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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Traité élémentaire de chimie, tome 2 - Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes - modernes; avec Figures - -Author: Antoine de Lavoisier - -Release Date: July 3, 2016 [EBook #52488] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 2/3 *** - - - - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - - - - - Au lecteur, - - Ce _Traité élémentaire de chimie_ d'Antoine de Lavoisier se compose - de deux tomes. Une version complète de cette publication accompagne la - publication individuelle de chacun de ces deux tomes. - - La version électronique html restitue le mieux la présentation du - livre papier. - - L'errata de cette édition a été pris en compte. - - Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle de la version - papier en remplaçant les ſ par des s. - - La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections - mineures. - - L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés. - La liste des modifications se trouve à la fin du texte. - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE. - - _TOME SECOND._ - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE, - - PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU - ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES; - - Avec Figures: - - _Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale - de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la - Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société - Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c._ - - TOME SECOND. - - [Illustration] - - _A PARIS_, - - Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente. - - M. DCC. LXXXIX. - - _Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale - de Médecine._ - - - - - TABLE - DES CHAPITRES - DU TOME SECOND. - - - TROISIEME PARTIE. - - _Description des Appareils & des Opérations manuelles de la Chimie._ - - _INTRODUCTION_, 323 - - CHAP. I. _Des instrumens propres à déterminer le poids - absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & - liquides,_ 327 - - CHAP. II. _De la Gazométrie, ou de la mesure du poids - & du volume des substances aériformes,_ 342 - - §. I. _Description des Appareils pneumato-chimiques,_ ibid. - - §. II. _Du Gazomètre,_ 346 - - §. III. _De quelques autres manières de mesurer le volume - des Gaz,_ 360 - - §. IV. _De la manière de séparer les unes des autres les - différentes espèces de Gaz,_ 365 - - §. V. _Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus - dans les expériences, relativement à la pression de - l'atmosphère,_ 370 - - §. VI. _Des corrections relatives aux différens degrés - du Thermomètre,_ 378 - - §. VII. _Modèle de calcul pour les corrections relatives - au degré de pression & de température,_ 380 - - §. VIII. _De la manière de déterminer le poids absolu des - différens Gaz,_ 384 - - CHAP. III. _Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique,_ 387 - - _Description du Calorimètre,_ ibid. - - CHAP. IV. _Des opérations purement mécaniques qui ont - pour objet de diviser les corps,_ 403 - - §. I. _De la Trituration, de la Porphirisation, & de la - Pulvérisation,_ ibid. - - §. II. _Du Tamisage & du Lavage,_ 409 - - §. III. _De la Filtration,_ 412 - - §. IV. _De la Décantation,_ 419 - - CHAP. V. _Des moyens que la Chimie emploie pour écarter - les unes des autres les molécules des corps sans les - décomposer, & réciproquement pour les réunir,_ 422 - - §. I. _De la Solution des Sels,_ 423 - - §. II. _De la Lixiviation,_ 428 - - §. III. _De l'Evaporation,_ 431 - - §. IV. _De la Cristallisation,_ 436 - - §. V. _De la Distillation simple,_ 442 - - §. VI. _De la Sublimation,_ 448 - - CHAP. VI. _Des Distillations pneumato-chimiques, des - Dissolutions métalliques, & de quelques autres - opérations qui exigent des Appareils très-compliqués,_ 449 - - §. I. _Des Distillations composées, & des Distillations - pneumato-chimiques,_ 449 - - §. II. _Des dissolutions métalliques,_ 458 - - §. III. _Des Appareils relatifs aux fermentations vineuse - & putride,_ 461 - - §. IV. _Appareil particulier pour la décomposition - de l'eau,_ 465 - - §. V. _De la préparation & de l'emploi des Luts,_ 468 - - CHAP. VII. _Des Opérations relatives à la combustion - proprement dite & à la détonation,_ 478 - - §. I. _De la Combustion du Phosphore & du Charbon,_ 482 - - §. II. _De la Combustion des Huiles,_ 493 - - §. III. _De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool,_ 501 - - §. IV. _De la Combustion de l'Ether,_ 503 - - §. V. _De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la - Formation de l'Eau,_ 506 - - §. VI. _De l'Oxidation des Métaux,_ 513 - - §. VII. _De la Détonation,_ 524 - - CHAP. VIII. _Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les - corps à de très-hautes températures,_ 534 - - §. I. _De la Fusion,_ ibid. - - §. II. _Des Fourneaux,_ 537 - - §. III. _Des moyens d'augmenter considérablement l'action - du feu, en substituant le gaz oxygène à l'air de - l'atmosphère,_ 552 - - TABLES A L'USAGE DES CHIMISTES. 559 - - TABLE DES MATIERES. 592 - - EXTRAIT _des Registres de l'Académie Royale des Sciences_. - Du 4 Février 1789. 620 - - EXTRAIT _des Registres de la Société Royale de Médecine_. - Du 6 Février 1789. 629 - - EXTRAIT _des Registres de la Société Royale d'Agriculture_. - Du 5 Février 1789. 650 - - ERRATA 654 - - _Planches._ 656 - - - - -[Illustration] - -TROISIÈME PARTIE. - -_Description des appareils & des opérations manuelles de la Chimie._ - - -INTRODUCTION. - -Ce n'est pas sans dessein que je ne me suis pas étendu davantage dans -les deux premières parties de cet Ouvrage, sur les opérations manuelles -de la Chimie. J'ai reconnu, d'après ma propre expérience, que des -descriptions minutieuses, des détails de procédés & des explications -de planches, figuroient mal dans un ouvrage de raisonnement; qu'elles -interrompoient la marche des idées, & qu'elles rendoient la lecture de -l'ouvrage fastidieuse & difficile. - -D'un autre côté, si je m'en fusse tenu aux simples descriptions -sommaires que j'ai données jusqu'ici, les commençans n'auroient -pu prendre dans cet Ouvrage que des idées très-vagues de la -Chimie-pratique. Des opérations qu'il leur auroit été impossible -de répéter, ne leur auroient inspiré ni confiance ni intérêt: ils -n'auroient pas même eu la ressource de chercher dans d'autres ouvrages -de quoi suppléer à ce qui auroit manqué à celui-ci. Indépendamment de -ce qu'il n'en existe aucun où les expériences modernes se trouvent -décrites avec assez d'étendue, il leur auroit été impossible de -recourir à des traités où les idées n'auroient point été présentées -dans le même ordre, où l'on n'auroit pas parlé le même langage; en -sorte que le but d'utilité que je me suis proposé n'auroit pas été -rempli. - -J'ai pris, d'après ces réflexions, la résolution de réserver pour -une troisième partie la description sommaire de tous les appareils -& de toutes les opérations manuelles qui ont rapport à la Chimie -élémentaire. J'ai préféré de placer ce traité particulier à la fin -plutôt qu'au commencement de cet Ouvrage, parce qu'il m'auroit été -impossible de n'y pas supposer des connoissances que les commençans -ne peuvent avoir, & qu'ils ne peuvent acquérir que par la lecture de -l'Ouvrage même. Toute cette troisième partie doit être en quelque -façon considérée comme l'explication des figures qu'on a coutume de -rejetter à la fin des Mémoires, pour ne point en couper le texte par -des descriptions trop étendues. - -Quelque soin que j'aye pris pour mettre de la clarté & de la méthode -dans cette partie de mon travail, & pour n'omettre la description -d'aucun appareil essentiel, je suis loin de prétendre que ceux qui -veulent prendre des connoissances exactes en Chimie, puissent se -dispenser de suivre des cours, de fréquenter les laboratoires & de -se familiariser avec les instrumens qu'on y emploie. _Nihil est in -intellectu quod non prius fuerit in sensu_: grande & importante -vérité que ne doivent jamais oublier ceux qui apprennent comme ceux -qui enseignent, & que le célèbre Rouelle avoit fait tracer en gros -caractères dans le lieu le plus apparent de son laboratoire. - -Les opérations chimiques se divisent naturellement en plusieurs -classes, suivant l'objet qu'elles se proposent de remplir: les -unes peuvent être regardées comme purement mécaniques; telle est -la détermination du poids des corps, la mesure de leur volume, la -trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la filtration: -les autres sont des opérations véritablement chimiques, parce qu'elles -emploient des forces & des agens chimiques, telles que la dissolution, -la fusion, &c. Enfin les unes ont pour objet de séparer les principes -des corps, les autres de les réunir; souvent même elles ont ce -double but, & il n'est pas rare que dans une même opération, comme -dans la combustion, par exemple, il y ait à la fois décomposition & -recomposition. - -Sans adopter particulièrement aucune de ces divisions, auxquelles il -seroit difficile de s'astreindre, du moins d'une manière rigoureuse, -je vais présenter le détail des opérations chimiques, dans l'ordre qui -m'a paru le plus propre à en faciliter l'intelligence. J'insisterai -particulièrement sur les appareils relatifs à la Chimie moderne, -parce qu'ils sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude -particulière de cette science, je pourrois presque dire, d'une partie -de ceux qui la professent. - - - - -CHAPITRE PREMIER. - -_Des instrumens propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur -spécifique des corps solides & liquides._ - - -On ne connoît jusqu'à présent aucun meilleur moyen pour déterminer les -quantités de matières qu'on emploie dans les opérations chimiques, -& celles qu'on obtient par le résultat des expériences, que de les -mettre en équilibre avec d'autres corps qu'on est convenu de prendre -pour terme de comparaison. Lors, par exemple, que nous voulons allier -ensemble douze livres de plomb & six livres d'étain, nous nous -procurons un levier de fer assez fort pour qu'il ne fléchisse pas; nous -le suspendons dans son milieu & de manière que ses deux bras soient -parfaitement égaux; nous attachons à l'une de ses extrêmités un poids -de douze livres; nous attachons à l'autre du plomb, & nous en ajoutons -jusqu'à ce qu'il y ait équilibre, c'est-à-dire jusqu'à ce que le levier -demeure parfaitement horisontal. Après avoir ainsi opéré sur le plomb, -on opère sur l'étain; & on en use de la même manière pour toutes les -autres matières dont on veut déterminer la quantité. Cette opération -se nomme _peser_; l'instrument dont on se sert se nomme _balance_: il -est principalement composé, comme tout le monde le sait, d'un fléau, de -deux bassins & d'une aiguille. - -Quant au choix des poids & à la quantité de matière qui doit composer -une unité, une livre, par exemple, c'est une chose absolument -arbitraire; aussi voyons-nous que la livre differe d'un royaume à un -autre, d'une province & souvent même d'une ville à une autre. Les -sociétés n'ont même d'autre moyen de conserver l'unité qu'elles se sont -choisie, & d'empêcher qu'elle ne varie & ne s'altère par la révolution -des tems, qu'en formant ce qu'on nomme des étalons, qui sont déposés & -soigneusement conservés dans les greffes des jurisdictions. - -Il n'est point indifférent sans doute dans le commerce & pour les -usages de la société, de se servir d'une livre ou d'une autre, puisque -la quantité absolue de matière n'est pas la même, & que les différences -même sont très-considérables. Mais il n'en est pas de même pour les -Physiciens & pour les Chimistes. Peu importe dans la plupart des -expériences, qu'ils ayent employé une quantité A ou une quantité B de -matière, pourvu qu'ils expriment clairement les produits qu'ils ont -obtenus de l'une ou de l'autre de ces quantités, en fractions d'un -usage commode, & qui réunies toutes ensemble fassent un produit égal -au tout. Ces considérations m'ont fait penser qu'en attendant que les -hommes, réunis en société, se soient déterminés à n'adopter qu'un seul -poids & qu'une seule mesure, les Chimistes, de toutes les parties du -monde, pourroient sans inconvénient se servir de la livre de leur -pays, quelle qu'elle fût, pourvu qu'au lieu de la diviser, comme on -l'a fait jusqu'ici, en fractions arbitraires, on se déterminât par -une convention générale à la diviser en dixièmes, en centièmes, en -millièmes, en dix-millièmes, &c. c'est-à-dire, en fractions décimales -de livres. On s'entendroit alors dans tous les pays, comme dans -toutes les langues: on ne seroit pas sûr, il est vrai, de la quantité -absolue de matière qu'on auroit employée dans une expérience; mais -on connoîtroit sans difficulté, sans calcul, le rapport des produits -entr'eux; ces rapports seroient les mêmes pour les savans du monde -entier, & l'on auroit véritablement pour cet objet un langage universel. - -Frappé de ces considérations, j'ai toujours eu le projet de faire -diviser la livre poids de marc en fractions décimales, & ce n'est que -depuis peu que j'y suis parvenu. M. Fourché, Balancier, successeur -de M. Chemin, rue de la Ferronnerie, a rempli cet objet avec beaucoup -d'intelligence & d'exactitude, & j'invite tous ceux qui s'occupent -d'expériences, à se procurer de semblables divisions de la livre: pour -peu qu'ils ayent d'usage du calcul des décimales, ils seront étonnés de -la simplicité & de la facilité que cette division apportera dans toutes -leurs opérations. Je détaillerai dans un Mémoire particulier destiné -pour l'Académie, les précautions & les attentions que cette division de -la livre exige. - -En attendant que cette méthode soit adoptée par les savans de tous les -pays, il est un moyen simple, sinon d'atteindre au même but, au moins -d'en approcher & de simplifier les calculs. Il consiste à convertir à -chaque pesée les onces, gros & grains qu'on a obtenus, en fractions -décimales de livre; & pour diminuer la peine que ce calcul pourroit -présenter, j'ai formé une table où ces calculs se trouvent tous faits -ou au moins réduits à de simples additions. Elle se trouve à la fin de -cette troisième partie: voici la manière de s'en servir. - -Je suppose qu'on ait employé dans une expérience 4 livres de matières, -& que par le résultat de l'opération on ait obtenu quatre produits -différens A, B, C, D, pesant savoir, - - liv. onc. gros grains. - Produit A 2 5 3 63 - Produit B 1 2 7 15 - Produit C » 3 1 37 - Produit D » 4 3 29 - ----------------------- - Total 4 » » » - ----------------------- - -On transformera, au moyen de la table, ces fractions vulgaires en -décimales, comme il suit: - - Pour le produit A. - - Fractions décimales - Fractions vulgaires. correspondantes. - - liv. onc. gros gr. liv. - 2 » » » = 2,0000000 - 5 » » = 0,3125000 - 3 » = 0,0234375 - 63 = 0,0068359 - --------------------- --------- - Total 2 5 3 63 = 2,3427734 - --------------------- --------- - - - Pour le produit B. - - liv. onc. gros gr. liv. - 1 » » » = 1,0000000 - 2 » » = 0,1250000 - 7 » = 0,0546875 - 15 = 0,0016276 - --------------------- --------- - Total 1 2 7 15 = 1,1813151 - --------------------- --------- - - - Pour le produit C. - - - Fractions Fractions décimales - vulgaires. correspondantes. - - onc. gros gr. liv. - 3 » » = 0,1875000 - 1 » = 0,0078125 - 37 = 0,0040148 - --------------- ---------- - Total 3 1 37 = 0,1993273 - --------------- ---------- - - - Pour le produit D. - - onc. gros gr. liv. - 4 » » = 0,2500000 - 3 » = 0,0234375 - 29 = 0,0031467 - --------------- ---------- - Total 4 3 29 = 0,2765842 - ---------------- ---------- - -En récapitulant ces résultats, on aura en fractions décimales: - - Pour le produit A 2,3427734 - Pour le produit B 1,1813151 - Pour le produit C 0,1993273 - Pour le produit D 0,2765842 - ---------- - Total 4,0000000 - ---------- - -Les produits ainsi exprimés en fractions décimales, sont ensuite -susceptibles de toute espèce de réduction & de calcul, & on n'est plus -obligé de réduire continuellement en grains les nombres sur lesquels on -veut opérer, & de reformer ensuite avec ces mêmes nombres des livres, -onces & gros. - -La détermination du poids des matières & des produits, avant & après -les expériences, étant la base de tout ce qu'on peut faire d'utile -& d'exact en Chimie, on ne sauroit y apporter trop d'exactitude. -La première chose, pour remplir cet objet, est de se munir de bons -instrumens. On ne peut se dispenser d'avoir, pour opérer commodément, -trois excellentes balances. La première doit peser jusqu'à 15 & 20 -livres, sans fatiguer le fléau. Il n'est pas rare d'être obligé -dans des expériences chimiques de déterminer à un demi-grain près -ou un grain tout au plus la tarre & le poids de très-grands vases & -d'appareils très-pesans. Il faut, pour arriver à ce degré de précision, -des balances faites par un artiste habile & avec des précautions -particulières; il faut sur-tout se faire une loi de ne jamais s'en -servir dans un laboratoire où elles seroient immanquablement rouillées -& gâtées: elles doivent être conservées dans un cabinet séparé, où il -n'entre jamais d'acides. Celles dont je me sers ont été construites par -M. Fortin; leur fléau a trois pieds de long, & elles réunissent toutes -les sûretés & les commodités qu'on peut desirer. Je ne crois pas que, à -l'exception de celles de Ramsden, il en existe qui puissent leur être -comparées pour la justesse & pour la précision. Indépendamment de cette -forte balance, j'en ai deux autres qui sont bannies, comme la première, -du laboratoire; l'une pèse jusqu'à 18 ou 20 onces, à la précision du -dixième de grain; la troisième ne pèse que jusqu'à un gros, & les -512es de grain y sont très-sensibles. - -Je donnerai à l'Académie, dans un Mémoire particulier, une description -de ces trois balances, avec des détails sur le degré de précision qu'on -en obtient. - -Ces instrumens au surplus dont on ne doit se servir que pour les -expériences de recherche, ne dispensent pas d'en avoir d'autres moins -précieux pour les usages courans du laboratoire. On y a continuellement -besoin d'une grosse balance à fléau de fer peint en noir, qui puisse -peser des terrines entières pleines de liquide, & des quantités -d'eau de 40 à 50 livres, à un demi-gros près; d'une seconde balance -susceptible de peser jusqu'à 8 à 10 livres, à 12 ou 15 grains près; -enfin d'une petite balance à la main, pesant environ une livre, à la -précision du grain. - -Mais ce n'est pas encore assez d'avoir d'excellentes balances; il faut -les connoître, les avoir étudiées, savoir s'en servir, & l'on n'y -parvient que par un long usage & avec beaucoup d'attention. Il est -sur-tout important de vérifier souvent les poids dont on se sert: ceux -fournis chez les balanciers ayant été ajustés avec des balances qui -ne sont pas extrêmement sensibles, ne se trouvent plus rigoureusement -exacts quand on les éprouve avec des balances aussi parfaites que -celles que je viens d'annoncer. - -Ce seroit une excellente manière, pour éviter les erreurs dans les -pesées, que de les répéter deux fois, en employant pour les unes des -fractions vulgaires de livre, & pour les autres des fractions décimales. - -Tels sont les moyens qui ont paru jusqu'ici les plus propres à -déterminer les quantités de matières employées dans les expériences, -c'est-à-dire, pour me servir de l'expression ordinaire, à déterminer le -poids absolu des corps. Mais en adoptant cette expression, je ne puis -me dispenser d'observer que, prise dans un sens strict, elle n'est pas -absolument exacte. Il est certain qu'à la rigueur nous ne connoissons -& nous ne pouvons connoître que des pesanteurs relatives; que nous ne -pouvons les exprimer qu'en partant d'une unité conventionnelle: il -seroit donc plus vrai de dire que nous n'avons aucune mesure du poids -absolu des corps. - -Passons maintenant à ce qui concerne la pesanteur spécifique. On a -désigné sous ce nom le poids absolu des corps divisé par leur volume, -ou ce qui revient au même, le poids que pèse un volume déterminé d'un -corps. C'est la pesanteur de l'eau qu'on a choisie, en général, pour -l'unité qui exprime ce genre de pesanteur. Ainsi quand on parle de la -pesanteur spécifique de l'or, on dit qu'il est dix-neuf fois aussi -pesant que l'eau; que l'acide sulfurique concentré est deux fois aussi -pesant que l'eau, & ainsi des autres corps. - -Il est d'autant plus commode de prendre ainsi la pesanteur de l'eau -pour unité, que c'est presque toujours dans l'eau que l'on pèse les -corps dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Si, par exemple, -on se propose de reconnoître la pesanteur spécifique d'un morceau d'or -pur écroui à coups de marteau, & si ce morceau d'or pèse dans l'air 8 -onces 4 gros 2 grains & demi, comme celui que M. Brisson a éprouvé, -page 5 de son Traité de la Pesanteur spécifique, on suspend cet or -à un fil métallique très-fin & assez fort cependant pour pouvoir le -supporter sans se rompre; on attache ce fil sous le bassin d'une -balance hydrostatique, & on pèse l'or entièrement plongé dans un vase -rempli d'eau. Le morceau d'or dont il est ici question, a perdu dans -l'expérience de M. Brisson 3 gros 37 grains. Or, il est évident que -le poids que perd un corps quand on l'a pesé dans l'eau, n'est autre -que le poids du volume d'eau qu'il déplace, ou, ce qui est la même -chose, qu'un poids d'eau égal à son volume; d'où l'on peut conclure -qu'à volume égal l'or pèse 4898 grains & demi, & l'eau 253: ce qui -donne 193617 pour la pesanteur spécifique de l'or, celle de l'eau étant -supposée 10000. On peut opérer de la même manière pour toutes les -substances solides. - -Il est au surplus assez rare qu'on ait besoin en Chimie de déterminer -la pesanteur spécifique des corps solides, à moins qu'on ne travaille -sur les alliages ou sur les verres métalliques: on a au contraire -besoin presqu'à chaque instant de connoître la pesanteur spécifique des -fluides, parce que c'est souvent le seul moyen qu'on ait de juger de -leur degré de pureté & de concentration. - -On peut également remplir ce dernier objet avec un très-grand degré -de précision, au moyen de la balance hydrostatique, & en pesant -successivement un corps solide, tel, par exemple, qu'une boule de -cristal de roche suspendue à un fil d'or très-fin, dans l'air & dans le -fluide dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Le poids que -perd la boule plongée dans le fluide, est celui d'un volume égal de ce -fluide. En répétant successivement cette opération dans l'eau & dans -différens fluides, on peut par un calcul très-simple en conclure leur -rapport de pesanteur spécifique, soit entr'eux, soit avec l'eau: mais -ce moyen ne seroit pas encore suffisamment exact, ou au moins il seroit -très-embarrassant à l'égard des liqueurs dont la pesanteur spécifique -differe très-peu de celle de l'eau, par exemple, à l'égard des eaux -minérales & de toutes celles en général qui sont très-peu chargées de -sels. - -Dans quelques travaux que j'ai entrepris sur cet objet & qui ne sont -point encore publics, je me suis servi avec beaucoup d'avantages de -pèse-liqueurs très-sensibles & dont je vais donner une idée. Ils -consistent dans un cylindre creux A_bcf_, _planche VII, fig. 6_, de -cuivre jaune, ou mieux encore d'argent, & lesté par le bas en _bcf_ -avec de l'étain. Ce pèse-liqueur est ici représenté nageant dans un -bocal _lmno_ rempli d'eau. A la partie supérieure du cylindre est -adaptée une tige faite d'un fil d'argent de 3/4 de ligne de diamètre -tout au plus, & surmonté d'un petit bassin _d_ destiné à recevoir des -poids. On fait sur cette tige une marque en _g_, dont on va expliquer -l'usage. On peut faire cet instrument de différentes dimensions; mais -il n'est suffisamment exact qu'autant qu'il déplace au moins quatre -livres d'eau. - -Le poids de l'étain dont cet instrument est lesté, doit être tel qu'il -soit presqu'en équilibre dans de l'eau distillée, & qu'il ne faille -plus y ajouter pour le faire entrer jusqu'à la marque _g_, qu'un -demi-gros ou un gros tout au plus. - -On commence par déterminer une première fois avec beaucoup d'exactitude -le poids de cet instrument & le nombre de gros ou de grains dont il -faut le charger dans de l'eau distillée, à une température donnée -pour le faire entrer jusqu'à la marque _g_. On fait la même opération -dans toutes les eaux dont on veut connoître la pesanteur spécifique, -& on rapporte ensuite par le calcul les différences au pied cube, à -la pinte ou à la livre, ou bien on les réduit en fractions décimales. -Cette méthode, jointe à quelques expériences faites avec les réactifs, -est une des plus sûres pour déterminer la qualité des eaux, & on y -apperçoit des différences qui auroient échappé aux analyses chimiques -les plus exactes. Je donnerai un jour le détail d'un grand travail que -j'ai fait sur cet objet. - -Les pèse-liqueurs métalliques ne peuvent servir que pour déterminer la -pesanteur spécifique des eaux qui ne contiennent que des sels neutres -ou des substances alkalines: on peut aussi en faire construire de -particuliers lestés pour l'esprit-de-vin & les liqueurs spiritueuses. -Mais toutes les fois qu'il est question de déterminer la pesanteur -spécifique des acides, on ne peut employer que du verre. On prend alors -un cylindre creux de verre _abc_, _planche VII, figure 14_, qu'on -ferme hermétiquement à la lampe en _bcf_; on y soude dans sa partie -supérieure un tube capillaire _ad_ surmonté par un petit bassin _d_. On -leste cet instrument avec du mercure, & on en introduit plus ou moins, -suivant la pesanteur des liqueurs qu'on se propose d'examiner. On peut -introduire dans le tube _ad_, qui forme le col de cet instrument, une -petite bande de papier qui porte des divisions; & quoique ces divisions -ne répondent pas aux mêmes fractions de grains dans des liqueurs dont -la pesanteur spécifique est différente, elles sont cependant commodes -pour les évaluations. - -Je ne m'étendrai pas davantage sur les moyens qui servent pour -déterminer, soit le poids absolu, soit la pesanteur spécifique des -solides & des liquides; les instrumens qu'on emploie à ce genre -d'expériences, sont entre les mains de tout le monde, on peut se les -procurer aisément, & de plus grands détails seroient inutiles. Il -n'en sera pas de même de la mesure des gaz: la plupart des instrumens -dont je me sers ne se trouvant nulle part & n'ayant été décrits dans -aucun ouvrage, il m'a paru nécessaire d'en donner une connoissance -plus détaillée: c'est l'objet que je me suis proposé dans le Chapitre -suivant. - - - - -CHAPITRE II. - -_De la Gazométrie, ou de la mesure du poids & du volume des substances -aériformes._ - - -§. I. - -_Description des Appareils pneumato-chimiques._ - -Les Chimistes françois ont donné dans ces derniers tems le nom -de _pneumato-chimique_ à un appareil à la fois très-ingénieux & -très-simple, imaginé par M. Priestley, & qui est devenu absolument -indispensable dans tous les laboratoires. Il consiste en une caisse -ou cuve de bois plus ou moins grande, _planche V, figures 1 & 2_, -doublée de plomb laminé ou de feuilles de cuivre étamé. La _figure 1_ -représente cette cuve vue en perspective; on en a supposé le devant & -un des côtés enlevés dans la _figure 2_, afin de faire mieux sentir la -manière dont elle est construite dans son intérieur. - -On distingue dans tout appareil de cette espèce, la tablette de la -cuve ABCD, _figures 1 & 2_, & le fond de la cuve FGHI, _fig. 2_. -L'intervalle qui se trouve entre ces deux plans est la cuve proprement -dite, ou la fosse de la cuve. C'est dans cette partie creuse qu'on -emplit les cloches: on les retourne ensuite & on les pose sur la -tablette ABCD, _voyez_ la cloche F, _planche X_. On peut encore -distinguer les bords de la cuve, & l'on donne ce nom à tout ce qui -excède le niveau de la tablette. - -La cuve doit être suffisamment remplie, pour que la tablette soit -toujours recouverte d'un pouce ou d'un pouce & demi d'eau; elle doit -avoir assez de largeur & de profondeur, pour qu'il y en ait alors au -moins un pied en tout sens dans la fosse de la cuve. Cette quantité -suffit pour les expériences ordinaires; mais il est un grand nombre -de circonstances où il est commode, où il est même indispensable de -se donner encore plus d'espace. Je conseille donc à ceux qui veulent -s'occuper utilement & habituellement d'expériences de Chimie, de -construire très en grand ces appareils, si le local le leur permet. -La fosse de ma cuve principale contient quatre pieds cubes d'eau, & -la surface de sa tablette est de quatorze pieds quarrés. Malgré cette -grandeur qui me paroissoit d'abord démésurée, il m'arrive encore -souvent de manquer de place. - -Il ne suffit pas encore dans un laboratoire où l'on est livré à un -courant habituel d'expériences, d'avoir un seul de ces appareils, -quelque grand qu'il soit: il faut, indépendamment du magasin général, -en avoir de plus petits & de portatifs même, qu'on place où le besoin -l'exige & près du fourneau où l'on opère. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut -faire marcher plusieurs expériences à la fois. Il y a d'ailleurs des -opérations qui salissent l'eau de l'appareil, & qu'il est nécessaire de -faire dans une cuve particulière. - -Il est sans doute beaucoup plus économique de se servir de cuves de -bois, ou de baquets cerclés de fer & faits tout simplement avec des -douves, plutôt que d'employer des caisses de bois doublées de cuivre ou -de plomb. Je m'en suis moi-même servi dans mes premières expériences; -mais j'ai bientôt reconnu les inconvéniens qui y sont attachés. Si -l'eau n'y est pas toujours entretenue au même niveau, les douves qui se -trouvent à sec prennent de la retraite; elles se disjoignent, & quand -on vient ensuite à mettre plus d'eau, elle s'échappe par les jointures, -& les planchers sont inondés. - -Les vaisseaux dont on se sert pour recevoir & pour contenir les gaz -dans cet appareil, sont des cloches de cristal A, _figure 9_. Pour -les transporter d'un appareil à un autre, ou même pour les mettre en -réserve quand la cuve est trop embarrassée, on se sert de plateaux -BC, _même figure_, garnis d'un rebord & de deux anses DE, pour les -transporter. - -A l'égard de l'appareil pneumato-chimique au mercure, après avoir -essayé d'en construire de différentes matières, je me suis arrêté -définitivement au marbre. Cette substance est absolument imperméable au -mercure; on n'a pas à craindre, comme avec le bois, que les assemblages -se déjoignent, ou que le mercure s'échappe par des gerçures; on n'a -point non plus l'inquiétude de la cassure, comme avec le verre, la -fayence & la porcelaine. - -On choisit donc un bloc de marbre BCDE, _planche V, figures 3 & 4_, -de deux pieds de long, de 15 à 18 pouces de large, & de 10 pouces -d'épaisseur; on le fait creuser jusqu'à une profondeur _mn_, _figure -5_, d'environ quatre pouces, pour former la fosse qui doit contenir le -mercure: & pour qu'on puisse y remplir plus commodément les cloches ou -jarres, on y fait creuser en outre une profonde rigole TV, _figures 3, -4 & 5_, de quatre autres pouces au moins de profondeur: enfin, comme -cette rigole pourroit être embarrassante dans quelques expériences, -il est bon qu'on puisse la boucher & la condamner à volonté, & l'on -remplit cet objet au moyen de petites planches qui entrent dans une -rainure _xy_, _figure 5_. Je me suis déterminé à faire construire deux -cuves de marbre semblables à celle que je viens de décrire, mais de -grandeurs différentes; j'en ai toujours par ce moyen une des deux qui -me sert de réservoir pour conserver le mercure, & c'est de tous les -réservoirs le plus sûr & le moins sujet aux accidens. - -On peut opérer dans le mercure avec cet appareil, exactement comme dans -l'eau: il faut seulement employer des cloches très-fortes & d'un petit -diamètre, ou des tubes de cristal qui ont un empâtement par le bas, -comme celui représenté _fig. 7_; les fayenciers qui les tiennent, les -nomment eudiomètres. On voit une de ces cloches en place A, _fig. 5_, & -ce qu'on nomme une jarre, _fig. 6_. - -L'appareil pneumato-chimique au mercure est nécessaire pour toutes les -opérations où il se dégage des gaz susceptibles d'être absorbés par -l'eau, & ce cas n'est pas rare, puisqu'il a lieu généralement dans -toutes les combustions, à l'exception de celle des métaux. - - -§. II. _Du Gazomètre._ - -Je donne le nom de gazomètre à un instrument dont j'ai eu la première -idée, & que j'avois fait exécuter dans la vue de former un soufflet qui -pût fournir continuellement & uniformément un courant de gaz oxygène -pour des expériences de fusion. Depuis, nous avons fait, M. Meusnier & -moi, des corrections & des additions considérables à ce premier essai, -& nous l'avons transformé en un instrument pour ainsi dire universel, -dont il sera difficile de se passer toutes les fois qu'on voudra faire -des expériences exactes. - -Le nom seul de cet instrument indique assez qu'il est destiné à mesurer -le volume des gaz. Il consiste en un grand fléau de balance, de trois -pieds de longueur DE, _planche VIII, fig. 1_, construit en fer & -très-fort. A chacune de ses extrêmités DE, est solidement fixée une -portion d'arc de cercle également en fer. - -Ce fléau ne repose pas, comme dans les balances ordinaires, sur un -couteau; on y a substitué un tourillon cylindrique d'acier F, _fig. 9_, -qui porte sur des rouleaux mobiles: on est parvenu ainsi à diminuer -considérablement la résistance qui pouvoit mettre obstacle au libre -mouvement de la machine, puisque le frottement de la première espèce se -trouve converti en un de la seconde. Ces rouleaux sont en cuivre jaune -& d'un grand diamètre: on a pris de plus la précaution de garnir les -points qui supportent l'axe ou tourillon du fléau, avec des bandes de -cristal de roche. Toute cette suspension est établie sur une colonne -solide, de bois BC, _fig. 1_. - -A l'extrêmité D de l'un des bras du fléau, est suspendu un plateau -de balance P, destiné à recevoir des poids. La chaîne qui est plate -s'applique contre la circonférence de l'arc _n_D_o_, dans une rainure -pratiquée à cet effet. A l'extrêmité E de l'autre bras du levier, est -attachée une chaîne également plate _ikm_, qui par sa construction -n'est pas susceptible de s'allonger ni de se raccourcir, lorsqu'elle -est plus ou moins chargée. A cette chaîne est adapté solidement en _i_ -un étrier de fer à trois branches _ai_, _ci_, _hi_, qui supporte une -grande cloche A de cuivre battu, de 18 pouces de diamètre sur environ -20 pouces de hauteur. - -On a représenté toute cette machine en perspective dans la _planche -VIII, fig. 1_; on l'a supposée au contraire, _planche IX, fig. -2 & 4_, partagée en deux par un plan vertical, pour laisser voir -l'intérieur. Tout autour de la cloche dans le bas, _planche IX, -fig. 2_, est un rebord relevé en-dehors & qui forme une capacité -partagée en différentes cases 1, 2, 3, 4, &c. Ces cases sont destinées -à recevoir des poids de plomb représentés séparément 1, 2, 3. Ils -servent à augmenter la pesanteur de la cloche dans les cas où l'on a -besoin d'une pression considérable, comme on le verra dans la suite; -ces cas au surplus sont extrêmement rares. La cloche cylindrique A est -entièrement ouverte par son fond _de_, _planc. IX, fig. 4_; elle est -fermée par le haut au moyen d'une calotte de cuivre _abc_, ouverte en -_bf_, & fermée par le moyen d'un robinet _g_. Cette calotte, comme on -le voit par l'inspection des figures, n'est pas placée tout-à-fait à la -partie supérieure du cylindre; elle est rentrée en-dedans de quelques -pouces, afin que la cloche ne soit jamais plongée en entier sous l'eau, -& qu'elle n'en soit pas recouverte. Si j'étois dans le cas de faire -reconstruire un jour cette machine, je desirerois que la calotte fût -beaucoup plus surbaissée, de manière qu'elle ne formât presque qu'un -plan. - -Cette cloche ou réservoir à air est reçue dans un vase cylindrique -LMNO, _planche VIII, figure 1_, également de cuivre & qui est plein -d'eau. - -Au milieu de ce vase cylindrique LMNO, _planche IX, fig. 4_, -s'élèvent perpendiculairement deux tuyaux _st_, _xy_, qui se -rapprochent un peu l'un de l'autre par leur extrêmité supérieure _ty_. -Ces tuyaux se prolongent jusqu'un peu au-dessus du niveau du bord -supérieur LM du vase LMNO. Quand la cloche _abcde_ touche le fond NO, -ils entrent d'un demi-pouce environ dans la capacité conique _b_, qui -conduit au robinet _g_. - -La _figure 3, pl. IX_, représente le fond du vase LMNO. On voit au -milieu une petite calotte sphérique creuse en-dessous, assujettie & -soudée par ses bords au fond du vase. On peut la considérer comme le -pavillon d'un petit entonnoir renversé, auquel s'adaptent en _s_ & -en _x_ les tuyaux _st_, _xy_, _fig. 4_. Ces tuyaux se trouvent par -ce moyen en communication avec ceux _mm_, _nn_, _oo_, _pp_, qui sont -placés horisontalement sur le fond de la machine, _fig. 3_, & qui, tous -quatre, se réunissent dans la calotte sphérique _sx_. - -De ces quatre tuyaux, trois sortent en-dehors du vase LMNO, & on peut -les suivre _planche VIII, fig 1_. L'un désigné par les chiffres -arabes 1, 2, 3, s'ajuste en 3 avec la partie supérieure d'une cloche V, -& par l'intermède du robinet 4. Cette cloche est posée sur la tablette -d'une petite cuve GHIK, doublée de plomb & dont l'intérieur se voit -_pl. IX, fig. 1_. - -Le second tuyau est appliqué contre le vase LMNO, de 6 en 7: il se -continue ensuite en 7, 8, 9 & 10, & vient s'engager en 11 sous la -cloche V. Le premier de ces deux tuyaux est destiné à introduire le -gaz dans la machine; le second à en faire passer des essais sous des -cloches. On détermine le gaz à entrer ou à sortir, suivant le degré de -pression qu'on donne, & on parvient à faire varier cette pression en -chargeant plus ou moins le bassin P. Lors donc qu'on veut introduire -de l'air, on donne une pression nulle & quelquefois même négative. -Lorsqu'au contraire on veut en faire sortir, on augmente la pression -jusqu'au degré où on le juge à propos. - -Le troisième tuyau 12, 13, 14, 15 est destiné à conduire l'air ou le -gaz à telle distance qu'on le juge à propos pour les combustions, -combinaisons ou autres opérations de ce genre. - -Pour entendre l'usage du quatrième tuyau, il est nécessaire que j'entre -dans quelques explications. Je suppose que le vase LMNO, _fig. 1_, -soit rempli d'eau, & que la cloche A soit en partie pleine d'air & en -partie pleine d'eau: il est évident qu'on peut proportionner tellement -les poids placés dans le bassin P, qu'il y ait un juste équilibre & -que l'air ne tende ni à rentrer dans la cloche A, ni à en sortir; -l'eau dans cette supposition sera au même niveau en-dedans & au-dehors -de la cloche. Il n'en sera plus de même, sitôt qu'on aura diminué le -poids placé dans le bassin P, & qu'il y aura pression du côté de la -cloche: alors le niveau de l'eau sera plus bas dans l'intérieur qu'à -l'extérieur de la cloche, & l'air de l'intérieur se trouvera plus -chargé que celui du dehors, d'une quantité qui sera mesurée exactement -par le poids d'une colonne d'eau d'une hauteur égale à la différence -des deux niveaux. - -M. Meusnier, en partant de cette observation, a imaginé d'en déduire -un moyen de reconnoître dans tous les instans le degré de pression -qu'éprouveroit l'air contenu dans la capacité de la cloche A, _planche -VIII, fig. 1_. Il s'est servi à cet effet d'un siphon de verre à -deux branches 19, 20, 21, 22 & 23, solidement mastiqué en 19 & en -23. L'extrêmité 19 de ce siphon communique librement avec l'eau de -la cuve ou vase extérieur. L'extrêmité 23 au contraire communique -avec le quatrième tuyau dont je me suis réservé il n'y a qu'un moment -d'expliquer l'usage, & par conséquent avec l'air de l'intérieur de la -cloche, par le tuyau _st_, _pl. IX, fig. 4_. Enfin M. Meusnier a -mastiqué en 16, _planche VIII, fig. 1_, un autre tube droit de verre -16, 17, 18, qui communique par son extrêmité 16 avec l'eau du vase -extérieur: il est ouvert à l'air libre par son extrêmité supérieure 18. - -Il est clair, d'après ces dispositions, que l'eau doit se tenir dans -le tube 16, 17 & 18, constamment au niveau de celle de la cuve ou -vase extérieur; que l'eau au contraire dans la branche 19, 20 & 21, -doit se tenir plus haut ou plus bas, suivant que l'air de l'intérieur -de la cloche est plus ou moins pressé que l'air extérieur, & que la -différence de hauteur entre ces deux colonnes, observée dans le tube -16, 17 & 18, & dans celui 19, 20 & 21, doit donner exactement la mesure -de la différence de pression. On a fait placer en conséquence entre ces -deux tubes une règle de cuivre graduée & divisée en pouces & lignes, -pour mesurer ces différences. - -On conçoit que l'air & en général tous les fluides élastiques -aériformes étant d'autant plus lourds qu'ils sont plus comprimés, il -étoit nécessaire pour en évaluer les quantités & pour convertir les -volumes en poids, d'en connoître l'état de compression: c'est l'objet -qu'on s'est proposé de remplir par le méchanisme qu'on vient d'exposer. - -Mais ce n'est pas encore assez pour connoître la pesanteur spécifique -de l'air ou des gaz & pour déterminer leur poids sous un volume connu, -que de savoir quel est le degré de compression qu'ils éprouvent, il -faut encore en connoître la température, & c'est à quoi nous sommes -parvenus à l'aide d'un petit thermomètre dont la boule plonge dans la -cloche A, & dont la graduation s'élève en-dehors: il est solidement -mastiqué dans une virole de cuivre qui se visse à la calote supérieure -de la cloche A. _Voyez_ 24 & 25, _planche VIII, fig. 1_, & _pl. IX, -fig. 4_. Ce même thermomètre est représenté séparément, _pl. VIII, -fig. 10_. - -L'usage du gazomètre auroit encore présenté de grands embarras & -de grandes difficultés, si nous nous fussions bornés à ces seules -précautions. La cloche, en s'enfonçant dans l'eau du vase extérieur -LMNO, perd de son poids, & cette perte de poids est égale à celui de -l'eau qu'elle déplace. Il en résulte que la pression qu'éprouve l'air -ou le gaz contenu dans la cloche, diminue continuellement à mesure -qu'elle s'enfonce; que le gaz qu'elle a fourni dans le premier instant, -n'est pas de la même densité que celui qu'elle fournit à la fin; que -sa pesanteur spécifique va continuellement en décroissant; &, quoiqu'à -la rigueur ces différences puissent être déterminées par le calcul, on -auroit été obligé à des recherches mathématiques qui auroient rendu -l'usage de cet appareil embarrassant & difficile. Pour remédier à cet -inconvénient, M. Meusnier a imaginé d'élever perpendiculairement au -milieu du fléau une tige quarrée de fer 26 & 27, _pl. VIII, fig. 1_, -qui traverse une lentille creuse de cuivre 28, qu'on ouvre & qu'on -peut remplir de plomb. Cette lentille glisse le long de la tige 26 & -27; elle se meut par le moyen d'un pignon denté qui engraîne dans une -crémaillère, & elle se fixe à l'endroit qu'on juge à propos. - -Il est clair que quand le levier DE est horisontal, la lentille 28 ne -pèse ni d'un côté ni d'un autre; elle n'augmente donc ni ne diminue -la pression. Il n'en est plus de même quand la cloche A s'enfonce -davantage & que le levier s'incline d'un côté, comme on le voit _fig. -1_. Alors le poids 28 qui n'est plus dans la ligne verticale qui passe -par le centre de suspension, pèse du côté de la cloche & augmente sa -pression. Cet effet est d'autant plus grand, que la lentille 28 est -plus élevée vers 27, parce que le même poids exerce une action d'autant -plus forte, qu'il est appliqué à l'extrêmité d'un levier plus long. -On voit donc qu'en promenant le poids 28 le long de la tige 26 & 27, -suivant laquelle il est mobile, on peut augmenter ou diminuer l'effet -de la correction qu'il opère; & le calcul comme l'expérience, prouvent -qu'on peut arriver au point de compenser fort exactement la perte de -poids que la cloche éprouve à tous les degrés de pression. - -Je n'ai encore rien dit de la manière d'évaluer les quantités d'air -ou de gaz fournies par la machine, & cet article est de tous le plus -important. Pour déterminer avec une rigoureuse exactitude ce qui s'est -dépensé dans le cours d'une expérience, & réciproquement pour savoir ce -qui en a été fourni, nous avons établi sur l'arc de cercle qui termine -le levier DE, _fig. 1_, un limbe de cuivre _lm_ divisé en degrés & -demi-degrés; cet arc est fixé au levier DE, & il est emporté par un -mouvement commun. On mesure les quantités dont il s'abaisse, au moyen -d'un index fixe 29, 30, qui se termine en 30 par un _nonnius_ qui donne -les centièmes de degré. - -On voit, _planche VIII_, les détails des différentes parties que nous -venons de décrire. - -1º. _Figure 2_, la chaîne plate qui soutient le bassin de balance -P; c'est celle de M. Vaucanson: mais comme elle a l'inconvénient de -s'allonger ou de se raccourcir suivant qu'elle est plus ou moins -chargée, il y auroit eu de l'inconvénient à l'employer à la suspension -de la cloche A. - -2º. _Figure 5_, la chaîne _ikm_, qui, dans la _figure 1_ porte la -cloche A: elle est toute formée de plaques de fer limées, enchevêtrées -les unes dans les autres, & maintenues par des chevilles de fer. -Quelque fardeau qu'on fasse supporter à ce genre de chaîne, elle ne -s'alonge pas sensiblement. - -3º. _Figure 6_, l'étrier à trois branches, par le moyen duquel est -suspendue la cloche A avec des vis de rappel, pour la fixer dans une -position bien verticale. - -4º. _Figure 3_, la tige 26, 27, qui s'élève perpendiculairement au -milieu du fléau, & qui porte la lentille 28. - -5º. _Figures 7 & 8_, les rouleaux avec la bande z de cristal de roche, -sur laquelle portent les contacts, pour diminuer encore le frottement. - -6º. _Figure 4_, la pièce qui porte l'axe des rouleaux. - -7º. _Figure 9_, le milieu du fléau avec le tourillon sur lequel il est -mobile. - -8º. _Figure 10_, le thermomètre qui donne le degré de l'air contenu -dans la cloche. - -Quand on veut se servir du gazomètre qu'on vient de décrire, il faut -commencer par remplir d'eau le vase extérieur LMNO, _planche VIII, -fig. 1_, jusqu'à une hauteur déterminée, qui doit toujours être la -même dans toutes les expériences. Le niveau de l'eau doit être pris -quand le fléau de la machine est horisontal. Ce niveau, quand la cloche -est à fond, se trouve augmenté de toute la quantité d'eau qu'elle a -déplacée; il diminue au contraire à mesure que la cloche approche de -son plus haut point d'élévation. On cherche ensuite par tâtonnemens -quelle est l'élévation à laquelle doit être fixée la lentille 28, -pour que la pression soit égale dans toutes les positions du fléau. -Je dis à peu près, parce que la correction n'est pas rigoureuse, & -que des différences d'un quart de ligne & même d'une demi-ligne ne -sont d'aucune conséquence. Cette hauteur à laquelle il faut élever la -lentille, n'est pas la même pour tous les degrés de pression; elle -varie suivant que cette pression est de 1 pouce, 2 pouces, 3 pouces, -&c. Toutes ces déterminations doivent être écrites à mesure sur un -registre avec beaucoup d'ordre. - -Ces premières dispositions faites, on prend une bouteille de huit à -dix pintes, dont on détermine bien la capacité en pesant exactement -la quantité d'eau qu'elle peut contenir. On renverse cette bouteille -ainsi pleine dans la cuve GHIK, _fig. 1_. On en pose le gouleau sur -la tablette à la place de la cloche V, en engageant l'extrêmité 11 du -tuyau 7, 8, 9, 10, 11 dans son gouleau. On établit la machine à zéro de -pression, & on observe bien exactement le degré marqué par l'index sur -le limbe: puis ouvrant le robinet 8 & appuyant un peu sur la cloche A, -on fait passer autant d'air qu'il en faut pour remplir entièrement la -bouteille. Alors on observe de nouveau le limbe, & on est en état de -calculer le nombre de pouces cubes qui répondent à chaque degré. - -Après cette première bouteille on en remplit une seconde, une -troisième, &c. on recommence même plusieurs fois cette opération, & -même avec des bouteilles de différentes capacités; & avec du tems & une -scrupuleuse attention on parvient à jauger la cloche A dans toutes ses -parties. Le mieux est de faire en sorte qu'elle soit bien tournée & -bien cylindrique, afin d'éviter les évaluations & les calculs. - -L'instrument que je viens de décrire & que j'ai nommé gazomètre, -a été construit par M. Meignié le jeune, ingénieur, constructeur -d'instrumens de physique, bréveté du Roi. Il y a apporté un soin, une -exactitude & une intelligence rares. C'est un instrument précieux -par le grand nombre des applications qu'on en peut faire, & parce -qu'il est des expériences à peu près impossibles sans lui. Ce qui le -renchérit, c'est qu'un seul ne suffit pas, il le faut double dans un -grand nombre de cas, comme dans la formation de l'eau, dans celle de -l'acide nitreux, &c. C'est un effet inévitable de l'état de perfection -dont la Chimie commence à s'approcher, que d'exiger des instrumens & -des appareils dispendieux & compliqués: il faut s'attacher sans doute -à les simplifier, mais il ne faut pas que ce soit aux dépens de leur -commodité & sur-tout de leur exactitude. - - -§. III. - -_De quelques autres manières de mesurer le volume des Gaz._ - -Le gazomètre dont je viens de donner la description dans le paragraphe -précédent, est un instrument trop compliqué & trop cher, pour qu'on -puisse l'employer habituellement à la mesure des gaz dans les -laboratoires; il s'en faut même beaucoup qu'il soit applicable à toutes -les circonstances. Il faut pour une multitude d'expériences courantes, -des moyens plus simples & qui soient, si l'on peut se permettre cette -expression, plus à la main. Je vais détailler ici ceux dont je me suis -servi jusqu'au moment où j'ai eu un gazomètre à ma disposition, & dont -je me sers encore aujourd'hui de préférence dans le cours ordinaire de -mes expériences. - -J'ai décrit dans le paragraphe premier de ce chapitre les appareils -pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Ils consistent, comme on l'a -vu, en cuves plus ou moins grandes sur la tablette desquelles se posent -les cloches destinées à recevoir les gaz. Je suppose qu'à la suite -d'une expérience quelconque, on ait dans un appareil de cette espèce -un résidu de gaz qui n'est absorbable ni par l'alkali ni par l'eau, -qui est contenu dans le haut d'une cloche AEF, _planche IV, fig. 3_, -& dont on veut connoître le volume. On commence par marquer avec une -grande exactitude par le moyen de bandes de papier la hauteur EF de -l'eau ou du mercure. Il ne faut pas se contenter d'appliquer une seule -marque d'un des côtés de la cloche, parce qu'il pourroit rester de -l'incertitude sur le niveau du liquide: il en faut au moins trois ou -même quatre en opposition les unes aux autres. - -On doit ensuite, si c'est sur du mercure qu'on opère, faire passer -sous la cloche de l'eau pour déplacer le mercure. Cette opération se -fait facilement avec une bouteille qu'on emplit d'eau à rase: on en -bouche l'orifice avec le doigt, on la renverse & on engage son col sous -la cloche; puis retournant la bouteille, on en fait sortir l'eau qui -s'élève au-dessus de la colonne de mercure & qui la déplace. Lorsque -tout le mercure est ainsi déplacé, on verse de l'eau sur la cuve ABCD, -de manière que le mercure en soit couvert d'un pouce environ. On passe -une assiète ou un vase quelconque très-plat sous la cloche, & on -l'enlève pour la transporter sur une cuve à eau, _planc. V, figures -1 & 2_. Alors on transvase l'air dans une cloche qui a été graduée de -la manière dont je vais l'expliquer, & on juge de la quantité du gaz -par les graduations de la cloche. - -A cette première manière de déterminer le volume du gaz, on peut -en substituer une autre qu'il est bon d'employer comme moyen de -vérification. L'air ou le gaz une fois transvasé, on retourne la cloche -qui le contenoit, & on y verse de l'eau jusqu'aux marques EF; on pèse -cette eau, & de son poids on en conclut le volume, d'après cette donnée -qu'un pied cube ou 1728 pouces d'eau pèsent 70 liv. On trouvera à la -fin de cette troisième partie une Table où ces réductions se trouvent -toutes faites. - -La manière de graduer les cloches est extrêmement facile, & je vais -en donner le procédé afin que chacun puisse s'en procurer. Il est bon -d'en avoir de plusieurs grandeurs, & même un certain nombre de chaque -grandeur, pour y avoir recours en cas d'accident. - -On prend une cloche de cristal un peu forte, longue & étroite; on -l'emplit d'eau dans la cuve représentée _planche V, fig. 1_, & on la -pose sur la tablette ABCD. On doit avoir une place déterminée qui serve -constamment à ce genre d'opération, afin que le niveau de la tablette -sur laquelle on pose la cloche soit toujours le même; on évite par-là -presque la seule erreur dont ce genre d'opération soit susceptible. - -D'un autre côté, on choisit une bouteille à gouleau étroit qui, pleine -à rase, contienne juste 6 onces 3 gros 61 grains d'eau, ce qui répond -à un volume de 10 pouces cubiques. Si on ne trouvoit pas de bouteille -qui eût précisément cette capacité, on en prendroit une un peu plus -grande, & on y couleroit un peu de cire fondue avec de la résine, pour -en diminuer la capacité: cette bouteille sert d'étalon pour jauger -la cloche, & voici comme on y procède. On fait passer l'air contenu -dans cette bouteille dans la cloche qu'on se propose de graduer, -puis on fait une marque à la hauteur jusqu'à laquelle est descendue -l'eau. On ajoute une seconde mesure d'air & on fait une nouvelle -marque; on continue ainsi jusqu'à ce que toute l'eau de la cloche ait -été déplacée. Il est important pendant le cours de cette opération, -que la bouteille & la cloche soient maintenues constamment à la même -température, & que cette température differe peu de celle de l'eau de -la cuve. On doit donc éviter d'appliquer les mains sur la cloche, ou -au moins de les y tenir long-tems, pour ne la pas échauffer: si même -on craignoit qu'elle ne l'eût été, il faudroit verser dessus de l'eau -de la cuve pour la rafraîchir. La hauteur du baromètre & du thermomètre -est indifférente pour cette opération, pourvu qu'elle ne varie pas -pendant qu'elle dure. - -Lorsque les marques ont été ainsi placées de 10 pouces en 10 pouces -sur la cloche, on y trace une graduation avec une pointe de diamant -emmanchée dans une petite tige de fer. On trouve des diamans ainsi -montés pour un prix modique au Louvre, chez le successeur de Passement. -On peut graduer de la même manière des tubes de cristal pour le -mercure: on les divise alors de pouce en pouce & même de dixièmes -de pouce en dixièmes de pouce. La bouteille qui sert de jauge doit -contenir juste 8 onces 6 gros 25 grains de mercure; c'est le poids -équivalent à un pouce cubique. - -Cette manière de déterminer les volumes d'air, au moyen d'une cloche -graduée, comme on vient de l'exposer, a l'avantage de n'exiger aucune -correction pour la différence de hauteur qui existe entre le niveau -de l'eau dans l'intérieur de la cloche, & celui de l'eau de la cuve: -mais il ne dispense pas des corrections relatives à la hauteur du -baromètre & du thermomètre. Lorsqu'on détermine au contraire le volume -de l'air par le poids de l'eau contenue jusqu'aux marques EF, on a une -correction de plus à faire pour la différence des niveaux du fluide -en-dedans & en-dehors de la cloche, comme je l'expliquerai dans le §. V -de ce chapitre. - - -§. IV. - -_De la manière de séparer les unes des autres les différentes espèces -de Gaz._ - -On n'a présenté dans le paragraphe précédent qu'un cas des plus -simples, celui où l'on se propose de déterminer le volume d'un gaz pur -non absorbable par l'eau: les expériences conduisent ordinairement à -des résultats plus compliqués, & il n'est pas rare d'obtenir à la fois -trois ou quatre espèces de gaz différentes. Je vais essayer de donner -une idée de la manière dont on parvient à les séparer. - -Je suppose que j'aye sous la cloche A, _pl. IV, fig. 3_, une quantité -AEF de différens gaz, mêlés ensemble & contenus par du mercure: on -doit commencer par marquer exactement avec des bandes de papier, comme -je l'ai prescrit dans le paragraphe précédent, la hauteur du mercure: -on fait ensuite passer sous la cloche une très-petite quantité d'eau, -d'un pouce cubique, par exemple: si le mêlange de gaz contient du gaz -acide muriatique ou du gaz acide sulfureux, il y aura sur-le-champ -une absorption très-considérable, parce que c'est une propriété de -ces gaz d'être absorbés en grande quantité par l'eau, sur-tout le -gaz acide muriatique. Si le pouce cube d'eau qui a été introduit ne -produit qu'une très-légère absorption & à peine égale à son volume, on -en conclura que le mêlange ne contient ni gaz acide muriatique, ni gaz -acide sulfureux, ni même de gaz ammoniaque; mais on commencera dès-lors -à soupçonner qu'il est mêlangé de gaz acide carbonique, parce qu'en -effet l'eau n'absorbe de ce gaz qu'un volume à peu près égal au sien. -Pour vérifier ce soupçon, on introduira sous la cloche de l'alkali -caustique en liqueur: s'il y a du gaz acide carbonique, on observera -une absorption lente & qui durera plusieurs heures; l'acide carbonique -se combinera avec l'alkali caustique ou potasse, & ce qui restera -ensuite n'en contiendra pas sensiblement. - -On n'oubliera pas à la suite de chaque expérience de coller des marques -de papier sur la cloche, à l'endroit où répondra la surface du mercure, -& de les vernir dès qu'elles seront sèches, afin qu'on puisse plonger -la cloche dans l'eau sans risquer de les décoller. Il sera également -nécessaire de tenir note de la différence de niveau entre le mercure de -la cloche & celui de la cuve, ainsi que de la hauteur du baromètre & du -degré du thermomètre. - -Lorsqu'on aura ainsi absorbé par l'eau & par la potasse tous les gaz -qui en sont susceptibles, on fera passer de l'eau sous la cloche pour -en déplacer tout le mercure; on couvrira, comme je l'ai prescrit dans -le paragraphe précédent, le mercure de la cuve d'environ deux pouces -d'eau; puis passant par-dessous la cloche une assiète plate, on la -transportera sur la cuve pneumato-chimique à l'eau: là on déterminera -la quantité d'air ou de gaz restant, en la faisant passer dans une -cloche graduée. Cela fait, on en prendra différens essais dans de -petites jarres, & par des expériences préliminaires on cherchera à -reconnoître quels sont à peu près les gaz auxquels on a affaire. On -introduira par exemple dans une des petites jarres remplie de ce gaz -une bougie allumée, comme on le voit représenté _planche V, fig. 8_. -Si la bougie ne s'y éteint pas, on en conclura qu'il contient du gaz -oxygène, & même, suivant que la flamme de la bougie sera plus ou moins -éclatante, on pourra juger s'il en contient plus ou moins que l'air de -l'atmosphère. Dans le cas au contraire où la bougie s'y éteindroit, -on auroit une forte raison de présumer que ce résidu est, pour la -plus grande partie, du gaz azote. Si à l'approche de la bougie le gaz -s'enflamme & brûle paisiblement à la surface avec une flamme de couleur -blanche, on en conclura que c'est du gaz hydrogène pur; si elle est -bleue, on aura lieu d'en conclure que ce gaz est carboné: enfin s'il -brûle avec bruit & détonation, c'est un mêlange de gaz oxygène & de gaz -hydrogène. - -On peut encore mêler une portion du même gaz avec du gaz oxygène; s'il -y a vapeurs rouges & absorption, on en conclura qu'il contient du gaz -nitreux. - -Ces connoissances préliminaires donnent bien une idée de la qualité -du gaz & de la nature du mêlange; mais elles ne suffisent pas pour -déterminer les proportions & les quantités. Il faut alors avoir recours -à toutes les ressources de l'analyse, & c'est beaucoup que de savoir -à peu près dans quel sens il faut diriger ses efforts. Je suppose que -l'on ait reconnu que le résidu sur lequel on opère soit un mêlange de -gaz azote & de gaz oxygène: pour en reconnoître la proportion, on en -fait passer une quantité déterminée, 100 parties par exemple, dans un -tube gradué de 10 à 12 lignes de diamètre: on y introduit du sulfure -de potasse dissous dans l'eau, & on laisse le gaz en contact avec cette -liqueur; elle absorbe tout le gaz oxygène, & au bout de quelques jours -il ne reste que du gaz azote. - -Si au contraire on a reconnu qu'on avoit affaire à du gaz hydrogène, on -en fait passer une quantité déterminée dans un eudiomètre de Volta; on -y joint une première portion de gaz oxygène, qu'on fait détoner avec -lui par l'étincelle électrique: on ajoute une seconde portion du même -gaz oxygène, & on fait détoner de nouveau, & ainsi jusqu'à ce qu'on ait -obtenu la plus grande diminution possible de volume. Il se forme, comme -on sait, dans cette détonation, de l'eau qui est absorbée sur-le-champ; -mais si le gaz hydrogène contenoit du carbone, il se forme en même -tems de l'acide carbonique qui ne s'absorbe pas aussi promptement, & -dont on peut reconnoître la quantité en facilitant son absorption par -l'agitation de l'eau. - -Enfin si on a du gaz nitreux, on peut encore en déterminer la quantité, -du moins à peu près, par une addition de gaz oxygène, & d'après la -diminution du volume qui en résulte. - -Je m'en tiendrai à ces exemples généraux qui suffisent pour donner une -idée de ce genre d'opérations. Un volume entier ne suffiroit pas, -si l'on vouloit prévoir tous les cas. L'analyse des gaz est un art -avec lequel il faut se familiariser; mais comme ils ont la plupart de -l'affinité les uns avec les autres, il faut avouer qu'on n'est pas -toujours sûr de les avoir complètement séparés. C'est alors qu'il faut -changer de marche & de route, refaire d'autres expériences sous une -autre forme, introduire quelque nouvel agent dans la combinaison, en -écarter d'autres, jusqu'à ce qu'on soit sûr d'avoir saisi la vérité. - - -§. V. - -_Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus dans les -expériences, relativement à la pression de l'atmosphère._ - -C'est une vérité donnée par l'expérience, que les fluides élastiques en -général sont compressibles en raison des poids dont ils sont chargés. -Il est possible que cette loi souffre quelqu'altération aux approches -du degré de compression qui seroit suffisant pour les réduire à l'état -liquide, & de même à un degré de dilatation ou de compression extrême: -mais nous ne sommes pas près de ces limites pour la plupart des gaz que -nous soumettons à des expériences. - -Quand je dis que les fluides élastiques sont compressibles en raison -des poids dont ils sont chargés, voici comme il faut entendre cette -proposition. - -Tout le monde sait ce que c'est qu'un baromètre. C'est, à proprement -parler, un siphon ABCD, _pl. XII, fig. 16_, plein de mercure dans -la branche AB, plein d'air dans la branche BCD. Si l'on suppose -mentalement cette branche BCD prolongée indéfiniment jusqu'au haut de -notre atmosphère, on verra clairement que le baromètre n'est autre -chose qu'une sorte de balance, un instrument dans lequel on met une -colonne de mercure en équilibre avec une colonne d'air. Mais il est -facile de s'appercevoir que, pour que cet effet ait lieu, il est -parfaitement inutile de prolonger la branche BCD à une aussi grande -hauteur, & que comme le baromètre est plongé dans l'air, la colonne -AB de mercure sera également en équilibre avec une colonne de même -diamètre d'air de l'atmosphère, quoique la branche du siphon BCD soit -coupée en C & qu'on en retranche la partie CD. - -La hauteur moyenne d'une colonne de mercure capable de faire équilibre -avec le poids d'une colonne d'air prise depuis le haut de l'atmosphère -jusqu'à la surface de la terre, est de 28 pouces de mercure, du moins -à Paris & même dans les quartiers bas de la ville: ce qui signifie -en d'autres termes que l'air à la surface de la terre à Paris, est -communément pressé par un poids égal à celui d'une colonne de mercure -de 28 pouces de hauteur. C'est ce que j'ai voulu exprimer dans cet -Ouvrage, lorsque j'ai dit en parlant des différens gaz, par exemple du -gaz oxygène, qu'il pesoit 1 once 4 gros le pied cube, sous une pression -de 28 pouces. La hauteur de cette colonne de mercure diminue à mesure -que l'on s'élève & qu'on s'éloigne de la surface de la terre, ou, -pour parler plus rigoureusement, de la ligne de niveau formée par la -surface de la mer; parce qu'il n'y a que la colonne d'air supérieure -au baromètre qui fasse équilibre avec le mercure, & que la pression de -toute la quantité d'air qui est au-dessous du niveau où il est placé, -est nulle par rapport à lui. - -Mais, suivant quelle loi le baromètre baisse-t-il à mesure que l'on -s'élève; ou, ce qui revient au même, quelle est la loi suivant laquelle -les différentes couches de l'atmosphère décroissent de densité? C'est -ce qui a beaucoup exercé la sagacité des Physiciens du dernier siècle. -L'expérience suivante a d'abord jetté beaucoup de lumière sur cet objet. - -Si l'on prend un siphon de verre ABCDE, _planche XII, fig. 17_, -fermé en E & ouvert en A, & qu'on y introduise quelques gouttes de -mercure pour intercepter la communication entre la branche AB & la -branche BE, il est clair que l'air contenu dans la branche BCDE sera -pressé, comme tout l'air environnant par une colonne égale au poids -de 28 pouces de mercure. Mais si on verse du mercure dans la branche -AB, jusqu'à 28 pouces de hauteur, il est clair que l'air de la branche -BCDE sera pressé par un poids égal à deux fois 28 pouces de mercure; -or l'expérience a démontré qu'alors au lieu d'occuper le volume total -BE, il n'occupera plus que celui CE qui en est précisément la moitié. -Si à cette première colonne de 28 pouces de mercure, on en ajoute deux -autres également de 28 pouces dans la branche AC, l'air de la branche -BCDE sera comprimé par quatre colonnes chacune égale au poids de 28 -pouces de mercure, & il n'occupera plus que l'espace DE, c'est-à-dire, -le quart du volume qu'il occupoit au commencement de l'expérience. -De ces résultats qu'on peut varier d'une infinité de manières, on en -a déduit cette loi générale qui paroît applicable à tous les fluides -élastiques, que leur volume décroît proportionnellement aux poids dont -ils sont chargés; ce qui peut aussi s'énoncer en ces termes, que _le -volume de tout fluide élastique est en raison inverse des poids dont -il est comprimé_. Les expériences faites pour la mesure des hautes -montagnes ont pleinement confirmé l'exactitude de ces résultats, & -en supposant qu'ils s'écartent de la vérité, les différences sont -si excessivement petites qu'elles peuvent être regardées comme -rigoureusement nulles dans les expériences chimiques. - -Cette loi de la compression des fluides élastiques une fois bien -entendue, il est aisé d'en faire l'application aux corrections -qu'il est indispensable de faire au volume des airs ou gaz dans les -expériences pneumato-chimiques. Ces corrections sont de deux genres; -les unes relatives à la variation du baromètre, les autres relatives à -la colonne d'eau ou de mercure contenus dans les cloches. Je vais faire -en sorte de me rendre intelligible par des exemples: je commencerai par -le cas le plus simple. - -Je suppose qu'on ait obtenu 100 pouces de gaz oxygène à 10 degrés -de température, le baromètre marquant 28 pouces 6 lignes. On peut -demander deux choses; la première quel est le volume que les 100 pouces -occuperoient sous une pression de 28 pouces, au lieu de 28 pouces 6 -lignes; la seconde quel est le poids des 100 pouces de gaz obtenus? - -Pour répondre à ces deux questions, on nommera _x_ le nombre de -pouces cubiques qu'occuperoient les 100 pouces de gaz oxygène, à la -pression de 28 pouces; & puisque les volumes sont en raison inverse -des poids comprimans, on aura 100, pouces : x :: 1/285 : 1/280; d'où -l'on déduit aisément x = 101,786 pouces. C'est-à-dire, que le même air -qui n'occupoit qu'un espace de 100 pouces cubiques, sous une pression -de 28 pouces 6 lignes de mercure, en occuperoit un de 101,786 pouces, -à la pression de 28. Il n'est pas plus difficile de conclure le poids -des mêmes 100 pouces d'air, sous une pression de 28 pouces 6 lignes. -Car puisqu'ils répondent à 101,786 pouces, à la pression de 28 pouces, -& qu'à cette pression & à 10 degrés du thermomètre, le pouce cube -de gaz oxygène pèse un demi-grain; il s'en suit évidemment que les -100 pouces, sous une pression de 28 pouces 6 lignes, pèsent 50,893 -grains. On auroit pu arriver directement à cette conséquence par le -raisonnement qui suit: puisque les volumes de l'air, & en général -d'un fluide élastique quelconque, sont en raison inverse des poids -qui le compriment, il en résulte par une conséquence nécessaire que -la pesanteur de ce même air doit croître proportionnellement au poids -comprimant. Si donc, 100 pouces cubiques de gaz oxygène pèsent 50 -grains, à la pression de 28 pouces, combien peseront-ils à la pression -de 28,5 pouces, on aura alors cette proportion, 28 : 50 :: 28,5 : x; -d'où l'on conclura également x = 50,893 grains. - -Je passe à un cas un peu plus compliqué. Je suppose que la cloche A, -_planche XII, fig. 18_, contienne un gaz quelconque dans sa partie -supérieure ACD; que le reste de cette même cloche soit rempli de -mercure au-dessous de CD, & que le tout soit plongé dans un bassin -GHIK contenant du mercure jusqu'en EF. Enfin, je suppose encore que -la différence CE de la hauteur du mercure dans la cloche & dans le -bassin soit de 6 pouces, & que la hauteur du baromètre soit de 27 -pouces 6 lignes. Il est clair que d'après ces données, l'air contenu -dans la capacité ACD est pressé par le poids de l'atmosphère, diminué -du poids de la colonne de mercure CE. La force qui le presse est donc -égale à 27,5 pouces - 6, pouces = 21,5 pouces. Cet air est donc moins -pressé que ne l'est l'air de l'atmosphère à la hauteur moyenne du -baromètre: il occupe donc plus d'espace qu'il n'en devroit occuper, -& la différence est précisément proportionnelle à la différence des -poids qui le compriment. Si donc après avoir mesuré l'espace ABC, -on l'a trouvé, par exemple, de 120 pouces cubiques, il faudra pour -ramener le volume du gaz à celui qu'il occuperoit, à une pression de 28 -pouces, faire la proportion suivante: 120 pouces est au volume cherché -que j'appellerai _x_, comme 1/21,5 est à 1/28; d'où l'on déduira x = -(120×21,5)/28 = 92,143 pouces. - -On a le choix dans ces sortes de calculs, ou de réduire en lignes la -hauteur du baromètre, ainsi que la différence du niveau du mercure -en-dedans & en-dehors de la cloche, ou de l'exprimer en fractions -décimales de pouces. Je préfère ce dernier parti, qui rend le calcul -plus court & plus facile. On ne doit point négliger les méthodes -d'abréviations pour les opérations qui se répètent souvent: j'ai joint -en conséquence à la suite de cette troisième partie, sous le Nº. IV, -une table qui exprime les fractions décimales de pouces correspondantes -aux lignes & fractions de lignes. Rien ne sera plus aisé, d'après cette -table, que de réduire en fractions décimales de pouces les hauteurs du -mercure qu'on aura observées en lignes. - -On a des corrections semblables à faire lorsqu'on opère dans l'appareil -pneumato-chimique à l'eau. Il faut également, pour obtenir des -résultats rigoureux, tenir compte de la différence de hauteur de -l'eau en-dehors & en-dedans de la cloche. Mais, comme c'est en pouces -& lignes du baromètre, & par conséquent en pouces & lignes de mercure, -que s'exprime la pression de l'atmosphère, & qu'on ne peut additionner -ensemble que des quantités homogènes, on est obligé de réduire les -différences de niveau exprimées en pouces & lignes d'eau, en une -hauteur équivalente de mercure. On part, pour cette conversion, de -cette donnée, que le mercure est 13,5681 fois aussi pesant que l'eau. -On trouve à la fin de cet Ouvrage sous le Nº. V, une table à l'aide de -laquelle on peut faire promptement et facilement cette réduction. - - -§. VI. - -_Des Corrections relatives aux différens degrés du Thermomètre._ - -De même que pour avoir le poids de l'air & des gaz il est nécessaire -de les réduire à une pression constante, telle que celle de 28 -pouces de mercure; de même aussi il est nécessaire de les réduire à -une température déterminée: car puisque les fluides élastiques sont -susceptibles de se dilater par la chaleur & de se condenser par le -froid, il en résulte nécessairement qu'ils changent de densité, & que -leur pesanteur n'est plus la même sous un volume donné. La température -de 10 degrés étant moyenne entre les chaleurs de l'été & les froids de -l'hiver, cette température étant celle des souterrains, & celle en même -tems dont il est le plus facile de se rapprocher dans presque toutes -les saisons de l'année, c'est celle que j'ai choisie pour y ramener les -airs ou gaz. - -M. de Luc a trouvé que l'air de l'atmosphère augmentoit de 1/215 de -son volume par chaque degré du thermomètre à mercure divisé en 81 -degrés de la glace à l'eau bouillante; ce qui donne pour un degré du -thermomètre à mercure divisé en 80 parties, 1/211. Les expériences de -M. Monge sembleroient annoncer que le gaz hydrogène est susceptible -d'une dilatation un peu plus forte; il l'a trouvée de 1/180. A l'égard -de la dilatation des autres gaz, nous n'avons pas encore d'expériences -très-exactes; celles du moins qui existent n'ont pas été publiées. Il -paroît cependant, à en juger par les tentatives que l'on connoît, que -leur dilatabilité s'éloigne peu de celle de l'air commun. Je crois -donc pouvoir supposer que l'air de l'atmosphère se dilate de 1/210 par -chaque degré du thermomètre, & le gaz hydrogène de 1/190: mais comme -il reste quelque incertitude sur ces déterminations, il faut, autant -qu'il est possible, n'opérer qu'à une température peu éloignée de 10 -degrés. Les erreurs qu'on peut alors commettre dans des corrections -relatives au degré du thermomètre, ne sont d'aucune conséquence. - -Le calcul à faire pour ces corrections est extrêmement facile; il -consiste à diviser le volume de l'air obtenu par 210, & à multiplier -le nombre trouvé par celui des degrés du thermomètre supérieur ou -inférieur à 10 degrés. Cette correction est négative au-dessus de dix -degrés, & additive au-dessous. Le résultat qu'on obtient est le volume -réel de l'air à la température de 10 degrés. - -On abrège & on facilite beaucoup tous ces calculs, en employant des -tables de logarithmes. - - -§. VII. - -_Modèle de calcul pour les Corrections relatives au degré de pression & -de température._ - -Maintenant que j'ai indiqué la manière de déterminer le volume des -airs ou gaz & de faire à ce volume les corrections relatives à la -pression & à la température, il me reste à donner un exemple pris dans -un cas compliqué, afin de mieux faire sentir l'usage des tables qui se -trouvent à la fin de cet Ouvrage. - -_Exemple._ - -On a renfermé dans une cloche A, _pl. IV, fig. 3_, une quantité d'air -AEF, qui s'est trouvée occuper un volume de 353 pouces cubiques. Cet -air étoit contenu par de l'eau, & la hauteur EL de la colonne d'eau -dans l'intérieur de la cloche étoit de 4 pouces & demi au-dessus du -niveau de celle de la cuve; enfin le baromètre étoit à 27 pouces 9 -lignes & demie, & le thermomètre à 15 degrés. - -On a brûlé dans cet air une substance quelconque, telle que du -phosphore, dont le résultat est l'acide phosphorique qui, loin d'être -dans l'état de gaz, est au contraire dans l'état concret. L'air restant -après la combustion occupoit un volume de 295 pouces; la hauteur -de l'eau dans l'intérieur de la cloche étoit de 7 pouces au-dessus -de celle de la cuve, le baromètre à 27 pouces 9 lignes 1/4, & le -thermomètre à 16 degrés. - -Il est question, d'après ces données, de déterminer quel est le volume -de l'air avant & après la combustion, & d'en conclure le volume de la -partie qui a été absorbée. - -_Calcul avant la combustion._ - -L'air contenu dans la cloche occupoit un volume de 353 pouces. - - Mais il n'étoit pressé que par une colonne pouces - de 27 pouces 9 lignes 1/2, ou en fractions décimales - de pouces (_voyez_ table, Nº. IV.) de 27,79167 - - Sur quoi il y a encore à déduire la différence de - niveau de 4 pouces 1/2 d'eau; ce qui répond - en mercure (_voyez_ la table, Nº. V.) à 0,33166 - -------- - La pression réelle dont cet air étoit chargé, - n'étoit donc que de 27,46001 - -------- - -Le volume des fluides élastiques diminuant en général en raison inverse -des poids qui les compriment, il est clair, d'après ce que nous avons -dit plus haut, que pour avoir le volume des 353 pouces sous une -pression de 28 pouces, il faudra dire: - - 353 pouces : x :: 1/27,46001 : 1/28 - -D'où l'on conclura: - -x = (353 x 27,46001)/28 = 346,192 pouces. C'est le volume qu'auroit -occupé ce même air sous une pression de vingt-huit pouces. Le 210e de -ce volume égale 1,650 pouce; ce qui donné pour les 5 degrés supérieurs -au dixième degré du thermomètre, 8,255 pouces; & comme cette correction -est soustractive, on en conclura que le volume de l'air, toute -correction faite, étoit avant la combustion de 337,942 pouces. - -_Calcul après la combustion._ - -En faisant le même calcul sur le volume de l'air après la combustion, -on trouvera que la pression étoit alors de 27,77083 pouces - 0,51593 -pouces = 27,25490 pouces. Ainsi, pour avoir le volume de l'air à 28 -pouces de pression, il faudra multiplier 295 pouces, volume trouvé -après la combustion, par 27,25490 pouces, & le diviser par 28; ce qui -donnera pour le volume corrigé, 287,150 pouces. - -Le 210e de ce volume est 1,368 pouce, qui, multiplié par six degrés, -donne pour correction négative de la température, 8,208 pouces. - -D'où il résulte que le volume de l'air, toutes corrections faites, -étoit après la combustion de 278,942 pouces. - -_Résultat._ - - pouces - Le volume, toutes corrections faites, avant - la combustion étoit de 337,942 - - Il étoit après la combustion de 278,942 - ------- - Donc quantité d'air absorbée par la combustion - du phosphore 59,000 - ------- - - -§. VIII. - -_De la manière de déterminer le poids absolu des différens Gaz._ - -Dans tout ce que je viens d'exposer sur la manière de mesurer le volume -des gaz & d'y faire les corrections relatives au degré de pression & de -température, j'ai supposé qu'on en connoissoit la pesanteur spécifique, -& qu'on pouvoit en conclure leur poids absolu: il me reste à donner une -idée des moyens par lesquels on peut parvenir à cette connoissance. - -On a un grand ballon A, _planc. V, fig. 10_, dont la capacité doit être -d'un demi-pied cube, c'est-à-dire, de 17 à 18 pintes au moins; on y -mastique une virole de cuivre _bcde_ à laquelle s'adapte à vis en _de_, -une platine à laquelle tient un robinet _fg_. Enfin le tout se visse, -au moyen d'un double écrou représenté, _figure 12_, sur une cloche BCD -dont la capacité doit être de quelques pintes plus grande que celle du -ballon. Cette cloche est ouverte par le haut, & la tubulure est garnie -d'une virole de cuivre _hi_, & d'un robinet _lm_; un de ces robinets -est représenté séparément, _figure 11_. - -La première opération à faire est de déterminer la capacité de ce -ballon; on y parvient en l'emplissant d'eau, & en le pesant pour en -connoître la quantité. Ensuite on vuide l'eau, & on sèche le ballon en -y introduisant un linge par l'ouverture _de_; les derniers vestiges -d'humidité disparoissent d'ailleurs, lorsqu'on a fait une ou deux fois -le vuide dans le ballon. - -Quand on veut déterminer la pesanteur d'un gaz, on visse le ballon -A sur la platine de la machine pneumatique, au-dessous du robinet -_fg_. On ouvre ce même robinet, & on fait le vuide du mieux qu'il est -possible ayant grand soin d'observer la hauteur à laquelle descend le -baromètre d'épreuve. Le vuide fait, on referme le robinet, on pèse le -ballon avec une scrupuleuse exactitude, après quoi on le revisse sur la -cloche BCD, qu'on suppose placée sur la tablette de la cuve ABCD, _même -planche, fig. 1_. On fait passer dans cette cloche le gaz qu'on veut -peser; puis ouvrant le robinet _fg_ & le robinet _lm_, le gaz contenu -dans la cloche passe dans le ballon A: en même tems l'eau remonte dans -la cloche BCD. Il est nécessaire, si l'on veut éviter une correction -embarrassante, d'enfoncer la cloche dans la cuve jusqu'à ce que le -niveau de l'eau extérieure concoure avec celui de l'eau contenue dans -l'intérieur de la cloche. Alors on ferme les robinets, on dévisse le -ballon & on le repèse. Le poids, déduction faite de celui du ballon -vuide, donne la pesanteur du volume d'air ou de gaz qu'il contient. -En multipliant ce poids par 1728 pouces, & divisant le produit par un -nombre de pouces cubes égal à la capacité du ballon, on a le poids du -pied cube du gaz mis en expérience. - -Il est nécessaire de tenir compte dans ces déterminations de la hauteur -du baromètre & du degré du thermomètre; après quoi rien n'est plus aisé -que de ramener le poids du pied cube qu'on a trouvé à celui qu'auroit -eu le même gaz à 28 pouces de pression & à 10 degrés du thermomètre. -J'ai donné dans le paragraphe précédent le détail des calculs qu'exige -cette opération. - -Il ne faut pas négliger non plus de tenir compte de la petite portion -d'air restée dans le ballon, quand on a fait le vuide; portion qu'il -est facile d'évaluer, d'après la hauteur à laquelle s'est soutenu le -baromètre d'épreuve. Si cette hauteur étoit, par exemple, d'un centième -de la hauteur totale du baromètre, il en faudroit conclure qu'il est -resté un centième d'air dans le ballon, & le volume du gaz qui y avoit -été introduit ne seroit plus que des 99/100 du volume total du ballon. - - - - -CHAPITRE III. - -_Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique._ - -_Description du Calorimètre._ - - -L'Appareil dont je vais essayer de donner une idée a été décrit dans un -mémoire que nous avons publié M. de la Place & moi dans le recueil de -l'Académie, année 1780, page 355. C'est de ce mémoire que sera extrait -tout ce que contient cet article. - -Si après avoir refroidi un corps quelconque à zéro du thermomètre, on -l'expose dans une atmosphère, dont la température soit de 25 degrés -au-dessus du terme de la congélation, il s'échauffera insensiblement -depuis sa surface jusqu'à son centre, & se rapprochera peu-à-peu de la -température de 25 degrés qui est celle du fluide environnant. - -Il n'en sera pas de même d'une masse de glace qu'on auroit placée dans -la même atmosphère: elle ne se rapprochera nullement de la température -de l'air ambiant, mais elle restera constamment à zéro de température, -c'est-à-dire, à la glace fondante, & ce, jusqu'à ce que le dernier -atôme de glace soit fondu. - -La raison de ce phénomène est facile à concevoir: il faut pour fondre -de la glace, & pour la convertir en eau, qu'il s'y combine une certaine -proportion de calorique. En conséquence, tout le calorique des corps -environnans s'arrête à la surface de la glace où il est employé à la -fondre: cette première couche fondue, la nouvelle quantité de calorique -qui survient en fond une seconde, & elle se combine également avec -elle pour la convertir en eau, & ainsi successivement de surfaces en -surfaces, jusqu'au dernier atôme de glace qui sera encore à zéro du -thermomètre, parce que le calorique n'aura pas encore pu y pénétrer. - -Que l'on imagine d'après cela une sphère de glace creuse, à la -température de zéro degré du thermomètre; que l'on place cette sphère -de glace dans une atmosphère, dont la température soit, par exemple, -de 10 degrés au-dessus de la congélation, & qu'on place dans son -intérieur un corps échauffé d'un nombre de degrés quelconques: il suit -de ce qu'on vient d'exposer deux conséquences; 1º. que la chaleur -extérieure ne pénétrera pas dans l'intérieur de la sphère; 2º. que -la chaleur d'un corps placé dans son intérieur ne se perdra pas non -plus au-dehors; mais qu'elle s'arrêtera à la surface intérieure de la -cavité, où elle sera continuellement employée à fondre de nouvelles -couches de glace, jusqu'à ce que la température du corps soit parvenue -à zéro du thermomètre. - -Si on recueille avec soin l'eau qui se sera formée dans l'intérieur -de la sphère de glace, lorsque la température du corps placé dans -son intérieur sera parvenue à zéro du thermomètre, son poids sera -exactement proportionnel à la quantité de calorique que ce corps aura -perdue, en passant de sa température primitive à celle de la glace -fondante; car il est clair qu'une quantité double de calorique doit -fondre une quantité double de glace; en sorte que la quantité de glace -fondue est une mesure très-précise de la quantité de calorique employée -à produire cet effet. - -On n'a considéré ce qui se passoit dans une sphère de glace que pour -mieux faire entendre la méthode que nous avons employée dans ce genre -d'expériences, dont la première idée appartient à M. de la Place. Il -seroit difficile de se procurer de semblables sphères, & elles auroient -beaucoup d'inconvéniens dans la pratique; mais nous y avons suppléé au -moyen de l'appareil suivant, auquel je donnerai le nom de calorimètre. -Je conviens que c'est s'exposer à une critique, jusqu'à un certain -point fondée, que de réunir ainsi deux dénominations, l'une dérivée du -latin, l'autre dérivée du grec; mais j'ai cru qu'en matière de science -on pouvoit se permettre moins de pureté dans le langage, pour obtenir -plus de clarté dans les idées; & en effet je n'aurois pu employer un -mot composé entièrement tiré du grec, sans trop me rapprocher du nom -d'autres instrumens connus, & qui ont un usage & un but tout différent. - -La figure première de la planche VI représente le calorimètre vu -en perspective. La figure 2 de la même planche représente sa coupe -horisontale, & la figure 3 une coupe verticale qui laisse voir tout -son intérieur. Sa capacité est divisée en trois parties; pour mieux -me faire entendre, je les distinguerai par les noms de _capacité -intérieure, capacité moyenne, & capacité extérieure_. La capacité -intérieure _ffff_, _fig. 3, pl. VI_, est formée d'un grillage de -fil de fer, soutenu par quelques montans du même métal; c'est dans -cette capacité que l'on place les corps soumis à l'expérience: sa -partie supérieure LM se ferme au moyen d'un couvercle GH représenté -séparément, _figure 4_. Il est entièrement ouvert par-dessus, & le -dessous est formé d'un grillage de fil de fer. - -La capacité moyenne _bbbbb_, _figures 2 & 3_, est destinée à contenir -la glace qui doit environner la capacité intérieure, & que doit fondre -le calorique du corps mis en expérience: cette glace est supportée & -retenue par une grille _mm_ sous laquelle est un tamis _nn_; l'un & -l'autre sont représentés séparément, _figures 5 & 6_. A mesure que la -glace est fondue par le calorique qui se dégage du corps placé dans -la capacité intérieure, l'eau coule à travers la grille & le tamis; -elle tombe ensuite le long du cône _ccd_, _figure 3_, & du tuyau _xy_, -& se rassemble dans le vase F, _figure 1_, placé au-dessous de la -machine; _u_ est un robinet au moyen duquel on peut arrêter à volonté -l'écoulement de l'eau intérieure. Enfin la capacité extérieure _aaaaa_, -_fig. 2 & 3_ est destinée à recevoir la glace qui doit arrêter l'effet -de la chaleur de l'air extérieur & des corps environnans: l'eau que -produit la fonte de cette glace, coule le long du tuyau _s_T que l'on -peut ouvrir ou fermer au moyen du robinet _r_. Toute la machine est -recouverte par le couvercle FF, _fig. 7_, entièrement ouvert -dans sa partie supérieure, & fermé dans sa partie inférieure; elle est -composée de fer-blanc peint à l'huile pour le garantir de la rouille. - -Pour mettre le calorimètre en expérience, on remplit de glace pilée la -capacité moyenne _bbbbb_, & le couvercle GH de la capacité intérieure, -la capacité extérieure _aaaa_, & le couvercle FF, _figure 7_, de toute -la machine. On la presse fortement pour qu'il ne reste point de parties -vuides, puis on laisse égouter la glace intérieure; après quoi on ouvre -la machine pour y placer le corps que l'on veut mettre en expérience, -& on la referme sur le champ. On attend que le corps soit entièrement -refroidi, & que la glace qui a fondu soit suffisamment égoutée; ensuite -on pèse l'eau qui s'est rassemblée dans le vase F, _fig. 1_: son poids -est une mesure exacte de la quantité de calorique dégagée du corps, -pendant qu'il s'est refroidi; car il est visible que ce corps est -dans la même position qu'au centre de la sphère dont nous venons de -parler, puisque tout le calorique qui s'en dégage est arrêté par la -glace intérieure, & que cette glace est garantie de l'impression de -toute autre chaleur, par la glace renfermée dans le couvercle & dans la -capacité extérieure. - -Les expériences de ce genre durent quinze, dix-huit & vingt heures; -quelquefois pour les accélérer, on place de la glace bien égoutée -dans la capacité intérieure, & on en couvre les corps que l'on veut -refroidir. - -La figure 8 représente un seau de tôle destiné à recevoir les corps sur -lesquels on veut opérer; il est garni d'un couvercle percé dans son -milieu, & fermé avec un bouchon de liége, traversé par le tube d'un -petit thermomètre. - -La figure 9 de la même planche représente un matras de verre dont le -bouchon est également traversé par le tube d'un petit thermomètre, dont -la boule & une partie du tube plonge dans la liqueur; il faut se servir -de semblables matras toutes les fois que l'on opère sur les acides, & -en général sur les substances qui peuvent avoir quelque action sur les -métaux. - -_RS_, _figure 10_, est un petit cylindre creux que l'on place au fond de -la capacité intérieure pour soutenir les matras. - -Il est essentiel que dans cette machine, il n'y ait aucune -communication entre la capacité moyenne & la capacité extérieure; -ce que l'on éprouvera facilement en remplissant d'eau la capacité -extérieure. S'il existoit une communication entre ces capacités, la -glace fondue par l'atmosphère dont la chaleur agit sur l'enveloppe de -la capacité extérieure, pourroit passer dans la capacité moyenne, & -alors l'eau qui s'écouleroit de cette dernière capacité, ne seroit plus -la mesure du calorique perdu par le corps mis en expérience. - -Lorsque la température de l'atmosphère n'est que de quelques degrés -au-dessus de zéro, sa chaleur ne peut parvenir que très-difficilement -jusque dans la capacité moyenne, puisqu'elle est arrêtée par la glace -du couvercle & de la capacité extérieure; mais si la température -extérieure étoit au-dessous de zéro, l'atmosphère pourroit refroidir la -glace intérieure; il est donc essentiel d'opérer dans une atmosphère -dont la température ne soit pas au-dessous de zéro: ainsi dans un tems -de gelée, il faudra renfermer la machine dans un appartement dont on -aura soin d'échauffer l'intérieur. Il est encore nécessaire que la -glace dont on fait usage, ne soit pas au-dessous de zéro; si elle étoit -dans ce cas, il faudroit la piler, l'étendre par couches fort minces, -& la tenir ainsi pendant quelque tems dans un lieu dont la température -fût au-dessus de zéro. - -La glace intérieure retient toujours une petite quantité d'eau qui -adhère à sa surface, & l'on pourroit croire que cette eau doit -entrer dans le résultat des expériences: mais il faut observer qu'au -commencement de chaque expérience, la glace est déjà imbibée de -toute la quantité d'eau qu'elle peut ainsi retenir; en sorte que si -une petite partie de la glace fondue par le corps, reste adhérente -à la glace intérieure, la même quantité, à très-peu près, d'eau -primitivement adhérente à la surface de la glace, doit s'en détacher -& couler dans le vase: car la surface de la glace intérieure change -extrêmement peu dans l'expérience. - -Quelques précautions que nous ayons prises, il nous a été impossible -d'empêcher l'air extérieur de pénétrer dans la capacité intérieure, -lorsque la température étoit à 9 ou 10 degrés, au-dessus de la -congélation. L'air renfermé dans cette capacité étant alors -spécifiquement plus pesant que l'air extérieur, il s'écoule par le -tuyau _xy_, _fig. 3_, & il est remplacé par l'air extérieur qui entre -dans le calorimètre, & qui dépose une partie de son calorique sur la -glace intérieure: il s'établit ainsi dans la machine un courant d'air -d'autant plus rapide, que la température extérieure est plus élevée, ce -qui fond continuellement une portion de la glace intérieure; on peut -arrêter en grande partie l'effet de ce courant, en fermant le robinet; -mais il vaut beaucoup mieux n'opérer que lorsque la température -extérieure ne surpasse pas 3 ou 4 degrés; car nous avons observé -qu'alors la fonte de la glace intérieure, occasionnée par l'atmosphère, -est insensible, en sorte que nous pouvons à cette température, répondre -de l'exactitude de nos expériences sur les chaleurs spécifiques des -corps, à un quarantième près. - -Nous avons fait construire deux machines pareilles à celle que je viens -de décrire; l'une d'elles est destinée aux expériences dans lesquelles -il n'est pas nécessaire de renouveller l'air intérieur; l'autre machine -sert aux expériences dans lesquelles le renouvellement de l'air est -indispensable, telles que celles de la combustion & de la respiration: -cette seconde machine ne differe de la première, qu'en ce que les deux -couvercles sont percés de deux trous à travers lesquels passent deux -petits tuyaux qui servent de communication entre l'air intérieur & -l'air extérieur; on peut par leur moyen souffler de l'air atmosphérique -dans l'intérieur du calorimètre pour y entretenir des combustions. - -Rien n'est plus simple avec cet instrument que de déterminer les -phénomènes qui ont lieu dans les opérations où il y a dégagement, -ou même absorption de calorique. Veut-on, par exemple, connoître ce -qui se dégage de calorique d'un corps solide, lorsqu'il se refroidit -d'un certain nombre de degrés? On élève sa température à 80 degrés, -par exemple, puis on le place dans la capacité intérieure _ffff_ -du calorimètre, _figures 2 & 3, planche VI_, & on l'y laisse assez -long-tems pour être assuré que sa température est revenue à zéro du -thermomètre: on recueille l'eau qui a été produite par la fonte de la -glace, pendant son refroidissement; cette quantité d'eau divisée par le -produit de la masse du corps & du nombre de degrés dont sa température -primitive étoit au-dessus de zéro, sera proportionnelle à ce que les -physiciens anglois ont nommé _chaleur spécifique_. - -Quant aux fluides on les renferme dans des vases de matière quelconque, -dont on a préalablement déterminé la chaleur spécifique: on opère -ensuite de la même manière que pour les solides, en observant seulement -de déduire de la quantité totale d'eau qui a coulé, celle due au -refroidissement du vase qui contenoit le fluide. - -Veut-on connoître la quantité de calorique qui se dégage de la -combinaison de plusieurs substances? on les amenera toutes à la -température zéro, en les tenant un tems suffisant dans de la glace -pilée; ensuite on en fera le mélange dans l'intérieur du calorimètre, -dans un vase également à zéro, & on aura soin de les y conserver -jusqu'à ce qu'elles soient revenues à la température zéro; la quantité -d'eau recueillie sera la mesure du calorique qui se sera dégagé par -l'effet de la combinaison. - -La détermination des quantités de calorique qui se dégagent dans les -combustions & dans la respiration des animaux, n'offre pas plus de -difficulté: on brûle les corps combustibles dans la capacité intérieure -du calorimètre; on y laisse respirer des animaux tels que des cochons -d'inde qui résistent assez bien au froid, & on recueille l'eau qui -coule: mais comme le renouvellement de l'air est indispensable dans ce -genre d'opérations, il est nécessaire de faire arriver continuellement -de nouvel air dans l'intérieur du calorimètre par un petit tuyau -destiné à cet objet, & de le faire ressortir par un autre tuyau: mais -pour que l'introduction de cet air ne cause aucune erreur dans les -résultats, on fait passer le tuyau qui doit l'amener à travers de la -glace pilée, afin qu'il arrive dans le calorimètre, à la température -zéro. Le tuyau de sortie de l'air doit également traverser de la -glace pilée, mais cette dernière portion de glace doit être comprise -dans l'intérieur de la capacité _ffff_ du calorimètre, & l'eau qui en -découle doit faire partie de celle que l'on recueille, parce que le -calorique que contenoit l'air avant de sortir fait partie du produit de -l'expérience. - -La recherche de la quantité de calorique spécifique contenue dans -les différens gaz, est un peu plus difficile à cause de leur peu de -densité; car si on se contentoit de les renfermer dans des vases -comme les autres fluides, la quantité de glace fondue seroit si -peu considérable que le résultat de l'expérience seroit au moins -très-incertain. Nous avons employé pour ce genre d'expériences deux -espèces de serpentins ou tuyaux métalliques roulés en spirales. -Le premier contenu dans un vase rempli d'eau bouillante servoit à -échauffer l'air avant qu'il parvînt au calorimètre; le second étoit -renfermé dans la capacité intérieure _ffff_ de cet instrument. Un -thermomètre adapté à une des extrémités de ce dernier serpentin, -indiquoit la chaleur de l'air ou du gaz qui entroit dans la machine; -un thermomètre adapté à l'autre extrémité du même serpentin indiquoit -la chaleur du gaz ou de l'air à sa sortie. Nous avons été ainsi à -portée de déterminer ce qu'une masse quelconque de différens airs ou -gaz fondoit de glace en se refroidissant d'un certain nombre de degrés, -& d'en déterminer le calorique spécifique. Le même procédé, avec -quelques précautions particulières peut être employé pour connoître la -quantité de calorique qui se dégage dans la condensation des vapeurs de -différens liquides. - -Les différentes expériences que l'on peut faire avec le calorimètre, -ne conduisent point à des résultats absolus; elles ne donnent que -des quantités relatives: il étoit donc question de choisir une unité -qui pût former le premier degré d'une échelle avec laquelle on pût -exprimer tous les autres résultats. La quantité de calorique nécessaire -pour fondre une livre de glace, nous a fourni cette unité: or pour -fondre une livre de glace, il faut une livre d'eau élevée à 60 degrés -du thermomètre à mercure divisé en 80 parties, de la glace à l'eau -bouillante; la quantité de calorique qu'exprime notre unité, est donc -celle nécessaire pour élever l'eau de zéro à 60 degrés. - -Cette unité déterminée, il n'est plus question que d'exprimer en -valeurs analogues les quantités de calorique qui se dégagent des -différens corps, en se refroidissant, d'un certain nombre de degrés, & -voici le calcul simple par le moyen duquel on y parvient: je l'applique -à une de nos premières expériences. - -Nous avons pris des morceaux de tôle coupés par bandes & roulés, qui -pesoient ensemble 7 livres 11 onces 2 gros 36 grains, c'est-à-dire en -fractions décimales de livres, 7,7070319 livres. Nous avons échauffé -cette masse dans un bain d'eau bouillante, dans laquelle elle a pris -environ 78 degrés de chaleur; & l'ayant tirée de l'eau prestement, nous -l'avons introduite dans la capacité intérieure du calorimètre. Au -bout de onze heures, lorsque l'eau produite par la fonte de la glace -intérieure a été suffisamment égoutée, la quantité s'en est trouvée de -1 livre 1 once 5 gros 4 grains = 1,109795 livre. Maintenant je puis -dire si le calorique dégagé de la tôle par un refroidissement de 78 -degrés, a fondu 1,109795 livre de glace, combien un refroidissement -de 60 degrés auroit-il produit; ce qui donne 78 : 1,109795 : : 60 : -x = 0,85369 livre. Enfin divisant cette quantité par le nombre de -livres de tôle employée, c'est-à-dire par 7,7070319 livres, on aura -pour la quantité de glace que pourra faire fondre une livre de tôle en -se refroidissant de 60 degrés à zéro, 0,110770 livre. Le même calcul -s'applique à tous les corps solides. - -A l'égard des fluides, tels que l'acide sulfurique, l'acide nitrique, -&c. on les renferme dans un matras représenté _planche VI, fig. 9_. Il -est bouché avec un bouchon de liège traversé par un thermomètre dont la -boule plonge dans la liqueur. On place ce vaisseau dans un bain d'eau -bouillante; & lorsque d'après le thermomètre on juge que la liqueur -est élevée à un degré de chaleur convenable, on retire le matras & on -le place dans le calorimètre. On fait le calcul comme ci-dessus, en -ayant soin cependant de déduire de la quantité d'eau obtenue, celle -que le vase de verre auroit seul produite, & qu'il est en conséquence -nécessaire d'avoir déterminé par une expérience préalable. Je ne donne -point ici le tableau des résultats que nous avons obtenus, parce qu'il -n'est pas encore assez complet, & que différentes circonstances ont -suspendu la suite de ce travail. Nous ne le perdons cependant pas de -vue, & il n'y a point d'hiver que nous ne nous en soyons plus ou moins -occupés. - - - - -CHAPITRE IV. - -_Des opérations purement mécaniques qui ont pour objet de diviser les -corps._ - - -§. PREMIER. - -_De la Trituration, de la Porphirisation, & de la Pulvérisation._ - -La trituration, la porphirisation & la pulvérisation ne sont, à -proprement parler, que des opérations mécaniques préliminaires, dont -l'objet est de diviser, de séparer les molécules des corps, & de les -réduire en particules très-fines. Mais quelque loin qu'on puisse -porter ces opérations, elles ne peuvent jamais résoudre un corps en -ses molécules primitives & élémentaires: elles ne rompent pas même, à -proprement parler, son aggrégation; en sorte que chaque molécule après -la trituration & la porphirisation, forme encore un tout semblable -à la masse originaire qu'on avoit eu pour objet de diviser, à la -différence des opérations vraiment chimiques, telles, par exemple, que -la dissolution qui détruit l'aggrégation du corps, & écarte les unes -des autres les molécules constitutives & intégrantes qui le composent. - -Toutes les fois qu'il est question de diviser des corps fragiles & -cassans, on se sert pour cette opération de mortiers & de pilons, -_figures 1, 2, 3, 4 & 5, planche I_. Ces mortiers sont ou de fonte de -cuivre & de fer comme celui représenté, _figure 1_; ou de marbre & de -granit, comme celui représenté, _figure 2_; ou de bois de gayac, comme -celui représenté, _figure 3_; ou de verre, comme celui représenté, -_figure 4_; ou d'agathe, comme celui représenté, _figure 5_: enfin -on en fait aussi de porcelaine, comme celui représenté, _figure 6_. -Les pilons dont on se sert pour triturer les corps sont aussi de -différentes matières. Ils sont de fer ou de cuivre forgé, comme dans la -figure première, de bois, comme dans les figures 2 & 3; enfin de verre, -de porcelaine ou d'agathe, suivant la nature des objets qu'on veut -triturer. Il est nécessaire d'avoir dans un laboratoire, un assortiment -de ces instrumens de différente grandeur. Les mortiers de porcelaine, & -sur-tout ceux de verre, ne peuvent pas être employés à la trituration -proprement dite, & ils seroient bientôt en pièces si on frappoit -dedans, sans précaution, à coups redoublés. C'est en tournant le pilon -dans le mortier, en froissant avec adresse & dextérité les molécules -entre le pilon & les parois du mortier qu'on parvient à opérer la -division. - -La forme des mortiers n'est point indifférente; le fond en doit être -arrondi, & l'inclinaison des parois latérales doit être telle que les -matières en poudre retombent d'elles-mêmes quand on relève le pilon: -un mortier trop plat seroit donc défectueux, la matière ne retomberoit -& ne se retourneroit pas. Des parois trop inclinées présenteroient un -autre inconvénient, elles rameneroient une trop grande quantité de la -matière à pulvériser sous le pilon, elle ne seroit plus alors froissée -& serrée entre deux corps durs, & la trop grande épaisseur interposée -nuiroit à la pulvérisation. - -Par une suite du même principe, il ne faut pas mettre dans le mortier -une trop grande quantité de matière; il faut sur-tout, autant qu'on -le peut, se débarrasser de tems en tems des molécules qui sont déjà -pulvérisées, & c'est ce qu'on opère par le tamisage, autre opération -dont il va être bientôt question. Sans cette précaution on employeroit -une force inutile, & on perdroit du tems à diviser davantage ce qui -l'étoit suffisamment, tandis qu'on n'acheveroit pas de pulvériser ce -qui ne l'est pas assez. En effet, la portion de matière divisée nuit à -la trituration de celle qui ne l'est pas; elle s'interpose entre le -pilon & le mortier, & amortit l'effet du coup. - -La porphirisation a reçu sa dénomination du nom de la matière sur -laquelle elle s'opère. Le plus communément on a une table plate de -porphire ou d'une autre pierre du même degré de dureté ABCD, _planche -I, fig. 7_, sur laquelle on étend la matière qu'on se propose de -diviser; on la froisse ensuite & on la broye en promenant sur le -porphire une molette M, d'une pierre du même degré de dureté. La partie -de la molette qui porte sur le porphire, ne doit pas être parfaitement -plane: sa surface doit être une portion de sphère d'un très-grand -rayon; autrement quand on promeneroit la molette sur le porphire, la -matière se rangeroit tout autour du cercle qu'elle auroit décrit, -sans qu'aucune portion s'engageât entre deux, & il n'y auroit pas de -porphirisation. On est par la même raison obligé de faire retailler de -tems en tems les molettes, qui tendent à devenir planes, à mesure qu'on -s'en sert. L'effet de la molette étant d'écarter continuellement la -matière & de la porter vers les extrêmités de la table de porphire, on -est obligé de la ramener souvent & de l'accumuler au centre: on se sert -à cet effet d'un couteau de fer, de corne ou d'ivoire, dont la lame -doit être très-mince. - -Dans les travaux en grand on préfère, pour opérer le broyement, l'usage -de grandes meules de pierres dures qui tournent l'une sur l'autre, ou -bien d'une meule verticale qui roule sur une meule horisontale. Dans -tous ces cas, on est souvent obligé d'humecter légèrement la matière, -dans la crainte qu'elle ne s'élève en poussière. - -Ces trois manières de réduire les corps en poudre, ne conviennent pas -à toutes les matières: il en est qu'on ne peut parvenir à diviser, -ni au pilon, ni au porphire, ni à la meule; telles sont les matières -très-fibreuses, comme le bois; telles sont celles qui ont une sorte -de ténacité & d'élasticité, comme la corne des animaux, la gomme -élastique, &c. tels sont enfin les métaux ductiles & malléables, qui -s'applatissent sous le pilon au lieu de s'y réduire en poudre. - -On se sert pour les bois de grosses limes connues sous le nom de rapes -à bois, _pl. I, fig. 8_. On se sert pour la corne de limes un peu -plus fines; enfin on emploie pour les métaux des limes encore plus -fines, telles sont celles représentées _figures 9 & 10_. - -Il est quelques substances métalliques qui ne sont ni assez cassantes -pour être mises en poudre par trituration, ni assez dures pour pouvoir -être limées commodément. Le zinc est dans ce cas; sa demi-malléabilité -empêche qu'on ne puisse le pulvériser au mortier: si on le lime il -empâte la lime, il en remplit les interstices, & bientôt elle n'a -presque plus d'action. Il y a une manière simple pour réduire le zinc -en poudre, c'est de le piler chaud dans un mortier de fonte de fer -également chaud; il s'y triture alors aisément. On peut encore le -rendre cassant, en le fondant avec un peu de mercure. Les artificiers -qui employent le zinc pour faire des feux bleus, ont recours à l'un de -ces deux moyens. Quand on n'a pas pour objet de mettre les métaux dans -un très-grand état de division, on peut les réduire en grenailles en -les coulant dans de l'eau. - -Enfin il y a un dernier moyen de diviser, qu'on emploie pour les -matières à la fois pulpeuses & fibreuses, telles que les fruits, les -pommes de terre, les racines, &c. On les promène sur une rape, _planche -I, fig. 11_, en donnant un certain degré de pression, & on parvient -ainsi à les réduire en pulpe. Tout le monde connoît la rape, & il -seroit superflu d'en donner une description plus étendue. - -On conçoit que le choix des matières avec lesquelles on opère la -trituration, n'est point indifférent: on doit bannir le cuivre de -tout ce qui a rapport aux alimens, à la pharmacie, &c. Les mortiers -de marbre ou ceux de matières métalliques ne peuvent être employés -pour triturer les matières acides; c'est ce qui fait que les mortiers -de bois très-dur, tel que le gayac & ceux de verre de porcelaine & de -granit, sont d'une grande commodité dans un laboratoire. - - -§. II. - -_Du Tamisage & du Lavage._ - -De quelque moyen mécanique qu'on se serve pour diviser les corps, on -ne peut parvenir à donner le même degré de finesse à toutes leurs -parties. La poudre qu'on obtient de la plus longue & de la plus exacte -trituration, est toujours un assemblage & un mêlange de molécules -de différentes grosseurs. On parvient à se débarrasser des plus -grossières, & à n'avoir qu'une poudre beaucoup plus homogène, en -employant des tamis, _figures 12, 13, 14 & 15, planche I_, dont la -grandeur de la maille soit proportionnée à la grosseur des molécules -qu'on se propose d'obtenir: tout ce qui est supérieur en grosseur aux -dimensions de la maille, reste sur le tamis, & on le repasse au pilon. - -On voit deux de ces tamis représentés _figures 12 & 13_. L'un, _fig. -12_, est de crin ou de soie; l'autre, _fig. 13_, est de peau dans -laquelle on a fait des trous ronds avec un emporte-pièce: ce dernier -est en usage dans l'art de fabriquer la poudre à canon & la poudre de -chasse. Lorsqu'on est obligé de tamiser des matières très-légères, -très-précieuses & qui se dispersent aisément; ou bien lorsque répandues -dans l'air elles peuvent être nuisibles à ceux qui les respirent, on -se sert de tamis composés de trois pièces, _fig. 14 & 15_; savoir d'un -tamis proprement dit ABCD, _fig. 15_, d'un couvercle EF, & d'un fond -GH: on voit ces trois parties assemblées, _fig. 14_. - -Il est un autre moyen plus exact que le tamisage, d'obtenir des poudres -de grosseur uniforme, c'est le lavage; mais il n'est praticable -qu'à l'égard des matières qui ne sont point susceptibles d'être -attaquées & altérées par l'eau. On délaye & on agite dans l'eau ou -dans quelqu'autre liqueur les matières broyées qu'on veut obtenir en -poudres de grosseur homogène; on laisse reposer un moment la liqueur, -puis on la décante encore trouble; les parties les plus grossières -restent au fond du vase. On décante une seconde fois, & on a un second -dépôt moins grossier que le premier. On décante une troisième fois -pour obtenir un troisième dépôt, qui est au second pour la finesse ce -que le second est au premier. On continue cette manœuvre jusqu'à ce -que l'eau soit éclaircie; & la poudre grossière & inégale qu'on avoit -originairement, se trouve séparée en une suite de dépôts qui, chacun en -particulier, sont d'un degré de finesse à peu près homogène. - -Le même moyen, le lavage, ne s'emploie pas seulement pour séparer les -unes des autres les molécules de matières homogènes, & qui ne différent -que par leur degré plus ou moins grand de division; il fournit une -ressource non moins utile pour séparer des matières du même degré -de finesse, mais dont la pesanteur spécifique est différente: c'est -principalement dans le travail des mines qu'on fait usage de ce moyen. - -On se sert pour le lavage dans les laboratoires, de vaisseaux de -différentes formes, de terrines de grès, de bocaux de verre, &c. -quelquefois pour décanter la liqueur sans troubler le dépôt qui s'est -formé, on emploie le siphon. Cet instrument consiste en un tube de -verre ABC, _planche II, fig. 11_, recourbé en B, & dont la branche -BC doit être plus longue de quelques pouces que celle AB. Pour n'être -point obligé de le tenir à la main, ce qui pourroit être fatiguant dans -quelques expériences, on le passe dans un trou pratiqué au milieu d'une -petite planche DE. L'extrémité A du siphon doit être plongée dans la -liqueur du bocal FG, à la profondeur jusqu'à laquelle on se propose de -vuider le vase. - -D'après les principes hydrostatiques sur lesquels est fondé l'effet -du siphon, la liqueur ne peut y couler qu'autant qu'on a chassé l'air -contenu dans son intérieur: c'est ce qui se pratique au moyen d'un -petit tube de verre HI, soudé hermétiquement à la branche BC. Lors donc -qu'on veut procurer par le moyen du siphon l'écoulement de la liqueur -du vase FG dans celui LM, on commence par boucher avec le bout du doigt -l'extrémité C de la branche BC du siphon; puis on suce avec la bouche, -jusqu'à ce qu'on ait retiré tout l'air du tube & qu'il ait été remplacé -par de la liqueur: alors on ôte le doigt, la liqueur coule & continue à -passer du vase FG dans celui LM. - - -§. III. - -_De la Filtration._ - -On vient de voir que le tamisage étoit une opération par laquelle on -séparoit les unes des autres des molécules de différentes grosseurs; -que les plus fines passoient à travers le tamis, tandis que les plus -grossières restoient dessus. - -Le filtre n'est autre chose qu'un tamis très-fin & très-serré, à -travers lequel les parties solides, quelque divisées qu'elles soient, -ne peuvent passer, mais qui est cependant perméable pour les fluides; -le filtre est donc, à proprement parler, l'espèce de tamis qu'on -employe pour séparer des molécules solides qui sont très-fines, d'un -fluide dont les molécules sont encore plus fines. - -On se sert à cet effet, principalement en pharmacie, d'étoffes épaisses -& d'un tissu très serré: celles de laine à poils sont les plus propres -à remplir cet objet. On leur donne ordinairement la forme d'un cône, -_planche II, fig. 2_: cette espèce de filtre porte le nom de chausse -qui est relatif à sa figure. La forme conique a l'avantage de réunir -toute la liqueur qui coule, en un seul point A, & on peut alors la -recevoir dans un vase d'une ouverture très-petite; ce qui ne pourroit -pas avoir lieu, si la liqueur couloit de plusieurs points. Dans les -grands laboratoires de pharmacie, on a un chassis de bois représenté -_planche II_, _fig. 1_, dans le milieu duquel on attache la chausse. - -La filtration à la chausse ne peut être applicable qu'à quelques -opérations de pharmacie; mais comme dans la plupart des opérations -chimiques un même filtre ne peut servir qu'à une même nature -d'expériences, comme il faudroit avoir un nombre de chausses -considérables & les laver avec un grand soin à chaque opération, on y -a substitué une étoffe très-commune, à très-bon marché, qui est à la -vérité très-mince, mais qui, attendu qu'elle est feutrée, compense par -le serré de son tissu ce qui pourroit lui manquer en épaisseur: cette -étoffe est du papier non collé. Il n'est aucun corps solide, quelque -divisé qu'il soit, qui passe à travers les pores des filtres de papier; -les fluides au contraire les traversent avec beaucoup de facilité. - -Le seul embarras que présente le papier employé comme filtre, consiste -dans la facilité avec laquelle il se perce & se déchire, sur-tout -quand il est mouillé. On remédie à cet inconvénient, en le soutenant -par le moyen de diverses espèces de doublures. Si on a des quantités -considérables de matières à filtrer, on se sert d'un chassis de bois -ABCD, _planc. II, fig. 3_, auquel sont adaptées des pointes de fer ou -crochets: on pose ce chassis sur deux petits traiteaux, comme on le -voit _fig. 4_. On place sur le quarré une toile grossière, qu'on tend -médiocrement & qu'on accroche aux pointes ou crochets de fer. On étend -ensuite une ou deux feuilles de papier sur la toile, & on verse dessus -le mêlange de matière liquide & de matière solide dont on veut opérer -la séparation. Le fluide coule dans la terrine ou autre vase quelconque -F, qu'on a mis sous le filtre. Les toiles qui ont servi à cet usage, -se lavent, ou bien on les renouvelle, si on a lieu de craindre que les -molécules dont elles peuvent rester imprégnées, ne soient nuisibles -dans des opérations subséquentes. - -Dans toutes les opérations ordinaires & lorsqu'on n'a qu'une médiocre -quantité de liqueur à filtrer, on se sert d'entonnoirs de verre, -_planche II_, _fig. 5_, pour contenir & soutenir le papier; on le plie -alors de manière à former un cône de même figure que l'entonnoir. -Mais alors on tombe dans un autre inconvénient; le papier, lorsqu'il -est mouillé, s'applique tellement sur les parois du verre, que la -liqueur ne peut couler & qu'il ne s'opère de filtration que par la -pointe du cône: alors l'opération devient très-longue; les matières -hétérogènes d'ailleurs que contient la liqueur étant communément -plus lourdes que l'eau, elles se rassemblent à la pointe du cône de -papier, elles l'obstruent, & la filtration ou s'arrête, ou devient -excessivement lente. On a imaginé différens procédés pour remédier à -ces inconvéniens, qui sont plus graves qu'on ne le croiroit d'abord, -parce qu'ils se répètent tous les jours dans le cours des opérations -chimiques. Un premier moyen a été de multiplier les plis du papier, -comme on le voit _fig. 6_, afin que la liqueur, en suivant les sillons -que forment les plis, pût arriver à la pointe du cône: d'autres ont -joint à ce premier moyen l'usage de fragmens de paille, qu'on place -& qu'on arrange dans l'entonnoir avant d'y placer le papier. Enfin, -le dernier moyen employé & qui me paroît réunir le plus d'avantages, -consiste à prendre de petites bandes de verre, telles qu'on en trouve -chez tous les vitriers, & qui sont connues sous le nom de rognures -de verre. On les courbe par le bout à la lampe, de manière à former -un crochet qui s'ajuste dans le bord supérieur de l'entonnoir; on en -dispose six à huit de cette manière, avant de placer le papier. Ces -bandes de verre le maintiennent à une distance suffisante des parois de -l'entonnoir, pour que la filtration s'opère. La liqueur coule le long -des bandes de verre, & se rassemble à la pointe du cône. - -On voit quelques-unes de ces bandes représentées _fig. 8_: on voit -aussi _fig. 7_ un entonnoir de verre garni de bandes de verre & d'un -papier à filtrer. - -Lorsqu'on a un grand nombre de filtrations à faire marcher à la fois, -il est très-commode d'avoir une planche AB, _planche II, fig. 9_, -soutenue par des montans de bois AC, BD, & percée de trous pour y -placer les entonnoirs. - -Il y a des matières très-épaisses & très-visqueuses qui ne peuvent -passer à travers le papier, & qui ne peuvent être filtrées qu'après -avoir subi quelques préparations. La plus ordinaire consiste à battre -un blanc d'œuf, à le diviser dans ces liqueurs, & à les faire chauffer -jusqu'à l'ébullition. Le blanc d'œuf se coagule, il se réduit en -écume, qui vient monter à la surface & qui entraîne avec elle la plus -grande partie des matières visqueuses qui s'opposoient à la filtration. -On est obligé de prendre ce parti pour obtenir du petit-lait clair, -autrement il seroit très-difficile de le faire passer par le filtre. On -remplit le même objet à l'égard des liqueurs spiritueuses, avec un peu -de colle de poisson délayée dans de l'eau: cette colle se coagule par -l'action de l'alkool, sans qu'on soit obligé de faire chauffer. - -On conçoit qu'une des conditions indispensables de la filtration est -que le filtre ne puisse pas être attaqué & corrodé par la liqueur qui -doit y passer; aussi ne peut-on pas filtrer les acides concentrés -à travers le papier. Il est vrai qu'on est rarement obligé d'avoir -recours à ce moyen, parce que la plupart des acides s'obtiennent par -voie de distillation, & que les produits de la distillation sont -presque toujours clairs. Si cependant dans quelques cas très-rares, on -est forcé de filtrer des acides concentrés, on se sert alors de verre -pilé, ou, ce qui est mieux encore, de morceaux de quartz ou de cristal -de roche grossièrement concassés & en partie réduits en poudre. On -place quelques-uns des plus gros morceaux dans le fond de l'entonnoir, -pour le boucher en partie; on met par dessus des morceaux moins gros, -qui sont maintenus par les premiers; enfin les portions les plus -divisées doivent occuper le dessus: on remplit ensuite l'entonnoir avec -de l'acide. - -Dans les usages de la société, on filtre l'eau des rivières pour -l'obtenir limpide & séparée des substances hétérogènes qui la -salissent: on se sert à cet effet de sable de rivière. Le sable réunit -plusieurs avantages qui le rendent propre à cet usage: premièrement, il -est en fragmens arrondis, ou au moins dont les angles sont usés; & les -intervalles que présentent des molécules de cette figure, favorisent -le passage de l'eau. Secondement, ces molécules sont de différentes -grosseurs, & les plus fines se rangent naturellement entre les plus -grosses; elles empêchent donc qu'il ne se rencontre des vuides trop -grands qui laisseroient passer des matières hétérogènes. Troisièmement -enfin, le sable ayant été roulé & lavé par l'eau des rivières pendant -une longue révolution de tems, on est sûr qu'il est dépouillé de -toute substance soluble dans l'eau, & que par conséquent il ne peut -absolument rien communiquer à l'eau qui filtre au travers. - -Dans tous les cas, comme dans celui-ci, où le même filtre doit servir -long-tems, il s'engorgeroit & la liqueur cesseroit d'y passer si on ne -le nétoyoit pas. Cette opération est simple à l'égard des filtres de -sable, il ne s'agit que de le laver dans plusieurs eaux successives & -jusqu'à ce qu'elle sorte claire. - - -§. IV. - -_De la Décantation._ - -La décantation est une opération qui peut suppléer à la filtration -& qui, comme elle, a pour objet de séparer d'avec un liquide les -molécules concrètes qu'il contient. On laisse à cet effet reposer la -liqueur dans des vases ordinairement coniques & qui ont la forme de -verres à boire, comme celui représenté ABCDE, _planche II, fig. 10_. -On fait dans les verreries des vases de cette figure, qui sont -de différentes grandeurs; lorsqu'ils excèdent deux ou trois pintes -de capacité, on supprime le pied CDE, & on y supplée par un pied de -bois dans lequel on les mastique. La matière étrangère se dépose au -fond de ces vases par un repos plus ou moins long, & on obtient la -liqueur claire en la versant doucement par inclinaison. On voit que -cette opération suppose que le corps suspendu dans le liquide est -spécifiquement plus lourd que lui, & susceptible de se rassembler -au fond: mais quelquefois la pesanteur spécifique du dépôt approche -tellement de celle de la liqueur, & l'on est si près de l'équilibre, -que le moindre mouvement suffit pour le remêler; alors au lieu de -transvaser la liqueur & de la séparer par décantation, on se sert du -siphon représenté _fig. II_, & dont j'ai déjà donné la description. - -Dans toutes les expériences où l'on veut déterminer avec une précision -rigoureuse le poids de la matière précipitée, la décantation est -préférable à la filtration, pourvu qu'on ait soin de laver à grande -eau & à plusieurs reprises le précipité. On peut bien, il est vrai, -déterminer le poids du précipité qu'on a séparé par filtration, -en pesant le filtre avant & après l'opération; l'augmentation de -poids que le filtre a acquise, donne le poids du précipité qui y est -resté attaché: mais quand les quantités sont peu considérables, la -dessication plus ou moins grande du filtre, les différentes proportions -d'humidité qu'il peut retenir, sont une source d'erreurs qu'il est -important d'éviter. - - - - -CHAPITRE V. - -_Des moyens que la Chimie emploie pour écarter les unes des autres les -molécules des corps sans les décomposer, & réciproquement pour les -réunir._ - - -J'ai déjà fait observer qu'il existoit deux manières de diviser les -corps: la première qu'on nomme division méchanique, consiste à séparer -une masse solide en un grand nombre d'autres masses beaucoup plus -petites. On emploie pour remplir cet objet la force des hommes, celle -des animaux, la pesanteur de l'eau appliquée aux machines hydrauliques, -la force expansive de l'eau réduite en vapeurs, comme dans les machines -à feu, l'impulsion du vent, &c. Mais toutes ces forces employées -à diviser les corps, sont beaucoup plus bornées qu'on ne le croit -communément. Avec un pilon d'un certain poids, qui tombe d'une certaine -hauteur, on ne peut jamais réduire en poudre une matière donnée au-delà -d'un certain degré de finesse, & la même molécule qui paroît si fine -relativement à nos organes est encore une montagne, si on peut se -servir de cette expression, lorsqu'on la compare avec les molécules -constitutives & élémentaires du corps que l'on divise. C'est en cela -que diffèrent les agens méchaniques des agens chimiques; ces derniers -divisent un corps dans ses molécules primitives. Si, par exemple, -c'est un sel neutre, ils portent la division de ses parties aussi loin -qu'elle le peut être sans que la molécule cesse d'être une molécule de -sel. Je vais donner dans ce chapitre des exemples de cette espèce de -division. J'y joindrai quelques détails sur des opérations qui y sont -relatives. - - -§. I. - -_De la Solution des Sels._ - -On a long-tems confondu en chimie la solution & la dissolution, & l'on -désignoit par le même nom la division des parties d'un sel dans un -fluide tel que l'eau, & la division d'un métal dans un acide. Quelques -réflexions sur les effets de ces deux opérations feront sentir qu'il -n'est pas possible de les confondre. - -Dans la solution des sels, les molécules salines sont simplement -écartées les unes des autres, mais ni le sel, ni l'eau n'éprouvent -aucune décomposition, & on peut les retrouver l'un & l'autre en -même quantité qu'avant l'opération. On peut dire la même chose de -la dissolution des résines dans l'alkool & dans les dissolvans -spiritueux. Dans la dissolution des métaux, au contraire, il y a -toujours ou décomposition de l'acide, ou décomposition de l'eau: le -métal s'oxygène, il passe à l'état d'oxide; une substance gazeuse se -dégage; en sorte, qu'à proprement parler, aucune des substances après -la dissolution n'est dans le même état où elle étoit auparavant. C'est -uniquement de la solution dont il sera question dans cet article. - -Pour bien saisir ce qui se passe dans la solution des sels, il -faut savoir qu'il se complique deux effets dans la plupart de ces -opérations: solution par l'eau, & solution par le calorique; & comme -cette distinction donne l'explication de la plupart des phénomènes -relatifs à la solution, je vais insister pour la bien faire entendre. - -Le nitrate de potasse, vulgairement appelé salpêtre, contient très-peu -d'eau de cristallisation; une foule d'expériences le prouvent; -peut-être même n'en contient-il pas: cependant il se liquéfie à un -degré de chaleur qui surpasse à peine celui de l'eau bouillante. Ce -n'est donc point à l'aide de son eau de cristallisation qu'il se -liquéfie, mais parce qu'il est très-fusible de sa nature; & qu'il passe -de l'état solide à l'état liquide, un peu au-dessus de la chaleur -de l'eau bouillante. Tous les sels sont de même susceptibles d'être -liquéfiés par le calorique; mais à une température plus ou moins -haute. Les uns, comme les acétites de potasse & de soude, se fondent & -se liquéfient à une chaleur très-médiocre; les autres, au contraire, -comme le sulfate de chaux, le sulfate de potasse, &c. exigent une des -plus fortes chaleurs que nous puissions produire. Cette liquéfaction -des sels par le calorique présente exactement les mêmes phénomènes que -la liquéfaction de la glace. Premièrement elle s'opère de même à un -degré de chaleur déterminé pour chaque sel, & ce degré est constant -pendant tout le tems que dure la liquéfaction du sel. Secondement, il y -a emploi de calorique au moment où le sel se fond, dégagement lorsqu'il -se fige; tous phénomènes généraux, & qui ont lieu lors du passage d'un -corps quelconque de l'état concret à l'état fluide & réciproquement. - -Ces phénomènes de la solution par le calorique se compliquent toujours -plus ou moins avec ceux de la solution par l'eau. On en sera convaincu -si l'on considère qu'on ne peut verser de l'eau sur un sel pour le -dissoudre, sans employer réellement un dissolvant mixte, l'eau & le -calorique: or on peut distinguer plusieurs cas différens, suivant la -nature & la manière d'être de chaque sel. Si par exemple un sel est -très-peu soluble par l'eau, & qu'il le soit beaucoup par le calorique, -il est clair que ce sel sera très-peu soluble à l'eau froide, & qu'il -le sera beaucoup, au contraire, à l'eau chaude; tel est le nitrate de -potasse, & sur-tout le muriate oxigéné de potasse. Si un autre sel au -contraire est à la fois peu soluble dans l'eau, & peu soluble dans -le calorique, il sera peu soluble dans l'eau froide comme dans l'eau -chaude, & la différence ne sera pas très-considérable; c'est ce qui -arrive au sulfate de chaux. - -On voit donc qu'il y a une relation nécessaire entre ces trois choses; -solubilité d'un sel dans l'eau froide, solubilité du même sel dans -l'eau bouillante, degré auquel ce même sel se liquéfie par le calorique -seul & sans le secours de l'eau; que la solubilité d'un sel à chaud & à -froid est d'autant plus grande qu'il est plus soluble par le calorique, -ou, ce qui revient au même, qu'il est susceptible de se liquéfier à un -degré plus inférieur de l'échelle du thermomètre. - -Telle est en général la théorie de la solution des sels. Mais je n'ai -pu me former encore que des apperçus généraux, parce que les faits -particuliers manquent, & qu'il n'existe point assez d'expériences -exactes. La marche à suivre pour completter cette partie de la chimie -est simple; elle consiste à rechercher pour chaque sel ce qui -s'en dissout dans une quantité donnée d'eau à différens degrés du -thermomètre: or comme on sait aujourd'hui avec beaucoup de précision, -d'après les expériences que nous avons publiées M. de la Place & -moi, ce qu'une livre d'eau contient de calorique à chaque degré du -thermomètre, il sera toujours facile de déterminer par des expériences -simples la proportion de calorique & d'eau qu'exige chaque sel pour -être tenu en dissolution, ce qui s'en absorbe au moment où le sel se -liquéfie, ce qui s'en dégage au moment où il cristallise. - -On ne doit plus être étonné d'après cela de voir que les sels même qui -sont dissolubles à froid se dissolvent beaucoup plus rapidement dans -l'eau chaude que dans l'eau froide. Il y a toujours emploi de calorique -dans la dissolution des sels; & quand il faut que le calorique soit -fourni de proche en proche par les corps environnans, il en résulte -un déplacement qui ne s'opère que lentement. L'opération au contraire -se trouve tout d'un coup facilitée & accélérée quand le calorique -nécessaire à la solution se trouve déja tout combiné avec l'eau. - -Les sels, en général, en se dissolvant dans l'eau, en augmentent la -pesanteur spécifique, mais cette règle n'est pas absolument sans -exception. - -Un jour à venir on connoîtra la quantité de radical, d'oxigène & de -base qui constituent chaque sel neutre; on connoîtra la quantité -d'eau & de calorique nécessaire pour le dissoudre, l'augmentation de -pesanteur spécifique qu'il communique à l'eau, la figure des molécules -élémentaires de ses cristaux; on expliquera les circonstances & les -accidens de sa cristallisation, & c'est alors seulement que cette -partie de la chimie sera complette. M. Séguin a formé le prospectus -d'un grand travail en ce genre, qu'il est bien capable d'exécuter. - -La solution des sels dans l'eau n'exige aucun appareil particulier. -On se sert avec avantage dans les opérations en petit de phioles à -médecine de différentes grandeurs, _planche II, figures 16 & 17_; de -terrines de grès, _même planche_ A, _fig. 1 & 2_; de matras à col -allongé, _figure 14_; de casseroles ou bassines de cuivre & d'argent, -_figures 13 & 15_. - - -§. II. - -_De la Lexiviation._ - -La lexiviation est une opération des arts & de la chimie, dont l'objet -est de séparer des substances solubles dans l'eau d'avec d'autres -substances qui sont insolubles. On a coutume de se servir pour cette -opération dans les arts & dans les usages de la vie d'un grand cuvier -ABCD, _planche II, figure 12_, percé en D près de son fond d'un trou -rond dans lequel on introduit une champlure de bois DE ou un robinet de -métal. On met d'abord au fond du cuvier une petite couche de paille, -& ensuite par-dessus la matière qu'on se propose de lessiver; on la -recouvre d'une toile, & on verse de l'eau froide ou chaude, suivant -que la substance est d'une solubilité plus ou moins grande. L'eau -s'imbibe dans la matière, & pour qu'elle la pénètre mieux, on tient -pendant quelque tems fermé le robinet DE. Lorsqu'on juge qu'elle a eu -le tems de dissoudre toutes les parties salines, on la laisse couler -par le robinet DE; mais comme il reste toujours à la matière insoluble -une portion d'eau adhérente qui ne coule pas, comme cette eau est -nécessairement aussi chargée de sel que celle qui a coulé, on perdroit -une quantité considérable de parties salines, si on ne repassoit à -plusieurs reprises de nouvelle eau à la suite de la première. Cette eau -sert à étendre celle qui est restée; la substance saline se partage -& se fractionne, & au troisième ou quatrième relavage, l'eau passe -presque pure; on s'en assure par le moyen du pèse-liqueur dont il a été -parlé, page 338. - -Le petit lit de paille qu'on met au fond du vase sert à procurer des -interstices pour l'écoulement de l'eau; on peut l'assimiler aux pailles -ou aux tiges de verre dont on se sert pour filtrer dans l'entonnoir, & -qui empêchent l'application trop immédiate du papier contre le verre. -A l'égard du linge qu'on met par-dessus la matière qu'on se propose de -lessiver, il n'est pas non plus inutile; il a pour objet d'empêcher que -l'eau ne fasse un creux dans la matière à l'endroit où on la verse, & -qu'elle ne s'ouvre des issues particulières qui empêcheroient que toute -la masse ne fût lessivée. - -On imite plus ou moins cette opération des arts dans les expériences -chimiques; mais attendu qu'on se propose plus d'exactitude, & que -lorsqu'il est question, par exemple, d'une analyse, il faut être sûr -de ne laisser dans le résidu aucune partie saline ou soluble, on est -obligé de prendre quelques précautions particulières. La première est -d'employer plus d'eau que dans les lessives ordinaires, & d'y délayer -les matières avant de tirer la liqueur à clair; autrement toute la -masse ne seroit pas également lessivée, & il pourroit même arriver que -quelques portions ne le fussent aucunement. Il faut aussi avoir soin -de repasser de très-grandes quantités d'eau, & on ne doit en général -regarder l'opération comme terminée, que quand l'eau passe absolument -dépouillée de sel, & que l'aréomètre indique, qu'elle n'augmente plus -de pesanteur spécifique en traversant la matière contenue dans le -cuvier. - -Dans les expériences très en petit, on se contente communément de -mettre dans des bocaux ou des matras de verre la matière qu'on se -propose de lessiver; on verse dessus de l'eau bouillante, & on filtre -au papier dans un entonnoir de verre. Voy. _planche II, figure 7_. -On relave ensuite avec de l'eau bouillante. Quand on opère sur des -quantités un peu plus grandes, on délaie les matières dans un chaudron -d'eau bouillante, & on filtre avec le quarré de bois représenté, -_planche II, figures 3 & 4_ qu'on garnit de toile & d'un papier à -filtrer. Enfin dans les opérations très en grand, on emploie le baquet -ou cuvier que j'ai décrit au commencement de cet article, & qui est -représenté, _figure 12_. - - -§. III. - -_De l'Evaporation._ - -L'évaporation a pour objet de séparer l'une de l'autre deux matières, -dont l'une au moins est liquide, & qui ont un degré de volatilité -très-différent. - -C'est ce qui arrive lorsqu'on veut obtenir dans l'état concret un sel -qui a été dissous dans l'eau: on échauffe l'eau & on la combine avec -le calorique qui la volatilise; les molécules de sel se rapprochent en -même tems, & obéissant aux loix de l'attraction, elles se réunissent -pour reparoître sous leur forme solide. - -On a pensé que l'action de l'air influoit beaucoup sur la quantité de -fluide qui s'évapore, & on est tombé à cet égard dans des erreurs qu'il -est bon de faire connoître. Il est sans doute une évaporation lente -qui se fait continuellement d'elle-même à l'air libre, & à la surface -des fluides exposés à la simple action de l'atmosphère. Quoique cette -première espèce d'évaporation puisse être jusqu'à un certain point -considérée comme une dissolution par l'air, il n'en est pas moins vrai -que le calorique y concourt, puisqu'elle est toujours accompagnée -de refroidissement: on doit donc la regarder comme une dissolution -mixte, faite en partie par l'air, & en partie par le calorique. Mais -il est un autre genre d'évaporation, c'est celle qui a lieu à l'égard -d'un fluide entretenu toujours bouillant; l'évaporation qui se fait -alors par l'action de l'air n'est plus que d'un objet très-médiocre en -comparaison de celle qui est occasionnée par l'action du calorique: ce -n'est plus, à proprement parler, l'évaporation qui a lieu, mais la -vaporisation; or cette dernière opération ne s'accélère pas en raison -des surfaces évaporantes, mais en raison des quantités de calorique -qui se combinent avec le liquide. Un trop grand courant d'air froid -nuit quelquefois dans ces occasions à la rapidité de l'évaporation, -par la raison qu'il enlève du calorique à l'eau, & qu'il ralentit par -conséquent sa conversion en vapeurs. Il n'y a donc nul inconvénient -à couvrir jusqu'à un certain point le vase où l'on fait évaporer un -liquide entretenu toujours bouillant, pourvû que le corps qui couvre -soit de nature à dérober peu de calorique, qu'il soit, pour me servir -d'une expression du docteur Francklin, mauvais conducteur de chaleur; -les vapeurs s'échappent alors par l'ouverture qui leur est laissée, & -il s'en évapore au moins autant & souvent plus que quand on laisse un -accès libre à l'air extérieur. - -Comme dans l'évaporation, le liquide que le calorique enlève est -absolument perdu, comme on le sacrifie pour conserver la substance fixe -avec laquelle il étoit combiné, on n'évapore jamais que des matières -peu précieuses, telles par exemple que l'eau. Lorsqu'elles ont plus de -valeur, on a recours à la distillation: autre opération dans laquelle -on conserve à la fois & le corps fixe & le corps volatil. - -Les vaisseaux dont on se sert pour les évaporations, sont des bassines -de cuivre ou d'argent, quelquefois de plomb, telles que celle -représentée _planche II, fig. 13_, des casseroles également de cuivre -ou d'argent, _fig. 15_. - -Des capsules de verre, _pl. III, fig. 3 & 4_. - -Des jattes de porcelaine. - -Des terrines de grès A, _planche II, fig. 1 & 2_. - -Mais les meilleures de toutes les capsules à évaporer, sont des fonds -de cornue & des portions de matras de verre. Leur _minceur_ qui est -égale par-tout, les rend plus propres que tout autre vaisseau à se -prêter, sans se casser, à une chaleur brusque & à des alternatives -subites de chaud & de froid. On peut les faire soi-même dans les -laboratoires, & elles reviennent beaucoup moins cher que les capsules -qu'on achète chez les fayanciers. Cet art de couper le verre ne se -trouve décrit nulle part, & je vais en donner une idée. - -On se sert d'anneaux de fer AC, _pl. III, fig. 5_, que l'on soude -à une tige de fer AB, garnie d'un manche de bois D. On fait rougir -l'anneau de fer dans un fourneau, puis on pose dessus le matras G, -_fig. 6_, qu'on se propose de couper: lorsqu'on juge que le verre a été -suffisamment échauffé par l'anneau de fer rouge, on jette quelques -gouttes d'eau dessus, & le matras se casse ordinairement juste dans la -ligne circulaire qui étoit en contact avec l'anneau de fer. - -D'autres vaisseaux évaporatoires, d'un excellent usage, sont de petites -fioles de verre, qu'on désigne dans le commerce sous le nom de fioles à -médecine. Ces bouteilles qui sont de verre mince & commun, supportent -le feu avec une merveilleuse facilité, & sont à très-bon marché. Il ne -faut pas craindre que leur figure nuise à l'évaporation de la liqueur. -J'ai déjà fait voir que toutes les fois qu'on évaporoit le liquide au -degré de l'ébullition, la figure du vaisseau contribuoit ou nuisoit peu -à la célérité de l'opération, sur-tout quand les parois supérieures -du vaisseau étoient mauvais conducteurs de chaleur, comme le verre. -On place une ou plusieurs de ces fioles sur une seconde grille de fer -FG, _planche III, fig. 2_, qu'on pose sur la partie supérieure d'un -fourneau, & sous laquelle on entretient un feu doux. On peut suivre de -cette manière un grand nombre d'expériences à la fois. - -Un autre appareil évaporatoire assez commode & assez expéditif consiste -dans une cornue de verre qu'on met au bain de sable, comme on le voit -_planche III, fig. 1_, & qu'on recouvre avec un dôme de terre cuite: -mais l'opération est toujours beaucoup plus lente, quand on se sert -du bain de sable; elle n'est pas d'ailleurs exempte de dangers, parce -que le sable s'échauffant inégalement, tandis que le verre ne peut pas -se prêter à des degrés de dilatation locale, le vaisseau est souvent -exposé à casser. Il arrive même quelquefois que le sable chaud fait -exactement l'office des anneaux de fer représentés _planche III, fig. -5 & 6_, sur-tout lorsque le vase contient un fluide qui distille. Une -goutte de fluide qui s'éclabousse & qui vient tomber sur les parois du -vaisseau à l'endroit du contact de l'anneau de sable, le fait casser -circulairement en deux parties terminées par une ligne bien tranchée. - -Dans les cas où l'évaporation exige une grande intensité de feu, -on se sert de creusets de terre; mais en général on entend le plus -communément par le mot _évaporation_ une opération qui se fait au degré -de l'eau bouillante, ou très-peu au-dessus. - - -§. IV. - -_De la Cristallisation._ - -La cristallisation est une opération dans laquelle les parties -intégrantes d'un corps séparées les unes des autres par -l'interposition d'un fluide, sont déterminées par la force d'attraction -qu'elles exercent les unes sur les autres, à se rejoindre pour former -des masses solides. - -Lorsque les molécules d'un corps sont simplement écartées par le -calorique, & qu'en vertu de cet écartement ce corps est porté à -l'état de liquide, il ne faut, pour le ramener à l'état de solide, -c'est-à-dire pour opérer sa cristallisation, que supprimer une partie -du calorique logé entre ses molécules, autrement dit le refroidir. -Si le refroidissement est lent & si en même tems il y a repos, -les molécules prennent un arrangement régulier, & alors il y a -cristallisation proprement dite: si au contraire le refroidissement est -rapide, ou si en supposant un refroidissement lent on agite le liquide -au moment où il va passer à l'état concret, il y a cristallisation -confuse. - -Les mêmes phénomènes ont lieu dans les solutions par l'eau; ou pour -mieux dire, les solutions par l'eau sont toujours mixtes, comme je -l'ai déjà fait voir dans le paragraphe premier de ce chapitre: elles -s'opèrent en partie par l'action de l'eau, en partie par celle du -calorique. Tant qu'il y a suffisamment d'eau & de calorique pour -écarter les molécules du sel, au point qu'elles soient hors de leur -sphère d'attraction, le sel demeure dans l'état fluide. L'eau & le -calorique viennent-ils à manquer, & l'attraction des molécules salines -les unes par rapport aux autres devient-elle victorieuse, le sel -reprend la forme concrète, & la figure des cristaux est d'autant plus -régulière, que l'évaporation a été plus lente & faite dans un lieu plus -tranquille. - -Tous les phénomènes qui ont lieu dans la solution des sels se -retrouvent également dans leur cristallisation, mais dans un sens -inverse. Il y a dégagement de calorique au moment où le sel se réunit & -reparoît sous sa forme concrète & solide, & il en résulte une nouvelle -preuve que les sels sont tenus à la fois en dissolution par l'eau & par -le calorique. C'est par cette raison qu'il ne suffit pas pour faire -cristalliser les sels qui se liquéfient aisément par le calorique, de -leur enlever l'eau qui les tenoit en dissolution; il faut encore leur -enlever le calorique, & le sel ne cristallise qu'autant que ces deux -conditions sont remplies. Le salpêtre, le muriate oxygéné de potasse, -l'alun, le sulfate de soude, &c. en fournissent des exemples. Il n'en -est pas de même des sels qui exigent peu de calorique pour être tenus -en dissolution, & qui par cela même sont à peu près également solubles -dans l'eau chaude & dans l'eau froide; il suffit de leur enlever -l'eau qui les tenoit en dissolution pour les faire cristalliser, & ils -reparoissent sous forme concrète dans l'eau bouillante même, comme on -l'observe relativement au sulfate de chaux, aux muriates de soude & de -potasse, & à beaucoup d'autres. - -C'est sur ces propriétés des sels & sur leur différence de solubilité -à chaud & à froid, qu'est fondé le raffinage du salpêtre. Ce sel, tel -qu'il est retiré par une première opération, & tel qu'il est livré -par les salpêtriers, est composé de sels déliquescens qui ne sont pas -susceptibles de cristalliser, tels que le nitrate & le muriate de -chaux; de sels qui sont presqu'également solubles à chaud & à froid, -tels que les muriates de potasse & de soude; enfin de salpêtre, qui est -beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid. - -On commence par verser sur tous ces sels confondus ensemble une -quantité d'eau suffisante pour tenir en dissolution les moins solubles -de tous, & ce sont les muriates de soude & de potasse. Cette quantité -d'eau tient facilement en dissolution tout le salpêtre, tant qu'elle -est chaude; mais il n'en est plus de même lorsqu'elle se refroidit; la -majeure partie du salpêtre cristallise, il n'en reste qu'environ un -sixième tenu en dissolution, & qui se trouve confondu avec le nitrate -calcaire & avec les muriates. - -Le salpêtre qu'on obtient ainsi est un peu imprégné de sels étrangers, -parce qu'il a cristallisé dans une eau qui elle-même en étoit chargée; -mais on l'en dépouille complètement par une nouvelle dissolution à -chaud avec très-peu d'eau & par une nouvelle cristallisation. - -A l'égard des eaux surnageantes à la cristallisation du salpêtre, & -qui contiennent un mêlange de salpêtre & de différens sels, on les -fait évaporer pour en tirer du salpêtre brut, qu'on purifie ensuite -également par deux nouvelles dissolutions & cristallisations. - -Les sels à base terreuse qui sont incristallisables, sont rejettés -s'ils ne contiennent point de nitrates; si au contraire ils en -contiennent, on les étend avec de l'eau, on précipite la terre par le -moyen de la potasse, on laisse déposer, on décante, on fait évaporer & -on met à cristalliser. - -Ce qui s'observe dans le raffinage du salpêtre, peut servir de -règle toutes les fois qu'il est question de séparer par voie de -cristallisation plusieurs sels mêlés ensemble. Il faut alors étudier -la nature de chacun, la proportion qui s'en dissout dans des quantités -données d'eau, leur différence de solubilité à chaud & à froid. Si à -ces propriétés principales on joint celle qu'ont quelques sels de se -dissoudre dans l'alkool ou dans un mêlange d'alkool & d'eau, on verra -qu'on a des ressources très multipliées pour opérer la séparation des -sels par voie de cristallisation. Mais il faut convenir en même tems -qu'il est difficile de rendre cette séparation complète & absolue. - -Les vaisseaux qu'on emploie pour la cristallisation des sels, sont des -terrines de grès A, _planc. II, figures 1 & 2_, & de grandes capsules -applaties, _planche III, fig. 7_. - -Lorsqu'on abandonne une solution saline à une évaporation lente, à -l'air libre & à la chaleur de l'atmosphère, on doit employer des vases -un peu élevés, tels que celui représenté _pl. III, fig. 3_, afin qu'il -y ait une épaisseur un peu considérable de liqueur; on obtient par ce -moyen des cristaux beaucoup plus gros & aussi réguliers qu'on puisse -l'espérer. - -Non-seulement tous les sels cristallisent sous différentes formes, mais -encore la cristallisation de chaque sel varie suivant les circonstances -de la cristallisation. Il ne faut pas en conclure que la figure des -molécules salines ait rien d'indéterminé dans chaque espèce: rien n'est -plus constant au contraire que la figure des molécules primitives des -corps, sur-tout à l'égard des sels. Mais les cristaux qui se forment -sous nos yeux, sont des aggrégations de molécules, & ces molécules, -quoique toutes parfaitement égales en figure & en grosseur, peuvent -prendre des arrangemens différens, qui donnent lieu à une grande -variété de figures toutes régulières, & qui paroissent quelquefois -n'avoir aucun rapport, ni entr'elles, ni avec la figure du cristal -originaire. Cet objet a été savamment traité par M. l'Abbé Haüy, dans -plusieurs Mémoires présentés à l'Académie, & dans un Ouvrage sur la -structure des cristaux. Il ne reste plus même qu'à étendre à la classe -des sels ce qu'il a fait plus particulièrement pour quelques pierres -cristallisées. - - -§. V. - -_De la Distillation simple._ - -La distillation a deux objets bien déterminés: je distinguerai en -conséquence deux espèces de distillation, la distillation simple & -la distillation composée. C'est uniquement de la première dont je -m'occuperai dans cet article. - -Lorsqu'on soumet à la distillation deux corps dont l'un est plus -volatil, c'est-à-dire, a plus d'affinité que l'autre avec le calorique, -le but qu'on se propose est de les séparer: le plus volatil prend la -forme de gaz, & on le condense ensuite par refroidissement dans des -appareils propres à remplir cet objet. La distillation n'est alors, -comme l'évaporation, qu'une opération en quelque façon mécanique -qui sépare l'une de l'autre deux substances, sans les décomposer & -sans en altérer la nature. Dans l'évaporation c'étoit le produit -fixe qu'on cherchoit à conserver, sans s'embarrasser de conserver le -produit volatil; dans la distillation au contraire on s'attache le -plus communément à recueillir le produit volatil, à moins qu'on ne se -propose de les conserver tous deux. Ainsi la distillation simple bien -analysée ne doit être considérée que comme une évaporation en vaisseaux -clos. - -Le plus simple de tous les appareils distillatoires est une bouteille -A, _planc. III, fig. 8_, dont on courbe, dans la verrerie même, le col -BC en BD. Cette bouteille ou fiole porte alors le nom de cornue; on la -place ou dans un fourneau de réverbère, comme on le voit _planche XIII, -fig. 2_, ou au bain de sable sous une couverture de terre cuite, comme -on le voit _planche III, fig. 1_. Pour recueillir & pour condenser les -produits, on adapte à la cornue un récipient E, _planche III, fig. 9_, -qu'on lute avec elle: quelquefois, sur-tout dans les opérations de -pharmacie, on se sert d'une cucurbite de verre ou de grès A, _planche -III, fig. 12_, surmontée de son chapiteau B, ou bien d'un alambic -de verre auquel tient un chapiteau d'une seule pièce, _figure 13_. -On ménage à ce dernier une tubulure, c'est-à-dire une ouverture T, -qu'on bouche avec un bouchon de cristal usé à l'émeril. On voit que -le chapiteau B de l'alambic a une rigole _rr_, destinée à recevoir la -liqueur qui se condense, & à la conduire au bec _rS_ par lequel elle -s'écoule. - -Mais, comme dans presque toutes les distillations il y a une expansion -de vapeurs qui pourroit faire éclater les vaisseaux, on est obligé -de ménager au ballon ou récipient E, _fig. 9_, un petit trou T, par -lequel on donne issue aux vapeurs. D'où l'on voit qu'on perd dans -cette manière de distiller tous les produits qui sont dans un état -constamment aériforme, & ceux même qui, ne perdant pas facilement -cet état, n'ont pas le tems d'être condensés dans l'intérieur du -ballon. Cet appareil ne peut donc être employé que dans les opérations -courantes des laboratoires & dans la pharmacie, mais il est insuffisant -pour toutes les opérations de recherches. Je détaillerai à l'article de -la distillation composée, les moyens qu'on a imaginés pour recueillir -sans perte la totalité des produits. - -Les vaisseaux de verre étant très-fragiles & ne résistant pas toujours -aux alternatives brusques du chaud & du froid, on a imaginé de faire -des appareils distillatoires en métal. Ces instrumens sont nécessaires -pour distiller de l'eau, des liqueurs spiritueuses, pour obtenir les -huiles essentielles des végétaux, &c. On ne peut se dispenser dans un -laboratoire bien monté d'avoir un ou deux alambics de cette espèce & de -différente grandeur. - -Cet appareil distillatoire consiste dans une cucurbite de cuivre rouge -étamé A, _pl. III, fig. 15 & 16_, dans laquelle s'ajuste, lorsqu'on -le juge à propos, un bain-marie d'étain D, _figure 17_, & sur lequel -on place le chapiteau F. Ce chapiteau peut également s'ajuster sur la -cucurbite de cuivre, sans bain-marie ou avec le bain-marie, suivant la -nature des opérations. Tout l'intérieur du chapiteau doit être en étain. - -Il est nécessaire, sur-tout pour la distillation des liqueurs -spiritueuses, que le chapiteau F de l'alambic soit garni d'un -réfrigérent SS, _fig. 16_, dans lequel on entretient toujours de l'eau -fraîche. On la laisse écouler par le moyen du robinet R, quand on -s'apperçoit qu'elle devient trop chaude, & on la renouvelle avec de -la fraîche. Il est aisé de concevoir quel est l'usage de cette eau; -l'objet de la distillation est de convertir en gaz la matière qu'on -veut distiller & qui est contenue dans la cucurbite, & cette conversion -se fait à l'aide du calorique fourni par le feu du fourneau: mais -il n'y auroit pas de distillation, si ce même gaz ne se condensoit -pas dans le chapiteau, s'il n'y perdoit pas la forme de gaz & ne -redevenoit pas liquide. Il est donc nécessaire que la substance que -l'on distille dépose dans le chapiteau tout le calorique qui s'y -étoit combiné dans la cucurbite, & par conséquent que les parois du -chapiteau soient toujours entretenues à une température plus basse -que celle qui peut maintenir la substance à distiller dans l'état de -gaz. L'eau du réfrigérent est destinée à remplir cet office. On sait -que l'eau se convertit en gaz à 80 degrés du thermomètre françois, -l'esprit-de-vin ou alkool à 67, l'éther à 32; on conçoit donc que ces -substances ne distilleroient pas, ou plutôt qu'elles s'échapperoient en -vapeurs aériformes, si la chaleur du réfrigérent n'étoit pas entretenue -au-dessous de ces degrés respectifs. - -Dans la distillation des liqueurs spiritueuses & en général des -liqueurs très-expansives, le réfrigérent ne suffit pas pour condenser -toutes les vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite: alors au lieu -de recevoir directement la liqueur du bec TU de l'alambic dans un -récipient, on interpose entre deux un serpentin. On donne ce nom à -un instrument représenté _fig. 18_. Il consiste en un tuyau tourné en -spirale, & qui fait un grand nombre de révolutions dans un seau de -cuivre étamé BCDE. On entretient toujours de l'eau dans ce seau, & on -la renouvelle quand elle s'échauffe. Cet instrument est en usage dans -tous les atteliers de fabrication d'eau-de-vie; on n'y emploie pas même -de chapiteau proprement dit ni de réfrigérent, & toute la condensation -s'opère dans le serpentin. Celui représenté dans la _figure 18_, a un -tuyau double dont l'un est spécialement destiné à la distillation des -matières odorantes. - -Quelquefois, même dans la distillation simple, on est obligé d'ajouter -une allonge entre la cornue & le récipient, comme on le voit _fig. -11_. Cette disposition peut avoir deux objets; ou de séparer l'un de -l'autre des produits de différens degrés de volatilité, ou d'éloigner -le récipient du fourneau, afin que la matière qui doit y être contenue -éprouve moins de chaleur. Mais ces appareils & plusieurs autres plus -compliqués qui ont été imaginés par les anciens, sont bien éloignés de -répondre aux vues de la Chimie moderne: on en jugera par les détails -dans lesquels j'entrerai à l'article de la distillation composée. - - -§. VI. - -_De la Sublimation._ - -On donne le nom de sublimation à la distillation des matières qui -se condensent dans un état concret: ainsi on dit la sublimation du -soufre, la sublimation du sel ammoniac ou muriate ammoniacal, &c. Ces -opérations n'exigent pas d'appareils particuliers; cependant on a -coutume d'employer pour la sublimation du soufre, ce qu'on nomme des -aludels. Ce sont des vaisseaux de terre ou de fayance qui s'ajustent -les uns avec les autres, & qui se placent sur une cucurbite qui -contient le soufre. - -Un des meilleurs appareils sublimatoires pour les matières qui ne sont -point très-volatiles, est une fiole à médecine qu'on enfonce aux deux -tiers dans un bain de sable; mais alors on perd une partie du produit. -Toutes les fois qu'on veut les conserver tous, il faut se rapprocher -des appareils pneumato-chimiques, dont je vais donner la description -dans le Chapitre suivant. - - - - -CHAPITRE VI. - -_Des Distillations pneumato-chimiques, des Dissolutions métalliques, -& de quelques autres opérations qui exigent des Appareils -très-compliqués._ - - -§. PREMIER. - -_Des Distillations composées, & des Distillations pneumato-chimiques._ - -Je n'ai présenté dans le §. 5 du Chapitre précédent, la distillation, -que comme une opération simple, dont l'objet est de séparer l'une de -l'autre deux substances de volatilité différente: mais le plus souvent -la distillation fait plus; elle opère une véritable décomposition du -corps qui y est soumis: elle sort alors de la classe des opérations -simples, & elle rentre dans l'ordre de celles qu'on peut regarder comme -des plus compliquées de la chimie. Il est sans doute de l'essence de -toute distillation, que la substance que l'on distille soit réduite à -l'état de gaz dans la cucurbite par sa combinaison avec le calorique; -mais dans la distillation simple ce même calorique se dépose dans le -réfrigérent ou dans le serpentin, & la même substance reprend son état -de liquidité. Il n'en est pas ainsi dans la distillation composée; il -y a dans cette opération décomposition absolue de la substance soumise -à la distillation: une portion telle que le charbon demeure fixe dans -la cornue, tout le reste se réduit en gaz d'un grand nombre d'espèces. -Les uns sont susceptibles de se condenser par le refroidissement, & -de reparoître sous forme concrète & liquide; les autres demeurent -constamment dans l'état aériforme; ceux-ci sont absorbables par l'eau, -ceux-là le sont par les alkalis; enfin quelques-uns ne sont absorbables -par aucune substance. Un appareil distillatoire ordinaire, & tel que -ceux que j'ai décrits dans le chapitre précédent, ne suffiroit pas pour -retenir & pour séparer des produits aussi variés: on est donc obligé -d'avoir recours à des moyens beaucoup plus compliqués. - -Je pourrois placer ici un historique des tentatives qui ont été -successivement faites pour retenir les produits aériformes qui se -dégagent des distillations; ce seroit une occasion de citer Hales, -Rouelle, Woulfe & plusieurs autres chimistes célèbres; mais comme je -me suis fait une loi d'être aussi concis qu'il seroit possible, j'ai -pensé qu'il valoit mieux décrire tout d'un coup l'appareil le plus -parfait, plutôt que de fatiguer le lecteur par le détail de tentatives -infructueuses faites dans un tems où l'on n'avoit encore que des idées -très-imparfaites sur la nature des gaz en général. L'appareil dont je -vais donner la description est destiné à la plus compliquée de toutes -les distillations: on pourra le simplifier ensuite suivant la nature -des opérations. - -A, _planche IV, figure 1_, représente une cornue de verre tubulée -en H, dont le col B s'ajuste avec un ballon GC à deux pointes. A la -tubulure supérieure D de ce ballon s'ajuste un tube de verre DE_fg_ qui -vient plonger par son extrêmité _g_ dans la liqueur contenue dans la -bouteille L. A la suite de la bouteille L qui est tubulée en _xxx_ sont -trois autres bouteilles L', L'', L''', qui ont de même trois tubulures -ou gouleaux _x', x', x'; x'', x'', x''; x''', x''', x'''_. Chaque -bouteille est liée par un tube de verre _xyz', x'y'z'', x''y''z'''_; -enfin à la dernière tubulure de la bouteille L''' est adapté un tube -_x'''_RM qui aboutit sous une cloche de verre, laquelle est placée -sur la tablette de l'appareil pneumato-chimique. Communément on met -dans la première bouteille un poids bien connu d'eau distillée, & dans -les trois autres de la potasse caustique étendue d'eau: la tarre de -ces bouteilles & le poids de la liqueur alkaline qu'elles contiennent -doivent être déterminés avec un très-grand soin. Tout étant ainsi -disposé, on lute toutes les jointures, savoir celle B de la cornue au -ballon, & celle D de la tubulure supérieure du ballon avec du lut gras -recouvert de toile imbibée de chaux & de blanc d'œuf, & toutes les -autres avec un lut de térébenthine cuite & de cire fondues ensemble. - -On voit d'après ces dispositions que lorsqu'on a mis le feu sous -la cornue A, & que la substance qu'elle contient a commencé à se -décomposer, les produits les moins volatils doivent se condenser & se -sublimer dans le col même de la cornue, & que c'est principalement-là -que doivent se rassembler les substances concrètes: que les matières -plus volatiles telles que les huiles légères, l'ammoniaque & beaucoup -d'autres substances, doivent se condenser dans le matras GC; que les -gaz, au contraire, qui ne peuvent être condensés par le froid, doivent -bouillonner à travers les liqueurs contenues dans les bouteilles -LL'L''L'''; que tout ce qui est absorbable par l'eau doit rester dans -la bouteille L; que tout ce qui est susceptible d'être absorbé par -l'alkali doit rester dans les bouteilles L'L''L''', enfin que les gaz -qui ne sont absorbables ni par l'eau, ni par les alkalis, doivent -s'échapper par le tube RM, à la sortie duquel ils peuvent être reçus -dans des cloches de verre. Enfin ce qu'on appeloit autrefois le _caput -mortuum_, le charbon & la terre comme absolument fixes, doivent rester -dans la cornue. - -On a toujours dans cette manière d'opérer une preuve matérielle de -l'exactitude du résultat; car le poids des matières en total doit être -le même avant & après l'opération: si donc on a opéré par exemple sur -8 onces de gomme arabique ou d'amidon, le poids du résidu charbonneux -qui restera dans la cornue A après l'opération, plus celui des -produits rassemblés dans son col & dans le matras GC, plus celui du -gaz rassemblé dans la cloche M, plus enfin l'augmentation de poids -acquise par les bouteilles L, L', L'', L'''; tous ces poids, dis-je, -réunis doivent former un total de 8 onces. S'il y a plus ou moins, il -y a erreur, & il faut recommencer l'expérience jusqu'à ce qu'on ait un -résultat dont on soit satisfait, & qui diffère à peine de 6 ou 8 grains -par livre de matière mise en expérience. - -J'ai rencontré long-tems dans ce genre d'expériences des difficultés -presqu'insurmontables, & qui m'auroient obligé d'y renoncer, si je ne -fusse parvenu enfin à les lever par un moyen très-simple, & dont M. -Hassenfratz m'a fourni l'idée. Le moindre ralentissement dans le degré -de feu du fourneau, & beaucoup d'autres circonstances inséparables de -ce genre d'expériences occasionnent souvent des réabsorptions de gaz: -l'eau de la cuve rentre rapidement dans la bouteille L''' par le tube -_x_'''RM: la même chose arrive d'une bouteille à l'autre, & souvent -la liqueur remonte jusques dans le ballon C. On prévient ces accidens -en employant des bouteilles à trois tubulures, & en adaptant à l'une -d'elles un tube capillaire S_t_, _s't'_, _s''t''_, _s'''t'''_, dont le -bout doit plonger dans la liqueur des bouteilles. S'il y a absorption -soit dans la cornue, soit dans quelques-unes des bouteilles, il rentre -par ces tubes de l'air extérieur qui remplace le vuide qui s'est formé, -& on en est quitte pour avoir un petit mêlange d'air commun dans les -produits; mais au moins l'expérience n'est pas entièrement manquée. Ces -tubes peuvent bien admettre de l'air extérieur, mais ils ne peuvent en -laisser échapper, parce qu'ils sont toujours bouchés dans leur partie -inférieure _tt't''t'''_ par le fluide des bouteilles. - -On conçoit que pendant le cours de l'expérience, la liqueur des -bouteilles doit remonter dans chacun de ces tubes à une hauteur -relative à la pression qu'éprouve l'air ou le gaz contenu dans la -bouteille; or cette pression est déterminée par la hauteur & par le -poids de la colonne de liquide contenu dans toutes les bouteilles -subséquentes. En supposant donc qu'il y ait trois pouces de liqueur -dans chaque bouteille, que la hauteur de l'eau de la cuve soit -également de trois pouces au-dessus de l'orifice du tuyau RM, enfin -que la pesanteur spécifique des liqueurs contenues dans les bouteilles -ne differe pas sensiblement de celle de l'eau; l'air de la bouteille -L sera comprimé par un poids égal à celui d'une colonne d'eau de 12 -pouces. L'eau s'élevera donc de 12 pouces dans le tube S_t_, d'où il -résulte qu'il faut donner à ce tube plus de 12 pouces de longueur -au-dessus du niveau du liquide _ab_. Le tube _s't'_ doit par la même -raison avoir plus de 9 pouces, le tube _s"t"_ plus de six, & le tube -_s'''t'''_ plus de trois. On doit au surplus donner à ces tubes plus -que moins de longueur à cause des oscillations qui ont souvent lieu. -On est obligé dans quelques cas d'introduire un semblable tube entre -la cornue & le ballon; mais comme ce tube ne plonge point dans l'eau, -comme il n'est point bouché par un liquide, au moins jusqu'à ce qu'il -en ait passé par le progrès de la distillation, il faut en boucher -l'ouverture supérieure avec un peu de lut, & ne l'ouvrir qu'au -besoin, ou lorsqu'il y a assez de liquide dans le matras C pour fermer -l'extrêmité du tube. - -L'appareil dont je viens de donner la description, ne peut pas -être employé dans des expériences exactes, toutes les fois que les -matières qu'on se propose de traiter ont une action trop rapide l'une -sur l'autre, ou lorsque l'une des deux ne doit être introduite que -successivement & par petites parties, comme il arrive dans les mêlanges -qui font une violente effervescence. On se sert alors d'une cornue -tubulée A, _planche VII, fig. 1_. On y introduit l'une des deux -substances, & de préférence celle qui est concrète, puis on adapte & -on lute à la tubulure un tube recourbé BCDA terminé dans sa partie -supérieure B en entonnoir, & par son extrêmité A en un tube capillaire: -c'est par l'entonnoir B de ce tube qu'on verse la liqueur. Il faut -que la hauteur BC soit assez grande pour que la liqueur qu'on doit -introduire puisse faire équilibre avec la résistance occasionnée par -celle contenue dans les bouteilles LL'L''L''', _planche IV, figure 1_. - -Ceux qui n'ont pas l'habitude de se servir de l'appareil distillatoire -que je viens de decrire, ne manqueront pas de s'effrayer de la grande -quantité d'ouvertures qu'on est obligé de luter, & du tems qu'exigent -les préliminaires de semblables expériences; & en effet si on fait -entrer en ligne de compte les pesées qu'il est nécessaire de faire -avant l'expérience & de répéter après, les préparatifs sont beaucoup -plus longs que l'expérience elle-même. Mais aussi on est bien dédommagé -de ses peines quand l'expérience réussit, & on acquiert en une seule -fois plus de connoissances sur la nature de la substance animale ou -végétale qu'on a soumise à la distillation, que par plusieurs semaines -du travail le plus assidu. - -A défaut de bouteilles triplement tubulées, on se sert de bouteilles -à deux gouleaux: il est même possible de mettre les trois tubes dans -la même ouverture, & de se servir de bouteilles ordinaires à gouleaux -renversés pourvu que l'ouverture soit suffisamment grande. Il faut -avoir soin d'ajuster sur les bouteilles des bouchons qu'on use avec une -lime très-douce, & qu'on fait bouillir dans un mêlange d'huile, de cire -& de térébenthine. On perce à travers ces bouchons avec une lime nommée -queue de rat, voyez _planche I, fig. 16_, autant de trous qu'il -est nécessaire pour le passage des tubes: on voit un de ces bouchons -représenté, _pl. IV, figure 8_. - - -§. II. - -_Des Dissolutions métalliques._ - -J'ai déja fait sentir lorsque j'ai parlé de la solution des sels dans -l'eau, combien il existoit de différence entre cette opération & la -dissolution métallique. On a vu que la solution des sels n'exigeoit -aucun appareil particulier, & que tout vase y étoit propre. Il n'en -est pas de même de la dissolution des métaux; pour ne rien perdre -dans cette dernière, & pour obtenir des résultats vraiment concluans, -il faut employer des appareils très-compliqués, & dont l'invention -appartient absolument aux chimistes de notre âge. - -Les métaux en général se dissolvent avec effervescence dans les acides; -or l'effet auquel on a donné le nom d'effervescence n'est autre chose -qu'un mouvement excité dans la liqueur dissolvante par le dégagement -d'un grand nombre de bulles d'air ou de fluide aériforme qui partent de -la surface du métal, & qui crèvent en sortant de la liqueur dissolvante. - -M. Cavendish & M. Priestley sont les premiers qui aient imaginé des -appareils simples pour recueillir ces fluides élastiques. Celui de -M. Priestley consiste en une bouteille A, _pl. VII, figure 2_, -bouchée en B avec un bouchon de liège troué dans son milieu, & qui -laisse passer un tube de verre recourbé en BC, qui s'engage sous des -cloches remplies d'eau, & renversées dans un bassin plein d'eau: on -commence par introduire le métal dans la bouteille A, on verse l'acide -par-dessus, puis on bouche avec le bouchon garni de son tube BC. - -Mais cet appareil n'est pas sans inconvénient, du moins pour -des expériences très-exactes. Premièrement lorsque l'acide est -très-concentré, & que le métal est très-divisé, l'effervescence -commence souvent avant qu'on ait eu le tems de boucher la bouteille; -il y a perte de gaz, & on ne peut plus déterminer les quantités avec -exactitude. Secondement dans toutes les opérations où l'on est obligé -de faire chauffer, il y a une partie de l'acide qui se distille & qui -se mêle avec l'eau de la cuve; en sorte qu'on se trompe dans le calcul -des quantités d'acide décomposées. Troisièmement enfin l'eau de la cuve -absorbe tous les gaz susceptibles de se combiner avec l'eau, & il est -impossible de les recueillir sans perte. - -Pour remédier à ces inconvéniens, j'avois d'abord imaginé d'adapter -à une bouteille à deux gouleaux A, _planche VII, figure 3_, un -entonnoir de verre BC qu'on y lute de manière à ne laisser aucune -issue à l'air. Dans cet entonnoir entre une tige de cristal DE usée en -D à l'émeri avec l'entonnoir, de manière à le fermer comme le bouchon -d'un flacon. - -Lorsqu'on veut opérer, on commence par introduire dans la bouteille A -la matière à dissoudre: on lute l'entonnoir, on le bouche avec la tige -DE, puis on y verse de l'acide qu'on fait passer dans la bouteille en -aussi petite quantité que l'on veut, en soulevant doucement la tige: on -répète successivement cette opération jusqu'à ce qu'on soit arrivé au -point de saturation. - -On a employé depuis un autre moyen qui remplit le même objet, & qui -dans certains cas est préférable: j'en ai déjà donné une idée dans le -paragraphe précédent. Il consiste à adapter à l'une des tubulures de la -bouteille A, _pl. VII, fig. 4_, un tube recourbé DEFG terminé en D par -une couverture capillaire, & en G par un entonnoir soudé au tube; on -le lute soigneusement & solidement dans la tubulure C. Lorsqu'on verse -une petite goutte de liqueur dans le tube par l'entonnoir G, elle tombe -dans la partie F; si on en ajoute davantage, elle parvient à dépasser -la courbure E & à s'introduire dans la bouteille A: l'écoulement dure -tant qu'on fournit de nouvelle liqueur par l'entonnoir G. On conçoit -qu'elle ne peut jamais être chassée en dehors du tube EFG, & qu'il ne -peut jamais sortir d'air ou de gaz de la bouteille; parce que le poids -de la liqueur l'en empêche & fait l'effet d'un véritable bouchon. - -Pour remédier au second inconvénient, à celui de la distillation -de l'acide, qui s'opère sur-tout dans les dissolutions qui sont -accompagnées de chaleur, on adapte à la cornue A, _planc. VII, fig. 1_, -un petit matras tubulé M qui reçoit la liqueur qui se condense. - -Enfin pour séparer les gaz absorbables par l'eau, tel que le gaz acide -carbonique, on ajoute une bouteille L à deux gouleaux dans laquelle on -met de l'alkali pur étendu d'eau: l'alkali absorbe tout le gaz acide -carbonique, & il ne passe plus, communément, sous la cloche par le tube -NO, qu'une ou deux espèces de gaz tout au plus: on a vu dans le premier -chapitre de cette troisième partie comment on parvenoit à les séparer. -Si une bouteille d'alkali ne suffit pas, on en ajoute jusqu'à trois & -quatre. - - -§. III. - -_Des Appareils relatifs aux fermentations vineuse & putride._ - -La fermentation vineuse & la fermentation putride exigent des -appareils particuliers, & destinés uniquement à ce genre d'expériences. -Je vais décrire celui que j'ai cru devoir définitivement adopter, après -y avoir fait successivement un grand nombre de corrections. - -On prend un grand matras A, _planche X_, d'environ 12 pintes de -capacité: on y adapte une virole de cuivre _ab_ solidement mastiquée, -& dans laquelle se visse un tuyau coudé _cd_ garni d'un robinet _e_. -A ce tuyau s'adapte une espèce de récipient de verre à trois pointes -B, au-dessous duquel est placée une bouteille C avec laquelle il -communique. A la suite du récipient B est un tube de verre _ghi_, -mastiqué en _g_ & en _i_ avec des viroles de cuivre: il est destiné à -recevoir un sel concret très-déliquescent, tel que du nitrate ou du -muriate de chaux, de l'acétite de potasse, &c. - -Enfin ce tube est suivi de deux bouteilles D, E, remplies jusqu'en _xy_ -d'alkali dissous dans l'eau, & bien dépouillé d'acide carbonique. - -Toutes les parties de cet appareil sont réunies les unes avec les -autres par le moyen de vis & d'écrous qui se serrent; les points de -contact sont garnis de cuir gras qui empêche tout passage de l'air: -enfin chaque pièce est garnie de deux robinets, de manière qu'on peut -la fermer par ses deux extrêmités, & peser ainsi chacune séparément à -toutes les époques de l'expérience qu'on le juge à propos. - -C'est dans le ballon A qu'on met la matière fermentescible, du sucre -par exemple, & de la levure de bière étendue d'une suffisante quantité -d'eau & dont le poids est bien déterminé. Quelquefois lorsque la -fermentation est trop rapide, il se forme une quantité considérable -d'écume qui non-seulement remplit le col du ballon, mais qui passe dans -le récipient B & coule dans la bouteille C. C'est pour recueillir cette -mousse & empêcher qu'elle ne passe dans le tube déliquescent, qu'on a -donné une capacité considérable au récipient B & à la bouteille C. - -Il ne se dégage dans la fermentation du sucre, c'est-à-dire dans la -fermentation vineuse, que de l'acide carbonique qui emporte avec lui -un peu d'eau qu'il tient en dissolution. Il en dépose une grande -partie en passant par le tube _ghi_ qui contient un sel déliquescent -en poudre grossière, & on en connoît la quantité par l'augmentation de -poids acquise par le sel. Ce même acide carbonique bouillonne ensuite -à travers la liqueur alkaline de la bouteille D, dans laquelle il est -conduit par le tube _klm_. La petite portion qui n'a point été absorbée -par l'alkali contenu dans cette première bouteille, n'échappe point -à la seconde E, & ordinairement il ne passe absolument rien sous la -cloche F, si ce n'est l'air commun qui étoit contenu au commencement de -l'expérience dans le vuide des vaisseaux. - -Le même appareil peut servir pour les fermentations putrides; mais -alors il passe une quantité considérable de gaz hydrogène par le tube -_qrstu_, lequel est reçu dans la cloche F; & comme le dégagement -est rapide, sur-tout en été, il faut la changer fréquemment. Ces -fermentations exigent en conséquence une surveillance continuelle, -tandis que la fermentation vineuse n'en exige aucune. - -On voit qu'au moyen de cet appareil on peut connoître avec une grande -précision le poids des matériaux mis à fermenter, & celui de tous les -produits liquides ou aériformes qui s'en sont dégagés. On peut voir les -détails dans lesquels je suis entré sur le résultat de la fermentation -vineuse, dans le Chapitre XIII de la première partie de cet Ouvrage, -page 139. - - -§. IV. - -_Appareil particulier pour la décomposition de l'eau._ - -J'ai déjà exposé, dans la première Partie de cet Ouvrage, Chapitre -VIII, page 87, les expériences relatives à la décomposition de l'eau; -j'éviterai donc des répétitions inutiles, & je me bornerai à des -observations très-sommaires. Les matières qui ont la propriété de -décomposer l'eau, sont principalement le fer & le charbon; mais il -faut pour cela qu'ils soient portés à une chaleur rouge: sans cette -condition l'eau se réduit simplement en vapeurs, & elle se condense -ensuite par le refroidissement, sans avoir éprouvé la moindre -altération: à une chaleur rouge au contraire, le fer & le charbon -enlèvent l'oxygène à l'hydrogène; dans le premier cas il se forme -de l'oxide noir de fer, & l'hydrogène se dégage libre & pur sous la -forme de gaz; dans le second il se forme du gaz acide carbonique qui -se dégage mêlé avec le gaz hydrogène, & ce dernier est communément -carbonisé. - -On se sert avec avantage, pour décomposer l'eau par le fer, d'un canon -de fusil dont on ôte la culasse. On trouve aisément de ces sortes -de canons chez les marchands de féraille. On doit choisir les plus -longs & les plus forts: lorsqu'ils sont trop courts & qu'on craint -que les luts ne s'échauffent trop, on y fait souder en soudure forte -un bout de tuyau de cuivre. On place ce tuyau de fer dans un fourneau -allongé CDEF, _planche VII, fig. 11_, en lui donnant une inclinaison -de quelques degrés de E en F: cette inclinaison doit être un peu -plus grande qu'elle n'est présentée dans la _fig. 11_. On adapte à -la partie supérieure E de ce tuyau, une cornue de verre qui contient -de l'eau & qui est placée sur un fourneau VVXX. On le lute par son -extrêmité inférieure F avec un serpentin SS', qui s'adapte lui-même -avec un flacon tubulé H, où se rassemble l'eau qui a échappé à la -décomposition. Enfin le gaz qui se dégage est porté à la cuve où il -est reçu sous des cloches par le tube KK adapté à la tubulure K du -flacon H. Au lieu de la cornue A, on peut employer un entonnoir fermé -d'un robinet par le bas, & par lequel on laisse couler l'eau goutte à -goutte. Si-tôt que cette eau est parvenue à la partie où le tube est -échauffé, elle se vaporise, & l'expérience a lieu de la même manière -que si elle étoit fournie en vapeurs par le moyen de la cornue A. - -Dans l'expérience que nous avons faite, M. Meusnier & moi, en présence -des Commissaires de l'Académie, nous n'avions rien négligé pour obtenir -la plus grande précision possible dans les résultats; nous avions même -porté le scrupule jusqu'à faire le vuide dans les vaisseaux avant de -commencer l'expérience, afin que le gaz hydrogène que nous obtiendrions -fût exempt de mêlange de gaz azote. Nous rendrons compte à l'Académie, -dans un très-grand détail, des résultats que nous avons obtenus. - -Dans un grand nombre de recherches on est obligé de substituer au -canon de fusil des tubes de verre, de porcelaine ou de cuivre. Mais -les premiers ont l'inconvénient d'être faciles à fondre: pour peu -que l'expérience ne soit pas bien ménagée, le tube s'applatit & se -déforme. Les tubes de porcelaine sont la plupart percés d'une infinité -de petits trous imperceptibles par lesquels le gaz s'échappe, surtout -s'il est comprimé par une colonne d'eau. C'est ce qui m'a déterminé à -me procurer un tube de cuivre rouge, que M. de la Briche a bien voulu -faire couler plein & faire forer sous ses yeux à Strasbourg. Ce tube -est très-commode pour opérer la décomposition de l'alkool: on sait -en effet qu'exposé à une chaleur rouge, il se résout en carbone, en -gaz acide carbonique & en gaz hydrogène. Ce même tube peut également -servir à la décomposition de l'eau par le carbone, & à un grand nombre -d'expériences. - - -§. V. - -_De la préparation & de l'emploi des Luts._ - -Si dans un tems où l'on perdoit une grande partie des produits de la -distillation, où l'on ne tenoit aucun compte de tout ce qui se séparoit -sous forme de gaz, en un mot où l'on ne faisoit aucune expérience -exacte & rigoureuse, on sentoit déjà la nécessité de bien luter les -jointures des appareils distillatoires; combien cette opération -manuelle & mécanique n'est-elle pas devenue plus importante, depuis -qu'on ne se permet plus de rien perdre dans les distillations & dans -les dissolutions, depuis qu'on exige qu'un grand nombre de vaisseaux -réunis ensemble se comportent comme s'ils n'étoient que d'une seule -pièce, & comme s'ils étoient hermétiquement fermés; enfin depuis qu'on -n'est plus satisfait des expériences, qu'autant que la somme du poids -des produits obtenus est égale à celui des matériaux mis en expérience. - -La première condition qu'on exige de tout lut destiné à fermer les -jointures des vaisseaux, est d'être aussi imperméable que le verre -lui-même, de manière qu'aucune matière, si subtile qu'elle soit, à -l'exception du calorique, ne puisse le pénétrer. Une livre de cire -fondue avec une once & demie ou deux onces de térébenthine, remplissent -très-bien ce premier objet; il en résulte un lut facile à manier, -qui s'attache fortement au verre & qui ne se laisse pas facilement -pénétrer: on peut lui donner plus de consistance & le rendre plus ou -moins dur, plus ou moins sec, plus ou moins souple, en y ajoutant -différentes résines. Cette classe de luts a l'avantage de pouvoir -se ramollir par la chaleur, ce qui les rend commodes pour fermer -promptement les jointures des vaisseaux: mais, quelque parfaits qu'ils -soient pour contenir les gaz & les vapeurs, il s'en faut bien qu'ils -puissent être d'un usage général. Dans presque toutes les opérations -chimiques, les luts sont exposés à une chaleur considérable & souvent -supérieure au degré de l'eau bouillante: or à ce degré les résines -se ramollissent, elles deviennent presque liquides, & les vapeurs -expansives contenues dans les vaisseaux se font bientôt jour & -bouillonnent à travers. - -On a donc été obligé d'avoir recours à des matières plus propres à -résister à la chaleur, & voici le lut auquel les Chimistes se sont -arrêtés après beaucoup de tentatives; non pas qu'il n'ait quelques -inconvéniens, comme je le dirai bientôt, mais parce qu'à tout prendre -c'est encore celui qui réunit le plus d'avantages. Je vais donner -quelques détails sur sa préparation & sur-tout sur son emploi: une -longue expérience en ce genre m'a mis en état d'applanir aux autres un -grand nombre de difficultés. - -L'espèce de lut dont je parle dans ce moment, est connue des Chimistes -sous le nom de lut gras. Pour le préparer on prend de l'argile non -cuite, pure & très-sèche; on la réduit en poudre fine, & on la passe au -tamis de soie. On la met ensuite dans un mortier de fonte, & on la bat -pendant plusieurs heures à coups redoublés avec un lourd pilon de fer, -en l'arrosant peu à peu avec de l'huile de lin cuite, c'est-à-dire, -avec de l'huile de lin qu'on a oxygénée & rendue siccative par -l'addition d'un peu de litharge. Ce lut est encore meilleur & plus -tenace, il s'attache mieux au verre quand, au lieu d'huile grasse -ordinaire, on emploie du vernis gras au succin. Ce vernis n'est autre -chose qu'une dissolution de succin ou ambre jaune dans de l'huile de -lin; mais cette dissolution n'a lieu qu'autant que le succin a été -préalablement fondu seul: il perd dans cette opération préalable un -peu d'acide succinique & un peu d'huile. Le lut fait avec le vernis -gras est, comme je l'ai dit, un peu préférable à celui fait avec de -l'huile de lin seul; mais il est beaucoup plus cher, & l'excédent de -qualité qu'on acquiert n'est pas en proportion de l'excédent du prix: -aussi est-il rarement employé. - -Le lut gras résiste très-bien à un degré de chaleur même assez violent: -il est imperméable aux acides & aux liqueurs spiritueuses; il prend -bien sur les métaux, sur le grès, sur la porcelaine & sur le verre, -mais pourvu qu'ils ayent été préalablement bien séchés. Si par malheur -dans le cours d'une opération la liqueur en distillation s'est fait -jour & qu'il ait pénétré quelque peu d'humidité, soit entre le verre -& le lut, soit entre différentes couches même du lut, il est d'une -extrême difficulté de reboucher les ouvertures qui se sont formées; & -c'est un des principaux inconvéniens, peut-être le seul, que présente -l'usage du lut gras. - -La chaleur ramollit ce lut, & même au point de le faire couler; il -a besoin en conséquence d'être contenu. Le meilleur moyen est de le -recouvrir avec des bandes de vessie, qu'on mouille & qu'on tortille -tout autour. On fait ensuite une ligature avec de gros fil au dessus -& au-dessous du lut, puis on passe par-dessus le lut même & par -conséquent par-dessus la vessie qui le recouvre, un grand nombre de -tours de fil: un lut arrangé avec ces précautions, est à l'abri de tout -accident. - -Très-souvent la figure des jointures des vaisseaux ne permet pas d'y -faire une ligature, & c'est ce qui arrive au col des bouteilles à -trois gouleaux: il faut d'ailleurs beaucoup d'adresse pour serrer -suffisamment le fil sans ébranler l'appareil, & dans les expériences où -les luts sont très-multipliés, on en dérangeroit souvent plusieurs pour -en arranger un seul. Alors on substitue à la vessie & à la ligature des -bandes de toile imbibées de blanc d'œuf dans lequel on a délayé de la -chaux. On applique sur le lut gras les bandes de toile encore humides; -en peu de tems elles se sèchent & acquièrent une assez grande dureté. -On peut appliquer ces mêmes bandes sur les luts de cire & de résine. De -la colle forte délayée dans de l'eau, peut suppléer au blanc d'œuf. - -La première attention qu'on doit avoir avant d'appliquer un lut -quelconque sur les jointures des vaisseaux, est de les asseoir & de les -assujétir solidement, de manière qu'ils ne puissent se prêter à aucun -mouvement. Si c'est le col d'une cornue qu'on veut luter à celui d'un -récipient, il faut qu'il y entre à peu près juste; s'il y a un peu de -jeu, il faut assujétir les deux vaisseaux en introduisant entre leurs -cols de petits morceaux fort courts d'alumettes ou de bouchon. Si la -disproportion des deux cols est trop grande, on choisit un bouchon qui -entre juste dans le col du matras ou récipient; on fait au milieu de ce -bouchon un trou rond de la grosseur nécessaire pour recevoir le col de -la cornue. - -La même précaution est nécessaire à l'égard des tubes recourbés, qui -doivent être lutés à des gouleaux de bouteille, comme dans la _planche -IV, fig. 1_. On commence par choisir un bouchon qui entre juste dans -le gouleau; puis on le perce d'un trou avec une lime d'une espèce -nommée _queue de rat_. _Voyez_ une de ces limes représentée _planc. I, -fig. 16_. Quand un même gouleau est destiné à recevoir deux tubes, -ce qui arrive très-souvent, sur-tout à défaut de bouteilles à deux & -à trois gouleaux, on perce le bouchon de deux & de trois trous, pour -qu'il puisse recevoir deux ou trois tubes. On voit un de ces bouchons -représenté _pl. IV, fig. 8_. - -Ce n'est que lorsque l'appareil est ainsi solidement assujetti & de -manière à ce qu'aucune partie n'en puisse jouer, qu'on doit commencer -à luter. On ramollit d'abord à cet effet le lut, en le pêtrissant; -quelquefois même, sur-tout en hiver, on est obligé de le faire -légèrement chauffer: on le roule ensuite entre les doigts, pour le -réduire en petits cylindres qu'on applique sur les vases qu'on veut -luter, en ayant soin de les appuyer & de les applatir sur le verre, -afin qu'ils y contractent de l'adhérence. A un premier petit cylindre -on en ajoute un second, qu'on applatit également, mais de manière que -son bord empiète sur le précédent, & ainsi de suite. Quelque simple -que soit cette opération, il n'est pas donné à tout le monde de la -bien faire, & il n'est pas rare de voir les personnes peu au fait, -recommencer un grand nombre de fois des luts sans succès, tandis que -d'autres y réussissent avec certitude & dès la première fois. Le lut -fait, on le recouvre, comme je l'ai dit, avec de la vessie bien ficelée -& bien serrée, ou avec des bandes de toile imbibées de blanc d'œuf & -de chaux. Je répéterai encore qu'il faut bien prendre garde, en faisant -un lut & sur-tout en le ficelant, d'ébranler tous les autres; autrement -on détruiroit son propre ouvrage, & on ne parviendroit jamais à clôre -les vaisseaux. - -On ne doit jamais commencer une expérience, sans avoir essayé -préalablement les luts. Il suffit pour cela, ou de chauffer -très-légèrement la cornue A, _planc. IV, fig. 1_, ou de souffler -de l'air par quelques-uns des tubes _ss's''s'''_; le changement de -pression qui en résulte, doit changer le niveau de la liqueur dans tous -les tubes; mais si l'appareil perd air de quelque part, la liqueur se -remet bientôt à son niveau; elle reste au contraire constamment, soit -au-dessus, soit au-dessous, si l'appareil est bien fermé. - -On ne doit pas oublier que c'est de la manière de luter, de la -patience, de l'exactitude qu'on y apporte, que dépendent tous les -succès de la Chimie moderne: il n'est donc point d'opération qui -demande plus de soins & d'attention. - -Ce seroit un grand service à rendre aux Chimistes & sur-tout aux -Chimistes pneumatiques, que de les mettre en état de se passer de -luts, ou du moins d'en diminuer considérablement le nombre. J'avois -d'abord pensé à faire construire des appareils dont toutes les parties -fussent bouchées à frottement, comme les flacons bouchés en cristal; -mais l'exécution m'a présenté d'assez grandes difficultés. Il m'a -paru préférable de suppléer aux luts par le moyen de colonnes de -mercure, de quelques lignes de hauteur. Je viens de faire exécuter -dans cette vue un appareil dont je vais donner la description, & dont -l'usage me paroît pouvoir être utile & commode dans un grand nombre de -circonstances. - -Il consiste dans une bouteille A, _planche XII, fig. 12_, à double -gouleau; l'un intérieur _bc_, communique avec le dedans de la -bouteille; l'autre extérieur _de_, qui laisse un intervalle entre lui -& le précédent, & qui forme tout autour une profonde rigole _db_, -_ce_, destinée à recevoir du mercure. C'est dans cette rigole qu'entre -& s'ajuste le couvercle de verre B. Il a par le bas des échancrures -pour le passage des tubes de verre destinés au dégagement des gaz. Ces -tubes, au lieu de plonger directement dans la bouteille A, comme dans -les appareils ordinaires, se contournent auparavant, comme on le voit -_fig. 13_, pour s'enfoncer dans la rigole, & pour passer par-dessous -les échancrures du couvercle B: ils remontent ensuite pour entrer dans -la bouteille, en passant par-dessus les bords du gouleau intérieur. - -Il est aisé de voir que, lorsque les tubes ont été mis en place, que le -couvercle B a été solidement assujetti, & que la rigole _db_, _ce_ a -été remplie de mercure, la bouteille se trouve fermée & ne communique -plus à l'extérieur que par les tubes. - -Un appareil de cette espèce sera très-commode dans un grand nombre -d'expériences; mais on ne pourra le mettre en usage que dans la -distillation des matières qui n'ont point d'action sur le mercure. - -M. Séguin, dont les secours actifs & intelligens m'ont été si souvent -utiles, a même déjà commandé dans les verreries des cornues jointes -hermétiquement à des récipiens; en sorte qu'il seroit possible de -parvenir à n'avoir plus aucun lut. On voit, _planche XII, fig. 14_, -un appareil monté d'après les principes que je viens d'exposer. - - - - -CHAPITRE VII. - -_Des Opérations relatives à la combustion proprement dite & à la -détonation._ - - -La combustion n'est autre chose, d'après ce qui a été exposé dans la -première Partie de cet Ouvrage, que la décomposition du gaz oxygène -opérée par un corps combustible. L'oxygène qui forme la base de ce gaz -est absorbé, le calorique & la lumière deviennent libres & se dégagent. -Toute combustion entraîne donc avec elle l'idée d'oxygénation, tandis -qu'au contraire l'oxygénation n'entraîne pas essentiellement l'idée -de combustion, puisque la combustion proprement dite ne peut avoir -lieu sans un dégagement de lumière & de calorique. Il faut, pour que -la combustion s'opère, que la base du gaz oxygène ait plus d'affinité -avec le corps combustible, qu'elle n'en a avec le calorique: or cette -attraction élective, pour me servir de l'expression de Bergman, n'a -lieu qu'à un certain degré de température, qui même est différent pour -chaque substance combustible; de-là la nécessité de donner le premier -mouvement à la combustion par l'approche d'un corps chaud. Cette -nécessité d'échauffer le corps qu'on se propose de brûler, tient à des -considérations qui n'ont encore fixé l'attention d'aucun Physicien, & -auxquels je demande la permission de m'arrêter quelques instans; on -verra qu'elles ne s'éloignent pas de mon sujet. - -L'état actuel où nous voyons la nature est un état d'équilibre auquel -elle n'a pu arriver qu'après que toutes les combustions spontanées -possibles au degré de chaleur dans lequel nous vivons, toutes les -oxygénations possibles ont eu lieu. Il ne peut donc y avoir de -nouvelles combustions ou oxygénations, qu'autant qu'on sort de cet -état d'équilibre & qu'on transporte les substances combustibles dans -une température plus élevée. Eclaircissons par un exemple ce que -cet énoncé peut présenter d'abstrait. Supposons que la température -habituelle de la terre changeât d'une très-petite quantité, & qu'elle -devînt seulement égale à celle de l'eau bouillante: il est évident que -le phosphore étant combustible beaucoup au-dessous de ce degré, cette -substance n'existeroit plus dans la nature dans son état de pureté -& de simplicité, elle se présenteroit toujours dans l'état d'acide, -c'est-à-dire oxygénée, & son radical seroit au nombre des substances -inconnues. Il en seroit successivement de même de tous les corps -combustibles, si la température de la terre devenoit de plus en plus -élevée; & on arriveroit enfin à un point où toutes les combustions -possibles seroient épuisées, où il ne pourroit plus exister de corps -combustibles, où tous seroient oxygénés & par conséquent incombustibles. - -Revenons donc à dire qu'il ne peut y avoir pour nous de corps -combustibles, que ceux qui sont incombustibles au degré de température -dans lequel nous vivons; ou ce qui veut dire la même chose en d'autres -termes, qu'il est de l'essence de tout corps combustible de ne pouvoir -jouir de la propriété combustible, qu'autant qu'on l'échauffe & qu'on -le transporte au degré de chaleur où s'opère sa combustion. Ce degré -une fois atteint la combustion commence, & le calorique qui se dégage -par l'effet de la décomposition du gaz oxygène, entretient le degré de -température nécessaire pour la continuer. Lorsqu'il en est autrement, -c'est-à-dire, lorsque le calorique fourni par la décomposition du gaz -oxygène n'est pas suffisant pour que le degré de chaleur nécessaire à -la combustion se continue, elle cesse: c'est ce qu'on exprime lorsqu'on -dit que le corps brûle mal, qu'il est difficilement combustible. - -Quoique la combustion ait quelque chose de commun avec la distillation, -sur-tout avec la distillation composée, elle en diffère cependant en -un point essentiel. Il y a bien dans la distillation séparation d'une -partie des principes du corps que l'on y soumet, & combinaison de ces -mêmes principes dans un autre ordre, déterminé par les affinités qui -ont lieu à la température à laquelle s'est opérée la distillation; mais -il y a plus dans la combustion, il y a addition d'un nouveau principe, -l'oxygène, & dissipation d'un autre principe, le calorique. - -C'est cette nécessité d'employer l'oxygène dans l'état de gaz & d'en -déterminer rigoureusement les quantités, qui rend si embarrassantes les -expériences relatives à la combustion. Une autre difficulté inséparable -de ces opérations, tient à ce que les produits qu'elles fournissent se -dégagent presque toujours dans l'état de gaz: si donc il est difficile -de retenir & de rassembler les produits de la distillation, il l'est -bien davantage de recueillir ceux de la combustion; aussi aucun des -anciens Chimistes n'en a-t-il eu la prétention, & ce genre d'expérience -appartient-il absolument à la Chimie moderne. - -Après avoir rappelé d'une manière générale le but qu'on doit se -proposer dans les différentes expériences relatives à la combustion, -je passe à la description des différens appareils que j'ai imaginés -dans cette vue. Je n'adopterai dans les articles qui composeront ce -Chapitre, aucune division relative à la nature des combustibles; je -les classerai relativement à la nature des appareils qui conviennent à -leur combustion. - - -§. I. - -_De la Combustion du Phosphore & du Charbon._ - -J'ai déjà décrit, page 57 de cet Ouvrage, les appareils que j'ai -employés pour la combustion du charbon & du phosphore. Cependant, -comme j'avois alors plutôt en vue de donner une idée du résultat de -ces combustions, que d'enseigner le détail des procédés nécessaires -pour les obtenir, je ne me suis peut-être pas assez étendu sur la -manipulation relative à ce genre d'expériences. - -On commence, pour opérer la combustion du phosphore ou du charbon, -par remplir de gaz oxygène dans l'appareil pneumato-chimique à l'eau, -_pl. V, fig. 1_, une cloche de six pintes au moins de capacité. -Lorsqu'elle est pleine à rase & que le gaz commence à dégorger -par-dessous, on transporte cette cloche A sur l'appareil au mercure, -_planche IV, fig. 3_, à l'aide d'un vaisseau de verre ou de fayance -très-plat, qu'on passe par-dessous. Cette opération faite, on sèche -bien avec du papier gris la surface du mercure, tant dans l'intérieur -qu'à l'extérieur de la cloche. Cette opération demande quelques -précautions: si on n'avoit pas l'attention de plonger le papier gris -pendant quelque tems entièrement sous le mercure avant de l'introduire -sous la cloche, on y feroit passer de l'air commun qui s'attache avec -beaucoup de ténacité au papier. - -On a d'un autre côté une petite capsule D, de fer ou de porcelaine -plate & évasée, sur laquelle on place le corps qu'on veut brûler, après -en avoir très-exactement déterminé le poids à la balance d'essai; on -recouvre ensuite cette capsule d'une autre un peu plus grande P, qui -fait à son égard l'office de la cloche du plongeur, & on fait passer le -tout à travers le mercure: après quoi on retire à travers le mercure -la capsule P qui ne servoit en quelque façon que de couvercle. On -peut éviter l'embarras & la difficulté de faire passer les matières à -travers le mercure, en soulevant un des côtés de la cloche pendant un -instant presqu'indivisible, & en introduisant ainsi, par le passage -qu'on s'est ménagé, la capsule avec le corps combustible. Il se mêle -dans cette seconde manière d'opérer un peu d'air commun avec le gaz -oxygène; mais ce mêlange qui est peu considérable, ne nuit ni au -succès, ni à l'exactitude de l'expérience. - -Lorsque la capsule D, _planche IV, fig. 3_, est introduite sous -la cloche, on suce une partie du gaz oxygène qu'elle contient pour -élever le mercure jusqu'en EF. Sans cette précaution, dès que le corps -combustible seroit allumé, la chaleur dilateroit l'air; elle en feroit -passer une portion par-dessous la cloche, & on ne pourroit plus faire -aucun calcul exact sur les quantités. On se sert, pour sucer l'air, -d'un siphon GHI, qu'on passe par-dessous la cloche; & pour qu'il ne -s'emplisse pas de mercure, on tortille à son extrêmité I un petit -morceau de papier. - -Il y a un art pour élever ainsi en suçant une colonne de mercure à -une hauteur de plusieurs pouces au-dessous de son niveau: si on se -contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une -très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi -tout au plus; encore n'y parviendroit-on qu'avec de grands efforts; -tandis que par l'action des muscles de la bouche on peut élever sans se -fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le mercure jusqu'à -six à sept pouces. Un moyen plus commode encore est de se servir d'une -petite pompe que l'on adapte au siphon GHI: on élève alors le mercure -à telle hauteur qu'on le juge à propos, pourvu qu'elle n'excède pas 28 -pouces. - -Si le corps combustible est fort inflammable, comme le phosphore, on -l'allume avec un fer recourbé MN, _planche IV, fig. 16_, qu'on fait -rougir au feu, & qu'on passe brusquement sous la cloche: dès qu'il est -en contact avec le phosphore, ce dernier s'allume. Pour les corps moins -combustibles, tels que le fer, quelques autres métaux, le charbon, -&c. on se sert d'un petit fragment d'amadoue sur lequel on place un -atôme de phosphore: on allume également ce dernier avec un fer rouge -recourbé; l'inflammation se communique à l'amadoue, puis au corps -combustible. - -Dans le premier instant de la combustion, l'air se dilate & le mercure -descend; mais lorsqu'il n'y a point de fluide élastique formé, comme -dans la combustion du fer & du phosphore, l'absorption devient bientôt -sensible, & le mercure remonte très-haut dans la cloche. Il faut en -conséquence avoir attention de ne point brûler une trop grande quantité -du corps combustible dans une quantité donnée d'air; autrement la -capsule, vers la fin de la combustion, s'approcheroit trop du dôme de -la cloche, & la grande chaleur pourroit en occasionner la fracture. - -J'ai indiqué, Chapitre II, §. V & VI, les opérations relatives à -la mesure du volume des gaz, les corrections qu'il faut faire à -ce volume, relativement à la hauteur du baromètre & au degré du -thermomètre; je n'ajouterai rien de plus à cet égard, l'exemple -sur-tout que j'ai cité, page 381, étant précisément tiré de la -combustion du phosphore. - -Le procédé que je viens de décrire peut être employé avec succès -pour la combustion de toutes les substances concrètes, & même pour -celle des huiles fixes. On brûle ces dernières dans des lampes, & on -les allume avec assez de facilité sous la cloche, par le moyen du -phosphore, de l'amadoue & d'un fer chaud; mais ce moyen n'est pas sans -dangers pour les substances qui sont susceptibles de se vaporiser à un -degré de chaleur médiocre, telles que l'éther, l'esprit-de-vin, les -huiles essentielles. Ces substances volatiles se dissolvent en assez -grande quantité dans le gaz oxygène; quand on allume, il se fait une -détonation subite qui enlève la cloche à une grande hauteur & qui la -brise en éclats. J'ai éprouvé deux de ces détonations, dont des membres -de l'Académie ont pensé, ainsi que moi, être les victimes. Cette -manière d'opérer a d'ailleurs un grand inconvénient: elle suffit bien -pour déterminer avec quelque exactitude la quantité de gaz oxygène -absorbé, & celle d'acide carbonique qui s'est formé; mais ces produits -ne sont pas les seuls qui résultent de la combustion: il se forme -de l'eau toutes les fois qu'on opère sur des matières végétales ou -animales, parce qu'elles contiennent toutes de l'hydrogène en excès; -or l'appareil que je viens de décrire, ne permet ni de la rassembler, -ni d'en déterminer la quantité. Enfin, même pour l'acide phosphorique, -l'expérience est incomplète, puisqu'il n'est pas possible de démontrer -dans cette manière d'opérer, que le poids de l'acide est égal à la -somme du poids du phosphore & de celui du gaz oxygène absorbé. Je me -suis donc trouvé obligé de varier, suivant les cas, les appareils -relatifs à la combustion, & d'en employer plusieurs de différentes -espèces, dont je vais donner successivement une idée: je commence par -celui destiné à la combustion du phosphore. - -On prend un grand ballon de verre blanc ou de cristal A, _pl. IV, -fig. 4_, dont l'ouverture EF doit avoir deux pouces & demi à trois -pouces de diamètre. Cette ouverture se recouvre avec une plaque de -cuivre jaune ou laiton usée à l'émeri, & qui est percée de deux trous -pour le passage des tuyaux _xxx_, _yyy_. - -Avant de fermer le ballon avec sa plaque, on introduit dans son -intérieur un support BC surmonté d'une capsule D de porcelaine, sur -laquelle on place le phosphore. On lute ensuite la plaque de cuivre -au ballon en EF avec du lut gras qu'on recouvre avec des bandes de -linge imbibées de blanc d'œuf & saupoudrées de chaux. On laisse -sécher pendant plusieurs jours, puis on pèse le tout avec une bonne -balance. Ces préparatifs achevés, on adapte une pompe pneumatique au -tuyau _xxx_, & on fait le vuide dans le ballon; après quoi on introduit -du gaz oxygène par le tuyau _yyy_, au moyen du gazomètre représenté -_planche VIII, figure 1_, & dont j'ai donné la description, Chapitre -II, §. II. On allume ensuite le phosphore avec un verre ardent, & on le -laisse brûler jusqu'à ce que le nuage d'acide phosphorique concret qui -se forme arrête la combustion. Alors on délute & on pèse le ballon. Le -poids, déduction faite de la tarre, donne celui de l'acide phosphorique -qu'il contient. Il est bon, pour plus d'exactitude, d'examiner l'air -ou le gaz contenu dans le ballon après la combustion, parce qu'il peut -être plus ou moins pesant que l'air ordinaire, & qu'il faut tenir -compte dans les calculs relatifs à l'expérience, de cette différence de -pesanteur. - -Les mêmes motifs qui m'ont engagé à construire un appareil particulier -pour la combustion du phosphore, m'ont déterminé de prendre le même -parti à l'égard du charbon. Cet appareil consiste en un petit fourneau -conique fait en cuivre battu, représenté en perspective, _plan. XII, -figure 9_, & vu intérieurement, _figure 11_. On y distingue le -fourneau proprement dit ABC, où doit se faire la combustion du charbon, -la grille _de_ & le cendrier F. Au milieu du fourneau est un tuyau GH, -par lequel on introduit le charbon & qui sert en même tems de cheminée -pour évacuer l'air qui a servi à la combustion. - -C'est par le tuyau _lmn_ qui communique avec le gazomètre, qu'est amené -l'air qui est destiné à entretenir la combustion; cet air se répand -dans la capacité du cendrier F, & la pression qui lui est communiquée -par le gazomètre, l'oblige à passer par la grille _de_, & à souffler -les charbons qui sont posés immédiatement dessus. - -Le gaz oxygène qui entre pour les 28/100 dans la composition de l'air -de l'atmosphère, se convertit, comme l'on sait, en gaz acide carbonique -dans la combustion du charbon. Le gaz azote au contraire ne change -point d'état; il doit donc rester, après la combustion, un mêlange de -gaz azote & de gaz acide carbonique. Pour donner issue à ce mêlange, on -a adapté à la cheminée GH un tuyau _op_ qui s'y visse en G, de manière -à ne laisser échapper aucune portion d'air. Le mêlange des deux gaz est -conduit par ce tuyau à des bouteilles remplies de potasse en liqueur & -bien dépouillée d'acide carbonique, à travers laquelle il bouillonne. -Le gaz acide carbonique est absorbé par la potasse, & il ne reste que -du gaz azote qu'on reçoit dans un second gazomètre pour en déterminer -la quantité. - -Une des difficultés que présente l'usage de cet appareil, est d'allumer -le charbon & de commencer la combustion: voici le moyen d'y parvenir. -Avant d'emplir de charbon le fourneau ABC, on en détermine le poids -avec une bonne balance & de manière à être sûr de ne point commettre -une erreur de plus d'un ou deux grains; on introduit ensuite dans la -cheminée GH le tuyau RS, _figure 10_, dont le poids doit également -avoir été bien déterminé. Ce tuyau est creux & ouvert par les deux -bouts: son extrémité S doit descendre jusqu'au fond du fourneau; -elle doit porter sur la grille _de_ & l'occuper toute entière. Ce -n'est qu'après que le tuyau RS a été ainsi placé, qu'on introduit le -charbon dans le fourneau. On le pèse alors de nouveau, pour connoître -la quantité de charbon qui y a été introduite. Ces opérations -préliminaires achevées, on met en place le fourneau, on visse le -tuyau _lmn_, _figure 9_, avec celui qui communique avec le gazomètre; -on visse le tuyau _op_ avec celui qui conduit aux bouteilles remplies -de potasse: enfin au moment où l'on veut commencer la combustion, on -ouvre le robinet du gazomètre, & on jette un petit charbon allumé par -l'extrémité R du tuyau RS; ce charbon tombe sur la grille où le courant -d'air le maintient allumé. Alors on retire promptement le tuyau RS; -on visse à la cheminée le tuyau _op_ destiné à évacuer l'air, & on -continue la combustion. Pour être assuré qu'elle est vraiment commencée -& que l'opération a réussi, on a ménagé un tuyau _qrs_ garni à son -extrémité _s_ d'un verre mastiqué, à travers lequel on peut voir si -le charbon est allumé. J'oubliois d'observer que ce fourneau & ses -dépendances sont plongés dans une espèce de baquet allongé TVXY, _fig. -11_, qui est rempli d'eau & même de glace, afin de diminuer autant que -l'on veut la chaleur de la combustion. Cette chaleur au surplus n'est -jamais très-vive, parce qu'il ne peut y avoir de combustion qu'en -proportion de l'air qui est fourni par le gazomètre, & qu'il n'y a -d'ailleurs de charbon qui brûle que celui qui porte immédiatement sur -la grille. A mesure qu'une molécule de charbon est consommée, il en -retombe une autre en vertu de l'inclinaison des parois du fourneau; -elle se présente au courant d'air qui traverse la grille _de_, & elle -brûle comme la première. - -Quant à l'air qui a servi à la combustion, il traverse la masse -de charbon qui n'a pas encore brûlé, & la pression exercée par le -gazomètre l'oblige de s'échapper par le tuyau _op_, & de traverser les -bouteilles remplies d'alkali. - -On voit que dans cette expérience on a toutes les données nécessaires -pour obtenir une analyse complette de l'air atmosphérique & du -charbon. En effet, on connoît le poids du charbon; on a par le moyen -du gazomètre la mesure de la quantité d'air employée à la combustion; -on peut déterminer la qualité & la quantité de celui qui reste après -la combustion; on a le poids de la cendre qui s'est rassemblée dans le -cendrier: enfin l'augmentation de poids des bouteilles qui contiennent -la potasse en liqueur, donne la quantité d'acide carbonique qui s'est -formé. On peut également connoître avec beaucoup de précision, par -cette opération, la proportion de carbone & d'oxygène dont cet acide -est composé. - -Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, de la suite -d'expériences que j'ai entreprises avec cet appareil sur tous les -charbons végétaux & animaux. Il n'est pas difficile de voir qu'avec -très-peu de changemens on peut en faire une machine propre à observer -les principaux phénomènes de la respiration. - - -§. II. - -_De la Combustion des Huiles._ - -Le charbon, au moins quand il est pur, étant une substance simple, -l'appareil destiné à le brûler ne pouvoit pas être très-compliqué. Tout -se réduisoit à lui fournir le gaz oxygène nécessaire à sa combustion, -& à séparer ensuite d'avec le gaz azote le gaz acide carbonique -qui s'étoit formé. Les huiles sont plus composées que le charbon, -puisqu'elles résultent de la combinaison au moins de deux principes, -le carbone & l'hydrogène; il reste en conséquence, après qu'on les a -brûlées dans l'air commun, de l'eau, du gaz acide carbonique & du gaz -azote. L'appareil qu'on emploie pour ce genre d'expériences, doit avoir -pour objet de séparer & de recueillir ces trois espèces de produit. - -Je me sers, pour brûler les huiles, d'un grand bocal A représenté -_planche XII, fig 4_, & de son couvercle, _figure 5_. Ce bocal est -garni d'une virole de fer BCDE, qui s'applique exactement sur le bocal -en DE, & qui y est solidement mastiquée. Cette virole prend un plus -grand diamètre en BC, & laisse entr'elle & les parois du bocal un -intervalle ou rigole _xxxx_, qu'on remplit de mercure: le couvercle -représenté _fig. 5_, a de son côté en _fg_ une virole de fer qui -s'ajuste dans la rigole _xxxx_ du bocal, & qui plonge dans le mercure; -Le bocal A peut par ce moyen se fermer en un instant hermétiquement & -sans lut; & comme la rigole peut contenir une hauteur de mercure de -deux pouces, on voit qu'on peut faire éprouver à l'air contenu dans le -bocal une pression de plus de deux pieds d'eau, sans risquer qu'elle -surmonte la résistance du mercure. - -Le couvercle, _fig. 5_, est percé de quatre trous destinés au passage -d'un égal nombre de tuyaux. L'ouverture T est d'abord garnie d'une -boëte à cuir à travers laquelle doit passer la tige représentée _fig. -3_. Cette tige est destinée à remonter ou à descendre la mêche de la -lampe, comme je l'expliquerai ci-après; les trois autres trous _h_, -_i_, _k_, sont destinés, savoir, le premier au passage du tuyau qui -doit amener l'huile, le second au passage du tuyau qui doit amener -l'air à la lampe pour entretenir la combustion, le troisième au passage -du tuyau qui doit donner issue à ce même air lorsqu'il a servi à la -combustion. - -La lampe destinée à brûler l'huile dans le bocal, est représentée -séparément, _fig. 2_ de la même _planche_; on y voit le réservoir à -huile a avec une espèce d'entonnoir par lequel on le remplit; le siphon -_bcdefgh_, qui fournit l'huile à la lampe; le tuyau 7, 8, 9, 10, qui -amène l'air du gazomètre à la même lampe. - -Le tuyau _bc_ est taraudé extérieurement dans sa partie inférieure -_b_, & se visse dans un écrou contenu dans le couvercle du réservoir -A; par ce moyen, en tournant le réservoir, on peut le faire monter ou -descendre & amener l'huile à la lampe, au niveau où on le juge à propos. - -Quand on veut remplir le siphon & établir la communication entre -l'huile du réservoir _a_ & celle de la lampe 11, on ferme d'abord le -robinet _c_, on ouvre celui _e_, & on verse de l'huile par l'ouverture -_f_, qui est au haut du siphon. Dès qu'on voit paroître l'huile dans la -lampe 11 à un niveau convenable, c'est-à-dire à trois ou quatre lignes -des bords, on ferme le robinet _k_; on continue à verser de l'huile par -l'ouverture e, pour remplir la branche _bcd_. Quand elle est remplie, -on ferme le robinet _f_, & alors les deux branches du siphon étant -pleines d'huile sans interruption, la communication du réservoir à la -lampe est établie. - -La _figure 1_, même _planche XII_, représente la coupe de la lampe -grossie pour rendre les détails plus frappans & plus sensibles. On y -voit le tuyau _ik_, qui apporte l'huile; _aaaa_, la capacité qu'occupe -la mêche; 9 & 10, le tuyau qui apporte l'air à la lampe: cet air se -répand dans la capacité _dddddd_, puis il se distribue par le canal -_cccc_ & par celui _bbbb_, en-dedans & en-dehors de la mêche, à la -manière des lampes d'Argand, Quinquet & Lange. - -Pour faire mieux connoître l'ensemble de cet appareil, & pour que sa -description même rende plus facile l'intelligence de tous les autres -de même genre, je l'ai représenté tout entier en perspective, _planche -XI_. On y voit le gazomètre P qui fournit l'air; l'ajutage 1 & 2 par -lequel il sort, & qui est garni d'un robinet 1; 2 & 3, un tuyau qui -communique de ce premier gazomètre à un second, que l'on emplit pendant -que le premier se vuide, afin que l'émission de l'air se fasse sans -interruption pendant tout le tems que doit durer l'opération; 4 & 5, -un tube de verre garni d'un sel déliquescent en morceaux médiocrement -gros, afin que l'air, en se distribuant dans les interstices, y dépose -une grande partie de l'eau qu'il tenoit en dissolution. Comme on -connoît le poids du tube & celui du sel déliquescent qu'il contient, -il est toujours facile de connoître la quantité d'eau qu'il a absorbée. - -Du tube 4 & 5 que je nommerai tube déliquescent, l'air est conduit à -la lampe 11 par le tube 5, 6, 7, 8, 9, 10. Là il se divise; une partie -vient alimenter la flamme par-dehors, l'autre par-dedans, à la manière -des lampes d'Argand, Quinquet & Lange. Cet air, dont une partie a ainsi -servi à la combustion de l'huile, forme avec elle en l'oxygénant du -gaz acide carbonique & de l'eau. Une partie de cette eau se condense -sur les parois du bocal A, une autre partie est tenue en dissolution -dans l'air par la chaleur de la combustion: mais cet air qui est poussé -par la pression qu'il reçoit du gazomètre, est obligé de passer par -le tuyau 12, 13, 14 & 15, d'où il est conduit dans la bouteille 16 & -dans le serpentin 17 & 18, où l'eau achève de se condenser à mesure -que l'air se refroidit. Enfin si quelque peu d'eau restoit encore en -dissolution dans l'air, elle seroit absorbée par le sel déliquescent -contenu dans le tube 19 & 20. - -Toutes les précautions qu'on vient d'indiquer n'ont d'autre objet que -de recueillir l'eau qui s'est formée, & d'en déterminer la quantité: -il reste ensuite à évaluer l'acide carbonique & le gaz azote. On y -parvient au moyen des bouteilles 22 & 25, qui sont à moitié remplies -de potasse en liqueur & dépouillée d'acide carbonique par la chaux. -L'air qui a servi à la combustion, y est conduit par les tuyaux 20, 21, -23 & 24, & il y dépose le gaz acide carbonique qu'il contient. On n'a -représenté dans cette figure, pour la simplifier, que deux bouteilles -remplies de potasse en liqueur; mais il en faut beaucoup davantage, & -je ne crois pas qu'on puisse en employer moins de neuf. Il est bon de -mettre dans la dernière de l'eau de chaux, qui est le réactif le plus -sûr & le plus sensible pour reconnoître l'acide carbonique: si elle ne -se trouble pas, on peut être assuré qu'il ne reste pas de gaz acide -carbonique dans l'air, du moins en quantité sensible. - -Il ne faut pas croire que l'air qui a servi à la combustion, lorsqu'il -a traversé les neuf bouteilles, ne contienne plus que du gaz azote; -il est encore mêlé d'une assez grande quantité de gaz oxigène qui -a échappé à la combustion. On fait passer ce mêlange à travers un -sel déliquescent contenu dans le tube de verre 28 & 29, afin de le -dépouiller des portions d'eau qu'il auroit pu dissoudre en traversant -les bouteilles de potasse & d'eau de chaux. Enfin on conduit le -résidu d'air à un gazomètre par le tuyau 29 & 30: on en détermine la -quantité; on en prend des échantillons qu'on essaye par le sulfure de -potasse, afin de savoir la proportion de gaz oxygène & de gaz azote -qu'il contient. - -On sait que dans la combustion des huiles, la mêche se charbonne au -bout d'un certain tems, & qu'elle s'obstrue. Il y a d'ailleurs une -longueur déterminée de mêche qu'il faut atteindre, mais qu'il ne faut -pas outre-passer, sans quoi il monte par les tuyaux capillaires de la -mêche plus d'huile que le courant d'air n'en peut consommer, & la lampe -fume. Il étoit donc nécessaire qu'on pût allonger ou raccourcir la -mêche de dehors & sans ouvrir l'appareil: c'est à quoi on est parvenu, -au moyen de la tige 31, 32, 33 & 34, qui passe à travers une boëte à -cuir & qui répond au porte-mêche. On a donné à cette tige un mouvement -très-doux au moyen d'un pignon qui engraine dans une crémaillère. On -voit cette tige & ses accessoires représentés séparément, _pl. XII, -fig. 3_. - -Il m'a semblé encore qu'en enveloppant la flamme de la lampe avec un -petit bocal de verre ouvert par les deux bouts, la combustion en alloit -mieux. Ce bocal est en place dans la _planche XI_. - -Je n'entrerai pas dans de plus grands détails sur la construction -de cet appareil, qui est susceptible d'être changé & modifié de -différentes manières. Je me contenterai d'ajouter que, lorsqu'on veut -opérer, on commence par peser la lampe avec son réservoir & l'huile -qu'elle contient; qu'on la met en place; qu'on l'allume; qu'après avoir -donné de l'air en ouvrant le robinet du gazomètre, on place le bocal -A; qu'on l'assujétit au moyen d'une petite planche BC, sur laquelle -il repose, & de deux tiges de fer qui la traversent & qui se vissent -au couvercle. Il y a de cette manière un peu d'huile brûlée pendant -qu'on ajuste le bocal au couvercle & l'on en perd le produit; il y a -également une petite portion d'air qui s'échappe du gazomètre & qu'on -ne peut recueillir; mais ces quantités sont peu considérables dans -des expériences en grand; elles sont d'ailleurs susceptibles d'être -évaluées. - -Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, des difficultés -particulières attachées à ce genre d'expériences, & des moyens de -les lever. Ces difficultés sont telles, qu'il ne m'a pas encore été -possible d'obtenir des résultats rigoureusement exacts pour les -quantités. J'ai bien la preuve que les huiles fixes se résolvent -entièrement en eau & en gaz acide carbonique, qu'elles sont composées -d'hydrogène & de carbone; mais je n'ai rien d'absolument certain sur -les proportions. - - -§. III. - -_De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool._ - -La combustion de l'alkool peut à la rigueur se faire dans l'appareil -qui a été décrit ci-dessus pour la combustion du charbon & pour -celle du phosphore. On place sous une cloche A, _planche IV, fig.3_, -une lampe remplie d'alkool; on attache à la mêche un atôme de -phosphore, & on allume avec un fer recourbé qu'on passe par-dessous -la cloche: mais cette manière d'opérer est susceptible de beaucoup -d'inconvéniens. Il seroit d'abord imprudent d'employer du gaz oxygène, -par la crainte de la détonation: on n'est pas même entièrement exempt -de ce risque, lorsque l'on emploie de l'air atmosphérique, & j'en -ai fait, en présence de quelques membres de l'Académie, une épreuve -qui a pensé leur devenir funeste ainsi qu'à moi. Au lieu de préparer -l'expérience comme j'étois dans l'habitude de le faire, au moment -même où je devois opérer, je l'avois disposée dès la veille. L'air -atmosphérique contenu dans la cloche, avoit eu en conséquence le tems -de dissoudre de l'alkool: la vaporisation de l'alkool avoit même été -favorisée par la hauteur de la colonne de mercure que j'avois élevée -en EF, _planche IV, fig. 3_. En conséquence, au moment où je voulus -allumer le petit morceau de phosphore & la lampe avec le fer rouge, -il se fit une détonation violente qui enleva la cloche & qui la brisa -en mille pièces contre le plancher du laboratoire. Il résulte de -l'impossibilité où l'on est d'opérer dans du gaz oxygène, qu'on ne peut -brûler par ce moyen que de très-petites quantités d'alkool, de 10 à -12 grains par exemple, & les erreurs qu'on peut commettre sur d'aussi -petites quantités, ne permettent de prendre aucune confiance dans les -résultats. J'ai essayé dans les expériences dont j'ai rendu compte -à l'Académie (_Voy. Mém. Acad. année 1784, pag. 593_) de prolonger -la durée de la combustion, en allumant la lampe d'alkool dans l'air -ordinaire, & en refournissant ensuite du gaz oxygène sous la cloche à -mesure qu'il s'en étoit consommé; mais le gaz acide carbonique qui se -forme met obstacle à la combustion, d'autant plus que l'alkool est peu -combustible & qu'il brûle difficilement dans de l'air moins bon que -l'air commun; on ne peut donc encore brûler de cette manière que de -très-petites quantités d'alkool. - -Peut-être cette combustion réussiroit-elle dans l'appareil représenté -_planche XI_; mais je n'ai pas osé l'y tenter. Le bocal A où se fait -la combustion, a environ 1400 pouces cubiques de capacité; & s'il se -faisoit une détonation dans un aussi grand vaisseau, elle auroit des -suites terribles dont il seroit difficile de se garantir. Je ne renonce -pas cependant à la tenter. - -C'est par une suite de ces difficultés que je me suis borné jusqu'ici à -des expériences très en petit sur l'alkool, ou bien à des combustions -faites, dans des vaisseaux ouverts, comme dans l'appareil représenté -_pl. IX, fig. 5_, dont je donnerai la description dans le §. 5 de ce -Chapitre. - -Je reprendrai dans d'autres tems la suite de ce travail, si du moins je -puis parvenir à lever les obstacles qu'il m'a présentés jusqu'ici. - - -§. IV. - -_De la Combustion de l'Ether._ - -La combustion de l'éther en vaisseaux clos, ne comporte pas précisément -les mêmes difficultés que celle de l'alkool; mais elle en présente -d'un autre genre qui ne sont pas moins difficiles à vaincre, & qui -m'arrêtent encore dans ce moment. - -J'avois cru pouvoir profiter, pour opérer cette combustion, de la -propriété qu'a l'éther de se dissoudre dans l'air de l'atmosphère, -& de le rendre inflammable sans détonation. J'ai fait construire, -d'après cette idée, un réservoir à éther _abcd_, _pl. XII, fig. 8_, -auquel l'air du gazomètre est amené par un tuyau 1, 2, 3, 4. Cet air -se répand d'abord dans un double fond pratiqué à la partie supérieure -_ac_ du réservoir. Là il se distribue par sept tuyaux descendans _ef_, -_gh_, _ik_, _&c._ & la pression qu'il reçoit de la part du gazomètre, -l'oblige de bouillonner à travers l'éther contenu, dans le vase _abcd_. - -On peut, à mesure que l'éther est ainsi dissous & emporté par l'air, en -rendre au réservoir _abcd_, au moyen d'un réservoir supplémentaire E, -porté par un tuyau de cuivre _op_, de 15 à 18 pouces de haut, & qui se -ferme au moyen d'un robinet. J'ai été obligé de donner une assez grande -hauteur à ce tuyau, afin que l'éther qui est contenu dans le flacon E -puisse vaincre la résistance occasionnée par la pression exercée par le -gazomètre. - -L'air ainsi chargé de vapeurs d'éther est repris par le tuyau 5, 6, 7, -8, 9, & conduit dans le bocal A où il s'échappe par un ajutoir très-fin -à l'extrêmité duquel on l'allume. Ce même air, après avoir servi à la -combustion, passe par la bouteille 16, _planche XI_, par le serpentin -17 & 18, & par le tube déliquescent où il dépose l'eau dont il s'étoit -chargé; le gaz acide carbonique est ensuite absorbé par l'alkali -contenu dans les bouteilles 22 & 25. - -Je supposois, lorsque j'ai fait construire cet appareil, que la -combinaison d'air atmosphérique & d'éther qui s'opère dans le réservoir -_abcd_, _planc. XII, figure 8_, étoit dans la juste proportion qui -convient à la combustion, & c'est en quoi j'étois dans l'erreur: il -y a un excès d'éther très-considérable, & il faut en conséquence une -nouvelle combinaison d'air atmosphérique pour opérer la combustion -totale. Il en résulte qu'une lampe construite de cette manière brûle -dans l'air ordinaire qui fournit la quantité d'oxygène manquante pour -la combustion; mais qu'elle ne peut brûler dans des vaisseaux où l'air -ne se renouvelle pas. Aussi la lampe s'éteignoit-elle peu de tems après -qu'elle étoit enfermée dans le bocal A, _planche XII, figure 8_. Pour -remédier à cet inconvénient, j'ai essayé d'amener à cette lampe de -l'air atmosphérique par un tuyau latéral 9, 10, 11, 12, 13, 14 & 15; & -je l'ai distribué circulairement autour de la mêche: mais quelque léger -que fût le courant d'air, la flamme étoit si mobile, elle tenoit si peu -à la mêche, qu'il suffisoit pour la souffler; en sorte que je n'ai -point encore pu réussir à la combustion de l'éther. Je ne désespère -cependant pas d'y parvenir, au moyen de quelques changemens que je fais -faire à cet appareil. - - -§. V. - -_De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la Formation de l'Eau._ - -La formation de l'eau a cela de particulier, que les deux substances -qui y concourent, l'oxygène & l'hydrogène, sont l'une & l'autre -dans l'état aériforme avant la combustion, & que l'une & l'autre se -transforment par le résultat de cette opération, en une substance -liquide qui est l'eau. - -Cette combustion seroit donc fort simple & n'exigeroit pas des -appareils fort compliqués, s'il étoit possible de se procurer des -gaz oxygène & hydrogène parfaitement purs & qui fussent combustibles -sans reste. On pourroit alors opérer dans de très-petits vaisseaux; -& en y refournissant continuellement les deux gaz dans la proportion -convenable, on continueroit indéfiniment la combustion. Mais jusqu'ici -les Chimistes n'ont encore employé que du gaz oxygène mélangé de gaz -azote. Il en a résulté qu'ils n'ont pu entretenir que pendant un tems -limité & très-court la combustion du gaz hydrogène dans des vaisseaux -clos: & en effet, le résidu de gaz azote augmentant continuellement, la -flamme s'affoiblit & elle finit par s'éteindre. Cet inconvénient est -d'autant plus grand, que le gaz oxygène qu'on emploie est moins pur: -il faut alors, ou cesser la combustion & se résoudre à n'opérer que -sur de petites quantités, ou refaire le vuide pour se débarrasser du -gaz azote: mais dans ce dernier cas on vaporise une portion de l'eau -qui s'est formée, & il en résulte une erreur d'autant plus dangereuse, -qu'on n'a pas de moyen sûr de l'apprécier. - -Ces réflexions me font désirer de pouvoir répéter un jour les -principales expériences de la Chimie pneumatique avec du gaz oxygène -absolument exempt de mêlange de gaz azote, & le sel muriatique oxygéné -de potasse en fournit les moyens. Le gaz oxygène qu'on en retire ne -paroît contenir de l'azote qu'accidentellement; en sorte qu'avec des -précautions on pourra l'obtenir parfaitement pur. En attendant que -j'aye pu reprendre cette suite d'expériences, voici l'appareil que nous -avons employé, M. Meusnier & moi, pour la combustion du gaz hydrogène. -Il n'y aura rien à y changer, lorsqu'on aura pu se procurer des gaz -purs, si ce n'est qu'on pourra diminuer la capacité du vase où se fait -la combustion. - -J'ai pris un matras ou ballon à large ouverture A, _pl. IV, fig. 5_, -& j'y ai adapté une platine BC, à laquelle étoit soudée une douille -creuse de cuivre _g_FD, fermée par le haut & à laquelle venoient -aboutir trois tuyaux. Le premier _d_D_d'_ se terminoit en _d'_ par -une ouverture très-petite & à peine capable de laisser passer une -aiguille fine; il communiquoit avec le gazomètre représenté _pl. VIII, -fig. 1_, lequel étoit rempli de gaz hydrogène. Le tuyau opposé _gg_ -communiquoit avec un autre gazomètre tout semblable, qui étoit rempli -de gaz oxygène: un troisième tuyau H_h_ s'adaptoit à une machine -pneumatique, pour qu'on pût faire le vuide dans le ballon A. Enfin la -platine BC étoit en outre percée d'un trou garni d'un tube de verre -à travers lequel passoit un fil de métal _g_L, à l'extrémité duquel -étoit adaptée une petite boule L de cuivre, afin qu'on pût tirer une -étincelle électrique de L en _d'_, & allumer ainsi le gaz hydrogène -amené par le tuyau _d_D_d'_. - -Pour que les deux gaz arrivassent aussi secs qu'il étoit possible, on -avoit rempli deux tubes MM, NN, d'un pouce & demi de diamètre environ, -& d'un pied de longueur, avec de la potasse concrète bien dépouillée -d'acide carbonique & concassée en morceaux assez gros pour que les gaz -pussent passer librement entre les interstices. J'ai éprouvé depuis -que du nitrate ou du muriate de chaux bien secs & en poudre grossière, -étoient préférables à la potasse, & qu'ils enlevoient plus d'eau à une -quantité donnée d'air. - -Pour opérer avec cet appareil, on commence par faire le vuide dans le -ballon A, au moyen de la pompe pneumatique adaptée au tuyau FH_h_; -après quoi on y introduit du gaz oxygène, en tournant le robinet _r_ -du tube _gg_. Le degré du limbe du gazomètre observé avant & après -l'introduction du gaz, indique la quantité qui en est entrée dans le -ballon. On ouvre ensuite le robinet s du tube _d_D_d'_, afin de faire -arriver le gaz hydrogène; & aussitôt, soit avec une machine électrique, -soit avec une bouteille de Leyde, on fait passer une étincelle de la -boule L à l'extrémité _d'_ du tube par lequel se fait l'écoulement du -gaz hydrogène, & il s'allume aussitôt. Il faut, pour que la combustion -ne soit ni trop lente ni trop rapide, que le gaz hydrogène arrive -avec une pression d'un pouce & demi à deux pouces d'eau, & que le gaz -oxygène n'arrive au contraire qu'avec trois lignes au plus de pression. - -La combustion ainsi commencée, elle se continue; mais en -s'affoiblissant à mesure que la quantité de gaz azote qui reste de la -combustion des deux gaz augmente. Il arrive enfin un moment où la -portion de gaz azote devient telle, que la combustion ne peut plus -avoir lieu, & alors la flamme s'éteint. Il faut faire en sorte de -prévenir cette extinction spontanée; parce qu'au moyen de ce qu'il y a -pression plus forte dans le réservoir de gaz hydrogène que dans celui -de gaz oxygène, il se feroit un mêlange des deux dans le ballon, & que -ce mêlange passeroit ensuite dans le réservoir de gaz oxygène. Il faut -donc arrêter la combustion en fermant le robinet du tuyau _d_D_d'_, dès -qu'on s'apperçoit que la flamme s'affoiblit à un certain point, & avoir -une grande attention pour ne point se laisser surprendre. - -A une première combustion ainsi faite on peut en faire succéder une -seconde, une troisième, &c. On refait alors le vuide comme la première -fois; on remplit le ballon de gaz oxygène, on ouvre le robinet du tuyau -par lequel s'introduit le gaz hydrogène, & on allume par l'étincelle -électrique. - -Pendant toutes ces opérations, l'eau qui se forme, se condense sur les -parois du ballon & ruisselle de toutes parts: elle se rassemble au -fond, & il est aisé d'en déterminer le poids quand on connoît celui du -ballon. Nous rendrons compte un jour, M. Meusnier & moi, des détails -de l'expérience que nous avons faite avec cet appareil, dans les mois -de janvier & de février 1785, en présence d'une grande partie des -membres de l'Académie. Nous avons tellement multiplié les précautions, -que nous avons lieu de la croire exacte. D'après le résultat que nous -avons obtenu, 100 parties d'eau en poids sont composées de 85 d'oxygène -& de 15 d'hydrogène. - -Il est encore un autre appareil pour la combustion, avec lequel on ne -peut pas faire des expériences aussi exactes qu'avec les précédens, -mais qui présente un résultat très-frappant & très-propre à être -présenté dans un cours de Physique & de Chimie. Il consiste dans un -serpentin EF, _planche IX, figure 5_, renfermé dans un seau de métal -ABCD. A la partie supérieure E du tuyau de ce serpentin, on adapte une -cheminée GH composée d'un double tuyau; savoir, de la continuation du -serpentin & d'un tuyau de fer-blanc qui l'environne. Ces deux tuyaux -laissent entr'eux un intervalle d'un pouce environ, qu'on remplit avec -du sable. - -A l'extrémité inférieure du tuyau intérieur K, s'adapte un tube de -verre, & au-dessous une lampe à esprit-de-vin LM, à la Quinquet. - -Les choses ainsi préparées, & la quantité d'alkool contenue dans la -lampe ayant été bien déterminée, on allume. L'eau qui se forme pendant -la combustion de l'alkool, s'élève par le tube KE; elle se condense -dans le serpentin contenu dans le seau ABCD, & va ressortir en état -d'eau par l'extrémité F du tube où elle est reçue dans une bouteille P. - -La double enveloppe GH est destinée à empêcher que le tube ne se -refroidisse dans sa partie montante, & que l'eau ne s'y condense. -Elle redescendroit le long du tube, sans qu'on pût en déterminer la -quantité; il pourroit d'ailleurs en retomber sur la mêche des gouttes, -qui ne manqueroient pas de l'éteindre. L'objet de cet appareil est -donc d'entretenir toujours chaude toute la partie GH que j'appelle -la cheminée, & toujours froide au contraire la partie qui forme le -serpentin proprement dit; en sorte que l'eau soit toujours dans -l'état de vapeurs dans la partie montante, & qu'elle se condense -sitôt qu'elle est engagée dans la partie descendante. Cet appareil a -été imaginé par M. Meusnier: j'en ai donné la description dans les -Mémoires de l'Académie, année 1784, page 593 & 594. On peut, en opérant -avec précaution, c'est-à-dire en entretenant l'eau qui environne le -serpentin, toujours froide, retirer près de 17 onces d'eau de la -combustion de 16 onces d'esprit-de-vin ou alkool. - - -§. VI. - -_De l'Oxidation des Métaux._ - -On désigne principalement par le nom de calcination ou oxidation, -une opération dans laquelle les métaux exposés à un certain degré -de chaleur se convertissent en oxides, en absorbant l'oxygène de -l'air. Cette combinaison se fait en raison de ce que l'oxygène a plus -d'affinité, du moins à un certain degré de température, avec les -métaux, qu'il n'en a avec le calorique. En conséquence le calorique -devient libre & se dégage: mais comme l'opération, lorsqu'elle se fait -dans l'air commun, est successive & lente, le dégagement du calorique -est peu sensible. Il n'en est pas de même, lorsque la calcination -s'opère dans le gaz oxygène; elle se fait alors d'une manière beaucoup -plus rapide, elle est souvent accompagnée de chaleur & de lumière; en -sorte qu'on ne peut douter que les substances métalliques ne soient de -véritables corps combustibles. - -Les métaux n'ont pas tous le même degré d'affinité pour l'oxygène. -L'or & l'argent, par exemple, & même le platine ne peuvent l'enlever -au calorique, à quelque degré de chaleur que ce soit. Quant aux autres -métaux, ils s'en chargent d'une quantité plus ou moins grande, &, en -général, ils en absorbent jusqu'à ce que ce principe soit en équilibre -entre la force du calorique qui le retient, & celle du métal qui -l'attire. Cet équilibre est une loi générale de la nature dans toutes -les combinaisons. - -Dans les opérations de docimasie & dans toutes celles relatives aux -arts, on accélère l'oxidation du métal en donnant un libre accès à -l'air extérieur. Quelquefois même on y joint l'action d'un soufflet -dont le courant est dirigé sur la surface du métal. L'opération -est encore plus rapide, si on souffle du gaz oxygène; ce qui est -très-facile à l'aide du gazomètre dont j'ai donné la description. -(_Voyez_ page 346.) Alors le métal brûle avec flamme, & l'oxidation est -terminée en quelques instans: mais on ne peut employer ce dernier moyen -que pour des expériences très en petit, à cause de la cherté du gaz -oxygène. - -Dans l'essai des mines & en général dans toutes les opérations -courantes des laboratoires, on est dans l'usage de calciner ou oxider -les métaux sur un plat ou soucoupe de terre cuite, _pl. IV, fig. 6_, -qu'on place sur un bon fourneau: on nomme ces plats ou soucoupes _têts -à rôtir_. De tems en tems on remue la matière qu'on veut calciner, afin -de renouveller les surfaces. - -Toutes les fois qu'on opère sur une substance métallique qui n'est -pas volatile, & qu'il ne se dissipe rien pendant l'opération, il y -a augmentation de poids du métal. Mais des expériences faites ainsi -en plein air, n'auroient jamais conduit à reconnoître la cause de -l'augmentation du poids des métaux pendant leur oxidation. Ce n'est -que du moment où l'on a commencé à opérer dans des vaisseaux fermés -& dans des quantités déterminées d'air, qu'on a été véritablement -sur la voie de la découverte des causes de ce phénomène. Un premier -moyen qu'on doit à M. Priestley, consiste à exposer le métal qu'on se -propose de calciner, sur une capsule N de porcelaine, _planc. IV_, -_fig. 11_, placée sur un support un peu élevé IK; à le recouvrir avec -une cloche de cristal A plongée dans un bassin plein d'eau BCDE, & à -élever l'eau jusqu'en GH, en suçant l'air de la cloche avec un siphon -qu'on passe par-dessous: on fait ensuite tomber sur le métal le foyer -d'un verre ardent. En quelques minutes l'oxidation s'opère; une partie -de l'oxygène contenu dans l'air se combine avec le métal; il y a une -diminution proportionnée dans le volume de l'air, & ce qui reste n'est -plus que du gaz azote, encore mêlé cependant d'une petite quantité de -gaz oxygène. J'ai exposé le détail des expériences que j'ai faites -avec cet appareil dans mes opuscules physiques & chimiques, imprimées -en 1773, pages 283, 284, 285 & 286. On peut substituer le mercure à -l'eau, & l'expérience n'en est que plus concluante. - -Un autre procédé dont j'ai exposé le résultat dans les Mémoires de -l'Académie, année 1774, page 351, & dont la première idée appartient à -Boyle, consiste à introduire le métal sur lequel on veut opérer dans -une cornue A, _pl. III_, _fig. 20_, dont on tire à la lampe l'extrémité -du col, & qu'on ferme hermétiquement en C. On oxide ensuite le métal, -en tenant la cornue sur un feu de charbon, & en la chauffant avec -précaution. Le poids du vaisseau & des matières qu'il contient, ne -change pas tant qu'on n'a pas rompu l'extrémité C du bec de la cornue; -mais sitôt qu'on procure à l'air extérieur une issue pour rentrer, il -le fait avec sifflement. - -Cette opération ne seroit pas sans quelque danger, si on scelloit -hermétiquement la cornue sans avoir fait sortir auparavant une portion -de l'air qu'elle contenoit; la dilatation occasionnée par la chaleur -pourroit faire éclater le vaisseau, avec risque pour ceux qui le -tiendroient ou qui seroient dans le voisinage. Pour prévenir ce danger, -on doit faire chauffer la cornue avant de la sceller à la lampe & en -faire sortir une portion d'air qu'on reçoit sous une cloche dans -l'appareil pneumato-chimique, afin de pouvoir en déterminer la quantité. - -Je n'ai point multiplié, autant que je l'aurois desiré, ces oxidations, -& je n'ai obtenu de résultats satisfaisans qu'avec l'étain: le plomb -ne m'a pas bien réussi. Il seroit à souhaiter que quelqu'un voulût -bien reprendre ce travail & tenter l'oxidation dans différens gaz; -il seroit, je crois, bien dédommagé des peines attachées à ce genre -d'expériences. - -Tous les oxides de mercure étant susceptibles de se revivifier sans -addition, & de restituer dans son état de pureté l'oxygène qu'ils -ont absorbé, aucun métal n'étoit plus propre à devenir le sujet -d'expériences très-concluantes sur la calcination & l'oxidation des -métaux. J'avois d'abord tenté, pour opérer l'oxidation du mercure -dans les vaisseaux fermés, de remplir une cornue de gaz oxygène, d'y -introduire une petite portion de mercure & d'adapter à son col une -vessie à moitié remplie de gaz oxygène, comme on le voit représenté -_planche IV, fig. 12_. Je faisois ensuite chauffer le mercure de la -cornue; & en continuant très-long-tems l'opération, j'étois parvenu à -en oxider une petite portion, & à former de l'oxide rouge qui nageoit à -la surface: mais la quantité de mercure que je suis parvenu à oxider -de cette manière, étoit si petite, que la moindre erreur commise -dans la détermination des quantités de gaz oxygène avant & après -l'oxidation, auroit jetté la plus grande incertitude sur mes résultats. -J'étois toujours inquiet d'ailleurs, & non sans de justes raisons, -qu'il ne se fût échappé de l'air à travers des pores de la vessie, -d'autant plus qu'elle se racornit pendant l'opération par la chaleur du -fourneau dans lequel on opère, à moins qu'on ne la recouvre de linges -entretenus toujours humides. - -On opère d'une manière plus sûre avec l'appareil représenté _planc. IV, -figure 2_. (_Voyez_ Mém. Acad. année 1775, page 580.) Il consiste -en une cornue A, au bec de laquelle on soude à la lampe d'émailleur -un tuyau de verre recourbé BCDE, de 10 à 12 lignes de diamètre, qui -s'engage sous une cloche FG contenue & retournée dans un bassin plein -d'eau ou de mercure. Cette cornue est soutenue sur les barres d'un -fourneau MMNN: on peut aussi se servir d'un bain de sable. On parvient -avec cet appareil à oxider en plusieurs jours un peu de mercure dans -l'air ordinaire, & à obtenir un peu d'oxide rouge qui nage à la -surface: on peut même le rassembler, le revivifier & comparer les -quantités de gaz obtenu avec l'absorption qui a eu lieu pendant la -calcination; (_voyez_ page 35 les détails que j'ai donnés sur cette -expérience) mais ce genre d'opérations ne pouvant se faire que très en -petit, il reste toujours de l'incertitude sur les quantités. - -La combustion du fer dans le gaz oxygène étant une véritable oxidation, -je dois en faire mention ici. L'appareil qu'emploie M. Ingen-Housz pour -cette opération, est représenté _pl. IV, fig. 17_. J'en ai déjà donné -la description, page 41, & je ne puis qu'y renvoyer. - -On peut aussi brûler & oxider du fer sous des cloches de verre remplies -de gaz oxygène, de la même manière qu'on brûle du phosphore ou du -charbon. On se sert également pour cette opération de l'appareil -représenté _planche IV, fig. 3_, & dont j'ai donné la description, p. -61. Il faut dans cette expérience, comme dans la combustion, attacher -à l'une des extrémités du fil de fer, ou des copeaux de fer qu'on se -propose de brûler, un petit morceau d'amadoue & un atôme de phosphore: -le fer chaud qu'on passe sous la cloche allume le phosphore; celui-ci -allume l'amadoue, & l'inflammation se communique au fer. M. Ingen-Housz -nous a appris qu'on pouvoit brûler ou oxider de la même manière tous -les métaux, à l'exception de l'or, de l'argent & du mercure. Il ne -s'agit que de se procurer ces métaux en fils très-fins ou en feuilles -minces coupées par bandes; on les tortille avec du fil de fer, & ce -dernier métal communique aux autres la propriété de s'enflammer & de -s'oxider. - -Nous venons de voir comment on parvenoit à oxider de très-petites -quantités de mercure dans les vaisseaux fermés & dans des volumes d'air -limités: ce n'est de même qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient à -oxider ce métal, même à l'air libre. On se sert ordinairement dans les -laboratoires pour cette opération d'un matras A, _planche IV, fig. 10_, -à cul très-plat, qui a un col BC très-allongé & terminé par une -très-petite ouverture: ce vaisseau porte le nom d'_enfer de Boyle_. On -y introduit assez de mercure pour couvrir son fond, & on le place sur -un bain de sable qu'on entretient à un degré de chaleur fort approchant -du mercure bouillant. En continuant ainsi pendant plusieurs mois, -avec cinq ou six de ces matras, & en renouvellant de tems en tems le -mercure, on parvient à obtenir quelques onces de cet oxide. - -Cet appareil a un grand inconvénient, c'est que l'air ne s'y renouvelle -pas assez; mais, d'un autre côté, si on donnoit à l'air extérieur -une circulation trop libre, il emporteroit avec lui du mercure en -dissolution, & au bout de quelques jours on n'en retrouveroit plus -dans le vaisseau. Comme de toutes les expériences que l'on peut faire -sur l'oxidation des métaux, celles sur le mercure sont les plus -concluantes, il seroit à souhaiter qu'on pût imaginer un appareil -simple au moyen duquel on pût démontrer cette oxidation & les résultats -qu'on en obtient dans les cours publics. On y parviendroit, ce me -semble, par des moyens analogues à ceux que j'ai décrits pour la -combustion des huiles ou du charbon; mais je n'ai pu reprendre encore -ce genre d'expériences. - -L'oxide de mercure se revivifie, comme je l'ai dit, sans addition; -il suffit de le faire chauffer à un degré de chaleur légèrement -rouge. L'oxygène à ce degré a plus d'affinité avec le calorique -qu'avec le mercure, & il se forme du gaz oxygène; mais ce gaz est -toujours mêlé d'un peu de gaz azote, ce qui indique que le mercure -en absorbe une petite portion pendant son oxidation. Il contient -aussi presque toujours un peu de gaz acide carbonique; ce qu'on doit -sans doute attribuer aux ordures qui s'y mêlent, qui se charbonnent -& qui convertissent ensuite une portion de gaz oxygène en gaz acide -carbonique. - -Si les Chimistes étoient réduits à tirer de l'oxide de mercure fait -par voie de calcination, tout le gaz oxygène qu'ils emploient dans -leurs expériences, le prix excessif de cette préparation rendroit -absolument impraticables les expériences un peu en grand. Mais on -peut également oxygéner le mercure par l'acide nitrique, & on obtient -un oxide rouge plus pur que celui même qui a été fait par voie de -calcination. On le trouve tout préparé dans le commerce & à un prix -modéré: il faut choisir de préférence celui qui est en morceaux solides -& formé de lames douces au toucher & qui tiennent ensemble. Celui qui -est en poudre est quelquefois mêlangé d'oxide rouge de plomb: il ne -paroît pas que celui en morceaux solides soit susceptible de la même -altération. J'ai quelquefois essayé de préparer moi-même cet oxide par -l'acide nitrique: la dissolution du métal faite, j'évaporois jusqu'à -siccité, & je calcinois le sel, ou dans des cornues, ou dans des -capsules faites avec des fragmens de matras coupés par la méthode que -j'ai indiquée; mais jamais je n'ai pu parvenir à l'avoir aussi beau que -celui du commerce. On le tire, je crois, de Hollande. - -Pour obtenir le gaz oxygène de l'oxide de mercure, j'ai coutume de me -servir d'une cornue de porcelaine à laquelle j'adapte un long tube de -verre qui s'engage sous des cloches dans l'appareil pneumato-chimique à -l'eau. Je place au bout du tube un vase plongé dans l'eau, dans lequel -se rassemble le mercure à mesure qu'il se revivifie. Le gaz oxygène ne -commence à passer que quand la cornue devient rouge. C'est un principe -général que M. Berthollet a bien établi, qu'une chaleur obscure ne -suffit pas pour former du gaz oxygène; il faut de la lumière: ce qui -semble prouver que la lumière est un de ses principes constituans. On -doit dans la revivification de l'oxide rouge de mercure rejeter les -premières portions de gaz qu'on obtient, parce qu'elles sont mêlées -d'air commun en raison de celui contenu dans le vuide des vaisseaux: -mais avec cette précaution même, on ne parvient pas à obtenir du -gaz oxygène parfaitement pur; il contient communément un dixième de -gaz azote, & presque toujours une très-petite portion de gaz acide -carbonique. On se débarrasse de ce dernier, au moyen d'une liqueur -alkaline caustique à travers laquelle on fait passer le gaz qu'on a -obtenu. A l'égard du gaz azote, on ne connoît aucun moyen de l'en -séparer; mais on peut en connoître la quantité, en laissant le gaz -oxygène pendant une quinzaine de jours en contact avec du sulfure de -soude ou de potasse. Le gaz oxygène est absorbé; il forme de l'acide -sulfurique avec le soufre, & il ne reste que le gaz azote seul. - -Il y a beaucoup d'autres moyens de se procurer du gaz oxygène: on -peut le tirer de l'oxide noir de manganèse ou du nitrate de potasse -par une chaleur rouge, & l'appareil qu'on emploie est à peu près le -même que celui que j'ai décrit pour l'oxide rouge de mercure. Il faut -seulement un degré de chaleur plus fort & au moins égal à celui qui est -susceptible de ramollir le verre: on ne peut en conséquence employer -que des cornues de grès ou de porcelaine. Mais le meilleur de tous, -c'est-à-dire le plus pur, est celui qu'on dégage du muriate oxygéné -de potasse par la simple chaleur. Cette opération peut se faire dans -une cornue de verre, & le gaz qu'on obtient est absolument pur, pourvû -toutefois que l'on rejette les premières portions qui sont mêlées d'air -des vaisseaux. - - -§. VII. - -_De la Détonation._ - -J'ai fait voir, Chapitre IX, page 103 & suiv. que l'oxygène, en se -combinant dans les différens corps, ne se dépouilloit pas toujours -de tout le calorique qui le constituoit dans l'état de gaz; qu'il -entroit, par exemple, avec presque tout son calorique dans la -combinaison qui forme l'acide nitrique & dans celle qui forme l'acide -muriatique oxygéné; en sorte que l'oxygène dans le nitre & sur-tout -dans le muriate oxygéné, étoit jusqu'à un certain point dans l'état de -gaz oxygène condensé & réduit au plus petit volume qu'il puisse occuper. - -Le calorique dans ces combinaisons exerce un effort continuel sur -l'oxygène, pour le ramener à l'état de gaz: l'oxigène en conséquence -y tient peu; la moindre force suffit pour lui rendre la liberté, & il -reparoît souvent dans un instant presque indivisible dans l'état de -gaz. C'est ce passage brusque de l'état concret à l'état aériforme -qu'on a nommé détonation, parce qu'en effet il est ordinairement -accompagné de bruit & de fracas. Le plus communément ces détonations -s'opèrent par la combinaison du charbon, soit avec le nitre, soit avec -le muriate oxygéné. Quelquefois pour faciliter encore l'inflammation, -on y ajoute du soufre; & c'est ce mêlange fait dans de justes -proportions & avec des manipulations convenables, qui constitue la -poudre à canon. - -L'oxygène par la détonation avec le charbon change de nature, & il se -convertit en acide carbonique. Ce n'est donc pas du gaz oxygène qui -se dégage, mais du gaz acide carbonique, du moins quand le mêlange a -été fait dans de justes proportions. Il se dégage en outre du gaz azote -dans la détonation du nitre, parce que l'azote est un des principes -constituans de l'acide nitrique. - -Mais l'expansion subite & instantanée de ces gaz ne suffit pas pour -expliquer tous les phénomènes relatifs à la détonation. Si cette cause -y influoit seule, la poudre seroit d'autant plus forte que la quantité -de gaz dégagé dans un tems donné seroit plus considérable; ce qui ne -s'accorde pas toujours avec l'expérience. J'ai eu occasion d'éprouver -des espèces de poudre à tirer qui produisoient un effet presque -double de la poudre ordinaire, quoiqu'elles donnassent un sixième -de gaz de moins par la détonation. Il y a apparence que la quantité -de calorique qui se dégage au moment de la détonation, contribue -beaucoup à en augmenter l'effet, & on peut en concevoir plusieurs -raisons. Premièrement, quoique le calorique pénètre assez librement -à travers les pores de tous les corps, il ne peut cependant y passer -que successivement & en un tems donné: lors donc que la quantité qui -se dégage à la fois est trop considérable, & qu'elle est beaucoup plus -grande que celle qui peut se débiter, s'il est permis de se servir de -cette expression, par les pores des corps, il doit agir à la manière -des fluides élastiques ordinaires & renverser tout ce qui s'oppose à -son passage. Une partie de cet effet doit avoir lieu, lorsqu'on allume -de la poudre dans un canon: quoique le métal qui le compose soit -perméable pour le calorique, la quantité qui s'en dégage à la fois -est tellement grande, qu'elle ne trouve pas une issue assez prompte à -travers les pores du métal; elle fait donc un effort en tous sens, & -c'est cet effort qui est employé à chasser le boulet. - -Secondement, le calorique produit nécessairement un second effet qui -dépend également de la force répulsive que ses molécules paroissent -exercer les unes sur les autres: il dilate les gaz qui se dégagent au -moment de l'inflammation de la poudre, & cette dilatation est d'autant -plus grande que la température est plus élevée. - -Troisièmement, il est possible qu'il y ait décomposition de l'eau -dans l'inflammation de la poudre, & qu'elle fournisse de l'oxygène au -charbon pour former de l'acide carbonique. Si les choses se passent -ainsi, il doit se dégager rapidement, au moment de la détonation de -la poudre, une grande quantité de gaz hydrogène qui se débande & qui -contribue à augmenter la force de l'explosion. On sentira combien -cette circonstance doit contribuer à augmenter l'effet de la poudre, -si l'on considère que le gaz hydrogène ne pèse qu'un grain deux tiers -par pinte; qu'il n'en faut par conséquent qu'une très-petite quantité -en poids pour occuper un très-grand espace, & qu'il doit exercer une -force expansive prodigieuse, quand il passe de l'état liquide à l'état -aériforme. - -Quatrièmement enfin une portion d'eau non décomposée doit se réduire -en vapeurs dans l'inflammation de la poudre, & l'on sait que dans -l'état de gaz elle occupe un volume 17 à 18 cent fois plus grand que -lorsqu'elle est dans l'état liquide. - -J'ai déjà fait une assez grande suite d'expériences sur la nature -des fluides élastiques qui se dégagent de la détonation du nitre -avec le charbon & avec le soufre; j'en ai fait aussi quelques-unes -avec le muriate oxygéné de potasse. C'est un moyen qui conduit à des -connoissances assez précises sur les parties constituantes de ces -sels, & j'ai déjà donné, Tome XI du recueil des Mémoires présentés -à l'Académie par des savans étrangers, page 625, quelques résultats -principaux de mes expériences & des conséquences auxquelles elles m'ont -conduit relativement à l'analyse de l'acide nitrique. Maintenant que je -me suis procuré des appareils plus commodes, je me prépare à répéter -les mêmes expériences un peu plus en grand, & j'obtiendrai plus de -précision dans les résultats: en attendant, je vais rendre compte des -procédés que j'ai adoptés & employés jusqu'à présent. Je recommande -avec bien de l'instance à ceux qui voudront répéter quelques-unes de -ces expériences, d'y apporter une extrême prudence; de se méfier de -tout mêlange où il entre du salpêtre, du charbon & du soufre, & plus -encore de ceux dans lesquels il entre du sel muriatique oxygéné de -potasse combiné & mêlangé avec ces deux matières. - -Je me suis prémuni de canons de pistolets de six pouces de longueur -environ & de cinq à six lignes de diamètre. J'en ai bouché la lumière -avec une pointe de clou frappée à force, cassée dans le trou même, & -sur laquelle j'ai fait couler un peu de soudure blanche de ferblantier, -afin qu'il ne restât aucune issue à l'air par cette ouverture. On -charge ces canons avec une pâte médiocrement humectée, faite avec des -quantités bien connues de salpêtre & de charbon réduits en poudre -impalpable, ou de tout autre mêlange susceptible de détoner. A chaque -portion de matière qu'on introduit dans le canon, on doit bourer -avec un bâton qui soit du même calibre, à peu près comme on charge -les fusées. La matière ne doit pas emplir le pistolet tout-à-fait -jusqu'à sa bouche; il est bon qu'il reste quatre ou cinq lignes de -vuide à l'extrémité: alors on ajoute un bout de 2 pouces de long -environ de mêche nommée _étoupille_. La seule difficulté de ce genre -d'expériences, sur-tout si l'on ajoute du soufre au mêlange, est de -saisir le point d'humectation convenable: si la matière est trop -humide, elle n'est point susceptible de s'allumer, si elle est trop -sèche, la détonation est trop vive & peut devenir dangereuse. - -Quand on n'a pas pour objet de faire une expérience rigoureusement -exacte, on allume la mêche, & quand elle est près de communiquer -l'inflammation à la matière, on plonge le pistolet sous une grande -cloche d'eau dans l'appareil pneumato-chimique. La détonation -commencée, elle se continue sous l'eau, & le gaz se dégage avec plus ou -moins de rapidité, suivant que la matière est plus ou moins sèche. Il -faut, tant que la détonation dure, tenir le bout du pistolet incliné, -afin que l'eau ne rentre pas dans l'intérieur. J'ai quelquefois -recueilli ainsi le gaz produit par la détonation d'une once & demie ou -de deux onces de nitre. - -Il n'est pas possible, dans cette manière d'opérer, de connoître -la quantité de gaz acide carbonique qui se dégage, parce qu'une -partie est absorbée par l'eau à mesure qu'il la traverse; mais -l'acide carbonique une fois absorbé, il reste le gaz azote; & si -on a la précaution de l'agiter pendant quelques minutes dans de la -potasse caustique en liqueur, on l'obtient pur, & il est aisé d'en -déterminer le volume & le poids. Il est même possible d'arriver par -cette méthode à une connoissance assez précise de la quantité de gaz -acide carbonique, en répétant l'expérience un grand nombre de fois & -en faisant varier les doses du charbon, jusqu'à ce qu'on soit arrivé -à la juste proportion qui fait détoner la totalité du nitre. Alors, -d'après le poids du charbon employé, on détermine celui d'oxygène qui a -été nécessaire pour le saturer, & on en conclut la quantité d'oxygène -contenu dans une quantité donnée de nitre. - -Il est au surplus un autre moyen que j'ai pratiqué & qui conduit à des -résultats plus sûrs; c'est de recevoir dans des cloches remplies de -mercure le gaz qui se dégage. Le bain de mercure que j'ai maintenant, -est assez grand pour qu'on puisse y placer des cloches de douze à -quinze pintes de capacité. De pareilles cloches, comme l'on sent, ne -sont pas très-maniables quand elles sont remplies de mercure; aussi -faut-il employer pour les remplir des moyens particuliers que je -vais indiquer. On place la cloche sur le bain de mercure; on passe -par-dessous un siphon de verre dont on a adapté l'extrémité extérieure -à une petite pompe pneumatique: on fait jouer le piston, & on élève -le mercure jusqu'au haut de la cloche. Lorsqu'elle est ainsi remplie, -on y fait passer le gaz de la détonation de la même manière que dans -une cloche qui seroit remplie d'eau. Mais, je le répète, ce genre -d'expériences exige les plus grandes précautions. J'ai vu quelquefois, -quand le dégagement du gaz étoit trop rapide, des cloches pleines -de mercure pesant plus de 150 livres, s'enlever par la force de -l'explosion: le mercure jaillissoit au loin, & la cloche étoit brisée -en un grand nombre d'éclats. - -Lorsque l'expérience a réussi & que le gaz est rassemblé sous la -cloche, on en détermine le volume comme je l'ai indiqué pages 361 & -362. On y introduit ensuite un peu d'eau, puis de la potasse dissoute -dans l'eau & dépouillée d'acide carbonique, & on parvient à en faire -une analyse rigoureuse, comme je l'ai enseigné pages 365 & suivantes. - -Il me tarde d'avoir mis la dernière main aux expériences que j'ai -commencées sur les détonations, parce qu'elles ont un rapport -immédiat avec les objets dont je suis chargé, & qu'elles jetteront, à -ce que j'espère, quelques lumières sur les opérations relatives à la -fabrication de la poudre. - - - - -CHAPITRE VIII. - -_Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les corps à de très-hautes -températures._ - - -§. PREMIER. - -_De la Fusion._ - -Lorsqu'on écarte les unes des autres, par le moyen de l'eau, les -molécules d'un sel, cette opération, comme nous l'avons vu plus haut, -se nomme _solution_. Ni le dissolvant, ni le corps tenu en dissolution -ne sont décomposés dans cette opération; aussi dès l'instant que la -cause qui tenoit les molécules écartées cesse, elles se réunissent, & -la substance saline reparoît telle qu'elle étoit ayant la solution. - -On opère aussi de véritables solutions par le feu, c'est-à-dire, en -introduisant & en accumulant entre les molécules d'un corps une grande -quantité de calorique. Cette solution des corps par le feu se nomme -_fusion_. - -Les fusions en général se font dans des vases que l'on nomme creusets, -& l'une des premières conditions est qu'ils soient moins fusibles -que la substance qu'ils doivent contenir. Les Chimistes de tous les -âges ont en conséquence attaché une grande importance à se procurer -des creusets de matières très-réfractaires, c'est-à-dire, qui eussent -la propriété de résister à un très-grand degré de feu. Les meilleurs -sont ceux qui sont faits avec de l'argile très-pure ou de la terre -à porcelaine. On doit éviter d'employer pour cet usage les argiles -mêlangées de silice ou de terre calcaire, parce qu'elles sont trop -fusibles. Toutes celles qu'on tire aux environs de Paris sont dans ce -cas; aussi les creusets qu'on fabrique dans cette ville fondent-ils -à une chaleur assez médiocre, & ne peuvent-ils servir que dans un -très-petit nombre d'opérations chimiques. Ceux qui viennent de Hesse -sont assez bons, mais on doit préférer ceux de terre de Limoges qui -paroissent être absolument infusibles. Il existe en France un grand -nombre d'argiles propres à faire des creusets; telle est celle, -par exemple, dont on se sert pour les creusets de la glacerie de -Saint-Gobin. - -On donne aux creusets différentes formes, suivant les opérations -auxquelles on se propose de les employer. On a représenté celles qui -sont le plus usitées dans les _fig. 7, 8, 9 & 10_ de la _planche VII_. -Ceux représentés _figure 9_, qui sont presque fermés par en haut, se -nomment _tutes_. - -Quoique la fusion puisse souvent avoir lieu sans que le corps qui y est -soumis change de nature & se décompose, cette opération est cependant -aussi un des moyens de décomposition & de recomposition que la Chimie -emploie. C'est par la fusion qu'on extrait tous les métaux de leurs -mines, qu'on les revivifie, qu'on les moule, qu'on les allie les uns -aux autres; c'est par elle que l'on combine l'alkali & le sable pour -former du verre, que se fabriquent les pierres colorées, les émaux, &c. - -Les anciens Chimistes employoient beaucoup plus fréquemment l'action -d'un feu violent, que nous ne le faisons aujourd'hui. Depuis qu'on a -introduit plus de rigueur dans la manière de faire des expériences, on -préfère la voie humide à la voie sèche, & on n'a recours à la fusion -que lorsqu'on a épuisé tous les autres moyens d'analyse. - -Pour appliquer aux corps l'action du feu, on se sert de fourneaux, & il -me reste à décrire ceux qu'on emploie pour les différentes opérations -de la Chimie. - - -§. II. - -_Des Fourneaux._ - -Les fourneaux sont les instrumens dont on fait le plus d'usage en -Chimie: c'est de leur bonne ou de leur mauvaise construction que -dépend le sort d'un grand nombre d'opérations; en sorte qu'il est -d'une extrême importance de bien monter un laboratoire en ce genre. Un -fourneau est une espèce de tour cylindrique creuse ABCD, quelquefois un -peu évasée par le haut, _planche XIII, fig. 1_. Elle doit avoir au -moins deux ouvertures latérales, une supérieure F qui est la porte du -foyer, une inférieure G qui est la porte du cendrier. - -Dans l'intervalle de ces deux portes le fourneau est partagé en -deux par une grille placée horisontalement, qui forme une espèce de -diaphragme & qui est destinée à soutenir le charbon. On a indiqué la -place de cette grille par la ligne HI. La capacité qui est au-dessus -de la grille, c'est-à-dire au-dessus de la ligne HI, se nomme foyer, -parce qu'en effet c'est dans cette partie que l'on entretient le feu; -la capacité qui est au-dessous porte le nom de cendrier, par la raison -que c'est dans cette partie que se rassemblent les cendres à mesure -qu'elles se forment. - -Le fourneau représenté _planche XIII, fig. 1_, est le moins -compliqué de tous ceux dont on se sert en Chimie, & il peut être -employé cependant à un grand nombre d'usages. On peut y placer des -creusets, y fondre du plomb, de l'étain, du bismuth, & en général -toutes les matières qui n'exigent pas pour être fondues, un degré de -feu très-considérable. On peut y faire des calcinations métalliques, -placer dessus des bassines, des vaisseaux évaporatoires, des capsules -de fer pour former des bains de sable, comme on le voit représenté -_pl. III, fig. 1 & 2._ C'est pour le rendre applicable à ces -différentes opérations, qu'on a ménagé dans le haut des échancrures -_mmmm_; autrement la bassine qu'on auroit posée sur le fourneau auroit -intercepté tout passage à l'air, & le charbon se seroit éteint. Si -ce fourneau ne produit qu'un degré de chaleur médiocre, c'est que la -quantité de charbon qu'il peut consommer est limitée par la quantité -d'air qui peut passer par l'ouverture G du cendrier. On augmenteroit -beaucoup son effet, en aggrandissant cette ouverture; mais le grand -courant d'air qui conviendroit dans quelques expériences, auroit de -l'inconvénient dans beaucoup d'autres, & c'est ce qui oblige de garnir -un laboratoire de fourneaux de différentes formes & construits sous -différens points de vue. Il en faut sur-tout plusieurs semblables à -celui que je viens de décrire, & de différentes grandeurs. - -Une autre espèce de fourneau, peut-être encore plus nécessaire, est le -fourneau de réverbère représenté _planche XIII, figure 2_. Il est -composé, comme le fourneau simple, d'un cendrier HIKL dans sa partie -inférieure, d'un foyer KLMN, d'un laboratoire MNOP, d'un dôme RSRS; -enfin le dôme est surmonté d'un tuyau TTVV, auquel on peut en ajouter -plusieurs autres, suivant le genre des expériences. - -C'est dans la partie MNOP nommée le laboratoire, que se place la -cornue A qu'on a indiquée par une ligne ponctuée; elle y est soutenue -sur deux barres de fer qui traversent le fourneau. Son col sort par -une échancrure latérale faite partie dans la pièce qui forme le -laboratoire, partie dans celle qui forme le dôme. A cette cornue -s'adapte un récipient B. - -Dans la plupart des fourneaux de réverbère qui se trouvent tout faits -chez les potiers de terre à Paris, les ouvertures tant inférieures que -supérieures sont beaucoup trop petites; elles ne donnent point passage -à un volume d'air assez considérable; & comme la quantité de charbon -consommée, ou, ce qui revient au même, comme la quantité de calorique -dégagée est à peu près proportionnelle à la quantité d'air qui passe -par le fourneau, il en résulte que ces fourneaux ne produisent pas tout -l'effet qu'on pourroit desirer dans un grand nombre d'opérations. Pour -admettre d'abord par le bas un volume d'air suffisant, il faut, au lieu -d'une ouverture G au cendrier, en avoir deux GG: on en condamne une -lorsqu'on le juge à propos, & alors on n'obtient plus qu'un degré de -feu modéré; on les ouvre au contraire l'une & l'autre, quand on veut -donner le plus grand coup de feu que le fourneau puisse produire. - -L'ouverture supérieure SS du dôme, ainsi que celle des tuyaux VVXX, -doit être aussi beaucoup plus grande qu'on n'a coutume de la faire. - -Il est important de ne point employer des cornues trop grosses -relativement à la grandeur du fourneau. Il faut qu'il y ait toujours un -espace suffisant pour le passage de l'air entre les parois du fourneau -& celles du vaisseau qui y est contenu. La cornue A dans la _figure 2_ -est un peu trop petite pour ce fourneau, & je trouve plus facile d'en -avertir que de faire rectifier la figure. - -Le dôme a pour objet d'obliger la flamme & la chaleur à environner -de toutes parts la cornue & de la réverbérer; c'est de-là qu'est -venu le nom de fourneau de réverbère. Sans cette réverbération de la -chaleur, la cornue ne seroit échauffée que par son fond; les vapeurs -qui s'en élèveroient se condenseroient dans la partie supérieure, -elles se recohoberoient continuellement sans passer dans le récipient: -mais au moyen du dôme, la cornue se trouve échauffée de toutes parts; -les vapeurs ne peuvent donc se condenser que dans le col & dans le -récipient, & elles sont forcées de sortir de la cornue. - -Quelquefois, pour empêcher que le fond de la cornue ne soit échauffé ou -refroidi trop brusquement, & pour éviter que ces alternatives de chaud -& de froid n'en occasionnent la fracture, on place sur les barres une -petite capsule de terre cuite dans laquelle on met un peu de sable, & -on pose sur ce sable le fond de la cornue. - -Dans beaucoup d'opérations on enduit les cornues de différens luts. -Quelques-uns de ces luts n'ont pour objet que de les défendre des -alternatives de chaud & de froid; quelquefois ils ont pour objet de -contenir le verre, ou plutôt de former une double cornue qui supplée à -celle de verre dans les opérations où le degré de feu est assez fort -pour le ramollir. - -Le premier de ces luts se fait avec de la terre à four à laquelle -on joint un peu de bourre ou poil de vache: on fait une pâte de ces -matières, & on l'étend sur les cornues de verre ou de grès. Si au lieu -de terre à four qui est déjà mêlangée, on n'avoit que de l'argile ou -de la glaise pure, il faudroit y ajouter du sable. A l'égard de la -bourre, elle est utile pour mieux lier ensemble la terre: elle brûle -à la première impression du feu; mais les interstices qu'elle laisse -empêchent que l'eau qui est contenue dans la terre, en se vaporisant, -ne rompe la continuité du lut & qu'il ne tombe en poussière. - -Le second lut est composé d'argile & de fragmens de poteries de grès -grossièrement pilés. On en fait une pâte assez ferme, qu'on étend -sur les cornues. Ce lut se dessèche & se durcit par le feu, & forme -lui-même une véritable cornue supplémentaire, qui contient les matières -quand la cornue de verre vient à se ramollir. Mais ce lut n'est -d'aucune utilité dans les expériences où on a pour objet de recueillir -les gaz, parce qu'il est toujours poreux & que les fluides aériformes -passent au travers. - -Dans un grand nombre d'opérations, & en général toutes les fois qu'on -n'a pas besoin de donner aux corps qu'on traite un degré de chaleur -très-violent, le fourneau de réverbère peut servir de fourneau de -fusion. On supprime alors le laboratoire MNOP, & on établit à la place -le dôme RSRS, comme on le voit représenté _planche XIII, fig. 3_. - -Un fourneau de fusion très-commode est celui représenté _figure 4_. Il -est composé d'un foyer ABCD, d'un cendrier sans porte & d'un dôme ABGH. -Il est troué en E pour recevoir le bout d'un soufflet qu'on y lute -solidement. Il doit être proportionnellement moins haut qu'il n'est -représenté dans la figure. Ce fourneau ne procure pas un degré de feu -très-violent; mais il suffit pour toutes les opérations courantes. Il -a de plus l'avantage d'être transporté commodément, & de pouvoir être -placé dans tel lieu du laboratoire qu'on le juge à propos. Mais ces -fourneaux particuliers ne dispensent pas d'avoir dans un laboratoire -une forge garnie d'un bon soufflet, & ce qui est encore plus important, -un bon fourneau de fusion. Je vais donner la description de celui -dont je me sers, & détailler les principes d'après lesquels je l'ai -construit. - -L'air ne circule dans un fourneau que parce qu'il s'échauffe en passant -à travers les charbons: alors il se dilate; devenu plus léger que -l'air environnant, il est forcé de monter par la pression des colonnes -latérales, & il est remplacé par de nouvel air qui arrive de toutes -parts, principalement par-dessous. Cette circulation de l'air a lieu -lorsque l'on brûle du charbon même dans un simple réchaut: mais il est -aisé de concevoir que la masse d'air qui passe par un fourneau ainsi -ouvert de toutes parts, ne peut pas être, toutes choses d'ailleurs -égales, aussi grande que celle qui est contrainte de passer par un -fourneau formé en tour creuse, comme le sont en général les fourneaux -chimiques, & que par conséquent la combustion ne peut pas y être aussi -rapide. - -Soit supposé, par exemple, un fourneau ABCDEF, _planche XIII, figure 5_, -ouvert par le haut & rempli de charbons ardens; la force avec -laquelle l'air sera obligé de passer à travers les charbons, sera -mesurée par la différence de pesanteur spécifique de deux colonnes -AC, l'une d'air froid pris en-dehors du fourneau, l'autre d'air chaud -pris en-dedans. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore de l'air échauffé -au-dessus de l'ouverture AB du fourneau, & il est certain que son excès -de légèreté doit entrer aussi pour quelque chose dans le calcul; mais -comme cet air chaud est continuellement refroidi & emporté par l'air -extérieur, cette portion ne peut pas faire beaucoup d'effet. - -Mais si à ce même fourneau on ajoute un grand tuyau creux de même -diamètre que lui GHAB, qui défende l'air qui a été échauffé par -les charbons ardens, d'être refroidi, dispersé & emporté par l'air -environnant, la différence de pesanteur spécifique en vertu de laquelle -s'opérera la circulation de l'air, ne sera plus celle de deux colonnes -AC, l'une extérieure, l'autre intérieure; ce sera celle de deux -colonnes égales à GC. Or, à chaleur égale, si la colonne GC = 3AC, la -circulation de l'air se fera en raison d'une force triple. Il est vrai -que je suppose ici que l'air contenu dans la capacité GHCD est autant -échauffé que l'étoit l'air contenu dans la capacité ABCD, ce qui n'est -pas rigoureusement vrai; car la chaleur doit décroître de AB à GH: mais -comme il est évident que l'air de la capacité GHAB est beaucoup plus -chaud que l'air extérieur, il en résulte toujours que l'addition de la -tour creuse GHAB augmente la rapidité du courant d'air, qu'il en passe -plus à travers les charbons, & que par conséquent il y aura plus de -combustion. - -Conclurons-nous de ces principes qu'il faille augmenter indéfiniment -la longueur du tuyau GHAB? Non sans doute; car puisque la chaleur de -l'air diminue de AB en GH, ne fût-ce que par le refroidissement causé -à cet air par le contact des parois du tuyau, il en résulte que la -pesanteur spécifique de l'air qui le traverse diminue graduellement, -& que si le tuyau étoit prolongé à un certain point, on arriveroit à -un terme où la pesanteur spécifique de l'air seroit égale en-dedans -& en-dehors du tuyau; & il est évident qu'alors cet air froid qui ne -tendroit plus à monter, seroit une masse à déplacer qui apporteroit une -résistance à l'ascension de l'air inférieur. Bien plus, comme cet air -est nécessairement mêlé de gaz acide carbonique, & que ce gaz est plus -lourd que l'air atmosphérique, il arriveroit, si ce tuyau étoit assez -long pour que l'air avant de parvenir à son extrémité pût se rapprocher -de la température extérieure, qu'il tendroit à redescendre; d'où il -faut conclure que la longueur des tuyaux qu'on ajoute sur les fourneaux -est limitée par la nature des choses. - -Les conséquences auxquelles nous conduisent ces réflexions, sont 1º. -que le premier pied de tuyau qu'on ajoute sur le dôme d'un fourneau, -fait plus d'effet que le sixième, par exemple; que le sixième en fait -plus que le dixième: mais aucune expérience ne nous a encore fait -connoître à quel terme on doit s'arrêter; 2º. que ce terme est d'autant -plus éloigné que le tuyau est moins bon conducteur de chaleur, puisque -l'air s'y refroidit d'autant moins; en sorte que la terre cuite est -beaucoup préférable à la tôle pour faire des tuyaux de fourneaux, & -que si même on les formoit d'une double enveloppe, si on remplissoit -l'intervalle de charbon pilé, qui est une des substances la moins -propre à transmettre la chaleur, on retarderoit le refroidissement de -l'air, & on augmenteroit par conséquent la rapidité du courant & la -possibilité d'employer un tuyau plus long; 3º. que le foyer du fourneau -étant l'endroit le plus chaud & celui par conséquent où l'air qui le -traverse est le plus dilaté, cette partie du fourneau doit être aussi -la plus volumineuse, & qu'il est nécessaire d'y ménager un renflement -considérable. Il est d'une nécessité d'autant plus indispensable de -donner beaucoup de capacité à cette partie du fourneau, qu'elle n'est -pas seulement destinée au passage de l'air qui doit favoriser, ou pour -mieux dire, opérer la combustion; elle doit encore contenir le charbon -& le creuset; en sorte qu'on ne peut compter pour le passage de l'air -que l'intervalle que laissent entr'eux les charbons. - -C'est d'après ces principes que j'ai construit mon fourneau de fusion, -& je ne crois pas qu'il en existe aucun qui produise un effet plus -violent. Cependant je n'ose pas encore me flatter d'être arrivé à -la plus grande intensité de chaleur qu'on puisse produire dans les -fourneaux chimiques. On n'a point encore déterminé par des expériences -exactes l'augmentation de volume que prend l'air en traversant un -fourneau de fusion; en sorte qu'on ne connoît point le rapport qu'on -doit observer entre les ouvertures inférieures & supérieures d'un -fourneau: on connoît encore moins la grandeur absolue qu'il convient de -donner à ces ouvertures. Les données manquent donc, & on ne peut encore -arriver au but que par tâtonnement. - -Ce fourneau est représenté _pl. XIII, fig. 6_. Je lui ai donné, -d'après les principes que je viens d'exposer, la forme d'un sphéroïde -elliptique ABCD, dont les deux bouts sont coupés par un plan qui -passeroit par chacun des foyers perpendiculairement au grand axe. Au -moyen du renflement qui résulte de cette figure, le fourneau peut tenir -une masse de charbon considérable, & il reste encore dans l'intervalle -assez d'espace pour le passage du courant d'air. - -Pour que rien ne s'oppose au libre accès de l'air extérieur, je l'ai -laissé entièrement ouvert par-dessous, à l'exemple de M. Macquer, qui -avoit déjà pris cette même précaution pour son fourneau de fusion, & je -l'ai posé sur un trépied. La grille dont je me sers est à claire-voie -& en fer méplat; & pour que les barreaux opposent moins d'obstacle au -passage de l'air, je les ai fait poser non sur leur côté plat, mais -sur le côté le plus étroit, comme on le voit _figure 7_. Enfin j'ai -ajouté à la partie supérieure AB un tuyau de 18 pieds de long en terre -cuite, & dont le diamètre intérieur est presque de moitié de celui du -fourneau. Quoique j'obtienne déjà avec ce fourneau un feu supérieur à -celui qu'aucun Chimiste se soit encore procuré jusqu'ici, je le crois -susceptible d'être sensiblement augmenté par les moyens simples que -j'ai indiqués & dont le principal consiste à rendre le tuyau FGAB le -moins bon conducteur de chaleur qu'il soit possible. - -Il me reste à dire un mot du fourneau de coupelle ou fourneau d'essai. -Lorsqu'on veut connoître si du plomb contient de l'or ou de l'argent, -on le chauffe à grand feu dans de petites capsules faites avec des -os calcinés, & qui, en termes d'essai, se nomment _coupelles_. Le -plomb s'oxide, il devient susceptible de se vitrifier, il s'imbibe -& s'incorpore avec la coupelle. On conçoit que le plomb ne peut -s'oxider qu'avec le contact de l'air; ce ne peut donc être, ni dans un -creuset où le libre accès de l'air extérieur est interdit, ni même au -milieu d'un fourneau à travers les charbons ardens, puisque l'air de -l'intérieur d'un fourneau altéré par la combustion & réduit pour la -plus grande partie à l'état de gaz azote & de gaz acide carbonique, -n'est plus propre à la calcination & à l'oxidation des métaux. Il a -donc fallu imaginer un appareil particulier où le métal fût en même -tems exposé à la grande violence du feu, & garanti du contact de -l'air devenu incombustible par son passage à travers les charbons. -Le fourneau destiné à remplir ce double objet, a été nommé, dans les -arts, fourneau de coupelle. Il est communément de forme quarrée, ainsi -qu'il est représenté _planche XIII, fig. 8_. Voyez, aussi sa coupe, -_fig. 10_. Comme tous les fourneaux, bien construits, il doit avoir un -cendrier AABB, un foyer BBCC, un laboratoire CCDD, un dôme DDEE. - -C'est dans le laboratoire qu'on place ce qu'on nomme la mouffle. C'est -une espèce de petit four GH, _figures 9 & 10_, fait de terre cuite -& fermé par le fond. On le pose sur des barres qui traversent le -fourneau, il s'ajuste avec l'ouverture G de la porte, & on l'y lute -avec de l'argile délayée avec de l'eau. C'est dans cette espèce de four -que se placent les coupelles. On met du charbon dessus & dessous la -mouffle par les portes du dôme & du foyer: l'air qui est entré par les -ouvertures du cendrier, après avoir servi à la combustion, s'échappe -par l'ouverture supérieure EE. A l'égard de la mouffle, l'air extérieur -y pénètre par la porte GG, & il y entretient la calcination métallique. - -En réfléchissant sur cette construction, on s'apperçoit aisément -combien elle est vicieuse. Elle a deux inconvéniens principaux: quand -la porte GG est fermée, l'oxidation se fait lentement & difficilement -à défaut d'air pour l'entretenir; lorsqu'elle est ouverte, le courant -d'air froid qui s'introduit fait figer le métal & suspend l'opération. -Il ne seroit pas difficile de remédier à ces inconvéniens, en -construisant la mouffle & le fourneau de manière qu'il y eût un courant -d'air extérieur toujours renouvellé qui rasât la surface du métal. On -feroit passer cet air à travers un tuyau de terre qui seroit entretenu -rouge par le feu même du fourneau, afin que l'intérieur de la mouffle -ne fût jamais refroidi; & on feroit en quelques minutes ce qui demande -souvent un tems considérable. - -M. Sage a été conduit par d'autres principes à de semblables -conséquences. Il place la coupelle qui contient le plomb allié de fin -dans un fourneau ordinaire à travers les charbons; il la recouvre avec -une petite mouffle de porcelaine, & quand le tout est suffisamment -chaud, il dirige sur le métal le courant d'air d'un soufflet ordinaire -à main: la coupellation de cette manière se fait avec une grande -facilité, & à ce qu'il paroît, avec beaucoup d'exactitude. - - -§. III. - -_Des moyens d'augmenter considérablement l'action du feu, en -substituant le gaz oxygène à l'air de l'atmosphère._ - -On a obtenu avec les grands verres ardens qui ont été construits -jusqu'à ce jour, tels que ceux de Tchirnausen & celui de M. de -Trudaine, une intensité de chaleur un peu plus grande que celle qui -a lieu dans les fourneaux chimiques, & même dans les fours où l'on -cuit la porcelaine dure. Mais ces instrumens sont extrêmement chers, -& ils ne vont pas même jusqu'à fondre la platine brute; en sorte que -leur avantage, relativement à l'effet qu'ils produisent, n'est presque -d'aucune considération, & qu'il est plus que compensé par la difficulté -de se les procurer & même d'en faire usage. - -Les miroirs concaves à diamètre égal font un peu plus d'effet que les -verres ardens; on en a la preuve par les expériences faites par MM. -Macquer & Baumé, avec le miroir de M. l'Abbé Bouriot: mais comme la -direction des rayons réfléchis est de bas en haut, il faut opérer en -l'air & sans support; ce qui rend absolument impossible le plus grand -nombre des expériences chimiques. - -Ces considérations m'avoient déterminé d'abord à essayer de remplir de -grandes vessies de gaz oxygène, à y adapter un tube susceptible d'être -fermé par un robinet, & à m'en servir pour animer avec ce gaz le feu -des charbons allumés. L'intensité de chaleur fut telle, même dans mes -premières tentatives, que je parvins à fondre une petite quantité de -platine brute avec assez de facilité. - -C'est à ce premier succès que je dois l'idée du gazomètre dont j'ai -donné la description, page 346 & suivantes. Je l'ai substitué aux -vessies; & comme on peut donner au gaz oxygène le degré de pression -qu'on juge à propos, on peut non-seulement s'en procurer un écoulement -continu, mais lui donner même un grand degré de vitesse. - -Le seul appareil dont on ait besoin pour ce genre d'expériences, -consiste en une petite table ABCD, _pl. XII, fig. 15_, percée -d'un trou en F, à travers lequel on fait passer un tube de cuivre -ou d'argent FG, terminé en G par une très-petite ouverture qu'on -peut ouvrir ou fermer par le moyen du robinet H. Ce tube se continue -par dessous la table en _lmno_, & va s'adapter au gazomètre avec -l'intérieur duquel il communique. Lorsqu'on veut opérer, on commence à -faire avec le tourne-vis KI un creux de quelques lignes de profondeur -dans un gros charbon noir. On place dans ce creux le corps que l'on -veut fondre: on allume ensuite le charbon avec un chalumeau de verre, -à la flamme d'une chandelle ou d'une bougie; après quoi on l'expose au -courant de gaz oxygène qui sort avec rapidité par le bec ou extrémité G -du tube FG. - -Cette manière d'opérer ne peut être employée que pour les corps qui -peuvent être mis sans inconvénient en contact avec les charbons, tels -que les métaux, les terres simples, &c. A l'égard des corps dont les -principes ont de l'affinité avec le charbon & que cette substance -décompose, comme les sulfates, les phosphates, & en général presque -tous les sels neutres, les verres métalliques, les émaux, &c. on se -sert de la lampe d'émailleur, à travers de laquelle on fait passer un -courant de gaz oxygène. Alors, au lieu de l'ajutage recourbé EG, on se -sert de celui coudé ST, qu'on visse à la place & qui dirige le courant -de gaz oxygène à travers la flamme de la lampe. L'intensité de chaleur -que donne ce second moyen n'est pas aussi forte que celle qu'on obtient -par le premier, & ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient à -fondre la platine. - -Les supports dont on se sert dans cette seconde manière d'opérer, sont -ou des coupelles d'os calcinés, ou de petites capsules de porcelaine, -ou même des capsules ou cuillers métalliques. Pourvu que ces dernières -ne soient pas trop petites, elles ne fondent pas, attendu que les -métaux sont bons conducteurs de chaleur, que le calorique se répartit -en conséquence promptement & facilement dans toute la masse, & n'en -échauffe que médiocrement chacune des parties. - -On peut voir dans les volumes de l'Académie, année 1782, page 476, -& 1783, page 573, la suite d'expériences que j'ai faites avec cet -appareil. Il en résulte, 1º. que le cristal de roche, c'est-à-dire la -terre siliceuse pure, est infusible; mais qu'elle devient susceptible -de ramollissement & de fusion, dès qu'elle est mélangée. - -2º. Que la chaux, la magnésie & la baryte ne sont fusibles ni seules, -ni combinées ensemble; mais qu'elles facilitent, sur-tout la chaux, la -fusion de toutes les autres substances. - -3º. Que l'alumine est complètement fusible seule, & qu'il résulte de -sa fusion une substance vitreuse opaque très-dure, qui raye le verre -comme les pierres précieuses. - -4º. Que toutes les terres & pierres composées se fondent avec beaucoup -de facilité, & forment un verre brun. - -5º. Que toutes les substances salines, même l'alkali fixe, se -volatilisent en peu d'instans. - -6º. Que l'or, l'argent, etc. & probablement la platine, se -volatilisent lentement à ce degré de feu, & se dissipent sans aucune -circonstance particulière. - -7º. Que toutes les autres substances métalliques, à l'exception du -mercure, s'oxident quoique placées sur un charbon; qu'elles y brûlent -avec une flamme plus ou moins grande & diversement colorée, & finissent -par se dissiper entièrement. - -8º. Que les oxides métalliques brûlent également tous avec flamme; ce -qui semble établir un caractère distinctif de ces substances, ce qui me -porte à croire, comme Bergman l'avoit soupçonné, que la baryte est un -oxide métallique, quoiqu'on ne soit pas encore parvenu à en obtenir le -métal dans son état de pureté. - -9º. Que parmi les pierres précieuses, les unes, comme le rubis, sont -susceptibles de se ramollir et de se souder, sans que leur couleur & -même que leur poids soient altérés; que d'autres, comme l'hyacinthe -dont la fixité est presque égale à celle du rubis, perdent facilement -leur couleur; que la topase de Saxe, la topase & le rubis du Bresil -non-seulement se décolorent promptement à ce degré de feu, mais qu'ils -perdent même un cinquième de leur poids, & qu'il reste, lorsqu'ils ont -subi cette altération, une terre blanche semblable en apparence à du -quartz blanc ou à du biscuit de porcelaine; enfin que l'émeraude, la -chrysolite & le grenat fondent presque sur-le-champ en un verre opaque -& coloré. - -10º. Qu'à l'égard du diamant, il présente une propriété qui lui -est toute particulière, celle de se brûler à la manière des corps -combustibles & de se dissiper entièrement. - -Il est un autre moyen dont je n'ai point encore fait usage, pour -augmenter encore davantage l'activité du feu par le moyen du gaz -oxygène; c'est de l'employer à souffler un feu de forge. M. Achard en -a eu la première idée; mais les procédés qu'il a employés & au moyen -desquels il croyoit déphlogistiquer l'air de l'atmosphère, ne l'ont -conduit à rien de satisfaisant. L'appareil que je me propose de faire -construire, sera très-simple: il consistera dans un fourneau ou espèce -de forge d'une terre extrêmement réfractaire; sa figure sera à peu -près semblable à celle du fourneau représenté _planche XIII, figure 4_; -il sera seulement moins élevé & en général construit sur de plus -petites dimensions. Il aura deux ouvertures, l'une en E à laquelle -s'adaptera le bout d'un soufflet, & une seconde toute semblable à -laquelle s'ajustera un tuyau qui communiquera avec le gazomètre. Je -pousserai d'abord le feu aussi loin qu'il sera possible par le vent du -soufflet; & quand je serai parvenu à ce point, je remplirai entièrement -le fourneau de charbons embrasés; puis interceptant tout-à-coup le -vent du soufflet, je donnerai par l'ouverture d'un robinet accès au -gaz oxygène du gazomètre, & je le ferai arriver avec quatre ou cinq -pouces de pression. Je puis réunir ainsi le gaz oxygène de plusieurs -gazomètres, de manière à en faire passer jusqu'à huit à neuf pieds -cubes à travers le fourneau, & je produirai une intensité de chaleur -certainement très-supérieure à tout ce que nous connoissons. J'aurai -soin de tenir l'ouverture supérieure du fourneau très-grande, afin que -le calorique ait une libre issue, & qu'une expansion trop rapide de ce -fluide si éminemment élastique ne produise point une explosion. - - -_FIN._ - - - - - TABLES - A L'USAGE - DES CHIMISTES. - - - - -TABLES -A L'USAGE DES CHIMISTES. - - -Nº. I. - -_Table pour convertir les onces, gros & grains en fractions décimales -de livre, poids de marc._ - - - TABLE POUR LES GRAINS. - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 1 | 0,000108507 || 13 | 0,001410591 | - | 2 | 0,000217014 || 14 | 0,001519098 | - | 3 | 0,000325521 || 15 | 0,001627605 | - | 4 | 0,000434028 || 16 | 0,001736112 | - | 5 | 0,000542535 || 17 | 0,001844619 | - | 6 | 0,000651042 || 18 | 0,001953125 | - | 7 | 0,000759549 || 19 | 0,002061633 | - | 8 | 0,000868056 || 20 | 0,002170140 | - | 9 | 0,000976563 || 21 | 0,002278647 | - | 10 | 0,001085070 || 22 | 0,002387154 | - | 11 | 0,001193577 || 23 | 0,002495661 | - | 12 | 0,001302084 || 24 | 0,002604168 | - ================================================================ - - - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 25 | 0,002712675 || 51 | 0,005533857 | - | 26 | 0,002821182 || 52 | 0,005642364 | - | 27 | 0,002929689 || 53 | 0,005750871 | - | 28 | 0,003038196 || 54 | 0,005859378 | - | 29 | 0,003146703 || 55 | 0,005967885 | - | 30 | 0,003255210 || 56 | 0,006076372 | - | 31 | 0,003363717 || 57 | 0,006184899 | - | 32 | 0,003472224 || 58 | 0,006293406 | - | 33 | 0,003580731 || 59 | 0,006401913 | - | 34 | 0,003689238 || 60 | 0,006510420 | - | 35 | 0,003797745 || 61 | 0,006618927 | - | 36 | 0,003906252 || 62 | 0,006727434 | - | 37 | 0,004014759 || 63 | 0,006835941 | - | 38 | 0,004123266 || 64 | 0,006944448 | - | 39 | 0,004231773 || 65 | 0,007052955 | - | 40 | 0,004340280 || 66 | 0,007161462 | - | 41 | 0,004448787 || 67 | 0,007269969 | - | 42 | 0,004557294 || 68 | 0,007378456 | - | 43 | 0,004665801 || 69 | 0,007486983 | - | 44 | 0,004774308 || 70 | 0,007595490 | - | 45 | 0,004882815 || 71 | 0,007703997 | - | 46 | 0,004991322 || 72 | 0,007812504 | - | 47 | 0,005099829 || 73 | 0,007921011 | - | 48 | 0,005208336 || 74 | 0,008029518 | - | 49 | 0,005316843 || 75 | 0,008138025 | - | 50 | 0,005425350 || 76 | 0,008246532 | - ================================================================ - - - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 77 | 0,008355039 || 89 | 0,009657123 | - | 78 | 0,008463546 || 90 | 0,009765630 | - | 79 | 0,008572053 || 91 | 0,009874137 | - | 80 | 0,008680560 || 92 | 0,009982644 | - | 81 | 0,008789067 || 93 | 0,010091151 | - | 82 | 0,008897574 || 94 | 0,010199658 | - | 83 | 0,009006081 || 95 | 0,010308165 | - | 84 | 0,009114588 || 96 | 0,010416672 | - | 85 | 0,009223095 || 97 | 0,010525179 | - | 86 | 0,009331602 || 98 | 0,010633686 | - | 87 | 0,009440109 || 99 | 0,010742193 | - | 88 | 0,009548616 || 100 | 0,010850700 | - ================================================================ - - - POUR LES GROS. POUR LES ONCES. - ===================== ====================== - | gros. | livre. | | onces. | livre. | - | | | | | | - | 1 | 0,0078125 | | 1 | 0,0625000 | - | 2 | 0,0156250 | | 2 | 0,1250000 | - | 3 | 0,0234375 | | 3 | 0,1875000 | - | 4 | 0,0312500 | | 4 | 0,2500000 | - | 5 | 0,0390625 | | 5 | 0,3125000 | - | 6 | 0,0468750 | | 6 | 0,3750000 | - | 7 | 0,0546875 | | 7 | 0,4375000 | - | 8 | 0,0625000 | | 8 | 0,5000000 | - | 9 | 0,0703125 | | 9 | 0,5625000 | - | 10 | 0,0781250 | | 10 | 0,6250000 | - | 11 | 0,0859375 | | 11 | 0,6875000 | - | 12 | 0,0937500 | | 12 | 0,7500000 | - | 13 | 0,1015625 | | 13 | 0,8125000 | - | 14 | 0,1093750 | | 14 | 0,8750000 | - | 15 | 0,1171875 | | 15 | 0,9375000 | - | 16 | 0,1250000 | | 16 | 1,0000000 | - ===================== ====================== - - - - -Nº. II. - -_TABLE pour convertir les fractions décimales de livre en fractions -vulgaires._ - - - POUR LES DIXIEMES DE LIVRE. POUR LES MILLIEMES DE LIVRE. - ================================ ================================ - |Fractions|Fractions vulgaires | |Fractions|Fractions vulgaires | - |décimales| de livre | |décimales| de livre | - |de livre.| correspondantes. | |de livre.| correspondantes. | - |------------------------------| |------------------------------| - | livre. |onces. gros. grains.| | livre. |onces. gros. grains.| - | | | | | | - | 0,1 | 1 4 57,60 | | 0,001 | » » 9,22 | - | 0,2 | 3 1 43,20 | | 0,002 | » » 18,43 | - | 0,3 | 4 6 28,80 | | 0,003 | » » 27,65 | - | 0,4 | 6 3 14,40 | | 0,004 | » » 36,86 | - | 0,5 | 8 8 0 | | 0,005 | » » 46,08 | - | 0,6 | 9 4 57,60 | | 0,006 | » » 55,30 | - | 0,7 | 11 1 43,20 | | 0,007 | » » 64,51 | - | 0,8 | 12 6 28,80 | | 0,008 | » 1 1,73 | - | 0,9 | 14 3 14,40 | | 0,009 | » 1 10,94 | - | 1, | 16 0 0 | | 0,010 | » 1 20,16 | - ================================ ================================ - - - POUR LES CENTIEMES POUR LES DIX MILLIEMES - DE LIVRE. DE LIVRE. - =============================== ====================== - | livre. |onces. gros. grains.| | livre. | grains. | - | | | | | | - | 0,01 | » 1 20,16 | | 0,0001 | 0,92 | - | 0,02 | » 2 40,32 | | 0,0002 | 1,84 | - | 0,03 | » 3 60,48 | | 0,0003 | 2,76 | - | 0,04 | » 5 8,64 | | 0,0004 | 3,69 | - | 0,05 | » 6 28,80 | | 0,0005 | 4,61 | - | 0,06 | » 7 48,96 | | 0,0006 | 5,53 | - | 0,07 | 1 0 69,12 | | 0,0007 | 6,45 | - | 0,08 | 1 2 17,28 | | 0,0008 | 7,37 | - | 0,09 | 1 3 37,44 | | 0,0009 | 8,29 | - | 0,10 | 1 4 57,60 | | 0,0010 | 9,22 | - =============================== ====================== - - - POUR LES CENT MILLIEMES POUR LES MILLIONIEMES - DE LIVRE. DE LIVRE. - ================================ ================================= - |Fractions|Fractions vulgaires | |Fractions |Fractions vulgaires | - |décimales| de livre | |décimales | de livre | - |de livre.| correspondantes. | |de livre. | correspondantes. | - |------------------------------| |-------------------------------| - | livre. | grains. | | livre. | grains. | - | | | | | | - | 0,00001 | 0,09 | | 0,000001 | 0,01 | - | 0,00002 | 0,18 | | 0,000002 | 0,02 | - | 0,00003 | 0,28 | | 0,000003 | 0,03 | - | 0,00004 | 0,37 | | 0,000004 | 0,04 | - | 0,00005 | 0,46 | | 0,000005 | 0,05 | - | 0,00006 | 0,55 | | 0,000006 | 0,06 | - | 0,00007 | 0,64 | | 0,000007 | 0,07 | - | 0,00008 | 0,74 | | 0,000008 | 0,08 | - | 0,00009 | 0,83 | | 0,000009 | 0,09 | - | 0,00010 | 0,92 | | 0,000010 | 0,10 | - ================================ ================================= - - - - -Nº. III. - -_TABLE du nombre de Pouces cubes correspondans à un poids déterminé -d'eau._ - - - TABLE POUR LES GRAINS. - =============================================================== - |Grains d'eau,| Nombre de | |Grains d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | 1 | 0,003 | | 23 | 0,062 | - | 2 | 0,005 | | 24 | 0,065 | - | 3 | 0,008 | | 25 | 0,067 | - | 4 | 0,011 | | 26 | 0,070 | - | 5 | 0,013 | | 27 | 0,073 | - | 6 | 0,016 | | 28 | 0,076 | - | 7 | 0,019 | | 29 | 0,078 | - | 8 | 0,022 | | 30 | 0,081 | - | 9 | 0,024 | | 31 | 0,084 | - | 10 | 0,027 | | 32 | 0,086 | - | 11 | 0,030 | | 33 | 0,089 | - | 12 | 0,032 | | 34 | 0,092 | - | 13 | 0,035 | | 35 | 0,094 | - | 14 | 0,038 | | 36 | 0,097 | - | 15 | 0,040 | | 37 | 0,100 | - | 16 | 0,043 | | 38 | 0,103 | - | 17 | 0,046 | | 39 | 0,105 | - | 18 | 0,049 | | 40 | 0,108 | - | 19 | 0,051 | | 41 | 0,111 | - | 20 | 0,054 | | 42 | 0,113 | - | 21 | 0,057 | | 43 | 0,116 | - | 22 | 0,059 | | 44 | 0,119 | - ============================== ============================== - - - =============================================================== - |Grains d'eau,| Nombre de | |Grains d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | 45 | 0,121 | | 59 | 0,159 | - | 46 | 0,124 | | 60 | 0,162 | - | 47 | 0,127 | | 61 | 0,165 | - | 48 | 0,130 | | 62 | 0,167 | - | 49 | 0,132 | | 63 | 0,170 | - | 50 | 0,135 | | 64 | 0,173 | - | 51 | 0,138 | | 65 | 0,175 | - | 52 | 0,140 | | 66 | 0,178 | - | 53 | 0,143 | | 67 | 0,181 | - | 54 | 0,146 | | 68 | 0,184 | - | 55 | 0,148 | | 69 | 0,186 | - | 56 | 0,151 | | 70 | 0,189 | - | 57 | 0,154 | | 71 | 0,192 | - | 58 | 0,157 | | 72 | 0,194 | - =============================================================== - - - TABLE POUR LES GROS. TABLE POUR LES ONCES. - =================== ===================== - | | pou. cub.| | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 0,193 | | 1 | 1,543 | - | 2 | 0,386 | | 2 | 3,086 | - | 3 | 0,579 | | 3 | 4,629 | - | 4 | 0,772 | | 4 | 6,172 | - | 5 | 0,965 | | 5 | 7,715 | - | 6 | 1,158 | | 6 | 9,258 | - | 7 | 1,351 | | 7 | 10,801 | - | 8 | 1,543 | | 8 | 12,344 | - | | | | 9 | 13,887 | - | | | | 10 | 15,430 | - | | | | 11 | 16,973 | - | | | | 12 | 18,516 | - | | | | 13 | 20,059 | - | | | | 14 | 21,602 | - | | | | 15 | 23,145 | - | | | | 16 | 24,687 | - =================== ===================== - - - TABLE POUR LES LIVRES. - =============================================================== - |Livres d'eau,| Nombre de | |Livres d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | | pou. cub. | | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 24,687 | | 20 | 493,740 | - | 2 | 49,374 | | 21 | 518,427 | - | 3 | 74,061 | | 22 | 543,114 | - | 4 | 98,748 | | 23 | 567,801 | - | 5 | 123,420 | | 24 | 592,448 | - | 6 | 148,122 | | 25 | 617,175 | - | 7 | 172,809 | | 26 | 641,862 | - | 8 | 197,496 | | 27 | 666,549 | - | 9 | 222,180 | | 28 | 691,236 | - | 10 | 246,870 | | 29 | 715,923 | - | 11 | 271,557 | | 30 | 740,610 | - | 12 | 296,244 | | 40 | 987,480 | - | 13 | 320,931 | | 50 | 1234,200 | - | 14 | 345,618 | | 60 | 1481,220 | - | 15 | 370,305 | | 70 | 1728,000 | - | 16 | 394,992 | | 80 | 1974,960 | - | 17 | 419,676 | | 90 | 2221,800 | - | 18 | 444,360 | | 100 | 2328,700 | - | 19 | 469,050 | | | | - =============================================================== - - - - -Nº. IV. - -_TABLE pour convertir les lignes & fractions de lignes en fractions -décimales de pouce._ - - - TABLE POUR LES FRACTIONS TABLE POUR LES LIGNES. - DE LIGNE. - ================================ ================================ - |Douzièmes |Fractions décimales| | |Fractions décimales| - | de | de pouce | | lignes. | de pouce | - | lignes. | correspondantes. | | | correspondantes. | - |------------------------------| |------------------------------| - | | pouces. | | | pouces. | - | | | | | | - | 1 | 0,00694 | | 1 | 0,08333 | - | 2 | 0,01389 | | 2 | 0,16667 | - | 3 | 0,02083 | | 3 | 0,25000 | - | 4 | 0,02778 | | 4 | 0,33333 | - | 5 | 0,03472 | | 5 | 0,41667 | - | 6 | 0,04167 | | 6 | 0,50000 | - | 7 | 0,04861 | | 7 | 0,58333 | - | 8 | 0,05556 | | 8 | 0,66667 | - | 9 | 0,06250 | | 9 | 0,75000 | - | 10 | 0,06944 | | 10 | 0,83333 | - | 11 | 0,07639 | | 11 | 0,91667 | - | 12 | 0,08333 | | 12 | 1,00000 | - ================================ ================================ - - - - -Nº. V. - -_TABLE pour convertir les hauteurs d'eau observées dans les cloches ou -jarres, en hauteurs correspondantes de mercure exprimées en fractions -décimales de pouce._ - - - =================================== =================================== - | Hauteur |Hauteur correspondante| | Hauteur |Hauteur correspondante| - | de l'eau | du mercure | | de l'eau | du mercure | - | exprimée |exprimée en fractions | | exprimée |exprimée en fractions | - |en lignes.| décimales de pouce. | |en lignes.| décimales de pouce. | - |---------------------------------| |---------------------------------| - | lignes. | pouces. | |pou. lig.| pouces. | - | | | | | | - | 1 | 0,00614 | | 20| 0,12284 | - | 2 | 0,01228 | | 21| 0,12898 | - | 3 | 0,01843 | | 22| 0,13512 | - | 4 | 0,02457 | | 23| 0,14126 | - | 5 | 0,03071 | | 2 | 0,14741 | - | 6 | 0,03685 | | 3 | 0,22111 | - | 7 | 0,04299 | | 4 | 0,29481 | - | 8 | 0,04914 | | 5 | 0,36852 | - | 9 | 0,05528 | | 6 | 0,44222 | - | 10 | 0,06142 | | 7 | 0,51593 | - | 11 | 0,06756 | | 8 | 0,58963 | - | 12 | 0,07370 | | 9 | 0,66333 | - | 13 | 0,07985 | | 10 | 0,73704 | - | 14 | 0,08599 | | 11 | 0,81074 | - | 15 | 0,09213 | | 12 | 0,88444 | - | 16 | 0,09827 | | 13 | 0,95815 | - | 17 | 0,10441 | | 14 | 1,03185 | - | 18 | 0,11055 | | 15 | 1,10556 | - | 19 | 0,11670 | | 16 | 1,17926 | - =================================== =================================== - - - - -Nº. VI. - -_TABLE des quantités de pouces cubiques françois correspondans à une -once, mesure de M. Priestley._ - - - ================================================================ - |Onces, mesure|Pouces cubiques| |Onces, mesure|Pouces cubiques| - | de | françois | | de | françois | - |M. Priestley.|correspondans. | |M. Priestley.|correspondans. | - |-----------------------------| |-----------------------------| - | | pou. cub. | | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 1,567 | | 20 | 31,340 | - | 2 | 3,134 | | 30 | 47,010 | - | 3 | 4,701 | | 40 | 62,680 | - | 4 | 6,268 | | 50 | 78,350 | - | 5 | 7,835 | | 60 | 94,020 | - | 6 | 9,402 | | 70 | 109,690 | - | 7 | 10,969 | | 80 | 125,360 | - | 8 | 12,536 | | 90 | 141,030 | - | 9 | 14,103 | | 100 | 156,700 | - | 10 | 15,670 | | 200 | 313,400 | - | 11 | 17,237 | | 300 | 470,100 | - | 12 | 18,804 | | 400 | 626,800 | - | 13 | 20,371 | | 500 | 783,500 | - | 14 | 21,938 | | 600 | 940,200 | - | 15 | 23,505 | | 700 | 1096,900 | - | 16 | 25,072 | | 800 | 1253,600 | - | 17 | 26,639 | | 900 | 1410,300 | - | 18 | 28,206 | | 1000 | 1567,000 | - | 19 | 29,773 | | | | - ================================================================ - - - - -Nº. VII. - -_TABLE des pesanteurs des différens gaz à 28 pouces de pression & à 10 -degrés du thermomètre._ - - - ===================================================================== - | | Poids | Poids du pied | | - | Noms des airs |du pouce | cube. | OBSERVATIONS. | - | ou gaz. | cube. | | | - |-------------------------------------------------------------------| - | | grains. | on. gro. gra. | | - | | | | | - |Air atmosphérique. | 0,46005 | 1 3 3,00 |D'après mes expér.| - |Gaz azote. | 0,44444 | 1 2 48,00 |D'après mes expér.| - |Gaz oxigène. | 0,50694 | 1 4 12,00 |D'après mes expér.| - |Gaz hydrogène. | 0,03539 | » » 61,15 |D'après mes expér.| - |Gaz acide carbonique.| 0,68985 | 2 » 40,00 |D'après mes expér.| - |Gaz nitreux. | 0,54690 | 1 5 9,04 |D'après M. Kirwan.| - |Gaz ammoniaque. | 0,27488 | » 6 43,00 |D'après M. Kirwan.| - |Gaz acide sulfureux. | 1,03820 | 3 » 66,00 |D'après M. Kirwan.| - ===================================================================== - - - - -Nº. VIII. - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques des substances minérales, extraite de -l'ouvrage de M. BRISSON._ - - - SUBSTANCES MÉTALLIQUES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | substances | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |métalliques.| |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Or. {Or à 24 karats, fondu |192581| 12 3 62 |1348 1 0 41 | - | {& non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|193617| 12 4 28 |1355 5 0 60 | - | { | | | | - | {Or au titre de Paris, |174863| 11 2 48 |1224 0 5 18 | - | {ou à 22 karats, | | | | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|175894| 11 3 15 |1231 4 1 2 | - | { | | | | - | {Or au titre de la |174022| 11 2 17 |1218 2 3 51 | - | {monoie de France, ou à| | | | - | {21 22/32 karats, fondu| | | | - | {& non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même monoyé. |176474| 11 3 36 |1235 5 0 51 | - | { | | | | - | {Or au titre des |157090| 10 1 33 |1099 10 0 46 | - | {bijoux, ou à 20 | | | | - | {karats, fondu & non | | | | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même, fondu & |157746| 10 1 57 |1104 3 4 30 | - | {forgé. | | | | - | | | | | | - |Argent. {Argent à 12 deniers |104743| 6 6 22 | 733 3 1 52 | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|105107| 6 6 36 | 735 11 7 43 | - | { | | | | - | {Argent au titre de |101752| 6 4 55 | 712 4 1 57 | - | {Paris, ou à 11 deniers| | | | - | {10 grains, fondu & non| | | | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même, fondu & |103765| 6 5 58 | 726 5 5 32 | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Argent au titre de la |100476| 6 4 7 | 703 5 2 36 | - | {monoie de France, ou à| | | | - | {10 deniers 21 grains, | | | | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même monoyé. |104077| 6 5 70 | 728 8 4 71 | - | | | | | | - |Platine. {Platine brut en |156017| 10 0 65 |1092 1 7 17 | - | {grenailles. | | | | - | { | | | | - | {Le même décapé, par |167521| 10 6 62 |1172 10 2 59 | - | {l'acide muriatique. | | | | - | { | | | | - | {Platine purifié fondu.|195000| 12 5 8 |1365 0 0 0 | - | { | | | | - | {Platine purifié forgé.|203366| 13 1 32 |1423 8 7 67 | - | { | | | | - | {Platine purifié, passé|210417| 13 5 8 |1472 14 5 46 | - | {par la filiere. | | | | - | { | | | | - | {Platine purifié passé |220690| 14 2 31 |1544 13 2 17 | - | {au laminoir. | | | | - | | | | | | - |Cuivre. {Cuivre rouge fondu & | 77880| 5 0 28 | 545 2 4 35 | - | {non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & passé | 88785| 5 6 3 | 621 7 7 26 | - | {à la filiere. | | | | - | { | | | | - | {Cuivre jaune fondu & | 83958| 5 3 38 | 587 11 2 26 | - | {non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & passé | 85441| 5 4 22 | 598 1 3 10 | - | {à la filiere. | | | | - | | | | | | - |Fer. {Fer fondu. | 72070| 4 5 27 | 504 7 6 52 | - | { | | | | - | {Fer forgé en barre, | 77880| 5 0 28 | 545 2 4 35 | - | {écroui ou non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Acier ni trempé, ni | 78331| 5 0 44 | 548 5 0 41 | - | {écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même écroui & non | 78404| 5 0 47 | 548 13 1 71 | - | {trempé. | | | | - | { | | | | - | {Le même écroui & | 78180| 5 0 39 | 547 4 1 20 | - | {ensuite trempé. | | | | - | { | | | | - | {Le même trempé & non | 78163| 5 0 38 | 547 2 2 3 | - | {écroui. | | | | - | | | | | | - |Etain. {Etain pur de | 72914| 4 5 58 | 510 6 2 68 | - | {Cornouailles, fondu & | | | | - | {non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & | 72994| 4 5 61 | 510 15 2 45 | - | {écroui. | | | | - | { | | | | - | {Etain de Mélac, | 72963| 4 5 60 | 510 11 6 61 | - | {fondu & non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & | 73065| 4 5 64 | 511 7 2 17 | - | {écroui. | | | | - | | | | | | - |Plomb. |Plomb fondu. |113523| 7 2 62 | 794 10 4 44 | - | | | | | | - |Zinc. |Zinc fondu. | 71908| 4 5 21 | 503 5 5 41 | - | | | | | | - |Bismuth. |Bismuth fondu. | 98227| 6 2 67 | 687 9 3 28 | - | | | | | | - |Cobalt. |Cobalt fondu. | 78119| 5 0 36 | 546 13 2 45 | - | | | | | | - |Antimoine. {Antimoine fondu. | 67021| 4 2 54 | 469 2 2 59 | - | { | | | | - | {Antimoine crud. | 40643| 2 5 5 | 284 8 0 9 | - | { | | | | - | {Verre d'antimoine. | 49464| 3 1 47 | 346 3 7 64 | - | | | | | | - |Arsenic. |Arsenic fondu. | 57633| 3 5 64 | 403 6 7 12 | - | | | | | | - |Nickel. |Nickel fondu. | 78070| 5 0 35 | 546 7 6 52 | - | | | | | | - |Molybdène. |. . . . . . . . . . . | 47385| 3 0 41 | 331 11 1 69 | - | | | | | | - |Tungstène. |. . . . . . . . . . . | 60665| 3 7 33 | 424 10 3 60 | - | | | | | | - |Mercure. |. . . . . . . . . . . |135681| 8 6 25 | 949 12 2 13 | - ======================================================================== - - - PIERRES PRÉCIEUSES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | pierres | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |précieuses. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Diamant. {Diamant Oriental | 35212| 2 2 19 | 246 7 5 69 | - | {blanc. | | | | - | { | | | | - | {Diamant Oriental | 35310| 2 2 22 | 247 2 5 55 | - | {couleur de rose. | | | | - | | | | | | - |Rubis. {Rubis Oriental. | 42833| 2 6 15 | 299 13 2 26 | - | { | | | | - | {Rubis Spinelle. | 37600| 2 3 36 | 263 3 1 43 | - | { | | | | - | {Rubis Balai. | 36458| 2 2 65 | 255 3 2 26 | - | { | | | | - | {Rubis du Brésil. | 35311| 2 2 22 | 247 2 6 47 | - | | | | | | - |Topaze. {Topaze Orientale. | 40106| 2 4 57 | 280 11 6 70 | - | { | | | | - | {Topaze-pistache | 40615| 2 5 4 | 284 4 7 3 | - | {Orientale. | | | | - | { | | | | - | {Topaze du Brésil. | 35365| 2 2 24 | 247 8 7 3 | - | { | | | | - | {Topaze de Saxe. | 35640| 2 2 35 | 249 7 5 32 | - | { | | | | - | {Topaze blanche de | 35535| 2 2 31 | 248 11 7 26 | - | {Saxe. | | | | - | | | | | | - |Saphir. {Saphir Oriental. | 39941| 2 4 51 | 279 9 3 10 | - | { | | | | - | {Saphir Oriental blanc.| 39911| 2 4 50 | 279 6 0 18 | - | { | | | | - | {Saphir du Puy. | 40769| 2 5 10 | 285 6 1 2 | - | { | | | | - | {Saphir du Brésil. | 31307| 2 0 17 | 219 2 3 5 | - | | | | | | - |Girasol. |. . . . . . . . . . . | 40000| 2 4 53 | 280 0 0 0 | - | | | | | | - |Jargon. |Jargon de Ceylan. | 44161| 2 6 65 | 309 2 0 18 | - | | | | | | - |Hyacinthe. |Hyacinthe commune. | 36873| 2 3 9 | 258 1 5 22 | - | | | | | | - |Vermeille. |. . . . . . . . . . . | 42299| 2 5 67 | 296 1 3 65 | - | | | | | | - |Grenat. {Grenat de Bohême. | 41888| 2 5 52 | 293 3 3 47 | - | { | | | | - | {Grenat en cristal | 40627| 2 5 5 | 284 6 1 57 | - | {dodécaèdre. | | | | - | { | | | | - | {Grenat en cristal à | 24684| 1 4 58 | 172 12 4 62 | - | {24 faces, volcanisé. | | | | - | { | | | | - | {Grenat Syrien. | 40000| 2 4 53 | 280 0 0 0 | - | | | | | | - |Emeraude. |Emeraude du Pérou. | 27755| 1 6 28 | 194 4 4 35 | - | | | | | | - |Chrysolite. {Chrysolite des | 27821| 1 6 31 | 194 11 7 44 | - | {Joailliers. | | | | - | { | | | | - | {Chrysolite du Brésil. | 26923| 1 5 69 | 188 7 3 1 | - | | | | | | - |Aigue- {Aigue marine Orientale| 35489| 2 2 29 | 248 6 6 10 | - |marine. {ou Béril. | | | | - | { | | | | - | {Aigue-marine | 27227| 1 6 8 | 190 9 3 28 | - | {Occidentale. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES SILICEUSES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | pierres | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |siliceuses. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Cristal de {Cristal de Roche | 26530| 1 5 54 | 185 11 2 64 | - |Roche. {limpide de Madagascar.| | | | - | { | | | | - | {Cristal de Roche du | 26526| 1 5 54 | 185 10 7 21 | - | {Brésil. | | | | - | { | | | | - | {Cristal de Roche | 26548| 1 5 55 | 185 13 3 1 | - | {gélatineux ou | | | | - | {d'Europe. | | | | - | | | | | | - |Quartz. {Quartz cristallisé. | 26546| 1 5 55 | 185 13 1 16 | - | { | | | | - | {Quartz en masse. | 26471| 1 5 52 | 185 4 6 1 | - | | | | | | - |Grès. {Grès des Paveurs. | 24158| 1 4 38 | 169 1 5 41 | - | { | | | | - | {Grès des Rémouleurs. | 21429| 1 3 8 | 150 0 0 28 | - | { | | | | - | {Grès des Couteliers. | 21113| 1 2 68 | 147 12 5 18 | - | { | | | | - | {Grès luisant de | 25616| 1 5 20 | 179 4 7 67 | - | {Fontainebleau. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à faux à grain | 25638| 1 5 21 | 179 7 3 47 | - | {moyen d'Auvergne. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à faux de | 25298| 1 5 8 | 177 1 3 1 | - | {Lorraine. | | | | - | | | | | | - |Agathe. {Agathe Orientale. | 25901| 1 5 31 | 181 4 7 21 | - | { | | | | - | {Agathe Onix. | 26375| 1 5 49 | 184 10 0 0 | - | | | | | | - |Calcédoine. |Calcédoine limpide. | 26640| 1 5 59 | 186 7 5 32 | - | | | | | | - |Cornaline. |. . . . . . . . . . . | 26137| 1 5 40 | 182 15 2 54 | - | | | | | | - |Sardoine. |Sardoine pure. | 26025| 1 5 36 | 182 2 6 39 | - | | | | | | - |Prase. |. . . . . . . . . . . | 25805| 1 5 27 | 180 10 1 20 | - | | | | | | - |Pierre à {Pierre à fusil blonde.| 25941| 1 5 32 | 181 9 3 10 | - |fusil. { | | | | - | {Pierre à fusil | 25817| 1 5 28 | 180 11 4 2 | - | {noirâtre. | | | | - | | | | | | - |Caillou. {Caillou Onix. | 26644| 1 5 59 | 186 8 1 2 | - | { | | | | - | {Caillou de Rennes. | 26538| 1 5 55 | 185 12 2 3 | - | | | | | | - |Pierre |. . . . . . . . . . . | 24835| 1 4 63 | 173 13 4 12 | - |meuliere. | | | | | - | | | | | | - |Jade. {Jade blanc. | 29502| 1 7 21 | 206 8 1 57 | - | { | | | | - | {Jade verd. | 29660| 1 7 27 | 207 9 7 26 | - | { | | | | - | {Jaspe rouge. | 26612| 1 5 58 | 186 4 4 25 | - | { | | | | - | {Jaspe brun. | 26911| 1 5 69 | 188 6 0 18 | - | { | | | | - | {Jaspe jaune. | 27101| 1 6 4 | 189 11 2 36 | - | | | | | | - |Jaspe. {Jaspe violet. | 27111| 1 6 4 | 189 12 3 33 | - | { | | | | - | {Jaspe gris. | 27640| 1 6 24 | 193 7 5 32 | - | { | | | | - | {Jaspe Onix ou rubanné.| 28160| 1 6 43 | 197 1 7 26 | - | | | | | | - |Schorl. {Schorl noir, | 33636| 2 1 32 | 235 7 1 62 | - | {prismatique hexaèdre. | | | | - | { | | | | - | {Schorl noir spathique.| 33852| 2 1 40 | 236 15 3 28 | - | { | | | | - | {Schorl noir en masse, | 29225| 1 7 11 | 204 9 1 43 | - | {dit Basalte noir | | | | - | {antique. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES ARGILEUSES OU ALUMINEUSES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Serpentine. |Serpentine opaque | 24295| 1 4 43 | 170 1 0 23 | - | |verte d'Italie, dite | | | | - | |Gabro des Florentins. | | | | - | | | | | | - |Stéatite. {Craie de Briançon | 27274| 1 6 10 | 190 14 5 56 | - | {grossiere. | | | | - | { | | | | - | {Craie d'Espagne. | 27902| 1 6 34 | 195 5 0 14 | - | { | | | | - | {Pierre ollaire | | | | - | {feuilletée du | 27687| 1 6 26 | 193 12 7 40 | - | {Dauphiné. | | | | - | { | | | | - | {Pierre ollaire | 28531| 1 6 57 | 199 11 3 56 | - | {feuilletée de Suéde. | | | | - | | | | | | - |Talc. {Talc de Moscovie. | 27917| 1 6 34 | 195 6 5 46 | - | { | | | | - | {Mica noir. | 29004| 1 7 3 | 203 0 3 42 | - | | | | | | - |Schiste. {Schiste commun. | 26718| 1 5 61 | 187 0 3 24 | - | { | | | | - | {Ardoise neuve. | 28535| 1 6 57 | 199 11 7 26 | - | { | | | | - | {Pierre à rasoir | 28763| 1 6 66 | 201 5 3 47 | - | {blanche. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à rasoir noire | 31311| 2 0 17 | 219 2 6 47 | - | {& blanche. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES CALCAIRES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Spath {Spath calcaire | 27151| 1 6 6 | 190 0 7 21 | - |calcaire. {rhomboïdal dit Cristal| | | | - | {d'Islande. | | | | - | { | | | | - | {Spath calcaire | 27141| 1 6 5 | 189 15 6 24 | - | {pyramidal, dit Dent | | | | - | {de cochon. | | | | - | | | | | | - |Albâtre. |Albâtre Oriental | 27302| 1 6 11 | 191 2 6 42 | - | |blanc antique. | | | | - | | | | | | - |Marbre. {Marbre campan vert. | 27417| 1 6 16 | 191 14 5 46 | - | { | | | | - | {Marbre campan rouge. | 27242| 1 6 9 | 190 11 0 60 | - | { | | | | - | {Marbre blanc de | 27168| 1 6 6 | 190 2 6 38 | - | {Carare. | | | | - | { | | | | - | {Marbre blanc de Paros.| 28376| 1 6 51 | 198 10 0 65 | - | | | | | | - |Pierres {Pierre de S. Leu, | 16593| 1 0 43 | 116 2 3 24 | - |calcaires {de la carriere de | | | | - |à bâtir. {S. Leu. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de S. Leu, de | 18094| 1 1 28 | 126 10 4 16 | - | {la carriere de Notre | | | | - | {Dame. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Vergelet, | 16542| 1 0 42 | 115 12 5 46 | - | {du plus gros grain. | | | | - | { | | | | - | {Pierre d'Arcueil. | 20605| 1 2 49 | 144 3 6 6 | - | { | | | | - | {Pierre de Liais du | 20778| 1 2 56 | 145 7 1 6 | - | {fond de Bagneux, de la| | | | - | {carriere de Mad. | | | | - | {Ricateau. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Liais du | 23902| 1 4 28 | 167 5 0 14 | - | {fond de Bagneux, | | | | - | {de la carriere de | | | | - | {M. Ory. | | | | - | { | | | | - | {Pierre des carrieres | 13864| 0 7 14 | 97 1 6 10 | - | {de Bouré. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Passy près | 23340| 1 4 7 | 163 6 0 46 | - | {Tonnerre. | | | | - ======================================================================== - - - SPATHS. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Spath pesant|Spath pesant blanc. | 44300| 6 70 | 310 1 4 58 | - |ou Sulfate | | | | | - |de baryte. | | | | | - | | | | | | - |Spath fluor,{Spath fluor blanc. | 31555| 2 0 26 | 220 14 1 20 | - |ou Fluate { | | | | - |de chaux. {Spath fluor rouge. | 31911| 2 0 39 | 223 6 0 18 | - | { | | | | - | {Spath fluor vert. | 31817| 2 0 36 | 222 11 2 17 | - | { | | | | - | {Spath fluor bleu. | 31688| 2 0 31 | 221 13 0 32 | - | { | | | | - | {Spath fluor violet. | 31757| 2 0 34 | 222 4 6 20 | - ======================================================================== - - - ZÉOLITE. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Zéolite. {Zéolite étincelante | 24868| 1 4 64 | 174 1 1 52 | - | {rouge d'Œdelfors. | | | | - | { | | | | - | {Zéolite étincelante | 20739| 1 2 54 | 145 2 6 10 | - | {blanche. | | | | - | { | | | | - | {Zéolite cristallisée. | 20833| 1 2 58 | 145 13 2 26 | - ======================================================================== - - - PEISCHTEIN OU PIERRE DE POIX. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Pierres {Pierre de poix noire. | 20499| 1 2 45 | 143 7 7 7 | - |de poix. { | | | | - | {Pierre de poix jaune. | 20860| 1 2 59 | 146 0 2 40 | - | { | | | | - | {Pierre de poix rouge. | 26695| 1 5 61 | 186 13 6 52 | - | { | | | | - | {Pierre de poix | 23191| 1 4 2 | 162 5 3 10 | - | {noirâtre. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES MÉLANGÉES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Porphire. {Porphire rouge. | 27651| 1 6 24 | 193 8 7 21 | - | { | | | | - | {Porphire rouge du | 27933| 1 6 35 | 195 8 3 70 | - | {Dauphiné. | | | | - | | | | | | - |Serpentin. {Serpentin vert. | 28960| 1 7 1 | 202 11 4 12 | - | { | | | | - | {Serpentin noir dit | 29339| 1 7 15 | 205 5 7 54 | - | {variolite du Dauphiné.| | | | - | { | | | | - | {Serpentin vert du | 29883| 1 7 36 | 209 2 7 12 | - | {Dauphiné. | | | | - | | | | | | - |Ophite. |. . . . . . . . . . . | 29722| 1 7 30 | 208 0 6 66 | - | | | | | | - |Granitelle. |. . . . . . . . . . . | 30626| 1 7 63 | 214 6 0 65 | - | | | | | | - |Granit. {Granit rouge d'Egypte.| 26541| 1 5 55 | 185 12 4 53 | - | { | | | | - | {Granit d'un beau | 27609| 1 6 23 | 193 4 1 48 | - | {rouge. | | | | - | { | | | | - | {Granit de la Vallée | 27163| 1 6 6 | 190 2 2 3 | - | {de Girardmas dans les | | | | - | {Vosges. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES DE VOLCANS. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Pierres {Pierre-ponce. | 9145| » 4 53 | 64 0 1 66 | - |de { | | | | - |volcans. {Lave pleine de | 23480| 1 4 13 | 164 5 6 6 | - | {Volcans, dite _Pierre | | | | - | {obsidienne_. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Volvic. | 23205| 1 4 2 | 162 6 7 49| - | { | | | | - | {Basalte de la chaussée| 28642| 1 6 61 | 200 7 7 17| - | {des Géans. | | | | - | { | | | | - | {Basalte prismatique | 24215| 1 4 40 | 169 8 0 46| - | {d'Auvergne. | | | | - | { | | | | - | {Basalte, dit _pierre | 24153| 1 4 38 | 169 1 1 6| - | {de touche_. | | | | - ======================================================================== - - - VITRIFICATIONS ARTIFICIELLES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Verres. {Laitier des forges. | 28548| 1 6 58 | 199 13 3 1 | - | { | | | | - | {Verre des bouteilles. | 27325| 1 6 12 | 191 4 3 14 | - | { | | | | - | {Verre vert ou commun | 26423| 1 5 50 | 184 15 3 1 | - | {des vitres. | | | | - | { | | | | - | {Verre blanc ou cristal| 28922| 1 7 0 | 202 7 2 8 | - | {de France. | | | | - | { | | | | - | {Cristal des glaces de | 24882| 1 4 65 | 174 2 6 20| - | {S. Gobin. | | | | - | { | | | | - | {Cristal d'Angleterre, | 33293| 2 1 19 | 233 0 6 38| - | { dit _Flint-glass_ | | | | - | { | | | | - | {Verre de borax. | 26070| 1 5 37 | 182 7 6 52| - | { | | | | - | {Porcelaine dure du | 21457| 1 3 9 | 150 3 1 34| - | {Roi, ou de Sèves. | | | | - | | | | | | - |Porcelaines.{Porcelaine de Limoges.| 23410| 1 4 10 | 163 13 7 26| - | { | | | | - | {Porcelaine de la | | | | - | {Chine. | 23847| 1 4 26 | 166 14 6 66| - ======================================================================== - - - MATIÈRES INFLAMMABLES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Soufre. {Soufre natif. | 20332| 1 2 39 | 142 5 1 34 | - | { | | | | - | {Soufre fondu. | 19907| 1 2 23 | 139 5 3 56 | - | | | | | | - |Bitumes. {Charbon de terre | 13292| 0 6 64 | 93 0 5 46 | - | {compacte. | | | | - | { | | | | - | {Ambre gris. | 9263| 0 4 58 | 64 13 3 47 | - | { | | | | - | {Ambre jaune ou | 10780| 0 5 42 | 75 7 2 63 | - | {Succin transparent. | | | | - ======================================================================== - - - - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques des Fluides._ - - - EAUX. - ========================================================================== - | | |Pesan- | Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci- | cube. | pied cube. | - | | |fique. | | | - |------------------------------------------------------------------------| - | | | |on. g. grai. |liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Eaux. {Eau distillée. |10000 | 0 5 13 1/3 | 70 0 0 0 | - | { | | | | - | {Eau de pluie. |10000 | 0 5 13 1/3 | 70 0 0 0 | - | { | | | | - | {Eau de la Seine |10001,5| 0 5 13,4 | 70 0 1 25 | - | {filtrée. | | | | - | { | | | | - | {Eau d'Arcueil. |10004,6| 0 5 13,5 | 70 0 4 9 | - | { | | | | - | {Eau de Ville-d'Avray. |10004,3| 0 5 13,5 | 70 0 3 61 | - | { | | | | - | {Eau de mer. |10263 | 0 5 23 | 71 13 3 47 | - | { | | | | - | {Eau du lac Asphaltite,|12403 | 0 6 31 | 86 13 1 6 | - | {ou de la Mer morte. | | | | - ========================================================================== - - - LIQUEURS SPIRITUEUSES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Vins. {Vin de Bourgogne. | 9915| 0 5 10 | 69 6 3 60 | - | { | | | | - | {Vin de Bordeaux. | 9939| 0 5 11 | 69 9 1 25 | - | { | | | | - | {Vin de Malvoisie de | 10382| 0 5 28 | 72 10 6 20 | - | {Madère. | | | | - | { | | | | - | {Bierre rouge. | 10338| 0 5 26 | 72 5 6 61 | - | { | | | | - | {Bierre blanche. | 10231| 0 5 22 | 71 9 6 70 | - | { | | | | - | {Cidre. | 10181| 0 5 20 | 71 4 2 13 | - | | | | | | - |Esprit- {Alkool du commerce. | 8371| 0 4 25 | 58 9 3 30 | - |de-vin, { | | | | - |ou alkool. {Alkool très-rectifié. | 8293| 0 4 22 | 58 0 6 38 | - | { | | | | - | {Alkool mêlé d'eau. | | | | - | { Alkool. Eau. | | | | - | { | | | | - | { parties. parties. | | | | - | { 15 1 | 8527| 0 4 30 | 59 11 0 14 | - | { 14 2 | 8674| 0 4 36 | 60 11 4 3 | - | { 13 3 | 8815| 0 4 41 | 61 11 2 17 | - | { 12 4 | 8947| 0 4 46 | 62 10 0 37 | - | { 11 5 | 9075| 0 4 51 | 63 8 3 14 | - | { 10 6 | 9199| 0 4 55 | 64 6 2 22 | - | { 9 7 | 9317| 0 4 60 | 65 3 4 2 | - | { 8 8 | 9427| 0 4 64 | 65 15 6 43 | - | { 7 9 | 9519| 0 4 67 | 66 10 1 2 | - | { 6 10 | 9598| 0 4 70 | 67 2 7 58 | - | { 5 11 | 9674| 0 5 1 | 67 11 3 66 | - | { 4 12 | 9733| 0 5 3 | 68 2 0 55 | - | { 3 13 | 9791| 0 5 6 | 68 8 4 53 | - | { 2 14 | 9852| 0 5 8 | 68 15 3 28 | - | { 1 15 | 9919| 0 5 10 | 69 6 7 31 | - | | | | | | - |Ethers. {Ether sulfurique. | 7396| 0 3 60 | 51 12 2 59 | - | { | | | | - | {Ether nitrique. | 9088| 0 4 51 | 63 9 6 61 | - | { | | | | - | {Ether muriatique. | 7296| 0 3 56 | 51 1 1 16 | - | { | | | | - | {Ether acétique. | 8664| 0 4 35 | 60 10 2 68 | - ======================================================================== - - - LIQUEURS ACIDES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Acides {Acide sulfurique. | 18409| 1 1 39 | 128 13 6 33 | - |minéraux. { | | | | - | {Acide nitrique. | 12715| » 6 43 | 89 0 0 46 | - | { | | | | - | {Acide muriatique. | 11940| » 6 14 | 83 9 2 17 | - | | | | | | - |Acides {Acide acéteux rouge. | 10251| 0 5 23 | 71 12 0 65 | - |végétaux. { | | | | - | {Acide acéteux blanc. | 10135| 0 5 18 | 70 15 0 69 | - | { | | | | - | {Acide acéteux | 10095| 0 5 17 | 70 10 5 9 | - | {distillé. | | | | - | { | | | | - | {Acide acétique. | 10626| 0 5 37 | 74 6 0 65 | - | | | | | | - |Acides |Acide formique. | 9942| 0 5 11 | 69 9 4 2 | - |animaux. | | | | | - ======================================================================== - - - ALKALI VOLATIL OU AMMONIAQUE. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Ammoniaque. |Ammoniaque en liqueur.| 8970| 0 4 47 | 62 12 5 9 | - ======================================================================== - - - LIQUEURS HUILEUSES. - ========================================================================= - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |-----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Huiles {Huile essentielle de | 8697| 0 4 37 | 60 14 0 37 | - |volatiles, {térébenthine. | | | | - |ou { | | | | - |essentielles.{Térébenthine liquide. | 9910| 0 5 10 | 69 5 7 26 | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 8938| 0 4 46 | 62 9 0 32 | - | {Lavande. | | | | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 10363| 0 5 27 | 72 8 5 18 | - | {Gérofle. | | | | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 10439| 0 5 30 | 73 1 1 25 | - | {Canelle. | | | | - | | | | | | - |Huiles {Huile d'olives. | 9153| 0 4 54 | 64 1 1 6 | - |fixes, ou { | | | | - |grasses. {Huile d'amande douce. | 9170| 0 4 54 | 64 3 0 23 | - | { | | | | - | {Huile de lin. | 9403| 0 4 63 | 65 13 1 6 | - | { | | | | - | {Huile de pavot. | 9288| 0 4 57 | 64 10 5 18 | - | { | | | | - | {Huile de faîne. | 9176| 0 4 55 | 64 3 5 50 | - | { | | | | - | {Huile de baleine. | 9233| 0 4 57 | 64 10 0 55 | - ========================================================================= - - - LIQUEURS ANIMALES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Liqueurs {Lait de femme. | 10203| 0 5 21 | 71 6 5 64 | - |animales. { | | | | - | {Lait de jument. | 10346| 0 5 26 | 72 6 6 1 | - | { | | | | - | {Lait d'ânesse. | 10355| 0 5 27 | 72 7 6 6 | - | { | | | | - | {Lait de chèvre. | 10341| 0 5 26 | 72 6 1 39 | - | { | | | | - | {Lait de brebis. | 10409| 0 5 29 | 72 13 6 33 | - | { | | | | - | {Lait de vache. | 10324| 0 5 25 | 72 4 2 22 | - | { | | | | - | {Petit-lait de vache | 10193| 0 5 20 | 71 5 4 67 | - | {clarifié. | | | | - | { | | | | - | {Urine humaine. | 10106| 0 5 17 | 70 1 6 70 | - ======================================================================== - - - - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques de quelques substances végétales -& animales._ - - - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Résines. {Résines jaune ou | 10727| 5 40 | 75 1 3 28 | - | {blanche du pin. | | | | - | { | | | | - | {Arcançon. | 10857| 5 45 | 75 15 7 63 | - | { | | | | - | {Galipot. | 10819| 5 54 | 75 11 5 59 | - | { | | | | - | {Baras. | 10441| 5 30 | 73 1 3 10 | - | { | | | | - | {Sandaraque. | 10920| 5 48 | 76 7 0 23 | - | { | | | | - | {Mastic. | 10742| 5 41 | 75 3 0 60 | - | { | | | | - | {Storax. | 11098| 5 54 | 77 10 7 58 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 11398| 5 28 | 72 12 4 44 | - | {copale opaque. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale | 10452| 5 30 | 73 2 4 71 | - | {transparente. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale de | 10600| 5 36 | 74 3 1 43 | - | {Madagascar. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale de la | 10628| 5 37 | 74 6 2 50 | - | {Chine. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou Gomme Elémi.| 10182| 5 20 | 71 4 3 5 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10284| 5 24 | 71 15 6 33 | - | {animée d'Orient. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10426| 5 29 | 72 15 5 50 | - | {animée d'Occident. | | | | - | { | | | | - | {Labdanum. | 11862| 6 11 | 83 0 4 25 | - | { | | | | - | {Labdanum _in tortis_. | 24933| 1 4 67 | 174 8 3 70 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme de | 12289| 6 27 | 86 0 2 68 | - | {gayac. | | | | - | { | | | | - | {Résine de jalap. | 12185| 6 23 | 85 4 5 55 | - | { | | | | - | {Sang-dragon. | 12045| 6 18 | 84 5 0 23 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme-laque.| 11390| 5 65 | 79 11 5 32 | - | { | | | | - | {Résine tacamaque. | 10463| 5 31 | 73 3 6 61 | - | { | | | | - | {Benjoin. | 10924| 5 48 | 76 7 3 65 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10604| 5 36 | 74 3 5 13 | - | {alouchi. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 11244| 5 60 | 78 11 2 45 | - | {caragne. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 9335| 4 61 | 65 5 4 12 | - | {élastique. | | | | - | { | | | | - | {Camphre. | 9887| 5 9 | 69 3 2 54 | - | | | | | | - |Gommes- {Gomme ammoniaque. | 12071| 6 19 | 84 7 7 44 | - |résines. { | | | | - | {Gomme séraphique. | 12008| 6 16 | 84 0 7 12 | - | { | | | | - | {Gomme de lierre, ou | 12948| 6 51 | 90 10 1 29 | - | {hédérée. | | | | - | { | | | | - | {Gomme gutte. | 12216| 6 24 | 85 8 1 39 | - | { | | | | - | {Euphorbe. | 11244| 5 60 | 78 11 2 45 | - | { | | | | - | {Oliban ou encens. | 11732| 6 6 | 82 1 7 63 | - | { | | | | - | {Mirrhe. | 13600| 7 4 | 95 3 1 43 | - | { | | | | - | {Bdelium. | 13717| 5 65 | 79 10 1 57 | - | { | | | | - | {Scammonée d'Alep. | 12354| 6 29 | 86 7 5 13 | - | { | | | | - | {Scammonée de Smyrne. | 12743| 6 44 | 89 3 1 52 | - | { | | | | - | {Galbanum. | 12120| 6 20 | 84 13 3 37 | - | { | | | | - | {Assa fœtida. | 13275| 6 64 | 92 14 6 29 | - | { | | | | - | {Sarcocolle. | 12684| 6 42 | 88 12 4 62 | - | { | | | | - | {Opopanax. | 16226| 1 0 30 | 113 9 2 36 | - | | | | | - |Gommes. {Gomme commune, | 14817| 0 7 49 | 103 11 4 2 | - | {ou de Païs. | | | | - | { | | | | - | {Gomme arabique. | 14523| 7 38 | 101 10 4 44 | - | { | | | | - | {Gomme adraganthe. | 13161| 6 59 | 92 2 0 18 | - | { | | | | - | {Gomme de Bassora. | 14346| 7 32 | 100 6 6 1 | - | { | | | | - | {Gomme d'Acajou. | 14456| 7 36 | 101 3 0 41 | - | { | | | | - | {Gomme monbain. | 14206| 7 26 | 99 7 0 41 | - | | | | | | - |Sucs {Suc de réglisse. | 17228| 1 0 67 | 120 9 4 21 | - |épaissis. { | | | | - | {Suc d'acacia. | 15153| 7 62 | 106 1 1 6 | - | { | | | | - | {Suc d'arec. | 14573| 7 40 | 102 0 1 29 | - | { | | | | - | {Cachou. | 13980| 7 18 | 97 13 6 6 | - | { | | | | - | {Aloès hépatique. | 13586| 7 3 | 95 1 5 4 | - | { | | | | - | {Aloès socotrin. | 13795| 7 11 | 96 9 0 23 | - | { | | | | - | {Hypociste. | 15263| 7 66 | 106 13 3 47 | - | { | | | | - | {Opium. | 13366| 6 67 | 93 8 7 3 | - | | | | | | - |Fécules. {Indigo. | 7690| 0 3 71 | 53 13 2 17 | - | { | | | | - | {Roucou. | 5956| 0 3 6 | 41 11 0 41 | - | | | | | | - |Cires {Cire jaune. | 9648| 5 0 | 67 8 4 44 | - |& { | | | | - |graisses. {Cire blanche. | 9686| 5 2 | 67 12 6 47 | - | { | | | | - | {Cire d'ouarouchi. | 8970| 4 47 | 62 12 5 9 | - | { | | | | - | {Beurre de cacao. | 8916| 4 45 | 62 6 4 53 | - | { | | | | - | {Blanc de baleine. | 9433| 4 64 | 66 0 3 70 | - | { | | | | - | {Graisse de bœuf. | 9232| 4 57 | 64 9 7 63 | - | { | | | | - | {Graisse de veau. | 9341| 4 61 | 65 6 1 39 | - | { | | | | - | {Graisse de mouton. | 9235| 4 57 | 64 10 2 40 | - | { | | | | - | {Suif. | 9419| 4 64 | 65 14 7 31 | - | { | | | | - | {Graisse de cochon. | 9368| 4 62 | 65 9 1 52 | - | { | | | | - | {Lard. | 9478| 4 66 | 66 5 4 21 | - | { | | | | - | {Beurre. | 9423| 4 64 | 65 15 3 1 | - | | | | | | - |Bois. {Chêne de 60 ans: le | 11700| 6 5 | 81 14 3 14 | - | {cœur. | | | | - | { | | | | - | {Liège. | 2400| 1 18 | 16 12 6 29 | - | { | | | | - | {Orme: le tronc. | 6710| 3 35 | 46 15 4 12 | - | { | | | | - | {Fresne: le tronc. | 8450| 4 27 | 59 2 3 14 | - | { | | | | - | {Hêtre. | 8520| 4 30 | 59 10 1 66 | - | { | | | | - | {Aune. | 8000| 4 11 | 56 0 0 0 | - | { | | | | - | {Erable. | 7550| 3 66 | 52 13 4 58 | - | { | | | | - | {Noyer de France. | 6710| 3 35 | 46 15 4 12 | - | { | | | | - | {Saule. | 5850| 3 2 | 40 15 1 43 | - | { | | | | - | {Tilleul. | 6040| 3 9 | 42 4 3 60 | - | { | | | | - | {Sapin mâle. | 5500| 2 61 | 38 8 0 0 | - | { | | | | - | {Sapin femelle. | 4980| 2 42 | 34 13 6 6 | - | { | | | | - | {Peuplier. | 3830| 1 71 | 26 12 7 49 | - | { | | | | - | {Peuplier blanc | 5294| 2 54 | 37 0 7 31 | - | {d'Espagne. | | | | - | { | | | | - | {Pommier. | 7930| 4 8 | 55 8 1 20 | - | { | | | | - | {Poirier. | 6610| 3 31 | 46 4 2 40 | - | { | | | | - | {Coignassier. | 7050| 3 47 | 49 5 4 58 | - | { | | | | - | {Nefflier. | 9440| 4 64 | 66 1 2 17 | - | { | | | | - | {Prunier. | 7850| 4 5 | 54 15 1 43 | - | { | | | | - | {Olivier. | 9270| 4 58 | 64 14 1 66 | - | { | | | | - | {Cerisier. | 7150| 3 51 | 50 0 6 29 | - | { | | | | - | {Coudrier ou noisetier.| 6000| 3 8 | 42 0 0 0 | - | { | | | | - | {Buis de France. | 9120| 4 52 | 63 13 3 37 | - | { | | | | - | {Buis de Hollande. | 13280| 6 64 | 92 15 2 63 | - | { | | | | - | {If de Hollande. | 7880| 4 6 | 55 2 4 35 | - | { | | | | - | {If d'Espagne. | 8070| 4 13 | 56 7 6 52 | - | { | | | | - | {Cyprès d'Espagne. | 6440| 3 24 | 45 1 2 17 | - | { | | | | - | {Thuya. | 5608| 2 65 | 39 4 0 55 | - | { | | | | - | {Grenadier. | 13540| 7 1 | 94 12 3 60 | - | { | | | | - | {Mûrier d'Espagne. | 8970| 4 47 | 62 12 5 9 | - | { | | | | - | {Gayac. | 13330| 6 66 | 93 4 7 49 | - | { | | | | - | {Oranger. | 7050| 3 47 | 49 5 4 58 | - ======================================================================== - - - - - TABLE - DES MATIERES. - - - A - - ACIDES. Ils résultent en général d'un premier ordre de combinaisons - formées par la réunion de deux principes simples, 163.-Savoir, - d'un radical particulier & d'un principe acidifiant commun à tous, - l'oxigène, 69.-C'est, en général, le résultat de la combustion ou - de l'oxigénation d'un corps, 70.-Leurs dénominations générales se - tirent de celle de leur base acidifiable, 72.-Difficultés de les - nommer lorsque les bases sont inconnues, 71 & 73. Leurs noms se - terminent en _eux_ lorsqu'ils contiennent peu d'oxigène, 72.-Ils se - terminent en _ique_, lorsqu'ils sont plus chargés de ce principe, - _ibid._-Ils peuvent être regardés comme de véritables principes - salifians, 163.-Leurs combinaisons avec les bases salifiables, - 189.-Leur nombre s'est beaucoup accru depuis les nouvelles - découvertes chimiques, 209. Chaque acide nouveau enrichit la Chimie - de 24 ou de 48 sels, 183. - - ACIDE acéteux, vulgairement appelé vinaigre, 159.-Son radical - est composé d'une proportion encore indéterminée d'hydrogène - & de carbone, 159 & 160.-Il est le résultat de l'oxigénation - du vin, _ibid._-Il absorbe l'oxigène de l'air en se formant, - _ibid._-Tableau de ses combinaisons, 160. - - ---- Acétique. Tableau de ses combinaisons, 298.-Appelé autrefois - vinaigre radical. Dernier degré d'oxygénation, que puisse prendre - le radical hydro-carboneux.-Il n'est pas encore démontré qu'il - soit plus oxigéné que l'acide acéteux; il pourroit en différer par - la différence de proportion des principes du radical.-Moyens de - l'obtenir, 299. - - ---- Animaux. On n'en connoît encore que six, 131.-Il paroît - qu'ils se rapprochent beaucoup les uns des autres, 131.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases acidifiables, 125. - - ACIDE arsenique. Tableau de ses combinaisons, 269.-Enlève l'oxigène - à l'acide nitrique, devient un véritable acide, soluble dans - l'eau.-Se combine avec la potasse & avec un grand nombre de bases - salifiables, 269, 270 & 271.-Plusieurs moyens de l'obtenir, 269, - 270. - - ---- Benzoïque. Tableau de ses combinaisons, 302.-On l'obtient par - sublimation & par la voie humide.-Procédé pour l'obtenir.-On le - recueille sous forme concrète, 303. - - ---- Bombique. Tableau de ses combinaisons, 314.-Se tire de la - chrysalide du ver à soie.-Moyen de l'obtenir. Ses propriétés & ses - affinités ne sont pas bien déterminées.-Son radical paroît être - composé de carbone, d'hydrogène & peut-être de phosphore, 313. - - ---- Boracique. Combinaison du radical boracique avec l'oxigène, - 229.-Tableau de ses combinaisons, 264.-Se tire du borax.-Sel - sédatif des anciens, 265.-Moyens de l'obtenir du borax, 266. Ses - propriétés, ses affinités différentes selon qu'on opère par voie - sèche ou par voie humide.-Son radical est inconnu.-Ce n'est que par - analogie qu'on croit que l'oxigène fait partie de sa composition, - 267. - - ---- Camphorique. Tableau de ses combinaisons, 304. Moyens de - l'obtenir.-Il est très-analogue à l'acide oxalique.-Il peut être - regardé comme un mêlange d'acide oxalique & d'acide malique, 305. - - ---- Carbonique. Très-abondamment répandu dans la nature.-Tout formé - dans les craies, les marbres, neutralisé par la chaux. Moyens de - l'obtenir.-Il s'unit à l'eau à-peu-près à volume égal.-Le carbone - est son radical.-On peut le former artificiellement en oxigénant le - carbone, 251.-Sa formation dans la combustion des végétaux, 166.-Il - emporte avec lui une portion de calorique qui le constitue dans - l'état de gaz, _ibid._-Il est un des produits de la fermentation - vineuse, 139.-On le convertit en un acide végétal en lui combinant - de l'hydrogène, 160.-Sa décomposition seroit bien importante - pour les arts.-On peut y parvenir par les affinités doubles, - 252;-Tableau de ses combinaisons, 251. - - ---- Citrique. Tableau de ses combinaisons, 284.-On le tire du jus - de citron; on le trouve dans beaucoup d'autres fruits.-Moyens de - l'obtenir pur, 285. - - ACIDE Fluorique. Combinaison du radical fluorique avec l'oxigène, - 229.-Tableau de ses combinaisons, 261. Il est tout formé dans - le spath fluor, spath phosphorique.-Moyens de le dégager de ses - bases.-Il est naturellement sous forme de gaz.-Dissout le verre. On - pourroit tenter de le décomposer par les affinités doubles, 263. - - ---- Formique. Tableau de ses combinaisons, 312.-Il a été connu dans - le siècle dernier.-Espèce de fourmi dont on le tire.-Moyens de - l'obtenir, 313. - - ---- Gallique. Tableau de ses combinaisons, 306.-Se tire de la noix - de galle.-Moyen de l'obtenir.-Ses propriétés acides sont peu - marquées. Il se trouve dans beaucoup de végétaux.-Son radical est - inconnu, 307. - - ---- Lactique. Tableau de ses combinaisons, 308.-Se trouve dans le - petit lait. Procédés pour l'obtenir. S'unit avec toutes les bases - salifiables.-Il a beaucoup de rapport avec l'acide acéteux, 309. - - ---- Lithique. Tableau de ses combinaisons, 318.-Moyens de - l'obtenir.-Ses propriétés sont peu connues.-Il pourroit bien être - déjà combiné à une base & dans l'état de phosphate de chaux, 319. - - ACIDE malique. Tableau de ses combinaisons, 280.-Se trouve tout - formé dans le jus de pommes & d'autres fruits.-Moyen de l'obtenir. - Il est mêlé avec l'acide citrique & tartareux dans beaucoup de - fruits.-Tient le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux. - Son radical contient du carbone & de l'hydrogène. On le forme - artificiellement, 282, 283. - - ---- Marin. Est naturellement dans l'état de gaz, au degré de - pression de l'atmosphère, 94. Voy. _Acide Muriatique_. - - ---- Marin oxigéné. S'obtient en distillant de l'acide marin sur des - oxides métalliques, 257. Voy. _Acide Muriatique oxigéné_. - - ---- Molybdique. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir.-On - le recueille sous forme pulvérulente de couleur blanche comme de la - craie.-Il est toujours concret & peu soluble, 273. - - ---- Muriatique. Combinaison du radical muriatique avec l'oxigène, - 229.-Son nom dérivé de celui latin _muria_, 76.-Il est dans - l'état de gaz au degré de pression & de température ordinaire, - 74.-Se combine facilement avec l'eau, 76.-Il est très-répandu - dans le règne minéral, uni à différentes bases.-N'a été décomposé - dans aucune expérience chimique.-Son radical est inconnu, 75 - & 255.-Opinion sur sa nature, 255. Tient foiblement à ses - bases.-Moyens de l'en séparer. Appareils pour la distillation, - 246. On le surcharge d'oxigène, en le distillant sur des oxides - métalliques, tels que le manganèse, 247.-Il est susceptible de - différens genres d'oxigénation, 76.-L'excès d'oxigène le rend - moins miscible à l'eau, 77; plus volatil, _ibid._-Pourquoi on n'a - pas donné à son nom la terminaison en eux, _ibid._-Tableau de ses - combinaisons, 253. - - ACIDE muriatique oxigéné. Il est plus volatil que l'acide muriatique - ordinaire, 77. Il ne peut exister que sous forme gazeuse.-N'est - absorbable par l'eau qu'en petite quantité.-Se combine avec un - grand nombre de bases salifiables.-Les sels qu'il forme détonnent - avec le carbone.-Ces détonations sont dangereuses, par l'expansion - du calorique, 257.-Il dissout les substances métalliques sans - effervescence, 178.-Il perd son excès d'oxigène dans la dissolution - des métaux & devient acide muriatique ordinaire, 178.-Tableau de - ses combinaisons, 254. - - ACIDE nitreux. Raisons de lui conserver ce nom; celui d'_azotique_ - lui conviendroit mieux, 79.-Se tire ordinairement du salpêtre, - 77 & 233.-Moyens de l'obtenir, 234.-Il est le résultat de la - combinaison de l'oxigène & de l'azote, 78 & 214.-C'est l'acide du - nitre surchargé d'azote ou de gaz nitreux, 81.-Et par conséquent - un véritable acide azoteux, 78.-Il est le premier dans lequel - l'existence de l'oxigène ait été bien démontrée, _ibid._ Les - principes qui le constituent tiennent peu ensemble, _ibid._ Il est - rouge & fumant, 81.-Il laisse échapper son excès de gaz nitreux & - une légère chaleur, _ibid._ Il est formé par la réunion de trois - parties d'oxigène & d'une d'azote, 80.-Tableau de ses combinaisons, - 233. - - ---- Nitrique. Le gaz azote est son radical, 56.-C'est l'acide - nitreux surchargé d'oxigène, 81.-Il est composé de 4 parties - d'oxigène & une d'azote, _ibid._-Il est blanc, sans couleur, plus - fixe au feu que l'acide nitreux, _ibid._-Se tire ordinairement - du salpêtre, 233.-Moyens de l'obtenir, 234 & _suiv._-Retient une - grande partie du calorique de l'oxigène qui est entré dans sa - composition, 110. Le calorique s'en dégage avec fracas lors de sa - décomposition, 112.-Peut servir à oxigéner beaucoup de substances - par la voie humide, 207.-Il est uni très-souvent à la chaux & à - la magnésie, 233.-Moyens de l'obtenir pur, 236.-Il a une grande - tendance à la combinaison & se décompose lui-même aisément, 237. - Tableau de ses combinaisons, 233. - - ACIDE nitro-muriatique. Anciennement appelé _eau régale_.-C'est un - acide à deux bases, 259, 260.-Il a des propriétés particulières - qui dépendent de l'action combinée de ses deux bases acidifiables, - 124 & 259. Les métaux s'oxident dans cet acide avant de s'y - dissoudre.-Gaz qui se dégagent pendant la dissolution, 259.-Tableau - de ses combinaisons, 259. - - ---- Oxalique. Tableau de ses combinaisons, 292.-Il se retire du suc - de l'oseille; il se trouve dans cette plante uni à la potasse, & - dans l'état d'un sel neutre avec excès d'acide.-Moyen de le dégager - de sa base.-Il cristallise lorsqu'il est pur. Uni à sa base peut - entrer tout entier dans un grand nombre de combinaisons; il en - résulte des sels à deux bases, 293, 294. - - ACIDE phosphoreux. Combinaison du phosphore avec l'oxigène par une - combustion lente, 248.-Se convertit en acide phosphorique par une - longue exposition à l'air, 249.-Tableau de ses combinaisons, 246. - - ---- Phosphorique. Produit par la combustion du phosphore dans le - gaz oxigène, 59. Il est naturellement dans l'état concret après la - combustion, 61, 104 & 248. Moyen de l'obtenir pur, 248.-Quantité - d'oxigène qu'absorbe le phosphore dans sa conversion en acide, - _ibid._-Ne peut pas être regardé comme un acide animal, parce qu'il - appartient aux trois règnes, 131. Tableau de ses combinaisons, 246. - - ---- Prussique. Tableau de ses combinaisons, 320.-Uni au fer il le - colore en bleu. Son radical est inconnu. C'est un acide à base - double ou triple, dont l'azote est un des principes constituans, - 320, 321, 322 & 415.-Il ne jouit même que d'une partie des - propriétés acides, 321, 322. - - ---- Pyro-ligneux. Tableau de ses combinaisons, 286.-Se retire du - bois.-Moyens de l'obtenir pur.-Son radical est formé d'hydrogène - & de carbone.-Il est le même de quelque nature de bois qu'on le - retire, 287. - - ACIDE pyro-muqueux. Tableau de ses combinaisons, 290. On le retire - de tous les corps sucrés par la distillation à feu nud.-Accidens - à éviter.-Procédé pour le concentrer.-On le convertit en acide - malique & en acide oxalique en l'oxigénant, 291. - - ---- Pyro-tartareux. On le retire du tartre par distillation à feu - nud.-Moyens pour l'obtenir.-Il se dégage pendant la distillation - une grande quantité d'acide carbonique.-Explosion dans la - rectification, 289.-Tableau de ses combinaisons, 288. - - ---- Saccho-lactique. Tableau de ses combinaisons, 310. Extrait du - sucre de petit-lait.-Son action sur les métaux peu connue.-Les sels - qui résultent de sa combinaison avec les bases salifiables sont peu - solubles, 311. - - ---- Sébacique. Tableau de ses combinaisons, 316.-C'est la graisse - animale oxigénée. Moyen de l'obtenir, 317. - - ---- Succinique. Tableau de ses combinaisons, 300.-On le retire du - succin.-Moyens de l'obtenir.-Il n'a pas dans un degré très-éminent - les qualités acides, 301. - - ---- Sulfureux. Premier degré d'oxigénation du soufre, 71 & 244.-Les - métaux lorsqu'ils sont oxidés sont dissolubles dans cet acide, 244, - 245.-On l'obtient par différens procédés, 244.-Il est dans l'état - de gaz à la pression ordinaire de l'atmosphère.-Il se condense par - le froid, 244. Tableau de ses combinaisons, 243. - - ACIDE sulfurique. Il est formé par la combinaison du soufre & de - l'oxigène, 66, 72 & 240.-Proportion d'oxigène qui entre dans sa - combinaison, 241, 242.-Il est incombustible, 66.-Son poids est égal - à celui du soufre qu'on a brûlé pour le former, & de l'oxigène - qu'il a absorbé pendant la combustion, _ibid._ Difficulté de le - condenser, _ibid._-Il se combine avec l'eau en toutes proportions, - 67.-On le trouve tout formé dans les argiles, les gypses.-Moyens - de le ramener à l'état de soufre par voie de décomposition & - d'affinité, 221.-Décompose le nitre, 78.-Les métaux le décomposent - & le réduisent à l'état d'acide sulfureux, 242.-Tableau de ses - combinaisons avec les bases salifiables, 238 & 239. - - ---- Tartareux. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir - pur.-Son radical est en excès.-C'est par cette raison qu'on a - donné à son nom la terminaison en _eux_. Sa base est le radical - carbone-hydreux.-L'azote entre dans sa composition.-En l'oxigénant - on le change en acides malique, oxalique & acéteux, 278, 279 & - 280.-On observe deux degrés de saturation dans ses combinaisons - avec les alkalis.-Le premier degré avec excès d'acide; _tartrite - acidule de potasse_.-Le second degré, sel parfaitement neutre; - _tartrite de potasse_, 279, 280. - - ACIDE tunstique. Tableau de ses combinaisons.-Se retire de la mine de - tunstene, dans laquelle il est déjà sous forme d'acide.-Moyens de - l'obtenir.-Ses affinités avec les acides métalliques ne sont pas - déterminées, 275, 276. - - ---- Végétaux. -On en connoît 13 jusqu'à présent, 129.-Leur - composition est connue, mais la proportion des principes qui les - constituent ne l'est pas encore, 127 & 161.-Ils ont tous pour base - l'hydrogène, le carbone & quelquefois le phosphore, 124, 197, - 198.-Ils ne diffèrent entr'eux que par la proportion d'hydrogène & - de carbone, & par leur degré d'oxigénation, 126.-Quoique composés - d'hydrogène & de carbone, ne contiennent cependant ni eau, ni acide - carbonique; mais les principes propres à les former, 130.-Peuvent - se convertir les uns dans les autres, en changeant la proportion de - leurs principes constituans, 210. - - AFFINITÉS. Les données manquent encore pour entreprendre un traité - complet sur cet objet, _Discours préliminaire_, xiij & xiv.-Il s'en - exerce de doubles & triples dans la décomposition des végétaux, - 135.-Elles sont très-compliquées dans la putréfaction, 153. - - AGENS chimiques. Ce que c'est, 422. - - AIR atmosphérique composé de deux fluides élastiques, l'un respirable - & l'autre qui ne l'est pas, 39 & 54.-Observations sur les - expériences analytiques, relatives à l'air atmosphérique, 48 _& - suiv._-Sa décomposition par le mercure, 34 _& suiv._ N'est plus - respirable après la calcination du mercure, 37.-Est décomposé par - le fer, 40.-Diminue d'une quantité en poids égale à l'augmentation - que le fer acquiert dans sa calcination, 47.-Est décomposé par le - gaz nitreux, 80.-Par la combustion du soufre, 66. Voy. _Atmosphère_. - - ---- Fixe. Premier nom de l'acide carbonique, 68. Voy. _Acide - carbonique_. - - ---- Vital. Voy. _Gaz oxigène_. - - ALKALI de la soude se retire de la lexiviation des cendres des - plantes qui croissent au bord de la mer, principalement du kali, - 169.-On ne connoît pas ses principes constituans, 170.-On ne - sait pas si cette substance est toute formée dans les végétaux - antérieurement à la combustion, _ibid._-Elle est presque toujours - saturée d'acide carbonique, 169.-Ses cristaux s'effleurissent à - l'air & y perdent leur eau de cristallisation, _ibid._ - - ALKALI fixe, ou Potasse. C'est un résultat de la combustion des - végétaux, 166.-Moyens de l'obtenir, 167.-On ne connoît pas les - principes constituans, 170.-L'analogie pourroit porter à croire que - l'azote est un des principes constituans des alkalis en général, - _ibid._-Se volatilise très-promptement au feu alimenté par le gaz - oxigène, 556. - - ALKOOL. Raisons qui ont fait adopter ce nom générique pour toutes - les liqueurs spiritueuses, 140.-Il est composé de carbone & - d'hydrogène, 150.-L'hydrogène & le carbone ne sont pas dans l'état - d'huile dans cette combinaison, _ibid._-Se décompose en passant à - travers un tube de verre rougi au feu, _ibid._-Appareil pour sa - combustion, 501. - - ALLIAGES. Combinaison des métaux les uns avec les autres, 116.-Celui - des mentaux qui prédomine donne le nom à l'alliage.-Les alliages - ont leur degré de saturation très-marqué, 230. - - ALUMINE. C'est principalement dans les argiles qu'on la rencontre, - 173.-La composition de cette terre est absolument inconnue, - 172.-Elle a moins de tendance à la combinaison que les autres - terres, 173.-Est parfaitement fusible au feu alimenté par le gaz - oxigène, 555.-Son état après la combustion, _ibid._ - - AMALGAMME. Combinaison du mercure avec les autres métaux, 117. - - AMIDON. Oxide végétal à deux bases, 125. - - AMMONIAQUE. Résultat de la combinaison de l'azote & de l'hydrogène, - 79 & 155.-Sur 1000 parties elle est composée de 807 d'azote & - de 193 d'hydrogène, 171.-Moyens de l'amener à un grand degré de - pureté, _ibid._-Lorsqu'elle est très-pure, elle ne peut exister que - sous forme gazeuse, _ibid._-Dans l'état aériforme elle porte le nom - de gaz ammoniac, 172.-Dans cet état l'eau en absorbe une grande - quantité, 171. - - APPAREILS chimiques. Raisons qui ont déterminé à en placer la - description à la fin de l'ouvrage, 324. - - ---- Pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Leur description, 342 - _& suiv._ - - ARGENT se volatilise lentement au feu alimenté par le gaz, oxigène, - 556. - - ARSENIC est susceptible de s'oxigéner.-Dans cet état il a la - propriété de s'unir aux bases salifiables, 269 _& suiv._ - - ATMOSPHERE terrestre. Sa constitution, 17, 28 _& suiv._ Son analyse, - 33.-Composée de tous les fluides susceptibles d'exister dans - un état de vapeurs & d'élasticité constante au degré habituel - de chaleur & de pression que nous éprouvons, 31.-Sa pression - est un obstacle à la vaporisation, 29.-Quelles sont ses parties - constituantes, 51.-Sa limite, 29. Voy. _Air atmosphérique_, _Gaz - oxigène_, _Gaz azote_. - - ATTRACTION tend à réunir les molécules des corps, tandis que le - calorique tend à les écarter, 3. - - AURORES boréales. Conjectures sur les causes qui les produisent, 32. - - AZOTE. C'est la partie non respirable de l'air, 79.-C'est un des - principes le plus abondamment répandu dans la nature, 213.-Avec le - calorique il forme le gaz azote qui demeure toujours dans l'état de - gaz à la pression de l'atmosphère, 213.-Combiné avec l'oxigène, il - forme les acides nitreux & nitrique, 79, 214 & 235.-Se trouve dans - les substances végétales & animales, 135 & 198.-Sur-tout dans les - matieres animales dont il forme un des principes, 213.-Combiné avec - l'hydrogène, il forme l'ammoniaque, 79, 214.-Dans la décomposition - des végétaux & des matieres animales, il s'unit à l'hydrogène pour - former l'ammoniaque, 136, 155.-C'est un des principes constituans - de l'acide prussique, 215.-Ses combinaisons avec les substances - simples sont peu connues. Elles portent le nom d'azotures, 214. - - - B - - BALANCES. Instrumens dont l'objet est de déterminer le poids absolu - des corps.-Combien il en faut dans un laboratoire.-De leur - perfection.-Des précautions pour les conserver, 333 _& suiv._ - - ---- Hydrostatique. Moyen de s'en servir.-Ses usages, 336, 337. - - BAROMÈTRE. Corrections barométriques du volume des gaz, relativement - à la différence de pression de l'atmosphère, 371 _& suiv._-Modèle - de calcul pour ces corrections, 380 _& suiv._ - - BASES salifiables. Il en existe 24; savoir, 3 alkalis, 4 terres, & 17 - substances métalliques, 182. - - BARYTE. La composition de cette terre est encore inconnue, 172.-Il - est probable que c'est un oxide métallique, 174.-Mais qui n'est pas - réductible par les moyens que nous employons, _ibid._ Elle est peu - abondante; on ne la trouve que dans le règne minéral, 173.-Effet - que produit sur elle le feu le plus violent, alimenté par le gaz - oxigène. - - BORAX. Sel concret avec excès de base qui est la soude. Son origine - est inconnue. Sa purification est encore un mystère, 265, 266. - - BOUGIE. Sa combustion, 112. - - - C - - CALCUL de la vessie fournit l'acide lithique, 319. - - CALORIMÈTRE. Sa description, 387 & _suiv._-Principes de sa - construction, _ibid._ Manière de s'en servir, 396 _& suiv._ - - CALORIQUE. Cause de la chaleur, 5.-Peut être considéré d'une - manière abstraite, 6.-Comment il agit sur les corps, 6, 7.-Paroit - être le plus élastique de la nature, 24.-Tous les corps y sont - plongés, & il remplit les intervalles que laissent entr'elles - leurs molécules.-Il se fixe quelquefois de manière à constituer - leurs parties solides.-C'est de son accumulation que dépend l'état - aériforme, 200.-Il fait l'office de dissolvant dans toute espèce - de gaz, 17.-On appelle du nom générique de gaz toute substance - portée à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique, - 200.-Le soufre & le charbon en brûlant lui enlevent l'oxigène, - 66.-Il en est de même du gaz hydrogène, 95.-Moyen de mesurer la - quantité qui s'en dégage des corps pendant leur combustion, 23, - 103 _& suiv._-Appareil imaginé pour remplir cet objet, 387.-Plan - d'expériences pour déterminer la quantité que la plupart des corps - en contiennent, 115.-Son dégagement dans la combustion du fer, - 41.-Dans la combinaison des métaux avec la base du gaz oxigène, - 82.-Dans la combustion du charbon, 66 & 108.-Dans la combustion - du phosphore, 107.-Dans la combustion de la cire, 113.-Dans la - combustion de l'huile d'olives, _ibid._-Dans la combustion du gaz - hydrogène, 109.-Il reste uni à l'oxigène, dans la formation de - l'acide nitrique, 110.-Il entre dans la composition des nitrates & - des muriates, en quantité presqu'égale à celle qui est nécessaire - pour constituer le gaz oxigène, 207.-Il se dégage avec une - telle abondance dans la combinaison de l'oxigène avec les corps - combustibles, que rien ne peut résister à son expansion, 207.-Il - décompose les substances végétales & animales, 132. - - _CALORIQUE combiné._ Tient aux corps par l'attraction & constitue une - partie de leur substance, 21. - - ---- _Libre._ C'est celui qui n'est engagé dans aucune combinaison, - 21. - - ---- Spécifique des corps. C'est le rapport des quantités de - calorique, nécessaires pour élever d'un même nombre de degrés, la - température de plusieurs corps égaux en poids, 21. - - CAMPHRE. Espèce d'huile concrète qu'on retire par sublimation d'un - laurier du Japon, 305. - - CAPSULES de porcelaine, servent de support aux substances dans la - fusion par le gaz oxigène, 555. - - CARBONE ou charbon pur. Substance simple combustible, 67 & - 227.-Manière d'opérer sa combustion, 67.-Décompose le gaz oxigène - à une certaine température, 67,133, 227 & 228;-appareil pour sa - combustion, 483 _& suiv._-Quantité de calorique qui se dégage - dans cette opération, 67, 108.-Enlève sa base au calorique, - 67.-Décompose l'eau à une chaleur rouge & enlève l'oxigène à - l'hydrogène, 91, 218.-Il s'en dissout une portion dans le gaz - hydrogène, 92 & 118. Il est contenu dans le fer & dans l'acier, - 48.-Il existe dans les végétaux antérieurement à la combustion, - & forme avec le phosphore, l'hydrogène & l'azote, des radicaux - composés, 227.-Moyens d'obtenir celui qui est contenu dans les - matières végétales & animales, 227 & 228.-Ses combinaisons avec - les substances simples, 224.-Il a très-peu d'affinité avec le - calorique, 133.-Il forme une des parties constituantes des huiles, - 119.-Et en général de tous les acide végétaux, 124.-Il tient - très-peu aux huiles volatiles animales, 136.-Il fait partie du - radical des gommes, du sucre & de l'amidon, 125.-Il est combiné - dans ces substances avec l'hydrogène, de manière à ne former qu'une - seule base portée à l'état d'oxide par une portion d'oxigène, - 126.-Quantité qu'en contient le sucre, 142. - - CARBURES, nom donné aux combinaisons du carbone avec les métaux, 118. - - CENDRES, elles forment ordinairement la vingtième portion du poids - d'un végétal brûlé, 166.-Il paroît qu'elles existent dans les - végétaux avant leur incinération. C'est la terre qui forme la - partie osseuse ou la carcasse des végétaux, 168. - - CHALEUR dilate les corps, 1.-Ses causes.-Nécessaire à - l'oxigénation.-Différente pour l'oxigénation des différens corps, - 203 _& suiv._-Ce qu'on entend par cette expression, 133. Voy. - _Calorique_. - - CHALEUR sensible. N'est que l'effet produit sur nos organes par le - dégagement du calorique des corps environnans, 22. - - CHARBON de bois. L'on croit qu'il contient du phosphore, 225.-Sert de - support aux substances simples fondues au feu alimenté par le gaz - oxigène, 554. - - CHAUX. C'est de toutes les bases salifiables la plus abondamment - répandue dans la nature, 172.-Sa composition est absolument - inconnue, _ibid._-Elle est presque toujours saturée d'acide - carbonique, & forme alors la craie, les spaths calcaires & une - partie des marbres, _ibid._-Les anciens ont appelé de ce nom - générique, toutes les substances long-tems exposées au feu sans - se fondre, 83.-Effet que produit sur elle le feu le plus violent - alimenté par le gaz oxigène, 555. - - CHRYSOLYTE. Se fond presque sur le champ au feu alimenté par le gaz - oxigène, 557. - - CIRE. Quantité de calorique qui se dégage pendant sa combustion, 113. - - CLARIFICATION. Moyen pour mettre une liqueur en état d'être filtrée, - 417. - - CLOCHES. Manière de les graduer, 362, 363. - - COMBUSTION du fer, 41 _& suiv._-Du phosphore, 57 _& suiv._-Du - soufre.-Du charbon, 67 _& suiv._-Du gaz hydrogène, 97 _& suiv._ - Voyez _ces mots_.-Théorie de la combustion des végétaux, 165.-La - plus grande portion du végétal est réduite en eau & en acide - carbonique, 166.-Opérations relatives à la combustion, 478 _& - suiv._-Conditions nécessaires pour l'opérer, 480 _& suiv._ - - CREUSETS, instrumens propres à la fusion, 335. - - CRISTAL de roche. Effet que produit sur lui le feu le plus violent - alimenté par le gaz oxigène, 555. - - CRISTALLISATION. Opération par laquelle les parties intégrantes d'un - corps qui étoient séparées par un fluide, sont réunies par la force - d'attraction, 437.-Calorique qui se dégage pendant cette opération, - _ibid._-Vaisseaux dans lesquels on l'opère, 441 & 442. - - - D - - DÉCANTATION. Peut suppléer à la filtration, 419.-Elle est préférable - dans les opérations qui exigent une précision rigoureuse, 420. - - DÉTONNATION. Explication de ses phénomènes, 526 _& suiv._-Ils sont - produits par le passage brusque & instantané d'une substance - concrète à l'état aériforme, 525.-Expériences sur celle du - salpêtre, 529 _& suiv._ - - DIAMANT, se brûle à la manière des corps combustibles, & s'évapore au - feu alimenté par le gaz oxigène, 557. - - DISSOLUTIONS métalliques. Appareils pour les opérer, 460 _& suiv._ - - DISTILLATION composée. Elle opère une véritable décomposition.-C'est - une des opérations des plus compliquées de la Chimie.-Appareils - pour cet objet, 449 _& suiv._ - - ---- Simple. N'est autre chose qu'une évaporation en vaisseaux - clos.-Appareils distillatoires, 443 _& suiv._ - - - E - - EAU. Ses différens états selon la quantité de calorique qui lui est - combinée, 4 & 54.-Se transforme en un fluide élastique à un degré - de chaleur supérieur à celui de l'ébullition, 15.-Se dissout dans - les gaz, 50.-Regardée par les anciens comme un élément ou substance - simple, 87.-Preuves qu'elle est composée, 100.-D'un radical qui - lui est propre & d'oxigène, 94.-Son passage à travers un tube de - verre incandescent, 89.-Appareil pour sa décomposition, 465 _& - suiv._-Sa décomposition par le carbone, 87 & 90.-Sa décomposition - par le fer; il n'y a pas de dégagement d'acide carbonique, 87, 92 & - 98.-Oxide de fer qui en résulte, 93.-Phénomènes de la fermentation - spiritueuse & de la putréfaction dus à la décomposition de l'eau, - 101.-Cette décomposition s'opère continuellement dans la nature, - 100.-Les principes qui la constituent séparés l'un de l'autre ne - peuvent exister que sous forme de gaz, _ibid._-Sa recomposition, - 96 _& suiv._ 506 _& suiv._-85 Parties en poids d'oxigène & 15 en - poids d'hydrogène, composent 100 parties d'eau, 100.-Se combine - avec le gaz acide carbonique, 67.-Se combine en toutes proportions - avec l'acide sulfurique, _ibid._-Avec l'acide muriatique - très-facilement, 75.-N'est pas toute formée dans le sucre, 150. - - EAU régale. Nom ancien donné à un acide composé qui dissout l'or, - 124. Voy. _Acide nitro-muriatique_. - - EBULLITION, n'est autre chose que la vaporisation d'un fluide ou sa - combinaison avec le calorique, 12. - - EFFERVESCENCE, est produite par le passage rapide d'un corps solide - ou liquide à l'état gazeux, 177. - - ELASTICITÉ. Comment on doit la concevoir, 25 _& suiv._ - - EMERAUDE, fond sur le champ en un verre opaque au feu alimenté par le - gaz oxigène, 557. - - ETHER, seroit habituellement dans l'état aériforme sans la pression - de l'atmosphère, 9.-Se vaporise à 33 degrés, 13 _& suiv._-Appareil - pour sa combustion, 503 _& suiv._ - - EVAPORATION. Opération pour séparer deux substances qui ont un degré - de volatilité différent, 431 _& suiv._-Action du calorique dans - cette opération, 433. - - - F - - FER. Il décompose l'air atmosphérique, 41.-Il augmente de poids dans - la calcination d'une quantité égale à celle que l'air a perdue, - 47.-Appareil pour son oxidation, 519.-Sa combustion dans le gaz - oxigène, 41.-Il décompose l'eau & s'oxide à un degré de chaleur - rouge, 92, 93 & 218.-Il est moins attirable à l'aimant après qu'il - a décomposé l'eau; c'est de l'oxide noir de fer, 42 & 93.-Ce métal - contient de la matière charbonneuse, 48. - - FERMENTATION acéteuse. C'est l'acidification du vin à l'air libre par - l'absorption de l'oxigène, 159. - - ---- Putride, s'opère en raison d'affinités très-compliquées, - 153.-Appareil relatif à cette opération, 461 _& suiv._-L'hydrogène - se dégage sous la forme de gaz pendant la décomposition des - substances animales, 154.-Il se forme des combinaisons binaires, - 153. - - ---- Vineuse. Moyens de l'exciter, 139.-Moyen d'analyse des - substances susceptibles de fermenter, 151.-Description des - appareils relatifs à cette opération, 461 _& suiv._-Ses résultats - & ses effets, 150 _& suiv._-Détail de ce qui se passe dans la - décomposition du sucre, 149. - - FILTRATION. C'est un tamisage qui ne laisse passer que les parties - liquides, 413. - - FILTRES. De leur choix & des moyens de s'en servir, 412 _& suiv._ - - FLUIDES élastiques. Sont une modification des corps, 11.-Il s'absorbe - du calorique dans leur formation, _ibid._-S'obtiennent à un degré - de chaleur déterminé, 12.-Leurs noms génériques & particuliers, 54. - - FOURMIS. Espèce qui fournit l'acide formique, 313. - - FOURNEAUX. De leur construction, 537 _& suiv._-Des fourneaux de - fusion, 543 _& suiv._-Leur objet, _ibid._-Principes de leur - construction, 547 _& suiv._-Moyen de faire passer à travers un - courant de gaz oxigène, 577 _& suiv._ - - ---- de Coupelle. Sa description, 550 _& suiv._-Son objet 545.-Sa - construction est vicieuse, 551.-Moyens qu'a employés M. Sage pour y - suppléer, 551 & 552. - - FUSION. C'est une véritable solution par le feu, 534.-Description de - l'appareil pour l'opérer à l'aide du gaz oxigène, 552 _& suiv._ - - - G - - GAZ. Explication de ce mot, 17.-C'est le nom générique par lequel - on désigne une substance quelconque, assez imprégnée de calorique - pour passer de l'état liquide à l'état aériforme, 53, 54 & 200.-Ils - dissolvent l'eau, 50.-Manière d'en mesurer le poids & le volume, - 360 & suiv. 384 _& suiv._-Moyens de les séparer les uns des autres, - 365 _& suiv._-De la correction à faire à leur volume, relativement - à la pression de l'atmosphère, 370 _& suiv._-Et aux degrés du - thermomètre, 378. - - ---- Aqueux. Eau combinée avec le calorique, 54. - - GAZ acide carbonique, formé par la combustion du charbon dans le gaz - oxygène, 67.-Est susceptible d'être absorbé par l'eau, 67.-Ne se - condense pas au degré de pression de l'atmosphère, _ibid._-De tous - les gaz c'est celui qui dissout le plus d'eau, 50.-S'unit à toutes - les bases susceptibles de former des sels neutres, 67.-Provenant de - la décomposition de l'eau par le charbon, 91. - - ---- Acide muriatique. Moyens de le dégager, 74. - - ---- Azote. Fait partie de l'air atmosphérique, 39 & 203.-Plusieurs - manières de l'obtenir, 214, 215.-Sa pesanteur, 55.-Ses propriétés - chimiques ne sont pas encore bien connues, _ibid._-Il prive de - la vie les animaux qui le respirent, 56.-L'azote entre dans - la composition de l'acide nitrique, _ibid._-Dans celle de - l'ammoniaque, _ibid._ - - ---- Hépatique. C'est le gaz hydrogène sulfuré, 118. - - ---- Hydrogène est formé par l'union du calorique & de l'hydrogène, - 94 & 217.-C'est le radical constitutif de l'eau, 94.-On l'obtient - en présentant à l'eau un corps pour lequel l'oxigène ait plus - d'affinité; l'hydrogène s'unit au calorique pour le former, - 217.-Se dégage dans la décomposition de l'eau par le fer, 93.-Et - dans celle de l'eau par le charbon, 91.-Moyens de l'obtenir pur, - 98.-Sa pesanteur, 95.-Ne peut se condenser au degré de pression - de l'atmosphère, 99.-Enleve l'oxigène au calorique & décompose - l'air dans la combustion, 95.-Sa combustion avec le gaz oxigène - s'opère instantanément & avec explosion.--Précautions qu'exige - cette expérience, 96.-Appareil pour sa combustion en grand, 506 _& - suiv._-Quantité de calorique qui se dégage pendant sa combustion, - 109.-Dans la combustion des végétaux il s'allume par le contact de - l'air & produit la flamme, 166.-Il n'est pas absorbable par l'eau, - 95.-Il se combine avec tous les corps combustibles, 156.-Il dissout - le carbone, 118.-Le phosphore, _ibid._-Le soufre, _ibid._-Les - métaux, _ibid._-Dénomination qu'il prend alors, _ibid._-On en - obtient d'autant moins qu'on a pris plus de précautions pour - écarter l'eau dans les expériences sur les métaux, 122. - - GAZ hydrogène carboné. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le carbone, 156. - - ---- Hydrogène phosphoré. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le phosphore, 156 & 225.-S'enflamme spontanément lorsqu'il - a le contact de l'air, 119.-Il a l'odeur du poisson pourri, - _ibid._-Et il s'exhale vraisemblablement de la chair des poissons - en putréfaction, _ibid._ - - GAZ hydrogène sulfuré. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le soufre, 156.-C'est à son émanation que les déjections - animales doivent leur odeur infecte, 119. - - ---- Inflammable. Voy. _Gaz hydrogène._ - - ---- Nitro-muriatique. Se dégage pendant la dissolution de l'or dans - l'acide nitro-muriatique.-N'a pas encore été décrit.-Son odeur est - désagréable.-Il est funeste aux animaux qui le respirent.-L'eau en - absorbe une grande quantité, 259. - - ---- Nitreux. Premier degré de combinaison de l'azote avec l'oxigène, - 80.-C'est une espece d'oxide d'azote, 81.-Proportions d'azote & - d'oxigène qui le constituent, 80.-Surchargé d'oxigène, compose un - acide très-puissant, l'acide nitrique, _ibid._-Enleve l'oxigène à - l'air de l'atmosphère, _ibid._-Sert d'eudiomètre pour connoître la - quantité d'oxigène contenue dans l'air atmosphérique, _ibid._-Il - est immiscible à l'eau, _ibid._ - - ---- Oxigène. Combinaison de l'oxigène avec le calorique, 55.-Moyen - de s'assurer s'il ne contient point d'acide carbonique, 98.-Le - calorique & la lumière qui se dégagent dans la combustion sont-ils - fournis par le corps qui brûle, ou par le gaz oxigène qui se fixe - dans les opérations? 219.-Est décomposé par le charbon, 67.-Par le - phosphore, 58 _& suiv._-Perd son calorique dans cette combinaison, - 60.-Sa décomposition par les métaux, 82.-Par le fer 41.-Par le - soufre, 66.-Entre dans la décomposition de l'air atmosphérique, - 55.-Retiré de l'oxide de mercure, 523.-Retiré de l'oxide de - manganèse ou du nitrate de potasse, 524.-Change de nature par la - détonnation avec le charbon, & se convertit en acide carbonique, - 525.-Moyen de s'en servir pour augmenter l'intensité du feu, - 552.-Son emploi dans les fusions, _ibid._ - - GAZOMÈTRE. Instrument propre à mesurer le volume des substances - aériformes, 342.-Sa description, 346 _& suiv._-Sa graduation, 358 - _& suiv._-Expériences qui ont donné l'idée de sa construction, - 553.-On peut avec cet instrument donner un grand degré de vîtesse - au gaz oxigène, 553;-& l'employer à augmenter l'action du feu, 553 - _& suiv._ - - GAZOMÈTRIE. C'est l'art de mesurer le poids & le volume des - substances aériformes, 342. - - GOMMES. Oxides végétaux à deux bases, 125.-Réunies sous le nom - générique de muqueux, _ibid._ - - GRAISSE animale. Formée par la partie musculaire de cadavres enterrés - à une certaine profondeur & privés du contact de l'air, 157.-Le - suif fournit l'acide sébacique, 317. - - GRENAT. Fond presque sur le champ au feu alimenté par le gaz oxigène, - 557. - - - H - - HUILES. Elles sont composées de carbone & d'hydrogène, 119.-Ce - sont de véritables radicaux carbone-hydreux, 198.-Proportion des - principes qui les constituent, 120.-Sont-elles base ou radical - des acides végétaux & animaux.-Raisons qui font pencher pour la - négative, 211.-Appareil pour leur combustion, 493 _& suiv._-Se - convertissent en brûlant en acide carbonique & en eau, 120. - - ---- _d_'Olives. Quantité de calorique qui s'en dégage, 113. - - ---- Fixes. Contiennent un excès de carbone, 119.-Elles le perdent à - un degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante, 119. - - HUILES volatiles. Elles sont formées par une juste proportion - d'hydrogène & de carbone, 119.-A un degré supérieur à l'eau - bouillante, elles se combinent au calorique pour former un gaz; - c'est dans cet état qu'elles passent dans la distillation, 120. - - ---- Volatiles animales. Le carbone y tient si peu qu'il s'en - sépare par leur simple exposition à l'air libre, 136 & 137.-Il se - sépare encore plus promptement quand on les expose dans le gaz - oxigène, & l'huile devient noire; en même tems il se forme de - l'eau, 137.-Elles redeviennent blanches par la rectification & le - charbon s'en sépare, 136.-Elles se décomposent & se convertissent - entièrement en charbon & en eau par des rectifications répétées, - 136 & 137. - - HYACINTHE. Perd sa couleur au feu alimenté par le gaz oxigène, 556 & - 557. - - HYDROGÈNE. Est un des principes de l'eau, 217.-Son existence & ses - propriétés ne sont connues que depuis peu de tems.-C'est un des - principes les plus répandus dans la nature.-Il joue le principal - rôle dans le règne animal & végétal, 217.-Son affinité avec le - calorique est telle qu'il est toujours dans l'état de gaz.-Il est - impossible de l'obtenir seul sous forme concrète, 217 _& suiv._-On - l'obtient dans l'état de gaz en décomposant l'eau par le fer & - par le carbone, 218.-Sa combinaison avec le phosphore, 225.-Avec - l'oxigène, 217.-Est-il susceptible de se combiner avec les corps - simples dans l'état concret? 121.-Ce ne peut être qu'en très-petite - quantité, _ibid._-Il est un des principes constitutifs des huiles, - & du radical de tous les acides végétaux & animaux, 119.-De - l'amidon, des gommes, du sucre, 125.-Quantité qu'en contient - le sucre, 142.-Quelques chimistes ont supposé que c'étoit le - phlogistique de Stahl.-Ils ne le prouvent point.-Ils n'expliquent - pas les phénomènes de la calcination & de la combustion, 219. - - - I - - INSTRUMENS propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur - spécifique des corps, 327 _& suiv._-Description de la machine - qui sert à les comparer.Elle se nomme balance.L'action se nomme - pesée.Variation de l'unité d'un pays à l'autre.-De la nécessité de - n'employer que des poids dont on connoît les rapports entre eux, - 327 _& suiv._ - - - L - - LAMPE d'émailleur. Sert d'intermédiaire, dans la fusion par le gaz - oxigène, pour les substances composées qui ont de l'affinité avec - le charbon, 554. - - LAVAGE. Moyen de diviser les corps en poudres de grosseurs uniformes, - 420. - - LEXIVIATION. Opération dont l'objet est de séparer les substances - solubles dans l'eau de celles qui ne le sont pas, 428 _& suiv._ - - LIMES. Servent à diviser les matières soit malléables, soit - fibreuses, 408. - - LIMPHE. Oxide animal, 130. - - LUMIÈRE. Qualités qui lui sont communes avec le calorique, - 6.-Nécessaire aux animaux comme aux végétaux.-Il n'existe d'êtres - organisés que dans les lieux exposés à la lumière, 202.-Son - dégagement dans la combustion du fer, 41.-Sa manière d'agir sur les - corps est inconnue.-Elle contribue avec le calorique à constituer - l'oxigène dans l'état de gaz.-Se combine avec quelques parties des - plantes; c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des - feuilles, 201. - - LUTS, (préparation des) 468.-Résineux.-Gras.-De chaux & de blanc - d'œufs, 469, 470 _& suiv._-Leur emploi, 475 & suiv.-Moyens d'y - suppléer, 477.-Pour enduire les cornues, 541. - - - M - - MAGNÉSIE. La composition de cette terre est absolument inconnue, - 172.-On la trouve dans l'eau de la mer, 173.-Et dans un grand - nombre d'eaux minérales, 173.-Effet que produit sur elle le feu le - plus violent, alimenté par le gaz oxigène, 555. - - MATIÈRES fécales sont composées de carbone & d'hydrogène, - 157.-Produisent de l'huile par la distillation, ibid. - - MERCURE. Appareil pour son oxidation, 35, 507 _& suiv._-Absorbe dans - cette opération la partie respirable de l'air, 38.-Ne l'absorbe pas - en entier, 40. - - MÉTAUX. Sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, - 116.-Ne sont pas dissolubles dans les acides; il faut qu'ils ayent - été portés auparavant à l'état d'oxides, 176. - - MIROIRS concaves. Ont un plus grand degré d'intensité que les verres - ardens.-La difficulté de s'en servir rend impossibles un grand - nombre des expériences chimiques, 553. - - MOPHÈTE. Voy. _Azote_ & _Gaz Azote_. - - MOLÉCULES élémentaires des corps ne se touchent point, 3. - - MOLYBDÈNE. Substance métallique qui a la propriété de s'oxigèner & de - former un véritable acide.-La nature nous le présente dans l'état - de sulfure de molybdène, 273. - - MORTIERS. Leur description.Leur usage, 404 & 405. - - MURIATES oxigénés. Le calorique entre dans leur composition en - quantité presqu'égale à celle qui est nécessaire pour constituer le - gaz oxigène, 207. - - - N - - NITRATES. Sels résultans de l'union de l'acide nitrique avec - différentes bases, 237.-Appareil pour en retirer l'acide, - 78.-Dégagement de gaz oxigène qui l'accompagne, _ibid._ - - NITRITES. Sels résultans de l'union de l'acide nitreux avec - différentes bases, 237. - - NOIX de galle. Elles fournissent le principe astringent ou acide - gallique par une simple infusion dans l'eau, 307. - - NOMENCLATURE. Systême général d'après lequel elle est - formée.-Discours préliminaire.-Ses difficultés, 128.-Le point où en - est la science oblige de conserver au moins pour un tems les noms - anciens pour les acides & oxides animaux & végétaux, 129. - - - O - - ODEUR fétide. Elle est produite par la dissolution des corps - combustibles dans le gaz hydrogène, 156. - - OPÉRATIONS manuelles de la Chimie.-Se divisent en plusieurs classes, - 325.-Les unes ne sont que méchaniques, elles ne font que diviser - les corps.-Les autres sont véritablement chimiques, 325 _& suiv._ - - OR, se dissout dans l'acide nitro-muriatique.-S'oxide avant sa - dissolution, 259.-Se volatilise lentement au feu alimenté par le - gaz oxigène, 556. - - OS des animaux. Ce sont de véritables phosphates de chaux, 224. - - OXIDES. Nom générique pour exprimer le premier degré d'oxigénation de - toutes les substances, 85.-Le règne végétal & le règne animal ont - leurs oxides, _ibid._ - - ---- A deux bases, moyen d'expliquer sans périphrase le principe qui - est en excès, 126. - - ---- Animaux. Leur nombre est encore indéterminé, 130.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases oxidables, 125.-Les - principes qui les constituent se désunissent à un très-léger - changement de température, 131. - - OXIDES métalliques. Combinaisons de l'oxigène avec les métaux, - 82.-Les anciens Chimistes les confondoient sous le nom de chaux, - avec un grand nombre de substances de nature très-différente, - 84.-On les spécifie par leur couleur qui varie en raison de la - quantité plus ou moins grande d'oxigène qu'ils contiennent, - 85.-Brûlent avec flamme au feu alimenté par le gaz oxigène, - 556.-Réflexions sur ce phénomène, _ibid._ - - ---- Végétaux. Leur nomenclature, 138 _& suiv._-Se décomposent à un - degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante; le calorique rompt - l'équilibre qui existoit entre les parties qui les constituoient, - 130.-Comment ils different entr'eux, 210.-Leur décomposition par la - fermentation vineuse, 139. - - ---- Rouge de mercure. L'oxigène y tient très-peu. Moyens d'oxider - les corps à une chaleur médiocre, 206. - - OXIGÉNATION. Combinaison d'un corps avec l'oxigène, 66. - - OXIGÈNE, a une grande affinité pour la lumière.-Elle contribue avec - le calorique à le constituer dans l'état de gaz, 201.-Dans cet - état il forme la partie respirable de l'air, 54.-Il entre pour un - tiers dans le poids de notre atmosphère; l'azote constitue les deux - autres tiers, 203.-Abandonne le calorique pour s'unir à l'hydrogène - dans la combustion, 95.-C'est le principe acidifiant de tous les - acides, 69.-Un premier degré de combinaison de ce principe avec - l'azote forme le gaz nitreux, 80.-Un second degré constitue l'acide - nitreux, _ibid._-Un troisieme constitue l'acide nitrique, 214.-Ses - combinaisons avec les substances simples se nomment binaires, - ternaires, quaternaires, selon le nombre de ces substances, - 207.-Tableau de ses combinaisons binaires avec les substances - simples métalliques & non métalliques, 203.-Se dégage pendant la - décomposition du nitre par l'acide sulfurique, 78.-Il tient peu à - l'acide nitrique, 207.-Condition nécessaire pour sa combinaison, - 203 _& suiv._-Il est le moyen d'union entre les métaux & les - acides, 179.-Tout porte à croire que les substances qui ont une - grande affinité avec les acides contiennent de l'oxigène, 179.-Et - qu'il entre dans la composition des terres regardées comme simples, - 180.-Quantité que le sucre en contient, 142.-Il conserve une grande - partie de son calorique en se combinant au gaz nitreux, 110. - - - P - - PESANTEUR spécifique. On a désigné sous ce nom le poids absolu des - corps divisé par leur volume.-On détermine cette pesanteur par le - moyen de la balance hydrostatique, 337. - - PESE-LIQUEURS, servent à déterminer la pesanteur spécifique des - fluides, 338.-Leur description.-Manière de s'en servir. On les - construit en verre & en métal, 338 _& suiv._ - - PHOSPHORE. Substance inconnue des anciens Chimistes. C'est un - produit de l'art. Epoque de sa découverte. On le retire à présent - des os des animaux.-Manière de le préparer, 224.-C'est un corps - combustible simple.-Il se rencontre, à ce qu'il paroît, dans - toutes les substances animales & dans quelques plantes, 198, 199, - 225.-Il y est ordinairement combiné avec l'azote, l'hydrogène, - &c.-Il s'allume à 32 degrés de chaleur, 225.-Décompose le gaz - oxigène à cette température, 58 _& suiv._-Absorbe une fois & demie - son poids d'oxigène, 63.-Se convertit en un acide, 66.-Il devient - incombustible par la combinaison avec l'oxigène, 65.-Appareils - pour sa combustion, 58, 61, 482 _& suiv_.-Quantité de calorique - qui se dégage pendant sa combustion, 62 & 107.-Ses combinaisons - avec les substances simples, 223.-Avec les métaux, 118.-Avec le gaz - hydrogène, _ibid._-Il paroît qu'il demeure combiné avec le charbon - dans la distillation des végétaux, 136.-Enleve l'oxigène à l'acide - nitrique & à l'acide muriatique oxigéné, 249.-C'est une des bases - des acides animaux, 124. - - PIERRES composées, se fondent au feu alimenté par le gaz oxigène, 556. - - ---- Précieuses. Celles qui sont décolorées par le feu alimenté - de gaz oxigène, ont l'apparence d'une terre blanche, & de la - porcelaine, 557. - - PLANTES. La couleur des feuilles & la diversité de celles des fleurs - tient à la combinaison de la lumière avec elles, 201.-Contiennent - du phosphore, 225. - - POIDS. Division de la livre en fractions décimales, moyen de - simplifier les calculs, 333.-Table pour convertir les fractions - décimales en fractions vulgaires & réciproquement. - - PORPHIRISATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - POTASSE. Son origine.-Procédés pour l'extraire, 165 _& suiv_.-Il - n'est pas démontré qu'elle existe dans le charbon avant la - combustion, 228.-Il ne paroît pas qu'on puisse l'extraire des - végétaux sans des intermedes qui fournissent de l'azote & de - l'oxigène, 169.-Presque toujours saturée d'acide carbonique, - pourquoi, 167.-Elle est soluble dans l'eau, 168.-Elle attire - l'humidité de l'air avec une grande rapidité.-Elle est en - conséquence très-propre à opérer la dessication des gaz, 168.-Elle - est soluble dans l'esprit-de-vin, _ibid._ - - POUDRE à canon. Il se dégage de l'azote & du gaz acide carbonique - dans son inflammation, 525 & 526. - - PRESSION de l'atmosphère. Elle met obstacle à l'écartement des - molécules des corps, 8.-Sans elle il n'y auroit pas de fluides - proprement dits, _ibid._-Expériences qui le prouvent, 9 & 10. - - PULVÉRISATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - PUTRÉFACTION. Ses phénomènes sont dus en partie à la décomposition - de l'eau, 101.-Est très-lente lorsque le corps qui l'éprouve ne - contient pas d'azote, 155.-C'est dans le mêlange des substances - végétales & animales que consiste toute la science des amendemens & - des fumiers, 155. - - ---- Des végétaux, n'est autre chose que l'analyse des substances - végétales dans laquelle la totalité de leurs principes se dégage - sous la forme de gaz, 154. - - PYRITES, nom que les anciens donnoient à la combinaison du soufre & - des métaux, 117. - - - R - - RADICAL acéteux. Tableau de ses combinaisons, 294.-Acide à deux - bases.-C'est le plus oxigéné des acides végétaux.-Contient un peu - d'azote.-Moyens de l'obtenir & de l'avoir pur.-Libre de toute - combinaison, il est dans l'état de gaz au degré de température dans - lequel nous vivons.-La plupart des sels qu'il forme avec les bases - salifiables ne sont pas cristallisables, 295 _& suiv_. - - ---- Boracique. Sa nature est inconnue, 229. - - ---- Fluorique. Sa nature est inconnue, 229.-Ses combinaisons avec - l'oxigène, _ibid._ - - RADICAL malique. Tableau de ses combinaisons, 281. - - ---- Muriatique. Sa nature est encore inconnue, 229. - - ---- Tartareux. Tableau de ses combinaisons, 227. - - RADICAUX des acides, leur tableau, 196.-Combinaisons des radicaux - simples avec l'oxigène, 203 _& suiv._-Combinaison des radicaux - composés avec l'oxigène, 208 _& suiv._ - - ---- Hydro-carboneux & Carbone-hydreux, 198. - - ---- Oxidables & Acidifiables. Sont simples dans le règne - minéral.-Sont composés dans les deux autres, 209. - - RAPE. Sert à diviser les substances pulpeuses, 405. - - RÉDUCTIONS métalliques. Ne sont autre chose que des oxigénations du - charbon par l'oxigène contenu dans les oxides métalliques, 206. - - RESPIRATION. Raisons qui ont empêché d'en parler dans cet ouvrage, - 202. - - RUBIS. Se ramollit, se soude & se fond sans altération de sa couleur, - par l'action du feu alimenté par le gaz oxigène, 556. - - ---- _du_ Brésil. Se décolore & perd un cinquième de son poids au feu - alimenté par le gaz oxigène, 557. - - - S - - SALPÊTRE. Combinaisons de l'acide nitrique & de la potasse, - 233.-Moyens d'obtenir ce sel, _ibid._-Son rafinage fondé sur la - différente solubilité des sels, 439, 440. - - SANG. La partie rouge est un oxide animal, 130. - - SÉCRÉTIONS animales. Sont de véritables oxides, 130. - - SEL marin. Combinaison de l'acide muriatique & de la soude, 259. - - ---- Muriatique oxigéné de potasse. Fournit un gaz oxigène absolument - pur, 507. - - ---- Sédatif. Voy. _Acide Boracique_, 265. - - ---- Neutres. Leur formation, 162 & 189.-Ils résultent de la - réunion d'une substance simple oxigénée avec une base quelconque, - 164.-Ou, ce qui est la même chose, de l'union des acides avec - les substances métalliques terreuses & alkalines, 162.-Quelles - sont les bases. salifiables susceptibles de se combiner avec les - acides, 162, & 164.-Le nombre des sels connus a augmenté en raison - des acides qui ont été découverts, 209.-Dans l'état actuel de nos - connoissances, il est de 1152, 182.-Mais il est probable que toutes - ces combinaisons salines ne sont pas possibles, 183.-Combinaisons - salines présentées sous la forme de tableaux.-On a suivi pour les - classer les mêmes principes que pour les substances simples, 183 - _& suiv._-Leur nomenclature, 183.-On les distingue par le nom - de leur base salifiable, 184 _& suiv._-Plan d'expériences sur - les sels neutres, 187.-De leur solution, 403.-Par le calorique, - 424 & 438.-On confondoit autrefois la solution & la dissolution, - 423 & 424.-Des différens degrés de solubilité des sels, 426 _& - suiv._-Travail à faire sur les sels neutres, 428. - - SIPHON. Sa description, 412. - - SOUFRE. Substance combustible qui est dans l'état concret à la - température de l'atmosphère, & qui se liquéfie, à une chaleur - supérieure à l'eau bouillante, 221.-Sa combinaison avec les - substances simples, _ibid._-Avec le gaz hydrogène, 118.-Avec - différens autres gaz, 66.-Avec le charbon, 67.-Il décompose l'air, - 66.-Enleve l'oxigène au calorique, _ibid._-Il est susceptible de - plusieurs degrés de saturation en se combinant avec l'oxigène, - 72.-Moyen d'exciter sa combustion pour la formation de l'acide - sulfurique, 241. - - SUBLIMATION.-Distillation des matières qui se condensent sous forme - concrète, 448. - - SUBSTANCES animales sont composées d'hydrogène, de carbone, de - phosphore, d'azote & de soufre, le tout porté à l'état d'oxide - par une portion d'oxigène, 158.-Leur distillation donne les mêmes - résultats que les plantes crucifères, 136.-Elles donnent seulement - plus d'huile & plus d'ammoniaque, en raison de l'azote & de - l'hydrogène qu'elles contiennent dans une plus grande proportion, - 136.-Elles favorisent la putréfaction, parce qu'elles contiennent - de l'azote, 155.-Elles peuvent varier en raison de la proportion - de leurs principes constituans & de leur degré d'oxigénation, - 213.-Sont décomposées par le feu, 132. - - SUBSTANCES combustibles. Ce sont celles qui ont une grande appétence - pour l'oxigène, 116.-Peuvent s'oxigéner par leur combinaison avec - les nitrates & les muriates oxigénés, 206 & 207. - - ---- Métalliques. A l'exception de l'or & quelquefois de - l'argent, elles se présentent rarement dans la nature sous la - forme métallique, 173.-Celles que nous pouvons réduire sous - forme métallique sont au nombre de 17, 174.-Celles qui ont - plus d'affinité avec l'oxigène qu'avec le carbone ne sont pas - susceptibles d'être amenées à cet état, 174.-Considérées comme - bases salifiables, 175.-Ne peuvent le dissoudre que lorsqu'elles - s'oxident, 176 & 177.-L'effervescence qui a lieu pendant leur - dissolution dans les acides prouve qu'elles s'oxident, _ibid._-Se - dissolvent sans effervescence dans les acides lorsqu'elles ont - été préalablement oxidées, 178.-Se dissolvent sans effervescence - dans l'acide muriatique oxigéné, _ibid._-Dans l'acide sulfureux, - 245.-Celles qui sont trop oxigénées s'y dissolvent & forment des - sulfates métalliques, _ibid._-Décomposent toutes le gaz oxigène, - excepté l'or & l'argent, 82, 203 _& suiv._-Elles s'oxident & - perdent leur éclat métallique, 83.-Pendant cette opération elles - augmentent de poids à proportion de l'oxigène qu'elles absorbent, - _ibid._-Les anciens donnoient improprement le nom de chaux - aux métaux calcinés ou oxides métalliques, 83.-Appareils pour - accélérer l'oxidation, 514 _& suiv._-N'ont pas toutes le même - degré d'affinité pour l'oxigène, 513.-Lorsqu'on ne peut en séparer - l'oxigène, elles demeurent constamment dans l'état d'oxides & se - confondent pour nous avec les terres, 174.-Décomposent l'acide - sulfurique en lui enlevant une portion de son oxigène, & alors - elles s'y dissolvent, 242.-Leurs combinaisons les unes avec les - autres, 230.-Les alliages qui en résultent sont plus cassans - que les métaux alliés, 116.-C'est à leurs différens degrés de - fusibilité que sont dus une partie des phénomènes que présentent - ces combinaisons, 117.-Brûlent avec flamme colorée & se dissipent - entiérement au feu alimenté par le gaz oxigène, 556.-Toutes, - excepté le mercure, s'y oxident sur un charbon, _ibid._ - - SUBSTANCES salines se volatilisent au feu alimenté par le gaz - oxigène, 556. - - ---- Simples. Leur définition. Ce sont celles que la chimie n'a - pas encore pu parvenir à décomposer, 193 _& suiv_.-Leur tableau, - 192.-Leurs combinaisons avec le soufre, 221.-Avec le phosphore, - 223.-Avec le carbone, 227.-Avec l'hydrogène, 217.-Avec l'azote, 213. - - ---- Végétales. Leurs principes constitutifs sont l'hydrogène & le - carbone, 132.-Contiennent quelquefois du phosphore & de l'azote, - 136.-Manière d'envisager leur composition & leur décomposition, - 132.-Leur décomposition se fait en vertu d'affinités doubles - & triples, 135.-Tous les principes qui les composent sont en - équilibre entr'eux au degré de température dans lequel nous vivons, - 133.-Leur distillation fournit la preuve de cette théorie, 135.-A - un degré peu supérieur à l'eau bouillante, une partie du carbone - devient libre, 134.-L'hydrogène & l'oxigène se réunissent pour - former de l'eau, _ibid._-Une portion d'hydrogène & de carbone - s'unissent & forment de l'huile volatile, _ibid._-A une chaleur - rouge l'huile formée seroit décomposée, 135.-L'oxigène alors - s'unit au carbone avec lequel il a plus d'affinité à ce degré, - 134.-L'hydrogène s'échappe sous la forme de gaz en s'unissant au - calorique, _ibid._ - - SUCRE. Oxide végétal à deux bases, 125.-Son analyse, 142 _& suiv._-En - l'oxigénant on forme de l'acide oxalique, de l'acide malique, - de l'acide acéteux, selon la proportion d'oxigène, 294.-Moyens - de rompre l'équilibre de ses principes par la fermentation, - 142.-Récapitulation des résultats obtenus par la fermentation, - 148.-Contient les substances propres à former de l'eau, mais non de - l'eau toute formée, 151. - - ---- de lait oxigéné forme l'acide saccholactique, 311. - - SULFATES. Combinaisons de l'acide sulfurique avec les différentes - bases, 245. - - ---- Métalliques. Combinaisons des métaux avec l'acide sulfurique, - 245. - - SULFITES. Combinaisons de l'acide sulfureux avec les différentes - bases, 245. - - ---- Métalliques pourroient bien ne pas exister, 245. - - SULFURES. Combinaisons du soufre avec les métaux, 118. - - - T - - TABLEAU des acides & de leurs bases salifiables, 180 _& suiv._-Des - substances simples, 192.-Des radicaux composés, 196.-Des - combinaisons de l'oxigène, 203, 208.-Des combinaisons de l'azote, - 212.-De l'hydrogène, 216.-Du soufre, 220.-Du phosphore, 222.-Du - carbone, 226.-De l'acide nitrique, 232.-De l'acide sulfurique, - 238.-De l'acide sulfureux, 243.-De l'acide phosphoreux, 246.-De - l'acide phosphorique, 247.-De l'acide carbonique, 250.-De l'acide - muriatique, 253.-De l'acide muriatique oxigéné, 254.-De l'acide - nitro-muriatique, 258.-De l'acide fluorique, 261.-De l'acide - boracique, 264.-De l'acide arsenique, 268.-De l'acide molybdique, - 272.-De l'acide tunstique, 274.-De l'acide tartareux, 277.-De - l'acide malique, 281.-De l'acide citrique, 284.-De l'acide - pyro-ligneux, 286.-De l'acide pyro-tartareux, 288.-De l'acide - pyro-muqueux, 290.-De l'acide oxalique, 292.-De l'acide acétique, - 298,-De l'acide succinique, 300.-De l'acide benzoïque, 302.-De - l'acide camphorique, 304.-De l'acide gallique, 306.-De l'acide - lactique, 308.-De l'acide saccholactique, 310.-De l'acide formique, - 312.-De l'acide bombique, 314.-De l'acide sébacique, 316.-De - l'acide lithique, 318.-De l'acide prussique, 320. - - TAMISAGE. Moyen de séparer les corps en molécules de grosseurs - à-peu-près uniformes, 409. - - TARTRE est composé de l'acide appelé _tartarum_, & de potasse.-Moyen - de le décomposer pour en obtenir l'acide pur, 378, 379. - - TARTRITE acidule de potasse. Combinaison de la potasse & de l'acide - tartareux, avec excès d'acide, 280. - - ---- de potasse. Sel parfaitement neutre, résultant de la combinaison - de l'acide tartareux & de la potasse, 280. - - TERRE ou terreau. Principe fixe qui reste après l'analyse des - substances végétales fermentées, 154. - - ---- On les regarde comme des êtres simples, 172.-Il y a quelques - raisons de penser qu'elles contiennent de l'oxigène, 180, - _ibid._-Et peut-être qu'elles sont des métaux oxidés, _ibid._-Elles - ont une grande tendance à la combinaison, 172. - - TERRES composées. Se fondent au feu alimenté par le gaz oxigène sous - la forme d'un verre blanc, 556. - - THERMOMÈTRE. Corrections du volume des gaz relatives aux différens - degrés du thermomètre.-Modèle de calcul pour ces corrections, 380 - _& suiv._ - - TOPAZE de Saxe. Se décolore & perd un cinquième de son poids au feu - alimenté par le gaz oxigène, 557. - - TRITURATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - TUNSTÈNE. Métal particulier souvent confondu avec l'étain.-Sa - cristallisation.-Sa pesanteur spécifique.-Il se trouve - naturellement dans l'état d'oxide.-Il fait fonction d'acide.-Il y - est uni à la chaux, 275. - - - V - - VAISSEAUX évaporatoires. Leur forme, 434 _& suiv._ - - VAPORISATION. Passage d'un fluide liquide à l'état aériforme, 12. - - VERRES ardens. Ne produisent pas d'aussi grands effets qu'on avoit - lieu de l'attendre 552. - - VERS à soie. Sa crysalide fournit l'acide bombique, 315. - - - W - - WOLFRAM. Substance métallique.-Véritable tunstène, 275. - - - _Fin de la Table des Matières._ - - - - -_EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Sciences._ - -Du 4 Février 1789. - - -L'Académie nous a chargés, M. d'Arcet & moi, de lui rendre compte d'un -Traité élémentaire de Chimie, que lui a présenté M. Lavoisier. - -Ce Traité est divisé en trois parties: la première a principalement -pour objet, la formation des fluides aëriformes & leur décomposition, -la combustion des corps simples, & la formation des acides. - -Les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant à deux -forces, l'une répulsive, l'autre attractive. Pendant que la derniere -de ces forces l'emporte, le corps demeure dans l'état solide; si, au -contraire, l'attraction est plus foible, les parties du corps perdent -l'adhérence qu'elles avoient entr'elles, & il cesse d'être un solide. - -La force répulsive est due au fluide très-subtil qui s'insinue à -travers les molécules de tous les corps, & qui les écarte; cette -substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur, ou, -en d'autres termes, la sensation que nous appelons chaleur, étant -l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un -langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur, parce que la même -dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet; c'est ce qui a -déterminé M. Lavoisier, avec les autres Auteurs de la Nomenclature -chimique, à la désigner sous le nom de calorique. - -Nous nous contenterons, dans ce rapport, d'employer la nomenclature -adoptée par M. Lavoisier; mais dans le cours de son ouvrage, après -avoir établi, par les expériences les plus exactes, les faits qui -doivent servir de base aux connoissances chimiques, il a toujours -soin de justifier la nomenclature dont il fait usage, & de suivre les -rapports qui doivent se trouver entre les idées & les mots qui les -représentent. - -S'il n'existoit que la force attractive des molécules de la matière, & -la force répulsive du calorique, les corps passeroient brusquement de -l'état de solide à celui de fluide aëriforme; mais une troisième force, -la pression de l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est à -cet obstacle qu'est due l'existence des fluides. M. Lavoisier établit, -par plusieurs expériences, quel est le degré de pression qui est -nécessaire pour contenir différentes substances dans l'état liquide, & -quel est le degré de chaleur nécessaire pour vaincre cette résistance. -Mais il y a un certain nombre de substances qui, à la pression de notre -atmosphère & au degré de froid connu, n'abandonnent jamais l'état de -fluide aëriforme; ce sont celles-là qu'on désigne sous le nom de gaz. - -Puisque les molécules de tous les corps de la nature sont dans un -état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher & -à les réunir, & les efforts du calorique, qui tend à les écarter, -non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, -mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent -entr'elles, & comme c'est un fluide extrêmement compressible, il -s'y accumule, il s'y resserre & s'y combine en partie. De ces -considérations, M. Lavoisier déduit l'explication de ce qu'on doit -entendre par le calorique libre, le calorique combiné, la capacité de -calorique, la chaleur absolue, la chaleur latente, la chaleur sensible. -On pourroit lui reprocher d'avoir insisté trop peu sur la propriété -élastique & compressible du calorique, & de-là résulte une différence -entre ses principes & la théorie de M. Black, sur la capacité de -chaleur, mais en écartant cette considération, les idées de M. -Lavoisier ont acquis l'avantage d'avoir plus de clarté. - -Après ces principes généraux, M. Lavoisier décrit le moyen qu'a imaginé -M. de la Place pour déterminer par la quantité de glace fondue, celle -du calorique qui s'est dégagé au milieu de cette glace, d'un corps qui -étoit élevé à une certaine température, ou d'une combinaison qui s'y -est formée. Il passe ensuite à des vues générales sur la formation -& la constitution de l'atmosphère de la terre, non-seulement en la -considérant dans l'état où elle se trouve, mais encore dans différens -états hypothétiques. - -Notre atmosphère est formée de toutes les substances susceptibles de -demeurer dans l'état aëriforme au degré habituel de température & de -pression que nous éprouvons. Il étoit bien important de déterminer -quel est le nombre & quelle est la nature des fluides élastiques qui -composent cette couche inférieure que nous habitons. On sait que les -connoissances que nous avons acquises sur cet objet, font la gloire -de la Chimie moderne; que non-seulement on a analysé ces fluides, -mais qu'on a encore appris à connoître une foule de combinaisons -qu'ils formoient avec les substances terrestres, & que par-là le vide -immense que les anciens Chimistes cherchoient à déguiser par quelques -suppositions, a été comblé pour la plus grande partie. Il est bien -intéressant de voir celui qui a le plus contribué à nous procurer ces -connoissances nouvelles, en tracer lui-même le tableau, rapprocher -les résultats des expériences qui ont fait l'objet d'un grand nombre -de ses Mémoires, perfectionner ces expériences & tous les appareils -qu'il a fallu imaginer; mais il n'est pas possible de suivre dans un -extrait les descriptions que M. Lavoisier présente avec beaucoup de -concision, sur l'analyse de l'air de l'atmosphère, la décomposition du -gaz oxigène par le soufre, le phosphore & le charbon, sur la formation -des acides en général, la décomposition du gaz oxigène par les métaux, -la formation des oxides métalliques, le principe radical de l'eau, sa -décomposition par le charbon & par le fer, la quantité de calorique -qui se dégage des différentes espèces de combustion, & la formation de -l'acide nitrique. - -Après tous ces objets, M. Lavoisier examine la combinaison des -substances combustibles les unes avec les autres. - -Le soufre, le phosphore, le charbon ont la propriété de s'unir avec les -métaux, & de-là naissent les combinaisons que M. Lavoisier désigne sous -le nom de sulfures, phosphures & carbures. - -L'hydrogène peut aussi se combiner avec un grand nombre de substances -combustibles; dans l'état de gaz, il dissout le carbone ou charbon pur, -le soufre, le phosphore, & de-là viennent les différentes espèces de -gaz inflammable. - -Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble, sans que -l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en -résulte, selon M. Lavoisier, cette combinaison particuliere qui est -connue sous le nom d'huile, & cette huile est fixe ou volatile, selon -les proportions de l'hydrogène & du carbone. Il a exposé dans les -Mémoires de 1784, les expériences qui l'ont conduit à cette opinion. - -Cependant il nous paroît que cette opinion n'est pas à l'abri des -objections, nous nous contenterons d'en proposer une. Toutes les huiles -donnent un peu d'eau & un peu d'acide lorsqu'on les distille, & en -réitérant les distillations, on peut les réduire entièrement en eau, en -acide, en charbon, en gaz carbonique & en gaz hydrogène carboné. Cet -acide & cette eau qu'on retire dans chaque opération, n'annoncent-ils -pas qu'il entroit de l'oxigène dans la composition de l'huile; car il -est facile de prouver que l'air qui est contenu dans les vaisseaux qui -servent à la distillation, n'a pas pu contribuer d'une manière sensible -à leur production? - -Il falloit d'abord examiner les phénomènes que présente l'oxigénation -des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, le -carbone & l'hydrogène; mais ces substances, en se combinant les unes -avec les autres, ont formé des corps combustibles composés, tels que -les huiles, dont l'oxigénation doit présenter d'autres résultats. Selon -M. Lavoisier, il existe des acides & des oxides à base double & triple: -il donne en général le nom d'oxide à toutes les substances qui ne sont -pas assez oxigénées pour prendre le caractère acide. Tous les acides -du règne végétal ont pour base l'hydrogène & le carbone, quelquefois -l'hydrogène, le carbone & le phosphore. Les acides & oxides du règne -animal sont encore plus composés; il entre dans la composition de -la plupart quatre bases acidifiables, l'hydrogène, le carbone, le -phosphore & l'azote. M. Lavoisier tâche de rendre raison par ces -principes très-simples, de la nature & de la différence des acides -végétaux & des autres substances d'une nature végétale & d'une nature -animale; il ne seroit pas juste dans ce moment de juger avec sévérité -ces apperçus ingénieux, parce que l'Auteur se propose de les développer -dans des Mémoires particuliers. - -L'hydrogène, l'oxigène & le carbone, sont des principes communs à tous -les végétaux, & pour cette raison, M. Lavoisier les appelle primitifs. -Ces principes, en raison de la quantité de calorique avec lequel ils se -trouvent combinés dans les végétaux, sont tous à-peu-près en équilibre -à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les végétaux ne -contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique, & seulement les -élémens de toutes ces substances; mais un changement léger dans la -température suffit pour renverser cet ordre de combinaison. L'hydrogène -& l'oxigène s'unissent plus intimément & forment de l'eau qui passe -dans la distillation; une portion de l'hydrogène & une portion du -carbone se réunissent ensemble pour former de l'huile volatile, une -autre partie du carbone devient libre & reste dans la cornue. Dans les -substances animales, l'azote, qui est un de leurs principes primitifs, -s'unit à une portion d'hydrogène pour former l'alkali volatil. M. -Lavoisier donne des explications analogues à celles que nous venons -d'indiquer, des phénomènes & des produits de la fermentation vineuse, & -de la putréfaction. - -Il y a un grand rapport entre ces dernieres idées de M. Lavoisier & -celles que M. Higgins a exposées dans un traité sur l'acide acéteux, -la distillation, la fermentation, &c. qu'il a publié en 1786, & dans -lequel il admet la formation de l'eau & des huiles par l'action de la -chaleur; mais n'ayant pas distingué le gaz hydrogène qu'il appelle -phlogistique (ce qui est tout-à-fait indifférent), du charbon & de leur -combinaison, il n'a pu déterminer les effets de la chaleur & de la -fermentation avec autant d'exactitude que M. Lavoisier. - -Les substances acidifiables, en s'unissant avec l'oxigène & en -se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la -combinaison: elles deviennent propres à s'unir avec des substances -terreuses & métalliques. Mais une circonstance remarquable distingue -ces deux espèces de combinaison; c'est que les métaux ne peuvent -contracter d'union avec les acides que par l'intermède de l'oxigène, -de manière qu'il faut qu'ils soient réduits en oxides, ou qu'ils -décomposent l'eau dont ils dégagent alors le gaz hydrogène, ou qu'ils -trouvent de l'oxigène dans l'acide, & c'est ainsi qu'ils forment du gaz -nitreux avec l'acide nitrique. - -La considération des phénomènes qui accompagnent les dissolutions, -conduit M. Lavoisier à celle des bases alkalines, des terres & des -métaux, & à déterminer le nombre des sels qui peuvent résulter de la -combinaison de ces différentes bases avec tous les acides connus. - -Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Lavoisier présente -successivement le tableau des substances simples, ou plutôt de celles -que l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme -telles, celui des radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composées -de la réunion de plusieurs substances simples, ceux des combinaisons de -l'azote, de l'hydrogène, du carbone, du soufre & du phosphore, avec des -substances simples, & enfin ceux des combinaisons de tous les acides -connus, avec les différentes bases. Chaque tableau est accompagné d'une -explication sur la nature & les préparations de la substance qui en est -l'objet, & sur ses principales combinaisons. - -M. Lavoisier a réuni, dans la troisième partie de son ouvrage, la -description sommaire de tous les appareils & de toutes les opérations -manuelles qui ont rapport à la Chimie élémentaire. Les détails -indispensables dans lesquels il faut entrer, auroient interrompu la -marche des idées rapides qu'il a présentées dans les deux premières -parties, & en auroient rendu la lecture fatigante. - -Cette description est d'autant plus précieuse, que non-seulement elle -est faite avec beaucoup de méthode & de clarté, mais encore qu'elle a -particulièrement pour objet les appareils relatifs à la Chimie moderne, -dont plusieurs sont dûs à M. Lavoisier lui-même, & qui, en général, -sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude particulière -de la Chimie; mais il est impossible de tracer une esquisse de ces -descriptions, & nous sommes obligés de nous borner à l'énumération des -chapitres dans lesquels elles sont classées. - -Le chapitre premier traite des instrumens propres à déterminer le poids -absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & liquides. - -Le second est destiné à la gazométrie, ou à la mesure du poids & du -volume des substances aëriformes. - -Le chapitre troisième contient la description des opérations purement -mécaniques, qui ont pour objet de diviser les corps, telles que la -trituration, la porphirisation, le tamisage, la filtration, &c. - -M. Lavoisier décrit, dans le chapitre cinquième, les moyens que la -Chimie emploie pour écarter les unes des autres les molécules des -corps sans les décomposer, & réciproquement pour les réunir, ce qui -comprend la solution des sels, leur lexiviation, leur évaporation, leur -cristallisation, & les appareils distillatoires. - -Les distillations pneumato-chimiques, les dissolutions métalliques, & -quelques autres opérations qui exigent des appareils très-compliqués, -sont l'objet du sixième chapitre. - -Le chapitre septième contient la description des opérations relatives à -la combustion & à la détonnation. Les appareils qui sont décrits dans -ce chapitre sont entièrement nouveaux. - -Enfin le chapitre huitième est destiné aux instrumens nécessaires pour -opérer sur les corps à de très-hautes températures. - -Toutes ces descriptions sont rendues sensibles par un grand nombre de -planches qui présentent tous les détails qu'on peut desirer, & qui sont -gravées avec beaucoup de soin. Nous ne devons pas laisser ignorer à la -reconnoissance des Chimistes, qu'elles ne sont point l'ouvrage d'un -burin mercenaire, mais qu'elles sont dûes au zèle & aux talens variés -du traducteur de l'ouvrage de M. Kirwan sur le phlogistique. - -Ces nouveaux élémens sont terminés par quatre tables; la première -donne le nombre des pouces cubiques correspondans à un poids déterminé -d'eau; la seconde est destinée à convertir les fractions vulgaires -en fractions décimales, & réciproquement; la troisième présente le -poids des différens gaz, & la quatrième, la pesanteur spécifique des -différentes substances. - -Ainsi M. Lavoisier, en partant des notions les plus simples & des -objets les plus élémentaires, conduit successivement aux combinaisons -plus composées. Ses raisonnemens sont presque toujours fondés sur des -expériences rigoureuses, ou plutôt ils n'en sont que le résultat; & -il finit par donner les élémens de l'art des expériences qui doit -servir de guide aux Chimistes qui, au lieu de se livrer à de vaines -hypothèses, veulent établir leurs opinions la balance à la main. - -L'ouvrage est précédé d'un discours dans lequel M. Lavoisier rend -compte des motifs qui l'ont engagé à l'entreprendre, & de la marche -qu'il a suivie dans son exécution. - -S'étant imposé la loi de ne rien conclure au-delà de ce que les -expériences présentent & de ne jamais suppléer au silence des faits, -il n'a point compris dans ses élémens la partie de la Chimie la plus -susceptible peut-être de devenir un jour une science exacte, c'est -celle qui traite des affinités ou attractions chimiques; mais les -données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne sont -encore ni assez précises, ni assez certaines pour devenir la base sur -laquelle doit porter une partie aussi importante de la Chimie. - -M. Lavoisier a la modestie d'avouer qu'une considération secrète a -peut-être donné du poids aux raisons qu'il pouvoit avoir de se taire -sur les affinités; c'est que M. de Morveau est au moment de publier -l'article _affinité_ de l'Encyclopédie méthodique, & qu'il a redouté -de traiter en concurrence avec lui, un objet qui exige des discussions -très-délicates. - -Quoique les Savans s'empressent de toutes parts de rendre justice aux -connoissances profondes de M. de Morveau, il doit néanmoins être flatté -d'un aveu qui honore également celui qui l'a fait. - -Si M. Lavoisier ne parle point, dans ce Traité, des parties -constituantes & élémentaires des corps, c'est qu'il regarde comme -hypothétique tout ce qu'on a dit sur les quatre élémens: il est -probable que nous ne connoissons pas les molécules simples & -indivisibles qui composent les corps; mais il est un terme auquel nous -conduisent nos analyses, & ce sont les derniers résultats que nous en -obtenons, qui sont pour nous des substances simples, ou, si l'on veut, -des élémens. - -Mais l'objet principal de ce discours est de faire sentir la liaison -qui se trouve entre l'abus des mots & les idées fausses, & entre la -précision du langage & les progrès des sciences. - -Nous pensons que ces nouveaux Elémens sont très-dignes d'être imprimés -sous le privilége de l'Académie. - - -Fait à l'Académie, le 4 Février 1789. - - _Signé_, D'ARCET & BERTHOLET. - -Je certifie le présent extrait conforme à l'original, & au jugement de -l'Académie. A Paris, ce 7 Février 1789. - - _Signé_, le Marquis DE CONDORCET. - - - - -_EXTRAIT des Registres de la Société Royale de Médecine._ - -Du 6 Février 1789. - - -La Société nous a chargés, M. de Horne & moi, d'examiner un Ouvrage -de M. Lavoisier, ayant pour titre, _Traité élémentaire de Chimie_, -_présenté dans un ordre nouveau_, _& d'après les découvertes modernes_. -Comme ce Traité, que nous avons lu avec le plus vif intérêt, offre une -méthode élémentaire différente de toutes celles qu'on a suivies dans -les Ouvrages du même genre, nous avons cru devoir en rendre un compte -très-détaillé à la Compagnie. - -Les Physiciens, & tous les hommes, qui s'adonnent à l'étude de la -Philosophie naturelle, savent que c'est aux expériences de M. Lavoisier -qu'est due la révolution que la Chimie a éprouvée depuis quelques -années; à peine M. Black eut-il fait connoître, il y a bientôt vingt -ans, l'être fugace qui adoucit la chaux & les alkalis, & qui avoit -jusques-là échappé aux recherches des Chimistes; à peine M. Priestley -eut-il donné ses premières expériences sur l'air fixe & ce qu'il -appeloit les différentes espèces d'air, que M. Lavoisier, qui ne -s'étoit encore appliqué qu'à mettre dans les opérations de Chimie de -l'exactitude & de la précision, conçut le vaste projet de répéter & de -varier toutes les expériences des deux célèbres Physiciens Anglois, -& de poursuivre avec une ardeur infatigable une carrière nouvelle, -dont il prévoyoit dès-lors l'étendue. Il sentit sur-tout que l'art de -faire des expériences vraiment utiles, & de contribuer aux progrès -de la science de l'analyse, consistoit à ne rien laisser échapper, à -tout recueillir, à tout peser. Cette idée ingénieuse, à laquelle sont -dues toutes les découvertes modernes, l'engagea à imaginer, pour les -effervescences, pour les combustions, pour la calcination des métaux, -&c. des appareils capables de porter la lumière la plus vive sur la -cause & les résultats de ces opérations. On connoît trop généralement -aujourd'hui la plupart des faits & des découvertes que cette route -expérimentale nouvelle a fait naître, pour que nous ayons besoin -d'en suivre ici les détails; nous nous contenterons de rappeler que -c'est à l'aide de ces procédés, à l'aide de ce nouveau sens, ajouté, -pour ainsi dire, à ceux que le Physicien possédoit déjà, que M. -Lavoisier est parvenu à établir des vérités & une doctrine nouvelles -sur la combustion, sur la calcination des métaux, sur la nature de -l'eau, sur la formation des acides, sur la dissolution des métaux, -sur la fermentation & sur les principaux phénomènes de la nature. -Ces instrumens si ingénieux, cette méthode expérimentale si exacte -& si différente des procédés employés autrefois par les Chimistes, -n'ont cessé, depuis 1772, de devenir entre les mains de M. Lavoisier -& des Physiciens qui ont suivi la même route, une source féconde -de découvertes. Les Mémoires de l'Académie des Sciences offrent, -depuis 1772 jusqu'en 1786, une suite non interrompue de travaux, -d'expériences, d'analyses faites par ce Physicien sur le même plan. Ce -qu'il y a de plus frappant pour ceux qui aiment à suivre les progrès -de l'esprit humain dans ce genre de recherches, dont on n'avoit aucune -idée il y a vingt ans, c'est que toutes les découvertes qui se sont -succédées depuis cette époque, n'ont fait que confirmer les premiers -résultats trouvés par M. Lavoisier, & donner plus de force & plus de -solidité à la doctrine qu'il a proposée. Une autre considération, qui -nous paroît également importante, c'est que les expériences de Bergman, -de Schéele, de MM. Cavendish, Priestley, & d'un grand nombre d'autres -Chimistes dans différentes parties de l'Europe, quoique faites sous -des points de vue & avec des moyens différens en apparence, se sont -tellement accordées avec les résultats généraux dont nous parlions -plus haut, que cet accord, bien propre à convaincre les Physiciens qui -cherchent la vérité sans prévention, & avec le courage nécessaire -pour résister aux préjugés, n'a fait que rendre plus solides & plus -inébranlables les fondemens sur lesquels repose la nouvelle doctrine -chimique. C'est dans cet état de la science, c'est à l'époque où -les faits nouveaux, généralement reconnus, n'excitent encore des -discussions entre les Physiciens, que relativement à leur explication, -que M. Lavoisier, auteur de la plus grande partie de ces découvertes, -& de la théorie simple & lumineuse qu'elles ont créée, s'est proposé -d'enchaîner dans un nouvel ordre les vérités nouvelles, & d'offrir -aux Savans, ainsi qu'à ceux qui veulent le devenir, l'ensemble de ses -travaux. Ceux qui ont suivi avec soin les progrès successifs de la -Chimie, ne trouveront dans l'Ouvrage dont nous nous occupons, que les -faits qu'ils connoissent déjà; mais ils se présenteront à eux dans -un ordre qui les frappera par sa clarté & sa précision. Ce sera donc -spécialement sur la marche des faits, des idées & des raisonnemens -tracés par M. Lavoisier, que nous insisterons dans ce rapport. - -Ce Traité est divisé en trois parties. Dans la première, M. Lavoisier -expose les élémens de la science & les bases sur lesquelles elle est -fondée. C'est sur les corps les plus simples, & sur le premier ordre -de leurs combinaisons, que roule cette première partie, comme nous le -dirons tout-à-l'heure. - -La seconde partie présente les tableaux de toutes les combinaisons de -ces corps simples entr'eux, & des mixtes qu'ils forment les uns avec -les autres. Les composés salins neutres en sont particulièrement le -sujet. - -Dans la troisième partie, M. Lavoisier décrit les appareils nouveaux, -dont il a imaginé la plus grande partie, & à l'aide desquels il a -établi les vérités exposées dans la première partie. - -Considérons chacune de ces parties plus en détail, & suivons l'Auteur -jusqu'à ses dernières divisions, pour faire connoître l'utilité & -l'importance de son Ouvrage. - - -Première Partie. - -En exposant, dans un Discours préliminaire, les motifs qui l'ont engagé -à écrire son Ouvrage, M. Lavoisier annonce que c'est en s'occupant -de la nomenclature & en développant ses idées sur les avantages & la -nécessité de lier les mots aux faits, qu'il a été entraîné comme malgré -lui à faire un Traité élémentaire de Chimie; que cette nomenclature -méthodique l'ayant conduit du connu à l'inconnu, cette marche qu'il -s'est trouvé forcé de suivre, lui a paru propre à guider les pas -de ceux qui veulent étudier la Chimie; il pense que, quoique cette -science ait encore beaucoup de lacunes & ne soit pas complette comme -la Géométrie élémentaire, les faits qui la composent s'arrangent -cependant d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, qu'il -est permis de la comparer à cette dernière, & qu'on peut espérer de -la voir s'approcher, de nos jours, du degré de perfection qu'elle est -susceptible d'atteindre. Son but a été de ne rien conclure au-delà de -l'expérience, de ne jamais suppléer au silence des faits. - -C'est pour cela qu'il n'a point parlé des principes des corps, sur -lesquels on a depuis si long-temps donné des idées vagues, dans -les écoles & dans les Ouvrages élémentaires; qu'il n'a rien dit -des attractions ou affinités chimiques, qui ne sont point encore -connues, suivant lui, avec l'exactitude nécessaire pour en exposer -les généralités dans des élémens. Il termine ce discours en retraçant -les raisons & les motifs qui ont guidé les Chimistes dans le travail -de la nouvelle nomenclature, & en faisant voir quelle influence les -noms exacts proposés dans ce travail, peuvent avoir sur les progrès & -l'étude de la science. - -La première partie qui suit immédiatement ce Discours préliminaire, -comprend dix-sept chapitres. - -M. Lavoisier annonce qu'il traite, dans cette première Partie, de -la formation des fluides aëriformes & de leur décomposition; de la -combustion des corps simples, & de la formation des acides. Ce titre, -qui n'auroit certainement pas rappelé aux anciens Chimistes l'ensemble -de leur science, le comprend cependant tout entier pour ceux qui la -possèdent, & en effet, l'un de nous en traçant la marche & l'état de -toutes les connoissances chimiques modernes dans quelques séances -sur les fluides élastiques, a fait voir que toute la science est -comprise dans l'histoire de leur développement & de leur fixation. -Il est donc vrai de dire, que quoique le domaine de la Chimie ait -été singulièrement agrandi par le nombre considérable de faits -nouveaux qu'elle a acquis depuis quelques années, le rapprochement, -la liaison & la cohérence de ces faits, peuvent en resserrer les -élémens dans l'esprit de ceux qui les possèdent, & de ceux qu'une -méthode exacte guide dans leurs études; si les expériences semblent -effrayer l'imagination par leur nombre, les résultats simples qu'on -en tire, & les données générales qu'elles fournissent, font évanouir -les difficultés, & rendent le travail de la mémoire plus facile. Cette -vérité sera mise dans tout son jour, par l'exposé des divers objets -compris dans cette première partie de l'ouvrage de M. Lavoisier. - -Le premier Chapitre traite de la combinaison des corps avec le -calorique ou la matière de la chaleur, & de la formation des fluides -élastiques. Le calorique dilate tous les corps en écartant leurs -molécules, qui tendent à se rapprocher par la force d'attraction. On -peut donc considérer son effet comme celui d'une force répulsive ou -opposée à l'attraction. Lorsque l'attraction des molécules est plus -forte, que l'écartement ou la force répulsive communiquée par le -calorique, le corps est solide; si la force répulsive l'emporte sur -l'attraction, les molécules s'écartent jusqu'à un certain point, la -fusion, & enfin la fluidité élastique naissent de cet effet. Comme la -diminution ou l'enlèvement du calorique permet le rapprochement des -molécules des corps dont l'attraction agit alors librement, & comme on -peut concevoir un refroidissement toujours croissant, beaucoup plus -fort que celui que nous connoissons, & conséquemment un rapprochement -proportionné dans les molécules des corps, il s'ensuit que ces -molécules ne se touchent pas, qu'il existe des intervalles entr'elles; -ces intervalles sont remplis par le calorique. On peut l'y accumuler; -c'est cette accumulation qui détruit l'attraction de ces molécules, -& qui donne enfin naissance à un fluide élastique. Tous les corps -liquides prendroient, à la surface du globe, cette forme de fluides -élastiques, si la pression de l'air atmosphérique ne s'y opposoit -pas, c'est en raison de cette pression qu'il faut que la température -de l'eau soit élevée à 80 degrés pour qu'elle se réduise en vapeur; -l'éther à 30 ou 33 degrés, l'alkool à 67, Mais les fluides supposés -réduits en vapeurs par la suppression du poids de l'atmosphère, se -formeroient bientôt un obstacle à eux-mêmes par leur pression. - -On voit d'après cela qu'un fluide élastique ou un gaz n'est qu'une -combinaison d'un corps quelconque ou d'une base avec le calorique. -On voit encore que, suivant les espaces ou les intervalles compris -entre les molécules des différens corps, il faudra plus ou moins de -calorique pour les dilater au même point; c'est cette différence qu'on -nomme _capacité de chaleur_, & la quantité de calorique nécessaire -pour élever chaque corps à la même température, se nomme chaleur ou -_calorique spécifique_. Comme les corps, en se combinant au calorique, -deviennent des fluides élastiques, l'élasticité paroît être due à -la répulsion des molécules du calorique, ou plutôt à une attraction -plus forte entre ces dernières, qu'entre celles des corps fluides -élastiques, qui sont alors repoussées par l'effet du premier. - -Ces idées simples & fondées sur des expériences exactes, conduisent -l'Auteur à donner, dans le second chapitre, des vues sur la formation -& la constitution de l'atmosphère de la terre; elle doit être formée -des substances susceptibles de se volatiliser au degré ordinaire de -chaleur qui existe sur le globe, & à la pression moyenne qui soutient -le mercure à 28 pouces. La terre étant supposée à la place d'une -planète beaucoup plus rapprochée du soleil, comme l'est Mercure, l'eau, -le mercure même entreroient en expansion, & se mêleroient à l'air -jusqu'à ce que cette expansion fût limitée par la pression exercée -par ces nouveaux fluides élastiques. Si le globe étoit, au contraire, -transporté à une distance beaucoup plus éloignée du soleil qu'il ne -l'est, l'eau seroit solide & comme une pierre dure & transparente. -La solidité, la liquidité, la fluidité élastique sont donc des -modifications des corps dues au calorique. Les fluides habituellement -vaporeux qui forment notre atmosphère, doivent, ou se mêler lorsqu'ils -ont de l'affinité, ou se séparer suivant l'ordre de leurs pesanteurs -spécifiques, s'ils ne sont pas susceptibles de s'unir. M. Lavoisier -pense que la couche supérieure de l'atmosphère est surmontée des gaz -inflammables légers qu'il regarde comme la matière & le foyer des -météores lumineux. - -Il étoit très-naturel que ces considérations générales sur l'atmosphère -de la terre fussent suivies de l'analyse de l'air qui la compose; cette -analyse fait le sujet du troisième chapitre, dans lequel est consignée -une des plus belles découvertes du siècle & de la Chimie moderne. La -combustion du mercure dans un ballon, la perte de poids d'un sixième de -l'air, l'augmentation correspondante du poids du mercure, la qualité -délétère des cinq sixièmes d'air restant; la séparation de l'air de -la chaux de mercure fortement échauffée, la pureté de celui-ci, la -recomposition de l'air semblable à celui de l'atmosphère par l'addition -de cette partie tirée du mercure à celle restée dans le ballon; la -chaleur vive & la flamme brillante dégagée de l'air par le fer qu'on y -brûle, suffisent à M. Lavoisier pour prouver que l'air atmosphérique -est un composé de deux fluides élastiques différens, l'un respirable, -l'autre non respirable, que le premier forme 0,27, & le second 0,73. - -Dans le quatrième chapitre, ce Savant expose les noms donnés à ces deux -gaz qui composent l'air atmosphérique, & les raisons qui les ont fait -proposer; le premier porte, comme on sait, le nom d'_air vital_ & de -_gaz oxigène_, & le second celui de _gaz azote_. - -La quantité des deux principes de l'atmosphère étant connue, la nature -du gaz oxigène occupe ensuite M. Lavoisier. Le cinquième chapitre est -destiné à l'examen de la décomposition du gaz oxigène ou air vital par -le soufre, le phosphore, le charbon, & de la formation des acides. -Cent grains de phosphore brûlé dans un ballon bien plein d'air vital, -absorbent 154 grains de cet air ou de sa base, & forment 254 grains -d'acide phosphorique concret. Vingt-huit grains de charbon absorbent 72 -grains d'air vital, & forment 100 grains d'acide carbonique. Le soufre -en absorbe plus que son poids & devient acide sulfurique. La base de -cet air a donc la propriété, en se combinant avec ces trois corps -combustibles, de les convertir en acides; de-là le nom d'oxigène donné -à cette base de l'air vital, & celui d'oxigénation donné à l'opération -par laquelle cette base se fixe. - -La nomenclature des différens acides forme le sujet du sixième -chapitre; le nom général d'acide désigne la combinaison avec l'oxigène; -les noms particuliers appartiennent aux bases différentes unies à -l'oxigène. Le soufre forme l'acide sulfurique, le phosphore l'acide -phosphorique, le carbone ou charbon pur l'acide carbonique. La -terminaison variée dans ces mots exprime la proportion d'oxigène; ainsi -le soufre combiné avec peu d'oxigène & dans l'état d'un acide foible, -donne l'acide sulfureux, tandis qu'une plus grande proportion de ce -principe acidifiant, forme l'acide sulfurique. Nous n'insisterons pas -davantage sur les principes de cette nomenclature, qui sont déjà bien -connus de la Société. M. Lavoisier donne, à la fin de ce chapitre, les -proportions d'azote & d'oxigène qui constituent l'acide du nitre en -différens états, comme l'a découvert M. Cavendish. - -Il parle, dans le septième chapitre, de la décomposition du gaz oxigène -par les métaux. On sait que ces corps combustibles absorbent la base -de l'air vital plus ou moins facilement, & à des températures plus ou -moins élevées; mais comme l'affinité de ces corps pour l'oxigène est en -général rarement plus forte que celle de celui-ci pour le calorique, -les métaux s'y combinent plus ou moins difficilement. Les composés -des métaux & d'oxigène n'étant pas des acides, on a proposé le nom -d'oxides pour les désigner, au lieu de celui de chaux, qui étoit -équivoque, & fondé sur une fausse analogie. M. Lavoisier donne les -détails de cette nomenclature à la fin de ce chapitre. - -Il traite, dans le huitième, du principe radical de l'eau, & de la -décomposition de ce fluide par le charbon & le fer. L'eau que l'on -fait passer à travers un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, -se réduit seulement en vapeur, sans éprouver d'altération. En passant -à travers le même tube chargé de vingt-huit grains de charbon, il y a -85 grains d'eau changée de nature, & le charbon disparoît. On obtient -100 grains ou 144 pouces d'acide carbonique, qui contiennent, outre les -28 grains de carbone, 72 grains d'oxigène, provenant nécessairement -de l'eau, puisqu'aucun autre corps n'a pu le lui fournir; ce gaz -acide carbonique est mêlé de 13 grains ou 380 pouces cubes de gaz -inflammable; ces 13 grains ajoutés aux 72 grains d'oxigène enlevé -par le carbone, font les 85 grains d'eau qui manquent; & en effet, -en brûlant dans un appareil fermé 85 grains d'air vital & 15 de gaz -inflammable, on a 100 grains d'eau. L'eau est donc composée de ces deux -principes. L'oxigène est déjà connu par les détails précédens; la base -du gaz inflammable a été nommée _hydrogène_, ou principe radical de -l'eau; M. Lavoisier en décrit les propriétés & sur-tout celles qu'il a -dans l'état de gaz. - -Le neuvième chapitre contient des détails absolument neufs sur la -quantité de calorique qui se dégage dans la combustion de différens -corps combustibles, ou, ce qui est la même chose en d'autres termes, -pendant la fixation de l'air vital ou gaz oxigène. Pour bien concevoir -l'objet de cet article important, rappelons que l'air vital est, comme -tous les autres fluides élastiques, une base solidifiable unie à du -calorique; que ce gaz ne peut se fixer, ou sa base devenir solide -dans les combinaisons où elle entre, qu'en perdant le calorique qui -la tenoit écartée & divisée en fluide élastique. Cela posé, il est -clair qu'en partant d'une expérience où l'air vital paroît laisser -déposer sa base la plus solide possible en perdant tout le calorique -qu'il contient, on aura une mesure à peu de chose près exacte de -la quantité absolue de calorique contenu dans une quantité donnée -de gaz oxigène. Mais comment mesurer cette chaleur. M. Lavoisier -s'est servi, pour cela, d'un appareil ingénieux, dont la première -idée est due à M. Wilcke, Physicien Anglois, mais qui a été changé & -bien perfectionné par M. de la Place. Ce sont des enveloppes de tôle -garnies de glace, & laissant un espace vide dans lequel on fait les -expériences de combustion, absolument comme dans une sphère de glace -assez épaisse pour que la température extérieure n'influe en aucune -manière sur sa cavité intérieure. Le calorique se sépare pendant la -fixation de l'oxigène, fond une partie de cette glace, proportionnelle -à la quantité qui s'en dégage. En opérant ainsi la combustion du -phosphore, M. Lavoisier a vu qu'une livre de ce combustible fond 100 -livres de glace, en absorbant une livre 8 onces d'air vital; & comme -l'acide phosphorique concret qui résulte de cette combustion paroît -contenir l'oxigène le plus solide & le plus séparé de calorique, il -en conclut que, dans l'état d'air vital, une livre d'oxigène contient -une quantité de calorique suffisante pour fondre 66 livres 10 onces -5 gros 24 grains de glace à zero. En partant de cette expérience, M. -Lavoisier a trouvé qu'une livre de charbon absorbant 2 livres 9 onces -1 gros 10 grains d'oxigène, & ne faisant fondre que 96 livres 8 onces -de glace, tout le calorique contenu dans cette quantité d'air vital -n'est pas dégagé, puisqu'il se seroit fondu 171 livres 6 onces 5 gros -de glace; la différence de cette quantité de calorique, c'est-à-dire, -une quantité capable de fondre 74 livres 14 onces 5 gros de glace, est -employée à tenir sous forme de gaz 3 livres 9 onces 1 gros 10 grains -d'acide carbonique, produit dans cette opération. La combustion du gaz -hydrogène brûlé dans l'appareil de glace, lui a présenté le résultat -suivant relativement au dégagement du calorique. Une livre de ce gaz -absorbe 5 livres 10 onces 5 gros 24 grains d'air vital en brûlant; -il se dégage dans cette combustion une quantité de calorique capable -de faire fondre 295 livres 9 onces 3 gros & demi de glace; or, comme -cette dose d'air vital auroit donné, si on l'avoit fait servir à la -combustion du phosphore, où l'oxigène paroît être le plus solide -possible, une quantité de calorique suffisante pour fondre 377 livres -12 onces 3 gros de glace, il s'ensuit que la différence de ces deux -quantités de calorique, qui est exprimée par celle de 82 livres 9 onces -7 gros & demi de glace fondue, reste dans l'eau à 0 de température, -& que chaque livre de ce liquide à cette température, contient dans -la portion d'oxigène qui fait un de ses principes, une quantité de -calorique capable de fondre 12 livres 5 onces 2 gros 48 grains de -glace. M. Lavoisier a trouvé, par les mêmes expériences, la quantité de -calorique contenu dans l'oxigène de l'acide nitrique, & celle qui se -dégage dans la combustion de la cire & de l'huile; & si ces recherches -avoient été suivies avec un soin égal sur la quantité de calorique que -chaque métal dégage de l'air vital en absorbant l'oxigène, ou en se -calcinant, cette appréciation seroit, comme le dit M. Lavoisier à la -fin de ce chapitre, d'une grande utilité pour l'explication de beaucoup -de phénomènes chimiques. - -L'Auteur décrit dans le dixieme chapitre la nature générale des -combinaisons des substances combustibles déjà examinées dans les -chapitres précédens, les unes avec les autres. Les alliages des -métaux, les dissolutions du soufre, du phosphore, du charbon dans le -gaz hydrogène, l'union du carbone & de l'hydrogène qui constitue les -huiles en général, sont indiqués successivement. Dans ce chapitre comme -dans tous les précédens, on trouve des vues neuves sur l'union encore -inconnue de plusieurs substances combustibles entr'elles. - -Dans tous les chapitres précédens qui ont pour objet la décomposition -de l'air vital, l'absorption de l'oxigène par les corps combustibles -& les phénomènes de leur combustion & de leurs produits, il n'est -question que des substances combinées, une à une avec l'oxigène. Le -deuxième chapitre présente les combinaisons de ce principe acidifiant -avec plusieurs bases à la fois, conséquemment des oxides & des acides -à plusieurs bases, & de la composition des matieres végétales & -animales. On reconnoît par la lecture de ce chapitre la clarté des -principes de la Chimie moderne, & en même tems la richesse de la nature -dans la variété des composés qu'elle forme avec très-peu d'élémens. -L'analyse la plus exacte prouve que l'hydrogène & le carbone privés -de la plus grande quantité de leur calorique & unis ensemble dans des -proportions différentes, à des quantités diverses d'oxigène constituent -les matieres végétales, M. Lavoisier range ces matieres parmi les -oxides lorsque la quantité d'oxigène est trop peu abondante pour leur -donner le caractère acide, ou parmi les acides lorsque ce principe y -est plus abondant. Le phosphore & l'azote font quelquefois partie de -ces composés; & alors ils se rapprochent des matieres animales. Ainsi -trois ou quatre corps simples unis en différentes proportions & dans -différens états de pression ou de privation de calorique, suffisent -à la Chimie moderne pour rendre raison de la diversité des matieres -végétales, oxides & acides; & en y ajoutant l'azote, le phosphore & -le soufre, les composés plus compliqués qui en résultent, donnent une -idée exacte de la nature des substances animales, oxides ou acides. M. -Lavoisier fait voir qu'on pourroit suivant les regles de la nouvelle -Nomenclature désigner les principales especes des matieres végétales -composées d'hydrogène, de carbone & d'oxigène, soit oxides, soit -acides; mais la nécessité d'associer trop de mots pour désigner ces -composés formeroit un langage barbare, & l'Auteur préfère les noms -des treize acides végétaux & des six acides animaux, adoptés dans la -nouvelle Nomenclature. Il termine ce chapitre par le dénombrement de -ces acides. - -Ces principes aussi clairs que simples sur la composition des -substances végétales & animales, conduisent M. Lavoisier à faire -connoître avec une égale clarté dans le douzieme chapitre, la -décomposition de ces matières par le feu. Des trois principes les -plus abondans qui les constituent, l'hydrogène & l'oxigène tendent -à prendre la forme de gaz par leur combinaison avec le calorique; -le troisième ou le carbone n'a pas la même propriété. Une chaleur -au-dessus de celle où ces principes restent en équilibre, doit donc -détruire cet équilibre. A une température supérieure à celle de l'eau -bouillante, l'oxigène s'unit à l'hydrogène & forme de l'eau qui se -dégage; une partie du carbone unie séparément à l'hydrogène forme de -l'huile; une autre se précipite seule. Une chaleur beaucoup plus forte, -comme celle qu'on nomme chaleur rouge, sépare ces principes dans un -autre ordre, décompose même l'huile formee par la premiere chaleur, & -réduit entièrement les matières végétales à de l'acide carbonique, à -de l'eau & à une partie de charbon isolée. L'azote, le phosphore & le -soufre ajoutés à ces premiers principes, dans les matières animales -compliquent cet effet du feu, & donnent naissance à l'ammoniaque que -ces matieres fournissent dans leur distillation. Tous ces phénomènes ne -tiennent qu'à des changemens de proportions dans l'union des principes -& à leur diverse affinité pour le calorique. - -Des changemens également simples ont lieu dans les fermentations -vineuse, putride & acéteuse, dont M. Lavoisier expose avec soin les -phénomènes dans les chapitres 13, 14 & 15. Ces opérations naturelles -paroissoient autrefois inexplicables aux Chimistes, & il n'y a pas plus -de quinze ans qu'on désespéroit encore d'en apprécier la cause. M. -Lavoisier par des procédés ingénieux est parvenu à prouver que dans la -fermentation vineuse, la matiere sucrée qu'il regarde comme un oxide -& qui est formée suivant ses recherches, de 8 parties d'hydrogène, -28 de carbone, & 64 d'oxigène, sur cent parties de cette matière, -est séparée en deux portions (par le changement & le partage seul de -l'oxigène entre les deux bases oxidables), une grande partie du carbone -prend plus d'oxigène en se séparant de l'hydrogène, & se convertit en -gaz acide carbonique qui se dégage pendant cette fermentation, tandis -que l'hydrogène, privé de l'oxigène & uni à un peu de carbone, & à -l'eau ajoutée, constitue l'alkool. Ainsi la nature change par cette -fermentation des combinaisons ternaires en combinaisons binaires. -Un effet analogue a lieu dans la putréfaction. Les cinq substances -simples & combustibles qui forment les bases oxidables & acidifiables -des matières animales, l'hydrogène, le carbone, l'azote, le soufre & -le phosphore, & qui sont unies en différentes proportions à l'oxigène, -se dégagent peu-à-peu en gaz hydrogène sulfuré, carboné, phosphoré, -en gaz azote, en gaz acide carbonique, & en gaz ammoniaque. La -fermentation acéteuse ne consiste que dans l'absorption de l'oxigène -qui y porte plus de principe acidifiant. Il semble que l'acide -carbonique n'ait besoin que d'hydrogène pour devenir acide acéteux, -puisqu'en effet, ôtez ce dernier principe au vinaigre, il passe à -l'état d'acide carbonique. Quoique cette théorie de la putréfaction -& de l'acétification paroisse presque aussi simple que celle de la -fermentation vineuse, M. Lavoisier convient que la Chimie n'est pas -aussi avancée dans la connoissance de ces deux phénomènes, que dans -celle du premier. - -Dans le seizième chapitre, l'auteur considère la formation des sels -neutres & les bases de ces sels. Les acides dont M. Lavoisier a exposé -la nature dans les premiers chapitres, peuvent se combiner avec quatre -bases terreuses, trois bases alkalines & dix-sept bases métalliques. -Il expose succinctement l'origine, l'extraction & les principales -propriétés de la potasse, de la soude, de l'ammoniaque, de la chaux, -de la magnésie, de la baryte & de l'alumine; ces matières, si l'on -en excepte l'ammoniaque, sont les moins connues de tous les corps -naturels, & quoique, d'après quelques expériences, on pense qu'elles -sont composées, on n'en a point encore séparé les élémens; aussi M. -Lavoisier n'en parle-t-il que très-brièvement. Il termine cet exposé en -annonçant qu'il est possible que les alkalis fixes se forment pendant -la combustion des substances végétales à l'air. L'un de nous a déjà -fait présumer dans plusieurs mémoires & dans ses leçons, que l'azote, -qu'il a considéré comme principe des alkalis ou comme _alkaligène_, -pourroit bien se précipiter de l'atmosphère dans les substances -végétales qu'on brûle dans l'atmosphère. Alors l'air atmosphérique -seroit un réservoir des principes acidifiant & alkalifiant où la nature -puiseroit sans cesse ces principes pour les fixer dans des bases, & -produire les diverses matières salines, acides & alkalines. Mais cette -assertion, loin d'être une vérité démontrée, ne doit être regardée que -comme une hypothèse, jusqu'à ce que les expériences dont on s'occupe en -ce moment dans plusieurs laboratoires, aient permis de prononcer. - -Le chapitre dix-septième & dernier de cette première partie de -l'ouvrage de M. Lavoisier, contient une suite de réflexions sur la -formation des sels neutres, & sur leurs bases qu'il nomme salifiables. -Il y fait voir que les terres & les alkalis s'unissent aux acides sans -éprouver d'altération, & qu'il n'en est pas de même des métaux. Aucun -de ces corps ne peut se combiner avec les acides sans s'oxigéner; ils -enlèvent l'oxigène soit à l'eau dont ils séparent l'hydrogène en gaz, -soit aux acides eux-mêmes dont ils volatilisent une portion de la base -unie à une portion d'oxigène. De ce dégagement naît l'effervescence -qui accompagne la dissolution des métaux dans les acides. On pourroit -peut-être désirer dans ce chapitre des détails plus étendus sur -les dissolutions métalliques; mais M. Lavoisier vouloit mettre une -grande précision dans cette partie de son Ouvrage, & celle qu'il y a -mise en effet, en rend la marche plus rapide sans nuire à la clarté -des principes qui y sont exposés. Ce chapitre est terminé par un -dénombrement des quarante-huit substances simples qui peuvent être -oxidées & acidifiées dans différens états, en y comprenant les dix-sept -substances métalliques, qu'il croit devoir aussi considérer comme des -acides, lorsqu'elles sont portées à un grand degré d'oxigénation. Il -résulte de ce dénombrement que quarante-huit acides qui peuvent être -unis à vingt-quatre bases terreuses, alkalines & métalliques, donnent -1152 sels neutres, dont la nature & les propriétés n'auroient jamais -été connues avec précision si, comme l'observe M. Lavoisier, on avoit -continué à leur donner des noms, ou impropres, ou insignifians, comme -on l'avoit fait à l'époque des premières découvertes de Chimie, & qui -cependant peuvent être placés avec ordre dans la mémoire, à l'aide de -la nouvelle nomenclature. - -Tels sont les faits, tel est l'ordre qui les lie, telles sont les -conséquences qui en découlent naturellement, consignés dans la première -partie de ce Traité élémentaire. Nous les avons fait connoître assez -en détail, pour que la Société pût apprécier l'ensemble du travail de -M. Lavoisier, & le comparer à ce qu'étoit encore la science chimique -il y a vingt ans. On a pu y voir qu'à l'aide des expériences modernes, -les élémens de cette science sont aujourd'hui beaucoup plus faciles à -saisir qu'ils n'étoient autrefois, parce que tout se réduit à concevoir -les effets généraux du calorique, à distinguer les matières simples, -bases de toutes les combinaisons possibles, à considérer leur union -avec l'oxigène; c'est presque sur ces trois faits généraux que sont -fondés les détails contenus dans la première partie. En y ajoutant les -attractions de l'oxigène pour les différens corps, les décompositions -qui résultent des effets de ces attractions, on auroit l'ensemble -complet de ces Elémens. Mais M. Lavoisier a omis cet objet à dessein, & -nous avons exposé ailleurs les raisons qui l'ont déterminé à prendre ce -parti. - - -_Seconde Partie._ - -Après avoir rendu un compte exact de la marche nouvelle que M. -Lavoisier a suivie dans la première partie, qui constitue seule les -élémens de la science, il ne sera pas nécessaire d'entrer dans des -détails aussi étendus pour faire connoître les deux autres parties. - -La seconde est entièrement destinée à présenter dans des tableaux les -combinaisons salines neutres, ou les composés de deux mixtes, car on se -rappellera facilement que les acides sont des mixtes formés de bases -unies à l'oxigène, les oxides métalliques également formés de l'oxigène -uni aux métaux, & enfin les terres & les alkalis vraisemblablement -des composés. Mais pour rendre cette seconde partie plus complette, -M. Lavoisier a mis avant les tableaux des sels neutres, dix tableaux -qui offrent les combinaisons simples dont il a été parlé dans la -première partie, & qui sont destinés à servir de résumé à cette -première partie. On trouve dans ces 10 tableaux, 1º. les substances -simples, ou au moins celles que les Chimistes ne sont pas parvenus -à décomposer, au nombre de 33, savoir la lumière, le calorique, -l'oxigène, l'azote, l'hydrogène, le soufre, le phosphore, le carbone, -le radical muriatique, le radical fluorique, le radical boracique, les -dix-sept substances métalliques, la chaux, la magnésie, la baryte, -l'alumine & la silice; 2º. les bases oxidables & acidifiables, -composées au nombre de 20, qui comprennent le radical nitro-muriatique, -les radicaux des douze acides végétaux, & ceux des sept acides animaux; -3º. les combinaisons de l'oxigène avec les substances simples; 4º. -les combinaisons des vingt radicaux composés, avec l'oxigène; ou les -acides nitro-muriatiques, les douze acides végétaux, & les sept acides -animaux; 5º. les combinaisons binaires de l'azote avec les substances -simples: M. Lavoisier nomme celles de ces combinaisons qui ne sont pas -connues, des _azotures_; 6º. les combinaisons binaires de l'hydrogène -avec les mêmes substances simples: M. Lavoisier désigne par le nom -d'_hydrures_ celles de ces combinaisons qui n'ont point été examinées; -7º. les combinaisons binaires du soufre avec les corps simples; excepté -les acides sulfurique & sulfureux, toutes ces combinaisons sont des -sulfures; 8º. celles du phosphore avec les mêmes corps; tels sont -l'oxide de phosphore, les acides phosphoreux & phosphorique, & les -phosphures; 9º. celles du carbone avec les substances simples, savoir -l'oxide de carbone, l'acide carbonique & les carbures; 10º. enfin -celles de quelques autres radicaux avec les substances simples. A ces -tableaux sont jointes des observations dans lesquelles M. Lavoisier -donne l'explication, & retrace sous de nouveaux points de vue, une -partie des faits consignés dans la première partie. - -Les tableaux des sels neutres sont au nombre de trente-quatre; on -y trouve successivement les nitrites, les nitrates, les sulfates, -les sulfites, les phosphites, les phosphates, les carbonates, les -muriates, les muriates oxigénés, les nitro-muriates, les fluates, les -borates, les arséniates, les molybdates, les tunstates, les tartrites, -les malates, les citrates, les pyrolignites, les pyrotartrites, les -pyromucites, les oxalates, les acétites, les acétates, les succinates, -les benzoates, les camphorates, les gallates, les lactates, les -saccholates, les formiates, les bombiates, les sebates, les lithiates & -les prussiates. Le nombre de chaque classe de ces sels neutres contenus -dans ces tableaux, est presque dans tous de vingt-quatre. M. Lavoisier -a eu soin de disposer ces sels suivant l'ordre connu des affinités -de leurs bases pour les acides. Comme la plupart de ces acides sont -nouvellement découverts, l'Auteur a joint à chaque tableau des -observations sur la manière de préparer ces sels, sur l'époque de leurs -découvertes, sur les Chimistes à qui elles sont dues, & souvent même -sur la comparaison de leur nature & de leurs propriétés. M. Lavoisier -n'a point eu l'intention d'offrir, dans cette seconde partie, une -histoire des sels neutres; il n'a rien dit de la forme, de la saveur, -de la dissolubilité, de la décomposition des sels neutres, ni de la -proportion & de l'adhérence de leurs principes. Ces détails, que l'on -trouve dans les Elémens de Chimie de l'un de nous, n'entroient point -dans le plan de M. Lavoisier; son but étoit de présenter une esquisse -rapide de ces combinaisons, & il est très-bien rempli par les tableaux -& par les courtes notices qui les accompagnent. - - -_Troisième Partie._ - -La troisième partie, qui a pour titre: _Description des appareils & -des opérations manuelles de la Chimie_, montre aussi bien que les deux -premières, combien la science a acquis de moyens, & la différence qui -existe entre les expériences que l'on fait aujourd'hui & celles que -l'on faisoit autrefois. M. Lavoisier a rejetté cette description à la -fin, parce que les détails qu'elle exige, auroient détourné l'attention -& trop occupé l'esprit des Lecteurs, si elle avoit été placée avec la -théorie, & parce que d'ailleurs elle suppose des connoissances qu'on -n'a pu acquérir qu'en lisant les deux premières parties. Quoique M. -Lavoisier l'ait présentée comme une explication des planches qu'on -place ordinairement à la fin d'un ouvrage, nous y avons trouvé une -méthode descriptive très-claire, & des observations intéressantes sur -l'usage des instrumens & sur les phénomènes que présentent les corps -qu'on soumet à leur action. Sans prétendre donner ici un extrait -de cette troisième partie, qui n'en est pas susceptible, nous nous -bornerons à offrir un léger apperçu des principaux objets contenus dans -les huit chapitres qui la composent. - -Le premier traite des instrumens nécessaires pour déterminer le poids -absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & fluides; telles -sont les balances exactes de différentes sensibilités, depuis celles où -l'on pèse 50 à 60 livres, jusqu'à celles qui trébuchent à des 512e. de -grain (M. Lavoisier y propose des poids en fractions décimales de la -livre, au lieu des divisions de la livre en onces, gros & grains); tels -sont encore la balance hydrostatique, les aréomètres, sur-tout celui -dont se sert M. Lavoisier, & qui lui est particulier. - -Dans le chapitre second, sont décrits les instrumens propres à mesurer -les gaz, les cuves pneumato-chimiques à l'eau & au mercure, les -différens récipiens, le ballon à peser les gaz, la machine construite -par les soins de M. Lavoisier, pour mesurer le volume & connoître la -quantité des gaz suivant la pression & la température qu'ils éprouvent. -M. Lavoisier nomme cette ingénieuse machine _gazomètre_. - -Le chapitre III est destiné à la description d'un instrument imaginé -par M. de la Place, pour déterminer la chaleur spécifique des corps -& la quantité de calorique qui se dégage dans les combustions, dans -la respiration des animaux & dans toutes les opérations de la Chimie. -Cette utile machine, dont nous avons déjà indiqué les avantages dans -la première partie, est nommée _calorimètre_ par M. Lavoisier. - -On trouve exposés, dans le quatrième chapitre, les instrumens dont on -se sert dans les simples opérations mécaniques de la Chimie, telles -que la trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la -filtration & la décantation. - -Le cinquième chapitre contient la description des moyens & des -instrumens qu'on emploie pour opérer l'écartement ou le rapprochement -des molécules des corps; tels sont les vases destinés à la solution des -sels, à la lixiviation, à l'évaporation, à la cristallisation, & à la -distillation simple, ou évaporation en vaisseaux clos. - -M. Lavoisier décrit, dans le sixième chapitre, les instrumens qui -servent aux distillations composées & pneumato-chimiques, & sur-tout -les appareils de Woulfe, variés de beaucoup de manières; ceux qu'on -emploie dans les dissolutions métalliques; ceux qu'il a imaginés pour -recueillir les produits des fermentations vineuse & putride, pour la -décomposition de l'eau. Il y joint une histoire des différens luts & de -leurs diverses utilités. - -Les détails contenus dans le septième chapitre, font connoître les -appareils dont ce Physicien s'est servi avec succès pour connoître -avec exactitude les phénomènes qui ont lieu dans la combustion du -phosphore, du charbon, des huiles, de l'alkool, de l'éther, du gaz -hydrogène, & conséquemment dans la recomposition de l'eau, ainsi que -dans l'oxidation des métaux. - -Enfin le huitième & dernier chapitre de l'Ouvrage traite des instrumens -& des procédés propres à exposer les corps à de hautes températures; il -y est question de la fusion, des creusets, des fourneaux, de la théorie -de leur construction, du moyen d'augmenter considérablement l'action du -feu, en substituant à l'air atmosphérique l'air vital ou gaz oxigène. - -Quand ces détails ne seroient que des descriptions simples des machines -auxquelles la Chimie doit toutes ses nouvelles connoissances, ils n'en -seroient pas moins utiles, & on n'en auroit pas moins d'obligation à -M. Lavoisier, pour avoir publié des procédés & des appareils trop peu -connus, même d'une partie de ceux qui professent aujourd'hui la Chimie, -comme l'a dit l'Auteur. Mais ce n'est point seulement une description -sèche & aride que présente cette troisième partie; on y décrit l'usage -des diverses machines, on y fait connoître la manière de s'en servir, -& les phénomènes qu'elles offrent à l'observateur; souvent même des -points particuliers de la théorie générale exposée dans tout l'ouvrage, -portent un jour éclatant sur le résultat des opérations auxquelles -servent ces instrumens. On peut considérer cette troisième partie comme -une histoire des principaux appareils nécessaires aux opérations de la -Chimie moderne, & sans lesquels on ne pourroit plus espérer de faire -faire des progrès à cette science. - -Les planches placées à la fin de l'ouvrage, ont été gravées avec soin -par la personne qui nous a déjà donné la traduction de Kirwan, & qui -sait allier la culture des Lettres à celle des Arts & des Sciences. - -L'ouvrage est terminé par des tables où sont exposées la pesanteur du -pied cube des différens gaz, la pesanteur spécifique d'un grand nombre -de corps naturels, les méthodes pour convertir les fractions vulgaires -en fractions décimales & réciproquement, des moyens de correction -pour la pesanteur des gaz relativement à la hauteur du mercure dans -le baromètre & dans le thermomètre. Ces tables deviennent aujourd'hui -aussi nécessaires aux Chimistes pour obtenir des résultats exacts dans -leurs expériences, que le sont les tables de logarithmes aux Géomètres -& aux Astronomes, pour l'exactitude & la rapidité de leurs calculs. - -Nous pensons que l'Ouvrage de M. Lavoisier mérite l'approbation de la -Société, & d'être imprimé sous son privilége. - - Au Louvre, le 6 Février 1789. - - _Signé_, DE HORNE & DE FOURCROY. - -La Société Royale de Médecine ayant entendu, dans sa séance tenue au -Louvre le 6 du présent mois, la lecture du Rapport ci-dessus, en a -entièrement adopté le contenu. - - Ce que je certifie véritable. Ce 7 Février 1789. - - _Signé_, VICQ D'AZYR, Secrétaire perpétuel. - - - - -_EXTRAIT des Registres de la Société Royale d'Agriculture._ - -Du 5 Février 1789. - - -Nous avons été chargés par la Société Royale d'Agriculture, M. de -Fourcroy & moi, de lui rendre compte d'un Traité élémentaire de Chimie, -par M. Lavoisier. - -Des Savans de l'Europe, l'un de ceux qui a le plus contribué à -l'heureuse révolution que la Chimie pneumatique a éprouvée de nos -jours, c'est, sans contredit, M. Lavoisier. Les Mémoires importans -qu'il a publiés depuis quinze ans, les faits brillans dont on lui -est spécialement redevable, toutes les expériences connues qu'il a -vérifiées avec un zèle infatigable, l'élégance & la précision des -appareils qu'il a imaginés, la théorie nouvelle enfin sur laquelle -il a singulièrement influé, & qu'on peut vraiment regarder comme lui -étant propre, faisoient desirer que M. Lavoisier réduisît ces nombreux -matériaux en un corps d'ouvrage, & sur-tout qu'il en fît un ouvrage -élémentaire: il étoit difficile de mieux remplir ce vœu. - -Ce Traité peut servir à l'étude de la Chimie par la méthode & l'ordre -qui y regnent; quant au Chimiste déjà familiarisé avec la science, il y -trouvera les faits réunis & classés, ainsi que de grandes vues sur le -systême de notre atmosphère, de la végétation, de l'animalisation, &c. -ce qui offre une vaste carrière à ses recherches. - -La Chimie recule de jour en jour ses bornes; elle embrasse maintenant -toutes les sciences physiques, & l'Agriculture est peut-être une -de celles qui aura le plus à s'applaudir des succès de la Chimie; -l'analyse étant le seul moyen de conduire sûrement à la connoissance -des terres, des amendemens & des engrais: enfin la Chimie pneumatique -peut seule expliquer les grands phénomènes de la végétation, la -formation des différens principes des végétaux, l'étiolement des -plantes, &c. c'est elle qui nous a fait connoître cette double émission -d'un gaz homicide & d'un gaz vital. - -Dans le petit nombre d'ouvrages qui ont été récemment publiés sur la -Chimie, tout étant neuf, la nomenclature, les faits, l'application -de la méthode des Géomètres à ces mêmes faits, & la théorie entière, -l'analyse d'un pareil Traité seroit une tâche longue & difficile à -remplir; nous nous bornerons donc à des réflexions sur ce nouvel ordre -de choses, qui, au milieu de beaucoup de prosélites, a encore quelques -détracteurs. - -On peut établir comme vérité qu'il n'y a pas d'art mécanique, le -dernier de tous, dont la nomenclature ne soit moins vicieuse, moins -_insignifiante_, que ne l'étoit celle de l'ancienne Chimie. Pas -un mot dans l'ancienne langue chimique qui n'ait été enfanté par -l'amour du mystère, & quelquefois même par le charlatanisme. Glauber, -Stahl, emportés par le torrent & l'espèce de mode régnante alors, -introduisent, l'un, _son sel admirable_, l'autre, _son double arcane_. -Un mot neuf, mot qui n'a aucune acception, peut en recevoir une, il -n'en est pas de même d'un mot déjà usité. - -Il falloit donc une langue nouvelle pour une nouvelle science, des -mots nouveaux pour de nouveaux produits; enfin, il falloit créer des -expressions pour les phénomènes que créoit journellement la Chimie. Il -importoit sur-tout que cette nomenclature fût raisonnée, que le mot -fixât l'idée, & que, semblable à la langue des Grecs & des Latins, -les augmentatifs, les privatifs, & le changement naître des idées -accessoires & précises, & c'est l'objet que remplissent, par exemple, -les mots _soufre_, _sulfate_, _sulfite_, _sulfure_. Tel est le but -qu'ont rempli les Savans qui se sont réunis pour former cette nouvelle -nomenclature, & le Traité de M. Lavoisier la rend très-intelligible. - -Rien de plus imposant dans l'ouvrage de M. Lavoisier que ce nombre -d'expériences ingénieuses, dont beaucoup lui appartiennent, toutes -présentées avec cette précision mathématique, inconnue avant cette -époque, que Rouelle avoit devinée, & qui, soumettant l'analyse à la -rigueur du calcul, fait le complément de la science, en rendant la -recomposition des corps aussi facile que leur décomposition. - -L'ancienne Chimie parvenoit bien quelquefois à la synthèse: elle -décomposoit & recomposoit l'alun, les vitriols, les sels neutres en -général, elle minéralisoit & révivifioit les métaux; mais l'eau, mais -l'air échappoient à son analyse. Elle les regardoit comme des corps -simples & élémentaires, il étoit réservé à la Chimie pneumatique -de leur faire subir la double loi de la décomposition & de la -recomposition. - -Il nous reste à parler de la théorie, puisque nous sommes restreints -à des généralités. Cette théorie pose sur une grande masse de faits, -qui lui forment un rempart solide où elle paroît inattaquable: elle -ne le seroit pas, sans doute, si elle prétendoit tout expliquer, mais -elle sait s'arrêter quand les faits lui manquent, ou qu'ils sont en -trop petit nombre pour consolider de nouveaux points de doctrine. Tel -est le caractère de sagesse qui la distingue de l'ancienne théorie, -qui expliquoit tout de dix manières différentes, parce qu'au défaut de -routes, il faut se pratiquer des sentiers. Dans la théorie actuelle, -les faits s'enchaînent; chaque proposition est étayée d'expériences -qui se pressent, & on paroît réduit à ne pouvoir pas en tirer d'autres -conséquences que celles que présente cette même théorie. - -Nous pensons donc que cet Ouvrage, dont plusieurs chapitres sont -immédiatement applicables à la Physique de terminaison devinssent -autant de moyen de faire végétale, mérite l'approbation de la Société -Royale d'Agriculture. - - _Signé_, DE FOURCROY & CADET DE VAUX. - -Je certifie cet Extrait conforme à l'original & au jugement de la -Société. - - A Paris, ce 6 Février 1789. - - _Signé_, BROUSSONET, Secrétaire perpétuel. - - - De l'Imprimerie de CHARDON, rue de la Harpe. 1789. - - - - -_Fautes à corriger, & Additions._ - - - _PAGE_ 43, _lignes_ 4 & 9, copeaux _lisez_ coupeaux - - 44, ligne 9, figure 14 _lis._ figure 16 - - 75, ligne 14, dans un ballon e _lis._ dans le ballon _cb_. - - 77, _pén._ mtreux _lis._ nitreux - - 78, ligne 6, à mesure que l'acide passe _ajoutez_ une partie se - condense dans le ballon, l'autre est absorbée par l'eau. - - 94, ligne 21, _ajoutez en note au bas de la page_ - - On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression - _hydrogène_, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit - fils de l'eau, & non pas qui engendre l'eau. Mais - qu'importe, si l'expression est également juste dans les - deux sens? les expériences rapportées dans ce Chapitre, - prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance à - l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à - l'eau en se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire - également que l'eau engendre l'hydrogène, & que - l'hydrogène engendre l'eau. - - 96, _antépénul. Bc lis._ BC - - 118, ligne 22 _& suiv._ gaz hydrogène carbonisé, gaz hydrogène - sulfurisé, gaz hydrogène phosphorisé _lis._ carboné, sulfuré, - phosphoré. _La même faute a pu échapper dans d'autres endroits._ - - 133, _pénul. & dern._ ainsi les végétaux ne contiennent ni - huile, ni eau, ni acide carbonique, _ajoutez la note - suivante au bas de la page_. - - _Nota._ On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits - à l'état de dessication parfaite, & qu'à l'égard de - l'huile, je n'entends pas parler des végétaux qui en - fournissent, soit par expression à froid, soit par une - chaleur qui n'excède pas celle de l'eau bouillante. Il - n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on - obtient par la distillation à feu nud, à un degré de feu - supérieur à l'eau bouillante. C'est cette huile seule que - j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir ce - que j'ai publié à cet égard dans le volume de l'Académie, - année 1786. - - Page 146, lignes 16 & 17, 397 livres 9 onces 29 grains _lis._ - 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains - - 163, ligne 7, dont _lis._ que - - 172, ligne 1, ammoniaque _lis._ ammoniac - - 196, ligne 8, tartarique _lis._ tartareux - - Ibid. ligne 11, pyrolignique _lis._ pyroligneux - - ligne 12, pyromucique _lis._ pyromuqueux - - ligne 13, pyrotartarique _lis._ pyrotartareux - - ligne 15, acétique _lis._ acéteux - - 254, _Supprimez du Tableau_ muriate oxygéné d'ammoniaque, - _attendu que cette combinaison n'existe pas_. - - 294, lignes 14, 15 & 16, _effacez_ & ce même sel saturé de - chaux, oxalate acidule de potasse & de chaux - - 384, ligne 22, d'un robinet _l lis._ d'un robinet _lm_ - - -[Illustrations: Planche I, Planche II, Planche III, Planche IV, Planche V, -Planche VI, Planche VII, Planche VIII, Planche IX, Planche X, Planche XI -Planche XII, Planche XIII. - -_Paulze Lavoisier Sculpsit._] - - - * * * * * - - - Liste des modifications: - - Page 385: «un» remplacé par «une» (lorsqu'on a fait une ou deux fois) - Page 396: «figure» par «figures» (figures 2 & 3) - Page 416: «sons» remplacé par «sous» (qui sont connues sous le nom de - rognures de verre.) - Page 443: «lutte» par «lute» (qu'on lute avec elle) - Page 532: «de puis» par «puis de» (ensuite un peu d'eau, puis de la - potasse dissoute) - Page 541: «évirer» par «éviter» (& pour éviter que ces alternatives) - Page 588: «Résine» par «Résines» (dans la colonne une de la table) - Page 596: «posphoreux» par «phosphoreux» (ACIDE phosphoreux) - Page 600: «excite» par «existe» (Il en existe 24) - Page 606: «réparer» par «séparer» (Moyens de les séparer) - Page 616: «SUBTANCES» par «SUBSTANCES» (SUBSTANCES combustibles.) - Page 648: ajouté «des» (Il y joint une histoire des différens luts) - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 2, by -Antoine de Lavoisier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 2/3 *** - -***** This file should be named 52488-0.txt or 52488-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52488/ - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. 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