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| author | Roger Frank <rfrank@pglaf.org> | 2025-10-15 04:50:37 -0700 |
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This file was +produced from images generously made available by the +Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) + + + + + + + + + + ANTIQUITÉS D'HERCULANUM + + GRAVÉES + PAR TH. PIROLI + + AVEC + UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUDÉ; + + ET PUBLIÉES + PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES. + + + TOME IV. + + BRONZES. + + + +A PARIS + + {PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354; +CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, maison + {Abbatiale Saint-Germain-des-Prés, n°. 1121. + + + AN XIII. = 1805. + + + + +AVERTISSEMENT. + + +Nous suivons, dans cette Édition, la classification adoptée par les +Académiciens d'Herculanum. La peinture a occupé trois volumes; deux +volumes renfermeront ce que la Statuaire a vu ressusciter des fouilles +de la Campanie, c'est-à-dire, les Bronzes, Bas-reliefs, Bustes +et Statues; car, selon Pline, cette dénomination s'applique +particulièrement à l'art de jeter en bronze, et les productions du +ciseau appartiennent à la sculpture. La rareté des bronzes a fait +compter pour une richesse précieuse, ceux qui ont été recueillis dans +ces villes antiques et souterraines. Si l'on trouve dans ces ouvrages +moins de recherche que dans les productions du pinceau, ils offrent +peut-être plus de finesse, plus de sentiment, un goût plus épuré, et +surtout à un degré plus sensible, cette vive empreinte qui décèle le +génie et la science profonde de l'artiste. Cette collection se rend +également intéressante, sous le rapport de l'art et de l'histoire civile +et religieuse. + +Pour ne point interrompre la suite des Bustes et des Statues, nous les +ferons précéder de quelques Bas-reliefs, qui ne sont point en assez +grand nombre pour former une série particulière: les Bas-reliefs +avec les Bustes formeront le premier volume; le second renfermera les +Statues. + + + +PLANCHE I. +(_P. 257, t. V de l'Edition royale._) + + +Tout concourt à donner un grand prix à ce bas-relief; la matière, +le travail, la variété des objets, la beauté de la composition, +l'expression des figures et le choix du sujet. La plaque est d'argent, +en forme de bouclier, avec un crochet au revers pour la suspendre: +c'était sur des boucliers semblables que les anciens faisaient +représenter les images et les actions de leurs ancêtres. La mort de +Cléopâtre parait faire le sujet de cette composition, toute pittoresque. +Cette reine infortunée, dont la beauté n'a pu désarmer son vainqueur, +a fait couler la mort dans ses veines. Ses derniers soupirs sont encore +pour l'amant qu'elle a perdu; assise, affaissée par l'effet du poison, +la tête penchée sur l'épaule, les yeux mourans, elle expire dans les +bras de l'une de ses fidelles esclaves; c'est Carmione, la plus âgée, +elle qui prit soin de l'étendre sur le lit royal, parée d'habits +somptueux, et qui la suivit chez les morts après avoir rempli ces +derniers devoirs. Debout, considérant sa maîtresse dans l'attitude de +la douleur, est la jeune Irais, qui la suivit la première. Un Amour, +accablé de tristesse, est appuyé sur les genoux de la reine, et déplore +sa fin malheureuse. C'est ainsi que nous avons vu ce même Dieu pleurant +l'infortune d'Ariadne (_Peint. t. II, pl. XV_) et éteignant son +flambeau devant Narcisse (_Id. t. III, pl. XLVI et XLVII_). Aux pieds de +Cléopâtre est le panier de figues renversé, sensible allusion au récit +de Plutarque. Les accessoires représentent l'intérieur d'un appartement; +c'est ce que désignent le lit, dont on voit une partie, la draperie +tendue (_aulœa_) et la petite statue élevée sur une colonne tronquée. +La pomme, le vase, la guirlande de myrte et les deux colombes, désignent +clairement Vénus dans cette image. Malgré l'heureuse application que +l'on peut faire à la mort de Cléopâtre, de plusieurs traits de notre +bas-relief, l'explication n'en est pas pleinement satisfaisante; M. +Visconti pense que ce sujet appartient à la Mythologie; la figure +allégorique de l'Amour ou de Cupidon, ne paraît pas convenir une +histoire; la statue de Vénus et l'offrande des colombes, ne paraissent +pas convenir à celle de Cléopâtre: il croit donc que le sujet est Phèdre +avec la nourrice, comme sur plusieurs bas-reliefs où l'on voit de même +la figure de Cupidon; ses offrandes n'ont pu lui rendre Vénus favorable, +et le panier renversé indique qu'elle veut se laisser mourir de faim. + +Diamètre, 5 pouces 8 lignes. + + + +PLANCHE II. +(_P. 261, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce bas-relief, sur une lame d'argent, est d'un bon travail; on y voit +un Satyre aux longues cornes, ceint de la nébride, faisant une offrande +devant un Hermès, posé sur un autel rustique. Il est assis, attitude qui +convient à une cérémonie religieuse, et joue d'une lyre à sept cordes: +quoiqu'il soit rare de voir les Satyres avec la lyre, on les retrouve +cependant dans plusieurs monumens, avec cet instrument qui n'est point +étranger aux suivans de Bacchus. L'Hermès barbu, et ayant les cheveux +roulés autour de la tête, pourrait représenter Bacchus Indien; mais +l'objet du sacrifice semble désigner une divinité champêtre d'un ordre +inférieur, peut-être Sylvain, souvent représenté sous la forme d'un +Hermès. L'autel est ceint d'une guirlande; contre l'arbre est posé un +_pedum_, ou plutôt le bâton de chasseur, dit _lagobolos_ parce qu'il +servait à assommer les lièvres; sur l'autel est une coupe, qu'on peut +supposer pleine de lait; aux branches de l'arbre est suspendue une peau +d'animal, dont les oreilles allongées semblent être celles d'un lièvre; +on voit encore sur la pierre où le Satyre est assis, la peau d'un animal +sauvage, tel qu'un tigre ou une panthère. Ce Satyre paraît donc offrir à +la divinité un sacrifice en reconnaissance d'une heureuse chasse, et de +la fécondité des troupeaux. + +Il paraît probable que ces petits bas-reliefs en argent, et quelquefois +en bronze, de forme ronde, ont servi de fonds à des miroirs métalliques. +Le Musée Napoléon en possède un en bronze doré, trouvé dans un tombeau, +avec le miroir rond métallique. + +Trouvé à _Portici_, et gravé de la grandeur de l'original. + + + +PLANCHE III. +(_P. 263, t. V de l'Edition royale._) + + +Ces trois Fortunes, relevées en bosse sur argent, sont parfaitement +semblables entre elles, et ont les mêmes attributs. Cette réunion +des trois figures rappelle qu'il y avait à Rome un temple aux trois +Destinées (_tria fata_) qu'on révérait, comme on faisait trois Parques +et trois Grâces, divinités qui se confondent dans l'antiquité reculée. +Le boisseau sur la tête de la Fortune, comme sur celles d'Isis et de +Sérapis, est l'emblême de l'abondance; cet emblême se retrouve encore +avec plus d'extension dans la corne d'Amalthée. Le timon désigne la part +que prend la Fortune dans le gouvernement des empires et des affaires +humaines; le croissant et l'étoile expriment sa domination sur tout +l'univers, et peut-être ces signes, qui accompagnent presque toujours +la déesse, expriment-ils l'opinion de quelques philosophes, qui +attribuaient à l'influence des corps célestes, et surtout de la lune, +tous les événemens heureux et malheureux. Chaque figure est encâdrée +dans le frontispice d'un petit temple; dans le fronton de celui du +milieu, on voit une partie du Capricorne, signe qui se retrouve dans +les médailles comme horoscope, avec les autres emblêmes _de la fortune +d'Auguste_, et qui semblerait désigner ici particulièrement la fortune +de ce prince. + +Trouvées à _Civita_, et gravées de la grandeur de l'original. + + + +PLANCHE IV +(_P. 264, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce petit bronze, d'un travail délicat, est plaqué d'argent dans les +reliefs; il représente Esculape avec sa fille Hygie ou _Salus_, déesse +de la santé. On reconnaît facilement le dieu à sa barbe, à ses cheveux, +et a la verge entourée d'un serpent. Sa compagne porte pour attribut la +tasse sacrée, d'où l'on voit sortir un serpent, particularité qui donne +beaucoup de prix à ce petit monument. La déesse tient aussi dans sa +main une petite branche qui n'a point été observée par les Académiciens +d'Herculanum, et que l'on peut croire être la panacée. Les figures +posent sur un autel, et sont encâdrées par un ornement de feuilles de +laurier et de festons. Le laurier était consacré aux trois divinités qui +présidaient à la médecine, Esculape, Hygie et Telesphore: on attribuait +aux feuilles de cet arbre une vertu extraordinaire; on l'employait dans +les triomphes pour purifier les soldats du sang versé dans les combats; +on s'en servait dans les lustrations; on disait de celui qui était +rassuré contre les dangers, qu'il portait un bâton de laurier. Dans les +Hiéroglyphes, le symbole d'une guérison miraculeuse était une colombe +qui tenait dans son bec une branche de laurier. L'usage de consacrer des +tablettes de métal et de marbre pour solution d'un vœu à une +divinité dont on croyait avoir obtenu quelque grace ou faveur, était +très-répandu, et l'on peut regarder celle-ci comme l'une de ces +représentations votives. Trouvé à _Portici_, et gravé de la grandeur de +l'original. + + + +PLANCHE V. +(_Préface de l'Edition originale, page 37._) + + +La main votive dont nous donnons ici la figure sous un double aspect, +se rend, par la multiplicité des symboles, plus curieuse que celles déjà +connues. Comme dans les autres, les trois premiers doigts sont ouverts, +et les deux derniers fermés. On remarque près de la base, dans une +cavité, une femme avec un petit enfant; il semble que le sujet du +vœu soit exprimé par ces figures, et qu'il se rapporte à un heureux +accouchement. L'homme assis, les pieds posés sur une tête de bélier, +tenant élevé l'index de chaque main, revêtu du costume phrygien ou +persan, habit que les anciens ont donné, par convention, à tous les +Orientaux, paraît être ici, sous la figure d'un ministre ou d'un +prophête, le symbole du culte mithriaque. Le serpent, la grenouille, le +lézard, la balance, la fleur, le fouet, le _tympanum_, le sistre, les +cymbales, etc. font allusion aux Divinités révérées par l'auteur de +l'offrande, ou à sa croyance religieuse, Il serait difficile de tirer +un sens clair et précis de ces sortes d'énigmes, qui, peut-être, n'en +avaient pas un bien formé pour ceux même qui les inventaient; on peut +les regarder comme les rêves d'esprits blessés par la superstition, +ou exaltés par une pieuse reconnaissance, qui voulaient remercier ou +appaiser tous les Dieux qu'ils avaient implorés, ou dont ils craignaient +le courroux. Aussi n'a-t-on réuni, dans l'explication de ces sortes de +monumens, que des conjectures qui semblent se combattre comme les idées +superstitieuses qui les ont produits. Le lecteur curieux pourra recourir +aux auteurs qui en ont parlé; Lorenzo Pignorio, Tommassini, Delachausse, +Gori, Montfaucon, Caylus, etc. Les Antiquaires donnent à ces +mains votives le nom de _Mains de bronze_ ou de _Mains Panthées_, +c'est-à-dire, consacrées à tous les Dieux. + +Celle-ci fut trouvée dans les fouilles de Résine, en 1746. + +Hauteur, 6 pouces. + + + +PLANCHE VI. +(_P. 1re, t. V de l'Edition royale._) + +Chez tous les peuples, nous voyons la religion s'envelopper de mystères; +parmi les anciens Grecs et Romains, l'idée d'un Être suprême, seul +moteur de toutes les causes et régulateur de l'univers, était, pour +ainsi-dire, le secret des philosophes, et cette grande vérité paraissait +trop sublime pour être communiquée au vulgaire grossier, dont la +superstition se nourrissait de toutes les erreurs du polythéisme. On en +retrouve les traces plus ou moins développées dans leurs écrits; mais +c'est sur-tout dans les monumens que les opinions religieuses se cachent +sous les symboles. Le bronze que nous avons sous les yeux, semblerait +appartenir à ces sortes de monumens mystérieux; il représente un +Croissant, surmonté de deux petits bustes, avec l'aigle portant la +foudre au milieu; cet aigle annonce, dans les médailles et dans les +pierres gravées, la présence invisible du grand Jupiter. La tête de +Diane, de Proserpine ou d'Isis au milieu du croissant, annonce la +puissance de la Divinité manifestée dans cet astre. Ici le symbole de +Jupiter semble le montrer comme le régulateur des temps figurés dans +les têtes du Soleil et de la Lune, qui, en séparant le jour et la nuit, +forment le mois exprimé par le croissant. Les mutations constantes de +la Lune ont été les premières observées, et le cours de cet astre est +la mesure la plus sensible et la plus antique qui ait servi à diviser +l'année. «Le mouvement perpétuel du Soleil, dit le poète Aristide (_Hym. +in Jov. p._ 13) au-dessus et au-dessous de la terre, est le commandement +donné par Jupiter au Soleil, d'éclairer tout le monde; et les cours de +la Lune et les révolutions de toutes les étoiles, sont une disposition +de Jupiter». Ce passage s'applique merveilleusement à notre bronze, et +pourrait aussi aider à l'explication d'autres monumens, où l'on voit la +tête même de Jupiter avec le croissant. C'est aussi comme régulateur +des jours et des nuits, que Jupiter recevait chez les Romains le nom de +_Lucetius_ et de _Diespiter_ (_Diei pater_); cependant, en adoptant +une explication plus simple, et qui a été appliquée avec autorité des +monumens du même genre, on pourrait voir, dans notre bronze, l'apothéose +de deux personnages révérés, ou un hommage votif pour la naissance de +deux jumeaux, ou peut-être encore le symbole de Jupiter, d'Hécate, ou de +Castor et Pollux. + +Sur la même planche, on voit un buste de Pallas, avec le casque et +l'égide, et une femme aîlée qui peut représenter une Victoire. + + + +PLANCHE VII +(_ P. 2 et 3, t. V de l'Edition royale._) + + +Le premier de ces quatre bustes appartient Jupiter. On reconnaît le père +et le maître des Dieux, à son épaisse chevelure, à sa barbe touffue, au +diadême qu'il porte, et mieux encore à ce visage majestueux, conforme à +l'idée qu'en ont laissée les poètes et les anciens artistes. Ce bronze +ressemble au fameux buste du capitole, et nous ferons remarquer ici, +d'après l'observation du savant éditeur de ce Musée (_Mus. cap. t. II_), +quel soin, quelle exactitude apportaient les anciens, non-seulement +à retracer les véritables images des hommes illustres, mais encore à +conserver dans les têtes de leurs Dieux et des héros, une ressemblance +souvent idéale, mais consacrée par la description des poètes, ou par +les premières images que l'art avait produites. Il y avait, dans cette +attention, un certain principe de religion qui conserva long-temps ce +sentiment du vrai beau, d'où l'esprit de l'homme, après l'avoir trouvé, +ne tend que trop, par l'effet de son inconstance naturelle, à s'écarter; +on connaît ce passage d'Homère (_Il. a. v. 528_): «Le fils de Saturne +abaissa ses noirs sourcils, les cheveux vénérables du roi s'agitèrent +sur sa tête immortelle, et il fit trembler le vaste olympe». C'est +d'après cette description, a remarqué un ancien, qu'Euphranor forma, +avec son pinceau, l'image de Jupiter, et que Phidias la jeta en bronze. +«Nous connaissons la face des Dieux, dit Cicéron (_de N. D. I. 30_), +comme l'ont voulu les peintres et les modeleurs, et non-seulement leur +visage, mais encore leurs ornemens, leur âge, leurs vêtemens; ainsi l'on +peut dire que Jupiter est barbu, qu'Apollon est imberbe, que Minerve +a les yeux bleus, et Neptune, verdâtres». Des idées ainsi consacrées +s'établissent, avec le temps, comme la vérité même. + +Le second buste est celui de Junon, qu'on reconnaît à sa couronne +radiée, et au voile qui couvre sa poitrine. + +Dans le troisième, on voit un Hercule, distingué par la couronne +de peuplier, attachée avec une bandelette ou diadême, sorte de +consécration, et dont les traits se rapportent aux portraits connus. + +Dans le quatrième, est figurée une Diane, dont les cheveux tressés sans +ornement étranger, viennent former sur sa tête deux crochets allusifs au +croissant; elle porte le carquois et une peau de chèvre ou l'égide. + +FIG. supérieure.--Hauteur, environ 3 p°. 4 lig. +FIG. inférieure.--Hauteur, environ 4 p°. + + + +PLANCHE VIII. +(_P. 3 et 4, t. V de l'Edition royale._) + + +Il serait difficile de fixer le caractère de ce premier buste; c'est un +fragment d'une statue entière. La coiffe et le diadême peuvent désigner +une Junon, une Vesta ou une Diane. Le buste casqué représente le dieu +Mars sans barbe, comme ce Dieu est représenté le plus souvent. Le +troisième buste représente un suivant de Bacchus, couronné de feuilles +de lierre et de corymbes; sa barbe épaisse, la nébride qu'il porte en +écharpe, et son âge, qui est celui de la vigueur, indiquent un Faune +ou Satyre d'un âge mûr: les Grecs les appelaient du nom commun de +_Silènes_. La figure du quatrième buste est moins équivoque; elle +appartient à Silène, le nourricier de Bacchus; le front chauve, +l'enfoncement du front à la naissance du nez, l'enchâssement exhorbitant +de la prunelle, sa barbe descendant en touffes régulières et longues, +tous ces traits sont dans le caractère; la bandelette lui convient +aussi, comme prêtre et ministre de Bacchus: tel était le Silène que +Bacchus enfant lutinait dans ses jeux. Le Dieu arrache, en badinant, +les poils qui hérissent la poitrine de Silène, ou lui pince ses oreilles +pointues; il lui claque sa tête chauve et son court menton, et de son +pouce délicat lui presse ses narines de singe (_Nemesianus, Ecl. III, +31_). + + + +PLANCHE IX. +(_P. 5 et 6, t. V de l'Edition royale_.) + + +Au premier coup-d'œil, on croirait reconnaître un Faune dans ce buste; +mais, avec un peu d'attention, on remarquera que, dans cette nature +mixte, tout ce gui n'appartient point à la nature humaine a un rapport +évident avec les formes d'un taureau, et nullement avec celles d'un +chevreau ou d'un bouc. Une expression divine, quoique féroce, répandue +sur cette figure, et tous les traits qui la caractérisent, doivent +s'appliquer à Bacchus lui-même. Mais alors c'est Bacchus _Sabazius_, le +fils de Jupiter et de Proserpine, proprement dit _Zagreus_, ce Bacchus +tué par les Titans, et qui cependant reparut depuis sous différentes +formes. Ce n'est plus ce Bacchus dont la beauté est celle d'une tendre +Vierge; c'est celui dont Athénée a conservé le portrait (_II, 1, p. 35_) +«adolescent, indompté, ayant l'aspect d'un taureau; jeune et non jeune». +Euripide voulant représenter Bacchus courroucé, le fait aussi paraître +avec la figure d'un taureau; c'est le caractère qu'on peut saisir dans +le regard, dans les lèvres épaisses, dans les traits ramassés, dans la +touffe de poil naissante sur le front et dans l'oreille extraordinaire +de la figure. Les cornes et le serpent appartiennent particulièrement +à ce Dieu, qui semble offrir le symbole d'une ivresse immodérée et +furieuse. + +Les formes grasses et potelées, les cheveux longs du second buste, +semblent désigner une femme; le caractère de la figure appartient à +l'espèce des Faunes; la couronne de lierre avec les corymbes la classe +évidemment parmi les suivans de Bacchus; la grenade qu'elle porte à la +main rend ce bronze rare et précieux. Quoique ce fruit soit compté au +nombre des objets contenus dans la ciste mystique, il n'a point encore +été remarqué sur aucun des monumens relatifs aux mystères. Suivant un +ancien Mythe, la grenade naquit du sang de Bacchus _Zagréus_, mis en +pièces par les Titans, et il était défendu d'en manger les fruits dans +les fêtes de Cérès. + +CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 7 p°. 9 lig. + + + +PLANCHE X. +(_P. 7, t. V de l'Edition royale_.) + + +L'expression riante et animée de cette figure, et ses attributs, +appartiennent clairement à Bacchus; ses cheveux touffus sont tressés +avec des branches de lierre garnies de corymbes, et un large diadême +dont les bandes retombant par devant, semblent en faire partie; le bras +resserré dans l'une de ces bandes, peut être l'emblême de l'enchaînement +des forces par l'ivresse. Mais ce que cette figure a plus de +remarquable, ce sont les aîles qu'on lui voit très-rarement. «Les +Amycléens, dit Pausanias (_III, 19_) adoraient spécialement Bacchus, +auquel ils donnaient, autant qu'il me semble, le surnom de _Psylas_; +les Doriens appellent les aîles de ce nom _Psylas_, le vin soulève les +hommes et rend l'esprit léger, comme les aîles portent les oiseaux». Ce +passage qu'on a cité en faveur de ce bronze, donne plutôt l'explication +du sens moral que peuvent offrir à l'esprit les aîles ajoutées à +Bacchus, comme symboles, qu'il ne prouve que le Dieu ait été adoré +sous la forme aîlée; nous remarquerons seulement que ces figures aîlées +doivent, en général, être plutôt considérées comme les génies des Dieux, +que comme les divinités mêmes. Parmi les génies de Bacchus, l'ancienne +Mythologie a fait une mention distinguée d'_Acratus_: son nom signifie +_Merum_, ou le vin sans mélange d'eau; c'est le génie de l'ivresse. + +Hauteur, 10 p°. + + + +PLANCHE XI. +(_P. 8, t. V de l'Edition royale_.) + + +Le diadême, les corymbes de lierre, le voile qui couvrent la tête de +cette figure, indiquent, selon les Académiciens d'Herculanum, un prêtre +de Bacchus; les prêtres sacrifiaient aux dieux la tête voilée, usage +venu à Rome de la Phrygie. Les ministres du culte affectaient aussi dans +leur costume d'imiter leurs divinités, et cette coiffure, _mitra_, +dont Bacchus était l'inventeur, lui avait fait donner le surnom de +_mitrophore_; le geste expressif de l'index élevé, est, sans-doute, +relatif aux mystères; on a cité à ce propos ce vers d'Orphée: «Jupiter, +Pluton, le Soleil et Bacchus ne sont qu'un seul»: comme si tous ces +Dieux se trouvaient réunis dans Bacchus. C'est pour cela qu'il a été +considéré comme le Dieu universel, et qu'il a été appelé _Panthée +(Auson. ép. 29 et 30)_. Cependant les accessoires qui peuvent déterminer +le caractère de ce buste, servent à M. Visconti pour appuyer une opinion +différente; c'est Hercule, habillé en femme, à la cour d'Omphale, et +célébrant, avec la reine de Lydie, les fêtes de Bacchus. La célèbre +pierre gravée, du cabinet d'Orléans, où Hercule jeune paraît voilé +jusqu'au menton, de la même manière, rend cette opinion presque +démontrée. + +Hauteur, 8 p°. + + + +PLANCHE XII. +(_P. 9 et 10, t. V de l'Edition royale_.) + + +La figure du premier buste est couronnée de feuilles, de corymbes de +lierre et de grappes de raisin; dans un pan de sa draperie, elle porte +des raisins et des figues, et de la main droite elle penche un vase +sur les fruits, comme si elle les arrosait. L'expression gracieuse +et délicate de la tête, la jeunesse dont elle brille, conviennent à +Bacchus, qui partage avec Apollon le don d'une beauté toujours nouvelle; +mais les fibules qui attachent la draperie sur les bras, portent à +croire que c'est une nymphe, l'une des nourrices ou compagnes du Dieu, +et qui tempère sagement la force de ces fruits par le mélange de +l'eau; ce mélange était sacré chez les peuples polis de la Grèce; +il n'appartenait qu'aux barbares de boire le vin pur, et c'est ce +qu'Anacréon appelle _boire à la scythique_. De-là, peut-être, cette +différence du Bacchus sauvage et furieux dont nous avons parlé +précédemment (_pl. IX_), et du Bacchus vainqueur et législateur des +peuples de l'Orient, portant dans sa beauté immortelle le caractère +d'une divinité bienfaisante. La proportion du mélange était +ordinairement de trois parties d'eau sur deux de vin, et les plus sobres +suivaient celle de cinq à deux. + +Le style du second buste peut le faire croire de travail étrusque, ou, +pour s'exprimer avec plus de justesse, d'ancien style grec; les lignes +droites, l'adhérence des membres au corps qui en font le caractère, +attestent la jeunesse de l'art; les Etrusques reçurent, à une époque +très-reculée, les arts de la Grèce, ils conservèrent long-temps, avec +une espèce de religion, ce même style, sans le changer ni l'améliorer. +Comme imitateurs, ils eurent dans l'exécution quelque chose de plus +lourd, et qui distingue encore aux yeux exercés, leurs ouvrages de ceux +de leurs premiers maîtres. La figure est une Pomone, qu'on reconnaît +aux différens fruits qu'elle porte dans son giron; elle est coiffée d'un +voile, posé sur une élévation formée par les cheveux sur le front. C'est +cette élévation qu'on nomme _tutulus_, et qui se rencontre souvent dans +les figures dites étrusques. Le collier, orné de bulles, est aussi un +ornement étrusque; ce collier et les yeux sont en argent. + +CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 6 p°. + + + +PLANCHE XIII. +(_P. 11, 12, t. V de l'Edition royale_.) + + +Ce buste précieux porte le nom du personnage célèbre qu'il représente, +du prince des orateurs. _Démosthène_ naquit à Athènes, environ trois +siècles avant celui d'Auguste. L'amour de la patrie arma son éloquence +contre les rois de Macédoine. Après une vie agitée, forcé, par la fureur +d'Antipâtre, de chercher un asyle dans une terre étrangère, il n'en +trouva plus que dans la mort même, et prit du poison dans l'île de +Calaurie, l'an III de la 114e olympiade (le 16 octobre, 122 ans avant +l'ère chrétienne). «Voilà, dit Pausanias (l. VIII) où cet amour extrême +de Démosthène pour les Athéniens, le conduisit; et il me semble qu'on a +dit avec raison, qu'un homme trop dévoué à l'intérêt public, et qui +se fie trop à la faveur populaire, meurt bien rarement tranquille». Ce +buste fut découvert, en 1753, dans les fouilles de Résine, dans le +même édifice où l'on trouva les _Papyrus_ et la plus grande partie des +bustes. A cette époque, on ne connaissait point de portrait authentique +du célèbre orateur. Un marbre trouvé à Tarragon, cité par Fabri (_Ill. +imag. n°. 55_) et par Bellori (_Ill. rhét. n°. 79_), portait le nom de +_Démosthène_; mais la jeunesse et la privation de la barbe semblaient +indiquer, dans cette tête, un autre Démosthène, peut-être le fils +d'Alcisthène, capitaine des Athéniens, commandant une flotte au siége +de Syracuse, où il perdit la vie, selon Thucydide (_l. III, p. 9l_) et +autres historiens. On a remarqué que, dans l'inscription, la forme de +l'_epsilon_ et du _sigma_ répondait à celle du temps d'Auguste. Si +ce n'est point un signe assez certain pour fixer l'âge de ce bronze, +l'excellence du travail ne l'en place pas moins aux beaux temps de +l'art. + +Hauteur, 6 p°. 3 lig. + + + +PLANCHE XIV. +(_P. 13, 14, t. V de l'Edition royale._) + + +La ressemblance qu'on saisit entre ce buste et le précédent, peut y +faire reconnaître le même personnage, _Démosthène_. Plus grand, mieux +conservé, on remarque dans les traits plus de jeunesse et une expression +plus vive; mais, dans tous les deux, on trouve ce trait caractéristique +qui rappelle cette difficulté dans l'articulation, vaincue par la +constance de l'orateur, la lèvre inférieure très-mince, et comme +attachée aux dents. Plutarque, dans la vie de Démosthène (_l. II, p. +847_) fait mention de deux statues, qu'on voyait à Athènes en deux lieux +différens. On lisait au bas de la statue de bronze, cette inscription, +posée par les Athéniens: «Si la valeur de Démosthène eût égalé son +éloquence, la Grèce ne serait point encore vaincue ni asservie au +Macédonien. Sa statue, ajoute-t-il, est placée près le _Perischœnasma_ +(ou enceinte de cordes) à l'autel des douze Dieux: c'est l'ouvrage de +Polyeucte. Par la suite, et après sa mort, les Athéniens lui érigèrent +une statue dans le _Forum_, sous l'archonte Gorgias». On pourrait croire +que, entre ces deux statues, il existait la même différence que l'on +remarque dans nos deux bustes. Dans le premier, Démosthène est calme et +serein, tel sans-doute qu'il parut après avoir pris le poison, ainsi +que le décrit Lucien, intrépide et riant. Dans celui-ci, c'est l'orateur +foudroyant, tel que le peint une épigramme de l'Anthologie (_V. 3._) +d'après une statue de bronze: «Mais il n'était point tranquille; +enveloppé dans de grandes pensées, il roulait dans son esprit de +profonds desseins; tel il s'élevait en fureur contre les Macédoniens. +Certes, cette image morte semblait lancer de ses lèvres les paroles +ardentes; mais l'art l'en empêchait, l'art qui l'avait enchaîné dans le +bronze le forçait à se taire». + +Hauteur, 11 p°. + + + +PLANCHE XV. +(_P. 15, 16 de l'Edition royale_.) + + +Le nom de _Zénon_ se fait lire sur la base de ce buste; mais +l'inscription ne suffit pas pour désigner clairement le personnage. +Diogène Laërce nomme huit Zénon; d'autres en comptent jusqu'à quinze. +Les plus célèbres sont Zénon d'Elée et Zénon de _Cittium_, petite ville +de l'île de Chypre; le premier dialecticien subtil passe pour fils ou +pour disciple de Parménide, et pour maître de Périclès; en parlant de +ce philosophe, Platon dit qu'il était de l'âge d'environ quarante +ans, d'une taille élevée, et d'une figure agréable. Le second, chef et +fondateur de la secte des Stoïciens, était, suivant le portrait qu'en +donne Laërce (_liv. VII_) petit, très-brun, faible, délicat et maigre, +ayant les jambes grosses, et le cou penché d'un côté; du reste, l'air +sombre, dur et amer. Les Athéniens, l'honorèrent pour son savoir et +sa probité; ils lui confiaient la garde des clés de la ville; ils lui +décernèrent une couronne d'or et une statue de bronze. Ses compatriotes +lui rendirent le même honneur, pensant que l'image d'un tel homme était +l'ornement de leur cité; et cette statue, respectée par Caton, seule, ne +fut point vendue dans la confiscation du royaume de Chypre (_D. Laërce, +VII, 6, Pline, XXXIV, 8._) Zénon de _Cittium_ ne commença à s'appliquer +la philosophie qu'à l'âge de trente ans, il suivit pendant plus de +vingt ans Cratès, Stilpon et Xénocrate; il est probable qu'il était +sexagénaire quand il ouvrit son école au portique. Il mourut âgé de 98 +ans; d'où il suit que ses portraits doivent porter l'empreinte d'une +vieillesse très-avancée. Il ne paraît point que notre bronze réponde à +l'idée qu'on doit se faire de ces deux personnages; les monumens connus +sous le nom de _Zénon_, n'offrent pas de point de comparaison assez +frappant, pour fixer ici l'incertitude. Trouvé dans la maison d'un +Epicurien, ce buste semblerait être celui de l'un des Zénon de cette +secte. L'un des plus illustres philosophes qui lui appartinrent, fut +Zénon le Sidonien, le huitième nommé par Laërce (_VII, 35_) disciple +d'Apollodore; il se distingua par la clarté de ses pensées et de ses +discours, et laissa beaucoup d'écrits (_id. X, 25_). Cicéron parle aussi +d'un Zénon qu'il entendait souvent à Athènes, «Notre Philon, dit-il, +avait coutume de l'appeler le coryphée des Epicuriens (_De N. D. I. +21_)». On sait que l'école d'Épicure était suivie des personnages les +plus distingués du siècle d'Auguste; et les sectateurs se faisaient, +sans-doute, un honneur de posséder les images de leurs maîtres. + +Hauteur, 6 p°. 3 lig. + + + +PLANCHE XVI. +(_P. 17, 18, t. V de l'Edition royale_.) + + +Le successeur d'Épicure, _Hermarque_, revit dans ce buste précieux; nous +y trouvons non-seulement les traits de cet illustre philosophe, mais +encore son véritable nom, qui paraît avoir été altéré par les auteurs +grecs et latins, qui, en le nommant, ont supprimé la lettre _r_. +L'inscription du bronze fait une autorité victorieusement confirmée par +un _Papyrus_ trouvé dans le même lieu, et dans lequel on lit le nom +du philosophe écrit de la même manière. Diogène Laërce a conservé le +testament d'Épicure, qui légua à son ami son jardin, ses livres et son +école.... «A condition, dit-il, qu'ils assigneront (il parle de ses +héritiers) le jardin et tout ce qui en dépend, à Hermaque (on trouve +par-tout le nom ainsi altéré), fils d'Agemarque de Mytilène, et à +ceux qui, avec lui, s'appliquent la philosophie, et à ceux qu'Hermaque +laissera pour successeurs dans la philosophie, afin qu'ils s'y exercent +à la philosophie...; de plus, qu'Aminomaque et Timocrate (ses +héritiers) donneront la maison située à Mélite (quartier d'Athènes) pour +habitation, à Hermaque et à ses compagnons dans la philosophie, tant +qu'Hermaque vivra...; qu'ils donneront tous nos livres à Hermaque...; +qu'ils partageront tous les revenus avec Hermaque, afin que tout se +fasse avec le conseil du même Hermaque, qui a vieilli avec nous dans la +philosophie, et qui a été laissé par nous pour chef et maître de tous +ceux qui philosophaient avec nous». Voilà, sans-doute, un bel éloge +de la vie, du savoir et du caractère de notre Hermarque. Laërce dit +ailleurs (_l. X, 13._): «Il était fils d'un père pauvre, et, dans le +principe, il s'était appliqué à l'art oratoire. On a de lui ces beaux +ouvrages: vingt-deux lettres d'_Empedocle_, un traité des _Disciplines_, +un traité contre Platon, un autre contre Aristote. Il mourut de +paralysie, et fut un homme vraîment illustre». Cicéron (_de Finib. lib. +III, p. 30_) rapporte un lettre écrite Hermarque par Épicure, le jour +même qu'il mourut; il lui recommanda les fils de Métrodore, en lui +disant: «Comme il est digne de cette affection que tu as conçue dès +l'enfance pour moi et pour la philosophie, etc.» Nous aimons à rapporter +toutes ces preuves d'une longue amitié entre des hommes célèbres: une +longue amitié est l'éloge le plus touchant qui suive leur mémoire. + +Hauteur, 7 p°. 8 lignes. + + + +PLANCHE XVII. +(_P. 19, 20, t. V de l'Edition royale._) + + +La ressemblance parfaite de ce buste qui porte le nom d'_Épicure_, avec +l'Hermès du Capitole, qu'on pouvait regarder comme le seul portrait +connu de ce philosophe, fait une double autorité en faveur de ces +monumens, et confirme les remarques judicieuses de l'auteur du musée +Capitolin. (Voyez _pl. V et XI, et pag. 14, t. I._) Peu de noms sont +aussi fameux dans la philosophie, et il n'est point de secte qui ait eu +d'aussi nombreux partisans dans l'antiquité. L'indulgence extrême +des principes de son fondateur, ou, pour mieux dire, l'abus que les +disciples firent des préceptes de leur maître, flatta le goût de la +volupté, entraîna plus d'esprits que la sagesse qui les modérait, et +appela l'animadversion des hommes sévères sur les Epicuriens. Subjugué +par une indolence naturelle qui, peut-être, prenait sa source dans +la faiblesse de son tempérament, Épicure se livra à une philosophie +contemplative. Concevant la béatitude dans le plus parfait loisir, qui +consiste à n'incommoder ni soi-même, ni les autres, il crut indigne de +la majesté divine, de se mêler des affaires du monde; il abandonna +tout au hasard. Les atômes formèrent l'univers par des combinaisons +fortuites; les lois du mouvement et le poids intrinsèque de la matière +qui avait tout formé, suffisaient également pour tout gouverner. Du +reste, la vie et les mœurs d'Épicure et de ses partisans méritèrent des +respects. Cicéron en fait lui-même un bel éloge (_de Finib. II. 25._) +en disant... «et de ce qu'il fut (Epicure) un excellent homme, de ce +que plusieurs Épicuriens furent et sont aujourd'hui fidèles en amitié, +constans dans toute la vie, graves, modérant leur conduite, non sur +la volupté, mais sur le devoir; il me semble y reconnaître plus de +principes d'honnêteté que de volupté. En effet, plusieurs vivent de +manière, que leur vie réfute leurs discours; et comme on estime que les +autres hommes parlent mieux qu'ils n'agissent, ceux-ci me semblent, au +contraire, agir mieux qu'ils ne parlent». Ce célèbre philosophe naquit +à Gargethe (contrée de l'Attique) l'an III de la 109e. olympiade, et +mourut âgé de soixante-deux ans, la seconde année de la 127e. olympiade. +Ses sectateurs célébraient sa fête au mois de janvier de chaque année, +et faisaient un repas solennel, le 20 de chaque mois, en mémoire de +Métrodore, ami d'Épicure, et d'Épicure lui-même, comme il l'avait +prescrit par son testament. + +Hauteur, 7 p.º 8 lig. + + + +PLANCHE XVIII. +(_P. 25, 26, t. V de l'Edition royale_.) + + +Un marbre du Capitole portant le nom de _Métrodore_, offre assez de +ressemblance avec ce buste, pour lui faire donner le même nom. Ce +philosophe, né à Lampsaque, fut l'ami fidèle d'Épicure, et n'en fut +séparé que par la mort, qui l'enleva sept ans auparavant, à l'âge de +cinquante-trois ans: «Homme de bien en toutes choses, et qui ne se +laissa point avilir devant l'adversité ni devant la mort même», il +partagea les respects des Epicuriens avec leur fondateur. Épicure le +voulut lui-même; et par son testament, après avoir assuré le sort des +enfans de Métrodore, il ordonna que, le 20 de chaque mois, ses +disciples honoreraient la mémoire de son ami avec la sienne; ce qui +fut religieusement observé tant que dura la secte Épicurienne: preuve +touchante d'une amitié profonde, legs généreux et unique par lequel +un ami rappelle un ami, qui s'était éteint avant lui, à une succession +inaliénable, à une portion de cette gloire qui fait le patrimoine +des grands hommes dans la postérité. Métrodore aimait, et prit pour +concubine ou pour femme, la courtisanne _Léontium_, disciple elle-même +d'Epicure, célèbre par sa beauté, par l'élégance de ses mœurs, par son +esprit, et par ses lettres contre Théophraste. Il mourut d'hydropisie, +et s'il paraît ici plus jeune et plus sec que dans le marbre du Capitole +(voyez _Mus. Cap. tom. I. pl. 5._), on peut supposer que notre buste le +représente avant sa maladie. + +Trouvé à Résine, ainsi que les cinq qui précèdent, en 1753. + +Hauteur, 6 p°. 10 lignes. + + + +PLANCHE XIX. +(_P. 27, 28, t. V de l'Edition royale_.) + + +Des têtes attribuées à Platon, sur la foi de quelques inscriptions +apocryphes, ont fait regarder comme des portraits de ce philosophe, des +figures à longue barbe, avec les cheveux artistement arrangés, marques +de mollesse qui paraissent à peine convenir aux plus efféminés des +hommes. La même erreur a eu son application dans le bronze que nous +avons sous les yeux. M. _Visconti_, dans son explication de la statue +appelée le _Sardanapale (Mus. Pio-Clem. t. II, pl. 41_), a prouvé que +toutes ces images représentent Bacchus _pogon_ ou barbu. Cette opinion +se fortifie par la comparaison des monumens; c'est ainsi qu'on +retrouve dans le bas-relief, connu auparavant sous le nom du _Festin +de Trimalchion_, le Bacchus Indien, parfaitement semblable au prétendu +Sardanapale. D'autres figures antiques citées par l'éditeur du musée +_Pio-Clémentin_, portent ces mêmes signes de mollesse, que les peuples +de l'Orient attribuèrent au Dieu qui les soumit par les plaisirs. M. +d'Hancarville (_t. I, pl. 104_) avait été du même avis, par rapport au +bronze qui fait le sujet de cette planche, et qui, pour l'excellence de +l'art, comme pour la finesse de l'exécution, est l'un des plus parfaits +que les siècles aient respectés. L'inclinaison de la tête est un +attribut divin qui, comme on sait, désigne les Dieux favorables, se +penchant vers les mortels (_respicientes_). La bandelette qui sert +à retenir plusieurs touffes de cheveux, est un ornement dont on voit +rarement privées les têtes de Bacchus; c'est le diadême qu'il inventa, +ou, si l'on veut, le _credemnon_, espèce de voile qui couvrait +quelquefois toute la tête, et quelquefois se portait plissé ou roulé en +forme de turban. On peut voir le rapprochement de plusieurs images du +Bacchus barbu, dans les _Monumens antiques du musée Napoléon, publiés +par F. et P. PIRANESI, frères. Paris, 1804, t. II, pl. 3 et suiv._ + +Trouvé à Résine, en 1759 + +Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig. + + + +PLANCHE XX. +(_P. 29, 30, t. V de l'Edition royale_.) + + +On ne trouve à faire, dans les monumens connus, aucun rapprochement +assez exact pour déterminer quel est ce personnage. Le seul rapport +qu'on croyait y saisir était avec Architas de Tarente. Cette +dénomination n'était appuyée que sur l'ajustement de la coiffure, +qui paraissait ressembler à celle d'une tête que l'on voyait sur une +médaille attribuée par Fulvius Ursinus à ce philosophe. Il a été prouvé +postérieurement, que la tête représentée sur la médaille ne pouvait pas +être le portrait d'Architas: d'ailleurs, nous observerons, en adoptant +l'opinion de M. _Visconti_, que la coiffure en question, ou cette espèce +de turban, ne se voit ordinairement que sur les têtes d'Esculape. Il a +cru pouvoir en inférer que ce buste et le portrait en marbre du Capitole +ayant la même coiffure, mais une physionomie bien différente, sont les +portraits de quelques médecins célèbres. Ce bonnet leur a été donné +comme à des personnes obligées de marcher malgré l'intempérie des +saisons, et aux heures de la nuit, ayant, d'ailleurs, particulièrement +soin de leur santé; par cette même raison, Galien a le bonnet sur la +tête dans un médaillon de Commode, du cabinet impérial. + +Hauteur, 1 pied 10 p°. + + + +PLANCHE XXI. +(_P. 31, 32, t. V de l'Edition royale_.) + + +Le caractère sombre, farouche et méprisant de cette tête, est à-peu-près +la seule autorité qui puisse la faire attribuer à _Héraclite_; cette +expression, plutôt qu'une ressemblance marquée dans les traits, est le +seul rapport que ce bronze ait avec les figures antiques que l'on croit, +et non sans beaucoup d'incertitude, celles de ce personnage. Trouvé dans +les fouilles de Résine, en 1723, dans un même lieu avec le buste de la +planche suivante, qui lui servait de pendant, et qu'on a dit être +un _Démocrite_, on peut encore déduire de cette opposition quelque +vraisemblance, pour faire de celui-ci un Héraclite. Ce philosophe, +fils de Blison d'Ephèse, florissait vers la 69e olympiade, et mourut +d'hydropisie à l'âge de 60 ans (_Laërce, X, 1 et 3_). Il affecta +d'écrire avec obscurité; ce qui lui fit donner le nom de _Scoteinos_, +obscur, auquel Lucrèce (_I, 640_) fait allusion par ce jeu de mots, +_Clarus ob obscuram linguam_. Son système se réduisait établir le +feu pour principe de tout. Laërce le peint comme un homme altier, +dédaigneux, atrabilaire «portant par-tout des yeux inquiets, prêt fuir +à la moindre trace des pas humains»; une dureté inflexible semble avoir +fait le fond de son caractère. Il jugeait tous ses compatriotes dignes +de mort, pour avoir exilé Hermodore, son ami: on sait avec quel mépris +il rejeta les prières des Ephésiens, qui lui demandaient des lois. +Comment concilier une telle misanthropie avec ces sentimens de pitié et +de compassion, partant d'une âme généreuse, qui l'auraient fait pleurer +sur les folies des hommes! On ne doit voir, dans cette opinion, qu'une +métaphore adoptée par le vulgaire, dont Lucien et Juvénal se sont +emparés, comme d'une arme tranchante du ridicule; qu'une erreur déjà +reçue par les peintres du temps de Sidonius Apollinaris, qui rapporte +(_l. IX, p. 9_) qu'on peignait Héraclite les yeux fermés, à cause de ses +pleurs continuels. Plutarque regarde ce récit comme une fable, et Bayle +en démontre l'invraisemblance. + +Hauteur, 2 pieds 9 lig. + + + +PLANCHE XXII. +(_P. 33, 34, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce buste mis en opposition avec le précédent, pourrait, comme nous +l'avons annoncé, représenter un _Démocrite_. Les artistes et les poètes +satyriques ont pris plaisir à opposer un rieur au pleureur atrabilaire. +Suivant Sidonius Apollinaris, déjà cité, on peignait Démocrite les +lèvres ouvertes par le rire. Ce philosophe vraîment grand, d'un +caractère gai et plaisant, fut regardé comme un fou par ses +compatriotes, les Abdéritains, qui cependant l'aimaient beaucoup, et +lui érigèrent des statues de bronze. On n'en connaît point d'images +authentiques. La tête de Démocrite et celle d'Héraclite étaient des +sujets de caprice, et pour ainsi-dire de convention, pour exprimer une +opposition morale. Laërce rapporte que le philosophe d'Abdère vécut cent +neuf ans; il paraît du-moins certain qu'il arriva à un âge très-avancé. +Les statues érigées en l'honneur des hommes célèbres, après leur mort, +portent le caractère du dernier âge du personnage. Les artistes se +faisaient un devoir d'une fidélité scrupuleuse, et suivaient les +premiers modèles, ou du-moins la tradition. La jeunesse de notre buste +paraîtrait donc peu convenir à Démocrite. D'après cette remarque, on a +cherché d'autres rapprochemens, et l'on a imaginé que la physionomie +de ce buste pouvait se rapporter à Aristippe: si l'expression de +gaîté qu'on y remarque ne répugne point au caractère de ce voluptueux +philosophe, on doit considérer que les portraits attribués à ce dernier +n'ont aucun degré d'authenticité; et nous croyons plus sage de demeurer +dans l'incertitude, que d'adopter une opinion erronée. + +Trouvé à Résine avec les deux précédens, en 1753. + +Hauteur, 2 pieds 1 pouce 10 lig. + + + +PLANCHE XXIII. +(_P. 35, 36, t. V de l'Edition royale_.) + + +L'extrême ressemblance de ce buste avec les têtes antiques, que l'on +croit être celles de Sénèque, peut faire reconnaître ici cet illustre +philosophe. On n'en connaît point de très-authentiques, et les +Antiquaires n'ont guère eu pour comparaison que le portrait dont ils ont +pris les traits dans ses écrits même, et dans ceux des auteurs qui en +ont parlé. Cependant on a cité un médaillon du genre des _Contorniates_, +qui portait le nom de Sénèque, avec une tête semblable à celle que +nous examinons. On peut voir les rapprochemens donnés pour éclaircir la +question, dans le musée _Capitolin_ (_t. II, p. 6_). On a aussi élevé +quelques doutes sur les têtes qui portaient la barbe, en raison de ce +que Sénèque vivait à la cour, dans un temps où tout le monde se rasait; +cependant la barbe peut se trouver dans les images de Sénèque, comme un +attribut philosophique et, en quelque sorte, conventionnel. + +Trouvé à Résine, en 1754. + +Hauteur, 1 pied 4 p.º 9 lignes. + + + +PLANCHE XXIV. +(_P. 37, 38, t. V de l'Edition royale_). + + +On a cru, sur de faibles conjectures, voir dans ce bronze l'image de la +célèbre _Sapho_ de Mytilène, également renommée par l'excellence de ses +poésies et par ses amours. Si l'on doit, avec quelques auteurs anciens, +reconnaître une autre Sapho de la ville d'Erèse en l'île de Lesbos; si +l'on sépare celle dont les vers de feu ont été dictés par Apollon et par +l'Amour, de celle qui éteignit, dans les flots de Leucade, sa funeste +passion pour Phaon; c'est toujours la première qui doit s'offrir à nos +yeux dans les images attribuées à Sapho, tel que le bronze que nous +publions. La ville de Mytilène voulut attacher sa propre gloire à Sapho, +en en faisant frapper la figure sur sa monnaie: mais la tête de profil +qui se voit sur quelques rares médailles, n'a pas, pour faire preuve, +une ressemblance assez décidée avec les têtes en sculpture, auxquelles +un ciseau moderne a ajouté le nom de cette femme célèbre. Elle +florissait vers la 42e. olympiade. Fille de Scamandronyme, elle demeura +encore jeune, veuve d'Arcolas, homme riche, dont elle eut une fille, +nommée Chlidé. Dans un passage conservé par Stobée (_Serm. XLIX_) +elle-même se dit _vieille_, expression qu'on doit, peut-être, regarder +comme métaphorique, et désignant qu'elle avait passé le premier âge des +amours. On croit qu'elle cessa de vivre vers l'âge de trente-cinq ans; +elle fut aimée d'Alcée, d'Anacréon, d'Archiloque et d'Hipponacte. Il +n'est resté de ses poésies que deux Odes et quelques passages conservés +par les Rhéteurs. Il n'est personne qui ne connaisse cette peinture si +vive, si profonde et si vraie des tourmens de l'amour, que Boileau a +fait passer dans notre langue. On peut encore chercher quelque trace +du génie de Sapho dans l'Héroïde d'Ovide (_Epist. XV_): les érudits la +croient formée de traits empruntés à la Muse Grecque; on l'a dit petite, +très-brune, ayant les yeux étincelans et l'air mâle. Une épigramme de +l'Anthologie nous réconcilie avec son visage, dont on a supposé trop +gratuitement la laideur (_IV, 27, Ep. 19._). «Peintre, la nature même +devenue en toi artisan, a fait la Muse de _Mytilène_; le feu s'élance +de ses yeux et découvre cette libre pensée, féconde en vives images; la +carnation vraie et sans recherche conserve sa simplicité native; et ce +visage où la vivacité se confond avec la gravité, nous montre une Muse +dans une Vénus». + +Trouvé à Résine, en 1758. + +Hauteur, 1 P. 8 p°. 10 lig. + + + +PLANCHE XXV. +(_P. 39, 40, t. V de l'Edition royale._) + + +En commençant la série des bustes, nous avons exposé les images de +plusieurs personnages illustres dans les lettres et dans la philosophie, +que des inscriptions ou des autorités nous ont fait reconnaître avec +plus de certitude que nous n'en apporterons dans l'explication des +figures qui en forment la suite; celles-ci peuvent généralement être +attribuées à des personnages recommandables par leurs vertus guerrières, +par leur rang ou par leur fortune. Le bronze que nous avons sous les +yeux, comparé avec une tête en marbre noir, expliquée par _Fabri_ (n°. +49) peut, comme ce monument, représenter Scipion l'Africain l'ancien +(_P. Cornelius_) qui vainquit Annibal, rendit Carthage tributaire; qui, +cité dans sa vieillesse par les tribuns du peuple, refusa de répondre +à une accusation dont la honte retombait sur ses concitoyens, et vint +mourir à _Liternum_, près de Cumes, aujourd'hui _Patria_. Fabri n'a pas +laissé connaître les motifs qui l'avaient déterminé à croire que la +tête en question était le portrait de ce grand homme. Le seul motif +de l'avoir trouvée à Liternum, où, selon le témoignage de Tite-Live +(_XXXVIII, 56_) on voyait le monument de Scipion avec sa statue, n'avait +pas paru suffisant aux académiciens d'Herculanum pour leur faire adopter +cette dénomination. Ils penchaient, comme a fait depuis Winckelmann, à +reconnaître dans les deux antiques, l'Emilien, destructeur de Carthage. +M. Carlo Fea, dans ses notes à l'Histoire des Arts de Winckelmann (_t. +II, p. 365, Paris, 1802_) a développé d'une manière judicieuse +toutes les raisons qui peuvent dissiper les doutes; et, d'après ses +discussions, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître dans les têtes +en question, le portrait certain de Scipion l'Africain l'ancien. + +Hauteur, 1 pied 9 pouces. + + + +PLANCHE XXVI. +(_P. 41, 42, t. V de l'Edition royale._) + + +Les traits de ce bronze offrent une grande ressemblance avec les +médailles de Sylla et avec quelques autres monumens antiques qu'on +rapporte à ce personnage (_Tesoro. br. tom. II, p. 168.--Fabri, n°. +50.--Morelli, fam. corn. pl. 4, nº 1 et 2.--Mus. rom. sect. II, pl. +56_). Seulement ici on le retrouve plus jeune, différence qui peut +rappeler une époque antérieure au consulat auquel il parvint à l'âge de +49 ans. Il s'était déjà rendu célèbre par la guerre contre les alliés, +dans laquelle il ruina les mêmes villes où nous avons trouvé tant +d'objets précieux, Herculanum, Pompéia et Stabia. Il avait obtenu la +couronne civique de _gramen_, pour avoir défait une nombreuse armée +avec la perte d'un seul homme, s'il en faut croire ce trait et plusieurs +autres semblables d'un bonheur extraordinaire. Ce bonheur frappa +tellement ses contemporains, que Sylla en reçut le nom de _Felix_; et, +certes, on peut regarder comme la preuve d'un bonheur bien rare, que +l'inventeur des proscriptions, celui qui fit périr dans les guerres +civiles soixante mille citoyens romains, qui fit massacrer froidement, +dans Rome, sept mille de ses concitoyens supplians et désarmés, vécût et +mourût tranquillement au milieu de tant d'ennemis, après avoir abdiqué +l'autorité. «Jamais sa fortune, dit Salluste (_Bell. Jug. p. 129_) ne +fut au-dessus de son habileté, et on a douté s'il fut plus fort ou +plus heureux». On remarque bien dans notre bronze l'expression de cette +audace et de cette présence d'esprit qui rendirent Sylla victorieux +dans toutes ses entreprises, et pour achever de se le figurer, on peut +ajouter à ces traits ce qu'en a dit un ancien: «Ses yeux bleus avaient +quelque chose de farouche, que la couleur de son visage rendait encore +plus terrible; c'était une rougeur âpre comme semée de blanc, ce +qui donna lieu à ce mot d'un bouffon d'Athènes: Sylla est une mûre +saupoudrée de farine (_Plut. in Syll._)». + +Hauteur, 1 pied 10 pouces 6 lig. + + + +PLANCHE XXVII. +(_P. 43, 44, t. V de l'Edition royale._) + + +On ne peut donner sur ce bronze qu'une conjecture très-hasardée, en +s'attachant à une ressemblance éloignée avec les médailles de M. Emilius +Lépidus, l'un des triumvirs (_voyez Vaillant, fam. Rom., t. I, fam. Æm. +6.--Morelli, fam. Æm. 2. Fabri, n°. 1_). La faveur de César, proclamé +dictateur par Lépide, lorsque celui-ci n'était encore que préteur, fut +la source de sa fortune. Sans aucun mérite personnel, il fut deux fois +consul, triompha sans avoir jamais combattu, se trouva à la tête de plus +de vingt légions, incapable de les commander; non-seulement triumvir, +mais arbitre de la fortune de ses deux compagnons, il sut si peu faire +usage de son pouvoir, qu'il fut dépouillé du commandement par Antoine, +qui s'était jeté dans ses bras en suppliant, et réduit ensuite par +Octave, qui, seul et désarmé, entra dans son camp et déchira ses +drapeaux, à demander qu'il lui laissât seulement la vie. C'est bien à ce +personnage qu'on peut appliquer cette épigramme de l'Anthologie: «Non, +la fortune n'a point voulu t'élever pour son plaisir, mais seulement +pour montrer qu'elle peut tout, puisqu'elle a pu t'élever». + +Hauteur, 2 pieds. + + + +PLANCHE XXVIII. +(_P. 45, 46, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce beau bronze offre assez de ressemblance avec la figure très-connue +d'Auguste, pour faire reconnaître ici cet Empereur (_voyez mus. Cap. t. +II, pl. 2_). Octave, neveu de C. César par sa mère, prit le nom de +C. Cæsar Octavianus, après avoir été adopté par son oncle, et, par la +suite, celui d'Auguste, qui lui fut décerné par le sénat. Le portrait +qu'en donne Suétone (_Oct. 79_) peut compléter l'idée qu'on s'en forme +d'après les monumens. Ses traits, d'une grande beauté, avaient encore +une grâce que l'âge n'altéra jamais; son visage était calme et serein, +soit qu'il parlât, soit qu'il gardât le silence; il avait les yeux +clairs et brillans, les dents rares, petites et cariées, les cheveux +légèrement bouclés et tirant sur le roux, les sourcils réunis, les +oreilles médiocres; son nez saillant par le haut, fléchissait par +le bas. Il avait le teint brun-clair et était petit de stature. +L'inscription grecque qu'on lit sur notre bronze (_Apollonius, fils +d'Archias, Athénien_, le _fit_) nous offre un nom que plusieurs artistes +ont rendu célèbre. Les principaux sont Apollonius de Rhodes, qui fit, +avec Tauriscus, le groupe fameux, dit vulgairement le taureau Farnèse; +l'Athénien, auteur du torse du Belveder, mais fils de Nestor et non +d'Archias; et un autre Apollonius, dont on lit le nom sur une gemme du +musée Farnèse (_Stosch. Pierres gr. pl. 12_) représentant une Diane. +Si le nôtre n'est pas le même que ce dernier, il mérite au-moins, au +jugement des connaisseurs, de prendre place dans cette liste honorable. + +On peut remarquer que l'artiste s'est exprimé dans l'inscription au +temps parfait _fit_, et non _faisait_, ainsi qu'on le voit le plus +souvent; on a regardé cette locution comme une preuve de confiance que +d'habiles artistes se permettaient rarement, comme s'ils n'osaient point +croire leurs ouvrages parfaits ou finis; cependant elle n'est pas si +rare qu'on a paru le croire d'après Pline, qui n'en reconnaissait que +trois exemples, et il serait facile d'en citer un assez grand nombre. + +Hauteur, 1 pied 11 pouces 4 lig. + + + +PLANCHE XXIX. +(_P. 47, 48, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce buste, trouvé avec le précédent dans les fouilles de Portici, en +1753, semble lui servir de pendant; et si, dans le premier, on reconnaît +Auguste, on peut voir dans celui-ci son épouse Livie. Parmi les +médailles assez rares qui portent le nom de cette princesse (_Patin, à +Suet. cap. 63, XI, n°. 4. Vaillant, num. col. t. I, p. 77_). Plusieurs +offrent un rapport assez exact avec les traits et la coiffure de cette +figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse qui brille dans les +deux têtes, nous offrirait ce couple illustre à l'époque de son union. +_Livie Drusilla_, fille de Livius Drusus Claudianus, épousa, à peine +sortie de l'enfance, Tibère Néron, dont elle eut Tibère, qui fut ensuite +empereur. Son premier fils avait trois ans, et elle était enceinte de +son second fils Drusus, quand son mari fut obligé de la céder à Auguste, +avec lequel elle avait déjà une intrigue amoureuse. L'oracle consulté +sur ce mariage, si nous devions nous en rapporter à Prudence, poète +chrétien du 5.e siècle, ne contraria point la suprême puissance, et fit +cette réponse adroite qui renferme autant de sel que de complaisance: +«Que les torches de l'hyménée ne pouvaient jamais s'allumer plus à +propos que lorsque la nouvelle épouse apportait dans l'union conjugale, +des marques de sa fécondité». En conciliant les opinions différentes des +écrivains, on trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans quand elle +passa dans les bras d'Auguste, qui en avait alors vingt-cinq; l'âge des +personnages dans les deux bronzes, se rapporte assez à cette remarque. +D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille d'Auguste et de +Scribonia, souvent confondue dans les médailles avec sa belle-mère; +mais en laissant des conjectures qui peuvent toujours être combattues, +peut-être devrait-on plutôt reconnaître dans ces bustes en forme +d'Hermès, quelques divinités, à-moins que l'on ne se plût à considérer +cette forme même, comme un signe d'adulation, comme l'indice de +l'apothéose. + +Hauteur, 1 P. 4 p°. 4 lignes. + + + +PLANCHE XXX. +(_P. 49, 50, t. V de l'Edition royale._) + + +Sans recourir à des conjectures recherchées, on pourrait reconnaître +dans ce bronze une tête de Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de +la tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux du Mercure +précédemment dénommé l'_Antin_, favoriseraient cette explication. On +a vu dans la sévérité de cette figure, une expression mélancolique +qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri d'Auguste, son fils +adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune à laquelle il était +destiné, moissonné dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple +romain: «_Marcellus_ adolescent, dit Sénèque, d'un esprit vif, d'un +génie puissant, d'une frugalité et d'une retenue bien admirables dans +son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, éloigné des +voluptés, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait +imposé, et pour parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste +eut voulu fonder sur lui (_Sen. ad Marc. 2_). Il tomba, et sa vingtième +année s'arrêta devant lui (_Prop. III, E. XII, 35_). Jeune homme +distingué par sa beauté et ses armes brillantes; mais le front peu +joyeux et le visage abattu (_Virg. Æn. VI, 863_)». Si rien ici ne +répugne à ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant +avec notre bronze un grand degré de ressemblance, ont mérité la même +application (_Fabri, n°. 87.--Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.--Mus. +Cap. t. II, tav. IV, etc._); nous devons dire aussi qu'aucune autorité +suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons cette opinion que +parce que la mémoire se repose agréablement sur un prince regretté de +son siècle, et dont la conservation eut peut-être sauvé le peuple romain +de l'oppression et de l'avilissement où il tomba sous ses maîtres après +Auguste. + +Hauteur, 1 pied 7 p°. + + + +PLANCHE XXXI. +(_P. 51, 52, t. V de l'Edition royale._) + + +On a trouvé, dans ce buste, quelques traits de ressemblance avec le +buste de _Caïus Cæsar_, fils aîné de M. Agrippa, et de Julie, fille +d'Auguste. Ces rapprochemens incertains cèdent à un examen plus exact +qui nous fait reconnaître la figure de _Drusus_, fils unique de Tibère. +Les traits de ce jeune prince sont bien assurés par les médailles +romaines qui présentent sa tête de profil, et ils se rapportent d'une +manière évidente à ceux représentés par notre bronze. Né violent et +cruel, il a pu, dans le cours d'une vie peu glorieuse, abrégée par le +poison, être jugé plus digne de son père que de son rang. Il s'exposa au +mépris du peuple, en prostituant sa dignité dans les danses publiques, +dans les spectacles et dans la débauche. Indigné de l'élévation +monstrueuse de Séjan, il sut trop peu le ménager, et, s'étant emporté +jusqu'à le frapper, il augmenta, par la soif de la vengeance, la fureur +du ministre, déjà irrité de rencontrer un tel obstacle à son ambition. +Séjan s'associa dans son crime, l'épouse adultère du prince, et Drusus +mourut empoisonné. Tibère crut long-temps, ou parut croire que la mort +de son fils avait été causée par ses excès; et telle était l'opinion +qu'on avait de cette cour infâme, que l'on soupçonna l'empereur +d'avoir eu part à un crime si odieux; et si, par la suite, ce soupçon +s'évanouit, ce fut moins par l'horreur qu'il devait inspirer, que par la +connaissance de la vérité, qui éclata par l'aveu de la femme répudiée +de Séjan. Tibère déploya alors une sévérité qui ne parut en lui qu'un +prétexte de cruauté. Il voulut cependant épargner Livie, mais en vain; +Antonia, la mère de la perfide adultère, la fit mourir de faim. + +Hauteur, 2 pieds. + + + +PLANCHE XXXII. +(_P. 53, 54, t. V de l'Edition royale._) + + +COMME on avait penché à voir dans le bronze précédent la figure de Caïus +Cæsar, on s'attachait à saisir dans celui-ci les traits de ressemblance +qu'il pouvait offrir avec les médailles de Lucius Cæsar, son frère puîné +(_Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill. Morelli_). Ce dernier, mort +à Marseille à l'âge de 18 ans, partagea avec son frère, qui ne lui +survécut que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets si vifs, +qu'Auguste ne put s'empêcher de les témoigner dans son testament, en +instituant Tibère son successeur, bien qu'il appelle ce dernier moitié +de lui-même. C'est à cette affection, plutôt qu'au mérite des deux +frères, qu'on doit attribuer cette marque insigne d'adulation que +leur donna la colonie de Nîmes, en leur dédiant le beau monument, +vulgairement nommé la _Maison quarrée_, qu'on admire encore de nos +jours dans cette même ville. On peut voir à ce sujet les savantes +dissertations publiées par M. Legrand dans la magnifique édition des +Antiquités de la France, sur les dessins de M. Clérisseau, page 64 +(_Paris, Didot aîné_, 1804). + +En montrant un Drusus à la place de Caïus, nous avons, en partie, +détruit l'analogie qui militait en faveur du présent bronze. L'autorité +tirée des médailles est, comme on le voit, très-difficile à appliquer +aux monumens que le défaut d'inscriptions rend incertains. Sans ce +secours, les médailles mêmes exigent une critique très-sévère et +très-approfondie. La diversité des artistes, la différence de leur +habileté, l'âge successif des personnages représentés, concourent à +multiplier les difficultés, et à augmenter l'incertitude. Au-lieu d'un +personnage romain, M. Visconti ne serait pas éloigné de reconnaître dans +cette antique une tête d'Hercule jeune. + +Hauteur, 1 P. 8 p°. 3 lignes. + + + +PLANCHE XXXIII. +(_P. 55, 56, t. V de l'Edition royale._) + +Si l'induction qu'on a tirée de la comparaison avec plusieurs médailles, +rencontre juste (_Haym. t. I, p. 240.--Séguin, Sel. num. p. 319 et +autres_), ce buste pourrait être celui de la première Agrippine, dite +_majeure_, pour la distinguer de celles qui l'ont suivie, d'Agrippine, +fille de M. Agrippa, et de Julie, épouse de Germanicus, femme d'un +courage et d'une habileté supérieurs à son sexe: ayant ensemble les +vertus d'un grand homme et celles d'une honnête femme, on la vit +remplir, contre les Germains, la charge d'un bon capitaine, et sauver +l'armée; d'une chasteté impénétrable suivant l'expression de Tacite, son +âpre fermeté servit de sauve-garde à sa famille, et la défendit contre +Séjan. Exilée par Tibère dans l'île Pandataire, elle donna, en se +laissant périr de faim, une dernière preuve de cette rare constance qui +fit le fonds de son caractère. Mère trop féconde cependant, et digne +d'une meilleure postérité, elle compta parmi ses enfans le farouche +Caligula et trois filles incestueuses, dont l'une fut cette infâme +Agrippine, mère de Néron. Notre bronze offre encore une ressemblance peu +légère avec l'image de cette dernière, bien connue par les médailles, et +encore quelque rapport avec le buste suivant de Caligula, circonstances +qui viennent à l'appui de notre conjecture. + +Hauteur, 7 p°. + + + +PLANCHE XXXIV. +(_P. 57, 58, t. V de l'Edition royale._) + + +Nous avons, dans l'explication précédente, annoncé ce buste comme +celui de C. Caligula. Cette dénomination est également confirmée par +la comparaison des médailles et par le portrait que les historiens ont +laissé de cet empereur, portrait qui s'applique parfaitement au bronze +que nous avons sous les yeux. Tout l'extérieur de Caligula répondait à +la cruauté brutale et farouche de son âme. + +«Il était d'une taille élevée et disproportionnée, ayant le corps +énorme, le cou et les jambes extrêmement minces, les tempes enfoncées, +les yeux creux et fixes, le front large et irrégulier, les cheveux +rares, et manquant sur le sommet de la tête; ajoutez qu'il affectait de +rendre atroce une physionomie que la nature n'avait déjà rendu que trop +affreuse (_Suet. Calig._ 50); en un mot, son seul aspect était le plus +horrible des tourmens (_Sen. de irâ, III_, 18)». Ce monstre, dont aucun +autre n'égale l'insolence et la brutalité, qui osa prononcer l'horrible +vœu que le peuple romain n'eût qu'une seule tête pour la trancher d'un +seul coup, termina sa vie sous les poignards d'une conjuration à l'âge +de 28 ans. Élevé dans les camps, Caïus avait reçu le nom de Caligula de +celui d'une chaussure, espèce de brodequin, qu'il affectait de porter +pour plaire à la soldatesque. + +Hauteur, 1 pied 2 pouces. + + + +PLANCHE XXXV. +_(P. 59, 60, t. V de l'Édition royale._) + + +La noblesse égyptienne portait les cheveux bouclés, comme on le voit +ici, jusqu'à l'âge de puberté: mais par une fausse application du +costume et d'autres remarques, on a attribué des têtes semblables à +Ptolomée Apion, roi de Cyrène; cette dénomination s'est trouvée dénuée +de fondement, et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en prenant +pour terme de comparaison les médailles connues de la première Bérénice, +dite la grande, qui, femme d'un obscur Macédonien, devint celle du +premier Ptolomée, surnommé Soter. Ne laissant rien à la fortune des +faveurs qu'elle put obtenir, elle fixa la couronne sur la tête de son +fils Ptolomée Philadelphe, que le roi, par complaisance pour elle, au +mépris des enfans qu'il avait eus de ses trois premières femmes, plaça +lui-même sur son trône; ce grand prince en descendit après un règne +glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il était plus beau d'être père +d'un roi, que roi lui-même. Les médailles de Bérénice acquièrent toute +l'authenticité possible par l'effigie de Ptolomée Soter qu'on voit au +revers (_Musée du baron Ronchi_); et en remarquant le rapport qu'elles +ont avec notre bronze, nous ajouterons encore que la physionomie de +cette figure a une expression douce et délicate, qui ne décèle rien +de viril, et qui paraît appartenir à la célèbre reine, avec plus de +vraisemblance qu' Ptolomée Appion. + +Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig. + + + +PLANCHE XXXVI. +(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._) + + +Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle tête et celle de +Ptolomée Philadelphe, se trouve dénué de fondement. Les médailles de ce +prince offrent un portrait tout différent: on se rangera donc avec plus +de raison, du sentiment de ceux des académiciens d'Herculanum qui ont +cru cette figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion de M. +_Visconti_, qui a démontré le rapport évident qu'elle offre avec les +têtes d'Hercule jeune, et particulièrement avec un herméracle à deux +faces, du musée Pio-Clémentin (_tome 6, p. 22_). Cette double tête +est ceinte d'une couronne _tortillée_, d'où sortent, de distance en +distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des +feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question devient +encore pour nous d'une grande autorité, en ce qu'il était placé dans +un lieu où la jeunesse grecque, après les exercices de la palestre, se +ceignait la tête de cette espèce de couronne qu'on doit reconnaître +pour un ornement athlétique. Si quelque chose rend ici son espèce moins +douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît être celui que +Pline nomme _laurier Delphique_: «Plus vert, à grosses baies rouges, +dont on couronnait à Delphes les vainqueurs, et à Rome les triomphateurs +(_XV, 30_)». Ceci pourrait encore servir à confirmer la remarque que +nous avons faite au sujet des pommes (_mela_) dont parle l'épigramme de +l'Anthologie, rapportée dans cet ouvrage (_tome III, 56_). Ces pommes, +ainsi dites par une dénomination générale, ne sont autre chose que les +baies du laurier Delphique. Les couronnes athlétiques, différentes des +couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans +pendants (_lemniscatœ_), sont quelquefois dites _roulées_; alors on peut +les regarder comme plus semblables à celle d'une autre tête d'Hercule +(_mus. Pio-Clem. à l'endroit cité_) où l'on remarque, de distance +en distance, des nœuds en forme de fleurs, tirés des bandelettes qui +composent la couronne. Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication +qu'en donne Pascalio (_de Coronis, l. III, c. 12_) paraissent désignés +par l'expression de _tori_, dont s'est servi Ciceron (_Orat. §. 6._) + +Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes. + + + +PLANCHE XXXVII. +(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._) + + +On s'est attaché à saisir quelque ressemblance entre ce beau bronze et +la tête qu'on voit avec le nom de Bérénice sur une médaille publiée +dans l'édition royale. Plusieurs reines ont illustré ce nom; celle de +la médaille serait la seconde Bérénice, femme de Ptolomée Evergète, +princesse vertueuse et guerrière, celle qui, au retour du roi +victorieux, se coupa les cheveux et les déposa, en accomplissement d'un +vœu, dans le temple d'Arsinoé; peu de temps après la chevelure disparut, +et l'astronome Conon publia que la chevelure de Bérénice avait été +transportée au ciel, où elle formait une constellation de sept étoiles, +situées en triangle près la queue du lion, flatterie ingénieuse qui +attacha un souvenir immortel au sacrifice de la vanité d'une bonne +épouse, et le rendit plus sûrement célèbre que des faits éclatans +confiés à des monumens périssables. Si l'on reconnaît ici Bérénice, il +faut supposer que la reine prit soin de l'ornement dont elle avait su +faire un si beau sacrifice, et qu'elle a recouvré sa parure; les tresses +relevées d'une manière élégante viennent former sur la tête une espèce +de diadême. La figure a une espression virginale et sévère: et si l'on +remarque avec nous qu'elle est d'une beauté idéale, on ne sera pas +éloigné, peut-être, de voir dans ce bronze une image de Diane. + +Hauteur, 2 pieds 4 lignes. + + + +PLANCHE XXXVIII. +(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._) + + +Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir à la race des +Ptolomée; mais les caractères n'en sont pas toujours assez frappans +pour réunir, dans leur dénomination, le sentiment des antiquaires. Les +académiciens d'Herculanum se contentent d'indiquer un léger rapport +des médailles avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolomée. Ce prince, +distingué par des vertus éminentes, est connu sous le nom de Philométor +(_ami de sa mère_), qu'il prit en reconnaissance des soins prudens +et généreux avec lesquels Cléopâtre administra le royaume pendant sa +minorité. M. Visconti reconnaît dans ce buste le portrait de Ptolomée +Ier, fils de Lagus, l'un des généraux d'Alexandre-le-Grand, fondateur +de la dynastie des Lagides, et du royaume grec d'Égypte, si nous pouvons +nous servir de cette expression pour exprimer la révolution qui se fit +dans les mœurs et dans le gouvernement de ce peuple, après la conquête +des Grecs. Chacun des Ptolomée se trouve particulièrement désigné par un +surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de Soter ou de Sauveur, qui +lui fut décerné avec des honneurs divins, par la reconnaissance +des Rhodiens, dont il conserva la liberté contre les entreprises de +Démétrius. Son premier nom, moins fastueux, n'en est pas moins célèbre; +il l'honora lui-même en l'imprimant à sa race; peu sensible au reproche +qu'un grammairien osa lui adresser sur l'obscurité ou le mystère de sa +naissance, il sentit, sans-doute, que le nom du plus grand capitaine +qui servit sous Alexandre, était assez illustre. Il donnait à ce nom un +nouvel éclat par la splendeur de la puissance, par la gloire immortelle +qui résulte de la protection des lettres et des arts, et par cette +véritable grandeur qui naît de la modération: en effet, le fils de Lagus +eut la plus belle part dans l'héritage du conquérant de l'Asie, fonda la +bibliothèque d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son trône +l'un de ses fils, en disant qu'il était plus beau d'être père de roi, +que roi soi-même. + +Hauteur, 2 P. 7 p°. + + + +PLANCHE XXXIX. +(_P. 67, 68, t. V de l'Edition royale._) + + +On a cru voir, dans ce buste, Ptolomée Lathyre, fils de Ptolomée +Physcon, le VIIIe de sa race. Ce surnom de Lathyre, celui que, parmi +plusieurs autres, les historiens emploient le plus généralement, paraît, +par sa signification grecque (_pois-chiche_) tirer son application d'un +signe qu'avait ce prince au visage, comme on vit appeler à Rome, pour +une cause pareille, les ancêtres de M. Tullius, du nom de Cicéron. Ce +prince guerrier passa presque tout son règne à défendre sa couronne, +et principalement contre son frère puîné, Ptolomée Alexandre, qu'au +préjudice de ses droits, Cléopâtre avait investi de la puissance royale. +M. Visconti trouve, dans la comparaison des médailles, une autorité plus +forte en faveur du portrait d'Antiochus Théos _(Dieu)_, roi de Syrie, +fils d'Antiochus, Ier Soter, et père de Séleucus II. Le nom de Théos +fut décerné à ce prince par les Milésiens, qu'il avait délivrés de +leur tyran Timarque. Antiochus II ne couvrit point, par sa gloire +personnelle, cet excès de l'adulation; malheureux dans ses guerres, il +se vit dépouiller, par la révolte des Parthes, de toutes les provinces +qu'il possédait au-delà de l'Euphrate. Cette époque mémorable est celle +de l'établissement de l'empire des Parthes, fondé par Arsace, et +qui devint si redoutable à tout l'Orient, et aux Romains même. Les +historiens placent cette époque trois ans avant la 133e olympiade, +environ trois cents ans avant Jésus-Christ. + +Hauteur, 2 pieds 1 p°. + + + +PLANCHE XL. +(_P. 69, 70, t. V de l'Edition royale._) + + +On reconnaît dans ce bronze, avec quelque vraisemblance, le portrait de +Ptolomée Alexandre, frère de Lathyre. Ce prince n'eut de roi que le +nom, tandis que sa mère Cléopâtre, qui le mit sur le trône pour régner +elle-même, en eut toute l'autorité. Cette Cléopâtre figure parmi les +illustres criminels de l'ambition: après avoir, par un artifice atroce, +attiré la haîne du peuple d'Alexandrie sur son fils Lathyre, qu'elle +fit expulser, elle osa conspirer contre la vie d'Alexandre, qu'elle +soutenait à sa place. Victime elle-même d'un crime aussi affreux, elle +périt assassinée par les ordres de ce même fils. Le parricide fut chassé +du trône où remonta son frère, et il périt en combattant pour s'emparer +du royaume de Cypre, vacant par le retour de Lathyre. + +Hauteur, 2 P. 4 lignes. + + + +PLANCHE XLI. +(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._) + + +Ce buste, tout-à-fait inconnu, n'a de remarquable que la coiffure. Les +cheveux, qui paraissent naturellement crépus, sont disposés en anneaux +sur le front et sur les tempes; ils sont assujétis sur le sommet de la +tête qui reste lisse, par deux longues tresses partant des oreilles, et +formant un double tour. Ce costume et les traits de la figure, annoncent +un habitant de l'ancienne Mauritanie. Strabon parle du soin extrême +que prenaient ces peuples, de l'arrangement de leurs cheveux. On a +fait cette remarque à l'égard d'une tête du roi Juba; et, quoiqu'on +ait observé que les peuples de l'Asie, les Grecs, les Toscans, et des +Romains même, avaient l'usage de boucler leurs cheveux, le caractère de +notre buste ne peut être attribué qu'à un Maure ou à un Ethiopien. + +Hauteur, 1 P. 8 p.º + + + +PLANCHE XLII. +(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._) + + +Le personnage que peut représenter ce buste est inconnu. Ses cheveux +longs et bouclés naturellement, peuvent seuls lui assigner un caractère. +On sait que les jeunes Grecs conservaient leur chevelure jusqu'à l'âge +de puberté. A cet âge, on la coupait pour l'offrir à Hercule, à Apollon +ou à quelque fleuve. Les enfans la conservaient aussi chez les Romains; +de-là on les appelait _Capillati_ ou _Comati_. Il paraît que la famille +des Cincinnatus conservait particulièrement cette parure, comme une +devise qui rappelait son premier auteur et l'origine de son nom. Suétone +accuse Caligula d'avoir enlevé cette distinction à un Cincinnatus. La +chevelure longue était particulièrement considérée comme une marque +de molesse qui distinguait les mignons et les jeunes gens adonnés aux +plaisirs. Anacréon, Horace, Pétrone, tous les poètes voluptueux vantent +les cheveux longs de leurs favoris. C'est ainsi que sont peints +les jeunes gens célèbres par leurs amours dans la fable, Hyacinthe, +Ganymède, Nirée, Achille et Thésée; Thésée qui, voulant, selon l'usage, +consacrer sa chevelure dans le temple d'Apollon Delphes, se la fit +seulement couper sur le front. La tête de notre bronze n'a rien dans les +traits qui convienne à l'un de ces personnages renommés par leur beauté; +on peut penser, avec quelque vraisemblance, qu'elle représente un +mignon, ou un jeune homme qui n'avait point encore quitté les bancs de +l'école. + +Hauteur, 1 pied 6 p.º + + + +PLANCHE XLIII. +(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._) + + +Cette tête, d'un grand caractère, n'est donnée à aucun personnage connu. +Trouvée avec celle de Sylla, on pourrait présumer qu'elle est celle +de quelque chef de la ligue italienne dans la guerre des alliés, où +le capitaine Romain s'illustra. L'espèce de casque dont la tête est +couverte, n'est point sans exemple dans les monumens, quoique assez +rare. Homère peint Diomède partant pour espionner dans le camp ennemi, +avec un casque rase, sans aucun ornement; il nomme ce casque _Cataityx_; +on a cru que l'armure ainsi désignée se rapportait beaucoup à celle dite +_Cassis_, en usage chez les Etrusques et les Romains. Plutarque rapporte +que Camille fit faire à ses soldats des casques de fer lisses, afin +que l'épée de l'ennemi glissât dessus, et parât la force du coup. +On retrouve l'usage de cette armure dans des temps plus rapprochés, +puisqu'on la remarque dans des figures de la colonne Trajane (_Fabretti, +col. tr. p. 213_). + +Hauteur, 2 P. 6 p°. + + + +PLANCHE XLIV. + + +Nous terminerons ce volume en rassemblant dans quatre planches divers +petits bronzes représentant des animaux et des masques, et dont les +figures servent de vignettes et de culs-de-lampe à l'édition royale. La +naïveté qui règne dans ces petits sujets, et souvent la perfection avec +laquelle ils sont traités, prouvent combien le goût des anciens savait +se plier à tous les genres. + +FIG. I (_Préf. pag. 3, 273 de l'Edition royale._) +Sphinx grec. Cette espèce de Sphinx se distingue par les aîles et par +les mamelles; le Sphinx égyptien était sans aîles: des Sphinx comme +celui-ci se trouvent souvent dans les monumens grecs, où ils sont un +attribut de Bacchus. Une pareille figure était l'emblème de l'île de +Chio, et paraît constamment sur les monnaies de cette île. + +FIG. II (_pag. 71, 278, t. V de l'Edition royale._) +Truie votive avec une inscription. La truie fut la première victime +qu'on offrit dans les sacrifices. On l'immolait dans les traités de +paix, dans les noces, et généralement dans les lustrations et les +expiations. Chez les Romains, on sacrifiait une truie pleine à Hercule +et à Cérès avant le douzième jour des kalendes de janvier (_Macr. Sat. +III, 2_). Parmi les conjectures nombreuses données pour l'explication de +l'inscription, voici celle qui paraît la plus simple: + +HER_culi_ VOE_sius_ M_arci_ L_ibertus._ +A Hercule, Vœsius affranchi de Marcus. + +On sait que les affranchis joignaient à leur nom propre le nom de leur +patron, et que souvent ils prenaient ce nom seul. On en peut voir des +exemples dans _Muratori_ et dans _Gruter_; ce dernier fait mention de la +famille _Vœsia_ (P. CCCLXXIX, 12). + +FIG, III (_ibid. pag. 4, 273_). +Chameau avec un double panier; c'est ce qu'on appelait proprement +_Clitellœ_. + +FIG. IV (_ibid. pag. 95, 279_). +Biche d'un excellent travail. + + + +PLANCHE XLV. + +Fig. I (_pag. 25, 274, t. V de l'Édition royale._) + + +UN Amour assis sur le nœud que forment les queues de deux chevaux +marins; dans les jambes de ceux-ci on remarque deux dauphins. Ce joli +groupe, d'une excellente exécution, semble offrir l'allégorie de la +puissance de l'Amour sur la terre et sur la mer. C'est dans ce sens +qu'une épigramme de l'Anthologie le peint tenant une fleur d'une main et +de l'autre un Dauphin. + +«Cet Amour nu, pourquoi rit-il? pourquoi est-il tranquille? pourquoi +n'a-t-il pas son carquois et ses flèches de feu? Ce n'est pas en vain +qu'il tient dans sa main un Dauphin et une fleur: dans celle-ci, il +tient la terre, et dans l'autre, la mer». + +Fig. II (_ibid. pag. 57, 77. _) + +Deux Mascarons, têtes de tigres. On en conserve au musée de Portici onze +autres semblables; ils furent trouvés tous ensemble dans les fouilles de +Résine en 1759; ils étaient disposés autour d'un grand réservoir d'eau, +ou vivier en quarré long, tout doublé en lames de plomb. A la gueule de +chaque tête, correspondait un tuyau en plomb pour servir à la décharge +du réservoir. Ces sortes de Mascarons, employés pour l'écoulement des +eaux dans les fontaines ou dans les vasques, prenaient leurs noms des +diverses figures qu'on leur donnait; de-là, ces noms de _Sylvains_, de +_Marsyas_, d'_Atlas_, de _Chiron_ et de _Canthare_, pris de la forme +d'un vase, qu'on lit dans plusieurs auteurs. Vitruve dit que l'extrémité +des tuiles, servant à l'écoulement des eaux sur les toîts, était en +forme de têtes de lion ou d'autres animaux; et, en effet, on a trouvé +une grande quantité de ces sortes de tuiles au temple d'Isis à Pompéia. +Tout le monde sait que l'usage ingénieux de ces figures, quoique moins +général, n'a pas été négligé par l'architecture moderne. + + + +PLANCHE XLVI. + +Fig. I (_pag. 42, 43, t. V de l'Édition royale._) + +MASQUE bachique, clairement désigné par les attributs du Dieu des +vendanges, le diadême, le lierre avec ses corymbes, la jeunesse et la +gaîté de la figure. + +Fig. II (_ibid. pag. 47, 277._) + +Autre masque bachique. Le diadême et les corymbes, la figure même, +appartiennent clairement à un sujet Dionysiaque; mais les feuilles +longues qui percent à travers les cheveux sont un attribut moins connu, +à-moins qu'on ne veuille y reconnaître quelqu'espèce de lierre. Nous +pourrions encore faire remarquer que le myrte, le laurier, la palme, et +en général toutes les plantes et les fleurs, convenaient à Bacchus, l'un +des grands symboles de la fécondité de la nature. + +Il est probable que ces deux masques représentent _Acratus_, génie +Dionysiaque, plutôt que la divinité principale des orgies. + +Fig. III (_ibid. pag. 43, 277._) + +Masque de Silène ou de Satyre. Les oreilles alongées qui semblent tenir +de la nature de la chèvre, appartiennent également à ces deux espèces de +suivans de Bacchus. Nous avons fait remarquer, dans ce même volume (n°. +_VIII_) et ailleurs, les signes qui les caractérisent. + +Fig. IV (_ibid. pag. 51, 277._) + +Autre masque de Silène. + + + +PLANCHE XLVII. + + +Fig. I (_pag. 27, 275, t. V de l'Edition royale._) + +Tête de lion avec un anneau mobile dans la gueule. Cette pièce, trouvée +à Portici, était fixée dans une planche, et paraît avoir, suivant +l'usage moderne, servi de poignée à une porte ou à un tiroir. + +Fig. II (_ibid. pag. 51 et 277._) + +Masque tragique d'un très-beau caractère. + +Fig. IV (_ibid. pag. 63, 278_). + +Un victimaire avec un sanglier. Cet animal est bien caractérisé par le +poil hérissé qui borde l'épine du dos, et par les défenses. La large +bande dont il est ceint est la parure du sacrifice. On désignait par ce +nom de victimaire les servans du sacerdoce, qui conduisaient et tuaient +les victimes; ils étaient nommés encore plus particulièrement _popœ_. On +les retrouve dans la colonne Trajane parfaitement semblables au nôtre, +nus jusqu'à la ceinture, avec une espèce de tablier, proprement dit +_limus_. Ce bronze est très-curieux en ce qu'il représente un sanglier +doux et privé. Il n'est point difficile, dit Varron (_de Re. R. III, +13_) de les apprivoiser et de les engraisser en les tenant dans une +garenne. On immolait le sanglier à Jupiter quand on faisait devant lui +un serment solennel; c'est le sacrifice que fit Agamemnon en jurant +qu'il n'avait point touché à Briséis; c'est celui qui était en usage +pour le serment des juges aux jeux olympiques. On sacrifiait aussi +le sanglier à Hercule, comme on le voit dans un monument publié par +Muratori (_LXII, 9_). La couronne que porte le victimaire pourrait +servir à faire connaître la divinité à qui est offert le sacrifice, +si cette couronne était plus distincte; on sait que les couronnes +des sacrificateurs se faisaient avec les feuillages ou les plantes +consacrées à la divinité qu'on célébrait; mais le bronze ne laisse pas +distinguer à quel arbre appartiennent les feuilles. + + + +PLANCHE XLVIII. + + +Fig. I (_pag. 89, 279, t. V de l'Edition royale._) + +Deux têtes de chevaux d'un beau travail, garnies de leurs harnois. Nous +avons déjà eu occasion de faire quelques remarques à ce sujet (_Peint, +t. II, N.° XLIV_) + +Fig. II (_ibid. pag. 101, 279_). + +Un lion, bas-relief. Il ne paraîtra peut-être pas inutile d'observer +que la plupart de ces petits bronzes, et particulièrement les masques, +servaient d'ornement à d'autres monumens auxquels ils étaient fixés. + +Fig. III (_ibid. pag. 113, 280_). + +Un bœuf isiaque, _Apis_ ou _Mnévis_, d'un excellent travail; il porte +sur la tête un croissant, symbole de la grande divinité des Égyptiens, +la même encore que la Lune. + + + +FIN DU IVe VOLUME.--Ier DES BRONZES. + + + + +TABLE DES MATIÈRES +CONTENUES +Dans le 4e Volume des Antiquités d'Herculanum. +TOME Ier DES BRONZES, BAS-RELIEFS ET BUSTES. + + + +A + +ACRATUS, Génie de l'ivresse.--Planches 10 et 46. + +AGRIPPINE, fille de M. Agrippa et de Julie, dite _majeure_.--Pl. 33 + +AMOUR avec des Chevaux marins.--Pl. 45. + +ANTIOCHUS-LE-DIEU, Roi de Syrie. Bronze attribué aussi à _Ptolomée +Lathyre_.--Pl. 39. + +APOLLONIUS. Remarques sur les Artistes de ce nom.--Pl. 28. + +AUGUSTE.--Bronze en forme d'Hermès.--Pl. 28. + +B + +BACHIQUES (Figures).--Pl. 9, 11 et 12. + +BACCHUS _Sabazius_ ou _Zagreus_.--Pl. 9.---pogon ou barbu.--Pl. 19. + +BÉRÉNICE-LA-GRANDE, femme de Ptolomée Soter.--Pl. 35. + +BÉRÉNICE II, femme de Ptolomée Evergète.--Pl. 37. + +BICHE.--Pl. 44. + +BŒUF _Apis_ ou _Mnévis_.--Pl. 44. + +C + +CAÏUS et Lucius CÆSAR, petit-fils d'Auguste. Portraits attribués, avec +peu de vraisemblance, à ces deux princes.--Pl. 31 et 32. + +CALIGULA.--Pl. 34. + +CASQUES ras.--Pl. 43. + +CHAMEAU.--Pl. 44. + +CHEVAUX. (Têtes de)--Pl. 48. + +CHEVELURE de _Bérénice_.--Pl. 37. + +CHEVEUX longs considérés comme marques de molesse.--Pl. 42. + +CLÉOPATRE ou _Phèdre_ se laissant mourir. Bas-relief en argent.--Pl. 1. + +COIFFURE en forme de turban, attribuée à un médecin.--Pl. 20. + +D + +DÉMOCRITE. (Tête attribuée à).--Pl. 22. + +DÉMOSTHÉNES.--Pl. 13 et 14. + +DIANE.--Pl. 7 et 8. + +DRUSUS, fils unique de Tibère.--Pl. 31. + +E + +EPICURE.--Pl. 17. + +ESCULAPE et HYGIE. Bronze plaqué en argent; bas-relief.--Pl. 4. + +F + +FORTUNES. (Trois) Bas-relief en argent.--Pl. 3. + +G + +GRENADES nées du sang de Bacchus.--Pl. 9. + +H + +HÉRACLITE. ( Portrait attribué à)--Pl. 21. + +HERCULE.--Pl. 7. + +HERCULE jeune. (Tête crue d')--Pl. 32. _Autre_ attribuée, sans +fondement, à _Ptolomée Philometor_.--Pl. 38. + +HERMARQUE, philosophe Epicurien.--Pl. 16. + +I + +INCONNUS. ( Sujets ) Tête coiffée d'un turban, attribuée, sans +vraisemblance, à Architas.--Pl. 20. _Autre_ représentant un Maure.--Pl. +41. _Autre_ représentant un jeune homme avec les cheveux longs.--Pl. 42. +_Autre_ coiffée d'un casque ras.--Pl. 43. + +INSCRIPTIONS. (Remarques sur le temps imparfait employé dans les)--Pl. +28. + +JUNON.--Pl. 7. + +JUPITER. (Symbole de)--Pl. 6. + +JUPITER.--Pl. 7. + +L + +LAURIER. (Vertu attribuée au)--Pl. 4. + +LAURIER delphique.--Pl. 35. + +LÉPIDE, l'un des triumvirs.--Pl. 27. + +LION.--Pl. 48. + +LIVIE, femme d'Auguste. Buste en forme d'Hermès.--Pl. 29. + +M + +MAIN votive ou main de bronze.--Pl. 5. + +MARCELLUS, fils d'Auguste.--Pl. 30. + +MARS.--Pl. 7. + +MASCARONS.--Têtes de tigre.--Pl. 45. _Autre_. Tête de lion.--Pl. 47. + +MASQUES bachiques.--Pl. 46. _Autre_ tragique.--Pl. 47. + +MÉTRODORE, philosophe Epicurien.--Pl. 18. + +MIROIRS métalliques.--Pl. 2. + +MITHRIAQUE. (Symbole du culte)--Pl. 5. + +P + +PALLAS.--Pl. 6. + +PHÈDRE ou _Cléopâtre_.--Pl. 1. + +PLATON. Figures attribuées, mal-à-propos, à ce philosophe.--Pl. 19. + +POMONE. Figure étrusque.--Pl. 12. + +PTOLOMÉE Ier, fils de Lagus; Bronze attribué aussi à _Ptolomée +Philométor_.--Pl. 38. + +PTOLOMÉE (_Alexandre_) frère de Lathyre.--Pl. 40. + +S + +SABAZIUS.--_Voyez_ BACCHUS. + +SANGLIER paré pour le sacrifice.--Pl. 47. + +SAPHO.--Pl. 24. + +SATYRE offrant un sacrifice à une Divinité champêtre. Bas-relief en +argent.--Pl. 2. + +SCIPION l'Africain l'ancien.--Pl. 25. + +SÉNÈQUE.--Pl. 23. + +SILÈNES.--Pl. 8. + +SPHINX grec.--Pl. 44. + +SYLLA.--Pl. 26. + +T + +TRUIE votive.--Pl. 44. + +V + +VESTA ou _Diane_.--Pl. 8. + +VICTIMAIRE avec un sanglier.--Pl. 47. + +VICTOIRE.--Pl. 6. + +Z + +ZAGRÉUS. _Voyez_ BACCHUS. + +ZENON.--Pl. 15. + + +Fin de la Table. + + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome IV., +(Vol. 4 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM *** + +***** This file should be named 17234-8.txt or 17234-8.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + https://www.gutenberg.org/1/7/2/3/17234/ + +Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed +Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. 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Email contact links and up to date contact +information can be found at the Foundation's web site and official +page at https://pglaf.org + +For additional contact information: + Dr. Gregory B. Newby + Chief Executive and Director + gbnewby@pglaf.org + + +Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation + +Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide +spread public support and donations to carry out its mission of +increasing the number of public domain and licensed works that can be +freely distributed in machine readable form accessible by the widest +array of equipment including outdated equipment. Many small donations +($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt +status with the IRS. + +The Foundation is committed to complying with the laws regulating +charities and charitable donations in all 50 states of the United +States. 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