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+The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire, by Various
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire
+ Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905
+
+Author: Various
+
+Editor: Édouard Charton
+
+Release Date: July 29, 2009 [EBook #29538]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; CÔTE D'IVOIRE ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+
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+
+[Note au lecteur de ce fichier digital:
+
+Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
+corrigées.
+
+Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde:
+Journal des voyages et des voyageurs" (2em semestre 1905).
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+Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant
+aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur
+la Côte d'Ivoire.
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+Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces
+articles sont originaires.
+
+La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et
+placée en fin de fichier.]
+
+
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+
+ LE TOUR DU MONDE
+
+
+
+
+ PARIS
+ IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
+ 20, rue du Dragon, 20
+
+
+
+
+ NOUVELLE SÉRIE--11e ANNÉE
+ 2e SEMESTRE
+
+
+
+
+ LE TOUR DU MONDE
+
+ JOURNAL
+ DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
+
+
+
+
+ Le Tour du Monde
+ a été fondé par Édouard Charton
+  en 1860
+
+
+
+
+ PARIS
+ LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
+ 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
+ LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
+ 1905
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES
+
+
+L'ÉTÉ AU KACHMIR
+
+Par _Mme F. MICHEL_
+
+ I. De Paris à Srînagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay à
+ Lahore. -- Premiers préparatifs. -- En _tonga_ de
+ Rawal-Pindi à Srînagar. -- Les Kachmiris et les maîtres du
+ Kachmir. -- Retour à la vie nomade. 1
+
+ II. La «Vallée heureuse» en _dounga_. -- Bateliers et
+ batelières. -- De Baramoula à Srînagar. -- La capitale du
+ Kachmir. -- Un peu d'économie politique. -- En amont de
+ Srînagar. 13
+
+ III. Sous la tente. -- Les petites vallées du Sud-Est. --
+ Histoires de voleurs et contes de fées. -- Les ruines de
+ Martand. -- De Brahmanes en Moullas. 25
+
+ IV. Le pèlerinage d'Amarnâth. -- La vallée du Lidar. -- Les
+ pèlerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacrée.
+ -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37
+
+ V. Le pèlerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funèbre et
+ hydrothérapie religieuse. -- Les temples de Vangâth. --
+ Frissons d'automne. -- Les adieux à Srînagar. 49
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
+
+Par _le docteur LAMY_
+
+_Médecin-major des troupes coloniales_.
+
+ I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motéso.
+ -- La route dans un ruisseau. -- Denguéra. -- Kodioso. --
+ Villes et villages abandonnés. -- Où est donc Bettié? --
+ Arrivée à Dioubasso. 61
+
+ II. Dans le territoire de Mopé. -- Coutumes du pays. -- La
+ mort d'un prince héritier. -- L'épreuve du poison. -- De
+ Mopé à Bettié. -- Bénié, roi de Bettié, et sa capitale. --
+ Retour à Petit-Alépé. 73
+
+ III. Rapports et résultats de la mission. -- Valeur
+ économique de la côte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
+ Supériorité de la faune. 85
+
+ IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
+ Retour en France. 90
+
+
+L'ÎLE D'ELBE
+
+Par _M. PAUL GRUYER_
+
+ I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. -- Deux mots
+ d'histoire. -- Débarquement à Porto-Ferraio. -- Une ville
+ d'opéra. -- La «teste di Napoleone» et le Palais impérial.
+ -- La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. -- Offre à
+ Napoléon III, après Sedan. -- La bibliothèque de l'Empereur.
+ -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. -- Un
+ enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
+ blanches. Dans la paix des limbes. -- Les différentes routes
+ de l'île. 97
+
+ II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
+ tempétueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
+ Giove. -- Un village dans les nuées. -- L'Ermitage de la
+ Madone et la «Sedia di Napoleone». -- Le vieux gardien de
+ l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. -- La côte
+ orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
+ de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer. 109
+
+ III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. -- Installation aux
+ Mulini. -- L'Empereur à la gorge de Monserrat. -- San
+ Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
+ aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
+ le miroir de la Vérité. -- L'Empereur transporte ses pénates
+ sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
+ L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par
+ le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. -- Où il faut
+ chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon
+ gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse
+ Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
+ la signorina Squarci. -- L'église de l'archiconfrérie du
+ Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les
+ broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
+ Porto-Ferraio. 121
+
+
+D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
+
+Par _M. VICTOR CHAPOT_
+
+_membre de l'École française d'Athènes._
+
+ I. -- Alexandrette et la montée de Beïlan. -- Antioche et
+ l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. -- La route
+ d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperçu
+ d'Alep. 133
+
+ II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
+ Première rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
+ Souvenirs des Hétéens. -- Excursion à Resapha. -- Comment
+ atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? -- Enfin à Orfa! 145
+
+ III. -- Séjour à Orfa. -- Samosate. -- Vallée accidentée de
+ l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Aïntab. -- Court repos à Alep.
+ -- Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
+ Conclusion pessimiste. 157
+
+
+LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
+
+Par _M. RAYMOND BEL_
+
+ À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou
+ Australie? Le condominium anglo-français de 1887. --
+ L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des îles. --
+ L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
+ Nouvelles-Hébrides. -- Leur avenir. 169
+
+
+LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
+
+Par _M. ALBERT THOMAS_
+
+ I. -- Moscou. -- Une déception. -- Le Kreml, acropole
+ sacrée. -- Les églises, les palais: deux époques. 182
+
+ II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
+ moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
+ Kreml et la ville. 193
+
+ III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
+ L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. -- À bord du
+ _Sviatoslav_. -- Une visite à Kazan. -- La «sainte mère
+ Volga». 205
+
+ IV. -- De Samara à Tomsk. -- La vie du train. -- Les
+ passagers et l'équipage: les soirées. -- Dans le steppe:
+ l'effort des hommes. -- Les émigrants. 217
+
+ V. -- Tomsk. -- La mêlée des races. -- Anciens et nouveaux
+ fonctionnaires. -- L'Université de Tomsk. -- Le rôle de
+ l'État dans l'oeuvre de colonisation. 229
+
+ VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
+ Grande-Russie. -- Conclusion. 241
+
+
+LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
+
+Par _M. GERSPACH_
+
+ La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
+ d'histoire et de géographie. -- La cathédrale de
+ Saint-Laurent. -- L'église Sainte-Marie-des-Anges. --
+ Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
+ Procédés employés pour le transfert des fresques. 253
+
+
+SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
+
+Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_
+
+ I. -- Woo-Sung. -- Au débarcadère. -- La Concession
+ française. -- La Cité chinoise. -- Retour à notre
+ concession. -- La police municipale et la prison. -- La
+ cangue et le bambou. -- Les exécutions. -- Le corps de
+ volontaires. -- Émeutes. -- Les conseils municipaux. 265
+
+ II. -- L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. --
+ Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
+ d'opium. -- Le charnier des enfants trouvés. -- Le
+ fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
+ Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
+ Fou-tchéou-road. -- Statistique. 277
+
+
+L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
+
+Par _M. BARGY_
+
+ Le problème de la civilisation des nègres. -- L'Institut
+ Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
+ L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
+ Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des nègres et la
+ casuistique de la Constitution. 289
+
+
+À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
+
+Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_
+
+_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan_.
+
+ I. -- Arrivée à Astrabad. -- Ancienne importance de la
+ ville. -- Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les
+ Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosquée;
+ son commerce. -- Le désert de Lout. -- Sur la route de
+ Kirman. 301
+
+ II. -- La province de Kirman. -- Géographie: la flore, la
+ faune; l'administration, l'armée. -- Histoire: invasions et
+ dévastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
+ province. -- Une saison sur le plateau de Sardou. 313
+
+ III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la côte du golfe
+ Arabique. -- Histoire et géographie du Makran. -- Le Sarhad. 325
+
+ IV. -- Délimitation à la frontière perso-baloutche. -- De
+ Kirman à la ville-frontière de Kouak. -- La Commission de
+ délimitation. -- Question de préséance. -- L'oeuvre de la
+ Commission. -- De Kouak à Kélat. 337
+
+ V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
+ Comparaison du Seistan et de l'Égypte. -- Excursions dans le
+ Helmand. -- Retour par Yezd à Kirman. 349
+
+
+AUX RUINES D'ANGKOR
+
+Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_
+
+ De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. -- À la rame sur
+ le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Réap.
+ -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Décadence de la
+ civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
+ -- Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. -- Le
+ palais de Norodom à Pnôm-penh. -- Pourquoi la France ne
+ devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361
+
+
+EN ROUMANIE
+
+Par _M. Th. HEBBELYNCK_
+
+ I. -- De Budapest à Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
+ vallée du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le marché
+ de Targu Jiul. -- Le monastère de Tismana. 373
+
+ II. -- Le monastère d'Horezu. -- Excursion à Bistritza. --
+ Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
+ à Campolung. -- Défilé de Dimboviciora. 385
+
+ III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
+ Slanic. -- Les sources de pétrole de Doftana. -- Sinaïa,
+ promenade dans la forêt. -- Busteni et le domaine de la
+ Couronne. 397
+
+
+CROQUIS HOLLANDAIS
+
+Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_
+
+_Photographies de l'auteur._
+
+ I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
+ -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'éclusier. -- Le marché.
+ -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
+ aubergistes. -- Une soirée locale. -- Les sabots des petits
+ enfants. -- La kermesse. -- La piété du Hollandais. 410
+
+ II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
+ déjeuner décevant. -- Le père Kick. 421
+
+ III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
+ La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
+ Hollande. -- Une nuit à Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
+ jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
+ l'eau. 423
+
+ IV. -- Le pêcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
+ Les marmots. -- Les canards. -- La pêche au hareng. -- Le
+ fils du pêcheur. -- Une île singulière: Marken. -- Au milieu
+ des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
+ filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbières. --
+ Produit national. -- Les tourbières hautes et basses. --
+ Houille locale. 433
+
+
+ABYDOS
+
+dans les temps anciens et dans les temps modernes
+
+Par _M. E. AMELINEAU_
+
+ Légende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos à travers les
+ dynasties, à l'époque chrétienne. -- Ses monuments et leur
+ spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs. 445
+
+
+VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
+
+Par _M. JULES BROCHEREL_
+
+ I. -- De Tachkent à Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
+ En tarentass. -- Tchimkent. -- Aoulié-Ata. -- Tokmak. -- Les
+ gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
+ chef kirghize. 457
+
+ II. -- La vallée de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
+ traversée du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
+ vallée déserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
+ Troupeaux de chevaux. -- La vallée de Kachkateur. -- En vue
+ du Khan-Tengri. 469
+
+ III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
+ vallée d'Inghiltchik. -- Le «tchiou mouz». -- Un chef
+ kirghize. -- Les gorges d'Attiaïlo. -- L'aoul d'Oustchiar.
+ -- Arrêtés par les rochers. 481
+
+ IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. --
+ En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqués
+ par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la vallée
+ de l'Irtach. -- Chez le kaltchè. -- Cuisine de Kirghize. --
+ Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize. 493
+
+ V. -- L'heure du retour. -- La vallée d'Irtach. -- Nous
+ retrouvons la douane. -- Arrivée à Prjevalsk. -- La
+ dispersion. 505
+
+ VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et
+ Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
+ khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
+ -- Mariages khirghizes. -- Conclusion. 507
+
+
+L'ARCHIPEL DES FEROÉ
+
+Par _Mlle ANNA SEE_
+
+ Première escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
+ l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
+ vie végétative des Feroïens. -- La pêche aux dauphins. -- La
+ pêche aux baleines. -- Excursions diverses à travers
+ l'Archipel. 517
+
+
+PONDICHÉRY
+
+chef-lieu de l'Inde française
+
+Par _M. G. VERSCHUUR_
+
+ Accès difficile de Pondichéry par mer. -- Ville blanche et
+ ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les hôtels
+ de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
+ les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
+ L'avenir de Pondichéry. -- Le marché. -- Les écoles. -- La
+ fièvre de la politique. 529
+
+
+UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO
+
+Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_
+
+ I. -- Géographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
+ Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois. 541
+
+ II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
+ Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
+ Astrologie. -- L'écriture. -- L'art. -- Le vêtement et la
+ parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
+ poésie. 553
+
+
+LA RÉGION DU BOU HEDMA
+
+(sud tunisien)
+
+Par _M. Ch. MAUMENÉ_
+
+ Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
+ -- La forêt de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
+ Le Bou Hedma. -- Un groupe mégalithique. -- Renseignements
+ indigènes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
+ plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
+ Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
+ -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
+ Sidi Abd el-Aziz. 565
+
+
+DE TOLÈDE À GRENADE
+
+Par _Mme JANE DIEULAFOY_
+
+ I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
+ _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses poètes. -- La
+ Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
+ hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
+ palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolède. --
+ Un souvenir de l'inondation du Tage. 577
+
+ II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
+ Les pupilles de l'évêque Siliceo. -- Santo Tomé et l'oeuvre
+ du Greco. -- La mosquée de Tolède et la reine Constance. --
+ Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. -- Ses
+ transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
+ -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
+ est son exécutrice testamentaire. -- Ximénès. -- Le rite
+ mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannière d'Isabelle
+ à la bataille de Toro. 589
+
+ III. -- Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les
+ chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hôpital de Santa
+ Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
+ portraits fameux de l'Université. -- L'ange et la peste. --
+ Sainte-Léocadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
+ couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601
+
+ IV. -- Les «cigarrales». -- Le pont San Martino et son
+ architecte. -- Dévouement conjugal. -- L'inscription de
+ l'Hôtel de Ville. -- Cordoue, l'Athènes de l'Occident. -- Sa
+ mosquée. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
+ Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
+ -- Doña Maria de Parèdes. -- L'industrie des cuirs repoussés
+ et dorés. 613
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--6e LIV. Nº 6.--11 Février 1905.
+
+[Illustration: La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement
+de force pour la mise à l'eau d'une pirogue. D'après une photographie.]
+
+
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
+
+Par le Docteur LAMY
+
+_Médecin-major des troupes coloniales._
+
+ I. -- Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motéso. --
+ La route dans un ruisseau. -- Denguéra. -- Kodioso. -- Villes et
+ villages abandonnés. -- Où est donc Bettié? -- Arrivée à
+ Dioubasso.
+
+
+[Illustration: Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de
+l'auteur.--D'après une photographie.]
+
+Le 25 novembre 1898, à Marseille, je m'embarquais à bord du _Stamboul_,
+impatient de faire la connaissance des officiers avec lesquels je devais
+voyager: le capitaine du génie Houdaille, chef de mission, que nous
+devions appeler «le commandant» pour le distinguer des deux autres
+officiers du même grade, Crosson-Duplessis et Thomasset; le lieutenant
+du génie Macaire et l'adjoint du génie Borne. À ces officiers, le
+commandant avait joint 7 sergents, 8 caporaux et soldats, tous du génie.
+Au total, 21 Européens.
+
+Longeant les côtes d'Espagne, afin d'éviter les lames encore trop
+violentes, nous passions Gibraltar, faisions escale à Las Palmas, puis à
+Dakar, où s'embarquaient le capitaine Thomasset et vingt-cinq
+tirailleurs sénégalais qu'il avait recrutés pour servir d'escorte à la
+mission. À Konakry, nous choisissions les porteurs qui nous étaient
+nécessaires. Ils étaient quatre-vingt-quatre, divisés en quatre équipes:
+Sénégalais, Sous-Sous, Mendès, Timénés.
+
+Le 16 décembre, nous débarquions à Grand-Bassam, sans avoir trop à
+souffrir de cette fameuse «barre» dont on nous parlait depuis notre
+départ. Il est vrai que si elle fut clémente pour nos personnes, elle le
+fut moins pour nos nombreuses caisses d'instruments, de vivres, etc...,
+dont quelques-unes reçurent un bain d'eau salée.
+
+Heureusement nous arrivions en décembre! car c'est surtout pendant les
+mois d'avril à septembre que la barre occasionne de nombreux et graves
+accidents aux voyageurs qui, sur les grosses pirogues de barre conduites
+par des Minas ou des Kroumen, doivent affronter les énormes vagues
+venant se briser sur le rivage avec un bruit de tonnerre.
+
+À terre, installés dans une ancienne factorerie, nous terminons nos
+préparatifs, tout en recueillant sur l'intérieur du pays les
+renseignements qui pourront nous être de quelque utilité. Mais, à notre
+grand étonnement, nous constatons que, en dehors de la lagune et du
+fleuve Comoé, la forêt est complètement inconnue. Il faut donc faire
+quelques reconnaissances préliminaires; le capitaine Crosson-Duplessis
+et le lieutenant Macaire se rendent à Petit-Bassam; le capitaine
+Thomasset à Dabou, sur la lagune.
+
+Le dimanche, 25 décembre, la fête de Noël vient nous rappeler, par de
+nombreux et bruyants tam-tams, que nous sommes en pays nègre jouissant
+d'un certain degré de civilisation. En effet, pendant ces danses, les
+noirs se vident des flacons d'essences et d'alcools parfumés sur la tête
+et les épaules: cela s'appelle fêter le «christmas» chez les indigènes,
+dont quelques-uns connaissent certains mots anglais et subissent
+l'influence de Cape Coast, grâce à leur mélange avec les Apolloniens. À
+la fin du mois, les préparatifs sont terminés; nous avons fait
+l'acquisition de trois interprètes, de quelques boys, et, le 30
+décembre, nous quittons Grand-Bassam pour remonter le fleuve Comoé à
+bord de la canonnière le _Diamant_, jusqu'au point terminus de la
+navigation, Petit-Alépé, à 50 kilomètres de la côte. C'est là que se
+montrent les premiers rochers dans le lit du fleuve; aussi les vapeurs
+faisant le commerce s'arrêtent-ils à Petit-Alépé pour y transborder
+leurs marchandises dans les pirogues du pays; celles-ci remontent la
+rivière jusqu'aux rapides infranchissables de Malamalasso, à 60
+kilomètres plus loin.
+
+En débarquant à Petit-Alépé, nous débutons dans notre voyage à travers
+la forêt: c'était la vraie vie de brousse qui allait commencer pour
+nous. Aussi, laissant de côté les maisons des négociants et les cases du
+village, commencions-nous par établir le campement, opération très
+simple quand l'emplacement a été choisi et qui se répéta bien souvent
+par la suite.
+
+À Petit-Alépé, il nous fut facile de nous initier et peu à peu de nous
+accoutumer à notre nouvelle façon de vivre en pleine forêt; nous avions
+encore sous la main les ressources alimentaires et autres des
+factoreries de Grand-Bassam.
+
+[Illustration: «Travail et maternité» ou «Comment vivent les femmes de
+Petit-Alépé».--D'après une photographie.]
+
+Une nuit, à deux heures du matin, j'entendis mes deux voisins qui se
+levaient précipitamment. Ils venaient tous deux de se réveiller,
+entourés de fourmis, de grosses fourmis noires, aux morsures très
+douloureuses; leurs lits, leurs tentes, en étaient couverts; j'eus le
+temps de m'habiller et de sortir de chez moi assez rapidement pour
+éviter cette invasion. Ces armées de fourmis sont si nombreuses qu'il
+n'y a qu'à partir, les laisser passer, et on revient tranquillement
+quelques heures après. Le feu, la fumée, n'y peuvent rien.
+
+D'ailleurs le jour se levait, et à nos souhaits de ne plus avoir de
+sitôt une nouvelle alerte, nous mêlions nos voeux de bonne année:
+c'était le 1er janvier!
+
+Le lendemain avait lieu le départ pour la brousse; nous l'attendions
+avec impatience depuis notre arrivée dans la colonie. La corne annonce
+le réveil: il est six heures. Les tentes sont pliées, les cantines
+fermées, et chaque porteur se place auprès de sa charge, sur laquelle il
+assujettit de son mieux son léger bagage personnel. «En avant!» et la
+colonne se met en marche sur l'unique sentier qui sort de Petit-Alépé et
+se dirige vers Motéso et Grand-Alépé.
+
+[Illustration: À Motéso: soins maternels.--D'après une photographie.]
+
+Quelques tirailleurs forment la tête du cortège: le pays est inconnu, et
+nous ne savons encore quelle réception nous devons attendre des Attiés.
+Ceux-ci sont, en effet, proches parents des Ebriés, avec lesquels le
+Gouvernement de la Côte d'Ivoire est en hostilités depuis plusieurs
+mois; de plus, les peuplades de la forêt nous ont été dépeintes comme
+très guerrières et armées de fusils de traite en grand nombre. Le gros
+des porteurs est au centre; à l'arrière-garde les Européens et les
+derniers tirailleurs.
+
+Dans le sentier étroit, montant, la colonne s'allonge; il faut marcher
+en file indienne, l'un derrière l'autre, en évitant du pied les racines,
+de la tête, les lianes qui barrent le chemin. Un tronc d'arbre énorme,
+abattu par le dernier orage, intercepte le sentier; il faut passer. Les
+porteurs de petite taille se glissent sous le tronc, d'autres
+contournent l'obstacle pendant que quelques paresseux déposent leurs
+charges et profitent de cet arrêt pour prendre un repos de courte durée.
+
+Nous arrivons à Motéso, après quatre heures de marche, et constatons
+avec désappointement que le village est de peu d'importance et
+complètement évacué par les habitants. Le chef ne peut fournir de
+vivres, dit-il; il ne possède rien. C'est la misère dans tout son pays,
+tandis que ses voisins de Grand-Alépé et de Memni sont dans l'abondance.
+
+Le campement est cependant établi à 300 mètres environ du village, et
+pendant que les officiers commencent le lever du pays, je me rends à
+Grand-Alépé, en compagnie de mon boy Allou.
+
+Ce brave garçon, né aux environs de Grand-Bassam, s'était proposé pour
+mon service à mon arrivée dans la colonie. N'ayant aucune indication
+pour éclairer mon choix, j'accepte Allou en lui faisant crédit sur la
+mine: la figure me paraît franche, bien ouverte, et, de temps en temps,
+un éclair d'intelligence illumine son visage toujours souriant. Je lui
+parle: il comprend que je m'adresse à lui; mais c'est tout, et avec
+empressement il m'apporte le premier objet qu'il a sous la main.
+
+Je ne puis demander plus et le nomme mon boy-cuisinier.
+
+En sa compagnie, je me dirige donc vers Grand-Alépé; sur l'épaule, j'ai
+mon fusil de chasse qui me quitte rarement, tandis qu'Allou porte
+l'inséparable appareil photographique. Après une heure de marche, la
+forêt devient moins épaisse et, à travers une éclaircie, j'aperçois
+devant moi le village.
+
+Sur l'unique rue s'alignent, de chaque côté, les cases en terre,
+recouvertes de feuilles de palmiers. Les toits se succèdent aussi loin
+que peut aller la vue, et les dernières maisons se perdent dans la forêt
+qui, à l'autre extrémité de la rue, recommence, à demi voilée par le
+brouillard et la fumée du village.
+
+L'entrée de la rue est barrée par une sorte de palissade ne laissant
+passage qu'à une personne; les pieux se sont transformés en arbres et
+sont couverts de feuilles. Une branche de palmier ferme le haut de la
+porte et, à terre, de chaque côté, sont entassées les poteries du pays,
+auxquelles adhèrent encore des plumes, du sang, des jaunes d'oeufs. La
+palissade n'est pas défensive. «C'est fétiche!» me dit mon boy. Seules,
+les personnes au coeur loyal et que n'animent pas de mauvaises
+intentions, peuvent y passer.
+
+Nous entrons, mais déjà notre arrivée est signalée. Dans tout le
+village, ce sont des cris: toutes les portes s'ouvrent et, dans la rue,
+chacun se sauve, s'arrêtant de temps en temps pour m'examiner de loin.
+Les animaux domestiques, chèvres, poulets, effrayés, sautent de tous
+côtés et augmentent le vacarme. Allou explique de son mieux mes
+intentions pacifiques et, à la défiance, succèdent immédiatement un
+sans-gêne et une curiosité sans bornes. Je suis entouré, touché de tous
+côtés. On m'offre des oeufs, des poulets, du vin de palme, et l'on me
+demande mon fusil, un cadeau....
+
+Je n'ai pour salut que la fuite et je repars bien vite pour Motéso.
+
+Notre séjour à Motéso me permit de faire connaissance avec quelques
+habitants et, en étudiant leurs moeurs et leurs coutumes, d'être témoin
+de quelques scènes de famille.
+
+À la Côte d'Ivoire, il est d'usage, au moins sur le littoral et à peu de
+distance de la côte, de combattre l'atonie de l'intestin par des lavages
+quotidiens. Sur une petite pierre, aplatie par l'usage, sont mélangées
+diverses poudres de graines de différentes couleurs, parmi lesquelles le
+poivre et le piment rouge. Le tout, bien écrasé, est délayé dans de
+l'eau et introduit dans l'appareil destiné à cet usage. Cet appareil
+n'est autre qu'une courge en forme de carafe, percée aux deux
+extrémités, et qui se rencontre communément dans le pays. Il n'est pas
+rare, en plein Grand-Bassam, de voir, vers six heures, au petit lever,
+les indigènes, hommes ou femmes, sortir de leurs cases, tenant à la main
+l'appareil tout préparé. On se promène, on se dit les nouvelles, puis
+chacun se retire à quelques pas et, derrière un coin de case,
+s'administre le contenu de la courge. L'opération achevée, la
+conversation est reprise; on se rend au marché en oubliant que l'on
+tient toujours à la main l'instrument qui vient de servir.
+
+À Motéso, j'entrai dans une case, attiré par les cris d'un enfant au
+moment où la mère s'apprêtait à rendre ce service à son dernier né. Je
+priai la mère de ne se déranger en aucune façon et je la vis introduire
+un appareil de petit modèle et souffler fortement à l'extrémité opposée.
+L'opération était terminée et réussie, ce dont je fus averti par les
+cris de l'enfant.
+
+[Illustration: Installation de notre campement dans une clairière
+débroussaillée. D'après une photographie.]
+
+Pendant mes excursions aux environs, je découvris, au milieu d'une forêt
+de palmiers, ce que je pourrais presque appeler une usine pour la
+fabrication de l'huile de palme. Cette usine, composée de plusieurs
+hangars dépendant du village de Grand-Alépé, contenait une douzaine de
+mortiers de très grande taille, creusés dans d'énormes troncs d'arbres.
+À l'aide de gros pilons en bois, les indigènes écrasent dans ces
+mortiers les graines de palmiers quand elles sont rouges, c'est-à-dire
+bien mûres. L'huile recueillie est placée sur un feu violent dans de
+grandes terrines; l'eau s'évapore, et l'huile ainsi épurée est bonne au
+commerce ou à l'usage indigène. On la transporte à la lagune et, de là,
+dans la factorerie; une petite quantité est conservée pour l'éclairage,
+quelques soins médicaux et surtout pour la cuisine: elle sert à préparer
+le plat du pays, le _foutou_, fricassée d'animaux divers, fortement
+épicée.
+
+[Illustration: Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie,
+et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile
+de palme.--D'après une photographie.]
+
+Les relations très cordiales pendant les deux premiers jours ont, au
+troisième, brusquement changé. Un des notables du pays, accompagné de
+ses deux femmes, vint se plaindre d'un de nos porteurs, qu'il accusa
+d'avoir voulu attenter à l'honneur et même aux jours de ses compagnes.
+On parle, on discute: tapage épouvantable pendant une demi-heure. Tout
+le village commente l'histoire avec force gestes et cris; on se comprend
+de moins en moins. Le vieux et ses deux femmes, voyant que l'on ne fait
+pas droit à leur requête en leur donnant un cadeau proportionné à
+l'offense, se retirent furieux, quand le porteur, sujet de la
+discussion, apprenant la cause de tout ce bruit, vient trouver le
+commandant. Il voulait tout simplement acheter des ignames que portaient
+ces dames; effrayées, elles ont préféré prendre la fuite. Tout
+s'explique, et après une heure et demie de palabre, l'accord est fait.
+
+En quittant Motéso, nous arrivons, après une heure de marche, à Memni,
+où se trouve une mission catholique. Nous ne faisons qu'y passer et nous
+nous mettons en marche dans la direction de Denguéra.
+
+Au sortir du village, le chemin n'est autre que le lit d'un ruisseau
+dans lequel il faut patauger pendant près d'une heure. Nous le quittons
+au moment où, l'habitude aidant, nous commencions à comprendre et à
+estimer la préférence des noirs pour ce genre de chemin, qui, outre
+qu'il est tout tracé, présente l'avantage de rafraîchir les pieds
+pendant la marche. À la sortie du ruisseau, le sentier est presque
+impraticable. À tout instant ce sont des obstacles, des lianes surtout,
+qui, s'accrochant aux charges, les font tomber de la tête des porteurs.
+Nous avons quelque raison de regretter le joli ruisseau au-dessus duquel
+la brousse rare et élevée permettait un passage facile. La halte, vers
+midi, est de courte durée, et, le soir, nous devons nous arrêter en
+pleine forêt pour préparer le campement.
+
+En évitant autant que possible les fourrés trop épais, les arbres
+épineux ou à racines sortant du sol, il nous est facile, en moins d'une
+demi-heure, d'avoir un emplacement net et prêt à recevoir les tentes.
+Les porteurs, mettant à terre leurs charges, s'arment de leur sabre
+d'abatis et frappent à qui mieux mieux, tranchent lianes, arbustes, pour
+en rejeter les débris sur les côtés. En quelques minutes, sur
+l'emplacement indiqué par chacun de nous, les tentes s'élèvent, et, dans
+la solitude et le silence de la forêt, surgit un village où chacun
+termine rapidement son installation. Les boys montent le lit du maître,
+alignent les cantines ou versent dans la cuvette d'émail l'eau boueuse;
+plus loin, les tirailleurs et les porteurs, allumant leurs feux,
+préparent le repas ou nettoient le sol sur lequel ils doivent reposer.
+
+Mais la nuit s'avance plus tôt que d'ordinaire; le vent s'élève et
+devient plus froid: tout annonce une tornade pour la nuit. Pendant que
+l'on consolide les tentes, les porteurs prévoyants cherchent un abri;
+une racine d'arbre sur laquelle ils appuient des branches de palmiers,
+et voilà leur refuge, à moins que, stoïquement, connaissant d'avance
+l'inutilité de leurs travaux, ils ne préfèrent attendre l'orage. Déjà le
+tonnerre a résonné au loin et s'avance rapidement.
+
+Le repas, bien sommaire, se termine à la lueur des éclairs, de plus en
+plus brillants. Sous les arbres touffus, les roulements de tonnerre sont
+sans fin, et le vent, qui augmente de force, fait craquer la cime des
+arbres et jette à terre les branches pourries et couvertes de
+mousses.... Un grand silence, et tout paraît se calmer, quand un coup de
+vent formidable vient ranimer les feux qui s'éteignaient; les
+étincelles, les feuilles volent de tous côtés; la pluie tombe à
+torrents.
+
+À l'abri, sous nos tentes, nous nous endormons au bruit monotone de
+l'eau sur la toile, entrevoyant, à la lueur des derniers éclairs, les
+noirs, le dos à la pluie, les pieds auprès du feu éteint et fumant
+encore. Au bruit de l'eau qui tombe se mêle la voix du conteur qui,
+toute la nuit, fera oublier à ses amis, insouciants, l'inclémence de la
+nature.
+
+La fraîcheur de la nuit nous permet un repos réconfortant; aussi, au
+signal du lever, tout le monde est dispos et prêt à reprendre la marche
+en avant. Les noirs se secouent, tordent leurs habits et se rendent au
+travail, car, toute la journée, il faut faire le lever du pays.
+
+Trois jours entiers, dans ce camp, nous vivons en pleine humidité;
+aussi, le 16 janvier, au matin, le quittons-nous avec empressement. Un
+guide de Memni doit nous conduire à Denguéra. Il le fait bien malgré
+lui, car les races de Memni et de Denguéra sont différentes, par
+conséquent ennemies, et comme nous le verrons souvent par la suite, les
+indigènes n'aiment pas s'aventurer en pays inconnu.
+
+Le terrain argileux rend la marche glissante et, après quelques heures
+de voyage, la fatigue intervenant, les chutes de porteurs se font de
+plus en plus fréquentes. Le chemin, toujours très mauvais, est coupé de
+nombreux cours d'eau auxquels succèdent des marécages où l'on s'envase.
+Il est dit que la journée sera dure.
+
+Voici midi. Le soleil, qu'on ne voit pas, mais dont on subit la chaleur
+torride, traverse l'épais rideau de verdure qui devrait nous protéger.
+La vapeur que l'on respire nous étouffe, et toujours nous ne voyons que
+marais et qu'humus glissant et détrempé. Pas très gaie, cette marche,
+dans les sentiers du pays: tellement d'herbe et de brousse que vous ne
+voyez même pas les talons de celui qui vous précède. Impossible de lever
+les yeux au ciel à cause des racines d'arbres qui vous font buter à
+chaque pas; à droite, à gauche, des branches vertes, séchées, pourries,
+des fourrés, des arbres toujours, toujours.
+
+Enfin, le terrain remonte peu à peu, le sol devient résistant et, de
+chaque côté, des plantations de bananiers, entrevues derrière la brousse
+qui borde le chemin, nous annoncent qu'un village ne peut être éloigné;
+à deux heures, nous étions à Denguéra.
+
+[Illustration: Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file
+indienne. D'après une photographie.]
+
+Cette fois encore notre arrivée était annoncée, car nous trouvions le
+chef et les notables du village nous attendant sous une case. Il est, en
+effet, presque impossible de passer une porte fétiche sans que votre
+passage soit prévu. Les Attiés, par raison stratégique, évitent de faire
+déboucher les chemins brusquement en plein village: le sentier contourne
+toujours une partie des habitations, et ce n'est qu'après un coude
+prononcé qu'il aboutit à la porte fétiche. En dehors des deux issues qui
+se font face aux deux extrémités de la rue, le village est complètement
+entouré de broussailles qui s'opposent à toute attaque de ce côté.
+
+Nous étions installés depuis la veille dans un campement, auprès du
+village de Denguéra, quand, vers midi, nous entendîmes un tam-tam
+étourdissant qui s'approchait de nous. C'était le roi! le roi de
+Denguéra, ou plutôt des différents groupes appelés Denguéra, et dont
+nous ne connaissions que l'un des villages.
+
+L'entrée fut triomphale et bruyante; toute la suite royale hurlait à
+pleins poumons, pendant que les tam-tams, de différentes tailles,
+faisaient rage. Six noirs, au souffle puissant, la figure et le cou
+gonflés par l'effort, faisaient résonner les trompes de sa Majesté: des
+défenses d'éléphant, percées d'une ouverture latérale auprès de la
+pointe; l'accord, ainsi obtenu, était d'une grande justesse.
+
+L'importance de l'orchestre aurait pu nous faire espérer un roi puissant
+et riche. Ce n'était encore qu'un vulgaire chef noir sans autorité, se
+reconnaissant le plus pauvre de tous ses sujets, et ne sachant que
+tendre la main pour demander un cadeau.
+
+Nous ne restâmes au camp de Denguéra que le temps nécessaire pour le
+lever du chemin parcouru et de celui qui devait nous mener à Kodioso, où
+nous campions quelques jours plus tard.
+
+Toute cette partie de la forêt entre Denguéra et Kodioso a un aspect
+particulier. Les grands arbres y sont peu nombreux; la végétation paraît
+moins ancienne que dans les autres lieux déjà visités, et ce sont, de
+tous côtés, plantations abandonnées et ruines nombreuses. De véritables
+forêts de goyaviers, aux troncs tortueux, recouvrent les emplacements
+de villages immenses, de villes, témoins jadis d'une population plus
+nombreuse qu'à l'époque actuelle. Les villages qui existent sont rares,
+dispersés et sans importance; les cases sont moins bien construites, et
+beaucoup d'entre elles tombent en ruines.
+
+[Illustration: Nous utilisons le fut renversée d'un arbre pour traverser
+la Mé.--D'après une photographie.]
+
+Sont-ce des villages détruits, brûlés pendant les dernières guerres? ou
+ne faut-il pas plutôt voir dans ces ruines les conséquences d'un abandon
+volontaire, conforme à la coutume de la forêt, qui est d'une hygiène
+bien comprise? Par la présence d'une agglomération nombreuse, le sol est
+souillé; aussi, après un séjour de 40, 50 ans, les habitants
+abandonnent-ils leurs cases: ils se déplacent. Il en est de même pour
+leurs plantations, dont ils jugent le sol appauvri par une culture
+continue. Les arbres de la forêt sont abattus, brûlés sur place, et l'on
+a ainsi un nouveau champ, au sol fécond et enrichi par les cendres des
+derniers incendies.
+
+Pendant notre marche en avant, les provisions on réserve diminuant de
+jour en jour, il nous fallait à chaque étape, à chaque village, nous
+ravitailler auprès des habitants. Les ignames étaient, depuis longtemps,
+notre unique légume, accommodé à diverses sauces. Les poulets étiques du
+pays, rares d'ailleurs, alternaient avec quelques cabris apportés par
+les chefs. Les indigènes, qui ne mangent pas les oeufs, les offrent à
+leurs divinités; aussi n'est-il pas rare, aux entrées de village, à la
+porte fétiche, de trouver une véritable omelette. Ces oeufs, conservés
+pieusement, nous étaient vendus à des prix exagérés, et régulièrement,
+le pauvre Allou venait m'annoncer que sur la douzaine récemment achetée,
+il s'en trouvait deux ou trois mangeables, je ne dis pas frais.
+
+Notre disette de vivres nous fit donc estimer d'autant plus les cadeaux
+du chef de Kodioso, où nous séjournâmes quelques jours, s'il est
+possible d'appeler cadeau un objet qui «doit» être payé le double ou le
+triple de sa valeur.
+
+[Illustration: La popote dans un admirable champ de bananiers. D'après
+une photographie.]
+
+Il faut s'entendre, en effet, sur le sens donné au mot «cadeau» dans ce
+pays. On vous offre un oeuf, un poulet, un boeuf, à une condition, la
+seule, c'est de répondre à cette gracieuseté par une autre, mais de
+valeur beaucoup plus grande. Si, au premier cadeau, vous ne donnez en
+échange qu'un objet juge insuffisant, vous pouvez dire adieu à toute
+autre offre de ce genre. Par contre, si vous avez payé largement, c'est
+une cohue de gens du village se précipitant sous votre tente pour vous
+«faire un cadeau», à grand renfort de cris et de bousculades. Chacun
+vous apporte quelque chose: un oeuf, un igname, un poulet, du vin de
+palme, des ananas, des cannes à sucre, du «poutou». L'objet offert n'est
+pas encore en votre possession que le noir a déjà désigné ce qu'il veut:
+généralement, un miroir, un couteau, parfois un fusil, votre casque,
+voire même vos propres habits.
+
+Heureusement nous savions qu'un convoi de vivres, qui nous était
+destiné, avait remonté le Comoé et devait se trouver à Bettié. Cette
+seule espérance nous faisait avaler, avec moins d'amertume, les ignames
+indigènes et trouver savoureux le boeuf en boulettes ou en salade, que
+le chef cuisinier retirait chaque jour de nos dernières boîtes de
+conserves.
+
+Suivant les cartes du pays et d'après le relevé du chemin que nous
+avions parcouru depuis Petit-Alépé, Bettié ne pouvait être loin et
+devait se trouver au nord-est. Quel ne fut pas notre étonnement, quand
+le chef de Kodioso nous répondit par l'interprète: «Bettié, connais pas!
+mais Adokoï ne peut manquer d'être sur la route de ce pays.»
+
+On s'entend avec le chef de Kodioso, qui nous donne un guide pour nous
+conduire, le soir même, à Adokoï. Avec plaisir on part en plein midi, et
+cependant, au milieu des immenses champs de bananiers, quelle chaleur
+jusqu'à trois heures! On marche toujours aussi légèrement, jouissant
+déjà du repos annoncé; nous devons, en effet, coucher à Adokoï.
+
+D'heure en heure, les kilomètres s'ajoutent aux kilomètres. À cinq
+heures, on interpelle le guide: «Adokoï?» La tête ahurie du personnage
+nous tient lieu de réponse.
+
+[Illustration: Indigènes coupant un acajou.--D'après une photographie.]
+
+Mais à quoi bon crier? il faut d'abord camper. Où? Pas une goutte d'eau.
+Nous devons donc reprendre la marche en avant. À six heures, le guide
+desserre les dents pour nous annoncer la rivière Mé, à peu de distance,
+_acaco-coco_, un peu loin, pas trop; ce qui veut aussi bien dire
+quelques mètres que quelques kilomètres.
+
+Je pars en avant avec le guide, et après une demi-heure de marche, nous
+débouchons brusquement sur une rivière, large de 80 à 100 mètres, la
+rivière Mé. Mais pas d'Adokoï. La nuit nous a déjà surpris et nous force
+à nous abriter sous quelques huttes abandonnées au milieu de la forêt.
+
+Notre campement était établi le lendemain sur les bords de la rivière,
+auprès du pont qui la traverse. Un arbre immense a été jeté au-dessus de
+l'eau; la racine tient à la berge, et les branches prennent appui dans
+le lit de la rivière.
+
+Devant le camp, se trouve un acajou de plus de 50 mètres de longueur,
+qui vient d'être abattu récemment par les indigènes, ainsi qu'en
+témoigne l'échafaudage, fraîchement monté autour du pied de l'arbre. Le
+tronc a près de 1m50 de diamètre, et l'arbre, de la section aux
+premières branches, a pu fournir cinq billes d'acajou de 4 mètres de
+longueur chacune. Ces énormes masses seront roulées jusqu'à la rivière
+et voyageront, par le fleuve et la lagune, jusqu'à Grand-Bassam, pour
+être, de là, expédiées en Europe.
+
+À Apiagui, où nous passions quelques jours plus tard, nous obtenions la
+même réponse que précédemment: Bettié était inconnu. N'ignorant pas que
+dans ce pays attié les mêmes villages avaient des noms différents et
+souvent nombreux, le commandant crut nécessaire d'expliquer qu'il
+s'agissait d'un village sur un grand fleuve.... Le fleuve était connu,
+très vaguement d'ailleurs, mais non Bettié. Et cependant les vivres
+faisaient complètement défaut. Le menu quotidien était toujours: igname,
+boeuf de conserve, vin de palme. Plus de riz, plus de biscuit.
+
+À Adokoï, où nous arrivions le 30 janvier, à 35 kilomètres de Kodioso,
+ce fut encore la question posée au premier notable qui voulut bien nous
+honorer d'une palabre. Bettié était toujours inconnu, ou plutôt il
+existait un village de ce nom, mais très loin, si loin, qu'il était
+préférable de se rendre d'abord dans le pays de Séka, qui n'était pas
+trop éloigné, et où les renseignements seraient certainement plus
+précis.
+
+On ne pouvait attendre plus longtemps, et le 1er février, le commandant,
+avec le capitaine Thomasset et quelques tirailleurs, partait en
+reconnaissance, à la recherche de Bettié, et surtout du convoi de
+vivres.
+
+À six heures du matin, au moment où le commandant quittait le campement,
+arrivait le chef d'Adokoï, apportant une chèvre en cadeau. Je suis
+chargé de répondre à ce souhait de bienvenue par un autre présent.
+Pendant quelque temps, le chef erre dans le camp au milieu des porteurs
+et des tirailleurs, et, ne voyant pas survenir l'objet précieux attendu
+en échange, il délie de ses propres mains la chèvre attachée à un arbre
+et retourne au village. Je lui adresse mon interprète en lui faisant
+dire qu'un cadeau donné ne peut être repris. À ces justes observations,
+le chef répond «que son cadeau n'a pas été payé et que, de plus, il a
+été fait au commandant et non pas à moi». D'ailleurs, il se demande
+pourquoi il s'occupe de tout cela, puisqu'il n'est pas le chef
+véritable, lequel, effrayé de la présence des blancs, est, paraît-il,
+dans la brousse.
+
+Il était de toute nécessité de voir le chef dont l'autorité s'étendait
+sur le pays. On le fait demander. Il répond qu'il viendra le lendemain.
+Le lendemain, personne. À midi, on nous annonce son arrivée. Cela dure
+deux jours, et encore pas de chef. Enfin, le deuxième jour, à huit
+heures du soir, les trompes royales résonnent: c'est Sa Majesté qui fait
+son entrée dans son village.
+
+Au matin, il se présente au camp, se croyant à son dernier jour, et
+tremblant d'émotion et de vieillesse.
+
+Le pauvre petit vieux!
+
+Il a nom Leliépi et porte la barbe du menton tressée en signe
+d'autorité. Après un quart d'heure de palabre, se sentant encore en vie
+et comblé de cadeaux pour lui et ses royales épouses, il ne peut retenir
+ses larmes. Il serre avec frénésie les mains des blancs assistant à la
+réunion et jette à nos pieds un peu de terre prise devant lui, signe de
+grande reconnaissance et de profond respect.
+
+Leliépi paraît très intelligent et possède une autorité véritable et
+incontestée sur tous ses sujets. Il promet des porteurs pour transporter
+les bagages, des vivres en abondance; tout marche à merveille.
+
+Une bouteille de gin, donnée en cadeau, court de main en main, passe de
+bouche en bouche, et, rapidement absorbée par la Cour, met en mouvement
+toutes les langues. «Oumbrenon!--Les blancs!» dit le roi, et dans ce
+seul mot se condense son admiration pour nous.
+
+[Illustration: La Côte d'Ivoire.--Le pays Attié.]
+
+Nous sommes des amis, si bien que, le soir même, je débute et vais
+tâcher d'extraire, de la cuisse d'un jeune homme, des projectiles qui y
+ont été placés par la maladresse d'un ami. Oh! tout simplement, comme en
+France, une histoire de chasse. Son compagnon le prend pour une biche et
+lui adresse la charge de son fusil en certaine partie charnue peu
+protégée chez les noirs de ce pays. Le mal n'aurait pas été grand si
+c'eût été du plomb bien calibré de Saint-Étienne ou d'ailleurs. Mais ici
+les chasseurs ne possèdent pas de Lefaucheux et se servent de
+canardières à pierre, longues de deux mètres et bourrées, jusqu'à la
+gueule, de poudre et de balles. Les balles sont des rognures de fer, des
+boîtes à conserves pliées, qui font généralement des plaies très
+sérieuses. C'est ce produit qui a été administré à mon client, lequel ne
+paraît pas enchanté de me voir à son chevet. Je ne puis pourtant
+l'abandonner, car j'ai été conduit près de lui par la volonté du roi
+qui, me voyant, ce matin, faire des pansements aux porteurs, a cru que
+je pourrais en faire autant à son blessé.
+
+En me rendant chez mon client, j'ai rencontre, à un coin de rue, le
+doyen de la Faculté de Médecine d'Adokoï, une bonne petite vieille, à
+figure réjouie, couverte de gris-gris, de perles, etc. Elle se demande
+ce qui pourra bien advenir à ce pauvre garçon, assez peu soucieux de sa
+vie pour se mettre entre les mains d'un médecin blanc! Cependant, nous
+nous faisons bonne figure, et nous nous serrons les mains avec le
+plaisir qu'on éprouve à se trouver entre confrères.
+
+Le projectile, qui a traversé la cuisse, roule sous la peau. Une simple
+incision peut le faire sortir. Je dois le guérir, me dit-on, mais il ne
+faut pas parler d'opération. Impossible.
+
+Je quitte donc le malheureux blessé, qui continuera son martyre chaque
+matin. Au moyen d'une baguette l'opérateur indigène repousse la peau, et
+de cette façon, le projectile doit reprendre la voie par laquelle il est
+entré. Le pansement se compose de feuilles bouillies dans une décoction
+d'écorces astringentes. À mon retour, je retrouverai ce malheureux; la
+balle sera tombée, et, avec elle, une partie des chairs de la cuisse.
+
+Pendant notre séjour à Adokoï, le roi tint toutes ses promesses. Après
+des adieux touchants, nous nous dirigeons vers Dioubasso, en regrettant
+de quitter ce pays, dont les habitants nous ont donné une si franche
+hospitalité.
+
+Le petit village de Dioubasso ne pouvait être pour nous un centre assez
+riche en ressources; aussi fut-il nécessaire de rayonner aux environs,
+afin de nous procurer les vivres dont nous avions besoin. À l'est, je
+trouvai un village beaucoup plus important, Biasso, et décidai les
+indigènes à venir nous ravitailler au campement. Pour la première fois,
+un blanc paraissait chez eux. Je veux prendre une photographie: tous
+fuient au bruit de l'appareil. Mais là, comme partout, la plus grande
+familiarité succède rapidement à l'étonnement et à la crainte du début.
+
+[Illustration: Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les
+indigènes mon appareil photographique. Dessin de J. Lavée, d'après une
+photographie.]
+
+Je reviens à Dioubasso, suivi de nombreux indigènes apportant des
+provisions que nous voulons acheter avant le déjeuner. Le prix élevé
+qu'ils en demandent ne nous permet pas de conclure le marché. Cela nous
+est d'autant plus pénible que nous ne possédons plus de vivres.
+
+On se met à table en espérant que les noirs reviendront plus
+conciliants, et comme le campement est envahi par les habitants du
+village, discutant entre eux et faisant un bruit assourdissant, nous les
+prions de rentrer chez eux. Personne ne bouge; le vacarme continue, et
+les vivres ne nous viennent pas. Par les soins de quatre de nos
+tirailleurs, le camp est enfin évacué et l'incident paraît terminé.
+
+Une heure plus tard, mon ancien infirmier, le tirailleur Ali-Sadjéou,
+vient me trouver. Les noirs l'ont mis en joue pendant qu'il traversait
+le village pour aller chercher de l'eau. Il n'avait pas son fusil et
+revenait. Nous avions, en effet, commis la faute de camper loin d'un
+point d'eau et de laisser le village intercepter la route qui menait au
+ruisseau.
+
+Quelques instants après, en armes, nous arrivons à l'entrée de
+Dioubasso; les tirailleurs, en avant, précèdent les porteurs qui doivent
+faire la corvée d'eau. Les habitations sont abandonnées. Les indigènes,
+embusqués dans les broussailles qui entourent le village à 30 mètres
+environ des cases, ont apprêté leurs fusils. Quand la provision d'eau
+est faite, on s'arrête au centre des maisons, près de la case à
+palabres. Un boeuf qui erre près de nous est saisi, et l'interprète
+annonce à haute voix que, comme amende, nous emportons le boeuf, et que
+les maisons ne seront pas brûlées.
+
+Dans la soirée, les notables venaient reconnaître leurs torts, mais
+déjà, le boeuf, coupé en quartiers, était distribué aux affamés que nous
+étions, trop heureux de cette bonne aubaine.
+
+De Dioubasso, un guide nous conduisit dans le pays de Séka-Séka où nous
+arrivions assez tard dans la soirée. L'entrevue avec le chef du village
+fut assez froide: sa police l'avait mis au courant de l'affaire de
+Dioubasso.
+
+Il nous parla du passage du commandant qu'il avait autorisé à traverser
+son village, il y avait quelques jours; il lui avait même fourni un
+guide pour le conduire à Bettié. Bettié était donc connu dans ce pays,
+et nous pouvions espérer être bientôt ravitaillés. «Il s'offrait,
+moyennant des cadeaux plus importants que ceux de l'autre blanc, à nous
+indiquer le même chemin.»
+
+On ne pouvait nous mettre plus poliment à la porte. Or nous devions
+attendre le commandant dans ce village.
+
+À cette déclaration de notre part, le chef bondit sur le tabouret en
+bois à trois pieds qui lui servait de trône. Ce meuble portatif est dans
+ce pays un insigne de l'autorité du personnage qui a le droit de s'y
+asseoir. Le chef bondit, se frappa les lèvres de la paume de la main
+gauche et, se levant, nous congédia.
+
+Puis se ravisant, il nous invite à loger dans le village. Nous refusons
+en pensant à la possibilité d'une attaque nocturne. Enfin, sur notre
+prière de nous indiquer un emplacement où nous pourrions camper, le chef
+nous fait conduire hors du village et nous nous installons auprès d'un
+petit ruisseau.
+
+On pouvait espérer qu'il y avait eu mauvaise entente; un mot mal traduit
+par nos interprètes avait pu froisser sa Majesté, qui nous refusait la
+permission de séjourner sur son territoire, permission qui nous avait
+toujours été accordée jusque-là. Notre confiance en nos interprètes
+n'était plus bien grande depuis que nous avions remarqué qu'ils avaient,
+à différentes reprises, réussi à s'approprier des cadeaux que l'on nous
+faisait. Cela leur était d'autant plus facile que, pour converser avec
+les chefs attiés, il fallait fréquemment se servir de deux interprètes,
+tellement les dialectes varient de village à village.
+
+Vers midi commença un défilé sans fin de guerriers du pays, le fusil à
+la main: la force armée était mobilisée. À cette menace d'intimidation,
+il était nécessaire de répondre; nos tirailleurs reçurent donc l'ordre
+de faire, chaque matin, le maniement d'armes auprès du camp.
+
+Mais à ce moment, sans vivres, nous ne pouvions nous montrer difficiles
+et, le même soir, à quatre heures, il nous fallait palabrer pour acheter
+un boeuf. «Le roi nous le donne, traduit l'interprète, car il reconnaît
+la supériorité des blancs qui font des fusils, des couteaux, etc....»
+Cependant, comme nous avons également pour nous la richesse, il nous
+demande en échange la modique somme de 3 onces 1/2 de poudre d'or (200
+francs). Nous répondons que «nous sommes certainement des êtres
+supérieurs, mais que ce n'est pas une raison pour nous combler de
+cadeaux de ce genre». On parlemente: le boeuf, une bête blanche, est,
+paraît-il, superbe et ne ressemble en rien aux autres boeufs que nous
+avons pu acheter précédemment. On tombe d'accord pour 90 francs. Nous
+avions enfin un gîte et des vivres pour réparer nos forces usées par un
+mois de dur voyage à travers la brousse.
+
+ (_À suivre._) Dr LAMY.
+
+[Illustration: La rue principale de Grand-Alépé.--D'après une
+photographie.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--7e LIV. Nº 7.--18 Février 1905.
+
+[Illustration: Les trois grâces de Mopé (pays Attié).--D'après une
+photographie.]
+
+
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE[1]
+
+ [Note 1: _Suite. Voyez page 61._]
+
+Par le Docteur LAMY
+
+_Médecin-major des troupes coloniales._
+
+ II. -- Dans le territoire de Mopé. -- Coutumes du pays. -- La
+ mort d'un prince héritier. -- L'épreuve du poison. -- De Mopé à
+ Bettié. -- Bénie, roi de Bettié et sa capitale. -- Retour à
+ Petit-Alépé.
+
+
+[Illustration: Femme du pays Attié portant son enfant en
+croupe.--D'après une photographie.]
+
+Ce voyage continu de plus d'un mois à travers la brousse, dans des
+sentiers rocailleux et couverts de branchages, avait occasionné à nos
+porteurs de nombreuses plaies s'ulcérant très facilement et devenant
+même parfois graves par leur étendue et leur profondeur. Tous les
+matins, c'était un long défilé de tirailleurs, de porteurs, auxquels il
+fallait panser, qui les pieds, qui les mains. À ces nombreux invalides
+commençaient à se joindre pour les pansements quelques sujets de Séka.
+
+Un matin, je terminais à peine mon service et, encore entouré des
+derniers malades et des indigènes qui venaient s'instruire à ma visite
+dans l'art de guérir les plaies, je me disposais à quitter ma tente,
+quand je vis deux tirailleurs déposer à mes pieds un de nos porteurs
+inanimé.
+
+Le Sénégalais Lamina Touré venait d'être piqué par un serpent qu'il
+n'avait pu reconnaître, et qui probablement devait être une vipère
+cornue, reptile très répandu dans l'Attié et que nous rencontrions
+fréquemment. Un de nos sous-officiers, se disposant à se coucher, avait
+été fort surpris de trouver une de ces vipères blottie sous sa
+couverture.
+
+Le blessé, aussitôt mordu, n'avait eu que le temps de se rendre auprès
+de ses amis, et en leur disant ce qui venait de lui arriver, s'était
+évanoui; en toute diligence on me l'apportait.
+
+Le venin était déjà en grande partie absorbé, ainsi que l'indiquaient la
+respiration difficile et irrégulière, le coma dans lequel se trouvait
+plongé le blessé. Les Attiés, témoins de l'état de Lamina et connaissant
+le résultat fatal d'une piqûre de vipère cornue, regardaient avec un
+sourire ironique mes préparatifs d'injection: je ne pouvais avoir
+d'espoir que dans le sérum antivenimeux du docteur Calmette, dont je
+possédais quelques flacons dans mes cantines médicales, et je me
+disposais à l'injecter.
+
+Une première injection faite n'amène aucun résultat.
+
+«Le fétiche pour serpents», me font dire les Attiés, pouvait seul sauver
+le pauvre blessé. Néanmoins, quelques minutes plus tard je fais une
+nouvelle injection. Cette fois je constate un mieux appréciable: l'état
+général est meilleur, et, au grand étonnement des spectateurs, le malade
+fait quelques mouvements.
+
+Dans l'après-midi le mieux s'accentuait d'autant plus que je venais de
+procéder à une nouvelle injection.
+
+Après une convalescence de quelques jours, Lamina était complètement
+guéri. J'étais un grand féticheur!
+
+Le lendemain, le chef Séka, m'amenant force malades à guérir, me
+demandait d'aller donner mes soins au vieux roi de Mopé. «Mopé? où
+était-ce?» Le village où nous étions!
+
+Il fallait s'expliquer. De tout cela il résulta que Mopé était bien le
+nom du village et que Séka-Séka voulait dire grand chef: le roi. D'autre
+part, le vieux chef malade était le véritable roi du pays, et celui que
+j'avais devant moi et qui se faisait appeler Séka-Séka avait pris le
+pouvoir et le titre royal avant la disparition du titulaire.
+J'accompagnai donc l'usurpateur chez le royal malade auquel j'ordonnai
+quelques drogues inoffensives: le mal était incurable.
+
+Au retour du commandant, les palabres recommencèrent. On agita surtout
+la question de notre départ: «Nous ne pouvions rester plus longtemps sur
+le territoire de Mopé.»
+
+Cela fut dit longuement et quelquefois même avec véhémence par le chef
+Séka. Les bonnes relations étaient rompues, et moi seul continuai à
+recevoir de mes malades et surtout du vieux roi quelques cadeaux
+consistant en ignames, rares poulets et oeufs pour fétiches.
+
+[Illustration: Une clairière près de Mopé.--D'après une photographie.]
+
+Je reçus, un jour, en cadeau, un grand plat de «foutou» au singe.
+L'accepter était très simple, mais il me fallut y goûter devant la
+maîtresse de maison qui l'avait préparé. Je fus très étonné de trouver
+un goût excellent à ce mets que j'avais toujours refusé d'accepter
+jusque-là. Tout heureuse de l'accueil que j'avais fait à son cadeau, la
+matrone me donna en quelques mots la préparation du «foutou» que je
+savais être le fond de la nourriture des indigènes à la Côte d'Ivoire.
+Des bananes bouillies à l'eau et écrasées sont mélangées à de l'huile de
+palme, et quand le tout est bien cuit, on y ajoute quantité de poivre et
+de piments, et un peu de viande de poulet, de boeuf, de poisson, de
+singe, suivant l'occasion ou la richesse de la maison.
+
+À Mopé, je remarquai, d'ailleurs, les mêmes usages, les mêmes coutumes
+que dans le reste de la forêt et que sur les bords des lagunes.
+
+Ici je retrouvai la porte fétiche à l'entrée du village, des arbres et
+cases fétiches au centre de l'agglomération et à l'intérieur de chaque
+enceinte particulière, avec les mêmes sacrifices: des oeufs, des
+poulets, etc.
+
+Quant au costume, il ne différait que par de légers détails, étant très
+sommaire dans tout le pays, aussi bien chez les hommes que chez les
+femmes. Dans les régions de la côte, les indigènes emploient les
+cotonnades européennes importées; dans la forêt, les tissus sont de
+fabrication attiée; aussi le vêtement y est-il encore plus rudimentaire.
+
+Les jeunes filles portent deux colliers de perles, un autour du cou,
+l'autre autour des reins. À ce dernier est attaché un lambeau d'étoffe
+qui, passant entre les jambes, se noue devant et derrière. Les femmes
+ont quelquefois une pièce d'étoffe plus grande, une serviette roulée
+autour des reins. Les plus riches possèdent des rangées de perles assez
+nombreuses autour des jambes ou des bras; mais le costume n'en est pas
+pour cela plus complet. Les petits garçons, moins riches ou moins
+coquets que leurs soeurs, se contentent d'une ficelle. Quand ils
+deviennent grands, ils prennent, dans le vestiaire commun à la famille,
+un lambeau d'étoffe toujours très petit, qu'ils se mettent autour de la
+ceinture. Souvent ces tissus sont remplacés par l'écorce souple d'un
+arbre, le «fou» ou «pou», dont ils se font des ceintures, surtout
+pendant leurs travaux aux champs.
+
+[Illustration: La garnison de Mopé se porte à notre rencontre.--D'après
+une photographie.]
+
+Dans l'Attié comme dans tout pays nègre, la femme fait les corvées,
+rapporte des bananeraies et des champs, toujours très éloignés des
+villages, le bois, les bananes, les ignames, les grains de palme pour
+préparer la nourriture pendant que les hommes flânent dans leur cour,
+font palabre ou chassent, armés de leurs longs fusils de traite; à moins
+qu'ils ne se rendent chez le forgeron du village, car c'est le
+rendez-vous des oisifs, les jours, si rares cependant, où l'artiste doit
+travailler. L'installation est, d'ailleurs, plus que sommaire. Le
+soufflet? deux troncs d'arbres creusés, fermés à une extrémité par une
+peau de bête, l'autre ouverture se terminant dans le foyer. Un aide pèse
+alternativement sur les deux peaux et le vent ainsi produit vient
+activer la combustion des amandes de palme, qui servent de charbon.
+L'enclume? une pierre, et le marteau? une pièce de fer quelconque. Les
+ouvrages ainsi forgés répondent à ce matériel rudimentaire, et bien
+qu'imparfaits, suffisent à placer l'artisan en haute estime parmi ses
+concitoyens.
+
+Les femmes s'occupent toute la journée de leur intérieur et des soins du
+ménage. La plus grande propreté règne à l'intérieur de leur habitation;
+à l'extérieur, la rue principale et les alentours du village ne
+présentent pas la moindre ordure.
+
+Après avoir donné ses soins aux enfants, la mère se rend dans une partie
+retirée de la maison et procède à un lavage minutieux de son corps tout
+entier. Pour cet usage, elle se sert d'une éponge faite avec les fibres
+de la tige du bananier que l'on a mise tremper dans l'eau et ensuite
+battue longuement.
+
+Le savon ne lui est pas inconnu. Elle sait le fabriquer en mélangeant
+des cendres de peaux de bananes avec de l'huile de palme. Ce savon en
+forme de boule grisâtre est très fort et nettoie très bien. Aussi pour
+prévenir l'irritation possible de la peau, si les frictions au savon ont
+été trop fortes ou répétées, elle s'enduit le corps d'huile de palme,
+et, si elle est coquette ou doit tenir son rang de femme de chef, se
+recouvre la poitrine et la gorge d'une résine parfumée.
+
+Les jours de fête ou de deuil, les ablutions sont de toute nécessité, et
+la toilette est encore plus soignée. Aux onctions d'huile de palme,
+succèdent des applications de peinture sur diverses parties du corps et
+de parfums aux odeurs fortes, mais souvent agréables.
+
+Pendant tout notre séjour dans la forêt, j'ai remarqué la déférence et
+le respect avec lesquels nous étions reçus par les chefs et les
+habitants des villages. Leur respect et leur adoration pour les blancs
+proviennent, sans doute, de ce qu'ils nous reconnaissent une
+intelligence élevée et une supériorité indéniable, se manifestant dans
+nos ustensiles les plus communs, les vêtements, les fusils, etc.
+
+Mais cette admiration est également accrue par la légende répandue dans
+tout le pays attié sur les blancs qui, d'après elle, seraient des êtres
+supérieurs, vivant dans l'eau, d'où leur couleur, où ils sont privés de
+femmes: ils nous voyaient toujours sans compagnes. De là leur crainte de
+nous voir enlever leurs épouses et leur interdiction à ces dernières
+d'approcher de nos campements.
+
+Et cependant, si j'en juge par les palabres dont j'ai pu être témoin, la
+vertu des femmes ne paraît pas une obligation. Des fautes graves se
+rachètent très facilement au moyen d'une amende souvent légère. Je ne
+sais même pas si ces amendes ne constituent pas une sorte de commerce.
+La coutume veut qu'en ce pays l'épouse qui a péché vienne avertir le
+mari en dénonçant son complice. Ce dernier est condamné à réparer le
+dommage et, sitôt l'amende reçue, le mari, trop heureux de ce cadeau si
+mérité, quitte la palabre en compagnie de l'épouse infidèle qui a su
+cependant se rendre utile à la communauté.
+
+En général, les femmes sont admises aux palabres, mais elles n'y ont pas
+voix quand il s'agit d'une discussion d'intérêt général.
+
+Le roi ou chef du pays, qui doit rendre la justice ou diriger les
+débats, n'a pas toujours une bien grande autorité sur ses sujets;
+l'influence qu'il possède est très souvent méconnue dans les réunions
+publiques, et c'est ce qui explique la difficulté que nous avons maintes
+fois rencontrée pour nous procurer des vivres, des porteurs. Le chef
+n'était pas toujours obéi, surtout quand il commandait aux jeunes gens;
+les anciens nous ont été, en général, moins hostiles, et c'est souvent
+grâce à eux que, dans les cas difficiles, les relations n'ont pas été
+rompues.
+
+Cette déférence du roi et des anciens pour nous, pour un blanc en
+général, se révèle dans cette coutume qui veut que le chef du village,
+dans lequel vous arrivez, vous apporte un cadeau quelconque: un animal,
+des aliments, et dans ce dernier cas, il se croit obligé d'en goûter
+devant vous avant que vous en mangiez. Si c'est du liquide, de l'eau, du
+vin de palme, il en verse quelques gouttes à terre comme offrande aux
+fétiches, puis en boit lui-même quelques gorgées et vous passe ensuite
+le reste. Vous devez agir de même si vous offrez du vin, du gin. Cette
+simple cérémonie est une preuve de la pureté des intentions de celui qui
+fait le cadeau; il ne faut pas oublier, on effet, que dans ce pays le
+poison est en grand honneur.
+
+Suivant une autre coutume, le chef doit accompagner le voyageur de
+marque, le blanc, qui traverse le pays, jusqu'à l'extrémité du village
+et même plus loin. À cette occasion, une femme du chef dépose une
+nouvelle offrande: oeufs, poulet, à la porte fétiche que l'on vient de
+franchir, ou plus loin sur une tombe près de laquelle on passe dans la
+brousse.
+
+[Illustration: Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de
+palme et de cendres de peaux de bananes.--D'après une photographie.]
+
+Dans l'Attié, les défunts sont enterrés loin des habitations, dans un
+endroit isolé que l'on débroussaille et sur lequel on vient déposer des
+poteries et des cadeaux à la mémoire de celui qui n'est plus.
+
+Les funérailles se célèbrent avec grande pompe, comme je pus le
+constater pendant que nous étions installés à Mopé.
+
+Un jour, de grands cris s'élèvent dans tout le village: des hurlements,
+des pleurs; comme des fous, les habitants courent de tous côtés. Le
+frère de Séka, successeur désigné au trône de Mopé, venait de mourir
+subitement.
+
+Toute la journée ce fut un tam-tam continuel; la nuit, au lieu d'y
+mettre un terme, ne fit que redoubler le tapage. Le lever du soleil fut
+salué d'une pétarade nourrie et de cris de plus en plus forts et
+nombreux. Des environs arrivent les guerriers, puis les parents et les
+amis du défunt. On abandonne complètement les travaux des champs où l'on
+ne va même plus chercher du vin de palme, des bananes. Je ne sais si
+l'on a le temps de manger. En tout cas, il est défendu de rien prendre:
+tout le pays est en deuil.
+
+[Illustration: Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de
+Mopé.--D'après une photographie.]
+
+La curiosité me poussant, je me rendis au village. Une foule compacte
+emplissait la rue centrale. Des groupes de guerriers, fusil en main,
+entourant des barils de poudre de traite, chargeaient leurs armes
+jusqu'à la gueule: c'était miracle qu'il n'y eût pas d'accident. Des
+personnes, la figure enduite de couleur blanche, se frappaient la tête
+contre le mur en hurlant.
+
+Auprès de la maison du chef, il était impossible de passer. Les tam-tam
+de guerre, longs de 2 mètres, creusés dans d'énormes troncs d'arbres,
+résonnaient sous les coups redoublés des nègres. Un chant monotone
+sortait de toutes les poitrines, pendant que quelques forcenés
+exécutaient la danse funèbre.
+
+À tout instant la foule grossissait, et de nombreux guerriers, le chien
+du fusil relevé, défilaient auprès de la maison du mort.
+
+Quand le soleil marqua le milieu du jour, le tumulte s'arrêta comme par
+enchantement, et l'on fit cercle sur une place auprès du village: d'un
+côté le chef Séka entouré de toute sa famille, de l'autre le grand
+féticheur ayant derrière lui les habitants du village. On allait faire
+fétiche ou plutôt boire le poison d'épreuve.
+
+Allou m'expliqua de son mieux la raison et le sujet de la cérémonie à
+laquelle j'assistai à l'écart derrière un palmier. «La mort ne pouvait
+être naturelle, me disait-il. Nécessairement, étaient accusées d'avoir
+tué le frère de Séka, les personnes y ayant intérêt, c'est-à-dire les
+membres de la famille du défunt qui pouvaient espérer devenir un jour
+roi de Mopé.»
+
+Le grand féticheur s'avance au milieu du cercle formé par les assistants
+et fait apporter par un jeune garçon, complètement nu, les appareils de
+la cérémonie: un grand mortier avec son pilon en bois dans lequel on
+doit mélanger le «foutou» de bananes cuites avec la décoction de
+l'écorce à poison contenue dans une terrine en terre du pays.
+
+À grands cris et avec force gestes, le féticheur explique qu'il existe
+un coupable et que le poison doit le faire connaître. Si la mort a été
+naturelle, le poison sera sans effet sur ceux qui en boiront, sinon le
+meurtrier sera dévoilé et puni. Séka répond que tout est convenu.
+
+«Le foutou est préparé, reprend le féticheur, qui va le manger?»
+
+Personne ne bouge, hormis le jeune aide du féticheur qui, revenant avec
+une noix de coco en guise de coupe, se met en devoir de verser le poison
+dans le mortier et de le mélanger aux bananes.
+
+De nouveau, le féticheur répéta son invitation: «Qui va le manger?»
+
+Un silence terrible s'étend sur toute l'assistance, et j'entends à peine
+le pauvre Allou, tremblant lui aussi, me souffler: «Si quelqu'un mange,
+il est mort.» C'est en effet l'écorce rouge du tali qui a servi à la
+préparation, et tous savent que ce poison ne pardonne pas.
+
+En tournant en cercle devant les assistants terrifiés, le féticheur
+pousse des cris, de véritables rugissements pour solliciter un aveu des
+assistants. Au milieu de ses hurlements de plus en plus violents, on
+peut reconnaître les noms de différentes personnes présentes, mais nul
+n'y répond.
+
+Tout à coup il s'arrête, et de la main indique, auprès du chef, un noir
+de forte taille. Celui-ci ne peut se dérober. Il se lève, et le frisson
+qui parcourt toute l'assemblée me fait également trembler malgré moi: je
+vais donc assister au poison d'épreuve.
+
+Le condamné s'approche de Séka, lui parle à l'oreille, et tous deux,
+suivis de leur famille, se retirent derrière les palmiers voisins,
+pendant que le féticheur fait entendre des imprécations de plus en plus
+terribles.
+
+«Écoutez, cria Séka, qui revient accompagné de sa famille, au milieu de
+l'assistance, après une absence de plus d'un quart d'heure, écoutez! le
+fétiche n'a pas menti. Le coupable désigné avoue avoir tué mon frère, et
+je le condamne à offrir un boeuf et dix bouteilles de gin à la mémoire
+du défunt!»
+
+C'était très simple: la crainte de la mort venait de se faire
+reconnaître coupable d'un crime imaginaire le premier indigène désigné
+par le féticheur.
+
+Déjà le boeuf immédiatement amené est dépouillé, dépecé. C'est la curée!
+Chacun en veut une part et la vue du sang excite les désirs et augmente
+la clameur. Les fusils partent d'eux-mêmes, les tam-tam recommencent et
+nous devons, cette nuit encore, ne jouir que d'un repos relatif.
+
+Le lendemain, le vacarme est toujours le même. Vers midi, les
+féticheuses se couvrent de fibres d'écorce, de peinture blanche et se
+ceignent la tête de branches; elles se réunissent aux femmes du pays et
+aux parentes du défunt, qui, également peintes en blanc, transportent le
+mort auprès d'un ruisseau pour procéder à la toilette mortuaire en lui
+faisant des ablutions. Cette cérémonie dure environ trois heures. Puis
+le défunt est ramené chez lui où il est embaumé. Les parfums en usage
+sont mélangés à différentes couleurs avec lesquelles chaque femme
+agrémente, suivant son caprice, les diverses parties du corps de
+l'époux.
+
+Les funérailles ne prennent fin que cinq jours plus tard, paraît-il. Les
+autres cérémonies nous ont été complètement cachées. Pourquoi?
+
+Au dire de mon boy Allou, un chef de cette importance ne peut s'en aller
+seul en terre. Il faut lui donner des compagnes et pour cela, dans la
+tombe, on précipite, décapitées, quelques épouses par trop fidèles. Sur
+ce sujet il m'a, d'ailleurs, été impossible de me renseigner, car le 3
+mars, je reçus l'ordre de partir pour Bettié où notre convoi de vivres
+était toujours en détresse.
+
+[Illustration: Toilette et embaumement du défunt.--D'après une
+photographie.]
+
+De Mopé à Bettié, il y a trois jours de marche. Afin de gagner du temps,
+je doublais les étapes, espérant faire la route en deux jours, si
+possible. Le lendemain au soir, le lieutenant Macaire et moi nous étions
+les hôtes de Bénié Coamé, roi de Bettié et autres lieux. Le palais où
+nous sommes reçus n'est pas royal; construit en planches, il possède une
+toiture en tôle aux ouvertures innombrables.
+
+Politique et commerçant, Bénié a su profiter de ses relations avec les
+premiers explorateurs qui ont été ses hôtes. Puissant par lui-même et
+devenu l'ami de la France, il a su, par son commerce, accroître encore
+son influence. Bettié, sa capitale, était d'ailleurs très bien placée,
+tous les produits du Nord passant par ce point pour descendre par le
+Comoé. À chaque colis, une légère redevance est perçue par Sa Majesté
+qui, de cette façon, s'enrichit chaque jour.
+
+Bénié fait venir de France ce qu'il voit, tout ce qui lui plaît. Sa
+maison n'est qu'un grand bazar: boîtes à musique, fusils, etc. Il a
+beaucoup de femmes, plus d'enfants encore. C'est un grand roi.
+
+Chaque jour il fait palabre et son plus grand plaisir est, en compagnie
+du chef de poste, représentant du Gouvernement français, de présider une
+fête en costume de riche musulman ou de colonel d'artillerie.
+
+[Illustration: Jeune femme et jeune fille de Mopé.--D'après une
+photographie.]
+
+De nombreuses caisses de vivres pour la Mission se trouvaient déjà
+réunies au poste de Bettié; mais il y en avait encore beaucoup à
+Malamalasso. Le roi Bénié, qui était chargé de les faire transporter par
+ses sujets, me répondit qu'il faisait son possible, mais qu'en ce moment
+les Français devenaient bien exigeants. Ses voisins, les chefs attiés,
+habitant le long du Comoé n'avaient jamais voulu nous obéir et nous ne
+leur imposions pas de corvées: ils vivaient en paix. Lui avait fait un
+traité avec nous, lors du passage de son ami Binger, et depuis lors,
+c'étaient tous les jours des corvées, des plaintes, des amendes....
+
+Il avait peut-être raison. Je ne le lui dis pas, et l'appelant grand
+roi, lui fis comprendre que les honneurs devaient quelquefois se payer,
+et qu'en tout cas, je comptais sur lui pour me fournir les trois cents
+porteurs dont j'avais besoin.--Impossible. Il devait monter les vivres
+pour les troupes de l'Undénié, fournir des travailleurs pour la
+construction du télégraphe, etc....
+
+Je décidai donc d'aller moi-même m'occuper du transport des dernières
+charges délaissées.
+
+Malamalasso est le point extrême de la navigation du Comoé pour les
+pirogues qui y déchargent leur contenu. Les charges sont transportées
+par terre de Malamalasso à Daboissué, et de là, elles reprennent la voie
+fluviale jusqu'à Bettié. Accompagné du fidèle Allou, je quittai Bettié
+un beau matin, et descendis le fleuve jusqu'à Daboissué. De là, une
+route magnifique devait nous conduire, le soir, à Aponokrou, et le
+lendemain à midi, à Malamalasso.
+
+Après un déjeuner sommaire à Daboissué, nous nous mîmes en route sous un
+soleil de feu. Un orage était imminent et rendait la marche fatigante.
+
+Le chemin avait dû être excellent autrefois et ombragé, si j'en jugeais
+par les arbres nombreux et touffus qui encombraient le sentier. On
+installait le fil télégraphique qui doit relier les postes du nord de la
+Côte d'Ivoire à Grand-Bassam et pour cela, il fallait abattre, sur une
+largeur de 20 à 30 mètres, tous les arbres que l'on ne conservait pas
+pour supporter le fil. J'arrivais un peu trop tard.
+
+De midi à huit heures du soir, heure à laquelle je parviens exténué à
+Aponokrou, il nous faut escalader des branches, ramper sous des troncs,
+passer en pleine brousse; à chaque pas, il y a un obstacle à franchir.
+On s'énerve, on s'impatiente, mais inutilement. Une pluie silencieuse
+nous surprend au milieu de cette étape fatigante, et c'est pour nous un
+soulagement de recevoir cette douche bienfaisante.
+
+[Illustration: Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à
+Daboissué. D'après une photographie.]
+
+Dans la case sous laquelle je m'abrite, je puis espérer prendre un repos
+bien mérité, mais je suis à peine au lit que les rats se lèvent et
+courent de tous côtés, les moustiques volent et piquent, pendant qu'au
+dehors des crapauds, à la voix puissante, font un charivari énorme,
+alternant avec les porteurs qui se battent, racontent des histoires
+interminables jusqu'au matin, ou jouent, sur une flûte à deux trous, le
+même air pendant toute la nuit.
+
+Au matin je me lève et reprends la marche pour arriver à Malamalasso
+avant déjeuner. Ce n'est pas un village: un simple point de débarquement
+et de transit. Quelques cases y servent d'abris pour les porteurs qui
+n'y font que passer, prennent leur charge et s'en vont. Mais que la
+nature y est jolie et que l'on est récompensé des fatigues du voyage,
+quand, du haut des roches de Malamalasso, on peut admirer le Comoé
+coulant au milieu d'une forêt splendide, au sortir des défilés énormes
+où les chutes succèdent aux rapides infranchissables, empêchant toute
+navigation!
+
+Le Mala-Mala, un ruisseau qui se jette dans le Comoé, vient ajouter le
+bruit sonore de sa cascade aux sourds roulements du fleuve.
+
+Le paysage est enchanteur et repose le voyageur qui, depuis plusieurs
+mois, ne connaît que les sentiers de rocailles et d'humus, sous une
+voûte qu'aucun rayon de soleil ne vient égayer. Mais il faut partir, et
+le retour à Bettié n'est que le signal de mon prochain départ pour
+rejoindre la Mission.
+
+La disette n'a fait que s'accentuer à Mopé; aussi, dès que les études et
+levers seront terminés, le commandant donnera l'ordre de redescendre
+vers Grand-Bassam. Je dois quitter Bettié le plus tôt possible avec le
+convoi de vivres et rejoindre la Mission à Adokoï. Pendant mon absence
+de Mopé, le capitaine Crosson-Duplessis a parcouru le Morénou, et le
+capitaine Thomasset vient de pousser une pointe vers le Baoulé et doit
+aller, si possible, jusqu'au N'zi.
+
+[Illustration: Bénié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de
+ses femmes et de ses hauts dignitaires.--D'après une photographie.]
+
+Tels sont les renseignements que me donne une lettre parvenue à Bettié.
+J'explique au roi la situation et lui demande, pour le lendemain, trois
+cents porteurs. L'annonce d'un cadeau digne d'un roi de son importance
+décide Sa Majesté qui, le lendemain, à l'heure convenue, tient à
+assister au départ du convoi.
+
+Les indigènes de Bettié, de race agni, sont les ennemis des Attiés; ils
+devaient donc me porter les charges jusqu'au premier village attié, et
+de là, revenir chez eux. Ce même soir nous y couchions; mon boy Allou et
+moi, nous étions les seuls gardes de tout le convoi.
+
+Le lendemain, dès quatre heures du matin, sur la grande place du village
+de Kong, je faisais palabre avec le chef, espérant pouvoir partir vers
+six heures, et, à marche forcée, me rendre à Adokoï, lieu de rendez-vous
+avec le reste de la Mission.
+
+«Il faut trois jours pour aller à Adokoï», me traduisait Allou; le chef
+fournira les porteurs pour trois pièces blanches (3 francs) par jour.»
+
+Nous discutons longuement: le prix fait est de deux pièces. Je me hâte,
+et aux yeux des habitants, puise dans la caisse à argent le nécessaire
+pour placer sur chaque charge les 2 francs promis. Quand tout est
+terminé, je donne le signal du départ. Personne ne bouge. «Ils ne
+veulent pas», me dit Allou. Je ne le voyais que trop.
+
+Le soleil était déjà haut dans le ciel. Exaspéré de ce refus et de ce
+nouveau retard, je bouscule le chef. À l'instant, la place est déserte,
+les femmes rentrent chez elles et quelques guerriers ont déjà le fusil à
+la main. Allou tourne vers moi des yeux résignés, il se croit à son
+dernier jour.
+
+Je ne pouvais penser à imposer ma volonté. Allou fut dépêché de nouveau
+au chef, lui apportant un cadeau.
+
+Il était onze heures, l'heure du déjeuner. L'appétit avait disparu, et
+courant à la suite de nos trois cents porteurs, Allou et moi, nous
+disions que le dîner du soir serait bien accueilli.
+
+Le soir à huit heures, nous arrivons sur les bords de la rivière Mé. Le
+campement fut établi dans une île de sable, au milieu du lit presque à
+sec de la rivière, et un lourd sommeil réparateur nous faisait oublier
+les fatigues et les émotions de la journée. La nuit était calme et
+douce, rien ne vint troubler notre repos.
+
+Sans attendre le lever du soleil, nous reprenons notre marche précipitée
+que venaient retarder des obstacles de tout genre. Sur la rive droite de
+la rivière Mé, le sentier n'existait plus: de tous côtés, sur plus d'un
+kilomètre, le sol avait été défoncé pour la recherche de l'or, et
+quelques puits, d'une profondeur de 4 à 5 mètres, témoignaient d'un
+travail récent au milieu des nombreuses fosses creusées par les
+générations précédentes.
+
+Demander à mes porteurs des renseignements sur la richesse en or de ce
+terrain était inutile. Je n'en aurais obtenu aucune réponse: la
+recherche de l'or est fétiche. On ne peut y travailler à sa volonté, ni
+même en parler librement.
+
+D'ailleurs, le temps n'était pas aux palabres, et il nous fallait
+continuer notre marche ou plutôt notre course jusqu'à Adokoï. Nous y
+arrivons, le soir, à la nuit tombante.
+
+Au campement, j'apprenais le départ de Mopé, départ pris par les
+indigènes pour une fuite déguisée, et la perte de plusieurs de nos
+cantines de voyage. Dans ce cas, perte pourrait signifier vol. Ces
+cantines en métal avaient excité les désirs du chef Séka qui, à
+différentes reprises, n'avait pu cacher son admiration pour notre
+mobilier peu luxueux cependant. Séka fournit les porteurs nécessaires,
+mais à l'arrivée à Adokoï, le commandant constatait la disparition du
+convoi des cantines si enviées.
+
+Immédiatement, pendant la nuit, des tirailleurs repartaient pour Mopé,
+entraient dans le domicile privé de Séka qui, fort surpris de l'arrivée
+inopinée de notre force armée (il nous croyait en fuite), s'excusa
+humblement de ce retard, bien involontaire, dans le transport des
+bagages.
+
+Dans la matinée, cantines et tirailleurs étaient de retour à Adokoï.
+
+D'autre part, je constatais un vol assez important d'argent commis
+pendant le transport de mes charges de Kong à Adokoï. Nous ne pouvions
+songer à punir les voleurs déjà rentrés dans leurs villages. De plus, le
+vieux chef Leliépi, toujours dévoué, nous apprenait que les tam-tam de
+guerre résonnaient dans tout l'Attié contre nous. «Nous revenions sur
+nos pas, disait-on, nous avions donc peur d'avancer», et tous se
+préparaient à nous attaquer.
+
+[Illustration: Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso.
+D'après une photographie.]
+
+La Mission pouvait, d'un jour à l'autre, se terminer à coups de fusil.
+Le plus sage était de redescendre au plus vite à Grand-Bassam, puisque
+rien ne nous retenait plus dans l'Attié.
+
+Rapidement, et sans arrêt, nous repassions par les mêmes villages, les
+mêmes sentiers qu'à l'aller, ayant cependant, quelquefois, une certaine
+difficulté à reconnaître la route déjà suivie. Les pluies quotidiennes
+avaient fait, du pays, un vaste marécage, et les ruisseaux, desséchés,
+s'étaient transformés en rivières, qu'il fallait traverser, ayant
+souvent de l'eau par-dessus les épaules.
+
+Chaque jour, en pleine marche, c'est une nouvelle tornade. Brusquement,
+il fait noir à n'y plus voir à deux pas, et le vent se lève pour devenir
+d'une violence inouïe, jusqu'au moment où la pluie commence. Autour de
+nous tombent, de tous côtés, des branches pourries, des débris de
+lianes; on peut se faire écraser à tout instant. Aussi, les promenades
+de ce genre ne sont pas du goût de nos porteurs.
+
+La pluie fait rage; les ruisseaux deviennent des fleuves. On en a
+jusqu'au ventre, plus loin jusqu'aux aisselles; au dernier, il faut
+nager.
+
+On en rit de bon coeur. D'ailleurs, rien à y faire; nous devons arriver
+au campement pour déjeuner, et, par conséquent, faire bonne figure. Et
+puis, comment ne pas rire en voyant les culbutes des amis? Sur la tête,
+afin de ne pas trop les salir dans l'eau boueuse, on porte avec
+précaution ses habits: veston, chemise. Les chaussettes et souliers sont
+conservés pour ne pas se blesser dans l'eau, et le chapeau, pour éviter
+les coups de soleil. Brusquement, le pied glisse, et tout va à la
+rivière.
+
+[Illustration: La vallée du Comoé à Malamalasso.--D'après une
+photographie.]
+
+C'est ce qui est arrivé à ma cantine, aux environs de Denguéra. Le
+porteur s'est dérobé, et la malle a pris un bain d'un quart d'heure.
+Quand je l'ai ouverte, tout baignait encore dans l'eau.
+
+Oh! si l'on pouvait imiter les noirs! Bien plus pratiques que nous, ils
+serrent précieusement les trois fils qui leur servent d'habits, pour
+s'en revêtir dès que l'orage a pris fin. Nous, trempés, grelottants,
+nous attendons l'arrivée de nos cantines pour nous changer. Et, si l'on
+campe dans un village, impossible de se soustraire, pendant la toilette
+et le changement d'habits, aux regards curieux et étonnés de la
+population tout entière.
+
+En pleine forêt, sur l'emplacement d'argile humide de notre ancien
+campement, entre Denguéra et Memni, nous venions d'élever nos tentes,
+quand, à la tombée de la nuit, de grands cris s'élèvent sur le chemin.
+
+Tout le camp est en éveil. À l'entrée du sentier, débouchent tout à coup
+des tirailleurs, le fusil sur l'épaule. En un instant, ils sont
+entourés, acclamés; on leur fait une réception enthousiaste: porteurs et
+tirailleurs se précipitent vers les nouveaux arrivants qu'ils aident à
+se décharger, leur enlevant leurs armes, leurs charges,... puis ce ne
+sont que poignées de main, longues et vigoureuses, qu'étreintes
+bruyantes. «Le capitaine, le capitaine!» crie-t-on de tous côtés.
+
+Cet heureux retour du capitaine Thomasset et de son escorte nous met en
+joie, en nous faisant oublier l'inquiétude qui, chaque jour, grandissait
+parmi nous, motivée par l'esprit belliqueux et surexcité des populations
+que nous venions de quitter.
+
+À marches forcées, suivant le même chemin que nous, et sans avoir subi
+la moindre attaque, le capitaine Thomasset avait traversé le pays attié
+par Mopé, Adokoï, Kodioso, surprenant les indigènes par la rapidité de
+sa course. Cette excursion jusqu'au N'zi avait pleinement réussi. En
+effet, malgré l'hostilité des habitants, le capitaine était parvenu au
+but qu'on lui avait assigné: se diriger vers le nord-ouest et
+reconnaître cette rivière, affluent du Boudama. Il est vrai que ce
+succès ne fut obtenu que par le courage et le sang-froid du chef de
+l'expédition.
+
+Le passage lui fut refusé par le chef du dernier village qu'il fallait
+traverser pour toucher à la rive du N'zi. Informé de cette décision, le
+capitaine fait dire par son interprète que ses intentions sont
+pacifiques, mais qu'il tient à continuer son chemin, et saura faire
+usage de ses armes, si cette liberté ne lui est pas accordée. Pour toute
+réponse, le chef garde prisonnier l'interprète. Le capitaine proteste de
+nouveau et annonce que si à l'instant même son interprète ne lui est pas
+rendu, il va donner l'assaut au village, qui sera détruit et brûlé.
+
+Intimidés, les indigènes expliquent qu'il y a malentendu, et que le
+passage ne peut-être refusé à un blanc qui sait aussi bien commander.
+
+Le jour même, le N'zi était reconnu, et le retour s'effectuait
+immédiatement dans la direction de Mopé, que le commandant Houdaille,
+accompagné du reste de la Mission, venait de quitter, quelques jours
+auparavant, pour redescendre vers Petit-Alépé. Ce retour du capitaine
+Thomasset permettait d'augmenter le nombre des travailleurs et de mener
+encore plus rapidement les travaux à effectuer en cours de route.
+Certains points ont dû être étudiés à nouveau, et tout le long de la
+tranchée principale faite à l'aller, de nombreuses percées transversales
+avaient été exécutées et levées, donnant ainsi une connaissance exacte
+du terrain avoisinant.
+
+Ce travail complémentaire, venant s'ajouter aux fatigues de la marche
+quotidienne, ne laissait aucun loisir aux membres de la Mission, tant
+Européens que tirailleurs et porteurs. Et quand, après une journée de
+labeur incessant, nous attendions avec impatience le moment de nous
+reposer sous la tente, dans ce même pays où, à l'aller, nous avions
+peine à nous approvisionner, il nous était impossible, au retour, de
+trouver un emplacement sec pour y installer notre campement.
+
+Par ces bains continuels, nos habits, complètement mouillés, tombaient
+en lambeaux, et le soir, en pleine humidité, dans un campement où nous
+ne pouvions nous réchauffer, nous sentions, aux fatigues de la journée,
+s'ajouter des accès de fièvre paludéenne, contre laquelle la volonté
+demeure impuissante. Chaque jour, nouvelles fatigues, nouvelles
+privations, et toujours la fièvre revenait plus tenace. Heureusement, la
+Mission touchait à sa fin.
+
+Encore deux jours.... Memni..., et le lendemain, après un voyage
+effectué aussi rapidement que possible, nous arrivions enfin, le 4
+avril, à Petit-Alépé, heureux de saluer, en ce point, notre retour aux
+pays civilisés, et pouvant, par ses ressources et ses communications
+avec Grand-Bassam, nous faire oublier nos privations de la brousse.
+
+Oh! ces beaux jours passés à Petit-Alépé, pendant lesquels, oublieux des
+fatigues supportées et déjà loin de nous, nous vivions des souvenirs de
+la brousse, des bons et surtout des mauvais jours, entrevoyant déjà
+notre retour à Bassam, et de là, en France!
+
+ (_À suivre._) Dr LAMY.
+
+[Illustration: Tam-tam de guerre à Mopé.--D'après une photographie.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--8e LIV. Nº 8.--25 Février 1905.
+
+[Illustration: Piroguiers de la Côte d'Ivoire pagayant.--D'après une
+photographie.]
+
+
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE[2]
+
+ [Note 2: _Suite. Voyez pages 61 et 73._]
+
+Par le Docteur LAMY
+
+_Médecin-major des troupes coloniales._
+
+ III. -- Rapports et résultats de la Mission. -- Valeur économique
+ de la Côte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. -- Supériorité de
+ la faune.
+
+
+[Illustration: Allou, le boy du docteur Lamy. D'après une photographie.]
+
+Encore quelques jours de travail, et les plans et levés étaient
+terminés; les rapports, dans lesquels se condensaient les travaux et les
+résultats de la Mission, pouvaient être considérés comme achevés; les
+résultats étaient des plus satisfaisants.
+
+Grâce à la prodigieuse activité du chef de Mission, qui sut distribuer à
+chacun sa besogne selon ses aptitudes et tirer de tous le maximum
+d'efforts, sans jamais dépasser les bornes de la résistance humaine,
+plus de 700 kilomètres avaient été levés et venaient compléter la carte
+de la Côte d'Ivoire, dont tout le pays attié était jusque-là tout à fait
+inconnu. De ces 700 kilomètres, une grande partie en avait été chaînée
+et étudiée de façon à établir un avant-projet de chemin de fer. Quant à
+l'itinéraire Petit-Alépé-Mopé (106 kilomètres), il avait été
+complètement levé à la planchette et piqueté. Entre ces deux points, une
+tranchée continue, de 3 mètres de largeur, avait été faite en pleine
+forêt à la hache et au coupe-coupe, et des reconnaissances
+transversales, exécutées tout le long de cette tranchée, avaient permis
+de connaître suffisamment le terrain pour que l'établissement immédiat
+de la voie ferrée fût possible.
+
+Le terrain de la Côte d'Ivoire présente une telle uniformité de
+constitution et d'ondulation que, des études précises faites sur
+l'itinéraire Alépé-Mopé, il était facile de tirer des conclusions
+identiques pour les tracés du capitaine Thomasset vers le N'zi, et du
+capitaine Crosson-Duplessis, dans le Morénou.
+
+Ce dernier, pendant le séjour de la Mission à Mopé, avait complètement
+exploré le Morénou, établi d'excellentes relations avec les chefs du
+pays, et, sans être inquiété, reconnu certains points du cours supérieur
+du Comoé.
+
+De ces différents rapports résultait la possibilité de l'établissement
+de la voie ferrée à des prix peu élevés, tout d'abord jusqu'à Mopé, puis
+avec prolongement vers le Baoulé jusqu'au N'zi et embranchement dans le
+Morénou avec prolongement éventuel sur Kouq.
+
+Une autre solution par Grand-Alépé et Abidjean permettait l'accès du
+chemin de fer jusqu'à la lagune, ou plutôt au port de Petit-Bassam. Le
+capitaine Crosson-Duplessis avait, en effet, su étudier la possibilité
+de la création d'un port dans la baie d'Abidjean et obtenu des résultats
+précis et satisfaisants. Le trou sans fond, qui est connu depuis
+longtemps pour exister devant le rivage de Petit-Bassam, où la barre ne
+se produit pas, semble avoir une prolongation dans la lagune, derrière
+l'île Boulay. Grâce aux fonds reconnus de 10 à 16 mètres, le port
+naturel, existant déjà sur 800 mètres de largeur et 4 kilomètres de
+longueur, serait rendu accessible aux navires venant du large, après le
+percement de la langue de sable de 800 mètres qui sépare la mer de la
+lagune et sur laquelle est bâti Petit-Bassam. Après l'établissement des
+quais nécessaires, la ville pourrait être construite sur les hauteurs de
+30 à 40 mètres, qui entourent et dominent le fond de la baie d'Abidjean.
+
+À ces diverses études, faisaient suite les rapports du capitaine
+Crosson-Duplessis sur l'ethnographie des pays parcourus, du capitaine
+Thomasset sur la géologie, et du lieutenant Macaire sur la création
+d'une usine électrique de 700 à 2 000 chevaux à Malamalasso, en se
+servant des chutes du Mala-Mala d'abord, puis même du Comoé.
+
+[Illustration: La forêt tropicale à la Côte d'Ivoire.--D'après une
+photographie.]
+
+Le lieutenant Macaire avait également étudié la richesse forestière du
+pays attié, au point de vue de la valeur des bois pour le commerce et
+l'industrie; il en rapportait divers échantillons pour les faire essayer
+en France.
+
+Quant à moi, j'avais joint à mon rapport médical, sur l'état sanitaire
+du détachement, quelques notes sur la climatologie, la flore et la faune
+du pays[3].
+
+ [Note 3: Il m'a été donné d'observer très fréquemment dans
+ la forêt, surtout aux environs de Adokoï, Mopé, l'affection
+ déjà signalée sous le nom de «goundou ou anakhré», par le Dr
+ Maclaud. Le malade qui en est atteint présente une tumeur
+ osseuse de chaque côté de la racine du nez; cette tumeur,
+ augmentant peu à peu de volume, en arrive à obstruer
+ quelquefois la vision. L'origine et la cause de cette
+ affection sont encore inconnues des indigènes, qui ne
+ paraissent pas la redouter et se contentent d'en rire.]
+
+Au point de vue médical, mon service avait été peu chargé pendant la
+Mission; je n'avais eu à m'occuper que de quelques cas légers de fièvre
+paludéenne, de dysenterie. Ma principale occupation journalière
+consistait dans les pansements de nombreuses plaies ulcérées de nos
+porteurs et de nos tirailleurs.
+
+Dans mes loisirs, j'avais pu faire quelques observations météorologiques
+en mettant en usage, quand cela m'était possible, les appareils
+enregistreurs que nous possédions. C'est ainsi que j'avais constaté dans
+la température de la forêt un abaissement de trois à quatre degrés sur
+les températures observées près de la côte et des lieux découverts; les
+maxima ayant toujours varié entre 28 et 31 et les minima entre 20 et 22
+degrés.
+
+Par contre, l'humidité déjà très grande à la Côte d'Ivoire (il y tombe
+une hauteur d'eau de 2m70 par an) se trouve dans la forêt encore
+considérablement augmentée. Nous avons passé tout notre séjour dans la
+brousse, au milieu, d'une atmosphère saturée d'humidité, si bien qu'il
+nous a été impossible de reconnaître les saisons sèches et pluvieuses
+observées à la Côte. Sous la forêt, il pleut toute l'année; la quantité
+seule diffère, mais on peut dire que d'avril à juillet les pluies sont
+continuelles. Les tornades journalières, pendant ces mois, sont
+généralement amenées par le vent du nord. Celles qui succèdent au vent
+du sud-ouest, qui est le vent régnant généralement sur la forêt, sont
+moins fréquentes, et surtout moins violentes; pendant toute la durée de
+la pluie, il se produit une baisse de 5 ou 6 degrés dans la température.
+
+[Illustration: Le débitage des arbres.--D'après une photographie.]
+
+Aux environs de Denguéra, j'avais constaté, du 11 au 25 janvier, un
+abaissement anormal de la température, surtout au matin. Il faisait
+froid, et le thermomètre marquait 15 degrés. L'hermâttan, vent froid et
+sec, venant du nord-est du Sahara, se faisait sentir à ce moment dans la
+forêt avant d'arriver à la Côte, où il souffle régulièrement tous les
+ans à la même époque.
+
+Cette humidité, chaude et constante à la Côte d'Ivoire, donne à la
+végétation une activité sans égale. Aussi les indigènes ne
+s'adonnent-ils que fort peu à la culture, la nature leur fournissant,
+avec prodigalité, les aliments nécessaires.
+
+Dans leurs champs, situés généralement à 2 ou 3 kilomètres de leurs
+villages, ils cultivent surtout des bananiers aux fruits gros et peu
+sucrés, qu'ils cuisent et écrasent pour préparer le «foutou»: c'est la
+base de leur nourriture. Les ignames et le manioc ne sont conservés que
+comme réserves pour les temps de disette et de guerre ou pour les jours
+de marche.
+
+Dans leurs plantations poussent encore quelques papayers, des ricins,
+des piments, des tomates sauvages. Autour des villages, il n'est pas
+rare de rencontrer des citronniers, des manguiers sauvages. Des arbres à
+noix de kola blanche ou rouge existent souvent au centre des habitations
+ou auprès de l'arbre à palabres du village; ils sont considérés comme
+fétiches. Beaucoup de villages sont entourés d'une ceinture de cocotiers
+plantés entre les cases et la brousse. Les clôtures des maisons, les
+portes fétiches, sont souvent formées par des ricins, des pourghères,
+dont les graines purgatives sont connues des indigènes.
+
+Sur les bords des lagunes et des fleuves surtout, et quelquefois tout
+autour des villages, des plantations, la forêt fait place à une autre
+forêt de palmiers d'espèces variées, parmi lesquelles domine le palmier
+à huile. C'est une des richesses du pays, et les produits, amandes et
+huile, qu'en retirent les indigènes, sont l'objet d'un commerce très
+important. D'autres palmiers servent à préparer le vin de palme, boisson
+fermentée qui est absorbée à l'occasion des fêtes et réjouissances:
+c'est le «n'zan» des Agnis, le «n'raufi» des Attiés.
+
+Les Attiés savent filer, tisser le coton, qu'ils recueillent sur les
+cotonniers de petite taille cultivés près de leurs villages ou dans
+leurs plantations. Ils en obtiennent des pièces d'étoffe, larges de 30
+centimètres environ, auxquelles ils donnent une teinte bleue, en se
+servant d'une décoction de plants d'indigo qui existent, mais en petite
+quantité, dans certains villages. Ce sont ces étoffes dont ils font
+leurs ceintures.
+
+Dans la forêt, les arbres sont d'essences nombreuses et variées; on y
+trouve l'acajou et beaucoup d'autres arbres à bois dur; les baobabs y
+sont fréquents. Les lianes à caoutchouc (landolphia) s'y rencontrent en
+assez grand nombre, mais elles ne sont pas exploitées par les indigènes.
+Le caoutchouc, qui, en petite quantité, provient de l'Attié, serait
+retiré des nombreuses espèces de ficus qui se trouvent dans le pays; il
+est de bonne qualité et ne contient que peu d'impuretés. À la Côte, il
+se présente sous l'aspect de boules, facilement différenciées des pains
+énormes qui descendent de l'Undénié et des galettes produites sur les
+bords des lagunes. Les fromayers et les caïlcédra, nombreux dans la
+forêt, surtout sur les bords des fleuves et des lagunes, sont d'une
+grande utilité aux indigènes; c'est, en effet, dans les troncs de ces
+arbres qu'ils creusent leurs pirogues.
+
+Comme on le voit, le pays attié est d'une richesse surprenante en
+variétés d'arbres et de plantes et en valeur d'essences ou de produits
+commerciaux. Par contre, on est étonné d'y rencontrer aussi peu
+d'animaux.
+
+Dans les villages, ce sont des boeufs rares et de petite taille, des
+chèvres, des poulets, etc. Dans la forêt, de nombreux papillons, aux
+couleurs éclatantes, et des reptiles, des insectes encore plus nombreux.
+
+On croirait la brousse inhabitée si quelques oiseaux ne venaient, par
+leurs cris, annoncer leur présence au sommet des arbres les plus élevés,
+surtout le long des fleuves; des aigles pêcheurs, au blanc plumage, des
+toucans au long bec, des vautours, des martins-pêcheurs, etc. Près des
+plantations, ce sont des pigeons, des tourterelles, des perroquets verts
+et gris, etc.
+
+Et cependant les panthères, léopards, chats-tigres, belettes, civettes,
+existent dans la forêt; les indigènes les connaissent, portent les dents
+de ces carnassiers en colliers autour du cou et m'en ont montré des
+traces. Il en est de même pour l'éléphant: une seule fois, j'ai suivi le
+passage d'une troupe de ces animaux qui ne doivent pas être nombreux, je
+crois, dans l'Attié. Les défenses que possèdent les indigènes sont rares
+et petites. Il est vrai que cette rareté de l'ivoire dans le pays
+pourrait tout aussi bien provenir du petit nombre d'éléphants que du
+danger de cette chasse pour des noirs mal armés, et craignant
+d'affronter des animaux aussi redoutables. D'après les indigènes,
+l'hippopotame existerait en certains points inaccessibles du Comoé et du
+N'zi; nous n'en avons jamais vu.
+
+[Illustration: Les lianes sur la rive du Comoé.--D'après une
+photographie.]
+
+Il est digne de remarque que, pendant notre séjour en pleine forêt, nous
+n'ayons rencontré aucun de ces animaux, ni sanglier, ni biche, ni
+antilope dont j'ai cependant relevé plusieurs fois les traces.
+
+Si les oiseaux paraissent rares et se perchent, hors du regard, sur la
+cime des arbres, des singes d'espèces nombreuses et variées emplissent
+la forêt de leurs ébats. J'ai pu reconnaître sept espèces différentes
+déjà signalées par Binger sous les noms agnis: kouamé (le cynocéphale),
+tié, adéré, foé, assibé, koumo, fah lié. Les Attiés, qui les prennent au
+piège, en font leur nourriture sans se soucier de la valeur de certaines
+de leurs fourrures, qui seraient estimées pour les foé, tié, pah-lié.
+Aussi nombreux que les singes, courent, de tous côtés, le long des
+lianes et des broussailles, des rats palmistes, des écureuils, etc. Un
+bruissement continuel semble animer ces immenses solitudes....
+
+Car la forêt paraît être surtout le domaine des reptiles et des
+insectes; ils y pullulent: lézards, iguanes, caméléons et serpents. Les
+caïmans, très peu nombreux, de petite taille, sont fétiches dans tout
+l'Attié, et il est défendu de les tuer. Il est à craindre que, de cette
+façon, leur nombre n'augmente rapidement.
+
+[Illustration: Les occupations les plus fréquentes au village:
+discussions et farniente attié.--D'après une photographie.]
+
+Pour une autre raison, la crainte, les serpents venimeux, eux aussi, ne
+sont pas détruits. Les Attiés ont la terreur de ces reptiles poussée au
+plus haut degré; la vue d'un serpent, même mort, les met en fuite.
+
+La vipère cornue, de la famille des Cérastes, très commune, est d'autant
+plus dangereuse que sa couleur grise lui permet de passer plus
+facilement inaperçue. Sa longueur est de 2 mètres. Elle est surtout
+reconnaissable à sa tête triangulaire, présentant, au centre, une tache
+noirâtre de même forme, et six petites cornes placées sur deux rangées,
+en avant des yeux. Les crochets venimeux sont au nombre de deux,
+mobiles, et généralement très allongés.
+
+Une seule fois, j'ai observé un autre serpent venimeux, un crotale, de
+couleur verte, au corps plus fin que le précédent, mais de même taille.
+Les crochets étaient fixés à la mâchoire supérieure.
+
+Plus grand, plus robuste, mais beaucoup moins dangereux, était l'énorme
+boa qu'à notre retour à Memni nous présentèrent les indigènes. Il avait
+8 mètres de longueur et il fallait deux hommes pour le porter. On peut
+juger du nombre de «foutous» et de sauces diverses qu'il servit à
+préparer.
+
+Les insectes que j'ai observés sont des sauterelles, criquets, grillons,
+cigales, des termites relativement rares et construisant des termitières
+de petit volume. Dans la brousse se rencontrent des taons, des guêpes,
+dont le voisinage est toujours désagréable. Une petite espèce d'abeilles
+produit du miel que les noirs recueillent et paraissent estimer.
+
+Les moustiques, très rares au centre de la forêt, pullulent sur les
+bords du fleuve et des lagunes. N'ayant pu, faute de loisirs, en étudier
+les diverses variétés, il m'est impossible de préciser la relation qu'il
+y a eu entre leur présence, leur absence et les accès de fièvre
+paludéenne constatés. Cependant, en général, je puis dire que, dans la
+forêt, les accès de fièvre ont été moins fréquents que sur la côte et
+les bords des lagunes et des fleuves. À terre, sur l'humus, on ne voit
+que fourmis rouges, magnans, fourmis cadavres à l'odeur écoeurante. Plus
+dangereux et presque aussi fréquents sont les gros scorpions noirs
+d'Afrique, les mygales, énormes araignées, dont les morsures sont
+venimeuses. Une chenille couverte de piquants occasionna chez un de nos
+sergents des accidents d'urticaire très douloureux.
+
+Quant aux poux de bois, argas, vivant dans la forêt, ils sont aussi
+fréquents et malfaisants que les chiques répandues sur le sable du
+rivage et dans les cases de la côte: ces insectes, argas et chiques, se
+logent sous l'épiderme, provoquent des démangeaisons insupportables et
+occasionnent souvent des plaies s'ulcérant facilement.
+
+
+ IV. -- La fièvre jaune à Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
+ Retour en France.
+
+Grâce aux nombreux bateaux à vapeur qui relient fréquemment la côte et
+Petit-Alépé, il nous était facile de descendre à Grand-Bassam et je m'y
+rendais environ une fois par semaine, afin d'acheter les vivres qui nous
+étaient nécessaires. Cordialement accueilli par mes deux confrères, les
+Drs Chaussade et Bailly, je passais la journée en leur compagnie et
+reprenais ensuite le bateau qui devait me reconduire à Petit-Alépé avant
+la nuit.
+
+Un jour, le chef de service, le Dr Chaussade, me fit part de quelques
+cas curieux qui venaient de se produire dans le village indigène: des
+noirs en excellente santé avaient été pris de fièvre brusquement. Leurs
+ganglions avaient formé des bubons et, après quelques jours de maladie,
+la mort était survenue. L'attention du docteur avait été attirée, non
+par les indigènes eux-mêmes, qui, loin d'appeler le médecin, cachaient
+plutôt les malades, mais par l'augmentation des décès au commencement du
+mois d'avril.
+
+À la curiosité fit place une certaine inquiétude, quand, vers le 16,
+j'appris, par hasard, que le nombre de morts allait en croissant
+considérablement: c'était une véritable épidémie qui se déclarait,
+d'autant plus grave que les indigènes n'avaient aucune hygiène et que
+les cas, isolés jusque-là dans un seul quartier, étaient, en ce moment,
+disséminés dans tout le village noir.
+
+Le vapeur, qui me conduisait, le 21 avril, à Bassam, manqua de charbon
+en cours de route; il fallut chauffer au bois, et la nuit nous surprit
+alors que nous étions encore sur le fleuve. À notre arrivée, je ne
+pouvais me rendre chez mes confrères, l'heure étant trop avancée.
+J'appris, d'ailleurs, que l'un d'eux était souffrant et préférai me
+reposer au grand air, sur mon lit de camp, sous une vérandah.
+
+[Illustration: Un incendie à Grand Bassam.--D'après une photographie.]
+
+Aussi, le lendemain, levé avec le jour, j'errais près du marché, quand
+un infirmier me vint dire qu'on m'appelait à l'hôpital. À pas lents, je
+parcourais le boulevard Treich-Laplène, aux cocotiers naissants, quand
+un Européen que je rencontrai me balbutia, l'émotion l'empêchant de
+parler: «Docteur, si vous voulez voir le Dr Bailly en vie, allez vite à
+l'hôpital!»
+
+J'arrivai trop tard. Le lendemain, les Européens de Grand-Bassam,
+fonctionnaires et commerçants, accompagnaient à sa dernière demeure le
+corps de ce pauvre camarade, mourant loin de sa famille, frappé
+brusquement au troisième jour de sa maladie. Il n'était débarqué à
+Bassam que depuis vingt-neuf jours! C'était son début dans la carrière.
+
+Deux jours plus tard, un télégramme du gouverneur de la colonie
+parvenait à Petit-Alépé, adressé au commandant: «Docteur Létinois, mort
+au champ d'honneur.»--Deux balles en pleine poitrine frappaient un autre
+camarade, non plus, cette fois, à Grand-Bassam, mais à Tabou, dans la
+région du Cavally où une colonne opérait contre les Tépos révoltés.
+Décidément, le ciel de la Côte d'Ivoire était funeste à mes camarades et
+il me tardait de quitter cette Afrique où, chaque jour, un nouveau deuil
+nous déchirait le coeur.
+
+[Illustration: La danse indigène est caractérisée par des poses et des
+gestes qui rappellent une pantomime.--D'après une photographie.]
+
+Au milieu de ces jours de tristesse et de mort, nous arrivait une
+heureuse nouvelle: un de nos amis, un jeune commerçant, plein d'entrain
+et confiant dans l'avenir, descendait le Comoé, et sitôt son arrivée à
+Petit-Alépé, nous devions fêter son heureux retour.
+
+Le 29 avril, il y avait réception à Alépé, c'est-à-dire un grand dîner
+où le nombre des plats rivalisait avec celui des vins. Le cuisinier noir
+faisait montre de ses talents culinaires; le maître de maison tenait à
+témoigner des richesses de sa cave. Il fallait, en effet, boire à la
+santé de l'heureux arrivant, à celle de la Mission brillamment terminée,
+aux absents (le commandant et le capitaine Crosson-Duplessis étaient à
+Petit-Bassam) et surtout au prochain retour en France. Encore quinze
+jours au plus!
+
+Il est minuit, et l'on songe enfin à se séparer, quand un coup de
+sifflet retentit dans la nuit: c'est un bateau à vapeur. Immédiatement
+nous sommes à l'appontement. On vient apporter des ordres de commerce
+pour un de nos convives. Lentement, vers le village, nous remontons la
+berge du fleuve pour nous rendre au camp. Un nouveau coup de sifflet
+vient nous surprendre, nous voyons le reflet rouge des feux d'un vapeur
+qui accoste au débarcadère. Petit-Alépé gagnait donc d'importance pour
+voir ainsi, de nuit, aborder deux vapeurs. Quelle était la raison de
+cette seconde arrivée? Une lettre du gouverneur au Dr Lamy: le Dr
+Chaussade était gravement malade. Je devais me servir du même bateau, la
+_Comète_, pour redescendre immédiatement à Bassam, assurer le service.
+Mes cantines sont fermées et embarquées aussitôt. J'étais prêt à partir
+et, sans différer, faisais mes adieux à mes amis. Un peu tristes les
+adieux! Comme ceux que l'on fait quand on va vers l'inconnu et que cet
+inconnu est des plus sombres. «À bientôt! crie-t-on de la berge quand le
+bateau s'éloigne, bon voyage!»--Je réponds: «À bientôt!» tandis qu'au
+fond du coeur, je me dis: «Non, c'est plutôt un adieu.»
+
+Cet inconnu, vers lequel je descends rapidement, poussé par le courant
+et à toute vapeur, cet inconnu m'effraie, je l'avoue humblement. Un de
+mes camarades est mort, il y a huit jours, l'autre est gravement malade.
+De plus, j'apprends à bord qu'un directeur d'une factorerie est décédé
+sur la plage au moment où il s'embarquait pour rentrer en France; de
+nombreux cadavres de rats, me dit-on, ont été trouvés dans les magasins
+de factoreries et dans les cases indigènes, etc.
+
+À cinq heures du matin, j'étais auprès de mon chef, le Dr Chaussade, qui
+s'excusait de m'avoir fait déranger pour un simple accès de fièvre: il
+se trouvait très bien.
+
+Vers huit heures, avant de quitter Grand-Bassam pour faire un voyage
+d'un jour sur la lagune, le gouverneur et le commandant Houdaille
+venaient prendre des nouvelles du malade. Il fut convenu que je
+resterais pour assurer le service à Bassam pendant quelques jours et que
+le Dr Chaussade irait en convalescence se remettre de ses fatigues,
+auprès de la Mission, à Petit-Alépé.
+
+[Illustration: Une inondation à Grand-Bassam.--D'après une
+photographie.]
+
+Cette décision ne devait pas avoir de suites (et ce fut le salut des
+membres de la Mission) car, malheureusement, le mieux constaté dans
+l'état du malade fut de courte durée. Le Dr Chaussade s'alitait à trois
+heures du soir, très gravement atteint; la mort survenait au
+commencement de la nuit. Quelles longues et cruelles heures pour un
+médecin discutant sur son lit de mort, jusqu'au dernier soupir, la
+maladie qui l'emporte, quand, à ces angoisses, s'ajoute le sentiment de
+la responsabilité du devoir à accomplir! Ces situations terribles sont
+rares, même aux colonies, d'un médecin se sentant mortellement atteint
+d'un mal qu'il ignore, qu'il craint de nommer, car, il faut se hâter, si
+c'est une épidémie qui débute, de prendre les mesures nécessaires pour
+sauver ceux qui sont encore en vie.
+
+Le Dr Chaussade entrevit cela et, mourant, il murmurait: «Donnez des
+ordres, je meurs de la peste!»
+
+[Illustration: Un campement sanitaire à Abidjean.--D'après une
+photographie.]
+
+Avant midi, le lendemain, ce pauvre camarade reposait au cimetière, et
+quand, à la même heure, le gouverneur, de retour à Grand-Bassam,
+apprenait ce nouveau malheur, je me rendais, en toute hâte, auprès de
+lui. On se trouvait en face d'une épidémie grave. La peste? C'était
+probable chez les noirs, mais on ne pouvait l'affirmer pour les
+Européens décédés. En tout cas, il fallait prendre des mesures
+énergiques, communes à toute épidémie, et... attendre. L'attente ne fut
+pas longue. Le jour même, l'infirmier était atteint; le jour suivant, de
+nouveaux cas se déclaraient chez les Pères missionnaires, chez les
+personnes ayant approché le dernier malade. Puis quatre ou cinq décès
+successifs, pendant les premiers jours de mai, nous prouvaient que
+l'épidémie existait bien et augmentait de violence. Cette fois, c'était
+la fièvre jaune: les derniers cas ne permettaient plus aucun doute et
+venaient éclairer le diagnostic resté incertain pour les premiers
+malades.
+
+Grand-Bassam comptait environ soixante Européens, parmi lesquels cinq ou
+six femmes, qu'il fallait éloigner rapidement du foyer de l'épidémie.
+Des ordres sont donnés en ce sens. Quelques personnes dociles et
+confiantes préfèrent s'exiler dans la brousse plutôt que de rester à la
+côte. La vie ne devait certes pas être facile et agréable sur les bords
+de la lagune, du Comoé; mais ne valait-il pas mieux, de cette façon,
+éviter le fléau? Malheureusement, tous ne furent pas de cet avis. Les
+vieux coloniaux, qui, depuis plusieurs années, fréquentaient les côtes
+du golfe de Guinée, affirmaient avoir vu, tous les ans, à cette époque,
+des cas de ce genre: «La fièvre bilieuse, bien connue et sans caractère
+épidémique, devenait plus fréquente, plus meurtrière, à ce moment de
+l'année, mais on ne pouvait l'appeler fièvre jaune», disaient ces
+habitués de Grand-Bassam, heureux et fiers de pouvoir retirer de leur
+ancienneté à la côte un peu de pratique et de connaissances médicales.
+Ils ne se doutaient pas du mauvais conseil qu'ils donnaient à ceux qui,
+trop nombreux, les écoutèrent. Il fallait partir, et très peu s'y
+décidèrent.
+
+Pour beaucoup d'Européens, fonctionnaires ou commerçants, il était
+difficile, je le sais, d'abandonner leur poste, leur factorerie; et ne
+trouvaient-ils pas préférable de cacher l'existence de l'épidémie, dont
+la révélation, une fois faite, devait amener l'arrêt complet du commerce
+dans la colonie?
+
+«D'ailleurs, l'épidémie est-elle bien reconnue, bien confirmée?»
+disaient-ils, et cette opinion prenait d'autant plus de force qu'elle
+rassurait tout le monde et montrait l'inutilité des mesures radicales
+qui allaient être prises. En effet, Grand-Bassam étant dépourvu d'étuve
+et d'autres moyens de désinfection, on ne pouvait avoir recours qu'à
+l'incendie pour arrêter, si possible, la contagion. Toute habitation
+d'Européen ou de noir, où un décès s'était produit, devait être
+immédiatement brûlée avec ce qu'elle contenait.
+
+Cette dernière mesure de rigueur fut mise immédiatement à exécution, non
+sans provoquer de nombreuses difficultés, tant du côté des Européens que
+du côté des indigènes. Pouvait-on croire pourtant que ces ordres avaient
+été donnés sans réflexion? Oh! ces trop longues journées de Bassam et
+ces nuits d'insomnie, plus longues encore, pendant lesquelles, depuis la
+mort du Dr Chaussade, j'assumai les responsabilités d'un médecin-chef
+d'une colonie, et cela au début d'une épidémie, sans un confrère, un
+ami, auprès duquel j'aurais pu trouver un conseil, un appui[4]! Ces
+longues journées, ces longues nuits, pendant lesquelles, allant de
+malade en malade, je n'avais pas un moment de repos, ni pour le corps ni
+pour l'esprit, qu'elles m'ont paru terribles et combien mes plus mauvais
+jours, passés dans la brousse, me semblaient agréables auprès des
+premières journées de mai 1899!
+
+ [Note 4: Je ne puis cependant oublier les bons soins de M.
+ Vaillant, constructeur et directeur du warf de Grand-Bassam,
+ qui fut toujours pour moi un excellent ami.]
+
+J'étais seul, et ma croyance dans l'existence de la fièvre jaune n'était
+pas partagée. Mais, chaque jour, c'était un nouveau décès, et l'épidémie
+frappant par toute la ville, sans grâce ni merci, venait, hélas! me
+donner raison. En dix jours, plus de douze décès sur une population de
+quarante personnes. On se comptait! Il fallut bien croire à la fièvre
+jaune le jour où ses plus acharnés adversaires succombèrent sous ses
+coups.
+
+Alors, ce fut de l'affolement. Le jour, on se fuyait ou presque: dans
+les rues, personne ne se promenait. La nuit, seul le bruit de la barre
+s'entendait sourd et régulier; les noirs en oubliaient de faire tam-tam.
+Je fus même menacé du fusil si je tentais d'approcher d'une maison: un
+malade me faisait demander, mais, devant cette menace, je me gardai bien
+d'avancer.
+
+Un soir, je rentrais chez moi, quand en passant boulevard
+Treich-Laplène, j'entendis des chants joyeux au son d'un violon. Cette
+gaieté faisait mal au milieu de cette désolation. On chantait, on
+dansait pour s'étourdir. Cette nuit encore, le sommeil ne vint pas; mon
+émotion était trop grande au souvenir de cette folle gaieté voulue pour
+oublier les morts du matin, de la veille, ceux de demain.
+
+Cette même nuit devait, d'ailleurs, être agitée. Vers deux heures du
+matin, un garde de police vint me prévenir que les indigènes étaient
+soupçonnés de cacher leurs malades et de transporter leurs morts pendant
+la nuit, de l'autre côté de la lagune. De cette façon, l'épidémie qui
+sévissait sur eux paraissait en décroissance et semblait même terminée:
+depuis quelques jours, il n'y avait eu aucune case d'incendiée. Le garde
+de police venait, en pleine nuit, d'arrêter un enterrement et me priait
+de constater l'état du cadavre. Immédiatement, je fais ouvrir le
+cercueil et reconnais sur le défunt les symptômes déjà signalés
+précédemment. L'épidémie faisait donc toujours des victimes chez les
+noirs!
+
+Le jour même, cette constatation provoquait de nouveaux ordres de la
+part du gouverneur. Le lendemain, tous les indigènes de Grand-Bassam,
+drapeaux anglais et français en tête, conduits par des Apolloniens, se
+rendaient en masse à l'hôtel du Gouvernement et sommaient le gouverneur
+de revenir sur sa décision. On ne pouvait que s'incliner devant la
+volonté du peuple aussi violemment manifestée; les tirailleurs étaient
+absents de Grand-Bassam, et la police se trouvait insuffisante. Les
+cases indigènes ne furent plus incendiées et, comme autrefois, les noirs
+continuèrent d'inhumer les corps dans la maison même, habitée par le
+défunt.
+
+[Illustration: Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée.--D'après
+une photographie.]
+
+Les inhumations des Européens se faisaient dans le cimetière, sur la
+grève, au bord de la mer, et le corps était placé entre deux lits de
+chaux. Bientôt la chaux elle-même fit défaut. Quant aux enterrements,
+ils n'existaient plus en tant que cérémonie. Personne n'accompagnait à
+sa dernière demeure le corps d'un voisin, d'un ami, et le triste cortège
+ne se composait que de quatre porteurs noirs.
+
+Le 13 mai au matin, il me fut impossible de me lever. J'avais des
+courbatures dans tous les membres et un fort mal de tête. C'était un
+violent accès de fièvre qui débutait ou plutôt la première atteinte de
+ce mal qui n'avait pas encore pardonné. Sur quinze personnes frappées
+avant moi, il y avait eu exactement quinze victimes.
+
+Je ne pouvais avoir l'espoir d'être épargné; aussi voulant mettre de
+l'ordre dans mes papiers d'affaires, mes rapports de Mission et surtout
+faire connaître mes dernières volontés, commençai-je par écrire quelques
+lettres à ma famille d'abord, puis au commandant et au lieutenant
+Macaire.
+
+[Illustration: Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de
+fièvre jaune. D'après une photographie.]
+
+Cela n'alla pas sans quelques difficultés, car les idées erraient
+confusément dans ma tête brûlante de fièvre, et ma volonté ne suffisait
+plus à soutenir mes membres fatigués. Une douleur violente aux reins, le
+coup de barre, me rendait tout mouvement impossible. Puis je songeai à
+me soigner, indécis entre les médicaments de la Faculté et les remèdes
+créoles sur lesquels je m'étais instruit longuement pendant mes jours
+passés. J'associai les deux et peut-être fis-je bien.
+
+Le lendemain, la fièvre diminuait. Le troisième jour de ma maladie, tout
+paraissait terminé et j'aurais pu dire comme mon confrère, le Dr
+Chaussade, que je me sentais bien, si je n'avais connu, par une longue
+et triste expérience, la façon de procéder de cette terrible maladie
+qui, à la veille de la mort, vous donne l'espoir d'une erreur et l'oubli
+du danger passé.
+
+Je ne pouvais m'abuser quand le soir de ce jour trompeur je sentis la
+fièvre revenir. Une grande faiblesse m'envahissait. Je ne pus que dire
+adieu à la vie et perdis connaissance.
+
+Quand je revins à moi, le lendemain matin, le soleil était déjà haut
+dans le ciel. J'appelai mon boy. Allou ne me répondit pas, et depuis
+lors, jamais je ne l'ai revu. Il m'avait été fidèle pendant mon séjour
+dans la brousse, mais la crainte de la mort avait été trop forte pour
+lui ou peut-être n'avait-il pas voulu être le seul témoin de mes
+derniers moments. En tous cas, il était parti, et comme souvenir de son
+ancien maître, avait emporté ma montre. Qu'il soit pardonné pour ses
+bons services dans l'Attié!
+
+Pendant ma maladie, l'épidémie avait continué ses ravages, décimant les
+Européens de Grand-Bassam.
+
+Aussi, à peine débarqué, le Dr Rimbert, venant du Dahomey, avait-il
+songé à conduire loin de ce point infesté tous ceux que la mort avait
+épargnés et qui voulaient bien abandonner leurs intérêts. Sur le vapeur
+Binger, en leur compagnie, le Dr Rimbert était parti pour Bérély, où il
+avait le bonheur de constater qu'aucun cas suspect n'avait éclaté parmi
+eux. Ils étaient sauvés!
+
+D'autre part, le Dr Mondon venait d'arriver de France et prenait la
+direction du Service de santé, ayant auprès de lui le Dr Germain, qui
+s'était embarqué à Dakar pour la Côte d'Ivoire.
+
+Ma convalescence ne fut pas longue, et le 22 mai, je pouvais de nouveau
+donner mes soins aux malades. Cette fois mon service s'était bien
+simplifié. Tout d'abord je n'étais plus seul, mais, hélas! mes confrères
+arrivaient un peu tard. Ils ne trouvaient plus à Bassam que les derniers
+Européens qui s'entêtaient encore à y rester et devaient sans tarder
+succomber presque tous: près de trente morts sur trente présents pendant
+toute l'épidémie! Quelques autres, plus heureux, étaient guéris: trois
+seulement et j'étais de ceux-là.
+
+Ah! ces détails que j'appris peu à peu en parcourant la ville désolée,
+quand je questionnai les indigènes, les anciens boys, qu'ils furent
+navrants et combien je me félicitai de n'y avoir pas assisté pendant que
+la maladie me forçait à ne penser qu'à moi!... Un jeune homme préférant
+s'alcooliser et buvant de l'absinthe à même la bouteille, afin de ne pas
+se sentir mourir; cet autre, déjà frappé autrefois à la Havane, ne
+pouvant croire à une nouvelle attaque et niant jusqu'à son dernier
+soupir que la fièvre jaune lui donnât la mort.
+
+Pour ajouter à la terreur de ces jours désolés, la mer elle-même avait
+cru devoir faire l'impossible. Un raz de marée formidable s'était formé
+le long des côtes de Guinée; le warf en construction à Grand-Bassam
+avait été fortement endommagé. Des vagues énormes avaient repoussé les
+dunes de sable qui forment le rivage et s'étaient répandues dans la
+ville de Bassam, inondant les rues, les cases indigènes, comblant les
+mares si nombreuses qui, malheureusement pour l'hygiène, existaient de
+tous côtés, près des habitations. Il avait fallu improviser des ponts,
+des passages en pirogue.
+
+Le cimetière européen lui-même n'avait pas été respecté par la mer en
+furie, et les cadavres des victimes de l'épidémie, auxquelles un juste
+repos aurait pu être accordé, se trouvaient découverts par les flots
+qu'un trop léger linceul de sable n'avait pu arrêter.
+
+Il ne me restait plus qu'à rejoindre mon poste, la Mission, qui se
+trouvait en ce moment à Jackville. Sitôt que l'épidémie fut connue à
+Petit-Alépé, le commandant, donnant une consigne sévère, avait
+complètement isolé le camp pour éviter toute contagion. Puis, comme il
+fallait penser au retour en France, la Mission s'était dirigée vers la
+côte, sur Jackville, par le Comoé et la lagune, sans toucher à
+Grand-Bassam.
+
+L'épidémie était terminée faute de nouvelles victimes, et je pouvais, le
+8 juin, faire mes adieux à mes confrères avant de partir pour Abidjean,
+sur la lagune, où je devais faire une quarantaine avant d'aller
+rejoindre la Mission. Il me tardait, en effet, de revoir mes amis qui, à
+plusieurs reprises, avaient perdu tout espoir de me ramener en France
+avec eux.
+
+Les dix jours passés à Abidjean furent pour moi dix jours de privations
+et de fatigues physiques. Les factoreries étaient fermées à la côte par
+défaut de personnel; les indigènes des bords de la lagune sont
+commerçants, mais pas hospitaliers; il était donc très difficile de se
+nourrir. Une seule chose me soutenait: la volonté de revoir la France.
+
+Aussi, quel fut mon bonheur de recevoir, le 16, un mot du commandant qui
+m'adressait une pirogue montée par des Jack-Jack, afin de me permettre
+de le rejoindre avant l'arrivée probable du paquebot qui devait nous
+transporter, le 18!
+
+J'étais prêt. Afin d'éviter de semer des germes de l'épidémie au milieu
+de la Mission qui en avait été heureusement préservée jusque-là, j'avais
+brûlé tout ce qui n'avait pas de valeur, mes habits, mon linge, et, par
+de nombreux bains antiseptiques, nettoyé tout le reste de mon matériel.
+
+Le 18, j'étais à Jackville dans les bras de mes amis. Je n'oublierai
+jamais la cordialité de leur réception et les bons soins dont j'ai été
+comblé. Pour eux je revenais de loin, et il fallait, paraît-il, me
+fortifier si je tenais à revoir la France.
+
+Dans la soirée, on crut apercevoir de la fumée au large de Jackville; la
+nuit tombait et il fut impossible de se rendre compte exactement,...
+puis au loin ce fut un feu. C'était le paquebot! Les beaux rêves que
+nous faisions cette nuit-là dans notre pauvre lit de camp, auquel nous
+allions dire adieu: c'était donc notre dernier sommeil sur la terre
+d'Afrique, et demain le départ pour la France!
+
+Au matin, réveillés de bonne heure par la barre qui roulait à nos pieds
+(le camp était établi sur le sable du rivage), nous regardions la mer au
+loin, bien loin!... Pas de paquebot! et un télégramme nous apprenait de
+Bassam que le courrier ne nous recevrait pas à bord, car tout le pays
+était en quarantaine.
+
+Chaque jour ce fut une nouvelle attente, une nouvelle déception.
+
+Enfin, le 26 juin au matin, nous disions adieu à la Côte d'Ivoire, aux
+lugubres souvenirs, et tout à la joie du retour, après une heureuse
+traversée, nous débarquions à Marseille, le 15 juillet.
+
+ Dr LAMY.
+
+[Illustration: Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène.--D'après une
+photographie.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+ * * * * *
+
+
+TABLE DES GRAVURES ET CARTES
+
+
+L'ÉTÉ AU KACHMIR
+
+Par _Mme F. MICHEL_
+
+
+ En «rickshaw» sur la route du mont Abou.
+ (D'après une photographie.) 1
+
+ L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1
+
+ Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou.
+ (D'après une photographie.) 2
+
+ Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias,
+ d'après une photographie.) 3
+
+ Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du
+ Djhilam. (D'après une photographie.) 4
+
+ «Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais
+ de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5
+
+ Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une
+ photographie.) 6
+
+ Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Mahârâdja à Srînagar.
+ (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7
+
+ L'entrée du Tchinar-Bâgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
+ Srînagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du
+ Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7
+
+ Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8
+
+ Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
+ à Delhi.) 9
+
+ Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10
+
+ La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11
+
+ Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12
+
+ «Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
+ et Shepherd, à Calcutta.) 13
+
+ Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de
+ Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13
+
+ Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un
+ vieux platane. (D'après une photographie.) 14
+
+ Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de
+ peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15
+
+ Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une
+ photographie.) 16
+
+ Troisième pont de Srînagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond,
+ le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17
+
+ Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18
+
+ Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19
+
+ Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthân.
+ (D'après une photographie.) 20
+
+ Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à
+ Delhi.) 21
+
+ Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une
+ photographie.) 22
+
+ Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un
+ musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23
+
+ Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24
+
+ Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou.
+ (D'après une photographie.) 25
+
+ Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée,
+ à Houtamourou, près de Bhavan. 25
+
+ Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26
+
+ Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27
+
+ Ver-Nâg: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une
+ photographie.) 28
+
+ Temple rustique de Voutanâr. (D'après une photographie.) 29
+
+ Autel du temple de Voutanâr et accessoires du culte. (D'après une
+ photographie.) 30
+
+ Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après
+ une photographie.) 31
+
+ Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31
+
+ Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au
+ déblaiement. (D'après une photographie.) 32
+
+ Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple.
+ (D'après des photographies.) 33
+
+ Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une
+ photographie.) 34
+
+ La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et
+ Shepherd, à Calcutta.) 35
+
+ Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
+ (D'après une photographie.) 36
+
+ Maisons de bois, à Palgâm. (Photographie Bourne et Shepherd, à
+ Calcutta.) 37
+
+ Palanquin et porteurs. 37
+
+ Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
+ miraculeuse. (D'après une photographie.) 38
+
+ Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar
+ au-dessus de Palgâm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 39
+
+ Vallée d'Amarnâth: vue prise de la grotte. (D'après une
+ photographie.) 40
+
+ Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du
+ Mahâgounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41
+
+ Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
+ Zodji-Pâl. (D'après une photographie.) 42
+
+ Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
+
+ Grotte d'Amarnâth. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
+
+ Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une
+ photographie.) 44
+
+ Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45
+
+ Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46
+
+ Pèlerins d'Amarnâth: le Sâdhou de Patiala; par derrière, des
+ brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une
+ photographie.) 47
+
+ Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48
+
+ Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
+ à Calcutta.) 49
+
+ Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49
+
+ Le Brahma Sâr et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk.
+ (D'après une photographie.) 50
+
+ Lac Gangâbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
+ Kissen, à Delhi.) 51
+
+ Le Noun-Kôl, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins.
+ (D'après une photographie.) 52
+
+ Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur
+ «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53
+
+ Temples ruinés à Vangâth. (D'après une photographie.) 54
+
+ «Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie
+ par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55
+
+ La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srînagar. (D'après
+ une photographie.) 56
+
+ Nishat-Bâgh et le bord oriental du lac de Srînagar. (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 57
+
+ Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58
+
+ La mosquée de Shah Hamadan à Srînagar (rive droite). (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 59
+
+ Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
+
+Par _le docteur LAMY_
+
+_Médecin-major des troupes coloniales_.
+
+
+ La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force
+ pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61
+
+ Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur.
+ (D'après une photographie.) 61
+
+ «Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de
+ Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62
+
+ À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63
+
+ Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée.
+ (D'après une photographie.) 64
+
+ Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une
+ douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile
+ de palme. (D'après une photographie.) 65
+
+ Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne.
+ (D'après une photographie.) 66
+
+ Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé.
+ (D'après une photographie.) 67
+
+ La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une
+ photographie.) 68
+
+ Indigènes coupant un acajou. (D'après une photographie.) 69
+
+ La côte d'Ivoire.--Le pays Attié. 70
+
+ Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les
+ indigènes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lavée,
+ d'après une photographie.) 71
+
+ La rue principale de Grand-Alépé. (D'après une photographie.) 72
+
+ Les Trois Graces de Mopé (pays Attié). (D'après une
+ photographie.) 73
+
+ Femme du pays Attié portant son enfant en groupe. (D'après une
+ photographie.) 73
+
+ Une clairière près de Mopé. (D'après une photographie.) 74
+
+ La garnison de Mopé se porte à notre rencontre. (D'après une
+ photographie.) 75
+
+ Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de
+ cendres de peaux de bananes. (D'après une photographie.) 76
+
+ Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé.
+ (D'après une photographie.) 77
+
+ Toilette et embaumement du défunt. (D'après une photographie.) 78
+
+ Jeune femme et jeune fille de Mopé. (D'après une photographie.) 79
+
+ Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué.
+ (D'après une photographie.) 80
+
+ Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes
+ et de ses hauts dignitaires. (D'après une photographie.) 81
+
+ Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. (D'après
+ une photographie.) 82
+
+ La vallée du Comoé à Malamalasso. (D'après une photographie.) 83
+
+ Tam-tam de guerre à Mopé. (D'après une photographie.) 84
+
+ Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant. (D'après une
+ photographie.) 85
+
+ Allou, le boy du docteur Lamy. (D'après une photographie.) 85
+
+ La forêt tropicale à la côte d'Ivoire. (D'après une
+ photographie.) 86
+
+ Le débitage des arbres. (D'après une photographie.) 87
+
+ Les lianes sur la rive du Comoé. (D'après une photographie.) 88
+
+ Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et
+ farniente Attié. (D'après une photographie.) 89
+
+ Un incendie à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 90
+
+ La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes
+ qui rappellent une pantomime. (D'après une photographie.) 91
+
+ Une inondation à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 92
+
+ Un campement sanitaire à Abidjean. (D'après une photographie.) 93
+
+ Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée. (D'après une
+ photographie.) 94
+
+ Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune.
+ (D'après une photographie.) 95
+
+ Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène. (D'après une
+ photographie.) 96
+
+
+L'ÎLE D'ELBE
+
+Par _M. PAUL GRUYER_
+
+
+ L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
+ violâtre. 97
+
+ Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une
+ blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs. 97
+
+ Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100). 98
+
+ Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise,
+ trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots. 99
+
+ Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon
+ pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino. 100
+
+ Porto-Ferraio: la porte de mer, où aborda Napoléon. 101
+
+ La «teste» de Napoléon (page 100). 102
+
+ Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses façades
+ scintillantes de clarté (page 99). 103
+
+ Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un bleu
+ sombre leur profil anguleux (page 99). 103
+
+ La façade extérieure du «Palais» des Mulini où habitait Napoléon
+ à Porto-Ferraio (page 101). 104
+
+ Le jardin impérial et la terrasse de la maison des Mulini
+ (page 102). 105
+
+ La Via Napoleone, qui monte au «Palais» des Mulini. 106
+
+ La salle du conseil à Porto-Ferraio, avec le portrait de la
+ dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon,
+ d'après le tableau de Gérard. 107
+
+ La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec ses
+ volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire
+ l'empereur (page 101). 107
+
+ Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protège du
+ soleil. 108
+
+ Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
+ Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur. 109
+
+ Un enfant elbois. 109
+
+ Marciana Alta et ses ruelles étroites. 110
+
+ Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du rivage et
+ ses embarcations tirées sur la grève. 111
+
+ Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
+ Giove. 112
+
+ ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nuées
+ (page 111). 113
+
+ La «Seda di Napoleone» sur le Monte Giove où l'empereur
+ s'asseyait pour découvrir la Corse. 114
+
+ La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithéâtre de
+ rochers est entourée de sveltes cyprès (page 117). 115
+
+ Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et cubiques ont
+ l'air de dominos empilés... (page 118). 115
+
+ J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nuées. 116
+
+ Une des trois chambres de l'ermitage. 117
+
+ L'ermitage du Marciana où l'empereur reçut la visite de la
+ comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814. 117
+
+ Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille citadelle
+ espagnole (page 117). 118
+
+ La maison de Madame Mère à Marciana Alta.--«Bastia, signor!»--La
+ chapelle de la Madone sur le Monte Giove. 119
+
+ Le coucher du soleil sur le Monte Giove. 120
+
+ Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino. 121
+
+ L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du
+ temps.) 121
+
+ Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc, bande
+ orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées. 122
+
+ La salle de bains de San Martino a conservé sa baignoire de
+ pierre. 123
+
+ La chambre de Napoléon à San Martino. 123
+
+ La cour de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du
+ temps.) 124
+
+ Une femme du village de Marciana Alta. 125
+
+ Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
+ représentant Napoléon et Marie-Louise. 126
+
+ San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes à
+ la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123). 126
+
+ Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant Napoléon sous la
+ figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète. 127
+
+ La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte avec ses
+ peintures murales et son bassin à sec. 127
+
+ Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napoléon
+ aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque
+ d'Ajaccio. 128
+
+ La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aïeule
+ portait à la cour des Mulini. 129
+
+ Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé en
+ souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de
+ Porto-Ferraio. 130
+
+ Le lit de Madame Mère, qu'elle s'était fait envoyer de Paris à
+ l'île d'Elbe. 130
+
+ Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
+ chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains
+ osseuses. 131
+
+ L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la flottille
+ impériale, le 26 février 1815. 132
+
+
+D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
+
+Par _M. VICTOR CHAPOT_
+
+_membre de l'École française d'Athènes_.
+
+
+ Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
+ Ksar-el-Benat (page 142). (D'après une photographie.) 133
+
+ Le canal de Séleucie est, par endroits, un tunnel (page 140). 133
+
+ Vers le coude de l'Euphrate: la pensée de relever les traces de
+ vie antique a dicté l'itinéraire. 134
+
+ L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
+ l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137). 135
+
+ Les rues d'Antioche sont étroites et tortueuses; parfois, au
+ milieu, se creuse en fossé. (D'après une photographie.) 136
+
+ Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'après une
+ photographie.) 137
+
+ Les crêtes des collines sont couronnées de chapelles ruinées
+ (page 142). 138
+
+ Alep est une ville militaire. (D'après une photographie.) 139
+
+ La citadelle d'Alep se détache des quartiers qui l'avoisinent
+ (page 143). (D'après une photographie.) 139
+
+ Les parois du canal de Séleucie s'élèvent jusqu'à 40 mètres.
+ (D'après une photographie.) 140
+
+ Les tombeaux de Séleucie s'étageaient sur le Kasios. (D'après
+ une photographie.) 141
+
+ À Alep une seule mosquée peut presque passer pour une oeuvre
+ d'art. (D'après une photographie.) 142
+
+ Tout alentour d'Alep la campagne est déserte. (D'après une
+ photographie.) 143
+
+ Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifié. 144
+
+ Balkis éveille, de loin et de haut, l'idée d'une taupinière
+ (page 147). (D'après une photographie.) 145
+
+ Stèle Hittite. L'artiste n'a exécuté qu'un premier ravalement
+ (page 148). 145
+
+ Église arménienne de Nisib; le plan en est masqué au dehors.
+ (D'après une photographie.) 146
+
+ Tell-Erfat est peuplé d'Yazides; on le reconnaît à la forme des
+ habitations. (D'après une photographie.) 147
+
+ La rive droite de l'Euphrate était couverte de stations romaines
+ et byzantines. (D'après une photographie.) 148
+
+ Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indéfiniment
+ (page 148). (D'après une photographie.) 149
+
+ Sérésat: village mixte d'Yazides et de Bédouins (page 146).
+ (D'après une photographie.) 150
+
+ Les Tcherkesses diffèrent des autres musulmans; sur leur personne,
+ pas de haillons (page 152). (D'après une photographie.) 151
+
+ Ras-el-Aïn. Deux jours se passent, mélancoliques, en négociations
+ (page 155). (D'après une photographie.) 152
+
+ J'ai laissé ma tente hors les murs devant Orfa. (D'après une
+ photographie.) 153
+
+ Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'après
+ une photographie.) 154
+
+ Vue générale d'Orfa. (D'après une photographie.) 155
+
+ Porte arabe à Rakka (page 152). (D'après une photographie.) 156
+
+ Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurés sont portés dans le
+ bac à force de bras (page 159). (D'après une photographie.) 157
+
+ Bédouin. (D'après une photographie.) 157
+
+ Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restées debout.
+ (D'après une photographie.) 158
+
+ Orfa: mosquée Ibrahim-Djami; les promeneurs flânent dans la cour
+ et devant la piscine (page 157). (D'après une photographie.) 159
+
+ Pont byzantin et arabe (page 159). (D'après une photographie.) 160
+
+ Mausolée d'Alif, orné d'une frise de têtes sculptées (page 160).
+ (D'après une photographie.) 161
+
+ Mausolée de Théodoret, selon la légende, près de Cyrrhus.
+ (D'après une photographie.) 162
+
+ Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taillée (page 165).
+ (D'après une photographie.) 163
+
+ L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
+ corps de légionnaires romains (page 160). (D'après une
+ photographie.) 163
+
+ Trappe de Checkhlé: un grand édifice en pierres a remplacé les
+ premières habitations (page 166). 164
+
+ Trappe de Checkhlé: la chapelle (page 166). (D'après une
+ photographie.) 165
+
+ Père Maronite (page 168). (D'après une photographie.) 166
+
+ Acbès est situé au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
+ (D'après une photographie.) 167
+
+ Trappe de Checkhlé: premières habitations des trappistes
+ (page 166). (D'après une photographie.) 168
+
+
+LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
+
+Par _M. RAYMOND BEL_
+
+
+ Indigènes hébridais de l'île de Spiritu-Santo. (D'après une
+ photographie.) 169
+
+ Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'après une
+ photographie.) 169
+
+ Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté. (D'après
+ une photographie.) 170
+
+ Une case de l'île de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'après
+ une photographie.) 171
+
+ Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté, présente
+ une rade magnifique. (D'après une photographie.) 172
+
+ C'est à Port-Vila ou Franceville, dans l'île Vaté, que la France
+ a un résident. (D'après une photographie.) 173
+
+ Dieux indigènes ou Tabous. (D'après une photographie.) 174
+
+ Les indigènes hébridais de l'île Mallicolo ont un costume et
+ une physionomie moins sauvages que ceux de l'île Pentecôte.
+ (D'après des photographies.) 175
+
+ Pirogues de l'île Vao. (D'après une photographie.) 176
+
+ Indigènes employés au service d'un bateau. (D'après une
+ photographie.) 177
+
+ Un sous-bois dans l'île de Spiritu-Santo. (D'après une
+ photographie.) 178
+
+ Un banquet de Français à Port-Vila (Franceville). (D'après
+ une photographie.) 179
+
+ La colonie française de Port-Vila (Franceville). (D'après
+ une photographie.) 179
+
+ La rivière de Luganville. (D'après une photographie.) 180
+
+
+LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
+
+Par _M. ALBERT THOMAS_
+
+
+ Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
+ (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 181
+
+ La reine des cloches «Tsar Kolokol» (page 180). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 181
+
+ Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
+ dans les rues de Moscou (page 183). 182
+
+ Les paysannes en pèlerinage arrivées enfin à Moscou, la cité
+ sainte (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 183
+
+ Une chapelle où les passants entrent adorer les icônes
+ (page 183). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 184
+
+ La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se découvrir
+ (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 185
+
+ Une porte du Kreml (page 185). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 186
+
+ Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
+ entourent la cité sainte (page 185). (D'après une photographie
+ de M. J. Cahen.) 187
+
+ Deux villes dans le Kreml: celle du XVe siècle, celle d'Ivan,
+ et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
+ (page 190). 188
+
+ Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses créneaux, ses tours aux
+ toits aigus (page 183). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 189
+
+ Tout près de l'Assomption, les deux églises-soeurs se dressent:
+ les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 189
+
+ À l'extrémité de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
+ de ses clochers (page 184). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 190
+
+ Du haut de l'Ivan Véliki, la ville immense se découvre (page 190).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 191
+
+ Un des isvotchiks qui nous mènent grand train à travers les rues
+ de Moscou (page 182). 192
+
+ Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchés moscovites,
+ entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent là
+ leurs produits (page 195). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 193
+
+ L'isvotchik a revêtu son long manteau bleu (page 194). (D'après
+ une photographie de M. J. Cahen.) 193
+
+ Itinéraire de Moscou à Tomsk. 194
+
+ À côté d'une épicerie, une des petites boutiques où l'on vend le
+ kvass, le cidre russe (page 195). (D'après une photographie de
+ M. J. Cahen.) 195
+
+ Et des Tatars offraient des étoffes étalées sur leurs bras
+ (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 196
+
+ Patients, résignés, les cochers attendent sous le soleil de midi
+ (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 197
+
+ Une cour du quartier ouvrier, avec l'icône protectrice (page 196).
+ (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 198
+
+ Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
+ relie la vieille ville à la nouvelle, la citadelle au marché
+ (page 204). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 199
+
+ Le marché étincelait dans son fouillis (page 195). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 200
+
+ Déjà la grande industrie pénètre: on rencontre à Moscou des
+ ouvriers modernes (page 195). (D'après une photographie.) 201
+
+ Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 202
+
+ Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, à tous les
+ étages, autour de grandes cours (page 196). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 203
+
+ Le char funèbre était blanc et doré (page 194). (D'après une
+ photographie.) 204
+
+ À Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
+ Tcherkesses (page 208). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 205
+
+ Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand châle
+ (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 205
+
+ Nous avons traversé le grand pont qui mène à la foire (page 205).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 206
+
+ Au dehors, la vie de chaque jour s'étalait, pêle-mêle, à
+ l'orientale (page 207). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 207
+
+ Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 208
+
+ Dans les rues, les petits marchands étaient innombrables
+ (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 209
+
+ Dans une rue, c'étaient des coffres de toutes dimensions, peints
+ de couleurs vives (page 206). (D'après une photographie de M.
+ J. Cahen.) 210
+
+ Près de l'asile, nous sommes allés au marché aux cloches
+ (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211
+
+ Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques étaient pendues
+ (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211
+
+ Dans une autre rue, les charrons avaient accumulé leurs roues
+ (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 212
+
+ Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchés
+ des débarcadères ou des stations (page 215). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 213
+
+ Le Kreml de Kazan. C'est là que sont les églises et les
+ administrations (page 214). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 214
+
+ Sur la berge, des tarantass étaient rangées (page 216). (D'après
+ une photographie de M. Thiébeaux.) 215
+
+ Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
+ (page 213). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 216
+
+ À presque toutes les gares il se forme spontanément un petit
+ marché (page 222). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 217
+
+ Dans la plaine (page 221). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 217
+
+ Un petit fumoir, vitré de tous côtés, termine le train
+ (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 218
+
+ Les émigrants étaient là, pêle-mêle, parmi leurs misérables
+ bagages (page 226). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 219
+
+ Les petits garçons du wagon-restaurant s'approvisionnent
+ (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 220
+
+ Émigrants prenant leur maigre repas pendant l'arrêt de leur train
+ (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 221
+
+ L'ameublement du wagon-restaurant était simple, avec un bel air
+ d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222
+
+ Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibérien.
+ (Photographie de M. Thiébeaux.) 223
+
+ L'église, près de la gare de Tchéliabinsk, ne diffère des isbas
+ neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
+ du «Guide du Transsibérien».) 224
+
+ Un train de constructeurs était remisé là, avec son wagon-chapelle
+ (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 225
+
+ Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
+ la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 226
+
+ Un point d'émigration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
+ Koulomzine.) 227
+
+ Enfants d'émigrants (page 228). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 228
+
+ Un petit marché dans une gare du Transsibérien. (Photographie de
+ M. Legras.) 229
+
+ La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isolé (page 230).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 229
+
+ Nous sommes passés près d'une église à clochetons verts (page 230).
+ (Photographie de M. Thiébeaux.) 230
+
+ Tomsk a groupé dans la vallée ses maisons grises et ses toits
+ verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.) 231
+
+ Après la débâcle de la Tome, près de Tomsk (page 230). (D'après
+ une photographie de M. Legras.) 232
+
+ Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
+ (page 232). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 233
+
+ La cathédrale de la Trinité à Tomsk (page 238). (Photographie
+ extraite du «Guide du Transsibérien».) 234
+
+ Tomsk: en revenant de l'église (page 234). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 235
+
+ Tomsk n'était encore qu'un campement, sur la route de l'émigration
+ (page 231). (D'après une photographie.) 236
+
+ Une rue de Tomsk, définie seulement par les maisons qui la bordent
+ (page 231). (Photographie de M. Brocherel.) 237
+
+ Les cliniques de l'Université de Tomsk (page 238). (Photographie
+ extraite du «Guide du Transsibérien».) 238
+
+ Les longs bâtiments blancs où s'abrite l'Université (page 237).
+ (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».) 239
+
+ La voiture de l'icône stationnait parfois (page 230). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 240
+
+ Flâneurs à la gare de Petropavlosk (page 242). (D'après une
+ photographie de M. Legras.) 241
+
+ Dans les vallées de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
+ (page 245). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 241
+
+ Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'après une
+ photographie.) 242
+
+ Les rivières roulaient une eau claire (page 244). (D'après une
+ photographie.) 243
+
+ La ligne suit la vallée des rivières (page 243). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 244
+
+ Comme toute l'activité commerciale semble frêle en face des eaux
+ puissantes de la Volga! (page 248.) (D'après une photographie
+ de M. G. Cahen.) 245
+
+ Bachkirs sculpteurs. (D'après une photographie de M. Paul
+ Labbé.) 246
+
+ À la gare de Tchéliabinsk, toujours des émigrants (page 242).
+ (D'après une photographie de M. J. Legras.) 247
+
+ Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
+ (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 248
+
+ Joie naïve de vivre, et mélancolie.--un petit marché du sud
+ (page 250). (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 249
+
+ Un russe dans son vêtement d'hiver (page 249). (D'après une
+ photographie de M. G. Cahen.) 250
+
+ Dans tous les villages russes, une activité humble, pauvre de
+ moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'après une
+ photographie de M. G. Cahen.) 251
+
+ Là, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 252
+
+
+LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
+
+Par _M. GERSPACH_
+
+
+ Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
+ promenade. (Photographie Alinari.) 253
+
+ Porte de la cathédrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
+ (Photographie Alinari.) 253
+
+ Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
+ San Salvatore. (D'après une photographie.) 254
+
+ La ville de Lugano descend en amphithéâtre jusqu'aux rives de son
+ lac. (Photographie Alinari.) 255
+
+ Lugano: faubourg de Castagnola. (D'après une photographie.) 256
+
+ La cathédrale de Saint-Laurent: sa façade est décorée de figures
+ de prophètes et de médaillons d'apôtres (page 256).
+ (Photographie Alinari.) 257
+
+ Saint-Roch: détail de la fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges
+ (Photographie Alinari.) 258
+
+ La passion: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges
+ (page 260). (Photographie Alinari) 259
+
+ Saint Sébastien: détail de la grande fresque de Luini à
+ Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.) 260
+
+ La madone, l'enfant Jésus et Saint Jean, par Luini, église
+ Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.) 261
+
+ La Scène: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges
+ (page 260). 262
+
+ Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
+ (Photographie Alinari.) 263
+
+ Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
+ (D'après une photographie.) 264
+
+
+SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
+
+Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_
+
+
+ Les quais sont animés par la population grouillante des Chinois
+ (page 266). (D'après une photographie.) 265
+
+ Acteurs du théâtre chinois. (D'après une photographie.) 265
+
+ Plan de Shanghaï. 266
+
+ Shanghaï est sillonnée de canaux qui, à marée basse, montrent
+ une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hélène
+ de Harven.) 267
+
+ Panorama de Shanghaï. (D'après une photographie.) 268
+
+ Dans la ville chinoise, les «camelots» sont nombreux, qui débitent
+ en plein vent des marchandises ou des légendes extraordinaires.
+ (D'après une photographie.) 269
+
+ Le poste de l'Ouest, un des quatre postes où s'abrite la milice
+ de la Concession française (page 272). (D'après une
+ photographie.) 270
+
+ La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
+ chinoise de Shanghaï (page 268). 271
+
+ Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
+ l'arrivée du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
+ Harven.) 271
+
+ Une maison de thé dans la cité chinoise. (D'après une
+ photographie.) 272
+
+ Les brouettes, qui transportent marchandises ou indigènes, ne
+ peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
+ (page 270). (D'après une photographie.) 273
+
+ La prison de Shanghaï se présente sous l'aspect d'une grande cage,
+ à forts barreaux de fer. (D'après une photographie.) 274
+
+ Le parvis des temples dans la cité est toujours un lieu de
+ réunion très fréquenté. (D'après une photographie.) 275
+
+ Les murs de la cité chinoise, du côté de la Concession française.
+ (D'après une photographie.) 276
+
+ La navigation des sampans sur le Ouang-Pô. (D'après une
+ photographie.) 277
+
+ Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'après une photographie.) 277
+
+ Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
+ (D'après une photographie.) 278
+
+ Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
+ apparence (page 282). 279
+
+ Les jeunes Chinois flânent au soleil dans leur Cité.
+ (Photographies de Mlle H. de Harven.) 279
+
+ Sur les quais du Yang-King-Pang s'élèvent des bâtiments, banques
+ ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'après une
+ photographie.) 280
+
+ Le quai de la Concession française présente, à toute heure du
+ jour, la plus grande animation. (D'après une photographie.) 281
+
+ Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entrée de la pagode. (D'après
+ une photographie.) 282
+
+ «L'omnibus du pauvre» (wheel-barrow ou brouette) fait du deux à
+ l'heure et coûte quelques centimes seulement. (D'après une
+ photographie.) 283
+
+ Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'après une
+ photographie.) 284
+
+ Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
+ chinois de Tou-Ka-Dou. (D'après une photographie.) 285
+
+ Chinoises de Shanghaï. (D'après une photographie.) 286
+
+ Village chinois aux environs de Shanghaï. (D'après une
+ photographie.) 287
+
+ Le charnier des enfants trouvés (page 280). (D'après une
+ photographie.) 288
+
+
+L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
+
+Par _M. BARGY_
+
+
+ L'école maternelle de Hampton accueille et occupe les négrillons
+ des deux sexes. (D'après une photographie.) 289
+
+ Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'après une
+ photographie.) 289
+
+ Booker T. Washington, le leader de l'éducation des nègres aux
+ États-Unis, fondateur de l'école de Tuskegee, en costume
+ universitaire. (D'après une photographie.) 290
+
+ Institut Hampton: le cours de maçonnerie. (D'après une
+ photographie.) 291
+
+ Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'après une
+ photographie.) 292
+
+ Institut Hampton: le cours d'électricité. (D'après une
+ photographie.) 293
+
+ Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'après une
+ photographie.) 294
+
+ Le salut au drapeau exécuté par les négrillons de l'Institut
+ Hampton. (D'après une photographie.) 295
+
+ Institut Hampton: le cours de chimie. (D'après une
+ photographie.) 296
+
+ Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'après
+ une photographie.) 297
+
+ Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'après une
+ photographie.) 298
+
+ Institut Hampton: le cours de botanique. (D'après une
+ photographie.) 299
+
+ Institut Hampton: le cours de mécanique. (D'après une
+ photographie.) 300
+
+
+À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
+
+Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_
+
+_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan._
+
+
+ Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
+ (D'après une photographie.) 301
+
+ Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'après une
+ photographie.) 301
+
+ Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
+ d'Astrabad à Kirman. 302
+
+ Les femmes persanes s'enveloppent la tête et le corps d'amples
+ étoffes. (D'après une photographie.) 303
+
+ Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravagé, une rivière
+ presque à sec; au fond, des constructions à l'aspect de fortins.
+ (D'après une photographie.) 304
+
+ Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
+ visités de l'Asie. (D'après une photographie.) 305
+
+ La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'après une
+ photographie.) 306
+
+ Enfants nomades de la Perse orientale. (D'après une
+ photographie.) 307
+
+ Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'après une
+ photographie.) 308
+
+ Les préparatifs d'un campement dans le désert de Lout. (D'après
+ une photographie.) 309
+
+ Le désert de Lout n'est surpassé, en aridité, par aucun autre de
+ l'Asie. (D'après une photographie.) 310
+
+ Avant d'arriver à Kirman, nous avions à traverser la chaîne de
+ Kouhpaia. (D'après une photographie.) 311
+
+ Rien n'égale la désolation du désert de Lout. (D'après une
+ photographie.) 312
+
+ La communauté Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
+ souhaiter la bienvenue. (D'après une photographie.) 313
+
+ Un marchand de Kirman. (D'après une photographie.) 313
+
+ Le «dôme de Djabalia», ruine des environs de Kirman, ancien
+ sanctuaire ou ancien tombeau. (D'après une photographie.) 314
+
+ À Kirman: le jardin qui est loué par le Consulat, se trouve à un
+ mille au delà des remparts. (D'après une photographie.) 315
+
+ Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'après une
+ photographie.) 316
+
+ Les gardes indigènes du Consulat anglais de Kirman. (D'après une
+ photographie.) 317
+
+ La plus ancienne mosquée de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
+ (D'après une photographie.) 318
+
+ Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province
+ de Kirman. (D'après une photographie.) 319
+
+ La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
+ mosquées de Kirman. (D'après une photographie.) 320
+
+ Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
+ terrain de plaisance occupé par des jardins. (D'après une
+ photographie.) 321
+
+ Les environs de Kirman comptent quelques maisons de thé. (D'après
+ une photographie.) 322
+
+ Une «tour de la mort», où les Zoroastriens exposent les cadavres.
+ (D'après une photographie.) 323
+
+ Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
+ Kirman. (D'après une photographie.) 324
+
+ Le «Farma Farma». (D'après une photographie.) 325
+
+ Indigènes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 325
+
+ Carte du Makran. 326
+
+ Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupées autour
+ d'un fort. (D'après une photographie.) 327
+
+ Des forts abandonnés rappellent l'ancienne puissance du
+ Baloutchistan. (D'après une photographie.) 328
+
+ Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 329
+
+ La passe de Fanoch, faisant communiquer la vallée du même nom et
+ la vallée de Lachar. (D'après une photographie.) 330
+
+ Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 331
+
+ Une halte dans les montagnes du Makran. (D'après une
+ photographie.) 332
+
+ Baloutches du district de Sarhad. (D'après une photographie.) 333
+
+ Un fortin sur les frontières du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 334
+
+ Dans les montagnes du Makran: À des collines d'argile succèdent
+ de rugueuses chaînes calcaires. (D'après une photographie.) 335
+
+ Bureau du télégraphe sur la côte du Makran. (D'après une
+ photographie.) 336
+
+ L'oasis de Djalsk, qui s'étend sur 10 kilomètres carrés, est
+ remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
+ (D'après une photographie.) 337
+
+ Femme Parsi du Baloutchistan. (D'après une photographie.) 337
+
+ Carte pour suivre les délimitations de la frontière
+ perso-baloutche. 338
+
+ Nous campâmes à Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
+ palmeraie. (D'après une photographie.) 339
+
+ C'est à Kouak que les commissaires anglais et persans s'étaient
+ donné rendez-vous. (D'après une photographie.) 340
+
+ Le sanctuaire de Mahoun, notre première étape sur la route de
+ Kouak. (D'après une photographie.) 341
+
+ Cour intérieure du sanctuaire de Mahoun. (D'après une
+ photographie.) 342
+
+ Le khan de Kélat et sa cour. (D'après une photographie.) 343
+
+ Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'après une photographie.) 344
+
+ Dans la vallée de Kalagan, près de l'oasis de Djalsk. (D'après
+ une photographie.) 345
+
+ Oasis de Djalsk: Des édifices en briques abritent les tombes
+ d'une race de chefs disparue. (D'après une photographie.) 346
+
+ Indigènes de l'oasis de Pandjgour, à l'est de Kouak. (D'après
+ une photographie.) 347
+
+ Camp de la commission de délimitation sur la frontière
+ perso-baloutche. (D'après une photographie.) 348
+
+ Campement de la commission des frontières perso-baloutches.
+ (D'après une photographie.) 349
+
+ Parsi de Yezd. (D'après une photographie.) 349
+
+ Une séance d'arpentage dans le Seistan. (D'après une
+ photographie.) 350
+
+ Les commissaires persans de la délimitation des frontières
+ perso-baloutches. (D'après une photographie.) 351
+
+ Le delta du Helmand. 352
+
+ Sculptures sassanides de Persépolis. (D'après une photographie.) 352
+
+ Un gouverneur persan et son état-major. (D'après une
+ photographie.) 353
+
+ La passe de Buzi. (D'après une photographie.) 354
+
+ Le Gypsies du sud-est persan. 355
+
+ Sur la lagune du Helmand. (D'après une photographie.) 356
+
+ Couple baloutche. (D'après une photographie.) 357
+
+ Vue de Yezd, par où nous passâmes pour rentrer à Kirman. (D'après
+ une photographie.) 358
+
+ La colonne de Nadir s'élève comme un phare dans le désert.
+ (D'après une photographie.) 359
+
+ Mosquée de Yezd. (D'après une photographie.) 360
+
+
+AUX RUINES D'ANGKOR
+
+Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_
+
+
+ Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
+ voûtes un peuple de divinités de pierre.... (D'après une
+ photographie.) 361
+
+ Emblème décoratif (art khmer). (D'après une photographie.) 361
+
+ Porte d'entrée de la cité royale d'Angkor-Tom, dans la forêt.
+ (D'après une photographie.) 362
+
+ Ce grand village, c'est Siem-Réap, capitale de la province.
+ (D'après une photographie) 363
+
+ Une chaussée de pierre s'avance au milieu des étangs. (D'après
+ une photographie.) 364
+
+ Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
+ montagne sacrée. (D'après une photographie.) 365
+
+ Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'après une
+ photographie.) 366
+
+ La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomètres de tour;
+ c'est un long cloître. (D'après une photographie.) 367
+
+ Trois dômes hérissent superbement la masse formidable du temple
+ d'Angkor-Wat. (D'après une photographie.) 367
+
+ Bas-relief du temple d'Angkor. (D'après une photographie.) 368
+
+ La forêt a envahi le second étage d'un palais khmer. (D'après
+ une photographie.) 369
+
+ Le gouverneur réquisitionne pour nous des charrettes à boeufs.
+ (D'après une photographie.) 370
+
+ La jonque du deuxième roi, qui a, l'an dernier, succédé à Norodom.
+ (D'après une photographie.) 371
+
+ Le palais du roi, à Oudong-la-Superbe. (D'après une
+ photographie.) 371
+
+ Sculptures de l'art khmer. (D'après une photographie.) 372
+
+
+EN ROUMANIE
+
+Par _M. Th. HEBBELYNCK_
+
+
+ La petite ville de Petrozeny n'est guère originale; elle a, de
+ plus, un aspect malpropre. (D'après une photographie.) 373
+
+ Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'après une
+ photographie.) 373
+
+ Carte de Roumanie pour suivre l'itinéraire de l'auteur. 374
+
+ Vendeuses au marché de Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 375
+
+ La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
+ à Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 376
+
+ C'est aux environs d'Arad que pour la première fois nous voyons
+ des buffles domestiques. (D'après une photographie.) 377
+
+ Montagnard roumain endimanché. (Cliché Anerlich.) 378
+
+ Derrière une haie de bois blanc s'élève l'habitation modeste.
+ (D'après une photographie.) 379
+
+ Nous croisons des paysans roumains. (D'après une photographie.) 379
+
+ Costume national de gala, roumain. (Cliché Cavallar.) 380
+
+ Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
+ conservé leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.) 381
+
+ Un rencontre près de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
+ (D'après une photographie.) 382
+
+ Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et sévères, sous
+ le linge blanc. (D'après une photographie.) 383
+
+ En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'après une
+ photographie.) 384
+
+ Dans la vallée de l'Olt, les «castrinza» des femmes sont
+ décorées de paillettes multicolores. 385
+
+ Dans le village de Slanic. (D'après une photographie.) 385
+
+ Roumaine du défilé de la Tour-Rouge. (D'après une photographie.) 386
+
+ La petite ville d'Horezu est charmante et animée. (D'après une
+ photographie.) 387
+
+ La perle de Curtea, c'est cette superbe église blanche,
+ scintillante sous ses coupoles dorées. (D'après une
+ photographie.) 388
+
+ Une ferme près du monastère de Bistritza. (D'après une
+ photographie.) 389
+
+ Entrée de l'église de Curtea. (D'après une photographie.) 390
+
+ Les religieuses du monastère d'Horezu portent le même costume
+ que les moines. (D'après une photographie.) 391
+
+ Devant l'entrée de l'église se dresse le baptistère de Curtea.
+ (D'après une photographie.) 392
+
+ Au marché de Campolung. (D'après une photographie.) 393
+
+ L'excursion du défilé de Dimboviciora est le complément obligé
+ d'un séjour à Campolung. (D'après une photographie.) 394
+
+ Dans le défilé de Dimboviciora. (D'après des photographies.) 395
+
+ Dans les jardins du monastère de Curtea. 396
+
+ Sinaïa: le château royal, Castel Pelés, sur la montagne du même
+ nom. (D'après une photographie.) 397
+
+ Un enfant des Carpathes. (D'après une photographie.) 397
+
+ Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
+ (D'après une photographie.) 398
+
+ Vue intérieure des mines de sel de Slanic. (D'après une
+ photographie.) 399
+
+ Entre Campina et Sinaïa la route de voiture est des plus
+ poétiques. (D'après une photographie.) 400
+
+ Un coin de Campina. (D'après une photographie.) 401
+
+ Les villas de Sinaïa. (D'après une photographie.) 402
+
+ Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'église du Spiritou
+ Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
+ L'église métropolitaine.--L'Université.--Le palais Stourdza.
+ -- Un vieux couvent. -- (D'après des photographies.) 403
+
+ Le monastère de Sinaïa se dresse derrière les villas et les
+ hôtels de la ville. (D'après une photographie.) 404
+
+ Une des deux cours intérieures du monastère de Sinaïa. (D'après
+ une photographie.) 405
+
+ Une demeure princière de Sinaïa. (D'après une photographie.) 406
+
+ Busteni (les villas, l'église), but d'excursion pour les habitants
+ de Sinaïa. (D'après une photographie.) 407
+
+ Slanic: un wagon de sel. (D'après une photographie.) 408
+
+
+CROQUIS HOLLANDAIS
+
+Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_
+
+_Photographies de l'auteur._
+
+
+ À la kermesse. 409
+
+ Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi. 409
+
+ Des «boerin» bien prises en leurs justins marchent en roulant,
+ un joug sur les épaules. 410
+
+ Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
+ demeure de haut en bas. 410
+
+ Emplettes familiales. 411
+
+ Les ménagères sont là, également calmes, lentes, avec leurs
+ grosses jupes. 411
+
+ Jeune métayère de Middelburg. 412
+
+ Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du marché conduit
+ à un pont. 412
+
+ Une mère, songeuse, promenait son petit garçon. 413
+
+ Une famille hollandaise au marché de Middelburg. 414
+
+ Le marché de Middelburg: considérations sur la grosseur des
+ betteraves. 415
+
+ Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites. 416
+
+ Un septuagénaire appuyé sur son petit-fils me sourit
+ bonassement. 417
+
+ Roux en le décor roux, l'éclusier fumait sa pipe. 417
+
+ Le village de Zoutelande. 418
+
+ Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bâches
+ blanches. 419
+
+ Aussi comme on l'aime, ce home. 420
+
+ Les filles de l'hôtelier de Wemeldingen. 421
+
+ Il se campe près de son cheval. 421
+
+ Je rencontre à l'orée du village un couple minuscule. 422
+
+ La campagne hollandaise. 423
+
+ Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du «molen». 423
+
+ Par tous les sentiers, des marmots se juchèrent. 424
+
+ Le père Kick symbolisait les générations des Néerlandais
+ défunts. 425
+
+ Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues. 426
+
+ L'une entonna une chanson. 427
+
+ Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux. 428
+
+ Famille hollandaise en voyage. 429
+
+ Ah! les moulins; leur nombre déroute l'esprit. 429
+
+ Les chariots enfoncés dans les champs marécageux sont enlevés
+ par de forts chevaux. 430
+
+ La digue de Westkapelle. 431
+
+ Les écluses ouvertes. 432
+
+ Les petits garçons rôdent par bandes, à grand bruit de sabots
+ sonores.... 433
+
+ Jeune mère à Marken. 433
+
+ Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
+ peintres de tous les pays. 434
+
+ Avec leurs figures rondes, épanouies de contentement, les petites
+ filles de Volendam font plaisir à voir. 435
+
+ Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout. 436
+
+ Les jeunes filles de Volendam sont coiffées du casque en dentelle,
+ à forme de «salade» renversée. 437
+
+ Deux pêcheurs accroupis au soleil, à Volendam. 438
+
+ Une lessive consciencieuse. 439
+
+ Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif. 440
+
+ Les femmes de Volendam sont moins claquemurées en leur logis. 441
+
+ Vêtu d'un pantalon démesuré, le pêcheur de Volendam a une allure
+ personnelle. 442
+
+ Un commencement d'idylle à Marken. 443
+
+ Les petites filles sont charmantes. 444
+
+
+ABYDOS
+
+dans les temps anciens et dans les temps modernes
+
+Par _M. E. AMELINEAU_
+
+
+ Le lac sacré d'Osiris, situé au sud-est de son temple, qui a été
+ détruit. (D'après une photographie.) 445
+
+ Séti Ier présentant des offrandes de pain, légumes, etc. (D'après
+ une photographie.) 445
+
+ Une rue d'Abydos. (D'après une photographie.) 446
+
+ Maison d'Abydos habitée par l'auteur, pendant les trois premières
+ années. (D'après une photographie.) 447
+
+ Le prêtre-roi rendant hommage à Séti Ier (chambre annexe de la
+ deuxième salle d'Osiris). (D'après une photographie.) 448
+
+ Thot présentant le signe de la vie aux narines du roi Séti Ier
+ (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris). (D'après une
+ photographie.) 449
+
+ Le dieu Thot purifiant le roi Séti Ier (chambre annexe de la
+ deuxième salle d'Osiris, mur sud). (D'après une photographie.) 450
+
+ Vue intérieure du temple de Ramsès II. (D'après une
+ photographie.) 451
+
+ Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Séti Ier.
+ (D'après une photographie.) 451
+
+ Temple de Séti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due à
+ Ramsès II. (D'après une photographie.) 452
+
+ Temple de Séti Ier, mur est, montrant des scènes diverses du
+ culte. (D'après une photographie.) 453
+
+ Table des rois Séti Ier et Ramsès II, faisant des offrandes aux
+ rois leurs prédécesseurs. (D'après une photographie.) 454
+
+ Vue générale du temple de Séti Ier, prise de l'entrée. (D'après
+ une photographie.) 455
+
+ Procession des victimes amenées au sacrifice (temple de
+ Ramsès II). (D'après une photographie.) 456
+
+
+VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
+
+Par _M. JULES BROCHEREL_
+
+
+ Le bazar de Tackhent s'étale dans un quartier vieux et fétide.
+ (D'après une photographie.) 457
+
+ Un Kozaque de Djarghess. (D'après une photographie.) 457
+
+ Itinéraire de Tachkent à Prjevalsk. 458
+
+ Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 459
+
+ Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'après une
+ photographie.) 460
+
+ Un contrefort montagneux borde la rive droite du «tchou».
+ (D'après une photographie.) 461
+
+ Le bazar de Prjevalsk, principale étape des caravaniers de
+ Viernyi et de Kachgar. (D'après une photographie.) 462
+
+ Couple russe de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 463
+
+ Arrivée d'une caravane à Prjevalsk. (D'après une photographie.) 464
+
+ Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'après une
+ photographie.) 465
+
+ Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'après une
+ photographie.) 466
+
+ Le monument de Prjevalsky, à Prjevalsk. (D'après une
+ photographie.) 467
+
+ Des têtes humaines, grossièrement sculptées, monuments funéraires
+ des Nestoriens... (D'après une photographie.) 467
+
+ Enfants kozaques sur des boeufs. (D'après une photographie.) 468
+
+ Un de nos campements dans la montagne. (D'après une
+ photographie.) 469
+
+ Montée du col de Tomghent. (D'après une photographie.) 469
+
+ Dans la vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 470
+
+ Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 470
+
+ La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indigènes. (D'après
+ une photographie.) 471
+
+ Au sud du col s'élevait une blanche pyramide de glace. (D'après
+ une photographie.) 472
+
+ La vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 473
+
+ Le col de Karaguer, vallée de Tomghent. (D'après une
+ photographie.) 474
+
+ Sur le col de Tomghent. (D'après une photographie.) 475
+
+ J'étais enchanté des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
+ (D'après une photographie.) 475
+
+ Le plateau de Saridjass, peu tourmenté, est pourvu d'une herbe
+ suffisante pour les chevaux. (D'après une photographie.) 476
+
+ Nous passons à gué le Kizil-Sou. (D'après des photographies.) 477
+
+ Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'après une photographie.) 478
+
+ Entrée de la vallée de Kachkateur. (D'après une photographie.) 479
+
+ Nous baptisâmes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mètres que
+ nous avions escaladée. (D'après une photographie.) 479
+
+ La vallée de Tomghent. (D'après une photographie.) 480
+
+ Des Kirghizes d'Oustchiar étaient venus à notre rencontre.
+ (D'après une photographie.) 481
+
+ Kirghize joueur de flûte. (D'après une photographie.) 481
+
+ Le massif du Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 482
+
+ Région des Monts Célestes. 482
+
+ Les Kirghizes mènent au village une vie peu occupée. (D'après
+ une photographie.) 483
+
+ Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
+ glacée. (D'après une photographie.) 484
+
+ Vallée supérieure d'Inghiltchik. (D'après une photographie.) 485
+
+ Vallée de Kaende: l'eau d'un lac s'écoulait au milieu d'une
+ prairie émaillée de fleurs. (D'après une photographie.) 486
+
+ Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangèrent, avec leurs
+ enfants, sur notre passage. (D'après une photographie.) 487
+
+ Le chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 488
+
+ Nous saluâmes la vallée de Kaende comme un coin de la terre des
+ Alpes. (D'après une photographie.) 489
+
+ Femmes mariées de la vallée de Kaende, avec leur progéniture.
+ (D'après une photographie.) 490
+
+ L'élément mâle de la colonie vint tout l'après-midi voisiner
+ dans notre campement. (D'après une photographie.) 491
+
+ Un «aoul» kirghize. 492
+
+ Yeux bridés, pommettes saillantes, nez épaté, les femmes de
+ Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'après une photographie.) 493
+
+ Enfant kirghize. (D'après une photographie.) 493
+
+ Kirghize dressant un aigle. (D'après une photographie.) 494
+
+ Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 494
+
+ Nous rencontrâmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
+ troupeau. (D'après une photographie.) 495
+
+ Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'étaient, pour
+ nous recevoir, assemblés sur une éminence. (D'après une
+ photographie.) 496
+
+ Le glacier de Kaende. (D'après une photographie.) 497
+
+ L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende. 498
+
+ Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'après des
+ photographies.) 498
+
+ Kirghizes de Kaende. (D'après une photographie.) 499
+
+ Le pic de Kaende s'élève à 6 000 mètres. (D'après une
+ photographie.) 500
+
+ La fille du chirtaï (chef) de Kaende, fiancée au kaltchè de la
+ vallée d'Irtach. (D'après une photographie.) 501
+
+ Le kaltchè (chef) de la vallée d'Irtach, l'heureux fiancé de
+ la fille du chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 502
+
+ Le glacier de Kaende. 503
+
+ Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'après
+ des photographies.) 503
+
+ Retour des champs. (D'après une photographie.) 504
+
+ Femmes kirghizes de la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 505
+
+ Un chef de district dans la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 505
+
+ Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
+ pyramide. (D'après une photographie.) 506
+
+ Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Célestes,
+ emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'après une
+ photographie.) 507
+
+ La vallée de Zououka, par où transitent les caravaniers de Viernyi
+ à Kachgar. (D'après une photographie.) 508
+
+ Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du même nom,
+ fréquenté par les nomades qui se rendent à Prjevalsk. (D'après
+ une photographie.) 509
+
+ Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'après une photographie.) 510
+
+ Étalon kirghize de la vallée d'Irtach et son cavalier. (D'après
+ une photographie.) 511
+
+ Véhicule kirghize employé dans la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 511
+
+ Les roches plissées des environs de Slifkina, sur la route de
+ Prjevalsk. (D'après une photographie.) 512
+
+ Campement kirghize, près de Slifkina. (D'après une
+ photographie.) 513
+
+ Femme kirghize tannant une peau. (D'après une photographie.) 514
+
+ Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'après une photographie.) 515
+
+ Tombeau kirghize. (D'après une photographie.) 516
+
+
+L'ARCHIPEL DES FEROÉ
+
+Par _Mlle ANNA SEE_
+
+
+ «L'espoir des Feroé» se rendant à l'école. (D'après une
+ photographie.) 517
+
+ Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
+ (D'après une photographie.) 517
+
+ Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond d'un petit
+ golfe. 518
+
+ Les fermiers de Kirkeboe en habits de fête. (D'après une
+ photographie.) 519
+
+ Les poneys feroïens et leurs caisses à transporter la tourbe.
+ (D'après une photographie.) 520
+
+ Les dénicheurs d'oiseaux se suspendent à des cordes armées d'un
+ crampon. (D'après une photographie.) 521
+
+ Des îlots isolés, des falaises de basalte ruinées par le heurt
+ des vagues. (D'après des photographies.) 522
+
+ On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
+ environ 6 mètres. (D'après une photographie.) 523
+
+ Les femmes feroïennes préparent la laine.... (D'après une
+ photographie.) 524
+
+ On sale les morues. (D'après une photographie.) 525
+
+ Feroïen en costume de travail. (D'après une photographie.) 526
+
+ Les femmes portent une robe en flanelle tissée avec la laine
+ qu'elles ont cardée et filée. (D'après une photographie.) 527
+
+ Déjà mélancolique!... (D'après une photographie.) 528
+
+
+PONDICHÉRY
+
+chef-lieu de l'Inde française
+
+Par _M. G. VERSCHUUR_
+
+
+ Groupe de Brahmanes électeurs français. (D'après une
+ photographie.) 529
+
+ Musicien indien de Pondichéry. (D'après une photographie.) 529
+
+ Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
+ compliqué. (D'après une photographie.) 530
+
+ La visite du marché est toujours une distraction utile pour le
+ voyageur. (D'après une photographie.) 531
+
+ Indienne en costume de fête. (D'après une photographie.) 532
+
+ Groupe de Brahmanes français. (D'après une photographie.) 533
+
+ La pagode de Villenour, à quelques kilomètres de Pondichéry.
+ (D'après une photographie.) 534
+
+ Intérieur de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 535
+
+ La Fontaine aux Bayadères. (D'après une photographie.) 536
+
+ Plusieurs rues de Pondichéry sont larges et bien bâties.
+ (D'après une photographie.) 537
+
+ Étang de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 538
+
+ Brahmanes français attendant la clientèle dans un bazar.
+ (D'après une photographie.) 539
+
+ La statue de Dupleix à Pondichéry. (D'après une photographie.) 540
+
+
+UNE PEUPLADE MALGACHE
+
+LES TANALA DE L'IKONGO
+
+Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_
+
+
+ Les populations souhaitent la bienvenue à l'étranger. (D'après
+ une photographie.) 541
+
+ Femme d'Ankarimbelo. (D'après une photographie.) 541
+
+ Carte du pays des Tanala. 542
+
+ Les femmes tanala sont sveltes, élancées. (D'après une
+ photographie.) 543
+
+ Panorama de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 544
+
+ Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'après une
+ photographie.) 545
+
+ Un partisan tanala tirant à la cible à Fort-Carnot. (D'après
+ une photographie.) 546
+
+ Enfants tanala. (D'après une photographie.) 547
+
+ Les hommes, tous armés de la hache. (D'après une photographie.) 548
+
+ Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creusé, et recouverts
+ d'un drap. (D'après une photographie.) 549
+
+ Le battage du riz. (D'après une photographie.) 550
+
+ Une halte de partisans dans la forêt. (D'après une
+ photographie.) 551
+
+ Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 552
+
+ Les Tanala au repos perdent toute leur élégance naturelle.
+ (D'après une photographie.) 553
+
+ Une jeune beauté tanala. (D'après une photographie.) 553
+
+ Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste élégant et souple.
+ (D'après une photographie.) 554
+
+ Le chant du «e manenina», à Iaborano. (D'après une
+ photographie.) 555
+
+ La rue principale à Sahasinaka. (D'après une photographie.) 556
+
+ La danse est exécutée par des hommes, quelquefois par des femmes.
+ (D'après une photographie.) 557
+
+ Un danseur botomaro. (D'après une photographie.) 558
+
+ La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degré.
+ (D'après des photographies.) 559
+
+ Tapant à coups redoublés sur un long bambou, les Tanala en tirent
+ une musique étrange. (D'après une photographie.) 560
+
+ Femmes tanala tissant un lamba. (D'après une photographie.) 561
+
+ Le village et le fort de Sahasinaka s'élèvent sur les hauteurs
+ qui bordent le Faraony. (D'après une photographie.) 562
+
+ Un détachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
+ (D'après une photographie.) 563
+
+ Profil et face de femmes tanala. (D'après une photographie.) 564
+
+
+LA RÉGION DU BOU HEDMA
+
+(sud tunisien)
+
+Par _M. Ch. MAUMENÉ_
+
+
+ Les murailles de Sfax, véritable décor d'opéra.... (D'après une
+ photographie.) 565
+
+ Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'après une
+ photographie.) 565
+
+ Carte de la région du Bou Hedma (sud tunisien). 566
+
+ Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'après
+ une photographie.) 567
+
+ L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
+ fièvre. (D'après une photographie.) 568
+
+ Le cirque du Bou Hedma. (D'après une photographie.) 569
+
+ L'oued Hadedj sort d'une étroite crevasse de la montagne.
+ (D'après une photographie.) 570
+
+ Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'années.
+ (D'après une photographie.) 571
+
+ Un puits dans le défilé de Touninn. (D'après une photographie.) 571
+
+ Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sédentaires, qui
+ cultivent oliviers et figuiers. (D'après une photographie.) 572
+
+ De temps en temps la forêt de gommiers se révèle par un arbre.
+ (D'après une photographie.) 573
+
+ Le village de Mech; dans l'arrière-plan, le Bou Hedma. (D'après
+ une photographie.) 574
+
+ Le Khrangat Touninn (défile de Touninn), que traverse le chemin
+ de Bir Saad à Sakket. (D'après une photographie.) 575
+
+ Le puits de Bordj Saad. (D'après une photographie.) 576
+
+
+DE TOLÈDE À GRENADE
+
+Par _Mme JANE DIEULAFOY_
+
+
+ Après avoir croisé des boeufs superbes.... (D'après une
+ photographie.) 577
+
+ Femme castillane. (D'après une photographie.) 577
+
+ On chemine à travers l'inextricable réseau des ruelles
+ silencieuses. (D après une photographie.) 578
+
+ La rue du Commerce, à Tolède. (D'après une photographie.) 579
+
+ Un représentant de la foule innombrable des mendiants de Tolède.
+ (D'après une photographie.) 580
+
+ Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entrées monumentales
+ d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 581
+
+ Porte du vieux palais de Tolède. (D'après une photographie.) 582
+
+ Fière et isolée comme un arc de triomphe, s'élève la merveilleuse
+ Puerta del Sol. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 583
+
+ Détail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'après une
+ photographie.) 584
+
+ Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 585
+
+ Madrilène. (D'après une photographie.) 586
+
+ La porte de Visagra, construction massive remontant à l'époque
+ de Charles Quint. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 587
+
+ Tympan mudejar. (D'après une photographie.) 588
+
+ Des familles d'ouvriers ont établi leurs demeures près de
+ murailles solides. (D'après une photographie.) 589
+
+ Castillane et Sévillane. (D'après une photographie.) 589
+
+ Isabelle de Portugal, par le Titien (Musée du Prado).
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 590
+
+ Le palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 591
+
+ Statue polychrome du prophète Élie, dans l'église de Santo Tomé
+ (auteur inconnu). (D'après une photographie.) 592
+
+ Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 593
+
+ Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
+ à Madrid.) 594
+
+ La cathédrale de Tolède. 595
+
+ Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (église Santo Tomé).
+ (D'après une photographie.) 596
+
+ Le couvent de Santo Tomé conserve une tour en forme de minaret.
+ (D'après une photographie.) 597
+
+ Les évêques Mendoza et Ximénès. (D'après une photographie.) 598
+
+ Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
+ (D'après une photographie.) 599
+
+ Prise de Melilla (cathédrale de Tolède). (D'après une
+ photographie.) 600
+
+ C'est dans cette pauvre demeure que vécut Cervantès pendant son
+ séjour à Tolède. (D'après une photographie.) 601
+
+ Saint François d'Assise, par Alonzo Cano, cathédrale de Tolède. 601
+
+ Porte des Lions. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 602
+
+ Le cloître de San Juan de los Reyes apparaît comme le morceau le
+ plus précieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
+ espagnole. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 603
+
+ Ornements d'église, à Madrid. (D'après une photographie.) 604
+
+ Porte due au ciseau de Berruguete, dans le cloître de la
+ cathédrale de Tolède. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 605
+
+ Une torea. (D'après une photographie.) 606
+
+ Vue intérieure de l'église de San Juan de Los Reyes.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 607
+
+ Une rue de Tolède. (D'après une photographie.) 608
+
+ Porte de l'hôpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
+ à Madrid.) 609
+
+ Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 610
+
+ Escalier de l'hôpital de Santa Cruz. (D'après une photographie.) 611
+
+ Détail du plafond de la cathédrale. (D'après une photographie) 612
+
+ Pont Saint-Martin à Tolède. (D'après une photographie.) 613
+
+ Guitariste castillane. (D'après une photographie.) 613
+
+ La «Casa consistorial», hôtel de ville. (D'après une
+ photographie.) 614
+
+ Le «patio» des Templiers. (D'après une photographie.) 615
+
+ Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille légère.
+ (D'après une photographie.) 616
+
+ Un coin de la Mosquée de Cordoue. (Photographie Lacoste,
+ à Madrid.) 617
+
+ Chapelle de San Fernando, de style mudejar, élevée au
+ centre de la Mosquée de Cordoue. (D'après une photographie.) 618
+
+ La mosquée qui fait la célébrité de Cordoue, avec ses dix-neuf
+ galeries hypostyles, orientées vers la Mecque. (Photographie
+ Lacoste, à Madrid.) 619
+
+ Détail de la chapelle de San Fernando. (D'après une
+ photographie.) 620
+
+ Vue extérieure de la Mosquée de Cordoue, avec l'église
+ catholique élevée en 1523, malgré les protestations des
+ Cordouans. (D'après une photographie.) 621
+
+ Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'après une photographie.) 622
+
+ Statue de doña Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
+ (D'après une photographie.) 623
+
+ Détail d'une porte de la mosquée. (D'après une photographie.) 624
+
+
+
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+The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire, by Various
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
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+Title: Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire
+ Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905
+
+Author: Various
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+Editor: Édouard Charton
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+Release Date: July 29, 2009 [EBook #29538]
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+Language: French
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+Character set encoding: ISO-8859-1
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+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; CÔTE D'IVOIRE ***
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+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
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+<div class="tn box">
+<p>Note au lecteur de ce fichier digital:</p>
+
+<p>Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
+corrigées.</p>
+
+<p>Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde:
+Journal des voyages et des voyageurs" (2em semestre 1905).</p>
+
+<p>Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant
+aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur
+la Côte d'Ivoire.</p>
+
+<p>Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces
+articles sont originaires.</p>
+
+<p>La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et
+placée en fin de fichier.</p>
+</div>
+
+
+
+<h1>LE TOUR DU MONDE</h1>
+
+<p class="p4 center small">PARIS<br>
+IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT<br>
+20, rue du Dragon, 20</p>
+
+
+<p class="p4 smaller">NOUVELLE SÉRIE&mdash;11<sup>e</sup> ANNÉE
+<span class="right05">2<sup>e</sup> SEMESTRE</span></p>
+
+
+<h1>LE TOUR DU MONDE<br>
+<span class="small"><i>JOURNAL</i><br>
+DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS</span></h1>
+
+
+<p class="p4 center">Le Tour du Monde<br>
+a été fondé par Édouard Charton<br>
+en 1860</p>
+
+
+<p class="p4 center small">PARIS<br>
+LIBRAIRIE HACHETTE ET C<sup>ie</sup><br>
+79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79<br>
+<i>LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND</i><br>
+1905</p>
+
+<p class="small center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="pagexiii" name="pagexiii"></a>(p. xiii)</span> TABLE DES MATIÈRES</h3>
+
+<div class="toc">
+
+
+<p class="center">L'ÉTÉ AU KACHMIR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> F. MICHEL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. De Paris à Srinagar.</span> &mdash; Un guide pratique. &mdash; De Bombay
+à Lahore. &mdash; Premiers préparatifs. &mdash; En <i>tonga</i>
+de Rawal-Pindi à Srinagar. &mdash; Les Kachmiris et les
+maîtres du Kachmir. &mdash; Retour à la vie nomade.
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. La «Vallée heureuse» en <i>dounga</i>.</span> &mdash; Bateliers et
+batelières. &mdash; De Baramoula à Srinagar. &mdash; La capitale
+du Kachmir. &mdash; Un peu d'économie politique. &mdash; En
+amont de Srinagar.
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Sous la tente.</span> &mdash; Les petites vallées du Sud-Est. &mdash; Histoires
+de voleurs et contes de fées. &mdash; Les ruines
+de Martand. &mdash; De Brahmanes en Moullas.
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. Le pèlerinage d'Amarnath.</span> &mdash; La vallée du Lidar. &mdash; Les
+pèlerins de l'Inde. &mdash; Vers les cimes. &mdash; La grotte
+sacrée. &mdash; En <i>dholi</i>. &mdash; Les Goudjars, pasteurs de
+buffles.
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. Le pèlerinage de l'Haramouk.</span> &mdash; Alpinisme funèbre et
+hydrothérapie religieuse. &mdash; Les temples de Vangâth. &mdash; Frissons
+d'automne. &mdash; Les adieux à Srinagar.
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le docteur LAMY</i><br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales</i>.</p>
+
+<p><span class="retrait">I. Voyage dans la brousse.</span> &mdash; En file indienne. &mdash; Motéso. &mdash; La
+route dans un ruisseau. &mdash; Denguéra. &mdash; Kodioso. &mdash; Villes
+et villages abandonnés. &mdash; Où est
+donc Bettié? &mdash; Arrivée à Dioubasso.
+<span class="ralign"><a href="#page061">61</a></span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. Dans le territoire de Mopé.</span> &mdash; Coutumes du pays. &mdash; La
+mort d'un prince héritier. &mdash; L'épreuve du poison. &mdash; De
+Mopé à Bettié. &mdash; Bénie, roi de Bettié, et sa
+capitale. &mdash; Retour à Petit-Alépé.
+<span class="ralign"><a href="#page073">73</a></span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Rapports et résultats de la mission.</span> &mdash; Valeur économique
+de la côte d'Ivoire. &mdash; Richesse de la flore. &mdash; Supériorité
+de la faune.
+<span class="ralign"><a href="#page085">85</a></span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam.</span> &mdash; Deuils nombreux. &mdash; Retour
+en France.
+<span class="ralign"><a href="#page090">90</a></span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÎLE D'ELBE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. PAUL GRUYER</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino.</span> &mdash; Deux mots
+d'histoire. &mdash; Débarquement à Porto-Ferraio. &mdash; Une
+ville d'opéra. &mdash; La «teste di Napoleone» et le Palais
+impérial. &mdash; La bannière de l'ancien roi de l'île
+d'Elbe. &mdash; Offre à Napoléon III, après Sedan. &mdash; La
+bibliothèque de l'Empereur. &mdash; Souvenir de Victor
+Hugo. Le premier mot du poète. &mdash; Un enterrement
+aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches.
+Dans la paix des limbes. &mdash; Les différentes routes
+de l'île.
+<span class="ralign">97</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter.</span> &mdash; Soir
+tempétueux et morne tristesse. &mdash; L'ascension du
+Monte Giove. &mdash; Un village dans les nuées. &mdash; L'Ermitage
+de la Madone et la «Sedia di Napoleone». &mdash; Le
+vieux gardien de l'infini. «Bastia, Signor!». Vision
+sublime. &mdash; La côte orientale de l'île. Capoliveri
+et Porto-Longone. &mdash; La gorge de Monserrat. &mdash; Rio
+1 Marina et le monde du fer.
+<span class="ralign">109</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe.</span> &mdash; Installation aux Mulini. &mdash; L'Empereur
+à la gorge de Monserrat. &mdash; San Martino
+Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
+aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de
+bain et le miroir de la Vérité. &mdash; L'Empereur transporte
+ses pénates sur le Monte Giove. &mdash; Elbe perdue
+pour la France. &mdash; L'ancien Musée de San Martino.
+Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le
+lit de Madame Mère. &mdash; Où il faut chercher à Elbe les
+vraies reliques impériales. «Apollon gardant ses
+troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse Pauline.
+Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La
+robe de la signorina Squarci. &mdash; L'église de l'archiconfrérie
+du Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de
+l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. &mdash; Le
+vieil aveugle de Porto-Ferraio.
+<span class="ralign">121</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">D'ALEXANDRETTE
+AU COUDE DE L'EUPHRATE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. VICTOR CHAPOT</i><br>
+<i>membre de l'École française d'Athènes.</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Alexandrette et la montée de Beïlan.</span> &mdash; Antioche
+et l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. &mdash; La
+route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. &mdash; Premier
+aperçu d'Alep.
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Ma caravane.</span> &mdash; Village d'Yazides. &mdash; Nisib. &mdash; Première
+rencontre avec l'Euphrate. &mdash; Biredjik. &mdash; Souvenirs
+des Hétéens. &mdash; Excursion à Resapha. &mdash; Comment
+atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter?
+ &mdash; Enfin à Orfa!
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Séjour à Orfa.</span> &mdash; Samosate. &mdash; Vallée accidentée
+de l'Euphrate. &mdash; Roum-Kaleh et Aïntab. &mdash; Court
+repos à Alep. &mdash; Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. &mdash; Huit
+jours trappiste! &mdash; Conclusion pessimiste.
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. RAYMOND BEL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou
+Australie?</span> Le condominium anglo-français de 1887. &mdash; L'&oelig;uvre
+de M. Higginson. &mdash; Situation actuelle
+des îles. &mdash; L'influence anglo-australienne. &mdash; Les
+ressources des Nouvelles-Hébrides. &mdash; Leur avenir.
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+
+<p class="p2 center"><span class="pagenum"><a id="pagexiv" name="pagexiv"></a>(p. xiv)</span> LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ALBERT THOMAS</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Moscou.</span> &mdash; Une déception. &mdash; Le Kreml, acropole
+sacrée. &mdash; Les églises, les palais: deux époques.
+<span class="ralign">182</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Moscou, la ville et les faubourgs.</span> &mdash; La bourgeoisie
+moscovite. &mdash; Changement de paysage; Nijni-Novgorod:
+le Kreml et la ville.
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; La foire de Nijni: marchandises et marchands.</span> &mdash; L'&oelig;uvre
+du commerce. &mdash; Sur la Volga. &mdash; À bord
+du <i>Sviatoslav</i>. &mdash; Une visite à Kazan. &mdash; La «sainte
+mère Volga».
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; De Samara à Tomsk.</span> &mdash; La vie du train. &mdash; Les
+passagers et l'équipage: les soirées. &mdash; Dans le steppe:
+l'effort des hommes. &mdash; Les émigrants.
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; Tomsk.</span> &mdash; La mêlée des races. &mdash; Anciens et nouveaux
+fonctionnaires. &mdash; L'Université de Tomsk. &mdash; Le
+rôle de l'État dans l'&oelig;uvre de colonisation.
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="retrait">VI. &mdash; Heures de retour.</span> &mdash; Dans l'Oural. &mdash; La Grande-Russie. &mdash; Conclusion.
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. GERSPACH</i></p>
+
+<p><span class="retrait">La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac.</span> &mdash; Un
+peu d'histoire et de géographie. &mdash; La cathédrale de
+Saint-Laurent. &mdash; L'église Sainte-Marie-des-Anges. &mdash; Lugano,
+la ville des fresques. &mdash; L'&oelig;uvre du Luini. &mdash; Procédés
+employés pour le transfert des fresques.
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ÉMILE DESCHAMPS</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Woo-Sung.</span> &mdash; Au débarcadère. &mdash; La Concession
+française. &mdash; La Cité chinoise. &mdash; Retour à notre
+concession. &mdash; La police municipale et la prison. &mdash; La
+cangue et le bambou. &mdash; Les exécutions. &mdash; Le
+corps de volontaires. &mdash; Émeutes. &mdash; Les
+conseils municipaux.
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï.</span> &mdash; Pharmacie
+chinoise. &mdash; Le camp de Kou-ka-za. &mdash; La
+fumerie d'opium. &mdash; Le charnier des enfants trouvés. &mdash; Le
+fournisseur des ombres. &mdash; La concession
+internationale. &mdash; Jardin chinois. &mdash; Le Bund. &mdash; La
+pagode de Long-hoa. &mdash; Fou-tchéou-road. &mdash; Statistique.
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÉDUCATION DES NÈGRES
+AUX ÉTATS-UNIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. BARGY</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Le problème de la civilisation des nègres.</span> &mdash; L'Institut
+Hampton, en Virginie. &mdash; La vie de Booker T. Washington. &mdash; L'école
+professionnelle de Tuskegee, en
+Alabama. &mdash; Conciliateurs et agitateurs. &mdash; Le vote
+des nègres et la casuistique de la Constitution.
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le Major PERCY MOLESWORTH SYKES</i><br>
+<i>Consul général de S. M. Britannique au Khorassan</i>.</p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Arrivée à Astrabad.</span> &mdash; Ancienne importance de la
+ville. &mdash; Le pays des Turkomans: à travers le
+steppe et les Collines Noires. &mdash; Le Khorassan. &mdash; Mechhed:
+sa mosquée; son commerce. &mdash; Le
+désert de Lout. &mdash; Sur la route de Kirman.
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; La province de Kirman.</span> &mdash; Géographie: la flore,
+la faune; l'administration, l'armée. &mdash; Histoire:
+invasions et dévastations. &mdash; La ville de Kirman,
+capitale de la province. &mdash; Une saison sur le plateau
+de Sardou.
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; En Baloutchistan.</span> &mdash; Le Makran: la côte du golfe
+Arabique. &mdash; Histoire et géographie du Makran. &mdash; Le
+Sarhad.
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Délimitation à la frontière perso-baloutche.</span> &mdash; De
+Kirman à la ville-frontière de Kouak. &mdash; La Commission
+de délimitation. &mdash; Question de préséance. &mdash; L'&oelig;uvre
+de la Commission. &mdash; De Kouak à
+Kélat.
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; Le Seistan: son histoire.</span> &mdash; Le delta du Helmand. &mdash; Comparaison
+du Seistan et de l'Égypte. &mdash; Excursions
+dans le Helmand. &mdash; Retour par Yezd
+à Kirman.
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">AUX RUINES D'ANGKOR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES</i></p>
+
+<p><span class="retrait">De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang.</span> &mdash; À
+la rame sur le Grand-Lac. &mdash; Les charrettes cambodgiennes. &mdash; Siem-Réap. &mdash; Le
+temple d'Angkor. &mdash; Angkor-Tom &mdash; Décadence
+de la civilisation
+khmer. &mdash; Rencontre du second roi du Cambodge. &mdash; Oudong-la-Superbe,
+capitale du père de Norodom. &mdash; Le
+palais de Norodom à Pnôm-penh. &mdash; Pourquoi
+la France ne devrait pas abandonner au
+Siam le territoire d'Angkor.
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">EN ROUMANIE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Th. HEBBELYNCK</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; De Budapest à Petrozeny.</span> &mdash; Un mot d'histoire. &mdash; La
+vallée du Jiul. &mdash; Les Boyards et les Tziganes. &mdash; Le
+marché de Targu Jiul. &mdash; Le monastère de
+Tismana.
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Le monastère d'Horezu.</span> &mdash; Excursion à Bistritza. &mdash; Romnicu
+et le défilé de la Tour-Rouge. &mdash; De
+Curtea de Arges à Campolung. &mdash; Défilé de Dimboviciora.
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Bucarest, aspect de la ville.</span> &mdash; Les mines de sel
+de Slanic. &mdash; Les sources de pétrole de Doftana. &mdash; Sinaïa,
+promenade dans la forêt. &mdash; Busteni et
+le domaine de la Couronne.
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">CROQUIS HOLLANDAIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Lud. GEORGES HAMÖN</i><br>
+<i>Photographies de l'auteur.</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Une ville hollandaise.</span> &mdash; Middelburg. &mdash; Les nuages. &mdash; Les
+<i>boerin</i>. &mdash; La maison. &mdash; L'éclusier. &mdash; Le
+marché. &mdash; Le village hollandais. &mdash; Zoutelande. &mdash; Les
+bons aubergistes. &mdash; Une soirée
+locale. &mdash; Les sabots des petits enfants. &mdash; La
+kermesse. &mdash; La piété du Hollandais.
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Rencontre sur la route.</span> &mdash; Le beau cavalier. &mdash; Un
+déjeuner décevant. &mdash; Le père Kick.
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; La terre hollandaise.</span> &mdash; L'eau. &mdash; Les moulins. &mdash; La
+culture. &mdash; Les polders. &mdash; Les digues. &mdash; Origine
+de la Hollande. &mdash; Une nuit à Veere. &mdash; Wemeldingen. &mdash; Les
+cinq jeunes filles. &mdash; Flirt
+muet. &mdash; Le pochard. &mdash; La vie sur l'eau.
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Le pêcheur hollandais.</span> &mdash; Volendam. &mdash; La lessive. &mdash; Les
+marmots. &mdash; Les canards. &mdash; La pêche au
+hareng. &mdash; Le fils du pêcheur. &mdash; Une île singulière:
+Marken. &mdash; Au milieu des eaux. &mdash; Les
+maisons. &mdash; Les m&oelig;urs. &mdash; Les jeunes filles. &mdash; Perspective. &mdash; La
+tourbe et les tourbières. &mdash; Produit national. &mdash; Les
+<span class="pagenum"><a id="pagexv" name="pagexv"></a>(p. xv)</span> tourbières hautes et
+basses. &mdash; Houille locale.
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">ABYDOS<br>
+dans les temps anciens et dans les temps modernes<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. E. AMELINEAU</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Légende d'Osiris.</span> &mdash; Histoire d'Abydos à travers les
+dynasties, à l'époque chrétienne. &mdash; Ses monuments
+et leur spoliation. &mdash; Ses habitants actuels
+et leurs m&oelig;urs.
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE
+AUX MONTS CÉLESTES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. JULES BROCHEREL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; De Tachkent à Prjevalsk.</span> &mdash; La ville de Tachkent. &mdash; En
+tarentass. &mdash; Tchimkent. &mdash; Aoulié-Ata. &mdash; Tokmak. &mdash; Les
+gorges de Bouam. &mdash; Le lac
+Issik-Koul. &mdash; Prjevalsk. &mdash; Un chef kirghize.
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; La vallée de Tomghent.</span> &mdash; Un aoul kirghize. &mdash; La
+traversée du col de Tomghent. &mdash; Chevaux
+alpinistes. &mdash; Une vallée déserte. &mdash; Le Kizil-tao. &mdash; Le
+Saridjass. &mdash; Troupeaux de chevaux. &mdash; La
+vallée de Kachkateur. &mdash; En vue du Khan-Tengri.
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Sur le col de Tuz.</span> &mdash; Rencontre d'antilopes. &mdash; La
+vallée d'Inghiltchik. &mdash; Le «tchiou mouz». &mdash; Un
+chef kirghize. &mdash; Les gorges d'Attiaïlo. &mdash; L'aoul
+d'Oustchiar. &mdash; Arrêtés par les rochers.
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Vers l'aiguille d'Oustchiar.</span> &mdash; L'aoul de Kaënde. &mdash; En
+vue du Khan-Tengri. &mdash; Le glacier de
+Kaënde. &mdash; Bloqués par la neige. &mdash; Nous songeons
+au retour. &mdash; Dans la vallée de l'Irtach. &mdash; Chez
+le kaltchè. &mdash; Cuisine de Kirghize. &mdash; Fin
+des travaux topographiques. &mdash; Un enterrement
+kirghize.
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; L'heure du retour.</span> &mdash; La vallée d'Irtach. &mdash; Nous
+retrouvons la douane. &mdash; Arrivée à Prjevalsk. &mdash; La
+dispersion.
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="retrait">VI. &mdash; Les Khirghizes.</span> &mdash; L'origine de la race. &mdash; Kazaks
+et Khirghizes. &mdash; Le classement des Bourouts. &mdash; Le
+costume khirghize. &mdash; La yourte. &mdash; M&oelig;urs et
+coutumes khirghizes. &mdash; Mariages khirghizes. &mdash; Conclusion.
+<span class="ralign">507</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ARCHIPEL DES FEROÉ<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>lle</sup> ANNA SEE</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Première escale: Trangisvaag.</span> &mdash; Thorshavn, capitale
+de l'Archipel; le port, la ville. &mdash; Un peu d'histoire. &mdash; La
+vie végétative des Feroïens. &mdash; La
+pêche aux dauphins. &mdash; La pêche aux baleines. &mdash; Excursions
+diverses à travers l'Archipel.
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">PONDICHÉRY<br>
+chef-lieu de l'Inde française<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. G. VERSCHUUR</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Accès difficile de Pondichéry par mer.</span> &mdash; Ville blanche
+et ville indienne. &mdash; Le palais du Gouvernement. &mdash; Les
+hôtels de nos colonies. &mdash; Enclaves anglaises. &mdash; La
+population; les enfants. &mdash; Architecture
+et religion. &mdash; Commerce. &mdash; L'avenir
+de Pondichéry. &mdash; Le marché. &mdash; Les écoles. &mdash; La
+fièvre de la politique.
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">UNE PEUPLADE MALGACHE<br>
+LES TANALA DE L'IKONGO<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Géographie et histoire de l'Ikongo.</span> &mdash; Les Tanala. &mdash; Organisation
+sociale. Tribu, clan, famille. &mdash; Les
+lois.
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Religion et superstitions.</span> &mdash; Culte des morts. &mdash; Devins
+et sorciers. &mdash; Le Sikidy. &mdash; La science. &mdash; Astrologie. &mdash; L'écriture. &mdash; L'art. &mdash; Le
+vêtement
+et la parure. &mdash; L'habitation. &mdash; La danse. &mdash; La
+musique. &mdash; La poésie.
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RÉGION DU BOU HEDMA<br>
+(sud tunisien)<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Ch. MAUMENÉ</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Le chemin de fer Sfax-Gafsa.</span> &mdash; Maharess. &mdash; Lella
+Mazouna. &mdash; La forêt de gommiers. &mdash; La source
+des Trois Palmiers. &mdash; Le Bou Hedma. &mdash; Un
+groupe mégalithique. &mdash; Renseignements indigènes. &mdash; L'oued
+Hadedj et ses sources chaudes. &mdash; La
+plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. &mdash; Bir
+Saad. &mdash; Manoubia. &mdash; Khrangat Touninn. &mdash; Sakket. &mdash; Sened. &mdash; Ogla
+Zagoufta. &mdash; La
+plaine et le village de Mech. &mdash; Sidi Abd el-Aziz.
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">DE TOLÈDE À GRENADE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> JANE DIEULAFOY</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; L'aspect de la Castille.</span> &mdash; Les troupeaux en <i>transhumance</i>. &mdash; La
+Mesta. &mdash; Le Tage et ses poètes. &mdash; La
+Cuesta del Carmel. &mdash; Le Cristo de la Luz. &mdash; La
+machine hydraulique de Jualino Turriano. &mdash; Le
+Zocodover. &mdash; Vieux palais et anciennes
+synagogues. &mdash; Les Juifs de Tolède. &mdash; Un souvenir
+de l'inondation du Tage.
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa.</span> &mdash; Les
+pupilles de l'évêque Siliceo. &mdash; Santo Tomé
+et l'&oelig;uvre du Greco. &mdash; La mosquée de Tolède
+et la reine Constance. &mdash; Juan Guaz, premier
+architecte de la Cathédrale. &mdash; Ses transformations
+et adjonctions. &mdash; Souvenirs de las Navas. &mdash; Le
+tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
+est son exécutrice testamentaire. &mdash; Ximénès. &mdash; Le
+rite mozarabe. &mdash; Alvaro de
+Luda. &mdash; Le porte-bannière d'Isabelle à la bataille
+de Toro.
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les chroniques.</span> &mdash; San
+Juan de los Reyes. &mdash; L'hôpital
+de Santa Cruz. &mdash; Les S&oelig;urs de Saint-Vincent
+de Paul. &mdash; Les portraits fameux de l'Université. &mdash; L'ange
+et la peste. &mdash; Sainte-Léocadie. &mdash; El
+Cristo de la Vega. &mdash; Le soleil couchant sur les
+pinacles de San Juan de los Reyes. 601
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Les «cigarrales».</span> &mdash; Le pont San Martino et son
+architecte. &mdash; Dévouement conjugal. &mdash; L'inscription
+de l'Hôtel de Ville. &mdash; Cordoue, l'Athènes de
+l'Occident. &mdash; Sa mosquée. &mdash; Ses fils les plus
+illustres. &mdash; Gonzalve de Cordoue. &mdash; Les comptes
+du <i>Gran Capitan</i>. &mdash; Juan de Mena. &mdash; Doña
+Maria de Parèdes. &mdash; L'industrie des cuirs repoussés
+et dorés.
+<span class="ralign">613</span></p>
+</div>
+
+
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page061" name="page061"></a>(p. 061)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.&mdash;6<sup>e</sup> LIV.
+<span class="right05">N<sup>o</sup> 6.&mdash;11 Février 1905.</span></p>
+
+<a id="img001" name="img001"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img001.jpg" width="600" height="344" alt="" title="">
+<p>LA BARRE DE GRAND-BASSAM NÉCESSITE UN GRAND DÉPLOIEMENT
+DE FORCE POUR LA MISE À L'EAU D'UNE PIROGUE. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE<br>
+<span class="smaller">Par le Docteur LAMY<br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">I. &mdash; Voyage dans la brousse. &mdash; En file indienne. &mdash; Motéso. &mdash;
+ La route dans un ruisseau. &mdash; Denguéra. &mdash; Kodioso. &mdash; Villes et
+ villages abandonnés. &mdash; Où est donc Bettié? &mdash; Arrivée à
+ Dioubasso.</p>
+
+
+<a id="img002" name="img002"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img002.jpg" width="200" height="311" alt="" title="">
+<p class="cap200px">LE FÉMINISME À ADOKOÏ: UN MÉDECIN CONCURRENT DE
+L'AUTEUR.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Le 25 novembre 1898, à Marseille, je m'embarquais à bord du <i>Stamboul</i>,
+impatient de faire la connaissance des officiers avec lesquels je devais
+voyager: le capitaine du génie Houdaille, chef de mission, que nous
+devions appeler «le commandant» pour le distinguer des deux autres
+officiers du même grade, Crosson-Duplessis et Thomasset; le lieutenant
+du génie Macaire et l'adjoint du génie Borne. À ces officiers, le
+commandant avait joint 7 sergents, 8 caporaux et soldats, tous du génie.
+Au total, 21 Européens.</p>
+
+<p>Longeant les côtes d'Espagne, afin d'éviter les lames encore trop
+violentes, nous passions Gibraltar, faisions escale à Las Palmas, puis à
+Dakar, où s'embarquaient le capitaine Thomasset et vingt-cinq
+tirailleurs sénégalais qu'il avait recrutés pour servir d'escorte à la
+mission. À Konakry, nous choisissions les porteurs qui nous étaient
+nécessaires. Ils étaient quatre-vingt-quatre, divisés en quatre équipes:
+Sénégalais, Sous-Sous, Mendès, Timénés.</p>
+
+<p>Le 16 décembre, nous débarquions à Grand-Bassam, sans avoir trop à
+souffrir de cette fameuse «barre» dont on nous parlait depuis notre
+départ. Il est vrai que si elle fut clémente pour nos personnes, elle le
+fut moins pour nos nombreuses caisses d'instruments, de vivres, etc...,
+dont quelques-unes reçurent un bain d'eau salée.</p>
+
+<p>Heureusement nous arrivions en décembre! car c'est surtout pendant les
+mois d'avril à septembre que la barre occasionne de nombreux et graves
+accidents aux voyageurs qui, sur les grosses pirogues de barre conduites
+par des Minas ou des Kroumen, doivent affronter les énormes vagues
+venant se briser sur le rivage avec un bruit de tonnerre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page062" name="page062"></a>(p. 062)</span> À terre, installés dans une ancienne factorerie, nous terminons
+nos préparatifs, tout en recueillant sur l'intérieur du pays les
+renseignements qui pourront nous être de quelque utilité. Mais, à notre
+grand étonnement, nous constatons que, en dehors de la lagune et du
+fleuve Comoé, la forêt est complètement inconnue. Il faut donc faire
+quelques reconnaissances préliminaires; le capitaine Crosson-Duplessis
+et le lieutenant Macaire se rendent à Petit-Bassam; le capitaine
+Thomasset à Dabou, sur la lagune.</p>
+
+<p>Le dimanche, 25 décembre, la fête de Noël vient nous rappeler, par de
+nombreux et bruyants tam-tams, que nous sommes en pays nègre jouissant
+d'un certain degré de civilisation. En effet, pendant ces danses, les
+noirs se vident des flacons d'essences et d'alcools parfumés sur la tête
+et les épaules: cela s'appelle fêter le «christmas» chez les indigènes,
+dont quelques-uns connaissent certains mots anglais et subissent
+l'influence de Cape Coast, grâce à leur mélange avec les Apolloniens. À
+la fin du mois, les préparatifs sont terminés; nous avons fait
+l'acquisition de trois interprètes, de quelques boys, et, le 30
+décembre, nous quittons Grand-Bassam pour remonter le fleuve Comoé à
+bord de la canonnière le <i>Diamant</i>, jusqu'au point terminus de la
+navigation, Petit-Alépé, à 50 kilomètres de la côte. C'est là que se
+montrent les premiers rochers dans le lit du fleuve; aussi les vapeurs
+faisant le commerce s'arrêtent-ils à Petit-Alépé pour y transborder
+leurs marchandises dans les pirogues du pays; celles-ci remontent la
+rivière jusqu'aux rapides infranchissables de Malamalasso, à 60
+kilomètres plus loin.</p>
+
+<p>En débarquant à Petit-Alépé, nous débutons dans notre voyage à travers
+la forêt: c'était la vraie vie de brousse qui allait commencer pour
+nous. Aussi, laissant de côté les maisons des négociants et les cases du
+village, commencions-nous par établir le campement, opération très
+simple quand l'emplacement a été choisi et qui se répéta bien souvent
+par la suite.</p>
+
+<p>À Petit-Alépé, il nous fut facile de nous initier et peu à peu de nous
+accoutumer à notre nouvelle façon de vivre en pleine forêt; nous avions
+encore sous la main les ressources alimentaires et autres des
+factoreries de Grand-Bassam.</p>
+
+<a id="img003" name="img003"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img003.jpg" width="400" height="313" alt="" title="">
+<p class="cap400px">«TRAVAIL ET MATERNITÉ» OU «COMMENT VIVENT LES FEMMES DE
+PETIT-ALÉPÉ».&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Une nuit, à deux heures du matin, j'entendis mes deux voisins qui se
+levaient précipitamment. Ils venaient tous deux de se réveiller,
+entourés de fourmis, de grosses fourmis noires, aux morsures très
+douloureuses; leurs lits, leurs tentes, en étaient couverts; j'eus le
+temps de m'habiller et de sortir de chez moi assez rapidement pour
+éviter cette invasion. Ces armées de fourmis sont si nombreuses qu'il
+n'y a qu'à partir, les laisser passer, et on revient tranquillement
+quelques heures après. Le feu, la fumée, n'y peuvent rien.</p>
+
+<p>D'ailleurs le jour se levait, et à nos souhaits de ne plus avoir de
+sitôt une nouvelle alerte, nous mêlions nos v&oelig;ux de bonne année:
+c'était le 1<sup>er</sup> janvier!</p>
+
+<p>Le lendemain avait lieu le départ pour la brousse; nous l'attendions
+avec impatience depuis notre arrivée dans la colonie. La corne annonce
+le réveil: il est six heures. Les tentes sont pliées, les cantines
+fermées, et chaque porteur se place auprès de sa charge, sur laquelle il
+assujettit de son mieux son léger bagage personnel. «En avant!» et la
+colonne se met en marche sur l'unique sentier qui sort de Petit-Alépé et
+se dirige vers Motéso et Grand-Alépé.</p>
+
+<span class="pagenum"><a id="page063" name="page063"></a>(p. 063)</span>
+
+<a id="img004" name="img004"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img004.jpg" width="600" height="456" alt="" title="">
+<p>À MOTÉSO: SOINS MATERNELS.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Quelques tirailleurs forment la tête du cortège: le pays est inconnu, et
+nous ne savons encore quelle réception nous devons attendre des Attiés.
+Ceux-ci sont, en effet, proches parents des Ebriés, avec lesquels le
+Gouvernement de la Côte d'Ivoire est en hostilités depuis plusieurs
+mois; de plus, les peuplades de la forêt nous ont été dépeintes comme
+très guerrières et armées de fusils de traite en grand nombre. Le gros
+des porteurs est au centre; à l'arrière-garde les Européens et les
+derniers tirailleurs.</p>
+
+<p>Dans le sentier étroit, montant, la colonne s'allonge; il faut marcher
+en file indienne, l'un derrière l'autre, en évitant du pied les racines,
+de la tête, les lianes qui barrent le chemin. Un tronc d'arbre énorme,
+abattu par le dernier orage, intercepte le sentier; il faut passer. Les
+porteurs de petite taille se glissent sous le tronc, d'autres
+contournent l'obstacle pendant que quelques paresseux déposent leurs
+charges et profitent de cet arrêt pour prendre un repos de courte durée.</p>
+
+<p>Nous arrivons à Motéso, après quatre heures de marche, et constatons
+avec désappointement que le village est de peu d'importance et
+complètement évacué par les habitants. Le chef ne peut fournir de
+vivres, dit-il; il ne possède rien. C'est la misère dans tout son pays,
+tandis que ses voisins de Grand-Alépé et de Memni sont dans l'abondance.</p>
+
+<p>Le campement est cependant établi à 300 mètres environ du village, et
+pendant que les officiers commencent le lever du pays, je me rends à
+Grand-Alépé, en compagnie de mon boy Allou.</p>
+
+<p>Ce brave garçon, né aux environs de Grand-Bassam, s'était proposé pour
+mon service à mon arrivée dans la colonie. N'ayant aucune indication
+pour éclairer mon choix, j'accepte Allou en lui faisant crédit sur la
+mine: la figure me paraît franche, bien ouverte, et, de temps en temps,
+un éclair d'intelligence illumine son visage toujours souriant. Je lui
+parle: il comprend que je m'adresse à lui; mais c'est tout, et avec
+empressement il m'apporte le premier objet qu'il a sous la main.</p>
+
+<p>Je ne puis demander plus et le nomme mon boy-cuisinier.</p>
+
+<p>En sa compagnie, je me dirige donc vers Grand-Alépé; sur l'épaule, j'ai
+mon fusil de chasse qui me quitte rarement, tandis qu'Allou porte
+l'inséparable appareil photographique. Après une heure de marche, la
+forêt devient moins épaisse et, à travers une éclaircie, j'aperçois
+devant moi le village.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page064" name="page064"></a>(p. 064)</span> Sur l'unique rue s'alignent, de chaque côté, les cases en
+terre, recouvertes de feuilles de palmiers. Les toits se succèdent aussi
+loin que peut aller la vue, et les dernières maisons se perdent dans la
+forêt qui, à l'autre extrémité de la rue, recommence, à demi voilée par
+le brouillard et la fumée du village.</p>
+
+<p>L'entrée de la rue est barrée par une sorte de palissade ne laissant
+passage qu'à une personne; les pieux se sont transformés en arbres et
+sont couverts de feuilles. Une branche de palmier ferme le haut de la
+porte et, à terre, de chaque côté, sont entassées les poteries du pays,
+auxquelles adhèrent encore des plumes, du sang, des jaunes d'&oelig;ufs. La
+palissade n'est pas défensive. «C'est fétiche!» me dit mon boy. Seules,
+les personnes au c&oelig;ur loyal et que n'animent pas de mauvaises
+intentions, peuvent y passer.</p>
+
+<p>Nous entrons, mais déjà notre arrivée est signalée. Dans tout le
+village, ce sont des cris: toutes les portes s'ouvrent et, dans la rue,
+chacun se sauve, s'arrêtant de temps en temps pour m'examiner de loin.
+Les animaux domestiques, chèvres, poulets, effrayés, sautent de tous
+côtés et augmentent le vacarme. Allou explique de son mieux mes
+intentions pacifiques et, à la défiance, succèdent immédiatement un
+sans-gêne et une curiosité sans bornes. Je suis entouré, touché de tous
+côtés. On m'offre des &oelig;ufs, des poulets, du vin de palme, et l'on me
+demande mon fusil, un cadeau....</p>
+
+<p>Je n'ai pour salut que la fuite et je repars bien vite pour Motéso.</p>
+
+<p>Notre séjour à Motéso me permit de faire connaissance avec quelques
+habitants et, en étudiant leurs m&oelig;urs et leurs coutumes, d'être
+témoin de quelques scènes de famille.</p>
+
+<p>À la Côte d'Ivoire, il est d'usage, au moins sur le littoral et à peu de
+distance de la côte, de combattre l'atonie de l'intestin par des lavages
+quotidiens. Sur une petite pierre, aplatie par l'usage, sont mélangées
+diverses poudres de graines de différentes couleurs, parmi lesquelles le
+poivre et le piment rouge. Le tout, bien écrasé, est délayé dans de
+l'eau et introduit dans l'appareil destiné à cet usage. Cet appareil
+n'est autre qu'une courge en forme de carafe, percée aux deux
+extrémités, et qui se rencontre communément dans le pays. Il n'est pas
+rare, en plein Grand-Bassam, de voir, vers six heures, au petit lever,
+les indigènes, hommes ou femmes, sortir de leurs cases, tenant à la main
+l'appareil tout préparé. On se promène, on se dit les nouvelles, puis
+chacun se retire à quelques pas et, derrière un coin de case,
+s'administre le contenu de la courge. L'opération achevée, la
+conversation est reprise; on se rend au marché en oubliant que l'on
+tient toujours à la main l'instrument qui vient de servir.</p>
+
+<p>À Motéso, j'entrai dans une case, attiré par les cris d'un enfant au
+moment où la mère s'apprêtait à rendre ce service à son dernier né. Je
+priai la mère de ne se déranger en aucune façon et je la vis introduire
+un appareil de petit modèle et souffler fortement à l'extrémité opposée.
+L'opération était terminée et réussie, ce dont je fus averti par les
+cris de l'enfant.</p>
+
+<a id="img005" name="img005"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img005.jpg" width="400" height="271" alt="" title="">
+<p class="cap400px">INSTALLATION DE NOTRE CAMPEMENT DANS UNE CLAIRIÈRE
+DÉBROUSSAILLÉE. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Pendant mes excursions aux environs, je découvris, au milieu d'une forêt
+de palmiers, ce que je pourrais presque appeler une usine pour la
+fabrication de l'huile de palme. Cette usine, composée de plusieurs
+hangars dépendant du village de Grand-Alépé, contenait une douzaine de
+mortiers de très grande taille, creusés dans d'énormes troncs d'arbres.
+À l'aide de gros pilons en bois, les indigènes écrasent dans ces
+mortiers les graines de palmiers quand elles sont rouges, c'est-à-dire
+bien mûres. L'huile recueillie est placée sur un feu violent dans de
+grandes terrines; l'eau s'évapore, et l'huile ainsi épurée est bonne au
+commerce ou à l'usage indigène. On la transporte à la lagune et, de là,
+dans la factorerie; une petite quantité est conservée pour l'éclairage,
+quelques soins médicaux et surtout pour la cuisine: elle sert à préparer
+le plat du pays, le <i>foutou</i>, fricassée d'animaux divers, fortement
+épicée.</p>
+
+<a id="img006" name="img006"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img006.jpg" width="400" height="279" alt="" title="">
+<p class="cap400px">ENVIRONS DE GRAND-ALÉPÉ: DES HANGARS DANS UNE PALMERAIE,
+ET UNE DOUZAINE DE GRANDS MORTIERS DESTINÉS À LA PRÉPARATION DE L'HUILE
+DE PALME.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Les relations très cordiales pendant les deux premiers jours ont, au
+troisième, brusquement changé. Un des notables du pays, accompagné de
+ses deux femmes, vint se plaindre d'un de nos porteurs, qu'il accusa
+<span class="pagenum"><a id="page065" name="page065"></a>(p. 065)</span> d'avoir voulu attenter à l'honneur et même aux jours de ses
+compagnes. On parle, on discute: tapage épouvantable pendant une
+demi-heure. Tout le village commente l'histoire avec force gestes et
+cris; on se comprend de moins en moins. Le vieux et ses deux femmes,
+voyant que l'on ne fait pas droit à leur requête en leur donnant un
+cadeau proportionné à l'offense, se retirent furieux, quand le porteur,
+sujet de la discussion, apprenant la cause de tout ce bruit, vient
+trouver le commandant. Il voulait tout simplement acheter des ignames
+que portaient ces dames; effrayées, elles ont préféré prendre la fuite.
+Tout s'explique, et après une heure et demie de palabre, l'accord est
+fait.</p>
+
+<p>En quittant Motéso, nous arrivons, après une heure de marche, à Memni,
+où se trouve une mission catholique. Nous ne faisons qu'y passer et nous
+nous mettons en marche dans la direction de Denguéra.</p>
+
+<p>Au sortir du village, le chemin n'est autre que le lit d'un ruisseau
+dans lequel il faut patauger pendant près d'une heure. Nous le quittons
+au moment où, l'habitude aidant, nous commencions à comprendre et à
+estimer la préférence des noirs pour ce genre de chemin, qui, outre
+qu'il est tout tracé, présente l'avantage de rafraîchir les pieds
+pendant la marche. À la sortie du ruisseau, le sentier est presque
+impraticable. À tout instant ce sont des obstacles, des lianes surtout,
+qui, s'accrochant aux charges, les font tomber de la tête des porteurs.
+Nous avons quelque raison de regretter le joli ruisseau au-dessus duquel
+la brousse rare et élevée permettait un passage facile. La halte, vers
+midi, est de courte durée, et, le soir, nous devons nous arrêter en
+pleine forêt pour préparer le campement.</p>
+
+<p>En évitant autant que possible les fourrés trop épais, les arbres
+épineux ou à racines sortant du sol, il nous est facile, en moins d'une
+demi-heure, d'avoir un emplacement net et prêt à recevoir les tentes.
+Les porteurs, mettant à terre leurs charges, s'arment de leur sabre
+d'abatis et frappent à qui mieux mieux, tranchent lianes, arbustes, pour
+en rejeter les débris sur les côtés. En quelques minutes, sur
+l'emplacement indiqué par chacun de nous, les tentes s'élèvent, et, dans
+la solitude et le silence de la forêt, surgit un village où chacun
+termine rapidement son installation. Les boys montent le lit du maître,
+alignent les cantines ou versent dans la cuvette d'émail l'eau boueuse;
+plus loin, les tirailleurs et les porteurs, allumant leurs feux,
+préparent le repas ou nettoient le sol sur lequel ils doivent reposer.</p>
+
+<p>Mais la nuit s'avance plus tôt que d'ordinaire; le vent s'élève et
+devient plus froid: tout annonce une tornade pour la nuit. Pendant que
+l'on consolide les tentes, les porteurs prévoyants cherchent un abri;
+une racine d'arbre sur laquelle ils appuient des branches de palmiers,
+et voilà leur refuge, à moins que, stoïquement, connaissant d'avance
+l'inutilité de leurs travaux, ils ne préfèrent attendre l'orage. Déjà le
+tonnerre a résonné au loin et s'avance rapidement.</p>
+
+<p>Le repas, bien sommaire, se termine à la lueur des éclairs, de plus en
+plus brillants. Sous les arbres touffus, les roulements de tonnerre sont
+sans fin, et le vent, qui augmente de force, fait craquer la cime des
+arbres et jette à terre les branches pourries et couvertes de
+mousses.... Un grand silence, et tout paraît se calmer, quand un coup de
+vent formidable vient ranimer les feux qui s'éteignaient; les
+étincelles, les feuilles volent de tous côtés; la pluie tombe à
+torrents.</p>
+
+<p>À l'abri, sous nos tentes, nous nous endormons au bruit monotone de
+l'eau sur la toile, entrevoyant, à la lueur des derniers éclairs, les
+noirs, le dos à la pluie, les pieds auprès du feu éteint et fumant
+encore. Au bruit de l'eau qui tombe se mêle la voix du conteur qui,
+toute la nuit, fera oublier à ses amis, insouciants, l'inclémence de la
+nature.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page066" name="page066"></a>(p. 066)</span> La fraîcheur de la nuit nous permet un repos réconfortant;
+aussi, au signal du lever, tout le monde est dispos et prêt à reprendre
+la marche en avant. Les noirs se secouent, tordent leurs habits et se
+rendent au travail, car, toute la journée, il faut faire le lever du
+pays.</p>
+
+<p>Trois jours entiers, dans ce camp, nous vivons en pleine humidité;
+aussi, le 16 janvier, au matin, le quittons-nous avec empressement. Un
+guide de Memni doit nous conduire à Denguéra. Il le fait bien malgré
+lui, car les races de Memni et de Denguéra sont différentes, par
+conséquent ennemies, et comme nous le verrons souvent par la suite, les
+indigènes n'aiment pas s'aventurer en pays inconnu.</p>
+
+<p>Le terrain argileux rend la marche glissante et, après quelques heures
+de voyage, la fatigue intervenant, les chutes de porteurs se font de
+plus en plus fréquentes. Le chemin, toujours très mauvais, est coupé de
+nombreux cours d'eau auxquels succèdent des marécages où l'on s'envase.
+Il est dit que la journée sera dure.</p>
+
+<p>Voici midi. Le soleil, qu'on ne voit pas, mais dont on subit la chaleur
+torride, traverse l'épais rideau de verdure qui devrait nous protéger.
+La vapeur que l'on respire nous étouffe, et toujours nous ne voyons que
+marais et qu'humus glissant et détrempé. Pas très gaie, cette marche,
+dans les sentiers du pays: tellement d'herbe et de brousse que vous ne
+voyez même pas les talons de celui qui vous précède. Impossible de lever
+les yeux au ciel à cause des racines d'arbres qui vous font buter à
+chaque pas; à droite, à gauche, des branches vertes, séchées, pourries,
+des fourrés, des arbres toujours, toujours.</p>
+
+<p>Enfin, le terrain remonte peu à peu, le sol devient résistant et, de
+chaque côté, des plantations de bananiers, entrevues derrière la brousse
+qui borde le chemin, nous annoncent qu'un village ne peut être éloigné;
+à deux heures, nous étions à Denguéra.</p>
+
+<a id="img007" name="img007"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img007.jpg" width="300" height="429" alt="" title="">
+<p class="cap300px">DANS LE SENTIER ÉTROIT, MONTANT, IL FAUT MARCHER EN FILE
+INDIENNE. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Cette fois encore notre arrivée était annoncée, car nous trouvions le
+chef et les notables du village nous attendant sous une case. Il est, en
+effet, presque impossible de passer une porte fétiche sans que votre
+passage soit prévu. Les Attiés, par raison stratégique, évitent de faire
+déboucher les chemins brusquement en plein village: le sentier contourne
+toujours une partie des habitations, et ce n'est qu'après un coude
+prononcé qu'il aboutit à la porte fétiche. En dehors des deux issues qui
+se font face aux deux extrémités de la rue, le village est complètement
+entouré de broussailles qui s'opposent à toute attaque de ce côté.</p>
+
+<p>Nous étions installés depuis la veille dans un campement, auprès du
+village de Denguéra, quand, vers midi, nous entendîmes un tam-tam
+étourdissant qui s'approchait de nous. C'était le roi! le roi de
+Denguéra, ou plutôt des différents groupes appelés Denguéra, et dont
+nous ne connaissions que l'un des villages.</p>
+
+<p>L'entrée fut triomphale et bruyante; toute la suite royale hurlait à
+pleins poumons, pendant que les tam-tams, de différentes tailles,
+faisaient rage. Six noirs, au souffle puissant, la figure et le cou
+gonflés par l'effort, faisaient résonner les trompes de sa Majesté: des
+défenses d'éléphant, percées d'une ouverture latérale auprès de la
+pointe; l'accord, ainsi obtenu, était d'une grande justesse.</p>
+
+<p>L'importance de l'orchestre aurait pu nous faire espérer un roi puissant
+et riche. Ce n'était encore qu'un vulgaire chef noir sans autorité, se
+reconnaissant le plus pauvre de tous ses sujets, et ne sachant que
+tendre la main pour demander un cadeau.</p>
+
+<p>Nous ne restâmes au camp de Denguéra que le temps nécessaire pour le
+lever du chemin parcouru et de celui qui devait nous mener à Kodioso, où
+nous campions quelques jours plus tard.</p>
+
+<p>Toute cette partie de la forêt entre Denguéra et Kodioso a un aspect
+particulier. Les grands arbres y sont peu nombreux; la végétation paraît
+moins ancienne que dans les autres lieux déjà visités, et ce sont, de
+tous côtés, plantations abandonnées et ruines nombreuses. De véritables
+forêts de goyaviers, aux troncs tortueux, <span class="pagenum"><a id="page068" name="page068"></a>(p. 068)</span> recouvrent les
+emplacements de villages immenses, de villes, témoins jadis d'une
+population plus nombreuse qu'à l'époque actuelle. Les villages qui
+existent sont rares, dispersés et sans importance; les cases sont moins
+bien construites, et beaucoup d'entre elles tombent en ruines.</p>
+
+<a id="img008" name="img008"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img008.jpg" width="600" height="402" alt="" title="">
+<p>NOUS UTILISONS LE FUT RENVERSÉE D'UN ARBRE POUR TRAVERSER
+LA MÉ.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Sont-ce des villages détruits, brûlés pendant les dernières guerres? ou
+ne faut-il pas plutôt voir dans ces ruines les conséquences d'un abandon
+volontaire, conforme à la coutume de la forêt, qui est d'une hygiène
+bien comprise? Par la présence d'une agglomération nombreuse, le sol est
+souillé; aussi, après un séjour de 40, 50 ans, les habitants
+abandonnent-ils leurs cases: ils se déplacent. Il en est de même pour
+leurs plantations, dont ils jugent le sol appauvri par une culture
+continue. Les arbres de la forêt sont abattus, brûlés sur place, et l'on
+a ainsi un nouveau champ, au sol fécond et enrichi par les cendres des
+derniers incendies.</p>
+
+<p>Pendant notre marche en avant, les provisions on réserve diminuant de
+jour en jour, il nous fallait à chaque étape, à chaque village, nous
+ravitailler auprès des habitants. Les ignames étaient, depuis longtemps,
+notre unique légume, accommodé à diverses sauces. Les poulets étiques du
+pays, rares d'ailleurs, alternaient avec quelques cabris apportés par
+les chefs. Les indigènes, qui ne mangent pas les &oelig;ufs, les offrent à
+leurs divinités; aussi n'est-il pas rare, aux entrées de village, à la
+porte fétiche, de trouver une véritable omelette. Ces &oelig;ufs, conservés
+pieusement, nous étaient vendus à des prix exagérés, et régulièrement,
+le pauvre Allou venait m'annoncer que sur la douzaine récemment achetée,
+il s'en trouvait deux ou trois mangeables, je ne dis pas frais.</p>
+
+<p>Notre disette de vivres nous fit donc estimer d'autant plus les cadeaux
+du chef de Kodioso, où nous séjournâmes quelques jours, s'il est
+possible d'appeler cadeau un objet qui «doit» être payé le double ou le
+triple de sa valeur.</p>
+
+<a id="img009" name="img009"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img009.jpg" width="300" height="441" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LA POPOTE DANS UN ADMIRABLE CHAMP DE BANANIERS. D'APRÈS
+UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Il faut s'entendre, en effet, sur le sens donné au mot «cadeau» dans ce
+pays. On vous offre un &oelig;uf, un poulet, un b&oelig;uf, à une condition,
+la seule, c'est de répondre à cette gracieuseté par une autre, mais de
+valeur beaucoup plus grande. Si, au premier cadeau, vous ne donnez en
+échange qu'un objet juge insuffisant, vous pouvez dire adieu à toute
+autre offre de ce genre. Par contre, si vous avez payé largement, c'est
+une cohue de gens du village se précipitant sous votre tente pour vous
+«faire un cadeau», à grand renfort de cris et de bousculades. Chacun
+vous apporte quelque chose: un &oelig;uf, un igname, un poulet, du vin de
+palme, des ananas, des cannes à sucre, du «poutou». L'objet offert n'est
+pas encore en votre possession que le noir a déjà désigné ce qu'il veut:
+généralement, un miroir, un couteau, parfois un fusil, votre casque,
+voire même vos propres habits.</p>
+
+<p>Heureusement nous savions qu'un convoi de vivres, qui nous était
+destiné, avait remonté le Comoé et devait se trouver à Bettié. Cette
+seule espérance nous faisait avaler, avec moins d'amertume, les ignames
+indigènes et trouver savoureux le b&oelig;uf en boulettes ou en salade, que
+le chef cuisinier retirait chaque jour de nos dernières boîtes de
+conserves.</p>
+
+<p>Suivant les cartes du pays et d'après le relevé du chemin que nous
+avions parcouru depuis Petit-Alépé, Bettié ne pouvait être loin et
+devait se trouver au nord-est. Quel ne fut pas notre étonnement, quand
+le chef de Kodioso nous répondit par l'interprète: «Bettié, connais pas!
+mais Adokoï ne peut manquer d'être sur la route de ce pays.»</p>
+
+<p>On s'entend avec le chef de Kodioso, qui nous donne un guide pour nous
+conduire, le soir même, à Adokoï. Avec plaisir on part en plein midi, et
+cependant, au milieu des immenses champs de bananiers, quelle chaleur
+jusqu'à trois heures! On marche toujours aussi légèrement, jouissant
+déjà du repos annoncé; nous devons, en effet, coucher à Adokoï.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page069" name="page069"></a>(p. 069)</span> D'heure en heure, les kilomètres s'ajoutent aux kilomètres. À
+cinq heures, on interpelle le guide: «Adokoï?» La tête ahurie du
+personnage nous tient lieu de réponse.</p>
+
+<a id="img010" name="img010"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img010.jpg" width="400" height="506" alt="" title="">
+<p class="cap400px">INDIGÈNES COUPANT UN ACAJOU.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Mais à quoi bon crier? il faut d'abord camper. Où? Pas une goutte d'eau.
+Nous devons donc reprendre la marche en avant. À six heures, le guide
+desserre les dents pour nous annoncer la rivière Mé, à peu de distance,
+<i>acaco-coco</i>, un peu loin, pas trop; ce qui veut aussi bien dire
+quelques mètres que quelques kilomètres.</p>
+
+<p>Je pars en avant avec le guide, et après une demi-heure de marche, nous
+débouchons brusquement sur une rivière, large de 80 à 100 mètres, la
+rivière Mé. Mais pas d'Adokoï. La nuit nous a déjà surpris et nous force
+à nous abriter sous quelques huttes abandonnées au milieu de la forêt.</p>
+
+<p>Notre campement était établi le lendemain sur les bords de la rivière,
+auprès du pont qui la traverse. Un arbre immense a été jeté au-dessus de
+l'eau; la racine tient à la berge, et les branches prennent appui dans
+le lit de la rivière.</p>
+
+<p>Devant le camp, se trouve un acajou de plus de 50 mètres de longueur,
+qui vient d'être abattu récemment par les indigènes, ainsi qu'en
+témoigne l'échafaudage, fraîchement monté autour du pied de l'arbre. Le
+tronc a près de 1<sup>m</sup>50 de diamètre, et l'arbre, de la section aux
+premières branches, a pu fournir cinq billes d'acajou de 4 mètres de
+longueur chacune. Ces énormes masses seront roulées jusqu'à la rivière
+et voyageront, par le fleuve et la lagune, jusqu'à Grand-Bassam, pour
+être, de là, expédiées en Europe.</p>
+
+<p>À Apiagui, où nous passions quelques jours plus tard, nous obtenions la
+même réponse que précédemment: Bettié était inconnu. N'ignorant pas que
+dans ce pays attié les mêmes villages avaient des noms différents et
+souvent nombreux, le commandant crut nécessaire d'expliquer qu'il
+s'agissait d'un village sur un grand fleuve.... Le fleuve était connu,
+très vaguement d'ailleurs, mais non Bettié. Et cependant les vivres
+faisaient complètement défaut. Le menu quotidien était toujours: igname,
+b&oelig;uf de conserve, vin de palme. Plus de riz, plus de biscuit.</p>
+
+<p>À Adokoï, où nous arrivions le 30 janvier, à 35 kilomètres de Kodioso,
+ce fut encore la question posée au premier notable qui voulut bien nous
+honorer d'une palabre. Bettié était toujours inconnu, ou plutôt il
+existait un village de ce nom, mais très loin, si loin, qu'il était
+préférable de se rendre d'abord dans le pays de Séka, qui n'était pas
+trop éloigné, et où les renseignements seraient certainement plus
+précis.</p>
+
+<p>On ne pouvait attendre plus longtemps, et le 1<sup>er</sup> février, le
+commandant, avec le capitaine Thomasset et quelques tirailleurs, partait
+en reconnaissance, à la recherche de Bettié, et surtout du convoi de
+vivres.</p>
+
+<p>À six heures du matin, au moment où le commandant quittait le campement,
+arrivait le chef d'Adokoï, apportant une chèvre en cadeau. Je suis
+chargé de répondre à ce souhait de bienvenue par un autre présent.
+Pendant quelque temps, le chef erre dans le camp au milieu des porteurs
+et des tirailleurs, et, ne voyant pas survenir l'objet précieux attendu
+en échange, il délie de ses propres mains la chèvre attachée à un arbre
+et retourne au village. Je lui adresse mon interprète en lui faisant
+dire qu'un cadeau donné ne peut être repris. À ces justes observations,
+le chef répond «que son cadeau n'a pas été payé et que, de plus, il a
+été fait au commandant et non pas à moi». D'ailleurs, il se demande
+pourquoi il s'occupe de tout cela, puisqu'il n'est pas le chef
+véritable, lequel, effrayé de la présence des blancs, est, paraît-il,
+dans la brousse.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page070" name="page070"></a>(p. 070)</span> Il était de toute nécessité de voir le chef dont l'autorité
+s'étendait sur le pays. On le fait demander. Il répond qu'il viendra le
+lendemain. Le lendemain, personne. À midi, on nous annonce son arrivée.
+Cela dure deux jours, et encore pas de chef. Enfin, le deuxième jour, à
+huit heures du soir, les trompes royales résonnent: c'est Sa Majesté qui
+fait son entrée dans son village.</p>
+
+<p>Au matin, il se présente au camp, se croyant à son dernier jour, et
+tremblant d'émotion et de vieillesse.</p>
+
+<p>Le pauvre petit vieux!</p>
+
+<p>Il a nom Leliépi et porte la barbe du menton tressée en signe
+d'autorité. Après un quart d'heure de palabre, se sentant encore en vie
+et comblé de cadeaux pour lui et ses royales épouses, il ne peut retenir
+ses larmes. Il serre avec frénésie les mains des blancs assistant à la
+réunion et jette à nos pieds un peu de terre prise devant lui, signe de
+grande reconnaissance et de profond respect.</p>
+
+<p>Leliépi paraît très intelligent et possède une autorité véritable et
+incontestée sur tous ses sujets. Il promet des porteurs pour transporter
+les bagages, des vivres en abondance; tout marche à merveille.</p>
+
+<p>Une bouteille de gin, donnée en cadeau, court de main en main, passe de
+bouche en bouche, et, rapidement absorbée par la Cour, met en mouvement
+toutes les langues. «Oumbrenon!&mdash;Les blancs!» dit le roi, et dans ce
+seul mot se condense son admiration pour nous.</p>
+
+<a id="img011" name="img011"></a>
+<div class="floatleft">
+<a href="images/img011.jpg">
+<img src="images/img011tb.jpg" width="300" height="449" alt="" title=""></a>
+<p class="cap300px">LA CÔTE D'IVOIRE.&mdash;LE PAYS ATTIÉ.</p>
+</div>
+
+<p>Nous sommes des amis, si bien que, le soir même, je débute et vais
+tâcher d'extraire, de la cuisse d'un jeune homme, des projectiles qui y
+ont été placés par la maladresse d'un ami. Oh! tout simplement, comme en
+France, une histoire de chasse. Son compagnon le prend pour une biche et
+lui adresse la charge de son fusil en certaine partie charnue peu
+protégée chez les noirs de ce pays. Le mal n'aurait pas été grand si
+c'eût été du plomb bien calibré de Saint-Étienne ou d'ailleurs. Mais ici
+les chasseurs ne possèdent pas de Lefaucheux et se servent de
+canardières à pierre, longues de deux mètres et bourrées, jusqu'à la
+gueule, de poudre et de balles. Les balles sont des rognures de fer, des
+boîtes à conserves pliées, qui font généralement des plaies très
+sérieuses. C'est ce produit qui a été administré à mon client, lequel ne
+paraît pas enchanté de me voir à son chevet. Je ne puis pourtant
+l'abandonner, car j'ai été conduit près de lui par la volonté du roi
+qui, me voyant, ce matin, faire des pansements aux porteurs, a cru que
+je pourrais en faire autant à son blessé.</p>
+
+<p>En me rendant chez mon client, j'ai rencontre, à un coin de rue, le
+doyen de la Faculté de Médecine d'Adokoï, une bonne petite vieille, à
+figure réjouie, couverte de gris-gris, de perles, etc. Elle se demande
+ce qui pourra bien advenir à ce pauvre garçon, assez peu soucieux de sa
+vie pour se mettre entre les mains d'un médecin blanc! Cependant, nous
+nous faisons bonne figure, et nous nous serrons les mains avec le
+plaisir qu'on éprouve à se trouver entre confrères.</p>
+
+<p>Le projectile, qui a traversé la cuisse, roule sous la peau. Une simple
+incision peut le faire sortir. Je dois le guérir, me dit-on, mais il ne
+faut pas parler d'opération. Impossible.</p>
+
+<p>Je quitte donc le malheureux blessé, qui continuera son martyre chaque
+matin. Au moyen d'une baguette l'opérateur indigène repousse la peau, et
+de cette façon, le projectile doit reprendre la voie par laquelle il est
+entré. Le pansement se compose de feuilles bouillies dans une décoction
+d'écorces astringentes. À mon retour, je retrouverai ce malheureux; la
+balle sera tombée, et, avec elle, une partie des chairs de la cuisse.</p>
+
+<p>Pendant notre séjour à Adokoï, le roi tint toutes ses promesses. Après
+des adieux touchants, nous nous dirigeons vers Dioubasso, en regrettant
+de quitter ce pays, dont les habitants nous ont donné une si franche
+hospitalité.</p>
+
+<p>Le petit village de Dioubasso ne pouvait être pour nous un centre assez
+riche en ressources; aussi <span class="pagenum"><a id="page071" name="page071"></a>(p. 071)</span> fut-il nécessaire de rayonner aux
+environs, afin de nous procurer les vivres dont nous avions besoin. À
+l'est, je trouvai un village beaucoup plus important, Biasso, et décidai
+les indigènes à venir nous ravitailler au campement. Pour la première
+fois, un blanc paraissait chez eux. Je veux prendre une photographie:
+tous fuient au bruit de l'appareil. Mais là, comme partout, la plus
+grande familiarité succède rapidement à l'étonnement et à la crainte du
+début.</p>
+
+<a id="img012" name="img012"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img012.jpg" width="600" height="446" alt="" title="">
+<p>CE FUT UN SAUVE-QUI-PEUT GÉNÉRAL QUAND JE BRAQUAI SUR LES
+INDIGÈNES MON APPAREIL PHOTOGRAPHIQUE. DESSIN DE J. LAVÉE, D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Je reviens à Dioubasso, suivi de nombreux indigènes apportant des
+provisions que nous voulons acheter avant le déjeuner. Le prix élevé
+qu'ils en demandent ne nous permet pas de conclure le marché. Cela nous
+est d'autant plus pénible que nous ne possédons plus de vivres.</p>
+
+<p>On se met à table en espérant que les noirs reviendront plus
+conciliants, et comme le campement est envahi par les habitants du
+village, discutant entre eux et faisant un bruit assourdissant, nous les
+prions de rentrer chez eux. Personne ne bouge; le vacarme continue, et
+les vivres ne nous viennent pas. Par les soins de quatre de nos
+tirailleurs, le camp est enfin évacué et l'incident paraît terminé.</p>
+
+<p>Une heure plus tard, mon ancien infirmier, le tirailleur Ali-Sadjéou,
+vient me trouver. Les noirs l'ont mis en joue pendant qu'il traversait
+le village pour aller chercher de l'eau. Il n'avait pas son fusil et
+revenait. Nous avions, en effet, commis la faute de camper loin d'un
+point d'eau et de laisser le village intercepter la route qui menait au
+ruisseau.</p>
+
+<p>Quelques instants après, en armes, nous arrivons à l'entrée de
+Dioubasso; les tirailleurs, en avant, précèdent les porteurs qui doivent
+faire la corvée d'eau. Les habitations sont abandonnées. Les indigènes,
+embusqués dans les broussailles qui entourent le village à 30 mètres
+environ des cases, ont apprêté leurs fusils. Quand la provision d'eau
+est faite, on s'arrête au centre des maisons, près de la case à
+palabres. Un b&oelig;uf qui erre près de nous est saisi, et l'interprète
+annonce à haute voix que, comme amende, nous emportons le b&oelig;uf, et
+que les maisons ne seront pas brûlées.</p>
+
+<p>Dans la soirée, les notables venaient reconnaître leurs torts, mais
+déjà, le b&oelig;uf, coupé en quartiers, était distribué aux affamés que
+nous étions, trop heureux de cette bonne aubaine.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page072" name="page072"></a>(p. 072)</span> De Dioubasso, un guide nous conduisit dans le pays de Séka-Séka
+où nous arrivions assez tard dans la soirée. L'entrevue avec le chef du
+village fut assez froide: sa police l'avait mis au courant de l'affaire
+de Dioubasso.</p>
+
+<p>Il nous parla du passage du commandant qu'il avait autorisé à traverser
+son village, il y avait quelques jours; il lui avait même fourni un
+guide pour le conduire à Bettié. Bettié était donc connu dans ce pays,
+et nous pouvions espérer être bientôt ravitaillés. «Il s'offrait,
+moyennant des cadeaux plus importants que ceux de l'autre blanc, à nous
+indiquer le même chemin.»</p>
+
+<p>On ne pouvait nous mettre plus poliment à la porte. Or nous devions
+attendre le commandant dans ce village.</p>
+
+<p>À cette déclaration de notre part, le chef bondit sur le tabouret en
+bois à trois pieds qui lui servait de trône. Ce meuble portatif est dans
+ce pays un insigne de l'autorité du personnage qui a le droit de s'y
+asseoir. Le chef bondit, se frappa les lèvres de la paume de la main
+gauche et, se levant, nous congédia.</p>
+
+<p>Puis se ravisant, il nous invite à loger dans le village. Nous refusons
+en pensant à la possibilité d'une attaque nocturne. Enfin, sur notre
+prière de nous indiquer un emplacement où nous pourrions camper, le chef
+nous fait conduire hors du village et nous nous installons auprès d'un
+petit ruisseau.</p>
+
+<p>On pouvait espérer qu'il y avait eu mauvaise entente; un mot mal traduit
+par nos interprètes avait pu froisser sa Majesté, qui nous refusait la
+permission de séjourner sur son territoire, permission qui nous avait
+toujours été accordée jusque-là. Notre confiance en nos interprètes
+n'était plus bien grande depuis que nous avions remarqué qu'ils avaient,
+à différentes reprises, réussi à s'approprier des cadeaux que l'on nous
+faisait. Cela leur était d'autant plus facile que, pour converser avec
+les chefs attiés, il fallait fréquemment se servir de deux interprètes,
+tellement les dialectes varient de village à village.</p>
+
+<p>Vers midi commença un défilé sans fin de guerriers du pays, le fusil à
+la main: la force armée était mobilisée. À cette menace d'intimidation,
+il était nécessaire de répondre; nos tirailleurs reçurent donc l'ordre
+de faire, chaque matin, le maniement d'armes auprès du camp.</p>
+
+<p>Mais à ce moment, sans vivres, nous ne pouvions nous montrer difficiles
+et, le même soir, à quatre heures, il nous fallait palabrer pour acheter
+un b&oelig;uf. «Le roi nous le donne, traduit l'interprète, car il
+reconnaît la supériorité des blancs qui font des fusils, des couteaux,
+etc....» Cependant, comme nous avons également pour nous la richesse, il
+nous demande en échange la modique somme de 3 onces &frac12; de poudre d'or
+(200 francs). Nous répondons que «nous sommes certainement des êtres
+supérieurs, mais que ce n'est pas une raison pour nous combler de
+cadeaux de ce genre». On parlemente: le b&oelig;uf, une bête blanche, est,
+paraît-il, superbe et ne ressemble en rien aux autres b&oelig;ufs que nous
+avons pu acheter précédemment. On tombe d'accord pour 90 francs. Nous
+avions enfin un gîte et des vivres pour réparer nos forces usées par un
+mois de dur voyage à travers la brousse.</p>
+
+<p class="sig">(<i>À suivre.</i>) <span class="right10 smcap">D<sup>r</sup> Lamy.</span></p>
+
+<a id="img013" name="img013"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img013.jpg" width="400" height="242" alt="" title="">
+<p>LA RUE PRINCIPALE DE GRAND-ALÉPÉ.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page073" name="page073"></a>(p. 073)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.&mdash;7<sup>e</sup> LIV.
+<span class="right05">N<sup>o</sup> 7.&mdash;18 Février 1905.</span></p>
+
+<a id="img014" name="img014"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img014.jpg" width="600" height="363" alt="" title="">
+<p>LES TROIS GRÂCES DE MOPÉ (PAYS ATTIÉ).&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE<a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a><a href="#footnote1" title="Lien vers la note 1"><span class="smaller">[1]</span></a><br>
+
+<span class="smaller">Par le Docteur LAMY<br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">II. &mdash; Dans le territoire de Mopé. &mdash; Coutumes du pays. &mdash; La
+ mort d'un prince héritier. &mdash; L'épreuve du poison. &mdash; De Mopé à
+ Bettié. &mdash; Bénié, roi de Bettié et sa capitale. &mdash; Retour à
+ Petit-Alépé.</p>
+
+<a id="img015" name="img015"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img015.jpg" width="250" height="343" alt="" title="">
+<p class="cap250px">FEMME DU PAYS ATTIÉ PORTANT SON ENFANT EN
+CROUPE.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Ce voyage continu de plus d'un mois à travers la brousse, dans des
+sentiers rocailleux et couverts de branchages, avait occasionné à nos
+porteurs de nombreuses plaies s'ulcérant très facilement et devenant
+même parfois graves par leur étendue et leur profondeur. Tous les
+matins, c'était un long défilé de tirailleurs, de porteurs, auxquels il
+fallait panser, qui les pieds, qui les mains. À ces nombreux invalides
+commençaient à se joindre pour les pansements quelques sujets de Séka.</p>
+
+<p>Un matin, je terminais à peine mon service et, encore entouré des
+derniers malades et des indigènes qui venaient s'instruire à ma visite
+dans l'art de guérir les plaies, je me disposais à quitter ma tente,
+quand je vis deux tirailleurs déposer à mes pieds un de nos porteurs
+inanimé.</p>
+
+<p>Le Sénégalais Lamina Touré venait d'être piqué par un serpent qu'il
+n'avait pu reconnaître, et qui probablement devait être une vipère
+cornue, reptile très répandu dans l'Attié et que nous rencontrions
+fréquemment. Un de nos sous-officiers, se disposant à se coucher, avait
+été fort surpris de trouver une de ces vipères blottie sous sa
+couverture.</p>
+
+<p>Le blessé, aussitôt mordu, n'avait eu que le temps de se rendre auprès
+de ses amis, et en leur disant ce qui venait de lui arriver, s'était
+évanoui; en toute diligence on me l'apportait.</p>
+
+<p>Le venin était déjà en grande partie absorbé, ainsi que l'indiquaient la
+respiration difficile et irrégulière, le coma dans lequel se trouvait
+plongé le blessé. Les Attiés, témoins de l'état de Lamina et connaissant
+le <span class="pagenum"><a id="page074" name="page074"></a>(p. 074)</span> résultat fatal d'une piqûre de vipère cornue, regardaient
+avec un sourire ironique mes préparatifs d'injection: je ne pouvais
+avoir d'espoir que dans le sérum antivenimeux du docteur Calmette, dont
+je possédais quelques flacons dans mes cantines médicales, et je me
+disposais à l'injecter.</p>
+
+<p>Une première injection faite n'amène aucun résultat.</p>
+
+<p>«Le fétiche pour serpents», me font dire les Attiés, pouvait seul sauver
+le pauvre blessé. Néanmoins, quelques minutes plus tard je fais une
+nouvelle injection. Cette fois je constate un mieux appréciable: l'état
+général est meilleur, et, au grand étonnement des spectateurs, le malade
+fait quelques mouvements.</p>
+
+<p>Dans l'après-midi le mieux s'accentuait d'autant plus que je venais de
+procéder à une nouvelle injection.</p>
+
+<p>Après une convalescence de quelques jours, Lamina était complètement
+guéri. J'étais un grand féticheur!</p>
+
+<p>Le lendemain, le chef Séka, m'amenant force malades à guérir, me
+demandait d'aller donner mes soins au vieux roi de Mopé. «Mopé? où
+était-ce?» Le village où nous étions!</p>
+
+<p>Il fallait s'expliquer. De tout cela il résulta que Mopé était bien le
+nom du village et que Séka-Séka voulait dire grand chef: le roi. D'autre
+part, le vieux chef malade était le véritable roi du pays, et celui que
+j'avais devant moi et qui se faisait appeler Séka-Séka avait pris le
+pouvoir et le titre royal avant la disparition du titulaire.
+J'accompagnai donc l'usurpateur chez le royal malade auquel j'ordonnai
+quelques drogues inoffensives: le mal était incurable.</p>
+
+<p>Au retour du commandant, les palabres recommencèrent. On agita surtout
+la question de notre départ: «Nous ne pouvions rester plus longtemps sur
+le territoire de Mopé.»</p>
+
+<p>Cela fut dit longuement et quelquefois même avec véhémence par le chef
+Séka. Les bonnes relations étaient rompues, et moi seul continuai à
+recevoir de mes malades et surtout du vieux roi quelques cadeaux
+consistant en ignames, rares poulets et &oelig;ufs pour fétiches.</p>
+
+<a id="img016" name="img016"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img016.jpg" width="400" height="362" alt="" title="">
+<p class="cap400px">UNE CLAIRIÈRE PRÈS DE MOPÉ.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Je reçus, un jour, en cadeau, un grand plat de «foutou» au singe.
+L'accepter était très simple, mais il me fallut y goûter devant la
+maîtresse de maison qui l'avait préparé. Je fus très étonné de trouver
+un goût excellent à ce mets que j'avais toujours refusé d'accepter
+jusque-là. Tout heureuse de l'accueil que j'avais fait à son cadeau, la
+matrone me donna en quelques mots la préparation du «foutou» que je
+savais être le fond de la nourriture des indigènes à la Côte d'Ivoire.
+Des bananes bouillies à l'eau et écrasées sont mélangées à de l'huile de
+palme, et quand le tout est bien cuit, on y ajoute quantité de poivre et
+de piments, et un peu de viande de poulet, de b&oelig;uf, de poisson, de
+singe, suivant l'occasion ou la richesse de la maison.</p>
+
+<p>À Mopé, je remarquai, d'ailleurs, les mêmes usages, les mêmes coutumes
+que dans le reste de la forêt et que sur les bords des lagunes.</p>
+
+<p>Ici je retrouvai la porte fétiche à l'entrée du village, des arbres et
+cases fétiches au centre de l'agglomération et à l'intérieur de chaque
+enceinte particulière, avec les mêmes sacrifices: des &oelig;ufs, des
+poulets, etc.</p>
+
+<p>Quant au costume, il ne différait que par de légers détails, étant très
+sommaire dans tout le pays, aussi bien chez les hommes que chez les
+femmes. Dans les régions de la côte, les indigènes emploient les
+cotonnades européennes importées; dans la forêt, les tissus sont de
+fabrication attiée; aussi le vêtement y est-il encore plus rudimentaire.</p>
+
+<p>Les jeunes filles portent deux colliers de perles, un autour du cou,
+l'autre autour des reins. À ce dernier est attaché un lambeau d'étoffe
+qui, passant entre les jambes, se noue devant et derrière. Les femmes
+ont quelquefois une pièce d'étoffe plus grande, une serviette roulée
+autour des reins. Les plus riches possèdent des rangées de perles assez
+nombreuses autour des jambes ou des bras; mais le costume n'en est pas
+pour cela plus complet. Les petits garçons, moins riches ou moins
+coquets que leurs s&oelig;urs, se contentent <span class="pagenum"><a id="page075" name="page075"></a>(p. 075)</span> d'une ficelle. Quand
+ils deviennent grands, ils prennent, dans le vestiaire commun à la
+famille, un lambeau d'étoffe toujours très petit, qu'ils se mettent
+autour de la ceinture. Souvent ces tissus sont remplacés par l'écorce
+souple d'un arbre, le «fou» ou «pou», dont ils se font des ceintures,
+surtout pendant leurs travaux aux champs.</p>
+
+<a id="img017" name="img017"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img017.jpg" width="600" height="352" alt="" title="">
+<p>LA GARNISON DE MOPÉ SE PORTE À NOTRE RENCONTRE.&mdash;D'APRÈS
+UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Dans l'Attié comme dans tout pays nègre, la femme fait les corvées,
+rapporte des bananeraies et des champs, toujours très éloignés des
+villages, le bois, les bananes, les ignames, les grains de palme pour
+préparer la nourriture pendant que les hommes flânent dans leur cour,
+font palabre ou chassent, armés de leurs longs fusils de traite; à moins
+qu'ils ne se rendent chez le forgeron du village, car c'est le
+rendez-vous des oisifs, les jours, si rares cependant, où l'artiste doit
+travailler. L'installation est, d'ailleurs, plus que sommaire. Le
+soufflet? deux troncs d'arbres creusés, fermés à une extrémité par une
+peau de bête, l'autre ouverture se terminant dans le foyer. Un aide pèse
+alternativement sur les deux peaux et le vent ainsi produit vient
+activer la combustion des amandes de palme, qui servent de charbon.
+L'enclume? une pierre, et le marteau? une pièce de fer quelconque. Les
+ouvrages ainsi forgés répondent à ce matériel rudimentaire, et bien
+qu'imparfaits, suffisent à placer l'artisan en haute estime parmi ses
+concitoyens.</p>
+
+<p>Les femmes s'occupent toute la journée de leur intérieur et des soins du
+ménage. La plus grande propreté règne à l'intérieur de leur habitation;
+à l'extérieur, la rue principale et les alentours du village ne
+présentent pas la moindre ordure.</p>
+
+<p>Après avoir donné ses soins aux enfants, la mère se rend dans une partie
+retirée de la maison et procède à un lavage minutieux de son corps tout
+entier. Pour cet usage, elle se sert d'une éponge faite avec les fibres
+de la tige du bananier que l'on a mise tremper dans l'eau et ensuite
+battue longuement.</p>
+
+<p>Le savon ne lui est pas inconnu. Elle sait le fabriquer en mélangeant
+des cendres de peaux de bananes avec de l'huile de palme. Ce savon en
+forme de boule grisâtre est très fort et nettoie très bien. Aussi pour
+prévenir l'irritation possible de la peau, si les frictions au savon ont
+été trop fortes ou répétées, elle s'enduit le corps d'huile de palme,
+et, si elle est coquette ou doit tenir son rang de femme de chef, se
+recouvre la poitrine et la gorge d'une résine parfumée.</p>
+
+<p>Les jours de fête ou de deuil, les ablutions sont de toute nécessité, et
+la toilette est encore plus soignée. Aux onctions d'huile de palme,
+succèdent des applications de peinture sur diverses parties du corps et
+de parfums aux odeurs fortes, mais souvent agréables.</p>
+
+<p>Pendant tout notre séjour dans la forêt, j'ai remarqué la déférence et
+le respect avec lesquels nous étions reçus par les chefs et les
+habitants des villages. Leur respect et leur adoration pour les blancs
+proviennent, sans doute, de ce qu'ils nous reconnaissent une
+intelligence élevée et une supériorité indéniable, se manifestant dans
+nos ustensiles les plus communs, les vêtements, les fusils, etc.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page076" name="page076"></a>(p. 076)</span> Mais cette admiration est également accrue par la légende
+répandue dans tout le pays attié sur les blancs qui, d'après elle,
+seraient des êtres supérieurs, vivant dans l'eau, d'où leur couleur, où
+ils sont privés de femmes: ils nous voyaient toujours sans compagnes. De
+là leur crainte de nous voir enlever leurs épouses et leur interdiction
+à ces dernières d'approcher de nos campements.</p>
+
+<p>Et cependant, si j'en juge par les palabres dont j'ai pu être témoin, la
+vertu des femmes ne paraît pas une obligation. Des fautes graves se
+rachètent très facilement au moyen d'une amende souvent légère. Je ne
+sais même pas si ces amendes ne constituent pas une sorte de commerce.
+La coutume veut qu'en ce pays l'épouse qui a péché vienne avertir le
+mari en dénonçant son complice. Ce dernier est condamné à réparer le
+dommage et, sitôt l'amende reçue, le mari, trop heureux de ce cadeau si
+mérité, quitte la palabre en compagnie de l'épouse infidèle qui a su
+cependant se rendre utile à la communauté.</p>
+
+<p>En général, les femmes sont admises aux palabres, mais elles n'y ont pas
+voix quand il s'agit d'une discussion d'intérêt général.</p>
+
+<p>Le roi ou chef du pays, qui doit rendre la justice ou diriger les
+débats, n'a pas toujours une bien grande autorité sur ses sujets;
+l'influence qu'il possède est très souvent méconnue dans les réunions
+publiques, et c'est ce qui explique la difficulté que nous avons maintes
+fois rencontrée pour nous procurer des vivres, des porteurs. Le chef
+n'était pas toujours obéi, surtout quand il commandait aux jeunes gens;
+les anciens nous ont été, en général, moins hostiles, et c'est souvent
+grâce à eux que, dans les cas difficiles, les relations n'ont pas été
+rompues.</p>
+
+<p>Cette déférence du roi et des anciens pour nous, pour un blanc en
+général, se révèle dans cette coutume qui veut que le chef du village,
+dans lequel vous arrivez, vous apporte un cadeau quelconque: un animal,
+des aliments, et dans ce dernier cas, il se croit obligé d'en goûter
+devant vous avant que vous en mangiez. Si c'est du liquide, de l'eau, du
+vin de palme, il en verse quelques gouttes à terre comme offrande aux
+fétiches, puis en boit lui-même quelques gorgées et vous passe ensuite
+le reste. Vous devez agir de même si vous offrez du vin, du gin. Cette
+simple cérémonie est une preuve de la pureté des intentions de celui qui
+fait le cadeau; il ne faut pas oublier, on effet, que dans ce pays le
+poison est en grand honneur.</p>
+
+<p>Suivant une autre coutume, le chef doit accompagner le voyageur de
+marque, le blanc, qui traverse le pays, jusqu'à l'extrémité du village
+et même plus loin. À cette occasion, une femme du chef dépose une
+nouvelle offrande: &oelig;ufs, poulet, à la porte fétiche que l'on vient de
+franchir, ou plus loin sur une tombe près de laquelle on passe dans la
+brousse.</p>
+
+<a id="img018" name="img018"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img018.jpg" width="400" height="295" alt="" title="">
+<p class="cap400px">FEMME DE MOPÉ FABRIQUANT SON SAVON À BASE D'HUILE DE
+PALME ET DE CENDRES DE PEAUX DE BANANES.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Dans l'Attié, les défunts sont enterrés loin des habitations, dans un
+endroit isolé que l'on débroussaille et sur lequel on vient déposer des
+poteries et des cadeaux à la mémoire de celui qui n'est plus.</p>
+
+<p>Les funérailles se célèbrent avec grande pompe, comme je pus le
+constater pendant que nous étions installés à Mopé.</p>
+
+<p>Un jour, de grands cris s'élèvent dans tout le village: des hurlements,
+des pleurs; comme des fous, les habitants courent de tous côtés. Le
+frère de Séka, successeur désigné au trône de Mopé, venait de mourir
+subitement.</p>
+
+<p>Toute la journée ce fut un tam-tam continuel; la nuit, au lieu d'y
+mettre un terme, ne fit que redoubler le tapage. Le lever du soleil fut
+salué d'une pétarade nourrie et de cris de plus en plus forts et
+nombreux. Des environs arrivent les guerriers, puis les parents et les
+amis du défunt. On abandonne complètement les travaux des champs où l'on
+ne va même plus chercher du vin de palme, des bananes. Je ne sais si
+l'on a le temps de manger. En tout cas, il est défendu de rien prendre:
+tout le pays est en deuil.</p>
+
+<span class="pagenum"><a id="page077" name="page077"></a>(p. 077)</span>
+
+<a id="img019" name="img019"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img019.jpg" width="600" height="315" alt="" title="">
+<p>DANSE EXÉCUTÉE AUX FUNÉRAILLES DU PRINCE
+HÉRITIER DE MOPÉ.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>La curiosité me poussant, je me rendis au village. Une foule compacte
+emplissait la rue centrale. Des groupes de guerriers, fusil en main,
+entourant des barils de poudre de traite, chargeaient leurs armes
+jusqu'à la gueule: c'était miracle qu'il n'y eût pas d'accident. Des
+personnes, la figure enduite de couleur blanche, se frappaient la tête
+contre le mur en hurlant.</p>
+
+<p>Auprès de la maison du chef, il était impossible de passer. Les tam-tam
+de guerre, longs de 2 mètres, creusés dans d'énormes troncs d'arbres,
+résonnaient sous les coups redoublés des nègres. Un chant monotone
+sortait de toutes les poitrines, pendant que quelques forcenés
+exécutaient la danse funèbre.</p>
+
+<p>À tout instant la foule grossissait, et de nombreux guerriers, le chien
+du fusil relevé, défilaient auprès de la maison du mort.</p>
+
+<p>Quand le soleil marqua le milieu du jour, le tumulte s'arrêta comme par
+enchantement, et l'on fit cercle sur une place auprès du village: d'un
+côté le chef Séka entouré de toute sa famille, de l'autre le grand
+féticheur ayant derrière lui les habitants du village. On allait faire
+fétiche ou plutôt boire le poison d'épreuve.</p>
+
+<p>Allou m'expliqua de son mieux la raison et le sujet de la cérémonie à
+laquelle j'assistai à l'écart derrière un palmier. «La mort ne pouvait
+être naturelle, me disait-il. Nécessairement, étaient accusées d'avoir
+tué le frère de Séka, les personnes y ayant intérêt, c'est-à-dire les
+membres de la famille du défunt qui pouvaient espérer devenir un jour
+roi de Mopé.»</p>
+
+<p>Le grand féticheur s'avance au milieu du cercle formé par les assistants
+et fait apporter par un jeune garçon, complètement nu, les appareils de
+la cérémonie: un grand mortier avec son pilon en bois dans lequel on
+doit mélanger le «foutou» de bananes cuites avec la décoction de
+l'écorce à poison contenue dans une terrine en terre du pays.</p>
+
+<p>À grands cris et avec force gestes, le féticheur explique qu'il existe
+un coupable et que le poison doit le faire connaître. Si la mort a été
+naturelle, le poison sera sans effet sur ceux qui en boiront, sinon le
+meurtrier sera dévoilé et puni. Séka répond que tout est convenu.</p>
+
+<p>«Le foutou est préparé, reprend le féticheur, qui va le manger?»</p>
+
+<p>Personne ne bouge, hormis le jeune aide du féticheur qui, revenant avec
+une noix de coco en guise de coupe, se met en devoir de verser le poison
+dans le mortier et de le mélanger aux bananes.</p>
+
+<p>De nouveau, le féticheur répéta son invitation: «Qui va le manger?»</p>
+
+<p>Un silence terrible s'étend sur toute l'assistance, et j'entends à peine
+le pauvre Allou, tremblant lui aussi, me souffler: «Si quelqu'un mange,
+il est mort.» C'est en effet l'écorce rouge du tali qui a servi à la
+préparation, et tous savent que ce poison ne pardonne pas.</p>
+
+<p>En tournant en cercle devant les assistants terrifiés, le féticheur
+pousse des cris, de véritables rugissements pour solliciter un aveu des
+assistants. Au milieu de ses hurlements de plus en plus violents, on
+peut reconnaître les noms de différentes personnes présentes, mais nul
+n'y répond.</p>
+
+<p>Tout à coup il s'arrête, et de la main indique, auprès du chef, un noir
+de forte taille. Celui-ci ne peut se <span class="pagenum"><a id="page078" name="page078"></a>(p. 078)</span> dérober. Il se lève, et
+le frisson qui parcourt toute l'assemblée me fait également trembler
+malgré moi: je vais donc assister au poison d'épreuve.</p>
+
+<p>Le condamné s'approche de Séka, lui parle à l'oreille, et tous deux,
+suivis de leur famille, se retirent derrière les palmiers voisins,
+pendant que le féticheur fait entendre des imprécations de plus en plus
+terribles.</p>
+
+<p>«Écoutez, cria Séka, qui revient accompagné de sa famille, au milieu de
+l'assistance, après une absence de plus d'un quart d'heure, écoutez! le
+fétiche n'a pas menti. Le coupable désigné avoue avoir tué mon frère, et
+je le condamne à offrir un b&oelig;uf et dix bouteilles de gin à la mémoire
+du défunt!»</p>
+
+<p>C'était très simple: la crainte de la mort venait de se faire
+reconnaître coupable d'un crime imaginaire le premier indigène désigné
+par le féticheur.</p>
+
+<p>Déjà le b&oelig;uf immédiatement amené est dépouillé, dépecé. C'est la
+curée! Chacun en veut une part et la vue du sang excite les désirs et
+augmente la clameur. Les fusils partent d'eux-mêmes, les tam-tam
+recommencent et nous devons, cette nuit encore, ne jouir que d'un repos
+relatif.</p>
+
+<p>Le lendemain, le vacarme est toujours le même. Vers midi, les
+féticheuses se couvrent de fibres d'écorce, de peinture blanche et se
+ceignent la tête de branches; elles se réunissent aux femmes du pays et
+aux parentes du défunt, qui, également peintes en blanc, transportent le
+mort auprès d'un ruisseau pour procéder à la toilette mortuaire en lui
+faisant des ablutions. Cette cérémonie dure environ trois heures. Puis
+le défunt est ramené chez lui où il est embaumé. Les parfums en usage
+sont mélangés à différentes couleurs avec lesquelles chaque femme
+agrémente, suivant son caprice, les diverses parties du corps de
+l'époux.</p>
+
+<p>Les funérailles ne prennent fin que cinq jours plus tard, paraît-il. Les
+autres cérémonies nous ont été complètement cachées. Pourquoi?</p>
+
+<p>Au dire de mon boy Allou, un chef de cette importance ne peut s'en aller
+seul en terre. Il faut lui donner des compagnes et pour cela, dans la
+tombe, on précipite, décapitées, quelques épouses par trop fidèles. Sur
+ce sujet il m'a, d'ailleurs, été impossible de me renseigner, car le 3
+mars, je reçus l'ordre de partir pour Bettié où notre convoi de vivres
+était toujours en détresse.</p>
+
+<a id="img020" name="img020"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img020.jpg" width="400" height="316" alt="" title="">
+<p>TOILETTE ET EMBAUMEMENT DU DÉFUNT.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>De Mopé à Bettié, il y a trois jours de marche. Afin de gagner du temps,
+je doublais les étapes, espérant faire la route en deux jours, si
+possible. Le lendemain au soir, le lieutenant Macaire et moi nous étions
+les hôtes de Bénié Coamé, roi de Bettié et autres lieux. Le palais où
+nous sommes reçus n'est pas royal; construit en planches, il possède une
+toiture en tôle aux ouvertures innombrables.</p>
+
+<p>Politique et commerçant, Bénié a su profiter de ses relations avec les
+premiers explorateurs qui ont été ses hôtes. Puissant par lui-même et
+devenu l'ami de la France, il a su, par son commerce, accroître encore
+son influence. Bettié, sa capitale, était d'ailleurs très bien placée,
+tous les produits du Nord passant par ce point pour descendre par le
+Comoé. À chaque colis, une légère redevance est perçue par Sa Majesté
+qui, de cette façon, s'enrichit chaque jour.</p>
+
+<p>Bénié fait venir de France ce qu'il voit, tout ce qui lui plaît. Sa
+maison n'est qu'un grand bazar: boîtes à musique, fusils, etc. Il a
+beaucoup de femmes, plus d'enfants encore. C'est un grand roi.</p>
+
+<p>Chaque jour il fait palabre et son plus grand plaisir est, en compagnie
+du chef de poste, représentant du Gouvernement français, de présider une
+fête en costume de riche musulman ou de colonel d'artillerie.</p>
+
+<a id="img021" name="img021"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img021.jpg" width="400" height="598" alt="" title="">
+<p>JEUNE FEMME ET JEUNE FILLE DE MOPÉ.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page080" name="page080"></a>(p. 080)</span> De nombreuses caisses de vivres pour la Mission se trouvaient
+déjà réunies au poste de Bettié; mais il y en avait encore beaucoup à
+Malamalasso. Le roi Bénié, qui était chargé de les faire transporter par
+ses sujets, me répondit qu'il faisait son possible, mais qu'en ce moment
+les Français devenaient bien exigeants. Ses voisins, les chefs attiés,
+habitant le long du Comoé n'avaient jamais voulu nous obéir et nous ne
+leur imposions pas de corvées: ils vivaient en paix. Lui avait fait un
+traité avec nous, lors du passage de son ami Binger, et depuis lors,
+c'étaient tous les jours des corvées, des plaintes, des amendes....</p>
+
+<p>Il avait peut-être raison. Je ne le lui dis pas, et l'appelant grand
+roi, lui fis comprendre que les honneurs devaient quelquefois se payer,
+et qu'en tout cas, je comptais sur lui pour me fournir les trois cents
+porteurs dont j'avais besoin.&mdash;Impossible. Il devait monter les vivres
+pour les troupes de l'Undénié, fournir des travailleurs pour la
+construction du télégraphe, etc....</p>
+
+<p>Je décidai donc d'aller moi-même m'occuper du transport des dernières
+charges délaissées.</p>
+
+<p>Malamalasso est le point extrême de la navigation du Comoé pour les
+pirogues qui y déchargent leur contenu. Les charges sont transportées
+par terre de Malamalasso à Daboissué, et de là, elles reprennent la voie
+fluviale jusqu'à Bettié. Accompagné du fidèle Allou, je quittai Bettié
+un beau matin, et descendis le fleuve jusqu'à Daboissué. De là, une
+route magnifique devait nous conduire, le soir, à Aponokrou, et le
+lendemain à midi, à Malamalasso.</p>
+
+<p>Après un déjeuner sommaire à Daboissué, nous nous mîmes en route sous un
+soleil de feu. Un orage était imminent et rendait la marche fatigante.</p>
+
+<p>Le chemin avait dû être excellent autrefois et ombragé, si j'en jugeais
+par les arbres nombreux et touffus qui encombraient le sentier. On
+installait le fil télégraphique qui doit relier les postes du nord de la
+Côte d'Ivoire à Grand-Bassam et pour cela, il fallait abattre, sur une
+largeur de 20 à 30 mètres, tous les arbres que l'on ne conservait pas
+pour supporter le fil. J'arrivais un peu trop tard.</p>
+
+<p>De midi à huit heures du soir, heure à laquelle je parviens exténué à
+Aponokrou, il nous faut escalader des branches, ramper sous des troncs,
+passer en pleine brousse; à chaque pas, il y a un obstacle à franchir.
+On s'énerve, on s'impatiente, mais inutilement. Une pluie silencieuse
+nous surprend au milieu de cette étape fatigante, et c'est pour nous un
+soulagement de recevoir cette douche bienfaisante.</p>
+
+<a id="img022" name="img022"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img022.jpg" width="300" height="349" alt="" title="">
+<p class="cap300px">ROUTE, DANS LA FORÊT TROPICALE, DE MALAMALASSO À
+DABOISSUÉ. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Dans la case sous laquelle je m'abrite, je puis espérer prendre un repos
+bien mérité, mais je suis à peine au lit que les rats se lèvent et
+courent de tous côtés, les moustiques volent et piquent, pendant qu'au
+dehors des crapauds, à la voix puissante, font un charivari énorme,
+alternant avec les porteurs qui se battent, racontent des histoires
+interminables jusqu'au matin, ou jouent, sur une flûte à deux trous, le
+même air pendant toute la nuit.</p>
+
+<p>Au matin je me lève et reprends la marche pour arriver à Malamalasso
+avant déjeuner. Ce n'est pas un village: un simple point de débarquement
+et de transit. Quelques cases y servent d'abris pour les porteurs qui
+n'y font que passer, prennent leur charge et s'en vont. Mais que la
+nature y est jolie et que l'on est récompensé des fatigues du voyage,
+quand, du haut des roches de Malamalasso, on peut admirer le Comoé
+coulant au milieu d'une forêt splendide, au sortir des défilés énormes
+où les chutes succèdent aux rapides infranchissables, empêchant toute
+navigation!</p>
+
+<p>Le Mala-Mala, un ruisseau qui se jette dans le Comoé, vient ajouter le
+bruit sonore de sa cascade aux sourds roulements du fleuve.</p>
+
+<p>Le paysage est enchanteur et repose le voyageur qui, depuis plusieurs
+mois, ne connaît que les sentiers de rocailles et d'humus, sous une
+voûte qu'aucun rayon de soleil ne vient égayer. Mais il faut partir, et
+le retour à Bettié n'est que le signal de mon prochain départ pour
+rejoindre la Mission.</p>
+
+<p>La disette n'a fait que s'accentuer à Mopé; aussi, dès que les études et
+levers seront terminés, le commandant donnera l'ordre de redescendre
+vers Grand-Bassam. Je dois quitter Bettié le plus tôt possible avec le
+convoi de vivres et rejoindre la Mission à Adokoï. Pendant mon absence
+de Mopé, le capitaine Crosson-Duplessis <span class="pagenum"><a id="page081" name="page081"></a>(p. 081)</span> a parcouru le Morénou,
+et le capitaine Thomasset vient de pousser une pointe vers le Baoulé et
+doit aller, si possible, jusqu'au N'zi.</p>
+
+<a id="img023" name="img023"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img023.jpg" width="600" height="434" alt="" title="">
+<p>BÉNIÉ COAMÉ, ROI DE BETTIÉ ET AUTRES LIEUX, ENTOURÉ DE
+SES FEMMES ET DE SES HAUTS DIGNITAIRES.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Tels sont les renseignements que me donne une lettre parvenue à Bettié.
+J'explique au roi la situation et lui demande, pour le lendemain, trois
+cents porteurs. L'annonce d'un cadeau digne d'un roi de son importance
+décide Sa Majesté qui, le lendemain, à l'heure convenue, tient à
+assister au départ du convoi.</p>
+
+<p>Les indigènes de Bettié, de race agni, sont les ennemis des Attiés; ils
+devaient donc me porter les charges jusqu'au premier village attié, et
+de là, revenir chez eux. Ce même soir nous y couchions; mon boy Allou et
+moi, nous étions les seuls gardes de tout le convoi.</p>
+
+<p>Le lendemain, dès quatre heures du matin, sur la grande place du village
+de Kong, je faisais palabre avec le chef, espérant pouvoir partir vers
+six heures, et, à marche forcée, me rendre à Adokoï, lieu de rendez-vous
+avec le reste de la Mission.</p>
+
+<p>«Il faut trois jours pour aller à Adokoï», me traduisait Allou; le chef
+fournira les porteurs pour trois pièces blanches (3 francs) par jour.»</p>
+
+<p>Nous discutons longuement: le prix fait est de deux pièces. Je me hâte,
+et aux yeux des habitants, puise dans la caisse à argent le nécessaire
+pour placer sur chaque charge les 2 francs promis. Quand tout est
+terminé, je donne le signal du départ. Personne ne bouge. «Ils ne
+veulent pas», me dit Allou. Je ne le voyais que trop.</p>
+
+<p>Le soleil était déjà haut dans le ciel. Exaspéré de ce refus et de ce
+nouveau retard, je bouscule le chef. À l'instant, la place est déserte,
+les femmes rentrent chez elles et quelques guerriers ont déjà le fusil à
+la main. Allou tourne vers moi des yeux résignés, il se croit à son
+dernier jour.</p>
+
+<p>Je ne pouvais penser à imposer ma volonté. Allou fut dépêché de nouveau
+au chef, lui apportant un cadeau.</p>
+
+<p>Il était onze heures, l'heure du déjeuner. L'appétit avait disparu, et
+courant à la suite de nos trois cents porteurs, Allou et moi, nous
+disions que le dîner du soir serait bien accueilli.</p>
+
+<p>Le soir à huit heures, nous arrivons sur les bords de la rivière Mé. Le
+campement fut établi dans une île de sable, au milieu du lit presque à
+sec de la rivière, et un lourd sommeil réparateur nous faisait oublier
+<span class="pagenum"><a id="page082" name="page082"></a>(p. 082)</span> les fatigues et les émotions de la journée. La nuit était
+calme et douce, rien ne vint troubler notre repos.</p>
+
+<p>Sans attendre le lever du soleil, nous reprenons notre marche précipitée
+que venaient retarder des obstacles de tout genre. Sur la rive droite de
+la rivière Mé, le sentier n'existait plus: de tous côtés, sur plus d'un
+kilomètre, le sol avait été défoncé pour la recherche de l'or, et
+quelques puits, d'une profondeur de 4 à 5 mètres, témoignaient d'un
+travail récent au milieu des nombreuses fosses creusées par les
+générations précédentes.</p>
+
+<p>Demander à mes porteurs des renseignements sur la richesse en or de ce
+terrain était inutile. Je n'en aurais obtenu aucune réponse: la
+recherche de l'or est fétiche. On ne peut y travailler à sa volonté, ni
+même en parler librement.</p>
+
+<p>D'ailleurs, le temps n'était pas aux palabres, et il nous fallait
+continuer notre marche ou plutôt notre course jusqu'à Adokoï. Nous y
+arrivons, le soir, à la nuit tombante.</p>
+
+<p>Au campement, j'apprenais le départ de Mopé, départ pris par les
+indigènes pour une fuite déguisée, et la perte de plusieurs de nos
+cantines de voyage. Dans ce cas, perte pourrait signifier vol. Ces
+cantines en métal avaient excité les désirs du chef Séka qui, à
+différentes reprises, n'avait pu cacher son admiration pour notre
+mobilier peu luxueux cependant. Séka fournit les porteurs nécessaires,
+mais à l'arrivée à Adokoï, le commandant constatait la disparition du
+convoi des cantines si enviées.</p>
+
+<p>Immédiatement, pendant la nuit, des tirailleurs repartaient pour Mopé,
+entraient dans le domicile privé de Séka qui, fort surpris de l'arrivée
+inopinée de notre force armée (il nous croyait en fuite), s'excusa
+humblement de ce retard, bien involontaire, dans le transport des
+bagages.</p>
+
+<p>Dans la matinée, cantines et tirailleurs étaient de retour à Adokoï.</p>
+
+<p>D'autre part, je constatais un vol assez important d'argent commis
+pendant le transport de mes charges de Kong à Adokoï. Nous ne pouvions
+songer à punir les voleurs déjà rentrés dans leurs villages. De plus, le
+vieux chef Leliépi, toujours dévoué, nous apprenait que les tam-tam de
+guerre résonnaient dans tout l'Attié contre nous. «Nous revenions sur
+nos pas, disait-on, nous avions donc peur d'avancer», et tous se
+préparaient à nous attaquer.</p>
+
+<a id="img024" name="img024"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img024.jpg" width="400" height="403" alt="" title="">
+<p class="cap400px">CHUTE DU MALA-MALA, AFFLUENT DU COMOÉ, À MALAMALASSO.
+D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>La Mission pouvait, d'un jour à l'autre, se terminer à coups de fusil.
+Le plus sage était de redescendre au plus vite à Grand-Bassam, puisque
+rien ne nous retenait plus dans l'Attié.</p>
+
+<p>Rapidement, et sans arrêt, nous repassions par les mêmes villages, les
+mêmes sentiers qu'à l'aller, ayant cependant, quelquefois, une certaine
+difficulté à reconnaître la route déjà suivie. Les pluies quotidiennes
+avaient fait, du pays, un vaste marécage, et les ruisseaux, desséchés,
+s'étaient transformés en rivières, qu'il fallait traverser, ayant
+souvent de l'eau par-dessus les épaules.</p>
+
+<p>Chaque jour, en pleine marche, c'est une nouvelle tornade. Brusquement,
+il fait noir à n'y plus voir à deux pas, et le vent se lève pour devenir
+d'une violence inouïe, jusqu'au moment où la pluie commence. Autour de
+nous tombent, de tous côtés, des branches pourries, des débris de
+lianes; on peut se faire écraser à tout instant. Aussi, les promenades
+de ce genre ne sont pas du goût de nos porteurs.</p>
+
+<p>La pluie fait rage; les ruisseaux deviennent des fleuves. On en a
+jusqu'au ventre, plus loin jusqu'aux aisselles; au dernier, il faut
+nager.</p>
+
+<p>On en rit de bon c&oelig;ur. D'ailleurs, rien à y faire; nous devons
+arriver au campement pour déjeuner, et, par conséquent, faire bonne
+figure. Et puis, comment ne pas rire en voyant les culbutes des amis?
+Sur la tête, afin de ne pas trop les salir dans l'eau boueuse, on porte
+avec précaution ses habits: veston, chemise. Les chaussettes et souliers
+sont conservés <span class="pagenum"><a id="page083" name="page083"></a>(p. 083)</span> pour ne pas se blesser dans l'eau, et le
+chapeau, pour éviter les coups de soleil. Brusquement, le pied glisse,
+et tout va à la rivière.</p>
+
+<a id="img025" name="img025"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img025.jpg" width="400" height="517" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA VALLÉE DU COMOÉ À MALAMALASSO.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>C'est ce qui est arrivé à ma cantine, aux environs de Denguéra. Le
+porteur s'est dérobé, et la malle a pris un bain d'un quart d'heure.
+Quand je l'ai ouverte, tout baignait encore dans l'eau.</p>
+
+<p>Oh! si l'on pouvait imiter les noirs! Bien plus pratiques que nous, ils
+serrent précieusement les trois fils qui leur servent d'habits, pour
+s'en revêtir dès que l'orage a pris fin. Nous, trempés, grelottants,
+nous attendons l'arrivée de nos cantines pour nous changer. Et, si l'on
+campe dans un village, impossible de se soustraire, pendant la toilette
+et le changement d'habits, aux regards curieux et étonnés de la
+population tout entière.</p>
+
+<p>En pleine forêt, sur l'emplacement d'argile humide de notre ancien
+campement, entre Denguéra et Memni, nous venions d'élever nos tentes,
+quand, à la tombée de la nuit, de grands cris s'élèvent sur le chemin.</p>
+
+<p>Tout le camp est en éveil. À l'entrée du sentier, débouchent tout à coup
+des tirailleurs, le fusil sur l'épaule. En un instant, ils sont
+entourés, acclamés; on leur fait une réception enthousiaste: porteurs et
+tirailleurs se précipitent vers les nouveaux arrivants qu'ils aident à
+se décharger, leur enlevant leurs armes, leurs charges,... puis ce ne
+sont que poignées de main, longues et vigoureuses, qu'étreintes
+bruyantes. «Le capitaine, le capitaine!» crie-t-on de tous côtés.</p>
+
+<p>Cet heureux retour du capitaine Thomasset et de son escorte nous met en
+joie, en nous faisant oublier l'inquiétude qui, chaque jour, grandissait
+parmi nous, motivée par l'esprit belliqueux et surexcité des populations
+que nous venions de quitter.</p>
+
+<p>À marches forcées, suivant le même chemin que nous, et sans avoir subi
+la moindre attaque, le capitaine Thomasset avait traversé le pays attié
+par Mopé, Adokoï, Kodioso, surprenant les indigènes par la rapidité de
+sa course. Cette excursion jusqu'au N'zi avait pleinement réussi. En
+effet, malgré l'hostilité des habitants, le capitaine était parvenu au
+but qu'on lui avait assigné: se diriger vers le nord-ouest et
+reconnaître cette rivière, affluent du Boudama. Il est vrai que ce
+succès ne fut obtenu que par le courage et le sang-froid du chef de
+l'expédition.</p>
+
+<p>Le passage lui fut refusé par le chef du dernier village qu'il fallait
+traverser pour toucher à la rive du N'zi. Informé de cette décision, le
+capitaine fait dire par son interprète que ses intentions sont
+pacifiques, <span class="pagenum"><a id="page084" name="page084"></a>(p. 084)</span> mais qu'il tient à continuer son chemin, et saura
+faire usage de ses armes, si cette liberté ne lui est pas accordée. Pour
+toute réponse, le chef garde prisonnier l'interprète. Le capitaine
+proteste de nouveau et annonce que si à l'instant même son interprète ne
+lui est pas rendu, il va donner l'assaut au village, qui sera détruit et
+brûlé.</p>
+
+<p>Intimidés, les indigènes expliquent qu'il y a malentendu, et que le
+passage ne peut-être refusé à un blanc qui sait aussi bien commander.</p>
+
+<p>Le jour même, le N'zi était reconnu, et le retour s'effectuait
+immédiatement dans la direction de Mopé, que le commandant Houdaille,
+accompagné du reste de la Mission, venait de quitter, quelques jours
+auparavant, pour redescendre vers Petit-Alépé. Ce retour du capitaine
+Thomasset permettait d'augmenter le nombre des travailleurs et de mener
+encore plus rapidement les travaux à effectuer en cours de route.
+Certains points ont dû être étudiés à nouveau, et tout le long de la
+tranchée principale faite à l'aller, de nombreuses percées transversales
+avaient été exécutées et levées, donnant ainsi une connaissance exacte
+du terrain avoisinant.</p>
+
+<p>Ce travail complémentaire, venant s'ajouter aux fatigues de la marche
+quotidienne, ne laissait aucun loisir aux membres de la Mission, tant
+Européens que tirailleurs et porteurs. Et quand, après une journée de
+labeur incessant, nous attendions avec impatience le moment de nous
+reposer sous la tente, dans ce même pays où, à l'aller, nous avions
+peine à nous approvisionner, il nous était impossible, au retour, de
+trouver un emplacement sec pour y installer notre campement.</p>
+
+<p>Par ces bains continuels, nos habits, complètement mouillés, tombaient
+en lambeaux, et le soir, en pleine humidité, dans un campement où nous
+ne pouvions nous réchauffer, nous sentions, aux fatigues de la journée,
+s'ajouter des accès de fièvre paludéenne, contre laquelle la volonté
+demeure impuissante. Chaque jour, nouvelles fatigues, nouvelles
+privations, et toujours la fièvre revenait plus tenace. Heureusement, la
+Mission touchait à sa fin.</p>
+
+<p>Encore deux jours.... Memni..., et le lendemain, après un voyage
+effectué aussi rapidement que possible, nous arrivions enfin, le 4
+avril, à Petit-Alépé, heureux de saluer, en ce point, notre retour aux
+pays civilisés, et pouvant, par ses ressources et ses communications
+avec Grand-Bassam, nous faire oublier nos privations de la brousse.</p>
+
+<p>Oh! ces beaux jours passés à Petit-Alépé, pendant lesquels, oublieux des
+fatigues supportées et déjà loin de nous, nous vivions des souvenirs de
+la brousse, des bons et surtout des mauvais jours, entrevoyant déjà
+notre retour à Bassam, et de là, en France!</p>
+
+<p class="sig">(<i>À suivre.</i>) <span class="right10 smcap">D<sup>r</sup> Lamy.</span></p>
+
+<a id="img026" name="img026"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img026.jpg" width="400" height="324" alt="" title="">
+<p>TAM-TAM DE GUERRE À MOPÉ.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page085" name="page085"></a>(p. 085)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.&mdash;8<sup>e</sup> LIV. <span class="right05">N<sup>o</sup> 8.&mdash;25 Février 1905.</span></p>
+
+<a id="img027" name="img027"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img027.jpg" width="600" height="344" alt="" title="">
+<p>PIROGUIERS DE LA CÔTE D'IVOIRE PAGAYANT.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a><a href="#footnote2" title="Lien vers la note 2"><span class="smaller">[2]</span></a><br>
+
+<span class="smaller">Par le Docteur LAMY<br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">III. &mdash; Rapports et résultats de la Mission. &mdash; Valeur économique
+ de la Côte d'Ivoire. &mdash; Richesse de la flore. &mdash; Supériorité de
+ la faune.</p>
+
+<a id="img028" name="img028"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img028.jpg" width="200" height="274" alt="" title="">
+<p class="cap200px">ALLOU, LE BOY DU DOCTEUR LAMY. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Encore quelques jours de travail, et les plans et levés étaient
+terminés; les rapports, dans lesquels se condensaient les travaux et les
+résultats de la Mission, pouvaient être considérés comme achevés; les
+résultats étaient des plus satisfaisants.</p>
+
+<p>Grâce à la prodigieuse activité du chef de Mission, qui sut distribuer à
+chacun sa besogne selon ses aptitudes et tirer de tous le maximum
+d'efforts, sans jamais dépasser les bornes de la résistance humaine,
+plus de 700 kilomètres avaient été levés et venaient compléter la carte
+de la Côte d'Ivoire, dont tout le pays attié était jusque-là tout à fait
+inconnu. De ces 700 kilomètres, une grande partie en avait été chaînée
+et étudiée de façon à établir un avant-projet de chemin de fer. Quant à
+l'itinéraire Petit-Alépé-Mopé (106 kilomètres), il avait été
+complètement levé à la planchette et piqueté. Entre ces deux points, une
+tranchée continue, de 3 mètres de largeur, avait été faite en pleine
+forêt à la hache et au coupe-coupe, et des reconnaissances
+transversales, exécutées tout le long de cette tranchée, avaient permis
+de connaître suffisamment le terrain pour que l'établissement immédiat
+de la voie ferrée fût possible.</p>
+
+<p>Le terrain de la Côte d'Ivoire présente une telle uniformité de
+constitution et d'ondulation que, des études précises faites sur
+l'itinéraire Alépé-Mopé, il était facile de tirer des conclusions
+identiques pour les tracés du capitaine Thomasset vers le N'zi, et du
+capitaine Crosson-Duplessis, dans le Morénou.</p>
+
+<p>Ce dernier, pendant le séjour de la Mission à Mopé, avait complètement
+exploré le Morénou, établi <span class="pagenum"><a id="page086" name="page086"></a>(p. 086)</span> d'excellentes relations avec les
+chefs du pays, et, sans être inquiété, reconnu certains points du cours
+supérieur du Comoé.</p>
+
+<p>De ces différents rapports résultait la possibilité de l'établissement
+de la voie ferrée à des prix peu élevés, tout d'abord jusqu'à Mopé, puis
+avec prolongement vers le Baoulé jusqu'au N'zi et embranchement dans le
+Morénou avec prolongement éventuel sur Kouq.</p>
+
+<p>Une autre solution par Grand-Alépé et Abidjean permettait l'accès du
+chemin de fer jusqu'à la lagune, ou plutôt au port de Petit-Bassam. Le
+capitaine Crosson-Duplessis avait, en effet, su étudier la possibilité
+de la création d'un port dans la baie d'Abidjean et obtenu des résultats
+précis et satisfaisants. Le trou sans fond, qui est connu depuis
+longtemps pour exister devant le rivage de Petit-Bassam, où la barre ne
+se produit pas, semble avoir une prolongation dans la lagune, derrière
+l'île Boulay. Grâce aux fonds reconnus de 10 à 16 mètres, le port
+naturel, existant déjà sur 800 mètres de largeur et 4 kilomètres de
+longueur, serait rendu accessible aux navires venant du large, après le
+percement de la langue de sable de 800 mètres qui sépare la mer de la
+lagune et sur laquelle est bâti Petit-Bassam. Après l'établissement des
+quais nécessaires, la ville pourrait être construite sur les hauteurs de
+30 à 40 mètres, qui entourent et dominent le fond de la baie d'Abidjean.</p>
+
+<p>À ces diverses études, faisaient suite les rapports du capitaine
+Crosson-Duplessis sur l'ethnographie des pays parcourus, du capitaine
+Thomasset sur la géologie, et du lieutenant Macaire sur la création
+d'une usine électrique de 700 à 2 000 chevaux à Malamalasso, en se
+servant des chutes du Mala-Mala d'abord, puis même du Comoé.</p>
+
+<a id="img029" name="img029"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img029.jpg" width="400" height="492" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA FORÊT TROPICALE À LA CÔTE D'IVOIRE.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Le lieutenant Macaire avait également étudié la richesse forestière du
+pays attié, au point de vue de la valeur des bois pour le commerce et
+l'industrie; il en rapportait divers échantillons pour les faire essayer
+en France.</p>
+
+<p>Quant à moi, j'avais joint à mon rapport médical, sur l'état sanitaire
+du détachement, quelques notes sur la climatologie, la flore et la faune
+du pays<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a><a href="#footnote3" title="Lien vers la note 3"><span class="smaller">[3]</span></a>.</p>
+
+<p>Au point de vue médical, mon service avait été peu chargé pendant la
+Mission; je n'avais eu à m'occuper que de quelques cas légers de fièvre
+paludéenne, de dysenterie. Ma principale occupation journalière
+consistait dans les pansements de nombreuses plaies ulcérées de nos
+porteurs et de nos tirailleurs.</p>
+
+<p>Dans mes loisirs, j'avais pu faire quelques observations météorologiques
+en mettant en usage, quand cela m'était possible, les appareils
+enregistreurs que nous possédions. C'est ainsi que j'avais constaté dans
+la température de la forêt un abaissement de trois à quatre degrés sur
+les températures observées près de la côte et des lieux découverts; les
+maxima ayant toujours varié entre 28 et 31 et les minima entre 20 et 22
+degrés.</p>
+
+<p>Par contre, l'humidité déjà très grande à la Côte d'Ivoire (il y tombe
+une hauteur d'eau de 2<sup>m</sup>70 par an) se trouve dans la forêt encore
+considérablement augmentée. Nous avons passé tout notre séjour dans la
+brousse, au milieu, d'une atmosphère saturée <span class="pagenum"><a id="page087" name="page087"></a>(p. 087)</span> d'humidité, si
+bien qu'il nous a été impossible de reconnaître les saisons sèches et
+pluvieuses observées à la Côte. Sous la forêt, il pleut toute l'année;
+la quantité seule diffère, mais on peut dire que d'avril à juillet les
+pluies sont continuelles. Les tornades journalières, pendant ces mois,
+sont généralement amenées par le vent du nord. Celles qui succèdent au
+vent du sud-ouest, qui est le vent régnant généralement sur la forêt,
+sont moins fréquentes, et surtout moins violentes; pendant toute la
+durée de la pluie, il se produit une baisse de 5 ou 6 degrés dans la
+température.</p>
+
+<a id="img030" name="img030"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img030.jpg" width="400" height="524" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LE DÉBITAGE DES ARBRES.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Aux environs de Denguéra, j'avais constaté, du 11 au 25 janvier, un
+abaissement anormal de la température, surtout au matin. Il faisait
+froid, et le thermomètre marquait 15 degrés. L'hermâttan, vent froid et
+sec, venant du nord-est du Sahara, se faisait sentir à ce moment dans la
+forêt avant d'arriver à la Côte, où il souffle régulièrement tous les
+ans à la même époque.</p>
+
+<p>Cette humidité, chaude et constante à la Côte d'Ivoire, donne à la
+végétation une activité sans égale. Aussi les indigènes ne
+s'adonnent-ils que fort peu à la culture, la nature leur fournissant,
+avec prodigalité, les aliments nécessaires.</p>
+
+<p>Dans leurs champs, situés généralement à 2 ou 3 kilomètres de leurs
+villages, ils cultivent surtout des bananiers aux fruits gros et peu
+sucrés, qu'ils cuisent et écrasent pour préparer le «foutou»: c'est la
+base de leur nourriture. Les ignames et le manioc ne sont conservés que
+comme réserves pour les temps de disette et de guerre ou pour les jours
+de marche.</p>
+
+<p>Dans leurs plantations poussent encore quelques papayers, des ricins,
+des piments, des tomates sauvages. Autour des villages, il n'est pas
+rare de rencontrer des citronniers, des manguiers sauvages. Des arbres à
+noix de kola blanche ou rouge existent souvent au centre des habitations
+ou auprès de l'arbre à palabres du village; ils sont considérés comme
+fétiches. Beaucoup de villages sont entourés d'une ceinture de cocotiers
+plantés entre les cases et la brousse. Les clôtures des maisons, les
+portes fétiches, sont souvent formées par des ricins, des pourghères,
+dont les graines purgatives sont connues des indigènes.</p>
+
+<p>Sur les bords des lagunes et des fleuves surtout, et quelquefois tout
+autour des villages, des plantations, la forêt fait place à une autre
+forêt de palmiers d'espèces variées, parmi lesquelles domine le palmier
+à huile. C'est une des richesses du pays, et les produits, amandes et
+huile, qu'en retirent les indigènes, sont l'objet d'un commerce très
+important. D'autres palmiers servent à préparer le vin de palme, boisson
+fermentée qui est absorbée à l'occasion des fêtes et réjouissances:
+c'est le «n'zan» des Agnis, le «n'raufi» des Attiés.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page088" name="page088"></a>(p. 088)</span> Les Attiés savent filer, tisser le coton, qu'ils recueillent
+sur les cotonniers de petite taille cultivés près de leurs villages ou
+dans leurs plantations. Ils en obtiennent des pièces d'étoffe, larges de
+30 centimètres environ, auxquelles ils donnent une teinte bleue, en se
+servant d'une décoction de plants d'indigo qui existent, mais en petite
+quantité, dans certains villages. Ce sont ces étoffes dont ils font
+leurs ceintures.</p>
+
+<p>Dans la forêt, les arbres sont d'essences nombreuses et variées; on y
+trouve l'acajou et beaucoup d'autres arbres à bois dur; les baobabs y
+sont fréquents. Les lianes à caoutchouc (landolphia) s'y rencontrent en
+assez grand nombre, mais elles ne sont pas exploitées par les indigènes.
+Le caoutchouc, qui, en petite quantité, provient de l'Attié, serait
+retiré des nombreuses espèces de ficus qui se trouvent dans le pays; il
+est de bonne qualité et ne contient que peu d'impuretés. À la Côte, il
+se présente sous l'aspect de boules, facilement différenciées des pains
+énormes qui descendent de l'Undénié et des galettes produites sur les
+bords des lagunes. Les fromayers et les caïlcédra, nombreux dans la
+forêt, surtout sur les bords des fleuves et des lagunes, sont d'une
+grande utilité aux indigènes; c'est, en effet, dans les troncs de ces
+arbres qu'ils creusent leurs pirogues.</p>
+
+<p>Comme on le voit, le pays attié est d'une richesse surprenante en
+variétés d'arbres et de plantes et en valeur d'essences ou de produits
+commerciaux. Par contre, on est étonné d'y rencontrer aussi peu
+d'animaux.</p>
+
+<p>Dans les villages, ce sont des b&oelig;ufs rares et de petite taille, des
+chèvres, des poulets, etc. Dans la forêt, de nombreux papillons, aux
+couleurs éclatantes, et des reptiles, des insectes encore plus nombreux.</p>
+
+<p>On croirait la brousse inhabitée si quelques oiseaux ne venaient, par
+leurs cris, annoncer leur présence au sommet des arbres les plus élevés,
+surtout le long des fleuves; des aigles pêcheurs, au blanc plumage, des
+toucans au long bec, des vautours, des martins-pêcheurs, etc. Près des
+plantations, ce sont des pigeons, des tourterelles, des perroquets verts
+et gris, etc.</p>
+
+<p>Et cependant les panthères, léopards, chats-tigres, belettes, civettes,
+existent dans la forêt; les indigènes les connaissent, portent les dents
+de ces carnassiers en colliers autour du cou et m'en ont montré des
+traces. Il en est de même pour l'éléphant: une seule fois, j'ai suivi le
+passage d'une troupe de ces animaux qui ne doivent pas être nombreux, je
+crois, dans l'Attié. Les défenses que possèdent les indigènes sont rares
+et petites. Il est vrai que cette rareté de l'ivoire dans le pays
+pourrait tout aussi bien provenir du petit nombre d'éléphants que du
+danger de cette chasse pour des noirs mal armés, et craignant
+d'affronter des animaux aussi redoutables. D'après les indigènes,
+l'hippopotame existerait en certains points inaccessibles du Comoé et du
+N'zi; nous n'en avons jamais vu.</p>
+
+<a id="img031" name="img031"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img031.jpg" width="400" height="285" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LES LIANES SUR LA RIVE DU COMOÉ.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Il est digne de remarque que, pendant notre séjour en pleine forêt, nous
+n'ayons rencontré aucun de ces animaux, ni sanglier, ni biche, ni
+antilope dont j'ai cependant relevé plusieurs fois les traces.</p>
+
+<p>Si les oiseaux paraissent rares et se perchent, hors du regard, sur la
+cime des arbres, des singes d'espèces nombreuses et variées emplissent
+la forêt de leurs ébats. J'ai pu reconnaître sept espèces différentes
+déjà signalées par Binger sous les noms agnis: kouamé (le cynocéphale),
+tié, adéré, foé, assibé, koumo, fah lié. Les Attiés, qui les prennent au
+piège, en font leur nourriture sans se soucier de la valeur de certaines
+de leurs fourrures, qui seraient estimées pour les foé, tié, pah-lié.
+Aussi nombreux que les singes, courent, de tous côtés, le long des
+lianes et des broussailles, des rats palmistes, des écureuils, etc. Un
+bruissement continuel semble animer ces immenses solitudes....</p>
+
+<p>Car la forêt paraît être surtout le domaine des reptiles et des
+insectes; ils y pullulent: lézards, iguanes, caméléons et serpents. Les
+caïmans, très peu nombreux, de petite taille, sont fétiches dans tout
+l'Attié, et il est défendu de les tuer. Il est à craindre que, de cette
+façon, leur nombre n'augmente rapidement.</p>
+
+<span class="pagenum"><a id="page089" name="page089"></a>(p. 089)</span>
+
+<a id="img032" name="img032"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img032.jpg" width="600" height="448" alt="" title="">
+<p>LES OCCUPATIONS LES PLUS FRÉQUENTES AU VILLAGE:
+DISCUSSIONS ET FARNIENTE ATTIÉ.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Pour une autre raison, la crainte, les serpents venimeux, eux aussi, ne
+sont pas détruits. Les Attiés ont la terreur de ces reptiles poussée au
+plus haut degré; la vue d'un serpent, même mort, les met en fuite.</p>
+
+<p>La vipère cornue, de la famille des Cérastes, très commune, est d'autant
+plus dangereuse que sa couleur grise lui permet de passer plus
+facilement inaperçue. Sa longueur est de 2 mètres. Elle est surtout
+reconnaissable à sa tête triangulaire, présentant, au centre, une tache
+noirâtre de même forme, et six petites cornes placées sur deux rangées,
+en avant des yeux. Les crochets venimeux sont au nombre de deux,
+mobiles, et généralement très allongés.</p>
+
+<p>Une seule fois, j'ai observé un autre serpent venimeux, un crotale, de
+couleur verte, au corps plus fin que le précédent, mais de même taille.
+Les crochets étaient fixés à la mâchoire supérieure.</p>
+
+<p>Plus grand, plus robuste, mais beaucoup moins dangereux, était l'énorme
+boa qu'à notre retour à Memni nous présentèrent les indigènes. Il avait
+8 mètres de longueur et il fallait deux hommes pour le porter. On peut
+juger du nombre de «foutous» et de sauces diverses qu'il servit à
+préparer.</p>
+
+<p>Les insectes que j'ai observés sont des sauterelles, criquets, grillons,
+cigales, des termites relativement rares et construisant des termitières
+de petit volume. Dans la brousse se rencontrent des taons, des guêpes,
+dont le voisinage est toujours désagréable. Une petite espèce d'abeilles
+produit du miel que les noirs recueillent et paraissent estimer.</p>
+
+<p>Les moustiques, très rares au centre de la forêt, pullulent sur les
+bords du fleuve et des lagunes. N'ayant pu, faute de loisirs, en étudier
+les diverses variétés, il m'est impossible de préciser la relation qu'il
+y a eu entre leur présence, leur absence et les accès de fièvre
+paludéenne constatés. Cependant, en général, je puis dire que, dans la
+forêt, les accès de fièvre ont été moins fréquents que sur la côte et
+les bords des lagunes et des fleuves. À terre, sur l'humus, on ne voit
+que fourmis rouges, magnans, fourmis cadavres à l'odeur éc&oelig;urante.
+Plus dangereux et presque aussi fréquents sont les gros scorpions noirs
+d'Afrique, les mygales, énormes araignées, dont les morsures sont
+venimeuses. Une chenille couverte de piquants occasionna chez un de nos
+sergents des accidents d'urticaire très douloureux.</p>
+
+<p>Quant aux poux de bois, argas, vivant dans la forêt, ils sont aussi
+fréquents et malfaisants que les <span class="pagenum"><a id="page090" name="page090"></a>(p. 090)</span> chiques répandues sur le
+sable du rivage et dans les cases de la côte: ces insectes, argas et
+chiques, se logent sous l'épiderme, provoquent des démangeaisons
+insupportables et occasionnent souvent des plaies s'ulcérant facilement.</p>
+
+
+<p class="resume p2">IV. &mdash; La fièvre jaune à Grand-Bassam. &mdash; Deuils nombreux. &mdash;
+ Retour en France.</p>
+
+<p>Grâce aux nombreux bateaux à vapeur qui relient fréquemment la côte et
+Petit-Alépé, il nous était facile de descendre à Grand-Bassam et je m'y
+rendais environ une fois par semaine, afin d'acheter les vivres qui nous
+étaient nécessaires. Cordialement accueilli par mes deux confrères, les
+D<sup>rs</sup> Chaussade et Bailly, je passais la journée en leur compagnie et
+reprenais ensuite le bateau qui devait me reconduire à Petit-Alépé avant
+la nuit.</p>
+
+<p>Un jour, le chef de service, le D<sup>r</sup> Chaussade, me fit part de quelques
+cas curieux qui venaient de se produire dans le village indigène: des
+noirs en excellente santé avaient été pris de fièvre brusquement. Leurs
+ganglions avaient formé des bubons et, après quelques jours de maladie,
+la mort était survenue. L'attention du docteur avait été attirée, non
+par les indigènes eux-mêmes, qui, loin d'appeler le médecin, cachaient
+plutôt les malades, mais par l'augmentation des décès au commencement du
+mois d'avril.</p>
+
+<p>À la curiosité fit place une certaine inquiétude, quand, vers le 16,
+j'appris, par hasard, que le nombre de morts allait en croissant
+considérablement: c'était une véritable épidémie qui se déclarait,
+d'autant plus grave que les indigènes n'avaient aucune hygiène et que
+les cas, isolés jusque-là dans un seul quartier, étaient, en ce moment,
+disséminés dans tout le village noir.</p>
+
+<p>Le vapeur, qui me conduisait, le 21 avril, à Bassam, manqua de charbon
+en cours de route; il fallut chauffer au bois, et la nuit nous surprit
+alors que nous étions encore sur le fleuve. À notre arrivée, je ne
+pouvais me rendre chez mes confrères, l'heure étant trop avancée.
+J'appris, d'ailleurs, que l'un d'eux était souffrant et préférai me
+reposer au grand air, sur mon lit de camp, sous une vérandah.</p>
+
+<a id="img033" name="img033"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img033.jpg" width="400" height="309" alt="" title="">
+<p class="cap400px">UN INCENDIE À GRAND BASSAM.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Aussi, le lendemain, levé avec le jour, j'errais près du marché, quand
+un infirmier me vint dire qu'on m'appelait à l'hôpital. À pas lents, je
+parcourais le boulevard Treich-Laplène, aux cocotiers naissants, quand
+un Européen que je rencontrai me balbutia, l'émotion l'empêchant de
+parler: «Docteur, si vous voulez voir le D<sup>r</sup> Bailly en vie, allez vite à
+l'hôpital!»</p>
+
+<p>J'arrivai trop tard. Le lendemain, les Européens de Grand-Bassam,
+fonctionnaires et commerçants, accompagnaient à sa dernière demeure le
+corps de ce pauvre camarade, mourant loin de sa famille, frappé
+brusquement au troisième jour de sa maladie. Il n'était débarqué à
+Bassam que depuis vingt-neuf jours! C'était son début dans la carrière.</p>
+
+<p>Deux jours plus tard, un télégramme du gouverneur de la colonie
+parvenait à Petit-Alépé, adressé au commandant: «Docteur Létinois, mort
+au champ d'honneur.»&mdash;Deux balles en pleine poitrine frappaient un autre
+camarade, non plus, cette fois, à Grand-Bassam, mais à Tabou, dans la
+région du Cavally où une colonne opérait contre les Tépos révoltés.
+Décidément, le ciel de la Côte d'Ivoire était funeste à mes camarades et
+il me tardait de quitter cette Afrique où, chaque jour, un nouveau deuil
+nous déchirait le c&oelig;ur.</p>
+
+<a id="img034" name="img034"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img034.jpg" width="400" height="598" alt="" title="">
+<p>LA DANSE INDIGÈNE EST CARACTÉRISÉE PAR DES POSES ET DES
+GESTES QUI RAPPELLENT UNE PANTOMIME.&mdash;D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page092" name="page092"></a>(p. 092)</span> Au milieu de ces jours de tristesse et de mort, nous arrivait
+une heureuse nouvelle: un de nos amis, un jeune commerçant, plein
+d'entrain et confiant dans l'avenir, descendait le Comoé, et sitôt son
+arrivée à Petit-Alépé, nous devions fêter son heureux retour.</p>
+
+<p>Le 29 avril, il y avait réception à Alépé, c'est-à-dire un grand dîner
+où le nombre des plats rivalisait avec celui des vins. Le cuisinier noir
+faisait montre de ses talents culinaires; le maître de maison tenait à
+témoigner des richesses de sa cave. Il fallait, en effet, boire à la
+santé de l'heureux arrivant, à celle de la Mission brillamment terminée,
+aux absents (le commandant et le capitaine Crosson-Duplessis étaient à
+Petit-Bassam) et surtout au prochain retour en France. Encore quinze
+jours au plus!</p>
+
+<p>Il est minuit, et l'on songe enfin à se séparer, quand un coup de
+sifflet retentit dans la nuit: c'est un bateau à vapeur. Immédiatement
+nous sommes à l'appontement. On vient apporter des ordres de commerce
+pour un de nos convives. Lentement, vers le village, nous remontons la
+berge du fleuve pour nous rendre au camp. Un nouveau coup de sifflet
+vient nous surprendre, nous voyons le reflet rouge des feux d'un vapeur
+qui accoste au débarcadère. Petit-Alépé gagnait donc d'importance pour
+voir ainsi, de nuit, aborder deux vapeurs. Quelle était la raison de
+cette seconde arrivée? Une lettre du gouverneur au D<sup>r</sup> Lamy: le D<sup>r</sup>
+Chaussade était gravement malade. Je devais me servir du même bateau, la
+<i>Comète</i>, pour redescendre immédiatement à Bassam, assurer le service.
+Mes cantines sont fermées et embarquées aussitôt. J'étais prêt à partir
+et, sans différer, faisais mes adieux à mes amis. Un peu tristes les
+adieux! Comme ceux que l'on fait quand on va vers l'inconnu et que cet
+inconnu est des plus sombres. «À bientôt! crie-t-on de la berge quand le
+bateau s'éloigne, bon voyage!»&mdash;Je réponds: «À bientôt!» tandis qu'au
+fond du c&oelig;ur, je me dis: «Non, c'est plutôt un adieu.»</p>
+
+<p>Cet inconnu, vers lequel je descends rapidement, poussé par le courant
+et à toute vapeur, cet inconnu m'effraie, je l'avoue humblement. Un de
+mes camarades est mort, il y a huit jours, l'autre est gravement malade.
+De plus, j'apprends à bord qu'un directeur d'une factorerie est décédé
+sur la plage au moment où il s'embarquait pour rentrer en France; de
+nombreux cadavres de rats, me dit-on, ont été trouvés dans les magasins
+de factoreries et dans les cases indigènes, etc.</p>
+
+<p>À cinq heures du matin, j'étais auprès de mon chef, le D<sup>r</sup> Chaussade,
+qui s'excusait de m'avoir fait déranger pour un simple accès de fièvre:
+il se trouvait très bien.</p>
+
+<p>Vers huit heures, avant de quitter Grand-Bassam pour faire un voyage
+d'un jour sur la lagune, le gouverneur et le commandant Houdaille
+venaient prendre des nouvelles du malade. Il fut convenu que je
+resterais pour assurer le service à Bassam pendant quelques jours et que
+le D<sup>r</sup> Chaussade irait en convalescence se remettre de ses fatigues,
+auprès de la Mission, à Petit-Alépé.</p>
+
+<a id="img035" name="img035"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img035.jpg" width="400" height="268" alt="" title="">
+<p class="cap400px">UNE INONDATION À GRAND-BASSAM.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Cette décision ne devait pas avoir de suites (et ce fut le salut des
+membres de la Mission) car, malheureusement, le mieux constaté dans
+l'état du malade fut de courte durée. Le D<sup>r</sup> Chaussade s'alitait à trois
+heures du soir, très gravement atteint; la mort survenait au
+commencement de la nuit. Quelles longues et cruelles heures pour un
+médecin discutant sur son lit de mort, jusqu'au dernier soupir, la
+maladie qui l'emporte, quand, à ces angoisses, s'ajoute le sentiment de
+la responsabilité du devoir à accomplir! Ces situations terribles sont
+rares, même aux colonies, d'un médecin se sentant mortellement atteint
+d'un mal qu'il ignore, qu'il craint de nommer, car, il faut se hâter, si
+c'est une épidémie qui débute, de prendre les mesures nécessaires pour
+sauver ceux qui sont encore en vie.</p>
+
+<p>Le D<sup>r</sup> Chaussade entrevit cela et, mourant, il murmurait: «Donnez des
+ordres, je meurs de la peste!»</p>
+
+<span class="pagenum"><a id="page093" name="page093"></a>(p. 093)</span>
+
+<a id="img036" name="img036"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img036.jpg" width="400" height="313" alt="" title="">
+<p class="cap400px">UN CAMPEMENT SANITAIRE À ABIDJEAN.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Avant midi, le lendemain, ce pauvre camarade reposait au cimetière, et
+quand, à la même heure, le gouverneur, de retour à Grand-Bassam,
+apprenait ce nouveau malheur, je me rendais, en toute hâte, auprès de
+lui. On se trouvait en face d'une épidémie grave. La peste? C'était
+probable chez les noirs, mais on ne pouvait l'affirmer pour les
+Européens décédés. En tout cas, il fallait prendre des mesures
+énergiques, communes à toute épidémie, et... attendre. L'attente ne fut
+pas longue. Le jour même, l'infirmier était atteint; le jour suivant, de
+nouveaux cas se déclaraient chez les Pères missionnaires, chez les
+personnes ayant approché le dernier malade. Puis quatre ou cinq décès
+successifs, pendant les premiers jours de mai, nous prouvaient que
+l'épidémie existait bien et augmentait de violence. Cette fois, c'était
+la fièvre jaune: les derniers cas ne permettaient plus aucun doute et
+venaient éclairer le diagnostic resté incertain pour les premiers
+malades.</p>
+
+<p>Grand-Bassam comptait environ soixante Européens, parmi lesquels cinq ou
+six femmes, qu'il fallait éloigner rapidement du foyer de l'épidémie.
+Des ordres sont donnés en ce sens. Quelques personnes dociles et
+confiantes préfèrent s'exiler dans la brousse plutôt que de rester à la
+côte. La vie ne devait certes pas être facile et agréable sur les bords
+de la lagune, du Comoé; mais ne valait-il pas mieux, de cette façon,
+éviter le fléau? Malheureusement, tous ne furent pas de cet avis. Les
+vieux coloniaux, qui, depuis plusieurs années, fréquentaient les côtes
+du golfe de Guinée, affirmaient avoir vu, tous les ans, à cette époque,
+des cas de ce genre: «La fièvre bilieuse, bien connue et sans caractère
+épidémique, devenait plus fréquente, plus meurtrière, à ce moment de
+l'année, mais on ne pouvait l'appeler fièvre jaune», disaient ces
+habitués de Grand-Bassam, heureux et fiers de pouvoir retirer de leur
+ancienneté à la côte un peu de pratique et de connaissances médicales.
+Ils ne se doutaient pas du mauvais conseil qu'ils donnaient à ceux qui,
+trop nombreux, les écoutèrent. Il fallait partir, et très peu s'y
+décidèrent.</p>
+
+<p>Pour beaucoup d'Européens, fonctionnaires ou commerçants, il était
+difficile, je le sais, d'abandonner leur poste, leur factorerie; et ne
+trouvaient-ils pas préférable de cacher l'existence de l'épidémie, dont
+la révélation, une fois faite, devait amener l'arrêt complet du commerce
+dans la colonie?</p>
+
+<p>«D'ailleurs, l'épidémie est-elle bien reconnue, bien confirmée?»
+disaient-ils, et cette opinion prenait d'autant plus de force qu'elle
+rassurait tout le monde et montrait l'inutilité des mesures radicales
+qui allaient être prises. En effet, Grand-Bassam étant dépourvu d'étuve
+et d'autres moyens de désinfection, on ne pouvait avoir recours qu'à
+l'incendie pour arrêter, si possible, la contagion. Toute habitation
+d'Européen ou de noir, où un décès s'était produit, devait être
+immédiatement brûlée avec ce qu'elle contenait.</p>
+
+<p>Cette dernière mesure de rigueur fut mise immédiatement à exécution, non
+sans provoquer de nombreuses difficultés, tant du côté des Européens que
+du côté des indigènes. Pouvait-on croire pourtant que ces ordres avaient
+été donnés sans réflexion? Oh! ces trop longues journées de Bassam et
+ces nuits d'insomnie, plus longues encore, pendant lesquelles, depuis la
+mort du D<sup>r</sup> Chaussade, j'assumai les responsabilités d'un médecin-chef
+d'une colonie, et cela au début d'une épidémie, sans un confrère, un
+ami, <span class="pagenum"><a id="page094" name="page094"></a>(p. 094)</span> auprès duquel j'aurais pu trouver un conseil, un
+appui<a id="footnotetag4" name="footnotetag4"></a><a href="#footnote4" title="Lien vers la note 4"><span class="smaller">[4]</span></a>! Ces longues journées, ces longues nuits, pendant lesquelles,
+allant de malade en malade, je n'avais pas un moment de repos, ni pour
+le corps ni pour l'esprit, qu'elles m'ont paru terribles et combien mes
+plus mauvais jours, passés dans la brousse, me semblaient agréables
+auprès des premières journées de mai 1899!</p>
+
+<p>J'étais seul, et ma croyance dans l'existence de la fièvre jaune n'était
+pas partagée. Mais, chaque jour, c'était un nouveau décès, et l'épidémie
+frappant par toute la ville, sans grâce ni merci, venait, hélas! me
+donner raison. En dix jours, plus de douze décès sur une population de
+quarante personnes. On se comptait! Il fallut bien croire à la fièvre
+jaune le jour où ses plus acharnés adversaires succombèrent sous ses
+coups.</p>
+
+<p>Alors, ce fut de l'affolement. Le jour, on se fuyait ou presque: dans
+les rues, personne ne se promenait. La nuit, seul le bruit de la barre
+s'entendait sourd et régulier; les noirs en oubliaient de faire tam-tam.
+Je fus même menacé du fusil si je tentais d'approcher d'une maison: un
+malade me faisait demander, mais, devant cette menace, je me gardai bien
+d'avancer.</p>
+
+<p>Un soir, je rentrais chez moi, quand en passant boulevard
+Treich-Laplène, j'entendis des chants joyeux au son d'un violon. Cette
+gaieté faisait mal au milieu de cette désolation. On chantait, on
+dansait pour s'étourdir. Cette nuit encore, le sommeil ne vint pas; mon
+émotion était trop grande au souvenir de cette folle gaieté voulue pour
+oublier les morts du matin, de la veille, ceux de demain.</p>
+
+<p>Cette même nuit devait, d'ailleurs, être agitée. Vers deux heures du
+matin, un garde de police vint me prévenir que les indigènes étaient
+soupçonnés de cacher leurs malades et de transporter leurs morts pendant
+la nuit, de l'autre côté de la lagune. De cette façon, l'épidémie qui
+sévissait sur eux paraissait en décroissance et semblait même terminée:
+depuis quelques jours, il n'y avait eu aucune case d'incendiée. Le garde
+de police venait, en pleine nuit, d'arrêter un enterrement et me priait
+de constater l'état du cadavre. Immédiatement, je fais ouvrir le
+cercueil et reconnais sur le défunt les symptômes déjà signalés
+précédemment. L'épidémie faisait donc toujours des victimes chez les
+noirs!</p>
+
+<p>Le jour même, cette constatation provoquait de nouveaux ordres de la
+part du gouverneur. Le lendemain, tous les indigènes de Grand-Bassam,
+drapeaux anglais et français en tête, conduits par des Apolloniens, se
+rendaient en masse à l'hôtel du Gouvernement et sommaient le gouverneur
+de revenir sur sa décision. On ne pouvait que s'incliner devant la
+volonté du peuple aussi violemment manifestée; les tirailleurs étaient
+absents de Grand-Bassam, et la police se trouvait insuffisante. Les
+cases indigènes ne furent plus incendiées et, comme autrefois, les noirs
+continuèrent d'inhumer les corps dans la maison même, habitée par le
+défunt.</p>
+
+<a id="img037" name="img037"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img037.jpg" width="400" height="268" alt="" title="">
+<p class="cap400px">UNE RUE DE JACKVILLE, SUR LE GOLFE DE GUINÉE.&mdash;D'APRÈS
+UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Les inhumations des Européens se faisaient dans le cimetière, sur la
+grève, au bord de la mer, et le corps était placé entre deux lits de
+chaux. Bientôt la chaux elle-même fit défaut. Quant aux enterrements,
+ils n'existaient plus en tant que cérémonie. Personne n'accompagnait à
+sa dernière demeure le corps d'un voisin, d'un ami, et le triste cortège
+ne se composait que de quatre porteurs noirs.</p>
+
+<p>Le 13 mai au matin, il me fut impossible de me lever. J'avais des
+courbatures dans tous les membres et un fort mal de tête. C'était un
+violent accès de fièvre qui débutait ou plutôt la première atteinte de
+ce mal qui n'avait pas encore pardonné. Sur quinze personnes frappées
+avant moi, il y avait eu exactement quinze victimes.</p>
+
+<p>Je ne pouvais avoir l'espoir d'être épargné; aussi voulant mettre de
+l'ordre dans mes papiers d'affaires, <span class="pagenum"><a id="page095" name="page095"></a>(p. 095)</span> mes rapports de Mission
+et surtout faire connaître mes dernières volontés, commençai-je par
+écrire quelques lettres à ma famille d'abord, puis au commandant et au
+lieutenant Macaire.</p>
+
+<a id="img038" name="img038"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img038.jpg" width="400" height="259" alt="" title="">
+<p class="cap400px">GRAND-BASSAM: CASES DÉTRUITES APRÈS UNE ÉPIDÉMIE DE
+FIÈVRE JAUNE. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p>Cela n'alla pas sans quelques difficultés, car les idées erraient
+confusément dans ma tête brûlante de fièvre, et ma volonté ne suffisait
+plus à soutenir mes membres fatigués. Une douleur violente aux reins, le
+coup de barre, me rendait tout mouvement impossible. Puis je songeai à
+me soigner, indécis entre les médicaments de la Faculté et les remèdes
+créoles sur lesquels je m'étais instruit longuement pendant mes jours
+passés. J'associai les deux et peut-être fis-je bien.</p>
+
+<p>Le lendemain, la fièvre diminuait. Le troisième jour de ma maladie, tout
+paraissait terminé et j'aurais pu dire comme mon confrère, le D<sup>r</sup>
+Chaussade, que je me sentais bien, si je n'avais connu, par une longue
+et triste expérience, la façon de procéder de cette terrible maladie
+qui, à la veille de la mort, vous donne l'espoir d'une erreur et l'oubli
+du danger passé.</p>
+
+<p>Je ne pouvais m'abuser quand le soir de ce jour trompeur je sentis la
+fièvre revenir. Une grande faiblesse m'envahissait. Je ne pus que dire
+adieu à la vie et perdis connaissance.</p>
+
+<p>Quand je revins à moi, le lendemain matin, le soleil était déjà haut
+dans le ciel. J'appelai mon boy. Allou ne me répondit pas, et depuis
+lors, jamais je ne l'ai revu. Il m'avait été fidèle pendant mon séjour
+dans la brousse, mais la crainte de la mort avait été trop forte pour
+lui ou peut-être n'avait-il pas voulu être le seul témoin de mes
+derniers moments. En tous cas, il était parti, et comme souvenir de son
+ancien maître, avait emporté ma montre. Qu'il soit pardonné pour ses
+bons services dans l'Attié!</p>
+
+<p>Pendant ma maladie, l'épidémie avait continué ses ravages, décimant les
+Européens de Grand-Bassam.</p>
+
+<p>Aussi, à peine débarqué, le D<sup>r</sup> Rimbert, venant du Dahomey, avait-il
+songé à conduire loin de ce point infesté tous ceux que la mort avait
+épargnés et qui voulaient bien abandonner leurs intérêts. Sur le vapeur
+Binger, en leur compagnie, le D<sup>r</sup> Rimbert était parti pour Bérély, où il
+avait le bonheur de constater qu'aucun cas suspect n'avait éclaté parmi
+eux. Ils étaient sauvés!</p>
+
+<p>D'autre part, le D<sup>r</sup> Mondon venait d'arriver de France et prenait la
+direction du Service de santé, ayant auprès de lui le D<sup>r</sup> Germain, qui
+s'était embarqué à Dakar pour la Côte d'Ivoire.</p>
+
+<p>Ma convalescence ne fut pas longue, et le 22 mai, je pouvais de nouveau
+donner mes soins aux malades. Cette fois mon service s'était bien
+simplifié. Tout d'abord je n'étais plus seul, mais, hélas! mes confrères
+arrivaient un peu tard. Ils ne trouvaient plus à Bassam que les derniers
+Européens qui s'entêtaient encore à y rester et devaient sans tarder
+succomber presque tous: près de trente morts sur trente présents pendant
+toute l'épidémie! Quelques autres, plus heureux, étaient guéris: trois
+seulement et j'étais de ceux-là.</p>
+
+<p>Ah! ces détails que j'appris peu à peu en parcourant la ville désolée,
+quand je questionnai les indigènes, les anciens boys, qu'ils furent
+navrants et combien je me félicitai de n'y avoir pas assisté pendant que
+la maladie me forçait à ne penser qu'à moi!... Un jeune homme préférant
+s'alcooliser et buvant de l'absinthe à même la bouteille, afin de ne pas
+se sentir mourir; cet autre, déjà frappé autrefois à la Havane, ne
+pouvant croire à une nouvelle attaque et niant jusqu'à son dernier
+soupir que la fièvre jaune lui donnât la mort.</p>
+
+<p>Pour ajouter à la terreur de ces jours désolés, la mer elle-même avait
+cru devoir faire l'impossible. Un raz de marée formidable s'était formé
+le long des côtes de Guinée; le warf en construction à Grand-Bassam
+avait été fortement endommagé. Des vagues énormes avaient repoussé les
+dunes de sable qui forment le rivage et s'étaient répandues dans la
+ville de Bassam, inondant les rues, les cases indigènes, comblant les
+mares si nombreuses qui, malheureusement pour l'hygiène, existaient de
+tous côtés, près des habitations. Il avait fallu improviser des ponts,
+des passages en pirogue.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page096" name="page096"></a>(p. 096)</span> Le cimetière européen lui-même n'avait pas été respecté par la
+mer en furie, et les cadavres des victimes de l'épidémie, auxquelles un
+juste repos aurait pu être accordé, se trouvaient découverts par les
+flots qu'un trop léger linceul de sable n'avait pu arrêter.</p>
+
+<p>Il ne me restait plus qu'à rejoindre mon poste, la Mission, qui se
+trouvait en ce moment à Jackville. Sitôt que l'épidémie fut connue à
+Petit-Alépé, le commandant, donnant une consigne sévère, avait
+complètement isolé le camp pour éviter toute contagion. Puis, comme il
+fallait penser au retour en France, la Mission s'était dirigée vers la
+côte, sur Jackville, par le Comoé et la lagune, sans toucher à
+Grand-Bassam.</p>
+
+<p>L'épidémie était terminée faute de nouvelles victimes, et je pouvais, le
+8 juin, faire mes adieux à mes confrères avant de partir pour Abidjean,
+sur la lagune, où je devais faire une quarantaine avant d'aller
+rejoindre la Mission. Il me tardait, en effet, de revoir mes amis qui, à
+plusieurs reprises, avaient perdu tout espoir de me ramener en France
+avec eux.</p>
+
+<p>Les dix jours passés à Abidjean furent pour moi dix jours de privations
+et de fatigues physiques. Les factoreries étaient fermées à la côte par
+défaut de personnel; les indigènes des bords de la lagune sont
+commerçants, mais pas hospitaliers; il était donc très difficile de se
+nourrir. Une seule chose me soutenait: la volonté de revoir la France.</p>
+
+<p>Aussi, quel fut mon bonheur de recevoir, le 16, un mot du commandant qui
+m'adressait une pirogue montée par des Jack-Jack, afin de me permettre
+de le rejoindre avant l'arrivée probable du paquebot qui devait nous
+transporter, le 18!</p>
+
+<p>J'étais prêt. Afin d'éviter de semer des germes de l'épidémie au milieu
+de la Mission qui en avait été heureusement préservée jusque-là, j'avais
+brûlé tout ce qui n'avait pas de valeur, mes habits, mon linge, et, par
+de nombreux bains antiseptiques, nettoyé tout le reste de mon matériel.</p>
+
+<p>Le 18, j'étais à Jackville dans les bras de mes amis. Je n'oublierai
+jamais la cordialité de leur réception et les bons soins dont j'ai été
+comblé. Pour eux je revenais de loin, et il fallait, paraît-il, me
+fortifier si je tenais à revoir la France.</p>
+
+<p>Dans la soirée, on crut apercevoir de la fumée au large de Jackville; la
+nuit tombait et il fut impossible de se rendre compte exactement,...
+puis au loin ce fut un feu. C'était le paquebot! Les beaux rêves que
+nous faisions cette nuit-là dans notre pauvre lit de camp, auquel nous
+allions dire adieu: c'était donc notre dernier sommeil sur la terre
+d'Afrique, et demain le départ pour la France!</p>
+
+<p>Au matin, réveillés de bonne heure par la barre qui roulait à nos pieds
+(le camp était établi sur le sable du rivage), nous regardions la mer au
+loin, bien loin!... Pas de paquebot! et un télégramme nous apprenait de
+Bassam que le courrier ne nous recevrait pas à bord, car tout le pays
+était en quarantaine.</p>
+
+<p>Chaque jour ce fut une nouvelle attente, une nouvelle déception.</p>
+
+<p>Enfin, le 26 juin au matin, nous disions adieu à la Côte d'Ivoire, aux
+lugubres souvenirs, et tout à la joie du retour, après une heureuse
+traversée, nous débarquions à Marseille, le 15 juillet.</p>
+
+<p class="sig">&nbsp; <span class="right10 smcap">D<sup>r</sup> Lamy.</span></p>
+
+<a id="img039" name="img039"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img039.jpg" width="400" height="289" alt="" title="">
+<p>GRAND-BASSAM: LE BOULEVARD TREICH-LAPLÈNE.&mdash;D'APRÈS UNE
+PHOTOGRAPHIE.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="pagei" name="pagei"></a>(p. i)</span> TABLE DES GRAVURES ET CARTES</h3>
+
+<div class="toi">
+<p class="center">L'ÉTÉ AU KACHMIR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> F. MICHEL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">En «rickshaw» sur la route du mont Abou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'éléphant du touriste à Djaïpour.</span>
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">2</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi.</span> (Dessin de Massias, d'après une photographie.)
+<span class="ralign">3</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du Djhilam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">4</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour.</span> (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">5</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">6</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar.</span> (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">7</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du Takht-i-Souleiman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">7</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ruines du temple de Brankoutri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">8</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">9</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">10</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">11</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nos tentes à Lahore.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">12</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de Vidja-Broer</span> (hauteur 1<sup>m</sup> 40.)
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un vieux platane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">14</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de peupliers.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">15</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement près de Palhallan: tentes et doungas.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">16</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">17</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le temple inondé de Pandrethan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">18</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme musulmane du Kachmir.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">19</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">20</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont et bourg de Vidjabroer.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">21</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">22</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un musulman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">23</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple hindou moderne à Vidjabroer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">24</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, à Houtamourou, près de Bhavan.</span>
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple ruiné, à Khotair.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">26</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Naga ou source sacrée de Kothair.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">27</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">28</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple rustique de Voutanar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">29</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">30</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">31</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sacrifice bhramanique, à Bhavan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">31</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au déblaiement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">32</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">33</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Place du campement sous les platanes, à Bhavan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">34</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">35</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">36</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Maisons de bois, à Palgam.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Palanquin et porteurs.</span>
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">38</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">39</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">40</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du Mahagounas.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">41</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pal.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">42</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">43</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grotte d'Amarnath.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">43</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Astan-Marg: la prairie et les bouleaux.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">44</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement de Goudjars à Astan-Marg.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">45</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le bain des pèlerins à Amarnath.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">46</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">47</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mosquée de village au Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">48</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brodeurs Kachmiris sur toile.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mendiant musulman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">50</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">51</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageii" name="pageii"></a>(p. ii)</span> <span class="smcap">Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">52</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur «hangri» (chaufferette).</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">53</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temples ruinés à Vangath.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">54</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal.</span> (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">55</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">56</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">57</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le canal de Mar à Sridagar.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">58</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite).</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">59</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Spécimens de l'art du Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">60</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le docteur LAMY</i><br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales</i>.</p>
+
+
+<p><span class="smcap">La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force pour la mise à l'eau d'une pirogue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img001">61</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img002">61</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de Petit-Alépé».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img003">62</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Motéso: soins maternels.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img004">63</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img005">64</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile de palme.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img006">65</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img007">66</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img008">67</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La popote dans un admirable champ de bananiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img009">68</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes coupant un acajou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img010">69</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La côte d'Ivoire. &mdash; Le pays Attié.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img011">70</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les indigènes mon appareil photographique.</span> (Dessin de J. Lavée, d'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img012">71</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue principale de Grand-Alépé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img013">72</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Trois Graces de Mopé (pays Attié).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img014">73</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme du pays Attié portant son enfant en groupe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img015">73</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une clairière près de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img016">74</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La garnison de Mopé se porte à notre rencontre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img017">75</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de cendres de peaux de bananes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img018">76</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img019">77</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Toilette et embaumement du défunt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img020">78</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune femme et jeune fille de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img021">79</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img022">80</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes et de ses hauts dignitaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img023">81</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img024">82</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée du Comoé à Malamalasso.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img025">83</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tam-tam de guerre à Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img026">84</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img027">85</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Allou, le boy du docteur Lamy.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img028">85</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La forêt tropicale à la côte d'Ivoire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img029">86</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le débitage des arbres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img030">87</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les lianes sur la rive du Comoé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img031">88</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et farniente Attié.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img032">89</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un incendie à Grand-Bassam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img033">90</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes qui rappellent une pantomime.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img034">91</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une inondation à Grand-Bassam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img035">92</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un campement sanitaire à Abidjean.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img036">93</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img037">94</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img038">95</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign"><a href="#img039">96</a></span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÎLE D'ELBE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. PAUL GRUYER</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et violâtre.</span>
+<span class="ralign">97</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.</span>
+<span class="ralign">97</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier</span> (page 100).
+<span class="ralign">98</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.</span>
+<span class="ralign">99</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino.</span>
+<span class="ralign">100</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: la porte de mer, où aborda Napoléon.</span>
+<span class="ralign">101</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «teste» de Napoléon</span> (page 100).
+<span class="ralign">102</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses façades scintillantes de clarté</span> (page 99).
+<span class="ralign">103</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un bleu sombre leur profil anguleux</span> (page 99).
+<span class="ralign">103</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La façade extérieure du «Palais» des Mulini où habitait Napoléon à Porto-Ferraio</span> (page 101).
+<span class="ralign">104</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le jardin impérial et la terrasse de la maison des Mulini</span> (page 102).
+<span class="ralign">105</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Via Napoleone, qui monte au «Palais» des Mulini.</span>
+<span class="ralign">106</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle du conseil à Porto-Ferraio, avec le portrait de la dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon</span>, d'après le tableau de Gérard.
+<span class="ralign">107</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec ses volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire l'empereur</span> (page 101).
+<span class="ralign">107</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protège du soleil.</span>
+<span class="ralign">108</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur.</span>
+<span class="ralign">109</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un enfant elbois.</span>
+<span class="ralign">109</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Marciana Alta et ses ruelles étroites.</span>
+<span class="ralign">110</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du rivage et ses embarcations tirées sur la grève.</span>
+<span class="ralign">111</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte Giove.</span>
+<span class="ralign">112</span></p>
+
+<p><span class="smcap">... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nuées</span> (page 111).
+<span class="ralign">113</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «Seda di Napoleone» sur le Monte Giove où l'empereur s'asseyait pour découvrir la Corse.</span>
+<span class="ralign">114</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithéâtre de rochers est entourée de sveltes cyprès</span> (page 117).
+<span class="ralign">115</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et cubiques ont l'air de dominos empilés...</span> (page 118).
+<span class="ralign">115</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageiii" name="pageiii"></a>(p. iii)</span> <span class="smcap">J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nuées.</span>
+<span class="ralign">116</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une des trois chambres de l'ermitage.</span>
+<span class="ralign">117</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'ermitage du Marciana où l'empereur reçut la visite de la comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.</span>
+<span class="ralign">117</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille citadelle espagnole</span> (page 117).
+<span class="ralign">118</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La maison de Madame Mère à Marciana Alta. &mdash; «Bastia, signor!» &mdash; La chapelle de la Madone sur le Monte Giove.</span>
+<span class="ralign">119</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le coucher du soleil sur le Monte Giove.</span>
+<span class="ralign">120</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.</span>
+<span class="ralign">121</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe.</span> (D'après une caricature du temps.)
+<span class="ralign">121</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc, bande orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées.</span>
+<span class="ralign">122</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle de bains de San Martino a conservé sa baignoire de pierre.</span>
+<span class="ralign">123</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La chambre de Napoléon à San Martino.</span>
+<span class="ralign">123</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cour de Napoléon à l'île d'Elbe.</span> (D'après une caricature du temps.)
+<span class="ralign">124</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une femme du village de Marciana Alta.</span>
+<span class="ralign">125</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques représentant Napoléon et Marie-Louise.</span>
+<span class="ralign">126</span></p>
+
+<p><span class="smcap">San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes à la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles</span> (page 123).
+<span class="ralign">126</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant Napoléon sous la figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète.</span>
+<span class="ralign">127</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte avec ses peintures murales et son bassin à sec.</span>
+<span class="ralign">127</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napoléon aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque d'Ajaccio.</span>
+<span class="ralign">128</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aïeule portait à la cour des Mulini.</span>
+<span class="ralign">129</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé en souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de Porto-Ferraio.</span>
+<span class="ralign">130</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le lit de Madame Mère, qu'elle s'était fait envoyer de Paris à l'île d'Elbe.</span>
+<span class="ralign">130</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo, chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains osseuses.</span>
+<span class="ralign">131</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la flottille impériale, le 26 février 1815.</span>
+<span class="ralign">132</span></p>
+
+
+
+<p class="p2 center">D'ALEXANDRETTE
+AU COUDE DE L'EUPHRATE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. VICTOR CHAPOT</i><br>
+<i>membre de l'École française d'Athènes</i>.</p>
+
+
+<p><span class="smcap">Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du Ksar-el-Benat</span> (page 142). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le canal de Séleucie est, par endroits, un tunnel</span> (page 140).
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vers le coude de l'Euphrate: la pensée de relever les traces de vie antique a dicté l'itinéraire.</span>
+<span class="ralign">134</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que l'enceinte, aux flancs du Silpios</span> (page 137).
+<span class="ralign">135</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rues d'Antioche sont étroites et tortueuses; parfois, au milieu, se creuse en fossé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">136</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le tout-Antioche inonde les promenades.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">137</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les crêtes des collines sont couronnées de chapelles ruinées</span> (page 142).
+<span class="ralign">138</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Alep est une ville militaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">139</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La citadelle d'Alep se détache des quartiers qui l'avoisinent</span> (page 143). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">139</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les parois du canal de Séleucie s'élèvent jusqu'à 40 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">140</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les tombeaux de Séleucie s'étageaient sur le Kasios.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">141</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Alep une seule mosquée peut presque passer pour une &oelig;uvre d'art.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">142</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tout alentour d'Alep la campagne est déserte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">143</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifié.</span>
+<span class="ralign">144</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Balkis éveille, de loin et de haut, l'idée d'une taupinière</span> (page 147). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Stèle Hittite. L'artiste n'a exécuté qu'un premier ravalement</span> (page 148).
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Église arménienne de Nisib; le plan en est masqué au dehors.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">146</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tell-Erfat est peuplé d'Yazides; on le reconnaît à la forme des habitations.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">147</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rive droite de l'Euphrate était couverte de stations romaines et byzantines.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">148</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indéfiniment</span> (page 148). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">149</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sérésat: village mixte d'Yazides et de Bédouins</span> (page 146). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">150</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Tcherkesses diffèrent des autres musulmans; sur leur personne, pas de haillons</span> (page 152). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">151</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ras-el-Aïn. Deux jours se passent, mélancoliques, en négociations</span> (page 155). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">152</span></p>
+
+<p><span class="smcap">J'ai laissé ma tente hors les murs devant Orfa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">153</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">154</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue générale d'Orfa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">155</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte arabe à Rakka</span> (page 152). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">156</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurés sont portés dans le bac à force de bras</span> (page 159). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bédouin.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restées debout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">158</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Orfa: mosquée Ibrahim-Djami; les promeneurs flânent dans la cour et devant la piscine</span> (page 157). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">159</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont byzantin et arabe</span> (page 159). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">160</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mausolée d'Alif, orné d'une frise de têtes sculptées</span> (page 160). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">161</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mausolée de Théodoret, selon la légende, près de Cyrrhus.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">162</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taillée</span> (page 165). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">163</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit corps de légionnaires romains</span> (page 160). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">163</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: un grand édifice en pierres a remplacé les premières habitations</span> (page 166).
+<span class="ralign">164</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: la chapelle</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">165</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Père Maronite</span> (page 168). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">166</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Acbès est situé au fond d'un grand cirque montagneux</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">167</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: premières habitations des trappistes</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">168</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. RAYMOND BEL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Indigènes hébridais de l'île de Spiritu-Santo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">170</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une case de l'île de Spiritu-Santo et ses habitants.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">171</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté, présente une rade magnifique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">172</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageiv" name="pageiv"></a>(p. iv)</span> <span class="smcap">C'est à Port-Vila ou Franceville, dans l'île Vaté, que la France a un résident.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">173</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dieux indigènes ou Tabous.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">174</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les indigènes hébridais de l'île Mallicolo ont un costume et une physionomie moins sauvages que ceux de l'île Pentecôte.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">175</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pirogues de l'île Vao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">176</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes employés au service d'un bateau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">177</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un sous-bois dans l'île de Spiritu-Santo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">178</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un banquet de Français à Port-Vila (Franceville).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">179</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La colonie française de Port-Vila (Franceville).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">179</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rivière de Luganville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">180</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ALBERT THOMAS</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba</span> (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">181</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La reine des cloches «Tsar Kolokol»</span> (page 180). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">181</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files dans les rues de Moscou</span> (page 183).
+<span class="ralign">182</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les paysannes en pèlerinage arrivées enfin à Moscou, la cité sainte</span> (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">183</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une chapelle où les passants entrent adorer les icônes</span> (page 183). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">184</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se découvrir</span> (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">185</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une porte du Kreml</span> (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">186</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui entourent la cité sainte</span> (page 185). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">187</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Deux villes dans le Kreml: celle du <span class="smcap">xv</span><sup>e</sup> siècle, celle d'Ivan, et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais</span> (page 190).
+<span class="ralign">188</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses créneaux, ses tours aux toits aigus</span> (page 183). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">189</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tout près de l'Assomption, les deux églises-s&oelig;urs se dressent: les Saints-Archanges et l'Annonciation</span> (page 186). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">189</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À l'extrémité de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis de ses clochers</span> (page 184). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">190</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Du haut de l'Ivan Véliki, la ville immense se découvre</span> (page 190). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">191</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un des isvotchiks qui nous mènent grand train à travers les rues de Moscou</span> (page 182).
+<span class="ralign">192</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchés moscovites, entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent là leurs produits</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'isvotchik a revêtu son long manteau bleu</span> (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire de Moscou à Tomsk.</span>
+<span class="ralign">194</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À côté d'une épicerie, une des petites boutiques où l'on vend le kvass, le cidre russe</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">195</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Et des Tatars offraient des étoffes étalées sur leurs bras</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">196</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Patients, résignés, les cochers attendent sous le soleil de midi</span> (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">197</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une cour du quartier ouvrier, avec l'icône protectrice</span> (page 196). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">198</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui relie la vieille ville à la nouvelle, la citadelle au marché</span> (page 204). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">199</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le marché étincelait dans son fouillis</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">200</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Déjà la grande industrie pénètre: on rencontre à Moscou des ouvriers modernes</span> (page 195). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">201</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux</span> (page 204). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">202</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, à tous les étages, autour de grandes cours</span> (page 196). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">203</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le char funèbre était blanc et doré</span> (page 194). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">204</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars, Tcherkesses</span> (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand châle</span> (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous avons traversé le grand pont qui mène à la foire</span> (page 205). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">206</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au dehors, la vie de chaque jour s'étalait, pêle-mêle, à l'orientale</span> (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">207</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni</span> (page 206). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">208</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les rues, les petits marchands étaient innombrables</span> (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">209</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans une rue, c'étaient des coffres de toutes dimensions, peints de couleurs vives</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">210</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Près de l'asile, nous sommes allés au marché aux cloches</span> (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">211</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques étaient pendues</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">211</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans une autre rue, les charrons avaient accumulé leurs roues</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">212</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchés des débarcadères ou des stations</span> (page 215). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">213</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Kreml de Kazan. C'est là que sont les églises et les administrations</span> (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">214</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur la berge, des tarantass étaient rangées</span> (page 216). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">215</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs</span> (page 213). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">216</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À presque toutes les gares il se forme spontanément un petit marché</span> (page 222). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la plaine</span> (page 221). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un petit fumoir, vitré de tous côtés, termine le train</span> (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">218</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les émigrants étaient là, pêle-mêle, parmi leurs misérables bagages</span> (page 226). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">219</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petits garçons du wagon-restaurant s'approvisionnent</span> (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">220</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Émigrants prenant leur maigre repas pendant l'arrêt de leur train</span> (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)
+<span class="ralign">221</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'ameublement du wagon-restaurant était simple, avec un bel air d'aisance</span> (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)
+<span class="ralign">222</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibérien.</span> (Photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">223</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'église, près de la gare de Tchéliabinsk, ne diffère des isbas neuves que par son clocheton</span> (page 225). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">224</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un train de constructeurs était remisé là, avec son wagon-chapelle</span> (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">225</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur la rive droite.</span> (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">226</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagev" name="pagev"></a>(p. v)</span> <span class="smcap">Un point d'émigration</span> (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">227</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants d'émigrants</span> (page 228). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">228</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un petit marché dans une gare du Transsibérien.</span> (Photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isolé</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous sommes passés près d'une église à clochetons verts</span> (page 230). (Photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">230</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk a groupé dans la vallée ses maisons grises et ses toits verts</span> (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)
+<span class="ralign">231</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Après la débâcle de la Tome, près de Tomsk</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">232</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chef de police demande quelques explications sur les passeports</span> (page 232). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">233</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de la Trinité à Tomsk</span> (page 238). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">234</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk: en revenant de l'église</span> (page 234). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">235</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk n'était encore qu'un campement, sur la route de l'émigration</span> (page 231). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">236</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Tomsk, définie seulement par les maisons qui la bordent</span> (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)
+<span class="ralign">237</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les cliniques de l'Université de Tomsk</span> (page 238). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">238</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les longs bâtiments blancs où s'abrite l'Université</span> (page 237). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">239</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La voiture de l'icône stationnait parfois</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">240</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Flâneurs à la gare de Petropavlosk</span> (page 242). (D'après une photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les vallées de l'Oural, habitent encore des Bachkirs</span> (page 245). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un taillis de bouleaux entourait une petite mare.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">242</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rivières roulaient une eau claire</span> (page 244). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">243</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La ligne suit la vallée des rivières</span> (page 243). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">244</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Comme toute l'activité commerciale semble frêle en face des eaux puissantes de la Volga!</span> (page 248.) (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">245</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bachkirs sculpteurs.</span> (D'après une photographie de M. Paul Labbé.)
+<span class="ralign">246</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À la gare de Tchéliabinsk, toujours des émigrants</span> (page 242). (D'après une photographie de M. J. Legras.)
+<span class="ralign">247</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel</span> (page 251). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">248</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Joie naïve de vivre, et mélancolie. &mdash; un petit marché du sud</span> (page 250). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">249</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un russe dans son vêtement d'hiver</span> (page 249). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">250</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans tous les villages russes, une activité humble, pauvre de moyens. &mdash; Marchands de poteries</span> (page 248). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">251</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Là, au passage, un Kirghize sur son petit cheval</span> (page 242). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">252</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. GERSPACH</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse promenade.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte de la cathédrale Saint-Laurent de Lugano</span> (page 256). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de San Salvatore.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">254</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La ville de Lugano descend en amphithéâtre jusqu'aux rives de son lac.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">255</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lugano: faubourg de Castagnola.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">256</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de Saint-Laurent: sa façade est décorée de figures de prophètes et de médaillons d'apôtres</span> (page 256). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">257</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint-Roch: détail de la fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">258</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passion: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260). (Photographie Alinari)
+<span class="ralign">259</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint Sébastien: détail de la grande fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">260</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La madone, l'enfant Jésus et Saint Jean, par Luini, église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">261</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Scène: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260).
+<span class="ralign">262</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">263</span></p>
+
+<p><span class="smcap">lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">264</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ÉMILE DESCHAMPS</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les quais sont animés par la population grouillante des Chinois</span> (page 266). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Acteurs du théâtre chinois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plan de Shanghaï.</span>
+<span class="ralign">266</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Shanghaï est sillonnée de canaux qui, à marée basse, montrent une boue noire et mal odorante.</span> (Photographie de M<sup>lle</sup> Hélène de Harven.)
+<span class="ralign">267</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">268</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la ville chinoise, les «camelots» sont nombreux, qui débitent en plein vent des marchandises ou des légendes extraordinaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">269</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le poste de l'Ouest, un des quatre postes où s'abrite la milice de la Concession française</span> (page 272). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">270</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville chinoise de Shanghaï</span> (page 268).
+<span class="ralign">271</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment l'arrivée du client</span> (page 266). (Photographies de M<sup>lle</sup> H. de Harven.)
+<span class="ralign">271</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une maison de thé dans la cité chinoise.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">272</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les brouettes, qui transportent marchandises ou indigènes, ne peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions</span> (page 270). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">273</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La prison de Shanghaï se présente sous l'aspect d'une grande cage, à forts barreaux de fer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">274</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le parvis des temples dans la cité est toujours un lieu de réunion très fréquenté.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">275</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les murs de la cité chinoise, du côté de la Concession française.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">276</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La navigation des sampans sur le Ouang-Pô.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aiguille de la pagode de Long-Hoa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">278</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle apparence</span> (page 282).
+<span class="ralign">279</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les jeunes Chinois flânent au soleil dans leur Cité.</span> (Photographies de M<sup>lle</sup> H. de Harven.)
+<span class="ralign">279</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur les quais du Yang-King-Pang s'élèvent des bâtiments, banques ou clubs, qui n'ont rien de chinois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">280</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de la Concession française présente, à toute heure du jour, la plus grande animation.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">281</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entrée de la pagode.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">282</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«L'omnibus du pauvre» (wheel-barrow ou brouette) fait du deux à l'heure et coûte quelques centimes seulement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">283</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">284</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai chinois de Tou-Ka-Dou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">285</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagevi" name="pagevi"></a>(p. vi)</span> <span class="smcap">Chinoises de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">286</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Village chinois aux environs de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">287</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le charnier des enfants trouvés</span> (page 280). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">288</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÉDUCATION DES NÈGRES
+AUX ÉTATS-UNIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. BARGY</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">L'école maternelle de Hampton accueille et occupe les négrillons des deux sexes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: cours de travail manuel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Booker T. Washington, le leader de l'éducation des nègres aux États-Unis, fondateur de l'école de Tuskegee, en costume universitaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">290</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de maçonnerie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">291</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de laiterie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">292</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours d'électricité.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">293</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de menuiserie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">294</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le salut au drapeau exécuté par les négrillons de l'Institut Hampton.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">295</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de chimie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">296</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">297</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de cosmographie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">298</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de botanique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">299</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de mécanique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">300</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le Major PERCY MOLESWORTH SYKES</i><br>
+<i>Consul général de S. M. Britannique au Khorassan.</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un poney persan et sa charge ordinaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur, d'Astrabad à Kirman.</span>
+<span class="ralign">302</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes persanes s'enveloppent la tête et le corps d'amples étoffes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">303</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravagé, une rivière presque à sec; au fond, des constructions à l'aspect de fortins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">304</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus visités de l'Asie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">305</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cour principale du sanctuaire de Mechhed.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">306</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants nomades de la Perse orientale.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">307</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">308</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les préparatifs d'un campement dans le désert de Lout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">309</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le désert de Lout n'est surpassé, en aridité, par aucun autre de l'Asie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">310</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Avant d'arriver à Kirman, nous avions à traverser la chaîne de Kouhpaia.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">311</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rien n'égale la désolation du désert de Lout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">312</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La communauté Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous souhaiter la bienvenue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un marchand de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «dôme de Djabalia», ruine des environs de Kirman, ancien sanctuaire ou ancien tombeau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">314</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Kirman: le jardin qui est loué par le Consulat, se trouve à un mille au delà des remparts.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">315</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une avenue dans la partie ouest de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">316</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les gardes indigènes du Consulat anglais de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">317</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La plus ancienne mosquée de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">318</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Membres des cheikhis, secte qui en compte 7&nbsp;000 dans la province de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">319</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix mosquées de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">320</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf, terrain de plaisance occupé par des jardins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">321</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les environs de Kirman comptent quelques maisons de thé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">322</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une «tour de la mort», où les Zoroastriens exposent les cadavres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">323</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">324</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «Farma Farma».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes du bourg d'Aptar, Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte du Makran.</span>
+<span class="ralign">326</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupées autour d'un fort.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">327</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des forts abandonnés rappellent l'ancienne puissance du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">328</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chameliers brahmanes du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">329</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passe de Fanoch, faisant communiquer la vallée du même nom et la vallée de Lachar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">330</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Musiciens ambulants du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">331</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une halte dans les montagnes du Makran.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">332</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Baloutches du district de Sarhad.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">333</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un fortin sur les frontières du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">334</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les montagnes du Makran: À des collines d'argile succèdent de rugueuses chaînes calcaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">335</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bureau du télégraphe sur la côte du Makran.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">336</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oasis de Djalsk, qui s'étend sur 10 kilomètres carrés, est remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme Parsi du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte pour suivre les délimitations de la frontière perso-baloutche.</span>
+<span class="ralign">338</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous campâmes à Fahradj, sur la route de Kouak, dans une palmeraie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">339</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est à Kouak que les commissaires anglais et persans s'étaient donné rendez-vous.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">340</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le sanctuaire de Mahoun, notre première étape sur la route de Kouak.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">341</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cour intérieure du sanctuaire de Mahoun.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">342</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le khan de Kélat et sa cour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">343</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jardins du sanctuaire de Mahoun.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">344</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de Kalagan, près de l'oasis de Djalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">345</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Oasis de Djalsk: Des édifices en briques abritent les tombes d'une race de chefs disparue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">346</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes de l'oasis de Pandjgour, à l'est de Kouak.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">347</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Camp de la commission de délimitation sur la frontière perso-baloutche.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">348</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement de la commission des frontières perso-baloutches.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Parsi de Yezd.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une séance d'arpentage dans le Seistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">350</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagevii" name="pagevii"></a>(p. vii)</span> <span class="smcap">Les commissaires persans de la délimitation des frontières perso-baloutches.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">351</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le delta du Helmand.</span>
+<span class="ralign">352</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sculptures sassanides de Persépolis.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">352</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un gouverneur persan et son état-major.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">353</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passe de Buzi.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">354</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Gypsies du sud-est persan.</span>
+<span class="ralign">355</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur la lagune du Helmand.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">356</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Couple baloutche.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">357</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue de Yezd, par où nous passâmes pour rentrer à Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">358</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La colonne de Nadir s'élève comme un phare dans le désert.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">359</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mosquée de Yezd.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">360</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">AUX RUINES D'ANGKOR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses voûtes un peuple de divinités de pierre....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Emblème décoratif (art khmer).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte d'entrée de la cité royale d'Angkor-Tom, dans la forêt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">362</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ce grand village, c'est Siem-Réap, capitale de la province.</span> (D'après une photographie)
+<span class="ralign">363</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une chaussée de pierre s'avance au milieu des étangs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">364</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la montagne sacrée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">365</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">366</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomètres de tour; c'est un long cloître.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">367</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trois dômes hérissent superbement la masse formidable du temple d'Angkor-Wat.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">367</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bas-relief du temple d'Angkor.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">368</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La forêt a envahi le second étage d'un palais khmer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">369</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le gouverneur réquisitionne pour nous des charrettes à b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">370</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La jonque du deuxième roi, qui a, l'an dernier, succédé à Norodom.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">371</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le palais du roi, à Oudong-la-Superbe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">371</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sculptures de l'art khmer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">372</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">EN ROUMANIE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Th. HEBBELYNCK</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">La petite ville de Petrozeny n'est guère originale; elle a, de plus, un aspect malpropre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysan des environs de Petrozeny et son fils.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte de Roumanie pour suivre l'itinéraire de l'auteur.</span>
+<span class="ralign">374</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vendeuses au marché de Targu-Jiul.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">375</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit à Targu-Jiul.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">376</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est aux environs d'Arad que pour la première fois nous voyons des buffles domestiques.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">377</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Montagnard roumain endimanché.</span> (Cliché Anerlich.)
+<span class="ralign">378</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Derrière une haie de bois blanc s'élève l'habitation modeste.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">379</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous croisons des paysans roumains.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">379</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Costume national de gala, roumain.</span> (Cliché Cavallar.)
+<span class="ralign">380</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont conservé leur type et leurs m&oelig;urs.</span> (Photographie Anerlich.)
+<span class="ralign">381</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un rencontre près de Padavag d'immenses troupeaux de b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">382</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et sévères, sous le linge blanc.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">383</span></p>
+
+<p><span class="smcap">En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">384</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de l'Olt, les «castrinza» des femmes sont décorées de paillettes multicolores.</span>
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le village de Slanic.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Roumaine du défilé de la Tour-Rouge.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">386</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La petite ville d'Horezu est charmante et animée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">387</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La perle de Curtea, c'est cette superbe église blanche, scintillante sous ses coupoles dorées.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">388</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une ferme près du monastère de Bistritza.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">389</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entrée de l'église de Curtea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">390</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les religieuses du monastère d'Horezu portent le même costume que les moines.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">391</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Devant l'entrée de l'église se dresse le baptistère de Curtea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">392</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au marché de Campolung.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">393</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'excursion du défilé de Dimboviciora est le complément obligé d'un séjour à Campolung.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">394</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le défilé de Dimboviciora.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">395</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les jardins du monastère de Curtea.</span>
+<span class="ralign">396</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sinaïa: le château royal, Castel Pelés, sur la montagne du même nom.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un enfant des Carpathes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">398</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure des mines de sel de Slanic.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">399</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entre Campina et Sinaïa la route de voiture est des plus poétiques.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">400</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un coin de Campina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">401</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les villas de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">402</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. &mdash; L'église du Spiritou Nou. &mdash; Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. &mdash; L'église métropolitaine. &mdash; L'Université. &mdash; Le palais Stourdza. &mdash; Un vieux couvent.</span> &mdash; (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">403</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le monastère de Sinaïa se dresse derrière les villas et les hôtels de la ville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">404</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une des deux cours intérieures du monastère de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">405</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une demeure princière de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">406</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Busteni (les villas, l'église), but d'excursion pour les habitants de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">407</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Slanic: un wagon de sel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">408</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">CROQUIS HOLLANDAIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Lud. GEORGES HAMÖN</i><br>
+<i>Photographies de l'auteur.</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">À la kermesse.</span>
+<span class="ralign">409</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.</span>
+<span class="ralign">409</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des «boerin» bien prises en leurs justins marchent en roulant, un joug sur les épaules.</span>
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa demeure de haut en bas.</span>
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Emplettes familiales.</span>
+<span class="ralign">411</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les ménagères sont là, également calmes, lentes, avec leurs grosses jupes.</span>
+<span class="ralign">411</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune métayère de Middelburg.</span>
+<span class="ralign">412</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du marché conduit à un pont.</span>
+<span class="ralign">412</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une mère, songeuse, promenait son petit garçon.</span>
+<span class="ralign">413</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une famille hollandaise au marché de Middelburg.</span>
+<span class="ralign">414</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le marché de Middelburg: considérations sur la grosseur des betteraves.</span>
+<span class="ralign">415</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.</span>
+<span class="ralign">416</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageviii" name="pageviii"></a>(p. viii)</span> <span class="smcap">Un septuagénaire appuyé sur son petit-fils me sourit bonassement.</span>
+<span class="ralign">417</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Roux en le décor roux, l'éclusier fumait sa pipe.</span>
+<span class="ralign">417</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village de Zoutelande.</span>
+<span class="ralign">418</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bâches blanches.</span>
+<span class="ralign">419</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aussi comme on l'aime, ce home.</span>
+<span class="ralign">420</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les filles de l'hôtelier de Wemeldingen.</span>
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il se campe près de son cheval.</span>
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Je rencontre à l'orée du village un couple minuscule.</span>
+<span class="ralign">422</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La campagne hollandaise.</span>
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du «molen».</span>
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par tous les sentiers, des marmots se juchèrent.</span>
+<span class="ralign">424</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le père Kick symbolisait les générations des Néerlandais défunts.</span>
+<span class="ralign">425</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.</span>
+<span class="ralign">426</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'une entonna une chanson.</span>
+<span class="ralign">427</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.</span>
+<span class="ralign">428</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Famille hollandaise en voyage.</span>
+<span class="ralign">429</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ah! les moulins; leur nombre déroute l'esprit.</span>
+<span class="ralign">429</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les chariots enfoncés dans les champs marécageux sont enlevés par de forts chevaux.</span>
+<span class="ralign">430</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La digue de Westkapelle.</span>
+<span class="ralign">431</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les écluses ouvertes.</span>
+<span class="ralign">432</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petits garçons rôdent par bandes, à grand bruit de sabots sonores....</span>
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune mère à Marken.</span>
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des peintres de tous les pays.</span>
+<span class="ralign">434</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Avec leurs figures rondes, épanouies de contentement, les petites filles de Volendam font plaisir à voir.</span>
+<span class="ralign">435</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.</span>
+<span class="ralign">436</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les jeunes filles de Volendam sont coiffées du casque en dentelle, à forme de «salade» renversée.</span>
+<span class="ralign">437</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Deux pêcheurs accroupis au soleil, à Volendam.</span>
+<span class="ralign">438</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une lessive consciencieuse.</span>
+<span class="ralign">439</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.</span>
+<span class="ralign">440</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes de Volendam sont moins claquemurées en leur logis.</span>
+<span class="ralign">441</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vêtu d'un pantalon démesuré, le pêcheur de Volendam a une allure personnelle.</span>
+<span class="ralign">442</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un commencement d'idylle à Marken.</span>
+<span class="ralign">443</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petites filles sont charmantes.</span>
+<span class="ralign">444</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">ABYDOS<br>
+dans les temps anciens et dans les temps modernes<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. E. AMELINEAU</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Le lac sacré d'Osiris, situé au sud-est de son temple, qui a été détruit.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Séti I<sup>er</sup> présentant des offrandes de pain, légumes, etc.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue d'Abydos.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">446</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Maison d'Abydos habitée par l'auteur, pendant les trois premières années.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">447</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le prêtre-roi rendant hommage à Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">448</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Thot présentant le signe de la vie aux narines du roi Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">449</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le dieu Thot purifiant le roi Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris, mur sud).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">450</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure du temple de Ramsès II.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">451</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Séti I<sup>er</sup>.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">451</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple de Séti I<sup>er</sup>, mur est, pris du mur nord. Salle due à Ramsès II.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">452</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple de Séti I<sup>er</sup>, mur est, montrant des scènes diverses du culte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">453</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Table des rois Séti I<sup>er</sup> et Ramsès II, faisant des offrandes aux rois leurs prédécesseurs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">454</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue générale du temple de Séti I<sup>er</sup>, prise de l'entrée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">455</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Procession des victimes amenées au sacrifice (temple de Ramsès II).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">456</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE
+AUX MONTS CÉLESTES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. JULES BROCHEREL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Le bazar de Tackhent s'étale dans un quartier vieux et fétide.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un Kozaque de Djarghess.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire de Tachkent à Prjevalsk.</span>
+<span class="ralign">458</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les marchands de pain de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">459</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">460</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un contrefort montagneux borde la rive droite du «tchou».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">461</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le bazar de Prjevalsk, principale étape des caravaniers de Viernyi et de Kachgar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">462</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Couple russe de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">463</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Arrivée d'une caravane à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">464</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chef des Kirghizes et sa petite famille.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">465</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre djighite, sorte de garde et de policier.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">466</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le monument de Prjevalsky, à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">467</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des têtes humaines, grossièrement sculptées, monuments funéraires des Nestoriens...</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">467</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants kozaques sur des b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">468</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un de nos campements dans la montagne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Montée du col de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">470</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire du voyage aux Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">470</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indigènes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">471</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au sud du col s'élevait une blanche pyramide de glace.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">472</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">473</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le col de Karaguer, vallée de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">474</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur le col de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">475</span></p>
+
+<p><span class="smcap">J'étais enchanté des aptitudes alpinistes de nos coursiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">475</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plateau de Saridjass, peu tourmenté, est pourvu d'une herbe suffisante pour les chevaux.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">476</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous passons à gué le Kizil-Sou.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">477</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama du massif du Khan-Tengri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">478</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entrée de la vallée de Kachkateur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">479</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous baptisâmes Kachkateur-Tao, la pointe de 4&nbsp;250 mètres que nous avions escaladée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">479</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">480</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des Kirghizes d'Oustchiar étaient venus à notre rencontre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghize joueur de flûte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">482</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Région des Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">482</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Kirghizes mènent au village une vie peu occupée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">483</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente glacée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">484</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vallée supérieure d'Inghiltchik.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">485</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageix" name="pageix"></a>(p. ix)</span> <span class="smcap">Vallée de Kaende: l'eau d'un lac s'écoulait au milieu d'une prairie émaillée de fleurs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">486</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangèrent, avec leurs enfants, sur notre passage.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">487</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chirtaï de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">488</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous saluâmes la vallée de Kaende comme un coin de la terre des Alpes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">489</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes mariées de la vallée de Kaende, avec leur progéniture.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">490</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'élément mâle de la colonie vint tout l'après-midi voisiner dans notre campement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">491</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un «aoul» kirghize.</span>
+<span class="ralign">492</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Yeux bridés, pommettes saillantes, nez épaté, les femmes de Kaende sont de vilaines Kirghizes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfant kirghize.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghize dressant un aigle.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">494</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire du voyage aux Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">494</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous rencontrâmes sur la route d'Oustchiar un berger et son troupeau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">495</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'étaient, pour nous recevoir, assemblés sur une éminence.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">496</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le glacier de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">497</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.</span>
+<span class="ralign">498</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">498</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghizes de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">499</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le pic de Kaende s'élève à 6&nbsp;000 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">500</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La fille du chirtaï (chef) de Kaende, fiancée au kaltchè de la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">501</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le kaltchè (chef) de la vallée d'Irtach, l'heureux fiancé de la fille du chirtaï de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">502</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le glacier de Kaende.</span>
+<span class="ralign">503</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">503</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Retour des champs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">504</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes kirghizes de la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un chef de district dans la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une pyramide.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">506</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Célestes, emmenant leur famille avec leurs marchandises.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">507</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Zououka, par où transitent les caravaniers de Viernyi à Kachgar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">508</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du même nom, fréquenté par les nomades qui se rendent à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">509</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chaos des pics dans le Kara-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">510</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Étalon kirghize de la vallée d'Irtach et son cavalier.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">511</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Véhicule kirghize employé dans la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">511</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les roches plissées des environs de Slifkina, sur la route de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">512</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement kirghize, près de Slifkina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">513</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme kirghize tannant une peau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">514</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">515</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tombeau kirghize.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">516</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ARCHIPEL DES FEROÉ<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>lle</sup> ANNA SEE</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">«L'espoir des Feroé» se rendant à l'école.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond d'un petit golfe.</span>
+<span class="ralign">518</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les fermiers de Kirkeb&oelig; en habits de fête.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">519</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les poneys feroïens et leurs caisses à transporter la tourbe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">520</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les dénicheurs d'oiseaux se suspendent à des cordes armées d'un crampon.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">521</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des îlots isolés, des falaises de basalte ruinées par le heurt des vagues.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">522</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont environ 6 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">523</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes feroïennes préparent la laine....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">524</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On sale les morues.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">525</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Feroïen en costume de travail.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">526</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes portent une robe en flanelle tissée avec la
+laine qu'elles ont cardée et filée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">527</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Déjà mélancolique!...</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">528</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">PONDICHÉRY<br>
+chef-lieu de l'Inde française<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. G. VERSCHUUR</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Brahmanes électeurs français.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Musicien indien de Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu compliqué.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">530</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La visite du marché est toujours une distraction utile pour le voyageur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">531</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indienne en costume de fête.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">532</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Brahmanes français.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">533</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La pagode de Villenour, à quelques kilomètres de Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">534</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Intérieur de la pagode de Villenour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">535</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Fontaine aux Bayadères.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">536</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plusieurs rues de Pondichéry sont larges et bien bâties.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">537</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Étang de la pagode de Villenour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">538</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brahmanes français attendant la clientèle dans un bazar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">539</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La statue de Dupleix à Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">540</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">UNE PEUPLADE MALGACHE<br>
+LES TANALA DE L'IKONGO<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les populations souhaitent la bienvenue à l'étranger.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme d'Ankarimbelo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte du pays des Tanala.</span>
+<span class="ralign">542</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes tanala sont sveltes, élancées.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">543</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama de Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">544</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">545</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un partisan tanala tirant à la cible à Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">546</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">547</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les hommes, tous armés de la hache.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">548</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creusé, et recouverts d'un drap.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">549</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le battage du riz.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">550</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagex" name="pagex"></a>(p. x)</span> <span class="smcap">Une halte de partisans dans la forêt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">551</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes des environs de Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">552</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Tanala au repos perdent toute leur élégance naturelle.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une jeune beauté tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste élégant et souple.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">554</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chant du «e manenina», à Iaborano.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">555</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue principale à Sahasinaka.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">556</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse est exécutée par des hommes, quelquefois par des femmes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">557</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un danseur botomaro.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">558</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degré.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">559</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tapant à coups redoublés sur un long bambou, les Tanala en tirent une musique étrange.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">560</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes tanala tissant un lamba.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">561</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village et le fort de Sahasinaka s'élèvent sur les hauteurs qui bordent le Faraony.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">562</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un détachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">563</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Profil et face de femmes tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">564</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RÉGION DU BOU HEDMA<br>
+(sud tunisien)<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Ch. MAUMENÉ</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les murailles de Sfax, véritable décor d'opéra....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Salem, le domestique arabe de l'auteur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte de la région du Bou Hedma (sud tunisien).</span>
+<span class="ralign">566</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">567</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la fièvre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">568</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le cirque du Bou Hedma.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">569</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oued Hadedj sort d'une étroite crevasse de la montagne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">570</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'années.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">571</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un puits dans le défilé de Touninn.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">571</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sédentaires, qui cultivent oliviers et figuiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">572</span></p>
+
+<p><span class="smcap">De temps en temps la forêt de gommiers se révèle par un arbre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">573</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village de Mech; dans l'arrière-plan, le Bou Hedma.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">574</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Khrangat Touninn (défile de Touninn), que traverse le chemin de Bir Saad à Sakket.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">575</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le puits de Bordj Saad.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">576</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">DE TOLÈDE À GRENADE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> JANE DIEULAFOY</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Après avoir croisé des b&oelig;ufs superbes....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme castillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On chemine à travers l'inextricable réseau des ruelles silencieuses.</span> (D après une photographie.)
+<span class="ralign">578</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue du Commerce, à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">579</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un représentant de la foule innombrable des mendiants de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">580</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entrées monumentales d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">581</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte du vieux palais de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">582</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Fière et isolée comme un arc de triomphe, s'élève la merveilleuse Puerta del Sol.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">583</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail de sculpture mudejar dans le Transito.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">584</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">585</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Madrilène.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">586</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte de Visagra, construction massive remontant à l'époque de Charles Quint.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">587</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tympan mudejar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">588</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des familles d'ouvriers ont établi leurs demeures près de murailles solides.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Castillane et Sévillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Isabelle de Portugal, par le Titien (Musée du Prado).</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">590</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le palais de Pierre le Cruel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">591</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue polychrome du prophète Élie, dans l'église de Santo Tomé (auteur inconnu).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">592</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte du palais de Pierre le Cruel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">593</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Portrait d'homme, par le Greco.</span> (Photographie Hauser y Menet, à Madrid.)
+<span class="ralign">594</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de Tolède.</span>
+<span class="ralign">595</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (église Santo Tomé).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">596</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le couvent de Santo Tomé conserve une tour en forme de minaret.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">597</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les évêques Mendoza et Ximénès.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">598</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">599</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Prise de Melilla (cathédrale de Tolède).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">600</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est dans cette pauvre demeure que vécut Cervantès pendant son séjour à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">601</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint François d'Assise, par Alonzo Cano, cathédrale de Tolède.</span>
+<span class="ralign">601</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte des Lions.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">602</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le cloître de San Juan de los Reyes apparaît comme le morceau le plus précieux et le plus fleuri de l'architecture gothique espagnole.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">603</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ornements d'église, à Madrid.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">604</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte due au ciseau de Berruguete, dans le cloître de la cathédrale de Tolède.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">605</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une torea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">606</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure de l'église de San Juan de Los Reyes.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">607</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">608</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte de l'hôpital de Santa Cruz.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">609</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur les bords du Tage.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">610</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Escalier de l'hôpital de Santa Cruz.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">611</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail du plafond de la cathédrale.</span> (D'après une photographie)
+<span class="ralign">612</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont Saint-Martin à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">613</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Guitariste castillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">613</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «Casa consistorial», hôtel de ville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">614</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «patio» des Templiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">615</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille légère.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">616</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un coin de la Mosquée de Cordoue.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">617</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chapelle de San Fernando, de style mudejar, élevée au <span class="pagenum"><a id="pagexi" name="pagexi"></a>(p. xi)</span> centre de la Mosquée de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">618</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La mosquée qui fait la célébrité de Cordoue, avec ses dix-neuf galeries hypostyles, orientées vers la Mecque.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">619</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail de la chapelle de San Fernando.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">620</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue extérieure de la Mosquée de Cordoue, avec l'église catholique élevée en 1523, malgré les protestations des Cordouans.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">621</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue de Gonzalve de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">622</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue de doña Maria Manrique, femme de Gonzalve
+de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">623</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail d'une porte de la mosquée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">624</span></p>
+</div>
+
+
+<p class="p4"><a id="footnote1" name="footnote1"></a>
+<b>Note 1:</b> <i>Suite. Voyez page <a href="#page061">61</a>.</i><a href="#footnotetag1"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote2" name="footnote2"></a>
+<b>Note 2:</b> <i>Suite. Voyez pages <a href="#page061">61</a> et <a href="#page073">73</a>.</i><a href="#footnotetag2"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote3" name="footnote3"></a>
+<b>Note 3:</b> Il m'a été donné d'observer très fréquemment dans la forêt,
+surtout aux environs de Adokoï, Mopé, l'affection déjà signalée sous le
+nom de «goundou ou anakhré», par le D<sup>r</sup> Maclaud. Le malade qui en est
+atteint présente une tumeur osseuse de chaque côté de la racine du nez;
+cette tumeur, augmentant peu à peu de volume, en arrive à obstruer
+quelquefois la vision. L'origine et la cause de cette affection sont
+encore inconnues des indigènes, qui ne paraissent pas la redouter et se
+contentent d'en rire.<a href="#footnotetag3"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote4" name="footnote4"></a>
+<b>Note 4:</b> Je ne puis cependant oublier les bons soins de M. Vaillant,
+constructeur et directeur du warf de Grand-Bassam, qui fut toujours pour
+moi un excellent ami.<a href="#footnotetag4"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Côte d'Ivoire, by Various
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+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
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+approach us with offers to donate.
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+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
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+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
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+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
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+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
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+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
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+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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