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Travers and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + + + + +[Note au lecteur de ce fichier digital: + +Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été +corrigées. + +Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde: +Journal des voyages et des voyageurs" (2em semestre 1905). + +Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant +aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur +la Côte d'Ivoire. + +Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces +articles sont originaires. + +La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et +placée en fin de fichier.] + + + + + LE TOUR DU MONDE + + + + + PARIS + IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT + 20, rue du Dragon, 20 + + + + + NOUVELLE SÉRIE--11e ANNÉE + 2e SEMESTRE + + + + + LE TOUR DU MONDE + + JOURNAL + DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS + + + + + Le Tour du Monde + a été fondé par Édouard Charton + en 1860 + + + + + PARIS + LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie + 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79 + LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND + 1905 + +Droits de traduction et de reproduction réservés. + + + + +TABLE DES MATIÈRES + + +L'ÉTÉ AU KACHMIR + +Par _Mme F. MICHEL_ + + I. De Paris à Srînagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay à + Lahore. -- Premiers préparatifs. -- En _tonga_ de + Rawal-Pindi à Srînagar. -- Les Kachmiris et les maîtres du + Kachmir. -- Retour à la vie nomade. 1 + + II. La «Vallée heureuse» en _dounga_. -- Bateliers et + batelières. -- De Baramoula à Srînagar. -- La capitale du + Kachmir. -- Un peu d'économie politique. -- En amont de + Srînagar. 13 + + III. Sous la tente. -- Les petites vallées du Sud-Est. -- + Histoires de voleurs et contes de fées. -- Les ruines de + Martand. -- De Brahmanes en Moullas. 25 + + IV. Le pèlerinage d'Amarnâth. -- La vallée du Lidar. -- Les + pèlerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacrée. + -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37 + + V. Le pèlerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funèbre et + hydrothérapie religieuse. -- Les temples de Vangâth. -- + Frissons d'automne. -- Les adieux à Srînagar. 49 + + +SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE + +Par _le docteur LAMY_ + +_Médecin-major des troupes coloniales_. + + I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motéso. + -- La route dans un ruisseau. -- Denguéra. -- Kodioso. -- + Villes et villages abandonnés. -- Où est donc Bettié? -- + Arrivée à Dioubasso. 61 + + II. Dans le territoire de Mopé. -- Coutumes du pays. -- La + mort d'un prince héritier. -- L'épreuve du poison. -- De + Mopé à Bettié. -- Bénié, roi de Bettié, et sa capitale. -- + Retour à Petit-Alépé. 73 + + III. Rapports et résultats de la mission. -- Valeur + économique de la côte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. -- + Supériorité de la faune. 85 + + IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. -- + Retour en France. 90 + + +L'ÎLE D'ELBE + +Par _M. PAUL GRUYER_ + + I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. -- Deux mots + d'histoire. -- Débarquement à Porto-Ferraio. -- Une ville + d'opéra. -- La «teste di Napoleone» et le Palais impérial. + -- La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. -- Offre à + Napoléon III, après Sedan. -- La bibliothèque de l'Empereur. + -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. -- Un + enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules + blanches. Dans la paix des limbes. -- Les différentes routes + de l'île. 97 + + II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir + tempétueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte + Giove. -- Un village dans les nuées. -- L'Ermitage de la + Madone et la «Sedia di Napoleone». -- Le vieux gardien de + l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. -- La côte + orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge + de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer. 109 + + III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. -- Installation aux + Mulini. -- L'Empereur à la gorge de Monserrat. -- San + Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond + aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et + le miroir de la Vérité. -- L'Empereur transporte ses pénates + sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. -- + L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par + le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. -- Où il faut + chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon + gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse + Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de + la signorina Squarci. -- L'église de l'archiconfrérie du + Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les + broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de + Porto-Ferraio. 121 + + +D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE + +Par _M. VICTOR CHAPOT_ + +_membre de l'École française d'Athènes._ + + I. -- Alexandrette et la montée de Beïlan. -- Antioche et + l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. -- La route + d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperçu + d'Alep. 133 + + II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. -- + Première rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. -- + Souvenirs des Hétéens. -- Excursion à Resapha. -- Comment + atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? -- Enfin à Orfa! 145 + + III. -- Séjour à Orfa. -- Samosate. -- Vallée accidentée de + l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Aïntab. -- Court repos à Alep. + -- Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! -- + Conclusion pessimiste. 157 + + +LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES + +Par _M. RAYMOND BEL_ + + À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou + Australie? Le condominium anglo-français de 1887. -- + L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des îles. -- + L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des + Nouvelles-Hébrides. -- Leur avenir. 169 + + +LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE + +Par _M. ALBERT THOMAS_ + + I. -- Moscou. -- Une déception. -- Le Kreml, acropole + sacrée. -- Les églises, les palais: deux époques. 182 + + II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie + moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le + Kreml et la ville. 193 + + III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. -- + L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. -- À bord du + _Sviatoslav_. -- Une visite à Kazan. -- La «sainte mère + Volga». 205 + + IV. -- De Samara à Tomsk. -- La vie du train. -- Les + passagers et l'équipage: les soirées. -- Dans le steppe: + l'effort des hommes. -- Les émigrants. 217 + + V. -- Tomsk. -- La mêlée des races. -- Anciens et nouveaux + fonctionnaires. -- L'Université de Tomsk. -- Le rôle de + l'État dans l'oeuvre de colonisation. 229 + + VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La + Grande-Russie. -- Conclusion. 241 + + +LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES + +Par _M. GERSPACH_ + + La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu + d'histoire et de géographie. -- La cathédrale de + Saint-Laurent. -- L'église Sainte-Marie-des-Anges. -- + Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. -- + Procédés employés pour le transfert des fresques. 253 + + +SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE + +Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_ + + I. -- Woo-Sung. -- Au débarcadère. -- La Concession + française. -- La Cité chinoise. -- Retour à notre + concession. -- La police municipale et la prison. -- La + cangue et le bambou. -- Les exécutions. -- Le corps de + volontaires. -- Émeutes. -- Les conseils municipaux. 265 + + II. -- L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. -- + Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie + d'opium. -- Le charnier des enfants trouvés. -- Le + fournisseur des ombres. -- La concession internationale. -- + Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. -- + Fou-tchéou-road. -- Statistique. 277 + + +L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS + +Par _M. BARGY_ + + Le problème de la civilisation des nègres. -- L'Institut + Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. -- + L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. -- + Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des nègres et la + casuistique de la Constitution. 289 + + +À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE + +Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_ + +_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan_. + + I. -- Arrivée à Astrabad. -- Ancienne importance de la + ville. -- Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les + Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosquée; + son commerce. -- Le désert de Lout. -- Sur la route de + Kirman. 301 + + II. -- La province de Kirman. -- Géographie: la flore, la + faune; l'administration, l'armée. -- Histoire: invasions et + dévastations. -- La ville de Kirman, capitale de la + province. -- Une saison sur le plateau de Sardou. 313 + + III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la côte du golfe + Arabique. -- Histoire et géographie du Makran. -- Le Sarhad. 325 + + IV. -- Délimitation à la frontière perso-baloutche. -- De + Kirman à la ville-frontière de Kouak. -- La Commission de + délimitation. -- Question de préséance. -- L'oeuvre de la + Commission. -- De Kouak à Kélat. 337 + + V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. -- + Comparaison du Seistan et de l'Égypte. -- Excursions dans le + Helmand. -- Retour par Yezd à Kirman. 349 + + +AUX RUINES D'ANGKOR + +Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_ + + De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. -- À la rame sur + le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Réap. + -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Décadence de la + civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge. + -- Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. -- Le + palais de Norodom à Pnôm-penh. -- Pourquoi la France ne + devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361 + + +EN ROUMANIE + +Par _M. Th. HEBBELYNCK_ + + I. -- De Budapest à Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La + vallée du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le marché + de Targu Jiul. -- Le monastère de Tismana. 373 + + II. -- Le monastère d'Horezu. -- Excursion à Bistritza. -- + Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges + à Campolung. -- Défilé de Dimboviciora. 385 + + III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de + Slanic. -- Les sources de pétrole de Doftana. -- Sinaïa, + promenade dans la forêt. -- Busteni et le domaine de la + Couronne. 397 + + +CROQUIS HOLLANDAIS + +Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_ + +_Photographies de l'auteur._ + + I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages. + -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'éclusier. -- Le marché. + -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons + aubergistes. -- Une soirée locale. -- Les sabots des petits + enfants. -- La kermesse. -- La piété du Hollandais. 410 + + II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un + déjeuner décevant. -- Le père Kick. 421 + + III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. -- + La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la + Hollande. -- Une nuit à Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq + jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur + l'eau. 423 + + IV. -- Le pêcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. -- + Les marmots. -- Les canards. -- La pêche au hareng. -- Le + fils du pêcheur. -- Une île singulière: Marken. -- Au milieu + des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes + filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbières. -- + Produit national. -- Les tourbières hautes et basses. -- + Houille locale. 433 + + +ABYDOS + +dans les temps anciens et dans les temps modernes + +Par _M. E. AMELINEAU_ + + Légende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos à travers les + dynasties, à l'époque chrétienne. -- Ses monuments et leur + spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs. 445 + + +VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES + +Par _M. JULES BROCHEREL_ + + I. -- De Tachkent à Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. -- + En tarentass. -- Tchimkent. -- Aoulié-Ata. -- Tokmak. -- Les + gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un + chef kirghize. 457 + + II. -- La vallée de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La + traversée du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une + vallée déserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. -- + Troupeaux de chevaux. -- La vallée de Kachkateur. -- En vue + du Khan-Tengri. 469 + + III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La + vallée d'Inghiltchik. -- Le «tchiou mouz». -- Un chef + kirghize. -- Les gorges d'Attiaïlo. -- L'aoul d'Oustchiar. + -- Arrêtés par les rochers. 481 + + IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. -- + En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqués + par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la vallée + de l'Irtach. -- Chez le kaltchè. -- Cuisine de Kirghize. -- + Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize. 493 + + V. -- L'heure du retour. -- La vallée d'Irtach. -- Nous + retrouvons la douane. -- Arrivée à Prjevalsk. -- La + dispersion. 505 + + VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et + Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume + khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes. + -- Mariages khirghizes. -- Conclusion. 507 + + +L'ARCHIPEL DES FEROÉ + +Par _Mlle ANNA SEE_ + + Première escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de + l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La + vie végétative des Feroïens. -- La pêche aux dauphins. -- La + pêche aux baleines. -- Excursions diverses à travers + l'Archipel. 517 + + +PONDICHÉRY + +chef-lieu de l'Inde française + +Par _M. G. VERSCHUUR_ + + Accès difficile de Pondichéry par mer. -- Ville blanche et + ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les hôtels + de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population; + les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. -- + L'avenir de Pondichéry. -- Le marché. -- Les écoles. -- La + fièvre de la politique. 529 + + +UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO + +Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_ + + I. -- Géographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. -- + Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois. 541 + + II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. -- + Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. -- + Astrologie. -- L'écriture. -- L'art. -- Le vêtement et la + parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La + poésie. 553 + + +LA RÉGION DU BOU HEDMA + +(sud tunisien) + +Par _M. Ch. MAUMENÉ_ + + Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna. + -- La forêt de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. -- + Le Bou Hedma. -- Un groupe mégalithique. -- Renseignements + indigènes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La + plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir + Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened. + -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. -- + Sidi Abd el-Aziz. 565 + + +DE TOLÈDE À GRENADE + +Par _Mme JANE DIEULAFOY_ + + I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en + _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses poètes. -- La + Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine + hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux + palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolède. -- + Un souvenir de l'inondation du Tage. 577 + + II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. -- + Les pupilles de l'évêque Siliceo. -- Santo Tomé et l'oeuvre + du Greco. -- La mosquée de Tolède et la reine Constance. -- + Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. -- Ses + transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas. + -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique + est son exécutrice testamentaire. -- Ximénès. -- Le rite + mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannière d'Isabelle + à la bataille de Toro. 589 + + III. -- Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les + chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hôpital de Santa + Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les + portraits fameux de l'Université. -- L'ange et la peste. -- + Sainte-Léocadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil + couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601 + + IV. -- Les «cigarrales». -- Le pont San Martino et son + architecte. -- Dévouement conjugal. -- L'inscription de + l'Hôtel de Ville. -- Cordoue, l'Athènes de l'Occident. -- Sa + mosquée. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de + Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena. + -- Doña Maria de Parèdes. -- L'industrie des cuirs repoussés + et dorés. 613 + + + + + TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--6e LIV. Nº 6.--11 Février 1905. + +[Illustration: La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement +de force pour la mise à l'eau d'une pirogue. D'après une photographie.] + + + + +SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE + +Par le Docteur LAMY + +_Médecin-major des troupes coloniales._ + + I. -- Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motéso. -- + La route dans un ruisseau. -- Denguéra. -- Kodioso. -- Villes et + villages abandonnés. -- Où est donc Bettié? -- Arrivée à + Dioubasso. + + +[Illustration: Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de +l'auteur.--D'après une photographie.] + +Le 25 novembre 1898, à Marseille, je m'embarquais à bord du _Stamboul_, +impatient de faire la connaissance des officiers avec lesquels je devais +voyager: le capitaine du génie Houdaille, chef de mission, que nous +devions appeler «le commandant» pour le distinguer des deux autres +officiers du même grade, Crosson-Duplessis et Thomasset; le lieutenant +du génie Macaire et l'adjoint du génie Borne. À ces officiers, le +commandant avait joint 7 sergents, 8 caporaux et soldats, tous du génie. +Au total, 21 Européens. + +Longeant les côtes d'Espagne, afin d'éviter les lames encore trop +violentes, nous passions Gibraltar, faisions escale à Las Palmas, puis à +Dakar, où s'embarquaient le capitaine Thomasset et vingt-cinq +tirailleurs sénégalais qu'il avait recrutés pour servir d'escorte à la +mission. À Konakry, nous choisissions les porteurs qui nous étaient +nécessaires. Ils étaient quatre-vingt-quatre, divisés en quatre équipes: +Sénégalais, Sous-Sous, Mendès, Timénés. + +Le 16 décembre, nous débarquions à Grand-Bassam, sans avoir trop à +souffrir de cette fameuse «barre» dont on nous parlait depuis notre +départ. Il est vrai que si elle fut clémente pour nos personnes, elle le +fut moins pour nos nombreuses caisses d'instruments, de vivres, etc..., +dont quelques-unes reçurent un bain d'eau salée. + +Heureusement nous arrivions en décembre! car c'est surtout pendant les +mois d'avril à septembre que la barre occasionne de nombreux et graves +accidents aux voyageurs qui, sur les grosses pirogues de barre conduites +par des Minas ou des Kroumen, doivent affronter les énormes vagues +venant se briser sur le rivage avec un bruit de tonnerre. + +À terre, installés dans une ancienne factorerie, nous terminons nos +préparatifs, tout en recueillant sur l'intérieur du pays les +renseignements qui pourront nous être de quelque utilité. Mais, à notre +grand étonnement, nous constatons que, en dehors de la lagune et du +fleuve Comoé, la forêt est complètement inconnue. Il faut donc faire +quelques reconnaissances préliminaires; le capitaine Crosson-Duplessis +et le lieutenant Macaire se rendent à Petit-Bassam; le capitaine +Thomasset à Dabou, sur la lagune. + +Le dimanche, 25 décembre, la fête de Noël vient nous rappeler, par de +nombreux et bruyants tam-tams, que nous sommes en pays nègre jouissant +d'un certain degré de civilisation. En effet, pendant ces danses, les +noirs se vident des flacons d'essences et d'alcools parfumés sur la tête +et les épaules: cela s'appelle fêter le «christmas» chez les indigènes, +dont quelques-uns connaissent certains mots anglais et subissent +l'influence de Cape Coast, grâce à leur mélange avec les Apolloniens. À +la fin du mois, les préparatifs sont terminés; nous avons fait +l'acquisition de trois interprètes, de quelques boys, et, le 30 +décembre, nous quittons Grand-Bassam pour remonter le fleuve Comoé à +bord de la canonnière le _Diamant_, jusqu'au point terminus de la +navigation, Petit-Alépé, à 50 kilomètres de la côte. C'est là que se +montrent les premiers rochers dans le lit du fleuve; aussi les vapeurs +faisant le commerce s'arrêtent-ils à Petit-Alépé pour y transborder +leurs marchandises dans les pirogues du pays; celles-ci remontent la +rivière jusqu'aux rapides infranchissables de Malamalasso, à 60 +kilomètres plus loin. + +En débarquant à Petit-Alépé, nous débutons dans notre voyage à travers +la forêt: c'était la vraie vie de brousse qui allait commencer pour +nous. Aussi, laissant de côté les maisons des négociants et les cases du +village, commencions-nous par établir le campement, opération très +simple quand l'emplacement a été choisi et qui se répéta bien souvent +par la suite. + +À Petit-Alépé, il nous fut facile de nous initier et peu à peu de nous +accoutumer à notre nouvelle façon de vivre en pleine forêt; nous avions +encore sous la main les ressources alimentaires et autres des +factoreries de Grand-Bassam. + +[Illustration: «Travail et maternité» ou «Comment vivent les femmes de +Petit-Alépé».--D'après une photographie.] + +Une nuit, à deux heures du matin, j'entendis mes deux voisins qui se +levaient précipitamment. Ils venaient tous deux de se réveiller, +entourés de fourmis, de grosses fourmis noires, aux morsures très +douloureuses; leurs lits, leurs tentes, en étaient couverts; j'eus le +temps de m'habiller et de sortir de chez moi assez rapidement pour +éviter cette invasion. Ces armées de fourmis sont si nombreuses qu'il +n'y a qu'à partir, les laisser passer, et on revient tranquillement +quelques heures après. Le feu, la fumée, n'y peuvent rien. + +D'ailleurs le jour se levait, et à nos souhaits de ne plus avoir de +sitôt une nouvelle alerte, nous mêlions nos voeux de bonne année: +c'était le 1er janvier! + +Le lendemain avait lieu le départ pour la brousse; nous l'attendions +avec impatience depuis notre arrivée dans la colonie. La corne annonce +le réveil: il est six heures. Les tentes sont pliées, les cantines +fermées, et chaque porteur se place auprès de sa charge, sur laquelle il +assujettit de son mieux son léger bagage personnel. «En avant!» et la +colonne se met en marche sur l'unique sentier qui sort de Petit-Alépé et +se dirige vers Motéso et Grand-Alépé. + +[Illustration: À Motéso: soins maternels.--D'après une photographie.] + +Quelques tirailleurs forment la tête du cortège: le pays est inconnu, et +nous ne savons encore quelle réception nous devons attendre des Attiés. +Ceux-ci sont, en effet, proches parents des Ebriés, avec lesquels le +Gouvernement de la Côte d'Ivoire est en hostilités depuis plusieurs +mois; de plus, les peuplades de la forêt nous ont été dépeintes comme +très guerrières et armées de fusils de traite en grand nombre. Le gros +des porteurs est au centre; à l'arrière-garde les Européens et les +derniers tirailleurs. + +Dans le sentier étroit, montant, la colonne s'allonge; il faut marcher +en file indienne, l'un derrière l'autre, en évitant du pied les racines, +de la tête, les lianes qui barrent le chemin. Un tronc d'arbre énorme, +abattu par le dernier orage, intercepte le sentier; il faut passer. Les +porteurs de petite taille se glissent sous le tronc, d'autres +contournent l'obstacle pendant que quelques paresseux déposent leurs +charges et profitent de cet arrêt pour prendre un repos de courte durée. + +Nous arrivons à Motéso, après quatre heures de marche, et constatons +avec désappointement que le village est de peu d'importance et +complètement évacué par les habitants. Le chef ne peut fournir de +vivres, dit-il; il ne possède rien. C'est la misère dans tout son pays, +tandis que ses voisins de Grand-Alépé et de Memni sont dans l'abondance. + +Le campement est cependant établi à 300 mètres environ du village, et +pendant que les officiers commencent le lever du pays, je me rends à +Grand-Alépé, en compagnie de mon boy Allou. + +Ce brave garçon, né aux environs de Grand-Bassam, s'était proposé pour +mon service à mon arrivée dans la colonie. N'ayant aucune indication +pour éclairer mon choix, j'accepte Allou en lui faisant crédit sur la +mine: la figure me paraît franche, bien ouverte, et, de temps en temps, +un éclair d'intelligence illumine son visage toujours souriant. Je lui +parle: il comprend que je m'adresse à lui; mais c'est tout, et avec +empressement il m'apporte le premier objet qu'il a sous la main. + +Je ne puis demander plus et le nomme mon boy-cuisinier. + +En sa compagnie, je me dirige donc vers Grand-Alépé; sur l'épaule, j'ai +mon fusil de chasse qui me quitte rarement, tandis qu'Allou porte +l'inséparable appareil photographique. Après une heure de marche, la +forêt devient moins épaisse et, à travers une éclaircie, j'aperçois +devant moi le village. + +Sur l'unique rue s'alignent, de chaque côté, les cases en terre, +recouvertes de feuilles de palmiers. Les toits se succèdent aussi loin +que peut aller la vue, et les dernières maisons se perdent dans la forêt +qui, à l'autre extrémité de la rue, recommence, à demi voilée par le +brouillard et la fumée du village. + +L'entrée de la rue est barrée par une sorte de palissade ne laissant +passage qu'à une personne; les pieux se sont transformés en arbres et +sont couverts de feuilles. Une branche de palmier ferme le haut de la +porte et, à terre, de chaque côté, sont entassées les poteries du pays, +auxquelles adhèrent encore des plumes, du sang, des jaunes d'oeufs. La +palissade n'est pas défensive. «C'est fétiche!» me dit mon boy. Seules, +les personnes au coeur loyal et que n'animent pas de mauvaises +intentions, peuvent y passer. + +Nous entrons, mais déjà notre arrivée est signalée. Dans tout le +village, ce sont des cris: toutes les portes s'ouvrent et, dans la rue, +chacun se sauve, s'arrêtant de temps en temps pour m'examiner de loin. +Les animaux domestiques, chèvres, poulets, effrayés, sautent de tous +côtés et augmentent le vacarme. Allou explique de son mieux mes +intentions pacifiques et, à la défiance, succèdent immédiatement un +sans-gêne et une curiosité sans bornes. Je suis entouré, touché de tous +côtés. On m'offre des oeufs, des poulets, du vin de palme, et l'on me +demande mon fusil, un cadeau.... + +Je n'ai pour salut que la fuite et je repars bien vite pour Motéso. + +Notre séjour à Motéso me permit de faire connaissance avec quelques +habitants et, en étudiant leurs moeurs et leurs coutumes, d'être témoin +de quelques scènes de famille. + +À la Côte d'Ivoire, il est d'usage, au moins sur le littoral et à peu de +distance de la côte, de combattre l'atonie de l'intestin par des lavages +quotidiens. Sur une petite pierre, aplatie par l'usage, sont mélangées +diverses poudres de graines de différentes couleurs, parmi lesquelles le +poivre et le piment rouge. Le tout, bien écrasé, est délayé dans de +l'eau et introduit dans l'appareil destiné à cet usage. Cet appareil +n'est autre qu'une courge en forme de carafe, percée aux deux +extrémités, et qui se rencontre communément dans le pays. Il n'est pas +rare, en plein Grand-Bassam, de voir, vers six heures, au petit lever, +les indigènes, hommes ou femmes, sortir de leurs cases, tenant à la main +l'appareil tout préparé. On se promène, on se dit les nouvelles, puis +chacun se retire à quelques pas et, derrière un coin de case, +s'administre le contenu de la courge. L'opération achevée, la +conversation est reprise; on se rend au marché en oubliant que l'on +tient toujours à la main l'instrument qui vient de servir. + +À Motéso, j'entrai dans une case, attiré par les cris d'un enfant au +moment où la mère s'apprêtait à rendre ce service à son dernier né. Je +priai la mère de ne se déranger en aucune façon et je la vis introduire +un appareil de petit modèle et souffler fortement à l'extrémité opposée. +L'opération était terminée et réussie, ce dont je fus averti par les +cris de l'enfant. + +[Illustration: Installation de notre campement dans une clairière +débroussaillée. D'après une photographie.] + +Pendant mes excursions aux environs, je découvris, au milieu d'une forêt +de palmiers, ce que je pourrais presque appeler une usine pour la +fabrication de l'huile de palme. Cette usine, composée de plusieurs +hangars dépendant du village de Grand-Alépé, contenait une douzaine de +mortiers de très grande taille, creusés dans d'énormes troncs d'arbres. +À l'aide de gros pilons en bois, les indigènes écrasent dans ces +mortiers les graines de palmiers quand elles sont rouges, c'est-à-dire +bien mûres. L'huile recueillie est placée sur un feu violent dans de +grandes terrines; l'eau s'évapore, et l'huile ainsi épurée est bonne au +commerce ou à l'usage indigène. On la transporte à la lagune et, de là, +dans la factorerie; une petite quantité est conservée pour l'éclairage, +quelques soins médicaux et surtout pour la cuisine: elle sert à préparer +le plat du pays, le _foutou_, fricassée d'animaux divers, fortement +épicée. + +[Illustration: Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, +et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile +de palme.--D'après une photographie.] + +Les relations très cordiales pendant les deux premiers jours ont, au +troisième, brusquement changé. Un des notables du pays, accompagné de +ses deux femmes, vint se plaindre d'un de nos porteurs, qu'il accusa +d'avoir voulu attenter à l'honneur et même aux jours de ses compagnes. +On parle, on discute: tapage épouvantable pendant une demi-heure. Tout +le village commente l'histoire avec force gestes et cris; on se comprend +de moins en moins. Le vieux et ses deux femmes, voyant que l'on ne fait +pas droit à leur requête en leur donnant un cadeau proportionné à +l'offense, se retirent furieux, quand le porteur, sujet de la +discussion, apprenant la cause de tout ce bruit, vient trouver le +commandant. Il voulait tout simplement acheter des ignames que portaient +ces dames; effrayées, elles ont préféré prendre la fuite. Tout +s'explique, et après une heure et demie de palabre, l'accord est fait. + +En quittant Motéso, nous arrivons, après une heure de marche, à Memni, +où se trouve une mission catholique. Nous ne faisons qu'y passer et nous +nous mettons en marche dans la direction de Denguéra. + +Au sortir du village, le chemin n'est autre que le lit d'un ruisseau +dans lequel il faut patauger pendant près d'une heure. Nous le quittons +au moment où, l'habitude aidant, nous commencions à comprendre et à +estimer la préférence des noirs pour ce genre de chemin, qui, outre +qu'il est tout tracé, présente l'avantage de rafraîchir les pieds +pendant la marche. À la sortie du ruisseau, le sentier est presque +impraticable. À tout instant ce sont des obstacles, des lianes surtout, +qui, s'accrochant aux charges, les font tomber de la tête des porteurs. +Nous avons quelque raison de regretter le joli ruisseau au-dessus duquel +la brousse rare et élevée permettait un passage facile. La halte, vers +midi, est de courte durée, et, le soir, nous devons nous arrêter en +pleine forêt pour préparer le campement. + +En évitant autant que possible les fourrés trop épais, les arbres +épineux ou à racines sortant du sol, il nous est facile, en moins d'une +demi-heure, d'avoir un emplacement net et prêt à recevoir les tentes. +Les porteurs, mettant à terre leurs charges, s'arment de leur sabre +d'abatis et frappent à qui mieux mieux, tranchent lianes, arbustes, pour +en rejeter les débris sur les côtés. En quelques minutes, sur +l'emplacement indiqué par chacun de nous, les tentes s'élèvent, et, dans +la solitude et le silence de la forêt, surgit un village où chacun +termine rapidement son installation. Les boys montent le lit du maître, +alignent les cantines ou versent dans la cuvette d'émail l'eau boueuse; +plus loin, les tirailleurs et les porteurs, allumant leurs feux, +préparent le repas ou nettoient le sol sur lequel ils doivent reposer. + +Mais la nuit s'avance plus tôt que d'ordinaire; le vent s'élève et +devient plus froid: tout annonce une tornade pour la nuit. Pendant que +l'on consolide les tentes, les porteurs prévoyants cherchent un abri; +une racine d'arbre sur laquelle ils appuient des branches de palmiers, +et voilà leur refuge, à moins que, stoïquement, connaissant d'avance +l'inutilité de leurs travaux, ils ne préfèrent attendre l'orage. Déjà le +tonnerre a résonné au loin et s'avance rapidement. + +Le repas, bien sommaire, se termine à la lueur des éclairs, de plus en +plus brillants. Sous les arbres touffus, les roulements de tonnerre sont +sans fin, et le vent, qui augmente de force, fait craquer la cime des +arbres et jette à terre les branches pourries et couvertes de +mousses.... Un grand silence, et tout paraît se calmer, quand un coup de +vent formidable vient ranimer les feux qui s'éteignaient; les +étincelles, les feuilles volent de tous côtés; la pluie tombe à +torrents. + +À l'abri, sous nos tentes, nous nous endormons au bruit monotone de +l'eau sur la toile, entrevoyant, à la lueur des derniers éclairs, les +noirs, le dos à la pluie, les pieds auprès du feu éteint et fumant +encore. Au bruit de l'eau qui tombe se mêle la voix du conteur qui, +toute la nuit, fera oublier à ses amis, insouciants, l'inclémence de la +nature. + +La fraîcheur de la nuit nous permet un repos réconfortant; aussi, au +signal du lever, tout le monde est dispos et prêt à reprendre la marche +en avant. Les noirs se secouent, tordent leurs habits et se rendent au +travail, car, toute la journée, il faut faire le lever du pays. + +Trois jours entiers, dans ce camp, nous vivons en pleine humidité; +aussi, le 16 janvier, au matin, le quittons-nous avec empressement. Un +guide de Memni doit nous conduire à Denguéra. Il le fait bien malgré +lui, car les races de Memni et de Denguéra sont différentes, par +conséquent ennemies, et comme nous le verrons souvent par la suite, les +indigènes n'aiment pas s'aventurer en pays inconnu. + +Le terrain argileux rend la marche glissante et, après quelques heures +de voyage, la fatigue intervenant, les chutes de porteurs se font de +plus en plus fréquentes. Le chemin, toujours très mauvais, est coupé de +nombreux cours d'eau auxquels succèdent des marécages où l'on s'envase. +Il est dit que la journée sera dure. + +Voici midi. Le soleil, qu'on ne voit pas, mais dont on subit la chaleur +torride, traverse l'épais rideau de verdure qui devrait nous protéger. +La vapeur que l'on respire nous étouffe, et toujours nous ne voyons que +marais et qu'humus glissant et détrempé. Pas très gaie, cette marche, +dans les sentiers du pays: tellement d'herbe et de brousse que vous ne +voyez même pas les talons de celui qui vous précède. Impossible de lever +les yeux au ciel à cause des racines d'arbres qui vous font buter à +chaque pas; à droite, à gauche, des branches vertes, séchées, pourries, +des fourrés, des arbres toujours, toujours. + +Enfin, le terrain remonte peu à peu, le sol devient résistant et, de +chaque côté, des plantations de bananiers, entrevues derrière la brousse +qui borde le chemin, nous annoncent qu'un village ne peut être éloigné; +à deux heures, nous étions à Denguéra. + +[Illustration: Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file +indienne. D'après une photographie.] + +Cette fois encore notre arrivée était annoncée, car nous trouvions le +chef et les notables du village nous attendant sous une case. Il est, en +effet, presque impossible de passer une porte fétiche sans que votre +passage soit prévu. Les Attiés, par raison stratégique, évitent de faire +déboucher les chemins brusquement en plein village: le sentier contourne +toujours une partie des habitations, et ce n'est qu'après un coude +prononcé qu'il aboutit à la porte fétiche. En dehors des deux issues qui +se font face aux deux extrémités de la rue, le village est complètement +entouré de broussailles qui s'opposent à toute attaque de ce côté. + +Nous étions installés depuis la veille dans un campement, auprès du +village de Denguéra, quand, vers midi, nous entendîmes un tam-tam +étourdissant qui s'approchait de nous. C'était le roi! le roi de +Denguéra, ou plutôt des différents groupes appelés Denguéra, et dont +nous ne connaissions que l'un des villages. + +L'entrée fut triomphale et bruyante; toute la suite royale hurlait à +pleins poumons, pendant que les tam-tams, de différentes tailles, +faisaient rage. Six noirs, au souffle puissant, la figure et le cou +gonflés par l'effort, faisaient résonner les trompes de sa Majesté: des +défenses d'éléphant, percées d'une ouverture latérale auprès de la +pointe; l'accord, ainsi obtenu, était d'une grande justesse. + +L'importance de l'orchestre aurait pu nous faire espérer un roi puissant +et riche. Ce n'était encore qu'un vulgaire chef noir sans autorité, se +reconnaissant le plus pauvre de tous ses sujets, et ne sachant que +tendre la main pour demander un cadeau. + +Nous ne restâmes au camp de Denguéra que le temps nécessaire pour le +lever du chemin parcouru et de celui qui devait nous mener à Kodioso, où +nous campions quelques jours plus tard. + +Toute cette partie de la forêt entre Denguéra et Kodioso a un aspect +particulier. Les grands arbres y sont peu nombreux; la végétation paraît +moins ancienne que dans les autres lieux déjà visités, et ce sont, de +tous côtés, plantations abandonnées et ruines nombreuses. De véritables +forêts de goyaviers, aux troncs tortueux, recouvrent les emplacements +de villages immenses, de villes, témoins jadis d'une population plus +nombreuse qu'à l'époque actuelle. Les villages qui existent sont rares, +dispersés et sans importance; les cases sont moins bien construites, et +beaucoup d'entre elles tombent en ruines. + +[Illustration: Nous utilisons le fut renversée d'un arbre pour traverser +la Mé.--D'après une photographie.] + +Sont-ce des villages détruits, brûlés pendant les dernières guerres? ou +ne faut-il pas plutôt voir dans ces ruines les conséquences d'un abandon +volontaire, conforme à la coutume de la forêt, qui est d'une hygiène +bien comprise? Par la présence d'une agglomération nombreuse, le sol est +souillé; aussi, après un séjour de 40, 50 ans, les habitants +abandonnent-ils leurs cases: ils se déplacent. Il en est de même pour +leurs plantations, dont ils jugent le sol appauvri par une culture +continue. Les arbres de la forêt sont abattus, brûlés sur place, et l'on +a ainsi un nouveau champ, au sol fécond et enrichi par les cendres des +derniers incendies. + +Pendant notre marche en avant, les provisions on réserve diminuant de +jour en jour, il nous fallait à chaque étape, à chaque village, nous +ravitailler auprès des habitants. Les ignames étaient, depuis longtemps, +notre unique légume, accommodé à diverses sauces. Les poulets étiques du +pays, rares d'ailleurs, alternaient avec quelques cabris apportés par +les chefs. Les indigènes, qui ne mangent pas les oeufs, les offrent à +leurs divinités; aussi n'est-il pas rare, aux entrées de village, à la +porte fétiche, de trouver une véritable omelette. Ces oeufs, conservés +pieusement, nous étaient vendus à des prix exagérés, et régulièrement, +le pauvre Allou venait m'annoncer que sur la douzaine récemment achetée, +il s'en trouvait deux ou trois mangeables, je ne dis pas frais. + +Notre disette de vivres nous fit donc estimer d'autant plus les cadeaux +du chef de Kodioso, où nous séjournâmes quelques jours, s'il est +possible d'appeler cadeau un objet qui «doit» être payé le double ou le +triple de sa valeur. + +[Illustration: La popote dans un admirable champ de bananiers. D'après +une photographie.] + +Il faut s'entendre, en effet, sur le sens donné au mot «cadeau» dans ce +pays. On vous offre un oeuf, un poulet, un boeuf, à une condition, la +seule, c'est de répondre à cette gracieuseté par une autre, mais de +valeur beaucoup plus grande. Si, au premier cadeau, vous ne donnez en +échange qu'un objet juge insuffisant, vous pouvez dire adieu à toute +autre offre de ce genre. Par contre, si vous avez payé largement, c'est +une cohue de gens du village se précipitant sous votre tente pour vous +«faire un cadeau», à grand renfort de cris et de bousculades. Chacun +vous apporte quelque chose: un oeuf, un igname, un poulet, du vin de +palme, des ananas, des cannes à sucre, du «poutou». L'objet offert n'est +pas encore en votre possession que le noir a déjà désigné ce qu'il veut: +généralement, un miroir, un couteau, parfois un fusil, votre casque, +voire même vos propres habits. + +Heureusement nous savions qu'un convoi de vivres, qui nous était +destiné, avait remonté le Comoé et devait se trouver à Bettié. Cette +seule espérance nous faisait avaler, avec moins d'amertume, les ignames +indigènes et trouver savoureux le boeuf en boulettes ou en salade, que +le chef cuisinier retirait chaque jour de nos dernières boîtes de +conserves. + +Suivant les cartes du pays et d'après le relevé du chemin que nous +avions parcouru depuis Petit-Alépé, Bettié ne pouvait être loin et +devait se trouver au nord-est. Quel ne fut pas notre étonnement, quand +le chef de Kodioso nous répondit par l'interprète: «Bettié, connais pas! +mais Adokoï ne peut manquer d'être sur la route de ce pays.» + +On s'entend avec le chef de Kodioso, qui nous donne un guide pour nous +conduire, le soir même, à Adokoï. Avec plaisir on part en plein midi, et +cependant, au milieu des immenses champs de bananiers, quelle chaleur +jusqu'à trois heures! On marche toujours aussi légèrement, jouissant +déjà du repos annoncé; nous devons, en effet, coucher à Adokoï. + +D'heure en heure, les kilomètres s'ajoutent aux kilomètres. À cinq +heures, on interpelle le guide: «Adokoï?» La tête ahurie du personnage +nous tient lieu de réponse. + +[Illustration: Indigènes coupant un acajou.--D'après une photographie.] + +Mais à quoi bon crier? il faut d'abord camper. Où? Pas une goutte d'eau. +Nous devons donc reprendre la marche en avant. À six heures, le guide +desserre les dents pour nous annoncer la rivière Mé, à peu de distance, +_acaco-coco_, un peu loin, pas trop; ce qui veut aussi bien dire +quelques mètres que quelques kilomètres. + +Je pars en avant avec le guide, et après une demi-heure de marche, nous +débouchons brusquement sur une rivière, large de 80 à 100 mètres, la +rivière Mé. Mais pas d'Adokoï. La nuit nous a déjà surpris et nous force +à nous abriter sous quelques huttes abandonnées au milieu de la forêt. + +Notre campement était établi le lendemain sur les bords de la rivière, +auprès du pont qui la traverse. Un arbre immense a été jeté au-dessus de +l'eau; la racine tient à la berge, et les branches prennent appui dans +le lit de la rivière. + +Devant le camp, se trouve un acajou de plus de 50 mètres de longueur, +qui vient d'être abattu récemment par les indigènes, ainsi qu'en +témoigne l'échafaudage, fraîchement monté autour du pied de l'arbre. Le +tronc a près de 1m50 de diamètre, et l'arbre, de la section aux +premières branches, a pu fournir cinq billes d'acajou de 4 mètres de +longueur chacune. Ces énormes masses seront roulées jusqu'à la rivière +et voyageront, par le fleuve et la lagune, jusqu'à Grand-Bassam, pour +être, de là, expédiées en Europe. + +À Apiagui, où nous passions quelques jours plus tard, nous obtenions la +même réponse que précédemment: Bettié était inconnu. N'ignorant pas que +dans ce pays attié les mêmes villages avaient des noms différents et +souvent nombreux, le commandant crut nécessaire d'expliquer qu'il +s'agissait d'un village sur un grand fleuve.... Le fleuve était connu, +très vaguement d'ailleurs, mais non Bettié. Et cependant les vivres +faisaient complètement défaut. Le menu quotidien était toujours: igname, +boeuf de conserve, vin de palme. Plus de riz, plus de biscuit. + +À Adokoï, où nous arrivions le 30 janvier, à 35 kilomètres de Kodioso, +ce fut encore la question posée au premier notable qui voulut bien nous +honorer d'une palabre. Bettié était toujours inconnu, ou plutôt il +existait un village de ce nom, mais très loin, si loin, qu'il était +préférable de se rendre d'abord dans le pays de Séka, qui n'était pas +trop éloigné, et où les renseignements seraient certainement plus +précis. + +On ne pouvait attendre plus longtemps, et le 1er février, le commandant, +avec le capitaine Thomasset et quelques tirailleurs, partait en +reconnaissance, à la recherche de Bettié, et surtout du convoi de +vivres. + +À six heures du matin, au moment où le commandant quittait le campement, +arrivait le chef d'Adokoï, apportant une chèvre en cadeau. Je suis +chargé de répondre à ce souhait de bienvenue par un autre présent. +Pendant quelque temps, le chef erre dans le camp au milieu des porteurs +et des tirailleurs, et, ne voyant pas survenir l'objet précieux attendu +en échange, il délie de ses propres mains la chèvre attachée à un arbre +et retourne au village. Je lui adresse mon interprète en lui faisant +dire qu'un cadeau donné ne peut être repris. À ces justes observations, +le chef répond «que son cadeau n'a pas été payé et que, de plus, il a +été fait au commandant et non pas à moi». D'ailleurs, il se demande +pourquoi il s'occupe de tout cela, puisqu'il n'est pas le chef +véritable, lequel, effrayé de la présence des blancs, est, paraît-il, +dans la brousse. + +Il était de toute nécessité de voir le chef dont l'autorité s'étendait +sur le pays. On le fait demander. Il répond qu'il viendra le lendemain. +Le lendemain, personne. À midi, on nous annonce son arrivée. Cela dure +deux jours, et encore pas de chef. Enfin, le deuxième jour, à huit +heures du soir, les trompes royales résonnent: c'est Sa Majesté qui fait +son entrée dans son village. + +Au matin, il se présente au camp, se croyant à son dernier jour, et +tremblant d'émotion et de vieillesse. + +Le pauvre petit vieux! + +Il a nom Leliépi et porte la barbe du menton tressée en signe +d'autorité. Après un quart d'heure de palabre, se sentant encore en vie +et comblé de cadeaux pour lui et ses royales épouses, il ne peut retenir +ses larmes. Il serre avec frénésie les mains des blancs assistant à la +réunion et jette à nos pieds un peu de terre prise devant lui, signe de +grande reconnaissance et de profond respect. + +Leliépi paraît très intelligent et possède une autorité véritable et +incontestée sur tous ses sujets. Il promet des porteurs pour transporter +les bagages, des vivres en abondance; tout marche à merveille. + +Une bouteille de gin, donnée en cadeau, court de main en main, passe de +bouche en bouche, et, rapidement absorbée par la Cour, met en mouvement +toutes les langues. «Oumbrenon!--Les blancs!» dit le roi, et dans ce +seul mot se condense son admiration pour nous. + +[Illustration: La Côte d'Ivoire.--Le pays Attié.] + +Nous sommes des amis, si bien que, le soir même, je débute et vais +tâcher d'extraire, de la cuisse d'un jeune homme, des projectiles qui y +ont été placés par la maladresse d'un ami. Oh! tout simplement, comme en +France, une histoire de chasse. Son compagnon le prend pour une biche et +lui adresse la charge de son fusil en certaine partie charnue peu +protégée chez les noirs de ce pays. Le mal n'aurait pas été grand si +c'eût été du plomb bien calibré de Saint-Étienne ou d'ailleurs. Mais ici +les chasseurs ne possèdent pas de Lefaucheux et se servent de +canardières à pierre, longues de deux mètres et bourrées, jusqu'à la +gueule, de poudre et de balles. Les balles sont des rognures de fer, des +boîtes à conserves pliées, qui font généralement des plaies très +sérieuses. C'est ce produit qui a été administré à mon client, lequel ne +paraît pas enchanté de me voir à son chevet. Je ne puis pourtant +l'abandonner, car j'ai été conduit près de lui par la volonté du roi +qui, me voyant, ce matin, faire des pansements aux porteurs, a cru que +je pourrais en faire autant à son blessé. + +En me rendant chez mon client, j'ai rencontre, à un coin de rue, le +doyen de la Faculté de Médecine d'Adokoï, une bonne petite vieille, à +figure réjouie, couverte de gris-gris, de perles, etc. Elle se demande +ce qui pourra bien advenir à ce pauvre garçon, assez peu soucieux de sa +vie pour se mettre entre les mains d'un médecin blanc! Cependant, nous +nous faisons bonne figure, et nous nous serrons les mains avec le +plaisir qu'on éprouve à se trouver entre confrères. + +Le projectile, qui a traversé la cuisse, roule sous la peau. Une simple +incision peut le faire sortir. Je dois le guérir, me dit-on, mais il ne +faut pas parler d'opération. Impossible. + +Je quitte donc le malheureux blessé, qui continuera son martyre chaque +matin. Au moyen d'une baguette l'opérateur indigène repousse la peau, et +de cette façon, le projectile doit reprendre la voie par laquelle il est +entré. Le pansement se compose de feuilles bouillies dans une décoction +d'écorces astringentes. À mon retour, je retrouverai ce malheureux; la +balle sera tombée, et, avec elle, une partie des chairs de la cuisse. + +Pendant notre séjour à Adokoï, le roi tint toutes ses promesses. Après +des adieux touchants, nous nous dirigeons vers Dioubasso, en regrettant +de quitter ce pays, dont les habitants nous ont donné une si franche +hospitalité. + +Le petit village de Dioubasso ne pouvait être pour nous un centre assez +riche en ressources; aussi fut-il nécessaire de rayonner aux environs, +afin de nous procurer les vivres dont nous avions besoin. À l'est, je +trouvai un village beaucoup plus important, Biasso, et décidai les +indigènes à venir nous ravitailler au campement. Pour la première fois, +un blanc paraissait chez eux. Je veux prendre une photographie: tous +fuient au bruit de l'appareil. Mais là, comme partout, la plus grande +familiarité succède rapidement à l'étonnement et à la crainte du début. + +[Illustration: Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les +indigènes mon appareil photographique. Dessin de J. Lavée, d'après une +photographie.] + +Je reviens à Dioubasso, suivi de nombreux indigènes apportant des +provisions que nous voulons acheter avant le déjeuner. Le prix élevé +qu'ils en demandent ne nous permet pas de conclure le marché. Cela nous +est d'autant plus pénible que nous ne possédons plus de vivres. + +On se met à table en espérant que les noirs reviendront plus +conciliants, et comme le campement est envahi par les habitants du +village, discutant entre eux et faisant un bruit assourdissant, nous les +prions de rentrer chez eux. Personne ne bouge; le vacarme continue, et +les vivres ne nous viennent pas. Par les soins de quatre de nos +tirailleurs, le camp est enfin évacué et l'incident paraît terminé. + +Une heure plus tard, mon ancien infirmier, le tirailleur Ali-Sadjéou, +vient me trouver. Les noirs l'ont mis en joue pendant qu'il traversait +le village pour aller chercher de l'eau. Il n'avait pas son fusil et +revenait. Nous avions, en effet, commis la faute de camper loin d'un +point d'eau et de laisser le village intercepter la route qui menait au +ruisseau. + +Quelques instants après, en armes, nous arrivons à l'entrée de +Dioubasso; les tirailleurs, en avant, précèdent les porteurs qui doivent +faire la corvée d'eau. Les habitations sont abandonnées. Les indigènes, +embusqués dans les broussailles qui entourent le village à 30 mètres +environ des cases, ont apprêté leurs fusils. Quand la provision d'eau +est faite, on s'arrête au centre des maisons, près de la case à +palabres. Un boeuf qui erre près de nous est saisi, et l'interprète +annonce à haute voix que, comme amende, nous emportons le boeuf, et que +les maisons ne seront pas brûlées. + +Dans la soirée, les notables venaient reconnaître leurs torts, mais +déjà, le boeuf, coupé en quartiers, était distribué aux affamés que nous +étions, trop heureux de cette bonne aubaine. + +De Dioubasso, un guide nous conduisit dans le pays de Séka-Séka où nous +arrivions assez tard dans la soirée. L'entrevue avec le chef du village +fut assez froide: sa police l'avait mis au courant de l'affaire de +Dioubasso. + +Il nous parla du passage du commandant qu'il avait autorisé à traverser +son village, il y avait quelques jours; il lui avait même fourni un +guide pour le conduire à Bettié. Bettié était donc connu dans ce pays, +et nous pouvions espérer être bientôt ravitaillés. «Il s'offrait, +moyennant des cadeaux plus importants que ceux de l'autre blanc, à nous +indiquer le même chemin.» + +On ne pouvait nous mettre plus poliment à la porte. Or nous devions +attendre le commandant dans ce village. + +À cette déclaration de notre part, le chef bondit sur le tabouret en +bois à trois pieds qui lui servait de trône. Ce meuble portatif est dans +ce pays un insigne de l'autorité du personnage qui a le droit de s'y +asseoir. Le chef bondit, se frappa les lèvres de la paume de la main +gauche et, se levant, nous congédia. + +Puis se ravisant, il nous invite à loger dans le village. Nous refusons +en pensant à la possibilité d'une attaque nocturne. Enfin, sur notre +prière de nous indiquer un emplacement où nous pourrions camper, le chef +nous fait conduire hors du village et nous nous installons auprès d'un +petit ruisseau. + +On pouvait espérer qu'il y avait eu mauvaise entente; un mot mal traduit +par nos interprètes avait pu froisser sa Majesté, qui nous refusait la +permission de séjourner sur son territoire, permission qui nous avait +toujours été accordée jusque-là. Notre confiance en nos interprètes +n'était plus bien grande depuis que nous avions remarqué qu'ils avaient, +à différentes reprises, réussi à s'approprier des cadeaux que l'on nous +faisait. Cela leur était d'autant plus facile que, pour converser avec +les chefs attiés, il fallait fréquemment se servir de deux interprètes, +tellement les dialectes varient de village à village. + +Vers midi commença un défilé sans fin de guerriers du pays, le fusil à +la main: la force armée était mobilisée. À cette menace d'intimidation, +il était nécessaire de répondre; nos tirailleurs reçurent donc l'ordre +de faire, chaque matin, le maniement d'armes auprès du camp. + +Mais à ce moment, sans vivres, nous ne pouvions nous montrer difficiles +et, le même soir, à quatre heures, il nous fallait palabrer pour acheter +un boeuf. «Le roi nous le donne, traduit l'interprète, car il reconnaît +la supériorité des blancs qui font des fusils, des couteaux, etc....» +Cependant, comme nous avons également pour nous la richesse, il nous +demande en échange la modique somme de 3 onces 1/2 de poudre d'or (200 +francs). Nous répondons que «nous sommes certainement des êtres +supérieurs, mais que ce n'est pas une raison pour nous combler de +cadeaux de ce genre». On parlemente: le boeuf, une bête blanche, est, +paraît-il, superbe et ne ressemble en rien aux autres boeufs que nous +avons pu acheter précédemment. On tombe d'accord pour 90 francs. Nous +avions enfin un gîte et des vivres pour réparer nos forces usées par un +mois de dur voyage à travers la brousse. + + (_À suivre._) Dr LAMY. + +[Illustration: La rue principale de Grand-Alépé.--D'après une +photographie.] + +Droits de traduction et de reproduction réservés. + + + + + TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--7e LIV. Nº 7.--18 Février 1905. + +[Illustration: Les trois grâces de Mopé (pays Attié).--D'après une +photographie.] + + + + +SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE[1] + + [Note 1: _Suite. Voyez page 61._] + +Par le Docteur LAMY + +_Médecin-major des troupes coloniales._ + + II. -- Dans le territoire de Mopé. -- Coutumes du pays. -- La + mort d'un prince héritier. -- L'épreuve du poison. -- De Mopé à + Bettié. -- Bénie, roi de Bettié et sa capitale. -- Retour à + Petit-Alépé. + + +[Illustration: Femme du pays Attié portant son enfant en +croupe.--D'après une photographie.] + +Ce voyage continu de plus d'un mois à travers la brousse, dans des +sentiers rocailleux et couverts de branchages, avait occasionné à nos +porteurs de nombreuses plaies s'ulcérant très facilement et devenant +même parfois graves par leur étendue et leur profondeur. Tous les +matins, c'était un long défilé de tirailleurs, de porteurs, auxquels il +fallait panser, qui les pieds, qui les mains. À ces nombreux invalides +commençaient à se joindre pour les pansements quelques sujets de Séka. + +Un matin, je terminais à peine mon service et, encore entouré des +derniers malades et des indigènes qui venaient s'instruire à ma visite +dans l'art de guérir les plaies, je me disposais à quitter ma tente, +quand je vis deux tirailleurs déposer à mes pieds un de nos porteurs +inanimé. + +Le Sénégalais Lamina Touré venait d'être piqué par un serpent qu'il +n'avait pu reconnaître, et qui probablement devait être une vipère +cornue, reptile très répandu dans l'Attié et que nous rencontrions +fréquemment. Un de nos sous-officiers, se disposant à se coucher, avait +été fort surpris de trouver une de ces vipères blottie sous sa +couverture. + +Le blessé, aussitôt mordu, n'avait eu que le temps de se rendre auprès +de ses amis, et en leur disant ce qui venait de lui arriver, s'était +évanoui; en toute diligence on me l'apportait. + +Le venin était déjà en grande partie absorbé, ainsi que l'indiquaient la +respiration difficile et irrégulière, le coma dans lequel se trouvait +plongé le blessé. Les Attiés, témoins de l'état de Lamina et connaissant +le résultat fatal d'une piqûre de vipère cornue, regardaient avec un +sourire ironique mes préparatifs d'injection: je ne pouvais avoir +d'espoir que dans le sérum antivenimeux du docteur Calmette, dont je +possédais quelques flacons dans mes cantines médicales, et je me +disposais à l'injecter. + +Une première injection faite n'amène aucun résultat. + +«Le fétiche pour serpents», me font dire les Attiés, pouvait seul sauver +le pauvre blessé. Néanmoins, quelques minutes plus tard je fais une +nouvelle injection. Cette fois je constate un mieux appréciable: l'état +général est meilleur, et, au grand étonnement des spectateurs, le malade +fait quelques mouvements. + +Dans l'après-midi le mieux s'accentuait d'autant plus que je venais de +procéder à une nouvelle injection. + +Après une convalescence de quelques jours, Lamina était complètement +guéri. J'étais un grand féticheur! + +Le lendemain, le chef Séka, m'amenant force malades à guérir, me +demandait d'aller donner mes soins au vieux roi de Mopé. «Mopé? où +était-ce?» Le village où nous étions! + +Il fallait s'expliquer. De tout cela il résulta que Mopé était bien le +nom du village et que Séka-Séka voulait dire grand chef: le roi. D'autre +part, le vieux chef malade était le véritable roi du pays, et celui que +j'avais devant moi et qui se faisait appeler Séka-Séka avait pris le +pouvoir et le titre royal avant la disparition du titulaire. +J'accompagnai donc l'usurpateur chez le royal malade auquel j'ordonnai +quelques drogues inoffensives: le mal était incurable. + +Au retour du commandant, les palabres recommencèrent. On agita surtout +la question de notre départ: «Nous ne pouvions rester plus longtemps sur +le territoire de Mopé.» + +Cela fut dit longuement et quelquefois même avec véhémence par le chef +Séka. Les bonnes relations étaient rompues, et moi seul continuai à +recevoir de mes malades et surtout du vieux roi quelques cadeaux +consistant en ignames, rares poulets et oeufs pour fétiches. + +[Illustration: Une clairière près de Mopé.--D'après une photographie.] + +Je reçus, un jour, en cadeau, un grand plat de «foutou» au singe. +L'accepter était très simple, mais il me fallut y goûter devant la +maîtresse de maison qui l'avait préparé. Je fus très étonné de trouver +un goût excellent à ce mets que j'avais toujours refusé d'accepter +jusque-là. Tout heureuse de l'accueil que j'avais fait à son cadeau, la +matrone me donna en quelques mots la préparation du «foutou» que je +savais être le fond de la nourriture des indigènes à la Côte d'Ivoire. +Des bananes bouillies à l'eau et écrasées sont mélangées à de l'huile de +palme, et quand le tout est bien cuit, on y ajoute quantité de poivre et +de piments, et un peu de viande de poulet, de boeuf, de poisson, de +singe, suivant l'occasion ou la richesse de la maison. + +À Mopé, je remarquai, d'ailleurs, les mêmes usages, les mêmes coutumes +que dans le reste de la forêt et que sur les bords des lagunes. + +Ici je retrouvai la porte fétiche à l'entrée du village, des arbres et +cases fétiches au centre de l'agglomération et à l'intérieur de chaque +enceinte particulière, avec les mêmes sacrifices: des oeufs, des +poulets, etc. + +Quant au costume, il ne différait que par de légers détails, étant très +sommaire dans tout le pays, aussi bien chez les hommes que chez les +femmes. Dans les régions de la côte, les indigènes emploient les +cotonnades européennes importées; dans la forêt, les tissus sont de +fabrication attiée; aussi le vêtement y est-il encore plus rudimentaire. + +Les jeunes filles portent deux colliers de perles, un autour du cou, +l'autre autour des reins. À ce dernier est attaché un lambeau d'étoffe +qui, passant entre les jambes, se noue devant et derrière. Les femmes +ont quelquefois une pièce d'étoffe plus grande, une serviette roulée +autour des reins. Les plus riches possèdent des rangées de perles assez +nombreuses autour des jambes ou des bras; mais le costume n'en est pas +pour cela plus complet. Les petits garçons, moins riches ou moins +coquets que leurs soeurs, se contentent d'une ficelle. Quand ils +deviennent grands, ils prennent, dans le vestiaire commun à la famille, +un lambeau d'étoffe toujours très petit, qu'ils se mettent autour de la +ceinture. Souvent ces tissus sont remplacés par l'écorce souple d'un +arbre, le «fou» ou «pou», dont ils se font des ceintures, surtout +pendant leurs travaux aux champs. + +[Illustration: La garnison de Mopé se porte à notre rencontre.--D'après +une photographie.] + +Dans l'Attié comme dans tout pays nègre, la femme fait les corvées, +rapporte des bananeraies et des champs, toujours très éloignés des +villages, le bois, les bananes, les ignames, les grains de palme pour +préparer la nourriture pendant que les hommes flânent dans leur cour, +font palabre ou chassent, armés de leurs longs fusils de traite; à moins +qu'ils ne se rendent chez le forgeron du village, car c'est le +rendez-vous des oisifs, les jours, si rares cependant, où l'artiste doit +travailler. L'installation est, d'ailleurs, plus que sommaire. Le +soufflet? deux troncs d'arbres creusés, fermés à une extrémité par une +peau de bête, l'autre ouverture se terminant dans le foyer. Un aide pèse +alternativement sur les deux peaux et le vent ainsi produit vient +activer la combustion des amandes de palme, qui servent de charbon. +L'enclume? une pierre, et le marteau? une pièce de fer quelconque. Les +ouvrages ainsi forgés répondent à ce matériel rudimentaire, et bien +qu'imparfaits, suffisent à placer l'artisan en haute estime parmi ses +concitoyens. + +Les femmes s'occupent toute la journée de leur intérieur et des soins du +ménage. La plus grande propreté règne à l'intérieur de leur habitation; +à l'extérieur, la rue principale et les alentours du village ne +présentent pas la moindre ordure. + +Après avoir donné ses soins aux enfants, la mère se rend dans une partie +retirée de la maison et procède à un lavage minutieux de son corps tout +entier. Pour cet usage, elle se sert d'une éponge faite avec les fibres +de la tige du bananier que l'on a mise tremper dans l'eau et ensuite +battue longuement. + +Le savon ne lui est pas inconnu. Elle sait le fabriquer en mélangeant +des cendres de peaux de bananes avec de l'huile de palme. Ce savon en +forme de boule grisâtre est très fort et nettoie très bien. Aussi pour +prévenir l'irritation possible de la peau, si les frictions au savon ont +été trop fortes ou répétées, elle s'enduit le corps d'huile de palme, +et, si elle est coquette ou doit tenir son rang de femme de chef, se +recouvre la poitrine et la gorge d'une résine parfumée. + +Les jours de fête ou de deuil, les ablutions sont de toute nécessité, et +la toilette est encore plus soignée. Aux onctions d'huile de palme, +succèdent des applications de peinture sur diverses parties du corps et +de parfums aux odeurs fortes, mais souvent agréables. + +Pendant tout notre séjour dans la forêt, j'ai remarqué la déférence et +le respect avec lesquels nous étions reçus par les chefs et les +habitants des villages. Leur respect et leur adoration pour les blancs +proviennent, sans doute, de ce qu'ils nous reconnaissent une +intelligence élevée et une supériorité indéniable, se manifestant dans +nos ustensiles les plus communs, les vêtements, les fusils, etc. + +Mais cette admiration est également accrue par la légende répandue dans +tout le pays attié sur les blancs qui, d'après elle, seraient des êtres +supérieurs, vivant dans l'eau, d'où leur couleur, où ils sont privés de +femmes: ils nous voyaient toujours sans compagnes. De là leur crainte de +nous voir enlever leurs épouses et leur interdiction à ces dernières +d'approcher de nos campements. + +Et cependant, si j'en juge par les palabres dont j'ai pu être témoin, la +vertu des femmes ne paraît pas une obligation. Des fautes graves se +rachètent très facilement au moyen d'une amende souvent légère. Je ne +sais même pas si ces amendes ne constituent pas une sorte de commerce. +La coutume veut qu'en ce pays l'épouse qui a péché vienne avertir le +mari en dénonçant son complice. Ce dernier est condamné à réparer le +dommage et, sitôt l'amende reçue, le mari, trop heureux de ce cadeau si +mérité, quitte la palabre en compagnie de l'épouse infidèle qui a su +cependant se rendre utile à la communauté. + +En général, les femmes sont admises aux palabres, mais elles n'y ont pas +voix quand il s'agit d'une discussion d'intérêt général. + +Le roi ou chef du pays, qui doit rendre la justice ou diriger les +débats, n'a pas toujours une bien grande autorité sur ses sujets; +l'influence qu'il possède est très souvent méconnue dans les réunions +publiques, et c'est ce qui explique la difficulté que nous avons maintes +fois rencontrée pour nous procurer des vivres, des porteurs. Le chef +n'était pas toujours obéi, surtout quand il commandait aux jeunes gens; +les anciens nous ont été, en général, moins hostiles, et c'est souvent +grâce à eux que, dans les cas difficiles, les relations n'ont pas été +rompues. + +Cette déférence du roi et des anciens pour nous, pour un blanc en +général, se révèle dans cette coutume qui veut que le chef du village, +dans lequel vous arrivez, vous apporte un cadeau quelconque: un animal, +des aliments, et dans ce dernier cas, il se croit obligé d'en goûter +devant vous avant que vous en mangiez. Si c'est du liquide, de l'eau, du +vin de palme, il en verse quelques gouttes à terre comme offrande aux +fétiches, puis en boit lui-même quelques gorgées et vous passe ensuite +le reste. Vous devez agir de même si vous offrez du vin, du gin. Cette +simple cérémonie est une preuve de la pureté des intentions de celui qui +fait le cadeau; il ne faut pas oublier, on effet, que dans ce pays le +poison est en grand honneur. + +Suivant une autre coutume, le chef doit accompagner le voyageur de +marque, le blanc, qui traverse le pays, jusqu'à l'extrémité du village +et même plus loin. À cette occasion, une femme du chef dépose une +nouvelle offrande: oeufs, poulet, à la porte fétiche que l'on vient de +franchir, ou plus loin sur une tombe près de laquelle on passe dans la +brousse. + +[Illustration: Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de +palme et de cendres de peaux de bananes.--D'après une photographie.] + +Dans l'Attié, les défunts sont enterrés loin des habitations, dans un +endroit isolé que l'on débroussaille et sur lequel on vient déposer des +poteries et des cadeaux à la mémoire de celui qui n'est plus. + +Les funérailles se célèbrent avec grande pompe, comme je pus le +constater pendant que nous étions installés à Mopé. + +Un jour, de grands cris s'élèvent dans tout le village: des hurlements, +des pleurs; comme des fous, les habitants courent de tous côtés. Le +frère de Séka, successeur désigné au trône de Mopé, venait de mourir +subitement. + +Toute la journée ce fut un tam-tam continuel; la nuit, au lieu d'y +mettre un terme, ne fit que redoubler le tapage. Le lever du soleil fut +salué d'une pétarade nourrie et de cris de plus en plus forts et +nombreux. Des environs arrivent les guerriers, puis les parents et les +amis du défunt. On abandonne complètement les travaux des champs où l'on +ne va même plus chercher du vin de palme, des bananes. Je ne sais si +l'on a le temps de manger. En tout cas, il est défendu de rien prendre: +tout le pays est en deuil. + +[Illustration: Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de +Mopé.--D'après une photographie.] + +La curiosité me poussant, je me rendis au village. Une foule compacte +emplissait la rue centrale. Des groupes de guerriers, fusil en main, +entourant des barils de poudre de traite, chargeaient leurs armes +jusqu'à la gueule: c'était miracle qu'il n'y eût pas d'accident. Des +personnes, la figure enduite de couleur blanche, se frappaient la tête +contre le mur en hurlant. + +Auprès de la maison du chef, il était impossible de passer. Les tam-tam +de guerre, longs de 2 mètres, creusés dans d'énormes troncs d'arbres, +résonnaient sous les coups redoublés des nègres. Un chant monotone +sortait de toutes les poitrines, pendant que quelques forcenés +exécutaient la danse funèbre. + +À tout instant la foule grossissait, et de nombreux guerriers, le chien +du fusil relevé, défilaient auprès de la maison du mort. + +Quand le soleil marqua le milieu du jour, le tumulte s'arrêta comme par +enchantement, et l'on fit cercle sur une place auprès du village: d'un +côté le chef Séka entouré de toute sa famille, de l'autre le grand +féticheur ayant derrière lui les habitants du village. On allait faire +fétiche ou plutôt boire le poison d'épreuve. + +Allou m'expliqua de son mieux la raison et le sujet de la cérémonie à +laquelle j'assistai à l'écart derrière un palmier. «La mort ne pouvait +être naturelle, me disait-il. Nécessairement, étaient accusées d'avoir +tué le frère de Séka, les personnes y ayant intérêt, c'est-à-dire les +membres de la famille du défunt qui pouvaient espérer devenir un jour +roi de Mopé.» + +Le grand féticheur s'avance au milieu du cercle formé par les assistants +et fait apporter par un jeune garçon, complètement nu, les appareils de +la cérémonie: un grand mortier avec son pilon en bois dans lequel on +doit mélanger le «foutou» de bananes cuites avec la décoction de +l'écorce à poison contenue dans une terrine en terre du pays. + +À grands cris et avec force gestes, le féticheur explique qu'il existe +un coupable et que le poison doit le faire connaître. Si la mort a été +naturelle, le poison sera sans effet sur ceux qui en boiront, sinon le +meurtrier sera dévoilé et puni. Séka répond que tout est convenu. + +«Le foutou est préparé, reprend le féticheur, qui va le manger?» + +Personne ne bouge, hormis le jeune aide du féticheur qui, revenant avec +une noix de coco en guise de coupe, se met en devoir de verser le poison +dans le mortier et de le mélanger aux bananes. + +De nouveau, le féticheur répéta son invitation: «Qui va le manger?» + +Un silence terrible s'étend sur toute l'assistance, et j'entends à peine +le pauvre Allou, tremblant lui aussi, me souffler: «Si quelqu'un mange, +il est mort.» C'est en effet l'écorce rouge du tali qui a servi à la +préparation, et tous savent que ce poison ne pardonne pas. + +En tournant en cercle devant les assistants terrifiés, le féticheur +pousse des cris, de véritables rugissements pour solliciter un aveu des +assistants. Au milieu de ses hurlements de plus en plus violents, on +peut reconnaître les noms de différentes personnes présentes, mais nul +n'y répond. + +Tout à coup il s'arrête, et de la main indique, auprès du chef, un noir +de forte taille. Celui-ci ne peut se dérober. Il se lève, et le frisson +qui parcourt toute l'assemblée me fait également trembler malgré moi: je +vais donc assister au poison d'épreuve. + +Le condamné s'approche de Séka, lui parle à l'oreille, et tous deux, +suivis de leur famille, se retirent derrière les palmiers voisins, +pendant que le féticheur fait entendre des imprécations de plus en plus +terribles. + +«Écoutez, cria Séka, qui revient accompagné de sa famille, au milieu de +l'assistance, après une absence de plus d'un quart d'heure, écoutez! le +fétiche n'a pas menti. Le coupable désigné avoue avoir tué mon frère, et +je le condamne à offrir un boeuf et dix bouteilles de gin à la mémoire +du défunt!» + +C'était très simple: la crainte de la mort venait de se faire +reconnaître coupable d'un crime imaginaire le premier indigène désigné +par le féticheur. + +Déjà le boeuf immédiatement amené est dépouillé, dépecé. C'est la curée! +Chacun en veut une part et la vue du sang excite les désirs et augmente +la clameur. Les fusils partent d'eux-mêmes, les tam-tam recommencent et +nous devons, cette nuit encore, ne jouir que d'un repos relatif. + +Le lendemain, le vacarme est toujours le même. Vers midi, les +féticheuses se couvrent de fibres d'écorce, de peinture blanche et se +ceignent la tête de branches; elles se réunissent aux femmes du pays et +aux parentes du défunt, qui, également peintes en blanc, transportent le +mort auprès d'un ruisseau pour procéder à la toilette mortuaire en lui +faisant des ablutions. Cette cérémonie dure environ trois heures. Puis +le défunt est ramené chez lui où il est embaumé. Les parfums en usage +sont mélangés à différentes couleurs avec lesquelles chaque femme +agrémente, suivant son caprice, les diverses parties du corps de +l'époux. + +Les funérailles ne prennent fin que cinq jours plus tard, paraît-il. Les +autres cérémonies nous ont été complètement cachées. Pourquoi? + +Au dire de mon boy Allou, un chef de cette importance ne peut s'en aller +seul en terre. Il faut lui donner des compagnes et pour cela, dans la +tombe, on précipite, décapitées, quelques épouses par trop fidèles. Sur +ce sujet il m'a, d'ailleurs, été impossible de me renseigner, car le 3 +mars, je reçus l'ordre de partir pour Bettié où notre convoi de vivres +était toujours en détresse. + +[Illustration: Toilette et embaumement du défunt.--D'après une +photographie.] + +De Mopé à Bettié, il y a trois jours de marche. Afin de gagner du temps, +je doublais les étapes, espérant faire la route en deux jours, si +possible. Le lendemain au soir, le lieutenant Macaire et moi nous étions +les hôtes de Bénié Coamé, roi de Bettié et autres lieux. Le palais où +nous sommes reçus n'est pas royal; construit en planches, il possède une +toiture en tôle aux ouvertures innombrables. + +Politique et commerçant, Bénié a su profiter de ses relations avec les +premiers explorateurs qui ont été ses hôtes. Puissant par lui-même et +devenu l'ami de la France, il a su, par son commerce, accroître encore +son influence. Bettié, sa capitale, était d'ailleurs très bien placée, +tous les produits du Nord passant par ce point pour descendre par le +Comoé. À chaque colis, une légère redevance est perçue par Sa Majesté +qui, de cette façon, s'enrichit chaque jour. + +Bénié fait venir de France ce qu'il voit, tout ce qui lui plaît. Sa +maison n'est qu'un grand bazar: boîtes à musique, fusils, etc. Il a +beaucoup de femmes, plus d'enfants encore. C'est un grand roi. + +Chaque jour il fait palabre et son plus grand plaisir est, en compagnie +du chef de poste, représentant du Gouvernement français, de présider une +fête en costume de riche musulman ou de colonel d'artillerie. + +[Illustration: Jeune femme et jeune fille de Mopé.--D'après une +photographie.] + +De nombreuses caisses de vivres pour la Mission se trouvaient déjà +réunies au poste de Bettié; mais il y en avait encore beaucoup à +Malamalasso. Le roi Bénié, qui était chargé de les faire transporter par +ses sujets, me répondit qu'il faisait son possible, mais qu'en ce moment +les Français devenaient bien exigeants. Ses voisins, les chefs attiés, +habitant le long du Comoé n'avaient jamais voulu nous obéir et nous ne +leur imposions pas de corvées: ils vivaient en paix. Lui avait fait un +traité avec nous, lors du passage de son ami Binger, et depuis lors, +c'étaient tous les jours des corvées, des plaintes, des amendes.... + +Il avait peut-être raison. Je ne le lui dis pas, et l'appelant grand +roi, lui fis comprendre que les honneurs devaient quelquefois se payer, +et qu'en tout cas, je comptais sur lui pour me fournir les trois cents +porteurs dont j'avais besoin.--Impossible. Il devait monter les vivres +pour les troupes de l'Undénié, fournir des travailleurs pour la +construction du télégraphe, etc.... + +Je décidai donc d'aller moi-même m'occuper du transport des dernières +charges délaissées. + +Malamalasso est le point extrême de la navigation du Comoé pour les +pirogues qui y déchargent leur contenu. Les charges sont transportées +par terre de Malamalasso à Daboissué, et de là, elles reprennent la voie +fluviale jusqu'à Bettié. Accompagné du fidèle Allou, je quittai Bettié +un beau matin, et descendis le fleuve jusqu'à Daboissué. De là, une +route magnifique devait nous conduire, le soir, à Aponokrou, et le +lendemain à midi, à Malamalasso. + +Après un déjeuner sommaire à Daboissué, nous nous mîmes en route sous un +soleil de feu. Un orage était imminent et rendait la marche fatigante. + +Le chemin avait dû être excellent autrefois et ombragé, si j'en jugeais +par les arbres nombreux et touffus qui encombraient le sentier. On +installait le fil télégraphique qui doit relier les postes du nord de la +Côte d'Ivoire à Grand-Bassam et pour cela, il fallait abattre, sur une +largeur de 20 à 30 mètres, tous les arbres que l'on ne conservait pas +pour supporter le fil. J'arrivais un peu trop tard. + +De midi à huit heures du soir, heure à laquelle je parviens exténué à +Aponokrou, il nous faut escalader des branches, ramper sous des troncs, +passer en pleine brousse; à chaque pas, il y a un obstacle à franchir. +On s'énerve, on s'impatiente, mais inutilement. Une pluie silencieuse +nous surprend au milieu de cette étape fatigante, et c'est pour nous un +soulagement de recevoir cette douche bienfaisante. + +[Illustration: Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à +Daboissué. D'après une photographie.] + +Dans la case sous laquelle je m'abrite, je puis espérer prendre un repos +bien mérité, mais je suis à peine au lit que les rats se lèvent et +courent de tous côtés, les moustiques volent et piquent, pendant qu'au +dehors des crapauds, à la voix puissante, font un charivari énorme, +alternant avec les porteurs qui se battent, racontent des histoires +interminables jusqu'au matin, ou jouent, sur une flûte à deux trous, le +même air pendant toute la nuit. + +Au matin je me lève et reprends la marche pour arriver à Malamalasso +avant déjeuner. Ce n'est pas un village: un simple point de débarquement +et de transit. Quelques cases y servent d'abris pour les porteurs qui +n'y font que passer, prennent leur charge et s'en vont. Mais que la +nature y est jolie et que l'on est récompensé des fatigues du voyage, +quand, du haut des roches de Malamalasso, on peut admirer le Comoé +coulant au milieu d'une forêt splendide, au sortir des défilés énormes +où les chutes succèdent aux rapides infranchissables, empêchant toute +navigation! + +Le Mala-Mala, un ruisseau qui se jette dans le Comoé, vient ajouter le +bruit sonore de sa cascade aux sourds roulements du fleuve. + +Le paysage est enchanteur et repose le voyageur qui, depuis plusieurs +mois, ne connaît que les sentiers de rocailles et d'humus, sous une +voûte qu'aucun rayon de soleil ne vient égayer. Mais il faut partir, et +le retour à Bettié n'est que le signal de mon prochain départ pour +rejoindre la Mission. + +La disette n'a fait que s'accentuer à Mopé; aussi, dès que les études et +levers seront terminés, le commandant donnera l'ordre de redescendre +vers Grand-Bassam. Je dois quitter Bettié le plus tôt possible avec le +convoi de vivres et rejoindre la Mission à Adokoï. Pendant mon absence +de Mopé, le capitaine Crosson-Duplessis a parcouru le Morénou, et le +capitaine Thomasset vient de pousser une pointe vers le Baoulé et doit +aller, si possible, jusqu'au N'zi. + +[Illustration: Bénié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de +ses femmes et de ses hauts dignitaires.--D'après une photographie.] + +Tels sont les renseignements que me donne une lettre parvenue à Bettié. +J'explique au roi la situation et lui demande, pour le lendemain, trois +cents porteurs. L'annonce d'un cadeau digne d'un roi de son importance +décide Sa Majesté qui, le lendemain, à l'heure convenue, tient à +assister au départ du convoi. + +Les indigènes de Bettié, de race agni, sont les ennemis des Attiés; ils +devaient donc me porter les charges jusqu'au premier village attié, et +de là, revenir chez eux. Ce même soir nous y couchions; mon boy Allou et +moi, nous étions les seuls gardes de tout le convoi. + +Le lendemain, dès quatre heures du matin, sur la grande place du village +de Kong, je faisais palabre avec le chef, espérant pouvoir partir vers +six heures, et, à marche forcée, me rendre à Adokoï, lieu de rendez-vous +avec le reste de la Mission. + +«Il faut trois jours pour aller à Adokoï», me traduisait Allou; le chef +fournira les porteurs pour trois pièces blanches (3 francs) par jour.» + +Nous discutons longuement: le prix fait est de deux pièces. Je me hâte, +et aux yeux des habitants, puise dans la caisse à argent le nécessaire +pour placer sur chaque charge les 2 francs promis. Quand tout est +terminé, je donne le signal du départ. Personne ne bouge. «Ils ne +veulent pas», me dit Allou. Je ne le voyais que trop. + +Le soleil était déjà haut dans le ciel. Exaspéré de ce refus et de ce +nouveau retard, je bouscule le chef. À l'instant, la place est déserte, +les femmes rentrent chez elles et quelques guerriers ont déjà le fusil à +la main. Allou tourne vers moi des yeux résignés, il se croit à son +dernier jour. + +Je ne pouvais penser à imposer ma volonté. Allou fut dépêché de nouveau +au chef, lui apportant un cadeau. + +Il était onze heures, l'heure du déjeuner. L'appétit avait disparu, et +courant à la suite de nos trois cents porteurs, Allou et moi, nous +disions que le dîner du soir serait bien accueilli. + +Le soir à huit heures, nous arrivons sur les bords de la rivière Mé. Le +campement fut établi dans une île de sable, au milieu du lit presque à +sec de la rivière, et un lourd sommeil réparateur nous faisait oublier +les fatigues et les émotions de la journée. La nuit était calme et +douce, rien ne vint troubler notre repos. + +Sans attendre le lever du soleil, nous reprenons notre marche précipitée +que venaient retarder des obstacles de tout genre. Sur la rive droite de +la rivière Mé, le sentier n'existait plus: de tous côtés, sur plus d'un +kilomètre, le sol avait été défoncé pour la recherche de l'or, et +quelques puits, d'une profondeur de 4 à 5 mètres, témoignaient d'un +travail récent au milieu des nombreuses fosses creusées par les +générations précédentes. + +Demander à mes porteurs des renseignements sur la richesse en or de ce +terrain était inutile. Je n'en aurais obtenu aucune réponse: la +recherche de l'or est fétiche. On ne peut y travailler à sa volonté, ni +même en parler librement. + +D'ailleurs, le temps n'était pas aux palabres, et il nous fallait +continuer notre marche ou plutôt notre course jusqu'à Adokoï. Nous y +arrivons, le soir, à la nuit tombante. + +Au campement, j'apprenais le départ de Mopé, départ pris par les +indigènes pour une fuite déguisée, et la perte de plusieurs de nos +cantines de voyage. Dans ce cas, perte pourrait signifier vol. Ces +cantines en métal avaient excité les désirs du chef Séka qui, à +différentes reprises, n'avait pu cacher son admiration pour notre +mobilier peu luxueux cependant. Séka fournit les porteurs nécessaires, +mais à l'arrivée à Adokoï, le commandant constatait la disparition du +convoi des cantines si enviées. + +Immédiatement, pendant la nuit, des tirailleurs repartaient pour Mopé, +entraient dans le domicile privé de Séka qui, fort surpris de l'arrivée +inopinée de notre force armée (il nous croyait en fuite), s'excusa +humblement de ce retard, bien involontaire, dans le transport des +bagages. + +Dans la matinée, cantines et tirailleurs étaient de retour à Adokoï. + +D'autre part, je constatais un vol assez important d'argent commis +pendant le transport de mes charges de Kong à Adokoï. Nous ne pouvions +songer à punir les voleurs déjà rentrés dans leurs villages. De plus, le +vieux chef Leliépi, toujours dévoué, nous apprenait que les tam-tam de +guerre résonnaient dans tout l'Attié contre nous. «Nous revenions sur +nos pas, disait-on, nous avions donc peur d'avancer», et tous se +préparaient à nous attaquer. + +[Illustration: Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. +D'après une photographie.] + +La Mission pouvait, d'un jour à l'autre, se terminer à coups de fusil. +Le plus sage était de redescendre au plus vite à Grand-Bassam, puisque +rien ne nous retenait plus dans l'Attié. + +Rapidement, et sans arrêt, nous repassions par les mêmes villages, les +mêmes sentiers qu'à l'aller, ayant cependant, quelquefois, une certaine +difficulté à reconnaître la route déjà suivie. Les pluies quotidiennes +avaient fait, du pays, un vaste marécage, et les ruisseaux, desséchés, +s'étaient transformés en rivières, qu'il fallait traverser, ayant +souvent de l'eau par-dessus les épaules. + +Chaque jour, en pleine marche, c'est une nouvelle tornade. Brusquement, +il fait noir à n'y plus voir à deux pas, et le vent se lève pour devenir +d'une violence inouïe, jusqu'au moment où la pluie commence. Autour de +nous tombent, de tous côtés, des branches pourries, des débris de +lianes; on peut se faire écraser à tout instant. Aussi, les promenades +de ce genre ne sont pas du goût de nos porteurs. + +La pluie fait rage; les ruisseaux deviennent des fleuves. On en a +jusqu'au ventre, plus loin jusqu'aux aisselles; au dernier, il faut +nager. + +On en rit de bon coeur. D'ailleurs, rien à y faire; nous devons arriver +au campement pour déjeuner, et, par conséquent, faire bonne figure. Et +puis, comment ne pas rire en voyant les culbutes des amis? Sur la tête, +afin de ne pas trop les salir dans l'eau boueuse, on porte avec +précaution ses habits: veston, chemise. Les chaussettes et souliers sont +conservés pour ne pas se blesser dans l'eau, et le chapeau, pour éviter +les coups de soleil. Brusquement, le pied glisse, et tout va à la +rivière. + +[Illustration: La vallée du Comoé à Malamalasso.--D'après une +photographie.] + +C'est ce qui est arrivé à ma cantine, aux environs de Denguéra. Le +porteur s'est dérobé, et la malle a pris un bain d'un quart d'heure. +Quand je l'ai ouverte, tout baignait encore dans l'eau. + +Oh! si l'on pouvait imiter les noirs! Bien plus pratiques que nous, ils +serrent précieusement les trois fils qui leur servent d'habits, pour +s'en revêtir dès que l'orage a pris fin. Nous, trempés, grelottants, +nous attendons l'arrivée de nos cantines pour nous changer. Et, si l'on +campe dans un village, impossible de se soustraire, pendant la toilette +et le changement d'habits, aux regards curieux et étonnés de la +population tout entière. + +En pleine forêt, sur l'emplacement d'argile humide de notre ancien +campement, entre Denguéra et Memni, nous venions d'élever nos tentes, +quand, à la tombée de la nuit, de grands cris s'élèvent sur le chemin. + +Tout le camp est en éveil. À l'entrée du sentier, débouchent tout à coup +des tirailleurs, le fusil sur l'épaule. En un instant, ils sont +entourés, acclamés; on leur fait une réception enthousiaste: porteurs et +tirailleurs se précipitent vers les nouveaux arrivants qu'ils aident à +se décharger, leur enlevant leurs armes, leurs charges,... puis ce ne +sont que poignées de main, longues et vigoureuses, qu'étreintes +bruyantes. «Le capitaine, le capitaine!» crie-t-on de tous côtés. + +Cet heureux retour du capitaine Thomasset et de son escorte nous met en +joie, en nous faisant oublier l'inquiétude qui, chaque jour, grandissait +parmi nous, motivée par l'esprit belliqueux et surexcité des populations +que nous venions de quitter. + +À marches forcées, suivant le même chemin que nous, et sans avoir subi +la moindre attaque, le capitaine Thomasset avait traversé le pays attié +par Mopé, Adokoï, Kodioso, surprenant les indigènes par la rapidité de +sa course. Cette excursion jusqu'au N'zi avait pleinement réussi. En +effet, malgré l'hostilité des habitants, le capitaine était parvenu au +but qu'on lui avait assigné: se diriger vers le nord-ouest et +reconnaître cette rivière, affluent du Boudama. Il est vrai que ce +succès ne fut obtenu que par le courage et le sang-froid du chef de +l'expédition. + +Le passage lui fut refusé par le chef du dernier village qu'il fallait +traverser pour toucher à la rive du N'zi. Informé de cette décision, le +capitaine fait dire par son interprète que ses intentions sont +pacifiques, mais qu'il tient à continuer son chemin, et saura faire +usage de ses armes, si cette liberté ne lui est pas accordée. Pour toute +réponse, le chef garde prisonnier l'interprète. Le capitaine proteste de +nouveau et annonce que si à l'instant même son interprète ne lui est pas +rendu, il va donner l'assaut au village, qui sera détruit et brûlé. + +Intimidés, les indigènes expliquent qu'il y a malentendu, et que le +passage ne peut-être refusé à un blanc qui sait aussi bien commander. + +Le jour même, le N'zi était reconnu, et le retour s'effectuait +immédiatement dans la direction de Mopé, que le commandant Houdaille, +accompagné du reste de la Mission, venait de quitter, quelques jours +auparavant, pour redescendre vers Petit-Alépé. Ce retour du capitaine +Thomasset permettait d'augmenter le nombre des travailleurs et de mener +encore plus rapidement les travaux à effectuer en cours de route. +Certains points ont dû être étudiés à nouveau, et tout le long de la +tranchée principale faite à l'aller, de nombreuses percées transversales +avaient été exécutées et levées, donnant ainsi une connaissance exacte +du terrain avoisinant. + +Ce travail complémentaire, venant s'ajouter aux fatigues de la marche +quotidienne, ne laissait aucun loisir aux membres de la Mission, tant +Européens que tirailleurs et porteurs. Et quand, après une journée de +labeur incessant, nous attendions avec impatience le moment de nous +reposer sous la tente, dans ce même pays où, à l'aller, nous avions +peine à nous approvisionner, il nous était impossible, au retour, de +trouver un emplacement sec pour y installer notre campement. + +Par ces bains continuels, nos habits, complètement mouillés, tombaient +en lambeaux, et le soir, en pleine humidité, dans un campement où nous +ne pouvions nous réchauffer, nous sentions, aux fatigues de la journée, +s'ajouter des accès de fièvre paludéenne, contre laquelle la volonté +demeure impuissante. Chaque jour, nouvelles fatigues, nouvelles +privations, et toujours la fièvre revenait plus tenace. Heureusement, la +Mission touchait à sa fin. + +Encore deux jours.... Memni..., et le lendemain, après un voyage +effectué aussi rapidement que possible, nous arrivions enfin, le 4 +avril, à Petit-Alépé, heureux de saluer, en ce point, notre retour aux +pays civilisés, et pouvant, par ses ressources et ses communications +avec Grand-Bassam, nous faire oublier nos privations de la brousse. + +Oh! ces beaux jours passés à Petit-Alépé, pendant lesquels, oublieux des +fatigues supportées et déjà loin de nous, nous vivions des souvenirs de +la brousse, des bons et surtout des mauvais jours, entrevoyant déjà +notre retour à Bassam, et de là, en France! + + (_À suivre._) Dr LAMY. + +[Illustration: Tam-tam de guerre à Mopé.--D'après une photographie.] + +Droits de traduction et de reproduction réservés. + + + + + TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--8e LIV. Nº 8.--25 Février 1905. + +[Illustration: Piroguiers de la Côte d'Ivoire pagayant.--D'après une +photographie.] + + + + +SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE[2] + + [Note 2: _Suite. Voyez pages 61 et 73._] + +Par le Docteur LAMY + +_Médecin-major des troupes coloniales._ + + III. -- Rapports et résultats de la Mission. -- Valeur économique + de la Côte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. -- Supériorité de + la faune. + + +[Illustration: Allou, le boy du docteur Lamy. D'après une photographie.] + +Encore quelques jours de travail, et les plans et levés étaient +terminés; les rapports, dans lesquels se condensaient les travaux et les +résultats de la Mission, pouvaient être considérés comme achevés; les +résultats étaient des plus satisfaisants. + +Grâce à la prodigieuse activité du chef de Mission, qui sut distribuer à +chacun sa besogne selon ses aptitudes et tirer de tous le maximum +d'efforts, sans jamais dépasser les bornes de la résistance humaine, +plus de 700 kilomètres avaient été levés et venaient compléter la carte +de la Côte d'Ivoire, dont tout le pays attié était jusque-là tout à fait +inconnu. De ces 700 kilomètres, une grande partie en avait été chaînée +et étudiée de façon à établir un avant-projet de chemin de fer. Quant à +l'itinéraire Petit-Alépé-Mopé (106 kilomètres), il avait été +complètement levé à la planchette et piqueté. Entre ces deux points, une +tranchée continue, de 3 mètres de largeur, avait été faite en pleine +forêt à la hache et au coupe-coupe, et des reconnaissances +transversales, exécutées tout le long de cette tranchée, avaient permis +de connaître suffisamment le terrain pour que l'établissement immédiat +de la voie ferrée fût possible. + +Le terrain de la Côte d'Ivoire présente une telle uniformité de +constitution et d'ondulation que, des études précises faites sur +l'itinéraire Alépé-Mopé, il était facile de tirer des conclusions +identiques pour les tracés du capitaine Thomasset vers le N'zi, et du +capitaine Crosson-Duplessis, dans le Morénou. + +Ce dernier, pendant le séjour de la Mission à Mopé, avait complètement +exploré le Morénou, établi d'excellentes relations avec les chefs du +pays, et, sans être inquiété, reconnu certains points du cours supérieur +du Comoé. + +De ces différents rapports résultait la possibilité de l'établissement +de la voie ferrée à des prix peu élevés, tout d'abord jusqu'à Mopé, puis +avec prolongement vers le Baoulé jusqu'au N'zi et embranchement dans le +Morénou avec prolongement éventuel sur Kouq. + +Une autre solution par Grand-Alépé et Abidjean permettait l'accès du +chemin de fer jusqu'à la lagune, ou plutôt au port de Petit-Bassam. Le +capitaine Crosson-Duplessis avait, en effet, su étudier la possibilité +de la création d'un port dans la baie d'Abidjean et obtenu des résultats +précis et satisfaisants. Le trou sans fond, qui est connu depuis +longtemps pour exister devant le rivage de Petit-Bassam, où la barre ne +se produit pas, semble avoir une prolongation dans la lagune, derrière +l'île Boulay. Grâce aux fonds reconnus de 10 à 16 mètres, le port +naturel, existant déjà sur 800 mètres de largeur et 4 kilomètres de +longueur, serait rendu accessible aux navires venant du large, après le +percement de la langue de sable de 800 mètres qui sépare la mer de la +lagune et sur laquelle est bâti Petit-Bassam. Après l'établissement des +quais nécessaires, la ville pourrait être construite sur les hauteurs de +30 à 40 mètres, qui entourent et dominent le fond de la baie d'Abidjean. + +À ces diverses études, faisaient suite les rapports du capitaine +Crosson-Duplessis sur l'ethnographie des pays parcourus, du capitaine +Thomasset sur la géologie, et du lieutenant Macaire sur la création +d'une usine électrique de 700 à 2 000 chevaux à Malamalasso, en se +servant des chutes du Mala-Mala d'abord, puis même du Comoé. + +[Illustration: La forêt tropicale à la Côte d'Ivoire.--D'après une +photographie.] + +Le lieutenant Macaire avait également étudié la richesse forestière du +pays attié, au point de vue de la valeur des bois pour le commerce et +l'industrie; il en rapportait divers échantillons pour les faire essayer +en France. + +Quant à moi, j'avais joint à mon rapport médical, sur l'état sanitaire +du détachement, quelques notes sur la climatologie, la flore et la faune +du pays[3]. + + [Note 3: Il m'a été donné d'observer très fréquemment dans + la forêt, surtout aux environs de Adokoï, Mopé, l'affection + déjà signalée sous le nom de «goundou ou anakhré», par le Dr + Maclaud. Le malade qui en est atteint présente une tumeur + osseuse de chaque côté de la racine du nez; cette tumeur, + augmentant peu à peu de volume, en arrive à obstruer + quelquefois la vision. L'origine et la cause de cette + affection sont encore inconnues des indigènes, qui ne + paraissent pas la redouter et se contentent d'en rire.] + +Au point de vue médical, mon service avait été peu chargé pendant la +Mission; je n'avais eu à m'occuper que de quelques cas légers de fièvre +paludéenne, de dysenterie. Ma principale occupation journalière +consistait dans les pansements de nombreuses plaies ulcérées de nos +porteurs et de nos tirailleurs. + +Dans mes loisirs, j'avais pu faire quelques observations météorologiques +en mettant en usage, quand cela m'était possible, les appareils +enregistreurs que nous possédions. C'est ainsi que j'avais constaté dans +la température de la forêt un abaissement de trois à quatre degrés sur +les températures observées près de la côte et des lieux découverts; les +maxima ayant toujours varié entre 28 et 31 et les minima entre 20 et 22 +degrés. + +Par contre, l'humidité déjà très grande à la Côte d'Ivoire (il y tombe +une hauteur d'eau de 2m70 par an) se trouve dans la forêt encore +considérablement augmentée. Nous avons passé tout notre séjour dans la +brousse, au milieu, d'une atmosphère saturée d'humidité, si bien qu'il +nous a été impossible de reconnaître les saisons sèches et pluvieuses +observées à la Côte. Sous la forêt, il pleut toute l'année; la quantité +seule diffère, mais on peut dire que d'avril à juillet les pluies sont +continuelles. Les tornades journalières, pendant ces mois, sont +généralement amenées par le vent du nord. Celles qui succèdent au vent +du sud-ouest, qui est le vent régnant généralement sur la forêt, sont +moins fréquentes, et surtout moins violentes; pendant toute la durée de +la pluie, il se produit une baisse de 5 ou 6 degrés dans la température. + +[Illustration: Le débitage des arbres.--D'après une photographie.] + +Aux environs de Denguéra, j'avais constaté, du 11 au 25 janvier, un +abaissement anormal de la température, surtout au matin. Il faisait +froid, et le thermomètre marquait 15 degrés. L'hermâttan, vent froid et +sec, venant du nord-est du Sahara, se faisait sentir à ce moment dans la +forêt avant d'arriver à la Côte, où il souffle régulièrement tous les +ans à la même époque. + +Cette humidité, chaude et constante à la Côte d'Ivoire, donne à la +végétation une activité sans égale. Aussi les indigènes ne +s'adonnent-ils que fort peu à la culture, la nature leur fournissant, +avec prodigalité, les aliments nécessaires. + +Dans leurs champs, situés généralement à 2 ou 3 kilomètres de leurs +villages, ils cultivent surtout des bananiers aux fruits gros et peu +sucrés, qu'ils cuisent et écrasent pour préparer le «foutou»: c'est la +base de leur nourriture. Les ignames et le manioc ne sont conservés que +comme réserves pour les temps de disette et de guerre ou pour les jours +de marche. + +Dans leurs plantations poussent encore quelques papayers, des ricins, +des piments, des tomates sauvages. Autour des villages, il n'est pas +rare de rencontrer des citronniers, des manguiers sauvages. Des arbres à +noix de kola blanche ou rouge existent souvent au centre des habitations +ou auprès de l'arbre à palabres du village; ils sont considérés comme +fétiches. Beaucoup de villages sont entourés d'une ceinture de cocotiers +plantés entre les cases et la brousse. Les clôtures des maisons, les +portes fétiches, sont souvent formées par des ricins, des pourghères, +dont les graines purgatives sont connues des indigènes. + +Sur les bords des lagunes et des fleuves surtout, et quelquefois tout +autour des villages, des plantations, la forêt fait place à une autre +forêt de palmiers d'espèces variées, parmi lesquelles domine le palmier +à huile. C'est une des richesses du pays, et les produits, amandes et +huile, qu'en retirent les indigènes, sont l'objet d'un commerce très +important. D'autres palmiers servent à préparer le vin de palme, boisson +fermentée qui est absorbée à l'occasion des fêtes et réjouissances: +c'est le «n'zan» des Agnis, le «n'raufi» des Attiés. + +Les Attiés savent filer, tisser le coton, qu'ils recueillent sur les +cotonniers de petite taille cultivés près de leurs villages ou dans +leurs plantations. Ils en obtiennent des pièces d'étoffe, larges de 30 +centimètres environ, auxquelles ils donnent une teinte bleue, en se +servant d'une décoction de plants d'indigo qui existent, mais en petite +quantité, dans certains villages. Ce sont ces étoffes dont ils font +leurs ceintures. + +Dans la forêt, les arbres sont d'essences nombreuses et variées; on y +trouve l'acajou et beaucoup d'autres arbres à bois dur; les baobabs y +sont fréquents. Les lianes à caoutchouc (landolphia) s'y rencontrent en +assez grand nombre, mais elles ne sont pas exploitées par les indigènes. +Le caoutchouc, qui, en petite quantité, provient de l'Attié, serait +retiré des nombreuses espèces de ficus qui se trouvent dans le pays; il +est de bonne qualité et ne contient que peu d'impuretés. À la Côte, il +se présente sous l'aspect de boules, facilement différenciées des pains +énormes qui descendent de l'Undénié et des galettes produites sur les +bords des lagunes. Les fromayers et les caïlcédra, nombreux dans la +forêt, surtout sur les bords des fleuves et des lagunes, sont d'une +grande utilité aux indigènes; c'est, en effet, dans les troncs de ces +arbres qu'ils creusent leurs pirogues. + +Comme on le voit, le pays attié est d'une richesse surprenante en +variétés d'arbres et de plantes et en valeur d'essences ou de produits +commerciaux. Par contre, on est étonné d'y rencontrer aussi peu +d'animaux. + +Dans les villages, ce sont des boeufs rares et de petite taille, des +chèvres, des poulets, etc. Dans la forêt, de nombreux papillons, aux +couleurs éclatantes, et des reptiles, des insectes encore plus nombreux. + +On croirait la brousse inhabitée si quelques oiseaux ne venaient, par +leurs cris, annoncer leur présence au sommet des arbres les plus élevés, +surtout le long des fleuves; des aigles pêcheurs, au blanc plumage, des +toucans au long bec, des vautours, des martins-pêcheurs, etc. Près des +plantations, ce sont des pigeons, des tourterelles, des perroquets verts +et gris, etc. + +Et cependant les panthères, léopards, chats-tigres, belettes, civettes, +existent dans la forêt; les indigènes les connaissent, portent les dents +de ces carnassiers en colliers autour du cou et m'en ont montré des +traces. Il en est de même pour l'éléphant: une seule fois, j'ai suivi le +passage d'une troupe de ces animaux qui ne doivent pas être nombreux, je +crois, dans l'Attié. Les défenses que possèdent les indigènes sont rares +et petites. Il est vrai que cette rareté de l'ivoire dans le pays +pourrait tout aussi bien provenir du petit nombre d'éléphants que du +danger de cette chasse pour des noirs mal armés, et craignant +d'affronter des animaux aussi redoutables. D'après les indigènes, +l'hippopotame existerait en certains points inaccessibles du Comoé et du +N'zi; nous n'en avons jamais vu. + +[Illustration: Les lianes sur la rive du Comoé.--D'après une +photographie.] + +Il est digne de remarque que, pendant notre séjour en pleine forêt, nous +n'ayons rencontré aucun de ces animaux, ni sanglier, ni biche, ni +antilope dont j'ai cependant relevé plusieurs fois les traces. + +Si les oiseaux paraissent rares et se perchent, hors du regard, sur la +cime des arbres, des singes d'espèces nombreuses et variées emplissent +la forêt de leurs ébats. J'ai pu reconnaître sept espèces différentes +déjà signalées par Binger sous les noms agnis: kouamé (le cynocéphale), +tié, adéré, foé, assibé, koumo, fah lié. Les Attiés, qui les prennent au +piège, en font leur nourriture sans se soucier de la valeur de certaines +de leurs fourrures, qui seraient estimées pour les foé, tié, pah-lié. +Aussi nombreux que les singes, courent, de tous côtés, le long des +lianes et des broussailles, des rats palmistes, des écureuils, etc. Un +bruissement continuel semble animer ces immenses solitudes.... + +Car la forêt paraît être surtout le domaine des reptiles et des +insectes; ils y pullulent: lézards, iguanes, caméléons et serpents. Les +caïmans, très peu nombreux, de petite taille, sont fétiches dans tout +l'Attié, et il est défendu de les tuer. Il est à craindre que, de cette +façon, leur nombre n'augmente rapidement. + +[Illustration: Les occupations les plus fréquentes au village: +discussions et farniente attié.--D'après une photographie.] + +Pour une autre raison, la crainte, les serpents venimeux, eux aussi, ne +sont pas détruits. Les Attiés ont la terreur de ces reptiles poussée au +plus haut degré; la vue d'un serpent, même mort, les met en fuite. + +La vipère cornue, de la famille des Cérastes, très commune, est d'autant +plus dangereuse que sa couleur grise lui permet de passer plus +facilement inaperçue. Sa longueur est de 2 mètres. Elle est surtout +reconnaissable à sa tête triangulaire, présentant, au centre, une tache +noirâtre de même forme, et six petites cornes placées sur deux rangées, +en avant des yeux. Les crochets venimeux sont au nombre de deux, +mobiles, et généralement très allongés. + +Une seule fois, j'ai observé un autre serpent venimeux, un crotale, de +couleur verte, au corps plus fin que le précédent, mais de même taille. +Les crochets étaient fixés à la mâchoire supérieure. + +Plus grand, plus robuste, mais beaucoup moins dangereux, était l'énorme +boa qu'à notre retour à Memni nous présentèrent les indigènes. Il avait +8 mètres de longueur et il fallait deux hommes pour le porter. On peut +juger du nombre de «foutous» et de sauces diverses qu'il servit à +préparer. + +Les insectes que j'ai observés sont des sauterelles, criquets, grillons, +cigales, des termites relativement rares et construisant des termitières +de petit volume. Dans la brousse se rencontrent des taons, des guêpes, +dont le voisinage est toujours désagréable. Une petite espèce d'abeilles +produit du miel que les noirs recueillent et paraissent estimer. + +Les moustiques, très rares au centre de la forêt, pullulent sur les +bords du fleuve et des lagunes. N'ayant pu, faute de loisirs, en étudier +les diverses variétés, il m'est impossible de préciser la relation qu'il +y a eu entre leur présence, leur absence et les accès de fièvre +paludéenne constatés. Cependant, en général, je puis dire que, dans la +forêt, les accès de fièvre ont été moins fréquents que sur la côte et +les bords des lagunes et des fleuves. À terre, sur l'humus, on ne voit +que fourmis rouges, magnans, fourmis cadavres à l'odeur écoeurante. Plus +dangereux et presque aussi fréquents sont les gros scorpions noirs +d'Afrique, les mygales, énormes araignées, dont les morsures sont +venimeuses. Une chenille couverte de piquants occasionna chez un de nos +sergents des accidents d'urticaire très douloureux. + +Quant aux poux de bois, argas, vivant dans la forêt, ils sont aussi +fréquents et malfaisants que les chiques répandues sur le sable du +rivage et dans les cases de la côte: ces insectes, argas et chiques, se +logent sous l'épiderme, provoquent des démangeaisons insupportables et +occasionnent souvent des plaies s'ulcérant facilement. + + + IV. -- La fièvre jaune à Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. -- + Retour en France. + +Grâce aux nombreux bateaux à vapeur qui relient fréquemment la côte et +Petit-Alépé, il nous était facile de descendre à Grand-Bassam et je m'y +rendais environ une fois par semaine, afin d'acheter les vivres qui nous +étaient nécessaires. Cordialement accueilli par mes deux confrères, les +Drs Chaussade et Bailly, je passais la journée en leur compagnie et +reprenais ensuite le bateau qui devait me reconduire à Petit-Alépé avant +la nuit. + +Un jour, le chef de service, le Dr Chaussade, me fit part de quelques +cas curieux qui venaient de se produire dans le village indigène: des +noirs en excellente santé avaient été pris de fièvre brusquement. Leurs +ganglions avaient formé des bubons et, après quelques jours de maladie, +la mort était survenue. L'attention du docteur avait été attirée, non +par les indigènes eux-mêmes, qui, loin d'appeler le médecin, cachaient +plutôt les malades, mais par l'augmentation des décès au commencement du +mois d'avril. + +À la curiosité fit place une certaine inquiétude, quand, vers le 16, +j'appris, par hasard, que le nombre de morts allait en croissant +considérablement: c'était une véritable épidémie qui se déclarait, +d'autant plus grave que les indigènes n'avaient aucune hygiène et que +les cas, isolés jusque-là dans un seul quartier, étaient, en ce moment, +disséminés dans tout le village noir. + +Le vapeur, qui me conduisait, le 21 avril, à Bassam, manqua de charbon +en cours de route; il fallut chauffer au bois, et la nuit nous surprit +alors que nous étions encore sur le fleuve. À notre arrivée, je ne +pouvais me rendre chez mes confrères, l'heure étant trop avancée. +J'appris, d'ailleurs, que l'un d'eux était souffrant et préférai me +reposer au grand air, sur mon lit de camp, sous une vérandah. + +[Illustration: Un incendie à Grand Bassam.--D'après une photographie.] + +Aussi, le lendemain, levé avec le jour, j'errais près du marché, quand +un infirmier me vint dire qu'on m'appelait à l'hôpital. À pas lents, je +parcourais le boulevard Treich-Laplène, aux cocotiers naissants, quand +un Européen que je rencontrai me balbutia, l'émotion l'empêchant de +parler: «Docteur, si vous voulez voir le Dr Bailly en vie, allez vite à +l'hôpital!» + +J'arrivai trop tard. Le lendemain, les Européens de Grand-Bassam, +fonctionnaires et commerçants, accompagnaient à sa dernière demeure le +corps de ce pauvre camarade, mourant loin de sa famille, frappé +brusquement au troisième jour de sa maladie. Il n'était débarqué à +Bassam que depuis vingt-neuf jours! C'était son début dans la carrière. + +Deux jours plus tard, un télégramme du gouverneur de la colonie +parvenait à Petit-Alépé, adressé au commandant: «Docteur Létinois, mort +au champ d'honneur.»--Deux balles en pleine poitrine frappaient un autre +camarade, non plus, cette fois, à Grand-Bassam, mais à Tabou, dans la +région du Cavally où une colonne opérait contre les Tépos révoltés. +Décidément, le ciel de la Côte d'Ivoire était funeste à mes camarades et +il me tardait de quitter cette Afrique où, chaque jour, un nouveau deuil +nous déchirait le coeur. + +[Illustration: La danse indigène est caractérisée par des poses et des +gestes qui rappellent une pantomime.--D'après une photographie.] + +Au milieu de ces jours de tristesse et de mort, nous arrivait une +heureuse nouvelle: un de nos amis, un jeune commerçant, plein d'entrain +et confiant dans l'avenir, descendait le Comoé, et sitôt son arrivée à +Petit-Alépé, nous devions fêter son heureux retour. + +Le 29 avril, il y avait réception à Alépé, c'est-à-dire un grand dîner +où le nombre des plats rivalisait avec celui des vins. Le cuisinier noir +faisait montre de ses talents culinaires; le maître de maison tenait à +témoigner des richesses de sa cave. Il fallait, en effet, boire à la +santé de l'heureux arrivant, à celle de la Mission brillamment terminée, +aux absents (le commandant et le capitaine Crosson-Duplessis étaient à +Petit-Bassam) et surtout au prochain retour en France. Encore quinze +jours au plus! + +Il est minuit, et l'on songe enfin à se séparer, quand un coup de +sifflet retentit dans la nuit: c'est un bateau à vapeur. Immédiatement +nous sommes à l'appontement. On vient apporter des ordres de commerce +pour un de nos convives. Lentement, vers le village, nous remontons la +berge du fleuve pour nous rendre au camp. Un nouveau coup de sifflet +vient nous surprendre, nous voyons le reflet rouge des feux d'un vapeur +qui accoste au débarcadère. Petit-Alépé gagnait donc d'importance pour +voir ainsi, de nuit, aborder deux vapeurs. Quelle était la raison de +cette seconde arrivée? Une lettre du gouverneur au Dr Lamy: le Dr +Chaussade était gravement malade. Je devais me servir du même bateau, la +_Comète_, pour redescendre immédiatement à Bassam, assurer le service. +Mes cantines sont fermées et embarquées aussitôt. J'étais prêt à partir +et, sans différer, faisais mes adieux à mes amis. Un peu tristes les +adieux! Comme ceux que l'on fait quand on va vers l'inconnu et que cet +inconnu est des plus sombres. «À bientôt! crie-t-on de la berge quand le +bateau s'éloigne, bon voyage!»--Je réponds: «À bientôt!» tandis qu'au +fond du coeur, je me dis: «Non, c'est plutôt un adieu.» + +Cet inconnu, vers lequel je descends rapidement, poussé par le courant +et à toute vapeur, cet inconnu m'effraie, je l'avoue humblement. Un de +mes camarades est mort, il y a huit jours, l'autre est gravement malade. +De plus, j'apprends à bord qu'un directeur d'une factorerie est décédé +sur la plage au moment où il s'embarquait pour rentrer en France; de +nombreux cadavres de rats, me dit-on, ont été trouvés dans les magasins +de factoreries et dans les cases indigènes, etc. + +À cinq heures du matin, j'étais auprès de mon chef, le Dr Chaussade, qui +s'excusait de m'avoir fait déranger pour un simple accès de fièvre: il +se trouvait très bien. + +Vers huit heures, avant de quitter Grand-Bassam pour faire un voyage +d'un jour sur la lagune, le gouverneur et le commandant Houdaille +venaient prendre des nouvelles du malade. Il fut convenu que je +resterais pour assurer le service à Bassam pendant quelques jours et que +le Dr Chaussade irait en convalescence se remettre de ses fatigues, +auprès de la Mission, à Petit-Alépé. + +[Illustration: Une inondation à Grand-Bassam.--D'après une +photographie.] + +Cette décision ne devait pas avoir de suites (et ce fut le salut des +membres de la Mission) car, malheureusement, le mieux constaté dans +l'état du malade fut de courte durée. Le Dr Chaussade s'alitait à trois +heures du soir, très gravement atteint; la mort survenait au +commencement de la nuit. Quelles longues et cruelles heures pour un +médecin discutant sur son lit de mort, jusqu'au dernier soupir, la +maladie qui l'emporte, quand, à ces angoisses, s'ajoute le sentiment de +la responsabilité du devoir à accomplir! Ces situations terribles sont +rares, même aux colonies, d'un médecin se sentant mortellement atteint +d'un mal qu'il ignore, qu'il craint de nommer, car, il faut se hâter, si +c'est une épidémie qui débute, de prendre les mesures nécessaires pour +sauver ceux qui sont encore en vie. + +Le Dr Chaussade entrevit cela et, mourant, il murmurait: «Donnez des +ordres, je meurs de la peste!» + +[Illustration: Un campement sanitaire à Abidjean.--D'après une +photographie.] + +Avant midi, le lendemain, ce pauvre camarade reposait au cimetière, et +quand, à la même heure, le gouverneur, de retour à Grand-Bassam, +apprenait ce nouveau malheur, je me rendais, en toute hâte, auprès de +lui. On se trouvait en face d'une épidémie grave. La peste? C'était +probable chez les noirs, mais on ne pouvait l'affirmer pour les +Européens décédés. En tout cas, il fallait prendre des mesures +énergiques, communes à toute épidémie, et... attendre. L'attente ne fut +pas longue. Le jour même, l'infirmier était atteint; le jour suivant, de +nouveaux cas se déclaraient chez les Pères missionnaires, chez les +personnes ayant approché le dernier malade. Puis quatre ou cinq décès +successifs, pendant les premiers jours de mai, nous prouvaient que +l'épidémie existait bien et augmentait de violence. Cette fois, c'était +la fièvre jaune: les derniers cas ne permettaient plus aucun doute et +venaient éclairer le diagnostic resté incertain pour les premiers +malades. + +Grand-Bassam comptait environ soixante Européens, parmi lesquels cinq ou +six femmes, qu'il fallait éloigner rapidement du foyer de l'épidémie. +Des ordres sont donnés en ce sens. Quelques personnes dociles et +confiantes préfèrent s'exiler dans la brousse plutôt que de rester à la +côte. La vie ne devait certes pas être facile et agréable sur les bords +de la lagune, du Comoé; mais ne valait-il pas mieux, de cette façon, +éviter le fléau? Malheureusement, tous ne furent pas de cet avis. Les +vieux coloniaux, qui, depuis plusieurs années, fréquentaient les côtes +du golfe de Guinée, affirmaient avoir vu, tous les ans, à cette époque, +des cas de ce genre: «La fièvre bilieuse, bien connue et sans caractère +épidémique, devenait plus fréquente, plus meurtrière, à ce moment de +l'année, mais on ne pouvait l'appeler fièvre jaune», disaient ces +habitués de Grand-Bassam, heureux et fiers de pouvoir retirer de leur +ancienneté à la côte un peu de pratique et de connaissances médicales. +Ils ne se doutaient pas du mauvais conseil qu'ils donnaient à ceux qui, +trop nombreux, les écoutèrent. Il fallait partir, et très peu s'y +décidèrent. + +Pour beaucoup d'Européens, fonctionnaires ou commerçants, il était +difficile, je le sais, d'abandonner leur poste, leur factorerie; et ne +trouvaient-ils pas préférable de cacher l'existence de l'épidémie, dont +la révélation, une fois faite, devait amener l'arrêt complet du commerce +dans la colonie? + +«D'ailleurs, l'épidémie est-elle bien reconnue, bien confirmée?» +disaient-ils, et cette opinion prenait d'autant plus de force qu'elle +rassurait tout le monde et montrait l'inutilité des mesures radicales +qui allaient être prises. En effet, Grand-Bassam étant dépourvu d'étuve +et d'autres moyens de désinfection, on ne pouvait avoir recours qu'à +l'incendie pour arrêter, si possible, la contagion. Toute habitation +d'Européen ou de noir, où un décès s'était produit, devait être +immédiatement brûlée avec ce qu'elle contenait. + +Cette dernière mesure de rigueur fut mise immédiatement à exécution, non +sans provoquer de nombreuses difficultés, tant du côté des Européens que +du côté des indigènes. Pouvait-on croire pourtant que ces ordres avaient +été donnés sans réflexion? Oh! ces trop longues journées de Bassam et +ces nuits d'insomnie, plus longues encore, pendant lesquelles, depuis la +mort du Dr Chaussade, j'assumai les responsabilités d'un médecin-chef +d'une colonie, et cela au début d'une épidémie, sans un confrère, un +ami, auprès duquel j'aurais pu trouver un conseil, un appui[4]! Ces +longues journées, ces longues nuits, pendant lesquelles, allant de +malade en malade, je n'avais pas un moment de repos, ni pour le corps ni +pour l'esprit, qu'elles m'ont paru terribles et combien mes plus mauvais +jours, passés dans la brousse, me semblaient agréables auprès des +premières journées de mai 1899! + + [Note 4: Je ne puis cependant oublier les bons soins de M. + Vaillant, constructeur et directeur du warf de Grand-Bassam, + qui fut toujours pour moi un excellent ami.] + +J'étais seul, et ma croyance dans l'existence de la fièvre jaune n'était +pas partagée. Mais, chaque jour, c'était un nouveau décès, et l'épidémie +frappant par toute la ville, sans grâce ni merci, venait, hélas! me +donner raison. En dix jours, plus de douze décès sur une population de +quarante personnes. On se comptait! Il fallut bien croire à la fièvre +jaune le jour où ses plus acharnés adversaires succombèrent sous ses +coups. + +Alors, ce fut de l'affolement. Le jour, on se fuyait ou presque: dans +les rues, personne ne se promenait. La nuit, seul le bruit de la barre +s'entendait sourd et régulier; les noirs en oubliaient de faire tam-tam. +Je fus même menacé du fusil si je tentais d'approcher d'une maison: un +malade me faisait demander, mais, devant cette menace, je me gardai bien +d'avancer. + +Un soir, je rentrais chez moi, quand en passant boulevard +Treich-Laplène, j'entendis des chants joyeux au son d'un violon. Cette +gaieté faisait mal au milieu de cette désolation. On chantait, on +dansait pour s'étourdir. Cette nuit encore, le sommeil ne vint pas; mon +émotion était trop grande au souvenir de cette folle gaieté voulue pour +oublier les morts du matin, de la veille, ceux de demain. + +Cette même nuit devait, d'ailleurs, être agitée. Vers deux heures du +matin, un garde de police vint me prévenir que les indigènes étaient +soupçonnés de cacher leurs malades et de transporter leurs morts pendant +la nuit, de l'autre côté de la lagune. De cette façon, l'épidémie qui +sévissait sur eux paraissait en décroissance et semblait même terminée: +depuis quelques jours, il n'y avait eu aucune case d'incendiée. Le garde +de police venait, en pleine nuit, d'arrêter un enterrement et me priait +de constater l'état du cadavre. Immédiatement, je fais ouvrir le +cercueil et reconnais sur le défunt les symptômes déjà signalés +précédemment. L'épidémie faisait donc toujours des victimes chez les +noirs! + +Le jour même, cette constatation provoquait de nouveaux ordres de la +part du gouverneur. Le lendemain, tous les indigènes de Grand-Bassam, +drapeaux anglais et français en tête, conduits par des Apolloniens, se +rendaient en masse à l'hôtel du Gouvernement et sommaient le gouverneur +de revenir sur sa décision. On ne pouvait que s'incliner devant la +volonté du peuple aussi violemment manifestée; les tirailleurs étaient +absents de Grand-Bassam, et la police se trouvait insuffisante. Les +cases indigènes ne furent plus incendiées et, comme autrefois, les noirs +continuèrent d'inhumer les corps dans la maison même, habitée par le +défunt. + +[Illustration: Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée.--D'après +une photographie.] + +Les inhumations des Européens se faisaient dans le cimetière, sur la +grève, au bord de la mer, et le corps était placé entre deux lits de +chaux. Bientôt la chaux elle-même fit défaut. Quant aux enterrements, +ils n'existaient plus en tant que cérémonie. Personne n'accompagnait à +sa dernière demeure le corps d'un voisin, d'un ami, et le triste cortège +ne se composait que de quatre porteurs noirs. + +Le 13 mai au matin, il me fut impossible de me lever. J'avais des +courbatures dans tous les membres et un fort mal de tête. C'était un +violent accès de fièvre qui débutait ou plutôt la première atteinte de +ce mal qui n'avait pas encore pardonné. Sur quinze personnes frappées +avant moi, il y avait eu exactement quinze victimes. + +Je ne pouvais avoir l'espoir d'être épargné; aussi voulant mettre de +l'ordre dans mes papiers d'affaires, mes rapports de Mission et surtout +faire connaître mes dernières volontés, commençai-je par écrire quelques +lettres à ma famille d'abord, puis au commandant et au lieutenant +Macaire. + +[Illustration: Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de +fièvre jaune. D'après une photographie.] + +Cela n'alla pas sans quelques difficultés, car les idées erraient +confusément dans ma tête brûlante de fièvre, et ma volonté ne suffisait +plus à soutenir mes membres fatigués. Une douleur violente aux reins, le +coup de barre, me rendait tout mouvement impossible. Puis je songeai à +me soigner, indécis entre les médicaments de la Faculté et les remèdes +créoles sur lesquels je m'étais instruit longuement pendant mes jours +passés. J'associai les deux et peut-être fis-je bien. + +Le lendemain, la fièvre diminuait. Le troisième jour de ma maladie, tout +paraissait terminé et j'aurais pu dire comme mon confrère, le Dr +Chaussade, que je me sentais bien, si je n'avais connu, par une longue +et triste expérience, la façon de procéder de cette terrible maladie +qui, à la veille de la mort, vous donne l'espoir d'une erreur et l'oubli +du danger passé. + +Je ne pouvais m'abuser quand le soir de ce jour trompeur je sentis la +fièvre revenir. Une grande faiblesse m'envahissait. Je ne pus que dire +adieu à la vie et perdis connaissance. + +Quand je revins à moi, le lendemain matin, le soleil était déjà haut +dans le ciel. J'appelai mon boy. Allou ne me répondit pas, et depuis +lors, jamais je ne l'ai revu. Il m'avait été fidèle pendant mon séjour +dans la brousse, mais la crainte de la mort avait été trop forte pour +lui ou peut-être n'avait-il pas voulu être le seul témoin de mes +derniers moments. En tous cas, il était parti, et comme souvenir de son +ancien maître, avait emporté ma montre. Qu'il soit pardonné pour ses +bons services dans l'Attié! + +Pendant ma maladie, l'épidémie avait continué ses ravages, décimant les +Européens de Grand-Bassam. + +Aussi, à peine débarqué, le Dr Rimbert, venant du Dahomey, avait-il +songé à conduire loin de ce point infesté tous ceux que la mort avait +épargnés et qui voulaient bien abandonner leurs intérêts. Sur le vapeur +Binger, en leur compagnie, le Dr Rimbert était parti pour Bérély, où il +avait le bonheur de constater qu'aucun cas suspect n'avait éclaté parmi +eux. Ils étaient sauvés! + +D'autre part, le Dr Mondon venait d'arriver de France et prenait la +direction du Service de santé, ayant auprès de lui le Dr Germain, qui +s'était embarqué à Dakar pour la Côte d'Ivoire. + +Ma convalescence ne fut pas longue, et le 22 mai, je pouvais de nouveau +donner mes soins aux malades. Cette fois mon service s'était bien +simplifié. Tout d'abord je n'étais plus seul, mais, hélas! mes confrères +arrivaient un peu tard. Ils ne trouvaient plus à Bassam que les derniers +Européens qui s'entêtaient encore à y rester et devaient sans tarder +succomber presque tous: près de trente morts sur trente présents pendant +toute l'épidémie! Quelques autres, plus heureux, étaient guéris: trois +seulement et j'étais de ceux-là. + +Ah! ces détails que j'appris peu à peu en parcourant la ville désolée, +quand je questionnai les indigènes, les anciens boys, qu'ils furent +navrants et combien je me félicitai de n'y avoir pas assisté pendant que +la maladie me forçait à ne penser qu'à moi!... Un jeune homme préférant +s'alcooliser et buvant de l'absinthe à même la bouteille, afin de ne pas +se sentir mourir; cet autre, déjà frappé autrefois à la Havane, ne +pouvant croire à une nouvelle attaque et niant jusqu'à son dernier +soupir que la fièvre jaune lui donnât la mort. + +Pour ajouter à la terreur de ces jours désolés, la mer elle-même avait +cru devoir faire l'impossible. Un raz de marée formidable s'était formé +le long des côtes de Guinée; le warf en construction à Grand-Bassam +avait été fortement endommagé. Des vagues énormes avaient repoussé les +dunes de sable qui forment le rivage et s'étaient répandues dans la +ville de Bassam, inondant les rues, les cases indigènes, comblant les +mares si nombreuses qui, malheureusement pour l'hygiène, existaient de +tous côtés, près des habitations. Il avait fallu improviser des ponts, +des passages en pirogue. + +Le cimetière européen lui-même n'avait pas été respecté par la mer en +furie, et les cadavres des victimes de l'épidémie, auxquelles un juste +repos aurait pu être accordé, se trouvaient découverts par les flots +qu'un trop léger linceul de sable n'avait pu arrêter. + +Il ne me restait plus qu'à rejoindre mon poste, la Mission, qui se +trouvait en ce moment à Jackville. Sitôt que l'épidémie fut connue à +Petit-Alépé, le commandant, donnant une consigne sévère, avait +complètement isolé le camp pour éviter toute contagion. Puis, comme il +fallait penser au retour en France, la Mission s'était dirigée vers la +côte, sur Jackville, par le Comoé et la lagune, sans toucher à +Grand-Bassam. + +L'épidémie était terminée faute de nouvelles victimes, et je pouvais, le +8 juin, faire mes adieux à mes confrères avant de partir pour Abidjean, +sur la lagune, où je devais faire une quarantaine avant d'aller +rejoindre la Mission. Il me tardait, en effet, de revoir mes amis qui, à +plusieurs reprises, avaient perdu tout espoir de me ramener en France +avec eux. + +Les dix jours passés à Abidjean furent pour moi dix jours de privations +et de fatigues physiques. Les factoreries étaient fermées à la côte par +défaut de personnel; les indigènes des bords de la lagune sont +commerçants, mais pas hospitaliers; il était donc très difficile de se +nourrir. Une seule chose me soutenait: la volonté de revoir la France. + +Aussi, quel fut mon bonheur de recevoir, le 16, un mot du commandant qui +m'adressait une pirogue montée par des Jack-Jack, afin de me permettre +de le rejoindre avant l'arrivée probable du paquebot qui devait nous +transporter, le 18! + +J'étais prêt. Afin d'éviter de semer des germes de l'épidémie au milieu +de la Mission qui en avait été heureusement préservée jusque-là, j'avais +brûlé tout ce qui n'avait pas de valeur, mes habits, mon linge, et, par +de nombreux bains antiseptiques, nettoyé tout le reste de mon matériel. + +Le 18, j'étais à Jackville dans les bras de mes amis. Je n'oublierai +jamais la cordialité de leur réception et les bons soins dont j'ai été +comblé. Pour eux je revenais de loin, et il fallait, paraît-il, me +fortifier si je tenais à revoir la France. + +Dans la soirée, on crut apercevoir de la fumée au large de Jackville; la +nuit tombait et il fut impossible de se rendre compte exactement,... +puis au loin ce fut un feu. C'était le paquebot! Les beaux rêves que +nous faisions cette nuit-là dans notre pauvre lit de camp, auquel nous +allions dire adieu: c'était donc notre dernier sommeil sur la terre +d'Afrique, et demain le départ pour la France! + +Au matin, réveillés de bonne heure par la barre qui roulait à nos pieds +(le camp était établi sur le sable du rivage), nous regardions la mer au +loin, bien loin!... Pas de paquebot! et un télégramme nous apprenait de +Bassam que le courrier ne nous recevrait pas à bord, car tout le pays +était en quarantaine. + +Chaque jour ce fut une nouvelle attente, une nouvelle déception. + +Enfin, le 26 juin au matin, nous disions adieu à la Côte d'Ivoire, aux +lugubres souvenirs, et tout à la joie du retour, après une heureuse +traversée, nous débarquions à Marseille, le 15 juillet. + + Dr LAMY. + +[Illustration: Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène.--D'après une +photographie.] + +Droits de traduction et de reproduction réservés. + + + * * * * * + + +TABLE DES GRAVURES ET CARTES + + +L'ÉTÉ AU KACHMIR + +Par _Mme F. MICHEL_ + + + En «rickshaw» sur la route du mont Abou. + (D'après une photographie.) 1 + + L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1 + + Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou. + (D'après une photographie.) 2 + + Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias, + d'après une photographie.) 3 + + Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du + Djhilam. (D'après une photographie.) 4 + + «Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais + de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5 + + Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une + photographie.) 6 + + Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Mahârâdja à Srînagar. + (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7 + + L'entrée du Tchinar-Bâgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de + Srînagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du + Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7 + + Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8 + + Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen, + à Delhi.) 9 + + Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman. + (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10 + + La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula. + (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11 + + Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12 + + «Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne + et Shepherd, à Calcutta.) 13 + + Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de + Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13 + + Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un + vieux platane. (D'après une photographie.) 14 + + Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de + peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15 + + Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une + photographie.) 16 + + Troisième pont de Srînagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, + le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17 + + Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18 + + Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19 + + Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthân. + (D'après une photographie.) 20 + + Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à + Delhi.) 21 + + Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une + photographie.) 22 + + Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un + musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23 + + Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24 + + Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou. + (D'après une photographie.) 25 + + Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, + à Houtamourou, près de Bhavan. 25 + + Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26 + + Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27 + + Ver-Nâg: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une + photographie.) 28 + + Temple rustique de Voutanâr. (D'après une photographie.) 29 + + Autel du temple de Voutanâr et accessoires du culte. (D'après une + photographie.) 30 + + Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après + une photographie.) 31 + + Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31 + + Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au + déblaiement. (D'après une photographie.) 32 + + Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple. + (D'après des photographies.) 33 + + Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une + photographie.) 34 + + La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et + Shepherd, à Calcutta.) 35 + + Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar. + (D'après une photographie.) 36 + + Maisons de bois, à Palgâm. (Photographie Bourne et Shepherd, à + Calcutta.) 37 + + Palanquin et porteurs. 37 + + Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche + miraculeuse. (D'après une photographie.) 38 + + Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar + au-dessus de Palgâm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie + Jadu Kissen, à Delhi.) 39 + + Vallée d'Amarnâth: vue prise de la grotte. (D'après une + photographie.) 40 + + Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du + Mahâgounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41 + + Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et + Zodji-Pâl. (D'après une photographie.) 42 + + Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag. + (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43 + + Grotte d'Amarnâth. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43 + + Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une + photographie.) 44 + + Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45 + + Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46 + + Pèlerins d'Amarnâth: le Sâdhou de Patiala; par derrière, des + brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une + photographie.) 47 + + Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48 + + Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd, + à Calcutta.) 49 + + Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49 + + Le Brahma Sâr et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk. + (D'après une photographie.) 50 + + Lac Gangâbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu + Kissen, à Delhi.) 51 + + Le Noun-Kôl, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins. + (D'après une photographie.) 52 + + Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur + «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53 + + Temples ruinés à Vangâth. (D'après une photographie.) 54 + + «Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie + par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55 + + La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srînagar. (D'après + une photographie.) 56 + + Nishat-Bâgh et le bord oriental du lac de Srînagar. (Photographie + Jadu Kissen, à Delhi.) 57 + + Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58 + + La mosquée de Shah Hamadan à Srînagar (rive droite). (Photographie + Jadu Kissen, à Delhi.) 59 + + Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60 + + +SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE + +Par _le docteur LAMY_ + +_Médecin-major des troupes coloniales_. + + + La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force + pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61 + + Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur. + (D'après une photographie.) 61 + + «Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de + Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62 + + À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63 + + Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée. + (D'après une photographie.) 64 + + Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une + douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile + de palme. (D'après une photographie.) 65 + + Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne. + (D'après une photographie.) 66 + + Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé. + (D'après une photographie.) 67 + + La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une + photographie.) 68 + + Indigènes coupant un acajou. (D'après une photographie.) 69 + + La côte d'Ivoire.--Le pays Attié. 70 + + Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les + indigènes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lavée, + d'après une photographie.) 71 + + La rue principale de Grand-Alépé. (D'après une photographie.) 72 + + Les Trois Graces de Mopé (pays Attié). (D'après une + photographie.) 73 + + Femme du pays Attié portant son enfant en groupe. (D'après une + photographie.) 73 + + Une clairière près de Mopé. (D'après une photographie.) 74 + + La garnison de Mopé se porte à notre rencontre. (D'après une + photographie.) 75 + + Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de + cendres de peaux de bananes. (D'après une photographie.) 76 + + Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé. + (D'après une photographie.) 77 + + Toilette et embaumement du défunt. (D'après une photographie.) 78 + + Jeune femme et jeune fille de Mopé. (D'après une photographie.) 79 + + Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué. + (D'après une photographie.) 80 + + Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes + et de ses hauts dignitaires. (D'après une photographie.) 81 + + Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. (D'après + une photographie.) 82 + + La vallée du Comoé à Malamalasso. (D'après une photographie.) 83 + + Tam-tam de guerre à Mopé. (D'après une photographie.) 84 + + Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant. (D'après une + photographie.) 85 + + Allou, le boy du docteur Lamy. (D'après une photographie.) 85 + + La forêt tropicale à la côte d'Ivoire. (D'après une + photographie.) 86 + + Le débitage des arbres. (D'après une photographie.) 87 + + Les lianes sur la rive du Comoé. (D'après une photographie.) 88 + + Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et + farniente Attié. (D'après une photographie.) 89 + + Un incendie à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 90 + + La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes + qui rappellent une pantomime. (D'après une photographie.) 91 + + Une inondation à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 92 + + Un campement sanitaire à Abidjean. (D'après une photographie.) 93 + + Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée. (D'après une + photographie.) 94 + + Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune. + (D'après une photographie.) 95 + + Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène. (D'après une + photographie.) 96 + + +L'ÎLE D'ELBE + +Par _M. PAUL GRUYER_ + + + L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et + violâtre. 97 + + Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une + blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs. 97 + + Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100). 98 + + Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise, + trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots. 99 + + Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon + pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino. 100 + + Porto-Ferraio: la porte de mer, où aborda Napoléon. 101 + + La «teste» de Napoléon (page 100). 102 + + Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses façades + scintillantes de clarté (page 99). 103 + + Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un bleu + sombre leur profil anguleux (page 99). 103 + + La façade extérieure du «Palais» des Mulini où habitait Napoléon + à Porto-Ferraio (page 101). 104 + + Le jardin impérial et la terrasse de la maison des Mulini + (page 102). 105 + + La Via Napoleone, qui monte au «Palais» des Mulini. 106 + + La salle du conseil à Porto-Ferraio, avec le portrait de la + dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon, + d'après le tableau de Gérard. 107 + + La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec ses + volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire + l'empereur (page 101). 107 + + Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protège du + soleil. 108 + + Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte + Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur. 109 + + Un enfant elbois. 109 + + Marciana Alta et ses ruelles étroites. 110 + + Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du rivage et + ses embarcations tirées sur la grève. 111 + + Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte + Giove. 112 + + ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nuées + (page 111). 113 + + La «Seda di Napoleone» sur le Monte Giove où l'empereur + s'asseyait pour découvrir la Corse. 114 + + La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithéâtre de + rochers est entourée de sveltes cyprès (page 117). 115 + + Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et cubiques ont + l'air de dominos empilés... (page 118). 115 + + J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nuées. 116 + + Une des trois chambres de l'ermitage. 117 + + L'ermitage du Marciana où l'empereur reçut la visite de la + comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814. 117 + + Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille citadelle + espagnole (page 117). 118 + + La maison de Madame Mère à Marciana Alta.--«Bastia, signor!»--La + chapelle de la Madone sur le Monte Giove. 119 + + Le coucher du soleil sur le Monte Giove. 120 + + Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino. 121 + + L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du + temps.) 121 + + Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc, bande + orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées. 122 + + La salle de bains de San Martino a conservé sa baignoire de + pierre. 123 + + La chambre de Napoléon à San Martino. 123 + + La cour de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du + temps.) 124 + + Une femme du village de Marciana Alta. 125 + + Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques + représentant Napoléon et Marie-Louise. 126 + + San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes à + la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123). 126 + + Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant Napoléon sous la + figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète. 127 + + La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte avec ses + peintures murales et son bassin à sec. 127 + + Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napoléon + aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque + d'Ajaccio. 128 + + La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aïeule + portait à la cour des Mulini. 129 + + Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé en + souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de + Porto-Ferraio. 130 + + Le lit de Madame Mère, qu'elle s'était fait envoyer de Paris à + l'île d'Elbe. 130 + + Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo, + chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains + osseuses. 131 + + L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la flottille + impériale, le 26 février 1815. 132 + + +D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE + +Par _M. VICTOR CHAPOT_ + +_membre de l'École française d'Athènes_. + + + Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du + Ksar-el-Benat (page 142). (D'après une photographie.) 133 + + Le canal de Séleucie est, par endroits, un tunnel (page 140). 133 + + Vers le coude de l'Euphrate: la pensée de relever les traces de + vie antique a dicté l'itinéraire. 134 + + L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que + l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137). 135 + + Les rues d'Antioche sont étroites et tortueuses; parfois, au + milieu, se creuse en fossé. (D'après une photographie.) 136 + + Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'après une + photographie.) 137 + + Les crêtes des collines sont couronnées de chapelles ruinées + (page 142). 138 + + Alep est une ville militaire. (D'après une photographie.) 139 + + La citadelle d'Alep se détache des quartiers qui l'avoisinent + (page 143). (D'après une photographie.) 139 + + Les parois du canal de Séleucie s'élèvent jusqu'à 40 mètres. + (D'après une photographie.) 140 + + Les tombeaux de Séleucie s'étageaient sur le Kasios. (D'après + une photographie.) 141 + + À Alep une seule mosquée peut presque passer pour une oeuvre + d'art. (D'après une photographie.) 142 + + Tout alentour d'Alep la campagne est déserte. (D'après une + photographie.) 143 + + Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifié. 144 + + Balkis éveille, de loin et de haut, l'idée d'une taupinière + (page 147). (D'après une photographie.) 145 + + Stèle Hittite. L'artiste n'a exécuté qu'un premier ravalement + (page 148). 145 + + Église arménienne de Nisib; le plan en est masqué au dehors. + (D'après une photographie.) 146 + + Tell-Erfat est peuplé d'Yazides; on le reconnaît à la forme des + habitations. (D'après une photographie.) 147 + + La rive droite de l'Euphrate était couverte de stations romaines + et byzantines. (D'après une photographie.) 148 + + Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indéfiniment + (page 148). (D'après une photographie.) 149 + + Sérésat: village mixte d'Yazides et de Bédouins (page 146). + (D'après une photographie.) 150 + + Les Tcherkesses diffèrent des autres musulmans; sur leur personne, + pas de haillons (page 152). (D'après une photographie.) 151 + + Ras-el-Aïn. Deux jours se passent, mélancoliques, en négociations + (page 155). (D'après une photographie.) 152 + + J'ai laissé ma tente hors les murs devant Orfa. (D'après une + photographie.) 153 + + Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'après + une photographie.) 154 + + Vue générale d'Orfa. (D'après une photographie.) 155 + + Porte arabe à Rakka (page 152). (D'après une photographie.) 156 + + Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurés sont portés dans le + bac à force de bras (page 159). (D'après une photographie.) 157 + + Bédouin. (D'après une photographie.) 157 + + Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restées debout. + (D'après une photographie.) 158 + + Orfa: mosquée Ibrahim-Djami; les promeneurs flânent dans la cour + et devant la piscine (page 157). (D'après une photographie.) 159 + + Pont byzantin et arabe (page 159). (D'après une photographie.) 160 + + Mausolée d'Alif, orné d'une frise de têtes sculptées (page 160). + (D'après une photographie.) 161 + + Mausolée de Théodoret, selon la légende, près de Cyrrhus. + (D'après une photographie.) 162 + + Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taillée (page 165). + (D'après une photographie.) 163 + + L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit + corps de légionnaires romains (page 160). (D'après une + photographie.) 163 + + Trappe de Checkhlé: un grand édifice en pierres a remplacé les + premières habitations (page 166). 164 + + Trappe de Checkhlé: la chapelle (page 166). (D'après une + photographie.) 165 + + Père Maronite (page 168). (D'après une photographie.) 166 + + Acbès est situé au fond d'un grand cirque montagneux (page 166). + (D'après une photographie.) 167 + + Trappe de Checkhlé: premières habitations des trappistes + (page 166). (D'après une photographie.) 168 + + +LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES + +Par _M. RAYMOND BEL_ + + + Indigènes hébridais de l'île de Spiritu-Santo. (D'après une + photographie.) 169 + + Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'après une + photographie.) 169 + + Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté. (D'après + une photographie.) 170 + + Une case de l'île de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'après + une photographie.) 171 + + Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté, présente + une rade magnifique. (D'après une photographie.) 172 + + C'est à Port-Vila ou Franceville, dans l'île Vaté, que la France + a un résident. (D'après une photographie.) 173 + + Dieux indigènes ou Tabous. (D'après une photographie.) 174 + + Les indigènes hébridais de l'île Mallicolo ont un costume et + une physionomie moins sauvages que ceux de l'île Pentecôte. + (D'après des photographies.) 175 + + Pirogues de l'île Vao. (D'après une photographie.) 176 + + Indigènes employés au service d'un bateau. (D'après une + photographie.) 177 + + Un sous-bois dans l'île de Spiritu-Santo. (D'après une + photographie.) 178 + + Un banquet de Français à Port-Vila (Franceville). (D'après + une photographie.) 179 + + La colonie française de Port-Vila (Franceville). (D'après + une photographie.) 179 + + La rivière de Luganville. (D'après une photographie.) 180 + + +LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE + +Par _M. ALBERT THOMAS_ + + + Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba + (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 181 + + La reine des cloches «Tsar Kolokol» (page 180). (D'après une + photographie de M. Thiébeaux.) 181 + + Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files + dans les rues de Moscou (page 183). 182 + + Les paysannes en pèlerinage arrivées enfin à Moscou, la cité + sainte (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 183 + + Une chapelle où les passants entrent adorer les icônes + (page 183). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 184 + + La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se découvrir + (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 185 + + Une porte du Kreml (page 185). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 186 + + Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui + entourent la cité sainte (page 185). (D'après une photographie + de M. J. Cahen.) 187 + + Deux villes dans le Kreml: celle du XVe siècle, celle d'Ivan, + et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais + (page 190). 188 + + Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses créneaux, ses tours aux + toits aigus (page 183). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 189 + + Tout près de l'Assomption, les deux églises-soeurs se dressent: + les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'après une + photographie de M. Thiébeaux.) 189 + + À l'extrémité de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis + de ses clochers (page 184). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 190 + + Du haut de l'Ivan Véliki, la ville immense se découvre (page 190). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 191 + + Un des isvotchiks qui nous mènent grand train à travers les rues + de Moscou (page 182). 192 + + Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchés moscovites, + entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent là + leurs produits (page 195). (D'après une photographie de M. J. + Cahen.) 193 + + L'isvotchik a revêtu son long manteau bleu (page 194). (D'après + une photographie de M. J. Cahen.) 193 + + Itinéraire de Moscou à Tomsk. 194 + + À côté d'une épicerie, une des petites boutiques où l'on vend le + kvass, le cidre russe (page 195). (D'après une photographie de + M. J. Cahen.) 195 + + Et des Tatars offraient des étoffes étalées sur leurs bras + (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 196 + + Patients, résignés, les cochers attendent sous le soleil de midi + (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 197 + + Une cour du quartier ouvrier, avec l'icône protectrice (page 196). + (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 198 + + Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui + relie la vieille ville à la nouvelle, la citadelle au marché + (page 204). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 199 + + Le marché étincelait dans son fouillis (page 195). (D'après une + photographie de M. J. Cahen.) 200 + + Déjà la grande industrie pénètre: on rencontre à Moscou des + ouvriers modernes (page 195). (D'après une photographie.) 201 + + Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 202 + + Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, à tous les + étages, autour de grandes cours (page 196). (D'après une + photographie de M. J. Cahen.) 203 + + Le char funèbre était blanc et doré (page 194). (D'après une + photographie.) 204 + + À Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars, + Tcherkesses (page 208). (D'après une photographie de M. J. + Cahen.) 205 + + Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand châle + (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 205 + + Nous avons traversé le grand pont qui mène à la foire (page 205). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 206 + + Au dehors, la vie de chaque jour s'étalait, pêle-mêle, à + l'orientale (page 207). (D'après une photographie de M. J. + Cahen.) 207 + + Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 208 + + Dans les rues, les petits marchands étaient innombrables + (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 209 + + Dans une rue, c'étaient des coffres de toutes dimensions, peints + de couleurs vives (page 206). (D'après une photographie de M. + J. Cahen.) 210 + + Près de l'asile, nous sommes allés au marché aux cloches + (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211 + + Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques étaient pendues + (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211 + + Dans une autre rue, les charrons avaient accumulé leurs roues + (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 212 + + Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchés + des débarcadères ou des stations (page 215). (D'après une + photographie de M. J. Cahen.) 213 + + Le Kreml de Kazan. C'est là que sont les églises et les + administrations (page 214). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 214 + + Sur la berge, des tarantass étaient rangées (page 216). (D'après + une photographie de M. Thiébeaux.) 215 + + Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs + (page 213). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 216 + + À presque toutes les gares il se forme spontanément un petit + marché (page 222). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 217 + + Dans la plaine (page 221). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 217 + + Un petit fumoir, vitré de tous côtés, termine le train + (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 218 + + Les émigrants étaient là, pêle-mêle, parmi leurs misérables + bagages (page 226). (D'après une photographie de M. J. + Cahen.) 219 + + Les petits garçons du wagon-restaurant s'approvisionnent + (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 220 + + Émigrants prenant leur maigre repas pendant l'arrêt de leur train + (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 221 + + L'ameublement du wagon-restaurant était simple, avec un bel air + d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222 + + Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibérien. + (Photographie de M. Thiébeaux.) 223 + + L'église, près de la gare de Tchéliabinsk, ne diffère des isbas + neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite + du «Guide du Transsibérien».) 224 + + Un train de constructeurs était remisé là, avec son wagon-chapelle + (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 225 + + Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur + la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 226 + + Un point d'émigration (page 228). (Photographie de M. A. N. de + Koulomzine.) 227 + + Enfants d'émigrants (page 228). (D'après une photographie de M. + Thiébeaux.) 228 + + Un petit marché dans une gare du Transsibérien. (Photographie de + M. Legras.) 229 + + La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isolé (page 230). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 229 + + Nous sommes passés près d'une église à clochetons verts (page 230). + (Photographie de M. Thiébeaux.) 230 + + Tomsk a groupé dans la vallée ses maisons grises et ses toits + verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.) 231 + + Après la débâcle de la Tome, près de Tomsk (page 230). (D'après + une photographie de M. Legras.) 232 + + Le chef de police demande quelques explications sur les passeports + (page 232). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 233 + + La cathédrale de la Trinité à Tomsk (page 238). (Photographie + extraite du «Guide du Transsibérien».) 234 + + Tomsk: en revenant de l'église (page 234). (D'après une + photographie de M. Thiébeaux.) 235 + + Tomsk n'était encore qu'un campement, sur la route de l'émigration + (page 231). (D'après une photographie.) 236 + + Une rue de Tomsk, définie seulement par les maisons qui la bordent + (page 231). (Photographie de M. Brocherel.) 237 + + Les cliniques de l'Université de Tomsk (page 238). (Photographie + extraite du «Guide du Transsibérien».) 238 + + Les longs bâtiments blancs où s'abrite l'Université (page 237). + (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».) 239 + + La voiture de l'icône stationnait parfois (page 230). (D'après une + photographie de M. Thiébeaux.) 240 + + Flâneurs à la gare de Petropavlosk (page 242). (D'après une + photographie de M. Legras.) 241 + + Dans les vallées de l'Oural, habitent encore des Bachkirs + (page 245). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 241 + + Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'après une + photographie.) 242 + + Les rivières roulaient une eau claire (page 244). (D'après une + photographie.) 243 + + La ligne suit la vallée des rivières (page 243). (D'après une + photographie de M. Thiébeaux.) 244 + + Comme toute l'activité commerciale semble frêle en face des eaux + puissantes de la Volga! (page 248.) (D'après une photographie + de M. G. Cahen.) 245 + + Bachkirs sculpteurs. (D'après une photographie de M. Paul + Labbé.) 246 + + À la gare de Tchéliabinsk, toujours des émigrants (page 242). + (D'après une photographie de M. J. Legras.) 247 + + Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251). + (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 248 + + Joie naïve de vivre, et mélancolie.--un petit marché du sud + (page 250). (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 249 + + Un russe dans son vêtement d'hiver (page 249). (D'après une + photographie de M. G. Cahen.) 250 + + Dans tous les villages russes, une activité humble, pauvre de + moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'après une + photographie de M. G. Cahen.) 251 + + Là, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242). + (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 252 + + +LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES + +Par _M. GERSPACH_ + + + Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse + promenade. (Photographie Alinari.) 253 + + Porte de la cathédrale Saint-Laurent de Lugano (page 256). + (Photographie Alinari.) 253 + + Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de + San Salvatore. (D'après une photographie.) 254 + + La ville de Lugano descend en amphithéâtre jusqu'aux rives de son + lac. (Photographie Alinari.) 255 + + Lugano: faubourg de Castagnola. (D'après une photographie.) 256 + + La cathédrale de Saint-Laurent: sa façade est décorée de figures + de prophètes et de médaillons d'apôtres (page 256). + (Photographie Alinari.) 257 + + Saint-Roch: détail de la fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges + (Photographie Alinari.) 258 + + La passion: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges + (page 260). (Photographie Alinari) 259 + + Saint Sébastien: détail de la grande fresque de Luini à + Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.) 260 + + La madone, l'enfant Jésus et Saint Jean, par Luini, église + Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.) 261 + + La Scène: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges + (page 260). 262 + + Lugano: le quai et le faubourg Paradiso. + (Photographie Alinari.) 263 + + Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard. + (D'après une photographie.) 264 + + +SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE + +Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_ + + + Les quais sont animés par la population grouillante des Chinois + (page 266). (D'après une photographie.) 265 + + Acteurs du théâtre chinois. (D'après une photographie.) 265 + + Plan de Shanghaï. 266 + + Shanghaï est sillonnée de canaux qui, à marée basse, montrent + une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hélène + de Harven.) 267 + + Panorama de Shanghaï. (D'après une photographie.) 268 + + Dans la ville chinoise, les «camelots» sont nombreux, qui débitent + en plein vent des marchandises ou des légendes extraordinaires. + (D'après une photographie.) 269 + + Le poste de l'Ouest, un des quatre postes où s'abrite la milice + de la Concession française (page 272). (D'après une + photographie.) 270 + + La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville + chinoise de Shanghaï (page 268). 271 + + Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment + l'arrivée du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de + Harven.) 271 + + Une maison de thé dans la cité chinoise. (D'après une + photographie.) 272 + + Les brouettes, qui transportent marchandises ou indigènes, ne + peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions + (page 270). (D'après une photographie.) 273 + + La prison de Shanghaï se présente sous l'aspect d'une grande cage, + à forts barreaux de fer. (D'après une photographie.) 274 + + Le parvis des temples dans la cité est toujours un lieu de + réunion très fréquenté. (D'après une photographie.) 275 + + Les murs de la cité chinoise, du côté de la Concession française. + (D'après une photographie.) 276 + + La navigation des sampans sur le Ouang-Pô. (D'après une + photographie.) 277 + + Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'après une photographie.) 277 + + Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang. + (D'après une photographie.) 278 + + Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle + apparence (page 282). 279 + + Les jeunes Chinois flânent au soleil dans leur Cité. + (Photographies de Mlle H. de Harven.) 279 + + Sur les quais du Yang-King-Pang s'élèvent des bâtiments, banques + ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'après une + photographie.) 280 + + Le quai de la Concession française présente, à toute heure du + jour, la plus grande animation. (D'après une photographie.) 281 + + Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entrée de la pagode. (D'après + une photographie.) 282 + + «L'omnibus du pauvre» (wheel-barrow ou brouette) fait du deux à + l'heure et coûte quelques centimes seulement. (D'après une + photographie.) 283 + + Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'après une + photographie.) 284 + + Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai + chinois de Tou-Ka-Dou. (D'après une photographie.) 285 + + Chinoises de Shanghaï. (D'après une photographie.) 286 + + Village chinois aux environs de Shanghaï. (D'après une + photographie.) 287 + + Le charnier des enfants trouvés (page 280). (D'après une + photographie.) 288 + + +L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS + +Par _M. BARGY_ + + + L'école maternelle de Hampton accueille et occupe les négrillons + des deux sexes. (D'après une photographie.) 289 + + Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'après une + photographie.) 289 + + Booker T. Washington, le leader de l'éducation des nègres aux + États-Unis, fondateur de l'école de Tuskegee, en costume + universitaire. (D'après une photographie.) 290 + + Institut Hampton: le cours de maçonnerie. (D'après une + photographie.) 291 + + Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'après une + photographie.) 292 + + Institut Hampton: le cours d'électricité. (D'après une + photographie.) 293 + + Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'après une + photographie.) 294 + + Le salut au drapeau exécuté par les négrillons de l'Institut + Hampton. (D'après une photographie.) 295 + + Institut Hampton: le cours de chimie. (D'après une + photographie.) 296 + + Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'après + une photographie.) 297 + + Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'après une + photographie.) 298 + + Institut Hampton: le cours de botanique. (D'après une + photographie.) 299 + + Institut Hampton: le cours de mécanique. (D'après une + photographie.) 300 + + +À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE + +Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_ + +_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan._ + + + Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed. + (D'après une photographie.) 301 + + Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'après une + photographie.) 301 + + Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur, + d'Astrabad à Kirman. 302 + + Les femmes persanes s'enveloppent la tête et le corps d'amples + étoffes. (D'après une photographie.) 303 + + Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravagé, une rivière + presque à sec; au fond, des constructions à l'aspect de fortins. + (D'après une photographie.) 304 + + Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus + visités de l'Asie. (D'après une photographie.) 305 + + La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'après une + photographie.) 306 + + Enfants nomades de la Perse orientale. (D'après une + photographie.) 307 + + Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'après une + photographie.) 308 + + Les préparatifs d'un campement dans le désert de Lout. (D'après + une photographie.) 309 + + Le désert de Lout n'est surpassé, en aridité, par aucun autre de + l'Asie. (D'après une photographie.) 310 + + Avant d'arriver à Kirman, nous avions à traverser la chaîne de + Kouhpaia. (D'après une photographie.) 311 + + Rien n'égale la désolation du désert de Lout. (D'après une + photographie.) 312 + + La communauté Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous + souhaiter la bienvenue. (D'après une photographie.) 313 + + Un marchand de Kirman. (D'après une photographie.) 313 + + Le «dôme de Djabalia», ruine des environs de Kirman, ancien + sanctuaire ou ancien tombeau. (D'après une photographie.) 314 + + À Kirman: le jardin qui est loué par le Consulat, se trouve à un + mille au delà des remparts. (D'après une photographie.) 315 + + Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'après une + photographie.) 316 + + Les gardes indigènes du Consulat anglais de Kirman. (D'après une + photographie.) 317 + + La plus ancienne mosquée de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik. + (D'après une photographie.) 318 + + Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province + de Kirman. (D'après une photographie.) 319 + + La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix + mosquées de Kirman. (D'après une photographie.) 320 + + Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf, + terrain de plaisance occupé par des jardins. (D'après une + photographie.) 321 + + Les environs de Kirman comptent quelques maisons de thé. (D'après + une photographie.) 322 + + Une «tour de la mort», où les Zoroastriens exposent les cadavres. + (D'après une photographie.) 323 + + Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de + Kirman. (D'après une photographie.) 324 + + Le «Farma Farma». (D'après une photographie.) 325 + + Indigènes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'après une + photographie.) 325 + + Carte du Makran. 326 + + Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupées autour + d'un fort. (D'après une photographie.) 327 + + Des forts abandonnés rappellent l'ancienne puissance du + Baloutchistan. (D'après une photographie.) 328 + + Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'après une + photographie.) 329 + + La passe de Fanoch, faisant communiquer la vallée du même nom et + la vallée de Lachar. (D'après une photographie.) 330 + + Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'après une + photographie.) 331 + + Une halte dans les montagnes du Makran. (D'après une + photographie.) 332 + + Baloutches du district de Sarhad. (D'après une photographie.) 333 + + Un fortin sur les frontières du Baloutchistan. (D'après une + photographie.) 334 + + Dans les montagnes du Makran: À des collines d'argile succèdent + de rugueuses chaînes calcaires. (D'après une photographie.) 335 + + Bureau du télégraphe sur la côte du Makran. (D'après une + photographie.) 336 + + L'oasis de Djalsk, qui s'étend sur 10 kilomètres carrés, est + remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages. + (D'après une photographie.) 337 + + Femme Parsi du Baloutchistan. (D'après une photographie.) 337 + + Carte pour suivre les délimitations de la frontière + perso-baloutche. 338 + + Nous campâmes à Fahradj, sur la route de Kouak, dans une + palmeraie. (D'après une photographie.) 339 + + C'est à Kouak que les commissaires anglais et persans s'étaient + donné rendez-vous. (D'après une photographie.) 340 + + Le sanctuaire de Mahoun, notre première étape sur la route de + Kouak. (D'après une photographie.) 341 + + Cour intérieure du sanctuaire de Mahoun. (D'après une + photographie.) 342 + + Le khan de Kélat et sa cour. (D'après une photographie.) 343 + + Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'après une photographie.) 344 + + Dans la vallée de Kalagan, près de l'oasis de Djalsk. (D'après + une photographie.) 345 + + Oasis de Djalsk: Des édifices en briques abritent les tombes + d'une race de chefs disparue. (D'après une photographie.) 346 + + Indigènes de l'oasis de Pandjgour, à l'est de Kouak. (D'après + une photographie.) 347 + + Camp de la commission de délimitation sur la frontière + perso-baloutche. (D'après une photographie.) 348 + + Campement de la commission des frontières perso-baloutches. + (D'après une photographie.) 349 + + Parsi de Yezd. (D'après une photographie.) 349 + + Une séance d'arpentage dans le Seistan. (D'après une + photographie.) 350 + + Les commissaires persans de la délimitation des frontières + perso-baloutches. (D'après une photographie.) 351 + + Le delta du Helmand. 352 + + Sculptures sassanides de Persépolis. (D'après une photographie.) 352 + + Un gouverneur persan et son état-major. (D'après une + photographie.) 353 + + La passe de Buzi. (D'après une photographie.) 354 + + Le Gypsies du sud-est persan. 355 + + Sur la lagune du Helmand. (D'après une photographie.) 356 + + Couple baloutche. (D'après une photographie.) 357 + + Vue de Yezd, par où nous passâmes pour rentrer à Kirman. (D'après + une photographie.) 358 + + La colonne de Nadir s'élève comme un phare dans le désert. + (D'après une photographie.) 359 + + Mosquée de Yezd. (D'après une photographie.) 360 + + +AUX RUINES D'ANGKOR + +Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_ + + + Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses + voûtes un peuple de divinités de pierre.... (D'après une + photographie.) 361 + + Emblème décoratif (art khmer). (D'après une photographie.) 361 + + Porte d'entrée de la cité royale d'Angkor-Tom, dans la forêt. + (D'après une photographie.) 362 + + Ce grand village, c'est Siem-Réap, capitale de la province. + (D'après une photographie) 363 + + Une chaussée de pierre s'avance au milieu des étangs. (D'après + une photographie.) 364 + + Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la + montagne sacrée. (D'après une photographie.) 365 + + Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'après une + photographie.) 366 + + La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomètres de tour; + c'est un long cloître. (D'après une photographie.) 367 + + Trois dômes hérissent superbement la masse formidable du temple + d'Angkor-Wat. (D'après une photographie.) 367 + + Bas-relief du temple d'Angkor. (D'après une photographie.) 368 + + La forêt a envahi le second étage d'un palais khmer. (D'après + une photographie.) 369 + + Le gouverneur réquisitionne pour nous des charrettes à boeufs. + (D'après une photographie.) 370 + + La jonque du deuxième roi, qui a, l'an dernier, succédé à Norodom. + (D'après une photographie.) 371 + + Le palais du roi, à Oudong-la-Superbe. (D'après une + photographie.) 371 + + Sculptures de l'art khmer. (D'après une photographie.) 372 + + +EN ROUMANIE + +Par _M. Th. HEBBELYNCK_ + + + La petite ville de Petrozeny n'est guère originale; elle a, de + plus, un aspect malpropre. (D'après une photographie.) 373 + + Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'après une + photographie.) 373 + + Carte de Roumanie pour suivre l'itinéraire de l'auteur. 374 + + Vendeuses au marché de Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 375 + + La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit + à Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 376 + + C'est aux environs d'Arad que pour la première fois nous voyons + des buffles domestiques. (D'après une photographie.) 377 + + Montagnard roumain endimanché. (Cliché Anerlich.) 378 + + Derrière une haie de bois blanc s'élève l'habitation modeste. + (D'après une photographie.) 379 + + Nous croisons des paysans roumains. (D'après une photographie.) 379 + + Costume national de gala, roumain. (Cliché Cavallar.) 380 + + Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont + conservé leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.) 381 + + Un rencontre près de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs. + (D'après une photographie.) 382 + + Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et sévères, sous + le linge blanc. (D'après une photographie.) 383 + + En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'après une + photographie.) 384 + + Dans la vallée de l'Olt, les «castrinza» des femmes sont + décorées de paillettes multicolores. 385 + + Dans le village de Slanic. (D'après une photographie.) 385 + + Roumaine du défilé de la Tour-Rouge. (D'après une photographie.) 386 + + La petite ville d'Horezu est charmante et animée. (D'après une + photographie.) 387 + + La perle de Curtea, c'est cette superbe église blanche, + scintillante sous ses coupoles dorées. (D'après une + photographie.) 388 + + Une ferme près du monastère de Bistritza. (D'après une + photographie.) 389 + + Entrée de l'église de Curtea. (D'après une photographie.) 390 + + Les religieuses du monastère d'Horezu portent le même costume + que les moines. (D'après une photographie.) 391 + + Devant l'entrée de l'église se dresse le baptistère de Curtea. + (D'après une photographie.) 392 + + Au marché de Campolung. (D'après une photographie.) 393 + + L'excursion du défilé de Dimboviciora est le complément obligé + d'un séjour à Campolung. (D'après une photographie.) 394 + + Dans le défilé de Dimboviciora. (D'après des photographies.) 395 + + Dans les jardins du monastère de Curtea. 396 + + Sinaïa: le château royal, Castel Pelés, sur la montagne du même + nom. (D'après une photographie.) 397 + + Un enfant des Carpathes. (D'après une photographie.) 397 + + Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina. + (D'après une photographie.) 398 + + Vue intérieure des mines de sel de Slanic. (D'après une + photographie.) 399 + + Entre Campina et Sinaïa la route de voiture est des plus + poétiques. (D'après une photographie.) 400 + + Un coin de Campina. (D'après une photographie.) 401 + + Les villas de Sinaïa. (D'après une photographie.) 402 + + Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'église du Spiritou + Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. -- + L'église métropolitaine.--L'Université.--Le palais Stourdza. + -- Un vieux couvent. -- (D'après des photographies.) 403 + + Le monastère de Sinaïa se dresse derrière les villas et les + hôtels de la ville. (D'après une photographie.) 404 + + Une des deux cours intérieures du monastère de Sinaïa. (D'après + une photographie.) 405 + + Une demeure princière de Sinaïa. (D'après une photographie.) 406 + + Busteni (les villas, l'église), but d'excursion pour les habitants + de Sinaïa. (D'après une photographie.) 407 + + Slanic: un wagon de sel. (D'après une photographie.) 408 + + +CROQUIS HOLLANDAIS + +Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_ + +_Photographies de l'auteur._ + + + À la kermesse. 409 + + Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi. 409 + + Des «boerin» bien prises en leurs justins marchent en roulant, + un joug sur les épaules. 410 + + Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa + demeure de haut en bas. 410 + + Emplettes familiales. 411 + + Les ménagères sont là, également calmes, lentes, avec leurs + grosses jupes. 411 + + Jeune métayère de Middelburg. 412 + + Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du marché conduit + à un pont. 412 + + Une mère, songeuse, promenait son petit garçon. 413 + + Une famille hollandaise au marché de Middelburg. 414 + + Le marché de Middelburg: considérations sur la grosseur des + betteraves. 415 + + Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites. 416 + + Un septuagénaire appuyé sur son petit-fils me sourit + bonassement. 417 + + Roux en le décor roux, l'éclusier fumait sa pipe. 417 + + Le village de Zoutelande. 418 + + Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bâches + blanches. 419 + + Aussi comme on l'aime, ce home. 420 + + Les filles de l'hôtelier de Wemeldingen. 421 + + Il se campe près de son cheval. 421 + + Je rencontre à l'orée du village un couple minuscule. 422 + + La campagne hollandaise. 423 + + Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du «molen». 423 + + Par tous les sentiers, des marmots se juchèrent. 424 + + Le père Kick symbolisait les générations des Néerlandais + défunts. 425 + + Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues. 426 + + L'une entonna une chanson. 427 + + Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux. 428 + + Famille hollandaise en voyage. 429 + + Ah! les moulins; leur nombre déroute l'esprit. 429 + + Les chariots enfoncés dans les champs marécageux sont enlevés + par de forts chevaux. 430 + + La digue de Westkapelle. 431 + + Les écluses ouvertes. 432 + + Les petits garçons rôdent par bandes, à grand bruit de sabots + sonores.... 433 + + Jeune mère à Marken. 433 + + Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des + peintres de tous les pays. 434 + + Avec leurs figures rondes, épanouies de contentement, les petites + filles de Volendam font plaisir à voir. 435 + + Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout. 436 + + Les jeunes filles de Volendam sont coiffées du casque en dentelle, + à forme de «salade» renversée. 437 + + Deux pêcheurs accroupis au soleil, à Volendam. 438 + + Une lessive consciencieuse. 439 + + Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif. 440 + + Les femmes de Volendam sont moins claquemurées en leur logis. 441 + + Vêtu d'un pantalon démesuré, le pêcheur de Volendam a une allure + personnelle. 442 + + Un commencement d'idylle à Marken. 443 + + Les petites filles sont charmantes. 444 + + +ABYDOS + +dans les temps anciens et dans les temps modernes + +Par _M. E. AMELINEAU_ + + + Le lac sacré d'Osiris, situé au sud-est de son temple, qui a été + détruit. (D'après une photographie.) 445 + + Séti Ier présentant des offrandes de pain, légumes, etc. (D'après + une photographie.) 445 + + Une rue d'Abydos. (D'après une photographie.) 446 + + Maison d'Abydos habitée par l'auteur, pendant les trois premières + années. (D'après une photographie.) 447 + + Le prêtre-roi rendant hommage à Séti Ier (chambre annexe de la + deuxième salle d'Osiris). (D'après une photographie.) 448 + + Thot présentant le signe de la vie aux narines du roi Séti Ier + (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris). (D'après une + photographie.) 449 + + Le dieu Thot purifiant le roi Séti Ier (chambre annexe de la + deuxième salle d'Osiris, mur sud). (D'après une photographie.) 450 + + Vue intérieure du temple de Ramsès II. (D'après une + photographie.) 451 + + Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Séti Ier. + (D'après une photographie.) 451 + + Temple de Séti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due à + Ramsès II. (D'après une photographie.) 452 + + Temple de Séti Ier, mur est, montrant des scènes diverses du + culte. (D'après une photographie.) 453 + + Table des rois Séti Ier et Ramsès II, faisant des offrandes aux + rois leurs prédécesseurs. (D'après une photographie.) 454 + + Vue générale du temple de Séti Ier, prise de l'entrée. (D'après + une photographie.) 455 + + Procession des victimes amenées au sacrifice (temple de + Ramsès II). (D'après une photographie.) 456 + + +VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES + +Par _M. JULES BROCHEREL_ + + + Le bazar de Tackhent s'étale dans un quartier vieux et fétide. + (D'après une photographie.) 457 + + Un Kozaque de Djarghess. (D'après une photographie.) 457 + + Itinéraire de Tachkent à Prjevalsk. 458 + + Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 459 + + Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'après une + photographie.) 460 + + Un contrefort montagneux borde la rive droite du «tchou». + (D'après une photographie.) 461 + + Le bazar de Prjevalsk, principale étape des caravaniers de + Viernyi et de Kachgar. (D'après une photographie.) 462 + + Couple russe de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 463 + + Arrivée d'une caravane à Prjevalsk. (D'après une photographie.) 464 + + Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'après une + photographie.) 465 + + Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'après une + photographie.) 466 + + Le monument de Prjevalsky, à Prjevalsk. (D'après une + photographie.) 467 + + Des têtes humaines, grossièrement sculptées, monuments funéraires + des Nestoriens... (D'après une photographie.) 467 + + Enfants kozaques sur des boeufs. (D'après une photographie.) 468 + + Un de nos campements dans la montagne. (D'après une + photographie.) 469 + + Montée du col de Tomghent. (D'après une photographie.) 469 + + Dans la vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 470 + + Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 470 + + La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indigènes. (D'après + une photographie.) 471 + + Au sud du col s'élevait une blanche pyramide de glace. (D'après + une photographie.) 472 + + La vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 473 + + Le col de Karaguer, vallée de Tomghent. (D'après une + photographie.) 474 + + Sur le col de Tomghent. (D'après une photographie.) 475 + + J'étais enchanté des aptitudes alpinistes de nos coursiers. + (D'après une photographie.) 475 + + Le plateau de Saridjass, peu tourmenté, est pourvu d'une herbe + suffisante pour les chevaux. (D'après une photographie.) 476 + + Nous passons à gué le Kizil-Sou. (D'après des photographies.) 477 + + Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'après une photographie.) 478 + + Entrée de la vallée de Kachkateur. (D'après une photographie.) 479 + + Nous baptisâmes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mètres que + nous avions escaladée. (D'après une photographie.) 479 + + La vallée de Tomghent. (D'après une photographie.) 480 + + Des Kirghizes d'Oustchiar étaient venus à notre rencontre. + (D'après une photographie.) 481 + + Kirghize joueur de flûte. (D'après une photographie.) 481 + + Le massif du Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 482 + + Région des Monts Célestes. 482 + + Les Kirghizes mènent au village une vie peu occupée. (D'après + une photographie.) 483 + + Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente + glacée. (D'après une photographie.) 484 + + Vallée supérieure d'Inghiltchik. (D'après une photographie.) 485 + + Vallée de Kaende: l'eau d'un lac s'écoulait au milieu d'une + prairie émaillée de fleurs. (D'après une photographie.) 486 + + Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangèrent, avec leurs + enfants, sur notre passage. (D'après une photographie.) 487 + + Le chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 488 + + Nous saluâmes la vallée de Kaende comme un coin de la terre des + Alpes. (D'après une photographie.) 489 + + Femmes mariées de la vallée de Kaende, avec leur progéniture. + (D'après une photographie.) 490 + + L'élément mâle de la colonie vint tout l'après-midi voisiner + dans notre campement. (D'après une photographie.) 491 + + Un «aoul» kirghize. 492 + + Yeux bridés, pommettes saillantes, nez épaté, les femmes de + Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'après une photographie.) 493 + + Enfant kirghize. (D'après une photographie.) 493 + + Kirghize dressant un aigle. (D'après une photographie.) 494 + + Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 494 + + Nous rencontrâmes sur la route d'Oustchiar un berger et son + troupeau. (D'après une photographie.) 495 + + Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'étaient, pour + nous recevoir, assemblés sur une éminence. (D'après une + photographie.) 496 + + Le glacier de Kaende. (D'après une photographie.) 497 + + L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende. 498 + + Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'après des + photographies.) 498 + + Kirghizes de Kaende. (D'après une photographie.) 499 + + Le pic de Kaende s'élève à 6 000 mètres. (D'après une + photographie.) 500 + + La fille du chirtaï (chef) de Kaende, fiancée au kaltchè de la + vallée d'Irtach. (D'après une photographie.) 501 + + Le kaltchè (chef) de la vallée d'Irtach, l'heureux fiancé de + la fille du chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 502 + + Le glacier de Kaende. 503 + + Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'après + des photographies.) 503 + + Retour des champs. (D'après une photographie.) 504 + + Femmes kirghizes de la vallée d'Irtach. (D'après une + photographie.) 505 + + Un chef de district dans la vallée d'Irtach. (D'après une + photographie.) 505 + + Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une + pyramide. (D'après une photographie.) 506 + + Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Célestes, + emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'après une + photographie.) 507 + + La vallée de Zououka, par où transitent les caravaniers de Viernyi + à Kachgar. (D'après une photographie.) 508 + + Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du même nom, + fréquenté par les nomades qui se rendent à Prjevalsk. (D'après + une photographie.) 509 + + Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'après une photographie.) 510 + + Étalon kirghize de la vallée d'Irtach et son cavalier. (D'après + une photographie.) 511 + + Véhicule kirghize employé dans la vallée d'Irtach. (D'après une + photographie.) 511 + + Les roches plissées des environs de Slifkina, sur la route de + Prjevalsk. (D'après une photographie.) 512 + + Campement kirghize, près de Slifkina. (D'après une + photographie.) 513 + + Femme kirghize tannant une peau. (D'après une photographie.) 514 + + Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'après une photographie.) 515 + + Tombeau kirghize. (D'après une photographie.) 516 + + +L'ARCHIPEL DES FEROÉ + +Par _Mlle ANNA SEE_ + + + «L'espoir des Feroé» se rendant à l'école. (D'après une + photographie.) 517 + + Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois. + (D'après une photographie.) 517 + + Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond d'un petit + golfe. 518 + + Les fermiers de Kirkeboe en habits de fête. (D'après une + photographie.) 519 + + Les poneys feroïens et leurs caisses à transporter la tourbe. + (D'après une photographie.) 520 + + Les dénicheurs d'oiseaux se suspendent à des cordes armées d'un + crampon. (D'après une photographie.) 521 + + Des îlots isolés, des falaises de basalte ruinées par le heurt + des vagues. (D'après des photographies.) 522 + + On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont + environ 6 mètres. (D'après une photographie.) 523 + + Les femmes feroïennes préparent la laine.... (D'après une + photographie.) 524 + + On sale les morues. (D'après une photographie.) 525 + + Feroïen en costume de travail. (D'après une photographie.) 526 + + Les femmes portent une robe en flanelle tissée avec la laine + qu'elles ont cardée et filée. (D'après une photographie.) 527 + + Déjà mélancolique!... (D'après une photographie.) 528 + + +PONDICHÉRY + +chef-lieu de l'Inde française + +Par _M. G. VERSCHUUR_ + + + Groupe de Brahmanes électeurs français. (D'après une + photographie.) 529 + + Musicien indien de Pondichéry. (D'après une photographie.) 529 + + Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu + compliqué. (D'après une photographie.) 530 + + La visite du marché est toujours une distraction utile pour le + voyageur. (D'après une photographie.) 531 + + Indienne en costume de fête. (D'après une photographie.) 532 + + Groupe de Brahmanes français. (D'après une photographie.) 533 + + La pagode de Villenour, à quelques kilomètres de Pondichéry. + (D'après une photographie.) 534 + + Intérieur de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 535 + + La Fontaine aux Bayadères. (D'après une photographie.) 536 + + Plusieurs rues de Pondichéry sont larges et bien bâties. + (D'après une photographie.) 537 + + Étang de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 538 + + Brahmanes français attendant la clientèle dans un bazar. + (D'après une photographie.) 539 + + La statue de Dupleix à Pondichéry. (D'après une photographie.) 540 + + +UNE PEUPLADE MALGACHE + +LES TANALA DE L'IKONGO + +Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_ + + + Les populations souhaitent la bienvenue à l'étranger. (D'après + une photographie.) 541 + + Femme d'Ankarimbelo. (D'après une photographie.) 541 + + Carte du pays des Tanala. 542 + + Les femmes tanala sont sveltes, élancées. (D'après une + photographie.) 543 + + Panorama de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 544 + + Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'après une + photographie.) 545 + + Un partisan tanala tirant à la cible à Fort-Carnot. (D'après + une photographie.) 546 + + Enfants tanala. (D'après une photographie.) 547 + + Les hommes, tous armés de la hache. (D'après une photographie.) 548 + + Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creusé, et recouverts + d'un drap. (D'après une photographie.) 549 + + Le battage du riz. (D'après une photographie.) 550 + + Une halte de partisans dans la forêt. (D'après une + photographie.) 551 + + Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 552 + + Les Tanala au repos perdent toute leur élégance naturelle. + (D'après une photographie.) 553 + + Une jeune beauté tanala. (D'après une photographie.) 553 + + Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste élégant et souple. + (D'après une photographie.) 554 + + Le chant du «e manenina», à Iaborano. (D'après une + photographie.) 555 + + La rue principale à Sahasinaka. (D'après une photographie.) 556 + + La danse est exécutée par des hommes, quelquefois par des femmes. + (D'après une photographie.) 557 + + Un danseur botomaro. (D'après une photographie.) 558 + + La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degré. + (D'après des photographies.) 559 + + Tapant à coups redoublés sur un long bambou, les Tanala en tirent + une musique étrange. (D'après une photographie.) 560 + + Femmes tanala tissant un lamba. (D'après une photographie.) 561 + + Le village et le fort de Sahasinaka s'élèvent sur les hauteurs + qui bordent le Faraony. (D'après une photographie.) 562 + + Un détachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana. + (D'après une photographie.) 563 + + Profil et face de femmes tanala. (D'après une photographie.) 564 + + +LA RÉGION DU BOU HEDMA + +(sud tunisien) + +Par _M. Ch. MAUMENÉ_ + + + Les murailles de Sfax, véritable décor d'opéra.... (D'après une + photographie.) 565 + + Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'après une + photographie.) 565 + + Carte de la région du Bou Hedma (sud tunisien). 566 + + Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'après + une photographie.) 567 + + L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la + fièvre. (D'après une photographie.) 568 + + Le cirque du Bou Hedma. (D'après une photographie.) 569 + + L'oued Hadedj sort d'une étroite crevasse de la montagne. + (D'après une photographie.) 570 + + Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'années. + (D'après une photographie.) 571 + + Un puits dans le défilé de Touninn. (D'après une photographie.) 571 + + Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sédentaires, qui + cultivent oliviers et figuiers. (D'après une photographie.) 572 + + De temps en temps la forêt de gommiers se révèle par un arbre. + (D'après une photographie.) 573 + + Le village de Mech; dans l'arrière-plan, le Bou Hedma. (D'après + une photographie.) 574 + + Le Khrangat Touninn (défile de Touninn), que traverse le chemin + de Bir Saad à Sakket. (D'après une photographie.) 575 + + Le puits de Bordj Saad. (D'après une photographie.) 576 + + +DE TOLÈDE À GRENADE + +Par _Mme JANE DIEULAFOY_ + + + Après avoir croisé des boeufs superbes.... (D'après une + photographie.) 577 + + Femme castillane. (D'après une photographie.) 577 + + On chemine à travers l'inextricable réseau des ruelles + silencieuses. (D après une photographie.) 578 + + La rue du Commerce, à Tolède. (D'après une photographie.) 579 + + Un représentant de la foule innombrable des mendiants de Tolède. + (D'après une photographie.) 580 + + Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entrées monumentales + d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad. + (Photographie Lacoste, à Madrid.) 581 + + Porte du vieux palais de Tolède. (D'après une photographie.) 582 + + Fière et isolée comme un arc de triomphe, s'élève la merveilleuse + Puerta del Sol. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 583 + + Détail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'après une + photographie.) 584 + + Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca. + (Photographie Lacoste, à Madrid.) 585 + + Madrilène. (D'après une photographie.) 586 + + La porte de Visagra, construction massive remontant à l'époque + de Charles Quint. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 587 + + Tympan mudejar. (D'après une photographie.) 588 + + Des familles d'ouvriers ont établi leurs demeures près de + murailles solides. (D'après une photographie.) 589 + + Castillane et Sévillane. (D'après une photographie.) 589 + + Isabelle de Portugal, par le Titien (Musée du Prado). + (Photographie Lacoste, à Madrid.) 590 + + Le palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 591 + + Statue polychrome du prophète Élie, dans l'église de Santo Tomé + (auteur inconnu). (D'après une photographie.) 592 + + Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 593 + + Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet, + à Madrid.) 594 + + La cathédrale de Tolède. 595 + + Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (église Santo Tomé). + (D'après une photographie.) 596 + + Le couvent de Santo Tomé conserve une tour en forme de minaret. + (D'après une photographie.) 597 + + Les évêques Mendoza et Ximénès. (D'après une photographie.) 598 + + Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia. + (D'après une photographie.) 599 + + Prise de Melilla (cathédrale de Tolède). (D'après une + photographie.) 600 + + C'est dans cette pauvre demeure que vécut Cervantès pendant son + séjour à Tolède. (D'après une photographie.) 601 + + Saint François d'Assise, par Alonzo Cano, cathédrale de Tolède. 601 + + Porte des Lions. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 602 + + Le cloître de San Juan de los Reyes apparaît comme le morceau le + plus précieux et le plus fleuri de l'architecture gothique + espagnole. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 603 + + Ornements d'église, à Madrid. (D'après une photographie.) 604 + + Porte due au ciseau de Berruguete, dans le cloître de la + cathédrale de Tolède. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 605 + + Une torea. (D'après une photographie.) 606 + + Vue intérieure de l'église de San Juan de Los Reyes. + (Photographie Lacoste, à Madrid.) 607 + + Une rue de Tolède. (D'après une photographie.) 608 + + Porte de l'hôpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste, + à Madrid.) 609 + + Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 610 + + Escalier de l'hôpital de Santa Cruz. (D'après une photographie.) 611 + + Détail du plafond de la cathédrale. (D'après une photographie) 612 + + Pont Saint-Martin à Tolède. (D'après une photographie.) 613 + + Guitariste castillane. (D'après une photographie.) 613 + + La «Casa consistorial», hôtel de ville. (D'après une + photographie.) 614 + + Le «patio» des Templiers. (D'après une photographie.) 615 + + Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille légère. + (D'après une photographie.) 616 + + Un coin de la Mosquée de Cordoue. (Photographie Lacoste, + à Madrid.) 617 + + Chapelle de San Fernando, de style mudejar, élevée au + centre de la Mosquée de Cordoue. (D'après une photographie.) 618 + + La mosquée qui fait la célébrité de Cordoue, avec ses dix-neuf + galeries hypostyles, orientées vers la Mecque. (Photographie + Lacoste, à Madrid.) 619 + + Détail de la chapelle de San Fernando. (D'après une + photographie.) 620 + + Vue extérieure de la Mosquée de Cordoue, avec l'église + catholique élevée en 1523, malgré les protestations des + Cordouans. (D'après une photographie.) 621 + + Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'après une photographie.) 622 + + Statue de doña Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue. + (D'après une photographie.) 623 + + Détail d'une porte de la mosquée. (D'après une photographie.) 624 + + + + + +End of Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire, by Various + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; CÔTE D'IVOIRE *** + +***** This file should be named 29538-8.txt or 29538-8.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + http://www.gutenberg.org/2/9/5/3/29538/ + +Produced by Carlo Traverso, Christine P. 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It exists +because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from +people in all walks of life. + +Volunteers and financial support to provide volunteers with the +assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's +goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will +remain freely available for generations to come. In 2001, the Project +Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure +and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. +To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation +and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 +and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. + + +Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive +Foundation + +The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit +501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the +state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal +Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification +number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at +http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent +permitted by U.S. federal laws and your state's laws. + +The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. +Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered +throughout numerous locations. Its business office is located at +809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email +business@pglaf.org. 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