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authorRoger Frank <rfrank@pglaf.org>2025-10-15 04:50:37 -0700
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@@ -0,0 +1,2291 @@
+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome IV., (Vol. 4
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome IV., (Vol. 4 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17234]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+ ANTIQUITÉS D'HERCULANUM
+
+ GRAVÉES
+ PAR TH. PIROLI
+
+ AVEC
+ UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUDÉ;
+
+ ET PUBLIÉES
+ PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
+
+
+ TOME IV.
+
+ BRONZES.
+
+
+
+A PARIS
+
+ {PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
+CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, maison
+ {Abbatiale Saint-Germain-des-Prés, n°. 1121.
+
+
+ AN XIII. = 1805.
+
+
+
+
+AVERTISSEMENT.
+
+
+Nous suivons, dans cette Édition, la classification adoptée par les
+Académiciens d'Herculanum. La peinture a occupé trois volumes; deux
+volumes renfermeront ce que la Statuaire a vu ressusciter des fouilles
+de la Campanie, c'est-à-dire, les Bronzes, Bas-reliefs, Bustes
+et Statues; car, selon Pline, cette dénomination s'applique
+particulièrement à l'art de jeter en bronze, et les productions du
+ciseau appartiennent à la sculpture. La rareté des bronzes a fait
+compter pour une richesse précieuse, ceux qui ont été recueillis dans
+ces villes antiques et souterraines. Si l'on trouve dans ces ouvrages
+moins de recherche que dans les productions du pinceau, ils offrent
+peut-être plus de finesse, plus de sentiment, un goût plus épuré, et
+surtout à un degré plus sensible, cette vive empreinte qui décèle le
+génie et la science profonde de l'artiste. Cette collection se rend
+également intéressante, sous le rapport de l'art et de l'histoire civile
+et religieuse.
+
+Pour ne point interrompre la suite des Bustes et des Statues, nous les
+ferons précéder de quelques Bas-reliefs, qui ne sont point en assez
+grand nombre pour former une série particulière: les Bas-reliefs
+avec les Bustes formeront le premier volume; le second renfermera les
+Statues.
+
+
+
+PLANCHE I.
+(_P. 257, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Tout concourt à donner un grand prix à ce bas-relief; la matière,
+le travail, la variété des objets, la beauté de la composition,
+l'expression des figures et le choix du sujet. La plaque est d'argent,
+en forme de bouclier, avec un crochet au revers pour la suspendre:
+c'était sur des boucliers semblables que les anciens faisaient
+représenter les images et les actions de leurs ancêtres. La mort de
+Cléopâtre parait faire le sujet de cette composition, toute pittoresque.
+Cette reine infortunée, dont la beauté n'a pu désarmer son vainqueur,
+a fait couler la mort dans ses veines. Ses derniers soupirs sont encore
+pour l'amant qu'elle a perdu; assise, affaissée par l'effet du poison,
+la tête penchée sur l'épaule, les yeux mourans, elle expire dans les
+bras de l'une de ses fidelles esclaves; c'est Carmione, la plus âgée,
+elle qui prit soin de l'étendre sur le lit royal, parée d'habits
+somptueux, et qui la suivit chez les morts après avoir rempli ces
+derniers devoirs. Debout, considérant sa maîtresse dans l'attitude de
+la douleur, est la jeune Irais, qui la suivit la première. Un Amour,
+accablé de tristesse, est appuyé sur les genoux de la reine, et déplore
+sa fin malheureuse. C'est ainsi que nous avons vu ce même Dieu pleurant
+l'infortune d'Ariadne (_Peint. t. II, pl. XV_) et éteignant son
+flambeau devant Narcisse (_Id. t. III, pl. XLVI et XLVII_). Aux pieds de
+Cléopâtre est le panier de figues renversé, sensible allusion au récit
+de Plutarque. Les accessoires représentent l'intérieur d'un appartement;
+c'est ce que désignent le lit, dont on voit une partie, la draperie
+tendue (_aulœa_) et la petite statue élevée sur une colonne tronquée.
+La pomme, le vase, la guirlande de myrte et les deux colombes, désignent
+clairement Vénus dans cette image. Malgré l'heureuse application que
+l'on peut faire à la mort de Cléopâtre, de plusieurs traits de notre
+bas-relief, l'explication n'en est pas pleinement satisfaisante; M.
+Visconti pense que ce sujet appartient à la Mythologie; la figure
+allégorique de l'Amour ou de Cupidon, ne paraît pas convenir une
+histoire; la statue de Vénus et l'offrande des colombes, ne paraissent
+pas convenir à celle de Cléopâtre: il croit donc que le sujet est Phèdre
+avec la nourrice, comme sur plusieurs bas-reliefs où l'on voit de même
+la figure de Cupidon; ses offrandes n'ont pu lui rendre Vénus favorable,
+et le panier renversé indique qu'elle veut se laisser mourir de faim.
+
+Diamètre, 5 pouces 8 lignes.
+
+
+
+PLANCHE II.
+(_P. 261, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce bas-relief, sur une lame d'argent, est d'un bon travail; on y voit
+un Satyre aux longues cornes, ceint de la nébride, faisant une offrande
+devant un Hermès, posé sur un autel rustique. Il est assis, attitude qui
+convient à une cérémonie religieuse, et joue d'une lyre à sept cordes:
+quoiqu'il soit rare de voir les Satyres avec la lyre, on les retrouve
+cependant dans plusieurs monumens, avec cet instrument qui n'est point
+étranger aux suivans de Bacchus. L'Hermès barbu, et ayant les cheveux
+roulés autour de la tête, pourrait représenter Bacchus Indien; mais
+l'objet du sacrifice semble désigner une divinité champêtre d'un ordre
+inférieur, peut-être Sylvain, souvent représenté sous la forme d'un
+Hermès. L'autel est ceint d'une guirlande; contre l'arbre est posé un
+_pedum_, ou plutôt le bâton de chasseur, dit _lagobolos_ parce qu'il
+servait à assommer les lièvres; sur l'autel est une coupe, qu'on peut
+supposer pleine de lait; aux branches de l'arbre est suspendue une peau
+d'animal, dont les oreilles allongées semblent être celles d'un lièvre;
+on voit encore sur la pierre où le Satyre est assis, la peau d'un animal
+sauvage, tel qu'un tigre ou une panthère. Ce Satyre paraît donc offrir à
+la divinité un sacrifice en reconnaissance d'une heureuse chasse, et de
+la fécondité des troupeaux.
+
+Il paraît probable que ces petits bas-reliefs en argent, et quelquefois
+en bronze, de forme ronde, ont servi de fonds à des miroirs métalliques.
+Le Musée Napoléon en possède un en bronze doré, trouvé dans un tombeau,
+avec le miroir rond métallique.
+
+Trouvé à _Portici_, et gravé de la grandeur de l'original.
+
+
+
+PLANCHE III.
+(_P. 263, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ces trois Fortunes, relevées en bosse sur argent, sont parfaitement
+semblables entre elles, et ont les mêmes attributs. Cette réunion
+des trois figures rappelle qu'il y avait à Rome un temple aux trois
+Destinées (_tria fata_) qu'on révérait, comme on faisait trois Parques
+et trois Grâces, divinités qui se confondent dans l'antiquité reculée.
+Le boisseau sur la tête de la Fortune, comme sur celles d'Isis et de
+Sérapis, est l'emblême de l'abondance; cet emblême se retrouve encore
+avec plus d'extension dans la corne d'Amalthée. Le timon désigne la part
+que prend la Fortune dans le gouvernement des empires et des affaires
+humaines; le croissant et l'étoile expriment sa domination sur tout
+l'univers, et peut-être ces signes, qui accompagnent presque toujours
+la déesse, expriment-ils l'opinion de quelques philosophes, qui
+attribuaient à l'influence des corps célestes, et surtout de la lune,
+tous les événemens heureux et malheureux. Chaque figure est encâdrée
+dans le frontispice d'un petit temple; dans le fronton de celui du
+milieu, on voit une partie du Capricorne, signe qui se retrouve dans
+les médailles comme horoscope, avec les autres emblêmes _de la fortune
+d'Auguste_, et qui semblerait désigner ici particulièrement la fortune
+de ce prince.
+
+Trouvées à _Civita_, et gravées de la grandeur de l'original.
+
+
+
+PLANCHE IV
+(_P. 264, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce petit bronze, d'un travail délicat, est plaqué d'argent dans les
+reliefs; il représente Esculape avec sa fille Hygie ou _Salus_, déesse
+de la santé. On reconnaît facilement le dieu à sa barbe, à ses cheveux,
+et a la verge entourée d'un serpent. Sa compagne porte pour attribut la
+tasse sacrée, d'où l'on voit sortir un serpent, particularité qui donne
+beaucoup de prix à ce petit monument. La déesse tient aussi dans sa
+main une petite branche qui n'a point été observée par les Académiciens
+d'Herculanum, et que l'on peut croire être la panacée. Les figures
+posent sur un autel, et sont encâdrées par un ornement de feuilles de
+laurier et de festons. Le laurier était consacré aux trois divinités qui
+présidaient à la médecine, Esculape, Hygie et Telesphore: on attribuait
+aux feuilles de cet arbre une vertu extraordinaire; on l'employait dans
+les triomphes pour purifier les soldats du sang versé dans les combats;
+on s'en servait dans les lustrations; on disait de celui qui était
+rassuré contre les dangers, qu'il portait un bâton de laurier. Dans les
+Hiéroglyphes, le symbole d'une guérison miraculeuse était une colombe
+qui tenait dans son bec une branche de laurier. L'usage de consacrer des
+tablettes de métal et de marbre pour solution d'un vœu à une
+divinité dont on croyait avoir obtenu quelque grace ou faveur, était
+très-répandu, et l'on peut regarder celle-ci comme l'une de ces
+représentations votives. Trouvé à _Portici_, et gravé de la grandeur de
+l'original.
+
+
+
+PLANCHE V.
+(_Préface de l'Edition originale, page 37._)
+
+
+La main votive dont nous donnons ici la figure sous un double aspect,
+se rend, par la multiplicité des symboles, plus curieuse que celles déjà
+connues. Comme dans les autres, les trois premiers doigts sont ouverts,
+et les deux derniers fermés. On remarque près de la base, dans une
+cavité, une femme avec un petit enfant; il semble que le sujet du
+vœu soit exprimé par ces figures, et qu'il se rapporte à un heureux
+accouchement. L'homme assis, les pieds posés sur une tête de bélier,
+tenant élevé l'index de chaque main, revêtu du costume phrygien ou
+persan, habit que les anciens ont donné, par convention, à tous les
+Orientaux, paraît être ici, sous la figure d'un ministre ou d'un
+prophête, le symbole du culte mithriaque. Le serpent, la grenouille, le
+lézard, la balance, la fleur, le fouet, le _tympanum_, le sistre, les
+cymbales, etc. font allusion aux Divinités révérées par l'auteur de
+l'offrande, ou à sa croyance religieuse, Il serait difficile de tirer
+un sens clair et précis de ces sortes d'énigmes, qui, peut-être, n'en
+avaient pas un bien formé pour ceux même qui les inventaient; on peut
+les regarder comme les rêves d'esprits blessés par la superstition,
+ou exaltés par une pieuse reconnaissance, qui voulaient remercier ou
+appaiser tous les Dieux qu'ils avaient implorés, ou dont ils craignaient
+le courroux. Aussi n'a-t-on réuni, dans l'explication de ces sortes de
+monumens, que des conjectures qui semblent se combattre comme les idées
+superstitieuses qui les ont produits. Le lecteur curieux pourra recourir
+aux auteurs qui en ont parlé; Lorenzo Pignorio, Tommassini, Delachausse,
+Gori, Montfaucon, Caylus, etc. Les Antiquaires donnent à ces
+mains votives le nom de _Mains de bronze_ ou de _Mains Panthées_,
+c'est-à-dire, consacrées à tous les Dieux.
+
+Celle-ci fut trouvée dans les fouilles de Résine, en 1746.
+
+Hauteur, 6 pouces.
+
+
+
+PLANCHE VI.
+(_P. 1re, t. V de l'Edition royale._)
+
+Chez tous les peuples, nous voyons la religion s'envelopper de mystères;
+parmi les anciens Grecs et Romains, l'idée d'un Être suprême, seul
+moteur de toutes les causes et régulateur de l'univers, était, pour
+ainsi-dire, le secret des philosophes, et cette grande vérité paraissait
+trop sublime pour être communiquée au vulgaire grossier, dont la
+superstition se nourrissait de toutes les erreurs du polythéisme. On en
+retrouve les traces plus ou moins développées dans leurs écrits; mais
+c'est sur-tout dans les monumens que les opinions religieuses se cachent
+sous les symboles. Le bronze que nous avons sous les yeux, semblerait
+appartenir à ces sortes de monumens mystérieux; il représente un
+Croissant, surmonté de deux petits bustes, avec l'aigle portant la
+foudre au milieu; cet aigle annonce, dans les médailles et dans les
+pierres gravées, la présence invisible du grand Jupiter. La tête de
+Diane, de Proserpine ou d'Isis au milieu du croissant, annonce la
+puissance de la Divinité manifestée dans cet astre. Ici le symbole de
+Jupiter semble le montrer comme le régulateur des temps figurés dans
+les têtes du Soleil et de la Lune, qui, en séparant le jour et la nuit,
+forment le mois exprimé par le croissant. Les mutations constantes de
+la Lune ont été les premières observées, et le cours de cet astre est
+la mesure la plus sensible et la plus antique qui ait servi à diviser
+l'année. «Le mouvement perpétuel du Soleil, dit le poète Aristide (_Hym.
+in Jov. p._ 13) au-dessus et au-dessous de la terre, est le commandement
+donné par Jupiter au Soleil, d'éclairer tout le monde; et les cours de
+la Lune et les révolutions de toutes les étoiles, sont une disposition
+de Jupiter». Ce passage s'applique merveilleusement à notre bronze, et
+pourrait aussi aider à l'explication d'autres monumens, où l'on voit la
+tête même de Jupiter avec le croissant. C'est aussi comme régulateur
+des jours et des nuits, que Jupiter recevait chez les Romains le nom de
+_Lucetius_ et de _Diespiter_ (_Diei pater_); cependant, en adoptant
+une explication plus simple, et qui a été appliquée avec autorité des
+monumens du même genre, on pourrait voir, dans notre bronze, l'apothéose
+de deux personnages révérés, ou un hommage votif pour la naissance de
+deux jumeaux, ou peut-être encore le symbole de Jupiter, d'Hécate, ou de
+Castor et Pollux.
+
+Sur la même planche, on voit un buste de Pallas, avec le casque et
+l'égide, et une femme aîlée qui peut représenter une Victoire.
+
+
+
+PLANCHE VII
+(_ P. 2 et 3, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Le premier de ces quatre bustes appartient Jupiter. On reconnaît le père
+et le maître des Dieux, à son épaisse chevelure, à sa barbe touffue, au
+diadême qu'il porte, et mieux encore à ce visage majestueux, conforme à
+l'idée qu'en ont laissée les poètes et les anciens artistes. Ce bronze
+ressemble au fameux buste du capitole, et nous ferons remarquer ici,
+d'après l'observation du savant éditeur de ce Musée (_Mus. cap. t. II_),
+quel soin, quelle exactitude apportaient les anciens, non-seulement
+à retracer les véritables images des hommes illustres, mais encore à
+conserver dans les têtes de leurs Dieux et des héros, une ressemblance
+souvent idéale, mais consacrée par la description des poètes, ou par
+les premières images que l'art avait produites. Il y avait, dans cette
+attention, un certain principe de religion qui conserva long-temps ce
+sentiment du vrai beau, d'où l'esprit de l'homme, après l'avoir trouvé,
+ne tend que trop, par l'effet de son inconstance naturelle, à s'écarter;
+on connaît ce passage d'Homère (_Il. a. v. 528_): «Le fils de Saturne
+abaissa ses noirs sourcils, les cheveux vénérables du roi s'agitèrent
+sur sa tête immortelle, et il fit trembler le vaste olympe». C'est
+d'après cette description, a remarqué un ancien, qu'Euphranor forma,
+avec son pinceau, l'image de Jupiter, et que Phidias la jeta en bronze.
+«Nous connaissons la face des Dieux, dit Cicéron (_de N. D. I. 30_),
+comme l'ont voulu les peintres et les modeleurs, et non-seulement leur
+visage, mais encore leurs ornemens, leur âge, leurs vêtemens; ainsi l'on
+peut dire que Jupiter est barbu, qu'Apollon est imberbe, que Minerve
+a les yeux bleus, et Neptune, verdâtres». Des idées ainsi consacrées
+s'établissent, avec le temps, comme la vérité même.
+
+Le second buste est celui de Junon, qu'on reconnaît à sa couronne
+radiée, et au voile qui couvre sa poitrine.
+
+Dans le troisième, on voit un Hercule, distingué par la couronne
+de peuplier, attachée avec une bandelette ou diadême, sorte de
+consécration, et dont les traits se rapportent aux portraits connus.
+
+Dans le quatrième, est figurée une Diane, dont les cheveux tressés sans
+ornement étranger, viennent former sur sa tête deux crochets allusifs au
+croissant; elle porte le carquois et une peau de chèvre ou l'égide.
+
+FIG. supérieure.--Hauteur, environ 3 p°. 4 lig.
+FIG. inférieure.--Hauteur, environ 4 p°.
+
+
+
+PLANCHE VIII.
+(_P. 3 et 4, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Il serait difficile de fixer le caractère de ce premier buste; c'est un
+fragment d'une statue entière. La coiffe et le diadême peuvent désigner
+une Junon, une Vesta ou une Diane. Le buste casqué représente le dieu
+Mars sans barbe, comme ce Dieu est représenté le plus souvent. Le
+troisième buste représente un suivant de Bacchus, couronné de feuilles
+de lierre et de corymbes; sa barbe épaisse, la nébride qu'il porte en
+écharpe, et son âge, qui est celui de la vigueur, indiquent un Faune
+ou Satyre d'un âge mûr: les Grecs les appelaient du nom commun de
+_Silènes_. La figure du quatrième buste est moins équivoque; elle
+appartient à Silène, le nourricier de Bacchus; le front chauve,
+l'enfoncement du front à la naissance du nez, l'enchâssement exhorbitant
+de la prunelle, sa barbe descendant en touffes régulières et longues,
+tous ces traits sont dans le caractère; la bandelette lui convient
+aussi, comme prêtre et ministre de Bacchus: tel était le Silène que
+Bacchus enfant lutinait dans ses jeux. Le Dieu arrache, en badinant,
+les poils qui hérissent la poitrine de Silène, ou lui pince ses oreilles
+pointues; il lui claque sa tête chauve et son court menton, et de son
+pouce délicat lui presse ses narines de singe (_Nemesianus, Ecl. III,
+31_).
+
+
+
+PLANCHE IX.
+(_P. 5 et 6, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Au premier coup-d'œil, on croirait reconnaître un Faune dans ce buste;
+mais, avec un peu d'attention, on remarquera que, dans cette nature
+mixte, tout ce gui n'appartient point à la nature humaine a un rapport
+évident avec les formes d'un taureau, et nullement avec celles d'un
+chevreau ou d'un bouc. Une expression divine, quoique féroce, répandue
+sur cette figure, et tous les traits qui la caractérisent, doivent
+s'appliquer à Bacchus lui-même. Mais alors c'est Bacchus _Sabazius_, le
+fils de Jupiter et de Proserpine, proprement dit _Zagreus_, ce Bacchus
+tué par les Titans, et qui cependant reparut depuis sous différentes
+formes. Ce n'est plus ce Bacchus dont la beauté est celle d'une tendre
+Vierge; c'est celui dont Athénée a conservé le portrait (_II, 1, p. 35_)
+«adolescent, indompté, ayant l'aspect d'un taureau; jeune et non jeune».
+Euripide voulant représenter Bacchus courroucé, le fait aussi paraître
+avec la figure d'un taureau; c'est le caractère qu'on peut saisir dans
+le regard, dans les lèvres épaisses, dans les traits ramassés, dans la
+touffe de poil naissante sur le front et dans l'oreille extraordinaire
+de la figure. Les cornes et le serpent appartiennent particulièrement
+à ce Dieu, qui semble offrir le symbole d'une ivresse immodérée et
+furieuse.
+
+Les formes grasses et potelées, les cheveux longs du second buste,
+semblent désigner une femme; le caractère de la figure appartient à
+l'espèce des Faunes; la couronne de lierre avec les corymbes la classe
+évidemment parmi les suivans de Bacchus; la grenade qu'elle porte à la
+main rend ce bronze rare et précieux. Quoique ce fruit soit compté au
+nombre des objets contenus dans la ciste mystique, il n'a point encore
+été remarqué sur aucun des monumens relatifs aux mystères. Suivant un
+ancien Mythe, la grenade naquit du sang de Bacchus _Zagréus_, mis en
+pièces par les Titans, et il était défendu d'en manger les fruits dans
+les fêtes de Cérès.
+
+CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 7 p°. 9 lig.
+
+
+
+PLANCHE X.
+(_P. 7, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+L'expression riante et animée de cette figure, et ses attributs,
+appartiennent clairement à Bacchus; ses cheveux touffus sont tressés
+avec des branches de lierre garnies de corymbes, et un large diadême
+dont les bandes retombant par devant, semblent en faire partie; le bras
+resserré dans l'une de ces bandes, peut être l'emblême de l'enchaînement
+des forces par l'ivresse. Mais ce que cette figure a plus de
+remarquable, ce sont les aîles qu'on lui voit très-rarement. «Les
+Amycléens, dit Pausanias (_III, 19_) adoraient spécialement Bacchus,
+auquel ils donnaient, autant qu'il me semble, le surnom de _Psylas_;
+les Doriens appellent les aîles de ce nom _Psylas_, le vin soulève les
+hommes et rend l'esprit léger, comme les aîles portent les oiseaux». Ce
+passage qu'on a cité en faveur de ce bronze, donne plutôt l'explication
+du sens moral que peuvent offrir à l'esprit les aîles ajoutées à
+Bacchus, comme symboles, qu'il ne prouve que le Dieu ait été adoré
+sous la forme aîlée; nous remarquerons seulement que ces figures aîlées
+doivent, en général, être plutôt considérées comme les génies des Dieux,
+que comme les divinités mêmes. Parmi les génies de Bacchus, l'ancienne
+Mythologie a fait une mention distinguée d'_Acratus_: son nom signifie
+_Merum_, ou le vin sans mélange d'eau; c'est le génie de l'ivresse.
+
+Hauteur, 10 p°.
+
+
+
+PLANCHE XI.
+(_P. 8, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Le diadême, les corymbes de lierre, le voile qui couvrent la tête de
+cette figure, indiquent, selon les Académiciens d'Herculanum, un prêtre
+de Bacchus; les prêtres sacrifiaient aux dieux la tête voilée, usage
+venu à Rome de la Phrygie. Les ministres du culte affectaient aussi dans
+leur costume d'imiter leurs divinités, et cette coiffure, _mitra_,
+dont Bacchus était l'inventeur, lui avait fait donner le surnom de
+_mitrophore_; le geste expressif de l'index élevé, est, sans-doute,
+relatif aux mystères; on a cité à ce propos ce vers d'Orphée: «Jupiter,
+Pluton, le Soleil et Bacchus ne sont qu'un seul»: comme si tous ces
+Dieux se trouvaient réunis dans Bacchus. C'est pour cela qu'il a été
+considéré comme le Dieu universel, et qu'il a été appelé _Panthée
+(Auson. ép. 29 et 30)_. Cependant les accessoires qui peuvent déterminer
+le caractère de ce buste, servent à M. Visconti pour appuyer une opinion
+différente; c'est Hercule, habillé en femme, à la cour d'Omphale, et
+célébrant, avec la reine de Lydie, les fêtes de Bacchus. La célèbre
+pierre gravée, du cabinet d'Orléans, où Hercule jeune paraît voilé
+jusqu'au menton, de la même manière, rend cette opinion presque
+démontrée.
+
+Hauteur, 8 p°.
+
+
+
+PLANCHE XII.
+(_P. 9 et 10, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+La figure du premier buste est couronnée de feuilles, de corymbes de
+lierre et de grappes de raisin; dans un pan de sa draperie, elle porte
+des raisins et des figues, et de la main droite elle penche un vase
+sur les fruits, comme si elle les arrosait. L'expression gracieuse
+et délicate de la tête, la jeunesse dont elle brille, conviennent à
+Bacchus, qui partage avec Apollon le don d'une beauté toujours nouvelle;
+mais les fibules qui attachent la draperie sur les bras, portent à
+croire que c'est une nymphe, l'une des nourrices ou compagnes du Dieu,
+et qui tempère sagement la force de ces fruits par le mélange de
+l'eau; ce mélange était sacré chez les peuples polis de la Grèce;
+il n'appartenait qu'aux barbares de boire le vin pur, et c'est ce
+qu'Anacréon appelle _boire à la scythique_. De-là, peut-être, cette
+différence du Bacchus sauvage et furieux dont nous avons parlé
+précédemment (_pl. IX_), et du Bacchus vainqueur et législateur des
+peuples de l'Orient, portant dans sa beauté immortelle le caractère
+d'une divinité bienfaisante. La proportion du mélange était
+ordinairement de trois parties d'eau sur deux de vin, et les plus sobres
+suivaient celle de cinq à deux.
+
+Le style du second buste peut le faire croire de travail étrusque, ou,
+pour s'exprimer avec plus de justesse, d'ancien style grec; les lignes
+droites, l'adhérence des membres au corps qui en font le caractère,
+attestent la jeunesse de l'art; les Etrusques reçurent, à une époque
+très-reculée, les arts de la Grèce, ils conservèrent long-temps, avec
+une espèce de religion, ce même style, sans le changer ni l'améliorer.
+Comme imitateurs, ils eurent dans l'exécution quelque chose de plus
+lourd, et qui distingue encore aux yeux exercés, leurs ouvrages de ceux
+de leurs premiers maîtres. La figure est une Pomone, qu'on reconnaît
+aux différens fruits qu'elle porte dans son giron; elle est coiffée d'un
+voile, posé sur une élévation formée par les cheveux sur le front. C'est
+cette élévation qu'on nomme _tutulus_, et qui se rencontre souvent dans
+les figures dites étrusques. Le collier, orné de bulles, est aussi un
+ornement étrusque; ce collier et les yeux sont en argent.
+
+CHAQUE BUSTE.--Hauteur, 6 p°.
+
+
+
+PLANCHE XIII.
+(_P. 11, 12, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Ce buste précieux porte le nom du personnage célèbre qu'il représente,
+du prince des orateurs. _Démosthène_ naquit à Athènes, environ trois
+siècles avant celui d'Auguste. L'amour de la patrie arma son éloquence
+contre les rois de Macédoine. Après une vie agitée, forcé, par la fureur
+d'Antipâtre, de chercher un asyle dans une terre étrangère, il n'en
+trouva plus que dans la mort même, et prit du poison dans l'île de
+Calaurie, l'an III de la 114e olympiade (le 16 octobre, 122 ans avant
+l'ère chrétienne). «Voilà, dit Pausanias (l. VIII) où cet amour extrême
+de Démosthène pour les Athéniens, le conduisit; et il me semble qu'on a
+dit avec raison, qu'un homme trop dévoué à l'intérêt public, et qui
+se fie trop à la faveur populaire, meurt bien rarement tranquille». Ce
+buste fut découvert, en 1753, dans les fouilles de Résine, dans le
+même édifice où l'on trouva les _Papyrus_ et la plus grande partie des
+bustes. A cette époque, on ne connaissait point de portrait authentique
+du célèbre orateur. Un marbre trouvé à Tarragon, cité par Fabri (_Ill.
+imag. n°. 55_) et par Bellori (_Ill. rhét. n°. 79_), portait le nom de
+_Démosthène_; mais la jeunesse et la privation de la barbe semblaient
+indiquer, dans cette tête, un autre Démosthène, peut-être le fils
+d'Alcisthène, capitaine des Athéniens, commandant une flotte au siége
+de Syracuse, où il perdit la vie, selon Thucydide (_l. III, p. 9l_) et
+autres historiens. On a remarqué que, dans l'inscription, la forme de
+l'_epsilon_ et du _sigma_ répondait à celle du temps d'Auguste. Si
+ce n'est point un signe assez certain pour fixer l'âge de ce bronze,
+l'excellence du travail ne l'en place pas moins aux beaux temps de
+l'art.
+
+Hauteur, 6 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XIV.
+(_P. 13, 14, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+La ressemblance qu'on saisit entre ce buste et le précédent, peut y
+faire reconnaître le même personnage, _Démosthène_. Plus grand, mieux
+conservé, on remarque dans les traits plus de jeunesse et une expression
+plus vive; mais, dans tous les deux, on trouve ce trait caractéristique
+qui rappelle cette difficulté dans l'articulation, vaincue par la
+constance de l'orateur, la lèvre inférieure très-mince, et comme
+attachée aux dents. Plutarque, dans la vie de Démosthène (_l. II, p.
+847_) fait mention de deux statues, qu'on voyait à Athènes en deux lieux
+différens. On lisait au bas de la statue de bronze, cette inscription,
+posée par les Athéniens: «Si la valeur de Démosthène eût égalé son
+éloquence, la Grèce ne serait point encore vaincue ni asservie au
+Macédonien. Sa statue, ajoute-t-il, est placée près le _Perischœnasma_
+(ou enceinte de cordes) à l'autel des douze Dieux: c'est l'ouvrage de
+Polyeucte. Par la suite, et après sa mort, les Athéniens lui érigèrent
+une statue dans le _Forum_, sous l'archonte Gorgias». On pourrait croire
+que, entre ces deux statues, il existait la même différence que l'on
+remarque dans nos deux bustes. Dans le premier, Démosthène est calme et
+serein, tel sans-doute qu'il parut après avoir pris le poison, ainsi
+que le décrit Lucien, intrépide et riant. Dans celui-ci, c'est l'orateur
+foudroyant, tel que le peint une épigramme de l'Anthologie (_V. 3._)
+d'après une statue de bronze: «Mais il n'était point tranquille;
+enveloppé dans de grandes pensées, il roulait dans son esprit de
+profonds desseins; tel il s'élevait en fureur contre les Macédoniens.
+Certes, cette image morte semblait lancer de ses lèvres les paroles
+ardentes; mais l'art l'en empêchait, l'art qui l'avait enchaîné dans le
+bronze le forçait à se taire».
+
+Hauteur, 11 p°.
+
+
+
+PLANCHE XV.
+(_P. 15, 16 de l'Edition royale_.)
+
+
+Le nom de _Zénon_ se fait lire sur la base de ce buste; mais
+l'inscription ne suffit pas pour désigner clairement le personnage.
+Diogène Laërce nomme huit Zénon; d'autres en comptent jusqu'à quinze.
+Les plus célèbres sont Zénon d'Elée et Zénon de _Cittium_, petite ville
+de l'île de Chypre; le premier dialecticien subtil passe pour fils ou
+pour disciple de Parménide, et pour maître de Périclès; en parlant de
+ce philosophe, Platon dit qu'il était de l'âge d'environ quarante
+ans, d'une taille élevée, et d'une figure agréable. Le second, chef et
+fondateur de la secte des Stoïciens, était, suivant le portrait qu'en
+donne Laërce (_liv. VII_) petit, très-brun, faible, délicat et maigre,
+ayant les jambes grosses, et le cou penché d'un côté; du reste, l'air
+sombre, dur et amer. Les Athéniens, l'honorèrent pour son savoir et
+sa probité; ils lui confiaient la garde des clés de la ville; ils lui
+décernèrent une couronne d'or et une statue de bronze. Ses compatriotes
+lui rendirent le même honneur, pensant que l'image d'un tel homme était
+l'ornement de leur cité; et cette statue, respectée par Caton, seule, ne
+fut point vendue dans la confiscation du royaume de Chypre (_D. Laërce,
+VII, 6, Pline, XXXIV, 8._) Zénon de _Cittium_ ne commença à s'appliquer
+la philosophie qu'à l'âge de trente ans, il suivit pendant plus de
+vingt ans Cratès, Stilpon et Xénocrate; il est probable qu'il était
+sexagénaire quand il ouvrit son école au portique. Il mourut âgé de 98
+ans; d'où il suit que ses portraits doivent porter l'empreinte d'une
+vieillesse très-avancée. Il ne paraît point que notre bronze réponde à
+l'idée qu'on doit se faire de ces deux personnages; les monumens connus
+sous le nom de _Zénon_, n'offrent pas de point de comparaison assez
+frappant, pour fixer ici l'incertitude. Trouvé dans la maison d'un
+Epicurien, ce buste semblerait être celui de l'un des Zénon de cette
+secte. L'un des plus illustres philosophes qui lui appartinrent, fut
+Zénon le Sidonien, le huitième nommé par Laërce (_VII, 35_) disciple
+d'Apollodore; il se distingua par la clarté de ses pensées et de ses
+discours, et laissa beaucoup d'écrits (_id. X, 25_). Cicéron parle aussi
+d'un Zénon qu'il entendait souvent à Athènes, «Notre Philon, dit-il,
+avait coutume de l'appeler le coryphée des Epicuriens (_De N. D. I.
+21_)». On sait que l'école d'Épicure était suivie des personnages les
+plus distingués du siècle d'Auguste; et les sectateurs se faisaient,
+sans-doute, un honneur de posséder les images de leurs maîtres.
+
+Hauteur, 6 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XVI.
+(_P. 17, 18, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Le successeur d'Épicure, _Hermarque_, revit dans ce buste précieux; nous
+y trouvons non-seulement les traits de cet illustre philosophe, mais
+encore son véritable nom, qui paraît avoir été altéré par les auteurs
+grecs et latins, qui, en le nommant, ont supprimé la lettre _r_.
+L'inscription du bronze fait une autorité victorieusement confirmée par
+un _Papyrus_ trouvé dans le même lieu, et dans lequel on lit le nom
+du philosophe écrit de la même manière. Diogène Laërce a conservé le
+testament d'Épicure, qui légua à son ami son jardin, ses livres et son
+école.... «A condition, dit-il, qu'ils assigneront (il parle de ses
+héritiers) le jardin et tout ce qui en dépend, à Hermaque (on trouve
+par-tout le nom ainsi altéré), fils d'Agemarque de Mytilène, et à
+ceux qui, avec lui, s'appliquent la philosophie, et à ceux qu'Hermaque
+laissera pour successeurs dans la philosophie, afin qu'ils s'y exercent
+à la philosophie...; de plus, qu'Aminomaque et Timocrate (ses
+héritiers) donneront la maison située à Mélite (quartier d'Athènes) pour
+habitation, à Hermaque et à ses compagnons dans la philosophie, tant
+qu'Hermaque vivra...; qu'ils donneront tous nos livres à Hermaque...;
+qu'ils partageront tous les revenus avec Hermaque, afin que tout se
+fasse avec le conseil du même Hermaque, qui a vieilli avec nous dans la
+philosophie, et qui a été laissé par nous pour chef et maître de tous
+ceux qui philosophaient avec nous». Voilà, sans-doute, un bel éloge
+de la vie, du savoir et du caractère de notre Hermarque. Laërce dit
+ailleurs (_l. X, 13._): «Il était fils d'un père pauvre, et, dans le
+principe, il s'était appliqué à l'art oratoire. On a de lui ces beaux
+ouvrages: vingt-deux lettres d'_Empedocle_, un traité des _Disciplines_,
+un traité contre Platon, un autre contre Aristote. Il mourut de
+paralysie, et fut un homme vraîment illustre». Cicéron (_de Finib. lib.
+III, p. 30_) rapporte un lettre écrite Hermarque par Épicure, le jour
+même qu'il mourut; il lui recommanda les fils de Métrodore, en lui
+disant: «Comme il est digne de cette affection que tu as conçue dès
+l'enfance pour moi et pour la philosophie, etc.» Nous aimons à rapporter
+toutes ces preuves d'une longue amitié entre des hommes célèbres: une
+longue amitié est l'éloge le plus touchant qui suive leur mémoire.
+
+Hauteur, 7 p°. 8 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XVII.
+(_P. 19, 20, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+La ressemblance parfaite de ce buste qui porte le nom d'_Épicure_, avec
+l'Hermès du Capitole, qu'on pouvait regarder comme le seul portrait
+connu de ce philosophe, fait une double autorité en faveur de ces
+monumens, et confirme les remarques judicieuses de l'auteur du musée
+Capitolin. (Voyez _pl. V et XI, et pag. 14, t. I._) Peu de noms sont
+aussi fameux dans la philosophie, et il n'est point de secte qui ait eu
+d'aussi nombreux partisans dans l'antiquité. L'indulgence extrême
+des principes de son fondateur, ou, pour mieux dire, l'abus que les
+disciples firent des préceptes de leur maître, flatta le goût de la
+volupté, entraîna plus d'esprits que la sagesse qui les modérait, et
+appela l'animadversion des hommes sévères sur les Epicuriens. Subjugué
+par une indolence naturelle qui, peut-être, prenait sa source dans
+la faiblesse de son tempérament, Épicure se livra à une philosophie
+contemplative. Concevant la béatitude dans le plus parfait loisir, qui
+consiste à n'incommoder ni soi-même, ni les autres, il crut indigne de
+la majesté divine, de se mêler des affaires du monde; il abandonna
+tout au hasard. Les atômes formèrent l'univers par des combinaisons
+fortuites; les lois du mouvement et le poids intrinsèque de la matière
+qui avait tout formé, suffisaient également pour tout gouverner. Du
+reste, la vie et les mœurs d'Épicure et de ses partisans méritèrent des
+respects. Cicéron en fait lui-même un bel éloge (_de Finib. II. 25._)
+en disant... «et de ce qu'il fut (Epicure) un excellent homme, de ce
+que plusieurs Épicuriens furent et sont aujourd'hui fidèles en amitié,
+constans dans toute la vie, graves, modérant leur conduite, non sur
+la volupté, mais sur le devoir; il me semble y reconnaître plus de
+principes d'honnêteté que de volupté. En effet, plusieurs vivent de
+manière, que leur vie réfute leurs discours; et comme on estime que les
+autres hommes parlent mieux qu'ils n'agissent, ceux-ci me semblent, au
+contraire, agir mieux qu'ils ne parlent». Ce célèbre philosophe naquit
+à Gargethe (contrée de l'Attique) l'an III de la 109e. olympiade, et
+mourut âgé de soixante-deux ans, la seconde année de la 127e. olympiade.
+Ses sectateurs célébraient sa fête au mois de janvier de chaque année,
+et faisaient un repas solennel, le 20 de chaque mois, en mémoire de
+Métrodore, ami d'Épicure, et d'Épicure lui-même, comme il l'avait
+prescrit par son testament.
+
+Hauteur, 7 p.º 8 lig.
+
+
+
+PLANCHE XVIII.
+(_P. 25, 26, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Un marbre du Capitole portant le nom de _Métrodore_, offre assez de
+ressemblance avec ce buste, pour lui faire donner le même nom. Ce
+philosophe, né à Lampsaque, fut l'ami fidèle d'Épicure, et n'en fut
+séparé que par la mort, qui l'enleva sept ans auparavant, à l'âge de
+cinquante-trois ans: «Homme de bien en toutes choses, et qui ne se
+laissa point avilir devant l'adversité ni devant la mort même», il
+partagea les respects des Epicuriens avec leur fondateur. Épicure le
+voulut lui-même; et par son testament, après avoir assuré le sort des
+enfans de Métrodore, il ordonna que, le 20 de chaque mois, ses
+disciples honoreraient la mémoire de son ami avec la sienne; ce qui
+fut religieusement observé tant que dura la secte Épicurienne: preuve
+touchante d'une amitié profonde, legs généreux et unique par lequel
+un ami rappelle un ami, qui s'était éteint avant lui, à une succession
+inaliénable, à une portion de cette gloire qui fait le patrimoine
+des grands hommes dans la postérité. Métrodore aimait, et prit pour
+concubine ou pour femme, la courtisanne _Léontium_, disciple elle-même
+d'Epicure, célèbre par sa beauté, par l'élégance de ses mœurs, par son
+esprit, et par ses lettres contre Théophraste. Il mourut d'hydropisie,
+et s'il paraît ici plus jeune et plus sec que dans le marbre du Capitole
+(voyez _Mus. Cap. tom. I. pl. 5._), on peut supposer que notre buste le
+représente avant sa maladie.
+
+Trouvé à Résine, ainsi que les cinq qui précèdent, en 1753.
+
+Hauteur, 6 p°. 10 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XIX.
+(_P. 27, 28, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Des têtes attribuées à Platon, sur la foi de quelques inscriptions
+apocryphes, ont fait regarder comme des portraits de ce philosophe, des
+figures à longue barbe, avec les cheveux artistement arrangés, marques
+de mollesse qui paraissent à peine convenir aux plus efféminés des
+hommes. La même erreur a eu son application dans le bronze que nous
+avons sous les yeux. M. _Visconti_, dans son explication de la statue
+appelée le _Sardanapale (Mus. Pio-Clem. t. II, pl. 41_), a prouvé que
+toutes ces images représentent Bacchus _pogon_ ou barbu. Cette opinion
+se fortifie par la comparaison des monumens; c'est ainsi qu'on
+retrouve dans le bas-relief, connu auparavant sous le nom du _Festin
+de Trimalchion_, le Bacchus Indien, parfaitement semblable au prétendu
+Sardanapale. D'autres figures antiques citées par l'éditeur du musée
+_Pio-Clémentin_, portent ces mêmes signes de mollesse, que les peuples
+de l'Orient attribuèrent au Dieu qui les soumit par les plaisirs. M.
+d'Hancarville (_t. I, pl. 104_) avait été du même avis, par rapport au
+bronze qui fait le sujet de cette planche, et qui, pour l'excellence de
+l'art, comme pour la finesse de l'exécution, est l'un des plus parfaits
+que les siècles aient respectés. L'inclinaison de la tête est un
+attribut divin qui, comme on sait, désigne les Dieux favorables, se
+penchant vers les mortels (_respicientes_). La bandelette qui sert
+à retenir plusieurs touffes de cheveux, est un ornement dont on voit
+rarement privées les têtes de Bacchus; c'est le diadême qu'il inventa,
+ou, si l'on veut, le _credemnon_, espèce de voile qui couvrait
+quelquefois toute la tête, et quelquefois se portait plissé ou roulé en
+forme de turban. On peut voir le rapprochement de plusieurs images du
+Bacchus barbu, dans les _Monumens antiques du musée Napoléon, publiés
+par F. et P. PIRANESI, frères. Paris, 1804, t. II, pl. 3 et suiv._
+
+Trouvé à Résine, en 1759
+
+Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.
+
+
+
+PLANCHE XX.
+(_P. 29, 30, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+On ne trouve à faire, dans les monumens connus, aucun rapprochement
+assez exact pour déterminer quel est ce personnage. Le seul rapport
+qu'on croyait y saisir était avec Architas de Tarente. Cette
+dénomination n'était appuyée que sur l'ajustement de la coiffure,
+qui paraissait ressembler à celle d'une tête que l'on voyait sur une
+médaille attribuée par Fulvius Ursinus à ce philosophe. Il a été prouvé
+postérieurement, que la tête représentée sur la médaille ne pouvait pas
+être le portrait d'Architas: d'ailleurs, nous observerons, en adoptant
+l'opinion de M. _Visconti_, que la coiffure en question, ou cette espèce
+de turban, ne se voit ordinairement que sur les têtes d'Esculape. Il a
+cru pouvoir en inférer que ce buste et le portrait en marbre du Capitole
+ayant la même coiffure, mais une physionomie bien différente, sont les
+portraits de quelques médecins célèbres. Ce bonnet leur a été donné
+comme à des personnes obligées de marcher malgré l'intempérie des
+saisons, et aux heures de la nuit, ayant, d'ailleurs, particulièrement
+soin de leur santé; par cette même raison, Galien a le bonnet sur la
+tête dans un médaillon de Commode, du cabinet impérial.
+
+Hauteur, 1 pied 10 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXI.
+(_P. 31, 32, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+Le caractère sombre, farouche et méprisant de cette tête, est à-peu-près
+la seule autorité qui puisse la faire attribuer à _Héraclite_; cette
+expression, plutôt qu'une ressemblance marquée dans les traits, est le
+seul rapport que ce bronze ait avec les figures antiques que l'on croit,
+et non sans beaucoup d'incertitude, celles de ce personnage. Trouvé dans
+les fouilles de Résine, en 1723, dans un même lieu avec le buste de la
+planche suivante, qui lui servait de pendant, et qu'on a dit être
+un _Démocrite_, on peut encore déduire de cette opposition quelque
+vraisemblance, pour faire de celui-ci un Héraclite. Ce philosophe,
+fils de Blison d'Ephèse, florissait vers la 69e olympiade, et mourut
+d'hydropisie à l'âge de 60 ans (_Laërce, X, 1 et 3_). Il affecta
+d'écrire avec obscurité; ce qui lui fit donner le nom de _Scoteinos_,
+obscur, auquel Lucrèce (_I, 640_) fait allusion par ce jeu de mots,
+_Clarus ob obscuram linguam_. Son système se réduisait établir le
+feu pour principe de tout. Laërce le peint comme un homme altier,
+dédaigneux, atrabilaire «portant par-tout des yeux inquiets, prêt fuir
+à la moindre trace des pas humains»; une dureté inflexible semble avoir
+fait le fond de son caractère. Il jugeait tous ses compatriotes dignes
+de mort, pour avoir exilé Hermodore, son ami: on sait avec quel mépris
+il rejeta les prières des Ephésiens, qui lui demandaient des lois.
+Comment concilier une telle misanthropie avec ces sentimens de pitié et
+de compassion, partant d'une âme généreuse, qui l'auraient fait pleurer
+sur les folies des hommes! On ne doit voir, dans cette opinion, qu'une
+métaphore adoptée par le vulgaire, dont Lucien et Juvénal se sont
+emparés, comme d'une arme tranchante du ridicule; qu'une erreur déjà
+reçue par les peintres du temps de Sidonius Apollinaris, qui rapporte
+(_l. IX, p. 9_) qu'on peignait Héraclite les yeux fermés, à cause de ses
+pleurs continuels. Plutarque regarde ce récit comme une fable, et Bayle
+en démontre l'invraisemblance.
+
+Hauteur, 2 pieds 9 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXII.
+(_P. 33, 34, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce buste mis en opposition avec le précédent, pourrait, comme nous
+l'avons annoncé, représenter un _Démocrite_. Les artistes et les poètes
+satyriques ont pris plaisir à opposer un rieur au pleureur atrabilaire.
+Suivant Sidonius Apollinaris, déjà cité, on peignait Démocrite les
+lèvres ouvertes par le rire. Ce philosophe vraîment grand, d'un
+caractère gai et plaisant, fut regardé comme un fou par ses
+compatriotes, les Abdéritains, qui cependant l'aimaient beaucoup, et
+lui érigèrent des statues de bronze. On n'en connaît point d'images
+authentiques. La tête de Démocrite et celle d'Héraclite étaient des
+sujets de caprice, et pour ainsi-dire de convention, pour exprimer une
+opposition morale. Laërce rapporte que le philosophe d'Abdère vécut cent
+neuf ans; il paraît du-moins certain qu'il arriva à un âge très-avancé.
+Les statues érigées en l'honneur des hommes célèbres, après leur mort,
+portent le caractère du dernier âge du personnage. Les artistes se
+faisaient un devoir d'une fidélité scrupuleuse, et suivaient les
+premiers modèles, ou du-moins la tradition. La jeunesse de notre buste
+paraîtrait donc peu convenir à Démocrite. D'après cette remarque, on a
+cherché d'autres rapprochemens, et l'on a imaginé que la physionomie
+de ce buste pouvait se rapporter à Aristippe: si l'expression de
+gaîté qu'on y remarque ne répugne point au caractère de ce voluptueux
+philosophe, on doit considérer que les portraits attribués à ce dernier
+n'ont aucun degré d'authenticité; et nous croyons plus sage de demeurer
+dans l'incertitude, que d'adopter une opinion erronée.
+
+Trouvé à Résine avec les deux précédens, en 1753.
+
+Hauteur, 2 pieds 1 pouce 10 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXIII.
+(_P. 35, 36, t. V de l'Edition royale_.)
+
+
+L'extrême ressemblance de ce buste avec les têtes antiques, que l'on
+croit être celles de Sénèque, peut faire reconnaître ici cet illustre
+philosophe. On n'en connaît point de très-authentiques, et les
+Antiquaires n'ont guère eu pour comparaison que le portrait dont ils ont
+pris les traits dans ses écrits même, et dans ceux des auteurs qui en
+ont parlé. Cependant on a cité un médaillon du genre des _Contorniates_,
+qui portait le nom de Sénèque, avec une tête semblable à celle que
+nous examinons. On peut voir les rapprochemens donnés pour éclaircir la
+question, dans le musée _Capitolin_ (_t. II, p. 6_). On a aussi élevé
+quelques doutes sur les têtes qui portaient la barbe, en raison de ce
+que Sénèque vivait à la cour, dans un temps où tout le monde se rasait;
+cependant la barbe peut se trouver dans les images de Sénèque, comme un
+attribut philosophique et, en quelque sorte, conventionnel.
+
+Trouvé à Résine, en 1754.
+
+Hauteur, 1 pied 4 p.º 9 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XXIV.
+(_P. 37, 38, t. V de l'Edition royale_).
+
+
+On a cru, sur de faibles conjectures, voir dans ce bronze l'image de la
+célèbre _Sapho_ de Mytilène, également renommée par l'excellence de ses
+poésies et par ses amours. Si l'on doit, avec quelques auteurs anciens,
+reconnaître une autre Sapho de la ville d'Erèse en l'île de Lesbos; si
+l'on sépare celle dont les vers de feu ont été dictés par Apollon et par
+l'Amour, de celle qui éteignit, dans les flots de Leucade, sa funeste
+passion pour Phaon; c'est toujours la première qui doit s'offrir à nos
+yeux dans les images attribuées à Sapho, tel que le bronze que nous
+publions. La ville de Mytilène voulut attacher sa propre gloire à Sapho,
+en en faisant frapper la figure sur sa monnaie: mais la tête de profil
+qui se voit sur quelques rares médailles, n'a pas, pour faire preuve,
+une ressemblance assez décidée avec les têtes en sculpture, auxquelles
+un ciseau moderne a ajouté le nom de cette femme célèbre. Elle
+florissait vers la 42e. olympiade. Fille de Scamandronyme, elle demeura
+encore jeune, veuve d'Arcolas, homme riche, dont elle eut une fille,
+nommée Chlidé. Dans un passage conservé par Stobée (_Serm. XLIX_)
+elle-même se dit _vieille_, expression qu'on doit, peut-être, regarder
+comme métaphorique, et désignant qu'elle avait passé le premier âge des
+amours. On croit qu'elle cessa de vivre vers l'âge de trente-cinq ans;
+elle fut aimée d'Alcée, d'Anacréon, d'Archiloque et d'Hipponacte. Il
+n'est resté de ses poésies que deux Odes et quelques passages conservés
+par les Rhéteurs. Il n'est personne qui ne connaisse cette peinture si
+vive, si profonde et si vraie des tourmens de l'amour, que Boileau a
+fait passer dans notre langue. On peut encore chercher quelque trace
+du génie de Sapho dans l'Héroïde d'Ovide (_Epist. XV_): les érudits la
+croient formée de traits empruntés à la Muse Grecque; on l'a dit petite,
+très-brune, ayant les yeux étincelans et l'air mâle. Une épigramme de
+l'Anthologie nous réconcilie avec son visage, dont on a supposé trop
+gratuitement la laideur (_IV, 27, Ep. 19._). «Peintre, la nature même
+devenue en toi artisan, a fait la Muse de _Mytilène_; le feu s'élance
+de ses yeux et découvre cette libre pensée, féconde en vives images; la
+carnation vraie et sans recherche conserve sa simplicité native; et ce
+visage où la vivacité se confond avec la gravité, nous montre une Muse
+dans une Vénus».
+
+Trouvé à Résine, en 1758.
+
+Hauteur, 1 P. 8 p°. 10 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXV.
+(_P. 39, 40, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+En commençant la série des bustes, nous avons exposé les images de
+plusieurs personnages illustres dans les lettres et dans la philosophie,
+que des inscriptions ou des autorités nous ont fait reconnaître avec
+plus de certitude que nous n'en apporterons dans l'explication des
+figures qui en forment la suite; celles-ci peuvent généralement être
+attribuées à des personnages recommandables par leurs vertus guerrières,
+par leur rang ou par leur fortune. Le bronze que nous avons sous les
+yeux, comparé avec une tête en marbre noir, expliquée par _Fabri_ (n°.
+49) peut, comme ce monument, représenter Scipion l'Africain l'ancien
+(_P. Cornelius_) qui vainquit Annibal, rendit Carthage tributaire; qui,
+cité dans sa vieillesse par les tribuns du peuple, refusa de répondre
+à une accusation dont la honte retombait sur ses concitoyens, et vint
+mourir à _Liternum_, près de Cumes, aujourd'hui _Patria_. Fabri n'a pas
+laissé connaître les motifs qui l'avaient déterminé à croire que la
+tête en question était le portrait de ce grand homme. Le seul motif
+de l'avoir trouvée à Liternum, où, selon le témoignage de Tite-Live
+(_XXXVIII, 56_) on voyait le monument de Scipion avec sa statue, n'avait
+pas paru suffisant aux académiciens d'Herculanum pour leur faire adopter
+cette dénomination. Ils penchaient, comme a fait depuis Winckelmann, à
+reconnaître dans les deux antiques, l'Emilien, destructeur de Carthage.
+M. Carlo Fea, dans ses notes à l'Histoire des Arts de Winckelmann (_t.
+II, p. 365, Paris, 1802_) a développé d'une manière judicieuse
+toutes les raisons qui peuvent dissiper les doutes; et, d'après ses
+discussions, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître dans les têtes
+en question, le portrait certain de Scipion l'Africain l'ancien.
+
+Hauteur, 1 pied 9 pouces.
+
+
+
+PLANCHE XXVI.
+(_P. 41, 42, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Les traits de ce bronze offrent une grande ressemblance avec les
+médailles de Sylla et avec quelques autres monumens antiques qu'on
+rapporte à ce personnage (_Tesoro. br. tom. II, p. 168.--Fabri, n°.
+50.--Morelli, fam. corn. pl. 4, nº 1 et 2.--Mus. rom. sect. II, pl.
+56_). Seulement ici on le retrouve plus jeune, différence qui peut
+rappeler une époque antérieure au consulat auquel il parvint à l'âge de
+49 ans. Il s'était déjà rendu célèbre par la guerre contre les alliés,
+dans laquelle il ruina les mêmes villes où nous avons trouvé tant
+d'objets précieux, Herculanum, Pompéia et Stabia. Il avait obtenu la
+couronne civique de _gramen_, pour avoir défait une nombreuse armée
+avec la perte d'un seul homme, s'il en faut croire ce trait et plusieurs
+autres semblables d'un bonheur extraordinaire. Ce bonheur frappa
+tellement ses contemporains, que Sylla en reçut le nom de _Felix_; et,
+certes, on peut regarder comme la preuve d'un bonheur bien rare, que
+l'inventeur des proscriptions, celui qui fit périr dans les guerres
+civiles soixante mille citoyens romains, qui fit massacrer froidement,
+dans Rome, sept mille de ses concitoyens supplians et désarmés, vécût et
+mourût tranquillement au milieu de tant d'ennemis, après avoir abdiqué
+l'autorité. «Jamais sa fortune, dit Salluste (_Bell. Jug. p. 129_) ne
+fut au-dessus de son habileté, et on a douté s'il fut plus fort ou
+plus heureux». On remarque bien dans notre bronze l'expression de cette
+audace et de cette présence d'esprit qui rendirent Sylla victorieux
+dans toutes ses entreprises, et pour achever de se le figurer, on peut
+ajouter à ces traits ce qu'en a dit un ancien: «Ses yeux bleus avaient
+quelque chose de farouche, que la couleur de son visage rendait encore
+plus terrible; c'était une rougeur âpre comme semée de blanc, ce
+qui donna lieu à ce mot d'un bouffon d'Athènes: Sylla est une mûre
+saupoudrée de farine (_Plut. in Syll._)».
+
+Hauteur, 1 pied 10 pouces 6 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXVII.
+(_P. 43, 44, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+On ne peut donner sur ce bronze qu'une conjecture très-hasardée, en
+s'attachant à une ressemblance éloignée avec les médailles de M. Emilius
+Lépidus, l'un des triumvirs (_voyez Vaillant, fam. Rom., t. I, fam. Æm.
+6.--Morelli, fam. Æm. 2. Fabri, n°. 1_). La faveur de César, proclamé
+dictateur par Lépide, lorsque celui-ci n'était encore que préteur, fut
+la source de sa fortune. Sans aucun mérite personnel, il fut deux fois
+consul, triompha sans avoir jamais combattu, se trouva à la tête de plus
+de vingt légions, incapable de les commander; non-seulement triumvir,
+mais arbitre de la fortune de ses deux compagnons, il sut si peu faire
+usage de son pouvoir, qu'il fut dépouillé du commandement par Antoine,
+qui s'était jeté dans ses bras en suppliant, et réduit ensuite par
+Octave, qui, seul et désarmé, entra dans son camp et déchira ses
+drapeaux, à demander qu'il lui laissât seulement la vie. C'est bien à ce
+personnage qu'on peut appliquer cette épigramme de l'Anthologie: «Non,
+la fortune n'a point voulu t'élever pour son plaisir, mais seulement
+pour montrer qu'elle peut tout, puisqu'elle a pu t'élever».
+
+Hauteur, 2 pieds.
+
+
+
+PLANCHE XXVIII.
+(_P. 45, 46, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce beau bronze offre assez de ressemblance avec la figure très-connue
+d'Auguste, pour faire reconnaître ici cet Empereur (_voyez mus. Cap. t.
+II, pl. 2_). Octave, neveu de C. César par sa mère, prit le nom de
+C. Cæsar Octavianus, après avoir été adopté par son oncle, et, par la
+suite, celui d'Auguste, qui lui fut décerné par le sénat. Le portrait
+qu'en donne Suétone (_Oct. 79_) peut compléter l'idée qu'on s'en forme
+d'après les monumens. Ses traits, d'une grande beauté, avaient encore
+une grâce que l'âge n'altéra jamais; son visage était calme et serein,
+soit qu'il parlât, soit qu'il gardât le silence; il avait les yeux
+clairs et brillans, les dents rares, petites et cariées, les cheveux
+légèrement bouclés et tirant sur le roux, les sourcils réunis, les
+oreilles médiocres; son nez saillant par le haut, fléchissait par
+le bas. Il avait le teint brun-clair et était petit de stature.
+L'inscription grecque qu'on lit sur notre bronze (_Apollonius, fils
+d'Archias, Athénien_, le _fit_) nous offre un nom que plusieurs artistes
+ont rendu célèbre. Les principaux sont Apollonius de Rhodes, qui fit,
+avec Tauriscus, le groupe fameux, dit vulgairement le taureau Farnèse;
+l'Athénien, auteur du torse du Belveder, mais fils de Nestor et non
+d'Archias; et un autre Apollonius, dont on lit le nom sur une gemme du
+musée Farnèse (_Stosch. Pierres gr. pl. 12_) représentant une Diane.
+Si le nôtre n'est pas le même que ce dernier, il mérite au-moins, au
+jugement des connaisseurs, de prendre place dans cette liste honorable.
+
+On peut remarquer que l'artiste s'est exprimé dans l'inscription au
+temps parfait _fit_, et non _faisait_, ainsi qu'on le voit le plus
+souvent; on a regardé cette locution comme une preuve de confiance que
+d'habiles artistes se permettaient rarement, comme s'ils n'osaient point
+croire leurs ouvrages parfaits ou finis; cependant elle n'est pas si
+rare qu'on a paru le croire d'après Pline, qui n'en reconnaissait que
+trois exemples, et il serait facile d'en citer un assez grand nombre.
+
+Hauteur, 1 pied 11 pouces 4 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXIX.
+(_P. 47, 48, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce buste, trouvé avec le précédent dans les fouilles de Portici, en
+1753, semble lui servir de pendant; et si, dans le premier, on reconnaît
+Auguste, on peut voir dans celui-ci son épouse Livie. Parmi les
+médailles assez rares qui portent le nom de cette princesse (_Patin, à
+Suet. cap. 63, XI, n°. 4. Vaillant, num. col. t. I, p. 77_). Plusieurs
+offrent un rapport assez exact avec les traits et la coiffure de cette
+figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse qui brille dans les
+deux têtes, nous offrirait ce couple illustre à l'époque de son union.
+_Livie Drusilla_, fille de Livius Drusus Claudianus, épousa, à peine
+sortie de l'enfance, Tibère Néron, dont elle eut Tibère, qui fut ensuite
+empereur. Son premier fils avait trois ans, et elle était enceinte de
+son second fils Drusus, quand son mari fut obligé de la céder à Auguste,
+avec lequel elle avait déjà une intrigue amoureuse. L'oracle consulté
+sur ce mariage, si nous devions nous en rapporter à Prudence, poète
+chrétien du 5.e siècle, ne contraria point la suprême puissance, et fit
+cette réponse adroite qui renferme autant de sel que de complaisance:
+«Que les torches de l'hyménée ne pouvaient jamais s'allumer plus à
+propos que lorsque la nouvelle épouse apportait dans l'union conjugale,
+des marques de sa fécondité». En conciliant les opinions différentes des
+écrivains, on trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans quand elle
+passa dans les bras d'Auguste, qui en avait alors vingt-cinq; l'âge des
+personnages dans les deux bronzes, se rapporte assez à cette remarque.
+D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille d'Auguste et de
+Scribonia, souvent confondue dans les médailles avec sa belle-mère;
+mais en laissant des conjectures qui peuvent toujours être combattues,
+peut-être devrait-on plutôt reconnaître dans ces bustes en forme
+d'Hermès, quelques divinités, à-moins que l'on ne se plût à considérer
+cette forme même, comme un signe d'adulation, comme l'indice de
+l'apothéose.
+
+Hauteur, 1 P. 4 p°. 4 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XXX.
+(_P. 49, 50, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Sans recourir à des conjectures recherchées, on pourrait reconnaître
+dans ce bronze une tête de Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de
+la tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux du Mercure
+précédemment dénommé l'_Antin_, favoriseraient cette explication. On
+a vu dans la sévérité de cette figure, une expression mélancolique
+qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri d'Auguste, son fils
+adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune à laquelle il était
+destiné, moissonné dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple
+romain: «_Marcellus_ adolescent, dit Sénèque, d'un esprit vif, d'un
+génie puissant, d'une frugalité et d'une retenue bien admirables dans
+son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, éloigné des
+voluptés, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait
+imposé, et pour parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste
+eut voulu fonder sur lui (_Sen. ad Marc. 2_). Il tomba, et sa vingtième
+année s'arrêta devant lui (_Prop. III, E. XII, 35_). Jeune homme
+distingué par sa beauté et ses armes brillantes; mais le front peu
+joyeux et le visage abattu (_Virg. Æn. VI, 863_)». Si rien ici ne
+répugne à ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant
+avec notre bronze un grand degré de ressemblance, ont mérité la même
+application (_Fabri, n°. 87.--Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.--Mus.
+Cap. t. II, tav. IV, etc._); nous devons dire aussi qu'aucune autorité
+suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons cette opinion que
+parce que la mémoire se repose agréablement sur un prince regretté de
+son siècle, et dont la conservation eut peut-être sauvé le peuple romain
+de l'oppression et de l'avilissement où il tomba sous ses maîtres après
+Auguste.
+
+Hauteur, 1 pied 7 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXXI.
+(_P. 51, 52, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+On a trouvé, dans ce buste, quelques traits de ressemblance avec le
+buste de _Caïus Cæsar_, fils aîné de M. Agrippa, et de Julie, fille
+d'Auguste. Ces rapprochemens incertains cèdent à un examen plus exact
+qui nous fait reconnaître la figure de _Drusus_, fils unique de Tibère.
+Les traits de ce jeune prince sont bien assurés par les médailles
+romaines qui présentent sa tête de profil, et ils se rapportent d'une
+manière évidente à ceux représentés par notre bronze. Né violent et
+cruel, il a pu, dans le cours d'une vie peu glorieuse, abrégée par le
+poison, être jugé plus digne de son père que de son rang. Il s'exposa au
+mépris du peuple, en prostituant sa dignité dans les danses publiques,
+dans les spectacles et dans la débauche. Indigné de l'élévation
+monstrueuse de Séjan, il sut trop peu le ménager, et, s'étant emporté
+jusqu'à le frapper, il augmenta, par la soif de la vengeance, la fureur
+du ministre, déjà irrité de rencontrer un tel obstacle à son ambition.
+Séjan s'associa dans son crime, l'épouse adultère du prince, et Drusus
+mourut empoisonné. Tibère crut long-temps, ou parut croire que la mort
+de son fils avait été causée par ses excès; et telle était l'opinion
+qu'on avait de cette cour infâme, que l'on soupçonna l'empereur
+d'avoir eu part à un crime si odieux; et si, par la suite, ce soupçon
+s'évanouit, ce fut moins par l'horreur qu'il devait inspirer, que par la
+connaissance de la vérité, qui éclata par l'aveu de la femme répudiée
+de Séjan. Tibère déploya alors une sévérité qui ne parut en lui qu'un
+prétexte de cruauté. Il voulut cependant épargner Livie, mais en vain;
+Antonia, la mère de la perfide adultère, la fit mourir de faim.
+
+Hauteur, 2 pieds.
+
+
+
+PLANCHE XXXII.
+(_P. 53, 54, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+COMME on avait penché à voir dans le bronze précédent la figure de Caïus
+Cæsar, on s'attachait à saisir dans celui-ci les traits de ressemblance
+qu'il pouvait offrir avec les médailles de Lucius Cæsar, son frère puîné
+(_Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill. Morelli_). Ce dernier, mort
+à Marseille à l'âge de 18 ans, partagea avec son frère, qui ne lui
+survécut que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets si vifs,
+qu'Auguste ne put s'empêcher de les témoigner dans son testament, en
+instituant Tibère son successeur, bien qu'il appelle ce dernier moitié
+de lui-même. C'est à cette affection, plutôt qu'au mérite des deux
+frères, qu'on doit attribuer cette marque insigne d'adulation que
+leur donna la colonie de Nîmes, en leur dédiant le beau monument,
+vulgairement nommé la _Maison quarrée_, qu'on admire encore de nos
+jours dans cette même ville. On peut voir à ce sujet les savantes
+dissertations publiées par M. Legrand dans la magnifique édition des
+Antiquités de la France, sur les dessins de M. Clérisseau, page 64
+(_Paris, Didot aîné_, 1804).
+
+En montrant un Drusus à la place de Caïus, nous avons, en partie,
+détruit l'analogie qui militait en faveur du présent bronze. L'autorité
+tirée des médailles est, comme on le voit, très-difficile à appliquer
+aux monumens que le défaut d'inscriptions rend incertains. Sans ce
+secours, les médailles mêmes exigent une critique très-sévère et
+très-approfondie. La diversité des artistes, la différence de leur
+habileté, l'âge successif des personnages représentés, concourent à
+multiplier les difficultés, et à augmenter l'incertitude. Au-lieu d'un
+personnage romain, M. Visconti ne serait pas éloigné de reconnaître dans
+cette antique une tête d'Hercule jeune.
+
+Hauteur, 1 P. 8 p°. 3 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XXXIII.
+(_P. 55, 56, t. V de l'Edition royale._)
+
+Si l'induction qu'on a tirée de la comparaison avec plusieurs médailles,
+rencontre juste (_Haym. t. I, p. 240.--Séguin, Sel. num. p. 319 et
+autres_), ce buste pourrait être celui de la première Agrippine, dite
+_majeure_, pour la distinguer de celles qui l'ont suivie, d'Agrippine,
+fille de M. Agrippa, et de Julie, épouse de Germanicus, femme d'un
+courage et d'une habileté supérieurs à son sexe: ayant ensemble les
+vertus d'un grand homme et celles d'une honnête femme, on la vit
+remplir, contre les Germains, la charge d'un bon capitaine, et sauver
+l'armée; d'une chasteté impénétrable suivant l'expression de Tacite, son
+âpre fermeté servit de sauve-garde à sa famille, et la défendit contre
+Séjan. Exilée par Tibère dans l'île Pandataire, elle donna, en se
+laissant périr de faim, une dernière preuve de cette rare constance qui
+fit le fonds de son caractère. Mère trop féconde cependant, et digne
+d'une meilleure postérité, elle compta parmi ses enfans le farouche
+Caligula et trois filles incestueuses, dont l'une fut cette infâme
+Agrippine, mère de Néron. Notre bronze offre encore une ressemblance peu
+légère avec l'image de cette dernière, bien connue par les médailles, et
+encore quelque rapport avec le buste suivant de Caligula, circonstances
+qui viennent à l'appui de notre conjecture.
+
+Hauteur, 7 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXXIV.
+(_P. 57, 58, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Nous avons, dans l'explication précédente, annoncé ce buste comme
+celui de C. Caligula. Cette dénomination est également confirmée par
+la comparaison des médailles et par le portrait que les historiens ont
+laissé de cet empereur, portrait qui s'applique parfaitement au bronze
+que nous avons sous les yeux. Tout l'extérieur de Caligula répondait à
+la cruauté brutale et farouche de son âme.
+
+«Il était d'une taille élevée et disproportionnée, ayant le corps
+énorme, le cou et les jambes extrêmement minces, les tempes enfoncées,
+les yeux creux et fixes, le front large et irrégulier, les cheveux
+rares, et manquant sur le sommet de la tête; ajoutez qu'il affectait de
+rendre atroce une physionomie que la nature n'avait déjà rendu que trop
+affreuse (_Suet. Calig._ 50); en un mot, son seul aspect était le plus
+horrible des tourmens (_Sen. de irâ, III_, 18)». Ce monstre, dont aucun
+autre n'égale l'insolence et la brutalité, qui osa prononcer l'horrible
+vœu que le peuple romain n'eût qu'une seule tête pour la trancher d'un
+seul coup, termina sa vie sous les poignards d'une conjuration à l'âge
+de 28 ans. Élevé dans les camps, Caïus avait reçu le nom de Caligula de
+celui d'une chaussure, espèce de brodequin, qu'il affectait de porter
+pour plaire à la soldatesque.
+
+Hauteur, 1 pied 2 pouces.
+
+
+
+PLANCHE XXXV.
+_(P. 59, 60, t. V de l'Édition royale._)
+
+
+La noblesse égyptienne portait les cheveux bouclés, comme on le voit
+ici, jusqu'à l'âge de puberté: mais par une fausse application du
+costume et d'autres remarques, on a attribué des têtes semblables à
+Ptolomée Apion, roi de Cyrène; cette dénomination s'est trouvée dénuée
+de fondement, et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en prenant
+pour terme de comparaison les médailles connues de la première Bérénice,
+dite la grande, qui, femme d'un obscur Macédonien, devint celle du
+premier Ptolomée, surnommé Soter. Ne laissant rien à la fortune des
+faveurs qu'elle put obtenir, elle fixa la couronne sur la tête de son
+fils Ptolomée Philadelphe, que le roi, par complaisance pour elle, au
+mépris des enfans qu'il avait eus de ses trois premières femmes, plaça
+lui-même sur son trône; ce grand prince en descendit après un règne
+glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il était plus beau d'être père
+d'un roi, que roi lui-même. Les médailles de Bérénice acquièrent toute
+l'authenticité possible par l'effigie de Ptolomée Soter qu'on voit au
+revers (_Musée du baron Ronchi_); et en remarquant le rapport qu'elles
+ont avec notre bronze, nous ajouterons encore que la physionomie de
+cette figure a une expression douce et délicate, qui ne décèle rien
+de viril, et qui paraît appartenir à la célèbre reine, avec plus de
+vraisemblance qu' Ptolomée Appion.
+
+Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXVI.
+(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle tête et celle de
+Ptolomée Philadelphe, se trouve dénué de fondement. Les médailles de ce
+prince offrent un portrait tout différent: on se rangera donc avec plus
+de raison, du sentiment de ceux des académiciens d'Herculanum qui ont
+cru cette figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion de M.
+_Visconti_, qui a démontré le rapport évident qu'elle offre avec les
+têtes d'Hercule jeune, et particulièrement avec un herméracle à deux
+faces, du musée Pio-Clémentin (_tome 6, p. 22_). Cette double tête
+est ceinte d'une couronne _tortillée_, d'où sortent, de distance en
+distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des
+feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question devient
+encore pour nous d'une grande autorité, en ce qu'il était placé dans
+un lieu où la jeunesse grecque, après les exercices de la palestre, se
+ceignait la tête de cette espèce de couronne qu'on doit reconnaître
+pour un ornement athlétique. Si quelque chose rend ici son espèce moins
+douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît être celui que
+Pline nomme _laurier Delphique_: «Plus vert, à grosses baies rouges,
+dont on couronnait à Delphes les vainqueurs, et à Rome les triomphateurs
+(_XV, 30_)». Ceci pourrait encore servir à confirmer la remarque que
+nous avons faite au sujet des pommes (_mela_) dont parle l'épigramme de
+l'Anthologie, rapportée dans cet ouvrage (_tome III, 56_). Ces pommes,
+ainsi dites par une dénomination générale, ne sont autre chose que les
+baies du laurier Delphique. Les couronnes athlétiques, différentes des
+couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans
+pendants (_lemniscatœ_), sont quelquefois dites _roulées_; alors on peut
+les regarder comme plus semblables à celle d'une autre tête d'Hercule
+(_mus. Pio-Clem. à l'endroit cité_) où l'on remarque, de distance
+en distance, des nœuds en forme de fleurs, tirés des bandelettes qui
+composent la couronne. Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication
+qu'en donne Pascalio (_de Coronis, l. III, c. 12_) paraissent désignés
+par l'expression de _tori_, dont s'est servi Ciceron (_Orat. §. 6._)
+
+Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XXXVII.
+(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+On s'est attaché à saisir quelque ressemblance entre ce beau bronze et
+la tête qu'on voit avec le nom de Bérénice sur une médaille publiée
+dans l'édition royale. Plusieurs reines ont illustré ce nom; celle de
+la médaille serait la seconde Bérénice, femme de Ptolomée Evergète,
+princesse vertueuse et guerrière, celle qui, au retour du roi
+victorieux, se coupa les cheveux et les déposa, en accomplissement d'un
+vœu, dans le temple d'Arsinoé; peu de temps après la chevelure disparut,
+et l'astronome Conon publia que la chevelure de Bérénice avait été
+transportée au ciel, où elle formait une constellation de sept étoiles,
+situées en triangle près la queue du lion, flatterie ingénieuse qui
+attacha un souvenir immortel au sacrifice de la vanité d'une bonne
+épouse, et le rendit plus sûrement célèbre que des faits éclatans
+confiés à des monumens périssables. Si l'on reconnaît ici Bérénice, il
+faut supposer que la reine prit soin de l'ornement dont elle avait su
+faire un si beau sacrifice, et qu'elle a recouvré sa parure; les tresses
+relevées d'une manière élégante viennent former sur la tête une espèce
+de diadême. La figure a une espression virginale et sévère: et si l'on
+remarque avec nous qu'elle est d'une beauté idéale, on ne sera pas
+éloigné, peut-être, de voir dans ce bronze une image de Diane.
+
+Hauteur, 2 pieds 4 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XXXVIII.
+(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir à la race des
+Ptolomée; mais les caractères n'en sont pas toujours assez frappans
+pour réunir, dans leur dénomination, le sentiment des antiquaires. Les
+académiciens d'Herculanum se contentent d'indiquer un léger rapport
+des médailles avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolomée. Ce prince,
+distingué par des vertus éminentes, est connu sous le nom de Philométor
+(_ami de sa mère_), qu'il prit en reconnaissance des soins prudens
+et généreux avec lesquels Cléopâtre administra le royaume pendant sa
+minorité. M. Visconti reconnaît dans ce buste le portrait de Ptolomée
+Ier, fils de Lagus, l'un des généraux d'Alexandre-le-Grand, fondateur
+de la dynastie des Lagides, et du royaume grec d'Égypte, si nous pouvons
+nous servir de cette expression pour exprimer la révolution qui se fit
+dans les mœurs et dans le gouvernement de ce peuple, après la conquête
+des Grecs. Chacun des Ptolomée se trouve particulièrement désigné par un
+surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de Soter ou de Sauveur, qui
+lui fut décerné avec des honneurs divins, par la reconnaissance
+des Rhodiens, dont il conserva la liberté contre les entreprises de
+Démétrius. Son premier nom, moins fastueux, n'en est pas moins célèbre;
+il l'honora lui-même en l'imprimant à sa race; peu sensible au reproche
+qu'un grammairien osa lui adresser sur l'obscurité ou le mystère de sa
+naissance, il sentit, sans-doute, que le nom du plus grand capitaine
+qui servit sous Alexandre, était assez illustre. Il donnait à ce nom un
+nouvel éclat par la splendeur de la puissance, par la gloire immortelle
+qui résulte de la protection des lettres et des arts, et par cette
+véritable grandeur qui naît de la modération: en effet, le fils de Lagus
+eut la plus belle part dans l'héritage du conquérant de l'Asie, fonda la
+bibliothèque d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son trône
+l'un de ses fils, en disant qu'il était plus beau d'être père de roi,
+que roi soi-même.
+
+Hauteur, 2 P. 7 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXXIX.
+(_P. 67, 68, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+On a cru voir, dans ce buste, Ptolomée Lathyre, fils de Ptolomée
+Physcon, le VIIIe de sa race. Ce surnom de Lathyre, celui que, parmi
+plusieurs autres, les historiens emploient le plus généralement, paraît,
+par sa signification grecque (_pois-chiche_) tirer son application d'un
+signe qu'avait ce prince au visage, comme on vit appeler à Rome, pour
+une cause pareille, les ancêtres de M. Tullius, du nom de Cicéron. Ce
+prince guerrier passa presque tout son règne à défendre sa couronne,
+et principalement contre son frère puîné, Ptolomée Alexandre, qu'au
+préjudice de ses droits, Cléopâtre avait investi de la puissance royale.
+M. Visconti trouve, dans la comparaison des médailles, une autorité plus
+forte en faveur du portrait d'Antiochus Théos _(Dieu)_, roi de Syrie,
+fils d'Antiochus, Ier Soter, et père de Séleucus II. Le nom de Théos
+fut décerné à ce prince par les Milésiens, qu'il avait délivrés de
+leur tyran Timarque. Antiochus II ne couvrit point, par sa gloire
+personnelle, cet excès de l'adulation; malheureux dans ses guerres, il
+se vit dépouiller, par la révolte des Parthes, de toutes les provinces
+qu'il possédait au-delà de l'Euphrate. Cette époque mémorable est celle
+de l'établissement de l'empire des Parthes, fondé par Arsace, et
+qui devint si redoutable à tout l'Orient, et aux Romains même. Les
+historiens placent cette époque trois ans avant la 133e olympiade,
+environ trois cents ans avant Jésus-Christ.
+
+Hauteur, 2 pieds 1 p°.
+
+
+
+PLANCHE XL.
+(_P. 69, 70, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+On reconnaît dans ce bronze, avec quelque vraisemblance, le portrait de
+Ptolomée Alexandre, frère de Lathyre. Ce prince n'eut de roi que le
+nom, tandis que sa mère Cléopâtre, qui le mit sur le trône pour régner
+elle-même, en eut toute l'autorité. Cette Cléopâtre figure parmi les
+illustres criminels de l'ambition: après avoir, par un artifice atroce,
+attiré la haîne du peuple d'Alexandrie sur son fils Lathyre, qu'elle
+fit expulser, elle osa conspirer contre la vie d'Alexandre, qu'elle
+soutenait à sa place. Victime elle-même d'un crime aussi affreux, elle
+périt assassinée par les ordres de ce même fils. Le parricide fut chassé
+du trône où remonta son frère, et il périt en combattant pour s'emparer
+du royaume de Cypre, vacant par le retour de Lathyre.
+
+Hauteur, 2 P. 4 lignes.
+
+
+
+PLANCHE XLI.
+(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Ce buste, tout-à-fait inconnu, n'a de remarquable que la coiffure. Les
+cheveux, qui paraissent naturellement crépus, sont disposés en anneaux
+sur le front et sur les tempes; ils sont assujétis sur le sommet de la
+tête qui reste lisse, par deux longues tresses partant des oreilles, et
+formant un double tour. Ce costume et les traits de la figure, annoncent
+un habitant de l'ancienne Mauritanie. Strabon parle du soin extrême
+que prenaient ces peuples, de l'arrangement de leurs cheveux. On a
+fait cette remarque à l'égard d'une tête du roi Juba; et, quoiqu'on
+ait observé que les peuples de l'Asie, les Grecs, les Toscans, et des
+Romains même, avaient l'usage de boucler leurs cheveux, le caractère de
+notre buste ne peut être attribué qu'à un Maure ou à un Ethiopien.
+
+Hauteur, 1 P. 8 p.º
+
+
+
+PLANCHE XLII.
+(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Le personnage que peut représenter ce buste est inconnu. Ses cheveux
+longs et bouclés naturellement, peuvent seuls lui assigner un caractère.
+On sait que les jeunes Grecs conservaient leur chevelure jusqu'à l'âge
+de puberté. A cet âge, on la coupait pour l'offrir à Hercule, à Apollon
+ou à quelque fleuve. Les enfans la conservaient aussi chez les Romains;
+de-là on les appelait _Capillati_ ou _Comati_. Il paraît que la famille
+des Cincinnatus conservait particulièrement cette parure, comme une
+devise qui rappelait son premier auteur et l'origine de son nom. Suétone
+accuse Caligula d'avoir enlevé cette distinction à un Cincinnatus. La
+chevelure longue était particulièrement considérée comme une marque
+de molesse qui distinguait les mignons et les jeunes gens adonnés aux
+plaisirs. Anacréon, Horace, Pétrone, tous les poètes voluptueux vantent
+les cheveux longs de leurs favoris. C'est ainsi que sont peints
+les jeunes gens célèbres par leurs amours dans la fable, Hyacinthe,
+Ganymède, Nirée, Achille et Thésée; Thésée qui, voulant, selon l'usage,
+consacrer sa chevelure dans le temple d'Apollon Delphes, se la fit
+seulement couper sur le front. La tête de notre bronze n'a rien dans les
+traits qui convienne à l'un de ces personnages renommés par leur beauté;
+on peut penser, avec quelque vraisemblance, qu'elle représente un
+mignon, ou un jeune homme qui n'avait point encore quitté les bancs de
+l'école.
+
+Hauteur, 1 pied 6 p.º
+
+
+
+PLANCHE XLIII.
+(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._)
+
+
+Cette tête, d'un grand caractère, n'est donnée à aucun personnage connu.
+Trouvée avec celle de Sylla, on pourrait présumer qu'elle est celle
+de quelque chef de la ligue italienne dans la guerre des alliés, où
+le capitaine Romain s'illustra. L'espèce de casque dont la tête est
+couverte, n'est point sans exemple dans les monumens, quoique assez
+rare. Homère peint Diomède partant pour espionner dans le camp ennemi,
+avec un casque rase, sans aucun ornement; il nomme ce casque _Cataityx_;
+on a cru que l'armure ainsi désignée se rapportait beaucoup à celle dite
+_Cassis_, en usage chez les Etrusques et les Romains. Plutarque rapporte
+que Camille fit faire à ses soldats des casques de fer lisses, afin
+que l'épée de l'ennemi glissât dessus, et parât la force du coup.
+On retrouve l'usage de cette armure dans des temps plus rapprochés,
+puisqu'on la remarque dans des figures de la colonne Trajane (_Fabretti,
+col. tr. p. 213_).
+
+Hauteur, 2 P. 6 p°.
+
+
+
+PLANCHE XLIV.
+
+
+Nous terminerons ce volume en rassemblant dans quatre planches divers
+petits bronzes représentant des animaux et des masques, et dont les
+figures servent de vignettes et de culs-de-lampe à l'édition royale. La
+naïveté qui règne dans ces petits sujets, et souvent la perfection avec
+laquelle ils sont traités, prouvent combien le goût des anciens savait
+se plier à tous les genres.
+
+FIG. I (_Préf. pag. 3, 273 de l'Edition royale._)
+Sphinx grec. Cette espèce de Sphinx se distingue par les aîles et par
+les mamelles; le Sphinx égyptien était sans aîles: des Sphinx comme
+celui-ci se trouvent souvent dans les monumens grecs, où ils sont un
+attribut de Bacchus. Une pareille figure était l'emblème de l'île de
+Chio, et paraît constamment sur les monnaies de cette île.
+
+FIG. II (_pag. 71, 278, t. V de l'Edition royale._)
+Truie votive avec une inscription. La truie fut la première victime
+qu'on offrit dans les sacrifices. On l'immolait dans les traités de
+paix, dans les noces, et généralement dans les lustrations et les
+expiations. Chez les Romains, on sacrifiait une truie pleine à Hercule
+et à Cérès avant le douzième jour des kalendes de janvier (_Macr. Sat.
+III, 2_). Parmi les conjectures nombreuses données pour l'explication de
+l'inscription, voici celle qui paraît la plus simple:
+
+HER_culi_ VOE_sius_ M_arci_ L_ibertus._
+A Hercule, Vœsius affranchi de Marcus.
+
+On sait que les affranchis joignaient à leur nom propre le nom de leur
+patron, et que souvent ils prenaient ce nom seul. On en peut voir des
+exemples dans _Muratori_ et dans _Gruter_; ce dernier fait mention de la
+famille _Vœsia_ (P. CCCLXXIX, 12).
+
+FIG, III (_ibid. pag. 4, 273_).
+Chameau avec un double panier; c'est ce qu'on appelait proprement
+_Clitellœ_.
+
+FIG. IV (_ibid. pag. 95, 279_).
+Biche d'un excellent travail.
+
+
+
+PLANCHE XLV.
+
+Fig. I (_pag. 25, 274, t. V de l'Édition royale._)
+
+
+UN Amour assis sur le nœud que forment les queues de deux chevaux
+marins; dans les jambes de ceux-ci on remarque deux dauphins. Ce joli
+groupe, d'une excellente exécution, semble offrir l'allégorie de la
+puissance de l'Amour sur la terre et sur la mer. C'est dans ce sens
+qu'une épigramme de l'Anthologie le peint tenant une fleur d'une main et
+de l'autre un Dauphin.
+
+«Cet Amour nu, pourquoi rit-il? pourquoi est-il tranquille? pourquoi
+n'a-t-il pas son carquois et ses flèches de feu? Ce n'est pas en vain
+qu'il tient dans sa main un Dauphin et une fleur: dans celle-ci, il
+tient la terre, et dans l'autre, la mer».
+
+Fig. II (_ibid. pag. 57, 77. _)
+
+Deux Mascarons, têtes de tigres. On en conserve au musée de Portici onze
+autres semblables; ils furent trouvés tous ensemble dans les fouilles de
+Résine en 1759; ils étaient disposés autour d'un grand réservoir d'eau,
+ou vivier en quarré long, tout doublé en lames de plomb. A la gueule de
+chaque tête, correspondait un tuyau en plomb pour servir à la décharge
+du réservoir. Ces sortes de Mascarons, employés pour l'écoulement des
+eaux dans les fontaines ou dans les vasques, prenaient leurs noms des
+diverses figures qu'on leur donnait; de-là, ces noms de _Sylvains_, de
+_Marsyas_, d'_Atlas_, de _Chiron_ et de _Canthare_, pris de la forme
+d'un vase, qu'on lit dans plusieurs auteurs. Vitruve dit que l'extrémité
+des tuiles, servant à l'écoulement des eaux sur les toîts, était en
+forme de têtes de lion ou d'autres animaux; et, en effet, on a trouvé
+une grande quantité de ces sortes de tuiles au temple d'Isis à Pompéia.
+Tout le monde sait que l'usage ingénieux de ces figures, quoique moins
+général, n'a pas été négligé par l'architecture moderne.
+
+
+
+PLANCHE XLVI.
+
+Fig. I (_pag. 42, 43, t. V de l'Édition royale._)
+
+MASQUE bachique, clairement désigné par les attributs du Dieu des
+vendanges, le diadême, le lierre avec ses corymbes, la jeunesse et la
+gaîté de la figure.
+
+Fig. II (_ibid. pag. 47, 277._)
+
+Autre masque bachique. Le diadême et les corymbes, la figure même,
+appartiennent clairement à un sujet Dionysiaque; mais les feuilles
+longues qui percent à travers les cheveux sont un attribut moins connu,
+à-moins qu'on ne veuille y reconnaître quelqu'espèce de lierre. Nous
+pourrions encore faire remarquer que le myrte, le laurier, la palme, et
+en général toutes les plantes et les fleurs, convenaient à Bacchus, l'un
+des grands symboles de la fécondité de la nature.
+
+Il est probable que ces deux masques représentent _Acratus_, génie
+Dionysiaque, plutôt que la divinité principale des orgies.
+
+Fig. III (_ibid. pag. 43, 277._)
+
+Masque de Silène ou de Satyre. Les oreilles alongées qui semblent tenir
+de la nature de la chèvre, appartiennent également à ces deux espèces de
+suivans de Bacchus. Nous avons fait remarquer, dans ce même volume (n°.
+_VIII_) et ailleurs, les signes qui les caractérisent.
+
+Fig. IV (_ibid. pag. 51, 277._)
+
+Autre masque de Silène.
+
+
+
+PLANCHE XLVII.
+
+
+Fig. I (_pag. 27, 275, t. V de l'Edition royale._)
+
+Tête de lion avec un anneau mobile dans la gueule. Cette pièce, trouvée
+à Portici, était fixée dans une planche, et paraît avoir, suivant
+l'usage moderne, servi de poignée à une porte ou à un tiroir.
+
+Fig. II (_ibid. pag. 51 et 277._)
+
+Masque tragique d'un très-beau caractère.
+
+Fig. IV (_ibid. pag. 63, 278_).
+
+Un victimaire avec un sanglier. Cet animal est bien caractérisé par le
+poil hérissé qui borde l'épine du dos, et par les défenses. La large
+bande dont il est ceint est la parure du sacrifice. On désignait par ce
+nom de victimaire les servans du sacerdoce, qui conduisaient et tuaient
+les victimes; ils étaient nommés encore plus particulièrement _popœ_. On
+les retrouve dans la colonne Trajane parfaitement semblables au nôtre,
+nus jusqu'à la ceinture, avec une espèce de tablier, proprement dit
+_limus_. Ce bronze est très-curieux en ce qu'il représente un sanglier
+doux et privé. Il n'est point difficile, dit Varron (_de Re. R. III,
+13_) de les apprivoiser et de les engraisser en les tenant dans une
+garenne. On immolait le sanglier à Jupiter quand on faisait devant lui
+un serment solennel; c'est le sacrifice que fit Agamemnon en jurant
+qu'il n'avait point touché à Briséis; c'est celui qui était en usage
+pour le serment des juges aux jeux olympiques. On sacrifiait aussi
+le sanglier à Hercule, comme on le voit dans un monument publié par
+Muratori (_LXII, 9_). La couronne que porte le victimaire pourrait
+servir à faire connaître la divinité à qui est offert le sacrifice,
+si cette couronne était plus distincte; on sait que les couronnes
+des sacrificateurs se faisaient avec les feuillages ou les plantes
+consacrées à la divinité qu'on célébrait; mais le bronze ne laisse pas
+distinguer à quel arbre appartiennent les feuilles.
+
+
+
+PLANCHE XLVIII.
+
+
+Fig. I (_pag. 89, 279, t. V de l'Edition royale._)
+
+Deux têtes de chevaux d'un beau travail, garnies de leurs harnois. Nous
+avons déjà eu occasion de faire quelques remarques à ce sujet (_Peint,
+t. II, N.° XLIV_)
+
+Fig. II (_ibid. pag. 101, 279_).
+
+Un lion, bas-relief. Il ne paraîtra peut-être pas inutile d'observer
+que la plupart de ces petits bronzes, et particulièrement les masques,
+servaient d'ornement à d'autres monumens auxquels ils étaient fixés.
+
+Fig. III (_ibid. pag. 113, 280_).
+
+Un bœuf isiaque, _Apis_ ou _Mnévis_, d'un excellent travail; il porte
+sur la tête un croissant, symbole de la grande divinité des Égyptiens,
+la même encore que la Lune.
+
+
+
+FIN DU IVe VOLUME.--Ier DES BRONZES.
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES
+CONTENUES
+Dans le 4e Volume des Antiquités d'Herculanum.
+TOME Ier DES BRONZES, BAS-RELIEFS ET BUSTES.
+
+
+
+A
+
+ACRATUS, Génie de l'ivresse.--Planches 10 et 46.
+
+AGRIPPINE, fille de M. Agrippa et de Julie, dite _majeure_.--Pl. 33
+
+AMOUR avec des Chevaux marins.--Pl. 45.
+
+ANTIOCHUS-LE-DIEU, Roi de Syrie. Bronze attribué aussi à _Ptolomée
+Lathyre_.--Pl. 39.
+
+APOLLONIUS. Remarques sur les Artistes de ce nom.--Pl. 28.
+
+AUGUSTE.--Bronze en forme d'Hermès.--Pl. 28.
+
+B
+
+BACHIQUES (Figures).--Pl. 9, 11 et 12.
+
+BACCHUS _Sabazius_ ou _Zagreus_.--Pl. 9.---pogon ou barbu.--Pl. 19.
+
+BÉRÉNICE-LA-GRANDE, femme de Ptolomée Soter.--Pl. 35.
+
+BÉRÉNICE II, femme de Ptolomée Evergète.--Pl. 37.
+
+BICHE.--Pl. 44.
+
+BŒUF _Apis_ ou _Mnévis_.--Pl. 44.
+
+C
+
+CAÏUS et Lucius CÆSAR, petit-fils d'Auguste. Portraits attribués, avec
+peu de vraisemblance, à ces deux princes.--Pl. 31 et 32.
+
+CALIGULA.--Pl. 34.
+
+CASQUES ras.--Pl. 43.
+
+CHAMEAU.--Pl. 44.
+
+CHEVAUX. (Têtes de)--Pl. 48.
+
+CHEVELURE de _Bérénice_.--Pl. 37.
+
+CHEVEUX longs considérés comme marques de molesse.--Pl. 42.
+
+CLÉOPATRE ou _Phèdre_ se laissant mourir. Bas-relief en argent.--Pl. 1.
+
+COIFFURE en forme de turban, attribuée à un médecin.--Pl. 20.
+
+D
+
+DÉMOCRITE. (Tête attribuée à).--Pl. 22.
+
+DÉMOSTHÉNES.--Pl. 13 et 14.
+
+DIANE.--Pl. 7 et 8.
+
+DRUSUS, fils unique de Tibère.--Pl. 31.
+
+E
+
+EPICURE.--Pl. 17.
+
+ESCULAPE et HYGIE. Bronze plaqué en argent; bas-relief.--Pl. 4.
+
+F
+
+FORTUNES. (Trois) Bas-relief en argent.--Pl. 3.
+
+G
+
+GRENADES nées du sang de Bacchus.--Pl. 9.
+
+H
+
+HÉRACLITE. ( Portrait attribué à)--Pl. 21.
+
+HERCULE.--Pl. 7.
+
+HERCULE jeune. (Tête crue d')--Pl. 32. _Autre_ attribuée, sans
+fondement, à _Ptolomée Philometor_.--Pl. 38.
+
+HERMARQUE, philosophe Epicurien.--Pl. 16.
+
+I
+
+INCONNUS. ( Sujets ) Tête coiffée d'un turban, attribuée, sans
+vraisemblance, à Architas.--Pl. 20. _Autre_ représentant un Maure.--Pl.
+41. _Autre_ représentant un jeune homme avec les cheveux longs.--Pl. 42.
+_Autre_ coiffée d'un casque ras.--Pl. 43.
+
+INSCRIPTIONS. (Remarques sur le temps imparfait employé dans les)--Pl.
+28.
+
+JUNON.--Pl. 7.
+
+JUPITER. (Symbole de)--Pl. 6.
+
+JUPITER.--Pl. 7.
+
+L
+
+LAURIER. (Vertu attribuée au)--Pl. 4.
+
+LAURIER delphique.--Pl. 35.
+
+LÉPIDE, l'un des triumvirs.--Pl. 27.
+
+LION.--Pl. 48.
+
+LIVIE, femme d'Auguste. Buste en forme d'Hermès.--Pl. 29.
+
+M
+
+MAIN votive ou main de bronze.--Pl. 5.
+
+MARCELLUS, fils d'Auguste.--Pl. 30.
+
+MARS.--Pl. 7.
+
+MASCARONS.--Têtes de tigre.--Pl. 45. _Autre_. Tête de lion.--Pl. 47.
+
+MASQUES bachiques.--Pl. 46. _Autre_ tragique.--Pl. 47.
+
+MÉTRODORE, philosophe Epicurien.--Pl. 18.
+
+MIROIRS métalliques.--Pl. 2.
+
+MITHRIAQUE. (Symbole du culte)--Pl. 5.
+
+P
+
+PALLAS.--Pl. 6.
+
+PHÈDRE ou _Cléopâtre_.--Pl. 1.
+
+PLATON. Figures attribuées, mal-à-propos, à ce philosophe.--Pl. 19.
+
+POMONE. Figure étrusque.--Pl. 12.
+
+PTOLOMÉE Ier, fils de Lagus; Bronze attribué aussi à _Ptolomée
+Philométor_.--Pl. 38.
+
+PTOLOMÉE (_Alexandre_) frère de Lathyre.--Pl. 40.
+
+S
+
+SABAZIUS.--_Voyez_ BACCHUS.
+
+SANGLIER paré pour le sacrifice.--Pl. 47.
+
+SAPHO.--Pl. 24.
+
+SATYRE offrant un sacrifice à une Divinité champêtre. Bas-relief en
+argent.--Pl. 2.
+
+SCIPION l'Africain l'ancien.--Pl. 25.
+
+SÉNÈQUE.--Pl. 23.
+
+SILÈNES.--Pl. 8.
+
+SPHINX grec.--Pl. 44.
+
+SYLLA.--Pl. 26.
+
+T
+
+TRUIE votive.--Pl. 44.
+
+V
+
+VESTA ou _Diane_.--Pl. 8.
+
+VICTIMAIRE avec un sanglier.--Pl. 47.
+
+VICTOIRE.--Pl. 6.
+
+Z
+
+ZAGRÉUS. _Voyez_ BACCHUS.
+
+ZENON.--Pl. 15.
+
+
+Fin de la Table.
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome IV.,
+(Vol. 4 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+***** This file should be named 17234-8.txt or 17234-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ https://www.gutenberg.org/1/7/2/3/17234/
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+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
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+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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+redistribution.
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+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
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+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
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+electronic work, or any part of this electronic work, without
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+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
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+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
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+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
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+access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
+that
+
+- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
+ the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
+ owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
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+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
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+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
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+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
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+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
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+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
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+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
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+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ https://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome IV., (Vol. 4
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome IV., (Vol. 4 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17234]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: UTF-8
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+
+
+<h1>ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.</h1>
+<br>
+
+
+
+<h4>GRAVÉES</h4>
+<h3>PAR TH. PIROLI</h3><br>
+
+<h4>AVEC</h4>
+<h3>UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUDÉ;</h3><br>
+
+<h4>ET PUBLIÉES</h4>
+<h3>PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.</h3>
+
+<br>
+<hr>
+
+<h2>TOME IV.</h2>
+
+<h3>BRONZES</h3>
+<hr>
+<br>
+
+
+<p>À PARIS</p>
+<br>
+
+
+<p>CHEZ:<br>
+PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;<br>
+LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison<br>
+Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.</p>
+<br><br>
+
+<h3>AN XIII. = 1805.</h3>
+<br><br>
+
+<h3>AVERTISSEMENT.</h3>
+
+
+<p>Nous suivons, dans cette Édition, la classification
+adoptée par les Académiciens d'Herculanum.
+La peinture a occupé trois volumes;
+deux volumes renfermeront ce que la Statuaire
+a vu ressusciter des fouilles de la Campanie,
+c'est-à-dire, les Bronzes, Bas-reliefs, Bustes et
+Statues; car, selon Pline, cette dénomination
+s'applique particulièrement à l'art de jeter en
+bronze, et les productions du ciseau appartiennent
+à la sculpture. La rareté des bronzes a fait
+compter pour une richesse précieuse, ceux qui
+ont été recueillis dans ces villes antiques et
+souterraines. Si l'on trouve dans ces ouvrages
+moins de recherche que dans les productions
+du pinceau, ils offrent peut-être plus de finesse,
+plus de sentiment, un goût plus épuré, et surtout
+à un degré plus sensible, cette vive empreinte
+qui décèle le génie et la science profonde
+de l'artiste. Cette collection se rend également
+intéressante, sous le rapport de l'art et de l'histoire
+civile et religieuse.</p>
+
+<p>Pour ne point interrompre la suite des Bustes
+et des Statues, nous les ferons précéder de quelques
+Bas-reliefs, qui ne sont point en assez
+grand nombre pour former une série particulière:
+les Bas-reliefs avec les Bustes formeront
+le premier volume; le second renfermera les
+Statues.</p>
+<br><br>
+
+
+
+<h2>PLANCHE I.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 257, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Tout concourt à donner un grand prix à ce bas-relief;
+la matière, le travail, la variété des objets,
+la beauté de la composition, l'expression des figures
+et le choix du sujet. La plaque est d'argent, en
+forme de bouclier, avec un crochet au revers pour
+la suspendre: c'était sur des boucliers semblables
+que les anciens faisaient représenter les images et
+les actions de leurs ancêtres. La mort de Cléopâtre
+parait faire le sujet de cette composition, toute
+pittoresque. Cette reine infortunée, dont la beauté
+n'a pu désarmer son vainqueur, a fait couler la mort
+dans ses veines. Ses derniers soupirs sont encore
+pour l'amant qu'elle a perdu; assise, affaissée par
+l'effet du poison, la tête penchée sur l'épaule, les
+yeux mourans, elle expire dans les bras de l'une de
+ses fidelles esclaves; c'est Carmione, la plus âgée,
+elle qui prit soin de l'étendre sur le lit royal, parée
+d'habits somptueux, et qui la suivit chez les morts
+après avoir rempli ces derniers devoirs. Debout,
+considérant sa maîtresse dans l'attitude de la douleur,
+est la jeune Irais, qui la suivit la première.
+Un Amour, accablé de tristesse, est appuyé sur les
+genoux de la reine, et déplore sa fin malheureuse.
+C'est ainsi que nous avons vu ce même Dieu pleurant
+l'infortune d'Ariadne (<i>Peint. t. II, pl. XV</i>) et
+éteignant son flambeau devant Narcisse (<i>Id. t. III,
+pl. XLVI et XLVII</i>). Aux pieds de Cléopâtre est le
+panier de figues renversé, sensible allusion au récit
+de Plutarque. Les accessoires représentent l'intérieur
+d'un appartement; c'est ce que désignent le lit,
+dont on voit une partie, la draperie tendue (<i>aulœa</i>)
+et la petite statue élevée sur une colonne tronquée.
+La pomme, le vase, la guirlande de myrte et les
+deux colombes, désignent clairement Vénus dans
+cette image. Malgré l'heureuse application que l'on
+peut faire à la mort de Cléopâtre, de plusieurs traits
+de notre bas-relief, l'explication n'en est pas pleinement
+satisfaisante; M. Visconti pense que ce sujet
+appartient à la Mythologie; la figure allégorique de
+l'Amour ou de Cupidon, ne paraît pas convenir
+une histoire; la statue de Vénus et l'offrande des
+colombes, ne paraissent pas convenir à celle de
+Cléopâtre: il croit donc que le sujet est Phèdre avec
+la nourrice, comme sur plusieurs bas-reliefs où l'on
+voit de même la figure de Cupidon; ses offrandes
+n'ont pu lui rendre Vénus favorable, et le panier
+renversé indique qu'elle veut se laisser mourir de
+faim.</p>
+
+<p>Diamètre, 5 pouces 8 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.004.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE II.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 261, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce bas-relief, sur une lame d'argent, est d'un bon
+travail; on y voit un Satyre aux longues cornes,
+ceint de la nébride, faisant une offrande devant un
+Hermès, posé sur un autel rustique. Il est assis,
+attitude qui convient à une cérémonie religieuse,
+et joue d'une lyre à sept cordes: quoiqu'il soit rare
+de voir les Satyres avec la lyre, on les retrouve
+cependant dans plusieurs monumens, avec cet instrument
+qui n'est point étranger aux suivans de
+Bacchus. L'Hermès barbu, et ayant les cheveux
+roulés autour de la tête, pourrait représenter Bacchus
+Indien; mais l'objet du sacrifice semble désigner
+une divinité champêtre d'un ordre inférieur,
+peut-être Sylvain, souvent représenté sous la forme
+d'un Hermès. L'autel est ceint d'une guirlande;
+contre l'arbre est posé un <i>pedum</i>, ou plutôt le
+bâton de chasseur, dit <i>lagobolos</i> parce qu'il servait
+à assommer les lièvres; sur l'autel est une coupe,
+qu'on peut supposer pleine de lait; aux branches
+de l'arbre est suspendue une peau d'animal, dont
+les oreilles allongées semblent être celles d'un lièvre;
+on voit encore sur la pierre où le Satyre est assis,
+la peau d'un animal sauvage, tel qu'un tigre ou
+une panthère. Ce Satyre paraît donc offrir à la
+divinité un sacrifice en reconnaissance d'une heureuse
+chasse, et de la fécondité des troupeaux.</p>
+
+<p>Il paraît probable que ces petits bas-reliefs en
+argent, et quelquefois en bronze, de forme ronde,
+ont servi de fonds à des miroirs métalliques. Le
+Musée Napoléon en possède un en bronze doré,
+trouvé dans un tombeau, avec le miroir rond métallique.</p>
+
+<p>Trouvé à <i>Portici</i>, et gravé de la grandeur de
+l'original.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.007.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE III.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 263, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ces trois Fortunes, relevées en bosse sur argent,
+sont parfaitement semblables entre elles, et ont les
+mêmes attributs. Cette réunion des trois figures
+rappelle qu'il y avait à Rome un temple aux trois
+Destinées (<i>tria fata</i>) qu'on révérait, comme on faisait
+trois Parques et trois Grâces, divinités qui se confondent
+dans l'antiquité reculée. Le boisseau sur la
+tête de la Fortune, comme sur celles d'Isis et de
+Sérapis, est l'emblême de l'abondance; cet emblême
+se retrouve encore avec plus d'extension dans
+la corne d'Amalthée. Le timon désigne la part que
+prend la Fortune dans le gouvernement des empires
+et des affaires humaines; le croissant et l'étoile
+expriment sa domination sur tout l'univers, et peut-être
+ces signes, qui accompagnent presque toujours
+la déesse, expriment-ils l'opinion de quelques philosophes,
+qui attribuaient à l'influence des corps
+célestes, et surtout de la lune, tous les événemens
+heureux et malheureux. Chaque figure est encâdrée
+dans le frontispice d'un petit temple; dans le fronton
+de celui du milieu, on voit une partie du
+Capricorne, signe qui se retrouve dans les médailles
+comme horoscope, avec les autres emblêmes <i>de la
+fortune d'Auguste</i>, et qui semblerait désigner ici
+particulièrement la fortune de ce prince.</p>
+
+<p>Trouvées à <i>Civita</i>, et gravées de la grandeur de
+l'original.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.010.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE IV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 264, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce petit bronze, d'un travail délicat, est plaqué
+d'argent dans les reliefs; il représente Esculape avec
+sa fille Hygie ou <i>Salus</i>, déesse de la santé. On reconnaît
+facilement le dieu à sa barbe, à ses cheveux,
+et a la verge entourée d'un serpent. Sa
+compagne porte pour attribut la tasse sacrée, d'où
+l'on voit sortir un serpent, particularité qui donne
+beaucoup de prix à ce petit monument. La déesse
+tient aussi dans sa main une petite branche qui n'a
+point été observée par les Académiciens d'Herculanum,
+et que l'on peut croire être la panacée.
+Les figures posent sur un autel, et sont encâdrées
+par un ornement de feuilles de laurier et de festons.
+Le laurier était consacré aux trois divinités
+qui présidaient à la médecine, Esculape, Hygie et
+Telesphore: on attribuait aux feuilles de cet arbre
+une vertu extraordinaire; on l'employait dans les
+triomphes pour purifier les soldats du sang versé
+dans les combats; on s'en servait dans les lustrations;
+on disait de celui qui était rassuré contre les dangers,
+qu'il portait un bâton de laurier. Dans les Hiéroglyphes,
+le symbole d'une guérison miraculeuse
+était une colombe qui tenait dans son bec une branche
+de laurier. L'usage de consacrer des tablettes de
+métal et de marbre pour solution d'un vœu à une
+divinité dont on croyait avoir obtenu quelque grace
+ou faveur, était très-répandu, et l'on peut regarder
+celle-ci comme l'une de ces représentations votives.
+Trouvé à <i>Portici</i>, et gravé de la grandeur de
+l'original.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.013.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE V.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>Préface de l'Edition originale, page 37.</i>)</p>
+
+
+<p>La main votive dont nous donnons ici la figure
+sous un double aspect, se rend, par la multiplicité
+des symboles, plus curieuse que celles déjà connues.
+Comme dans les autres, les trois premiers
+doigts sont ouverts, et les deux derniers fermés. On
+remarque près de la base, dans une cavité, une
+femme avec un petit enfant; il semble que le sujet
+du vœu soit exprimé par ces figures, et qu'il se rapporte
+à un heureux accouchement. L'homme assis,
+les pieds posés sur une tête de bélier, tenant élevé
+l'index de chaque main, revêtu du costume phrygien
+ou persan, habit que les anciens ont donné,
+par convention, à tous les Orientaux, paraît être
+ici, sous la figure d'un ministre ou d'un prophête, le
+symbole du culte mithriaque. Le serpent, la grenouille,
+le lézard, la balance, la fleur, le fouet, le
+<i>tympanum</i>, le sistre, les cymbales, etc. font allusion
+aux Divinités révérées par l'auteur de l'offrande,
+ou à sa croyance religieuse, Il serait difficile de
+tirer un sens clair et précis de ces sortes d'énigmes,
+qui, peut-être, n'en avaient pas un bien formé pour
+ceux même qui les inventaient; on peut les regarder
+comme les rêves d'esprits blessés par la superstition,
+ou exaltés par une pieuse reconnaissance, qui voulaient
+remercier ou appaiser tous les Dieux qu'ils
+avaient implorés, ou dont ils craignaient le courroux.
+Aussi n'a-t-on réuni, dans l'explication de ces
+sortes de monumens, que des conjectures qui semblent
+se combattre comme les idées superstitieuses
+qui les ont produits. Le lecteur curieux pourra
+recourir aux auteurs qui en ont parlé; Lorenzo
+Pignorio, Tommassini, Delachausse, Gori, Montfaucon,
+Caylus, etc. Les Antiquaires donnent à ces
+mains votives le nom de <i>Mains de bronze</i> ou de
+<i>Mains Panthées</i>, c'est-à-dire, consacrées à tous les
+Dieux.</p>
+
+<p>Celle-ci fut trouvée dans les fouilles de Résine,
+en 1746.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 pouces.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.016.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 1re, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+<p>Chez tous les peuples, nous voyons la religion
+s'envelopper de mystères; parmi les anciens Grecs
+et Romains, l'idée d'un Être suprême, seul moteur
+de toutes les causes et régulateur de l'univers, était,
+pour ainsi-dire, le secret des philosophes, et cette
+grande vérité paraissait trop sublime pour être
+communiquée au vulgaire grossier, dont la superstition
+se nourrissait de toutes les erreurs du polythéisme.
+On en retrouve les traces plus ou moins
+développées dans leurs écrits; mais c'est sur-tout
+dans les monumens que les opinions religieuses se
+cachent sous les symboles. Le bronze que nous
+avons sous les yeux, semblerait appartenir à ces
+sortes de monumens mystérieux; il représente un
+Croissant, surmonté de deux petits bustes, avec
+l'aigle portant la foudre au milieu; cet aigle annonce,
+dans les médailles et dans les pierres gravées,
+la présence invisible du grand Jupiter. La tête
+de Diane, de Proserpine ou d'Isis au milieu du
+croissant, annonce la puissance de la Divinité manifestée
+dans cet astre. Ici le symbole de Jupiter
+semble le montrer comme le régulateur des temps
+figurés dans les têtes du Soleil et de la Lune, qui,
+en séparant le jour et la nuit, forment le mois exprimé
+par le croissant. Les mutations constantes de
+la Lune ont été les premières observées, et le cours
+de cet astre est la mesure la plus sensible et la plus
+antique qui ait servi à diviser l'année. «Le mouvement
+perpétuel du Soleil, dit le poète Aristide
+(<i>Hym. in Jov. p.</i> 13) au-dessus et au-dessous de
+la terre, est le commandement donné par Jupiter
+au Soleil, d'éclairer tout le monde; et les
+cours de la Lune et les révolutions de toutes les
+étoiles, sont une disposition de Jupiter». Ce passage
+s'applique merveilleusement à notre bronze,
+et pourrait aussi aider à l'explication d'autres monumens,
+où l'on voit la tête même de Jupiter
+avec le croissant. C'est aussi comme régulateur des
+jours et des nuits, que Jupiter recevait chez les
+Romains le nom de <i>Lucetius</i> et de <i>Diespiter</i> (<i>Diei
+pater</i>); cependant, en adoptant une explication
+plus simple, et qui a été appliquée avec autorité
+des monumens du même genre, on pourrait voir,
+dans notre bronze, l'apothéose de deux personnages
+révérés, ou un hommage votif pour la naissance de
+deux jumeaux, ou peut-être encore le symbole de
+Jupiter, d'Hécate, ou de Castor et Pollux.</p>
+
+<p>Sur la même planche, on voit un buste de Pallas,
+avec le casque et l'égide, et une femme aîlée qui
+peut représenter une Victoire.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.019.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i> P. 2 et 3, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Le premier de ces quatre bustes appartient
+Jupiter. On reconnaît le père et le maître des Dieux,
+à son épaisse chevelure, à sa barbe touffue, au diadême
+qu'il porte, et mieux encore à ce visage majestueux,
+conforme à l'idée qu'en ont laissée les
+poètes et les anciens artistes. Ce bronze ressemble
+au fameux buste du capitole, et nous ferons remarquer
+ici, d'après l'observation du savant éditeur
+de ce Musée (<i>Mus. cap. t. II</i>), quel soin, quelle
+exactitude apportaient les anciens, non-seulement
+à retracer les véritables images des hommes illustres,
+mais encore à conserver dans les têtes de leurs
+Dieux et des héros, une ressemblance souvent
+idéale, mais consacrée par la description des poètes,
+ou par les premières images que l'art avait produites.
+Il y avait, dans cette attention, un certain
+principe de religion qui conserva long-temps ce sentiment
+du vrai beau, d'où l'esprit de l'homme,
+après l'avoir trouvé, ne tend que trop, par l'effet
+de son inconstance naturelle, à s'écarter; on connaît
+ce passage d'Homère (<i>Il. a. v. 528</i>): «Le fils
+de Saturne abaissa ses noirs sourcils, les cheveux
+vénérables du roi s'agitèrent sur sa tête immortelle,
+et il fit trembler le vaste olympe». C'est
+d'après cette description, a remarqué un ancien,
+qu'Euphranor forma, avec son pinceau, l'image
+de Jupiter, et que Phidias la jeta en bronze. «Nous
+connaissons la face des Dieux, dit Cicéron (<i>de N.
+D. I. 30</i>), comme l'ont voulu les peintres et les
+modeleurs, et non-seulement leur visage, mais
+encore leurs ornemens, leur âge, leurs vêtemens;
+ainsi l'on peut dire que Jupiter est barbu, qu'Apollon
+est imberbe, que Minerve a les yeux bleus,
+et Neptune, verdâtres». Des idées ainsi consacrées
+s'établissent, avec le temps, comme la vérité même.</p>
+
+<p>Le second buste est celui de Junon, qu'on reconnaît
+à sa couronne radiée, et au voile qui couvre
+sa poitrine.</p>
+
+<p>Dans le troisième, on voit un Hercule, distingué
+par la couronne de peuplier, attachée avec une
+bandelette ou diadême, sorte de consécration, et
+dont les traits se rapportent aux portraits connus.</p>
+
+<p>Dans le quatrième, est figurée une Diane, dont
+les cheveux tressés sans ornement étranger, viennent
+former sur sa tête deux crochets allusifs au croissant;
+elle porte le carquois et une peau de chèvre ou l'égide.</p>
+
+<p>FIG. supérieure.&mdash;Hauteur, environ 3 p°. 4 lig.</p>
+
+<p>FIG. inférieure.&mdash;Hauteur, environ 4 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.022.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 3 et 4, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Il serait difficile de fixer le caractère de ce premier
+buste; c'est un fragment d'une statue entière.
+La coiffe et le diadême peuvent désigner une Junon,
+une Vesta ou une Diane. Le buste casqué
+représente le dieu Mars sans barbe, comme ce Dieu
+est représenté le plus souvent. Le troisième buste
+représente un suivant de Bacchus, couronné de
+feuilles de lierre et de corymbes; sa barbe épaisse,
+la nébride qu'il porte en écharpe, et son âge, qui
+est celui de la vigueur, indiquent un Faune ou Satyre
+d'un âge mûr: les Grecs les appelaient du nom
+commun de <i>Silènes</i>. La figure du quatrième buste
+est moins équivoque; elle appartient à Silène, le
+nourricier de Bacchus; le front chauve, l'enfoncement
+du front à la naissance du nez, l'enchâssement
+exhorbitant de la prunelle, sa barbe descendant en
+touffes régulières et longues, tous ces traits sont
+dans le caractère; la bandelette lui convient aussi,
+comme prêtre et ministre de Bacchus: tel était le
+Silène que Bacchus enfant lutinait dans ses jeux.
+Le Dieu arrache, en badinant, les poils qui hérissent
+la poitrine de Silène, ou lui pince ses oreilles
+pointues; il lui claque sa tête chauve et son court
+menton, et de son pouce délicat lui presse ses
+narines de singe (<i>Nemesianus, Ecl. III, 31</i>).</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.025.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE IX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 5 et 6, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Au premier coup-d'œil, on croirait reconnaître
+un Faune dans ce buste; mais, avec un peu d'attention,
+on remarquera que, dans cette nature mixte,
+tout ce gui n'appartient point à la nature humaine
+a un rapport évident avec les formes d'un taureau,
+et nullement avec celles d'un chevreau ou d'un
+bouc. Une expression divine, quoique féroce, répandue
+sur cette figure, et tous les traits qui la caractérisent,
+doivent s'appliquer à Bacchus lui-même.
+Mais alors c'est Bacchus <i>Sabazius</i>, le fils de Jupiter
+et de Proserpine, proprement dit <i>Zagreus</i>, ce Bacchus
+tué par les Titans, et qui cependant reparut
+depuis sous différentes formes. Ce n'est plus ce Bacchus
+dont la beauté est celle d'une tendre Vierge;
+c'est celui dont Athénée a conservé le portrait (<i>II,
+1, p. 35</i>) «adolescent, indompté, ayant l'aspect
+d'un taureau; jeune et non jeune». Euripide voulant
+représenter Bacchus courroucé, le fait aussi
+paraître avec la figure d'un taureau; c'est le caractère
+qu'on peut saisir dans le regard, dans les lèvres
+épaisses, dans les traits ramassés, dans la touffe de
+poil naissante sur le front et dans l'oreille extraordinaire
+de la figure. Les cornes et le serpent appartiennent
+particulièrement à ce Dieu, qui semble
+offrir le symbole d'une ivresse immodérée et furieuse.</p>
+
+<p>Les formes grasses et potelées, les cheveux longs
+du second buste, semblent désigner une femme;
+le caractère de la figure appartient à l'espèce des
+Faunes; la couronne de lierre avec les corymbes la
+classe évidemment parmi les suivans de Bacchus;
+la grenade qu'elle porte à la main rend ce bronze
+rare et précieux. Quoique ce fruit soit compté au
+nombre des objets contenus dans la ciste mystique,
+il n'a point encore été remarqué sur aucun des
+monumens relatifs aux mystères. Suivant un ancien
+Mythe, la grenade naquit du sang de Bacchus <i>Zagréus</i>,
+mis en pièces par les Titans, et il était défendu
+d'en manger les fruits dans les fêtes de Cérès.</p>
+
+<p>CHAQUE BUSTE.&mdash;Hauteur, 7 p°. 9 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.028.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE X.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 7, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>L'expression riante et animée de cette figure,
+et ses attributs, appartiennent clairement à Bacchus;
+ses cheveux touffus sont tressés avec des
+branches de lierre garnies de corymbes, et un large
+diadême dont les bandes retombant par devant,
+semblent en faire partie; le bras resserré dans l'une de
+ces bandes, peut être l'emblême de l'enchaînement
+des forces par l'ivresse. Mais ce que cette figure a
+plus de remarquable, ce sont les aîles qu'on lui voit
+très-rarement. «Les Amycléens, dit Pausanias (<i>III,
+19</i>) adoraient spécialement Bacchus, auquel ils
+donnaient, autant qu'il me semble, le surnom de
+<i>Psylas</i>; les Doriens appellent les aîles de ce nom
+<i>Psylas</i>, le vin soulève les hommes et rend l'esprit
+léger, comme les aîles portent les oiseaux». Ce
+passage qu'on a cité en faveur de ce bronze, donne
+plutôt l'explication du sens moral que peuvent offrir
+à l'esprit les aîles ajoutées à Bacchus, comme symboles,
+qu'il ne prouve que le Dieu ait été adoré
+sous la forme aîlée; nous remarquerons seulement
+que ces figures aîlées doivent, en général, être plutôt
+considérées comme les génies des Dieux, que
+comme les divinités mêmes. Parmi les génies de
+Bacchus, l'ancienne Mythologie a fait une mention
+distinguée d'<i>Acratus</i>: son nom signifie <i>Merum</i>, ou
+le vin sans mélange d'eau; c'est le génie de l'ivresse.</p>
+
+<p>Hauteur, 10 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.031.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 8, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Le diadême, les corymbes de lierre, le voile qui
+couvrent la tête de cette figure, indiquent, selon
+les Académiciens d'Herculanum, un prêtre de Bacchus;
+les prêtres sacrifiaient aux dieux la tête voilée,
+usage venu à Rome de la Phrygie. Les ministres du
+culte affectaient aussi dans leur costume d'imiter
+leurs divinités, et cette coiffure, <i>mitra</i>, dont Bacchus
+était l'inventeur, lui avait fait donner le surnom
+de <i>mitrophore</i>; le geste expressif de l'index élevé,
+est, sans-doute, relatif aux mystères; on a cité à ce
+propos ce vers d'Orphée: «Jupiter, Pluton, le Soleil
+et Bacchus ne sont qu'un seul»: comme si tous ces
+Dieux se trouvaient réunis dans Bacchus. C'est pour
+cela qu'il a été considéré comme le Dieu universel,
+et qu'il a été appelé <i>Panthée (Auson. ép. 29 et 30)</i>.
+Cependant les accessoires qui peuvent déterminer
+le caractère de ce buste, servent à M. Visconti pour
+appuyer une opinion différente; c'est Hercule,
+habillé en femme, à la cour d'Omphale, et célébrant,
+avec la reine de Lydie, les fêtes de Bacchus.
+La célèbre pierre gravée, du cabinet d'Orléans, où
+Hercule jeune paraît voilé jusqu'au menton, de la
+même manière, rend cette opinion presque démontrée.</p>
+
+<p>Hauteur, 8 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.034.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 9 et 10, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>La figure du premier buste est couronnée de
+feuilles, de corymbes de lierre et de grappes de
+raisin; dans un pan de sa draperie, elle porte des
+raisins et des figues, et de la main droite elle penche
+un vase sur les fruits, comme si elle les arrosait.
+L'expression gracieuse et délicate de la tête, la
+jeunesse dont elle brille, conviennent à Bacchus,
+qui partage avec Apollon le don d'une beauté toujours
+nouvelle; mais les fibules qui attachent la
+draperie sur les bras, portent à croire que c'est
+une nymphe, l'une des nourrices ou compagnes du
+Dieu, et qui tempère sagement la force de ces fruits
+par le mélange de l'eau; ce mélange était sacré chez
+les peuples polis de la Grèce; il n'appartenait qu'aux
+barbares de boire le vin pur, et c'est ce qu'Anacréon
+appelle <i>boire à la scythique</i>. De-là, peut-être,
+cette différence du Bacchus sauvage et furieux
+dont nous avons parlé précédemment (<i>pl. IX</i>),
+et du Bacchus vainqueur et législateur des peuples
+de l'Orient, portant dans sa beauté immortelle le
+caractère d'une divinité bienfaisante. La proportion
+du mélange était ordinairement de trois parties
+d'eau sur deux de vin, et les plus sobres suivaient
+celle de cinq à deux.</p>
+
+<p>Le style du second buste peut le faire croire de
+travail étrusque, ou, pour s'exprimer avec plus de
+justesse, d'ancien style grec; les lignes droites, l'adhérence
+des membres au corps qui en font le caractère,
+attestent la jeunesse de l'art; les Etrusques
+reçurent, à une époque très-reculée, les arts de la
+Grèce, ils conservèrent long-temps, avec une espèce
+de religion, ce même style, sans le changer ni
+l'améliorer. Comme imitateurs, ils eurent dans l'exécution
+quelque chose de plus lourd, et qui distingue
+encore aux yeux exercés, leurs ouvrages de
+ceux de leurs premiers maîtres. La figure est une
+Pomone, qu'on reconnaît aux différens fruits qu'elle
+porte dans son giron; elle est coiffée d'un voile,
+posé sur une élévation formée par les cheveux sur
+le front. C'est cette élévation qu'on nomme <i>tutulus</i>,
+et qui se rencontre souvent dans les figures dites
+étrusques. Le collier, orné de bulles, est aussi un
+ornement étrusque; ce collier et les yeux sont en
+argent.</p>
+
+<p>CHAQUE BUSTE.&mdash;Hauteur, 6 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.037.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 11, 12, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Ce buste précieux porte le nom du personnage
+célèbre qu'il représente, du prince des orateurs.
+<i>Démosthène</i> naquit à Athènes, environ trois siècles
+avant celui d'Auguste. L'amour de la patrie arma
+son éloquence contre les rois de Macédoine. Après
+une vie agitée, forcé, par la fureur d'Antipâtre, de
+chercher un asyle dans une terre étrangère, il n'en
+trouva plus que dans la mort même, et prit du
+poison dans l'île de Calaurie, l'an III de la 114e
+olympiade (le 16 octobre, 122 ans avant l'ère chrétienne).
+«Voilà, dit Pausanias (l. VIII) où cet
+amour extrême de Démosthène pour les Athéniens,
+le conduisit; et il me semble qu'on a dit
+avec raison, qu'un homme trop dévoué à l'intérêt
+public, et qui se fie trop à la faveur populaire,
+meurt bien rarement tranquille». Ce buste
+fut découvert, en 1753, dans les fouilles de Résine,
+dans le même édifice où l'on trouva les <i>Papyrus</i>
+et la plus grande partie des bustes. A cette
+époque, on ne connaissait point de portrait authentique
+du célèbre orateur. Un marbre trouvé à Tarragon,
+cité par Fabri (<i>Ill. imag. n°. 55</i>) et par
+Bellori (<i>Ill. rhét. n°. 79</i>), portait le nom de
+<i>Démosthène</i>; mais la jeunesse et la privation de
+la barbe semblaient indiquer, dans cette tête, un
+autre Démosthène, peut-être le fils d'Alcisthène,
+capitaine des Athéniens, commandant une flotte
+au siége de Syracuse, où il perdit la vie, selon
+Thucydide (<i>l. III, p. 9l</i>) et autres historiens. On
+a remarqué que, dans l'inscription, la forme de
+l'<i>epsilon</i> et du <i>sigma</i> répondait à celle du temps
+d'Auguste. Si ce n'est point un signe assez certain
+pour fixer l'âge de ce bronze, l'excellence du travail
+ne l'en place pas moins aux beaux temps de l'art.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.040.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 13, 14, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La ressemblance qu'on saisit entre ce buste et le
+précédent, peut y faire reconnaître le même personnage,
+<i>Démosthène</i>. Plus grand, mieux conservé,
+on remarque dans les traits plus de jeunesse et une
+expression plus vive; mais, dans tous les deux, on
+trouve ce trait caractéristique qui rappelle cette
+difficulté dans l'articulation, vaincue par la constance
+de l'orateur, la lèvre inférieure très-mince,
+et comme attachée aux dents. Plutarque, dans la
+vie de Démosthène (<i>l. II, p. 847</i>) fait mention
+de deux statues, qu'on voyait à Athènes en deux
+lieux différens. On lisait au bas de la statue de
+bronze, cette inscription, posée par les Athéniens:
+«Si la valeur de Démosthène eût égalé son éloquence,
+la Grèce ne serait point encore vaincue
+ni asservie au Macédonien. Sa statue, ajoute-t-il,
+est placée près le <i>Perischœnasma</i> (ou enceinte
+de cordes) à l'autel des douze Dieux: c'est l'ouvrage
+de Polyeucte. Par la suite, et après sa
+mort, les Athéniens lui érigèrent une statue dans
+le <i>Forum</i>, sous l'archonte Gorgias». On pourrait
+croire que, entre ces deux statues, il existait la
+même différence que l'on remarque dans nos deux
+bustes. Dans le premier, Démosthène est calme et
+serein, tel sans-doute qu'il parut après avoir pris
+le poison, ainsi que le décrit Lucien, intrépide et
+riant. Dans celui-ci, c'est l'orateur foudroyant, tel
+que le peint une épigramme de l'Anthologie (<i>V. 3.</i>)
+d'après une statue de bronze: «Mais il n'était
+point tranquille; enveloppé dans de grandes pensées,
+il roulait dans son esprit de profonds desseins;
+tel il s'élevait en fureur contre les Macédoniens.
+Certes, cette image morte semblait
+lancer de ses lèvres les paroles ardentes; mais
+l'art l'en empêchait, l'art qui l'avait enchaîné dans
+le bronze le forçait à se taire».</p>
+
+<p>Hauteur, 11 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.043.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 15, 16 de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Le nom de <i>Zénon</i> se fait lire sur la base de ce
+buste; mais l'inscription ne suffit pas pour désigner
+clairement le personnage. Diogène Laërce nomme
+huit Zénon; d'autres en comptent jusqu'à quinze.
+Les plus célèbres sont Zénon d'Elée et Zénon de
+<i>Cittium</i>, petite ville de l'île de Chypre; le premier
+dialecticien subtil passe pour fils ou pour disciple
+de Parménide, et pour maître de Périclès; en parlant
+de ce philosophe, Platon dit qu'il était de
+l'âge d'environ quarante ans, d'une taille élevée, et
+d'une figure agréable. Le second, chef et fondateur
+de la secte des Stoïciens, était, suivant le portrait
+qu'en donne Laërce (<i>liv. VII</i>) petit, très-brun,
+faible, délicat et maigre, ayant les jambes
+grosses, et le cou penché d'un côté; du reste, l'air
+sombre, dur et amer. Les Athéniens, l'honorèrent
+pour son savoir et sa probité; ils lui confiaient la
+garde des clés de la ville; ils lui décernèrent une
+couronne d'or et une statue de bronze. Ses compatriotes
+lui rendirent le même honneur, pensant
+que l'image d'un tel homme était l'ornement de
+leur cité; et cette statue, respectée par Caton, seule,
+ne fut point vendue dans la confiscation du royaume
+de Chypre (<i>D. Laërce, VII, 6, Pline, XXXIV, 8.</i>)
+Zénon de <i>Cittium</i> ne commença à s'appliquer
+la philosophie qu'à l'âge de trente ans, il suivit
+pendant plus de vingt ans Cratès, Stilpon et Xénocrate;
+il est probable qu'il était sexagénaire quand
+il ouvrit son école au portique. Il mourut âgé de
+98 ans; d'où il suit que ses portraits doivent porter
+l'empreinte d'une vieillesse très-avancée. Il ne paraît
+point que notre bronze réponde à l'idée qu'on doit
+se faire de ces deux personnages; les monumens
+connus sous le nom de <i>Zénon</i>, n'offrent pas de
+point de comparaison assez frappant, pour fixer ici
+l'incertitude. Trouvé dans la maison d'un Epicurien,
+ce buste semblerait être celui de l'un des
+Zénon de cette secte. L'un des plus illustres philosophes
+qui lui appartinrent, fut Zénon le Sidonien,
+le huitième nommé par Laërce (<i>VII, 35</i>) disciple
+d'Apollodore; il se distingua par la clarté de
+ses pensées et de ses discours, et laissa beaucoup
+d'écrits (<i>id. X, 25</i>). Cicéron parle aussi d'un Zénon
+qu'il entendait souvent à Athènes, «Notre Philon,
+dit-il, avait coutume de l'appeler le coryphée des
+Epicuriens (<i>De N. D. I. 21</i>)». On sait que l'école
+d'Épicure était suivie des personnages les plus distingués
+du siècle d'Auguste; et les sectateurs se faisaient,
+sans-doute, un honneur de posséder les
+images de leurs maîtres.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.046.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 17, 18, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Le successeur d'Épicure, <i>Hermarque</i>, revit dans
+ce buste précieux; nous y trouvons non-seulement
+les traits de cet illustre philosophe, mais encore
+son véritable nom, qui paraît avoir été altéré par
+les auteurs grecs et latins, qui, en le nommant,
+ont supprimé la lettre <i>r</i>. L'inscription du bronze
+fait une autorité victorieusement confirmée par un
+<i>Papyrus</i> trouvé dans le même lieu, et dans lequel
+on lit le nom du philosophe écrit de la même
+manière. Diogène Laërce a conservé le testament
+d'Épicure, qui légua à son ami son jardin, ses
+livres et son école.... «A condition, dit-il, qu'ils
+assigneront (il parle de ses héritiers) le jardin
+et tout ce qui en dépend, à Hermaque (on trouve
+par-tout le nom ainsi altéré), fils d'Agemarque de
+Mytilène, et à ceux qui, avec lui, s'appliquent
+la philosophie, et à ceux qu'Hermaque laissera
+pour successeurs dans la philosophie, afin qu'ils
+s'y exercent à la philosophie...; de plus, qu'Aminomaque
+et Timocrate (ses héritiers) donneront la
+maison située à Mélite (quartier d'Athènes) pour
+habitation, à Hermaque et à ses compagnons dans
+la philosophie, tant qu'Hermaque vivra...;
+qu'ils donneront tous nos livres à Hermaque...;
+qu'ils partageront tous les revenus avec Hermaque,
+afin que tout se fasse avec le conseil du
+même Hermaque, qui a vieilli avec nous dans
+la philosophie, et qui a été laissé par nous pour
+chef et maître de tous ceux qui philosophaient
+avec nous». Voilà, sans-doute, un bel éloge de
+la vie, du savoir et du caractère de notre Hermarque.
+Laërce dit ailleurs (<i>l. X, 13.</i>): «Il était
+fils d'un père pauvre, et, dans le principe, il s'était
+appliqué à l'art oratoire. On a de lui ces beaux
+ouvrages: vingt-deux lettres d'<i>Empedocle</i>, un
+traité des <i>Disciplines</i>, un traité contre Platon, un
+autre contre Aristote. Il mourut de paralysie, et
+fut un homme vraîment illustre». Cicéron (<i>de
+Finib. lib. III, p. 30</i>) rapporte un lettre écrite
+Hermarque par Épicure, le jour même qu'il mourut;
+il lui recommanda les fils de Métrodore, en lui
+disant: «Comme il est digne de cette affection que
+tu as conçue dès l'enfance pour moi et pour la
+philosophie, etc.» Nous aimons à rapporter toutes
+ces preuves d'une longue amitié entre des hommes
+célèbres: une longue amitié est l'éloge le plus touchant
+qui suive leur mémoire.</p>
+
+<p>Hauteur, 7 p°. 8 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.049.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 19, 20, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La ressemblance parfaite de ce buste qui porte
+le nom d'<i>Épicure</i>, avec l'Hermès du Capitole, qu'on
+pouvait regarder comme le seul portrait connu de
+ce philosophe, fait une double autorité en faveur
+de ces monumens, et confirme les remarques judicieuses
+de l'auteur du musée Capitolin. (Voyez
+<i>pl. V et XI, et pag. 14, t. I.</i>) Peu de noms sont
+aussi fameux dans la philosophie, et il n'est point
+de secte qui ait eu d'aussi nombreux partisans dans
+l'antiquité. L'indulgence extrême des principes de
+son fondateur, ou, pour mieux dire, l'abus que les
+disciples firent des préceptes de leur maître, flatta
+le goût de la volupté, entraîna plus d'esprits que
+la sagesse qui les modérait, et appela l'animadversion
+des hommes sévères sur les Epicuriens. Subjugué
+par une indolence naturelle qui, peut-être,
+prenait sa source dans la faiblesse de son tempérament,
+Épicure se livra à une philosophie contemplative.
+Concevant la béatitude dans le plus
+parfait loisir, qui consiste à n'incommoder ni soi-même,
+ni les autres, il crut indigne de la majesté
+divine, de se mêler des affaires du monde; il
+abandonna tout au hasard. Les atômes formèrent
+l'univers par des combinaisons fortuites; les lois du
+mouvement et le poids intrinsèque de la matière
+qui avait tout formé, suffisaient également pour
+tout gouverner. Du reste, la vie et les mœurs
+d'Épicure et de ses partisans méritèrent des respects.
+Cicéron en fait lui-même un bel éloge (<i>de Finib.
+II. 25.</i>) en disant... «et de ce qu'il fut (Epicure)
+un excellent homme, de ce que plusieurs Épicuriens
+furent et sont aujourd'hui fidèles en amitié,
+constans dans toute la vie, graves, modérant leur
+conduite, non sur la volupté, mais sur le devoir;
+il me semble y reconnaître plus de principes
+d'honnêteté que de volupté. En effet, plusieurs
+vivent de manière, que leur vie réfute leurs discours;
+et comme on estime que les autres hommes
+parlent mieux qu'ils n'agissent, ceux-ci me semblent,
+au contraire, agir mieux qu'ils ne parlent».
+Ce célèbre philosophe naquit à Gargethe (contrée
+de l'Attique) l'an III de la 109e. olympiade, et
+mourut âgé de soixante-deux ans, la seconde année
+de la 127e. olympiade. Ses sectateurs célébraient sa
+fête au mois de janvier de chaque année, et faisaient
+un repas solennel, le 20 de chaque mois,
+en mémoire de Métrodore, ami d'Épicure, et d'Épicure
+lui-même, comme il l'avait prescrit par son
+testament.</p>
+
+<p>Hauteur, 7 p.º 8 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.052.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 25, 26, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Un marbre du Capitole portant le nom de <i>Métrodore</i>,
+offre assez de ressemblance avec ce buste,
+pour lui faire donner le même nom. Ce philosophe,
+né à Lampsaque, fut l'ami fidèle d'Épicure, et n'en
+fut séparé que par la mort, qui l'enleva sept ans
+auparavant, à l'âge de cinquante-trois ans: «Homme
+de bien en toutes choses, et qui ne se laissa point
+avilir devant l'adversité ni devant la mort même»,
+il partagea les respects des Epicuriens avec leur
+fondateur. Épicure le voulut lui-même; et par son
+testament, après avoir assuré le sort des enfans
+de Métrodore, il ordonna que, le 20 de chaque
+mois, ses disciples honoreraient la mémoire de son
+ami avec la sienne; ce qui fut religieusement observé
+tant que dura la secte Épicurienne: preuve
+touchante d'une amitié profonde, legs généreux
+et unique par lequel un ami rappelle un ami, qui
+s'était éteint avant lui, à une succession inaliénable,
+à une portion de cette gloire qui fait le patrimoine
+des grands hommes dans la postérité. Métrodore
+aimait, et prit pour concubine ou pour femme, la
+courtisanne <i>Léontium</i>, disciple elle-même d'Epicure,
+célèbre par sa beauté, par l'élégance de ses
+mœurs, par son esprit, et par ses lettres contre
+Théophraste. Il mourut d'hydropisie, et s'il paraît
+ici plus jeune et plus sec que dans le marbre du
+Capitole (voyez <i>Mus. Cap. tom. I. pl. 5.</i>), on peut
+supposer que notre buste le représente avant sa
+maladie.</p>
+
+<p>Trouvé à Résine, ainsi que les cinq qui précèdent,
+en 1753.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 10 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.055.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 27, 28, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Des têtes attribuées à Platon, sur la foi de quelques
+inscriptions apocryphes, ont fait regarder
+comme des portraits de ce philosophe, des figures
+à longue barbe, avec les cheveux artistement arrangés,
+marques de mollesse qui paraissent à peine
+convenir aux plus efféminés des hommes. La même
+erreur a eu son application dans le bronze que nous
+avons sous les yeux. M. <i>Visconti</i>, dans son explication
+de la statue appelée le <i>Sardanapale (Mus.
+Pio-Clem. t. II, pl. 41</i>), a prouvé que toutes ces
+images représentent Bacchus <i>pogon</i> ou barbu. Cette
+opinion se fortifie par la comparaison des monumens;
+c'est ainsi qu'on retrouve dans le bas-relief,
+connu auparavant sous le nom du <i>Festin de Trimalchion</i>,
+le Bacchus Indien, parfaitement semblable
+au prétendu Sardanapale. D'autres figures antiques
+citées par l'éditeur du musée <i>Pio-Clémentin</i>, portent
+ces mêmes signes de mollesse, que les peuples
+de l'Orient attribuèrent au Dieu qui les soumit par
+les plaisirs. M. d'Hancarville (<i>t. I, pl. 104</i>) avait été
+du même avis, par rapport au bronze qui fait le
+sujet de cette planche, et qui, pour l'excellence
+de l'art, comme pour la finesse de l'exécution, est
+l'un des plus parfaits que les siècles aient respectés.
+L'inclinaison de la tête est un attribut divin qui,
+comme on sait, désigne les Dieux favorables, se
+penchant vers les mortels (<i>respicientes</i>). La bandelette
+qui sert à retenir plusieurs touffes de cheveux,
+est un ornement dont on voit rarement privées les
+têtes de Bacchus; c'est le diadême qu'il inventa,
+ou, si l'on veut, le <i>credemnon</i>, espèce de voile qui
+couvrait quelquefois toute la tête, et quelquefois
+se portait plissé ou roulé en forme de turban. On
+peut voir le rapprochement de plusieurs images du
+Bacchus barbu, dans les <i>Monumens antiques du
+musée Napoléon, publiés par F. et P. PIRANESI,
+frères. Paris, 1804, t. II, pl. 3 et suiv.</i></p>
+
+<p>Trouvé à Résine, en 1759</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.058.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 29, 30, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>On ne trouve à faire, dans les monumens connus,
+aucun rapprochement assez exact pour déterminer
+quel est ce personnage. Le seul rapport qu'on croyait
+y saisir était avec Architas de Tarente. Cette dénomination
+n'était appuyée que sur l'ajustement de
+la coiffure, qui paraissait ressembler à celle d'une
+tête que l'on voyait sur une médaille attribuée par
+Fulvius Ursinus à ce philosophe. Il a été prouvé
+postérieurement, que la tête représentée sur la
+médaille ne pouvait pas être le portrait d'Architas:
+d'ailleurs, nous observerons, en adoptant l'opinion
+de M. <i>Visconti</i>, que la coiffure en question, ou
+cette espèce de turban, ne se voit ordinairement
+que sur les têtes d'Esculape. Il a cru pouvoir en
+inférer que ce buste et le portrait en marbre du
+Capitole ayant la même coiffure, mais une physionomie
+bien différente, sont les portraits de quelques
+médecins célèbres. Ce bonnet leur a été donné
+comme à des personnes obligées de marcher malgré
+l'intempérie des saisons, et aux heures de la nuit,
+ayant, d'ailleurs, particulièrement soin de leur
+santé; par cette même raison, Galien a le bonnet
+sur la tête dans un médaillon de Commode, du
+cabinet impérial.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 10 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.061.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 31, 32, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Le caractère sombre, farouche et méprisant de
+cette tête, est à-peu-près la seule autorité qui puisse
+la faire attribuer à <i>Héraclite</i>; cette expression,
+plutôt qu'une ressemblance marquée dans les traits,
+est le seul rapport que ce bronze ait avec les figures
+antiques que l'on croit, et non sans beaucoup d'incertitude,
+celles de ce personnage. Trouvé dans
+les fouilles de Résine, en 1723, dans un même
+lieu avec le buste de la planche suivante, qui lui
+servait de pendant, et qu'on a dit être un <i>Démocrite</i>,
+on peut encore déduire de cette opposition
+quelque vraisemblance, pour faire de celui-ci un
+Héraclite. Ce philosophe, fils de Blison d'Ephèse,
+florissait vers la 69e olympiade, et mourut d'hydropisie
+à l'âge de 60 ans (<i>Laërce, X, 1 et 3</i>). Il
+affecta d'écrire avec obscurité; ce qui lui fit donner
+le nom de <i>Scoteinos</i>, obscur, auquel Lucrèce
+(<i>I, 640</i>) fait allusion par ce jeu de mots, <i>Clarus
+ob obscuram linguam</i>. Son système se réduisait
+établir le feu pour principe de tout. Laërce le
+peint comme un homme altier, dédaigneux, atrabilaire
+«portant par-tout des yeux inquiets, prêt
+fuir à la moindre trace des pas humains»; une
+dureté inflexible semble avoir fait le fond de son
+caractère. Il jugeait tous ses compatriotes dignes
+de mort, pour avoir exilé Hermodore, son ami: on
+sait avec quel mépris il rejeta les prières des Ephésiens,
+qui lui demandaient des lois. Comment concilier
+une telle misanthropie avec ces sentimens de
+pitié et de compassion, partant d'une âme généreuse,
+qui l'auraient fait pleurer sur les folies des
+hommes! On ne doit voir, dans cette opinion, qu'une
+métaphore adoptée par le vulgaire, dont Lucien
+et Juvénal se sont emparés, comme d'une arme tranchante
+du ridicule; qu'une erreur déjà reçue par
+les peintres du temps de Sidonius Apollinaris,
+qui rapporte (<i>l. IX, p. 9</i>) qu'on peignait Héraclite
+les yeux fermés, à cause de ses pleurs continuels.
+Plutarque regarde ce récit comme une fable, et
+Bayle en démontre l'invraisemblance.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds 9 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.063.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 33, 34, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce buste mis en opposition avec le précédent,
+pourrait, comme nous l'avons annoncé, représenter
+un <i>Démocrite</i>. Les artistes et les poètes satyriques
+ont pris plaisir à opposer un rieur au pleureur atrabilaire.
+Suivant Sidonius Apollinaris, déjà cité, on
+peignait Démocrite les lèvres ouvertes par le rire.
+Ce philosophe vraîment grand, d'un caractère gai
+et plaisant, fut regardé comme un fou par ses compatriotes,
+les Abdéritains, qui cependant l'aimaient
+beaucoup, et lui érigèrent des statues de bronze.
+On n'en connaît point d'images authentiques. La
+tête de Démocrite et celle d'Héraclite étaient des
+sujets de caprice, et pour ainsi-dire de convention,
+pour exprimer une opposition morale. Laërce rapporte
+que le philosophe d'Abdère vécut cent neuf
+ans; il paraît du-moins certain qu'il arriva à un âge
+très-avancé. Les statues érigées en l'honneur des
+hommes célèbres, après leur mort, portent le caractère
+du dernier âge du personnage. Les artistes se
+faisaient un devoir d'une fidélité scrupuleuse, et
+suivaient les premiers modèles, ou du-moins la tradition.
+La jeunesse de notre buste paraîtrait donc
+peu convenir à Démocrite. D'après cette remarque,
+on a cherché d'autres rapprochemens, et l'on a
+imaginé que la physionomie de ce buste pouvait se
+rapporter à Aristippe: si l'expression de gaîté qu'on
+y remarque ne répugne point au caractère de ce
+voluptueux philosophe, on doit considérer que les
+portraits attribués à ce dernier n'ont aucun degré
+d'authenticité; et nous croyons plus sage de demeurer
+dans l'incertitude, que d'adopter une opinion
+erronée.</p>
+
+<p>Trouvé à Résine avec les deux précédens, en 1753.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds 1 pouce 10 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.066.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 35, 36, t. V de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>L'extrême ressemblance de ce buste avec les
+têtes antiques, que l'on croit être celles de Sénèque,
+peut faire reconnaître ici cet illustre philosophe.
+On n'en connaît point de très-authentiques, et les
+Antiquaires n'ont guère eu pour comparaison que
+le portrait dont ils ont pris les traits dans ses écrits
+même, et dans ceux des auteurs qui en ont parlé.
+Cependant on a cité un médaillon du genre des
+<i>Contorniates</i>, qui portait le nom de Sénèque, avec
+une tête semblable à celle que nous examinons.
+On peut voir les rapprochemens donnés pour éclaircir
+la question, dans le musée <i>Capitolin</i> (<i>t. II, p. 6</i>).
+On a aussi élevé quelques doutes sur les têtes qui
+portaient la barbe, en raison de ce que Sénèque
+vivait à la cour, dans un temps où tout le monde
+se rasait; cependant la barbe peut se trouver dans
+les images de Sénèque, comme un attribut philosophique
+et, en quelque sorte, conventionnel.</p>
+
+<p>Trouvé à Résine, en 1754.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 4 p.º 9 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.069.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 37, 38, t. V de l'Edition royale</i>).</p>
+
+
+<p>On a cru, sur de faibles conjectures, voir dans
+ce bronze l'image de la célèbre <i>Sapho</i> de Mytilène,
+également renommée par l'excellence de ses poésies
+et par ses amours. Si l'on doit, avec quelques auteurs
+anciens, reconnaître une autre Sapho de la ville
+d'Erèse en l'île de Lesbos; si l'on sépare celle dont
+les vers de feu ont été dictés par Apollon et par
+l'Amour, de celle qui éteignit, dans les flots de
+Leucade, sa funeste passion pour Phaon; c'est
+toujours la première qui doit s'offrir à nos yeux
+dans les images attribuées à Sapho, tel que le
+bronze que nous publions. La ville de Mytilène
+voulut attacher sa propre gloire à Sapho, en
+en faisant frapper la figure sur sa monnaie: mais
+la tête de profil qui se voit sur quelques rares
+médailles, n'a pas, pour faire preuve, une ressemblance
+assez décidée avec les têtes en sculpture,
+auxquelles un ciseau moderne a ajouté le nom
+de cette femme célèbre. Elle florissait vers la 42e.
+olympiade. Fille de Scamandronyme, elle demeura
+encore jeune, veuve d'Arcolas, homme riche,
+dont elle eut une fille, nommée Chlidé. Dans
+un passage conservé par Stobée (<i>Serm. XLIX</i>)
+elle-même se dit <i>vieille</i>, expression qu'on doit,
+peut-être, regarder comme métaphorique, et désignant
+qu'elle avait passé le premier âge des
+amours. On croit qu'elle cessa de vivre vers l'âge
+de trente-cinq ans; elle fut aimée d'Alcée, d'Anacréon,
+d'Archiloque et d'Hipponacte. Il n'est resté
+de ses poésies que deux Odes et quelques passages
+conservés par les Rhéteurs. Il n'est personne qui ne
+connaisse cette peinture si vive, si profonde et si
+vraie des tourmens de l'amour, que Boileau a fait
+passer dans notre langue. On peut encore chercher
+quelque trace du génie de Sapho dans l'Héroïde
+d'Ovide (<i>Epist. XV</i>): les érudits la croient formée
+de traits empruntés à la Muse Grecque; on l'a dit
+petite, très-brune, ayant les yeux étincelans et l'air
+mâle. Une épigramme de l'Anthologie nous réconcilie
+avec son visage, dont on a supposé trop gratuitement
+la laideur (<i>IV, 27, Ep. 19.</i>). «Peintre,
+la nature même devenue en toi artisan, a fait la
+Muse de <i>Mytilène</i>; le feu s'élance de ses yeux et
+découvre cette libre pensée, féconde en vives
+images; la carnation vraie et sans recherche conserve
+sa simplicité native; et ce visage où la vivacité
+se confond avec la gravité, nous montre une
+Muse dans une Vénus».</p>
+
+<p>Trouvé à Résine, en 1758.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 8 p°. 10 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.071.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 39, 40, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>En commençant la série des bustes, nous avons
+exposé les images de plusieurs personnages illustres
+dans les lettres et dans la philosophie, que des
+inscriptions ou des autorités nous ont fait reconnaître
+avec plus de certitude que nous n'en apporterons
+dans l'explication des figures qui en forment
+la suite; celles-ci peuvent généralement être attribuées
+à des personnages recommandables par leurs
+vertus guerrières, par leur rang ou par leur fortune.
+Le bronze que nous avons sous les yeux, comparé
+avec une tête en marbre noir, expliquée par <i>Fabri</i>
+(n°. 49) peut, comme ce monument, représenter
+Scipion l'Africain l'ancien (<i>P. Cornelius</i>) qui vainquit
+Annibal, rendit Carthage tributaire; qui, cité
+dans sa vieillesse par les tribuns du peuple, refusa
+de répondre à une accusation dont la honte retombait
+sur ses concitoyens, et vint mourir à <i>Liternum</i>,
+près de Cumes, aujourd'hui <i>Patria</i>. Fabri
+n'a pas laissé connaître les motifs qui l'avaient déterminé
+à croire que la tête en question était le
+portrait de ce grand homme. Le seul motif de
+l'avoir trouvée à Liternum, où, selon le témoignage
+de Tite-Live (<i>XXXVIII, 56</i>) on voyait le
+monument de Scipion avec sa statue, n'avait pas
+paru suffisant aux académiciens d'Herculanum pour
+leur faire adopter cette dénomination. Ils penchaient,
+comme a fait depuis Winckelmann, à reconnaître
+dans les deux antiques, l'Emilien, destructeur
+de Carthage. M. Carlo Fea, dans ses notes
+à l'Histoire des Arts de Winckelmann (<i>t. II, p. 365,
+Paris, 1802</i>) a développé d'une manière judicieuse
+toutes les raisons qui peuvent dissiper les doutes;
+et, d'après ses discussions, nous ne pouvons nous
+empêcher de reconnaître dans les têtes en question,
+le portrait certain de Scipion l'Africain l'ancien.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 9 pouces.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.074.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 41, 42, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Les traits de ce bronze offrent une grande
+ressemblance avec les médailles de Sylla et avec
+quelques autres monumens antiques qu'on rapporte
+à ce personnage (<i>Tesoro. br. tom. II, p.
+168.&mdash;Fabri, n°. 50.&mdash;Morelli, fam. corn. pl. 4,
+nº 1 et 2.&mdash;Mus. rom. sect. II, pl. 56</i>). Seulement
+ici on le retrouve plus jeune, différence qui peut
+rappeler une époque antérieure au consulat auquel
+il parvint à l'âge de 49 ans. Il s'était déjà rendu
+célèbre par la guerre contre les alliés, dans laquelle
+il ruina les mêmes villes où nous avons trouvé
+tant d'objets précieux, Herculanum, Pompéia et
+Stabia. Il avait obtenu la couronne civique de
+<i>gramen</i>, pour avoir défait une nombreuse armée
+avec la perte d'un seul homme, s'il en faut croire
+ce trait et plusieurs autres semblables d'un bonheur
+extraordinaire. Ce bonheur frappa tellement ses
+contemporains, que Sylla en reçut le nom de <i>Felix</i>;
+et, certes, on peut regarder comme la preuve d'un
+bonheur bien rare, que l'inventeur des proscriptions,
+celui qui fit périr dans les guerres civiles soixante
+mille citoyens romains, qui fit massacrer froidement,
+dans Rome, sept mille de ses concitoyens supplians
+et désarmés, vécût et mourût tranquillement au
+milieu de tant d'ennemis, après avoir abdiqué
+l'autorité. «Jamais sa fortune, dit Salluste (<i>Bell.
+Jug. p. 129</i>) ne fut au-dessus de son habileté, et
+on a douté s'il fut plus fort ou plus heureux». On
+remarque bien dans notre bronze l'expression de
+cette audace et de cette présence d'esprit qui
+rendirent Sylla victorieux dans toutes ses entreprises,
+et pour achever de se le figurer, on peut
+ajouter à ces traits ce qu'en a dit un ancien: «Ses
+yeux bleus avaient quelque chose de farouche,
+que la couleur de son visage rendait encore plus
+terrible; c'était une rougeur âpre comme semée
+de blanc, ce qui donna lieu à ce mot d'un bouffon
+d'Athènes: Sylla est une mûre saupoudrée de
+farine (<i>Plut. in Syll.</i>)».</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 10 pouces 6 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.077.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 43, 44, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>On ne peut donner sur ce bronze qu'une conjecture
+très-hasardée, en s'attachant à une ressemblance
+éloignée avec les médailles de M. Emilius
+Lépidus, l'un des triumvirs (<i>voyez Vaillant, fam.
+Rom., t. I, fam. Æm. 6.&mdash;Morelli, fam. Æm. 2.
+Fabri, n°. 1</i>). La faveur de César, proclamé dictateur
+par Lépide, lorsque celui-ci n'était encore que
+préteur, fut la source de sa fortune. Sans aucun
+mérite personnel, il fut deux fois consul, triompha
+sans avoir jamais combattu, se trouva à la tête de
+plus de vingt légions, incapable de les commander;
+non-seulement triumvir, mais arbitre de la fortune
+de ses deux compagnons, il sut si peu faire usage
+de son pouvoir, qu'il fut dépouillé du commandement
+par Antoine, qui s'était jeté dans ses bras
+en suppliant, et réduit ensuite par Octave, qui,
+seul et désarmé, entra dans son camp et déchira
+ses drapeaux, à demander qu'il lui laissât seulement
+la vie. C'est bien à ce personnage qu'on peut appliquer
+cette épigramme de l'Anthologie: «Non, la
+fortune n'a point voulu t'élever pour son plaisir,
+mais seulement pour montrer qu'elle peut tout,
+puisqu'elle a pu t'élever».</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.080.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 45, 46, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce beau bronze offre assez de ressemblance avec
+la figure très-connue d'Auguste, pour faire reconnaître
+ici cet Empereur (<i>voyez mus. Cap. t. II,
+pl. 2</i>). Octave, neveu de C. César par sa mère,
+prit le nom de C. Cæsar Octavianus, après avoir
+été adopté par son oncle, et, par la suite, celui
+d'Auguste, qui lui fut décerné par le sénat. Le portrait
+qu'en donne Suétone (<i>Oct. 79</i>) peut compléter
+l'idée qu'on s'en forme d'après les monumens. Ses
+traits, d'une grande beauté, avaient encore une
+grâce que l'âge n'altéra jamais; son visage était
+calme et serein, soit qu'il parlât, soit qu'il gardât
+le silence; il avait les yeux clairs et brillans, les
+dents rares, petites et cariées, les cheveux légèrement
+bouclés et tirant sur le roux, les sourcils
+réunis, les oreilles médiocres; son nez saillant par le
+haut, fléchissait par le bas. Il avait le teint brun-clair
+et était petit de stature. L'inscription grecque qu'on
+lit sur notre bronze (<i>Apollonius, fils d'Archias,
+Athénien</i>, le <i>fit</i>) nous offre un nom que plusieurs
+artistes ont rendu célèbre. Les principaux sont
+Apollonius de Rhodes, qui fit, avec Tauriscus, le
+groupe fameux, dit vulgairement le taureau Farnèse;
+l'Athénien, auteur du torse du Belveder, mais
+fils de Nestor et non d'Archias; et un autre Apollonius,
+dont on lit le nom sur une gemme du
+musée Farnèse (<i>Stosch. Pierres gr. pl. 12</i>) représentant
+une Diane. Si le nôtre n'est pas le même
+que ce dernier, il mérite au-moins, au jugement
+des connaisseurs, de prendre place dans cette liste
+honorable.</p>
+
+<p>On peut remarquer que l'artiste s'est exprimé
+dans l'inscription au temps parfait <i>fit</i>, et non <i>faisait</i>,
+ainsi qu'on le voit le plus souvent; on a regardé
+cette locution comme une preuve de confiance
+que d'habiles artistes se permettaient rarement,
+comme s'ils n'osaient point croire leurs ouvrages
+parfaits ou finis; cependant elle n'est pas si rare
+qu'on a paru le croire d'après Pline, qui n'en reconnaissait
+que trois exemples, et il serait facile
+d'en citer un assez grand nombre.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 11 pouces 4 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.082.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 47, 48, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce buste, trouvé avec le précédent dans les fouilles
+de Portici, en 1753, semble lui servir de pendant;
+et si, dans le premier, on reconnaît Auguste, on
+peut voir dans celui-ci son épouse Livie. Parmi
+les médailles assez rares qui portent le nom de
+cette princesse (<i>Patin, à Suet. cap. 63, XI, n°. 4.
+Vaillant, num. col. t. I, p. 77</i>). Plusieurs offrent un
+rapport assez exact avec les traits et la coiffure de
+cette figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse
+qui brille dans les deux têtes, nous offrirait
+ce couple illustre à l'époque de son union. <i>Livie
+Drusilla</i>, fille de Livius Drusus Claudianus, épousa,
+à peine sortie de l'enfance, Tibère Néron, dont
+elle eut Tibère, qui fut ensuite empereur. Son
+premier fils avait trois ans, et elle était enceinte
+de son second fils Drusus, quand son mari fut
+obligé de la céder à Auguste, avec lequel elle
+avait déjà une intrigue amoureuse. L'oracle consulté
+sur ce mariage, si nous devions nous en
+rapporter à Prudence, poète chrétien du 5.e siècle,
+ne contraria point la suprême puissance, et fit cette
+réponse adroite qui renferme autant de sel que de
+complaisance: «Que les torches de l'hyménée ne
+pouvaient jamais s'allumer plus à propos que
+lorsque la nouvelle épouse apportait dans l'union
+conjugale, des marques de sa fécondité». En
+conciliant les opinions différentes des écrivains, on
+trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans
+quand elle passa dans les bras d'Auguste, qui en
+avait alors vingt-cinq; l'âge des personnages dans
+les deux bronzes, se rapporte assez à cette remarque.
+D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille
+d'Auguste et de Scribonia, souvent confondue
+dans les médailles avec sa belle-mère; mais en
+laissant des conjectures qui peuvent toujours être
+combattues, peut-être devrait-on plutôt reconnaître
+dans ces bustes en forme d'Hermès, quelques divinités,
+à-moins que l'on ne se plût à considérer
+cette forme même, comme un signe d'adulation,
+comme l'indice de l'apothéose.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 4 p°. 4 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.085.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 49, 50, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Sans recourir à des conjectures recherchées, on
+pourrait reconnaître dans ce bronze une tête de
+Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de la
+tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux
+du Mercure précédemment dénommé l'<i>Antin</i>, favoriseraient
+cette explication. On a vu dans la sévérité
+de cette figure, une expression mélancolique
+qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri
+d'Auguste, son fils adoptif, ce prince vertueux,
+digne de la fortune à laquelle il était destiné, moissonné
+dans la fleur de la jeunesse, les amours du
+peuple romain: «<i>Marcellus</i> adolescent, dit Sénèque,
+d'un esprit vif, d'un génie puissant, d'une frugalité
+et d'une retenue bien admirables dans son
+temps et dans sa fortune, patient dans le travail,
+éloigné des voluptés, capable de porter tout le
+poids que son oncle lui aurait imposé, et pour
+parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste
+eut voulu fonder sur lui (<i>Sen. ad Marc. 2</i>).
+Il tomba, et sa vingtième année s'arrêta devant
+lui (<i>Prop. III, E. XII, 35</i>). Jeune homme
+distingué par sa beauté et ses armes brillantes;
+mais le front peu joyeux et le visage abattu (<i>Virg.
+Æn. VI, 863</i>)». Si rien ici ne répugne à ce portrait
+touchant, si quelques gemmes antiques ayant
+avec notre bronze un grand degré de ressemblance,
+ont mérité la même application (<i>Fabri, n°. 87.&mdash;Mus.
+Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.&mdash;Mus. Cap. t. II,
+tav. IV, etc.</i>); nous devons dire aussi qu'aucune
+autorité suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons
+cette opinion que parce que la mémoire
+se repose agréablement sur un prince regretté de
+son siècle, et dont la conservation eut peut-être
+sauvé le peuple romain de l'oppression et de l'avilissement
+où il tomba sous ses maîtres après Auguste.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 7 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.088.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 51, 52, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>On a trouvé, dans ce buste, quelques traits de
+ressemblance avec le buste de <i>Caïus Cæsar</i>, fils
+aîné de M. Agrippa, et de Julie, fille d'Auguste.
+Ces rapprochemens incertains cèdent à un examen
+plus exact qui nous fait reconnaître la figure de
+<i>Drusus</i>, fils unique de Tibère. Les traits de ce jeune
+prince sont bien assurés par les médailles romaines
+qui présentent sa tête de profil, et ils se rapportent
+d'une manière évidente à ceux représentés par notre
+bronze. Né violent et cruel, il a pu, dans le cours
+d'une vie peu glorieuse, abrégée par le poison, être
+jugé plus digne de son père que de son rang. Il
+s'exposa au mépris du peuple, en prostituant sa dignité
+dans les danses publiques, dans les spectacles
+et dans la débauche. Indigné de l'élévation monstrueuse
+de Séjan, il sut trop peu le ménager, et,
+s'étant emporté jusqu'à le frapper, il augmenta, par
+la soif de la vengeance, la fureur du ministre, déjà
+irrité de rencontrer un tel obstacle à son ambition.
+Séjan s'associa dans son crime, l'épouse adultère du
+prince, et Drusus mourut empoisonné. Tibère crut
+long-temps, ou parut croire que la mort de son fils
+avait été causée par ses excès; et telle était l'opinion
+qu'on avait de cette cour infâme, que l'on
+soupçonna l'empereur d'avoir eu part à un crime
+si odieux; et si, par la suite, ce soupçon s'évanouit,
+ce fut moins par l'horreur qu'il devait inspirer, que
+par la connaissance de la vérité, qui éclata par
+l'aveu de la femme répudiée de Séjan. Tibère déploya
+alors une sévérité qui ne parut en lui qu'un
+prétexte de cruauté. Il voulut cependant épargner
+Livie, mais en vain; Antonia, la mère de la perfide
+adultère, la fit mourir de faim.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.091.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 53, 54, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>COMME on avait penché à voir dans le bronze
+précédent la figure de Caïus Cæsar, on s'attachait
+à saisir dans celui-ci les traits de ressemblance qu'il
+pouvait offrir avec les médailles de Lucius Cæsar,
+son frère puîné (<i>Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill.
+Morelli</i>). Ce dernier, mort à Marseille à l'âge de
+18 ans, partagea avec son frère, qui ne lui survécut
+que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets
+si vifs, qu'Auguste ne put s'empêcher de les témoigner
+dans son testament, en instituant Tibère son
+successeur, bien qu'il appelle ce dernier moitié
+de lui-même. C'est à cette affection, plutôt qu'au
+mérite des deux frères, qu'on doit attribuer cette
+marque insigne d'adulation que leur donna la
+colonie de Nîmes, en leur dédiant le beau monument,
+vulgairement nommé la <i>Maison quarrée</i>,
+qu'on admire encore de nos jours dans cette même
+ville. On peut voir à ce sujet les savantes dissertations
+publiées par M. Legrand dans la magnifique
+édition des Antiquités de la France, sur les
+dessins de M. Clérisseau, page 64 (<i>Paris, Didot
+aîné</i>, 1804).</p>
+
+<p>En montrant un Drusus à la place de Caïus,
+nous avons, en partie, détruit l'analogie qui militait
+en faveur du présent bronze. L'autorité tirée
+des médailles est, comme on le voit, très-difficile
+à appliquer aux monumens que le défaut d'inscriptions
+rend incertains. Sans ce secours, les médailles
+mêmes exigent une critique très-sévère et
+très-approfondie. La diversité des artistes, la différence
+de leur habileté, l'âge successif des personnages
+représentés, concourent à multiplier les
+difficultés, et à augmenter l'incertitude. Au-lieu
+d'un personnage romain, M. Visconti ne serait pas
+éloigné de reconnaître dans cette antique une tête
+d'Hercule jeune.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 8 p°. 3 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.094.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 55, 56, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+<p>Si l'induction qu'on a tirée de la comparaison avec
+plusieurs médailles, rencontre juste (<i>Haym. t. I,
+p. 240.&mdash;Séguin, Sel. num. p. 319 et autres</i>), ce
+buste pourrait être celui de la première Agrippine,
+dite <i>majeure</i>, pour la distinguer de celles
+qui l'ont suivie, d'Agrippine, fille de M. Agrippa,
+et de Julie, épouse de Germanicus, femme d'un
+courage et d'une habileté supérieurs à son sexe:
+ayant ensemble les vertus d'un grand homme et
+celles d'une honnête femme, on la vit remplir,
+contre les Germains, la charge d'un bon capitaine,
+et sauver l'armée; d'une chasteté impénétrable suivant
+l'expression de Tacite, son âpre fermeté servit
+de sauve-garde à sa famille, et la défendit contre
+Séjan. Exilée par Tibère dans l'île Pandataire, elle
+donna, en se laissant périr de faim, une dernière
+preuve de cette rare constance qui fit le fonds de
+son caractère. Mère trop féconde cependant, et
+digne d'une meilleure postérité, elle compta parmi
+ses enfans le farouche Caligula et trois filles incestueuses,
+dont l'une fut cette infâme Agrippine,
+mère de Néron. Notre bronze offre encore une
+ressemblance peu légère avec l'image de cette dernière,
+bien connue par les médailles, et encore
+quelque rapport avec le buste suivant de Caligula,
+circonstances qui viennent à l'appui de notre conjecture.</p>
+
+<p>Hauteur, 7 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.097.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 57, 58, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Nous avons, dans l'explication précédente, annoncé
+ce buste comme celui de C. Caligula. Cette
+dénomination est également confirmée par la comparaison
+des médailles et par le portrait que les
+historiens ont laissé de cet empereur, portrait qui
+s'applique parfaitement au bronze que nous avons
+sous les yeux. Tout l'extérieur de Caligula répondait
+à la cruauté brutale et farouche de son âme.</p>
+
+<p>«Il était d'une taille élevée et disproportionnée,
+ayant le corps énorme, le cou et les jambes extrêmement
+minces, les tempes enfoncées, les yeux
+creux et fixes, le front large et irrégulier, les
+cheveux rares, et manquant sur le sommet de
+la tête; ajoutez qu'il affectait de rendre atroce
+une physionomie que la nature n'avait déjà rendu
+que trop affreuse (<i>Suet. Calig.</i> 50); en un mot,
+son seul aspect était le plus horrible des tourmens
+(<i>Sen. de irâ, III</i>, 18)». Ce monstre, dont
+aucun autre n'égale l'insolence et la brutalité, qui
+osa prononcer l'horrible vœu que le peuple romain
+n'eût qu'une seule tête pour la trancher d'un seul
+coup, termina sa vie sous les poignards d'une
+conjuration à l'âge de 28 ans. Élevé dans les camps,
+Caïus avait reçu le nom de Caligula de celui d'une
+chaussure, espèce de brodequin, qu'il affectait de
+porter pour plaire à la soldatesque.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 2 pouces.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.100.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXV.</h2>
+
+<p class="mid"><i>(P. 59, 60, t. V de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La noblesse égyptienne portait les cheveux bouclés,
+comme on le voit ici, jusqu'à l'âge de puberté:
+mais par une fausse application du costume et
+d'autres remarques, on a attribué des têtes semblables
+à Ptolomée Apion, roi de Cyrène; cette
+dénomination s'est trouvée dénuée de fondement,
+et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en
+prenant pour terme de comparaison les médailles
+connues de la première Bérénice, dite la grande,
+qui, femme d'un obscur Macédonien, devint celle
+du premier Ptolomée, surnommé Soter. Ne laissant
+rien à la fortune des faveurs qu'elle put obtenir,
+elle fixa la couronne sur la tête de son fils Ptolomée
+Philadelphe, que le roi, par complaisance pour
+elle, au mépris des enfans qu'il avait eus de ses trois
+premières femmes, plaça lui-même sur son trône;
+ce grand prince en descendit après un règne
+glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il était
+plus beau d'être père d'un roi, que roi lui-même.
+Les médailles de Bérénice acquièrent toute l'authenticité
+possible par l'effigie de Ptolomée Soter
+qu'on voit au revers (<i>Musée du baron Ronchi</i>); et
+en remarquant le rapport qu'elles ont avec notre
+bronze, nous ajouterons encore que la physionomie
+de cette figure a une expression douce et délicate,
+qui ne décèle rien de viril, et qui paraît appartenir
+à la célèbre reine, avec plus de vraisemblance qu'
+Ptolomée Appion.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.103.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 61, 62, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle
+tête et celle de Ptolomée Philadelphe, se trouve
+dénué de fondement. Les médailles de ce prince
+offrent un portrait tout différent: on se rangera
+donc avec plus de raison, du sentiment de ceux
+des académiciens d'Herculanum qui ont cru cette
+figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion
+de M. <i>Visconti</i>, qui a démontré le rapport évident
+qu'elle offre avec les têtes d'Hercule jeune, et particulièrement
+avec un herméracle à deux faces,
+du musée Pio-Clémentin (<i>tome 6, p. 22</i>). Cette
+double tête est ceinte d'une couronne <i>tortillée</i>, d'où
+sortent, de distance en distance, des feuilles de
+peuplier, comme ici on en voit sortir, des feuilles
+de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question
+devient encore pour nous d'une grande autorité,
+en ce qu'il était placé dans un lieu où la
+jeunesse grecque, après les exercices de la palestre,
+se ceignait la tête de cette espèce de couronne
+qu'on doit reconnaître pour un ornement athlétique.
+Si quelque chose rend ici son espèce moins
+douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît
+être celui que Pline nomme <i>laurier Delphique</i>:
+«Plus vert, à grosses baies rouges, dont on couronnait
+à Delphes les vainqueurs, et à Rome les
+triomphateurs (<i>XV, 30</i>)». Ceci pourrait encore
+servir à confirmer la remarque que nous avons
+faite au sujet des pommes (<i>mela</i>) dont parle
+l'épigramme de l'Anthologie, rapportée dans cet
+ouvrage (<i>tome III, 56</i>). Ces pommes, ainsi dites
+par une dénomination générale, ne sont autre
+chose que les baies du laurier Delphique. Les couronnes
+athlétiques, différentes des couronnes agonales,
+auxquelles se rapportent celles garnies de
+rubans pendants (<i>lemniscatœ</i>), sont quelquefois
+dites <i>roulées</i>; alors on peut les regarder comme plus
+semblables à celle d'une autre tête d'Hercule (<i>mus.
+Pio-Clem. à l'endroit cité</i>) où l'on remarque, de
+distance en distance, des nœuds en forme de fleurs,
+tirés des bandelettes qui composent la couronne.
+Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication
+qu'en donne Pascalio (<i>de Coronis, l. III, c. 12</i>)
+paraissent désignés par l'expression de <i>tori</i>, dont
+s'est servi Ciceron (<i>Orat. §. 6.</i>)</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.106.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 63, 64, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>On s'est attaché à saisir quelque ressemblance
+entre ce beau bronze et la tête qu'on voit avec le
+nom de Bérénice sur une médaille publiée dans
+l'édition royale. Plusieurs reines ont illustré ce nom;
+celle de la médaille serait la seconde Bérénice,
+femme de Ptolomée Evergète, princesse vertueuse
+et guerrière, celle qui, au retour du roi victorieux,
+se coupa les cheveux et les déposa, en accomplissement
+d'un vœu, dans le temple d'Arsinoé; peu
+de temps après la chevelure disparut, et l'astronome
+Conon publia que la chevelure de Bérénice
+avait été transportée au ciel, où elle formait une
+constellation de sept étoiles, situées en triangle
+près la queue du lion, flatterie ingénieuse qui attacha
+un souvenir immortel au sacrifice de la vanité
+d'une bonne épouse, et le rendit plus sûrement
+célèbre que des faits éclatans confiés à des monumens
+périssables. Si l'on reconnaît ici Bérénice, il
+faut supposer que la reine prit soin de l'ornement
+dont elle avait su faire un si beau sacrifice, et
+qu'elle a recouvré sa parure; les tresses relevées
+d'une manière élégante viennent former sur la tête
+une espèce de diadême. La figure a une espression
+virginale et sévère: et si l'on remarque avec
+nous qu'elle est d'une beauté idéale, on ne sera
+pas éloigné, peut-être, de voir dans ce bronze une
+image de Diane.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds 4 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.109.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 65, 66, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir
+à la race des Ptolomée; mais les caractères
+n'en sont pas toujours assez frappans pour réunir,
+dans leur dénomination, le sentiment des antiquaires.
+Les académiciens d'Herculanum se contentent
+d'indiquer un léger rapport des médailles
+avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolomée. Ce
+prince, distingué par des vertus éminentes, est
+connu sous le nom de Philométor (<i>ami de sa mère</i>),
+qu'il prit en reconnaissance des soins prudens et
+généreux avec lesquels Cléopâtre administra le
+royaume pendant sa minorité. M. Visconti reconnaît
+dans ce buste le portrait de Ptolomée Ier, fils
+de Lagus, l'un des généraux d'Alexandre-le-Grand,
+fondateur de la dynastie des Lagides, et du royaume
+grec d'Égypte, si nous pouvons nous servir de cette
+expression pour exprimer la révolution qui se fit
+dans les mœurs et dans le gouvernement de ce
+peuple, après la conquête des Grecs. Chacun des
+Ptolomée se trouve particulièrement désigné par
+un surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de
+Soter ou de Sauveur, qui lui fut décerné avec des
+honneurs divins, par la reconnaissance des Rhodiens,
+dont il conserva la liberté contre les entreprises
+de Démétrius. Son premier nom, moins fastueux,
+n'en est pas moins célèbre; il l'honora lui-même
+en l'imprimant à sa race; peu sensible au
+reproche qu'un grammairien osa lui adresser sur
+l'obscurité ou le mystère de sa naissance, il sentit,
+sans-doute, que le nom du plus grand capitaine qui
+servit sous Alexandre, était assez illustre. Il donnait
+à ce nom un nouvel éclat par la splendeur de la
+puissance, par la gloire immortelle qui résulte de la
+protection des lettres et des arts, et par cette véritable
+grandeur qui naît de la modération: en effet,
+le fils de Lagus eut la plus belle part dans l'héritage
+du conquérant de l'Asie, fonda la bibliothèque
+d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son
+trône l'un de ses fils, en disant qu'il était plus beau
+d'être père de roi, que roi soi-même.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 7 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.112.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 67, 68, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>On a cru voir, dans ce buste, Ptolomée Lathyre,
+fils de Ptolomée Physcon, le VIIIe de sa race.
+Ce surnom de Lathyre, celui que, parmi plusieurs
+autres, les historiens emploient le plus généralement,
+paraît, par sa signification grecque (<i>pois-chiche</i>)
+tirer son application d'un signe qu'avait
+ce prince au visage, comme on vit appeler à Rome,
+pour une cause pareille, les ancêtres de M. Tullius,
+du nom de Cicéron. Ce prince guerrier passa presque
+tout son règne à défendre sa couronne, et principalement
+contre son frère puîné, Ptolomée Alexandre,
+qu'au préjudice de ses droits, Cléopâtre avait investi
+de la puissance royale. M. Visconti trouve, dans la
+comparaison des médailles, une autorité plus forte
+en faveur du portrait d'Antiochus Théos <i>(Dieu)</i>,
+roi de Syrie, fils d'Antiochus, Ier Soter, et père de
+Séleucus II. Le nom de Théos fut décerné à ce
+prince par les Milésiens, qu'il avait délivrés de leur
+tyran Timarque. Antiochus II ne couvrit point,
+par sa gloire personnelle, cet excès de l'adulation;
+malheureux dans ses guerres, il se vit dépouiller,
+par la révolte des Parthes, de toutes les provinces
+qu'il possédait au-delà de l'Euphrate. Cette époque
+mémorable est celle de l'établissement de l'empire
+des Parthes, fondé par Arsace, et qui devint si redoutable
+à tout l'Orient, et aux Romains même.
+Les historiens placent cette époque trois ans avant
+la 133e olympiade, environ trois cents ans avant
+Jésus-Christ.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 pieds 1 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.115.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XL.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 69, 70, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>On reconnaît dans ce bronze, avec quelque vraisemblance,
+le portrait de Ptolomée Alexandre,
+frère de Lathyre. Ce prince n'eut de roi que le
+nom, tandis que sa mère Cléopâtre, qui le mit sur le
+trône pour régner elle-même, en eut toute l'autorité.
+Cette Cléopâtre figure parmi les illustres criminels
+de l'ambition: après avoir, par un artifice atroce,
+attiré la haîne du peuple d'Alexandrie sur son fils
+Lathyre, qu'elle fit expulser, elle osa conspirer
+contre la vie d'Alexandre, qu'elle soutenait à sa
+place. Victime elle-même d'un crime aussi affreux,
+elle périt assassinée par les ordres de ce même fils.
+Le parricide fut chassé du trône où remonta son
+frère, et il périt en combattant pour s'emparer du
+royaume de Cypre, vacant par le retour de Lathyre.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 4 lignes.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.118.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 61, 62, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce buste, tout-à-fait inconnu, n'a de remarquable
+que la coiffure. Les cheveux, qui paraissent naturellement
+crépus, sont disposés en anneaux sur le
+front et sur les tempes; ils sont assujétis sur le
+sommet de la tête qui reste lisse, par deux longues
+tresses partant des oreilles, et formant un double
+tour. Ce costume et les traits de la figure, annoncent
+un habitant de l'ancienne Mauritanie. Strabon parle
+du soin extrême que prenaient ces peuples, de l'arrangement
+de leurs cheveux. On a fait cette remarque
+à l'égard d'une tête du roi Juba; et, quoiqu'on
+ait observé que les peuples de l'Asie, les
+Grecs, les Toscans, et des Romains même, avaient
+l'usage de boucler leurs cheveux, le caractère de
+notre buste ne peut être attribué qu'à un Maure
+ou à un Ethiopien.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 8 p.º</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.120.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 63, 64, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Le personnage que peut représenter ce buste est
+inconnu. Ses cheveux longs et bouclés naturellement,
+peuvent seuls lui assigner un caractère. On
+sait que les jeunes Grecs conservaient leur chevelure
+jusqu'à l'âge de puberté. A cet âge, on la coupait
+pour l'offrir à Hercule, à Apollon ou à quelque
+fleuve. Les enfans la conservaient aussi chez les
+Romains; de-là on les appelait <i>Capillati</i> ou <i>Comati</i>.
+Il paraît que la famille des Cincinnatus conservait
+particulièrement cette parure, comme une
+devise qui rappelait son premier auteur et l'origine
+de son nom. Suétone accuse Caligula d'avoir enlevé
+cette distinction à un Cincinnatus. La chevelure
+longue était particulièrement considérée comme
+une marque de molesse qui distinguait les mignons
+et les jeunes gens adonnés aux plaisirs. Anacréon,
+Horace, Pétrone, tous les poètes voluptueux vantent
+les cheveux longs de leurs favoris. C'est ainsi que
+sont peints les jeunes gens célèbres par leurs amours
+dans la fable, Hyacinthe, Ganymède, Nirée, Achille
+et Thésée; Thésée qui, voulant, selon l'usage,
+consacrer sa chevelure dans le temple d'Apollon
+Delphes, se la fit seulement couper sur le front.
+La tête de notre bronze n'a rien dans les traits qui
+convienne à l'un de ces personnages renommés par
+leur beauté; on peut penser, avec quelque vraisemblance,
+qu'elle représente un mignon, ou un jeune
+homme qui n'avait point encore quitté les bancs de
+l'école.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 pied 6 p.º</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.122.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 65, 66, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette tête, d'un grand caractère, n'est donnée
+à aucun personnage connu. Trouvée avec celle de
+Sylla, on pourrait présumer qu'elle est celle de
+quelque chef de la ligue italienne dans la guerre
+des alliés, où le capitaine Romain s'illustra. L'espèce
+de casque dont la tête est couverte, n'est point sans
+exemple dans les monumens, quoique assez rare.
+Homère peint Diomède partant pour espionner
+dans le camp ennemi, avec un casque rase, sans
+aucun ornement; il nomme ce casque <i>Cataityx</i>;
+on a cru que l'armure ainsi désignée se rapportait
+beaucoup à celle dite <i>Cassis</i>, en usage chez les
+Etrusques et les Romains. Plutarque rapporte que
+Camille fit faire à ses soldats des casques de fer
+lisses, afin que l'épée de l'ennemi glissât dessus,
+et parât la force du coup. On retrouve l'usage de
+cette armure dans des temps plus rapprochés, puisqu'on
+la remarque dans des figures de la colonne
+Trajane (<i>Fabretti, col. tr. p. 213</i>).</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 6 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.125.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLIV.</h2>
+
+
+<p>Nous terminerons ce volume en rassemblant dans
+quatre planches divers petits bronzes représentant
+des animaux et des masques, et dont les figures
+servent de vignettes et de culs-de-lampe à l'édition
+royale. La naïveté qui règne dans ces petits sujets,
+et souvent la perfection avec laquelle ils sont traités,
+prouvent combien le goût des anciens savait se
+plier à tous les genres.</p>
+
+<p>FIG. I (<i>Préf. pag. 3, 273 de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+<p>Sphinx grec. Cette espèce de Sphinx se distingue
+par les aîles et par les mamelles; le Sphinx égyptien
+était sans aîles: des Sphinx comme celui-ci
+se trouvent souvent dans les monumens grecs, où
+ils sont un attribut de Bacchus. Une pareille figure
+était l'emblème de l'île de Chio, et paraît constamment
+sur les monnaies de cette île.</p>
+
+<p>FIG. II (<i>pag. 71, 278, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+<p>Truie votive avec une inscription. La truie fut la
+première victime qu'on offrit dans les sacrifices. On
+l'immolait dans les traités de paix, dans les noces,
+et généralement dans les lustrations et les expiations.
+Chez les Romains, on sacrifiait une truie
+pleine à Hercule et à Cérès avant le douzième jour
+des kalendes de janvier (<i>Macr. Sat. III, 2</i>). Parmi
+les conjectures nombreuses données pour l'explication
+de l'inscription, voici celle qui paraît la plus
+simple:</p>
+
+<p>HER<i>culi</i> VOE<i>sius</i> M<i>arci</i> L<i>ibertus.</i></p>
+
+<p>A Hercule, Vœsius affranchi de Marcus.</p>
+
+<p>On sait que les affranchis joignaient à leur nom
+propre le nom de leur patron, et que souvent ils
+prenaient ce nom seul. On en peut voir des exemples
+dans <i>Muratori</i> et dans <i>Gruter</i>; ce dernier fait mention
+de la famille <i>Vœsia</i> (P. CCCLXXIX, 12).</p>
+
+<p>FIG, III (<i>ibid. pag. 4, 273</i>).</p>
+
+<p>Chameau avec un double panier; c'est ce qu'on
+appelait proprement <i>Clitellœ</i>.</p>
+
+<p>FIG. IV (<i>ibid. pag. 95, 279</i>).</p>
+
+<p>Biche d'un excellent travail.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.127.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLV.</h2><br>
+
+
+<p>Fig. I (<i>pag. 25, 274, t. V de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>UN Amour assis sur le nœud que forment les
+queues de deux chevaux marins; dans les jambes
+de ceux-ci on remarque deux dauphins. Ce joli
+groupe, d'une excellente exécution, semble offrir
+l'allégorie de la puissance de l'Amour sur la terre
+et sur la mer. C'est dans ce sens qu'une épigramme
+de l'Anthologie le peint tenant une fleur d'une main
+et de l'autre un Dauphin.</p>
+
+<p>«Cet Amour nu, pourquoi rit-il? pourquoi est-il
+tranquille? pourquoi n'a-t-il pas son carquois et
+ses flèches de feu? Ce n'est pas en vain qu'il tient
+dans sa main un Dauphin et une fleur: dans celle-ci,
+il tient la terre, et dans l'autre, la mer».</p>
+
+<p>Fig. II (<i>ibid. pag. 57, 77. </i>)</p>
+
+<p>Deux Mascarons, têtes de tigres. On en conserve au
+musée de Portici onze autres semblables; ils furent
+trouvés tous ensemble dans les fouilles de Résine
+en 1759; ils étaient disposés autour d'un grand
+réservoir d'eau, ou vivier en quarré long, tout
+doublé en lames de plomb. A la gueule de chaque
+tête, correspondait un tuyau en plomb pour servir
+à la décharge du réservoir. Ces sortes de Mascarons,
+employés pour l'écoulement des eaux dans les fontaines
+ou dans les vasques, prenaient leurs noms
+des diverses figures qu'on leur donnait; de-là, ces
+noms de <i>Sylvains</i>, de <i>Marsyas</i>, d'<i>Atlas</i>, de <i>Chiron</i>
+et de <i>Canthare</i>, pris de la forme d'un vase, qu'on
+lit dans plusieurs auteurs. Vitruve dit que l'extrémité
+des tuiles, servant à l'écoulement des eaux
+sur les toîts, était en forme de têtes de lion ou
+d'autres animaux; et, en effet, on a trouvé une
+grande quantité de ces sortes de tuiles au temple
+d'Isis à Pompéia. Tout le monde sait que l'usage
+ingénieux de ces figures, quoique moins général,
+n'a pas été négligé par l'architecture moderne.</p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.130.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLVI.</h2><br>
+
+<p>Fig. I (<i>pag. 42, 43, t. V de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>MASQUE bachique, clairement désigné par les
+attributs du Dieu des vendanges, le diadême, le
+lierre avec ses corymbes, la jeunesse et la gaîté
+de la figure.</p>
+
+<p>Fig. II (<i>ibid. pag. 47, 277.</i>)</p>
+
+<p>Autre masque bachique. Le diadême et les corymbes,
+la figure même, appartiennent clairement
+à un sujet Dionysiaque; mais les feuilles longues
+qui percent à travers les cheveux sont un attribut
+moins connu, à-moins qu'on ne veuille y reconnaître
+quelqu'espèce de lierre. Nous pourrions encore faire
+remarquer que le myrte, le laurier, la palme,
+et en général toutes les plantes et les fleurs, convenaient
+à Bacchus, l'un des grands symboles de
+la fécondité de la nature.</p>
+
+<p>Il est probable que ces deux masques représentent
+<i>Acratus</i>, génie Dionysiaque, plutôt que la divinité
+principale des orgies.</p>
+
+<p>Fig. III (<i>ibid. pag. 43, 277.</i>)</p>
+
+<p>Masque de Silène ou de Satyre. Les oreilles
+alongées qui semblent tenir de la nature de la
+chèvre, appartiennent également à ces deux espèces
+de suivans de Bacchus. Nous avons fait remarquer,
+dans ce même volume (n°. <i>VIII</i>) et ailleurs, les
+signes qui les caractérisent.</p>
+
+<p>Fig. IV (<i>ibid. pag. 51, 277.</i>)</p>
+
+<p>Autre masque de Silène.</p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.133.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLVII.</h2><br>
+
+<p>Fig. I (<i>pag. 27, 275, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Tête de lion avec un anneau mobile dans la
+gueule. Cette pièce, trouvée à Portici, était fixée
+dans une planche, et paraît avoir, suivant l'usage
+moderne, servi de poignée à une porte ou à un
+tiroir.</p>
+
+<p>Fig. II (<i>ibid. pag. 51 et 277.</i>)</p>
+
+<p>Masque tragique d'un très-beau caractère.</p>
+
+<p>Fig. IV (<i>ibid. pag. 63, 278</i>).</p>
+
+<p>Un victimaire avec un sanglier. Cet animal est
+bien caractérisé par le poil hérissé qui borde l'épine
+du dos, et par les défenses. La large bande dont
+il est ceint est la parure du sacrifice. On désignait
+par ce nom de victimaire les servans du sacerdoce,
+qui conduisaient et tuaient les victimes; ils étaient
+nommés encore plus particulièrement <i>popœ</i>. On
+les retrouve dans la colonne Trajane parfaitement
+semblables au nôtre, nus jusqu'à la ceinture, avec
+une espèce de tablier, proprement dit <i>limus</i>. Ce
+bronze est très-curieux en ce qu'il représente un
+sanglier doux et privé. Il n'est point difficile, dit
+Varron (<i>de Re. R. III, 13</i>) de les apprivoiser et
+de les engraisser en les tenant dans une garenne.
+On immolait le sanglier à Jupiter quand on faisait
+devant lui un serment solennel; c'est le sacrifice
+que fit Agamemnon en jurant qu'il n'avait point
+touché à Briséis; c'est celui qui était en usage pour
+le serment des juges aux jeux olympiques. On sacrifiait
+aussi le sanglier à Hercule, comme on le voit
+dans un monument publié par Muratori (<i>LXII, 9</i>).
+La couronne que porte le victimaire pourrait servir
+à faire connaître la divinité à qui est offert le
+sacrifice, si cette couronne était plus distincte; on
+sait que les couronnes des sacrificateurs se faisaient
+avec les feuillages ou les plantes consacrées à la
+divinité qu'on célébrait; mais le bronze ne laisse pas
+distinguer à quel arbre appartiennent les feuilles.</p>
+
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.136.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLVIII.</h2><br>
+
+<p>Fig. I (<i>pag. 89, 279, t. V de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Deux têtes de chevaux d'un beau travail, garnies
+de leurs harnois. Nous avons déjà eu occasion de
+faire quelques remarques à ce sujet (<i>Peint, t. II, N.° XLIV</i>)</p>
+
+<p>Fig. II (<i>ibid. pag. 101, 279</i>).</p>
+
+<p>Un lion, bas-relief. Il ne paraîtra peut-être pas
+inutile d'observer que la plupart de ces petits
+bronzes, et particulièrement les masques, servaient
+d'ornement à d'autres monumens auxquels ils
+étaient fixés.</p>
+
+<p>Fig. III (<i>ibid. pag. 113, 280</i>).</p>
+
+<p>Un bœuf isiaque, <i>Apis</i> ou <i>Mnévis</i>, d'un excellent
+travail; il porte sur la tête un croissant, symbole
+de la grande divinité des Égyptiens, la même encore
+que la Lune.</p>
+
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/144.139.png"></p>
+
+
+<br><br>
+
+<p>FIN DU IVe VOLUME.&mdash;Ier DES BRONZES.</p>
+<br><br><br>
+
+
+
+<h3>TABLE DES MATIÈRES<br>
+
+CONTENUES<br>
+
+Dans le 4e Volume des Antiquités d'Herculanum.<br>
+
+TOME Ier DES BRONZES, BAS-RELIEFS ET BUSTES.</h3>
+
+
+
+<p>A</p>
+
+<p><b>ACRATUS</b>, Génie de l'ivresse.&mdash;Planches 10 et 46.</p>
+
+<p><b>AGRIPPINE</b>, fille de M. Agrippa et
+de Julie, dite <i>majeure</i>.&mdash;Pl. 33</p>
+
+<p><b>AMOUR</b> avec des Chevaux marins.
+&mdash;Pl. 45.</p>
+
+<p><b>ANTIOCHUS-LE-DIEU</b>, Roi de Syrie.
+Bronze attribué aussi à <i>Ptolomée
+Lathyre</i>.&mdash;Pl. 39.</p>
+
+<p><b>APOLLONIUS</b>. Remarques sur les
+Artistes de ce nom.&mdash;Pl. 28.</p>
+
+<p><b>AUGUSTE</b>.&mdash;Bronze en forme
+d'Hermès.&mdash;Pl. 28.</p>
+
+<p>B</p>
+
+<p><b>BACHIQUES</b> (Figures).&mdash;Pl. 9, 11 et 12.</p>
+
+<p><b>BACCHUS</b> <i>Sabazius</i> ou <i>Zagreus</i>.&mdash;Pl. 9.
+&mdash;-pogon ou barbu.&mdash;Pl. 19.</p>
+
+<p><b>BÉRÉNICE-LA-GRANDE</b>, femme de Ptolomée Soter.&mdash;Pl. 35.</p>
+
+<p><b>BÉRÉNICE II</b>, femme de Ptolomée
+Evergète.&mdash;Pl. 37.</p>
+
+<p><b>BICHE</b>.&mdash;Pl. 44.</p>
+
+<p><b>BŒUF</b> <i>Apis</i> ou <i>Mnévis</i>.&mdash;Pl. 44.</p>
+
+<p>C</p>
+
+<p><b>CAÃUS</b> et Lucius <b>CÆSAR</b>, petit-fils d'Auguste. Portraits attribués,
+avec peu de vraisemblance, à ces deux princes.&mdash;Pl. 31 et 32.</p>
+
+<p><b>CALIGULA</b>.&mdash;Pl. 34.</p>
+
+<p><b>CASQUES</b> ras.&mdash;Pl. 43.</p>
+
+<p><b>CHAMEAU</b>.&mdash;Pl. 44.</p>
+
+<p><b>CHEVAUX</b>. (Têtes de)&mdash;Pl. 48.</p>
+
+<p><b>CHEVELURE</b> de <i>Bérénice</i>.&mdash;Pl. 37.</p>
+
+<p><b>CHEVEUX</b> longs considérés comme marques de molesse.&mdash;Pl. 42.</p>
+
+<p><b>CLÉOPATRE</b> ou <i>Phèdre</i> se laissant mourir. Bas-relief en argent.&mdash;Pl. 1.</p>
+
+<p><b>COIFFURE</b> en forme de turban, attribuée à un médecin.&mdash;Pl. 20.</p>
+
+<p>D</p>
+
+<p><b>DÉMOCRITE</b>. (Tête attribuée à).&mdash;Pl. 22.</p>
+
+<p><b>DÉMOSTHÉNES</b>.&mdash;Pl. 13 et 14.</p>
+
+<p><b>DIANE</b>.&mdash;Pl. 7 et 8.</p>
+
+<p><b>DRUSUS</b>, fils unique de Tibère.&mdash;Pl. 31.</p>
+
+
+<p>E</p>
+
+<p><b>EPICURE</b>.&mdash;Pl. 17.</p>
+
+<p><b>ESCULAPE</b> et <b>HYGIE</b>. Bronze plaqué en argent; bas-relief.&mdash;Pl. 4.</p>
+
+<p>F</p>
+
+<p><b>FORTUNES</b>. (Trois) Bas-relief en argent.&mdash;Pl. 3.</p>
+
+<p>G</p>
+
+<p><b>GRENADES</b> nées du sang de Bacchus.&mdash;Pl. 9.</p>
+
+<p>H</p>
+
+<p><b>HÉRACLITE</b>. ( Portrait attribué à)&mdash;Pl. 21.</p>
+
+<p><b>HERCULE</b>.&mdash;Pl. 7.</p>
+
+<p><b>HERCULE</b> jeune. (Tête crue d')&mdash;Pl. 32.
+<i>Autre</i> attribuée, sans fondement, à <i>Ptolomée Philometor</i>.&mdash;Pl. 38.</p>
+
+<p><b>HERMARQUE</b>, philosophe Epicurien.&mdash;Pl. 16.</p>
+
+<p>I</p>
+
+<p><b>INCONNUS</b>. ( Sujets ) Tête coiffée d'un turban, attribuée, sans vraisemblance, à Architas.&mdash;Pl. 20.
+<i>Autre</i> représentant un Maure.&mdash;Pl. 41.
+<i>Autre</i> représentant un jeune homme avec les cheveux longs.&mdash;Pl. 42.
+<i>Autre</i> coiffée d'un casque ras.&mdash;Pl. 43.</p>
+
+<p><b>INSCRIPTIONS</b>. (Remarques sur le temps imparfait employé dans les)
+&mdash;Pl. 28.</p>
+
+<p>J</p>
+
+<p><b>JUNON</b>.&mdash;Pl. 7.</p>
+
+<p><b>JUPITER</b>. (Symbole de)&mdash;Pl. 6.</p>
+
+<p><b>JUPITER</b>.&mdash;Pl. 7.</p>
+
+<p>L</p>
+
+<p><b>LAURIER</b>. (Vertu attribuée au)&mdash;Pl. 4.</p>
+
+<p><b>LAURIER</b> delphique.&mdash;Pl. 35.</p>
+
+<p><b>LÉPIDE</b>, l'un des triumvirs.&mdash;Pl. 27.</p>
+
+<p><b>LION</b>.&mdash;Pl. 48.</p>
+
+<p><b>LIVIE</b>, femme d'Auguste. Buste en forme d'Hermès.&mdash;Pl. 29.</p>
+
+<p>M</p>
+
+<p><b>MAIN</b> votive ou main de bronze.&mdash;Pl. 5.</p>
+
+<p><b>MARCELLUS</b>, fils d'Auguste.&mdash;Pl. 30.</p>
+
+<p><b>MARS</b>.&mdash;Pl. 7.</p>
+
+<p><b>MASCARONS</b>.&mdash;Têtes de tigre.&mdash;Pl. 45.
+<i>Autre</i>. Tête de lion.&mdash;Pl. 47.</p>
+
+<p><b>MASQUES</b> bachiques.&mdash;Pl. 46.
+<i>Autre</i> tragique.&mdash;Pl. 47.</p>
+
+<p><b>MÉTRODORE</b>, philosophe Epicurien.&mdash;Pl. 18.</p>
+
+<p><b>MIROIRS</b> métalliques.&mdash;Pl. 2.</p>
+
+<p><b>MITHRIAQUE</b>. (Symbole du culte)&mdash;Pl. 5.</p>
+
+<p>P</p>
+
+<p><b>PALLAS</b>.&mdash;Pl. 6. </p>
+
+<p><b>PHÈDRE</b> ou <i>Cléopâtre</i>.&mdash;Pl. 1.</p>
+
+<p><b>PLATON</b>. Figures attribuées, mal-à-propos,
+à ce philosophe.&mdash;Pl. 19.</p>
+
+<p><b>POMONE</b>. Figure étrusque.&mdash;Pl. 12.</p>
+
+<p><b>PTOLOMÉE</b> Ier, fils de Lagus;
+Bronze attribué aussi à <i>Ptolomée
+Philométor</i>.&mdash;Pl. 38.</p>
+
+<p><b>PTOLOMÉE</b> (<i>Alexandre</i>) frère de Lathyre.&mdash;Pl. 40.</p>
+
+<p>S</p>
+
+<p><b>SABAZIUS</b>.&mdash;<i>Voyez</i> BACCHUS.</p>
+
+<p><b>SANGLIER</b> paré pour le sacrifice.&mdash;Pl. 47.</p>
+
+<p><b>SAPHO</b>.&mdash;Pl. 24.</p>
+
+<p><b>SATYRE</b> offrant un sacrifice à une Divinité champêtre. Bas-relief en
+argent.&mdash;Pl. 2.</p>
+
+<p><b>SCIPION</b> l'Africain l'ancien.&mdash;Pl. 25.</p>
+
+<p><b>SÉNÈQUE</b>.&mdash;Pl. 23.</p>
+
+<p><b>SILÈNES</b>.&mdash;Pl. 8.</p>
+
+<p><b>SPHINX</b> grec.&mdash;Pl. 44.</p>
+
+<p><b>SYLLA</b>.&mdash;Pl. 26.</p>
+
+<p>T</p>
+
+<p><b>TRUIE</b> votive.&mdash;Pl. 44.</p>
+
+<p>V</p>
+
+<p><b>VESTA</b> ou <i>Diane</i>.&mdash;Pl. 8.</p>
+
+<p><b>VICTIMAIRE</b> avec un sanglier.&mdash;Pl. 47.</p>
+
+<p><b>VICTOIRE</b>.&mdash;Pl. 6.</p>
+
+<p>Z</p>
+
+<p><b>ZAGRÉUS</b>. <i>Voyez</i> <b>BACCHUS</b>.</p>
+
+<p><b>ZENON</b>.&mdash;Pl. 15.</p>
+<br><br>
+
+<h3>Fin de la Table.</h3>
+<br>
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome IV.,
+(Vol. 4 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
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+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
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+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
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+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
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+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
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+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
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+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ https://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+
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+++ b/17234-h/images/144.046.png
Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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--- /dev/null
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Binary files differ
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Binary files differ
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+++ b/17234-h/images/144.091.png
Binary files differ
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--- /dev/null
+++ b/17234-h/images/144.094.png
Binary files differ
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--- /dev/null
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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Binary files differ
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