., ayant leur participe présent terminé en
+<i>yant</i>, font aussi à l'imparfait de l'indicatif et
+au présent du subjonctif, <i>nous croyions</i>,
+<i>vous croyiez</i>; <i>que nous croyions</i>, <i>que vous
+croyiez</i>, etc.</p>
+
+<p>Quelques personnes, contrairement aux
+règles de la prononciation, font entendre l'<i>l</i>
+mouillée, ou l'<i>y</i>, aux trois personnes du singulier,
+et à la troisième personne du pluriel
+du présent du subjonctif des verbes dont le
+participe présent est terminé en <i>yant</i>. Ainsi
+elles prononcent, <i>que je pèghe</i>, (du verbe
+payer) <i>que tu pèghes</i>, <i>qu'il pèghe</i>, <i>qu'ils
+pèghe</i>, au lieu de, <i>que je pè</i>, <i>que tu pè</i>, <i>qu'il
+pè</i>, <i>qu'ils pè</i>:&mdash;&mdash; <i>que j'èghe</i>, (du verbe
+avoir) <i>que tu èghes</i>, <i>qu'il èghe</i>, <i>qu'ils èghe</i>,
+au lieu de, <i>que j'è</i>, <i>que tu è</i>, <i>qu'il è</i>, <i>qu'ils
+è</i>:&mdash;&mdash; <i>que je croèghe</i>, (du verbe croire) <i>que
+tu croèghes</i>, <i>qu'il croèghe</i>, <i>qu'ils croèghe</i>, au
+lieu de, <i>que je croa</i>, <i>que tu croa</i>, <i>qu'il croa</i>,
+<i>qu'ils croa</i>.</p>
+
+<p>Ces exemples prouvent combien l'insti<span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">[Pg 87]</a></span>tuteur
+doit faire d'efforts pour rompre de
+bonne heure dans ses élèves l'habitude de
+cette prononciation vicieuse.</p>
+
+<p>PEMINA, que le vulgaire nomme <i>pinbina</i>,
+est l'obier du Canada. Le peuple
+appelle aussi <i>pinbina</i> son fruit: c'est à tort,
+parce que la baie que porte le <i>pémina</i>, n'a
+pas de nom en français.</p>
+
+<p>PENNY est le mot anglais, et <i>denier</i> le
+mot français qui représentent le terme latin
+<i>denarius</i>, quoiqu'ils expriment des monnaies
+de valeurs très-différentes. Pourquoi donc
+employer le mot anglais <i>penny</i>, lorsque le
+français fournit un équivalent? D'ailleurs
+<i>penny</i> fait <i>pence</i> au pluriel, et puis les fractions
+du <i>penny</i> se nomment <i>farthings</i>:
+nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne
+savent pas l'anglais; et nouvelle raison par
+conséquent de rejeter ces mots étrangers,
+pour s'en tenir aux termes faciles et corrects
+de <i>denier</i>;&mdash;<i>demi-denier</i>;&mdash;<i>quart de
+denier</i>, etc.</p>
+
+<p>Il n'en est pas ainsi du mot <i>shilling</i>, dont
+l'emploi est nécessité par l'absence d'un
+terme français qui lui corresponde.</p>
+
+<p>Le mot anglais <i>dollar</i>, monnaie des
+États-Unis, se trouve dans quelques dictionnaires
+modernes: et <i>Boiste</i> admet <i>pound</i>,
+mot anglais pour <i>livre sterling</i>.</p>
+
+<p>PÉRIODE est masculin quand il marque
+le plus haut point, où une chose puisse
+arriver: <i>il est au plus</i> <span class="smcap">haut</span> <i>période de sa
+gloire</i>; ou quand il signifie un espace de<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">[Pg 88]</a></span>
+temps: <i>dans un</i> <span class="smcap">court</span> <i>période</i>:&mdash;<i>dans le</i>
+<span class="smcap">dernier</span> <i>période de sa vie</i>: il est féminin
+dans ses autres acceptions: <span class="smcap">la</span> <i>période lunaire</i>:&mdash;<span class="smcap">la</span>
+<i>période julienne</i>.</p>
+
+<p>PÉRIR. En parlant de personnes qui
+n'existent plus, on dirait, <i>elles</i> <span class="smcap">sont</span> <i>péries</i>,
+parce qu'alors la pensée est occupée de l'état
+des personnes qui n'existent plus. Mais
+si l'on voulait désigner l'époque où elles ont
+cessé d'exister, ou la manière dont elles ont
+perdu la vie, il faudrait se servir de l'auxiliaire
+<i>avoir</i>, et dire, <i>elles</i> <span class="smcap">ont</span> <i>péri en 1840</i>:&mdash;<i>elles</i>
+<span class="smcap">ont</span> <i>péri dans un naufrage</i>.</p>
+
+<p>Le même principe est applicable au verbe
+<i>échouer</i>. <i>Le vaisseau</i> <span class="smcap">a</span> <i>échoué sur la côte</i>;&mdash;<i>le
+vaisseau que montait mon ami</i> <span class="smcap">est</span>
+<i>échoué</i>. V. <span class="smcap">auxiliaires</span>.</p>
+
+<p>PERSONNE <i>pronom indéfini</i>, a un
+sens vague, s'emploie sans article et sans
+adjectif déterminatif, et signifie aucune personne,
+qui que ce soit: il est toujours du
+masculin et du singulier: <span class="smcap">personne</span> <i>n'est
+assez sot pour le croire</i>;&mdash;<i>il n'y a</i> <span class="smcap">personne</span>
+<i>qui ne soit fâché</i>.</p>
+
+<p><i>Personne substantif</i> a un sens déterminé;
+il est accompagné de l'article, ou d'un adjectif
+déterminatif, et est féminin: <i>quelle
+est la personne assez</i> <span class="smcap">sotte</span> <i>pour le croire?</i>&mdash;<i>il
+n'y a pas</i> <span class="smcap">une</span> <i>personne qui n'en soit</i>
+<span class="smcap">fachée</span>.</p>
+
+<p>PERSES. On doit appeler <i>Perses</i> les
+anciens habitans de la Perse, et <i>Persans</i>
+ceux d'aujourd'hui.<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">[Pg 89]</a></span></p>
+
+<p>PERSUADER. La grammaire permet
+d'écrire,&mdash;<i>les modernes se sont</i> <span class="smcap">persuadés</span>
+<i>qu'ils surpassaient les anciens</i>&mdash;et&mdash;<i>les modernes
+se sont</i> <span class="smcap">persuadé</span> <i>qu'ils surpassaient
+les anciens</i>. La raison en est qu'avec
+le verbe <i>se persuader</i>, le pronom <i>se</i> peut
+être également régime direct, ou régime indirect
+du verbe: en effet, on dit <i>persuader
+quelqu'un</i>, et <i>persuader</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le
+verbe qui suit au subjonctif: <i>il y a peu
+d'hommes, qui</i> <span class="smcap">sachent</span> <i>supporter l'adversité</i>.</p>
+
+<p><i>Un petit peu</i> est une faute grossière:
+dites simplement, <i>un peu</i>.</p>
+
+<p><i>Pour le peu que</i> est un barbarisme, il
+faut dire, <i>pour peu que</i>.</p>
+
+<p>PEUR. La locution conjonctive, <i>de peur
+que</i>, veut toujours <i>ne</i> devant le verbe suivant:
+<i>de peur qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p><i>Avoir peur</i> exige également <i>ne</i> devant <i>le</i>
+verbe qui suit: <i>j'ai peur qu'il</i> <span class="smcap">ne</span> <i>vous
+trompe</i>: à moins qu'<i>avoir peur</i> ne soit
+accompagné d'une négation; ou ne soit
+employé interrogativement: dans ces deux
+cas on supprime ne: <i>je n'ai pas peur qu'il
+vous trompe?</i></p>
+
+<p>PEUT-ÊTRE employé avec le verbe
+<i>pouvoir</i> forme un pléonasme ridicule: ne
+dites pas: <i>peut-être il pourra venir</i>, mais,
+<i>peut-être il viendra</i>.</p>
+
+<p>PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours
+à un substantif, et s'accorde avec lui.<span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">[Pg 90]</a></span>
+<i>De deux maux il faut éviter le</i> <span class="smcap">pire</span>:&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">pires</span> <i>des ennemis ce sont les flatteurs</i>.</p>
+
+<p><i>Pire</i>, suivi de <i>que</i>, veut <i>ne</i> devant le verbe
+qui suit: <i>ce vin est pire que je</i> <span class="smcap">ne</span> <i>le pensais</i>:
+à moins que cet adjectif n'accompagne
+un verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement:
+<i>ce vin n'est pas pire que je
+le pensais</i>:&mdash;<i>ce vin est-il pire que vous
+le pensiez?</i></p>
+
+<p>PIS est l'opposé de <i>mieux</i>, et se dit
+pour <i>plus mal</i>. Il ne se joint pas à des
+substantifs masculins ou féminins, mais seulement
+à des noms, où à des pronoms indéterminés,
+comme dans cette phrase, <i>rien
+n'est</i> <span class="smcap">pis</span> <i>qu'une mauvaise langue</i>.</p>
+
+<p><i>Pis</i> est quelquefois substantif: <i>le</i> <span class="smcap">pis</span> <i>de
+l'affaire est que</i>...</p>
+
+<p><i>Pis</i> est aussi adverbe comparatif: <span class="smcap">de
+pis</span> <i>en</i> <span class="smcap">pis</span>,&mdash;<i>de mal en</i> <span class="smcap">pis</span>,&mdash;<i>tant</i> <span class="smcap">pis</span>.</p>
+
+<p>Le peuple dit abusivement <i>de</i> <span class="smcap">pire</span> <i>en</i>
+<span class="smcap">pire</span>,&mdash;<i>de mal en</i> <span class="smcap">pire</span>,&mdash;<i>tant</i> <span class="smcap">pire</span>.</p>
+
+<p>PLAINDRE. <i>Se plaindre de ce que</i>,
+suppose un sujet de plainte: <i>il se plaint</i> <span class="smcap">de
+ce que</span> <i>vous l'avez trompé</i>.</p>
+
+<p><i>Se plaindre que</i> ne suppose pas lieu à la
+plainte: <i>il a tort de se plaindre</i> <span class="smcap">que</span> <i>vous
+l'ayez trompé</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>se plaindre</i> s'accorde
+toujours avec le second pronom: <i>ils
+se sont</i> <span class="smcap">plaints</span> <i>de vous</i>:&mdash;<i>elle s'est plainte
+de votre conduite</i>: excepté lorsque <i>se
+plaindre</i> signifie <i>se refuser</i>, cas dans lequel<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">[Pg 91]</a></span>
+le second pronom cesse d'être régime direct,
+<i>elle s'est</i> <span class="smcap">plaint</span> <i>le boire et le manger</i>.</p>
+
+<p>PLAIRE. Ce <i>qui plait</i> est ce qui est
+agréable: ce <i>qu'il plait</i> est ce que l'on
+veut: <i>les incensés sacrifient leurs intérêts
+à ce</i> <span class="smcap">qui</span> <i>leur</i> <span class="smcap">plait</span>:&mdash;<i>les gens d'un caractère
+opiniâtre ne veulent faire que ce</i> <span class="smcap">qu'il</span>
+<i>leur</i> <span class="smcap">plait</span>.</p>
+
+<p>On doit répondre à quelqu'un qui offre
+quelque chose, <i>ce</i> <span class="smcap">qu'il</span> <i>vous plaîra</i>, et non
+pas, <i>ce</i> <span class="smcap">qui</span> <i>vous plaîra</i>.</p>
+
+<p>Le participe passé de <i>plaire</i> est toujours
+invariable:&mdash;<i>ils nous ont</i> <span class="smcap">plu</span>:&mdash;<i>ils se sont</i>
+<span class="smcap">plu</span> <i>réciproquement</i>:&mdash;<i>ils se sont</i> <span class="smcap">plu</span> <i>à me
+contrarier</i>:&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">plu</span> <i>à la campagne</i>.</p>
+
+<p>PLAISIR (il y a). Cette locution prend
+<i>à</i> devant une consonne, et <i>de</i> devant une
+voyelle. <i>Il y a plaisir</i> <span class="smcap">à</span> <i>l'entendre chanter</i>:&mdash;<i>il
+y a plaisir</i> <span class="smcap">d'</span><i>avoir affaire à un
+homme si loyal</i>.</p>
+
+<p>PLÉONASME. Le pléonasme est autorisé
+lorsqu'il ajoute à la phrase plus d'énergie
+et de grâce; mais souvent il est un vice
+à éviter. Voici quelques phrases dans lesquelles
+le pléonasme est vicieux. <i>S'entr'égorger
+les uns les autres</i>: les mots <i>les uns
+les autres</i> sont superflus:&mdash;<i>plaintes réciproques
+de part et d'autre</i>: <i>de part et
+d'autre</i> sont redondans: <i>discours rempli de
+beaucoup de citations</i>: <i>beaucoup</i> est inutile.&mdash;<i>À
+Mons. N, Prêtre, Curé de N</i>;&mdash;<i>À
+Mons. N, Prêtre, Vicaire de N</i>:&mdash;<i>Je</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">[Pg 92]</a></span>
+<i>soussigné, Prêtre, Curé de N</i>. Le mot
+<i>prêtre</i> dans ces phrases est superflu:&mdash;<i>une
+heure de temps</i>: retranchez <i>de temps</i>:&mdash;<i>ainsi
+donc vous avez tort</i>; l'un des deux
+termes <i>ainsi</i> et <i>donc</i> est redondant:&mdash;<i>les
+ennemis reculent en arrière</i>: on ne recule
+pas en avant; <i>en arrière</i> est donc superflu;
+<i>un brillant éclat</i>: <i>brillant</i> est superflu,
+car tout éclat est <i>brillant</i>:&mdash;<i>un cadavre
+inanimé</i>; certes il n'y a pas de cadavre
+<i>animé</i>:&mdash;<i>il fut forcé malgré lui d'y
+consentir</i>; supprimez <i>malgré lui</i>:&mdash;<i>il faut
+s'entr'aider mutuellement</i>; le dernier mot
+de cette phrase n'ajoute rien au sens:&mdash;<i>un
+petit peu</i>; retranchez <i>petit</i>:&mdash;<i>dépêchez-vous
+vite</i>; <i>vite</i> est superflu:&mdash;<i>tempête orageuse</i>;
+retranchez <i>orageuse</i>:&mdash;<i>voyons voir</i>;
+répétition barbare:&mdash;<i>je vais aller le chercher</i>,
+dites <i>je vais le chercher</i>:&mdash;<i>pour faire
+fuir les ennemis on n'aurait seulement qu'à
+se montrer</i>; <i>seulement</i> est superflu:&mdash;<i>je
+vais dîner, et puis ensuite je me rendrai
+chez vous</i>; <i>puis</i> signifie <i>ensuite</i>, il faut
+donc retrancher l'un ou l'autre:&mdash;<i>réellement
+vrai</i>; langage ridicule:&mdash;<i>au jour d'aujourd'hui</i>;
+<i>jour</i> est de trop:&mdash;<i>hémorragie de
+sang</i>: retranchez <i>de sang</i>, puisque le mot
+<i>hémorragie</i> signifie par lui-même <i>perte de
+sang</i>:&mdash;<i>il est impossible qu'on puisse réussir</i>;
+dites, <i>il est impossible de réussir</i>:&mdash;<i>il
+est impossible de pouvoir</i>; otez <i>de pouvoir</i>:&mdash;<i>je
+suis bien parfaitement</i>, ou <i>très-parfaitement
+votre humble serviteur</i>; les
+mots <i>bien</i> et <i>très</i>, joints à <i>parfaitement</i>, sont<span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">[Pg 93]</a></span>
+redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter
+à ce qui est parfait:&mdash;<i>un des modèles les
+plus parfaits</i> est une faute, retranchez <i>les
+plus</i>. Quelques grammairiens souffrent dans
+la conversation familière ces expressions,
+<i>montez en haut</i>;&mdash;<i>descendez en bas</i>;&mdash;<i>je
+veux unir ces deux prairies ensemble</i>.</p>
+
+<p>PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles:
+<i>plier du linge</i>;&mdash;<i>plier une lettre</i>.</p>
+
+<p>PLOYER. <i>Je ploie, tu ploies, il ploie,
+nous ployons, vous ployez, ils ploient, je
+ployais, nous ployions, vous ployiez, ils
+ployaient, je ployai, je ploierai, je ploierais,
+ploie, ployons, ployez, que je ploie,
+que nous ployions, qu'ils ploient, que je
+ployasse, ployant, ployé, ployée.</i></p>
+
+<p><i>Ployer</i>, c'est courber, faire fléchir:
+<i>ployer une branche d'arbre</i>.</p>
+
+<p>PLUPART. Le substantif <i>plupart</i>
+étant un collectif partitif, veut que le verbe
+et les autres correspondans, comme adjectifs,
+participes et pronoms s'accordent avec
+le substantif exprimé, ou sous-entendu après
+<i>la plupart</i>: <i>la plupart du monde</i> <span class="smcap">pense</span>,&mdash;<i>la
+plupart des sénateurs</i> <span class="smcap">étaient mécontens</span>
+<i>et</i> <span class="smcap">fatigués</span> <i>de la guerre</i>;&mdash;<i>la plupart</i>
+<span class="smcap">étaient</span> <i>d'avis que</i>...</p>
+
+<p>Dans le premier exemple l'accord a lieu
+avec <i>monde</i>, dans le second avec <i>sénateurs</i>,
+et dans le troisième avec le mot <i>sénateurs</i>
+sous-entendu; c'est comme s'il y avait,
+<i>la plupart des sénateurs étaient d'avis
+que</i>...<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">[Pg 94]</a></span></p>
+
+<p>PLUS. Le superlatif <i>le plus</i>, <i>la plus</i>,
+<i>les plus</i>, veut après lui le subjonctif: <i>les
+mouvemens des planètes sont les plus réguliers
+que nous</i> <span class="smcap">connaissions</span>.</p>
+
+<p>Avant les adverbes <i>plus</i>, <i>mieux</i>, <i>moins</i>,
+on emploie <i>le</i>, <i>la</i>, <i>les</i>, pour exprimer une
+comparaison: <i>cette dame ne pleurait pas,
+quoiqu'elle fût</i> <span class="smcap">la plus</span> <i>affligée</i>, c.-à-d., la
+dame plus affligée que les autres.</p>
+
+<p>Au contraire on emploie simplement <i>le</i>
+pour marquer une qualité portée au plus
+haut degré, sans aucune idée de comparaison
+avec d'autres objets: <i>cette dame ne
+pleure pas alors même qu'elle est</i> <span class="smcap">le plus</span>
+<i>affligée</i>:&mdash;<i>il s'est baigné dans l'endroit où
+les eaux sont</i> <span class="smcap">le moins</span> <i>rapides</i>.</p>
+
+<p>Dira-t-on, <i>les opinions</i> <span class="smcap">les plus</span> ou <span class="smcap">le
+plus</span> <i>généralement suivies</i>?</p>
+
+<p>La réponse dépend de l'intention de celui
+qui parle.</p>
+
+<p>S'il s'agit d'opinions considérées en elles-mêmes,
+et sans comparaison, on dira <span class="smcap">le
+plus</span> <i>généralement suivies</i>.</p>
+
+<p>Si au contraire, vous avez en vue d'autres
+opinions moins suivies, et que vous vouliez
+indiquer une comparaison, vous direz <span class="smcap">les
+plus</span> <i>généralement suivies</i>.</p>
+
+<p>Lorsque le terme de comparaison placé
+après <i>plus</i> exprime une idée de mesure, de
+quantité, cet adverbe doit être suivi de la
+préposition <i>de</i>, et non de <i>que</i>: <i>il est plus</i> <span class="smcap">d'</span><i>à
+demi mort</i>:&mdash;<i>mon argent est plus</i> <span class="smcap">d'</span><i>à moitié
+dépensé</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">[Pg 95]</a></span></p>
+
+<p>PLUS TÔT, PLUTÔT. Il ne faut
+confondre ces deux mots. <i>Plus tôt</i>, locution
+adverbiale, est l'opposé de <i>plus tard</i>:
+<i>plutôt</i>, adverbe, marque une préférence.
+<i>Plutôt mourir que de trahir ma foi.</i></p>
+
+<p>POINT. Pas énonce simplement la négation:
+<i>point</i> l'exprime avec beaucoup plus
+de force: <i>il n'a</i> <span class="smcap">pas</span> <i>d'esprit ce qu'il faut
+pour cette place</i>:&mdash;<i>c'est un homme qui n'a</i>
+<span class="smcap">point</span> <i>d'esprit</i>.</p>
+
+<p>Il n'en est pas de même quand on interroge:
+si ma question est accompagnée
+de doute, je dirai; <i>n'avez-vous point été là?</i>
+mais si je suis persuadé, je dirai par manière
+de reproche: <i>n'avez-vous pas été là?</i></p>
+
+<p>PORTE. Les mots composés qui suivent
+ne prennent point d'<i>s</i> au pluriel: <i>porte-éguille</i>,
+<i>porte-baguette</i>, <i>porte-balle</i>, <i>porte-chape</i>,
+<i>porte-collet</i>, <i>porte-crayon</i>, <i>porte-croix</i>,
+<i>porte-crosse</i>, <i>porte-dieu</i>, <i>porte-drapeau</i>,
+<i>porte-enseigne</i>, <i>porte-étendard</i>, <i>porte-lanterne</i>,
+<i>porte-malheur</i>, <i>porte-manteau</i>,
+<i>porte-mousqueton</i>, <i>porte-respect</i>, <i>porte-verge</i>,
+etc. V. <span class="smcap">substantifs composés</span>.</p>
+
+<p>POUPÉE, jouet d'enfant. On substitue
+souvent à ce mot celui de <i>catin</i>. Le
+mot <i>catin</i>, quoique désigné par quelques
+auteurs comme synonyme de <i>poupée</i>, sonne
+mal aux oreilles délicates, au point qu'il n'est
+plus prononcé en ce sens dans la bonne société,
+et que le Dict. de l'Académie, Édit.
+de 1834, ne lui donne d'autre signification
+que celle de <i>femme de mauvaises m&oelig;urs</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">[Pg 96]</a></span></p>
+
+<p>POURVOIR. Passé défini, <i>je pourvus</i>:
+futur, <i>je pourvoirai</i>; conditionel, <i>je pourvoirais</i>:
+imparfait du subj. <i>que je pourvusse</i>.
+Le reste sur <i>voir</i>.</p>
+
+<p>POUVOIR. <i>Je puis</i> est plus usité que
+<i>je peux</i>. On ne dit pas <i>peux-je</i>? mais <i>puis-je</i>?
+Avec <i>pouvoir</i> on peut supprimer <i>pas</i> et
+<i>point</i>; <i>je ne puis</i>:&mdash;<i>il ne peut sortir</i>:&mdash;il
+en est de même des verbes <i>cesser</i>, <i>oser</i>,
+et <i>savoir</i>.</p>
+
+<p>PRENDRE GARDE QUE veut <i>ne</i>
+devant le verbe suivant: <i>prenez garde qu'on</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vous trompe</i>: excepté quand il est employé
+interrogativement, ou avec une négation.</p>
+
+<p>PRÉPOSITIONS. Les prépositions
+<i>à</i>, <i>de</i>, <i>en</i>, se répètent toujours avant chaque
+régime: <i>il dut la vie</i> <span class="smcap">à</span> <i>la clémence</i>, <i>et</i> <span class="smcap">à</span> <i>la
+magnanimité du vainqueur</i>:&mdash;<i>il est doux</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>servir</i>, <i>et</i> <span class="smcap">de</span> <i>contribuer à sa gloire</i>.</p>
+
+<p>Les autres prépositions, surtout celles qui
+n'ont qu'une syllabe, se répètent quand les
+régimes n'offrent aucune ressemblance de
+signification. <span class="smcap">Dans</span> <i>la paix et</i> <span class="smcap">dans</span> <i>la
+guerre</i>:&mdash;<span class="smcap">par</span> <i>la force et</i> <span class="smcap">par</span> <i>l'adresse</i>.</p>
+
+<p>Au contraire elles ne se répètent pas
+quand les régimes sont des expressions
+synonymes: <span class="smcap">dans</span> <i>la mollesse et l'oisiveté</i>:&mdash;<span class="smcap">par</span>
+<i>la force et la violence</i>:&mdash;<span class="smcap">à travers</span>
+<i>les dangers et les obstacles</i>.</p>
+
+<p>PRÈS, veut après lui la proposition <i>de</i>:
+<i>près</i> <span class="smcap">des</span> <i>montagnes</i>;&mdash;<i>près</i> <span class="smcap">du</span> <i>château</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">[Pg 97]</a></span>
+excepté dans le style familier; <i>près le marché</i>.</p>
+
+<p><i>Près de</i> indique aussi le temps et le
+nombre: <i>il est</i> <span class="smcap">près de</span> <i>deux heures</i>;&mdash;<i>il
+y a</i> <span class="smcap">près de</span> <i>vingt ans</i>. Ne dites pas:
+<i>il est</i> <span class="smcap">proche</span> <i>de deux heures</i>:&mdash;<i>il y a</i>
+<span class="smcap">proche</span> <i>de vingt ans</i>.</p>
+
+<p>PRESQUE. L'<i>e</i> final de <i>presque</i> s'élide
+seulement dans <i>presqu'île</i>; ainsi écrivez
+sans élision, <i>ouvrage</i> <span class="smcap">presque</span> <i>achevé</i>:&mdash;<i>habit</i>
+<span class="smcap">presque</span> <i>usé</i>.</p>
+
+<p>PRÊT À adjectif, signifie disposé à:
+<i>prêt</i> <span class="smcap">à</span> <i>partir</i>:&mdash;<i>ils sont prêts</i> <span class="smcap">à</span> <i>commencer</i>.
+<i>Près de</i> préposition, signifie sur le point de:
+<i>le soleil est près</i> <span class="smcap">de</span> <i>se coucher</i>.</p>
+
+<p>PRÉVALOIR se conjugue sur <i>valoir</i>,
+excepté au présent du subjonctif, où il fait,
+<i>que je prévale</i>, <i>que tu prévales</i>, <i>qu'il prévale</i>,
+<i>que nous prévalions</i>, <i>que vous prévaliez</i>,
+<i>qu'ils prévalent</i>.</p>
+
+<p>PRIER. Imparf. de l'ind. <i>nous priions</i>,
+<i>vous priiez</i>, <i>ils priaient</i>: présent du subjonctif,
+<i>que nous priions</i>, <i>que vous priiez</i>.</p>
+
+<p><i>Prier</i> <span class="smcap">de</span> <i>dîner</i> se dit d'une invitation accidentelle:
+<i>Prier</i> <span class="smcap">à</span> <i>dîner</i> d'une invitation
+préméditée.</p>
+
+<p>PRONOMS RELATIFS. Les pronoms
+relatifs <i>qui</i>, <i>que</i>, <i>lequel</i>, <i>laquelle</i>, <i>dont</i>,
+<i>où</i>, veulent le subjonctif après eux, quand
+ils ont pour antécédent un nom employé dans
+une phrase qui marque le doute, le désir,
+l'interrogation ou le commandement; et l'in<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">[Pg 98]</a></span>dicatif,
+lorsque la phrase exprime quelque
+chose de positif.</p>
+
+<p class="center">
+<i>Pronoms relatifs<br />
+avec l'indicatif.</i><br />
+</p>
+
+<p>Je connais quelqu'un qui <span class="smcap">pourra</span> vous
+rendre ce service:&mdash;voilà un livre que vous
+<span class="smcap">pourrez</span> consulter au besoin:&mdash;prêtez-moi
+ce livre dont vous n'<span class="smcap">avez</span> pas besoin:&mdash;ne
+quittez pas une place où vous <span class="smcap">êtes</span> commodément,
+et d'où vous <span class="smcap">entendez</span> bien.</p>
+
+<p class="center">
+<i>Les mêmes pronoms<br />
+avec le subjonctif.</i><br />
+</p>
+
+<p>Connaissez-vous quelqu'un qui <span class="smcap">puisse</span> me
+rendre ce service?&mdash;donnez-moi un livre
+que je <span class="smcap">puisse</span> consulter au besoin;&mdash;prêtez-moi
+un livre dont vous n'<span class="smcap">ayez</span> pas besoin:&mdash;choisissez
+une place où vous <span class="smcap">soyez</span>
+commodément, et d'où vous <span class="smcap">entendiez</span>
+bien.</p>
+
+<p><i>Auquel</i>, <i>à laquelle</i>, sont d'un usage très-ordinaire,
+et presque toujours indispensable
+quand il est question de <i>choses</i>: <i>le jardin</i>
+<span class="smcap">auquel</span> <i>je donne mes soins</i>:&mdash;<i>les sciences</i>
+<span class="smcap">auxquelles</span> <i>je m'applique</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'on parle de <i>personnes</i>, on est
+libre d'employer <i>à qui</i>, ou <i>auquel</i>, <i>à laquelle</i>:
+<i>Dieu</i> <span class="smcap">à qui</span>, ou <span class="smcap">auquel</span> <i>nous devons rapporter
+toutes nos actions</i>.</p>
+
+<p>Quand ce sont des prépositions autres que
+<i>de</i> et <i>à</i>, qui régissent le pronom relatif, l'on
+peut employer indifféremment <i>qui</i> ou <i>lequel</i>,
+si l'on parle de <i>personnes</i>, et dire; <i>cherchons
+à fléchir le Juge</i> <span class="smcap">devant qui</span>, OU <span class="smcap">devant le<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">[Pg 99]</a></span>quel</span>
+<i>nous devons paraître un jour</i>:&mdash;<i>on
+s'ennuie toujours avec ceux</i> <span class="smcap">avec qui</span>, ou <span class="smcap">avec
+lesquels</span> <i>il n'est pas permis de s'ennuyer</i>.</p>
+
+<p>Mais si l'on parle de <i>choses</i>, l'on doit se
+servir de <i>lequel</i>, <i>laquelle</i>: <i>l'opinion</i> <span class="smcap">contre
+laquelle</span> <i>je me déclare</i>.</p>
+
+<p><i>Qui</i> s'emploierait cependant dans les cas
+où les choses seraient <i>personnifiées</i>: <i>rochers</i>
+<span class="smcap">à qui</span> <i>je me plains</i>:&mdash;<i>la gloire</i> <span class="smcap">à qui</span> <i>je me
+suis dévoué</i>.</p>
+
+<p>PRONONCIATION. La prononciation
+de la conversation diffère de celle de la
+déclamation, et de la lecture, en ce qu'elle
+souffre une infinité d'hiatus, pourvu qu'ils ne
+soient pas trop rudes. L'usage est tellement
+prononcé à cet égard, qu'il serait d'un
+pédant de ne pas s'y conformer. Ainsi dans
+la conversation, <i>folâtrer et rire</i>:&mdash;<i>aimer à
+jouer</i>, se prononcent, <i>folâtré et rire</i>:&mdash;<i>aimé
+à jouer</i>. En général l'<i>s</i> finale des verbes ne
+se prononce point devant une voyelle: ainsi,
+<i>tu aimes à rire</i>:&mdash;<i>tu joues avec prudence</i>, se
+prononcent, <i>tu aime à rire</i>:&mdash;<i>tu joue avec
+prudence</i>.</p>
+
+<p>L'articulation vicieuse de la diphthongue
+<i>oi</i>, si fréquente chez nous, doit attirer l'attention
+sérieuse de l'instituteur; ou plutôt,
+devons-nous dire, sa conscience est grevée
+à cet égard, d'une immense responsabilité
+envers ses élèves et la société.</p>
+
+<p>En discutant la prononciation de cette
+diphthongue, Gatel, dans la préface de son
+dictionnaire, p. <span class="smcap">xii</span> (Édit. de 1813) dit:<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">[Pg 100]</a></span></p>
+
+<p class="blockquot">«Quant à la diphthongue <i>oi</i>...je n'ignore
+pas que l'usage lui donne chez
+nous...une susceptibilité de plusieurs
+nuances, pour ceux du moins qui...ont
+les organes extrêmement souples et délicats.
+C'est tantôt le son d'<i>&oelig;</i>, ou plutôt
+d'<i>oè</i>;...tantôt celui d'<i>oa</i>...tantôt celui
+d'<i>oua</i>...mais ces nuances m'ont paru
+en général si légères, si difficiles à saisir...que...j'ai
+jugé plus convenable...de
+désigner toujours...la prononciation d'<i>oi</i>
+par <i>oa</i>, en prenant la seule précaution
+d'affecter l'<i>a</i> de l'accent circonflexe, suivant
+que le son en devait être plus ou
+moins fortement appuyé.»</p>
+
+<p>Duvivier, dans son article des diphthongues,
+dit que le son le plus naturel de
+la diphthongue <i>oi</i>, «est celui que l'on suit
+en grec, où l'on fait entendre l'<i>o</i> et l'<i>i</i>,
+comme dans <i>voi-ïelle</i>, <i>roi-ïaume</i> (<i>voa-ïelle</i>,
+<i>roa-ïaume</i>) mais,» dit-il, «elle a
+encore d'autres sons qu'il est difficile de
+représenter par écrit.»</p>
+
+<p>Outre Gatel déjà cité, Noël et Chapsal
+dans leur dictionnaire, et Rolland dans son
+vocabulaire, désignent toujours la prononciation
+de la diphthongue <i>oi</i> par <i>oa</i>, ou <i>oua</i>.
+Suivant eux, <i>voir</i>, <i>boire</i>, <i>croire</i>, <i>moi</i>, <i>toi</i>,
+<i>droit</i>, etc., se prononcent, <i>voar</i>, <i>boar</i>, <i>croar</i>,
+<i>moa</i>, <i>toa</i>, <i>droa</i>.</p>
+
+<p>Il faut donc éviter de donner le son de l'<i>è</i>
+ouvert à la diphthongue <i>oi</i>, et se garder de
+prononcer, <i>vo-ère</i>, <i>bo-ère</i>, <i>cro-ère</i>, <i>mo-è</i>,
+<i>to-è</i>, <i>dro-è</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">[Pg 101]</a></span></p>
+
+<p>Le Dictionnaire de l'Académie, et la plupart
+des grammairiens modernes donnent, à
+quelques nuances près, la même règle pour
+la prononciation de la diphthongue <i>oi</i>.</p>
+
+<p>Le son de la voyelle <i>a</i>, comme le son de
+quelques autres voyelles, peut être <i>aigu</i> ou
+<i>grave</i>: il est aigu dans <i>patte</i>, <i>natte</i> et
+grave dans <i>hâte</i>, <i>pâte</i>. On conçoit, facilement
+que le son grave doit être plus fort,
+plus rempli que le son aigu: mais on doit
+éviter de prononcer l'<i>a</i> comme les anglais le
+prononcent dans <span class="smcap">law</span> (loi): et les allemands
+dans <span class="smcap">ja</span> (oui) avec une effrayante
+ouverture de bouche. La douceur, l'harmonie
+de la langue française, ne peut souffrir
+la rudesse de tels sons.</p>
+
+<p class="blockquot">L'Académie vient à l'appui de cette règle
+de la prononciation de la voyelle <i>a</i>.</p>
+
+<p>«Le son de l'<i>a</i>, en français, est le même
+dans tous les mots: il ne différe que par
+sa durée, et par des nuances peu sensibles.
+Il est long ou bref: long dans
+<i>pâte</i>, <i>grâce</i>; bref dans <i>glace</i>, <i>trace</i>.
+<i>Dict.</i> de <i>l'Ac. Édit. de 1832</i>.</p>
+
+<p>Les autres voyelles susceptibles de devenir
+graves, sont <i>e</i>, <i>u</i>, <i>o</i>: <i>tempête</i>, <i>jeûne</i>,
+<i>côte</i>.</p>
+
+<p>PROPORTIONNEL <i>adjectif</i>, et <span class="smcap">proportionnellement</span>
+<i>adverbe</i>, termes de
+mathématiques, sont employée quand il s'agit
+de quantités en lignes, en nombres ou
+en grandeurs, qui sont en proportion. <i>Ré<span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">[Pg 102]</a></span>duire</i>
+<span class="smcap">proportionnellement</span> <i>un grand
+plan à un petit</i>.</p>
+
+<p>Dans les autres cas, où il est question de
+proportion entre une chose et une autre
+chose, on se sert du participe <i>proportionné</i>,
+et de l'adverbe <i>proportionnément</i>: <i>le remède
+est</i> <span class="smcap">proportionné</span> <i>au mal</i>:&mdash;<i>il n'a
+pas été récompensé</i> <span class="smcap">proportionnement</span> <i>à
+son mérite</i>.</p>
+
+<p>PROPRE À, désigne une vocation, ou
+une destination encore imparfaite. <i>Propre
+pour</i>, marque une capacité acquise:
+un homme <i>propre à</i> la guerre, pourra être
+un jour un guérier: un homme <i>propre pour</i>
+la guerre, a ce qu'il faut pour l'être maintenant.</p>
+
+<p>PUISQUE. L'<i>e</i> de <i>puisque</i> ne s'élide
+que devant <i>il</i>, <i>ils</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>, <i>on</i>, <i>un</i>, <i>une</i>:
+même observation pour le mot <i>quoique</i>.</p>
+
+<p class="p2">QUATRE-VINGTS prend la marque
+du pluriel: <i>quatre-vingts hommes</i>: excepté
+quand il est suivi d'un autre adjectif de
+nombre: <i>quatre-vingt-dix hommes</i>. Il est
+également invariable quand il s'agit de la
+date: <i>l'an mil huit cent quatre</i>-<span class="smcap">vingt</span>.</p>
+
+<p>QUELQUE s'écrit de trois manières:</p>
+
+<p>1º. suivi d'un verbe il se met en deux
+mots, <i>quel que</i>, et alors <i>quel</i> adjectif s'accorde
+au genre et en nombre avec le sujet
+du verbe: <span class="smcap">quels que</span> <i>soient les humains</i>.</p>
+
+<p>2º. suivi d'un substantif il s'écrit en un
+mot, <i>quelque</i>, et s'accorde en nombre avec<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">[Pg 103]</a></span>
+ce substantif: <span class="smcap">quelques</span> <i>raisons que vous
+puissiez me donner</i>.</p>
+
+<p>3º. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit
+participe, soit adverbe, <i>quelque</i> s'écrit également
+en un mot: mais alors il est adverbe,
+et conséquemment reste invariable: <span class="smcap">quelque</span>
+<i>puissans qu'ils soient</i>:&mdash;<span class="smcap">quelque</span> <i>considérés
+que nous soyons</i>:&mdash;<span class="smcap">quelque</span> <i>adroitement
+qu'ils s'y prennent</i>.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> finale de <i>quelque</i> s'élide seulement
+devant <i>un</i>, <i>une</i>, <i>autre</i>, <i>il</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>:
+<i>quelqu'un</i>,&mdash;<i>quelqu'une</i>,&mdash;<i>quelqu'autre</i>,&mdash;<i>quelqu'il
+soit</i>,&mdash;<i>quelle qu'elle soit</i>.</p>
+
+<p>QUELQUE CHOSE. Quand <i>quelque
+chose</i> signifie une certaine chose, il est
+substantif masculin. <i>J'ai vu quelque chose
+de</i> <span class="smcap">beau</span>. Il est substantif féminin lorsqu'il
+veut dire, quelque soit la chose. <i>Quelque
+chose que je lui ai</i> <span class="smcap">dite</span>.</p>
+
+<p>QUÊTER. C'est abusivement qu'on
+emploie ce mot pour signifier <i>mendier</i>.
+<i>Quêter</i>, c'est faire une collecte pour les
+pauvres, pour les objets de confréries, pour
+les établissemens religieux, etc. <i>Mendier</i>
+c'est demander l'aumône.</p>
+
+<p>Même remarque pour <i>quêteur</i> qu'on fait
+synonyme de <i>mendiant</i>.</p>
+
+<p><i>Quêteux</i> pour <i>mendiant</i> est doublement
+barbare.</p>
+
+<p>QUI prend le nombre et la personne de
+son antécédent, et les communique au verbe
+dont il est le sujet. Conséquemment on
+dira: <i>moi qui</i> <span class="smcap">ai</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>toi qui</i> <span class="smcap">as</span> <i>parlé</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">[Pg 104]</a></span>&mdash;<i>lui</i>
+ou <i>elle qui</i> <span class="smcap">a</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>nous qui</i> <span class="smcap">avons</span>
+<i>parlé</i>:&mdash;<i>vous qui</i> <span class="smcap">avez</span> <i>parlé</i>:&mdash;<i>ils</i>, ou <i>elles
+qui</i> <span class="smcap">ont</span> <i>parlé</i>.</p>
+
+<p>On doit donc aussi dire, <i>si c'était moi qui</i>
+<span class="smcap">voulusse</span>&mdash;<i>si c'était vous qui</i> <span class="smcap">voulussiez</span>&mdash;<i>si
+c'était lui qui</i> <span class="smcap">voulut</span>, et non pas, <i>si
+c'était moi qui</i> <span class="smcap">voulut</span>:&mdash;<i>si c'était vous
+qui</i> <span class="smcap">voulut</span>, etc.</p>
+
+<p>On dira, <i>vous parlez comme un homme</i>
+<span class="smcap">qui entend</span> <i>la matière</i>, et non pas, <span class="smcap">qui
+entendez</span> <i>la matière</i>:&mdash;<i>vous parlez comme
+des hommes</i> <span class="smcap">qui s'y connaissent</span>, et non
+pas, <span class="smcap">qui vous y connaissez</span>:&mdash;<i>tu étais le
+seul qui</i> <span class="smcap">put</span> <i>me dédommager</i>: parce que
+dans ces phrases, le relatif <i>qui</i> représente le
+substantif qui le précède immédiatement: et
+en effet, c'est comme si l'on disait; <i>vous
+parlez comme un homme</i>, <span class="smcap">lequel homme</span>
+<i>entend la matière</i>, etc. et puis ce substantif,
+que l'on est censé répéter après <i>lequel</i>,
+étant réellement le sujet, communique au
+verbe le genre, le nombre et la personne.</p>
+
+<p>Lorsque le relatif <i>qui</i> est précédé d'un
+adjectif, c'est au pronom qui est placé auparavant
+que se rapporte ce relatif: en
+conséquence il faut dire; <i>nous sommes ici</i>
+<span class="smcap">plusieurs</span> <i>qui nous</i> <span class="smcap">souvenons</span> <i>des succès</i>....&mdash;<i>c'est
+vous</i> <span class="smcap">seuls</span> <i>qui vous</i> <span class="smcap">chargez</span>
+<i>de cette responsabilité</i>:&mdash;<i>nous étions</i>
+<span class="smcap">deux</span> <i>qui</i> <span class="smcap">étions</span> <i>du même avis</i>. Observez
+que l'on dirait: <i>nous étions</i> <span class="smcap">deux</span> <i>juges qui</i>
+<span class="smcap">étaient</span> <i>du même avis</i>, et non pas, <i>qui</i>
+<span class="smcap">étions</span> <i>du même avis</i>, à cause du substantif
+<i>juges</i> qui est l'antécédent de <i>qui</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">[Pg 105]</a></span></p>
+
+<p>QUI, QUE. On doit éviter la multiplicité
+de ces pronoms, surtout quand ils
+sont interrogatifs. La grammaire ne les
+condamne pas absolument, mais l'oreille en
+est offensée. Ainsi au lieu de: <span class="smcap">qui</span> <i>est-ce</i>
+<span class="smcap">qui</span> <i>a fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>c'est</i> <span class="smcap">que</span>
+<i>cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>tu as</i>? dites: <span class="smcap">qui</span> <i>a
+fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>est-ce</i> <span class="smcap">que</span> <i>cela</i>?&mdash;<span class="smcap">qu'</span><i>as tu</i>?</p>
+
+<p>QUICONQUE devient féminin quand
+il désigne spécialement une femme: <i>quiconque
+est bonne mère est</i> <span class="smcap">adorée</span> <i>de ses enfans</i>.</p>
+
+<p>QUOIQUE, en un mot, signifie <i>bien
+que</i>; <span class="smcap">quoique</span> <i>vous soyez instruit</i>, <i>soyez modeste</i>:
+en deux mots, il veut dire, <i>quelque
+chose que</i>: <span class="smcap">quoi que</span> <i>vous lui disiez</i>, <i>il ne
+vous écoutera pas</i>.</p>
+
+<p>L'<i>e</i> de <i>quoique</i> ne s'élide que devant <i>il</i>,
+<i>elle</i>, <i>ils</i>, <i>elles</i>, <i>ou</i>, <i>un</i>, <i>une</i>.</p>
+
+<p class="p2">R. Dans la lecture, dans le discours
+soutenu, et dans les vers, <i>r</i> finale des infinitifs
+en <i>er</i> est nulle devant une consonne
+ou une <i>h</i> aspirée: mais suivie d'une voyelle
+ou d'une <i>h</i> muette, elle se fait entendre.</p>
+
+<p>Dans la conversation <i>r</i> est une lettre
+muette à la fin des infinitifs, même devant
+une voyelle: <i>aimer à boire</i>,&mdash;<i>parler et chanter</i>,
+se prononcent <i>aimé à boire</i>,&mdash;<i>parlé et
+chanté</i>.</p>
+
+<p>RAILLERIE. <i>Entendre raillerie</i>, c'est
+bien prendre la raillerie. <i>Entendre</i> <span class="smcap">la</span> <i>raillerie</i>,
+c'est avoir le talent de railler.<span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">[Pg 106]</a></span></p>
+
+<p>RAPPELER, (se) veut un régime direct;
+ne dites pas, <i>je me rappelle</i> <span class="smcap">de</span> <i>cette
+personne</i>:&mdash;<i>je me rappelle</i> <span class="smcap">de</span> <i>cette chose</i>:&mdash;<i>je</i>
+<i>m'</i><span class="smcap">en</span> <i>rappelle</i>: dites, <i>je me rappelle cette
+personne</i>:&mdash;<i>je me rappelle cette chose</i>:&mdash;<i>je
+me le rappelle</i>.</p>
+
+<p>On met cependant la préposition <i>de</i> devant
+l'infinitif: dans ce cas <i>de</i> n'est qu'un mot
+euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins
+le régime direct: <i>je me rappelle</i> <span class="smcap">d'</span><i>avoir vu</i>.</p>
+
+<p>RAPPORT. <i>Avoir rapport à</i> exprime
+une idée de relation, de liaison: <i>les effets
+ont rapport</i> <span class="smcap">aux</span> <i>causes</i>. <i>Avoir rapport avec</i>
+marque une idée d'analogie, de ressemblance:
+<i>nos plus belles tragédies ont beaucoup
+de rapport</i> <span class="smcap">avec</span> <i>celles des Grecs</i>.</p>
+
+<p>RAVOIR ne se dit qu'à l'infinitif.</p>
+
+<p>RÉGIMES, (deux). Quand un verbe a
+deux régimes, l'un est simple et l'autre est
+composé: alors il faut toujours placer le régime
+simple le plus près possible du verbe:
+<i>apportez-moi-la</i>,&mdash;<i>dites-moi-le</i>, seraient donc
+des fautes, parce que <i>moi</i> est régime composé,
+et <i>le</i>, <i>la</i>, régimes simples; il faut
+dire, <i>apportez-la-moi</i>,&mdash;<i>dites-le-moi</i>,&mdash;<i>donnez
+le-lui</i>,&mdash;<i>chantez-la-nous</i>, etc.</p>
+
+<p>RÉGIME PRONOM. Toutes les fois
+qu'un verbe actif est suivi d'un infinitif, on
+doit employer <i>le</i>, <i>la</i> <i>les</i>, devant ce verbe actif,
+si l'infinitif n'est pas régime direct: car
+alors il faut que le pronom soit régime direct,
+puisqu'un verbe actif exige un régime de<span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">[Pg 107]</a></span>
+cette nature: mais on doit employer <i>lui</i>,
+<i>leur</i>, quand l'infinitif est le régime direct du
+verbe actif, un verbe actif ne pouvant pas
+avoir deux régimes directs.</p>
+
+<p>On doit donc dire en parlant d'un homme,
+<i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai vu faire bien des sottises</i>, et non pas,
+<i>je</i> <span class="smcap">lui</span> <i>ai vu faire bien des sottises</i>: et en
+parlant des animaux; <i>c'est la brutalité qui</i>
+<span class="smcap">leur</span> <i>fait suivre les mouvemens de leur colère</i>:
+et non pas: <i>c'est la brutalité qui</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>fait suivre</i>, etc.</p>
+
+<p>Dans la première phrase le pronom <span class="smcap">le</span>
+(<i>cet homme</i>) est le régime direct de <i>voir</i> et
+non pas de l'infinitif <i>faire</i>; c'est comme
+s'il y avait, <i>j'ai vu cet homme faisant bien
+des sottises</i>.</p>
+
+<p>Dans la seconde phrase <i>suivre</i> est le régime
+direct de <i>faire</i>, et <i>leur</i> (aux animaux)
+le régime indirect; c'est comme si l'on
+disait; <i>c'est la brutalité qui fait suivre aux
+animaux les mouvemens de leur colère</i>.</p>
+
+<p>On ne doit pas dire, <i>l'idée</i> <span class="smcap">les</span> <i>a pris
+d'aller à la campagne</i>: mais, <i>l'idée</i> <span class="smcap">leur</span> <i>a
+pris</i>, etc. Ici le verbe est pris neutralement,
+et ne saurait avoir de régime direct.</p>
+
+<p>Il y a une grande différence entre, <i>je</i> <span class="smcap">lui</span>
+<i>ai vu donner un soufflet</i>, et, <i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai vu donner
+un soufflet</i>,&mdash;entre, <i>les offres de service que
+je</i> <span class="smcap">leur</span> <i>ai vu faire</i>, et, <i>les offres de service
+que je</i> <span class="smcap">les</span> <i>ai vus faire</i>:&mdash;entre, <i>les liqueurs
+que je</i> <span class="smcap">leur</span> <i>ai vu verser</i>, et, <i>les liqueurs que
+je</i> <span class="smcap">les</span> <i>ai vus verser</i>. Cette différence est
+telle, qu'en confondant les deux régimes l'on<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">[Pg 108]</a></span>
+exprimerait positivement le contraire de ce
+que l'on voudrait faire entendre.</p>
+
+<p>RÉFORMATION, RÉFORME. La
+<i>réformation</i> est l'action de réformer; la réforme
+en est l'effet.</p>
+
+<p>RÉSOUDRE. <i>Je résous</i>, <i>tu résous</i>, <i>il
+résout</i>, <i>nous résolvons</i>, <i>vous résolvez</i>, <i>ils résolvent</i>,
+<i>je résolvais</i>, <i>je résolus</i>, <i>je résoudrai</i>,
+<i>je résoudrais</i>, <i>résous</i>, <i>résolvons</i>, <i>résolves</i>,
+<i>que je résolve</i>, <i>que nous résolvions</i>, <i>que vous
+résolviez</i>, <i>que je résolusse</i>, <i>résolvant</i>: il a
+deux participes passés, <i>résolu</i> et <i>résous</i>: ce
+dernier n'a point de féminin.</p>
+
+<p>Lorsqu'il est question de déterminer une
+chose douteuse, on se sert de <i>résolu</i>: <i>ce
+jeune homme a</i> <span class="smcap">résolu</span> <i>de changer de conduite</i>.
+En parlant des choses qui se convertissent
+en d'autres, on se sert de <i>résous</i>;
+<i>le soleil a</i> <span class="smcap">résous</span> <i>le brouillard en pluie</i>.</p>
+
+<p>Quant <i>résoudre</i> est actif, il régit <i>de</i> avant
+l'infinitif, <i>on a résolu</i> <span class="smcap">d'</span><i>agir sans plus tarder</i>:
+employé passivement il prend <i>à</i> ou <i>de</i>
+devant l'infinitif: <i>je suis résolu</i> <span class="smcap">à</span> <i>partir</i>, ou
+<span class="smcap">de</span> <i>partir</i>. Quand résoudre est réfléchi, il
+régit <i>à</i>; <i>je me suis résolu</i> <span class="smcap">à</span> <i>demander une
+retraite</i>.</p>
+
+<p>RESPECT. On dit également <i>respè</i>
+ou <i>respeck</i>. Quand aux mots <i>aspect</i> et
+<i>circonspect</i>, il faut prononcer <i>aspeck</i> et <i>circonspeck</i>.
+Cependant Boiste prononce <i>assepekte</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">[Pg 109]</a></span></p>
+
+<p>RESTE. <i>Au reste</i> se dit des choses
+dont on a déjà parlé, et sur lesquelles il reste
+quelque chose à dire; <i>voilà l'opinion de
+Bernard</i>: <span class="smcap">au reste</span> <i>je vous en écrirai</i>.</p>
+
+<p><i>Du reste</i> s'emploie quand ce qui suit n'est
+pas dans le même genre que ce qui <i>précède</i>;
+<i>il est bizarre, emporté</i>, <span class="smcap">du reste</span> <i>brave
+homme</i>.</p>
+
+<p>RÉSULTER n'est usité qu'à l'infinitif et
+aux troisièmes personnes du singulier. Il
+prend <i>avoir</i> et <i>être</i>.</p>
+
+<p>RÉUNIR, lorsqu'il signifie, <i>posséder en
+même temps</i>, ne doit jamais être suivie des
+prépositions <i>à</i> ou <i>avec</i>; ne dites donc pas,
+<i>Turenne réunissait la prudence</i> <span class="smcap">à</span> <i>la hardiesse</i>,
+ni, <span class="smcap">avec</span> <i>la hardiesse</i>: dites, <i>Turenne
+réunissait la prudence</i> <span class="smcap">et</span> <i>la hardiesse</i>.
+En matière de Fief et d'autres
+choses semblables, on dit, <i>réunir à</i>.&mdash;<i>Réunir
+un grand Fief</i> <span class="smcap">à</span> <i>la Couronne</i>.</p>
+
+<p>Le verbe <i>unir</i> rejette la préposition <i>avec</i>,
+et veut <i>à</i>. <i>Turenne unissait la prudence</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>la hardiesse</i>.</p>
+
+<p>RÊVER À, c'est réfléchir profondément;
+<i>il rêve</i> <span class="smcap">à</span> <i>une affaire</i>. <i>Rêver de</i>, c'est faire
+un songe: <i>j'ai rêvé</i> <span class="smcap">de</span> <i>vous</i>:&mdash;<i>j'ai rêvé</i> <span class="smcap">de</span>
+<i>combats</i>.</p>
+
+<p>REVERS INATTENDU. On prononce
+<i>rever inattendu</i>.</p>
+
+<p>RIRE. Le participe <i>ri</i> est invariable:
+<i>ils se sont</i> <span class="smcap">ri</span>,&mdash;<i>elles se sont</i> <span class="smcap">ri</span> <i>de mes menaces</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">[Pg 110]</a></span></p>
+
+<p>ROSBIF, du mot anglais <i>roast-beef</i>, signifie
+b&oelig;uf rôti.</p>
+
+<p>ROYAL. On disait autrefois, <i>des lettres
+royaux</i>,&mdash;<i>des ordonnance royaux</i>: la raison
+a fait justice de cette bizarre irrégularité:
+aujourd'hui l'on dit, <i>lettres royales</i>, <i>ordonnances
+royales</i>.</p>
+
+<p class="p2">S. L'<i>s finale</i> se fait entendre dans les
+mots <i>anus</i>, <i>aloès</i>, <i>as</i>, <i>atlas</i>, <i>blocus</i>, <i>calus</i>,
+<i>f&oelig;tus</i>, <i>iris</i>, <i>maïs</i>, <i>m&oelig;urs</i>, <i>prospectus</i>, <i>lapis</i>,
+<i>laps</i>, <i>en sus</i>, <i>locatis</i>, <i>vis</i>, <i>vasistas</i>, et
+dans les mots purement étrangers, tels que
+<i>bibus</i>, <i>chorus</i>, <i>agnus</i>, <i>gratis</i>, <i>Crésus</i>, <i>Délos</i>,
+<i>Rubens</i>, <i>Valens</i>, (prononcez, <i>rubinze
+valinze</i>) <i>Bacchus</i>, <i>Pallas</i>, etc.</p>
+
+<p>Exceptions. L'<i>s</i> ne sonne pas dans <i>Mathias</i>,
+<i>Thomas</i>, <i>Judas</i>.</p>
+
+<p>Quand le pronom <i>y</i>, ou le pronom <i>en</i>, suit
+immédiatement la seconde personne singulière
+de l'impératif terminé par un <i>e</i> muet, il
+faut, pour éviter un hiatus, y ajouter une <i>s</i>
+euphonique, et écrire, <i>donnes-en</i>;&mdash;<i>portes-y</i>;&mdash;<i>aies-en</i>;&mdash;<i>travailles-y</i>.</p>
+
+<p>Mais si le mot <i>en</i>, au lieu d'être un pronom,
+est une préposition, alors on ne fait
+point usage de la lettre euphonique <i>s</i>; et
+l'on écrit, <i>admire en France</i>...et non pas,
+<i>admires en France</i>.</p>
+
+<p>On ne fait pas sonner l'<i>s</i> dans cette phrase
+du discours familier, <i>sur les une heure</i>.</p>
+
+<p>L'impératif <i>va</i>, suivi des pronoms <i>y</i>, <i>en</i>,
+prend aussi une <i>s</i>: <i>vaS-y-voir</i>;&mdash;<i>vaS-en demander</i>;
+mais on ne doit pas dire, <i>vaS en<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">[Pg 111]</a></span>
+Angleterre</i>, mais, <i>va en Angleterre</i>, parce
+que <i>en</i> est ici préposition.</p>
+
+<p>SAILLIR, (verbe neutre et défectif)
+dans le sens de <i>jaillir</i>, ne se dit que des
+liquides: il n'est d'usage, suivant du Duvivier,
+qu'aux troisième personnes, et à l'infinitif,
+et se conjugue sur <i>finir</i>. <i>Il saillit</i>,
+<i>ils saillissent</i>, <i>il saillissait</i>, <i>ils saillissaient</i>,
+<i>il saillit</i>, <i>ils saillirent</i>, <i>il saillira</i>, <i>ils sailliront</i>,
+<i>il saillirait</i>, <i>ils sailliraient</i>, <i>qu'il
+saillisse</i>, <i>qu'ils saillissent</i>, <i>qu'il saillît</i>, <i>qu'ils
+saillissent</i>.</p>
+
+<p>SAILLIR, terme d'architecture, signifie
+s'avancer en dehors comme un balcon, une
+corniche. En ce sens il se conjugue différemment
+du verbe <i>saillir</i> de l'article qui
+précède, et ne s'emploie qu'à l'infinitif, et à
+la troisième personne des temps suivans;
+<i>il saille</i>, <i>ils saillent</i>, <i>il saillait</i>, <i>ils saillaient</i>,
+<i>il saillera</i>, <i>ils sailleront</i>, <i>il saillerait</i>,
+<i>ils sailleraient</i>, <i>qu'il saille</i>, <i>qu'ils
+saillent</i>, <i>qu'il saillît</i>, <i>qu'ils saillissent</i>.</p>
+
+<p>SANS QUE n'est jamais, suivi de <i>ne</i>:
+dites, <i>sans qu'il vienne</i>, et non, <i>sans qu'il</i>
+<span class="smcap">ne</span> <i>vienne</i>.</p>
+
+<p>SAVOIR est le seul verbe qui se mette
+au subjonctif, sans être sous la dépendance
+d'un autre mot qui le précède; mais alors il
+doit être accompagné d'une négation: <i>je ne</i>
+<span class="smcap">sache</span> <i>rien de nouveau</i>.</p>
+
+<p>SECOND éveille une idée d'ordre, et
+<i>deuxième</i> une idée de série. Ne dites pas;<span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">[Pg 112]</a></span>
+<i>le</i> <span class="smcap">deuxième</span>, <i>mais</i>, <i>le</i> <span class="smcap">second</span> <i>tome</i> d'un
+ouvrage qui n'a que deux tomes. Si l'ouvrage
+a plusieurs tomes, dites, <i>le</i> <span class="smcap">deuxième</span>
+et non <i>le</i> <span class="smcap">second</span> <i>tome</i>.</p>
+
+<p>SEMBLER. Le verbe impersonnel,
+<i>il semble</i>, veut le subjonctif: <i>il semble qu'il
+vous</i> <span class="smcap">craigne</span>: excepté quand il est accompagné
+d'un régime indirect de personne;
+<i>il</i> <span class="smcap">me</span> <i>semble qu'il vous</i> <span class="smcap">craint</span>.</p>
+
+<p>SEMI ne s'emploie qu'avec certains
+mots, et reste toujours invariable; <i>une</i> <span class="smcap">semi</span>-<i>fête</i>:&mdash;<i>des</i>
+<span class="smcap">semi</span>-<i>tons</i>:&mdash;<i>des fleurs</i> <span class="smcap">semi-doubles</span>.</p>
+
+<p>S'EN ALLER. Le pronom <i>en</i> de <i>s'en
+aller</i>, doit toujours, dans les temps composés,
+précéder immédiatement le verbe
+<i>être</i>. Dites, <i>nous nous</i> <span class="smcap">en</span> <i>sommes allés</i>:
+et non pas, <i>nous nous sommes</i> <span class="smcap">en</span> <i>allés</i>.</p>
+
+<p>Il ne faut pas dire; <i>je m'</i><span class="smcap">en</span> <i>vais commencer
+cette lettre</i>:&mdash;<i>je</i> <i>m'</i><span class="smcap">en</span> <i>vais lui
+écrire</i>: mais, <i>je vais commencer cette
+lettre</i>:&mdash;<i>je vais lui écrire</i>.</p>
+
+<p>SENS (ville). Prononcez, <i>San-ce</i>.</p>
+
+<p>SEOIR, pour signifier <i>être assis</i>, ne se
+dit plus qu'aux participes, <i>séant</i>, <i>sis</i>, <i>sise</i>:
+et pour signifier <i>être convenable</i>, ne se dit
+qu'au participe présent, qu'on écrit alors
+<i>seyant</i>, et aux troisièmes personnes, <i>il
+sied</i>, <i>ils siéent</i>, <i>il seyait</i>, <i>ils seyaient</i>, <i>il
+siéra</i>, <i>ils siéront</i>, <i>il siérait</i>, <i>ils siéraient</i>.
+Il est inusité aux temps composés.<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">[Pg 113]</a></span></p>
+
+<p><i>Messeoir</i> se conjugue comme <i>seoir</i>, <i>et
+s'</i>emploie aux mêmes temps.</p>
+
+<p>SI. On ne doit pas dire, <i>il était</i> <span class="smcap">si</span> <i>en
+peine</i>:&mdash;<span class="smcap">si</span> <i>en colère</i>: mais, <i>il était</i> <span class="smcap">si
+fort</span> <i>en peine</i>...<span class="smcap">si fort</span> <i>en colère</i>.</p>
+
+<p>SOFA, CANAPÉ. L'Académie dit
+qu'on confond souvent les <i>canapés</i> avec les
+<i>sofas</i>. <i>Sofa</i>, ou <i>sopha</i>, est un lit de repos
+qui sert de siége. <i>Canapé</i> est un long
+siége à dossier, qui sert quelquefois, mais
+rarement, de lit de repos. La plupart des
+longs siéges, qui parent nos salons, sont
+des <i>canapés</i>, et c'est une faute de les désigner
+par le terme <i>sofa</i>. <i>Divan</i> est un canapé
+oriental, sans dossier.</p>
+
+<p>SOI. Le pronom personnel <i>soi</i> se dit
+des personnes et des choses. Quand il se
+dit des personnes, ce ne peut être que dans
+les propositions générales, ou avec des
+noms collectifs ou indéfinis, comme <i>on</i>, <i>chacun</i>,
+<i>personne</i>, <i>quiconque</i>, etc. <i>On doit
+rarement parler de</i> <span class="smcap">soi</span>;&mdash;<i>chacun est content
+de</i> <span class="smcap">soi</span>;&mdash;<i>quiconque n'aime que</i> <span class="smcap">soi</span>,
+<i>est indigne de vivre</i>;&mdash;<i>ne vivre que pour</i>
+<span class="smcap">soi</span>, <i>c'est être déjà mort</i>.</p>
+
+<p>Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé,
+ce n'est plus <i>soi</i> qu'il faut employer,
+c'est <i>lui</i>, <i>elle</i>, <i>lui-même</i>, <i>elle-même</i>:
+<i>cet homme rapporte tout à</i> <span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>cette
+femme ne parle que d'</i><span class="smcap">elle-même</span>.</p>
+
+<p>Cependant, pour éviter une équivoque,
+les écrivains emploient <i>soi</i>, quoique l'antécédent
+offre un sens déterminé. <i>Ce jeune<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">[Pg 114]</a></span>
+homme, en remplissant les volontés de son
+père, travaille pour</i> <span class="smcap">soi</span>. Si au lieu de <i>pour</i>
+<span class="smcap">soi</span>, l'on disait <i>pour</i> <span class="smcap">lui</span>, il y aurait une
+équivoque; on ne saurait si <span class="smcap">lui</span> représente
+le père ou le fils.</p>
+
+<p>Lorsqu'il est question de <i>choses</i>, on peut
+indifféremment employer le pronom <i>soi</i>, ou
+le pronom <i>lui</i>, <i>elle</i>. <i>L'aimant attire le fer à</i>
+<span class="smcap">soi</span>, ou <i>à</i> <span class="smcap">lui</span>;&mdash;<i>un bienfait porte sa récompense
+avec</i> <span class="smcap">soi</span>, ou <i>avec</i> <span class="smcap">lui</span>,&mdash;<i>la vertu est aimable
+de</i> <span class="smcap">soi</span>, ou <i>d'</i><span class="smcap">elle-même</span>.</p>
+
+<p><i>Soi</i> étant toujours du nombre singulier,
+ne peut jamais se rapporter à un pluriel,
+lorsqu'il s'agit de <i>personnes</i>; mais s'il est
+question de <i>choses</i>, les avis sont partagés.
+L'Académie et Th. Corneille rejettent cette
+phrase, <i>ces choses sont indifférentes de</i> <span class="smcap">soi</span>,
+tandis qu'ils admettent celle-ci, <i>de</i> <span class="smcap">soi</span> <i>ces
+choses sont indifférentes</i>.</p>
+
+<p>SON, SA, SES, LEUR, LEURS,
+quand il s'agit de choses, se remplacent par
+l'article et le pronom <i>en</i>, lorsque ceux-ci
+peuvent entrer dans la phrase sans nuire au
+sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une
+maison, <span class="smcap">son</span> <i>extérieur est agréable</i>; en
+parlant d'une ville, <i>j'aime</i> <span class="smcap">ses</span> <i>environs</i>; et
+en parlant d'arbres, <span class="smcap">leurs</span> <i>fruits sont excellens</i>;
+l'on dira: <span class="smcap">l'</span><i>extérieur</i> <span class="smcap">en</span> <i>est agréable</i>,&mdash;<i>j'</i><span class="smcap">en</span>
+<i>aime</i> <span class="smcap">les</span> <i>environs</i>,&mdash;<span class="smcap">les</span> <i>fruits</i> <span class="smcap">en</span>
+<i>sont excellens</i>.</p>
+
+<p>Mais on dira avec <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, <i>leur</i>, <i>leurs</i>;
+<i>le Saint-Laurent a</i> <span class="smcap">sa</span> <i>source au delà du Lac
+Supérieur</i>,&mdash;<i>les sciences ont</i> <span class="smcap">leurs</span> <i>difficul<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">[Pg 115]</a></span>tés</i>;
+parce que le sens ne permet pas de
+remplacer <i>son</i>, <i>sa</i>, <i>ses</i>, etc., par l'article et le
+pronom <i>en</i>.</p>
+
+<p>SORTIR, pour signifier <i>obtenir</i>, <i>avoir</i>,
+est un terme de palais, usité seulement à la
+troisième personne, et à quelques-uns de
+ses temps; <i>il sortit</i>, <i>ils sortissent</i>, <i>il sortissait</i>,
+<i>qu'il sortisse</i>, <i>sortissant</i>, <i>sorti</i>, <i>sortie</i>.
+Pour les temps composés, on se sert d'<i>avoir</i>:
+<i>ce jugement</i> <span class="smcap">a</span> <i>sorti son plein et entier effet</i>.</p>
+
+<p>SOU. On n'écrit plus, comme autrefois,
+<i>sol</i>.</p>
+
+<p>SOUFFRIR prend <i>à</i> ou <i>de</i> devant l'infinitif:
+<i>je souffre</i> <span class="smcap">à</span> <i>le voir</i>, ou <span class="smcap">de</span> <i>le voir dans
+cet état</i>.</p>
+
+<p>SOUVENIR (faire). C'est une faute
+de dire: <i>afin de</i> <span class="smcap">leur</span> <i>faire souvenir</i>:&mdash;<i>je</i>
+<span class="smcap">lui</span> <i>ai fait souvenir</i>: dites, <i>afin de</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>faire souvenir</i>:&mdash;<i>je</i> <span class="smcap">l'</span><i>ai fait souvenir</i>.</p>
+
+<p><i>Souvenir</i> s'emploie en parlant de choses
+récentes; <i>ressouvenir</i> en parlant de choses
+passées depuis longtemps.</p>
+
+<p>SUBSTANTIFS. L'usage veut que
+certains substantifs, ayant la même inflexion
+et le même genre, servent à désigner
+les deux sexes; tels sont, <i>auteur</i>, <i>docteur</i>,
+<i>général</i>, <i>géomètre</i>, <i>graveur</i>, <i>médecin</i>,
+<i>orateur</i>, <i>philosophe</i>, <i>poëte</i>, <i>sculpteur</i>, <i>soldat</i>,
+<i>témoin</i>, <i>peintre</i>, <i>traducteur</i>, etc.</p>
+
+<p>Quand les substantifs <i>enfant</i>, <i>esclave</i>, <i>dépositaire</i>,
+etc., représentent une personne du
+sexe, l'article et l'adjectif doivent être mis<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">[Pg 116]</a></span>
+au féminin. <span class="smcap">Une</span> <i>enfant</i> <span class="smcap">pieuse</span>;&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>esclave</i>
+<span class="smcap">blanche</span>;&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>dépositaire</i> <span class="smcap">prudente</span>.</p>
+
+<p>SUBSTANTIFS COMPOSÉS (l'orthographe
+des).</p>
+
+<p><i>Première règle</i>. Quand un substantif
+composé est formé d'un substantif et d'un
+adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque
+du pluriel: <i>une basse-taille</i>, <i>des basses-tailles</i>:&mdash;<i>un
+plain-chant</i>, <i>des plains-chants</i>:
+excepté, <i>des blanc-seings</i>, <i>des terre-pleins</i>,
+<i>des chevau-légers</i>, <i>des grand'-mères</i>, <i>des
+grand'-messes</i>.</p>
+
+<p><i>Remarque.</i> Quand il entre dans un substantif
+composé un mot, qui ne s'emploie plus
+isolément, comme dans <i>pic-grièche</i>, <i>loup-garou</i>,
+<i>gomme-gutte</i>, etc., ce mot joue le rôle
+d'un adjectif, et conséquemment prend la
+marque du pluriel: <i>des pics grièches</i>, <i>des
+loups-garous</i>, <i>des gommes-guttes</i>.</p>
+
+<p><i>Deuxième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé de deux substantifs,
+placés immédiatement l'un après l'autre, ils
+prennent tous les deux la marque du pluriel:
+un <i>chef-lieu</i>, des <i>chefs-lieux</i>, un <i>chien-loup</i>,
+des <i>chiens-loups</i>, un <i>chou-fleur</i>, des <i>choux-fleurs</i>:
+excepté, un <i>bec-figues</i>, des <i>bec-figues</i>,
+un <i>appui-main</i>, des <i>appuis-main</i>, un <i>Hôtel-Dieu</i>,
+des <i>Hôtels-Dieu</i>, un <i>brèche-dents</i>, des
+<i>brèche-dents</i>.</p>
+
+<p><i>Troisième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé de deux substantifs unis par
+une préposition, c'est le premier substantif<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">[Pg 117]</a></span>
+qui prend la marque du pluriel: un <i>ciel-de-lit</i>,
+des <i>ciels-de-lit</i>: un <i>chef-d'&oelig;uvre</i>, des
+<i>chefs-d'&oelig;uvre</i>: excepté, des <i>coq-à-l'âne</i>,
+des <i>pied-à-terre</i>, des <i>tête-à-tête</i>.</p>
+
+<p><i>Quatrième règle.</i> Quand un substantif
+composé est formé d'un substantif joint à
+un verbe, ou à une préposition, ou à un
+adverbe, le substantif seul prend le signe du
+pluriel, si toutefois il y a pluralité dans
+l'idée. Ainsi l'on écrira avec une <i>s</i> au pluriel,
+des <i>contre-coups</i>, des <i>avant-coureurs</i>, des
+<i>arrière-saisons</i>. Mais on écrira sans mettre
+une <i>s</i> au pluriel, parce qu'il y a unité dans
+l'idée, des <i>serre-tête</i>, des <i>réveille-matin</i>
+(horloges), des <i>contre-poison</i>. Enfin on
+écrira avec une <i>s</i>, tant au singulier qu'au
+pluriel, parce qu'il y a toujours pluralité dans
+l'idée, les mots <i>essuie-mains</i>, <i>cure-dents</i>,
+<i>porte-clefs</i>. V. <span class="smcap">tire-balle</span>, <span class="smcap">porte</span>.</p>
+
+<p><i>Cinquième règle.</i> Quand un substantif
+composé ne renferme que des mots invariables
+de leur nature, comme <i>verbe</i>, <i>préposition</i>,
+<i>adverbe</i>, aucune de ces parties ne
+prend la marque du pluriel: des <i>pour-boire</i>,
+des <i>passe partout</i>.</p>
+
+<p>SUCCÉDER. Le participe <i>succédé</i>
+est invariable: <i>ils nous ont</i> <span class="smcap">succédé</span>,&mdash;<i>ils
+se sont</i> <span class="smcap">succédé</span>.</p>
+
+<p>SULLY. Les <i>ll</i> de ce nom propre sont
+mouillées.</p>
+
+<p>SUPPLÉER. <i>Suppléer une chose</i>, et
+<i>suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>une chose</i>, ont des sens très-différens.
+<i>Suppléer une chose</i>, c'est remplacer<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">[Pg 118]</a></span>
+ce qui manque, en fournissant une chose de
+la même nature. <i>Ce sac doit être de mille
+francs</i>: <i>s'il y a cent francs de moins, je</i> <span class="smcap">les</span>
+<i>suppléerai</i>.</p>
+
+<p><i>Suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>une chose</i> c'est remplacer cette
+chose par une autre chose qui en tient lieu:
+<i>la valeur supplée</i> <span class="smcap">au</span> <i>nombre</i>.</p>
+
+<p>Avec un nom ou pronom de <i>personne</i>,
+qui lui sert de régime, <i>suppléer</i> ne prend
+jamais la préposition <i>à</i>. Ainsi dites <i>suppléer
+quelqu'un</i>, et non pas, <i>suppléer</i> <span class="smcap">à</span> <i>quelqu'un</i>:&mdash;<i>s'il
+ne vient pas je</i> <span class="smcap">le</span> <i>suppléerai</i>, et non
+pas, <i>je</i> <span class="smcap">lui</span> <i>suppléerai</i>.</p>
+
+<p>SUPPOSÉ s'accorde lorsqu'il suit le
+substantif: <i>ces faits</i> <span class="smcap">supposés</span>: il est invariable
+quand il le précède: <span class="smcap">supposé</span> <i>ces
+faits</i>.</p>
+
+<p>SURSEOIR. <i>Je sursois, tu sursois,
+il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez,
+ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions,
+vous sursoyiez, ils sursoyaient, je sursis,
+nous sursîmes, je surseoirai, nous surseoirons,
+je surseoirais, nous surseoirions, surseois,
+sursoyons, que je surseoie, que nous
+sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions,
+sursoyant, sursis, sursise.</i></p>
+
+<p><i>Surseoir</i>, verbe actif, signifie suspendre:
+<i>on a sursis la délibération</i>: on dit aussi
+neutralement: <i>surseoir au jugement d'une
+affaire</i>.</p>
+
+<p>SYNONYME. Après deux substantifs
+synonymes, employés comme sujets, le
+verbe s'accorde avec le dernier: <i>son courage</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">[Pg 119]</a></span>
+<i>son intrépidité</i> <span class="smcap">étonne</span> <i>les plus braves</i>.
+L'adjectif suit la même règle: <i>une douceur</i>,
+<i>une affabilité</i> <span class="smcap">charmante</span>.</p>
+
+<p class="p2">T. À quelques rares exceptions près, le
+<i>t</i> final se prononce seulement devant une
+voyelle ou une <i>h</i> muette. C'est donc une
+faute, même grave, que de le faire sonner
+dans <i>juillet</i>, <i>beset</i>, <i>calumet</i>, <i>Nicolet</i>, ainsi
+que dans les noms d'hommes, <i>Bossuet</i>, <i>Croiset</i>,
+etc.: prononcez, <i>juillè</i>, <i>besè</i>, <i>calumè</i>,
+<i>Nicolè</i>, <i>Bossuè</i>, <i>Croisè</i>.</p>
+
+<p>Dans <i>avant-hier</i> le <i>t</i> se fait sentir faiblement:
+mais il ne peut être prononcé, sans
+blesser l'oreille, dans les locutions, <i>un goût
+horrible</i>,&mdash;<i>un tort incroyable</i>,&mdash;<i>un instinct
+heureux</i>, etc.: et si le mot suivi d'une
+voyelle, a un <i>r</i> devant le <i>t</i> final, comme
+dans <i>il part aujourd'hui</i>,&mdash;<i>il court à bride
+abattue</i>,&mdash;<i>il s'endort à l'ombre</i>, l'usage le
+plus commun est de ne pas faire sonner le <i>t</i>.</p>
+
+<p>Le <i>t</i> final se fait toujours entendre dans
+<i>abject</i>, <i>contact</i>, <i>fat</i> (<i>fat</i> n'a point de féminin),
+<i>suspect</i>, <i>granit</i>, etc.</p>
+
+<p>L'adverbe <i>net</i> se prononce indifféremment
+<i>nè</i> ou <i>nette</i>: mais le <i>t</i> de l'adjectif <i>net</i> est
+muet au masculin.</p>
+
+<p>Duvivier dit:</p> <p class="blockquot">«La plupart des écrivains
+modernes forment le pluriel des substantifs
+qui sont terminés par <i>ant</i>, ou par <i>ent</i>,
+en ajoutant un <i>s</i> et en supprimant le <i>t</i>
+final dans les polysyllabes: mais ils le
+conservent dans les monosyllabes.<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">[Pg 120]</a></span></p>
+
+<p class="blockquot">«Toutefois cette suppression n'est pas
+également adoptée; et en effet <i>Regnier</i>,
+<i>Desmarais</i>, MM. de <i>Port-Royal</i>....
+beaucoup de grammairiens modernes....
+et un grand nombre d'imprimeurs....
+conservent le <i>t</i> final.... mais.... l'Académie
+a adopté cette suppression....»</p>
+
+<p>Les mêmes remarques sont applicables à
+la suppression du <i>t</i> au pluriel des adjectifs
+terminés par <i>ant</i> et par <i>ent</i>.</p>
+
+<p>TÂCHER. <i>Je tâcherai que vous soyez
+content</i>, est un solécisme, parceque <i>tâcher</i>
+n'est jamais suivi de la conjonction <i>que</i>.</p>
+
+<p><i>Tâcher</i> prend <i>à</i> devant l'infinitif, quand il
+signifie <i>songer à</i>, <i>viser à</i>: <i>il tâche</i> <span class="smcap">à</span> <i>m'embarrasser</i>,&mdash;<span class="smcap">à</span>
+<i>me nuire</i>: et <i>de</i> quand il exprime
+les efforts que l'on fait pour parvenir à
+une fin: <i>il tâche</i> <span class="smcap">d'</span><i>avancer</i>.</p>
+
+<p>TAMBOUR. <i>Battre</i> <span class="smcap">du</span> <i>tambour</i>, c'est
+jouer du tambour; <i>battre</i> <span class="smcap">le</span> <i>tambour</i>, c'est
+donner un signal par le tambour.</p>
+
+<p>TARDER prend également <i>à</i> ou <i>de</i> devant
+l'infinitif: <i>tarder</i> <span class="smcap">à</span>, OU <i>tarder</i> <span class="smcap">de</span> <i>venir</i>.</p>
+
+<p>TÉMOIN placé au commencement d'un
+membre de phrase, est pris adverbialement:
+<span class="smcap">témoin</span> <i>les victoires de nos armes</i>.</p>
+
+<p>TERMES DE MARINE. L'emploi
+abusif de termes de marine, importés au
+pays par les premiers colons et navigateurs,
+à fait à la langue une plaie, qu'il n'est pas
+facile de fermer. Le mal, comme une épidémie,
+des dernier rangs de la société, s'est<span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">[Pg 121]</a></span>
+communiqué aux premiers: et souvent l'éducation
+la plus soignée est une faible barrière
+contre l'emploi, à rebours du sens
+commun, des termes, <i>virer</i>, <i>amarrer</i>, <i>larguer</i>,
+<i>greiller</i> (gréer), <i>embarquer</i>, <i>débarquer</i>,
+<i>revirer de bord</i>, <i>amarre</i>, <i>bordée</i>,
+etc., etc.</p>
+
+<p>Les Instituteurs ne peuvent trop sévir
+contre l'abus que nous signalons ici.</p>
+
+<p>TERMES PARASITES. Il faut éviter
+avec un soin extrême les <i>mots favoris</i>,
+les <i>termes bizarres</i>, qui inondent nos discours,
+et nous rendent importuns, ridicules
+et sont souvent le fléau de la société, sans que
+nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs
+ne décèle plus une éducation vulgaire.</p>
+
+<p>Également on doit éviter les tours surannés,
+les expressions ignobles, qui ne peuvent
+que fatiguer les personnes qui écoutent:
+tels que, <i>tirer les vers du nez</i>; <i>vous pouvez
+m'en croire</i>;&mdash;<i>par dessus le marché</i>;&mdash;<i>je
+vous remercie bien des fois</i>;&mdash;<i>au bout du
+compte</i>; <i>ce n'est pas l'embarras</i>; <i>sourd
+comme un pot</i>; etc.</p>
+
+<p>Le jeune âge doit être prémuni contre ces
+défauts, dont l'habitude se corrige difficilement.</p>
+
+<p>TIRANT est un <i>cordon</i> qui sert à ouvrir
+et fermer une bourse, un ridicule: c'est
+un <i>cuir</i>, un <i>ruban</i> pour boucler des souliers,
+monter des bottes, attacher des papiers,
+etc. On ne doit pas employer dans ces sens<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">[Pg 122]</a></span>
+les termes <i>attache</i>, <i>ganse</i>, et encore moins
+le mot anglais <i>strap</i>.</p>
+
+<p>TIRE-BALLE ne prend pas d'<i>s</i> au pluriel;
+non plus que les mots suivans; <i>tire-bouchon</i>,
+<i>tire-bourre</i>, <i>tire-bouton</i>, <i>tire-clou</i>,
+<i>tire-pied</i>, etc.: <i>tire-botte</i> s'écrit au pluriel
+avec une <i>s</i>. V. <span class="smcap">substantifs composés.</span></p>
+
+<p>TITRES <i>d'honneur</i>. Le mot <i>Révérend</i>
+est un titre qui appartient exclusivement aux
+<i>Prélats</i>, aux <i>Religieux</i> et aux <i>Religieuses</i>:
+et par conséquent, c'est une erreur grave
+que de le donner aux membres de notre clergé
+canadien, qui est <i>séculier</i>. Cette erreur
+nous vient des anglais, qui qualifient tous
+leurs ministres de <i>Révérends</i>. Mais quelque
+soit l'usage des Anglais à cet égard, nous ne
+pouvons donner au mot français <i>Révérend</i>,
+une extension qu'il n'a pas, une acception
+qui lui est étrangère.</p>
+
+<p>C'est encore par un abus de langage, que
+l'on attribue à nos ecclésiastiques la qualification
+de <i>Messire</i>. Ce titre d'honneur se
+donnait ci-devant en France et au Canada
+dans les actes, (mais seulement dans les
+actes,) <i>aux nobles et aux personnes distinguées
+par quelque haute dignité</i>, tant parmi
+les laïcs, que parmi les gens d'église: <i>fut
+présent Haut et Puissant Seigneur</i> <span class="smcap">messire</span>
+<i>Pierre Séguier</i>, <i>Chevalier</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Révérend Messire</i> est une expression
+doublement incorrecte.</p>
+
+<p>Il est à regretter que le titre d'<i>Abbé</i>, que
+l'on donne invariablement en France aux<span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">[Pg 123]</a></span>
+ecclésiastiques séculiers, ne soit presque
+plus usité chez nous.</p>
+
+<p>Les titres, <i>Monsieur</i> et <i>Madame</i> doivent
+être supprimés, quand on prend en écrivant,
+une autre qualification. Ainsi un <i>Chevalier</i>
+ne doit pas écrire, <i>Monsieur le Chevalier
+de N. a l'honneur de prévenir Monsieur le
+Colonel</i>: un Curé, <i>Monsieur le Curé de
+N., prie Monsieur le Marguillier en
+charge</i>: une Baronne, <i>Madame la Baronne
+de N. a l'honneur de présenter ses respectueux
+hommages à</i>: un Juge, <i>Monsieur
+le Juge N. présente son compliment à
+Monsieur le Procureur</i>.</p>
+
+<p>Il faut écrire, <i>Le Chevalier de N. a
+l'honneur</i> etc.&mdash;<i>Le Curé de N.</i>, etc.
+<i>La Baronne</i>, etc. etc.</p>
+
+<p>Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification,
+on emploie dans les billets et sur les
+cartes de visite, les termes <i>Monsieur</i>,
+<i>Madame</i>, <i>Mademoiselle</i>.</p>
+
+<p>Le nom d'un individu écrit sur la porte de
+sa demeure, ne doit pas être précédé du mot
+<i>Monsieur</i>. Mais s'il s'agit d'une personne
+du sexe féminin, il convient d'écrire, <i>Madame N.</i>&mdash;<i>Mademoiselle
+N.</i></p>
+
+<p>TOMBER <i>par terre</i>, se dit d'une chose
+qui touchait à la terre avant sa chute: <i>tomber
+à terre</i>, d'une chose qui étant élevée au-dessus
+de terre, tombe d'en haut. Ainsi
+un homme qui tombe en marchant dans
+la rue, <i>tombe</i> <span class="smcap">par</span> <i>terre</i>, et non <span class="smcap">à</span> <i>terre</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">[Pg 124]</a></span>
+un couvreur qui tombe d'un toit, <i>tombe</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>terre</i> et non <span class="smcap">par</span> <i>terre</i>.</p>
+
+<p>TOSTE sub. mas. (de l'anglais <i>toast</i>) signifie
+la proposition de boire à la santé de
+quelqu'un; au souvenir d'un évènement, etc.</p>
+
+<p>C'est à tort que l'on emploie le mot anglais
+<i>toast</i>, pour signifier <i>tranche de pain
+rôtie</i>. <i>Rôtie</i> est en français le correspondant
+de <i>toast</i>: et si la rôtie est recouverte de
+beurre, l'on dit, <i>une rôtie au beurre</i>.</p>
+
+<p>TOUCHER et PINCER, employés
+pour exprimer l'action de jouer des instrumens,
+sont actifs, et doivent conséquemment
+avoir un régime direct: d'où il suit qu'il faut
+dire, <i>toucher l'orgue</i>, <i>le forté-piano</i>: <i>pincer
+la guitarre</i>, <i>la harpe</i>: et non pas, <i>toucher</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>l'orgue</i>, <span class="smcap">du</span> <i>forté-piano</i>: <i>pincer</i>
+<span class="smcap">de la</span> <i>guitarre</i>, <span class="smcap">de la</span> <i>harpe</i>.</p>
+
+<p>TOUT. Quand <i>tout</i> est adverbe il signifie
+<i>tout-à-fait</i>, <i>quelque</i>, et reste invariable:
+<span class="smcap">tout</span> <i>aimable qu'est la vertu</i>,&mdash;<span class="smcap">tout</span>
+<i>spirituels qu'ils sont</i>,&mdash;<i>elle est</i> <span class="smcap">tout</span> <i>étonnée</i>.
+<i>Exception.</i> <i>Tout</i>, quoique adverbe, varie
+quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est
+féminin, et commence par une consonne,
+ou une <i>h</i> aspiré: <i>elle est</i> <span class="smcap">toute</span> <i>stupéfaite</i>,&mdash;<span class="smcap">toute</span>
+<i>hardie qu'elle est</i>.&mdash;<span class="smcap">toutes</span> <i>spirituelles
+qu'elles sont</i>.</p>
+
+<p><i>Tout.</i> Quand l'adjectif <i>tout</i> est joint à un
+nom de ville, il prend le genre masculin,
+quoique le nom de ville soit féminin: non
+que dans ce cas on le considère comme adverbe,
+mais parce que l'on sous-entend le mot<span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">[Pg 125]</a></span>
+<i>peuple</i>. On dira donc, <span class="smcap">tout</span> <i>Rome le sait</i>,&mdash;<span class="smcap">tout</span>
+<i>Florence en est convaincu</i>: c'est-à-dire,
+<i>tout le peuple de Rome</i>...<i>tout le
+peuple de Florence</i>....</p>
+
+<p>Mais joint à un nom de province, de
+royaume, de paroisse, <i>tout</i> prend le genre
+de ce nom. <span class="smcap">toute</span> <i>l'Italie</i>,&mdash;<span class="smcap">toute</span> <i>la
+paroisse</i>.</p>
+
+<p>TOUT-À-COUP signifie soudainement:
+<i>il disparut</i> <span class="smcap">tout-à-coup</span>. <i>Tout-d'un-coup</i>
+veut dire, tout d'une fois; <i>il s'est ruiné</i>
+<span class="smcap">tout-d'un coup</span>.</p>
+
+<p>TOUT DE SUITE, phrase adverbiale,
+signifie <i>incontinent</i>, <i>sur l'heure</i>. Il ne
+faut pas la confondre avec <i>de suite</i>, autre
+phrase adverbiale qui signifie <i>l'un après
+l'autre, sans interruption</i>.&mdash;<i>ces livres ne
+sont pas</i> <span class="smcap">de suite</span>.</p>
+
+<p>TRAIRE. <i>Je trais</i>, <i>tu trais</i>, <i>il trait</i>,
+<i>nous trayons</i>, <i>vous trayez</i>, <i>ils traient</i>, <i>je
+trayais</i>, <i>tu trayais</i>, <i>il trayait</i>, <i>nous trayions</i>,
+<i>vous trayiez</i>, <i>ils trayaient</i>; point de passé
+défini, <i>je trairai</i>, <i>je trairais</i>, <i>trais</i>, <i>trayons</i>,
+<i>trayez</i>, <i>que je traie</i>, <i>que tu traies</i>, <i>qu'il
+traie</i>, <i>que nous trayions</i>, <i>qu'ils traient</i>,
+point d'imparfait du subj. <i>trayant</i>, <i>trait</i>,
+<i>traite</i>.</p>
+
+<p>TRAIT D'UNION ou TIRET. Il
+sert à marquer la liaison qui existe entre
+deux ou plusieurs mots. On l'emploie,</p>
+
+<p>1º. entre le verbe et les pronoms, <i>je</i>, <i>moi</i>,
+<i>nous</i>, <i>tu</i>, <i>vous</i>, <i>il</i>, <i>ils</i>, <i>elle</i>, <i>elles</i>, <i>le</i>, <i>la</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">[Pg 126]</a></span>
+<i>les</i>, <i>lui</i>, <i>leur</i>, <i>y</i>, <i>en</i>, <i>ce</i>, <i>on</i>, quand ces
+pronoms sont placés après le verbe, dont ils
+sont le sujet, ou le régime: <i>irai-je?</i>&mdash;<i>viens-tu?</i>&mdash;<i>donnait-on?</i>&mdash;<i>laisse-moi</i>;&mdash;<i>allez-y</i>;&mdash;<i>portes-en</i>;
+etc. S'il y a deux noms, on
+emploie deux traits d'union: <i>laisse-le-moi</i>,&mdash;<i>donne-les-leur</i>.</p>
+
+<p>2º. avant ou après <i>ci</i> et <i>là</i>, accompagnant
+un substantif, un pronom, une préposition,
+un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une
+manière inséparable: <i>celui-ci</i>,&mdash;<i>celui-là</i>,&mdash;<i>là-dessus</i>,&mdash;<i>là-haut</i>,
+etc.</p>
+
+<p>3º. pour lier <i>très</i> au mot qui suit: <i>très-sagement</i>,&mdash;<i>très-riche</i>.</p>
+
+<p>4º. pour unir le dernier terme d'un nombre
+au terme précédent, quand le dernier terme
+passe <i>un</i>, et ne dépasse pas dix: <i>dix-huit</i>;&mdash;<i>trente-cinq</i>;&mdash;<i>deux
+cent dix-neuf</i>, mais on
+dirait sans trait d'union: <i>vingt et un</i>:&mdash;<i>cinquante
+et un</i>: le dernier terme étant <i>un</i>:
+et <i>cent quinze</i>;&mdash;<i>deux cent vingt</i>; le dernier
+terme dépassant <i>dix</i>. Cependant
+<i>quatre-vingts</i> prend toujours le trait d'union:
+<i>quatre-vingts chevaux</i>:&mdash;<i>quatre-vingt dix
+hommes</i>.</p>
+
+<p>5º. pour lier deux ou plusieurs mots qui,
+par le sens, n'en font qu'un, <i>Marc-Aurèle</i>,&mdash;<i>chef-lieu</i>;&mdash;<i>s'entre-choquer</i>,
+<i>Jean-Jacques</i>,
+<i>Jean-Baptiste</i>.</p>
+
+<p>6º. pour indiquer le changement d'interlocuteur:
+il remplace alors les <i>dit-il</i>, <i>reprit-il</i>,
+<i>répondit-il</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">[Pg 127]</a></span></p>
+
+<p>7º. pour marquer une suspension dans le
+discours.</p>
+
+<p>8º. pour lier le mot, dont une partie se
+trouve à la fin d'une ligne, et l'autre au
+commencement de la ligne suivante.</p>
+
+<p>TRAITER. On dit indifféremment,
+<i>traiter une matière</i>,&mdash;<i>une question</i>: ou,
+<i>traiter</i> <span class="smcap">d'</span><i>une matière</i>,&mdash;<span class="smcap">d'</span><i>une question</i>: à
+moins qu'on ne spécifie la matière, la question:
+alors il faut <i>de</i>:&mdash;<i>dans son ouvrage,
+il traite</i> <span class="smcap">des</span> <i>plantes</i>, <span class="smcap">des</span> <i>métaux</i>.</p>
+
+<p>TRAVERSER <i>le pont</i>, pour exprimer
+l'action de le parcourir dans sa longueur, n'est
+pas correct: il faut dire, <i>passer le pont</i>.</p>
+
+<p>TRÉMA. Le tréma est un double point
+(¨) qu'on met sur une des voyelles <i>e</i>, <i>i</i>, <i>u</i>,
+pour la faire prononcer séparément de celle
+qui précède: <i>naïf</i>, <i>Saül</i>, <i>ciguë</i>. L'emploi
+du tréma est une faute quand on peut le
+remplacer par un accent: ainsi au lieu de
+<i>poësie</i>, <i>Cloë</i>, écrivez, <i>poésie</i>, <i>Cloé</i>.</p>
+
+<p>TRÈS. L'usage ne permet guère de
+mettre <i>très</i> devant les participes. Dans ces
+cas l'on emploie <i>beaucoup</i>, <i>fort</i>, etc., et au
+lieu de dire <i>cet homme est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>aimé</i>; <i>cette
+place est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>menacée par l'ennemi</i>, l'on
+dit, <i>cet homme est</i> <span class="smcap">fort</span> <i>aimé</i>,&mdash;<i>cette place
+est</i> <span class="smcap">fort</span> <i>menacée</i>, etc.</p>
+
+<p>On peut cependant se servir de <i>très</i> avec
+certains participes employés comme adjectifs
+verbaux: <i>il est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>occupé</i>,&mdash;<i>il est</i> <span class="smcap">très</span>-<i>humilié</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">[Pg 128]</a></span></p>
+
+<p><i>Très</i> ne doit pas être employé dans une
+proposition négative, Ne dites pas, <i>il n'est
+pas</i> <span class="smcap">très</span>-<i>sage</i>;&mdash;<i>il n'est pas</i> <span class="smcap">très</span>-<i>occupé</i>:
+dites, <i>il n'est pas</i> <span class="smcap">fort</span> <i>sage</i>,&mdash;<i>il n'est pas</i>
+<span class="smcap">fort</span> <i>occupé</i>.
+L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre
+adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter
+les locutions suivantes si communes et si vicieuses: <i>J'ai</i>
+<span class="smcap">très</span>-<i>faim</i>:&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">bien</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti</i> <span class="smcap">très</span>-<i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">très</span>-<i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">extrêmement</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne fait pas</i>
+<span class="smcap">bien</span> <i>froid</i>. Il faut dite: <i>J'ai une très</i>-<span class="smcap">grande</span> <i>faim</i>:&mdash;<i>il a
+une bien</i> <span class="smcap">grande</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti de très</i>-<span class="smcap">grand</span> <i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">grand</span> <i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai un</i> <span class="smcap">très-grand</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne
+fait pas un bien</i> <span class="smcap">grand</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<p>TROIS-RIVIÈRES, (en latin <i>Trifluvium</i>)
+nom composé, est substantif masculin
+du nombre singulier: il est masculin
+parceque les noms de ville en général sont
+masculins, à moins qu'ils ne dérivent d'un
+féminin latin: et quoiqu'il porte la marque
+du pluriel, il est au singulier, parce que le
+nom propre n'étant qu'un nom qui distingue
+une chose des autres choses, ne peut être
+susceptible de l'idée accessoire de pluralité.</p>
+
+<p><i>Trois-Rivières</i> étant un nom propre, ne
+peut, d'après la règle générale, être accompagné
+de l'article <i>les</i>. Il est vrai que cette
+règle souffre quelques exceptions, comme,
+<i>Le Hâvre</i>, <i>Le Puy</i>, <i>La Rochelle</i>. Il est
+encore vrai que, jusqu'à ces derniers temps, on
+a toujours écrit <i>Trois-Rivières</i> avec l'article:
+mais les écrivains récens, d'accord avec la
+raison, travaillent à corriger cette vieille erreur
+indiquée d'ailleurs suffisamment par le
+terme latin <i>Trifluvium</i>.</p>
+
+<p>Des observations qui précèdent il résulte
+que l'on doit dire, <i>Je vais</i> <span class="smcap">à</span> <i>Trois-Rivières</i>:<span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">[Pg 129]</a></span>&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">à</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<i>Trois-Rivières</i>
+<span class="smcap">est bâti</span> <i>sur le fleuve St. Laurent</i>,
+et non pas, <i>je vais</i> <span class="smcap">aux</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<i>il
+demeure</i> <span class="smcap">aux</span> <i>Trois-Rivières</i>:&mdash;<span class="smcap">les</span>
+<i>Trois-Rivières</i> <span class="smcap">sont bâties</span> <i>sur le
+fleuve St. Laurent</i>.</p>
+
+<p><i>Trois-Pistoles</i>, <i>Trois-Saumons</i>, noms
+de paroisses, suivent la même règle.</p>
+
+<p>UN. Lévisac pense que le mot <i>un</i> devant
+une voyelle, doit être prononcé comme <i>une</i>,
+et que l'on doit dire <i>une-imbécile</i>,&mdash;<i>une hérétique</i>.
+D'autres grammairiens veulent que
+l'on prononce <i>un-nimbécile</i>.&mdash;<i>un-nhérétique</i>.</p>
+
+<p class="p2">UN DE. Au lieu de <i>un de</i>, il faut employer
+<i>l'un de</i>, quand <i>un</i> est précédé d'un
+substantif ou d'un pronom, et suivi d'un
+nombre précis: <i>Ducis l'un</i> <span class="smcap">des</span> <i>quarante de
+l'Académie</i>.</p>
+
+<p>Mais on dira avec <i>un de</i>,&mdash;<i>Henri IV est</i>
+<span class="smcap">un des</span> <i>meilleurs princes, qui aient régné
+sur la France</i>,&mdash;<span class="smcap">un des</span> <i>quarante de l'Académie
+est de mon avis</i>; parce que dans
+la première phrase, <i>un</i> précédé par le substantif
+<i>Henri</i>, n'est pas suivi d'un nombre: et
+que dans le second, <i>un</i> suivi par le nombre
+<i>quarante</i>, n'est pas précédé par un substantif
+ou un pronom.</p>
+
+<p>UNIQUE veut aprês lui le subjonctif:
+<i>c'est l'unique service que vous</i> <span class="smcap">puissiez</span> <i>me
+rendre</i>.</p>
+
+<p class="p2">VACANCES au pluriel, se dit des
+études publiques: <i>vacations</i> au pluriel, de la
+cessation des séances des gens de justice.<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">[Pg 130]</a></span></p>
+
+<p>VAINCRE. <i>Je vaincs</i>, <i>tu vaincs</i>, <i>il
+vainc</i>, <i>nous vainquons</i>, <i>vous vainquez</i>, <i>ils
+vainquent</i>, <i>je vainquais</i>, <i>je vainquis</i>, <i>je
+vaincrai</i>, <i>je vaincrais</i>, <i>vaincs</i>, <i>vainquons</i>,
+<i>vainquez</i>, <i>que je vainque</i>, <i>que je vainquisse</i>,
+<i>vaincant</i>, <i>vaincu</i>, <i>vaincue</i>.</p>
+
+<p>Le présent de l'indicatif n'est guère usité
+au singulier, non plus que <i>vaincs</i>, seconde
+personne du singulier de l'impératif.</p>
+
+<p>VALOIR. <i>Je vaux</i>, <i>nous valons</i>, <i>ils
+valent</i>, <i>je valais</i>, <i>je valus</i>, <i>je vaudrai</i>, <i>je
+vaudrais</i>: pas d'impératif, <i>que je vaille</i>,
+<i>que nous valions</i>, <i>que je valusse</i>, <i>valant</i>,
+<i>valu</i>, <i>value</i>.</p>
+
+<p>Le participe <i>valu</i> s'accorde seulement
+lorsque le verbe <i>valoir</i> signifie <i>procurer</i>,
+<i>rapporter</i>, et que le régime direct précède
+le participe: <i>que d'éloges ne lui a pas</i> <span class="smcap">valus</span>
+<i>sa conduite noble et généreuse</i>! c.-à-d.
+<i>procurés</i>; le participe, comme l'on voit,
+s'accorde ici avec le régime direct <i>que</i>, qui
+est devant.</p>
+
+<p>VENIMEUX se dit des animaux: <i>le
+scorpion est un animal</i> <span class="smcap">venimeux:</span> <i>vénéneux</i>
+des végétaux; <i>la ciguë est une plante
+vénéneuse</i>.</p>
+
+<p>VÊPRES, MATINES. Dites, <i>aller</i>
+<span class="smcap">à</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">à</span> <i>matines</i>: <i>réciter vêpres</i>,&mdash;<i>matines</i>:
+et non pas, <i>aller</i> <span class="smcap">aux</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">aux</span>
+<i>matine</i>: <i>réciter</i> <span class="smcap">les</span> <i>vêpres</i>,&mdash;<span class="smcap">les</span> <i>matines</i>:
+attendu que <i>vêpres</i> et <i>matines</i> étant
+pris <i>indéterminément</i> dans ces phrases, on
+doit supprimer l'article.<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">[Pg 131]</a></span></p>
+
+<p>Mais si ces noms étaient pris <i>déterminément</i>,
+comme dans ces locutions, <i>aller</i> <span class="smcap">aux</span>
+<i>vêpres de la paroisse de St. Roch</i>;&mdash;<i>réciter</i>
+<span class="smcap">les</span> <i>matines de Noël</i>, l'on ne pourrait
+omettre l'article.</p>
+
+<p>VERBES. Quelques grammairiens modernes
+ont substitué aux anciens titres de
+certains verbes de nouvelles dénominations,
+qu'il convient d'indiquer. Pour <i>actif</i> ils
+disent <i>transitif</i>: pour <i>neutre</i>,&mdash;<i>intransitifs</i>:
+pour <i>impersonnel</i>,&mdash;<i>unipersonnel</i>: et
+enfin <i>réfléchi</i> est remplacé par le terme
+<i>pronominal</i> ou <i>réciproque</i>.</p>
+
+<p>Les mêmes grammairiens disent <i>complément</i>
+pour <i>régime</i>.</p>
+
+<p>VÊTIR. <i>Je vêts, tu vêts, il vêt</i> (ce
+singulier est peu usité) <i>nous vêtons, je vêtais,
+je vêtis, je vêtirai, je vêtirais, vêts,
+vêtons, vêtez, que je vête, que je vêtisse,
+vêtant, vêtu, vêtue</i>.</p>
+
+<p>VIANDE, chair des animaux terrestres
+et des oiseaux dont on se nourrit. En ce
+sens on dit que l'on ne mange point de <i>viande</i>
+en carême.</p>
+
+<p><i>Viande</i> se dit quelquefois de la chair des
+poissons: <i>le saumon n'est pas une</i> <span class="smcap">viande</span>
+<i>de malade</i>.</p>
+
+<p>On appelle viandes de carême, <i>la morue</i>,
+<i>le hareng</i>, <i>le saumon</i>, etc. V. <span class="smcap">chair</span>.</p>
+
+<p>VIEIL. Au lieu de <i>vieux</i>, on se sert
+de <i>vieil</i> devant un substantif qui commence
+par une voyelle, ou une <i>h</i> non aspirée: ce<span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">[Pg 132]</a></span>pendant
+on est toujours libre d'employer le
+mot <i>vieux</i>.</p>
+
+<p>VILLES. En général les noms de
+<i>ville</i> sont masculins, excepté quand ils dérivent
+d'un féminin latin. Lorsque le genre
+est incertain, l'on doit faire précéder le nom
+du mot <i>ville</i>.</p>
+
+<p>Quand on personnifie une ville, l'on en
+met ordinairement le nom au féminin: <i>malheureuse
+Tyr, dans quelles mains es-tu
+tombée</i>.</p>
+
+<p>VINGT ET UN. On dit <i>vingt et un</i>,
+<i>trente et un</i>, etc. Mais la conjonction est
+omise dans <i>vingt-deux</i>, <i>vingt-trois</i>, etc.,
+<i>trente-deux</i>, <i>trente-trois</i>, etc. Il s'en suit
+que les locutions <i>trente un soldats</i>,&mdash;<i>l'an
+mil huit cent quarante un</i>, sont vicieuses.</p>
+
+<p>L'usage veut que l'on dise, <i>soixante et
+dix</i>, <i>soixante et onze</i>, etc.</p>
+
+<p>VIS-À-VIS ne doit pas s'employer dans
+le sens de <i>envers</i>, <i>à l'égard de</i>. Ne dites
+donc pas, <i>sa conduite</i> <span class="smcap">vis-à-vis</span> <i>de ses
+bienfaiteurs est fort répréhensible</i>: dites,
+<span class="smcap">envers</span> <i>ses bienfaiteurs</i>, etc., ou, <span class="smcap">à l'égard</span>
+<i>de ses bienfaiteurs</i>, etc.</p>
+
+<p>Après <i>vis-à-vis</i>, on met <i>de</i>, excepté dans
+le style familier; <i>vis-à-vis la rue</i>;&mdash;<i>vis-à-vis
+mes croisées</i>.</p>
+
+<p>VIVRE régit <i>de</i> et non pas <i>du</i>: <i>je vis</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>bonne viande</i>,&mdash;<span class="smcap">de</span> <i>bonne soupe</i>,&mdash;<i>vivre</i>
+<span class="smcap">de</span> <i>légumes</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">[Pg 133]</a></span></p>
+
+<p>VOLUME. TOME. <i>Volume</i> est un
+livre relié ou broché. Tome est un volume
+qui fait partie d'un ouvrage; Le <i>volume</i>
+peut contenir plusieurs <i>tomes</i>: et le <i>tome</i>
+peut faire plusieurs volumes.</p>
+
+<p>Quelquefois <i>tome</i> signifie simplement <i>volume</i>.</p>
+
+<p>VOUS. Lorsqu'on parle à des supérieurs,
+ou à des dames, les convenances du
+langage exigent que l'on se serve <i>quelquefois</i>
+de la troisième personne au lieu de la seconde.
+Ainsi au lieu de, <i>Monsieur, voulez-vous
+me permettre?</i> dites, <i>Monsieur voudrait-il
+me permettre.</i>&mdash;<i>Madame, pourriez-vous
+me faire la grâce?</i> dites, <i>Madame pourrait-elle
+me faire la grâce?</i></p>
+
+<p class="p2">Y, adverbe de lieu avec l'impératif. Le
+pronom <i>moi</i> se met toujours après l'<i>y</i>. <i>Envoyez-y</i>
+<span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>menez-y</i> <span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>attendez-y</i>-<span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>tu
+vas au musée</i>, <i>menes-y</i> <span class="smcap">moi</span>,&mdash;<i>tu
+vas en voiture</i>, <i>donnes-y</i> <span class="smcap">moi</span> <i>une place</i>.</p>
+
+<p>Les pronoms <i>nous</i> et <i>les</i> se mettent au
+contraire avant l'<i>y</i>. <i>Envoyez</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i>&mdash;<i>attendez</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i>,&mdash;<i>tu
+vas au musée</i>, <i>mène</i>-<span class="smcap">les</span>-<i>y</i>,&mdash;<i>tu
+vas en voiture</i>, <i>donne</i>-<span class="smcap">nous</span>-<i>y</i> <i>une
+place</i>.</p>
+
+<p><i>M'y</i> ne peut être placé après le verbe.
+Ne dites pas; <i>Vous allez à Québec</i>, <i>menez</i>-<span class="smcap">m'</span><i>y</i>:
+dites,...<i>menez-y</i>-<span class="smcap">moi</span>. Mais il
+se place très-bien devant: <i>Je vais à Trois-Rivières</i>,
+<i>voulez-vous</i> <span class="smcap">m'</span><i>y</i> <i>accompagner</i>?</p>
+
+<p class="p2">Z, prend le son propre d'<i>s</i>, même avant
+une consonne, dans <i>Metz</i>, <i>Rodez</i>, <i>Suez</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">[Pg 134]</a></span>
+<i>Alvarez</i>, <i>Cortez</i>, <i>Sènez</i>, <i>Usez</i>; mais il
+ne sonne pas dans <i>Sèez</i>. Les deux z
+dans le mot <i>Abruzze</i> se prononcent comme
+deux <i>s</i>, <i>Abrusse</i>.</p>
+
+<p>ZÉPHYR, ZÉPHYRE. Le premier
+se dit d'un vent doux et agréable: le second
+du même vent considéré comme divinité de
+la fable.</p>
+
+<p class="center">FIN<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">[Pg 135]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="RECUEIL" id="RECUEIL"></a>RECUEIL</h2>
+
+<h5>DE</h5>
+
+<h3>LOCUTIONS VICIEUSES.</h3>
+
+<p>À. C'est une faute grossière que de dire,
+<i>la fille</i> <span class="smcap">à</span> <i>Madame une telle</i>,&mdash;<i>le cheval</i> <span class="smcap">à</span>
+<i>Mons. un tel</i>. Dites, <i>la fille</i> <span class="smcap">de</span> <i>Madame
+une telle</i>,&mdash;<i>le cheval</i> <span class="smcap">de</span> <i>Mons. un tel</i>.
+<i>Venez</i> <span class="smcap">à</span> <i>bonne heure</i>, est aussi une expression
+vicieuse: dites, <i>venez</i> <span class="smcap">de</span> <i>bonne heure</i>.</p>
+
+<p>ABAT <i>de neige</i>, <i>abat de pluie</i> sont des
+barbarismes, de même que, <i>chute de neige</i>,&mdash;<i>chute
+de pluie</i>.</p>
+
+<p>ABIMER. <i>J'ai abîmé mon chapeau</i>,&mdash;<i>ma
+robe</i>; dites, <i>j'ai gâté mon chapeau</i>,&mdash;<i>ma
+robe</i>.</p>
+
+<p>ADONNER (s') est un des mots de la
+langue dont on fait le plus fréquent abus, et
+par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on
+dit, <i>il s'est</i> <span class="smcap">adonné</span> <i>à entrer chez moi, au
+moment où le feu a éclaté</i>; pour, <i>il est
+entré par hasard chez moi au moment</i> etc.:&mdash;<i>il
+s'est</i> <span class="smcap">adonné</span> <i>que votre frère et moi
+nous sommes arrivés le même jour à Trois-Rivières</i>;
+pour, <i>votre frère et moi nous
+sommes arrivés par hasard le même jour à
+Trois-Rivières</i>;&mdash;<i>ce Monsieur s'est</i> <span class="smcap">adonné</span>
+<i>à Kingston à l'ouverture du Parlement</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">[Pg 136]</a></span>
+pour, <i>ce Monsieur s'est trouvé par hasard
+à Kingston, à l'ouverture</i> etc.</p>
+
+<p>Mais on dit, en parlant de chemin, <i>passez
+chez moi quand votre chemin s'</i><span class="smcap">adonnera</span>:
+et en termes de marine, que <i>le vent</i> <span class="smcap">adonne</span>,
+pour signifier qu'il est favorable.</p>
+
+<p>AMBRE, pour désigner l'allure d'un cheval,
+est une faute: dites <i>amble</i>,&mdash;<i>aller
+l'amble</i>.</p>
+
+<p>AMONT, terme de batellier, qui signifie,
+en remontant la rivière: <i>pays d'</i><span class="smcap">amont</span>,&mdash;<i>ce
+bateau arrive d'</i><span class="smcap">amont</span>.</p>
+
+<p>On voit par là combien sont répréhensibles
+les expressions, <span class="smcap">amont</span> <i>le coteau</i>,&mdash;<span class="smcap">amont</span>
+<i>le Cap aux Diamans</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Amont</i> est opposé à <i>aval</i>. On dit, <i>vent
+d'</i><span class="smcap">aval</span>,&mdash;<i>navire venant en</i> <span class="smcap">aval</span>,&mdash;<i>bateau
+amarré en</i> <span class="smcap">aval</span> <i>du pont</i>,&mdash;<i>en</i> <span class="smcap">amont</span> <i>du
+pont</i>,&mdash;<i>en</i> <span class="smcap">amont</span> <i>et en</i> <span class="smcap">aval</span> <i>de la ville
+de Québec</i>.</p>
+
+<p>ANIMAUX. Souvent on désigne par
+ce mot les bestiaux et autres quadrupèdes
+domestiques: et l'on dit, <i>mener les</i> <span class="smcap">animaux</span>
+<i>au paturage</i>,&mdash;<i>soigner les</i> <span class="smcap">animaux</span>,&mdash;<i>ces</i>
+<span class="smcap">animaux</span> <i>sont fort gras</i>, etc. Ce langage
+est incorrect, parce que le terme animal est
+générique, et comprend par conséquent tous
+les êtres animés et sensibles de la nature.</p>
+
+<p><i>Bestiaux</i> ou <span class="smcap">bétail</span> ne se dit guère que
+pour désigner les <i>b&oelig;ufs</i>, les <i>vaches</i>, les
+<i>moutons</i>, les <i>chèvres</i>. Quant aux <i>chevaux</i>,
+aux <i>ânes</i>, aux <i>cochons</i>, aux <i>chiens</i> etc., il
+faut les spécialiser par leurs noms.<span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">[Pg 137]</a></span></p>
+
+<p>On dit <i>animaux domestiques</i> par opposition
+aux <i>animaux sauvages</i>.</p>
+
+<p>ANVALER pour signifier <i>avaler</i>, n'est
+pas français.</p>
+
+<p>APRÈS. <i>La clef est</i> <span class="smcap">après</span> <i>la serrure</i>:
+dites, <span class="smcap">à</span> <i>la serrure</i>.</p>
+
+<p>APPROPRIER. C'est une faute grossière
+de dire, <span class="smcap">APPROPRIER</span> <i>une chambre</i>,
+<i>un meuble</i>, pour signifier, <span class="smcap">NETTOYER</span> <i>une
+chambre</i>, <i>un meuble</i>.</p>
+
+<p>À RAISON DE signifie <i>à proportion</i>;
+et ne peut être par conséquent employé pour
+<i>à cause de</i>, qui a une toute autre acceptation.
+Au lieu donc de, <i>il a abandonné cette
+entreprise</i> <span class="smcap">à raison</span> <i>des obstacles qu'il y a
+rencontres</i>, <i>il faut</i>...<span class="smcap">à cause des</span> <i>obstacles</i>...</p>
+
+<p>ARGENT n'a point de pluriel: c'est
+donc une faute de dire, <i>envoyer des</i> <span class="smcap">argens</span>
+<i>à quelqu'un</i>;&mdash;<i>placer des</i> <span class="smcap">argens</span> <i>à
+intérêt</i>: dites, <i>envoyer de l'argent</i>, ou
+mieux <i>des fonds à quelqu'un</i>,&mdash;<i>placer de
+l'argent</i>, ou <i>des fonds à intérêt</i>.</p>
+
+<p><i>De la</i> <span class="smcap">bonne</span> <i>argent</i>,&mdash;<i>de l'argent</i>
+<span class="smcap">blanche</span>, sont des solécismes révoltans.</p>
+
+<p>ATTELER <i>un cheval sur une voiture</i>,&mdash;<i>mettre
+les chevaux sur le carosse</i>, sont
+des locutions qui blessant le sens commun:
+dites, <i>atteler un cheval</i> <span class="smcap">à</span> <i>une voiture</i>,&mdash;<i>atteler
+les chevaux</i> <span class="smcap">au</span> <i>carosse</i>.</p>
+
+<p>ATTENDRE. Le peuple dit <i>attendre</i>
+pour <i>entendre</i>: de là les expressions cho<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">[Pg 138]</a></span>quantes,
+<i>j'ai</i> <span class="smcap">attendu</span> <i>la messe</i>,&mdash;<i>cet
+homme n'</i><span class="smcap">attend</span> <i>pas raison</i>, etc.</p>
+
+<p>AVEC. <i>Venez</i> <span class="smcap">avecque</span> <i>moi</i>: mauvaise
+prononciation: dites, <i>venez</i> <span class="smcap">avé</span> <i>moi</i>. Le
+<i>c</i> dans ce mot ne sonne que devant une
+voyelle.</p>
+
+<p class="p2">BALANCE, BALANCINE pour signifier
+<i>balançoire</i>, ne sont pas français.</p>
+
+<p><i>Une</i> planche appuyée par le milieu, et
+sur les extrémités de laquelle des enfans
+placés en contre-poids, s'élèvent et s'abaissent
+alternativement, s'appelle également
+<i>bascule</i> et <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p><i>Escarpolette</i> est une balançoire, dont le
+siège est suspendue par des cordes ou par
+des brins de bois.</p>
+
+<p>Si la machine sur laquelle on se balance
+est construite de manière que le mouvement
+soit circulaire et horisontal, elle se nomme
+aussi <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p><i>Brandilloire</i> est synonyme de <i>balançoire</i>.</p>
+
+<p>BALANCER <i>quelqu'un</i>, c'est imprimer
+un mouvement à la balançoire, où est la
+personne, sans y être placé soi-même.</p>
+
+<p><i>Se balancer</i>, c'est aller soi-même sur la
+balançoire; ainsi quand deux ou plusieurs
+personnes veulent aller se balancer, elles
+doivent dire, <i>allons</i> <span class="smcap">nous</span> <i>balancer</i>, et non
+pas, <i>allons balancer</i>.</p>
+
+<p>BAND. On a francisé à tort ce mot
+anglais, et l'on dit, <i>la</i> <span class="smcap">bande</span> <i>de musique de<span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">[Pg 139]</a></span>
+tel régiment</i>: dites, <i>le</i> <span class="smcap">corps</span> <i>de musique</i>...
+ou simplement, <i>la musique de tel régiment</i>.</p>
+
+<p>BARBOT. C'est ainsi que le peuple
+appelle l'<i>escarbot</i>, insecte de la famille des
+coléoptères.</p>
+
+<p>BARRER <i>une porte</i>, c'est la fermer
+avec une barre. Si la porte est munie d'une
+serrure seulement, il serait ridicule de dire,
+<span class="smcap">barrez</span> <i>la porte</i>.</p>
+
+<p>BATTURES, BORDAGES, employés
+pour signifier les glaces qui s'accumulent
+pendant l'hiver sur le bord des rivières,
+sont des barbarismes. On ne doit
+donc pas dire, <i>les</i> <span class="smcap">bordages</span> <i>tiennent encore</i>,&mdash;<i>les</i>
+<span class="smcap">battures</span> <i>sont parties</i>.</p>
+
+<p><i>Embarquement</i> et <i>débarquement</i> sont encore
+des termes impropres, lorsqu'on leur
+fait signifier l'endroit où, en hiver, l'on passe
+de la rive sur la glace d'une rivière, et <i>vice
+versâ</i>.</p>
+
+<p>BELLE, EN BELLE. Ces mots
+sont employés par le peuple pour signifier
+<i>facilité</i>, <i>occasion favorable</i>, et il en résulte
+des locutions tout-à-fait ridicules; comme,
+<i>vous avez</i> <span class="smcap">en belle</span>, pour, <i>vous avez la</i> <span class="smcap">facilité</span>:&mdash;<i>si
+vous trouvez votre</i> <span class="smcap">belle</span>,
+pour, <i>si vous trouvez une</i> <span class="smcap">occasion favorable</span>,
+etc.</p>
+
+<p>BERDAS, BERDASSERIE, de
+même que, <i>berdasser</i>, <i>berdasseur</i>, <i>berdasseuse</i>,
+sont des mots bas et révoltans.<span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">[Pg 140]</a></span></p>
+
+<p>BEURRÉE est une tranche de pain
+recouverte de beurre. L'expression <span class="smcap">beurrée</span>
+<i>de confitures</i> choque le bon sens:
+dites, <span class="smcap">tartine</span> <i>de confitures</i>.</p>
+
+<p>On dit aussi, <i>tartine de beurre</i>,&mdash;<i>de miel</i>,
+etc.</p>
+
+<p>BOITE pour signifier le son, l'avoine,
+les légumes, etc., qu'on délaie avec de
+l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas
+français.</p>
+
+<p>BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi,
+mais improprement, le petit instrument en
+métal, dont on tire du son, en le plaçant
+entre les dents, et en en frappant la languette
+avec le doigt. Cet instrument s'appelle
+<i>trompe</i>, et plus ordinairement <i>guimbarde</i>.</p>
+
+<p>BOTTE. <i>Tomber en botte</i>, en parlant
+d'un tonneau, d'une cuve, etc., dont les
+douves et les cercles se séparent, est un
+solécisme.</p>
+
+<p>Les tonneliers, suivant Trévoux, disent,
+<i>tomber en javelle</i>.</p>
+
+<p>Le peuple dit aussi, mais improprement,
+<i>cet homme tombe en botte</i>, pour désigner le
+dépérissement rapide de sa santé, ou de sa
+fortune.</p>
+
+<p>BOUCANE, terme impropre qu'on emploie
+comme synonyme de <i>fumée</i>.</p>
+
+<p>BOUCANER signifie sécher des comestibles
+à la fumée, et aller à la chasse
+des b&oelig;ufs sauvages: ne dites pas, <i>la che<span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">[Pg 141]</a></span>minée</i>
+<span class="smcap">boucane</span>,&mdash;<i>le poële</i> <span class="smcap">boucane</span>: dites,
+<i>la cheminée fume</i>, etc.</p>
+
+<p>BOUILLIR. Le vulgaire dit abusivement
+<i>bouillir</i> pour <i>fermenter</i>, comme dans
+cette phrase, <i>la bierre n'a pas encore</i> <span class="smcap">bouilli</span>,
+pour, <i>n'a pas encore</i> <span class="smcap">fermenté</span>.</p>
+
+<p>BOUQUET. Le peuple confond les
+termes, <i>bouquet</i> et <i>fleur</i>: il dit, <i>semer des</i>
+<span class="smcap">bouquets</span>; et à l'aspect des fleurs d'un
+parterre, <i>voilà de beaux</i> <span class="smcap">bouquets</span>.</p>
+
+<p><i>Bouquet</i> n'est pas une fleur: il est un assemblage
+de fleurs liées ensemble.</p>
+
+<p>BOUT. <i>Un</i> <span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,&mdash;<i>un long</i>
+<span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,&mdash;<i>un petit</i> <span class="smcap">bout</span> <i>de temps</i>,
+sont des locutions basses et vulgaires.</p>
+
+<p>BRASSE CORPS. <i>Prendre à brasse
+corps</i>: populaire: dites <i>à-bras-le-corps</i>.</p>
+
+<p>BRETON. Ce nom appartenait jadis
+aux habitans de la Grande Bretagne: ils
+ont cessé de le porter depuis l'invasion de
+l'Angleterre par les Saxons: et par conséquent
+il ne peut plus être employé comme
+synonyme d'<i>anglais</i>.</p>
+
+<p>Les seuls habitants de la Bretagne, ci-devant
+province de la France, portent aujourd'hui
+le nom de <i>Bretons</i>.</p>
+
+<p>BRIN est une faute dans les expressions
+suivantes, <i>un petit</i> <span class="smcap">brin</span> <i>de pain</i>,&mdash;<i>un petit</i>
+<span class="smcap">brin</span> <i>de lait</i>,&mdash;<i>il n'a mangé qu'un petit</i> <span class="smcap">brin</span>,&mdash;<i>il
+tombe quelques</i> <span class="smcap">brins</span> <i>de pluie</i>, etc.</p>
+
+<p>On dit cependant, <i>un</i> <span class="smcap">brin</span> <i>d'estime</i>,&mdash;<i>un</i>
+<span class="smcap">brin</span> <i>d'amitié</i>,&mdash;<i>un petit</i> <span class="smcap">brin</span> <i>d'espérance</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">[Pg 142]</a></span></p>
+
+<p>BROYER, Au lieu de <i>broyer</i>, pour signifier
+briser le lin, le chanvre; et de <i>broie</i>,
+l'instrument pour broyer, nos paysans disent
+abusivement, <i>brayer</i>, <i>braye</i>.</p>
+
+<p>BUT. Ne dites pas, <i>j'ai rempli mon</i> <span class="smcap">but</span>,
+mais, <i>j'ai atteint mon</i> <span class="smcap">but</span>.</p>
+
+<p>BUTIN est tout ce qu'on enlève à
+l'ennemi. Dans le langage du peuple ce
+mot signifie, <i>meubles</i>, <i>marchandises</i>, <i>comestibles</i>,
+toutes sortes d'effets en un mot: et
+de là une multitude innombrable de locutions
+ignobles, dont voici quelques échantillons.
+Un huitrier dit, <i>j'ai vendu tout mon</i> <span class="smcap">butin</span>:
+un acheteur qui n'a pas achevé de faire ses
+amplettes, <i>j'ai encore du</i> <span class="smcap">butin</span> <i>à acheter</i>:
+celui-ci, à l'aspect de beaux meubles s'écrie,
+<i>voilà de beau</i> <span class="smcap">butin</span>: celui-là, à la vue d'un
+voleur qui enlève ses volailles, <i>au voleur!</i>
+<i>qui emporte mon</i> <span class="smcap">butin</span>: cet autre, en parlant
+d'un tailleur qui a gâté son habit, <i>il a gâté
+mon</i> <span class="smcap">butin</span>. Quel pitoyable langage!</p>
+
+<p class="p2">CADRE. On emploie abusivement ce
+mot pour signifier <i>image</i>, <i>estampe</i>, etc.: et
+l'on dit, <i>voilà un beau</i> <span class="smcap">cadre</span>:&mdash;<i>quel est le
+prix de ce</i> <span class="smcap">cadre</span>? pour, <i>voilà une belle</i> <span class="smcap">estampe</span>:&mdash;<i>quel
+est le prix de cette</i> <span class="smcap">image</span>?</p>
+
+<p><i>Cadre</i> n'est que la bordure de bois, de
+bronze, etc., dans laquelle on enchâsse un
+tableau, une estampe, etc.</p>
+
+<p>CAILLE pour signifier tacheté de blanc
+et de noir, en parlant des bestiaux, etc.,
+n'est pas français.<span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">[Pg 143]</a></span></p>
+
+<p>CAJEU, CAGE. En parlant de pièces
+de bois liées ensemble, que l'on transporte
+à flot sur une rivière, gardez-vous de dire,
+<span class="smcap">cajeu</span>, <span class="smcap">cage</span>. <i>Cajeu</i> n'est pas français,
+non plus que <i>cage</i> dans le sens qu'on lui
+prête ici. Dites, <i>train</i>, <i>radeau</i>, <i>train de
+bois</i>, etc.</p>
+
+<p><i>Drame</i> employé dans le sens de <i>radeau</i>
+est également un barbarisme.</p>
+
+<p>CALER, terme de marine, est employé
+improprement par le peuple pour signifier
+enfoncer dans la boue,&mdash;dans l'eau,&mdash;couler
+à fond.</p>
+
+<p><i>Caler un fossé</i>, pour, <i>creuser un fossé</i> est
+aussi une locution vicieuse.</p>
+
+<p>CANOT. Outre le canot fait d'écorce,
+ou d'un tronc d'arbre, une autre petite embarcation,
+destinée pour l'ordinaire, au service
+des vaisseaux, se nomme <i>canot</i>. Désigner
+ce canot par le mot <i>chaloupe</i>, est une
+faute grave. <i>Chaloupe</i>, que les Anglais
+nomment <i>long-boat</i>, est une embarcation
+plus grande que le canot, et porte quelquefois
+le nom de <i>grand canot</i>.</p>
+
+<p>CASSOT pour signifier un petit vaisseau
+d'<i>écorce</i>, ou de <i>bois</i>, n'est pas français.</p>
+
+<p>CASTALOGNE est une couverture de
+lit de laine très-fine, et c'est une faute d'employer
+ce mot pour désigner les petits tapis
+d'un travail grossier, dont on couvre un
+plancher, et c'est une autre faute de prononcer
+<i>ca-ta-logne</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">[Pg 144]</a></span></p>
+
+<p>C'EST-IL employé pour <i>est-ce</i>? est un
+solécisme. Évitez donc les expressions populaires,
+<span class="smcap">c'est-il</span> <i>moi qui ai fait cela</i>?&mdash;<span class="smcap">c'est-il</span>
+<i>lui qui a parlé</i>?&mdash;<span class="smcap">c'est-il</span> <i>bon,
+cela</i>?</p>
+
+<p>CHAMPLURE pour signifier <i>robinet</i>,
+est un barbarisme. Dites, <i>chantepleure</i>.</p>
+
+<p>Dans quelques départemens de la France
+on appelle <i>chantepleure</i> le robinet d'un tonneau
+de vin ou de cidre.</p>
+
+<p>CHANDELLE. Ne dites pas, <span class="smcap">tuez</span>
+<i>la chandelle</i>,&mdash;<span class="smcap">tuez</span> <i>le feu</i>: dites, <span class="smcap">éteignez</span>
+<i>la chandelle</i>,&mdash;<span class="smcap">éteignez</span> <i>le feu</i>.</p>
+
+<p><i>Enterrer le feu</i> est aussi une faute; dites,
+<i>couvrir le feu</i>.</p>
+
+<p>CHANGER. C'est une faute grossière
+que de dire, <span class="smcap">changez-vous</span>,&mdash;<i>allez</i> <span class="smcap">vous
+changer</span>: dites, <i>changez votre linge</i>,&mdash;<i>allez
+changer vos habits</i>.</p>
+
+<p>CHARGE. <i>La charge d'un vaisseau</i>
+n'est pas français. Dites, <i>le chargement</i> ou
+<i>la cargaison d'un vaisseau</i>.</p>
+
+<p>CHIFFON <i>de pain</i>, pour signifier un
+gros morceau de pain, est une expression
+vicieuse; il faut dire <i>guignon</i>, <i>ou bribe de
+pain</i>.</p>
+
+<p>CIRE, ou CIRAGE, est la composition
+luisante que l'on étend sur les chaussures
+en cuir. L'emploi du mot anglais <i>black-ball</i>
+est insupportable; également on doit
+repousser le terme <i>noir à souliers</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">[Pg 145]</a></span></p>
+
+<p><i>Frottez mes souliers</i>,&mdash;<i>mes bottes</i>: expressions
+ridicules; on doit dire, <i>cirez mes
+souliers</i>,&mdash;<i>mes bottes</i>, quand on veut les faire
+enduire de cire; et, <i>décrottez mes souliers</i>,&mdash;<i>mes
+bottes</i>, lorsqu'on en veut faire ôter la
+boue.</p>
+
+<p>CLAIRER (du verbe anglais <i>to clear</i>)
+n'est pas français. Ainsi ne dites pas, <i>j'ai</i>
+<span class="smcap">clairé</span> <i>£5OO dans mon année</i>;&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">clairé</span>
+<i>à la douane</i>: dites, <i>j'ai fait un gain
+net de £500 dans mon année</i>:&mdash;<i>il a eu sa
+décharge de la douane</i>.</p>
+
+<p>CLENCHE, suivant Boiste, signifie
+<i>loquet de porte</i>: mais <i>clencher</i> n'est pas
+français: conséquemment l'on ne doit pas
+dire, <i>on clenche à la porte</i>, etc.</p>
+
+<p>C&OElig;UR, CH&OElig;UR se prononcent <i>keur</i>.
+Gardez-vous de dire avec le peuple, <i>qu-eur</i>.</p>
+
+<p>COFFEE. Il est du dernier ridicule
+d'aller chercher le mot anglais <i>coffee</i>, que
+l'on prononce comme les anglais, <i>kâu-fé</i>
+tandis que nous avons le terme français <i>café</i>,
+dont l'<i>a</i> est aigu, et que l'on doit par conséquent
+prononcer <i>caf-é</i>.</p>
+
+<p>COUETTE pour signifier, cheveux de
+la nuque noués, n'est pas français.</p>
+
+<p>COLLÉREUX-EUSE, dites, <i>colère</i>.</p>
+
+<p>COLLATION est féminin. <i>J'ai mangé
+du fruit à</i> <span class="smcap">mon</span> <i>collation</i>,&mdash;<i>il a fait un</i> <span class="smcap">bon</span>
+<i>collation</i>, sont des sollécismes insupportables.</p>
+
+<p>COLLECTER (du verbe anglais <i>to<span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">[Pg 146]</a></span>
+collect</i>) est un barbarisme. Il ne faut donc
+pas dire, <span class="smcap">collecter</span> <i>des dettes</i>,&mdash;<i>des souscriptions</i>;
+mais, <span class="smcap">recueillir</span> <i>des dettes</i>, <i>des
+souscriptions</i>.</p>
+
+<p>COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement
+de celui qui est chargê de percevoir
+les taxes, les impositions; mais non de
+celui qui recueille des souscriptions, des
+dettes, etc.</p>
+
+<p>CONDUITE n'est pas synonyme d'<i>économie</i>:
+et c'est une faute grossière que de
+dire, <i>cet homme a beaucoup de</i> <span class="smcap">conduite</span>,
+pour signifier qu'il est fort entendu en économie.</p>
+
+<p>CORDEAU est une petite corde pour
+aligner: et c'est à tort qu'on l'emploie au
+pluriel comme synonyme des <i>rênes</i> ou
+<i>guides</i>, que l'on attache à la bride d'un cheval
+attelé à une voiture.</p>
+
+<p>CORDON, employé pour signifier une
+mesure de bois de chauffage, n'est pas français.</p>
+
+<p><i>Cordon d'aube</i> est une faute: dites, <i>ceinture
+d'aube</i>.</p>
+
+<p>COTON employé pour designer une
+tige sans feuilles; un épi de blé d'Inde dépouillé
+de ses grains; la souche d'un choux;
+etc., est une faute grossière.</p>
+
+<p>COÛTE QUI COÛTE. Dites, <i>coûte</i>
+<span class="smcap">que</span> <i>coûte</i>.</p>
+
+<p>CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire<span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">[Pg 147]</a></span>
+anglais, par lequel on désigne une sorte de
+petit biscuit dur et cassant; et dites en
+français <i>biscotin</i>.</p>
+
+<p>CRAQUÉ. <i>Le mur est</i> <span class="smcap">craqué</span>,&mdash;<i>le
+verre est</i> <span class="smcap">craqué</span>, sont des expressions
+incorrectes: dites, <i>le mur est fendu, ou
+crevassé</i>;&mdash;<i>le verre est fêlé</i>.</p>
+
+<p>CRI-CRI est le grillon domestique: il
+ne doit pas être confondu avec le <i>criquet</i>,
+habitant des champs, qui est une autre espèce
+de grillon.</p>
+
+<p>CROCHET et TAQUET sont des
+instrumens recourbés pour tenir quelque
+chose. On ne doit pas confondre ces mots
+avec <i>verrou</i>, qui est une fermeture de porte
+d'une autre forme.</p>
+
+<p>CROUSTILLANT-TE, ne se trouve
+dans aucun dictionnaire. Conséquemment
+l'on ne doit pas dite: <i>pâtisserie</i> <span class="smcap">croustillante</span>:&mdash;<i>comptes</i>
+<span class="smcap">croustillans</span>: mais,
+<i>pâtisserie croquante</i>;&mdash;<i>comptes croustilleux</i>.</p>
+
+<p>CUSTODE. Au lieu de <i>tabernacle</i>,
+le peuple dit <i>custode</i>, pour désigner l'ouvrage
+fait en forme de petit temple pour
+renfermer le saint ciboire. <i>Custode</i> n'est
+qu'une couverture du ciboire.</p>
+
+<p class="p2">DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner
+le petit canal qui conduit l'eau à la
+roue d'un moulin, est une faute: <span class="smcap">auge</span> est
+le vrai terme.<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">[Pg 148]</a></span></p>
+
+<p>DÉCESSER n'est pas français. <i>Il ne</i>
+<span class="smcap">décesse</span> <i>de parler</i>; dites, <i>il ne cesse de
+parler</i>.</p>
+
+<p>DÉFONCER <i>une porte</i>, est un solécisme:
+dites, <i>enfoncer une porte</i>.</p>
+
+<p>DÉGRADER, terme de marine, signifie
+<i>dégréer et abandonner un vaisseau</i>. <i>Navire</i>
+<span class="smcap">dégradé</span> signifie aussi un <i>navire arrêté,
+ou éloigné de sa route par la violence des
+vents</i>.</p>
+
+<p>C'est contrairement aux règles de la langue
+que l'on emploie le mot <i>dégrader</i> en parlant
+des voyages par terre. Ainsi l'on dit, <i>nous
+avons été</i> <span class="smcap">dégradés</span> <i>par le mauvais temps</i>:
+pour, <i>nous avons été arrêtés en chemin par
+le mauvais temps</i>;&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">dégradé</span> <i>mon
+compagnon de voyage</i>; pour, <i>j'ai devancé
+mon compagnon de voyage</i>, etc.</p>
+
+<p>DÉGRAS. <i>Être au dégras</i>, qui se dit
+de quelqu'un devenu infirme et incapable
+d'agir; ou de quelque chose qui est usé et
+hors de service, n'est pas français.</p>
+
+<p>DÉMANCHER, qui veut dire, ôter la
+manche à un instrument, est employé abusivement
+pour signifier démonter un instrument
+composé de plusieurs pièces, défaire
+un ouvrage, détruire, démettre, disloquer,
+etc., comme dans ces phrases: <i>cet ouvrage
+est mal fait, il faut le</i> <span class="smcap">démancher</span>:&mdash;<i>il
+faut</i> <span class="smcap">démancher</span> <i>cette lunette d'approche,
+pour en nettoyer les verres</i>:&mdash;<i>il s'est</i> <span class="smcap">démanché</span>
+<i>une épaule</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">[Pg 149]</a></span></p>
+
+<p>Mais on dit, <i>cette affaire se</i> <span class="smcap">démanche</span>,
+pour signifier qu'elle va mal.</p>
+
+<p>DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le
+langage vulgaire, signifie une mesure de
+liquide, de la demi-contenance d'une chopine.</p>
+
+<p><i>Demi-ard</i> ne se trouve pas dans les dictionnaires;
+et par quel terme le remplacer?&mdash;Par
+celui de <i>demi-chopine</i> ou de <i>demi-setier</i>
+sans doute, puisque la <i>chopine</i> et le <i>setier</i>
+sont une même mesure.</p>
+
+<p>DEPUIS. Ne dites pas, <span class="smcap">depuis</span> <i>Québec
+jusqu'à Montréal il y a 60 lieues</i>;&mdash;<span class="smcap">depuis</span>
+<i>ici jusque-là</i>: dites, <span class="smcap">de</span> <i>Québec à
+Montréal</i> etc.&mdash;<span class="smcap">d'</span><i>ici jusque-là</i>.</p>
+
+<p>DÉTEINDRE. Ne dites pas, <i>ce drap</i>
+<span class="smcap">déteint</span>, mais <span class="smcap">se</span> <i>déteint</i>.</p>
+
+<p>DIFFICILE. C'est une faute de dire,
+<i>ces livres sont</i> <span class="smcap">difficiles</span> <i>à se procurer</i>:
+il faut, <i>il est difficile à se procurer ces
+livres</i>.</p>
+
+<p>DINDON est un substantif masculin qui
+signifie <i>coq-d'Inde</i>. <i>Dinde</i> est la <i>poule-d'Inde</i>,
+et féminin par conséquent: <i>voilà</i> <span class="smcap">un
+beau</span> <i>dinde</i>,&mdash;<i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">du</span> <i>dinde</i>, sont
+donc des solécismes: dites, <i>voilà</i> <span class="smcap">une
+belle</span> <i>dinde</i>:&mdash;<i>j'ai mangé</i> <span class="smcap">de la</span> <i>dinde</i>.</p>
+
+<p>On dit au moral, <i>voilà un grand dindon</i>
+(niais) et non pas, <i>voilà un grand dinde</i>.</p>
+
+<p class="p2">ÉBAROUI. Terme de marine, qui se
+dit d'un navire dont le bordage est desséché
+par le soleil. Ce mot n'a point d'autre ac<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">[Pg 150]</a></span>ception,
+et par conséquent les expressions,
+<i>ce seau est</i> <span class="smcap">ébaroui</span>,&mdash;<i>cette cuve est</i> <span class="smcap">ébarouie</span>,
+ne valent rien.</p>
+
+<p>ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne
+tout membre du clergé, qu'il soit ou
+non <i>prêtre</i>. C'est donc à tort que l'on applique
+ce mot aux seuls aspirans, qui n'ont
+pas reçu l'ordre de la prêtrise.</p>
+
+<p>ÉLEVEZ <i>les yeux au ciel</i>; phrase vicieuse:
+dites, <i>levez les yeux au ciel</i>.</p>
+
+<p>EMBARQUEMENT. DÉBARQUEMENT.
+ABORDAGE. Le peuple emploie
+ces mots pour signifier un lieu propre
+pour embarquer et débarquer. Il faut dire,
+<span class="smcap">embarcadère</span>.</p>
+
+<p>EMBARQUER, S'EMBARQUER,
+DÉBARQUER, pour signifier, monter en
+voiture, descendre de voiture, en parlant de
+voitures de terre, ne seraient que des expressions
+ridicules, si elles fussent restées
+dans les derniers rangs de la société: mais
+que ces locutions ignobles aient gagné nos
+salons respectables, c'est un vrai scandale.
+<i>Monsieur est</i> <span class="smcap">débarqué</span> <i>du carosse</i>,&mdash;<i>Madame
+est</i> <span class="smcap">embarquée</span> <i>dans la calèche</i>,&mdash;<i>je
+m'</i><span class="smcap">embarquerai</span> <i>dans mon traîneau</i>. Quel
+pitoyable langage!</p>
+
+<p>ÉMIGRATION est l'action d'émigrer.
+Il est l'opposé d'<span class="smcap">immigration</span>, qui signifie
+l'établissement d'étrangers dans un pays.</p>
+
+<p>EMMANCHER, (prononcez <i>an-manché</i>,
+et non pas <i>a-manché</i>) signifie mettre<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">[Pg 151]</a></span>
+un manche. On voit par là combien ce
+mot est employé abusivement dans ces
+phrases, <i>cet artiste a mal</i> <span class="smcap">emmanché</span> <i>ma
+lunette d'approche</i>,&mdash;<i>l'ouvrier a</i> <span class="smcap">emmanché</span>
+<i>le tuyau du poële</i>, etc.</p>
+
+<p>Cependant le verbe réfléchi, <i>s'emmancher</i>,
+s'emploie figurément pour signifier <i>s'arranger</i>,
+<i>s'ajuster</i>;&mdash;<i>cela ne</i> <span class="smcap">s'emmanche</span> <i>pas ainsi</i>.</p>
+
+<p>EN QUELQUE PART, locution ridicule:
+<i>il est allé</i> <span class="smcap">en quelque part</span>: retranchez
+<span class="smcap">en</span>.</p>
+
+<p>ENCANTER, ou, <i>mettre sur le</i> <span class="smcap">can</span>,
+sont des expressions barbares que l'on doit
+remplacer par l'adverbe <i>de champ</i>, qui signifie
+posé horisontalement sur le côté le
+plus étroit. Ainsi placer une brique <i>de
+champ</i>, c'est la placer sur la face la plus
+étroite: mettre des solives <i>de champ</i>, c'est
+les poser sur la partie la moins large.</p>
+
+<p>ENGRENER; <i>Laisser</i> <span class="smcap">engrener</span> <i>le
+mal</i>, pour signifier <i>laisser augmenter la maladie</i>,
+est un solécisme.</p>
+
+<p>ESCOUSSE veut dire course pour
+mieux sauter. On confond souvent ce mot
+avec <i>fois</i>, et l'on dit, <i>essayez encore une</i> <span class="smcap">escousse</span>,
+pour, <i>essayez encore une</i> <span class="smcap">fois</span>:&mdash;<i>à
+une autre</i> <span class="smcap">escousse</span> <i>je serai plus heureux</i>,
+pour, <i>une autre</i> <span class="smcap">fois</span> <i>je serai plus heureux</i>.</p>
+
+<p>ÉTANCHE pour signifier qui ne coule
+pas, n'est pas français. <i>Un baril</i> <span class="smcap">étanche</span>,&mdash;<i>un
+navire</i> <span class="smcap">étanche</span>, sont donc des locutions
+vicieuses.<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">[Pg 152]</a></span></p>
+
+<p>Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux.</p>
+
+<p class="blockquot">«On dit d'un vaisseau qui ne prend point
+eau, qu'il est <i>étanché</i>: on dit aussi que
+les soufflets d'un orgue sont bien <i>étanchés</i>,
+lorsque le vent ne se perd pas.»</p>
+
+<p>EXAMEN. On prononce <i>examène</i> et
+<i>examin</i>. Cette dernière prononciation est
+préférable.</p>
+
+<p class="p2">FARD. On désigne souvent par le
+mot <i>fard</i> les viandes et herbes hachées
+mince pour mettre dans la volaille, etc.
+C'est une faute; il faut dire <i>farce</i>.</p>
+
+<p>FER. C'est abusivement qu'on nomme
+<i>marchands de fer</i>, ceux qui exercent la profession
+de <i>taillandier</i> et de <i>ferronnier</i>.</p>
+
+<p>FIÈREMENT. C'est peu connaître
+la valeur de ce mot que de l'employer
+comme suit; <i>cet homme est</i> <span class="smcap">fièrement</span> <i>laid</i>
+(très-laid); <i>cet enfant est</i> <span class="smcap">fièrement</span>
+<i>gauche</i> (très-gauche), etc.</p>
+
+<p>FIXEMENT. Prononcez <i>fixce-ment</i>,
+et non pas <i>fix-é-ment</i>.</p>
+
+<p>FLÉAU, instrument pour battre les
+grains, se prononce <i>flé-ô</i> et non pas <i>flô</i>.</p>
+
+<p>FORT est souvent, mais abusivement,
+employé pour village, bourg, bourgade:
+<i>allons au</i> <span class="smcap">fort</span> <i>de Varennes</i>.</p>
+
+<p>L'existence jadis de forts bâtis par les
+premiers colons du pays, pour se mettre à
+l'abri des incursions des indigènes, a donné
+lieu à cette locution vicieuse.<span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">[Pg 153]</a></span></p>
+
+<p>FOURRIÈRE est le lieu où l'on enferme
+les chevaux, le bétail saisis: on dit, <i>mettre
+en fourrière</i>, <i>être en fourrière</i>.</p>
+
+<p><i>Enclos public</i> pour signifier <i>fourrière</i>, est
+une faute grossière.</p>
+
+<p>FRAÎCHE. <i>Prendre la</i> <span class="smcap">fraîche</span> est
+un barbarisme; dites, <i>prendre le</i> <span class="smcap">frais</span>.</p>
+
+<p>FRICASSER <i>des coups à quelqu'un</i>,&mdash;<i>fricasser
+son camp</i>,&mdash;<i>je m'en fricasse</i>, sont
+des expressions si basses que la plume
+refuse presque de les tracer.</p>
+
+<p>FRICOT, terme bas et populaire, que
+ne profèrent jamais les personnes d'éducation.</p>
+
+<p>FRINGALE, mot vulgaire employé pour
+signifier faim pressante, n'est pas dans les
+dictionnaires.</p>
+
+<p class="p2">GAUSSER, pour signifier couper menu
+du bois, ou autre chose, comme font les
+enfans pour s'amuser, n'est pas français.</p>
+
+<p>GENRE de certains substantifs. Les
+erreurs populaires relativement au genre de
+certains substantifs, doivent être évitées
+avec une attention, toute particulière. Quoi
+de plus révoltant que les expressions, <i>l'angelus
+est</i>-<span class="smcap">elle sonnée</span>?&mdash;<span class="smcap">une</span> <i>appétit</i>
+<span class="smcap">dévorante</span>:&mdash;<span class="smcap">cette</span> <i>ouvrage est très</i>-<span class="smcap">belle</span>:
+<i>on donne de</i> <span class="smcap">fortes</span> <i>gages à ce
+domestique</i>, etc.</p>
+
+<p>GERMAGE: barbarisme, dont nos
+paysans se servent pour exprimer l'état des<span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">[Pg 154]</a></span>
+grains qui, après avoir été sciés et mis en
+javelle, ont germé sur le sillon.</p>
+
+<p>GINGUER, ÊTRE EN GINGUE:
+expressions barbares pour signifier faire des
+gambades, en parlant des quadrupèdes, et
+même des personnes.</p>
+
+<p>GOUTTIÈRE est un canal pour les eaux
+de pluie des toits: c'est à tort que l'on emploie
+comme synonymes de <i>gouttière</i> les termes
+<i>dalle</i> et <i>dallot</i>, qui signifient, le premier,
+<i>canal de pompe</i>, ou, <i>tablettes de pierres
+dures</i>, <i>dont on revêt les trottoirs</i>, <i>les terrasses</i>,
+etc.: le second, <i>canal pour l'écoulement
+des eaux d'un navire</i>.</p>
+
+<p>Le mot <i>gouttière</i> est, à son tour, employé
+improprement employé pour signifier, <i>petite fente</i> ou
+<i>trou</i> dans un toit, une voûte, etc., par
+lequel les eaux suintent.</p>
+
+<p>GRAINS <i>de pluie</i>, faute grossière: dites,
+<i>gouttes de pluie</i>.</p>
+
+<p>GRÉER, que le peuple prononce <i>grayer</i>,
+signifie <i>équipper un vaisseau</i>. Les locutions
+suivantes prouvent jusqu'à quel point
+le vulgaire abuse du mot <i>gréer</i>. <i>C'est un
+homme bien</i> <span class="smcap">grayé</span> <i>en chevaux</i>:&mdash;<i>je me</i>
+<span class="smcap">graye</span> <i>pour aller à la chasse</i>,&mdash;<i>vous n'êtes
+pas</i> <span class="smcap">grayé</span> <i>pour loger tant de monde</i>, etc.</p>
+
+<p>GROCERY. Rejettez ce mot anglais,
+et dites <i>épicerie</i>. D'ailleurs la prononciation
+du mot <i>grocery</i> donne lieu à une équivoque,
+en ce que l'on croit entendre le mot<span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">[Pg 155]</a></span>
+français <i>grosserie</i>, qui signifie commerce
+en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.</p>
+
+<p>Groseille d'après le Dict. de l'Acad.
+est une espèce de <i>petit fruit..qui vient par
+grappes. Il y a groseille rouge et blanche.</i></p>
+
+<p><i>Groseille à maquerau ou groseille verte</i>,
+d'après la même autorité, est un <i>fruit vert
+ou rougeâtre, plus gros que les groseilles
+ordinaires, qui vient sur un arbrisseau
+épineux</i>.</p>
+
+<p>Ces descriptions de la groseille s'accordent
+avec celles des naturalistes.</p>
+
+<p>Quant au mot <i>gadelle</i>, par lequel nous
+désignons d'ordinaire la groseille à grappes,
+il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad.
+ni dans celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare.
+Boiste dit que <i>gadelle</i> est une
+espèce de <i>groseille</i>: et on lit dans le Dict.
+d'Hist. Nat. par une société de savans, que
+<i>gadelle est le nom que portent les groseilles
+dans la ci-devant province du Perche</i> en
+France.</p>
+
+<p>De ces observations il résulte, que c'est
+une erreur de nommer <i>gadelle</i>, le fruit à
+grappes, dont il est question.</p>
+
+<p>GUELLARD prononcez <i>gheu-lar</i> et
+non pas, <i>gu-el-lar</i>. Celle dernière prononciation
+est vicieuse, et elle doit être evitée
+également dans les mots suivants.</p>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="gueule" class="tableft">
+<tr><td align="left">Gueule,</td><td align="left"><i>prononcez&nbsp;&nbsp;</i></td><td align="left">gheule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueulée,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuler,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">[Pg 156]</a></span>Gueules,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueulette,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-lette.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusaille,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-saille.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusailler,&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-sail-lé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueusant,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-san.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuse,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheuse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuser,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheusé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueuserie,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu-se-ri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gueux,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">gheu.</td></tr>
+<tr><td align="left">Dégueuler,</td><td align="left">&mdash;&mdash;</td><td align="left">dé-gheu-lé.</td></tr>
+</table>
+
+<p class="p2">HONTEUX. L'<i>h</i> de ce mot est aspiré.
+Qu'il est pénible d'entendre dire <i>cè-tonteux</i>,&mdash;<i>il
+è-tonteux</i>, pour, <i>c'est-honteux</i>,&mdash;<i>il est-honteux</i>!</p>
+
+<p class="p2">ICI. Ne dites pas, <i>ces jours-ici</i>,&mdash;<i>ces
+livres-ici</i>: ce sont des fautes: il faut dire,
+<i>ces jours-ci</i>,&mdash;<i>ces livres-ci</i>, etc.</p>
+
+<p>IL N'A QU'À <i>pleuvoir</i>; <i>Paul n'a qu'à
+tomber</i>; solécismes; dites, <i>s'il vient à pleuvoir</i>,&mdash;<i>si
+Paul vient à tomber</i>, ou, <i>s'il pleut</i>,&mdash;<i>si
+Paul tombe</i>.</p>
+
+<p>ILS employé pour <span class="smcap">elles</span>, est un solécisme
+révoltant. Quel pitoyable langage
+que celui qui suit! <i>Où sont ces Demoiselles?
+ont-</i><span class="smcap">ils</span> <i>oublié l'invitation à dîner
+chez notre tante?&mdash;non, Monsieur,</i> <span class="smcap">ils</span> <i>ne
+l'ont pas oublié;</i> <span class="smcap">ils</span> <i>sont au jardin, et vous
+y attendent.</i></p>
+
+<p>Les mêmes remarques s'appliquent à <i>eux</i>
+et à <i>eux-autres</i>, qu'on emploie fréquemment
+pour <i>elles</i>.</p>
+
+<p>IMPERTINENCE. <i>Donner des im<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">[Pg 157]</a></span>pertinences
+à quelqu'un</i>, est une locution
+barbare.</p>
+
+<p>INFLAMMATION. Gardez-vous de
+prononcer avec le peuple <span class="smcap">an</span>-<i>flâ-mâ-tion</i>:
+dites, <i>in-flamme-mace-i-on</i>.</p>
+
+<p>INGÉNIEUR. C'est une erreur de
+désigner par ce terme celui qui dirige les
+machines d'un moulin à vapeur; d'un bateau-à-vapeur,
+etc.: <i>machiniste</i> est le mot
+propre.</p>
+
+<p>INVECTIVER <i>quelqu'un</i>, n'est pas
+français: il faut dire, <i>invectiver contre quelqu'un</i>.</p>
+
+<p class="p2">JOLIMENT. On fait quelquefois un
+étrange abus de ce mot; comme quand on
+dit, <i>cet homme est</i> <span class="smcap">joliment</span> <i>laid</i>:&mdash;<i>il fait</i>
+<span class="smcap">joliment</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<p class="p2">LARD. <i>Lard salé</i>, <i>lard frais</i>, <i>manger
+du lard</i>; expressions barbares; dites, <i>porc
+salé</i>, <i>porc frais</i>, <i>manger du porc</i>.</p>
+
+<p><i>Lard</i> est la graisse ferme qui est entre le
+cuir et la chair du porc, de la baleine, etc.</p>
+
+<p><i>Porchet</i> pour <i>jeune porc</i> n'est pas français.</p>
+
+<p>LARGUER. On emploie souvent, mais
+abusivement, ce terme de marine, pour signifier,
+lâcher prise, laisser aller, détendre,
+etc.</p>
+
+<p>LENDEMAIN. <i>Du jour au lendemain</i>
+est une locution incorrecte: dites d'un
+jour à l'autre: ou, de la veille au lendemain.<span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">[Pg 158]</a></span></p>
+
+<p>LETTRE MOULÉE est une lettre
+imprimée: c'est aussi une écriture à la main
+qui imite l'imprimé. Dans ce dernier sens
+on dit, <i>écriture en</i> <span class="smcap">lettres moulées</span>:&mdash;<i>écrire
+un compliment en</i> <span class="smcap">lettres moulées</span>:
+et non pas <i>écriture</i> <span class="smcap">imprimée</span>:&mdash;<span class="smcap">imprimer</span>
+<i>un compliment</i>.</p>
+
+<p>LOCUTIONS LATINES. Les locutions
+latines, <i>exempli gratiâ</i>&mdash;<i>verbi
+gratiâ</i>,&mdash;<i>id est</i>,&mdash;<i>anno Domini</i>,&mdash;<i>ante meridiem</i>,&mdash;<i>post
+meridiem</i>,&mdash;<i>junior</i>, <i>senior</i>, etc.
+n'ayant pas été incorporées à la langue,
+doivent être rejettées.</p>
+
+<p>LONGUE-VUE employé pour signifier
+<i>lunette d'approche</i>, ou <i>lunette à longue
+vue</i>, est un solécisme.</p>
+
+<p>LORSQUE. Faites sonner l'<i>s</i> de ce
+mot: mais garder-vous de faire entendre
+trois syllabes en prononçant <i>lor-se-que</i>.</p>
+
+<p class="p2">MACONNE n'est pas un substantif. C'est
+une erreur très-commune d'employer ce
+moi pour <i>maçonnage</i>, qui est le travail du
+maçon: et pour <i>maçonnerie</i>, qui est l'ouvrage achevé.</p>
+
+<p>MAL. <i>J'ai mal à</i> <span class="smcap">ma</span> <i>jambe</i>,...<i>à</i> <span class="smcap">mon</span>
+<i>bras</i>: dites, <i>j'ai mal à</i> <span class="smcap">la</span> <i>jambe</i>,...<span class="smcap">au</span> <i>bras</i>.</p>
+
+<p>MAL COMPLAISANT. Dites, <span class="smcap">peu</span>
+<i>complaisant</i>. Les locutions <i>mal appris</i>,
+<i>mal éduqué</i> sont incorrectes; il faut dire
+<i>mal élevé</i>.</p>
+
+<p>MANCHONNIER. Dites, <i>foureur</i>,<span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">[Pg 159]</a></span>
+car <i>manchonnier</i> ne se trouve pas dans les
+dictionnaires.</p>
+
+<p>MARBRE. <i>Bille</i> est le nom de la petite
+boule de marbre, qui sert de jouet aux
+enfans. Il faut donc dire, <i>jouer aux</i> <span class="smcap">billes</span>,
+et non pas, <i>jouer aux</i> <span class="smcap">marbres</span>.</p>
+
+<p>MARIER (se). On ne se marie pas
+<span class="smcap">avec</span> quelqu'un, mais <span class="smcap">à</span> quelqu'un.</p>
+
+<p>La locution, <i>Mons. N. a marié Mlle
+N.</i> pour signifier <i>a épousé Mlle N.</i>, est
+révoltante.</p>
+
+<p>MÉGARD. Le vrai mot, est <i>mégarde</i>:
+ainsi ne dites pas, <i>j'ai fait cela par</i> <span class="smcap">mégard</span>,
+mais...<i>par</i> <span class="smcap">mégarde</span>.</p>
+
+<p>MEILLEUR. <i>Au</i> <span class="smcap">meilleur</span> <i>de mon
+jugement</i>,&mdash;<i>au</i> <span class="smcap">meilleur</span> <i>de ma connaissance</i>,&mdash;<i>Monsieur
+vous offre ses</i> <span class="smcap">meilleurs</span>
+<i>complimens</i>,&mdash;<i>Madame vous présente ses</i>
+<span class="smcap">meilleurs</span> <i>respects</i>, sont des anglicismes
+que la langue française repousse.</p>
+
+<p>MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner
+les deux pièces de bois d'un traîneau,
+entre lesquelles le cheval est attelé, sont
+des barbarismes. Dites <i>limonière</i>.</p>
+
+<p><i>Limon</i> est l'une des branches de la <i>limonière</i>,
+et ne doit pas être confondu <i>avec timon</i>,
+qui est la longue pièce d'un chariot ou
+d'un carrosse, des deux côtés de laquelle on
+attelle les chevaux.</p>
+
+<p>MENTHE se prononce <i>mante</i>. Gardez-vous
+de dire avec le vulgaire, <i>une décoction
+de</i> <span class="smcap">minthe</span>,&mdash;<i>je bois de la</i> <span class="smcap">minthe</span>,<span class="pagenum"><a name="Page_160" id="Page_160">[Pg 160]</a></span>&mdash;<i>la</i>
+<span class="smcap">minthe</span> <i>est un fébrifuge</i>, etc. Cette
+prononciation est insupportable.</p>
+
+<p>MER n'est pas synonyme de <i>vague</i>. Ne
+dites pas, <i>il fut emporté par une</i> <span class="smcap">mer</span>: dites,
+<i>il fut emporté par une lame</i>, <i>par une vague</i>,
+ou <i>par un coup de mer</i>.</p>
+
+<p>MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel.
+<i>Je sors tous les</i> <span class="smcap">midis</span>;&mdash;<i>je m'éveille tous les</i>
+<span class="smcap">minuits</span>, sont donc des locutions incorrectes:
+dites, <i>je sors tous les jours à</i> <span class="smcap">midi</span>:&mdash;<i>je
+m'éveille toujours à</i> <span class="smcap">minuit</span>.</p>
+
+<p>MITOUCHE (sainte). Dites, <i>sainte</i>
+<span class="smcap">Nitouche</span>,&mdash;<i>faire la sainte</i> <span class="smcap">Nitouche</span>.</p>
+
+<p>MOINDREMENT ne se trouve dans
+aucun dictionnaire.</p>
+
+<p>MOUILLER. <i>Il</i> <span class="smcap">mouille</span>,&mdash;<i>il va</i>
+<span class="smcap">mouiller</span>, pour, <i>il pleut</i>,&mdash;<i>il va pleuvoir</i>,
+sont des fautes grossières.</p>
+
+<p>MOYENNANT QUE n'est pas français:
+dites, <i>pourvu que</i>.</p>
+
+<p class="p2">NAVIRE. C'est une erreur de désigner
+par ce mot les seuls vaisseaux à trois
+mâts. <i>Navire</i> signifie en général, <i>bâtiment
+de mer</i>: et l'on dit, <i>un navire à trois mâts</i>,&mdash;<i>à
+deux mâts</i>.</p>
+
+<p>NEIGE. <i>Chute de neige</i>,&mdash;<i>abat de
+neige</i>,&mdash;<i>bordée de neige</i>, sont des solécismes;
+aussi bien que ces autres expressions,
+en parlant de neige: <i>il poudre</i>,&mdash;<i>il
+fait une grosse poudrerie</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">[Pg 161]</a></span></p>
+
+<p class="p2">ORDRE. <i>J'ai</i> <span class="smcap">ordre</span> <i>de vous notifier</i>;
+dites, <i>j'ai</i> <span class="smcap">reçu</span> <i>ordre</i>,....</p>
+
+<p>ORGE est féminin, excepté dans ces
+mots, <i>orge mondé</i>,&mdash;<i>orge perlé</i>.</p>
+
+<p><i>Orge mondaine</i> est une faute grossière.</p>
+
+<p>OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et
+c'est une faute d'employer ce mot pour signifier
+<i>pain à cacheter</i>.</p>
+
+<p>OUSSE <i>qu'il est?</i> expression barbare:
+dites, <i>où est-il?</i></p>
+
+<p>OUVREZ. Quand on frappe à votre
+porte, dites, <i>entrez</i>, et non pas <i>ouvrez</i>.</p>
+
+<p class="p2">PAGAIE est le terme propre pour désigner
+la rame dont les Indiens se servent
+pour faire aller leurs pirogues et canots
+d'écorce. <i>Aviron</i> pris dans ce sens est une
+faute, parce que <i>aviron</i> est une sorte de
+rame de batelier.</p>
+
+<p>PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie.</p>
+
+<p>PAGÉE de clôture. Le mot <i>pagée</i>
+n'est pas français.</p>
+
+<p>PAIRE <i>de vache</i>, faute grossière: dites,
+<i>Pis de vache</i>, <span class="smcap">pis</span> <i>de brebis</i>, <span class="smcap">pis</span> <i>de truie</i>.</p>
+
+<p>Considéré comme bon à manger, <i>pis</i>
+prend le nom de <i>tétine</i>. <i>Manger d'une
+tétine</i>.</p>
+
+<p>PARAPET. On désigne souvent par
+ce mot le chemin élevé, pratiqué le long des
+rues, des ponts, etc., pour les gens à pied.
+C'est une faute: <i>trottoir</i> est le terme propre.<span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">[Pg 162]</a></span></p>
+
+<p>PARCE QUE, conjonction, se prononce
+en deux syllabes, et non en trois.</p>
+
+<p>PARFAIT. <i>Il chante au</i> <span class="smcap">parfait</span>,&mdash;<i>cela
+va au</i> <span class="smcap">parfait</span>.&mdash;Dites, <i>il chante parfaitement</i>,&mdash;<i>cela
+va parfaitement</i>.</p>
+
+<p>PAR RAPPORT QUE, employé pour
+<i>parce que</i>, ou <i>par la raison que</i>, est une
+locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire:
+<i>je ne puis encore répondre à votre question</i>
+<span class="smcap">par rapport que</span> <i>je n'ai pas eu le temps
+de l'examiner à fond</i>:&mdash;dites..<i>parce que</i>,
+ou, <i>par la raison que je n'ai pas eu le
+temps</i>, etc.</p>
+
+<p>PAS MAL est une expression incorrecte,
+lorsqu'elle est employée pour signifier une
+certaine abondance, une quantité ou un
+nombre passable, comme dans ces locutions:
+<i>il pleut</i> <span class="smcap">pas mal</span>,&mdash;<i>il y avait</i> <span class="smcap">pas mal</span> <i>de
+monde à l'assemblée</i>:&mdash;<i>il reste</i> <span class="smcap">pas mal</span>
+<i>de vin dans cette caraffe</i>,&mdash;<i>son discours a
+été</i> <span class="smcap">pas mal</span> <i>long</i>.</p>
+
+<p><i>Pas guère</i> est un barbarisme.</p>
+
+<p>PASSÉ, contraction ridicule des mots
+<i>pas</i> et <i>assez</i>. <i>Je n'ai</i> <span class="smcap">passé</span>, (pas assez)
+<i>d'argent pour faire cette emplette</i>.</p>
+
+<p>PELLETER, qu'on emploie pour signifier,
+jetter quelque chose avec une pelle,
+n'est pas français. On doit donc éviter les
+expressions: <span class="smcap">pelleter</span> <i>la neige</i>,&mdash;<span class="smcap">pellerer</span>
+<i>la terre</i>, etc. Mais on dit, <i>pellée</i>,
+<i>pellerée</i> ou <i>pelletée de neige</i>,&mdash;<i>de terre</i>,
+etc.<span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">[Pg 163]</a></span></p>
+
+<p>PELOTE. <i>Jeu de</i> <span class="smcap">pelote</span>;&mdash;<i>jouer à
+la</i> <span class="smcap">pelote</span>, sont des expressions vicieuses:
+dites: <i>jeu de</i> <span class="smcap">paume</span>,&mdash;<i>jouer à la</i> <span class="smcap">paume</span>.</p>
+
+<p>C'est avec une <i>balle</i>, et non avec une
+<i>pelote</i>, qu'on joue à la paume.</p>
+
+<p>Mais on dit, <i>se battre à coups de pelotes
+de neige</i>...<i>de boules de neige</i>.</p>
+
+<p>Le verbe neutre <i>peloter</i>, signifie, jouer à
+la paume, sans faire de partie réglée.</p>
+
+<p>PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont
+des barbarismes. Il faut, <span class="smcap">variole</span>, <span class="smcap">varicelle</span>:
+ou <span class="smcap">petite-vérole</span>, <span class="smcap">petite-vérole
+volante</span>.</p>
+
+<p>Mais on dit, <i>picoté</i> pour signifier <i>marqué
+de petite vérole</i>.</p>
+
+<p>PIEDS. <i>Il a ses souliers</i> <span class="smcap">dans</span> <i>ses
+pieds</i>;&mdash;<i>il a ses bas</i> <span class="smcap">dans</span> <i>ses jambes</i>:
+dites, <i>il a ses souliers</i> <span class="smcap">aux</span> <i>pieds</i>...<i>ses bas</i>
+<span class="smcap">aux</span> <i>jambes</i>.</p>
+
+<p>PLANCHE. La table peinte en noir
+pour écrire, tracer des figures, etc., dans
+les écoles, se nomme <span class="smcap">tableau</span> et non pas
+<span class="smcap">planche</span>.</p>
+
+<p>PLANCON. On désigne ainsi une
+longue et forte pièce de bois écarrie: c'est
+une faute: <i>plançon</i> est une branche de
+saule, ou d'un autre arbre, qui vient de bouture.</p>
+
+<p>POCHETÉE. <i>Une</i> <span class="smcap">pochetée</span> <i>de
+blé</i>:&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">pochetée</span> <i>de sel</i>, sont des barbarismes:
+dites,&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">poche</span> ou <i>un</i> <span class="smcap">sac</span> <i>de
+blé</i>:&mdash;<i>une</i> <span class="smcap">poche</span> ou <i>un</i> <span class="smcap">sac</span> <i>de sel</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">[Pg 164]</a></span></p>
+
+<p>POIGNÉE. C'est à tort que l'on emploie
+ce mot pour désigner les <i>anses</i> qui servent
+à porter un coffre, une casette, une malle.
+<i>Portant</i> est le mot propre.</p>
+
+<p><i>Poignée de serrure</i> est aussi une faute:
+dites, <i>bouton de serrure</i>.</p>
+
+<p>On dit cependant <i>poignée d'une épée</i>.</p>
+
+<p>POIS CHICHE est une sorte de gros
+pois. Le peuple dit <i>pois</i> <span class="smcap">chiques</span>: et il
+emploie cette expression pour désigner de
+mauvais pois.</p>
+
+<p>PORTANT, participe du verbe <i>porter</i>,
+ne doit pas être employé comme adjectif
+verbal. Il ne faut donc pas dire, <i>je suis
+bien</i> <span class="smcap">portant</span>,&mdash;<i>elle est bien</i> <span class="smcap">portante</span>:
+mais, <i>je me porte bien</i>,&mdash;<i>elle se porte bien</i>.</p>
+
+<p>PRENDRE <i>du froid</i>,&mdash;<i>un rhume</i>, sont
+des anglicismes que l'on doit éviter: il faut
+dire, <i>attraper</i> ou <i>gagner du froid</i>, <i>un
+rhume</i>, <i>la fièvre</i>, <i>une maladie</i>.</p>
+
+<p>PRÊT. Au lieu de <i>prêt</i> et <i>prête</i>, le
+peuple emploie souvent les mots <i>paré</i> et
+<i>parée</i>. Delà des expressions pitoyables,
+telles que,&mdash;<i>êtes-vous</i> <span class="smcap">paré</span> <i>à commencer</i>?&mdash;<i>cette
+Dame est-elle</i> <span class="smcap">parée</span> <i>à partir</i>? etc.</p>
+
+<p>PROMETTRE. <i>Je vous</i> <span class="smcap">promets</span>
+<i>qu'il est arrivé</i>; expression vicieuse, qui
+doit être remplacée par, <i>je vous</i> <span class="smcap">assure</span> <i>qu'il
+est arrivé</i>.</p>
+
+<p>PROMOUVOIR (qui n'est guère employé
+qu'à l'infinitif et aux temps composés)<span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">[Pg 165]</a></span>
+signifie <i>avancer à quelque dignité</i>: il se dit
+principalement d'un ordre, d'une dignité
+ecclésiastique. <span class="smcap">Promouvoir</span> <i>les intérêts de
+quelqu'un</i>;&mdash;<span class="smcap">promouvoir</span> <i>la prospérité du
+pays</i>; etc., sont donc des barbarismes.</p>
+
+<p class="p2">QUASIMENT: dites, <i>quasi</i>, <i>presque</i>.</p>
+
+<p>QU'EST-CE QUE T'AS?&mdash;<span class="smcap">t'as</span> <i>mal
+agi</i>;&mdash;<span class="smcap">qu'est-ce</span> <i>qui appelle</i>? sont des
+expressions barbares.</p>
+
+<p>QUEUE. Prononcez, <i>keu</i> et non pas
+<i>qu-eu</i>:&mdash;<i>la queue de votre robe</i>;&mdash;<i>Pacha
+à trois queues</i>: dites, <i>la</i> <span class="smcap">keu</span> <i>de votre
+robe</i>:&mdash;<i>Pacha à trois</i> <span class="smcap">keu</span>.</p>
+
+<p class="p2">RAIDE n'est jamais substantif. Il faut
+donc éviter l'expression vulgaire, <i>avoir son</i>
+<span class="smcap">raide</span> <i>à</i>, comme dans cette phrase, <i>il a eu
+tout son</i> <span class="smcap">raide</span> <i>à soulever ce fardeau</i>.</p>
+
+<p>RAISONS. Ne dites pas, <i>avoir des</i>
+<span class="smcap">raisons</span> avec quelqu'un: mais, <i>avoir dispute</i>,
+ou <i>querelle avec quelqu'un</i>.</p>
+
+<p>RAMANCHER, RAMANCHEUR,
+mots barbares, dont l'emploi est fréquent.
+Ou dit <span class="smcap">ramancher</span> pour <i>remboîter</i>:&mdash;<span class="smcap">ramancheur</span>
+pour <i>rebouteur</i>:&mdash;<span class="smcap">ramancher</span>
+<i>une affaire</i> pour, <i>raccommoder une affaire</i>:
+<span class="smcap">ramancher</span> <i>un instrument</i>, pour, <i>remettre
+un manche à un instrument</i>, etc.</p>
+
+<p>RANCUNEUX, EUSE, n'est pas français:
+dites, <i>rancunier</i>, <i>ère</i>.</p>
+
+<p>RASE, pour signifier <i>radoire</i> ou <i>racloire</i>
+n'est pas français.<span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">[Pg 166]</a></span></p>
+
+<p>RASER <i>le grain</i>, pour signifier, passer
+la racloire par dessus la mesure de grain,
+est une double faute de langage; d'abord
+parceque <i>raser</i> est employé ici improprement
+pour <i>rader</i> ou <i>racler</i>; et ensuite parce
+qu'on ne racle pas le grain, mais bien la
+mesure du grain. Il faut donc pour parler
+correctement, dire, <i>rader</i> ou <i>racler la mesure
+du grain</i>, <i>du sel</i>, etc.</p>
+
+<p>Quelques grammairiens emploient les mots
+<i>rader</i> et <i>radoire</i> seulement pour la mesure
+du sel, et <i>racler</i> et <i>racloire</i> pour celle des
+grains.</p>
+
+<p>On dit, <i>acheter</i> et <i>vendre à mesure rase</i>.</p>
+
+<p>RÉFÉRENCE est un mot anglais, qu'on
+emploie abusivement pour <i>renvoi</i>, en parlant,
+d'un signe, qui dans un livre renvoie à un
+pareil signe hors du texte.</p>
+
+<p>C'est également une faute grave d'employer
+le verbe actif <i>référer</i>, dans le sens de
+<i>renvoyer à une autorité</i>, etc.</p>
+
+<p>REFROIDIR. FROIDIR, FROID.
+Évitez de prononcer <i>refraidir</i>, <i>fraidir</i>,
+<i>fraid</i>; aussi bien que de dire, <i>il fait frette</i>,
+pour, <i>il fait froa</i>.</p>
+
+<p>REMERCIER POUR. ÊTRE OBLIGÉ
+POUR. <i>Je vous</i> <span class="smcap">remercierai pour</span>
+<i>du pain</i>:&mdash;<i>je vous serai</i> <span class="smcap">obligé pour</span> <i>de
+l'eau</i>, sont des anglicismes qui doivent être
+bannis de la bonne société: dites, <i>je vous
+prie de me passer le pain</i>,...<i>de me donner
+l'eau</i>.<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">[Pg 167]</a></span></p>
+
+<p>RÉSOLU. C'est une faute de dire
+qu'un homme est <span class="smcap">résolu</span>, pour signifier qu'il
+est <i>gros</i>, <i>robuste</i>, etc.</p>
+
+<p>RESTER, pour signifier, faire sa demeure,
+n'est pas français. Ainsi au lieu
+de, <i>où</i> <span class="smcap">restez</span>-<i>vous</i>? dites, <i>où</i> <span class="smcap">demeurez</span>-<i>vous</i>?</p>
+
+<p>Ne dites pas, <i>ce cheval est</i> <span class="smcap">resté</span>;
+mais, <i>ce cheval est</i> <span class="smcap">rendu</span>.</p>
+
+<p>REVOLIN, terme de marine, est l'action
+du vent qui réfléchit d'une voile à l'autre.
+Le vulgaire emploie improprement ce mot
+pour <span class="smcap">ressac</span>, qui est le retour des vagues
+vers le large, après qu'elles ont frappé violemment
+un obstacle.</p>
+
+<p>RIEN. Ce mot est employé abusivement
+dans plusieurs locutions. Ainsi l'on
+dit, <i>un morceau de</i> <span class="smcap">rien</span>, pour <i>un très-petit
+morceau</i>:&mdash;<i>une maison de</i> <span class="smcap">rien</span>, pour
+<i>une maison de très-peu de valeur</i>, etc.</p>
+
+<p>RONDIN est bien un gros bâton; mais
+il signifie aussi un morceau de bois de chauffage
+qui est rond. Ainsi une grosse buche
+ronde est un <i>rondin</i>. C'est donc une erreur
+de n'employer ce mot que pour désigner
+le menu bois rond de chauffage.</p>
+
+<p>RUETTE, pour <i>petite rue</i>, n'est pas
+français: dites, <i>ruelle</i>.</p>
+
+<p class="p2">SALOPER, pour <i>salir</i>, ne se trouve
+pas dans les dictionnaires.</p>
+
+<p>SALOPERIE. Le peuple donne sou<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">[Pg 168]</a></span>vent
+à ce mot des significations qui lui sont
+étrangères, comme dans ces phrases: <i>il
+s'est vendu beaucoup de</i> <span class="smcap">saloperies</span> <i>à cet
+encan</i>, pour <i>il s'est vendu beaucoup d'</i><span class="smcap">effets
+de peu de valeur</span> <i>à cet encan</i>:&mdash;<i>je
+ne lui dois plus qu'une</i> <span class="smcap">saloperie</span>, pour, <i>je
+ne lui dois plus qu'une</i> <span class="smcap">très-modique
+somme d'argent</span>, etc.</p>
+
+<p>SAINT-CAJETAN. Il n'y a point de
+saint de ce nom. Écrivez, <span class="smcap">Saint-Gaétan</span>.</p>
+
+<p>SARABANDE. <i>Donner la sarabande
+à quelqu'un</i>, pour signifier, <i>gourmander
+quelqu'un</i>, est une locution vicieuse.</p>
+
+<p>SAUVAGESSE ne se trouve dans aucun
+dictionnaire. Dites avec l'Académie,
+<i>un sauvage</i>; <i>une sauvage</i>.</p>
+
+<p>SAVOIR. <i>On fait à savoir</i>, est une
+locution ridicule. Retranchez l'<i>à</i>: ou
+mieux, retranchez cet absurde préambule,
+et énoncez simplement l'objet de la publication.</p>
+
+<p>SOBRIQUETS. Évitez ces phrases
+vulgaires et incorrectes; <i>donner des noms</i>;
+<i>appeler des noms</i>, et dites, <i>donner des sobriquets</i>,&mdash;<i>donner
+des surnoms</i>.</p>
+
+<p>SOLEIL. <i>Il fait</i> <span class="smcap">soleil</span>, est une locution
+vicieuse. Il faut dire, <i>il fait</i> <span class="smcap">du</span>
+<i>soleil</i>, comme on dit, <i>il fait</i> <span class="smcap">de la</span> <i>pluie</i>;
+<span class="smcap">du</span> <i>vent</i>; <span class="smcap">de la</span> <i>neige</i>.</p>
+
+<p>SOLIDITÉ. Quoiqu'on dise, <i>un homme<span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">[Pg 169]</a></span>
+solide</i>, on ne dit pas, <i>la</i> <span class="smcap">solidité</span> <i>d'un
+homme</i>: mais bien la <i>solidité</i> de son esprit,&mdash;de
+son caractère,&mdash;de ses principes.</p>
+
+<p>SOMME. Cette phrase, <i>dormir un
+somme</i>, pèche contre la grammaire, parce
+que <i>dormir</i>, verbe neutre, n'a point de régime:
+dites, <i>faire un</i> <span class="smcap">somme</span>.</p>
+
+<p>SORTIR. Ne dites pas, <span class="smcap">sortez</span> <i>cet
+homme de la maison</i>:&mdash;<span class="smcap">sortez</span> <i>ce cheval
+de l'écurie</i>: dites, <i>faites sortir cet homme</i>,....<i>faites
+sortir ce cheval</i>,....</p>
+
+<p>STEAM-BOAT. Ce mot dur et étranger,
+qui ne se trouve guère que dans le
+Dict. de Boiste, est devenu tellement à la
+mode chez nous, qu'il semble qu'on ait oublié
+que nous avons en français son équivalent,
+<i>bateau-à-vapeur</i>,&mdash;<i>navire-à-vapeur</i>,&mdash;<i>bâtiment-à-vapeur</i>.
+Si le néologisme est
+un mal nuisible à une langue, l'emploi de
+mots purement étrangers, hors une nécessité
+urgente, est un abus intolérable.</p>
+
+<p>SUD. Prononcez <i>sude</i>, et non pas <i>çu</i>.</p>
+
+<p>SUI, POURSUI, mots employés
+abusivement pour les participes passés
+<span class="smcap">suivi</span>, <span class="smcap">poursuivi</span>.</p>
+
+<p>SUPPORTER, dans le sens <i>d'aider</i>,
+<i>d'appuyer de son influence</i>, comme dans
+cette phrase, <i>je</i> <span class="smcap">supporterai</span> <i>mon ami N
+aux prochaines élections</i>, est un anglicisme
+que l'on doit repousser.<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">[Pg 170]</a></span></p>
+
+<p>SUR. Ne dites pas, <i>les cheveux me
+dressèrent</i> <span class="smcap">sur</span> <i>la tête</i>: <i>mais</i>, <span class="smcap">à</span> <i>la tête</i>.</p>
+
+<p class="p2">TASSER se dit des choses, et non des
+personnes. L'expression, <i>nous sommes</i>
+<span class="smcap">tassés</span> <i>ici</i>, est donc incorrecte. Il faut
+dire, <i>nous sommes</i> <span class="smcap">très-pressés</span> <i>ici</i>; ou
+mieux, <i>nous sommes</i> <span class="smcap">entassés</span> <i>ici</i>.</p>
+
+<p>TIRER signifie quelquefois faire le portrait
+de quelqu'un: <span class="smcap">tirer</span> <i>un homme au naturel</i>:&mdash;<i>il
+s'est fait</i> <span class="smcap">tirer</span> <i>par un excellent
+peintre</i>:&mdash;<i>on l'a</i> <span class="smcap">tiré</span> <i>en cire</i>.</p>
+
+<p>Mais, <span class="smcap">tirer</span> <i>un portrait</i>:&mdash;<i>faire</i> <span class="smcap">tirer</span>
+<i>son portrait</i>, sont des locutions absurdes.</p>
+
+<p>TOURTIÈRE. Le peuple dit, <span class="smcap">tourtière</span>
+<i>à la viande</i>:&mdash;<span class="smcap">tourtière</span> <i>aux pommes</i>,
+au lieu de, <span class="smcap">tourte</span> <i>à la viande</i>:&mdash;<span class="smcap">tourte</span>
+<i>aux pommes</i>. <i>Tourtière</i> est l'ustensile
+qui sert à faire cuire des <i>tourtes</i>.</p>
+
+<p>TOURTRE (qu'on écrit et qu'on prononce
+abusivement <i>tourte</i>) est un terme de
+cuisine qui signifie, <i>tourterelle bonne à manger</i>.
+C'est donc une erreur grave que de
+désigner par ce mot le <i>pigeon sauvage</i>, ou le
+<i>pigeon de passage</i>, qui nous visite régulièrement
+chaque été, et que les naturalistes
+nomment <i>palumbus migratorius</i>.</p>
+
+<p>TRAIN. <i>Être en</i> <span class="smcap">train</span>, pour signifier,
+<i>être ivre</i>, ou <i>être à demi-ivre</i>, est un
+solécisme. <i>Être mal en train</i>, est également
+une expression incorrecte.</p>
+
+<p>TRAÎNERIES, qu'on emploie pour<span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">[Pg 171]</a></span>
+signifier les effets déplacés, écartés et épars,
+n'est pas français.</p>
+
+<p>Mais le verbe <i>traîner</i> est usité en ce sens,
+et l'on dit, <i>les livres</i> <span class="smcap">traînent</span>, etc.</p>
+
+<p>TRAMONTADE. Dites <i>tramontane</i>,
+<i>perdre la tramontane</i>.</p>
+
+<p>TRANSVIDER n'est pas français:
+<i>transvaser</i> l'est.</p>
+
+<p>TROT. Gardez-vous de dire avec le
+peuple, <i>trotte</i>,&mdash;<i>aller le trotte</i>: prononcez
+<i>trô</i>,&mdash;<i>aller le trô</i>.</p>
+
+<p class="p2">USURIER-RE pour signifier une personne
+qui use beaucoup ses habits, n'est
+pas français.</p>
+
+<p class="p2">VALEUR. <i>C'est de valeur</i>, pour signifier,
+<i>c'est malheureux</i>, <i>c'est fâcheux</i>,
+est un non-sens ridicule.</p>
+
+<p>VIZ. Abréviation ridicule du mot latin
+<i>videlicet</i>, dont les anglais se servent pour
+signifier <i>c'est à savoir</i>. Ce mot n'est point
+français.</p>
+
+<p>VOIX de Centaure est une faute grave:
+dites, <i>voix de Stentor</i>, et prononcez <i>Stan-tor</i>.</p>
+
+<p>VOYAGE <i>de bois</i>,&mdash;<i>de pierre</i>,&mdash;<i>de foin</i>
+sont des barbarismes. Il faut dire <i>charge</i>,
+<i>charretée</i>, ou <i>voie de bois</i>,&mdash;<i>de pierre</i>,&mdash;<i>de
+foin</i>.</p>
+
+<p>On appelle <i>voie d'eau</i> les deux seaux
+d'eau que porte un homme.<span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">[Pg 172]</a></span></p>
+
+<p>Quelquefois le terme <i>voyage</i> est employé
+pour signifier les allées et venus, que l'on
+fait pour transporter des faix, comme dans
+cette phrase, <i>ce chartier a fait trente</i>
+<span class="smcap">voyages</span> <i>pour transporter cette pierre</i>. Il
+faut se garder de conclurre de là que l'on
+puisse dire; <i>voilà trente</i> <span class="smcap">voyages</span> <i>de pierre
+que ce chartier a transportés</i>: dites, <i>voilà
+trente voies de pierre</i>....<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">[Pg 173]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="PRONONCIATION_FIGUREE" id="PRONONCIATION_FIGUREE"></a>PRONONCIATION FIGURÉE.</h2>
+
+<h3>DE PLUSIEURS MOTS</h3>
+
+<h5>QUI PEUVENT EMBARRASSER</h5>
+
+<h3>LES JEUNES ÉLÈVES.</h3>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="prononciation_1" class="tableft">
+<tr><td align="left">Abbaye,</td><td align="left"><i>prononcez</i>,</td><td align="left">a-bé-i.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abruzze,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ab-russe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abject,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ab-jecte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Agnat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">agh-na.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-gade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguail,</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>,</td><td align="left">é-gail.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguayer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghé-i-er.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguière,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghi-ère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguiérée,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ghi-é-ré.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillade,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">é-gu-i-llade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillon,</td><td align="left"><i>mouillez les ll</i>, </td><td align="left">é-gu-i-llon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguillonner,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">é-gu-i-llo-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aiguiser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-gu-i-sé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aix,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aisse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aix-La-Chapelle</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aisse-La-Chapelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aoriste,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-rîste.</td></tr>
+<tr><td align="left">Août,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou.</td></tr>
+<tr><td align="left">Appendice,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ap-pin-dice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-boutant,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-boutan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arcs-boutans</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-boutan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-bouter,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-bouter.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arc-doubleau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-dou-blô,</td></tr>
+<tr><td align="left">Arcs-doubleaux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-dou-blô.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">[Pg 174]</a></span>Archéologie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-o-logie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Archéologue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-o-logue.</td></tr>
+<tr><td align="left">Archétype,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ar-ké-type.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">as-pek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aucun,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-kun.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aucune,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-kune.</td></tr>
+<tr><td align="left">Auxerre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-cère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Auxerrois,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô-cé-ro-a.</td></tr>
+<tr><td align="left">Avril,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Babil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Balai,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ba-lè.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bastonnade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">basse-ton-nade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Beset,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">be-zè.</td></tr>
+<tr><td align="left">B&oelig;ufs,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beu.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bour.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bruxelles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bru-celle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Cadix,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ca-dice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cep,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cè ou cèpe,</td></tr>
+<tr><td align="left">Cataplasme,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ca-ta-plasse-me.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cerf,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ceylan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cé-y-lan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cheptel,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ché-tel.</td></tr>
+<tr><td align="left">Chiromancie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-ro-man-cie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Circonspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cir-con-spek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cognation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kogh-na-tion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Consanguin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">con-san-ghin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Consanguinité,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">con-san-gu-i-ni-té.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td> <td align="left">con-san-ghi-ni-té.</td></tr>
+<tr><td align="left">Curaçao,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cura-çô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Coquin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ko-kin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Czar,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kzar.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">[Pg 175]</a></span>Czarine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kza-rine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Czarowitz,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kza-ro-vitz.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Distinct,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dis-tink.</td></tr>
+<tr><td align="left">District,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dis-trik.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Éden,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">e-denne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Emmancher,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-man-ché.</td></tr>
+<tr><td align="left">Enchiridion,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-ki-ridion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Enorgueillir,</td><td align="left"><i>mouil. les ll</i>,</td><td align="left">a-nor-gheu-llir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ennoblir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">an-no-blir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-rir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissage,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-ris-sage.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-rissement.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrisseur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-risseur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équarrissoir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ka-ris-so-ar.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équateur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kou-a-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équatorial,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kou-a-torial.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équestre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-ès-tre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équiangle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-angle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équidifférent,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-différent.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équidistant,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-distant.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilatéral,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-latéral.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilatère,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-latère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équilboquet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-kil-boquet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équimultiple,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-multiple.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équipollence,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ki-pollance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équiponderance,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-pondérance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Équitation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">é-ku-i-tation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Est (<i>Orient</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">este.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Faon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fatte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Faubourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fau-bour.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">[Pg 176]</a></span>Fenil,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Gentilhomme,</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>,</td><td align="left">gen-ti-l-ome.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gentilshommes,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gen-ti-zome.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geolage,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jo-lage.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Geolier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jo-li-er.</td></tr>
+<tr><td align="left">Georges,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">jorge.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gisent, (<i>ils</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gisse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gluten,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">glu-tenne.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Hennir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">han-nir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Hymen,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">hy-menne.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">hy-min.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Igné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">igh-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Impregnation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-pregh-nation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Impregner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez le gn</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Incognito,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez le gn</i>.</td></tr>
+<tr><td align="left">Indemniser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-deme-niser.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">in-dame-niser.</td></tr>
+<tr><td align="left">Inexpugnable,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-ex-pugh-nable.</td></tr>
+<tr><td align="left">Inextinguible,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">in-ex-tin-gu-i-ble.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ingrédient,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ingrédi-an.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Juillet,</td><td align="left"><i>mouillez les ll</i>,</td><td align="left">jui-llé.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Lacs, (<i>pièges</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">là.</td></tr>
+<tr><td align="left">Laon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">lan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Lingual,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">lin-gou-al.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Madrid,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ma-dri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Maïs, (<i>blé d'inde</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ma-ice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Malesherbe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mal-zerbe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mamluk,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mame-louk.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">[Pg 177]</a></span>Mérinos,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">méri-noce.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mezzo-termine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">med-zo-termine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mezzo-tinto,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">med-zo-tinto.</td></tr>
+<tr><td align="left">Michel-Ange,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mi-kel-ange.</td></tr>
+<tr><td align="left">Munich,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">mu-nik.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mil, (<i>grain</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l</i>.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Nerf, (<i>au sing.</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nerffe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nerfs, (<i>au plur.</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ner.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nord-Est,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-deste.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nord-Ouest,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-dou-este.</td></tr>
+<tr><td align="left">Norwege,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">nor-vège.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Orang-Outan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oran-gou-tan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Orchestre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">or-kes-tre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Os,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ouest,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-este.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ours,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ource.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Paon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Péril,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left"><i>mouillez l'l.</i></td></tr>
+<tr><td align="left">Porc,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">por.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pouding,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pou-dingue.</td></tr>
+<tr><td align="left">Prétérit,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">prété-ri.</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">prété-ritte.</td></tr>
+<tr><td align="left">Progné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">progh-né.</td></tr>
+<tr><td align="left">Punch,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ponche.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Quadrat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-dra.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quadrille,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-drille.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaker, ou</td></tr>
+<tr><td align="left">Quacre,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-cre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quasimodo,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-si-modo.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quartz,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-art-ce.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">[Pg 178]</a></span>Quartzeux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-art-zeux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaternaire,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-ternaire.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaterne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-terne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quaterné,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kou-a-terné.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quatriennal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ka-triennal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quercy,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ker-ci.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quérimonie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-é-ri-monie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Questeur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-es-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Questure,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-es-ture.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quidam,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-dan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quidane,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-danne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quiétisme,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ki-é-tisme.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quinconce,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">kin-conce.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quinquennal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-in-ku-ennal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quintuple,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ku-in-tuple.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Radoub,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ra-doube.</td></tr>
+<tr><td align="left">Rédempteur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ré-damp-teur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnard, (<i>le poëte</i>)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">re-nard.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnaud,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">re-nô.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regnicole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">regh-ni-cole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Respect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">res-pè,</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">respek.</td></tr>
+<tr><td align="left">Roide,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">raide.</td></tr>
+<tr><td align="left">Roideur,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rai-deur,</td></tr>
+<tr><td align="left"></td><td align="right">ou,</td><td align="left">roa-deur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Rhrumb,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rombe.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Saône,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sône.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sens, (<i>ville</i>,)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sance.</td></tr>
+<tr><td align="left">Serf,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">serffe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Séquelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sé-kelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Séquestrer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sé-kes-tré.</td></tr>
+<tr><td align="left">Signet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">si-nè.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">[Pg 179]</a></span>Sloop,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sloupe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Solemnel,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">so-la-nel.</td></tr>
+<tr><td align="left">Stagnation,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stagh-na-tion.</td></tr>
+<tr><td align="left">Stentor,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stan-tor.</td></tr>
+<tr><td align="left">Strasbourg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">stras-bour.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sud,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sude.</td></tr>
+<tr><td align="left">Suspect,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sus-pecte.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Tandis que,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tan-di que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Taon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ton.</td></tr>
+<tr><td align="left">Transir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tran-cir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Trot,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">trô.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Valens, (<i>empereur</i>),</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">va-linze.</td></tr>
+<tr><td align="left">Vermicelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ver-mite-chelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Violoncelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vi-o-lonte-chelle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Wahabis,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oua-a-bice.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wallon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">val-lon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Walse,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">valse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Walser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">val-sé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Westphalie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vesse-fa-li.</td></tr>
+<tr><td align="left">Whig,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-ighe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Whisky,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ou-is-ki.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wilna,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vil-na.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wolga,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vol-ga.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wolverenne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vol-ver-enne.</td></tr>
+<tr><td align="left">Wurtemberg,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">vur-tin-berg.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Yacht,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">i-aque.</td></tr>
+</table>
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">[Pg 180]</a></span></p>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="MOTS" id="MOTS"></a>MOTS</h2>
+
+<h3>BARBARES ET DÉNATURÉS</h3>
+
+<h4>USITÉS CHEZ LE PEUPLE,</h4>
+
+<h5>AVEC LE CORRIGÉ.</h5>
+
+<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="" class="tableft">
+<tr><td align="left">À l'étouffée,</td><td align="left"><i>&nbsp;&nbsp;dites</i>,</td><td align="left">à l'étuvée.</td></tr>
+<tr><td align="left">Abryer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">couvrir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ambiber,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">imbiber.</td></tr>
+<tr><td align="left">Anflâmâtion,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">inflammation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Apertement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">évidemment.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arêche,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arête.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arridelles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ridelles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Arsena,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arsenal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Aujord'hui,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">aujourd'hui.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Bagoulard,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bavard.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bagouler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bavarder.</td></tr>
+<tr><td align="left">Balier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balayer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Baliures,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balayures.</td></tr>
+<tr><td align="left">Belsamine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">balsamine.</td></tr>
+<tr><td align="left">Bère,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">berçeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Blague,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">blaque.</td></tr>
+<tr><td align="left">Boulvari,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bourvari.</td></tr>
+<tr><td align="left">Brouillasse, (<i>il</i>,)</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">bruine, (<i>il</i>).</td></tr>
+<tr><td align="left">Brousquailier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">brusquer.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Cabrouet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cabriolet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Causette,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">causeri.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cahottement,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cahotage.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">[Pg 181]</a></span>Calimaçon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">limaçon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Calonier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">canonier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Canneçon,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">caleçon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Castonade,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cassonade.</td></tr>
+<tr><td align="left">Chevreu,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">chevreuil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cité de temps,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de temps.</td></tr>
+<tr><td align="left">Clairté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">clarté.</td></tr>
+<tr><td align="left">Coléreux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">colère.</td></tr>
+<tr><td align="left">Colidor,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">corridor.</td></tr>
+<tr><td align="left">Conté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">en même temps que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Copérer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">coopérer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Corporance,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">corpulence.</td></tr>
+<tr><td align="left">Cranque,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">crampe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Crasserie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ladrerie.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Désabiyer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">découvrir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Désole,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">désolation.</td></tr>
+<tr><td align="left">Désoublier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">oublier.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ébourifflé</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ébouriffé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écharpe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écharde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Éc&oelig;urer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">faire soulever le c&oelig;ur.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écopeau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">copeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écosse <i>de légume</i>,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">cosse.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écroc,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">accroc.</td></tr>
+<tr><td align="left">Écureu,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écureuil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Embrouillamini,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">brouillamini.</td></tr>
+<tr><td align="left">Égrandir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">agrandir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Émouvé</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ému.</td></tr>
+<tr><td align="left">Émouver</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">émouvoir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Envlimer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">envenimer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Épatienter,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">impatienter.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">[Pg 182]</a></span>Éplan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">éperlan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Errhes,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">arrhes.</td></tr>
+<tr><td align="left">Escloppé,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">écloppé.</td></tr>
+<tr><td align="left">Espadron,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">espadon.</td></tr>
+<tr><td align="left">Esquilancie,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">esquinancie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Estatue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">statue.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Falbana,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">falbala.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fani,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fenil.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fil d'arréchal,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fil d'archal.</td></tr>
+<tr><td align="left">Fil d'alton,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">fil de laiton.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ganif,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">canif.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gigier,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gésier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gonce,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gauche.</td></tr>
+<tr><td align="left">Goule,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">gueule.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gouleron,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">goulot.</td></tr>
+<tr><td align="left">Gouailler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">railler.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Les celles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">celles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Les ceux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">ceux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Luméro,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">numéro.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Mais que,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">dès que.</td></tr>
+<tr><td align="left">Matéraux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">matériaux.</td></tr>
+<tr><td align="left">Mauvaiseté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">méchanceté.</td></tr>
+<tr><td align="left">Merlesse,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">merle.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Naveau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">navet.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Ostiner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">obstiner.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Pacan,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">paysan.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pacanner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">[Pg 183]</a></span>Pain enchanté,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pain à cacheter.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pans d'oreilles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pendans d'oreilles.</td></tr>
+<tr><td align="left">Passé,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pas assez.</td></tr>
+<tr><td align="left">Picotte,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">petite-vérole.</td></tr>
+<tr><td align="left">Picotte volante,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">varicelle ou petite-vérole volante.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pimbina,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pémina.</td></tr>
+<tr><td align="left">Plumat,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">plumeau.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pogne,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">poignet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Poigner,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">empoigner.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pommes calvilles,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pommes calvines.</td></tr>
+<tr><td align="left">Porichinelle,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">polichinelle.</td></tr>
+<tr><td align="left">Poumonique,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pulmonique.</td></tr>
+<tr><td align="left">Pousailler,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">pousser.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Quasiment,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">quasi.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quek chose,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">quelque chose.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Raboudinage,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rabondiner,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rachever,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">achever.</td></tr>
+<tr><td align="left">Racoin,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">recoin.</td></tr>
+<tr><td align="left">Radouer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">radouber.</td></tr>
+<tr><td align="left">Regoulade,</td></tr>
+<tr><td align="left">Rancuneux,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rancunier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Raplisser,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rapetisser.</td></tr>
+<tr><td align="left">Respir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">respiration.</td></tr>
+<tr><td align="left">Ressaurer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sécher.</td></tr>
+<tr><td align="left">Routi,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rôti.</td></tr>
+<tr><td align="left">Routir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">rôtir.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Salop,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">malpropre.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sapinage,</td></tr>
+<tr><td align="left">Savater,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">saveter.</td></tr>
+<tr><td align="left"><span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">[Pg 184]</a></span>Secoupe,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">seucoupe.</td></tr>
+<tr><td align="left">Siau,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">seau. (<i>ço.</i>)</td></tr>
+<tr><td align="left">Solitude,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">solidité.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sorcilège,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sortilège.</td></tr>
+<tr><td align="left">Soubriquet,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">sobriquet.</td></tr>
+<tr><td align="left">Soupoudrer,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">saupoudrer.</td></tr>
+<tr><td align="left">Surir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">s'aigrir.</td></tr>
+<tr><td> </td></tr><tr><td> </td></tr>
+<tr><td align="left">Tairir,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">tarir.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tapé de monde,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de monde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tétière,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">téière.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tralé de monde,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">beaucoup de monde.</td></tr>
+<tr><td align="left">Trémue,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">trémie.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tricoller,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">chancelier.</td></tr>
+<tr><td align="left">Turbenthine,</td><td align="left">&nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&nbsp;&nbsp;</td><td align="left">térébenthine.</td></tr>
+</table>
+
+<hr class="h65" />
+<h2><a name="ERRATA" id="ERRATA"></a>ERRATA</h2>
+
+<p>Note de transcription: Ces errata figurent dans le texte original entre l'Avertissement et la page 1 pour le premier
+et entre la page 128 et la page 129 pour le second.</p>
+<p>Page. Ligne.</p>
+
+<p>8, &mdash; 7, Biffez les mots suivans; <i>quand il est suivi des
+mots y-en</i>: <i>vas-y voir</i>: <i>vas en chercher</i>.
+<i>On dit va-t-en</i>;&mdash;et à leur place écrivez;&mdash;quand
+il est suivi du pronom relatif <i>y</i>:
+<i>vas y</i>. Mais si après l'<i>y</i> il suit un <i>verbe</i>,
+l'Académie veut que l'on supprime l'<i>s</i>. <i>Va
+y mettre ordre.</i></p>
+
+<p>Page. Ligne.</p>
+
+<p>128, &mdash; 6, Biffez tous les mots depuis <i>très ne peut</i> jusqu'à
+<i>très grand matin</i>, et à leur place
+écrivez:</p>
+
+<p>L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre
+adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter
+les locutions suivantes si communes et si vicieuses: <i>J'ai</i>
+<span class="smcap">très</span>-<i>faim</i>:&mdash;<i>il a</i> <span class="smcap">bien</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti</i> <span class="smcap">très</span>-<i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">très</span>-<i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai</i> <span class="smcap">extrêmement</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne fait pas</i>
+<span class="smcap">bien</span> <i>froid</i>. Il faut dite: <i>J'ai une très</i>-<span class="smcap">grande</span> <i>faim</i>:&mdash;<i>il a
+une bien</i> <span class="smcap">grande</span> <i>soif</i>:&mdash;<i>il est parti de très</i>-<span class="smcap">grand</span> <i>matin</i>:&mdash;<i>il
+fait</i> <span class="smcap">grand</span> <i>chaud</i>:&mdash;<i>j'ai un</i> <span class="smcap">très-grand</span> <i>froid</i>:&mdash;<i>il ne
+fait pas un bien</i> <span class="smcap">grand</span> <i>froid</i>.</p>
+
+<h3>TABLE DES MATIÈRES</h3>
+<div class="center">
+
+<table summary="table_des_matieres" border="0" cellpadding="4"
+cellspacing="0">
+
+<tr><td align="left"><a href="#AVERTISSEMENT"><b>AVERTISSEMENT</b></a></td>
+<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#MANUEL"><b>MANUEL</b></a></td>
+<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
+<td align="right">1</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#RECUEIL"><b>RECUEIL</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">135</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#PRONONCIATION_FIGUREE"><b>PRONONCIATION FIGURÉE</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">173</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#MOTS"><b>MOTS BARBARES ET DÉNATURÉS</b></a></td>
+<td></td>
+<td align="right">180</td></tr>
+
+<tr><td align="left"><a href="#ERRATA"><b>ERRATA</b></a></td>
+<td></td></tr>
+
+</table></div>
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue
+française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA ***
+
+***** This file should be named 38913-h.htm or 38913-h.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ https://www.gutenberg.org/3/8/9/1/38913/
+
+Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard,
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+images provided by Bibliothèque et Archives nationales du
+Québec (http://www.banq.qc.ca/).)
+
+
+Updated editions will replace the previous one--the old editions
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+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
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+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
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+such as creation of derivative works, reports, performances and
+research. They may be modified and printed and given away--you may do
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+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
+
+
+
+*** START: FULL LICENSE ***
+
+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
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+
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+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
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+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
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+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
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+from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
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+work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
+through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
+Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
+1.E.9.
+
+1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
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+must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
+terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
+to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
+permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
+
+1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
+License terms from this work, or any files containing a part of this
+work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
+
+1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
+electronic work, or any part of this electronic work, without
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+active links or immediate access to the full terms of the Project
+Gutenberg-tm License.
+
+1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
+word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
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+"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
+copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
+form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
+performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
+unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
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+that
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+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
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+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
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+TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
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+DAMAGE.
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+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ https://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+
+</pre>
+
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+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
+metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be
+in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES.
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+Procedures for determining public domain status are described in
+the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org.
+
+No investigation has been made concerning possible copyrights in
+jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize
+this eBook outside of the United States should confirm copyright
+status under the laws that apply to them.
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+Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for
+eBook #38913 (https://www.gutenberg.org/ebooks/38913)