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-The Project Gutenberg EBook of Nouvel atlas de poche des champignons
-Comestibles et Vénéneux les plus repandus, by Paul Dumée
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
-other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
-the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
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-
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-Title: Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. - tome 2
-
-Author: Paul Dumée
-
-Illustrator: A Bessin
-
-Release Date: October 8, 2017 [EBook #55700]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHAMPIGNONS ***
-
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-
-Produced by Claudine Corbasson, Nicole Pasteur and the
-Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
-(This file was produced from images generously made
-available by The Internet Archive)
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- Au lecteur
-
- Ce livre électronique reproduit intégralement le texte original, et
- l'orthographe d'origine a été conservée. Seules quelques erreurs
- typographiques évidentes ont été corrigées. La liste de ces
- corrections se trouve à la fin du texte.
-
- La ponctuation a également fait l'objet de quelques corrections
- mineures. Les mots mis en gras par l'auteur sont notés =ainsi=.
-
- L'errata a été inclus dans le texte.
-
- Le livre est suivi d'un catalogue qui n'a pas été repris ici.
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-
- BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE. XX.
-
-
- NOUVEL ATLAS DE POCHE
-
- DES
-
- CHAMPIGNONS
-
- Comestibles et Vénéneux
-
- LES PLUS RÉPANDUS
-
- SUIVI DE NOTIONS GÉNÉRALES SUR LES CHAMPIGNONS
- leur classification et leur anatomie
- avec notions sur le microscope, la photographie et l'espéranto
-
-
- 64 PLANCHES COLORIÉES REPRÉSENTANT 77 ESPÈCES
- ET 4 PLANCHES NOIRES
- avec texte
-
- Par PAUL DUMÉE
- Membre des Sociétés botanique et mycologique de France
-
-
- PEINTURES PAR A. BESSIN
-
-
- SÉRIE II
-
-
- PREMIÈRE ÉDITION
-
-
- PARIS
-
- LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES
-
- Paul Klincksieck
- LÉON LHOMME, successeur
-
- 3, RUE CORNEILLE, 3
-
- 1911
-
- _Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous
- pays._
-
-
-
-
-PRÉFACE
-
-
-_L'accueil bienveillant qui a été fait par les mycologues à notre
-nouvel_ =Atlas de Champignons= _nous engage à présenter aujourd'hui un
-second volume conçu sur le même plan, et auquel nous travaillons depuis
-très longtemps._
-
-_Nous avons la conviction qu'il ne sera en rien inférieur à son aîné._
-
-_En prévision de cet ouvrage, nous avons, au cours des trois dernières
-années, recueilli et fait peindre par notre très habile dessinateur, M.
-Bessin, les 77 champignons que nous représentons._
-
-_Un tel travail, lorsque l'on veut procéder comme nous l'avons fait,
-c'est-à-dire ne prendre pour modèles que des champignons vivants,
-exige toujours beaucoup de temps; on ne trouve pas tous les jours
-les spécimens dont on a besoin, et il faut souvent faire de nombreux
-déplacements pour se procurer certaines espèces._
-
-_Aujourd'hui, notre travail est terminé, nous avons pu nous procurer
-toutes les espèces que nous voulions décrire, et M. Bessin a mis tout
-son talent à les représenter exactement._
-
-_Le texte descriptif de chaque espèce est, comme dans le premier
-volume, en regard de la planche représentant le champignon, il est
-alors facile de s'assurer au fur et à mesure de la lecture, des
-caractères particuliers qui permettent de déterminer l'espèce._
-
-_Dans la deuxième partie du texte, nous avons à dessein donné des
-notions mycologiques plus approfondies que celles faisant partie du
-premier volume._
-
-_Nous avons dressé spécialement pour nos lecteurs des tableaux
-de détermination qui, quelque imparfaits qu'ils puissent être,
-intéresseront, nous l'espérons, les mycologues._
-
-_Nous supposons avec raison que les possesseurs de notre_ =Atlas=
-_se sont déjà familiarisés avec les éléments de la mycologie, et que
-plusieurs d'entre eux possèdent un microscope._
-
-_Pour ces derniers, nous donnons un article traitant de cette question,
-ainsi que du dessin à la chambre claire._
-
-_Enfin, aujourd'hui que tout le monde est plus ou moins photographe,
-nous ne pouvions mieux faire que d'inviter les mycologues à fixer
-sur leurs plaques les champignons qui les intéressent, et ensuite
-à colorier à l'aquarelle les épreuves obtenues. Mais cela demande
-quelques tours de mains, que nous sommes heureux de pouvoir indiquer au
-cours de notre ouvrage._
-
-_Plusieurs figures sont intercalées dans le texte pour en faciliter la
-compréhension._
-
-_Il n'est pas jusqu'à_ l'Esperanto, _cette langue annexe si simple et
-si utile, qui ne soit appelée à rendre aux mycologues des services
-signalés, en leur permettant de correspondre avec leurs confrères des
-pays les plus différents par la langue._
-
-_Aussi avons-nous voulu contribuer pour notre faible part à la
-diffusion de cette langue vraiment géniale, en donnant ici_:
-
-_Premièrement, la traduction en esperanto d'un texte mycologique
-français, intitulé la Chanterelle comestible, et deuxièmement, quelques
-notions d'esperanto._
-
- Paris, septembre 1911.
-
- L'AUTEUR ET L'ÉDITEUR.
-
-
-ERRATA
-
-Page 51, lire: _Polyporus perennis_, au lieu de _P. perennus_.
-
-Page 60, lire: _Astre hygrométrique_, au lieu de _A. géométrique_.
-
-
-
-
-PARTIE I
-
-Description des espèces.
-
-
-=Amanite épaisse.--Amanita spissa.=
-
-Spores blanches.
-
-Cette Amanite n'est pas sans avoir quelque ressemblance avec l'Amanite
-panthère, dont nous avons parlé à la page 5 du premier volume de notre
-Atlas: elle a à peu près la même taille et la même couleur, mais le
-chapeau de l'Amanite épaisse n'est pas strié sur les bords, tandis
-qu'il l'est dans l'Amanite panthère. De plus, le pied est plus ou moins
-marginé à la base dans la première et lisse au-dessus du collier, alors
-que dans l'Amanite épaisse, il ne porte que des écailles à la base et
-des stries au-dessus du collier.
-
-L'Amanite épaisse a le chapeau d'abord convexe puis plan, brun ou
-brun gris, lisse sur les bords et tout parsemé de verrues blanchâtres
-ou grisâtres, parfois même de véritables plaques un peu farineuses;
-diamètre: 6 à 8 centimètres.
-
-Feuillets blancs, nombreux, minces, atténués à la base, arrondis vers
-le bord, et légèrement décurrents par une dent.
-
-Pied blanc, plein, long de 5 à 8 centimètres, strié au-dessus du
-collier et couvert au-dessous de petites squamules grisâtres.
-Il s'épaissit à la base et est couvert d'écailles disposées
-circulairement; il se termine enfin par une sorte de racine.
-
-Chair blanche, molle, à odeur de radis.
-
-Cette espèce d'Amanite, qui n'est pas très commune, est regardée
-comme comestible, mais il faut éviter de la confondre avec l'Amanite
-panthère, qui est vénéneuse. Elle pousse en été-automne, dans les bois.
-
-[Illustration: --Planche 1--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
-=Amanite épaisse=
-
-Amanita spissa
-
-_Comestible_]
-
-
-=Amanite ovoïde.--Amanita ovoidea.=
-
-Noms vulgaires: _Boulé_, _Oronge blanche_, _Coucoumelle blanche_.
-
-Spores blanches.
-
-Cette belle Amanite, la plus grosse de toutes, se trouve à peu près
-dans toute la France, aussi bien dans le Nord (quoique plus rarement)
-que dans le Midi, à l'Est qu'à l'Ouest.
-
-Elle est dans son jeune âge complètement enveloppée par la volve, comme
-l'Amanite des Césars, mais cette volve est beaucoup plus friable.
-Lorsque le chapeau émerge, il est tout à fait sphérique, recouvert d'un
-épiderme blanc un peu satiné, mince et s'enlevant assez facilement:
-peu à peu la convexité diminue et le chapeau peut devenir presque
-plat: à son complet développement, il mesure de 10 à 15 centimètres;
-il est alors charnu au centre, mince sur les bords qui sont souvent
-appendiculés.
-
-Les feuillets sont d'un blanc quelque peu grisâtre, assez nombreux,
-larges à la marge et libres près du pied, épais et comme frangés sur
-les bords et peu consistants.
-
-Le pied est blanc, gros, cylindrique, long de 8 à 12 centimètres
-et un peu renflé à la base, et couvert à sa surface de nombreuses
-granulations floconneuses faciles à enlever. A sa partie supérieure se
-trouve un collier très large et si peu consistant qu'il disparaît de
-très bonne heure. Il porte à sa base une ample volve blanche souvent
-colorée en jaune par la terre qui la recouvre.
-
-L'Amanite ovoïde pousse en juin et septembre dans les endroits bien
-exposés au voisinage des chênes et des sapins. Elle est comestible,
-mais moins fine que l'Oronge. Il faut éviter de la confondre avec
-l'Amanite printanière et les variétés blanches des Amanites phalloïde
-et citrine.
-
-[Illustration: --Planche 2--
-
-=Bois, landes ensoleillées=--Été, automne
-
-=Amanite ovoïde= (Oronge blanche)
-
-Amanite ovoidea
-
-_Comestible_]
-
-
-=Lépiote en crête.--Lepiota cristata.=
-
-Spores blanches.
-
-Cette Lépiote se distingue bien de ses congénères par son odeur forte,
-plutôt désagréable.
-
-C'est un champignon de taille moyenne, qui a le chapeau assez foncé
-lorsqu'il est jeune, mais, par suite de sa croissance, l'épiderme se
-rompt pour former des écailles roussâtres ou brunes assez régulièrement
-disposées.
-
-Le chapeau est d'abord arrondi, nettement mamelonné, puis il s'aplatit
-tout en gardant le centre obtus, et de couleur brun rouge, alors que
-le reste du chapeau est blanc sale et couvert de nombreuses écailles
-brunes. Son diamètre est de 3 à 5 centimètres.
-
-Les feuillets sont blancs, d'abord serrés puis un peu écartés, larges
-surtout vers la marge du chapeau; ils laissent autour du pied un espace
-très appréciable.
-
-Le pied est cylindrique, égal ou un peu renflé à la base, fragile,
-creux à l'intérieur, blanc ou un peu roussâtre, muni à sa partie
-supérieure d'un collier blanc assez grand mais fugace.
-
-Chair blanche, mince, ayant une odeur assez désagréable, que l'on a
-comparée à celle du raifort, et une saveur nauséeuse. C'est à cela que
-probablement l'on doit de déclarer que ce champignon est suspect.
-
-On trouve la Lépiote en crête, en été, dans les champs, les bois, etc.
-
-[Illustration: --Planche 3--
-
-=Prés, bois, clairières=--Du printemps à l'automne
-
-=Lépiote en crête=--Lepiota cristata
-
-_Suspect_]
-
-
-=Armillaire jaune verdâtre.--Armillaria luteo-virens.=
-
-Spores blanches.
-
-Ce beau et rare champignon a une couleur toute particulière jaune
-verdâtre qui permettra de ne pas l'oublier lorsqu'on l'aura vu une fois.
-
-Son chapeau est convexe, mamelonné, puis régulièrement arrondi, large
-de 5 à 8 centimètres, jaune, jaunâtre ou jaune verdâtre, couvert de
-mèches nombreuses qui saillissent sur le bord du chapeau.
-
-Feuillets blancs ou blanchâtres, présentant parfois une légère teinte
-jaune, assez nombreux, devenant libres et atténués vers la marge du
-chapeau.
-
-Pied robuste, cylindrique, droit, plein, égalant environ le diamètre
-du chapeau blanc ou jaunâtre, mais toujours beaucoup plus clair que
-le chapeau, un peu aminci vers le haut et couvert sur les 2/3 de sa
-hauteur de fibrilles écailleuses formant collier.
-
-Chair blanche ou blanchâtre, épaisse, de saveur agréable et d'odeur
-nulle, comestible.
-
-L'Armillaire jaune verdâtre se trouve dans les bois de conifères,
-surtout dans les montagnes.
-
-[Illustration: --Planche 4--
-
-=Sous les conifères des montagnes=--Automne
-
-=Armillaire jaune verdâtre=--Armillaria luteo-virens
-
-_Comestible_]
-
-
-=Armillaire bulbeuse.--Armillaria bulbigera.=
-
-Spores blanches.
-
-La forme caractéristique du pied de ce champignon ne permet pas de se
-tromper, car il n'y a pas, parmi les Agarics à spores blanches, de
-champignon ayant au pied un pareil renflement.
-
-Son chapeau est charnu, convexe, puis plat tardivement, jaune fauve
-ou un peu rougeâtre, plus foncé sur le disque, nu, glabre, humide,
-luisant, et parfois garni sur les bords des débris du collier; son
-diamètre est de 5 à 7 centimètres.
-
-Feuillets blancs ou carnés, nombreux, un peu décurrents.
-
-Pied plein rarement creux, blanchâtre ou de couleur plus claire que le
-chapeau, cylindrique mais terminé à sa base par un large bulbe, comme
-on en voit chez certains cortinaires, couverts de filaments formant
-cortine et long de 4 à 6 centimètres.
-
-Chair blanche, agréable, comestible.
-
-Ce champignon pousse en colonies sous les arbres verts pendant l'été
-et l'automne: mais, à première vue, on peut très bien le prendre pour
-un _Hebeloma crustuluniformis_, Hébélôme échaudé, il en a un peu la
-couleur et la forme, mais il suffira de regarder son pied pour être
-fixé. Au reste, l'Hébélôme échaudé a les spores ochracées et sa chair
-sent la rave.
-
-[Illustration: --Planche 5--
-
- =Bois d'arbres verts= | =Sur les chênes, hêtres, etc.=
-
- Été, automne | Automne
-
- =Armillaire bulbeuse= | =Pleurote des écorces=
-
- Armillaria bulbigera | Pleurotus corticatus
-
- _Comestibles_]
-
-
-=Tricholôme sinistre.--Tricholoma sævum.=
-
-Spores blanches.
-
-Nous avons, dans le premier volume, décrit et figuré un champignon
-appelé Tricholome nu, _Tricholoma nudum_, connu sous le nom de pied
-bleu. Aujourd'hui, nous allons nous occuper d'un proche parent du pied
-bleu: il y a en effet plusieurs champignons du genre Tricholôme qui
-sont voisins les uns des autres, et qui revêtent plus ou moins cette
-teinte violacée ou bleue.
-
-Le _Tricholoma sævum_ est un champignon trapu plus massif que le pied
-bleu; son chapeau est charnu, compact, régulièrement bombé, avec les
-bords recourbés en dessous. Il mesure de 6 à 8 centimètres et est
-recouvert d'un épiderme lisse, difficile à enlever, de couleur violacée
-passant aisément au fauve pâle. Il est doux au toucher, humide, et
-recouvre une chair épaisse, fine, blanche ou régulièrement violacée.
-
-Les feuillets sont nombreux, assez étroits, arrondis et libres à la
-base, aigus vers la marge, blanchâtres ou fauvâtres.
-
-Le pied est long de 6 à 7 centimètres, épais, cylindrique, plein, puis
-creux tardivement, et légèrement teinté de violet ou de rose lilacé à
-l'extérieur. Il n'est pas en général recouvert à sa base de filaments
-cotonneux lilacés comme le pied bleu.
-
-On trouve le _Tricholoma sævum_ principalement à l'automne, dans les
-prés, les pâturages humides, où il forme des groupes.
-
-Quélet décrit, sous le nom de Tricholôme améthyste, un champignon qui
-paraît très voisin de celui-ci.
-
-Malgré son nom de sinistre, ce champignon est un excellent comestible
-auquel on ne pourrait que reprocher de ne pas être assez répandu.
-
-[Illustration: --Planche 6--
-
-=Prés, Pâturages=--Été, automne
-
-=Tricholôme sinistre=--Tricholoma sævum
-
-_Comestible_]
-
-
-=Tricholôme gonflé.--Tricholoma tumidum.=
-
-Spores blanches.
-
-Le Tricholôme gonflé est un champignon d'assez grande dimension; son
-chapeau mesure 8 à 9 centimètres; il est charnu, d'abord arrondi
-puis convexe et plan, ondulé et difforme, avec les bords minces,
-irréguliers, fendillés, lobés; il est gris cendré ou gris brunâtre, un
-peu luisant et plus pâle à la circonférence.
-
-Les feuillets sont assez nombreux, émarginés, épais, larges,
-blanchâtres ou un peu teintés de roussâtre.
-
-Pied plein, gros, robuste, s'élargissant vers la base, blanc ou
-blanchâtre, un peu strié, long de 5 à 7 centimètres et plus; il se
-termine inférieurement par une sorte de prolongement radiqueux.
-
-Chair blanche, assez ferme, d'odeur et de saveur agréables. Non indiqué
-comme comestible.
-
-On trouve ce champignon en été-automne, dans les bois surtout résineux.
-
-[Illustration: --Planche 7--
-
-=Bois résineux=--Été, automne
-
-=Tricholôme gonflé=--Tricholoma tumidum]
-
-
-=Tricholôme couleur de vache.=
-
-=Tricholoma vaccinum.=
-
-Spores blanches.
-
-Si tous les champignons avaient un aspect aussi caractéristique que
-le Tricholôme écailleux, on serait beaucoup moins embarrassé qu'on ne
-l'est généralement dans une foule de cas.
-
-Figurez-vous un champignon assez grand, brun ou roussâtre, dont le
-chapeau et même le pied sont revêtus, surtout le chapeau, d'une ample
-toison formée d'écailles fibrilleuses.
-
-Lorsqu'il est à peu près développé, le _Tricholoma vaccinum_ nous
-montre un chapeau de 5 à 8 centimètres, arrondi, puis étalé et
-mamelonné avec les bords plus ou moins recourbés.
-
-Il est entièrement recouvert de fibrilles rousses plus ou moins
-appliquées ou relevées qui forment comme un revêtement laineux.
-
-Les feuillets sont assez peu nombreux, larges, sinués à la base,
-blanchâtres et ayant la propriété de se maculer de roussâtre lorsque le
-champignon prend de l'âge.
-
-Le pied est robuste, droit ou courbé, renflé à la base et terminé
-par une sorte de racine. Il est plein, puis creux, plus clair que le
-chapeau et plus ou moins fibrilleux; quelquefois même ces fibrilles
-forment comme un léger collier. Comestible quoique peu délicat. Ce
-champignon se plaît surtout dans les bois d'arbres verts à sous-sol
-humide.
-
-Le Tricholôme imbriqué, _Tricholoma imbricatum_, est très voisin de
-notre champignon; il a le même aspect, vient dans les mêmes endroits,
-mais sa toison est beaucoup moins fournie: il est du reste également
-comestible.
-
-[Illustration: --Planche 8--
-
-=Sous les conifères=--Été, automne
-
-=Tricholôme couleur de vache=--Tricholoma vaccinum
-
-_Comestible_]
-
-
-=Tricholôme couleur de soufre.=
-
-=Tricholoma sulfureum.=
-
-Spores blanches.
-
-Comme l'indique son nom, le Tricholôme couleur de soufre est tout
-jaune, ce caractère suffira à lui seul pour attirer l'attention sur
-ce champignon et le faire reconnaître, car il n'y a pas beaucoup de
-Tricholômes jaunes.
-
-C'est un champignon assez élancé, ayant un chapeau jaune assez peu
-charnu, d'abord un peu conique, puis arrondi avec un léger mamelon au
-centre; assez tardivement il devient plat. L'épiderme est adhérent,
-un peu cotonneux, puis glabre; il recouvre une chair mince, jaune,
-présentant une odeur particulière assez prononcée qui n'est pas sans
-analogie avec celle de l'iode.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, épais, jaune de soufre, comme tout le
-champignon, sinués à la base et décurrents par une petite dent.
-
-Le pied est beaucoup plus long que le diamètre du chapeau, puisqu'il
-mesure de 6 à 8 centimètres, quelquefois plus: il est ferme,
-cylindrique, parfois un peu irrégulier et aminci vers la base, glabre à
-l'extérieur, fibreux et jaune intérieurement.
-
-On trouve ce champignon dans les bois un peu frais depuis le
-commencement de l'été jusqu'à l'automne. On le considère comme
-vénéneux, sans que l'on puisse lui reprocher un méfait quelconque, mais
-son odeur et sa saveur le rendent impropre à l'alimentation et cela
-suffit pour le proscrire.
-
-[Illustration: --Planche 9--
-
-=Bois mêlés=--Été, automne
-
-=Tricholoma couleur de soufre=--Tricholoma sulfureum
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Tricholôme acerbe.--Tricholoma acerbum.=
-
-Spores blanches.
-
-Le Tricholôme acerbe est un champignon assez volumineux qui n'est
-pas rare dans les grands bois à l'arrière-saison. Son chapeau,
-d'abord arrondi, devient ensuite convexe, puis étalé avec les bords
-fortement repliés en dessous et fortement sillonnés; ce n'est que
-très tardivement qu'ils se relèvent. Il mesure 8 à 10 centimètres de
-diamètre et est blanc jaunâtre ou fauve.
-
-Les feuillets sont nombreux, minces, arrondis à la base, étroits vers
-la marge du chapeau; ils sont jaunâtres ou pâles, et quand on les
-froisse, ils prennent une légère teinte rougeâtre.
-
-Le pied est épais, cylindrique, ferme, un peu renflé à la base, blanc
-jaunâtre et parsemé de petites écailles au sommet; il est long de 5 à 6
-centimètres.
-
-Chair blanche, ferme, épaisse, mais de saveur un peu âpre, d'où le nom
-qui lui a été donné.
-
-On trouve ce champignon en été-automne, dans les bois, surtout en
-bordure, où il pousse isolé ou en colonies. Bien que de saveur peu
-agréable, on donne ce champignon comme comestible.
-
-[Illustration: --Planche 10--
-
-=Bois mêlés, taillis, futaies=--Été, automne
-
-=Tricholôme acerbe=--Tricholoma acerbum
-
-_Comestible_]
-
-
-=Tricholôme blanc.--Tricholoma album.=
-
-Spores blanches.
-
-Les champignons tout blancs sont assez fréquents; il faut donc,
-lorsqu'on se trouve en présence d'un champignon de cette sorte, faire
-bien attention à ses caractères particuliers, puisque la couleur ne
-peut en rien nous aider.
-
-Le Tricholôme blanc est un champignon de grandeur moyenne dont le
-chapeau, une fois développé, mesure de 5 à 7 centimètres de diamètre.
-Il est d'abord arrondi, assez régulier, puis il devient plan, et même
-un peu déprimé: il est lisse, glabre, blanc, mais dans la vieillesse le
-centre devient un peu jaunâtre.
-
-Les feuillets sont blancs, assez nombreux, larges, arrondis à la base
-et adhérents au pied par une dent.
-
-Le pied est souvent plus long que le diamètre du chapeau et mesure, en
-moyenne, de 6 à 8 centimètres; il est plein, ferme, fibreux, élastique,
-droit ou un peu courbé et même flexueux.
-
-Chair blanche, ferme, d'odeur peu accentuée mais de saveur amère.
-
-On le trouve communément à l'automne dans les bois où il forme des
-colonies nombreuses.
-
-Ce champignon qui, au premier abord, est d'un aspect engageant, est
-considéré comme comestible par les uns, et comme suspect par d'autres;
-mais en raison de son amertume, il n'est pas à recommander.
-
-[Illustration: --Planche 11--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
-=Tricholôme blanc=--Tricholoma album
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Tricholôme argouane.--Tricholoma panœolum.=
-
-Nom vulgaire: _Argouane des prairies_.
-
-Spores blanches.
-
-Cet excellent champignon est tout d'abord arrondi, régulier, puis à
-peu près plan avec les bords un peu recourbés en dessous, ensuite il
-se déprime et nous montre des bords minces capricieusement ondulés
-et relevés. Sa couleur est grise ou cendrée avec un certain reflet
-rougeâtre, le tout parfois couvert d'une sorte de pruine: il mesure de
-4 à 6 centimètres.
-
-Les feuillets sont nombreux, d'abord émarginés puis comme décurrents
-par suite du relèvement des bords du chapeau; d'abord blancs ou
-blanchâtres, ils prennent ensuite une teinte analogue à celle du
-chapeau. Comme tous les tricholômes, ils se recouvrent de spores
-blanches.
-
-Le pied est assez robuste, plein, fragile, strié et comme un peu
-velouté, grisâtre ou de la couleur du chapeau, mais plus clair.
-
-Chair blanchâtre ou un peu grise, ayant une bonne odeur de farine
-mouillée.
-
-On trouve quelquefois une variété de champignon, dont le chapeau est
-marqué de macules plus grandes.
-
-L'Argouane constitue un comestible très apprécié et vendu sur les
-marchés dans l'Ouest de la France; on peut le récolter à l'automne dans
-les prairies, les bois clairsemés, où il forme des cercles plus ou
-moins étendus.
-
-[Illustration: --Planche 12--
-
-=Prairies, clairières=--Automne
-
-=Tricholôme argouane=--Tricholoma panœolum
-
-_Comestible_]
-
-
-=Tricholôme rutilant.--Tricholoma rutilans.=
-
-Spores blanches.
-
-Bien nommé, ce nous semble, ce champignon dont le chapeau est d'un
-rouge de feu ou rouge cinabre.
-
-C'est toujours au pied des conifères malades, ou sur la souche de l'un
-d'eux restée en terre que l'on trouve ce beau champignon.
-
-Son chapeau sensiblement rond ne tarde pas à s'épanouir et à devenir
-presque plat, tout en gardant à son centre une proéminence assez
-marquée. Longtemps il garde son aspect majestueux et régulier et ce
-n'est que très tard qu'il se déforme. Si l'on examine à la loupe la
-surface du chapeau du Tricholôme rutilant, on remarque que sa couleur
-est due surtout à un revêtement tomenteux formé de petites écailles
-purpurines, et que le tissu sous-jacent est jaune; son diamètre est de
-5 à 10 centimètres.
-
-Les feuillets sont nombreux, fermes, adhérents, d'un jaune doré et
-garnis sur l'arête de villosités floconneuses. Le pied est robuste,
-arrondi, renflé vers le milieu, plein et fibreux, jaune et couvert
-comme le chapeau de flocons rouges mais moins abondants, il est long de
-6 à 8 centimètres.
-
-La chair du chapeau et celle du pied est jaune, sans odeur ni saveur.
-Il pousse en automne dans les bois de conifères. On le regarde comme
-vénéneux?
-
-[Illustration: --Planche 13--
-
-=Sur les souches d'arbres verts=--Été, automne
-
-=Tricholôme rutilant=--Tricholoma rutilans
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Clitocybe retourné.--Clitocybe inversa.=
-
-Spores blanches.
-
-Au premier coup d'œil on reconnaîtra sans peine dans ce champignon
-un Clitocybe, à ses feuillets fortement décurrents; il n'en est pas
-toujours ainsi, et bien souvent on hésite à placer un champignon dans
-ce genre ou un genre voisin.
-
-Le Clitocybe retourné est peu charnu; son chapeau d'abord arrondi ne
-tarde pas à devenir plan, puis à prendre la forme d'un entonnoir, il
-mesure alors de 5 à 8 centimètres. Il est glabre, jaune fauve, ou
-couleur de tan pâle, très mince sur les bords qui finissent par devenir
-irréguliers.
-
-Les feuillets sont nombreux, étroits, très décurrents et beaucoup plus
-pâles que le chapeau.
-
-Le pied est plutôt court (4 centimètres environ), plein, puis creux,
-ferme, un peu plus pâle que le chapeau, blanchâtre à la base qui est
-souvent renflée et courbée.
-
-La chair est blanche, mince, continue avec celle du pied, sans odeur
-marquée et un peu acidule.
-
-On donne ce champignon comme suspect, mais nous pensons avec M.
-Bataille qu'il est, sinon un bon comestible, tout au moins inoffensif.
-
-On trouve ce champignon, de l'été à l'automne, surtout dans les bois de
-conifères où il se montre souvent en touffes de plusieurs individus.
-
-Une espèce voisine, le _Clitocybe flaccida_, paraît n'en différer que
-par la teinte; elle pousse dans les mêmes endroits et jouit des mêmes
-propriétés.
-
-[Illustration: --Planche 14--
-
-=Surtout sous les arbres verts=--Été, automne
-
-=Clitocybe retourné=--Clitocybe inversa
-
-_Comestible?_]
-
-
-=Clitocybe géotrope.--Clitocybe geotropa.=
-
-Spores blanches.
-
-Le Clitocybe géotrope est un champignon assez volumineux qui appelle
-l'attention de l'amateur aussi bien que du mycologue par sa couleur
-pâle et son aspect trapu.
-
-Il montre d'abord un petit chapeau presque plat, avec le centre
-proéminent et les bords repliés, placé sur un pied relativement gros et
-bien droit.
-
-Son chapeau s'élargit peu à peu, relève ses bords, tout en gardant au
-centre un fort mamelon; il mesure alors de 7 à 10 centimètres, avec un
-bord mince ondulé et une couleur blanc rougeâtre tirant sur le fauve.
-
-Les feuillets sont nombreux, étroits, aigus aux deux extrémités,
-décurrents et blanchâtres.
-
-Le pied est cylindrique ou un peu renflé vers la base, long de 8 à 10
-centimètres sur une épaisseur d'environ 2 centimètres; il est plein,
-fibreux, blanchâtre ou fauvâtre, cotonneux à la base.
-
-La chair du champignon est blanche ou pâle, assez épaisse au centre,
-ferme et sans odeur.
-
-Le Clitocybe géotrope est comestible, on le récolte en été-automne dans
-les bois un peu frais, où il forme quelquefois des cercles de nombreux
-individus.
-
-Deux espèces voisines, les Clitocybe géant (_Clitocybe gigantea_) et
-Clitocybe très grand (_Clitocybe maxima_) ont beaucoup d'analogie avec
-le Clitocybe géotrope, se trouvent dans les mêmes endroits et sont
-également comestibles.
-
-[Illustration: --Planche 15--
-
-=Bois, pâturages, sapinières=--Été, automne
-
-=Clitocybe géotrope=--Clitocybe geotropa
-
-_Comestible_]
-
-
-=Clitocybe infundibuliforme.=
-
-Clitocybe infundibuliformis.
-
-Spores blanches.
-
-Bien plus grêle que le Clitocybe géotrope, dont nous venons de parler,
-le Clitocybe infundibuliforme en a un peu l'aspect, la forme et la
-couleur.
-
-Il a le chapeau mince, peu charnu, plat d'abord puis profondément
-déprimé avec un léger mamelon au centre; il mesure de 4 à 8 centimètres
-et est de couleur jaune pâle, légèrement teintée de fauve, d'abord
-régulier puis sensiblement ondulé ou festonné sur les bords.
-
-Les feuillets sont blancs, nombreux, étroits, terminés en pointe aux
-extrémités, décurrents sur le pied.
-
-Le pied est cylindrique ou épaissi vers la base, bien plus grêle que
-dans Clitocybe géotrope, blanchâtre ou jaunâtre, et couvert près du sol
-d'un duvet blanchâtre; sa longueur peut varier de 4 à 6 centimètres.
-
-Chair blanche, molle, peu épaisse, d'odeur agréable.
-
-Ce champignon, qui est comestible, pousse à l'automne dans les bois
-frais, sur les feuilles auxquelles il adhère par son duvet blanchâtre.
-Il est solitaire ou groupé et souvent on trouve deux individus soudés
-ensemble.
-
-Comme il est très peu charnu, on peut le dessécher facilement.
-
-[Illustration: --Planche 16--
-
-=Bois mêlés=--Eté, automne
-
-=Clitocybe en entonnoir=--Clitocybe infundibuliformis
-
-_Comestible_]
-
-
-=Collybie (enracinée) radiqueuse.=
-
-=Collybia radicata.=
-
-Spores blanches.
-
-Le nom qui a été donné à ce champignon lui vient de la faculté qu'il a
-d'émettre dans le sol une très longue racine, que l'on ne remarque pas
-toujours lorsqu'on arrache brusquement le champignon, car la racine se
-casse, et l'on n'en voit qu'une faible partie.
-
-Indépendamment de sa racine, le pied lui-même est beaucoup plus long
-que le diamètre du chapeau, puisqu'il mesure de 10 à 15 centimètres;
-il est raide, luisant, sillonné, aminci vers le haut et sensiblement
-renflé vers la base, blanc, blanchâtre ou grisâtre.
-
-Les feuillets sont blancs, peu nombreux, assez larges et adhérents.
-
-Le chapeau est peu charnu, mince, convexe, puis plan, portant à son
-centre un petit mamelon. Il mesure de 5 à 8 centimètres et est revêtu
-d'un épiderme assez épais, un peu ridé, glabre, visqueux surtout par
-les temps humides, brun gris plus ou moins foncé.
-
-Chair très mince, sans odeur ni saveur.
-
-Ce champignon pousse isolément ou en petit nombre en été-automne, au
-voisinage des vieux troncs, dans les bois un peu frais. Il importe pour
-l'avoir avec sa racine de le déterrer avec précaution, car le pied est
-assez fragile et se brise facilement.
-
-Il est comestible, mais si peu charnu qu'on le délaisse souvent.
-
-[Illustration: --Planche 17--
-
-=Sur les souches pourrissantes=--Automne
-
-=Collybie radiqueuse=
-
-Collybia radicata
-
-_Comestible_]
-
-
-=Mycène pure.--Mycena pura.=
-
-Spores blanches.
-
-Les Mycènes sont des champignons généralement grêles et fragiles, mais
-l'espèce dont nous allons parler est relativement grande, et facilement
-reconnaissable à sa couleur.
-
-Son chapeau est régulier, campanulé, puis plan et légèrement mamelonné,
-très peu charnu, glabre, et un peu strié à la marge qui est parfois
-légèrement duveteuse. Il mesure de 2 à 5 centimètres de large et sa
-couleur varie beaucoup: le plus ordinairement il est plus ou moins
-rose, mais on le trouve aussi presque blanc ou plus ou moins teinté de
-violet.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, larges au centre, atténués aux
-extrémités, de la couleur du chapeau ou plus pâles.
-
-Le pied est droit, fragile, plus long que le diamètre du chapeau,
-cylindrique, un peu renflé à la base, creux, glabre ou seulement
-fibrilleux vers le bas, blanchâtre.
-
-Chair blanche, mince, à odeur de rave.
-
-On trouve le _Mycena pura_ dans les bois au milieu des feuilles mortes
-auxquelles il adhère par des fibrilles; il vient isolé ou en groupe. En
-raison de sa taille et de son odeur de radis on ne fait pas usage de ce
-champignon.
-
-
-=Mycène des fougères--Mycena epipterygia.=
-
-Spores blanches.
-
-Chapeau membraneux, campanulé, de 2 à 4 centimètres, strié, grisâtre ou
-blanc jaunâtre.
-
-Feuillets peu nombreux, décurrents par une dent, blanchâtres, serrulés
-sur la tranche.
-
-Pied grêle, jaunâtre ou grisâtre, long de 8 à 10 centimètres, visqueux,
-fibrilleux et radicant à la base.
-
-On le trouve communément, en été-automne, sur les feuilles, les troncs;
-non comestible en raison de son peu d'épaisseur.
-
-[Illustration: --Planche 18--
-
- =Sur les troncs, feuilles, etc.= | =Sur les feuilles mortes=
-
- Automne | Été, automne
-
- =Mycène des fougères= | =Mycène pure=
-
- Mycena epipterygia | Mycena pura
-
- _Non comestibles_]
-
-
-=Chanterelle orangée.--Cantharellus aurantiacus.=
-
-Spores blanches.
-
-La Chanterelle orangée est proche parente de la Chanterelle comestible
-que tout le monde connaît, mais elle est plus grêle et sa couleur plus
-foncée.
-
-Le chapeau de ce champignon est assez peu charnu, d'abord arrondi,
-puis plan et bientôt déprimé, régulier ou irrégulier, mince et un peu
-enroulé sur les bords, un peu cotonneux ou tomenteux, jaune souci ou
-orangé fauve; son diamètre est de 2 à 6 centimètres.
-
-Les feuillets sont nombreux, étroits, minces, un peu ramifiés, de
-la même couleur que le chapeau, ou un peu plus foncés et longuement
-décurrents sur le pied qui est cylindrique, plein, assez grêle, droit
-ou courbé, rougeâtre en haut, plus pâle dans le bas. Chair molle,
-jaunâtre, sans odeur ni saveur. On trouve une variété toute blanche, et
-une autre présentant un pied noir à la base.
-
-La Chanterelle orangée est l'hôte habituel des bois résineux; elle
-pousse à l'automne.
-
-C'est bien à tort que l'on a regardé cette espèce comme suspecte, elle
-est parfaitement comestible comme l'ont montré des expériences faites
-récemment.
-
-[Illustration: --Planche 19--
-
-=Sous les Conifères=--Été, automne
-
-=Chanterelle orangée=--Cantharellus aurantiacus
-
-_Suspect pour les uns, comestible pour nous_]
-
-
-=Chanterelle en tube.--Cantharellus tubæformis.=
-
-Spores blanches.
-
-A voir ses feuillets décurrents sur le pied et ramifiés, on se
-rend bien compte que l'on est en présence d'une espèce du genre
-_Cantharellus_; mais, comme teinte, cette espèce diffère complètement
-des Chanterelles orangée et comestible.
-
-Très jeunes encore les Chanterelles en tube portent sur le chapeau un
-enfoncement caractéristique qui semble se continuer avec le pied de
-façon à simuler une sorte de cornet ou de trompe.
-
-Le chapeau de convexe qu'il était devient plat et légèrement replié sur
-le bord. Il est membraneux, de couleur fauve, jaunâtre ou grisâtre,
-pelucheux ou couvert d'écailles plus foncées.
-
-Les feuillets sont décurrents, peu nombreux, ramifiés, assez saillants
-et réunis entre eux par des rides ou veines, gris jaunâtres ou de
-couleur un peu fuligineuse.
-
-Le pied est allongé, lisse, jaune cannelle, souvent sillonné ou
-comprimé, fistuleux, plus long que le diamètre du chapeau.
-
-Ce champignon, que l'on trouve de l'été à l'automne dans les bois
-feuillus et résineux, est comestible.
-
-Dans les mêmes endroits on peut rencontrer une espèce voisine qui offre
-les mêmes caractères de forme, de couleur et de taille: elle porte le
-nom de Chanterelle infundibuliforme, _Cantharellus infundibuliformis_.
-Certains mycologues pensent que cette espèce n'est pas différente de
-celle dont nous venons de parler.
-
-[Illustration: --Planche 20--
-
-=Bois de conifères=--Été, automne
-
-=Chanterelle en tube=--Cantharellus tubæformis
-
-_Regardé comme suspect_]
-
-
-=Lactaire scrobiculé.--Lactarius scrobiculatus.=
-
-Spores blanches.
-
-Le _Lactarius scrobiculatus_ tire son nom de la présence sur le pied
-de petites dépressions ou fossettes, auxquelles on a donné le nom de
-scrobicules. Ce caractère, qui est peu fréquent, servira utilement à
-faire reconnaître ce champignon.
-
-Son chapeau d'abord arrondi, devient ensuite plan, puis nettement
-déprimé, recourbé à la marge qui est un peu laineuse dans le jeune âge.
-Il est jaune pâle ou jaune ochracé, plus ou moins foncé, marqué parfois
-de quelques zones et large de 8 à 10 centimètres.
-
-Les feuillets sont nombreux, assez étroits, presque décurrents,
-blanchâtres ou pâles.
-
-Pied court, épais d'abord, plein, puis creux, terminé en pointe à sa
-base, de la couleur du chapeau, mais plus pâle et couvert de nombreuses
-dépressions ovales, plus foncées, qui, à elles seules, peuvent servir à
-caractériser l'espèce.
-
-La chair du scrobiculé est âcre, d'abord blanche, et elle laisse
-écouler, comme toutes les espèces du genre, un lait d'abord blanc,
-âcre, qui ne tarde pas, au contact de l'air, à devenir jaune de soufre.
-
-On trouve le Lactaire scrobiculé en été et à l'automne, dans les bois;
-il n'est pas comestible.
-
-[Illustration: --Planche 21--
-
-=Dans les bois=--Eté, automne
-
-=Lactaire scrobiculé=--Lactarius scrobiculatus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Hygrophore conique.--Hygrophorus conicus.=
-
-Spores blanches.
-
-L'Hygrophore conique est une petite espèce que l'on trouve souvent sur
-l'herbe des chemins, dans les prairies et les clairières.
-
-Son chapeau qui est de couleur orangée, rougeâtre ou rouge minium, est
-d'abord conique, d'où le nom qui lui a été donné; il devient ensuite
-presque plat, avec le centre proéminent; puis les bords se relèvent
-plus ou moins, se fendillent, de même que l'épiderme du chapeau, et
-laisse voir une chair mince, fragile, blanchâtre ou un peu jaunâtre.
-Par les temps humides le chapeau est légèrement visqueux.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, épais, larges vers la marge, étroits
-et presque libres vers la base, de couleur jaune, devenant verdâtres
-ou noirâtres quand on les froisse, comme du reste toutes les autres
-parties du champignon.
-
-Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, et mesure 4 à
-6 centimètres de hauteur. Il est rouge, jaunâtre dans le bas,
-cylindrique, arrondi à la base et très fragile.
-
-Pousse pendant une partie de l'année dans l'herbe des prairies et sur
-les chemins verts.
-
-On n'est pas fixé sur ses qualités alimentaires, mais cependant on ne
-le consomme pas, cela tient peut-être à ce que, aussitôt cueilli, il
-prend un aspect noirâtre, peu engageant.
-
-[Illustration: --Planche 22--
-
-=Chemins herbeux=--Été, automne
-
-=Hygrophore conique=--Hygrophorus conicus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Hygrophore blanc d'ivoire.--Hygrophorus eburneus.=
-
-Spores blanches.
-
-L'Hygrophore blanc d'ivoire est un champignon de taille moyenne, tout
-blanc: son chapeau est assez charnu, arrondi, mamelonné, puis plan et
-même un peu déprimé; large de 3 à 5 centimètres, visqueux au sommet,
-glabre sur le disque, un peu velu sur les bords qui sont repliés.
-
-Feuillets décurrents peu nombreux, épais, entiers, blancs, réunis par
-des veines à la base.
-
-Pied plein, ferme, droit ou un peu courbé, atténué à la base, long de
-5 à 6 centimètres; il est blanc, glabre, plein, puis creux, couvert au
-sommet de granulations visqueuses.
-
-Chair blanche, ferme, de saveur agréable et d'odeur nulle.
-
-Ce champignon, qui est comestible, n'est pas rare dans les bois, de
-l'été à l'automne.
-
-Une espèce très voisine mais un peu plus rare est l'_Hygrophorus
-cossus_, également blanc dans toutes ses parties, mais il s'en
-distingue à son odeur particulière, qui rappelle celle de la larve du
-papillon appelé _Cossus_. Cette dernière espèce est regardée comme
-suspecte.
-
-[Illustration: --Planche 23--
-
-=Dans les bois frais=--Été, automne
-
-=Hygrophore blanc d'ivoire=
-
-Hygrophorus eburneus
-
-_Comestible_]
-
-
-=Russule jaunâtre.--Russula ochroleuca.=
-
-Spores blanches
-
-Il y a dans toutes les Russules un faciès particulier qui permet de
-reconnaître le genre au premier coup d'œil; la Russule jaunâtre, comme
-ses congénères, a un aspect raide et des feuillets absolument droits
-qui ne permettent pas de s'y tromper.
-
-Il est plus difficile de différencier les espèces.
-
-Ici, nous sommes en présence d'une espèce dont le chapeau est jaune
-pâle ou un peu roussâtre surtout au centre. Il est d'abord arrondi puis
-plan ou un peu déprimé au milieu, humide ou même visqueux en temps
-de pluie, lisse ou légèrement strié sur les bords; diamètre: 4 à 8
-centimètres.
-
-Feuillets blancs assez nombreux, simples, larges, arrondis à la base et
-droits.
-
-Pied ferme, cylindrique, long de 5 à 6 centimètres, blanc et couvert de
-stries grisâtres, spongieux à l'intérieur.
-
-Chair blanche, ferme et cassante, de saveur âcre, mais d'odeur non
-désagréable.
-
-On considère cette Russule comme suspecte, probablement en raison de sa
-saveur âcre.
-
-La Russule jaunâtre se trouve de la fin de l'été à l'automne dans les
-bois un peu humides.
-
-[Illustration: --Planche 24--
-
-=Dans les bois frais=--Été
-
-=Russule jaunâtre=
-
-Russula ochroleuca
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Russule sevrée.--Russula delica.=
-
-Spores blanches.
-
-Il ne faudrait pas croire que le nom de _delica_ donné à ce champignon
-implique l'idée d'un champignon excellent à consommer; le mot _delica_
-doit vouloir dire sevré; au reste, cette espèce bien qu'elle soit
-comestible est loin d'être délicate. C'est elle que dans certaines
-localités on consomme en assez grande quantité sous le nom de Prevet.
-
-Le chapeau de la Russule sevrée est d'abord convexe puis plan et enfin
-déprimé avec les bords un peu repliés. Il est blanc comme tout le
-champignon, mais souvent sali par la terre qu'il soulève; il mesure de
-6 à 8 centimètres, avec un épiderme adhérent, glabre ou un peu pruineux.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, épais, amincis aux deux extrémités,
-décurrents, blancs, avec une légère teinte verte qui se remarque
-surtout à l'insertion des feuillets sur le pied.
-
-Le pied est blanc, plein, plus court que le diamètre du chapeau,
-puisqu'il mesure seulement 3 à 4 centimètres sur une épaisseur de 2
-centimètres environ.
-
-La chair est blanche, épaisse, très ferme, d'odeur un peu vireuse et de
-saveur douce, puis un peu âcre.
-
-La Russule sevrée est comestible et elle se rencontre dans les bois en
-été et automne.
-
-Ce champignon ressemble beaucoup à certaines Lactaires blanches, mais
-il n'a pas de lait.
-
-[Illustration: --Planche 25--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
-=Russule sevrée=--Russula delica
-
-_Comestible_]
-
-
-=Russule rouge.--Russula rubra.=
-
-Spores blanches.
-
-Les Russules ne sont pas faciles à distinguer les unes des autres,
-surtout les rouges qui sont assez nombreuses. La Russule rouge,
-_Russula rubra_, de Fries, est une espèce que quelques mycologues
-voudraient rayer de la nomenclature, sous le prétexte que l'on ne
-sait pas au juste à quel champignon de ce genre il faut appliquer ce
-qualificatif.
-
-Voici ce qu'en dit Fries: «Ce champignon a une saveur âcre, le chapeau
-convexe, plan ou déprimé, et poli lisse; marge obtuse, droite, non
-striée. Les feuillets adnés, blancs, devenant un peu jaunâtres et
-souvent rouges sur la tranche; ils sont assez nombreux, dimidiés ou
-fourchus.»
-
-D'après le même, la couleur du chapeau serait rouge minium, un peu
-brillant, mais susceptible de pâlir ou de se modifier.
-
-On trouve la Russule rouge dans les bois feuillus plutôt que sous les
-conifères.
-
-Le pied est robuste, ferme, blanc ou teinté de rose.
-
-Parmi les espèces ayant une couleur rouge, nous dirons que _Russula
-sanguinea_ est d'un rouge moins foncé, blanchâtre à la marge, «tout à
-fait différent de _Russula rubra_ par sa chair ferme, par ses feuillets
-adnés, décurrents, étroits, acuminés, comme dit Fries».
-
-_Russula Linnæi_ a la chair douce.
-
-_Russula Queletii_ vient sous les conifères.
-
-[Illustration: --Planche 26--
-
-=Bois feuillus=--Surtout l'été
-
-=Russule rouge=--Russula rubra
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Russule noircissante.--Russula nigricans.
-
-Spores blanches.
-
-La Russule noircissante est le type d'un petit groupe de Russules qui
-ont pour caractère principal de prendre, en vieillissant, une couleur
-noire plus ou moins foncée. Leur chair aussi devient, à la cassure,
-d'une couleur rougeâtre sale que l'on ne constate pas dans les autres
-espèces du genre.
-
-Le chapeau de cette Russule est ferme, presque dur, arrondi, puis
-plan et déprimé, d'abord régulier puis sinueux, glabre et non strié,
-avec les bords infléchis. Il commence par être blanc ou blanc sale,
-puis, peu à peu, il prend une teinte marron fuligineuse, plus ou moins
-accentuée pour devenir presque noir; son diamètre est en moyenne de 8 à
-10 centimètres.
-
-Les feuillets, qui prennent un peu la couleur du chapeau, sont peu
-nombreux, épais, assez larges au milieu, rétrécis aux extrémités, et
-quand on les froisse, surtout dans le jeune âge, ils prennent une
-teinte rouge lie de vin.
-
-Pied à peu près cylindrique, épais, ferme, long de 4 à 6 centimètres,
-d'abord blanc, puis de la couleur du chapeau, plein, puis creux, mais
-rigide malgré tout.
-
-Chair ferme, dure, granuleuse, normalement blanche, mais prenant à
-l'air une teinte rougeâtre, puis devenant noire à la fin; saveur
-légèrement âcre.
-
-La Russule noircissante n'est pas comestible, on la trouve fréquemment
-pendant la belle saison dans presque tous les bois.
-
-[Illustration: --Planche 27--
-
-=Commune dans les bois=--Été, automne
-
-=Russule noircissante=
-
-Russula nigricans
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Schizophylle commun.--Schizophyllum commune.=
-
-Spores blanches.
-
-Joli champignon blanc cotonneux, en forme de coquille renversée,
-commensal attitré des bois morts, encore revêtus de leur écorce.
-
-Le mot schizophylle signifie que les feuillets sont fendus.
-
-C'est le plus souvent un assemblage de chapeaux adhérents au support
-par un léger pédoncule, qui manque quelquefois: il est légèrement bombé
-ou plan orbiculaire, recourbé sur les bords qui sont sinués, lobés
-ou incisés. Sa surface est blanchâtre, cotonneuse ou laineuse, puis
-grisâtre et parfois rougeâtre. Son diamètre est de 2 à 4 centimètres,
-mais il paraît souvent davantage, parce que plusieurs se soudent
-ensemble. Sous le chapeau, se trouvent des feuillets rameux disposés
-en éventail, qui offrent cette particularité qu'ils sont creusés en
-sillon, formant comme une sorte de gouttière.
-
-Ce champignon est membraneux, coriace, sans aucune apparence de chair;
-il persiste toute l'année sur les troncs morts.
-
-
-=Panus styptique.--Panus stypticus.=
-
-Les Panus sont des champignons à spores blanches qui vivent sur les
-arbres: ils ont un pied latéral ou excentrique, et comme ils sont
-coriaces, on peut les conserver facilement.
-
-Le _Panus stypticus_ nous montre un chapeau arrondi en forme de rein,
-régulier ou lobé, et à bords légèrement recourbés en dessous. Il
-est jaune fauve ou fauve grisâtre, un peu sillonné et couvert d'une
-poussière squameuse facile à enlever.
-
-Feuillets nombreux, étroits, minces, se terminant tous sur une même
-ligne circulaire.
-
-Pied latéral court, assez large à l'insertion des feuillets, plus
-étroit à sa base.
-
-Saveur fade, puis très âcre; non comestible.
-
-Pousse en groupes imbriqués sur les souches d'arbres encore vivants
-pendant l'automne et l'hiver.
-
-[Illustration: --Planche 28--
-
- =Sur les troncs morts= | =Sur les souches coupées=
-
- Toute l'année | Toute l'année
-
- =Schizophylle commun= | =Panus styptique=
-
- Schizophyllum commune | Panus stypticus
-
- _Non comestibles_]
-
-
-=Volvaire élégante.--Volvaria speciosa.=
-
-Spores roses.
-
-On a beau dire, c'est un champignon qui porte bien son nom, mais
-malheur à l'imprudent qui se laisse prendre à sa bonne mine, il cache,
-paraît-il, sous des dehors séduisants, une âme bien noire, mortelle,
-dit-on.
-
-On regarde les Volvaires comme des Amanites à spores roses, rien n'est
-plus vrai, puisqu'on y trouve toujours l'attribut de ces dernières, la
-volve; quant au collier, il peut manquer comme aussi dans certaines
-Amanites.
-
-Au début, il est renfermé dans une volve blanche, d'où il sort sous
-forme d'une boule qui s'élargit peu à peu, jusqu'à devenir presque
-plate: son chapeau peut atteindre alors 6 à 8 centimètres; il est assez
-charnu, blanchâtre, puis grisâtre, surtout sur le disque; il est, de
-plus, mou et un peu visqueux.
-
-Feuillets nombreux, larges, ventrus, laissant autour du pied un espace
-annulaire bien visible; ils sont d'abord blancs ou blanchâtres, puis
-roses par les spores qui les recouvrent.
-
-Le pied est droit, régulier, un peu épaissi à la base, plus long que
-le diamètre du chapeau, blanchâtre, puis un peu roussâtre, surtout à
-la base, qui est légèrement pubescente et garni d'une volve blanche
-divisée en 2 ou 3 lobes.
-
-Chair blanche nauséeuse.
-
-On trouve la Volvaire élégante en automne et hiver, dans les terrains
-fumés, les décombres et surtout autour des meules où la paille a
-longtemps séjourné à terre.
-
-[Illustration: --Planche 29--
-
-=Terrains fumés, décombres=--Automne, hiver
-
-=Volvaire remarquable=--Volvaria speciosa
-
-_Vénéneux_]
-
-
-=Pluteus des cerfs.--Pluteus cervinus.=
-
-Spores roses.
-
-Le _Pluteus cervinus_ est un champignon assez grand, qui, en raison
-de ses spores rougeâtres, fait partie du groupe des Rhodosporées
-(champignons à spores roses).
-
-Son chapeau est assez charnu, d'abord campanulé, puis convexe, plan,
-avec le centre proéminent. Sa couleur est assez variable, puisqu'on
-peut le trouver d'un brun plus ou moins foncé, bistré ou même
-blanchâtre, mais sa couleur la plus habituelle est brune. Par les temps
-humides, il est généralement visqueux, nu ou couvert de fibrilles
-écailleuses; diamètre très variable de 4 à 12 centimètres.
-
-Les feuillets sont nombreux, larges, libres autour du pied, d'abord
-blancs, puis rosés, par les spores qui les recouvrent.
-
-Le pied est plus long que le diamètre du chapeau; il est plein, puis
-creux, cylindrique, blanc ou blanchâtre et couvert de fibrilles plus
-foncées.
-
-La chair est assez épaisse, molle, blanche, odorante.
-
-Longtemps, on a considéré le _Pluteus cervinus_ comme suspect, mais il
-est parfaitement comestible. On le trouve principalement sur les troncs
-pourris, dans les bois, les haies, et souvent aussi sur la sciure de
-bois; alors il pousse en touffe et prend des dimensions beaucoup plus
-grandes et s'éloigne du type normal.
-
-Les Pluteus poussent toujours sur du bois plus ou moins décomposé, et
-non sur la terre proprement dite.
-
-[Illustration: --Planche 30--
-
-=Troncs pourris, sciure de bois=--Été, automne
-
-=Pluteus des cerfs=--Pluteus cervinus
-
-_Comestible_]
-
-
-=Cortinaire bleuâtre.--Cortinarius cœrulescens.=
-
-Spores ochracées.
-
-Il y a, certes, parmi les Cortinaires que l'on connait, de belles
-espèces, mais celui-ci est malgré tout un des plus remarquables, tant
-par sa couleur fraîche et vive que par son port élégant.
-
-Son chapeau est charnu, convexe, à bords recourbés, puis plan et un
-peu déprimé dans la vieillesse, où il prend des formes plus ou moins
-tourmentées; il mesure de 4 à 8 centimètres. Tout jeune, il est d'un
-bleu lilacé très vif, mais ensuite il devient roussâtre, au moins
-par place, et il faut l'avoir vu jeune pour se faire une idée de
-la fraîcheur de son coloris. Son épiderme est un peu fibrilleux ou
-légèrement visqueux par les temps humides.
-
-Les feuillets sont nombreux, d'un beau bleu pâle, puis de couleur
-rouillée, due aux spores qui mûrissent.
-
-Le pied est plein, gros, cylindrique, long de 4 à 5 centimètres et
-terminé à sa partie inférieure par un gros bulbe marginé couvert d'un
-léger coton bleuâtre.
-
-La cortine qui, primitivement, reliait le chapeau au pied est blanc
-bleuâtre, puis ochracée et fugace.
-
-Chair épaisse, ferme, lilacée, puis blanche, de saveur agréable.
-Ce champignon est comestible, mais assez rare. On le récolte en
-été-automne, dans les bois ombragés.
-
-[Illustration: --Planche 31--
-
-=Sous les futaies=--Été, automne
-
-=Cortinaire bleuâtre=--Cortinarius cœrulescens
-
-_Comestible_]
-
-
-=Cortinaire de Berkeley.--Cortinarius Berkeleyi.=
-
-Spores ochracées.
-
-Nous allons parler d'un Cortinaire qui, probablement, est le géant du
-genre et peut-être même de tous les Agarics: avec un seul spécimen, on
-peut faire un plat.
-
-Le Cortinaire de Berkeley, nom du mycologue qui le premier l'a séparé
-des espèces voisines, nous paraît devoir se rapporter aux _Cortinarius
-torvus_ de Fries, et _præstans_ de Cordier. Il commence par montrer
-au-dessus du sol une tête sphérique, de la grosseur d'un petit œuf,
-mais, rapidement, le développement a lieu, et nous nous trouvons
-alors en présence d'un volumineux champignon à chapeau régulièrement
-arrondi recourbé sur les bords, mesurant plus de 20 centimètres de
-diamètre. Normalement, il est de couleur ochracée plus ou moins foncée,
-lisse, humide ou même visqueux et couvert surtout sur les bords de
-macules glutineuses blanches. Plus tard, il se ride du centre à la
-circonférence.
-
-Feuillets nombreux, minces, étroits, non décurrents, d'abord bleu pâle
-lilacé, puis devenant ochracés par les pores qui les recouvrent.
-
-Le pied est gros, ferme, plein, renflé à la base surtout dans le jeune
-âge, long de 10 à 20 centimètres et épais de plus de 3 centimètres. Il
-est blanc et couvert de squames nombreuses, et relié au chapeau dans
-les premiers temps par une abondante cortine formée de filaments blancs
-ou violacés.
-
-Chair épaisse, fine, blanchâtre, de saveur agréable.
-
-On trouve ce beau et bon champignon en automne dans les forêts, où il
-forme de grands cercles, de 15 à 20 individus.
-
-[Illustration: --Planche 32--
-
-=Sous les futaies=--Automne
-
-=Cortinaire de Berkeley=--Cortinarius Berkeleyi
-
-_Comestible_]
-
-
-=Cortinaire à bracelets.--Cortinarius armillatus.=
-
-Spores ochracées
-
-Ce champignon mesure de 8 à 10 centimètres au chapeau, avec un pied
-plus long que le diamètre du chapeau; il offre un caractère qui aidera
-à le faire reconnaître, il est marqué sur le pied de 2 à 4 zones
-circulaires irrégulières d'un rouge brique.
-
-Au début, son chapeau est arrondi, puis convexe, un peu mamelonné au
-centre et enfin presque plat, avec les bords un peu relevés. Il est de
-couleur rouge brique ou un peu brunâtre, fibrilleux ou écailleux.
-
-Feuillets peu nombreux, larges, arrondis et un peu adhérents au pied,
-amincis à la marge, pâles, puis rouillés ou bruns.
-
-Pied plus long que le diamètre du chapeau, mince en haut,
-insensiblement renflé vers le bas, plein, blanchâtre ou fauve pâle et
-marqué vers le milieu de 3 ou 4 impressions irrégulières d'un rouge
-cinabre. La cortine est très fugace.
-
-On trouve le Cortinaire à bracelets en été-automne, dans les bois.
-
-Ce champignon, indiqué comme comestible, est de qualité inférieure.
-
-Une espèce voisine, que l'on trouve dans les mêmes endroits, est le
-_Cortinarius hæmatochælis_, qui n'offre qu'une zone rouge et est de
-dimensions moindres.
-
-[Illustration: --Planche 33--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
-=Cortinaire à bracelet=
-
-Cortinarius armillatus
-
-_Comestible_]
-
-
-=Cortinaire couleur de brique.=
-
-=Cortinarius bolaris.=
-
-Spores ochracées.
-
-Le Cortinaire couleur de brique est de taille moyenne, et il se
-caractérise surtout par sa teinte d'un rouge tout particulier.
-
-Son chapeau est peu charnu, convexe, puis plan et un peu déprimé à la
-fin, il mesure de 4 à 5 centimètres de diamètre. Il est entièrement
-couvert de petites écailles d'un rouge safrané entre lesquelles on
-aperçoit le tissu pâle du champignon.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, étroits, amincis aux deux extrémités,
-blanchâtres ou un peu jaunâtres, puis orangés.
-
-Le pied est plus grand que le diamètre du chapeau, plein, puis creux,
-égal, de la couleur du chapeau et un peu écailleux.
-
-Chair blanche, peu épaisse, un peu âcre.
-
-On trouve ce champignon, qui est probablement comestible, dans les
-bois, en été-automne.
-
-
-=Cortinaire rouge cinabre.=
-
-=Cortinarius cinnabarinus.=
-
-Spores ochracées.
-
-Encore un Cortinaire de petite dimension; il mesure de 3 à 5
-centimètres, mais sa couleur rouge est très belle.
-
-Son chapeau est peu charnu, campanulé, puis plan, d'un beau rouge vif,
-rappelant la couleur du cinabre; il est d'abord un peu soyeux puis
-glabre.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, assez larges et de la couleur du
-chapeau.
-
-Le pied est long de 4 à 5 centimètres, plein, régulier ou un peu
-épaissi à la base, rouge plus clair que le chapeau et muni d'une
-cortine également rouge.
-
-Chair peu épaisse, rouge, avec une légère odeur de radis.
-
-Il n'est pas d'usage de consommer ce champignon que l'on trouve en
-été-automne, dans les bois sablonneux.
-
-[Illustration: --Planche 34--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
- =Cortinaire couleur de brique= | =Cortinaire rouge cinabre=
-
- Cortinarius bolaris | Cortinarius cinnabarinus
-
- _Probablement comestible_ | _Douteux_]
-
-
-=Hébélôme échaudé.--Hebeloma crustuluniformis.=
-
-Spores ochracées.
-
-Les _Hebeloma_ correspondent dans les Ochrosporées, aux _Tricholoma_
-des Leucosporées, c'est-à-dire qu'ils ont les feuillets sinués et le
-pied charnu.
-
-L'Hébélôme échaudé a le chapeau d'abord arrondi, puis plan, avec les
-bords minces un peu irréguliers: il est glabre, humide ou un peu
-visqueux, jaune pâle ou roussâtre, surtout au centre.
-
-Les feuillets sont nombreux, minces, roussâtres, pâles et souvent
-tachetés, denticulés sur la tranche, et montrant en temps humide des
-gouttelettes de liquide.
-
-Le pied est plein, puis creux, un peu bulbeux à la base, plus clair
-que le chapeau, glabre en bas et ponctué au sommet de granulations
-écailleuses.
-
-Chair blanche, épaisse, à odeur de radis.
-
-Ce champignon est fréquent en été-automne, dans les bois, les prairies:
-comestible peu estimé.
-
-
-=Collybie à pied velu.--Collybia velutipes.=
-
-On trouve ce champignon à la fin de l'automne et pendant l'hiver sur
-les arbres languissants où il forme de petites touffes agréables à voir.
-
-Le chapeau est peu charnu, mince, jaune orangé ou brunâtre, glabre et
-un peu visqueux, convexe, puis plan, large de 2 à 5 centimètres.
-
-Les feuillets sont peu nombreux, assez larges, arrondis vers le pied,
-aigus vers la marge.
-
-Pied jaune, roussâtre en haut et couvert ailleurs d'un tomentum brun ou
-noir, long de 4 à 6 centimètres; chair blanche ou blanchâtre de saveur
-mucilagineuse: comestible peu estimé.
-
-[Illustration: --Planche 35--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
- =Hébélôme échaudé= | =Collybie à pied velu=
-
- Hebeloma crustuluniformis | Collybia velutipes
-
- _Comestibles peu estimés_]
-
-
-=Paxille noir-tomenteux.--Paxillus atro-tomentosus.=
-
-Spores ochracées.
-
-Les Paxilles, peu nombreux en espèces, ont pour caractères principaux
-d'avoir les spores ochracées et les feuillets décurrents susceptibles
-de se séparer en masse de la chair du champignon. Nous avons, dans le
-premier volume, décrit et figuré le Paxille enroulé, qui est d'une
-couleur fauve uniforme, ce qui n'est pas le cas pour celui qui nous
-occupe.
-
-Le Paxille noir-tomenteux a un chapeau souvent irrégulier, d'abord
-convexe, puis en entonnoir, avec les bords recourbés, surtout dans le
-jeune âge: il est pubescent, brun bistré plus ou moins intense, et
-mesure de 10 à 15 centimètres et même davantage.
-
-Les feuillets sont nombreux, étroits, décurrents, anastomosés, fauves
-ochracés et pouvant, comme nous l'avons dit plus haut, se séparer par
-parties de la chair.
-
-Pied court, trapu, plein, souvent excentrique, ordinairement couvert
-d'un revêtement brunâtre et comme duveteux.
-
-La chair est assez épaisse, ferme, blanchâtre.
-
-On trouve ce champignon surtout dans les bois d'arbres verts, où il
-acquiert des formes souvent curieuses, et des dimensions très grandes.
-
-On l'indique comme comestible, mais il a, une fois cuit, une saveur
-franchement désagréable.
-
-[Illustration: --Planche 36--
-
-=Bois d'arbres verts=--Été, automne
-
-=Paxille noir-tomenteux=--Paxillus atro-tomentosus
-
-_Comestible peu délicat_]
-
-
-=Pholiote radiqueuse.--Pholiota radicosa.=
-
-Spores ochracées.
-
-Les Pholiotes, on le sait, sont des champignons munis d'un collier
-assez résistant et ayant des spores ochracées.
-
-La Pholiote radiqueuse, ainsi nommée parce que son pied s'enfonce dans
-le sol, d'une assez grande longueur, est un champignon dont le chapeau,
-d'abord arrondi, s'élargit peu à peu en forme de dôme; il est rare
-qu'il devienne tout à fait plat. Il est charnu, ferme, blanchâtre ou
-jaunâtre fauve, plus ou moins parsemé de mèches appliquées de couleur
-plus foncée; son diamètre est de 6 à 10 centimètres, et l'épiderme du
-chapeau déborde légèrement sur les feuillets.
-
-Feuillets nombreux, pâles, puis roussâtres, ferrugineux par les spores
-qui les recouvrent.
-
-Pied robuste, plein, cylindrique, droit ou un peu courbé, plus long
-que le diamètre du chapeau et s'enfonçant dans le sol, d'une quantité
-parfois égale à sa longueur, sous forme de racine fusiforme; il est
-blanc ou blanchâtre, farineux au-dessus du collier et garni en dessous
-de nombreuses écailles un peu brunes. Collier large, membraneux,
-persistant.
-
-Chair ferme, blanche, à odeur d'amande.
-
-La Pholiote radiqueuse se trouve surtout au voisinage des souches
-pourrissantes, où le pied peut se développer librement dans un sol
-approprié. Lorsqu'on arrache ce champignon sans précaution, on brise sa
-racine et l'on n'obtient qu'un échantillon imparfait qui ne peut donner
-une idée de l'espèce.
-
-[Illustration: --Planche 37--
-
-=Au pied des arbres=--Été, automne
-
-=Pholiote radiqueuse=--Pholiota radicosa
-
-_Peut-être comestible_]
-
-
-=Pholiote squarreuse.--Pholiota squarrosa.=
-
-Spores ochracées.
-
-Encore une Pholiote qui est bien nommée, puisque _squarrosa_ signifie
-couvert de pustules, ou écailles; et en effet, il est, dans la
-jeunesse, complètement hérissé de mèches retroussées.
-
-La Pholiote squarreuse débute par un long pied généralement courbé et
-surmonté à sa partie supérieure par un léger renflement sphérique, le
-tout complètement recouvert de nombreuses squames brunâtres.
-
-Peu à peu, le chapeau s'épanouit tout en restant convexe, il peut alors
-avoir de 5 à 10 centimètres. Il est charnu, jaune clair ou safrané,
-mais les nombreuses écailles qui le recouvrent sont brunâtres.
-
-Les feuillets sont nombreux, étroits, jaune pâle, puis ferrugineux,
-arrondis à la base et aigus au sommet.
-
-Le pied est plein, ferme, un peu courbé, long de 6 à 10 centimètres,
-jaune et garni de nombreuses écailles brunes, lisse au-dessus du
-collier qui est très consistant.
-
-Chair jaune, d'odeur prononcée, comestible peu estimé.
-
-Pousse en touffe de plusieurs individus au pied des arbres malades.
-
-[Illustration: --Planche 38--
-
-=Sur les arbres malades=--Automne
-
-=Pholiote squarreuse=--Pholiota squarrosa
-
-_Comestible peu recommandable_]
-
-
-=Gomphide visqueux.--Gomphidius viscidus.=
-
-Spores noires.
-
-Les _Gomphidius_ sont peu nombreux en espèces, 3 ou 4 au plus; ils ont
-un chapeau assez caractéristique, en forme de toupie; leurs spores sont
-noires et très allongées comme celles des Bolets.
-
-Le Gomphide visqueux montre d'abord un chapeau conique à bords repliés
-en dessous et reliés au pied par des filaments soyeux très fins,
-qui représentent une cortine. Plus tard, le chapeau s'aplatit tout
-en restant mamelonné au centre, l'épiderme est glabre, lisse, puis
-roussâtre ou roux fauve, puis un peu noirâtre, visqueux, et d'un
-diamètre de 3 à 5 centimètres.
-
-Les feuillets sont épais, peu nombreux, droits, blancs grisâtres, puis
-cendrés et enfin noirs.
-
-Le pied est plein, ferme, plus long que le diamètre du chapeau,
-cylindrique et atténué à la base, droit ou flexueux, jaune roussâtre,
-puis foncé dans le haut, présentant au sommet une sorte de cortine un
-peu visqueuse.
-
-Chair jaunâtre, élastique, de saveur mucilagineuse et d'odeur assez
-désagréable.
-
-On trouve ce champignon pendant une partie de l'année, presque
-exclusivement dans les sapinières.
-
-C'est un comestible peu apprécié.
-
-[Illustration: --Planche 39--
-
-=Sous les sapins=--Été, automne
-
-=Gomphide visqueux=--Gomphidius viscidus
-
-_Comestible peu délicat_]
-
-
-=Strophaire érugineux.--Stropharia œruginosa.=
-
-Spores brunes noirâtres.
-
-Les Strophaires sont des champignons à couleurs assez vives et de
-formes plutôt gracieuses, mais ils ont une bien mauvaise habitude, ils
-ont une préférence pour les matières excrémentielles, et l'un d'eux
-porte le nom mal odorant de _merdaria_.
-
-Celui dont nous nous occupons tire son nom de sa couleur verte. Il se
-compose d'un chapeau pouvant mesurer 4 à 6 centimètres de diamètre,
-assez charnu, arrondi, puis plan convexe ou plan, et toujours muni d'un
-mamelon apparent; il est jaune verdâtre ou bleuâtre et couvert d'une
-épaisse couche visqueuse. Sous l'influence de la lumière, il blanchit
-sensiblement, et parfois on le trouve couvert de squames peu adhérentes
-blanches, lesquelles se voient surtout au bord du chapeau. L'épiderme
-s'enlève facilement.
-
-Les feuillets sont assez nombreux, étroits aux extrémités, larges au
-milieu, gris, verdâtres, puis brunâtres.
-
-Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, droit ou courbe,
-cylindrique ou un peu plus gros à la base, creux à l'intérieur,
-verdâtre ou un peu azuré comme le chapeau, visqueux et couvert de
-squames blanches, plus abondantes au haut du pied où elles forment un
-collier fugace.
-
-Chair molle, blanche ou blanchâtre de saveur désagréable.
-
-On trouve ce champignon dans les bois, sous les feuilles, l'humus ou
-les matières décomposées. On le regarde comme suspect.
-
-[Illustration: --Planche 40--
-
-=Humus, décombres=--Été, automne
-
-=Strophaire érugineux=--Stropharia œruginosa
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Bolet à chair jaune.--Boletus chrysenteron.=
-
-C'est un Bolet qui est généralement de taille moyenne; son chapeau
-est convexe, aplati sur le tard et souvent plus ou moins irrégulier,
-il mesure de 4 à 6 centimètres et est de couleur terne, fauve ou brun
-pâle, quelquefois un peu rougeâtre, légèrement tomenteux, fendillé ou
-divisé en petits compartiments isolés comme le montre la figure de
-droite; on aperçoit alors la chair qui se colore en rouge.
-
-Les bords du chapeau sont obtus.
-
-Les tubes sont jaunes, peu ou pas déprimés autour du pied, terminés
-par des pores assez grands, inégaux, anguleux et verdissant par le
-frottement.
-
-Pied robuste, long de 4 à 5 centimètres, égal ou un peu renflé à la
-base, souvent courbé ou flexueux, jauni, mais couvert de nombreuses
-stries rouges, sauf au sommet ou à la base.
-
-Chair molle, jaune, rouge sous l'épiderme, sans odeur ni saveur
-appréciable.
-
-Ce champignon pousse un peu partout isolément, dans les bois mêlés; on
-le regarde comme suspect, probablement à tort.
-
-Une espèce voisine, le _Boletus subtomentosus_, se distingue du
-_Chrysenteron_, par sa chair qui est jaune sous l'épiderme du chapeau,
-tandis qu'elle est rouge dans le _Chrysenteron_.
-
-[Illustration: --Planche 41--
-
-=Bois mêlés=--Été, automne
-
-=Bolet à chair jaune=--Boletus chrysenteron
-
-_Suspect_]
-
-
-=Bolet parasite.--Boletus parasiticus.=
-
-Au numéro 60 de notre nouvel Atlas, nous avons décrit le Scléroderme
-vulgaire, que l'on trouve si communément dans les terrains maigres,
-au bord des chemins: eh bien, ce Scléroderme a le singulier privilège
-d'héberger un Bolet, qui, de ce fait, a reçu le nom de Bolet parasite.
-C'est bien aux dépens du Scléroderme que vit ce champignon: il suffit,
-pour s'en convaincre, d'examiner avec un peu d'attention les relations
-qui existent entre les deux plantes.
-
-Vers la base du Scléroderme, partent deux ou plusieurs mamelons qui
-grandissent peu à peu; ils portent à leur sommet un chapeau plus ou
-moins arrondi, puis sensiblement plat et mesurant 3 à 5 centimètres.
-
-Assez régulièrement hémisphérique, le chapeau du Bolet parasite ne
-tarde pas à modifier sa forme, soit parce que les chapeaux se touchent
-ou qu'ils se trouvent en contact avec le Scléroderme lui-même.
-L'épiderme du chapeau est lisse, uni, fauve ou roussâtre, parfois
-grisâtre et fendillé. Les pores sont d'un jaune sale, assez grands,
-d'abord arrondis, puis anguleux; ils adhèrent au pédicule, mais par
-suite du développement du chapeau, ils paraissent un peu décurrents. Le
-pied est cylindrique, un peu atténué et toujours courbé à la base, qui
-est en contact intime avec la chair du Scléroderme. Chair jaune.
-
-Le Bolet parasite se développe sur les _Scleroderma vulgare_ et
-_verrucosum_. Il n'est pas donné comme comestible.
-
-[Illustration: --Planche 42--
-
-=Sur les Sclérodermes=--Été, automne
-
-=Bolet parasite=--Boletus parasiticus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Bolet pomme de pin.--Boletus strobilaceus.=
-
-Quiconque a vu une seule fois ce Bolet ne l'oubliera pas.
-
-Figurez-vous un chapeau arrondi, brunâtre ou noirâtre, tout couvert
-d'écailles ou de squames floconneuses régulièrement disposées, épaisses
-et dépassant les bords du chapeau, lequel mesure de 4 à 8 centimètres.
-
-Les tubes sont assez longs, anguleux, blanchâtres, puis gris rougeâtres
-ou bistrés avec des pores amples de même couleur.
-
-Pied plus long que le diamètre du chapeau, égal ou un peu renflé à la
-base, fibreux, charnu, blanchâtre ou grisâtre et couvert de nombreuses
-mèches soyeuses.
-
-Chair blanche, puis rosée et devenant brune.
-
-Ce champignon est comestible, mais peu délicat; on le trouve assez
-rarement dans les bois ombragés.
-
-
-=Bolet des bouviers.--Boletus bovinus.=
-
-Comme plusieurs de ses congénères, le Bolet des bouviers affectionne
-les arbres verts.
-
-Son chapeau est d'abord arrondi, puis plan, glabre et visqueux en
-temps humide, fauve ou roux ferrugineux, et d'un diamètre de 5 à 8
-centimètres.
-
-Les tubes sont décurrents sur le pied, assez courts, jaunâtres,
-verdâtres ou ferrugineux, avec des pores amples et composés.
-
-Le pied est cylindrique, égal ou un peu renflé à la base, de la couleur
-du chapeau ou teinté de rougeâtre et long de 3 à 4 centimètres.
-
-Chair blanche, devenant un peu verdâtre et de saveur agréable.
-
-On trouve ce champignon en automne, dans les bois d'arbres verts; il
-est comestible.
-
-[Illustration: --Planche 43--
-
-=Dans les bois=--Été, automne
-
- =Bolet pomme-de-pin= | =Bolet des bouviers=
-
- Boletus strobilaceus | Boletus bovinus
-
- _Comestibles_]
-
-
-=Bolet varié.--Boletus variegatus.=
-
-Le Bolet varié se plaît, lui aussi, au voisinage des conifères; on le
-reconnaîtra à son chapeau d'abord arrondi, puis plan, roussâtre ou
-jaune olivâtre, couvert sur une partie de sa surface d'une multitude de
-petites écailles plus foncées; son diamètre est de 6 à 8 centimètres.
-
-Tubes verdâtres touchant le pied, terminés par des pores assez grands,
-anguleux, olivâtres ou bistrés, ferrugineux.
-
-Pied cylindrique ou un peu renflé à la base, ferme, jaune ou de la
-couleur du chapeau, avec parfois des stries plus foncées.
-
-Chair assez épaisse, jaune ou prenant une légère teinte bleuâtre; celle
-du pied est plus jaune et souvent un peu rougeâtre à la base.
-
-On trouve ce champignon dans les bois de pins, où il est souvent très
-abondant.
-
-Il est comestible.
-
-[Illustration: --Planche 44--
-
-=Sous les conifères=--Été, automne
-
-=Bolet varié=--Boletus variegatus
-
-_Comestible_]
-
-
-=Polypore du bouleau.--Polyporus betulinus.=
-
-Ce champignon est bien reconnaissable à sa forme régulière, sa couleur
-fauve et sa surface absolument unie; de plus, il ne pousse que sur les
-bouleaux.
-
-Si l'on veut bien prendre la peine d'examiner un bouleau mort, qu'il
-soit sur pied ou couché à terre, on y trouvera presque à coup sûr un ou
-plusieurs Polypores du bouleau.
-
-Il se montre d'abord sous la forme d'une petite masse ronde excavée en
-dessous, et si jeune qu'il soit, on reconnaît à peu près la forme de
-l'adulte.
-
-Finalement, il mesure 12 à 15 centimètres de diamètre, son chapeau est
-circulaire, se terminant à l'arrière par un pied court un peu courbé;
-il est d'un brun roussâtre uniforme, uni, non zoné, à marge épaisse un
-peu repliée en dessous.
-
-Il porte à sa partie inférieure des tubes courts munis de pores très
-petits, blancs.
-
-La chair est blanche, fine, coriace ou même subéreuse. On pourrait,
-paraît-il, en faire des cuirs à rasoir.
-
-Non comestible à cause de la résistance de sa chair.
-
-On pourra remarquer que toujours le chapeau du Polypore du bouleau est
-orienté parallèlement au sol, c'est-à-dire qu'il est horizontal: mais
-si, par aventure ou par accident, l'arbre, de perpendiculaire qu'il
-était vient à se coucher sur le sol, le chapeau modifie sa position
-première de façon à devenir de nouveau horizontal. Le même phénomène se
-produit chez les autres polypores ligneux.
-
-[Illustration: --Planche 45--
-
-=Sur les bouleaux=--Toute l'année
-
-=Polypore du bouleau=--Polyporus betulinus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Polypore gigantesque.=
-
-=Polyporus (Merisma) giganteus.=
-
-Le _Polyporus giganteus_, appelé aussi _Merisma giganteus_, se
-distingue des Polypores vrais, en ce qu'il offre des chapeaux multiples
-provenant de la même souche, tandis que dans les premiers il n'y
-a qu'un ou deux chapeaux, rarement davantage. On l'a aussi appelé
-Polypore acanthoïde, parce que par ses nombreux chapeaux découpés, il
-a quelque ressemblance avec les feuilles de l'acanthe. Il est surtout
-remarquable par les dimensions considérables et le poids qu'il peut
-atteindre (10 et 15 kilos).
-
-Il est formé de nombreux chapeaux dimidiés, dilatés, aplatis,
-irrégulièrement lobés et diversement contournés. Ces chapeaux sont
-très peu charnus, veloutés ou finement granuleux, ou encore sillonnés,
-ridés, jaunâtres, brunâtres ou grisâtres, ou même un peu ferrugineux
-et plus foncés vers la base. Ils sont imbriqués et garnis à leur
-partie inférieure de tubes courts blancs ou pâles terminés par des
-pores également blancs, petits, difformes ou lacérés, se prolongeant
-sur des pédicules peu distincts, le tout formant une grosse souche
-tuberculeuse, qui s'insère le plus souvent sur le tronc d'un arbre
-coupé, où il s'étale de manière à couvrir une grande surface.
-
-On ne trouve ce champignon que dans les grands bois où existent de très
-vieux arbres, aussi est-il assez rare. Il est comestible.
-
-[Illustration: --Planche 46--
-
-=Sur les souches=--Été, automne
-
-=Polypore gigantesque=--Polyporus giganteus
-
-_Comestible_]
-
-
-=Polypore squameux.--Polyporus squamosus.=
-
-Le Polypore squameux, appelé souvent Polypore du noyer, ressemble assez
-bien à un éventail. Il est formé d'un large chapeau plus ou moins
-arrondi, aplati, un peu déprimé à l'arrière, mince et un peu recourbé
-sur les bords. Il est jaunâtre et couvert de nombreuses écailles plus
-foncées et appliquées, il mesure jusqu'à 20 centimètres et plus. Les
-pores sont blanchâtres ou un peu jaunâtres, petits, puis amples,
-anguleux et lacérés, descendant longuement sur le pied.
-
-Pied court, excentrique ou latéral, épais, blanchâtre et brun noirâtre
-à la base.
-
-Chair blanche, ferme, même un peu coriace, d'odeur forte de champignon.
-
-On trouve communément ce champignon sur les arbres malades, sur les
-souches de différents arbres, mais du noyer surtout; il pousse souvent
-plusieurs sujets en même temps.
-
-L'Oreille de noyer ou d'orme est évidemment comestible, mais il faut la
-prendre très jeune, sans quoi elle est trop coriace.
-
-[Illustration: --Planche 47--
-
-=Sur les troncs d'arbres=--Été, automne
-
-=Polypore squameux=--Polyporus squamosus
-
-_Comestible_ (_jeune_)]
-
-
-=Polypore soufré.--Polyporus sulfureus.=
-
-Notre grand mycologue Bulliard appelait ce champignon, Bolet sulfurin;
-mais nous savons que les Bolets ont un chapeau et un pied distincts et
-que ce pied est central. Ici, pas de pied proprement dit, et en tout
-cas, pas de pied central.
-
-Pour certains mycologues, le Polypore soufré fait partie du genre
-_Merisma_, qui est caractérisé par ce fait que plusieurs chapeaux
-partent du même point.
-
-En effet, il forme toujours une touffe comprenant plusieurs chapeaux
-plus ou moins superposés et ayant plus ou moins l'aspect d'une lame
-circulaire épaisse de 1 à 3 centimètres, sur une largeur de 10 à 12
-centimètres. Ces chapeaux sont sessiles ou un peu rétrécis à la base,
-aplatis ou convexes, ondulés, festonnés sur les bords. Ils sont d'abord
-pubescents, puis glabres, jaune rougeâtre ou couleur saumon.
-
-Tubes courts, terminés par des pores petits, entiers, puis lacérés, de
-couleur jaune de soufre.
-
-Chair blanche, molle, laissant écouler des gouttelettes d'eau jaune,
-puis sèche, grenue, cassante et de saveur acide. Ce champignon acquiert
-parfois des dimensions considérables.
-
-On pourrait, paraît-il, manger ce champignon, mais alors il faut le
-prendre très jeune.
-
-On trouve le Polypore soufré sur les arbres languissants ou morts, et
-aussi sur les bois d'industrie.
-
-[Illustration: --Planche 48--
-
-=Arbres malades, bois ouvrés=--Toute l'année
-
-=Polypore soufré=--Polyporus sulfureus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Polypore amadouvier.--Polyporus fomentarius.=
-
-Ce champignon, que l'on nomme Bolet à amadou, Agaric de chêne, Agaric
-femelle ou encore Agaric des chirurgiens (bien qu'il n'ait aucune
-ressemblance avec les Agarics), fait élection de domicile sur les vieux
-arbres, principalement sur le chêne et sur le hêtre.
-
-Il commence par donner un mamelon qui fait saillie à la surface de
-l'arbre envahi, puis ce mamelon s'accroît, s'organise et se différencie
-en une partie inférieure qui montre des pores et une partie supérieure
-qui forme le chapeau proprement dit.
-
-Ce chapeau peut acquérir de grandes dimensions et mesurer de 30 à 50
-centimètres de largeur, sur une épaisseur de 10 à 20 centimètres.
-
-Il adhère à l'arbre nourricier par une large surface et prolonge ses
-filaments mycéliens très loin dans le tissu du support. Assez souvent,
-il a la forme d'un sabot de cheval ou d'une console semi-orbiculaire,
-avec les pores toujours tournés en bas, petits, fauves ou ferrugineux,
-et disposés en plusieurs couches visibles sur la section du champignon.
-Cette disposition est caractéristique des Fomes, aussi nomme-t-on ce
-champignon _Fomes fomentarius_.
-
-La cuticule forme des bourrelets concentriques plus ou moins nombreux,
-grisâtres, fuligineux ou noirâtres.
-
-Sous la cuticule, on trouve une chair molle, brune ou ferrugineuse, qui
-peut servir à préparer l'amadou.
-
-[Illustration: --Planche 49--
-
-=Sous les vieux arbres=--Toute l'année
-
-=Polypore amadouvier=
-
-Polyporus fomentarius
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Polypore luisant.--Polyporus lucidus.=
-
-Ce Polypore, que Bulliard appelait Bolet oblique, est bien bizarre,
-avec son chapeau disposé sur le côté et son revêtement luisant: on
-dirait un champignon laqué.
-
-Quand il débute, c'est un simple pied noirâtre qui sort de terre et qui
-se termine par une sommité pointue, puis survient un tout petit chapeau
-blanchâtre, dont le développement continue à se faire seulement sur un
-côté, en sorte qu'il devient excentrique, et de blanchâtre qu'il était,
-il prend une teinte rouge acajou vive et brillante, comme vernie. La
-surface du chapeau est plus ou moins zonée et de teinte plus claire sur
-le bord.
-
-Sous le chapeau se trouvent des tubes assez longs blancs ou blanchâtres
-à orifices petits.
-
-Le pied est beaucoup plus long que le diamètre du chapeau,
-irrégulièrement arrondi et bosselé, brun noirâtre brillant ou encore
-rouge brun, mais plus foncé que le chapeau.
-
-Chair coriace, blanchâtre, un peu acide.
-
-Pousse dans les endroits humides, sur les souches de divers arbres.
-
-[Illustration: --Planche 50--
-
-=Sur les souches=--Toute l'année
-
-=Polypore luisant=
-
-Polyporus lucidus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Polypore blanc-noirâtre.--Polyporus leucomelas.=
-
-Ce Polypore, appelé aussi Pied de mouton noir, est un champignon trapu,
-à chapeau charnu, fragile, arrondi, entier ou lobé, irrégulier, assez
-épais, mince sur les bords qui sont enroulés. Il est brun noirâtre ou
-bistré noir, à surface douce, unie, puis rugueuse et fendillée. Il
-mesure de 6 à 10 centimètres. Il porte sous le chapeau des tubes très
-courts à orifices blancs ou blanchâtres se prolongeant sur le pied.
-
-Pied robuste difforme, plus court que le chapeau et de teinte analogue
-ou fuligineuse.
-
-Chair blanche, puis rosée, fragile, agréable, sauf celle du pied, qui
-serait un peu amère.
-
-Ce champignon est comestible; on le trouve en été-automne, dans les
-sapinières.
-
-
-=Polypore pérennant.--Polyporus perennis.=
-
-C'est un champignon fort élégant avec son chapeau mince, circulaire,
-déprimé et agréablement zoné de jaune et de fauve; mais il est coriace,
-ligneux, et par conséquent non comestible.
-
-Sous le chapeau, on remarque des pores très petits arrondis puis
-lacérés, d'abord blancs et ensuite de couleur cannelle.
-
-Pied droit, ferme, résistant, velouté, mince ou assez fortement
-épaissi, et de la couleur du chapeau.
-
-Ces champignons poussent dans les endroits siliceux, ils se soudent
-fréquemment les uns aux autres; parfois, les bords du chapeau sont
-fortement laciniés.
-
-[Illustration: --Planche 51--
-
- =Sur la terre=--Automne | =Sur les charbonnières=
-
- =Polypore blanc-noirâtre= | =Polypore pérennant=
-
- Polyporus leucomelas | Polyporus perennis
-
- _Comestible_ | _Non comestible_]
-
-
-=Dédalée du chêne.--Dædalea quercina.=
-
-Les Dédalées sont des champignons ligneux, caractérisés par la
-disposition sinueuse des pores, qui forment un vrai labyrinthe, d'où le
-nom qui leur a été imposé. Ils ont aussi un autre caractère commun avec
-les Tramètes, qui les distingue nettement des Polypores. C'est que,
-dans les polypores ligneux, la chair et les tubes sont séparés par une
-ligne de démarcation bien nette, tandis que dans les Dédalées et les
-Tramètes, la trame des pores et de la chair se confondent et font corps
-intime.
-
-L'espèce qui nous occupe et que l'on trouve souvent sur les arbres
-malades, surtout sur les chênes et jusque dans nos maisons, peut
-atteindre un volume assez considérable.
-
-La forme en est très variable, tantôt elle est plate comme une lame,
-d'autres fois prend la forme d'un coussinet large à sa surface et
-diminuant progressivement vers sa partie inférieure; sa surface est
-plate ou irrégulièrement bosselée ou tuberculeuse et marquée de zones
-plus ou moins visibles.
-
-Les tubes représentent plutôt des lames épaisses anastomosées de la
-même couleur que le chapeau, qui finissent par former de grands pores
-labyrinthiformes. Tout le champignon a une consistance qui tient le
-milieu entre celle du bois et du liège.
-
-[Illustration: --Planche 52--
-
-=Sur les bois de charpente=--En tout temps
-
-=Dédalée du chêne=--Dædalea quercina
-
-_Ligneux_]
-
-
-=Mérule pleureur.--Merulius lacrymans.=
-
-Les _Merulius_ se distinguent des autres Polyporées en ce qu'ils ont
-plutôt des plis anastomosés que de véritables pores.
-
-Le Mérule pleureur, appelé aussi _Merulius destruens_ (destructeur) se
-trouve dans les endroits humides, les caves principalement, derrière
-les boiseries et surtout sous les parquets.
-
-Lorsqu'il n'est pas fructifié, il se montre à nous sous la forme de
-filaments blancs et ténus qui vont souvent fort loin pour trouver
-des bois à détruire, puis quand les conditions sont favorables, il
-se condense en une membrane assez consistante, grisâtre ou blanche
-sur les bords, jaune ou jaunâtre au centre, où s'organise l'hyménium;
-c'est alors qu'apparaissent les alvéoles ou pores, qui tout d'abord
-ressemblent un peu à de la fraise de veau; puis les spores se forment,
-mûrissent et donnent à la membrane une teinte jaune brunâtre.
-
-Les dimensions de la plaque hyméniale sont très variables, elles
-peuvent aller, de quelques centimètres, à 10 et 20 centimètres, être
-circulaires ou allongées.
-
-Sous l'influence des courants et aussi par leur puissance de
-projection, ces spores peuvent se déposer très loin sous forme d'une
-poussière rougeâtre.
-
-C'est un champignon redoutable, surtout pour les bois tendres et
-principalement les sapins, qui sont dévorés en peu de temps. Le
-meilleur moyen de s'en préserver est tout d'abord de brûler tout ce
-qu'il atteint, et de badigeonner avec une solution bouillante de
-sulfate de cuivre à 10% tout ce qui est atteint, sans en excepter les
-bois neufs que l'on emploie: il faut en outre ménager des courants
-d'air.
-
-[Illustration: --Planche 53--
-
-=Sur les bois, dans les endroits humides=--Toute l'année
-
-=Mérule pleureur=--Merulius lacrymans
-
-_Nuisible aux bois d'industrie_]
-
-
-=Hydne hérisson.--Hydnum erinaceum.=
-
-Nous savons que les _Hydnum_ sont tous garnis sur leur surface
-hyméniale de pointes plus ou moins longues auxquelles on a donné le nom
-d'aiguillons. Les spores se trouvent à la surface de ces aiguillons.
-
-Nous parlerons aujourd'hui de l'un des plus anciens et des plus beaux
-parmi les champignons de ce genre.
-
-L'Hydne hérisson se développe toujours dans les cavités qui se trouvent
-sur les arbres, mais de préférence sur les chênes et les hêtres.
-Lorsque le mycélium est suffisamment organisé, il projette au dehors
-de l'orifice ou de la cavité une masse charnue, blanche, semblable à
-un moignon, lequel, une fois dehors, s'élargit plus ou moins, de façon
-à représenter un coussinet ou une épaulette, puis il se développe
-tout autour des quantités de prolongements filiformes très allongés
-sur le devant et bien plus courts ailleurs. Ces prolongements, blancs
-ou blancs jaunâtres, prennent tous la direction verticale et sont
-parallèles les uns aux autres, en sorte que quand le champignon s'est
-complètement développé, on croirait avoir devant soi une épaulette
-d'une nature particulière.
-
-L'Hydne hérisson est comestible, mais sa chair est de consistance un
-peu ferme; comme saveur, il rappelle assez celle du champignon de
-couche.
-
-C'est un champignon assez rare qui toujours excite l'admiration des
-mycologues qui ont la chance de le rencontrer.
-
-[Illustration: --Planche 54--
-
-=Sur les vieux arbres blessés=--Été, automne
-
-=Hydne hérisson=--Hydnum erinaceum
-
-_Comestible_]
-
-
-=Hydne imbriqué.--Hydnum imbricatum.=
-
-L'Hydne imbriqué, appelé aussi barbe de bouc, comporte un chapeau et un
-pied. Le chapeau est épais, charnu, un peu arrondi, puis plat ou un peu
-déprimé, souvent difforme et irrégulier sur les bords qui sont minces,
-ondulés, lobés; il est en outre le plus souvent parsemé de grosses
-écailles tuberculeuses assez régulièrement disposées. Ces écailles sont
-plus foncées (quelquefois presque noires) que le reste du chapeau, qui
-est brunâtre ou terre d'ombre. A la partie inférieure du chapeau se
-trouvent des aiguillons fragiles d'un blanc sale ou cendrés, qui se
-prolongent sur le pied.
-
-Pied plutôt court, épais, gris, brun ou rougeâtre.
-
-Chair ferme, cassante, sèche, d'un blanc pâle ou grisâtre, un peu amère.
-
-On trouve ce champignon en automne, dans les bois de conifères; il est
-comestible.
-
-
-=Hydne gélatineux.=
-
-=Hydnum (Tremellodon) gelatinosum.=
-
-L'_Hydnum gelatinosum_, que l'on nomme aussi _Tremellodon gelatinosum_,
-a un chapeau de consistance gélatineuse, translucide, grisâtre ou
-brunâtre, lisse, irrégulier, souvent dimidié ou terminé par un pied
-latéral de même consistance. A la partie inférieure du chapeau existent
-des aiguillons moins transparents; chair à saveur agréable.
-
-On trouve toujours ce champignon près de terre, sur les souches
-d'arbres verts, où il se groupe plus ou moins. Il est comestible.
-
-[Illustration: --Planche 55--
-
- =Sur la terre= | =Souches de conifères=
-
- =Hydne imbriqué= | =Hydne gélatineux=
-
- Hydnum imbricatum | Hydnum (tremellodon) gelatinosum
-
- _Comestibles_]
-
-
-=Clavaire fusiforme.--Clavaria fusiformis.=
-
-Comme l'indique son nom, cette Clavaire a la forme d'un fuseau,
-c'est-à-dire qu'elle s'effile à ses extrémités.
-
-Elle mesure de 5 à 8 centimètres et est de couleur jaune vif un peu
-mat. Elle est, à l'intérieur, compacte, puis creuse, d'abord jaune,
-puis blanchissante.
-
-La Clavaire fusiforme est simple, mais elle pousse toujours en touffes
-formées de nombreux rameaux.
-
-On la trouve à l'automne, dans les bois, les gazons, les bruyères; elle
-est comestible.
-
-On trouve dans les mêmes endroits d'autres Clavaires jaunes, de
-couleurs moins vives et aussi comestibles.
-
-
-=Clavaire en pilon.--Clavaria pistillaris.=
-
-Cette Clavaire, qui ressemble au pilon des pharmaciens, se compose
-essentiellement d'une partie renflée, généralement oblongue et
-s'atténuant peu à peu jusqu'à la base: elle peut atteindre de 10 à 15
-centimètres, sur une épaisseur de 2 à 4 centimètres. La tête ou clavule
-est rougeâtre ou d'un jaune fauve, lisse, ridée ou sillonnée par places.
-
-Chair blanche, compacte, filandreuse, se continuant jusqu'à la base.
-
-La partie inférieure est moins colorée et presque blanche.
-
-Quoique peu agréable, elle est comestible; on la trouve à l'automne et
-même pendant l'été, dans les bois ombragés.
-
-[Illustration: --Planche 56--
-
- =Dans les bois=--Été, automne
-
- =Clavaire fusiforme= | =Clavaire en pilon=
-
- Clavaria fusiformis (gauche) | Clavaria pistillaris
-
- _Comestibles_]
-
-
-=Gyrocéphale helvelloïde.=
-
-=Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides.=
-
-Les _Gyrocephalus_ (ou _Guepinia_) sont des champignons gélatineux
-assez fermes, stipités, ayant un peu la forme d'une spatule ou d'une
-cuiller, ou encore d'un lobe d'oreille.
-
-Ils se distinguent des _Tremella_ par leurs basides linéaires et leurs
-spores courbées.
-
-Le _Gyrocephalus helvelloides_, ainsi appelé parce qu'il ressemble
-un peu à certaines Helvelles, se compose d'un pédicule blanchâtre
-ou rougeâtre plus ou moins grand, et se prolongeant en une sorte de
-chapeau irrégulier, spatulé, lobé ou festonné, quelquefois même il est
-creusé en entonnoir et presque toujours plus développé d'un côté que
-de l'autre. Il peut atteindre une hauteur de 5 à 10 centimètres; il
-est un peu translucide, rouge ou rose orangé, et de consistance molle
-gélatineuse.
-
-L'hyménium se trouve à la partie inférieure du chapeau, il est
-vaguement plissé.
-
-En raison de sa couleur, certains mycologues le nomment _Gyrocephalus
-rufus_ (Gyrocéphale rouge).
-
-On trouve ce champignon à terre, surtout dans les montagnes et sous les
-conifères.
-
-Il peut être consommé en salade.
-
-[Illustration: --Planche 57--
-
-=A terre, sous les conifères=--Été, automne
-
-=Gyrocéphale helvelloïde=--Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides
-
-_Comestible_]
-
-
-=Calocère visqueuse.--Calocera viscosa.=
-
-Les _Calocera_ sont voisins des _Clavaria_, dont ils diffèrent par leur
-consistance gélatineuse, visqueuse, cornée étant secs.
-
-Ce sont des champignons aux couleurs vives, à réceptacle simple ou
-rameux, isolés ou cespiteux et poussant sur les arbres ou les bois
-décomposés.
-
-Le _Calocera viscosa_, ou _Calocera flammea_, comme on le nomme aussi,
-est formé de rameaux plus ou moins nombreux, dressés, cylindriques ou
-un peu aplatis, un peu bifurqués au sommet. Toute la plante est jaune
-rougeâtre, plus foncée à la dessiccation.
-
-Inférieurement, le champignon se prolonge en une racine tenace
-radicante. Nous le croyons comestible, mais il ne vaut pas les
-Clavaires, c'est en tous cas une petite espèce.
-
-
-=Auriculaire mésentérique.=
-
-=Auricularia mesenterica.=
-
-Les _Auricularia_ font partie des Trémellinées ou Auriculariées, du mot
-latin _Auricula_, oreille. Dans ces champignons, l'hyménium est quelque
-peu plissé, ridé, et les spores sont oblongues, courbées et assez
-grosses.
-
-L'Auriculaire mésentérique, nommée aussi Auriculaire trémelloïde,
-vient sur les souches décomposées, qu'elle garnit de nombreux chapeaux
-d'abord adhérents, puis réfléchis, entiers, arrondis, gris brunâtre,
-zonés.
-
-L'hyménium, qui se trouve à la partie inférieure, est d'un brun
-violacé, plissé, ridé.
-
-[Illustration: --Planche 58--
-
-=Sur les troncs=--Été, automne
-
- =Calocère visqueuse= | =Auriculaire mésentérique=
-
- Calocera viscosa (bas) | Auricularia mesenterica (haut)
-
- _Non comestibles_]
-
-
-=Phallus puant.--Phallus impudicus.=
-
-Ce champignon, que les anciens naturalistes avaient nommé Morille
-puante, œuf du diable, se rencontre assez fréquemment dans les bois
-sablonneux.
-
-Il se présente à l'origine comme une sorte d'œuf blanchâtre ou
-grisâtre. Ces œufs se montrent à moitié émergés du sol, ou même ils
-reposent tout à fait sur les débris ou le mycélium s'est implanté. A
-un moment donné, cet œuf se rompt irrégulièrement pour donner issue
-au champignon proprement dit, qui, dans l'espace de quelques heures,
-atteint tout son développement.
-
-Il se présente alors sous la forme d'un pédicule long de 10 à 20
-centimètres, cylindro-conique aux extrémités, fistuleux et complètement
-percé de nombreuses perforations qui lui donnent une très grande
-légèreté. Sa partie supérieure est garnie d'une sorte de coiffe
-munie d'alvéoles renfermant à leur intérieur une mucosité verdâtre
-et malodorante où se trouvent les spores. C'est cette matière que
-les insectes transportent inconsciemment dans d'autres endroits, qui
-contribue à propager l'espèce.
-
-Bien qu'un tel champignon n'invite guère à le consommer, on assure qu'à
-l'état d'œuf, il a été mis en vente sur le marché d'Épernay.
-
-On trouve dans les mêmes endroits le _Phallus imperialis_, sensiblement
-plus rare que le précédent; il a la volve rose, puis le _Phallus
-caninus_ (Phallus de chien), beaucoup plus grêle dans toutes ses
-parties, avec la tête rose.
-
-[Illustration: --Planche 59--
-
-=Sur la terre des bois sablonneux=--Été, automne
-
-=Phallus puant=--Phallus impudicus
-
-_Non comestible_]
-
-
-=Scléroderme vulgaire.--Scleroderma vulgare.=
-
-Le nom de ce champignon lui vient de deux mots grecs, qui signifient
-qu'il a la peau dure.
-
-Les Sclérodermes ont un peu l'aspect des vesses-loup (Lycoperdon), mais
-ils en diffèrent en ce que l'enveloppe qui recouvre le tissu fructifère
-est épaisse, coriace, alors que dans les Lycoperdons elle est mince;
-de plus, la trame fructifère est, dans les Lycoperdons, homogène et
-dépourvue dans le jeune âge de cellules ou logettes qui existent dans
-les _Scleroderma_.
-
-Le Scléroderme vulgaire se trouve dans les terrains maigres sur la
-terre, où il adhère par un faisceau de petites racines.
-
-C'est un réceptacle plus ou moins difforme, globuleux, sessile ou à
-peine stipité, dur, ferme, marqué à sa surface de squames ou d'alvéoles
-quelque peu verruqueuses. La chair est d'abord blanche, divisée en
-logettes, puis elle devient noire et grenue, et non pulvérulente comme
-dans les vesses-loup.
-
-
-=Astre hygrométrique.--Astreus (Geaster) hygrometricus.=
-
-Ces champignons, plus connus sous le nom de _Geaster_ (étoile de
-terre), ressemblent tout d'abord à des Lycoperdons, mais, à l'encontre
-de ces derniers, l'enveloppe du champignon se sépare en deux parties;
-l'une, extérieure, qui se divise en plusieurs lobes se recourbant plus
-ou moins en dehors, suivant l'état hygrométrique de l'air, et une
-interne, mince, continuant à envelopper les spores. A cet état, le
-champignon représente assez bien une étoile. L'enveloppe intérieure
-s'ouvre au sommet pour laisser passage aux spores.
-
-L'Astre hygrométrique se trouve fréquemment sur la terre, dans les
-endroits sablonneux.
-
-[Illustration: --Planche 60--
-
-=Sur la terre sablonneuse=--Été, automne
-
- =Scléroderme vulgaire= | =Astreus hygrométrique=
-
- Scleroderma vulgare | Astreus (geaster) hygrometricus
-
- (bas) | (haut)
-
- _Non comestibles_]
-
-
-=Clathre en réseau.--Clathrus cancellatus.=
-
-=(Clathre rouge.)--(Clathrus ruber.)=
-
-Comme le Phallus puant dont il est proche, le Clathre est à son origine
-renfermé dans une sorte d'œuf, mais plus arrondi, blanchâtre et marqué
-extérieurement d'impressions polygonales résultant de la pression
-intérieure du champignon. Cet œuf se déchire irrégulièrement à son
-sommet pour laisser voir le champignon proprement dit. On voit alors
-se produire une sorte de sphère, découpée par des mailles polygonales
-plus ou moins nombreuses, irrégulières, formant comme un treillis rose,
-rouge ou jaune rougeâtre intérieurement, d'une structure délicate et
-fragile. A l'intérieur, ces branches anastomosées sont garnies d'un
-hyménium verdâtre d'odeur fétide et renfermant de nombreuses spores que
-les insectes se chargent de propager au loin.
-
-Le Clathre se trouve surtout dans le midi et le sud-ouest de la France,
-sous les oliviers et dans les friches, à l'automne.
-
-
-=Spathulaire jaunâtre.--Spathularia flavida.=
-
-Ce champignon tire son nom du mot latin _Spathula_, qui signifie
-spatule.
-
-C'est un champignon comprenant un pied blanc ou blanchâtre, épais,
-dressé, cylindrique ou comprimé, plus large à la base qu'au sommet et
-mesurant à peu près 5 centimètres de hauteur. A sa partie supérieure,
-il est couronné ou plutôt enchâssé par une tête oblongue, comprimée,
-entière ou festonnée, jaune et de consistance charnue molle.
-
-L'hyménium est formé de thèques renfermant 8 spores filiformes.
-
-Se trouve surtout sous les pins, à l'automne; comestible.
-
-[Illustration: --Planche 61--
-
- =En groupe sous les conifères= | =A terre dans le midi et l'ouest=
-
- Automne
-
- =Spathulaire jaunâtre= | =Clathre en réseau=
-
- Spathularia flavida | Clathrus cancellatus
-
- _Comestible_ | _Non comestible_]
-
-
-=Bulgarie salissante.--Bulgaria inquinans.=
-
-Champignon bizarre, qui pousse pendant une grande partie de l'année
-sur les chênes malades ou abattus. Son nom lui vient de _Bulga_, qui
-signifie bourse, à cause de l'analogie qu'il a avec certaines bourses à
-quêter.
-
-La Bulgarie débute par une petite boule jaune rougeâtre velue, de la
-grosseur d'un pois; puis cette boule s'ouvre à sa partie supérieure
-pour montrer une surface concave, puis plane, avec les bords légèrement
-relevés.
-
-Complètement développée, la Bulgarie ressemble assez à un cône tronqué
-qui adhérerait au support par sa petite base: elle mesure de 1 à 3
-centimètres, sur une hauteur à peu près égale.
-
-L'hyménium représente un disque plat, mais fuligineux, formé de
-nombreuses thèques, renfermant de 4 à 8 spores ovales, qui se répandent
-tout à l'entour comme une poussière noire.
-
-Extérieurement, le champignon est brunâtre, velu et marqué de quelques
-zones parallèles; chair gélatineuse, coriace, noire, de saveur
-mucilagineuse, puis légèrement piquante et comme un peu marécageuse: ce
-qui en fait un comestible de peu de valeur.
-
-La Bulgarie pousse abondamment sur les chênes malades et surtout
-abattus.
-
-[Illustration: --Planche 62--
-
-=Sur les troncs abattus, chêne, hêtre=--Été, automne
-
-=Bulgarie salissante=--Bulgaria inquinans
-
-_Comestible peu estimé_]
-
-
-=Pézize orangée.--Peziza aurantia.=
-
-Ce joli champignon ne peut échapper aux regards du plus distrait des
-mycologues, à cause de sa couleur vive et voyante, et aussi parce qu'il
-vient généralement en grand nombre là où il se plaît.
-
-La Pézize orangée débute tout d'abord par une très petite surface,
-qui gagne rapidement et finit par acquérir une largeur de 3 à 5
-centimètres. De régulière qu'elle était et appliquée sur le sol, elle
-se contourne plus ou moins d'une façon capricieuse et montre des bords
-sinués, ondulés.
-
-Extérieurement et intérieurement, elle est rouge orangé.
-
-L'hyménium, qui est un peu plus foncé, occupe la partie interne de
-la coupe, il est formé, comme dans tous les discomycètes, de thèques
-contenant 8 spores, elliptiques réticulées.
-
-De même qu'avec les pézizes de grande dimension, on peut très bien,
-avec la Pézize orangée, constater la projection des spores sous forme
-d'un petit nuage.
-
-On la trouve à l'automne et commencement de l'hiver, dans les bois,
-les chemins frais, et surtout là où la terre a été battue, et c'est
-merveille de voir ces multiples champignons rivaliser d'intensité, de
-coloris et de formes.
-
-Elle est si jolie et si abondante, et, disons-le, si propre, que l'on
-peut bien se risquer à la manger, car elle est comestible.
-
-Voici la recette qui nous a été communiquée:
-
-Il suffit, après les avoir bien nettoyées, de les préparer au sucre
-avec un peu de kirsch; ce serait excellent.
-
-[Illustration: --Planche 63--
-
-=Sur la terre humide=--Automne, hiver
-
-=Pézize orangée=--Peziza aurantia
-
-_Comestible_]
-
-
-=Xylaire hypoxyle.--Xylaria hypoxylon.=
-
-La Xylaire hypoxyle est totalement différente d'aspect de la suivante;
-elle est aussi plus commune, et beaucoup l'ont foulée aux pieds sans
-avoir pris la peine de l'examiner.
-
-On dirait de petits arbuscules qui se pressent sur un chicot d'arbre,
-coupé près du sol: ils sont souvent très nombreux, et si l'on tente de
-les cueillir, on éprouve une assez grande résistance, et l'on remarque
-que les doigts sont imprégnés d'une poussière blanche.
-
-Si nous examinons l'un quelconque de ces arbres en miniature,
-nous constaterons une base unique fortement implantée sur le bois
-nourricier; puis ce rameau se renfle un peu et nous offre l'aspect
-ruguleux mentionné dans la Xylaire polymorphe, et si dans ce renflement
-nous faisons une section, nous y retrouvons les périthèces, les asques
-et les spores.
-
-Plus haut, le rameau change d'aspect, il se rétrécit, s'aplatit, se
-bifurque ou même se trifurque en donnant lieu à des rameaux plats
-pouvant eux-mêmes se diviser à nouveau. Ces rameaux sont blancs,
-et ce sont eux qui nous ont taché les doigts tout à l'heure. Cette
-poussière blanche est formée de spores très petites, rondes, ce sont
-des conidies, qui répondent à un autre mode de reproduction.
-
-=Voir page 65 la description de la Xylaire polymorphe.=
-
-[Illustration: --Planche 64--
-
-=Sur les souches=--Toute l'année
-
- =Xylaire polymorphe= | =Xylaire hypoxyle=
-
- Xylaria polymorpha (bas) | Xylaria hypoxylon (haut)
-
- _Non comestibles_]
-
-
-=Xylaire polymorphe.--Xylaria polymorpha.=
-
-Le botaniste qui rencontre pour la première fois cette singulière
-production a peine à croire qu'il se trouve en présence d'un champignon.
-
-Figurez-vous, sur une souche plus ou moins décomposée, une masse
-noirâtre résultant d'un assemblage de tubercules irréguliers, digités
-ou spatules; les uns sont renflés, bosselés, contournés et terminés
-par une sorte de pied court, beaucoup plus mince, d'autres sont
-plus allongés, ovoïdes ou digités, également pédicellés; mais tous
-présentent la même teinte brune noirâtre et une surface rugueuse.
-
-Si l'on fait une section longitudinale de l'un d'eux, on trouve que ces
-clavules sont remplies d'une chair blanche assez tendre et comme un peu
-veinée.
-
-En examinant la coupe avec plus d'attention, on remarque sur toute la
-périphérie de la section, de petits points brunâtres régulièrement
-disposés. Ce sont autant de périthèces ou conceptacles qui renferment
-les organes de la reproduction.
-
-Chaque périthèce ou conceptacle contient de nombreuses thèques à 8
-spores ovales ou arrondies.
-
-Le nom de polymorphe lui vient de la diversité des formes que peut
-affecter ce champignon, que l'on trouve toute l'année sur les souches
-en voie de décomposition.
-
-Non vénéneux, mais non comestible en raison de sa constitution. Il fait
-partie, comme le précédent, du groupe des Pyrénomycètes.
-
-
-
-
-PARTIE II
-
-Généralités
-
-
-
-
-CHAPITRE I
-
-Classification des champignons.
-
-
-Dans le premier volume du _Nouvel Atlas des Champignons_ comestibles et
-vénéneux, nous avons envisagé la classification des champignons d'une
-façon un peu sommaire, aussi croyons-nous utile d'y revenir aujourd'hui.
-
-Nous diviserons l'immense classe des champignons en 5 groupes, qui sont:
-
-I.--Les _Basidiomycètes_, qui comprennent les champignons dont les
-organes reproducteurs (spores) sont placés sur des basides bien
-conformées et persistantes, comme dans les Agarics, les Bolets, les
-Hydnes, etc. (Voir fig. 1 et tableau II.)
-
-[Illustration: FIG. 1.]
-
-II.--Les _Ascomycètes_, dont les organes reproducteurs sont constitués
-par des asques (ou thèques) renfermant les spores à leur intérieur,
-comme dans les Pézizes, les Truffes, etc. (Voir fig. 2 et tableau III.)
-
-III.--Les _Phycomycètes_, qui n'ont ni asques ni basides; qui de plus
-sont souvent parasites sur les plantes ou les animaux vivants et dont
-le mycélium est unicellulaire, comme dans les Péronosporées. (Voir
-tabl. IV.)
-
-IV.--Les _Myxomycètes_, qui n'ont ni asques ni basides, qui ne sont
-jamais parasites sur les plantes vivantes ou sur les animaux et dont la
-substance est amiboïde (c'est-à-dire mobile et susceptible de changer
-de forme). Ex. Les fleurs de tan.
-
-[Illustration: FIG. 2.]
-
-V. Les _Deutéromycètes_, qui sont des champignons imparfaits ou
-inférieurs: ils représentent des états transitoires d'autres
-champignons plus élevés en organisation. Ils peuvent avoir des organes
-analogues aux périthèces, mais pas d'asques, et leur mycélium n'est
-pas unicellulaire: on les trouve le plus souvent sur les feuilles, le
-bois, où ils forment des taches bien visibles et très limitées. Ex. Les
-Septoria, les Phoma, etc. (Voir tableau VI.)
-
-[Illustration: FIG. 3.]
-
-Si nous examinons chaque groupe en particulier, nous verrons qu'ils
-peuvent se subdiviser à leur tour en sous-groupes, qui seront
-susceptibles eux-mêmes de former des ensembles plus circonscrits,
-que nous nommerons familles. Puis ces familles seront le résultat de
-la réunion d'un certain nombre de genres, lesquels renfermeront les
-espèces. Le tableau I résume les principaux caractères de ces groupes.
-
-Nous examinerons tout premièrement les _Basidiomycètes_, et nous
-verrons dans le tableau II, que ce groupe comprend les Hyménomycètes,
-les Gastéromycètes, les Ustilaginées et les Urédinées.
-
-Si nous agissons de même pour ces sous-groupes, nous verrons que
-les Hyménomycètes renferment les familles ci-après désignées: les
-Agaricinées, les Polyporées, les Hydnées, les Téléphorées, les
-Clavariées, les Auriculariées ou Trémellinées. (Voir tableau II.)
-
-Nous verrons également que les Gastéromycètes, qui diffèrent des
-Hyménomycètes en ce que leur hyménium est renfermé à l'intérieur
-du champignon, comprennent les Phalloïdées, les Nidulariées, les
-Lycoperdacées, les Hyménogastrées (Voir tableau II.)
-
-Quant aux Ustilaginées et aux Urédinées, dont les spores sont disposées
-à l'extrémité de cellules analogues aux basides, elles n'ont pas été
-subdivisées en familles, ou plutôt, ce sont des groupes qui portent
-également le nom de familles, et elles comprennent un très grand nombre
-de genres qu'il nous est impossible de citer. Nous nous contenterons
-de rappeler que certains de ces champignons sont bien connus, surtout
-des agriculteurs et des horticulteurs, à cause des dommages qu'ils leur
-causent. En effet, la carie des céréales est due à une Ustilaginée, et
-les nombreuses rouilles qui s'attaquent aux organes verts des végétaux
-font partie des Urédinées.
-
-Le deuxième groupe, celui des _Ascomycètes_, se divise en 4
-sous-groupes, qui sont (Voir tableau III.):
-
-Les Pyrénomycètes, qui sont légion et qui, examinés superficiellement,
-se présentent à nous sous forme d'agglomérations noires comme du
-charbon et incrustant les végétaux ou affectant les formes les plus
-bizarres. Si l'on examine au microscope une section transversale mince
-de ces champignons, on y trouve une quantité de petites loges en forme
-d'urnes, lesquelles renferment de nombreuses thèques (ou asques) à 8
-spores généralement, ce sont des périthèces. (Voir tableau III.)
-
-Les Tubéromycètes sont des champignons généralement charnus ou
-coriaces, affectant la forme de tubercules non carbonacés, et se
-développant le plus souvent dans le sol, sur les racines ou les
-radicelles des arbres. De là le nom de champignons hypogés qui leur
-a été donné. Dans ce sous-groupe, les thèques ne sont pas allongées
-comme dans les autres sous-groupes des Ascomycètes, mais elles sont
-courtes et volumineuses et elles renferment, non plus 8 spores, mais
-de 1 à 8. Ce sous-groupe a été subdivisé en plusieurs familles, parmi
-lesquelles nous citerons celle des Tubéracées, qui renferme comme
-genres principaux, les _Elaphomyces_, les _Genea_, _Balsamia_, _Tuber_,
-_Chæromyces_, _Terfezia_, etc. Les plus connus sont les _Elaphomyces_,
-que l'on trouve à peine enterrés sous la mousse, et que l'on nomme
-vulgairement Truffes des cerfs, et surtout les différentes espèces de
-Truffes qui font l'objet d'un commerce important. (Voir tableau XIV.)
-
-Les Discomycètes (champignons en forme de disque) sont fort
-nombreux, mais il ne faudrait pas croire qu'ils ont tous cette forme
-caractéristique d'un disque ou d'une coupe, bien loin de là, mais tous
-ont une consistance charnue ou à peine coriace et nullement carbonacée,
-ce qui les distingue des Pyrénomycètes. Ils ne se développent pas
-sous terre comme les Tubéromycètes, et ne sont pas parasites comme
-les Gymnomycètes, enfin, ils ont des thèques à 8 spores, quelquefois
-davantage, et des paraphyses. (Voir tableau XV.) (Voir fig. 2.)
-
-Les Gymnomycètes sont des champignons parasites qui n'ont pas
-de réceptacle proprement dit, d'où leur nom de Gymnomycètes
-(champignons nus). Ils se différencient des Pyrénomycètes par
-l'absence de périthèces; ils ne se développent pas sous terre comme
-les Tubéromycètes et manquent de paraphyses, qui existent dans les
-Discomycètes. (Voir tableau III.)
-
-Le troisième groupe, celui des _Phycomycètes_, se divise en 5 familles.
-
-Les Phycomycètes sont des champignons d'une organisation très simple
-et qui ne ressemblent en rien à ceux que nous avons étudiés jusqu'ici.
-Ils sont d'une très grande ténuité, et leur mycélium, qui n'est jamais
-compact, se compose essentiellement de filaments non cloisonnés,
-caractère qui ne se retrouve pas dans les autres groupes. Ils se
-développent, soit dans l'air, soit dans l'eau et sont parasites ou
-saprophytes sur les végétaux ou les animaux. A première vue, on les
-reconnaîtra à leur aspect blanchâtre, filamenteux et formant comme une
-efflorescence blanche ou comme une agglomération de filaments blancs
-qui ne sont visibles à l'œil que par leur grand nombre; aussi est-il
-nécessaire de recourir au microscope pour s'assurer que l'on est bien
-en présence d'un champignon de ce groupe.
-
-On a divisé les Phycomycètes en plusieurs familles, qui sont:
-
-Les Mucoracées sont des champignons vivant à l'air, qui prennent
-naissance sur des substances avariées ou en voie de décomposition. Nos
-aliments sont souvent attaqués par des Mucoracées. Leur mycélium donne
-naissance à des filaments dressés (hyphes) qui portent des sporanges
-renfermant de nombreuses spores. Ces champignons ont plusieurs modes de
-reproduction.
-
-On peut se procurer facilement une forêt de Mucoracées en mettant sous
-une cloche du crottin frais de cheval.
-
-Les Entomophthorées sont des champignons aériens qui se développent
-surtout sur les insectes. Le mycélium prend naissance dans le corps de
-l'animal, qu'il tue, et lorsqu'il est mort, les filaments fructifères
-sortent à l'extérieur et se couvrent de spores appelées conidies; plus
-rarement, on les trouve sur les plantes.
-
-Tout le monde a pu remarquer que vers la fin de l'année, les mouches
-domestiques se collent en grand nombre aux murs ou sur les vitres, où
-elles meurent; si on les examine d'un peu près, on voit qu'elles sont
-recouvertes d'une efflorescence blanche due à un champignon de cette
-famille, l'_Empusa muscæ_.
-
-Les Chytridiées sont des champignons qui vivent soit sur les plantes
-dans l'air, soit sur les algues dans l'eau, ou encore sur les
-infusoires. Le mycélium, très peu développé, ne donne pas lieu à des
-filaments (hyphes) fertiles et les zoosporanges se développent presque
-à nu.
-
-Les Saprolégniées sont des champignons qui vivent dans l'eau sur les
-poissons, les insectes, les plantes. Le mycélium donne lieu à des
-filaments fructifères (hyphes) qui portent des zoosporanges. On les
-reconnaît à première vue aux lésions qu'ils déterminent sur leurs hôtes
-nourriciers. Ils ont plusieurs modes de reproduction.
-
-Les Péronosporées sont des champignons aériens qui vivent sur les
-feuilles des plantes et en général sur les organes charnus. Le
-mycélium donne lieu à des filaments fructifères qui produisent des
-conidies. Ils ont plusieurs modes de reproduction.
-
-Certaines des maladies qui attaquent la vigne, les pommes de terre,
-etc., sont causées par des Péronosporées.
-
-(Voir tableau IV pour la détermination des familles des Phycomycètes.)
-
-Le quatrième groupe est celui des Myxomycètes.
-
-Les _Myxomycètes_ sont des champignons qui vivent en saprophytes sur
-les matières organiques d'origine végétale; ils sont constitués par
-un plasmode (matière constitutive du champignon) quelquefois très
-développé et formé par une matière mucilagineuse susceptible de se
-déplacer et de prendre des formes diverses. D'autres fois, le plasmode
-est très réduit, affecte les formes les plus curieuses, et est doué
-souvent d'un coloris très vif. Ils sont pourvus de spores ordinairement
-rondes, riches en protoplasma, mais ils n'ont pas de zoospores (spores
-munies de cils et susceptibles de se mouvoir).
-
-A côté des Myxomycètes, on peut, pour ceux qui les considèrent comme
-des végétaux, placer les Monadinées, qui vivent dans l'eau, en
-parasites, sur les plantes et sur les animaux aquatiques. Ils manquent
-de plasmode et donnent lieu à des zoospores ciliés.
-
-Le cinquième groupe est celui des Deutéromycètes.
-
-Les _Deutéromycètes_ sont, comme nous l'avons dit plus haut, des
-champignons imparfaits; ils sont destinés à se retrouver à un moment
-donné sous une forme plus perfectionnée, mais il s'en faut que cette
-forme plus élevée en organisation soit connue pour tous, et l'on ne
-peut, dans bien des cas, que faire des suppositions.
-
-Les Deutéromycètes peuvent se diviser en 3 sous-groupes, d'après la
-consistance et la forme de l'appareil fructifère et du stroma.
-
-Ces sous-groupes sont:
-
-I.--Les Sphéropsidées, champignons microscopiques ayant un périthèce,
-que l'on nomme souvent pycnide, mais pas d'asques; les spores sont
-renfermées dans le périthèce, et elles naissent à l'extrémité de
-basides plus ou moins bien constituées. On a divisé les Sphéropsidées
-en 4 familles, qui sont: les Sphérioïdées, les Nectrioïdées, les
-Leptostromées, les Excipulées. Nous en reparlerons plus loin. (Voir
-tableau VI.)
-
-II.--Les Mélanconiées, champignons microscopiques, n'ayant ni
-périthèces ni asques; ce sont le plus souvent des amas superficiels ou
-à peu près, généralement de consistance molle et de couleur peu foncée
-ou claire, mais non carbonacés. Les spores naissent sur des basides
-plus ou moins visibles et de formes variées. Ce sous-groupe ne comporte
-qu'une famille. (Voir tabl. VI.)
-
-III.--Les Hyphomycètes, champignons microscopiques, n'ayant ni
-périthèces ni asques; ils sont tout à fait superficiels sur la plante
-nourricière, et manquent de stroma proprement dit; rarement ils
-vivent en parasites sur les insectes. Les spores naissent librement à
-l'extrémité de filaments généralement bien développés, auxquels on a
-donné le nom d'hyphes. Ce groupe renferme 4 familles: les Mucédinées,
-les Dématiées, les Stilbées, les Tuberculariées, que nous décrirons
-plus loin. (Voir tableau VI.)
-
-Les Sphérioïdées sont des champignons microscopiques munis d'un
-périthèce, mais ils manquent d'asques; ils ont à leur intérieur des
-sortes de basides donnant naissance à des spores très petites (qui ont
-été appelées stylospores ou spermaties). Les périthèces sont noirs,
-coriaces, en forme de poires et munis à leur sommet d'un orifice par où
-sortent les spores. On les trouve surtout sur les feuilles, les bois
-morts ou mourants. Nous citerons, comme exemples de Sphérioïdées, les
-_Phoma_, _Diplodia_, _Sphæropsis_, etc.
-
-Les Nectrioïdées, champignons microscopiques, charnus, ayant un
-mycélium (stroma peu abondant), munis de périthèces globuleux de
-couleur claire, et non noirs, comme dans les Sphérioïdées.
-
-Les Leptostromées sont des champignons microscopiques membraneux ou
-carbonacés, noirs, se développant sur les feuilles, les tiges ou les
-bois malades ou morts. Dans ces champignons, les périthèces sont plus
-ou moins fendus, et au lieu d'être globuleux, ils ont plutôt la forme
-d'un écusson.
-
-Les Excipulées sont des champignons microscopiques membraneux ou
-carbonacés, noirs, se développant à la surface des feuilles ou sur les
-bois malades ou morts. Leurs périthèces ont plus ou moins la forme
-d'une cupule ou d'un fuseau.
-
-Les Mélanconiées sont des champignons microscopiques dépourvus de
-périthèces; ils forment de petits amas mous, de couleur pâle ou
-grisâtre, donnent des spores (conidies) qui se développent sur des
-basides rudimentaires et de formes variées, et végètent sur les
-feuilles, les bois.
-
-Les familles des Hyphomycètes sont:
-
-Les Mucédinées, champignons formés de filaments pâles ou peu colorés,
-disparaissant de bonne heure; les hyphes sont peu serrés et portent
-des spores (conidies) incolores ou peu colorées. Comme exemples de
-Mucédinées, nous pourrons citer les _Oospora_, les _Penicillium_,
-qui envahissent nos fruits, le pain humide et en général toutes les
-substances organiques d'origine végétale.
-
-Les Dématiées, champignons formés de filaments assez foncés ou noirs,
-fermes, peu serrés et persistant longtemps; ils ont des spores
-(conidies) noires, rarement hyalines.
-
-Les Stilbées, champignons qui diffèrent des Dématiées en ce que leurs
-filaments fertiles sont persistants, brunâtres ou pâles et intimement
-réunis en une sorte de faisceau; ils portent des conidies incolores ou
-pâles.
-
-Les Tuberculariées, champignons assez petits, charnus, formant un
-stroma qui se développe surtout sur les feuilles, les bois, en voie de
-décomposition. Les filaments fructifères sont agglomérés et donnent
-lieu à des conidies de formes très différentes, incolores ou brunes.
-
-(Voir tableau VI pour la détermination des familles.)
-
-
-Liste des tableaux de détermination des champignons, en groupes,
-familles et genres.
-
- I. Tableau de détermination des groupes de champignons.
-
- II. Tableau de détermination des principales familles des
- Basidiomycètes.
-
- III. Tableau de détermination des Ascomycètes.
-
- IV. Tableau de détermination des principales familles des
- Phycomycètes.
-
- V. Pas de tableau de détermination des Myxomycètes.
-
- VI. Tableau de détermination des principales familles des
- Deutéromycètes (champignons imparfaits).
-
- VII. Tableau de détermination des genres d'Agaricinées.
-
- VIII. Tableau de détermination des genres des Polyporées.
-
- IX. Tableau de détermination des genres d'Hydnées.
-
- X. Tableau de détermination des genres des Théléphorées.
-
- XI. Tableau de détermination des genres des Clavariées.
-
- XII. Tableau de détermination des genres des Auriculariées.
-
- XIII. Tableau de détermination des genres des Gastéromycètes.
-
- XIV. Tableau de détermination des principaux genres des Tubéracées.
-
- XV. Tableau de détermination des principaux genres des Discomycètes.
-
-
-TABLEAU I
-
-Détermination des groupes des champignons.
-
- A. Champignons microscopiques parasites sur les animaux ou les
- végétaux et ayant un mycélium unicellulaire. =Phycomycètes.=
-
- A. Mycélium pluricellulaire:
-
- B. Hyménium formé par des asques. =Ascomycètes.=
-
- B. Pas d'asques:
-
- C. Hyménium comportant des basides bien conformées et
- persistantes. =Basidiomycètes.=
-
- C. Pas de basides ou basides rudimentaires:
-
- D. Champignons non parasites, à trame plus ou moins mobile
- (amiboïde) à un moment donné. =Myxomycètes.=
-
- D. Champignons parasites sur les végétaux, avec ou sans
- périthèces, et à trame cellulaire. =Deutéromycètes.=
-
-
-TABLEAU II
-
-Basidiomycètes, détermination des familles.
-
- A. Champignons produisant leurs spores en dehors du support où ils
- prennent naissance:
-
- B. Hyménium visible à l'extérieur du réceptacle (Hyménomycètes):
-
- C. Hyménium non continu tourné vers le sol (infère):
-
- D. Hyménium disposé en lames rayonnantes. =Agaricinées.=
-
- D. Hyménium affectant la forme de tubes ou de pores.
- =Polyporées.=
-
- D. Hyménium muni de pointes ou de protubérances variées.
- =Hydnées.=
-
- C. Hyménium continu tourné vers le ciel (supère):
-
- E. Champignons de consistance coriace. =Théléphorées.=
-
- E. Champignons charnus ou à peine coriaces, dressés, souvent
- ramifiés. =Clavariées.=
-
- E. Champignons gélatineux ou gélatineux coriaces, globuleux ou
- versiformes. =Auriculariées (Trémellinées).=
-
- B. Hyménium caché à l'intérieur du réceptacle (Gastéromycètes):
-
- F. Champignons charnus mous sortant d'une volve. =Phalloïdées.=
-
- F. Champignons de consistance diverse, n'ayant pas de volve:
-
- G. Champignons aériens, coriaces, cupulés d'abord clos, puis
- ouverts. =Nidulariées.=
-
- G. Champignons aériens, charnus ou charnus-coriaces plus ou
- moins sphéroïdes. =Lycoperdacées.=
-
- G. Champignons poussant sous terre (hypogés) de consistance
- ferme, et de forme tuberculeuse. =Hyménogastrées.=
-
- A. Champignons produisant leurs spores à l'intérieur de la plante
- nourricière:
-
- H. Champignons non érumpents, se développant surtout sur les
- organes floraux, et ayant un mycélium très fugace; ils ne
- présentent pas de formes secondaires. =Ustilaginées.=
-
- H. Champignons se développant de préférence sur les organes
- végétatifs des végétaux, et devenant érumpents: ils ont
- généralement plusieurs formes secondaires. =Urédinées.=
-
-
-TABLEAU III
-
-Ascomycètes, détermination des sous-groupes.
-
- A. Asques renfermés dans un périthèce qui s'ouvre à l'extérieur.
- Champignons aériens souvent noirs et comme carbonacés.
- =Pyrénomycètes.=
-
- A. Asques non renfermés dans un périthèce. Champignons non
- carbonacés:
-
- B. Champignons se développant sous terre (hypogés) et ayant la
- forme de tubercules arrondis. =Tubéromycètes (Tubéracées).=
-
- B. Champignons non hypogés, non en forme de tubercules arrondis:
-
- C. Réceptacle parfois très développé, ayant souvent la forme
- d'un disque; asques et paraphyses serrés dans le tissu.
- =Discomycètes.=
-
- C. Pas de réceptacle proprement dit, mais un tissu (stroma) en
- contact intime avec la substance nourricière; asques presque
- libres sans paraphyses. (Nous n'en parlerons pas autrement.)
- =Gymnomycètes.=
-
-
-TABLEAU IV
-
-Phycomycètes, détermination des familles.
-
- A. Mycélium nul ou très peu développé. =Chytridiées.=
-
- A. Mycélium bien développé:
-
- B. Champignons aériens:
-
- C. Champignons se développant sur les substances végétales en
- voie de décomposition. =Mucoracées.=
-
- C. Champignons se développant sur les insectes vivants, qu'ils
- tuent. =Entomophthorées.=
-
- C. Champignons se développant sur les plantes vivantes et en
- général sur les parties vertes et charnues. =Péronosporées.=
-
- B. Champignons vivant dans l'eau et se développant sur les
- poissons, insectes et plantes aquatiques. =Saprolégniées.=
-
-
-TABLEAU V
-
-Les Myxomycètes s'éloignant du cadre de nos études, nous ne donnerons
-pas, pour ce groupe, de tableau de détermination.
-
-
-TABLEAU VI
-
-Deutéromycètes (Champignons inférieurs), détermination des familles.
-
- A. Champignons ayant des périthèces renfermant les spores.
- (Sphéropsidées.):
-
- B. Champignons charnus, de couleur claire. =Nectrioïdées.=
-
- B. Champignons coriaces, membraneux, noirs:
-
- C. Périthèces piriformes ayant un orifice au sommet.
- =Sphérioïdées.=
-
- C. Périthèces en écusson et plus ou moins fendus
- longitudinalement. =Leptostromées, Excipulées.=
-
- A. Champignons n'ayant pas de périthèces:
-
- D. Champignons tout à fait superficiels constitués par des
- filaments mycéliens libres ou cohérents. (Hyphomycètes.):
-
- E. Filaments libres ou peu serrés:
-
- F. Filaments grêles, pâles ou peu colorés, disparaissant de
- bonne heure. =Mucédinées.=
-
- F. Filaments assez rigides, foncés ou noirs, persistants.
- =Dematiées.=
-
- E. Filaments agglomérés:
-
- G. Filaments pâles ou brunâtres réunis en faisceau. =Stilbées.=
-
- G. Filaments réunis en une masse compacte (stroma) s'étalant
- sur le support. =Tuberculariées.=
-
- D. Champignons sous-cutanés (se développant d'abord sous l'écorce),
- puis érumpents, charnus. (Mélanconiées.) =Mélanconiées.=
-
-
-TABLEAU VII
-
-Agaricinées, détermination des genres.
-
-_Leucosporées ou à spores blanches._
-
- A. Champignons pourvus d'une volve, plus ou moins visible au pied ou
- sur le chapeau. =Amanita.=
-
- A. Champignons dépourvus d'une volve:
-
- B. Pied orné d'un collier bien constitué:
-
- C. Chair du chapeau non continue avec celle du pied, feuillets
- libres. =Lepiota.=
-
- C. Chair du chapeau continue avec celle du pied, feuillets
- adhérents ou décurrents. =Armillaria.=
-
- B. Collier nul ou filamenteux:
-
- D. Feuillets et chair laissant écouler un lait de couleur variée.
- =Lactarius.=
-
- D. Pas de lait:
-
- E. Feuillets épais, semblables à des bourrelets, rameux et
- décurrents. =Cantharellus.=
-
- E. Feuillets minces sur la tranche et plus ou moins larges:
-
- F. Pied central:
-
- G. Champignons non putrescents (c'est-à-dire se desséchant
- sans pourrir). =Marasmius.=
-
- G. Espèces putrescentes:
-
- H. Pied coriace cartilagineux au moins extérieurement:
-
- I. Feuillets décurrents, espèces plutôt petites.
- =Omphalia.=
-
- I. Feuillets non décurrents:
-
- J. Chapeau mince, ordinairement strié, non enroulé;
- feuillets sinués. =Mycena.=
-
- J. Chapeau consistant, rarement strié, d'abord
- enroulé; feuillets adhérents. =Collybia.=
-
- H. Pied charnu ou fibreux mais non cartilagineux:
-
- K. Feuillets sinués ou échancrés. =Tricholoma.=
-
- K. Feuillets adhérents ou décurrents:
-
- L. Feuillets égaux ou presque, souvent fourchus,
- spores verruqueuses. =Russula.=
-
- L. Feuillets inégaux, spores lisses:
-
- M. Feuillets assez épais souvent veineux, chair
- granuleuse. =Hygrophorus.=
-
- M. Feuillets minces souvent décurrents, chair fine.
- =Clytocybe.=
-
- F. Pied excentrique ou nul:
-
- N. Espèces putrescentes. =Pleurotus.=
-
- N. Espèces non putrescentes:
-
- O. Feuillets fendus sur l'arête, et formant gouttière,
- disposés en éventail. =Schizophyllum.=
-
- O. Feuillets non fendus:
-
- P. Champignons de consistance ligneuse, feuillets
- souvent anastomosés. =Lenzites.=
-
- P. Champignons coriaces mais non ligneux:
-
- Q. Feuillets entiers. =Panus.=
-
- Q. Feuillets déchiquetés sur l'arête. =Lentinus.=
-
-_Rhodosporées ou à spores roses._
-
- A. Champignons présentant une volve à la base et quelquefois un
- collier. =Volvaria.=
-
- A. Pas de volve:
-
- B. Pied excentrique ou nul. =Claudopus.=
-
- B. Pied central:
-
- C. Champignons munis d'un collier. =Annularia.=
-
- C. Pas de collier:
-
- D. Feuillets décurrents, chair du chapeau se continuant avec
- celle du pied. =Clitopilus.=
-
- D. Feuillets libres, sinués ou échancrés:
-
- E. Espèces lignicoles; pied distinct du chapeau, feuillets
- libres. =Pluteus.=
-
- E. Espèces terrestres; chair du chapeau se continuant avec
- celle du pied, feuillets sinués ou échancrés, libres ou
- adnés. =Entoloma.=
-
-_Ochrosporées ou à spores couleur rouille._
-
- A. Pied orné d'un collier filamenteux ou aranéeux (semblable à de
- la toile d'araignée). =Cortinarius.=
-
- A. Pied orné d'un collier membraneux. =Pholiota.=
-
- A. Pied sans collier:
-
- B. Pied non central ou nul, espèce poussant sur le bois.
- =Crepidotus.=
-
- B. Pied central ou rarement excentrique:
-
- C. Pied charnu ou fibreux charnu:
-
- D. Feuillets sinués:
-
- E. Chapeau sec, fibrilleux ou soyeux. =Inocybe.=
-
- E. Chapeau glabre, plus ou moins visqueux. =Hebeloma.=
-
- D. Feuillets adhérents ou décurrents:
-
- F. Feuillets facilement séparables du chapeau, réunis à la
- base. =Paxillus.=
-
- F. Feuillets non séparables, non réunis entre eux à la base,
- espèces non terrestres. =Flammula.=
-
- C. Pied plus ou moins cartilagineux:
-
- G. Feuillets assez décurrents, presque triangulaires.
- =Tubaria.=
-
- G. Feuillets non décurrents:
-
- H. Chapeau arrondi, à bords primitivement infléchis; pied
- plus ou moins long. =Naucoria.=
-
- H. Chapeau conique à bords primitivement droits; pied
- toujours très long. =Galera.=
-
-_Mélanosporées ou à spores noires._
-
- A. Feuillets liquescents ou diffluents:
-
- B. Feuillets et spores bruns pourpres non franchement noirs.
- =Bolbitius.=
-
- B. Feuillets et spores noirs. =Coprinus.=
-
- A. Feuillets secs ou presque:
-
- C. Collier aranéeux fugace, restant adhérent au chapeau sous
- forme de franges. =Hypholoma.=
-
- C. Collier consistant, membraneux et persistant:
-
- D. Feuillets adnés (collés au pied). =Stropharia.=
-
- D. Feuillets libres. =Pratella.=
-
- C. Collier nul:
-
- E. Feuillets décurrents, chapeau charnu, spores fusiformes,
- chapeau en toupie. =Gomphidius.=
-
- E. Feuillets non décurrents, spores non fusiformes:
-
- F. Pied un peu cartilagineux:
-
- G. Bords du chapeau d'abord recourbés. =Psilocybe.=
-
- G. Bords du chapeau d'abord appliqués droits. =Psathyra.=
-
- F. Pied simplement fibreux:
-
- H. Chapeau membraneux strié. =Psathyrella.=
-
- H. Chapeau un peu charnu. =Panœolus.=
-
-
-TABLEAU VIII
-
-Polyporées, détermination des genres.
-
- A. Tubes pouvant aisément se séparer les uns des autres:
-
- B. Tubes adhérents entre eux dès le début, à orifice non frangé.
- =Boletus.=
-
- B. Tubes libres au début, à orifice frangé. =Fistulina.=
-
- A. Tubes ne se séparant pas les uns des autres sans rupture
- manifeste:
-
- C. Espèces rameuses ou naissant d'une même souche. =Merisma.=
-
- C. Espèces non rameuses:
-
- D. Champignons étalés, adhérents au support, et munis, à leur
- partie extérieure, de rides superficielles, plutôt que de
- tubes. =Merulius.=
-
- D. Champignons munis de tubes bien conformés:
-
- E. Tubes pénétrant plus ou moins dans la chair du champignon:
-
- F. Pores flexueux labyrinthiformes. =Dedalea.=
-
- F. Pores arrondis ou allongés, mais non flexueux. =Trametes.=
-
- E. Tubes ne pénétrant pas dans la chair du chapeau et formant
- une couche bien distincte:
-
- G. Champignons formant une lame étalée adhérente au support.
- =Physisporus (Poria).=
-
- G. Champignons ne formant pas une lame étalée adhérente au
- support:
-
- H. Tubes disposés en deux ou plusieurs couches distinctes.
- =Fomes.=
-
- H. Une seule couche de tubes:
-
- I. Pores grands, réguliers et anguleux comme les alvéoles
- des abeilles. =Hexagona.=
-
- I. Pores grands, radiants, anguleux, mais non réguliers.
- =Favolus.=
-
- I. Pores petits ou très petits, généralement arrondis ou
- un peu irréguliers. =Polyporus.=
-
-
-TABLEAU IX
-
-Hydnées, détermination des genres.
-
- A. Hyménium sous forme de pointes coniques régulièrement disposées,
- libres à la base, espèces souvent charnues, terrestres, plus
- rarement lignicoles. =Hydnum.=
-
- A. Hyménium sous forme de dents plates, de papilles, de tubercules
- ou granules irréguliers. Espèces poussant de préférence sur
- le bois:
-
- B. Hyménium présentant des dents ou des lames:
-
- C. Champignons charnus, à lames libres à la base, flexueuses ou
- irrégulièrement disposées, pouvant se séparer du tissu
- sous-jacent. =Sistostrema.=
-
- C. Champignons coriaces, à dents soudées à la base, non
- séparables. =Irpex.=
-
- B. Hyménium présentant des tubercules, granules ou verrues:
-
- D. Champignons membraneux, non charnus, filamenteux à leur
- pourtour ou sur les verrues. =Odontia.=
-
- D. Champignons membraneux, charnus, céracés:
-
- E. Hyménium formant des veines ou des rides. =Phlebia.=
-
- E. Hyménium formant des tubercules allongés. =Radulum.=
-
- E. Hyménium formant des tubercules ou plutôt des granules
- sphériques. =Grandinia.=
-
-
-TABLEAU X
-
-Théléphorées, détermination des genres.
-
- A. Champignons ayant la forme de cupule ou de disque. =Cyphella.=
-
- A. Champignons non en cupule ou en disque:
-
- B. Champignons en forme de tube, ou de cônes déprimés, ressemblant
- aux Cantharellus. =Craterellus.=
-
- B. Champignons non en forme de tube ou de cônes déprimés:
-
- C. Hyménium se fendillant par le sec, non distinct du mycélium
- et se présentant sous forme de lame mince adhérente au
- support. =Corticium.=
-
- C. Hyménium distinct du mycélium, ne se crevassant pas par
- le sec:
-
- D. Champignons sans cuticule, ramifiés, rarement membraneux
- ou résupinés. =Thelephora.=
-
- D. Champignons membraneux ayant une cuticule. =Stereum.=
-
-
-TABLEAU XI
-
-Clavariées, détermination des genres.
-
- A. Champignons très ramifiés, à rameaux aplatis, fertiles sur les
- deux faces. =Sparassis.=
-
- A. Champignons simples ou ramifiés, mais à rameaux non aplatis:
-
- B. Partie fructifère normalement plus grosse que le reste:
-
- C. Masse fructifère cylindracée. =Typhula.=
-
- C. Masse fructifère ventrue. =Pistillaria.=
-
- B. Partie fructifère non renflée, sauf dans Clavaria pistillaris:
-
- D. Champignons filiformes. =Pterula.=
-
- D. Champignons non filiformes:
-
- E. Champignons plus ou moins visqueux, cartilagineux, cornés
- étant secs. =Calocera.=
-
- E. Champignons charnus, non visqueux. =Clavaria.=
-
-
-TABLEAU XII
-
-Auriculariées, détermination des genres.
-
- A. Hyménium infère, c'est-à-dire tourné vers le sol:
-
- B. Champignons plus larges que hauts, confluents; hyménium plissé.
- =Auricularia.=
-
- B. Champignons plus hauts que larges, versiformes ou spatulés;
- hyménium non plissé. =Gyrocephalus (Guepinia).=
-
- A. Hyménium supère ou réparti sur la surface du champignon:
-
- C. Hyménium localisé sur une partie nettement caractérisée:
-
- D. Réceptacle membraneux, mince, cupuliforme. =Hirneola.=
-
- D. Réceptacle en forme de disque ou de membrane épaisse.
- =Exidia.=
-
- C. Hyménium réparti sur toute la surface du champignon:
-
- E. Champignons mous, gélatineux, tremblotants, plissés, ondulés,
- souvent grands. =Tremella.=
-
- E. Champignons gélatineux, non tremblotants, en forme de petits
- tubercules érumpants, et de petites dimensions. =Dacrymyces.=
-
-
-TABLEAU XIII
-
-Gastéromycètes, détermination des genres.
-
- A. Champignons charnus, mous, sortant d'une volve (Phalloïdées):
-
- B. Réceptacle non en réseau, longuement pédicellé; pulpe sporifère
- extérieure au réceptacle. =Phallus (Mutinus).=
-
- B. Réceptacle en réseau, sessile ou légèrement pédicellé; pulpe
- sporifère intérieure au réceptacle:
-
- C. Réceptacle pédicellé. =Colus.=
-
- C. Réceptacle non pédicellé. =Clathrus.=
-
- A. Champignons dépourvus de volve, coriaces, en forme de capsules
- ou d'urnes, d'abord clos, puis ouverts, renfermant des
- sporangioles (amas de spores) (Nidulariées):
-
- D. Péridium (nom que l'on donne au réceptacle fructifère) simple:
-
- E. Un seul sporangiole dans chaque péridium.
- =Thelebolus (Dacryobolus).=
-
- E. Plusieurs sporangioles dans chaque péridium:
-
- F. Péridium muni d'un opercule caduc:
-
- G. Péridium formé de trois couches. =Cyathus.=
-
- G. Péridium n'ayant qu'une seule couche. =Crucibulum.=
-
- F. Péridium clos mais sans opercule. =Nidularia.=
-
- D. Péridium double. =Sphærobolus.=
-
- A. Champignons dépourvus de volve, charnus ou charnus coriaces, de
- forme plus ou moins sphéroïde, se développant sur terre
- (Lycoperdacées):
-
- H. Péridium ayant une columelle centrale. =Podaxon.=
-
- H. Péridium, sans columelle, formé de deux membranes (Diplodermées):
-
- I. Péridium muni d'un pied:
-
- J. Péridium s'ouvrant à la maturité. =Tulostoma.=
-
- J. Péridium ne s'ouvrant pas à la maturité. =Queletia.=
-
- I. Péridium dépourvu de pied (sessile). =Geaster.=
-
- K. Péridium sans columelle, à une seule membrane mince
- (Lycoperdées):
-
- L. Péridium pourvu d'une base non fertile. =Lycoperdon.=
-
- L. Péridium fertile jusqu'à sa base. =Bovista.=
-
- K. Péridium sans columelle, à une seule membrane épaisse
- (Sclérodermées). =Scleroderma.=
-
- A. Champignons charnus fermes, dépourvus de volve, de forme
- tuberculeuse poussant sous terre (Hyménogastrées):
-
- M. Un péridium distinct facilement séparable. =Hysterangium.=
-
- M. Un péridium distinct non séparable:
-
- N. Mycélium visible autour du tubercule, sous forme de filaments
- ramifiés et appliqués:
-
- O. Spores hyalines (incolores) à la maturité. =Rhizopogon.=
-
- O. Spores colorées à la maturité. =Melanogaster.=
-
- N. Mycélium nul ou très peu développé:
-
- P. Spores lisses ou presque, assez colorées. =Hymenogaster.=
-
- P. Spores échinulées, colorées ou non. =Hydnangium.=
-
- M. Pas de péridium distinct. =Gauthiera.=
-
-
-TABLEAU XIV
-
-Tubéracées, détermination des genres.
-
- A. Spores se résolvant en poussière à leur maturité. =Elaphomyces.=
-
- A. Spores ne se résolvant pas en poussière à la maturité:
-
- B. Chair (glèbe) parcourue par des veines:
-
- C. Veines bicolores. =Tuber.=
-
- C. Veines unicolores:
-
- D. Asques allongés. =Chæromyces.=
-
- D. Asques ovales ou globuleux. =Terfezia.=
-
- B. Chair dépourvue de veines:
-
- E. Asques linéaires. =Genea.=
-
- E. Asques oblongs ou globuleux. =Balsamia.=
-
-
-TABLEAU XV
-
-Discomycètes, détermination des genres.
-
- A. Thèques s'ouvrant au sommet par un opercule (_Voir fig. 45_):
-
- B. Champignons ayant un hyménium limité par les bords du réceptacle
- (_Voir fig. 47 à 56_):
-
- C. Réceptacle formé de plusieurs hyméniums (_Voir fig. 47_):
-
- D. Bords du réceptacle adhérents au pied. =Morchella.=
-
- D. Bords du réceptacle libres. =Mitrophora.=
-
- C. Un seul hyménium (_Voir fig. 48 à 56_):
-
- E. Réceptacle retombant sur le pied, non cupulé ni lenticulé
- (_Voir fig. 48-49_):
-
- F. Réceptacle formé de deux ou plusieurs lobes infléchis,
- libres ou presque. =Helvella.=
-
- F. Réceptacle entier réfléchi sur le pied, libre (_Voir
- fig. 49_). =Verpa.=
-
- E. Réceptacle, cupulé ou étalé, ne retombant pas sur le pied
- (_Voir fig. 50_). =Peziza, etc.=
-
- E. Réceptacle non cupulé, mais lenticulé sessile, ne retombant
- pas sur le pied (_Voir fig. 52-53_):
-
- G. Hyménium lisse, thèques non saillantes (_Voir fig. 52_).
- =Humaria, etc.=
-
- G. Hyménium rugueux, thèques saillantes sur le disque (_Voir
- fig. 53_). =Ascobolus, etc.=
-
- B. Champignons ayant un hyménium superficiel non limité:
-
- H. Champignons végétant à terre sur les places à charbon.
- =Pyronema.=
-
- H. Champignons se développant sur les végétaux vivants.
- =Taphrina, etc.=
-
- A. Thèques sans opercule au sommet, mais ayant un simple pore ou
- orifice (_Voir fig. 46_):
-
- B. Champignons ayant un hyménium limité par les bords du réceptacle
- (_Voir fig. 47 à 56_):
-
- C. Champignons charnus ou charnus gélatineux:
-
- D. Réceptacle fructifère allongé ou en massue supporté par un
- pied très développé (_Voir fig. 51, 54 à 56_):
-
- E. Massue se continuant insensiblement avec le pied (_Voir
- fig. 51_). =Geoglossum, etc.=
-
- E. Sillon visible entre le pied et la massue:
-
- F. Champignons mous gélatineux (_Voir fig. 55_). =Leotia.=
-
- F. Champignons charnus, fermes:
-
- G. Massue comprimée (_Voir fig. 56_). =Spathularia.=
-
- G. Massue non comprimée (_Voir fig. 54_). =Mitrula.=
-
- D. Réceptacle plus ou moins pédicellé, plan ou convexe,
- rarement cupulé:
-
- H. Champignons assez développés, longuement pédicellés,
- charnus, non gélatineux. =Ombrophila, etc.=
-
- H. Champignons assez développés, à réceptacle se continuant
- avec le pied, gélatineux ou élastiques:
-
- I. Espèces violacées, gélatineuses. =Coryne.=
-
- I. Espèces noires, élastiques. =Bulgaria.=
-
- H. Champignons petits, lenticulés, charnus.
- =Calloria, Orbilia.=
-
- D. Réceptacle pédicellé ou non, cupulé au moins à l'état jeune:
-
- J. Réceptacles pédicellés, souvent assez grands, non velus
- extérieurement. =Ciboria, Sclerotinia,
- Phialea, Chlorosplenium, Helotium.=
-
- J. Réceptacles non pédicellés, petits, non velus
- extérieurement. =Mollisia, etc.=
-
- J. Réceptacles velus extérieurement.
- =Lachnella, Trichopeziza.=
-
- C. Champignons charnus ou charnus coriaces:
-
- K. Réceptacles libres ou le devenant.
- =Patellaria, Dermatea, etc.=
-
- K. Réceptacles enfoncés dans le support. =Stictis, Phacidium.=
-
- B. Champignons à hyménium superficiel non limité.
-
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-CHAPITRE II
-
-Causerie sur les Hyménomycètes.
-
-
-Les champignons de ce groupe important sont déjà familiers à beaucoup
-de nos lecteurs, et ils n'est personne qui ne connaisse, pour les avoir
-maintes et maintes fois récoltés, les Agarics, les Polypores, les
-Hydnes, les Clavaires et même les Trémelles.
-
-Ce qui caractérise tous ces champignons si différents d'aspect, ce qui
-permet de les grouper sous le même vocable d'Hyménomycètes, c'est que
-chez tous l'hyménium (ou partie fructifère) est établi sur un même plan.
-
-Que l'on examine en effet au microscope une coupe mince d'un hyménium
-d'Agaric, de Polypore ou de Clavaire, etc., on le trouvera toujours
-formé de nombreuses cellules venant s'épanouir à l'extérieur comme
-le montre la lettre A de la fig. 3. Ces cellules sont beaucoup plus
-longues et plus volumineuses que celles qui constituent la masse du
-tissu de ces champignons. Elles ont en substance la forme d'un sac
-allongé rétréci à sa partie non libre qui se continue avec le tissu
-sous-jacent. Ces cellules, auxquelles on a donné le nom de basides,
-sont le siège d'une vie active, et leur intérieur est rempli d'un
-protoplasma abondant: à leur partie libre, ces basides sont surmontées
-de petites pointes très ténues auxquelles on a donné le nom de
-stérigmate (mot qui signifie support), elles supportent en effet les
-spores destinées à reproduire le champignon.
-
-Les basides, tout en étant foncièrement bâties sur le même plan,
-peuvent cependant varier de forme, de dimensions, suivant qu'elles se
-rapportent à telle ou telle famille, et même dans un même genre, elles
-sont susceptibles de présenter des différences, surtout au point de vue
-de la forme et de la taille, aussi est-il de la plus grande utilité de
-noter ces différences et de les fixer par un dessin fait à la chambre
-claire et à un grossissement connu.
-
-Les stérigmates, eux aussi, sont susceptibles de varier et comme nombre
-et comme dimensions: ainsi les Agaricinées, les Polyporées, etc., ont
-leurs basides surmontées de 4 stérigmates; d'autres fois, il n'y en a
-que deux, comme le montre la figure 3, prise dans le genre _Clavaria_;
-plus rarement même, il peut n'y en avoir qu'un seul, ou même plus de
-quatre.
-
-Indépendamment des basides, on trouve sur l'hyménium des Hyménomycètes,
-et en assez grand nombre, d'autres cellules de deux sortes, et ayant à
-peu près le même aspect que les basides: les unes, en tout semblables
-aux basides, mais non surmontées de stérigmates; ce sont, à tout
-croire, des cellules arrêtées dans leur évolution et qui sont stériles;
-les autres attirent l'attention par des différences caractéristiques;
-ou elles sont beaucoup plus longues que les basides, et dépassent
-longuement l'hyménium, comme on peut s'en assurer en examinant la
-figure 3, ou bien elles s'élargissent d'une façon démesurée; on dirait
-qu'elles sont hypertrophiées. Ces cellules ont reçu le nom de cystides;
-voir la fig. 3, où sont représentées différentes formes de cystides.
-
-Les cystides peuvent être fusiformes ou sphériques, et elles sont
-généralement remplies d'un protoplasma vivant et actif; d'autres fois,
-elles sont à peu près vides; de plus, elles sont souvent agrémentées à
-leur extrémité libre d'ornementations caractéristiques. (Voir fig. 3.)
-
-Quel est le rôle des cystides? On sait peu de choses à cet égard,
-et il serait possible qu'elles intervinssent dans le phénomène de
-la fécondation des champignons. Nous avons constaté souvent que le
-protoplasma des cystides paraissait différer de celui des basides
-ou des autres cellules neutres qui les accompagnent. Leur contenu
-paraît plus défini, plus divisé en parties organisées, et douées d'un
-mouvement très vif, qui semble différer du mouvement Brownien.
-
-Nous avons vu notamment que dans _Russula expallens_, les cystides
-étaient remplies d'un nombre incalculable de petits éléments paraissant
-indépendants les uns des autres et animés d'un vif mouvement. A côté,
-nous avons pu voir des cystides qui s'étaient ouvertes à leur extrémité
-et qui étaient complètement vides. Nous ne voulons pas tirer une
-conclusion peut-être hasardée, nous nous contentons de signaler le fait.
-
-Les spores qui se forment à l'extrémité des stigmates commencent
-d'abord par être très petites, puis peu à peu elles grossissent jusqu'à
-ce qu'elles aient acquis les dimensions voulues.
-
-Nous avons, dans la figure 1, représenté un certain nombre de spores,
-toutes au même grossissement de 825 diamètres; on verra combien elles
-peuvent différer et de forme et de volume; on se rendra compte aisément
-de l'utilité qu'il y a de les représenter toutes au même grossissement.
-Nous estimons qu'il est plus rationnel de les dessiner au grossissement
-de 1.000 diamètres, ce qui n'est pas difficile. Le grossissement de 500
-diamètres est déjà quelque chose, mais il peut arriver que certains
-détails, certains ornements importants ne soient pas suffisamment
-visibles.
-
-Les spores des champignons sont non seulement différentes de forme et
-de volume, mais leur contenu et leur couleur peuvent varier à l'infini.
-Nous savons déjà, puisqu'on en a fait la base de la classification
-des Agaricinées, qu'elles peuvent être blanches comme dans les
-Leucosporées, roses dans les Rhodosporées, ochracées comme dans les
-Ochrosporées, noires ou brunes-noires comme dans les Mélanosporées.
-Quant à leur contenu, il peut être également très différent; dans
-certaines spores, on ne distingue rien; le protoplasma est si
-réfringent ou si peu abondant qu'on ne le voit pas, la spore paraît
-donc comme si elle était vide; on dit alors qu'elle est hyaline.
-D'autres fois, on distingue dans les cellules, un, deux, trois, ou
-même plusieurs petits globules, qui peuvent être de nature huileuse.
-Leur disposition est quelquefois assez fixe pour pouvoir servir comme
-élément de distinction; on peut aussi y rencontrer un ou plusieurs
-globules plus gros qui peuvent être des vacuoles. Nous terminerons
-en disant que les spores montrent souvent un apicule ou saillie qui
-provient du point d'attache sur le stérigmate.
-
-Tout ce que nous venons de dire est imputable en grande partie au
-deuxième sous-groupe des Basidiomycètes, aux Gastéromycètes, mais il
-y a entre ces deux sous-groupes une différence capitale. L'hyménium
-des Hyménomycètes est toujours en contact direct et immédiat avec
-l'atmosphère, en un mot, il est visible à l'extérieur du réceptacle, ce
-qui n'a pas lieu chez les Gastéromycètes.
-
-Il est facile de s'en assurer en examinant les lames des Agaricinées
-qui sont couvertes par la couche fructifère.
-
-Dans les Polyporées, cette couche fructifère tapisse l'intérieur des
-tubes, comme il est facile de s'en assurer en examinant au microscope
-une section transversale d'un tube de Polypore.
-
-Dans les Hydnées, l'hyménium recouvre les pointes; dans les
-Téléphorées, les Clavariées, les Auriculariées (Trémellacées), ce même
-hyménium recouvre la plus grande partie de la surface du champignon;
-mais ces trois dernières familles se distingueront aisément des
-Agaricinées, Polyporées, Hydnées, par ce fait que l'hyménium est tourné
-vers le ciel, il regarde en haut; on dit alors qu'il est supère, tandis
-que dans les Agaricinées, les Polyporées, les Hydnées, il regarde en
-bas, il est infère.
-
-Les autres caractères distinctifs des différentes familles des
-Hyménomycètes seront aisément saisis à l'examen du tableau II.
-
-Les Hyménomycètes constituent un sous-groupe important et très prisé
-des mycologues: ce sont eux qui renferment la grande majorité des
-espèces comestibles, et aussi, hâtons-nous de le dire, des espèces
-toxiques; il importe donc de les étudier avec soin.
-
-
-
-
-CHAPITRE III
-
-Causerie sur les Gastéromycètes.
-
-
-Nous nous sommes étendus assez longuement sur les Hyménomycètes, et une
-partie de ce que nous avons dit sur ce sous-groupe sera applicable aux
-Gastéromycètes.
-
-Egalement ici, les spores se développent sur des basides qui peuvent
-varier de forme et de dimension, mais elles n'offrent pas la variété
-que l'on trouve dans les Hyménomycètes. Elles sont souvent très
-petites, rondes ou elliptiques, lisses ou rugueuses, de couleur claire
-ou très foncées, surtout à la maturité. Leur enveloppe est généralement
-plus épaisse que celle des Hyménomycètes.
-
-Dans la famille des Nidulariées (que l'on nomme aussi champignons nids
-d'oiseaux), les spores sont réunies sous la forme de petites masses
-auxquelles on a donné les noms de péridioles ou sporangioles. Ces
-sporangioles, qui peuvent être lenticulaires ou sphéroïdes, reposent
-dans l'intérieur de la coupe du champignon, comme des œufs d'oiseau
-dans un nid, et quelquefois, particularité curieuse, ces petits
-organes sont reliés à la cupule par un filament ténu, comme dans les
-_Nidulaires_ et les _Crucibulum_.
-
-Si les spores ne nous offrent pas en elles-mêmes une très grande
-diversité, les autres parties de ces champignons sont intéressantes à
-étudier.
-
-Lorsque, par exemple, on examine un œuf de _Phallus_ ou de _Clathrus_,
-on ne peut s'empêcher d'être surpris de le voir fendre son enveloppe et
-donner issue très rapidement à un ensemble beaucoup plus gros que n'est
-l'œuf lui-même.
-
-Les _Phallus_ ont une tête sporifère placée à l'extrémité d'un grand
-pédicule creux et tout parsemé de cavités qui le rendent d'une extrême
-légèreté, tout en étant très résistant. Le chapeau ou réceptacle qui
-coiffe l'extrémité supérieure du pédicule, est recouvert d'une pulpe
-brunâtre ou verdâtre d'odeur repoussante pour certaines espèces et
-renfermant des myriades de spores. Les mouches attirées par cette
-odeur viennent se poser sur la tête du _Phallus_, et en s'en allant
-emportent un grand nombre de spores, soit dans leur intestin, soit
-sur leur corps, et elles concourent ainsi inconsciemment à propager
-l'espèce en déposant ces spores dans d'autres endroits.
-
-Les _Clathrus_ sont encore plus curieux, s'il est possible; l'œuf qui
-les renferme laisse voir, lorsqu'il s'ouvre, un magnifique réseau à
-mailles polygonales d'un rouge très vif. Ici, la pulpe sporifère se
-trouve, non plus à l'extérieur, mais bien à l'intérieur des mailles.
-
-Les espèces exotiques ont, si cela est possible, des formes encore
-plus bizarres et véritablement étranges, car il faut dire que dans nos
-pays tempérés, elles sont peu nombreuses, et au contraire, très bien
-représentées dans les pays chauds.
-
-Avec les Nidulariées, autre sujet de surprise; nous ne sommes plus ici
-en présence de champignons charnus, mais bien coriaces, fermes, et
-ayant la forme de petites urnes, d'abord fermées, puis s'ouvrant à la
-maturité pour donner issue aux spores. On a donné à ces champignons le
-nom de champignons nids d'oiseaux.
-
-Les Lycoperdacées nous sont plus familières, et il n'est personne qui
-n'ait rencontré ou même ramassé dans les bois, les prairies, ces masses
-blanchâtres généralement rondes, sessiles ou pédicellées, et ne les
-ait même foulées du pied. D'autres ont pu se trouver en présence d'une
-énorme boule blanche revêtue d'une enveloppe satinée, que l'on croirait
-avoir été amenée dans les jardins ou les pâtures par quelque sorcière
-en quête de magie.
-
-Cette production a, comme tous les champignons, une origine toute
-naturelle; elle se développe sur un mycélium blanc né d'une spore
-infiniment petite; elle est d'abord minuscule, mais croît très
-rapidement, et finit par atteindre un volume considérable, jusqu'à
-1 m. 10 de tour et le poids de 5 à 6 kilos. On nomme ce champignon
-la vesse-loup des bouviers, ou vesse-loup gigantesque, _Lycoperdon
-giganteum_.
-
-D'autres Lycoperdacées, comme les Sclérodermes, ont une enveloppe très
-épaisse et sont dépourvues de pied; d'autres, comme les _Geaster_, ont
-la propriété de fendre leur enveloppe extérieure en plusieurs parties
-qui se recourbent à l'extérieur pour laisser libre la partie sporifère;
-à cet état, ils représentent assez bien une étoile sur laquelle on
-aurait placé une sphère.
-
-Enfin, il peut arriver que le réceptacle sporifère soit, comme dans les
-Phalloïdées, placé au sommet d'un pédicule, c'est ce qui a lieu dans
-les _Tulostoma_. Mais chez les Lycoperdacées, le réceptacle fructifère
-(le péridium) s'ouvre à un moment donné pour donner passage aux spores;
-les Lycoperdacées sont de couleurs peu vives, souvent blanchâtres ou
-jaunâtres.
-
-Les Hyménogastrées se distinguent à première vue des autres
-Gastéromycètes, parce qu'ils poussent sous terre (ils sont hypogés):
-ils ont le plus souvent la forme de petits tubercules arrondis,
-irréguliers et presque toujours recouverts de filaments mycéliens.
-Ils sont de couleur jaunâtre ou grisâtre, et au premier abord, on
-serait tenté de les prendre pour des champignons analogues à certaines
-Truffes, mais un simple examen microscopique permettra d'éviter cette
-erreur, car dans les Tubéracées il y a des thèques, ce qui n'est pas le
-cas ici, puisque les spores sont portées sur des basides.
-
-
-
-
-CHAPITRE IV
-
-Causerie sur les Discomycètes.
-
-
-Les Discomycètes (champignons en forme de disque) intéressent également
-les mycologues de profession et les mycophages; aux premiers, ils
-offrent des sujets d'études fort intéressants et très variés; aux
-autres, ils fournissent d'excellents champignons comestibles, tels
-que les Morilles, les Gyromitres, les Helvelles et même certaines
-grandes Pézizes. Les Morilles surtout sont très appréciées, en ce
-qu'elles viennent au premier printemps, alors qu'il n'y a pas d'autres
-champignons: elles se vendent toujours à un prix très élevé, et il
-n'est pas rare de les voir payer 10 à 12 francs le kilog.
-
-Les Discomycètes forment un sous-groupe très naturel renfermant un
-grand nombre de genres et une multitude d'espèces, qui ont été fort
-bien étudiées et magnifiquement illustrées par M. Boudier, qui pendant
-plus de quarante années s'est attaché à décrire, coordonner et dessiner
-toutes les espèces existant en Europe. Aussi a-t-il pu résumer toutes
-ses recherches dans un gros livre, publié sous le nom de _Discomycètes
-d'Europe, histoire et classification_.
-
-Dans ses _Icones_ il a donné une multitude de dessins qui sont les plus
-beaux et les plus exacts qui existent, de sorte que l'on peut dire que
-les Discomycètes sont bien connus.
-
-Tous les Discomycètes n'ont pas, à première vue, la forme d'un disque,
-il faut procéder par induction pour retrouver cette forme type; si nous
-prenons une Morille, par exemple, il ne nous sera pas difficile, après
-un court examen, d'admettre que chaque alvéole peut être regardée comme
-une coupe, un disque qui serait placé à côté d'un autre disque, dont il
-serait séparé par une bordure qui forme les côtes de la Morille. Ainsi
-envisagées, les Morilles seraient considérées comme une réunion de
-disques, et représenteraient une association de Pézizes.
-
-Dans les Helvelles, la forme du réceptacle ou chapeau semble s'éloigner
-encore davantage de la forme d'un disque, mais là encore, si nous
-voulons bien chercher, nous trouverons des Helvelles dont le chapeau
-forme une véritable coupe surmontant un pied élancé, comme cela serait
-dans l'Helvelle à grand pied. Ainsi, en raisonnant par analogie,
-on arrive assez facilement à faire rentrer dans ce sous-groupe des
-Discomycètes, des champignons, qui, comme les _Spathularia_, les
-_Geoglossum_, paraissent tout d'abord devoir s'en éloigner.
-
-N'y a-t-il pas dans les Hyménomycètes des faits analogues, et ne
-voit-on pas certaines Agaricinées se rapprocher des Polyporées, comme
-les Lenzites par exemple, dont les feuillets quelquefois anastomosés
-rappellent certains Polypores.
-
-Les Discomycètes ont généralement une consistance charnue, parfois
-charnue coriace; plus rarement, et surtout dans les petites espèces,
-elle devient cartilagineuse. Leur réceptacle, susceptible, comme nous
-l'avons dit, de varier étonnamment de forme, peut aussi revêtir des
-couleurs variées et souvent très vives; il y en a de vertes, jaunes,
-rouges, etc., avec tous les intermédiaires.
-
-L'hyménium est établi sur un plan à peu près uniforme et toujours
-tourné en haut; il est supère: il se compose d'une couche de thèques
-pressées les unes contre les autres et séparées par des paraphyses. Ces
-asques ou thèques sont toujours relativement beaucoup plus longs que
-larges, arrondis à leur partie libre, et rétrécis insensiblement à leur
-base où ils se continuent avec le tissu du champignon.
-
-Ces asques renferment presque toujours huit spores, plus rarement
-davantage: ces spores, si l'on en juge par la fig. 2, sont
-excessivement variées; elles peuvent être rondes ou ovales, ou encore
-fusiformes plus ou moins allongées, et relativement grandes, en
-comparaison de celles des Hyménomycètes. Elles ont ou non un revêtement
-qui fournit des indications précieuses pour la détermination des genres
-ou des espèces: à leur intérieur elles montrent presque toujours des
-globules, souvent au nombre de deux, que l'on utilise également pour la
-détermination. Ces spores une fois mûres doivent sortir des asques et
-se répandre au dehors, pour concourir à la dissémination de l'espèce.
-Dans bien des cas il est facile d'assister à cette sortie qui a lieu
-en si grand nombre que l'on croirait voir un petit nuage blanchâtre
-envelopper le champignon.
-
-Le phénomène est surtout visible avec les grandes espèces de Pézizes,
-de Morilles ou d'Helvelles; ainsi, quand on touche un peu brusquement
-une Pézize de grande dimension, on observe la projection d'innombrables
-spores visibles par leur grand nombre; qu'on laisse un peu reposer le
-champignon et l'on pourra répéter l'expérience.
-
-M. Boudier, dont le nom doit être cité chaque fois que l'on parle des
-Discomycètes, a reconnu que les thèques ne s'ouvraient pas toujours de
-la même manière. Ou bien il se soulève à leur extrémité libre un petit
-clapet qui laisse une ouverture circulaire par où sortent les spores,
-ou bien la perforation est une simple déchirure qui laisse finalement
-une ouverture circulaire permettant aux spores de sortir. Comme ces
-caractères sont constants, M. Boudier s'en est servi pour diviser les
-Discomycètes en deux catégories, les Operculés et les Inoperculés.
-
-Les Morilles, les Helvelles et les grandes Pézizes rentrent dans les
-Operculés. Les Géoglosses, _Spathularia_, _Mitrula_, _Bulgaria_, etc.,
-rentrent dans les Inoperculés.
-
-Les Discomycètes viennent un peu partout, sur la terre comme les
-Morilles, les Helvelles, les grandes Pézizes; sur le bois mort, les
-déchets de toute nature, comme un grand nombre de petites espèces de
-Pézizes. On les trouve toute l'année et toutes les espèces charnues
-sont normalement comestibles et inoffensives. On a bien signalé des
-symptômes d'empoisonnement, ou plutôt, des troubles gastriques assez
-prononcés ont été signalés à diverses reprises après l'ingestion de ces
-cryptogames: mais il paraît hors de doute que ces accidents sont dus à
-l'usage de champignons trop avancés et insuffisamment cuits. On sait,
-en effet, que la cuisson fait disparaître certains principes nocifs
-analogues à des ptomaïnes, qui se développent dans les Discomycètes
-trop avancés. Ceci nous indique clairement qu'il sera prudent de ne
-consommer que des champignons bien frais et surtout pas trop vieux,
-cela sera le meilleur moyen d'éviter ces accidents et de jeter le
-discrédit sur certains champignons d'ailleurs excellents.
-
-Le conseil que nous donnons ici pour les Helvelles et les Morilles
-s'applique également aux autres champignons comestibles, quels qu'ils
-soient; jamais il ne faut consommer des champignons vieux ou cueillis
-depuis longtemps, car, à l'inverse des autres végétaux alimentaires,
-leur composition chimique comporte des principes azotés en assez grande
-proportion, puisqu'elle peut aller jusqu'à 44%; il n'est donc pas
-étonnant que ces principes ne se transforment rapidement pour donner
-des combinaisons nocives.
-
-
-
-
-CHAPITRE V
-
-Causerie sur les Tubéromycètes.
-
-
-Les Tubéromycètes, qui renferment la famille des Tubéracées, forment un
-sous-groupe des Ascomycètes, au même titre que les Pyrénomycètes, les
-Discomycètes, les Gymnomycètes (voir tableau III).
-
-Le caractère le plus saillant des Tubéromycètes et aussi le plus
-facile à constater est qu'ils se développent sous terre; aussi a-t-on
-donné à ces champignons le nom d'Hypogés (qui pousse sous terre).
-Ils ont la forme de tubercules plus ou moins arrondis, jaunâtres,
-brunâtres ou noirs; l'enveloppe extérieure, toujours assez épaisse,
-peut être papilleuse, rugueuse ou verruqueuse, parfois agrémentée d'une
-ornementation susceptible de varier suivant les genres.
-
-La chair, qui porte aussi le nom de glèbe, est charnue ou charnue
-coriace et parsemée de loges plus ou moins grandes, munies de thèques
-souvent ovales, plus rarement allongées et renfermant de 1 à 8 spores.
-Les spores sont rondes ou ovales, lisses ou revêtues d'ornementations
-caractéristiques; elles peuvent en effet être réticulées ou alvéolées,
-épineuses ou verruqueuses, pellucides ou colorées.
-
-Les principaux genres des Tubéromycètes sont les Elaphomyces, appelés
-aussi Truffes blanches ou Truffes des cerfs, parce que l'on croit que
-ces animaux les déterrent pour les manger.
-
-Puis, viennent les _Tuber_ proprement dits (les Truffes), si connues et
-si appréciées par les gourmets, à cause de leur parfum, si subtil et si
-particulier.
-
-Enfin les _Terfezia_ (_Terfas_) qui sont particuliers aux pays chauds,
-où ne vient pas la Truffe. On trouve en abondance les _Terfas_ en
-Algérie, où ils sont parasites sur les Cistes.
-
-Comme le genre _Tuber_ nous intéresse plus particulièrement, nous
-allons en dire quelques mots.
-
-Il y a plusieurs sortes de Truffes, mais la plus appréciée est la
-Truffe du Périgord, encore appelée Truffe des gourmets, Truffe
-violette, Babasse. En latin les mycologues la nomment _Tuber
-melanosporum_ (Truffe à spores noires).
-
-Les Truffes viennent un peu dans tous les terrains et un peu partout
-en France; mais la Truffe du Périgord est surtout abondante dans cette
-province, où elle acquiert toutes ses qualités. C'est de préférence
-au voisinage des chênes, qualifiés de truffiers, et surtout du chêne
-pubescent (_Quercus pubescens_) que l'on en trouve en plus grande
-abondance.
-
-La récolte se fait de décembre à mars, au moyen de chiens ou de porcs,
-qui sentent la Truffe de fort loin et la recherchent pour la manger.
-
-Ils ne sont pas les seuls parmi les animaux à avoir une prédilection
-pour les Truffes, et l'on prétend que le renard, le loup, le cerf, le
-chevreuil, l'écureuil et même le chat en sont très friands.
-
-La Truffe du Périgord se trouve dans le sol à une profondeur de 10 à
-15 centimètres, mais il est d'autres espèces à peine enterrées, et
-pour lesquelles il suffit de gratter légèrement le sol ou de relever
-la mousse pour apercevoir le champignon, qui s'annonce par une petite
-tache noire; de ce nombre est la Truffe d'été, _Tuber æstivum_.
-
-
-
-
-CHAPITRE VI
-
-Photographie des champignons.
-
-
-Il arrive bien souvent, lorsqu'on s'occupe de l'étude des Champignons,
-que l'on aurait le plus grand intérêt, en présence du peu de durée de
-ces végétaux, à en conserver la représentation. Il n'y a pour cela
-d'autre moyen que d'en faire un dessin; mais tout le monde n'est pas
-dessinateur, et de plus il est très difficile de faire un dessin exact
-à moins d'être un artiste. Si l'on ne peut faire un dessin, on peut
-tout au moins, maintenant que tout le monde fait de la photographie,
-photographier les Champignons. Nous sommes persuadés qu'il y a beaucoup
-à faire dans cet ordre d'idée, et nous allons donner, d'après M. le
-professeur Bourquelot, des renseignements qui pourront engager nos
-abonnés à photographier des espèces rares, ou présentant un intérêt
-quelconque.
-
-Nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici la communication de
-l'auteur.
-
-«Lorsqu'un botaniste rencontre une plante phanérogame, il peut en
-général déterminer aisément l'espèce à laquelle elle appartient. Il
-lui suffit pour cela de consulter certaines flores spéciales; une clef
-dichotomique, dont le jeu repose sur des caractères précis et faciles
-à constater, le conduit facilement à la famille, de là au genre, puis
-à l'espèce. La lecture d'une description un peu détaillée de l'espèce
-à laquelle il est ainsi parvenu, et au besoin de quelques espèces
-voisines, achève de porter la conviction dans son esprit.
-
-Si pourtant il lui reste encore des doutes, il peut dessécher
-l'échantillon qu'il a trouvé, le conserver et plus tard, quand
-l'occasion s'en présente, le comparer soit à un échantillon-type de
-l'espèce soupçonnée, soit à des échantillons d'espèces avec lesquelles
-la confusion est possible.
-
-La détermination des plantes cryptogames et en particulier des
-Champignons présente plus de difficultés. Il n'existe pas à cet
-égard de clef dichotomique satisfaisante, par cette raison que les
-caractères sont peu tranchés et quelquefois insaisissables pour
-certaines personnes. Telle Russule, par exemple, diffère d'une Russule
-voisine par une saveur qui lui est propre. Tel autre Champignon exhale
-une odeur particulière. Mais on n'ignore pas qu'il faut une grande
-habitude pour apprécier l'odeur et la saveur et qu'il existe nombre
-de botanistes qui restent toute leur vie inhabiles à percevoir ces
-caractères organoleptiques.
-
-Si encore on pouvait conserver avec leurs caractères les échantillons
-qu'on récolte et dont la détermination est douteuse? Mais il n'y faut
-pas songer. On a essayé des liquides conservateurs de compositions
-diverses; ceux-ci détruisent en quelques semaines les plus brillantes
-couleurs! On a eu recours à la dessiccation? Le procédé a réussi pour
-quelques espèces, mais pour la plupart il n'a donné que des spécimens
-déformés, ratatinés, noircis ou décolorés!
-
-On a remédié aux premiers de ces inconvénients en ajoutant des planches
-aux descriptions. Tous les mycologues connaissent les planches de
-Bulliard qui sont consultées depuis un siècle et qu'on n'a pas
-surpassées. Il n'est pas douteux que la possession de bonnes planches
-facilite singulièrement la détermination des espèces; mais les bonnes
-planches coûtent cher et les mycologues ne sont pas tous riches. Le
-moyen n'est donc pas à la portée de tout le monde.
-
-On conseille d'autre part de dessiner avec soin les espèces qu'on
-récolte: le dessin aide à l'observation, car il oblige à remarquer tous
-les caractères. On fait d'ailleurs ainsi une sorte d'herbier dont la
-conservation est indéfinie et à l'aide duquel on peut effectuer des
-comparaisons. Malheureusement on ne dessine pas toujours bien, on ne
-dessine même pas toujours. Il faut en outre beaucoup de temps pour
-faire un bon dessin. Il y a des Champignons comme des Amanites qu'il
-est important d'avoir à plusieurs âges et dans plusieurs positions. Le
-bénéfice que l'on retire de son travail ne répond nullement à la peine
-qu'on s'est donnée.
-
-En réalité, il semble que tous les efforts doivent converger vers la
-recherche d'un procédé accessible à tous, qui puisse fournir rapidement
-une représentation fidèle d'une espèce sous tous ses aspects. J'avais
-remarqué à l'Exposition d'Horticulture de 1885 des photographies en
-grandeur naturelle de plantes fleuries. Ces photographies étaient
-coloriées et donnaient une idée très exacte des plantes qu'elles
-représentaient et qui se trouvaient du reste exposées à peu de
-distance. Je pensai dès lors qu'il y aurait peut-être intérêt à
-utiliser la photographie pour la représentation des Champignons. J'ai
-fait dans ce sens un assez grand nombre d'essais et il me paraît que
-cet art aujourd'hui si répandu résout dans une certaine mesure le
-problème que je viens de poser.
-
-[Illustration: Fig. 1]
-
-[Illustration: Fig. 2]
-
-[Illustration: Fig. 3]
-
-[Illustration: Fig. 4]
-
-Avec un peu d'exercice, de soins et d'entente des procédés, on peut
-arriver, si l'on dispose d'un appareil convenable, à reproduire en
-fort peu de temps, non seulement un individu d'une espèce, mais un
-groupe d'individus, qui donnera une idée suffisante de cette espèce. La
-photographie présente un autre avantage, c'est de permettre, le cliché
-une fois fait, d'en tirer un nombre presque indéfini d'épreuves sur
-papier sensible et même sur papier ordinaire, comme on le verra par la
-suite.
-
-Les procédés généraux de photographie sont exposés tout au long dans
-un grand nombre de traités dont quelques-uns sont fort bien faits;
-aussi je ne donnerai ici que des renseignements se rapportant plus
-particulièrement au but dont j'ai parlé et j'examinerai successivement:
-1º le choix de l'appareil et en particulier de l'objectif; 2º la
-récolte et le choix des échantillons; 3º l'opération photographique
-proprement dite; 4º la préparation des positifs sur papier sensible; 5º
-la reproduction sur papier ordinaire.
-
-1º _Du choix de l'appareil et de l'objectif._--Lorsqu'on commence à
-photographier, on ne s'occupe pas en général des dimensions de l'image
-par rapport à l'objet, et, en fait, cela n'a pas une grande importance
-quand il s'agit de paysages ou de portraits, les objets étant très
-grands par rapport à l'image. Ici, il n'en est pas de même. Dès les
-premiers essais, on sent la nécessité d'obtenir une image dont les
-dimensions se rapprochent autant que possible de celles de l'objet
-à photographier; mais il faut en même temps que les divers plans de
-l'objet, les plus rapprochés comme les plus éloignés, soient reproduits
-nettement.
-
-On peut arriver à donner à l'image les dimensions de l'objet avec
-toute espèce d'objectif. Il suffit pour cela que l'objet soit placé
-à une distance de l'objectif égale au double de la _distance focale
-principale_ de cet objectif. Il faut donc déterminer une fois pour
-toutes cette distance focale qu'on appelle encore _longueur de foyer
-absolu_. On l'obtient d'une façon suffisamment précise pour la pratique
-en mettant au point un objet très éloigné: un arbre ou une maison. La
-distance entre la lentille et le verre dépoli pour un objectif simple,
-entre le diaphragme et le verre dépoli pour un objectif composé,
-constitue la distance focale principale. D'ailleurs, dans le cas
-d'égalité de dimensions de l'image et de l'objet, celui-ci et celle-là
-sont également distants de la lentille. Ce principe peut encore guider
-à l'occasion.
-
-Quant à la netteté de l'image dans les conditions que je viens
-d'indiquer, elle dépend du mode de construction de l'objectif, et pour
-un objectif donné de l'ouverture du diaphragme. Il y a donc un choix à
-faire parmi les différents systèmes qu'on trouve chez les opticiens.
-Il existe à cet égard un terme technique dont la connaissance évite
-bien des périphrases; c'est l'expression _profondeur de foyer_.
-La profondeur de foyer est l'aptitude d'un objectif à représenter
-nettement à la fois les objets éloignés et les objets rapprochés.
-Il importe par conséquent d'avoir un objectif possédant une grande
-profondeur de foyer. On peut dire d'une façon générale que plus la
-distance focale principale d'un objectif est courte, moins l'objectif a
-de profondeur; ce qui conduit à se servir d'un objectif à long foyer et
-celui-ci comporte une chambre noire longue en proportion.
-
-La plupart des appareils photographiques d'amateurs destinés à être
-transportés à la campagne, à faire des portraits, etc., sont munis
-d'objectifs à court foyer. Ces objectifs possèdent des qualités
-spéciales, mais pas celles qui conviennent dans le cas actuel.
-
-Il n'est pas possible d'ailleurs d'entrer ici dans tous les détails que
-demanderait le sujet. Je m'en tiendrai à donner les conseils suivants:
-1º se faire la main avec un objectif quelconque; 2º demander à l'essai
-plusieurs objectifs à longs foyers, par exemple un objectif simple et
-un objectif rectilinéaire de bonne fabrication, puis exécuter avec
-chacun de ces objectifs la reproduction d'un même groupe de Champignons
-en se servant des plus petits diaphragmes. L'examen attentif des
-clichés même médiocrement réussis donnera des renseignements précis sur
-la valeur des instruments. Toutes les affirmations et explications des
-constructeurs n'équivaudront jamais à cette simple expérience.
-
-J'ai parlé tout à l'heure d'images de dimensions égales à celles de
-l'objet. Les dimensions d'un Champignon constituent en effet un de
-ses caractères qu'il serait désirable de conserver dans l'épreuve. On
-peut cependant garder à ce point de vue une certaine latitude, les
-dimensions d'une même espèce variant elles-mêmes dans de certaines
-limites. Si, par exemple, on a récolté de grands échantillons, il n'y
-a aucun inconvénient à photographier avec des dimensions réduites,
-car on rentrera ainsi dans les dimensions moyennes. L'image y gagnera
-beaucoup de netteté. Je me suis bien trouvé, dans la plupart des cas,
-de faire mes reproductions aux 4/5 ou aux 2/3 de l'objet.
-
-Pour la grande majorité des Champignons, on peut se servir de plaques
-mesurant 18 centimètres de longueur sur 13 centimètres de largeur. Ces
-plaques qui sont dites _demi-plaques_ sont les plus employées[1]. Il
-y a bien un certain nombre de Champignons comme le _Lepiota procera_
-qui atteignent des dimensions beaucoup plus considérables; mais ils
-constituent l'exception.
-
- [1] Je parle de plaques au gélatino-bromure. Je ne m'occupe ici que
- des procédés au gélatino-bromure.
-
-2º _Récolte et choix des Champignons._--Il ne me paraît pas pratique
-de photographier les Champignons dans la campagne; il est de toute
-façon préférable de les récolter, de les envelopper avec soin et de les
-rapporter chez soi pour les photographier soit en plein air, soit dans
-une pièce convenablement éclairée. Comme les caractères de la plupart
-des Champignons changent avec l'âge, il est important d'en prendre
-quatre ou cinq de chaque espèce, pour le choix desquelles on ne peut se
-guider que sur ses connaissances.
-
-Certaines espèces présentent au point de vue du transport des
-inconvénients fâcheux. Chez quelques-unes, la moindre pression amène
-une tache foncée qui, à peine visible sur l'échantillon, apparaît
-fortement sur l'image photographique. Ainsi en est-il pour les
-_Paxillus_, pour le _Lactarius volemus_, le _Boletus cyanescens_ et
-autres bolets bleuissants, etc. D'autres sont doués d'un géotropisme
-remarquable qui amène en quelques heures le contournement des
-échantillons. Si, par exemple, on couche horizontalement dans une
-boîte un _Amanita mappa_ ou un _A. rubescens_, le chapeau se relève
-verticalement et le pied se trouve bientôt coudé à angle droit. Il est
-évident qu'un échantillon ainsi tourmenté ne peut être représenté.
-Cette propriété paraît appartenir à des degrés inégaux à toutes les
-Amanites. D'autres Champignons enfin comme le _Clitocybe laccata_,
-quelques Russules pâlissent rapidement; et, pour les Champignons dont
-la teinte se rapproche du bleu ou du violet, il est important de les
-photographier en bon état, ces couleurs agissant sur les plaques
-sensibles.
-
-3º _Opération photographique proprement dite._--L'éclairage est une
-grande question, mais quelques essais, et surtout quelques mécomptes
-sont plus profitables que tous les conseils. Les Champignons doivent
-être placés sur un appui à la hauteur de l'objectif. Pour les faire
-ressortir davantage, il faut avoir soin de placer derrière eux un écran
-de papier blanc ou de carton blanc. On peut fixer les échantillons
-sur le carton lui-même, mais cette disposition donne lieu à des
-ombres disgracieuses. Il vaut mieux, à mon avis, les fixer sur une
-motte de terre. On les groupera de telle sorte que l'un étant placé
-verticalement dans sa position naturelle, un deuxième laisse visible le
-dessous du chapeau, un troisième le dessus, etc. On met alors l'écran
-blanc à une distance telle qu'il ne puisse y avoir d'ombre portée.
-
-La mise au point se fait de la façon suivante. On avise le Champignon
-vertical dont le chapeau est le plus large; on colle un morceau de
-papier imprimé sur le bord postérieur et un autre morceau sur le
-bord antérieur.--On met au point sans diaphragme pour le premier,
-puis pour le second, après quoi on ramène le verre dans une position
-intermédiaire. En se servant dans ces conditions du plus petit
-diaphragme, on doit obtenir la plus grande netteté possible d'ensemble
-avec l'objectif dont on dispose.
-
-Je ne puis rien dire du temps de pose qui varie avec la longueur de
-foyer de l'objectif, l'ouverture du diaphragme, la lumière et aussi
-avec les plaques. Il faut puiser des renseignements dans des traités
-spéciaux. Dans tous les cas, on s'évite bien des déboires en essayant
-chaque douzaine de plaques avant de s'en servir définitivement. Cet
-essai est important non seulement pour la pose, mais encore pour la
-connaissance de la valeur de ces plaques. Le commerce en fournit de
-temps en temps dont on ne peut rien tirer, et il est particulièrement
-désagréable, lorsqu'on a impressionné un certain nombre de plaques, de
-s'apercevoir qu'elles ne valent rien.
-
-Il y a cependant un détail qu'il faut connaître, c'est que les objets
-rouges et jaunes n'agissent sur les plaques sensibles que par la faible
-lumière blanche qu'ils réfléchissent. Pour un temps de pose ordinaire,
-le cliché obtenu donnera un positif dans lequel les parties rouge ou
-jaune seront en noir, et si l'on fait des épreuves destinées à être
-coloriées, on constate qu'il est à peu près impossible de colorier
-convenablement sur le noir. Il est préférable de dépasser fortement
-le temps de pose. Cela ne présente qu'un faible inconvénient dans le
-cas où il existerait à côté du rouge des couleurs actives, par cette
-raison que si on dépasse le temps de pose pour les couleurs actives,
-une partie de l'effet qu'elles ont produit est détruit.
-
-4º _Positifs sur papier sensible._--Je dois laisser de côté tout ce
-qui regarde le développement et le fixage des clichés. Je ne dirai
-également rien de l'obtention des positifs sur papier albuminé. Ceux-ci
-donnent des images très fines, mais ne peuvent être coloriées qu'avec
-des couleurs spéciales qui ne résistent que fort peu de temps à
-l'action de l'air et de la lumière.
-
-Le papier sensible qui donne actuellement les meilleurs résultats au
-point de vue de l'application des couleurs est le papier au platine.
-Son emploi exige deux opérations: 1º exposition à la lumière; 2º
-développement de l'image.
-
-Le papier au platine est plus sensible que le papier albuminé et doit
-être coupé dans la chambre noire à la lueur d'une bougie. La couche
-sensible est jaune clair, ce qui permet de reconnaître le côté qui
-doit être appliqué sur le cliché. L'image positive n'apparaît pas en
-noir, mais en jaune gris peu foncé. C'est là un des côtés défectueux du
-procédé, car il est difficile avec une image aussi faible de voir quand
-l'exposition à la lumière a duré suffisamment. Cependant on arrive en
-peu de temps à acquérir à cet égard assez d'expérience.
-
-L'image qu'on a ainsi obtenue n'est pas définitive. Pour la développer,
-on la passe rapidement dans une solution d'oxalate de potasse à 300
-p. 1.000, maintenue à une température comprise entre 60 et 80°.
-L'épreuve est alors portée dans un bain d'eau acidulée à 15 gr. d'acide
-chlorhydrique par litre. Ce bain qu'il faut renouveler tant qu'il se
-colore en jaune enlève tous les sels de platine non réduits.
-
-On lave ensuite à grande eau, on sèche et l'épreuve se conserve
-indéfiniment. Ces opérations se font, sauf la dernière, dans une
-demi-obscurité.
-
-L'avantage de ce papier est de donner des images dont la teinte se
-rapproche de celle de l'encre de chine. En ne poussant pas trop
-l'exposition à la lumière on obtient des épreuves un peu faibles qu'on
-peut ensuite colorier à l'aide des couleurs de l'aquarelle.
-
-Il est un point qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que ce papier
-ne se conserve pas longtemps et se détériore rapidement en présence de
-l'humidité. Il est toujours livré dans un étui en fer-blanc fermant
-hermétiquement et renfermant dans une boîte spéciale du chlorure de
-calcium desséché. Mais même dans ces conditions, il ne se conserve pas
-plus d'un mois à partir du jour de sa fabrication. Aussi lorsqu'on
-se procure ce papier chez des intermédiaires, on s'expose à être mal
-servi. Tout papier de bonne qualité doit donner un fond tout à fait
-blanc. Pour peu que le fond soit gris terne, c'est que le papier est
-vieux ou avarié. Une bonne précaution consiste à en développer un petit
-morceau sans exposition préalable à la lumière, comme on ferait d'un
-positif ordinaire. Après lavage, le papier doit être entièrement blanc.
-
-5º _Reproduction sur papier._--Je dirai seulement quelques mots du
-procédé qui actuellement, avec le plus de simplicité, donnent des
-épreuves qui reviennent à des prix qui rappellent ceux des gravures
-ordinaires. Il repose sur la propriété que possède la gélatine
-bichromatée de retenir l'encre grasse lorsqu'elle a été exposée à la
-lumière. Si donc on a une surface recouverte d'une couche de gélatine
-bichromatée sèche, si on recouvre cette surface d'un cliché et si on
-expose à la lumière, sous les parties claires du cliché se formera un
-dessin capable de retenir l'encre grasse, tandis que sous les noirs la
-gélatine repoussera cette encre. Il suffira par conséquent d'encrer
-la surface impressionnée, de recouvrir cette surface d'un papier
-quelconque et de soumettre à une pression convenable pour avoir une
-épreuve.
-
-Cette propriété de la gélatine bichromatée est connue depuis longtemps
-et constitue le principe d'un grand nombre de procédés dits de
-phototypie. Le procédé qui a le plus de vogue, est celui dans lequel
-la couche de gélatine est étendue sur une glace, mais depuis quelque
-temps on est arrivé à recouvrir de gélatine le papier parchemin. Ce
-papier a plusieurs avantages sur la glace, c'est, par exemple, de ne
-pas se casser et d'être beaucoup plus maniable. Il donne, au reste, des
-résultats comparables à ceux que fournit la glace.»
-
-
-A la suite de cet article très détaillé et très clair, nous ferons
-remarquer qu'au paragraphe 3, l'auteur dit que les objets _rouges_ et
-_jaunes_ n'agissent sur les plaques sensibles que par la faible lumière
-blanche qu'ils réfléchissent, et qu'alors les parties rouges et jaunes
-viendront en noir, c'est-à-dire qu'elles ne pourront être coloriées.
-
-Pour remédier à cet inconvénient, M. Rolland a proposé de les décolorer
-au moyen de l'eau de javelle.
-
-Pour décolorer par exemple le chapeau d'une fausse oronge, on immerge
-dans l'eau de javelle seulement la partie rouge; au bout de quelques
-minutes le chapeau devient blanc ou légèrement rosé. On laisse sécher
-et procède à la pose.
-
-
-Nous donnons, figure 1, une planche montrant ce qu'on peut obtenir par
-la photographie.
-
-Le Champignon représenté ici est un beau Polypore que nous croyons
-devoir rapporter au _Polyporus varius_ que Quélet assimile au
-_Polyporus picipes_. Nous l'avons recueilli sur une souche, au milieu
-des souches et des brindilles tombées.
-
-
-Exécution de photographies pouvant être coloriées à l'aquarelle.
-
-Par M. Albert JAHANDIER.
-
-Dans le numéro d'avril 1911 de _l'Amateur_, un article relatif à
-la photographie des champignons recommande, lorsqu'ils sont très
-colorés, surtout en rouge, de les décolorer à l'eau de javelle, afin
-d'en obtenir une épreuve claire, propre à être ensuite coloriée à
-l'aquarelle.
-
-Cette manière d'opérer, très simple en elle-même, peut servir dans
-beaucoup de cas. Elle présente cependant des difficultés pour certains
-champignons délicats, c'est pourquoi il nous paraît utile de faire
-connaître aux amateurs un procédé qui, sans modifier l'original,
-permette d'en obtenir une photographie aussi claire que si le modèle
-était décoloré; ce procédé n'est autre que celui employé pour la
-photographie des couleurs par sélection, il consiste à se servir
-de plaques orthochromatiques avec interposition d'un écran coloré
-approprié.
-
-_Renseignements pratiques pour l'exécution des clichés et des épreuves
-positives._--Afin que le lecteur puisse avoir sous les yeux le modèle
-qui servira aux expériences, nous avons choisi l'Oronge vraie (Ire
-planche en couleurs du premier volume du nouvel _Atlas_), un des
-champignons les plus difficiles à reproduire à cause de ses couleurs
-peu photogéniques.
-
-Si nous voulons en faire une photographie avec des plaques ordinaires,
-nous obtenons le résultat de la figure 2, chapeau noir et pied gris
-foncé, image impossible à colorier.
-
-Prenons maintenant une plaque orthochromatique sensible au jaune et
-au rouge, plaçons à l'avant ou de préférence à l'arrière de notre
-objectif, un écran jaune foncé (de ceux que l'on emploie couramment
-dans la photographie des paysages à grands contrastes), donnons une
-pose en rapport avec l'intensité de notre écran, nous obtiendrons
-le résultat de la figure 3, le pied est devenu blanc, le chapeau
-légèrement teinté; une telle épreuve serait suffisante pour être
-coloriée à l'aquarelle.
-
-Si nous voulons obtenir le chapeau plus blanc, il nous suffira
-d'employer un écran orangé, nous augmenterons la pose, et nous
-obtiendrons le résultat de la figure 4, dans laquelle rien ne s'oppose
-plus à une coloration aussi brillante qu'on peut la désirer.
-
-Comme suite à cet exposé général, nous entrerons maintenant dans le
-détail des opérations.
-
-1º Choix de plaques sensibles.
-
-Trois sortes de plaques au gélatino-bromure sensibles aux couleurs se
-trouvent dans le commerce: 1º les plaques orthochromatiques sensibles
-au jaune et au rouge; 2º celles sensibles au jaune et au vert; 3º les
-plaques panchromatiques, sensibles à toutes les couleurs.
-
-On peut encore employer les plaques ordinaires, que l'on sensibilisera
-soi-même aux couleurs.
-
-Les plaques orthochromatiques et panchromatiques donnent de bons
-résultats lorsqu'elles sont de fabrication récente, mais elles perdent
-assez rapidement leur sensibilité chromatique, c'est pourquoi nous
-leur préférons la plaque ordinaire sensibilisée au trempé au moment de
-l'emploi; d'ailleurs, le résultat sera toujours supérieur à celui que
-donnerait une plaque orthochromatique même de fabrication récente.
-
-_Sensibilisation aux couleurs des plaques au gélatino-bromure._--Nous
-choisirons une bonne plaque de rapidité moyenne, par exemple, les
-étiquettes bleues de la maison Lumière, les bandes bleues de Jougla,
-etc. Parmi les nombreuses matières colorantes employées pour la
-sensibilisation chromatique, nous donnerons la préférence à celle qui
-nous conférera la meilleure sensibilisation générale, soit actuellement
-le Pinaverdol ou le Pinachrôme.
-
-Ces colorants sont d'un prix assez élevé, mais la quantité à employer
-étant minime, on peut les acheter en solutions alcooliques à 1 gramme
-pour 1.000, et l'on composera, comme suit, la solution sensibilisatrice:
-
- Solution alcoolique à 1 gramme pour 1.000 de
- Pinachrôme ou Pinaverdol 2 c3
- Ammoniaque 1 c3
- Eau distillée--ou alcool à 90° 100 c3
-
-Dans le cabinet noir, éclairé le plus faiblement possible en rouge
-foncé, nous plongerons notre plaque au gélatino-bromure dans le
-sensibilisateur ainsi constitué, l'on agitera constamment la cuvette
-recouverte d'un carton, pendant deux à trois minutes, ensuite,
-après un bon lavage d'une demi-minute sous un robinet, la plaque
-rapidement égouttée pourra être employée de suite à l'état humide,
-ou bien on la placera pour sécher dans un meuble obscur où elle sera
-utilisable pendant une huitaine de jours: on doit tenir compte qu'il
-est nécessaire que le séchage soit assez rapide; s'il était trop lent,
-on aurait des clichés voilés, c'est pourquoi, lorsque l'on voudra les
-conserver, il sera préférable d'employer dans la constitution du bain
-sensibilisateur, l'alcool à 90° à la place de l'eau distillée, mais
-cette formule étant peu économique, nous nous servirons de la première
-à l'eau distillée, en doublant la durée d'immersion de la plaque; après
-lavage, elle sera mise pendant quelques minutes dans de l'alcool à
-90°; essorer avec un tampon d'ouate et mettre à sécher dans un meuble
-obscur, dans lequel il sera bon, pour dessécher l'air, d'y ajouter
-quelques morceaux de chlorure de calcium.
-
-_Écrans._--Dans beaucoup de cas, l'écran jaune foncé pourra suffire;
-on le trouvera chez tous les marchands de fournitures pour la
-photographie, mais si l'on désire obtenir un résultat plus complet, il
-sera mieux de constituer soi-même un écran liquide, auquel on donnera
-facilement la coloration nécessaire pour chaque cas particulier. Pour
-cela, on trouve dans le commerce des cuves en verre à faces parallèles,
-dont l'épaisseur intérieure est de 10 millimètres. Au moyen d'un
-dispositif facile à installer, à l'intérieur de toute chambre noire,
-nous placerons notre cuve garnie de son liquide coloré à l'arrière de
-l'objectif.
-
-Avec un colorant jaune et un rouge, on pourra constituer une série
-d'écrans allant du jaune clair à l'orangé rouge. Pour le cliché de
-la figure 4, nous avons simplement employé, comme écran orangé, une
-solution de bichromate de potasse à 10 pour 100.
-
-Pour la figure 3, il a été employé un écran pelliculaire jaune foncé,
-placé entre les lentilles et l'objectif.
-
-_Disposition du modèle, mise au point, exécution du négatif._--Sur
-une planchette placée à hauteur de l'objectif, nous disposerons le
-groupe à photographier, un champignon debout piqué sur une pointe, un
-deuxième couché, laissant voir le dessus du chapeau, puis un troisième
-le dessous, le tout disposé dans le même plan, de telle façon que la
-distance entre le plan avant et le plan arrière soit la plus réduite
-possible, ceci pour la meilleure mise au point, car nous savons que
-dans la photographie des petits objets très rapprochés de l'appareil,
-la mise au point n'a pas de profondeur, c'est-à-dire que si mettant au
-point sur le rebord antérieur du chapeau d'un champignon qui aurait
-10 centimètres de diamètre et que l'on voudrait reproduire grandeur
-naturelle ou même plus petit, le plan arrière de ce chapeau ne sera
-pas net, même en diaphragmant fortement. Il y a donc lieu de prendre
-une moyenne entre la mise au point du plan avant et du plan arrière,
-laissant plutôt ce dernier un peu moins net. Si notre modèle n'avait
-que 5 centimètres de profondeur, nous aurions une meilleure netteté
-d'ensemble.
-
-Nous emploierons, comme fond, une feuille de papier blanc placée à une
-certaine distance en arrière, afin d'éviter les ombres portées. Avec un
-écran blanc ou un miroir, nous refléterons le plus possible les ombres
-du modèle et nous serons prêts pour la pose.
-
-Nous la calculerons d'après le diaphragme que nous aurons choisi par
-examen sur la glace dépolie, le plus petit possible pour la bonne
-netteté de l'image, mais en nous arrêtant avant qu'elle ne devienne
-trop obscure et ne puisse plus impressionner suffisamment notre plaque
-sensible; nous serons donc obligés d'employer un diaphragme d'autant
-plus grand que notre écran sera plus foncé et plus rouge.
-
-Dans un atelier bien éclairé, par temps de soleil, en juillet, le
-cliché de la figure 3 a été obtenu comme suit: écran orangé, plaque
-sensibilisée au Pinaverdol, utilisée humide, avec diaphragme F. 28, la
-pose a été de 5 minutes et le cliché légèrement renforcé. (Notre modèle
-étant une planche en couleurs, c'est-à-dire sans profondeur, nous
-aurions pu conserver la même netteté avec un grand diaphragme et poser
-beaucoup moins.) Donc, lorsque notre modèle aura peu de profondeur,
-nous pourrons faire de même, la pose sera d'ailleurs d'autant plus
-réduite que nous emploierons un écran plus clair.
-
-Les indications ci-dessus représentent en quelque sorte le maximum de
-difficulté pour l'obtention d'une photographie très claire, avec un
-modèle de coloration vive et des moins photogéniques. Si nous voulons
-reproduire, par exemple, le Bolet fauve, il ne sera pas nécessaire
-de l'obtenir blanc, ses couleurs n'étant pas vives, la teinte
-photographique d'une épreuve simplement fixée s'ajoutera utilement à la
-couleur que nous emploierons pour avoir le ton désiré; pour l'obtention
-du cliché, un écran jaune moyen sera suffisant.
-
-Si maintenant nous voulons reproduire un champignon de couleur très
-différente des deux précédents, la Cortinaire bleuâtre, champignon
-à chapeau bleu, ici, nous emploierons les plaques ordinaires, très
-sensibles au bleu, nous supprimerons l'écran, et le bleu étant foncé,
-pour l'avoir en blanc nous surexposerons un peu. Avant de passer à
-l'exécution des épreuves positives, nous ajouterons qu'il n'y a rien de
-particulier pour le développement des plaques sensibilisées au trempé;
-on développera à fond afin d'avoir tout l'effet orthochromatique et une
-vigueur suffisante.
-
-_Épreuves positives._--_Choix du papier._--Les épreuves positives que
-nous tirerons de ces clichés devant être coloriées à l'aquarelle, il
-nous faut choisir un papier sur lequel la couleur puisse s'étendre
-aisément sans laisser de marques à chaque coup de pinceau.
-
-D'une façon générale, tous les papiers à couche de gélatine sont à
-écarter, c'est-à-dire les genres citrate et bromure, et ce sont les
-plus nombreux, aussi en reste-il peu à choisir; le papier au platine
-pourrait être employé, mais outre qu'il se conserve peu de temps frais,
-il exige des manipulations assez compliquées; les papiers Néos de
-Lumière, le papier salé, le ferro-prussiate sont d'un traitement simple
-et pourraient se colorier, mais nous préférons de beaucoup, à tous ces
-papiers, celui que l'on préparera soi-même, ce qui d'ailleurs est très
-facile; nous pourrons alors choisir parmi les bons papiers à aquarelle,
-celui qui nous conviendra le mieux et le préparer de la façon suivante:
-
-1º Étendre à la surface du papier, avec un tampon ou un pinceau plat,
-une couche de colle d'amidon et laisser sécher.
-
-2º On prépare la solution sensibilisatrice:
-
- Eau distillée 90 c3
- Azotate d'argent 5 gr.
- Acide tartrique 7 gr.
-
-Avec un tampon d'ouate, nous l'étendrons bien régulièrement sur la
-couche de colle et nous le laisserons sécher dans l'obscurité; il
-pourra servir aussitôt sec.
-
-Cette préparation n'étant pas très sensible, l'impression se fera
-de préférence au soleil, un peu plus forte que l'intensité que l'on
-désirera.
-
-Si une couleur brun rouge n'est pas gênante pour la coloration de
-l'espèce à reproduire, on pourra se contenter d'un simple fixage à
-l'hyposulfite de soude à 5 pour 100 en y ajoutant un peu de bisulfite
-de soude, fixage de 5 minutes, précédé et suivi d'un bon lavage. Si
-l'on préfère un ton plus noir, se servir d'un des bains courants de
-virage-fixage que nous étendrons d'un peu d'eau.
-
-L'image une fois sèche, il ne nous reste plus qu'à la colorier. Pour
-cela, les couleurs courantes d'aquarelle ne sont pas très bonnes,
-à part quelques exceptions; en général, elles ne sont pas assez
-transparentes et couvrent trop les ombres et demi-teintes de la
-photographie, les vermillons, les chrômes et les terres surtout; aussi,
-à leur place, nous emploierons des solutions de colorants d'aniline,
-dans le genre de celles que l'on vend pour la photo-miniature.
-
-On pourrait aussi préparer ces solutions en choisissant parmi les
-nombreuses matières colorantes; par exemple, pour les jaunes, la
-Tartrasine, l'Aurantia; pour le rouge, l'Érytrosine, le rouge solide,
-puis le bleu de métylène, le vert naphtol, etc. Ces couleurs doivent
-être employées très diluées, car elles prennent beaucoup d'intensité en
-séchant.
-
-
-_Nota_.--Pour se procurer les cuves pour écrans liquides, ainsi que les
-matières colorantes pour sensibilisation et coloriage, s'adresser aux
-maisons de fournitures pour procédés photo-mécaniques; on trouvera ces
-articles à la maison Calmels, 150, boulevard du Montparnasse, à Paris.
-
-
-
-
-CHAPITRE VII
-
-Les ressources du microscope.
-
-
-Nous n'avons pas l'intention d'écrire ici un article sur la façon de
-se servir de cet instrument indispensable aux mycologues et en général
-à tous ceux qui font de l'histoire naturelle: on trouvera dans les
-traités spéciaux tous les renseignements sur ce sujet; nous voulons
-seulement montrer à ceux qui n'ont pas encore fait usage du microscope,
-qu'il est facile de s'en servir, et qu'il peut, dans une foule de cas,
-rendre des services importants.
-
-Le microscope se compose essentiellement de deux parties: un pied muni
-d'un miroir pour éclairer par transparence les objets placés sur une
-platine, et au-dessus de celle-ci un tube dans lequel peut se mouvoir,
-au moyen d'une crémaillère, la partie optique de l'instrument.
-
-Cette partie, la plus importante de l'appareil, se compose d'un tube
-en cuivre, long de 160 millimètres, portant à sa partie inférieure
-un ensemble de verres ou lentilles, appelé objectif (parce qu'il est
-tourné vers l'objet à observer): à la partie supérieure se trouve un
-autre ensemble de lentilles, mais beaucoup plus grandes, que l'on nomme
-oculaire.
-
-L'objectif a pour but de donner dans le corps du tube du microscope,
-une image virtuelle que l'oculaire, faisant fonction de loupe composée,
-grossit à son tour et que perçoit l'œil de l'observateur.
-
-[Illustration: FIG. 4.]
-
-Voilà en quelques lignes la théorie du microscope.
-
-Les fabricants livrent leurs instruments avec des oculaires et des
-objectifs de puissance différente, permettant d'obtenir plusieurs
-grossissements, et ils indiquent, sur un papier _ad hoc_, les
-combinaisons des différents objectifs avec les oculaires, et les
-grossissements correspondants.
-
-Dans la pratique, nous conseillons d'établir soi-même ces
-grossissements: il suffira pour cela de se procurer un micromètre
-objectif, c'est-à-dire une lame de verre portant à son centre la
-représentation d'un millimètre divisé en cent parties égales, ou pour
-être plus exact, de deux millimètres divisés en deux cents parties
-égales, ce qui revient au même.
-
-Chaque division représentera donc un centième de millimètre. Si nous
-plaçons cette lame (ainsi divisée) sur la platine du microscope, et
-que, avec un objectif et un oculaire quelconque, nous examinions
-ces divisions, nous les verrons plus ou moins grossies suivant la
-combinaison employée.
-
-Si alors faisant usage de la chambre claire qui doit toujours compléter
-le microscope dont on se sert, nous dessinons sur un papier les
-différents traits que nous apercevons, il ne nous restera plus qu'à
-mesurer au moyen d'un double décimètre, combien chaque intervalle entre
-deux traits comporte de millimètres, et nous pourrons dire que si une
-division du micromètre objectif mesure 10 millimètres, cela voudra
-dire que notre combinaison d'objectif et d'oculaire grossit 1.000
-fois. Si au contraire cet intervalle ne comporte que 5 millimètres, le
-grossissement n'est que de 500 fois.
-
-Si nous répétons la même opération pour toutes les combinaisons
-possibles d'objectifs et d'oculaires, nous aurons les grossissements
-correspondant à chaque combinaison.
-
-Prenons un exemple; il s'agit d'un microscope déjà ancien, mais bon
-malgré tout. Il comprend comme objectifs les nos 0, 2, 6, 7, et comme
-oculaires les nº 1 et 3 ordinaires et 18 compensateur. Nous pouvons, en
-les combinant, obtenir quinze grossissements différents qui sont: _10_,
-20, 27, 52, 90, _100_, 160, 240, 330, 340, 410, 620, 850, _1.000_,
-1.200. Nous aurions pu en obtenir un plus grand nombre si nous avions
-voulu nous servir du tirage que possède tout microscope, mais à quoi
-bon, nous estimons que les grossissements, les seuls utiles, sont ceux
-de 10, 20, 50, 100, 500 et 1.000.
-
-Le grossissement de 500 n'est pas indiqué dans l'énumération que nous
-avons donnée plus haut: pour l'obtenir il suffira de prendre l'objectif
-7 et l'oculaire 3, mais au lieu de dessiner à plat sur la table qui
-supporte l'instrument, ce qui donnerait une amplification de 620
-diamètres, il suffira de relever le plan de dessin de 5 centimètres
-au moyen d'un livre ou d'une boîte bien dressée et présentant cette
-hauteur. C'est du reste ainsi qu'il faut procéder lorsque l'on veut
-dessiner à un grossissement de 1.000. En effet, si avec l'oculaire
-18 et l'objectif 7, on dessine à même sur la table, on obtient un
-grossissement de 1.200 diamètres, alors qu'en se servant comme nous
-venons de le dire d'un livre ou d'une boîte de 5 centimètres de
-hauteur, le grossissement se trouve réduit à 1.000 diamètres.
-
-Nous croyons devoir faire remarquer que les grossissements indiqués par
-les constructeurs correspondent au cas où les dessins sont faits à la
-hauteur de la platine; mais lorsqu'on dessine sur la table où est placé
-le microscope, le grossissement n'est plus le même, il est plus grand.
-Nous conseillons cependant, pour simplifier, d'établir la série des
-grossissements en dessinant sur la table elle-même, et de s'attacher à
-faire ses observations à des chiffres qui soient des multiples de 10;
-nous choisirons donc les chiffres suivants: 10, 20, 100, 500, 1.000,
-qui permettent de satisfaire à toutes les exigences.
-
-Pour obtenir le grossissement de 20 diamètres, nous userons d'un
-petit stratagème, car l'objectif 0 et l'oculaire 3 nous donnent 27
-diamètres, chiffre qui ne répond à rien, mais si nous dévissons la
-lentille inférieure de notre objectif 0, nous réduirons sa puissance,
-et le grossissement sera exactement de 20 diamètres; or il peut être
-très utile de faire un dessin à 20 diamètres. Il est profondément
-regrettable de voir qu'il n'y a aucune entente entre les naturalistes
-au sujet des grossissements auxquels sont faits les dessins
-microscopiques: il serait pourtant bien simple de décider que pour les
-faibles grossissements, les chiffres 10, 20, 100 seront seuls admis,
-alors que pour les forts grossissements, on emploiera ceux de 500 et
-de 1.000. Nous estimons qu'il est toujours possible avec un microscope
-quelconque d'obtenir ces grossissements.
-
-Comme chambre claire on choisira de préférence un système que l'on
-puisse conserver sur l'instrument, de façon à pouvoir à tout instant
-s'en servir ou non. Cette chambre claire se compose essentiellement
-de deux prismes réunis dans une même monture, et disposés de telle
-sorte que l'œil puisse voir en même temps et l'objet que l'on veut
-représenter et la pointe du crayon qui se meut sur le papier en suivant
-les contours que l'on a intérêt à fixer sur le papier.
-
-Ce genre de chambre claire, si commode dans la pratique, présente
-cependant un inconvénient, celui de déformer un peu les objets
-représentés; pour obvier à ce défaut on a conseillé de dessiner sur un
-pupitre incliné, et pour trouver cette inclinaison, il est un moyen
-simple indiqué par le Dr Malassez. On dessine à la chambre claire
-sur un plan incliné le contour circulaire du champ du microscope.
-Si l'inclinaison du papier est convenable, la figure est un cercle
-parfait, sinon on obtient une ellipse et l'inclinaison devra être
-modifiée jusqu'à ce qu'on arrive à un cercle complet.
-
-On peut aussi, pour trouver l'inclinaison convenable, se servir du
-micromètre objectif, qui, comme on le sait, est divisé en centièmes
-de millimètre. On trace à la chambre claire un certain nombre de
-divisions du micromètre, et si l'inclinaison du papier est suffisante,
-l'éloignement des divisions est égal à toutes les hauteurs; si
-l'écartement des divisions allait en augmentant vers la droite du
-papier, cela indiquerait qu'il est trop incliné, si au contraire
-l'écartement augmentait vers la gauche, il ne serait pas assez incliné.
-Nous dirons que l'inclinaison du pupitre sur lequel se trouve la
-feuille de papier, doit être de 25°.
-
-Certains micrographes et non des moindres préfèrent, au lieu de
-dessiner sur un plan incliné, faire subir l'inclinaison au microscope
-lui-même, et dessiner à plat ce qui est toujours plus commode.
-
-Le Dr Malassez a fait construire une chambre claire qui permet
-d'éviter les déformations. Cette chambre claire se place sur le
-microscope de telle façon qu'elle soit tournée, non sur la droite
-de l'observateur comme cela a lieu généralement avec les chambres
-claires les plus employées, mais bien derrière le microscope et vers
-l'observateur ainsi que le montre la figure ci-contre. En inclinant le
-microscope à 45°, l'image sera projetée sans déformation.
-
-[Illustration: FIG. 5.]
-
-On se figure généralement qu'avec un microscope on ne doit faire
-d'observations qu'à un grossissement relativement élevé; c'est une
-erreur. Il est aisé de dessiner à 20 et même à 10 diamètres. Si, par
-exemple (toujours avec notre microscope), nous prenons l'objectif 0
-et l'oculaire 1, nous obtiendrons une amplification de 27 diamètres,
-mais si nous prenons la précaution de dédoubler notre objectif 0,
-c'est-à-dire de dévisser la lentille inférieure, nous diminuerons la
-puissance de grossissement et nous aurons 10 diamètres exactement:
-mais alors, au lieu de placer l'objet à observer sur la platine du
-microscope, où nous ne verrions rien, il nous faudra le disposer sur la
-table où repose le microscope entre les branches du pied, ou encore sur
-les branches elles-mêmes, en le plaçant sur une carte ou un papier fort.
-
-Nous pourrons de la sorte faire une très bonne observation de notre
-objet, et en prendre un dessin d'une exactitude mathématique, ce qu'il
-serait impossible de faire autrement. Voulons-nous maintenant grossir
-une partie de notre objet à 20 diamètres, rien de plus simple, il nous
-suffira de remplacer l'oculaire nº 1 par celui nº 3 et nous aurons un
-grossissement de 20 diamètres.
-
-[Illustration: FIG. 6.]
-
-Dans ces deux cas, bien entendu, l'objet est éclairé par la lumière
-directe et non par transparence. Pour bien apercevoir l'objet à
-dessiner, il est nécessaire d'enlever le diaphragme, sans quoi on ne
-verrait qu'une très petite partie de l'objet à examiner.
-
-Tout ce que nous venons de dire, peut s'appliquer non seulement aux
-Champignons, mais aussi aux mousses, lichens, algues et même aux
-phanérogames.
-
-Un dessin est si facile à faire dans ces conditions que l'on
-n'hésitera pas à prendre un document cent fois préférable à une longue
-description. Voir figure 6 la représentation d'une mousse et d'une
-hépatique au grossissement de 10 diamètres.
-
-
-
-
-CHAPITRE VIII
-
-L'Esperanto et la Mycologie.
-
-
-Les mycologues, à quelque titre que ce soit, ne peuvent se
-désintéresser de l'espéranto, cette langue annexe, si simple, si
-précise et si facile à apprendre. Elle n'est pas appelée à concurrencer
-aucune des langues existantes; elle a la prétention de laisser à
-chaque nation le génie de sa langue, et son seul but est de permettre
-à tous les hommes, de quelque nationalité qu'ils soient, de pouvoir se
-comprendre aussi bien par la parole que par l'écriture.
-
-L'homme génial qui a réalisé une chose si longtemps cherchée est un
-Russe, le Dr Zamenof; et il l'a fait d'une façon si simple, si facile
-à comprendre, que quiconque veut se donner la peine de lire les règles
-très simples et peu nombreuses qu'il a établies comme base de sa
-langue, pourra dire comme César en modifiant quelque peu les trois
-mots historiques, _veni_, _vidi_, _scivi_ (je suis venu, j'ai vu, j'ai
-su) que nous écrivons en espéranto _mi venis_, _mi vidis_, _mi konis_.
-
-Les mycologues sont souvent appelés à se préoccuper des Champignons
-qui poussent dans des régions dont ils ne connaissent pas la langue:
-ils trouveront dans l'espéranto un moyen facile de correspondre
-avec des mycologues de cette région, soit pour leur demander des
-renseignements, soit pour répondre à leur demande. Il leur suffira pour
-cela de consulter l'annuaire des espérantistes, et sans nul doute ils
-trouveront dans la région qui les intéresse un correspondant qui se
-fera un plaisir de leur répondre en espéranto.
-
-Quand nous aurons dit à nos lecteurs que pour apprendre toutes les
-règles de l'espéranto, et qui plus est pour les savoir, il faut moins
-de temps que pour lire un mauvais roman, nous voulons bien croire qu'il
-n'en est pas un qui ne voudra au moins essayer; et s'il essaie, c'est
-un adepte; il est séduit, il est pris dans l'engrenage. Il en fera plus
-ou moins, mais du moins, il saura toujours lire un texte espérantiste,
-une lettre; il possédera en un mot le mécanisme de cette langue, et
-si les circonstances se présentent, il complétera son bagage par la
-connaissance des mots.
-
-Dans le but de servir les deux causes, nous avons résumé aussi
-succinctement que possible les notions essentielles et suffisantes de
-l'espéranto et nous les avons groupées en quelques articles faciles à
-s'assimiler.
-
-Ainsi, par exemple, le premier paragraphe comprend tout ce qui a
-rapport à l'alphabet et à la prononciation.
-
-Le second, les parties du discours: substantifs, adjectifs, pronoms,
-adverbes, etc.
-
-Le troisième, le verbe et les préfixes.
-
-Le quatrième, les suffixes.
-
-Le cinquième, la numération.
-
-Avez-vous besoin de renseignements sur les suffixes ou la numération;
-vous n'avez qu'à consulter les tableaux 4 ou 5, où vous trouverez tout
-ce qui a rapport à ces parties.
-
-Combien de temps vous faut-il pour lire lentement et bien comprendre
-ces cinq tableaux? une heure au grand maximum! au bout de ce temps vous
-pouvez dire que vous connaissez l'espéranto.
-
-
-I.--ALPHABET.--PRONONCIATION
-
-L'alphabet est le même qu'en français: _a_, _b_, _c_, _d_, _e_, _f_,
-_g_, _h_, _i_, _j_, _k_, _l_, _m_, _n_, _o_, _p_, _r_, _s_, _t_, _u_,
-_v_, _z_, sauf _q_, _x_, _y_, qui n'existent pas en esperanto.
-
-Les voyelles _a_, _e_, _i_, _o_, se prononcent comme en français. Ex.:
-_do_, _ré_, _mi_, _fa_, _sol_.
-
-La voyelle _u_ se prononce _ou_. Ex.: _unu_ (un) se prononce _ounou_.
-
-_ŭ_ surmonté de ˘ et _j_ sont considérés comme demi-voyelles, et font
-corps avec la voyelle qui précède ou qui suit. Ex.: _Laŭro_ (laurier)
-se prononce _laouro_ (rapidement); _kaj_ (et) fait _caille_; _jes_,
-_ja_, font _ies_, _ia_.
-
-Les consonnes se prononcent comme en français, sauf _c_, _g_, _h_,
-_j_, _s_, qui ont une prononciation différente suivant qu'elles sont
-surmontées ou non d'un accent circonflexe.
-
-_c_, ordinaire, a le son de _ts_. Ex.: _celerio_ (céleri) se prononce
-_tsélério_.
-
-_ĉ_, accentué, a le son de _tch_. Ex.: _ĉemizo_ (chemise) se prononce
-_tchémizo_.
-
-_g_, ordinaire, a le son de _g_ (dur comme gant). Ex.: _garnizono_
-(garnison) se prononce _garnisono_.
-
-_ĝ_, accentué, a le son de _dj_. Ex.: _ĝirafo_ (girafe) se prononce
-_djirafo_.
-
-_h_, ordinaire, a le son de _h_ (aspiré). Ex.: _homo_ (homme) se
-prononce _hhomo_.
-
-_ĥ_, accentué, a le son de _ch_ (guttural allemand). Ex.: le noch
-allemand.
-
-_j_, ordinaire, a le son de _y_ (dans yeux). Ex.: _julio_ (juillet) se
-prononce _ioulio_.
-
-_ĵ_, accentué, a le son de _j_ (dans jour). Ex.: _ĵurnalo_ (journal) se
-prononce _journalo_.
-
-_s_, ordinaire, a le son de (deux) _ss_ (dans sifflant). Ex.: _silento_
-(silence) se prononce _ssilento_.
-
-_ŝ_, accentué, a le son de _ch_ (dans cheval). Ex.: _ŝinko_ (jambon) se
-prononce _chinko_.
-
-En esperanto toutes les lettres se prononcent. Ex.: _soifo_ se prononce
-_so-i-fo_.
-
-On accentue toujours plus fortement sur l'avant-dernière syllabe, c'est
-l'accent tonique. Ex.: P_a_tro (père); mil_i_to (militaire).
-
-Toutes les propositions sont séparées par une ponctuation. Ex.: Tio,
-kiu mi diras, estas vera (ce que je dis est vrai).
-
-
-II.--PARTIES DU DISCOURS
-
-Substantifs.
-
-Ils sont toujours terminés:
-
-Au singulier par _o_. Ex.: Libr_o_ (un livre); pan_o_ (un pain).
-
-Au pluriel par _oj_. Ex.: Libro_j_ (des livres); pano_j_ (des pains).
-
-
-Adjectifs.
-
-Ils sont toujours terminés:
-
-Au singulier par _a_. Ex.: Bel_a_ (beau, belle); grand_a_ (grand,
-grande).
-
-Au pluriel par _aj_. Ex.: Bel_aj_ (beaux, belles); grand_aj_ (grands,
-grandes).
-
-Les adjectifs possessifs, _mia_, _via_, _lia_, _ŝia_, _ĝia_, _nia_,
-_ilia_, _sia_, suivent la même règle. Ex.: Mi_a_ (mon, ma); ŝia_j_
-(ses).
-
-
-Article.
-
-Il n'y a qu'un seul article défini qui est _la_ pour tous les cas. Ex.:
-_La_ patro (le père); _la_ patrino (la mère); _la_ patroj (les pères);
-_la_ patrinoj (les mères).
-
-
-Pronoms personnels.
-
-Les pronoms personnels _je_, _tu_, _il_, _nous_, _vous_, _ils_, se
-rendent par: _mi_ (je ou moi); _vi_ (tu ou toi); _li_, _ŝi_, _ĝi_ (il,
-elle, lui); _ni_ (nous); _vi_ (vous); _ili_ (ils, elles, eux).
-
-Les pronoms réfléchis _se_, _soi_, _son_, _à soi_, se rendent par: _si_.
-
-
-Adverbes.
-
-Les adverbes sont toujours terminés en _e_. Ex.: Patr_e_
-(paternellement); plen_e_ (entièrement).
-
-
-Prépositions, conjonctions, interjections.
-
-Les prépositions, conjonctions, interjections sont toujours
-invariables, mais ont des terminaisons diverses; elles sont presque
-toujours monosyllabiques. Ex.: _Kie_ (quoi?); _kiam_ (quand?); _sur_
-(sur); _ankaŭ_ (aussi); _jam_ (déjà); _por_ (pour); _de_ (de); _sed_
-(mais).
-
-
-Complément ou accusatif.
-
-Le complément direct d'un verbe (substantif, adjectif, pronom) est
-toujours terminé par _n_. Ex.: La homo havas manoj_n_, kaj nazo_n_
-(l'homme a des mains et un nez).
-
-La date s'indique par le nombre ordinal terminé par _n_. Ex.: La
-dek-dua_n_ de decembro (le douze décembre).
-
-Le lieu où l'on va est aussi terminé par _n_. Ex.: Mi iras Parizo_n_
-(je vais à Paris).
-
-En général, on met l'accusatif lorsqu'il y a direction vers. Ex.: La
-rato kuris sub la lito_n_ (le rat courut sous le lit).
-
-On met aussi à l'accusatif ce qui indique la durée, la mesure, le prix.
-Ex.: Paŭlo restos ĉe ni du tagoj_n_ (Paul restera deux jours chez
-nous); la flugo estas longa tri metroj_n_ (le drapeau est long de trois
-mètres); ĝi kostas du frankoj_n_ por unu metro (Il coûte deux francs le
-mètre).
-
-Les mots _de_ ou _par_ marquant le complément d'un verbe passif se
-rendent, en esperanto, par _de_. Ex.: Mi estas amata, _de_ mia patrino
-(je suis aimé de ma mère).
-
-
-III.--VERBE
-
-Infinitif toujours en _i_. Ex.: Am_i_ (aimer); leg_i_ (lire); pren_i_
-(prendre).
-
-Indicatif présent toujours en _as_. Ex.: mi am_as_ (j'aime); vi am_as_;
-li am_as_, etc.
-
-Participe présent actif toujours en _anta_. Ex.: am_anta_ (aimant);
-pren_anta_ (prenant), etc.
-
-Participe présent passif toujours en _ata_. Ex.: am_ata_ (étant aimé ou
-aimé).
-
-Passé défini ou imparfait toujours en _is_. Ex.: vi am_is_ (tu as aimé
-ou tu aimais), etc.
-
-Participe passé actif toujours en _inta_. Ex.: am_inta_ (ayant aimé);
-pren_inta_ (ayant pris).
-
-Participe passé passif toujours en _ita_. Ex.: am_ita_ (ayant été aimé
-ou aimé).
-
-Futur toujours en _os_.: li ŝi ĝi am_os_ (il ou elle aimera), etc.
-
-Participe futur actif toujours en _onta_. Ex.: am_onta_ (devant aimer);
-leg_onta_ (devant lire).
-
-Participe futur passif toujours en _ota_. Ex.: am_ota_ (devant être
-aimé); leg_ota_ (devant être lu).
-
-Subjonctif toujours en _u_. Ex.: ni am_u_ (que nous aimions), etc.
-
-Impératif toujours en _u_ (sans pronoms). Ex. am_u_ (aime); pren_u_
-(prends), etc.
-
-Conditionnel toujours en _us_. Ex.: ili am_us_ (ils aimeraient), etc.
-
-En esperanto les temps composés de l'actif sont rarement employés, on
-les forme avec le verbe auxiliaire _esti_. Ex.: Avoir aimé (autrement
-dit être ayant aimé), _esti_ amanta; j'ai aimé (ou je suis ayant aimé),
-mi _estas_ aminta; j'avais aimé (ou j'étais ayant aimé), mi _estis_
-aminta; j'aurai aimé (ou je serai ayant aimé), mi _estos_ amanta.
-
-
-Préfixes.
-
-Les préfixes donnent au mot même auquel ils sont joints, un sens, une
-signification nouvelle.
-
-_Bo_ indique la parenté résultant d'un mariage. Ex.: _Bo_patro
-(beau-père); _bo_fratino (belle-sœur).
-
-_Dis_ indique la séparation, la disparition. Ex.: _Dis_igitaj (épars);
-_dis_fendi (fendre en deux).
-
-_Ek_ indique le commencement d'une chose, l'acte momentané. Ex.:
-_Ek_vidi (entrevoir); _ek_altiĝi (commencer à s'élever).
-
-_El_ signifie hors de, quelquefois aussi achèvement. Ex.: _El_iri
-(sortir); _el_ripari (réparer complètement).
-
-_Ge_ indique la réunion des sexes. Ex.: _Ge_patroj (père et mère,
-parents); _ge_edzoj (époux).
-
-_Mal_ indique le contraire. Ex.: _Mal_feliĉa (malheureux); _mal_granda
-(petit).
-
-_Re_ indique la répétition, le retour. Ex.: _Re_bonigi (raccommoder);
-_re_ataki (riposter).
-
-
-IV.--SUFFIXES
-
-_Ad_ indique l'action, la durée dans l'action. Ex.: Kron_ad_o
-(couronnement); pen_ad_i (se donner de la peine).
-
-_Aĵ_ indique une chose, une idée concrète. Ex.: Acid_aĵ_o (acide);
-lakt_aĵ_o (laitage); amik_aĵ_o (caresse).
-
-_An_ indique l'habitant, celui qui fait partie d'une chose. Ex.:
-Kampar_an_o (campagnard); ŝip_an_o (marin).
-
-_Ar_ indique une collection, une réunion. Ex.: Arb_ar_o (une forêt);
-kamp_ar_o (un camp).
-
-_Ebl_ indique la possibilité (comme en français). Ex.: Kred_ebl_a
-(croyable); fleks_ebl_a (flexible).
-
-_Ec_ indique l'idée abstraite, la qualité (comme en français). Ex.:
-Acid_ec_o (acidité); amik_ec_o (amitié).
-
-_Eg_ indique un augmentatif. Ex.: Ŝton_eg_o (rocher, grosse pierre);
-rid_eg_i (rire aux éclats).
-
-_Ej_ indique le lieu consacré à une chose. Ex.: Kuir_ej_o (cuisine);
-preĝ_ej_o (église).
-
-_Em_ indique le penchant, l'inclination. Ex.: Labor_em_a (laborieux);
-pur_em_a (aimant la propreté).
-
-_Er_ indique un fragment, une division. Ex.: Sabl_er_o (un grain de
-sable).
-
-_Estr_ indique le chef. Ex.: ŝip_estr_o (capitaine de navire).
-
-_Et_ indique un diminutif. Ex.: Knab_et_o (un garçonnet); rid_et_i
-(sourire).
-
-_Id_ indique le descendant, l'enfant. Ex.: Kok_id_o (poulet);
-ĉeval_id_o (poulain).
-
-_Ig_ signifie faire, rendre. Ex. Long_ig_i (allonger); far_ig_i (faire
-faire).
-
-_Iĝ_ signifie se faire, devenir. Ex.: Ric_iĝ_i (s'enrichir).
-
-_Il_ indique l'instrument, l'outil. Ex.: Kudr_il_o (l'aiguille).
-
-_In_ indique le féminin, la femelle. Ex.: Patr_in_o (mère); fraŭl_in_o
-(la jeune fille).
-
-_Ind_ signifie digne de, qui mérite. Ex.: Krid_ind_a (digne de foi);
-rid_ind_a (ridicule).
-
-_Ing_ indique l'objet dans lequel s'introduit quelque chose. Ex.:
-ŝraŭb_ing_o (écrou); glav_ing_o (fourreau de sabre).
-
-_Ist_ indique le métier, la profession. Ex.: Kuir_ist_o (cuisinier);
-kuir_ist_ino (cuisinière).
-
-_Uj_ indique le contenant, ce qui porte. Ex.: Sup_uj_o (soupière);
-pom_uj_o (pommier).
-
-_Ul_ indique un être caractérisé par le mot racine. Ex.: Jun_ul_o
-(jeune homme); scienc_ul_o (savant).
-
-_Um_ sens indéterminé, complète le sens du mot racine. Ex.: Kol_um_o
-(col de chemise); man_um_o (manchette).
-
-
-V.--NUMÉRATION
-
- +==============+==============+=============+=============+
- | 1 | 11 | 21 | 31 |
- | unu | dek-unu | dudek-unu | tridek-unu |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 2 | 12 | 22 | 32 |
- | du | dek-du | dudek-du | tridek-du |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 3 | 13 | 23 | 33 |
- | tri | dek-tri | dudek-tri | tridek-tri |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 4 | 14 | 24 | 34 |
- | kvar | dek-kvar | dudek-kvar | tridek-kvar |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 5 | 15 | 25 | 35 |
- | kvin | dek-kvin | dudek-kvin | tridek-kvin |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 6 | 16 | 26 | 36 |
- | ses | dek-ses | dudek-ses | tridek-ses |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 7 | 17 | 27 | 37 |
- | sep | dek-sep | dudek-sep | tridek-sep |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 8 | 18 | 28 | 38 |
- | ok | dek-ok | dudek-ok | tridek-ok |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 9 | 19 | 29 | 39 |
- | naŭ | dek-naŭ | dudek-naŭ | tridek-naŭ |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 10 | 20 | 30 | 40 |
- | dek | dudek | tridek | kvardek |
- +==============+==============+=============+=============+
- | 41 | 51 | 61 | 71 |
- | kvardek-unu | kvindek-unu | sesdek-unu | sepdek-unu |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 42 | 52 | 62 | 72 |
- | kvardek-du | kvindek-du | sesdek-du | sepdek-du |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 43 | 53 | 63 | 73 |
- | kvardek-tri | kvindek-tri | sesdek-tri | sepdek-tri |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 44 | 54 | 64 | 74 |
- | kvardek-kvar | kvindek-kvar | sesdek-kvar | sepdek-kvar |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 45 | 55 | 65 | 75 |
- | kvardek-kvin | kvindek-kvin | sesdek-kvin | sepdek-kvin |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 46 | 56 | 66 | 76 |
- | kvardek-ses | kvindek-ses | sesdek-ses | sepdek-ses |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 47 | 57 | 67 | 77 |
- | kvardek-sep | kvindek-sep | sesdek-sep | sepdek-sep |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 48 | 58 | 68 | 78 |
- | kvardek-ok | kvindek-ok | sesdek-ok | sepdek-ok |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 49 | 59 | 69 | 79 |
- | kvardek-naŭ | kvindek-naŭ | sesdek-naŭ | sepdek-naŭ |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 50 | 60 | 70 | 80 |
- | kvindek | sesdek | sepdek | okdek |
- +==============+==============+=============+=============+
- | 81 | 86 | 91 | 96 |
- | okdek-unu | okdek-ses | naŭdek-unu | naŭdek-ses |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 82 | 87 | 92 | 97 |
- | okdek-du | okdek-sep | naŭdek-du | naŭdek-sep |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 83 | 88 | 93 | 98 |
- | okdek-tri | okdek-ok | naŭdek-tri | naŭdek-ok |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 84 | 89 | 94 | 99 |
- | okdek-kvar | okdek-naŭ | naŭdek-kvar | naŭdek-naŭ |
- +--------------+--------------+-------------+-------------+
- | 85 | 90 | 95 | 100 |
- | okdek-kvin | naŭdek | naŭdek-kvin | cent |
- +==============+==============+=============+=============+
-
-Le nombre ordinal se forme en ajoutant _a_ au nombre cardinal. Ex.:
-Tridek_a_ (trentième).
-
-L'adverbe se forme en ajoutant _e_ au cardinal. Ex.: Tridek_e_
-(trentièmement).
-
-Les nombres fractionnaires se forment au moyen du suffixe _on_.
-Ex.: Un tiers se dit unu tri_on_o; dix douzièmes (10/12) se dit dek
-dekdu_on_oj.
-
-
-Nous terminerons le chapitre relatif à l'espéranto par la traduction
-en cette langue du texte français de la Chanterelle comestible. Nous
-ajouterons que nous avons longuement profité de la connaissance
-approfondie que possède en cette matière M. C. Rousseau, de
-Levallois-Perret, espérantiste distingué et auteur du _Poliglota
-vade-mecum Internacia pharmaco_, publié par la librairie Hachette.
-
-M. C. Rousseau, avec la plus grande bienveillance, a bien voulu revoir
-la partie ayant trait à l'espéranto et nous tenons à l'en remercier.
-
-
-CHANTERELLE COMESTIBLE
-
-Chapeau charnu, consistant, convexe, puis concave se creusant en
-entonnoir, à bords plus ou moins sinueux, ondulés, crépus et enroulés
-en dessous, glabre sec, assez souvent plus prolongé d'un côté que de
-l'autre, chamois, jaune orangé, jaune d'œuf, quelquefois jaune pâle,
-rarement blanc ou blanchâtre, diamètre 3 à 5 centimètres. Feuillets
-épais turgescents, bifurqués deux ou trois fois, très décurrents, de la
-couleur du chapeau. Pied plein épais supérieurement, atténué de haut en
-bas, souvent courbé à la base. Chair blanche compacte, odeur agréable.
-Saveur douce très légèrement piquante ou poivrée.
-
-Habitat.--Dans les bois où il forme des groupes plus ou moins étendus.
-Eté, automne.
-
-Connue sous les noms vulgaires de chevrille, chevrotte, etc., cette
-espèce constitue, bien que sa chair soit un peu coriace, une excellente
-plante que l'on devrait chercher à conserver, soit comme aliment,
-soit comme condiment. On fait, en effet, un très fréquent usage de ce
-champignon.
-
-
-«CANTHARELLUS» MANĜEBLA
-
-Ĉapelo pulpa, firma, unue konveksa, poste iĝanta konkava kaj
-funelforma, kun randoj pli-malpli malrektaj, ondformaj, krispaj, kaj
-suben volvataj; senharo seka, oftete plietendiĝanta unuflanken; koloro
-ĉambruna, flavoranĝa, ovflava, iafoje palflava, malofte blanka aŭ
-dubeblanka; diametro tri oŭ kvar centimetrojn.
-
-Lamenoj dikaj, intumeskaj, du-trifoje forkiĝantaj, tre deklivaj apud
-la piedon, samkoloraj kiel la ĉapelo. Piedo plena, dika supre, pli
-maldikiĝanta malsupren, ofte kurba ĉe la bazo, karno blanka, densa;
-agrabla odoro, gusto dolĉa, iomete pikanta aŭ pipra.
-
-Kreskejo: en la arbaroj, kie ĝi grupiĝas laŭ aroj pli-malpli vastaj,
-dum la somero kaj aŭtuno.
-
-Vulgare nommata «Chevrille», «Chevrotte» k. t. p. Tiu speco estas,
-kvankam ĝia karno estas iom malmola, bonega kreskaĵo konservinda kiel
-manĝaĵo aŭ spicaĵo: efektive tiu fungo estas tre uzata.
-
-
-
-
-TABLE ALPHABÉTIQUE
-
-des noms latins, français ou vulgaires des espèces figurées, décrites
-ou citées.
-
-
-L'_italique_ désigne les noms latins, l'=égyptienne= les grandes
-divisions.
-
- Page
- ou Planche.
-
- =Agaricinées=, I, 146, 148
-
- Agaric atténué, I, 141
-
- ---- tue-mouches, I, 2
-
- Amadouvier, I, 138
-
- _Amanita Cæsarea_, I, 1, 118, 122
-
- ---- _citrina_, I, 4, 95
-
- ---- _muscaria_, I, 2, 95, 139
-
- ---- _ovoidea_, I, 118
-
- ---- ----, II, 2
-
- ---- _pantherina_, I, 5, 95
-
- ---- _phalloides_, I, 3, 95
-
- ---- _rubescens_, I, 6, 118
-
- ---- _spissa_, II, 1
-
- ---- _vaginata_, I, 8
-
- ---- _verna_, I, 7, 95
-
- Amanite citrine, I, 4
-
- ---- des Césars, I, 1
-
- ---- épaisse, II, 1
-
- ---- ovoïde, II, 2
-
- ---- panthère, I, 5
-
- ---- phalloïde, I, 3
-
- ---- printanière, I, 7
-
- ---- rougeâtre, I, 6, 118
-
- ---- vaginée, I, 8
-
- Argouane, I, 22, 119
-
- ---- des prairies, I, 119
-
- ---- ----, II, 12
-
- _Armillaria bulbigera_, II, 5
-
- ---- _luteo-virens_, II, 4
-
- ---- _mellea_, I, 11
-
- Armillaire bulbeux, II, 5
-
- ---- couleur de miel, I, 11
-
- Armillaire jaune verdâtre, II, 4
-
- _Astreus hygrometricus_, II, 60
-
- Astre hygrométrique, II, 60
-
- _Auricularia mesenterica_, II, 58
-
- Auriculaire mésentérique, II, 58
-
- =Auriculariées=, I, 147, 159
-
-
- Barbe de chêne, I, 53
-
- ---- de vache, I, 52
-
- Bérigoule, I, 22
-
- Bise vraie, I, 31
-
- _Boletus aereus_, I, 44, 120
-
- ---- _aurantiacus_, I, 122
-
- ---- _badius_, I, 49
-
- ---- _bovinus_, II, 43
-
- ---- _chrysenteron_, II, 41
-
- ---- _edulis_, I, 45, 120, 122
-
- ---- _granulatus_, I, 121
-
- ---- _luridus_, I, 50
-
- ---- _luteus_, I, 48, 121
-
- ---- _parasiticus_, II, 42
-
- ---- _scaber_, I, 46, 121
-
- ---- _strobilaceus_, II, 43
-
- ---- _subtomentosus_, II, 41
-
- ---- _variegatus_, II, 44
-
- ---- _versipellis_, I, 121
-
- Bolet à chair jaune, II, 41
-
- ---- blême, I, 50
-
- ---- bronzé, I, 44, 120
-
- ---- des bouviers, II, 43
-
- ---- fauve, I, 49
-
- ---- jaune, I, 48
-
- ---- parasite, II, 42
-
- ---- pomme de pin, II, 43
-
- ---- rude, I, 46, 121
-
- ---- varié, II, 44
-
- Boule de neige, I, 40, 120
-
- Boulé, II, 2
-
- Briqueté, I, 24
-
- Bruguet, I, 45
-
- Brunette, I, 120
-
- _Bulgaria inquinans_, II, 62
-
- Bulgarie salissante, II, 62
-
-
- _Calocera flammea_, II, 58
-
- ---- _viscosa_, II, 58
-
- Calocère visqueuse, II, 58
-
- Campagnol, I, 1
-
- _Cantharellus aurantiacus_, I, 23
-
- _Cantharellus aurantiacus_, II, 19
-
- _Cantharellus cibarius_, I, 23, 120, 122
-
- _Cantharellus tubæformis_, II, 20
-
- Cèpe, I, 45
-
- ---- comestible, I, 45, 120
-
- ---- noir, I, 43
-
- Champignon à la bague, I, 9
-
- ---- de couche, I, 39, 72, 139
-
- Champignon des bruyères, I, 40
-
- Champignon des prés, I, 39
-
- Champignon du fumier, I, 39
-
- ---- polonais, I, 45
-
- Chanterelle comestible, I, 23, 120
-
- ---- en tube, II, 20
-
- Chanterelle orangée, I, 23
-
- ---- ----, II, 19
-
- Charbonnier, I, 32
-
- Chavane, I, 25
-
- Chênier, I, 18
-
- Chevalier, I, 15
-
- Chevrotte, I, 23
-
- _Clathrus ruber_, II, 61
-
- Clathre rouge, II, 61
-
- _Clavaria amethystina_, I, 121
-
- ---- _aurea_, I, 53
-
- ---- _botrytis_, I, 53, 121
-
- ---- _cinerea_, I, 121
-
- ---- _coralloides_, I, 121
-
- ---- _flava_, I, 53, 121
-
- ---- _formosa_, I, 53, 121
-
- ---- _fusiformis_, I, 121
-
- ---- ----, II, 56
-
- ---- _pistillaris_, II, 56
-
- Clavaire améthyste, I, 121
-
- ---- cendrée, I, 121
-
- ---- coralloïde, I, 121
-
- ---- dorée, I, 53
-
- ---- élégante, I, 53, 121
-
- ---- en grappe, I, 53, 121
-
- ---- en pilon, II, 56
-
- ---- fusiforme, I, 121
-
- ---- ----, II, 56
-
- ---- jaunâtre, I, 53
-
- =Clavariées=, I, 148, 159
-
- _Clitocybe gigantea_, II, 15
-
- ---- _geotropa_, I, 119
-
- ---- ----, II, 15
-
- ---- _infundibuliformis_, II, 16
-
- _Clitocybe inversa_, II, 14
-
- ---- _laccata_, I, 20
-
- ---- _maxima_, II, 15
-
- ---- _nebularis_, I, 19, 74, 119
-
- ---- _odora_, I, 119
-
- Clitocybe géant, II, 15
-
- ---- géotrope, I, 119
-
- Clitocybe géotrope, II, 15
-
- ---- infundibuliforme, II, 16
-
- Clitocybe laqué, I, 20
-
- ---- nébuleux, I, 19, 119
-
- ---- odorant, I, 119
-
- ---- retourné, II, 14
-
- _Clitopilus orcella_, I, 36
-
- ---- _prunulus_, I, 36, 121
-
- Clitopile orcelle, I, 36
-
- _Collybia fusipes_, I, 18, 119
-
- ---- ----, II, 35
-
- ---- ---- var. _œdematopus_, I, 18
-
- _Collybia radicata_, II, 17
-
- ---- _velutipes_, II, 35
-
- Collybie à pied en fuseau, I, 18, 119
-
- Collybie à pied velu, II, 35
-
- ---- enracinée, II, 17
-
- ---- radiqueuse, II, 17
-
- Columelle, I, 9
-
- _Cortinarius armillatus_, II, 33
-
- ---- _Berkeleyi_, II, 32
-
- ---- _bolaris_, II, 34
-
- ---- _cinnabarinus_, II, 34
-
- ---- _cœrulescens_, II, 31
-
- ---- _hœmatochœlis_, II, 33
-
- _Cortinarius præstans_, II, 32
-
- ---- _torvus_, II, 32
-
- Cortinaire à bracelets, II, 33
-
- ---- bleuâtre, II, 31
-
- ---- couleur de brique, II, 34
-
- Cortinaire de Berkeley, II, 32
-
- ---- rouge cinabre, II, 34
-
- Couamelle, I, 9
-
- Coucoumelle, I, 8
-
- ---- blanche, II, 2
-
- Couleuvrée, I, 9
-
- _Coprinus atramentarius_, I, 138
-
- ---- _comatus_, I, 43
-
- ---- _ovatus_, I, 43
-
- Coprin chevelu, I, 43
-
- Coprin ovale, I, 43
-
- Corne d'abondance, I, 54
-
- _Cortinarius violaceus_, I, 37
-
- Cortinaire violet, I, 37
-
- _Craterellus cornucopioides_, I, 54, 121, 122
-
- Craterelle corne d'abondance, I, 54, 121
-
-
- Dorade, I, 1
-
- Dédalée du chêne, II, 52
-
- =Discomycètes=, I, 143, 144, 161
-
- _Dædalea quercina_, II, 52
-
-
- Eauburon, I, 25
-
- Encrier, I, 138
-
- _Entoloma clypeatum_, I, 35, 119
-
- ---- _lividum_, I, 35, 96
-
- ---- _sinuatum_, I, 35
-
- Entolôme en bouclier, I, 35, 119
-
- ---- livide, I, 35
-
- Ergot de seigle, I, 139
-
- Erinace, I, 52
-
-
- _Fomes fomentarius_, II, 49
-
- Fausse Golmotte, I, 5
-
- ---- Oronge, I, 2, 139
-
- Faux Cèpe, I, 50
-
- ---- Jazeran, I, 2
-
- ---- Mousseron, I, 34
-
- _Fistulina hepatica_, I, 51
-
- Fistuline hépatique, I, 51
-
- Foie de Bœuf, I, 51
-
-
- =Gastéromycètes=, I, 143, 144, 160
-
- _Geaster hygrometricus_, II, 60
-
- Gendarme noir, I, 43
-
- Gingoule, I, 22
-
- Girondelle, I, 23
-
- Glu de chêne, I, 51
-
- Golmotte, I, 6
-
- _Gomphidius viscidus_, II, 39
-
- Gomphide visqueux, II, 39
-
- Goutte d'encre, I, 138
-
- Grisette, I, 8
-
- Grisotte, I, 9
-
- Gros pied, I, 45, 120
-
- _Guepinia helvelloides_, II, 57
-
- _Gyrocephalus helvelloides_, II, 57
-
- ---- _rufus_, II, 57
-
- Gyrocéphale helvelloïde, II, 57
-
- ---- rouge, II, 57
-
- Gyrole, I, 23
-
- ---- rouge, I, 46
-
- _Gyromitra esculenta_, I, 121
-
- Gyromitre comestible, I, 121
-
-
- _Hebeloma crustuluniformis_, II, 35
-
- Hébélôme échaudé, II, 35
-
- _Helvella crispa_, I, 63, 121
-
- ---- _lacunosa_, I, 62
-
- Helvelle crépue, I, 63, 121
-
- ---- lacuneuse, I, 62
-
- Hydne sinué, I, 52
-
- ---- gélatineux, II, 55
-
- ---- hérisson, II, 54
-
- ---- imbriqué, II, 55
-
- =Hydnées=, I, 146, 158
-
- _Hydnum erinaceum_, II, 54
-
- ---- _gelatinosum_, II, 55
-
- ---- _imbricatum_, I, 121, 122
-
- ---- ----, II, 55
-
- ---- _repandum_, I, 52, 122
-
- ---- _rufescens_, I, 121
-
- _Hygrophorus conicus_, II, 22
-
- ---- _cossus_, II, 23
-
- ---- _eburneus_, I, 120
-
- ---- ----, II, 23
-
- ---- _olivaceo-albus_, I, 21
-
- _Hygrophorus pudorinus_, I, 120
-
- ---- _virgineus_, I, 120
-
- Hygrophore blanc d'ivoire, I, 120
-
- Hygrophore blanc d'ivoire, II, 23
-
- Hygrophore conique, II, 22
-
- ---- olivacé-blanc, I, 21
-
- Hygrophore pudique, I, 120
-
- ---- virginal, I, 120
-
- =Hyménomycètes=, I, 143, 146
-
- _Hypholoma fasciculare_, I, 42
-
- Hypholôme fasciculé, I, 42
-
-
- Jaunet, I, 35
-
- Jaunette, I, 23
-
- Jaseran, I, 1
-
-
- _Lactarius controversus_, I, 28
-
- ---- _deliciosus_, I, 24, 97, 120, 122
-
- ---- _piperatus_, I, 25, 120
-
- ---- _sanguifluus_, I, 24
-
- ---- _scrobiculatus_, II, 21
-
- ---- _torminosus_, I, 27
-
- ---- _volemus_, I, 26, 120
-
- Lactaire aux tranchées, I, 27
-
- ---- délicieux, I, 24, 120
-
- ---- orangé, I, 26, 120
-
- ---- poivré, I, 25, 120
-
- ---- scrobiculé, II, 21
-
- ---- taché, I, 28
-
- Langue de bœuf, I, 51
-
- Lathyron, I, 28
-
- _Lepiota cristata_, II, 3
-
- ---- _erminea_, I, 118
-
- ---- _excoriata_, I, 118
-
- ---- _procera_, I, 9, 119, 122
-
- ---- _pudica_, I, 10, 118
-
- ---- _rhacodes_, I, 9
-
- Lépiote écorchée, I, 118
-
- ---- élevée, I, 9, 119
-
- ---- en crête, II, 3
-
- ---- erminée, I, 118
-
- ---- pudique, I, 10, 118
-
- ---- raboteuse, I, 9
-
- _Lycoperdon cælatum_, I, 56
-
- _Lycoperdon gemmatum_, I, 56
-
- ---- _giganteum_, I, 55, 71
-
-
- Mainotte, I, 53
-
- Marasme faux-Mousseron, I, 34, 120
-
- _Marasmius oreades_, I, 34, 120, 122
-
- ---- _scorodonius_, I, 121
-
- _Merisma giganteus_, II, 46
-
- Mérule pleureur, II, 53
-
- _Merulius destruens_, II, 53
-
- ---- _lacrymans_, II, 53
-
- Mitre d'évêque, I, 62
-
- _Morchella conica_, I, 60, 122
-
- ---- _elata_, I, 60
-
- ---- _esculenta_, I, 59
-
- ---- _esculenta_ var. _rotunda_, I, 59, 122
-
- _Morchella esculenta_, var. _vulgaris_, I, 59
-
- _Morchella hortensis_, I, 141
-
- ---- _semi-libera_, I, 61, 122, 141
-
- Morille comestible, I, 59
-
- ---- conique, I, 60
-
- ---- élevée, I, 60
-
- ---- grise, I, 59
-
- ---- jaune, I, 59
-
- ---- ronde, I, 59
-
- ---- semi-libre, I, 61
-
- Morillon, I, 61
-
- Morton, I, 27
-
- Mousseron, I, 12, 36
-
- ---- d'automne, I, 34
-
- ---- de Dieppe, I, 34
-
- ---- de la Saint-Georges, I, 12, 119
-
- Mousseron Godaille, I, 34
-
- ---- gris, I, 35
-
- ---- pied dur, I, 34
-
- Mouton zoné, I, 27
-
- _Mycena epipterygia_, II, 18
-
- ---- _pura_, II, 18
-
- Mycène des fougères, II, 18
-
- Mycène pure, II, 18
-
- Mujolo, I, 1
-
-
- Nouret, I, 21
-
-
- Oignon de loup, I, 50
-
- Oreille de chardon, I, 22
-
- ---- de chat, I, 58
-
- ---- ---- blanche, I, 63
-
- ---- de Judas, I, 62
-
- Oronge blanche, I, 118
-
- ---- ----, II, 2
-
- ---- ciguë blanche, I, 7
-
- ---- vineuse, I, 6
-
- ---- vraie, I, 1, 75, 103, 118
-
- Ounégal, I, 1
-
-
- Palombette, I, 31
-
- Palomet, I, 31
-
- _Panus stypticus_, II, 28
-
- Panus styptique, II, 28
-
- Paturon blanc, I, 40
-
- _Paxillus atro-tomentosus_, II, 36
-
- ---- _involutus_, I, 38
-
- Paxille enroulé, I, 38
-
- ---- noir-tomenteux, II, 36
-
- Perfide (le), I, 35
-
- _Peziza acetabulum_, I, 57, 121, 122
-
- ---- _aurantia_, II, 63
-
- ---- _venosa_, I, 58, 121, 122
-
- Pézize orangée, II, 63
-
- ---- en coupe, I, 57
-
- ---- veinée, I, 58, 121
-
- _Phallus caninus_, II, 59
-
- ---- _imperialis_, II, 59
-
- ---- _impudicus_, II, 59
-
- Phallus de chien, II, 59
-
- ---- puant, II, 59
-
- _Pholiota ægerita_, I, 119
-
- ---- _cylindracea_, I, 141
-
- ---- _mutabilis_, I, 121
-
- ---- _radicosa_, II, 37
-
- ---- _squarrosa_, II, 38
-
- Pholiote égérite, I, 119
-
- ---- radiqueuse, II, 37
-
- Pholiote squarreuse, II, 38
-
- Pibaulado, I, 141
-
- Pied bleu, I, 13, 142
-
- Pied de coq, I, 53
-
- ---- de mouton blanc, I, 52
-
- Pivoulade, I, 11
-
- _Pleurotus Eryngii_, I, 30, 119
-
- ---- _glandulosus_, I, 21
-
- ---- _olearius_, I, 78
-
- ---- _ostreatus_, I, 29, 119
-
- Pleurote de l'Eryngium, I, 30, 119
-
- Pleurote de l'olivier, I, 78
-
- ---- en coquille, I, 29, 119
-
- ---- glanduleux, I, 21
-
- _Pluteus cervinus_, II, 30
-
- Pluteus des cerfs, II, 30
-
- _Polyporus betulinus_, II, 45
-
- ---- _confluens_, I, 121
-
- ---- _fomentarius_, I, 138
-
- ---- ----, II, 49
-
- ---- _frondosus_, I, 44
-
- ---- _giganteus_, II, 46
-
- ---- _hispidus_, I, 138
-
- ---- _intybaceus_, I, 47
-
- ---- _leucomelas_, II, 51
-
- ---- _lucidus_, II, 50
-
- ---- _officinalis_, I, 139
-
- ---- _ovinus_, I, 121
-
- ---- _perennis_, II, 51
-
- ---- _squamosus_, II, 47
-
- ---- _sulfureus_, I, 121, 138
-
- ---- ----, II, 48
-
- Polypore amadouvier, II, 49
-
- ---- blanc-noir, II, 51
-
- ---- chicorée, I, 47
-
- ---- ----, I, 138
-
- ---- du bouleau, II, 45
-
- ---- du mélèze, I, 139
-
- ---- en bouquet, I, 44
-
- ---- gigantesque, II, 46
-
- ---- luisant, II, 50
-
- Polypore pérennant, II, 51
-
- ---- soufré, II, 48
-
- ---- squameux, II, 47
-
- ---- tubérastre, I, 92, 141
-
- =Polyporées=, I, 146, 156
-
- Potiron, I, 39, 45
-
- Poule de bois, I, 21, 44
-
- _Pratella arvensis_, I, 40, 119, 122
-
- ---- _Bernardii_, I, 39, 119
-
- ---- _campestris_, I, 39, 119, 122
-
- ---- _hæmorrhoidea_, I, 39
-
- ---- _xanthoderma_, I, 41
-
- Pratelle champêtre, I, 39, 119
-
- ---- de Bernard, I, 119
-
- ---- des jachères, I, 40, 119
-
- ---- jaunissante, I, 41
-
- _Psalliota_, I, 155
-
-
- Rabasse, I, 64
-
- Raffouet, I, 27
-
- Ragoule, I, 22
-
- Ringoule, I, 22
-
- Roumanet, I, 1
-
- Roussette, I, 28
-
- Roussile, I, 47
-
- Rouzillon, I, 24
-
- _Russula alutacea_, I, 121
-
- ---- _cyanoxantha_, I, 32, 120
-
- ---- _delica_, I, 120
-
- ---- ----, II, 25
-
- ---- _emetica_, I, 22
-
- ---- _fellea_, I, 33
-
- ---- _fœtens_, I, 33
-
- ---- _Linnæi_, II, 26
-
- ---- _nigricans_, II, 27
-
- ---- _ochroleuca_, II, 24
-
- ---- _Queletii_, II, 26
-
- ---- _rubra_, II, 26
-
- ---- _sanguinea_, II, 26
-
- ---- _virescens_, I, 31, 120
-
- Russule chicotin, I, 33
-
- ---- cyanoxanthe, I, 32, 120
-
- ---- délicate, I, 120
-
- Russule émétique, I, 22
-
- ---- fétide, I, 33
-
- ---- jaunâtre, II, 24
-
- ---- noircissante, II, 27
-
- ---- rouge, II, 26
-
- ---- sevrée, II, 25
-
- ---- vert-de-gris, I, 31, 120
-
-
- _Schizophyllum commune_, II, 28
-
- Schizophylle commun, II, 28
-
- _Scleroderma vulgare_, II, 60
-
- Scléroderme vulgaire, II, 60
-
- Souquarel, I, 11
-
- _Sparassis crispa_, I, 121
-
- _Spathularia flavida_, II, 61
-
- Spathulaire jaunâtre, II, 61
-
- _Stropharia æruginosa_, II, 40
-
- Strophaire érugineux, II, 40
-
-
- Temoulo, I, 47
-
- _Terfezia Leonis_, I, 121
-
- Terfez du Lion, I, 121
-
- Tête de Méduse, I, 11
-
- ---- de nègre, I, 43
-
- Toute blanche, I, 10
-
- =Trémellacées=, I, 148, 160
-
- _Tremellodon gelatinosum_, II, 55
-
- _Tricholoma acerbum_, II, 10
-
- ---- _albellum_, I, 12, 119
-
- ---- _album_, II, 11
-
- ---- _argyraceum_, I, 119
-
- ---- _equestre_, I, 15
-
- ---- _gambosum_, I, 12
-
- ---- _Georgii_, I, 12, 122
-
- ---- _imbricatum_, II, 8
-
- ---- _murinaceum_, I, 119
-
- ---- _nudum_, I, 13, 122, 142
-
- ---- _panœolum_, I, 75, 119
-
- ---- ----, II, 12
-
- ---- _personatum_, I, 13, 119
-
- ---- _pessundatum_, I, 13, 119
-
- _Tricholoma portentosum_, I, 119
-
- ---- _russula_, I, 17
-
- ---- _rutilans_, II, 13
-
- ---- _sævum_, I, 13
-
- ---- _sævum_, II, 6
-
- ---- _sordidum_, I, 13
-
- ---- _sulfureum_, II, 9
-
- ---- _terreum_, I, 16
-
- ---- _tristis_, I, 119
-
- ---- _tumidum_, II, 7
-
- ---- _vaccinum_, II, 8
-
- Tricholôme acerbe, II, 10
-
- ---- argouane, II, 12
-
- ---- argyracé, I, 119
-
- ---- blanc, II, 11
-
- ---- chatoyant, I, 119
-
- ---- couleur de soufre, II, 9
-
- Tricholôme couleur de vache, II, 8
-
- Tricholôme de la Saint-Georges, I, 12
-
- Tricholôme équestre, I, 15
-
- ---- gonflé, II, 7
-
- ---- gris de souris, I, 119
-
- ---- nu, I, 13.
-
- ---- prétentieux, I, 119
-
- ---- ruiné, I, 14, 119
-
- ---- russule, I, 17
-
- ---- rutilant, II, 13
-
- ---- sinistre, II, 6
-
- ---- terreux, I, 16
-
- ---- travesti, I, 119
-
- ---- triste, I, 119
-
- Tripette, I, 53
-
- Trompette des morts, I, 54
-
- Truffe à spores noires, I, 64
-
- ---- des gourmets, I, 64
-
- ---- du Périgord, I, 64
-
- ---- violette, I, 64
-
- _Tuber brumale_, I, 121
-
- ---- _melanosporum_, I, 64
-
- Tubéracées, I, 143, 146, 164
-
-
- Vache, I, 26
-
- ---- blanche, I, 25
-
- Vache rouge, I, 24
-
- Vachotte, I, 26
-
- Vélo, I, 26
-
- Verdette, I, 31
-
- _Verpa digitaliformis_, I, 122
-
- Vesse-loup ciselée, I, 56
-
- ---- gigantesque, I, 55
-
- ---- perlée, I, 56
-
- Viau, I, 26
-
- Videau, I, 35
-
- _Volvaria gloiocephala_, I, 95
-
- ---- _speciosa_, I, 95
-
- ---- ----, II, 29
-
- Volvaire élégante, II, 29
-
- ---- remarquable, II, 29
-
-
- Xylaire hypoxyle, II, 64
-
- ---- polymorphe, II, 65
-
- _Xylaria hypoxylon_, II, 64
-
- ---- _polymorpha_, II, 65
-
-
-
-
-TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES
-
-
- PRÉFACE I
-
- PARTIE I. Explication des planches 1
-
- PARTIE II. Généralités 66
-
- Chapitre I.--Classification des champignons 68
-
- Liste des tableaux de détermination des
- champignons, en groupes, familles et
- genres 78
-
- -- II.--Causerie sur les Hyménomycètes 97
-
- -- III.--Causerie sur les Gastéromycètes 101
-
- -- IV.--Causerie sur les Discomycètes 105
-
- -- V.--Causerie sur les Tubéromycètes 109
-
- -- VI.--Photographie des champignons 111
-
- -- VII.--Les ressources du microscope 131
-
- -- VIII.--L'esperanto et la mycologie 139
-
- Table alphabétique des noms latins, français ou vulgaires
- des espèces figurées, décrites ou citées dans les deux séries 153
-
- Table générale 160
-
-
-
-
-AVIS
-
-
-Nous recommandons vivement aux personnes désirant s'occuper
-sérieusement des champignons et qui possèdent déjà nos deux Atlas de
-poche par =DUMÉE=, Série I et II:
-
-1º Notre =Atlas de Champignons de France, Suisse et Belgique=, par
-Léon ROLLAND (page 5 du catalogue inséré à la fin de ce volume).
-
-2º Les ouvrages de =GILLET= (voir le détail, page 4 du même
-catalogue).
-
-3º Enfin notre =Amateur de Champignons= qui, huit fois par an,
-viendra entretenir le lecteur de questions mycologiques (page 6 du même
-catalogue).
-
-_Des spécimens de ces ouvrages sont envoyés franco sur demande._
-
-
- Paris.--Imp. J. Mersch, 17, villa d'Alésia.
- Les planches ont été tirées sur presses à platine «Victoria»
- Dervaux, 61, Faubourg Saint-Denis, Paris.
-
-
-
-
-Liste des modifications
-
-
-Page 6: «sœvum» remplacé par «sævum».
-
-Page 6: «Ajourd'hui» a été remplacé par «Aujourd'hui».
-
-Page 15: «ou forme» remplacé par «où il forme» (on le récolte en
-été-automne dans les bois un peu frais, où il forme quelquefois des
-cercles de nombreux individus).
-
-Page 26: «on» remplacé par «ou» (susceptible de pâlir ou de se
-modifier).
-
-Page 52: «Dœdalea» remplacé par «Dædalea».
-
-Page 75: «ehampignons» au lieu de «champignons».
-
-Page 103: «insconsciemment» remplacé par «inconsciemment».
-
-Page 107: «on» remplacé par «ou» (rondes ou ovales).
-
-Page 142: «chink» remplacé par «chinko» [ŝinko (jambon) se prononce
-chinko].
-
-Page 144: «costas» remplacé par «kostas» et «umi» par «unu» (ĝi kostas
-du frankojn por unu metro).
-
-Page 145: «amenta» remplacé par «amanta» (mi _estos_ amanta).
-
-Page 146: «Acideko» remplacé par «Acideco» et «amikeko» par «amikeco»
-[Acideco (acidité); amikeco (amitié)].
-
-Page 152: «krankam» remplacé par «kvankam» (Tiu speco estas, kvankam
-ĝia karno estas iom malmola).
-
-Page 155: «Dœdalea» remplacé par «Dædalea».
-
-Page 157: «faux-Mousseseron» remplacé par «faux-Mousseron».
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Nouvel atlas de poche des champignons
-Comestibles et Vénéneux les plus repandus, by Paul Dumée
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHAMPIGNONS ***
-
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-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
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-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this
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-electronic works. See paragraph 1.E below.
-
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-Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection
-of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual
-works in the collection are in the public domain in the United
-States. If an individual work is unprotected by copyright law in the
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