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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: Petit histoire des grandes rois de Angleterre - -Author: Ephrem Chouinard - -Release Date: November 18, 2015 [EBook #50485] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE *** - - - - -Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - - - - - - -Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée -et n'a pas été harmonisée. - -Les autres erreurs très apparentes (mots masculins en féminin et/ou le -contraire), sont voulues par l'auteur. Il paraît qu'il s'agit de -l'humour typiquement québécois. - - - - - Petit Histoire des Grandes Rois - de Angleterre - - - - - PETIT HISTOIRE - - DES - - GRANDES ROIS - - DE - - ANGLETERRE - - PAR - - OUN COLONISTE DES PLUS VERIDIQUES - - - Edition augmentée, - agrandie et beaucoup additionnée - - - [Logo] - - QUEBEC - - TYP. LAFLAMME & PROULX - - 1910 - - - - -AVERTISSEMENT - - -Il y a quelques années, un ami des Canadiens-français, feu M. le -docteur W.-H. Drummond, de Montréal, prenait plaisir à publier, de -temps à autre, dans les journaux de la métropole, des pièces rimées au -cours desquelles il prêtait à de nos compatriotes français un langage -formé d'un mélange d'expressions anglaises apprises, pour ainsi dire, -à la volée, et de tournures françaises d'une saveur de terroir des -plus prononcées. Ce rapprochement à la bonne franquette des deux -idiomes de notre pays amenait, va sans dire, des situations d'un -réalisme amusant, bien que parfois poussé à des limites -invraisemblables. Je n'en veux donner pour exemple que les quelques -vers suivants, que je tire du volume intitulé _The Habitant_, dans -lequel le poète anglais a réuni ses pièces: - - I read on de paper - mos' ev'ry day all about Jubilee - An' grande procession movin' along, an' across de sea, - Dat's children of Queen Victoriaw comin' from far away - For tole _Madame_ w'at dey think of her, an' wishin' her _bonne santé_. - - An' if anyman want to know _pourquoi les Canayens_ should be dere - Wit' res of de worl' for shout Hooraw an' t'row hees cap on de air, - Purty quick I will tole heem the reason w'y we feel lak' de oder do. - For if I'm only poor _habitant_ I'm not on de _sapré fou_. - - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - So de sam' as two broder we settle down, leevin' dere han' in han', - Knowin' each oder, we lak' each oder, de French an' de Englishman, - For it's curi's t'ing on dis worl', I'm sure you see it agen an agen - Dat offen de mos' worse _ennemi_, he's comin' de bes', bes' friend. - -J'eus dans le temps,--c'était en 1897,--l'idée de répondre au badinage -du sympathique docteur en faisant, à mon tour, parler en français un -de nos compatriotes anglais; et c'est alors que parut dans certains -journaux de Québec et de Montréal une pièce que j'avais intitulée: -_Ode à Victoria Ire à l'occasion qu'elle joubile en Diamond_. -L'accueil bienveillant qui lui fut fait m'engagea, un peu plus tard, à -écrire la _Petit Histoire_ dont je me permets de présenter aujourd'hui -l'édition «augmentée, agrandie et beaucoup additionnée». Puisse-t-elle -être accueillie par nos compatriotes de langue anglaise avec le même -esprit de bienveillance que nous apportons encore nous-mêmes à la -lecture du livre humoristique de M. le docteur Drummond. - -Nous vivons dans un pays où la connaissance des langues anglaise et -française est non seulement utile, mais d'une nécessité de tous les -instants. Chacun de nous sait bien--disons-le toujours!--s'exprimer -d'une manière passable dans sa langue maternelle; mais, lorsque nous -nous trouvons aux prises avec l'autre langue, celle qui nous est moins -familière, nous sommes plus ou moins portés à commettre des hérésies -ou d'amusants quiproquos qu'un peu de réflexion, suggérée peut-être -par la critique, pourrait nous faire éviter. - -C'est sans doute dans cet esprit que le docteur Drummond a écrit ses -poèmes humoristiques, et c'est pareillement, que l'on veuille bien le -croire, sans plus de méchanceté que je mets ma _Petit Histoire_ sous -les yeux des lecteurs anglais. On réussit parfois à faire, au moyen -d'un simple badinage de bon aloi, ce que ne saurait accomplir une -démonstration sérieuse et compliquée. - - Ephrem CHOUINARD - - - - -AVANT-PROPOS - - - Pour bien comprenner le Histoire - De ce qu'on appelle les rois, - Il faut fixer dans son mémoire - Certains points au nombre de trois, - Savoir: tout d'abord la première; - Ensouite la numero deux; - Puis, enfin, vienné le dernière - Qui n'est pas la moindre d'entr'eux. - La roi, qu'il soit mâle ou femelle, - Est oun être qui vient d'En Haut, - Et, par conséquent, tout en elle - Doit être trouvé bonne et beau. - C'est la premier point. La deuxième, - Venant ensouite du premier, - C'est que, pour oun roi vilain même, - Chacun doit être coutumier - D'aller se jeter dans le braise - Pour y rester tant qu'il est cuit, - Et se considérer fort aise - De s'être fait griller pour lui. - La troisième est beaucoup curieuse: - C'est que la roi «can do no wrong», - Que ce soit dans le guerre affreuse - Ou la simple jeu de _Ping-Pong_. - Bien! En mettant dans votre tête - Ces trois points dextrement trouvés, - Vous ne jugerez rien de bête - Dans les faits qui sont relevés, - Sur la trône de Angleterre - On vit si tant de grandes rois - Qu'on ne savé plus comment faire - Pour le dire assez bien des fois. - Depouis la tout premier d'entr'elles - Jousqu'à notre saige Edouard Sept, - Tous nos monarques sontaient belles - Et beaucoup grands, comme l'on sait. - Dans les autres pays du monde - Oh! l'on vit bien, de temps en temps, - Certains rois de savoir profonde - Ou possédant d'autres talents. - Mais ce n'était point le coutume - Et, je le dis en vérité, - Trop souvent la royal costume - Cachait le médiocrité. - Bien, chez nous c'été différente; - De rois savants et pleins d'honneur - Nous avons eu souite charmante - Et tout ce qui fut la meilleur. - Quant aux monarques féminines, - C'était aussi pareil toujiours, - Et de plus vertueuses mines - Jamais vit-on meilleur concours. - Je ne dis pas que rois et reines - N'eurent jamais de manquements, - Ni que souvent par grandes haines - Ils n'ont pas fait souffrir leurs gens. - D'aucuns ont commis des sottises, - Volé les biens de leurs voisins, - Pillé les trésors des églises - Et dans la sang trempé leurs mains. - Quelques-uns ont battu leurs mères, - Assassiné frères et soeurs; - Mais, à part ces petits misères, - Oh! c'était d'excellentes coeurs. - Je veux vous en donner les preuves - Par cette histoire en raccourci - Que, dans ces vers tout à fait neuves, - Je vais vous présenter ici. - -[Décoration] - - - - -Race Saxonne - - - - -[Illustration] - - -EGBERT-LE-GRAND - -(827-837) - - - Oun roi sauvaige ou chef de bande - Etait Egbert probablement, - Et qu'il était d'oun vertu grande - Nul n'affirmerait sous serment. - Issu de le race saxonne, - Il été la premier garçon - Qui porta l'anglaise couronne - D'oune indépendante façon. - On ne sait pas de lui grand chose, - Ni s'il fut bon, nul ou méchant; - Et, peut-être pour cette cause, - On le surnomme Egbert-le-Grand. - Peut-être aussi cet nom splendide - Lui vienné de ce qu'oun beau jour - En France d'oun pas très rapide - Il dut aller faire oun séjour; - Et ce fut la roi Charlemagne - Qui le reçut dans sa palais[1]. - Chacun sait que toujours on gagne - A fréquenter les gens replets. - Le puce qui pique oun princesse, - Par exemple, il est plus heureux - Qu'oun pauvre ciron en détresse, - Dessus le peau d'oun miséreux. - Charlemagne étant maggnifique, - Egbert fit bien de frotter lui; - Et c'est oun saige politique - Qui soubsisté même aujourd'hui. - Que d'êtres d'insiggnificance - Atteignent la plus haut crédit, - Pour avoir avec persistance - Faisé la frottaige susdit! - - [1] Voir note à l'appendice. - - - - - ETHELWOLF 836-858 - - ETHELBALD 858-860 - - ETHELBERT 860-866 - - ETHELRED Ier 866-871 - - - Puis, pour trente ans le Angleterre - Fut en guerre avec les Danois - Qui les Anglais mettaient à terre - Souvent et beaucoup à le fois. - Cependant l'anglaise couronne - Il ne fut pas foulée aux pieds, - Mais retomba sur le personne - De rois plus ou moins estropiés. - Ethelwolf il vint après l'autre - Dont nous avons parlé tantôt, - Et fut si tant oun bon apôtre - Que j'en veux dire oun petit mot. - Qu'il nous suffise de comprendre - Qu'oun beau jour, je ne sais trop quand, - Du roi de France il devint gendre - ...On s'imagine bien comment, - Et que--la ciel le garde et sauve!-- - La beau-père de notre roi - Il s'appelait Charles-le-Chauve - ...On peut bien deviner pourquoi. - Reprenant la fil de l'histoire, - Plus tard Ethelwolf s'en alla - Faire oun voyaige méritoire - A Rome, et fut si long par-là - Que, dans la cours de son absence, - Ethelwald, son fils, vrai coquin, - Avec le plus grande indécence - Prit le couronne et le fit sien. - Cet garçon, après deux années, - Finit son règne, par bonheur, - Et l'oun de ses frères puinées, - Ethelbert, fut sa successeur. - De cet-lui je dis peu de chose, - Attendu que je n'en sais rien. - D'Ethelred encore je n'ose - Risquer oun mot en mal ou bien, - Si ce n'est qu'il était la frère - De la monarque précédent - Et que, dit-on, il fut le père - Du roi fameuse Alfred-le-Grand. - - - - -[Illustration] - - -ALFRED-LE-GRAND - -(871-900) - - - Dans la cours des règnes dernières - Les Danois, peuple belliqueux, - Causèrent beaucoup les misères - Aux Saxons en allant chez eux. - On se faisait la diable-à-quatre, - Pillant et tuant tour à tour - Et des moyens de se combattre - Sans cesse cherchant, nuit et jour. - Si tant qu'on ne pouvait connaître, - A travers le confusion, - Si la Danois était la maître - Ou bien si c'était la Saxon. - C'est alors que vint oun garçonne - Qui portait la doux nom d'Alfred, - Réclamer pour lui le couronne - Transmis par son père Ethelred. - Il battit à plate couture - Ses très «troublesome» voisins - Que certaines liens de nature - Faisaient à peu près des cousins. - Plus tard le famille danoise - Il vainquit Alfred à son tour; - Mais lui, prince habile et sournoise, - En lui jouant oun fameux tour[2], - Le chassa de sa territoire. - Depuis, la Saxon conquérant - Régna tranquille et plein de gloire - Et mérita la nom de Grand, - Si tant il fit au _people_ anglaise - Du bien, du bien, toujiours du bien. - Même, en passant, je suis fort aise - De signaler comme étant sien - L'institution trèsment bonne - (En attendant mieux) du jury[3], - Que l'on aime plus que personne - Pourvu... que l'on n'y soit pas pris. - Oh! ce fut oun fameux monarque - Que cet mossieur Alfred-le-Grand, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il vogua toujours en avant. - - [2] Voir note à l'appendice. - - [3] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD Ier L'ANCIEN - -(900-925) - - - Cet Edouard s'appelé l'Ancienne - Pour ne pas confusionner - Avec oun autre qui s'amène, - Plus loin, du nom d'Edouard Premier. - Cet-lui qu'ici je vous mentionne - Il était fils d'Alfred-le-Grand, - Et sur son tête le couronne - Il eut oun lustre flamboyant, - Sinon autant que pour son père, - Du moins, assez pour sa bonheur. - Il pratiqua souvent le guerre - --Car il était fin batailleur,-- - Et vainquit sa cousin germaine[4] - Qui cherchait à le détrôner, - Ainsi que d'autres qui, sans gêne, - Voulaient sa pays gouverner. - Puis, aimant d'oune amitié vive - La roi de France, Charles Trois[5], - Il lui donna son fille Ogive, - Bonne et charmant tout à la fois. - On dit aussi que cet bon prince, - Pour les sciences très porté, - Fonda--bienfait qui n'est pas mince,-- - La Cambridge université. - - [4] Voir note à l'appendice. - - [5] Voir note à l'appendice. - - - - -ATHELSTAN - -(925-941) - - - De cet-lui-là l'histoire nette - Pouvé se dire en quelques mots; - Mais nous n'avons de son binette - Point de traits ni petits ni gros. - Pour d'autres encor qui font suite - J'ai le même embarrassement, - N'ayant que leur seule conduite - Pour les rappeler oun moment; - Et j'en suis chagrin à l'extrême, - Car quelques-uns, sans contredit, - Furent de ces princes qu'on aime - Parmi tant d'autres qu'on maudit. - Athelstan était fils de l'autre - Qui s'appelait Edouard Premier. - Il vécut comme oun bon apôtre, - De vertus étant coutumier, - Et ne se mettant en colère - Pour bien gouverner son maison - Que lorsque l'on voulait lui faire - Du tintouin sans bonne raison. - Oh!... ce fut oun grande monarque, - Sans doute, et beaucoup très pouissant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il... a dû filer en avant. - - - - -EDMOND I - -(941-946) - - - C'est oun frère du précédente, - Mais il ne régna que cinq ans; - Car, malgré qu'il fut très proudente, - Oun assassin... le mit dedans. - Le chose vous est bien égale, - Mais il paraît que c'est cet roi - Qui mit le peine capitale, - En Angleterre, dans le loi. - Bien! il eût fait oun grand monarque - S'il avait vivé plus longtemps, - Et... sous son oeil l'anglaise barque - Eût bousculé les ouragans. - - - - -EDRED - -(946-955) - - - Edred était oun autre frère - De cet-là que l'on vient de voir. - Et pour neuf ans le Angleterre - Sur sa trône il le fit asseoir. - Et... ce fut oun grande monarque, - --Là-dessus je dois insister,-- - Et, sous son oeil, l'anglaise barque - Il... ne pouvé pas s'arrêter. - - - - -EDWY - -(955-957) - - - Il était fils d'Edmond Première - Et ne fut roi que pour deux ans, - En essuyant dans son carrière - Les choses les plus déplaisants. - Il s'attira, dit-on, le haine - De ses barons et du clergé: - Doublement lourd et cruel chaîne - Qu'à son col il s'était forgé! - Oun grand moitié de sa royaume - Bientôt il perdit sans retour; - Puis les malheurs sur cet pauvre homme - Semblant s'acharner chaque jour, - Pour je ne sais trop quel caprice - Son femme du nom d'Elgiva - Fut condamnée à la supplice, - Et cette perte l'acheva. - Bien! oun traitement de la sorte - Il devait le toucher oun brin, - Et c'est pour cela qu'il est morte, - Bientôt après, dans la chagrin. - - - - -EDGARD, LE PACIFIQUE - -(957-975) - - - Edgard, surnommé Pacifique, - (Probablement pour son douceur), - D'Edwy, son frère impolitique, - Devint alors la successeur; - Et, comme il n'était pas de taille - A faire mentir sa surnom, - Il ne commetté le bataille - Jamais sans excellent raison. - D'abord, il s'en va dans l'Ecosse - Livrer trois ou quatre combats, - Puis chez les Irlandais, qu'il rosse - Et met complètement à bas. - Ensouite il faisé sa possible - Pour sa peuple civiliser, - _Well!_... ce qui dut être pénible - Assez qu'il ne put s'amuser. - On dit qu'oune Anglaise jolie - Qui portait la nom d'Elfrida - Le mit en si grande folie - Que pour femme il la demanda. - Mais le porteur de sa messaige, - Ayant conçu même appétit, - Trouva qu'il était beaucoup saige - De garder le femme pour lui. - Le roi fut en si grand colère - A cet trompaige audacieux - Qu'il poignarda le pauvre hère - Et prit son veuve d'autant mieux. - Dans cet événement tragique - La monarque outragé, je crois, - S'il n'eût pas été... Pacifique, - Aurait occis l'autre deux fois. - _Well! Well!_ Cet petit incidence - Il n'est devant vous mentionné - Que pour expliquer l'occurrence - Pourquoi si tant fut malmené - La roi suivant dans notre liste, - Et pourquoi plus loin je vous dis - Que, depuis cet temps, il existe - Oun saint de plus au paradis. - Edgard n'en fut pas moins monarque - Très tendre et beaucoup avenant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il prit oun grand _sheer_ en avant. - - - - -EDOUARD II, LE MARTYR - -(975-978) - - - Après qu'Edgard fut mis en terre, - Edouard, son fils, lui succéda; - Mais il avait pour belle-mère - La susmentionnée Elfrida - Qui, voulant avoir sur la trône - Sa propre fils plutôt qu'Edouard, - Mena du dernier le personne - Dans oun affreuse traquenard. - Il partit un jour pour le chasse - Et n'en revint que... décédé; - D'Elfrida, dit-on, l'âme basse - En avait ainsi décidé. - Cet monarque si jeune et belle - Au ciel mettait tout sa désir, - Et c'est le raison pour laquelle - Il est saint Edouard-le-Martyr - - - - -ETHELRED II - -(978-1016) - - - La fils de l'affreux belle-mère - Alors régna trente-huit ans, - Presque toujours étant en guerre - Avec les danois habitants, - Entre Suénon, roi danoise, - Et lui, sans mesure ni frein - Constamment on se cherchait noise - A propos de tout et de rien. - Si tant que la monarque anglaise - De son trône un jour fut chassé, - Et ne put reprendre son aise - Qu'après que l'autre eut trépassé. - Enfin, pour terminer l'affaire, - De Suénon la successeur - Ayant repris le Angleterre, - Ethelred mourut de douleur. - - - - -Rois Saxons et rois Danois - - - - -[Illustration] - - -CANUT-LE-GRAND - -(1016-1036) - - - Tenez! voici la roi danoise - Qui s'appelé Canut-le-Grand, - Non pas qu'il fut long d'une toise, - Mais oun roi vraiment conquérant. - Il partagea d'abord la trône - Avec la fils d'Ethelred Deux[6]; - Et, pour que l'anglaise couronne - Restât longtemps sur ses cheveux, - Il épousa même son veuve - Et s'en fit comme oun paravent, - Procédé qui n'été pas neuve, - Mais réussit encor souvent. - Si tant qu'il fit naître l'usaige - Parmi les gens des deux pays - D'entremêler par mariaige - Et devenir de bons amis. - Bien! si cet acte souveraine - Est cause qu'aujourd'hui chez nous - Nous avons le plus meilleur reine - Et, certes, la plus beau de tous[8], - Je te bénis de tout mon être, - Canut, pour cette oeuvre important, - Et suis prêt à le reconnaître, - Tu mérites la nom de Grand. - - [6] Voir note à l'appendice. - - [8] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HAROLD I - -(1036-1039) - - - En mourant, la pouissant monarque - A ses deux fils laissa ses droits, - Canut ayant la Danemarke, - Et l'autre, Harold, la trône anglois. - Mais bientôt entre les deux frères - S'éleva le dissension, - Canut voulant avoir entières - Les deux couronnes sur son front. - Pauvre Harold fit tout diligence - Pour résister à l'attentat; - Mais la bon droit a maigre chance - Auprès d'oun esprit scélérat. - Il advint donc que les deux frères - Etant près d'en venir aux mains, - Harold mourut dans... les misères - Et sans doute aussi les chagrins. - - - - -CANUT III ou HARDI-CANUT - -(1039-1041) - - - Oh! c'était oun méchant garçonne, - Avare, hautain, fourbe et cruel, - Ne respectant jamais personne, - Ne craignant ni diable ni ciel. - Si tant que point je ne regrette - De n'avoir pas ici ses traits: - D'oun tel animal le binette - On aime bien mieux loin que près. - Lorsque mourut Harold, son frère, - Cet prince il était si content - Que sur son corps il osa faire - Comme oune danse d'habitant, - Trépignant de joie indiscrète - Et projetant partout dans l'air - Des cris de sauvaige en goguette - Ou de chacal à sa dessert. - Trois ans plus tard il était morte - A son tour et mis en lieu frais. - Tant mieux! que la diable l'emporte, - Et qu'on n'en parle plus jamais! - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD-LE-CONFESSEUR - -(1041-1066) - - - Voulez-vous d'oun vrai grand monarque? - Eh bien! cet-lui-là regardez! - Sa règne il fit brillante marque - Parmi ceux des rois décédés. - Fils d'Ethelred dont tout à l'heure - On a rappelé quelques faits, - Il fit tout pour rendre meilleure - Le grand nation des Anglais. - Il était trèsment maggnifique, - Tendre pour les déshérités, - Et souvent d'oun mot pacifique - Il tranchait maints difficultés. - Il vécut toujours sans folie, - Toujours du ciel favorisé, - Et, quoiqu'il eût femme jolie, - Il... fut plus tard canonisé. - - - - -HAROLD II - -(1066-....) - - - Beau-frère de la précédente, - Cet-lui-ci ne fit que passer; - Car Guillaume-la-Conquérante - Bien vite il le fit trépasser. - - - - -Race Normande - - - - -[Illustration] - - -GUILLAUME I, LE BATARD, LE CONQUERANT - -(1066-1087) - - - L'oun des princes les plus guerrières - Fut Guillaume la Conquérant, - Qui cogna plus d'anglais derrières - Que jamais roi danois ou franc. - Son père était Robert-la-Diable, - Et son mère probablement - Etait quelque chose d'aimable, - Comme l'on dit, à l'avenant. - Dans tous les cas, on nous assure - Qu'il était oun fils naturel, - Ce qui rend la travail bien dure - Pour trouver son mère réel. - De la pays de Normandie - Il était maître; mais, oun jour, - Pour voir sa royaume agrandie - Il médita quelque bon tour. - Se dit-il, si de l'Angleterre - La roi je pouvais devenir, - Oh! mon gloire il serait si claire - Que rien ne le pourrait ternir. - Alors il leva des armées - Et se rua sur les Anglais - Dont les bandes, fort alarmées, - Fuyaient comme des feux follets[9]. - Si tant qu'à la fin son pouissance - Il était la maître de tout, - Tandis que l'anglais suffisance - Il était rendu presque à bout. - Sur la trône monta Guillaume - Qui s'y maintint plus de vingt ans. - Oh! c'était oun très habile homme, - Possédant beaucoup des talents. - On dit qu'il fut cruel et fourbe - Et quelque peu vindicatif; - Mais, bah! pour gouverner le tourbe - Ne faut-il pas être oun peu vif?... - D'abord, il prit pour son usaige - Les biens d'oun grand nombre de gens, - Et composa son entouraige - Presque uniquement de Normands. - Puis il bâtit le Tour de Londre, - Oun tas d'effroyables prisons - Où, par le suite, on vit se fondre - Tant de chefs d'illustres maisons. - Pour finir, on en conte oun bonne - Qui, tout d'abord insiggnifiant, - Fait voir qu'aux alentours d'oun trône - Tout il devient mirobolant. - En sus de la vaste domaine - Dont il avait le royauté, - Guillaum possédait oun bedaine - Encor plus plein de majesté. - Ce qui fit dire au roi de France, - Alors Philippe la Premier: - --Cousin Guillaume a plus de panse - Que jamais il n'eût de penser.-- - Cet mot mit Guillaume en colère, - Si tant qu'en France traversé - Dans la but de tout mettre à terre, - Par oun archer il fut blessé, - Et mourut dans le Normandie, - Très lâchement abandonné - Par ses trois fils--race jolie-- - Auxquels il avait tant donné. - - [9] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -GUILLAUME II, LE ROUX - -(1087-1100) - - - C'est oun des fils du grand Guillaume - Qui, nous dit-on, en avait trois, - Dont l'oun vécut comme oun pauvre homme, - Et les autres devinrent rois. - De la premier, Robert Courte-Heuse[10], - Très peu de chose il faut conter, - Sinon que, toujiours malchanceuse, - Sur la trône il ne put monter. - Quant à Guillaume, il fut peut-être - Oun assez singulier garçon, - Ayant parfois des goûts de traître, - De cruel ou bien de fripon. - Sa poil de le couleur carotte - L'avait fait surnommé «le Roux»; - Malheur à cet-lui qui s'y frotte - Oun moment qu'il est en courroux! - Si tant qu'il eut oun suffisance - De plus ou moins laids compromis - Et, pour bien dire, oune existence - Veuf de toute espèce d'amis. - Tout de même, il... fut oun monarque, - Disons, très noble et complaisant; - Et... vous savez, l'anglaise barque - Sous son oeil marcha de l'avant. - - [10] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HENRI I, dit BEAUCLERC - -(1100-1135) - - - Bien! Voici Henri la Première, - Troisième fils du Conquérant - Et puis, par conséquent, la frère - De la Guillaume précédent. - C'est bien lui. Je vous le réplique - Afin que, peut-être distrait, - Pour cet-là d'oun singe d'Afrique - Vous n'alliez prendre sa portrait. - Comme il était beaucoup savante, - On l'appelait Henri Beauclerc, - Ce qui semble très impioudente, - Puisqu'il n'était ni beau ni... clair. - Il eut avec Robert, son frère, - D'abord de sanglants démêlés - Au cours de lesquels cet dernière - Il fut toujiours des mieux volés. - Pauvre Robert, nommé Courte-Heuse, - Pourtant chef d'oun si grand maison, - Tant de plus en plus malheureuse, - Finit ses jours dans oun prison. - Puis, de cet frère malhabile - Ayant débarrassé son dos, - Henri battit à Brenneville - La roi français Louis le Gros. - Comme on voit, c'est oun grand monarque - Que cet premier des rois Henris, - Et, monté sur l'anglaise barque, - Il a dû prendre bien des ris. - - - - -[Illustration] - - -ETIENNE DE BLOIS - -(1135-1154)[11] - - - D'oun fille de la Conquérante - La fils alors il usurpa. - Usurper semble acte méchante; - Mais nul remords ne l'occupa. - Car, si pour toute autre personne - C'est mal de voler oun chapon, - Pour oun prince tâter oun trône - Oh! c'est considéré très bon. - Son acte est toujiours légitime - Pourvu qu'il remporte son point, - Et ne devient jamais oun crime - Que lorsqu'il ne réussit point. - Etienne donc, à le sourdine, - La trône il prit sans barguigner, - Au détriment de son cousine - Mathilde qui devait régner. - Fille du roi Henri Première - Que je viens de vous présenter, - Ce Mathilde était l'héritière - Qui devait la sceptre porter. - Bien! Etienne il est oun monarque - Qu'il faut très beaucoup admirer, - Puisque avec lui l'anglaise barque - Il ne pouvé pas... chavirer. - - [11] Voir note à l'appendice. - - - - -Plantagenets - - - - -[Illustration] - - -HENRI II - -(1154-1189) - - - C'été la fils de ce princesse - Mathilde, dont on a conté - Qu'Etienne avait avec prestesse - Accaparé le royauté, - Et la fruit de sa mariaige - Avec Geoffroy Plantagenet, - Non pas oun petit personnaige, - Mais duc d'Anjou, pour parler net. - Henri vivait avec son père - En ressentant oun grand ennui - De voir sa troue d'Angleterre - Tenu si longtemps loin de lui; - Et toujiours refoulant ses larmes - Tant qu'il pouvait dans sa gosier, - De le grand science des armes - Il fit l'apprentissaige entier. - Si tant qu'à cet jeu dangereuse - Il se faisait fort remarquer - Déjà comme oun lutteur fameuse, - Lorsqu'Etienne vint à claquer. - Enfin, Henri prit le couronne - Dont si jeune il était sevré - Et le trouva beaucoup très bonne - Après qu'il s'en vit assuré. - D'Eléonore de Guyenne, - Que Louis Sept, étique époux, - Venait d'abandonner sans peine[12], - Il s'était mis à les genoux; - Si tant qu'avec son héritance - Il posséda, tout à le fois, - Presque le moitié de le France - Et sa propre pays anglois. - Il fit très beaucoup des conquêtes, - Avec ses voisins se battit - Et gagna victoires complètes - Autant qu'il en eut appétit. - Mais, tout en paraissant gentille, - Sa règne il fut bien attristé - Par des querelles de famille - A propos d'oun fils révolté. - Cet fils--nommons-la tout de suite,-- - Etait Richard Coeur de Lion. - Nons faut-il blâmer son conduite?... - Tout la monde est d'avis que non. - C'est encor Henri la Deuxième - Qui de Becket versa la sang - Ou fit verser, à l'autel même, - Par quatre officiers de haut rang, - Crime qui tant fâcha l'Eglise - Que, pour rentrer dans sa giron, - Il se fit fouetter en chemise - Par plusieurs moines formant rond. - Puis, de la pauvre Rosamonde - La tant pathétique récit[13] - Qu'il fait encor pleurer la monde.... - Enfin, tout dans cet règne-ci, - Jusqu'à le mort du grand monarque, - Il est vraiment très émouvant, - Bien que toujiours... l'anglaise barque - Il fît bonne route en avant. - - [12] Voir note à l'appendice. - - [13] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -RICHARD I, COEUR DE LION. - -(1189-1199) - - - En se révoltant de le sorte - Richard fit mal, cela s'entend. - Mais, pour moi, la diable m'emporte - Si je n'en aurais fait autant[14]. - D'ailleurs, l'affaire est triste et noire, - Dénotant des esprits pervers, - Et les détails de ce histoire - Ne pouvé pas s'écrire en vers. - Quand la bonhomme il fut éteinte, - Pauvre Richard il devint roi; - Puis il s'en fut en Terre-Sainte - Pour oun peu ranimer son foi. - Là-bas il se couvrit de gloire, - Tua des Turcs autant qu'il put, - Courut de victoire en victoire - Et jamais ne manqua son but. - Peut-être encourt-il le censure - Pour avoir eu des goûts trop vifs, - Comme lorsqu'il fit, on assure, - Egorger cinq mille captifs. - Mais pendant que les Infidèles - Sous le pesanteur de son bras - Voyaient des milliers de chandelles - Et s'effondraient par grandes tas[15], - Richard il reçut d'Angleterre - Oun avis que sa frère Jean - --Cet-là qui s'appelait Sans Terre-- - Il s'était fait nommer régent. - Richard, la coeur plein d'amertume, - Vers chez lui partit vitement, - Désirant, selon son coutume, - Y sortir sa ressentiment. - Mais, passant à travers l'Autriche - Pour dans sa pays revenir, - La duc, par oun procédé chiche[16], - En prison le fit retenir. - Bien! oun garçon de cet calibre - Ne se retienné pas longtemps; - Si tant que bientôt il fut libre - Et prit son vol à travers champs. - On dit que Blondel, la trouvère, - Lequel suivait Coeur de Lion, - En lui chantant d'oune voix claire - Favorisa l'évasion. - Bref, ayant repris son couronne, - Encore il régna quelques ans, - Jamais ne pliant à personne - Et ferraillant de temps en temps[17]. - Car c'était oun fier batailleuse - Que cet Richard Coeur de Lion. - Il avait oun bras merveilleuse - Qui tapait comme oun vrai pilon; - Et quand du bout de son épée - Il touchait Turc ou Moricaud, - Cet dernière était tant coupée - Qu'on n'en trouvait plus oun morceau. - Oh!... c'était oun pouissant monarque, - Très douce et tioujours complaisant, - Et, sous son oeil, l'anglaise barque - Il... dépassait presque le vent. - - [14] Voir note à l'appendice. - - [15] Voir note à l'appendice. - - [16] Voir note à l'appendice. - - [17] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -JEAN SANS-TERRE - -(1199-1216) - - - A le mort de Richard, son frère, - Jean, qui l'avait déjà tenté, - Put mettre sur son tête altière - Le couronne tant convoité. - C'était oun prince très hautaine, - Menteur et beaucoup querelleur, - Et dont le vie il fut très pleine - De ce qui n'est pas la meilleur. - On dit qu'il fut assez barbare - Pour tuer sa frère Geoffroi; - Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare - Ni condamnable chez oun roi. - Enfin, lui-même il eut son heure - Pour descendre dans la tombeau, - Et... c'été le place meilleur - Pour bien garder oun tel crapaud[18]. - - [18] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HENRI III - -(1216-1272) - - - Henri Trois, fils de Jean Sans Terre, - A peine à l'âge de neuf ans - Il était roi de Angleterre - Et des pays environnants. - Il eut maints démêlés en France, - Comme en avaient eu ses aïeux; - Mais il paraît que son vaillance - Il ne fut pas beaucoup chanceux. - Louis Neuf, la pieux monarque, - Au moment d'en venir aux mains, - Lui dit un jour:--Petiot, rembarque - Ou je te fais casser les reins.-- - Devant cet langaige énergique - L'anglais monarque eut si tant peur - Qu'on dit qu'il... avala son chique - Pour se remettre oun peu la coeur. - Est-ce cela qui, par le suite, - Lui fit tout croire et tout oser? - Je ne le sais; mais son conduite - Nous amène à le supposer. - Il fit le guerre à droite, à gauche, - Et tant de coups voulut porter - Que c'était comme le débauche - D'oun gars qui ne peut s'arrêter. - Saint Louis le battit à Saintes - Et puis encore à Taillebourg; - Si tant que d'entendre ses plaintes - La ciel il dut devenir sourd. - _All right!_ Plus tard il devint saige[19], - Et c'est oun grand plaisir de voir - Qu'il n'est pas morte de la raige - Après tant d'efforts pour l'avoir. - - [19] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD I - -(1272-1307) - - - Dedans le grand famille anglaise - Il est tant d'éléments divers - Que, pour étudier son genèse, - Parfois on est tout à l'envers. - Ainsi l'on voit en autre paige - Trois Edouard tour à tour passer. - Bien! il faut la numérotaige - Des Edouard tout recommencer. - Cet-lui-là qu'ici je présente - Il était de race normand; - Mais le famille précédente - Il était saxon... seulement, - Vous avez compris, je l'espère, - Sans que je fasse plus de frais; - Sinon... c'été mieux de me taire, - Car vous ne comprendrez jamais. - Bien! cet nouvel Edouard Première - Il était la fils d'Henri Trois, - Et d'abord pour aider son père - Il se battit plus d'oune fois. - Ensouite, ayant pris le couronne, - Il régna des plus saigement - Et fut pour sa peuple oun garçonne - Dont on peut faire compliment. - Il battit Wallace en Ecosse - Et s'en fit rosser à son tour, - Puis lui fit prendre oun nouveau dose - Et le mena droit à la Tour[20]. - Il conquit la pays de Galles, - Et c'été depuis cet jour-là - Que tous les héritiers royales - «Princes de Galle» on appela. - Edouard fit quelques injustices - Et fut parfois fourbe et menteur; - Mais ce sont là petits caprices - Dont maints grands se font oun honneur. - - [20] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD II - -(1307-1327) - - - C'est la fils de la précédente - Et je n'en dirai pas très long; - Car il eut oun vie écoeurante, - Si tant qu'il était polisson. - Contre l'Ecosse faisant guerre, - Il faillit y perdre ses os; - Robert Bruce le mit à terre, - Comme on dit, en criant: _Ciseaux!_ - Puis, retournant à les orgies - Pour quoi pauvre Edouard semblait né, - C'est dans la cours de ses folies - Qu'il fut oun jour assassiné, - De quel sauvaige, affreux manière, - Certes, je ne vous dirai pas... - Oh! non, ni pour or ni prière - Je n'oserais... Quel triste cas! - Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige - De fer qu'on fit rougir à blanc... - Jamais je ne saurais, vous dis-je... - On le tenait solidement, - Et deux bandits... Fait désolante!... - Nommés Mautravers et Gournay - Lui poussèrent la fer brûlante... - _Well!_... _Well!_... ailleurs que dans la nez. - Ajoutons pour finir la thème, - Le fait, non des moins singuliers, - Qu'oun frère de la roi lui-même - Etait la chef des meurtriers. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD III - -(1327-1377) - - - C'été la fils de cet dernière. - A peine était-il couronné - Que les meurtriers de son père - Il chercha, comme oun fils bien né. - Mais, fait bien triste et lamentable, - De cet crime qu'il pleurait tant - Son propre mère était coupable - Avec Mortimer, son amant. - Il fit du haut d'oune potence - A cet dernier faire la saut, - Et se contenta, par clémence, - De mettre son mère au cachot. - Dans oun cachot mettre son mère, - Direz-vous, c'est agir en chien. - _Just so_; mais.... point de commentaire: - Ce qu'oun roi fait est toujiours bien. - Edouard prit le terre écossaise - Que son père il avait perdu; - Puis, dans la royaume française - Etant ensouite descendu - Pour en disputer le couronne - Au roi Philippe de Valois, - Il faisé, lui-même en personne, - Courber Calais dessous ses lois, - Remportant le fameux victoire - Sur cet prince, auprès de Crécy. - Oun peu plus tard, la prince Noire, - Son fils, très fort guerrier aussi, - Gagna ce que depuis l'on nomme - Le grand bataille de Poitiers, - Où la roi Jean, pauvre bonhomme, - Fut au nombre des prisonniers. - Pourtant, Charles Cinq dit le Saige, - Successeur de cet même Jean, - Il fit baisser la caquetaige - Du britannique conquérant. - Depuis, cet dernier fut tranquille - Et vécut pour beaucoup des ans, - Sachant faire oun travail utile - Chaque fois qu'il en était temps; - Protégeant lettres et finance, - Industrie, Ecole d'Oxford[21]; - Bâtissant la palais immense - Qui s'appelle Château-Windsor, - Et créant l'Ordre mirifique - De la Jarretière, par quoi - Cet-lui sur laquel il s'applique - Devient presque égal à la roi. - Enfin, il fut... oun grand monarque, - Bon père et fils affectueux, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il naviguait toujiours très mieux. - - [21] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -RICHARD II - -(1377-1399) - - - Petit-fils du roi précédente - Et fils du fameux Prince Noir, - Cet Richard n'était pas méchante, - Mais ni très bon, comme on va voir. - Il se plaisait dans le mollesse, - Ne songeant qu'à se bien nourrir, - Et laissait tout dans le détresse - Pour se livrer à la plaisir. - Avec cela faible à l'extrême, - Confiant tout à sa cousin - Qui, très fier, gouvernait lui-même - En méditant oun coup vilain. - Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre - Et dans oun prison confiner, - Où bientôt l'âme il lui fit rendre - Pour pouvoir à son tour régner. - Afin de comprenner le suite - De l'histoire des rois anglais, - Il faut sur la prince susdite - Donner certains détails complets; - Et c'été le meilleur des choses - Qu'on pouvé faire pour, plus tard, - Dessus le Guerre des Deux Roses - Oun peu dissiper la brouillard. - Lorsque Richard prit le couronne, - Ayant à peine onze ans sonnés, - On mit auprès de son personne - Ses trois oncles, gens raisonnés - Et pleins de bonne expérience, - Pour former comme oun magister - Ou, si l'on préfère, oun régence: - C'était York, Lancastre et Gloster. - _Well! Well!_ Maintenant si j'encastre - Dans ma récit que la cousin - Ci-haut était fils de Lancastre... - Vous n'avez plus besoin de rien. - - - - -[Illustration] - - -HENRI IV[22] - -(1399-1413) - - - C'est cet cousin dont tout à l'heure - On a vu la premier exploit. - Comme il disait: c'était son heure - De régner; donc, c'était son droit. - Quand oun gars a mis dans son tête - Qu'il a cet curieuse attribut, - Justice, honneur, rien ne l'arrête, - Il faut qu'il atteigne son but; - Et le chose est encor plus triste - Quand on voit certains grandes gens - Suivre l'ambitieux à la piste - Pour appuyer ses errements. - C'est bien là ce qui de Lancastre - Fit le fortune de hasard, - En précipitant la désastre - De cet imbécile Richard. - En tout cas, mossieu Henri Quatre - Il ne fut pas des plus fameux. - Tour à tour brutal et folâtre, - Fourbe, cruel et vaniteux, - Il fit si tant des injustices - Et mécontenta tant de gens, - Que tous, lassés de ses caprices, - Le haïssaient sur tous les sens. - Enfin, qu'il était oun roi piètre - Tout la monde semble d'accord - Et... se fait plaisir de connaître - Qu'il est depuis longtemps bien mort. - - [22] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HENRI V - -(1413-1422) - - - Pour être la fils d'oun tel sire - Que cet-lui-là nommé plus haut, - Henri Cinq ne fut pas trop pire - Et vécut assez comme il faut. - Cependant il ne faut pas croire - Qu'il était oun ange du ciel. - Oh! non; les paiges de l'Histoire - Ne nous apprené rien de tel. - En France il continua le guerre - Que son père avait entrepris[23], - Et se donna grande misère - Pour garder ce qu'il avait pris. - A porter le français couronne - Alors on avait appelé - Charles Six, étrange personne - Dont le tête il était fêlé. - Son femme, Isabeau de Bavière - Par oune infâme trahison[24] - Elle livra le France entière - A la monarque anglo-saxon. - _Well! Well!_ nous verrons dans le suite - Ce qu'il advint de tout cela - Quand le France, bien mieux conduite, - Encor grande se révéla... - Mais, pour la présent, peu n'importe - Ce qu'advint du monarque anglais: - Il est très certain qu'il est morte... - Après cela, rien je n'en sais. - - [23] Voir note à l'appendice. - - [24] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HENRI VI - -(1422-1461) - - - La fils du roi Henri Cinquième - Il n'était vieil que de huit mois - Quand il ceignit la diadème - Anglais et français à le fois. - Car, depuis quelque temps, le France - Presque entier il était soumis, - Et de l'anglaise dépendance - Il n'était pas encor remis. - Plus tard, levant son oriflamme, - L'anglais monarque il put entrer - Dans Paris même, à Notre-Dame, - Et, pompeux, s'y faire sacrer... - Bah! très souvent, par invective, - Bien des gens s'en font faire autant - Sans que leur pouvoir digestive - S'en affecte la moindrement. - Henri, d'oun race si tant fière, - N'était pas oun génie extra; - Peut-être en aurait-on pu faire - Oun très honneste magistrat. - Mais roi d'Angleterre et de France, - Ah, fichtre! c'est oun dur métier, - Exigeant plus la connaissance - Que pour compolser oun dossier. - N'importe! Il eut assez d'adresse - --Et ce fut pour lui très heureux,-- - Qu'il put épouser oun princesse[25] - Ayant de l'esprit pour les deux. - Il voulut, tout d'abord, en France - Garder ce qui lui fut donné; - Mais des Anglais l'ancien pouissance - Il devint tout ratatiné. - C'est cet Henri dont les armées - Partout répandant les terreurs, - Furent si tant bien abîmées - Par la _maiden_ de Vaucouleurs. - Devant la bras si redoutable - De la pieuse Jeanne Darc - L'Anglais courait comme la diable - Ou comme oun mouton dans oun parc. - Peut-être courrait-il encore - Si, dans oun guet-apens surpris - Par des alliés de Bedfore, - Pauvre Jeannot n'eût été pris - Et remis aux mains exécrables - D'oun gars... portant nom d'animal - Que devant les gens respectables - De mentionner il serait mal. - Elle était oun fille très saige, - Conduite par la doigt de Dieu; - Mais cet gueux, triplement sauvaige, - Il la fit périr dans la feu. - Depuis cette aventure inique - Jeanne il est partout admiré; - Mais la tribunal tyrannique - Qui l'a jugée est exécré. - Notre Henri Six en Angleterre, - A peu près dans la même temps, - Il ne savé plus comment faire - Pour répondre à les mécontents. - Les maisons d'York et de Lancastre - Alors commençaient à lutter, - Et préparaient la grand désastre - Qui tant de sang devait coûter; - Car, parmi tous les affreux choses - Qui désolèrent les humains, - Je crois le Guerre des Deux Roses - Il été l'oun des plus vilains. - D'abord Henri, cet imbécile, - Il se fit battre à Saint-Alban - Par Warwick, capitaine habile - Et quelque peu d'oun prétendant. - Mais bientôt le reine lui-même - Prenant parti pour son mari, - Battit comme oun oeuf de carême - Cet-là qui l'avait conquéri. - L'an suivant, oun autre défaite - Mit encor Henri Six à bas; - Alors il dut, courbant le tête, - Vers le prison tourner ses pas. - Dans le Tour, pour six longs années - Probablement qu'il s'ennuyait, - Quand Warwick, maître-ès-destinées, - A la trône il le renvoyait; - Procédé bien étrange, en somme, - Et si tant curieuse à la fois - Que, depuis lors, Warwick on nomme - «Faiseur et défaiseur de rois.» - Enfin, par la prince Edouard Quatre, - Oun fils de la Yorkais maison, - Pauvre Henri se fit encor battre - Et refourrer dans le prison - Où, cinq ans plus tard... il est morte... - Peut-être cet dernier malheur - Peut s'expliquer de meilleur sorte - Par... Edouard, la compétiteur. - - [25] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD IV - -(1461-1483) - - - Edouard, de le maison yorkaise, - Etait oun fort joli garçon, - Ce qui pour en être oun mauvaise - N'est, certes, pas oune raison. - Nous avons vu comment cet homme - Il parvint à roi devenir; - Bien! son histoire il est, en somme, - Pas de très bonne souvenir. - Toujiours il ne fit que batailles - Même avec ses meilleurs amis, - Multipliant impôts et tailles, - Croyant que tout lui fût permis. - De Lancastre, maison rivale, - Il chercha la malheur en tout, - Affectant sa pouvoir royale - A le poursuivre jusqu'au bout. - Mais ce n'est pas là tout encore - Qu'il s'arrêta dans son chemin; - Il eut comme oun soif qui dévore - De répandre la sang humain. - Il avait avec lui deux frères: - L'un Clarence, et l'autre Richard, - Cet-lui-ci des meilleurs guerrières, - Et cet-lui-là fameux pochard. - Un jour, au malheureux Clarence, - Gardé par son ordre en prison, - Edouard fit mettre en son présence - Oun grand tonneau de vin, dit-on. - Puis... on trouva le pauvre hère - Noyé... du coup qu'il avala... - Bien! on ne dit pas que son frère - Il pleura beaucoup pour cela. - Ayant emprisonné le femme - De la défunt roi Henri Six, - Edouard, le vengeance dans l'âme, - Encore assassina son fils. - On verra bientôt par le suite - Que cet attentat odieux, - Infâme et lâche il fut bien vite - Rétribué jusqu'au plus creux. - Au roi de France il chercha noise[26]; - Mais Louis Onze eut vite alors, - Avec sa petit air sournoise, - Mit la fougueux saxon dehors. - Enfin, croyant voir son pouissance - Montée au gré de ses désirs, - Il se mit à faire bombance - Et se jeta dans les plaisirs. - Il mourut d'étrange manière, - Et... je vous ferai remarquer - Que sans doute Richard, son frère, - Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer. - - [26] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD V - -(1488-....) - - - C'est la fils de la précédente. - Pauvre enfant! Son oncle Richard - Voulut être nommé Régente - Et le tenir sous sa regard... - La prince--ô destinée amère!-- - Régna deux mois... dans oun prison - Avec Richard, sa petit frère, - Qu'on lui donna pour compaignon. - Puis, sur les ordres du Régente, - Cet criminel audacieux - Que le soif de régner tourmente, - A mort ils furent mis tous deux[27]. - - [27] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -RICHARD III - -(1483-1485) - - - C'est lui, l'infâme meurtrière - De son frère et de ses neveux, - Qui, dans l'art triste de mal faire - Surpassa toutes ses aïeux. - Cet homme monté sur la trône - Après s'être couvré de sang, - Jamais dans les yeux de personne - Ne fut autre qu'oun grand tyran. - Il avait l'âme vile et noire, - La coeur de vices saturé, - Et dans la monde son mémoire - Il fut toujiours très exécré. - D'être reconnu pour oun diable - C'est déjà beaucoup assez mal; - Mais, vrai, c'est trop abominable - Que d'être oun pareil animal. - Bien! Ecoute, Richard, écoute! - Vivant je t'aurais craint, bandit; - Mais puisque ta mort ne fait doute, - Je n'ai point peur: donc sois maudit! - - - - -Famille Tudor - - - - -[Illustration] - - -HENRI VII - -(1485-1509) - - - D'aucuns font le maison présente - Remonter à... Confucius. - Moi, je trouvé plus évidente - Qu'il commence à... Tu dors, Brutus! - (Vite, que la lecteur oublie - Cet exécrable calembour! - Autrement, ce petit folie - Pourrait marquer ma dernier jour.) - _Well, then!_ la premier de ce race - Qui monta sur la trône anglais - Il ne fut pas oun gars bonasse, - Mais oun prince des plus discrets. - Descendant d'Edouard la Troisième - Par le branche Lancastrien, - Son bon droit à la diadème - N'était pas reconnu très bien. - Richard, dans sa courroux amère, - Disait que sa compétiteur - Etait «bâtard de père et mère, - Bien que ce fût sa seul malheur.» - Bah! quand on veut manger du trône - Et que son droit il est petit, - Oun tel raison n'est pas si bonne - Qu'il doive couper l'appétit. - Notre homme à Richard fit le guerre, - Le tua de son propre main[28], - Puis bientôt sur son front altière - Brilla la signe souverain. - Du monde alors les grandes causes - On approfondissait, oui-da! - Et sous cet règne, entr'autres choses, - Fut découvert la Canada. - On dit qu'Henri Sept fut avare - Et qu'il amassa de l'argent - Assez pour remplir oune mare - Ou fréter oun gros bâtiment. - Hum!... En cet temps-là, je présume, - De même qu'aujourd'hui chez nous, - Du métal oun gros apostume - Devait rencontrer tous les goûts; - Et l'on peut bien se faire imaige - Que la prince dont nous parlons - Dut avoir, pour lui rendre hommaige, - Nombre d'amis dans ses salons. - Bien!... Disons qu'il fut oun monarque - Prodigue... et beaucoup complaisant - Et que sous lui l'anglaise barque - Il marcha beaucoup en avant! - - [28] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -HENRI VIII - -(1509-1547) - - - Cet gros-là, c'est Henri Huitième, - Prince savant, rempli de soin, - Ami fidèle et charmant même - Pourvu qu'on s'en tînt... assez loin. - _To begin with_, il fit le guerre - A Louis Douze des Français - Pour je ne sais trop quelle affaire; - Mais bientôt il conclut le paix - En donnant à la vieil monarque - Son soeur Marie en conjungo, - Ce qui tioujours il fut la marque - D'oun coeur valant oun vrai lingot. - Ajoutons que cette Marie[29] - Au bout d'oun an il était veuf, - Et, par nouvelle épouserie, - --Ce qui partout n'est rien de neuf,-- - Il devint, comme à l'ordinaire - Et dans la délai consacré, - Mère de celle qui fut mère - De la pauvrette Jeanne Grey. - Bien! De cet-lui-ci tout à l'heure - On verra l'histoire attristant. - Ne croyez pas qu'en son demeure - Alors Henri resta content. - En cet temps-là dessus le terre - Régnaient trois rois grands à l'excès: - C'était Henri dans l'Angleterre, - François Premier chez les Français, - Et puis l'empereur d'Allemaigne, - Charles-Quint de sa petit nom, - Qui pouvait en faisant campaigne - Passer son vie, oh! tout du long; - Tous trois de vaste intelligence, - Se jurant oun accord bien doux - Et, par mesure de proudence[30], - S'épiant toujiours en-dessous... - Mais passons! Car vouloir tout dire - Sur cet _triplet_ intéressant - Exigerait oun travail pire - Que pour en calomnier cent. - En poursuivant d'Henri l'histoire, - De ses femmes il faut parler, - Et c'est oun soujet, veuillez croire, - Difficile à rafistoler. - D'abord, Henri pour son compaigne - Eut Catherine d'Aragon, - Tante de Charles d'Allemaigne, - Et de vertus vrai parangon. - Pour je ne sais trop quel caprice - Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois, - Après quinze ans de cet cilice - Il voulut faire oun nouvel choix; - Mais Clément Sept, pape très saige - Et sur ces points beaucoup savant, - Voulut que d'Henri la menaige - Restât même qu'auparavant. - Certes, ce n'était que justice - Et prudence tout à la fois; - Car je crois que le moindre indice - De céder au monarque anglois - Eût attiré sur la Saint-Père - De Charles-Quint tout la courroux, - Cet dernier ne se gênant guère - De la faire éclater sur tous, - N'ayant pas même eu d'hésitance, - Six ans avant, comme l'on sait, - De tenir longtemps en souffrance - La même pape Clément Sept[31]. - De parler sur oun ton de maître - Henri Huit très accoutumé, - Il ne voulut pas se soumettre, - Si tant il était allumé; - Et c'est au cours de ce chicane - Que cet épouseur enraigé - A fonder l'Eglise anglicane - Bientôt on vit tout engaigé. - De la dame Anne de Boleyne - Henri devint la tendre époux... - Tendre!... il faut ici prendre haleine, - Cet mot je la dis entre nous; - Car tout se passa de telle sorte - Qu'après trois ans de renouveau - Pauvre Boleyne elle était morte, - Morte par la main de la bourreau. - Sans doute pour noyer son peine, - Henri prit alors la Seymour, - Car il n'avait point tant de haine - Qu'au fond il n'avait de l'amour. - Seymour étant mort de mort douce, - Sans la bourreau ni ses atours, - Notre homme en eut telle secousse - Que, craignant beaucoup pour ses jours, - Il choisit comme quatrième - Anne Cleves, femme allemand - Qu'il trouva, néanmoins, trop blême - Pour répondre à sa sentiment. - Alors, ramassant sa couraige, - Il prit Kate Howard aussitôt, - Qui le laissa dans la veuvaige, - Etant morte sur oun billot. - Enfin, pour montrer quel patience - Il était dans sa coeur de roi, - A Kate Parr, dans son clémence, - Il permit de lui jurer foi. - C'est tout... Sur cet aimant monarque - La ciel enfin reprit ses droits; - Trente-huit ans l'anglaise barque - Avait navigué sous ses lois. - De son femme ainsi que des grues - Il n'avait eu que trois enfants: - D'abord deux filles très bourrues, - Puis oun fils des plus innocents. - - [29] Voir note à l'appendice. - - [30] Voir note à l'appendice. - - [31] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD VI - -(1547-1553) - - - C'est la fils qu'Henri la Huitième - Il avait eu de la Seymour - Et qui de porter diadème - A dix ans vit venir son tour. - Il était oun faible jeune homme, - Malade, et, sans être oun nigaud, - Pour bien gouverner oun royaume - Possédant très peu la jingo. - Il fut d'abord sous le tutelle - De la frère de son maman, - Qui fut renversé de l'échelle - Par Dudley, oun autre manant. - Cet-lui-ci, dès lors, prit son place - Auprès du pauvre souffreteux - Dont il gagna le bonne grâce - En le cajolant de son mieux; - Si tant que la prince mourante - Fit testament en faveur... Bien! - De Jeanne Grey, oun descendante - Du famille lancastrien, - Oubliant son propre lignée - Très fâchée de cet curieux choix - Et puis pas du tout résignée - A perdre ainsi ses royaux droits. - Enfin s'éteignit cet monarque - A peine à l'âge de quinze ans; - Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque - Il avait bravé bien des vents. - - - - -[Illustration] - - -JEANNE GREY - -(1553-....) - - - Nous avons, dans oun autre paige, - Vu d'où venait ce Jeanne Grey, - Fille d'oun beaucoup haut lignaige - Puisqu'il descendait de Mary, - Soeur du fameux Henri Huitième - Et femme, pour oun court moment, - Du roi français Louis Douzième. - _Well! Well!_ Poursuivons maintenant! - Jeanne était mignon et gentille, - A peine âgée de dix-sept ans, - Et, quoique de royal famille, - Fuyait la trône tout le temps. - Mais tant fit Dudley, son beau-père, - Avec Guilford, son jeune époux[32], - Qu'elle consentit, pour leur plaire, - A régner. C'était, entre nous, - De la part des deux imbéciles, - Faire faire à cet jeune enfant - Oun pas non des moins difficiles - Et sûr d'avoir mauvais tournant. - Pauvre Jeanne! Bien éphémère - Fut sa règne. Sans hésiter - Mary Tudor, affreux mégère, - La fit vite décapiter. - - [32] Voir note à l'appendice. - - - - - [Illustration] - - - MARY TUDOR LA SANGLANTE - - (1553-1558) - - - Mary Tudor était le fille - D'Henri Huit par le premier lit. - Elle était laide en vrai gorille, - Avec oun teint de pissenlit. - De son père la fanatisme - Barbare, étroit, hautain et fol, - Joint au dangereux royalisme - De la parentaige espagnol, - Fut, je crois, le pur héritaige - Du virago Mary Tudor, - Si tant il avait l'apanaige - De tout ce qui fait la butor. - Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33] - Il vint pour réclamer son main. - Il l'obtint, mais sans son compaigne - Voulut partir le lendemain. - En apercevant cet visaige - L'hidalgo, surpris, s'était dit: - --_Caramba!_ vite la veuvaige, - Autrement je suis déconfit.-- - Et, depuis lors, le pauvre reine - Dut viver loin de son époux, - Et, pour mieux consoler son peine, - Fit éclater oun grand courroux. - D'abord, elle voulut le tête - De la pauvrette Jeanne Grey, - Et puis, pour compléter le fête, - Celle du jeune époux Dudley. - Northumberland perdit le sienne, - Ainsi que le fameux Cranmer[34]; - Suffolk subit le même peine - Avec l'évêque Latimer. - Puis partout se multiplièrent - Les échafauds et les bûchers, - Et les flots de sang qui coulèrent - Auraient attendri les rochers. - Enfin.... elle mourut--ô chance!-- - Sans avoir eu le moindre enfant, - Et c'est là que le Providence - Pour l'humanité fut clément. - - [33] Voir note à l'appendice. - - [34] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -ELISABETH[35] - -(1558-1603) - - - Lisbeth il fut oun très beau reine - Avec oun grande nez pointu. - Son mère était Anne Boleyne - Qui lui légua tout son vertu. - Bien! à propos du damoiselle, - On eut d'abord difficulté - Pour établir oun peu sur elle - La point de légitimité; - Car des femmes en mariaige, - C'est comme du sel sur oun rôt: - Point n'en faut faire oun gaspillaige, - Mais éviter d'en mettre trop. - Or, chose non controversée, - Henri Huit pensait autrement - Et toujiours plus qu'à la pincée - Il usa de la condiment. - Si tant que de Lisbeth la titre - Il fut presque aussi débattu - Et mis sur transparente vitre - Que, plus tard, le fut son vertu. - N'importe! Il monta sur la trône, - Et je vous dirai certement - Que jamais femme, homme ou personne - Ne fut reine plus joliment. - C'été pendant sa règne illustre - Que la peuple anglais, jour et nuit, - Commença de prendre la lustre - Dont il reluit tant aujourd'hui; - C'est dans cet règne que Shakspeare - Il écrivit si trèsment bien - Que pas oun autre n'a fait pire - De si longtemps qu'il n'écrit rien. - Mais parlons de Lisbeth lui-même, - De qualités si bien nourri - Que c'est oun curiouse problême - De voir qu'il n'eut point de mari. - Oh! oh! si d'oun chef de ménaige - Il n'eut pour se faire oun portrait - Que le seul pitoyable imaige - D'Henri, son père, on comprendrait; - Car, vraiment, la coeur la plus tendre - Devient vite ratatiné - Lorsque tout il lui fait entendre - Qu'il est au billot destiné. - Et n'allez pas vous faire idée - Que Lisbeth manqua d'aspirants! - Elle en fut même incommodée, - Et parfois de très écoeurants. - Nommons: Philippe, sa beau-frère, - Féroce espagnol carcajou, - Et cet gringalet légendaire - Qui s'appelait la duc d'Anjou. - Mais, si grand que fut la beau moine - Qui cherchait à la contourner, - Chacun dut manger son avoine - Et bredouille s'en retourner. - Et voilà! Des amis fidèles, - En eut-elle? _Why! certainly_, - Et pas des petits citronnelles; - Songez donc: Essex et Dudley, - Les deux _boys_ les plus maggnifiques - Et plus adroitement docteurs - Possédant toutes empiriques - Pour soigner les grands maux de coeurs! - Ce reine était d'humeur changeante, - --C'est connu,--bonne à certain jour, - Puis tout à coup si tant méchante - Qu'on n'en pouvait faire le tour - Ni même y venir assez proche - Sans risquer d'accomplir oun saut - Qui vous jetait comme oun vrai poche - Tout en travers sur oun billot. - Et souvent après que son ordre - Il fut suivi jusqu'à la fin, - Lisbeth tombait tout en désordre - Si tant qu'il avait du chagrin. - Oh! l'on vit fort bien cet prodige, - Curieuse et beaucoup triste aussi, - Lorsqu'Essex, perdant sa prestige, - Sur la billot fut raccourci; - Car, sitôt que la coup fut faite, - --Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,-- - Le reine, au fond de son retraite, - A pleurer fut très occupé, - Faisant oun si grande vacarme - Avec si brûlante soupir - Qu'on pensa de sonner l'alarme - A tous les pompiers pour venir. - Et puis, le façon très indigne - Dont il traita Mary Stuart - Fait qu'aujourd'hui chacun trépigne - A cet _infamous_ traquenard. - Non pas que le reine d'Ecosse - Il fut l'ange que quelqu'un dit; - Non, je crois que cet-ci fut rosse - Oun peu trop fort pour sa crédit. - Par exemple, sa ton hautaine... - Sa manque de discrétion... - Rizzio... hum!... Puis son grand haine - Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!... - Ses menaces à le sourdine... - Mais ce n'était pas suffisant - Pour que Lisbeth à son cousine - Fît subir pareil traitement. - Aussi, dedans cette occurrence - Lisbeth perdit de sa grand nom - Et de sa plus noble héritance, - Si tant qu'il fut là polisson. - Et puis la monde avec tristesse - Se dit, devant tels faits flagrants: - Trop souvent que de petitesse - Ne trouve-t-on pas chez les grands!... - Oh! mais Lisbeth fut oun monarque, - Malgré tout, très fort et savant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il en fit, des bonds en avant! - - [35] Voir note à l'appendice. - - - - -Maison des Stuarts - - - - -[Illustration] - - -JACQUES I - -(1566-1625) - - - Lisbeth, pas n'est besoin de dire, - Il était morte sans enfants. - Et c'est, pour oun trône, oun sort pire - Que la trop plein de prétendants. - Car, s'ils sont plusieurs à le file, - On peut choisir et c'est très bien; - Mais cet choix devient difficile - Quand dessous le main on n'a rien. - Donc, de princes le pénurie - Il causait beaucoup des douleurs - A la peuple tout ahurie - De devoir en chercher ailleurs. - Jadis des rois issus de France - Sur la trône s'étaient assis; - Mais ce n'était par complaisance, - Car cet trône ils l'avaient conquis. - Alors on chercha dans l'Irlande - Parmi les grands du nation, - Mais il paraît que dans le bande - On ne put trouver rien de bon. - Bien! Tout à coup la peuple anglaise - Se dit: Oh! mais, que j'ai donc tort - De tant chercher, quand à mon aise - J'en puis trouver oun sans effort! - Il se souvenait qu'en Ecosse - Autrefois oun princesse anglais - Etait allée en bel carrosse - Pour devenir reine écossais. - Et ce princesse il fut, de même, - Grand'mère de Mary Stuart, - Duquel la fils, Jacques Sixième, - D'Ecosse il devint roi plus tard. - Pour lors se dit la peuple anglaise: - _Heavens!_ c'est cet-là qu'il nous faut. - Qu'il vienne, et, pour le mettre à l'aise, - Nos soins ne feront pas défaut. - Il vint. Mais comme, en Angleterre, - On croit toujours tout inventer, - La nom de Jacques la première - Au lieu de l'autre il dut porter. - Bien! paraît-il, dans tout l'Histoire - Il est malaisé de trouver - Oun règne moins rempli de gloire, - Mais, en même temps, d'en rêver - Oun qui fût plus vraiment honnête. - Quant à Jacques, nul autre roi - Jamais ne reçut par le tête - Tant d'éloges de bonne foi - Ni tant de coups de la critique, - De grands saluts, malins discours - Ou fleurs de gai panégyrique. - Sur lui le griffe et la velours, - Alternant d'oun façon constante - Dans leur flatterie ou courroux, - Jamais l'oun ne fut plus cuisante, - Ni l'autre d'oun contact plus doux. - En somme, cet règne il fut bonne, - Avec certains succès complets - Et, comme toujiours, le couronne - Eut de plus ou moins gais reflets. - Doué de beaucoup d'énergie, - Jacques bientôt sous ses efforts - Il vit sa pouvoir élargie - Dans la dedans comme au dehors. - Il établit, comme oun bon père, - Parmi ses soujets l'union, - Et de l'Ecosse et l'Angleterre - Il compléta le fusion. - Il était oun prince savante - Et souvent poussait la travers, - Pour paraître encor plus charmante, - Jusqu'à vouloir... faire des vers. - Pourtant certains goûts despotiques - Lui firent commettre des torts; - Si tant que des rangs politiques - Oun jour il fut presque dehors[36]. - C'est ainsi que--fait regrettable!-- - Il prépara la grand malheur - Qui fit la sort si misérable - De son fils et son successeur. - N'importe! Il fut oun grand monarque, - _Oh! yes_, et beaucoup très pouissant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il fit tioujours voile en avant. - - [36] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -CHARLES I - -(1625-1649) - - - La fils de Jacques la Première, - Bien! il fut Charles la Premier[37]. - C'est oun chose beaucoup trop claire - Pour que l'on prouvé le nier. - Et puis, qu'il fit grand gaucherie - En déplaisant à ses soujets, - Ce n'est pas, non plus, menterie, - Mais oun vérité des plus vrais. - Oh! c'était oun charmant garçonne, - On le dit et je le crois bien. - Mais lorsqu'il monta sur la trône - Savait-il quelque chose ou rien?... - Ignorait-il que, pour oun prince, - Gouverner bien c'est maîtriser, - Et qu'avec oun pouvoir trop mince - On se fait vite mépriser? - Pourquoi, d'abord, contre l'Espaigne - Et le France tout à le fois - Fit-il le très vilain campaigne - Où, _Hell!_ il se brûla les doigts? - Pourquoi devint-il orgueilleuse - Au point qu'il osa refuser - Ce que sa peuple souffreteuse - Il voulait tant lui proposer? - Pourquoi fit-il, à droite, à gauche, - Si grandes tas de mécontents - Que c'était comme oune débauche - De pleurs et de gémissements? - Son Parlement il lui demande - Quelque chose pour amoindrir - Le misère qui se fait grande; - Se rendra-t-il à cet désir? - Oh! non. D'oun ton brusque et hautaine - Il répond à la Parlement - Que son demande il est trop vaine - Pour qu'il s'en occupe oun moment[38]. - Qu'arriva-t-il?... On le devine. - La Parlement, fâché très fort, - Saisit la roi si tant mutine - Et vite il vous le mit à mort[39]. - Pauvre Charles! Ton destinée - Il fut bien amère, ma foi, - Et ta règne mal terminée... - Mais... est-ce de mon faute, à moi? - - [37] Voir note à l'appendice. - - [38] Voir notes à l'appendice. - - [39] Voir notes à l'appendice. - - - - -République - - - - -[Illustration] - - -OLIVIER CROMWELL, Protecteur - -(1649-1658) - - - De Charles la bras tyrannique - Avait forcé beaucoup d'Anglais - A s'en aller dans l'Amérique - Chercher la bonheur et le paix. - Bravant les rigueurs de le houle - Ils s'en allaient, l'esprit bien noir, - Et de ces émigrés le foule - Il était pitoyaible à voir. - Oun jour, l'ordre vint du monarque, - Qu'oun tel exode inquiétait, - D'arrêter tout navire ou barque - En partance pour cet objet. - C'est ainsi que fut empêchée - La départ d'Olivier Cromwell, - Oun Puritaine tout crachée. - Les Puritaines?... Qu'est-ce?... _Well!_ - C'est oun drôle espèce d'apôtres - Qui croient pouvoir se rendre purs - En purifiant surtout les autres - Envers lesquels ils sont très durs. - Pauvre Charles! Comme il fut bête - De vouloir garder cet garçon! - Cromwell resta; mais dans son tête - Eclata le rébellion. - Alors comme représentante - Au Parlement il fut porté - Et, là, pour sa travail constante, - Comme oun grand homme il fut compté. - Bientôt son oeuvre il fut complète: - La Parlement il conduisait - Si tant qu'oun jour du roi le tête - Sur oun échafaud il roulait. - Cromwell triompha, maggnifique, - Comme oun grande libérateur, - Et de la nouveau république - Il fut nommé la Protecteur. - Pour neuf ans il garda cet titre - Et, faut le dire à sa crédit, - Oh! point il ne fut oun bélître, - Mais grand homme, sans contredit. - Sous lui notre chère Angleterre, - Depuis longtemps très indigent, - Il devint si beaucoup prospère - Qu'on... ne peut pas dire comment. - Cromwell ne fut pas oun monarque - Dans la sens brutal de cet mot; - Mais sous son oeil... l'anglaise barque - Il marcha beaucoup comme il faut. - - - - -[Illustration] - - -RICHARD CROMWELL - -(1658-....) - - - Il est la fils du précédente, - Et fut deuxième Protecteur; - Mais des talents de sa parente - Il avait bien peu le couleur. - Le père il était très active, - Brave soldat, parleur brillant; - Mais la fils, loin d'être aussi vive, - Il passait la temps en bâillant. - Des ennemis du république - Parfois il avait si tant peur - Qu'il lui prenait comme oun colique - Dont il sentait oun grand douleur. - Aussi sa règne fut bien courte; - Après six mois, triste, abattu, - Il s'enfuyait comme oune tourte - Ou comme oun chien qu'on a battu. - La fils de Charles la Première, - Tournant de sa pays autour, - Il était près de le frontière - Attendant l'heure du retour. - - - - -Restauration des Stuarts - - - - -[Illustration] - - -CHARLES II - -(1660-1685) - - - Bon! Voilà ces rois excellentes - Qui nous reviennent de nouveau! - Devant leurs plumaiges brillantes - Cromwell avait fui comme oun veau, - Et la prince Charles Deuxième - Dans sa pays s'étant rendu - Avait repris la diadème - Que son père il avait perdu. - Je voudrais bien dessus sa règne - Pouvoir écrire oun compliment; - Mais ma coeur de poète il saigne - Pour rimer sur oun tel manant. - Charles Deux fut la prototype - Du roi sensuel et viveur, - Cherchant partout le maggnifique - Même à le prix de son honneur. - Chez lui c'était comme oun rafale - De freluquets et polissons, - Et jamais dans le cour royale - On n'avait vu tant de guenons. - C'étaient tioujours fêtes brillantes, - Promenades et bals masqués, - Danses des plus mirobolantes - Comme proupos des plus risqués. - Les vins coulaient en vrais déluges - Dans des festins de fins ragoûts, - Où l'on mangeait comme des juges - Et l'on buvait comme des trous. - Les damoiselles mouchetées, - Tout couverts de colifichets, - Avec au col des brochetées - De parures les plus coquets, - Traînaient leurs riches mousselines - Sur les parquets doux et luisants, - Maintes galantes mascoulines - Leur débitant des compliments. - Puis, au son des clarionnettes, - Violons, flûtes, tambourins, - On se faisait mille courbettes - A s'en donner des tours de reins, - Tourbillonnant en rondes folles - Dans oun frelassement joli, - Le bouche plein de mots frivoles, - La nez bourré de patchouli. - Pardonnez à mon innocence - De ne vous en dire plus long!... - Qu'oun coeur bien né tioujours s'offense - De tels discours, oh! c'est très bon. - Encor si les torts de son père - Charles Deux avait évités; - Si des habitants d'Angleterre - Les droits il avait respectés!... - Mais, par oun acte impolitique - S'aliénant la Parlement, - Il voulut d'oun bras tyrannique - Gouverner seul et violemment. - Alors les cris et les murmures - Ils s'élevèrent de partout[40], - Et plusieurs cruelles mesures - La roi prit pour les mettre à bout. - Oh! oh! c'été vraiment oun chance, - Pour la pauvre roi criminel, - Que la peuple, en cette occurrence, - N'eût plus son Olivier Cromwell! - Il vécut. Mais ses torts nombreuses - Tombèrent sur la roi suivant - Qui, lors de ses jours malheureuses - Avait assez des siens, pourtant. - - [40] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -JACQUES II - -(1685-1689) - - - Jacques Deux il était la frère - De Charles Deux qu'on vient de voir; - Et c'est affreux tout le misère - Qu'il prit pour le couronne avoir. - Par malheur, à le politique - Il mêla le religion, - Si tant que partout le critique - Il s'attacha dessus son nom. - Erreur difficile à comprendre, - Qui de nos jours soubsiste encor - Parmi cet-là qui veulent prendre - «La sanctuaire pour décor...» - Jacques d'abord, brave et tenace, - Dans sa succès trop confiant, - Pensa qu'au peuple en faisant face - Il devrait rester triomphant. - Aux premiers clameurs de le foule - Il répondit par le rigueur; - Mais, comme oun tonnerre qui roule, - Les cris prirent plus de vigueur[41]. - Bientôt Jacques put reconnaître - Que, même jusqu'en son maison, - Contre sa trône et sa bien-être - Se préparait le trahison. - En effet, son fille Marie - Avec Guillaume, son époux, - Aux biens de le royauterie - Ils faisaient déjà les yeux doux. - Guillaume était prince d'Orange - Et de Hollande oun stathouder, - Ce qui ne veut pas dire oun ange, - Mais oun garçon bougrement fier. - Les Jacobites ou Papistes - Etaient de Jacques les suivants; - Et cet-là nommés Orangistes - Etaient de Guillaume les gens. - Bien! cet dernier à sa beau-père, - D'auprès duquel il avait fui, - Il fit oune terrible guerre - Pour avoir le couronne à lui. - A le rivière de le Boyne - Leurs soldats s'étant rencontrés, - Ils se chauffèrent tant le couenne - Que beaucoup en furent grillés. - Jacques s'y vit, l'excellent homme, - Dépouillé de ce qu'il avait; - Et sa gendre, la bon Guillaume, - Eut la trône qu'il convoitait. - Noble et caressante famille! - De voir son père détrôné, - Mary, dit-on,--excellent fille!-- - De rire était ratatiné. - - [41] Voir note à l'appendice. - - - - -Orange et Stuart - - - - -[Illustration] - - -GUILLAUME III ET MARIE II - -(1689-1702) - - - Très peu de chose il reste à dire - De ces deux tourtereaux charmants. - Ni l'oun ni l'autre ne fut pire - Que rois et reines précédents. - Guillaume il eut beaucoup à faire, - En commençant, pour conserver - La trône qu'à son cher beau-père - On l'a vu tantôt enlever. - Cet-ci dans la pays de France - Avec ses gens s'étant rendu, - Y cherchait encore oune chance - De ravoir sa trône perdu. - Mais cet espoir il était vaine. - Guillaume avait beaucoup d'amis - Dont pour Jacques le grande haine - Jamais depouis ne s'est remis; - Et lorsque Louis, Roi-Lumière, - Signa la traité de Ryswick[42], - De pauvre Jacques le prière - Il fut oublié... _pretty quick_. - Enfin, du pouvoir souveraine - Guillaume jouit avec douceur; - Mais bientôt il perdit son reine[43], - Et ce lui fut oun grand douleur. - Lui-même, si brave et si forte, - Oun jour il tomba de cheval; - Puisque de cet coup il est morte, - C'est qu'il s'était fait oun grand mal. - N'importe! il fut pouissant monarque, - Très tendre et beaucoup complaisant; - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il fit oun grand saut en avant. - - [42] Voir note à l'appendice. - - [43] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -ANNE - -(1702-1714) - - - Anne elle était soeur de Marie, - Et sur la trône fut douze ans. - Elle était douce et bien jolie, - Mais fanatique en même temps. - Pour rendre son gloire immortelle - Elle fit tout en sa pouvoir; - Mais sa lustre la plus réelle - Vint, je crois, comme l'on va voir. - En effet, c'été sous ce reine - Que vivé la fameux guerrier - Mossieu Malbrouck, grand capitaine, - D'oun appétit si carnassier. - Malbrouck il fit le guerre en France - Dont les soldats il écrasa; - Et, pour vaincre, son diligence - Bien rarement on surpassa[44]. - Bien! ce n'est pas tant sa couraige - Qui lui valut sa grand renom, - Mais de son gloire l'apanaige - Il lui vint d'oun fameux chanson: - «Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...» - «Paige, quel nouvelle apportez?...» - «Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...» - «Par quatre biaux sous-officiers...» - Et puis: «Madame à son tour monte - «Bien plus haut qu'il peut pas monter...» - Chanson que les Français, sans honte, - Toujours ils ne font que chanter. - Si tant que du grand capitaine - Il ne reste plus aujourd'hui - Que cet scandalouse refraine - Qu'on a fait pour rire de lui. - _Well! well!_ quant au reine lui-même, - S'il ne fut pas de les plus grands, - Il eut l'avantaige suprême - De se faire aimer tout la temps, - Dirigeant toute son pouissance - A rendre heureux tous ses soujets. - Si tant qu'après la long distance - De deux siècles, la peuple anglais - Ne parle pas de «_good queen Anne_» - Sans beaucoup grand le bouche ouvrir - Pour aussitôt oun vrai boucane - De compliments laisser sortir. - _Well, then!_ Anne fut oun monarque - Dont on ne peut médire en rien; - Car sous son oeil l'anglaise barque - Il marcha tioujours... oh!... très bien. - - [44] Voir note à l'appendice. - - - - -Maison de Hanovre - - - - -[Illustration] - - -GEORGE I - -(1714-1727) - - - De la fameux Jacques Première - Cet nouvel prince il descendait, - Et seul protestant héritière - De l'anglais trône il se trouvait. - Il fut, dit-on, oun roi très saige, - Cherchant la bien de ses soujets, - Mais, fort malheureux en ménaige, - Avalant beaucoup des regrets. - D'oune intrigue basse et méchante - Son femme oun jour il accusa[45], - Et dans oun prison effrayante - Trente deux ans il la laissa. - Tout de même... il fut oun monarque - Beaucoup très tendre et complaisant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il fila tioujours en avant. - - [45] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -GEORGE II - -(1727-1760) - - - Cet George il était fils de l'autre, - Et c'était oun si bon enfant - Qu'on en aurait fait oun apôtre - Pour... tant qu'il était complaisant. - Il guerroya contre le France - Et plusieurs batailles perdit[46]; - Mais aussi, par bienheureux chance, - Il en gagna,... sans contredit. - Ainsi fit-il le grand conquête - De la pays de Canada, - Malgré qu'elle ne fut complète - Que sous la roi qui succéda. - Oh! ce fut oun pouissant monarque, - Comme on voit, très entreprenant, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il marcha très loin en avant. - - [46] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -GEORGE III - -(1760-1820) - - - Petit-fils de George Deuxième, - Cet-ci n'avait que vingt deux ans - Lorsqu'il coiffa la diadème - Qu'il devait garder si longtemps. - Oh! ce fut oun très chanceux homme - Qui faisait tout ce qu'il voulait; - Et l'on peut ajouter, en somme, - Qu'il en... voulait tant qu'il pouvait. - Mais il ne faut pas que l'on pense - Que tous ses voeux furent bénis, - A moins qu'il ne songeât d'avance - A... perdre les Etats-Unis. - Car c'est alors que ce contrée, - Au bruit de la canon grondant, - Malgré l'Anglais fit son entrée - Dans la régime indépendant. - George ensouite eut oun règne heureuse, - Ni trop sévère ni trop mou; - Mais son tête un jour devint creuse - Et, pour dix ans, il fut très fou... - N'importe!... il fut un grand monarque, - Fort bon et très... intelligent, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il marcha beaucoup en avant. - - - - -[Illustration] - - -GEORGE IV - -(1820-1830) - - - De la monarque précédente - George Quatre il était la fils, - Et pour longtemps il fut Régente, - Son père étant fol comme dix. - Enfin il monta sur la trône - Et le garda deux fois cinq ans; - Mais sur son tête le couronne - N'éclata pas de feux brillants. - Il fut adversaire implacable - De l'empereur Napoléon, - Et d'oun façon peu charitable - Il traita cet _clever_ garçon. - Contre le liberté d'écrire[47] - Il avait de drôles travers; - Et, s'il vivait, au lieu d'en rire, - Il se choquerait de mes vers. - Mais tout marche de telle sorte - Que sans peur mes goûts je poursuis: - Aujourd'hui George Quatre est morte, - Tandis que, _by Jingo!_ je vis... - N'importe! Qu'il fût malheureuse - En formulant certains décrets, - Et que d'oun main trop rigoureuse - Il ait traité quelques soujets, - N'empêche qu'il fut grand monarque, - Et sous son oeil si tant chrétien - Comment marcha l'anglaise barque... - Oh! oh! vous le devinez bien. - - [47] Voir note à l'appendice. - - - - -[Illustration] - - -GUILLAUME IV - -(1830-1837) - - - De George Quatre il était frère - Et, comme on vous l'a dit tantôt, - George Trois il était son père - Qui même avait plus d'oun marmot. - Des deux bords de le politique - Il fut comme oun explorateur: - Tantôt libéral très pratique, - Et tantôt franc conservateur. - C'est ainsi que, chez nous encore, - Certaines gars ont la talent - De suiver constamment l'aurore - De la prochain soleil levant. - Mais... Guillaume il fut oun monarque - Pour oun bâtiment bien lester, - Et sous son oeil l'anglaise barque - Il ne pouvait pas s'arrêter. - - - - -[Illustration] - - -VICTORIA I - -(1837-1901) - - - De Victoria le Première - Tout ce qu'on peut dire est très bon. - Elle fut reine, épouse et mère - De toute le meilleur façon. - Pour voir oun peu son origine - On doit l'Histoire remonter, - La meilleur moyen, j'imagine, - De ne point s'en laisser conter. - D'abord, pour commencer la thème, - George Trois avait quatre fils. - Mon franchise il serait le même - S'il en avait eu trente-six. - Mais, pour ce qu'il n'en eut que quatre, - Je m'en tiens à cet numéro, - Et je me ferais plutôt battre - Que d'y joindre même oun zéro. - George Quatre il fut la première, - Guillaume Quatre la Second; - Puis vint oun autre par-derrière - Dont je ne souviens plus la nom. - La duc de Kent il vint ensouite, - Et son fille Victoria, - Comme l'on a vu par le souite, - Elle devint reine et... voilà! - Victoria fut si tant bonne - Et si tant se fit respecter, - Que mon coeur de joie il frissonne - Quand je me vois pour le chanter. - Sa règne eut oun tel maggnitude - Que, pour en bien suivre la cours - Dans oune véridique étude, - Les vers de huit pieds sont trop courts. - Huit ou dix pieds, oh! saperlotte! - C'été bon pour les rois communs; - Même oun seul pied dans oun bon botte - Conviendrait bien à quelques-uns. - Mais pour oun reine qu'on admire - Avec encor plus des raisons, - Les grandes vers de Shakespeare - Même ils ne seraient pas trop longs. - _Well! well!_ quand ce reine admirable - Fit sa _Diamond Jubilee_, - Sur cet sujet tant respectable - Oun grand hymne j'avais poli. - C'était en vers alexandrines - Beaucoup tendres et trèsment beaux - Et, pour les rendre plus coquines, - Coupés de petits vermisseaux. - Or, comme ils renferment complète - L'histoire de cet règne-là, - Permettez qu'ici je répète - Cet hymne comme le voilà! - - - ODE A VICTORIA[48] - - A L'OCCASION QU'ELLE JOUBILE EN DIAMOND. - - Juin 1897. - - - Je souis oun fils altier de le grande Angleterre - De qui la fier drapeau partout dessus le terre - Flotte dans le vent. - Mon coeur, en cet moment que le Reine joubile, - Il est piqué très fort comme par oun aigouile - Et saute en avant. - - Je ne me senté pas oune grande poète - Et je ne connaissé le française rimette - Pas assez beaucoup; - Mais d'oune si bel jour pour garder le mémoire - De _Queen_ Victoria je veux chanter le gloire - Encor pour oun coup. - - Les soixante ans ils sont restés loin en arrière - Depouis que notre Reine entreprit le carrière - Comme le voilà; - Et le youmanité, dans cette longue règne, - Il n'a jamais souffert et jamais il ne saigne - A cause cela. - - _Our most gracious Queen_, en régnant de le sorte, - Il était jeune encor pour de son oncle morte - Prendre placement. - Si tant belle il était que tout la monde admire - Encor bien plus des fois qu'on ne peut pas le dire, - Oh!... certainement. - - Son beauté maggnifique il était bien complète; - De son joustice aussi chacun il faisait fête - Partout au dehors. - On en parlait si fort de Roussie en Bretaigne - Que, pour aller le voir, sa cousin d'Allemaigne - Eut le fièvre au corps. - - La prince il était beau, ni grande ou trop petite, - Et devers son cousine il s'en alla bien vite - Sans faire du bruit. - Le reine il le trouva bien pour son convenance - Et l'aima tant si fort en voyant son présence - Qu'elle épousa lui. - - Peut-être l'on dira c'été pas mon affaire, - Et quant à son privé c'été mieux de me taire - Dans mes humbles chants. - Mais ces petites mots innocentes, il semble, - Expliqueront fort bien comment les deux ensemble - Eurent tant d'enfants. - - N'importe! elle été là, grande reine et pouissante, - Du nation anglaise emblême éblouissante - Avec sceptre d'or; - Et, soixante ans après, des bords de l'Amérique - Jusques aux sables cuits du creux noir de l'Afrique - Elle règne encor. - - Sous sa bienveillante oeil tous nos gens prospérousent. - Les autres nations entr'elles se jalousent, - Luttant pour l'honneur. - Mais dans le Angleterre on vit en bons apôtres; - On ne fait plus le guerre, on le fait faire aux autres, - Oh! c'été meilleur. - - Le Angleterre il est toujours très richissime; - C'été connu. Pour lors de s'exposer le frime - Il aurait bien tort. - Depuis trente ans, l'Anglaise il a mis dans son tête - Qu'oun boulet de canon il fait moins le conquête - Que des pièces d'or. - - Sous la sceptre si mol de notre Souveraine - On connait bien l'amour, mais non jamais le haine - Et ses vilains traits; - Le paix règne partout dans cette vaste empire - Sur lequel la soleil, si tant loin qu'il dévire, - Ne s'endort jamais. - - Oh! c'est oun grande roi... Mais non, il faut écrire - Reine; car ces deux mots ils ne voulé pas dire - Ici _the same thing_. - En français, voyez-vô, mêler la mascouline - Sans d'excellents raisons avec le féminine, - Ça serait _shocking_. - - De longtemps je sentais oun grand concoupiscence - D'écrire pour mon reine, au jour de son naissance, - Oun hymne poli. - Voilà! Pardonnez-moâ, vous, mes frères anglaises, - Si j'ai voulu chanter avec des vers françaises - _Our Queen's Jubilee!_ - - [48] Voir note à l'appendice. - - - Pour ce que les alexandrines - Sont vers difficiles beaucoup, - Aux huit-pieds, qui sont moins mutines, - Je reviens encor pour oun coup. - Hélas! et c'été pour vous dire - Que ce grand reine si charmant - Que tout la monde encore admire - Comme du temps de sa vivant; - Reine si doux, femme si bonne, - Si tant polie et vertueux - Que dans son coeur chacun s'étonne - Qu'il descendît de tels aïeux - Dont on vient de lire l'histoire... - Hélas! c'été pour dire, enfin, - Que de son vie et de son gloire - En pleurant on a vu le fin. - Il est morte en grande monarque, - Comme il l'avait été vivant; - Et, ciel! ce que l'anglaise barque - Dans son temps fila de l'avant!... - - - - -[Illustration] - - -EDOUARD VII - -(1901-....) - - - Avant la présent souveraine - Ceux qu'on a vus ils étaient morts, - Et l'on pouvait dire sans gêne - S'ils ont été bons ou butors. - Mais Edouard Sept il est en vie, - Oh! très en vie à cet moment, - Et, pour jamais qu'on ne l'oublie, - J'ai mis son binette plus grand. - Car si d'oun monarque bien morte - On peut dire tout ce qu'on veut, - Il est proudent que d'autre sorte - On parle d'oun roi qui se meut. - C'est ce que la peuple grenouille - Un jour il apprit sous les eaux; - Du moins, Esope il en bredouille - Dans oun de ses beaux fabliaux. - Car si vous mettez le critique - Sous la nez d'oun prince vivant, - Le chose tant beaucoup le pique - Qu'il se fâche et saute en avant. - Alors, sous le fureur royale - L'improudent est vite perdu; - On vous le lance comme oun balle - Au bout d'oun cordeau de pendu. - Tenez! en parlant de Sans-Terre - J'ai dit qu'il était oun crapaud. - Bien! si d'Edouard cet mot grossière - J'allais souffler, gare à ma peau! - D'oun bout à l'autre de la ville - Ce ne serait que cris de mort; - Chacun il se croirait utile - En me faisant oun mauvais sort, - Les grands de le magistrature - Ils me _prononceraient_ oun gueux, - Et même le cléricature - Il ne me traiterait pas mieux. - Oun animal de ce faconde, - Dirait-on, il faut accrocher, - Car vérité le plus profonde - Parfois il faut savoir cacher. - Et, quand du haut d'oune potence - Mon corps il se balancerait, - C'est à qui plus fort en cadence - "_God save the King!_" il chanterait. - Bien! Toute crainte je défie, - Et je le fais en... défiant; - Car jamais roi pendant son vie - Ne fut plus qu'Edouard édifiant. - _Dear, me!_ mon seule inquiétude - Est--tenez cela pour compté!-- - De ne pouvoir en cette étude - Rendre joustice à son bonté. - Fils de Victoria Première, - Grand reine que l'on pleure encor, - Il est en tout son héritière - Même jusque dans sa coeur d'or; - Et, tandis qu'avec grand sagesse - Sur sa peuple il règne aujourd'hui, - Cet-ci de plus en plus engraisse, - Devient rougeaud, brille et reluit. - Si tant que point je ne redoute - Pour la dit peuple aucun malheur, - Excepté... peut-être la goutte, - Très noble mal de haut seigneur, - Et cet autre, l'apoplexie, - Que ne connait point la quêteux. - Et voilà comment j'apprécie - Les bienfaits de cet règne heureux, - _Oh, dear! oh, dear!_ D'Edouard vivante - Pourquoi craindrais je de parler? - Ce que je dis est mot courante, - Et rien je ne puis dévoiler - Qui ne soit oun parfait hommaige - A le bonté de notre Roi, - A son savoir, à sa couraige, - A sa... _Well! Well!_... à sa tout, quoi! - _Don't fear!_ Edouard est oun monarque - Qui savé gouverner très bien, - Et... sous son oeil l'anglaise barque - Oh, tenez!... je ne dis plus rien. - - - - -EPILOGUE - - - Dans la pays de Angleterre - Oh! tout il été trèsment beau; - Et tout il été si nouveau - Dans la pays de Angleterre, - Qu'on a beau dire la contraire - Même en criant comme oune veau, - Dans la pays de Angleterre - Oh! tout il été trèsment beau. - - D'oun bout de cet pays à l'autre - Ce n'est que palais, que jardins - D'où sont exclus tous les gredins, - D'un bout de cet pays à l'autre. - C'est mon avis, sinon le vôtre, - Et cet-là de gens beaucoup fins: - D'oun bout de cet pays à l'autre - Ce n'est que palais, que jardins. - - Le grand nation qui l'habite - Il été la plus grand de tous. - Oh! chacun sait ça comme nous, - Le grand nation qui l'habite - Il été loin d'être... petite. - Si tant qu'à la fin, savez-vous, - Le grand nation qui l'habite - Il été la plus grand de tous. - - C'été surtout par son richesse - Qu'il compté la plus de valeur. - Quand plus qu'oun autre il est meilleur - C'été surtout par son richesse; - Car... tout la monde il le confesse - Et c'été bien connu, d'ailleur, - C'été surtout par son richesse - Qu'il compté la plus de valeur. - - A cause de son grand pouissance - Beaucoup de peuples sont heureux; - Tandis que d'autres sont... peureux - A cause de son grand pouissance. - Si tant que, par son alliance, - --Quand ils ne pouvé faire mieux-- - A cause de son grand pouissance - Beaucoup de peuples sont heureux. - - Il ne courtisé pas le guerre - Quand il pouvé faire autrement; - Et, comme noble amousement, - Il ne courtisé pas le guerre. - Pourvu... qu'il fasse son affaire - Et que d'autres soient en avant, - Il ne courtisé pas le guerre - Quand il pouvé faire autrement. - - Parmi les sauvaiges d'Afrique - Il sait se faire redouter, - Et sa nom il fait respecter - Parmi les sauvaiges d'Afrique. - Là ses ordres sont sans réplique, - Et... s'il faut vous le répéter, - Parmi les sauvaiges d'Afrique - Il sait se faire redouter. - - Avec la peuple civilise - Oh! bien, il été très proudent, - Et tioujours très condescendant - Avec la peuple civilise. - Pendant longtemps il... _temporise_; - Mais si l'autre montre le dent, - Avec la peuple civilise - Oh! bien, il été très proudent. - - Douce Albion! Chère patrie! - Je t'aime autant que je le peux - Jusqu'en mon âme le plus creux. - Douce Albion! Chère patrie! - Je ne fais pas de menterie - Dans l'expression de mes feux: - Douce Albion! Chère patrie!... - Je t'aime autant... que je le peux! - -[Décoration] - - -FIN - - - - -NOTES - - - [1] --A la suite d'une querelle avec les siens, Egbert dut se - réfugier en France, où il séjourna pendant quelque temps à la - cour de Charlemagne. - - [2] --Alfred s'était introduit dans le camp danois, déguisé en - barde. - - [3] --Alfred protégea les arts, la navigation et le commerce, et - fonda l'institution du jury. - - [4] --Ethelwald. - - [5] --Charles III dit le Simple. Ce roi ayant été pris par le - comte de Vermandois, Ogive s'enfuit en Angleterre, à la cour de - son frère Athelstan et y fit élever son fils Louis, ce qui valut - à ce prince le surnom d'Outre-Mer. - - --Elgiva était parente d'Edwy, et celui-ci l'avait épousée malgré - les canons de l'Eglise. Elle lui fut enlevée et périt dans les - supplices. - - --Saint Dunstan, alors archevêque de Cantorbery, fut le principal - conseiller d'Edgard. - - [6] --Edmond II succéda à son père. Son intrépidité et sa force - l'avaient fait surnommer _Côte de fer_ (_Iron-side_). Il fut - assassiné en 1017, et laissa Canut seul maître de l'Angleterre. - -(La note 7 n'existe pas). - - [8] --On sait que notre Très Gracieuse Souveraine, la reine - Alexandra, est fille de Christian IX, roi du Danemark. - - [9] --Guillaume le Conquérant vainquit Harold II à la fameuse - bataille d'Hastings. - - [10] --On l'appelait _Courte-Heuse_ parce que, dit-on, il avait - les jambes très courtes. - - [11] --Etienne de Blois prit la couronne, au détriment de sa - cousine Mathilde, fille d'Henri I. Il eut pour femme l'héritière - des comtes de Boulogne. - - [12] --Répudiée par Louis VII dit le Jeune. Eléonore valut à - Henri II la possession de la Guyenne, du Poitou, du Périgord, du - Saintonge, de l'Auvergne, de l'Angoumois et du Limousin. - - [13] --Rosemonde, maîtresse de Henri II, était fille de Lord - Clifford. Voulant la garantir des jalouses entreprises - d'Eléonore, sa femme, Henri fit construire pour elle à Woodstock - un asile mystérieux avec une espèce de labyrinthe; elle y mit au - jour deux enfants, Richard Longue Epée, et Geoffroy qui devint - archevêque d'York. - - [14] --Son père Henri II lui avait bel et bien enlevé sa promise, - Alice, fille de Louis VII, roi de France. - - [15] --Il remporta à Asor une brillante victoire contre 100,000 - musulmans. - - [16] --Le duc d'Autriche, que Richard avait outragé au siège de - St-Jean-d'Acre. - - [17] --Richard Coeur-de-Lion battit Philippe Auguste à - Fréteval. - - [18] --En 1215, à la suite d'une révolte des barons anglais, Jean - Sans Terre fut forcé de signer la Grande Charte, qui est la base - des libertés anglaises. - - [19] --Henri III fut contraint de confirmer la Grande Charte. - - [20] --Wallace fut décapité à Tower-Hill. - - [21] --Edouard III favorisa l'université d'Oxford. En souvenir de - la victoire de Crécy, où il avait donné pour mot d'ordre le mot - _Garter_ (jarretière), Edouard III établit l'Ordre de la - Jarretière. Suivant une tradition généralement répandue, la - comtesse de Salisbury, qui était aimée du roi, ayant laissé - tomber dans un bal une jarretière, Edouard la releva; et comme - son empressement donnait à rire aux courtiers, il s'écria: _Honi - soit qui mal y pense!_ ajoutant que tel qui riait s'estimerait - heureux d'en porter une semblable; peu après il créa le nouvel - ordre. Le costume et les insignes des chevaliers de cet ordre - sont: une _jarretière_ de velours bleu sur laquelle est brodée, - en argent, la devise _Honi soit qui mal y pense!_ un _manteau_ en - velours bleu; un _chaperon_ et un _justaucorps_ de velours - cramoisi, un chapeau de velours noir, un collier d'or, un _ruban_ - bleu porté en sautoir de gauche à droite, auquel est suspendue - une médaille d'or portant l'effigie de S. George. - - (Bouillet.) - - [22] --La couronne revenait, de droit, à Roger Mortimer, - petit-fils du duc de Clarence, deuxième fils d'Edouard III. C'est - cette usurpation qui prépara la funeste guerre des Deux Roses. - - [23] --Henri V remporta la bataille d'Azincourt, où l'armée de - Charles VI fut taillée en pièces. - - [24] --Isabeau de Bavière signa le traité de Troyes, qui faisait - passer la couronne sur la tête d'Henri V. - - [25] --Marguerite d'Anjou. Elle prit bientôt un empire absolu sur - Henri VI et gouverna pour lui. - - [26] --Edouard IV envahit la France pour soutenir Charles le - Téméraire contre Louis XI. - - [27] --Sur l'ordre de Richard, Tyrrel se rendit à la Tour et - étouffa les deux enfants sous des matelas et des oreillers. - - [28] --Richard fut vaincu par le comte de Richmond (plus tard - Henri VII) à la bataille de Bosworth, près de Nottingham, où il - perdit la vie avec le trône. - - [29] --Marie d'Angleterre épousa alors le duc de Suffolk, qui - l'avait suivie en France comme ambassadeur. - - [30] --Entr'autres occasions, à l'entrevue du Camp du Drap d'Or, - en Flandre. - - [31] --Clément VII, _Jules de Médicis_, assiégé dans Rome par - l'armée de l'empereur, sous le commandement de Charles de - Bourbon, fut détenu sept mois et ne put se sauver qu'à la faveur - d'un déguisement. - - [32] --Guilford Dudley, fils de l'autre Dudley, duc de - Northumberland. - - [33] --Philippe II était fils de Charles-Quint. - - [34] --Cranmer, archevêque de Cantorbery, avait prononcé le - divorce d'Henri VIII d'avec Catherine d'Aragon. Marie Tudor le - fit périr sur le bûcher, en 1556. Latimer, évêque de Worcester, - fut aussi brûlé vif à Oxford. - - [35] --C'est sous le règne d'Elisabeth qu'eut lieu, en France, le - Massacre de la Saint-Barthelémy. - - [36] --C'est alors qu'eut lieu l'attentat connu sous le nom de - Conspiration des Poudres, qui faillit faire périr le roi avec le - Parlement tout entier. - - [37] --Charles I était marié à Henriette de France, fille d'Henri - IV et de Marie de Médicis. - - [38] --Charles I renvoya successivement quatre parlements qui lui - refusaient des subsides pour continuer ses guerres extravagantes. - C'est contre lui que les Ecossais rédigèrent le fameux _Covenant - Act_, par lequel ils s'engageaient à défendre le protestantisme - jusqu'à la mort. - - [39] --Charles I fut décapité à Whitehall. - - [40] --C'est sous Charles II que se formèrent les deux partis - politiques connus sous les noms de _Whigs_ et _Tories_. - L'incendie de Londres, en 1666, consuma 30,000 maisons. - - [41] --Sous Jacques II eut lieu, en France, la Révocation de - l'Edit de Nantes, ce qui n'était pas beaucoup de nature à aider - le monarque anglais dans ses luttes de religion. - - [42] --Par le traité de Ryswick, Louis XIV rendit à l'Espagne ce - qu'il lui avait enlevé et reconnut Guillaume III pour roi - d'Angleterre. - - [43] --Marie II mourut de la petite vérole en 1695. - - [44] --Le fameux duc de Marlborough, ancêtre des Churchill de nos - jours, avait fait son apprentissage des armes sous Condé et - Turenne. En 1704, il envahit la Bavière, battit l'électeur à - Shellenberg, incendia 300 villes de ses Etats, écrasa le général - français Tallart et l'électeur de Bavière à Blenheim. Il défit - Villeroi à Ramillies en 1706, Vendôme à Oudenarde en 1708, et le - maréchal de Villars à Malplaquet en 1709. - - [45] --Sophie de Nell. - - [46] --George II fut battu à Fontenoy par le maréchal de Saxe, et - ailleurs encore. Il eut à soutenir, en Ecosse, une guerre contre - le Prétendant Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II. George - II fonda le British Museum. - - [47] --George IV rendit de nombreuses lois contre la liberté de - la presse. - - [48] --Cette pièce a été publiée dans divers journaux de Québec - et de Montréal. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - - - PAGES - - Avertissement de l'auteur 7 - - Avant-propos 11 - - Egbert-le-Grand 17 - - Ethelwolf, Ethelbald, Ethelbert, Ethelred 19 - - Alfred-le-Grand 21 - - Edouard I, l'Ancien 23 - - Athelstan 25 - - Edmond I 26 - - Edred 26 - - Edwy 27 - - Edgard, le Pacifique 28 - - Edouard II, le Martyr 30 - - Ethelred II 31 - - Canut-le-Grand 35 - - Harold I 37 - - Canut III ou Hardi-Canut 38 - - Edouard-le-Confesseur 39 - - Harold II 40 - - Guillaume-le-Conquérant 43 - - Guillaume II, le Roux 46 - - Henri I, Beauclerc 48 - - Etienne de Blois 50 - - Henri II 54 - - Richard I, Coeur-de-Lion 57 - - Jean Sans-Terre 60 - - Henri III 61 - - Edouard I, (race normande) 63 - - Edouard II 65 - - Edouard III 67 - - Richard II 70 - - Henri IV 72 - - Henri V 74 - - Henri VI 76 - - Edouard IV 80 - - Edouard V 82 - - Richard III 83 - - Henri VII 87 - - Henri VIII 89 - - Edouard VI 94 - - Jeanne Grey 96 - - Marie I, Tudor 98 - - Elisabeth 100 - - Jacques I 107 - - Charles I 111 - - Olivier Cromwell 115 - - Richard Cromwell 117 - - Charles II 121 - - Jacques II 124 - - Guillaume III et Marie II 129 - - Anne 131 - - George I 135 - - George II 136 - - George III 137 - - George IV 139 - - Guillaume IV 141 - - Victoria I 142 - - Ode à Victoria I 144 - - Edouard VII 148 - - Epilogue 152 - - Notes 155 - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Petit histoire des grandes rois de -Angleterre, by Ephrem Chouinard - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE *** - -***** This file should be named 50485-8.txt or 50485-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/0/4/8/50485/ - -Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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