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diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes new file mode 100644 index 0000000..d7b82bc --- /dev/null +++ b/.gitattributes @@ -0,0 +1,4 @@ +*.txt text eol=lf +*.htm text eol=lf +*.html text eol=lf +*.md text eol=lf diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt new file mode 100644 index 0000000..6312041 --- /dev/null +++ b/LICENSE.txt @@ -0,0 +1,11 @@ +This eBook, including all associated images, markup, improvements, +metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be +in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES. + +Procedures for determining public domain status are described in +the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org. + +No investigation has been made concerning possible copyrights in +jurisdictions other than the United States. 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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Traité élémentaire de chimie, tome 1 - Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes - modernes; avec Figures - -Author: Antoine de Lavoisier - -Release Date: July 3, 2016 [EBook #52487] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 *** - - - - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - - - - - Au lecteur, - - Ce _Traité élémentaire de chimie_ d'Antoine de Lavoisier se compose - de deux tomes. Une version complète de cette publication accompagne la - publication individuelle de chacun de ces deux tomes. - - La version électronique html restitue le mieux la présentation du - livre papier. - - L'errata de cette édition, placé à la fin du tome 2, a été pris - en compte. - - Veuillez noter que les planches sont présentées à la fin du tome 2. - - Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle de la version - papier en remplaçant les ſ par des s. - - La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections - mineures. - - L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés. - La liste des modifications se trouve à la fin du texte. - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE. - - _TOME PREMIER._ - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE, - - PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU - ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES; - - Avec Figures: - - _Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale - de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la - Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société - Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c._ - - - TOME PREMIER. - - [Illustration] - - _A PARIS_, - - Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente. - - M. DCC. LXXXIX. - - _Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale - de Médecine._ - - - - -DISCOURS -PRÉLIMINAIRE. - - -JE n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner -plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de -l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de -réformer & de perfectionner la Nomenclature de la Chimie. - -C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne -l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été -posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, & dans quelques autres -de ses ouvrages. Il y établit que _nous ne pensons qu'avec le secours -des mots_; que _les langues sont de véritables méthodes analytiques_; -que _l'algèbre la plus simple, la plus exacte & la mieux adaptée à son -objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue & -une méthode analytique_; enfin que _l'art de raisonner se réduit à une -langue bien faite_. Et en effet tandis que je croyois ne m'occuper que -de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de perfectionner -le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé insensiblement -entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en défendre, en un -Traité élémentaire de Chimie. - -L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science & la science -de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est -nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui -constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les -expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le -fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; & comme ce sont les -mots qui conservent les idées & qui les transmettent, il en résulte -qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, -ni la science sans le langage, & que quelque certains que fussent -les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait -naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si -nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre. - -La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le -méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis -vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui -a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois -compte des motifs qui m'y ont déterminé. - -C'est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue -dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances, -que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à -l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos -besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets -propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations, -d'observations & d'analyses, il se forme une génération successive -d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif -peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil & l'enchaînement, -& qui constituent l'ensemble de ce que nous savons. - -Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une -science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état -très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, & la marche que -nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la -formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet -de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de -même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences -physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite -immédiate d'une expérience ou d'une observation. - -Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière -des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant -même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur -les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent, la -nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque -instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience. -La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la -jouissance & le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas -avec de tels maîtres à devenir conséquent, & on raisonne bientôt juste -quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de -souffrance. - -Il n'en est pas de même dans l'étude & dans la pratique des sciences; -les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence, -ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous -rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter -continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre & la confiance en -nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer -des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en sorte -que nous sommes en quelque façon intéressés à nous séduire nous-mêmes. -Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques en général, -on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les suppositions -transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus imposantes par -le poids des autorités qu'elles ont acquises, & qu'elles ayent enfin -été adoptées & regardées comme des vérités fondamentales, même par de -très-bons esprits. - -Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins -à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous -& qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de -l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données -de la nature, & qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité -que dans l'enchaînement naturel des expériences & des observations, -de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution -d'un problême par le simple arrangement des données, & en réduisant le -raisonnement à des opérations si simples, à des jugemens si courts, -qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de guide. - -Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder -jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence -qui ne dérive immédiatement des expériences & des observations, -& d'enchaîner les faits & les vérités chimiques dans l'ordre le -plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit -impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des -routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours -& à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des -connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans -les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter -des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans -s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour -les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions -qui n'ont point été définies, & de supposer la science acquise par -ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on -n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une -année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les -yeux avec les appareils, & qu'il est presqu'impossible de former un -Chimiste en moins de trois ou quatre ans. - -Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme -de l'enseignement, & c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie -une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me -suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me -jettois dans un autre, & qu'il me seroit impossible de les surmonter -toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à -l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de -l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente -des lacunes nombreuses qui interrompent la série des faits, & qui -exigent des raccordemens embarrassans & difficiles. Elle n'a pas, comme -la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette & -dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en -même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent -d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons -espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de -perfection qu'elle est susceptible d'atteindre. - -Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien -conclure au-delà de ce que les expériences présentent, & de ne jamais -suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans -cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être, -de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des -affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M. -Gellert, M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan & beaucoup -d'autres ont déjà rassemblé une multitude de faits particuliers, -qui n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais -les données principales manquent, ou du moins celles que nous avons -ne sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir -la base fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi -importante de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la -Chimie ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie -élémentaire, & je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes -difficultés des Elémens simples & faciles qui seront, à ce que -j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs. - -Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse -compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est -au moment de publier l'article AFFINITÉ de l'Encyclopédie méthodique, & -j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en concurrence avec -lui. - -On ne manquera pas d'être surpris de ne point trouver dans un Traité -élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes & -élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette tendance -que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne soient -composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui nous -vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre -élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les -corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems -avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale & -de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, & l'on formoit des -systêmes; & aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble -que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas -avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces -pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, & qu'elle pesera -sans doute encore sur les générations à venir. - -Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine -des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des -faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les -premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres, -regardoient le soufre & le sel comme des substances élémentaires -qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils -reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre. -Beccher admettoit trois terres, & c'étoit de leur combinaison & de la -différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence -qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce -systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y -faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se -sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit -d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme -telles de très-légères probabilités. - -Tout ce qu'on peut dire sur le nombre & sur la nature des élémens -se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce -sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui -sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est -très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature. -Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous -entendons désigner les molécules simples & indivisibles qui composent -les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si -au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des -corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les -substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont -pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps -que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de -deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces -principes ne se séparent jamais, ou plutôt puisque nous n'avons aucun -moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des -corps simples, & nous ne devons les supposer composés qu'au moment où -l'expérience & l'observation nous en auront fourni la preuve. - -Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement -au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que -nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de -Fourcroy & moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant -que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, & ce sont -elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller -que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances -les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis -de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances -nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées, -ou du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems, -& dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par -une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par -les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées -évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance -qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés -différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de -leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement -du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la -plus générale, la plus caractéristique de la substance; & nous y avons -trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent -difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, & -de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher -une idée. - -A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs -substances simples, nous les avons désignés par des noms composés -comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des -combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés -dans le désordre & dans la confusion, si nous ne nous fussions pas -attachés à former des classes. Le nom de classes & de genres est dans -l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un -grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui -ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus. - -Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser, -seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant, -dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'_arbre_ le premier arbre que -nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle -la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un -quatrième, & voilà le mot d'_arbre_ donné d'abord à un individu, qui -devient pour lui un nom de classe ou de genre, une idée abstraite qui -comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons fait -remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages, que tous -ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les distinguer -par des noms spécifiques & particuliers. Cette logique est celle de -toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie. - -Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre -de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue -l'acidité & qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit -être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à -chaque acide, qui les différencie les uns des autres, & c'est de cette -substance que doit être emprunté le nom spécifique. - -Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le -principe acidifiant & le principe acidifié, peuvent exister dans des -proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre -ou de saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique & -dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide -en faisant varier la terminaison du nom spécifique. - -Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de -l'air & du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids & -prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées, -comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, & d'un -principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les -classer sous un nom générique dérivé du principe commun, & le nom -que nous avons adopté est celui d'_oxide_; nous les avons ensuite -différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal -auquel elles appartiennent. - -Les substances combustibles qui, dans les acides & dans les oxides -métalliques, sont un principe spécifique & particulier, sont -susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand -nombre de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été long-temps -les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après les -expériences de MM. Vandermonde, Monge & Berthollet, que le charbon se -combine avec le fer, & peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il -en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &c. -On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le -phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques. -Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des -noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une -terminaison qui rappelle cette analogie, & nous les avons specifiées -par un autre nom dérivé de leur substance propre. - -La nomenclature des êtres composés de trois substances simples, -présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, & -sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes -constituans, sans employer des noms plus composés. Nous avons eu -à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les -sels neutres, par exemple, 1º. le principe acidifiant qui est commun -à tous; 2º. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre; -3º. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce -particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de -sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de -la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la -base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière. - -Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être -cependant dans des états très-différens, par la seule différence de -leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été -défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, & nous y -sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que -nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels. - -Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît -sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la -combinaison dont il est question; si cette substance combustible est -combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion; dans -quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation -exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès. - -On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes -vues sans blesser quelquefois des usages reçus, & sans adopter des -dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment; -mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux -mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême -général & raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant -nous, tels que ceux de _poudre d'algaroth_, de _sel alembroth_, -de _pompholix_, d'_eau phagédénique_, de _turbith minéral_, de -_colcothar_, & beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins -extraordinaires; il faut une grande habitude & beaucoup de mémoire -pour se rappeller les substances qu'ils expriment, & sur-tout pour -reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms -d'_huile de tartre par défaillance_, d'_huile de vitriol_, de _beurre -d'arsenic & d'antimoine_, de _fleurs de zinc_, &c. sont plus impropres -encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il -n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, & sur-tout dans -le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que -les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens -poisons. - -On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de -Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont -parlée, qu'ils ont illustrée & qu'ils nous ont transmise; mais on a -oublié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité -cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à -M. de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: _ne faites grace à -aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours; -ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt_. - -Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans -l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion -de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans -discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours -rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la -justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie -le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans -un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions -sur l'historique de la science & sur les travaux de ceux qui l'ont -professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé, -& l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour -les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de -l'esprit humain qu'on doit faire dans un traité élémentaire: on ne -doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement -écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un -chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut -laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard. -Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés, -sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes -s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage -dans la première partie que des expériences qui me sont propres. -Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les -expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de -M. de la Place, de M. Monge, & de ceux en général qui ont adopté les -mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de -nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir, -a établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle -il nous est souvent difficile à nous-mêmes de distinguer ce qui nous -appartient plus particulièrement. - -Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé -de suivre dans la marche des preuves & des idées, n'est applicable -qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient -l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai -cherché à donner la forme véritablement élémentaire. - -La seconde partie est principalement formée des tableaux de la -nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications -très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les -plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus: -cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne -présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens -ouvrages. - -Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée -de toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de -ce genre paroissoit desiré depuis long-temps, & je crois qu'il sera -de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, & sur-tout -des expériences modernes, n'est point assez répandue; & peut-être si, -dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse -étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait -plus facilement entendre, & la science auroit-elle fait des progrès -plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a -paru à-peu-près arbitraire, & je me suis seulement attaché à classer -dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui -ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette -troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les -articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience. - -Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement -quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre -avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des temps -très-rapprochés du nôtre[1]. Ces passages qui n'ont point été faits -exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît -juste. - - «Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous - avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition - fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; & - ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par - cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus - en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises - habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans - les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand - les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont - ainsi accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la - faculté de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, de - reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, & de - refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain. - - »Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit. - Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande - netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils - pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié - les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, & - sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences». - -M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V: - - «Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les - Philosophes ont mieux observé, & qu'ils ont mis dans leur langage - la précision & l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs - observations; ils ont corrigé la langue, & l'on a mieux raisonné». - - [1] Partie 2, Chapitre I. - - - - - TABLE - DES CHAPITRES - DU TOME PREMIER. - - - _DISCOURS PRÉLIMINAIRE,_ page v - - - PREMIERE PARTIE. - - _De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; - de la combustion des corps simples & de la formation des acides._ - - CHAP. I. _Des combinaisons du calorique & de la - formation des fluides élastiques aériformes,_ 1 - - CHAP. II. _Vues générales sur la formation & la - constitution de l'atmosphère de la terre,_ 28 - - CHAP. III. _Analyse de l'air de l'atmosphère: - sa résolution en deux fluides élastiques, l'un - respirable, l'autre non respirable,_ 33 - - CHAP. IV. _Nomenclature des différentes parties - constitutives de l'air de l'atmosphère,_ 51 - - CHAP. V. _De la décomposition du gaz oxigène par le - soufre, le phosphore & le charbon, & de la formation - des acides en général,_ 57 - - CHAP. VI. _De la nomenclature des Acides en général, & - particulièrement de ceux tirés du salpêtre & du sel - marin,_ 70 - - CHAP. VII. _De la décomposition du Gaz oxygène par les - métaux, & de la formation des Oxides métalliques,_ 82 - - CHAP. VIII. _Du principe radical de l'Eau, & de sa - décomposition par le charbon & par le fer,_ 87 - - CHAP. IX. _De la quantité de Calorique qui se dégage - des différentes espèces de combustion,_ 103 - - _Combustion du Phosphore,_ 107 - - _Combustion du Charbon,_ 108 - - _Combustion du Gaz hydrogène,_ 109 - - _Formation de l'Acide nitrique,_ ibid. - - _Combustion de la Bougie,_ 112 - - _Combustion de l'Huile d'olive,_ 113 - - CHAP. X. _De la combinaison des Substances combustibles - les unes avec les autres,_ 116 - - CHAP. XI. _Considérations sur les Oxides & les Acides - à plusieurs bases, & sur la composition des matières - végétales & animales,_ 123 - - CHAP. XII. _De la décomposition des matières végétales - & animales par l'action du feu,_ 132 - - CHAP. XIII. _De la décomposition des Oxides végétaux - par la fermentation vineuse,_ 139 - - CHAP. XIV. _De la fermentation putride,_ 153 - - CHAP. XV. _De la fermentation acéteuse,_ 159 - - CHAP. XVI. _De la formation des Sels neutres, & des - différentes bases qui entrent dans leur composition,_ 162 - - _De la Potasse,_ 164 - - _De la Soude,_ 169 - - _De l'Ammoniaque,_ 170 - - _De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de - l'Alumine,_ 172 - - _Des Substances métalliques,_ 173 - - CHAP. XVII. _Suite des réflexions sur les bases - salifiables, & sur la formation des Sels neutres,_ 176 - - - SECONDE PARTIE. - - _De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la - Formation des Sels neutres._ - - _AVERTISSEMENT,_ 189 - - _TABLEAU des Substances simples,_ 192 - - _Observations,_ 193 - - _Tableau des Radicaux ou bases oxidables & - acidifiables, composés, qui entrent dans les - combinaisons à la manière des substances simples,_ 196 - - _Observations,_ 197 - - _Observations sur les combinaisons de la lumière - & du calorique avec différentes substances,_ 200 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène avec - les substances métalliques & non métalliques oxidables - & acidifiables,_ 203 - - _Observations,_ ibid. - - _Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les - radicaux composés,_ 208 - - _Observations,_ 209 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'Azote avec les - substances simples,_ 212 - - _Observations,_ 213 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec - les substances simples,_ 216 - - _Observations,_ 217 - - _Tableau des combinaisons binaires du Soufre non - oxygéné avec les substances simples,_ 220 - - _Observations,_ 221 - - _Tableau des combinaisons binaires du Phosphore non - oxygéné avec les substances simples,_ 222 - - _Observations,_ 223 - - _Tableau des combinaisons binaires du Charbon non - oxygéné avec les substances simples,_ 226 - - _Observations,_ 227 - - _Observations sur les radicaux muriatique, fluorique & - boracique, & sur leurs combinaisons,_ 229 - - _Observations sur la combinaison des métaux les uns - avec les autres,_ 230 - - _Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical - nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la - combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, avec - les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,_ 231 - - _Tableau des combinaisons de l'Azote complettement - saturé d'oxigène, & porté à l'état d'acide nitrique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 232 - - _Observations,_ 233 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique ou - Soufre oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide, par la voie humide,_ 238 - - _Observations,_ 240 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,_ 243 - - _Observations,_ 244 - - _Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu un - premier degré d'oxygénation, & qui a été porté à - l'état d'Acide phosphoreux, avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 246 - - _Tableau des combinaisons du Phosphore saturé - d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les substances - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 247 - - _Observations,_ - 248 - _Tableau des combinaisons du Radical carbonique - oxygéné, ou Acide carbonique avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 250 - - _Observations,_ 251 - - _Tableau des combinaisons du Radical muriatique - oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 253 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné - avec les différentes bases salifiables avec lesquelles - il est susceptible de s'unir,_ 254 - - _Observations,_ 255 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique - avec les bases salifiables, rangées par ordre - alphabétique, attendu que les affinités de cet acide - ne sont point assez connues,_ 258 - - _Observations,_ 259 - - _Tableau des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, - ou Acide fluorique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 261 - - _Observations,_ 262 - - _Tableau des combinaisons du Radical boracique oxigéné, - avec les différentes bases salifiables auxquelles - il est susceptible de s'unir dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 264 - - _Observations,_ 265 - - _Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou - Acide arsenique avec les bases salifiables dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 268 - - _Observations,_ 269 - - _Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou - Acide molybdique avec les bases salifiables, par ordre - alphabétique,_ 272 - - _Observations,_ 273 - - _Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou - Acide tungstique avec les bases salifiables,_ 274 - - _Observations,_ 275 - - _Tableau des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, - ou Acide tartareux avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 277 - - _Observations,_ 278 - - _Tableau des combinaisons du Radical malique oxygéné, - ou Acide malique avec les bases salifiables par ordre - alphabétique,_ 281 - - _Observations,_ 282 - - _Tableau des combinaisons du Radical citrique oxygéné, - ou Acide citrique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 284 - - _Observations,_ 285 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux - oxygéné, ou Acide pyro-ligneux avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 286 - - _Observations,_ 287 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux - oxygéné, ou Acide pyro-tartareux avec les différentes - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,_ 288 - - _Observations,_ 289 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux - oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 290 - - _Observations,_ 291 - - _Tableau des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, - ou Acide oxalique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 292 - - _Observations,_ 293 - - _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, - par un premier degré d'oxigénation avec les bases - salifiables, suivant l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 295 - - _Observations,_ 295 - - _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné - par un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 298 - - _Observations,_ 299 - - _Tableau des combinaisons du Radical succinique - oxygéné, ou Acide succinique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 300 - - _Observations,_ 301 - - _Tableau des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, - ou Acide benzoïque, avec les différentes bases - salifiables, rangées par ordre alphabétique,_ 302 - - _Observations,_ 303 - - _Tableau des combinaisons du Radical camphorique - oxygéné, ou Acide camphorique, avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,_ 304 - - _Observations,_ 305 - - Tableau des combinaisons du Radical gallique - oxygéné, ou Acide gallique, avec - les bases salifiables rangées par ordre alphabétique, 306 - - _Observations,_ 307 - - _Tableau des combinaisons du Radical lactique oxygéné, - ou Acide lactique, avec les bases salifiables, par - ordre alphabétique,_ 308 - - _Observations,_ 309 - - _Tableau des combinaisons du Radical saccholactique - oxygéné, ou Acide saccholactique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 310 - - _Observations,_ 311 - - _Tableau des combinaisons du Radical formique oxygéné, - ou Acide formique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 312 - - _Observations,_ 313 - - _Tableau des combinaisons du Radical bombique oxygéné, - ou Acide bombique, avec les substances salifiables, - par ordre alphabétique,_ 314 - - _Observations,_ 315 - - _Tableau des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, - ou Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 316 - - _Observations,_ 317 - - _Tableau des combinaisons du Radical lithique oxygéné, - ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées - par ordre alphabétique,_ 318 - - _Observations,_ 319 - - _Tableau des combinaisons du Radical prussique oxygéné, - ou Acide prussique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 320 - - _Observations,_ 322 - - - - -[Illustration] - - -TRAITÉ -ÉLÉMENTAIRE -DE CHIMIE. - - - - -PREMIERE PARTIE. - -_De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; de -la combustion des corps simples & de la formation des acides._ - - - - -CHAPITRE PREMIER. - -_Des combinaisons du calorique & de la formation des fluides -élastiques aériformes._ - - -C'EST un phénomène constant dans la nature & dont la généralité a -été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps -quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous -les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la -généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires, -ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères -qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, & -à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on -s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi -générale & constante de la Nature. - -Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, & en -avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse -refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans -la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le -corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus; -& si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant -l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord. -Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de -froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement -que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en -résulte que nous n'avons pas encore pu parvenir à rapprocher le plus -qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, & que par conséquent -les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature; conclusion -très-singulière & à laquelle cependant il est impossible de se refuser. - -On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement -sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles -n'auroient aucune liaison entr'elles, & qu'il n'y auroit aucun corps -solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à -les réunir, & pour ainsi dire à les enchaîner; & cette force, quelle -qu'en soit la cause, a été nommée attraction. - -Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant -à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles -elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces, -l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si -au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement -écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors -de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence -qu'elles avoient entr'elles & le corps cesse d'être un solide. - -L'eau nous présente continuellement un exemple de ces phénomènes: -au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état -solide, & elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses -molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque, -& elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80 -degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la -chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, & elle se transforme -en un fluide aériforme. - -On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou -solides, ou liquides, ou dans l'état élastique & aériforme, suivant le -rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules & la -force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le -degré de chaleur auquel ils sont exposés. - -Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont -l'effet d'une substance réelle & matérielle, d'un fluide très-subtil -qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps & qui les -écarte: & en supposant même que l'existence de ce fluide fût une -hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière -très-heureuse les phénomènes de la Nature. - -Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur; -ou en d'autres termes la sensation que nous appellons chaleur, étant -l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un -langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même -dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet. C'est ce qui -m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (_Recueil -de l'Académie, page_ 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné -& de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons -fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy & moi, -sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces -périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant, -moins précis, moins clair, & qui souvent même ne comportent pas des -idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause -de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le -nom de _calorique_. Indépendamment de ce que cette expression remplit -notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un -autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions; -puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de -supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme -on le sentira mieux par la lecture de ce qui va suivre, que ce soit -une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière, -& on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite & -mathématique. - -La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique -est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible -de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a -de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de -n'admettre que des faits, & où l'on évite autant qu'il est possible de -rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement -désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens. -Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en -conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités -qui leur sont communes, & que dans quelques circonstances ils se -combinent à peu près de la même manière, & produisent une partie des -mêmes effets. - -Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée -qu'on doit attacher au mot de _calorique_. Mais il me reste une tâche -plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la -manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière -subtile pénètre à travers les pores de toutes les substances que nous -connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels elle ne -s'échappe, & qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la contenir -sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par des effets -qui, la plupart, sont fugitifs & difficiles à saisir. C'est sur les -choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout important -de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui tend -toujours à s'élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à se -renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent. - -Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide, -ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit -pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que -la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses -molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle. - -Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient -liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, & ils passeroient -brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme. -Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être -glace, commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide -aériforme, & ses molécules s'écarteroient indéfiniment dans l'espace: -s'il n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de -l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est par cette raison -que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du -thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet -intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la -pression de l'atmosphère. - -On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas -de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au -moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur -qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties & -les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous -n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet, -au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force -répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment, -sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre -pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère. - -De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent -pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle se -trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente par l'expérience -qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en 1777. (_Voyez_ -Mém. page 426.) - -On remplit d'éther sulfurique[2] un petit vase de verre étroit, A, -_planche VII, fig. 17_, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir -plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de -hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit -autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien -serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus -la première, & on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être -tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la -liqueur & la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une -machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir, -traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe -ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre -GH. - - [2] Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on nomme - _éther_, & j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de dire - dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable - très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau, - & même que l'esprit-de-vin. - -Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient; -puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie. -Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité, -il se vaporise & se transforme en un fluide élastique aériforme, qui -occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable -pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes -dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible -de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou -dix pouces environ pendant l'hiver, & à vingt & vingt-cinq pendant -les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus -complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient -l'éther, & on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout -le tems que dure la vaporisation. - -On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le -poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface -de l'éther, & les effets qui en résultent prouvent évidemment deux -choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous -vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme, -si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde, -que ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné -d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la -vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de -liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine -avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme. - -La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels -que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau & le mercure même; avec cette -différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous -le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine -pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, & à -quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes, -& le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de -fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère -avec l'éther; moins encore avec l'eau, & sur-tout avec le mercure: par -conséquent moins de calorique employé & moins de refroidissement; ce -qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences. - -Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente -que l'état aériforme est une modification des corps & qu'elle dépend -du degré de température & de pression qu'ils éprouvent. - -Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous -avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que -lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure, -c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit -en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc, -qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu -qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que -l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose -que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état -liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en -tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés -& au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir -dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver -à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, & à l'eau au-dessus de 80, -c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences -suivantes[3]. - - [3] Mém. Académ. 1780, page 335. - -J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand -vase ABCD, _planche VII, figure 15_; je le suppose transparent pour -mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore -tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans -s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui -s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles -eussent leur gouleau en en-bas, & appliqué contre le fond du vase. - -Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique -dans un très-petit matras, dont le col _abc_ étoit doublement recourbé; -j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, & j'ai engagé, comme on -le voit représenté dans la _figure 15_, l'extrêmité de son col _abc_, -dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé -à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition; -& le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un -fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs -bouteilles F, G. - -Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature & les propriétés de ce -fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper sur des -connoissances que je ne dois pas supposer au lecteur, j'observerai, -en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment, que l'éther, -d'après cette expérience, est tout près de ne pouvoir exister dans -la planette que nous habitons que dans l'état aériforme; que si la -pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne de 20 ou 24 -pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir l'éther dans -l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation de l'éther -seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu élevées, & -qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé, à moins qu'on -n'employât des ballons très-forts pour le condenser & qu'on ne joignît -le refroidissement à la pression. Enfin, que le degré de la chaleur du -sang étant à peu près celui où l'éther passe de l'état liquide à l'état -aériforme, il doit se vaporiser dans les premières voies, & qu'il est -très-vraisemblable que les propriétés de ce médicament tiennent à cet -effet, pour ainsi dire, mécanique. - -Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce -qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique. -A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir -dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que -ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à 67 degrés du -thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue -presque bouillante, & qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger -les mains. - -Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce -fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un -degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique -convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place -& moi, devoir la confirmer par une expérience directe, & en voici le -résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, _planche -VII, figure 5_, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, & nous -avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure. -Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui -ont gagné le haut CD de la jarre, & qui se sont rangés au-dessus de -la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande -chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière -étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit -85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels -est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs -degrés à celui de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau, placés -dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint la -température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition, -& au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD, -ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute -entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau, -& la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par -conséquent fort pesante, & si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à -la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain -d'eau salée, l'eau se condensoit & le mercure remontoit; mais elle -reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit -été replongé. - -Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en -fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans -lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres, -tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque, -l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &c. qui demeurent -constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur & de -pression de l'atmosphère. - -Tous ces faits particuliers, dont il me seroit facile de multiplier -les exemples, m'autorisent à faire un principe général de ce que j'ai -déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la Nature sont -susceptibles d'exister dans trois états différens; dans l'état de -solidité, dans l'état de liquidité, & dans l'état aériforme, & que ces -trois états d'un même corps dépendent de la quantité de calorique qui -lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides aériformes sous -le nom générique de _gaz_; & je dirai en conséquence que, dans toute -espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui fait en quelque -façon l'office de dissolvant, & la substance qui est combinée avec lui -& qui forme sa base. - -C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que -nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le -Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques -phénomènes qui accompagnent l'échauffement & le refroidissement des -corps, & que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution -de notre atmosphère. - -Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient -dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher -& à les réunir, & les efforts du calorique qui tend à les écarter. -Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, -mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent -entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se -figure un vase rempli de petites balles de plomb & dans lequel on verse -une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit -que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles -que les balles laissent entr'elles & les remplira. Les balles, dans -cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au -calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles -se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, & -qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des -autres par l'effort du calorique. - -Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres, -des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque & d'une -égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne -seroit plus la même & l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande -quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps -de la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles -ne sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité dépend de la -figure de ces molécules, de leur grosseur, & de la distance les unes -des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui -existe entre leur force d'attraction, & la force répulsive qu'exerce le -calorique. - -C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: _capacité des -corps pour contenir la matière de la chaleur_; expression fort juste, -introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des -notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau & -quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille & pénètre les -corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans -les choses abstraites de comparaisons sensibles. - -Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en -volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu -dans leurs pores; ils se gonfleront & augmenteront de poids: mais -chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau -différente; les plus légers & les plus poreux en logeront davantage; -ceux qui seront compactes & serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une -très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront -dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de -l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront avec l'eau, & les -bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront -très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois -ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même -connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront -absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient -avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité -absolue qu'ils en contiendront en en sortant. - -Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont -plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un -fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande -élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du -calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres, -quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, & -l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens -très-notables dans les résultats. - -Les choses amenées à ce point de clarté & de simplicité, il me sera -aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à -ces expressions; _calorique libre, & calorique combiné, quantité -spécifique de calorique_ contenue dans les différens corps, _capacité -pour contenir le calorique, chaleur latente, chaleur sensible_, -toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui, d'après ce -que je viens d'exposer, ont un sens strict & déterminé. C'est ce sens -que je vais chercher encore à fixer par quelques définitions. - -_Le calorique libre_ est celui qui n'est engagé dans aucune -combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec -lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous -n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue. - -_Le calorique combiné_ est celui qui est enchaîné dans les corps par la -force d'affinité ou d'attraction, & qui constitue une partie de leur -substance, même de leur solidité. - -On entend par cette expression _calorique spécifique_ des corps, la -quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même -nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids. -Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des -corps, de leur adhérence plus ou moins grande; & c'est cette distance, -ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà -observé, _capacité pour contenir le calorique_. - -_La chaleur_, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la -_chaleur sensible_, n'est que l'effet produit sur nos organes par le -passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En général -nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque, & -l'on pourroit poser comme un axiome, _point de mouvement, point de -sensation_. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment -du froid & du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique -qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre -main dans le corps que nous touchons, & nous éprouvons la sensation du -froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud; -le calorique passe du corps à notre main, & nous avons la sensation de -la chaleur. Si le corps & la main sont du même degré de température, -ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de -chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport -de calorique, & qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un -mouvement qui l'occasionne. - -Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique -libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui est -au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse, & de -la capacité qu'il a lui-même pour contenir le calorique. Le changement -qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un déplacement de -calorique, qu'un changement arrivé à un systême de corps dont il fait -partie; il n'indique tout au plus que la portion de calorique qu'il -a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale qui a été dégagée, -déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple & le plus exact pour -remplir ce dernier objet est celui imaginé par M. de la Place, & qui -est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année 1780, page 364. On -en trouve aussi une explication sommaire à la fin de cet Ouvrage. -Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où se dégage le -calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la quantité de glace -fondue est une expression exacte de la quantité de calorique qui s'est -dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous avons fait construire -d'après cette idée, connoître, non pas comme on l'a prétendu, la -capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, mais le rapport -des augmentations ou diminutions que reçoivent ces capacités, par des -nombres déterminés de degrés du thermomètre. Il est facile, avec le -même appareil, & par diverses combinaisons d'expériences, de connoître -la quantité de calorique nécessaire pour convertir les corps solides -en liquides & ceux-ci en fluides aériformes, & réciproquement, ce que -les fluides élastiques abandonnent de calorique quand ils redeviennent -liquides, & ceux-ci quand ils redeviennent solides. On pourra donc -parvenir un jour, lorsque les expériences auront été assez multipliées, -à déterminer le rapport de calorique qui constitue chaque espèce de -gaz. Je rendrai compte, dans un Chapitre particulier, des principaux -résultats que nous avons obtenus en ce genre. - -Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de -l'élasticité des gaz & des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile -d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui paroît -être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus simple -que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant avec un -autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut convenir -que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on ne fait -par-là que reculer la difficulté, & qu'il reste toujours à expliquer -ce que c'est que l'élasticité, & pourquoi le calorique est élastique. -En considérant l'élasticité dans un sens abstrait, elle n'est autre -chose que la propriété qu'ont les molécules d'un corps de s'éloigner -les unes des autres, lorsqu'on les a forcées de s'approcher. Cette -tendance qu'ont les molécules du calorique à s'écarter, a lieu même à -de fort grandes distances. On en sera convaincu si l'on considère que -l'air est susceptible d'un grand degré de compression; ce qui suppose -que ses molécules sont déjà très-éloignées les unes des autres: car -la possibilité de se rapprocher, suppose une distance au moins égale -à la quantité du rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont -déjà très-éloignées entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage: -en effet, si on fait le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient, -les dernières portions d'air qui y restent se répandent uniformément -dans toute la capacité du vase, quelque grand qu'il soit, elles le -remplissent en entier & pressent contre ses parois: or cet effet ne -peut s'expliquer qu'en supposant que les molécules font un effort -en tout sens pour s'écarter, & l'on ne connoît point la distance à -laquelle ce phénomène s'arrête. - -Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides -élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que -si cette répulsion avoit lieu, & on auroit quelque droit d'en conclure -que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette -force de répulsion une fois admise, les explications relatives à la -formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples: -mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des -molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à -concevoir. - -Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules -du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules -des corps, & qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force -d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose -d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de -l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, & -l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en -se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle -n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau -entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à -les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire -que des forces attractives qui agissent dans ce cas, & ces forces sont, -1º. la pesanteur de l'eau & l'action qu'elle exerce en tout sens, comme -tous les fluides; 2º. la force attractive des molécules de l'eau les -unes à l'égard des autres; 3º. la force attractive des molécules de -l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des molécules de -l'eau & de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir que c'est de -l'intensité & du rapport de toutes ces forces, que dépend l'explication -du phénomène. Il est probable que l'écartement des molécules des corps -par le calorique, tient de même à une combinaison de différentes -forces attractives, & c'est le résultat de ces forces que nous -cherchons à exprimer d'une manière plus concise & plus conforme à -l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous disons que le -calorique communique une force répulsive aux molécules des corps. - - - - -CHAPITRE II. - -_Vues générales sur la formation & la constitution de l'atmosphère de -la terre._ - - -LES considérations que je viens de présenter sur la formation des -fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur -la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les -atmosphères des planètes, & notamment celle de la terre. On conçoit -que cette dernière doit être le résultat & le mélange 1º. de toutes -les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans -l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, & à -une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces de -hauteur; 2º. de toutes les substances fluides ou concrètes susceptibles -de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz. - -Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle -on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui -arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la -température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple, que -la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région beaucoup -plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par exemple, -où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à celle de -l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles de -se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, & le mercure -lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides -aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces -nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, & -il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons -nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant -satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz, -arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit -pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en -effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la -pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une -pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les -fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une -chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement -plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même & tous les liquides, -peuvent éprouver dans la machine de Papin, une chaleur capable de -les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère arriveroit à -un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas été vaporisée -jusqu'alors, cesseroit de bouillir, & resteroit dans l'état de -liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme dans toute -autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit limitée & -ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter ces -réflexions beaucoup plus loin, & examiner ce qui arriveroit aux -pierres, aux sels, & à la plus grande partie des substances fusibles -qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles -entreroient en fusion & formeroient des fluides; mais ces dernières -considérations sortent de mon objet, & je me hâte d'y rentrer. - -Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée -dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves -& nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que nous -connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers -très-durs, d'abord diaphanes, homogènes & blancs comme le cristal -de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de -différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement -colorées. - -L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances -aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans -l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant; -elles reviendroient donc à l'état de liquidité, & il en résulteroit de -nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée. - -Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1º. que -_solidité_, _liquidité_, _élasticité_, sont trois états différens de -la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles -presque toutes les substances peuvent successivement passer, & qui -dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées, -c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées; -2º. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement en -vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé de -tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs & -d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur & de pression -que nous éprouvons; 3º. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible -qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement -compactes, des métaux même, & qu'une substance métallique, par exemple, -qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas. - -On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme -l'eau & l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les -uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire, -comme le mercure, l'eau & l'huile, ne peuvent contracter que des -adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils -ont été mêlangés, & se rangent en raison de leur gravité spécifique. -La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il -est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine & -qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement -miscibles à l'air de l'atmosphère & qui s'en séparent; si ces gaz sont -plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, & y -former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes -qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe -ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable, -& que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent -les phénomènes de l'aurore boréale & des autres météores ignés. -Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire -particulier. - - - - -CHAPITRE III. - -_Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides -élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable._ - - -TELLE est donc _à priori_ la constitution de notre atmosphère; elle -doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de -demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température & de -pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à -peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande -hauteur à laquelle on soit encore parvenu, & dont la densité décroît en -raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit, -il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de -plusieurs autres de fluides très-différens. - -Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre & quelle est -la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure -que nous habitons; & c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La -Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; & les détails dans -lesquels je vais entrer feront connoître que l'air de l'atmosphère est -peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont l'analyse -est la plus exactement & la plus rigoureusement faite. - -La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la -nature des parties constituantes d'un corps, la composition & la -décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau -& de l'esprit-de-vin ou alkool, & que par le résultat de ce mêlange -on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le -commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé -d'alkool & d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie -de décomposition, & en général on ne doit être pleinement satisfait en -Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves. - -On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut -le décomposer & le recomposer; & je me bornerai à rapporter ici les -expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il -n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce -que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous -un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère. - -J'ai pris, _planche II, figure 14_, un matras A de 36 pouces cubiques -environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, & avoit six à -sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le -voit représenté, _planche IV, figure 2_, de manière qu'il pût être -placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit -s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai -introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en -suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé -le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec -une bande de papier collé, & j'ai observé exactement le baromètre & le -thermomètre. - -Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN, -& je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de -manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le -faire bouillir. - -Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour: -le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation -continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes, -d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, & qui, -lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient -d'elles-mêmes au fond du vase, & se réunissoient au reste du mercure. -Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure -de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont -augmenté en nombre & en volume, après quoi elles ont cessé de grossir -& sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours -voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès, -j'ai éteint le feu & j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume -de l'air contenu tant dans le matras que dans son col & sous la -partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces & à 10 -degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques -environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression & -à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y -avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ. -D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui -s'étoient formées, & les ayant séparées autant qu'il étoit possible du -mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de -45 grains. - -J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure -en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule & même -expérience, de conserver l'air dans lequel on a opéré, & les molécules -rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera souvent de -confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou trois -expériences de même genre. - -L'air qui restoit après cette opération & qui avoit été réduit aux -cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit -plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on -y introduisoit y périssoient en peu d'instans, & les lumières s'y -éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau. - -D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit -formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite -cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir -les produits liquides & aériformes qui pourroient se séparer: ayant -allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la -matière rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité. -Lorsqu'ensuite la cornue a approché de l'incandescence, la matière -rouge a commencé à perdre peu à peu de son volume, & en quelques -minutes elle a entièrement disparu; en même temps il s'est condensé -dans le petit récipient 41 grains 1/2 de mercure coulant, & il a passé -sous la cloche 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup -plus propre que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion & la -respiration des animaux. - -Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un -pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un -éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement -comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme & une sorte de -décrépitation, à la manière du phosphore, & avec une vivacité de -lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons -découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele & moi, a été -nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal. -Je lui avois d'abord donné le nom d'_air éminemment respirable_: -depuis, on y a substitué celui d'_air vital_. Nous verrons bientôt ce -qu'on doit penser de ces dénominations. - -En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit que -le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre & respirable de -l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de cette -partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce de -mofète, incapable d'entretenir la combustion & la respiration: l'air -de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de nature -différente & pour ainsi dire opposée. - -Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux -fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les -42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, & les 8 pouces -cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à -celui de l'atmosphère, & qui est propre à peu près au même degré, à la -combustion, à la calcination des métaux, & à la respiration des animaux. - -Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir -séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans -la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées -exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure -pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas -assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles qui -s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence des deux -fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère & la force d'affinité qui -unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence la calcination -du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle peut l'être, -dans une quantité d'air déterminée, il reste encore un peu d'air -respirable combiné avec la mofète, & le mercure ne peut en séparer -cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la proportion -d'air respirable & d'air non respirable qui entre dans la composition -de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au moins dans -les climats que nous habitons: je discuterai en même temps les causes -d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette proportion. - -Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure, -puisqu'il y a fixation & combinaison de la base de la partie respirable -avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment -exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique & de lumière; & -l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais deux -causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience dont je -viens de rendre compte. La première, parce que la calcination durant -pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur & de lumière, réparti -sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible pour -chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération se -faisant dans un fourneau & à l'aide du feu, la chaleur occasionnée par -la calcination se confond avec celle du fourneau. Je pourrois ajouter -que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se combinant -avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique qui lui étoit -uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle combinaison; mais -cette discussion & les preuves que je serois obligé de rapporter, ne -seroient pas à leur place ici. - -Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur -& de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition -de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec -la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le -monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la -combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, _planche -IV, figure 17_, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités -B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG. -On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau -d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air -dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume -l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer -BC dans la bouteille, & on la bouche comme on le voit dans la figure -que je viens de citer. - -Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence -à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation -au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles, -lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis -qui deviennent noirs en se refroidissant, & qui conservent un reste -de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant & plus -fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement -en poudre & est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne -l'étoit avant sa combustion. - -M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit -à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de -la répéter avec des circonstances différentes & dans un appareil plus -propre à répondre à mes vues. - -J'ai rempli une cloche A, _planche IV, fig. 3_, de six pintes environ -de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment -respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat, -cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après -quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du -mercure, tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. Je me -suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine D, plate -& évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer tournés -en spirale, & que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru la plus -favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les parties. -A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit morceau -d'amadoue, & j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit à peine -un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche en -soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette manière -de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec l'air de -la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on opère -avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience. - -Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une -partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son -intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on -passe par-dessous, & pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on -tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art -pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se -contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une -très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi -tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on -élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le -mercure jusqu'à 6 à 7 pouces. - -Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un -fer recourbé MN, _planche IV, figure 16_, destiné à ces sortes -d'expériences; on le passe par-dessous la cloche & avant qu'il ait eu -le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore -contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore -s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, & celle-ci la -communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le -fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche, -brillante, & semblable à celle qu'on observe dans les étoiles -d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette -combustion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de grosseur -différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, & dont -quelques-uns sont lancés au dehors & nagent sur la surface du mercure. - -Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation -dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée par la -chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la dilatation; -le mercure remonte dans la cloche, & lorsque la quantité de fer est -suffisante, & que l'air avec lequel on opère est bien pur, on parvient -à l'absorber presqu'en entier. - -Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences -de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de -fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience & absorber presque -tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de -la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroidissement -subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre: -le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès -qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait -jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces -inconvéniens & être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère -brûler plus d'un gros & demi de fer sous une cloche de huit pintes de -capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de -mercure qu'elle est destinée à contenir. - -Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience, -le poids que le fer acquiert, & les changemens arrivés à l'air. Si -c'est l'augmentation de poids du fer & son rapport avec l'absorption -de l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin -de marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la -hauteur du mercure avant & après l'expérience; on passe ensuite sous -la cloche le siphon GH, _planche IV, figure 3_, garni d'un papier qui -empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité -G, & on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure -est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache -de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble -soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés & qui nagent -sur le mercure, & on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que -les anciens Chimistes ont nommé _éthiops martial_; il a une sorte de -brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, & se réduit -en poudre sous le marteau & sous le pilon. Lorsque l'opération a bien -réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops. -On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35 -livres par quintal. - -Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite, -l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à -celle dont le fer est augmenté. Si donc on a brûlé 100 grains de fer -& que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35 -grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70 -pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans -la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet, -assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube. - -Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences -de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le -volume de l'air au commencement & à la fin de l'expérience à celui -qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, & à une pression de 28 -pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces -corrections, à la fin de cet Ouvrage. - -Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se -propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu -différente. On commence alors, après que la combustion est faite & -que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer & la capsule -qui le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le -mercure: ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse -ou alkali caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou -telle autre substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action -qu'elles exercent sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces -moyens d'analyse de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de -ces différentes substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans -ce moment. On finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau -qu'il est nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe -dessous un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on -la transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où -l'on opère plus en grand & avec plus de facilité. - -Lorsqu'on a employé du fer très-doux & très-pur, & que la portion -respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit -exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après -la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion; -mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de -matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de -même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air -parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion -de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en -rien le résultat de l'expérience, & elle se retrouve à la fin en même -quantité qu'au commencement. - -J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature -des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de -décomposition & par voie de composition. La calcination du mercure nous -a fourni l'exemple de l'une & de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à -la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue -pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais -on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant -de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra -dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de -l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint -les lumières, qui est nuisible pour les animaux, & qui est en tout -semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à -73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment -respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination, -on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de -l'atmosphère & qui en a toutes les propriétés. - -Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de -l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer -ici sans emprunter des notions, qui, dans l'ordre des connoissances, -appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que -j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; & dans ces -sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur -nombre. - -Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de -l'atmosphère & qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que -nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau -qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant -les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides -élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre -davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour -en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides -élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des -phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont -souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs. - - - - -CHAPITRE IV. - -_Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de -l'atmosphère._ - - -JUSQU'ICI j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner -la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère, -& j'ai adopté provisoirement ces expressions, _partie respirable, -partie non respirable de l'air_. Les détails dans lesquels je vais -entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir -cherché à donner des idées simples des différentes substances qui -entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime -également par des mots simples. - -La température de la planette que nous habitons se trouvant -très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide, -& réciproquement, & ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux, -il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les -climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau -devenue solide par l'absence du calorique. - -Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur -par une plus grande addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait une -étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré un peu -supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en un fluide -élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être reçu & -contenu dans des vaisseaux, & qui conserve sa forme gazeuse tant qu'il -éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à une pression -égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce phénomène ayant -échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau dans cet état -par un nom particulier; & il en est de même de tous les fluides, & en -général, de toutes les substances qui ne sont point susceptibles de se -vaporiser au degré habituel de température & de pression dans lequel -nous vivons. - -Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart -des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que -ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le -calorique; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide -ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des -Physiciens. - -Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus -& consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons donc -attaché au mot d'_eau_ & de _glace_, leur signification vulgaire; nous -avons de même exprimé par le mot d'_air_ la collection des fluides -élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes -pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes -nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous -étions en droit de les rejetter & de leur en substituer d'autres -moins propres à induire en erreur; & lors même que nous nous sommes -déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les -modifier & d'y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonscrites. - -C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, & -nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses -que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout -à n'admettre que des mots courts, & autant qu'il étoit possible, qui -fussent susceptibles de former des adjectifs & des verbes. - -D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer, -le nom de _gaz_ employé par Vanhelmont, & nous avons rangé sous cette -dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes, -en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. Le -mot _gaz_ est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier -degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique; -c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit -ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, & nous y sommes parvenus en -empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc -gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, & dans l'état de fluide -élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera -le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le -gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz -ammoniaque, & ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet -article quand il sera question de nommer les différentes bases. - -On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux -fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir -la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent & les corps -combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument -opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir -la combustion, &c. Nous avons donné à la base de la portion respirable -de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς, -_acide_, & γεινομαι, _j'engendre_, parce qu'en effet une des propriétés -les plus générales de cette base est de former des acides, en se -combinant avec la plupart des substances. Nous appellerons donc gaz -oxygène la réunion de cette base avec le calorique: sa pesanteur dans -cet état est assez exactement d'un demi-grain poids de marc, par pouce -cube, ou d'une once & demie par pied cube, le tout à 10 degrés de -température, & à 28 pouces du baromètre. - -Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de -l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes -contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz -de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc -nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζοη, _vie_, ainsi la -partie non respirable de l'air sera le gaz azotique. Sa pesanteur est -d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de 0,4444 grain le pouce -cube. - -Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose -d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce -n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons -d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été -possible de le rencontrer: nous avions été tentés d'abord de le -nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences -de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre -dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre -côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes -constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre -également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été -tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû -rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, & nous n'avons -pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'_azote_ & de gaz -azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de -priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz. - -J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens, -si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces -de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous, -mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que -nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance -simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement -de ce premier mot. - - - - -CHAPITRE V. - -_De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore & le -charbon, & de la formation des acides en général._ - - -UN des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire -des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible & -d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les -effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire -l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point -une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait -une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif -dans les calcinations & les combustions: mais, comme il les rallentit, -& comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans -quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause -d'incertitude. - -J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte, -le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou -gaz oxigène pur, & j'avertirai seulement des différences qu'elles -présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de -gaz azotique. - -J'ai pris une cloche de cristal A, _planche IV, figure 3_, de cinq à -six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau, -après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une -capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la -surface du mercure & j'y ai introduit 61 grains 1/4 de phosphore de -Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, semblables -à celle qu'on voit en D, _figure 3_, sous la cloche A; & pour pouvoir -allumer chacune de ces deux portions séparément, & que l'inflammation -ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des -deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé, -j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec -un siphon de verre GHI, même _figure_, qu'on introduit par-dessous la -cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure, -on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec -un fer recourbé rougi au feu, représenté _figure 16_, j'ai allumé -successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle -qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre. - -La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme -brillante & un dégagement considérable de chaleur & de lumière. Il y a -eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène, -occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus -de son niveau, & il y a eu une absorption considérable: en même temps -tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers, -qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret. - -La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites, -au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est -trouvée à la fin seulement de 23 pouces 1/4: la quantité de gaz oxygène -absorbée avoit donc été de 138 pouces 3/4 ou de 69,375 grains. - -La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les -capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, & -séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains 1/4: ce qui réduit -à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu -près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux -grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion. - -Ainsi dans cette opération, 45 grains de phosphore se sont combinés -avec 69,375 grains d'oxygène; & comme rien de pesant ne passe à travers -le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la substance -quelconque qui a résulté de cette combinaison & qui s'étoit rassemblée -en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de l'oxygène & -de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains. On verra bientôt -que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide concret. En -réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut employer 154 -liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, & qu'il en résulte -254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret. - -Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré -de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec -le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène, -qu'il s'empare de sa base, & qu'alors le calorique, qui devient libre, -s'échappe & se dissipe en se répartissant dans les corps environnans. - -Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas -encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai -employé & que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier -le poids des flocons blancs ou de l'acide concret qui s'est formé; on -ne peut le conclure que par voie de calcul & en le supposant égal à la -somme du poids de l'oxygène & du phosphore: or quelqu'évidente que fût -cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique & en Chimie, de -supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai -donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, & avec -un appareil différent. - -J'ai pris un grand ballon de verre A, _planche IV, figure 4_, dont -l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se -recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit -percée de deux trous pour le passage des tuyaux _yyy_, _xxx_. - -Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support -BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains -de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de -cristal sur l'ouverture du matras, & j'ai lutté avec du lut gras, -que j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & de -blanc d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet -appareil au bras d'une balance, & j'en ai déterminé le poids à un grain -ou un grain & demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau _xxx_, à une -petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un -robinet adapté au tuyau _yyy_, j'ai introduit du gaz oxygène dans le -ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de -facilité & sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine -hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier -& moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, & dont -on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage; -qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis -des additions & des corrections importantes, connoître d'une manière -rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, & -celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération. - -Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec -un verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée -d'une grande flamme & de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle -s'opéroit, il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui -s'attachoient sur les parois intérieures du vase, & qui bientôt l'ont -obscurci entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que -quoiqu'il rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû -entretenir la combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant -laissé refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par -m'assurer de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, & par -peser le ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché & pesé la -petite quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, & qui -étoit de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale -de phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de -ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1º. le -poids du phosphore brûlé; 2º. celui des flocons blancs obtenus par la -combustion; 3º. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le -phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats -que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en -brûlant, absorboit un peu plus d'une fois & demie son poids d'oxygène, -& j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle -substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé & -de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de -prévoir _à priori_. - -Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur, -le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui -prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore qui puisse altérer la -pureté de l'air, & qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base, -c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni. - -J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque -dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit -sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la -combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé. -On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun -à l'Académie, M. de la Place & moi, année 1780, page 355. Ayant soumis -la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une -livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace. - -La combustion du phosphore réussit également dans l'air de -l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1º. que la -combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par -la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz -oxygène: 2º. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement -absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz -oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de -l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu. - -Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans -le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière -blanche floconneuse très-légère, & il acquiert des propriétés toutes -nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient -soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une -étonnante rapidité, & il se résout en une liqueur beaucoup plus dense -que l'eau, & d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans -l'état de phosphore, & avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun -goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre -& piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle -des substances incombustibles, & il devient ce qu'on appelle un acide. - -Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par -l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une -propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique, -on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les -opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen -de simplifier l'étude des Sciences, & il seroit impossible d'en retenir -tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons -donc _oxygénation_ la conversion du phosphore en un acide, & en -général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène. - -Nous adopterons également l'expression d'_oxygéner_, & je dirai en -conséquence qu'en _oxygénant_ le phosphore, on le convertit en un acide. - -Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la -propriété de décomposer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique. -On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables -à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois -avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le -soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient -avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la -combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même -brûle avec beaucoup de difficulté, & qu'il est susceptible de se -dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après -mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que -l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre; -que son poids est égal à la somme du poids du soufre, & de l'oxygène -qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible, -susceptible de se combiner avec l'eau en toutes proportions: il ne -reste d'incertitude que sur la quantité de soufre & d'oxygène qui -constituent cet acide. - -Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une -substance combustible simple, a également la propriété de décomposer -le gaz oxygène & d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui -résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression -& de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état -de gaz, & il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet -acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais -dans un degré plus foible, & il s'unit comme eux à toutes les bases -susceptibles de former des sels neutres. - -On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous -une cloche de verre A, _planche IV, figure 3_, remplie de gaz oxygène, -& renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud & -même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le -charbon, un petit fragment d'amadoue & un petit atome de phosphore. On -allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se -communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon. - -On trouve le détail de cette expérience, Mémoires de l'Académie, -année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en -poids, pour en saturer 28 de charbon, & que l'acide aériforme qui -est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du -charbon & de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme -a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont -découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui -de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié & gâté par la -combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance -aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides, -par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe -ne lui convient point. - -Ayant essayé, M. de la Place & moi, de brûler du charbon dans -l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous -avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv. -6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se -combinent avec le charbon dans cette opération, & il se forme 3 liv. 9 -onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le pouce -cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de gaz -acide qui se forme par la combustion d'une livre de charbon. - -Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, & faire -voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides -s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche -que je me suis engagé à suivre & qui consiste à ne procéder que du -connu à l'inconnu, & à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés -dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche -d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je -viens de citer, suffisent pour donner une idée claire & précise de -la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un -principe commun à tous, & que c'est lui qui constitue leur acidité; -qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la -substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base -acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, & le -principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène. - - - - -CHAPITRE VI. - -_De la nomenclature des Acides en général, & particulièrement de ceux -tirés du salpêtre & du sel marin._ - - -RIEN n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre -précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot -acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans -le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de -son radical. Nous nommerons donc _acides_ en général, le résultat de la -combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre & du charbon. -Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le -second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans -toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du -nom de la base la désignation spécifique de chaque acide. - -Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des -corps combustibles, & en général, d'une partie des corps qui se -transforment en acides, c'est qu'ils sont susceptibles de différens -degrés de saturation; & les acides qui en résultent, quoique formés -de la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort -différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide -phosphorique, & sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des -exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce -premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, & -qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion -d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, & qui -donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier. -Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver -en défaut, & il paroissoit difficile de tirer du nom de la base -acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution -& sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion, -& plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles -ressources, & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les -variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons. -L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom -d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, & nous avons -donné celui de sulfurique à l'acide du soufre complettement saturé -d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage, -que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux -degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est -pénétrant & volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est -inodore & fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour -tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous -aurons donc également un acide phosphoreux & un acide phosphorique, un -acide acéteux & un acide acétique, & ainsi des autres. - -Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, & -la nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant, -si, lors de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical -ou sa base acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été -découvert que postérieurement à la découverte du phosphore, & le nom -qui lui a été donné a été dérivé en conséquence de celui de la base -acidifiable dont il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été -découvert avant la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été -découvert, on ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle -il appartenoit, alors on a donné à l'acide & à la base des noms qui -n'avoient aucun rapport entr'eux, & non-seulement on a surchargé la -mémoire de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit -des commençans & même des Chimistes consommés, des idées fausses que le -tems seul & la réflexion peuvent effacer. - -Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer -qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; & on l'a -nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance -dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que -celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion. - -Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement -le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de -la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de -dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne transmet des -idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de -modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti -le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, & celui d'air -fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible -de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit -inconnue. Nous nous sommes trouvés alors forcés de prendre une marche -inverse; & au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la -base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination -de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire -du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide, -de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se -fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une -odeur très-pénétrante, & en faisant légèrement chauffer, on dégage -tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré -de température & de pression dans lequel nous vivons, il faut des -précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode -& le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite -cornue G, _planche V, fig. 5_, dans laquelle on introduit du sel marin -bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, & aussi-tôt -on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de -verre A, _même figure_, qu'on a préalablement remplies de mercure. A -mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre & gagne le -haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on -chauffe légèrement & on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe plus -rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, & cette dernière -en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant -une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un -instant l'acide se combine avec elle & disparoît en entier. On profite -de cette circonstance dans les laboratoires & dans les arts, pour -obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à -cet effet de l'appareil représenté _planche IV, figure première_. Il -consiste 1º. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, & dans -laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2º. dans -le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se -dégage; 3º. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''', -qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz -acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus -amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage. - -Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide -qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit -formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec -l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue _base muriatique, -radical muriatique_, en empruntant ce nom, à l'exemple de M. -Bergman & de M. de Morveau, du mot latin _muria_, donné anciennement -au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement -la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette -dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous -forme gazeuse au degré de chaleur & de pression que nous éprouvons, -qui se combine avec l'eau en très-grande quantité & avec beaucoup de -facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à -l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer. - -Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque -substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination & lui -donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été -découverte. - -L'acide muriatique présente au surplus une circonstance -très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre & comme plusieurs -autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès -d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit -dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le -soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité -avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl sous le nom -d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide -sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides -plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans -l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur & qui -s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide -muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus -pénétrante, moins miscible à l'eau, & diminue ses qualités acides. Nous -avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation, -comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les -terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène -acide _muriateux_, & le plus saturé acide _muriatique_; mais nous avons -cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, & dont on ne -connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous -nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné. - -Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme -nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux -connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous -le nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par -des procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide -muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on -le chasse de la base à laquelle il est uni, & l'on se sert de même -à cet effet de l'appareil représenté _planche IV, fig. 1_. A mesure -que l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre -est absorbée par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord -verte, puis bleue, & enfin jaune, suivant le degré de concentration de -l'acide. Il se dégage pendant cette opération une grande quantité de -gaz oxygène mêlé d'un peu de gaz azotique. - -L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les -autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, & c'est même le premier -dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux -principes qui le constituent tiennent peu ensemble, & on les sépare -aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait -plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue -l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est -parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans -sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est donc -véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un véritable -acide azotique. On voit donc que pour être d'accord avec nous-mêmes -& avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou l'autre de -ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés cependant -par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de changer le -nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les arts, dans -la société & dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un autre côté, -devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce que cette -substance est également la base de l'alkali volatil ou ammoniaque, -comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc de désigner -sous le nom d'azote la base de la partie non respirable de l'air -atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique & le radical -ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux & de -nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un -grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes -dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement -nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions -reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous -embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera -insensiblement le souvenir: & c'est ainsi que nous nous sommes trouvés -exposés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis opposés. - -L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand -nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé, -c'est-à-dire, de la proportion d'azote & d'oxygène qui entre dans -sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue -un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de -gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène & -d'une d'azote, & dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut -beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste -au contraire une grande affinité pour ce principe, & il l'attire avec -une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt -qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air -de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour -déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, & pour juger -de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz -nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, & -qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la -proportion de l'oxygène & de l'azote est au-dessous de trois parties -contre une, l'acide est rouge & fumant: dans cet état nous le nommons -acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en dégager -du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote donnent -un acide blanc & sans couleur, plus fixe au feu que le précédent, qui -a moins d'odeur, & dont les deux principes constitutifs sont plus -solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les principes -exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique. - -Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène; -l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui -est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote -qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des -acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide. - - - - -CHAPITRE VII. - -_De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, & de la formation -des Oxides métalliques._ - - -LORSQUE les substances métalliques sont échauffées à un certain degré -de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le -calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en -excepte l'or, l'argent & le platine, ont la propriété de décomposer le -gaz oxygène, de s'emparer de sa base & d'en dégager le calorique. On a -déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par -le mercure & par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être -regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire -étoit très-rapide & accompagnée d'une flamme brillante. S'il est -nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations, -c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, & -diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose, -l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres. - -Les substances métalliques pendant leur calcination augmentent de -poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems -elles perdent leur éclat métallique & se réduisent en une poudre -terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés -comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action -sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur -lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit -donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à -celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en -raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur -l'autre, & cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi -les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air & dans le gaz -oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre, -le phosphore & le charbon: il se forme des substances intermédiaires -qui commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas -encore acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le -nom de chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore -à toute substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu -sans se fondre. Ils ont fait en conséquence du mot _chaux_ un nom -générique, & ils ont confondu sous ce nom, & la pierre calcaire, qui -d'un sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au -feu en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, & les métaux -qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la -quantité excède quelquefois moitié de leur poids, & qui les rapproche -de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer -sous un même nom des substances si différentes, & sur-tout de conserver -aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses. -Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, & -nous y avons substitué celui d'_oxides_, du grec οξυς. - -On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est -fécond & expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les -oxides; un second degré constitue les acides terminés en _eux_, -comme l'acide nitr_eux_, l'acide sulfur_eux_; un troisième degré -constitue les acides en _ique_, tels que l'acide nitr_ique_, l'acide -sulfur_ique_; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré -d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'_oxygéné_, comme -nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné. - -Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'_oxides_ -la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune -difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré -d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer -acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc _oxide -de soufre_, le soufre devenu mou par un commencement de combustion; -nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le -phosphore quand il a brûlé. - -Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré -d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal -& le règne animal auront leurs oxides, & je ferai voir dans la -suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les -opérations de l'art & de la nature. - -Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer, -presque tous des couleurs qui leur sont propres, & ces couleurs varient -non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré -d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés -d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal -oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide -rouge de fer, oxide jaune de fer; & ces expressions répondront à celles -d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre. - -Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide -rouge de plomb; & ces expressions désigneront la cendre de plomb, le -massicot & le minium. - -Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand -on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par -la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins -elles seront toujours justes & feront naître l'idée précise de l'objet -qui y correspond. - -Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible. - - - - -CHAPITRE VIII. - -_Du principe radical de l'Eau, & de sa décomposition par le charbon & -par le fer._ - - -JUSQU'A ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance -simple, & les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier -du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour -eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins -puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement -sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va -voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point -ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, & qui même -est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de -l'Académie des Sciences, année 1781. - -Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la -décomposition & de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on -voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives. - - -EXPÉRIENCE PREMIÈRE. - -_Préparation._ - -On prend un tube de verre EF, _planche VII, fig. 11_, de 8 à 12 lignes -de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant -une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce -tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau -distillée bien connue, & à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS' -qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à -l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé -KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil -propre à en déterminer la qualité & la quantité. - -Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que -le tube EF soit de verre vert bien cuit & d'une fusion difficile; on -l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec -des poteries de grès réduites en poudre; & dans la crainte qu'il ne -fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec -une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine -sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en -procurer qui ne soient pas poreux, & presque toujours on y découvre -quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs. - -Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau -EFCD, & on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF, -sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau -VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A. - -_Effet._ - -A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle -remplit l'intérieur du tube EF, & elle en chasse l'air commun qui -s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le -refroidissement dans le serpentin SS', & il tombe de l'eau goutte à -goutte dans le flacon tubulé H. - -En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A -soit évaporée, & en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve -dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui -étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz; -en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation -ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau -n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube -intermédiaire EF. - - -EXPÉRIENCE SECONDE. - -_Preparation._ - -On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette -différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit -grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, & qui -préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans -des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente, -bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale. - -_Effet._ - -L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans -la précédente; elle se condense dans le serpentin, & coule goutte à -goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité -considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, & qu'on recueille -dans un appareil convenable. - -L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques -atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement -disparu. - -Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser -ensemble 113 grains 7/10[4]; ils sont de deux espèces, savoir 144 -pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, & 380 -pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains 7/10, & -qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact -de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le -flacon, on la trouve diminuée de 85 grains 7/10. - - [4] On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le détail des - procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces de gaz & - pour les peser. - -Ainsi dans cette expérience, 85 grains 7/10 d'eau, plus 28 grains de -charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains 7/10 -d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer. - -Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide -carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon; -donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé -à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains 7/10 d'eau sont composés -de 72 grains d'oxygène & de 13 grains 7/10 d'un gaz susceptible de -s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait -été dégagé du charbon, & qu'il est conséquemment un produit de l'eau. - -J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui -n'auroient servi qu'à la compliquer & à jetter de l'obscurité dans -les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un -peu de charbon, & cette circonstance en augmente le poids & diminue -au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte -dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir -les rétablir par calcul, & présenter l'expérience dans toute sa -simplicité, & comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus, -s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je -tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres -expériences que je vais rapporter à l'appui. - - -TROISIÈME EXPÉRIENCE. - -_Préparation._ - -On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec -cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met -dans le tube EF, _planche VII, fig. 11_, 274 grains de petites lames -de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme -dans les expériences précédentes; on allume du feu sous la cornue A, -& on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce -qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans -le tube EF, & qu'elle se soit condensée dans le flacon H. - -_Effet._ - -Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience, -mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de -l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, & son -volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité -d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on -trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de -fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que -lorsqu'on les y a introduits; & leur volume se trouve considérablement -augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout -sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état -d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz -oxygène. - -_Réflexions._ - -Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du -fer par l'eau; oxidation toute semblable à celle qui s'opère dans -l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85 -d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide -noir, & il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier: -donc l'eau est composée d'oxygène & de la base d'un gaz inflammable, -dans la proportion de 85 parties contre 15. - -Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, & -qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un -autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, & auquel -nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a -paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe -générateur de l'eau, de υδορ _eau_, & de γεινομαι _j'engendre_. Nous -appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce principe avec le -calorique, & le mot d'hydrogène seul exprimera la base de ce même gaz, -le radical de l'eau[A]. - - [A] Ajout dans l'errata du tome 2: - - On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression _hydrogène_, - parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, & non pas - qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est également - juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans ce - Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance - à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en - se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau - engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau. - -Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui -a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique & pour -décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même -une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé -dans une combinaison, il est toujours dans l'état aériforme ou de -gaz au degré habituel de pression & de température dans lequel nous -vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que -l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est -susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir -à la respiration des animaux. - -La propriété de brûler & de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour -tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air -& d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler -qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit -une bouteille de ce gaz & qu'on l'allume, il brûle paisiblement au -gouleau de la bouteille & ensuite dans son intérieur, à mesure que -l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive & lente, -elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz -s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs -avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une -bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, & ensuite deux de -gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel qu'une -bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux gaz se -fait d'une manière instantanée & avec une forte explosion. On ne doit -faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert très-forte -qui n'excède pas une pinte de capacité & qu'on enveloppe même d'un -linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par la rupture -de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à de grandes -distances. - -Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est -exact & vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai -cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène -combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux -principes, on doit refaire de l'eau, & c'est ce qui arrive en effet, -comme on va en juger par l'expérience suivante. - - -QUATRIÈME EXPÉRIENCE. - -_Recomposition de l'eau._ - -_Préparation._ - -On prend un ballon A de cristal, _planche IV, fig. 5_, à large -ouverture, & dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique -une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent -quatre tuyaux. Le premier H_h_ est destiné à s'adapter par son -extrêmité _h_ à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on -peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau _gg_ communique -par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, & est destiné -à l'amener dans le ballon. Un troisième _d_D_d'_ communique par son -extrêmité _d_NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité _d'_ de -ce tuyau se termine par une ouverture très-petite & à travers laquelle -une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite -ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; & -pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une -pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée -d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué, -à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel -est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle -électrique de L en _d'_ pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz -hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de -pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité _d'_ de l'ajutoir D_d'_. Les -trois tuyaux _d_D_d'_, _gg_, H_h_ sont chacun garnis de leur robinet. - -Pour que le gaz hydrogène & le gaz oxygène arrivent bien secs par les -tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, & qu'ils soient -dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait passer à -travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on remplit -d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité de -l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le -muriate ou le nitrate de chaux. _Voyez_ quelle est la composition de -ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être -en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, & que -le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les -morceaux. - -On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz -oxygène bien pur; & pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide -carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse -dissoute dans de l'eau, & qu'on a dépouillée de son acide carbonique -par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens -d'obtenir cet alkali. - -On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le -plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la -décomposition de l'eau par du fer bien ductile & bien pur. - -Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on adapte la pompe -pneumatique au tuyau H_h_, & on fait le vuide dans le grand ballon A: -on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence -le gaz oxygène par le tuyau _gg_, puis on oblige par un certain degré -de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau -_d_D_d'_, dont l'extrémité _d'_ se termine en pointe. Enfin on allume -ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi -de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la -combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai -employés pour cette expérience, & j'ai expliqué comment on parvient à -mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude. -_Voyez_ la troisième partie de cet Ouvrage. - -_Effet._ - -A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les -parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau -augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent & se -rassemblent dans le fond du vase. - -En pesant le matras avant & après l'opération, il est facile de -connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans -cette expérience une double vérification; d'une part le poids des -gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, & ces deux quantités -doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous -avons reconnu, M. Meusnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids -d'oxygène, & 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer -100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a -été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y -avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, & nous avons lieu -de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus. - -Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition, -on peut regarder comme constant & aussi bien prouvé qu'on puisse le -faire en Chimie & en Physique, que l'eau n'est point une substance -simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène & -l'hydrogène, & que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont -tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que -sous forme de gaz, au degré de température & de pression dans lequel -nous vivons. - -Ce phénomène de la décomposition & de la recomposition de l'eau s'opère -continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère & par -l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition que sont -dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un certain point, -les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la putréfaction, & -même de la végétation. Il est bien extraordinaire qu'elle ait échappé -jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens & des Chimistes, & on doit -en conclure que dans les sciences comme dans la morale il est difficile -de vaincre les préjugés dont on a été originairement imbu, & de suivre -une autre route que celle dans laquelle on est accoutumé de marcher. - -Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante -que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru -cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre -de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin ou -alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se dégage -pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces[5]. Or une matière -quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà de la -totalité de son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une autre substance -à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait voir que cette -autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène. L'esprit-de-vin -contient donc un des principes de l'eau, l'_hydrogène_; & c'est l'air -de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'_oxygène_: nouvelle preuve que -l'eau est une substance composée. - - [5] Voyez la description de cet appareil dans la troisième partie de - cet Ouvrage. - - - - -CHAPITRE IX. - -_De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de -combustion._ - - -NOUS avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère -de glace creuse, & en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro -du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la -sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des -quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi, -la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre -d'expériences. _Voyez_ Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780, -page 355. _Voyez_ aussi la 3e partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de -déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de -trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore, -le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent. - -Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace. - -Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces. - -Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3 -gros & demi. - -La substance qui se forme par le résultat de la combustion du -phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu -de calorique dans cet acide, & que par conséquent cette combustion -fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de -calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer -que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de -calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la -combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, & -par conséquent de peu d'importance. - -J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit -1 livre 8 onces d'oxygène; & puisqu'il y a en même tems 100 livres de -glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans -une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10 -onces 5 gros 24 grains de glace. - -Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de -glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains -de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion -du phosphore, 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène, devroient -abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces 5 gros -de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité de -calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14 onc. -5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme le -phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au -contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité -de calorique pour le porter à cet état, & c'est cette quantité qui se -trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le -nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion -d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique -nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à -l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace. - -On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène & -sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en -brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, & fait fondre 295 -livres 9 onces 3 gros & demi de glace. - - liv. onc. gros. - - Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de - gaz oxygène, en passant de l'état - aériforme à l'état solide, perdroient, - d'après les résultats obtenus dans la - combustion du phosphore, assez de - calorique pour faire fondre une quantité - de glace égale à 377 12 3 - - Il ne s'en dégage dans la combustion - du gaz hydrogène, que 295 2 3 - ------------------ - Il en reste donc dans l'eau qui se forme, - lors même qu'elle est ramenée à zéro - du thermomètre, 82 9 7 1/2 - -Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la -combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans -chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique -égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de -glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il -est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous -n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans -l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, & que l'oxygène -en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette -combinaison. - -De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent. - - -_Combustion du Phosphore._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de phosphore brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène nécessaire pour - la combustion, 1 8 » » - --------------------- - - Quantité d'acide phosphorique obtenu, 2 8 » » - --------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de phosphore, exprimé par la quantité - de livres de glace qu'il peut fondre, 100,00000 - - Quantité de calorique dégagé de chaque livre de - gaz oxygène dans la combustion du phosphore, 66,66667 - - Quantité de calorique qui se dégage dans la - formation d'une livre d'acide phosphorique, 40,00000 - - Quantité de calorique resté dans chaque livre - d'acide phosphorique, 0,00000 - -On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion -de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité -(comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite, -& on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer. - - -_Combustion du Charbon._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de charbon brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène - absorbé pendant la combustion, 2 9 1 10 - ---------------------- - - Quantité d'acide carbonique formé, 3 9 1 10 - ---------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de charbon, exprimé par la - quantité de livres de glace qu'il peut fondre, 96,50000 - - Quantité de calorique dégagé de chaque livre de - gaz oxygène, 37,52823 - - Quantité de calorique qui se dégage dans la - formation d'une livre de gaz acide carbonique, 27,02024 - - Quantité de calorique que conserve une livre d'oxygène - dans cette combustion, 29,13844 - - Quantité de calorique nécessaire pour porter une livre - d'acide carbonique à l'état de gaz, 20,97960 - - -_Combustion du Gaz hydrogène._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de gaz hydrogène brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène employé - pour la combustion, 5 10 5 24 - ---------------------- - Quantité d'eau formée, 6 10 5 24 - ---------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de gaz hydrogène, 295,58950 - - Quantité de calorique dégagé par chaque livre de - gaz oxygène, 52,16280 - - Quantité de calorique qui se dégage pendant la - formation d'une livre d'eau, 44,33840 - - Quantité de calorique que conserve une livre - d'oxygène dans sa combustion avec l'hydrogène, 14,50386 - - Quantité de calorique que conserve une livre d'eau - à zéro, 12,32823 - - -_De la Formation de l'Acide nitrique._ - -Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former -de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite; -mais elle est beaucoup moindre que celle qui a lieu dans les autres -combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence -nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique, -retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans -l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la -quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, & -on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la -combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en -opérant la combinaison du gaz nitreux & du gaz oxygène dans un appareil -environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans -cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité, -qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans -& compliqués; & c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place -& moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des -calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité. - -Nous avons fait détonner, M. de la Place & moi, dans un appareil à -glace une proportion convenable de salpêtre & de charbon, & nous avons -observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12 -livres de glace. - -Mais une livre de salpêtre, comme on le verra dans la suite, contient: - - onc. gros grains. - Potasse 7 6 51,84 = 4515,84. - Acide sec 8 1 20,16 = 4700,16. - -Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de - - onc. gros grains. - Oxygène 6 3 66,34 = 3738,34. - Mofète 1 5 25,82 = 961,82. - - On a donc réellement brûlé dans cette opération - 2 gros 1 grain 1/3 de charbon, à l'aide de - 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros 66,34 grains - d'oxygène; & puisque la quantité de glace fondue - dans cette combustion a été de 12 livres, il en - résulte qu'une livre de gaz oxygène brûlé de la - même manière, fondroit 29,58320 - - A quoi ajoutant pour la quantité de calorique - que conserve une livre d'oxygène dans sa combinaison - avec le charbon, pour constituer l'acide carbonique - dans l'état de gaz, & qui est, comme on l'a vu - plus haut, de 29,13844 - -------- - - On a pour la quantité totale de calorique que - contient une livre d'oxygène, lorsqu'il est combiné - dans l'acide nitrique, 58,72164 - - On a vu par le résultat de la combustion du - phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il - en contenoit au moins 66,66667 - -------- - Donc, en se combinant avec l'azote pour former de - l'acide nitrique, il n'en perd que 7,94502 - -------- - -Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le -calcul, s'accorde avec des opérations plus directes. - -Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans -l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du -nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide -nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique. - - -_Combustion de la Bougie._ - -Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner -des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire. - -Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil -à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2 -onces 5 gros 1/3 de glace. - -Or une livre de bougie, suivant les expériences que j'ai rapportées, -Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient: - - onc. gros grains. - Charbon 13 1 23 - Hydrogène 2 6 49 - - liv. de glace. - - Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon, - d'après les expériences ci-dessus rapportées, - devoient fondre 79,39390 - - Les 2 onces 6 gros 49 grains d'hydrogène, - devoient fondre 52,37605 - --------- - Total, 131,76995 - -On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage -de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on -obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon & d'hydrogène -égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la -combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de -présumer qu'elles sont exactes. - - -_Combustion de l'Huile d'olives._ - -Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit -une quantité d'huile d'olives bien connue; & l'expérience finie, nous -avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée, -& celui de la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une -livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1 -gros de glace. - -Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai -rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, & dont on trouvera un -extrait dans le chapitre suivant, contient: - - onc. gros grains. - Charbon 12 5 5 - Hydrogène 3 2 67 - - liv. de glace. - - La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains - de charbon, ne devoit fondre que 76,18723 - - Et celle de 3 onces 2 gros 67 grains d'hydrogène, 62,15053 - --------- - Total, 138,33776 - - Il s'en est fondu 148,88330 - - Le dégagement de calorique a donc été plus - considérable qu'il ne devoit l'être d'une quantité - équivalente à 10,54554 - --------- - -Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir -ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce -que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement -connue. Mais il en résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup d'ensemble -& d'accord dans la marche des expériences relatives à la combinaison & -au dégagement du calorique. - -Ce qui reste à faire dans ce moment & dont nous sommes occupés, est de -déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison -avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en -contient dans les différens états dans lesquels il peut exister; -enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique -qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette -détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de -lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus, -& nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons -vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même -assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer; -mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider -ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est -difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne -pas commencer par des à-peu-près; & il est rare qu'il soit possible de -la porter dès le premier jet à son état de perfection. - - - - -CHAPITRE X. - -_De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les -autres._ - - -LES substances combustibles étant en général celles qui ont une -grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir -de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les -unes avec les autres: _quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter -se_; & c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par -exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, -& il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les -usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette -expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les -uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons, -sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les -substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que -les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup -par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette -différence des degrés de fusibilité des métaux que sont dus une partie -des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels, par -exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être cassans -à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de fer pur, -métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre métal, quel -qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus douce. Tant -qu'un alliage de cette espèce est froid, & que les deux métaux sont -dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le chauffe à un -degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui est le plus -fusible, les parties liquides interposées entre les solides doivent -rompre la solution de continuité, & le fer doit devenir cassant. - -A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les -désigner sous le nom d'amalgame, & nous n'avons vu aucun inconvénient à -leur conserver cette dénomination. - -Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se -combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général -désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées, -ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne -s'oppose à ce qu'elles soient changées. - -Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures, -aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de -carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment -des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons -sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des -phosphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux -combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure -de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe -végétal, & sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre -avec l'alkali volatil ou ammoniaque. - -L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi -susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances -combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le -phosphore & plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous -le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz -hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré est -celui que les chimistes ont désigné sous le nom de _gaz hépatique_, & -que M. Schéele a nommé _gaz puant du soufre_; c'est à lui que quelques -eaux minérales doivent leurs vertus; c'est aussi à son émanation que -les déjections animales doivent principalement leur odeur infecte. -A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par la -propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact -de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M. -Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, & il est probable qu'il -s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair -des poissons par la putréfaction. - -Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble sans que -l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en -résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile, -& cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de -l'hydrogène & du carbone. - -Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères -qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression -d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières -contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe -au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire -étant formées d'une plus juste proportion de carbone & d'hydrogène, -ne sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de chaleur -supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent -demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz, -& c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation. - -J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène -& de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin -& des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie, -année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant -dans le gaz oxygène se convertissent en eau & en acide carbonique, -& qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées -de 21 parties d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les -substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en -outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis -au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand -développement à toute cette théorie. - -C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène -est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore & même -avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute _à -priori_ que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps -combustibles sont en général susceptibles de se combiner les uns avec -les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception. -Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la -possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer & le zinc sont -de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de -soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux -ont la propriété de décomposer l'eau; & comme dans les expériences -chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges -d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions -de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces -métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la -décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain, -c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience, -plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes -précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque -insensibles. - -Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre, -le phosphore & les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de -l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en -très-petite quantité; & que cette combinaison loin d'être essentielle -à leur constitution, ne peut être regardée que comme une addition -étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont -embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence -de cet hydrogène, & jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures -appuyées sur des suppositions. - - - - -CHAPITRE XI. - -_Considérations sur les Oxides & les Acides à plusieurs bases, & sur -la composition des matières végétales & animales._ - - -NOUS avons examiné dans le chapitre cinquième & dans le chapitre -huitième quel étoit le résultat de la combustion & de l'oxygénation -des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, -le carbone & l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre -dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles -de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps -combustibles composés, & nous avons observé que les huiles en -général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient -à cette classe, & qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène & de -carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des -corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides & -des oxides à base double & triple, que la nature nous en fournit à -chaque pas des exemples, & que c'est principalement par ce genre de -combinaisons qu'elle est parvenue à former avec un aussi petit nombre -d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de résultats. - -On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide -muriatique & de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui -avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont -il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a -de dissoudre l'or, _le Roi des métaux_ dans le langage alchimique, & -c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante _d'eau -régale_. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet, -a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de -ses deux bases acidifiables, & nous avons cru par cette raison devoir -lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous -a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux -substances qui entrent dans sa composition. - -Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique -se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment -rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que -d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour -base l'hydrogène & le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone -& le phosphore, le tout combiné avec une proportion plus ou moins -considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui -sont formés des mêmes bases doubles & triples, mais moins oxygénées. - -Les acides & oxides du règne animal sont encore plus composés; il -entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables, -l'hydrogène, le carbone, le phosphore & l'azote. - -Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y -a pas long-tems que je me suis formé des idées claires & méthodiques: -je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour -l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais -il est nécessaire que je les répète & que je les multiplie davantage, -afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me -contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides -& acides végétaux & animaux, & de terminer cet article par quelques -réflexions sur la constitution végétale & animale. - -Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces -de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de _muqueux_, -& l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène & le -carbone combinés ensemble, de manière à ne former qu'une seule base, -& portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne diffèrent -que par la proportion des principes qui composent la base. On peut -de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur combinant -une nouvelle quantité d'oxygène, & on forme ainsi, suivant le degré -d'oxygénation & la proportion de l'hydrogène & du carbone, les -différens acides végétaux. - -Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides & -des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis -pour les oxides & les acides minéraux, que de leur donner des noms -relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base. -Les oxides & les acides végétaux seroient alors des oxides & des -acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode -l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe -qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits -végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, & -résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine. - -En partant des mêmes principes, & en variant les terminaisons pour -donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner les -acides & les oxides végétaux, les dénominations suivantes: - - Oxide hydro-carboneux. - Oxide hydro-carbonique. - - Oxide carbone-hydreux. - Oxyde carbone-hydrique. - - Acide hydro-carboneux. - Acide hydro-carbonique. - Acide hydro-carbonique oxygéné. - - Acide carbone-hydreux. - Acide carbone-hydrique. - Acide carbone-hydrique oxygéné. - -Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour -indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, & qu'à -mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront -naturellement & pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous -venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en -état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances: -nous savons quels sont les principes qui les composent, & il ne me -reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore -inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à -conserver provisoirement les noms anciens; & maintenant encore que -je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois à -l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois de -tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas -encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie -reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt -éclaircie. - -Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti -à l'égard des oxides & des acides à trois & quatre bases, dont le règne -animal présente un grand nombre d'exemples, & qui se rencontrent même -quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la -composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène -& au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce -qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides -animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène & le carbone. -Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre -bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer -des idées claires & déterminées: mais cette cumulation de substantifs & -d'adjectifs grecs & latins, dont les Chimistes même n'ont point encore -admis généralement l'usage, sembleroit présenter un langage barbare, -également difficile à retenir & à prononcer. La perfection d'ailleurs -de la science doit précéder celle du langage, & il s'en faut bien que -cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel elle -doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver, au moins -pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides animaux. Nous -nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères modifications; -par exemple, de terminer en _eux_ la dénomination de ceux dans lesquels -nous soupçonnons que le principe acidifiable est en excès, & de -terminer au contraire en _ique_ le nom de ceux dans lesquels nous avons -lieu de croire que l'oxygène est prédominant. - -Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de -treize; savoir: - - L'acide acét_eux_. - L'acide acét_ique_. - L'acide oxal_ique_. - L'acide tartar_eux_. - L'acide pyro-tartar_eux_. - L'acide citr_ique_. - L'acide mal_ique_. - L'acide pyro-muqu_eux_. - L'acide pyro-lign_eux_. - L'acide gall_ique_. - L'acide benzo_ïque_. - L'acide camphor_ique_. - L'acide succin_ique_. - -Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement -& presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone & d'oxygène, -ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide -carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les -former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène, -le carbone & l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre -qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons: -pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante, -l'équilibre est rompu; l'oxygène & l'hydrogène se réunissent pour -former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour -produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la -combinaison du carbone & de l'oxygène; enfin il se trouve presque -toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce -que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre -suivant. - -Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne -végétal, & leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge -du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables -oxides; & c'est sous ce point de vue qu'il est important de les -étudier. - -Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne -actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides -rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une -manière peu sensible. Ces acides sont: - - L'acide lactique. - L'acide saccho-lactique. - L'acide bombique. - L'acide formique. - L'acide sébacique. - L'acide prussique. - -Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce -qu'il appartient également aux trois règnes. - -La connexion des principes qui constituent les acides & les oxides -animaux, n'est pas plus solide que celle des acides & des oxides -végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour -la troubler, & c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les -observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant. - - - - -CHAPITRE XII. - -_De la décomposition des Matières végétales & animales par l'action -du feu._ - - -POUR bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des -substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la -nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore -les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes -exercent les unes sur les autres, & en même-tems celle que le calorique -exerce sur eux. - -Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à -trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent; -l'hydrogène, l'oxygène & le carbone. Je les appelle _constitutifs_, -parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de -végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont -essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais -non pas de tous les végétaux en général. - -De ces trois principes, deux, l'hydrogène & l'oxygène, ont une grande -tendance à s'unir au calorique & à se convertir en gaz; tandis que le -carbone au contraire est un principe fixe & qui a très-peu d'affinité -avec le calorique. - -D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près -égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la -température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus -d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en -conséquence à ce degré l'hydrogène, & s'unit au carbone pour former de -l'acide carbonique. - -Je me servirai quelquefois de cette expression _chaleur rouge_, -quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais -beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante. - -Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes -ces forces, & de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au -moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos -yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de -température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de -calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu -près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les -végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique[B]; mais -ils contiennent les élémens de toutes ces substances. L'hydrogène -n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone, & -réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment une -combinaison triple, d'où résultent le repos & l'équilibre. - - [B] Ajout dans l'errata du tome 2: - - Nota. On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits à l'état - de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, je n'entends pas - parler des végétaux qui en fournissent, soit par expression à froid, - soit par une chaleur qui n'excede pas celle de l'eau bouillante. - Il n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on obtient - par la distillation à feu nud, à un degré de feu supérieur à l'eau - bouillante. C'est cette huile seule que j'annonce être un produit - de l'opération. On peut voir ce que j'ai publié à cet égard dans le - volume de l'Académie, année 1786. - -Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout -cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette -expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède -pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène & l'oxygène se -réunissent & forment de l'eau qui passe dans la distillation; une -portion d'hydrogène & de carbone s'unissent ensemble pour former de -l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, & comme -le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu -d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance -végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se -forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première -impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone -avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide -carbonique, & l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz, -en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne se forme -point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée. - -On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce -degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles & triples, & que tandis -que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le -calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène. - -Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse -la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un -simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui -fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il -ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre -& il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à -une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il -noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même -tems il passe de l'eau légèrement acide, & un peu d'huile; le charbon -qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire. - -Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui -contiennent de l'azote, comme les crucifères, & dans celles qui -contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en -petite quantité dans leur combinaison, elles n'apportent pas de -grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de la -distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le -charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à -l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil. - -Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes -que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat; -mais comme elles contiennent plus d'hydrogène & plus d'azote, elles -fournissent plus d'huile & plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec -quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes -qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai -qu'un fait; c'est la rectification & la décomposition totale des -huiles volatiles animales, appelées vulgairement _huiles de Dippel_. -Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à -feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon -presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le -carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur -simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale bien -rectifiée & par conséquent blanche, limpide & transparente, sous une -cloche remplie de gaz oxygène, en peu de tems le volume du gaz diminue -& il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec l'hydrogène -de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même tems la -portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient libre -& se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison que ces -huiles ne se conservent blanches & claires, qu'autant qu'on les enferme -dans des flacons bien bouchés, & qu'elles noircissent dès qu'elles ont -le contact de l'air. - -Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un -autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les -distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même tems -il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air des -vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène a lieu -à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au bout d'un -grand nombre de rectifications successives, sur-tout si on opère à un -degré de feu un peu fort & dans des vaisseaux d'une capacité un peu -grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée, & l'on parvient -à la convertir entièrement en eau & en charbon. Cette décomposition -totale de l'huile par des rectifications répétées, est beaucoup plus -longue & beaucoup plus difficile, quand on opère avec des vaisseaux -d'une petite capacité, & sur-tout à un degré de feu lent & peu -supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à l'Académie, -dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences sur cette -décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît suffire pour -donner des idées précises de la constitution des matières végétales & -animales, & de leur décomposition par le feu. - - - - -CHAPITRE XIII. - -_De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse._ - - -TOUT le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel & en -général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus -des raisins & des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur -dans de grandes cuves, & on la tient dans un lieu dont la température -soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y -excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses -viennent crêver à la surface, & quand la fermentation est à son plus -haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de -gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur -est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz -qui se dégage est de l'acide carbonique, & quand on le recueille avec -soin, il est parfaitement pur & exempt du mêlange de toute autre espèce -d'air ou de gaz. - -Le suc des raisins, de doux & de sucré qu'il étoit, se change dans -cette opération en une liqueur vineuse qui, lorsque la fermentation -est complette, ne contient plus de sucre, & dont on peut retirer par -distillation une liqueur inflammable qui est connue dans le commerce & -dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que cette liqueur -étant un résultat de la fermentation d'une matière sucrée quelconque -suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre les principes de notre -nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin qu'esprit de cidre, ou -esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été forcés d'adopter un nom -plus général, & celui d'_alkool_ qui nous vient des arabes nous a paru -propre à remplir notre objet. - -Cette opération est une des plus frappantes & des plus extraordinaires -de toutes celles que la Chimie nous présente, & nous avons à examiner -d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit -inflammable qui se forme, & comment un corps doux, un oxide végétal -peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une -est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour -arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien -connoître l'analyse & la nature du corps susceptible de fermenter, -& les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les -opérations de l'art, ni dans celles de la nature, & l'on peut poser -en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité -de matière avant & après l'opération; que la qualité & la quantité -des principes est la même, & qu'il n'y a que des changemens, des -modifications. - -C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences -en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité -ou équation entre les principes du corps qu'on examine, & ceux qu'on -en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz -acide carbonique & de l'alkool, je puis dire que le _moût de raisin_ -= _acide carbonique_ + _alkool_. Il résulte de-là qu'on peut parvenir -de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation -vineuse; la première, en déterminant bien la nature & les principes du -corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en -résultent par la fermentation, & il est évident que les connoissances -que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines -sur la nature des autres, & réciproquement. - -Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître -les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que pour -y parvenir je n'ai pas été chercher les sucs de fruits très-composés, -& dont une analyse rigoureuse seroit peut-être impossible. J'ai choisi -de tous les corps susceptibles de fermenter le plus simple; le sucre -dont l'analyse est facile, & dont j'ai déjà précédemment fait connoître -la nature. On se rappelle que cette substance est un véritable oxide -végétal, un oxide à deux bases; qu'il est composé d'hydrogène & de -carbone porté à l'état d'oxide par une certaine proportion d'oxygène, -& que ces trois principes sont dans un état d'équilibre qu'une force -très-légère suffit pour rompre: une longue suite d'expériences faites -par différentes voies & que j'ai répétées bien des fois, m'a appris que -les proportions des principes qui entrent dans la composition du sucre -sont à-peu-près les suivantes. - - Hydrogène, 8 parties. - Oxygène, 64 - Carbone, 28 - --- - Total, 100 - --- - -Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ -quatre parties d'eau. Mais de l'eau & du sucre mêlés ensemble, dans -quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls, -& l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette -combinaison, si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un peu -de levure de bierre suffit pour produire cet effet & pour donner -le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite -d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la -levure & de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix -livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, & une quantité d'eau -égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible -se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats -de mes expériences tels que je les ai obtenus, & en conservant même -jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction. - - -_Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre._ - - liv. onc. gr. gr. - Eau 400 » » » - Sucre 100 » » » - Levure de biere en pâte,} Eau 7 3 6 44 - composée de } Levure seche 2 12 1 28 - --------------------------- - TOTAL 510 » » » - --------------------------- - - -_Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation._ - - liv. onc. gr. grains. - - 407 livres 3 onces 6 gros {Hydrogène 61 1 2 71,40 - 44 grains d'eau composées de {Oxygène 346 2 3 44,60 - - 100 livres de sucre {Hydrogène 8 » » » - composées de {Oxygène 64 » » » - {Carbone 28 » » » - - 2 livres 12 onces 1 gros {Carbone » 12 4 59,00 - 28 grains de levure {Azote » » 5 2,94 - seche composées de {Hydrogène » 4 5 9,30 - {Oxygène 1 10 2 28,76 - ------------------------ - TOTAL 510 » » » - ------------------------ - - -_Récapitulation des principes constituans des matériaux de la -fermentation._ - - liv. on. gr. grains. liv. onc. gr. gr. - - Oxygène {de l'eau 340 » » » } 411 12 6 1,36 - { } - {de l'eau de la 6 2 3 44,60 } - {levure } - { } - {du sucre 64 » » » } - { } - {de la levure 1 10 2 28,76 } - - Hydrogène {de l'eau 60 » » » } 69 6 » 8,70 - { } - {de l'eau de la 1 1 2 71,40 } - {levure } - { } - {du sucre 8 » » » } - { } - {de la levure » 4 5 9,30 } - - Carbone {du sucre 28 » » » } 28 12 4 59,00 - { } - {de la levure » 12 4 59,00 } - - Azote de la levure » » 5 2,94 - -------------------- - TOTAL 510 » » » - -------------------- - -Après avoir bien déterminé quelle est la nature & la quantité des -principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste -à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître, -j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans -un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer -la qualité & la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais -encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la -fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire -ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième -partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets. - -Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la -température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence -à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se -trouble & devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent -crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, & -il se fait un dégagement abondant & rapide de gaz acide carbonique -très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui -se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de chaleur, -le mouvement & le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas -entièrement; & ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que -la fermentation est achevée. - -Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération -est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains. - -Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau -qu'il tient en dissolution, & qui est environ de 13 livres 14 onces 5 -gros. - -Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse -légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même, -& qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en -totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains. - -Enfin en analysant séparément toutes ces substances, & en les -résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail -très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les -mémoires de l'Académie. - - -_TABLEAU des résultats obtenus par la fermentation._ - - liv. on. gr. gr. - - 35 livres 5 onces 4 gros {d'oxygène 25 7 1 34 - 19 grains d'acide { - carbonique composées {de carbone 9 14 2 57 - - 408 livres 15 onces 5 gros {d'oxygène 347 10 » 59 - 14 grains d'eau composées { - {d'hydrogène 61 5 4 27 - - 57 livres 11 onces 1 gros {d'oxygène combiné 31 6 1 64 - 58 grains d'alkool {avec l'hydrogène - sec, composées { - {d'hydrogène combiné 5 8 5 3 - {avec l'oxygène - { - {d'hydrogène combiné 4 » 5 » - {avec le carbone. - { - {de carbone 16 11 5 63 - - 2 livres 8 onces d'acide {d'hydrogène 2 4 » - acéteux sec composées { - {d'oxygène 1 11 4 » - { - {de carbone 10 » » - { - 4 livres 1 once 4 gros {d'hydrogène 5 1 67 - 3 grains de résidu { - sucré composées {d'oxygène 2 9 7 27 - { - {de carbone 1 2 2 53 - - 1 livre 6 onces {d'hydrogène 2 2 41 - 50 grains de levure { - seche composées {d'oxygène 13 1 14 - { - {de carbone 6 2 30 - { - {d'azote 2 37 - ----------------------- ------------------ - 510 livres 510 » » » - ----------------------- ------------------ - - -_RÉCAPITULATION des résultats obtenus par la fermentation._ - - liv. on. gr. gr. - - 409 livres 10 onces {de l'eau 347 10 » 59 - 54 grains d'oxygène { - {de l'acide carbonique 25 7 1 34 - { - {de l'alkool 31 6 1 64 - { - {de l'acide acéteux 1 11 4 » - { - {du résidu sucré 2 9 7 27 - { - {de la levure 13 1 14 - - 28 livres 12 onces {de l'acide carbonique 9 14 2 57 - 5 gros 59 grains de { - carbone {de l'alkool 16 11 5 63 - { - {de l'acide acéteux 10 » » - { - {du résidu sucré 1 2 2 53 - { - {de la levure 6 2 30 - - 71 livres 8 onces {de l'eau 61 5 4 27 - 6 gros 66 grains { - d'hydrogène {de l'eau de l'alkool 5 8 5 3 - { - {combiné avec le carbone 4 » 5 » - {dans l'alkool - { - {de l'acide acéteux 2 4 » - { - {du résidu sucré 5 1 67 - { - {de la levure 2 2 41 - - 2 gros 37 grains d'azote 2 37 - ----------------------- ------------------ - 510 livres 510 » » » - ----------------------- ------------------ - -Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du -calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter -encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur -quelques livres de sucre, & que pour établir des comparaisons j'ai été -obligé de les réduire au quintal, j'ai cru devoir laisser subsister -les fractions telles que le calcul me les a données. - -En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux -ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la -fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de -sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains -qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on -n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de -sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7 -livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, & sur 26 livres 13 onces -5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra -qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool, -tout l'acide carbonique & tout l'acide acéteux qui a été produit par -l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer -que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende -que l'oxygène & l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce -que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général -les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène -& le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état -d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit point troublé, soit par -un changement de température, soit par une double affinité, & que ce -n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient -de l'eau & de l'acide carbonique. - -Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en -deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens -de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre -en faveur de la première pour en former une substance combustible qui -est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux -substances, l'alkool & l'acide carbonique, on reformeroit du sucre. -Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène & le carbone ne sont -pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une -portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes, -l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, sont donc encore ici dans une -espèce d'état d'équilibre; & en effet, en les faisant passer à travers -un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à -deux, & on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique & -du carbone. - -J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la -formation de l'eau, que cette substance regardée comme un élément, se -décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment dans -la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit de l'eau -toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé aujourd'hui -qu'il contient seulement les matériaux propres à la former. On conçoit -qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées; aussi -n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, & d'après une longue -suite d'expériences & d'observations sur les végétaux, que je m'y suis -déterminé. - -Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en -observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre & en -général des substances végétales susceptibles de fermenter. En -effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je -puis considérer les matières mises à fermenter & le résultat obtenu -après la fermentation, comme une équation algébrique; & en supposant -successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en -puis tirer une valeur, & rectifier ainsi l'expérience par le calcul & -le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour -corriger les premiers résultats de mes expériences, & pour me guider -dans les précautions à prendre pour les recommencer: mais ce n'est -pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au -surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie -sur la Fermentation vineuse, & qui sera incessamment imprimé. - - - - -CHAPITRE XIV. - -_De la Fermentation putride._ - - -JE viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il -étoit étendu d'une certaine quantité d'eau & à l'aide d'une douce -chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène, -l'hydrogène & le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre & qui -ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de -l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre; -comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de -l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit -avec de l'hydrogène & avec de l'eau pour former de l'alkool. - -Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu -d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du -corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état -d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des -combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est -bien différent de celui que donne la fermentation vineuse. Dans -cette dernière, une partie des principes de la substance végétale, -l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau & de carbone -pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire, -la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène: -en même tems l'oxygène & le carbone se réunissant au calorique, -s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand -l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau -nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la -terre du végétal mêlée d'un peu de carbone & de fer. - -La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse -complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs -principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la -terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme _terreau_. - -Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des -appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences. - -Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y -soumet ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone & -un peu de terre: mais ce cas est rare, & il paroît même que ces -substances, lorsqu'elles sont seules, fermentent difficilement; -qu'elles fermentent mal, & qu'il faut un tems considérable pour que la -putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance -mise à fermenter contient de l'azote; & c'est ce qui a lieu à l'égard -de toutes les matières animales & même d'un assez grand nombre de -matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement -la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières -animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction; -& c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des -amendemens & des fumiers. - -Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction, -ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle -forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue -sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient -en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent -aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque. -Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières, -elles ne donnent plus d'ammoniaque, & elles n'en donnent qu'autant -qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque -est d'ailleurs confirmée par des expériences analytiques, que M. -Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785, page -316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance & -d'obtenir séparément les deux principes, l'azote & l'hydrogène, qui -entrent dans sa combinaison. - -J'ai déjà annoncé plus haut (_voyez_ Chapitre dixième) que les corps -combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les -uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété; -il dissout le carbone, le soufre & le phosphore, & il résulte de ces -combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, _gaz hydrogène carboné_, -_gaz hydrogène sulfuré_, _gaz hydrogène phosphoré_. Les deux -derniers de ces gaz ont une odeur particulière & très-désagréable: -celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle -des œufs gâtés & corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est -absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque -a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que -les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs -que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction, -& qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est -prédominante, & on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les yeux; -tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales; tantôt -enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri. - -J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la -fermentation, & n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy & -M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une -certaine profondeur & garantis jusqu'à un certain point du contact de -l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la -partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale. -Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière, -l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, & à -ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène & du carbone, c'est-à-dire, -les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur -la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut -conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en -peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales, -telles que les matières fécales, sont principalement composées de -carbone & d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état -d'huile, & en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation -à feu nud. Mais l'odeur insoutenable qui accompagne tous les produits -qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on puisse les -employer à autre chose qu'à faire des engrais. - -Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la -composition des matières animales n'est pas encore très-exactement -connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone, -d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par -une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument -quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette -partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques -autres. - - - - -CHAPITRE XV. - -_De la Fermentation acéteuse._ - - -LA fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du -vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide -qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il -est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée, -d'hydrogène & de carbone combinés ensemble, & portés à l'état d'acide -par l'oxygène. - -Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure -qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par -des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en -vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, & qu'autant que cet air -contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée -d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, & cette -diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène. -Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant -par quelqu'autre moyen que ce soit. - -Indépendamment de ces faits qui prouvent que l'acide acéteux est -un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal, -professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se -passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de -la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation, -c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité -égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui -ont communication avec l'air, & au bout de quelque tems le tout se -trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de -bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu -d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée -d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les -matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit -l'hydrogène & une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du -carbone & de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui -manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux. - -On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide -carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus -généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque, -suivant le degré d'oxygénation; qu'il ne faut au contraire que -retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en -acide carbonique. - -Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard -de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits -principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit -d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée -à celle de la constitution de tous les acides & oxides végétaux, & -nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils -sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette -partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa -perfection, & qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru -jusqu'ici. - - - - -CHAPITRE XVI. - -_De la formation des Sels neutres, & des différentes bases qui -entrent dans leur composition._ - - -NOUS avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au -moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le -soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique & l'hydrogène, -formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides & les acides -du règne végétal & du règne animal: nous avons admiré avec quelle -simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés & les formes, -soit en combinant ensemble jusqu'à trois & quatre bases acidifiables -dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène -destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni -moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous -allons parcourir. - -Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, & en -se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la -combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des -substances terreuses & métalliques, & c'est de cette réunion que -résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme -de véritables principes salifians, & les substances auxquelles ils -s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables: -c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les -bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article. - -Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder -comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés -principales, telles que la solubilité dans l'eau, &c. Les acides, -comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de -combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples, -ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, & -ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans -l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre -ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes, -& ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non -plus, par la même cause, les alkalis[6] ni les substances terreuses, -telles que la chaux, la magnésie, &c. dans la classe des sels, & je -ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une -substance simple oxygénée avec une base quelconque. - - [6] On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que j'ai - adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe des - sels, & je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire; mais - cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages, que - je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter. - -Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la -formation des acides, & je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai -rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux -pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont: - - La potasse. - La soude. - L'ammoniaque. - La chaux. - La magnésie. - La baryte. - L'alumine. - -Et toutes les substances métalliques. - -Je vais dire un mot de l'origine & de la nature de chacune de ces bases -en particulier. - - -_De la Potasse._ - -Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on échauffoit une substance -végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui la -composent, l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, & qui formoient une -combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à -deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré -de température. Ainsi à la première impression du feu, & dès que la -chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène & l'hydrogène se -réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone -& une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite -par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge, -l'huile & l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène -& le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz -hydrogène devenu libre se dégage & s'échappe; enfin il ne reste plus -que du charbon dans la cornue. - -La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la -combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de -l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux -au moins apportent des changemens considérables dans les résultats -de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote & le -calorique. A mesure que l'hydrogène du végétal ou celui qui résulte -de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du feu sous la -forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le contact de -l'air, il reforme de l'eau, & le calorique des deux gaz qui devient -libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme. - -Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé & réduit -en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il -forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une -portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du -calorique devient libre, s'échappe & produit la chaleur & la lumière -qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve -ainsi réduit en eau & en acide carbonique; il ne reste qu'une petite -portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, & -qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la -constitution des végétaux. - -Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le -vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre -particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse. - -Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; l'eau se charge -de la potasse qui est dissoluble, & elle laisse les cendres qui sont -insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est -fixe, même à un très-grand degré de chaleur, & qui reste sous forme -blanche & concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de -préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je -n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me -suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini. - -La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins -saturée d'acide carbonique, & la raison en est facile à saisir: comme -la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que -le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition -de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque -molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec -une molécule d'acide carbonique, & comme il y a beaucoup d'affinité -entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique -l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins -à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières -portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre -la potasse dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids -de chaux vive, à filtrer & à évaporer dans des vaisseaux fermés; la -substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement -dépouillée d'acide carbonique. - -Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins -à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une -étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air -ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans -l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée -d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette -circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse -parfaitement pure. - -Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par -incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est -ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer. - -On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que -laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces -végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il -paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est -pas de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer cette -substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes -qui peuvent fournir de l'oxigène & de l'azote, tels que la combustion -ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point -démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations. -J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai -bientôt en état de rendre compte. - - -_De la Soude._ - -La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation -des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent -aux bords de la mer, & principalement du _kali_, d'où est venu le -nom d'_alkali_ qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques -propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en -distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes -les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La -soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines, -est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle -n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle -s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent & se convertissent en une -poussière blanche qui a toutes les propriétés de la soude, & qui n'en -differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation. - -On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude -que ceux de la potasse, & on n'est pas même certain si cette substance -est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion. -L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes -constituans des alkalis en général, & on en a la preuve à l'égard de -l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la -potasse & à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience -décisive n'a encore confirmées. - - -_De l'Ammoniaque._ - -Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la -composition de la soude & de la potasse, nous avons été obligés de nous -borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances -dont on les retire, & les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il -n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali -volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de -l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de -décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient -composées d'environ 807 d'azote & de 193 d'hydrogène. - -C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on -obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes -constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette -combinaison, & il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point -pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, & -en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes -ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple, -que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition -de chaux, soit par une addition de potasse. - -Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré -de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à -la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une -odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande -quantité, sur-tout si elle est froide & si on ajoute la pression au -refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali -volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque -en liqueur, & nous désignerons la même substance, quand elle sera dans -l'état aériforme, par le nom de gaz ammoniac. - - -_De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de l'Alumine._ - -La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; & comme -on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties -constituantes & élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de -nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art -n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les -présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout -les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les -trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide -carbonique, & dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires, -une partie des marbres, &c. Quelquefois elle est saturée d'acide -sulfurique, comme dans le gypse & les pierres à plâtre; d'autres fois -avec l'acide fluorique, & elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin -les eaux de la mer & des fontaines salées en contiennent de combinée -avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle -qui est la plus abondamment répandue dans la nature. - -On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y -est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve -aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec -l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand -nombre de pierres. - -La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes; -on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, & -elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle -est combinée avec l'acide carbonique. - -L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que -les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine, -sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les -argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base. - - -_Des Substances métalliques._ - -Les métaux, à l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, se -présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique; -ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés -avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide -muriatique, de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La -docimasie & la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces -substances étrangères, & nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de -cette partie de la Chimie. - -Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances -métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple, -qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas -susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, & elles -ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se -confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la -baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce -cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la -rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à -la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de -terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les -moyens que nous employons. - -Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons, -celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre -de dix-sept; savoir: - - L'arsenic. Le fer. - Le molybdène. L'étain. - Le tungstène. Le plomb. - Le manganèse. Le cuivre. - Le nickel. Le mercure. - Le cobalt. L'argent. - Le bismuth. Le platine. - L'antimoine. L'or. - Le zinc. - -Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, & je -n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts & -aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit -un traité complet, & je sortirois absolument des bornes que je me suis -prescrites. - - - - -CHAPITRE XVII. - -_Suite des réflexions sur les bases salifiables, & sur la formation -des Sels neutres._ - - -TELLES sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se -combiner avec les acides, & de former des sels neutres. Mais il faut -observer que les alkalis & les terres entrent purement & simplement -dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve -à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner -avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins -oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point -dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques. -Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première -condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y -oxider, & elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide, -ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres -termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide, -qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau, -soit dans celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il -n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient -encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il -y a décomposition de l'eau ou de l'acide. - -C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre -_Bergman_, que dépend l'explication des principaux phénomènes des -dissolutions métalliques. Le premier de tous & le plus frappant est -l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le -dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans -les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les -dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux, -ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique -ou de l'eau que le métal s'est oxidé. - -Il est sensible que l'acide nitrique & l'eau étant composés l'un & -l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état -de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt -qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer -sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, & c'est -ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue -l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux, -en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet acide -la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre, mais -en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état de -gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons. Cet -acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, & c'est encore à ce -dégagement qu'est due l'effervescence. - -Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se -dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été -oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant -plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau; -il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le -produisoit n'a plus lieu. - -Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans -effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans -cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal -dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène; -il se forme d'une part un oxide métallique, & de l'autre de l'acide -muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes -de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide -muriatique d'exister sous la forme de gaz au degré de température -dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique -oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu & pour demeurer -sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, & -après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine -paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout. - -Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour -l'oxygène, & qui n'exercent pas sur ce principe une action assez -forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument -indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le -plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les -présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide -auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt -très-dissolubles, & la dissolution se fait sans effervescence. - -L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux & les acides; & -cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous -les acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui -ont une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il -est donc assez probable que les quatre terres salifiables que nous -avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, & que c'est par ce -_latus_ qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit -appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces -substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés -avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon, -& qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici -qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou -confirmer ou détruire. - -Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les -désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont -composés. - - - Noms des acides. | Nom de la base acidifiable ou radical de - | chaque acide, avec des observations. - ----------------------------------------------------------------------- - 1 Sulfureux. } Soufre. - 2 Sulfurique. } - - 3 Phosphoreux. } Phosphore. - 4 Phosphorique. } - - 5 Muriatique. } Radical muriatique. - 6 Muriatique oxygéné.} - - 7 Nitreux. } Azote. - 8 Nitrique. } - 9 Nitrique oxigéné. } - - 10 Carbonique. Carbone. - - 11 Acéteux. } Tous ces acides paroissent être formés de la - 12 Acétique. } réunion d'une base acidifiable double, le - 13 Oxalique. } carbone & l'hydrogène, & ne différer entr'eux - 14 Tartareux. } que par la différence de proportion de ces - 15 Pyro-tartareux. } deux bases & de l'oxigène qui les acidifie; - 16 Citrique. } on n'a au surplus encore aucune suite - 17 Malique. } d'expériences bien faites à cet égard. - 18 Pyro-ligneux. } - 19 Pyro-muqueux. } - - 20 Gallique. } On n'a encore que des connoissances - 21 Prussique. } très-imparfaites sur la nature des radicaux - 22 Benzoïque. } de ces acides; on sait seulement - 23 Succinique. } que le carbone & l'hydrogène en sont - 24 Camphorique. } les principales parties, & que l'acide - 25 Lactique. } prussique contient de l'azote. - 26 Saccho-lactique. } - - 27 Bombique. } Ces acides & tous ceux qu'on obtient en - 28 Formique. } oxigénant les matières animales, paroissent - 29 Sébacique. } avoir pour base acidifiable le carbone, - } l'hydrogène, le phosphore & l'azote. - - 30 Boracique. | Le radical boracique { La nature de ces deux - 31 Fluorique. | Le radical fluorique { radicaux est - | { entièrement inconnue. - - 32 Antimonique. | Antimoine. - 33 Argentique. | Argent. - 34 Arsenique. | Arsenic. - 35 Bismuthique. | Bismuth. - 36 Cobaltique. | Cobalt. - 37 Cuprique. | Cuivre. - 38 Stamnique. | Etain. - 39 Ferrique. | Fer. - 40 Manganique. | Manganèse. - 41 Hydrargirique. | Mercure. - 42 Molybdique. | Molybdène. - 43 Nickelique. | Nickel. - 44 Aurique. | Or. - 45 Platinique. | Platine. - 46 Plombique. | Plomb. - 47 Tungstique. | Tungstène. - 48 Zincique. | Zinc. - -On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17 -acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M. -Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut -pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais -il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera -connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens, -rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le -tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut -faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même -systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite. - -Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être -converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir: - - Trois alkalis. - Quatre terres. - Et dix-sept substances métalliques. - -La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel -de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que -les acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres -métaux; & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les -autres, est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est -de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons -vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les -combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce -qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature & -l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens -espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner -à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si -on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont -découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en -résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit -pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier -âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce -qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels: -mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque -acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux, -quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide; -il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par -l'analogie: c'est celle que nous avons suivie dans la nomenclature -des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera -naturellement à la nomenclature des sels neutres. - -Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons -distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun -d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous. -Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique -d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la -base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons -donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide -sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons -cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par -une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué -l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide -phosphorique. - -Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont -obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison -desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le nom -de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui ont -l'acide sulfurique pour acide, par le nom de _sulfates_; tous ceux -qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de _phosphates_, -& ainsi des autres. Nous distinguerons donc _sulfate_ de potasse, -_sulfate_ de soude, _sulfate_ d'ammoniaque, _sulfate_ de chaux, -_sulfate_ de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre bases, -tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons vingt-quatre -espèces de _sulfates_, autant de _phosphates_, & de même pour tous les -autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de deux degrés -d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue l'acide -sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels neutres -que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont pas -les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu -les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en -conséquence désigné par le nom de _sulfites_, de _phosphites_, &c. -les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre -oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre -_sulfates_ & vingt-quatre _sulfites_, & ainsi des autres substances -susceptibles de deux degrés d'oxygénation. - -Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces -dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé -clairement la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra -l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom -de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera -toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former, -& celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver. - -Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire -en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails, -j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une -récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais -en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques -courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de -se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés -générales des sels neutres qui en résultent. - -Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter cet -Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque espèce -de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, sur -la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, sur -sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés de -saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force avec -laquelle l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été commencé -par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres célèbres -Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, & les bases -sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une exactitude -rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas pu convenir -à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les matériaux & -de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs années la -publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au zèle & -à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de -recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de -l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup; -à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de -la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels -neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être -établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la -Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des -expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses. - - - - -[Illustration] - -SECONDE PARTIE. - -_De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la -Formation des Sels neutres._ - -AVERTISSEMENT. - - -SI j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans -la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois -borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, & dans -les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions -des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des -procédés par lesquels on les obtient, & j'y aurois joint une simple -nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec -différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au -volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en -présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de -celles qui entrent dans la composition des acides & des oxides, & leurs -combinaisons. - -Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement -nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente -1º. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de nos -connoissances nous oblige à regarder comme telles. - -2º. Les radicaux oxidables & acidifiables doubles & triples, qui se -combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples. - -3º. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples -métalliques & non métalliques. - -4º. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés. - -5º. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples. - -6º. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples. - -7º. Les combinaisons du soufre avec les substances simples. - -8º. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples. - -9º. Les combinaisons du carbone avec les substances simples. - -10º. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances -simples. - -Ces dix Tableaux & les Observations qui les accompagnent, forment une -espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage. -Les Tableaux qui sont à la suite & qui présentent l'ensemble de toutes -les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux -Chapitres XIV & XV. - -On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de -ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie -par ordre de matières; & en effet il m'auroit été difficile de puiser -dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter -les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai -qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas -être obligé de le citer à chaque article. - -J'ai placé à la suite de chaque Tableau & vis-à-vis autant qu'il a été -possible les explications qui y sont relatives. - - - - -_TABLEAU DES SUBSTANCES SIMPLES._ - - - ===================================================================== - | | Noms nouveaux. | Noms anciens | - | | | correspondans. | - |-------------------------------------------------------------------| - | |Lumière. |Lumière. | - | | | | - |Substances simples {Calorique. {Chaleur. | - |qui appartiennent { {Principe de la chaleur. | - |aux trois règnes & { {Fluide igné. | - |qu'on peut regarder { {Feu. | - |comme les élémens { {Matière du feu & de la | - |des corps. { {chaleur. | - | { | | - | {Oxygène. {Air déphlogistiqué. | - | { {Air empiréal. | - | { {Air vital. | - | { {Base de l'air vital. | - | { | | - | {Azote {Gaz phlogistiqué. | - | { {Mofete. | - | { {Base de la mofete. | - | { | | - | {Hydrogène. {Gaz inflammable. | - | { {Base du gaz inflammable. | - | | | | - |Substances simples {Soufre. |Soufre. | - |non métalliques {Phosphore. |Phosphore. | - |oxidables & {Carbone. |Charbon pur. | - |acidifiables. {Radical muriatique. |Inconnu. | - | {Radical fluorique. |Inconnu. | - | {Radical boracique. |Inconnu. | - | | | | - |Substances {Antimoine. |Antimoine. | - |simples {Argent. |Argent. | - |métalliques {Arsenic. |Arsenic. | - |oxidables & {Bismuth. |Bismuth. | - |acidifiables. {Cobalt. |Cobalt. | - | {Cuivre. |Cuivre. | - | {Etain. |Etain. | - | {Fer. |Fer. | - | {Manganèse. |Manganèse. | - | {Mercure. |Mercure. | - | {Molybdène. |Molybdène. | - | {Nickel. |Nickel. | - | {Or. |Or. | - | {Platine. |Platine. | - | {Plomb. |Plomb. | - | {Tungstène. |Tungstène. | - | {Zinc. |Zinc. | - | | | | - |Substances {Chaux. |Terre calcaire, chaux. | - |simples {Magnésie. |Magnésie, base du sel | - |salifiables { |d'Epsom. | - |terreuses. {Baryte. |Barote, terre pesante. | - | {Alumine. |Argile, terre de l'alun, | - | { |base de l'alun. | - | {Silice. |Terre siliceuse, terre | - | { |vitrifiable. | - ===================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que -l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme -telles._ - - -LA Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de -la nature, a pour objet de les décomposer & de se mettre en état -d'_examiner séparément les différentes substances qui entrent dans -leur combinaison_. Cette science a fait de nos jours des progrès -très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les -différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra -que dans les premiers tems on regardoit l'huile & le sel comme les -principes des corps; que l'expérience & l'observation ayant amené de -nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient -point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide & d'une -base, & que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de -neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs -degrés les bornes de l'analyse[7], elles nous ont éclairés sur la -formation des acides, & nous ont fait voir qu'ils étoient formés par -la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène, & -d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie & qui les -constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin -dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au -surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes -ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que -nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un -composé d'hydrogène & de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les -bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, & -que l'ammoniaque étoit un composé d'azote & d'hydrogène. - - [7] Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, & 1778, page - 535. - -La Chimie marche donc vers son but & vers sa perfection, en divisant, -subdivisant, & resubdivisant encore, & nous ignorons quel sera le -terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous -regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous -pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel -arrive l'analyse chimique, & qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà -dans l'état actuel de nos connoissances. - -Il est à présumer que les terres cesseront bientôt d'être comptées au -nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette -classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, & je suis -bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est -permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont -déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des -substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à -un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je -présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce -que je donne pour des vérités de fait & d'expérience avec ce qui n'est -encore qu'hypothétique. - -Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels -que la potasse & la soude, parce que ces substances sont évidemment -composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes -qui entrent dans leur combinaison. - - - - -_TABLEAU des Radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composés, qui -entrent dans les combinaisons à la manière des substances simples._ - - - ====================================================================== - | | Noms des Radicaux. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Radicaux oxidables {Radical }C'est la base de l'eau | - |ou acidifiables {nitro-muriatique, ou }régale des anciens | - |composés, du {radical de l'eau }Chimistes, célèbre par | - |règne minéral. {régale. }la propriété qu'elle a | - | { }de dissoudre l'or. | - | | | | - |Radicaux {Radical tartareux. }Les anciens Chimistes | - |hydro-carboneux, {Radical malique. }ne connoissoient | - |ou {Radical citrique. }point la composition | - |carbone-hydreux {Radical pyro-ligneux. }des acides, & ne se | - |du règne {Radical pyro-muqueux. }doutant pas qu'ils | - |végétal, {Radical pyro-tartareux. }fussent formés de la | - |susceptibles {Radical oxalique. }réunion d'un radical | - |d'être oxidés {Radical acéteux. }particulier à chacun | - |& acidifiés. {Radical succinique. }d'eux & d'un principe | - | {Radical benzoïque. }acidifiant commun à | - | {Radical camphorique }tous, ils n'ont pu | - | {Radical gallique. }donner aucun nom à des | - | | }substances dont ils | - |Radicaux {Radical lactique. }n'avoient aucune idée: | - |hydro-carboneux ou {Radical saccholactique. }nous nous sommes donc | - |carbone-hydreux du {Radical formique. }trouvés dans la | - |règne animal dans {Radical bombique. }nécessité de créer une | - |la composition {Radical sébacique. }Nomenclature pour cet | - |desquels entre {Radical lithique. }objet; mais nous avons | - |presque toujours {Radical prussique. }prévenu en même tems | - |l'azote & souvent | }que cette Nomenclature | - |le phosphore, & | }seroit susceptible de | - |qui sont | }modification, à | - |susceptibles d'être| }mesure que la nature | - |oxidés& acidifiés. | }des radicaux composés | - |XI. | }seroit mieux connue. | - | | }Voyez ce que j'ai dit | - | | }à cet égard, chapitre | - | | }XI. | - ====================================================================== - -Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré -d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la -gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux, -tels que la limphe, &c. &c. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables & acidifiables, -composés de la réunion de plusieurs substances simples._ - - -LES radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce -tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés, -n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible -de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences -dont quelques-unes me sont propres, & dont d'autres ont été faites par -M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les -acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide -citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique, -l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais -réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces -acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de -ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de -plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les -radicaux du règne animal, & quelques-uns même du règne végétal sont -plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, ils -contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; mais -il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous nous -sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à ces -différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont ils -ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances -acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront, -& ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans -lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à -ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux -& carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le -choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont -ils sont composés. - -On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène & -de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou -hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les -convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant le -degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une manière -positive que les huiles entrent toutes entières dans la composition -des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles perdent -auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & que ce -qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus dans la -proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur quoi nous -avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience. - -Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre -radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par -la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides -composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs -des phénomènes aussi frappans. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les différentes -substances._ - - -JE n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière & -du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous -n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes -de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la -nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés, -pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que -laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique -se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties -solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce -sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son -accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de -l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme. -Enfin nous avons appelé du nom générique de _gaz_ toutes les substances -portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique; -en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide -carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous -leur donnons le nom de _gaz acide muriatique_, _gaz acide carbonique_, -_gaz hydrogène_, _gaz aqueux_, _gaz alkool_. - -A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur -les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après -les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec -l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle -contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les -expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de -croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, & -que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles -& la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que -les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles -sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de -souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle -& pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière. - -On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les -hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans -les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés, -dans les rues étroites des villes. Ils se développent au contraire, -ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart des -occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air. - -L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent -qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On -diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une -vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la -lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu -bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la -terre l'organisation, le sentiment & la pensée. - -Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les -corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans -cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de -la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je -reviendrai un jour sur ces objets. - - - - -_TABLEAU des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les substances -métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables._ - - - ====================================================================== - | Premier degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Le gaz oxygène. |Air vital ou | - | | |déphlogistiqué. | - |L'hydrogène. |On ne connoît qu'un degré de combinaison de | - | |l'oxygène & de l'hydrogène, & cette | - | |combinaison forme de l'eau. | - |L'azote. |Oxide nitreux ou |Gaz nitreux. | - | |base du gaz nitreux.| | - |Le carbone. |Oxide de carbone. |Inconnu. | - |Le soufre. |Oxide de soufre. |Soufre mou. | - |Le phosphore. |Oxide de phosphore. |Résidu de la combustion | - | | |du phosphore. | - |Le radical muriatique.|Oxide muriatique. |Inconnu. | - |Le radical fluorique. |Oxide fluorique. |Inconnu. | - |Le radical boracique. |Oxide boracique. |Inconnu. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Oxide gris d'antimoine. |Chaux grise d'antimoine. | - |L'argent. |Oxide d'argent. |Chaux d'argent. | - |L'arsenic. |Oxide gris d'arsenic. |Chaux grise d'arsenic. | - |Le bismuth. |Oxide gris de bismuth. |Chaux grise de bismuth. | - |Le cobalt. |Oxide gris de cobalt. |Chaux grise de cobalt. | - |Le cuivre. |Oxide rouge brun de |Chaux rouge brune de cuivre.| - | |cuivre. | | - |L'étain. |Oxide gris d'étain. |Chaux grise d'étain. | - |Le fer. |Oxide noir de fer. |Ethiops martial. | - |Le manganèse. |Oxide noir de manganèse.|Chaux noire de manganèse. | - |Le mercure. |Oxide noir de mercure. |Ethiops minéral. | - |Le molybdène. |Oxide de molybdène. |Chaux de molybdène. | - |Le nickel. |Oxide de nickel. |Chaux de nickel. | - |L'or. |Oxide jaune d'or. |Chaux jaune d'or. | - |Le platine. |Oxide jaune de platine. |Chaux jaune de platine. | - |Le plomb. |Oxide gris de plomb. |Chaux grise de plomb. | - |Le tungstène. |Oxide de tungstène. |Chaux de tungstène. | - |Le zinc. |Oxide gris de zinc. |Chaux grise de zinc. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Second degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitreux. |Acide nitreux fumant. | - |Le carbone. |Acide carboneux. |Inconnu. | - |Le soufre. |Acide sulfureux. |Acide sulfureux. | - |Le phosphore. |Acide phosphoreux. |Acide volatil du | - | | |phosphore. | - |Le radical muriatique.|Acide muriateux. |Inconnu. | - |Le radical fluorique. |Acide fluoreux. |Inconnu. | - |Le radical boracique. |Acide boraceux. |Inconnu. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Oxide blanc d'antimoine. |Chaux blanche d'antimoine. | - | | |Antimoine diaphorétique. | - |L'argent. |........................ |........................... | - |L'arsenic. |Oxide blanc d'arsenic. |Chaux blanche d'arsenic. | - |Le bismuth. |Oxide blanc de bismuth. |Chaux blanche de bismuth. | - |Le cobalt. |....................... |........................... | - |Le cuivre. |Oxide vert & bleu de |Chaux verte & bleue de | - | |cuivre. |cuivre. | - |L'étain. |Oxide blanc d'étain. |Chaux blanche d'étain ou | - | | |potée d'étain. | - |Le fer. |Oxide jaune & rouge |Ocre & rouille. | - | |de fer. | | - |Le manganèse.|Oxide blanc de manganèse.|Chaux blanche de manganèse. | - |Le mercure. |Oxide jaune & rouge de |Turbith minéral, précipité | - | |mercure. |rouge, précipité _per se_. | - |Le molybdène.|........................ |........................... | - |Le nickel. |........................ |........................... | - |L'or. |Oxide rouge d'or. |Chaux rouge d'or. | - | | |Précipité pourpre de | - | | |Cassius. | - |Le platine. |........................ |........................... | - |Le plomb. |Oxide jaune & rouge de |Massicot & minium. | - | |plomb. | | - |Le tungstène.|........................ |........................... | - |Le zinc. |Oxide blanc de zinc. |Chaux blanche de zinc, | - | | |Pompholix. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Troisième degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitrique. |Acide nitreux non fumant.| - |Le carbone. |Acide carbonique. |Air fixe. | - |Le soufre. |Acide sulfurique. |Acide vitriolique. | - |Le phosphore. |Acide phosphorique.|Acide phosphorique. | - |Le radical muriatique.|Acide muriatique. |Acide marin. | - |Le radical fluorique. |Acide fluorique. |Inconnu des anciens. | - |Le radical boracique. |Acide boracique. |Sel sédatif de Homberg. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Acide antimonique. |........................ | - |L'argent. |Acide argentique. |........................ | - |L'arsenic. |Acide arsenique. |Acide arsenical. | - |Le bismuth. |Acide bismutique. |........................ | - |Le cobalt. |Acide cobaltique. |........................ | - |Le cuivre. |Acide cuprique. |........................ | - |L'étain. |Acide stamnique. |........................ | - |Le fer. |Acide ferrique. |........................ | - |Le manganèse. |Acide manganique. |........................ | - |Le mercure. |Acide mercurique. |........................ | - |Le molybdène. |Acide molybdique. |Acide de la molybdène. | - |Le nickel. |Acide nickelique. |........................ | - |L'or. |Acide aurique. |........................ | - |Le platine. |Acide platinique. |........................ | - |Le plomb. |Oxide plombique. |........................ | - |Le tungstène. |Acide tungstique. |Acide de la tungstène. | - |Le zinc. |Acide zincique. |........................ | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Quatrième degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitrique oxigéné. |Inconnu. | - |Le carbone. |Acide carbonique oxigéné. |Inconnu. | - |Le soufre. |Acide sulfurique oxigéné. |Inconnu. | - |Le phosphore. |Acide phosphorique oxigéné.|Inconnu. | - |Le radical muriatique.|Acide muriatique oxigéné. |Acide marin | - | | |déphlogistiqué. | - |Le radical fluorique. |.......................... |................ | - |Le radical boracique. |.......................... |................ | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |.......................... |................ | - |L'argent. |.......................... |................ | - |L'arsenic. |Acide arsenic oxigéné. |Inconnu. | - |Le bismuth. |.......................... |................ | - |Le cobalt. |.......................... |................ | - |Le cuivre. |.......................... |................ | - |L'étain. |.......................... |................ | - |Le fer. |.......................... |................ | - |Le manganèse. |.......................... |................ | - |Le mercure. |.......................... |................ | - |Le molybdène. |Acide molybdique oxygéné. |Inconnu. | - |Le nickel. |.......................... |................ | - |L'or. |.......................... |................ | - |Le platine. |.......................... |................ | - |Le plomb. |.......................... |................ | - |Le tungstène. |Acide tungstique oxygéné. |Inconnu. | - |Le zinc. |.......................... |................ | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples -métalliques & non métalliques._ - - -L'OXYGÈNE est une des substances les plus abondamment répandues dans la -nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, -& par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce -réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & -c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène -que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui -s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, -qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. -Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de -gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote. - -Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de -conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps -n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle -qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut -plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours -de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des -molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant -du calorique. - -Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui -le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant -une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement -un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur -l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que -l'oxygénation a lieu. - -On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit -être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart -des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne -s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les -élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, -le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle -nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour -oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque -l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois -l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est -accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la -combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans -le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, -de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement -& sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit -sensible. - -Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui -ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne -les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique -que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & -qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable -qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme -l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur -dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà -saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce -principe. - -L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain -degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu -de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter -cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. -L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet, -sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. -L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient -plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En -conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en -sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en -les élevant à un degré de chaleur médiocre. - -L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides -d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent -remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de -préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes -les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des -opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations -du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné -avec l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide -carbonique, & le métal reste pur & revivifié. - -On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les -combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du -muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène -quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps -combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées -qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités. -L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des -muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à -celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette -immense quantité de calorique devient subitement libre au moment -de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des -détonations terribles auxquelles rien ne résiste. - -Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps -combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois -règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique, -auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre -de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer -l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais -non pas pour toutes. - -J'appelle _binaires_ les combinaisons des substances simples avec -l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux -substances. Je nommerai combinaisons _ternaires_ celles composées -de trois substances simples, & combinaisons _quaternaires_ celles -composées de quatre substances. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux composés._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés | - | du règne minéral, tels que | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des acides qui en résultent. | - | Noms |-------------------------------------------------| - | des radicaux | Nomenclature | Nomenclature | - | | nouvelle. | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le radical |L'acide nitro-muriatique.|L'eau régale. | - |nitro-muriatique. | | | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux | - | & hydro-carboneux du règne végétal, tels que le radical: * | - |--------------------------------------------------------------------| - |tartarique. |L'acide tartareux. |inconnu des anciens. | - |malique. |L'acide malique. |inconnu des anciens. | - |citrique. |L'acide citrique. |L'acide du citron. | - |pyro-lignique. |L'acide pyro-ligneux. |L'acide empyreumatique | - | | |du bois. | - |pyro-mucique. |L'acide pyro-muqueux. |L'acide empyreumatique | - | | |du sucre. | - |pyro-tartarique. |L'acide pyro-tartareux. |L'acide empyreumatique | - | | |du tartre. | - |oxalique. |L'acide oxalique. |Le sel d'oseille. | - |acétique. |L'acide acéteux ou |Le vinaigre, l'acide | - | |acétique. |du vinaigre. | - | | |Le vinaigre radical. | - |succinique. |L'acide succinique. |Le sel volatil de | - | | |succin. | - |benzoïque. |L'acide benzoïque. |Les fleurs de benjoin. | - |camphorique. |L'acide camphorique. |inconnu des anciens. | - |gallique. |L'acide gallique. |Le principe astringent | - | | |des végétaux. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux & | - | hydro-carboneux du règne animal, auxquels se joint presque | - | toujours l'azote & souvent le phosphore, tels que le radical: ** | - |--------------------------------------------------------------------| - |lactique. |L'acide lactique. |L'acide du petit lait | - | | |aigri. | - |saccho-lactique. |L'acide saccho-lactique. |inconnu des anciens. | - |formique. |L'acide formique. |L'acide des fourmis. | - |bombique. |L'acide bombique. |inconnu des anciens. | - |sébacique. |L'acide sébacique. |inconnu des anciens. | - |lithique. |L'acide lithique. |Le calcul de la vessie.| - |prussique. |L'acide prussique. |La matière colorante | - | | |du bleu de Prusse. | - ====================================================================== - - * Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent le - sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux. - - ** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent la - limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides - animaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés._ - - -DEPUIS que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776, -pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature & -sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de -ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit -pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie: -au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert -successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru -dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est -la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles -sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral, -presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples; -que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne -animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins -de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le -phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre -bases. - -Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces -observations, différer entr'eux, 1º. par le nombre des principes -acidifians qui constituent leur base; 2º. par la différente proportion -de ces principes; 3º. par le différent degré d'oxygénation; ce qui -suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous -présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse -convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il -ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone & -de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait -M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées -& étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone -& l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide -tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de -l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone -entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides -acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent -très-peu des précédens. - -Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base, -qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai déjà -exposé mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les huiles -paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de carbone, -nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent est -précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des acides. -Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas -seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre -également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure -qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique & -de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres -à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point -réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois -principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu -supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut -consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet -Ouvrage. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Azote avec les substances -simples._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'azote avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Substances | Résultat des combinaisons. | - | simples. |----------------------------------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature anc. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Le gaz azote. |Air phlogistiqué, | - | | |mofète. | - | | | | - |L'hydrogène. |L'ammoniaque. |Alkali volatil. | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide nitreux. |Base du gaz nitreux. | - | {Acide nitreux. |Acide nitreux fumant.| - | {Acide nitrique. |Acide nitreux blanc. | - | | | | - |Le Carbone. |Azoture de carbone. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. On | | - | |sait seulement que le carbone | | - | |est susceptible de se | | - | |dissoudre dans l'azote, & il | | - | |en résulte un gaz azotique | | - | |carboné. | | - | | | | - |Le phosphore. |Azoture de phosphore. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. | | - | | | | - |Le soufre. |Azoture de soufre. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. On | | - | |sait seulement que le soufre | | - | |est susceptible de se | | - | |dissoudre dans le gaz | | - | |azotique, & il en résulte un | | - | |gaz azotique sulfuré. | | - | | | | - |Les radicaux | L'azote se combine avec le |Inconnues. | - |composés. |carbone & l'hydrogène, & | | - | |quelquefois avec le phosphore,| | - | |pour former des radicaux | | - | |composés, qui sont | | - | |susceptibles, comme on l'a | | - | |vu plus haut, de s'oxider & | | - | |de s'acidifier. Ce principe | | - | |entre généralement dans tous | | - | |les radicaux du règne animal. | | - | | | | - |Les substances | Ces combinaisons sont |Inconnues. | - |métalliques. |absolument inconnues. Si elles| | - | |sont découvertes un jour, | | - | |on les nommera azotures | | - | |métalliques. | | - | | | | - |La chaux. | Toutes ces combinaisons | | - |La magnésie. |sont entièrement inconnues. | | - |La baryte. |Si un jour elles sont | | - |L'alumine. |reconnues possibles, elles | | - |La potasse. |seront nommées azotures de | | - |La soude. |chaux, azotures magnésiènes, | | - | |&c. | | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples._ - - -L'AZOTE est un des principes les plus abondamment répandus dans -la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la -mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air -de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré -de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de -compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou -solide. - -Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les -matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène, -quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine -portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide, -suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut -donc varier comme celles des matières végétales, de trois manières, -1º. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du -radical, 2º. par leur proportion, 3º. par le degré d'oxygénation. - -L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux & -nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres -combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur -donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison -en _ure_ que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées. -Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent -à ce genre de combinaisons. - -Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le -tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de -chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze -ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même -qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule -qui s'y forme. - -La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans -de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette -opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches -remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en -poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique. - -Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, est de le retirer du -nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques -autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage -mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de -l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur. - -Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la -combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène -de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de -l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu -libre, se dégage sous la forme de gaz. - -Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues -en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz -& dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans -l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire -que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve -au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour -justifier la place que nous lui avons assignée. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les substances -simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons de l'hydrogène avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz hydrogène. {Cette combinaison de | - |L'azote. |Ammoniaque ou alkali {l'oxygène & du carbone | - | |volatil. {comprend les huiles | - |L'oxigène. |Eau. {fixes & volatiles, & | - | | {forme le radical d'une | - |Le soufre. }Combinaison inconnue. * {partie des oxides & | - |Le phosphore. } {des acides végétaux | - | | {& animaux; lorsqu'elle | - |Le carbone. |Radical hydro-carboneux {a lieu dans l'état | - | |ou carbone-hydreux. {de gaz, il en résulte | - | | {du gaz hydrogène | - | | {carboné. | - | | | | - |L'antimoine. |Hydrure d'antimoine. }Aucunes de ces | - |L'argent. |Hydrure d'argent. }combinaisons ne sont | - |L'arsenic. |Hydrure d'arsenic. }connues, & il y a toute| - |Le bismuth. |Hydrure de bismuth. }apparence qu'elles ne | - |Le cobalt. |Hydrure de cobalt. }peuvent exister à la | - |Le cuivre. |Hydrure de cuivre. }température dans | - |L'étain. |Hydrure d'étain. }laquelle nous vivons, | - |Le fer. |Hydrure de fer. }à cause de la grande | - |Le manganèse. |Hydrure de manganèse. }affinité de l'hydrogène| - |Le mercure. |Hydrure de mercure. }pour le calorique. | - |Le molybdène. |Hydrure de molybdène. } | - |Le nickel. |Hydrure de nickel. } | - |L'or. |Hydrure d'or. } | - |Le platine. |Hydrure de platine. } | - |Le plomb. |Hydrure de plomb. } | - |Le tungstène. |Hydrure de tungstène. } | - |Le zinc. |Hydrure de zinc. } | - |La potasse. |Hydrure de potasse. } | - |La soude. |Hydrure de soude. } | - |L'ammoniaque. |Hydrure d'ammoniaque. } | - |La chaux. |Hydrure de chaux. } | - |La magnésie. |Hydrure de magnésie. } | - |La baryte. |Hydrure de baryte. } | - |L'alumine. |Hydrure d'alumine. } | - ====================================================================== - - * Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en résulte du - gaz hydrogène sulfuré & phosphoré. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons._ - - -L'HYDROGÈNE, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de -l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène -en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont -ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu -de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la -nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne -végétal & dans le règne animal. - -L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste -constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression -dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce -principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison. - -Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que -présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus -d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient -libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est -le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & il -faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le -faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable -à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins -attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les -acides. - -Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de -décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il -se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on -l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable -par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas. -On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer -ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux -qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau -lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de -facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique. -L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il -est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène. - -Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que -l'hydrogène est le phlogistique de Stalh, & comme ce célèbre Chimiste -admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, dans le -charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe également, -de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: ils le -supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le prouveroient, -ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce dégagement du gaz -hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes de la calcination -& de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à l'examen de -cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent pendant les -différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par le corps qui -brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes les opérations? & -certainement la supposition de l'hydrogène dans les différens corps -combustibles ne jette aucune lumière sur cette question. C'est au -surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute doctrine qui expliquera -aussi bien & aussi naturellement que la leur, sans supposition, aura au -moins l'avantage de la simplicité. - -On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M. -de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de -l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du soufre avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature | Noms anciens correspondans | - | | nouvelle. |avec la nouvelle Nomenclature.| - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz du soufre. | | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide de soufre. |Soufre mou. | - | {Acide sulfureux. |Acide sulfureux. | - | {Acide sulfurique. |Acide vitriolique. | - | | | | - |L'hydrogène. |Sulfure d'hydrogène. }Combinaisons inconnues. | - |L'azote. |Sulfure d'azote ou } | - | |azote sulfuré. } | - |Le phosphore. |Sulfure de phosphore. } | - |Le carbone. |Sulfure de carbone. } | - | | | | - |L'antimoine. |Sulfure d'antimoine. |Antimoine crud. | - |L'argent. |Sulfure d'argent. | | - |L'arsenic. |Sulfure d'arsenic. |Orpiment, réalgar. | - |Le bismuth. |Sulfure de bismuth. | | - |Le cobalt. |Sulfure de cobalt. | | - |Le cuivre. |Sulfure de cuivre. |Pyrite de cuivre. | - |L'étain. |Sulfure d'étain. | | - |Le fer. |Sulfure de fer. |Pyrite de fer. | - |Le manganèse. |Sulfure de manganèse. | | - |Le mercure. |Sulfure de mercure. |Ethiops minéral, cinnabre. | - |Le molybdène. |Sulfure de molybdène. | | - |Le nickel. |Sulfure de nickel. | | - |L'or. |Sulfure d'or. | | - |Le platine. |Sulfure de platine. | | - |Le plomb. |Sulfure de plomb. |Galène. | - |Le tungstène. |Sulfure de tungstène. | | - |Le zinc. |Sulfure de zinc. |Blende. | - |La potasse. |Sulfure de potasse. |Foie de soufre à base d'alkali| - | | |fixe végétal. | - |La soude. |Sulfure de soude. |Foie de soufre à base d'alkali| - | | |fixe minéral. | - |L'ammoniaque. |Sulfure d'ammoniaque. |Foie de soufre volatil, | - | | |liqueur fumante de Boyle. | - |La chaux. |Sulfure de chaux. |Foie de soufre à base | - | | |calcaire. | - |La magnésie. |Sulfure de magnésie. |Foie de soufre à base de | - | | |magnésie. | - |La baryte. |Sulfure de baryte. |Foie de soufre à base de terre| - | | |pesante. | - |L'alumine. |Sulfure d'alumine. |Combinaison inconnue. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Soufre & sur le tableau de ses combinaisons avec les substances -simples._ - -LE SOUFRE est une des substances combustibles qui a le plus de tendance -à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la -température habituelle dans laquelle nous vivons, & ne se liquéfie qu'à -une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante. - -La nature nous présente le soufre tout formé, & à-peu-près porté au -dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des -volcans; elle nous le présente encore, & beaucoup plus souvent dans -l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, & c'est -dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &c. -Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances, -il faut lui enlever l'oxygène, & on y parvient en le combinant à une -chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se -dégage dans l'état de gaz, & il reste un sulfure qu'on décompose par un -acide: l'acide s'unit à la base & le soufre se précipite. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du phosphore avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz du phosphore. | | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide de phosphore. | | - | {Acide phosphoreux. | | - | {Acide phosphorique. | | - |L'hydrogène. |Phosphure d'hydrogène. | | - |L'azote. |Phosphure d'azote. | | - |Le soufre. |Phosphure de soufre. | | - |Le carbone. |Phosphure de carbone. | | - | | | | - |L'antimoine. |Phosphure d'antimoine. }De toutes ces | - |L'argent. |Phosphure d'argent. }combinaisons, on ne | - |L'arsenic. |Phosphure d'arsenic. }connoît encore que le | - |Le bismuth. |Phosphure de bismuth. }phosphure de fer, | - |Le cobalt. |Phosphure de cobalt. }auquel on a donné le | - |Le cuivre. |Phosphure de cuivre. }nom très-impropre de | - |L'étain. |Phosphure d'étain. }sidérite; encore est-il | - |Le fer. |Phosphure de fer. }incertain si le | - |Le manganèse. |Phosphure de manganèse. }phosphore est oxigéné | - |Le mercure. |Phosphure de mercure. }ou non oxigéné dans | - |Le molybdène. |Phosphure de molybdène. }cette combinaison. | - |Le nickel. |Phosphure de nickel. } | - |L'or. |Phosphure d'or. } | - |Le platine. |Phosphure de platine. } | - |Le plomb. |Phosphure de plomb. } | - |Le tungstène. |Phosphure de tungstène. } | - |Le zinc. |Phosphure de zinc. } | - | | | | - |La potasse. |Phosphure de potasse. }Ces combinaisons ne | - |La soude. |Phosphure de soude. }sont point encore | - |L'ammoniaque. |Phosphure d'ammoniaque. }connues. Il y a | - | | }apparence qu'elles sont | - |La chaux. |Phosphure de chaux. }impossibles, d'après | - |La baryte. |Phosphure de baryte. }les expériences de | - |La magnésie. |Phosphure de magnésie. }M. Gengembre. | - |L'alumine. |Phosphure d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Phosphore & sur le Tableau de ses combinaisons avec les -substances simples._ - - -LE PHOSPHORE est une substance combustible simple, dont l'existence -avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que -la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé: -bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia, -& le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos -jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui -publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa -découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore: -quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs -ouvrages, & notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie -des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession -d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il -fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes, -en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant -on le tire d'une manière plus commode, & sur-tout plus économique, -des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le -procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle, -&c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient -presque blancs. On les pile & on les passe au tamis de soie; on verse -ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité -moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide -s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même -tems l'acide phosphorique est dégagé & reste libre dans la liqueur. -On décante alors, on lave le résidu, & on réunit l'eau du lavage à la -liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux -qui se cristallise en filets soyeux, & on finit par obtenir l'acide -phosphorique sous forme d'un verre blanc & transparent qui, réduit -en poudre & mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon -phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est -jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion, -soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des -expériences de recherches. - -Le phosphore se rencontre dans presque toutes les substances animales, -& dans quelques plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un -caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone, -l'azote & l'hydrogène, & il en résulte des radicaux très-composés. -Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion -d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance -dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on -ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que -des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite -convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles -simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on -puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du carbone avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'oxigène. {Oxide de carbone. |Inconnu. | - | {Acide carbonique. {Air fixe des anglois, | - | | {acide crayeux de M. | - | | {Bucquet & de M. | - | | {de Fourcroy. | - | | | | - |Le soufre. |Carbure de soufre. }Combinaisons inconnues. | - |Le phosphore. |Carbure de phosphore. } | - |L'azote. |Carbure d'azote. } | - | | | | - |L'hydrogène. {Radical carbone-hydreux. | | - | {Huiles fixes & volatiles. | | - | | | | - |L'antimoine. |Carbure d'antimoine. }De toutes ces | - |L'argent. |Carbure d'argent. }combinaisons, on | - |L'arsenic. |Carbure d'arsenic. }ne connoît que | - |Le bismuth. |Carbure de bismuth. }les carbures de | - |Le cobalt. |Carbure de cobalt. }fer & de zinc, | - |Le cuivre. |Carbure de cuivre. }auxquels on a | - |L'étain. |Carbure d'étain. }donné le nom de | - |Le fer. |Carbure de fer. }Plombagine; les | - |Le manganèse. |Carbure de manganèse. }autres n'ont encore | - |Le mercure. |Carbure de mercure. }été ni faites | - |Le molybdène. |Carbure de molybdène. }ni observées. | - |Le nickel. |Carbure de nickel. } | - |L'or. |Carbure d'or. } | - |Le platine. |Carbure de platine. } | - |Le plomb. |Carbure de plomb. } | - |Le tungstène. |Carbure de tungstène. } | - |Le zinc. |Carbure de zinc. } | - | | | | - |La potasse. |Carbure de potasse. } | - |La soude. |Carbure de soude. }Combinaisons inconnues. | - |L'ammoniaque. |Carbure d'ammoniaque. } | - | | | | - |La chaux. |Carbure de chaux. } | - |La magnésie. |Carbure de magnésie. } | - |La baryte. |Carbure de baryte. }Combinaisons inconnues. | - |L'alumine. |Carbure d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Carbone & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -COMME aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de -décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer -que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences -modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, & j'ai déjà fait -observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec -l'azote & avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin -que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides, -suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée. - -Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou -animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord -médiocre & ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions -d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques -on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans -lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, & -on pousse à grand feu dans un bon fourneau de reverbère: la chaleur -volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les -substances qui en sont susceptibles, & le carbone, comme le plus fixe, -reste combiné avec un peu de terre & quelques sels fixes. - -Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins -coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière -qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour -faire brûler le bois & pour en chasser l'huile & l'eau; on étouffe -ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du -fourneau. - -Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen -de l'air ou plutôt du gaz oxygène, & son oxygénation par l'acide -nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, & -il laisse de la chaux, de la potasse & quelques sels neutres. Les -Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, & il n'est pas -même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon -avant la combustion. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Radicaux muriatique, fluorique & boracique, & sur leurs -combinaisons._ - - -ON n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des -combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres -corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On -sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides -muriatique, fluorique & boracique, & qu'alors ils sont susceptibles -d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas -encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de -cette expression, & à les obtenir dans leur état de simplicité. Il -faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût -plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique -& boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir -dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique & -boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres._ - - -CE seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances -simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les -métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient -très-volumineux & ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de -recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés. -Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom -d'alliages, & qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus -grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or & -d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le -métal dominant. - -Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons, -leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences -de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique porté à l'état -d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, -avec les bases salifiables, dans l'ordre de leurs affinités avec cet -acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide nitreux avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |---------------------------------------------| - | | Nomenclature | Observations. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Nitrite de baryte. }Il n'y a qu'un | - |La potasse. |Nitrite de potasse. }très-petit nombre | - |La soude. |Nitrite de soude. }d'années que ces sels | - |La chaux. |Nitrite de chaux. }ont été découverts, & | - |La magnésie. |Nitrite de magnésie. }ils n'avoient point | - |L'ammoniaque. |Nitrite d'ammoniaque.}encore été nommés. | - |L'alumine. |Nitrite d'alumine. } | - | | | | - |L'oxide de zinc. |Nitrite de zinc. }Comme les métaux se | - |L'oxide de fer. |Nitrite de fer. }dissolvent dans les | - |L'oxide de manganèse. |Nitrite de manganèse.}acides nitreux & | - |L'oxide de cobalt. |Nitrite de cobalt. }nitrique, à différens | - |L'oxide de nickel. |Nitrite de nickel. }degrés d'oxigénation, | - |L'oxide de plomb. |Nitrite de plomb. }il doit en résulter | - |L'oxide d'étain. |Nitrite d'étain. }des sels, où l'acide | - |L'oxide de cuivre. |Nitrite de cuivre. }est réellement dans | - |L'oxide de bismuth. |Nitrite de bismuth. }des états différens; | - |L'oxide d'antimoine. |Nitrite d'antimoine. }ceux où le métal est | - |L'oxide d'arsenic. |Nitrite d'arsenic. }le moins oxigéné | - |L'oxide de mercure. |Nitrite de mercure. }seront appelés | - |L'oxide d'argent. * |Nitrite d'argent. }nitrites; ceux où il | - |L'oxide d'or. * |Nitrite d'or. }l'est davantage seront | - |L'oxide de platine. * |Nitrite de platine. }nommés nitrates: mais | - | | }la limite de cette | - | | }distinction n'est pas | - | | }très aisée à saisir. | - | | }Les anciens ne | - | | }connoissoient aucuns | - | | }de ces sels. | - ====================================================================== - - * Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite d'argent, - d'or & de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Azote complettement saturé d'oxygène, -& portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases salifiables, dans -l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide nitrique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature | - | | nouvelle. | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Nitrate de baryte. |Nitre à base de terre | - | | |pesante. | - |La potasse. |Nitrate de potasse, |Nitre, nitre à base | - | |salpêtre. |d'alkali végétal, | - | | |salpêtre. | - | | | | - |La soude. |Nitrate de soude. {Nitre quadrangulaire. | - | | {Nitre à base d'alkali | - | | {minéral. | - | | | | - |La chaux. |Nitrate de chaux. {Nitre calcaire, nitre à | - | | {base terreuse. | - | | {Eau mère de nitre ou de | - | | {salpêtre. | - | | | | - |La magnésie. |Nitrate de magnésie. |Nitre à base de | - | | |magnésie. | - |L'ammoniaque. |Nitrate d'ammoniaque.|Nitre ammoniacal. | - |L'alumine. |Nitrate d'alumine. |Alun nitreux, nitre | - | | |argileux, nitre à base | - | | |de terre d'alun. | - |L'oxide de zinc. |Nitrate de zinc. |Nitre de zinc. | - |L'oxide de fer. |Nitrate de fer. |Nitre de fer, nitre | - | | |martial. | - |L'oxide de manganèse.|Nitrate de manganèse.|Nitre de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |Nitrate de cobalt. |Nitre de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |Nitrate de nickel. |Nitre de nickel. | - |L'oxide de plomb. |Nitrate de plomb. |Nitre de plomb, nitre de| - | | |saturne. | - |L'oxide d'étain. |Nitrate d'étain. |Nitre d'étain. | - |L'oxide de cuivre. |Nitrate de cuivre. |Nitre de cuivre, nitre | - | | |de Vénus. | - |L'oxide de bismuth. |Nitrate de bismuth. |Nitre de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |Nitrate d'antimoine. |Nitre d'antimoine. | - | | | | - |L'oxide d'arsenic. |Nitrate d'arsenic. {Nitre d'arsenic. | - | | {Nitre arsenical. | - | | | | - |L'oxide de mercure. |Nitrate de mercure. {Nitre mercuriel. | - | | {Nitre de mercure. | - | | | | - |L'oxide d'argent. |Nitrate d'argent. {Nitre d'argent. | - | | {Nitre de lune, pierre | - | | {infernale. | - | | | | - |L'oxide d'or. |Nitrate d'or. |Nitre d'or. | - |L'oxide de platine. |Nitrate de platine. |Nitre de platine. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Acides nitreux & nitrique, & sur le Tableau de leurs -combinaisons._ - - -L'ACIDE nitreux & l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les -arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des -décombres des vieux bâtimens & de la terre des caves, des écuries, des -granges, & en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus -souvent uni dans ces terres à la chaux & à la magnésie, quelquefois -à la potasse & plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à -l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, & -qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite -de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique, -& de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie & -l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier & dans -le rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les -sels nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour -obtenir l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois -parties de salpêtre très-pur, & une d'acide sulfurique concentré: -on y adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de -Woulfe, c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis -d'eau & réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté -_pl. IV, fig. 1_. On lutte exactement toutes les jointures, & on -donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges, -c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est -point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se -condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge -très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se -dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison -qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le -calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la -température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une -partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve -converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux -à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz -nitreux qui étoit en excès s'échappe, & il reste de l'acide nitrique: -mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu -d'eau, & il y a d'ailleurs une perte considérable. - -On se procure de l'acide nitrique beaucoup plus concentré & avec -infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre & de l'argile -bien seche, & en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile -se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en -même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, & qui ne -contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse -aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on -obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, & il -reste de l'acide nitrique dans la cornue. - -On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical -nitrique: si à vingt parties & demie en poids d'azote, on ajoute -quarante-trois parties & demie d'oxygène, cette proportion constituera -l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36 -autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire -entre la première & la dernière de ces proportions, donne différentes -espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus -ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions -par voie de décomposition, & je ne puis pas assurer qu'elles soient -rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup -de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier & par voie -de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des -proportions un peu différentes & dans lesquelles l'azote entre pour -une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que -c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, & non de l'acide nitrique; & -cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la -différence des résultats. - -Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du -nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la -distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide -sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate -barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, & forme un -sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de -facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être -contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide -muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel -il a plus d'affinité, & se précipite sous forme de muriate d'argent -qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille -jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, & on -est sûr alors de l'avoir parfaitement pur. - -L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus de tendance à la -combinaison, & dont en même tems la décomposition est le plus facile. -Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or, -l'argent & le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène; -quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement -connu des Chimistes, & ses combinaisons ont été plus étudiées que -celles d'aucun autre. MM. Macquer & Baumé ont nommé _nitres_ tous les -sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom -de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, & nous -les avons appelés _nitrates_ ou _nitrites_, suivant qu'ils ont l'acide -nitrique ou l'acide nitreux pour acide & d'après la loi générale dont -nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une -suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous -avons spécifié chaque sel par le nom de sa base. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre oxygéné avec -les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide, par -la voie humide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide sulfurique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. | - |--------------------------------------------------------------------| - | 1 |La baryte. |Sulfate de baryte. | - | 2 |La potasse. |Sulfate de potasse. | - | 3 |La soude. |Sulfate de soude. | - | 4 |La chaux. |Sulfate de chaux. | - | 5 |La magnésie. |Sulfate de magnésie. | - | 6 |L'ammoniaque. |Sulfate d'ammoniaque. | - | 7 |L'alumine. |Sulfate d'alumine ou alun. | - | 8 |L'oxide de zinc. |Sulfate de zinc. | - | 9 |L'oxide de fer. |Sulfate de fer. | - | 10 |L'oxide de manganèse. |Sulfate de manganèse. | - | 11 |L'oxide de cobalt. |Sulfate de cobalt. | - | 12 |L'oxide de nickel. |Sulfate de nickel. | - | 13 |L'oxide de plomb. |Sulfate de plomb. | - | 14 |L'oxide d'étain. |Sulfate d'étain. | - | 15 |L'oxide de cuivre. |Sulfate de cuivre. | - | 16 |L'oxide de bismuth. |Sulfate de bismuth. | - | 17 |L'oxide d'antimoine. |Sulfate d'antimoine. | - | 18 |L'oxide d'arsenic. |Sulfate d'arsenic. | - | 19 |L'oxide de mercure. |Sulfate de mercure. | - | 20 |L'oxide d'argent. |Sulfate d'argent. | - | 21 |L'oxide d'or. |Sulfate d'or. | - | 22 |L'oxide de platine. |Sulfate de platine. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide vitriolique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | NOMENCLATURE ANCIENNE. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. | - |--------------------------------------------------------------------| - | 1 |La terre pesante. |Vitriol de terre pesante, spath | - | | |pesant. | - | 2 |L'alkali fixe végétal.|Tartre vitriolé, sel de duobus, | - | | |arcanum duplicatum. | - | 3 |L'alkali fixe minéral.|Sel de Glauber. | - | 4 |La terre calcaire. |Sélénite, gypse, vitriol calcaire. | - | 5 |La magnésie. |Vitriol de magnésie, sel d'Epsom, | - | | |sel de Sedlitz. | - | 6 |L'alkali volatil. |Sel ammoniacal secret de Glauber. | - | 7 |La terre de l'alun. |Alun. | - | 8 |La chaux de zinc. |Vitriol blanc, vitriol de Goslard. | - | | |Couperose blanche, vitriol de | - | | |zinc. | - | 9 |La chaux de fer. |Couperose verte, vitriol martial, | - | | |vitriol de fer. | - | 10 |La chaux de manganèse.|Vitriol de manganèse. | - | 11 |La chaux de cobalt. |Vitriol de cobalt. | - | 12 |La chaux de nickel. |Vitriol de nickel. | - | 13 |La chaux de plomb. |Vitriol de plomb. | - | 14 |La chaux d'étain. |Vitriol d'étain. | - | 15 |La chaux de cuivre. |Vitriol de cuivre, couperose | - | | |bleue. | - | 16 |La chaux de bismuth. |Vitriol de bismuth. | - | 17 |La chaux d'antimoine. |Vitriol d'antimoine. | - | 18 |La chaux d'arsenic. |Vitriol d'arsenic. | - | 19 |La chaux de mercure. |Vitriol de mercure. | - | 20 |La chaux d'argent. |Vitriol d'argent. | - | 21 |La chaux d'or. |Vitriol d'or. | - | 22 |La chaux de platine. |Vitriol de platine. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sulfurique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate -de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette -distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le -quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par -la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui -qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la -combustion du soufre & son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou -nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, & fournit au -soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide. -Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du -soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que -pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1º. -parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, & que l'air dans lequel se -fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique; -2º. parce que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs, met -obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on brûle -le mêlange de soufre & de salpêtre dans de grandes chambres dont les -parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un peu d'eau -au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se débarrasse -ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique qu'on a obtenu -dans de grandes cornues: on distille à un degré de chaleur modéré; il -passe une eau légèrement acide, & il reste dans la cornue de l'acide -sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane, sans odeur, & -il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit la combustion -du soufre, & on accéléreroit la fabrication de l'acide sulfurique, -si on introduisoit dans les grandes chambres doublées de plomb où se -fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets qu'on dirigeroit -sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique par de longs canaux -ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit en contact avec de -l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide sulfureux ou acide -sulfurique qu'il pourroit contenir. - -Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre -en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties -d'acide sulfurique. Suivant une seconde expérience faite par une autre -méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour former la -même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec. - -Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant -qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles -de décomposer une portion de l'acide, & de lui enlever assez d'oxygène -pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à -l'argent, au mercure & même au fer & au zinc, quand on les fait -dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré & bouillant. Ces métaux -s'oxident & se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à -l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état -d'acide sulfureux, & il se dégage alors sous la forme de gaz acide -sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre -que le fer & le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme -ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au -soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument -insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc & du fer: -ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau; -ils s'oxident à ses dépens, & deviennent alors dissolubles dans -l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases -salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms | - | | | des sel neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La baryte. |Sulfite de baryte. | - |de l'acide |La potasse. |Sulfite de potasse. | - |sulfureux |La soude. |Sulfite de soude. | - |avec: |La chaux. |Sulfite de chaux. | - | |La magnésie. |Sulfite de magnésie. | - | |L'ammoniaque. |Sulfite d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Sulfite d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Sulfite de zinc. | - | |L'oxide de fer. |Sulfite de fer. | - | |L'oxide de manganèse. |Sulfite de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Sulfite de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Sulfite de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Sulfite de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Sulfite d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Sulfite de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Sulfite de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Sulfite d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Sulfite d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Sulfite de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Sulfite d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Sulfite d'or. | - | |L'oxide de platine. |Sulfite de platine. | - ============================================================== - - _Nota._ Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que - le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le - nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que - nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit: - _Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux - de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base - de terre calcaire._ - - On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M. - Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des - alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux; - mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides - métalliques. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la -combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion -de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1º. en -faisant brûler du soufre lentement, 2º. en distillant de l'acide -sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou -du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe -dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans -l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous -vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un -très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide: -l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz -acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide -muriatique. - -C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop -répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les -acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant -déjà dépouillé d'une grande partie de l'oxygène nécessaire pour le -constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à -en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut -les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par -une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans -l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité. -Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre -des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela -même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de -véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des -sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu -dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux, -ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles -de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après -cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé -devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le -plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette -distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à -tous les autres sulfates métalliques. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier degré -d'oxygénation, & qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les -bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - =============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |-------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La chaux. |Phosphite de chaux. | - |de l'acide |La baryte. |Phosphite de baryte. | - |phosphoreux |La magnésie. |Phosphite de magnésie. | - |avec: |La potasse. |Phosphite de potasse. | - | |La soude. |Phosphite de soude. | - | |L'ammoniaque. |Phosphite d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Phosphite d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Phosphite de zinc. * | - | |L'oxide de fer. |Phosphite de fer. | - | |L'oxide de manganèse.|Phosphite de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Phosphite de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Phosphite de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Phosphite de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Phosphite d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Phosphite de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Phosphite de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Phosphite d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Phosphite d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Phosphite de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Phosphite d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Phosphite d'or. | - | |L'oxide de platine. |Phosphite de platine. | - =============================================================== - - * L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore - absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles - de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés - d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé. - - Aucuns de ces sels n'avoient été nommés. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou Acide -phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur -affinité avec cet acide *._ - - - =============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |-------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La chaux. |Phosphate de chaux. | - |de l'acide |La baryte. |Phosphate de baryte. | - |phosphorique |La magnésie. |Phosphate de magnésie. | - |avec: |La potasse. |Phosphate de potasse. | - | |La soude. |Phosphate de soude. | - | |L'ammoniaque. |Phosphate d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Phosphate d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Phosphate de zinc. | - | |L'oxide de fer. |Phosphate de fer. | - | |L'oxide de manganèse.|Phosphate de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Phosphate de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Phosphate de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Phosphate de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Phosphate d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Phosphate de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Phosphate de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Phosphate d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Phosphate d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Phosphate de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Phosphate d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Phosphate d'or. | - | |L'oxide de platine. |Phosphate de platine. | - =============================================================== - - * La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu de tems, - & n'avoient point encore été nommés. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs -combinaisons._ - - -ON a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte -de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière -dont il existe dans les végétaux & dans les animaux. - -Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt -de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire -brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en -y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2 -fois 1/2 son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en -faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur -de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui -attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir -ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins -oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement -lente, & le laisser tomber en quelque façon en _déliquium_ à l'air -dans un entonnoir placé sur un flacon de cristal. Au bout de quelques -jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, à mesure -qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de l'air, & -a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit au surplus -aisément en acide phosphorique par une simple exposition à l'air -long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande affinité -avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide muriatique -oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu dispendieux -d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par l'acide -nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon de -cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait -chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits -morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même -tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On -continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se -dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les -dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique -dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme -liquide. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou Acide -carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide *._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide carbonique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Carbonate | | - | | | | - |La baryte. |de baryte. |Terre pesante aérée ou | - | | |effervescente. | - |La chaux. |de chaux. |Terre calcaire, spath calcaire,| - | | |craie. | - |La potasse. |de potasse. |Alkali fixe végétal | - | | |effervescent, méphite de | - | | |potasse. | - |La soude. |de soude. |Alkali fixe minéral | - | | |effervescent, méphite de soude.| - |La magnésie. |de magnésie. |Magnésie effervescente, base | - | | |du sel d'Epsom effervescente, | - | | |méphite de magnésie. | - |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Alkali volatil effervescent, | - | | |méphite d'ammoniaque. | - |L'alumine. |d'alumine. |Méphite argileux, terre d'alun | - | | |aérée. | - |L'oxide de zinc. |de zinc. |Zinc spathique, méphite de | - | | |zinc. | - |L'oxide de fer. |de fer |Fer spathique, méphite de fer. | - |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Méphite de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Méphite de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |de nickel. |Méphite de nickel. | - |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb spathique ou méphite de | - | | |plomb. | - |L'oxide d'étain. |d'étain. |Méphite d'étain. | - |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Méphite de cuivre. | - |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Méphite de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Méphite d'antimoine. | - |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Méphite d'arsenic. | - |L'oxide de mercure. |de mercure. |Méphite de mercure. | - |L'oxide d'argent. |d'argent. |Méphite d'argent. | - |L'oxide d'or. |d'or. |Méphite d'or. | - |L'oxide de platine. |de platine. |Méphite de platine. | - ====================================================================== - - * Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques années, il - n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature ancienne. - On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que M. de - Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. M. - Bergman désignoit les bases saturées de cet acide par l'épithète - _aérée_; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire - saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide - crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui - résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -DE tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est -peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature. -Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes -les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une -terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de -ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique, -ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a -l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est -produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz -dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun -des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé -jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en -résulte un acide extrêmement foible. - -On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant -de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite -portion d'alkool en dissolution. - -Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence -former artificiellement cet acide, en brûlant du charbon dans du gaz -oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide -métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine -avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre -reparoît sous sa forme métallique. - -C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait -eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme -de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, -l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes. - -Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu -dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour -l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de -carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne -le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit -employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins -aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que -changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible -d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire, -c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des -matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou Acide -muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide muriatique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Muriate | | - | | | | - |La baryte. |de baryte. |Sel marin à base de terre | - | | |pesante. | - | | | | - |La potasse. |de potasse. {Sel fébrifuge de Sylvius. | - | | {Sel marin à base d'alkali | - | | {fixe végétal. | - | | | | - |La soude. |de soude. |Sel marin. | - | | | | - |La chaux. |de chaux. {Sel marin à base terreuse. | - | | {Huile de chaux. | - | | | | - |La magnésie. |de magnésie. |Sel d'Epsom marin, sel marin | - | | |à base de sel d'Epsom ou de | - | | |magnésie. | - |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Sel ammoniac. | - |L'alumine. |d'alumine. |Alun marin, sel marin à base | - | | |de terre d'alun. | - |L'oxide de zinc. |de zinc. |Sel marin de zinc. | - |L'oxide de fer. |de fer. |Sel de fer, sel marin | - | | |martial. | - |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Sel marin de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Sel marin de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |de nickel. |Sel marin de nickel. | - |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb corné. | - | | | | - |L'oxide d'étain. {d'étain fumant. |Liqueur fumante de Libavius. | - | {d'étain solide. |Beurre d'étain solide. | - | | | | - |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Sel marin de cuivre. | - |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Sel marin de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Sel marin d'antimoine. | - |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Sel marin d'arsenic. | - | | | | - |L'oxide de mercure. {de mercure doux.{Mercure sublimé doux, | - | { {_aquila alba_. | - | {de mercure {Mercure sublimé corrosif. | - | {corrosif. { | - | | | | - |L'oxide d'argent. |d'argent. |Argent corné. | - |L'oxide d'or. |d'or. |Sel marin d'or. | - |L'oxide de platine. |de platine. |Sel marin de platine. | - ====================================================================== - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec les -différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible de -s'unir._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature | - | | | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Muriate oxygéné de baryte. }Cet ordre de | - |La potasse. |Muriate oxygéné de potasse. }sels qui étoit | - |La soude. |Muriate oxygéné de soude. }absolument | - |La chaux. |Muriate oxygéné de chaux. }inconnu aux | - |La magnésie. |Muriate oxygéné de magnésie. }anciens, a été | - |L'alumine. |Muriate oxygéné d'alumine. }découvert en | - |L'oxide de zinc. |Muriate oxygéné de zinc. }1786 par | - |L'oxide de fer. |Muriate oxygéné de fer. }M. Berthollet. | - |L'oxide de manganèse.|Muriate oxygéné de manganèse.} | - |L'oxide de cobalt. |Muriate oxygéné de cobalt. } | - |L'oxide de nickel. |Muriate oxygéné de nickel. } | - |L'oxide de plomb. |Muriate oxygéné de plomb. } | - |L'oxide d'étain. |Muriate oxygéné d'étain. } | - |L'oxide de cuivre. |Muriate oxygéné de cuivre. } | - |L'oxide de bismuth. |Muriate oxygéné de bismuth. } | - |L'oxide d'antimoine. |Muriate oxygéné d'antimoine. } | - |L'oxide d'arsenic. |Muriate oxygéné d'arsenic. } | - |L'oxide de mercure. |Muriate oxygéné de mercure. } | - |L'oxide d'argent. |Muriate oxygéné d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Muriate oxygéné d'or. } | - |L'oxide de platine. |Muriate oxygéné de platine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral: -il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la -chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans -l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément -uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas -avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique; -en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical: -ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le -principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce -radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que -l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par -la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer -qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans -doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après -des preuves. - -L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles -il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement -par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le -procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même -objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil, -il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la -distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie -d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une -cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte -un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou -trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes, -à la manière de M. Woulfe. La _figure 1, planche IV_, représente -cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on -introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la -referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de -l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la -température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit -donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec -laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande -proportion à celle contenue dans les bouteilles adaptées au ballon; -& lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les anciens -appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons aujourd'hui -acide muriatique. - -Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant -qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle -dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide -de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se -forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut -exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état -gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi -grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine -proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète. -L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M. -Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables; -les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone & -avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant -plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate -oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par -son expansion à des explosions très-dangereuses. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec les bases -salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que les affinités -de cet acide ne sont point assez connues._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms | Noms des sels neutres. | - | | des bases. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Nitro-muriate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Nitro-muriate d'ammoniaque.| - |nitro-muriatique {L'antimoine. |Nitro-muriate d'antimoine. | - |avec: {L'argent. |Phosphate de potasse. | - | {L'arsenic. |Nitro-muriate d'arsenic. | - | {La baryte. |Nitro-muriate de baryte. | - | {Le bismuth. |Nitro-muriate de bismuth. | - | {La chaux. |Nitro-muriate de chaux. | - | {Le cobalt. |Nitro-muriate de cobalt. | - | {Le cuivre. |Nitro-muriate de cuivre. | - | {L'étain. |Nitro-muriate d'étain. | - | {Le fer. |Nitro-muriate de fer. | - | {La magnésie. |Nitro-muriate de magnésie. | - | {Le manganèse. |Nitro-muriate de manganèse.| - | {Le mercure. |Nitro-muriate de mercure. | - | {Le molybdène. |Nitro-muriate de molybdène.| - | {Le nickel. |Nitro-muriate de nickel. | - | {L'or. |Nitro-muriate d'or. | - | {Le platine. |Nitro-muriate de platine. | - | {Le plomb. |Nitro-muriate de plomb. | - | {La potasse. |Nitro-muriate de potasse. | - | {La soude. |Nitro-muriate de soude. | - | {Le tungstène. |Nitro-muriate de tungstène.| - | {Le zinc. |Nitro-muriate de zinc. | - ============================================================== - - _Nota._ La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide - nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées, - on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se - séparent pour former deux sels distincts. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE nitro-muriatique, anciennement appelé _eau régale_, est formé -par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux -de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il -en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières -qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de -dissoudre l'or & le platine. - -Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les -autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils -s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en -même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a -encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable, -& il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent; -il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe une -assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. J'ai eu -occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le platine & -que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide nitro-muriatique. - -J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de -l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène -de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique -oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs -faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant -chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz -nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc -à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, & -j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou Acide -fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide fluorique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |--------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclat. ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La chaux. |Fluate de chaux. }Toutes ces | - |La baryte. |Fluate de baryte. }combinaisons ont été | - |La magnésie. |Fluate de magnésie. }inconnues aux anciens | - |La potasse. |Fluate de potasse. }Chimistes. | - |La soude. |Fluate de soude. } | - |L'ammoniaque. |Fluate d'ammoniaque. } | - | | } | - |L'oxide de zinc. |Fluate de zinc. } | - |L'oxide de manganèse. |Fluate de manganèse. } | - |L'oxide de fer. |Fluate de fer. } | - |L'oxide de plomb. |Fluate de plomb. } | - |L'oxide d'étain. |Fluate d'étain. } | - |L'oxide de cobalt. |Fluate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Fluate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Fluate de nickel. } | - |L'oxide d'arsenic. |Fluate d'arsenic. } | - |L'oxide de bismuth. |Fluate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Fluate de mercure. } | - |L'oxide d'argent. |Fluate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Fluate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Fluate de platine. } | - |_Et par la voie sèche._| } | - |L'alumine. |Fluate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -LA nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor, -spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre -calcaire, & forme un sel insoluble. - -Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison, -on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb; -on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un -récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une -chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient, -à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme -de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on -peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au -mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux, -le gaz acide carbonique. - -On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux -métalliques, parce que l'acide fluorique dissout le verre & la terre -siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux substances, & -il les enlève avec lui dans l'état de gaz. - -C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet -acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité -considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide -particulier & _sui generis_. - -M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M. -Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les -propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la -dernière main à ce travail. - -Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature -du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore -parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la -nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet -égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on -pourroit espérer quelque succès. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec les -différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de s'unir -dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Borate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Borate de baryte. | - |boracique {La magnésie. |Borate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Borate de potasse. | - | {La soude. |Borate de soude, ou borax.| - | {L'ammoniaque. |Borate d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Borate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Borate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Borate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Borate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Borate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Borate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Borate de nickel. | - | {L'oxide de mercure.|Borate de mercure. | - | {L'alumine. |Borate d'alumine. | - ============================================================== - - _Nota._ La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni - connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de - sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe - végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre - calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude & - la chaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax, -sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait -été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions -très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le -purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve -naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans -l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois; -ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM. -l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus -à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, -est encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax -étoit un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, -& qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a -été long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné -sous le nom d'acide boracique. On le rencontre quelquefois libre dans -l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains -& demi par pinte. - -Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par -dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur -très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide -quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide -boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme -cristalline par refroidissement. - -On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de -l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence -qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le -séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide -boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il -ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout -acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux -cristallisations successives. - -L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la -propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on -l'a dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait -croire qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive -n'a confirmé ce résultat; il y a apparence que si le borax contient -quelquefois du cuivre, il lui est accidentel. - -Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie -humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux -par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par -double affinité. - -Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec -lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités -qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable, -lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la -dernière, doit être placée immédiatement après la soude. - -Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient -tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun -moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène -fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide arsenique avec -les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide arsenique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels neutres. | Observation. | - | salifiables. | | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La chaux. |Arseniate de chaux. }Ce genre de | - |La baryte. |Arseniate de baryte. }sels étoit absolument| - |La magnésie. |Arseniate de magnésie. }inconnu aux anciens. | - |La potasse. |Arseniate de potasse. }M. Macquer, qui a | - |La soude. |Arseniate de soude. }découvert en 1746 la | - |L'ammoniaque. |Arseniate d'ammoniaque. }combinaison de | - |L'oxide de zinc. |Arseniate de zinc. }l'acide arsenique | - |L'oxide de manganèse.|Arseniate de manganèse. }avec la potasse & la | - |L'oxide de fer. |Arseniate de fer. }soude, les avoit | - |L'oxide de plomb. |Arseniate de plomb. }nommés sels neutres | - |L'oxide d'étain. |Arseniate d'étain. }arsenicaux. | - |L'oxide de cobalt. |Arseniate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Arseniate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Arseniate de nickel. } | - |L'oxyde de bismuth. |Arseniate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Arseniate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Arseniate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Arseniate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Arseniate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Arseniate de platine. } | - |L'alumine. |Arseniate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -DANS un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M. -Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc -d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel -neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a -publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une -substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences -plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette -opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide -de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se -combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres -moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir -l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple -est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids -d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle -est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique double du poids -de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se -décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic -pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz -nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz -muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure -qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret -jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset -est de l'acide arsenique pur. - -Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir -en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a -répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à -distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide -s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide -muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on -a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée. -L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève -l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique, -& de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique -ordinaire. On sépare ces deux acides en distillant à une chaleur -douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe & -l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il -est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic. - -Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide -blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point -exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, & -qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz -nitreux. - -D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique, -un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait -rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se -dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand -nombre de bases salifiables. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide molybdique -avec les bases salifiables, par ordre alphabétique *._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Molybdate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Molybdate d'ammoniaque. | - |molybdique {L'oxide d'antimoine. |Molybdate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Molybdate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Molybdate d'arsenic. | - | {La baryte. |Molybdate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Molybdate de bismuth. | - | {La chaux. |Molybdate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Molybdate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Molybdate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Molybdate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Molybdate de fer. | - | {La magnésie. |Molybdate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse.|Molybdate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Molybdate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Molybdate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Molybdate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Molybdate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Molybdate de plomb. | - | {La potasse. |Molybdate de potasse. | - | {La soude. |Molybdate de soude. | - | {Le zinc. |Molybdate de zinc. | - ============================================================== - - - * On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on - ne connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes - bases. C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, - comme de beaucoup d'autres. - - _Nota._ Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, & - n'avoit point encore été nommée. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -LE MOLYBDÈNE est une substance métallique particulière, qui est -susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable -acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie -de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est -un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties -d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille. -L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le -soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide -sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion -& jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs -rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins -par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche, -pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut, -sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette -précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions -d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide tungstique -avec les bases salifiables._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Tungstate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Tungstate de baryte. | - |tungstique {La magnésie. |Tungstate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Tungstate de potasse. | - | {La soude. |Tungstate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Tungstate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Tungstate d'alumine. | - | {L'oxide d'antimoine. |Tungstate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Tungstate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Tungstate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Tungstate de bismuth. | - | {L'oxide de cobalt. |Tungstate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Tungstate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Tungstate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Tungstate de fer. | - | {L'oxide de manganèse.|Tungstate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Tungstate de mercure. | - | {L'oxide de molybdène.|Tungstate de molybdène. | - | {L'oxide de nickel. |Tungstate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Tungstate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Tungstate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Tungstate de plomb. | - | {L'oxide de zinc. |Tungstate de zinc. | - ============================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été -souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du -rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède -6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc -perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la -Saxe & en Bohême. - -Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre -fréquemment dans les mines de Cornouailles. - -Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans -ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la -mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction -d'acide: il y est uni à la chaux. - -Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène -avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le -mêlange dans un creuset. Lorsque la matière est refroidie, on la -met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis -on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle -il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se -précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide -nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il -ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est -complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il -faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un -creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les -produits, & altéreroit la pureté de l'acide. - -Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont -point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par -ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les -a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute -cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou Acide -tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ============================================================== - | | Noms des bases. | NOMS DES SEL NEUTRES. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Tartrite de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Tartrite de baryte. | - |tartareux {La magnésie. |Tartrite de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Tartrite de potasse. | - | {La soude. |Tartrite de soude. | - | {L'ammoniaque. |Tartrite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Tartrite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Tartrite de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Tartrite de fer. | - | {L'oxide de manganèse.|Tartrite de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Tartrite de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Tartrite de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Tartrite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Tartrite d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Tartrite de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Tartrite de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Tartrite d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Tartrite d'arsenic. | - | {L'oxide d'argent. |Tartrite d'argent. | - | {L'oxide de mercure. |Tartrite de mercure. | - | {L'oxide d'or. |Tartrite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Tartrite de platine. | - ============================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -TOUT le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans -lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un -acide particulier _sui generis_, combiné avec la potasse, mais de -manière que l'acide est dans un excès considérable. - -C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir -l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus -d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence -de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante, -& d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le -tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe -au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en -sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche; -après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois -son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur -douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique -s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se -trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité -de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la -liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter -les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous -les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient -l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent -environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire -pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré -qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau. - -Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui -avons conservé la terminaison en _eux_, & nous avons nommé _tartrites_ -le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables. - -La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou -hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide -oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que -l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en assez -grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit en -acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est -probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces -conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la -seule cause qui constitue la différence de ces acides. - -L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est -susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel -avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous -avons nommé _tartrite acidule de potasse_. La même combinaison donne -par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous -nommons simplement _tartrite de potasse_, & qui est connu en pharmacie -sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à -saturation, donne un _tartrite de soude_ connu sous le nom de sel de -seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou Acide malique -avec les bases salifiables par ordre alphabétique._ - - - ============================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Malate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Malate d'ammoniaque. | - |malique {L'oxide d'antimoine. |Malate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Malate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Malate d'arsenic. | - | {La baryte. |Malate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Malate de bismuth. | - | {La chaux. |Malate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Malate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Malate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Malate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Malate de fer. | - | {La magnésie. |Malate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse.|Malate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Malate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Malate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Malate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Malate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Malate de plomb. | - | {La potasse. |Malate de potasse. | - | {La soude. |Malate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Malate de zinc. | - ============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, -mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour -l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse -ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite -de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide -malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce -précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi -on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique, -s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu -soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre -& en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec -l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près -le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a -porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre imparfait. Il est -plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide -acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical, -qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On -peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide -nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme -point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement -deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement -même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de -verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite & -de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il -se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution. -Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par -l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide -sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le -jus des pommes. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou Acide -citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec -cet acide *._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide citrique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels | Observation. | - | salifiables. | neutres. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Citrate de baryte. }Toutes ces | - |La chaux. |Citrate de chaux. }combinaisons étoient | - |La magnésie. |Citrate de magnésie. }inconnues aux | - |La potasse. |Citrate de potasse. }anciens chimistes. | - |La soude. |Citrate de soude. } | - |L'ammoniaque. |Citrate d'ammoniaque. } | - |L'oxide de zinc. |Citrate de zinc. } | - |L'oxide de manganèse.|Citrate de manganèse. } | - |L'oxide de fer. |Citrate de fer. } | - |L'oxide de plomb. |Citrate de plomb. } | - |L'oxide de cobalt. |Citrate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Citrate de cuivre. } | - |L'oxide d'arsenic. |Citrate d'arsenic. } | - |L'oxide de mercure |Citrate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Citrate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Citrate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Citrate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Citrate de platine. } | - |L'alumine. |Citrate d'alumine. } | - ====================================================================== - - * Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. Bergman & par - M. de Breney, de l'Académie de Dijon. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par -expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé -avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse -déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel -que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés -au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide -reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume. -Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce -que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la -peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de -M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en -saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate -calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse -dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du -sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre -dans la liqueur. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, ou Acide -pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ================================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |----------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Pyro-lignite de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Pyro-lignite de baryte. | - |pyro-ligneux {La potasse. |Pyro-lignite de potasse. | - |avec: {La soude. |Pyro-lignite de soude. | - | {La magnésie. |Pyro-lignite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-lignite d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-lignite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-lignite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-lignite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-lignite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-lignite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-lignite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-lignite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-lignite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-lignite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-lignite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Pyro-lignite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-lignite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Pyro-lignite d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Pyro-lignite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Pyro-lignite de platine. | - | {L'alumine. |Pyro-lignite d'alumine. | - ================================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LES anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois, -& sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la -distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière; -mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher -la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le -Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient -par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est -très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le -rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près -le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi -Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de -cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre -qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet -acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, ou Acide -pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans l'ordre de -leur affinité avec cet acide *._ - - - ===================================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Pyro-tartrite de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Pyro-tartrite de soude. | - |pyro-tartareux {La baryte. |Pyro-tartrite de baryte. | - |avec: {La chaux. |Pyro-tartrite de chaux. | - | {La magnésie. |Pyro-tartrite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-tartrite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Pyro-tartrite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-tartrite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-tartrite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-tartrite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-tartrite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-tartrite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-tartrite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-tartrite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-tartrite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-tartrite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-tartrite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Pyro-tartrite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-tartrite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Pyro-tartrite d'argent. | - ===================================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - * On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais comme il a - beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a supposées les - mêmes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu -concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation. -Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou -tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé -auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil -pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide -empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au -moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide -pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse -quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient, -n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il -seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé -de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette -opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, ou Acide -pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ================================================================= - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |---------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Pyro-mucite de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Pyro-mucite de soude. | - |pyro-muqueux {La baryte. |Pyro-mucite de baryte. | - |avec: {La chaux. |Pyro-mucite de chaux. | - | {La magnésie. |Pyro-mucite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-mucite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Pyro-mucite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-mucite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-mucite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-mucite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-mucite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-mucite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-mucite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-mucite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-mucite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-mucite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-mucite de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-mucite d'antimoine. | - ================================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés -par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent -considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de -la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient -moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est -principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement -oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces -taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le -concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel: -si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en -acide oxalique & en acide malique. - -C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz -pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand -la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou Acide -oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec -cet acide._ - - - ============================================================= - | | Noms des bases. |Noms des sels neutres.| - | | salifiables. | | - |-----------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Oxalate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Oxalate de baryte. | - |oxalique {La magnésie. |Oxalate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Oxalate de potasse. | - | {La soude. |Oxalate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Oxalate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Oxalate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Oxalate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Oxalate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Oxalate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Oxalate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Oxalate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Oxalate de plomb. | - | {L'oxide de cuivre. |Oxalate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Oxalate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Oxalate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Oxalate d'arsenic. | - | {L'oxide de mercure. |Oxalate de mercure. | - | {L'oxide d'argent. |Oxalate d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Oxalate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Oxalate de platine. | - ============================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons._ - -L'ACIDE oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne; -il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses -cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie -saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à -proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on -veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y -parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical -oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit -parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se -produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de -gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme -des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur -un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique -dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la -pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait -cristalliser une seconde fois. - -L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en -l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique, -par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu -plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le -convertit en acide acéteux ou vinaigre. - -L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a, -comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un -grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des -sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel -d'oseille oxalate acidule de potasse. - -Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes. -M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des -Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave: -mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la -potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide -qu'on forme par l'oxygénation du sucre. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un premier -degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre de leur -affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases | Noms des sels | - | | salifiables. | neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons de {La baryte. |Acétite de baryte. | - |l'acide acéteux {La potasse. |Acétite de potasse. | - |avec: {La soude. |Acétite de soude. | - | {La chaux. |Acétite de chaux. | - | {La magnésie. |Acétite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Acétite d'ammoniaque.| - | {L'oxide de zinc. |Acétite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse.|Acétite de manganèse.| - | {L'oxide de fer. |Acétite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Acétite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Acétite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Acétite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Acétite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Acétite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Acétite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Acétite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Acétite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Acétite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Acétite d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Acétite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Acétite de platine. | - | {L'alumine. |Acétite d'alumine. | - ============================================================== - - - ====================================================================== - | NOMENCLATURE ANCIENNE. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La terre pesante. |Inconnue des anciens. La | - |de l'acide { |découverte en est due à M. de | - |du vinaigre { |Morveau qui l'a nommée _acète | - |avec: { |barotique_. | - | | | | - | {L'alkali fixe végétal. |Terre foliée de tartre | - | { |très-secrète de Muller, arcane| - | { |de tartre de Basile Valentin, | - | { |& de Paracelse, Magistère | - | { |purgatif de tartre de | - | { |Schroëder, sel essentiel de | - | { |vin de Zwelfer, tartre | - | { |régénéré de Tachénius, sel | - | { |diurétique de Sylvius, de | - | { |Wilson. | - | | | | - | {L'alkali fixe minéral. |Terre foliée à base d'alkali | - | { |minéral, terre foliée | - | { |minérale, terre foliée | - | { |cristallisable, sel acéteux | - | { |minéral. | - | | | | - | {La terre calcaire. |Sel de craie, sel de corail, | - | { |sel d'yeux d'écrevisses; | - | { |Hartman en a fait mention. | - | | | | - | {La base du sel d'epsom.|Inconnue des anciens; | - | { |M. Wenzel est le premier qui | - | { |en ait parlé. | - | | | | - | {L'alkali volatil. |Esprit de Mendérérus ou de | - | { |Menderet, sel acéteux | - | { |ammoniacal. | - | | | | - | {La chaux de zinc. |Cette combinaison a été connue| - | { |de Glauber, Schwedemberg, | - | { |Respour, Pott, de M. de | - | { |Lassone, & de M. Wenzel, mais | - | { |ils ne l'ont pas désignée par | - | { |un nom particulier. | - | | | | - | {La chaux de manganèse. |Inconnue des anciens. | - | | | | - | {La chaux de fer. |Vinaigre martial. Cette | - | { |combinaison a été décrite | - | { |par Scheffer, par MM. Monnet, | - | { |Wenzel & le Duc d'Ayen. | - | | | | - | {La chaux de plomb. |Sucre de Saturne, vinaigre de | - | { |Saturne, sel de Saturne. | - | | | | - | {La chaux d'étain. |Cette combinaison a été connue| - | { |de MM. Lémery, Margraff, | - | { |Monnet, Weslendorf & Wenzel, | - | { |mais ils ne lui ont pas donné | - | { |de nom. | - | | | | - | {La chaux de cobalt. |Encre de simpathie de | - | { |M. Cadet. | - | | | | - | {La chaux de cuivre. |Verd de gris, cristaux de | - | { |verdet, cristaux de Vénus, | - | { |verdet, verdet distillé. | - | | | | - | {La chaux de nickel. |Inconnue des anciens. | - | | | | - | {La chaux d'arsenic. |Liqueur fumante, | - | { |arsenico-acéteuse, ou | - | { |phosphore liquide de M. Cadet.| - | | | | - | {La chaux de bismuth. |Sucre de bismuth de | - | { |M. Geoffroi. Cette combinaison| - | { |a été connue de MM. Gellert, | - | { |Pott, Weslendorf, Bergman & de| - | { |Morveau. | - | | | | - | {La chaux de mercure. |Terre foliée mercurielle. | - | { |M. Gebaver a fait mention en | - | { |1748, de cette combinaison; | - | { |elle a été décrite par | - | { |MM. Hellot, Margraff, Baumé, | - | { |Navier, Monnet, Wenzel: c'est | - | { |le fameux reméde anti-vénérien| - | { |de Keyser. | - | | | | - | {La chaux d'antimoine. | | - | | | | - | {La chaux d'argent. |Inconnue des anciens, décrite | - | { |par MM. Margraff, Monnet & | - | { |Wenzel. | - | | | | - | {La chaux d'or. |Cette combinaison est peu | - | { |connue, Schroëder & Juncker en| - | { |ont fait mention. | - | | | | - | {La chaux de platine. |Cette combinaison est | - | { |inconnue. | - | | | | - | {L'alumine. |Le vinaigre ne dissout, comme | - | { |s'en est assuré M. Wenzel, que| - | { |très-peu d'alumine. | - ====================================================================== - - * Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite - de potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre & - celui de plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. - Cadet, (voyez tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement - à M. Wenzel, aux Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à - M. Proust, la connoissance que nous avons des propriétés des - autres acétites. Il seroit possible que le radical acéteux, outre - l'hydrogène & le carbone, contînt encore un peu d'azote. Il y a lieu - de le soupçonner d'après la propriété qu'a l'acétite de potasse de - donner de l'ammoniaque par la distillation, à moins cependant que - l'azote qui concoure à la formation de cette ammoniaque, ne soit dû à - la décomposition de la potasse elle-même. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou -Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables._ - - -LE radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de -l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet -acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide -tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide -malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour -chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus -oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi -un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres -acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans -l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire -l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce, -en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui -s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou -dans d'autres matières de même nature. La partie spiritueuse du vin -(le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est par -cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle est -toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut en -conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel -on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est -très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de -beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à -une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui -paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de -nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation, -n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic; -ce dernier paroîtroit être plus oxygéné. - -La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux -du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le -concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid -de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie -aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux -libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au -degré de température & de pression dans lequel nous vivons, & que nous -ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité d'eau. - -Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux: -ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou -l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que -la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette -opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à -répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la -possibilité de ces conversions. - -La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases -salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels -qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des -sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en -général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas -même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les -oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme -en tient un pour le degré d'oxigénation. - -Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient -oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par un second -degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases salifiables, -dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide acétique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels | Observation. | - | salifiables. | neutres. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Acétate de baryte. }Tous ces sels étoient | - |La potasse. |Acétate de potasse. }inconnus des anciens, & | - |La soude. |Acétate de soude. }même aujourd'hui, les | - |La chaux. |Acétate de chaux. }Chimistes qui sont les | - |La magnésie. |Acétate de magnésie. }plus au courant des | - |L'ammoniaque. |Acétate d'ammoniaque.}découvertes modernes, | - |L'oxide de zinc. |Acétate de zinc. }ne peuvent pas prononcer| - |L'oxide de manganèse.|Acétate de manganèse.}avec certitude, si la | - |L'oxide de fer. |Acétate de fer. }plupart des sels acéteux| - |L'oxide de plomb. |Acétate de plomb. }doivent être rangés dans| - |L'oxide d'étain. |Acétate d'étain. }la classe des acétites | - |L'oxide de cobalt. |Acétate de cobalt. }ou des acétates. | - |L'oxide de cuivre. |Acétate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Acétate de nickel. } | - |L'oxide d'arsenic. |Acétate d'arsenic. } | - |L'oxide de bismuth. |Acétate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Acétate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Acétate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Acétate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Acétate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Acétate de platine. } | - |L'alumine. |Acétate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -NOUS avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que -nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre -ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide -acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre -le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette -conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus -décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on -prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux -& de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du -même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids -d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un -vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide -acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore -rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide -acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de -proportion des principes du radical. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou Acide -succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Succinate de baryte. | - |de l'acide {La chaux. |Succinate de chaux. | - |succinique {La potasse. |Succinate de potasse. | - |avec: {La soude. |Succinate de soude. | - | {L'ammoniaque |Succinate d'ammoniaque. | - | {La magnésie. |Succinate de magnésie. | - | {L'alumine. |Succinate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Succinate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Succinate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Succinate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Succinate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Succinate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Succinate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Succinate d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Succinate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Succinate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Succinate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Succinate d'arsenic. | - | {L'oxide de mercure. |Succinate de mercure. | - | {L'oxide d'argent. |Succinate d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Succinate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Succinate de platine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par -distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, & -de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme -concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin -la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie, -on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par -des dissolutions & cristallisations répétées. - -Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution, -mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que -foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré -très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des -Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, & -c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces -observations. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou Acide -benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par ordre -alphabétique._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Benzoate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Benzoate d'ammoniaque. | - |benzoïque {La baryte. |Benzoate de baryte. | - |avec: {La chaux. |Benzoate de chaux. | - | {La magnésie. |Benzoate de magnésie. | - | {La potasse. |Benzoate de potasse. | - | {La soude. |Benzoate de soude. | - | {L'oxide d'antimoine. |Benzoate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Benzoate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Benzoate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Benzoate de bismuth. | - | {L'oxide de cobalt. |Benzoate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Benzoate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Benzoate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Benzoate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Benzoate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Benzoate de mercure. | - | {L'oxide de molybdène. |Benzoate de molybdène. | - | {L'oxide de nickel. |Benzoate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Benzoate de plomb. | - | {L'oxide de tungstène. |Benzoate de tungstène. | - | {L'oxide de zinc. |Benzoate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant - encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les -bases salifiables._ - - -CET acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de -benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy -a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide: -enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites -sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne -eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la -chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin -réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après -une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de -chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau -de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on -les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant -qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on -verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se -fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est -l'acide benzoïque concret. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical camphorique oxygéné, ou Acide -camphorique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._ - - - ================================================================ - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |--------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Camphorate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Camphorate d'ammoniaque. | - |camphorique {L'oxide d'antimoine. |Camphorate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Camphorate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Camphorate d'arsenic. | - | {La baryte. |Camphorate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Camphorate de bismuth. | - | {La chaux. |Camphorate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Camphorate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Camphorate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Camphorate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Camphorate de fer. | - | {La magnésie. |Camphorate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse. |Camphorate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Camphorate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Camphorate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Camphorate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Camphorate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Camphorate de plomb. | - | {La potasse. |Camphorate de potasse. | - | {La soude. |Camphorate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Camphorate de zinc. | - ================================================================ - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide camphorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LE camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire -par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine & au Japon. M. -Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du -camphre, & il est parvenu ainsi à l'oxygéner & à le convertir en un -acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à -quelques égards, & c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver, -jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier. - -Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il -n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de -l'acide malique & plusieurs autres acides végétaux. Les expériences -rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, & la -plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison -de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les -combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc -assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide -oxalique & d'acide malique. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide -gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique._ - - - ================================================= - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | - |-----------------------------------------------| - |L'alumine. |Gallate d'alumine. | - |L'ammoniaque. |Gallate d'ammoniaque. | - |L'oxide d'antimoine. |Gallate d'antimoine. | - |L'oxide d'argent. |Gallate d'argent. | - |L'oxide d'arsenic. |Gallate d'arsenic. | - |La baryte. |Gallate de baryte. | - |L'oxide de bismuth. |Gallate de bismuth. | - |La chaux. |Gallate de chaux. | - |L'oxide de cobalt. |Gallate de cobalt. | - |L'oxide de cuivre. |Gallate de cuivre. | - |L'oxide d'étain. |Gallate d'étain. | - |L'oxide de fer. |Gallate de fer. | - |La magnésie. |Gallate de magnésie. | - |L'oxide de manganèse. |Gallate de manganèse. | - |L'oxide de mercure. |Gallate de mercure. | - |L'oxide de nickel. |Gallate de nickel. | - |L'oxide d'or. |Gallate d'or. | - |L'oxide de platine. |Gallate de platine. | - |L'oxide de plomb. |Gallate de plomb. | - |La potasse. |Gallate de potasse. | - |La soude. |Gallate de soude. | - |L'oxide de zinc. |Gallate de zinc. | - ================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide gallique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle, -soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une -distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit -nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette -substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi -toutes les combinaisons & ont donné le travail le plus complet qu'on -eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe -ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il -décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont -été préalablement dissous par un autre acide, & il les précipite sous -différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité -d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce -nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne, -le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina, -l'écorce & la fleur de grenade, & dans beaucoup de bois & d'écorces. On -ignore absolument quel est son radical. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou Acide -lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._ - - - ================================================================= - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |---------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Lactate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Lactate d'ammoniaque. | - |lactique {L'oxide d'antimoine. |Lactate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Lactate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Lactate d'arsenic. | - | {La baryte. |Lactate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Lactate de bismuth. | - | {La chaux. |Lactate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Lactate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Lactate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Lactate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Lactate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Lactate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Lactate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Lactate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Lactate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Lactate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Lactate de plomb. | - | {La potasse. |Lactate de potasse. | - | {La soude. |Lactate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Lactate de zinc. | - ================================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide lactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -M. SCHÉELE est celui auquel nous devons les seules connoissances -exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre -dans le petit lait, & il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on -fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume; -on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la -chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question & qu'on en dégage -ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce -dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate -de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à -consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide, -& on filtre pour en séparer le sucre de lait & les autres substances -étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul, -que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation. - -Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, & forme -avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à -beaucoup d'égards, de l'acide acéteux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné, ou Acide -saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur -affinité avec cet acide._ - - - ================================================================ - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |--------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Saccholate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Saccholate de baryte. | - |saccholactique {La magnésie. |Saccholate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Saccholate de potasse. | - | {La soude. |Saccholate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Saccholate d'ammoniaque.| - | {L'alumine. |Saccholate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Saccholate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse.|Saccholate de manganèse.| - | {L'oxide de fer. |Saccholate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Saccholate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Saccholate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Saccholate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Saccholate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Saccholate de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Saccholate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Saccholate de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Saccholate de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Saccholate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Saccholate d'argent. | - ================================================================ - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide saccholactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre -qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, & qui est -très-anciennement connu dans la pharmacie. - -Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par -différens moyens, & principalement par sa combinaison avec l'acide -nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on -concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser & -on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre -blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis, -avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à -cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide -saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait -seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre -des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M. -Bergman. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou Acide -formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Formiate de baryte. | - |de l'acide {La potasse. |Formiate de potasse. | - |formique {La soude. |Formiate de soude. | - |avec: {La chaux. |Formiate de chaux. | - | {La magnésie. |Formiate de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Formiate d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Formiate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Formiate de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Formiate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Formiate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Formiate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Formiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Formiate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Formiate de nickel. | - | {L'oxide de bismuth. |Formiate de bismuth. | - | {L'oxide d'argent. |Formiate d'argent. | - | {L'alumine. |Formiate d'alumine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide formique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est -le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff -a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, & MM. -Ardwisson & OEhrn, dans une dissertation qu'ils ont publiée à Léipsic -en 1777. - -L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, _formica -rufa_, qui habite les bois & qui y forme de grandes fourmillières. Si -c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans -une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on -distille à une chaleur douce, & on trouve l'acide formique dans le -récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis. - -Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis -à l'eau froide, on les étend sur un linge, & on y passe de l'eau -bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer -légèrement ces insectes dans le linge, & l'acide en est plus fort. Pour -l'obtenir pur & concentré, on le rectifie & on en sépare le phlegme par -la gelée. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical bombique oxygéné, ou Acide -bombique, avec les substances salifiables, par ordre alphabétique._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Bombiate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Bombiate d'ammoniaque. | - |bombique {L'oxide d'antimoine. |Bombiate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Bombiate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Bombiate d'arsenic. | - | {La baryte. |Bombiate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Bombiate de bismuth. | - | {La chaux. |Bombiate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Bombiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Bombiate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Bombiate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Bombiate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Bombiate de manganèse. | - | {La magnésie. |Bombiate de magnésie. | - | {L'oxide de mercure. |Bombiate de mercure. | - | {L'oxide de nickel |Bombiate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Bombiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Bombiate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Bombiate de plomb. | - | {La potasse. |Bombiate de potasse. | - | {La soude. |Bombiate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Bombiate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LORSQUE le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent -prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il -se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit -le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de -l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide -pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser -des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se -charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses; -& en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez -pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les -affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes -en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de -tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone, -d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou Acide -sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Sébate de baryte. | - |de l'acide {La potasse. |Sébate de potasse. | - |sébacique {La soude. |Sébate de soude. | - |avec: {La chaux. |Sébate de chaux. | - | {La magnésie. |Sébate de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Sébate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Sébate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Sébate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Sébate de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Sébate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Sébate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Sébate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Sébate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Sébate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Sébate de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Sébate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Sébate de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Sébate de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Sébate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Sébate d'argent. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -POUR obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans -un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue -continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, & -on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la -fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte -sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble: -pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait -bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif -se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau, -on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser -de nouveau & on parvient à l'avoir pur. - -Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le -sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe -clair dans le récipient. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical lithique oxygéné, ou Acide -lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Lithiate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Lithiate d'ammoniaque. | - |lithique {L'oxide d'antimoine. |Lithiate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Lithiate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Lithiate d'arsenic. | - | {La baryte. |Lithiate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Lithiate de bismuth. | - | {La chaux. |Lithiate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Lithiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Lithiate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Lithiate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Lithiate de fer. | - | {La magnésie. |Lithiate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse. |Lithiate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Lithiate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Lithiate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Lithiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Lithiate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Lithiate de plomb. | - | {La potasse. |Lithiate de potasse. | - | {La soude. |Lithiate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Lithiate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LE calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman -& de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base -terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau -pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent -à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le -refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné -le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La -nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a -quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, & -plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule -de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la -classe des acides particuliers. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou Acide -prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Prussiate de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Prussiate de soude. | - |prussique {L'ammoniaque. |Prussiate d'ammoniaque. | - |avec: {La chaux. |Prussiate de chaux. | - | {La baryte. |Prussiate de baryte. | - | {La magnésie. |Prussiate de magnésie. | - | {L'oxide de zinc. |Prussiate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Prussiate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Prussiate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Prussiate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Prussiate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Prussiate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Prussiate d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Prussiate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Prussiate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Prussiate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Prussiate d'arsenic. | - | {L'oxide d'argent. |Prussiate d'argent. | - | {L'oxide de mercure. |Prussiate de mercure. | - | {L'oxide d'or. |Prussiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Prussiate de platine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -JE ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique, -ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de -toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me -paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet -acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui -donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec -presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux -le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne -connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de -M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire -qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base -double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît, -d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel. - -Quoique l'acide prussique s'unisse avec les métaux, avec les alkalis -& avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant qu'une -partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. Il -seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans -cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît -difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette -substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles -expériences. - - -_Fin du Tome premier._ - - - * * * * * - - - Liste des modifications: - - Page 14: «prêt» remplacé par «près» (que l'éther, ... est tout près) - Page 23: «act» par «exact» (Le moyen le plus simple & le plus exact) - Page 24: «lorqu'on» par «lorsqu'on» (lorsqu'on les a forcées) - Page 58: «semblable» par «semblables» (j'ai divisés dans deux capsules - de porcelaine, semblables ...) - Page 125: «oxygénés» par «oxygénées» (Le règne végétal... des mêmes - bases doubles & triples, mais moins oxygénées.) - Page 181: ajouté «de» (La nature de ces deux radicaux) - Page 192: «Cobolt» par «Cobalt» - Page 197: «quel-unes» par «quelques-unes» (Des expériences dont - quelques-unes) - Page 201: «le» par «les» (dans les rues étroites des villes) - Page 213: «animales» par «végétales» (comme celles des matières - végétales) - Page 224: «outes» par «toutes» (dans presque toutes) - Page 239: «Vitrol» par «Vitriol» (Vitriol de magnésie) - Page 250: «aide» par «acide» (les bases saturées de cet acide) - Page 313: «Ochrn» par «OEhrn» (MM. Ardwisson & OEhrn) - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by -Antoine de Lavoisier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 *** - -***** This file should be named 52487-0.txt or 52487-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52487/ - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. 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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Traité élémentaire de chimie, tome 1 - Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes - modernes; avec Figures - -Author: Antoine de Lavoisier - -Release Date: July 3, 2016 [EBook #52487] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 *** - - - - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - -</pre> - - -<hr class="full" /> - -<div class="texte"> - <p><a href="#tnote">Au lecteur</a></p> - - <p><a href="#table_des_chapitres1">Table des chapitres</a></p> - - <h1>TRAITÉ<br /> - <small>ÉLÉMENTAIRE</small><br /> - DE CHIMIE.</h1> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <p class="title3"><i>TOME PREMIER.</i></p> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <div class="titlepage"> - <p class="title1">TRAITÉ</p> - - <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title1">DE CHIMIE,</p> - - <p class="title3">PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU</p> - - <p class="title4">ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;</p> - - <p class="center">Avec Figures:</p> - - <p class="hang"><i>Par <span class="smcap">M. Lavoisier</span>, de l'Académie des - Sciences, de la Société Royale de Médecine, des - Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de - la Société Royale de Londres, de l'Institut de - Bologne, de la Société Helvétique de Basle, de - celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c.</i></p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title5">TOME PREMIER.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <div class="figcenter" style="width: 290px;"> - <img src="images/titre1.jpg" alt="" title="" width="290" height="291" /> - </div> - - <p class="title2"><i>A PARIS</i>,</p> - - <p class="title6">Chez <span class="smcap">Cuchet</span>, Libraire, rue & hôtel Serpente.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title7">M. DCC. LXXXIX.</p> - - <p class="center"><i>Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la - Société Royale de Médecine.</i></p> - </div> - - <hr class="chapter" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_v">v</span></p> - - <h2 id="ch0"><span class="h2t1">DISCOURS</span><br /> - <span class="h2t2">PRÉLIMINAIRE.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner - plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de - l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de - réformer & de perfectionner la Nomenclature de la Chimie.</p> - - <p>C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne - l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été - posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, & dans quelques autres - de ses ouvrages. Il y établit que <i>nous ne pensons qu'avec le secours - des mots</i>; que <i>les langues sont de véritables méthodes analytiques</i>; - que <i>l'algèbre la plus simple, la plus exacte & la mieux adaptée à son - objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue - & une méthode <span class="pagenum" id="Page_vi">vj</span> analytique</i>; enfin que <i>l'art de raisonner se - réduit à une langue bien faite</i>. Et en effet tandis que je croyois ne - m'occuper que de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de - perfectionner le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé - insensiblement entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en - défendre, en un Traité élémentaire de Chimie.</p> - - <p>L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science & la science - de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est - nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui - constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les - expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le - fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; & comme ce sont les - mots qui conservent les idées & qui les transmettent, il en résulte - qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, - ni la science sans le langage, & que quelque certains que fussent <span class="pagenum" id="Page_vii">vij</span> - les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait - naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si - nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre.</p> - - <p>La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le - méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis - vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui - a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois - compte des motifs qui m'y ont déterminé.</p> - - <p>C'est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue - dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances, - que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à - l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos - besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets - propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations, - d'observations & d'analyses, il se forme une génération successive <span class="pagenum" id="Page_viii">viij</span> - d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif - peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil & l'enchaînement, - & qui constituent l'ensemble de ce que nous savons.</p> - - <p>Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une - science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état - très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, & la marche que - nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la - formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet - de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de - même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences - physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite - immédiate d'une expérience ou d'une observation.</p> - - <p>Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière - des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant - même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur - <span class="pagenum" id="Page_ix">ix</span> les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent, - la nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque - instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience. - La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la - jouissance & le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas - avec de tels maîtres à devenir conséquent, & on raisonne bientôt juste - quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de - souffrance.</p> - - <p>Il n'en est pas de même dans l'étude & dans la pratique des sciences; - les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence, - ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous - rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter - continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre & la confiance en - nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer - des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en - sorte que nous sommes en quelque façon intéressés <span class="pagenum" id="Page_x">x</span> à nous séduire - nous-mêmes. Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques - en général, on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les - suppositions transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus - imposantes par le poids des autorités qu'elles ont acquises, & qu'elles - ayent enfin été adoptées & regardées comme des vérités fondamentales, - même par de très-bons esprits.</p> - - <p>Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins - à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous - & qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de - l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données - de la nature, & qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité - que dans l'enchaînement naturel des expériences & des observations, - de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution - d'un problême par le simple arrangement des données, & en réduisant - le raisonnement à des opérations si simples, <span class="pagenum" id="Page_xi">xj</span> à des jugemens si - courts, qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de - guide.</p> - - <p>Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder - jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence - qui ne dérive immédiatement des expériences & des observations, - & d'enchaîner les faits & les vérités chimiques dans l'ordre le - plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit - impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des - routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours - & à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des - connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans - les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter - des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans - s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour - les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions qui - <span class="pagenum" id="Page_xii">xij</span> n'ont point été définies, & de supposer la science acquise par - ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on - n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une - année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les - yeux avec les appareils, & qu'il est presqu'impossible de former un - Chimiste en moins de trois ou quatre ans.</p> - - <p>Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme - de l'enseignement, & c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie - une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me - suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me - jettois dans un autre, & qu'il me seroit impossible de les surmonter - toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à - l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de - l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente - des lacunes nombreuses qui interrompent la série <span class="pagenum" id="Page_xiii">xiij</span> des faits, & - qui exigent des raccordemens embarrassans & difficiles. Elle n'a pas, - comme la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette - & dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en - même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent - d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons - espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de - perfection qu'elle est susceptible d'atteindre.</p> - - <p>Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien - conclure au-delà de ce que les expériences présentent, & de ne jamais - suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans - cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être, - de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des - affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M. Gellert, - M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan & beaucoup d'autres - ont déjà rassemblé une multitude de faits <span class="pagenum" id="Page_xiv">xiv</span> particuliers, qui - n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais les - données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne - sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir la base - fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi importante - de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la Chimie - ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie - élémentaire, & je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes - difficultés des Elémens simples & faciles qui seront, à ce que - j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs.</p> - - <p>Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse - compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est - au moment de publier l'article <span class="smcap">Affinité</span> de l'Encyclopédie - méthodique, & j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en - concurrence avec lui.</p> - - <p>On ne manquera pas d'être surpris de <span class="pagenum" id="Page_xv">xv</span> ne point trouver dans un - Traité élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes - & élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette - tendance que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne - soient composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui - nous vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre - élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les - corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems - avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale & - de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, & l'on formoit des - systêmes; & aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble - que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas - avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces - pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, & qu'elle pesera - sans doute encore sur les générations à venir. <span class="pagenum" id="Page_xvi">xvj</span></p> - - <p>Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine - des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des - faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les - premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres, - regardoient le soufre & le sel comme des substances élémentaires - qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils - reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre. - Beccher admettoit trois terres, & c'étoit de leur combinaison & de la - différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence - qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce - systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y - faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se - sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit - d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme - telles de très-légères probabilités. <span class="pagenum" id="Page_xvii">xvij</span></p> - - <p>Tout ce qu'on peut dire sur le nombre & sur la nature des élémens - se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce - sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui - sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est - très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature. - Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous - entendons désigner les molécules simples & indivisibles qui composent - les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si - au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des - corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les - substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont - pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps - que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de - deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces - principes ne se séparent <span class="pagenum" id="Page_xviii">xviij</span> jamais, ou plutôt puisque nous n'avons - aucun moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des - corps simples, & nous ne devons les supposer composés qu'au moment où - l'expérience & l'observation nous en auront fourni la preuve.</p> - - <p>Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement - au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que - nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de - Fourcroy & moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant - que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, & ce sont - elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller - que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances - les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis - de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances - nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées, ou - <span class="pagenum" id="Page_xix">xix</span> du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems, - & dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par - une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par - les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées - évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance - qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés - différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de - leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement - du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la - plus générale, la plus caractéristique de la substance; & nous y avons - trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent - difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, & - de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher - une idée.</p> - - <p>A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs - substances simples, <span class="pagenum" id="Page_xx">xx</span> nous les avons désignés par des noms composés - comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des - combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés - dans le désordre & dans la confusion, si nous ne nous fussions pas - attachés à former des classes. Le nom de classes & de genres est dans - l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un - grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui - ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus.</p> - - <p>Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser, - seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant, - dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'<i>arbre</i> le premier arbre que - nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle - la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un - quatrième, & voilà le mot d'<i>arbre</i> donné d'abord à un individu, qui - devient pour lui un nom <span class="pagenum" id="Page_xxi">xxj</span> de classe ou de genre, une idée abstraite - qui comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons - fait remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages, - que tous ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les - distinguer par des noms spécifiques & particuliers. Cette logique est - celle de toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie.</p> - - <p>Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre - de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue - l'acidité & qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit - être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à - chaque acide, qui les différencie les uns des autres, & c'est de cette - substance que doit être emprunté le nom spécifique.</p> - - <p>Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le - principe acidifiant & le principe acidifié, peuvent exister dans des - proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre - ou de <span class="pagenum" id="Page_xxii">xxij</span> saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique & - dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide - en faisant varier la terminaison du nom spécifique.</p> - - <p>Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de - l'air & du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids & - prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées, - comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, & d'un - principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les - classer sous un nom générique dérivé du principe commun, & le nom - que nous avons adopté est celui d'<i>oxide</i>; nous les avons ensuite - différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal - auquel elles appartiennent.</p> - - <p>Les substances combustibles qui, dans les acides & dans les oxides - métalliques, sont un principe spécifique & particulier, sont - susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand - nombre <span class="pagenum" id="Page_xxiii">xxiij</span> de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été - long-temps les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après - les expériences de MM. Vandermonde, Monge & Berthollet, que le charbon - se combine avec le fer, & peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il - en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &c. - On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le - phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques. - Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des - noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une - terminaison qui rappelle cette analogie, & nous les avons specifiées - par un autre nom dérivé de leur substance propre.</p> - - <p>La nomenclature des êtres composés de trois substances simples, - présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, & - sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes - constituans, sans employer des noms plus composés. <span class="pagenum" id="Page_xxiv">xxiv</span> Nous avons eu - à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les - sels neutres, par exemple, 1<sup>o</sup>. le principe acidifiant qui est commun - à tous; 2<sup>o</sup>. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre; - 3<sup>o</sup>. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce - particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de - sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de - la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la - base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière.</p> - - <p>Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être - cependant dans des états très-différens, par la seule différence de - leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été - défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, & nous y - sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que - nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels. <span class="pagenum" id="Page_xxv">xxv</span></p> - - <p>Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît - sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la - combinaison dont il est question; si cette substance combustible est - combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion; dans - quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation - exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès.</p> - - <p>On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes - vues sans blesser quelquefois des usages reçus, & sans adopter des - dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment; - mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux - mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême - général & raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant - nous, tels que ceux de <i>poudre d'algaroth</i>, de <i>sel alembroth</i>, - de <i>pompholix</i>, d'<i>eau phagédénique</i>, de <i>turbith minéral</i>, de - <i>colcothar</i>, & beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins - extraordinaires; <span class="pagenum" id="Page_xxvi">xxvj</span> il faut une grande habitude & beaucoup de mémoire - pour se rappeller les substances qu'ils expriment, & sur-tout pour - reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms - d'<i>huile de tartre par défaillance</i>, d'<i>huile de vitriol</i>, de <i>beurre - d'arsenic & d'antimoine</i>, de <i>fleurs de zinc</i>, &c. sont plus impropres - encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il - n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, & sur-tout dans - le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que - les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens - poisons.</p> - - <p>On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de - Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont - parlée, qu'ils ont illustrée & qu'ils nous ont transmise; mais on a - oublié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité - cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à M. - de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: <i>ne faites <span class="pagenum" id="Page_xxvii">xxvij</span> grace à - aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours; - ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt</i>.</p> - - <p>Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans - l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion - de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans - discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours - rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la - justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie - le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans - un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions - sur l'historique de la science & sur les travaux de ceux qui l'ont - professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé, - & l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour - les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de - l'esprit humain qu'on doit faire dans <span class="pagenum" id="Page_xxviii">xxviij</span> un traité élémentaire: on ne - doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement - écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un - chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut - laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard. - Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés, - sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes - s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage - dans la première partie que des expériences qui me sont propres. - Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les - expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de - M. de la Place, de M. Monge, & de ceux en général qui ont adopté les - mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de - nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir, a - établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle il - nous est souvent difficile à nous-mêmes <span class="pagenum" id="Page_xxix">xxix</span> de distinguer ce qui nous - appartient plus particulièrement.</p> - - <p>Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé - de suivre dans la marche des preuves & des idées, n'est applicable - qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient - l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai - cherché à donner la forme véritablement élémentaire.</p> - - <p>La seconde partie est principalement formée des tableaux de la - nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications - très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les - plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus: - cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne - présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens - ouvrages.</p> - - <p>Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée de - toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de ce - genre paroissoit desiré <span class="pagenum" id="Page_xxx">xxx</span> depuis long-temps, & je crois qu'il sera - de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, & sur-tout - des expériences modernes, n'est point assez répandue; & peut-être si, - dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse - étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait - plus facilement entendre, & la science auroit-elle fait des progrès - plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a - paru à-peu-près arbitraire, & je me suis seulement attaché à classer - dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui - ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette - troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les - articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience.</p> - - <p>Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement - quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre - avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des <span class="pagenum" id="Page_xxxi">xxxj</span> temps - très-rapprochés du nôtre<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>. Ces passages qui n'ont point été faits - exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît - juste.</p> - - <div class="blockquote"> - <p>«Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous - avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition - fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; & - ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par - cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus - en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises - habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans - les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand - les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont ainsi - accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté - de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, <span class="pagenum" id="Page_xxxii">xxxij</span> de - reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, & de - refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain.</p> - - <p>»Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit. - Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande - netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils - pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié - les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, & - sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences».</p> - </div> - - <p>M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V:</p> - - <div class="blockquote"> - <p>«Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les - Philosophes ont mieux observé, & qu'ils ont mis dans leur langage - la précision & l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs - observations; ils ont corrigé la langue, & l'on a mieux raisonné».</p> - </div> - - <div class="figcenter3" style="width: 105px;"> - <img src="images/page-xxxij.jpg" alt="" title="" width="105" height="28" /> - </div> - - <hr class="chapter" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_xxxiii">xxxiij</span></p> - - <h2 id="table_des_chapitres1"><span class="h2t1">TABLE</span><br /> - <span class="h2t2">DES CHAPITRES</span><br /> - <span class="h2t3">DU TOME PREMIER.</span></h2> - - <table id="t01" style="width: 100%" summary="table_01"> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Discours préliminaire,</i></span></td> - <td class="tdrtopnowrap"><a href="#ch0">page v</a></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopfs110">PREMIERE PARTIE.<br /><br /><i>De la formation des fluides aériformes - & de leur décomposition; de la combustion - des corps simples & de la formation des acides.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. I.</span> <i>Des combinaisons du calorique & de - la formation des fluides élastiques aériformes,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch1">1</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. II.</span> <i>Vues générales sur la formation & la - constitution de l'atmosphère de la terre,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch2">28</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. III.</span> <i>Analyse de l'air de l'atmosphère: - sa résolution en deux fluides élastiques, l'un - respirable, l'autre non respirable,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch3">33</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxiv">xxxiv</span><span class="smcap">Chap. IV.</span> <i>Nomenclature des différentes parties - constitutives de l'air de l'atmosphère,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch4">51</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. V.</span> <i>De la décomposition du gaz oxigène - par le soufre, le phosphore & le charbon, - & de la formation des acides en général,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch5">57</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VI.</span> <i>De la nomenclature des Acides en - général, & particulièrement de ceux tirés du - salpêtre & du sel marin,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch6">70</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VII.</span> <i>De la décomposition du Gaz oxygène - par les métaux, & de la formation des - Oxides métalliques,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch7">82</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"> <span class="smcap">Chap. VIII.</span> <i>Du principe radical de l'Eau, & - de sa décomposition par le charbon & par - le fer,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch8">87</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. IX.</span> <i>De la quantité de Calorique qui se - dégage des différentes espèces de combustion,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9">103</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Phosphore,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9a">107</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Charbon,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9b">108</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i> Combustion du Gaz hydrogène,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9c">109</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Formation de l'Acide nitrique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9d">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de la Bougie,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9e">112</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de l'Huile d'olive,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9f">113</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. X.</span> <i>De la combinaison des Substances - combustibles les unes avec les autres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch10">116</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxv">xxxv</span><span class="smcap">Chap. XI.</span> <i>Considérations sur les Oxides & les - Acides à plusieurs bases, & sur la composition - des matières végétales & animales,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch11">123</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XII.</span> <i>De la décomposition des matières - végétales & animales par l'action du feu,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch12">132</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIII.</span> <i>De la décomposition des Oxides - végétaux par la fermentation vineuse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch13">139</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIV.</span> <i>De la fermentation putride,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch14">153</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XV.</span> <i>De la fermentation acéteuse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch15">159</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVI.</span> <i>De la formation des Sels neutres, - & des différentes bases qui entrent dans leur - composition,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16">162</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Potasse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16a">164</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Soude,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16b">169</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De l'Ammoniaque,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16c">170</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de - l'Alumine,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16d">172</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Des Substances métalliques,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16e">173</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVII.</span> <i>Suite des réflexions sur les bases - salifiables, & sur la formation des Sels neutres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch17">176</a></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopfs110">SECONDE PARTIE.<br /><br /><i>De la Combinaison des Acides avec les - bases salifiables, & de la Formation - des Sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvi">xxxvj</span><span class="smcap"><i>Avertissement,</i></span></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch18">189</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des Substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch19">192</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch19a">193</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des Radicaux ou bases oxidables & - acidifiables, composés, qui entrent dans les - combinaisons à la manière des substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20">196</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20a">197</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les combinaisons de la lumière & du - calorique avec différentes substances,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20b">200</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène - avec les substances métalliques & non métalliques - oxidables & acidifiables,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch21">203</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch21a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les - radicaux composés,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch22">208</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch22a">209</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvii">xxxvij</span><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Azote - avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch23">212</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch23a">213</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène - avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch24">216</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch24a">217</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Soufre non - oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch25">220</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch25a">221</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Phosphore - non oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch26">222</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch26a">223</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Charbon - non oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27">226</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27a">227</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les radicaux muriatique, fluorique - & boracique, & sur leurs combinaisons,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27b">229</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur la combinaison des métaux les uns - avec les autres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27c">230</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical - nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la - combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, - avec les bases salifiables, dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch28">231</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxviii">xxxviij</span><i>Tableau des combinaisons de l'Azote complettement - saturé d'oxigène, & porté à l'état d'acide - nitrique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch29">232</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch29a">233</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique - ou Soufre oxygéné avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide, - par la voie humide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch30">238</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch30a">240</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch31">243</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch31a">244</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu - un premier degré d'oxygénation, & qui a été - porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch32">246</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore saturé - d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les - substances salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch33">247</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch33a">248</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxix">xxxix</span><i>Tableau des combinaisons du Radical carbonique - oxygéné, ou Acide carbonique avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch34">250</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch34a">251</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical muriatique - oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch35">253</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique - oxigéné avec les différentes bases salifiables - avec lesquelles il est susceptible de s'unir,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch36">254</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch36a">255</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique - avec les bases salifiables, rangées - par ordre alphabétique, attendu que les affinités - de cet acide ne sont point assez connues,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch37">258</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch37a">259</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical fluorique - oxigéné, ou Acide fluorique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch38">261</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch38a">262</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xl">xl</span><i>Tableau des combinaisons du Radical boracique - oxigéné, avec les différentes bases salifiables - auxquelles il est susceptible de s'unir dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch39">264</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch39a">265</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, - ou Acide arsenique avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch40">268</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch40a">269</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné, - ou Acide molybdique avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch41">272</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch41a">273</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, - ou Acide tungstique avec les bases salifiables,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch42">274</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch42a">275</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical tartareux - oxygéné, ou Acide tartareux avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch43">277</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch43a">278</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical malique - oxygéné, ou Acide malique avec les bases - salifiables par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch44">281</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch44a">282</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xli">xlj</span><i>Tableau des combinaisons du Radical citrique - oxygéné, ou Acide citrique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch45">284</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch45a">285</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux - oxygéné, ou Acide pyro-ligneux - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch46">286</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch46a">287</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux - oxygéné, ou Acide pyro-tartareux - avec les différentes bases salifiables dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch47">288</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch47a">289</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux - oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec - les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch48">290</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch48a">291</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical oxalique - oxygéné, ou Acide oxalique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch49">292</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch49a">293</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xlii">xlij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux - oxygéné, par un premier degré d'oxigénation - avec les bases salifiables, suivant l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch50">295</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch50a">295</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux - oxygéné par un second degré d'oxygénation, - ou Acide acétique, avec les bases salifiables, - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch51">298</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch51a">299</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical succinique - oxygéné, ou Acide succinique, avec les - bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch52">300</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch52a">301</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical benzoïque - oxygéné, ou Acide benzoïque, avec les différentes - bases salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch53">302</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch53a">303</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical camphorique - oxygéné, ou Acide camphorique, avec - les bases salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch54">304</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch54a">305</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliii">xliij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical gallique - oxygéné, ou Acide gallique, avec - les bases salifiables rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch55">306</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch55a">307</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lactique - oxygéné, ou Acide lactique, avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch56">308</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch56a">309</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical saccholactique - oxygéné, ou Acide saccholactique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch57">310</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch57a">311</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical formique - oxygéné, ou Acide formique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch58">312</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch58a">313</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical bombique - oxygéné, ou Acide bombique, avec les - substances salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch59">314</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch59a">315</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliv">xliv</span><i>Tableau des combinaisons du Radical sébacique - oxygéné, ou Acide sébacique, avec les - bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch60">316</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch60a">317</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lithique - oxygéné, ou Acide lithique, avec les bases - salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch61">318</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch61a">319</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical prussique - oxygéné, ou Acide prussique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch62">320</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch62a">322</a></td> - </tr> - </table> - - <div class="figcenter3" style="width: 240px;"> - <img src="images/page-xliv.jpg" alt="" title="" width="240" height="203" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <div class="figcenter" style="width: 600px;" id="ch1"> - <img src="images/page-1.jpg" alt="" title="" width="600" height="241" /> - </div> - - <p class="title1">TRAITÉ</p> - - <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title1">DE CHIMIE.</p> - - <hr class="chapter" /> - - <p class="partie1">PREMIERE PARTIE.</p> - - <p class="partie2"><i>De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; de - la combustion des corps simples & de la formation des acides.</i></p> - - <h2><span class="h2t2">CHAPITRE PREMIER.</span></h2> - - <p id="Page_1" class="sommaire"><i>Des combinaisons du calorique & de la formation des fluides - élastiques aériformes.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">'est</span> un phénomène constant dans la nature & dont la généralité a - été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps <span class="pagenum" id="Page_2">2</span> - quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous - les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la - généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires, - ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères - qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, & - à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on - s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi - générale & constante de la Nature.</p> - - <p>Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, & en - avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse - refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans - la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le - corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus; - & si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant - l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord. - Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de - froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement - que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en - résulte que nous n'avons <span class="pagenum" id="Page_3">3</span> pas encore pu parvenir à rapprocher - le plus qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, & que par - conséquent les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature; - conclusion très-singulière & à laquelle cependant il est impossible de - se refuser.</p> - - <p>On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement - sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles - n'auroient aucune liaison entr'elles, & qu'il n'y auroit aucun corps - solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à - les réunir, & pour ainsi dire à les enchaîner; & cette force, quelle - qu'en soit la cause, a été nommée attraction.</p> - - <p>Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant - à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles - elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces, - l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si - au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement - écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors - de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence - qu'elles avoient entr'elles & le corps cesse d'être un solide.</p> - - <p>L'eau nous présente continuellement un <span class="pagenum" id="Page_4">4</span> exemple de ces phénomènes: - au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état - solide, & elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses - molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque, - & elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80 - degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la - chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, & elle se transforme - en un fluide aériforme.</p> - - <p>On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou - solides, ou liquides, ou dans l'état élastique & aériforme, suivant le - rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules & la - force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le - degré de chaleur auquel ils sont exposés.</p> - - <p>Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont - l'effet d'une substance réelle & matérielle, d'un fluide très-subtil - qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps & qui les - écarte: & en supposant même que l'existence de ce fluide fût une - hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière - très-heureuse les phénomènes de la Nature.</p> - - <p>Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur; ou - en d'autres termes <span class="pagenum" id="Page_5">5</span> la sensation que nous appellons chaleur, étant - l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un - langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même - dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet. C'est ce qui - m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (<i>Recueil - de l'Académie, page</i> 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné - & de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons - fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy & moi, - sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces - périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant, - moins précis, moins clair, & qui souvent même ne comportent pas des - idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause - de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le - nom de <i>calorique</i>. Indépendamment de ce que cette expression remplit - notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un - autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions; - puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de - supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme on - le sentira mieux par la lecture de ce qui <span class="pagenum" id="Page_6">6</span> va suivre, que ce soit - une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière, - & on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite & - mathématique.</p> - - <p>La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique - est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible - de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a - de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de - n'admettre que des faits, & où l'on évite autant qu'il est possible de - rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement - désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens. - Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en - conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités - qui leur sont communes, & que dans quelques circonstances ils se - combinent à peu près de la même manière, & produisent une partie des - mêmes effets.</p> - - <p>Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée - qu'on doit attacher au mot de <i>calorique</i>. Mais il me reste une tâche - plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la - manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière - subtile pénètre à travers les pores de toutes les <span class="pagenum" id="Page_7">7</span> substances que - nous connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels - elle ne s'échappe, & qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la - contenir sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par - des effets qui, la plupart, sont fugitifs & difficiles à saisir. C'est - sur les choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout - important de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui - tend toujours à s'élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à - se renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent.</p> - - <p>Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide, - ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit - pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que - la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses - molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle.</p> - - <p>Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient - liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, & ils passeroient - brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme. - Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être glace, - commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide aériforme, - & ses molécules s'écarteroient <span class="pagenum" id="Page_8">8</span> indéfiniment dans l'espace: s'il - n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de - l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est par cette raison - que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du - thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet - intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la - pression de l'atmosphère.</p> - - <p>On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas - de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au - moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur - qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties & - les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous - n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet, - au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force - répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment, - sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre - pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère.</p> - - <p>De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent - pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle - se trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente <span class="pagenum" id="Page_9">9</span> par - l'expérience qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en - 1777. (<i>Voyez</i> Mém. page 426.)</p> - - <p>On remplit d'éther sulfurique<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a> un petit vase de verre étroit, A, - <i>planche VII, fig. 17</i>, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir - plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de - hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit - autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien - serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus - la première, & on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être - tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la - liqueur & la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une - machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir, - traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe - ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre - GH.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_10">10</span></p> - - <p>Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient; - puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie. - Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité, - il se vaporise & se transforme en un fluide élastique aériforme, qui - occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable - pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes - dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible - de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou - dix pouces environ pendant l'hiver, & à vingt & vingt-cinq pendant - les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus - complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient - l'éther, & on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout - le tems que dure la vaporisation.</p> - - <p>On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le - poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface - de l'éther, & les effets qui en résultent prouvent évidemment deux - choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous - vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme, - si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde, que - <span class="pagenum" id="Page_11">11</span> ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné - d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la - vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de - liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine - avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme.</p> - - <p>La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels - que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau & le mercure même; avec cette - différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous - le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine - pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, & à - quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes, - & le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de - fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère - avec l'éther; moins encore avec l'eau, & sur-tout avec le mercure: par - conséquent moins de calorique employé & moins de refroidissement; ce - qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences.</p> - - <p>Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente - que l'état aériforme est une modification des corps & qu'elle <span class="pagenum" id="Page_12">12</span> - dépend du degré de température & de pression qu'ils éprouvent.</p> - - <p>Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous - avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que - lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure, - c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit - en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc, - qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu - qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que - l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose - que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état - liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en - tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés - & au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir - dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver - à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, & à l'eau au-dessus de 80, - c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences - suivantes<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_13">13</span></p> - - <p>J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand - vase ABCD, <i>planche VII, figure 15</i>; je le suppose transparent pour - mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore - tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans - s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui - s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles - eussent leur gouleau en en-bas, & appliqué contre le fond du vase.</p> - - <p>Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique - dans un très-petit matras, dont le col <i>abc</i> étoit doublement recourbé; - j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, & j'ai engagé, comme on - le voit représenté dans la <i>figure 15</i>, l'extrêmité de son col <i>abc</i>, - dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé - à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition; - & le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un - fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs - bouteilles F, G.</p> - - <p>Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature & les propriétés de - ce fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper - sur des connoissances que je ne dois pas supposer <span class="pagenum" id="Page_14">14</span> au lecteur, - j'observerai, en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment, - que l'éther, d'après cette expérience, est tout <ins class="correction" title="prêt">près</ins> de ne pouvoir - exister dans la planette que nous habitons que dans l'état aériforme; - que si la pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne - de 20 ou 24 pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir - l'éther dans l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation - de l'éther seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu - élevées, & qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé, - à moins qu'on n'employât des ballons très-forts pour le condenser - & qu'on ne joignît le refroidissement à la pression. Enfin, que le - degré de la chaleur du sang étant à peu près celui où l'éther passe - de l'état liquide à l'état aériforme, il doit se vaporiser dans les - premières voies, & qu'il est très-vraisemblable que les propriétés de - ce médicament tiennent à cet effet, pour ainsi dire, mécanique.</p> - - <p>Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce - qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique. - A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir - dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que - ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à <span class="pagenum" id="Page_15">15</span> 67 degrés du - thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue - presque bouillante, & qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger - les mains.</p> - - <p>Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce - fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un - degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique - convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place - & moi, devoir la confirmer par une expérience directe, & en voici le - résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, <i>planche - VII, figure 5</i>, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, & nous - avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure. - Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui - ont gagné le haut CD de la jarre, & qui se sont rangés au-dessus de - la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande - chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière - étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit - 85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels - est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs - degrés à celui <span class="pagenum" id="Page_16">16</span> de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau, - placés dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint - la température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition, - & au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD, - ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute - entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau, - & la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par - conséquent fort pesante, & si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à - la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain - d'eau salée, l'eau se condensoit & le mercure remontoit; mais elle - reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit - été replongé.</p> - - <p>Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en - fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans - lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres, - tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque, - l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &c. qui demeurent - constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur & de - pression de l'atmosphère.</p> - - <p>Tous ces faits particuliers, dont il me seroit <span class="pagenum" id="Page_17">17</span> facile de - multiplier les exemples, m'autorisent à faire un principe général de - ce que j'ai déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la - Nature sont susceptibles d'exister dans trois états différens; dans - l'état de solidité, dans l'état de liquidité, & dans l'état aériforme, - & que ces trois états d'un même corps dépendent de la quantité de - calorique qui lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides - aériformes sous le nom générique de <i>gaz</i>; & je dirai en conséquence - que, dans toute espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui - fait en quelque façon l'office de dissolvant, & la substance qui est - combinée avec lui & qui forme sa base.</p> - - <p>C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que - nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le - Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques - phénomènes qui accompagnent l'échauffement & le refroidissement des - corps, & que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution - de notre atmosphère.</p> - - <p>Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient - dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher - & à les réunir, & les efforts du calorique <span class="pagenum" id="Page_18">18</span> qui tend à les écarter. - Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, - mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent - entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se - figure un vase rempli de petites balles de plomb & dans lequel on verse - une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit - que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles - que les balles laissent entr'elles & les remplira. Les balles, dans - cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au - calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles - se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, & - qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des - autres par l'effort du calorique.</p> - - <p>Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres, - des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque & d'une - égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne - seroit plus la même & l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande - quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps de - la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles ne - sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité <span class="pagenum" id="Page_19">19</span> dépend de la - figure de ces molécules, de leur grosseur, & de la distance les unes - des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui - existe entre leur force d'attraction, & la force répulsive qu'exerce le - calorique.</p> - - <p>C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: <i>capacité des - corps pour contenir la matière de la chaleur</i>; expression fort juste, - introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des - notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau & - quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille & pénètre les - corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans - les choses abstraites de comparaisons sensibles.</p> - - <p>Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en - volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu - dans leurs pores; ils se gonfleront & augmenteront de poids: mais - chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau - différente; les plus légers & les plus poreux en logeront davantage; - ceux qui seront compactes & serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une - très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront - dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de - l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront <span class="pagenum" id="Page_20">20</span> avec l'eau, & les - bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront - très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois - ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même - connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront - absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient - avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité - absolue qu'ils en contiendront en en sortant.</p> - - <p>Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont - plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un - fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande - élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du - calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres, - quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, & - l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens - très-notables dans les résultats.</p> - - <p>Les choses amenées à ce point de clarté & de simplicité, il me sera - aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à - ces expressions; <i>calorique libre, & calorique combiné, quantité - spécifique de calorique</i> contenue dans les différens corps, <i>capacité - pour <span class="pagenum" id="Page_21">21</span> contenir le calorique, chaleur latente, chaleur - sensible</i>, toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui, - d'après ce que je viens d'exposer, ont un sens strict & déterminé. - C'est ce sens que je vais chercher encore à fixer par quelques - définitions.</p> - - <p><i>Le calorique libre</i> est celui qui n'est engagé dans aucune - combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec - lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous - n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue.</p> - - <p><i>Le calorique combiné</i> est celui qui est enchaîné dans les corps par la - force d'affinité ou d'attraction, & qui constitue une partie de leur - substance, même de leur solidité.</p> - - <p>On entend par cette expression <i>calorique spécifique</i> des corps, la - quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même - nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids. - Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des - corps, de leur adhérence plus ou moins grande; & c'est cette distance, - ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà - observé, <i>capacité pour contenir le calorique</i>.</p> - - <p><i>La chaleur</i>, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la - <i>chaleur sensible</i>, <span class="pagenum" id="Page_22">22</span> n'est que l'effet produit sur nos organes - par le passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En - général nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque, - & l'on pourroit poser comme un axiome, <i>point de mouvement, point de - sensation</i>. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment - du froid & du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique - qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre - main dans le corps que nous touchons, & nous éprouvons la sensation du - froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud; - le calorique passe du corps à notre main, & nous avons la sensation de - la chaleur. Si le corps & la main sont du même degré de température, - ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de - chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport - de calorique, & qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un - mouvement qui l'occasionne.</p> - - <p>Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique - libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui - est au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse, - & de la capacité qu'il a lui-même pour contenir le <span class="pagenum" id="Page_23">23</span> calorique. - Le changement qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un - déplacement de calorique, qu'un changement arrivé à un systême de - corps dont il fait partie; il n'indique tout au plus que la portion - de calorique qu'il a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale - qui a été dégagée, déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple & - le plus <ins class="correction" title="act">exact</ins> pour remplir ce dernier objet est celui imaginé par M. - de la Place, & qui est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année - 1780, page 364. On en trouve aussi une explication sommaire à la fin - de cet Ouvrage. Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où - se dégage le calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la - quantité de glace fondue est une expression exacte de la quantité de - calorique qui s'est dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous - avons fait construire d'après cette idée, connoître, non pas comme on - l'a prétendu, la capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, - mais le rapport des augmentations ou diminutions que reçoivent ces - capacités, par des nombres déterminés de degrés du thermomètre. - Il est facile, avec le même appareil, & par diverses combinaisons - d'expériences, de connoître la quantité de calorique nécessaire pour - convertir les <span class="pagenum" id="Page_24">24</span> corps solides en liquides & ceux-ci en fluides - aériformes, & réciproquement, ce que les fluides élastiques abandonnent - de calorique quand ils redeviennent liquides, & ceux-ci quand ils - redeviennent solides. On pourra donc parvenir un jour, lorsque les - expériences auront été assez multipliées, à déterminer le rapport - de calorique qui constitue chaque espèce de gaz. Je rendrai compte, - dans un Chapitre particulier, des principaux résultats que nous avons - obtenus en ce genre.</p> - - <p>Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de - l'élasticité des gaz & des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile - d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui - paroît être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus - simple que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant - avec un autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut - convenir que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on - ne fait par-là que reculer la difficulté, & qu'il reste toujours à - expliquer ce que c'est que l'élasticité, & pourquoi le calorique - est élastique. En considérant l'élasticité dans un sens abstrait, - elle n'est autre chose que la propriété qu'ont les molécules d'un - corps de s'éloigner les unes des autres, <ins class="correction" title="lorqu'on">lorsqu'on</ins> les a forcées de - <span class="pagenum" id="Page_25">25</span> s'approcher. Cette tendance qu'ont les molécules du calorique - à s'écarter, a lieu même à de fort grandes distances. On en sera - convaincu si l'on considère que l'air est susceptible d'un grand - degré de compression; ce qui suppose que ses molécules sont déjà - très-éloignées les unes des autres: car la possibilité de se - rapprocher, suppose une distance au moins égale à la quantité du - rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont déjà très-éloignées - entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage: en effet, si on fait - le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient, les dernières portions - d'air qui y restent se répandent uniformément dans toute la capacité - du vase, quelque grand qu'il soit, elles le remplissent en entier & - pressent contre ses parois: or cet effet ne peut s'expliquer qu'en - supposant que les molécules font un effort en tout sens pour s'écarter, - & l'on ne connoît point la distance à laquelle ce phénomène s'arrête.</p> - - <p>Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides - élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que - si cette répulsion avoit lieu, & on auroit quelque droit d'en conclure - que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette - force de répulsion une fois admise, les <span class="pagenum" id="Page_26">26</span> explications relatives à - la formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples: - mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des - molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à - concevoir.</p> - - <p>Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules - du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules - des corps, & qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force - d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose - d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de - l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, & - l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en - se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle - n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau - entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à - les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire - que des forces attractives qui agissent dans ce cas, & ces forces sont, - 1<sup>o</sup>. la pesanteur de l'eau & l'action qu'elle exerce en tout sens, - comme tous les fluides; 2<sup>o</sup>. la force attractive des molécules de - l'eau les unes à l'égard des autres; 3<sup>o</sup>. la force <span class="pagenum" id="Page_27">27</span> attractive des - molécules de l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des - molécules de l'eau & de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir - que c'est de l'intensité & du rapport de toutes ces forces, que dépend - l'explication du phénomène. Il est probable que l'écartement des - molécules des corps par le calorique, tient de même à une combinaison - de différentes forces attractives, & c'est le résultat de ces forces - que nous cherchons à exprimer d'une manière plus concise & plus - conforme à l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous - disons que le calorique communique une force répulsive aux molécules - des corps.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 284px;"> - <img src="images/page-27.jpg" alt="" title="" width="284" height="271" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_28">28</span></p> - - <h2 id="ch2"><span class="h2t2">CHAPITRE II.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Vues générales sur la formation & la constitution de l'atmosphère de - la terre.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> considérations que je viens de présenter sur la formation des - fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur - la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les - atmosphères des planètes, & notamment celle de la terre. On conçoit - que cette dernière doit être le résultat & le mélange 1<sup>o</sup>. de toutes - les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans - l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, & - à une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces - de hauteur; 2<sup>o</sup>. de toutes les substances fluides ou concrètes - susceptibles de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz.</p> - - <p>Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle - on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui - arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la - température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple, - que la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région <span class="pagenum" id="Page_29">29</span> - beaucoup plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par - exemple, où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à - celle de l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles - de se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, & le mercure - lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides - aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces - nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, & - il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons - nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant - satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz, - arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit - pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en - effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la - pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une - pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les - fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une - chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement - plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même & tous les - liquides, peuvent éprouver dans la machine de <span class="pagenum" id="Page_30">30</span> Papin, une chaleur - capable de les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère - arriveroit à un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas - été vaporisée jusqu'alors, cesseroit de bouillir, & resteroit dans - l'état de liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme - dans toute autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit - limitée & ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter - ces réflexions beaucoup plus loin, & examiner ce qui arriveroit aux - pierres, aux sels, & à la plus grande partie des substances fusibles - qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles - entreroient en fusion & formeroient des fluides; mais ces dernières - considérations sortent de mon objet, & je me hâte d'y rentrer.</p> - - <p>Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée - dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves - & nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que nous - connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers - très-durs, d'abord diaphanes, homogènes & blancs comme le cristal - de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de - différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement - colorées. <span class="pagenum" id="Page_31">31</span></p> - - <p>L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances - aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans - l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant; - elles reviendroient donc à l'état de liquidité, & il en résulteroit de - nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée.</p> - - <p>Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1<sup>o</sup>. que - <i>solidité</i>, <i>liquidité</i>, <i>élasticité</i>, sont trois états différens de - la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles - presque toutes les substances peuvent successivement passer, & qui - dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées, - c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées; - 2<sup>o</sup>. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement - en vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé - de tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs & - d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur & de pression que - nous éprouvons; 3<sup>o</sup>. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible - qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement - compactes, des métaux même, & qu'une substance métallique, par exemple, - qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas. <span class="pagenum" id="Page_32">32</span></p> - - <p>On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme - l'eau & l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les - uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire, - comme le mercure, l'eau & l'huile, ne peuvent contracter que des - adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils - ont été mêlangés, & se rangent en raison de leur gravité spécifique. - La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il - est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine & - qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement - miscibles à l'air de l'atmosphère & qui s'en séparent; si ces gaz sont - plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, & y - former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes - qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe - ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable, - & que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent - les phénomènes de l'aurore boréale & des autres météores ignés. - Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire - particulier.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 57px;"> - <img src="images/page-32.jpg" alt="" title="" width="57" height="35" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_33">33</span></p> - - <h2 id="ch3"><span class="h2t2">CHAPITRE III.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides - élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elle</span> est donc <i>à priori</i> la constitution de notre atmosphère; elle - doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de - demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température & de - pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à - peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande - hauteur à laquelle on soit encore parvenu, & dont la densité décroît en - raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit, - il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de - plusieurs autres de fluides très-différens.</p> - - <p>Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre & quelle est - la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure - que nous habitons; & c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La - Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; & les détails dans - lesquels je vais entrer feront connoître <span class="pagenum" id="Page_34">34</span> que l'air de l'atmosphère - est peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont - l'analyse est la plus exactement & la plus rigoureusement faite.</p> - - <p>La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la - nature des parties constituantes d'un corps, la composition & la - décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau - & de l'esprit-de-vin ou alkool, & que par le résultat de ce mêlange - on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le - commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé - d'alkool & d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie - de décomposition, & en général on ne doit être pleinement satisfait en - Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves.</p> - - <p>On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut - le décomposer & le recomposer; & je me bornerai à rapporter ici les - expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il - n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce - que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous - un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_35">35</span></p> - - <p>J'ai pris, <i>planche II, figure 14</i>, un matras A de 36 pouces cubiques - environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, & avoit six à - sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le - voit représenté, <i>planche IV, figure 2</i>, de manière qu'il pût être - placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit - s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai - introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en - suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé - le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec - une bande de papier collé, & j'ai observé exactement le baromètre & le - thermomètre.</p> - - <p>Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN, - & je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de - manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le - faire bouillir.</p> - - <p>Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour: - le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation - continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes, - d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, & qui, - lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient <span class="pagenum" id="Page_36">36</span> - d'elles-mêmes au fond du vase, & se réunissoient au reste du mercure. - Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure - de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont - augmenté en nombre & en volume, après quoi elles ont cessé de grossir - & sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours - voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès, - j'ai éteint le feu & j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume - de l'air contenu tant dans le matras que dans son col & sous la - partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces & à 10 - degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques - environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression & - à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y - avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ. - D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui - s'étoient formées, & les ayant séparées autant qu'il étoit possible du - mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de - 45 grains.</p> - - <p>J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure - en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule & même - expérience, <span class="pagenum" id="Page_37">37</span> de conserver l'air dans lequel on a opéré, & les - molécules rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera - souvent de confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou - trois expériences de même genre.</p> - - <p>L'air qui restoit après cette opération & qui avoit été réduit aux - cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit - plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on - y introduisoit y périssoient en peu d'instans, & les lumières s'y - éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau.</p> - - <p>D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit - formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite - cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir - les produits liquides & aériformes qui pourroient se séparer: ayant - allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la matière - rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité. Lorsqu'ensuite - la cornue a approché de l'incandescence, la matière rouge a commencé - à perdre peu à peu de son volume, & en quelques minutes elle a - entièrement disparu; en même temps il s'est condensé dans le petit - récipient 41 grains <sup>1</sup>/<sub>2</sub> de mercure coulant, & il a passé sous la cloche - <span class="pagenum" id="Page_38">38</span> 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup plus propre - que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion & la respiration - des animaux.</p> - - <p>Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un - pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un - éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement - comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme & une sorte de - décrépitation, à la manière du phosphore, & avec une vivacité de - lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons - découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele & moi, a été - nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal. - Je lui avois d'abord donné le nom d'<i>air éminemment respirable</i>: - depuis, on y a substitué celui d'<i>air vital</i>. Nous verrons bientôt ce - qu'on doit penser de ces dénominations.</p> - - <p>En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit - que le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre & respirable - de l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de - cette partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce - de mofète, incapable d'entretenir la combustion <span class="pagenum" id="Page_39">39</span> & la respiration: - l'air de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de - nature différente & pour ainsi dire opposée.</p> - - <p>Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux - fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les - 42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, & les 8 pouces - cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à - celui de l'atmosphère, & qui est propre à peu près au même degré, à la - combustion, à la calcination des métaux, & à la respiration des animaux.</p> - - <p>Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir - séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans - la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées - exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure - pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas - assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles - qui s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence - des deux fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère & la force - d'affinité qui unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence - la calcination du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle - <span class="pagenum" id="Page_40">40</span> peut l'être, dans une quantité d'air déterminée, il reste encore - un peu d'air respirable combiné avec la mofète, & le mercure ne peut - en séparer cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la - proportion d'air respirable & d'air non respirable qui entre dans la - composition de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au - moins dans les climats que nous habitons: je discuterai en même temps - les causes d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette - proportion.</p> - - <p>Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure, - puisqu'il y a fixation & combinaison de la base de la partie respirable - avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment - exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique & de lumière; & - l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais - deux causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience - dont je viens de rendre compte. La première, parce que la calcination - durant pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur & de lumière, - réparti sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible - pour chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération - se faisant dans un fourneau & à l'aide du feu, la chaleur occasionnée - par la calcination <span class="pagenum" id="Page_41">41</span> se confond avec celle du fourneau. Je pourrois - ajouter que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se - combinant avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique - qui lui étoit uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle - combinaison; mais cette discussion & les preuves que je serois obligé - de rapporter, ne seroient pas à leur place ici.</p> - - <p>Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur - & de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition - de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec - la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le - monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la - combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, <i>planche - IV, figure 17</i>, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités - B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG. - On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau - d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air - dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume - l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer - BC dans la bouteille, & on la bouche <span class="pagenum" id="Page_42">42</span> comme on le voit dans la - figure que je viens de citer.</p> - - <p>Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence - à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation - au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles, - lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis - qui deviennent noirs en se refroidissant, & qui conservent un reste - de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant & plus - fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement - en poudre & est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne - l'étoit avant sa combustion.</p> - - <p>M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit - à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de - la répéter avec des circonstances différentes & dans un appareil plus - propre à répondre à mes vues.</p> - - <p>J'ai rempli une cloche A, <i>planche IV, fig. 3</i>, de six pintes environ - de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment - respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat, - cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après - quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du - mercure, <span class="pagenum" id="Page_43">43</span> tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. - Je me suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine - D, plate & évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer - tournés en spirale, & que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru - la plus favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les - parties. A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit - morceau d'amadoue, & j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit - à peine un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche - en soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette - manière de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec - l'air de la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on - opère avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience.</p> - - <p>Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une - partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son - intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on - passe par-dessous, & pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on - tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art - pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se - contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une - <span class="pagenum" id="Page_44">44</span> très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & - demi tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on - élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le - mercure jusqu'à 6 à 7 pouces.</p> - - <p>Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un - fer recourbé MN, <i>planche IV, figure 16</i>, destiné à ces sortes - d'expériences; on le passe par-dessous la cloche & avant qu'il ait eu - le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore - contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore - s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, & celle-ci la - communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le - fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche, - brillante, & semblable à celle qu'on observe dans les étoiles - d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette - combustion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de grosseur - différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, & dont - quelques-uns sont lancés au dehors & nagent sur la surface du mercure.</p> - - <p>Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation - dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée <span class="pagenum" id="Page_45">45</span> - par la chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la - dilatation; le mercure remonte dans la cloche, & lorsque la quantité de - fer est suffisante, & que l'air avec lequel on opère est bien pur, on - parvient à l'absorber presqu'en entier.</p> - - <p>Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences - de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de - fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience & absorber presque - tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de - la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroidissement - subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre: - le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès - qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait - jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces - inconvéniens & être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère - brûler plus d'un gros & demi de fer sous une cloche de huit pintes de - capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de - mercure qu'elle est destinée à contenir.</p> - - <p>Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience, le - poids que le fer acquiert, & les changemens arrivés à l'air. Si c'est - <span class="pagenum" id="Page_46">46</span> l'augmentation de poids du fer & son rapport avec l'absorption de - l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin de - marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la - hauteur du mercure avant & après l'expérience; on passe ensuite sous - la cloche le siphon GH, <i>planche IV, figure 3</i>, garni d'un papier qui - empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité - G, & on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure - est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache - de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble - soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés & qui nagent - sur le mercure, & on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que - les anciens Chimistes ont nommé <i>éthiops martial</i>; il a une sorte de - brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, & se réduit - en poudre sous le marteau & sous le pilon. Lorsque l'opération a bien - réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops. - On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35 - livres par quintal.</p> - - <p>Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite, - l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à - celle dont le fer est augmenté. Si donc on a <span class="pagenum" id="Page_47">47</span> brûlé 100 grains de - fer & que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35 - grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70 - pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans - la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet, - assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube.</p> - - <p>Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences - de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le - volume de l'air au commencement & à la fin de l'expérience à celui - qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, & à une pression de 28 - pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces - corrections, à la fin de cet Ouvrage.</p> - - <p>Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se - propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu - différente. On commence alors, après que la combustion est faite & - que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer & la capsule qui - le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le mercure: - ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse ou alkali - caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou telle autre - substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action qu'elles exercent - <span class="pagenum" id="Page_48">48</span> sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces moyens d'analyse - de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de ces différentes - substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans ce moment. On - finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau qu'il est - nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe dessous - un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on la - transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où l'on - opère plus en grand & avec plus de facilité.</p> - - <p>Lorsqu'on a employé du fer très-doux & très-pur, & que la portion - respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit - exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après - la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion; - mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de - matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de - même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air - parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion - de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en - rien le résultat de l'expérience, & elle se retrouve à la fin en même - quantité qu'au commencement.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_49">49</span></p> - - <p>J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature - des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de - décomposition & par voie de composition. La calcination du mercure nous - a fourni l'exemple de l'une & de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à - la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue - pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais - on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant - de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra - dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de - l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint - les lumières, qui est nuisible pour les animaux, & qui est en tout - semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à - 73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment - respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination, - on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de - l'atmosphère & qui en a toutes les propriétés.</p> - - <p>Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de - l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer ici - sans emprunter des notions, qui, dans <span class="pagenum" id="Page_50">50</span> l'ordre des connoissances, - appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que - j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; & dans ces - sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur - nombre.</p> - - <p>Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de - l'atmosphère & qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que - nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau - qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant - les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides - élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre - davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour - en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides - élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des - phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont - souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 152px;"> - <img src="images/page-50.jpg" alt="" title="" width="152" height="103" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_51">51</span></p> - - <h2 id="ch4"><span class="h2t2">CHAPITRE IV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de - l'atmosphère.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'ici</span> j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner - la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère, - & j'ai adopté provisoirement ces expressions, <i>partie respirable, - partie non respirable de l'air</i>. Les détails dans lesquels je vais - entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir - cherché à donner des idées simples des différentes substances qui - entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime - également par des mots simples.</p> - - <p>La température de la planette que nous habitons se trouvant - très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide, - & réciproquement, & ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux, - il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les - climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau - devenue solide par l'absence du calorique.</p> - - <p>Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur - par une plus grande <span class="pagenum" id="Page_52">52</span> addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait - une étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré - un peu supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en - un fluide élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être - reçu & contenu dans des vaisseaux, & qui conserve sa forme gazeuse - tant qu'il éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à - une pression égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce - phénomène ayant échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau - dans cet état par un nom particulier; & il en est de même de tous les - fluides, & en général, de toutes les substances qui ne sont point - susceptibles de se vaporiser au degré habituel de température & de - pression dans lequel nous vivons.</p> - - <p>Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart - des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que - ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le - calorique; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide - ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des - Physiciens.</p> - - <p>Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus - & consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons <span class="pagenum" id="Page_53">53</span> donc - attaché au mot d'<i>eau</i> & de <i>glace</i>, leur signification vulgaire; nous - avons de même exprimé par le mot d'<i>air</i> la collection des fluides - élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes - pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes - nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous - étions en droit de les rejetter & de leur en substituer d'autres - moins propres à induire en erreur; & lors même que nous nous sommes - déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les - modifier & d'y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonscrites.</p> - - <p>C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, & - nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses - que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout - à n'admettre que des mots courts, & autant qu'il étoit possible, qui - fussent susceptibles de former des adjectifs & des verbes.</p> - - <p>D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer, - le nom de <i>gaz</i> employé par Vanhelmont, & nous avons rangé sous cette - dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes, - en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. <span class="pagenum" id="Page_54">54</span> Le - mot <i>gaz</i> est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier - degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique; - c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit - ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, & nous y sommes parvenus en - empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc - gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, & dans l'état de fluide - élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera - le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le - gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz - ammoniaque, & ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet - article quand il sera question de nommer les différentes bases.</p> - - <p>On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux - fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir - la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent & les corps - combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument - opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir - la combustion, &c. Nous avons donné à la base de la portion respirable - de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς, <span class="pagenum" id="Page_55">55</span> <i>acide</i>, & γεινομαι, <i>j'engendre</i>, parce qu'en - effet une des propriétés les plus générales de cette base est de - former des acides, en se combinant avec la plupart des substances. - Nous appellerons donc gaz oxygène la réunion de cette base avec le - calorique: sa pesanteur dans cet état est assez exactement d'un - demi-grain poids de marc, par pouce cube, ou d'une once & demie par - pied cube, le tout à 10 degrés de température, & à 28 pouces du - baromètre.</p> - - <p>Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de - l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes - contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz - de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc - nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζοη, - <i>vie</i>, ainsi la partie non respirable de l'air sera le gaz azotique. - Sa pesanteur est d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de - 0,4444 grain le pouce cube.</p> - - <p>Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose - d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce - n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons - d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été - possible de le rencontrer: nous avions été <span class="pagenum" id="Page_56">56</span> tentés d'abord de le - nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences - de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre - dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre - côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes - constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre - également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été - tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû - rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, & nous n'avons - pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'<i>azote</i> & de gaz - azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de - priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz.</p> - - <p>J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens, - si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces - de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous, - mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que - nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance - simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement - de ce premier mot.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 81px;"> - <img src="images/page-56.jpg" alt="" title="" width="81" height="31" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_57">57</span></p> - - <h2 id="ch5"><span class="h2t2">CHAPITRE V.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore & le - charbon, & de la formation des acides en général.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">U</span><span class="smcap">n</span> des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire - des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible & - d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les - effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire - l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point - une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait - une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif - dans les calcinations & les combustions: mais, comme il les rallentit, - & comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans - quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause - d'incertitude.</p> - - <p>J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte, - le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou gaz - oxigène pur, & j'avertirai seulement des différences <span class="pagenum" id="Page_58">58</span> qu'elles - présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de - gaz azotique.</p> - - <p>J'ai pris une cloche de cristal A, <i>planche IV, figure 3</i>, de cinq à - six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau, - après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une - capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la - surface du mercure & j'y ai introduit 61 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub> de phosphore de - Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, <ins class="correction" title="semblable">semblables</ins> - à celle qu'on voit en D, <i>figure 3</i>, sous la cloche A; & pour pouvoir - allumer chacune de ces deux portions séparément, & que l'inflammation - ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des - deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé, - j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec - un siphon de verre GHI, même <i>figure</i>, qu'on introduit par-dessous la - cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure, - on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec - un fer recourbé rougi au feu, représenté <i>figure 16</i>, j'ai allumé - successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle - qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre. <span class="pagenum" id="Page_59">59</span></p> - - <p>La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme - brillante & un dégagement considérable de chaleur & de lumière. Il y a - eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène, - occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus - de son niveau, & il y a eu une absorption considérable: en même temps - tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers, - qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret.</p> - - <p>La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites, - au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est - trouvée à la fin seulement de 23 pouces <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: la quantité de gaz oxygène - absorbée avoit donc été de 138 pouces <sup>3</sup>/<sub>4</sub> ou de 69,375 grains.</p> - - <p>La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les - capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, & - séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: ce qui réduit - à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu - près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux - grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion.</p> - - <p>Ainsi dans cette opération, 45 grains de <span class="pagenum" id="Page_60">60</span> phosphore se sont - combinés avec 69,375 grains d'oxygène; & comme rien de pesant ne - passe à travers le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la - substance quelconque qui a résulté de cette combinaison & qui s'étoit - rassemblée en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de - l'oxygène & de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains. - On verra bientôt que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide - concret. En réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut - employer 154 liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, & qu'il - en résulte 254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret.</p> - - <p>Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré - de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec - le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène, - qu'il s'empare de sa base, & qu'alors le calorique, qui devient libre, - s'échappe & se dissipe en se répartissant dans les corps environnans.</p> - - <p>Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas - encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai - employé & que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier le - poids des flocons <span class="pagenum" id="Page_61">61</span> blancs ou de l'acide concret qui s'est formé; - on ne peut le conclure que par voie de calcul & en le supposant égal à - la somme du poids de l'oxygène & du phosphore: or quelqu'évidente que - fût cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique & en Chimie, - de supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai - donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, & avec - un appareil différent.</p> - - <p>J'ai pris un grand ballon de verre A, <i>planche IV, figure 4</i>, dont - l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se - recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit - percée de deux trous pour le passage des tuyaux <i>yyy</i>, <i>xxx</i>.</p> - - <p>Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support - BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains - de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de - cristal sur l'ouverture du matras, & j'ai lutté avec du lut gras, que - j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & de blanc - d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet - appareil au bras d'une balance, & j'en ai déterminé le poids à un grain - ou un grain & demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau <i>xxx</i>, <span class="pagenum" id="Page_62">62</span> à une - petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un - robinet adapté au tuyau <i>yyy</i>, j'ai introduit du gaz oxygène dans le - ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de - facilité & sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine - hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier - & moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, & dont - on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage; - qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis - des additions & des corrections importantes, connoître d'une manière - rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, & - celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération.</p> - - <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec un - verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée d'une - grande flamme & de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle s'opéroit, - il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui s'attachoient - sur les parois intérieures du vase, & qui bientôt l'ont obscurci - entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que quoiqu'il - rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû entretenir - la <span class="pagenum" id="Page_63">63</span> combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant laissé - refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par m'assurer - de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, & par peser le - ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché & pesé la petite - quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, & qui étoit - de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale de - phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de - ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1<sup>o</sup>. le - poids du phosphore brûlé; 2<sup>o</sup>. celui des flocons blancs obtenus par la - combustion; 3<sup>o</sup>. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le - phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats - que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en - brûlant, absorboit un peu plus d'une fois & demie son poids d'oxygène, - & j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle - substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé & - de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de - prévoir <i>à priori</i>.</p> - - <p>Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur, - le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui - prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore <span class="pagenum" id="Page_64">64</span> qui puisse altérer la - pureté de l'air, & qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base, - c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni.</p> - - <p>J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque - dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit - sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la - combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé. - On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun - à l'Académie, M. de la Place & moi, année 1780, page 355. Ayant soumis - la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une - livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace.</p> - - <p>La combustion du phosphore réussit également dans l'air de - l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1<sup>o</sup>. que la - combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par - la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz - oxygène: 2<sup>o</sup>. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement - absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz - oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de - l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu. <span class="pagenum" id="Page_65">65</span></p> - - <p>Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans - le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière - blanche floconneuse très-légère, & il acquiert des propriétés toutes - nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient - soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une - étonnante rapidité, & il se résout en une liqueur beaucoup plus dense - que l'eau, & d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans - l'état de phosphore, & avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun - goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre - & piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle - des substances incombustibles, & il devient ce qu'on appelle un acide.</p> - - <p>Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par - l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une - propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique, - on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les - opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen - de simplifier l'étude des Sciences, & il seroit impossible d'en retenir - tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons - donc <i>oxygénation</i> la <span class="pagenum" id="Page_66">66</span> conversion du phosphore en un acide, & en - général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène.</p> - - <p>Nous adopterons également l'expression d'<i>oxygéner</i>, & je dirai en - conséquence qu'en <i>oxygénant</i> le phosphore, on le convertit en un acide.</p> - - <p>Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la - propriété de décomposer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique. - On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables - à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois - avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le - soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient - avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la - combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même - brûle avec beaucoup de difficulté, & qu'il est susceptible de se - dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après - mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que - l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre; - que son poids est égal à la somme du poids du soufre, & de l'oxygène - qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible, - susceptible de se combiner avec <span class="pagenum" id="Page_67">67</span> l'eau en toutes proportions: il - ne reste d'incertitude que sur la quantité de soufre & d'oxygène qui - constituent cet acide.</p> - - <p>Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une - substance combustible simple, a également la propriété de décomposer - le gaz oxygène & d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui - résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression - & de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état - de gaz, & il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet - acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais - dans un degré plus foible, & il s'unit comme eux à toutes les bases - susceptibles de former des sels neutres.</p> - - <p>On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous - une cloche de verre A, <i>planche IV, figure 3</i>, remplie de gaz oxygène, - & renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud & - même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le - charbon, un petit fragment d'amadoue & un petit atome de phosphore. On - allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se - communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon.</p> - - <p>On trouve le détail de cette expérience, <span class="pagenum" id="Page_68">68</span> Mémoires de l'Académie, - année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en - poids, pour en saturer 28 de charbon, & que l'acide aériforme qui - est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du - charbon & de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme - a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont - découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui - de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié & gâté par la - combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance - aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides, - par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe - ne lui convient point.</p> - - <p>Ayant essayé, M. de la Place & moi, de brûler du charbon dans - l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous - avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv. - 6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se - combinent avec le charbon dans cette opération, & il se forme 3 liv. 9 - onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le - pouce cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de - gaz acide qui se <span class="pagenum" id="Page_69">69</span> forme par la combustion d'une livre de charbon.</p> - - <p>Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, & faire - voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides - s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche - que je me suis engagé à suivre & qui consiste à ne procéder que du - connu à l'inconnu, & à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés - dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche - d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je - viens de citer, suffisent pour donner une idée claire & précise de - la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un - principe commun à tous, & que c'est lui qui constitue leur acidité; - qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la - substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base - acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, & le - principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 60px;"> - <img src="images/page-69.jpg" alt="" title="" width="60" height="23" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_70">70</span></p> - - <h2 id="ch6"><span class="h2t2">CHAPITRE VI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la nomenclature des Acides en général, & particulièrement de ceux - tirés du salpêtre & du sel marin.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">R</span><span class="smcap">ien</span> n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre - précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot - acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans - le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de - son radical. Nous nommerons donc <i>acides</i> en général, le résultat de la - combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre & du charbon. - Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le - second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans - toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du - nom de la base la désignation spécifique de chaque acide.</p> - - <p>Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des corps - combustibles, & en général, d'une partie des corps qui se transforment - en acides, c'est qu'ils sont susceptibles <span class="pagenum" id="Page_71">71</span> de différens degrés - de saturation; & les acides qui en résultent, quoique formés de - la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort - différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide - phosphorique, & sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des - exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce - premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, & - qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion - d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, & qui - donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier. - Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver - en défaut, & il paroissoit difficile de tirer du nom de la base - acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution - & sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion, - & plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles - ressources, & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les - variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons. - L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom - d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, & nous avons donné - celui de sulfurique à l'acide du soufre <span class="pagenum" id="Page_72">72</span> complettement saturé - d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage, - que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux - degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est - pénétrant & volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est - inodore & fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour - tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous - aurons donc également un acide phosphoreux & un acide phosphorique, un - acide acéteux & un acide acétique, & ainsi des autres.</p> - - <p>Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, & la - nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant, si, lors - de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical ou sa base - acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été découvert que - postérieurement à la découverte du phosphore, & le nom qui lui a été - donné a été dérivé en conséquence de celui de la base acidifiable dont - il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été découvert avant - la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été découvert, on - ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle il appartenoit, - alors on a donné à l'acide & à la base des noms qui n'avoient <span class="pagenum" id="Page_73">73</span> - aucun rapport entr'eux, & non-seulement on a surchargé la mémoire - de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit des - commençans & même des Chimistes consommés, des idées fausses que le - tems seul & la réflexion peuvent effacer.</p> - - <p>Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer - qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; & on l'a - nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance - dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que - celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion.</p> - - <p>Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement - le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de - la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de - dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne transmet des - idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de - modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti - le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, & celui d'air - fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible - de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit - inconnue. Nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_74">74</span> trouvés alors forcés de prendre une - marche inverse; & au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la - base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination - de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire - du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide, - de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se - fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une - odeur très-pénétrante, & en faisant légèrement chauffer, on dégage - tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré - de température & de pression dans lequel nous vivons, il faut des - précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode - & le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite - cornue G, <i>planche V, fig. 5</i>, dans laquelle on introduit du sel marin - bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, & aussi-tôt - on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de - verre A, <i>même figure</i>, qu'on a préalablement remplies de mercure. A - mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre & gagne le - haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on - chauffe légèrement & on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe <span class="pagenum" id="Page_75">75</span> - plus rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, & cette dernière - en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant - une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un - instant l'acide se combine avec elle & disparoît en entier. On profite - de cette circonstance dans les laboratoires & dans les arts, pour - obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à - cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, figure première</i>. Il - consiste 1<sup>o</sup>. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, & dans - laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2<sup>o</sup>. dans - le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se - dégage; 3<sup>o</sup>. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''', - qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz - acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus - amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage.</p> - - <p>Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide - qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit - formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec - l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue <i>base muriatique, - radical muriatique</i>, en empruntant ce <span class="pagenum" id="Page_76">76</span> nom, à l'exemple de M. - Bergman & de M. de Morveau, du mot latin <i>muria</i>, donné anciennement - au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement - la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette - dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous - forme gazeuse au degré de chaleur & de pression que nous éprouvons, - qui se combine avec l'eau en très-grande quantité & avec beaucoup de - facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à - l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer.</p> - - <p>Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque - substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination & lui - donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été - découverte.</p> - - <p>L'acide muriatique présente au surplus une circonstance - très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre & comme plusieurs - autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès - d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit - dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le - soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité - avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl <span class="pagenum" id="Page_77">77</span> sous le nom - d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide - sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides - plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans - l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur & qui - s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide - muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus - pénétrante, moins miscible à l'eau, & diminue ses qualités acides. Nous - avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation, - comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les - terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène - acide <i>muriateux</i>, & le plus saturé acide <i>muriatique</i>; mais nous avons - cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, & dont on ne - connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous - nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné.</p> - - <p>Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme - nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux - connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous le - nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par des - <span class="pagenum" id="Page_78">78</span> procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide - muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on - le chasse de la base à laquelle il est uni, & l'on se sert de même à - cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, fig. 1</i>. A mesure que - l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre est absorbée - par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord verte, puis bleue, - & enfin jaune, suivant le degré de concentration de l'acide. Il se - dégage pendant cette opération une grande quantité de gaz oxygène mêlé - d'un peu de gaz azotique.</p> - - <p>L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les - autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, & c'est même le premier - dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux - principes qui le constituent tiennent peu ensemble, & on les sépare - aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait - plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue - l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est - parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans - sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est - donc véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un - véritable acide azotique. On voit donc que pour être d'accord <span class="pagenum" id="Page_79">79</span> - avec nous-mêmes & avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou - l'autre de ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés - cependant par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de - changer le nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les - arts, dans la société & dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un - autre côté, devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce - que cette substance est également la base de l'alkali volatil ou - ammoniaque, comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc - de désigner sous le nom d'azote la base de la partie non respirable - de l'air atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique & le - radical ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux & de - nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un - grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes - dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement - nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions - reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous - embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera - insensiblement le souvenir: & c'est ainsi que nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_80">80</span> - trouvés exposés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis - opposés.</p> - - <p>L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand - nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé, - c'est-à-dire, de la proportion d'azote & d'oxygène qui entre dans - sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue - un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de - gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène & - d'une d'azote, & dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut - beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste - au contraire une grande affinité pour ce principe, & il l'attire avec - une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt - qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air - de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour - déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, & pour juger - de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz - nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, & - qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la - proportion de l'oxygène & de l'azote est au-dessous de trois parties - contre une, l'acide est <span class="pagenum" id="Page_81">81</span> rouge & fumant: dans cet état nous le - nommons acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en - dégager du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote - donnent un acide blanc & sans couleur, plus fixe au feu que le - précédent, qui a moins d'odeur, & dont les deux principes constitutifs - sont plus solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les - principes exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique.</p> - - <p>Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène; - l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui - est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote - qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des - acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 134px;"> - <img src="images/page-81.jpg" alt="" title="" width="134" height="118" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_82">82</span></p> - - <h2 id="ch7"><span class="h2t2">CHAPITRE VII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, & de la formation - des Oxides métalliques.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> les substances métalliques sont échauffées à un certain degré - de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le - calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en - excepte l'or, l'argent & le platine, ont la propriété de décomposer le - gaz oxygène, de s'emparer de sa base & d'en dégager le calorique. On a - déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par - le mercure & par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être - regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire - étoit très-rapide & accompagnée d'une flamme brillante. S'il est - nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations, - c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, & - diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose, - l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres.</p> - - <p>Les substances métalliques pendant leur calcination <span class="pagenum" id="Page_83">83</span> augmentent - de poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems - elles perdent leur éclat métallique & se réduisent en une poudre - terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés - comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action - sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur - lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit - donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à - celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en - raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur - l'autre, & cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi - les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air & dans le gaz - oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre, le - phosphore & le charbon: il se forme des substances intermédiaires qui - commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas encore - acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le nom de - chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore à toute - substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu sans se - fondre. Ils ont fait en conséquence du mot <i>chaux</i> un nom générique, - & ils ont confondu sous ce nom, & la pierre calcaire, <span class="pagenum" id="Page_84">84</span> qui d'un - sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au feu - en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, & les métaux - qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la - quantité excède quelquefois moitié de leur poids, & qui les rapproche - de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer - sous un même nom des substances si différentes, & sur-tout de conserver - aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses. - Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, & - nous y avons substitué celui d'<i>oxides</i>, du grec οξυς.</p> - - <p>On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est - fécond & expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les - oxides; un second degré constitue les acides terminés en <i>eux</i>, - comme l'acide nitr<i>eux</i>, l'acide sulfur<i>eux</i>; un troisième degré - constitue les acides en <i>ique</i>, tels que l'acide nitr<i>ique</i>, l'acide - sulfur<i>ique</i>; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré - d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'<i>oxygéné</i>, comme - nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné.</p> - - <p>Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'<i>oxides</i> - la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune - <span class="pagenum" id="Page_85">85</span> difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré - d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer - acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc <i>oxide - de soufre</i>, le soufre devenu mou par un commencement de combustion; - nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le - phosphore quand il a brûlé.</p> - - <p>Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré - d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal - & le règne animal auront leurs oxides, & je ferai voir dans la - suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les - opérations de l'art & de la nature.</p> - - <p>Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer, - presque tous des couleurs qui leur sont propres, & ces couleurs varient - non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré - d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés - d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal - oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide - rouge de fer, oxide jaune de fer; & ces expressions répondront à celles - d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_86">86</span></p> - - <p>Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide - rouge de plomb; & ces expressions désigneront la cendre de plomb, le - massicot & le minium.</p> - - <p>Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand - on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par - la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins - elles seront toujours justes & feront naître l'idée précise de l'objet - qui y correspond.</p> - - <p>Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 271px;"> - <img src="images/page-86.jpg" alt="" title="" width="271" height="222" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_87">87</span></p> - - <h2 id="ch8"><span class="h2t2">CHAPITRE VIII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Du principe radical de l'Eau, & de sa décomposition par le charbon & - par le fer.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'a</span> ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance - simple, & les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier - du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour - eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins - puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement - sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va - voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point - ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, & qui même - est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de - l'Académie des Sciences, année 1781.</p> - - <p>Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la - décomposition & de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on - voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_88">88</span></p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">EXPÉRIENCE PREMIÈRE.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On prend un tube de verre EF, <i>planche VII, fig. 11</i>, de 8 à 12 lignes - de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant - une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce - tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau - distillée bien connue, & à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS' - qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à - l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé - KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil - propre à en déterminer la qualité & la quantité.</p> - - <p>Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que - le tube EF soit de verre vert bien cuit & d'une fusion difficile; on - l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec - des poteries de grès réduites en poudre; & dans la crainte qu'il ne - fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec - une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine - sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en - procurer <span class="pagenum" id="Page_89">89</span> qui ne soient pas poreux, & presque toujours on y - découvre quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs.</p> - - <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau - EFCD, & on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF, - sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau - VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle - remplit l'intérieur du tube EF, & elle en chasse l'air commun qui - s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le - refroidissement dans le serpentin SS', & il tombe de l'eau goutte à - goutte dans le flacon tubulé H.</p> - - <p>En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A - soit évaporée, & en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve - dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui - étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz; - en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation - ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau <span class="pagenum" id="Page_90">90</span> - n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube - intermédiaire EF.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Expérience seconde.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Preparation.</i></p> - - <p>On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette - différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit - grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, & qui - préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans - des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente, - bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans - la précédente; elle se condense dans le serpentin, & coule goutte à - goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité - considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, & qu'on recueille - dans un appareil convenable.</p> - - <p>L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques - atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement - disparu.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_91">91</span></p> - - <p>Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser - ensemble 113 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub><a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>; ils sont de deux espèces, savoir 144 - pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, & 380 - pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>, & - qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact - de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le - flacon, on la trouve diminuée de 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>.</p> - - <p>Ainsi dans cette expérience, 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau, plus 28 grains de - charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> - d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer.</p> - - <p>Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide - carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon; - donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé - à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau sont composés - de 72 grains d'oxygène & de 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'un gaz susceptible de - s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait - été dégagé du charbon, <span class="pagenum" id="Page_92">92</span> & qu'il est conséquemment un produit de - l'eau.</p> - - <p>J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui - n'auroient servi qu'à la compliquer & à jetter de l'obscurité dans - les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un - peu de charbon, & cette circonstance en augmente le poids & diminue - au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte - dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir - les rétablir par calcul, & présenter l'expérience dans toute sa - simplicité, & comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus, - s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je - tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres - expériences que je vais rapporter à l'appui.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Troisième Expérience.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec - cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met - dans le tube EF, <i>planche VII, fig. 11</i>, 274 grains de petites lames - de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme dans - les expériences précédentes; on allume <span class="pagenum" id="Page_93">93</span> du feu sous la cornue A, & - on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce - qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans - le tube EF, & qu'elle se soit condensée dans le flacon H.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience, - mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de - l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, & son - volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité - d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on - trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de - fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que - lorsqu'on les y a introduits; & leur volume se trouve considérablement - augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout - sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état - d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz - oxygène.</p> - - <p class="experience2"><i>Réflexions.</i></p> - - <p>Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du - fer par l'eau; oxidation <span class="pagenum" id="Page_94">94</span> toute semblable à celle qui s'opère dans - l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85 - d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide - noir, & il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier: - donc l'eau est composée d'oxygène & de la base d'un gaz inflammable, - dans la proportion de 85 parties contre 15.</p> - - <p>Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, & - qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un - autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, & auquel - nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a - paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe - générateur de l'eau, de υδορ <i>eau</i>, & de γεινομαι - <i>j'engendre</i>. Nous appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce - principe avec le calorique, & le mot d'hydrogène seul exprimera la base - de ce même gaz, le radical de l'eau<a name="FNanchor_A" id="FNanchor_A" href="#Footnote_A" class="fnanchor">[A]</a>.</p> - - <p>Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui - a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique & pour - décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même - une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé - dans une combinaison, il est toujours dans <span class="pagenum" id="Page_95">95</span> l'état aériforme ou de - gaz au degré habituel de pression & de température dans lequel nous - vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que - l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est - susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir - à la respiration des animaux.</p> - - <p>La propriété de brûler & de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour - tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air - & d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler - qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit - une bouteille de ce gaz & qu'on l'allume, il brûle paisiblement au - gouleau de la bouteille & ensuite dans son intérieur, à mesure que - l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive & lente, - elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz - s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs - avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une - bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, & ensuite deux - de gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel - qu'une bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux - gaz se fait <span class="pagenum" id="Page_96">96</span> d'une manière instantanée & avec une forte explosion. - On ne doit faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert - très-forte qui n'excède pas une pinte de capacité & qu'on enveloppe - même d'un linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par - la rupture de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à - de grandes distances.</p> - - <p>Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est - exact & vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai - cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène - combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux - principes, on doit refaire de l'eau, & c'est ce qui arrive en effet, - comme on va en juger par l'expérience suivante.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Quatrième Expérience.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Recomposition de l'eau.</i></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On prend un ballon A de cristal, <i>planche IV, fig. 5</i>, à large - ouverture, & dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique - une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent - quatre tuyaux. Le premier <span class="pagenum" id="Page_97">97</span> H<i>h</i> est destiné à s'adapter par son - extrêmité <i>h</i> à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on - peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau <i>gg</i> communique - par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, & est destiné - à l'amener dans le ballon. Un troisième <i>d</i>D<i>d'</i> communique par son - extrêmité <i>d</i>NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité <i>d'</i> de - ce tuyau se termine par une ouverture très-petite & à travers laquelle - une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite - ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; & - pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une - pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée - d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué, - à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel - est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle - électrique de L en <i>d'</i> pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz - hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de - pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité <i>d'</i> de l'ajutoir D<i>d'</i>. Les - trois tuyaux <i>d</i>D<i>d'</i>, <i>gg</i>, H<i>h</i> sont chacun garnis de leur robinet.</p> - - <p>Pour que le gaz hydrogène & le gaz oxygène <span class="pagenum" id="Page_98">98</span> arrivent bien secs par - les tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, & qu'ils - soient dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait - passer à travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on - remplit d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité - de l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le - muriate ou le nitrate de chaux. <i>Voyez</i> quelle est la composition de - ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être - en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, & que - le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les - morceaux.</p> - - <p>On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz - oxygène bien pur; & pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide - carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse - dissoute dans de l'eau, & qu'on a dépouillée de son acide carbonique - par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens - d'obtenir cet alkali.</p> - - <p>On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le - plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la - décomposition de l'eau par du fer bien ductile & bien pur.</p> - - <p>Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on <span class="pagenum" id="Page_99">99</span> adapte la pompe - pneumatique au tuyau H<i>h</i>, & on fait le vuide dans le grand ballon A: - on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence - le gaz oxygène par le tuyau <i>gg</i>, puis on oblige par un certain degré - de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau - <i>d</i>D<i>d'</i>, dont l'extrémité <i>d'</i> se termine en pointe. Enfin on allume - ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi - de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la - combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai - employés pour cette expérience, & j'ai expliqué comment on parvient à - mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude. - <i>Voyez</i> la troisième partie de cet Ouvrage.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les - parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau - augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent & se - rassemblent dans le fond du vase.</p> - - <p>En pesant le matras avant & après l'opération, il est facile de - connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans - cette expérience <span class="pagenum" id="Page_100">100</span> une double vérification; d'une part le poids des - gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, & ces deux quantités - doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous - avons reconnu, M. Meusnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids - d'oxygène, & 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer - 100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a - été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y - avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, & nous avons lieu - de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus.</p> - - <p>Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition, - on peut regarder comme constant & aussi bien prouvé qu'on puisse le - faire en Chimie & en Physique, que l'eau n'est point une substance - simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène & - l'hydrogène, & que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont - tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que - sous forme de gaz, au degré de température & de pression dans lequel - nous vivons.</p> - - <p>Ce phénomène de la décomposition & de la recomposition de l'eau s'opère - continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère <span class="pagenum" id="Page_101">101</span> - & par l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition - que sont dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un - certain point, les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la - putréfaction, & même de la végétation. Il est bien extraordinaire - qu'elle ait échappé jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens & - des Chimistes, & on doit en conclure que dans les sciences comme - dans la morale il est difficile de vaincre les préjugés dont on a - été originairement imbu, & de suivre une autre route que celle dans - laquelle on est accoutumé de marcher.</p> - - <p>Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante - que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru - cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre - de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin - ou alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se - dégage pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>. Or une - matière quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà - de la totalité de <span class="pagenum" id="Page_102">102</span> son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une - autre substance à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait - voir que cette autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène. - L'esprit-de-vin contient donc un des principes de l'eau, l'<i>hydrogène</i>; - & c'est l'air de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'<i>oxygène</i>: - nouvelle preuve que l'eau est une substance composée.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 397px;"> - <img src="images/page-102.jpg" alt="" title="" width="397" height="380" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_103">103</span></p> - - <h2 id="ch9"><span class="h2t2">CHAPITRE IX.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de - combustion.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère - de glace creuse, & en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro - du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la - sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des - quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi, - la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre - d'expériences. <i>Voyez</i> Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780, - page 355. <i>Voyez</i> aussi la 3<sup>e</sup> partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de - déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de - trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore, - le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent.</p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace.</p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_104">104</span></p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3 - gros & demi.</p> - - <p>La substance qui se forme par le résultat de la combustion du - phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu - de calorique dans cet acide, & que par conséquent cette combustion - fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de - calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer - que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de - calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la - combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, & - par conséquent de peu d'importance.</p> - - <p>J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit - 1 livre 8 onces d'oxygène; & puisqu'il y a en même tems 100 livres de - glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans - une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10 - onces 5 gros 24 grains de glace.</p> - - <p>Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de - glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains - de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion - du phosphore, <span class="pagenum" id="Page_105">105</span> 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène, - devroient abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces - 5 gros de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité - de calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14 - onc. 5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme - le phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au - contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité - de calorique pour le porter à cet état, & c'est cette quantité qui se - trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le - nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion - d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique - nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à - l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace.</p> - - <p>On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène & - sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en - brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, & fait fondre 295 - livres 9 onces 3 gros & demi de glace.</p> - - <table id="t02" style="width: 100%" summary="table_02"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gros.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de gaz oxygène, en passant - de l'état aériforme à l'état <span class="pagenum" id="Page_106">106</span> solide, - perdroient, d'après les résultats obtenus dans la combustion du phosphore, assez de - calorique pour faire fondre une quantité de glace égale à</td> - <td class="tdrbottom">377</td> - <td class="tdrbottom">12</td> - <td class="tdrbottom">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il ne s'en dégage dans la combustion du gaz hydrogène, - que</td> - <td class="tdrbottombb">295</td> - <td class="tdrbottombb">2</td> - <td class="tdrbottombb">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il en reste donc dans l'eau qui se forme, lors même - qu'elle est ramenée à zéro du thermomètre,</td> - <td class="tdrbottom">82</td> - <td class="tdrbottom">9</td> - <td class="tdrbottom">7 <sup>1</sup>/<sub>2</sub></td> - </tr> - </table> - - <p>Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la - combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans - chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique - égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de - glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il - est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous - n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans - l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, & que l'oxygène - en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette - combinaison.</p> - - <p>De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_107">107</span></p> - - <h3 id="ch9a"><i>Combustion du Phosphore.</i></h3> - - <table id="t03" style="width: 100%" summary="table_03"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de phosphore brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène nécessaire pour la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">8</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide phosphorique obtenu,</td> - <td class="tdcbottombb">2</td> - <td class="tdcbottombb">8</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion d'une livre de - phosphore, exprimé par la quantité de livres de glace qu'il peut - fondre,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">100,00000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de chaque livre de gaz oxygène dans la - combustion du phosphore,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">66,66667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage dans la formation d'une livre - d'acide phosphorique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">40,00000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique resté dans chaque livre d'acide phosphorique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">0,00000</td> - </tr> - </table> - - <p>On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion - de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité - (comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite, - & on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_108">108</span></p> - - <h3 id="ch9b"><i>Combustion du Charbon.</i></h3> - - <table id="t04" style="width: 100%" summary="table_04"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de charbon brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène absorbé pendant la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">2</td> - <td class="tdcbottombb">9</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide carbonique formé,</td> - <td class="tdcbottombb">3</td> - <td class="tdcbottombb">9</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de charbon, exprimé par la - quantité de livres de glace qu'il peut fondre,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">96,50000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de - chaque livre de gaz oxygène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">37,52823</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage - dans la formation d'une livre de - gaz acide carbonique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">27,02024</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'oxygène dans cette - combustion,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">29,13844</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique nécessaire - pour porter une livre d'acide - carbonique à l'état de gaz,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">20,97960</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_109">109</span></p> - - <h3 id="ch9c"><i>Combustion du Gaz hydrogène.</i></h3> - - <table id="t05" style="width: 100%" summary="table_05"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz hydrogène brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène employé - pour la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'eau formée,</td> - <td class="tdcbottombb">6</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de gaz hydrogène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">295,58950</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par - chaque livre de gaz oxygène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">52,16280</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage - pendant la formation d'une livre - d'eau,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">44,33840</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'oxygène dans sa combustion - avec l'hydrogène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">14,50386</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'eau à zéro,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">12,32823</td> - </tr> - </table> - - <h3 id="ch9d"><i>De la Formation de l'Acide nitrique.</i></h3> - - <p>Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former - de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite; - mais elle est beaucoup moindre que celle qui <span class="pagenum" id="Page_110">110</span> a lieu dans les - autres combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence - nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique, - retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans - l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la - quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, & - on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la - combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en - opérant la combinaison du gaz nitreux & du gaz oxygène dans un appareil - environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans - cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité, - qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans - & compliqués; & c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place - & moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des - calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité.</p> - - <p>Nous avons fait détonner, M. de la Place & moi, dans un appareil à - glace une proportion convenable de salpêtre & de charbon, & nous avons - observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12 - livres de glace.</p> - - <p>Mais une livre de salpêtre, comme on <span class="pagenum" id="Page_111">111</span> le verra dans la suite, - contient:</p> - - <table id="t06" style="width: 60%" summary="table_06"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Potasse</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">51,84 = 4515,84.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sec</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20,16 = 4700,16.</td> - </tr> - </table> - - <p>Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de</p> - - <table id="t07" style="width: 60%" summary="table_07"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">66,34 = 3738,34.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mofète</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">25,82 = 961,82.</td> - </tr> - </table> - - <table id="t08" style="width: 100%" summary="table_08"> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">On a donc réellement brûlé dans cette opération 2 gros 1 grain - <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de charbon, à l'aide de 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros - 66,34 grains d'oxygène; & puisque la quantité de glace fondue dans - cette combustion a été de 12 livres, il en résulte qu'une livre de gaz - oxygène brûlé de la même manière, fondroit</td> - <td class="tdrbottom">29,58320</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">A quoi ajoutant pour la quantité de calorique que conserve une livre - d'oxygène dans sa combinaison avec le charbon, pour constituer l'acide - carbonique dans l'état de gaz, & qui est, comme on l'a vu plus haut, de</td> - <td class="tdrbottombb">29,13844</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">On a pour la quantité totale de calorique que contient une livre - d'oxygène, lorsqu'il est combiné dans l'acide nitrique,</td> - <td class="tdrbottom">58,72164</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent"><span class="pagenum" id="Page_112">112</span>On a vu par le résultat de la combustion du - phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il - en contenoit au moins</td> - <td class="tdrbottombb">66,66667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Donc, en se combinant avec l'azote - pour former de l'acide nitrique, - il n'en perd que</td> - <td class="tdrbottom">7,94502</td> - </tr> - </table> - - <p>Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le - calcul, s'accorde avec des opérations plus directes.</p> - - <p>Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans - l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du - nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide - nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique.</p> - - <h3 id="ch9e"><i>Combustion de la Bougie.</i></h3> - - <p>Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner - des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire.</p> - - <p>Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil - à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2 - onces 5 gros <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de glace.</p> - - <p>Or une livre de bougie, suivant les expériences <span class="pagenum" id="Page_113">113</span> que j'ai - rapportées, Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient:</p> - - <table id="t09" style="width: 40%" summary="table_09"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Charbon</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">49</td> - </tr> - </table> - - <table id="t10" style="width: 100%" summary="table_10"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon, d'après les expériences - ci-dessus rapportées, devoient fondre</td> - <td class="tdrbottom">79,39390</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Les 2 onces 6 gros 49 grains - d'hydrogène, devoient fondre</td> - <td class="tdrbottombb">52,37605</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Total,</td> - <td class="tdrbottom">131,76995</td> - </tr> - </table> - - <p>On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage - de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on - obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon & d'hydrogène - égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la - combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de - présumer qu'elles sont exactes.</p> - - <h3 id="ch9f"><i>Combustion de l'Huile d'olives.</i></h3> - - <p>Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit - une quantité d'huile d'olives bien connue; & l'expérience finie, nous - avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée, - & celui de <span class="pagenum" id="Page_114">114</span> la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une - livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1 - gros de glace.</p> - - <p>Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai - rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, & dont on trouvera un - extrait dans le chapitre suivant, contient:</p> - - <table id="t11" style="width: 40%" summary="table_11"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Charbon</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">67</td> - </tr> - </table> - - <table id="t12" style="width: 100%" summary="table_12"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains - de charbon, ne devoit fondre que</td> - <td class="tdrbottom">76,18723</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Et celle de 3 onces 2 gros 67 - grains d'hydrogène,</td> - <td class="tdrbottombb">62,15053</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Total,</td> - <td class="tdrbottom">138,33776</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il s'en est fondu</td> - <td class="tdrbottombb">148,88330</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Le dégagement de calorique a - donc été plus considérable qu'il - ne devoit l'être d'une quantité - équivalente à</td> - <td class="tdrbottombb">10,54554</td> - </tr> - </table> - - <p>Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir - ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce - que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement - connue. Mais il en <span class="pagenum" id="Page_115">115</span> résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup - d'ensemble & d'accord dans la marche des expériences relatives à la - combinaison & au dégagement du calorique.</p> - - <p>Ce qui reste à faire dans ce moment & dont nous sommes occupés, est de - déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison - avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en - contient dans les différens états dans lesquels il peut exister; - enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique - qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette - détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de - lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus, - & nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons - vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même - assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer; - mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider - ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est - difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne - pas commencer par des à-peu-près; & il est rare qu'il soit possible de - la porter dès le premier jet à son état de perfection.</p> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_116">116</span></p> - - <h2 id="ch10"><span class="h2t2">CHAPITRE X.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les - autres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> substances combustibles étant en général celles qui ont une - grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir - de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les - unes avec les autres: <i>quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter - se</i>; & c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par - exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, - & il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les - usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette - expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les - uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons, - sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les - substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que - les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup - par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette - différence des degrés de fusibilité <span class="pagenum" id="Page_117">117</span> des métaux que sont dus une - partie des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels, - par exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être - cassans à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de - fer pur, métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre - métal, quel qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus - douce. Tant qu'un alliage de cette espèce est froid, & que les deux - métaux sont dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le - chauffe à un degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui - est le plus fusible, les parties liquides interposées entre les solides - doivent rompre la solution de continuité, & le fer doit devenir cassant.</p> - - <p>A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les - désigner sous le nom d'amalgame, & nous n'avons vu aucun inconvénient à - leur conserver cette dénomination.</p> - - <p>Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se - combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général - désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées, - ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne - s'oppose à ce qu'elles soient changées.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_118">118</span></p> - - <p>Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures, - aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de - carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment - des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons - sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des - phosphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux - combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure - de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe - végétal, & sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre - avec l'alkali volatil ou ammoniaque.</p> - - <p>L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi - susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances - combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le - phosphore & plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous - le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz - hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré - est celui que les chimistes ont désigné sous le nom de <i>gaz hépatique</i>, - & que M. Schéele a nommé <i>gaz puant du soufre</i>; c'est à lui que - quelques eaux minérales doivent leurs vertus; <span class="pagenum" id="Page_119">119</span> c'est aussi à son - émanation que les déjections animales doivent principalement leur odeur - infecte. A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par - la propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact - de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M. - Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, & il est probable qu'il - s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair - des poissons par la putréfaction.</p> - - <p>Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble sans que - l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en - résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile, - & cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de - l'hydrogène & du carbone.</p> - - <p>Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères - qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression - d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières - contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe - au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire - étant formées d'une plus juste proportion de carbone & d'hydrogène, ne - sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de <span class="pagenum" id="Page_120">120</span> chaleur - supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent - demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz, - & c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation.</p> - - <p>J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène - & de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin - & des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie, - année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant - dans le gaz oxygène se convertissent en eau & en acide carbonique, - & qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées - de 21 parties d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les - substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en - outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis - au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand - développement à toute cette théorie.</p> - - <p>C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène - est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore & même - avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute <i>à - priori</i> que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps - combustibles sont en général susceptibles de se <span class="pagenum" id="Page_121">121</span> combiner les uns - avec les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception. - Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la - possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer & le zinc sont - de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de - soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux - ont la propriété de décomposer l'eau; & comme dans les expériences - chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges - d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions - de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces - métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la - décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain, - c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience, - plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes - précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque - insensibles.</p> - - <p>Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre, - le phosphore & les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de - l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en - très-petite quantité; & que cette combinaison loin d'être essentielle - à leur <span class="pagenum" id="Page_122">122</span> constitution, ne peut être regardée que comme une addition - étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont - embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence - de cet hydrogène, & jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures - appuyées sur des suppositions.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 333px;"> - <img src="images/page-122.jpg" alt="" title="" width="333" height="369" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_123">123</span></p> - - <h2 id="ch11"><span class="h2t2">CHAPITRE XI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Considérations sur les Oxides & les Acides à plusieurs bases, & sur - la composition des matières végétales & animales.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons examiné dans le chapitre cinquième & dans le chapitre - huitième quel étoit le résultat de la combustion & de l'oxygénation - des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, - le carbone & l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre - dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles - de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps - combustibles composés, & nous avons observé que les huiles en - général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient - à cette classe, & qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène & de - carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des - corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides & - des oxides à base double & triple, que la nature nous en fournit à - chaque pas des exemples, & que c'est principalement par ce genre de - combinaisons qu'elle est parvenue à former avec <span class="pagenum" id="Page_124">124</span> un aussi petit - nombre d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de - résultats.</p> - - <p>On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide - muriatique & de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui - avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont - il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a - de dissoudre l'or, <i>le Roi des métaux</i> dans le langage alchimique, & - c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante <i>d'eau - régale</i>. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet, - a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de - ses deux bases acidifiables, & nous avons cru par cette raison devoir - lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous - a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux - substances qui entrent dans sa composition.</p> - - <p>Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique - se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment - rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que - d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour - base l'hydrogène & le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone & - le phosphore, <span class="pagenum" id="Page_125">125</span> le tout combiné avec une proportion plus ou moins - considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui - sont formés des mêmes bases doubles & triples, mais moins <ins class="correction" title="oxygénés">oxygénées</ins>.</p> - - <p>Les acides & oxides du règne animal sont encore plus composés; il - entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables, - l'hydrogène, le carbone, le phosphore & l'azote.</p> - - <p>Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y - a pas long-tems que je me suis formé des idées claires & méthodiques: - je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour - l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais - il est nécessaire que je les répète & que je les multiplie davantage, - afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me - contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides - & acides végétaux & animaux, & de terminer cet article par quelques - réflexions sur la constitution végétale & animale.</p> - - <p>Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces - de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de <i>muqueux</i>, - & l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène & le - carbone combinés <span class="pagenum" id="Page_126">126</span> ensemble, de manière à ne former qu'une seule - base, & portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne - diffèrent que par la proportion des principes qui composent la base. - On peut de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur - combinant une nouvelle quantité d'oxygène, & on forme ainsi, suivant le - degré d'oxygénation & la proportion de l'hydrogène & du carbone, les - différens acides végétaux.</p> - - <p>Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides & - des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis - pour les oxides & les acides minéraux, que de leur donner des noms - relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base. - Les oxides & les acides végétaux seroient alors des oxides & des - acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode - l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe - qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits - végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, & - résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine.</p> - - <p>En partant des mêmes principes, & en variant les terminaisons pour - donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner <span class="pagenum" id="Page_127">127</span> - les acides & les oxides végétaux, les dénominations suivantes:</p> - - <ul> - <li>Oxide hydro-carboneux.</li> - <li>Oxide hydro-carbonique.</li> - - <li class="br">Oxide carbone-hydreux.</li> - <li> Oxyde carbone-hydrique.</li> - - <li class="br">Acide hydro-carboneux.</li> - <li>Acide hydro-carbonique.</li> - <li>Acide hydro-carbonique oxygéné.</li> - - <li class="br">Acide carbone-hydreux.</li> - <li>Acide carbone-hydrique.</li> - <li>Acide carbone-hydrique oxygéné.</li> - </ul> - - <p>Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour - indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, & qu'à - mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront - naturellement & pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous - venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en - état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances: - nous savons quels sont les principes qui les composent, & il ne me - reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore - inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à - conserver provisoirement les <span class="pagenum" id="Page_128">128</span> noms anciens; & maintenant encore - que je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois - à l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois - de tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas - encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie - reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt - éclaircie.</p> - - <p>Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti - à l'égard des oxides & des acides à trois & quatre bases, dont le règne - animal présente un grand nombre d'exemples, & qui se rencontrent même - quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la - composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène - & au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce - qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides - animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène & le carbone. - Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre - bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer - des idées claires & déterminées: mais cette cumulation de substantifs - & d'adjectifs grecs & latins, dont les Chimistes même n'ont point - encore admis généralement l'usage, sembleroit <span class="pagenum" id="Page_129">129</span> présenter un langage - barbare, également difficile à retenir & à prononcer. La perfection - d'ailleurs de la science doit précéder celle du langage, & il s'en faut - bien que cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel - elle doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver, - au moins pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides - animaux. Nous nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères - modifications; par exemple, de terminer en <i>eux</i> la dénomination de - ceux dans lesquels nous soupçonnons que le principe acidifiable est - en excès, & de terminer au contraire en <i>ique</i> le nom de ceux dans - lesquels nous avons lieu de croire que l'oxygène est prédominant.</p> - - <p>Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de - treize; savoir:</p> - - <ul style="list-style-type:none"> - <li>L'acide acét<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide acét<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide oxal<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide tartar<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide pyro-tartar<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide citr<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide mal<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide pyro-muqu<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide pyro-lign<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide gall<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide benzo<i>ïque</i>.</li> - <li><span class="pagenum" id="Page_130">130</span>L'acide camphor<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide succin<i>ique</i>.</li> - </ul> - - <p>Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement - & presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone & d'oxygène, - ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide - carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les - former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène, - le carbone & l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre - qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons: - pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante, - l'équilibre est rompu; l'oxygène & l'hydrogène se réunissent pour - former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour - produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la - combinaison du carbone & de l'oxygène; enfin il se trouve presque - toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce - que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre - suivant.</p> - - <p>Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne - végétal, & leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge - du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables - oxides; & c'est <span class="pagenum" id="Page_131">131</span> sous ce point de vue qu'il est important de les - étudier.</p> - - <p>Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne - actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides - rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une - manière peu sensible. Ces acides sont:</p> - - <ul style="list-style-type:none"> - <li>L'acide lactique.</li> - <li>L'acide saccho-lactique.</li> - <li>L'acide bombique.</li> - <li>L'acide formique.</li> - <li>L'acide sébacique.</li> - <li>L'acide prussique.</li> - </ul> - - <p>Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce - qu'il appartient également aux trois règnes.</p> - - <p>La connexion des principes qui constituent les acides & les oxides - animaux, n'est pas plus solide que celle des acides & des oxides - végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour - la troubler, & c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les - observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 126px;"> - <img src="images/page-131.jpg" alt="" title="" width="126" height="42" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_132">132</span></p> - - <h2 id="ch12"><span class="h2t2">CHAPITRE XII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Matières végétales & animales par l'action - du feu.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des - substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la - nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore - les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes - exercent les unes sur les autres, & en même-tems celle que le calorique - exerce sur eux.</p> - - <p>Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à - trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent; - l'hydrogène, l'oxygène & le carbone. Je les appelle <i>constitutifs</i>, - parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de - végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont - essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais - non pas de tous les végétaux en général.</p> - - <p>De ces trois principes, deux, l'hydrogène & l'oxygène, ont une grande - tendance à s'unir au calorique & à se convertir en gaz; tandis <span class="pagenum" id="Page_133">133</span> - que le carbone au contraire est un principe fixe & qui a très-peu - d'affinité avec le calorique.</p> - - <p>D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près - égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la - température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus - d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en - conséquence à ce degré l'hydrogène, & s'unit au carbone pour former de - l'acide carbonique.</p> - - <p>Je me servirai quelquefois de cette expression <i>chaleur rouge</i>, - quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais - beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante.</p> - - <p>Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes - ces forces, & de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au - moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos - yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de - température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de - calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu - près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi - les végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique<a name="FNanchor_B" id="FNanchor_B" href="#Footnote_B" class="fnanchor">[B]</a>; - mais ils <span class="pagenum" id="Page_134">134</span> contiennent les élémens de toutes ces substances. - L'hydrogène n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone, - & réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment - une combinaison triple, d'où résultent le repos & l'équilibre.</p> - - <p>Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout - cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette - expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède - pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène & l'oxygène se - réunissent & forment de l'eau qui passe dans la distillation; une - portion d'hydrogène & de carbone s'unissent ensemble pour former de - l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, & comme - le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu - d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance - végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se - forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première - impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone - avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide - carbonique, & l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz, - en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne <span class="pagenum" id="Page_135">135</span> se - forme point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée.</p> - - <p>On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce - degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles & triples, & que tandis - que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le - calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène.</p> - - <p>Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse - la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un - simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui - fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il - ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre - & il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à - une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il - noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même - tems il passe de l'eau légèrement acide, & un peu d'huile; le charbon - qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire.</p> - - <p>Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui - contiennent de l'azote, comme les crucifères, & dans celles qui - contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en - petite quantité dans leur <span class="pagenum" id="Page_136">136</span> combinaison, elles n'apportent pas - de grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de - la distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le - charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à - l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil.</p> - - <p>Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes - que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat; - mais comme elles contiennent plus d'hydrogène & plus d'azote, elles - fournissent plus d'huile & plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec - quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes - qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai - qu'un fait; c'est la rectification & la décomposition totale des - huiles volatiles animales, appelées vulgairement <i>huiles de Dippel</i>. - Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à - feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon - presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le - carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur - simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale - bien rectifiée & par conséquent blanche, limpide & transparente, sous - une cloche remplie <span class="pagenum" id="Page_137">137</span> de gaz oxygène, en peu de tems le volume du - gaz diminue & il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec - l'hydrogène de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même - tems la portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient - libre & se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison - que ces huiles ne se conservent blanches & claires, qu'autant qu'on - les enferme dans des flacons bien bouchés, & qu'elles noircissent dès - qu'elles ont le contact de l'air.</p> - - <p>Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un - autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les - distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même - tems il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air - des vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène - a lieu à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au - bout d'un grand nombre de rectifications successives, sur-tout si - on opère à un degré de feu un peu fort & dans des vaisseaux d'une - capacité un peu grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée, - & l'on parvient à la convertir entièrement en eau & en charbon. Cette - décomposition totale de l'huile par des <span class="pagenum" id="Page_138">138</span> rectifications répétées, - est beaucoup plus longue & beaucoup plus difficile, quand on opère - avec des vaisseaux d'une petite capacité, & sur-tout à un degré de feu - lent & peu supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à - l'Académie, dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences - sur cette décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît - suffire pour donner des idées précises de la constitution des matières - végétales & animales, & de leur décomposition par le feu.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 330px;"> - <img src="images/page-138.jpg" alt="" title="" width="330" height="268" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_139">139</span></p> - - <h2 id="ch13"><span class="h2t2">CHAPITRE XIII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel & en - général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus - des raisins & des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur - dans de grandes cuves, & on la tient dans un lieu dont la température - soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y - excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses - viennent crêver à la surface, & quand la fermentation est à son plus - haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de - gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur - est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz - qui se dégage est de l'acide carbonique, & quand on le recueille avec - soin, il est parfaitement pur & exempt du mêlange de toute autre espèce - d'air ou de gaz.</p> - - <p>Le suc des raisins, de doux & de sucré qu'il étoit, se change - dans cette opération en une liqueur <span class="pagenum" id="Page_140">140</span> vineuse qui, lorsque la - fermentation est complette, ne contient plus de sucre, & dont on peut - retirer par distillation une liqueur inflammable qui est connue dans - le commerce & dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que - cette liqueur étant un résultat de la fermentation d'une matière - sucrée quelconque suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre - les principes de notre nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin - qu'esprit de cidre, ou esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été - forcés d'adopter un nom plus général, & celui d'<i>alkool</i> qui nous vient - des arabes nous a paru propre à remplir notre objet.</p> - - <p>Cette opération est une des plus frappantes & des plus extraordinaires - de toutes celles que la Chimie nous présente, & nous avons à examiner - d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit - inflammable qui se forme, & comment un corps doux, un oxide végétal - peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une - est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour - arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien - connoître l'analyse & la nature du corps susceptible de fermenter, - & les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les - opérations de l'art, ni dans <span class="pagenum" id="Page_141">141</span> celles de la nature, & l'on peut - poser en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité - de matière avant & après l'opération; que la qualité & la quantité - des principes est la même, & qu'il n'y a que des changemens, des - modifications.</p> - - <p>C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences - en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité - ou équation entre les principes du corps qu'on examine, & ceux qu'on - en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz - acide carbonique & de l'alkool, je puis dire que le <i>moût de raisin</i> - = <i>acide carbonique</i> + <i>alkool</i>. Il résulte de-là qu'on peut parvenir - de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation - vineuse; la première, en déterminant bien la nature & les principes du - corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en - résultent par la fermentation, & il est évident que les connoissances - que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines - sur la nature des autres, & réciproquement.</p> - - <p>Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître - les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que - pour y parvenir je n'ai pas été chercher les <span class="pagenum" id="Page_142">142</span> sucs de fruits - très-composés, & dont une analyse rigoureuse seroit peut-être - impossible. J'ai choisi de tous les corps susceptibles de fermenter - le plus simple; le sucre dont l'analyse est facile, & dont j'ai déjà - précédemment fait connoître la nature. On se rappelle que cette - substance est un véritable oxide végétal, un oxide à deux bases; qu'il - est composé d'hydrogène & de carbone porté à l'état d'oxide par une - certaine proportion d'oxygène, & que ces trois principes sont dans - un état d'équilibre qu'une force très-légère suffit pour rompre: une - longue suite d'expériences faites par différentes voies & que j'ai - répétées bien des fois, m'a appris que les proportions des principes - qui entrent dans la composition du sucre sont à-peu-près les suivantes.</p> - - <table id="t13" style="width: 30%" summary="table_13"> - <tr> - <td class="tdlbottom">Hydrogène,</td> - <td class="tdrbottom">8</td> - <td class="tdrbottom">parties.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom">Oxygène,</td> - <td class="tdrbottom">64</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom">Carbone,</td> - <td class="tdrbottombb">28</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom"> Total,</td> - <td class="tdrbottombb">100</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p>Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ - quatre parties d'eau. Mais de l'eau & du sucre mêlés ensemble, dans - quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls, - & l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette - combinaison, <span class="pagenum" id="Page_143">143</span> si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un - peu de levure de bierre suffit pour produire cet effet & pour donner - le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite - d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la - levure & de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix - livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, & une quantité d'eau - égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible - se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats - de mes expériences tels que je les ai obtenus, & en conservant même - jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction.</p> - - <p class="center2"><i>Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre.</i></p> - - <table id="t14" style="width: 100%" summary="table_14"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Eau</td> - <td class="tdrtop">400</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Sucre</td> - <td class="tdrtop">100</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Levure de biere en pâte, composée de</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Eau</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Levure seche</td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">12</td> - <td class="tdrtopbb">1</td> - <td class="tdrtopbb">28</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_144">144</span></p> - - <p class="center2"><i>Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation.</i></p> - - <table id="t15" style="width: 100%" summary="table_15"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">livres</td> - <td class="tdrtop">onces</td> - <td class="tdrtop">gros</td> - <td class="tdrtop">grains</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">407 livres 3 onces 6 gros 44 grains d'eau composées de</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">71,40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtop">346</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">44,60</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">100 livres de sucre composées de</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtop">64</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Carbone</td> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">2 livres 12 onces 1 gros 28 grains de levure seche composées de</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Carbone</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Azote</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">2,94</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">9,30</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtopbb">1</td> - <td class="tdrtopbb">10</td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">28,76</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p class="center2"><i>Récapitulation des principes constituans des matériaux de la - fermentation.</i></p> - - <table id="t16" style="width: 100%" summary="table_16"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">grains.</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">340</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">411</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">12</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">1,36</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">44,60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">64</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">28,76</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Hydrogène</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">60</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">69</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">»</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">8,70</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">71,40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">9,30</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Carbone</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">28</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">12</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">4</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdltop">Azote</td> - <td colspan="6" class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">5</td> - <td class="tdrtopbb">2,94</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="8" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_145">145</span></p> - - <p>Après avoir bien déterminé quelle est la nature & la quantité des - principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste - à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître, - j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans - un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer - la qualité & la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais - encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la - fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire - ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième - partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets.</p> - - <p>Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la - température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence - à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se - trouble & devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent - crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, & - il se fait un dégagement abondant & rapide de gaz acide carbonique - très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui - se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de <span class="pagenum" id="Page_146">146</span> chaleur, - le mouvement & le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas - entièrement; & ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que - la fermentation est achevée.</p> - - <p>Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération - est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains.</p> - - <p>Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau - qu'il tient en dissolution, & qui est environ de 13 livres 14 onces 5 - gros.</p> - - <p>Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse - légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même, - & qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en - totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains.</p> - - <p>Enfin en analysant séparément toutes ces substances, & en les - résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail - très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les - mémoires de l'Académie.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_147">147</span></p> - - <p class="center2"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p> - - <table id="t17" style="width: 100%" summary="table_17"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">35 livres 5 onces 4 gros 19 grains d'acide carbonique composées</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">57</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">408 livres 15 onces 5 gros 14 grains d'eau composées</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">347</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">57 livres 11 onces 1 gros 58 grains d'alkool sec, composées</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltopnowrap">d'oxygène combiné avec l'hydrogène</td> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec l'oxygène</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec le carbone</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">63</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">2 livres 8 onces d'acide acéteux sec composées</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">4 livres 1 once 4 gros 3 grains de résidu sucré composées</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">53</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">1 livre 6 onces 50 grains de levure seche composées</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">30</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'azote</td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">510 livres</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_148">148</span></p> - - <p class="center2"><span class="smcap"><i>Récapitulation</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p> - - <table id="t18" style="width: 100%" summary="table_18"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">409 livres 10 onces 54 grains d'oxygène</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">347</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">de l'acide carbonique</td> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">14</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">28 livres 12 onces 5 gros 59 grains de carbone</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'acide carbonique</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">53</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">30</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">71 livres 8 onces 6 gros 66 grains d'hydrogène</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">combiné avec le carbone dans l'alkool</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">2 gros 37 grains d'azote</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">510 livres</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p>Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du - calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter - encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur - quelques livres de sucre, & que pour établir des comparaisons j'ai - été obligé de les réduire au quintal, j'ai cru <span class="pagenum" id="Page_149">149</span> devoir laisser - subsister les fractions telles que le calcul me les a données.</p> - - <p>En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux - ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la - fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de - sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains - qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on - n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de - sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7 - livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, & sur 26 livres 13 onces - 5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra - qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool, - tout l'acide carbonique & tout l'acide acéteux qui a été produit par - l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer - que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende - que l'oxygène & l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce - que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général - les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène - & le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état - d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit <span class="pagenum" id="Page_150">150</span> point troublé, soit par - un changement de température, soit par une double affinité, & que ce - n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient - de l'eau & de l'acide carbonique.</p> - - <p>Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en - deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens - de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre - en faveur de la première pour en former une substance combustible qui - est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux - substances, l'alkool & l'acide carbonique, on reformeroit du sucre. - Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène & le carbone ne sont - pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une - portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes, - l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, sont donc encore ici dans une - espèce d'état d'équilibre; & en effet, en les faisant passer à travers - un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à - deux, & on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique & - du carbone.</p> - - <p>J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la - formation de l'eau, que cette substance regardée comme un <span class="pagenum" id="Page_151">151</span> élément, - se décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment - dans la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit - de l'eau toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé - aujourd'hui qu'il contient seulement les matériaux propres à la former. - On conçoit qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées; - aussi n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, & d'après une - longue suite d'expériences & d'observations sur les végétaux, que je - m'y suis déterminé.</p> - - <p>Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en - observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre & en - général des substances végétales susceptibles de fermenter. En - effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je - puis considérer les matières mises à fermenter & le résultat obtenu - après la fermentation, comme une équation algébrique; & en supposant - successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en - puis tirer une valeur, & rectifier ainsi l'expérience par le calcul & - le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour - corriger les premiers résultats de mes expériences, & pour me guider - dans les précautions à prendre pour les recommencer: <span class="pagenum" id="Page_152">152</span> mais ce n'est - pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au - surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie - sur la Fermentation vineuse, & qui sera incessamment imprimé.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 398px;"> - <img src="images/page-152.jpg" alt="" title="" width="398" height="378" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_153">153</span></p> - - <h2 id="ch14"><span class="h2t2">CHAPITRE XIV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la Fermentation putride.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il - étoit étendu d'une certaine quantité d'eau & à l'aide d'une douce - chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène, - l'hydrogène & le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre & qui - ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de - l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre; - comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de - l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit - avec de l'hydrogène & avec de l'eau pour former de l'alkool.</p> - - <p>Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu - d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du - corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état - d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des - combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est bien - différent de celui que donne la fermentation <span class="pagenum" id="Page_154">154</span> vineuse. Dans - cette dernière, une partie des principes de la substance végétale, - l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau & de carbone - pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire, - la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène: - en même tems l'oxygène & le carbone se réunissant au calorique, - s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand - l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau - nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la - terre du végétal mêlée d'un peu de carbone & de fer.</p> - - <p>La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse - complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs - principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la - terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme <i>terreau</i>.</p> - - <p>Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des - appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences.</p> - - <p>Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y soumet - ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone & un peu de - terre: mais ce cas est rare, & il paroît même que ces substances, - lorsqu'elles sont seules, <span class="pagenum" id="Page_155">155</span> fermentent difficilement; qu'elles - fermentent mal, & qu'il faut un tems considérable pour que la - putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance - mise à fermenter contient de l'azote; & c'est ce qui a lieu à l'égard - de toutes les matières animales & même d'un assez grand nombre de - matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement - la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières - animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction; - & c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des - amendemens & des fumiers.</p> - - <p>Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction, - ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle - forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue - sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient - en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent - aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque. - Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières, - elles ne donnent plus d'ammoniaque, & elles n'en donnent qu'autant - qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque - est d'ailleurs <span class="pagenum" id="Page_156">156</span> confirmée par des expériences analytiques, que - M. Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785, - page 316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance & - d'obtenir séparément les deux principes, l'azote & l'hydrogène, qui - entrent dans sa combinaison.</p> - - <p>J'ai déjà annoncé plus haut (<i>voyez</i> Chapitre dixième) que les corps - combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les - uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété; - il dissout le carbone, le soufre & le phosphore, & il résulte de ces - combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, <i>gaz hydrogène carboné</i>, - <i>gaz hydrogène sulfuré</i>, <i>gaz hydrogène phosphoré</i>. Les deux - derniers de ces gaz ont une odeur particulière & très-désagréable: - celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle des - œufs gâtés & corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est - absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque - a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que - les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs - que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction, - & qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est - prédominante, <span class="pagenum" id="Page_157">157</span> & on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les - yeux; tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales; - tantôt enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri.</p> - - <p>J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la - fermentation, & n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy & - M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une - certaine profondeur & garantis jusqu'à un certain point du contact de - l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la - partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale. - Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière, - l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, & à - ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène & du carbone, c'est-à-dire, - les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur - la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut - conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en - peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales, - telles que les matières fécales, sont principalement composées de - carbone & d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état - d'huile, & en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation - à feu nud. Mais <span class="pagenum" id="Page_158">158</span> l'odeur insoutenable qui accompagne tous les - produits qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on - puisse les employer à autre chose qu'à faire des engrais.</p> - - <p>Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la - composition des matières animales n'est pas encore très-exactement - connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone, - d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par - une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument - quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette - partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques - autres.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 235px;"> - <img src="images/page-158.jpg" alt="" title="" width="235" height="202" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_159">159</span></p> - - <h2 id="ch15"><span class="h2t2">CHAPITRE XV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la Fermentation acéteuse.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du - vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide - qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il - est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée, - d'hydrogène & de carbone combinés ensemble, & portés à l'état d'acide - par l'oxygène.</p> - - <p>Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure - qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par - des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en - vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, & qu'autant que cet air - contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée - d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, & cette - diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène. - Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant - par quelqu'autre moyen que ce soit.</p> - - <p>Indépendamment de ces faits qui prouvent <span class="pagenum" id="Page_160">160</span> que l'acide acéteux est - un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal, - professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se - passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de - la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation, - c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité - égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui - ont communication avec l'air, & au bout de quelque tems le tout se - trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de - bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu - d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée - d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les - matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit - l'hydrogène & une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du - carbone & de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui - manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux.</p> - - <p>On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide - carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus - généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque, - suivant le degré d'oxygénation; <span class="pagenum" id="Page_161">161</span> qu'il ne faut au contraire que - retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en - acide carbonique.</p> - - <p>Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard - de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits - principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit - d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée - à celle de la constitution de tous les acides & oxides végétaux, & - nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils - sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette - partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa - perfection, & qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru - jusqu'ici.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 244px;"> - <img src="images/page-161.jpg" alt="" title="" width="244" height="203" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_162">162</span></p> - - <h2 id="ch16"><span class="h2t2">CHAPITRE XVI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la formation des Sels neutres, & des différentes bases qui - entrent dans leur composition.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au - moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le - soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique & l'hydrogène, - formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides & les acides - du règne végétal & du règne animal: nous avons admiré avec quelle - simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés & les formes, - soit en combinant ensemble jusqu'à trois & quatre bases acidifiables - dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène - destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni - moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous - allons parcourir.</p> - - <p>Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, & en - se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la - combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des - substances terreuses & métalliques, & c'est <span class="pagenum" id="Page_163">163</span> de cette réunion que - résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme - de véritables principes salifians, & les substances auxquelles ils - s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables: - c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les - bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article.</p> - - <p>Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder - comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés - principales, telles que la solubilité dans l'eau, &c. Les acides, - comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de - combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples, - ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, & - ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans - l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre - ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes, - & ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non - plus, par la même cause, les alkalis<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a> ni les substances terreuses, - telles que la chaux, la magnésie, &c. dans la <span class="pagenum" id="Page_164">164</span> classe des sels, & - je ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une - substance simple oxygénée avec une base quelconque.</p> - - <p>Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la - formation des acides, & je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai - rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux - pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont:</p> - - <ul> - <li>La potasse.</li> - <li>La soude.</li> - <li>L'ammoniaque.</li> - <li>La chaux.</li> - <li>La magnésie.</li> - <li>La baryte.</li> - <li>L'alumine.</li> - </ul> - - <p>Et toutes les substances métalliques.</p> - - <p>Je vais dire un mot de l'origine & de la nature de chacune de ces bases - en particulier.</p> - - <h3 id="ch16a"><i>De la Potasse.</i></h3> - - <p>Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on <span class="pagenum" id="Page_165">165</span> échauffoit une - substance végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui - la composent, l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, & qui formoient une - combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à - deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré - de température. Ainsi à la première impression du feu, & dès que la - chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène & l'hydrogène se - réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone - & une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite - par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge, - l'huile & l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène - & le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz - hydrogène devenu libre se dégage & s'échappe; enfin il ne reste plus - que du charbon dans la cornue.</p> - - <p>La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la - combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de - l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux - au moins apportent des changemens considérables dans les résultats - de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote & - le calorique. A mesure que l'hydrogène <span class="pagenum" id="Page_166">166</span> du végétal ou celui qui - résulte de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du - feu sous la forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le - contact de l'air, il reforme de l'eau, & le calorique des deux gaz qui - devient libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme.</p> - - <p>Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé & réduit - en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il - forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une - portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du - calorique devient libre, s'échappe & produit la chaleur & la lumière - qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve - ainsi réduit en eau & en acide carbonique; il ne reste qu'une petite - portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, & - qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la - constitution des végétaux.</p> - - <p>Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le - vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre - particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse.</p> - - <p>Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; <span class="pagenum" id="Page_167">167</span> l'eau se charge - de la potasse qui est dissoluble, & elle laisse les cendres qui sont - insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est - fixe, même à un très-grand degré de chaleur, & qui reste sous forme - blanche & concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de - préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je - n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me - suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini.</p> - - <p>La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins - saturée d'acide carbonique, & la raison en est facile à saisir: comme - la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que - le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition - de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque - molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec - une molécule d'acide carbonique, & comme il y a beaucoup d'affinité - entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique - l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins - à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières - portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre - la potasse <span class="pagenum" id="Page_168">168</span> dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids - de chaux vive, à filtrer & à évaporer dans des vaisseaux fermés; la - substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement - dépouillée d'acide carbonique.</p> - - <p>Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins - à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une - étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air - ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans - l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée - d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette - circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse - parfaitement pure.</p> - - <p>Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par - incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est - ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer.</p> - - <p>On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que - laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces - végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il - paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est pas - de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer <span class="pagenum" id="Page_169">169</span> cette - substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes - qui peuvent fournir de l'oxigène & de l'azote, tels que la combustion - ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point - démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations. - J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai - bientôt en état de rendre compte.</p> - - <h3 id="ch16b"><i>De la Soude.</i></h3> - - <p>La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation - des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent - aux bords de la mer, & principalement du <i>kali</i>, d'où est venu le - nom d'<i>alkali</i> qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques - propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en - distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes - les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La - soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines, - est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle - n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle - s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent & se convertissent en une - poussière blanche <span class="pagenum" id="Page_170">170</span> qui a toutes les propriétés de la soude, & qui - n'en differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation.</p> - - <p>On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude - que ceux de la potasse, & on n'est pas même certain si cette substance - est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion. - L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes - constituans des alkalis en général, & on en a la preuve à l'égard de - l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la - potasse & à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience - décisive n'a encore confirmées.</p> - - <h3 id="ch16c"><i>De l'Ammoniaque.</i></h3> - - <p>Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la - composition de la soude & de la potasse, nous avons été obligés de nous - borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances - dont on les retire, & les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il - n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali - volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de - l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de - <span class="pagenum" id="Page_171">171</span> décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient - composées d'environ 807 d'azote & de 193 d'hydrogène.</p> - - <p>C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on - obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes - constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette - combinaison, & il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point - pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, & - en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes - ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple, - que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition - de chaux, soit par une addition de potasse.</p> - - <p>Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré - de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à - la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une - odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande - quantité, sur-tout si elle est froide & si on ajoute la pression au - refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali - volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque - en liqueur, & nous désignerons la même substance, quand elle sera dans - l'état <span class="pagenum" id="Page_172">172</span> aériforme, par le nom de gaz ammoniac.</p> - - <h3 id="ch16d"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de l'Alumine.</i></h3> - - <p>La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; & comme - on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties - constituantes & élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de - nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art - n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les - présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout - les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les - trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide - carbonique, & dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires, - une partie des marbres, &c. Quelquefois elle est saturée d'acide - sulfurique, comme dans le gypse & les pierres à plâtre; d'autres fois - avec l'acide fluorique, & elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin - les eaux de la mer & des fontaines salées en contiennent de combinée - avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle - qui est la plus abondamment répandue dans la nature.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_173">173</span></p> - - <p>On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y - est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve - aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec - l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand - nombre de pierres.</p> - - <p>La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes; - on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, & - elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle - est combinée avec l'acide carbonique.</p> - - <p>L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que - les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine, - sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les - argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base.</p> - - <h3 id="ch16e"><i>Des Substances métalliques.</i></h3> - - <p>Les métaux, à l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, se - présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique; - ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés - avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide - muriatique, <span class="pagenum" id="Page_174">174</span> de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La - docimasie & la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces - substances étrangères, & nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de - cette partie de la Chimie.</p> - - <p>Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances - métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple, - qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas - susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, & elles - ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se - confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la - baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce - cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la - rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à - la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de - terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les - moyens que nous employons.</p> - - <p>Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons, - celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre - de dix-sept; savoir:</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_175">175</span></p> - - <table id="t19" style="width: 40%" summary="table_19"> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop">L'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p>Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, & je - n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts & - aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit - un traité complet, & je sortirois absolument des bornes que je me suis - prescrites.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 223px;"> - <img src="images/page-175.jpg" alt="" title="" width="223" height="200" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_176">176</span></p> - - <h2 id="ch17"><span class="h2t2">CHAPITRE XVII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Suite des réflexions sur les bases salifiables, & sur la formation - des Sels neutres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elles</span> sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se - combiner avec les acides, & de former des sels neutres. Mais il faut - observer que les alkalis & les terres entrent purement & simplement - dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve - à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner - avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins - oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point - dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques. - Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première - condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y - oxider, & elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide, - ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres - termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide, - qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau, - soit dans <span class="pagenum" id="Page_177">177</span> celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il - n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient - encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il - y a décomposition de l'eau ou de l'acide.</p> - - <p>C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre - <i>Bergman</i>, que dépend l'explication des principaux phénomènes des - dissolutions métalliques. Le premier de tous & le plus frappant est - l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le - dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans - les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les - dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux, - ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique - ou de l'eau que le métal s'est oxidé.</p> - - <p>Il est sensible que l'acide nitrique & l'eau étant composés l'un & - l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état - de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt - qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer - sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, & c'est - ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue - l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux, - <span class="pagenum" id="Page_178">178</span> en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet - acide la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre, - mais en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état - de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons. - Cet acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, & c'est encore à - ce dégagement qu'est due l'effervescence.</p> - - <p>Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se - dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été - oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant - plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau; - il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le - produisoit n'a plus lieu.</p> - - <p>Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans - effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans - cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal - dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène; - il se forme d'une part un oxide métallique, & de l'autre de l'acide - muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes - de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide - muriatique d'exister sous la <span class="pagenum" id="Page_179">179</span> forme de gaz au degré de température - dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique - oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu & pour demeurer - sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, & - après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine - paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout.</p> - - <p>Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour - l'oxygène, & qui n'exercent pas sur ce principe une action assez - forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument - indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le - plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les - présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide - auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt - très-dissolubles, & la dissolution se fait sans effervescence.</p> - - <p>L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux & les acides; & - cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous les - acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui ont - une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il est - donc assez probable que les quatre terres salifiables <span class="pagenum" id="Page_180">180</span> que nous - avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, & que c'est par ce - <i>latus</i> qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit - appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces - substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés - avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon, - & qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici - qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou - confirmer ou détruire.</p> - - <p>Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les - désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont - composés.</p> - - <table class="tbdg4" id="t20" style="width: 100%" summary="table_20"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><i>Noms des acides.</i></td> - <td colspan="4" class="tdctopbbbl"><i>Nom de la base acidifiable ou radical de chaque acide, avec des observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltop">Sulfureux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Soufre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltop">Sulfurique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltop">Phosphoreux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltop">Phosphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltop">Muriatique.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Radical muriatique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopnowrap">Muriatique oxygéné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltop">Nitreux.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdltop">Nitrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltop">Nitrique oxigéné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltop">Carbonique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Carbone.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop"><span class="pagenum" id="Page_181">181</span>11</td> - <td class="tdltop">Acéteux.</td> - <td rowspan="9" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td colspan="3" rowspan="9" class="tdlmiddleindent tablesmall">Tous ces acides paroissent être formés - de la réunion d'une base acidifiable double, le carbone & l'hydrogène, - & ne différer entr'eux que par la différence de proportion de ces deux bases & - de l'oxigène qui les acidifie; on n'a au surplus encore aucune suite d'expériences - bien faites à cet égard.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltop">Acétique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltop">Oxalique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltop">Tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltop">Pyro-tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltop">Citrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltop">Malique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltop">Pyro-ligneux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltop">Pyro-muqueux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltop">Gallique.</td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td colspan="3" rowspan="7" class="tdlmiddleindent tablesmall">On n'a encore que - des connoissances très-imparfaites sur la nature des radicaux de ces acides; - on sait seulement que le carbone & l'hydrogène en sont les principales parties, - & que l'acide prussique contient de l'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltop">Prussique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltop">Benzoïque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">23</td> - <td class="tdltop">Succinique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">24</td> - <td class="tdltop">Camphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdltop">Lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">26</td> - <td class="tdltop">Saccho-lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">27</td> - <td class="tdltop">Bombique.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddleindent tablesmall">Ces acides & tous ceux qu'on obtient - en oxigénant les matières animales, paroissent avoir pour base acidifiable - le carbone, l'hydrogène, le phosphore & l'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdltop">Formique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">29</td> - <td class="tdltop">Sébacique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">30</td> - <td class="tdltopbr">Boracique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o30.jpg" alt="" title="" width="6" height="30" /></td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddleindent tablesmall">La nature <ins class="correction" title="ajouté «de»">de</ins> ces deux radicaux est entièrement inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdltopbr">Fluorique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltop">Le radical fluorique</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">32</td> - <td class="tdltopbr">Antimonique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">33</td> - <td class="tdltopbr">Argentique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">34</td> - <td class="tdltopbr">Arsenique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">35</td> - <td class="tdltopbr">Bismuthique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">36</td> - <td class="tdltopbr">Cobaltique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">37</td> - <td class="tdltopbr">Cuprique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">38</td> - <td class="tdltopbr">Stamnique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Etain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">39</td> - <td class="tdltopbr">Ferrique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">40</td> - <td class="tdltopbr">Manganique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">41</td> - <td class="tdltopbr">Hydrargirique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">42</td> - <td class="tdltopbr">Molybdique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">43</td> - <td class="tdltopbr">Nickelique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">44</td> - <td class="tdltopbr">Aurique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">45</td> - <td class="tdltopbr">Platinique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">46</td> - <td class="tdltopbr">Plombique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">47</td> - <td class="tdltopbr">Tungstique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">48</td> - <td class="tdltopbr">Zincique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_182">182</span></p> - - <p>On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17 - acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M. - Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut - pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais - il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera - connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens, - rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le - tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut - faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même - systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite.</p> - - <p>Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être - converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir:</p> - - <ul> - <li>Trois alkalis.</li> - <li>Quatre terres.</li> - <li>Et dix-sept substances métalliques.</li> - </ul> - - <p>La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel - de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que les - acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres métaux; - & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les autres, - <span class="pagenum" id="Page_183">183</span> est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est - de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons - vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les - combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce - qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature & - l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens - espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner - à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si - on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont - découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en - résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit - pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier - âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce - qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels: - mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque - acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux, - quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide; - il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par - l'analogie: c'est celle que nous avons suivie <span class="pagenum" id="Page_184">184</span> dans la nomenclature - des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera - naturellement à la nomenclature des sels neutres.</p> - - <p>Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons - distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun - d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous. - Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique - d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la - base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons - donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide - sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons - cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par - une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué - l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide - phosphorique.</p> - - <p>Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont - obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison - desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le - nom de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui - ont l'acide sulfurique pour acide, par le nom de <span class="pagenum" id="Page_185">185</span> <i>sulfates</i>; - tous ceux qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de - <i>phosphates</i>, & ainsi des autres. Nous distinguerons donc <i>sulfate</i> - de potasse, <i>sulfate</i> de soude, <i>sulfate</i> d'ammoniaque, <i>sulfate</i> de - chaux, <i>sulfate</i> de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre - bases, tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons - vingt-quatre espèces de <i>sulfates</i>, autant de <i>phosphates</i>, & de même - pour tous les autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de - deux degrés d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue - l'acide sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels - neutres que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont - pas les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu - les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en - conséquence désigné par le nom de <i>sulfites</i>, de <i>phosphites</i>, &c. - les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre - oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre - <i>sulfates</i> & vingt-quatre <i>sulfites</i>, & ainsi des autres substances - susceptibles de deux degrés d'oxygénation.</p> - - <p>Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces - dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé - clairement <span class="pagenum" id="Page_186">186</span> la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra - l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom - de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera - toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former, - & celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver.</p> - - <p>Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire - en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails, - j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une - récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais - en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques - courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de - se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés - générales des sels neutres qui en résultent.</p> - - <p>Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter - cet Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque - espèce de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, - sur la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, - sur sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés - de saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force - avec laquelle <span class="pagenum" id="Page_187">187</span> l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été - commencé par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres - célèbres Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, - & les bases sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une - exactitude rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas - pu convenir à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les - matériaux & de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs - années la publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au - zèle & à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de - recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de - l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup; - à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de - la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels - neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être - établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la - Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des - expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 97px;"> - <img src="images/page-187.jpg" alt="" title="" width="97" height="38" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <div class="figcenter3" style="width: 600px;" id="ch18"> <!--chapitre 18--> - <img src="images/page-189.jpg" alt="" title="" width="600" height="208" /> - </div> - - <p class="partie1">SECONDE PARTIE.</p> - - <p class="partie2"><i>De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la - Formation des Sels neutres.</i></p> - - <h2><span class="h2t2">AVERTISSEMENT.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">S</span><span class="smcap">i</span> j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans - la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois - borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, & dans - les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions - des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des - procédés par lesquels on les obtient, & j'y aurois joint une simple - nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec - différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au <span class="pagenum" id="Page_190">190</span> - volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en - présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de - celles qui entrent dans la composition des acides & des oxides, & leurs - combinaisons.</p> - - <p>Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement - nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente - 1<sup>o</sup>. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de - nos connoissances nous oblige à regarder comme telles.</p> - - <p>2<sup>o</sup>. Les radicaux oxidables & acidifiables doubles & triples, qui se - combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples.</p> - - <p>3<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples - métalliques & non métalliques.</p> - - <p>4<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés.</p> - - <p>5<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples.</p> - - <p>6<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples.</p> - - <p>7<sup>o</sup>. Les combinaisons du soufre avec les substances simples.</p> - - <p>8<sup>o</sup>. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples.</p> - - <p>9<sup>o</sup>. Les combinaisons du carbone avec les substances simples. <span class="pagenum" id="Page_191">191</span></p> - - <p>10<sup>o</sup>. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances - simples.</p> - - <p>Ces dix Tableaux & les Observations qui les accompagnent, forment une - espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage. - Les Tableaux qui sont à la suite & qui présentent l'ensemble de toutes - les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux - Chapitres XIV & XV.</p> - - <p>On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de - ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie - par ordre de matières; & en effet il m'auroit été difficile de puiser - dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter - les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai - qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas - être obligé de le citer à chaque article.</p> - - <p>J'ai placé à la suite de chaque Tableau & vis-à-vis autant qu'il a été - possible les explications qui y sont relatives.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_192">192</span></p> <!--chapitre 19--> - - <h2 id="ch19"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau des Substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t21" style="width: 100%" summary="table_21"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans.</i></td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdltop">Lumière.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Lumière.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="14" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples qui appartiennent aux trois règnes - & qu'on peut regarder comme les élémens des corps.</i></td> - <td rowspan="14" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Calorique.</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Principe de la chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fluide igné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Feu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Matière du feu & de la chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Air déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Air empiréal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Air vital.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Base de l'air vital.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Gaz phlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mofete.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Base de la mofete.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Hydrogène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Gaz inflammable.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Base du gaz inflammable.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples non métalliques - oxidables & acidifiables.</i></td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Soufre.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Soufre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Phosphore.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Carbone.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Charbon pur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical muriatique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical fluorique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical boracique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples métalliques oxidables & acidifiables.</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">Antimoine.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Argent.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Arsenic.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Bismuth.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cuivre.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Etain.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Etain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fer.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Manganèse.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mercure.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Molybdène.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nickel.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Or.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Plomb.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Tungstène.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Zinc.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples salifiables terreuses.</i></td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Chaux.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Terre calcaire, chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Magnésie.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Magnésie, base du sel d'Epsom.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Baryte.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Barote, terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Alumine.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Argile, terre de l'alun, base de l'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Silice.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Terre siliceuse, terre vitrifiable.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_193">193</span></p> - - <h3 id="ch19a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que - l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme - telles.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de - la nature, a pour objet de les décomposer & de se mettre en état - d'<i>examiner séparément les différentes substances qui entrent dans - leur combinaison</i>. Cette science a fait de nos jours des progrès - très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les - différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra - que dans les premiers tems on regardoit l'huile & le sel comme les - principes des corps; que l'expérience & l'observation ayant amené de - nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient - point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide & d'une - base, & que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de - neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs - degrés les bornes de l'analyse<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>, elles nous ont éclairés sur la - formation <span class="pagenum" id="Page_194">194</span> des acides, & nous ont fait voir qu'ils étoient formés - par la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène, - & d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie & qui les - constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin - dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au - surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes - ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que - nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un - composé d'hydrogène & de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les - bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, & - que l'ammoniaque étoit un composé d'azote & d'hydrogène.</p> - - <p>La Chimie marche donc vers son but & vers sa perfection, en divisant, - subdivisant, & resubdivisant encore, & nous ignorons quel sera le - terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous - regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous - pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel - arrive l'analyse chimique, & qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà - dans l'état actuel de nos connoissances.</p> - - <p>Il est à présumer que les terres cesseront <span class="pagenum" id="Page_195">195</span> bientôt d'être comptées - au nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette - classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, & je suis - bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est - permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont - déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des - substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à - un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je - présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce - que je donne pour des vérités de fait & d'expérience avec ce qui n'est - encore qu'hypothétique.</p> - - <p>Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels - que la potasse & la soude, parce que ces substances sont évidemment - composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes - qui entrent dans leur combinaison.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_196">196</span></p> <!--chapitre 20--> - - <h2 id="ch20"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Radicaux ou bases oxidables & acidifiables, - composés, qui entrent dans les combinaisons à la manière des substances - simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t22" style="width: 100%" summary="table_22"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des Radicaux.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopindentnopadding"><i>Radicaux oxidables ou acidifiables composés, du règne minéral.</i></td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Radical nitro-muriatique, <i>ou</i> radical de l'eau régale.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopindentnopadding tablesmall">C'est la base de l'eau régale des anciens Chimistes, - célèbre par la propriété qu'elle a de dissoudre l'or.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="12" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux, ou carbone-hydreux - du règne végétal, susceptibles d'être oxidés & acidifiés.</i></td> - <td rowspan="12" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td> - <td class="tdltop">Radical tartareux.</td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Les anciens Chimistes ne - connoissoient point la composition des acides, & - ne se doutant pas qu'ils fussent formés de la réunion d'un radical particulier - à chacun d'eux & d'un principe acidifiant commun à tous, ils n'ont pu - donner aucun nom à des substances dont ils n'avoient aucune idée: nous nous - sommes donc trouvés dans la nécessité de créer une Nomenclature pour cet objet; - mais nous avons prévenu en même tems que cette Nomenclature seroit - susceptible de modification, à mesure que la nature des radicaux composés - seroit mieux connue. Voyez ce que j'ai dit à cet égard, chapitre XI.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical malique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical citrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical pyro-ligneux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical pyro-muqueux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical pyro-tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical oxalique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical acéteux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical succinique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical benzoïque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical camphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical gallique.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux ou carbone-hydreux du règne animal dans la - composition desquels entre presque toujours l'azote & souvent le phosphore - & qui sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés. XI.</i></td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Radical lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical saccholactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical formique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical bombique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical sébacique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical lithique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical prussique.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré - d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la - gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux, - tels que la limphe, &c. &c. <span class="pagenum" id="Page_197">197</span></p> - - <h3 id="ch20a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables & acidifiables, - composés de la réunion de plusieurs substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce - tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés, - n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible - de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences - dont <ins class="correction" title="quel-unes">quelques-unes</ins> me sont propres, & dont d'autres ont été faites par - M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les - acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide - citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique, - l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais - réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces - acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de - ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de - plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les - radicaux du règne animal, & <span class="pagenum" id="Page_198">198</span> quelques-uns même du règne végétal - sont plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, - ils contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; - mais il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous - nous sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à - ces différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont - ils ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances - acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront, - & ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans - lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à - ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux - & carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le - choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont - ils sont composés.</p> - - <p>On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène & - de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou - hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les - convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant - le degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une - manière positive que les huiles <span class="pagenum" id="Page_199">199</span> entrent toutes entières dans la - composition des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles - perdent auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & - que ce qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus - dans la proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur - quoi nous avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience.</p> - - <p>Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre - radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par - la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides - composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs - des phénomènes aussi frappans.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_200">200</span></p> - - <h3 id="ch20b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les - différentes substances.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière & - du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous - n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes - de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la - nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés, - pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que - laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique - se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties - solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce - sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son - accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de - l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme. - Enfin nous avons appelé du nom générique de <i>gaz</i> toutes les substances - portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique; - en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide <span class="pagenum" id="Page_201">201</span> - carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous - leur donnons le nom de <i>gaz acide muriatique</i>, <i>gaz acide carbonique</i>, - <i>gaz hydrogène</i>, <i>gaz aqueux</i>, <i>gaz alkool</i>.</p> - - <p>A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur - les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après - les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec - l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle - contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les - expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de - croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, & - que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles - & la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que - les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles - sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de - souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle - & pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière.</p> - - <p>On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les - hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans - les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés, - dans <ins class="correction" title="le">les</ins> <span class="pagenum" id="Page_202">202</span> rues étroites des villes. Ils se développent au - contraire, ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart - des occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air.</p> - - <p>L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent - qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On - diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une - vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la - lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu - bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la - terre l'organisation, le sentiment & la pensée.</p> - - <p>Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les - corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans - cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de - la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je - reviendrai un jour sur ces objets.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_203">203</span></p> <!--chapitre 21--> - - <h2 id="ch21"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les - substances métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t23a" style="width: 100%" summary="table_23a"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Premier degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl">Le gaz oxygène.</td> - <td class="tdltopbl">Air vital ou déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">On ne connoît qu'un degré de combinaison de l'oxygène & de l'hydrogène, & cette combinaison forme de l'eau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide nitreux ou base du gaz nitreux.</td> - <td class="tdltopbl">Gaz nitreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Soufre mou.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Résidu de la combustion du phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide rouge brun de cuivre.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Chaux rouge brune de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide noir de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Ethiops martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxide noir de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Chaux noire de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide noir de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Ethiops minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux jaune d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux jaune de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de tungstène. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23b" style="width: 100%" summary="table_23b"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Second degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitreux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitreux fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carboneux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphoreux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide volatil du phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriateux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide fluoreux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide boraceux. </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'antimoine,<br />Antimoine diaphorétique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide vert & bleu de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux verte & bleue de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'étain ou potée d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Ocre & rouille.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Turbith minéral, précipité rouge, précipité <i>per se</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide rouge d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux rouge d'or.<br />Précipité pourpre de Cassius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Massicot & minium.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxide blanc de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de zinc, Pompholix.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23c" style="width: 100%" summary="table_23c"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Troisième degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitrique.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide nitreux non fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carbonique</td> - <td class="tdltopbl">Air fixe.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfurique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide vitriolique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide phosphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide marin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Sel sédatif de Homberg. </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acide antimonique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acide argentique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenical.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acide bismutique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acide cobaltique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide cuprique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acide stamnique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acide ferrique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Acide manganique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acide mercurique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide molybdique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide de la molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nickelique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acide aurique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acide platinique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide plombique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide tungstique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide de la tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acide zincique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23d" style="width: 100%" summary="table_23d"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Quatrième degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide nitrique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carbonique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfurique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Acide phosphorique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriatique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Acide marin déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenic oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide molybdique oxygéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide tungstique oxygéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - </table> - - <h3 id="ch21a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples - métalliques & non métalliques.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Oxygène</span> est une des substances les plus abondamment répandues dans la - nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, - & par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce - réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & - c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène - que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui - s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, - qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. - Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de - gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.</p> - - <p>Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de - conditions: la première est que les molécules constituantes de ce - corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que - celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors - il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut <span class="pagenum" id="Page_204">204</span> - venir au secours de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté - l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, - en y introduisant du calorique.</p> - - <p>Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui - le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant - une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement - un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur - l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que - l'oxygénation a lieu.</p> - - <p>On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit - être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart - des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne - s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les - élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, - le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle - nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour - oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque - l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois - l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est - accompagnée de chaleur, de lumière & <span class="pagenum" id="Page_205">205</span> même de flamme; telle est la - combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans - le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, - de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement - & sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit - sensible.</p> - - <p>Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui - ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne - les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique - que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & - qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable - qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme - l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur - dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà - saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce - principe.</p> - - <p>L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré - de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de - leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette - substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide - rouge de mercure est un des plus <span class="pagenum" id="Page_206">206</span> propres à remplir cet objet, - sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. - L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient - plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En - conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en - sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en - les élevant à un degré de chaleur médiocre.</p> - - <p>L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides - d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent - remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de - préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes - les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des - opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations - du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné avec - l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide - carbonique, & le métal reste pur & revivifié.</p> - - <p>On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les - combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du - muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène - quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps <span class="pagenum" id="Page_207">207</span> - combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées - qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités. - L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des - muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à - celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette - immense quantité de calorique devient subitement libre au moment - de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des - détonations terribles auxquelles rien ne résiste.</p> - - <p>Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps - combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois - règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique, - auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre - de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer - l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais - non pas pour toutes.</p> - - <p>J'appelle <i>binaires</i> les combinaisons des substances simples avec - l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux - substances. Je nommerai combinaisons <i>ternaires</i> celles composées - de trois substances simples, & combinaisons <i>quaternaires</i> celles - composées de quatre substances.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_208">208</span></p> <!--chapitre 22--> - - <h2 id="ch22"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux - composés.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t24" style="width: 100%" summary="table_24"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des radicaux.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des acides qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés du règne minéral, tels que:</i></td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdlmiddlebl">Le radical nitro-muriatique.</td> - <td class="tdlmiddlebl">L'acide nitro-muriatique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdlmiddle">L'eau régale.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="13" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec - les radicaux carbone-hydreux & hydro-carboneux du règne végétal tels que le radical: *</i></td> - <td rowspan="13" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">tartarique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide tartareux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">malique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide malique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">citrique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide citrique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide du citron.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-lignique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-ligneux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du bois.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-mucique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-muqueux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du sucre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-tartarique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-tartareux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du tartre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">oxalique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide oxalique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le sel d'oseille.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">acétique.</td> - <td rowspan="2" class="tdltopbl">L'acide acéteux ou acétique.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Le vinaigre, l'acide du vinaigre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le vinaigre radical.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">succinique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide succinique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le sel volatil de succin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">benzoïque.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide benzoïque.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Les fleurs de benjoin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">camphorique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide camphorique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">gallique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide gallique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le principe astringent des végétaux.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec - les radicaux carbone-hydreux & hydro-carboneux du règne animal, - auxquels se joint presque toujours l'azote & souvent le phosphore, - tels que le radical: **</i></td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">lactique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide lactique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide du petit lait aigri.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">saccho-lactique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide saccho-lactique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">formique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide formique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide des fourmis.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">bombique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide bombique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">sébacique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide sébacique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">lithique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide lithique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le calcul de la vessie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">prussique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide prussique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">La matière colorante du bleu de Prusse.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent - le sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux.</p> - - <p class="nota">** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent - la limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides - animaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_209">209</span></p> - - <h3 id="ch22a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">epuis</span> que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776, - pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature & - sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de - ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit - pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie: - au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert - successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru - dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est - la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles - sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral, - presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples; - que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne - animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins - de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le - phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre - bases. <span class="pagenum" id="Page_210">210</span></p> - - <p>Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces - observations, différer entr'eux, 1<sup>o</sup>. par le nombre des principes - acidifians qui constituent leur base; 2<sup>o</sup>. par la différente proportion - de ces principes; 3<sup>o</sup>. par le différent degré d'oxygénation; ce qui - suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous - présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse - convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il - ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone & - de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait - M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées - & étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone - & l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide - tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de - l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone - entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides - acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent - très-peu des précédens.</p> - - <p>Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base, - qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai - déjà exposé <span class="pagenum" id="Page_211">211</span> mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les - huiles paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de - carbone, nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent - est précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des - acides. Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas - seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre - également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure - qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique & - de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres - à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point - réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois - principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu - supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut - consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet - Ouvrage.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_212">212</span></p> <!--chapitre 23--> - - <h2 id="ch23"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Azote avec les - substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t25" style="width: 100%" summary="table_25"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature anc.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="16" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'azote avec:</i></td> - <td rowspan="16" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Le gaz azote.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltopnowrap">Air phlogistiqué, mofète.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alkali volatil.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide nitreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Base du gaz nitreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide nitreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide nitreux fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide nitrique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide nitreux blanc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le Carbone.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de carbone.<p class="tablesmall">Combinaison inconnue. On sait - seulement que le carbone est susceptible de se dissoudre - dans l'azote, & il en résulte un gaz azotique carboné.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de phosphore.<p class="tablesmall">Combinaison inconnue.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de soufre.<p class="tablesmall">Combinaison - inconnue. On sait seulement que le soufre est susceptible de se dissoudre - dans le gaz azotique, & il en résulte un gaz azotique sulfuré.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Les radicaux composés.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td class="tdltop tablesmallindent">L'azote se combine avec le carbone & - l'hydrogène, & quelquefois avec le phosphore, pour former des radicaux composés, - qui sont susceptibles, comme on l'a vu plus haut, de s'oxider & - de s'acidifier. Ce principe entre généralement dans tous les radicaux du règne animal.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td class="tdltop">Inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Les substances métalliques.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop tablesmallindent">Ces combinaisons sont absolument inconnues. - Si elles sont découvertes un jour, on les nommera azotures métalliques.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td rowspan="6" class="tdltop tablesmallindent">Toutes ces combinaisons sont - entièrement inconnues. Si un jour elles sont reconnues possibles, elles seront nommées - azotures de chaux, azotures magnésiènes, &c.</td> - <td rowspan="6" class="tdltopbl"> </td> - <td rowspan="6" class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_213">213</span></p> - - <h3 id="ch23a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Azote</span> est un des principes les plus abondamment répandus dans - la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la - mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air - de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré - de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de - compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou - solide.</p> - - <p>Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les - matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène, - quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine - portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide, - suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut - donc varier comme celles des matières <ins class="correction" title="animales">végétales</ins>, de trois manières, - 1<sup>o</sup>. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du - radical, 2<sup>o</sup>. par leur proportion, 3<sup>o</sup>. par le degré d'oxygénation. <span class="pagenum" id="Page_214">214</span></p> - - <p>L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux & - nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres - combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur - donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison - en <i>ure</i> que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées. - Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent - à ce genre de combinaisons.</p> - - <p>Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le - tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de - chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze - ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même - qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule - qui s'y forme.</p> - - <p>La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans - de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette - opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches - remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en - poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique.</p> - - <p>Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, <span class="pagenum" id="Page_215">215</span> est de le retirer - du nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques - autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage - mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de - l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur.</p> - - <p>Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la - combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène - de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de - l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu - libre, se dégage sous la forme de gaz.</p> - - <p>Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues - en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz - & dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans - l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire - que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve - au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour - justifier la place que nous lui avons assignée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_216">216</span></p> <!--chapitre 24--> - - <h2 id="ch24"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les - substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t26" style="width: 100%" summary="table_26"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="30" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'hydrogène avec:</i></td> - <td rowspan="30" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz hydrogène.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cette combinaison de l'oxygène & du carbone - comprend les huiles fixes & volatiles, & forme le radical d'une partie - des oxides & des acides végétaux & animaux; lorsqu'elle a lieu - dans l'état de gaz, il en résulte du gaz hydrogène carboné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Ammoniaque ou alkali volatil.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Eau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td rowspan="2" class="tdltopnowrap">Combinaison inconnue. *</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Radical hydro-carboneux ou carbone-hydreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'antimoine.</td> - <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Aucunes de ces combinaisons ne sont - connues, & il y a toute apparence qu'elles ne peuvent exister à la - température dans laquelle nous vivons, à cause de la grande affinité - de l'hydrogène pour le calorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Hydrure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en - résulte du gaz hydrogène sulfuré & phosphoré.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_217">217</span></p> - - <h3 id="ch24a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'hydrogène</span>, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de - l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène - en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont - ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu - de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la - nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne - végétal & dans le règne animal.</p> - - <p>L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste - constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression - dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce - principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison.</p> - - <p>Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que - présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus - d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient - libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est - <span class="pagenum" id="Page_218">218</span> le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & - il faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le - faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable - à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins - attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les - acides.</p> - - <p>Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de - décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il - se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on - l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable - par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas. - On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer - ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux - qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau - lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de - facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique. - L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il - est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène.</p> - - <p>Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que - l'hydrogène est le phlogistique <span class="pagenum" id="Page_219">219</span> de Stalh, & comme ce célèbre - Chimiste admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, - dans le charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe - également, de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: - ils le supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le - prouveroient, ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce - dégagement du gaz hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes - de la calcination & de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à - l'examen de cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent - pendant les différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par - le corps qui brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes - les opérations? & certainement la supposition de l'hydrogène dans - les différens corps combustibles ne jette aucune lumière sur cette - question. C'est au surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute - doctrine qui expliquera aussi bien & aussi naturellement que la leur, - sans supposition, aura au moins l'avantage de la simplicité.</p> - - <p>On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M. - de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de - l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_220">220</span></p> <!--chapitre 25--> - - <h2 id="ch25"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec - les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t27" style="width: 100%" summary="table_27"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans avec la nouvelle Nomenclature.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="32" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du soufre avec:</i></td> - <td rowspan="32" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz du soufre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de soufre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Soufre mou.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sulfurique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide vitriolique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'hydrogène.</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'azote ou azote sulfuré.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> Le phosphore.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de carbone.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Antimoine crud.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'argent.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Orpiment, réalgar.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Pyrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'étain.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Pyrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de mercure.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Ethiops minéral, cinnabre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de nickel.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'or.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de platine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de plomb.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Galène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de zinc.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Blende.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de potasse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe végétal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de soude.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Sulfure d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre volatil, liqueur fumante de Boyle.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de chaux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base calcaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de baryte.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Combinaison inconnue. </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_221">221</span></p> - - <h3 id="ch25a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Soufre & sur le tableau de ses combinaisons avec les substances - simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e soufre</span> est une des substances combustibles qui a le plus de tendance - à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la - température habituelle dans laquelle nous vivons, & ne se liquéfie qu'à - une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante.</p> - - <p>La nature nous présente le soufre tout formé, & à-peu-près porté au - dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des - volcans; elle nous le présente encore, & beaucoup plus souvent dans - l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, & c'est - dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &c. - Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances, - il faut lui enlever l'oxygène, & on y parvient en le combinant à une - chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se - dégage dans l'état de gaz, & il reste un sulfure qu'on décompose par un - acide: l'acide s'unit à la base & le soufre se précipite.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_222">222</span></p> <!--chapitre 26--> - - <h2 id="ch26"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné - avec les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t28" style="width: 100%" summary="table_28"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="33" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du phosphore avec:</i></td> - <td rowspan="33" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz du phosphore.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de phosphore.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide phosphoreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide phosphorique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'hydrogène.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'azote.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de soufre.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de carbone.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'antimoine.</td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît - encore que le phosphure de fer, auquel on a donné le nom très-impropre - de sidérite; encore est-il incertain si le phosphore est oxigéné ou - non oxigéné dans cette combinaison.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de potasse.</td> - <td rowspan="8" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="8" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ces combinaisons ne sont point encore - connues. Il y a apparence qu'elles sont impossibles, d'après les - expériences de M. Gengembre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_223">223</span></p> - - <h3 id="ch26a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Phosphore & sur le Tableau de ses combinaisons avec les - substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e phosphore</span> est une substance combustible simple, dont l'existence - avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que - la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé: - bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia, - & le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos - jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui - publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa - découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore: - quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs - ouvrages, & notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie - des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession - d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il - fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes, - en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant on - le tire d'une manière plus <span class="pagenum" id="Page_224">224</span> commode, & sur-tout plus économique, - des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le - procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle, - &c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient - presque blancs. On les pile & on les passe au tamis de soie; on verse - ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité - moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide - s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même - tems l'acide phosphorique est dégagé & reste libre dans la liqueur. - On décante alors, on lave le résidu, & on réunit l'eau du lavage à la - liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux - qui se cristallise en filets soyeux, & on finit par obtenir l'acide - phosphorique sous forme d'un verre blanc & transparent qui, réduit - en poudre & mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon - phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est - jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion, - soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des - expériences de recherches.</p> - - <p>Le phosphore se rencontre dans presque <ins class="correction" title="outes">toutes</ins> les substances animales, - & dans quelques <span class="pagenum" id="Page_225">225</span> plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un - caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone, - l'azote & l'hydrogène, & il en résulte des radicaux très-composés. - Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion - d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance - dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on - ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que - des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite - convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles - simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on - puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_226">226</span></p> <!--chapitre 27--> - - <h2 id="ch27"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec - les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t29" style="width: 100%" summary="table_29"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="31" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du carbone avec:</i></td> - <td rowspan="31" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrtopnopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de carbone.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide carbonique.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Air fixe des anglois, acide crayeux de M. Bucquet & de M. de Fourcroy.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de soufre.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure de phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Radical carbone-hydreux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huiles fixes & volatiles.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'antimoine.</td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît - que les carbures de fer & de zinc, auxquels on a donné le nom de Plombagine; - les autres n'ont encore été ni faites ni observées.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de cuivre</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de fer</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de potasse.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de chaux.</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_227">227</span></p> - - <h3 id="ch27a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Carbone & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">omme</span> aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de - décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer - que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences - modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, & j'ai déjà fait - observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec - l'azote & avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin - que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides, - suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée.</p> - - <p>Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou - animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord - médiocre & ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions - d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques - on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans - lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, & on - pousse à grand feu dans un bon <span class="pagenum" id="Page_228">228</span> fourneau de reverbère: la chaleur - volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les - substances qui en sont susceptibles, & le carbone, comme le plus fixe, - reste combiné avec un peu de terre & quelques sels fixes.</p> - - <p>Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins - coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière - qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour - faire brûler le bois & pour en chasser l'huile & l'eau; on étouffe - ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du - fourneau.</p> - - <p>Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen - de l'air ou plutôt du gaz oxygène, & son oxygénation par l'acide - nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, & - il laisse de la chaux, de la potasse & quelques sels neutres. Les - Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, & il n'est pas - même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon - avant la combustion.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_229">229</span></p> - - <h3 id="ch27b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Radicaux muriatique, fluorique & boracique, & sur leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des - combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres - corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On - sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides - muriatique, fluorique & boracique, & qu'alors ils sont susceptibles - d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas - encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de - cette expression, & à les obtenir dans leur état de simplicité. Il - faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût - plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique - & boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir - dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique & - boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_230">230</span></p> - - <h3 id="ch27c"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">e</span> seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances - simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les - métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient - très-volumineux & ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de - recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés. - Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom - d'alliages, & qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus - grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or & - d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le - métal dominant.</p> - - <p>Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons, - leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences - de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_231">231</span></p> <!--chapitre 28--> - - <h2 id="ch28"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique - porté à l'état d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante - quantité d'oxygène, avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leurs affinités avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t30" style="width: 100%" summary="table_30"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitreux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de baryte.</td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Il n'y a qu'un très-petit nombre d'années - que ces sels ont été découverts, & ils n'avoient point encore été nommés.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de zinc.</td> - <td rowspan="15" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="15" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Comme les métaux se dissolvent dans les acides nitreux & nitrique, - à différens degrés d'oxigénation, il doit en résulter des sels, où - l'acide est réellement dans des états différens; ceux où le métal est - le moins oxigéné seront appelés nitrites; ceux où il l'est davantage - seront nommés nitrates: mais la limite de cette distinction n'est pas - très aisée à saisir. Les anciens ne connoissoient aucuns de ces sels.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite - d'argent, d'or & de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_232">232</span></p> <!--chapitre 29--> - - <h2 id="ch29"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote complettement saturé - d'oxygène, & portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t31" style="width: 100%" summary="table_31"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitrique avec:</i></td> - <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1200.jpg" alt="" title="" width="22" height="1200" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de baryte.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de potasse, salpêtre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre, nitre à base d'alkali végétal, salpêtre.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">La soude.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de soude.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Nitre quadrangulaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre à base d'alkali minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">La chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Nitre calcaire, nitre à base terreuse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau mère de nitre ou de salpêtre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre à base de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrate d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre ammoniacal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alun nitreux, nitre argileux, nitre à base de terre d'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de zinc.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de fer, nitre martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de cobalt.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de nickel.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de plomb.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de plomb, nitre de saturne.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'étain.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de cuivre.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de cuivre, nitre de Vénus.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de bismuth.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'antimoine.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'arsenic.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre arsenical.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de mercure.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre mercuriel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'argent.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre de lune, pierre infernale.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'or.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de platine.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_233">233</span></p> - - <h3 id="ch29a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Acides nitreux & nitrique, & sur le Tableau de leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitreux & l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les - arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des - décombres des vieux bâtimens & de la terre des caves, des écuries, des - granges, & en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus - souvent uni dans ces terres à la chaux & à la magnésie, quelquefois - à la potasse & plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à - l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, & - qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite - de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique, - & de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie & - l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier & dans le - rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les sels - nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour obtenir - l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois parties - de salpêtre très-pur, & une d'acide sulfurique concentré: on <span class="pagenum" id="Page_234">234</span> y - adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de Woulfe, - c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis d'eau - & réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté - <i>pl. IV, fig. 1</i>. On lutte exactement toutes les jointures, & on - donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges, - c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est - point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se - condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge - très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se - dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison - qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le - calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la - température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une - partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve - converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux - à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz - nitreux qui étoit en excès s'échappe, & il reste de l'acide nitrique: - mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu - d'eau, & il y a d'ailleurs une perte considérable.</p> - - <p>On se procure de l'acide nitrique beaucoup <span class="pagenum" id="Page_235">235</span> plus concentré & avec - infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre & de l'argile - bien seche, & en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile - se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en - même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, & qui ne - contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse - aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on - obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, & il - reste de l'acide nitrique dans la cornue.</p> - - <p>On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical - nitrique: si à vingt parties & demie en poids d'azote, on ajoute - quarante-trois parties & demie d'oxygène, cette proportion constituera - l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36 - autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire - entre la première & la dernière de ces proportions, donne différentes - espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus - ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions - par voie de décomposition, & je ne puis pas assurer qu'elles soient - rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup - de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier & par <span class="pagenum" id="Page_236">236</span> voie - de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des - proportions un peu différentes & dans lesquelles l'azote entre pour - une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que - c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, & non de l'acide nitrique; & - cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la - différence des résultats.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du - nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la - distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide - sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate - barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, & forme un - sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de - facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être - contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide - muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel - il a plus d'affinité, & se précipite sous forme de muriate d'argent - qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille - jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, & on - est sûr alors de l'avoir parfaitement pur.</p> - - <p>L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus <span class="pagenum" id="Page_237">237</span> de tendance à la - combinaison, & dont en même tems la décomposition est le plus facile. - Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or, - l'argent & le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène; - quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement - connu des Chimistes, & ses combinaisons ont été plus étudiées que - celles d'aucun autre. MM. Macquer & Baumé ont nommé <i>nitres</i> tous les - sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom - de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, & nous - les avons appelés <i>nitrates</i> ou <i>nitrites</i>, suivant qu'ils ont l'acide - nitrique ou l'acide nitreux pour acide & d'après la loi générale dont - nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une - suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous - avons spécifié chaque sel par le nom de sa base.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_238">238</span></p> <!--chapitre 30--> - - <h2 id="ch30"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre - oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide par la voie humide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t32" style="width: 100%" summary="table_32"> - <tr> - <td colspan="5" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="5" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfurique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltopbl">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltopbl">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltopbl">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltopbl">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltopbl">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopbl">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltopbl">L'alumine.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Sulfate d'alumine ou alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltopblnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_239">239</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t33" style="width: 100%" summary="table_33"> - <tr> - <td colspan="6" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="6" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide vitriolique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltopbl">La terre pesante.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de terre pesante, spath pesant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltopblnowrap">L'alkali fixe végétal.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Tartre vitriolé, sel de duobus, arcanum duplicatum.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltopbl">L'alkali fixe minéral.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sel de Glauber.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltopbl">La terre calcaire.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sélénite, gypse, vitriol calcaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltopbl">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Vitrol">Vitriol</ins> de magnésie, sel d'Epsom, sel de Sedlitz.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopbl">L'alkali volatil.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sel ammoniacal secret de Glauber.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltopbl">La terre de l'alun.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alun.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdrtop">8</td> - <td rowspan="2" class="tdltopbl">La chaux de zinc.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Vitriol blanc, vitriol de Goslard.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlmiddlenopadding">Couperose blanche, vitriol de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Couperose verte, vitriol martial, vitriol de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de nickel.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de plomb.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'étain.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de cuivre, couperose bleue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de mercure.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'argent.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'or.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de platine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_240">240</span></p> - - <h3 id="ch30a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfurique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate - de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette - distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le - quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par - la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui - qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la - combustion du soufre & son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou - nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, & fournit au - soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide. - Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du - soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que - pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1<sup>o</sup>. - parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, & que l'air dans lequel se - fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique; - 2<sup>o</sup>. parce <span class="pagenum" id="Page_241">241</span> que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs, - met obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on - brûle le mêlange de soufre & de salpêtre dans de grandes chambres - dont les parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un - peu d'eau au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se - débarrasse ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique - qu'on a obtenu dans de grandes cornues: on distille à un degré de - chaleur modéré; il passe une eau légèrement acide, & il reste dans la - cornue de l'acide sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane, - sans odeur, & il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit - la combustion du soufre, & on accéléreroit la fabrication de l'acide - sulfurique, si on introduisoit dans les grandes chambres doublées - de plomb où se fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets - qu'on dirigeroit sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique - par de longs canaux ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit - en contact avec de l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide - sulfureux ou acide sulfurique qu'il pourroit contenir.</p> - - <p>Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre - en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties - d'acide sulfurique. Suivant une seconde <span class="pagenum" id="Page_242">242</span> expérience faite par une - autre méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour - former la même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec.</p> - - <p>Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant - qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles - de décomposer une portion de l'acide, & de lui enlever assez d'oxygène - pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à - l'argent, au mercure & même au fer & au zinc, quand on les fait - dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré & bouillant. Ces métaux - s'oxident & se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à - l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état - d'acide sulfureux, & il se dégage alors sous la forme de gaz acide - sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre - que le fer & le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme - ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au - soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument - insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc & du fer: - ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau; - ils s'oxident à ses dépens, & deviennent alors dissolubles dans - l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_243">243</span></p> <!--chapitre 31--> - - <h2 id="ch31"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t34" style="width: 100%" summary="table_34"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfureux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de chaux. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que - le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le - nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que - nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit: - <i>Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux - de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base - de terre calcaire.</i></p> - - <p class="nota">On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M. - Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des - alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux; - mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides - métalliques.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_244">244</span></p> - - <h3 id="ch31a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la - combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion - de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1<sup>o</sup>. en - faisant brûler du soufre lentement, 2<sup>o</sup>. en distillant de l'acide - sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou - du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe - dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans - l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous - vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un - très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide: - l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz - acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide - muriatique.</p> - - <p>C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop - répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les - acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant - déjà dépouillé d'une grande <span class="pagenum" id="Page_245">245</span> partie de l'oxygène nécessaire pour le - constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à - en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut - les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par - une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans - l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité. - Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre - des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela - même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de - véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des - sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu - dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux, - ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles - de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après - cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé - devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le - plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette - distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à - tous les autres sulfates métalliques.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_246">246</span></p> <!--chapitre 32--> - - <h2 id="ch32"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier - degré d'oxygénation, & qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux, - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t35" style="width: 100%" summary="table_35"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphoreux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de zinc. *</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore - absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles - de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés - d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé.</p> - - <p class="nota">Aucuns de ces sels n'avoient été nommés.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_247">247</span></p> <!--chapitre 33--> - - <h2 id="ch33"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou - Acide phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t36" style="width: 100%" summary="table_36"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphorique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu - de tems, & n'avoient point encore été nommés.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_248">248</span></p> - - <h3 id="ch33a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte - de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière - dont il existe dans les végétaux & dans les animaux.</p> - - <p>Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt - de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire - brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en - y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2 - fois <sup>1</sup>/<sub>2</sub> son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en - faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur - de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui - attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir - ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins - oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement - lente, & le laisser tomber en quelque façon en <i>déliquium</i> à l'air - dans un entonnoir placé sur un <span class="pagenum" id="Page_249">249</span> flacon de cristal. Au bout de - quelques jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, - à mesure qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de - l'air, & a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit - au surplus aisément en acide phosphorique par une simple exposition - à l'air long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande - affinité avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide - muriatique oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu - dispendieux d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par - l'acide nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon - de cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait - chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits - morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même - tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On - continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se - dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les - dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique - dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme - liquide.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_250">250</span></p> <!--chapitre 34--> - - <h2 id="ch34"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou - Acide carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t37" style="width: 100%" summary="table_37"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide carbonique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o900.jpg" alt="" title="" width="19" height="900" /></td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl">Carbonate</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">de baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Terre pesante aérée ou effervescente.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">de chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Terre calcaire, spath calcaire, craie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">de potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali fixe végétal effervescent, méphite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">de soude.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali fixe minéral effervescent, méphite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Magnésie effervescente, base du sel d'Epsom effervescente, méphite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali volatil effervescent, méphite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite argileux, terre d'alun aérée.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Zinc spathique, méphite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Fer spathique, méphite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Plomb spathique ou méphite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques - années, il n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature - ancienne. On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que - M. de Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. - M. Bergman désignoit les bases saturées de cet <ins class="correction" title="aide">acide</ins> par l'épithète - <i>aérée</i>; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire - saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide - crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui - résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_251">251</span></p> - - <h3 id="ch34a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">e</span> tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est - peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature. - Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes - les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une - terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de - ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique, - ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a - l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est - produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz - dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun - des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé - jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en - résulte un acide extrêmement foible.</p> - - <p>On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant - de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite - portion d'alkool en dissolution.</p> - - <p>Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence - former artificiellement <span class="pagenum" id="Page_252">252</span> cet acide, en brûlant du charbon dans du - gaz oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide - métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine - avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre - reparoît sous sa forme métallique.</p> - - <p>C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait - eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme - de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, - l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes.</p> - - <p>Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu - dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour - l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de - carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne - le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit - employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins - aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que - changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible - d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire, - c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des - matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_253">253</span></p> <!--chapitre 35--> - - <h2 id="ch35"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou - Acide muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t38" style="width: 100%" summary="table_38"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h250.jpg" alt="" title="" width="250" height="12" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique avec:</i></td> - <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl">Muriate</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La potasse.</td> - <td rowspan="2" class="tdltop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de potasse.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Sel fébrifuge de Sylvius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sel marin à base d'alkali fixe végétal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdltop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Sel marin à base terreuse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel d'Epsom marin, sel marin à base de sel d'Epsom ou de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel ammoniac.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Alun marin, sel marin à base de terre d'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel de fer, sel marin martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Plomb corné.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide d'étain.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'étain fumant.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Liqueur fumante de Libavius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'étain solide.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Beurre d'étain solide.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide de mercure</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">de mercure doux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Mercure sublimé doux, <i>aquila alba</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">de mercure corrosif. </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Mercure sublimé corrosif.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Argent corné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_254">254</span></p> <!--chapitre 36--> - - <h2 id="ch36"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec - les différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible - de s'unir.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t39" style="width: 100%" summary="table_39"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de baryte.</td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cet ordre de sels qui étoit - absolument inconnu aux anciens, a été découvert en 1786 par M. Berthollet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Muriate oxygéné de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_255">255</span></p> - - <h3 id="ch36a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral: - il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la - chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans - l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément - uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas - avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique; - en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical: - ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le - principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce - radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que - l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par - la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer - qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans - doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après - des preuves. <span class="pagenum" id="Page_256">256</span></p> - - <p>L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles - il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement - par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le - procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même - objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil, - il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la - distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie - d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une - cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte - un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou - trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes, - à la manière de M. Woulfe. La <i>figure 1, planche IV</i>, représente - cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on - introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la - referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de - l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la - température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit - donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec - laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande - proportion à celle <span class="pagenum" id="Page_257">257</span> contenue dans les bouteilles adaptées au - ballon; & lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les - anciens appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons - aujourd'hui acide muriatique.</p> - - <p>Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant - qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle - dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide - de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se - forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut - exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état - gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi - grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine - proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète. - L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M. - Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables; - les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone & - avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant - plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate - oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par - son expansion à des explosions très-dangereuses.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_258">258</span></p> <!--chapitre 37--> - - <h2 id="ch37"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec - les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que - les affinités de cet acide ne sont point assez connues.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t40" style="width: 100%" summary="table_40"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitro-muriatique avec:</i></td> - <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'alumine. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitro-muriate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide - nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées, - on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se - séparent pour former deux sels distincts.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_259">259</span></p> - - <h3 id="ch37a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitro-muriatique, anciennement appelé <i>eau régale</i>, est formé - par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux - de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il - en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières - qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de - dissoudre l'or & le platine.</p> - - <p>Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les - autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils - s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en - même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a - encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable, - & il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent; - il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe - une assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. - J'ai eu occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le - <span class="pagenum" id="Page_260">260</span> platine & que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide - nitro-muriatique.</p> - - <p>J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de - l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène - de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique - oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs - faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant - chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz - nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc - à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, & - j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_261">261</span></p> <!--chapitre 38--> - - <h2 id="ch38"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i> des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou - Acide fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t41" style="width: 100%" summary="table_41"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclat. ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide fluorique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de chaux.</td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Fluate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.<br /><span class="tablesmall"><i>Et par la voie sèche.</i></span></td> - <td class="tdltopbl">Fluate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_262">262</span></p> - - <h3 id="ch38a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor, - spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre - calcaire, & forme un sel insoluble.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison, - on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb; - on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un - récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une - chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient, - à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme - de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on - peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au - mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux, - le gaz acide carbonique.</p> - - <p>On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux - métalliques, parce que l'acide <span class="pagenum" id="Page_263">263</span> fluorique dissout le verre & - la terre siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux - substances, & il les enlève avec lui dans l'état de gaz.</p> - - <p>C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet - acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité - considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide - particulier & <i>sui generis</i>.</p> - - <p>M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M. - Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les - propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la - dernière main à ce travail.</p> - - <p>Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature - du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore - parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la - nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet - égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on - pourroit espérer quelque succès.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_264">264</span></p> <!--chapitre 39--> - - <h2 id="ch39"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec - les différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de - s'unir dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t42" style="width: 100%" summary="table_42"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide boracique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o400.jpg" alt="" title="" width="14" height="400" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Borate de soude, ou borax.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni - connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de - sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe - végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre - calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude & - la chaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_265">265</span></p> - - <h3 id="ch39a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax, - sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait - été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions - très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le - purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve - naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans - l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois; - ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM. - l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus - à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, est - encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax étoit - un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, & - qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a été - long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné sous - le nom d'acide boracique. On le rencontre <span class="pagenum" id="Page_266">266</span> quelquefois libre dans - l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains - & demi par pinte.</p> - - <p>Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par - dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur - très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide - quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide - boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme - cristalline par refroidissement.</p> - - <p>On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de - l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence - qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le - séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide - boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il - ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout - acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux - cristallisations successives.</p> - - <p>L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la - propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on l'a - dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait croire - qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive n'a confirmé - <span class="pagenum" id="Page_267">267</span> ce résultat; il y a apparence que si le borax contient quelquefois - du cuivre, il lui est accidentel.</p> - - <p>Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie - humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux - par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par - double affinité.</p> - - <p>Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec - lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités - qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable, - lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la - dernière, doit être placée immédiatement après la soude.</p> - - <p>Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient - tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun - moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène - fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_268">268</span></p> <!--chapitre 40--> - - <h2 id="ch40"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide - arsenique avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t43" style="width: 100%" summary="table_43"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide arsenique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de chaux.</td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ce genre de sels étoit - absolument inconnu aux anciens. M. Macquer, qui a découvert en 1746 - la combinaison de l'acide arsenique avec la potasse & la soude, - les avoit nommés sels neutres arsenicaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Arseniate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxyde de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_269">269</span></p> - - <h3 id="ch40a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">ans</span> un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M. - Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc - d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel - neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a - publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une - substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences - plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette - opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide - de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se - combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres - moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir - l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple - est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids - d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle - est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique <span class="pagenum" id="Page_270">270</span> double du - poids de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se - décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic - pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz - nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz - muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure - qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret - jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset - est de l'acide arsenique pur.</p> - - <p>Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir - en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a - répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à - distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide - s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide - muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on - a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée. - L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève - l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique, - & de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique - ordinaire. On sépare ces deux acides <span class="pagenum" id="Page_271">271</span> en distillant à une chaleur - douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe & - l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il - est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic.</p> - - <p>Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide - blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point - exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, & - qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz - nitreux.</p> - - <p>D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique, - un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait - rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se - dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand - nombre de bases salifiables.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_272">272</span></p> <!--chapitre 41--> - - <h2 id="ch41"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide - molybdique avec les bases salifiables, par ordre alphabétique</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t44" style="width: 100%" summary="table_44"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide molybdique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Molybdate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on ne - connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes bases. - C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, comme de - beaucoup d'autres.</p> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, - & n'avoit point encore été nommée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_273">273</span></p> - - <h3 id="ch41a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> molybdène est une substance métallique particulière, qui est - susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable - acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie - de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est - un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties - d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille. - L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le - soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide - sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion - & jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs - rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins - par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche, - pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut, - sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette - précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions - d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_274">274</span></p> <!--chapitre 42--> - - <h2 id="ch42"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide - tungstique avec les bases salifiables.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t45" style="width: 100%" summary="table_45"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tungstique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o650.jpg" alt="" title="" width="16" height="650" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque</td> - <td class="tdltopblnowrap">Tungstate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_275">275</span></p> - - <h3 id="ch42a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été - souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du - rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède - 6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc - perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la - Saxe & en Bohême.</p> - - <p>Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre - fréquemment dans les mines de Cornouailles.</p> - - <p>Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans - ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la - mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction - d'acide: il y est uni à la chaux.</p> - - <p>Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène - avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le - mêlange dans un creuset. Lorsque la matière <span class="pagenum" id="Page_276">276</span> est refroidie, on la - met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis - on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle - il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se - précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide - nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il - ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est - complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il - faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un - creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les - produits, & altéreroit la pureté de l'acide.</p> - - <p>Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont - point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par - ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les - a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute - cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_277">277</span></p> <!--chapitre 43--> - - <h2 id="ch43"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou - Acide tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t46" style="width: 100%" summary="table_46"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tartareux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Tartrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_278">278</span></p> - - <h3 id="ch43a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans - lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un - acide particulier <i>sui generis</i>, combiné avec la potasse, mais de - manière que l'acide est dans un excès considérable.</p> - - <p>C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir - l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus - d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence - de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante, - & d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le - tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe - au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en - sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche; - après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois - son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur - <span class="pagenum" id="Page_279">279</span> douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique - s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se - trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité - de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la - liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter - les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous - les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient - l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent - environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire - pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré - qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau.</p> - - <p>Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui - avons conservé la terminaison en <i>eux</i>, & nous avons nommé <i>tartrites</i> - le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables.</p> - - <p>La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou - hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide - oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que - l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en <span class="pagenum" id="Page_280">280</span> - assez grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit - en acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est - probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces - conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la - seule cause qui constitue la différence de ces acides.</p> - - <p>L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est - susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel - avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous - avons nommé <i>tartrite acidule de potasse</i>. La même combinaison donne - par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous - nommons simplement <i>tartrite de potasse</i>, & qui est connu en pharmacie - sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à - saturation, donne un <i>tartrite de soude</i> connu sous le nom de sel de - seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_281">281</span></p> <!--chapitre 44--> - - <h2 id="ch44"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou - Acide malique avec les bases salifiables par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t47" style="width: 100%" summary="table_47"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide malique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_282">282</span></p> - - <h3 id="ch44a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, - mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour - l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse - ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite - de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide - malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce - précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi - on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique, - s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu - soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre - & en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec - l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près - le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a - porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre <span class="pagenum" id="Page_283">283</span> imparfait. Il - est plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide - acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical, - qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On - peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide - nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme - point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement - deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement - même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de - verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite & - de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il - se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution. - Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par - l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide - sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le - jus des pommes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_284">284</span></p> <!--chapitre 45--> - - <h2 id="ch45"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou - Acide citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t48" style="width: 100%" summary="table_48"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide citrique avec:</i></td> - <td rowspan="19" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de baryte.</td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons - étoient inconnues aux anciens chimistes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Citrate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. - Bergman & par M. de Breney, de l'Académie de Dijon.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_285">285</span></p> - - <h3 id="ch45a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par - expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé - avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse - déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel - que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés - au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide - reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume. - Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce - que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la - peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de - M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en - saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate - calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse - dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du - sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre - dans la liqueur.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_286">286</span></p> <!--chapitre 46--> - - <h2 id="ch46"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, - ou Acide pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t49" style="width: 100%" summary="table_49"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-ligneux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-lignite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_287">287</span></p> - - <h3 id="ch46a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois, - & sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la - distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière; - mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher - la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le - Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient - par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est - très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le - rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près - le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi - Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de - cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre - qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet - acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_288">288</span></p> <!--chapitre 47--> - - <h2 id="ch47"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, - ou Acide pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t50" style="width: 100%" summary="table_50"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-tartareux avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte .</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-tartrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p class="nota">* On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais - comme il a beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a - supposées les mêmes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_289">289</span></p> - - <h3 id="ch47a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu - concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation. - Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou - tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé - auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil - pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide - empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au - moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide - pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse - quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient, - n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il - seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé - de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette - opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_290">290</span></p> <!--chapitre 48--> - - <h2 id="ch48"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, - ou Acide pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t51" style="width: 100%" summary="table_51"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="18" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-muqueux avec:</i></td> - <td rowspan="18" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-mucite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'antimoine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_291">291</span></p> - - <h3 id="ch48a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés - par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent - considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de - la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient - moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est - principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement - oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces - taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le - concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel: - si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en - acide oxalique & en acide malique.</p> - - <p>C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz - pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand - la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_292">292</span></p> <!--chapitre 49--> - - <h2 id="ch49"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou - Acide oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t52" style="width: 100%" summary="table_52"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide oxalique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxalate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_293">293</span></p> - - <h3 id="ch49a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne; - il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses - cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie - saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à - proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on - veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y - parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical - oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit - parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se - produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de - gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme - des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur - un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique - dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la - pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait - cristalliser une seconde fois.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_294">294</span></p> - - <p>L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en - l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique, - par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu - plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le - convertit en acide acéteux ou vinaigre.</p> - - <p>L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a, - comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un - grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des - sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel - d'oseille oxalate acidule de potasse.</p> - - <p>Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes. - M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des - Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave: - mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la - potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide - qu'on forme par l'oxygénation du sucre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_295">295</span></p> <!--chapitre 50--> - - <h2 id="ch50"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un - premier degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre - de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t53a" style="width: 100%" summary="table_53a"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acéteux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acétite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t53b" style="width: 100%" summary="table_53b"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide du vinaigre avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td class="tdltop">La terre pesante.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens. La découverte en est due - à M. de Morveau qui l'a nommée <i>acète barotique</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali fixe végétal.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée de tartre très-secrète de Muller, arcane de tartre de - Basile Valentin, & de Paracelse, Magistère purgatif de tartre - de Schroëder, sel essentiel de vin de Zwelfer, tartre régénéré de - Tachénius, sel diurétique de Sylvius, de Wilson.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali fixe minéral.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée à base d'alkali minéral, - terre foliée minérale, terre foliée - cristallisable, sel acéteux minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La terre calcaire.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sel de craie, sel de corail, sel d'yeux - d'écrevisses; Hartman en a fait mention.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">La base du sel d'epsom.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens; M. Wenzel est le premier - qui en ait parlé.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali volatil. </td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Esprit de Mendérérus ou de Menderet, sel acéteux - ammoniacal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de zinc.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de Glauber, - Schwedemberg, Respour, Pott, de M. de Lassone, & - de M. Wenzel, mais ils ne l'ont pas désignée - par un nom particulier.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">La chaux de manganèse.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de fer.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Vinaigre martial. Cette combinaison a été décrite - par Scheffer, par MM. Monnet, Wenzel & le - Duc d'Ayen.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de plomb.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de Saturne, vinaigre de Saturne, sel de - Saturne.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'étain.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de MM. Lémery, - Margraff, Monnet, Weslendorf & Wenzel, mais - ils ne lui ont pas donné de nom.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de cobalt.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Encre de simpathie de M. Cadet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de cuivre.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Verd de gris, cristaux de verdet, cristaux de Vénus, - verdet, verdet distillé.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de nickel.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'arsenic.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Liqueur fumante, arsenico-acéteuse, ou phosphore - liquide de M. Cadet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de bismuth.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de bismuth de M. Geoffroi. Cette combinaison - a été connue de MM. Gellert, Pott, - Weslendorf, Bergman & de Morveau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de mercure.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée mercurielle. M. Gebaver a fait mention - en 1748, de cette combinaison; elle a été - décrite par MM. Hellot, Margraff, Baumé, - Navier, Monnet, Wenzel: c'est le fameux reméde - anti-vénérien de Keyser.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'argent.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens, décrite par MM. Margraff, - Monnet & Wenzel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'or.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est peu connue, Schroëder & - Juncker en ont fait mention.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de platine.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Le vinaigre ne dissout, comme s'en est assuré - M. Wenzel, que très-peu d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite de - potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre & celui de - plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. Cadet, (voyez - tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement à M. Wenzel, aux - Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à M. Proust, la connoissance - que nous avons des propriétés des autres acétites. Il seroit possible - que le radical acéteux, outre l'hydrogène & le carbone, contînt encore - un peu d'azote. Il y a lieu de le soupçonner d'après la propriété qu'a - l'acétite de potasse de donner de l'ammoniaque par la distillation, - à moins cependant que l'azote qui concoure à la formation de cette - ammoniaque, ne soit dû à la décomposition de la potasse elle-même.</p> - - <h3 id="ch50a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou - Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de - l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet - acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide - tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide - malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour - chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus - oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi - un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres - acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans - l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire - l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce, - en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui - s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou - dans d'autres matières de <span class="pagenum" id="Page_296">296</span> même nature. La partie spiritueuse du - vin (le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est - par cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle - est toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut - en conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel - on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est - très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de - beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à - une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui - paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de - nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation, - n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic; - ce dernier paroîtroit être plus oxygéné.</p> - - <p>La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux - du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le - concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid - de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie - aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux - libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au - degré de <span class="pagenum" id="Page_297">297</span> température & de pression dans lequel nous vivons, & que - nous ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité - d'eau.</p> - - <p>Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux: - ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou - l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que - la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette - opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à - répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la - possibilité de ces conversions.</p> - - <p>La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases - salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels - qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des - sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en - général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas - même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les - oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme - en tient un pour le degré d'oxigénation.</p> - - <p>Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient - oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_298">298</span></p> <!--chapitre 51--> - - <h2 id="ch51"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par - un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t54" style="width: 100%" summary="table_54"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acétique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de baryte.</td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Tous ces sels étoient inconnus - des anciens, & même aujourd'hui, les Chimistes qui sont les plus au courant - des découvertes modernes, ne peuvent pas prononcer avec certitude, si la plupart - des sels acéteux doivent être rangés dans la classe des acétites ou des acétates.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acétate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_299">299</span></p> - - <h3 id="ch51a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que - nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre - ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide - acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre - le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette - conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus - décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on - prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux - & de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du - même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids - d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un - vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide - acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore - rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide - acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de - proportion des principes du radical.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_300">300</span></p> <!--chapitre 52--> - - <h2 id="ch52"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou - Acide succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t55" style="width: 100%" summary="table_55"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide succinique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Succinate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_301">301</span></p> - - <h3 id="ch52a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par - distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, & - de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme - concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin - la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie, - on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par - des dissolutions & cristallisations répétées.</p> - - <p>Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution, - mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que - foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré - très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des - Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, & - c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces - observations.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_302">302</span></p> <!--chapitre 53--> - - <h2 id="ch53"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou - Acide benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par - ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t56" style="width: 100%" summary="table_56"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide benzoïque avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Benzoate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant - encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_303">303</span></p> - - <h3 id="ch53a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les - bases salifiables.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">et</span> acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de - benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy - a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide: - enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites - sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne - eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la - chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin - réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après - une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de - chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau - de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on - les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant - qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on - verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se - fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est - l'acide benzoïque concret.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_304">304</span></p> <!--chapitre 54--> - - <h2 id="ch54"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical camphorique oxygéné, - ou Acide camphorique, avec les bases salifiables, par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t57" style="width: 100%" summary="table_57"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide camphorique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Camphorate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_305">305</span></p> - - <h3 id="ch54a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide camphorique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire - par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine & au Japon. M. - Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du - camphre, & il est parvenu ainsi à l'oxygéner & à le convertir en un - acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à - quelques égards, & c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver, - jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier.</p> - - <p>Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il - n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de - l'acide malique & plusieurs autres acides végétaux. Les expériences - rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, & la - plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison - de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les - combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc - assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide - oxalique & d'acide malique.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_306">306</span></p> <!--chapitre 55--> - - <h2 id="ch55"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide - gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t58" style="width: 100%" summary="table_58"> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebb"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_307">307</span></p> - - <h3 id="ch55a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide gallique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'acide</span> gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle, - soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une - distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit - nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette - substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi - toutes les combinaisons & ont donné le travail le plus complet qu'on - eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe - ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il - décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont - été préalablement dissous par un autre acide, & il les précipite sous - différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité - d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce - nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne, - le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina, - l'écorce & la fleur de grenade, & dans beaucoup de bois & d'écorces. On - ignore absolument quel est son radical.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_308">308</span></p> <!--chapitre 56--> - - <h2 id="ch56"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou - Acide lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t59" style="width: 100%" summary="table_59"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lactique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Lactate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_309">309</span></p> - - <h3 id="ch56a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lactique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">M</span><span class="smcap">. Schéele</span> est celui auquel nous devons les seules connoissances - exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre - dans le petit lait, & il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on - fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume; - on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la - chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question & qu'on en dégage - ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce - dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate - de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à - consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide, - & on filtre pour en séparer le sucre de lait & les autres substances - étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul, - que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation.</p> - - <p>Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, & forme - avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à - beaucoup d'égards, de l'acide acéteux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_310">310</span></p> <!--chapitre 57--> - - <h2 id="ch57"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné, - ou Acide saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t60" style="width: 100%" summary="table_60"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide saccholactique avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Saccholate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_311">311</span></p> - - <h3 id="ch57a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide saccholactique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre - qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, & qui est - très-anciennement connu dans la pharmacie.</p> - - <p>Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par - différens moyens, & principalement par sa combinaison avec l'acide - nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on - concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser & - on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre - blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis, - avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à - cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide - saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait - seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre - des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M. - Bergman.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_312">312</span></p> <!--chapitre 58--> - - <h2 id="ch58"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou - Acide formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t61" style="width: 100%" summary="table_61"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide formique avec:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Formiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_313">313</span></p> - - <h3 id="ch58a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide formique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est - le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff - a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, & MM. - Ardwisson & <ins class="correction" title="Ochrn">OEhrn</ins>, dans une dissertation qu'ils ont publiée à - Léipsic en 1777.</p> - - <p>L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, <i>formica - rufa</i>, qui habite les bois & qui y forme de grandes fourmillières. Si - c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans - une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on - distille à une chaleur douce, & on trouve l'acide formique dans le - récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis.</p> - - <p>Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis - à l'eau froide, on les étend sur un linge, & on y passe de l'eau - bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer - légèrement ces insectes dans le linge, & l'acide en est plus fort. Pour - l'obtenir pur & concentré, on le rectifie & on en sépare le phlegme par - la gelée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_314">314</span></p> <!--chapitre 59--> - - <h2 id="ch59"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical bombique oxygéné, - ou Acide bombique, avec les substances salifiables, par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t62" style="width: 100%" summary="table_62"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide bombique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Bombiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'argent. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_315">315</span></p> - - <h3 id="ch59a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent - prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il - se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit - le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de - l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide - pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser - des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se - charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses; - & en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez - pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les - affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes - en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de - tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone, - d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_316">316</span></p> <!--chapitre 60--> - - <h2 id="ch60"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou - Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t63" style="width: 100%" summary="table_63"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sébacique avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Sébate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de cobalt. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_317">317</span></p> - - <h3 id="ch60a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans - un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue - continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, & - on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la - fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte - sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble: - pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait - bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif - se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau, - on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser - de nouveau & on parvient à l'avoir pur.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le - sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe - clair dans le récipient.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_318">318</span></p> <!--chapitre 61--> - - <h2 id="ch61"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lithique oxygéné, - ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t64" style="width: 100%" summary="table_64"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lithique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Lithiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_319">319</span></p> - - <h3 id="ch61a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman - & de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base - terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau - pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent - à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le - refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné - le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La - nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a - quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, & - plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule - de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la - classe des acides particuliers.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_320">320</span></p> <!--chapitre 62--> - - <h2 id="ch62"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou - Acide prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t65" style="width: 100%" summary="table_65"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide prussique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Prussiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Prussiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_321">321</span></p> - - <h3 id="ch62a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique, - ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de - toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me - paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet - acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui - donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec - presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux - le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne - connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de - M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire - qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base - double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît, - d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel.</p> - - <p>Quoique l'acide prussique s'unisse avec les <span class="pagenum" id="Page_322">322</span> métaux, avec les - alkalis & avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant - qu'une partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. - Il seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans - cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît - difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette - substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles - expériences.</p> - - <p class="center2"><i>Fin du Tome premier.</i></p> - - <hr class="small" /> - - <div class="footnotes"> - <h2>NOTES</h2> - - <p class="line">~~~~~</p> - - <div class="footnote"> - <p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> Partie 2, Chapitre I.</p> - - <p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on - nomme <i>éther</i>, & j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de - dire dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable - très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau, & - même que l'esprit-de-vin.</p> - - <p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Mém. Académ. 1780, page 335.</p> - - <p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le - détail des procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces - de gaz & pour les peser.</p> - - <p><a name="Footnote_A" id="Footnote_A" href="#FNanchor_A"><span class="label">[A]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p> - - <p>«On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression - <i>hydrogène</i>, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, - & non pas qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est - également juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans - ce Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance - à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en - se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau - engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau.»</p> - - <p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> Voyez la description de cet appareil dans la troisième - partie de cet Ouvrage.</p> - - <p><a name="Footnote_B" id="Footnote_B" href="#FNanchor_B"><span class="label">[B]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p> - - <p><i>Nota.</i> On conçoit que je suppose ici des végétaux - réduits à l'état de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, - je n'entends pas parler des végétaux qui en fournissent, soit par - expression à froid, soit par une chaleur qui n'excede - pas celle de l'eau bouillante. Il n'est ici question que de l'huile - empyreumatique qu'on obtient par la distillation à feu nud, à un degré - de feu supérieur à l'eau bouillante. C'est cette huile seule que - j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir ce que j'ai - publié à cet égard dans le volume de l'Académie, année 1786.</p> - - <p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que - j'ai adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe - des sels, & je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire; - mais cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages, - que je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter.</p> - - <p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, & - 1778, page 535.</p> - </div> - </div> - - <hr class="small2" /> - - <div class="tnote" id="tnote"> - <h2>Au lecteur</h2> - - <p class="line">~~~~~</p> - - <p>Ce <i>Traité élémentaire de chimie</i> d'Antoine de Lavoisier se compose de deux tomes. Une version - complète de cette publication accompagne la publication individuelle de chacun de ces deux tomes.</p> - - <p>La version électronique <b>html</b> restitue le mieux la présentation du livre papier.</p> - - <p>L'errata de cette édition, placé à la fin du tome 2, a été pris en compte.</p> - - <p>Veuillez noter que les planches sont présentées à la fin du tome 2.</p> - - <p>Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle - de la version papier en remplaçant les ſ par des s.</p> - - <p>La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections - mineures.</p> - - <p>L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés. - Ils sont soulignés par des tirets. Passer la <ins class="correction" title="orthographe originale" >souris</ins> sur - le mot pour voir le texte original.</p> - </div> -</div> - -<hr class="full" /> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by -Antoine de Lavoisier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 *** - -***** This file should be named 52487-h.htm or 52487-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52487/ - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. 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Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 6c5ce3e..0000000 --- a/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 80f68ef..0000000 --- a/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f180.jpg 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