summaryrefslogtreecommitdiff
diff options
context:
space:
mode:
-rw-r--r--.gitattributes4
-rw-r--r--LICENSE.txt11
-rw-r--r--README.md2
-rw-r--r--old/52487-0.txt9636
-rw-r--r--old/52487-0.zipbin149270 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h.zipbin794261 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/52487-h.htm15087
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f100.jpgbin2090 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f130.jpgbin2232 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f180.jpgbin2754 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f250.jpgbin2920 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f50.jpgbin1768 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f500.jpgbin3772 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f550.jpgbin3952 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f600.jpgbin4009 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f700.jpgbin4453 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-f80.jpgbin1880 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-h250.jpgbin2661 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-h300.jpgbin2803 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-h580.jpgbin3769 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o100.jpgbin2088 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o1000.jpgbin5909 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o1100.jpgbin6379 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o1200.jpgbin6731 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o130.jpgbin2232 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o150.jpgbin2560 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o180.jpgbin2575 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o200.jpgbin2625 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o250.jpgbin2703 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o30.jpgbin1650 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o300.jpgbin2872 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o350.jpgbin2938 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o380.jpgbin3020 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o400.jpgbin3197 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o450.jpgbin3328 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o50.jpgbin1780 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o500.jpgbin3606 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o550.jpgbin3766 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o600.jpgbin3963 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o650.jpgbin4114 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o700.jpgbin4565 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o750.jpgbin4728 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o80.jpgbin1880 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o900.jpgbin5517 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/accolade-o950.jpgbin5718 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/cover.jpgbin116516 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-1.jpgbin65658 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-102.jpgbin43386 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-122.jpgbin35153 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-131.jpgbin2785 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-138.jpgbin27186 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-152.jpgbin52189 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-158.jpgbin17569 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-161.jpgbin17083 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-175.jpgbin14670 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-187.jpgbin2379 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-189.jpgbin44332 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-27.jpgbin26403 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-32.jpgbin1995 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-50.jpgbin5595 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-56.jpgbin1716 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-69.jpgbin1811 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-81.jpgbin6640 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-86.jpgbin18131 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-xliv.jpgbin15902 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/page-xxxij.jpgbin2443 -> 0 bytes
-rw-r--r--old/52487-h/images/titre1.jpgbin29553 -> 0 bytes
67 files changed, 17 insertions, 24723 deletions
diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes
new file mode 100644
index 0000000..d7b82bc
--- /dev/null
+++ b/.gitattributes
@@ -0,0 +1,4 @@
+*.txt text eol=lf
+*.htm text eol=lf
+*.html text eol=lf
+*.md text eol=lf
diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt
new file mode 100644
index 0000000..6312041
--- /dev/null
+++ b/LICENSE.txt
@@ -0,0 +1,11 @@
+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
+metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be
+in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES.
+
+Procedures for determining public domain status are described in
+the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org.
+
+No investigation has been made concerning possible copyrights in
+jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize
+this eBook outside of the United States should confirm copyright
+status under the laws that apply to them.
diff --git a/README.md b/README.md
new file mode 100644
index 0000000..f3f0e30
--- /dev/null
+++ b/README.md
@@ -0,0 +1,2 @@
+Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for
+eBook #52487 (https://www.gutenberg.org/ebooks/52487)
diff --git a/old/52487-0.txt b/old/52487-0.txt
deleted file mode 100644
index 95a6735..0000000
--- a/old/52487-0.txt
+++ /dev/null
@@ -1,9636 +0,0 @@
-The Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by
-Antoine de Lavoisier
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Traité élémentaire de chimie, tome 1
- Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes
- modernes; avec Figures
-
-Author: Antoine de Lavoisier
-
-Release Date: July 3, 2016 [EBook #52487]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 ***
-
-
-
-
-Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by The
-Internet Archive/American Libraries.)
-
-
-
-
-
-
-
-
-
- Au lecteur,
-
- Ce _Traité élémentaire de chimie_ d'Antoine de Lavoisier se compose
- de deux tomes. Une version complète de cette publication accompagne la
- publication individuelle de chacun de ces deux tomes.
-
- La version électronique html restitue le mieux la présentation du
- livre papier.
-
- L'errata de cette édition, placé à la fin du tome 2, a été pris
- en compte.
-
- Veuillez noter que les planches sont présentées à la fin du tome 2.
-
- Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle de la version
- papier en remplaçant les ſ par des s.
-
- La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections
- mineures.
-
- L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés.
- La liste des modifications se trouve à la fin du texte.
-
-
-
-
- TRAITÉ
- ÉLÉMENTAIRE
- DE CHIMIE.
-
- _TOME PREMIER._
-
-
-
-
- TRAITÉ
- ÉLÉMENTAIRE
- DE CHIMIE,
-
- PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU
- ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;
-
- Avec Figures:
-
- _Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale
- de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la
- Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société
- Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester,
- Padoue, &c._
-
-
- TOME PREMIER.
-
- [Illustration]
-
- _A PARIS_,
-
- Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente.
-
- M. DCC. LXXXIX.
-
- _Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale
- de Médecine._
-
-
-
-
-DISCOURS
-PRÉLIMINAIRE.
-
-
-JE n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner
-plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de
-l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de
-réformer & de perfectionner la Nomenclature de la Chimie.
-
-C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne
-l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été
-posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, & dans quelques autres
-de ses ouvrages. Il y établit que _nous ne pensons qu'avec le secours
-des mots_; que _les langues sont de véritables méthodes analytiques_;
-que _l'algèbre la plus simple, la plus exacte & la mieux adaptée à son
-objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue &
-une méthode analytique_; enfin que _l'art de raisonner se réduit à une
-langue bien faite_. Et en effet tandis que je croyois ne m'occuper que
-de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de perfectionner
-le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé insensiblement
-entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en défendre, en un
-Traité élémentaire de Chimie.
-
-L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science & la science
-de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est
-nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui
-constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les
-expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le
-fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; & comme ce sont les
-mots qui conservent les idées & qui les transmettent, il en résulte
-qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science,
-ni la science sans le langage, & que quelque certains que fussent
-les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait
-naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si
-nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre.
-
-La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le
-méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis
-vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui
-a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois
-compte des motifs qui m'y ont déterminé.
-
-C'est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue
-dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances,
-que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à
-l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos
-besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets
-propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations,
-d'observations & d'analyses, il se forme une génération successive
-d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif
-peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil & l'enchaînement,
-& qui constituent l'ensemble de ce que nous savons.
-
-Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une
-science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état
-très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, & la marche que
-nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la
-formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet
-de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de
-même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences
-physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite
-immédiate d'une expérience ou d'une observation.
-
-Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière
-des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant
-même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur
-les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent, la
-nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque
-instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience.
-La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la
-jouissance & le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas
-avec de tels maîtres à devenir conséquent, & on raisonne bientôt juste
-quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de
-souffrance.
-
-Il n'en est pas de même dans l'étude & dans la pratique des sciences;
-les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence,
-ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous
-rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter
-continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre & la confiance en
-nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer
-des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en sorte
-que nous sommes en quelque façon intéressés à nous séduire nous-mêmes.
-Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques en général,
-on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les suppositions
-transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus imposantes par
-le poids des autorités qu'elles ont acquises, & qu'elles ayent enfin
-été adoptées & regardées comme des vérités fondamentales, même par de
-très-bons esprits.
-
-Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins
-à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous
-& qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de
-l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données
-de la nature, & qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité
-que dans l'enchaînement naturel des expériences & des observations,
-de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution
-d'un problême par le simple arrangement des données, & en réduisant le
-raisonnement à des opérations si simples, à des jugemens si courts,
-qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de guide.
-
-Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder
-jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence
-qui ne dérive immédiatement des expériences & des observations,
-& d'enchaîner les faits & les vérités chimiques dans l'ordre le
-plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit
-impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des
-routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours
-& à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des
-connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans
-les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter
-des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans
-s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour
-les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions
-qui n'ont point été définies, & de supposer la science acquise par
-ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on
-n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une
-année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les
-yeux avec les appareils, & qu'il est presqu'impossible de former un
-Chimiste en moins de trois ou quatre ans.
-
-Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme
-de l'enseignement, & c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie
-une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me
-suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me
-jettois dans un autre, & qu'il me seroit impossible de les surmonter
-toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à
-l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de
-l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente
-des lacunes nombreuses qui interrompent la série des faits, & qui
-exigent des raccordemens embarrassans & difficiles. Elle n'a pas, comme
-la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette &
-dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en
-même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent
-d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons
-espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de
-perfection qu'elle est susceptible d'atteindre.
-
-Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien
-conclure au-delà de ce que les expériences présentent, & de ne jamais
-suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans
-cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être,
-de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des
-affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M.
-Gellert, M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan & beaucoup
-d'autres ont déjà rassemblé une multitude de faits particuliers,
-qui n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais
-les données principales manquent, ou du moins celles que nous avons
-ne sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir
-la base fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi
-importante de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la
-Chimie ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie
-élémentaire, & je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes
-difficultés des Elémens simples & faciles qui seront, à ce que
-j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs.
-
-Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse
-compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est
-au moment de publier l'article AFFINITÉ de l'Encyclopédie méthodique, &
-j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en concurrence avec
-lui.
-
-On ne manquera pas d'être surpris de ne point trouver dans un Traité
-élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes &
-élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette tendance
-que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne soient
-composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui nous
-vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre
-élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les
-corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems
-avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale &
-de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, & l'on formoit des
-systêmes; & aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble
-que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas
-avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces
-pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, & qu'elle pesera
-sans doute encore sur les générations à venir.
-
-Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine
-des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des
-faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les
-premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres,
-regardoient le soufre & le sel comme des substances élémentaires
-qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils
-reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre.
-Beccher admettoit trois terres, & c'étoit de leur combinaison & de la
-différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence
-qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce
-systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y
-faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se
-sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit
-d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme
-telles de très-légères probabilités.
-
-Tout ce qu'on peut dire sur le nombre & sur la nature des élémens
-se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce
-sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui
-sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est
-très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature.
-Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous
-entendons désigner les molécules simples & indivisibles qui composent
-les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si
-au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des
-corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les
-substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont
-pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps
-que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de
-deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces
-principes ne se séparent jamais, ou plutôt puisque nous n'avons aucun
-moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des
-corps simples, & nous ne devons les supposer composés qu'au moment où
-l'expérience & l'observation nous en auront fourni la preuve.
-
-Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement
-au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que
-nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de
-Fourcroy & moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant
-que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, & ce sont
-elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller
-que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances
-les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis
-de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances
-nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées,
-ou du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems,
-& dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par
-une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par
-les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées
-évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance
-qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés
-différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de
-leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement
-du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la
-plus générale, la plus caractéristique de la substance; & nous y avons
-trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent
-difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, &
-de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher
-une idée.
-
-A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs
-substances simples, nous les avons désignés par des noms composés
-comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des
-combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés
-dans le désordre & dans la confusion, si nous ne nous fussions pas
-attachés à former des classes. Le nom de classes & de genres est dans
-l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un
-grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui
-ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus.
-
-Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser,
-seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant,
-dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'_arbre_ le premier arbre que
-nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle
-la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un
-quatrième, & voilà le mot d'_arbre_ donné d'abord à un individu, qui
-devient pour lui un nom de classe ou de genre, une idée abstraite qui
-comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons fait
-remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages, que tous
-ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les distinguer
-par des noms spécifiques & particuliers. Cette logique est celle de
-toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie.
-
-Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre
-de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue
-l'acidité & qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit
-être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à
-chaque acide, qui les différencie les uns des autres, & c'est de cette
-substance que doit être emprunté le nom spécifique.
-
-Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le
-principe acidifiant & le principe acidifié, peuvent exister dans des
-proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre
-ou de saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique &
-dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide
-en faisant varier la terminaison du nom spécifique.
-
-Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de
-l'air & du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids &
-prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées,
-comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, & d'un
-principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les
-classer sous un nom générique dérivé du principe commun, & le nom
-que nous avons adopté est celui d'_oxide_; nous les avons ensuite
-différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal
-auquel elles appartiennent.
-
-Les substances combustibles qui, dans les acides & dans les oxides
-métalliques, sont un principe spécifique & particulier, sont
-susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand
-nombre de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été long-temps
-les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après les
-expériences de MM. Vandermonde, Monge & Berthollet, que le charbon se
-combine avec le fer, & peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il
-en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &c.
-On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le
-phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques.
-Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des
-noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une
-terminaison qui rappelle cette analogie, & nous les avons specifiées
-par un autre nom dérivé de leur substance propre.
-
-La nomenclature des êtres composés de trois substances simples,
-présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, &
-sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes
-constituans, sans employer des noms plus composés. Nous avons eu
-à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les
-sels neutres, par exemple, 1º. le principe acidifiant qui est commun
-à tous; 2º. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre;
-3º. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce
-particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de
-sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de
-la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la
-base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière.
-
-Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être
-cependant dans des états très-différens, par la seule différence de
-leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été
-défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, & nous y
-sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que
-nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels.
-
-Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît
-sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la
-combinaison dont il est question; si cette substance combustible est
-combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion; dans
-quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation
-exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès.
-
-On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes
-vues sans blesser quelquefois des usages reçus, & sans adopter des
-dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment;
-mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux
-mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême
-général & raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant
-nous, tels que ceux de _poudre d'algaroth_, de _sel alembroth_,
-de _pompholix_, d'_eau phagédénique_, de _turbith minéral_, de
-_colcothar_, & beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins
-extraordinaires; il faut une grande habitude & beaucoup de mémoire
-pour se rappeller les substances qu'ils expriment, & sur-tout pour
-reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms
-d'_huile de tartre par défaillance_, d'_huile de vitriol_, de _beurre
-d'arsenic & d'antimoine_, de _fleurs de zinc_, &c. sont plus impropres
-encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il
-n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, & sur-tout dans
-le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que
-les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens
-poisons.
-
-On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de
-Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont
-parlée, qu'ils ont illustrée & qu'ils nous ont transmise; mais on a
-oublié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité
-cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à
-M. de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: _ne faites grace à
-aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours;
-ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt_.
-
-Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans
-l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion
-de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans
-discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours
-rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la
-justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie
-le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans
-un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions
-sur l'historique de la science & sur les travaux de ceux qui l'ont
-professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé,
-& l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour
-les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de
-l'esprit humain qu'on doit faire dans un traité élémentaire: on ne
-doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement
-écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un
-chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut
-laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard.
-Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés,
-sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes
-s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage
-dans la première partie que des expériences qui me sont propres.
-Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les
-expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de
-M. de la Place, de M. Monge, & de ceux en général qui ont adopté les
-mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de
-nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir,
-a établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle
-il nous est souvent difficile à nous-mêmes de distinguer ce qui nous
-appartient plus particulièrement.
-
-Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé
-de suivre dans la marche des preuves & des idées, n'est applicable
-qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient
-l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai
-cherché à donner la forme véritablement élémentaire.
-
-La seconde partie est principalement formée des tableaux de la
-nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications
-très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les
-plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus:
-cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne
-présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens
-ouvrages.
-
-Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée
-de toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de
-ce genre paroissoit desiré depuis long-temps, & je crois qu'il sera
-de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, & sur-tout
-des expériences modernes, n'est point assez répandue; & peut-être si,
-dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse
-étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait
-plus facilement entendre, & la science auroit-elle fait des progrès
-plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a
-paru à-peu-près arbitraire, & je me suis seulement attaché à classer
-dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui
-ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette
-troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les
-articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience.
-
-Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement
-quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre
-avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des temps
-très-rapprochés du nôtre[1]. Ces passages qui n'ont point été faits
-exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît
-juste.
-
- «Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous
- avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition
- fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; &
- ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par
- cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus
- en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises
- habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans
- les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand
- les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont
- ainsi accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la
- faculté de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, de
- reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, & de
- refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain.
-
- »Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit.
- Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande
- netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils
- pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié
- les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, &
- sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences».
-
-M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V:
-
- «Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les
- Philosophes ont mieux observé, & qu'ils ont mis dans leur langage
- la précision & l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs
- observations; ils ont corrigé la langue, & l'on a mieux raisonné».
-
- [1] Partie 2, Chapitre I.
-
-
-
-
- TABLE
- DES CHAPITRES
- DU TOME PREMIER.
-
-
- _DISCOURS PRÉLIMINAIRE,_ page v
-
-
- PREMIERE PARTIE.
-
- _De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition;
- de la combustion des corps simples & de la formation des acides._
-
- CHAP. I. _Des combinaisons du calorique & de la
- formation des fluides élastiques aériformes,_ 1
-
- CHAP. II. _Vues générales sur la formation & la
- constitution de l'atmosphère de la terre,_ 28
-
- CHAP. III. _Analyse de l'air de l'atmosphère:
- sa résolution en deux fluides élastiques, l'un
- respirable, l'autre non respirable,_ 33
-
- CHAP. IV. _Nomenclature des différentes parties
- constitutives de l'air de l'atmosphère,_ 51
-
- CHAP. V. _De la décomposition du gaz oxigène par le
- soufre, le phosphore & le charbon, & de la formation
- des acides en général,_ 57
-
- CHAP. VI. _De la nomenclature des Acides en général, &
- particulièrement de ceux tirés du salpêtre & du sel
- marin,_ 70
-
- CHAP. VII. _De la décomposition du Gaz oxygène par les
- métaux, & de la formation des Oxides métalliques,_ 82
-
- CHAP. VIII. _Du principe radical de l'Eau, & de sa
- décomposition par le charbon & par le fer,_ 87
-
- CHAP. IX. _De la quantité de Calorique qui se dégage
- des différentes espèces de combustion,_ 103
-
- _Combustion du Phosphore,_ 107
-
- _Combustion du Charbon,_ 108
-
- _Combustion du Gaz hydrogène,_ 109
-
- _Formation de l'Acide nitrique,_ ibid.
-
- _Combustion de la Bougie,_ 112
-
- _Combustion de l'Huile d'olive,_ 113
-
- CHAP. X. _De la combinaison des Substances combustibles
- les unes avec les autres,_ 116
-
- CHAP. XI. _Considérations sur les Oxides & les Acides
- à plusieurs bases, & sur la composition des matières
- végétales & animales,_ 123
-
- CHAP. XII. _De la décomposition des matières végétales
- & animales par l'action du feu,_ 132
-
- CHAP. XIII. _De la décomposition des Oxides végétaux
- par la fermentation vineuse,_ 139
-
- CHAP. XIV. _De la fermentation putride,_ 153
-
- CHAP. XV. _De la fermentation acéteuse,_ 159
-
- CHAP. XVI. _De la formation des Sels neutres, & des
- différentes bases qui entrent dans leur composition,_ 162
-
- _De la Potasse,_ 164
-
- _De la Soude,_ 169
-
- _De l'Ammoniaque,_ 170
-
- _De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de
- l'Alumine,_ 172
-
- _Des Substances métalliques,_ 173
-
- CHAP. XVII. _Suite des réflexions sur les bases
- salifiables, & sur la formation des Sels neutres,_ 176
-
-
- SECONDE PARTIE.
-
- _De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la
- Formation des Sels neutres._
-
- _AVERTISSEMENT,_ 189
-
- _TABLEAU des Substances simples,_ 192
-
- _Observations,_ 193
-
- _Tableau des Radicaux ou bases oxidables &
- acidifiables, composés, qui entrent dans les
- combinaisons à la manière des substances simples,_ 196
-
- _Observations,_ 197
-
- _Observations sur les combinaisons de la lumière
- & du calorique avec différentes substances,_ 200
-
- _Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène avec
- les substances métalliques & non métalliques oxidables
- & acidifiables,_ 203
-
- _Observations,_ ibid.
-
- _Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les
- radicaux composés,_ 208
-
- _Observations,_ 209
-
- _Tableau des combinaisons binaires de l'Azote avec les
- substances simples,_ 212
-
- _Observations,_ 213
-
- _Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec
- les substances simples,_ 216
-
- _Observations,_ 217
-
- _Tableau des combinaisons binaires du Soufre non
- oxygéné avec les substances simples,_ 220
-
- _Observations,_ 221
-
- _Tableau des combinaisons binaires du Phosphore non
- oxygéné avec les substances simples,_ 222
-
- _Observations,_ 223
-
- _Tableau des combinaisons binaires du Charbon non
- oxygéné avec les substances simples,_ 226
-
- _Observations,_ 227
-
- _Observations sur les radicaux muriatique, fluorique &
- boracique, & sur leurs combinaisons,_ 229
-
- _Observations sur la combinaison des métaux les uns
- avec les autres,_ 230
-
- _Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical
- nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la
- combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, avec
- les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide,_ 231
-
- _Tableau des combinaisons de l'Azote complettement
- saturé d'oxigène, & porté à l'état d'acide nitrique,
- avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,_ 232
-
- _Observations,_ 233
-
- _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique ou
- Soufre oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre
- de leur affinité avec cet acide, par la voie humide,_ 238
-
- _Observations,_ 240
-
- _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les
- bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,_ 243
-
- _Observations,_ 244
-
- _Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu un
- premier degré d'oxygénation, & qui a été porté à
- l'état d'Acide phosphoreux, avec les bases salifiables
- dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 246
-
- _Tableau des combinaisons du Phosphore saturé
- d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les substances
- salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 247
-
- _Observations,_
- 248
- _Tableau des combinaisons du Radical carbonique
- oxygéné, ou Acide carbonique avec les bases
- salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 250
-
- _Observations,_ 251
-
- _Tableau des combinaisons du Radical muriatique
- oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 253
-
- _Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné
- avec les différentes bases salifiables avec lesquelles
- il est susceptible de s'unir,_ 254
-
- _Observations,_ 255
-
- _Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique
- avec les bases salifiables, rangées par ordre
- alphabétique, attendu que les affinités de cet acide
- ne sont point assez connues,_ 258
-
- _Observations,_ 259
-
- _Tableau des combinaisons du Radical fluorique oxigéné,
- ou Acide fluorique avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 261
-
- _Observations,_ 262
-
- _Tableau des combinaisons du Radical boracique oxigéné,
- avec les différentes bases salifiables auxquelles
- il est susceptible de s'unir dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,_ 264
-
- _Observations,_ 265
-
- _Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou
- Acide arsenique avec les bases salifiables dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 268
-
- _Observations,_ 269
-
- _Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou
- Acide molybdique avec les bases salifiables, par ordre
- alphabétique,_ 272
-
- _Observations,_ 273
-
- _Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou
- Acide tungstique avec les bases salifiables,_ 274
-
- _Observations,_ 275
-
- _Tableau des combinaisons du Radical tartareux oxygéné,
- ou Acide tartareux avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 277
-
- _Observations,_ 278
-
- _Tableau des combinaisons du Radical malique oxygéné,
- ou Acide malique avec les bases salifiables par ordre
- alphabétique,_ 281
-
- _Observations,_ 282
-
- _Tableau des combinaisons du Radical citrique oxygéné,
- ou Acide citrique avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 284
-
- _Observations,_ 285
-
- _Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux
- oxygéné, ou Acide pyro-ligneux avec les bases
- salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 286
-
- _Observations,_ 287
-
- _Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux
- oxygéné, ou Acide pyro-tartareux avec les différentes
- bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,_ 288
-
- _Observations,_ 289
-
- _Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux
- oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 290
-
- _Observations,_ 291
-
- _Tableau des combinaisons du Radical oxalique oxygéné,
- ou Acide oxalique avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 292
-
- _Observations,_ 293
-
- _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné,
- par un premier degré d'oxigénation avec les bases
- salifiables, suivant l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 295
-
- _Observations,_ 295
-
- _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné
- par un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique,
- avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,_ 298
-
- _Observations,_ 299
-
- _Tableau des combinaisons du Radical succinique
- oxygéné, ou Acide succinique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 300
-
- _Observations,_ 301
-
- _Tableau des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné,
- ou Acide benzoïque, avec les différentes bases
- salifiables, rangées par ordre alphabétique,_ 302
-
- _Observations,_ 303
-
- _Tableau des combinaisons du Radical camphorique
- oxygéné, ou Acide camphorique, avec les bases
- salifiables, par ordre alphabétique,_ 304
-
- _Observations,_ 305
-
- Tableau des combinaisons du Radical gallique
- oxygéné, ou Acide gallique, avec
- les bases salifiables rangées par ordre alphabétique, 306
-
- _Observations,_ 307
-
- _Tableau des combinaisons du Radical lactique oxygéné,
- ou Acide lactique, avec les bases salifiables, par
- ordre alphabétique,_ 308
-
- _Observations,_ 309
-
- _Tableau des combinaisons du Radical saccholactique
- oxygéné, ou Acide saccholactique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide,_ 310
-
- _Observations,_ 311
-
- _Tableau des combinaisons du Radical formique oxygéné,
- ou Acide formique, avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 312
-
- _Observations,_ 313
-
- _Tableau des combinaisons du Radical bombique oxygéné,
- ou Acide bombique, avec les substances salifiables,
- par ordre alphabétique,_ 314
-
- _Observations,_ 315
-
- _Tableau des combinaisons du Radical sébacique oxygéné,
- ou Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 316
-
- _Observations,_ 317
-
- _Tableau des combinaisons du Radical lithique oxygéné,
- ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées
- par ordre alphabétique,_ 318
-
- _Observations,_ 319
-
- _Tableau des combinaisons du Radical prussique oxygéné,
- ou Acide prussique, avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 320
-
- _Observations,_ 322
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-TRAITÉ
-ÉLÉMENTAIRE
-DE CHIMIE.
-
-
-
-
-PREMIERE PARTIE.
-
-_De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; de
-la combustion des corps simples & de la formation des acides._
-
-
-
-
-CHAPITRE PREMIER.
-
-_Des combinaisons du calorique & de la formation des fluides
-élastiques aériformes._
-
-
-C'EST un phénomène constant dans la nature & dont la généralité a
-été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps
-quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous
-les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la
-généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires,
-ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères
-qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, &
-à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on
-s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi
-générale & constante de la Nature.
-
-Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, & en
-avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse
-refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans
-la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le
-corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus;
-& si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant
-l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord.
-Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de
-froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement
-que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en
-résulte que nous n'avons pas encore pu parvenir à rapprocher le plus
-qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, & que par conséquent
-les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature; conclusion
-très-singulière & à laquelle cependant il est impossible de se refuser.
-
-On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement
-sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles
-n'auroient aucune liaison entr'elles, & qu'il n'y auroit aucun corps
-solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à
-les réunir, & pour ainsi dire à les enchaîner; & cette force, quelle
-qu'en soit la cause, a été nommée attraction.
-
-Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant
-à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles
-elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces,
-l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si
-au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement
-écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors
-de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence
-qu'elles avoient entr'elles & le corps cesse d'être un solide.
-
-L'eau nous présente continuellement un exemple de ces phénomènes:
-au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état
-solide, & elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses
-molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque,
-& elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80
-degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la
-chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, & elle se transforme
-en un fluide aériforme.
-
-On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou
-solides, ou liquides, ou dans l'état élastique & aériforme, suivant le
-rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules & la
-force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le
-degré de chaleur auquel ils sont exposés.
-
-Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont
-l'effet d'une substance réelle & matérielle, d'un fluide très-subtil
-qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps & qui les
-écarte: & en supposant même que l'existence de ce fluide fût une
-hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière
-très-heureuse les phénomènes de la Nature.
-
-Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur;
-ou en d'autres termes la sensation que nous appellons chaleur, étant
-l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un
-langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même
-dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet. C'est ce qui
-m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (_Recueil
-de l'Académie, page_ 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné
-& de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons
-fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy & moi,
-sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces
-périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant,
-moins précis, moins clair, & qui souvent même ne comportent pas des
-idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause
-de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le
-nom de _calorique_. Indépendamment de ce que cette expression remplit
-notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un
-autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions;
-puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de
-supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme
-on le sentira mieux par la lecture de ce qui va suivre, que ce soit
-une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière,
-& on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite &
-mathématique.
-
-La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique
-est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible
-de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a
-de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de
-n'admettre que des faits, & où l'on évite autant qu'il est possible de
-rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement
-désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens.
-Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en
-conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités
-qui leur sont communes, & que dans quelques circonstances ils se
-combinent à peu près de la même manière, & produisent une partie des
-mêmes effets.
-
-Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée
-qu'on doit attacher au mot de _calorique_. Mais il me reste une tâche
-plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la
-manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière
-subtile pénètre à travers les pores de toutes les substances que nous
-connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels elle ne
-s'échappe, & qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la contenir
-sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par des effets
-qui, la plupart, sont fugitifs & difficiles à saisir. C'est sur les
-choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout important
-de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui tend
-toujours à s'élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à se
-renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent.
-
-Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide,
-ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit
-pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que
-la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses
-molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle.
-
-Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient
-liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, & ils passeroient
-brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme.
-Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être
-glace, commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide
-aériforme, & ses molécules s'écarteroient indéfiniment dans l'espace:
-s'il n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de
-l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est par cette raison
-que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du
-thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet
-intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la
-pression de l'atmosphère.
-
-On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas
-de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au
-moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur
-qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties &
-les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous
-n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet,
-au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force
-répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment,
-sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre
-pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère.
-
-De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent
-pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle se
-trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente par l'expérience
-qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en 1777. (_Voyez_
-Mém. page 426.)
-
-On remplit d'éther sulfurique[2] un petit vase de verre étroit, A,
-_planche VII, fig. 17_, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir
-plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de
-hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit
-autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien
-serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus
-la première, & on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être
-tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la
-liqueur & la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une
-machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir,
-traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe
-ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre
-GH.
-
- [2] Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on nomme
- _éther_, & j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de dire
- dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable
- très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau,
- & même que l'esprit-de-vin.
-
-Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient;
-puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie.
-Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité,
-il se vaporise & se transforme en un fluide élastique aériforme, qui
-occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable
-pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes
-dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible
-de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou
-dix pouces environ pendant l'hiver, & à vingt & vingt-cinq pendant
-les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus
-complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient
-l'éther, & on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout
-le tems que dure la vaporisation.
-
-On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le
-poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface
-de l'éther, & les effets qui en résultent prouvent évidemment deux
-choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous
-vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme,
-si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde,
-que ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné
-d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la
-vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de
-liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine
-avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme.
-
-La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels
-que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau & le mercure même; avec cette
-différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous
-le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine
-pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, & à
-quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes,
-& le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de
-fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère
-avec l'éther; moins encore avec l'eau, & sur-tout avec le mercure: par
-conséquent moins de calorique employé & moins de refroidissement; ce
-qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences.
-
-Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente
-que l'état aériforme est une modification des corps & qu'elle dépend
-du degré de température & de pression qu'ils éprouvent.
-
-Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous
-avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que
-lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure,
-c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit
-en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc,
-qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu
-qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que
-l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose
-que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état
-liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en
-tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés
-& au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir
-dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver
-à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, & à l'eau au-dessus de 80,
-c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences
-suivantes[3].
-
- [3] Mém. Académ. 1780, page 335.
-
-J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand
-vase ABCD, _planche VII, figure 15_; je le suppose transparent pour
-mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore
-tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans
-s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui
-s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles
-eussent leur gouleau en en-bas, & appliqué contre le fond du vase.
-
-Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique
-dans un très-petit matras, dont le col _abc_ étoit doublement recourbé;
-j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, & j'ai engagé, comme on
-le voit représenté dans la _figure 15_, l'extrêmité de son col _abc_,
-dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé
-à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition;
-& le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un
-fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs
-bouteilles F, G.
-
-Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature & les propriétés de ce
-fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper sur des
-connoissances que je ne dois pas supposer au lecteur, j'observerai,
-en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment, que l'éther,
-d'après cette expérience, est tout près de ne pouvoir exister dans
-la planette que nous habitons que dans l'état aériforme; que si la
-pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne de 20 ou 24
-pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir l'éther dans
-l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation de l'éther
-seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu élevées, &
-qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé, à moins qu'on
-n'employât des ballons très-forts pour le condenser & qu'on ne joignît
-le refroidissement à la pression. Enfin, que le degré de la chaleur du
-sang étant à peu près celui où l'éther passe de l'état liquide à l'état
-aériforme, il doit se vaporiser dans les premières voies, & qu'il est
-très-vraisemblable que les propriétés de ce médicament tiennent à cet
-effet, pour ainsi dire, mécanique.
-
-Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce
-qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique.
-A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir
-dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que
-ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à 67 degrés du
-thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue
-presque bouillante, & qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger
-les mains.
-
-Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce
-fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un
-degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique
-convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place
-& moi, devoir la confirmer par une expérience directe, & en voici le
-résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, _planche
-VII, figure 5_, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, & nous
-avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure.
-Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui
-ont gagné le haut CD de la jarre, & qui se sont rangés au-dessus de
-la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande
-chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière
-étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit
-85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels
-est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs
-degrés à celui de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau, placés
-dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint la
-température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition,
-& au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD,
-ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute
-entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau,
-& la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par
-conséquent fort pesante, & si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à
-la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain
-d'eau salée, l'eau se condensoit & le mercure remontoit; mais elle
-reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit
-été replongé.
-
-Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en
-fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans
-lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres,
-tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque,
-l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &c. qui demeurent
-constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur & de
-pression de l'atmosphère.
-
-Tous ces faits particuliers, dont il me seroit facile de multiplier
-les exemples, m'autorisent à faire un principe général de ce que j'ai
-déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la Nature sont
-susceptibles d'exister dans trois états différens; dans l'état de
-solidité, dans l'état de liquidité, & dans l'état aériforme, & que ces
-trois états d'un même corps dépendent de la quantité de calorique qui
-lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides aériformes sous
-le nom générique de _gaz_; & je dirai en conséquence que, dans toute
-espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui fait en quelque
-façon l'office de dissolvant, & la substance qui est combinée avec lui
-& qui forme sa base.
-
-C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que
-nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le
-Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques
-phénomènes qui accompagnent l'échauffement & le refroidissement des
-corps, & que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution
-de notre atmosphère.
-
-Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient
-dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher
-& à les réunir, & les efforts du calorique qui tend à les écarter.
-Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps,
-mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent
-entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se
-figure un vase rempli de petites balles de plomb & dans lequel on verse
-une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit
-que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles
-que les balles laissent entr'elles & les remplira. Les balles, dans
-cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au
-calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles
-se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, &
-qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des
-autres par l'effort du calorique.
-
-Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres,
-des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque & d'une
-égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne
-seroit plus la même & l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande
-quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps
-de la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles
-ne sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité dépend de la
-figure de ces molécules, de leur grosseur, & de la distance les unes
-des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui
-existe entre leur force d'attraction, & la force répulsive qu'exerce le
-calorique.
-
-C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: _capacité des
-corps pour contenir la matière de la chaleur_; expression fort juste,
-introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des
-notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau &
-quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille & pénètre les
-corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans
-les choses abstraites de comparaisons sensibles.
-
-Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en
-volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu
-dans leurs pores; ils se gonfleront & augmenteront de poids: mais
-chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau
-différente; les plus légers & les plus poreux en logeront davantage;
-ceux qui seront compactes & serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une
-très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront
-dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de
-l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront avec l'eau, & les
-bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront
-très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois
-ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même
-connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront
-absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient
-avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité
-absolue qu'ils en contiendront en en sortant.
-
-Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont
-plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un
-fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande
-élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du
-calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres,
-quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, &
-l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens
-très-notables dans les résultats.
-
-Les choses amenées à ce point de clarté & de simplicité, il me sera
-aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à
-ces expressions; _calorique libre, & calorique combiné, quantité
-spécifique de calorique_ contenue dans les différens corps, _capacité
-pour contenir le calorique, chaleur latente, chaleur sensible_,
-toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui, d'après ce
-que je viens d'exposer, ont un sens strict & déterminé. C'est ce sens
-que je vais chercher encore à fixer par quelques définitions.
-
-_Le calorique libre_ est celui qui n'est engagé dans aucune
-combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec
-lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous
-n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue.
-
-_Le calorique combiné_ est celui qui est enchaîné dans les corps par la
-force d'affinité ou d'attraction, & qui constitue une partie de leur
-substance, même de leur solidité.
-
-On entend par cette expression _calorique spécifique_ des corps, la
-quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même
-nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids.
-Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des
-corps, de leur adhérence plus ou moins grande; & c'est cette distance,
-ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà
-observé, _capacité pour contenir le calorique_.
-
-_La chaleur_, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la
-_chaleur sensible_, n'est que l'effet produit sur nos organes par le
-passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En général
-nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque, &
-l'on pourroit poser comme un axiome, _point de mouvement, point de
-sensation_. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment
-du froid & du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique
-qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre
-main dans le corps que nous touchons, & nous éprouvons la sensation du
-froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud;
-le calorique passe du corps à notre main, & nous avons la sensation de
-la chaleur. Si le corps & la main sont du même degré de température,
-ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de
-chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport
-de calorique, & qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un
-mouvement qui l'occasionne.
-
-Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique
-libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui est
-au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse, & de
-la capacité qu'il a lui-même pour contenir le calorique. Le changement
-qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un déplacement de
-calorique, qu'un changement arrivé à un systême de corps dont il fait
-partie; il n'indique tout au plus que la portion de calorique qu'il
-a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale qui a été dégagée,
-déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple & le plus exact pour
-remplir ce dernier objet est celui imaginé par M. de la Place, & qui
-est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année 1780, page 364. On
-en trouve aussi une explication sommaire à la fin de cet Ouvrage.
-Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où se dégage le
-calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la quantité de glace
-fondue est une expression exacte de la quantité de calorique qui s'est
-dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous avons fait construire
-d'après cette idée, connoître, non pas comme on l'a prétendu, la
-capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, mais le rapport
-des augmentations ou diminutions que reçoivent ces capacités, par des
-nombres déterminés de degrés du thermomètre. Il est facile, avec le
-même appareil, & par diverses combinaisons d'expériences, de connoître
-la quantité de calorique nécessaire pour convertir les corps solides
-en liquides & ceux-ci en fluides aériformes, & réciproquement, ce que
-les fluides élastiques abandonnent de calorique quand ils redeviennent
-liquides, & ceux-ci quand ils redeviennent solides. On pourra donc
-parvenir un jour, lorsque les expériences auront été assez multipliées,
-à déterminer le rapport de calorique qui constitue chaque espèce de
-gaz. Je rendrai compte, dans un Chapitre particulier, des principaux
-résultats que nous avons obtenus en ce genre.
-
-Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de
-l'élasticité des gaz & des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile
-d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui paroît
-être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus simple
-que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant avec un
-autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut convenir
-que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on ne fait
-par-là que reculer la difficulté, & qu'il reste toujours à expliquer
-ce que c'est que l'élasticité, & pourquoi le calorique est élastique.
-En considérant l'élasticité dans un sens abstrait, elle n'est autre
-chose que la propriété qu'ont les molécules d'un corps de s'éloigner
-les unes des autres, lorsqu'on les a forcées de s'approcher. Cette
-tendance qu'ont les molécules du calorique à s'écarter, a lieu même à
-de fort grandes distances. On en sera convaincu si l'on considère que
-l'air est susceptible d'un grand degré de compression; ce qui suppose
-que ses molécules sont déjà très-éloignées les unes des autres: car
-la possibilité de se rapprocher, suppose une distance au moins égale
-à la quantité du rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont
-déjà très-éloignées entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage:
-en effet, si on fait le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient,
-les dernières portions d'air qui y restent se répandent uniformément
-dans toute la capacité du vase, quelque grand qu'il soit, elles le
-remplissent en entier & pressent contre ses parois: or cet effet ne
-peut s'expliquer qu'en supposant que les molécules font un effort
-en tout sens pour s'écarter, & l'on ne connoît point la distance à
-laquelle ce phénomène s'arrête.
-
-Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides
-élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que
-si cette répulsion avoit lieu, & on auroit quelque droit d'en conclure
-que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette
-force de répulsion une fois admise, les explications relatives à la
-formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples:
-mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des
-molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à
-concevoir.
-
-Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules
-du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules
-des corps, & qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force
-d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose
-d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de
-l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, &
-l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en
-se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle
-n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau
-entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à
-les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire
-que des forces attractives qui agissent dans ce cas, & ces forces sont,
-1º. la pesanteur de l'eau & l'action qu'elle exerce en tout sens, comme
-tous les fluides; 2º. la force attractive des molécules de l'eau les
-unes à l'égard des autres; 3º. la force attractive des molécules de
-l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des molécules de
-l'eau & de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir que c'est de
-l'intensité & du rapport de toutes ces forces, que dépend l'explication
-du phénomène. Il est probable que l'écartement des molécules des corps
-par le calorique, tient de même à une combinaison de différentes
-forces attractives, & c'est le résultat de ces forces que nous
-cherchons à exprimer d'une manière plus concise & plus conforme à
-l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous disons que le
-calorique communique une force répulsive aux molécules des corps.
-
-
-
-
-CHAPITRE II.
-
-_Vues générales sur la formation & la constitution de l'atmosphère de
-la terre._
-
-
-LES considérations que je viens de présenter sur la formation des
-fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur
-la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les
-atmosphères des planètes, & notamment celle de la terre. On conçoit
-que cette dernière doit être le résultat & le mélange 1º. de toutes
-les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans
-l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, & à
-une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces de
-hauteur; 2º. de toutes les substances fluides ou concrètes susceptibles
-de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz.
-
-Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle
-on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui
-arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la
-température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple, que
-la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région beaucoup
-plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par exemple,
-où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à celle de
-l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles de
-se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, & le mercure
-lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides
-aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces
-nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, &
-il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons
-nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant
-satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz,
-arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit
-pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en
-effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la
-pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une
-pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les
-fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une
-chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement
-plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même & tous les liquides,
-peuvent éprouver dans la machine de Papin, une chaleur capable de
-les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère arriveroit à
-un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas été vaporisée
-jusqu'alors, cesseroit de bouillir, & resteroit dans l'état de
-liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme dans toute
-autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit limitée &
-ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter ces
-réflexions beaucoup plus loin, & examiner ce qui arriveroit aux
-pierres, aux sels, & à la plus grande partie des substances fusibles
-qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles
-entreroient en fusion & formeroient des fluides; mais ces dernières
-considérations sortent de mon objet, & je me hâte d'y rentrer.
-
-Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée
-dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves
-& nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que nous
-connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers
-très-durs, d'abord diaphanes, homogènes & blancs comme le cristal
-de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de
-différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement
-colorées.
-
-L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances
-aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans
-l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant;
-elles reviendroient donc à l'état de liquidité, & il en résulteroit de
-nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée.
-
-Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1º. que
-_solidité_, _liquidité_, _élasticité_, sont trois états différens de
-la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles
-presque toutes les substances peuvent successivement passer, & qui
-dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées,
-c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées;
-2º. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement en
-vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé de
-tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs &
-d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur & de pression
-que nous éprouvons; 3º. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible
-qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement
-compactes, des métaux même, & qu'une substance métallique, par exemple,
-qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas.
-
-On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme
-l'eau & l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les
-uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire,
-comme le mercure, l'eau & l'huile, ne peuvent contracter que des
-adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils
-ont été mêlangés, & se rangent en raison de leur gravité spécifique.
-La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il
-est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine &
-qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement
-miscibles à l'air de l'atmosphère & qui s'en séparent; si ces gaz sont
-plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, & y
-former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes
-qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe
-ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable,
-& que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent
-les phénomènes de l'aurore boréale & des autres météores ignés.
-Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire
-particulier.
-
-
-
-
-CHAPITRE III.
-
-_Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides
-élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable._
-
-
-TELLE est donc _à priori_ la constitution de notre atmosphère; elle
-doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de
-demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température & de
-pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à
-peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande
-hauteur à laquelle on soit encore parvenu, & dont la densité décroît en
-raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit,
-il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de
-plusieurs autres de fluides très-différens.
-
-Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre & quelle est
-la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure
-que nous habitons; & c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La
-Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; & les détails dans
-lesquels je vais entrer feront connoître que l'air de l'atmosphère est
-peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont l'analyse
-est la plus exactement & la plus rigoureusement faite.
-
-La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la
-nature des parties constituantes d'un corps, la composition & la
-décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau
-& de l'esprit-de-vin ou alkool, & que par le résultat de ce mêlange
-on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le
-commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé
-d'alkool & d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie
-de décomposition, & en général on ne doit être pleinement satisfait en
-Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves.
-
-On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut
-le décomposer & le recomposer; & je me bornerai à rapporter ici les
-expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il
-n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce
-que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous
-un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère.
-
-J'ai pris, _planche II, figure 14_, un matras A de 36 pouces cubiques
-environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, & avoit six à
-sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le
-voit représenté, _planche IV, figure 2_, de manière qu'il pût être
-placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit
-s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai
-introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en
-suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé
-le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec
-une bande de papier collé, & j'ai observé exactement le baromètre & le
-thermomètre.
-
-Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN,
-& je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de
-manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le
-faire bouillir.
-
-Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour:
-le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation
-continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes,
-d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, & qui,
-lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient
-d'elles-mêmes au fond du vase, & se réunissoient au reste du mercure.
-Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure
-de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont
-augmenté en nombre & en volume, après quoi elles ont cessé de grossir
-& sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours
-voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès,
-j'ai éteint le feu & j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume
-de l'air contenu tant dans le matras que dans son col & sous la
-partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces & à 10
-degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques
-environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression &
-à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y
-avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ.
-D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui
-s'étoient formées, & les ayant séparées autant qu'il étoit possible du
-mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de
-45 grains.
-
-J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure
-en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule & même
-expérience, de conserver l'air dans lequel on a opéré, & les molécules
-rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera souvent de
-confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou trois
-expériences de même genre.
-
-L'air qui restoit après cette opération & qui avoit été réduit aux
-cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit
-plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on
-y introduisoit y périssoient en peu d'instans, & les lumières s'y
-éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau.
-
-D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit
-formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite
-cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir
-les produits liquides & aériformes qui pourroient se séparer: ayant
-allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la
-matière rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité.
-Lorsqu'ensuite la cornue a approché de l'incandescence, la matière
-rouge a commencé à perdre peu à peu de son volume, & en quelques
-minutes elle a entièrement disparu; en même temps il s'est condensé
-dans le petit récipient 41 grains 1/2 de mercure coulant, & il a passé
-sous la cloche 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup
-plus propre que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion & la
-respiration des animaux.
-
-Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un
-pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un
-éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement
-comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme & une sorte de
-décrépitation, à la manière du phosphore, & avec une vivacité de
-lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons
-découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele & moi, a été
-nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal.
-Je lui avois d'abord donné le nom d'_air éminemment respirable_:
-depuis, on y a substitué celui d'_air vital_. Nous verrons bientôt ce
-qu'on doit penser de ces dénominations.
-
-En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit que
-le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre & respirable de
-l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de cette
-partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce de
-mofète, incapable d'entretenir la combustion & la respiration: l'air
-de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de nature
-différente & pour ainsi dire opposée.
-
-Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux
-fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les
-42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, & les 8 pouces
-cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à
-celui de l'atmosphère, & qui est propre à peu près au même degré, à la
-combustion, à la calcination des métaux, & à la respiration des animaux.
-
-Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir
-séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans
-la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées
-exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure
-pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas
-assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles qui
-s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence des deux
-fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère & la force d'affinité qui
-unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence la calcination
-du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle peut l'être,
-dans une quantité d'air déterminée, il reste encore un peu d'air
-respirable combiné avec la mofète, & le mercure ne peut en séparer
-cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la proportion
-d'air respirable & d'air non respirable qui entre dans la composition
-de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au moins dans
-les climats que nous habitons: je discuterai en même temps les causes
-d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette proportion.
-
-Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure,
-puisqu'il y a fixation & combinaison de la base de la partie respirable
-avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment
-exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique & de lumière; &
-l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais deux
-causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience dont je
-viens de rendre compte. La première, parce que la calcination durant
-pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur & de lumière, réparti
-sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible pour
-chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération se
-faisant dans un fourneau & à l'aide du feu, la chaleur occasionnée par
-la calcination se confond avec celle du fourneau. Je pourrois ajouter
-que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se combinant
-avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique qui lui étoit
-uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle combinaison; mais
-cette discussion & les preuves que je serois obligé de rapporter, ne
-seroient pas à leur place ici.
-
-Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur
-& de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition
-de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec
-la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le
-monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la
-combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, _planche
-IV, figure 17_, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités
-B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG.
-On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau
-d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air
-dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume
-l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer
-BC dans la bouteille, & on la bouche comme on le voit dans la figure
-que je viens de citer.
-
-Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence
-à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation
-au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles,
-lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis
-qui deviennent noirs en se refroidissant, & qui conservent un reste
-de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant & plus
-fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement
-en poudre & est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne
-l'étoit avant sa combustion.
-
-M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit
-à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de
-la répéter avec des circonstances différentes & dans un appareil plus
-propre à répondre à mes vues.
-
-J'ai rempli une cloche A, _planche IV, fig. 3_, de six pintes environ
-de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment
-respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat,
-cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après
-quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du
-mercure, tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. Je me
-suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine D, plate
-& évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer tournés
-en spirale, & que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru la plus
-favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les parties.
-A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit morceau
-d'amadoue, & j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit à peine
-un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche en
-soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette manière
-de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec l'air de
-la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on opère
-avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience.
-
-Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une
-partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son
-intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on
-passe par-dessous, & pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on
-tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art
-pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se
-contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une
-très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi
-tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on
-élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le
-mercure jusqu'à 6 à 7 pouces.
-
-Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un
-fer recourbé MN, _planche IV, figure 16_, destiné à ces sortes
-d'expériences; on le passe par-dessous la cloche & avant qu'il ait eu
-le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore
-contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore
-s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, & celle-ci la
-communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le
-fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche,
-brillante, & semblable à celle qu'on observe dans les étoiles
-d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette
-combustion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de grosseur
-différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, & dont
-quelques-uns sont lancés au dehors & nagent sur la surface du mercure.
-
-Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation
-dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée par la
-chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la dilatation;
-le mercure remonte dans la cloche, & lorsque la quantité de fer est
-suffisante, & que l'air avec lequel on opère est bien pur, on parvient
-à l'absorber presqu'en entier.
-
-Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences
-de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de
-fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience & absorber presque
-tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de
-la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroidissement
-subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre:
-le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès
-qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait
-jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces
-inconvéniens & être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère
-brûler plus d'un gros & demi de fer sous une cloche de huit pintes de
-capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de
-mercure qu'elle est destinée à contenir.
-
-Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience,
-le poids que le fer acquiert, & les changemens arrivés à l'air. Si
-c'est l'augmentation de poids du fer & son rapport avec l'absorption
-de l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin
-de marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la
-hauteur du mercure avant & après l'expérience; on passe ensuite sous
-la cloche le siphon GH, _planche IV, figure 3_, garni d'un papier qui
-empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité
-G, & on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure
-est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache
-de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble
-soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés & qui nagent
-sur le mercure, & on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que
-les anciens Chimistes ont nommé _éthiops martial_; il a une sorte de
-brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, & se réduit
-en poudre sous le marteau & sous le pilon. Lorsque l'opération a bien
-réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops.
-On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35
-livres par quintal.
-
-Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite,
-l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à
-celle dont le fer est augmenté. Si donc on a brûlé 100 grains de fer
-& que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35
-grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70
-pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans
-la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet,
-assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube.
-
-Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences
-de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le
-volume de l'air au commencement & à la fin de l'expérience à celui
-qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, & à une pression de 28
-pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces
-corrections, à la fin de cet Ouvrage.
-
-Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se
-propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu
-différente. On commence alors, après que la combustion est faite &
-que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer & la capsule
-qui le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le
-mercure: ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse
-ou alkali caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou
-telle autre substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action
-qu'elles exercent sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces
-moyens d'analyse de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de
-ces différentes substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans
-ce moment. On finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau
-qu'il est nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe
-dessous un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on
-la transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où
-l'on opère plus en grand & avec plus de facilité.
-
-Lorsqu'on a employé du fer très-doux & très-pur, & que la portion
-respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit
-exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après
-la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion;
-mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de
-matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de
-même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air
-parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion
-de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en
-rien le résultat de l'expérience, & elle se retrouve à la fin en même
-quantité qu'au commencement.
-
-J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature
-des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de
-décomposition & par voie de composition. La calcination du mercure nous
-a fourni l'exemple de l'une & de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à
-la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue
-pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais
-on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant
-de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra
-dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de
-l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint
-les lumières, qui est nuisible pour les animaux, & qui est en tout
-semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à
-73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment
-respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination,
-on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de
-l'atmosphère & qui en a toutes les propriétés.
-
-Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de
-l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer
-ici sans emprunter des notions, qui, dans l'ordre des connoissances,
-appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que
-j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; & dans ces
-sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur
-nombre.
-
-Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de
-l'atmosphère & qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que
-nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau
-qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant
-les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides
-élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre
-davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour
-en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides
-élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des
-phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont
-souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs.
-
-
-
-
-CHAPITRE IV.
-
-_Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de
-l'atmosphère._
-
-
-JUSQU'ICI j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner
-la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère,
-& j'ai adopté provisoirement ces expressions, _partie respirable,
-partie non respirable de l'air_. Les détails dans lesquels je vais
-entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir
-cherché à donner des idées simples des différentes substances qui
-entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime
-également par des mots simples.
-
-La température de la planette que nous habitons se trouvant
-très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide,
-& réciproquement, & ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux,
-il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les
-climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau
-devenue solide par l'absence du calorique.
-
-Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur
-par une plus grande addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait une
-étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré un peu
-supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en un fluide
-élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être reçu &
-contenu dans des vaisseaux, & qui conserve sa forme gazeuse tant qu'il
-éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à une pression
-égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce phénomène ayant
-échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau dans cet état
-par un nom particulier; & il en est de même de tous les fluides, & en
-général, de toutes les substances qui ne sont point susceptibles de se
-vaporiser au degré habituel de température & de pression dans lequel
-nous vivons.
-
-Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart
-des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que
-ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le
-calorique; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide
-ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des
-Physiciens.
-
-Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus
-& consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons donc
-attaché au mot d'_eau_ & de _glace_, leur signification vulgaire; nous
-avons de même exprimé par le mot d'_air_ la collection des fluides
-élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes
-pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes
-nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous
-étions en droit de les rejetter & de leur en substituer d'autres
-moins propres à induire en erreur; & lors même que nous nous sommes
-déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les
-modifier & d'y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonscrites.
-
-C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, &
-nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses
-que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout
-à n'admettre que des mots courts, & autant qu'il étoit possible, qui
-fussent susceptibles de former des adjectifs & des verbes.
-
-D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer,
-le nom de _gaz_ employé par Vanhelmont, & nous avons rangé sous cette
-dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes,
-en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. Le
-mot _gaz_ est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier
-degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique;
-c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit
-ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, & nous y sommes parvenus en
-empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc
-gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, & dans l'état de fluide
-élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera
-le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le
-gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz
-ammoniaque, & ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet
-article quand il sera question de nommer les différentes bases.
-
-On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux
-fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir
-la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent & les corps
-combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument
-opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir
-la combustion, &c. Nous avons donné à la base de la portion respirable
-de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς,
-_acide_, & γεινομαι, _j'engendre_, parce qu'en effet une des propriétés
-les plus générales de cette base est de former des acides, en se
-combinant avec la plupart des substances. Nous appellerons donc gaz
-oxygène la réunion de cette base avec le calorique: sa pesanteur dans
-cet état est assez exactement d'un demi-grain poids de marc, par pouce
-cube, ou d'une once & demie par pied cube, le tout à 10 degrés de
-température, & à 28 pouces du baromètre.
-
-Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de
-l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes
-contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz
-de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc
-nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζοη, _vie_, ainsi la
-partie non respirable de l'air sera le gaz azotique. Sa pesanteur est
-d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de 0,4444 grain le pouce
-cube.
-
-Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose
-d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce
-n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons
-d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été
-possible de le rencontrer: nous avions été tentés d'abord de le
-nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences
-de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre
-dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre
-côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes
-constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre
-également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été
-tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû
-rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, & nous n'avons
-pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'_azote_ & de gaz
-azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de
-priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz.
-
-J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens,
-si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces
-de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous,
-mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que
-nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance
-simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement
-de ce premier mot.
-
-
-
-
-CHAPITRE V.
-
-_De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore & le
-charbon, & de la formation des acides en général._
-
-
-UN des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire
-des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible &
-d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les
-effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire
-l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point
-une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait
-une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif
-dans les calcinations & les combustions: mais, comme il les rallentit,
-& comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans
-quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause
-d'incertitude.
-
-J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte,
-le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou
-gaz oxigène pur, & j'avertirai seulement des différences qu'elles
-présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de
-gaz azotique.
-
-J'ai pris une cloche de cristal A, _planche IV, figure 3_, de cinq à
-six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau,
-après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une
-capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la
-surface du mercure & j'y ai introduit 61 grains 1/4 de phosphore de
-Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, semblables
-à celle qu'on voit en D, _figure 3_, sous la cloche A; & pour pouvoir
-allumer chacune de ces deux portions séparément, & que l'inflammation
-ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des
-deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé,
-j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec
-un siphon de verre GHI, même _figure_, qu'on introduit par-dessous la
-cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure,
-on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec
-un fer recourbé rougi au feu, représenté _figure 16_, j'ai allumé
-successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle
-qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre.
-
-La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme
-brillante & un dégagement considérable de chaleur & de lumière. Il y a
-eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène,
-occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus
-de son niveau, & il y a eu une absorption considérable: en même temps
-tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers,
-qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret.
-
-La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites,
-au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est
-trouvée à la fin seulement de 23 pouces 1/4: la quantité de gaz oxygène
-absorbée avoit donc été de 138 pouces 3/4 ou de 69,375 grains.
-
-La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les
-capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, &
-séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains 1/4: ce qui réduit
-à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu
-près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux
-grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion.
-
-Ainsi dans cette opération, 45 grains de phosphore se sont combinés
-avec 69,375 grains d'oxygène; & comme rien de pesant ne passe à travers
-le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la substance
-quelconque qui a résulté de cette combinaison & qui s'étoit rassemblée
-en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de l'oxygène &
-de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains. On verra bientôt
-que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide concret. En
-réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut employer 154
-liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, & qu'il en résulte
-254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret.
-
-Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré
-de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec
-le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène,
-qu'il s'empare de sa base, & qu'alors le calorique, qui devient libre,
-s'échappe & se dissipe en se répartissant dans les corps environnans.
-
-Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas
-encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai
-employé & que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier
-le poids des flocons blancs ou de l'acide concret qui s'est formé; on
-ne peut le conclure que par voie de calcul & en le supposant égal à la
-somme du poids de l'oxygène & du phosphore: or quelqu'évidente que fût
-cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique & en Chimie, de
-supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai
-donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, & avec
-un appareil différent.
-
-J'ai pris un grand ballon de verre A, _planche IV, figure 4_, dont
-l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se
-recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit
-percée de deux trous pour le passage des tuyaux _yyy_, _xxx_.
-
-Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support
-BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains
-de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de
-cristal sur l'ouverture du matras, & j'ai lutté avec du lut gras,
-que j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & de
-blanc d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet
-appareil au bras d'une balance, & j'en ai déterminé le poids à un grain
-ou un grain & demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau _xxx_, à une
-petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un
-robinet adapté au tuyau _yyy_, j'ai introduit du gaz oxygène dans le
-ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de
-facilité & sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine
-hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier
-& moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, & dont
-on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage;
-qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis
-des additions & des corrections importantes, connoître d'une manière
-rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, &
-celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération.
-
-Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec
-un verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée
-d'une grande flamme & de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle
-s'opéroit, il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui
-s'attachoient sur les parois intérieures du vase, & qui bientôt l'ont
-obscurci entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que
-quoiqu'il rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû
-entretenir la combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant
-laissé refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par
-m'assurer de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, & par
-peser le ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché & pesé la
-petite quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, & qui
-étoit de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale
-de phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de
-ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1º. le
-poids du phosphore brûlé; 2º. celui des flocons blancs obtenus par la
-combustion; 3º. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le
-phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats
-que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en
-brûlant, absorboit un peu plus d'une fois & demie son poids d'oxygène,
-& j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle
-substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé &
-de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de
-prévoir _à priori_.
-
-Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur,
-le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui
-prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore qui puisse altérer la
-pureté de l'air, & qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base,
-c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni.
-
-J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque
-dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit
-sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la
-combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé.
-On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun
-à l'Académie, M. de la Place & moi, année 1780, page 355. Ayant soumis
-la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une
-livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace.
-
-La combustion du phosphore réussit également dans l'air de
-l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1º. que la
-combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par
-la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz
-oxygène: 2º. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement
-absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz
-oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de
-l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu.
-
-Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans
-le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière
-blanche floconneuse très-légère, & il acquiert des propriétés toutes
-nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient
-soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une
-étonnante rapidité, & il se résout en une liqueur beaucoup plus dense
-que l'eau, & d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans
-l'état de phosphore, & avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun
-goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre
-& piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle
-des substances incombustibles, & il devient ce qu'on appelle un acide.
-
-Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par
-l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une
-propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique,
-on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les
-opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen
-de simplifier l'étude des Sciences, & il seroit impossible d'en retenir
-tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons
-donc _oxygénation_ la conversion du phosphore en un acide, & en
-général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène.
-
-Nous adopterons également l'expression d'_oxygéner_, & je dirai en
-conséquence qu'en _oxygénant_ le phosphore, on le convertit en un acide.
-
-Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la
-propriété de décomposer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique.
-On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables
-à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois
-avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le
-soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient
-avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la
-combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même
-brûle avec beaucoup de difficulté, & qu'il est susceptible de se
-dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après
-mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que
-l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre;
-que son poids est égal à la somme du poids du soufre, & de l'oxygène
-qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible,
-susceptible de se combiner avec l'eau en toutes proportions: il ne
-reste d'incertitude que sur la quantité de soufre & d'oxygène qui
-constituent cet acide.
-
-Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une
-substance combustible simple, a également la propriété de décomposer
-le gaz oxygène & d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui
-résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression
-& de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état
-de gaz, & il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet
-acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais
-dans un degré plus foible, & il s'unit comme eux à toutes les bases
-susceptibles de former des sels neutres.
-
-On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous
-une cloche de verre A, _planche IV, figure 3_, remplie de gaz oxygène,
-& renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud &
-même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le
-charbon, un petit fragment d'amadoue & un petit atome de phosphore. On
-allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se
-communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon.
-
-On trouve le détail de cette expérience, Mémoires de l'Académie,
-année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en
-poids, pour en saturer 28 de charbon, & que l'acide aériforme qui
-est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du
-charbon & de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme
-a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont
-découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui
-de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié & gâté par la
-combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance
-aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides,
-par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe
-ne lui convient point.
-
-Ayant essayé, M. de la Place & moi, de brûler du charbon dans
-l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous
-avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv.
-6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se
-combinent avec le charbon dans cette opération, & il se forme 3 liv. 9
-onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le pouce
-cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de gaz
-acide qui se forme par la combustion d'une livre de charbon.
-
-Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, & faire
-voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides
-s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche
-que je me suis engagé à suivre & qui consiste à ne procéder que du
-connu à l'inconnu, & à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés
-dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche
-d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je
-viens de citer, suffisent pour donner une idée claire & précise de
-la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un
-principe commun à tous, & que c'est lui qui constitue leur acidité;
-qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la
-substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base
-acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, & le
-principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène.
-
-
-
-
-CHAPITRE VI.
-
-_De la nomenclature des Acides en général, & particulièrement de ceux
-tirés du salpêtre & du sel marin._
-
-
-RIEN n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre
-précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot
-acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans
-le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de
-son radical. Nous nommerons donc _acides_ en général, le résultat de la
-combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre & du charbon.
-Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le
-second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans
-toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du
-nom de la base la désignation spécifique de chaque acide.
-
-Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des
-corps combustibles, & en général, d'une partie des corps qui se
-transforment en acides, c'est qu'ils sont susceptibles de différens
-degrés de saturation; & les acides qui en résultent, quoique formés
-de la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort
-différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide
-phosphorique, & sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des
-exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce
-premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, &
-qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion
-d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, & qui
-donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier.
-Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver
-en défaut, & il paroissoit difficile de tirer du nom de la base
-acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution
-& sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion,
-& plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles
-ressources, & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les
-variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons.
-L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom
-d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, & nous avons
-donné celui de sulfurique à l'acide du soufre complettement saturé
-d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage,
-que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux
-degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est
-pénétrant & volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est
-inodore & fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour
-tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous
-aurons donc également un acide phosphoreux & un acide phosphorique, un
-acide acéteux & un acide acétique, & ainsi des autres.
-
-Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, &
-la nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant,
-si, lors de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical
-ou sa base acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été
-découvert que postérieurement à la découverte du phosphore, & le nom
-qui lui a été donné a été dérivé en conséquence de celui de la base
-acidifiable dont il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été
-découvert avant la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été
-découvert, on ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle
-il appartenoit, alors on a donné à l'acide & à la base des noms qui
-n'avoient aucun rapport entr'eux, & non-seulement on a surchargé la
-mémoire de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit
-des commençans & même des Chimistes consommés, des idées fausses que le
-tems seul & la réflexion peuvent effacer.
-
-Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer
-qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; & on l'a
-nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance
-dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que
-celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion.
-
-Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement
-le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de
-la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de
-dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne transmet des
-idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de
-modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti
-le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, & celui d'air
-fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible
-de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit
-inconnue. Nous nous sommes trouvés alors forcés de prendre une marche
-inverse; & au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la
-base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination
-de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire
-du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide,
-de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se
-fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une
-odeur très-pénétrante, & en faisant légèrement chauffer, on dégage
-tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré
-de température & de pression dans lequel nous vivons, il faut des
-précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode
-& le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite
-cornue G, _planche V, fig. 5_, dans laquelle on introduit du sel marin
-bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, & aussi-tôt
-on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de
-verre A, _même figure_, qu'on a préalablement remplies de mercure. A
-mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre & gagne le
-haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on
-chauffe légèrement & on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe plus
-rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, & cette dernière
-en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant
-une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un
-instant l'acide se combine avec elle & disparoît en entier. On profite
-de cette circonstance dans les laboratoires & dans les arts, pour
-obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à
-cet effet de l'appareil représenté _planche IV, figure première_. Il
-consiste 1º. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, & dans
-laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2º. dans
-le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se
-dégage; 3º. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''',
-qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz
-acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus
-amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage.
-
-Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide
-qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit
-formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec
-l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue _base muriatique,
-radical muriatique_, en empruntant ce nom, à l'exemple de M.
-Bergman & de M. de Morveau, du mot latin _muria_, donné anciennement
-au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement
-la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette
-dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous
-forme gazeuse au degré de chaleur & de pression que nous éprouvons,
-qui se combine avec l'eau en très-grande quantité & avec beaucoup de
-facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à
-l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer.
-
-Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque
-substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination & lui
-donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été
-découverte.
-
-L'acide muriatique présente au surplus une circonstance
-très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre & comme plusieurs
-autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès
-d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit
-dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le
-soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité
-avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl sous le nom
-d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide
-sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides
-plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans
-l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur & qui
-s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide
-muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus
-pénétrante, moins miscible à l'eau, & diminue ses qualités acides. Nous
-avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation,
-comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les
-terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène
-acide _muriateux_, & le plus saturé acide _muriatique_; mais nous avons
-cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, & dont on ne
-connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous
-nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné.
-
-Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme
-nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux
-connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous
-le nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par
-des procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide
-muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on
-le chasse de la base à laquelle il est uni, & l'on se sert de même
-à cet effet de l'appareil représenté _planche IV, fig. 1_. A mesure
-que l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre
-est absorbée par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord
-verte, puis bleue, & enfin jaune, suivant le degré de concentration de
-l'acide. Il se dégage pendant cette opération une grande quantité de
-gaz oxygène mêlé d'un peu de gaz azotique.
-
-L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les
-autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, & c'est même le premier
-dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux
-principes qui le constituent tiennent peu ensemble, & on les sépare
-aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait
-plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue
-l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est
-parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans
-sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est donc
-véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un véritable
-acide azotique. On voit donc que pour être d'accord avec nous-mêmes
-& avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou l'autre de
-ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés cependant
-par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de changer le
-nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les arts, dans
-la société & dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un autre côté,
-devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce que cette
-substance est également la base de l'alkali volatil ou ammoniaque,
-comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc de désigner
-sous le nom d'azote la base de la partie non respirable de l'air
-atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique & le radical
-ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux & de
-nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un
-grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes
-dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement
-nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions
-reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous
-embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera
-insensiblement le souvenir: & c'est ainsi que nous nous sommes trouvés
-exposés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis opposés.
-
-L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand
-nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé,
-c'est-à-dire, de la proportion d'azote & d'oxygène qui entre dans
-sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue
-un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de
-gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène &
-d'une d'azote, & dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut
-beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste
-au contraire une grande affinité pour ce principe, & il l'attire avec
-une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt
-qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air
-de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour
-déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, & pour juger
-de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz
-nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, &
-qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la
-proportion de l'oxygène & de l'azote est au-dessous de trois parties
-contre une, l'acide est rouge & fumant: dans cet état nous le nommons
-acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en dégager
-du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote donnent
-un acide blanc & sans couleur, plus fixe au feu que le précédent, qui
-a moins d'odeur, & dont les deux principes constitutifs sont plus
-solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les principes
-exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique.
-
-Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène;
-l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui
-est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote
-qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des
-acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide.
-
-
-
-
-CHAPITRE VII.
-
-_De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, & de la formation
-des Oxides métalliques._
-
-
-LORSQUE les substances métalliques sont échauffées à un certain degré
-de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le
-calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en
-excepte l'or, l'argent & le platine, ont la propriété de décomposer le
-gaz oxygène, de s'emparer de sa base & d'en dégager le calorique. On a
-déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par
-le mercure & par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être
-regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire
-étoit très-rapide & accompagnée d'une flamme brillante. S'il est
-nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations,
-c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, &
-diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose,
-l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres.
-
-Les substances métalliques pendant leur calcination augmentent de
-poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems
-elles perdent leur éclat métallique & se réduisent en une poudre
-terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés
-comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action
-sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur
-lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit
-donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à
-celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en
-raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur
-l'autre, & cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi
-les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air & dans le gaz
-oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre,
-le phosphore & le charbon: il se forme des substances intermédiaires
-qui commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas
-encore acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le
-nom de chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore
-à toute substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu
-sans se fondre. Ils ont fait en conséquence du mot _chaux_ un nom
-générique, & ils ont confondu sous ce nom, & la pierre calcaire, qui
-d'un sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au
-feu en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, & les métaux
-qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la
-quantité excède quelquefois moitié de leur poids, & qui les rapproche
-de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer
-sous un même nom des substances si différentes, & sur-tout de conserver
-aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses.
-Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, &
-nous y avons substitué celui d'_oxides_, du grec οξυς.
-
-On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est
-fécond & expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les
-oxides; un second degré constitue les acides terminés en _eux_,
-comme l'acide nitr_eux_, l'acide sulfur_eux_; un troisième degré
-constitue les acides en _ique_, tels que l'acide nitr_ique_, l'acide
-sulfur_ique_; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré
-d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'_oxygéné_, comme
-nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné.
-
-Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'_oxides_
-la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune
-difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré
-d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer
-acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc _oxide
-de soufre_, le soufre devenu mou par un commencement de combustion;
-nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le
-phosphore quand il a brûlé.
-
-Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré
-d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal
-& le règne animal auront leurs oxides, & je ferai voir dans la
-suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les
-opérations de l'art & de la nature.
-
-Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer,
-presque tous des couleurs qui leur sont propres, & ces couleurs varient
-non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré
-d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés
-d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal
-oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide
-rouge de fer, oxide jaune de fer; & ces expressions répondront à celles
-d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre.
-
-Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide
-rouge de plomb; & ces expressions désigneront la cendre de plomb, le
-massicot & le minium.
-
-Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand
-on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par
-la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins
-elles seront toujours justes & feront naître l'idée précise de l'objet
-qui y correspond.
-
-Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible.
-
-
-
-
-CHAPITRE VIII.
-
-_Du principe radical de l'Eau, & de sa décomposition par le charbon &
-par le fer._
-
-
-JUSQU'A ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance
-simple, & les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier
-du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour
-eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins
-puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement
-sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va
-voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point
-ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, & qui même
-est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de
-l'Académie des Sciences, année 1781.
-
-Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la
-décomposition & de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on
-voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives.
-
-
-EXPÉRIENCE PREMIÈRE.
-
-_Préparation._
-
-On prend un tube de verre EF, _planche VII, fig. 11_, de 8 à 12 lignes
-de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant
-une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce
-tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau
-distillée bien connue, & à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS'
-qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à
-l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé
-KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil
-propre à en déterminer la qualité & la quantité.
-
-Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que
-le tube EF soit de verre vert bien cuit & d'une fusion difficile; on
-l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec
-des poteries de grès réduites en poudre; & dans la crainte qu'il ne
-fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec
-une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine
-sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en
-procurer qui ne soient pas poreux, & presque toujours on y découvre
-quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs.
-
-Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau
-EFCD, & on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF,
-sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau
-VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A.
-
-_Effet._
-
-A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle
-remplit l'intérieur du tube EF, & elle en chasse l'air commun qui
-s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le
-refroidissement dans le serpentin SS', & il tombe de l'eau goutte à
-goutte dans le flacon tubulé H.
-
-En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A
-soit évaporée, & en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve
-dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui
-étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz;
-en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation
-ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau
-n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube
-intermédiaire EF.
-
-
-EXPÉRIENCE SECONDE.
-
-_Preparation._
-
-On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette
-différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit
-grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, & qui
-préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans
-des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente,
-bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale.
-
-_Effet._
-
-L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans
-la précédente; elle se condense dans le serpentin, & coule goutte à
-goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité
-considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, & qu'on recueille
-dans un appareil convenable.
-
-L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques
-atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement
-disparu.
-
-Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser
-ensemble 113 grains 7/10[4]; ils sont de deux espèces, savoir 144
-pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, & 380
-pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains 7/10, &
-qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact
-de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le
-flacon, on la trouve diminuée de 85 grains 7/10.
-
- [4] On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le détail des
- procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces de gaz &
- pour les peser.
-
-Ainsi dans cette expérience, 85 grains 7/10 d'eau, plus 28 grains de
-charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains 7/10
-d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer.
-
-Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide
-carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon;
-donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé
-à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains 7/10 d'eau sont composés
-de 72 grains d'oxygène & de 13 grains 7/10 d'un gaz susceptible de
-s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait
-été dégagé du charbon, & qu'il est conséquemment un produit de l'eau.
-
-J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui
-n'auroient servi qu'à la compliquer & à jetter de l'obscurité dans
-les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un
-peu de charbon, & cette circonstance en augmente le poids & diminue
-au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte
-dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir
-les rétablir par calcul, & présenter l'expérience dans toute sa
-simplicité, & comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus,
-s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je
-tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres
-expériences que je vais rapporter à l'appui.
-
-
-TROISIÈME EXPÉRIENCE.
-
-_Préparation._
-
-On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec
-cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met
-dans le tube EF, _planche VII, fig. 11_, 274 grains de petites lames
-de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme
-dans les expériences précédentes; on allume du feu sous la cornue A,
-& on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce
-qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans
-le tube EF, & qu'elle se soit condensée dans le flacon H.
-
-_Effet._
-
-Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience,
-mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de
-l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, & son
-volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité
-d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on
-trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de
-fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que
-lorsqu'on les y a introduits; & leur volume se trouve considérablement
-augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout
-sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état
-d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz
-oxygène.
-
-_Réflexions._
-
-Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du
-fer par l'eau; oxidation toute semblable à celle qui s'opère dans
-l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85
-d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide
-noir, & il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier:
-donc l'eau est composée d'oxygène & de la base d'un gaz inflammable,
-dans la proportion de 85 parties contre 15.
-
-Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, &
-qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un
-autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, & auquel
-nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a
-paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe
-générateur de l'eau, de υδορ _eau_, & de γεινομαι _j'engendre_. Nous
-appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce principe avec le
-calorique, & le mot d'hydrogène seul exprimera la base de ce même gaz,
-le radical de l'eau[A].
-
- [A] Ajout dans l'errata du tome 2:
-
- On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression _hydrogène_,
- parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, & non pas
- qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est également
- juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans ce
- Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance
- à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en
- se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau
- engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau.
-
-Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui
-a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique & pour
-décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même
-une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé
-dans une combinaison, il est toujours dans l'état aériforme ou de
-gaz au degré habituel de pression & de température dans lequel nous
-vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que
-l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est
-susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir
-à la respiration des animaux.
-
-La propriété de brûler & de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour
-tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air
-& d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler
-qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit
-une bouteille de ce gaz & qu'on l'allume, il brûle paisiblement au
-gouleau de la bouteille & ensuite dans son intérieur, à mesure que
-l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive & lente,
-elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz
-s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs
-avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une
-bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, & ensuite deux de
-gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel qu'une
-bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux gaz se
-fait d'une manière instantanée & avec une forte explosion. On ne doit
-faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert très-forte
-qui n'excède pas une pinte de capacité & qu'on enveloppe même d'un
-linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par la rupture
-de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à de grandes
-distances.
-
-Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est
-exact & vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai
-cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène
-combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux
-principes, on doit refaire de l'eau, & c'est ce qui arrive en effet,
-comme on va en juger par l'expérience suivante.
-
-
-QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
-
-_Recomposition de l'eau._
-
-_Préparation._
-
-On prend un ballon A de cristal, _planche IV, fig. 5_, à large
-ouverture, & dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique
-une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent
-quatre tuyaux. Le premier H_h_ est destiné à s'adapter par son
-extrêmité _h_ à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on
-peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau _gg_ communique
-par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, & est destiné
-à l'amener dans le ballon. Un troisième _d_D_d'_ communique par son
-extrêmité _d_NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité _d'_ de
-ce tuyau se termine par une ouverture très-petite & à travers laquelle
-une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite
-ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; &
-pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une
-pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée
-d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué,
-à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel
-est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle
-électrique de L en _d'_ pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz
-hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de
-pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité _d'_ de l'ajutoir D_d'_. Les
-trois tuyaux _d_D_d'_, _gg_, H_h_ sont chacun garnis de leur robinet.
-
-Pour que le gaz hydrogène & le gaz oxygène arrivent bien secs par les
-tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, & qu'ils soient
-dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait passer à
-travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on remplit
-d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité de
-l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le
-muriate ou le nitrate de chaux. _Voyez_ quelle est la composition de
-ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être
-en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, & que
-le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les
-morceaux.
-
-On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz
-oxygène bien pur; & pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide
-carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse
-dissoute dans de l'eau, & qu'on a dépouillée de son acide carbonique
-par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens
-d'obtenir cet alkali.
-
-On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le
-plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la
-décomposition de l'eau par du fer bien ductile & bien pur.
-
-Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on adapte la pompe
-pneumatique au tuyau H_h_, & on fait le vuide dans le grand ballon A:
-on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence
-le gaz oxygène par le tuyau _gg_, puis on oblige par un certain degré
-de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau
-_d_D_d'_, dont l'extrémité _d'_ se termine en pointe. Enfin on allume
-ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi
-de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la
-combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai
-employés pour cette expérience, & j'ai expliqué comment on parvient à
-mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude.
-_Voyez_ la troisième partie de cet Ouvrage.
-
-_Effet._
-
-A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les
-parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau
-augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent & se
-rassemblent dans le fond du vase.
-
-En pesant le matras avant & après l'opération, il est facile de
-connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans
-cette expérience une double vérification; d'une part le poids des
-gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, & ces deux quantités
-doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous
-avons reconnu, M. Meusnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids
-d'oxygène, & 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer
-100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a
-été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y
-avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, & nous avons lieu
-de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus.
-
-Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition,
-on peut regarder comme constant & aussi bien prouvé qu'on puisse le
-faire en Chimie & en Physique, que l'eau n'est point une substance
-simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène &
-l'hydrogène, & que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont
-tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que
-sous forme de gaz, au degré de température & de pression dans lequel
-nous vivons.
-
-Ce phénomène de la décomposition & de la recomposition de l'eau s'opère
-continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère & par
-l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition que sont
-dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un certain point,
-les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la putréfaction, &
-même de la végétation. Il est bien extraordinaire qu'elle ait échappé
-jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens & des Chimistes, & on doit
-en conclure que dans les sciences comme dans la morale il est difficile
-de vaincre les préjugés dont on a été originairement imbu, & de suivre
-une autre route que celle dans laquelle on est accoutumé de marcher.
-
-Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante
-que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru
-cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre
-de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin ou
-alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se dégage
-pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces[5]. Or une matière
-quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà de la
-totalité de son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une autre substance
-à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait voir que cette
-autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène. L'esprit-de-vin
-contient donc un des principes de l'eau, l'_hydrogène_; & c'est l'air
-de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'_oxygène_: nouvelle preuve que
-l'eau est une substance composée.
-
- [5] Voyez la description de cet appareil dans la troisième partie de
- cet Ouvrage.
-
-
-
-
-CHAPITRE IX.
-
-_De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de
-combustion._
-
-
-NOUS avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère
-de glace creuse, & en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro
-du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la
-sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des
-quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi,
-la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre
-d'expériences. _Voyez_ Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780,
-page 355. _Voyez_ aussi la 3e partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de
-déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de
-trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore,
-le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent.
-
-Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace.
-
-Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces.
-
-Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3
-gros & demi.
-
-La substance qui se forme par le résultat de la combustion du
-phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu
-de calorique dans cet acide, & que par conséquent cette combustion
-fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de
-calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer
-que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de
-calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la
-combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, &
-par conséquent de peu d'importance.
-
-J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit
-1 livre 8 onces d'oxygène; & puisqu'il y a en même tems 100 livres de
-glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans
-une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10
-onces 5 gros 24 grains de glace.
-
-Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de
-glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains
-de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion
-du phosphore, 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène, devroient
-abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces 5 gros
-de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité de
-calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14 onc.
-5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme le
-phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au
-contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité
-de calorique pour le porter à cet état, & c'est cette quantité qui se
-trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le
-nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion
-d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique
-nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à
-l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace.
-
-On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène &
-sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en
-brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, & fait fondre 295
-livres 9 onces 3 gros & demi de glace.
-
- liv. onc. gros.
-
- Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de
- gaz oxygène, en passant de l'état
- aériforme à l'état solide, perdroient,
- d'après les résultats obtenus dans la
- combustion du phosphore, assez de
- calorique pour faire fondre une quantité
- de glace égale à 377 12 3
-
- Il ne s'en dégage dans la combustion
- du gaz hydrogène, que 295 2 3
- ------------------
- Il en reste donc dans l'eau qui se forme,
- lors même qu'elle est ramenée à zéro
- du thermomètre, 82 9 7 1/2
-
-Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la
-combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans
-chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique
-égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de
-glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il
-est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous
-n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans
-l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, & que l'oxygène
-en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette
-combinaison.
-
-De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent.
-
-
-_Combustion du Phosphore._
-
- liv. onc. gros gr.
-
- Quantité de phosphore brûlé, 1 » » »
-
- Quantité de gaz oxygène nécessaire pour
- la combustion, 1 8 » »
- ---------------------
-
- Quantité d'acide phosphorique obtenu, 2 8 » »
- ---------------------
-
- Quantité de calorique dégagé par la combustion
- d'une livre de phosphore, exprimé par la quantité
- de livres de glace qu'il peut fondre, 100,00000
-
- Quantité de calorique dégagé de chaque livre de
- gaz oxygène dans la combustion du phosphore, 66,66667
-
- Quantité de calorique qui se dégage dans la
- formation d'une livre d'acide phosphorique, 40,00000
-
- Quantité de calorique resté dans chaque livre
- d'acide phosphorique, 0,00000
-
-On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion
-de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité
-(comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite,
-& on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer.
-
-
-_Combustion du Charbon._
-
- liv. onc. gros gr.
-
- Quantité de charbon brûlé, 1 » » »
-
- Quantité de gaz oxygène
- absorbé pendant la combustion, 2 9 1 10
- ----------------------
-
- Quantité d'acide carbonique formé, 3 9 1 10
- ----------------------
-
- Quantité de calorique dégagé par la combustion
- d'une livre de charbon, exprimé par la
- quantité de livres de glace qu'il peut fondre, 96,50000
-
- Quantité de calorique dégagé de chaque livre de
- gaz oxygène, 37,52823
-
- Quantité de calorique qui se dégage dans la
- formation d'une livre de gaz acide carbonique, 27,02024
-
- Quantité de calorique que conserve une livre d'oxygène
- dans cette combustion, 29,13844
-
- Quantité de calorique nécessaire pour porter une livre
- d'acide carbonique à l'état de gaz, 20,97960
-
-
-_Combustion du Gaz hydrogène._
-
- liv. onc. gros gr.
-
- Quantité de gaz hydrogène brûlé, 1 » » »
-
- Quantité de gaz oxygène employé
- pour la combustion, 5 10 5 24
- ----------------------
- Quantité d'eau formée, 6 10 5 24
- ----------------------
-
- Quantité de calorique dégagé par la combustion
- d'une livre de gaz hydrogène, 295,58950
-
- Quantité de calorique dégagé par chaque livre de
- gaz oxygène, 52,16280
-
- Quantité de calorique qui se dégage pendant la
- formation d'une livre d'eau, 44,33840
-
- Quantité de calorique que conserve une livre
- d'oxygène dans sa combustion avec l'hydrogène, 14,50386
-
- Quantité de calorique que conserve une livre d'eau
- à zéro, 12,32823
-
-
-_De la Formation de l'Acide nitrique._
-
-Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former
-de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite;
-mais elle est beaucoup moindre que celle qui a lieu dans les autres
-combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence
-nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique,
-retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans
-l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la
-quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, &
-on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la
-combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en
-opérant la combinaison du gaz nitreux & du gaz oxygène dans un appareil
-environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans
-cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité,
-qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans
-& compliqués; & c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place
-& moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des
-calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité.
-
-Nous avons fait détonner, M. de la Place & moi, dans un appareil à
-glace une proportion convenable de salpêtre & de charbon, & nous avons
-observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12
-livres de glace.
-
-Mais une livre de salpêtre, comme on le verra dans la suite, contient:
-
- onc. gros grains.
- Potasse 7 6 51,84 = 4515,84.
- Acide sec 8 1 20,16 = 4700,16.
-
-Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de
-
- onc. gros grains.
- Oxygène 6 3 66,34 = 3738,34.
- Mofète 1 5 25,82 = 961,82.
-
- On a donc réellement brûlé dans cette opération
- 2 gros 1 grain 1/3 de charbon, à l'aide de
- 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros 66,34 grains
- d'oxygène; & puisque la quantité de glace fondue
- dans cette combustion a été de 12 livres, il en
- résulte qu'une livre de gaz oxygène brûlé de la
- même manière, fondroit 29,58320
-
- A quoi ajoutant pour la quantité de calorique
- que conserve une livre d'oxygène dans sa combinaison
- avec le charbon, pour constituer l'acide carbonique
- dans l'état de gaz, & qui est, comme on l'a vu
- plus haut, de 29,13844
- --------
-
- On a pour la quantité totale de calorique que
- contient une livre d'oxygène, lorsqu'il est combiné
- dans l'acide nitrique, 58,72164
-
- On a vu par le résultat de la combustion du
- phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il
- en contenoit au moins 66,66667
- --------
- Donc, en se combinant avec l'azote pour former de
- l'acide nitrique, il n'en perd que 7,94502
- --------
-
-Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le
-calcul, s'accorde avec des opérations plus directes.
-
-Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans
-l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du
-nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide
-nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique.
-
-
-_Combustion de la Bougie._
-
-Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner
-des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire.
-
-Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil
-à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2
-onces 5 gros 1/3 de glace.
-
-Or une livre de bougie, suivant les expériences que j'ai rapportées,
-Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient:
-
- onc. gros grains.
- Charbon 13 1 23
- Hydrogène 2 6 49
-
- liv. de glace.
-
- Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon,
- d'après les expériences ci-dessus rapportées,
- devoient fondre 79,39390
-
- Les 2 onces 6 gros 49 grains d'hydrogène,
- devoient fondre 52,37605
- ---------
- Total, 131,76995
-
-On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage
-de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on
-obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon & d'hydrogène
-égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la
-combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de
-présumer qu'elles sont exactes.
-
-
-_Combustion de l'Huile d'olives._
-
-Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit
-une quantité d'huile d'olives bien connue; & l'expérience finie, nous
-avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée,
-& celui de la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une
-livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1
-gros de glace.
-
-Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai
-rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, & dont on trouvera un
-extrait dans le chapitre suivant, contient:
-
- onc. gros grains.
- Charbon 12 5 5
- Hydrogène 3 2 67
-
- liv. de glace.
-
- La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains
- de charbon, ne devoit fondre que 76,18723
-
- Et celle de 3 onces 2 gros 67 grains d'hydrogène, 62,15053
- ---------
- Total, 138,33776
-
- Il s'en est fondu 148,88330
-
- Le dégagement de calorique a donc été plus
- considérable qu'il ne devoit l'être d'une quantité
- équivalente à 10,54554
- ---------
-
-Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir
-ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce
-que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement
-connue. Mais il en résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup d'ensemble
-& d'accord dans la marche des expériences relatives à la combinaison &
-au dégagement du calorique.
-
-Ce qui reste à faire dans ce moment & dont nous sommes occupés, est de
-déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison
-avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en
-contient dans les différens états dans lesquels il peut exister;
-enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique
-qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette
-détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de
-lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus,
-& nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons
-vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même
-assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer;
-mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider
-ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est
-difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne
-pas commencer par des à-peu-près; & il est rare qu'il soit possible de
-la porter dès le premier jet à son état de perfection.
-
-
-
-
-CHAPITRE X.
-
-_De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les
-autres._
-
-
-LES substances combustibles étant en général celles qui ont une
-grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir
-de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les
-unes avec les autres: _quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter
-se_; & c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par
-exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres,
-& il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les
-usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette
-expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les
-uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons,
-sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les
-substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que
-les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup
-par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette
-différence des degrés de fusibilité des métaux que sont dus une partie
-des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels, par
-exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être cassans
-à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de fer pur,
-métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre métal, quel
-qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus douce. Tant
-qu'un alliage de cette espèce est froid, & que les deux métaux sont
-dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le chauffe à un
-degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui est le plus
-fusible, les parties liquides interposées entre les solides doivent
-rompre la solution de continuité, & le fer doit devenir cassant.
-
-A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les
-désigner sous le nom d'amalgame, & nous n'avons vu aucun inconvénient à
-leur conserver cette dénomination.
-
-Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se
-combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général
-désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées,
-ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne
-s'oppose à ce qu'elles soient changées.
-
-Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures,
-aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de
-carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment
-des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons
-sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des
-phosphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux
-combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure
-de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe
-végétal, & sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre
-avec l'alkali volatil ou ammoniaque.
-
-L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi
-susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances
-combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le
-phosphore & plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous
-le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz
-hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré est
-celui que les chimistes ont désigné sous le nom de _gaz hépatique_, &
-que M. Schéele a nommé _gaz puant du soufre_; c'est à lui que quelques
-eaux minérales doivent leurs vertus; c'est aussi à son émanation que
-les déjections animales doivent principalement leur odeur infecte.
-A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par la
-propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact
-de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M.
-Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, & il est probable qu'il
-s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair
-des poissons par la putréfaction.
-
-Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble sans que
-l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en
-résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile,
-& cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de
-l'hydrogène & du carbone.
-
-Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères
-qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression
-d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières
-contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe
-au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire
-étant formées d'une plus juste proportion de carbone & d'hydrogène,
-ne sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de chaleur
-supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent
-demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz,
-& c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation.
-
-J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène
-& de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin
-& des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie,
-année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant
-dans le gaz oxygène se convertissent en eau & en acide carbonique,
-& qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées
-de 21 parties d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les
-substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en
-outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis
-au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand
-développement à toute cette théorie.
-
-C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène
-est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore & même
-avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute _à
-priori_ que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps
-combustibles sont en général susceptibles de se combiner les uns avec
-les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception.
-Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la
-possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer & le zinc sont
-de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de
-soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux
-ont la propriété de décomposer l'eau; & comme dans les expériences
-chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges
-d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions
-de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces
-métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la
-décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain,
-c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience,
-plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes
-précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque
-insensibles.
-
-Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre,
-le phosphore & les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de
-l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en
-très-petite quantité; & que cette combinaison loin d'être essentielle
-à leur constitution, ne peut être regardée que comme une addition
-étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont
-embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence
-de cet hydrogène, & jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures
-appuyées sur des suppositions.
-
-
-
-
-CHAPITRE XI.
-
-_Considérations sur les Oxides & les Acides à plusieurs bases, & sur
-la composition des matières végétales & animales._
-
-
-NOUS avons examiné dans le chapitre cinquième & dans le chapitre
-huitième quel étoit le résultat de la combustion & de l'oxygénation
-des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre,
-le carbone & l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre
-dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles
-de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps
-combustibles composés, & nous avons observé que les huiles en
-général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient
-à cette classe, & qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène & de
-carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des
-corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides &
-des oxides à base double & triple, que la nature nous en fournit à
-chaque pas des exemples, & que c'est principalement par ce genre de
-combinaisons qu'elle est parvenue à former avec un aussi petit nombre
-d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de résultats.
-
-On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide
-muriatique & de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui
-avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont
-il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a
-de dissoudre l'or, _le Roi des métaux_ dans le langage alchimique, &
-c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante _d'eau
-régale_. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet,
-a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de
-ses deux bases acidifiables, & nous avons cru par cette raison devoir
-lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous
-a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux
-substances qui entrent dans sa composition.
-
-Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique
-se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment
-rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que
-d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour
-base l'hydrogène & le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone
-& le phosphore, le tout combiné avec une proportion plus ou moins
-considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui
-sont formés des mêmes bases doubles & triples, mais moins oxygénées.
-
-Les acides & oxides du règne animal sont encore plus composés; il
-entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables,
-l'hydrogène, le carbone, le phosphore & l'azote.
-
-Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y
-a pas long-tems que je me suis formé des idées claires & méthodiques:
-je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour
-l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais
-il est nécessaire que je les répète & que je les multiplie davantage,
-afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me
-contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides
-& acides végétaux & animaux, & de terminer cet article par quelques
-réflexions sur la constitution végétale & animale.
-
-Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces
-de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de _muqueux_,
-& l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène & le
-carbone combinés ensemble, de manière à ne former qu'une seule base,
-& portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne diffèrent
-que par la proportion des principes qui composent la base. On peut
-de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur combinant
-une nouvelle quantité d'oxygène, & on forme ainsi, suivant le degré
-d'oxygénation & la proportion de l'hydrogène & du carbone, les
-différens acides végétaux.
-
-Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides &
-des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis
-pour les oxides & les acides minéraux, que de leur donner des noms
-relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base.
-Les oxides & les acides végétaux seroient alors des oxides & des
-acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode
-l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe
-qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits
-végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, &
-résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine.
-
-En partant des mêmes principes, & en variant les terminaisons pour
-donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner les
-acides & les oxides végétaux, les dénominations suivantes:
-
- Oxide hydro-carboneux.
- Oxide hydro-carbonique.
-
- Oxide carbone-hydreux.
- Oxyde carbone-hydrique.
-
- Acide hydro-carboneux.
- Acide hydro-carbonique.
- Acide hydro-carbonique oxygéné.
-
- Acide carbone-hydreux.
- Acide carbone-hydrique.
- Acide carbone-hydrique oxygéné.
-
-Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour
-indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, & qu'à
-mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront
-naturellement & pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous
-venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en
-état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances:
-nous savons quels sont les principes qui les composent, & il ne me
-reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore
-inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à
-conserver provisoirement les noms anciens; & maintenant encore que
-je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois à
-l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois de
-tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas
-encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie
-reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt
-éclaircie.
-
-Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti
-à l'égard des oxides & des acides à trois & quatre bases, dont le règne
-animal présente un grand nombre d'exemples, & qui se rencontrent même
-quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la
-composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène
-& au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce
-qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides
-animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène & le carbone.
-Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre
-bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer
-des idées claires & déterminées: mais cette cumulation de substantifs &
-d'adjectifs grecs & latins, dont les Chimistes même n'ont point encore
-admis généralement l'usage, sembleroit présenter un langage barbare,
-également difficile à retenir & à prononcer. La perfection d'ailleurs
-de la science doit précéder celle du langage, & il s'en faut bien que
-cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel elle
-doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver, au moins
-pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides animaux. Nous
-nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères modifications;
-par exemple, de terminer en _eux_ la dénomination de ceux dans lesquels
-nous soupçonnons que le principe acidifiable est en excès, & de
-terminer au contraire en _ique_ le nom de ceux dans lesquels nous avons
-lieu de croire que l'oxygène est prédominant.
-
-Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de
-treize; savoir:
-
- L'acide acét_eux_.
- L'acide acét_ique_.
- L'acide oxal_ique_.
- L'acide tartar_eux_.
- L'acide pyro-tartar_eux_.
- L'acide citr_ique_.
- L'acide mal_ique_.
- L'acide pyro-muqu_eux_.
- L'acide pyro-lign_eux_.
- L'acide gall_ique_.
- L'acide benzo_ïque_.
- L'acide camphor_ique_.
- L'acide succin_ique_.
-
-Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement
-& presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone & d'oxygène,
-ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide
-carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les
-former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène,
-le carbone & l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre
-qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons:
-pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante,
-l'équilibre est rompu; l'oxygène & l'hydrogène se réunissent pour
-former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour
-produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la
-combinaison du carbone & de l'oxygène; enfin il se trouve presque
-toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce
-que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre
-suivant.
-
-Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne
-végétal, & leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge
-du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables
-oxides; & c'est sous ce point de vue qu'il est important de les
-étudier.
-
-Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne
-actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides
-rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une
-manière peu sensible. Ces acides sont:
-
- L'acide lactique.
- L'acide saccho-lactique.
- L'acide bombique.
- L'acide formique.
- L'acide sébacique.
- L'acide prussique.
-
-Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce
-qu'il appartient également aux trois règnes.
-
-La connexion des principes qui constituent les acides & les oxides
-animaux, n'est pas plus solide que celle des acides & des oxides
-végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour
-la troubler, & c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les
-observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant.
-
-
-
-
-CHAPITRE XII.
-
-_De la décomposition des Matières végétales & animales par l'action
-du feu._
-
-
-POUR bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des
-substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la
-nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore
-les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes
-exercent les unes sur les autres, & en même-tems celle que le calorique
-exerce sur eux.
-
-Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à
-trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent;
-l'hydrogène, l'oxygène & le carbone. Je les appelle _constitutifs_,
-parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de
-végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont
-essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais
-non pas de tous les végétaux en général.
-
-De ces trois principes, deux, l'hydrogène & l'oxygène, ont une grande
-tendance à s'unir au calorique & à se convertir en gaz; tandis que le
-carbone au contraire est un principe fixe & qui a très-peu d'affinité
-avec le calorique.
-
-D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près
-égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la
-température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus
-d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en
-conséquence à ce degré l'hydrogène, & s'unit au carbone pour former de
-l'acide carbonique.
-
-Je me servirai quelquefois de cette expression _chaleur rouge_,
-quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais
-beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante.
-
-Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes
-ces forces, & de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au
-moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos
-yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de
-température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de
-calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu
-près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les
-végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique[B]; mais
-ils contiennent les élémens de toutes ces substances. L'hydrogène
-n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone, &
-réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment une
-combinaison triple, d'où résultent le repos & l'équilibre.
-
- [B] Ajout dans l'errata du tome 2:
-
- Nota. On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits à l'état
- de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, je n'entends pas
- parler des végétaux qui en fournissent, soit par expression à froid,
- soit par une chaleur qui n'excede pas celle de l'eau bouillante.
- Il n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on obtient
- par la distillation à feu nud, à un degré de feu supérieur à l'eau
- bouillante. C'est cette huile seule que j'annonce être un produit
- de l'opération. On peut voir ce que j'ai publié à cet égard dans le
- volume de l'Académie, année 1786.
-
-Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout
-cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette
-expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède
-pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène & l'oxygène se
-réunissent & forment de l'eau qui passe dans la distillation; une
-portion d'hydrogène & de carbone s'unissent ensemble pour former de
-l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, & comme
-le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu
-d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance
-végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se
-forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première
-impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone
-avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide
-carbonique, & l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz,
-en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne se forme
-point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée.
-
-On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce
-degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles & triples, & que tandis
-que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le
-calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène.
-
-Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse
-la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un
-simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui
-fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il
-ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre
-& il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à
-une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il
-noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même
-tems il passe de l'eau légèrement acide, & un peu d'huile; le charbon
-qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire.
-
-Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui
-contiennent de l'azote, comme les crucifères, & dans celles qui
-contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en
-petite quantité dans leur combinaison, elles n'apportent pas de
-grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de la
-distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le
-charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à
-l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil.
-
-Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes
-que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat;
-mais comme elles contiennent plus d'hydrogène & plus d'azote, elles
-fournissent plus d'huile & plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec
-quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes
-qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai
-qu'un fait; c'est la rectification & la décomposition totale des
-huiles volatiles animales, appelées vulgairement _huiles de Dippel_.
-Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à
-feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon
-presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le
-carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur
-simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale bien
-rectifiée & par conséquent blanche, limpide & transparente, sous une
-cloche remplie de gaz oxygène, en peu de tems le volume du gaz diminue
-& il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec l'hydrogène
-de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même tems la
-portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient libre
-& se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison que ces
-huiles ne se conservent blanches & claires, qu'autant qu'on les enferme
-dans des flacons bien bouchés, & qu'elles noircissent dès qu'elles ont
-le contact de l'air.
-
-Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un
-autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les
-distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même tems
-il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air des
-vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène a lieu
-à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au bout d'un
-grand nombre de rectifications successives, sur-tout si on opère à un
-degré de feu un peu fort & dans des vaisseaux d'une capacité un peu
-grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée, & l'on parvient
-à la convertir entièrement en eau & en charbon. Cette décomposition
-totale de l'huile par des rectifications répétées, est beaucoup plus
-longue & beaucoup plus difficile, quand on opère avec des vaisseaux
-d'une petite capacité, & sur-tout à un degré de feu lent & peu
-supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à l'Académie,
-dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences sur cette
-décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît suffire pour
-donner des idées précises de la constitution des matières végétales &
-animales, & de leur décomposition par le feu.
-
-
-
-
-CHAPITRE XIII.
-
-_De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse._
-
-
-TOUT le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel & en
-général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus
-des raisins & des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur
-dans de grandes cuves, & on la tient dans un lieu dont la température
-soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y
-excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses
-viennent crêver à la surface, & quand la fermentation est à son plus
-haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de
-gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur
-est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz
-qui se dégage est de l'acide carbonique, & quand on le recueille avec
-soin, il est parfaitement pur & exempt du mêlange de toute autre espèce
-d'air ou de gaz.
-
-Le suc des raisins, de doux & de sucré qu'il étoit, se change dans
-cette opération en une liqueur vineuse qui, lorsque la fermentation
-est complette, ne contient plus de sucre, & dont on peut retirer par
-distillation une liqueur inflammable qui est connue dans le commerce &
-dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que cette liqueur
-étant un résultat de la fermentation d'une matière sucrée quelconque
-suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre les principes de notre
-nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin qu'esprit de cidre, ou
-esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été forcés d'adopter un nom
-plus général, & celui d'_alkool_ qui nous vient des arabes nous a paru
-propre à remplir notre objet.
-
-Cette opération est une des plus frappantes & des plus extraordinaires
-de toutes celles que la Chimie nous présente, & nous avons à examiner
-d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit
-inflammable qui se forme, & comment un corps doux, un oxide végétal
-peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une
-est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour
-arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien
-connoître l'analyse & la nature du corps susceptible de fermenter,
-& les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les
-opérations de l'art, ni dans celles de la nature, & l'on peut poser
-en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité
-de matière avant & après l'opération; que la qualité & la quantité
-des principes est la même, & qu'il n'y a que des changemens, des
-modifications.
-
-C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences
-en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité
-ou équation entre les principes du corps qu'on examine, & ceux qu'on
-en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz
-acide carbonique & de l'alkool, je puis dire que le _moût de raisin_
-= _acide carbonique_ + _alkool_. Il résulte de-là qu'on peut parvenir
-de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation
-vineuse; la première, en déterminant bien la nature & les principes du
-corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en
-résultent par la fermentation, & il est évident que les connoissances
-que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines
-sur la nature des autres, & réciproquement.
-
-Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître
-les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que pour
-y parvenir je n'ai pas été chercher les sucs de fruits très-composés,
-& dont une analyse rigoureuse seroit peut-être impossible. J'ai choisi
-de tous les corps susceptibles de fermenter le plus simple; le sucre
-dont l'analyse est facile, & dont j'ai déjà précédemment fait connoître
-la nature. On se rappelle que cette substance est un véritable oxide
-végétal, un oxide à deux bases; qu'il est composé d'hydrogène & de
-carbone porté à l'état d'oxide par une certaine proportion d'oxygène,
-& que ces trois principes sont dans un état d'équilibre qu'une force
-très-légère suffit pour rompre: une longue suite d'expériences faites
-par différentes voies & que j'ai répétées bien des fois, m'a appris que
-les proportions des principes qui entrent dans la composition du sucre
-sont à-peu-près les suivantes.
-
- Hydrogène, 8 parties.
- Oxygène, 64
- Carbone, 28
- ---
- Total, 100
- ---
-
-Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ
-quatre parties d'eau. Mais de l'eau & du sucre mêlés ensemble, dans
-quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls,
-& l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette
-combinaison, si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un peu
-de levure de bierre suffit pour produire cet effet & pour donner
-le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite
-d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la
-levure & de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix
-livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, & une quantité d'eau
-égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible
-se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats
-de mes expériences tels que je les ai obtenus, & en conservant même
-jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction.
-
-
-_Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre._
-
- liv. onc. gr. gr.
- Eau 400 » » »
- Sucre 100 » » »
- Levure de biere en pâte,} Eau 7 3 6 44
- composée de } Levure seche 2 12 1 28
- ---------------------------
- TOTAL 510 » » »
- ---------------------------
-
-
-_Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation._
-
- liv. onc. gr. grains.
-
- 407 livres 3 onces 6 gros {Hydrogène 61 1 2 71,40
- 44 grains d'eau composées de {Oxygène 346 2 3 44,60
-
- 100 livres de sucre {Hydrogène 8 » » »
- composées de {Oxygène 64 » » »
- {Carbone 28 » » »
-
- 2 livres 12 onces 1 gros {Carbone » 12 4 59,00
- 28 grains de levure {Azote » » 5 2,94
- seche composées de {Hydrogène » 4 5 9,30
- {Oxygène 1 10 2 28,76
- ------------------------
- TOTAL 510 » » »
- ------------------------
-
-
-_Récapitulation des principes constituans des matériaux de la
-fermentation._
-
- liv. on. gr. grains. liv. onc. gr. gr.
-
- Oxygène {de l'eau 340 » » » } 411 12 6 1,36
- { }
- {de l'eau de la 6 2 3 44,60 }
- {levure }
- { }
- {du sucre 64 » » » }
- { }
- {de la levure 1 10 2 28,76 }
-
- Hydrogène {de l'eau 60 » » » } 69 6 » 8,70
- { }
- {de l'eau de la 1 1 2 71,40 }
- {levure }
- { }
- {du sucre 8 » » » }
- { }
- {de la levure » 4 5 9,30 }
-
- Carbone {du sucre 28 » » » } 28 12 4 59,00
- { }
- {de la levure » 12 4 59,00 }
-
- Azote de la levure » » 5 2,94
- --------------------
- TOTAL 510 » » »
- --------------------
-
-Après avoir bien déterminé quelle est la nature & la quantité des
-principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste
-à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître,
-j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans
-un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer
-la qualité & la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais
-encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la
-fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire
-ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième
-partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets.
-
-Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la
-température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence
-à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se
-trouble & devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent
-crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, &
-il se fait un dégagement abondant & rapide de gaz acide carbonique
-très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui
-se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de chaleur,
-le mouvement & le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas
-entièrement; & ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que
-la fermentation est achevée.
-
-Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération
-est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains.
-
-Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau
-qu'il tient en dissolution, & qui est environ de 13 livres 14 onces 5
-gros.
-
-Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse
-légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même,
-& qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en
-totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains.
-
-Enfin en analysant séparément toutes ces substances, & en les
-résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail
-très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les
-mémoires de l'Académie.
-
-
-_TABLEAU des résultats obtenus par la fermentation._
-
- liv. on. gr. gr.
-
- 35 livres 5 onces 4 gros {d'oxygène 25 7 1 34
- 19 grains d'acide {
- carbonique composées {de carbone 9 14 2 57
-
- 408 livres 15 onces 5 gros {d'oxygène 347 10 » 59
- 14 grains d'eau composées {
- {d'hydrogène 61 5 4 27
-
- 57 livres 11 onces 1 gros {d'oxygène combiné 31 6 1 64
- 58 grains d'alkool {avec l'hydrogène
- sec, composées {
- {d'hydrogène combiné 5 8 5 3
- {avec l'oxygène
- {
- {d'hydrogène combiné 4 » 5 »
- {avec le carbone.
- {
- {de carbone 16 11 5 63
-
- 2 livres 8 onces d'acide {d'hydrogène 2 4 »
- acéteux sec composées {
- {d'oxygène 1 11 4 »
- {
- {de carbone 10 » »
- {
- 4 livres 1 once 4 gros {d'hydrogène 5 1 67
- 3 grains de résidu {
- sucré composées {d'oxygène 2 9 7 27
- {
- {de carbone 1 2 2 53
-
- 1 livre 6 onces {d'hydrogène 2 2 41
- 50 grains de levure {
- seche composées {d'oxygène 13 1 14
- {
- {de carbone 6 2 30
- {
- {d'azote 2 37
- ----------------------- ------------------
- 510 livres 510 » » »
- ----------------------- ------------------
-
-
-_RÉCAPITULATION des résultats obtenus par la fermentation._
-
- liv. on. gr. gr.
-
- 409 livres 10 onces {de l'eau 347 10 » 59
- 54 grains d'oxygène {
- {de l'acide carbonique 25 7 1 34
- {
- {de l'alkool 31 6 1 64
- {
- {de l'acide acéteux 1 11 4 »
- {
- {du résidu sucré 2 9 7 27
- {
- {de la levure 13 1 14
-
- 28 livres 12 onces {de l'acide carbonique 9 14 2 57
- 5 gros 59 grains de {
- carbone {de l'alkool 16 11 5 63
- {
- {de l'acide acéteux 10 » »
- {
- {du résidu sucré 1 2 2 53
- {
- {de la levure 6 2 30
-
- 71 livres 8 onces {de l'eau 61 5 4 27
- 6 gros 66 grains {
- d'hydrogène {de l'eau de l'alkool 5 8 5 3
- {
- {combiné avec le carbone 4 » 5 »
- {dans l'alkool
- {
- {de l'acide acéteux 2 4 »
- {
- {du résidu sucré 5 1 67
- {
- {de la levure 2 2 41
-
- 2 gros 37 grains d'azote 2 37
- ----------------------- ------------------
- 510 livres 510 » » »
- ----------------------- ------------------
-
-Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du
-calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter
-encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur
-quelques livres de sucre, & que pour établir des comparaisons j'ai été
-obligé de les réduire au quintal, j'ai cru devoir laisser subsister
-les fractions telles que le calcul me les a données.
-
-En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux
-ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la
-fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de
-sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains
-qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on
-n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de
-sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7
-livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, & sur 26 livres 13 onces
-5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra
-qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool,
-tout l'acide carbonique & tout l'acide acéteux qui a été produit par
-l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer
-que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende
-que l'oxygène & l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce
-que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général
-les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène
-& le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état
-d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit point troublé, soit par
-un changement de température, soit par une double affinité, & que ce
-n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient
-de l'eau & de l'acide carbonique.
-
-Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en
-deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens
-de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre
-en faveur de la première pour en former une substance combustible qui
-est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux
-substances, l'alkool & l'acide carbonique, on reformeroit du sucre.
-Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène & le carbone ne sont
-pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une
-portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes,
-l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, sont donc encore ici dans une
-espèce d'état d'équilibre; & en effet, en les faisant passer à travers
-un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à
-deux, & on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique &
-du carbone.
-
-J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la
-formation de l'eau, que cette substance regardée comme un élément, se
-décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment dans
-la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit de l'eau
-toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé aujourd'hui
-qu'il contient seulement les matériaux propres à la former. On conçoit
-qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées; aussi
-n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, & d'après une longue
-suite d'expériences & d'observations sur les végétaux, que je m'y suis
-déterminé.
-
-Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en
-observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre & en
-général des substances végétales susceptibles de fermenter. En
-effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je
-puis considérer les matières mises à fermenter & le résultat obtenu
-après la fermentation, comme une équation algébrique; & en supposant
-successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en
-puis tirer une valeur, & rectifier ainsi l'expérience par le calcul &
-le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour
-corriger les premiers résultats de mes expériences, & pour me guider
-dans les précautions à prendre pour les recommencer: mais ce n'est
-pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au
-surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie
-sur la Fermentation vineuse, & qui sera incessamment imprimé.
-
-
-
-
-CHAPITRE XIV.
-
-_De la Fermentation putride._
-
-
-JE viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il
-étoit étendu d'une certaine quantité d'eau & à l'aide d'une douce
-chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène,
-l'hydrogène & le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre & qui
-ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de
-l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre;
-comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de
-l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit
-avec de l'hydrogène & avec de l'eau pour former de l'alkool.
-
-Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu
-d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du
-corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état
-d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des
-combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est
-bien différent de celui que donne la fermentation vineuse. Dans
-cette dernière, une partie des principes de la substance végétale,
-l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau & de carbone
-pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire,
-la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène:
-en même tems l'oxygène & le carbone se réunissant au calorique,
-s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand
-l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau
-nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la
-terre du végétal mêlée d'un peu de carbone & de fer.
-
-La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse
-complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs
-principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la
-terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme _terreau_.
-
-Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des
-appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences.
-
-Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y
-soumet ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone &
-un peu de terre: mais ce cas est rare, & il paroît même que ces
-substances, lorsqu'elles sont seules, fermentent difficilement;
-qu'elles fermentent mal, & qu'il faut un tems considérable pour que la
-putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance
-mise à fermenter contient de l'azote; & c'est ce qui a lieu à l'égard
-de toutes les matières animales & même d'un assez grand nombre de
-matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement
-la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières
-animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction;
-& c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des
-amendemens & des fumiers.
-
-Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction,
-ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle
-forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue
-sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient
-en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent
-aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque.
-Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières,
-elles ne donnent plus d'ammoniaque, & elles n'en donnent qu'autant
-qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque
-est d'ailleurs confirmée par des expériences analytiques, que M.
-Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785, page
-316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance &
-d'obtenir séparément les deux principes, l'azote & l'hydrogène, qui
-entrent dans sa combinaison.
-
-J'ai déjà annoncé plus haut (_voyez_ Chapitre dixième) que les corps
-combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les
-uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété;
-il dissout le carbone, le soufre & le phosphore, & il résulte de ces
-combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, _gaz hydrogène carboné_,
-_gaz hydrogène sulfuré_, _gaz hydrogène phosphoré_. Les deux
-derniers de ces gaz ont une odeur particulière & très-désagréable:
-celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle
-des œufs gâtés & corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est
-absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque
-a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que
-les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs
-que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction,
-& qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est
-prédominante, & on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les yeux;
-tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales; tantôt
-enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri.
-
-J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la
-fermentation, & n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy &
-M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une
-certaine profondeur & garantis jusqu'à un certain point du contact de
-l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la
-partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale.
-Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière,
-l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, & à
-ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène & du carbone, c'est-à-dire,
-les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur
-la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut
-conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en
-peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales,
-telles que les matières fécales, sont principalement composées de
-carbone & d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état
-d'huile, & en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation
-à feu nud. Mais l'odeur insoutenable qui accompagne tous les produits
-qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on puisse les
-employer à autre chose qu'à faire des engrais.
-
-Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la
-composition des matières animales n'est pas encore très-exactement
-connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone,
-d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par
-une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument
-quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette
-partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques
-autres.
-
-
-
-
-CHAPITRE XV.
-
-_De la Fermentation acéteuse._
-
-
-LA fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du
-vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide
-qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il
-est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée,
-d'hydrogène & de carbone combinés ensemble, & portés à l'état d'acide
-par l'oxygène.
-
-Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure
-qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par
-des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en
-vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, & qu'autant que cet air
-contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée
-d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, & cette
-diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène.
-Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant
-par quelqu'autre moyen que ce soit.
-
-Indépendamment de ces faits qui prouvent que l'acide acéteux est
-un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal,
-professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se
-passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de
-la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation,
-c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité
-égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui
-ont communication avec l'air, & au bout de quelque tems le tout se
-trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de
-bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu
-d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée
-d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les
-matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit
-l'hydrogène & une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du
-carbone & de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui
-manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux.
-
-On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide
-carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus
-généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque,
-suivant le degré d'oxygénation; qu'il ne faut au contraire que
-retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en
-acide carbonique.
-
-Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard
-de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits
-principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit
-d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée
-à celle de la constitution de tous les acides & oxides végétaux, &
-nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils
-sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette
-partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa
-perfection, & qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru
-jusqu'ici.
-
-
-
-
-CHAPITRE XVI.
-
-_De la formation des Sels neutres, & des différentes bases qui
-entrent dans leur composition._
-
-
-NOUS avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au
-moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le
-soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique & l'hydrogène,
-formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides & les acides
-du règne végétal & du règne animal: nous avons admiré avec quelle
-simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés & les formes,
-soit en combinant ensemble jusqu'à trois & quatre bases acidifiables
-dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène
-destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni
-moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous
-allons parcourir.
-
-Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, & en
-se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la
-combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des
-substances terreuses & métalliques, & c'est de cette réunion que
-résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme
-de véritables principes salifians, & les substances auxquelles ils
-s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables:
-c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les
-bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article.
-
-Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder
-comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés
-principales, telles que la solubilité dans l'eau, &c. Les acides,
-comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de
-combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples,
-ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, &
-ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans
-l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre
-ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes,
-& ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non
-plus, par la même cause, les alkalis[6] ni les substances terreuses,
-telles que la chaux, la magnésie, &c. dans la classe des sels, & je
-ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une
-substance simple oxygénée avec une base quelconque.
-
- [6] On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que j'ai
- adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe des
- sels, & je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire; mais
- cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages, que
- je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter.
-
-Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la
-formation des acides, & je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai
-rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux
-pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont:
-
- La potasse.
- La soude.
- L'ammoniaque.
- La chaux.
- La magnésie.
- La baryte.
- L'alumine.
-
-Et toutes les substances métalliques.
-
-Je vais dire un mot de l'origine & de la nature de chacune de ces bases
-en particulier.
-
-
-_De la Potasse._
-
-Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on échauffoit une substance
-végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui la
-composent, l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, & qui formoient une
-combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à
-deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré
-de température. Ainsi à la première impression du feu, & dès que la
-chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène & l'hydrogène se
-réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone
-& une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite
-par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge,
-l'huile & l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène
-& le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz
-hydrogène devenu libre se dégage & s'échappe; enfin il ne reste plus
-que du charbon dans la cornue.
-
-La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la
-combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de
-l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux
-au moins apportent des changemens considérables dans les résultats
-de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote & le
-calorique. A mesure que l'hydrogène du végétal ou celui qui résulte
-de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du feu sous la
-forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le contact de
-l'air, il reforme de l'eau, & le calorique des deux gaz qui devient
-libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme.
-
-Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé & réduit
-en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il
-forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une
-portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du
-calorique devient libre, s'échappe & produit la chaleur & la lumière
-qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve
-ainsi réduit en eau & en acide carbonique; il ne reste qu'une petite
-portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, &
-qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la
-constitution des végétaux.
-
-Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le
-vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre
-particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse.
-
-Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; l'eau se charge
-de la potasse qui est dissoluble, & elle laisse les cendres qui sont
-insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est
-fixe, même à un très-grand degré de chaleur, & qui reste sous forme
-blanche & concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de
-préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je
-n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me
-suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini.
-
-La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins
-saturée d'acide carbonique, & la raison en est facile à saisir: comme
-la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que
-le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition
-de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque
-molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec
-une molécule d'acide carbonique, & comme il y a beaucoup d'affinité
-entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique
-l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins
-à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières
-portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre
-la potasse dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids
-de chaux vive, à filtrer & à évaporer dans des vaisseaux fermés; la
-substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement
-dépouillée d'acide carbonique.
-
-Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins
-à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une
-étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air
-ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans
-l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée
-d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette
-circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse
-parfaitement pure.
-
-Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par
-incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est
-ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer.
-
-On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que
-laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces
-végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il
-paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est
-pas de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer cette
-substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes
-qui peuvent fournir de l'oxigène & de l'azote, tels que la combustion
-ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point
-démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations.
-J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai
-bientôt en état de rendre compte.
-
-
-_De la Soude._
-
-La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation
-des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent
-aux bords de la mer, & principalement du _kali_, d'où est venu le
-nom d'_alkali_ qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques
-propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en
-distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes
-les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La
-soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines,
-est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle
-n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle
-s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent & se convertissent en une
-poussière blanche qui a toutes les propriétés de la soude, & qui n'en
-differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation.
-
-On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude
-que ceux de la potasse, & on n'est pas même certain si cette substance
-est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion.
-L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes
-constituans des alkalis en général, & on en a la preuve à l'égard de
-l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la
-potasse & à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience
-décisive n'a encore confirmées.
-
-
-_De l'Ammoniaque._
-
-Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la
-composition de la soude & de la potasse, nous avons été obligés de nous
-borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances
-dont on les retire, & les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il
-n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali
-volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de
-l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de
-décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient
-composées d'environ 807 d'azote & de 193 d'hydrogène.
-
-C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on
-obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes
-constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette
-combinaison, & il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point
-pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, &
-en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes
-ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple,
-que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition
-de chaux, soit par une addition de potasse.
-
-Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré
-de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à
-la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une
-odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande
-quantité, sur-tout si elle est froide & si on ajoute la pression au
-refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali
-volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque
-en liqueur, & nous désignerons la même substance, quand elle sera dans
-l'état aériforme, par le nom de gaz ammoniac.
-
-
-_De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de l'Alumine._
-
-La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; & comme
-on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties
-constituantes & élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de
-nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art
-n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les
-présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout
-les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les
-trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide
-carbonique, & dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires,
-une partie des marbres, &c. Quelquefois elle est saturée d'acide
-sulfurique, comme dans le gypse & les pierres à plâtre; d'autres fois
-avec l'acide fluorique, & elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin
-les eaux de la mer & des fontaines salées en contiennent de combinée
-avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle
-qui est la plus abondamment répandue dans la nature.
-
-On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y
-est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve
-aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec
-l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand
-nombre de pierres.
-
-La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes;
-on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, &
-elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle
-est combinée avec l'acide carbonique.
-
-L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que
-les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine,
-sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les
-argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base.
-
-
-_Des Substances métalliques._
-
-Les métaux, à l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, se
-présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique;
-ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés
-avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide
-muriatique, de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La
-docimasie & la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces
-substances étrangères, & nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de
-cette partie de la Chimie.
-
-Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances
-métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple,
-qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas
-susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, & elles
-ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se
-confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la
-baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce
-cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la
-rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à
-la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de
-terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les
-moyens que nous employons.
-
-Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons,
-celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre
-de dix-sept; savoir:
-
- L'arsenic. Le fer.
- Le molybdène. L'étain.
- Le tungstène. Le plomb.
- Le manganèse. Le cuivre.
- Le nickel. Le mercure.
- Le cobalt. L'argent.
- Le bismuth. Le platine.
- L'antimoine. L'or.
- Le zinc.
-
-Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, & je
-n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts &
-aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit
-un traité complet, & je sortirois absolument des bornes que je me suis
-prescrites.
-
-
-
-
-CHAPITRE XVII.
-
-_Suite des réflexions sur les bases salifiables, & sur la formation
-des Sels neutres._
-
-
-TELLES sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se
-combiner avec les acides, & de former des sels neutres. Mais il faut
-observer que les alkalis & les terres entrent purement & simplement
-dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve
-à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner
-avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins
-oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point
-dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques.
-Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première
-condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y
-oxider, & elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide,
-ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres
-termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide,
-qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau,
-soit dans celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il
-n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient
-encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il
-y a décomposition de l'eau ou de l'acide.
-
-C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre
-_Bergman_, que dépend l'explication des principaux phénomènes des
-dissolutions métalliques. Le premier de tous & le plus frappant est
-l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le
-dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans
-les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les
-dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux,
-ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique
-ou de l'eau que le métal s'est oxidé.
-
-Il est sensible que l'acide nitrique & l'eau étant composés l'un &
-l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état
-de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt
-qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer
-sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, & c'est
-ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue
-l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux,
-en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet acide
-la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre, mais
-en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état de
-gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons. Cet
-acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, & c'est encore à ce
-dégagement qu'est due l'effervescence.
-
-Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se
-dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été
-oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant
-plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau;
-il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le
-produisoit n'a plus lieu.
-
-Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans
-effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans
-cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal
-dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène;
-il se forme d'une part un oxide métallique, & de l'autre de l'acide
-muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes
-de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide
-muriatique d'exister sous la forme de gaz au degré de température
-dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique
-oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu & pour demeurer
-sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, &
-après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine
-paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout.
-
-Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour
-l'oxygène, & qui n'exercent pas sur ce principe une action assez
-forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument
-indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le
-plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les
-présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide
-auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt
-très-dissolubles, & la dissolution se fait sans effervescence.
-
-L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux & les acides; &
-cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous
-les acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui
-ont une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il
-est donc assez probable que les quatre terres salifiables que nous
-avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, & que c'est par ce
-_latus_ qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit
-appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces
-substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés
-avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon,
-& qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici
-qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou
-confirmer ou détruire.
-
-Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les
-désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont
-composés.
-
-
- Noms des acides. | Nom de la base acidifiable ou radical de
- | chaque acide, avec des observations.
- -----------------------------------------------------------------------
- 1 Sulfureux. } Soufre.
- 2 Sulfurique. }
-
- 3 Phosphoreux. } Phosphore.
- 4 Phosphorique. }
-
- 5 Muriatique. } Radical muriatique.
- 6 Muriatique oxygéné.}
-
- 7 Nitreux. } Azote.
- 8 Nitrique. }
- 9 Nitrique oxigéné. }
-
- 10 Carbonique. Carbone.
-
- 11 Acéteux. } Tous ces acides paroissent être formés de la
- 12 Acétique. } réunion d'une base acidifiable double, le
- 13 Oxalique. } carbone & l'hydrogène, & ne différer entr'eux
- 14 Tartareux. } que par la différence de proportion de ces
- 15 Pyro-tartareux. } deux bases & de l'oxigène qui les acidifie;
- 16 Citrique. } on n'a au surplus encore aucune suite
- 17 Malique. } d'expériences bien faites à cet égard.
- 18 Pyro-ligneux. }
- 19 Pyro-muqueux. }
-
- 20 Gallique. } On n'a encore que des connoissances
- 21 Prussique. } très-imparfaites sur la nature des radicaux
- 22 Benzoïque. } de ces acides; on sait seulement
- 23 Succinique. } que le carbone & l'hydrogène en sont
- 24 Camphorique. } les principales parties, & que l'acide
- 25 Lactique. } prussique contient de l'azote.
- 26 Saccho-lactique. }
-
- 27 Bombique. } Ces acides & tous ceux qu'on obtient en
- 28 Formique. } oxigénant les matières animales, paroissent
- 29 Sébacique. } avoir pour base acidifiable le carbone,
- } l'hydrogène, le phosphore & l'azote.
-
- 30 Boracique. | Le radical boracique { La nature de ces deux
- 31 Fluorique. | Le radical fluorique { radicaux est
- | { entièrement inconnue.
-
- 32 Antimonique. | Antimoine.
- 33 Argentique. | Argent.
- 34 Arsenique. | Arsenic.
- 35 Bismuthique. | Bismuth.
- 36 Cobaltique. | Cobalt.
- 37 Cuprique. | Cuivre.
- 38 Stamnique. | Etain.
- 39 Ferrique. | Fer.
- 40 Manganique. | Manganèse.
- 41 Hydrargirique. | Mercure.
- 42 Molybdique. | Molybdène.
- 43 Nickelique. | Nickel.
- 44 Aurique. | Or.
- 45 Platinique. | Platine.
- 46 Plombique. | Plomb.
- 47 Tungstique. | Tungstène.
- 48 Zincique. | Zinc.
-
-On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17
-acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M.
-Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut
-pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais
-il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera
-connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens,
-rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le
-tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut
-faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même
-systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite.
-
-Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être
-converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir:
-
- Trois alkalis.
- Quatre terres.
- Et dix-sept substances métalliques.
-
-La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel
-de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que
-les acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres
-métaux; & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les
-autres, est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est
-de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons
-vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les
-combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce
-qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature &
-l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens
-espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner
-à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si
-on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont
-découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en
-résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit
-pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier
-âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce
-qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels:
-mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque
-acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux,
-quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide;
-il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par
-l'analogie: c'est celle que nous avons suivie dans la nomenclature
-des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera
-naturellement à la nomenclature des sels neutres.
-
-Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons
-distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun
-d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous.
-Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique
-d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la
-base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons
-donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide
-sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons
-cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par
-une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué
-l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide
-phosphorique.
-
-Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont
-obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison
-desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le nom
-de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui ont
-l'acide sulfurique pour acide, par le nom de _sulfates_; tous ceux
-qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de _phosphates_,
-& ainsi des autres. Nous distinguerons donc _sulfate_ de potasse,
-_sulfate_ de soude, _sulfate_ d'ammoniaque, _sulfate_ de chaux,
-_sulfate_ de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre bases,
-tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons vingt-quatre
-espèces de _sulfates_, autant de _phosphates_, & de même pour tous les
-autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de deux degrés
-d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue l'acide
-sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels neutres
-que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont pas
-les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu
-les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en
-conséquence désigné par le nom de _sulfites_, de _phosphites_, &c.
-les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre
-oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre
-_sulfates_ & vingt-quatre _sulfites_, & ainsi des autres substances
-susceptibles de deux degrés d'oxygénation.
-
-Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces
-dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé
-clairement la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra
-l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom
-de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera
-toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former,
-& celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver.
-
-Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire
-en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails,
-j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une
-récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais
-en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques
-courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de
-se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés
-générales des sels neutres qui en résultent.
-
-Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter cet
-Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque espèce
-de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, sur
-la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, sur
-sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés de
-saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force avec
-laquelle l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été commencé
-par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres célèbres
-Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, & les bases
-sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une exactitude
-rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas pu convenir
-à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les matériaux &
-de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs années la
-publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au zèle &
-à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de
-recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de
-l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup;
-à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de
-la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels
-neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être
-établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la
-Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des
-expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-SECONDE PARTIE.
-
-_De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la
-Formation des Sels neutres._
-
-AVERTISSEMENT.
-
-
-SI j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans
-la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois
-borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, & dans
-les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions
-des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des
-procédés par lesquels on les obtient, & j'y aurois joint une simple
-nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec
-différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au
-volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en
-présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de
-celles qui entrent dans la composition des acides & des oxides, & leurs
-combinaisons.
-
-Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement
-nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente
-1º. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de nos
-connoissances nous oblige à regarder comme telles.
-
-2º. Les radicaux oxidables & acidifiables doubles & triples, qui se
-combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples.
-
-3º. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples
-métalliques & non métalliques.
-
-4º. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés.
-
-5º. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples.
-
-6º. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples.
-
-7º. Les combinaisons du soufre avec les substances simples.
-
-8º. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples.
-
-9º. Les combinaisons du carbone avec les substances simples.
-
-10º. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances
-simples.
-
-Ces dix Tableaux & les Observations qui les accompagnent, forment une
-espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage.
-Les Tableaux qui sont à la suite & qui présentent l'ensemble de toutes
-les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux
-Chapitres XIV & XV.
-
-On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de
-ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie
-par ordre de matières; & en effet il m'auroit été difficile de puiser
-dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter
-les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai
-qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas
-être obligé de le citer à chaque article.
-
-J'ai placé à la suite de chaque Tableau & vis-à-vis autant qu'il a été
-possible les explications qui y sont relatives.
-
-
-
-
-_TABLEAU DES SUBSTANCES SIMPLES._
-
-
- =====================================================================
- | | Noms nouveaux. | Noms anciens |
- | | | correspondans. |
- |-------------------------------------------------------------------|
- | |Lumière. |Lumière. |
- | | | |
- |Substances simples {Calorique. {Chaleur. |
- |qui appartiennent { {Principe de la chaleur. |
- |aux trois règnes & { {Fluide igné. |
- |qu'on peut regarder { {Feu. |
- |comme les élémens { {Matière du feu & de la |
- |des corps. { {chaleur. |
- | { | |
- | {Oxygène. {Air déphlogistiqué. |
- | { {Air empiréal. |
- | { {Air vital. |
- | { {Base de l'air vital. |
- | { | |
- | {Azote {Gaz phlogistiqué. |
- | { {Mofete. |
- | { {Base de la mofete. |
- | { | |
- | {Hydrogène. {Gaz inflammable. |
- | { {Base du gaz inflammable. |
- | | | |
- |Substances simples {Soufre. |Soufre. |
- |non métalliques {Phosphore. |Phosphore. |
- |oxidables & {Carbone. |Charbon pur. |
- |acidifiables. {Radical muriatique. |Inconnu. |
- | {Radical fluorique. |Inconnu. |
- | {Radical boracique. |Inconnu. |
- | | | |
- |Substances {Antimoine. |Antimoine. |
- |simples {Argent. |Argent. |
- |métalliques {Arsenic. |Arsenic. |
- |oxidables & {Bismuth. |Bismuth. |
- |acidifiables. {Cobalt. |Cobalt. |
- | {Cuivre. |Cuivre. |
- | {Etain. |Etain. |
- | {Fer. |Fer. |
- | {Manganèse. |Manganèse. |
- | {Mercure. |Mercure. |
- | {Molybdène. |Molybdène. |
- | {Nickel. |Nickel. |
- | {Or. |Or. |
- | {Platine. |Platine. |
- | {Plomb. |Plomb. |
- | {Tungstène. |Tungstène. |
- | {Zinc. |Zinc. |
- | | | |
- |Substances {Chaux. |Terre calcaire, chaux. |
- |simples {Magnésie. |Magnésie, base du sel |
- |salifiables { |d'Epsom. |
- |terreuses. {Baryte. |Barote, terre pesante. |
- | {Alumine. |Argile, terre de l'alun, |
- | { |base de l'alun. |
- | {Silice. |Terre siliceuse, terre |
- | { |vitrifiable. |
- =====================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que
-l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme
-telles._
-
-
-LA Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de
-la nature, a pour objet de les décomposer & de se mettre en état
-d'_examiner séparément les différentes substances qui entrent dans
-leur combinaison_. Cette science a fait de nos jours des progrès
-très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les
-différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra
-que dans les premiers tems on regardoit l'huile & le sel comme les
-principes des corps; que l'expérience & l'observation ayant amené de
-nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient
-point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide & d'une
-base, & que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de
-neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs
-degrés les bornes de l'analyse[7], elles nous ont éclairés sur la
-formation des acides, & nous ont fait voir qu'ils étoient formés par
-la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène, &
-d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie & qui les
-constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin
-dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au
-surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes
-ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que
-nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un
-composé d'hydrogène & de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les
-bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, &
-que l'ammoniaque étoit un composé d'azote & d'hydrogène.
-
- [7] Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, & 1778, page
- 535.
-
-La Chimie marche donc vers son but & vers sa perfection, en divisant,
-subdivisant, & resubdivisant encore, & nous ignorons quel sera le
-terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous
-regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous
-pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel
-arrive l'analyse chimique, & qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà
-dans l'état actuel de nos connoissances.
-
-Il est à présumer que les terres cesseront bientôt d'être comptées au
-nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette
-classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, & je suis
-bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est
-permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont
-déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des
-substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à
-un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je
-présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce
-que je donne pour des vérités de fait & d'expérience avec ce qui n'est
-encore qu'hypothétique.
-
-Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels
-que la potasse & la soude, parce que ces substances sont évidemment
-composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes
-qui entrent dans leur combinaison.
-
-
-
-
-_TABLEAU des Radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composés, qui
-entrent dans les combinaisons à la manière des substances simples._
-
-
- ======================================================================
- | | Noms des Radicaux. | Observations. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Radicaux oxidables {Radical }C'est la base de l'eau |
- |ou acidifiables {nitro-muriatique, ou }régale des anciens |
- |composés, du {radical de l'eau }Chimistes, célèbre par |
- |règne minéral. {régale. }la propriété qu'elle a |
- | { }de dissoudre l'or. |
- | | | |
- |Radicaux {Radical tartareux. }Les anciens Chimistes |
- |hydro-carboneux, {Radical malique. }ne connoissoient |
- |ou {Radical citrique. }point la composition |
- |carbone-hydreux {Radical pyro-ligneux. }des acides, & ne se |
- |du règne {Radical pyro-muqueux. }doutant pas qu'ils |
- |végétal, {Radical pyro-tartareux. }fussent formés de la |
- |susceptibles {Radical oxalique. }réunion d'un radical |
- |d'être oxidés {Radical acéteux. }particulier à chacun |
- |& acidifiés. {Radical succinique. }d'eux & d'un principe |
- | {Radical benzoïque. }acidifiant commun à |
- | {Radical camphorique }tous, ils n'ont pu |
- | {Radical gallique. }donner aucun nom à des |
- | | }substances dont ils |
- |Radicaux {Radical lactique. }n'avoient aucune idée: |
- |hydro-carboneux ou {Radical saccholactique. }nous nous sommes donc |
- |carbone-hydreux du {Radical formique. }trouvés dans la |
- |règne animal dans {Radical bombique. }nécessité de créer une |
- |la composition {Radical sébacique. }Nomenclature pour cet |
- |desquels entre {Radical lithique. }objet; mais nous avons |
- |presque toujours {Radical prussique. }prévenu en même tems |
- |l'azote & souvent | }que cette Nomenclature |
- |le phosphore, & | }seroit susceptible de |
- |qui sont | }modification, à |
- |susceptibles d'être| }mesure que la nature |
- |oxidés& acidifiés. | }des radicaux composés |
- |XI. | }seroit mieux connue. |
- | | }Voyez ce que j'ai dit |
- | | }à cet égard, chapitre |
- | | }XI. |
- ======================================================================
-
-Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré
-d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la
-gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux,
-tels que la limphe, &c. &c.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables & acidifiables,
-composés de la réunion de plusieurs substances simples._
-
-
-LES radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce
-tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés,
-n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible
-de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences
-dont quelques-unes me sont propres, & dont d'autres ont été faites par
-M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les
-acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide
-citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique,
-l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais
-réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces
-acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de
-ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de
-plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les
-radicaux du règne animal, & quelques-uns même du règne végétal sont
-plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, ils
-contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; mais
-il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous nous
-sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à ces
-différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont ils
-ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances
-acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront,
-& ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans
-lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à
-ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux
-& carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le
-choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont
-ils sont composés.
-
-On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène &
-de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou
-hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les
-convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant le
-degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une manière
-positive que les huiles entrent toutes entières dans la composition
-des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles perdent
-auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & que ce
-qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus dans la
-proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur quoi nous
-avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience.
-
-Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre
-radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par
-la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides
-composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs
-des phénomènes aussi frappans.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les différentes
-substances._
-
-
-JE n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière &
-du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous
-n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes
-de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la
-nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés,
-pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que
-laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique
-se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties
-solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce
-sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son
-accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de
-l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme.
-Enfin nous avons appelé du nom générique de _gaz_ toutes les substances
-portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique;
-en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide
-carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous
-leur donnons le nom de _gaz acide muriatique_, _gaz acide carbonique_,
-_gaz hydrogène_, _gaz aqueux_, _gaz alkool_.
-
-A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur
-les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après
-les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec
-l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle
-contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les
-expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de
-croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, &
-que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles
-& la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que
-les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles
-sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de
-souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle
-& pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière.
-
-On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les
-hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans
-les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés,
-dans les rues étroites des villes. Ils se développent au contraire,
-ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart des
-occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air.
-
-L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent
-qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On
-diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une
-vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la
-lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu
-bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la
-terre l'organisation, le sentiment & la pensée.
-
-Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les
-corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans
-cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de
-la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je
-reviendrai un jour sur ces objets.
-
-
-
-
-_TABLEAU des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les substances
-métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables._
-
-
- ======================================================================
- | Premier degré d'oxigénation. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms nouveaux. | Noms anciens. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | non métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. |Le gaz oxygène. |Air vital ou |
- | | |déphlogistiqué. |
- |L'hydrogène. |On ne connoît qu'un degré de combinaison de |
- | |l'oxygène & de l'hydrogène, & cette |
- | |combinaison forme de l'eau. |
- |L'azote. |Oxide nitreux ou |Gaz nitreux. |
- | |base du gaz nitreux.| |
- |Le carbone. |Oxide de carbone. |Inconnu. |
- |Le soufre. |Oxide de soufre. |Soufre mou. |
- |Le phosphore. |Oxide de phosphore. |Résidu de la combustion |
- | | |du phosphore. |
- |Le radical muriatique.|Oxide muriatique. |Inconnu. |
- |Le radical fluorique. |Oxide fluorique. |Inconnu. |
- |Le radical boracique. |Oxide boracique. |Inconnu. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |L'antimoine. |Oxide gris d'antimoine. |Chaux grise d'antimoine. |
- |L'argent. |Oxide d'argent. |Chaux d'argent. |
- |L'arsenic. |Oxide gris d'arsenic. |Chaux grise d'arsenic. |
- |Le bismuth. |Oxide gris de bismuth. |Chaux grise de bismuth. |
- |Le cobalt. |Oxide gris de cobalt. |Chaux grise de cobalt. |
- |Le cuivre. |Oxide rouge brun de |Chaux rouge brune de cuivre.|
- | |cuivre. | |
- |L'étain. |Oxide gris d'étain. |Chaux grise d'étain. |
- |Le fer. |Oxide noir de fer. |Ethiops martial. |
- |Le manganèse. |Oxide noir de manganèse.|Chaux noire de manganèse. |
- |Le mercure. |Oxide noir de mercure. |Ethiops minéral. |
- |Le molybdène. |Oxide de molybdène. |Chaux de molybdène. |
- |Le nickel. |Oxide de nickel. |Chaux de nickel. |
- |L'or. |Oxide jaune d'or. |Chaux jaune d'or. |
- |Le platine. |Oxide jaune de platine. |Chaux jaune de platine. |
- |Le plomb. |Oxide gris de plomb. |Chaux grise de plomb. |
- |Le tungstène. |Oxide de tungstène. |Chaux de tungstène. |
- |Le zinc. |Oxide gris de zinc. |Chaux grise de zinc. |
- ======================================================================
-
-
- ======================================================================
- | Second degré d'oxigénation. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms nouveaux. | Noms anciens. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | non métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. | | |
- |L'hydrogène. | | |
- |L'azote. |Acide nitreux. |Acide nitreux fumant. |
- |Le carbone. |Acide carboneux. |Inconnu. |
- |Le soufre. |Acide sulfureux. |Acide sulfureux. |
- |Le phosphore. |Acide phosphoreux. |Acide volatil du |
- | | |phosphore. |
- |Le radical muriatique.|Acide muriateux. |Inconnu. |
- |Le radical fluorique. |Acide fluoreux. |Inconnu. |
- |Le radical boracique. |Acide boraceux. |Inconnu. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |L'antimoine. |Oxide blanc d'antimoine. |Chaux blanche d'antimoine. |
- | | |Antimoine diaphorétique. |
- |L'argent. |........................ |........................... |
- |L'arsenic. |Oxide blanc d'arsenic. |Chaux blanche d'arsenic. |
- |Le bismuth. |Oxide blanc de bismuth. |Chaux blanche de bismuth. |
- |Le cobalt. |....................... |........................... |
- |Le cuivre. |Oxide vert & bleu de |Chaux verte & bleue de |
- | |cuivre. |cuivre. |
- |L'étain. |Oxide blanc d'étain. |Chaux blanche d'étain ou |
- | | |potée d'étain. |
- |Le fer. |Oxide jaune & rouge |Ocre & rouille. |
- | |de fer. | |
- |Le manganèse.|Oxide blanc de manganèse.|Chaux blanche de manganèse. |
- |Le mercure. |Oxide jaune & rouge de |Turbith minéral, précipité |
- | |mercure. |rouge, précipité _per se_. |
- |Le molybdène.|........................ |........................... |
- |Le nickel. |........................ |........................... |
- |L'or. |Oxide rouge d'or. |Chaux rouge d'or. |
- | | |Précipité pourpre de |
- | | |Cassius. |
- |Le platine. |........................ |........................... |
- |Le plomb. |Oxide jaune & rouge de |Massicot & minium. |
- | |plomb. | |
- |Le tungstène.|........................ |........................... |
- |Le zinc. |Oxide blanc de zinc. |Chaux blanche de zinc, |
- | | |Pompholix. |
- ======================================================================
-
-
- ======================================================================
- | Troisième degré d'oxigénation. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms nouveaux. | Noms anciens. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | non métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. | | |
- |L'hydrogène. | | |
- |L'azote. |Acide nitrique. |Acide nitreux non fumant.|
- |Le carbone. |Acide carbonique. |Air fixe. |
- |Le soufre. |Acide sulfurique. |Acide vitriolique. |
- |Le phosphore. |Acide phosphorique.|Acide phosphorique. |
- |Le radical muriatique.|Acide muriatique. |Acide marin. |
- |Le radical fluorique. |Acide fluorique. |Inconnu des anciens. |
- |Le radical boracique. |Acide boracique. |Sel sédatif de Homberg. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |L'antimoine. |Acide antimonique. |........................ |
- |L'argent. |Acide argentique. |........................ |
- |L'arsenic. |Acide arsenique. |Acide arsenical. |
- |Le bismuth. |Acide bismutique. |........................ |
- |Le cobalt. |Acide cobaltique. |........................ |
- |Le cuivre. |Acide cuprique. |........................ |
- |L'étain. |Acide stamnique. |........................ |
- |Le fer. |Acide ferrique. |........................ |
- |Le manganèse. |Acide manganique. |........................ |
- |Le mercure. |Acide mercurique. |........................ |
- |Le molybdène. |Acide molybdique. |Acide de la molybdène. |
- |Le nickel. |Acide nickelique. |........................ |
- |L'or. |Acide aurique. |........................ |
- |Le platine. |Acide platinique. |........................ |
- |Le plomb. |Oxide plombique. |........................ |
- |Le tungstène. |Acide tungstique. |Acide de la tungstène. |
- |Le zinc. |Acide zincique. |........................ |
- ======================================================================
-
-
- ======================================================================
- | Quatrième degré d'oxigénation. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms nouveaux. | Noms anciens. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | non métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. | | |
- |L'hydrogène. | | |
- |L'azote. |Acide nitrique oxigéné. |Inconnu. |
- |Le carbone. |Acide carbonique oxigéné. |Inconnu. |
- |Le soufre. |Acide sulfurique oxigéné. |Inconnu. |
- |Le phosphore. |Acide phosphorique oxigéné.|Inconnu. |
- |Le radical muriatique.|Acide muriatique oxigéné. |Acide marin |
- | | |déphlogistiqué. |
- |Le radical fluorique. |.......................... |................ |
- |Le radical boracique. |.......................... |................ |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples |
- | métalliques, telles que: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |L'antimoine. |.......................... |................ |
- |L'argent. |.......................... |................ |
- |L'arsenic. |Acide arsenic oxigéné. |Inconnu. |
- |Le bismuth. |.......................... |................ |
- |Le cobalt. |.......................... |................ |
- |Le cuivre. |.......................... |................ |
- |L'étain. |.......................... |................ |
- |Le fer. |.......................... |................ |
- |Le manganèse. |.......................... |................ |
- |Le mercure. |.......................... |................ |
- |Le molybdène. |Acide molybdique oxygéné. |Inconnu. |
- |Le nickel. |.......................... |................ |
- |L'or. |.......................... |................ |
- |Le platine. |.......................... |................ |
- |Le plomb. |.......................... |................ |
- |Le tungstène. |Acide tungstique oxygéné. |Inconnu. |
- |Le zinc. |.......................... |................ |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples
-métalliques & non métalliques._
-
-
-L'OXYGÈNE est une des substances les plus abondamment répandues dans la
-nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère,
-& par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce
-réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, &
-c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène
-que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui
-s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle,
-qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison.
-Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de
-gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.
-
-Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de
-conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps
-n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle
-qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut
-plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours
-de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des
-molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant
-du calorique.
-
-Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui
-le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant
-une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement
-un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur
-l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que
-l'oxygénation a lieu.
-
-On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit
-être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart
-des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne
-s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les
-élever à une température convenable. Cette température pour le plomb,
-le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle
-nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour
-oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque
-l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois
-l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est
-accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la
-combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans
-le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb,
-de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement
-& sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit
-sensible.
-
-Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui
-ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne
-les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique
-que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, &
-qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable
-qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme
-l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur
-dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà
-saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce
-principe.
-
-L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain
-degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu
-de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter
-cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité.
-L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet,
-sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure.
-L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient
-plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En
-conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en
-sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en
-les élevant à un degré de chaleur médiocre.
-
-L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides
-d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent
-remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de
-préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes
-les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des
-opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations
-du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné
-avec l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide
-carbonique, & le métal reste pur & revivifié.
-
-On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les
-combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du
-muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène
-quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps
-combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées
-qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités.
-L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des
-muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à
-celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette
-immense quantité de calorique devient subitement libre au moment
-de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des
-détonations terribles auxquelles rien ne résiste.
-
-Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps
-combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois
-règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique,
-auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre
-de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer
-l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais
-non pas pour toutes.
-
-J'appelle _binaires_ les combinaisons des substances simples avec
-l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux
-substances. Je nommerai combinaisons _ternaires_ celles composées
-de trois substances simples, & combinaisons _quaternaires_ celles
-composées de quatre substances.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux composés._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés |
- | du règne minéral, tels que |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms des acides qui en résultent. |
- | Noms |-------------------------------------------------|
- | des radicaux | Nomenclature | Nomenclature |
- | | nouvelle. | ancienne. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le radical |L'acide nitro-muriatique.|L'eau régale. |
- |nitro-muriatique. | | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux |
- | & hydro-carboneux du règne végétal, tels que le radical: * |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |tartarique. |L'acide tartareux. |inconnu des anciens. |
- |malique. |L'acide malique. |inconnu des anciens. |
- |citrique. |L'acide citrique. |L'acide du citron. |
- |pyro-lignique. |L'acide pyro-ligneux. |L'acide empyreumatique |
- | | |du bois. |
- |pyro-mucique. |L'acide pyro-muqueux. |L'acide empyreumatique |
- | | |du sucre. |
- |pyro-tartarique. |L'acide pyro-tartareux. |L'acide empyreumatique |
- | | |du tartre. |
- |oxalique. |L'acide oxalique. |Le sel d'oseille. |
- |acétique. |L'acide acéteux ou |Le vinaigre, l'acide |
- | |acétique. |du vinaigre. |
- | | |Le vinaigre radical. |
- |succinique. |L'acide succinique. |Le sel volatil de |
- | | |succin. |
- |benzoïque. |L'acide benzoïque. |Les fleurs de benjoin. |
- |camphorique. |L'acide camphorique. |inconnu des anciens. |
- |gallique. |L'acide gallique. |Le principe astringent |
- | | |des végétaux. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux & |
- | hydro-carboneux du règne animal, auxquels se joint presque |
- | toujours l'azote & souvent le phosphore, tels que le radical: ** |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |lactique. |L'acide lactique. |L'acide du petit lait |
- | | |aigri. |
- |saccho-lactique. |L'acide saccho-lactique. |inconnu des anciens. |
- |formique. |L'acide formique. |L'acide des fourmis. |
- |bombique. |L'acide bombique. |inconnu des anciens. |
- |sébacique. |L'acide sébacique. |inconnu des anciens. |
- |lithique. |L'acide lithique. |Le calcul de la vessie.|
- |prussique. |L'acide prussique. |La matière colorante |
- | | |du bleu de Prusse. |
- ======================================================================
-
- * Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent le
- sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux.
-
- ** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent la
- limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides
- animaux.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés._
-
-
-DEPUIS que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776,
-pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature &
-sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de
-ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit
-pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie:
-au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert
-successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru
-dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est
-la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles
-sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral,
-presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples;
-que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne
-animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins
-de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le
-phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre
-bases.
-
-Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces
-observations, différer entr'eux, 1º. par le nombre des principes
-acidifians qui constituent leur base; 2º. par la différente proportion
-de ces principes; 3º. par le différent degré d'oxygénation; ce qui
-suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous
-présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse
-convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il
-ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone &
-de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait
-M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées
-& étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone
-& l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide
-tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de
-l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone
-entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides
-acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent
-très-peu des précédens.
-
-Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base,
-qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai déjà
-exposé mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les huiles
-paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de carbone,
-nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent est
-précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des acides.
-Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas
-seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre
-également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure
-qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique &
-de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres
-à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point
-réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois
-principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu
-supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut
-consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet
-Ouvrage.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Azote avec les substances
-simples._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'azote avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Substances | Résultat des combinaisons. |
- | simples. |----------------------------------------------------|
- | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature anc. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. |Le gaz azote. |Air phlogistiqué, |
- | | |mofète. |
- | | | |
- |L'hydrogène. |L'ammoniaque. |Alkali volatil. |
- | | | |
- |L'oxigène. {Oxide nitreux. |Base du gaz nitreux. |
- | {Acide nitreux. |Acide nitreux fumant.|
- | {Acide nitrique. |Acide nitreux blanc. |
- | | | |
- |Le Carbone. |Azoture de carbone. |Inconnue. |
- | | | |
- | | Combinaison inconnue. On | |
- | |sait seulement que le carbone | |
- | |est susceptible de se | |
- | |dissoudre dans l'azote, & il | |
- | |en résulte un gaz azotique | |
- | |carboné. | |
- | | | |
- |Le phosphore. |Azoture de phosphore. |Inconnue. |
- | | | |
- | | Combinaison inconnue. | |
- | | | |
- |Le soufre. |Azoture de soufre. |Inconnue. |
- | | | |
- | | Combinaison inconnue. On | |
- | |sait seulement que le soufre | |
- | |est susceptible de se | |
- | |dissoudre dans le gaz | |
- | |azotique, & il en résulte un | |
- | |gaz azotique sulfuré. | |
- | | | |
- |Les radicaux | L'azote se combine avec le |Inconnues. |
- |composés. |carbone & l'hydrogène, & | |
- | |quelquefois avec le phosphore,| |
- | |pour former des radicaux | |
- | |composés, qui sont | |
- | |susceptibles, comme on l'a | |
- | |vu plus haut, de s'oxider & | |
- | |de s'acidifier. Ce principe | |
- | |entre généralement dans tous | |
- | |les radicaux du règne animal. | |
- | | | |
- |Les substances | Ces combinaisons sont |Inconnues. |
- |métalliques. |absolument inconnues. Si elles| |
- | |sont découvertes un jour, | |
- | |on les nommera azotures | |
- | |métalliques. | |
- | | | |
- |La chaux. | Toutes ces combinaisons | |
- |La magnésie. |sont entièrement inconnues. | |
- |La baryte. |Si un jour elles sont | |
- |L'alumine. |reconnues possibles, elles | |
- |La potasse. |seront nommées azotures de | |
- |La soude. |chaux, azotures magnésiènes, | |
- | |&c. | |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples._
-
-
-L'AZOTE est un des principes les plus abondamment répandus dans
-la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la
-mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air
-de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré
-de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de
-compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou
-solide.
-
-Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les
-matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène,
-quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine
-portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide,
-suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut
-donc varier comme celles des matières végétales, de trois manières,
-1º. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du
-radical, 2º. par leur proportion, 3º. par le degré d'oxygénation.
-
-L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux &
-nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres
-combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur
-donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison
-en _ure_ que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées.
-Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent
-à ce genre de combinaisons.
-
-Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le
-tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de
-chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze
-ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même
-qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule
-qui s'y forme.
-
-La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans
-de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette
-opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches
-remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en
-poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique.
-
-Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, est de le retirer du
-nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques
-autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage
-mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de
-l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur.
-
-Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la
-combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène
-de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de
-l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu
-libre, se dégage sous la forme de gaz.
-
-Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues
-en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz
-& dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans
-l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire
-que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve
-au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour
-justifier la place que nous lui avons assignée.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les substances
-simples._
-
-
- ======================================================================
- | Noms des | Résultat des combinaisons de l'hydrogène avec: |
- | Substances |-----------------------------------------------------|
- | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. |Gaz hydrogène. {Cette combinaison de |
- |L'azote. |Ammoniaque ou alkali {l'oxygène & du carbone |
- | |volatil. {comprend les huiles |
- |L'oxigène. |Eau. {fixes & volatiles, & |
- | | {forme le radical d'une |
- |Le soufre. }Combinaison inconnue. * {partie des oxides & |
- |Le phosphore. } {des acides végétaux |
- | | {& animaux; lorsqu'elle |
- |Le carbone. |Radical hydro-carboneux {a lieu dans l'état |
- | |ou carbone-hydreux. {de gaz, il en résulte |
- | | {du gaz hydrogène |
- | | {carboné. |
- | | | |
- |L'antimoine. |Hydrure d'antimoine. }Aucunes de ces |
- |L'argent. |Hydrure d'argent. }combinaisons ne sont |
- |L'arsenic. |Hydrure d'arsenic. }connues, & il y a toute|
- |Le bismuth. |Hydrure de bismuth. }apparence qu'elles ne |
- |Le cobalt. |Hydrure de cobalt. }peuvent exister à la |
- |Le cuivre. |Hydrure de cuivre. }température dans |
- |L'étain. |Hydrure d'étain. }laquelle nous vivons, |
- |Le fer. |Hydrure de fer. }à cause de la grande |
- |Le manganèse. |Hydrure de manganèse. }affinité de l'hydrogène|
- |Le mercure. |Hydrure de mercure. }pour le calorique. |
- |Le molybdène. |Hydrure de molybdène. } |
- |Le nickel. |Hydrure de nickel. } |
- |L'or. |Hydrure d'or. } |
- |Le platine. |Hydrure de platine. } |
- |Le plomb. |Hydrure de plomb. } |
- |Le tungstène. |Hydrure de tungstène. } |
- |Le zinc. |Hydrure de zinc. } |
- |La potasse. |Hydrure de potasse. } |
- |La soude. |Hydrure de soude. } |
- |L'ammoniaque. |Hydrure d'ammoniaque. } |
- |La chaux. |Hydrure de chaux. } |
- |La magnésie. |Hydrure de magnésie. } |
- |La baryte. |Hydrure de baryte. } |
- |L'alumine. |Hydrure d'alumine. } |
- ======================================================================
-
- * Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en résulte du
- gaz hydrogène sulfuré & phosphoré.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons._
-
-
-L'HYDROGÈNE, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de
-l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène
-en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont
-ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu
-de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la
-nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne
-végétal & dans le règne animal.
-
-L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste
-constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression
-dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce
-principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison.
-
-Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que
-présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus
-d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient
-libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est
-le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & il
-faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le
-faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable
-à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins
-attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les
-acides.
-
-Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de
-décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il
-se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on
-l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable
-par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas.
-On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer
-ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux
-qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau
-lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de
-facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique.
-L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il
-est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène.
-
-Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que
-l'hydrogène est le phlogistique de Stalh, & comme ce célèbre Chimiste
-admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, dans le
-charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe également,
-de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: ils le
-supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le prouveroient,
-ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce dégagement du gaz
-hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes de la calcination
-& de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à l'examen de
-cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent pendant les
-différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par le corps qui
-brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes les opérations? &
-certainement la supposition de l'hydrogène dans les différens corps
-combustibles ne jette aucune lumière sur cette question. C'est au
-surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute doctrine qui expliquera
-aussi bien & aussi naturellement que la leur, sans supposition, aura au
-moins l'avantage de la simplicité.
-
-On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M.
-de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de
-l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec les
-substances simples._
-
-
- ======================================================================
- | Noms des | Résultat des combinaisons du soufre avec: |
- | Substances |-----------------------------------------------------|
- | simples. | Nomenclature | Noms anciens correspondans |
- | | nouvelle. |avec la nouvelle Nomenclature.|
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. |Gaz du soufre. | |
- | | | |
- |L'oxigène. {Oxide de soufre. |Soufre mou. |
- | {Acide sulfureux. |Acide sulfureux. |
- | {Acide sulfurique. |Acide vitriolique. |
- | | | |
- |L'hydrogène. |Sulfure d'hydrogène. }Combinaisons inconnues. |
- |L'azote. |Sulfure d'azote ou } |
- | |azote sulfuré. } |
- |Le phosphore. |Sulfure de phosphore. } |
- |Le carbone. |Sulfure de carbone. } |
- | | | |
- |L'antimoine. |Sulfure d'antimoine. |Antimoine crud. |
- |L'argent. |Sulfure d'argent. | |
- |L'arsenic. |Sulfure d'arsenic. |Orpiment, réalgar. |
- |Le bismuth. |Sulfure de bismuth. | |
- |Le cobalt. |Sulfure de cobalt. | |
- |Le cuivre. |Sulfure de cuivre. |Pyrite de cuivre. |
- |L'étain. |Sulfure d'étain. | |
- |Le fer. |Sulfure de fer. |Pyrite de fer. |
- |Le manganèse. |Sulfure de manganèse. | |
- |Le mercure. |Sulfure de mercure. |Ethiops minéral, cinnabre. |
- |Le molybdène. |Sulfure de molybdène. | |
- |Le nickel. |Sulfure de nickel. | |
- |L'or. |Sulfure d'or. | |
- |Le platine. |Sulfure de platine. | |
- |Le plomb. |Sulfure de plomb. |Galène. |
- |Le tungstène. |Sulfure de tungstène. | |
- |Le zinc. |Sulfure de zinc. |Blende. |
- |La potasse. |Sulfure de potasse. |Foie de soufre à base d'alkali|
- | | |fixe végétal. |
- |La soude. |Sulfure de soude. |Foie de soufre à base d'alkali|
- | | |fixe minéral. |
- |L'ammoniaque. |Sulfure d'ammoniaque. |Foie de soufre volatil, |
- | | |liqueur fumante de Boyle. |
- |La chaux. |Sulfure de chaux. |Foie de soufre à base |
- | | |calcaire. |
- |La magnésie. |Sulfure de magnésie. |Foie de soufre à base de |
- | | |magnésie. |
- |La baryte. |Sulfure de baryte. |Foie de soufre à base de terre|
- | | |pesante. |
- |L'alumine. |Sulfure d'alumine. |Combinaison inconnue. |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Soufre & sur le tableau de ses combinaisons avec les substances
-simples._
-
-LE SOUFRE est une des substances combustibles qui a le plus de tendance
-à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la
-température habituelle dans laquelle nous vivons, & ne se liquéfie qu'à
-une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante.
-
-La nature nous présente le soufre tout formé, & à-peu-près porté au
-dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des
-volcans; elle nous le présente encore, & beaucoup plus souvent dans
-l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, & c'est
-dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &c.
-Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances,
-il faut lui enlever l'oxygène, & on y parvient en le combinant à une
-chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se
-dégage dans l'état de gaz, & il reste un sulfure qu'on décompose par un
-acide: l'acide s'unit à la base & le soufre se précipite.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné avec les
-substances simples._
-
-
- ======================================================================
- | Noms des | Résultat des combinaisons du phosphore avec: |
- | Substances |-----------------------------------------------------|
- | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Le calorique. |Gaz du phosphore. | |
- | | | |
- |L'oxigène. {Oxide de phosphore. | |
- | {Acide phosphoreux. | |
- | {Acide phosphorique. | |
- |L'hydrogène. |Phosphure d'hydrogène. | |
- |L'azote. |Phosphure d'azote. | |
- |Le soufre. |Phosphure de soufre. | |
- |Le carbone. |Phosphure de carbone. | |
- | | | |
- |L'antimoine. |Phosphure d'antimoine. }De toutes ces |
- |L'argent. |Phosphure d'argent. }combinaisons, on ne |
- |L'arsenic. |Phosphure d'arsenic. }connoît encore que le |
- |Le bismuth. |Phosphure de bismuth. }phosphure de fer, |
- |Le cobalt. |Phosphure de cobalt. }auquel on a donné le |
- |Le cuivre. |Phosphure de cuivre. }nom très-impropre de |
- |L'étain. |Phosphure d'étain. }sidérite; encore est-il |
- |Le fer. |Phosphure de fer. }incertain si le |
- |Le manganèse. |Phosphure de manganèse. }phosphore est oxigéné |
- |Le mercure. |Phosphure de mercure. }ou non oxigéné dans |
- |Le molybdène. |Phosphure de molybdène. }cette combinaison. |
- |Le nickel. |Phosphure de nickel. } |
- |L'or. |Phosphure d'or. } |
- |Le platine. |Phosphure de platine. } |
- |Le plomb. |Phosphure de plomb. } |
- |Le tungstène. |Phosphure de tungstène. } |
- |Le zinc. |Phosphure de zinc. } |
- | | | |
- |La potasse. |Phosphure de potasse. }Ces combinaisons ne |
- |La soude. |Phosphure de soude. }sont point encore |
- |L'ammoniaque. |Phosphure d'ammoniaque. }connues. Il y a |
- | | }apparence qu'elles sont |
- |La chaux. |Phosphure de chaux. }impossibles, d'après |
- |La baryte. |Phosphure de baryte. }les expériences de |
- |La magnésie. |Phosphure de magnésie. }M. Gengembre. |
- |L'alumine. |Phosphure d'alumine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Phosphore & sur le Tableau de ses combinaisons avec les
-substances simples._
-
-
-LE PHOSPHORE est une substance combustible simple, dont l'existence
-avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que
-la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé:
-bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia,
-& le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos
-jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui
-publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa
-découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore:
-quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs
-ouvrages, & notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie
-des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession
-d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il
-fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes,
-en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant
-on le tire d'une manière plus commode, & sur-tout plus économique,
-des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le
-procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle,
-&c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient
-presque blancs. On les pile & on les passe au tamis de soie; on verse
-ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité
-moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide
-s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même
-tems l'acide phosphorique est dégagé & reste libre dans la liqueur.
-On décante alors, on lave le résidu, & on réunit l'eau du lavage à la
-liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux
-qui se cristallise en filets soyeux, & on finit par obtenir l'acide
-phosphorique sous forme d'un verre blanc & transparent qui, réduit
-en poudre & mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon
-phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est
-jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion,
-soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des
-expériences de recherches.
-
-Le phosphore se rencontre dans presque toutes les substances animales,
-& dans quelques plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un
-caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone,
-l'azote & l'hydrogène, & il en résulte des radicaux très-composés.
-Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion
-d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance
-dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on
-ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que
-des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite
-convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles
-simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on
-puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec les
-substances simples._
-
-
- ======================================================================
- | Noms des | Résultat des combinaisons du carbone avec: |
- | Substances |-----------------------------------------------------|
- | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |L'oxigène. {Oxide de carbone. |Inconnu. |
- | {Acide carbonique. {Air fixe des anglois, |
- | | {acide crayeux de M. |
- | | {Bucquet & de M. |
- | | {de Fourcroy. |
- | | | |
- |Le soufre. |Carbure de soufre. }Combinaisons inconnues. |
- |Le phosphore. |Carbure de phosphore. } |
- |L'azote. |Carbure d'azote. } |
- | | | |
- |L'hydrogène. {Radical carbone-hydreux. | |
- | {Huiles fixes & volatiles. | |
- | | | |
- |L'antimoine. |Carbure d'antimoine. }De toutes ces |
- |L'argent. |Carbure d'argent. }combinaisons, on |
- |L'arsenic. |Carbure d'arsenic. }ne connoît que |
- |Le bismuth. |Carbure de bismuth. }les carbures de |
- |Le cobalt. |Carbure de cobalt. }fer & de zinc, |
- |Le cuivre. |Carbure de cuivre. }auxquels on a |
- |L'étain. |Carbure d'étain. }donné le nom de |
- |Le fer. |Carbure de fer. }Plombagine; les |
- |Le manganèse. |Carbure de manganèse. }autres n'ont encore |
- |Le mercure. |Carbure de mercure. }été ni faites |
- |Le molybdène. |Carbure de molybdène. }ni observées. |
- |Le nickel. |Carbure de nickel. } |
- |L'or. |Carbure d'or. } |
- |Le platine. |Carbure de platine. } |
- |Le plomb. |Carbure de plomb. } |
- |Le tungstène. |Carbure de tungstène. } |
- |Le zinc. |Carbure de zinc. } |
- | | | |
- |La potasse. |Carbure de potasse. } |
- |La soude. |Carbure de soude. }Combinaisons inconnues. |
- |L'ammoniaque. |Carbure d'ammoniaque. } |
- | | | |
- |La chaux. |Carbure de chaux. } |
- |La magnésie. |Carbure de magnésie. } |
- |La baryte. |Carbure de baryte. }Combinaisons inconnues. |
- |L'alumine. |Carbure d'alumine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Carbone & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-COMME aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de
-décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer
-que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences
-modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, & j'ai déjà fait
-observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec
-l'azote & avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin
-que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides,
-suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée.
-
-Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou
-animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord
-médiocre & ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions
-d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques
-on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans
-lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, &
-on pousse à grand feu dans un bon fourneau de reverbère: la chaleur
-volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les
-substances qui en sont susceptibles, & le carbone, comme le plus fixe,
-reste combiné avec un peu de terre & quelques sels fixes.
-
-Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins
-coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière
-qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour
-faire brûler le bois & pour en chasser l'huile & l'eau; on étouffe
-ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du
-fourneau.
-
-Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen
-de l'air ou plutôt du gaz oxygène, & son oxygénation par l'acide
-nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, &
-il laisse de la chaux, de la potasse & quelques sels neutres. Les
-Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, & il n'est pas
-même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon
-avant la combustion.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les Radicaux muriatique, fluorique & boracique, & sur leurs
-combinaisons._
-
-
-ON n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des
-combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres
-corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On
-sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides
-muriatique, fluorique & boracique, & qu'alors ils sont susceptibles
-d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas
-encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de
-cette expression, & à les obtenir dans leur état de simplicité. Il
-faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût
-plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique
-& boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir
-dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique &
-boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres._
-
-
-CE seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances
-simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les
-métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient
-très-volumineux & ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de
-recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés.
-Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom
-d'alliages, & qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus
-grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or &
-d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le
-métal dominant.
-
-Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons,
-leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences
-de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique porté à l'état
-d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène,
-avec les bases salifiables, dans l'ordre de leurs affinités avec cet
-acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide nitreux avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms des sels neutres. |
- | Noms des bases. |---------------------------------------------|
- | | Nomenclature | Observations. |
- | | nouvelle. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La baryte. |Nitrite de baryte. }Il n'y a qu'un |
- |La potasse. |Nitrite de potasse. }très-petit nombre |
- |La soude. |Nitrite de soude. }d'années que ces sels |
- |La chaux. |Nitrite de chaux. }ont été découverts, & |
- |La magnésie. |Nitrite de magnésie. }ils n'avoient point |
- |L'ammoniaque. |Nitrite d'ammoniaque.}encore été nommés. |
- |L'alumine. |Nitrite d'alumine. } |
- | | | |
- |L'oxide de zinc. |Nitrite de zinc. }Comme les métaux se |
- |L'oxide de fer. |Nitrite de fer. }dissolvent dans les |
- |L'oxide de manganèse. |Nitrite de manganèse.}acides nitreux & |
- |L'oxide de cobalt. |Nitrite de cobalt. }nitrique, à différens |
- |L'oxide de nickel. |Nitrite de nickel. }degrés d'oxigénation, |
- |L'oxide de plomb. |Nitrite de plomb. }il doit en résulter |
- |L'oxide d'étain. |Nitrite d'étain. }des sels, où l'acide |
- |L'oxide de cuivre. |Nitrite de cuivre. }est réellement dans |
- |L'oxide de bismuth. |Nitrite de bismuth. }des états différens; |
- |L'oxide d'antimoine. |Nitrite d'antimoine. }ceux où le métal est |
- |L'oxide d'arsenic. |Nitrite d'arsenic. }le moins oxigéné |
- |L'oxide de mercure. |Nitrite de mercure. }seront appelés |
- |L'oxide d'argent. * |Nitrite d'argent. }nitrites; ceux où il |
- |L'oxide d'or. * |Nitrite d'or. }l'est davantage seront |
- |L'oxide de platine. * |Nitrite de platine. }nommés nitrates: mais |
- | | }la limite de cette |
- | | }distinction n'est pas |
- | | }très aisée à saisir. |
- | | }Les anciens ne |
- | | }connoissoient aucuns |
- | | }de ces sels. |
- ======================================================================
-
- * Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite d'argent,
- d'or & de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Azote complettement saturé d'oxygène,
-& portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases salifiables, dans
-l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide nitrique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms des sels neutres. |
- | Noms des bases. |----------------------------------------------|
- | | Nomenclature | Nomenclature |
- | | nouvelle. | ancienne. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La baryte. |Nitrate de baryte. |Nitre à base de terre |
- | | |pesante. |
- |La potasse. |Nitrate de potasse, |Nitre, nitre à base |
- | |salpêtre. |d'alkali végétal, |
- | | |salpêtre. |
- | | | |
- |La soude. |Nitrate de soude. {Nitre quadrangulaire. |
- | | {Nitre à base d'alkali |
- | | {minéral. |
- | | | |
- |La chaux. |Nitrate de chaux. {Nitre calcaire, nitre à |
- | | {base terreuse. |
- | | {Eau mère de nitre ou de |
- | | {salpêtre. |
- | | | |
- |La magnésie. |Nitrate de magnésie. |Nitre à base de |
- | | |magnésie. |
- |L'ammoniaque. |Nitrate d'ammoniaque.|Nitre ammoniacal. |
- |L'alumine. |Nitrate d'alumine. |Alun nitreux, nitre |
- | | |argileux, nitre à base |
- | | |de terre d'alun. |
- |L'oxide de zinc. |Nitrate de zinc. |Nitre de zinc. |
- |L'oxide de fer. |Nitrate de fer. |Nitre de fer, nitre |
- | | |martial. |
- |L'oxide de manganèse.|Nitrate de manganèse.|Nitre de manganèse. |
- |L'oxide de cobalt. |Nitrate de cobalt. |Nitre de cobalt. |
- |L'oxide de nickel. |Nitrate de nickel. |Nitre de nickel. |
- |L'oxide de plomb. |Nitrate de plomb. |Nitre de plomb, nitre de|
- | | |saturne. |
- |L'oxide d'étain. |Nitrate d'étain. |Nitre d'étain. |
- |L'oxide de cuivre. |Nitrate de cuivre. |Nitre de cuivre, nitre |
- | | |de Vénus. |
- |L'oxide de bismuth. |Nitrate de bismuth. |Nitre de bismuth. |
- |L'oxide d'antimoine. |Nitrate d'antimoine. |Nitre d'antimoine. |
- | | | |
- |L'oxide d'arsenic. |Nitrate d'arsenic. {Nitre d'arsenic. |
- | | {Nitre arsenical. |
- | | | |
- |L'oxide de mercure. |Nitrate de mercure. {Nitre mercuriel. |
- | | {Nitre de mercure. |
- | | | |
- |L'oxide d'argent. |Nitrate d'argent. {Nitre d'argent. |
- | | {Nitre de lune, pierre |
- | | {infernale. |
- | | | |
- |L'oxide d'or. |Nitrate d'or. |Nitre d'or. |
- |L'oxide de platine. |Nitrate de platine. |Nitre de platine. |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les Acides nitreux & nitrique, & sur le Tableau de leurs
-combinaisons._
-
-
-L'ACIDE nitreux & l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les
-arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des
-décombres des vieux bâtimens & de la terre des caves, des écuries, des
-granges, & en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus
-souvent uni dans ces terres à la chaux & à la magnésie, quelquefois
-à la potasse & plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à
-l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, &
-qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite
-de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique,
-& de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie &
-l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier & dans
-le rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les
-sels nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour
-obtenir l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois
-parties de salpêtre très-pur, & une d'acide sulfurique concentré:
-on y adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de
-Woulfe, c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis
-d'eau & réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté
-_pl. IV, fig. 1_. On lutte exactement toutes les jointures, & on
-donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges,
-c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est
-point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se
-condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge
-très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se
-dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison
-qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le
-calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la
-température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une
-partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve
-converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux
-à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz
-nitreux qui étoit en excès s'échappe, & il reste de l'acide nitrique:
-mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu
-d'eau, & il y a d'ailleurs une perte considérable.
-
-On se procure de l'acide nitrique beaucoup plus concentré & avec
-infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre & de l'argile
-bien seche, & en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile
-se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en
-même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, & qui ne
-contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse
-aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on
-obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, & il
-reste de l'acide nitrique dans la cornue.
-
-On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical
-nitrique: si à vingt parties & demie en poids d'azote, on ajoute
-quarante-trois parties & demie d'oxygène, cette proportion constituera
-l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36
-autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire
-entre la première & la dernière de ces proportions, donne différentes
-espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus
-ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions
-par voie de décomposition, & je ne puis pas assurer qu'elles soient
-rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup
-de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier & par voie
-de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des
-proportions un peu différentes & dans lesquelles l'azote entre pour
-une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que
-c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, & non de l'acide nitrique; &
-cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la
-différence des résultats.
-
-Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du
-nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la
-distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide
-sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate
-barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, & forme un
-sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de
-facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être
-contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide
-muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel
-il a plus d'affinité, & se précipite sous forme de muriate d'argent
-qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille
-jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, & on
-est sûr alors de l'avoir parfaitement pur.
-
-L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus de tendance à la
-combinaison, & dont en même tems la décomposition est le plus facile.
-Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or,
-l'argent & le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène;
-quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement
-connu des Chimistes, & ses combinaisons ont été plus étudiées que
-celles d'aucun autre. MM. Macquer & Baumé ont nommé _nitres_ tous les
-sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom
-de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, & nous
-les avons appelés _nitrates_ ou _nitrites_, suivant qu'ils ont l'acide
-nitrique ou l'acide nitreux pour acide & d'après la loi générale dont
-nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une
-suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous
-avons spécifié chaque sel par le nom de sa base.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre oxygéné avec
-les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide, par
-la voie humide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide sulfurique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | 1 |La baryte. |Sulfate de baryte. |
- | 2 |La potasse. |Sulfate de potasse. |
- | 3 |La soude. |Sulfate de soude. |
- | 4 |La chaux. |Sulfate de chaux. |
- | 5 |La magnésie. |Sulfate de magnésie. |
- | 6 |L'ammoniaque. |Sulfate d'ammoniaque. |
- | 7 |L'alumine. |Sulfate d'alumine ou alun. |
- | 8 |L'oxide de zinc. |Sulfate de zinc. |
- | 9 |L'oxide de fer. |Sulfate de fer. |
- | 10 |L'oxide de manganèse. |Sulfate de manganèse. |
- | 11 |L'oxide de cobalt. |Sulfate de cobalt. |
- | 12 |L'oxide de nickel. |Sulfate de nickel. |
- | 13 |L'oxide de plomb. |Sulfate de plomb. |
- | 14 |L'oxide d'étain. |Sulfate d'étain. |
- | 15 |L'oxide de cuivre. |Sulfate de cuivre. |
- | 16 |L'oxide de bismuth. |Sulfate de bismuth. |
- | 17 |L'oxide d'antimoine. |Sulfate d'antimoine. |
- | 18 |L'oxide d'arsenic. |Sulfate d'arsenic. |
- | 19 |L'oxide de mercure. |Sulfate de mercure. |
- | 20 |L'oxide d'argent. |Sulfate d'argent. |
- | 21 |L'oxide d'or. |Sulfate d'or. |
- | 22 |L'oxide de platine. |Sulfate de platine. |
- ======================================================================
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide vitriolique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | NOMENCLATURE ANCIENNE. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | 1 |La terre pesante. |Vitriol de terre pesante, spath |
- | | |pesant. |
- | 2 |L'alkali fixe végétal.|Tartre vitriolé, sel de duobus, |
- | | |arcanum duplicatum. |
- | 3 |L'alkali fixe minéral.|Sel de Glauber. |
- | 4 |La terre calcaire. |Sélénite, gypse, vitriol calcaire. |
- | 5 |La magnésie. |Vitriol de magnésie, sel d'Epsom, |
- | | |sel de Sedlitz. |
- | 6 |L'alkali volatil. |Sel ammoniacal secret de Glauber. |
- | 7 |La terre de l'alun. |Alun. |
- | 8 |La chaux de zinc. |Vitriol blanc, vitriol de Goslard. |
- | | |Couperose blanche, vitriol de |
- | | |zinc. |
- | 9 |La chaux de fer. |Couperose verte, vitriol martial, |
- | | |vitriol de fer. |
- | 10 |La chaux de manganèse.|Vitriol de manganèse. |
- | 11 |La chaux de cobalt. |Vitriol de cobalt. |
- | 12 |La chaux de nickel. |Vitriol de nickel. |
- | 13 |La chaux de plomb. |Vitriol de plomb. |
- | 14 |La chaux d'étain. |Vitriol d'étain. |
- | 15 |La chaux de cuivre. |Vitriol de cuivre, couperose |
- | | |bleue. |
- | 16 |La chaux de bismuth. |Vitriol de bismuth. |
- | 17 |La chaux d'antimoine. |Vitriol d'antimoine. |
- | 18 |La chaux d'arsenic. |Vitriol d'arsenic. |
- | 19 |La chaux de mercure. |Vitriol de mercure. |
- | 20 |La chaux d'argent. |Vitriol d'argent. |
- | 21 |La chaux d'or. |Vitriol d'or. |
- | 22 |La chaux de platine. |Vitriol de platine. |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide sulfurique & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-ON a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate
-de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette
-distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le
-quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par
-la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui
-qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la
-combustion du soufre & son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou
-nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, & fournit au
-soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide.
-Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du
-soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que
-pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1º.
-parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, & que l'air dans lequel se
-fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique;
-2º. parce que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs, met
-obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on brûle
-le mêlange de soufre & de salpêtre dans de grandes chambres dont les
-parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un peu d'eau
-au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se débarrasse
-ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique qu'on a obtenu
-dans de grandes cornues: on distille à un degré de chaleur modéré; il
-passe une eau légèrement acide, & il reste dans la cornue de l'acide
-sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane, sans odeur, &
-il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit la combustion
-du soufre, & on accéléreroit la fabrication de l'acide sulfurique,
-si on introduisoit dans les grandes chambres doublées de plomb où se
-fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets qu'on dirigeroit
-sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique par de longs canaux
-ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit en contact avec de
-l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide sulfureux ou acide
-sulfurique qu'il pourroit contenir.
-
-Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre
-en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties
-d'acide sulfurique. Suivant une seconde expérience faite par une autre
-méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour former la
-même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec.
-
-Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant
-qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles
-de décomposer une portion de l'acide, & de lui enlever assez d'oxygène
-pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à
-l'argent, au mercure & même au fer & au zinc, quand on les fait
-dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré & bouillant. Ces métaux
-s'oxident & se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à
-l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état
-d'acide sulfureux, & il se dégage alors sous la forme de gaz acide
-sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre
-que le fer & le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme
-ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au
-soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument
-insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc & du fer:
-ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau;
-ils s'oxident à ses dépens, & deviennent alors dissolubles dans
-l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases
-salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms |
- | | | des sel neutres. |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons |La baryte. |Sulfite de baryte. |
- |de l'acide |La potasse. |Sulfite de potasse. |
- |sulfureux |La soude. |Sulfite de soude. |
- |avec: |La chaux. |Sulfite de chaux. |
- | |La magnésie. |Sulfite de magnésie. |
- | |L'ammoniaque. |Sulfite d'ammoniaque. |
- | |L'alumine. |Sulfite d'alumine. |
- | |L'oxide de zinc. |Sulfite de zinc. |
- | |L'oxide de fer. |Sulfite de fer. |
- | |L'oxide de manganèse. |Sulfite de manganèse. |
- | |L'oxide de cobalt. |Sulfite de cobalt. |
- | |L'oxide de nickel. |Sulfite de nickel. |
- | |L'oxide de plomb. |Sulfite de plomb. |
- | |L'oxide d'étain. |Sulfite d'étain. |
- | |L'oxide de cuivre. |Sulfite de cuivre. |
- | |L'oxide de bismuth. |Sulfite de bismuth. |
- | |L'oxide d'antimoine. |Sulfite d'antimoine. |
- | |L'oxide d'arsenic. |Sulfite d'arsenic. |
- | |L'oxide de mercure. |Sulfite de mercure. |
- | |L'oxide d'argent. |Sulfite d'argent. |
- | |L'oxide d'or. |Sulfite d'or. |
- | |L'oxide de platine. |Sulfite de platine. |
- ==============================================================
-
- _Nota._ Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que
- le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le
- nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que
- nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit:
- _Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux
- de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base
- de terre calcaire._
-
- On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M.
- Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des
- alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux;
- mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides
- métalliques.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-L'ACIDE sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la
-combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion
-de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1º. en
-faisant brûler du soufre lentement, 2º. en distillant de l'acide
-sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou
-du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe
-dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans
-l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous
-vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un
-très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide:
-l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz
-acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide
-muriatique.
-
-C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop
-répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les
-acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant
-déjà dépouillé d'une grande partie de l'oxygène nécessaire pour le
-constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à
-en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut
-les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par
-une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans
-l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité.
-Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre
-des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela
-même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de
-véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des
-sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu
-dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux,
-ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles
-de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après
-cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé
-devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le
-plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette
-distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à
-tous les autres sulfates métalliques.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier degré
-d'oxygénation, & qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les
-bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ===============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |-------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons |La chaux. |Phosphite de chaux. |
- |de l'acide |La baryte. |Phosphite de baryte. |
- |phosphoreux |La magnésie. |Phosphite de magnésie. |
- |avec: |La potasse. |Phosphite de potasse. |
- | |La soude. |Phosphite de soude. |
- | |L'ammoniaque. |Phosphite d'ammoniaque. |
- | |L'alumine. |Phosphite d'alumine. |
- | |L'oxide de zinc. |Phosphite de zinc. * |
- | |L'oxide de fer. |Phosphite de fer. |
- | |L'oxide de manganèse.|Phosphite de manganèse. |
- | |L'oxide de cobalt. |Phosphite de cobalt. |
- | |L'oxide de nickel. |Phosphite de nickel. |
- | |L'oxide de plomb. |Phosphite de plomb. |
- | |L'oxide d'étain. |Phosphite d'étain. |
- | |L'oxide de cuivre. |Phosphite de cuivre. |
- | |L'oxide de bismuth. |Phosphite de bismuth. |
- | |L'oxide d'antimoine. |Phosphite d'antimoine. |
- | |L'oxide d'arsenic. |Phosphite d'arsenic. |
- | |L'oxide de mercure. |Phosphite de mercure. |
- | |L'oxide d'argent. |Phosphite d'argent. |
- | |L'oxide d'or. |Phosphite d'or. |
- | |L'oxide de platine. |Phosphite de platine. |
- ===============================================================
-
- * L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore
- absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles
- de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés
- d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé.
-
- Aucuns de ces sels n'avoient été nommés.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou Acide
-phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur
-affinité avec cet acide *._
-
-
- ===============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |-------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons |La chaux. |Phosphate de chaux. |
- |de l'acide |La baryte. |Phosphate de baryte. |
- |phosphorique |La magnésie. |Phosphate de magnésie. |
- |avec: |La potasse. |Phosphate de potasse. |
- | |La soude. |Phosphate de soude. |
- | |L'ammoniaque. |Phosphate d'ammoniaque. |
- | |L'alumine. |Phosphate d'alumine. |
- | |L'oxide de zinc. |Phosphate de zinc. |
- | |L'oxide de fer. |Phosphate de fer. |
- | |L'oxide de manganèse.|Phosphate de manganèse. |
- | |L'oxide de cobalt. |Phosphate de cobalt. |
- | |L'oxide de nickel. |Phosphate de nickel. |
- | |L'oxide de plomb. |Phosphate de plomb. |
- | |L'oxide d'étain. |Phosphate d'étain. |
- | |L'oxide de cuivre. |Phosphate de cuivre. |
- | |L'oxide de bismuth. |Phosphate de bismuth. |
- | |L'oxide d'antimoine. |Phosphate d'antimoine. |
- | |L'oxide d'arsenic. |Phosphate d'arsenic. |
- | |L'oxide de mercure. |Phosphate de mercure. |
- | |L'oxide d'argent. |Phosphate d'argent. |
- | |L'oxide d'or. |Phosphate d'or. |
- | |L'oxide de platine. |Phosphate de platine. |
- ===============================================================
-
- * La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu de tems,
- & n'avoient point encore été nommés.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs
-combinaisons._
-
-
-ON a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte
-de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière
-dont il existe dans les végétaux & dans les animaux.
-
-Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt
-de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire
-brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en
-y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2
-fois 1/2 son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en
-faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur
-de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui
-attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir
-ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins
-oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement
-lente, & le laisser tomber en quelque façon en _déliquium_ à l'air
-dans un entonnoir placé sur un flacon de cristal. Au bout de quelques
-jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, à mesure
-qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de l'air, &
-a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit au surplus
-aisément en acide phosphorique par une simple exposition à l'air
-long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande affinité
-avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide muriatique
-oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu dispendieux
-d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par l'acide
-nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon de
-cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait
-chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits
-morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même
-tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On
-continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se
-dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les
-dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique
-dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme
-liquide.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou Acide
-carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide *._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide carbonique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | NOMS DES SELS NEUTRES. |
- | Noms des bases. |----------------------------------------------|
- | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. |
- | | nouvelle. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Carbonate | |
- | | | |
- |La baryte. |de baryte. |Terre pesante aérée ou |
- | | |effervescente. |
- |La chaux. |de chaux. |Terre calcaire, spath calcaire,|
- | | |craie. |
- |La potasse. |de potasse. |Alkali fixe végétal |
- | | |effervescent, méphite de |
- | | |potasse. |
- |La soude. |de soude. |Alkali fixe minéral |
- | | |effervescent, méphite de soude.|
- |La magnésie. |de magnésie. |Magnésie effervescente, base |
- | | |du sel d'Epsom effervescente, |
- | | |méphite de magnésie. |
- |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Alkali volatil effervescent, |
- | | |méphite d'ammoniaque. |
- |L'alumine. |d'alumine. |Méphite argileux, terre d'alun |
- | | |aérée. |
- |L'oxide de zinc. |de zinc. |Zinc spathique, méphite de |
- | | |zinc. |
- |L'oxide de fer. |de fer |Fer spathique, méphite de fer. |
- |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Méphite de manganèse. |
- |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Méphite de cobalt. |
- |L'oxide de nickel. |de nickel. |Méphite de nickel. |
- |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb spathique ou méphite de |
- | | |plomb. |
- |L'oxide d'étain. |d'étain. |Méphite d'étain. |
- |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Méphite de cuivre. |
- |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Méphite de bismuth. |
- |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Méphite d'antimoine. |
- |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Méphite d'arsenic. |
- |L'oxide de mercure. |de mercure. |Méphite de mercure. |
- |L'oxide d'argent. |d'argent. |Méphite d'argent. |
- |L'oxide d'or. |d'or. |Méphite d'or. |
- |L'oxide de platine. |de platine. |Méphite de platine. |
- ======================================================================
-
- * Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques années, il
- n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature ancienne.
- On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que M. de
- Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. M.
- Bergman désignoit les bases saturées de cet acide par l'épithète
- _aérée_; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire
- saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide
- crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui
- résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-DE tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est
-peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature.
-Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes
-les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une
-terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de
-ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique,
-ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a
-l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est
-produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz
-dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun
-des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé
-jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en
-résulte un acide extrêmement foible.
-
-On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant
-de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite
-portion d'alkool en dissolution.
-
-Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence
-former artificiellement cet acide, en brûlant du charbon dans du gaz
-oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide
-métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine
-avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre
-reparoît sous sa forme métallique.
-
-C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait
-eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme
-de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons,
-l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes.
-
-Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu
-dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour
-l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de
-carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne
-le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit
-employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins
-aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que
-changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible
-d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire,
-c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des
-matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou Acide
-muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide muriatique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | NOMS DES SELS NEUTRES. |
- | Noms des bases. |----------------------------------------------|
- | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. |
- | | nouvelle. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Muriate | |
- | | | |
- |La baryte. |de baryte. |Sel marin à base de terre |
- | | |pesante. |
- | | | |
- |La potasse. |de potasse. {Sel fébrifuge de Sylvius. |
- | | {Sel marin à base d'alkali |
- | | {fixe végétal. |
- | | | |
- |La soude. |de soude. |Sel marin. |
- | | | |
- |La chaux. |de chaux. {Sel marin à base terreuse. |
- | | {Huile de chaux. |
- | | | |
- |La magnésie. |de magnésie. |Sel d'Epsom marin, sel marin |
- | | |à base de sel d'Epsom ou de |
- | | |magnésie. |
- |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Sel ammoniac. |
- |L'alumine. |d'alumine. |Alun marin, sel marin à base |
- | | |de terre d'alun. |
- |L'oxide de zinc. |de zinc. |Sel marin de zinc. |
- |L'oxide de fer. |de fer. |Sel de fer, sel marin |
- | | |martial. |
- |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Sel marin de manganèse. |
- |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Sel marin de cobalt. |
- |L'oxide de nickel. |de nickel. |Sel marin de nickel. |
- |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb corné. |
- | | | |
- |L'oxide d'étain. {d'étain fumant. |Liqueur fumante de Libavius. |
- | {d'étain solide. |Beurre d'étain solide. |
- | | | |
- |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Sel marin de cuivre. |
- |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Sel marin de bismuth. |
- |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Sel marin d'antimoine. |
- |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Sel marin d'arsenic. |
- | | | |
- |L'oxide de mercure. {de mercure doux.{Mercure sublimé doux, |
- | { {_aquila alba_. |
- | {de mercure {Mercure sublimé corrosif. |
- | {corrosif. { |
- | | | |
- |L'oxide d'argent. |d'argent. |Argent corné. |
- |L'oxide d'or. |d'or. |Sel marin d'or. |
- |L'oxide de platine. |de platine. |Sel marin de platine. |
- ======================================================================
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec les
-différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible de
-s'unir._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | NOMS DES SELS NEUTRES. |
- | Noms des bases. |----------------------------------------------|
- | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature |
- | | | ancienne. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La baryte. |Muriate oxygéné de baryte. }Cet ordre de |
- |La potasse. |Muriate oxygéné de potasse. }sels qui étoit |
- |La soude. |Muriate oxygéné de soude. }absolument |
- |La chaux. |Muriate oxygéné de chaux. }inconnu aux |
- |La magnésie. |Muriate oxygéné de magnésie. }anciens, a été |
- |L'alumine. |Muriate oxygéné d'alumine. }découvert en |
- |L'oxide de zinc. |Muriate oxygéné de zinc. }1786 par |
- |L'oxide de fer. |Muriate oxygéné de fer. }M. Berthollet. |
- |L'oxide de manganèse.|Muriate oxygéné de manganèse.} |
- |L'oxide de cobalt. |Muriate oxygéné de cobalt. } |
- |L'oxide de nickel. |Muriate oxygéné de nickel. } |
- |L'oxide de plomb. |Muriate oxygéné de plomb. } |
- |L'oxide d'étain. |Muriate oxygéné d'étain. } |
- |L'oxide de cuivre. |Muriate oxygéné de cuivre. } |
- |L'oxide de bismuth. |Muriate oxygéné de bismuth. } |
- |L'oxide d'antimoine. |Muriate oxygéné d'antimoine. } |
- |L'oxide d'arsenic. |Muriate oxygéné d'arsenic. } |
- |L'oxide de mercure. |Muriate oxygéné de mercure. } |
- |L'oxide d'argent. |Muriate oxygéné d'argent. } |
- |L'oxide d'or. |Muriate oxygéné d'or. } |
- |L'oxide de platine. |Muriate oxygéné de platine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-L'ACIDE muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral:
-il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la
-chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans
-l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément
-uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas
-avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique;
-en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical:
-ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le
-principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce
-radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que
-l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par
-la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer
-qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans
-doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après
-des preuves.
-
-L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles
-il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement
-par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le
-procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même
-objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil,
-il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la
-distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie
-d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une
-cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte
-un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou
-trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes,
-à la manière de M. Woulfe. La _figure 1, planche IV_, représente
-cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on
-introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la
-referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de
-l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la
-température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit
-donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec
-laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande
-proportion à celle contenue dans les bouteilles adaptées au ballon;
-& lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les anciens
-appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons aujourd'hui
-acide muriatique.
-
-Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant
-qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle
-dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide
-de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se
-forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut
-exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état
-gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi
-grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine
-proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète.
-L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M.
-Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables;
-les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone &
-avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant
-plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate
-oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par
-son expansion à des explosions très-dangereuses.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec les bases
-salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que les affinités
-de cet acide ne sont point assez connues._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms | Noms des sels neutres. |
- | | des bases. | |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Nitro-muriate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Nitro-muriate d'ammoniaque.|
- |nitro-muriatique {L'antimoine. |Nitro-muriate d'antimoine. |
- |avec: {L'argent. |Phosphate de potasse. |
- | {L'arsenic. |Nitro-muriate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Nitro-muriate de baryte. |
- | {Le bismuth. |Nitro-muriate de bismuth. |
- | {La chaux. |Nitro-muriate de chaux. |
- | {Le cobalt. |Nitro-muriate de cobalt. |
- | {Le cuivre. |Nitro-muriate de cuivre. |
- | {L'étain. |Nitro-muriate d'étain. |
- | {Le fer. |Nitro-muriate de fer. |
- | {La magnésie. |Nitro-muriate de magnésie. |
- | {Le manganèse. |Nitro-muriate de manganèse.|
- | {Le mercure. |Nitro-muriate de mercure. |
- | {Le molybdène. |Nitro-muriate de molybdène.|
- | {Le nickel. |Nitro-muriate de nickel. |
- | {L'or. |Nitro-muriate d'or. |
- | {Le platine. |Nitro-muriate de platine. |
- | {Le plomb. |Nitro-muriate de plomb. |
- | {La potasse. |Nitro-muriate de potasse. |
- | {La soude. |Nitro-muriate de soude. |
- | {Le tungstène. |Nitro-muriate de tungstène.|
- | {Le zinc. |Nitro-muriate de zinc. |
- ==============================================================
-
- _Nota._ La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide
- nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées,
- on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se
- séparent pour former deux sels distincts.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-L'ACIDE nitro-muriatique, anciennement appelé _eau régale_, est formé
-par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux
-de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il
-en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières
-qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de
-dissoudre l'or & le platine.
-
-Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les
-autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils
-s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en
-même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a
-encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable,
-& il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent;
-il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe une
-assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. J'ai eu
-occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le platine &
-que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide nitro-muriatique.
-
-J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de
-l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène
-de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique
-oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs
-faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant
-chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz
-nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc
-à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, &
-j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou Acide
-fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide fluorique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | NOMS DES SELS NEUTRES. |
- | Noms des bases. |--------------------------------------------|
- | | Nomenclature | Nomenclat. ancienne. |
- | | nouvelle. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La chaux. |Fluate de chaux. }Toutes ces |
- |La baryte. |Fluate de baryte. }combinaisons ont été |
- |La magnésie. |Fluate de magnésie. }inconnues aux anciens |
- |La potasse. |Fluate de potasse. }Chimistes. |
- |La soude. |Fluate de soude. } |
- |L'ammoniaque. |Fluate d'ammoniaque. } |
- | | } |
- |L'oxide de zinc. |Fluate de zinc. } |
- |L'oxide de manganèse. |Fluate de manganèse. } |
- |L'oxide de fer. |Fluate de fer. } |
- |L'oxide de plomb. |Fluate de plomb. } |
- |L'oxide d'étain. |Fluate d'étain. } |
- |L'oxide de cobalt. |Fluate de cobalt. } |
- |L'oxide de cuivre. |Fluate de cuivre. } |
- |L'oxide de nickel. |Fluate de nickel. } |
- |L'oxide d'arsenic. |Fluate d'arsenic. } |
- |L'oxide de bismuth. |Fluate de bismuth. } |
- |L'oxide de mercure. |Fluate de mercure. } |
- |L'oxide d'argent. |Fluate d'argent. } |
- |L'oxide d'or. |Fluate d'or. } |
- |L'oxide de platine. |Fluate de platine. } |
- |_Et par la voie sèche._| } |
- |L'alumine. |Fluate d'alumine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-LA nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor,
-spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre
-calcaire, & forme un sel insoluble.
-
-Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison,
-on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb;
-on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un
-récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une
-chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient,
-à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme
-de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on
-peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au
-mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux,
-le gaz acide carbonique.
-
-On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux
-métalliques, parce que l'acide fluorique dissout le verre & la terre
-siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux substances, &
-il les enlève avec lui dans l'état de gaz.
-
-C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet
-acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité
-considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide
-particulier & _sui generis_.
-
-M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M.
-Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les
-propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la
-dernière main à ce travail.
-
-Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature
-du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore
-parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la
-nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet
-égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on
-pourroit espérer quelque succès.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec les
-différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de s'unir
-dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Borate de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Borate de baryte. |
- |boracique {La magnésie. |Borate de magnésie. |
- |avec: {La potasse. |Borate de potasse. |
- | {La soude. |Borate de soude, ou borax.|
- | {L'ammoniaque. |Borate d'ammoniaque. |
- | {L'oxide de zinc. |Borate de zinc. |
- | {L'oxide de fer. |Borate de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Borate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Borate d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Borate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Borate de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Borate de nickel. |
- | {L'oxide de mercure.|Borate de mercure. |
- | {L'alumine. |Borate d'alumine. |
- ==============================================================
-
- _Nota._ La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni
- connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de
- sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe
- végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre
- calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude &
- la chaux.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-ON donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax,
-sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait
-été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions
-très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le
-purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve
-naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans
-l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois;
-ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM.
-l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus
-à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus,
-est encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax
-étoit un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude,
-& qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a
-été long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné
-sous le nom d'acide boracique. On le rencontre quelquefois libre dans
-l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains
-& demi par pinte.
-
-Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par
-dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur
-très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide
-quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide
-boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme
-cristalline par refroidissement.
-
-On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de
-l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence
-qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le
-séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide
-boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il
-ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout
-acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux
-cristallisations successives.
-
-L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la
-propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on
-l'a dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait
-croire qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive
-n'a confirmé ce résultat; il y a apparence que si le borax contient
-quelquefois du cuivre, il lui est accidentel.
-
-Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie
-humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux
-par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par
-double affinité.
-
-Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec
-lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités
-qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable,
-lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la
-dernière, doit être placée immédiatement après la soude.
-
-Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient
-tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun
-moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène
-fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide arsenique avec
-les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide arsenique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Noms des bases | Noms des sels neutres. | Observation. |
- | salifiables. | | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La chaux. |Arseniate de chaux. }Ce genre de |
- |La baryte. |Arseniate de baryte. }sels étoit absolument|
- |La magnésie. |Arseniate de magnésie. }inconnu aux anciens. |
- |La potasse. |Arseniate de potasse. }M. Macquer, qui a |
- |La soude. |Arseniate de soude. }découvert en 1746 la |
- |L'ammoniaque. |Arseniate d'ammoniaque. }combinaison de |
- |L'oxide de zinc. |Arseniate de zinc. }l'acide arsenique |
- |L'oxide de manganèse.|Arseniate de manganèse. }avec la potasse & la |
- |L'oxide de fer. |Arseniate de fer. }soude, les avoit |
- |L'oxide de plomb. |Arseniate de plomb. }nommés sels neutres |
- |L'oxide d'étain. |Arseniate d'étain. }arsenicaux. |
- |L'oxide de cobalt. |Arseniate de cobalt. } |
- |L'oxide de cuivre. |Arseniate de cuivre. } |
- |L'oxide de nickel. |Arseniate de nickel. } |
- |L'oxyde de bismuth. |Arseniate de bismuth. } |
- |L'oxide de mercure. |Arseniate de mercure. } |
- |L'oxide d'antimoine. |Arseniate d'antimoine. } |
- |L'oxide d'argent. |Arseniate d'argent. } |
- |L'oxide d'or. |Arseniate d'or. } |
- |L'oxide de platine. |Arseniate de platine. } |
- |L'alumine. |Arseniate d'alumine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-DANS un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M.
-Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc
-d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel
-neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a
-publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une
-substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences
-plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette
-opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide
-de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se
-combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres
-moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir
-l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple
-est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids
-d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle
-est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique double du poids
-de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se
-décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic
-pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz
-nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz
-muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure
-qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret
-jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset
-est de l'acide arsenique pur.
-
-Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir
-en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a
-répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à
-distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide
-s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide
-muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on
-a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée.
-L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève
-l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique,
-& de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique
-ordinaire. On sépare ces deux acides en distillant à une chaleur
-douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe &
-l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il
-est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic.
-
-Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide
-blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point
-exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, &
-qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz
-nitreux.
-
-D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique,
-un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait
-rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se
-dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand
-nombre de bases salifiables.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide molybdique
-avec les bases salifiables, par ordre alphabétique *._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Molybdate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Molybdate d'ammoniaque. |
- |molybdique {L'oxide d'antimoine. |Molybdate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Molybdate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Molybdate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Molybdate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Molybdate de bismuth. |
- | {La chaux. |Molybdate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Molybdate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Molybdate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Molybdate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Molybdate de fer. |
- | {La magnésie. |Molybdate de magnésie. |
- | {L'oxide de manganèse.|Molybdate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Molybdate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel. |Molybdate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Molybdate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Molybdate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Molybdate de plomb. |
- | {La potasse. |Molybdate de potasse. |
- | {La soude. |Molybdate de soude. |
- | {Le zinc. |Molybdate de zinc. |
- ==============================================================
-
-
- * On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on
- ne connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes
- bases. C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide,
- comme de beaucoup d'autres.
-
- _Nota._ Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, &
- n'avoit point encore été nommée.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-LE MOLYBDÈNE est une substance métallique particulière, qui est
-susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable
-acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie
-de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est
-un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties
-d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille.
-L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le
-soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide
-sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion
-& jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs
-rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins
-par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche,
-pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut,
-sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette
-précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions
-d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide tungstique
-avec les bases salifiables._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Tungstate de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Tungstate de baryte. |
- |tungstique {La magnésie. |Tungstate de magnésie. |
- |avec: {La potasse. |Tungstate de potasse. |
- | {La soude. |Tungstate de soude. |
- | {L'ammoniaque. |Tungstate d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Tungstate d'alumine. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Tungstate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Tungstate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Tungstate d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Tungstate de bismuth. |
- | {L'oxide de cobalt. |Tungstate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Tungstate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Tungstate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Tungstate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse.|Tungstate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Tungstate de mercure. |
- | {L'oxide de molybdène.|Tungstate de molybdène. |
- | {L'oxide de nickel. |Tungstate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Tungstate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Tungstate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Tungstate de plomb. |
- | {L'oxide de zinc. |Tungstate de zinc. |
- ==============================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-ON donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été
-souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du
-rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède
-6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc
-perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la
-Saxe & en Bohême.
-
-Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre
-fréquemment dans les mines de Cornouailles.
-
-Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans
-ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la
-mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction
-d'acide: il y est uni à la chaux.
-
-Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène
-avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le
-mêlange dans un creuset. Lorsque la matière est refroidie, on la
-met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis
-on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle
-il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se
-précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide
-nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il
-ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est
-complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il
-faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un
-creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les
-produits, & altéreroit la pureté de l'acide.
-
-Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont
-point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par
-ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les
-a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute
-cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou Acide
-tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ==============================================================
- | | Noms des bases. | NOMS DES SEL NEUTRES. |
- | | salifiables. |------------------------|
- | | | Nomenclature nouvelle. |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Tartrite de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Tartrite de baryte. |
- |tartareux {La magnésie. |Tartrite de magnésie. |
- |avec: {La potasse. |Tartrite de potasse. |
- | {La soude. |Tartrite de soude. |
- | {L'ammoniaque. |Tartrite d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Tartrite d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Tartrite de zinc. |
- | {L'oxide de fer. |Tartrite de fer. |
- | {L'oxide de manganèse.|Tartrite de manganèse. |
- | {L'oxide de cobalt. |Tartrite de cobalt. |
- | {L'oxide de nickel. |Tartrite de nickel. |
- | {L'oxide de plomb. |Tartrite de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Tartrite d'étain. |
- | {L'oxide de cuivre. |Tartrite de cuivre. |
- | {L'oxide de bismuth. |Tartrite de bismuth. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Tartrite d'antimoine. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Tartrite d'arsenic. |
- | {L'oxide d'argent. |Tartrite d'argent. |
- | {L'oxide de mercure. |Tartrite de mercure. |
- | {L'oxide d'or. |Tartrite d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Tartrite de platine. |
- ==============================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-TOUT le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans
-lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un
-acide particulier _sui generis_, combiné avec la potasse, mais de
-manière que l'acide est dans un excès considérable.
-
-C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir
-l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus
-d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence
-de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante,
-& d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le
-tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe
-au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en
-sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche;
-après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois
-son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur
-douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique
-s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se
-trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité
-de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la
-liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter
-les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous
-les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient
-l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent
-environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire
-pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré
-qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau.
-
-Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui
-avons conservé la terminaison en _eux_, & nous avons nommé _tartrites_
-le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables.
-
-La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou
-hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide
-oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que
-l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en assez
-grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit en
-acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est
-probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces
-conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la
-seule cause qui constitue la différence de ces acides.
-
-L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est
-susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel
-avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous
-avons nommé _tartrite acidule de potasse_. La même combinaison donne
-par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous
-nommons simplement _tartrite de potasse_, & qui est connu en pharmacie
-sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à
-saturation, donne un _tartrite de soude_ connu sous le nom de sel de
-seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou Acide malique
-avec les bases salifiables par ordre alphabétique._
-
-
- ==============================================================
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. |------------------------|
- | | | Nomenclature nouvelle. |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Malate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Malate d'ammoniaque. |
- |malique {L'oxide d'antimoine. |Malate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Malate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Malate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Malate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Malate de bismuth. |
- | {La chaux. |Malate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Malate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Malate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Malate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Malate de fer. |
- | {La magnésie. |Malate de magnésie. |
- | {L'oxide de manganèse.|Malate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Malate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel. |Malate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Malate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Malate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Malate de plomb. |
- | {La potasse. |Malate de potasse. |
- | {La soude. |Malate de soude. |
- | {L'oxide de zinc. |Malate de zinc. |
- ==============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-L'ACIDE malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides,
-mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour
-l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse
-ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite
-de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide
-malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce
-précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi
-on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique,
-s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu
-soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre
-& en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec
-l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près
-le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a
-porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre imparfait. Il est
-plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide
-acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical,
-qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On
-peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide
-nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme
-point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement
-deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement
-même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de
-verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite &
-de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il
-se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution.
-Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par
-l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide
-sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le
-jus des pommes.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou Acide
-citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
-cet acide *._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide citrique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Noms des bases | Noms des sels | Observation. |
- | salifiables. | neutres. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La baryte. |Citrate de baryte. }Toutes ces |
- |La chaux. |Citrate de chaux. }combinaisons étoient |
- |La magnésie. |Citrate de magnésie. }inconnues aux |
- |La potasse. |Citrate de potasse. }anciens chimistes. |
- |La soude. |Citrate de soude. } |
- |L'ammoniaque. |Citrate d'ammoniaque. } |
- |L'oxide de zinc. |Citrate de zinc. } |
- |L'oxide de manganèse.|Citrate de manganèse. } |
- |L'oxide de fer. |Citrate de fer. } |
- |L'oxide de plomb. |Citrate de plomb. } |
- |L'oxide de cobalt. |Citrate de cobalt. } |
- |L'oxide de cuivre. |Citrate de cuivre. } |
- |L'oxide d'arsenic. |Citrate d'arsenic. } |
- |L'oxide de mercure |Citrate de mercure. } |
- |L'oxide d'antimoine. |Citrate d'antimoine. } |
- |L'oxide d'argent. |Citrate d'argent. } |
- |L'oxide d'or. |Citrate d'or. } |
- |L'oxide de platine. |Citrate de platine. } |
- |L'alumine. |Citrate d'alumine. } |
- ======================================================================
-
- * Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. Bergman & par
- M. de Breney, de l'Académie de Dijon.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-ON donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par
-expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé
-avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse
-déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel
-que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés
-au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide
-reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume.
-Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce
-que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la
-peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de
-M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en
-saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate
-calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse
-dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du
-sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre
-dans la liqueur.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, ou Acide
-pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ==================================================================
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |----------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Pyro-lignite de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Pyro-lignite de baryte. |
- |pyro-ligneux {La potasse. |Pyro-lignite de potasse. |
- |avec: {La soude. |Pyro-lignite de soude. |
- | {La magnésie. |Pyro-lignite de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Pyro-lignite d'ammoniaque. |
- | {L'oxide de zinc. |Pyro-lignite de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse. |Pyro-lignite de manganèse. |
- | {L'oxide de fer. |Pyro-lignite de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Pyro-lignite de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Pyro-lignite d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Pyro-lignite de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Pyro-lignite de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Pyro-lignite de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-lignite d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Pyro-lignite de bismuth. |
- | {L'oxide de mercure. |Pyro-lignite de mercure. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-lignite d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Pyro-lignite d'argent. |
- | {L'oxide d'or. |Pyro-lignite d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Pyro-lignite de platine. |
- | {L'alumine. |Pyro-lignite d'alumine. |
- ==================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-LES anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois,
-& sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la
-distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière;
-mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher
-la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le
-Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient
-par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est
-très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le
-rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près
-le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi
-Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de
-cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre
-qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet
-acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, ou Acide
-pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans l'ordre de
-leur affinité avec cet acide *._
-
-
- =====================================================================
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |-------------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La potasse. |Pyro-tartrite de potasse. |
- |de l'acide {La soude. |Pyro-tartrite de soude. |
- |pyro-tartareux {La baryte. |Pyro-tartrite de baryte. |
- |avec: {La chaux. |Pyro-tartrite de chaux. |
- | {La magnésie. |Pyro-tartrite de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Pyro-tartrite d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Pyro-tartrite d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Pyro-tartrite de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse. |Pyro-tartrite de manganèse. |
- | {L'oxide de fer. |Pyro-tartrite de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Pyro-tartrite de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Pyro-tartrite d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Pyro-tartrite de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Pyro-tartrite de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Pyro-tartrite de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-tartrite d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Pyro-tartrite de bismuth. |
- | {L'oxide de mercure. |Pyro-tartrite de mercure. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-tartrite d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Pyro-tartrite d'argent. |
- =====================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
- * On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais comme il a
- beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a supposées les
- mêmes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-ON donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu
-concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation.
-Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou
-tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé
-auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil
-pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide
-empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au
-moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide
-pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse
-quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient,
-n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il
-seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé
-de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette
-opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, ou Acide
-pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- =================================================================
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |---------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La potasse. |Pyro-mucite de potasse. |
- |de l'acide {La soude. |Pyro-mucite de soude. |
- |pyro-muqueux {La baryte. |Pyro-mucite de baryte. |
- |avec: {La chaux. |Pyro-mucite de chaux. |
- | {La magnésie. |Pyro-mucite de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Pyro-mucite d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Pyro-mucite d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Pyro-mucite de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse. |Pyro-mucite de manganèse. |
- | {L'oxide de fer. |Pyro-mucite de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Pyro-mucite de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Pyro-mucite d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Pyro-mucite de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Pyro-mucite de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Pyro-mucite de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-mucite d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Pyro-mucite de bismuth. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-mucite d'antimoine. |
- =================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-ON retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés
-par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent
-considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de
-la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient
-moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est
-principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement
-oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces
-taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le
-concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel:
-si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en
-acide oxalique & en acide malique.
-
-C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz
-pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand
-la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou Acide
-oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
-cet acide._
-
-
- =============================================================
- | | Noms des bases. |Noms des sels neutres.|
- | | salifiables. | |
- |-----------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Oxalate de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Oxalate de baryte. |
- |oxalique {La magnésie. |Oxalate de magnésie. |
- |avec: {La potasse. |Oxalate de potasse. |
- | {La soude. |Oxalate de soude. |
- | {L'ammoniaque. |Oxalate d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Oxalate d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Oxalate de zinc. |
- | {L'oxide de fer. |Oxalate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Oxalate de manganèse. |
- | {L'oxide de cobalt. |Oxalate de cobalt. |
- | {L'oxide de nickel. |Oxalate de nickel. |
- | {L'oxide de plomb. |Oxalate de plomb. |
- | {L'oxide de cuivre. |Oxalate de cuivre. |
- | {L'oxide de bismuth. |Oxalate de bismuth. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Oxalate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Oxalate d'arsenic. |
- | {L'oxide de mercure. |Oxalate de mercure. |
- | {L'oxide d'argent. |Oxalate d'argent. |
- | {L'oxide d'or. |Oxalate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Oxalate de platine. |
- =============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons._
-
-L'ACIDE oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne;
-il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses
-cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie
-saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à
-proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on
-veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y
-parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical
-oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit
-parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se
-produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de
-gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme
-des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur
-un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique
-dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la
-pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait
-cristalliser une seconde fois.
-
-L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en
-l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique,
-par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu
-plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le
-convertit en acide acéteux ou vinaigre.
-
-L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a,
-comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un
-grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des
-sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel
-d'oseille oxalate acidule de potasse.
-
-Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes.
-M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des
-Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave:
-mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la
-potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide
-qu'on forme par l'oxygénation du sucre.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un premier
-degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre de leur
-affinité avec cet acide._
-
-
- ==============================================================
- | NOMENCLATURE NOUVELLE. |
- |------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases | Noms des sels |
- | | salifiables. | neutres. |
- |------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons de {La baryte. |Acétite de baryte. |
- |l'acide acéteux {La potasse. |Acétite de potasse. |
- |avec: {La soude. |Acétite de soude. |
- | {La chaux. |Acétite de chaux. |
- | {La magnésie. |Acétite de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Acétite d'ammoniaque.|
- | {L'oxide de zinc. |Acétite de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse.|Acétite de manganèse.|
- | {L'oxide de fer. |Acétite de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Acétite de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Acétite d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Acétite de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Acétite de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Acétite de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Acétite d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Acétite de bismuth. |
- | {L'oxide de mercure. |Acétite de mercure. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Acétite d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Acétite d'argent. |
- | {L'oxide d'or. |Acétite d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Acétite de platine. |
- | {L'alumine. |Acétite d'alumine. |
- ==============================================================
-
-
- ======================================================================
- | NOMENCLATURE ANCIENNE. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La terre pesante. |Inconnue des anciens. La |
- |de l'acide { |découverte en est due à M. de |
- |du vinaigre { |Morveau qui l'a nommée _acète |
- |avec: { |barotique_. |
- | | | |
- | {L'alkali fixe végétal. |Terre foliée de tartre |
- | { |très-secrète de Muller, arcane|
- | { |de tartre de Basile Valentin, |
- | { |& de Paracelse, Magistère |
- | { |purgatif de tartre de |
- | { |Schroëder, sel essentiel de |
- | { |vin de Zwelfer, tartre |
- | { |régénéré de Tachénius, sel |
- | { |diurétique de Sylvius, de |
- | { |Wilson. |
- | | | |
- | {L'alkali fixe minéral. |Terre foliée à base d'alkali |
- | { |minéral, terre foliée |
- | { |minérale, terre foliée |
- | { |cristallisable, sel acéteux |
- | { |minéral. |
- | | | |
- | {La terre calcaire. |Sel de craie, sel de corail, |
- | { |sel d'yeux d'écrevisses; |
- | { |Hartman en a fait mention. |
- | | | |
- | {La base du sel d'epsom.|Inconnue des anciens; |
- | { |M. Wenzel est le premier qui |
- | { |en ait parlé. |
- | | | |
- | {L'alkali volatil. |Esprit de Mendérérus ou de |
- | { |Menderet, sel acéteux |
- | { |ammoniacal. |
- | | | |
- | {La chaux de zinc. |Cette combinaison a été connue|
- | { |de Glauber, Schwedemberg, |
- | { |Respour, Pott, de M. de |
- | { |Lassone, & de M. Wenzel, mais |
- | { |ils ne l'ont pas désignée par |
- | { |un nom particulier. |
- | | | |
- | {La chaux de manganèse. |Inconnue des anciens. |
- | | | |
- | {La chaux de fer. |Vinaigre martial. Cette |
- | { |combinaison a été décrite |
- | { |par Scheffer, par MM. Monnet, |
- | { |Wenzel & le Duc d'Ayen. |
- | | | |
- | {La chaux de plomb. |Sucre de Saturne, vinaigre de |
- | { |Saturne, sel de Saturne. |
- | | | |
- | {La chaux d'étain. |Cette combinaison a été connue|
- | { |de MM. Lémery, Margraff, |
- | { |Monnet, Weslendorf & Wenzel, |
- | { |mais ils ne lui ont pas donné |
- | { |de nom. |
- | | | |
- | {La chaux de cobalt. |Encre de simpathie de |
- | { |M. Cadet. |
- | | | |
- | {La chaux de cuivre. |Verd de gris, cristaux de |
- | { |verdet, cristaux de Vénus, |
- | { |verdet, verdet distillé. |
- | | | |
- | {La chaux de nickel. |Inconnue des anciens. |
- | | | |
- | {La chaux d'arsenic. |Liqueur fumante, |
- | { |arsenico-acéteuse, ou |
- | { |phosphore liquide de M. Cadet.|
- | | | |
- | {La chaux de bismuth. |Sucre de bismuth de |
- | { |M. Geoffroi. Cette combinaison|
- | { |a été connue de MM. Gellert, |
- | { |Pott, Weslendorf, Bergman & de|
- | { |Morveau. |
- | | | |
- | {La chaux de mercure. |Terre foliée mercurielle. |
- | { |M. Gebaver a fait mention en |
- | { |1748, de cette combinaison; |
- | { |elle a été décrite par |
- | { |MM. Hellot, Margraff, Baumé, |
- | { |Navier, Monnet, Wenzel: c'est |
- | { |le fameux reméde anti-vénérien|
- | { |de Keyser. |
- | | | |
- | {La chaux d'antimoine. | |
- | | | |
- | {La chaux d'argent. |Inconnue des anciens, décrite |
- | { |par MM. Margraff, Monnet & |
- | { |Wenzel. |
- | | | |
- | {La chaux d'or. |Cette combinaison est peu |
- | { |connue, Schroëder & Juncker en|
- | { |ont fait mention. |
- | | | |
- | {La chaux de platine. |Cette combinaison est |
- | { |inconnue. |
- | | | |
- | {L'alumine. |Le vinaigre ne dissout, comme |
- | { |s'en est assuré M. Wenzel, que|
- | { |très-peu d'alumine. |
- ======================================================================
-
- * Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite
- de potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre &
- celui de plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M.
- Cadet, (voyez tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement
- à M. Wenzel, aux Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à
- M. Proust, la connoissance que nous avons des propriétés des
- autres acétites. Il seroit possible que le radical acéteux, outre
- l'hydrogène & le carbone, contînt encore un peu d'azote. Il y a lieu
- de le soupçonner d'après la propriété qu'a l'acétite de potasse de
- donner de l'ammoniaque par la distillation, à moins cependant que
- l'azote qui concoure à la formation de cette ammoniaque, ne soit dû à
- la décomposition de la potasse elle-même.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou
-Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables._
-
-
-LE radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de
-l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet
-acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide
-tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide
-malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour
-chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus
-oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi
-un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres
-acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans
-l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire
-l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce,
-en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui
-s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou
-dans d'autres matières de même nature. La partie spiritueuse du vin
-(le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est par
-cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle est
-toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut en
-conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel
-on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est
-très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de
-beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à
-une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui
-paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de
-nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation,
-n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic;
-ce dernier paroîtroit être plus oxygéné.
-
-La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux
-du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le
-concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid
-de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie
-aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux
-libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au
-degré de température & de pression dans lequel nous vivons, & que nous
-ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité d'eau.
-
-Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux:
-ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou
-l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que
-la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette
-opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à
-répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la
-possibilité de ces conversions.
-
-La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases
-salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels
-qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des
-sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en
-général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas
-même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les
-oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme
-en tient un pour le degré d'oxigénation.
-
-Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient
-oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par un second
-degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases salifiables,
-dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._
-
-
- ======================================================================
- | Combinaisons de l'acide acétique avec: |
- |--------------------------------------------------------------------|
- | Noms des bases | Noms des sels | Observation. |
- | salifiables. | neutres. | |
- |--------------------------------------------------------------------|
- |La baryte. |Acétate de baryte. }Tous ces sels étoient |
- |La potasse. |Acétate de potasse. }inconnus des anciens, & |
- |La soude. |Acétate de soude. }même aujourd'hui, les |
- |La chaux. |Acétate de chaux. }Chimistes qui sont les |
- |La magnésie. |Acétate de magnésie. }plus au courant des |
- |L'ammoniaque. |Acétate d'ammoniaque.}découvertes modernes, |
- |L'oxide de zinc. |Acétate de zinc. }ne peuvent pas prononcer|
- |L'oxide de manganèse.|Acétate de manganèse.}avec certitude, si la |
- |L'oxide de fer. |Acétate de fer. }plupart des sels acéteux|
- |L'oxide de plomb. |Acétate de plomb. }doivent être rangés dans|
- |L'oxide d'étain. |Acétate d'étain. }la classe des acétites |
- |L'oxide de cobalt. |Acétate de cobalt. }ou des acétates. |
- |L'oxide de cuivre. |Acétate de cuivre. } |
- |L'oxide de nickel. |Acétate de nickel. } |
- |L'oxide d'arsenic. |Acétate d'arsenic. } |
- |L'oxide de bismuth. |Acétate de bismuth. } |
- |L'oxide de mercure. |Acétate de mercure. } |
- |L'oxide d'antimoine. |Acétate d'antimoine. } |
- |L'oxide d'argent. |Acétate d'argent. } |
- |L'oxide d'or. |Acétate d'or. } |
- |L'oxide de platine. |Acétate de platine. } |
- |L'alumine. |Acétate d'alumine. } |
- ======================================================================
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-NOUS avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que
-nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre
-ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide
-acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre
-le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette
-conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus
-décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on
-prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux
-& de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du
-même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids
-d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un
-vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide
-acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore
-rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide
-acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de
-proportion des principes du radical.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou Acide
-succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ===============================================================
- | | Noms des bases | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La baryte. |Succinate de baryte. |
- |de l'acide {La chaux. |Succinate de chaux. |
- |succinique {La potasse. |Succinate de potasse. |
- |avec: {La soude. |Succinate de soude. |
- | {L'ammoniaque |Succinate d'ammoniaque. |
- | {La magnésie. |Succinate de magnésie. |
- | {L'alumine. |Succinate d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Succinate de zinc. |
- | {L'oxide de fer. |Succinate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Succinate de manganèse. |
- | {L'oxide de cobalt. |Succinate de cobalt. |
- | {L'oxide de nickel. |Succinate de nickel. |
- | {L'oxide de plomb. |Succinate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Succinate d'étain. |
- | {L'oxide de cuivre. |Succinate de cuivre. |
- | {L'oxide de bismuth. |Succinate de bismuth. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Succinate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Succinate d'arsenic. |
- | {L'oxide de mercure. |Succinate de mercure. |
- | {L'oxide d'argent. |Succinate d'argent. |
- | {L'oxide d'or. |Succinate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Succinate de platine. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-L'ACIDE succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par
-distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, &
-de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme
-concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin
-la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie,
-on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par
-des dissolutions & cristallisations répétées.
-
-Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution,
-mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que
-foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré
-très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des
-Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, &
-c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces
-observations.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou Acide
-benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par ordre
-alphabétique._
-
-
- ===============================================================
- | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Benzoate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Benzoate d'ammoniaque. |
- |benzoïque {La baryte. |Benzoate de baryte. |
- |avec: {La chaux. |Benzoate de chaux. |
- | {La magnésie. |Benzoate de magnésie. |
- | {La potasse. |Benzoate de potasse. |
- | {La soude. |Benzoate de soude. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Benzoate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Benzoate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Benzoate d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Benzoate de bismuth. |
- | {L'oxide de cobalt. |Benzoate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Benzoate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Benzoate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Benzoate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Benzoate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Benzoate de mercure. |
- | {L'oxide de molybdène. |Benzoate de molybdène. |
- | {L'oxide de nickel. |Benzoate de nickel. |
- | {L'oxide de plomb. |Benzoate de plomb. |
- | {L'oxide de tungstène. |Benzoate de tungstène. |
- | {L'oxide de zinc. |Benzoate de zinc. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant
- encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les
-bases salifiables._
-
-
-CET acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de
-benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy
-a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide:
-enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites
-sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne
-eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la
-chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin
-réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après
-une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de
-chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau
-de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on
-les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant
-qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on
-verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se
-fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est
-l'acide benzoïque concret.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical camphorique oxygéné, ou Acide
-camphorique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._
-
-
- ================================================================
- | | Noms des bases | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |--------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Camphorate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Camphorate d'ammoniaque. |
- |camphorique {L'oxide d'antimoine. |Camphorate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Camphorate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Camphorate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Camphorate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Camphorate de bismuth. |
- | {La chaux. |Camphorate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Camphorate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Camphorate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Camphorate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Camphorate de fer. |
- | {La magnésie. |Camphorate de magnésie. |
- | {L'oxide de manganèse. |Camphorate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Camphorate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel. |Camphorate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Camphorate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Camphorate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Camphorate de plomb. |
- | {La potasse. |Camphorate de potasse. |
- | {La soude. |Camphorate de soude. |
- | {L'oxide de zinc. |Camphorate de zinc. |
- ================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide camphorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-LE camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire
-par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine & au Japon. M.
-Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du
-camphre, & il est parvenu ainsi à l'oxygéner & à le convertir en un
-acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à
-quelques égards, & c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver,
-jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier.
-
-Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il
-n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de
-l'acide malique & plusieurs autres acides végétaux. Les expériences
-rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, & la
-plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison
-de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les
-combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc
-assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide
-oxalique & d'acide malique.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide
-gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique._
-
-
- =================================================
- | | Noms des sels neutres. |
- | Noms des bases. |------------------------|
- | | Nomenclature nouvelle. |
- |-----------------------------------------------|
- |L'alumine. |Gallate d'alumine. |
- |L'ammoniaque. |Gallate d'ammoniaque. |
- |L'oxide d'antimoine. |Gallate d'antimoine. |
- |L'oxide d'argent. |Gallate d'argent. |
- |L'oxide d'arsenic. |Gallate d'arsenic. |
- |La baryte. |Gallate de baryte. |
- |L'oxide de bismuth. |Gallate de bismuth. |
- |La chaux. |Gallate de chaux. |
- |L'oxide de cobalt. |Gallate de cobalt. |
- |L'oxide de cuivre. |Gallate de cuivre. |
- |L'oxide d'étain. |Gallate d'étain. |
- |L'oxide de fer. |Gallate de fer. |
- |La magnésie. |Gallate de magnésie. |
- |L'oxide de manganèse. |Gallate de manganèse. |
- |L'oxide de mercure. |Gallate de mercure. |
- |L'oxide de nickel. |Gallate de nickel. |
- |L'oxide d'or. |Gallate d'or. |
- |L'oxide de platine. |Gallate de platine. |
- |L'oxide de plomb. |Gallate de plomb. |
- |La potasse. |Gallate de potasse. |
- |La soude. |Gallate de soude. |
- |L'oxide de zinc. |Gallate de zinc. |
- =================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide gallique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-L'ACIDE gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle,
-soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une
-distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit
-nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette
-substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi
-toutes les combinaisons & ont donné le travail le plus complet qu'on
-eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe
-ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il
-décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont
-été préalablement dissous par un autre acide, & il les précipite sous
-différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité
-d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce
-nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne,
-le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina,
-l'écorce & la fleur de grenade, & dans beaucoup de bois & d'écorces. On
-ignore absolument quel est son radical.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou Acide
-lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._
-
-
- =================================================================
- | | | Noms des sels neutres. |
- | | Noms des bases |------------------------|
- | | salifiables. | Nomenclature |
- | | | nouvelle. |
- |---------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Lactate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Lactate d'ammoniaque. |
- |lactique {L'oxide d'antimoine. |Lactate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Lactate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Lactate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Lactate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Lactate de bismuth. |
- | {La chaux. |Lactate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Lactate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Lactate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Lactate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Lactate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Lactate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Lactate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel. |Lactate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Lactate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Lactate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Lactate de plomb. |
- | {La potasse. |Lactate de potasse. |
- | {La soude. |Lactate de soude. |
- | {L'oxide de zinc. |Lactate de zinc. |
- =================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide lactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-M. SCHÉELE est celui auquel nous devons les seules connoissances
-exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre
-dans le petit lait, & il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on
-fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume;
-on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la
-chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question & qu'on en dégage
-ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce
-dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate
-de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à
-consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide,
-& on filtre pour en séparer le sucre de lait & les autres substances
-étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul,
-que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation.
-
-Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, & forme
-avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à
-beaucoup d'égards, de l'acide acéteux.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné, ou Acide
-saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
-affinité avec cet acide._
-
-
- ================================================================
- | | Noms des bases | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. |------------------------|
- | | | Nomenclature nouvelle. |
- |--------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La chaux. |Saccholate de chaux. |
- |de l'acide {La baryte. |Saccholate de baryte. |
- |saccholactique {La magnésie. |Saccholate de magnésie. |
- |avec: {La potasse. |Saccholate de potasse. |
- | {La soude. |Saccholate de soude. |
- | {L'ammoniaque. |Saccholate d'ammoniaque.|
- | {L'alumine. |Saccholate d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Saccholate de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse.|Saccholate de manganèse.|
- | {L'oxide de fer. |Saccholate de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Saccholate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Saccholate d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Saccholate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Saccholate de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Saccholate de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Saccholate d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Saccholate de bismuth. |
- | {L'oxide de mercure. |Saccholate de mercure. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Saccholate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Saccholate d'argent. |
- ================================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide saccholactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-ON peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre
-qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, & qui est
-très-anciennement connu dans la pharmacie.
-
-Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par
-différens moyens, & principalement par sa combinaison avec l'acide
-nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on
-concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser &
-on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre
-blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis,
-avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à
-cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide
-saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait
-seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre
-des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M.
-Bergman.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou Acide
-formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ===============================================================
- | | | Noms des sels neutres. |
- | | Noms des bases |------------------------|
- | | salifiables. | Nomenclature |
- | | | nouvelle. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La baryte. |Formiate de baryte. |
- |de l'acide {La potasse. |Formiate de potasse. |
- |formique {La soude. |Formiate de soude. |
- |avec: {La chaux. |Formiate de chaux. |
- | {La magnésie. |Formiate de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Formiate d'ammoniaque. |
- | {L'oxide de zinc. |Formiate de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse. |Formiate de manganèse. |
- | {L'oxide de fer. |Formiate de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Formiate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Formiate d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Formiate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Formiate de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Formiate de nickel. |
- | {L'oxide de bismuth. |Formiate de bismuth. |
- | {L'oxide d'argent. |Formiate d'argent. |
- | {L'alumine. |Formiate d'alumine. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide formique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-L'ACIDE formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est
-le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff
-a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, & MM.
-Ardwisson & OEhrn, dans une dissertation qu'ils ont publiée à Léipsic
-en 1777.
-
-L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, _formica
-rufa_, qui habite les bois & qui y forme de grandes fourmillières. Si
-c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans
-une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on
-distille à une chaleur douce, & on trouve l'acide formique dans le
-récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis.
-
-Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis
-à l'eau froide, on les étend sur un linge, & on y passe de l'eau
-bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer
-légèrement ces insectes dans le linge, & l'acide en est plus fort. Pour
-l'obtenir pur & concentré, on le rectifie & on en sépare le phlegme par
-la gelée.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical bombique oxygéné, ou Acide
-bombique, avec les substances salifiables, par ordre alphabétique._
-
-
- ===============================================================
- | | | Noms des sels neutres. |
- | | Noms des bases |------------------------|
- | | salifiables. | Nomenclature |
- | | | nouvelle. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Bombiate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Bombiate d'ammoniaque. |
- |bombique {L'oxide d'antimoine. |Bombiate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Bombiate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Bombiate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Bombiate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Bombiate de bismuth. |
- | {La chaux. |Bombiate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Bombiate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Bombiate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Bombiate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Bombiate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Bombiate de manganèse. |
- | {La magnésie. |Bombiate de magnésie. |
- | {L'oxide de mercure. |Bombiate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel |Bombiate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Bombiate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Bombiate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Bombiate de plomb. |
- | {La potasse. |Bombiate de potasse. |
- | {La soude. |Bombiate de soude. |
- | {L'oxide de zinc. |Bombiate de zinc. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-LORSQUE le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent
-prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il
-se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit
-le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de
-l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide
-pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser
-des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se
-charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses;
-& en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez
-pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les
-affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes
-en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de
-tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone,
-d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou Acide
-sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ===============================================================
- | | | Noms des sels neutres. |
- | | Noms des bases |------------------------|
- | | salifiables. | Nomenclature |
- | | | nouvelle. |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La baryte. |Sébate de baryte. |
- |de l'acide {La potasse. |Sébate de potasse. |
- |sébacique {La soude. |Sébate de soude. |
- |avec: {La chaux. |Sébate de chaux. |
- | {La magnésie. |Sébate de magnésie. |
- | {L'ammoniaque. |Sébate d'ammoniaque. |
- | {L'alumine. |Sébate d'alumine. |
- | {L'oxide de zinc. |Sébate de zinc. |
- | {L'oxide de manganèse. |Sébate de manganèse. |
- | {L'oxide de fer. |Sébate de fer. |
- | {L'oxide de plomb. |Sébate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Sébate d'étain. |
- | {L'oxide de cobalt. |Sébate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Sébate de cuivre. |
- | {L'oxide de nickel. |Sébate de nickel. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Sébate d'arsenic. |
- | {L'oxide de bismuth. |Sébate de bismuth. |
- | {L'oxide de mercure. |Sébate de mercure. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Sébate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'argent. |Sébate d'argent. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-POUR obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans
-un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue
-continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, &
-on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la
-fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte
-sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble:
-pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait
-bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif
-se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau,
-on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser
-de nouveau & on parvient à l'avoir pur.
-
-Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le
-sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe
-clair dans le récipient.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical lithique oxygéné, ou Acide
-lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique._
-
-
- ===============================================================
- | | Noms des bases | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {L'alumine. |Lithiate d'alumine. |
- |de l'acide {L'ammoniaque. |Lithiate d'ammoniaque. |
- |lithique {L'oxide d'antimoine. |Lithiate d'antimoine. |
- |avec: {L'oxide d'argent. |Lithiate d'argent. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Lithiate d'arsenic. |
- | {La baryte. |Lithiate de baryte. |
- | {L'oxide de bismuth. |Lithiate de bismuth. |
- | {La chaux. |Lithiate de chaux. |
- | {L'oxide de cobalt. |Lithiate de cobalt. |
- | {L'oxide de cuivre. |Lithiate de cuivre. |
- | {L'oxide d'étain. |Lithiate d'étain. |
- | {L'oxide de fer. |Lithiate de fer. |
- | {La magnésie. |Lithiate de magnésie. |
- | {L'oxide de manganèse. |Lithiate de manganèse. |
- | {L'oxide de mercure. |Lithiate de mercure. |
- | {L'oxide de nickel. |Lithiate de nickel. |
- | {L'oxide d'or. |Lithiate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Lithiate de platine. |
- | {L'oxide de plomb. |Lithiate de plomb. |
- | {La potasse. |Lithiate de potasse. |
- | {La soude. |Lithiate de soude. |
- | {L'oxide de zinc. |Lithiate de zinc. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-
-LE calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman
-& de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base
-terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau
-pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent
-à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le
-refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné
-le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La
-nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a
-quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, &
-plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule
-de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la
-classe des acides particuliers.
-
-
-
-
-_TABLEAU des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou Acide
-prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
-avec cet acide._
-
-
- ===============================================================
- | | Noms des bases | Noms des sels neutres. |
- | | salifiables. | |
- |-------------------------------------------------------------|
- |Combinaisons {La potasse. |Prussiate de potasse. |
- |de l'acide {La soude. |Prussiate de soude. |
- |prussique {L'ammoniaque. |Prussiate d'ammoniaque. |
- |avec: {La chaux. |Prussiate de chaux. |
- | {La baryte. |Prussiate de baryte. |
- | {La magnésie. |Prussiate de magnésie. |
- | {L'oxide de zinc. |Prussiate de zinc. |
- | {L'oxide de fer. |Prussiate de fer. |
- | {L'oxide de manganèse. |Prussiate de manganèse. |
- | {L'oxide de cobalt. |Prussiate de cobalt. |
- | {L'oxide de nickel. |Prussiate de nickel. |
- | {L'oxide de plomb. |Prussiate de plomb. |
- | {L'oxide d'étain. |Prussiate d'étain. |
- | {L'oxide de cuivre. |Prussiate de cuivre. |
- | {L'oxide de bismuth. |Prussiate de bismuth. |
- | {L'oxide d'antimoine. |Prussiate d'antimoine. |
- | {L'oxide d'arsenic. |Prussiate d'arsenic. |
- | {L'oxide d'argent. |Prussiate d'argent. |
- | {L'oxide de mercure. |Prussiate de mercure. |
- | {L'oxide d'or. |Prussiate d'or. |
- | {L'oxide de platine. |Prussiate de platine. |
- ===============================================================
-
- _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.
-
-
-
-
-OBSERVATIONS
-
-_Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons._
-
-JE ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique,
-ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de
-toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me
-paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet
-acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui
-donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec
-presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux
-le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne
-connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de
-M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire
-qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base
-double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît,
-d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel.
-
-Quoique l'acide prussique s'unisse avec les métaux, avec les alkalis
-& avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant qu'une
-partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. Il
-seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans
-cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît
-difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette
-substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles
-expériences.
-
-
-_Fin du Tome premier._
-
-
- * * * * *
-
-
- Liste des modifications:
-
- Page 14: «prêt» remplacé par «près» (que l'éther, ... est tout près)
- Page 23: «act» par «exact» (Le moyen le plus simple & le plus exact)
- Page 24: «lorqu'on» par «lorsqu'on» (lorsqu'on les a forcées)
- Page 58: «semblable» par «semblables» (j'ai divisés dans deux capsules
- de porcelaine, semblables ...)
- Page 125: «oxygénés» par «oxygénées» (Le règne végétal... des mêmes
- bases doubles & triples, mais moins oxygénées.)
- Page 181: ajouté «de» (La nature de ces deux radicaux)
- Page 192: «Cobolt» par «Cobalt»
- Page 197: «quel-unes» par «quelques-unes» (Des expériences dont
- quelques-unes)
- Page 201: «le» par «les» (dans les rues étroites des villes)
- Page 213: «animales» par «végétales» (comme celles des matières
- végétales)
- Page 224: «outes» par «toutes» (dans presque toutes)
- Page 239: «Vitrol» par «Vitriol» (Vitriol de magnésie)
- Page 250: «aide» par «acide» (les bases saturées de cet acide)
- Page 313: «Ochrn» par «OEhrn» (MM. Ardwisson & OEhrn)
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by
-Antoine de Lavoisier
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 ***
-
-***** This file should be named 52487-0.txt or 52487-0.zip *****
-This and all associated files of various formats will be found in:
- http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52487/
-
-Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by The
-Internet Archive/American Libraries.)
-
-
-Updated editions will replace the previous one--the old editions
-will be renamed.
-
-Creating the works from public domain print editions means that no
-one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
-(and you!) can copy and distribute it in the United States without
-permission and without paying copyright royalties. Special rules,
-set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
-copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
-protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
-Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
-charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
-do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
-rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
-such as creation of derivative works, reports, performances and
-research. They may be modified and printed and given away--you may do
-practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
-subject to the trademark license, especially commercial
-redistribution.
-
-
-
-*** START: FULL LICENSE ***
-
-THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
-PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
-
-To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
-distribution of electronic works, by using or distributing this work
-(or any other work associated in any way with the phrase "Project
-Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
-Gutenberg-tm License (available with this file or online at
-http://gutenberg.org/license).
-
-
-Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
-electronic works
-
-1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
-electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
-and accept all the terms of this license and intellectual property
-(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
-the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
-all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
-If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
-Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
-terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
-entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
-
-1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
-used on or associated in any way with an electronic work by people who
-agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
-paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
-works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
-or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
-Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
-collection are in the public domain in the United States. If an
-individual work is in the public domain in the United States and you are
-located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
-copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
-works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
-are removed. Of course, we hope that you will support the Project
-Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
-freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
-this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
-the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
-keeping this work in the same format with its attached full Project
-Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
-
-1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
-what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
-a constant state of change. If you are outside the United States, check
-the laws of your country in addition to the terms of this agreement
-before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
-creating derivative works based on this work or any other Project
-Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
-the copyright status of any work in any country outside the United
-States.
-
-1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
-
-1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
-access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
-whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
-phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
-Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
-copied or distributed:
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
-from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
-posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
-and distributed to anyone in the United States without paying any fees
-or charges. If you are redistributing or providing access to a work
-with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
-work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
-through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
-Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
-1.E.9.
-
-1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
-with the permission of the copyright holder, your use and distribution
-must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
-terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
-to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
-permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
-
-1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
-License terms from this work, or any files containing a part of this
-work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
-
-1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
-electronic work, or any part of this electronic work, without
-prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
-active links or immediate access to the full terms of the Project
-Gutenberg-tm License.
-
-1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
-compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
-word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
-distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
-"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
-posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
-you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
-copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
-request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
-form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
-License as specified in paragraph 1.E.1.
-
-1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
-performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
-unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
-
-1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
-access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
-that
-
-- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
- the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
- you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
- owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
- has agreed to donate royalties under this paragraph to the
- Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
- must be paid within 60 days following each date on which you
- prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
- returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
- sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
- address specified in Section 4, "Information about donations to
- the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
-
-- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
- you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
- does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
- License. You must require such a user to return or
- destroy all copies of the works possessed in a physical medium
- and discontinue all use of and all access to other copies of
- Project Gutenberg-tm works.
-
-- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
- money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
- electronic work is discovered and reported to you within 90 days
- of receipt of the work.
-
-- You comply with all other terms of this agreement for free
- distribution of Project Gutenberg-tm works.
-
-1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
-electronic work or group of works on different terms than are set
-forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
-both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
-Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
-Foundation as set forth in Section 3 below.
-
-1.F.
-
-1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
-effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
-public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
-collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
-works, and the medium on which they may be stored, may contain
-"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
-corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
-property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
-computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
-your equipment.
-
-1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
-of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
-Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
-Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
-liability to you for damages, costs and expenses, including legal
-fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
-LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
-PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
-TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
-LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
-INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
-DAMAGE.
-
-1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
-defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
-receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
-written explanation to the person you received the work from. If you
-received the work on a physical medium, you must return the medium with
-your written explanation. The person or entity that provided you with
-the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
-refund. If you received the work electronically, the person or entity
-providing it to you may choose to give you a second opportunity to
-receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
-is also defective, you may demand a refund in writing without further
-opportunities to fix the problem.
-
-1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
-WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
-WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
-
-1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
-warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
-If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
-law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
-interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
-the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
-provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
-
-1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
-trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
-providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
-with this agreement, and any volunteers associated with the production,
-promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
-harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
-that arise directly or indirectly from any of the following which you do
-or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
-work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
-Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
-
-
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of computers
-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
-people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
-http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at
-809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
-business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
-information can be found at the Foundation's web site and official
-page at http://pglaf.org
-
-For additional contact information:
- Dr. Gregory B. Newby
- Chief Executive and Director
- gbnewby@pglaf.org
-
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To
-SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
-particular state visit http://pglaf.org
-
-While we cannot and do not solicit contributions from states where we
-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
-
-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
-
-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
-
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
-
-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
-
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
-unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
-keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
-
-
-Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
-
- http://www.gutenberg.org
-
-This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
-subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
diff --git a/old/52487-0.zip b/old/52487-0.zip
deleted file mode 100644
index 15ac5f6..0000000
--- a/old/52487-0.zip
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h.zip b/old/52487-h.zip
deleted file mode 100644
index ae3249d..0000000
--- a/old/52487-h.zip
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/52487-h.htm b/old/52487-h/52487-h.htm
deleted file mode 100644
index 0364795..0000000
--- a/old/52487-h/52487-h.htm
+++ /dev/null
@@ -1,15087 +0,0 @@
-<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN"
- "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd">
-
-<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr" lang="fr">
- <head>
- <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html;charset=utf-8" />
- <meta http-equiv="Content-Style-Type" content="text/css" />
- <title>The Project Gutenberg eBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by Antoine de Lavoisier</title>
-
- <link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" />
-
- <style type="text/css">
-
-body {margin-left: 15%; margin-right: 15%;}
-.texte {width: 600px;}
-
-p {margin-top: 0.75em; text-align: justify; margin-bottom: 0.75em; text-indent: 1.5em;}
-
-/* all headings centered */
-h1, h2, h3 {text-align: center;}
-h1 {font-size: 2em; letter-spacing: 0.25em; margin-top: 1.5em; margin-bottom: 1em;}
-h2 {font-size: 1.8em; margin-top: 1.5em; margin-bottom: 1em;}
-h3 {font-size: 1.2em; margin-top: 1.5em; margin-bottom: 1em;}
-
-.h2t1 {font-size: 120%; font-weight: lighter; word-spacing: 0.1em; letter-spacing: 0.25em;}
-.h2t2 {font-size: 80%; font-weight: lighter; word-spacing: 0.1em; letter-spacing: 0.25em;}
-.h2t3 {font-size: 70%; font-weight: lighter; word-spacing: 0.1em; letter-spacing: 0.15em;}
-.h2t4 {font-size: 60%; font-weight: lighter; word-spacing: 0.1em; letter-spacing: 0.15em;}
-
-.h3t1 {font-size: 110%; font-weight: lighter; letter-spacing: 0.3em;}
-
-hr.full {width: 100%; margin: 5em auto 5em auto; height: 0.25em;
-border-width: 0.25em 0 0 0; border-style: solid; border-color: #000000;
-clear: both;}
-hr.small {margin: 4em 35% 4em 35%; border-color: #A9A9A9; border-style: solid; clear: both;}
-hr.small2 {margin: 2em 45% 2em 45%; border-color: #000000; border-style: solid; clear: both;}
-hr.small3 {margin: 0.1em 40% 0.1em 40%; border: 1px solid #000000; clear: both; }
-hr.small4 {margin: 0.1em 31% 0em 31%; border: 1px solid #000000; clear: both;}
-
-hr.chapter {margin: 4em 20% 4em 20%; height: 8px; border: 4px double #448877; clear: both;}
-
-.smcap {font-variant: small-caps; font-size: 85%;}
-sup {font-size: 80%; vertical-align: 30%;}
-sub {font-size: 80%;}
-
-.titlepage {text-align: center; margin-top: 4em; text-indent: 0; page-break-before: always;
-page-break-after: always;}
-
-.title1 {text-align: center; font-size: 2em; word-spacing: 0.2em; letter-spacing: 0.2em; text-indent: 0em;}
-.title2 {text-align: center; font-size: 1.4em; letter-spacing: 0.2em; text-indent: 0em;}
-.title3 {text-align: center; font-size: 1.4em; letter-spacing: 0.1em;
-word-spacing: 0.2em; text-indent: 0em;}
-.title4 {text-align: center; font-size: 1em; letter-spacing: 0.2em;
-word-spacing: 0.2em; text-indent: 0em;}
-.title5 {text-align: center; font-size: 1.4em; letter-spacing: 0.1em;
-word-spacing: 0.4em; text-indent: 0em;}
-.title6 {text-align: center; font-size: 1.1em; text-indent: 0em;}
-.title7 {text-align: center; font-size: 1em; letter-spacing: 0.1em;
-word-spacing: 0.1em; text-indent: 0em;}
-
-.tablesmall {font-size: 80%;}
-.tablesmallindent {text-indent: 1.5em; font-size: 80%;}
-.nota {font-size:90%;}
-
-.center {text-align: center; text-indent: 0;}
-.center2 {text-align: center; font-size: 105%; text-indent: 0; margin-top: 2em;}
-
-.partie1 {font-size: 1.8em; word-spacing: 0.2em; text-align: center; text-indent: 0em;}
-.partie2 {font-size: 1.1em; word-spacing: 0.2em; text-align: center; text-indent: 0em;}
-.sommaire {text-align: center; margin-top: 1em; margin-bottom: 1em; text-indent: 0em;}
-
-.experience1 {text-align: center; margin-top: 1.4em; font-size: 1em; letter-spacing: 0.2em;
-word-spacing: 0.2em; text-indent: 0em;}
-.experience2 {text-align: center; font-size: 1em; letter-spacing: 0.1em;
-word-spacing: 0.1em; text-indent: 0em;}
-
-.blockquote {margin: 1em 8% 1em 8%; font-size: 100%;}
-.br {margin-top: 1.5em;}
-.hang {text-indent: -1.5em; margin-left: 1.5em;}
-.noindent {text-indent: 0em;}
-
-/* Plain dropcaps */
-.dropcap {float: left; font-size: 250%; margin-top: -0.4em;}
-
-/* images */
-img {margin-left: auto; margin-right: auto;}
-
-.figcenter {margin: 4em auto 2em auto; text-align: center; text-indent: 0em;}
-.figcenter3 {margin: 2em auto 4em auto; text-align: center; text-indent: 0em;}
-
-ul li {list-style: none; text-align: left; margin-left: 2.5em;}
-
-/* tables */
-table {margin: 1.5em auto 1.5em auto;}
-
-.tbdg4 {border-width: 4px; border: double gray 4px;}
-
-.tdlmiddlenopadding {text-align: left; vertical-align: middle;} /* pour accolage fermante */
-.tdrmiddlenopadding {text-align: right; vertical-align: middle;} /* pour accolage ouvrante */
-.tdrtopnopadding {text-align: right; vertical-align: top;} /* pour accolage ouvrante */
-
-.tdcmiddlenopadding {text-align: center; vertical-align: middle;} /* pour accolage horizontale */
-.tdcmiddleblnopadding {border-left: thin solid; text-align: center; vertical-align: middle;} /* pour accolage horizontale */
-
- /* td left */
-.tdltop {text-align: left; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdltopindentnopadding {text-indent: 0.6em; text-align: left; vertical-align: top;}
-.tdltophang {text-indent: -0.6em; text-align: left; vertical-align: top; padding-right: 0.6em; padding-left: 0.9em;} /* table des chapitres */
-.tdltoppaddingleft2 {padding-left: 2em; text-align: left; vertical-align: top; padding-right: 0.3em;} /* table des matières */
-.tdltopnowrap {white-space: nowrap; text-align: left; vertical-align: top; padding-left: 0.3em;}
-.tdltopbr {border-right: thin solid; text-align: left; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdltopbl {border-left: thin solid; text-align: left; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdltopblnowrap {border-left: thin solid; white-space: nowrap; text-align: left; vertical-align: top;
-padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdltopblindentnopadding {border-left: thin solid; text-indent: 0.6em; text-align: left; vertical-align: top;}
-
-.tdlmiddle {text-align: left; vertical-align: middle; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdlmiddlebl {border-left: thin solid; text-align: left; vertical-align: middle; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdlmiddleindent {text-indent: 0.6em; text-align: left; vertical-align: middle; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdlmiddleindentnopadding {text-indent: 0.6em; text-align: left; vertical-align: middle;}
-
-.tdlbottom {text-align: left; vertical-align: bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdlbottomindent {text-indent: 0.6em; text-align: left; vertical-align: bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-
-/* td center */
-.tdctop {text-align: center; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdctopbb {border-bottom: thin solid; text-align: center; vertical-align: top;padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdctopbbbl {border-bottom: thin solid; border-left: thin solid; text-align: center; vertical-align: top;
-padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdctopbbblnowrap {white-space: nowrap; border-bottom: thin solid; border-left: thin solid; text-align: center; vertical-align: top;
-padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdctopbl {border-left: thin solid; text-align: center; vertical-align: top; padding-right: 0.3em;
-padding-left: 0.3em;}
-.tdctopfs110 {font-size: 110%; text-align: center; vertical-align: top; padding: 0.6em 0.3em 0.6em 0.3em;}
-
-.tdcmiddlebb {border-bottom: thin solid; text-align: center; vertical-align: middle;padding-right: 0.3em;
-padding-left: 0.3em;}
-.tdcmiddlebbbl {border-bottom: thin solid; border-left: thin solid; text-align: center; vertical-align: middle;
-padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-
-.tdcbottom {text-align: center; vertical-align: bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdcbottombb {border-bottom: thin solid; text-align:center; vertical-align:bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-
-/* td right */
-.tdrtop {text-align: right; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdrtopnowrap {white-space: nowrap; text-align: right; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdrtopbb {border-bottom: thin solid; text-align: right; vertical-align: top; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em; }
-
-.tdrmiddle {text-align: right; vertical-align: middle; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-
-.tdrbottom {text-align: right; vertical-align: bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-.tdrbottombb {border-bottom: thin solid; text-align: right; vertical-align: bottom; padding-right: 0.3em; padding-left: 0.3em;}
-
-/* footnotes */
-.line {text-align: center; text-indent: 0em; margin-top: -1.5em;}
-.fnanchor {vertical-align: 0.3em; font-size: 0.7em; text-decoration: none;}
-
-.footnotes {border: solid 2px #ccc;}
-.footnote {margin-left: 5%; margin-right: 5%;}
-.footnote .label {position: absolute; left: 14%; text-align: right;}
-
-/* page numbers */
-.pagenum {position: absolute; left: 5%; font-size: 90%;
-font-weight: normal; font-style: normal; text-align: right;
-color: #C0C0C0; background-color: inherit; text-indent: 0em;}
-
-a:link {color: #879bbb; text-decoration: none;}
-
-/* note au lecteur */
-.tnote {font-family: sans-serif; border: solid 1px #ccc; font-size: 0.9em;}
-
-/* correction popup */
-ins.correction {text-decoration: none; border-bottom: thin dotted silver;}
-
-/* e-readers */
-@media handheld
-
- {
- body {margin: 0; padding: 0; width: 90%;}
- .titlepage {text-align: center; page-break-before: always; page-break-after: always;}
- .tbdg4 {border-width: 4px; border: double gray 4px;}
- .dropcap {float: left;}
- }
-
- -->
- </style>
- </head>
- <body>
-
-
-<pre>
-
-The Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by
-Antoine de Lavoisier
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Traité élémentaire de chimie, tome 1
- Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes
- modernes; avec Figures
-
-Author: Antoine de Lavoisier
-
-Release Date: July 3, 2016 [EBook #52487]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 ***
-
-
-
-
-Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by The
-Internet Archive/American Libraries.)
-
-
-
-
-
-
-</pre>
-
-
-<hr class="full" />
-
-<div class="texte">
- <p><a href="#tnote">Au lecteur</a></p>
-
- <p><a href="#table_des_chapitres1">Table des chapitres</a></p>
-
- <h1>TRAITÉ<br />
- <small>ÉLÉMENTAIRE</small><br />
- DE CHIMIE.</h1>
-
- <hr class="small3" />
- <hr class="small3" />
-
- <p class="title3"><i>TOME PREMIER.</i></p>
-
- <hr class="small3" />
- <hr class="small3" />
-
- <div class="titlepage">
- <p class="title1">TRAITÉ</p>
-
- <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p>
-
- <p class="title1">DE CHIMIE,</p>
-
- <p class="title3">PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU</p>
-
- <p class="title4">ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;</p>
-
- <p class="center">Avec Figures:</p>
-
- <p class="hang"><i>Par <span class="smcap">M. Lavoisier</span>, de l'Académie des
- Sciences, de la Société Royale de Médecine, des
- Sociétés d'Agriculture de Paris &amp; d'Orléans, de
- la Société Royale de Londres, de l'Institut de
- Bologne, de la Société Helvétique de Basle, de
- celles de Philadelphie, Harlem, Manchester,
- Padoue, &amp;c.</i></p>
-
- <hr class="small4" />
- <hr class="small4" />
-
- <p class="title5">TOME PREMIER.</p>
-
- <hr class="small4" />
- <hr class="small4" />
-
- <div class="figcenter" style="width: 290px;">
- <img src="images/titre1.jpg" alt="" title="" width="290" height="291" />
- </div>
-
- <p class="title2"><i>A PARIS</i>,</p>
-
- <p class="title6">Chez <span class="smcap">Cuchet</span>, Libraire, rue &amp; hôtel Serpente.</p>
-
- <hr class="small4" />
- <hr class="small4" />
-
- <p class="title7">M. DCC. LXXXIX.</p>
-
- <p class="center"><i>Sous le Privilège de l'Académie des Sciences &amp; de la
- Société Royale de Médecine.</i></p>
- </div>
-
- <hr class="chapter" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_v">v</span></p>
-
- <h2 id="ch0"><span class="h2t1">DISCOURS</span><br />
- <span class="h2t2">PRÉLIMINAIRE.</span></h2>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner
- plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de
- l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de
- réformer &amp; de perfectionner la Nomenclature de la Chimie.</p>
-
- <p>C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne
- l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été
- posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, &amp; dans quelques autres
- de ses ouvrages. Il y établit que <i>nous ne pensons qu'avec le secours
- des mots</i>; que <i>les langues sont de véritables méthodes analytiques</i>;
- que <i>l'algèbre la plus simple, la plus exacte &amp; la mieux adaptée à son
- objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue
- &amp; une méthode <span class="pagenum" id="Page_vi">vj</span> analytique</i>; enfin que <i>l'art de raisonner se
- réduit à une langue bien faite</i>. Et en effet tandis que je croyois ne
- m'occuper que de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de
- perfectionner le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé
- insensiblement entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en
- défendre, en un Traité élémentaire de Chimie.</p>
-
- <p>L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science &amp; la science
- de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est
- nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui
- constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les
- expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le
- fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; &amp; comme ce sont les
- mots qui conservent les idées &amp; qui les transmettent, il en résulte
- qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science,
- ni la science sans le langage, &amp; que quelque certains que fussent <span class="pagenum" id="Page_vii">vij</span>
- les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait
- naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si
- nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre.</p>
-
- <p>La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le
- méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis
- vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui
- a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois
- compte des motifs qui m'y ont déterminé.</p>
-
- <p>C'est un principe bien constant, &amp; dont la généralité est bien reconnue
- dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances,
- que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à
- l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos
- besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets
- propres à les satisfaire, &amp; insensiblement par une suite de sensations,
- d'observations &amp; d'analyses, il se forme une génération successive <span class="pagenum" id="Page_viii">viij</span>
- d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif
- peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil &amp; l'enchaînement,
- &amp; qui constituent l'ensemble de ce que nous savons.</p>
-
- <p>Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une
- science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état
- très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, &amp; la marche que
- nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la
- formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet
- de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de
- même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences
- physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite
- immédiate d'une expérience ou d'une observation.</p>
-
- <p>Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière
- des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant
- même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur
- <span class="pagenum" id="Page_ix">ix</span> les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent,
- la nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque
- instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience.
- La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la
- jouissance &amp; le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas
- avec de tels maîtres à devenir conséquent, &amp; on raisonne bientôt juste
- quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de
- souffrance.</p>
-
- <p>Il n'en est pas de même dans l'étude &amp; dans la pratique des sciences;
- les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence,
- ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous
- rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter
- continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre &amp; la confiance en
- nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer
- des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en
- sorte que nous sommes en quelque façon intéressés <span class="pagenum" id="Page_x">x</span> à nous séduire
- nous-mêmes. Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques
- en général, on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les
- suppositions transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus
- imposantes par le poids des autorités qu'elles ont acquises, &amp; qu'elles
- ayent enfin été adoptées &amp; regardées comme des vérités fondamentales,
- même par de très-bons esprits.</p>
-
- <p>Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins
- à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous
- &amp; qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de
- l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données
- de la nature, &amp; qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité
- que dans l'enchaînement naturel des expériences &amp; des observations,
- de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution
- d'un problême par le simple arrangement des données, &amp; en réduisant
- le raisonnement à des opérations si simples, <span class="pagenum" id="Page_xi">xj</span> à des jugemens si
- courts, qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de
- guide.</p>
-
- <p>Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder
- jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence
- qui ne dérive immédiatement des expériences &amp; des observations,
- &amp; d'enchaîner les faits &amp; les vérités chimiques dans l'ordre le
- plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit
- impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des
- routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours
- &amp; à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des
- connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans
- les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter
- des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans
- s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour
- les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions qui
- <span class="pagenum" id="Page_xii">xij</span> n'ont point été définies, &amp; de supposer la science acquise par
- ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on
- n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une
- année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les
- yeux avec les appareils, &amp; qu'il est presqu'impossible de former un
- Chimiste en moins de trois ou quatre ans.</p>
-
- <p>Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme
- de l'enseignement, &amp; c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie
- une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me
- suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me
- jettois dans un autre, &amp; qu'il me seroit impossible de les surmonter
- toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à
- l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de
- l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente
- des lacunes nombreuses qui interrompent la série <span class="pagenum" id="Page_xiii">xiij</span> des faits, &amp;
- qui exigent des raccordemens embarrassans &amp; difficiles. Elle n'a pas,
- comme la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette
- &amp; dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en
- même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent
- d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons
- espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de
- perfection qu'elle est susceptible d'atteindre.</p>
-
- <p>Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien
- conclure au-delà de ce que les expériences présentent, &amp; de ne jamais
- suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans
- cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être,
- de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des
- affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M. Gellert,
- M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan &amp; beaucoup d'autres
- ont déjà rassemblé une multitude de faits <span class="pagenum" id="Page_xiv">xiv</span> particuliers, qui
- n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais les
- données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne
- sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir la base
- fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi importante
- de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la Chimie
- ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie
- élémentaire, &amp; je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes
- difficultés des Elémens simples &amp; faciles qui seront, à ce que
- j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs.</p>
-
- <p>Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse
- compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est
- au moment de publier l'article <span class="smcap">Affinité</span> de l'Encyclopédie
- méthodique, &amp; j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en
- concurrence avec lui.</p>
-
- <p>On ne manquera pas d'être surpris de <span class="pagenum" id="Page_xv">xv</span> ne point trouver dans un
- Traité élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes
- &amp; élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette
- tendance que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne
- soient composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui
- nous vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre
- élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les
- corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems
- avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale &amp;
- de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, &amp; l'on formoit des
- systêmes; &amp; aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble
- que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas
- avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces
- pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, &amp; qu'elle pesera
- sans doute encore sur les générations à venir. <span class="pagenum" id="Page_xvi">xvj</span></p>
-
- <p>Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine
- des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des
- faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les
- premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres,
- regardoient le soufre &amp; le sel comme des substances élémentaires
- qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils
- reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre.
- Beccher admettoit trois terres, &amp; c'étoit de leur combinaison &amp; de la
- différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence
- qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce
- systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y
- faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se
- sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit
- d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme
- telles de très-légères probabilités. <span class="pagenum" id="Page_xvii">xvij</span></p>
-
- <p>Tout ce qu'on peut dire sur le nombre &amp; sur la nature des élémens
- se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce
- sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui
- sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est
- très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature.
- Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous
- entendons désigner les molécules simples &amp; indivisibles qui composent
- les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si
- au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des
- corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les
- substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont
- pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps
- que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de
- deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces
- principes ne se séparent <span class="pagenum" id="Page_xviii">xviij</span> jamais, ou plutôt puisque nous n'avons
- aucun moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des
- corps simples, &amp; nous ne devons les supposer composés qu'au moment où
- l'expérience &amp; l'observation nous en auront fourni la preuve.</p>
-
- <p>Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement
- au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que
- nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de
- Fourcroy &amp; moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant
- que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, &amp; ce sont
- elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller
- que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances
- les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis
- de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances
- nouvellement découvertes &amp; qui n'avoient point encore été nommées, ou
- <span class="pagenum" id="Page_xix">xix</span> du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems,
- &amp; dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par
- une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par
- les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées
- évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance
- qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés
- différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de
- leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement
- du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la
- plus générale, la plus caractéristique de la substance; &amp; nous y avons
- trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent
- difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, &amp;
- de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher
- une idée.</p>
-
- <p>A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs
- substances simples, <span class="pagenum" id="Page_xx">xx</span> nous les avons désignés par des noms composés
- comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des
- combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés
- dans le désordre &amp; dans la confusion, si nous ne nous fussions pas
- attachés à former des classes. Le nom de classes &amp; de genres est dans
- l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un
- grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui
- ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus.</p>
-
- <p>Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser,
- seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant,
- dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'<i>arbre</i> le premier arbre que
- nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle
- la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un
- quatrième, &amp; voilà le mot d'<i>arbre</i> donné d'abord à un individu, qui
- devient pour lui un nom <span class="pagenum" id="Page_xxi">xxj</span> de classe ou de genre, une idée abstraite
- qui comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons
- fait remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages,
- que tous ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les
- distinguer par des noms spécifiques &amp; particuliers. Cette logique est
- celle de toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie.</p>
-
- <p>Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre
- de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue
- l'acidité &amp; qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit
- être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à
- chaque acide, qui les différencie les uns des autres, &amp; c'est de cette
- substance que doit être emprunté le nom spécifique.</p>
-
- <p>Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le
- principe acidifiant &amp; le principe acidifié, peuvent exister dans des
- proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre
- ou de <span class="pagenum" id="Page_xxii">xxij</span> saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique &amp;
- dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide
- en faisant varier la terminaison du nom spécifique.</p>
-
- <p>Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de
- l'air &amp; du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids &amp;
- prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées,
- comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, &amp; d'un
- principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les
- classer sous un nom générique dérivé du principe commun, &amp; le nom
- que nous avons adopté est celui d'<i>oxide</i>; nous les avons ensuite
- différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal
- auquel elles appartiennent.</p>
-
- <p>Les substances combustibles qui, dans les acides &amp; dans les oxides
- métalliques, sont un principe spécifique &amp; particulier, sont
- susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand
- nombre <span class="pagenum" id="Page_xxiii">xxiij</span> de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été
- long-temps les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après
- les expériences de MM. Vandermonde, Monge &amp; Berthollet, que le charbon
- se combine avec le fer, &amp; peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il
- en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &amp;c.
- On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le
- phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques.
- Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des
- noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une
- terminaison qui rappelle cette analogie, &amp; nous les avons specifiées
- par un autre nom dérivé de leur substance propre.</p>
-
- <p>La nomenclature des êtres composés de trois substances simples,
- présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, &amp;
- sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes
- constituans, sans employer des noms plus composés. <span class="pagenum" id="Page_xxiv">xxiv</span> Nous avons eu
- à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les
- sels neutres, par exemple, 1<sup>o</sup>. le principe acidifiant qui est commun
- à tous; 2<sup>o</sup>. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre;
- 3<sup>o</sup>. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce
- particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de
- sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de
- la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la
- base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière.</p>
-
- <p>Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être
- cependant dans des états très-différens, par la seule différence de
- leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été
- défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, &amp; nous y
- sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que
- nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels. <span class="pagenum" id="Page_xxv">xxv</span></p>
-
- <p>Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît
- sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la
- combinaison dont il est question; si cette substance combustible est
- combinée avec le principe acidifiant, &amp; dans quelle proportion; dans
- quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation
- exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès.</p>
-
- <p>On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes
- vues sans blesser quelquefois des usages reçus, &amp; sans adopter des
- dénominations qui ont paru dures &amp; barbares dans le premier moment;
- mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux
- mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême
- général &amp; raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant
- nous, tels que ceux de <i>poudre d'algaroth</i>, de <i>sel alembroth</i>,
- de <i>pompholix</i>, d'<i>eau phagédénique</i>, de <i>turbith minéral</i>, de
- <i>colcothar</i>, &amp; beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins
- extraordinaires; <span class="pagenum" id="Page_xxvi">xxvj</span> il faut une grande habitude &amp; beaucoup de mémoire
- pour se rappeller les substances qu'ils expriment, &amp; sur-tout pour
- reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms
- d'<i>huile de tartre par défaillance</i>, d'<i>huile de vitriol</i>, de <i>beurre
- d'arsenic &amp; d'antimoine</i>, de <i>fleurs de zinc</i>, &amp;c. sont plus impropres
- encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il
- n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, &amp; sur-tout dans
- le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que
- les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens
- poisons.</p>
-
- <p>On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de
- Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont
- parlée, qu'ils ont illustrée &amp; qu'ils nous ont transmise; mais on a
- oublié que c'étoient Bergman &amp; Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité
- cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à M.
- de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: <i>ne faites <span class="pagenum" id="Page_xxvii">xxvij</span> grace à
- aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours;
- ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt</i>.</p>
-
- <p>Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans
- l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion
- de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans
- discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours
- rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la
- justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie
- le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans
- un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions
- sur l'historique de la science &amp; sur les travaux de ceux qui l'ont
- professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé,
- &amp; l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour
- les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de
- l'esprit humain qu'on doit faire dans <span class="pagenum" id="Page_xxviii">xxviij</span> un traité élémentaire: on ne
- doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement
- écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un
- chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut
- laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard.
- Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés,
- sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes
- s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage
- dans la première partie que des expériences qui me sont propres.
- Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les
- expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de
- M. de la Place, de M. Monge, &amp; de ceux en général qui ont adopté les
- mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de
- nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir, a
- établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle il
- nous est souvent difficile à nous-mêmes <span class="pagenum" id="Page_xxix">xxix</span> de distinguer ce qui nous
- appartient plus particulièrement.</p>
-
- <p>Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé
- de suivre dans la marche des preuves &amp; des idées, n'est applicable
- qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient
- l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai
- cherché à donner la forme véritablement élémentaire.</p>
-
- <p>La seconde partie est principalement formée des tableaux de la
- nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications
- très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les
- plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus:
- cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne
- présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens
- ouvrages.</p>
-
- <p>Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée de
- toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de ce
- genre paroissoit desiré <span class="pagenum" id="Page_xxx">xxx</span> depuis long-temps, &amp; je crois qu'il sera
- de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, &amp; sur-tout
- des expériences modernes, n'est point assez répandue; &amp; peut-être si,
- dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse
- étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait
- plus facilement entendre, &amp; la science auroit-elle fait des progrès
- plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a
- paru à-peu-près arbitraire, &amp; je me suis seulement attaché à classer
- dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui
- ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette
- troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, &amp; que dans les
- articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience.</p>
-
- <p>Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement
- quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre
- avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des <span class="pagenum" id="Page_xxxi">xxxj</span> temps
- très-rapprochés du nôtre<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>. Ces passages qui n'ont point été faits
- exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît
- juste.</p>
-
- <div class="blockquote">
- <p>«Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous
- avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition
- fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; &amp;
- ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par
- cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus
- en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises
- habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans
- les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand
- les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont ainsi
- accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté
- de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, <span class="pagenum" id="Page_xxxii">xxxij</span> de
- reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, &amp; de
- refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain.</p>
-
- <p>»Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit.
- Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande
- netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils
- pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié
- les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, &amp;
- sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences».</p>
- </div>
-
- <p>M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V:</p>
-
- <div class="blockquote">
- <p>«Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les
- Philosophes ont mieux observé, &amp; qu'ils ont mis dans leur langage
- la précision &amp; l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs
- observations; ils ont corrigé la langue, &amp; l'on a mieux raisonné».</p>
- </div>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 105px;">
- <img src="images/page-xxxij.jpg" alt="" title="" width="105" height="28" />
- </div>
-
- <hr class="chapter" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_xxxiii">xxxiij</span></p>
-
- <h2 id="table_des_chapitres1"><span class="h2t1">TABLE</span><br />
- <span class="h2t2">DES CHAPITRES</span><br />
- <span class="h2t3">DU TOME PREMIER.</span></h2>
-
- <table id="t01" style="width: 100%" summary="table_01">
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Discours préliminaire,</i></span></td>
- <td class="tdrtopnowrap"><a href="#ch0">page v</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopfs110">PREMIERE PARTIE.<br /><br /><i>De la formation des fluides aériformes
- &amp; de leur décomposition; de la combustion
- des corps simples &amp; de la formation des acides.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. I.</span> <i>Des combinaisons du calorique &amp; de
- la formation des fluides élastiques aériformes,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch1">1</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. II.</span> <i>Vues générales sur la formation &amp; la
- constitution de l'atmosphère de la terre,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch2">28</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. III.</span> <i>Analyse de l'air de l'atmosphère:
- sa résolution en deux fluides élastiques, l'un
- respirable, l'autre non respirable,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch3">33</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxiv">xxxiv</span><span class="smcap">Chap. IV.</span> <i>Nomenclature des différentes parties
- constitutives de l'air de l'atmosphère,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch4">51</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. V.</span> <i>De la décomposition du gaz oxigène
- par le soufre, le phosphore &amp; le charbon,
- &amp; de la formation des acides en général,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch5">57</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VI.</span> <i>De la nomenclature des Acides en
- général, &amp; particulièrement de ceux tirés du
- salpêtre &amp; du sel marin,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch6">70</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VII.</span> <i>De la décomposition du Gaz oxygène
- par les métaux, &amp; de la formation des
- Oxides métalliques,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch7">82</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"> <span class="smcap">Chap. VIII.</span> <i>Du principe radical de l'Eau, &amp;
- de sa décomposition par le charbon &amp; par
- le fer,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch8">87</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. IX.</span> <i>De la quantité de Calorique qui se
- dégage des différentes espèces de combustion,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9">103</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Phosphore,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9a">107</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Charbon,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9b">108</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i> Combustion du Gaz hydrogène,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9c">109</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Formation de l'Acide nitrique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9d">ibid.</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de la Bougie,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9e">112</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de l'Huile d'olive,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch9f">113</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. X.</span> <i>De la combinaison des Substances
- combustibles les unes avec les autres,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch10">116</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxv">xxxv</span><span class="smcap">Chap. XI.</span> <i>Considérations sur les Oxides &amp; les
- Acides à plusieurs bases, &amp; sur la composition
- des matières végétales &amp; animales,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch11">123</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XII.</span> <i>De la décomposition des matières
- végétales &amp; animales par l'action du feu,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch12">132</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIII.</span> <i>De la décomposition des Oxides
- végétaux par la fermentation vineuse,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch13">139</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIV.</span> <i>De la fermentation putride,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch14">153</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XV.</span> <i>De la fermentation acéteuse,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch15">159</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVI.</span> <i>De la formation des Sels neutres,
- &amp; des différentes bases qui entrent dans leur
- composition,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16">162</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Potasse,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16a">164</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Soude,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16b">169</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De l'Ammoniaque,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16c">170</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte &amp; de
- l'Alumine,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16d">172</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Des Substances métalliques,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch16e">173</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVII.</span> <i>Suite des réflexions sur les bases
- salifiables, &amp; sur la formation des Sels neutres,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch17">176</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopfs110">SECONDE PARTIE.<br /><br /><i>De la Combinaison des Acides avec les
- bases salifiables, &amp; de la Formation
- des Sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvi">xxxvj</span><span class="smcap"><i>Avertissement,</i></span></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch18">189</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des Substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch19">192</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch19a">193</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des Radicaux ou bases oxidables &amp;
- acidifiables, composés, qui entrent dans les
- combinaisons à la manière des substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch20">196</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch20a">197</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les combinaisons de la lumière &amp; du
- calorique avec différentes substances,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch20b">200</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène
- avec les substances métalliques &amp; non métalliques
- oxidables &amp; acidifiables,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch21">203</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch21a">ibid.</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les
- radicaux composés,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch22">208</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch22a">209</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvii">xxxvij</span><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Azote
- avec les substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch23">212</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch23a">213</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène
- avec les substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch24">216</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch24a">217</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Soufre non
- oxygéné avec les substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch25">220</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch25a">221</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Phosphore
- non oxygéné avec les substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch26">222</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch26a">223</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Charbon
- non oxygéné avec les substances simples,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch27">226</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch27a">227</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les radicaux muriatique, fluorique
- &amp; boracique, &amp; sur leurs combinaisons,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch27b">229</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur la combinaison des métaux les uns
- avec les autres,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch27c">230</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical
- nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la
- combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène,
- avec les bases salifiables, dans l'ordre
- de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch28">231</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxviii">xxxviij</span><i>Tableau des combinaisons de l'Azote complettement
- saturé d'oxigène, &amp; porté à l'état d'acide
- nitrique, avec les bases salifiables, dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch29">232</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch29a">233</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique
- ou Soufre oxygéné avec les bases salifiables
- dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,
- par la voie humide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch30">238</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch30a">240</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux
- avec les bases salifiables dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch31">243</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch31a">244</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu
- un premier degré d'oxygénation, &amp; qui a été
- porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les
- bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch32">246</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore saturé
- d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les
- substances salifiables dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch33">247</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch33a">248</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxix">xxxix</span><i>Tableau des combinaisons du Radical carbonique
- oxygéné, ou Acide carbonique avec les
- bases salifiables dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch34">250</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch34a">251</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical muriatique
- oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch35">253</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique
- oxigéné avec les différentes bases salifiables
- avec lesquelles il est susceptible de s'unir,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch36">254</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch36a">255</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique
- avec les bases salifiables, rangées
- par ordre alphabétique, attendu que les affinités
- de cet acide ne sont point assez connues,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch37">258</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch37a">259</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical fluorique
- oxigéné, ou Acide fluorique avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch38">261</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch38a">262</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xl">xl</span><i>Tableau des combinaisons du Radical boracique
- oxigéné, avec les différentes bases salifiables
- auxquelles il est susceptible de s'unir dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch39">264</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch39a">265</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné,
- ou Acide arsenique avec les bases salifiables
- dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch40">268</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch40a">269</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné,
- ou Acide molybdique avec les bases
- salifiables, par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch41">272</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch41a">273</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné,
- ou Acide tungstique avec les bases salifiables,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch42">274</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch42a">275</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical tartareux
- oxygéné, ou Acide tartareux avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch43">277</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch43a">278</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical malique
- oxygéné, ou Acide malique avec les bases
- salifiables par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch44">281</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch44a">282</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xli">xlj</span><i>Tableau des combinaisons du Radical citrique
- oxygéné, ou Acide citrique avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch45">284</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch45a">285</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux
- oxygéné, ou Acide pyro-ligneux
- avec les bases salifiables dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch46">286</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch46a">287</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux
- oxygéné, ou Acide pyro-tartareux
- avec les différentes bases salifiables dans l'ordre
- de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch47">288</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch47a">289</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux
- oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec
- les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch48">290</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch48a">291</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical oxalique
- oxygéné, ou Acide oxalique avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch49">292</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch49a">293</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xlii">xlij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux
- oxygéné, par un premier degré d'oxigénation
- avec les bases salifiables, suivant l'ordre
- de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch50">295</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch50a">295</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux
- oxygéné par un second degré d'oxygénation,
- ou Acide acétique, avec les bases salifiables,
- dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch51">298</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch51a">299</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical succinique
- oxygéné, ou Acide succinique, avec les
- bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch52">300</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch52a">301</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical benzoïque
- oxygéné, ou Acide benzoïque, avec les différentes
- bases salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch53">302</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch53a">303</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical camphorique
- oxygéné, ou Acide camphorique, avec
- les bases salifiables, par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch54">304</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch54a">305</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliii">xliij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical gallique
- oxygéné, ou Acide gallique, avec
- les bases salifiables rangées par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch55">306</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch55a">307</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lactique
- oxygéné, ou Acide lactique, avec les bases
- salifiables, par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch56">308</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch56a">309</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical saccholactique
- oxygéné, ou Acide saccholactique,
- avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch57">310</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch57a">311</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical formique
- oxygéné, ou Acide formique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch58">312</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch58a">313</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical bombique
- oxygéné, ou Acide bombique, avec les
- substances salifiables, par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch59">314</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch59a">315</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliv">xliv</span><i>Tableau des combinaisons du Radical sébacique
- oxygéné, ou Acide sébacique, avec les
- bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch60">316</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch60a">317</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lithique
- oxygéné, ou Acide lithique, avec les bases
- salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch61">318</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch61a">319</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical prussique
- oxygéné, ou Acide prussique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec
- cet acide,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch62">320</a></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td>
- <td class="tdrtop"><a href="#ch62a">322</a></td>
- </tr>
- </table>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 240px;">
- <img src="images/page-xliv.jpg" alt="" title="" width="240" height="203" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <div class="figcenter" style="width: 600px;" id="ch1">
- <img src="images/page-1.jpg" alt="" title="" width="600" height="241" />
- </div>
-
- <p class="title1">TRAITÉ</p>
-
- <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p>
-
- <p class="title1">DE CHIMIE.</p>
-
- <hr class="chapter" />
-
- <p class="partie1">PREMIERE PARTIE.</p>
-
- <p class="partie2"><i>De la formation des fluides aériformes &amp; de leur décomposition; de
- la combustion des corps simples &amp; de la formation des acides.</i></p>
-
- <h2><span class="h2t2">CHAPITRE PREMIER.</span></h2>
-
- <p id="Page_1" class="sommaire"><i>Des combinaisons du calorique &amp; de la formation des fluides
- élastiques aériformes.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">'est</span> un phénomène constant dans la nature &amp; dont la généralité a
- été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps <span class="pagenum" id="Page_2">2</span>
- quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous
- les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la
- généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires,
- ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères
- qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, &amp;
- à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on
- s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi
- générale &amp; constante de la Nature.</p>
-
- <p>Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, &amp; en
- avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse
- refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans
- la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le
- corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus;
- &amp; si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant
- l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord.
- Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de
- froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement
- que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en
- résulte que nous n'avons <span class="pagenum" id="Page_3">3</span> pas encore pu parvenir à rapprocher
- le plus qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, &amp; que par
- conséquent les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature;
- conclusion très-singulière &amp; à laquelle cependant il est impossible de
- se refuser.</p>
-
- <p>On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement
- sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles
- n'auroient aucune liaison entr'elles, &amp; qu'il n'y auroit aucun corps
- solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à
- les réunir, &amp; pour ainsi dire à les enchaîner; &amp; cette force, quelle
- qu'en soit la cause, a été nommée attraction.</p>
-
- <p>Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant
- à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles
- elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces,
- l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si
- au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement
- écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors
- de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence
- qu'elles avoient entr'elles &amp; le corps cesse d'être un solide.</p>
-
- <p>L'eau nous présente continuellement un <span class="pagenum" id="Page_4">4</span> exemple de ces phénomènes:
- au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état
- solide, &amp; elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses
- molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque,
- &amp; elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80
- degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la
- chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, &amp; elle se transforme
- en un fluide aériforme.</p>
-
- <p>On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou
- solides, ou liquides, ou dans l'état élastique &amp; aériforme, suivant le
- rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules &amp; la
- force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le
- degré de chaleur auquel ils sont exposés.</p>
-
- <p>Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont
- l'effet d'une substance réelle &amp; matérielle, d'un fluide très-subtil
- qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps &amp; qui les
- écarte: &amp; en supposant même que l'existence de ce fluide fût une
- hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière
- très-heureuse les phénomènes de la Nature.</p>
-
- <p>Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur; ou
- en d'autres termes <span class="pagenum" id="Page_5">5</span> la sensation que nous appellons chaleur, étant
- l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un
- langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même
- dénomination ne peut pas exprimer la cause &amp; l'effet. C'est ce qui
- m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (<i>Recueil
- de l'Académie, page</i> 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné
- &amp; de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons
- fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy &amp; moi,
- sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces
- périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant,
- moins précis, moins clair, &amp; qui souvent même ne comportent pas des
- idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause
- de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le
- nom de <i>calorique</i>. Indépendamment de ce que cette expression remplit
- notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un
- autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions;
- puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de
- supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme on
- le sentira mieux par la lecture de ce qui <span class="pagenum" id="Page_6">6</span> va suivre, que ce soit
- une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière,
- &amp; on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite &amp;
- mathématique.</p>
-
- <p>La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique
- est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible
- de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a
- de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de
- n'admettre que des faits, &amp; où l'on évite autant qu'il est possible de
- rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement
- désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens.
- Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en
- conviendrons pas moins que la lumière &amp; le calorique ont des qualités
- qui leur sont communes, &amp; que dans quelques circonstances ils se
- combinent à peu près de la même manière, &amp; produisent une partie des
- mêmes effets.</p>
-
- <p>Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée
- qu'on doit attacher au mot de <i>calorique</i>. Mais il me reste une tâche
- plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la
- manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière
- subtile pénètre à travers les pores de toutes les <span class="pagenum" id="Page_7">7</span> substances que
- nous connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels
- elle ne s'échappe, &amp; qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la
- contenir sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par
- des effets qui, la plupart, sont fugitifs &amp; difficiles à saisir. C'est
- sur les choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout
- important de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui
- tend toujours à s'élancer au-delà du vrai, &amp; qui a bien de la peine à
- se renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent.</p>
-
- <p>Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide,
- ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit
- pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que
- la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses
- molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle.</p>
-
- <p>Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient
- liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, &amp; ils passeroient
- brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme.
- Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être glace,
- commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide aériforme,
- &amp; ses molécules s'écarteroient <span class="pagenum" id="Page_8">8</span> indéfiniment dans l'espace: s'il
- n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de
- l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, &amp; c'est par cette raison
- que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du
- thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet
- intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la
- pression de l'atmosphère.</p>
-
- <p>On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas
- de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au
- moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur
- qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties &amp;
- les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous
- n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet,
- au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force
- répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment,
- sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre
- pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère.</p>
-
- <p>De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent
- pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle
- se trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente <span class="pagenum" id="Page_9">9</span> par
- l'expérience qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en
- 1777. (<i>Voyez</i> Mém. page 426.)</p>
-
- <p>On remplit d'éther sulfurique<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a> un petit vase de verre étroit, A,
- <i>planche VII, fig. 17</i>, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir
- plus de douze à quinze lignes de diamètre &amp; environ deux pouces de
- hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit
- autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien
- serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus
- la première, &amp; on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être
- tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la
- liqueur &amp; la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une
- machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir,
- traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe
- ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre
- GH.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_10">10</span></p>
-
- <p>Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient;
- puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie.
- Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité,
- il se vaporise &amp; se transforme en un fluide élastique aériforme, qui
- occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable
- pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes
- dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible
- de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou
- dix pouces environ pendant l'hiver, &amp; à vingt &amp; vingt-cinq pendant
- les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus
- complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient
- l'éther, &amp; on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout
- le tems que dure la vaporisation.</p>
-
- <p>On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le
- poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface
- de l'éther, &amp; les effets qui en résultent prouvent évidemment deux
- choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous
- vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme,
- si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde, que
- <span class="pagenum" id="Page_11">11</span> ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné
- d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la
- vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de
- liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine
- avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme.</p>
-
- <p>La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels
- que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau &amp; le mercure même; avec cette
- différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous
- le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine
- pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, &amp; à
- quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes,
- &amp; le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de
- fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère
- avec l'éther; moins encore avec l'eau, &amp; sur-tout avec le mercure: par
- conséquent moins de calorique employé &amp; moins de refroidissement; ce
- qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences.</p>
-
- <p>Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente
- que l'état aériforme est une modification des corps &amp; qu'elle <span class="pagenum" id="Page_12">12</span>
- dépend du degré de température &amp; de pression qu'ils éprouvent.</p>
-
- <p>Nous avons fait voir, M. de la Place &amp; moi, dans un Mémoire que nous
- avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que
- lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure,
- c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit
- en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc,
- qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu
- qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que
- l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose
- que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état
- liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en
- tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés
- &amp; au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir
- dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver
- à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, &amp; à l'eau au-dessus de 80,
- c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences
- suivantes<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_13">13</span></p>
-
- <p>J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand
- vase ABCD, <i>planche VII, figure 15</i>; je le suppose transparent pour
- mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore
- tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans
- s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui
- s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles
- eussent leur gouleau en en-bas, &amp; appliqué contre le fond du vase.</p>
-
- <p>Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique
- dans un très-petit matras, dont le col <i>abc</i> étoit doublement recourbé;
- j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, &amp; j'ai engagé, comme on
- le voit représenté dans la <i>figure 15</i>, l'extrêmité de son col <i>abc</i>,
- dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé
- à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition;
- &amp; le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un
- fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs
- bouteilles F, G.</p>
-
- <p>Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature &amp; les propriétés de
- ce fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper
- sur des connoissances que je ne dois pas supposer <span class="pagenum" id="Page_14">14</span> au lecteur,
- j'observerai, en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment,
- que l'éther, d'après cette expérience, est tout <ins class="correction" title="prêt">près</ins> de ne pouvoir
- exister dans la planette que nous habitons que dans l'état aériforme;
- que si la pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne
- de 20 ou 24 pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir
- l'éther dans l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation
- de l'éther seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu
- élevées, &amp; qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé,
- à moins qu'on n'employât des ballons très-forts pour le condenser
- &amp; qu'on ne joignît le refroidissement à la pression. Enfin, que le
- degré de la chaleur du sang étant à peu près celui où l'éther passe
- de l'état liquide à l'état aériforme, il doit se vaporiser dans les
- premières voies, &amp; qu'il est très-vraisemblable que les propriétés de
- ce médicament tiennent à cet effet, pour ainsi dire, mécanique.</p>
-
- <p>Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce
- qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique.
- A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir
- dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que
- ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à <span class="pagenum" id="Page_15">15</span> 67 degrés du
- thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue
- presque bouillante, &amp; qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger
- les mains.</p>
-
- <p>Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce
- fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un
- degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique
- convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place
- &amp; moi, devoir la confirmer par une expérience directe, &amp; en voici le
- résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, <i>planche
- VII, figure 5</i>, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, &amp; nous
- avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure.
- Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui
- ont gagné le haut CD de la jarre, &amp; qui se sont rangés au-dessus de
- la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande
- chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière
- étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit
- 85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels
- est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs
- degrés à celui <span class="pagenum" id="Page_16">16</span> de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau,
- placés dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint
- la température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition,
- &amp; au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD,
- ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute
- entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau,
- &amp; la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par
- conséquent fort pesante, &amp; si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à
- la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain
- d'eau salée, l'eau se condensoit &amp; le mercure remontoit; mais elle
- reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit
- été replongé.</p>
-
- <p>Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en
- fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans
- lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres,
- tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque,
- l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &amp;c. qui demeurent
- constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur &amp; de
- pression de l'atmosphère.</p>
-
- <p>Tous ces faits particuliers, dont il me seroit <span class="pagenum" id="Page_17">17</span> facile de
- multiplier les exemples, m'autorisent à faire un principe général de
- ce que j'ai déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la
- Nature sont susceptibles d'exister dans trois états différens; dans
- l'état de solidité, dans l'état de liquidité, &amp; dans l'état aériforme,
- &amp; que ces trois états d'un même corps dépendent de la quantité de
- calorique qui lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides
- aériformes sous le nom générique de <i>gaz</i>; &amp; je dirai en conséquence
- que, dans toute espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui
- fait en quelque façon l'office de dissolvant, &amp; la substance qui est
- combinée avec lui &amp; qui forme sa base.</p>
-
- <p>C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que
- nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le
- Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques
- phénomènes qui accompagnent l'échauffement &amp; le refroidissement des
- corps, &amp; que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution
- de notre atmosphère.</p>
-
- <p>Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient
- dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher
- &amp; à les réunir, &amp; les efforts du calorique <span class="pagenum" id="Page_18">18</span> qui tend à les écarter.
- Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps,
- mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent
- entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se
- figure un vase rempli de petites balles de plomb &amp; dans lequel on verse
- une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit
- que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles
- que les balles laissent entr'elles &amp; les remplira. Les balles, dans
- cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au
- calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles
- se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, &amp;
- qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des
- autres par l'effort du calorique.</p>
-
- <p>Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres,
- des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque &amp; d'une
- égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne
- seroit plus la même &amp; l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande
- quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps de
- la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles ne
- sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité <span class="pagenum" id="Page_19">19</span> dépend de la
- figure de ces molécules, de leur grosseur, &amp; de la distance les unes
- des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui
- existe entre leur force d'attraction, &amp; la force répulsive qu'exerce le
- calorique.</p>
-
- <p>C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: <i>capacité des
- corps pour contenir la matière de la chaleur</i>; expression fort juste,
- introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des
- notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau &amp;
- quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille &amp; pénètre les
- corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans
- les choses abstraites de comparaisons sensibles.</p>
-
- <p>Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en
- volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu
- dans leurs pores; ils se gonfleront &amp; augmenteront de poids: mais
- chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau
- différente; les plus légers &amp; les plus poreux en logeront davantage;
- ceux qui seront compactes &amp; serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une
- très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront
- dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de
- l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront <span class="pagenum" id="Page_20">20</span> avec l'eau, &amp; les
- bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront
- très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois
- ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même
- connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront
- absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient
- avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité
- absolue qu'ils en contiendront en en sortant.</p>
-
- <p>Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont
- plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un
- fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande
- élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du
- calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres,
- quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, &amp;
- l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens
- très-notables dans les résultats.</p>
-
- <p>Les choses amenées à ce point de clarté &amp; de simplicité, il me sera
- aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à
- ces expressions; <i>calorique libre, &amp; calorique combiné, quantité
- spécifique de calorique</i> contenue dans les différens corps, <i>capacité
- pour <span class="pagenum" id="Page_21">21</span> contenir le calorique, chaleur latente, chaleur
- sensible</i>, toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui,
- d'après ce que je viens d'exposer, ont un sens strict &amp; déterminé.
- C'est ce sens que je vais chercher encore à fixer par quelques
- définitions.</p>
-
- <p><i>Le calorique libre</i> est celui qui n'est engagé dans aucune
- combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec
- lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous
- n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue.</p>
-
- <p><i>Le calorique combiné</i> est celui qui est enchaîné dans les corps par la
- force d'affinité ou d'attraction, &amp; qui constitue une partie de leur
- substance, même de leur solidité.</p>
-
- <p>On entend par cette expression <i>calorique spécifique</i> des corps, la
- quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même
- nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids.
- Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des
- corps, de leur adhérence plus ou moins grande; &amp; c'est cette distance,
- ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà
- observé, <i>capacité pour contenir le calorique</i>.</p>
-
- <p><i>La chaleur</i>, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la
- <i>chaleur sensible</i>, <span class="pagenum" id="Page_22">22</span> n'est que l'effet produit sur nos organes
- par le passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En
- général nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque,
- &amp; l'on pourroit poser comme un axiome, <i>point de mouvement, point de
- sensation</i>. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment
- du froid &amp; du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique
- qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre
- main dans le corps que nous touchons, &amp; nous éprouvons la sensation du
- froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud;
- le calorique passe du corps à notre main, &amp; nous avons la sensation de
- la chaleur. Si le corps &amp; la main sont du même degré de température,
- ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de
- chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport
- de calorique, &amp; qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un
- mouvement qui l'occasionne.</p>
-
- <p>Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique
- libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui
- est au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse,
- &amp; de la capacité qu'il a lui-même pour contenir le <span class="pagenum" id="Page_23">23</span> calorique.
- Le changement qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un
- déplacement de calorique, qu'un changement arrivé à un systême de
- corps dont il fait partie; il n'indique tout au plus que la portion
- de calorique qu'il a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale
- qui a été dégagée, déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple &amp;
- le plus <ins class="correction" title="act">exact</ins> pour remplir ce dernier objet est celui imaginé par M.
- de la Place, &amp; qui est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année
- 1780, page 364. On en trouve aussi une explication sommaire à la fin
- de cet Ouvrage. Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où
- se dégage le calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la
- quantité de glace fondue est une expression exacte de la quantité de
- calorique qui s'est dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous
- avons fait construire d'après cette idée, connoître, non pas comme on
- l'a prétendu, la capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique,
- mais le rapport des augmentations ou diminutions que reçoivent ces
- capacités, par des nombres déterminés de degrés du thermomètre.
- Il est facile, avec le même appareil, &amp; par diverses combinaisons
- d'expériences, de connoître la quantité de calorique nécessaire pour
- convertir les <span class="pagenum" id="Page_24">24</span> corps solides en liquides &amp; ceux-ci en fluides
- aériformes, &amp; réciproquement, ce que les fluides élastiques abandonnent
- de calorique quand ils redeviennent liquides, &amp; ceux-ci quand ils
- redeviennent solides. On pourra donc parvenir un jour, lorsque les
- expériences auront été assez multipliées, à déterminer le rapport
- de calorique qui constitue chaque espèce de gaz. Je rendrai compte,
- dans un Chapitre particulier, des principaux résultats que nous avons
- obtenus en ce genre.</p>
-
- <p>Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de
- l'élasticité des gaz &amp; des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile
- d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui
- paroît être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus
- simple que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant
- avec un autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut
- convenir que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on
- ne fait par-là que reculer la difficulté, &amp; qu'il reste toujours à
- expliquer ce que c'est que l'élasticité, &amp; pourquoi le calorique
- est élastique. En considérant l'élasticité dans un sens abstrait,
- elle n'est autre chose que la propriété qu'ont les molécules d'un
- corps de s'éloigner les unes des autres, <ins class="correction" title="lorqu'on">lorsqu'on</ins> les a forcées de
- <span class="pagenum" id="Page_25">25</span> s'approcher. Cette tendance qu'ont les molécules du calorique
- à s'écarter, a lieu même à de fort grandes distances. On en sera
- convaincu si l'on considère que l'air est susceptible d'un grand
- degré de compression; ce qui suppose que ses molécules sont déjà
- très-éloignées les unes des autres: car la possibilité de se
- rapprocher, suppose une distance au moins égale à la quantité du
- rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont déjà très-éloignées
- entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage: en effet, si on fait
- le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient, les dernières portions
- d'air qui y restent se répandent uniformément dans toute la capacité
- du vase, quelque grand qu'il soit, elles le remplissent en entier &amp;
- pressent contre ses parois: or cet effet ne peut s'expliquer qu'en
- supposant que les molécules font un effort en tout sens pour s'écarter,
- &amp; l'on ne connoît point la distance à laquelle ce phénomène s'arrête.</p>
-
- <p>Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides
- élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que
- si cette répulsion avoit lieu, &amp; on auroit quelque droit d'en conclure
- que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette
- force de répulsion une fois admise, les <span class="pagenum" id="Page_26">26</span> explications relatives à
- la formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples:
- mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des
- molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à
- concevoir.</p>
-
- <p>Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules
- du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules
- des corps, &amp; qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force
- d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose
- d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de
- l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, &amp;
- l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en
- se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle
- n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau
- entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à
- les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire
- que des forces attractives qui agissent dans ce cas, &amp; ces forces sont,
- 1<sup>o</sup>. la pesanteur de l'eau &amp; l'action qu'elle exerce en tout sens,
- comme tous les fluides; 2<sup>o</sup>. la force attractive des molécules de
- l'eau les unes à l'égard des autres; 3<sup>o</sup>. la force <span class="pagenum" id="Page_27">27</span> attractive des
- molécules de l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des
- molécules de l'eau &amp; de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir
- que c'est de l'intensité &amp; du rapport de toutes ces forces, que dépend
- l'explication du phénomène. Il est probable que l'écartement des
- molécules des corps par le calorique, tient de même à une combinaison
- de différentes forces attractives, &amp; c'est le résultat de ces forces
- que nous cherchons à exprimer d'une manière plus concise &amp; plus
- conforme à l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous
- disons que le calorique communique une force répulsive aux molécules
- des corps.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 284px;">
- <img src="images/page-27.jpg" alt="" title="" width="284" height="271" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_28">28</span></p>
-
- <h2 id="ch2"><span class="h2t2">CHAPITRE II.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Vues générales sur la formation &amp; la constitution de l'atmosphère de
- la terre.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> considérations que je viens de présenter sur la formation des
- fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur
- la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les
- atmosphères des planètes, &amp; notamment celle de la terre. On conçoit
- que cette dernière doit être le résultat &amp; le mélange 1<sup>o</sup>. de toutes
- les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans
- l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, &amp;
- à une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces
- de hauteur; 2<sup>o</sup>. de toutes les substances fluides ou concrètes
- susceptibles de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz.</p>
-
- <p>Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle
- on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui
- arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la
- température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple,
- que la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région <span class="pagenum" id="Page_29">29</span>
- beaucoup plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par
- exemple, où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à
- celle de l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles
- de se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, &amp; le mercure
- lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides
- aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces
- nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, &amp;
- il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons
- nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant
- satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz,
- arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit
- pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en
- effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la
- pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une
- pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les
- fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une
- chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement
- plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même &amp; tous les
- liquides, peuvent éprouver dans la machine de <span class="pagenum" id="Page_30">30</span> Papin, une chaleur
- capable de les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère
- arriveroit à un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas
- été vaporisée jusqu'alors, cesseroit de bouillir, &amp; resteroit dans
- l'état de liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme
- dans toute autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit
- limitée &amp; ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter
- ces réflexions beaucoup plus loin, &amp; examiner ce qui arriveroit aux
- pierres, aux sels, &amp; à la plus grande partie des substances fusibles
- qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles
- entreroient en fusion &amp; formeroient des fluides; mais ces dernières
- considérations sortent de mon objet, &amp; je me hâte d'y rentrer.</p>
-
- <p>Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée
- dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves
- &amp; nos mers, &amp; probablement le plus grand nombre des fluides que nous
- connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers
- très-durs, d'abord diaphanes, homogènes &amp; blancs comme le cristal
- de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de
- différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement
- colorées. <span class="pagenum" id="Page_31">31</span></p>
-
- <p>L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances
- aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans
- l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant;
- elles reviendroient donc à l'état de liquidité, &amp; il en résulteroit de
- nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée.</p>
-
- <p>Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1<sup>o</sup>. que
- <i>solidité</i>, <i>liquidité</i>, <i>élasticité</i>, sont trois états différens de
- la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles
- presque toutes les substances peuvent successivement passer, &amp; qui
- dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées,
- c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées;
- 2<sup>o</sup>. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement
- en vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé
- de tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs &amp;
- d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur &amp; de pression que
- nous éprouvons; 3<sup>o</sup>. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible
- qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement
- compactes, des métaux même, &amp; qu'une substance métallique, par exemple,
- qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas. <span class="pagenum" id="Page_32">32</span></p>
-
- <p>On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme
- l'eau &amp; l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les
- uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire,
- comme le mercure, l'eau &amp; l'huile, ne peuvent contracter que des
- adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils
- ont été mêlangés, &amp; se rangent en raison de leur gravité spécifique.
- La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il
- est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine &amp;
- qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement
- miscibles à l'air de l'atmosphère &amp; qui s'en séparent; si ces gaz sont
- plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, &amp; y
- former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes
- qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe
- ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable,
- &amp; que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent
- les phénomènes de l'aurore boréale &amp; des autres météores ignés.
- Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire
- particulier.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 57px;">
- <img src="images/page-32.jpg" alt="" title="" width="57" height="35" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_33">33</span></p>
-
- <h2 id="ch3"><span class="h2t2">CHAPITRE III.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides
- élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elle</span> est donc <i>à priori</i> la constitution de notre atmosphère; elle
- doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de
- demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température &amp; de
- pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à
- peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande
- hauteur à laquelle on soit encore parvenu, &amp; dont la densité décroît en
- raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit,
- il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de
- plusieurs autres de fluides très-différens.</p>
-
- <p>Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre &amp; quelle est
- la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure
- que nous habitons; &amp; c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La
- Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; &amp; les détails dans
- lesquels je vais entrer feront connoître <span class="pagenum" id="Page_34">34</span> que l'air de l'atmosphère
- est peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont
- l'analyse est la plus exactement &amp; la plus rigoureusement faite.</p>
-
- <p>La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la
- nature des parties constituantes d'un corps, la composition &amp; la
- décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau
- &amp; de l'esprit-de-vin ou alkool, &amp; que par le résultat de ce mêlange
- on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le
- commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé
- d'alkool &amp; d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie
- de décomposition, &amp; en général on ne doit être pleinement satisfait en
- Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves.</p>
-
- <p>On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut
- le décomposer &amp; le recomposer; &amp; je me bornerai à rapporter ici les
- expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il
- n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce
- que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous
- un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_35">35</span></p>
-
- <p>J'ai pris, <i>planche II, figure 14</i>, un matras A de 36 pouces cubiques
- environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, &amp; avoit six à
- sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le
- voit représenté, <i>planche IV, figure 2</i>, de manière qu'il pût être
- placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit
- s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai
- introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en
- suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé
- le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec
- une bande de papier collé, &amp; j'ai observé exactement le baromètre &amp; le
- thermomètre.</p>
-
- <p>Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN,
- &amp; je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de
- manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le
- faire bouillir.</p>
-
- <p>Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour:
- le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation
- continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes,
- d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, &amp; qui,
- lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient <span class="pagenum" id="Page_36">36</span>
- d'elles-mêmes au fond du vase, &amp; se réunissoient au reste du mercure.
- Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure
- de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont
- augmenté en nombre &amp; en volume, après quoi elles ont cessé de grossir
- &amp; sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours
- voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès,
- j'ai éteint le feu &amp; j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume
- de l'air contenu tant dans le matras que dans son col &amp; sous la
- partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces &amp; à 10
- degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques
- environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression &amp;
- à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y
- avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ.
- D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui
- s'étoient formées, &amp; les ayant séparées autant qu'il étoit possible du
- mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de
- 45 grains.</p>
-
- <p>J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure
- en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule &amp; même
- expérience, <span class="pagenum" id="Page_37">37</span> de conserver l'air dans lequel on a opéré, &amp; les
- molécules rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera
- souvent de confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou
- trois expériences de même genre.</p>
-
- <p>L'air qui restoit après cette opération &amp; qui avoit été réduit aux
- cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit
- plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on
- y introduisoit y périssoient en peu d'instans, &amp; les lumières s'y
- éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau.</p>
-
- <p>D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit
- formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite
- cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir
- les produits liquides &amp; aériformes qui pourroient se séparer: ayant
- allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la matière
- rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité. Lorsqu'ensuite
- la cornue a approché de l'incandescence, la matière rouge a commencé
- à perdre peu à peu de son volume, &amp; en quelques minutes elle a
- entièrement disparu; en même temps il s'est condensé dans le petit
- récipient 41 grains <sup>1</sup>/<sub>2</sub> de mercure coulant, &amp; il a passé sous la cloche
- <span class="pagenum" id="Page_38">38</span> 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup plus propre
- que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion &amp; la respiration
- des animaux.</p>
-
- <p>Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un
- pouce de diamètre &amp; y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un
- éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement
- comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme &amp; une sorte de
- décrépitation, à la manière du phosphore, &amp; avec une vivacité de
- lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons
- découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele &amp; moi, a été
- nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal.
- Je lui avois d'abord donné le nom d'<i>air éminemment respirable</i>:
- depuis, on y a substitué celui d'<i>air vital</i>. Nous verrons bientôt ce
- qu'on doit penser de ces dénominations.</p>
-
- <p>En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit
- que le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre &amp; respirable
- de l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de
- cette partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce
- de mofète, incapable d'entretenir la combustion <span class="pagenum" id="Page_39">39</span> &amp; la respiration:
- l'air de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de
- nature différente &amp; pour ainsi dire opposée.</p>
-
- <p>Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux
- fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les
- 42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, &amp; les 8 pouces
- cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à
- celui de l'atmosphère, &amp; qui est propre à peu près au même degré, à la
- combustion, à la calcination des métaux, &amp; à la respiration des animaux.</p>
-
- <p>Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir
- séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans
- la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées
- exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure
- pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas
- assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles
- qui s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence
- des deux fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère &amp; la force
- d'affinité qui unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence
- la calcination du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle
- <span class="pagenum" id="Page_40">40</span> peut l'être, dans une quantité d'air déterminée, il reste encore
- un peu d'air respirable combiné avec la mofète, &amp; le mercure ne peut
- en séparer cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la
- proportion d'air respirable &amp; d'air non respirable qui entre dans la
- composition de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au
- moins dans les climats que nous habitons: je discuterai en même temps
- les causes d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette
- proportion.</p>
-
- <p>Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure,
- puisqu'il y a fixation &amp; combinaison de la base de la partie respirable
- avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment
- exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique &amp; de lumière; &amp;
- l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais
- deux causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience
- dont je viens de rendre compte. La première, parce que la calcination
- durant pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur &amp; de lumière,
- réparti sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible
- pour chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération
- se faisant dans un fourneau &amp; à l'aide du feu, la chaleur occasionnée
- par la calcination <span class="pagenum" id="Page_41">41</span> se confond avec celle du fourneau. Je pourrois
- ajouter que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se
- combinant avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique
- qui lui étoit uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle
- combinaison; mais cette discussion &amp; les preuves que je serois obligé
- de rapporter, ne seroient pas à leur place ici.</p>
-
- <p>Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur
- &amp; de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition
- de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec
- la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le
- monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la
- combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, <i>planche
- IV, figure 17</i>, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités
- B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG.
- On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau
- d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air
- dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume
- l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer
- BC dans la bouteille, &amp; on la bouche <span class="pagenum" id="Page_42">42</span> comme on le voit dans la
- figure que je viens de citer.</p>
-
- <p>Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence
- à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation
- au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles,
- lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis
- qui deviennent noirs en se refroidissant, &amp; qui conservent un reste
- de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant &amp; plus
- fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement
- en poudre &amp; est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne
- l'étoit avant sa combustion.</p>
-
- <p>M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit
- à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de
- la répéter avec des circonstances différentes &amp; dans un appareil plus
- propre à répondre à mes vues.</p>
-
- <p>J'ai rempli une cloche A, <i>planche IV, fig. 3</i>, de six pintes environ
- de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment
- respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat,
- cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après
- quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du
- mercure, <span class="pagenum" id="Page_43">43</span> tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche.
- Je me suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine
- D, plate &amp; évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer
- tournés en spirale, &amp; que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru
- la plus favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les
- parties. A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit
- morceau d'amadoue, &amp; j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit
- à peine un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche
- en soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette
- manière de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec
- l'air de la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on
- opère avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience.</p>
-
- <p>Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une
- partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son
- intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on
- passe par-dessous, &amp; pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on
- tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art
- pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se
- contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une
- <span class="pagenum" id="Page_44">44</span> très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce &amp;
- demi tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on
- élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le
- mercure jusqu'à 6 à 7 pouces.</p>
-
- <p>Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un
- fer recourbé MN, <i>planche IV, figure 16</i>, destiné à ces sortes
- d'expériences; on le passe par-dessous la cloche &amp; avant qu'il ait eu
- le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore
- contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore
- s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, &amp; celle-ci la
- communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le
- fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche,
- brillante, &amp; semblable à celle qu'on observe dans les étoiles
- d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette
- combustion, liquéfie le fer, &amp; il tombe en globules ronds de grosseur
- différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, &amp; dont
- quelques-uns sont lancés au dehors &amp; nagent sur la surface du mercure.</p>
-
- <p>Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation
- dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée <span class="pagenum" id="Page_45">45</span>
- par la chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la
- dilatation; le mercure remonte dans la cloche, &amp; lorsque la quantité de
- fer est suffisante, &amp; que l'air avec lequel on opère est bien pur, on
- parvient à l'absorber presqu'en entier.</p>
-
- <p>Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences
- de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de
- fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience &amp; absorber presque
- tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de
- la voûte de la cloche, &amp; la grande chaleur jointe au refroidissement
- subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre:
- le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès
- qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait
- jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces
- inconvéniens &amp; être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère
- brûler plus d'un gros &amp; demi de fer sous une cloche de huit pintes de
- capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de
- mercure qu'elle est destinée à contenir.</p>
-
- <p>Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience, le
- poids que le fer acquiert, &amp; les changemens arrivés à l'air. Si c'est
- <span class="pagenum" id="Page_46">46</span> l'augmentation de poids du fer &amp; son rapport avec l'absorption de
- l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin de
- marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la
- hauteur du mercure avant &amp; après l'expérience; on passe ensuite sous
- la cloche le siphon GH, <i>planche IV, figure 3</i>, garni d'un papier qui
- empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité
- G, &amp; on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure
- est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache
- de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble
- soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés &amp; qui nagent
- sur le mercure, &amp; on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que
- les anciens Chimistes ont nommé <i>éthiops martial</i>; il a une sorte de
- brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, &amp; se réduit
- en poudre sous le marteau &amp; sous le pilon. Lorsque l'opération a bien
- réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops.
- On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35
- livres par quintal.</p>
-
- <p>Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite,
- l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à
- celle dont le fer est augmenté. Si donc on a <span class="pagenum" id="Page_47">47</span> brûlé 100 grains de
- fer &amp; que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35
- grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70
- pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans
- la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet,
- assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube.</p>
-
- <p>Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences
- de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le
- volume de l'air au commencement &amp; à la fin de l'expérience à celui
- qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, &amp; à une pression de 28
- pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces
- corrections, à la fin de cet Ouvrage.</p>
-
- <p>Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se
- propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu
- différente. On commence alors, après que la combustion est faite &amp;
- que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer &amp; la capsule qui
- le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le mercure:
- ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse ou alkali
- caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou telle autre
- substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action qu'elles exercent
- <span class="pagenum" id="Page_48">48</span> sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces moyens d'analyse
- de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de ces différentes
- substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans ce moment. On
- finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau qu'il est
- nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe dessous
- un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on la
- transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où l'on
- opère plus en grand &amp; avec plus de facilité.</p>
-
- <p>Lorsqu'on a employé du fer très-doux &amp; très-pur, &amp; que la portion
- respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit
- exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après
- la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion;
- mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de
- matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de
- même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air
- parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion
- de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en
- rien le résultat de l'expérience, &amp; elle se retrouve à la fin en même
- quantité qu'au commencement.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_49">49</span></p>
-
- <p>J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature
- des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de
- décomposition &amp; par voie de composition. La calcination du mercure nous
- a fourni l'exemple de l'une &amp; de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à
- la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue
- pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais
- on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant
- de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra
- dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de
- l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint
- les lumières, qui est nuisible pour les animaux, &amp; qui est en tout
- semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à
- 73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment
- respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination,
- on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de
- l'atmosphère &amp; qui en a toutes les propriétés.</p>
-
- <p>Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de
- l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer ici
- sans emprunter des notions, qui, dans <span class="pagenum" id="Page_50">50</span> l'ordre des connoissances,
- appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que
- j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; &amp; dans ces
- sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur
- nombre.</p>
-
- <p>Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de
- l'atmosphère &amp; qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que
- nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau
- qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant
- les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides
- élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre
- davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour
- en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides
- élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des
- phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, &amp; qui ont
- souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 152px;">
- <img src="images/page-50.jpg" alt="" title="" width="152" height="103" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_51">51</span></p>
-
- <h2 id="ch4"><span class="h2t2">CHAPITRE IV.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de
- l'atmosphère.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'ici</span> j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner
- la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère,
- &amp; j'ai adopté provisoirement ces expressions, <i>partie respirable,
- partie non respirable de l'air</i>. Les détails dans lesquels je vais
- entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, &amp; qu'après avoir
- cherché à donner des idées simples des différentes substances qui
- entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime
- également par des mots simples.</p>
-
- <p>La température de la planette que nous habitons se trouvant
- très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide,
- &amp; réciproquement, &amp; ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux,
- il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les
- climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau
- devenue solide par l'absence du calorique.</p>
-
- <p>Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur
- par une plus grande <span class="pagenum" id="Page_52">52</span> addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait
- une étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré
- un peu supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en
- un fluide élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être
- reçu &amp; contenu dans des vaisseaux, &amp; qui conserve sa forme gazeuse
- tant qu'il éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à
- une pression égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce
- phénomène ayant échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau
- dans cet état par un nom particulier; &amp; il en est de même de tous les
- fluides, &amp; en général, de toutes les substances qui ne sont point
- susceptibles de se vaporiser au degré habituel de température &amp; de
- pression dans lequel nous vivons.</p>
-
- <p>Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart
- des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que
- ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le
- calorique; &amp; comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide
- ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des
- Physiciens.</p>
-
- <p>Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus
- &amp; consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons <span class="pagenum" id="Page_53">53</span> donc
- attaché au mot d'<i>eau</i> &amp; de <i>glace</i>, leur signification vulgaire; nous
- avons de même exprimé par le mot d'<i>air</i> la collection des fluides
- élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes
- pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes
- nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous
- étions en droit de les rejetter &amp; de leur en substituer d'autres
- moins propres à induire en erreur; &amp; lors même que nous nous sommes
- déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les
- modifier &amp; d'y attacher des idées mieux arrêtées &amp; plus circonscrites.</p>
-
- <p>C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, &amp;
- nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses
- que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout
- à n'admettre que des mots courts, &amp; autant qu'il étoit possible, qui
- fussent susceptibles de former des adjectifs &amp; des verbes.</p>
-
- <p>D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer,
- le nom de <i>gaz</i> employé par Vanhelmont, &amp; nous avons rangé sous cette
- dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes,
- en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. <span class="pagenum" id="Page_54">54</span> Le
- mot <i>gaz</i> est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier
- degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique;
- c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit
- ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, &amp; nous y sommes parvenus en
- empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc
- gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, &amp; dans l'état de fluide
- élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera
- le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le
- gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz
- ammoniaque, &amp; ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet
- article quand il sera question de nommer les différentes bases.</p>
-
- <p>On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux
- fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir
- la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent &amp; les corps
- combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument
- opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir
- la combustion, &amp;c. Nous avons donné à la base de la portion respirable
- de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς, <span class="pagenum" id="Page_55">55</span> <i>acide</i>, &amp; γεινομαι, <i>j'engendre</i>, parce qu'en
- effet une des propriétés les plus générales de cette base est de
- former des acides, en se combinant avec la plupart des substances.
- Nous appellerons donc gaz oxygène la réunion de cette base avec le
- calorique: sa pesanteur dans cet état est assez exactement d'un
- demi-grain poids de marc, par pouce cube, ou d'une once &amp; demie par
- pied cube, le tout à 10 degrés de température, &amp; à 28 pouces du
- baromètre.</p>
-
- <p>Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de
- l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes
- contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz
- de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc
- nommé azote, de l'α privatif des Grecs, &amp; de ζοη,
- <i>vie</i>, ainsi la partie non respirable de l'air sera le gaz azotique.
- Sa pesanteur est d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de
- 0,4444 grain le pouce cube.</p>
-
- <p>Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose
- d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce
- n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons
- d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été
- possible de le rencontrer: nous avions été <span class="pagenum" id="Page_56">56</span> tentés d'abord de le
- nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences
- de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre
- dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre
- côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes
- constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre
- également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été
- tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû
- rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, &amp; nous n'avons
- pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'<i>azote</i> &amp; de gaz
- azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de
- priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz.</p>
-
- <p>J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens,
- si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces
- de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous,
- mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que
- nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance
- simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement
- de ce premier mot.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 81px;">
- <img src="images/page-56.jpg" alt="" title="" width="81" height="31" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_57">57</span></p>
-
- <h2 id="ch5"><span class="h2t2">CHAPITRE V.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore &amp; le
- charbon, &amp; de la formation des acides en général.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">U</span><span class="smcap">n</span> des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire
- des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible &amp;
- d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les
- effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire
- l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point
- une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait
- une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif
- dans les calcinations &amp; les combustions: mais, comme il les rallentit,
- &amp; comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans
- quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause
- d'incertitude.</p>
-
- <p>J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte,
- le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou gaz
- oxigène pur, &amp; j'avertirai seulement des différences <span class="pagenum" id="Page_58">58</span> qu'elles
- présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de
- gaz azotique.</p>
-
- <p>J'ai pris une cloche de cristal A, <i>planche IV, figure 3</i>, de cinq à
- six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau,
- après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une
- capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la
- surface du mercure &amp; j'y ai introduit 61 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub> de phosphore de
- Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, <ins class="correction" title="semblable">semblables</ins>
- à celle qu'on voit en D, <i>figure 3</i>, sous la cloche A; &amp; pour pouvoir
- allumer chacune de ces deux portions séparément, &amp; que l'inflammation
- ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des
- deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé,
- j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec
- un siphon de verre GHI, même <i>figure</i>, qu'on introduit par-dessous la
- cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure,
- on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec
- un fer recourbé rougi au feu, représenté <i>figure 16</i>, j'ai allumé
- successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle
- qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre. <span class="pagenum" id="Page_59">59</span></p>
-
- <p>La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme
- brillante &amp; un dégagement considérable de chaleur &amp; de lumière. Il y a
- eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène,
- occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus
- de son niveau, &amp; il y a eu une absorption considérable: en même temps
- tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers,
- qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret.</p>
-
- <p>La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites,
- au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est
- trouvée à la fin seulement de 23 pouces <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: la quantité de gaz oxygène
- absorbée avoit donc été de 138 pouces <sup>3</sup>/<sub>4</sub> ou de 69,375 grains.</p>
-
- <p>La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les
- capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, &amp;
- séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: ce qui réduit
- à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu
- près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux
- grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion.</p>
-
- <p>Ainsi dans cette opération, 45 grains de <span class="pagenum" id="Page_60">60</span> phosphore se sont
- combinés avec 69,375 grains d'oxygène; &amp; comme rien de pesant ne
- passe à travers le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la
- substance quelconque qui a résulté de cette combinaison &amp; qui s'étoit
- rassemblée en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de
- l'oxygène &amp; de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains.
- On verra bientôt que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide
- concret. En réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut
- employer 154 liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, &amp; qu'il
- en résulte 254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret.</p>
-
- <p>Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré
- de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec
- le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène,
- qu'il s'empare de sa base, &amp; qu'alors le calorique, qui devient libre,
- s'échappe &amp; se dissipe en se répartissant dans les corps environnans.</p>
-
- <p>Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas
- encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai
- employé &amp; que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier le
- poids des flocons <span class="pagenum" id="Page_61">61</span> blancs ou de l'acide concret qui s'est formé;
- on ne peut le conclure que par voie de calcul &amp; en le supposant égal à
- la somme du poids de l'oxygène &amp; du phosphore: or quelqu'évidente que
- fût cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique &amp; en Chimie,
- de supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai
- donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, &amp; avec
- un appareil différent.</p>
-
- <p>J'ai pris un grand ballon de verre A, <i>planche IV, figure 4</i>, dont
- l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se
- recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit
- percée de deux trous pour le passage des tuyaux <i>yyy</i>, <i>xxx</i>.</p>
-
- <p>Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support
- BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains
- de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de
- cristal sur l'ouverture du matras, &amp; j'ai lutté avec du lut gras, que
- j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux &amp; de blanc
- d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet
- appareil au bras d'une balance, &amp; j'en ai déterminé le poids à un grain
- ou un grain &amp; demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau <i>xxx</i>, <span class="pagenum" id="Page_62">62</span> à une
- petite pompe pneumatique, &amp; j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un
- robinet adapté au tuyau <i>yyy</i>, j'ai introduit du gaz oxygène dans le
- ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de
- facilité &amp; sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine
- hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier
- &amp; moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, &amp; dont
- on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage;
- qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis
- des additions &amp; des corrections importantes, connoître d'une manière
- rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, &amp;
- celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération.</p>
-
- <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec un
- verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée d'une
- grande flamme &amp; de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle s'opéroit,
- il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui s'attachoient
- sur les parois intérieures du vase, &amp; qui bientôt l'ont obscurci
- entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que quoiqu'il
- rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû entretenir
- la <span class="pagenum" id="Page_63">63</span> combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant laissé
- refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par m'assurer
- de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, &amp; par peser le
- ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché &amp; pesé la petite
- quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, &amp; qui étoit
- de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale de
- phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de
- ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1<sup>o</sup>. le
- poids du phosphore brûlé; 2<sup>o</sup>. celui des flocons blancs obtenus par la
- combustion; 3<sup>o</sup>. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le
- phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats
- que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en
- brûlant, absorboit un peu plus d'une fois &amp; demie son poids d'oxygène,
- &amp; j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle
- substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé &amp;
- de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de
- prévoir <i>à priori</i>.</p>
-
- <p>Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur,
- le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui
- prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore <span class="pagenum" id="Page_64">64</span> qui puisse altérer la
- pureté de l'air, &amp; qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base,
- c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni.</p>
-
- <p>J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque
- dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit
- sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la
- combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé.
- On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun
- à l'Académie, M. de la Place &amp; moi, année 1780, page 355. Ayant soumis
- la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une
- livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace.</p>
-
- <p>La combustion du phosphore réussit également dans l'air de
- l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1<sup>o</sup>. que la
- combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par
- la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz
- oxygène: 2<sup>o</sup>. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement
- absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz
- oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de
- l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu. <span class="pagenum" id="Page_65">65</span></p>
-
- <p>Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans
- le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière
- blanche floconneuse très-légère, &amp; il acquiert des propriétés toutes
- nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient
- soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une
- étonnante rapidité, &amp; il se résout en une liqueur beaucoup plus dense
- que l'eau, &amp; d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans
- l'état de phosphore, &amp; avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun
- goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre
- &amp; piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle
- des substances incombustibles, &amp; il devient ce qu'on appelle un acide.</p>
-
- <p>Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par
- l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une
- propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique,
- on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les
- opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen
- de simplifier l'étude des Sciences, &amp; il seroit impossible d'en retenir
- tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons
- donc <i>oxygénation</i> la <span class="pagenum" id="Page_66">66</span> conversion du phosphore en un acide, &amp; en
- général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène.</p>
-
- <p>Nous adopterons également l'expression d'<i>oxygéner</i>, &amp; je dirai en
- conséquence qu'en <i>oxygénant</i> le phosphore, on le convertit en un acide.</p>
-
- <p>Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la
- propriété de décomposer l'air, &amp; d'enlever l'oxygène au calorique.
- On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables
- à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois
- avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le
- soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient
- avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la
- combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même
- brûle avec beaucoup de difficulté, &amp; qu'il est susceptible de se
- dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après
- mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que
- l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre;
- que son poids est égal à la somme du poids du soufre, &amp; de l'oxygène
- qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible,
- susceptible de se combiner avec <span class="pagenum" id="Page_67">67</span> l'eau en toutes proportions: il
- ne reste d'incertitude que sur la quantité de soufre &amp; d'oxygène qui
- constituent cet acide.</p>
-
- <p>Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une
- substance combustible simple, a également la propriété de décomposer
- le gaz oxygène &amp; d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui
- résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression
- &amp; de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état
- de gaz, &amp; il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet
- acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais
- dans un degré plus foible, &amp; il s'unit comme eux à toutes les bases
- susceptibles de former des sels neutres.</p>
-
- <p>On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous
- une cloche de verre A, <i>planche IV, figure 3</i>, remplie de gaz oxygène,
- &amp; renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud &amp;
- même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le
- charbon, un petit fragment d'amadoue &amp; un petit atome de phosphore. On
- allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se
- communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon.</p>
-
- <p>On trouve le détail de cette expérience, <span class="pagenum" id="Page_68">68</span> Mémoires de l'Académie,
- année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en
- poids, pour en saturer 28 de charbon, &amp; que l'acide aériforme qui
- est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du
- charbon &amp; de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme
- a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont
- découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui
- de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié &amp; gâté par la
- combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance
- aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides,
- par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe
- ne lui convient point.</p>
-
- <p>Ayant essayé, M. de la Place &amp; moi, de brûler du charbon dans
- l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous
- avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv.
- 6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se
- combinent avec le charbon dans cette opération, &amp; il se forme 3 liv. 9
- onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le
- pouce cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de
- gaz acide qui se <span class="pagenum" id="Page_69">69</span> forme par la combustion d'une livre de charbon.</p>
-
- <p>Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, &amp; faire
- voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides
- s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche
- que je me suis engagé à suivre &amp; qui consiste à ne procéder que du
- connu à l'inconnu, &amp; à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés
- dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche
- d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je
- viens de citer, suffisent pour donner une idée claire &amp; précise de
- la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un
- principe commun à tous, &amp; que c'est lui qui constitue leur acidité;
- qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la
- substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base
- acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, &amp; le
- principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 60px;">
- <img src="images/page-69.jpg" alt="" title="" width="60" height="23" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_70">70</span></p>
-
- <h2 id="ch6"><span class="h2t2">CHAPITRE VI.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la nomenclature des Acides en général, &amp; particulièrement de ceux
- tirés du salpêtre &amp; du sel marin.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">R</span><span class="smcap">ien</span> n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre
- précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot
- acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans
- le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de
- son radical. Nous nommerons donc <i>acides</i> en général, le résultat de la
- combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre &amp; du charbon.
- Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le
- second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans
- toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du
- nom de la base la désignation spécifique de chaque acide.</p>
-
- <p>Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des corps
- combustibles, &amp; en général, d'une partie des corps qui se transforment
- en acides, c'est qu'ils sont susceptibles <span class="pagenum" id="Page_71">71</span> de différens degrés
- de saturation; &amp; les acides qui en résultent, quoique formés de
- la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort
- différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide
- phosphorique, &amp; sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des
- exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce
- premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, &amp;
- qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion
- d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, &amp; qui
- donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier.
- Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver
- en défaut, &amp; il paroissoit difficile de tirer du nom de la base
- acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution
- &amp; sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion,
- &amp; plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles
- ressources, &amp; nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les
- variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons.
- L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom
- d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, &amp; nous avons donné
- celui de sulfurique à l'acide du soufre <span class="pagenum" id="Page_72">72</span> complettement saturé
- d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage,
- que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux
- degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est
- pénétrant &amp; volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est
- inodore &amp; fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour
- tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous
- aurons donc également un acide phosphoreux &amp; un acide phosphorique, un
- acide acéteux &amp; un acide acétique, &amp; ainsi des autres.</p>
-
- <p>Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, &amp; la
- nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant, si, lors
- de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical ou sa base
- acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été découvert que
- postérieurement à la découverte du phosphore, &amp; le nom qui lui a été
- donné a été dérivé en conséquence de celui de la base acidifiable dont
- il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été découvert avant
- la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été découvert, on
- ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle il appartenoit,
- alors on a donné à l'acide &amp; à la base des noms qui n'avoient <span class="pagenum" id="Page_73">73</span>
- aucun rapport entr'eux, &amp; non-seulement on a surchargé la mémoire
- de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit des
- commençans &amp; même des Chimistes consommés, des idées fausses que le
- tems seul &amp; la réflexion peuvent effacer.</p>
-
- <p>Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer
- qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; &amp; on l'a
- nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance
- dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que
- celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion.</p>
-
- <p>Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement
- le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de
- la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de
- dénominations qui lui ont été données &amp; dont aucune ne transmet des
- idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger &amp; de
- modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti
- le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, &amp; celui d'air
- fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible
- de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit
- inconnue. Nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_74">74</span> trouvés alors forcés de prendre une
- marche inverse; &amp; au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la
- base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination
- de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire
- du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide,
- de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se
- fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une
- odeur très-pénétrante, &amp; en faisant légèrement chauffer, on dégage
- tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré
- de température &amp; de pression dans lequel nous vivons, il faut des
- précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode
- &amp; le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite
- cornue G, <i>planche V, fig. 5</i>, dans laquelle on introduit du sel marin
- bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, &amp; aussi-tôt
- on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de
- verre A, <i>même figure</i>, qu'on a préalablement remplies de mercure. A
- mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre &amp; gagne le
- haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on
- chauffe légèrement &amp; on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe <span class="pagenum" id="Page_75">75</span>
- plus rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, &amp; cette dernière
- en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant
- une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un
- instant l'acide se combine avec elle &amp; disparoît en entier. On profite
- de cette circonstance dans les laboratoires &amp; dans les arts, pour
- obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à
- cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, figure première</i>. Il
- consiste 1<sup>o</sup>. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, &amp; dans
- laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2<sup>o</sup>. dans
- le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se
- dégage; 3<sup>o</sup>. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''',
- qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz
- acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus
- amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage.</p>
-
- <p>Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide
- qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit
- formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec
- l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue <i>base muriatique,
- radical muriatique</i>, en empruntant ce <span class="pagenum" id="Page_76">76</span> nom, à l'exemple de M.
- Bergman &amp; de M. de Morveau, du mot latin <i>muria</i>, donné anciennement
- au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement
- la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette
- dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous
- forme gazeuse au degré de chaleur &amp; de pression que nous éprouvons,
- qui se combine avec l'eau en très-grande quantité &amp; avec beaucoup de
- facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à
- l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer.</p>
-
- <p>Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque
- substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination &amp; lui
- donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été
- découverte.</p>
-
- <p>L'acide muriatique présente au surplus une circonstance
- très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre &amp; comme plusieurs
- autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès
- d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit
- dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le
- soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité
- avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl <span class="pagenum" id="Page_77">77</span> sous le nom
- d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide
- sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides
- plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans
- l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur &amp; qui
- s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide
- muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus
- pénétrante, moins miscible à l'eau, &amp; diminue ses qualités acides. Nous
- avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation,
- comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les
- terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène
- acide <i>muriateux</i>, &amp; le plus saturé acide <i>muriatique</i>; mais nous avons
- cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, &amp; dont on ne
- connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, &amp; nous
- nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné.</p>
-
- <p>Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme
- nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux
- connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous le
- nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par des
- <span class="pagenum" id="Page_78">78</span> procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide
- muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on
- le chasse de la base à laquelle il est uni, &amp; l'on se sert de même à
- cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, fig. 1</i>. A mesure que
- l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre est absorbée
- par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord verte, puis bleue,
- &amp; enfin jaune, suivant le degré de concentration de l'acide. Il se
- dégage pendant cette opération une grande quantité de gaz oxygène mêlé
- d'un peu de gaz azotique.</p>
-
- <p>L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les
- autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, &amp; c'est même le premier
- dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux
- principes qui le constituent tiennent peu ensemble, &amp; on les sépare
- aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait
- plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue
- l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est
- parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans
- sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est
- donc véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un
- véritable acide azotique. On voit donc que pour être d'accord <span class="pagenum" id="Page_79">79</span>
- avec nous-mêmes &amp; avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou
- l'autre de ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés
- cependant par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de
- changer le nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les
- arts, dans la société &amp; dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un
- autre côté, devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce
- que cette substance est également la base de l'alkali volatil ou
- ammoniaque, comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc
- de désigner sous le nom d'azote la base de la partie non respirable
- de l'air atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique &amp; le
- radical ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux &amp; de
- nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un
- grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes
- dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement
- nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions
- reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous
- embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera
- insensiblement le souvenir: &amp; c'est ainsi que nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_80">80</span>
- trouvés exposés à la fois à la critique &amp; aux plaintes des deux partis
- opposés.</p>
-
- <p>L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand
- nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé,
- c'est-à-dire, de la proportion d'azote &amp; d'oxygène qui entre dans
- sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue
- un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de
- gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène &amp;
- d'une d'azote, &amp; dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut
- beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste
- au contraire une grande affinité pour ce principe, &amp; il l'attire avec
- une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt
- qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air
- de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour
- déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, &amp; pour juger
- de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz
- nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, &amp;
- qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la
- proportion de l'oxygène &amp; de l'azote est au-dessous de trois parties
- contre une, l'acide est <span class="pagenum" id="Page_81">81</span> rouge &amp; fumant: dans cet état nous le
- nommons acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en
- dégager du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote
- donnent un acide blanc &amp; sans couleur, plus fixe au feu que le
- précédent, qui a moins d'odeur, &amp; dont les deux principes constitutifs
- sont plus solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les
- principes exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique.</p>
-
- <p>Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène;
- l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui
- est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote
- qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des
- acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 134px;">
- <img src="images/page-81.jpg" alt="" title="" width="134" height="118" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_82">82</span></p>
-
- <h2 id="ch7"><span class="h2t2">CHAPITRE VII.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, &amp; de la formation
- des Oxides métalliques.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> les substances métalliques sont échauffées à un certain degré
- de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le
- calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en
- excepte l'or, l'argent &amp; le platine, ont la propriété de décomposer le
- gaz oxygène, de s'emparer de sa base &amp; d'en dégager le calorique. On a
- déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par
- le mercure &amp; par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être
- regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire
- étoit très-rapide &amp; accompagnée d'une flamme brillante. S'il est
- nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations,
- c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, &amp;
- diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose,
- l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres.</p>
-
- <p>Les substances métalliques pendant leur calcination <span class="pagenum" id="Page_83">83</span> augmentent
- de poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems
- elles perdent leur éclat métallique &amp; se réduisent en une poudre
- terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés
- comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action
- sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur
- lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit
- donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à
- celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en
- raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur
- l'autre, &amp; cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi
- les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air &amp; dans le gaz
- oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre, le
- phosphore &amp; le charbon: il se forme des substances intermédiaires qui
- commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas encore
- acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le nom de
- chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore à toute
- substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu sans se
- fondre. Ils ont fait en conséquence du mot <i>chaux</i> un nom générique,
- &amp; ils ont confondu sous ce nom, &amp; la pierre calcaire, <span class="pagenum" id="Page_84">84</span> qui d'un
- sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au feu
- en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, &amp; les métaux
- qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la
- quantité excède quelquefois moitié de leur poids, &amp; qui les rapproche
- de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer
- sous un même nom des substances si différentes, &amp; sur-tout de conserver
- aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses.
- Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, &amp;
- nous y avons substitué celui d'<i>oxides</i>, du grec οξυς.</p>
-
- <p>On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est
- fécond &amp; expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les
- oxides; un second degré constitue les acides terminés en <i>eux</i>,
- comme l'acide nitr<i>eux</i>, l'acide sulfur<i>eux</i>; un troisième degré
- constitue les acides en <i>ique</i>, tels que l'acide nitr<i>ique</i>, l'acide
- sulfur<i>ique</i>; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré
- d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'<i>oxygéné</i>, comme
- nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné.</p>
-
- <p>Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'<i>oxides</i>
- la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune
- <span class="pagenum" id="Page_85">85</span> difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré
- d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer
- acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc <i>oxide
- de soufre</i>, le soufre devenu mou par un commencement de combustion;
- nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le
- phosphore quand il a brûlé.</p>
-
- <p>Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré
- d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal
- &amp; le règne animal auront leurs oxides, &amp; je ferai voir dans la
- suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les
- opérations de l'art &amp; de la nature.</p>
-
- <p>Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer,
- presque tous des couleurs qui leur sont propres, &amp; ces couleurs varient
- non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré
- d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés
- d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal
- oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide
- rouge de fer, oxide jaune de fer; &amp; ces expressions répondront à celles
- d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_86">86</span></p>
-
- <p>Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide
- rouge de plomb; &amp; ces expressions désigneront la cendre de plomb, le
- massicot &amp; le minium.</p>
-
- <p>Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand
- on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par
- la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins
- elles seront toujours justes &amp; feront naître l'idée précise de l'objet
- qui y correspond.</p>
-
- <p>Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 271px;">
- <img src="images/page-86.jpg" alt="" title="" width="271" height="222" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_87">87</span></p>
-
- <h2 id="ch8"><span class="h2t2">CHAPITRE VIII.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Du principe radical de l'Eau, &amp; de sa décomposition par le charbon &amp;
- par le fer.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'a</span> ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance
- simple, &amp; les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier
- du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour
- eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins
- puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement
- sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va
- voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point
- ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, &amp; qui même
- est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de
- l'Académie des Sciences, année 1781.</p>
-
- <p>Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la
- décomposition &amp; de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on
- voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_88">88</span></p>
-
- <p class="experience1"><span class="smcap">EXPÉRIENCE PREMIÈRE.</span></p>
-
- <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p>
-
- <p>On prend un tube de verre EF, <i>planche VII, fig. 11</i>, de 8 à 12 lignes
- de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant
- une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce
- tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau
- distillée bien connue, &amp; à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS'
- qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à
- l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé
- KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil
- propre à en déterminer la qualité &amp; la quantité.</p>
-
- <p>Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que
- le tube EF soit de verre vert bien cuit &amp; d'une fusion difficile; on
- l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec
- des poteries de grès réduites en poudre; &amp; dans la crainte qu'il ne
- fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec
- une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine
- sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en
- procurer <span class="pagenum" id="Page_89">89</span> qui ne soient pas poreux, &amp; presque toujours on y
- découvre quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs.</p>
-
- <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau
- EFCD, &amp; on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF,
- sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau
- VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A.</p>
-
- <p class="experience2"><i>Effet.</i></p>
-
- <p>A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle
- remplit l'intérieur du tube EF, &amp; elle en chasse l'air commun qui
- s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le
- refroidissement dans le serpentin SS', &amp; il tombe de l'eau goutte à
- goutte dans le flacon tubulé H.</p>
-
- <p>En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A
- soit évaporée, &amp; en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve
- dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui
- étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz;
- en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation
- ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau <span class="pagenum" id="Page_90">90</span>
- n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube
- intermédiaire EF.</p>
-
- <p class="experience1"><span class="smcap">Expérience seconde.</span></p>
-
- <p class="experience2"><i>Preparation.</i></p>
-
- <p>On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette
- différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit
- grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, &amp; qui
- préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans
- des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente,
- bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale.</p>
-
- <p class="experience2"><i>Effet.</i></p>
-
- <p>L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans
- la précédente; elle se condense dans le serpentin, &amp; coule goutte à
- goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité
- considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, &amp; qu'on recueille
- dans un appareil convenable.</p>
-
- <p>L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques
- atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement
- disparu.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_91">91</span></p>
-
- <p>Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser
- ensemble 113 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub><a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>; ils sont de deux espèces, savoir 144
- pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, &amp; 380
- pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>, &amp;
- qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact
- de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le
- flacon, on la trouve diminuée de 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>.</p>
-
- <p>Ainsi dans cette expérience, 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau, plus 28 grains de
- charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>
- d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer.</p>
-
- <p>Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide
- carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon;
- donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé
- à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau sont composés
- de 72 grains d'oxygène &amp; de 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'un gaz susceptible de
- s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait
- été dégagé du charbon, <span class="pagenum" id="Page_92">92</span> &amp; qu'il est conséquemment un produit de
- l'eau.</p>
-
- <p>J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui
- n'auroient servi qu'à la compliquer &amp; à jetter de l'obscurité dans
- les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un
- peu de charbon, &amp; cette circonstance en augmente le poids &amp; diminue
- au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte
- dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir
- les rétablir par calcul, &amp; présenter l'expérience dans toute sa
- simplicité, &amp; comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus,
- s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je
- tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres
- expériences que je vais rapporter à l'appui.</p>
-
- <p class="experience1"><span class="smcap">Troisième Expérience.</span></p>
-
- <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p>
-
- <p>On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec
- cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met
- dans le tube EF, <i>planche VII, fig. 11</i>, 274 grains de petites lames
- de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme dans
- les expériences précédentes; on allume <span class="pagenum" id="Page_93">93</span> du feu sous la cornue A, &amp;
- on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce
- qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans
- le tube EF, &amp; qu'elle se soit condensée dans le flacon H.</p>
-
- <p class="experience2"><i>Effet.</i></p>
-
- <p>Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience,
- mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de
- l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, &amp; son
- volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité
- d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on
- trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de
- fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que
- lorsqu'on les y a introduits; &amp; leur volume se trouve considérablement
- augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout
- sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état
- d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz
- oxygène.</p>
-
- <p class="experience2"><i>Réflexions.</i></p>
-
- <p>Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du
- fer par l'eau; oxidation <span class="pagenum" id="Page_94">94</span> toute semblable à celle qui s'opère dans
- l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85
- d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide
- noir, &amp; il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier:
- donc l'eau est composée d'oxygène &amp; de la base d'un gaz inflammable,
- dans la proportion de 85 parties contre 15.</p>
-
- <p>Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, &amp;
- qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un
- autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, &amp; auquel
- nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a
- paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe
- générateur de l'eau, de υδορ <i>eau</i>, &amp; de γεινομαι
- <i>j'engendre</i>. Nous appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce
- principe avec le calorique, &amp; le mot d'hydrogène seul exprimera la base
- de ce même gaz, le radical de l'eau<a name="FNanchor_A" id="FNanchor_A" href="#Footnote_A" class="fnanchor">[A]</a>.</p>
-
- <p>Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui
- a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique &amp; pour
- décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même
- une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé
- dans une combinaison, il est toujours dans <span class="pagenum" id="Page_95">95</span> l'état aériforme ou de
- gaz au degré habituel de pression &amp; de température dans lequel nous
- vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que
- l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est
- susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir
- à la respiration des animaux.</p>
-
- <p>La propriété de brûler &amp; de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour
- tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air
- &amp; d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler
- qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit
- une bouteille de ce gaz &amp; qu'on l'allume, il brûle paisiblement au
- gouleau de la bouteille &amp; ensuite dans son intérieur, à mesure que
- l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive &amp; lente,
- elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz
- s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs
- avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une
- bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, &amp; ensuite deux
- de gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel
- qu'une bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux
- gaz se fait <span class="pagenum" id="Page_96">96</span> d'une manière instantanée &amp; avec une forte explosion.
- On ne doit faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert
- très-forte qui n'excède pas une pinte de capacité &amp; qu'on enveloppe
- même d'un linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par
- la rupture de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à
- de grandes distances.</p>
-
- <p>Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est
- exact &amp; vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai
- cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène
- combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux
- principes, on doit refaire de l'eau, &amp; c'est ce qui arrive en effet,
- comme on va en juger par l'expérience suivante.</p>
-
- <p class="experience1"><span class="smcap">Quatrième Expérience.</span></p>
-
- <p class="experience2"><i>Recomposition de l'eau.</i></p>
-
- <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p>
-
- <p>On prend un ballon A de cristal, <i>planche IV, fig. 5</i>, à large
- ouverture, &amp; dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique
- une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent
- quatre tuyaux. Le premier <span class="pagenum" id="Page_97">97</span> H<i>h</i> est destiné à s'adapter par son
- extrêmité <i>h</i> à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on
- peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau <i>gg</i> communique
- par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, &amp; est destiné
- à l'amener dans le ballon. Un troisième <i>d</i>D<i>d'</i> communique par son
- extrêmité <i>d</i>NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité <i>d'</i> de
- ce tuyau se termine par une ouverture très-petite &amp; à travers laquelle
- une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite
- ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; &amp;
- pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une
- pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée
- d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué,
- à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel
- est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle
- électrique de L en <i>d'</i> pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz
- hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de
- pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité <i>d'</i> de l'ajutoir D<i>d'</i>. Les
- trois tuyaux <i>d</i>D<i>d'</i>, <i>gg</i>, H<i>h</i> sont chacun garnis de leur robinet.</p>
-
- <p>Pour que le gaz hydrogène &amp; le gaz oxygène <span class="pagenum" id="Page_98">98</span> arrivent bien secs par
- les tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, &amp; qu'ils
- soient dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait
- passer à travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on
- remplit d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité
- de l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le
- muriate ou le nitrate de chaux. <i>Voyez</i> quelle est la composition de
- ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être
- en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, &amp; que
- le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les
- morceaux.</p>
-
- <p>On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz
- oxygène bien pur; &amp; pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide
- carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse
- dissoute dans de l'eau, &amp; qu'on a dépouillée de son acide carbonique
- par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens
- d'obtenir cet alkali.</p>
-
- <p>On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le
- plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la
- décomposition de l'eau par du fer bien ductile &amp; bien pur.</p>
-
- <p>Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on <span class="pagenum" id="Page_99">99</span> adapte la pompe
- pneumatique au tuyau H<i>h</i>, &amp; on fait le vuide dans le grand ballon A:
- on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence
- le gaz oxygène par le tuyau <i>gg</i>, puis on oblige par un certain degré
- de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau
- <i>d</i>D<i>d'</i>, dont l'extrémité <i>d'</i> se termine en pointe. Enfin on allume
- ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi
- de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la
- combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai
- employés pour cette expérience, &amp; j'ai expliqué comment on parvient à
- mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude.
- <i>Voyez</i> la troisième partie de cet Ouvrage.</p>
-
- <p class="experience2"><i>Effet.</i></p>
-
- <p>A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les
- parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau
- augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent &amp; se
- rassemblent dans le fond du vase.</p>
-
- <p>En pesant le matras avant &amp; après l'opération, il est facile de
- connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans
- cette expérience <span class="pagenum" id="Page_100">100</span> une double vérification; d'une part le poids des
- gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, &amp; ces deux quantités
- doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous
- avons reconnu, M. Meusnier &amp; moi, qu'il falloit 85 parties en poids
- d'oxygène, &amp; 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer
- 100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a
- été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y
- avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, &amp; nous avons lieu
- de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus.</p>
-
- <p>Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition,
- on peut regarder comme constant &amp; aussi bien prouvé qu'on puisse le
- faire en Chimie &amp; en Physique, que l'eau n'est point une substance
- simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène &amp;
- l'hydrogène, &amp; que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont
- tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que
- sous forme de gaz, au degré de température &amp; de pression dans lequel
- nous vivons.</p>
-
- <p>Ce phénomène de la décomposition &amp; de la recomposition de l'eau s'opère
- continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère <span class="pagenum" id="Page_101">101</span>
- &amp; par l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition
- que sont dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un
- certain point, les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la
- putréfaction, &amp; même de la végétation. Il est bien extraordinaire
- qu'elle ait échappé jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens &amp;
- des Chimistes, &amp; on doit en conclure que dans les sciences comme
- dans la morale il est difficile de vaincre les préjugés dont on a
- été originairement imbu, &amp; de suivre une autre route que celle dans
- laquelle on est accoutumé de marcher.</p>
-
- <p>Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante
- que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru
- cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre
- de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin
- ou alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se
- dégage pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>. Or une
- matière quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà
- de la totalité de <span class="pagenum" id="Page_102">102</span> son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une
- autre substance à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait
- voir que cette autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène.
- L'esprit-de-vin contient donc un des principes de l'eau, l'<i>hydrogène</i>;
- &amp; c'est l'air de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'<i>oxygène</i>:
- nouvelle preuve que l'eau est une substance composée.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 397px;">
- <img src="images/page-102.jpg" alt="" title="" width="397" height="380" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_103">103</span></p>
-
- <h2 id="ch9"><span class="h2t2">CHAPITRE IX.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de
- combustion.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère
- de glace creuse, &amp; en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro
- du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la
- sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des
- quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place &amp; moi,
- la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre
- d'expériences. <i>Voyez</i> Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780,
- page 355. <i>Voyez</i> aussi la 3<sup>e</sup> partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de
- déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de
- trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore,
- le carbone &amp; l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent.</p>
-
- <p>Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace.</p>
-
- <p>Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_104">104</span></p>
-
- <p>Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3
- gros &amp; demi.</p>
-
- <p>La substance qui se forme par le résultat de la combustion du
- phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu
- de calorique dans cet acide, &amp; que par conséquent cette combustion
- fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de
- calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer
- que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de
- calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la
- combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, &amp;
- par conséquent de peu d'importance.</p>
-
- <p>J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit
- 1 livre 8 onces d'oxygène; &amp; puisqu'il y a en même tems 100 livres de
- glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans
- une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10
- onces 5 gros 24 grains de glace.</p>
-
- <p>Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de
- glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains
- de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion
- du phosphore, <span class="pagenum" id="Page_105">105</span> 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène,
- devroient abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces
- 5 gros de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité
- de calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14
- onc. 5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme
- le phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au
- contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité
- de calorique pour le porter à cet état, &amp; c'est cette quantité qui se
- trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le
- nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion
- d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique
- nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à
- l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace.</p>
-
- <p>On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène &amp;
- sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en
- brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, &amp; fait fondre 295
- livres 9 onces 3 gros &amp; demi de glace.</p>
-
- <table id="t02" style="width: 100%" summary="table_02">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">onc.</td>
- <td class="tdrtop">gros.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de gaz oxygène, en passant
- de l'état aériforme à l'état <span class="pagenum" id="Page_106">106</span> solide,
- perdroient, d'après les résultats obtenus dans la combustion du phosphore, assez de
- calorique pour faire fondre une quantité de glace égale à</td>
- <td class="tdrbottom">377</td>
- <td class="tdrbottom">12</td>
- <td class="tdrbottom">3</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Il ne s'en dégage dans la combustion du gaz hydrogène,
- que</td>
- <td class="tdrbottombb">295</td>
- <td class="tdrbottombb">2</td>
- <td class="tdrbottombb">3</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Il en reste donc dans l'eau qui se forme, lors même
- qu'elle est ramenée à zéro du thermomètre,</td>
- <td class="tdrbottom">82</td>
- <td class="tdrbottom">9</td>
- <td class="tdrbottom">7&nbsp;<sup>1</sup>/<sub>2</sub></td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la
- combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans
- chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique
- égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de
- glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il
- est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous
- n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans
- l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, &amp; que l'oxygène
- en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette
- combinaison.</p>
-
- <p>De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_107">107</span></p>
-
- <h3 id="ch9a"><i>Combustion du Phosphore.</i></h3>
-
- <table id="t03" style="width: 100%" summary="table_03">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">liv.</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de phosphore brûlé,</td>
- <td class="tdcbottom">1</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène nécessaire pour la combustion,</td>
- <td class="tdcbottombb">1</td>
- <td class="tdcbottombb">8</td>
- <td class="tdcbottombb">»</td>
- <td class="tdcbottombb">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide phosphorique obtenu,</td>
- <td class="tdcbottombb">2</td>
- <td class="tdcbottombb">8</td>
- <td class="tdcbottombb">»</td>
- <td class="tdcbottombb">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion d'une livre de
- phosphore, exprimé par la quantité de livres de glace qu'il peut
- fondre,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">100,00000</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de chaque livre de gaz oxygène dans la
- combustion du phosphore,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">66,66667</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage dans la formation d'une livre
- d'acide phosphorique,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">40,00000</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique resté dans chaque livre d'acide phosphorique,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">0,00000</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion
- de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité
- (comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite,
- &amp; on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_108">108</span></p>
-
- <h3 id="ch9b"><i>Combustion du Charbon.</i></h3>
-
- <table id="t04" style="width: 100%" summary="table_04">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">liv.</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de charbon brûlé,</td>
- <td class="tdcbottom">1</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène absorbé pendant la combustion,</td>
- <td class="tdcbottombb">2</td>
- <td class="tdcbottombb">9</td>
- <td class="tdcbottombb">1</td>
- <td class="tdcbottombb">10</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide carbonique formé,</td>
- <td class="tdcbottombb">3</td>
- <td class="tdcbottombb">9</td>
- <td class="tdcbottombb">1</td>
- <td class="tdcbottombb">10</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion
- d'une livre de charbon, exprimé par la
- quantité de livres de glace qu'il peut fondre,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">96,50000</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de
- chaque livre de gaz oxygène,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">37,52823</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage
- dans la formation d'une livre de
- gaz acide carbonique,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">27,02024</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve
- une livre d'oxygène dans cette
- combustion,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">29,13844</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique nécessaire
- pour porter une livre d'acide
- carbonique à l'état de gaz,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">20,97960</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_109">109</span></p>
-
- <h3 id="ch9c"><i>Combustion du Gaz hydrogène.</i></h3>
-
- <table id="t05" style="width: 100%" summary="table_05">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">liv.</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz hydrogène brûlé,</td>
- <td class="tdcbottom">1</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- <td class="tdcbottom">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène employé
- pour la combustion,</td>
- <td class="tdcbottombb">5</td>
- <td class="tdcbottombb">10</td>
- <td class="tdcbottombb">5</td>
- <td class="tdcbottombb">24</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité d'eau formée,</td>
- <td class="tdcbottombb">6</td>
- <td class="tdcbottombb">10</td>
- <td class="tdcbottombb">5</td>
- <td class="tdcbottombb">24</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion
- d'une livre de gaz hydrogène,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">295,58950</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par
- chaque livre de gaz oxygène,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">52,16280</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage
- pendant la formation d'une livre
- d'eau,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">44,33840</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve
- une livre d'oxygène dans sa combustion
- avec l'hydrogène,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">14,50386</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve
- une livre d'eau à zéro,</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrbottom">12,32823</td>
- </tr>
- </table>
-
- <h3 id="ch9d"><i>De la Formation de l'Acide nitrique.</i></h3>
-
- <p>Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former
- de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite;
- mais elle est beaucoup moindre que celle qui <span class="pagenum" id="Page_110">110</span> a lieu dans les
- autres combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence
- nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique,
- retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans
- l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la
- quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, &amp;
- on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la
- combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en
- opérant la combinaison du gaz nitreux &amp; du gaz oxygène dans un appareil
- environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans
- cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité,
- qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans
- &amp; compliqués; &amp; c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place
- &amp; moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des
- calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité.</p>
-
- <p>Nous avons fait détonner, M. de la Place &amp; moi, dans un appareil à
- glace une proportion convenable de salpêtre &amp; de charbon, &amp; nous avons
- observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12
- livres de glace.</p>
-
- <p>Mais une livre de salpêtre, comme on <span class="pagenum" id="Page_111">111</span> le verra dans la suite,
- contient:</p>
-
- <table id="t06" style="width: 60%" summary="table_06">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">grains.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Potasse</td>
- <td class="tdctop">7</td>
- <td class="tdctop">6</td>
- <td class="tdctop">51,84 = 4515,84.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide sec</td>
- <td class="tdctop">8</td>
- <td class="tdctop">1</td>
- <td class="tdctop">20,16 = 4700,16.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de</p>
-
- <table id="t07" style="width: 60%" summary="table_07">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">grains.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Oxygène</td>
- <td class="tdctop">6</td>
- <td class="tdctop">3</td>
- <td class="tdctop">66,34 = 3738,34.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Mofète</td>
- <td class="tdctop">1</td>
- <td class="tdctop">5</td>
- <td class="tdctop">25,82 = 961,82.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table id="t08" style="width: 100%" summary="table_08">
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">On a donc réellement brûlé dans cette opération 2 gros 1 grain
- <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de charbon, à l'aide de 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros
- 66,34 grains d'oxygène; &amp; puisque la quantité de glace fondue dans
- cette combustion a été de 12 livres, il en résulte qu'une livre de gaz
- oxygène brûlé de la même manière, fondroit</td>
- <td class="tdrbottom">29,58320</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">A quoi ajoutant pour la quantité de calorique que conserve une livre
- d'oxygène dans sa combinaison avec le charbon, pour constituer l'acide
- carbonique dans l'état de gaz, &amp; qui est, comme on l'a vu plus haut, de</td>
- <td class="tdrbottombb">29,13844</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">On a pour la quantité totale de calorique que contient une livre
- d'oxygène, lorsqu'il est combiné dans l'acide nitrique,</td>
- <td class="tdrbottom">58,72164</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent"><span class="pagenum" id="Page_112">112</span>On a vu par le résultat de la combustion du
- phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il
- en contenoit au moins</td>
- <td class="tdrbottombb">66,66667</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Donc, en se combinant avec l'azote
- pour former de l'acide nitrique,
- il n'en perd que</td>
- <td class="tdrbottom">7,94502</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le
- calcul, s'accorde avec des opérations plus directes.</p>
-
- <p>Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans
- l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du
- nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide
- nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique.</p>
-
- <h3 id="ch9e"><i>Combustion de la Bougie.</i></h3>
-
- <p>Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner
- des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire.</p>
-
- <p>Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil
- à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2
- onces 5 gros <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de glace.</p>
-
- <p>Or une livre de bougie, suivant les expériences <span class="pagenum" id="Page_113">113</span> que j'ai
- rapportées, Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient:</p>
-
- <table id="t09" style="width: 40%" summary="table_09">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">grains.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Charbon</td>
- <td class="tdctop">13</td>
- <td class="tdctop">1</td>
- <td class="tdctop">23</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Hydrogène</td>
- <td class="tdctop">2</td>
- <td class="tdctop">6</td>
- <td class="tdctop">49</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table id="t10" style="width: 100%" summary="table_10">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon, d'après les expériences
- ci-dessus rapportées, devoient fondre</td>
- <td class="tdrbottom">79,39390</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Les 2 onces 6 gros 49 grains
- d'hydrogène, devoient fondre</td>
- <td class="tdrbottombb">52,37605</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Total,</td>
- <td class="tdrbottom">131,76995</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage
- de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on
- obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon &amp; d'hydrogène
- égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la
- combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de
- présumer qu'elles sont exactes.</p>
-
- <h3 id="ch9f"><i>Combustion de l'Huile d'olives.</i></h3>
-
- <p>Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit
- une quantité d'huile d'olives bien connue; &amp; l'expérience finie, nous
- avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée,
- &amp; celui de <span class="pagenum" id="Page_114">114</span> la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une
- livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1
- gros de glace.</p>
-
- <p>Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai
- rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, &amp; dont on trouvera un
- extrait dans le chapitre suivant, contient:</p>
-
- <table id="t11" style="width: 40%" summary="table_11">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdctop">onc.</td>
- <td class="tdctop">gros</td>
- <td class="tdctop">grains.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Charbon</td>
- <td class="tdctop">12</td>
- <td class="tdctop">5</td>
- <td class="tdctop">5</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Hydrogène</td>
- <td class="tdctop">3</td>
- <td class="tdctop">2</td>
- <td class="tdctop">67</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table id="t12" style="width: 100%" summary="table_12">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains
- de charbon, ne devoit fondre que</td>
- <td class="tdrbottom">76,18723</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Et celle de 3 onces 2 gros 67
- grains d'hydrogène,</td>
- <td class="tdrbottombb">62,15053</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Total,</td>
- <td class="tdrbottom">138,33776</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Il s'en est fondu</td>
- <td class="tdrbottombb">148,88330</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottomindent">Le dégagement de calorique a
- donc été plus considérable qu'il
- ne devoit l'être d'une quantité
- équivalente à</td>
- <td class="tdrbottombb">10,54554</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir
- ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce
- que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement
- connue. Mais il en <span class="pagenum" id="Page_115">115</span> résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup
- d'ensemble &amp; d'accord dans la marche des expériences relatives à la
- combinaison &amp; au dégagement du calorique.</p>
-
- <p>Ce qui reste à faire dans ce moment &amp; dont nous sommes occupés, est de
- déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison
- avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en
- contient dans les différens états dans lesquels il peut exister;
- enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique
- qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette
- détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de
- lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus,
- &amp; nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons
- vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même
- assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer;
- mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider
- ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est
- difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne
- pas commencer par des à-peu-près; &amp; il est rare qu'il soit possible de
- la porter dès le premier jet à son état de perfection.</p>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_116">116</span></p>
-
- <h2 id="ch10"><span class="h2t2">CHAPITRE X.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les
- autres.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> substances combustibles étant en général celles qui ont une
- grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir
- de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les
- unes avec les autres: <i>quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter
- se</i>; &amp; c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par
- exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres,
- &amp; il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les
- usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette
- expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les
- uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons,
- sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les
- substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que
- les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup
- par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette
- différence des degrés de fusibilité <span class="pagenum" id="Page_117">117</span> des métaux que sont dus une
- partie des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels,
- par exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être
- cassans à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de
- fer pur, métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre
- métal, quel qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus
- douce. Tant qu'un alliage de cette espèce est froid, &amp; que les deux
- métaux sont dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le
- chauffe à un degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui
- est le plus fusible, les parties liquides interposées entre les solides
- doivent rompre la solution de continuité, &amp; le fer doit devenir cassant.</p>
-
- <p>A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les
- désigner sous le nom d'amalgame, &amp; nous n'avons vu aucun inconvénient à
- leur conserver cette dénomination.</p>
-
- <p>Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se
- combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général
- désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées,
- ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne
- s'oppose à ce qu'elles soient changées.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_118">118</span></p>
-
- <p>Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures,
- aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de
- carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment
- des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons
- sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des
- phosphures &amp; des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux
- combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure
- de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe
- végétal, &amp; sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre
- avec l'alkali volatil ou ammoniaque.</p>
-
- <p>L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi
- susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances
- combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le
- phosphore &amp; plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous
- le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz
- hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré
- est celui que les chimistes ont désigné sous le nom de <i>gaz hépatique</i>,
- &amp; que M. Schéele a nommé <i>gaz puant du soufre</i>; c'est à lui que
- quelques eaux minérales doivent leurs vertus; <span class="pagenum" id="Page_119">119</span> c'est aussi à son
- émanation que les déjections animales doivent principalement leur odeur
- infecte. A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par
- la propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact
- de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M.
- Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, &amp; il est probable qu'il
- s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair
- des poissons par la putréfaction.</p>
-
- <p>Lorsque l'hydrogène &amp; le carbone s'unissent ensemble sans que
- l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en
- résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile,
- &amp; cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de
- l'hydrogène &amp; du carbone.</p>
-
- <p>Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères
- qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression
- d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières
- contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe
- au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire
- étant formées d'une plus juste proportion de carbone &amp; d'hydrogène, ne
- sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de <span class="pagenum" id="Page_120">120</span> chaleur
- supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent
- demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz,
- &amp; c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation.</p>
-
- <p>J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène
- &amp; de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin
- &amp; des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie,
- année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant
- dans le gaz oxygène se convertissent en eau &amp; en acide carbonique,
- &amp; qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées
- de 21 parties d'hydrogène &amp; de 79 parties de carbone. Peut-être les
- substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en
- outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis
- au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand
- développement à toute cette théorie.</p>
-
- <p>C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène
- est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore &amp; même
- avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute <i>à
- priori</i> que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps
- combustibles sont en général susceptibles de se <span class="pagenum" id="Page_121">121</span> combiner les uns
- avec les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception.
- Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la
- possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer &amp; le zinc sont
- de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de
- soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux
- ont la propriété de décomposer l'eau; &amp; comme dans les expériences
- chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges
- d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions
- de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces
- métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la
- décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain,
- c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience,
- plus la quantité de gaz hydrogène diminue, &amp; qu'avec de très-grandes
- précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque
- insensibles.</p>
-
- <p>Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre,
- le phosphore &amp; les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de
- l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en
- très-petite quantité; &amp; que cette combinaison loin d'être essentielle
- à leur <span class="pagenum" id="Page_122">122</span> constitution, ne peut être regardée que comme une addition
- étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont
- embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence
- de cet hydrogène, &amp; jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures
- appuyées sur des suppositions.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 333px;">
- <img src="images/page-122.jpg" alt="" title="" width="333" height="369" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_123">123</span></p>
-
- <h2 id="ch11"><span class="h2t2">CHAPITRE XI.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Considérations sur les Oxides &amp; les Acides à plusieurs bases, &amp; sur
- la composition des matières végétales &amp; animales.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons examiné dans le chapitre cinquième &amp; dans le chapitre
- huitième quel étoit le résultat de la combustion &amp; de l'oxygénation
- des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre,
- le carbone &amp; l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre
- dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles
- de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps
- combustibles composés, &amp; nous avons observé que les huiles en
- général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient
- à cette classe, &amp; qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène &amp; de
- carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des
- corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides &amp;
- des oxides à base double &amp; triple, que la nature nous en fournit à
- chaque pas des exemples, &amp; que c'est principalement par ce genre de
- combinaisons qu'elle est parvenue à former avec <span class="pagenum" id="Page_124">124</span> un aussi petit
- nombre d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de
- résultats.</p>
-
- <p>On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide
- muriatique &amp; de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui
- avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont
- il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a
- de dissoudre l'or, <i>le Roi des métaux</i> dans le langage alchimique, &amp;
- c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante <i>d'eau
- régale</i>. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet,
- a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de
- ses deux bases acidifiables, &amp; nous avons cru par cette raison devoir
- lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous
- a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux
- substances qui entrent dans sa composition.</p>
-
- <p>Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique
- se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment
- rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que
- d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour
- base l'hydrogène &amp; le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone &amp;
- le phosphore, <span class="pagenum" id="Page_125">125</span> le tout combiné avec une proportion plus ou moins
- considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui
- sont formés des mêmes bases doubles &amp; triples, mais moins <ins class="correction" title="oxygénés">oxygénées</ins>.</p>
-
- <p>Les acides &amp; oxides du règne animal sont encore plus composés; il
- entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables,
- l'hydrogène, le carbone, le phosphore &amp; l'azote.</p>
-
- <p>Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y
- a pas long-tems que je me suis formé des idées claires &amp; méthodiques:
- je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour
- l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais
- il est nécessaire que je les répète &amp; que je les multiplie davantage,
- afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me
- contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides
- &amp; acides végétaux &amp; animaux, &amp; de terminer cet article par quelques
- réflexions sur la constitution végétale &amp; animale.</p>
-
- <p>Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces
- de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de <i>muqueux</i>,
- &amp; l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène &amp; le
- carbone combinés <span class="pagenum" id="Page_126">126</span> ensemble, de manière à ne former qu'une seule
- base, &amp; portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne
- diffèrent que par la proportion des principes qui composent la base.
- On peut de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur
- combinant une nouvelle quantité d'oxygène, &amp; on forme ainsi, suivant le
- degré d'oxygénation &amp; la proportion de l'hydrogène &amp; du carbone, les
- différens acides végétaux.</p>
-
- <p>Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides &amp;
- des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis
- pour les oxides &amp; les acides minéraux, que de leur donner des noms
- relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base.
- Les oxides &amp; les acides végétaux seroient alors des oxides &amp; des
- acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode
- l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe
- qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits
- végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, &amp;
- résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine.</p>
-
- <p>En partant des mêmes principes, &amp; en variant les terminaisons pour
- donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner <span class="pagenum" id="Page_127">127</span>
- les acides &amp; les oxides végétaux, les dénominations suivantes:</p>
-
- <ul>
- <li>Oxide hydro-carboneux.</li>
- <li>Oxide hydro-carbonique.</li>
-
- <li class="br">Oxide carbone-hydreux.</li>
- <li> Oxyde carbone-hydrique.</li>
-
- <li class="br">Acide hydro-carboneux.</li>
- <li>Acide hydro-carbonique.</li>
- <li>Acide hydro-carbonique oxygéné.</li>
-
- <li class="br">Acide carbone-hydreux.</li>
- <li>Acide carbone-hydrique.</li>
- <li>Acide carbone-hydrique oxygéné.</li>
- </ul>
-
- <p>Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour
- indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, &amp; qu'à
- mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront
- naturellement &amp; pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous
- venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en
- état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances:
- nous savons quels sont les principes qui les composent, &amp; il ne me
- reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore
- inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à
- conserver provisoirement les <span class="pagenum" id="Page_128">128</span> noms anciens; &amp; maintenant encore
- que je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois
- à l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois
- de tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas
- encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie
- reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt
- éclaircie.</p>
-
- <p>Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti
- à l'égard des oxides &amp; des acides à trois &amp; quatre bases, dont le règne
- animal présente un grand nombre d'exemples, &amp; qui se rencontrent même
- quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la
- composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène
- &amp; au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce
- qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides
- animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène &amp; le carbone.
- Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre
- bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer
- des idées claires &amp; déterminées: mais cette cumulation de substantifs
- &amp; d'adjectifs grecs &amp; latins, dont les Chimistes même n'ont point
- encore admis généralement l'usage, sembleroit <span class="pagenum" id="Page_129">129</span> présenter un langage
- barbare, également difficile à retenir &amp; à prononcer. La perfection
- d'ailleurs de la science doit précéder celle du langage, &amp; il s'en faut
- bien que cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel
- elle doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver,
- au moins pour un tems, les noms anciens pour les acides &amp; oxides
- animaux. Nous nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères
- modifications; par exemple, de terminer en <i>eux</i> la dénomination de
- ceux dans lesquels nous soupçonnons que le principe acidifiable est
- en excès, &amp; de terminer au contraire en <i>ique</i> le nom de ceux dans
- lesquels nous avons lieu de croire que l'oxygène est prédominant.</p>
-
- <p>Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de
- treize; savoir:</p>
-
- <ul style="list-style-type:none">
- <li>L'acide acét<i>eux</i>.</li>
- <li>L'acide acét<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide oxal<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide tartar<i>eux</i>.</li>
- <li>L'acide pyro-tartar<i>eux</i>.</li>
- <li>L'acide citr<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide mal<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide pyro-muqu<i>eux</i>.</li>
- <li>L'acide pyro-lign<i>eux</i>.</li>
- <li>L'acide gall<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide benzo<i>ïque</i>.</li>
- <li><span class="pagenum" id="Page_130">130</span>L'acide camphor<i>ique</i>.</li>
- <li>L'acide succin<i>ique</i>.</li>
- </ul>
-
- <p>Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement
- &amp; presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone &amp; d'oxygène,
- ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide
- carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les
- former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène,
- le carbone &amp; l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre
- qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons:
- pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante,
- l'équilibre est rompu; l'oxygène &amp; l'hydrogène se réunissent pour
- former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour
- produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la
- combinaison du carbone &amp; de l'oxygène; enfin il se trouve presque
- toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce
- que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre
- suivant.</p>
-
- <p>Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne
- végétal, &amp; leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge
- du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables
- oxides; &amp; c'est <span class="pagenum" id="Page_131">131</span> sous ce point de vue qu'il est important de les
- étudier.</p>
-
- <p>Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne
- actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides
- rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une
- manière peu sensible. Ces acides sont:</p>
-
- <ul style="list-style-type:none">
- <li>L'acide lactique.</li>
- <li>L'acide saccho-lactique.</li>
- <li>L'acide bombique.</li>
- <li>L'acide formique.</li>
- <li>L'acide sébacique.</li>
- <li>L'acide prussique.</li>
- </ul>
-
- <p>Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce
- qu'il appartient également aux trois règnes.</p>
-
- <p>La connexion des principes qui constituent les acides &amp; les oxides
- animaux, n'est pas plus solide que celle des acides &amp; des oxides
- végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour
- la troubler, &amp; c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les
- observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 126px;">
- <img src="images/page-131.jpg" alt="" title="" width="126" height="42" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_132">132</span></p>
-
- <h2 id="ch12"><span class="h2t2">CHAPITRE XII.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Matières végétales &amp; animales par l'action
- du feu.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des
- substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la
- nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore
- les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes
- exercent les unes sur les autres, &amp; en même-tems celle que le calorique
- exerce sur eux.</p>
-
- <p>Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à
- trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent;
- l'hydrogène, l'oxygène &amp; le carbone. Je les appelle <i>constitutifs</i>,
- parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de
- végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont
- essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais
- non pas de tous les végétaux en général.</p>
-
- <p>De ces trois principes, deux, l'hydrogène &amp; l'oxygène, ont une grande
- tendance à s'unir au calorique &amp; à se convertir en gaz; tandis <span class="pagenum" id="Page_133">133</span>
- que le carbone au contraire est un principe fixe &amp; qui a très-peu
- d'affinité avec le calorique.</p>
-
- <p>D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près
- égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la
- température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus
- d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en
- conséquence à ce degré l'hydrogène, &amp; s'unit au carbone pour former de
- l'acide carbonique.</p>
-
- <p>Je me servirai quelquefois de cette expression <i>chaleur rouge</i>,
- quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais
- beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante.</p>
-
- <p>Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes
- ces forces, &amp; de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au
- moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos
- yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de
- température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de
- calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu
- près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi
- les végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique<a name="FNanchor_B" id="FNanchor_B" href="#Footnote_B" class="fnanchor">[B]</a>;
- mais ils <span class="pagenum" id="Page_134">134</span> contiennent les élémens de toutes ces substances.
- L'hydrogène n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone,
- &amp; réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment
- une combinaison triple, d'où résultent le repos &amp; l'équilibre.</p>
-
- <p>Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout
- cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette
- expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède
- pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène &amp; l'oxygène se
- réunissent &amp; forment de l'eau qui passe dans la distillation; une
- portion d'hydrogène &amp; de carbone s'unissent ensemble pour former de
- l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, &amp; comme
- le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu
- d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance
- végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se
- forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première
- impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone
- avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide
- carbonique, &amp; l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz,
- en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne <span class="pagenum" id="Page_135">135</span> se
- forme point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée.</p>
-
- <p>On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce
- degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles &amp; triples, &amp; que tandis
- que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le
- calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène.</p>
-
- <p>Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse
- la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un
- simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui
- fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il
- ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre
- &amp; il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à
- une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il
- noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même
- tems il passe de l'eau légèrement acide, &amp; un peu d'huile; le charbon
- qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire.</p>
-
- <p>Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui
- contiennent de l'azote, comme les crucifères, &amp; dans celles qui
- contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en
- petite quantité dans leur <span class="pagenum" id="Page_136">136</span> combinaison, elles n'apportent pas
- de grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de
- la distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le
- charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à
- l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil.</p>
-
- <p>Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes
- que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat;
- mais comme elles contiennent plus d'hydrogène &amp; plus d'azote, elles
- fournissent plus d'huile &amp; plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec
- quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes
- qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai
- qu'un fait; c'est la rectification &amp; la décomposition totale des
- huiles volatiles animales, appelées vulgairement <i>huiles de Dippel</i>.
- Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à
- feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon
- presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le
- carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur
- simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale
- bien rectifiée &amp; par conséquent blanche, limpide &amp; transparente, sous
- une cloche remplie <span class="pagenum" id="Page_137">137</span> de gaz oxygène, en peu de tems le volume du
- gaz diminue &amp; il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec
- l'hydrogène de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même
- tems la portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient
- libre &amp; se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison
- que ces huiles ne se conservent blanches &amp; claires, qu'autant qu'on
- les enferme dans des flacons bien bouchés, &amp; qu'elles noircissent dès
- qu'elles ont le contact de l'air.</p>
-
- <p>Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un
- autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les
- distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même
- tems il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air
- des vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène
- a lieu à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au
- bout d'un grand nombre de rectifications successives, sur-tout si
- on opère à un degré de feu un peu fort &amp; dans des vaisseaux d'une
- capacité un peu grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée,
- &amp; l'on parvient à la convertir entièrement en eau &amp; en charbon. Cette
- décomposition totale de l'huile par des <span class="pagenum" id="Page_138">138</span> rectifications répétées,
- est beaucoup plus longue &amp; beaucoup plus difficile, quand on opère
- avec des vaisseaux d'une petite capacité, &amp; sur-tout à un degré de feu
- lent &amp; peu supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à
- l'Académie, dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences
- sur cette décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît
- suffire pour donner des idées précises de la constitution des matières
- végétales &amp; animales, &amp; de leur décomposition par le feu.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 330px;">
- <img src="images/page-138.jpg" alt="" title="" width="330" height="268" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_139">139</span></p>
-
- <h2 id="ch13"><span class="h2t2">CHAPITRE XIII.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel &amp; en
- général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus
- des raisins &amp; des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur
- dans de grandes cuves, &amp; on la tient dans un lieu dont la température
- soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y
- excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses
- viennent crêver à la surface, &amp; quand la fermentation est à son plus
- haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de
- gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur
- est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz
- qui se dégage est de l'acide carbonique, &amp; quand on le recueille avec
- soin, il est parfaitement pur &amp; exempt du mêlange de toute autre espèce
- d'air ou de gaz.</p>
-
- <p>Le suc des raisins, de doux &amp; de sucré qu'il étoit, se change
- dans cette opération en une liqueur <span class="pagenum" id="Page_140">140</span> vineuse qui, lorsque la
- fermentation est complette, ne contient plus de sucre, &amp; dont on peut
- retirer par distillation une liqueur inflammable qui est connue dans
- le commerce &amp; dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que
- cette liqueur étant un résultat de la fermentation d'une matière
- sucrée quelconque suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre
- les principes de notre nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin
- qu'esprit de cidre, ou esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été
- forcés d'adopter un nom plus général, &amp; celui d'<i>alkool</i> qui nous vient
- des arabes nous a paru propre à remplir notre objet.</p>
-
- <p>Cette opération est une des plus frappantes &amp; des plus extraordinaires
- de toutes celles que la Chimie nous présente, &amp; nous avons à examiner
- d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit
- inflammable qui se forme, &amp; comment un corps doux, un oxide végétal
- peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une
- est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour
- arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien
- connoître l'analyse &amp; la nature du corps susceptible de fermenter,
- &amp; les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les
- opérations de l'art, ni dans <span class="pagenum" id="Page_141">141</span> celles de la nature, &amp; l'on peut
- poser en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité
- de matière avant &amp; après l'opération; que la qualité &amp; la quantité
- des principes est la même, &amp; qu'il n'y a que des changemens, des
- modifications.</p>
-
- <p>C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences
- en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité
- ou équation entre les principes du corps qu'on examine, &amp; ceux qu'on
- en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz
- acide carbonique &amp; de l'alkool, je puis dire que le <i>moût de raisin</i>
- = <i>acide carbonique</i> + <i>alkool</i>. Il résulte de-là qu'on peut parvenir
- de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation
- vineuse; la première, en déterminant bien la nature &amp; les principes du
- corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en
- résultent par la fermentation, &amp; il est évident que les connoissances
- que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines
- sur la nature des autres, &amp; réciproquement.</p>
-
- <p>Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître
- les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que
- pour y parvenir je n'ai pas été chercher les <span class="pagenum" id="Page_142">142</span> sucs de fruits
- très-composés, &amp; dont une analyse rigoureuse seroit peut-être
- impossible. J'ai choisi de tous les corps susceptibles de fermenter
- le plus simple; le sucre dont l'analyse est facile, &amp; dont j'ai déjà
- précédemment fait connoître la nature. On se rappelle que cette
- substance est un véritable oxide végétal, un oxide à deux bases; qu'il
- est composé d'hydrogène &amp; de carbone porté à l'état d'oxide par une
- certaine proportion d'oxygène, &amp; que ces trois principes sont dans
- un état d'équilibre qu'une force très-légère suffit pour rompre: une
- longue suite d'expériences faites par différentes voies &amp; que j'ai
- répétées bien des fois, m'a appris que les proportions des principes
- qui entrent dans la composition du sucre sont à-peu-près les suivantes.</p>
-
- <table id="t13" style="width: 30%" summary="table_13">
- <tr>
- <td class="tdlbottom">Hydrogène,</td>
- <td class="tdrbottom">8</td>
- <td class="tdrbottom">parties.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottom">Oxygène,</td>
- <td class="tdrbottom">64</td>
- <td>&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottom">Carbone,</td>
- <td class="tdrbottombb">28</td>
- <td>&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlbottom"> Total,</td>
- <td class="tdrbottombb">100</td>
- <td>&nbsp;</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ
- quatre parties d'eau. Mais de l'eau &amp; du sucre mêlés ensemble, dans
- quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls,
- &amp; l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette
- combinaison, <span class="pagenum" id="Page_143">143</span> si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un
- peu de levure de bierre suffit pour produire cet effet &amp; pour donner
- le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite
- d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la
- levure &amp; de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix
- livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, &amp; une quantité d'eau
- égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible
- se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats
- de mes expériences tels que je les ai obtenus, &amp; en conservant même
- jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction.</p>
-
- <p class="center2"><i>Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre.</i></p>
-
- <table id="t14" style="width: 100%" summary="table_14">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">onc.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdltop">Eau</td>
- <td class="tdrtop">400</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdltop">Sucre</td>
- <td class="tdrtop">100</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Levure de biere en pâte, composée de</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Eau</td>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">44</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Levure seche</td>
- <td class="tdrtopbb">2</td>
- <td class="tdrtopbb">12</td>
- <td class="tdrtopbb">1</td>
- <td class="tdrtopbb">28</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td>
- <td class="tdrtopbb">510</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_144">144</span></p>
-
- <p class="center2"><i>Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation.</i></p>
-
- <table id="t15" style="width: 100%" summary="table_15">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">livres</td>
- <td class="tdrtop">onces</td>
- <td class="tdrtop">gros</td>
- <td class="tdrtop">grains</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">407 livres 3 onces 6 gros 44 grains d'eau composées de</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Hydrogène</td>
- <td class="tdrtop">61</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">71,40</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Oxygène</td>
- <td class="tdrtop">346</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdrtop">44,60</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddle">100 livres de sucre composées de</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Hydrogène</td>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Oxygène</td>
- <td class="tdrtop">64</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Carbone</td>
- <td class="tdrtop">28</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">2 livres 12 onces 1 gros 28 grains de levure seche composées de</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltop">Carbone</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">12</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">59,00</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Azote</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">2,94</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Hydrogène</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">9,30</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Oxygène</td>
- <td class="tdrtopbb">1</td>
- <td class="tdrtopbb">10</td>
- <td class="tdrtopbb">2</td>
- <td class="tdrtopbb">28,76</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td>
- <td class="tdrtopbb">510</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="center2"><i>Récapitulation des principes constituans des matériaux de la
- fermentation.</i></p>
-
- <table id="t16" style="width: 100%" summary="table_16">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">on.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- <td class="tdrtop">grains.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">onc.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltop">de l'eau</td>
- <td class="tdrtop">340</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">411</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">12</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">1,36</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdrtop">44,60</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">du sucre</td>
- <td class="tdrtop">64</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">28,76</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Hydrogène</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltop">de l'eau</td>
- <td class="tdrtop">60</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">69</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">»</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddle">8,70</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">71,40</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">du sucre</td>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">9,30</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Carbone</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">du sucre</td>
- <td class="tdrtop">28</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddle">28</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddle">12</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddle">4</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddle">59,00</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">12</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">59,00</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdltop">Azote</td>
- <td colspan="6" class="tdltop">de la levure</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">5</td>
- <td class="tdrtopbb">2,94</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="8" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td>
- <td class="tdrtopbb">510</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_145">145</span></p>
-
- <p>Après avoir bien déterminé quelle est la nature &amp; la quantité des
- principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste
- à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître,
- j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans
- un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer
- la qualité &amp; la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais
- encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la
- fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire
- ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième
- partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets.</p>
-
- <p>Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la
- température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence
- à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se
- trouble &amp; devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent
- crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, &amp;
- il se fait un dégagement abondant &amp; rapide de gaz acide carbonique
- très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui
- se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de <span class="pagenum" id="Page_146">146</span> chaleur,
- le mouvement &amp; le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas
- entièrement; &amp; ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que
- la fermentation est achevée.</p>
-
- <p>Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération
- est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains.</p>
-
- <p>Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau
- qu'il tient en dissolution, &amp; qui est environ de 13 livres 14 onces 5
- gros.</p>
-
- <p>Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse
- légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même,
- &amp; qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en
- totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains.</p>
-
- <p>Enfin en analysant séparément toutes ces substances, &amp; en les
- résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail
- très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les
- mémoires de l'Académie.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_147">147</span></p>
-
- <p class="center2"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p>
-
- <table id="t17" style="width: 100%" summary="table_17">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">on.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">35 livres 5 onces 4 gros 19 grains d'acide carbonique composées</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">d'oxygène</td>
- <td class="tdrtop">25</td>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">34</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de carbone</td>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdrtop">14</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">57</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">408 livres 15 onces 5 gros 14 grains d'eau composées</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">d'oxygène</td>
- <td class="tdrtop">347</td>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">59</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'hydrogène</td>
- <td class="tdrtop">61</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">27</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">57 livres 11 onces 1 gros 58 grains d'alkool sec, composées</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltopnowrap">d'oxygène combiné avec l'hydrogène</td>
- <td class="tdrtop">31</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">64</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec l'oxygène</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">3</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec le carbone</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de carbone</td>
- <td class="tdrtop">16</td>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">63</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddle">2 livres 8 onces d'acide acéteux sec composées</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">d'hydrogène</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'oxygène</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de carbone</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddle">4 livres 1 once 4 gros 3 grains de résidu sucré composées</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">d'hydrogène</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">67</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'oxygène</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdrtop">27</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de carbone</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">53</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">1 livre 6 onces 50 grains de levure seche composées</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltop">d'hydrogène</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">41</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'oxygène</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">13</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">14</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de carbone</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">30</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'azote</td>
- <td class="tdrtopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">2</td>
- <td class="tdrtopbb">37</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">510 livres</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">510</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_148">148</span></p>
-
- <p class="center2"><span class="smcap"><i>Récapitulation</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p>
-
- <table id="t18" style="width: 100%" summary="table_18">
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">liv.</td>
- <td class="tdrtop">on.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- <td class="tdrtop">gr.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="6" class="tdlmiddle">409 livres 10 onces 54 grains d'oxygène</td>
- <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">de l'eau</td>
- <td class="tdrtop">347</td>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">59</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">de l'acide carbonique</td>
- <td class="tdrtop">25</td>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">34</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'alkool</td>
- <td class="tdrtop">31</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">64</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">du résidu sucré</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdrtop">27</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">13</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">14</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="5" class="tdlmiddle">28 livres 12 onces 5 gros 59 grains de carbone</td>
- <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">de l'acide carbonique</td>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdrtop">14</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">57</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'alkool</td>
- <td class="tdrtop">16</td>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">63</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">du résidu sucré</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">53</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">30</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="6" class="tdlmiddle">71 livres 8 onces 6 gros 66 grains d'hydrogène</td>
- <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">de l'eau</td>
- <td class="tdrtop">61</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">27</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'eau de l'alkool</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">3</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">combiné avec le carbone dans l'alkool</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdrtop">»</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">du résidu sucré</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdrtop">67</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">de la levure</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdrtop">41</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">2 gros 37 grains d'azote</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">2</td>
- <td class="tdrtopbb">37</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">510 livres</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdrtopbb">510</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- <td class="tdrtopbb">»</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du
- calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter
- encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur
- quelques livres de sucre, &amp; que pour établir des comparaisons j'ai
- été obligé de les réduire au quintal, j'ai cru <span class="pagenum" id="Page_149">149</span> devoir laisser
- subsister les fractions telles que le calcul me les a données.</p>
-
- <p>En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux
- ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la
- fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de
- sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains
- qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on
- n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de
- sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7
- livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, &amp; sur 26 livres 13 onces
- 5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra
- qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool,
- tout l'acide carbonique &amp; tout l'acide acéteux qui a été produit par
- l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer
- que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende
- que l'oxygène &amp; l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce
- que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général
- les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène
- &amp; le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état
- d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit <span class="pagenum" id="Page_150">150</span> point troublé, soit par
- un changement de température, soit par une double affinité, &amp; que ce
- n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient
- de l'eau &amp; de l'acide carbonique.</p>
-
- <p>Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en
- deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens
- de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre
- en faveur de la première pour en former une substance combustible qui
- est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux
- substances, l'alkool &amp; l'acide carbonique, on reformeroit du sucre.
- Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène &amp; le carbone ne sont
- pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une
- portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes,
- l'oxygène, l'hydrogène &amp; le carbone, sont donc encore ici dans une
- espèce d'état d'équilibre; &amp; en effet, en les faisant passer à travers
- un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à
- deux, &amp; on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique &amp;
- du carbone.</p>
-
- <p>J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la
- formation de l'eau, que cette substance regardée comme un <span class="pagenum" id="Page_151">151</span> élément,
- se décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment
- dans la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit
- de l'eau toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé
- aujourd'hui qu'il contient seulement les matériaux propres à la former.
- On conçoit qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées;
- aussi n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, &amp; d'après une
- longue suite d'expériences &amp; d'observations sur les végétaux, que je
- m'y suis déterminé.</p>
-
- <p>Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en
- observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre &amp; en
- général des substances végétales susceptibles de fermenter. En
- effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je
- puis considérer les matières mises à fermenter &amp; le résultat obtenu
- après la fermentation, comme une équation algébrique; &amp; en supposant
- successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en
- puis tirer une valeur, &amp; rectifier ainsi l'expérience par le calcul &amp;
- le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour
- corriger les premiers résultats de mes expériences, &amp; pour me guider
- dans les précautions à prendre pour les recommencer: <span class="pagenum" id="Page_152">152</span> mais ce n'est
- pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au
- surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie
- sur la Fermentation vineuse, &amp; qui sera incessamment imprimé.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 398px;">
- <img src="images/page-152.jpg" alt="" title="" width="398" height="378" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_153">153</span></p>
-
- <h2 id="ch14"><span class="h2t2">CHAPITRE XIV.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la Fermentation putride.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il
- étoit étendu d'une certaine quantité d'eau &amp; à l'aide d'une douce
- chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène,
- l'hydrogène &amp; le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre &amp; qui
- ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de
- l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre;
- comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de
- l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit
- avec de l'hydrogène &amp; avec de l'eau pour former de l'alkool.</p>
-
- <p>Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu
- d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du
- corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état
- d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des
- combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est bien
- différent de celui que donne la fermentation <span class="pagenum" id="Page_154">154</span> vineuse. Dans
- cette dernière, une partie des principes de la substance végétale,
- l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau &amp; de carbone
- pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire,
- la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène:
- en même tems l'oxygène &amp; le carbone se réunissant au calorique,
- s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand
- l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau
- nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la
- terre du végétal mêlée d'un peu de carbone &amp; de fer.</p>
-
- <p>La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse
- complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs
- principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la
- terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme <i>terreau</i>.</p>
-
- <p>Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des
- appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences.</p>
-
- <p>Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y soumet
- ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone &amp; un peu de
- terre: mais ce cas est rare, &amp; il paroît même que ces substances,
- lorsqu'elles sont seules, <span class="pagenum" id="Page_155">155</span> fermentent difficilement; qu'elles
- fermentent mal, &amp; qu'il faut un tems considérable pour que la
- putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance
- mise à fermenter contient de l'azote; &amp; c'est ce qui a lieu à l'égard
- de toutes les matières animales &amp; même d'un assez grand nombre de
- matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement
- la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières
- animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction;
- &amp; c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des
- amendemens &amp; des fumiers.</p>
-
- <p>Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction,
- ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle
- forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue
- sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient
- en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent
- aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque.
- Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières,
- elles ne donnent plus d'ammoniaque, &amp; elles n'en donnent qu'autant
- qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque
- est d'ailleurs <span class="pagenum" id="Page_156">156</span> confirmée par des expériences analytiques, que
- M. Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785,
- page 316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance &amp;
- d'obtenir séparément les deux principes, l'azote &amp; l'hydrogène, qui
- entrent dans sa combinaison.</p>
-
- <p>J'ai déjà annoncé plus haut (<i>voyez</i> Chapitre dixième) que les corps
- combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les
- uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété;
- il dissout le carbone, le soufre &amp; le phosphore, &amp; il résulte de ces
- combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, <i>gaz hydrogène carboné</i>,
- <i>gaz hydrogène sulfuré</i>, <i>gaz hydrogène phosphoré</i>. Les deux
- derniers de ces gaz ont une odeur particulière &amp; très-désagréable:
- celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle des
- œufs gâtés &amp; corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est
- absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque
- a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que
- les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs
- que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction,
- &amp; qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est
- prédominante, <span class="pagenum" id="Page_157">157</span> &amp; on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les
- yeux; tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales;
- tantôt enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri.</p>
-
- <p>J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la
- fermentation, &amp; n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy &amp;
- M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une
- certaine profondeur &amp; garantis jusqu'à un certain point du contact de
- l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la
- partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale.
- Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière,
- l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, &amp; à
- ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène &amp; du carbone, c'est-à-dire,
- les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur
- la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut
- conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en
- peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales,
- telles que les matières fécales, sont principalement composées de
- carbone &amp; d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état
- d'huile, &amp; en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation
- à feu nud. Mais <span class="pagenum" id="Page_158">158</span> l'odeur insoutenable qui accompagne tous les
- produits qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on
- puisse les employer à autre chose qu'à faire des engrais.</p>
-
- <p>Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la
- composition des matières animales n'est pas encore très-exactement
- connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone,
- d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par
- une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument
- quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette
- partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques
- autres.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 235px;">
- <img src="images/page-158.jpg" alt="" title="" width="235" height="202" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_159">159</span></p>
-
- <h2 id="ch15"><span class="h2t2">CHAPITRE XV.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la Fermentation acéteuse.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du
- vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide
- qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il
- est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée,
- d'hydrogène &amp; de carbone combinés ensemble, &amp; portés à l'état d'acide
- par l'oxygène.</p>
-
- <p>Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure
- qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par
- des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en
- vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, &amp; qu'autant que cet air
- contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée
- d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, &amp; cette
- diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène.
- Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant
- par quelqu'autre moyen que ce soit.</p>
-
- <p>Indépendamment de ces faits qui prouvent <span class="pagenum" id="Page_160">160</span> que l'acide acéteux est
- un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal,
- professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se
- passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de
- la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation,
- c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité
- égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui
- ont communication avec l'air, &amp; au bout de quelque tems le tout se
- trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de
- bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu
- d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée
- d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les
- matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit
- l'hydrogène &amp; une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du
- carbone &amp; de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui
- manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux.</p>
-
- <p>On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide
- carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus
- généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque,
- suivant le degré d'oxygénation; <span class="pagenum" id="Page_161">161</span> qu'il ne faut au contraire que
- retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en
- acide carbonique.</p>
-
- <p>Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard
- de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits
- principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit
- d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée
- à celle de la constitution de tous les acides &amp; oxides végétaux, &amp;
- nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils
- sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette
- partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa
- perfection, &amp; qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru
- jusqu'ici.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 244px;">
- <img src="images/page-161.jpg" alt="" title="" width="244" height="203" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_162">162</span></p>
-
- <h2 id="ch16"><span class="h2t2">CHAPITRE XVI.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>De la formation des Sels neutres, &amp; des différentes bases qui
- entrent dans leur composition.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au
- moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le
- soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique &amp; l'hydrogène,
- formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides &amp; les acides
- du règne végétal &amp; du règne animal: nous avons admiré avec quelle
- simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés &amp; les formes,
- soit en combinant ensemble jusqu'à trois &amp; quatre bases acidifiables
- dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène
- destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni
- moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous
- allons parcourir.</p>
-
- <p>Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, &amp; en
- se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la
- combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des
- substances terreuses &amp; métalliques, &amp; c'est <span class="pagenum" id="Page_163">163</span> de cette réunion que
- résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme
- de véritables principes salifians, &amp; les substances auxquelles ils
- s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables:
- c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les
- bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article.</p>
-
- <p>Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder
- comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés
- principales, telles que la solubilité dans l'eau, &amp;c. Les acides,
- comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de
- combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples,
- ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, &amp;
- ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans
- l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre
- ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes,
- &amp; ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non
- plus, par la même cause, les alkalis<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a> ni les substances terreuses,
- telles que la chaux, la magnésie, &amp;c. dans la <span class="pagenum" id="Page_164">164</span> classe des sels, &amp;
- je ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une
- substance simple oxygénée avec une base quelconque.</p>
-
- <p>Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la
- formation des acides, &amp; je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai
- rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux
- pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont:</p>
-
- <ul>
- <li>La potasse.</li>
- <li>La soude.</li>
- <li>L'ammoniaque.</li>
- <li>La chaux.</li>
- <li>La magnésie.</li>
- <li>La baryte.</li>
- <li>L'alumine.</li>
- </ul>
-
- <p>Et toutes les substances métalliques.</p>
-
- <p>Je vais dire un mot de l'origine &amp; de la nature de chacune de ces bases
- en particulier.</p>
-
- <h3 id="ch16a"><i>De la Potasse.</i></h3>
-
- <p>Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on <span class="pagenum" id="Page_165">165</span> échauffoit une
- substance végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui
- la composent, l'oxygène, l'hydrogène &amp; le carbone, &amp; qui formoient une
- combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à
- deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré
- de température. Ainsi à la première impression du feu, &amp; dès que la
- chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène &amp; l'hydrogène se
- réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone
- &amp; une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite
- par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge,
- l'huile &amp; l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène
- &amp; le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz
- hydrogène devenu libre se dégage &amp; s'échappe; enfin il ne reste plus
- que du charbon dans la cornue.</p>
-
- <p>La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la
- combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de
- l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux
- au moins apportent des changemens considérables dans les résultats
- de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote &amp;
- le calorique. A mesure que l'hydrogène <span class="pagenum" id="Page_166">166</span> du végétal ou celui qui
- résulte de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du
- feu sous la forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le
- contact de l'air, il reforme de l'eau, &amp; le calorique des deux gaz qui
- devient libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme.</p>
-
- <p>Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé &amp; réduit
- en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il
- forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une
- portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du
- calorique devient libre, s'échappe &amp; produit la chaleur &amp; la lumière
- qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve
- ainsi réduit en eau &amp; en acide carbonique; il ne reste qu'une petite
- portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, &amp;
- qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la
- constitution des végétaux.</p>
-
- <p>Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le
- vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre
- particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse.</p>
-
- <p>Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; <span class="pagenum" id="Page_167">167</span> l'eau se charge
- de la potasse qui est dissoluble, &amp; elle laisse les cendres qui sont
- insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est
- fixe, même à un très-grand degré de chaleur, &amp; qui reste sous forme
- blanche &amp; concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de
- préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je
- n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me
- suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini.</p>
-
- <p>La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins
- saturée d'acide carbonique, &amp; la raison en est facile à saisir: comme
- la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que
- le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition
- de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque
- molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec
- une molécule d'acide carbonique, &amp; comme il y a beaucoup d'affinité
- entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique
- l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins
- à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières
- portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre
- la potasse <span class="pagenum" id="Page_168">168</span> dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids
- de chaux vive, à filtrer &amp; à évaporer dans des vaisseaux fermés; la
- substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement
- dépouillée d'acide carbonique.</p>
-
- <p>Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins
- à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une
- étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air
- ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans
- l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée
- d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette
- circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse
- parfaitement pure.</p>
-
- <p>Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par
- incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est
- ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer.</p>
-
- <p>On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que
- laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces
- végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il
- paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est pas
- de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer <span class="pagenum" id="Page_169">169</span> cette
- substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes
- qui peuvent fournir de l'oxigène &amp; de l'azote, tels que la combustion
- ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point
- démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations.
- J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai
- bientôt en état de rendre compte.</p>
-
- <h3 id="ch16b"><i>De la Soude.</i></h3>
-
- <p>La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation
- des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent
- aux bords de la mer, &amp; principalement du <i>kali</i>, d'où est venu le
- nom d'<i>alkali</i> qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques
- propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en
- distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes
- les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La
- soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines,
- est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle
- n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle
- s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent &amp; se convertissent en une
- poussière blanche <span class="pagenum" id="Page_170">170</span> qui a toutes les propriétés de la soude, &amp; qui
- n'en differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation.</p>
-
- <p>On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude
- que ceux de la potasse, &amp; on n'est pas même certain si cette substance
- est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion.
- L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes
- constituans des alkalis en général, &amp; on en a la preuve à l'égard de
- l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la
- potasse &amp; à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience
- décisive n'a encore confirmées.</p>
-
- <h3 id="ch16c"><i>De l'Ammoniaque.</i></h3>
-
- <p>Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la
- composition de la soude &amp; de la potasse, nous avons été obligés de nous
- borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances
- dont on les retire, &amp; les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il
- n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali
- volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de
- l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de
- <span class="pagenum" id="Page_171">171</span> décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient
- composées d'environ 807 d'azote &amp; de 193 d'hydrogène.</p>
-
- <p>C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on
- obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes
- constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette
- combinaison, &amp; il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point
- pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, &amp;
- en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes
- ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple,
- que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition
- de chaux, soit par une addition de potasse.</p>
-
- <p>Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré
- de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à
- la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une
- odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande
- quantité, sur-tout si elle est froide &amp; si on ajoute la pression au
- refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali
- volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque
- en liqueur, &amp; nous désignerons la même substance, quand elle sera dans
- l'état <span class="pagenum" id="Page_172">172</span> aériforme, par le nom de gaz ammoniac.</p>
-
- <h3 id="ch16d"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte &amp; de l'Alumine.</i></h3>
-
- <p>La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; &amp; comme
- on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties
- constituantes &amp; élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de
- nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art
- n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les
- présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout
- les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les
- trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide
- carbonique, &amp; dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires,
- une partie des marbres, &amp;c. Quelquefois elle est saturée d'acide
- sulfurique, comme dans le gypse &amp; les pierres à plâtre; d'autres fois
- avec l'acide fluorique, &amp; elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin
- les eaux de la mer &amp; des fontaines salées en contiennent de combinée
- avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle
- qui est la plus abondamment répandue dans la nature.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_173">173</span></p>
-
- <p>On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y
- est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve
- aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec
- l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand
- nombre de pierres.</p>
-
- <p>La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes;
- on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, &amp;
- elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle
- est combinée avec l'acide carbonique.</p>
-
- <p>L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que
- les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine,
- sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les
- argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base.</p>
-
- <h3 id="ch16e"><i>Des Substances métalliques.</i></h3>
-
- <p>Les métaux, à l'exception de l'or &amp; quelquefois de l'argent, se
- présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique;
- ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés
- avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide
- muriatique, <span class="pagenum" id="Page_174">174</span> de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La
- docimasie &amp; la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces
- substances étrangères, &amp; nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de
- cette partie de la Chimie.</p>
-
- <p>Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances
- métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple,
- qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas
- susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, &amp; elles
- ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se
- confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la
- baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce
- cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la
- rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à
- la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de
- terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les
- moyens que nous employons.</p>
-
- <p>Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons,
- celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre
- de dix-sept; savoir:</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_175">175</span></p>
-
- <table id="t19" style="width: 40%" summary="table_19">
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p>Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, &amp; je
- n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts &amp;
- aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit
- un traité complet, &amp; je sortirois absolument des bornes que je me suis
- prescrites.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 223px;">
- <img src="images/page-175.jpg" alt="" title="" width="223" height="200" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_176">176</span></p>
-
- <h2 id="ch17"><span class="h2t2">CHAPITRE XVII.</span></h2>
-
- <p class="sommaire"><i>Suite des réflexions sur les bases salifiables, &amp; sur la formation
- des Sels neutres.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elles</span> sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se
- combiner avec les acides, &amp; de former des sels neutres. Mais il faut
- observer que les alkalis &amp; les terres entrent purement &amp; simplement
- dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve
- à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner
- avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins
- oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point
- dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques.
- Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première
- condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y
- oxider, &amp; elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide,
- ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres
- termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide,
- qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau,
- soit dans <span class="pagenum" id="Page_177">177</span> celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il
- n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient
- encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il
- y a décomposition de l'eau ou de l'acide.</p>
-
- <p>C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre
- <i>Bergman</i>, que dépend l'explication des principaux phénomènes des
- dissolutions métalliques. Le premier de tous &amp; le plus frappant est
- l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le
- dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans
- les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les
- dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux,
- ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique
- ou de l'eau que le métal s'est oxidé.</p>
-
- <p>Il est sensible que l'acide nitrique &amp; l'eau étant composés l'un &amp;
- l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état
- de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt
- qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer
- sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, &amp; c'est
- ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue
- l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux,
- <span class="pagenum" id="Page_178">178</span> en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet
- acide la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre,
- mais en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état
- de gaz au degré de température &amp; de pression dans lequel nous vivons.
- Cet acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, &amp; c'est encore à
- ce dégagement qu'est due l'effervescence.</p>
-
- <p>Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se
- dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été
- oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant
- plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau;
- il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le
- produisoit n'a plus lieu.</p>
-
- <p>Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans
- effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans
- cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal
- dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène;
- il se forme d'une part un oxide métallique, &amp; de l'autre de l'acide
- muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes
- de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide
- muriatique d'exister sous la <span class="pagenum" id="Page_179">179</span> forme de gaz au degré de température
- dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique
- oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu &amp; pour demeurer
- sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, &amp;
- après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine
- paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout.</p>
-
- <p>Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour
- l'oxygène, &amp; qui n'exercent pas sur ce principe une action assez
- forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument
- indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le
- plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les
- présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide
- auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt
- très-dissolubles, &amp; la dissolution se fait sans effervescence.</p>
-
- <p>L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux &amp; les acides; &amp;
- cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous les
- acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui ont
- une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il est
- donc assez probable que les quatre terres salifiables <span class="pagenum" id="Page_180">180</span> que nous
- avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, &amp; que c'est par ce
- <i>latus</i> qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit
- appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces
- substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés
- avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon,
- &amp; qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici
- qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou
- confirmer ou détruire.</p>
-
- <p>Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les
- désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont
- composés.</p>
-
- <table class="tbdg4" id="t20" style="width: 100%" summary="table_20">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb"><i>Noms des acides.</i></td>
- <td colspan="4" class="tdctopbbbl"><i>Nom de la base acidifiable ou radical de chaque acide, avec des observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdltop">Sulfureux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Soufre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdltop">Sulfurique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdltop">Phosphoreux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdltop">Phosphorique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdltop">Muriatique.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Radical muriatique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdltopnowrap">Muriatique oxygéné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdltop">Nitreux.</td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdltop">Nitrique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdltop">Nitrique oxigéné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdltop">Carbonique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Carbone.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop"><span class="pagenum" id="Page_181">181</span>11</td>
- <td class="tdltop">Acéteux.</td>
- <td rowspan="9" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="9" class="tdlmiddleindent tablesmall">Tous ces acides paroissent être formés
- de la réunion d'une base acidifiable double, le carbone &amp; l'hydrogène,
- &amp; ne différer entr'eux que par la différence de proportion de ces deux bases &amp;
- de l'oxigène qui les acidifie; on n'a au surplus encore aucune suite d'expériences
- bien faites à cet égard.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">12</td>
- <td class="tdltop">Acétique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">13</td>
- <td class="tdltop">Oxalique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">14</td>
- <td class="tdltop">Tartareux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">15</td>
- <td class="tdltop">Pyro-tartareux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">16</td>
- <td class="tdltop">Citrique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">17</td>
- <td class="tdltop">Malique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">18</td>
- <td class="tdltop">Pyro-ligneux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">19</td>
- <td class="tdltop">Pyro-muqueux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">20</td>
- <td class="tdltop">Gallique.</td>
- <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="7" class="tdlmiddleindent tablesmall">On n'a encore que
- des connoissances très-imparfaites sur la nature des radicaux de ces acides;
- on sait seulement que le carbone &amp; l'hydrogène en sont les principales parties,
- &amp; que l'acide prussique contient de l'azote.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">21</td>
- <td class="tdltop">Prussique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">22</td>
- <td class="tdltop">Benzoïque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">23</td>
- <td class="tdltop">Succinique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">24</td>
- <td class="tdltop">Camphorique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">25</td>
- <td class="tdltop">Lactique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">26</td>
- <td class="tdltop">Saccho-lactique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">27</td>
- <td class="tdltop">Bombique.</td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddleindent tablesmall">Ces acides &amp; tous ceux qu'on obtient
- en oxigénant les matières animales, paroissent avoir pour base acidifiable
- le carbone, l'hydrogène, le phosphore &amp; l'azote.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">28</td>
- <td class="tdltop">Formique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">29</td>
- <td class="tdltop">Sébacique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">30</td>
- <td class="tdltopbr">Boracique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o30.jpg" alt="" title="" width="6" height="30" /></td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddleindent tablesmall">La nature <ins class="correction" title="ajouté «de»">de</ins> ces deux radicaux est entièrement inconnue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">31</td>
- <td class="tdltopbr">Fluorique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Le radical fluorique</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">32</td>
- <td class="tdltopbr">Antimonique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">33</td>
- <td class="tdltopbr">Argentique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">34</td>
- <td class="tdltopbr">Arsenique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">35</td>
- <td class="tdltopbr">Bismuthique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">36</td>
- <td class="tdltopbr">Cobaltique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">37</td>
- <td class="tdltopbr">Cuprique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">38</td>
- <td class="tdltopbr">Stamnique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Etain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">39</td>
- <td class="tdltopbr">Ferrique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">40</td>
- <td class="tdltopbr">Manganique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">41</td>
- <td class="tdltopbr">Hydrargirique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">42</td>
- <td class="tdltopbr">Molybdique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">43</td>
- <td class="tdltopbr">Nickelique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">44</td>
- <td class="tdltopbr">Aurique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">45</td>
- <td class="tdltopbr">Platinique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">46</td>
- <td class="tdltopbr">Plombique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">47</td>
- <td class="tdltopbr">Tungstique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">48</td>
- <td class="tdltopbr">Zincique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="3" class="tdltop">Zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_182">182</span></p>
-
- <p>On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17
- acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M.
- Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut
- pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais
- il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera
- connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens,
- rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le
- tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, &amp; tout ce qu'on peut
- faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même
- systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite.</p>
-
- <p>Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être
- converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir:</p>
-
- <ul>
- <li>Trois alkalis.</li>
- <li>Quatre terres.</li>
- <li>Et dix-sept substances métalliques.</li>
- </ul>
-
- <p>La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel
- de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que les
- acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres métaux;
- &amp; cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les autres,
- <span class="pagenum" id="Page_183">183</span> est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est
- de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons
- vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les
- combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce
- qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature &amp;
- l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens
- espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner
- à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si
- on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont
- découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en
- résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit
- pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier
- âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce
- qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels:
- mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque
- acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux,
- quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide;
- il faut nécessairement une méthode, &amp; cette méthode est donnée par
- l'analogie: c'est celle que nous avons suivie <span class="pagenum" id="Page_184">184</span> dans la nomenclature
- des acides; &amp; comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera
- naturellement à la nomenclature des sels neutres.</p>
-
- <p>Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons
- distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun
- d'eux, &amp; le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous.
- Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique
- d'acide, &amp; nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la
- base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons
- donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide
- sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons
- cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par
- une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué
- l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide
- phosphorique.</p>
-
- <p>Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont
- obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison
- desquels entre le même acide, &amp; de les différencier ensuite par le
- nom de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui
- ont l'acide sulfurique pour acide, par le nom de <span class="pagenum" id="Page_185">185</span> <i>sulfates</i>;
- tous ceux qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de
- <i>phosphates</i>, &amp; ainsi des autres. Nous distinguerons donc <i>sulfate</i>
- de potasse, <i>sulfate</i> de soude, <i>sulfate</i> d'ammoniaque, <i>sulfate</i> de
- chaux, <i>sulfate</i> de fer, &amp;c. &amp; comme nous connoissons vingt-quatre
- bases, tant alkalines que terreuses &amp; métalliques, nous aurons
- vingt-quatre espèces de <i>sulfates</i>, autant de <i>phosphates</i>, &amp; de même
- pour tous les autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de
- deux degrés d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue
- l'acide sulfureux, &amp; une seconde l'acide sulfurique; comme les sels
- neutres que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont
- pas les mêmes, &amp; qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu
- les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en
- conséquence désigné par le nom de <i>sulfites</i>, de <i>phosphites</i>, &amp;c.
- les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre
- oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre
- <i>sulfates</i> &amp; vingt-quatre <i>sulfites</i>, &amp; ainsi des autres substances
- susceptibles de deux degrés d'oxygénation.</p>
-
- <p>Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces
- dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé
- clairement <span class="pagenum" id="Page_186">186</span> la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra
- l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; &amp; le nom
- de la substance combustible &amp; acidifiable connu, on se rappellera
- toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former,
- &amp; celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver.</p>
-
- <p>Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire
- en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails,
- j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une
- récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais
- en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques
- courtes explications sur la manière la plus simple &amp; la plus sûre de
- se procurer les différentes espèces d'acides, &amp; sur les propriétés
- générales des sels neutres qui en résultent.</p>
-
- <p>Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter
- cet Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque
- espèce de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau &amp; dans l'esprit-de-vin,
- sur la proportion d'acide &amp; de base qui entre dans sa composition,
- sur sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés
- de saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force
- avec laquelle <span class="pagenum" id="Page_187">187</span> l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été
- commencé par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan &amp; quelques autres
- célèbres Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé,
- &amp; les bases sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une
- exactitude rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas
- pu convenir à un Ouvrage élémentaire, &amp; le tems de rassembler les
- matériaux &amp; de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs
- années la publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au
- zèle &amp; à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de
- recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de
- l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup;
- à s'assurer d'abord par des expériences précises &amp; multipliées de
- la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels
- neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être
- établi sur des fondemens solides; &amp; dans l'état où est parvenue la
- Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des
- expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses.</p>
-
- <div class="figcenter3" style="width: 97px;">
- <img src="images/page-187.jpg" alt="" title="" width="97" height="38" />
- </div>
-
- <hr class="small" />
-
- <div class="figcenter3" style="width: 600px;" id="ch18"> <!--chapitre 18-->
- <img src="images/page-189.jpg" alt="" title="" width="600" height="208" />
- </div>
-
- <p class="partie1">SECONDE PARTIE.</p>
-
- <p class="partie2"><i>De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, &amp; de la
- Formation des Sels neutres.</i></p>
-
- <h2><span class="h2t2">AVERTISSEMENT.</span></h2>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">S</span><span class="smcap">i</span> j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans
- la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois
- borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, &amp; dans
- les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions
- des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des
- procédés par lesquels on les obtient, &amp; j'y aurois joint une simple
- nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec
- différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au <span class="pagenum" id="Page_190">190</span>
- volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en
- présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de
- celles qui entrent dans la composition des acides &amp; des oxides, &amp; leurs
- combinaisons.</p>
-
- <p>Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement
- nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente
- 1<sup>o</sup>. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de
- nos connoissances nous oblige à regarder comme telles.</p>
-
- <p>2<sup>o</sup>. Les radicaux oxidables &amp; acidifiables doubles &amp; triples, qui se
- combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples.</p>
-
- <p>3<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples
- métalliques &amp; non métalliques.</p>
-
- <p>4<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés.</p>
-
- <p>5<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples.</p>
-
- <p>6<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples.</p>
-
- <p>7<sup>o</sup>. Les combinaisons du soufre avec les substances simples.</p>
-
- <p>8<sup>o</sup>. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples.</p>
-
- <p>9<sup>o</sup>. Les combinaisons du carbone avec les substances simples. <span class="pagenum" id="Page_191">191</span></p>
-
- <p>10<sup>o</sup>. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances
- simples.</p>
-
- <p>Ces dix Tableaux &amp; les Observations qui les accompagnent, forment une
- espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage.
- Les Tableaux qui sont à la suite &amp; qui présentent l'ensemble de toutes
- les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux
- Chapitres XIV &amp; XV.</p>
-
- <p>On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de
- ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie
- par ordre de matières; &amp; en effet il m'auroit été difficile de puiser
- dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter
- les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai
- qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas
- être obligé de le citer à chaque article.</p>
-
- <p>J'ai placé à la suite de chaque Tableau &amp; vis-à-vis autant qu'il a été
- possible les explications qui y sont relatives.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_192">192</span></p> <!--chapitre 19-->
-
- <h2 id="ch19"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau des Substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t21" style="width: 100%" summary="table_21">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td>&nbsp;</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Lumière.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Lumière.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="14" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples qui appartiennent aux trois règnes
- &amp; qu'on peut regarder comme les élémens des corps.</i></td>
- <td rowspan="14" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td>
- <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Calorique.</td>
- <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">Chaleur.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Principe de la chaleur.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Fluide igné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Feu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Matière du feu &amp; de la chaleur.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène.</td>
- <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td class="tdltop">Air déphlogistiqué.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Air empiréal.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Air vital.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Base de l'air vital.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Gaz phlogistiqué.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Mofete.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Base de la mofete.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Hydrogène.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Gaz inflammable.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Base du gaz inflammable.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples non métalliques
- oxidables &amp; acidifiables.</i></td>
- <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">Soufre.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Soufre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Phosphore.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Carbone.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Charbon pur.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Radical muriatique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical fluorique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Radical boracique.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples métalliques oxidables &amp; acidifiables.</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td class="tdltop">Antimoine.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Argent.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Arsenic.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Bismuth.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Cuivre.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Etain.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Etain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Fer.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Manganèse.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Mercure.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">Mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Molybdène.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Nickel.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Or.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Platine.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Plomb.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Tungstène.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Zinc.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="5" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples salifiables terreuses.</i></td>
- <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td class="tdltop">Chaux.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Terre calcaire, chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Magnésie.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Magnésie, base du sel d'Epsom.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Baryte.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Barote, terre pesante.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Alumine.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Argile, terre de l'alun, base de l'alun.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Silice.</td>
- <td>&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Terre siliceuse, terre vitrifiable.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_193">193</span></p>
-
- <h3 id="ch19a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que
- l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme
- telles.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de
- la nature, a pour objet de les décomposer &amp; de se mettre en état
- d'<i>examiner séparément les différentes substances qui entrent dans
- leur combinaison</i>. Cette science a fait de nos jours des progrès
- très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les
- différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra
- que dans les premiers tems on regardoit l'huile &amp; le sel comme les
- principes des corps; que l'expérience &amp; l'observation ayant amené de
- nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient
- point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide &amp; d'une
- base, &amp; que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de
- neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs
- degrés les bornes de l'analyse<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>, elles nous ont éclairés sur la
- formation <span class="pagenum" id="Page_194">194</span> des acides, &amp; nous ont fait voir qu'ils étoient formés
- par la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène,
- &amp; d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie &amp; qui les
- constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin
- dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au
- surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes
- ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que
- nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un
- composé d'hydrogène &amp; de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les
- bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, &amp;
- que l'ammoniaque étoit un composé d'azote &amp; d'hydrogène.</p>
-
- <p>La Chimie marche donc vers son but &amp; vers sa perfection, en divisant,
- subdivisant, &amp; resubdivisant encore, &amp; nous ignorons quel sera le
- terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous
- regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous
- pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel
- arrive l'analyse chimique, &amp; qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà
- dans l'état actuel de nos connoissances.</p>
-
- <p>Il est à présumer que les terres cesseront <span class="pagenum" id="Page_195">195</span> bientôt d'être comptées
- au nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette
- classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, &amp; je suis
- bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est
- permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont
- déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des
- substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à
- un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je
- présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce
- que je donne pour des vérités de fait &amp; d'expérience avec ce qui n'est
- encore qu'hypothétique.</p>
-
- <p>Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels
- que la potasse &amp; la soude, parce que ces substances sont évidemment
- composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes
- qui entrent dans leur combinaison.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_196">196</span></p> <!--chapitre 20-->
-
- <h2 id="ch20"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Radicaux ou bases oxidables &amp; acidifiables,
- composés, qui entrent dans les combinaisons à la manière des substances
- simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t22" style="width: 100%" summary="table_22">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des Radicaux.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopindentnopadding"><i>Radicaux oxidables ou acidifiables composés, du règne minéral.</i></td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Radical nitro-muriatique, <i>ou</i> radical de l'eau régale.</td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltopindentnopadding tablesmall">C'est la base de l'eau régale des anciens Chimistes,
- célèbre par la propriété qu'elle a de dissoudre l'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="12" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux, ou carbone-hydreux
- du règne végétal, susceptibles d'être oxidés &amp; acidifiés.</i></td>
- <td rowspan="12" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td>
- <td class="tdltop">Radical tartareux.</td>
- <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td>
- <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Les anciens Chimistes ne
- connoissoient point la composition des acides, &amp;
- ne se doutant pas qu'ils fussent formés de la réunion d'un radical particulier
- à chacun d'eux &amp; d'un principe acidifiant commun à tous, ils n'ont pu
- donner aucun nom à des substances dont ils n'avoient aucune idée: nous nous
- sommes donc trouvés dans la nécessité de créer une Nomenclature pour cet objet;
- mais nous avons prévenu en même tems que cette Nomenclature seroit
- susceptible de modification, à mesure que la nature des radicaux composés
- seroit mieux connue. Voyez ce que j'ai dit à cet égard, chapitre XI.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical malique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical citrique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical pyro-ligneux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Radical pyro-muqueux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical pyro-tartareux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical oxalique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical acéteux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical succinique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical benzoïque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical camphorique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical gallique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux ou carbone-hydreux du règne animal dans la
- composition desquels entre presque toujours l'azote &amp; souvent le phosphore
- &amp; qui sont susceptibles d'être oxidés &amp; acidifiés. XI.</i></td>
- <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td>
- <td class="tdltop">Radical lactique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical saccholactique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical formique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical bombique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical sébacique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical lithique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Radical prussique.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré
- d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la
- gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux,
- tels que la limphe, &amp;c. &amp;c. <span class="pagenum" id="Page_197">197</span></p>
-
- <h3 id="ch20a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables &amp; acidifiables,
- composés de la réunion de plusieurs substances simples.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> radicaux du règne végétal &amp; du règne animal que présente ce
- tableau, &amp; qui tous sont susceptibles d'être oxidés &amp; acidifiés,
- n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible
- de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences
- dont <ins class="correction" title="quel-unes">quelques-unes</ins> me sont propres, &amp; dont d'autres ont été faites par
- M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les
- acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide
- citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique,
- l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène &amp; le carbone, mais
- réunis de manière à ne former qu'une seule &amp; même base; que tous ces
- acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de
- ces deux substances, &amp; par le degré d'oxygénation. Nous savons de
- plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les
- radicaux du règne animal, &amp; <span class="pagenum" id="Page_198">198</span> quelques-uns même du règne végétal
- sont plus composés, &amp; qu'indépendamment de l'hydrogène &amp; du carbone,
- ils contiennent encore souvent de l'azote, &amp; quelquefois du phosphore;
- mais il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous
- nous sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à
- ces différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont
- ils ont été tirés. Sans doute, un jour &amp; à mesure que nos connoissances
- acquerront plus de certitude &amp; d'étendue, tous ces noms disparoîtront,
- &amp; ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans
- lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à
- ceux des radicaux hydro-carboneux &amp; hydro-carbonique, carbone-hydreux
- &amp; carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, &amp; le
- choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont
- ils sont composés.</p>
-
- <p>On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène &amp;
- de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou
- hydro-carboneux, &amp; en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les
- convertir d'abord en oxides, &amp; ensuite en acides végétaux, suivant
- le degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une
- manière positive que les huiles <span class="pagenum" id="Page_199">199</span> entrent toutes entières dans la
- composition des oxides &amp; des acides végétaux; il est possible qu'elles
- perdent auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, &amp;
- que ce qui reste de l'une &amp; de l'autre de ces substances ne soit plus
- dans la proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur
- quoi nous avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience.</p>
-
- <p>Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre
- radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par
- la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides
- composés ont été beaucoup moins étudiés, &amp; ne présentent pas d'ailleurs
- des phénomènes aussi frappans.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_200">200</span></p>
-
- <h3 id="ch20b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de la Lumière &amp; du Calorique avec les
- différentes substances.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière &amp;
- du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous
- n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes
- de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la
- nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés,
- pénétrés de toutes parts, &amp; qu'il remplit tous les intervalles que
- laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique
- se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties
- solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce
- sur elles une force répulsive, &amp; que c'est de son action ou de son
- accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de
- l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme.
- Enfin nous avons appelé du nom générique de <i>gaz</i> toutes les substances
- portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique;
- en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide <span class="pagenum" id="Page_201">201</span>
- carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous
- leur donnons le nom de <i>gaz acide muriatique</i>, <i>gaz acide carbonique</i>,
- <i>gaz hydrogène</i>, <i>gaz aqueux</i>, <i>gaz alkool</i>.</p>
-
- <p>A l'égard de la lumière, ses combinaisons &amp; sa manière d'agir sur
- les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après
- les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec
- l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, &amp; qu'elle
- contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les
- expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de
- croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, &amp;
- que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles
- &amp; la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que
- les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles
- sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur &amp; de
- souffrance, &amp; qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle
- &amp; pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière.</p>
-
- <p>On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les
- hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans
- les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés,
- dans <ins class="correction" title="le">les</ins> <span class="pagenum" id="Page_202">202</span> rues étroites des villes. Ils se développent au
- contraire, ils acquièrent plus de force &amp; plus de vie dans la plupart
- des occupations champêtres &amp; dans les travaux qui se font en plein air.</p>
-
- <p>L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent
- qu'à la surface de la terre &amp; dans les lieux exposés à la lumière. On
- diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une
- vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la
- lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte &amp; inanimée: un Dieu
- bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la
- terre l'organisation, le sentiment &amp; la pensée.</p>
-
- <p>Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les
- corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans
- cet Ouvrage, &amp; c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de
- la respiration, de la sanguification &amp; de la chaleur animale. Je
- reviendrai un jour sur ces objets.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_203">203</span></p> <!--chapitre 21-->
-
- <h2 id="ch21"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les
- substances métalliques &amp; non métalliques oxidables &amp; acidifiables.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t23a" style="width: 100%" summary="table_23a">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdctopbbbl">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Premier degré d'oxigénation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Le gaz oxygène.</td>
- <td class="tdltopbl">Air vital ou déphlogistiqué.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td colspan="2" class="tdltopbl">On ne connoît qu'un degré de combinaison de l'oxygène &amp; de l'hydrogène, &amp; cette combinaison forme de l'eau.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide nitreux ou base du gaz nitreux.</td>
- <td class="tdltopbl">Gaz nitreux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">Soufre mou.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de phosphore.</td>
- <td class="tdltopbl">Résidu de la combustion du phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide rouge brun de cuivre.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Chaux rouge brune de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide noir de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Ethiops martial.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Oxide noir de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Chaux noire de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide noir de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Ethiops minéral.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide jaune d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux jaune d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide jaune de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux jaune de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide de tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux de tungstène. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide gris de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux grise de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table class="tbdg4" id="t23b" style="width: 100%" summary="table_23b">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdctopbbbl">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Second degré d'oxigénation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide nitreux.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide nitreux fumant.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide carboneux.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le phosphore.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphoreux.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide volatil du phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide muriateux.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide fluoreux.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide boraceux. </td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'antimoine,<br />Antimoine diaphorétique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide blanc de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide vert &amp; bleu de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux verte &amp; bleue de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'étain ou potée d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide jaune &amp; rouge de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Ocre &amp; rouille.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide blanc de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide jaune &amp; rouge de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Turbith minéral, précipité rouge, précipité <i>per se</i>.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide rouge d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux rouge d'or.<br />Précipité pourpre de Cassius.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide jaune &amp; rouge de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Massicot &amp; minium.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Oxide blanc de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Chaux blanche de zinc, Pompholix.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table class="tbdg4" id="t23c" style="width: 100%" summary="table_23c">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdctopbbbl">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Troisième degré d'oxigénation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide nitrique.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acide nitreux non fumant.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide carbonique</td>
- <td class="tdltopbl">Air fixe.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide sulfurique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide vitriolique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le phosphore.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide phosphorique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide marin.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">Sel sédatif de Homberg. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide antimonique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide argentique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide arsenique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide arsenical.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide bismutique. </td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide cobaltique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide cuprique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide stamnique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide ferrique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide manganique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide mercurique. </td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide molybdique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide de la molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide nickelique. </td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide aurique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide platinique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxide plombique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide tungstique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide de la tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide zincique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table class="tbdg4" id="t23d" style="width: 100%" summary="table_23d">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdctopbbbl">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Quatrième degré d'oxigénation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acide nitrique oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide carbonique oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide sulfurique oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le phosphore.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide phosphorique oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide muriatique oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide marin déphlogistiqué.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le radical boracique.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide arsenic oxigéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide molybdique oxygéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Acide tungstique oxygéné.</td>
- <td class="tdltopbl">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;.&nbsp;</td>
- </tr>
- </table>
-
- <h3 id="ch21a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples
- métalliques &amp; non métalliques.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Oxygène</span> est une des substances les plus abondamment répandues dans la
- nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère,
- &amp; par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce
- réservoir immense que vivent &amp; croissent les animaux &amp; les végétaux, &amp;
- c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène
- que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui
- s'exerce entre ce principe &amp; les différentes substances est telle,
- qu'il est impossible de l'obtenir seul &amp; dégagé de toute combinaison.
- Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de
- gaz, &amp; il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.</p>
-
- <p>Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de
- conditions: la première est que les molécules constituantes de ce
- corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que
- celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors
- il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut <span class="pagenum" id="Page_204">204</span>
- venir au secours de la nature, &amp; l'on peut diminuer presqu'à volonté
- l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire,
- en y introduisant du calorique.</p>
-
- <p>Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui
- le constituent; &amp; comme l'attraction de ces molécules diminue suivant
- une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement
- un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur
- l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que
- l'oxygénation a lieu.</p>
-
- <p>On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit
- être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart
- des corps &amp; en général presque toutes les substances simples, il ne
- s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, &amp; de les
- élever à une température convenable. Cette température pour le plomb,
- le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle
- nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour
- oxygéner le fer, le cuivre, &amp;c. du moins par la voie sèche &amp; lorsque
- l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois
- l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, &amp; alors elle est
- accompagnée de chaleur, de lumière &amp; <span class="pagenum" id="Page_205">205</span> même de flamme; telle est la
- combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, &amp; celle du fer dans
- le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb,
- de l'étain &amp; de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement
- &amp; sans que le dégagement du calorique, &amp; sur-tout de la lumière, soit
- sensible.</p>
-
- <p>Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, &amp; qui
- ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne
- les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique
- que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, &amp;
- qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable
- qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme
- l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur
- dans lequel nous vivons; &amp; c'est sans doute parce qu'elles sont déjà
- saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce
- principe.</p>
-
- <p>L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré
- de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de
- leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette
- substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide
- rouge de mercure est un des plus <span class="pagenum" id="Page_206">206</span> propres à remplir cet objet,
- sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure.
- L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, &amp; même il n'y tient
- plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En
- conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en
- sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, &amp; en
- les élevant à un degré de chaleur médiocre.</p>
-
- <p>L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides
- d'argent, &amp; en général presque tous les oxides métalliques peuvent
- remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de
- préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes
- les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des
- opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations
- du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné avec
- l'oxygène &amp; avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide
- carbonique, &amp; le métal reste pur &amp; revivifié.</p>
-
- <p>On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les
- combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du
- muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène
- quitte le nitrate &amp; le muriate, pour se combiner avec le corps <span class="pagenum" id="Page_207">207</span>
- combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées
- qu'avec des précautions extrêmes &amp; sur de très-petites quantités.
- L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates &amp; sur-tout des
- muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à
- celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette
- immense quantité de calorique devient subitement libre au moment
- de sa combinaison avec les corps combustibles; &amp; il en résulte des
- détonations terribles auxquelles rien ne résiste.</p>
-
- <p>Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps
- combustibles, &amp; transformer en acides la plupart des oxides des trois
- règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique,
- auquel l'oxygène tient peu &amp; qui le cède facilement à un grand nombre
- de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer
- l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais
- non pas pour toutes.</p>
-
- <p>J'appelle <i>binaires</i> les combinaisons des substances simples avec
- l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux
- substances. Je nommerai combinaisons <i>ternaires</i> celles composées
- de trois substances simples, &amp; combinaisons <i>quaternaires</i> celles
- composées de quatre substances.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_208">208</span></p> <!--chapitre 22-->
-
- <h2 id="ch22"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux
- composés.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t24" style="width: 100%" summary="table_24">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des radicaux.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des acides qui en résultent.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés du règne minéral, tels que:</i></td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdlmiddlebl">Le radical nitro-muriatique.</td>
- <td class="tdlmiddlebl">L'acide nitro-muriatique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdlmiddle">L'eau régale.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="13" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec
- les radicaux carbone-hydreux &amp; hydro-carboneux du règne végétal tels que le radical: *</i></td>
- <td rowspan="13" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td>
- <td class="tdltop">tartarique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide tartareux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">malique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide malique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">citrique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide citrique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide du citron.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">pyro-lignique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide pyro-ligneux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du bois.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">pyro-mucique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide pyro-muqueux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du sucre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">pyro-tartarique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide pyro-tartareux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du tartre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">oxalique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide oxalique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Le sel d'oseille.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">acétique.</td>
- <td rowspan="2" class="tdltopbl">L'acide acéteux ou acétique.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Le vinaigre, l'acide du vinaigre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le vinaigre radical.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">succinique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide succinique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Le sel volatil de succin.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">benzoïque.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide benzoïque.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Les fleurs de benjoin.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">camphorique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide camphorique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">gallique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide gallique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Le principe astringent des végétaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec
- les radicaux carbone-hydreux &amp; hydro-carboneux du règne animal,
- auxquels se joint presque toujours l'azote &amp; souvent le phosphore,
- tels que le radical: **</i></td>
- <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td class="tdltop">lactique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide lactique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide du petit lait aigri.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">saccho-lactique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide saccho-lactique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">formique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide formique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'acide des fourmis.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">bombique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide bombique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">sébacique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide sébacique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">lithique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide lithique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Le calcul de la vessie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">prussique.</td>
- <td class="tdltopbl">L'acide prussique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">La matière colorante du bleu de Prusse.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent
- le sucre, l'amidon, le muqueux, &amp; en général tous les oxides végétaux.</p>
-
- <p class="nota">** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent
- la limphe animale, différentes humeurs, &amp; en général tous les oxides
- animaux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_209">209</span></p>
-
- <h3 id="ch22a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">epuis</span> que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776,
- pag. 671, &amp; 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature &amp;
- sur la formation des acides; &amp; que j'en ai conclu que le nombre de
- ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit
- pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie:
- au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert
- successivement jusqu'à trente, &amp; le nombre des sels neutres s'est accru
- dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est
- la nature des bases acidifiables &amp; le degré d'oxygénation dont elles
- sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral,
- presque tous les radicaux oxidables &amp; acidifiables étoient simples;
- que dans le règne végétal au contraire, &amp; sur-tout dans le règne
- animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins
- de deux substances, d'hydrogène &amp; de carbone; que souvent l'azote &amp; le
- phosphore s'y réunissoient, &amp; qu'il en résultoit des radicaux à quatre
- bases. <span class="pagenum" id="Page_210">210</span></p>
-
- <p>Les oxides &amp; acides animaux &amp; végétaux peuvent, d'après ces
- observations, différer entr'eux, 1<sup>o</sup>. par le nombre des principes
- acidifians qui constituent leur base; 2<sup>o</sup>. par la différente proportion
- de ces principes; 3<sup>o</sup>. par le différent degré d'oxygénation; ce qui
- suffit &amp; au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous
- présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse
- convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il
- ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone &amp;
- de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait
- M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées
- &amp; étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone
- &amp; l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide
- tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de
- l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone
- entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides
- acéteux &amp; acétique. L'acide citrique &amp; l'acide malique diffèrent
- très-peu des précédens.</p>
-
- <p>Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base,
- qu'elles soient le radical des acides végétaux &amp; animaux? J'ai
- déjà exposé <span class="pagenum" id="Page_211">211</span> mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les
- huiles paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène &amp; de
- carbone, nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent
- est précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des
- acides. Secondement, puisque les acides végétaux &amp; animaux ne sont pas
- seulement composés d'hydrogène, &amp; de carbone, mais que l'oxygène entre
- également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure
- qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique &amp;
- de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres
- à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point
- réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, &amp; les trois
- principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu
- supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut
- consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 &amp; suivantes de cet
- Ouvrage.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_212">212</span></p> <!--chapitre 23-->
-
- <h2 id="ch23"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Azote avec les
- substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t25" style="width: 100%" summary="table_25">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Substances simples.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature anc.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="16" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'azote avec:</i></td>
- <td rowspan="16" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Le gaz azote.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopnowrap">Air phlogistiqué, mofète.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Alkali volatil.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Oxide nitreux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Base du gaz nitreux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide nitreux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Acide nitreux fumant.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide nitrique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Acide nitreux blanc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le Carbone.</td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td>
- <td class="tdltop">Azoture de carbone.<p class="tablesmall">Combinaison inconnue. On sait
- seulement que le carbone est susceptible de se dissoudre
- dans l'azote, &amp; il en résulte un gaz azotique carboné.</p></td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td>
- <td class="tdltop">Inconnue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Azoture de phosphore.<p class="tablesmall">Combinaison&nbsp;inconnue.</p></td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Inconnue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td>
- <td class="tdltop">Azoture de soufre.<p class="tablesmall">Combinaison
- inconnue. On sait seulement que le soufre est susceptible de se dissoudre
- dans le gaz azotique, &amp; il en résulte un gaz azotique sulfuré.</p></td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td>
- <td class="tdltop">Inconnue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Les radicaux composés.</td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td>
- <td class="tdltop tablesmallindent">L'azote se combine avec le carbone &amp;
- l'hydrogène, &amp; quelquefois avec le phosphore, pour former des radicaux composés,
- qui sont susceptibles, comme on l'a vu plus haut, de s'oxider &amp;
- de s'acidifier. Ce principe entre généralement dans tous les radicaux du règne animal.</td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td>
- <td class="tdltop">Inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Les&nbsp;substances métalliques.</td>
- <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop tablesmallindent">Ces combinaisons sont absolument inconnues.
- Si elles sont découvertes un jour, on les nommera azotures métalliques.</td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td>
- <td rowspan="6" class="tdltop tablesmallindent">Toutes ces combinaisons sont
- entièrement inconnues. Si un jour elles sont reconnues possibles, elles seront nommées
- azotures de chaux, azotures magnésiènes, &amp;c.</td>
- <td rowspan="6" class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td rowspan="6" class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_213">213</span></p>
-
- <h3 id="ch23a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Azote &amp; sur ses combinaisons avec les substances simples.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Azote</span> est un des principes les plus abondamment répandus dans
- la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la
- mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air
- de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré
- de pression &amp; de température dans lequel nous vivons; aucun degré de
- compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou
- solide.</p>
-
- <p>Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les
- matières animales: il y est combiné avec le carbone &amp; l'hydrogène,
- quelquefois avec le phosphore, &amp; le tout est lié par une certaine
- portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide,
- suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut
- donc varier comme celles des matières <ins class="correction" title="animales">végétales</ins>, de trois manières,
- 1<sup>o</sup>. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du
- radical, 2<sup>o</sup>. par leur proportion, 3<sup>o</sup>. par le degré d'oxygénation. <span class="pagenum" id="Page_214">214</span></p>
-
- <p>L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides &amp; acides nitreux &amp;
- nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres
- combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur
- donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison
- en <i>ure</i> que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées.
- Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent
- à ce genre de combinaisons.</p>
-
- <p>Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le
- tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de
- chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze
- ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même
- qu'on agite &amp; qu'on renouvelle les surfaces, &amp; qu'on rompe la pellicule
- qui s'y forme.</p>
-
- <p>La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans
- de l'acide nitrique affoibli &amp; presqu'à froid. L'azote, dans cette
- opération, se dégage sous forme de gaz, &amp; on le reçoit sous des cloches
- remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en
- poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique.</p>
-
- <p>Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, <span class="pagenum" id="Page_215">215</span> est de le retirer
- du nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques
- autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage
- mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de
- l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, &amp; le gaz azote reste pur.</p>
-
- <p>Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la
- combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène
- de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de
- l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu
- libre, se dégage sous la forme de gaz.</p>
-
- <p>Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues
- en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz
- &amp; dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans
- l'ammoniaque &amp; dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire
- que cette substance est un être simple &amp; élémentaire; rien ne prouve
- au moins qu'elle ait encore été décomposée, &amp; ce motif suffit pour
- justifier la place que nous lui avons assignée.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_216">216</span></p> <!--chapitre 24-->
-
- <h2 id="ch24"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les
- substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t26" style="width: 100%" summary="table_26">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="30" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'hydrogène avec:</i></td>
- <td rowspan="30" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Gaz hydrogène.</td>
- <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cette combinaison de l'oxygène &amp; du carbone
- comprend les huiles fixes &amp; volatiles, &amp; forme le radical d'une partie
- des oxides &amp; des acides végétaux &amp; animaux; lorsqu'elle a lieu
- dans l'état de gaz, il en résulte du gaz hydrogène carboné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Ammoniaque ou alkali volatil.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxigène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Eau.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td rowspan="2" class="tdltopnowrap">Combinaison inconnue. *</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Radical hydro-carboneux ou carbone-hydreux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'antimoine.</td>
- <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td>
- <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Aucunes de ces combinaisons ne sont
- connues, &amp; il y a toute apparence qu'elles ne peuvent exister à la
- température dans laquelle nous vivons, à cause de la grande affinité
- de l'hydrogène pour le calorique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Hydrure de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Hydrure d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz &amp; il en
- résulte du gaz hydrogène sulfuré &amp; phosphoré.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_217">217</span></p>
-
- <h3 id="ch24a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Hydrogène, &amp; sur le tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'hydrogène</span>, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de
- l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène
- en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont
- ses propriétés &amp; même l'existence ne sont connues que depuis très-peu
- de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la
- nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne
- végétal &amp; dans le règne animal.</p>
-
- <p>L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste
- constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur &amp; de pression
- dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce
- principe dans un état concret &amp; dépouillé de toute combinaison.</p>
-
- <p>Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que
- présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus
- d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient
- libre, il se combine avec le calorique &amp; forme le gaz hydrogène. C'est
- <span class="pagenum" id="Page_218">218</span> le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, &amp;
- il faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le
- faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, &amp; devient semblable
- à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins
- attirable à l'aimant, &amp; il se dissout sans effervescence dans les
- acides.</p>
-
- <p>Le carbone, lorsqu'il est rouge &amp; embrâsé, a également la propriété de
- décomposer l'eau &amp; d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il
- se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on
- l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable
- par l'eau &amp; par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas.
- On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer
- ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux
- qui ne décomposent que très-difficilement &amp; très-lentement l'eau
- lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de
- facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique.
- L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il
- est dégagé, &amp; on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène.</p>
-
- <p>Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que
- l'hydrogène est le phlogistique <span class="pagenum" id="Page_219">219</span> de Stalh, &amp; comme ce célèbre
- Chimiste admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre,
- dans le charbon, &amp;c. ils sont obligés de supposer qu'il existe
- également, de l'hydrogène fixé &amp; combiné dans toutes ces substances:
- ils le supposent, mais ils ne le prouvent pas, &amp; quand ils le
- prouveroient, ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce
- dégagement du gaz hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes
- de la calcination &amp; de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à
- l'examen de cette question; le calorique &amp; la lumière qui se dégagent
- pendant les différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par
- le corps qui brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes
- les opérations? &amp; certainement la supposition de l'hydrogène dans
- les différens corps combustibles ne jette aucune lumière sur cette
- question. C'est au surplus à ceux qui supposent à prouver; &amp; toute
- doctrine qui expliquera aussi bien &amp; aussi naturellement que la leur,
- sans supposition, aura au moins l'avantage de la simplicité.</p>
-
- <p>On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M.
- de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy &amp; moi, dans la traduction de
- l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_220">220</span></p> <!--chapitre 25-->
-
- <h2 id="ch25"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec
- les substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t27" style="width: 100%" summary="table_27">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans avec la nouvelle Nomenclature.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="32" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du soufre avec:</i></td>
- <td rowspan="32" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Gaz du soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Oxide de soufre.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Soufre mou.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide sulfurique.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Acide vitriolique.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'hydrogène.</td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Combinaisons inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'azote ou azote sulfuré.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop"> Le phosphore.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de carbone.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Antimoine crud.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Orpiment, réalgar.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Pyrite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Pyrite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Ethiops minéral, cinnabre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Galène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Blende.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe végétal.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de soude.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe minéral.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Sulfure d'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre volatil, liqueur fumante de Boyle.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre à base calcaire.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre à base de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure de baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Foie de soufre à base de terre pesante.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfure d'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Combinaison inconnue. </td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_221">221</span></p>
-
- <h3 id="ch25a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Soufre &amp; sur le tableau de ses combinaisons avec les substances
- simples.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e soufre</span> est une des substances combustibles qui a le plus de tendance
- à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la
- température habituelle dans laquelle nous vivons, &amp; ne se liquéfie qu'à
- une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante.</p>
-
- <p>La nature nous présente le soufre tout formé, &amp; à-peu-près porté au
- dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des
- volcans; elle nous le présente encore, &amp; beaucoup plus souvent dans
- l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, &amp; c'est
- dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &amp;c.
- Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances,
- il faut lui enlever l'oxygène, &amp; on y parvient en le combinant à une
- chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se
- dégage dans l'état de gaz, &amp; il reste un sulfure qu'on décompose par un
- acide: l'acide s'unit à la base &amp; le soufre se précipite.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_222">222</span></p> <!--chapitre 26-->
-
- <h2 id="ch26"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné
- avec les substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t28" style="width: 100%" summary="table_28">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="33" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du phosphore avec:</i></td>
- <td rowspan="33" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td>
- <td class="tdltop">Le calorique.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Gaz du phosphore.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td>
- <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Oxide de phosphore.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide phosphoreux.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide phosphorique.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'hydrogène.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'azote.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de soufre.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le carbone.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de carbone.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'antimoine.</td>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît
- encore que le phosphure de fer, auquel on a donné le nom très-impropre
- de sidérite; encore est-il incertain si le phosphore est oxigéné ou
- non oxigéné dans cette combinaison.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de potasse.</td>
- <td rowspan="8" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td rowspan="8" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ces combinaisons ne sont point encore
- connues. Il y a apparence qu'elles sont impossibles, d'après les
- expériences de M. Gengembre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Phosphure d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphure d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_223">223</span></p>
-
- <h3 id="ch26a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Phosphore &amp; sur le Tableau de ses combinaisons avec les
- substances simples.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e phosphore</span> est une substance combustible simple, dont l'existence
- avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que
- la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé:
- bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia,
- &amp; le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos
- jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui
- publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa
- découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore:
- quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs
- ouvrages, &amp; notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie
- des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession
- d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il
- fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes,
- en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant on
- le tire d'une manière plus <span class="pagenum" id="Page_224">224</span> commode, &amp; sur-tout plus économique,
- des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le
- procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle,
- &amp;c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient
- presque blancs. On les pile &amp; on les passe au tamis de soie; on verse
- ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité
- moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide
- s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même
- tems l'acide phosphorique est dégagé &amp; reste libre dans la liqueur.
- On décante alors, on lave le résidu, &amp; on réunit l'eau du lavage à la
- liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux
- qui se cristallise en filets soyeux, &amp; on finit par obtenir l'acide
- phosphorique sous forme d'un verre blanc &amp; transparent qui, réduit
- en poudre &amp; mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon
- phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est
- jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion,
- soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des
- expériences de recherches.</p>
-
- <p>Le phosphore se rencontre dans presque <ins class="correction" title="outes">toutes</ins> les substances animales,
- &amp; dans quelques <span class="pagenum" id="Page_225">225</span> plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un
- caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone,
- l'azote &amp; l'hydrogène, &amp; il en résulte des radicaux très-composés.
- Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion
- d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance
- dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on
- ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que
- des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite
- convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles
- simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on
- puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_226">226</span></p> <!--chapitre 27-->
-
- <h2 id="ch27"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec
- les substances simples.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t29" style="width: 100%" summary="table_29">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="31" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du carbone avec:</i></td>
- <td rowspan="31" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td>
- <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxigène.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrtopnopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Oxide de carbone.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Inconnu.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Acide carbonique.</td>
- <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Air fixe des anglois, acide crayeux de M. Bucquet &amp; de M. de Fourcroy.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le soufre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de soufre.</td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le phosphore.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Carbure de phosphore.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'azote.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'azote.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">L'hydrogène.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltopnowrap">Radical carbone-hydreux.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Huiles fixes &amp; volatiles.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'antimoine.</td>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît
- que les carbures de fer &amp; de zinc, auxquels on a donné le nom de Plombagine;
- les autres n'ont encore été ni faites ni observées.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de cuivre</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de fer</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Carbure de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de potasse.</td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Carbure d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de chaux.</td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td>
- <td rowspan="4" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Carbure d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_227">227</span></p>
-
- <h3 id="ch27a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Carbone &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">omme</span> aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de
- décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer
- que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences
- modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, &amp; j'ai déjà fait
- observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec
- l'azote &amp; avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin
- que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides,
- suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée.</p>
-
- <p>Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou
- animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord
- médiocre &amp; ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions
- d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques
- on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans
- lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, &amp; on
- pousse à grand feu dans un bon <span class="pagenum" id="Page_228">228</span> fourneau de reverbère: la chaleur
- volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les
- substances qui en sont susceptibles, &amp; le carbone, comme le plus fixe,
- reste combiné avec un peu de terre &amp; quelques sels fixes.</p>
-
- <p>Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins
- coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière
- qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour
- faire brûler le bois &amp; pour en chasser l'huile &amp; l'eau; on étouffe
- ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du
- fourneau.</p>
-
- <p>Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen
- de l'air ou plutôt du gaz oxygène, &amp; son oxygénation par l'acide
- nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, &amp;
- il laisse de la chaux, de la potasse &amp; quelques sels neutres. Les
- Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, &amp; il n'est pas
- même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon
- avant la combustion.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_229">229</span></p>
-
- <h3 id="ch27b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les Radicaux muriatique, fluorique &amp; boracique, &amp; sur leurs
- combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des
- combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres
- corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On
- sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides
- muriatique, fluorique &amp; boracique, &amp; qu'alors ils sont susceptibles
- d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas
- encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de
- cette expression, &amp; à les obtenir dans leur état de simplicité. Il
- faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût
- plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique
- &amp; boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir
- dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique &amp;
- boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_230">230</span></p>
-
- <h3 id="ch27c"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">e</span> seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances
- simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les
- métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient
- très-volumineux &amp; ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de
- recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés.
- Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom
- d'alliages, &amp; qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus
- grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or &amp;
- d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le
- métal dominant.</p>
-
- <p>Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons,
- leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences
- de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_231">231</span></p> <!--chapitre 28-->
-
- <h2 id="ch28"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique
- porté à l'état d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante
- quantité d'oxygène, avec les bases salifiables, dans l'ordre de
- leurs affinités avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t30" style="width: 100%" summary="table_30">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observations.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitreux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de baryte.</td>
- <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td>
- <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Il n'y a qu'un très-petit nombre d'années
- que ces sels ont été découverts, &amp; ils n'avoient point encore été nommés.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Nitrite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de zinc.</td>
- <td rowspan="15" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td rowspan="15" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Comme les métaux se dissolvent dans les acides nitreux &amp; nitrique,
- à différens degrés d'oxigénation, il doit en résulter des sels, où
- l'acide est réellement dans des états différens; ceux où le métal est
- le moins oxigéné seront appelés nitrites; ceux où il l'est davantage
- seront nommés nitrates: mais la limite de cette distinction n'est pas
- très aisée à saisir. Les anciens ne connoissoient aucuns de ces sels.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Nitrite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent. *</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or. *</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine. *</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrite de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite
- d'argent, d'or &amp; de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_232">232</span></p> <!--chapitre 29-->
-
- <h2 id="ch29"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote complettement saturé
- d'oxygène, &amp; portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t31" style="width: 100%" summary="table_31">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitrique avec:</i></td>
- <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1200.jpg" alt="" title="" width="22" height="1200" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre à base de terre pesante.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de potasse, salpêtre.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre, nitre à base d'alkali végétal, salpêtre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">La soude.</td>
- <td rowspan="2" class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de soude.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Nitre quadrangulaire.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Nitre à base d'alkali minéral.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">La chaux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de chaux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Nitre calcaire, nitre à base terreuse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Eau mère de nitre ou de salpêtre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre à base de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Nitrate d'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre ammoniacal.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate d'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Alun nitreux, nitre argileux, nitre à base de terre d'alun.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de fer, nitre martial.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de cobalt.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de nickel.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de plomb.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de plomb, nitre de saturne.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate d'étain.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de cuivre.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de cuivre, nitre de Vénus.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de bismuth.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate d'antimoine.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td rowspan="2" class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'arsenic.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Nitre d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Nitre arsenical.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td rowspan="2" class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de mercure.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Nitre mercuriel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Nitre de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td rowspan="2" class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'argent.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td>
- <td class="tdltop">Nitre d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Nitre de lune, pierre infernale.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate d'or.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdctop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Nitrate de platine.</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Nitre de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_233">233</span></p>
-
- <h3 id="ch29a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les Acides nitreux &amp; nitrique, &amp; sur le Tableau de leurs
- combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitreux &amp; l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les
- arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des
- décombres des vieux bâtimens &amp; de la terre des caves, des écuries, des
- granges, &amp; en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus
- souvent uni dans ces terres à la chaux &amp; à la magnésie, quelquefois
- à la potasse &amp; plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à
- l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, &amp;
- qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite
- de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique,
- &amp; de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie &amp;
- l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier &amp; dans le
- rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les sels
- nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour obtenir
- l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois parties
- de salpêtre très-pur, &amp; une d'acide sulfurique concentré: on <span class="pagenum" id="Page_234">234</span> y
- adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de Woulfe,
- c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis d'eau
- &amp; réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté
- <i>pl. IV, fig. 1</i>. On lutte exactement toutes les jointures, &amp; on
- donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges,
- c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est
- point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se
- condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge
- très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se
- dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison
- qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le
- calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la
- température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une
- partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve
- converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux
- à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz
- nitreux qui étoit en excès s'échappe, &amp; il reste de l'acide nitrique:
- mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu
- d'eau, &amp; il y a d'ailleurs une perte considérable.</p>
-
- <p>On se procure de l'acide nitrique beaucoup <span class="pagenum" id="Page_235">235</span> plus concentré &amp; avec
- infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre &amp; de l'argile
- bien seche, &amp; en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile
- se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en
- même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, &amp; qui ne
- contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse
- aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on
- obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, &amp; il
- reste de l'acide nitrique dans la cornue.</p>
-
- <p>On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical
- nitrique: si à vingt parties &amp; demie en poids d'azote, on ajoute
- quarante-trois parties &amp; demie d'oxygène, cette proportion constituera
- l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36
- autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire
- entre la première &amp; la dernière de ces proportions, donne différentes
- espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus
- ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions
- par voie de décomposition, &amp; je ne puis pas assurer qu'elles soient
- rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup
- de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier &amp; par <span class="pagenum" id="Page_236">236</span> voie
- de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des
- proportions un peu différentes &amp; dans lesquelles l'azote entre pour
- une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que
- c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, &amp; non de l'acide nitrique; &amp;
- cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la
- différence des résultats.</p>
-
- <p>Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du
- nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la
- distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide
- sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate
- barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, &amp; forme un
- sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de
- facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être
- contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide
- muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel
- il a plus d'affinité, &amp; se précipite sous forme de muriate d'argent
- qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille
- jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, &amp; on
- est sûr alors de l'avoir parfaitement pur.</p>
-
- <p>L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus <span class="pagenum" id="Page_237">237</span> de tendance à la
- combinaison, &amp; dont en même tems la décomposition est le plus facile.
- Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or,
- l'argent &amp; le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène;
- quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement
- connu des Chimistes, &amp; ses combinaisons ont été plus étudiées que
- celles d'aucun autre. MM. Macquer &amp; Baumé ont nommé <i>nitres</i> tous les
- sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom
- de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, &amp; nous
- les avons appelés <i>nitrates</i> ou <i>nitrites</i>, suivant qu'ils ont l'acide
- nitrique ou l'acide nitreux pour acide &amp; d'après la loi générale dont
- nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une
- suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous
- avons spécifié chaque sel par le nom de sa base.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_238">238</span></p> <!--chapitre 30-->
-
- <h2 id="ch30"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre
- oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide par la voie humide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t32" style="width: 100%" summary="table_32">
- <tr>
- <td colspan="5" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="5" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfurique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdltopbl">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdltopbl">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdltopbl">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdltopbl">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdltopbl">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdltopbl">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Sulfate d'alumine ou alun.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">8</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdltopblnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">12</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">13</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">14</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">15</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">16</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">17</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">18</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">19</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">20</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">21</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">22</td>
- <td class="tdltopbl">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfate de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_239">239</span></p>
-
- <table class="tbdg4" id="t33" style="width: 100%" summary="table_33">
- <tr>
- <td colspan="6" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="6" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide vitriolique avec:</i></td>
- <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td>
- <td class="tdrtop">1</td>
- <td class="tdltopbl">La terre pesante.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de terre pesante, spath pesant.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">2</td>
- <td class="tdltopblnowrap">L'alkali fixe végétal.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Tartre vitriolé, sel de duobus, arcanum duplicatum.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">3</td>
- <td class="tdltopbl">L'alkali fixe minéral.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Sel de Glauber.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">4</td>
- <td class="tdltopbl">La terre calcaire.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Sélénite, gypse, vitriol calcaire.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">5</td>
- <td class="tdltopbl">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Vitrol">Vitriol</ins> de magnésie, sel d'Epsom, sel de Sedlitz.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">6</td>
- <td class="tdltopbl">L'alkali volatil.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Sel ammoniacal secret de Glauber.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">7</td>
- <td class="tdltopbl">La terre de l'alun.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Alun.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdrtop">8</td>
- <td rowspan="2" class="tdltopbl">La chaux de zinc.</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Vitriol blanc, vitriol de Goslard.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdlmiddlenopadding">Couperose blanche, vitriol de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">9</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Couperose verte, vitriol martial, vitriol de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">10</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">11</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">12</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">13</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">14</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">15</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de cuivre, couperose bleue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">16</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">17</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">18</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">19</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">20</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">21</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdrtop">22</td>
- <td class="tdltopbl">La chaux de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">Vitriol de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_240">240</span></p>
-
- <h3 id="ch30a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfurique &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate
- de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette
- distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le
- quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par
- la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui
- qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la
- combustion du soufre &amp; son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou
- nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, &amp; fournit au
- soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide.
- Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du
- soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que
- pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1<sup>o</sup>.
- parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, &amp; que l'air dans lequel se
- fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique;
- 2<sup>o</sup>. parce <span class="pagenum" id="Page_241">241</span> que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs,
- met obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on
- brûle le mêlange de soufre &amp; de salpêtre dans de grandes chambres
- dont les parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un
- peu d'eau au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se
- débarrasse ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique
- qu'on a obtenu dans de grandes cornues: on distille à un degré de
- chaleur modéré; il passe une eau légèrement acide, &amp; il reste dans la
- cornue de l'acide sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane,
- sans odeur, &amp; il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit
- la combustion du soufre, &amp; on accéléreroit la fabrication de l'acide
- sulfurique, si on introduisoit dans les grandes chambres doublées
- de plomb où se fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets
- qu'on dirigeroit sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique
- par de longs canaux ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit
- en contact avec de l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide
- sulfureux ou acide sulfurique qu'il pourroit contenir.</p>
-
- <p>Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre
- en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties
- d'acide sulfurique. Suivant une seconde <span class="pagenum" id="Page_242">242</span> expérience faite par une
- autre méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour
- former la même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec.</p>
-
- <p>Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant
- qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles
- de décomposer une portion de l'acide, &amp; de lui enlever assez d'oxygène
- pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à
- l'argent, au mercure &amp; même au fer &amp; au zinc, quand on les fait
- dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré &amp; bouillant. Ces métaux
- s'oxident &amp; se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à
- l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état
- d'acide sulfureux, &amp; il se dégage alors sous la forme de gaz acide
- sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre
- que le fer &amp; le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme
- ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au
- soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument
- insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc &amp; du fer:
- ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau;
- ils s'oxident à ses dépens, &amp; deviennent alors dissolubles dans
- l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_243">243</span></p> <!--chapitre 31-->
-
- <h2 id="ch31"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases
- salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t34" style="width: 100%" summary="table_34">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfureux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de chaux. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sulfite de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que
- le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le
- nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que
- nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit:
- <i>Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux
- de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base
- de terre calcaire.</i></p>
-
- <p class="nota">On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M.
- Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des
- alkalis &amp; des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux;
- mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides
- métalliques.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_244">244</span></p>
-
- <h3 id="ch31a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfureux, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la
- combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion
- de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1<sup>o</sup>. en
- faisant brûler du soufre lentement, 2<sup>o</sup>. en distillant de l'acide
- sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou
- du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, &amp; l'acide passe
- dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans
- l'état de gaz au degré de température &amp; de pression dans lequel nous
- vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un
- très-grand degré de refroidissement, il se condense &amp; devient liquide:
- l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz
- acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide
- muriatique.</p>
-
- <p>C'est une vérité bien établie, &amp; que je n'ai peut-être que trop
- répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les
- acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant
- déjà dépouillé d'une grande <span class="pagenum" id="Page_245">245</span> partie de l'oxygène nécessaire pour le
- constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à
- en fournir à la plupart des métaux, &amp; c'est pour cela qu'il ne peut
- les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par
- une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans
- l'acide sulfureux sans effervescence &amp; même avec beaucoup de facilité.
- Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre
- des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, &amp; qui seroient par cela
- même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de
- véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des
- sulfates métalliques &amp; non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu
- dans la dissolution du fer, du mercure, &amp; de quelques autres métaux,
- ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles
- de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après
- cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé
- devra porter le nom de sulfite, &amp; celui dans lequel le métal sera le
- plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette
- distinction, nécessaire pour le fer &amp; pour le mercure, est applicable à
- tous les autres sulfates métalliques.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_246">246</span></p> <!--chapitre 32-->
-
- <h2 id="ch32"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier
- degré d'oxygénation, &amp; qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux,
- avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet
- acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t35" style="width: 100%" summary="table_35">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphoreux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Phosphite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de zinc. *</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphite de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore
- absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles
- de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés
- d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé.</p>
-
- <p class="nota">Aucuns de ces sels n'avoient été nommés.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_247">247</span></p> <!--chapitre 33-->
-
- <h2 id="ch33"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou
- Acide phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide</i> *.</span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t36" style="width: 100%" summary="table_36">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphorique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Phosphate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Phosphate de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu
- de tems, &amp; n'avoient point encore été nommés.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_248">248</span></p>
-
- <h3 id="ch33a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur les Acides phosphoreux &amp; phosphorique, &amp; sur les Tableaux de leurs
- combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte
- de cette singulière substance, &amp; quelques observations sur la manière
- dont il existe dans les végétaux &amp; dans les animaux.</p>
-
- <p>Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur &amp; exempt
- de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, &amp; de le faire
- brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en
- y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2
- fois <sup>1</sup>/<sub>2</sub> son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en
- faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur
- de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui
- attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir
- ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins
- oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement
- lente, &amp; le laisser tomber en quelque façon en <i>déliquium</i> à l'air
- dans un entonnoir placé sur un <span class="pagenum" id="Page_249">249</span> flacon de cristal. Au bout de
- quelques jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux,
- à mesure qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de
- l'air, &amp; a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit
- au surplus aisément en acide phosphorique par une simple exposition
- à l'air long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande
- affinité avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique &amp; à l'acide
- muriatique oxygéné, il en résulte encore un moyen simple &amp; peu
- dispendieux d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par
- l'acide nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon
- de cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait
- chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits
- morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même
- tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On
- continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se
- dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les
- dernières portions d'acide nitrique, &amp; on trouve l'acide phosphorique
- dans la cornue, en partie sous forme concrète, &amp; en partie sous forme
- liquide.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_250">250</span></p> <!--chapitre 34-->
-
- <h2 id="ch34"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou
- Acide carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide</i> *.</span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t37" style="width: 100%" summary="table_37">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide carbonique avec:</i></td>
- <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o900.jpg" alt="" title="" width="19" height="900" /></td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbl">Carbonate</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">de baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Terre pesante aérée ou effervescente.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">de chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Terre calcaire, spath calcaire, craie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">de potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Alkali fixe végétal effervescent, méphite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">de soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Alkali fixe minéral effervescent, méphite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">de magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Magnésie effervescente, base du sel d'Epsom effervescente, méphite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Alkali volatil effervescent, méphite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">d'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite argileux, terre d'alun aérée.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Zinc spathique, méphite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Fer spathique, méphite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Plomb spathique ou méphite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Méphite de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Ces sels n'étant connus &amp; définis que depuis quelques
- années, il n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature
- ancienne. On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que
- M. de Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie.
- M. Bergman désignoit les bases saturées de cet <ins class="correction" title="aide">acide</ins> par l'épithète
- <i>aérée</i>; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire
- saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide
- crayeux à l'acide carbonique, &amp; le nom de craie à tous les sels qui
- résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_251">251</span></p>
-
- <h3 id="ch34a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide carbonique &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">e</span> tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est
- peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature.
- Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes
- les pierres calcaires, &amp; il y est neutralisé principalement par une
- terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de
- ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique,
- ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a
- l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est
- produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz
- dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun
- des degrés de refroidissement &amp; de pression auxquels il a été exposé
- jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, &amp; il en
- résulte un acide extrêmement foible.</p>
-
- <p>On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant
- de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite
- portion d'alkool en dissolution.</p>
-
- <p>Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence
- former artificiellement <span class="pagenum" id="Page_252">252</span> cet acide, en brûlant du charbon dans du
- gaz oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide
- métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine
- avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, &amp; le métal devenu libre
- reparoît sous sa forme métallique.</p>
-
- <p>C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait
- eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme
- de gaz au degré de température &amp; de pression dans lequel nous vivons,
- l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes.</p>
-
- <p>Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu
- dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour
- l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de
- carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &amp;c. On ne
- le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit
- employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins
- aussi combustible que le charbon même, &amp; qu'alors on ne feroit que
- changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible
- d'y parvenir par des affinités doubles; &amp; ce qui porte à le croire,
- c'est que la nature résout complètement ce problême, &amp; avec des
- matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_253">253</span></p> <!--chapitre 35-->
-
- <h2 id="ch35"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou
- Acide muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t38" style="width: 100%" summary="table_38">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h250.jpg" alt="" title="" width="250" height="12" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique avec:</i></td>
- <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbl">Muriate</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de baryte.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin à base de terre pesante.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La potasse.</td>
- <td rowspan="2" class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de potasse.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltopnowrap">Sel fébrifuge de Sylvius.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Sel marin à base d'alkali fixe végétal.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de soude.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La chaux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de chaux.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">Sel marin à base terreuse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Huile de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de magnésie.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel d'Epsom marin, sel marin à base de sel d'Epsom ou de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel ammoniac.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'alumine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Alun marin, sel marin à base de terre d'alun.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de zinc.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de fer.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel de fer, sel marin martial.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de manganèse.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de cobalt.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de nickel.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de plomb.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Plomb corné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide d'étain.</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">d'étain fumant.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Liqueur fumante de Libavius.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">d'étain solide.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Beurre d'étain solide.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de cuivre.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de bismuth.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide de mercure</td>
- <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td>
- <td class="tdltop">de mercure doux.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Mercure sublimé doux, <i>aquila alba</i>.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">de mercure corrosif. </td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Mercure sublimé corrosif.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'argent.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Argent corné.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">d'or.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">de platine.</td>
- <td class="tdltop">&nbsp;</td>
- <td class="tdltopbl">Sel marin de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_254">254</span></p> <!--chapitre 36-->
-
- <h2 id="ch36"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec
- les différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible
- de s'unir.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t39" style="width: 100%" summary="table_39">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de baryte.</td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cet ordre de sels qui étoit
- absolument inconnu aux anciens, a été découvert en 1786 par M. Berthollet.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Muriate oxygéné de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_255">255</span></p>
-
- <h3 id="ch36a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide muriatique &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral:
- il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la
- chaux &amp; la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans
- l'eau de la mer &amp; dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément
- uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas
- avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique;
- en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical:
- ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le
- principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce
- radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que
- l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par
- la combinaison de miasmes &amp; de fluides aériformes, il faudroit supposer
- qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans
- doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après
- des preuves. <span class="pagenum" id="Page_256">256</span></p>
-
- <p>L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles
- il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, &amp; c'est principalement
- par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le
- procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même
- objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil,
- il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la
- distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie
- d'acide sulfurique concentré, &amp; deux de sel marin. On se sert d'une
- cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte
- un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou
- trois bouteilles remplies d'eau, &amp; qui sont jointes par des tubes,
- à la manière de M. Woulfe. La <i>figure 1, planche IV</i>, représente
- cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on
- introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, &amp; on la
- referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de
- l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la
- température &amp; au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit
- donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec
- laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande
- proportion à celle <span class="pagenum" id="Page_257">257</span> contenue dans les bouteilles adaptées au
- ballon; &amp; lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les
- anciens appeloient esprit de sel fumant, &amp; ce que nous appelons
- aujourd'hui acide muriatique.</p>
-
- <p>Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant
- qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle
- dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide
- de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se
- forme alors, &amp; que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut
- exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état
- gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi
- grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine
- proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète.
- L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M.
- Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables;
- les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone &amp;
- avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant
- plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate
- oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par
- son expansion à des explosions très-dangereuses.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_258">258</span></p> <!--chapitre 37-->
-
- <h2 id="ch37"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec
- les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que
- les affinités de cet acide ne sont point assez connues.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t40" style="width: 100%" summary="table_40">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitro-muriatique avec:</i></td>
- <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'alumine. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Nitro-muriate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide
- nitro-muriatique avec les terres &amp; les alkalis ont été peu examinées,
- on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se
- séparent pour former deux sels distincts.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_259">259</span></p>
-
- <h3 id="ch37a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide nitro-muriatique &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitro-muriatique, anciennement appelé <i>eau régale</i>, est formé
- par un mêlange d'acide nitrique &amp; d'acide muriatique. Les radicaux
- de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, &amp; il
- en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières
- qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de
- dissoudre l'or &amp; le platine.</p>
-
- <p>Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les
- autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils
- s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en
- même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a
- encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable,
- &amp; il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent;
- il attaque les instrumens de fer &amp; les rouille; l'eau en absorbe
- une assez grande quantité, &amp; prend quelques caractères d'acidité.
- J'ai eu occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le
- <span class="pagenum" id="Page_260">260</span> platine &amp; que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide
- nitro-muriatique.</p>
-
- <p>J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique &amp; de
- l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène
- de l'acide nitrique, &amp; qu'alors porté à l'état d'acide muriatique
- oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs
- faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant
- chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz
- nitreux; &amp; cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc
- à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, &amp;
- j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_261">261</span></p> <!--chapitre 38-->
-
- <h2 id="ch38"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i> des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou
- Acide fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t41" style="width: 100%" summary="table_41">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclat. ancienne.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide fluorique avec:</i></td>
- <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de chaux.</td>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Fluate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.<br /><span class="tablesmall"><i>Et par la voie sèche.</i></span></td>
- <td class="tdltopbl">Fluate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Fluate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_262">262</span></p>
-
- <h3 id="ch38a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide fluorique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor,
- spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre
- calcaire, &amp; forme un sel insoluble.</p>
-
- <p>Pour obtenir l'acide fluorique seul &amp; dégagé de toute combinaison,
- on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb;
- on verse dessus de l'acide sulfurique, &amp; on adapte à la cornue un
- récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une
- chaleur douce, &amp; l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient,
- à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme
- de gaz au degré de chaleur &amp; de pression dans lequel nous vivons, on
- peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au
- mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux,
- le gaz acide carbonique.</p>
-
- <p>On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux
- métalliques, parce que l'acide <span class="pagenum" id="Page_263">263</span> fluorique dissout le verre &amp;
- la terre siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux
- substances, &amp; il les enlève avec lui dans l'état de gaz.</p>
-
- <p>C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet
- acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité
- considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide
- particulier &amp; <i>sui generis</i>.</p>
-
- <p>M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M.
- Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les
- propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la
- dernière main à ce travail.</p>
-
- <p>Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature
- du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore
- parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la
- nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet
- égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on
- pourroit espérer quelque succès.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_264">264</span></p> <!--chapitre 39-->
-
- <h2 id="ch39"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec
- les différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de
- s'unir dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t42" style="width: 100%" summary="table_42">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide boracique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o400.jpg" alt="" title="" width="14" height="400" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Borate de soude, ou borax.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Borate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni
- connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de
- sel sédatif, &amp; ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe
- végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre
- calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude &amp;
- la chaux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_265">265</span></p>
-
- <h3 id="ch39a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide boracique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax,
- sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait
- été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions
- très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire &amp; de le
- purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve
- naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde &amp; dans
- l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois;
- ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM.
- l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus
- à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, est
- encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax étoit
- un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, &amp;
- qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a été
- long-tems appelé sel sédatif de Homberg, &amp; que nous avons désigné sous
- le nom d'acide boracique. On le rencontre <span class="pagenum" id="Page_266">266</span> quelquefois libre dans
- l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains
- &amp; demi par pinte.</p>
-
- <p>Pour séparer l'acide boracique &amp; l'obtenir libre, on commence par
- dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur
- très-chaude &amp; on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide
- quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide
- boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, &amp; on l'obtient sous forme
- cristalline par refroidissement.</p>
-
- <p>On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de
- l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence
- qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le
- séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide
- boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il
- ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout
- acide étranger par le lavage, &amp; qu'on l'ait purifié par une ou deux
- cristallisations successives.</p>
-
- <p>L'acide boracique est soluble dans l'eau &amp; dans l'alkool. Il a la
- propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on l'a
- dissous, une couleur verte, &amp; cette circonstance avoit fait croire
- qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive n'a confirmé
- <span class="pagenum" id="Page_267">267</span> ce résultat; il y a apparence que si le borax contient quelquefois
- du cuivre, il lui est accidentel.</p>
-
- <p>Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie
- humide &amp; par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux
- par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par
- double affinité.</p>
-
- <p>Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec
- lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités
- qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable,
- lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la
- dernière, doit être placée immédiatement après la soude.</p>
-
- <p>Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient
- tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun
- moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène
- fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_268">268</span></p> <!--chapitre 40-->
-
- <h2 id="ch40"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide
- arsenique avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité
- avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t43" style="width: 100%" summary="table_43">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide arsenique avec:</i></td>
- <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de chaux.</td>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ce genre de sels étoit
- absolument inconnu aux anciens. M. Macquer, qui a découvert en 1746
- la combinaison de l'acide arsenique avec la potasse &amp; la soude,
- les avoit nommés sels neutres arsenicaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Arseniate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxyde de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Arseniate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_269">269</span></p>
-
- <h3 id="ch40a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide arsenique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">ans</span> un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M.
- Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc
- d'arsenic &amp; de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel
- neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a
- publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, &amp; comment une
- substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences
- plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette
- opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, &amp; qu'à l'aide
- de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se
- combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres
- moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir
- l'acide arsenique libre &amp; dégagé de toute combinaison. Le plus simple
- est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids
- d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle
- est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique <span class="pagenum" id="Page_270">270</span> double du
- poids de l'arsenic, &amp; on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se
- décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic
- pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz
- nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz
- muriatique, &amp; on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure
- qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret
- jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset
- est de l'acide arsenique pur.</p>
-
- <p>Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic &amp; de le convertir
- en un acide. Le procédé que Schéele a employé &amp; que M. de Morveau a
- répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à
- distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide
- s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, &amp; passe sous la forme d'acide
- muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on
- a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée.
- L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève
- l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique,
- &amp; de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique
- ordinaire. On sépare ces deux acides <span class="pagenum" id="Page_271">271</span> en distillant à une chaleur
- douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe &amp;
- l'acide arsenique reste sous forme blanche &amp; concrète. Dans cet état il
- est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic.</p>
-
- <p>Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide
- blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point
- exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, &amp;
- qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz
- nitreux.</p>
-
- <p>D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique,
- un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait
- rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se
- dissout dans l'eau, &amp; qui est susceptible de se combiner avec un grand
- nombre de bases salifiables.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_272">272</span></p> <!--chapitre 41-->
-
- <h2 id="ch41"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide
- molybdique avec les bases salifiables, par ordre alphabétique</i> *.</span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t44" style="width: 100%" summary="table_44">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide molybdique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Molybdate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">Le zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Molybdate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on ne
- connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes bases.
- C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, comme de
- beaucoup d'autres.</p>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte,
- &amp; n'avoit point encore été nommée.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_273">273</span></p>
-
- <h3 id="ch41a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide molybdique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> molybdène est une substance métallique particulière, qui est
- susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable
- acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie
- de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, &amp; qui est
- un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties
- d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, &amp; on distille.
- L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène &amp; sur le
- soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, &amp; l'autre en acide
- sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion
- &amp; jusqu'à quatre ou cinq fois; &amp; quand il n'y a plus de vapeurs
- rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins
- par ce moyen, &amp; on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche,
- pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, &amp; on peut,
- sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette
- précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions
- d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_274">274</span></p> <!--chapitre 42-->
-
- <h2 id="ch42"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide
- tungstique avec les bases salifiables.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t45" style="width: 100%" summary="table_45">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tungstique avec:</i></td>
- <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o650.jpg" alt="" title="" width="16" height="650" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Tungstate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Tungstate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_275">275</span></p>
-
- <h3 id="ch42a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tungstique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été
- souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du
- rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède
- 6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc
- perlé au rougeâtre &amp; au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la
- Saxe &amp; en Bohême.</p>
-
- <p>Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre
- fréquemment dans les mines de Cornouailles.</p>
-
- <p>Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans
- ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la
- mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction
- d'acide: il y est uni à la chaux.</p>
-
- <p>Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène
- avec quatre parties de carbonate de potasse, &amp; on fait fondre le
- mêlange dans un creuset. Lorsque la matière <span class="pagenum" id="Page_276">276</span> est refroidie, on la
- met en poudre &amp; on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis
- on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle
- il a plus d'affinité, &amp; en dégage l'acide tungstique: cet acide se
- précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide
- nitrique qu'on évapore à siccité, &amp; continuer ainsi jusqu'à ce qu'il
- ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est
- complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il
- faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un
- creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les
- produits, &amp; altéreroit la pureté de l'acide.</p>
-
- <p>Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont
- point déterminées, &amp; c'est pour cette raison qu'on les a rangées par
- ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les
- a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute
- cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_277">277</span></p> <!--chapitre 43-->
-
- <h2 id="ch43"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou
- Acide tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t46" style="width: 100%" summary="table_46">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tartareux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop"> L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Tartrite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Tartrite de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_278">278</span></p>
-
- <h3 id="ch43a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tartareux, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans
- lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un
- acide particulier <i>sui generis</i>, combiné avec la potasse, mais de
- manière que l'acide est dans un excès considérable.</p>
-
- <p>C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir
- l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus
- d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence
- de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante,
- &amp; d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le
- tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe
- au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en
- sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide &amp; on le sèche;
- après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois
- son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur
- <span class="pagenum" id="Page_279">279</span> douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique
- s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, &amp; l'acide tartareux se
- trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité
- de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la
- liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter
- les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous
- les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore &amp; on obtient
- l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent
- environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire
- pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré
- qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau.</p>
-
- <p>Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui
- avons conservé la terminaison en <i>eux</i>, &amp; nous avons nommé <i>tartrites</i>
- le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables.</p>
-
- <p>La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou
- hydro-carboneux, &amp; il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide
- oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que
- l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en <span class="pagenum" id="Page_280">280</span>
- assez grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit
- en acide oxalique, en acide malique &amp; en acide acéteux: mais il est
- probable que la proportion de l'hydrogène &amp; du carbone change dans ces
- conversions, &amp; que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la
- seule cause qui constitue la différence de ces acides.</p>
-
- <p>L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est
- susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel
- avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, &amp; que nous
- avons nommé <i>tartrite acidule de potasse</i>. La même combinaison donne
- par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous
- nommons simplement <i>tartrite de potasse</i>, &amp; qui est connu en pharmacie
- sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à
- saturation, donne un <i>tartrite de soude</i> connu sous le nom de sel de
- seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_281">281</span></p> <!--chapitre 44-->
-
- <h2 id="ch44"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou
- Acide malique avec les bases salifiables par ordre alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t47" style="width: 100%" summary="table_47">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide malique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Malate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_282">282</span></p>
-
- <h3 id="ch44a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide malique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides,
- mûres ou non mûres, &amp; d'un grand nombre d'autres fruits. Pour
- l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse
- ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite
- de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide
- malique se combine avec le plomb, &amp; se précipite. On lave bien ce
- précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi
- on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique,
- s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu
- soluble &amp; qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre
- &amp; en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique &amp; avec
- l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près
- le milieu entre l'acide oxalique &amp; l'acide acéteux; &amp; c'est ce qui a
- porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre <span class="pagenum" id="Page_283">283</span> imparfait. Il
- est plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide
- acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical,
- qui contient un peu plus de carbone &amp; un peu moins d'hydrogène. On
- peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide
- nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme
- point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement
- deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, &amp; probablement
- même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de
- verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite &amp;
- de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il
- se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution.
- Pour avoir l'acide pur &amp; libre, on décompose le malate de chaux par
- l'acétite de plomb, &amp; on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide
- sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le
- jus des pommes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_284">284</span></p> <!--chapitre 45-->
-
- <h2 id="ch45"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou
- Acide citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide</i> *.</span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t48" style="width: 100%" summary="table_48">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide citrique avec:</i></td>
- <td rowspan="19" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de baryte.</td>
- <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons
- étoient inconnues aux anciens chimistes.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Citrate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Citrate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Les affinités de cet acide ont été déterminées par M.
- Bergman &amp; par M. de Breney, de l'Académie de Dijon.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_285">285</span></p>
-
- <h3 id="ch45a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide citrique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par
- expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé
- avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur &amp; concentré, on lui laisse
- déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel
- que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés
- au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle &amp; l'acide
- reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume.
- Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce
- que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, &amp; qu'on auroit de la
- peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de
- M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en
- saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate
- calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, &amp; on verse
- dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux &amp; qui forme du
- sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre
- dans la liqueur.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_286">286</span></p> <!--chapitre 46-->
-
- <h2 id="ch46"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné,
- ou Acide pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t49" style="width: 100%" summary="table_49">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-ligneux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Pyro-lignite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_287">287</span></p>
-
- <h3 id="ch46a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-ligneux, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois,
- &amp; sur-tout ceux qui sont lourds &amp; compactes, donnoient par la
- distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière;
- mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher
- la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le
- Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient
- par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est
- très-chargé d'huile &amp; de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le
- rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près
- le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau &amp; M. Eloi
- Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de
- cet acide avec les différentes bases salifiables; &amp; c'est dans l'ordre
- qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet
- acide est principalement formé d'hydrogène &amp; de carbone.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_288">288</span></p> <!--chapitre 47-->
-
- <h2 id="ch47"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné,
- ou Acide pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans
- l'ordre de leur affinité avec cet acide</i> *.</span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t50" style="width: 100%" summary="table_50">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-tartareux avec:</i></td>
- <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte .</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Pyro-tartrite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'argent.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p class="nota">* On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais
- comme il a beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a
- supposées les mêmes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_289">289</span></p>
-
- <h3 id="ch47a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-tartareux, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu
- concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation.
- Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou
- tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé
- auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil
- pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide
- empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au
- moyen d'un entonnoir, &amp; c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide
- pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse
- quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient,
- n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il
- seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé
- de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette
- opération étoit dangereuse, &amp; qu'il y avoit explosion.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_290">290</span></p> <!--chapitre 48-->
-
- <h2 id="ch48"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné,
- ou Acide pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de
- leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t51" style="width: 100%" summary="table_51">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="18" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-muqueux avec:</i></td>
- <td rowspan="18" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Pyro-mucite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'antimoine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_291">291</span></p>
-
- <h3 id="ch48a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-muqueux, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> retire l'acide pyro-muqueux du sucre &amp; de tous les corps sucrés
- par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent
- considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de
- la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient
- moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est
- principalement composé d'eau &amp; d'une petite portion d'huile légèrement
- oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, &amp; ces
- taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le
- concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel:
- si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en
- acide oxalique &amp; en acide malique.</p>
-
- <p>C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz
- pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand
- la distillation est conduite lentement &amp; par un degré de feu modéré.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_292">292</span></p> <!--chapitre 49-->
-
- <h2 id="ch49"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou
- Acide oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t52" style="width: 100%" summary="table_52">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide oxalique avec:</i></td>
- <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Oxalate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Oxalate de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_293">293</span></p>
-
- <h3 id="ch49a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide oxalique, &amp; sur le Tableau de les combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> oxalique se prépare principalement en Suisse &amp; en Allemagne;
- il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, &amp; dans lequel ses
- cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie
- saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à
- proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on
- veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, &amp; on y
- parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical
- oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit
- parties d'acide nitrique, &amp; on fait chauffer à une chaleur douce; il se
- produit une vive effervescence, &amp; il se dégage une grande abondance de
- gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme
- des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur
- un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique
- dont il pourroit être imbibé; &amp; pour être encore plus sûr de la
- pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée &amp; on le fait
- cristalliser une seconde fois.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_294">294</span></p>
-
- <p>L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en
- l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique,
- par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu
- plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le
- convertit en acide acéteux ou vinaigre.</p>
-
- <p>L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a,
- comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un
- grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des
- sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel
- d'oseille oxalate acidule de potasse.</p>
-
- <p>Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes.
- M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des
- Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave:
- mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la
- potasse toute formée, &amp; qui ait démontré son identité avec l'acide
- qu'on forme par l'oxygénation du sucre.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_295">295</span></p> <!--chapitre 50-->
-
- <h2 id="ch50"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un
- premier degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre
- de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t53a" style="width: 100%" summary="table_53a">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acéteux avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acétite de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétite d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <table class="tbdg4" id="t53b" style="width: 100%" summary="table_53b">
- <tr>
- <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td>
- </tr>
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide du vinaigre avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td>
- <td class="tdltop">La terre pesante.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens. La découverte en est due
- à M. de Morveau qui l'a nommée <i>acète barotique</i>.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alkali fixe végétal.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée de tartre très-secrète de Muller, arcane de tartre de
- Basile Valentin, &amp; de Paracelse, Magistère purgatif de tartre
- de Schroëder, sel essentiel de vin de Zwelfer, tartre régénéré de
- Tachénius, sel diurétique de Sylvius, de Wilson.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alkali fixe minéral.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée à base d'alkali minéral,
- terre foliée minérale, terre foliée
- cristallisable, sel acéteux minéral.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La terre calcaire.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sel de craie, sel de corail, sel d'yeux
- d'écrevisses; Hartman en a fait mention.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">La base du sel d'epsom.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens; M. Wenzel est le premier
- qui en ait parlé.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alkali volatil. </td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Esprit de Mendérérus ou de Menderet, sel acéteux
- ammoniacal.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de zinc.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de Glauber,
- Schwedemberg, Respour, Pott, de M. de Lassone, &amp;
- de M. Wenzel, mais ils ne l'ont pas désignée
- par un nom particulier.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">La chaux de manganèse.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de fer.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Vinaigre martial. Cette combinaison a été décrite
- par Scheffer, par MM. Monnet, Wenzel &amp; le
- Duc d'Ayen.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de plomb.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de Saturne, vinaigre de Saturne, sel de
- Saturne.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux d'étain.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de MM. Lémery,
- Margraff, Monnet, Weslendorf &amp; Wenzel, mais
- ils ne lui ont pas donné de nom.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de cobalt.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Encre de simpathie de M. Cadet.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de cuivre.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Verd de gris, cristaux de verdet, cristaux de Vénus,
- verdet, verdet distillé.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de nickel.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Liqueur fumante, arsenico-acéteuse, ou phosphore
- liquide de M. Cadet.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de bismuth.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de bismuth de M. Geoffroi. Cette combinaison
- a été connue de MM. Gellert, Pott,
- Weslendorf, Bergman &amp; de Morveau.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de mercure.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée mercurielle. M. Gebaver a fait mention
- en 1748, de cette combinaison; elle a été
- décrite par MM. Hellot, Margraff, Baumé,
- Navier, Monnet, Wenzel: c'est le fameux reméde
- anti-vénérien de Keyser.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux d'argent.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens, décrite par MM. Margraff,
- Monnet &amp; Wenzel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux d'or.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est peu connue, Schroëder &amp;
- Juncker en ont fait mention.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux de platine.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est inconnue.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Le vinaigre ne dissout, comme s'en est assuré
- M. Wenzel, que très-peu d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota">* Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite de
- potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre &amp; celui de
- plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. Cadet, (voyez
- tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement à M. Wenzel, aux
- Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne &amp; à M. Proust, la connoissance
- que nous avons des propriétés des autres acétites. Il seroit possible
- que le radical acéteux, outre l'hydrogène &amp; le carbone, contînt encore
- un peu d'azote. Il y a lieu de le soupçonner d'après la propriété qu'a
- l'acétite de potasse de donner de l'ammoniaque par la distillation,
- à moins cependant que l'azote qui concoure à la formation de cette
- ammoniaque, ne soit dû à la décomposition de la potasse elle-même.</p>
-
- <h3 id="ch50a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou
- Acide acéteux, &amp; sur ses combinaisons avec les bases salifiables.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> radical acéteux est composé de la réunion du carbone &amp; de
- l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet
- acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide
- tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide
- malique, &amp;c. mais la proportion des principes est différente pour
- chacun de ces acides, &amp; il paroît que l'acide acéteux est le plus
- oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi
- un peu d'azote, &amp; que ce principe qui n'existe pas dans les autres
- acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans
- l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire
- l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce,
- en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui
- s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou
- dans d'autres matières de <span class="pagenum" id="Page_296">296</span> même nature. La partie spiritueuse du
- vin (le carbone &amp; l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est
- par cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, &amp; qu'elle
- est toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut
- en conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel
- on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est
- très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau &amp; mêlé de
- beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à
- une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui
- paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de
- nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation,
- n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic;
- ce dernier paroîtroit être plus oxygéné.</p>
-
- <p>La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux
- du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le
- concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid
- de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie
- aqueuse gèle, &amp; l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux
- libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au
- degré de <span class="pagenum" id="Page_297">297</span> température &amp; de pression dans lequel nous vivons, &amp; que
- nous ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité
- d'eau.</p>
-
- <p>Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux:
- ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou
- l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que
- la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette
- opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à
- répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la
- possibilité de ces conversions.</p>
-
- <p>La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases
- salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels
- qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des
- sels formés par l'acide tartareux &amp; l'acide oxalique, qui sont en
- général peu solubles. Le tartrite &amp; l'oxalate de chaux ne le sont pas
- même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les
- oxalates &amp; les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme
- en tient un pour le degré d'oxigénation.</p>
-
- <p>Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient
- oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_298">298</span></p> <!--chapitre 51-->
-
- <h2 id="ch51"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par
- un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases
- salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t54" style="width: 100%" summary="table_54">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acétique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de baryte.</td>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Tous ces sels étoient inconnus
- des anciens, &amp; même aujourd'hui, les Chimistes qui sont les plus au courant
- des découvertes modernes, ne peuvent pas prononcer avec certitude, si la plupart
- des sels acéteux doivent être rangés dans la classe des acétites ou des acétates.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Acétate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Acétate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_299">299</span></p>
-
- <h3 id="ch51a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide acétique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que
- nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre
- ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide
- acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre
- le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette
- conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus
- décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on
- prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux
- &amp; de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du
- même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids
- d'acide sulfurique concentré, &amp; par la distillation on obtient un
- vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide
- acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore
- rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide
- acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de
- proportion des principes du radical.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_300">300</span></p> <!--chapitre 52-->
-
- <h2 id="ch52"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou
- Acide succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t55" style="width: 100%" summary="table_55">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide succinique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Succinate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Succinate de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_301">301</span></p>
-
- <h3 id="ch52a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide succinique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par
- distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, &amp;
- de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme
- concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin
- la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie,
- on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par
- des dissolutions &amp; cristallisations répétées.</p>
-
- <p>Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution,
- mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que
- foiblement les teintures bleues végétales, &amp; il n'a pas dans un degré
- très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des
- Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, &amp;
- c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces
- observations.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_302">302</span></p> <!--chapitre 53-->
-
- <h2 id="ch53"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou
- Acide benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par
- ordre alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t56" style="width: 100%" summary="table_56">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide benzoïque avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Benzoate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de molybdène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de tungstène.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de tungstène.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Benzoate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes, &amp; même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant
- encore sur les propriétés de l'acide benzoïque &amp; sur ses affinités.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_303">303</span></p>
-
- <h3 id="ch53a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide benzoïque, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons avec les
- bases salifiables.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">et</span> acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de
- benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy
- a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide:
- enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites
- sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne
- eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la
- chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin
- réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après
- une demi-heure de digestion, on décante &amp; on remet de nouvelle eau de
- chaux, &amp; ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau
- de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on
- les rapproche par évaporation; &amp; quand elles sont réduites autant
- qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on
- verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se
- fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est
- l'acide benzoïque concret.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_304">304</span></p> <!--chapitre 54-->
-
- <h2 id="ch54"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical camphorique oxygéné,
- ou Acide camphorique, avec les bases salifiables, par ordre
- alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t57" style="width: 100%" summary="table_57">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide camphorique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Camphorate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Camphorate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_305">305</span></p>
-
- <h3 id="ch54a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide camphorique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire
- par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine &amp; au Japon. M.
- Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du
- camphre, &amp; il est parvenu ainsi à l'oxygéner &amp; à le convertir en un
- acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à
- quelques égards, &amp; c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver,
- jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier.</p>
-
- <p>Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il
- n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de
- l'acide malique &amp; plusieurs autres acides végétaux. Les expériences
- rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, &amp; la
- plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison
- de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les
- combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc
- assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide
- oxalique &amp; d'acide malique.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_306">306</span></p> <!--chapitre 55-->
-
- <h2 id="ch55"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide
- gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t58" style="width: 100%" summary="table_58">
- <tr>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebb"><i>Noms des bases.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Gallate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_307">307</span></p>
-
- <h3 id="ch55a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide gallique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'acide</span> gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle,
- soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une
- distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit
- nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette
- substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi
- toutes les combinaisons &amp; ont donné le travail le plus complet qu'on
- eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe
- ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il
- décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont
- été préalablement dissous par un autre acide, &amp; il les précipite sous
- différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité
- d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce
- nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne,
- le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina,
- l'écorce &amp; la fleur de grenade, &amp; dans beaucoup de bois &amp; d'écorces. On
- ignore absolument quel est son radical.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_308">308</span></p> <!--chapitre 56-->
-
- <h2 id="ch56"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou
- Acide lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t59" style="width: 100%" summary="table_59">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lactique avec:</i></td>
- <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Lactate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Lactate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_309">309</span></p>
-
- <h3 id="ch56a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lactique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">M</span><span class="smcap">. Schéele</span> est celui auquel nous devons les seules connoissances
- exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre
- dans le petit lait, &amp; il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on
- fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume;
- on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la
- chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question &amp; qu'on en dégage
- ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce
- dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate
- de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à
- consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide,
- &amp; on filtre pour en séparer le sucre de lait &amp; les autres substances
- étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul,
- que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation.</p>
-
- <p>Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, &amp; forme
- avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à
- beaucoup d'égards, de l'acide acéteux.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_310">310</span></p> <!--chapitre 57-->
-
- <h2 id="ch57"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné,
- ou Acide saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de
- leur affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t60" style="width: 100%" summary="table_60">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide saccholactique avec:</i></td>
- <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Saccholate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop"> L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Saccholate d'argent.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_311">311</span></p>
-
- <h3 id="ch57a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide saccholactique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre
- qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, &amp; qui est
- très-anciennement connu dans la pharmacie.</p>
-
- <p>Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par
- différens moyens, &amp; principalement par sa combinaison avec l'acide
- nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on
- concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser &amp;
- on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre
- blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis,
- avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à
- cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide
- saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait
- seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre
- des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M.
- Bergman.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_312">312</span></p> <!--chapitre 58-->
-
- <h2 id="ch58"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou
- Acide formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t61" style="width: 100%" summary="table_61">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide formique avec:</i></td>
- <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Formiate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Formiate d'alumine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_313">313</span></p>
-
- <h3 id="ch58a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide formique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est
- le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff
- a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, &amp; MM.
- Ardwisson &amp; <ins class="correction" title="Ochrn">OEhrn</ins>, dans une dissertation qu'ils ont publiée à
- Léipsic en 1777.</p>
-
- <p>L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, <i>formica
- rufa</i>, qui habite les bois &amp; qui y forme de grandes fourmillières. Si
- c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans
- une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on
- distille à une chaleur douce, &amp; on trouve l'acide formique dans le
- récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis.</p>
-
- <p>Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis
- à l'eau froide, on les étend sur un linge, &amp; on y passe de l'eau
- bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer
- légèrement ces insectes dans le linge, &amp; l'acide en est plus fort. Pour
- l'obtenir pur &amp; concentré, on le rectifie &amp; on en sépare le phlegme par
- la gelée.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_314">314</span></p> <!--chapitre 59-->
-
- <h2 id="ch59"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical bombique oxygéné,
- ou Acide bombique, avec les substances salifiables, par ordre
- alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t62" style="width: 100%" summary="table_62">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide bombique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Bombiate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'argent. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Bombiate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_315">315</span></p>
-
- <h3 id="ch59a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide bombique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent
- prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il
- se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit
- le papier bleu, &amp; qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de
- l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide
- pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser
- des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se
- charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses;
- &amp; en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez
- pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés &amp; les
- affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes
- en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de
- tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone,
- d'hydrogène, d'azote &amp; peut-être de phosphore.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_316">316</span></p> <!--chapitre 60-->
-
- <h2 id="ch60"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou
- Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t63" style="width: 100%" summary="table_63">
- <tr>
- <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sébacique avec:</i></td>
- <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Sébate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de cobalt. </td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Sébate d'argent.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens
- Chimistes.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_317">317</span></p>
-
- <h3 id="ch60a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sébacique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans
- un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, &amp; on remue
- continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, &amp;
- on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la
- fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte
- sur la chaux &amp; forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble:
- pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait
- bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif
- se fond &amp; surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau,
- on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser
- de nouveau &amp; on parvient à l'avoir pur.</p>
-
- <p>Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le
- sébate de chaux ainsi purifié, &amp; on distille; l'acide sébacique passe
- clair dans le récipient.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_318">318</span></p> <!--chapitre 61-->
-
- <h2 id="ch61"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lithique oxygéné,
- ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre
- alphabétique.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t64" style="width: 100%" summary="table_64">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lithique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">L'alumine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'alumine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Lithiate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de platine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Lithiate de zinc.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_319">319</span></p>
-
- <h3 id="ch61a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lithique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman
- &amp; de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base
- terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau
- pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent
- à peine trois grains, &amp; la majeure partie recristallise par le
- refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné
- le nom d'acide lithiasique, &amp; que nous nommons acide lithique. La
- nature &amp; les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a
- quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, &amp;
- plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule
- de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la
- classe des acides particuliers.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_320">320</span></p> <!--chapitre 62-->
-
- <h2 id="ch62"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou
- Acide prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur
- affinité avec cet acide.</i></span></h2>
-
- <table class="tbdg4" id="t65" style="width: 100%" summary="table_65">
- <tr>
- <td colspan="2" class="tdctopbb">&nbsp;</td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td>
- <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td>
- </tr>
- <tr>
- <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide prussique avec:</i></td>
- <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td>
- <td class="tdltop">La potasse.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de potasse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La soude.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Prussiate de soude.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td>
- <td class="tdltopblnowrap">Prussiate d'ammoniaque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La chaux.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de chaux.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La baryte.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de baryte.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">La magnésie.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de magnésie.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de zinc.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de fer.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de manganèse.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de cobalt.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de nickel.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de plomb.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate d'étain.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de cuivre.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de bismuth.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate d'antimoine.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate d'arsenic.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate d'argent.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de mercure.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate d'or.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td>
- <td class="tdltopbl">Prussiate de platine.</td>
- </tr>
- </table>
-
- <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p>
-
- <p><span class="pagenum" id="Page_321">321</span></p>
-
- <h3 id="ch62a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3>
-
- <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide prussique, &amp; sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p>
-
- <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique,
- ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur &amp; dégagé de
- toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me
- paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet
- acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, &amp; qu'il lui
- donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec
- presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque &amp; la chaux
- le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne
- connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de
- M. Schéele &amp; sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire
- qu'il est composé de carbone &amp; d'azote; c'est donc un acide à base
- double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît,
- d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel.</p>
-
- <p>Quoique l'acide prussique s'unisse avec les <span class="pagenum" id="Page_322">322</span> métaux, avec les
- alkalis &amp; avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant
- qu'une partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides.
- Il seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans
- cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît
- difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette
- substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles
- expériences.</p>
-
- <p class="center2"><i>Fin du Tome premier.</i></p>
-
- <hr class="small" />
-
- <div class="footnotes">
- <h2>NOTES</h2>
-
- <p class="line">~~~~~</p>
-
- <div class="footnote">
- <p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> Partie 2, Chapitre I.</p>
-
- <p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on
- nomme <i>éther</i>, &amp; j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de
- dire dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable
- très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau, &amp;
- même que l'esprit-de-vin.</p>
-
- <p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Mém. Académ. 1780, page 335.</p>
-
- <p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le
- détail des procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces
- de gaz &amp; pour les peser.</p>
-
- <p><a name="Footnote_A" id="Footnote_A" href="#FNanchor_A"><span class="label">[A]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p>
-
- <p>«On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression
- <i>hydrogène</i>, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau,
- &amp; non pas qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est
- également juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans
- ce Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance
- à l'hydrogène, &amp; sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en
- se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau
- engendre l'hydrogène, &amp; que l'hydrogène engendre l'eau.»</p>
-
- <p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> Voyez la description de cet appareil dans la troisième
- partie de cet Ouvrage.</p>
-
- <p><a name="Footnote_B" id="Footnote_B" href="#FNanchor_B"><span class="label">[B]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p>
-
- <p><i>Nota.</i> On conçoit que je suppose ici des végétaux
- réduits à l'état de dessication parfaite, &amp; qu'à l'égard de l'huile,
- je n'entends pas parler des végétaux qui en fournissent, soit par
- expression à froid, soit par une chaleur qui n'excede
- pas celle de l'eau bouillante. Il n'est ici question que de l'huile
- empyreumatique qu'on obtient par la distillation à feu nud, à un degré
- de feu supérieur à l'eau bouillante. C'est cette huile seule que
- j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir ce que j'ai
- publié à cet égard dans le volume de l'Académie, année 1786.</p>
-
- <p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que
- j'ai adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe
- des sels, &amp; je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire;
- mais cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages,
- que je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter.</p>
-
- <p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, &amp;
- 1778, page 535.</p>
- </div>
- </div>
-
- <hr class="small2" />
-
- <div class="tnote" id="tnote">
- <h2>Au lecteur</h2>
-
- <p class="line">~~~~~</p>
-
- <p>Ce <i>Traité élémentaire de chimie</i> d'Antoine de Lavoisier se compose de deux tomes. Une version
- complète de cette publication accompagne la publication individuelle de chacun de ces deux tomes.</p>
-
- <p>La version électronique <b>html</b> restitue le mieux la présentation du livre papier.</p>
-
- <p>L'errata de cette édition, placé à la fin du tome 2, a été pris en compte.</p>
-
- <p>Veuillez noter que les planches sont présentées à la fin du tome 2.</p>
-
- <p>Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle
- de la version papier en remplaçant les &#383; par des s.</p>
-
- <p>La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections
- mineures.</p>
-
- <p>L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés.
- Ils sont soulignés par des tirets. Passer la <ins class="correction" title="orthographe originale" >souris</ins> sur
- le mot pour voir le texte original.</p>
- </div>
-</div>
-
-<hr class="full" />
-
-
-
-
-
-
-
-
-<pre>
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome 1, by
-Antoine de Lavoisier
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1/3 ***
-
-***** This file should be named 52487-h.htm or 52487-h.zip *****
-This and all associated files of various formats will be found in:
- http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52487/
-
-Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by The
-Internet Archive/American Libraries.)
-
-
-Updated editions will replace the previous one--the old editions
-will be renamed.
-
-Creating the works from public domain print editions means that no
-one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
-(and you!) can copy and distribute it in the United States without
-permission and without paying copyright royalties. Special rules,
-set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
-copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
-protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
-Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
-charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
-do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
-rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
-such as creation of derivative works, reports, performances and
-research. They may be modified and printed and given away--you may do
-practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
-subject to the trademark license, especially commercial
-redistribution.
-
-
-
-*** START: FULL LICENSE ***
-
-THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
-PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
-
-To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
-distribution of electronic works, by using or distributing this work
-(or any other work associated in any way with the phrase "Project
-Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
-Gutenberg-tm License (available with this file or online at
-http://gutenberg.org/license).
-
-
-Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
-electronic works
-
-1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
-electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
-and accept all the terms of this license and intellectual property
-(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
-the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
-all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
-If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
-Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
-terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
-entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
-
-1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
-used on or associated in any way with an electronic work by people who
-agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
-paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
-works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
-or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
-Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
-collection are in the public domain in the United States. If an
-individual work is in the public domain in the United States and you are
-located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
-copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
-works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
-are removed. Of course, we hope that you will support the Project
-Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
-freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
-this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
-the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
-keeping this work in the same format with its attached full Project
-Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
-
-1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
-what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
-a constant state of change. If you are outside the United States, check
-the laws of your country in addition to the terms of this agreement
-before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
-creating derivative works based on this work or any other Project
-Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
-the copyright status of any work in any country outside the United
-States.
-
-1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
-
-1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
-access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
-whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
-phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
-Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
-copied or distributed:
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
-from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
-posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
-and distributed to anyone in the United States without paying any fees
-or charges. If you are redistributing or providing access to a work
-with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
-work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
-through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
-Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
-1.E.9.
-
-1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
-with the permission of the copyright holder, your use and distribution
-must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
-terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
-to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
-permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
-
-1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
-License terms from this work, or any files containing a part of this
-work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
-
-1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
-electronic work, or any part of this electronic work, without
-prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
-active links or immediate access to the full terms of the Project
-Gutenberg-tm License.
-
-1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
-compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
-word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
-distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
-"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
-posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
-you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
-copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
-request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
-form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
-License as specified in paragraph 1.E.1.
-
-1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
-performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
-unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
-
-1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
-access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
-that
-
-- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
- the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
- you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
- owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
- has agreed to donate royalties under this paragraph to the
- Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
- must be paid within 60 days following each date on which you
- prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
- returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
- sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
- address specified in Section 4, "Information about donations to
- the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
-
-- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
- you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
- does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
- License. You must require such a user to return or
- destroy all copies of the works possessed in a physical medium
- and discontinue all use of and all access to other copies of
- Project Gutenberg-tm works.
-
-- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
- money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
- electronic work is discovered and reported to you within 90 days
- of receipt of the work.
-
-- You comply with all other terms of this agreement for free
- distribution of Project Gutenberg-tm works.
-
-1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
-electronic work or group of works on different terms than are set
-forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
-both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
-Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
-Foundation as set forth in Section 3 below.
-
-1.F.
-
-1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
-effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
-public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
-collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
-works, and the medium on which they may be stored, may contain
-"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
-corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
-property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
-computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
-your equipment.
-
-1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
-of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
-Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
-Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
-liability to you for damages, costs and expenses, including legal
-fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
-LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
-PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
-TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
-LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
-INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
-DAMAGE.
-
-1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
-defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
-receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
-written explanation to the person you received the work from. If you
-received the work on a physical medium, you must return the medium with
-your written explanation. The person or entity that provided you with
-the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
-refund. If you received the work electronically, the person or entity
-providing it to you may choose to give you a second opportunity to
-receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
-is also defective, you may demand a refund in writing without further
-opportunities to fix the problem.
-
-1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
-WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
-WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
-
-1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
-warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
-If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
-law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
-interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
-the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
-provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
-
-1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
-trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
-providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
-with this agreement, and any volunteers associated with the production,
-promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
-harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
-that arise directly or indirectly from any of the following which you do
-or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
-work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
-Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
-
-
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of computers
-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
-people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
-http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at
-809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
-business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
-information can be found at the Foundation's web site and official
-page at http://pglaf.org
-
-For additional contact information:
- Dr. Gregory B. Newby
- Chief Executive and Director
- gbnewby@pglaf.org
-
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To
-SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
-particular state visit http://pglaf.org
-
-While we cannot and do not solicit contributions from states where we
-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
-
-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
-
-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
-
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
-
-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
-
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
-unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
-keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
-
-
-Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
-
- http://www.gutenberg.org
-
-This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
-subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
-
-
-</pre>
-
-</body>
-</html>
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg
deleted file mode 100644
index 6c5ce3e..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f100.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg
deleted file mode 100644
index 80f68ef..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f130.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f180.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f180.jpg
deleted file mode 100644
index c52f4fe..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f180.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f250.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f250.jpg
deleted file mode 100644
index f4b3227..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f250.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f50.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f50.jpg
deleted file mode 100644
index e9dcf8e..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f50.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f500.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f500.jpg
deleted file mode 100644
index 04cf542..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f500.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f550.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f550.jpg
deleted file mode 100644
index 8718c7a..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f550.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f600.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f600.jpg
deleted file mode 100644
index 84c0e85..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f600.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f700.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f700.jpg
deleted file mode 100644
index d6e4a08..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f700.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-f80.jpg b/old/52487-h/images/accolade-f80.jpg
deleted file mode 100644
index b488a9a..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-f80.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-h250.jpg b/old/52487-h/images/accolade-h250.jpg
deleted file mode 100644
index c24afef..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-h250.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-h300.jpg b/old/52487-h/images/accolade-h300.jpg
deleted file mode 100644
index deb8457..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-h300.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-h580.jpg b/old/52487-h/images/accolade-h580.jpg
deleted file mode 100644
index 6a2a750..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-h580.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o100.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o100.jpg
deleted file mode 100644
index 5ae9374..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o100.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o1000.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o1000.jpg
deleted file mode 100644
index 7292305..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o1000.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o1100.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o1100.jpg
deleted file mode 100644
index 4b838a2..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o1100.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o1200.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o1200.jpg
deleted file mode 100644
index 451c6f3..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o1200.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o130.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o130.jpg
deleted file mode 100644
index d50dd58..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o130.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o150.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o150.jpg
deleted file mode 100644
index 6ee84e4..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o150.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o180.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o180.jpg
deleted file mode 100644
index d71870f..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o180.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o200.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o200.jpg
deleted file mode 100644
index d06b6a3..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o200.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o250.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o250.jpg
deleted file mode 100644
index 2fb52b3..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o250.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o30.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o30.jpg
deleted file mode 100644
index e45a112..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o30.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o300.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o300.jpg
deleted file mode 100644
index 3259786..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o300.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o350.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o350.jpg
deleted file mode 100644
index 6377451..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o350.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o380.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o380.jpg
deleted file mode 100644
index 1463089..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o380.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o400.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o400.jpg
deleted file mode 100644
index c831190..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o400.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o450.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o450.jpg
deleted file mode 100644
index 138613b..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o450.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o50.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o50.jpg
deleted file mode 100644
index 4a37d7f..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o50.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o500.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o500.jpg
deleted file mode 100644
index 08a7801..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o500.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o550.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o550.jpg
deleted file mode 100644
index fadf349..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o550.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o600.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o600.jpg
deleted file mode 100644
index 5fd671e..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o600.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o650.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o650.jpg
deleted file mode 100644
index 42e9f7b..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o650.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o700.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o700.jpg
deleted file mode 100644
index b7ac26b..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o700.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o750.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o750.jpg
deleted file mode 100644
index 2a3fb23..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o750.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o80.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o80.jpg
deleted file mode 100644
index cb4723e..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o80.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o900.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o900.jpg
deleted file mode 100644
index 53825d8..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o900.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/accolade-o950.jpg b/old/52487-h/images/accolade-o950.jpg
deleted file mode 100644
index 6fe3417..0000000
--- a/old/52487-h/images/accolade-o950.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/cover.jpg b/old/52487-h/images/cover.jpg
deleted file mode 100644
index 4e94120..0000000
--- a/old/52487-h/images/cover.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-1.jpg b/old/52487-h/images/page-1.jpg
deleted file mode 100644
index 571c9ee..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-1.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-102.jpg b/old/52487-h/images/page-102.jpg
deleted file mode 100644
index 8469b3f..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-102.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-122.jpg b/old/52487-h/images/page-122.jpg
deleted file mode 100644
index 0900e9d..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-122.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-131.jpg b/old/52487-h/images/page-131.jpg
deleted file mode 100644
index 259672c..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-131.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-138.jpg b/old/52487-h/images/page-138.jpg
deleted file mode 100644
index b1536e1..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-138.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-152.jpg b/old/52487-h/images/page-152.jpg
deleted file mode 100644
index 981bf27..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-152.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-158.jpg b/old/52487-h/images/page-158.jpg
deleted file mode 100644
index bd52d34..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-158.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-161.jpg b/old/52487-h/images/page-161.jpg
deleted file mode 100644
index 5120e00..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-161.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-175.jpg b/old/52487-h/images/page-175.jpg
deleted file mode 100644
index 706975f..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-175.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-187.jpg b/old/52487-h/images/page-187.jpg
deleted file mode 100644
index ef18dfe..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-187.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-189.jpg b/old/52487-h/images/page-189.jpg
deleted file mode 100644
index 1fba200..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-189.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-27.jpg b/old/52487-h/images/page-27.jpg
deleted file mode 100644
index a965f56..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-27.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-32.jpg b/old/52487-h/images/page-32.jpg
deleted file mode 100644
index 3733b28..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-32.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-50.jpg b/old/52487-h/images/page-50.jpg
deleted file mode 100644
index b6258d7..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-50.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-56.jpg b/old/52487-h/images/page-56.jpg
deleted file mode 100644
index db13791..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-56.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-69.jpg b/old/52487-h/images/page-69.jpg
deleted file mode 100644
index e577544..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-69.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-81.jpg b/old/52487-h/images/page-81.jpg
deleted file mode 100644
index c68cb5c..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-81.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-86.jpg b/old/52487-h/images/page-86.jpg
deleted file mode 100644
index b2ce5f6..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-86.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-xliv.jpg b/old/52487-h/images/page-xliv.jpg
deleted file mode 100644
index ee17a6c..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-xliv.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/page-xxxij.jpg b/old/52487-h/images/page-xxxij.jpg
deleted file mode 100644
index 45c3dce..0000000
--- a/old/52487-h/images/page-xxxij.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/52487-h/images/titre1.jpg b/old/52487-h/images/titre1.jpg
deleted file mode 100644
index a79a3e2..0000000
--- a/old/52487-h/images/titre1.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ