diff options
Diffstat (limited to 'old/60918-8.txt')
| -rw-r--r-- | old/60918-8.txt | 1354 |
1 files changed, 0 insertions, 1354 deletions
diff --git a/old/60918-8.txt b/old/60918-8.txt deleted file mode 100644 index 04f071b..0000000 --- a/old/60918-8.txt +++ /dev/null @@ -1,1354 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of Le Canapé couleur de feu, par M. de ***, by -Jean-Louis Fougeret de Montbron - -This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most -other parts of the world at no cost and with almost no restrictions -whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Le Canapé couleur de feu, par M. de *** - -Author: Jean-Louis Fougeret de Montbron - -Release Date: December 14, 2019 [EBook #60918] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE CANAPÉ COULEUR DE FEU *** - - - - -Produced by René Galluvot (from images generously made -available by the Bibliothèque nationale de France -(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) - - - - - - - - - - LE - CANAPÉ, - COULEUR - DE FEU. - - _Par M. de ***_ - - A AMSTERDAM, - Par la Compagnie des Libraires. - - M. DCC. XLI. - - - - -LE - -CANAPÉ. - - - - -CHAPITRE PREMIER. - -_La Vergogne du Procureur, & le changement merveilleux du Canapé._ - - -Un Procureur qui avoit consumé toute sa jeunesse à ruïner de pauvres -Plaideurs, voulant, comme l'on dit, faire une fin, résolut de consacrer -à l'himen quelques années qui lui restoient à vivre. Il jetta, pour cet -effet, les yeux sur la veuve d'un de ses Confreres: elle étoit jeune, & -de figure à faire naître des desirs aux plus insensibles. Aussi ses -charmes donnérent-ils si vivement dans la visiére de Maître Grapignan, -que pour s'épargner la peine de soupirer en vain, il fut lui offrir sa -vieille personne, & par dessus le marché cinquante mille écus, qui -étoient le reste de ses petites épargnes. La Dame comptant, comme de -raison, enterrer bien-tôt celui-ci avec l'autre, n'hésita point à lui -donner la main. On célébra les nôces: quant à la cérémonie & au banquet, -tout alla au mieux. Tandis que les parens & amis des Conjoints -tintamaroient à la maniére de gens qui ne se sont jamais vûs, & qui -s'entretiennent avec cordialité d'un bout de chambre à l'autre, le -nouveau Couple s'éclipsa, & fut se retrancher dans le cabinet de -toilette préparé pour Madame. - -La porte soigneusement barricadée, & la portiére par-dessus; Monsieur de -la chicane, crachant d'avance le cotton, conduit sa fringante épouse sur -un canapé, où la belle, avantageusement postée, se prépare à lui en -donner pour ses vieilles menteries, & pour son argent. Mon Dieu, -dit-elle, mon ami, quelle chaleur il fait aujourd'hui! En vérité on -étouffe. C'est, répond-il, que nous sommes dans les jours caniculaires. -Voici, continua-t'elle en se couchant à demi, un admirable canapé pour -la commodité. Oui, repart-il, rien n'est plus commode. J'y fais la -méridienne depuis dix ans. - -Cependant Madame quitte son fichu, & dévoile des appas qui ressuscitent -l'humanité du Procureur. Il s'émancipe, il tâte, il baise, il -tressaille... enfin déboutonnant & baissant son haut-de-chausse, il lui -léve la jupe, & se met en posture de lui faire gagner son douaire. Mais -inutilement, après avoir sué sang & eau, & fait craquer le canapé -pendant une heure, il est contraint d'abandonner la besogne. - -Comme on se rajustoit tristement de part & d'autre, pour aller rejoindre -la compagnie, on entendit un cri de joie, & tout-à-coup le canapé -changeant de forme, prit celle d'un jeune homme parfaitement beau & bien -fait. Miséricorde! s'écria le Procureur plus effrayé de cette merveille -que sa femme: êtes-vous l'ame de quelque malheureux qui auroit besoin de -priéres? Je n'ai besoin de rien, répondit l'inconnu, & je ne suis point -un revenant comme vous l'imaginez. Je n'ai pas cessé de vivre, quoique -j'aie été métamorphosé: & si vous daignez me prêter une oreille -attentive, je vous conterai mon avanture, aussi-bien vous dois-je cette -satisfaction, puisque c'est à vous à qui je suis redevable d'avoir -recouvré mon premier état. Ha! dit la nouvelle mariée, je vous en -conjure... mais nous n'avons plus de canapé, & je ne vois ici qu'un -siége; mon ami, vas-en chercher deux autres. Oh! parbleu, Madame, dit le -nouvel hôte, il seroit honteux que vous fussiez entrée ici sans -étrenner; je profiterai, s'il vous plaît, des instans que votre mari -nous laisse. Quoique je serve depuis si long-temps de siége à autrui, je -suis assez reposé sur l'article pour vous donner en bref un témoignage -du respect & de la consideration que j'ai pour vous. Il dit, & fit les -choses si promptement, que le Procureur ne s'apperçut de rien à son -retour. - - - - -CHAPITRE II. - -_Du Pays de l'inconnu, & de ce qui occasionna sa metamorphose._ - - -Quand le trio fut assis, l'inconnu se moucha, cracha & rompit le silence -en ces termes: je suis un Gentilhomme des environs de Liege, allié aux -meilleures Maisons du Pays. Mes biens sont situés sur les bords de la -Meuse, auprès des Ardennes. Je ne vous dirai pas mon nom, parce que je -ne crois point que cela soit bien essentiel; & puis il y a si long-temps -que je suis canapé, que je ne sçai trop si je m'en souviendrois au -juste. Ainsi je me nommerai, si vous le trouvez bon, le Chevalier -Commode, à cause de la commodité que tant d'honnêtes gens, y compris -Monsieur & Madame, ont trouvée chez moi, lorsque j'étois fait pour la -mollesse, le repos & les plaisirs des deux sexes. - -Je n'avois de passe-temps, jadis, que la chasse: dès le matin j'entrois -dans la forêt, & je n'en sortois rarement que le soir; tantôt je prenois -des oiseaux à la pipée, tantôt à la gluë, une autre fois aux filets: en -un mot le seul amusement que j'eusse au monde je sçavois le varier, de -maniére que je ne m'ennuyois jamais. Un jour que je m'étois plus fatigué -que de coutume, je m'endormis sous une feuillée épaisse. De ma vie, il -m'en souvient encore, je n'eus, en dormant, de songes plus agréables: à -la vérité j'étois bien en état d'en avoir de semblables, n'ayant alors -qu'environ 18. ans. Je m'éveillai enivré de ces plaisirs que l'on sent & -que l'on ne définit pas. Mais quelle fut ma surprise lorsque je vis à -côté de moi une charmante personne, dont l'image adorable m'avoit occupé -si délicieusement pendant mon sommeil. Elle sçavoit trop bien lire dans -les coeurs, pour ne point voir ce qui se passoit alors dans le mien: -entraîné par l'amour, retenu par la crainte, je voulois parler & -n'osois. Ces mouvemens divers lui expliquoient mieux ce qui se passoit -dans mon ame, que tout ce que la parole auroit pû me suggerer de plus -délicat & de plus tendre, & mes yeux interprétes fidéles de mes -sentimens, lui tinrent un langage si pressant, qu'elle eut pitié de moi -& me parla ainsi: - -Vous êtes étonné, sans doute, de voir une fille de ma sorte dans ces -lieux sauvages & déserts? Ma foi, Madame, dis-je en me levant, on le -seroit à moins. Ce n'est guéres l'usage de trouver des personnes de -votre figure, & parée comme vous l'êtes dans les Forêts: je ne sçai si -ceci est un rêve. Non, reprit-elle, vous ne fûtes jamais plus éveillé; -fiez-vous en à moi, je m'y connois: à la bonne heure, repartis-je, mais -ne pourrois-je sçavoir à qui j'ai l'honneur de parler maintenant? A la -Fée Printaniére, répondit-elle, premiere Dame de compagnie de la Fée -Crapaudine, qui régne depuis six cents ans dans les Ardennes. Voilà, -dis-je, pour une Souveraine, un vilain nom. Oh! si vous la voyiez, -repartit Printaniére, vous trouveriez que son nom quadre assez bien avec -sa figure. Mais pussiez-vous ne la voir jamais! que je meure, -répondis-je, s'il m'en prend envie sur l'idée que vous m'en donnez. Ah! -poursuivit-elle en soûpirant, & laissant échaper quelques larmes, vous -ne la verrez peut-être que trop tôt pour votre malheur & le mien; car il -est inutile de vous cacher que je vous aime; & le sort qui vous menace -ne me permet pas de vous laisser ignorer plus long-temps mon ardeur. - -Crapaudine vous vit ces jours passez tirer des Merles avec la Sarbacane, -votre bonne mine & votre dextérité lui ont tellement gagné l'ame, -qu'elle a résolu de vous enlever & de vous faire tireur ordinaire de ses -plaisirs. Parbleu, répondis-je en colére, que Madame Crapaudine cherche -ses tireurs où il lui plaira, je tire pour mon amusement &... Hélas! -interrompit Printaniere, elle seroit femme à vous faire tirer pour le -sien jusqu'à vous mettre sur les dents; car elle ménage si peu son -monde! Ce ne seroit point la fatigue qui me rebuteroit à son service, -repliquai-je, si elle étoit aussi aimable que vous, & je fixerois -volontiers mon bonheur au plaisir d'être attaché à une personne de votre -mérite. Eh! bien, reprit Printaniére, me regardant tendrement, il ne -tient qu'à vous d'être heureux: Mais déterminez-vous promtement, & voyez -si vous voulez me suivre, tandis qu'il est encore tems. Si Crapaudine -arrivoit, je ne serois point Maîtresse de vous secourir. Ah! mon -adorable Fée, m'écriai-je, pour fuïr un pareil monstre & vivre sous vos -loix, j'irai, s'il le faut, dans les climats les plus éloignés. Ce n'est -pas la peine, dit Printaniére, Crapaudine nous découvriroit, -fussions-nous au centre de la terre; d'ailleurs ma destinée me fixe à sa -cour: je ne puis m'en éloigner sans ses ordres. Mais je sçais un moyen -de vous avoir toûjours auprès de moi, même à ses yeux. Il n'est question -que de sçavoir si vous m'aimez assez pour vous résoudre à être -métamorphosé en petit épagneüil. J'y consens, à condition, néanmoins, -que quand nous serons dans votre appartement, je reprendrai ma forme -ordinaire. Voilà qui est fait, repartit Printaniere: en même temps elle -me donne un coup de baguette & me transporte à travers les airs sous la -figure du plus joli petit chien du monde. - - - - -CHAPITRE III. - -_Arrivée de Commode au Palais de Crapaudine; & comme il y fut accueilli -par les autres femmes de sa Cour._ - - -Nous arrivâmes en deux minutes trente & une secondes à l'appartement de -Crapaudine. Printaniere ne m'avoit pas trompé en me disant que son nom -quadroit avec sa figure. La Princesse avoit environ quatre pieds de haut -sur trois de large, de petits yeux louches & fistuleux, tendres & -languissans à ravir; le front petit & triangulaire, les sourcils & les -cheveux du plus beau roux du monde; les jouës pendantes & livides, mais -appétissantes; une bouche d'une grandeur très-honnête, parée d'une -demi-douzaine de dents, couleur de chocolat, le tout merveilleusement -assorti, avec le plus aimable petit nez pointu qu'on puisse voir, ayant -au cou une légere cicatrice d'écroüelles, qui ne paroissoit presque pas, -& deux grossissimes tetons mulâtres, qui n'en faisoient qu'un par -l'étroite union que la nature avoit mise entr'eux, lesquels étoient -étayés & retenus par une crevée à l'épreuve. - -Crapaudine assise alors dans une maniere de chaire curule, très-basse, à -cause de ses petites jambes, & prodigieusement évasée, eu égard à -l'énorme largeur de ses fesses, s'amusoit avec ses femmes à éplucher des -oignons pour une salade de pissant-lits, qu'elle avoit pris la peine de -cueillir, de ses propres mains, sur les remparts du Château. Eh bien! -dit-elle d'une voix de basse-contre à Printaniere, avez-vous vû mon -tireur de merles? Non, Madame, j'ai parcouru toute la forêt, & quelque -éxactes qu'aient été mes recherches, je n'ai pû en apprendre de -nouvelles. Allez, ma mie, répondit Crapaudine, vous ne serez jamais -qu'une sotte: on trouve toujours un homme quand on veut le trouver: & si -vous aviez bien cherché... mais je ferai moi-même mes commissions. Que -demain avant l'aurore tous mes équipages soient prêts pour la chasse, -nous verrons si j'aurai meilleur nez que vous. Tarare, voulus-je dire; & -au lieu de tarare, je ne fis qu'aboyer. Oh! oh! demanda la Princesse, -d'où vous vient ce petit animal? Madame, dit Printaniere, il y a quelque -tems que je l'ai: une Bohémienne, en reconnoissance de quelque service -que je lui ai rendu, m'en a fait present. Sçait-il faire quelque chose? -Oüi, Madame, il danse, il saute, il rapporte. Eh! quel nom lui -donnez-vous? Celui de Bacha. Mettez-le à terre, que je le voye. Venez -ici Bacha. Mais au lieu d'obéir, je me mis à lui montrer les dents, & me -retranchai sous les jupes de mon aimable Maîtresse, où je vis d'avance -une partie des charmes que je me promettois d'inventorier à mon aise -lorsque je serois chez elle. Excusez, Madame, dit Printaniere, il est un -peu sauvage quand il ne connoît pas son monde. Ce qu'il y a pourtant de -vrai, c'est que je ne l'étois point alors pour ma belle Fée, quoique je -ne la connusse que depuis quelques momens. Je m'élançois le long des ses -jambes, je lui baisois les genoux; & mes petites pattes & ma langue -alloient fourageant où elles pouvoient atteindre. - -Cependant la Princesse ayant achevé d'éplucher ses oignons, on mit sur -table, & j'eus l'honneur d'être present à son souper, qui consistoit en -un haricot aux navets pour entrée, une oye grasse pour rôt, accompagné -de sa salade, & pour entremets un cervelat de la rue des Barres, avec -deux plats de dessert, composé d'un demi-quarteron de poires de Martin -sec, & d'un morceau de fromage de Brie, exhalant une odeur tout-à-fait -semblable à celle dont Henry IV. faisoit si grand cas. Tandis que -Crapaudine repaissoit ainsi, toutes les Dames du Palais me mangeoient de -caresse, l'une me donnoit du bonbon, l'autre des petits patés à la -crasse de quelques mies qui tomboient de dessus la nappe; celle-ci me -passoit la main sur le dos, celle-là sous le ventre, une autre -m'essuïoit les yeux avec mes longues oreilles; (car c'est le défaut des -chiens d'être toujours chassieux) enfin, de ma vie je ne fus si bien -fêté. - -La Princesse ayant cessé de manger & dit ses graces, elle fila environ -une demi-bobine de soie par maniére de récréation, après quoi on la -deshabilla & elle se mit au lit. Quand on nous eut congédiés, chacune de -ces Dames vouloit me mener coucher avec elle; mais cela n'étant ni du -goût de Printaniere, ni du mien, nous les quittâmes, & fûmes nous -enfermer dans notre appartement, où ayant repris ma forme, j'emploïai -mon temps à toute autre chose qu'à lécher, comme je faisois un instant -auparavant. Heureux! si je l'avois moins bien employé! je vivrois -peut-être encore avec cette charmante Fée; mais il falloit remplir -l'ordre de notre destin. - - - - -CHAPITRE IV. - -_Les nouveaux Amans pris en flagrant délit: la disgrace de Printaniere, -& la métamorphose de Commode en canapé pour avoir fait à la Princesse un -affront que le sexe ne pardonne pas._ - - -Nous passâmes les deux tiers de la nuit plongé dans ce que l'amour a de -plus délicieux & de plus exquis. Cependant la fatigue nous arrachant à -des plaisirs dont il nous étoit impossible de nous rassasier, le sommeil -s'empara de nos sens; & ayant oublié qu'il y avoit chasse le lendemain, -nous dormîmes si bien, que Crapaudine nous surprit, Printaniere & moi, -sous la même couverture. Mon infortunée Maîtresse fut sur le champ -disgraciée & transportée dans les airs je ne sçais où. Pour moi, la -Princesse m'enferma elle-même dans une chambre voisine de son -appartement. J'y avois déja passé les deux plus cruelles heures de ma -vie, en déplorant plus la perte de l'objet de mon ardeur, que celle de -ma liberté, lorsque Crapaudine entra dans une espece de deshabillé, à -dessein, sans doute, de me séduire. - -Eh bien! Monsieur le tireur de merles, dit-elle en m'abordant & fermant -scrupuleusement le verroux, vous venez donc débaucher nos filles? -Sçavez-vous qu'aucun mortel jusqu'en ce jour n'eut l'audace de -s'introduire dans ce Palais impunément, & que je devrois punir votre -témérité? Ma foi, répondis-je, Madame, c'est votre faute. Que ne me -laissiez-vous prendre mes merles en repos? Et qui vous en a empêché, -reprit-elle en se donnant des graces? Vraiment, repliquai-je, nous -sçavons le dessein que vous aviez sur notre personne, & ce n'a été que -pour l'éluder que je me suis laissé enlever. Ah! petit traître, -s'écria-t'elle, imitant le faucet! voilà donc de vos tours? Quoi? vous -sçavez que je vous aime, & au mépris de ma tendresse, de mon rang & de -mes charmes... A l'égard de vos charmes, interrompis-je, je n'en avois -qu'une légére idée au portrait que Printaniere m'en a fait; mais à -present que je les vois en original, je leur rends toute la justice qui -leur est dûë. Oh! vous convenez donc de la différence qu'il y a de moi à -cette petite étourdie, dont vous vous étiez coëffé? Assurément, -répondis-je, vous ne vous ressemblez en aucune façon. Çà, -continua-t'elle en se haussant sur la pointe des pieds pour me caresser -le menton, ce n'est point assez que vous reconnoissiez ce que je vaut, -il faut m'en donner des preuves. Eh! quelles preuves, Madame, -éxigez-vous de moi? Mais... dit-elle en s'inclinant dans une bergere, & -me tirant entre ses bras, il est des choses que la modestie ne nous -permet pas d'expliquer: c'est à vous de les deviner. Puis la passion la -suffoquant, elle balbutia mainte autre belle phrase que je n'entendis -pas. Cependant je ne sçais comment cela se fit: je me trouvai la culotte -presque sur les talons, dans un état passablement honnête; & par un -charme inconcevable, je me mettois en devoir de la besogner, lorsqu'un -lacet de nompareille, qui contenoit sa gorge, venant à rompre, me fit -tomber deux tetons énormes au-dessous de la ceinture. Cet accident me -tira de l'enchantement où le diable m'avoit jetté; & à l'aspect d'une -joüissance si monstrueuse, je ne me retrouvai plus. - -Crapaudine néanmoins ayant peine à quitter prise, me serroit toujours -étroitement, & se trémoussoit sous moi de son mieux. Mais ses efforts -n'aboutissant à rien, l'amour fit tout-à-coup place à la rage: & -l'inhumaine me détachant sur la poitrine un des meilleurs coups de poing -qui se soit jamais donné; je me fis, en tombant à dix pas de là, une -bosse à la tête & une contusion au derriere dont je me ressens encore -aujourd'hui, faute d'avoir été pansé dans le temps. Enfin Crapaudine me -lançant, de ses petits yeux chassieux, des regards à faire dresser les -cheveux de frayeur, me prononça cet Arrêt. - -Pour expier l'injure que tu m'as faite, dit-elle, on prendra désormais -sur toi les plaisirs que tu n'as pû me procurer. Tu serviras -indistinctement à tout le monde, maître & valet; chacun te fera gémir -sous les secousses qu'il te donnera; & tu ne recouvreras ta premiére -forme, que lorsqu'entre tes bras on aura commis une faute égale à la -tienne. - -En même temps elle me crache au visage; & avant que je pusse m'essuyer, -je me trouvai canapé: incontinent après je fus emporté par quatre génies -à Paris, & exposé en vente sur le Pont-Saint-Michel. - - - - -CHAPITRE V. - -_Une celebre embocheuse de filles achete le canapé; un Abbé -recommandable par ses exploits d'amour, en a l'étrenne._ - - -Il n'est pas, continua le Chevalier Commode, que vous n'ayez oüi parler -de la Fillon, cette femme si recommandable par les plaisirs clandestins -qu'elle procuroit à tout le monde en bien païant. Ce fut à elle à qui je -fus adjugé par enchere; & l'on me plaça, aussitôt mon arrivée, dans un -cabinet préparé pour les joyeux ébats. Comme la Fillon étoit extrêmement -achalandée, je n'y fus pas long-tems sans étrenner. - -Le premier que j'eus l'honneur de porter, fut un Abbé, que ses talens à -récréer le beau sexe, ont fait parvenir à la Prélature. J'avouë que de -mes jours je ne fus secoué si vigoureusement & à tant de reprises. -Est-il possible, interrompit le Procureur, que gens de cette robbe -fréquentent de semblables endroits? Eh! pourquoi non, reprit le -Chevalier? L'affublement apostolique est-il un préservatif contre -l'incontinence? Si vous le croyez, que vous êtes dans l'erreur! -Mettez-vous en tête que la plûpart de ceux qui embrassent cet état, -n'ont en vûë que de se procurer une vie tranquille & voluptueuse: -éxempts de tous les embarras de ce monde, ils n'en connoissent que les -plaisirs; & c'est pour se les assurer, qu'ils se sont imposés la loi du -célibat. A leur habit évangélique, toutes les portes sont ouvertes: ils -s'insinuent adroitement dans le sein des familles, & s'en rendent tôt ou -tard les maîtres; de pauvres maris se voient contraints, pour entretenir -la paix dans le ménage, d'inviter les caffarts à boire leur vin; heureux -encore si on les en quitte à si bon marché! Mais tandis qu'ils sont -occupés du soin de leurs affaires, que n'ont-ils point à redouter des -manoeuvres de ces pieux fainéants. Fy, fy, s'écria la Procureuse, -j'aimerois mieux recevoir chez moi le Régiment des Gardes qu'un homme -d'Eglise. Ma mie, dit le Procureur, ne voïons ni les uns, ni les autres, -ce sont de mauvaises connoissances. Oh! mon fils ce que j'en dis n'est -que pour vous prouver combien je suis éloignée d'avoir de liaison avec -aucun membre du Clergé. Il ne faut jurer de rien, répondit Commode, si -vous aviez connu celui qui me remua de si bonne grace, vous auriez eu -bien de la peine à lui refuser votre estime: au moins suis-je -très-persuadé qu'il n'y a point de femmes à la Cour qui ne lui ayent -accordé la leur; & vous conviendrez qu'elles y sont connoisseuses en -mérite, autant & plus qu'ici. C'étoit donc un homme bien rare, dit la -Procureuse d'un ton de convoitise? Rare au point, que si j'avois eu -souvent affaire à gens aussi déterminés, je n'y aurois jamais résisté, -eussai-je été de fer: & j'avouë à sa gloire, que pendant plusieurs -assemblées du Clergé, où j'ai eu l'honneur d'être exercé par tous les -gros Abbés & Monseigneurs du Monde, je n'en ai jamais trouvé de si -francs sur l'article, pas même chez Messieurs du grand Couvent. Quoy? -s'écria le Procureur, vous aviez la pratique des Cordeliers? qu'y a-t-il -d'extraordinaire à cela? nous avions celle de tous les Ordres Réguliers -& Séculiers de la Ville; & bien nous en prenoit; car les gens du bel air -nous escroquoient si fréquemment que nous aurions été contraints mille -fois à fermer boutique, sans les secours quotidiens dont l'Eglise nous -gratifioit. Aussi le Sacerdoce étoit-il toûjours servi par préférence -aux autres états. Dès qu'il se presentoit un pucelage à dénicher, -c'étoit un Prélat, ou quelque Prieur bien renté qu'on en accommodoit. A -propos d'aubaine de cette espece, il faut que je vous fasse part de -l'entretien d'un Doyen de Chapitre avec une jeune personne dont il eut -les prémices. - - - - -CHAPITRE VI. - -_Le préambule du saint homme & ce qui s'ensuit._ - - -Eh bien! ma chere enfant, disoit le pieux Ribaud en la faisant asseoir -sur moi à côté de lui; quel âge avez-vous? J'ai quatorze ans, Monsieur. -Et vous n'avez encore vû personne? Qui que ce soit. Tant mieux; car tout -dépend de la façon dont on entre dans le monde: c'est le commencement de -la vie qui décide pour tout le reste. A l'âge où vous êtes, il est -difficile de débuter comme il faut, si l'on n'est dirigé & conduit par -d'honnêtes gens: quel malheur pour vous, ma fille, si vous étiez tombée -entre les mains de quelqu'homme du siécle! Eh! mais, Monsieur, que m'en -seroit-il arrivé, je vous prie? Ce qu'il arrive à ceux qui reçoivent de -mauvais principes; vous vous seriez égarée. L'esprit de débauche & de -libertinage est si généralement répandu chez les mondains, qu'on risque -tout à les fréquenter. Ce sont la plûpart des traîtres qui vous ayant -ravi votre innocence, vous abandonnent ou vous entraînent avec eux dans -les voies de l'iniquité. Voilà bien du préambule pour dépuceler une -fille, interrompit le Procureur. En ces sortes de rencontres, répondit -le Chevalier, il est quelquefois essentiel de préambuler, souvent on ne -recule que pour mieux sauter. D'ailleurs quoique l'on soit d'Eglise, ne -vous imaginez pas que l'on en vaille davantage; si cela étoit, chacun -voudroit en être; le métier est déja si bon par lui-même: & puis quand -le Sacerdoce communiqueroit les facultés prolifiques, ne faut-il pas que -toute chose prenne fin? Un chef de Chapitre n'est point censé -ordinairement un jeune Clerc. Cependant donnez-vous patience, & vous -verrez qu'il ne s'en tint pas à son Prône. La modestie, continua -Monsieur le Doyen en posant une main sur l'épaule de la femelle, & -laissant échaper, comme par hazard, deux de ses doigts entre la chair & -le fichu, la modestie est la vertu la plus nécessaire au sexe; elle -ajoute à ses perfections & diminuë ses défauts: une jolie personne l'est -doublement, quand, loin de s'enorgueillir des avantages dont la nature -l'a favorisée, elle les estime toujours au-dessous de ce qu'ils sont, & -ne se presse jamais de les faire connoître. Vous êtes dans ce cas-là -maintenant, ou je suis bien trompé; votre fichu derobbe aux yeux des -choses qui doivent être fort belles, à en juger par ce qui n'est point -caché. Monsieur dit la nouvelle proselite, cela vous plait à dire, je -n'ai rien de beau. Oh! je gage que si, répond l'homme de Dieu en lui -découvrant un côté de la gorge. Comment diable, s'écria-t-il émerveillé -de ce qu'il voyoit, vous n'avez rien de beau! Ah! friponne! vous serez -fouettée. Puis le paillard la couche de son long, lui leve la chemise; & -lui ayant claqué préalablement les fesses, il me fit plier un instant -après sous ses efforts: les obstacles enfin augmentant son courage, -j'entendis faire deux ou trois fois ouf à la fille; & je n'entendis plus -rien, preuve qu'il n'y avoit plus rien à faire. Il lui trouva, sans -doute, des allures telles qu'il les lui falloit; car il nous l'enleva -dès ce jour: mais de peur d'être tôt ou tard embarrassé pour les frais -de gésine, il la fit épouser à un riche benet de ses amis; au moyen de -quoi le bon Prêtre fut déchargé de tout. Peste dit le Procureur, -l'expédient n'est pas d'un mal-à-droit. Bon, repartit Commode, il n'y a -rien de plus ordinaire que ces sortes de tours de la part de Messieurs -les gens d'Eglise: c'est pour eux que l'on se marie, quand on prend -femme de leurs mains. Vous devez avoir été témoin de scénes bien -originales, dit la Procureuse, dans une semblable maison? Oui répond le -Chevalier, & ce sont les Ecclésiastiques qui y ont joué les plus grands -rôles. Je vais vous en conter une assez singuliere: mais respirons un -peu auparavant. - - - - -CHAPITRE VII. - -_D'un Abbé qui se faisoit fouetter, pour réveiller en lui la partie -brutale._ - - -Commode ayant pris du tabac, & éternué cinq ou six fois, parce qu'il -avoit perdu l'usage de cette poudre céphalique, dont la principale vertu -est de barbouiller le nez, continua à parler ainsi: - -Comme je ne devois reprendre ma premiere forme qu'aux conditions que -vous sçavez, je ne demandois pas mieux que d'avoir de la pratique malgré -la fatigue que cela me causoit, mettant toujours mon espoir en -l'insuffisance de quelque passe-volant. Un jour donc que je m'ennuyois -d'être seul, il entra dans mon cabinet une jeune Demoiselle, & -peu-à-près un Abbé qui pouvoit avoir environ la cinquantaine. Les portes -étant soigneusement fermées, les rideaux tirés, & tout jusqu'au moindre -petit trou bouché avec précaution; la fille lui cria d'un ton couroucé: -D'où venez-vous, libertin? Ne vous ai-je pas défendu de sortir sans ma -permission? Ma chere mere, répond l'Abbé d'un air soumis, & -contrefaisant au mieux l'Ecolier; je viens du Catéchisme. Du Catéchisme, -effronté! à l'heure qu'il est! vous êtes un menteur: En même tems elle -lui lâche deux ou trois soufflets & autant de coups de pied dans le -derriere. Voïons, voïons, dit-elle, si vous avez profité. Combien y -a-t-il de péchés mortels? Il y en a... Il y en a, ma chere mere, je ne -m'en souviens pas. Comment, fripon que vous êtes, vous ne connoissez pas -vos péchés mortels! Oh, je vous apprendrai à les connoître, moi. Allons -vite, à genoux. Ah! ma chere maman, s'écria-t'il, je vous demande -pardon, je les étudierai. Non, non, repliqua-t-elle, s'étant munie d'une -poignée de verges, vous aurez le fouet: culottes bas. L'Abbé après -quelque legére résistance découvre l'échantillon d'un derriére jaune, -sec & ridé. Oh! poursuivit la fille, cela ne suffit pas, il faut tout -voir. Puis elle lui attache la chemise aux épaules & lui baisse la -culotte aux jarets. Enfin dès qu'il eut reçû environ une demi-douzaine -de coups, il feignit de vouloir les esquiver avec les mains, mais elle -les lui lia par devant & l'étrilla ensuite jusqu'au sang. Quel diable de -ragoût, dit le Procureur! Et qu'arriva-t'il de cela, s'il vous plaît? -Qu'il pensa me rompre les reins au même instant sur sa fouetteuse, & que -jamais on ne s'acquitta d'un exploit de cette espece aussi -vigoureusement. Mais devinez ce qu'il fit pour procéder au second? Que -sçais-je, répondit le Procureur, il mangea peut-être une pomme de -rénette & bût un verre d'eau par-dessus. Point du tout, poursuivit le -Chevalier, il ne fit que changer de rôle: au lieu d'Ecolier, il devint -Maître, & la Maîtresse devint Ecoliere. De façon, dit la Procureuse, que -la Maîtresse fut fouettée à son tour. Justement, répartit Commode, -l'Abbé, pour se remettre en humeur, donna une legére teinte d'incarnat -au derriere le plus blanc & le plus appétissant du monde. Il faut -avouer, ajouta la Procureuse, que voilà un secret de ressuciter les -puissances bien singulier & bien bizarre. Vous vous trompez, répliqua le -Chevalier, rien n'est plus naturel & plus de mode aujourd'hui: cela -s'appelle la cérémonie; & il n'y a pas jusqu'aux moindres Communautés -consacrées à Venus où l'on ne trouve toujours provision de verges pour -ceux qui sont dans ce train-là. Il n'est pas douteux que la cérémonie, -puisque cérémonie y a, ne mette le sang en mouvement; & c'est pour les -personnes difficiles à émouvoir, que la chose a été imaginée. Les effets -en sont si prompts & si miraculeux, que je serois peut-être encore -Canapé maintenant, si Monsieur en avoit essayé avant de tenter -l'aventure. Male-peste, s'écria le Procureur, je ne suis pas si fou: -J'ai été étrillé en ma jeunesse à saint Lazare, mais autant qu'il m'en -souvient, cette cérémonie alors n'étoit rien moins qu'amusante pour moi. -Vraiment, je le crois bien, répondit Commode. Quelle comparaison! la -main d'un grand coquin de Frere Lai n'a point la vertu de celle d'une -jolie femme: si vous aviez été aussi bien aux Feuillantines qu'à saint -Lazare, je gage que vous n'auriez jamais voulu en sortir, & que vous -vous seriez aisément habitué aux corrections que de jeunes & fringantes -Soeurs vous auroient données. En voici assez, dit la Procureuse, sur -l'article de la cérémonie & de son excellence. Tant & si peu que vous -voudrez, répondit le Chevalier, quand je vous ennuierai, faites-moi -l'honneur de m'avertir. Vous n'êtes point fait, répartit civilement le -Procureur, pour ennuier personne, & nous avons tant de plaisir, Madame & -moi, à vous entendre, que si nous ne craignions d'abuser de votre -complaisance, nous vous prierions de nous raconter quelqu'autre chose. -Volontiers, reprit Commode, écoutez cette avanture-ci. - - - - -CHAPITRE VIII. - -_Quatre Moines se trouvent chez la Fillon sans le sçavoir, & y font par -occasion ce que l'on fait en si bon lieu._ - - -Deux Mousquetaires assiégés un matin par quatre Moines qui venoient leur -demander à dîner, firent entendre aux Reverends, qu'il seroit plus -convenable qu'ils mengeassent en maison bourgeoise, qu'à l'hôtel où la -Jeunesse dissolue & peu dévote ne rendoit pas toujours ce qu'elle devoit -à gens d'un caractere aussi respectable que le leur. Les Peres flattés -des égards que ces Messieurs paroissoient avoir pour eux, défererent à -leur sentiment; & consentirent, pourvû que la chére fût bonne à les -suivre par-tout où ils voudroient. En quel endroit mener ces -canailles-là, dit l'un des Mousquetaires, à l'oreille de son camarade? -Te voilà bien embarrassé, répondit-il: Parbleu, il n'y a pas tant de -cérémonie à faire; menons-les chez la Fillon, personne ne joue mieux le -rôle d'honnête femme qu'elle; il lui sera facile d'en imposer à de -pareils nigauts, qui, vraisemblablement, ne la connoissent pas. Il n'est -question que de la dire parente de l'un de nous, & de lui supposer un -nom. Nous l'appellerons, si tu veux, la Comtesse de Grandfond. Oui dà, -répartit l'autre, cela fait un beau nom. Messieurs, dit-il, haussant la -voix, nous irons dîner chez la Comtesse de Grandfond, tante du Baron. -Nous y serons bien reçus, je vous jure; c'est une Dame qui fait -parfaitement les honneurs de chez elle. A l'égard du cérémonial, que -cela ne vous inquiéte pas: Vous ne serez gênez en aucune maniere, vous -boirez à votre soif, & vous aurez la liberté d'aller pisser dès -l'entre-mets, si l'envie vous en prend; ce qui n'est pas une bagatelle, -d'autant plus que dans les tables bien réglées, c'est une espece -d'indécence d'y aller avant le dessert. Ma foi, répondit un des Peres, -je me mocque de l'indécence; quand j'ai quelque besoin, je ne me -retiendrois pas pour le Pape. N'est-il point du dernier ridicule de -s'asservir à de sottes & frivoles bienséances qui ne tendent qu'à la -destruction du genre humain? Pour moi, Messieurs, j'aime mieux braver le -préjugé que d'en être le martyr. Tandis que sa Reverence s'expliquoit -ainsi, on avoit dépêché un Grison à la Fillon pour la pressentir sur le -personnage qu'elle devoit faire, moyennant quoi la scéne fut jouée au -naturel. - -En vérité, mon Neveu, dit-elle, voyant arriver la Compagnie, vous n'êtes -point raisonnable de m'amener ces Messieurs sans m'en donner avis. Je -suis honteuse de n'avoir que mon ordinaire à leur offrir. Madame, -répondit d'un ton grivois un des Moines; à petit manger bien boire: nous -nous accomoderons de ce qu'il y aura. Bon, bon, répondit le prétendu -Neveu, ne prenons pas les paroles de ma tante à la lettre, elle se plaît -parfois à tromper son monde, &... Sçavez-vous, interrompit la Fillon, -que Mesdemoiselles Finelame & du Déduit sont des nôtres? Morbleu -tantpis, répartit l'autre Mousquetaire, les Reverends Peres le -trouveront peut-être mauvais, elles sont si jeunes... Vous vous mocquez, -s'écrierent-ils tous ensemble, la compagnie des Dames ne nous fait point -de peur: vraiment, plus on est de foux, plus on rit, il suffit qu'elles -soient de votre connoissance, pour que nous soyons charmés de les voir. -Les Enfroqués ne languirent pas long tems dans l'attente, les Belles -parurent au moment même; & le feu de paillardise qui sortit alors de -leurs yeux, fit connoître aux autres le plaisir que leur faisoit -l'arrivée de deux Convives de cette espece. La Fillon fit donner des -siéges, & pendant que le dîner se préparoit, on tint une conversation -très-intéressante sur les plus beaux lieux communs du monde, en quoi les -Anachorétes ne manquerent pas de déployer leur érudition Monastique. Par -exemple, entre les questions qui furent mises sur le tapis, celle de la -puanteur des urines après qu'on a mangé des asperges fut débattue avec -toute la chaleur & l'esprit imaginable: on disserta beaucoup aussi sur -les choux-fleurs qui ne font pas le même effet, quoique l'eau dans -laquelle on les fait cuire devienne infecte au point de n'en pouvoir -supporter l'odeur. Un des Peres, Prédicateur de son métier, dit à ce -sujet, des choses au-dessus de la portée humaine. Il étoit en train de -résoudre une question encore plus embarassante, lorsqu'on vint avertir -qu'on avoit servi. La dispute, si j'ai bonne mémoire, rouloit en ce -moment sur les épinards & la farce à l'ozeille: les uns vouloient que la -farce à l'ozeille tînt le ventre plus libre que les épinards, les autres -soutenoient le contraire, & chacun défendoit son avis avec toute la -subtilité & l'éloquence que requeroit une matiére aussi épineuse; mais -comme le potage refroidissoit, la question resta indécise, & l'on fut se -mettre à table. - -Il falloit voir de quel coeur les bons Religieux officioient. Alors on -avoit beau les exciter à parler, leurs réponses n'étoient jamais que oui -& non, ou simplement un signe de tête. - -Cependant vers la fin du repas, la Fillon sortit, sous prétexte de -quelques affaires. Les Frapparts qui n'avoient encore rien dit aux -Demoiselles, tant à cause du plaisir de manger dont ils s'étoient -constamment occupés jusqu'au dessert, que par la crainte de déplaire à -la Dame du logis, s'égayerent peu à peu, & quelques verres de Champagne -achevant de les coëffer, les Mousquetaires en enfermerent un dans mon -cabinet avec l'une des deux Princesses. Le Reverend Pere Prédicateur qui -avoit conservé le plus de sang froid, quoiqu'il eût sablé plus que -personne, courut à la porte exhorter son camarade à la continence, Pere -Pia, s'écrioit-il, craignez l'Ange séducteur & les piéges qu'il vous -tend. Paroles en l'air; Pere Pia étoit déja sur moi, s'agitant & se -demenant comme un possedé. Enfin, chacun eut son tour, & le Prédicateur -lui-même entraîné par l'exemple, succomba à la tentation, ainsi que les -autres. Il prit le bon parti, dit le Procureur: Pas tant bon, répliqua -Commode, il y gagna un rhûme de chaleur dont la cure lui coûta le profit -de deux ou trois années de Sermons de Carême. - -Mais pour revenir au Pere Pia, l'un des Mousquetaires faisant mine de -caresser la Demoiselle à qui il venoit de prodiguer son encens; Ah! -Monsieur, s'écria-t'il: Par pitié, ne nous enviez pas ce petit -quart-d'heure de récréation: Vous autres gens du monde, vous en trouvez -les occasions quand il vous plaît, cela ne vous manque pas plus que le -boire & le manger; mais de pauvres diables de Moines, tels que nous, -n'ont pas cet avantage: Nous sommes comptables au Public & à nos -Communautés de la moindre de nos démarches. Hélas! si vous nous empêchez -de profiter de cette aubaine-ci, il ne s'en presentera peut-être point -une semblable de six mois: Mettez-vous un moment en notre place, six -mois de jeûne pour gens de bon appétit, cela fait une bien cruelle -épreuve. A d'autres, cria le Mousquetaire, vous n'en faites jamais de si -longue. Je vous demande pardon, répartit Pere Pia, jusqu'à ce que nous -soyons dans les Dignités de l'Ordre, on observe notre conduite de plus -près que vous ne l'imaginez: Nos Supérieurs sont des tyrans qui n'en -veulent que pour eux. - -De si sages & judicieuses remontrances furent reçues comme elles -devoient l'être, continua le Chevalier, & les Moines & les filles ayant -sacrifié à Venus & à Bacchus jusqu'à n'en pouvoir plus; on termina la -fête en les mettant tous à la porte dans l'état où ils étoient. Cela -n'est guéres charitable, dit la Procureuse. Ah! les coquins! repartit -Commode, plut à Dieu les eût-on renvoyés avec cent coups d'étrivieres: -ils m'ont tellement contaminé & disloqué ce jour là, que la Fillon me -jugeant incapable de servir davantage, fut obligée de se défaire de moi. - - - - -CHAPITRE IX. - -_Des joueurs de convulsions achetent le canapé._ - - -La sort me fit tomber dans une maison de convulsionaires; mais j'avois -été si maltraité dans ma premiére condition, qu'on me réduisit presque -en canel à la troisiéme ou quatriéme séance; de façon que mes nouveaux -hôtes songerent encore à me réformer... Oh! parbleu, interrompit le -Procureur, puisque vous avez été chez des convulsionaires, vous voudrez -bien nous apprendre ce que sont au juste ces gens-là; on en dit des -choses si merveilleuses! Merveilleuses pour les sots, répondit Commode, -car les personnes éclairées & impartiales, ne seront jamais dupes de -leurs friponneries. C'est une espece d'enthousiastes ou de fous, comme -il vous plaira, détachés d'une secte à laquelle il étoit difficile -autrefois de refuser son estime, mais qui s'est dégradée par de -mauvaises parades qu'elle fit representer, il y a quelques années, dans -un lieu saint, & s'est rendue chez les honnêtes gens aussi méprisable -que son antagoniste. - -Comme la sagesse du gouvernement ne se préta point aux trivélinades de -ces Farceurs, ils firent depuis plusieurs bandes, & s'assemblerent dans -des maisons particulieres, où ils continuent à jouer leurs fanatiques -scénes. Mais, demanda la Procureuse: Quels avantages prétendent-ils -tirer de toutes ces folies? Ceux d'en imposer au peuple crédule, de -gagner sa confiance & de se rendre dans la suite, s'il est possible, un -parti considerable. L'honneur d'être à la tête d'une Secte pour ces -sortes de gens affublés de noir, n'est pas moins flatteur & délicieux -que celui d'avoir le commandement général d'une armée. La vaine gloire & -l'ostentation sont les mêmes dans le coeur de tous les hommes; elles ne -font que changer d'objets selon les diverses professions qu'ils -embrassent. Vous n'avez donc rien trouvé, poursuivit la Procureuse, de -fort extraordinaire dans ce que font ces sortes de Bateleurs? Non, en -verité, répliqua Commode, leurs plus beaux tours de force, d'adresse & -d'équilibre, ne valent pas, à beaucoup près, ceux de la Troupe des -sieurs Colin & Restier, & je puis vous assurer, que le premier -Convulsionaire du monde, n'est pas digne d'être mis en parallele avec le -dernier Sauteur de la Foire. Songez-vous, dit le Procureur, que vous -offensez une infinité d'honnêtes gens par un parallele aussi inégal? Il -ne l'est pas tant que vous le croyez, répartit le Chevalier; s'il y a -des personnes d'un rang distingué qui se mêlent de convulsioner, on peut -vous en citer qui dansent sur la corde, voltigent, marchent sur les -mains & hazardent le saut périlleux sur des matelats: Jamais les -Seigneurs n'ont eu tant d'émulation qu'aujourd'hui pour tous les -exercices, excepté pour ceux qui conviennent à leur état. Cela est bien -louable, reprit le Procureur. Au moins, continua Commode, tout le mal -qui peut arriver d'un goût si extravagant, c'est de se casser le cou; & -dans la societé quelques cous de plus ou de moins ne font pas une -affaire. Mais, morbleu, s'étudier à gâter la cervelle du pauvre monde -par de sacriléges histrionades, c'est ce que je ne puis digérer; & si -j'en étois crû... Vous n'êtes point l'Apôtre des Convulsionaires, -interrompit la Procureuse. Ce seroit l'être d'une bande de Scélerats, -répliqua le Chevalier. Combien de jolies filles ne m'ont ils pas fait -passer sur le corps, pour n'y faire autre chose que des grimaces & des -contorsions horribles! Vraiment, dit le Procureur, ce n'étoit point là -votre compte: Je ne suis pas surpris que vous soyez si mécontent; avec -des personnages de cette espece, vous auriez pû mieux employer votre -tems. Il est vrai, répondit Commode, mais c'étoit ma destinée de n'être -plus employé au déduit que chez vous, comme vous allez voir. - - - - -CHAPITRE X. - -_Le Canapé vendu à une Dévote, les peines & les mortifications qu'il -essuye à son service._ - - -Je vous ai déja dit que mon dernier exercice de chez la Fillon m'ayant -réduit dans un état qui faisoit pitié, il n'étoit pas possible que je -demeurasse long-tems où la fatigue étoit si grande: aussi me vendit-on -bien-tôt. Ce fut une dévôte qui m'acheta: cela faisoit une condition -tranquille, à la verité, mais ennuieuse au-delà de toute expression. - -Ma très-révérente & dégoutante Maîtresse me fit placer dans sa chambre, -de sorte que j'avois l'avantage d'être toûjours en sa présence, & celui -de l'entendre faire ses oraisons. Tout son train & sa compagnie -ordinaire consistoient en une idiote de servante, un chat, un chien & un -vieux Directeur qui l'aidoit charitablement à médire de son prochain, & -à manger son revenu. Cet homme-là étoit bien complaisant, dit la -Procureuse; tous ceux de sa profession le sont extraordinairement, -repartit le Chevalier, sur tout quand ils trouvent leur avantage à -l'être: celui-ci n'eut point à se repentir de l'avoir été; car la bonne -Dame lui légua tout son bien au préjudice d'un frere qui n'étoit rien -moins qu'à son aise. Quoi, cette malheureuse se piquoit de pieté & -commit une injustice aussi criante! Que vous connoissez peu les -priviléges de la dévotion, s'écria Commode! ce qui seroit inique pour -des profanes, tels que nous, ne l'est nullement pour les dévôts. Ils ont -fait un concordat avec le Ciel qui les dispense de bien faire. Une -action dont la noirceur révolteroit l'humanité chez les gens ordinaires -devient, par leur crédit, une action digne d'être gravée dans les fastes -& proposée à l'univers pour exemple. Et quel étoit, demanda le -Procureur, votre emploi dans cette Boutique? je servois à tout hormis à -l'essentiel, répondit le Chevalier; & jamais le nom de Commode ne me -convint mieux qu'en ce lieu-là. - -Monsieur Ventru, c'étoit le nom du Directeur, gromeloit ordinairement -son Breviaire sur moi, ou y reposoit sa sainte personne après le repas; -& le bon-homme ayant le défaut, ainsi que ses semblables, de manger un -peu goulument, donnoit, sans façon, carriere à son ventre, & -m'empoisonnoit tous les jours par les vapeurs d'une fausse digestion. La -peste soit du bouc, dit le Procureur, en se portant la main au nez! Ce -n'est point là le pire, continua Commode, la Dévôte prenoit -journellement un anodin; & comme vous sçavez que cela ne se prend pas si -exactement qu'il ne s'en échape toujours quelque chose, j'avois la -mortification d'humer ce qu'elle ne pouvoit retenir. Il arriva même un -jour, que je pensai être noyé par la méprise de la Servante: c'étoit -elle qui étoit chargée du soin d'abreuver le derriere de Madame. -L'innocente Jeanne ayant mal pris cette fois là ses dimensions, lui -échauda le canal de l'urétre & ses dépendances. La bonne Dame, peu -habituée à être injectée en pareil endroit, serra les fesses, & emporta -la canulle d'un coup de croupe; de maniere que je ne perdis pas une -goutte de la décoction. Et que fit-on à la pauvre Jeanne, demanda le -Procureur, pour l'expiation d'une semblable faute? On la condamna à -recevoir vingt coups d'étriviéres; laquelle Sentence M. Ventru prit la -peine d'exécuter dans la minute; & ce fut sur moi que la tragédie se -passa. Jeanne reconnoissant son crime se coucha modestement, & livra son -derriere à la merci du vieux Directeur, qui, malgré sa résignation, ne -lui fit grace de rien. Ces gens d'Eglise, dit la Procureuse, sont sans -pitié. Il est vrai, répartit Commode; la dureté de coeur est un défaut -qu'on leur reproche avec justice; mais en telle circonstance, un homme -du monde n'auroit pas été plus traitable: Jeanne étoit jeune & jolie, -elle avoit la peau belle & de l'embonpoint: Tant de charmes flattoient -trop la vûe pour ne pas mettre à profit les instans où il étoit permis -de les admirer; & comme cela ne se pouvoit faire décemment qu'à -l'occasion de la peine infligée à la patiente, le bon-homme Ventru ne se -pressoit pas de finir, & comptoit distinctement tous les coups qu'il -lâchoit, ainsi que tout paillard, Prêtre ou non, auroit fait en sa -place... La pauvre fille! interrompit le Procureur, il falloit qu'elle -eût bien de la patience. Par sangbleu, repliqua le Chevalier, il falloit -que j'en eusse bien davantage moi. Ce n'étoit point assez que je fusse -sans-cesse infecté & sali par les deux plus vilains derrieres de France, -j'étois encore le souffre-douleur des bêtes de la maison. Théatre -éternel des querelles du chien & du chat, j'avois toujours à pâtir de -leur mesintelligence. Le moindre petit os à ronger, allumoit entr'eux -une guerre civile dans laquelle j'héritois d'ordinaire maints coups de -griffes & de dents: Maître Minet, même en sa meilleure humeur, aiguisant -nonchalamment ses ongles crochus sur ma peau, me découpoit chaque jour -quelque partie du corps. Et Monsieur est témoin que j'étois presque en -lambeaux, lorsque Madame eut la courtoisie de prendre congé de ce monde, -pour aller en l'autre. - - - - -CHAPITRE XI. - -_Le Canapé entre chez le Procureur, & y recouvre sa premiére forme au -bout de dix ans._ - - -Délabré & déguenillé, comme je l'étois alors, il n'y avoit qu'un -Philosophe, ou un homme ennemi de l'ostentation tel que vous, qui pût se -charger d'un aussi mauvais meuble que moi. Enfin, vous fûtes assez -modeste pour ne me pas juger indigne de décorer votre cabinet. Eh! Mais, -dit le Procureur, vous n'aviez pas mauvaise façon, quand ma niéce vous -eut racommodé, vous étiez comme tout neuf. Tudieu, repartit le -Chevalier, vous parlez d'une fille d'un grand merite; je n'ai jamais vû -coudre & tricoter de meilleure grace. Avouez, Papa, que vous en étiez un -peu féru, & qu'il n'a point tenu à vous d'avoir quelques privautés -incestueuses avec elle. Vous souvenez-vous d'un jour que la trouvant -endormie sur moi, vous lui glissâtes une main sous la jupe? Oh! -répliqua-t-il, c'étoit seulement pour voir si elle étoit chatoüilleuse. -Votre Maître-Clerc, reprit Commode, eut la même curiosité un matin que -vous étiez au Palais: Je croyois, ma foi, qu'elle étoit en létargie. -Quoi? poussa-t-il les choses assez-loin pour... Belle demande! Il s'y -prit si legerement, qu'il fit tout ce que vous aviez envie de faire; & -il n'y eut que cela qui l'éveilla. Ah, la coquine! Peut-on avoir le -sommeil si dur? J'aurois répondu, sur ma tête, de la sagesse de cette -fille-là. Mais, repartit le Chevalier, vous n'auriez point eu tort, -Mademoiselle votre niéce fesoit une fille aussi sage qu'une autre. -Comment, morbleu, vous appellez sage une malheureuse qui s'abandonne à -un faquin de Clerc... Eh! sçait-on ce que l'on fait quand on dort? Dès -que la raison & le jugement ne sont point de la partie, toutes les -actions sont indifferentes; or vous sçavez que dans le sommeil on -extravague plus qu'on ne raisonne... A la bonne-heure, interrompit -l'homme de chicane, il est tout simple d'extravaguer en dormant; mais -que l'on fasse des enfans sans s'en appercevoir, c'est ce qu'on ne me -persuadera point. Vraiment, répondit Commode, je ne dis pas que votre -niéce ne se soit point apperçue de quelque chose, mais la besogne étoit -déjà si avancée, lorsqu'elle s'avisa de le sentir, qu'il y auroit eu du -ridicule à elle de vouloir l'interrompre. - -Le Chevalier avoit à peine cessé de parler, qu'on heurta à la porte du -cabinet. C'étoient plusieurs aimables de la nôce, qui s'impatientant de -ne pas voir les nouveaux mariez, les plaisantoient à travers la serrure -& leur lâchoient mille jolies petites saillies bourgeoises sur la -longueur de leur tête à tête. - -Commode qui n'avoit plus rien, ou très-peu de chose à dire, n'ayant -entendu que le jargon barbare des Coutumes, pendant qu'il étoit chez le -Procureur, fut charmé d'avoir un honnête prétexte de se taire. Il -vouloit prendre congé de Monsieur & de Madame: mais on le retint de -force, & il fut du souper: on prétend même que la Procureuse trouva -moyen de l'introduire dans sa chambre; & que tandis que reposoit le -bon-homme à qui l'on avoit eu la précaution de faire prendre un breuvage -soporatif, ils veillerent tous deux au grand contentement l'un de -l'autre. - -Cependant le Chevalier aspirant au bonheur de revoir ses foyers, comme -un Picard qui a la maladie du Pays; partit quelques jours après malgré -les larmes de la Procureuse, & les promesses qu'elle lui fit de -l'épouser aussitôt qu'elle auroit expédié son nouveau mari. - -Le destin avoit arrêté qu'il retournât à ses premiéres amours; & la Fée -Printaniere devoit être la recompense de toutes les peines qu'il avoit -souffertes pour elle. - -Le célébre Auteur de l'Almanach de Liége, homme digne de foi, si jamais -il en fût, assure qu'il la retrouva fidéle. Quoiqu'il en soit Crapaudine -consentit à leur mariage, à condition, néanmoins, que Commode, avant -toute chose, répareroit amplement la faute qui avoit causé ses -disgraces. Le pas étoit glissant; il y avoit tout à craindre qu'il ne -faillît encore. Printaniére qui sçavoit qu'à toute sorte d'éxercices un -peu d'habitude est nécessaire (elle ignoroit, sans doute, que la -Procureuse y avoit pourvû) se hata de lui donner quelques leçons, puis -lui ayant fait prudemment avaler une demi-douzaine d'oeufs frais, avec -deux cuillerées de garu, elle le conduisit chez Crapaudine. - -La Princesse avoit eu soin de se précautionner d'un double lacet: pour -soutenir le poids immense de sa gorge, soupçonnant que la chute imprévue -d'une aussi grande quantité d'apas pouvoit jadis avoir causé au -Chevalier la distraction dont elle l'avoit puni si rigoureusement. - -Elle étoit mise à ravir. Coëffure en papillon, croix à la dévôte & -pendeloques de strass, robbe & jupon de taffetas gorge de pigeon en -falbalas, chaussure à l'Angloise, panier du Pont-au-Change, & tant de -jolies choses relevées par deux grandes mouches sur les temples avec un -petit oeil de vermillon. - -Commode ne put s'empêcher de faire un éclat de rire, la voyant ainsi -parée. Heureusement son Altesse, qui avoit très-bonne opinion -d'elle-même, attribua ce mouvement de guaïté au plaisir qu'il avoit de -la revoir. De maniere qu'il fut très-bien accueilli. Enfin, grace au -garu & aux oeufs frais, il obtint son pardon, & deux jours après son -mariage ayant été declaré avec Printaniere, Crapaudine, pour l'attacher -à sa maison; créa la Charge de Grand Sarbacanier de la Couronne, dont -elle le revêtit à cause des talens extraordinaires qu'il avoit montrés -autrefois pour le noble exercice de la Sarbacane. - - -FIN. - - - - -Note sur la transcription électronique - -On a reproduit à l'identique l'orthographe de l'original imprimé. - -On a appliqué l'intégralité des corrections manuscrites présentes sur -l'exemplaire original (8º B 19150 / B.L. 14468 de la bibliothèque de -l'Arsenal), qui rapprochent le texte d'autres éditions de l'époque, et -dont voici le détail: - - ajout de "&" (jeune, & de figure à faire naître) - continua-t-'il > continua-t'elle (continua-t'elle en se couchant) - vous > nous (des instans que votre mari nous laisse) - ajout de "en" (fiez-vous en à moi) - l'avouez, vous trouverez > la voyiez, vous trouveriez - (Oh! si vous la voyiez, vous trouveriez) - promet > permet (le sort qui vous menace ne me permet pas) - & me > me (Eh! bien, reprit Printaniére, me regardant tendrement) - ajout de "joli" (la figure du plus joli petit chien) - de salade > de sa salade (accompagné de sa salade) - sene > sexe (un affront que le sexe ne pardonne pas) - deriver > deviner (c'est à vous de les deviner) - Pour > Puis (Puis la passion la suffoquant) - détournai > retrouvai (je ne me retrouvai plus) - cracha > crache (En même temps elle me crache au visage) - affablement > affublement (L'affublement apostolique) - leur > le (pour entretenir la paix dans le ménage) - d'eviter > d'inviter (d'inviter les caffarts à boire leur vin) - membe > membre (d'avoir de liaison avec aucun membre du Clergé) - très-persuadée > très-persuadé (au moins suis-je très-persuadé) - le Procureur ... courtoisie > la Procureuse ... convoitise - (un homme bien rare, dit la Procureuse d'un ton de convoitise) - ajout de "en" (& bien nous en prenoit; car les gens du bel air) - coucha ... leva > couche ... > leve - (le paillard la couche de son long, lui leve la chemise) - reprond > répond (Ma chere mere, répond l'Abbé d'un air soumis) - feignoit > feignit (il feignit de vouloir les esquiver avec les mains) - rigoureusement > vigoureusement (de cette espece aussi vigoureusement) - vois > crois (je le crois bien, répondit Commode) - à un Reverend > aux Reverends (firent entendre aux Reverends) - lequel > laquel[le] (l'eau dans laquelle on les fait cuire) - de d'étrivieres > d'étrivieres (avec cent coups d'étrivieres) - porta > préta (la sagesse du gouvernement ne se préta point) - des > de (par de sacriléges histrionades) - connoissiez > connoissez (Que vous connoissez peu les priviléges) - vous > nous (ce qui seroit inique pour des profanes, tels que nous) - duement > decemment (ne se pouvoit faire decemment) - de maints > maints (j'héritois d'ordinaire maints coups de griffes) - feroit > fesoit (votre niéce fesoit une fille aussi sage) - ajout de "eu" (qu'il y auroit eu du ridicule à elle de vouloir) - starfs > strass (pendeloques de strass, robbe & jupon) - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Le Canapé couleur de feu, par M. de ***, by -Jean-Louis Fougeret de Montbron - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE CANAPÉ COULEUR DE FEU *** - -***** This file should be named 60918-8.txt or 60918-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/6/0/9/1/60918/ - -Produced by René Galluvot (from images generously made -available by the Bibliothèque nationale de France -(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, -and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive -specific permission. If you do not charge anything for copies of this -eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook -for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, -performances and research. They may be modified and printed and given -away--you may do practically ANYTHING in the United States with eBooks -not protected by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the -trademark license, especially commercial redistribution. - -START: FULL LICENSE - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full -Project Gutenberg-tm License available with this file or online at -www.gutenberg.org/license. - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project -Gutenberg-tm electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or -destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your -possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a -Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound -by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the -person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph -1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this -agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm -electronic works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the -Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection -of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual -works in the collection are in the public domain in the United -States. If an individual work is unprotected by copyright law in the -United States and you are located in the United States, we do not -claim a right to prevent you from copying, distributing, performing, -displaying or creating derivative works based on the work as long as -all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope -that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting -free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm -works in compliance with the terms of this agreement for keeping the -Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily -comply with the terms of this agreement by keeping this work in the -same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when -you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are -in a constant state of change. If you are outside the United States, -check the laws of your country in addition to the terms of this -agreement before downloading, copying, displaying, performing, -distributing or creating derivative works based on this work or any -other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no -representations concerning the copyright status of any work in any -country outside the United States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other -immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear -prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work -on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the -phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, -performed, viewed, copied or distributed: - - This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and - most other parts of the world at no cost and with almost no - restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it - under the terms of the Project Gutenberg License included with this - eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the - United States, you'll have to check the laws of the country where you - are located before using this ebook. - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is -derived from texts not protected by U.S. copyright law (does not -contain a notice indicating that it is posted with permission of the -copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in -the United States without paying any fees or charges. If you are -redistributing or providing access to a work with the phrase "Project -Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply -either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or -obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm -trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any -additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms -will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works -posted with the permission of the copyright holder found at the -beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including -any word processing or hypertext form. However, if you provide access -to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format -other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official -version posted on the official Project Gutenberg-tm web site -(www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense -to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means -of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain -Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the -full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works -provided that - -* You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed - to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has - agreed to donate royalties under this paragraph to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid - within 60 days following each date on which you prepare (or are - legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty - payments should be clearly marked as such and sent to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in - Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg - Literary Archive Foundation." - -* You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or destroy all - copies of the works possessed in a physical medium and discontinue - all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm - works. - -* You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of - any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days of - receipt of the work. - -* You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project -Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than -are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing -from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and The -Project Gutenberg Trademark LLC, the owner of the Project Gutenberg-tm -trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -works not protected by U.S. copyright law in creating the Project -Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm -electronic works, and the medium on which they may be stored, may -contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate -or corrupt data, transcription errors, a copyright or other -intellectual property infringement, a defective or damaged disk or -other medium, a computer virus, or computer codes that damage or -cannot be read by your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium -with your written explanation. The person or entity that provided you -with the defective work may elect to provide a replacement copy in -lieu of a refund. If you received the work electronically, the person -or entity providing it to you may choose to give you a second -opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If -the second copy is also defective, you may demand a refund in writing -without further opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO -OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT -LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of -damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement -violates the law of the state applicable to this agreement, the -agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or -limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or -unenforceability of any provision of this agreement shall not void the -remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in -accordance with this agreement, and any volunteers associated with the -production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm -electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, -including legal fees, that arise directly or indirectly from any of -the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this -or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or -additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any -Defect you cause. - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at -www.gutenberg.org - - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - |
