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-The Project Gutenberg EBook of Petit histoire des grandes rois de
-Angleterre, by Ephrem Chouinard
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
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-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
-the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
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-
-Title: Petit histoire des grandes rois de Angleterre
-
-Author: Ephrem Chouinard
-
-Release Date: November 18, 2015 [EBook #50485]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE ***
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-
-Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the Online
-Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
-file was produced from images generously made available
-by The Internet Archive/Canadian Libraries)
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-Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée
-et n'a pas été harmonisée.
-
-Les autres erreurs très apparentes (mots masculins en féminin et/ou le
-contraire), sont voulues par l'auteur. Il paraît qu'il s'agit de
-l'humour typiquement québécois.
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-
- Petit Histoire des Grandes Rois
- de Angleterre
-
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-
- PETIT HISTOIRE
-
- DES
-
- GRANDES ROIS
-
- DE
-
- ANGLETERRE
-
- PAR
-
- OUN COLONISTE DES PLUS VERIDIQUES
-
-
- Edition augmentée,
- agrandie et beaucoup additionnée
-
-
- [Logo]
-
- QUEBEC
-
- TYP. LAFLAMME & PROULX
-
- 1910
-
-
-
-
-AVERTISSEMENT
-
-
-Il y a quelques années, un ami des Canadiens-français, feu M. le
-docteur W.-H. Drummond, de Montréal, prenait plaisir à publier, de
-temps à autre, dans les journaux de la métropole, des pièces rimées au
-cours desquelles il prêtait à de nos compatriotes français un langage
-formé d'un mélange d'expressions anglaises apprises, pour ainsi dire,
-à la volée, et de tournures françaises d'une saveur de terroir des
-plus prononcées. Ce rapprochement à la bonne franquette des deux
-idiomes de notre pays amenait, va sans dire, des situations d'un
-réalisme amusant, bien que parfois poussé à des limites
-invraisemblables. Je n'en veux donner pour exemple que les quelques
-vers suivants, que je tire du volume intitulé _The Habitant_, dans
-lequel le poète anglais a réuni ses pièces:
-
- I read on de paper
- mos' ev'ry day all about Jubilee
- An' grande procession movin' along, an' across de sea,
- Dat's children of Queen Victoriaw comin' from far away
- For tole _Madame_ w'at dey think of her, an' wishin' her _bonne santé_.
-
- An' if anyman want to know _pourquoi les Canayens_ should be dere
- Wit' res of de worl' for shout Hooraw an' t'row hees cap on de air,
- Purty quick I will tole heem the reason w'y we feel lak' de oder do.
- For if I'm only poor _habitant_ I'm not on de _sapré fou_.
-
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- So de sam' as two broder we settle down, leevin' dere han' in han',
- Knowin' each oder, we lak' each oder, de French an' de Englishman,
- For it's curi's t'ing on dis worl', I'm sure you see it agen an agen
- Dat offen de mos' worse _ennemi_, he's comin' de bes', bes' friend.
-
-J'eus dans le temps,--c'était en 1897,--l'idée de répondre au badinage
-du sympathique docteur en faisant, à mon tour, parler en français un
-de nos compatriotes anglais; et c'est alors que parut dans certains
-journaux de Québec et de Montréal une pièce que j'avais intitulée:
-_Ode à Victoria Ire à l'occasion qu'elle joubile en Diamond_.
-L'accueil bienveillant qui lui fut fait m'engagea, un peu plus tard, à
-écrire la _Petit Histoire_ dont je me permets de présenter aujourd'hui
-l'édition «augmentée, agrandie et beaucoup additionnée». Puisse-t-elle
-être accueillie par nos compatriotes de langue anglaise avec le même
-esprit de bienveillance que nous apportons encore nous-mêmes à la
-lecture du livre humoristique de M. le docteur Drummond.
-
-Nous vivons dans un pays où la connaissance des langues anglaise et
-française est non seulement utile, mais d'une nécessité de tous les
-instants. Chacun de nous sait bien--disons-le toujours!--s'exprimer
-d'une manière passable dans sa langue maternelle; mais, lorsque nous
-nous trouvons aux prises avec l'autre langue, celle qui nous est moins
-familière, nous sommes plus ou moins portés à commettre des hérésies
-ou d'amusants quiproquos qu'un peu de réflexion, suggérée peut-être
-par la critique, pourrait nous faire éviter.
-
-C'est sans doute dans cet esprit que le docteur Drummond a écrit ses
-poèmes humoristiques, et c'est pareillement, que l'on veuille bien le
-croire, sans plus de méchanceté que je mets ma _Petit Histoire_ sous
-les yeux des lecteurs anglais. On réussit parfois à faire, au moyen
-d'un simple badinage de bon aloi, ce que ne saurait accomplir une
-démonstration sérieuse et compliquée.
-
- Ephrem CHOUINARD
-
-
-
-
-AVANT-PROPOS
-
-
- Pour bien comprenner le Histoire
- De ce qu'on appelle les rois,
- Il faut fixer dans son mémoire
- Certains points au nombre de trois,
- Savoir: tout d'abord la première;
- Ensouite la numero deux;
- Puis, enfin, vienné le dernière
- Qui n'est pas la moindre d'entr'eux.
- La roi, qu'il soit mâle ou femelle,
- Est oun être qui vient d'En Haut,
- Et, par conséquent, tout en elle
- Doit être trouvé bonne et beau.
- C'est la premier point. La deuxième,
- Venant ensouite du premier,
- C'est que, pour oun roi vilain même,
- Chacun doit être coutumier
- D'aller se jeter dans le braise
- Pour y rester tant qu'il est cuit,
- Et se considérer fort aise
- De s'être fait griller pour lui.
- La troisième est beaucoup curieuse:
- C'est que la roi «can do no wrong»,
- Que ce soit dans le guerre affreuse
- Ou la simple jeu de _Ping-Pong_.
- Bien! En mettant dans votre tête
- Ces trois points dextrement trouvés,
- Vous ne jugerez rien de bête
- Dans les faits qui sont relevés,
- Sur la trône de Angleterre
- On vit si tant de grandes rois
- Qu'on ne savé plus comment faire
- Pour le dire assez bien des fois.
- Depouis la tout premier d'entr'elles
- Jousqu'à notre saige Edouard Sept,
- Tous nos monarques sontaient belles
- Et beaucoup grands, comme l'on sait.
- Dans les autres pays du monde
- Oh! l'on vit bien, de temps en temps,
- Certains rois de savoir profonde
- Ou possédant d'autres talents.
- Mais ce n'était point le coutume
- Et, je le dis en vérité,
- Trop souvent la royal costume
- Cachait le médiocrité.
- Bien, chez nous c'été différente;
- De rois savants et pleins d'honneur
- Nous avons eu souite charmante
- Et tout ce qui fut la meilleur.
- Quant aux monarques féminines,
- C'était aussi pareil toujiours,
- Et de plus vertueuses mines
- Jamais vit-on meilleur concours.
- Je ne dis pas que rois et reines
- N'eurent jamais de manquements,
- Ni que souvent par grandes haines
- Ils n'ont pas fait souffrir leurs gens.
- D'aucuns ont commis des sottises,
- Volé les biens de leurs voisins,
- Pillé les trésors des églises
- Et dans la sang trempé leurs mains.
- Quelques-uns ont battu leurs mères,
- Assassiné frères et soeurs;
- Mais, à part ces petits misères,
- Oh! c'était d'excellentes coeurs.
- Je veux vous en donner les preuves
- Par cette histoire en raccourci
- Que, dans ces vers tout à fait neuves,
- Je vais vous présenter ici.
-
-[Décoration]
-
-
-
-
-Race Saxonne
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EGBERT-LE-GRAND
-
-(827-837)
-
-
- Oun roi sauvaige ou chef de bande
- Etait Egbert probablement,
- Et qu'il était d'oun vertu grande
- Nul n'affirmerait sous serment.
- Issu de le race saxonne,
- Il été la premier garçon
- Qui porta l'anglaise couronne
- D'oune indépendante façon.
- On ne sait pas de lui grand chose,
- Ni s'il fut bon, nul ou méchant;
- Et, peut-être pour cette cause,
- On le surnomme Egbert-le-Grand.
- Peut-être aussi cet nom splendide
- Lui vienné de ce qu'oun beau jour
- En France d'oun pas très rapide
- Il dut aller faire oun séjour;
- Et ce fut la roi Charlemagne
- Qui le reçut dans sa palais[1].
- Chacun sait que toujours on gagne
- A fréquenter les gens replets.
- Le puce qui pique oun princesse,
- Par exemple, il est plus heureux
- Qu'oun pauvre ciron en détresse,
- Dessus le peau d'oun miséreux.
- Charlemagne étant maggnifique,
- Egbert fit bien de frotter lui;
- Et c'est oun saige politique
- Qui soubsisté même aujourd'hui.
- Que d'êtres d'insiggnificance
- Atteignent la plus haut crédit,
- Pour avoir avec persistance
- Faisé la frottaige susdit!
-
- [1] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
- ETHELWOLF 836-858
-
- ETHELBALD 858-860
-
- ETHELBERT 860-866
-
- ETHELRED Ier 866-871
-
-
- Puis, pour trente ans le Angleterre
- Fut en guerre avec les Danois
- Qui les Anglais mettaient à terre
- Souvent et beaucoup à le fois.
- Cependant l'anglaise couronne
- Il ne fut pas foulée aux pieds,
- Mais retomba sur le personne
- De rois plus ou moins estropiés.
- Ethelwolf il vint après l'autre
- Dont nous avons parlé tantôt,
- Et fut si tant oun bon apôtre
- Que j'en veux dire oun petit mot.
- Qu'il nous suffise de comprendre
- Qu'oun beau jour, je ne sais trop quand,
- Du roi de France il devint gendre
- ...On s'imagine bien comment,
- Et que--la ciel le garde et sauve!--
- La beau-père de notre roi
- Il s'appelait Charles-le-Chauve
- ...On peut bien deviner pourquoi.
- Reprenant la fil de l'histoire,
- Plus tard Ethelwolf s'en alla
- Faire oun voyaige méritoire
- A Rome, et fut si long par-là
- Que, dans la cours de son absence,
- Ethelwald, son fils, vrai coquin,
- Avec le plus grande indécence
- Prit le couronne et le fit sien.
- Cet garçon, après deux années,
- Finit son règne, par bonheur,
- Et l'oun de ses frères puinées,
- Ethelbert, fut sa successeur.
- De cet-lui je dis peu de chose,
- Attendu que je n'en sais rien.
- D'Ethelred encore je n'ose
- Risquer oun mot en mal ou bien,
- Si ce n'est qu'il était la frère
- De la monarque précédent
- Et que, dit-on, il fut le père
- Du roi fameuse Alfred-le-Grand.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-ALFRED-LE-GRAND
-
-(871-900)
-
-
- Dans la cours des règnes dernières
- Les Danois, peuple belliqueux,
- Causèrent beaucoup les misères
- Aux Saxons en allant chez eux.
- On se faisait la diable-à-quatre,
- Pillant et tuant tour à tour
- Et des moyens de se combattre
- Sans cesse cherchant, nuit et jour.
- Si tant qu'on ne pouvait connaître,
- A travers le confusion,
- Si la Danois était la maître
- Ou bien si c'était la Saxon.
- C'est alors que vint oun garçonne
- Qui portait la doux nom d'Alfred,
- Réclamer pour lui le couronne
- Transmis par son père Ethelred.
- Il battit à plate couture
- Ses très «troublesome» voisins
- Que certaines liens de nature
- Faisaient à peu près des cousins.
- Plus tard le famille danoise
- Il vainquit Alfred à son tour;
- Mais lui, prince habile et sournoise,
- En lui jouant oun fameux tour[2],
- Le chassa de sa territoire.
- Depuis, la Saxon conquérant
- Régna tranquille et plein de gloire
- Et mérita la nom de Grand,
- Si tant il fit au _people_ anglaise
- Du bien, du bien, toujiours du bien.
- Même, en passant, je suis fort aise
- De signaler comme étant sien
- L'institution trèsment bonne
- (En attendant mieux) du jury[3],
- Que l'on aime plus que personne
- Pourvu... que l'on n'y soit pas pris.
- Oh! ce fut oun fameux monarque
- Que cet mossieur Alfred-le-Grand,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il vogua toujours en avant.
-
- [2] Voir note à l'appendice.
-
- [3] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD Ier L'ANCIEN
-
-(900-925)
-
-
- Cet Edouard s'appelé l'Ancienne
- Pour ne pas confusionner
- Avec oun autre qui s'amène,
- Plus loin, du nom d'Edouard Premier.
- Cet-lui qu'ici je vous mentionne
- Il était fils d'Alfred-le-Grand,
- Et sur son tête le couronne
- Il eut oun lustre flamboyant,
- Sinon autant que pour son père,
- Du moins, assez pour sa bonheur.
- Il pratiqua souvent le guerre
- --Car il était fin batailleur,--
- Et vainquit sa cousin germaine[4]
- Qui cherchait à le détrôner,
- Ainsi que d'autres qui, sans gêne,
- Voulaient sa pays gouverner.
- Puis, aimant d'oune amitié vive
- La roi de France, Charles Trois[5],
- Il lui donna son fille Ogive,
- Bonne et charmant tout à la fois.
- On dit aussi que cet bon prince,
- Pour les sciences très porté,
- Fonda--bienfait qui n'est pas mince,--
- La Cambridge université.
-
- [4] Voir note à l'appendice.
-
- [5] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-ATHELSTAN
-
-(925-941)
-
-
- De cet-lui-là l'histoire nette
- Pouvé se dire en quelques mots;
- Mais nous n'avons de son binette
- Point de traits ni petits ni gros.
- Pour d'autres encor qui font suite
- J'ai le même embarrassement,
- N'ayant que leur seule conduite
- Pour les rappeler oun moment;
- Et j'en suis chagrin à l'extrême,
- Car quelques-uns, sans contredit,
- Furent de ces princes qu'on aime
- Parmi tant d'autres qu'on maudit.
- Athelstan était fils de l'autre
- Qui s'appelait Edouard Premier.
- Il vécut comme oun bon apôtre,
- De vertus étant coutumier,
- Et ne se mettant en colère
- Pour bien gouverner son maison
- Que lorsque l'on voulait lui faire
- Du tintouin sans bonne raison.
- Oh!... ce fut oun grande monarque,
- Sans doute, et beaucoup très pouissant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il... a dû filer en avant.
-
-
-
-
-EDMOND I
-
-(941-946)
-
-
- C'est oun frère du précédente,
- Mais il ne régna que cinq ans;
- Car, malgré qu'il fut très proudente,
- Oun assassin... le mit dedans.
- Le chose vous est bien égale,
- Mais il paraît que c'est cet roi
- Qui mit le peine capitale,
- En Angleterre, dans le loi.
- Bien! il eût fait oun grand monarque
- S'il avait vivé plus longtemps,
- Et... sous son oeil l'anglaise barque
- Eût bousculé les ouragans.
-
-
-
-
-EDRED
-
-(946-955)
-
-
- Edred était oun autre frère
- De cet-là que l'on vient de voir.
- Et pour neuf ans le Angleterre
- Sur sa trône il le fit asseoir.
- Et... ce fut oun grande monarque,
- --Là-dessus je dois insister,--
- Et, sous son oeil, l'anglaise barque
- Il... ne pouvé pas s'arrêter.
-
-
-
-
-EDWY
-
-(955-957)
-
-
- Il était fils d'Edmond Première
- Et ne fut roi que pour deux ans,
- En essuyant dans son carrière
- Les choses les plus déplaisants.
- Il s'attira, dit-on, le haine
- De ses barons et du clergé:
- Doublement lourd et cruel chaîne
- Qu'à son col il s'était forgé!
- Oun grand moitié de sa royaume
- Bientôt il perdit sans retour;
- Puis les malheurs sur cet pauvre homme
- Semblant s'acharner chaque jour,
- Pour je ne sais trop quel caprice
- Son femme du nom d'Elgiva
- Fut condamnée à la supplice,
- Et cette perte l'acheva.
- Bien! oun traitement de la sorte
- Il devait le toucher oun brin,
- Et c'est pour cela qu'il est morte,
- Bientôt après, dans la chagrin.
-
-
-
-
-EDGARD, LE PACIFIQUE
-
-(957-975)
-
-
- Edgard, surnommé Pacifique,
- (Probablement pour son douceur),
- D'Edwy, son frère impolitique,
- Devint alors la successeur;
- Et, comme il n'était pas de taille
- A faire mentir sa surnom,
- Il ne commetté le bataille
- Jamais sans excellent raison.
- D'abord, il s'en va dans l'Ecosse
- Livrer trois ou quatre combats,
- Puis chez les Irlandais, qu'il rosse
- Et met complètement à bas.
- Ensouite il faisé sa possible
- Pour sa peuple civiliser,
- _Well!_... ce qui dut être pénible
- Assez qu'il ne put s'amuser.
- On dit qu'oune Anglaise jolie
- Qui portait la nom d'Elfrida
- Le mit en si grande folie
- Que pour femme il la demanda.
- Mais le porteur de sa messaige,
- Ayant conçu même appétit,
- Trouva qu'il était beaucoup saige
- De garder le femme pour lui.
- Le roi fut en si grand colère
- A cet trompaige audacieux
- Qu'il poignarda le pauvre hère
- Et prit son veuve d'autant mieux.
- Dans cet événement tragique
- La monarque outragé, je crois,
- S'il n'eût pas été... Pacifique,
- Aurait occis l'autre deux fois.
- _Well! Well!_ Cet petit incidence
- Il n'est devant vous mentionné
- Que pour expliquer l'occurrence
- Pourquoi si tant fut malmené
- La roi suivant dans notre liste,
- Et pourquoi plus loin je vous dis
- Que, depuis cet temps, il existe
- Oun saint de plus au paradis.
- Edgard n'en fut pas moins monarque
- Très tendre et beaucoup avenant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il prit oun grand _sheer_ en avant.
-
-
-
-
-EDOUARD II, LE MARTYR
-
-(975-978)
-
-
- Après qu'Edgard fut mis en terre,
- Edouard, son fils, lui succéda;
- Mais il avait pour belle-mère
- La susmentionnée Elfrida
- Qui, voulant avoir sur la trône
- Sa propre fils plutôt qu'Edouard,
- Mena du dernier le personne
- Dans oun affreuse traquenard.
- Il partit un jour pour le chasse
- Et n'en revint que... décédé;
- D'Elfrida, dit-on, l'âme basse
- En avait ainsi décidé.
- Cet monarque si jeune et belle
- Au ciel mettait tout sa désir,
- Et c'est le raison pour laquelle
- Il est saint Edouard-le-Martyr
-
-
-
-
-ETHELRED II
-
-(978-1016)
-
-
- La fils de l'affreux belle-mère
- Alors régna trente-huit ans,
- Presque toujours étant en guerre
- Avec les danois habitants,
- Entre Suénon, roi danoise,
- Et lui, sans mesure ni frein
- Constamment on se cherchait noise
- A propos de tout et de rien.
- Si tant que la monarque anglaise
- De son trône un jour fut chassé,
- Et ne put reprendre son aise
- Qu'après que l'autre eut trépassé.
- Enfin, pour terminer l'affaire,
- De Suénon la successeur
- Ayant repris le Angleterre,
- Ethelred mourut de douleur.
-
-
-
-
-Rois Saxons et rois Danois
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-CANUT-LE-GRAND
-
-(1016-1036)
-
-
- Tenez! voici la roi danoise
- Qui s'appelé Canut-le-Grand,
- Non pas qu'il fut long d'une toise,
- Mais oun roi vraiment conquérant.
- Il partagea d'abord la trône
- Avec la fils d'Ethelred Deux[6];
- Et, pour que l'anglaise couronne
- Restât longtemps sur ses cheveux,
- Il épousa même son veuve
- Et s'en fit comme oun paravent,
- Procédé qui n'été pas neuve,
- Mais réussit encor souvent.
- Si tant qu'il fit naître l'usaige
- Parmi les gens des deux pays
- D'entremêler par mariaige
- Et devenir de bons amis.
- Bien! si cet acte souveraine
- Est cause qu'aujourd'hui chez nous
- Nous avons le plus meilleur reine
- Et, certes, la plus beau de tous[8],
- Je te bénis de tout mon être,
- Canut, pour cette oeuvre important,
- Et suis prêt à le reconnaître,
- Tu mérites la nom de Grand.
-
- [6] Voir note à l'appendice.
-
- [8] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HAROLD I
-
-(1036-1039)
-
-
- En mourant, la pouissant monarque
- A ses deux fils laissa ses droits,
- Canut ayant la Danemarke,
- Et l'autre, Harold, la trône anglois.
- Mais bientôt entre les deux frères
- S'éleva le dissension,
- Canut voulant avoir entières
- Les deux couronnes sur son front.
- Pauvre Harold fit tout diligence
- Pour résister à l'attentat;
- Mais la bon droit a maigre chance
- Auprès d'oun esprit scélérat.
- Il advint donc que les deux frères
- Etant près d'en venir aux mains,
- Harold mourut dans... les misères
- Et sans doute aussi les chagrins.
-
-
-
-
-CANUT III ou HARDI-CANUT
-
-(1039-1041)
-
-
- Oh! c'était oun méchant garçonne,
- Avare, hautain, fourbe et cruel,
- Ne respectant jamais personne,
- Ne craignant ni diable ni ciel.
- Si tant que point je ne regrette
- De n'avoir pas ici ses traits:
- D'oun tel animal le binette
- On aime bien mieux loin que près.
- Lorsque mourut Harold, son frère,
- Cet prince il était si content
- Que sur son corps il osa faire
- Comme oune danse d'habitant,
- Trépignant de joie indiscrète
- Et projetant partout dans l'air
- Des cris de sauvaige en goguette
- Ou de chacal à sa dessert.
- Trois ans plus tard il était morte
- A son tour et mis en lieu frais.
- Tant mieux! que la diable l'emporte,
- Et qu'on n'en parle plus jamais!
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD-LE-CONFESSEUR
-
-(1041-1066)
-
-
- Voulez-vous d'oun vrai grand monarque?
- Eh bien! cet-lui-là regardez!
- Sa règne il fit brillante marque
- Parmi ceux des rois décédés.
- Fils d'Ethelred dont tout à l'heure
- On a rappelé quelques faits,
- Il fit tout pour rendre meilleure
- Le grand nation des Anglais.
- Il était trèsment maggnifique,
- Tendre pour les déshérités,
- Et souvent d'oun mot pacifique
- Il tranchait maints difficultés.
- Il vécut toujours sans folie,
- Toujours du ciel favorisé,
- Et, quoiqu'il eût femme jolie,
- Il... fut plus tard canonisé.
-
-
-
-
-HAROLD II
-
-(1066-....)
-
-
- Beau-frère de la précédente,
- Cet-lui-ci ne fit que passer;
- Car Guillaume-la-Conquérante
- Bien vite il le fit trépasser.
-
-
-
-
-Race Normande
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GUILLAUME I, LE BATARD, LE CONQUERANT
-
-(1066-1087)
-
-
- L'oun des princes les plus guerrières
- Fut Guillaume la Conquérant,
- Qui cogna plus d'anglais derrières
- Que jamais roi danois ou franc.
- Son père était Robert-la-Diable,
- Et son mère probablement
- Etait quelque chose d'aimable,
- Comme l'on dit, à l'avenant.
- Dans tous les cas, on nous assure
- Qu'il était oun fils naturel,
- Ce qui rend la travail bien dure
- Pour trouver son mère réel.
- De la pays de Normandie
- Il était maître; mais, oun jour,
- Pour voir sa royaume agrandie
- Il médita quelque bon tour.
- Se dit-il, si de l'Angleterre
- La roi je pouvais devenir,
- Oh! mon gloire il serait si claire
- Que rien ne le pourrait ternir.
- Alors il leva des armées
- Et se rua sur les Anglais
- Dont les bandes, fort alarmées,
- Fuyaient comme des feux follets[9].
- Si tant qu'à la fin son pouissance
- Il était la maître de tout,
- Tandis que l'anglais suffisance
- Il était rendu presque à bout.
- Sur la trône monta Guillaume
- Qui s'y maintint plus de vingt ans.
- Oh! c'était oun très habile homme,
- Possédant beaucoup des talents.
- On dit qu'il fut cruel et fourbe
- Et quelque peu vindicatif;
- Mais, bah! pour gouverner le tourbe
- Ne faut-il pas être oun peu vif?...
- D'abord, il prit pour son usaige
- Les biens d'oun grand nombre de gens,
- Et composa son entouraige
- Presque uniquement de Normands.
- Puis il bâtit le Tour de Londre,
- Oun tas d'effroyables prisons
- Où, par le suite, on vit se fondre
- Tant de chefs d'illustres maisons.
- Pour finir, on en conte oun bonne
- Qui, tout d'abord insiggnifiant,
- Fait voir qu'aux alentours d'oun trône
- Tout il devient mirobolant.
- En sus de la vaste domaine
- Dont il avait le royauté,
- Guillaum possédait oun bedaine
- Encor plus plein de majesté.
- Ce qui fit dire au roi de France,
- Alors Philippe la Premier:
- --Cousin Guillaume a plus de panse
- Que jamais il n'eût de penser.--
- Cet mot mit Guillaume en colère,
- Si tant qu'en France traversé
- Dans la but de tout mettre à terre,
- Par oun archer il fut blessé,
- Et mourut dans le Normandie,
- Très lâchement abandonné
- Par ses trois fils--race jolie--
- Auxquels il avait tant donné.
-
- [9] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GUILLAUME II, LE ROUX
-
-(1087-1100)
-
-
- C'est oun des fils du grand Guillaume
- Qui, nous dit-on, en avait trois,
- Dont l'oun vécut comme oun pauvre homme,
- Et les autres devinrent rois.
- De la premier, Robert Courte-Heuse[10],
- Très peu de chose il faut conter,
- Sinon que, toujiours malchanceuse,
- Sur la trône il ne put monter.
- Quant à Guillaume, il fut peut-être
- Oun assez singulier garçon,
- Ayant parfois des goûts de traître,
- De cruel ou bien de fripon.
- Sa poil de le couleur carotte
- L'avait fait surnommé «le Roux»;
- Malheur à cet-lui qui s'y frotte
- Oun moment qu'il est en courroux!
- Si tant qu'il eut oun suffisance
- De plus ou moins laids compromis
- Et, pour bien dire, oune existence
- Veuf de toute espèce d'amis.
- Tout de même, il... fut oun monarque,
- Disons, très noble et complaisant;
- Et... vous savez, l'anglaise barque
- Sous son oeil marcha de l'avant.
-
- [10] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI I, dit BEAUCLERC
-
-(1100-1135)
-
-
- Bien! Voici Henri la Première,
- Troisième fils du Conquérant
- Et puis, par conséquent, la frère
- De la Guillaume précédent.
- C'est bien lui. Je vous le réplique
- Afin que, peut-être distrait,
- Pour cet-là d'oun singe d'Afrique
- Vous n'alliez prendre sa portrait.
- Comme il était beaucoup savante,
- On l'appelait Henri Beauclerc,
- Ce qui semble très impioudente,
- Puisqu'il n'était ni beau ni... clair.
- Il eut avec Robert, son frère,
- D'abord de sanglants démêlés
- Au cours de lesquels cet dernière
- Il fut toujiours des mieux volés.
- Pauvre Robert, nommé Courte-Heuse,
- Pourtant chef d'oun si grand maison,
- Tant de plus en plus malheureuse,
- Finit ses jours dans oun prison.
- Puis, de cet frère malhabile
- Ayant débarrassé son dos,
- Henri battit à Brenneville
- La roi français Louis le Gros.
- Comme on voit, c'est oun grand monarque
- Que cet premier des rois Henris,
- Et, monté sur l'anglaise barque,
- Il a dû prendre bien des ris.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-ETIENNE DE BLOIS
-
-(1135-1154)[11]
-
-
- D'oun fille de la Conquérante
- La fils alors il usurpa.
- Usurper semble acte méchante;
- Mais nul remords ne l'occupa.
- Car, si pour toute autre personne
- C'est mal de voler oun chapon,
- Pour oun prince tâter oun trône
- Oh! c'est considéré très bon.
- Son acte est toujiours légitime
- Pourvu qu'il remporte son point,
- Et ne devient jamais oun crime
- Que lorsqu'il ne réussit point.
- Etienne donc, à le sourdine,
- La trône il prit sans barguigner,
- Au détriment de son cousine
- Mathilde qui devait régner.
- Fille du roi Henri Première
- Que je viens de vous présenter,
- Ce Mathilde était l'héritière
- Qui devait la sceptre porter.
- Bien! Etienne il est oun monarque
- Qu'il faut très beaucoup admirer,
- Puisque avec lui l'anglaise barque
- Il ne pouvé pas... chavirer.
-
- [11] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-Plantagenets
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI II
-
-(1154-1189)
-
-
- C'été la fils de ce princesse
- Mathilde, dont on a conté
- Qu'Etienne avait avec prestesse
- Accaparé le royauté,
- Et la fruit de sa mariaige
- Avec Geoffroy Plantagenet,
- Non pas oun petit personnaige,
- Mais duc d'Anjou, pour parler net.
- Henri vivait avec son père
- En ressentant oun grand ennui
- De voir sa troue d'Angleterre
- Tenu si longtemps loin de lui;
- Et toujiours refoulant ses larmes
- Tant qu'il pouvait dans sa gosier,
- De le grand science des armes
- Il fit l'apprentissaige entier.
- Si tant qu'à cet jeu dangereuse
- Il se faisait fort remarquer
- Déjà comme oun lutteur fameuse,
- Lorsqu'Etienne vint à claquer.
- Enfin, Henri prit le couronne
- Dont si jeune il était sevré
- Et le trouva beaucoup très bonne
- Après qu'il s'en vit assuré.
- D'Eléonore de Guyenne,
- Que Louis Sept, étique époux,
- Venait d'abandonner sans peine[12],
- Il s'était mis à les genoux;
- Si tant qu'avec son héritance
- Il posséda, tout à le fois,
- Presque le moitié de le France
- Et sa propre pays anglois.
- Il fit très beaucoup des conquêtes,
- Avec ses voisins se battit
- Et gagna victoires complètes
- Autant qu'il en eut appétit.
- Mais, tout en paraissant gentille,
- Sa règne il fut bien attristé
- Par des querelles de famille
- A propos d'oun fils révolté.
- Cet fils--nommons-la tout de suite,--
- Etait Richard Coeur de Lion.
- Nons faut-il blâmer son conduite?...
- Tout la monde est d'avis que non.
- C'est encor Henri la Deuxième
- Qui de Becket versa la sang
- Ou fit verser, à l'autel même,
- Par quatre officiers de haut rang,
- Crime qui tant fâcha l'Eglise
- Que, pour rentrer dans sa giron,
- Il se fit fouetter en chemise
- Par plusieurs moines formant rond.
- Puis, de la pauvre Rosamonde
- La tant pathétique récit[13]
- Qu'il fait encor pleurer la monde....
- Enfin, tout dans cet règne-ci,
- Jusqu'à le mort du grand monarque,
- Il est vraiment très émouvant,
- Bien que toujiours... l'anglaise barque
- Il fît bonne route en avant.
-
- [12] Voir note à l'appendice.
-
- [13] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-RICHARD I, COEUR DE LION.
-
-(1189-1199)
-
-
- En se révoltant de le sorte
- Richard fit mal, cela s'entend.
- Mais, pour moi, la diable m'emporte
- Si je n'en aurais fait autant[14].
- D'ailleurs, l'affaire est triste et noire,
- Dénotant des esprits pervers,
- Et les détails de ce histoire
- Ne pouvé pas s'écrire en vers.
- Quand la bonhomme il fut éteinte,
- Pauvre Richard il devint roi;
- Puis il s'en fut en Terre-Sainte
- Pour oun peu ranimer son foi.
- Là-bas il se couvrit de gloire,
- Tua des Turcs autant qu'il put,
- Courut de victoire en victoire
- Et jamais ne manqua son but.
- Peut-être encourt-il le censure
- Pour avoir eu des goûts trop vifs,
- Comme lorsqu'il fit, on assure,
- Egorger cinq mille captifs.
- Mais pendant que les Infidèles
- Sous le pesanteur de son bras
- Voyaient des milliers de chandelles
- Et s'effondraient par grandes tas[15],
- Richard il reçut d'Angleterre
- Oun avis que sa frère Jean
- --Cet-là qui s'appelait Sans Terre--
- Il s'était fait nommer régent.
- Richard, la coeur plein d'amertume,
- Vers chez lui partit vitement,
- Désirant, selon son coutume,
- Y sortir sa ressentiment.
- Mais, passant à travers l'Autriche
- Pour dans sa pays revenir,
- La duc, par oun procédé chiche[16],
- En prison le fit retenir.
- Bien! oun garçon de cet calibre
- Ne se retienné pas longtemps;
- Si tant que bientôt il fut libre
- Et prit son vol à travers champs.
- On dit que Blondel, la trouvère,
- Lequel suivait Coeur de Lion,
- En lui chantant d'oune voix claire
- Favorisa l'évasion.
- Bref, ayant repris son couronne,
- Encore il régna quelques ans,
- Jamais ne pliant à personne
- Et ferraillant de temps en temps[17].
- Car c'était oun fier batailleuse
- Que cet Richard Coeur de Lion.
- Il avait oun bras merveilleuse
- Qui tapait comme oun vrai pilon;
- Et quand du bout de son épée
- Il touchait Turc ou Moricaud,
- Cet dernière était tant coupée
- Qu'on n'en trouvait plus oun morceau.
- Oh!... c'était oun pouissant monarque,
- Très douce et tioujours complaisant,
- Et, sous son oeil, l'anglaise barque
- Il... dépassait presque le vent.
-
- [14] Voir note à l'appendice.
-
- [15] Voir note à l'appendice.
-
- [16] Voir note à l'appendice.
-
- [17] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-JEAN SANS-TERRE
-
-(1199-1216)
-
-
- A le mort de Richard, son frère,
- Jean, qui l'avait déjà tenté,
- Put mettre sur son tête altière
- Le couronne tant convoité.
- C'était oun prince très hautaine,
- Menteur et beaucoup querelleur,
- Et dont le vie il fut très pleine
- De ce qui n'est pas la meilleur.
- On dit qu'il fut assez barbare
- Pour tuer sa frère Geoffroi;
- Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare
- Ni condamnable chez oun roi.
- Enfin, lui-même il eut son heure
- Pour descendre dans la tombeau,
- Et... c'été le place meilleur
- Pour bien garder oun tel crapaud[18].
-
- [18] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI III
-
-(1216-1272)
-
-
- Henri Trois, fils de Jean Sans Terre,
- A peine à l'âge de neuf ans
- Il était roi de Angleterre
- Et des pays environnants.
- Il eut maints démêlés en France,
- Comme en avaient eu ses aïeux;
- Mais il paraît que son vaillance
- Il ne fut pas beaucoup chanceux.
- Louis Neuf, la pieux monarque,
- Au moment d'en venir aux mains,
- Lui dit un jour:--Petiot, rembarque
- Ou je te fais casser les reins.--
- Devant cet langaige énergique
- L'anglais monarque eut si tant peur
- Qu'on dit qu'il... avala son chique
- Pour se remettre oun peu la coeur.
- Est-ce cela qui, par le suite,
- Lui fit tout croire et tout oser?
- Je ne le sais; mais son conduite
- Nous amène à le supposer.
- Il fit le guerre à droite, à gauche,
- Et tant de coups voulut porter
- Que c'était comme le débauche
- D'oun gars qui ne peut s'arrêter.
- Saint Louis le battit à Saintes
- Et puis encore à Taillebourg;
- Si tant que d'entendre ses plaintes
- La ciel il dut devenir sourd.
- _All right!_ Plus tard il devint saige[19],
- Et c'est oun grand plaisir de voir
- Qu'il n'est pas morte de la raige
- Après tant d'efforts pour l'avoir.
-
- [19] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD I
-
-(1272-1307)
-
-
- Dedans le grand famille anglaise
- Il est tant d'éléments divers
- Que, pour étudier son genèse,
- Parfois on est tout à l'envers.
- Ainsi l'on voit en autre paige
- Trois Edouard tour à tour passer.
- Bien! il faut la numérotaige
- Des Edouard tout recommencer.
- Cet-lui-là qu'ici je présente
- Il était de race normand;
- Mais le famille précédente
- Il était saxon... seulement,
- Vous avez compris, je l'espère,
- Sans que je fasse plus de frais;
- Sinon... c'été mieux de me taire,
- Car vous ne comprendrez jamais.
- Bien! cet nouvel Edouard Première
- Il était la fils d'Henri Trois,
- Et d'abord pour aider son père
- Il se battit plus d'oune fois.
- Ensouite, ayant pris le couronne,
- Il régna des plus saigement
- Et fut pour sa peuple oun garçonne
- Dont on peut faire compliment.
- Il battit Wallace en Ecosse
- Et s'en fit rosser à son tour,
- Puis lui fit prendre oun nouveau dose
- Et le mena droit à la Tour[20].
- Il conquit la pays de Galles,
- Et c'été depuis cet jour-là
- Que tous les héritiers royales
- «Princes de Galle» on appela.
- Edouard fit quelques injustices
- Et fut parfois fourbe et menteur;
- Mais ce sont là petits caprices
- Dont maints grands se font oun honneur.
-
- [20] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD II
-
-(1307-1327)
-
-
- C'est la fils de la précédente
- Et je n'en dirai pas très long;
- Car il eut oun vie écoeurante,
- Si tant qu'il était polisson.
- Contre l'Ecosse faisant guerre,
- Il faillit y perdre ses os;
- Robert Bruce le mit à terre,
- Comme on dit, en criant: _Ciseaux!_
- Puis, retournant à les orgies
- Pour quoi pauvre Edouard semblait né,
- C'est dans la cours de ses folies
- Qu'il fut oun jour assassiné,
- De quel sauvaige, affreux manière,
- Certes, je ne vous dirai pas...
- Oh! non, ni pour or ni prière
- Je n'oserais... Quel triste cas!
- Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige
- De fer qu'on fit rougir à blanc...
- Jamais je ne saurais, vous dis-je...
- On le tenait solidement,
- Et deux bandits... Fait désolante!...
- Nommés Mautravers et Gournay
- Lui poussèrent la fer brûlante...
- _Well!_... _Well!_... ailleurs que dans la nez.
- Ajoutons pour finir la thème,
- Le fait, non des moins singuliers,
- Qu'oun frère de la roi lui-même
- Etait la chef des meurtriers.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD III
-
-(1327-1377)
-
-
- C'été la fils de cet dernière.
- A peine était-il couronné
- Que les meurtriers de son père
- Il chercha, comme oun fils bien né.
- Mais, fait bien triste et lamentable,
- De cet crime qu'il pleurait tant
- Son propre mère était coupable
- Avec Mortimer, son amant.
- Il fit du haut d'oune potence
- A cet dernier faire la saut,
- Et se contenta, par clémence,
- De mettre son mère au cachot.
- Dans oun cachot mettre son mère,
- Direz-vous, c'est agir en chien.
- _Just so_; mais.... point de commentaire:
- Ce qu'oun roi fait est toujiours bien.
- Edouard prit le terre écossaise
- Que son père il avait perdu;
- Puis, dans la royaume française
- Etant ensouite descendu
- Pour en disputer le couronne
- Au roi Philippe de Valois,
- Il faisé, lui-même en personne,
- Courber Calais dessous ses lois,
- Remportant le fameux victoire
- Sur cet prince, auprès de Crécy.
- Oun peu plus tard, la prince Noire,
- Son fils, très fort guerrier aussi,
- Gagna ce que depuis l'on nomme
- Le grand bataille de Poitiers,
- Où la roi Jean, pauvre bonhomme,
- Fut au nombre des prisonniers.
- Pourtant, Charles Cinq dit le Saige,
- Successeur de cet même Jean,
- Il fit baisser la caquetaige
- Du britannique conquérant.
- Depuis, cet dernier fut tranquille
- Et vécut pour beaucoup des ans,
- Sachant faire oun travail utile
- Chaque fois qu'il en était temps;
- Protégeant lettres et finance,
- Industrie, Ecole d'Oxford[21];
- Bâtissant la palais immense
- Qui s'appelle Château-Windsor,
- Et créant l'Ordre mirifique
- De la Jarretière, par quoi
- Cet-lui sur laquel il s'applique
- Devient presque égal à la roi.
- Enfin, il fut... oun grand monarque,
- Bon père et fils affectueux,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il naviguait toujiours très mieux.
-
- [21] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-RICHARD II
-
-(1377-1399)
-
-
- Petit-fils du roi précédente
- Et fils du fameux Prince Noir,
- Cet Richard n'était pas méchante,
- Mais ni très bon, comme on va voir.
- Il se plaisait dans le mollesse,
- Ne songeant qu'à se bien nourrir,
- Et laissait tout dans le détresse
- Pour se livrer à la plaisir.
- Avec cela faible à l'extrême,
- Confiant tout à sa cousin
- Qui, très fier, gouvernait lui-même
- En méditant oun coup vilain.
- Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre
- Et dans oun prison confiner,
- Où bientôt l'âme il lui fit rendre
- Pour pouvoir à son tour régner.
- Afin de comprenner le suite
- De l'histoire des rois anglais,
- Il faut sur la prince susdite
- Donner certains détails complets;
- Et c'été le meilleur des choses
- Qu'on pouvé faire pour, plus tard,
- Dessus le Guerre des Deux Roses
- Oun peu dissiper la brouillard.
- Lorsque Richard prit le couronne,
- Ayant à peine onze ans sonnés,
- On mit auprès de son personne
- Ses trois oncles, gens raisonnés
- Et pleins de bonne expérience,
- Pour former comme oun magister
- Ou, si l'on préfère, oun régence:
- C'était York, Lancastre et Gloster.
- _Well! Well!_ Maintenant si j'encastre
- Dans ma récit que la cousin
- Ci-haut était fils de Lancastre...
- Vous n'avez plus besoin de rien.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI IV[22]
-
-(1399-1413)
-
-
- C'est cet cousin dont tout à l'heure
- On a vu la premier exploit.
- Comme il disait: c'était son heure
- De régner; donc, c'était son droit.
- Quand oun gars a mis dans son tête
- Qu'il a cet curieuse attribut,
- Justice, honneur, rien ne l'arrête,
- Il faut qu'il atteigne son but;
- Et le chose est encor plus triste
- Quand on voit certains grandes gens
- Suivre l'ambitieux à la piste
- Pour appuyer ses errements.
- C'est bien là ce qui de Lancastre
- Fit le fortune de hasard,
- En précipitant la désastre
- De cet imbécile Richard.
- En tout cas, mossieu Henri Quatre
- Il ne fut pas des plus fameux.
- Tour à tour brutal et folâtre,
- Fourbe, cruel et vaniteux,
- Il fit si tant des injustices
- Et mécontenta tant de gens,
- Que tous, lassés de ses caprices,
- Le haïssaient sur tous les sens.
- Enfin, qu'il était oun roi piètre
- Tout la monde semble d'accord
- Et... se fait plaisir de connaître
- Qu'il est depuis longtemps bien mort.
-
- [22] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI V
-
-(1413-1422)
-
-
- Pour être la fils d'oun tel sire
- Que cet-lui-là nommé plus haut,
- Henri Cinq ne fut pas trop pire
- Et vécut assez comme il faut.
- Cependant il ne faut pas croire
- Qu'il était oun ange du ciel.
- Oh! non; les paiges de l'Histoire
- Ne nous apprené rien de tel.
- En France il continua le guerre
- Que son père avait entrepris[23],
- Et se donna grande misère
- Pour garder ce qu'il avait pris.
- A porter le français couronne
- Alors on avait appelé
- Charles Six, étrange personne
- Dont le tête il était fêlé.
- Son femme, Isabeau de Bavière
- Par oune infâme trahison[24]
- Elle livra le France entière
- A la monarque anglo-saxon.
- _Well! Well!_ nous verrons dans le suite
- Ce qu'il advint de tout cela
- Quand le France, bien mieux conduite,
- Encor grande se révéla...
- Mais, pour la présent, peu n'importe
- Ce qu'advint du monarque anglais:
- Il est très certain qu'il est morte...
- Après cela, rien je n'en sais.
-
- [23] Voir note à l'appendice.
-
- [24] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI VI
-
-(1422-1461)
-
-
- La fils du roi Henri Cinquième
- Il n'était vieil que de huit mois
- Quand il ceignit la diadème
- Anglais et français à le fois.
- Car, depuis quelque temps, le France
- Presque entier il était soumis,
- Et de l'anglaise dépendance
- Il n'était pas encor remis.
- Plus tard, levant son oriflamme,
- L'anglais monarque il put entrer
- Dans Paris même, à Notre-Dame,
- Et, pompeux, s'y faire sacrer...
- Bah! très souvent, par invective,
- Bien des gens s'en font faire autant
- Sans que leur pouvoir digestive
- S'en affecte la moindrement.
- Henri, d'oun race si tant fière,
- N'était pas oun génie extra;
- Peut-être en aurait-on pu faire
- Oun très honneste magistrat.
- Mais roi d'Angleterre et de France,
- Ah, fichtre! c'est oun dur métier,
- Exigeant plus la connaissance
- Que pour compolser oun dossier.
- N'importe! Il eut assez d'adresse
- --Et ce fut pour lui très heureux,--
- Qu'il put épouser oun princesse[25]
- Ayant de l'esprit pour les deux.
- Il voulut, tout d'abord, en France
- Garder ce qui lui fut donné;
- Mais des Anglais l'ancien pouissance
- Il devint tout ratatiné.
- C'est cet Henri dont les armées
- Partout répandant les terreurs,
- Furent si tant bien abîmées
- Par la _maiden_ de Vaucouleurs.
- Devant la bras si redoutable
- De la pieuse Jeanne Darc
- L'Anglais courait comme la diable
- Ou comme oun mouton dans oun parc.
- Peut-être courrait-il encore
- Si, dans oun guet-apens surpris
- Par des alliés de Bedfore,
- Pauvre Jeannot n'eût été pris
- Et remis aux mains exécrables
- D'oun gars... portant nom d'animal
- Que devant les gens respectables
- De mentionner il serait mal.
- Elle était oun fille très saige,
- Conduite par la doigt de Dieu;
- Mais cet gueux, triplement sauvaige,
- Il la fit périr dans la feu.
- Depuis cette aventure inique
- Jeanne il est partout admiré;
- Mais la tribunal tyrannique
- Qui l'a jugée est exécré.
- Notre Henri Six en Angleterre,
- A peu près dans la même temps,
- Il ne savé plus comment faire
- Pour répondre à les mécontents.
- Les maisons d'York et de Lancastre
- Alors commençaient à lutter,
- Et préparaient la grand désastre
- Qui tant de sang devait coûter;
- Car, parmi tous les affreux choses
- Qui désolèrent les humains,
- Je crois le Guerre des Deux Roses
- Il été l'oun des plus vilains.
- D'abord Henri, cet imbécile,
- Il se fit battre à Saint-Alban
- Par Warwick, capitaine habile
- Et quelque peu d'oun prétendant.
- Mais bientôt le reine lui-même
- Prenant parti pour son mari,
- Battit comme oun oeuf de carême
- Cet-là qui l'avait conquéri.
- L'an suivant, oun autre défaite
- Mit encor Henri Six à bas;
- Alors il dut, courbant le tête,
- Vers le prison tourner ses pas.
- Dans le Tour, pour six longs années
- Probablement qu'il s'ennuyait,
- Quand Warwick, maître-ès-destinées,
- A la trône il le renvoyait;
- Procédé bien étrange, en somme,
- Et si tant curieuse à la fois
- Que, depuis lors, Warwick on nomme
- «Faiseur et défaiseur de rois.»
- Enfin, par la prince Edouard Quatre,
- Oun fils de la Yorkais maison,
- Pauvre Henri se fit encor battre
- Et refourrer dans le prison
- Où, cinq ans plus tard... il est morte...
- Peut-être cet dernier malheur
- Peut s'expliquer de meilleur sorte
- Par... Edouard, la compétiteur.
-
- [25] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD IV
-
-(1461-1483)
-
-
- Edouard, de le maison yorkaise,
- Etait oun fort joli garçon,
- Ce qui pour en être oun mauvaise
- N'est, certes, pas oune raison.
- Nous avons vu comment cet homme
- Il parvint à roi devenir;
- Bien! son histoire il est, en somme,
- Pas de très bonne souvenir.
- Toujiours il ne fit que batailles
- Même avec ses meilleurs amis,
- Multipliant impôts et tailles,
- Croyant que tout lui fût permis.
- De Lancastre, maison rivale,
- Il chercha la malheur en tout,
- Affectant sa pouvoir royale
- A le poursuivre jusqu'au bout.
- Mais ce n'est pas là tout encore
- Qu'il s'arrêta dans son chemin;
- Il eut comme oun soif qui dévore
- De répandre la sang humain.
- Il avait avec lui deux frères:
- L'un Clarence, et l'autre Richard,
- Cet-lui-ci des meilleurs guerrières,
- Et cet-lui-là fameux pochard.
- Un jour, au malheureux Clarence,
- Gardé par son ordre en prison,
- Edouard fit mettre en son présence
- Oun grand tonneau de vin, dit-on.
- Puis... on trouva le pauvre hère
- Noyé... du coup qu'il avala...
- Bien! on ne dit pas que son frère
- Il pleura beaucoup pour cela.
- Ayant emprisonné le femme
- De la défunt roi Henri Six,
- Edouard, le vengeance dans l'âme,
- Encore assassina son fils.
- On verra bientôt par le suite
- Que cet attentat odieux,
- Infâme et lâche il fut bien vite
- Rétribué jusqu'au plus creux.
- Au roi de France il chercha noise[26];
- Mais Louis Onze eut vite alors,
- Avec sa petit air sournoise,
- Mit la fougueux saxon dehors.
- Enfin, croyant voir son pouissance
- Montée au gré de ses désirs,
- Il se mit à faire bombance
- Et se jeta dans les plaisirs.
- Il mourut d'étrange manière,
- Et... je vous ferai remarquer
- Que sans doute Richard, son frère,
- Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer.
-
- [26] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD V
-
-(1488-....)
-
-
- C'est la fils de la précédente.
- Pauvre enfant! Son oncle Richard
- Voulut être nommé Régente
- Et le tenir sous sa regard...
- La prince--ô destinée amère!--
- Régna deux mois... dans oun prison
- Avec Richard, sa petit frère,
- Qu'on lui donna pour compaignon.
- Puis, sur les ordres du Régente,
- Cet criminel audacieux
- Que le soif de régner tourmente,
- A mort ils furent mis tous deux[27].
-
- [27] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-RICHARD III
-
-(1483-1485)
-
-
- C'est lui, l'infâme meurtrière
- De son frère et de ses neveux,
- Qui, dans l'art triste de mal faire
- Surpassa toutes ses aïeux.
- Cet homme monté sur la trône
- Après s'être couvré de sang,
- Jamais dans les yeux de personne
- Ne fut autre qu'oun grand tyran.
- Il avait l'âme vile et noire,
- La coeur de vices saturé,
- Et dans la monde son mémoire
- Il fut toujiours très exécré.
- D'être reconnu pour oun diable
- C'est déjà beaucoup assez mal;
- Mais, vrai, c'est trop abominable
- Que d'être oun pareil animal.
- Bien! Ecoute, Richard, écoute!
- Vivant je t'aurais craint, bandit;
- Mais puisque ta mort ne fait doute,
- Je n'ai point peur: donc sois maudit!
-
-
-
-
-Famille Tudor
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI VII
-
-(1485-1509)
-
-
- D'aucuns font le maison présente
- Remonter à... Confucius.
- Moi, je trouvé plus évidente
- Qu'il commence à... Tu dors, Brutus!
- (Vite, que la lecteur oublie
- Cet exécrable calembour!
- Autrement, ce petit folie
- Pourrait marquer ma dernier jour.)
- _Well, then!_ la premier de ce race
- Qui monta sur la trône anglais
- Il ne fut pas oun gars bonasse,
- Mais oun prince des plus discrets.
- Descendant d'Edouard la Troisième
- Par le branche Lancastrien,
- Son bon droit à la diadème
- N'était pas reconnu très bien.
- Richard, dans sa courroux amère,
- Disait que sa compétiteur
- Etait «bâtard de père et mère,
- Bien que ce fût sa seul malheur.»
- Bah! quand on veut manger du trône
- Et que son droit il est petit,
- Oun tel raison n'est pas si bonne
- Qu'il doive couper l'appétit.
- Notre homme à Richard fit le guerre,
- Le tua de son propre main[28],
- Puis bientôt sur son front altière
- Brilla la signe souverain.
- Du monde alors les grandes causes
- On approfondissait, oui-da!
- Et sous cet règne, entr'autres choses,
- Fut découvert la Canada.
- On dit qu'Henri Sept fut avare
- Et qu'il amassa de l'argent
- Assez pour remplir oune mare
- Ou fréter oun gros bâtiment.
- Hum!... En cet temps-là, je présume,
- De même qu'aujourd'hui chez nous,
- Du métal oun gros apostume
- Devait rencontrer tous les goûts;
- Et l'on peut bien se faire imaige
- Que la prince dont nous parlons
- Dut avoir, pour lui rendre hommaige,
- Nombre d'amis dans ses salons.
- Bien!... Disons qu'il fut oun monarque
- Prodigue... et beaucoup complaisant
- Et que sous lui l'anglaise barque
- Il marcha beaucoup en avant!
-
- [28] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-HENRI VIII
-
-(1509-1547)
-
-
- Cet gros-là, c'est Henri Huitième,
- Prince savant, rempli de soin,
- Ami fidèle et charmant même
- Pourvu qu'on s'en tînt... assez loin.
- _To begin with_, il fit le guerre
- A Louis Douze des Français
- Pour je ne sais trop quelle affaire;
- Mais bientôt il conclut le paix
- En donnant à la vieil monarque
- Son soeur Marie en conjungo,
- Ce qui tioujours il fut la marque
- D'oun coeur valant oun vrai lingot.
- Ajoutons que cette Marie[29]
- Au bout d'oun an il était veuf,
- Et, par nouvelle épouserie,
- --Ce qui partout n'est rien de neuf,--
- Il devint, comme à l'ordinaire
- Et dans la délai consacré,
- Mère de celle qui fut mère
- De la pauvrette Jeanne Grey.
- Bien! De cet-lui-ci tout à l'heure
- On verra l'histoire attristant.
- Ne croyez pas qu'en son demeure
- Alors Henri resta content.
- En cet temps-là dessus le terre
- Régnaient trois rois grands à l'excès:
- C'était Henri dans l'Angleterre,
- François Premier chez les Français,
- Et puis l'empereur d'Allemaigne,
- Charles-Quint de sa petit nom,
- Qui pouvait en faisant campaigne
- Passer son vie, oh! tout du long;
- Tous trois de vaste intelligence,
- Se jurant oun accord bien doux
- Et, par mesure de proudence[30],
- S'épiant toujiours en-dessous...
- Mais passons! Car vouloir tout dire
- Sur cet _triplet_ intéressant
- Exigerait oun travail pire
- Que pour en calomnier cent.
- En poursuivant d'Henri l'histoire,
- De ses femmes il faut parler,
- Et c'est oun soujet, veuillez croire,
- Difficile à rafistoler.
- D'abord, Henri pour son compaigne
- Eut Catherine d'Aragon,
- Tante de Charles d'Allemaigne,
- Et de vertus vrai parangon.
- Pour je ne sais trop quel caprice
- Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois,
- Après quinze ans de cet cilice
- Il voulut faire oun nouvel choix;
- Mais Clément Sept, pape très saige
- Et sur ces points beaucoup savant,
- Voulut que d'Henri la menaige
- Restât même qu'auparavant.
- Certes, ce n'était que justice
- Et prudence tout à la fois;
- Car je crois que le moindre indice
- De céder au monarque anglois
- Eût attiré sur la Saint-Père
- De Charles-Quint tout la courroux,
- Cet dernier ne se gênant guère
- De la faire éclater sur tous,
- N'ayant pas même eu d'hésitance,
- Six ans avant, comme l'on sait,
- De tenir longtemps en souffrance
- La même pape Clément Sept[31].
- De parler sur oun ton de maître
- Henri Huit très accoutumé,
- Il ne voulut pas se soumettre,
- Si tant il était allumé;
- Et c'est au cours de ce chicane
- Que cet épouseur enraigé
- A fonder l'Eglise anglicane
- Bientôt on vit tout engaigé.
- De la dame Anne de Boleyne
- Henri devint la tendre époux...
- Tendre!... il faut ici prendre haleine,
- Cet mot je la dis entre nous;
- Car tout se passa de telle sorte
- Qu'après trois ans de renouveau
- Pauvre Boleyne elle était morte,
- Morte par la main de la bourreau.
- Sans doute pour noyer son peine,
- Henri prit alors la Seymour,
- Car il n'avait point tant de haine
- Qu'au fond il n'avait de l'amour.
- Seymour étant mort de mort douce,
- Sans la bourreau ni ses atours,
- Notre homme en eut telle secousse
- Que, craignant beaucoup pour ses jours,
- Il choisit comme quatrième
- Anne Cleves, femme allemand
- Qu'il trouva, néanmoins, trop blême
- Pour répondre à sa sentiment.
- Alors, ramassant sa couraige,
- Il prit Kate Howard aussitôt,
- Qui le laissa dans la veuvaige,
- Etant morte sur oun billot.
- Enfin, pour montrer quel patience
- Il était dans sa coeur de roi,
- A Kate Parr, dans son clémence,
- Il permit de lui jurer foi.
- C'est tout... Sur cet aimant monarque
- La ciel enfin reprit ses droits;
- Trente-huit ans l'anglaise barque
- Avait navigué sous ses lois.
- De son femme ainsi que des grues
- Il n'avait eu que trois enfants:
- D'abord deux filles très bourrues,
- Puis oun fils des plus innocents.
-
- [29] Voir note à l'appendice.
-
- [30] Voir note à l'appendice.
-
- [31] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD VI
-
-(1547-1553)
-
-
- C'est la fils qu'Henri la Huitième
- Il avait eu de la Seymour
- Et qui de porter diadème
- A dix ans vit venir son tour.
- Il était oun faible jeune homme,
- Malade, et, sans être oun nigaud,
- Pour bien gouverner oun royaume
- Possédant très peu la jingo.
- Il fut d'abord sous le tutelle
- De la frère de son maman,
- Qui fut renversé de l'échelle
- Par Dudley, oun autre manant.
- Cet-lui-ci, dès lors, prit son place
- Auprès du pauvre souffreteux
- Dont il gagna le bonne grâce
- En le cajolant de son mieux;
- Si tant que la prince mourante
- Fit testament en faveur... Bien!
- De Jeanne Grey, oun descendante
- Du famille lancastrien,
- Oubliant son propre lignée
- Très fâchée de cet curieux choix
- Et puis pas du tout résignée
- A perdre ainsi ses royaux droits.
- Enfin s'éteignit cet monarque
- A peine à l'âge de quinze ans;
- Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque
- Il avait bravé bien des vents.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-JEANNE GREY
-
-(1553-....)
-
-
- Nous avons, dans oun autre paige,
- Vu d'où venait ce Jeanne Grey,
- Fille d'oun beaucoup haut lignaige
- Puisqu'il descendait de Mary,
- Soeur du fameux Henri Huitième
- Et femme, pour oun court moment,
- Du roi français Louis Douzième.
- _Well! Well!_ Poursuivons maintenant!
- Jeanne était mignon et gentille,
- A peine âgée de dix-sept ans,
- Et, quoique de royal famille,
- Fuyait la trône tout le temps.
- Mais tant fit Dudley, son beau-père,
- Avec Guilford, son jeune époux[32],
- Qu'elle consentit, pour leur plaire,
- A régner. C'était, entre nous,
- De la part des deux imbéciles,
- Faire faire à cet jeune enfant
- Oun pas non des moins difficiles
- Et sûr d'avoir mauvais tournant.
- Pauvre Jeanne! Bien éphémère
- Fut sa règne. Sans hésiter
- Mary Tudor, affreux mégère,
- La fit vite décapiter.
-
- [32] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
- [Illustration]
-
-
- MARY TUDOR LA SANGLANTE
-
- (1553-1558)
-
-
- Mary Tudor était le fille
- D'Henri Huit par le premier lit.
- Elle était laide en vrai gorille,
- Avec oun teint de pissenlit.
- De son père la fanatisme
- Barbare, étroit, hautain et fol,
- Joint au dangereux royalisme
- De la parentaige espagnol,
- Fut, je crois, le pur héritaige
- Du virago Mary Tudor,
- Si tant il avait l'apanaige
- De tout ce qui fait la butor.
- Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33]
- Il vint pour réclamer son main.
- Il l'obtint, mais sans son compaigne
- Voulut partir le lendemain.
- En apercevant cet visaige
- L'hidalgo, surpris, s'était dit:
- --_Caramba!_ vite la veuvaige,
- Autrement je suis déconfit.--
- Et, depuis lors, le pauvre reine
- Dut viver loin de son époux,
- Et, pour mieux consoler son peine,
- Fit éclater oun grand courroux.
- D'abord, elle voulut le tête
- De la pauvrette Jeanne Grey,
- Et puis, pour compléter le fête,
- Celle du jeune époux Dudley.
- Northumberland perdit le sienne,
- Ainsi que le fameux Cranmer[34];
- Suffolk subit le même peine
- Avec l'évêque Latimer.
- Puis partout se multiplièrent
- Les échafauds et les bûchers,
- Et les flots de sang qui coulèrent
- Auraient attendri les rochers.
- Enfin.... elle mourut--ô chance!--
- Sans avoir eu le moindre enfant,
- Et c'est là que le Providence
- Pour l'humanité fut clément.
-
- [33] Voir note à l'appendice.
-
- [34] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-ELISABETH[35]
-
-(1558-1603)
-
-
- Lisbeth il fut oun très beau reine
- Avec oun grande nez pointu.
- Son mère était Anne Boleyne
- Qui lui légua tout son vertu.
- Bien! à propos du damoiselle,
- On eut d'abord difficulté
- Pour établir oun peu sur elle
- La point de légitimité;
- Car des femmes en mariaige,
- C'est comme du sel sur oun rôt:
- Point n'en faut faire oun gaspillaige,
- Mais éviter d'en mettre trop.
- Or, chose non controversée,
- Henri Huit pensait autrement
- Et toujiours plus qu'à la pincée
- Il usa de la condiment.
- Si tant que de Lisbeth la titre
- Il fut presque aussi débattu
- Et mis sur transparente vitre
- Que, plus tard, le fut son vertu.
- N'importe! Il monta sur la trône,
- Et je vous dirai certement
- Que jamais femme, homme ou personne
- Ne fut reine plus joliment.
- C'été pendant sa règne illustre
- Que la peuple anglais, jour et nuit,
- Commença de prendre la lustre
- Dont il reluit tant aujourd'hui;
- C'est dans cet règne que Shakspeare
- Il écrivit si trèsment bien
- Que pas oun autre n'a fait pire
- De si longtemps qu'il n'écrit rien.
- Mais parlons de Lisbeth lui-même,
- De qualités si bien nourri
- Que c'est oun curiouse problême
- De voir qu'il n'eut point de mari.
- Oh! oh! si d'oun chef de ménaige
- Il n'eut pour se faire oun portrait
- Que le seul pitoyable imaige
- D'Henri, son père, on comprendrait;
- Car, vraiment, la coeur la plus tendre
- Devient vite ratatiné
- Lorsque tout il lui fait entendre
- Qu'il est au billot destiné.
- Et n'allez pas vous faire idée
- Que Lisbeth manqua d'aspirants!
- Elle en fut même incommodée,
- Et parfois de très écoeurants.
- Nommons: Philippe, sa beau-frère,
- Féroce espagnol carcajou,
- Et cet gringalet légendaire
- Qui s'appelait la duc d'Anjou.
- Mais, si grand que fut la beau moine
- Qui cherchait à la contourner,
- Chacun dut manger son avoine
- Et bredouille s'en retourner.
- Et voilà! Des amis fidèles,
- En eut-elle? _Why! certainly_,
- Et pas des petits citronnelles;
- Songez donc: Essex et Dudley,
- Les deux _boys_ les plus maggnifiques
- Et plus adroitement docteurs
- Possédant toutes empiriques
- Pour soigner les grands maux de coeurs!
- Ce reine était d'humeur changeante,
- --C'est connu,--bonne à certain jour,
- Puis tout à coup si tant méchante
- Qu'on n'en pouvait faire le tour
- Ni même y venir assez proche
- Sans risquer d'accomplir oun saut
- Qui vous jetait comme oun vrai poche
- Tout en travers sur oun billot.
- Et souvent après que son ordre
- Il fut suivi jusqu'à la fin,
- Lisbeth tombait tout en désordre
- Si tant qu'il avait du chagrin.
- Oh! l'on vit fort bien cet prodige,
- Curieuse et beaucoup triste aussi,
- Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,
- Sur la billot fut raccourci;
- Car, sitôt que la coup fut faite,
- --Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,--
- Le reine, au fond de son retraite,
- A pleurer fut très occupé,
- Faisant oun si grande vacarme
- Avec si brûlante soupir
- Qu'on pensa de sonner l'alarme
- A tous les pompiers pour venir.
- Et puis, le façon très indigne
- Dont il traita Mary Stuart
- Fait qu'aujourd'hui chacun trépigne
- A cet _infamous_ traquenard.
- Non pas que le reine d'Ecosse
- Il fut l'ange que quelqu'un dit;
- Non, je crois que cet-ci fut rosse
- Oun peu trop fort pour sa crédit.
- Par exemple, sa ton hautaine...
- Sa manque de discrétion...
- Rizzio... hum!... Puis son grand haine
- Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...
- Ses menaces à le sourdine...
- Mais ce n'était pas suffisant
- Pour que Lisbeth à son cousine
- Fît subir pareil traitement.
- Aussi, dedans cette occurrence
- Lisbeth perdit de sa grand nom
- Et de sa plus noble héritance,
- Si tant qu'il fut là polisson.
- Et puis la monde avec tristesse
- Se dit, devant tels faits flagrants:
- Trop souvent que de petitesse
- Ne trouve-t-on pas chez les grands!...
- Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,
- Malgré tout, très fort et savant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il en fit, des bonds en avant!
-
- [35] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-Maison des Stuarts
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-JACQUES I
-
-(1566-1625)
-
-
- Lisbeth, pas n'est besoin de dire,
- Il était morte sans enfants.
- Et c'est, pour oun trône, oun sort pire
- Que la trop plein de prétendants.
- Car, s'ils sont plusieurs à le file,
- On peut choisir et c'est très bien;
- Mais cet choix devient difficile
- Quand dessous le main on n'a rien.
- Donc, de princes le pénurie
- Il causait beaucoup des douleurs
- A la peuple tout ahurie
- De devoir en chercher ailleurs.
- Jadis des rois issus de France
- Sur la trône s'étaient assis;
- Mais ce n'était par complaisance,
- Car cet trône ils l'avaient conquis.
- Alors on chercha dans l'Irlande
- Parmi les grands du nation,
- Mais il paraît que dans le bande
- On ne put trouver rien de bon.
- Bien! Tout à coup la peuple anglaise
- Se dit: Oh! mais, que j'ai donc tort
- De tant chercher, quand à mon aise
- J'en puis trouver oun sans effort!
- Il se souvenait qu'en Ecosse
- Autrefois oun princesse anglais
- Etait allée en bel carrosse
- Pour devenir reine écossais.
- Et ce princesse il fut, de même,
- Grand'mère de Mary Stuart,
- Duquel la fils, Jacques Sixième,
- D'Ecosse il devint roi plus tard.
- Pour lors se dit la peuple anglaise:
- _Heavens!_ c'est cet-là qu'il nous faut.
- Qu'il vienne, et, pour le mettre à l'aise,
- Nos soins ne feront pas défaut.
- Il vint. Mais comme, en Angleterre,
- On croit toujours tout inventer,
- La nom de Jacques la première
- Au lieu de l'autre il dut porter.
- Bien! paraît-il, dans tout l'Histoire
- Il est malaisé de trouver
- Oun règne moins rempli de gloire,
- Mais, en même temps, d'en rêver
- Oun qui fût plus vraiment honnête.
- Quant à Jacques, nul autre roi
- Jamais ne reçut par le tête
- Tant d'éloges de bonne foi
- Ni tant de coups de la critique,
- De grands saluts, malins discours
- Ou fleurs de gai panégyrique.
- Sur lui le griffe et la velours,
- Alternant d'oun façon constante
- Dans leur flatterie ou courroux,
- Jamais l'oun ne fut plus cuisante,
- Ni l'autre d'oun contact plus doux.
- En somme, cet règne il fut bonne,
- Avec certains succès complets
- Et, comme toujiours, le couronne
- Eut de plus ou moins gais reflets.
- Doué de beaucoup d'énergie,
- Jacques bientôt sous ses efforts
- Il vit sa pouvoir élargie
- Dans la dedans comme au dehors.
- Il établit, comme oun bon père,
- Parmi ses soujets l'union,
- Et de l'Ecosse et l'Angleterre
- Il compléta le fusion.
- Il était oun prince savante
- Et souvent poussait la travers,
- Pour paraître encor plus charmante,
- Jusqu'à vouloir... faire des vers.
- Pourtant certains goûts despotiques
- Lui firent commettre des torts;
- Si tant que des rangs politiques
- Oun jour il fut presque dehors[36].
- C'est ainsi que--fait regrettable!--
- Il prépara la grand malheur
- Qui fit la sort si misérable
- De son fils et son successeur.
- N'importe! Il fut oun grand monarque,
- _Oh! yes_, et beaucoup très pouissant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il fit tioujours voile en avant.
-
- [36] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-CHARLES I
-
-(1625-1649)
-
-
- La fils de Jacques la Première,
- Bien! il fut Charles la Premier[37].
- C'est oun chose beaucoup trop claire
- Pour que l'on prouvé le nier.
- Et puis, qu'il fit grand gaucherie
- En déplaisant à ses soujets,
- Ce n'est pas, non plus, menterie,
- Mais oun vérité des plus vrais.
- Oh! c'était oun charmant garçonne,
- On le dit et je le crois bien.
- Mais lorsqu'il monta sur la trône
- Savait-il quelque chose ou rien?...
- Ignorait-il que, pour oun prince,
- Gouverner bien c'est maîtriser,
- Et qu'avec oun pouvoir trop mince
- On se fait vite mépriser?
- Pourquoi, d'abord, contre l'Espaigne
- Et le France tout à le fois
- Fit-il le très vilain campaigne
- Où, _Hell!_ il se brûla les doigts?
- Pourquoi devint-il orgueilleuse
- Au point qu'il osa refuser
- Ce que sa peuple souffreteuse
- Il voulait tant lui proposer?
- Pourquoi fit-il, à droite, à gauche,
- Si grandes tas de mécontents
- Que c'était comme oune débauche
- De pleurs et de gémissements?
- Son Parlement il lui demande
- Quelque chose pour amoindrir
- Le misère qui se fait grande;
- Se rendra-t-il à cet désir?
- Oh! non. D'oun ton brusque et hautaine
- Il répond à la Parlement
- Que son demande il est trop vaine
- Pour qu'il s'en occupe oun moment[38].
- Qu'arriva-t-il?... On le devine.
- La Parlement, fâché très fort,
- Saisit la roi si tant mutine
- Et vite il vous le mit à mort[39].
- Pauvre Charles! Ton destinée
- Il fut bien amère, ma foi,
- Et ta règne mal terminée...
- Mais... est-ce de mon faute, à moi?
-
- [37] Voir note à l'appendice.
-
- [38] Voir notes à l'appendice.
-
- [39] Voir notes à l'appendice.
-
-
-
-
-République
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-OLIVIER CROMWELL, Protecteur
-
-(1649-1658)
-
-
- De Charles la bras tyrannique
- Avait forcé beaucoup d'Anglais
- A s'en aller dans l'Amérique
- Chercher la bonheur et le paix.
- Bravant les rigueurs de le houle
- Ils s'en allaient, l'esprit bien noir,
- Et de ces émigrés le foule
- Il était pitoyaible à voir.
- Oun jour, l'ordre vint du monarque,
- Qu'oun tel exode inquiétait,
- D'arrêter tout navire ou barque
- En partance pour cet objet.
- C'est ainsi que fut empêchée
- La départ d'Olivier Cromwell,
- Oun Puritaine tout crachée.
- Les Puritaines?... Qu'est-ce?... _Well!_
- C'est oun drôle espèce d'apôtres
- Qui croient pouvoir se rendre purs
- En purifiant surtout les autres
- Envers lesquels ils sont très durs.
- Pauvre Charles! Comme il fut bête
- De vouloir garder cet garçon!
- Cromwell resta; mais dans son tête
- Eclata le rébellion.
- Alors comme représentante
- Au Parlement il fut porté
- Et, là, pour sa travail constante,
- Comme oun grand homme il fut compté.
- Bientôt son oeuvre il fut complète:
- La Parlement il conduisait
- Si tant qu'oun jour du roi le tête
- Sur oun échafaud il roulait.
- Cromwell triompha, maggnifique,
- Comme oun grande libérateur,
- Et de la nouveau république
- Il fut nommé la Protecteur.
- Pour neuf ans il garda cet titre
- Et, faut le dire à sa crédit,
- Oh! point il ne fut oun bélître,
- Mais grand homme, sans contredit.
- Sous lui notre chère Angleterre,
- Depuis longtemps très indigent,
- Il devint si beaucoup prospère
- Qu'on... ne peut pas dire comment.
- Cromwell ne fut pas oun monarque
- Dans la sens brutal de cet mot;
- Mais sous son oeil... l'anglaise barque
- Il marcha beaucoup comme il faut.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-RICHARD CROMWELL
-
-(1658-....)
-
-
- Il est la fils du précédente,
- Et fut deuxième Protecteur;
- Mais des talents de sa parente
- Il avait bien peu le couleur.
- Le père il était très active,
- Brave soldat, parleur brillant;
- Mais la fils, loin d'être aussi vive,
- Il passait la temps en bâillant.
- Des ennemis du république
- Parfois il avait si tant peur
- Qu'il lui prenait comme oun colique
- Dont il sentait oun grand douleur.
- Aussi sa règne fut bien courte;
- Après six mois, triste, abattu,
- Il s'enfuyait comme oune tourte
- Ou comme oun chien qu'on a battu.
- La fils de Charles la Première,
- Tournant de sa pays autour,
- Il était près de le frontière
- Attendant l'heure du retour.
-
-
-
-
-Restauration des Stuarts
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-CHARLES II
-
-(1660-1685)
-
-
- Bon! Voilà ces rois excellentes
- Qui nous reviennent de nouveau!
- Devant leurs plumaiges brillantes
- Cromwell avait fui comme oun veau,
- Et la prince Charles Deuxième
- Dans sa pays s'étant rendu
- Avait repris la diadème
- Que son père il avait perdu.
- Je voudrais bien dessus sa règne
- Pouvoir écrire oun compliment;
- Mais ma coeur de poète il saigne
- Pour rimer sur oun tel manant.
- Charles Deux fut la prototype
- Du roi sensuel et viveur,
- Cherchant partout le maggnifique
- Même à le prix de son honneur.
- Chez lui c'était comme oun rafale
- De freluquets et polissons,
- Et jamais dans le cour royale
- On n'avait vu tant de guenons.
- C'étaient tioujours fêtes brillantes,
- Promenades et bals masqués,
- Danses des plus mirobolantes
- Comme proupos des plus risqués.
- Les vins coulaient en vrais déluges
- Dans des festins de fins ragoûts,
- Où l'on mangeait comme des juges
- Et l'on buvait comme des trous.
- Les damoiselles mouchetées,
- Tout couverts de colifichets,
- Avec au col des brochetées
- De parures les plus coquets,
- Traînaient leurs riches mousselines
- Sur les parquets doux et luisants,
- Maintes galantes mascoulines
- Leur débitant des compliments.
- Puis, au son des clarionnettes,
- Violons, flûtes, tambourins,
- On se faisait mille courbettes
- A s'en donner des tours de reins,
- Tourbillonnant en rondes folles
- Dans oun frelassement joli,
- Le bouche plein de mots frivoles,
- La nez bourré de patchouli.
- Pardonnez à mon innocence
- De ne vous en dire plus long!...
- Qu'oun coeur bien né tioujours s'offense
- De tels discours, oh! c'est très bon.
- Encor si les torts de son père
- Charles Deux avait évités;
- Si des habitants d'Angleterre
- Les droits il avait respectés!...
- Mais, par oun acte impolitique
- S'aliénant la Parlement,
- Il voulut d'oun bras tyrannique
- Gouverner seul et violemment.
- Alors les cris et les murmures
- Ils s'élevèrent de partout[40],
- Et plusieurs cruelles mesures
- La roi prit pour les mettre à bout.
- Oh! oh! c'été vraiment oun chance,
- Pour la pauvre roi criminel,
- Que la peuple, en cette occurrence,
- N'eût plus son Olivier Cromwell!
- Il vécut. Mais ses torts nombreuses
- Tombèrent sur la roi suivant
- Qui, lors de ses jours malheureuses
- Avait assez des siens, pourtant.
-
- [40] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-JACQUES II
-
-(1685-1689)
-
-
- Jacques Deux il était la frère
- De Charles Deux qu'on vient de voir;
- Et c'est affreux tout le misère
- Qu'il prit pour le couronne avoir.
- Par malheur, à le politique
- Il mêla le religion,
- Si tant que partout le critique
- Il s'attacha dessus son nom.
- Erreur difficile à comprendre,
- Qui de nos jours soubsiste encor
- Parmi cet-là qui veulent prendre
- «La sanctuaire pour décor...»
- Jacques d'abord, brave et tenace,
- Dans sa succès trop confiant,
- Pensa qu'au peuple en faisant face
- Il devrait rester triomphant.
- Aux premiers clameurs de le foule
- Il répondit par le rigueur;
- Mais, comme oun tonnerre qui roule,
- Les cris prirent plus de vigueur[41].
- Bientôt Jacques put reconnaître
- Que, même jusqu'en son maison,
- Contre sa trône et sa bien-être
- Se préparait le trahison.
- En effet, son fille Marie
- Avec Guillaume, son époux,
- Aux biens de le royauterie
- Ils faisaient déjà les yeux doux.
- Guillaume était prince d'Orange
- Et de Hollande oun stathouder,
- Ce qui ne veut pas dire oun ange,
- Mais oun garçon bougrement fier.
- Les Jacobites ou Papistes
- Etaient de Jacques les suivants;
- Et cet-là nommés Orangistes
- Etaient de Guillaume les gens.
- Bien! cet dernier à sa beau-père,
- D'auprès duquel il avait fui,
- Il fit oune terrible guerre
- Pour avoir le couronne à lui.
- A le rivière de le Boyne
- Leurs soldats s'étant rencontrés,
- Ils se chauffèrent tant le couenne
- Que beaucoup en furent grillés.
- Jacques s'y vit, l'excellent homme,
- Dépouillé de ce qu'il avait;
- Et sa gendre, la bon Guillaume,
- Eut la trône qu'il convoitait.
- Noble et caressante famille!
- De voir son père détrôné,
- Mary, dit-on,--excellent fille!--
- De rire était ratatiné.
-
- [41] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-Orange et Stuart
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GUILLAUME III ET MARIE II
-
-(1689-1702)
-
-
- Très peu de chose il reste à dire
- De ces deux tourtereaux charmants.
- Ni l'oun ni l'autre ne fut pire
- Que rois et reines précédents.
- Guillaume il eut beaucoup à faire,
- En commençant, pour conserver
- La trône qu'à son cher beau-père
- On l'a vu tantôt enlever.
- Cet-ci dans la pays de France
- Avec ses gens s'étant rendu,
- Y cherchait encore oune chance
- De ravoir sa trône perdu.
- Mais cet espoir il était vaine.
- Guillaume avait beaucoup d'amis
- Dont pour Jacques le grande haine
- Jamais depouis ne s'est remis;
- Et lorsque Louis, Roi-Lumière,
- Signa la traité de Ryswick[42],
- De pauvre Jacques le prière
- Il fut oublié... _pretty quick_.
- Enfin, du pouvoir souveraine
- Guillaume jouit avec douceur;
- Mais bientôt il perdit son reine[43],
- Et ce lui fut oun grand douleur.
- Lui-même, si brave et si forte,
- Oun jour il tomba de cheval;
- Puisque de cet coup il est morte,
- C'est qu'il s'était fait oun grand mal.
- N'importe! il fut pouissant monarque,
- Très tendre et beaucoup complaisant;
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il fit oun grand saut en avant.
-
- [42] Voir note à l'appendice.
-
- [43] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-ANNE
-
-(1702-1714)
-
-
- Anne elle était soeur de Marie,
- Et sur la trône fut douze ans.
- Elle était douce et bien jolie,
- Mais fanatique en même temps.
- Pour rendre son gloire immortelle
- Elle fit tout en sa pouvoir;
- Mais sa lustre la plus réelle
- Vint, je crois, comme l'on va voir.
- En effet, c'été sous ce reine
- Que vivé la fameux guerrier
- Mossieu Malbrouck, grand capitaine,
- D'oun appétit si carnassier.
- Malbrouck il fit le guerre en France
- Dont les soldats il écrasa;
- Et, pour vaincre, son diligence
- Bien rarement on surpassa[44].
- Bien! ce n'est pas tant sa couraige
- Qui lui valut sa grand renom,
- Mais de son gloire l'apanaige
- Il lui vint d'oun fameux chanson:
- «Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...»
- «Paige, quel nouvelle apportez?...»
- «Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...»
- «Par quatre biaux sous-officiers...»
- Et puis: «Madame à son tour monte
- «Bien plus haut qu'il peut pas monter...»
- Chanson que les Français, sans honte,
- Toujours ils ne font que chanter.
- Si tant que du grand capitaine
- Il ne reste plus aujourd'hui
- Que cet scandalouse refraine
- Qu'on a fait pour rire de lui.
- _Well! well!_ quant au reine lui-même,
- S'il ne fut pas de les plus grands,
- Il eut l'avantaige suprême
- De se faire aimer tout la temps,
- Dirigeant toute son pouissance
- A rendre heureux tous ses soujets.
- Si tant qu'après la long distance
- De deux siècles, la peuple anglais
- Ne parle pas de «_good queen Anne_»
- Sans beaucoup grand le bouche ouvrir
- Pour aussitôt oun vrai boucane
- De compliments laisser sortir.
- _Well, then!_ Anne fut oun monarque
- Dont on ne peut médire en rien;
- Car sous son oeil l'anglaise barque
- Il marcha tioujours... oh!... très bien.
-
- [44] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-Maison de Hanovre
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GEORGE I
-
-(1714-1727)
-
-
- De la fameux Jacques Première
- Cet nouvel prince il descendait,
- Et seul protestant héritière
- De l'anglais trône il se trouvait.
- Il fut, dit-on, oun roi très saige,
- Cherchant la bien de ses soujets,
- Mais, fort malheureux en ménaige,
- Avalant beaucoup des regrets.
- D'oune intrigue basse et méchante
- Son femme oun jour il accusa[45],
- Et dans oun prison effrayante
- Trente deux ans il la laissa.
- Tout de même... il fut oun monarque
- Beaucoup très tendre et complaisant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il fila tioujours en avant.
-
- [45] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GEORGE II
-
-(1727-1760)
-
-
- Cet George il était fils de l'autre,
- Et c'était oun si bon enfant
- Qu'on en aurait fait oun apôtre
- Pour... tant qu'il était complaisant.
- Il guerroya contre le France
- Et plusieurs batailles perdit[46];
- Mais aussi, par bienheureux chance,
- Il en gagna,... sans contredit.
- Ainsi fit-il le grand conquête
- De la pays de Canada,
- Malgré qu'elle ne fut complète
- Que sous la roi qui succéda.
- Oh! ce fut oun pouissant monarque,
- Comme on voit, très entreprenant,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il marcha très loin en avant.
-
- [46] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GEORGE III
-
-(1760-1820)
-
-
- Petit-fils de George Deuxième,
- Cet-ci n'avait que vingt deux ans
- Lorsqu'il coiffa la diadème
- Qu'il devait garder si longtemps.
- Oh! ce fut oun très chanceux homme
- Qui faisait tout ce qu'il voulait;
- Et l'on peut ajouter, en somme,
- Qu'il en... voulait tant qu'il pouvait.
- Mais il ne faut pas que l'on pense
- Que tous ses voeux furent bénis,
- A moins qu'il ne songeât d'avance
- A... perdre les Etats-Unis.
- Car c'est alors que ce contrée,
- Au bruit de la canon grondant,
- Malgré l'Anglais fit son entrée
- Dans la régime indépendant.
- George ensouite eut oun règne heureuse,
- Ni trop sévère ni trop mou;
- Mais son tête un jour devint creuse
- Et, pour dix ans, il fut très fou...
- N'importe!... il fut un grand monarque,
- Fort bon et très... intelligent,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il marcha beaucoup en avant.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GEORGE IV
-
-(1820-1830)
-
-
- De la monarque précédente
- George Quatre il était la fils,
- Et pour longtemps il fut Régente,
- Son père étant fol comme dix.
- Enfin il monta sur la trône
- Et le garda deux fois cinq ans;
- Mais sur son tête le couronne
- N'éclata pas de feux brillants.
- Il fut adversaire implacable
- De l'empereur Napoléon,
- Et d'oun façon peu charitable
- Il traita cet _clever_ garçon.
- Contre le liberté d'écrire[47]
- Il avait de drôles travers;
- Et, s'il vivait, au lieu d'en rire,
- Il se choquerait de mes vers.
- Mais tout marche de telle sorte
- Que sans peur mes goûts je poursuis:
- Aujourd'hui George Quatre est morte,
- Tandis que, _by Jingo!_ je vis...
- N'importe! Qu'il fût malheureuse
- En formulant certains décrets,
- Et que d'oun main trop rigoureuse
- Il ait traité quelques soujets,
- N'empêche qu'il fut grand monarque,
- Et sous son oeil si tant chrétien
- Comment marcha l'anglaise barque...
- Oh! oh! vous le devinez bien.
-
- [47] Voir note à l'appendice.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-GUILLAUME IV
-
-(1830-1837)
-
-
- De George Quatre il était frère
- Et, comme on vous l'a dit tantôt,
- George Trois il était son père
- Qui même avait plus d'oun marmot.
- Des deux bords de le politique
- Il fut comme oun explorateur:
- Tantôt libéral très pratique,
- Et tantôt franc conservateur.
- C'est ainsi que, chez nous encore,
- Certaines gars ont la talent
- De suiver constamment l'aurore
- De la prochain soleil levant.
- Mais... Guillaume il fut oun monarque
- Pour oun bâtiment bien lester,
- Et sous son oeil l'anglaise barque
- Il ne pouvait pas s'arrêter.
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-VICTORIA I
-
-(1837-1901)
-
-
- De Victoria le Première
- Tout ce qu'on peut dire est très bon.
- Elle fut reine, épouse et mère
- De toute le meilleur façon.
- Pour voir oun peu son origine
- On doit l'Histoire remonter,
- La meilleur moyen, j'imagine,
- De ne point s'en laisser conter.
- D'abord, pour commencer la thème,
- George Trois avait quatre fils.
- Mon franchise il serait le même
- S'il en avait eu trente-six.
- Mais, pour ce qu'il n'en eut que quatre,
- Je m'en tiens à cet numéro,
- Et je me ferais plutôt battre
- Que d'y joindre même oun zéro.
- George Quatre il fut la première,
- Guillaume Quatre la Second;
- Puis vint oun autre par-derrière
- Dont je ne souviens plus la nom.
- La duc de Kent il vint ensouite,
- Et son fille Victoria,
- Comme l'on a vu par le souite,
- Elle devint reine et... voilà!
- Victoria fut si tant bonne
- Et si tant se fit respecter,
- Que mon coeur de joie il frissonne
- Quand je me vois pour le chanter.
- Sa règne eut oun tel maggnitude
- Que, pour en bien suivre la cours
- Dans oune véridique étude,
- Les vers de huit pieds sont trop courts.
- Huit ou dix pieds, oh! saperlotte!
- C'été bon pour les rois communs;
- Même oun seul pied dans oun bon botte
- Conviendrait bien à quelques-uns.
- Mais pour oun reine qu'on admire
- Avec encor plus des raisons,
- Les grandes vers de Shakespeare
- Même ils ne seraient pas trop longs.
- _Well! well!_ quand ce reine admirable
- Fit sa _Diamond Jubilee_,
- Sur cet sujet tant respectable
- Oun grand hymne j'avais poli.
- C'était en vers alexandrines
- Beaucoup tendres et trèsment beaux
- Et, pour les rendre plus coquines,
- Coupés de petits vermisseaux.
- Or, comme ils renferment complète
- L'histoire de cet règne-là,
- Permettez qu'ici je répète
- Cet hymne comme le voilà!
-
-
- ODE A VICTORIA[48]
-
- A L'OCCASION QU'ELLE JOUBILE EN DIAMOND.
-
- Juin 1897.
-
-
- Je souis oun fils altier de le grande Angleterre
- De qui la fier drapeau partout dessus le terre
- Flotte dans le vent.
- Mon coeur, en cet moment que le Reine joubile,
- Il est piqué très fort comme par oun aigouile
- Et saute en avant.
-
- Je ne me senté pas oune grande poète
- Et je ne connaissé le française rimette
- Pas assez beaucoup;
- Mais d'oune si bel jour pour garder le mémoire
- De _Queen_ Victoria je veux chanter le gloire
- Encor pour oun coup.
-
- Les soixante ans ils sont restés loin en arrière
- Depouis que notre Reine entreprit le carrière
- Comme le voilà;
- Et le youmanité, dans cette longue règne,
- Il n'a jamais souffert et jamais il ne saigne
- A cause cela.
-
- _Our most gracious Queen_, en régnant de le sorte,
- Il était jeune encor pour de son oncle morte
- Prendre placement.
- Si tant belle il était que tout la monde admire
- Encor bien plus des fois qu'on ne peut pas le dire,
- Oh!... certainement.
-
- Son beauté maggnifique il était bien complète;
- De son joustice aussi chacun il faisait fête
- Partout au dehors.
- On en parlait si fort de Roussie en Bretaigne
- Que, pour aller le voir, sa cousin d'Allemaigne
- Eut le fièvre au corps.
-
- La prince il était beau, ni grande ou trop petite,
- Et devers son cousine il s'en alla bien vite
- Sans faire du bruit.
- Le reine il le trouva bien pour son convenance
- Et l'aima tant si fort en voyant son présence
- Qu'elle épousa lui.
-
- Peut-être l'on dira c'été pas mon affaire,
- Et quant à son privé c'été mieux de me taire
- Dans mes humbles chants.
- Mais ces petites mots innocentes, il semble,
- Expliqueront fort bien comment les deux ensemble
- Eurent tant d'enfants.
-
- N'importe! elle été là, grande reine et pouissante,
- Du nation anglaise emblême éblouissante
- Avec sceptre d'or;
- Et, soixante ans après, des bords de l'Amérique
- Jusques aux sables cuits du creux noir de l'Afrique
- Elle règne encor.
-
- Sous sa bienveillante oeil tous nos gens prospérousent.
- Les autres nations entr'elles se jalousent,
- Luttant pour l'honneur.
- Mais dans le Angleterre on vit en bons apôtres;
- On ne fait plus le guerre, on le fait faire aux autres,
- Oh! c'été meilleur.
-
- Le Angleterre il est toujours très richissime;
- C'été connu. Pour lors de s'exposer le frime
- Il aurait bien tort.
- Depuis trente ans, l'Anglaise il a mis dans son tête
- Qu'oun boulet de canon il fait moins le conquête
- Que des pièces d'or.
-
- Sous la sceptre si mol de notre Souveraine
- On connait bien l'amour, mais non jamais le haine
- Et ses vilains traits;
- Le paix règne partout dans cette vaste empire
- Sur lequel la soleil, si tant loin qu'il dévire,
- Ne s'endort jamais.
-
- Oh! c'est oun grande roi... Mais non, il faut écrire
- Reine; car ces deux mots ils ne voulé pas dire
- Ici _the same thing_.
- En français, voyez-vô, mêler la mascouline
- Sans d'excellents raisons avec le féminine,
- Ça serait _shocking_.
-
- De longtemps je sentais oun grand concoupiscence
- D'écrire pour mon reine, au jour de son naissance,
- Oun hymne poli.
- Voilà! Pardonnez-moâ, vous, mes frères anglaises,
- Si j'ai voulu chanter avec des vers françaises
- _Our Queen's Jubilee!_
-
- [48] Voir note à l'appendice.
-
-
- Pour ce que les alexandrines
- Sont vers difficiles beaucoup,
- Aux huit-pieds, qui sont moins mutines,
- Je reviens encor pour oun coup.
- Hélas! et c'été pour vous dire
- Que ce grand reine si charmant
- Que tout la monde encore admire
- Comme du temps de sa vivant;
- Reine si doux, femme si bonne,
- Si tant polie et vertueux
- Que dans son coeur chacun s'étonne
- Qu'il descendît de tels aïeux
- Dont on vient de lire l'histoire...
- Hélas! c'été pour dire, enfin,
- Que de son vie et de son gloire
- En pleurant on a vu le fin.
- Il est morte en grande monarque,
- Comme il l'avait été vivant;
- Et, ciel! ce que l'anglaise barque
- Dans son temps fila de l'avant!...
-
-
-
-
-[Illustration]
-
-
-EDOUARD VII
-
-(1901-....)
-
-
- Avant la présent souveraine
- Ceux qu'on a vus ils étaient morts,
- Et l'on pouvait dire sans gêne
- S'ils ont été bons ou butors.
- Mais Edouard Sept il est en vie,
- Oh! très en vie à cet moment,
- Et, pour jamais qu'on ne l'oublie,
- J'ai mis son binette plus grand.
- Car si d'oun monarque bien morte
- On peut dire tout ce qu'on veut,
- Il est proudent que d'autre sorte
- On parle d'oun roi qui se meut.
- C'est ce que la peuple grenouille
- Un jour il apprit sous les eaux;
- Du moins, Esope il en bredouille
- Dans oun de ses beaux fabliaux.
- Car si vous mettez le critique
- Sous la nez d'oun prince vivant,
- Le chose tant beaucoup le pique
- Qu'il se fâche et saute en avant.
- Alors, sous le fureur royale
- L'improudent est vite perdu;
- On vous le lance comme oun balle
- Au bout d'oun cordeau de pendu.
- Tenez! en parlant de Sans-Terre
- J'ai dit qu'il était oun crapaud.
- Bien! si d'Edouard cet mot grossière
- J'allais souffler, gare à ma peau!
- D'oun bout à l'autre de la ville
- Ce ne serait que cris de mort;
- Chacun il se croirait utile
- En me faisant oun mauvais sort,
- Les grands de le magistrature
- Ils me _prononceraient_ oun gueux,
- Et même le cléricature
- Il ne me traiterait pas mieux.
- Oun animal de ce faconde,
- Dirait-on, il faut accrocher,
- Car vérité le plus profonde
- Parfois il faut savoir cacher.
- Et, quand du haut d'oune potence
- Mon corps il se balancerait,
- C'est à qui plus fort en cadence
- "_God save the King!_" il chanterait.
- Bien! Toute crainte je défie,
- Et je le fais en... défiant;
- Car jamais roi pendant son vie
- Ne fut plus qu'Edouard édifiant.
- _Dear, me!_ mon seule inquiétude
- Est--tenez cela pour compté!--
- De ne pouvoir en cette étude
- Rendre joustice à son bonté.
- Fils de Victoria Première,
- Grand reine que l'on pleure encor,
- Il est en tout son héritière
- Même jusque dans sa coeur d'or;
- Et, tandis qu'avec grand sagesse
- Sur sa peuple il règne aujourd'hui,
- Cet-ci de plus en plus engraisse,
- Devient rougeaud, brille et reluit.
- Si tant que point je ne redoute
- Pour la dit peuple aucun malheur,
- Excepté... peut-être la goutte,
- Très noble mal de haut seigneur,
- Et cet autre, l'apoplexie,
- Que ne connait point la quêteux.
- Et voilà comment j'apprécie
- Les bienfaits de cet règne heureux,
- _Oh, dear! oh, dear!_ D'Edouard vivante
- Pourquoi craindrais je de parler?
- Ce que je dis est mot courante,
- Et rien je ne puis dévoiler
- Qui ne soit oun parfait hommaige
- A le bonté de notre Roi,
- A son savoir, à sa couraige,
- A sa... _Well! Well!_... à sa tout, quoi!
- _Don't fear!_ Edouard est oun monarque
- Qui savé gouverner très bien,
- Et... sous son oeil l'anglaise barque
- Oh, tenez!... je ne dis plus rien.
-
-
-
-
-EPILOGUE
-
-
- Dans la pays de Angleterre
- Oh! tout il été trèsment beau;
- Et tout il été si nouveau
- Dans la pays de Angleterre,
- Qu'on a beau dire la contraire
- Même en criant comme oune veau,
- Dans la pays de Angleterre
- Oh! tout il été trèsment beau.
-
- D'oun bout de cet pays à l'autre
- Ce n'est que palais, que jardins
- D'où sont exclus tous les gredins,
- D'un bout de cet pays à l'autre.
- C'est mon avis, sinon le vôtre,
- Et cet-là de gens beaucoup fins:
- D'oun bout de cet pays à l'autre
- Ce n'est que palais, que jardins.
-
- Le grand nation qui l'habite
- Il été la plus grand de tous.
- Oh! chacun sait ça comme nous,
- Le grand nation qui l'habite
- Il été loin d'être... petite.
- Si tant qu'à la fin, savez-vous,
- Le grand nation qui l'habite
- Il été la plus grand de tous.
-
- C'été surtout par son richesse
- Qu'il compté la plus de valeur.
- Quand plus qu'oun autre il est meilleur
- C'été surtout par son richesse;
- Car... tout la monde il le confesse
- Et c'été bien connu, d'ailleur,
- C'été surtout par son richesse
- Qu'il compté la plus de valeur.
-
- A cause de son grand pouissance
- Beaucoup de peuples sont heureux;
- Tandis que d'autres sont... peureux
- A cause de son grand pouissance.
- Si tant que, par son alliance,
- --Quand ils ne pouvé faire mieux--
- A cause de son grand pouissance
- Beaucoup de peuples sont heureux.
-
- Il ne courtisé pas le guerre
- Quand il pouvé faire autrement;
- Et, comme noble amousement,
- Il ne courtisé pas le guerre.
- Pourvu... qu'il fasse son affaire
- Et que d'autres soient en avant,
- Il ne courtisé pas le guerre
- Quand il pouvé faire autrement.
-
- Parmi les sauvaiges d'Afrique
- Il sait se faire redouter,
- Et sa nom il fait respecter
- Parmi les sauvaiges d'Afrique.
- Là ses ordres sont sans réplique,
- Et... s'il faut vous le répéter,
- Parmi les sauvaiges d'Afrique
- Il sait se faire redouter.
-
- Avec la peuple civilise
- Oh! bien, il été très proudent,
- Et tioujours très condescendant
- Avec la peuple civilise.
- Pendant longtemps il... _temporise_;
- Mais si l'autre montre le dent,
- Avec la peuple civilise
- Oh! bien, il été très proudent.
-
- Douce Albion! Chère patrie!
- Je t'aime autant que je le peux
- Jusqu'en mon âme le plus creux.
- Douce Albion! Chère patrie!
- Je ne fais pas de menterie
- Dans l'expression de mes feux:
- Douce Albion! Chère patrie!...
- Je t'aime autant... que je le peux!
-
-[Décoration]
-
-
-FIN
-
-
-
-
-NOTES
-
-
- [1] --A la suite d'une querelle avec les siens, Egbert dut se
- réfugier en France, où il séjourna pendant quelque temps à la
- cour de Charlemagne.
-
- [2] --Alfred s'était introduit dans le camp danois, déguisé en
- barde.
-
- [3] --Alfred protégea les arts, la navigation et le commerce, et
- fonda l'institution du jury.
-
- [4] --Ethelwald.
-
- [5] --Charles III dit le Simple. Ce roi ayant été pris par le
- comte de Vermandois, Ogive s'enfuit en Angleterre, à la cour de
- son frère Athelstan et y fit élever son fils Louis, ce qui valut
- à ce prince le surnom d'Outre-Mer.
-
- --Elgiva était parente d'Edwy, et celui-ci l'avait épousée malgré
- les canons de l'Eglise. Elle lui fut enlevée et périt dans les
- supplices.
-
- --Saint Dunstan, alors archevêque de Cantorbery, fut le principal
- conseiller d'Edgard.
-
- [6] --Edmond II succéda à son père. Son intrépidité et sa force
- l'avaient fait surnommer _Côte de fer_ (_Iron-side_). Il fut
- assassiné en 1017, et laissa Canut seul maître de l'Angleterre.
-
-(La note 7 n'existe pas).
-
- [8] --On sait que notre Très Gracieuse Souveraine, la reine
- Alexandra, est fille de Christian IX, roi du Danemark.
-
- [9] --Guillaume le Conquérant vainquit Harold II à la fameuse
- bataille d'Hastings.
-
- [10] --On l'appelait _Courte-Heuse_ parce que, dit-on, il avait
- les jambes très courtes.
-
- [11] --Etienne de Blois prit la couronne, au détriment de sa
- cousine Mathilde, fille d'Henri I. Il eut pour femme l'héritière
- des comtes de Boulogne.
-
- [12] --Répudiée par Louis VII dit le Jeune. Eléonore valut à
- Henri II la possession de la Guyenne, du Poitou, du Périgord, du
- Saintonge, de l'Auvergne, de l'Angoumois et du Limousin.
-
- [13] --Rosemonde, maîtresse de Henri II, était fille de Lord
- Clifford. Voulant la garantir des jalouses entreprises
- d'Eléonore, sa femme, Henri fit construire pour elle à Woodstock
- un asile mystérieux avec une espèce de labyrinthe; elle y mit au
- jour deux enfants, Richard Longue Epée, et Geoffroy qui devint
- archevêque d'York.
-
- [14] --Son père Henri II lui avait bel et bien enlevé sa promise,
- Alice, fille de Louis VII, roi de France.
-
- [15] --Il remporta à Asor une brillante victoire contre 100,000
- musulmans.
-
- [16] --Le duc d'Autriche, que Richard avait outragé au siège de
- St-Jean-d'Acre.
-
- [17] --Richard Coeur-de-Lion battit Philippe Auguste à
- Fréteval.
-
- [18] --En 1215, à la suite d'une révolte des barons anglais, Jean
- Sans Terre fut forcé de signer la Grande Charte, qui est la base
- des libertés anglaises.
-
- [19] --Henri III fut contraint de confirmer la Grande Charte.
-
- [20] --Wallace fut décapité à Tower-Hill.
-
- [21] --Edouard III favorisa l'université d'Oxford. En souvenir de
- la victoire de Crécy, où il avait donné pour mot d'ordre le mot
- _Garter_ (jarretière), Edouard III établit l'Ordre de la
- Jarretière. Suivant une tradition généralement répandue, la
- comtesse de Salisbury, qui était aimée du roi, ayant laissé
- tomber dans un bal une jarretière, Edouard la releva; et comme
- son empressement donnait à rire aux courtiers, il s'écria: _Honi
- soit qui mal y pense!_ ajoutant que tel qui riait s'estimerait
- heureux d'en porter une semblable; peu après il créa le nouvel
- ordre. Le costume et les insignes des chevaliers de cet ordre
- sont: une _jarretière_ de velours bleu sur laquelle est brodée,
- en argent, la devise _Honi soit qui mal y pense!_ un _manteau_ en
- velours bleu; un _chaperon_ et un _justaucorps_ de velours
- cramoisi, un chapeau de velours noir, un collier d'or, un _ruban_
- bleu porté en sautoir de gauche à droite, auquel est suspendue
- une médaille d'or portant l'effigie de S. George.
-
- (Bouillet.)
-
- [22] --La couronne revenait, de droit, à Roger Mortimer,
- petit-fils du duc de Clarence, deuxième fils d'Edouard III. C'est
- cette usurpation qui prépara la funeste guerre des Deux Roses.
-
- [23] --Henri V remporta la bataille d'Azincourt, où l'armée de
- Charles VI fut taillée en pièces.
-
- [24] --Isabeau de Bavière signa le traité de Troyes, qui faisait
- passer la couronne sur la tête d'Henri V.
-
- [25] --Marguerite d'Anjou. Elle prit bientôt un empire absolu sur
- Henri VI et gouverna pour lui.
-
- [26] --Edouard IV envahit la France pour soutenir Charles le
- Téméraire contre Louis XI.
-
- [27] --Sur l'ordre de Richard, Tyrrel se rendit à la Tour et
- étouffa les deux enfants sous des matelas et des oreillers.
-
- [28] --Richard fut vaincu par le comte de Richmond (plus tard
- Henri VII) à la bataille de Bosworth, près de Nottingham, où il
- perdit la vie avec le trône.
-
- [29] --Marie d'Angleterre épousa alors le duc de Suffolk, qui
- l'avait suivie en France comme ambassadeur.
-
- [30] --Entr'autres occasions, à l'entrevue du Camp du Drap d'Or,
- en Flandre.
-
- [31] --Clément VII, _Jules de Médicis_, assiégé dans Rome par
- l'armée de l'empereur, sous le commandement de Charles de
- Bourbon, fut détenu sept mois et ne put se sauver qu'à la faveur
- d'un déguisement.
-
- [32] --Guilford Dudley, fils de l'autre Dudley, duc de
- Northumberland.
-
- [33] --Philippe II était fils de Charles-Quint.
-
- [34] --Cranmer, archevêque de Cantorbery, avait prononcé le
- divorce d'Henri VIII d'avec Catherine d'Aragon. Marie Tudor le
- fit périr sur le bûcher, en 1556. Latimer, évêque de Worcester,
- fut aussi brûlé vif à Oxford.
-
- [35] --C'est sous le règne d'Elisabeth qu'eut lieu, en France, le
- Massacre de la Saint-Barthelémy.
-
- [36] --C'est alors qu'eut lieu l'attentat connu sous le nom de
- Conspiration des Poudres, qui faillit faire périr le roi avec le
- Parlement tout entier.
-
- [37] --Charles I était marié à Henriette de France, fille d'Henri
- IV et de Marie de Médicis.
-
- [38] --Charles I renvoya successivement quatre parlements qui lui
- refusaient des subsides pour continuer ses guerres extravagantes.
- C'est contre lui que les Ecossais rédigèrent le fameux _Covenant
- Act_, par lequel ils s'engageaient à défendre le protestantisme
- jusqu'à la mort.
-
- [39] --Charles I fut décapité à Whitehall.
-
- [40] --C'est sous Charles II que se formèrent les deux partis
- politiques connus sous les noms de _Whigs_ et _Tories_.
- L'incendie de Londres, en 1666, consuma 30,000 maisons.
-
- [41] --Sous Jacques II eut lieu, en France, la Révocation de
- l'Edit de Nantes, ce qui n'était pas beaucoup de nature à aider
- le monarque anglais dans ses luttes de religion.
-
- [42] --Par le traité de Ryswick, Louis XIV rendit à l'Espagne ce
- qu'il lui avait enlevé et reconnut Guillaume III pour roi
- d'Angleterre.
-
- [43] --Marie II mourut de la petite vérole en 1695.
-
- [44] --Le fameux duc de Marlborough, ancêtre des Churchill de nos
- jours, avait fait son apprentissage des armes sous Condé et
- Turenne. En 1704, il envahit la Bavière, battit l'électeur à
- Shellenberg, incendia 300 villes de ses Etats, écrasa le général
- français Tallart et l'électeur de Bavière à Blenheim. Il défit
- Villeroi à Ramillies en 1706, Vendôme à Oudenarde en 1708, et le
- maréchal de Villars à Malplaquet en 1709.
-
- [45] --Sophie de Nell.
-
- [46] --George II fut battu à Fontenoy par le maréchal de Saxe, et
- ailleurs encore. Il eut à soutenir, en Ecosse, une guerre contre
- le Prétendant Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II. George
- II fonda le British Museum.
-
- [47] --George IV rendit de nombreuses lois contre la liberté de
- la presse.
-
- [48] --Cette pièce a été publiée dans divers journaux de Québec
- et de Montréal.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-
- PAGES
-
- Avertissement de l'auteur 7
-
- Avant-propos 11
-
- Egbert-le-Grand 17
-
- Ethelwolf, Ethelbald, Ethelbert, Ethelred 19
-
- Alfred-le-Grand 21
-
- Edouard I, l'Ancien 23
-
- Athelstan 25
-
- Edmond I 26
-
- Edred 26
-
- Edwy 27
-
- Edgard, le Pacifique 28
-
- Edouard II, le Martyr 30
-
- Ethelred II 31
-
- Canut-le-Grand 35
-
- Harold I 37
-
- Canut III ou Hardi-Canut 38
-
- Edouard-le-Confesseur 39
-
- Harold II 40
-
- Guillaume-le-Conquérant 43
-
- Guillaume II, le Roux 46
-
- Henri I, Beauclerc 48
-
- Etienne de Blois 50
-
- Henri II 54
-
- Richard I, Coeur-de-Lion 57
-
- Jean Sans-Terre 60
-
- Henri III 61
-
- Edouard I, (race normande) 63
-
- Edouard II 65
-
- Edouard III 67
-
- Richard II 70
-
- Henri IV 72
-
- Henri V 74
-
- Henri VI 76
-
- Edouard IV 80
-
- Edouard V 82
-
- Richard III 83
-
- Henri VII 87
-
- Henri VIII 89
-
- Edouard VI 94
-
- Jeanne Grey 96
-
- Marie I, Tudor 98
-
- Elisabeth 100
-
- Jacques I 107
-
- Charles I 111
-
- Olivier Cromwell 115
-
- Richard Cromwell 117
-
- Charles II 121
-
- Jacques II 124
-
- Guillaume III et Marie II 129
-
- Anne 131
-
- George I 135
-
- George II 136
-
- George III 137
-
- George IV 139
-
- Guillaume IV 141
-
- Victoria I 142
-
- Ode à Victoria I 144
-
- Edouard VII 148
-
- Epilogue 152
-
- Notes 155
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Petit histoire des grandes rois de
-Angleterre, by Ephrem Chouinard
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE ***
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