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-The Project Gutenberg EBook of Procès-verbaux de l'Assemblée générale de
-la section des Postes, by Fritz Braesch
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org
-
-
-Title: Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes
- 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792
-
-Author: Fritz Braesch
-
-Release Date: July 25, 2013 [EBook #43291]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROCÈS-VERBAUX DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ***
-
-
-
-
-Produced by Adrian Mastronardi, The Philatelic Digital
-Library Project at http://www.tpdlp.net, Hans Pieterse and
-the Online Distributed Proofreading Team at
-http://www.pgdp.net (This file was produced from images
-generously made available by the Bibliothèque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
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- Au lecteur:
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- L'orthographe d'origine a été conservée, mais quelques erreurs
- typographiques évidentes ont été corrigées. La liste de ces
- corrections se trouve à la fin du texte.
-
- La ponctuation a également fait l'objet de quelques corrections
- mineures.
-
- Le texte en gras est représenté =en gras=, le texte en italiques
- _en italiques_.
-
- A plusieurs endroits l'auteur a volontairement laissé un
- espace blanc. Ces espaces sont représentés ainsi: ______.
-
- Certaines abréviations sont facilement lisibles, comme Mlle,
- Cie ou 4e. Dans d'autres cas les caractères mis en exposant
- sont représentés entre accolades: n{os} ou dép{t}.
-
- Les notes de bas de page ont été renumérotées et groupées à la
- fin de chaque compte-rendu.
-
-
-
-
- PROCÈS-VERBAUX
- DE
- L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- DE LA SECTION DES POSTES
-
- 4 Décembre 1790--5 Septembre 1792
-
-
-
-
- PROCÈS-VERBAUX
-
- DE
-
- L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
-
- DE LA SECTION DES POSTES
-
- 4 Décembre 1790--5 Septembre 1792
-
-
- THÈSE
- POUR LE DOCTORAT ÈS-LETTRES
- PRÉSENTÉE A LA FACULTÉ DES LETTRES
- DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS
-
-
- PAR
-
- F. BRAESCH
- PROFESSEUR AGRÉGÉ AU LYCÉE DE BELFORT
-
-
- PARIS
- LIBRAIRIE HACHETTE ET C{IE}
- 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
-
- 1911
-
-
-
-
- A
- MES MAITRES
-
- MM. AULARD ET SEIGNOBOS
- PROFESSEURS EN SORBONNE
-
- _Hommage de reconnaissance et d'affection._
-
-
-
-
-INTRODUCTION
-
-
-I
-
-Le service des Archives du département de la Seine possède, depuis
-1891, un petit registre, relié en parchemin, mesurant vingt-cinq sur
-trente-sept centimètres, et comprenant environ deux cents folios, dont
-soixante-douze écrits au recto et au verso. Ce registre porte, sur sa
-couverture, d'une écriture contemporaine, la suscription suivante:
-
- Nº 3 Nº 78
-
- SECTION DES POSTES
-
- REGISTRE
-
- _Des délibérations de l'Assemblée générale de la section,
- commencé le 4 décembre 1790, jusqu'au 5 septembre 1792._
-
-C'est le seul registre d'Assemblée générale de section que nous
-possédions encore pour la période considérée[1]. Pendant la Révolution,
-chacune des 48 sections de Paris avait un grand nombre de registres:
-d'abord ceux qui contenaient les procès-verbaux des Assemblées
-générales; ensuite ceux où étaient consignés les résultats des
-délibérations des Assemblées primaires électorales; puis les registres
-des Comités civils, ceux des Comités révolutionnaires, etc. Il y avait
-aussi une grande quantité de papiers sur lesquels étaient consignés
-des actes isolés: extraits des procès-verbaux des Assemblées ou des
-Comités, lettres circulaires[2], etc. De tous ces documents, les
-plus importants étaient bien évidemment les registres des Assemblées
-générales, puisqu'ils contenaient, dans leur succession chronologique,
-l'ensemble des délibérations politiques prises par les sections. Or,
-tandis que les feuilles volantes étaient dispersées dans toutes les
-directions, de même qu'un certain nombre de registres des Comités civils
-ou révolutionnaires, voire d'Assemblées primaires, la presque totalité
-des registres d'Assemblées générales de sections, étaient versés, en
-l'an IV, à l'Administration centrale et complètement détruits en mai
-1871, lors de l'incendie qui, pendant la Commune, anéantit le bâtiment
-de la Préfecture de Police.
-
-M. Lucien Lazard, aujourd'hui sous-archiviste de la Seine, a retrouvé,
-en 1897, au bureau des mairies de la Préfecture de la Seine, un état
-manuscrit des documents de l'ancienne Municipalité de Paris, dressé
-avant l'incendie de mai 1871. Cet état comprend l'énumération des
-divers registres conservés à cette époque à la Préfecture de la Seine
-(documents concernant la Municipalité et le Département) et de ceux
-conservés à la Préfecture de Police. Voici ce qui, dans cet état,
-concerne cette dernière catégorie de documents aujourd'hui entièrement
-anéantis:
-
- _Préfecture de Police:_
-
- 340 Registres, procès-verbaux des 48 sections;
- 59 ---- décisions de diverses autorités municipales.
-
-D'autre part M. Labat, ancien archiviste de la Préfecture de Police,
-s'est occupé de ces documents, à la fin du premier de ses deux articles
-de la _Gazette des Tribunaux_ (n{os} des 6 et 11 juillet 1882, pp.
-655 et 671) sur _Les Archives de la Préfecture de Police et l'incendie
-de 1871_. M. Labat y énumère les différents «registres afférents
-à la période révolutionnaire». Après avoir rappelé ceux qui sont
-relatifs aux diverses prisons de Paris à cette époque, il mentionne
-enfin: «Tous les registres, au nombre de plus de trois cents, sur
-lesquels étaient inscrits les procès-verbaux des séances tenues par
-les Comités révolutionnaires des diverses sections de Paris, auxquels
-s'en trouvaient joints deux ou trois du club des Cordeliers.--Un des
-Comités, celui de la section du Mont-Blanc, avait fourni une plus
-grande quantité de registres que les autres, et ils étaient tenus avec
-un ordre, un soin, une régularité qu'on était loin d'observer partout
-au même degré. A chaque procès-verbal on avait annexé les documents,
-manuscrits ou imprimés, communiqués à la section et qui avaient fait
-l'objet de discussions dans la séance ou sur lesquels le Comité avait à
-délibérer.--La perte de ces registres, si précieux pour l'étude de la
-vie politique de la population parisienne à cette époque agitée, est
-des plus déplorables et, malheureusement, elle est irréparable...» Il
-est certain que M. Labat fait erreur en ne parlant ici que de registres
-de _Comités révolutionnaires_. Un grand nombre des registres de
-l'époque révolutionnaire, conservés à la Préfecture de Police, étaient
-en effet des registres d'Assemblées générales, comme le prouvent les
-travaux effectués dans ces Archives par Barthélemy-Saint-Hilaire et par
-Mortimer-Ternaux.
-
-Le registre que nous éditons aujourd'hui, au lieu d'avoir été versé au
-dépôt central[3], était resté, jusqu'à la fin du XIXe siècle, à la
-mairie du IIe arrondissement dans la circonscription de laquelle est
-compris le territoire de l'ancienne section des Postes. C'est là qu'il
-fut découvert par M. Marius Barroux, actuellement archiviste
-de la Seine, lorsque le service des Archives du département, à qui
-il appartient de conserver désormais cette catégorie de documents,
-entreprit une vaste enquête auprès de toutes les mairies de Paris, en
-vue de retrouver ceux de ces documents qui pouvaient encore subsister.
-Après de longues démarches, ce service parvint enfin, en 1891, à entrer
-en possession du précieux registre qui est conservé aujourd'hui dans le
-bâtiment des Archives départementales, sous la cote VD* 1001.
-
-La leçon donnée par l'incendie de 1871 n'a pas été perdue et, depuis
-une vingtaine d'années, les efforts des travailleurs isolés, ceux des
-sociétés savantes et surtout le concours puissant du Conseil municipal
-de Paris tendent, en les publiant, à mettre définitivement à l'abri d'un
-nouvel accident, toujours possible, les restes de la riche documentation
-relative à l'histoire sectionnaire de Paris pendant la Révolution. La
-présente publication est une contribution de plus à cette oeuvre.
-
-Elle comprend les séances de l'Assemblée générale de la section des
-Postes, depuis le 4 décembre 1790 jusqu'au 5 septembre 1792. Comme la
-loi du 21 mai-27 juin 1790, qui établit la nouvelle organisation de
-Paris en 48 sections, commençait à peine à être appliquée, à la fin de
-1790, il y a toutes probabilités pour que le présent registre ait été
-le premier de l'Assemblée générale de la section. Je ferai d'ailleurs
-remarquer que le procès-verbal du 4 décembre 1790 porte, en tête, les
-mots suivants: _Première assemblée_. Je ne sais pourquoi le tiers
-seulement de ce registre a été utilisé. J'ignore si un ou plusieurs
-autres registres faisaient la suite de celui-ci, après le procès-verbal
-du 5 septembre 1792. Le contraire est vraisemblable: jamais la série
-des procès-verbaux de sections n'a été complète. Les travailleurs qui
-ont pu dépouiller ces documents, avant l'incendie de 1871, sont formels
-à cet égard; Mortimer-Ternaux, qui a fait son travail vers 1860,
-constate, outre la disparition de quelques registres[4], la mutilation
-de plusieurs de ceux qui subsistent, mutilation qu'il attribue
-au désir des intéressés d'effacer _les traces de leur honte_[5]. Nous
-savons aujourd'hui que cette mutilation est due au peu de scrupule
-d'un érudit, Barthélemy-Saint-Hilaire. Celui-ci, qui nous a, par son
-providentiel larcin, valu la conservation de nombreux fragments des
-procès-verbaux de sections[6], a fait son travail de dépouillement
-dans la deuxième moitié de l'année 1834, c'est-à-dire à une époque
-où, très probablement, personne d'autre que lui n'avait encore songé
-à utiliser ces textes. Selon toute apparence les registres devaient
-être alors intacts et tels qu'au moment où ils avaient été déposés aux
-Archives de la Préfecture de Police. Or les analyses qu'en a laissées
-Barthélemy-Saint-Hilaire[7], montrent qu'ils étaient incomplets. Voici,
-à titre d'exemple, l'état dans lequel se trouvaient, à cette époque, les
-registres de la section du Luxembourg.
-
- LUXEMBOURG
-
- _Registres._
-
- 1º Incomplet, quelques procès-verbaux de 1792;
- 2º id. quelques Assemblées primaires de 1793;
- 3º id. quelques procès-verbaux de mars 1793,
- an III--22 germinal--adresse à la Convention (texte);
- 4º Incomplet. Finit au 20 floréal an III;
- 5º Du 21 fructidor an III au 11 vendémiaire[8].
-
-Enfin le témoignage de M. Labat, l'ancien archiviste de la
-Préfecture de Police, vient confirmer ce que nous savons sur la mauvaise
-tenue des registres de sections[9].
-
-Il n'y a donc rien d'exceptionnel dans le fait que le présent registre
-de la section des Postes s'arrête à la date du 5 septembre 1792. Les
-Archives de la Seine possèdent du reste un autre registre encore,
-provenant de la même source que celui-ci et coté aujourd'hui VD* 1002.
-Il renferme les procès-verbaux des Assemblées _primaires_ de la section
-des Postes, du 13 novembre 1791 au 11 février 1793. Ce registre, qui
-ne comporte que vingt-quatre folios manuscrits, est beaucoup moins
-intéressant que le précédent et j'ai jugé inutile de le publier.
-
-
-II
-
-Le document que j'édite n'est pas entièrement inédit. Il n'a pu
-naturellement être utilisé par les historiens, avant sa découverte,
-en 1891, par M. Marius Barroux. Ni Michelet, ni Louis Blanc, ni
-Mortimer-Ternaux ne l'ont connu. Mais Mellié, dans son beau livre sur
-_Les sections de Paris_, l'a largement mis à contribution, et S. Lacroix
-en a publié un certain nombre de fragments dans les «Eclaircissements»
-de son monumental recueil: _Actes de la Commune de Paris_. Je crois
-cependant pouvoir justifier la présente publication.
-
-D'abord Lacroix ne publie pas toujours exactement le texte qu'il édite:
-soit pour le rendre correct, soit pour l'éclaircir ou le raccourcir, il
-n'hésite pas à le modifier ou à y faire des coupures, sans avertir le
-lecteur. J'indique, dans les notes, toutes les différences que présente
-le procès-verbal véritable avec la version donnée par Lacroix.
-
-Ensuite l'ouvrage de Lacroix ne dépasse pas aujourd'hui le mois de
-novembre 1791. Or les deux tiers au moins du présent procès-verbal sont
-postérieurs à cette date, postérieurs même au 20 juin 1792, c'est-à-dire
-à une époque de l'histoire révolutionnaire de Paris que les _Actes
-de la Commune_ ne sont pas encore près d'atteindre.
-
-Enfin Lacroix n'a publié que les séances qui donnent des renseignements
-sur les questions agitées à la Commune centrale, et les procès-verbaux
-qu'il édite sont dispersés dans les différents volumes de son ouvrage.
-Pour lui, en effet, les délibérations des sections ne sont que
-l'accessoire, le but principal de son travail étant l'édition des
-procès-verbaux des séances du Corps municipal et du Conseil général.
-
-La publication du registre de la section des Postes permettra de
-suivre l'histoire entière d'une section, en attendant le moment où il
-sera possible d'écrire celle de toutes les sections de Paris. Cette
-section des Postes est une section d'opinion moyenne, ni décidément
-révolutionnaire, ni trop résolument conservatrice. Elle représente
-assez bien le type de ces sections, les plus nombreuses, dont nous
-ne savons presque rien et qui ont fait pourtant la majorité dans les
-grandes circonstances, en se portant tantôt d'un côté, tantôt de
-l'autre. Comment a agi, en 1791 et 1792, la petite bourgeoisie qui
-tenait Paris à cette époque, cette bourgeoisie de commerçants modérés,
-conservateurs et bons catholiques, voilà ce que le présent procès-verbal
-peut nous aider à faire comprendre. Quand, par exemple, nous y voyons
-ces bourgeois paisibles et pratiquants, qui, à la veille même du 10
-août[10], restaient très attachés à la Constitution, se tourner contre
-le gouvernement de Louis XVI, quand nous voyons ces royalistes attaquer
-leur roi, nous comprenons toute la profondeur du mouvement qui devait
-aboutir à la Révolution du 10 août.
-
-Il est inutile d'entrer dans de longs détails pour dire ici ce
-qu'était à cette époque la section des Postes. C'était une section du
-centre, située dans un quartier commerçant, et habitée surtout par des
-bourgeois et des boutiquiers. La topographie en sera plus clairement
-indiquée, dans le plan joint à ce travail, qu'elle ne pourrait l'être
-par une description. On n'a qu'à se reporter à ce plan pour
-connaître la situation de l'église Saint-Eustache ou de la chapelle
-de la Jussienne où fut transporté le lieu des séances de l'Assemblée
-générale, la distribution des districts qui formèrent la section ou qui
-en étaient voisins (et par conséquent celle des bataillons de la garde
-nationale: Saint-Eustache, La Jussienne, Saint-Jacques-la-Boucherie),
-l'emplacement des rues, etc. D'autre part on trouvera, dans les notes,
-les renseignements biographiques nécessaires sur quelques-uns des
-principaux personnages qui jouèrent un rôle dans la section, tels que
-Deslauriers, Cerfvol, Desvieux, etc. Enfin, pour guider le lecteur dans
-le dépouillement de ce volume, je donne, à la fin de l'ouvrage, dans la
-table des matières, l'indication des principales affaires traitées dans
-chaque séance et un index alphabétique des noms propres.
-
-Le présent procès-verbal nous apporte encore un certain nombre de
-renseignements sur l'histoire générale de la Révolution. Pour ne parler
-que de la période postérieure à la journée du 20 juin, dont j'ai fait
-ailleurs une étude détaillée[11], il nous permet de suivre l'adoption
-des mesures concernant la publicité des séances[12], la permanence
-des sections[13], etc. Il nous fait voir comment les sections les
-plus modérées, les plus soucieuses de la légalité, n'hésitèrent plus,
-à partir de ce moment, à passer par-dessus toutes les questions de
-forme[14]. Après le 10 août, le registre de la section des Postes
-illustre encore d'une manière remarquable ce que j'ai dit ailleurs
-sur la transformation, à cette époque, des sections en général et,
-en particulier, sur celle de la section des Postes elle-même[15].
-Enfin, dans les derniers jours du mois d'août, avec la poursuite des
-«anticiviques» s'ouvre l'époque des dénonciations et des vengeances
-particulières.
-
-
-III
-
-Voici quelques indications sur la nature du document et la forme du
-texte.
-
-Les procès-verbaux ci-après constituent un document officiel: chacun
-débute par la mention de l'adoption du procès-verbal de la séance
-précédente. Mais cette mention ne suffit pas à donner à chaque
-procès-verbal le caractère officiel. Seules les signatures du président
-et du secrétaire de l'Assemblée, apposées au bas d'une séance, sont
-capables de lui conférer ce caractère. Or, les procès-verbaux de toutes
-les séances n'en sont pas revêtus: ils sont signés seulement du 4
-décembre 1790 au 2 avril 1792 inclus.
-
-Mais la présence ou l'absence des signatures du président et du
-secrétaire de l'Assemblée ne suffisent pas elles-mêmes à confirmer ou
-à infirmer la valeur documentaire des procès-verbaux. Avant tout il
-faudrait connaître les conditions dans lesquelles ces procès-verbaux ont
-été rédigés et adoptés.
-
-Le texte édité ne constitue d'abord qu'une copie assez postérieure aux
-événements qu'elle relate. Le caractère matériel de l'écriture suffirait
-à l'établir; mais, en outre, on peut relever, dans le texte, des
-passages incompréhensibles qui sont dus très certainement à des fautes
-de lecture de l'original[16] par un scribe inintelligent (voyez par
-exemple le procès-verbal de la séance du 11 août). Enfin je signalerai
-l'absence des procès-verbaux de plusieurs séances qui ont certainement
-eu lieu (3, 4, 29 août); et ceci confirme ce qui vient d'être dit
-d'une manière générale sur la tenue des registres des Assemblées de
-section. D'autre part la rédaction, faite par le secrétaire greffier,
-bien qu'ayant été adoptée, aux séances suivantes, par la majorité de
-l'Assemblée, a donné lieu parfois à des protestations de la part d'un
-certain nombre de membres de cette Assemblée.
-
-Enfin on remarquera le ton assez sec de ces procès-verbaux et la
-manière excessivement discrète avec laquelle ils font allusion aux
-troubles qui peuvent survenir dans l'Assemblée[17] ou aux événements
-tumultueux du dehors[18].
-
-Il ne faut donc pas se laisser abuser par le caractère officiel du texte
-édité. Cependant, tels quels, ces procès-verbaux constituent la source
-la moins imparfaite que nous possédions pour nous documenter sur les
-actes et les délibérations de l'Assemblée générale de la section des
-Postes, et, en l'absence de tout autre document contradictoire, ils
-doivent faire foi.
-
-Ils ont été rédigés par des individus ne possédant qu'une culture
-assez rudimentaire. Le style en est souvent bizarre ou incorrect. On
-pourrait même contrôler, par le changement du style, le changement de
-personnalité du secrétaire greffier rédacteur.
-
-
-IV
-
-J'ai compris mon rôle d'éditeur de la manière suivante, en ce qui
-concerne le texte. Je n'ai pas cherché d'abord à le résumer, malgré
-sa longueur. Comme c'est à peu près le seul document de cette espèce
-que nous possédions, j'ai pensé qu'il serait intéressant de le donner
-_in extenso_. Cependant je ne prétends pas le reproduire d'une manière
-identique à l'original. Le seul procédé de reproduction rigoureux est
-la représentation photographique. Quand on est obligé d'y renoncer,
-pour des raisons pratiques, il est impossible de garantir l'exactitude
-complète de la version publiée. On n'est jamais sûr, en effet, malgré
-la collation la plus soignée, d'avoir copié toujours exactement et de
-n'avoir pas à la fois retranché et ajouté aux fautes du texte;
-sans compter que l'impression peut causer des erreurs nouvelles.
-
-Je n'ai donc pas cru devoir respecter la _graphie_ du scribe et j'ai
-corrigé ses fautes accidentelles[19], ses fautes habituelles (par
-exemple: il _à_ fait, il _à_ été arrêté) et mêmes les formes alors
-usitées et tombées aujourd'hui en désuétude (par exemple: _oit_ pour
-_ait_, à la troisième personne de l'imparfait de l'indicatif, _aoust_
-pour _août, tems_ pour _temps_, etc.). Je ne vois pas du tout l'intérêt,
-et je vois très bien l'inconvénient qu'il y a à conserver l'orthographe
-ancienne, dans un ouvrage qui n'est pas destiné à des grammairiens,
-ces formes ne faisant qu'arrêter la lecture, sans apporter aucune
-connaissance nouvelle. Quant aux fautes qui sont le fait du scribe,
-elles ne pourraient être intéressantes que si ce scribe était en même
-temps l'écrivain, ce qui n'est pas le cas ici.
-
-Par contre, je ne me suis pas permis de toucher au style, de corriger
-les tournures de phrases incorrectes. Si le sens appelle un mot qui
-est resté dans la plume du copiste, je le supplée dans le texte _en le
-mettant entre crochets_. S'il se rencontre une expression ou un membre
-de phrase simplement bizarre mais intelligible, je me borne à mettre
-dans le texte un _sic_ entre parenthèses, afin de faire entendre que le
-passage est exactement reproduit et que la faute ne vient pas de moi.
-Enfin, si le passage considéré paraît inintelligible au premier abord,
-je mets en note le sens que je lui attribue, mais sans y toucher. Je
-me permets seulement de corriger dans le texte les fautes évidentes de
-copie qui arrêtent la lecture, en indiquant toujours en note la forme
-originale.
-
-Pour les noms propres j'ai fait un choix, quand je l'ai pu, entre les
-différentes formes d'un même nom. La forme la plus vraisemblable une
-fois établie, j'ai fait suivre d'un (_sic_) chaque forme nouvelle, pour
-indiquer que cette orthographe n'est pas la véritable ou, du
-moins, qu'elle n'est pas la seule et qu'il y a lieu de se reporter à
-l'index alphabétique.
-
-Bien entendu, je n'ai pas respecté la ponctuation, trop souvent
-fantaisiste, de l'original.
-
-
-V
-
-Le travail des notes a été fait d'une manière différente suivant la
-période. Du 4 décembre 1790 au 11 novembre 1791, j'ai pu me borner à
-renvoyer aux _Actes de la Commune de Paris_[20] et faire des notes en
-général assez courtes.
-
-Du mois de novembre 1791 à la fin de juin 1792, comme il n'existe, pour
-le moment, aucun travail d'érudition analogue au précédent, j'ai dû
-donner à mes notes plus d'étendue et souvent éditer moi-même de longs
-documents _in extenso_. Mes sources ont été ici, non seulement les
-pièces isolées, imprimées ou manuscrites, éparses dans les différents
-dépôts et dont la plupart sont indiquées dans les recueils de MM. Tuetey
-et Tourneux[21], mais encore les journaux contemporains dont j'ai
-dépouillé un assez grand nombre[22] pour la période en question.
-
-De la fin de juin 1792 au 5 septembre de la même année, le présent
-procès-verbal fait mention d'événements qui ont déjà fait, de ma
-part, l'objet d'une étude détaillée[23]. J'ai cru pouvoir ici,
-dans un grand nombre de cas, me borner à renvoyer à cet ouvrage pour
-l'élaboration duquel j'avais du reste déjà dû dépouiller le registre que
-j'édite aujourd'hui. Parfois, mais rarement, ce précédent travail m'a
-dispensé, grâce à une analyse suffisante, avec extraits, du document
-considéré, de donner le texte intégral d'un document important. Mais le
-plus souvent j'ai dû, après avoir renvoyé à mon autre ouvrage pour les
-renseignements bibliographiques, reproduire dans ma note le document
-même auquel le procès-verbal des Postes fait allusion, ce document ne
-m'ayant pas paru, lors de la rédaction de mon premier travail, avoir un
-intérêt suffisamment général pour justifier une analyse détaillée.
-
-Bien entendu, je ne donne jamais le texte _in extenso_ des documents
-qu'il est facile de se procurer et je me borne à renvoyer à l'ouvrage
-où ils se trouvent: Buchez et Roux, Mortimer-Ternaux, réimpression du
-_Moniteur_, Aulard, _La Société des Jacobins_, etc.
-
- Belfort, le 22 décembre 1910.
-
- F. BRAESCH
-
-
- NOTES:
-
- [1] Il existe, à ma connaissance, deux autres registres
- d'Assemblées générales de section, conservés tous deux aux
- Archives nationales sous les cotes F{7*} 2509 et 2510. Le premier
- contient les procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section
- de la Fontaine de Grenelle, du 30 prairial an II au 4 vendémiaire
- an IV, et comprend cent vingt-sept folios. Le second renferme
- ceux de l'Assemblée générale de la section des Invalides, depuis
- le 5 pluviôse an II jusqu'au 10 brumaire an IV (quatre-vingt-huit
- folios).
-
- [2] Je ne puis songer à donner ici une bibliographie, même
- sommaire, des papiers des sections. Ces papiers, confondus avec
- d'autres documents révolutionnaires, sont dispersés un peu
- partout et il faudrait tout un ouvrage pour guider les chercheurs
- parmi ce chaos. Ce livre, que j'ai l'intention d'écrire plus
- tard, dès à présent j'en possède tous les éléments. En attendant,
- il existe déjà un répertoire, assez utile bien qu'un peu
- sommaire, des papiers des sections, à la fin de l'ouvrage de
- Mellié sur _Les Sections de Paris_. D'ailleurs il est préférable
- d'attendre. Chaque jour on découvre des documents nouveaux. Il y
- a quatre ou cinq ans c'était le fonds Barthélemy-Saint-Hilaire, à
- la Bibliothèque Victor-Cousin. Demain paraîtront, en un volume,
- dans la collection de la Société de l'histoire de la Révolution,
- les _Papiers de Pache_, édités par M. Sée, parmi lesquels se
- trouvent de nombreux papiers de sections.
-
- [3] MORTIMER-TERNAUX, dans son ouvrage écrit plusieurs années
- avant 1870, signale l'absence de tous les registres de la section
- des Postes, parmi ceux des registres de sections conservés à
- cette époque à la Préfecture de Police. (Voyez l'_Histoire de la
- Terreur_, t. II, p. 421.)
-
- [4] Précisément ceux de la section des Postes. (Voyez ci-dessus,
- p. III, n. 1.)
-
- [5] MORTIMER-TERNAUX, t. II, p. 200, n. 1.
-
- [6] Voyez à ce sujet mon article: _Nouveaux documents sur les
- sections et sur le club des Cordeliers_, dans la revue _La
- Révolution française_, du 14 décembre 1906, pp. 480 à 505.
-
- [7] On trouvera ces analyses à la Bibliothèque Victor-Cousin, de
- la Sorbonne, et aux Archives de la Préfecture de Police, carton
- C. nº 100, 22e liasse.
-
- [8] Analyse faite par Barthélemy-Saint-Hilaire, en 1834, et
- conservée à la Bibliothèque Victor-Cousin, à la Sorbonne, dans
- le registre des analyses de sections. Voyez encore, dans ce même
- registre, les analyses relatives aux procès-verbaux des sections
- du Roule, du Temple, etc.
-
- [9] Voyez ci-dessus, p. III.
-
- [10] Voyez le procès-verbal de la séance du 6 août.
-
- [11] Dans un livre intitulé: _La Commune du 10 août 1792, étude
- sur l'histoire de Paris du 20 juin au 2 décembre 1792_, un vol.
- in-8º, Paris, Hachette et Cie, 1911.
-
- [12] Voyez ci-après, les séances des 13 mars, 26 juin et 3
- juillet 1792.
-
- [13] Voyez ci-après, les séances des 9, 24 et 31 juillet 1792.
-
- [14] Cf. plus loin les procès-verbaux des 17 et 24 juillet 1792.
-
- [15] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 318 à
- 333, et cf. surtout les pp. 332-333.
-
- [16] Sur l'existence d'un plumitif, voyez encore, à la page 154,
- la séance du 2 août 1792.
-
- [17] Voyez, par exemple, la séance du 9 juillet 1792. La
- proposition faite par un membre, à la séance du 1er août, prouve
- également qu'il y avait parfois du tumulte dans l'assemblée.
-
- [18] Voyez les procès-verbaux des séances des 9 et 10 août 1792.
-
- [19] Exemples de fautes corrigées: _réflection_, _discution_,
- _discusion_, _sindic_, _visciées_, etc. Ce genre de fautes est
- assez rare. J'ai eu surtout à corriger les fautes d'accord.
- Je n'ai pas non plus respecté les abréviations: _X{bre}_ pour
- _décembre_, _led._ pour _ledit_, etc.
-
- [20] Voyez ci-dessus, p. VI.
-
- [21] _Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire
- de Paris pendant la Révolution Française_, par Alexandre TUETEY.
- Paris 1890-1908. Actuellement 8 vol. gr. in-8º.
-
- _Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution
- française_, par Maurice TOURNEUX, Paris 1890-1906. 4 vol. gr.
- in-8º.
-
- [22] Voici quelques-uns des journaux que j'ai parcourus pour
- l'établissement des notes de la présente édition: _Journal de
- Paris_, _Courrier français_, _Courrier des 83 départements_,
- _Révolutions de Paris_, _Patriote français_, _Assemblée
- nationale_, etc..., _Chronique de Paris_, _Gazette de Paris_,
- _Annales patriotiques et littéraires_, _Journal de la
- municipalité et des districts de Paris_, _Journal universel_,
- _Moniteur_, _Gazette universelle_, _Journal général de politique
- et de littérature_, _L'Orateur du Peuple_, _Feuille du Jour_,
- _Thermomètre du jour_, _L'Auditeur national_, etc. Voir l'_Index
- alphabétique_ au mot-souche: _Journaux_.
-
- [23] Dans l'ouvrage déjà cité _La Commune du 10 août 1792_.
-
-
-
-
- PROCÈS-VERBAUX
- DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- DE LA SECTION DES POSTES
- Du 4 décembre 1790 au 5 septembre 1792
-
-
-
-
-PREMIÈRE ASSEMBLÉE.--DU 4 DÉCEMBRE 1790
-
-_Assemblée du samedi quatre décembre mil sept cent quatre-vingt-dix._
-
-
-La section des Postes, convoquée par affiches, et au son du tambour,
-suivant l'usage[24], il a été agité la question de savoir si l'Assemblée
-serait présidée par le président élu parmi les seize commissaires de la
-section[25], ou par le président qui a tenu les Assemblées pour les
-élections primaires[26].
-
-La question mise en délibération, il a été décidé à la majorité que
-toutes les Assemblées, hors celles primaires[27], seraient présidées par
-le président élu parmi les seize commissaires de la section[28].
-
-En conséquence, comme l'Assemblée générale de la section, convoquée
-pour aujourd'hui, sur la demande de cinquante-trois citoyens[29], à
-l'effet de savoir si la nomination des marguilliers sera faite par les
-paroissiens ou si elle sera faite comme par le passé[30], n'était point
-une Assemblée primaire, elle a été présidée par M. Cerfvol, président
-élu parmi les seize commissaires de la section[31].
-
-Le sujet de la convocation mis à la discussion, il a été décidé, à la
-majorité[32]: 1º que la nomination des marguilliers appartenait à
-tous les citoyens de la paroisse; 2º qu'il serait fait une pétition
-qui serait adressée à la Municipalité et aux quarante-sept autres
-sections de la capitale; 3º mais que, provisoirement, et attendu que
-la paroisse Saint-Eustache, outre la section des Postes, renferme neuf
-autres sections complètes ou en partie[33], le sujet[34] de la pétition
-sera communiqué par députation, jeudi prochain, à ces neuf sections
-assemblées pour les élections primaires[35]; 4º que M. Pérignon,
-citoyen de la section, qui avait développé les principes les plus vrais
-et les plus détaillés sur le sujet de la discussion, serait prié de
-rédiger la pétition le plus promptement possible, afin d'être à même
-d'en faire les copies suffisantes pour être remises aux sections le jour
-indiqué.
-
-Les diverses motions faites par plusieurs membres ayant entraîné la
-majorité des citoyens dans l'examen d'autres questions relatives:
-1º à l'offrande des pains bénits, il a été fait, en conséquence,
-lecture d'une délibération[36] prise à ce sujet, les 4 et 7 juin, par
-le district de Saint-Nicolas-du-Chardonnet[37]; il a été décidé, à la
-majorité, que la section des Postes y adhérait, mais que, préalablement,
-le sujet en serait communiqué aux neuf autres sections faisant partie de
-la paroisse de Saint-Eustache, que mention à cet effet en serait faite
-dans la pétition relative à la nomination des marguilliers.
-
-2º Relativement à la fixation d'un nouveau tarif pour la location des
-chaises de l'église de la paroisse Saint-Eustache, il a été décidé à la
-majorité qu'il en serait également fait mention dans la même pétition,
-et que le tout, d'après l'avis des sections consultées, serait fixé à la
-convocation qui aurait lieu pour la nomination des marguilliers.
-
-M. Pérignon, qui, pendant ces diverses discussions, s'était occupé de la
-rédaction de la pétition dont l'Assemblée l'avait chargé, ayant fini,
-en a fait la lecture conçue ainsi qu'il suit:
-
-«La section des Postes convoquée en Assemblée générale, instruite
-qu'il doit être procédé incessamment à une nomination au remplacement
-des marguilliers de la paroisse de Saint-Eustache, dans l'enceinte de
-laquelle la section est placée;
-
-»Instruite que cette nomination se fait par les marguilliers eux-mêmes,
-qui choisissent ceux qui doivent leur succéder;
-
-»Considérant que, par ce mode d'élection, les marguilliers sont tout à
-la fois commettants et mandataires, ce qui compromet les principes de la
-vraie liberté et l'essence des maximes constitutionnelles;
-
-»Considérant que cette forme de nomination est tellement abusive qu'elle
-était même contraire aux principes de l'ancien régime;
-
-»Considérant que, dans un moment de régénération et lorsque les citoyens
-français ont recouvert (_sic_) les droits de liberté et de propriété
-politique, il n'est pas possible qu'il existe un seul établissement où
-le voeu du peuple ne soit pour rien et où le choix soit tout entier
-dans le pouvoir de ceux qui jouissent des places d'administration;
-
-»La section des Postes pense qu'à l'avenir les marguilliers doivent
-être élus par les membres des paroisses et que leur gestion doit être
-surveillée par la Municipalité à laquelle ils seront tenus de rendre
-annuellement leur compte, ou par le Directoire du département.
-
-»En conséquence, la section des Postes arrête que la présente
-délibération sera envoyée aux quarante-sept autres sections, avec
-prière de délibérer sur cet objet le plus promptement possible, afin
-que la Municipalité, instruite du voeu général, prenne les mesures
-convenables pour obtenir de l'Assemblée nationale une loi nouvelle sur
-cette partie de l'administration.
-
-»La section des Postes, pensant en même temps que, si elle doit
-attendre avec une respectueuse confiance la loi que l'Assemblée
-nationale prononcera, elle doit jouir dès ce moment-ci des droits que
-la Constitution et le caractère de citoyens lui assurent, elle (_sic_)
-déclare que la nouvelle nomination des marguilliers ne lui paraît
-pas devoir être faite suivant le régime ancien; que cette nomination
-prochaine doit être confiée[38] aux paroissiens seuls de la paroisse de
-Saint-Eustache, puisque les marguilliers sont leurs mandataires.
-
-»En conséquence, pour arriver à cette nouvelle formation, la seule
-constitutionnelle, la seule qui aujourd'hui puisse être protégée par les
-lois, la section arrête que le parti provisoire qu'il lui paraît sage
-d'adopter sera communiqué par des commissaires spéciaux aux sections
-qui forment l'enclave de la paroisse de Saint-Eustache, avec prière
-de délibérer sur-le-champ sur le moyen à prendre pour arriver à une
-prochaine nomination constitutionnelle des marguilliers de la paroisse.
-
-»La section arrête en outre que les commissaires qu'elle nommera
-prieront les mêmes sections de l'enclave de la paroisse de
-Saint-Eustache de s'occuper des moyens de rendre à l'avenir le pain
-bénit d'une manière plus simple et plus convenable à la morale
-religieuse, comme aussi de délibérer sur les mesures qui doivent être
-prises pour fixer le prix des chaises, qui se louent dans l'église, à un
-prix uniforme et plus modéré.»
-
-La pétition lue par M. Pérignon renfermant pleinement les vues de
-l'Assemblée relativement aux trois objets qui les intéressent, elle a
-été unanimement approuvée, sauf rédaction, et il a été aussitôt nommé
-par acclamation quatre commissaires pour la porter jeudi aux neuf
-sections de l'enclave de la paroisse Saint-Eustache.
-
-Ces quatre commissaires sont MM. Pérignon, Dumoutiez[39], Bunet[40] et
-Giroux[41].
-
-Sur la demande de la majeure partie de l'Assemblée, il a été arrêté
-que, conformément aux décrets de l'Assemblée nationale concernant les
-armoiries[42], la Municipalité serait suppliée de donner des ordres pour
-la suppression des armes peintes ou gravées tant dans les chapelles
-que sur les tribunes étant dans le sanctuaire et dans le[43] tour de
-l'église de Saint-Eustache, à l'exception toutefois de celles étant sur
-les anciens monuments et sur lesquelles l'Assemblée nationale a différé
-de prononcer.
-
-Il a ensuite été fait lecture d'une lettre adressée à l'Assemblée par le
-nommé Lasnier, ancien garçon de bureau du Comité du ci-devant district
-de Saint-Eustache, par laquelle il demande à être réinstallé dans ses
-fonctions. Sur les observations de divers membres, que, d'après les
-décrets de l'Assemblée nationale et les ordres de la Municipalité, les
-Comités avaient cessé, dès le vingt-un (_sic_) du mois dernier, d'être
-permanents[44], dès lors les frais d'un garçon de bureau devenaient une
-dépense superflue, il a été unanimement décidé qu'il n'y avait pas lieu
-à délibérer.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL[45], _secrétaire-greffier_,
-
- DE CERFVOL[46], _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [24] En vertu de la loi du 21 mai-27 juin 1790 sur l'organisation
- de la Commune de Paris, les Assemblées de section n'avaient lieu
- qu'exceptionnellement. Leur permanence date seulement du décret
- de la Législative du 25 juillet 1792.
-
- [25] D'après la loi du 21 mai-27 juin 1790 (articles 4 à 7 du
- titre IV), chaque section devait posséder seize _commissaires
- de section_ chargés de surveiller et de seconder au besoin le
- commissaire de police, de veiller à l'exécution des ordonnances,
- arrêtés ou délibérations, et de donner à la Municipalité tous
- les avis que celle-ci pouvait leur demander. Ces commissaires
- (article 8 du même titre) devaient nommer entre eux un président
- et se réunir «tous les huit jours et, en outre, toutes les fois
- que des circonstances extraordinaires l'exigeront».
-
- [26] Les cas les plus fréquents de convocation des Assemblées de
- section étaient ceux fournis par les élections. Les élections
- de la Municipalité avaient eu lieu du 2 août au 6 octobre 1790
- (Cf. Sigismond LACROIX, _Actes de la Commune de Paris pendant
- la Révolution_, 2e série, t. I, Introduction, pp. XXIX-XXXI).
- Elles avaient dû être suivies, en vertu de l'article 22 du titre
- IV de la loi du 21 mai-27 juin 1790, de l'élection des seize
- commissaires, du commissaire de police et du secrétaire-greffier
- de la section. On avait procédé ensuite, à partir du 11 octobre,
- aux élections du corps électoral (Cf. CHARAVAY, _Assemblée
- électorale de Paris_, t. I, Introduction, pp. VIII-XI). Ce sont
- ces dernières élections qui sont désignées ici par le terme
- d'élections primaires.
-
- [27] Ici le qualificatif _primaires_ est évidemment employé comme
- l'équivalent du mot _électorales_.
-
- [28] Le président des commissaires, convoquant l'Assemblée de la
- section en dehors des cas d'élections (voyez la note suivante),
- était tout désigné pour la présider.
-
- [29] Les Assemblées de section étaient convoquées par la
- Municipalité pour les élections. Mais elles pouvaient en outre
- être réunies par le président des commissaires de la section
- quand la réunion était réclamée par une pétition des citoyens de
- la section. L'article 1er du titre IV de la loi du 21 mai-27 juin
- 1790 porte en effet ceci: «Le président des commissaires d'une
- section sera tenu de convoquer sa section, lorsque cinquante
- citoyens actifs se réuniront pour le demander.»
-
- [30] Cette nomination était faite par cooptation (voyez plus
- loin, p. 4).
-
- [31] D'après l'_Almanach général du département de Paris pour
- l'année 1791_, CERFVOL père (Jacques-Auguste) était un ancien
- directeur des fermes qui demeurait rue Plâtrière, nº 16.
-
- [32] A partir de cet endroit, jusqu'au dernier paragraphe: «Il
- a ensuite été fait lecture...», toute cette partie du présent
- procès-verbal a déjà été éditée par M. Sigismond LACROIX (_Actes
- de la Commune de Paris_, 2e série, t. I, pp. 674-676), le début
- de la séance ayant été simplement résumé, sans indication de
- coupure.
-
- [33] Telle était en effet l'étendue de la paroisse de
- Saint-Eustache avant le décret du 4 février 1791 qui modifia
- le nombre et la circonscription des paroisses de la ville de
- Paris: voyez DELARC, _L'Eglise de Paris pendant la Révolution
- française_, t. I, pp. 405-407.
-
- [34] Le texte porte: «que le sujet». Il faut évidemment supprimer
- ce _que_ sous peine de rendre la phrase inintelligible.
-
- [35] Il s'agit ici de l'élection du second substitut adjoint du
- procureur de la Commune, fixée au jeudi 9 décembre par arrêté du
- Corps municipal du 1er décembre (d'après S. LACROIX, _Actes de
- la Commune_, 2e série, t. I, p. 674, n. 4, et voyez _ibid._, pp.
- 423-424).
-
- [36] S. LACROIX (_op. cit._, 2e série, t. I, p. 674), donne à ce
- passage la forme suivante, qui n'est pas conforme au texte: «...
- dans l'examen d'autres questions; relativement à l'offrande des
- pains bénits, il a été fait lecture d'une délibération...» Et,
- quelques lignes plus bas, S. LACROIX supprime le 2º.
-
- [37] L'arrêté du district de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, en date
- des 4 et 7 juin 1790, sur la qualité du pain bénit, est une pièce
- imprimée (aff. in-fol. plano) qui est à la Bib. nat., Lb{40} 3258
- (TOURNEUX, nº 7743). Il existe encore (d'après S. LACROIX, _op.
- cit._, 2e série, t. I, p. 674, n. 5) à l'état de pièce manuscrite
- à la Bib. nat. (dép{t} des man., carton 2683, fol. 56).--Le curé
- et les marguilliers de la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet
- adressèrent, le 19 août 1790, un mémoire au Comité ecclésiastique
- de la Constituante demandant l'annulation de la délibération du
- district, en date du 4 juin, sur la présentation du pain à bénir;
- le Comité répondit que le curé et les marguilliers pouvaient
- attaquer judiciairement cette délibération: 2 pièces man., Arch.
- nat, D XIX, 68, nº 430. (TUETEY, t. III, nº 3888.)
-
- [38] S. LACROIX (_Actes de la Commune_, 2e série, t. I, p. 675) a
- lu, à tort, _conférée_.
-
- [39] Le manuscrit porte: _Dumoutiès._ J'ai cru devoir corriger
- l'orthographe de ce nom. S. LACROIX (2e série, t. 1, p. 676),
- a corrigé ainsi: _Dumontiez._ Mais c'est bien _ou_ et non _on_
- qu'il faut lire. Il y avait deux personnages de ce nom à la
- section des Postes, le père et le fils. Le père s'appelait
- François, était marchand tailleur ou mercier, rue des
- Grands-Piliers-de-la-Tonnellerie; il devait avoir 57 ans en 1790.
- Le fils, qui était ancien marchand, avait 35 ans à la même époque
- et demeurait dans la même rue. Tous deux devinrent électeurs en
- 1791 (voyez CHARAVAY, _Assemblée électorale de Paris_ du 26 août
- 1791 au 12 août 1792, p. 16). Le premier devait plus tard faire
- partie, comme officier municipal, de la Commune du 2 décembre
- 1792. Il ne faut pas confondre les Dumoutiez père et fils, de
- la section des Postes, avec Dumontier Denis, marchand fripier,
- rue de la Poterie-aux-Halles, de la section des Halles, qui fut
- officier municipal de la Commune constitutionnelle depuis le 25
- octobre 1791 jusqu'au 10 août 1792 et resta en fonctions après
- cette date (voyez mon _Histoire de la Commune du 10 août 1792_,
- pp. 297, 313, 317 et 1150).
-
- [40] Le manuscrit me semble porter _Bunet_. S. LACROIX,
- _loc. cit._, a lu: _Bunel_. Je connais en effet un Bunel,
- qui était limonadier. Mais il appartenait à la section de la
- Fontaine-Montmorency (voyez mon _Histoire de la Commune du 10
- août 1792_, p. 745). Il est possible par contre qu'il s'agisse
- ici de l'électeur de la section des Postes, BUREL Pierre-André,
- avocat, 55 ans, rue du Four-Saint-Honoré (d'après CHARAVAY,
- _Assemblée électorale de Paris_, du 18 novembre 1790 au 15 juin
- 1791, p. 19).
-
- [41] Peut-être s'agit-il de GIROUST Jean-Antoine-Théodore,
- peintre de l'Académie, rue Plâtrière, hôtel Bullion, membre du
- Comité de la section (d'après l'_Almanach général du département
- de Paris, pour l'année 1791_).
-
- [42] Décret des 16-20 juin 1790. (Voyez S. LACROIX, 2e série, t.
- I, pp. 334 et 335-339.)
-
- [43] C'est bien «le» tour et non «la» tour que porte le manuscrit.
-
- [44] On a vu (cf. p. 1, n. 25) que, d'après la loi du 21 mai
- 1790, les Comités de section ne devaient se réunir régulièrement
- que tous les huit jours.
-
- [45] S. LACROIX (2e série, t. I, p. 676) écrit: _Maréchal_. Je
- n'ai pas cru pouvoir modifier l'orthographe d'une signature.
- MARESCHAL Joseph, bourgeois, rue Ticquetonne, nº 31 (d'après
- l'_Almanach général du département de Paris, pour l'année 1791_).
-
- [46] La signature est bien ici: «de Cerfvol», et non «Cerfvol».
-
-
-
-
-DEUXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 17 DÉCEMBRE 1790
-
-_Assemblée du vendredi dix-sept décembre mil sept cent quatre-vingt-dix._
-
-
-La section des Postes, convoquée en la manière accoutumée[47] et par
-suite de l'ajournement fixé par l'Assemblée générale du vendredi 10
-de ce mois[48],
-
-M. le secrétaire des Assemblées primaires, qui
-avait tenu la plume dans la dernière Assemblée, a fait lecture du
-procès-verbal de l'Assemblée du 10 de ce mois.
-
-Sur l'observation de divers membres qu'aucun décret de l'Assemblée
-nationale ne prescrivait que le président, qui serait élu parmi
-les seize commissaires de section, fût en même temps président des
-Assemblées générales, la question mise en délibération, M. de Cerfvol
-(_sic_), président des commissaires, a été nommé par acclamation
-président des Assemblées générales, à l'exception de celles primaires,
-cette discussion renfermant aussi les mêmes observations relativement au
-secrétaire.
-
-Le secrétaire-greffier de la section a pareillement été nommé par
-acclamation, avec l'observation toutefois que, lorsque ses fonctions ne
-lui permettraient pas d'assister aux Assemblées, il serait momentanément
-nommé quelqu'un par acclamation pour remplir ses fonctions.
-
-L'on a passé ensuite[49] à l'ordre du jour, qui était pour entendre
-le rapport de MM. les commissaires députés pour porter aux sections
-de l'enclave de la paroisse Saint-Eustache la délibération prise en
-l'Assemblée du 4 courant, concernant: 1º la nomination des marguilliers
-de la paroisse; 2º le prix de location des chaises; 3º enfin
-concernant[50] l'offrande des pains bénits.
-
-M. Pérignon, l'un de ces commissaires[51], a fait part de l'accueil
-fraternel qu'il avait reçu dans toutes les sections où il s'était
-présenté et de la promesse qu'on lui avait faite de prendre la
-délibération de la section en considération.
-
-Depuis le temps où cette délibération a été envoyée aux sections de
-l'enclave de la paroisse, il n'en a été reçu[52] que deux arrêtés
-portant adhésion; ces arrêtés venant, l'un[53] de la section du
-Faubourg-Montmartre, en date du 10 de ce mois, a été lu; l'autre, qui
-est de la section du Palais-Royal, à la même date, a été pareillement
-lu, ainsi que l'arrêté pris par la même section concernant la location
-des chaises et l'offrande du pain bénit[54].
-
-La lecture de ces divers arrêtés ayant excité les observations de
-plusieurs membres de l'Assemblée, les trois sujets de la délibération
-du 4 de ce mois ont été de nouveau débattus; il a été arrêté[55] ce qui
-suit:
-
-«L'Assemblée a arrêté qu'il serait écrit par son président à MM. les
-curés et marguilliers de la paroisse de Saint-Eustache[56], à l'effet de
-les engager à convoquer dans l'église de Saint-Eustache, en exécution
-des règlements, une Assemblée générale de tous les paroissiens de la
-paroisse Saint-Eustache, laquelle sera indiquée pour le mercredi, 22
-décembre présent mois, tant au prône de la messe paroissiale de dimanche
-prochain qu'affichée dans toutes les rues de la paroisse, à l'effet par
-les paroissiens d'aviser aux arrêtés à prendre, tant sur la nomination
-des marguilliers que sur le tarif des chaises, pain bénit et autres
-objets, et que, jusqu'à ce qu'il ait été statué par l'Assemblée générale
-sur ces différents objets, il sera sursis, tant à la nomination de MM.
-les marguilliers[57], commissaires des pauvres, qu'à l'adjudication du
-bail des chaises[58].»
-
-Sur la demande de divers membres, il a été arrêté que la liste
-contenant les noms et demeures de MM. les commissaires de la section,
-de M. le juge de paix, et de MM. les assesseurs, serait affichée
-manuscrite aux deux portes de l'église de Saint-Eustache.
-
-Il a été fait lecture: 1º d'un tarif, arrêté par la Municipalité
-le 24 juillet dernier, concernant la vente des bois en détail comme
-fagots, falourdes et coterets[59]; 2º d'un arrêté de la section des
-Lombards, du samedi 4 de ce mois[60], relativement à une pétition que
-la Municipalité se propose de faire à l'Assemblée nationale à l'effet
-d'obtenir une loi, tant pour fixer la manière dont la Commune, dans les
-sections, pourra dorénavant présenter des pétitions à cette auguste
-Assemblée, que pour déterminer le mode de recensement des voeux des
-sections; cet arrêté mis aux voix, la question a été ajournée.
-
-Sur la motion de plusieurs membres, il a été décidé qu'à chaque
-ouverture des Assemblées générales de la section, il sera fait lecture
-de toutes les lettres, motions et délibérations arrivées depuis la
-précédente Assemblée à l'adresse de la section. M. le Président a
-été chargé d'écrire à M. le Procureur syndic de la Commune pour que
-l'exécution des décrets concernant les armoiries[61] et l'encens
-soit exécutée (_sic_) tant dans l'église de Saint-Eustache que dans
-l'arrondissement de la section des Postes.
-
- J. MARESCHAL.
-
- CERFVOL.
-
-
- NOTES:
-
- [47] C'est-à-dire par voie d'affiches et au son du tambour.
-
- [48] Nous ne possédons pas le procès-verbal de cette séance
- qui fut sans doute consacrée à l'élection du second substitut
- adjoint du procureur de la Commune, fixée primitivement au jeudi
- 9 décembre (voyez ci-dessus, p. 3, n. 35). Le registre que nous
- éditons renferme en effet seulement les procès-verbaux des
- séances de l'_Assemblée générale_, et non ceux des _Assemblées
- primaires_, c'est-à-dire consacrées aux élections; ces derniers
- existent encore, mais seulement à partir du 13 novembre 1791
- (voir ci-après, p. 23, n. 117).
-
- [49] A partir de cet endroit et jusqu'à l'alinéa: «Sur la demande
- de divers membres...», cette partie du procès-verbal a déjà été
- éditée par S. LACROIX (_Actes de la Commune_, 2e série, t. I, p.
- 676), mais avec quelques altérations du texte, que je signalerai
- au passage.
-
- [50] S. LACROIX, _loc. cit._, a supprimé ici le mot «concernant»,
- sans en avertir le lecteur.
-
- [51] S. LACROIX imprime: «,... l'un des commissaires...».
-
- [52] S. LACROIX: «..., il n'a été reçu...».
-
- [53] S. LACROIX: «... l'un de ces arrêtés, venant...». C'est
- évidemment ainsi qu'il faut lire, car la phrase, telle qu'elle
- figure au procès-verbal que nous reproduisons fidèlement, est
- incorrecte.
-
- [54] Nous possédons encore une délibération de la fabrique de
- Saint-Roch, en date du 12 décembre 1790, adoptant ces deux
- arrêtés de la section sur la location des chaises et l'offrande
- du pain bénit (p. man., Bib. nat., dép. des man., fonds français,
- nouv. acq., rec. fac. 2673, fol. 195).
-
- [55] S. LACROIX (_op. cit._, 2e série, t. I, p. 676): «... les
- trois sujets de la délibération du 4 de ce mois ont été de
- nouveau débattus, et il a été arrêté...».
-
- [56] S. LACROIX (_op. cit._, 2e série, t. I, p. 597) donne
- la réponse du curé et de quelques membres de la fabrique de
- Saint-Eustache, en date du 19 décembre. Il donne également (pp.
- 596-597) une lettre adressée par le président de la section
- des Postes au Comité de la section du Palais-Royal, le 19
- décembre, pour l'avertir de la démarche faite auprès du curé de
- Saint-Eustache, en exécution de l'arrêté de la section du 17
- décembre.
-
- [57] S. LACROIX (_Actes de la Commune_, 2e série, t. I, p. 676)
- ajoute ici le mot: _et_.
-
- [58] S. LACROIX, qui arrête ici sa citation, ajoute au texte la
- mention suivante: «Signé: DE CERFVOL, président; J. MARÉCHAL,
- secrétaire-greffier.»
-
- [59] Voici le texte de ce document. (P. imp., aff. in-fol. plano.
- Bib. nat., rec. fac. Lb{40} 1.--TOURNEUX, nº 14801.)
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- DÉPARTEMENT DES SUBSISTANCES ET APPROVISIONNEMENTS
-
- DE PAR M. LE MAIRE, M. LE LIEUTENANT DE MAIRE ET MM. LES
- ADMINISTRATEURS
-
- AU DÉPARTEMENT DES SUBSISTANCES.
-
- _TAXE_
-
- _des seules quantités de bois à brûler qu'il est permis aux
- regratiers de vendre._
-
- _Suivant le tarif arrêté au département des subsistances._
-
- _Bois de corde:_ La falourde particulière composée de
- bois blanc neuf ou de bois flotté, dur et blanc, de 29
- à 30 pouces de tour, sur 20 à 22 de longueur, _onze
- sols six deniers_, ci 11 s. 6 d.
-
- La falourde, des mêmes dimensions, composée de bois
- neuf dur, _douze sols_, ci 12 s.
-
- _Falourdes de perches:_ Chaque falourde de 3 pieds et
- demi de longueur et de 36 pouces de grosseur, _douze
- sols trois deniers_, ci 12 s. 3 d.
-
- _Fagots:_ Chaque fagot de 3 pieds et demi de longueur
- et de 17 à 18 pouces de tour, garni de ses parements,
- rempli en dedans de bois et non de feuilles, _deux sols
- dix deniers_, ci 2 s. 10 d.
-
- Chaque fagot ou falourde de brins, dont 50 sont la
- Voie, de 3 pieds et demi de longueur et de 26 pouces de
- grosseur, _douze sols_, ci 12 s.
-
- _Cotrets:_ Chaque cotret de 2 pieds de longueur et de
- 17 à 18 pouces de grosseur, _deux sols six deniers_, ci 2 s. 6 d.
-
- Chaque cotret de quartier de 2 pieds de longueur et de
- 17 à 18 pouces de grosseur, _trois sols six deniers_,
- ci 3 s. 6 d.
-
- Chaque cotret de taillis de 17 à 18 pouces de tour et
- de 2 pieds de longueur, _trois sols_, ci 3 s.
-
- Arrêté au Département des Subsistances et Approvisionnements,
- le vingt-quatre juillet mil sept cent quatre-vingt-dix.
-
- _Signé_: VAUVILLIERS, _Lieutenant de Maire_.
-
- De l'imprimerie de LOTTIN l'aîné et J.-R. LOTTIN,
- Imprimeurs-Libraires-Ordinaires de la Ville, rue
- Saint-André-des-Arcs, nº 27, 1790.
-
- [60] Je ne l'ai pas retrouvé.
-
- [61] Voyez ci-dessus, p. 6, n. 42.
-
-
-
-
-TROISIÈME ASSEMBLÉE.--DU 4 JANVIER 1791
-
-_Assemblée du mardi quatre janvier mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, sur la demande
-de cinquante citoyens, il a été fait lecture du procès-verbal de la
-précédente Assemblée. Le secrétaire-greffier de la section étant absent
-et retenu pour (_sic_) ses fonctions près de M. le commissaire de
-police, l'Assemblée a, par acclamation, engagé M. Barré, citoyen de la
-section et membre du Comité[62], à remplir momentanément les fonctions
-de secrétaire.
-
-Il a ensuite été fait lecture[63] par M. le Président de la pétition
-signée de cinquante citoyens, formant le sujet[64] de la présente
-Assemblée et qui avait pour sujet[65] une protestation contre la
-nomination des marguilliers, faite le 26 décembre dernier, au mépris des
-arrêtés pris les 4 et 22 du même mois, en l'Assemblée générale de la
-section et de la paroisse[66].
-
-La matière mise en délibération, après lecture faite de la délibération
-du Corps municipal du 23 décembre dernier[67], relativement à
-l'administration des fabriques, et pleinement discutée par plusieurs
-membres de l'Assemblée, la section a pris l'arrêté suivant:
-
-«Une partie des citoyens de Saint-Eustache, convoquée[68] dans l'église
-paroissiale dans la forme prescrite par les décrets, a déclaré
-qu'elle protestait de nullité de (_sic_)[69] l'Assemblée clandestinement
-et illégalement tenue par MM. les marguilliers de Saint-Eustache, le
-26 décembre dernier, au mépris d'une Assemblée générale de tous les
-paroissiens de Saint-Eustache tenue en la dite église, le 22 du dit mois
-de décembre, par MM. les curé et marguilliers, laquelle avait été remise
-au dix janvier présent mois; en conséquence, elle a arrêté qu'il serait
-fait une députation à MM. les curé et marguilliers pour les inviter,
-au nom des dits[70] paroissiens, de (_sic_) convoquer de nouveau,
-conformément aux règlements et en exécution du décret du trois septembre
-dernier[71], qui a dit _qu'il ne serait rien innové au régime des
-paroisses_, et en vertu de la délibération prise en l'Assemblée générale
-du 22 décembre dernier, une Assemblée générale de la dite paroisse pour
-le 10 du présent mois de janvier, à l'effet d'y délibérer et prendre
-les arrêtés qu'ils jugeront nécessaires sur les objets qui avaient été
-agités dans les précédentes assemblées; déclarant que, dans le cas où
-MM. les marguilliers se refuseraient de faire ladite convocation, les
-citoyens les rendront responsables et garants de tout ce qui serait fait
-de contraire à leurs droits, et qu'ils se pourvoiraient par toutes voies
-légales pour les y contraindre; a arrêté que la présente délibération
-serait notifiée tant à M. Boulanger, nommé marguillier, qu'à M. Dumoutié
-(_sic_)[72], nommé commissaire des pauvres, à l'effet de les inviter de
-ne pas s'immiscer dans leurs fonctions.
-
-»L'Assemblée a aussi arrêté que, pour être admis dans l'Assemblée
-générale des paroissiens qui sera convoquée le dix du présent mois, les
-citoyens seront tenus de présenter à la porte de l'entrée[73], soit
-leur carte de citoyen actif, soit leur quittance de capitation ou leur
-avertissement ou leur quittance des pauvres[74]; comme aussi que copie
-de la présente délibération serait envoyée à toutes les sections
-dont partie des citoyens dépendent de la paroisse, à l'effet de [la]
-leur faire connaître.
-
-»Et, à l'instant, le présent arrêté a été signé par quarante-six membres
-de l'Assemblée, laquelle a nommé par acclamation pour commissaires, pour
-porter le dit arrêté, MM. Légier[75], Gromort, Gautier et Larsonnier[76].
-
-M. Millet de Gravelle, citoyen de la section, l'un des assesseurs du
-juge de paix et nommé en l'Assemblée générale des électeurs un des juges
-suppléants des tribunaux de l'arrondissement de Paris[77], après
-avoir développé les sentiments du plus pur civisme, a donné sa démission
-de la place d'assesseur de juge de paix; l'Assemblée à son grand regret
-l'a acceptée et a décidé qu'il serait différé, jusqu'à l'organisation
-des tribunaux, à la nomination d'un nouveau membre pour le remplacer.
-
-M. le Président a rendu compte de la lettre qu'il avait été chargé
-d'écrire, le 17 décembre dernier, à M. le procureur syndic relativement
-aux armoiries et à l'encens que l'on offre dans les églises[78], et
-de la réponse que M. Cahier, substitut du procureur syndic, lui avait
-adressée, le 23 décembre dernier.
-
-MM. Lebon, commandant du bataillon, Seiart, aide-major, et Tachérat,
-capitaine de la compagnie d'artillerie, députés de l'Assemblée générale
-de bataillon, ayant fait part à l'Assemblée générale de la section du
-sujet de leur mission, et ayant fait lecture des arrêtés pris par la
-compagnie d'artilleurs, et l'Assemblée générale du bataillon, des 21 et
-30 décembre dernier, par lesquels ils demandent à être autorisés à faire
-conduire aux ateliers de MM. Périer[79] frères, à Chaillot, toutes les
-matières de bronze inutiles et qui sont déposées dans les magasins du
-ci-devant district de Saint-Eustache, à l'effet de les faire fondre et
-du produit en faire couler deux pièces de campagne de 4 de balle.
-
-L'Assemblée, sur cette demande aussi juste que nécessaire, a adhéré
-unanimement aux dits arrêtés et à la demande de la députation, et en
-conséquence a arrêté: 1º que, pour l'exécution des dites refontes, MM.
-les officiers du bataillon se retireraient par devers la Commune pour
-avoir son autorisation; 2º qu'ensuite examen et vérification seraient
-faits des pièces inutiles et vicieuses pour être conduites aux ateliers
-de MM. Périer à Chaillot; 3º que parmi les membres du Comité il serait
-nommé deux commissaires, pour, conjointement avec ceux qui seraient
-nommés par le bataillon, assister aux opérations de pesées et fontes de
-matières; 4º enfin, que du tout il serait dressé procès-verbal par le
-secrétaire greffier de la section.
-
-M. le Président a fait lecture de deux lettres à lui adressées par M. le
-curé de Saint-Eustache portant annonce des secours que la Reine avait
-accordés pour les pauvres de la section tant en pain, qu'en bois et
-hardes; l'Assemblée, pénétrée des bontés de la Reine pour les pauvres,
-a invité M. le Président de porter son voeu à M. le curé pour qu'il
-veuille bien faire connaître à la Reine, combien ils sont sensibles et
-reconnaissants de ses bontés.
-
-Le sieur Audrieu (_sic_)[80], citoyen de la section, ayant remis à M.
-le Président deux imprimés d'un projet de ponts flottants proposés
-par MM. Grobert et Cie, l'Assemblée, en adhérant au dit projet, a
-arrêté qu'elle en appuierait l'exécution auprès de la Municipalité et a
-autorisé le secrétaire-greffier à délivrer au sieur Audrieu copie de la
-présente délibération.
-
- J. MARESCHAL.
-
- CERFVOL, _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [62] BARRÉ, Jean-Antoine, bourgeois, rue Montorgueil, nº 89
- (d'après l'_Almanach général du département de Paris pour l'année
- 1791_).
-
- [63] A partir de cet endroit jusqu'à l'alinéa: «... M. Millet
- de Gravelle...», le présent procès-verbal a déjà été édité par
- LACROIX (_Actes de la Commune_, 2e série) une première fois au
- tome I, p. 677, et une deuxième fois au tome II, pp. 88-89.
- Dans ce deuxième endroit, LACROIX modifie ainsi le début du
- procès-verbal de la présente séance: «La section, convoquée en
- la manière accoutumée, sur la demande de 50 citoyens;--il a été
- fait lecture par M. le président de la pétition signée de 50
- citoyens...».
-
- [64] LACROIX, 2e série, I, 677, imprime: _motif_; II, 88, il
- écrit, avec raison: _sujet_.
-
- [65] LACROIX, 2e série, I, 677, met: _objet_; II, 88, il
- rétablit: _sujet_.
-
- [66] Le 4, avait eu lieu l'assemblée de la section (cf. ci-dessus
- à cette date) et le 22, l'assemblée de la paroisse, convoquée en
- vertu de la décision prise par la section dans sa séance du 17
- (voir cette dernière séance).
-
- [67] Voyez LACROIX, 2e série, I, 593-594.
-
- [68] LACROIX, 2e série, I, 677, écrit: _convoqués_; et, II, 89:
- _convoquée_.
-
- [69] Le sens exige évidemment la suppression de ce deuxième _de_.
- C'est ce qu'a fait LACROIX, 2e série, I, 677, et II, 88.
-
- [70] LACROIX, 2e série, I, 677: _desdits_; II, 88: _des_.
-
- [71] «Il y a ici une erreur de date; il s'agit du décret du 12
- octobre qui décidait que les biens des fabriques continueraient
- d'être administrés comme par le passé (voir tome I, p. 594, note
- 1 et _606_)». [Note de LACROIX, 2e série, II, 88, n. 5.]
-
- [72] Lisez _Dumoutiez_ (voir ci-dessus, p. 5, n. 39). LACROIX
- écrit, à tort selon moi (tome I, p. 677): _Dumontiez_, et (t. II,
- p. 89): _Dumontié_, toujours par un n.
-
- [73] LACROIX, 2e série, I, 677: «... de l'entrée...»; II, 89:
- «... d'entrée...».
-
- [74] LACROIX, I, 677: «... leur quittance de la taxe des
- pauvres...»; II, 89: «... leur quittance des pauvres...».
-
- [75] LÉGIER, Nicolas-Vincent, procureur au Parlement, 35 ans, rue
- Plâtrière, 18, électeur et juge de paix de la section.
-
- [76] LARSONNIER, Jean-Louis-Dominique, traiteur, 45 ans, rue
- des Deux-Écus, 9. Le texte porte _Larsonier_. J'ai adopté
- l'orthographe des pp. 53, 55 et 59. LACROIX, II, 89, supprime ces
- quatre noms. Il arrête là sa citation et ajoute les signatures du
- président et du secrétaire que le procès-verbal donne seulement
- à la fin de la séance.--Sur cette affaire de la nomination des
- marguilliers et des commissaires des pauvres, ainsi que de
- l'administration des paroisses, fixation du prix des chaises ou
- reddition du pain bénit, affaire dont il ne sera plus question
- au cours du présent procès-verbal de la section des Postes, on
- trouvera encore dans les _Actes de la Commune_, divers documents
- émanant soit d'autres sections, soit de la Municipalité: voyez
- LACROIX, I, 468 et 470-471 (section du Louvre, les 12 novembre et
- 1er décembre 1790); I, 514, 517 et 519-520 (Corps municipal, 13
- décembre (deux endroits), et circulaire de Bailly aux présidents
- des Comités de sections, en date du 18 décembre); I, 593-594
- (Corps municipal, 23 décembre); I, 605-606 (Corps municipal,
- 26 décembre, soir) et cf. pp. 606-607; I, 617-618 (Corps
- municipal, 28 décembre); I, 657 (Corps municipal, 30 décembre,
- soir).--Par ces divers documents on voit que le Corps municipal
- prit nettement position contre toute tentative des sections
- d'intervenir dans l'administration des paroisses, leur défendant
- par exemple (arrêté du 13 décembre) de statuer sur le prix des
- chaises, et ordonnant (arrêté du 23 décembre) qu'il ne serait
- «rien innové dans l'administration des biens des fabriques»,
- mais qu'il serait «pourvu à la nomination des commissaires
- des pauvres, à celle des marguilliers ou administrateurs des
- deniers des fabriques, comme par le passé, jusqu'à ce qu'il en
- ait été autrement ordonné par l'Assemblée nationale».--Cette
- délibération du Corps municipal, du 23 décembre 1790, n'avait
- pas empêché la section des Postes de prendre, le 4 janvier
- 1791, l'arrêté dont on vient de lire le texte au procès-verbal
- de cette section; c'est même à la suite de la lecture de cette
- délibération (cf. ci-dessus, p. 10, à la note 67) que cet arrêté
- avait été pris. Cependant le président de la section des Postes
- crut devoir demander s'il devait présider l'Assemblée décidée
- pour le 10 janvier, par une lettre au maire de Paris lequel en
- référa au Corps municipal qui, «persistant dans son arrêté du 23
- décembre..., fondé sur les décrets de l'Assemblée», déclara qu'il
- n'y avait «pas lieu à délibérer» (arrêté du 9 janvier, LACROIX,
- II, 75-76).--La section des Postes estimait évidemment qu'elle
- n'outrepassait pas ses droits en faisant régler toutes les
- questions relatives à la nomination des marguilliers, location
- des chaises, etc., _par l'Assemblée de la paroisse_.
-
- [77] MILLET DE GRAVELLE, Jacques-Joseph, ancien avocat, ancien
- premier conseiller, assesseur criminel au siège souverain de
- la prévôté d'Ajaccio, 57 ans, rue Montmartre, nº 279, élu le
- 16 décembre 1790, par l'Assemblée électorale de Paris, juge
- suppléant de l'un des tribunaux des six arrondissements du
- département de Paris. (CHARAVAY, _Assemblée électorale de Paris_
- du 18 novembre 1790 au 15 juin 1791, p. 232.) Il devint électeur
- en 1792 (Charavay, t. III, p. 21).
-
- [78] Voyez ci-dessus, p. 9.
-
- [79] Le texte porte: _Perrier_, mais on écrit généralement ce
- nom: _Périer_.--Jacques-Constantin PÉRIER, industriel français,
- né à Paris, le 2 novembre 1742, mort à Paris, le 17 août 1818,
- construisit, avec son frère puîné, Auguste-Charles, plusieurs
- machines nouvelles, entre autres une pompe centrifuge. En
- 1788, il établit à Chaillot deux pompes «à feu» (c'est-à-dire
- à vapeur), pour élever les eaux de la Seine, et une fonderie
- avec quatre fourneaux à réverbère où furent fabriqués, en 1793,
- 1200 canons sous la direction de Monge. Il ne faut pas confondre
- les frères Périer, de Chaillot, avec l'industriel et banquier
- dauphinois, de Grenoble, bien connu, Claude Périer.
-
- [80] Le texte paraît bien porter Audrieu. Serait-ce pour
- Andrieux? (Voir l'_Index_.)
-
-
-
-
-QUATRIÈME ASSEMBLÉE.--DU JEUDI 20 JANVIER 1791
-
-_Assemblée du jeudi vingt janvier mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-M. le Président a annoncé que, le secrétaire-greffier étant retenu pour
-affaires chez le commissaire de police et ne pouvant se rendre pour le
-moment à l'Assemblée, il était nécessaire d'y pourvoir et de nommer un
-secrétaire momentané, l'Assemblée a aussitôt nommé par acclamation M.
-Barré, membre du Comité, et qui, dans la précédente Assemblée, avait
-déjà rempli les fonctions de secrétaire.
-
-Il a été ensuite fait lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée
-du 4 du présent mois; s'étant trouvé conforme aux délibérations prises,
-il a été adopté sans réclamations.
-
-Nonobstant l'arrêté pris en l'Assemblée générale du 17 décembre dernier
-qui porte que chaque Assemblée sera ouverte par la lecture des lettres,
-motions et délibérations adressées à la section, l'on y a dérogé pour
-cette fois seulement et il a été fait lecture de la pétition qui
-a donné lieu à la convocation de ce jour pour entendre le rapport
-concernant les troubles arrivés à l'île de Tabago[81].
-
-M. Desvieux[82], membre de la section et commissaire nommé par
-acclamation dans une précédente Assemblée[83] pour, conjointement
-avec des commissaires de chacune des sections, rédiger une adresse à
-l'Assemblée nationale, a fait lecture du projet de cette adresse et
-l'Assemblée, justement indignée de la conduite que le sieur Jobal,
-commandant par intérim à Tabago, paraît avoir tenue contre le sieur
-Bosque, a pris l'arrêté suivant:
-
-«L'Assemblée générale de la section des Postes[84], convoquée sur
-la demande de cinquante citoyens, conformément à la loi, à l'effet
-d'entendre le rapport du commissaire qu'elle a ci-devant nommé pour
-l'affaire de Tabago et de délibérer spécialement sur cet objet; après
-avoir entendu le rapport dudit commissaire et les réponses faites par
-M. le Maire aux députés de la majorité des sections, sur leur demande
-tendant à présenter à l'Assemblée nationale la pétition arrêtée par
-lesdits commissaires de la majorité des sections; lecture faite du
-rapport qui a été fait à l'Assemblée desdits commissaires réunis, et de
-la pétition par eux arrêtée.
-
-»L'Assemblée[85], prenant en considération particulière cette affaire,
-et désirant lui donner le caractère d'authenticité qui convient à la
-dénonciation contre un commandant qui paraît prévenu être[86] coupable
-de délits de lèse-nation, a arrêté que, persistant[87] dans ses
-précédentes délibérations prises sur cet objet et confirmant en tant
-que de besoin les pouvoirs par elle donnés à M. Desvieux, commissaire
-qu'elle a nommé à cet effet, même lui conférant de nouveau le pouvoir
-nécessaire, après avoir approuvé[88] tant le dit rapport que l'adresse,
-a chargé spécialement son dit commissaire de se retirer avec les autres
-commissaires des autres sections auprès du Corps municipal, à l'effet
-de lui porter le voeu de l'Assemblée pour que la Municipalité députe
-vers l'Assemblée nationale pour lui présenter la dite adresse et le
-dit rapport et dénoncer le sieur Jobal, commandant à Tabago; et, dans
-le cas où le Corps municipal croirait devoir, sur le voeu exprimé
-de huit sections, indispensable de convoquer la Commune entière[89],
-l'Assemblée charge son dit commissaire de former spécialement cette
-demande à la Municipalité et de suivre les opérations nécessaires pour
-parvenir à présenter à l'Assemblée nationale la dite adresse et le dit
-rapport[90].»
-
-M. le Président a fait lecture d'une lettre à lui adressée le 14 de ce
-mois par M. Laurent, l'un des assesseurs du juge de paix de la
-section[91], par laquelle il le prie de vouloir bien faire agréer par
-l'Assemblée sa démission de cette place, attendu qu'il vient d'être
-nommé par le Conseil général de la Commune, membre du bureau de paix
-de l'arrondissement[92]. L'Assemblée, forcée d'accepter la démission
-de M. Laurent, s'en trouve dédommagée puisqu'il ne fait que changer de
-tribunal et qu'il reste toujours pour rendre justice aux citoyens de la
-section.
-
-Il a été ensuite fait lecture d'une lettre de M. l'abbé Viriot[93],
-adressée pareillement à M. le Président le 9 de ce mois, par laquelle
-il le priait de faire agréer par l'Assemblée sa démission, tant de la
-place d'électeur de la section que de celle de secrétaire des Assemblées
-primaires et prévient (_sic_) en même temps, que, par l'ajournement
-qu'il a réservé dans le procès-verbal des dernières Assemblées primaires
-relativement aux assesseurs du juge de paix, il croit qu'on peut nommer
-à sa place d'électeur; mais M. le Président qui, sur l'avis du Comité,
-à qui il avait fait part de la lettre, avait été prié de consulter la
-Commune sur cette réserve, a fait lecture d'une lettre, à lui écrite en
-réponse, le 14 de ce mois, par M. Cahier, substitut du procureur de la
-Commune, par laquelle la Municipalité pense que cet électeur ne peut
-être remplacé.
-
-Une pétition signée de plusieurs membres de la section et (_sic_)
-remise sur le bureau, il a été fait lecture: 1º d'un arrêté, pris le
-3 de ce mois en Assemblée générale de la section de la Bibliothèque,
-concernant les coupons d'assignats[94]; la matière mise en délibération
-et discutée dans tous ses points, l'Assemblée y a adhéré; 2º d'un
-second arrêté de la même section du 17 du même mois concernant le peu
-d'exactitude que les citoyens de chaque section montrent à assister aux
-Assemblées générales de leur section; convaincu[e] des mêmes principes,
-[l'Assemblée] a adhéré à cette délibération.
-
-Il a été fait lecture ensuite[95]: 1º d'une délibération prise le 3 de
-ce mois en l'Assemblée générale de la section du Théâtre-Français[96];
-2º d'une autre délibération de la section de la Bibliothèque du 17 du
-même mois[97]; ces deux délibérations, en esquissant le tableau des
-dangers dont la France paraît menacée par l'approche des troupes des
-puissances voisines, et principalement du côté de l'Allemagne, proposent
-que, dans la garde nationale parisienne, il soit levé un corps de troupe
-désigné sous le nom de _légion nationale parisienne_, lequel serait prêt
-à entrer en campagne au premier signal hostile des puissances étrangères
-et serait entretenu aux frais du département.
-
-L'Assemblée vivement pénétrée des trop justes sujets de craintes
-détaillés[98] dans ces deux délibérations, considérant combien il est
-intéressant pour le bonheur de la France et pour le maintien de sa
-liberté d'opposer une barrière insurmontable aux ennemis de sa[99]
-Constitution, a unanimement adhéré aux délibérations des sections du
-Théâtre-Français et de la Bibliothèque, et, attendu qu'elles ne forment
-ensemble qu'un même voeu et un même esprit, a nommé M. Basty[100]
-officier du bataillon pour représenter le bataillon dans les Assemblées
-qui auront lieu, pour, d'après l'avis des sections de la capitale,
-rédiger une adresse à l'Assemblée nationale[101].
-
- J. MARESCHAL.
-
- CERFVOL, _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [81] Il s'agit des persécutions dont avait été victime, en 1789,
- le sieur Bosque Charles, avocat à Tabago, qui avait embrassé
- la cause de la Révolution. L'«affaire de Tabago» est exposée
- tout au long par LACROIX, II, 202-210. Des textes donnés par
- LACROIX il résulte qu'à la suite des réclamations faites par
- le sieur Bosque, la section de la Bibliothèque commença, vers
- le mois de novembre 1790, à s'intéresser au cas de ce citoyen.
- Le 30 novembre, elle réclamait le concours des autres sections
- pour cette entreprise; quelques jours après, une réunion des
- délégués de 21 sections, relative à cette affaire, se tenait au
- siège de la section de la Bibliothèque, hôtel de Richelieu, rue
- Neuve-Saint-Augustin. Nouvelle réunion, au même endroit, le 15
- décembre, 27 sections étant cette fois représentées. L'Assemblée
- des commissaires de sections, choisis pour examiner le cas du
- sieur Bosque, ayant tenu de nouvelles séances les 20, 24 et
- 29 décembre 1790, décida, sur le rapport d'un de ses membres,
- précisément le représentant de la section des Postes, le sieur
- DESVIEUX, de faire «une pétition ou adresse à l'Assemblée
- nationale, tendant à dénoncer le sieur Jobal, commandant à
- Tabago, comme coupable de délit de lèse-nation, commis dans les
- personnes des citoyens de la dite...», etc. La pétition fut
- rédigée et imprimée (on en trouvera le texte dans LACROIX, II,
- 440-443, avec la liste des commissaires des 27 sections), mais
- elle ne put être présentée à l'Assemblée nationale, celle-ci
- ayant décrété, le 7 janvier 1791, qu'elle ne recevrait plus à sa
- barre d'autres députations que celles des corps administratifs
- ou directoires des départements et celles de la Municipalité
- de Paris. C'est alors que les sections s'adressèrent au Corps
- municipal, comme on va le voir par le présent procès-verbal de la
- section des Postes, afin qu'il intervint auprès de l'Assemblée
- nationale. Cette démarche des sections auprès du Corps municipal
- fut précédée, d'après le procès-verbal même que nous éditons,
- d'un entretien des commissaires de sections avec le maire de
- Paris.
-
- [82] Marc-Louis DESVIEUX, 105, rue Montorgueil, avocat, devait
- être nommé, par la section des Postes, à la Commune du 10 août,
- dès le 10 août, puis à l'Assemblée électorale du département. Il
- était né à Aix en Provence, en 1752.
-
- [83] Cette nomination ne figure pas aux procès-verbaux des
- précédentes séances. C'est Desvieux qui fut chargé, par ses
- collègues des autres sections, de rédiger le rapport sur
- l'affaire Bosque (voyez la note 81 ci-dessus).
-
- [84] Le présent arrêté est reproduit par LACROIX, 2e série, II,
- 208-209 (voir les notes mises par Lacroix à ce texte). Les mots
- «des Postes» sont omis dans cette édition.
-
- [85] Ce mot est omis dans l'édition de Lacroix.
-
- [86] LACROIX: «... prévenu d'être...».
-
- [87] LACROIX: «... coupable de délits de lèse-nation;
- persistant...».
-
- [88] LACROIX: «... a approuvé...».
-
- [89] LACROIX: «... croirait ne pouvoir se dispenser, sur le voeu
- exprimé de huit sections, de convoquer la Commune entière...».
-
- [90] LACROIX ajoute au texte: «_Signé_: CERFVOL, président;
- J. MARESCHAL, secrétaire.»--Voici, d'après les _Actes de la
- Commune_, la fin de cette affaire de Tabago dont il ne sera plus
- question au présent procès-verbal de la section des Postes: «Le
- 22 janvier 1791 (deux jours après l'arrêté ci-dessus) le Corps
- municipal recevait des députés de l'Assemblée sectionnaire réunie
- à l'hôtel de Richelieu, qui réclamaient officiellement son
- intervention auprès de l'Assemblée nationale. Le Corps municipal
- décidait de se faire présenter un rapport sur cette affaire.»
- (LACROIX, II, 197.) Mais, le 4 février, rien n'était encore fait,
- puisque, ce jour-là, des députés de la section de la Bibliothèque
- venaient réclamer du Corps municipal une prompte décision, ce
- qui leur fut promis par le maire (LACROIX, II, 413). Cette
- promesse ne fut pas tenue, l'intervention du Corps municipal
- devant bientôt être rendue inutile par suite de l'adoption, le 17
- février, d'un décret ordonnant l'ouverture d'une enquête à Tabago
- (voyez LACROIX, II, 437 et suiv.).
-
- [91] LAURENT Denis, ancien marchand, 42 ans, rue
- Comtesse-d'Artois, 86, électeur de la section (CHARAVAY,
- _Assemblée électorale de Paris_ du 18 novembre 1790 au 15 juin
- 1791, p. 19).
-
- [92] Le 10 janvier 1791 (cf. LACROIX, II, 91-93). Il prêta
- serment dans la séance du Conseil général du 17 janvier (_ibid._,
- 157).--Le bureau de paix du IIe arrondissement devait tenir ses
- séances au Châtelet, dans la salle des ci-devant commissaires
- (_ibid._, 514).
-
- [93] VIRIOT, Charles, prêtre, 44 ans, rue Traînée, au presbytère,
- électeur de la section des Postes (CHARAVAY, _Assemblée
- électorale de Paris_ du 18 novembre 1790 au 15 juin 1791, p. 18).
-
- [94] La lettre d'envoi de cet arrêté existe encore aujourd'hui
- en deux exemplaires (voy. TUETEY, t. II, nº 1315, et t. III, nº
- 3016). Elle est datée du 13 janvier.
-
- [95] Cette fin du procès-verbal de la séance a déjà été éditée
- par LACROIX, 2e série, t. II, p. 213. Lacroix supprime ici le
- mot: «ensuite».
-
- [96] On trouvera le texte de cet arrêté dans LACROIX, 2e série,
- II, 211-212 (d'après l'_Ami du peuple_ du 13 janvier 1791).
-
- [97] Voyez dans LACROIX, 2e série, II, 212, une analyse de cet
- arrêté d'après le _Patriote français_ du 25 janvier 1791.
-
- [98] Le texte semble porter: «... détaillées...». J'ai corrigé,
- comme l'a fait _Lacroix_, II, 213.
-
- [99] LACROIX, II, 213: «... la...».
-
- [100] BASTY, Pierre-Antoine, premier commis de l'Administration
- des Domaines, 41 ans, rue La Fayette, devint, quelque temps plus
- tard, électeur de la section (CHARAVAY, _Assemblée électorale de
- Paris_ du 26 août 1791 au 12 août 1792, p. 16).
-
- [101] Il n'y eut point, comme le voulait la section des Postes,
- d'adresse collective des sections à l'Assemblée nationale; deux
- jours après la présente séance, le 22 janvier 1791, le Corps
- municipal recevait communication d'une pétition de la section
- de Bondy «relative à la formation d'un corps d'armée des gardes
- nationales qui auraient à obéir à la première réquisition de
- l'Assemblée nationale, sanctionnée par le roi». (LACROIX, II,
- 199.) Un rapport fut présenté à ce sujet, dans la séance du 30
- janvier (et non 31, comme l'écrit par erreur LACROIX, p. 199,
- n. 1). Le procès-verbal de cette dernière séance attribue le
- projet de la section de Bondy à la section du Roule (LACROIX, II,
- 344). Le 4 janvier, le Corps municipal arrêtait l'ouverture, au
- secrétariat de l'Hôtel de Ville, d'un registre d'inscription de
- volontaires (LACROIX, II, 414). Plusieurs sections prirent des
- délibérations relatives à la mesure du Corps municipal. Mais,
- dit LACROIX, «d'une façon générale, l'arrêté du 4 février paraît
- n'avoir excité qu'un enthousiasme médiocre et il est douteux
- même qu'il ait reçu un commencement d'application». L'idée de
- constituer une force armée parisienne en dehors de la garde
- nationale parut dangereuse à beaucoup de gens (voyez LACROIX,
- II, 446-448). Aussi, le 10 février, le Corps municipal crut-il
- devoir prendre certaines précautions pour s'assurer du civisme
- des volontaires qui seraient enrôlés conformément à son arrêté du
- 4 février (voyez LACROIX, II, 508-509 et 510).
-
-
-
-
-CINQUIÈME ASSEMBLÉE.--DU JEUDI 10 FÉVRIER 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du jeudi dix février mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes, convoquée sur la demande de plus de cinquante
-citoyens et en la manière accoutumée, M. Barré, commissaire de la
-section, a été prié de remplir les fonctions de secrétaire en l'absence
-du secrétaire-greffier.
-
-Le procès-verbal de la dernière Assemblée du vingt janvier dernier ayant
-été lu, on a passé à l'ordre du jour; il a été fait lecture: 1º de la
-pétition relative à la suppression des échoppes et étalages qui causent
-les plus grands torts, tant au commerce en général qu'à la sûreté et à
-la liberté de la voie publique.
-
-2º d'une pétition sur le même sujet. Après une très longue discussion,
-la question, à la majorité, a été ajournée au premier avril prochain.
-
-Il a été fait lecture[102] d'une délibération de la section de
-Mauconseil[103], du neuf de ce mois, relativement au départ de Mesdames
-Tantes du Roi, par laquelle ils demandent (_sic_)[104], qu'il soit
-nommé un commissaire par chaque section pour se rendre, le samedi douze
-de ce mois, à neuf heures du matin, à la salle de la bibliothèque des
-Grands-Augustins, à l'effet d'y rédiger une pétition pour être présentée
-à l'Assemblée nationale; la matière mise en délibération, l'Assemblée a
-adhéré à l'arrêté de la section de Mauconseil, a nommé à la pluralité
-pour son commissaire M. Le Terrier, citoyen de la section, et a
-autorisé le secrétaire-greffier à lui délivrer l'extrait de la présente
-délibération pour lui servir de pouvoir[105].
-
-Sur la demande d'un citoyen que l'on mette à exécution les ordonnances
-et règlements de police concernant les charretiers et voituriers qui
-amènent des provisions sur le carreau de la Halle et qui, en outre,
-passent les heures prescrites pour le séjour de leurs voitures dans les
-rues Montorgueil, de la Tonnellerie et autres avoisinantes la Halle,
-causent les plus grands encombrements et gênent la voie publique, M. le
-Président a dit qu'on y aurait égard et qu'on renouvellerait les ordres
-pour l'exécution des règlements.
-
-Il a été fait lecture[106]:
-
-1º D'une délibération de la section de la place de Louis-quatorze,
-du vingt-sept janvier dernier[107], concernant: 1º Les Assemblées
-de la société du[108] Club monarchique[109]; 2º sur[110] les mesures
-à prendre par la Municipalité pour le renvoi des personnes sans aveu
-et notamment les étrangers; 3º pour la suppression[111] des tabagies
-nocturnes et maisons de jeux qui se propagent à l'infini dans Paris,
-et notamment au Palais-Royal[112]; 4º enfin sur[113] la nécessité
-indispensable de solliciter de la Municipalité les munitions nécessaires
-pour mettre la garde nationale parisienne dans un état de défense contre
-les dangers[114].
-
-L'Assemblée, après avoir examiné tous les articles de cette
-délibération et avoir reconnu combien ils étaient justes et essentiels,
-y a adhéré, et a décidé que copie de la présente délibération serait
-adressée à nos frères de la section de Louis-XIV[115] (_sic_).
-
-2º [D']une délibération de la section de la Bibliothèque du dix-sept
-janvier dernier, concernant le scandale et le tort incalculable que
-l'agiotage fait au commerce. L'Assemblée, convaincue de ces principes
-et de la nécessité où l'on est de supplier l'Assemblée nationale
-[d']interposer son autorité pour la suppression de cet abus, a adhéré
-à la délibération de ses frères de la section de la Bibliothèque et a
-décidé que copie de la présente leur serait adressée.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- [signe] DESLAURIERS[116].
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [102] Le présent procès-verbal a déjà été édité par LACROIX,
- 2e série, II, 560, jusqu'à l'alinéa: «Sur la demande d'un
- citoyen...».
-
- [103] Cette délibération existe encore en un imprimé in-8º de 2
- p., Bib. nat, rec. fac. Lb{40} 1958 (TOURNEUX, nº 8476). Cette
- pièce a été reproduite par LACROIX, II, 560.
-
- [104] LACROIX, II, 560, imprime: «... elle demande...».
-
- [105] LACROIX, II, 560, qui arrête là sa citation,
- ajoute: «_Signé_: DESLAURIERS, président; MARÉCHAL,
- secrétaire-greffier».--Le projet de voyage de Mesdames, tantes du
- roi, avait déjà fait l'objet d'un arrêté du Corps municipal, le 4
- février 1791 (voyez LACROIX, II, 413 et 433-437). A la suite de
- l'initiative prise, le 9 février, par la section de Mauconseil
- et à laquelle nous venons de voir la section des Postes donner
- son adhésion, une assemblée des commissaires de la majorité des
- sections (trente-deux sections) annoncée, le 11 aux Jacobins par
- Mauconseil (AULARD, _La Société des Jacobins_, t. II, pp. 81-82),
- se réunit effectivement, le 12 aux Grands-Augustins et rédigea
- deux adresses, l'une au roi, l'autre à l'Assemblée nationale,
- dont elle fit donner lecture, le lendemain 13, au Corps municipal
- (LACROIX, II, 548-549); le Corps municipal décida de se charger
- de l'adresse et de la faire seulement à l'Assemblée nationale
- (_ibid._, 550-552). Le 14 février, le Conseil général décidait
- de porter lui-même l'adresse (_ibid._, 566-567), ce qui était
- fait aussitôt; le 15, il arrêtait de présenter au roi la deuxième
- adresse des sections. Malgré toutes ces démarches, les tantes du
- roi n'en partirent pas moins, le 19 février au soir (LACROIX,
- 588, 589-597), quelques heures à peine après la présentation par
- les commissaires des sections de leur adresse au roi (LACROIX,
- II, 588, 589-597, 597-600).
-
- [106] Cette partie du procès-verbal jusqu'à: «2º une délibération
- de la section de la Bibliothèque...» a déjà été éditée par
- LACROIX, II, 517, qui l'a fait précéder des mots suivants,
- ajoutés au texte sans prévenir le lecteur: «L'Assemblée,
- convoquée sur la demande de plus de 50 citoyens et de la manière
- accoutumée...». De plus Lacroix supprime le 1º.
-
- [107] Cet arrêté de la section de la Place-Louis-XIV, du 27
- janvier 1791, fut lu le lendemain, à la séance du Conseil
- général qui promit de le prendre «en très grande considération».
- (LACROIX, II, 316.)
-
- [108] Ici LACROIX (II, 517) a lu: «Les assemblées de la société
- _ou_ club monarchique...».
-
- [109] _Société des amis de la Constitution monarchique_, club
- réactionnaire fondé, vers le milieu de novembre 1790, sous
- l'influence du comte Stanislas de Clermont-Tonnerre, député de
- la noblesse de la ville de Paris. Cette société, ayant imaginé,
- le 18 décembre, d'établir une caisse pour distribuer aux
- pauvres, dans les sections, du pain à un sou et demi la livre,
- c'est-à-dire au-dessous du prix courant, fut suspendue par arrêté
- du Corps municipal du 28 décembre 1790. Comme elle renonça à ce
- système de propagande politique, le Corps municipal l'autorisa,
- le 8 janvier 1791, à reprendre le cours de ses séances. Ensuite
- la Société des amis de la Constitution monarchique chercha
- à faire distribuer ses subsides par l'intermédiaire de la
- Municipalité elle-même. De là, sans doute, l'arrêté de la section
- de la Place-Louis-XIV, communiqué à la section des Postes, le
- 10 février, et dont on ne connaît pas exactement le contenu.
- Ces deux sections ne furent du reste pas les seules, en janvier
- et février 1791, à dénoncer le club monarchique; celles de
- la Croix-Rouge, du Louvre, de la Place-Royale, de l'Arsenal,
- etc., le poursuivirent également et le rendirent responsable
- des troubles de la Chapelle survenus le 24 janvier. Aussi la
- Municipalité fit-elle ouvrir, par son Comité des recherches,
- une enquête contre ce club, tandis que celui-ci suspendait de
- lui-même, pour la seconde fois, ses séances, en attendant la
- décision à intervenir à son sujet (LACROIX, I, 620, 638-648,
- 658, 663-669; II, 32, 62-63, 68, 69-70, 229, 271-272, 316, 346,
- 355-375, 510, 521, 658, 677-681).
-
- [110] Mot inutile et supprimé par LACROIX, II, 517.
-
- [111] Ici il faut évidemment compléter, comme le fait LACROIX,
- II, 517: «3º Les mesures à prendre pour la suppression...».
-
- [112] Cette démarche de la section de la Place-Louis-XIV, du 27
- janvier, ayant été suivie, le lendemain, d'une démarche semblable
- de la section du Palais-Royal, le Conseil général, sur un
- rapport, en date du 3 février, prit, le 7, un arrêté contre les
- maisons de jeu (cf. LACROIX, II, 318, 399 et 474-476).
-
- [113] Ce mot a également été supprimé par Lacroix, II, 517.
-
- [114] LACROIX, II, 374, cite quelques autres sections que cette
- question des munitions préoccupa vers la même époque.
-
- [115] LACROIX, II, 517: «à nos frères de la section de la
- Place-Louis-XIV». Lacroix, qui arrête là sa citation, y ajoute la
- mention suivante: «_Signé_: DESLAURIERS, président; MARESCHAL,
- secrétaire-greffier».
-
- [116] DESLAURIERS Claude-François, membre de la Commune
- constitutionnelle, électeur de la section en 1791-92, futur
- membre de la Commune du 2 décembre 1792, 55 ans, habitait rue
- Saint-Honoré, nº 49. Il était marchand papetier et faisait partie
- du Comité de la section. C'est lui qui fournit à la section le
- registre sur lequel sont inscrits les procès-verbaux que nous
- éditons, comme le prouve l'étiquette collée à l'intérieur de la
- couverture et dont voici le fac-similé:
-
- +------------------------------------------------------------------+
- | A L'ENFANT JÉSUS, _rue Saint-Honoré, près celle des Prouvaires_. |
- | |
- | DES LAURIERS, Marchand |
- | |
- | tient magasin de toutes sortes de papiers et généralement tout |
- | ce qui concerne l'écriture et la fourniture des bureaux. |
- | |
- | A PARIS |
- +------------------------------------------------------------------+
-
- Voici le texte d'une autre étiquette collée à l'intérieur d'un
- autre registre de la section des Postes (VD* 1002):
-
- Rue Saint-Honoré, à côté de celle des Prouvaires.--DESLAURIERS
- tient magasin de papiers tant pour l'écriture que l'impression,
- la musique, le dessin et les plans. Papier d'Hollande doré, glacé
- et à vignettes. Registres de toutes grandeurs et réglures. Boëtes
- de bureau, plumes, canif. gratoirs, compas, règles nompareille.
- poinçons, crayons fins d'Angleterre, encre de la Chine,
- portefeuilles et écritoires de poche et de voyage. Souvenir en
- peau d'âne, cartes d'échantillons pour les étoffes. Fabrique la
- cire à cacheter et la bonne encre double.--_Fournit les bureaux et
- fait des envois en province._--A PARIS.
-
- Dans le présent registre la signature de Deslauriers est toujours
- précédée du signe [signe] et, en face du procès-verbal de la
- séance du 5 août 1791, on trouve, à la suite d'un passage ajouté
- après coup au texte, les trois dernières lettres _ers_ du mot
- Deslauriers, également précédées du signe [signe]. On peut se
- demander si Deslauriers n'était pas franc-maçon.
-
-
-
-
-SIXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 1er AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi premier avril
-mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée sur la demande de plus de cinquante
-citoyens et composée de quarante membres, il a été fait lecture de la
-pétition qui faisait le sujet de la dernière Assemblée, et ensuite celle
-du procès-verbal de la dernière Assemblée générale non primaire du dix
-février dernier[117].
-
-Il a été ensuite fait lecture par M. le secrétaire des Assemblées
-primaires du procès-verbal de la dernière Assemblée du mercredi 30 mars
-dernier, concernant l'élection des cinq derniers notables adjoints de la
-section pour les affaires criminelles[118].
-
-Le nombre des citoyens qui ont assisté à l'Assemblée n'étant point
-compétent pour délibérer[119], l'Assemblée s'est bornée à trier les
-délibérations et pétitions qui lui ont paru les plus essentielles
-et qui se sont trouvées au nombre de vingt-trois. La lecture de ces
-divers objets a été remise à mercredi six de ce mois, à cinq heures
-précises, dans une Assemblée qui sera convoquée _ad hoc_.
-
-Fait et arrêté, en l'Assemblée générale de la section des Postes les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [117] Entre l'Assemblée générale du 10 février, dont on vient
- de lire le procès-verbal, et la présente séance du 1er avril,
- il y eut, comme on va le voir, deux Assemblées _primaires_,
- c'est-à-dire _électorales_, les 28 et 30 mars. Ces séances ne
- figurent pas au registre des Assemblées primaires de la section
- des Postes conservé aux Archives de la Seine (VD* 1002). Ce
- dernier registre commence en effet seulement à la date du 13
- novembre 1791.
-
- [118] Aux termes des décrets des 8 et 9 octobre 1789,
- l'instruction des affaires criminelles était confiée à des
- notables-adjoints élus par les communes parmi les citoyens «de
- bonnes moeurs et de probité reconnue», âgés de vingt-cinq ans
- au moins et sachant signer leur nom. Ces notables adjoints
- devaient être changés tous les ans. Les premiers élus avaient
- déjà plus d'une année d'existence lorsque, le 21 mars 1791, le
- Corps municipal arrêta leur renouvellement. Aux termes de cet
- arrêté, chaque section devait élire dix notables, le chiffre
- total des notables adjoints étant de 480 pour toute la ville de
- Paris; l'élection devait avoir lieu le 28 mars (voir le texte
- de l'arrêté dans LACROIX, 2e série, III, 220-221). Le 22 mars,
- le Conseil général approuvait cet arrêté du Corps municipal
- (LACROIX, III, 245). Le lendemain 23, le Corps municipal
- convoquait une seconde fois les sections pour le 28 (_ibid._,
- 250-251). Il est évident, d'après cela, que la section des
- Postes dut commencer, le 28 mars, l'élection de ses dix notables
- adjoints, qu'elle n'en put élire, ce jour-là, que cinq, et
- qu'elle élut les cinq derniers le surlendemain 30 mars.
-
- [119] On a vu plus haut que l'Assemblée, pourtant convoquée sur
- la demande de cinquante citoyens, ne comprenait que quarante
- membres.
-
-
-
-
-SEPTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 6 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi six avril mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et d'après
-l'ajournement arrêté dans la dernière Assemblée, il a été fait lecture
-du procès-verbal de la dernière Assemblée du vendredi premier de ce
-mois. Il a été fait lecture de la lettre de M. Le Camus, du trois de
-ce mois, par laquelle il prie la section de vouloir bien accepter sa
-démission de la place de commissaire de section à laquelle on avait bien
-voulu le nommer. L'Assemblée, convaincue des motifs qui ont déterminé
-M. Le Camus[120] à donner sa démission, en l'acceptant, a arrêté qu'il
-en serait fait mention honorable dans le procès-verbal, tant pour les
-offres généreuses que M. Le Camus fait pour les pauvres, que pour les
-peines et soins qu'il s'est donnés jusqu'à ce jour. Suivant l'ordre du
-tableau des suppléants au commissariat, l'Assemblée a arrêté que M.
-Renard[121], demeurant rue Montmartre, remplacerait M. Le Camus comme
-commissaire de la section.
-
-L'Assemblée, quoique régulièrement convoquée à plusieurs reprises au
-son du tambour, étant trop peu nombreuse pour être délibérante, a été
-renvoyée à un autre temps et il a été décidé à l'unanimité qu'elle
-serait convoquée d'après une nouvelle pétition de cinquante citoyens qui
-fixeraient le jour et que dorénavant toutes les Assemblées de la section
-seraient convoquées tant au son du tambour que par affiche.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [120] La liste des Commissaires donnée dans l'_Almanach
- général du département de Paris pour l'année 1791_, l'appelle
- _Camus_.--CAMUS, ou LE CAMUS Nicolas, ancien négociant, rue des
- Prouvaires, nº 32.
-
- [121] RENARD, ne figure pas sur la liste de l'_Almanach du
- département de Paris_, qui ne donne pas les noms des commissaires
- suppléants du Comité de la section des Postes. Il y avait, à
- cette section, un RENARD Pierre, cotonnier, qui fut électeur en
- 1792 (CHARAVAY, _Assemblée électorale_, t. III, p. 21). C'est
- sûrement celui-là dont il s'agit ici, vu qu'il en est question à
- une séance postérieure (voy. plus loin, p. 42 et n. 166).
-
-
-
-
-HUITIÈME ASSEMBLÉE.--DU 12 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mardi douze avril mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, M. Desvieux,
-membre de la section, a été prié de remplir les fonctions de secrétaire
-en l'absence du secrétaire-greffier.
-
-Il a été fait lecture de la pétition signée de cinquante citoyens actifs
-de la section, qui avait pour sujet la communication de plusieurs
-délibérations et pétitions des autres sections adressées au Comité de la
-section. Les noms des cinquante citoyens signataires ont été articulés à
-haute voix, et chacun des citoyens dénommés ont été reconnus (_sic_) par
-l'Assemblée être citoyens actifs.
-
-Sur la demande d'un citoyen, conformément aux décrets et à la
-proclamation du Département[122], la liste d'inscription de chacun des
-membres de l'Assemblée ayant été rapportée et comptée au bureau, elle
-s'est trouvée être de cent quatre citoyens présents à l'Assemblée; en
-conséquence, elle s'est reconnue être en état de délibérer.
-
-Il a été fait lecture par M. le secrétaire d'une délibération
-de la Halle-aux-blés, du jeudi trente décembre mil sept cent
-quatre-vingt-dix[123], tendant à ce qu'il fût fait, par les
-quarante-huit sections, une pétition à l'Assemblée nationale, pour la
-supplier, de prendre en considération les services rendus à la Nation
-par ses enfants soldats et de les consacrer par une loi créatrice qui
-les maintînt dans la (_sic_) pénible, mais honorable exercice de leurs
-fonctions primitives. L'Assemblée, consultée par M. le Président, a
-décidé de passer à l'ordre du jour.
-
-Il a été ensuite fait lecture d'une délibération de la section du
-Faubourg-Montmartre, du premier mars mil sept cent quatre-vingt-onze,
-tendant à ce qu'aucun citoyen ne compromit l'uniforme national, ne
-se mêlât dans aucune foule, et qu'aussitôt que les circonstances
-extraordinaires l'exigeraient, chaque citoyen serait engagé d'honneur
-à se rendre au drapeau et à ne pas le quitter, tant que la réunion du
-bataillon serait jugée nécessaire.
-
-L'Assemblée a unanimement adhéré à ladite délibération.
-
-Il a été fait lecture[124] d'une délibération de la section des
-Champs-Elysées, du trente mars mil sept cent quatre-vingt-onze,
-concernant le Comité de surveillance de l'Hôtel-de-Ville, et d'une autre
-délibération de la section du Palais-Royal, du deux avril présent
-mois[125], relative au même objet[126].
-
-L'Assemblée, pénétrée des motifs qui ont déterminé lesdites
-délibérations, y a adhéré et a décidé en outre qu'il serait fait une
-invitation, en son nom, aux citoyens du bataillon[127] de Saint-Eustache
-et de la Jussienne pour qu'ils révoquassent les pouvoirs qu'ils
-auraient pu donner à des députés audit Comité de surveillance.
-
-Il a été fait lecture d'une délibération de la section des
-Thermes-de-Julien, du dix-sept mars mil sept cent quatre-vingt-onze,
-concernant la destruction et abolition des mouchards[128]. L'Assemblée a
-ajourné la question jusqu'après la cessation des Comités de recherche de
-l'Assemblée nationale et de la Municipalité.
-
-Une députation du bataillon de Saint-Jacques-la-Boucherie est venue
-demander les mauvaises pièces de canon du bataillon de Saint-Eustache,
-comme matières propres à en former de bonnes, qui serviraient audit
-bataillon qui en manque. La même observation a été faite par M. Thomas
-en faveur du bataillon de la Jussienne.
-
-L'Assemblée a décidé qu'il serait délivré au bataillon de
-Saint-Jacques-de-la-Boucherie (_sic_) et conjointement à celui de la
-Jussienne, par égales portions, toutes les matières superflues au
-bataillon de St-Eustache, pour faire fondre des canons à leur usage,
-sur les ordres de la Municipalité, et que cette délivrance serait faite
-en présence de quatre commissaires, dont deux nommés par l'Assemblée
-générale de la section et deux par le bataillon de Saint-Eustache, et
-qu'à cet effet, il serait écrit à M. le commandant dudit bataillon pour
-lui faire part de ladite délibération; et, de suite, l'Assemblée a
-nommé pour ses commissaires, MM. Deslauriers, président, et Thomas, des
-fermes[129], qui ont accepté.
-
-Un membre a demandé que l'Assemblée s'ajournât pour la continuation des
-objets qui ont motivé la convocation, attendu qu'il en restait beaucoup
-dont on n'avait pu s'occuper dans cette séance.
-
-L'Assemblée, adoptant cette proposition, s'est ajournée à jeudi
-prochain, à l'heure ordinaire, et a décidé que la séance serait annoncée
-en la manière accoutumée.
-
-Un membre a dit qu'il se proposait de faire une motion relative aux
-patentes[130], et de présenter un projet de pétition. Il a demandé
-que cet objet fût mis à l'ordre du jour à la prochaine séance.
-
-L'Assemblée a adopté la proposition et décidé qu'elle serait mise à
-l'ordre du jour à la séance de jeudi prochain.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [122] L'arrêté du Directoire du Département de Paris, ordonnant
- aux sections de faire désormais le relevé des membres présents
- à chaque Assemblée générale, arrêté daté du 1er avril 1791, est
- donné par le _Moniteur_ du 5 avril (réimp., t. VIII, p. 34). Ce
- texte a été réédité par Mellié, _Les Sections de Paris pendant la
- Révolution française_, pp. 96-97. Comme le fait remarquer MELLIÉ
- (pp. 97-98 et 98 n. 359) désormais le registre de la section des
- Postes porte toujours le nombre des présents, ce qui n'avait pas
- lieu auparavant.
-
- [123] Voici le texte de cette délibération, d'après l'imprimé à
- part. (P. imp. in-4º de 2 p., Bib. nat., Lb{40} 1871.--TOURNEUX,
- nº 8228.)
-
- _EXTRAIT des registres des délibérations de la section de la
- Halle-aux-Bleds, ci-devant district Saint-Honoré. Du jeudi 30
- décembre 1790._
-
- L'Assemblée générale, convoquée sur la demande de plus de
- cinquante citoyens, après avoir entendu la lecture du voeu
- des gardes-nationales d'Auxerre, des membres de la Société de
- la Constitution à Rennes, et des bataillons des Carmélites, des
- Filles-Saint-Thomas, et de Saint-Martin-des-Champs;
-
- Pénétrée de respect et de reconnaissance pour les augustes
- représentants de la Nation, dont les premiers et les plus
- honorables travaux sont d'avoir gravé sur un airain indestructible
- les Droits de l'Homme et du Citoyen; convaincue que l'hommage le
- plus pur qui puisse être adressé à l'Assemblée nationale, est une
- soumission non aveugle, mais sentie et raisonnée, aux loix émanées
- de sa sagesse; persuadée encore, d'après une heureuse expérience,
- que des représentations, quand elles sont respectueuses et justes,
- sont accueillies avec empressement de nos législateurs; convaincue
- enfin que la base de notre Constitution est de faire de chaque
- français un citoyen et un soldat tout ensemble, et que tout ce
- qui tendrait à altérer ce germe sacré de notre union, doit être
- proscrit par les pères de la Constitution;
-
- A unanimement arrêté que son voeu était qu'il fût rédigé,
- par des Commissaires nommés par les quarante-huit sections, une
- pétition à l'Assemblée nationale, dont l'objet serait de la
- supplier de peser dans toute sa sagesse l'importance des services
- rendus à la Nation par ses enfants soldats, et de la consacrer
- par une loi créatrice qui, les maintenant dans le pénible mais
- honorable exercice de leurs fonctions primitives, apprenne à tous
- les peuples de l'univers, combien est fort, combien est puissant
- un empire qui, à tous les avantages de son territoire, ajoute
- celui de voir, dans chacun des individus qui le composent, un
- homme libre et un citoyen armé;
-
- Que, sur le pareil voeu de huit sections, le Corps municipal
- serait invité de convoquer la Commune entière dans ses
- quarante-huit sections, dans le plus court délai, à l'effet de
- délibérer sur le voeu ci-dessus exprimé.
-
- Arrête en outre que le présent serait imprimé et envoyé aux
- quarante-sept autres sections, avec invitation à chacune d'elles
- d'y adhérer.
-
- _Signé_: MONTAMANT, _président_.
- BLIGNY, _secrétaire-greffier_.
-
- [124] Depuis cet endroit jusqu'à l'alinéa: «Il a été fait lecture
- d'une délibération de la section des Thermes-de-Julien...», le
- présent passage du procès-verbal de la section des Postes a déjà
- été édité par LACROIX, 2e série, III, 469, qui modifie ainsi le
- début de ce passage: «Lecture faite d'une délibération...»
-
- [125] Les mots: «présent mois» ont été supprimés par LACROIX,
- III, 469.
-
- [126] Le 28 février 1791, une foule de trois mille à quatre
- mille personnes s'était portée au château de Vincennes, en
- manifestant l'intention de démolir cette ancienne prison d'Etat
- qu'un décret de la Constituante, sanctionné par le roi, avait
- décidé d'adjoindre aux prisons de la capitale. La Fayette ayant
- donné l'ordre à la garde nationale de disperser les manifestants,
- quelques chasseurs du bataillon de Traisnel (ou bataillon de la
- section de Popincourt) poussèrent le cri de: _A bas La Fayette!_
- ce qui n'empêcha pas l'arrestation d'une soixantaine d'individus,
- déjà occupés à la démolition du donjon et qui furent conduits
- par la garde nationale à la Conciergerie. Pendant le trajet il
- fallut disperser des rassemblements qui essayaient de délivrer
- les prisonniers (_Moniteur_ des 1er et 2 mars 1791, réimp. t.
- VII, pp. 504 et 511-512). Le Corps municipal, qui était resté
- en séance tout l'après-midi et avait été tenu au courant des
- événements de Vincennes (voyez LACROIX, 2e série, II, 765-767),
- se réunit à nouveau le soir et entendit le rapport que vint
- lui faire le commandant général sur les faits de la journée.
- La Fayette, tout en donnant des éloges à la conduite de la
- majeure partie de la garde nationale, se plaignit vivement
- d'un détachement du bataillon des Enfants-Trouvés (faubourg
- Saint-Antoine) commandé par Santerre, et le Corps municipal prit
- un arrêté félicitant la force armée de Paris, à l'exception
- du susdit détachement (LACROIX, II, 770-771). Santerre, ainsi
- dénoncé et, de plus, stigmatisé par un Ordre du commandant
- général, du 1er mars (LACROIX, II, 792), par un nouvel arrêté
- du Corps municipal du 2 mars (LACROIX, III, 11), par un écrit
- de l'aide de camp de La Fayette, le sieur Desmottes (_ibid._,
- 793), par les différents journaux royalistes et par une lettre
- qui lui fut adressée par sept de ses neuf collègues, commandant
- les autres bataillons de sa division (LACROIX, III, 59), Santerre
- répondit par un _Rapport_ public sur l'affaire de Vincennes
- (LACROIX, II, 793-794) et intenta à La Fayette et à Desmottes un
- procès en diffamation à l'occasion duquel l'avocat, ou défenseur
- officieux, Buirette-Verrières, rédigea un _Plaidoyer pour le
- sieur Santerre_ (LACROIX, III, 58 et 62-69).
-
- Tandis que Santerre poursuivait La Fayette devant les tribunaux,
- le Corps municipal délibérait sur la suite à donner, au point de
- vue disciplinaire, aux événements du 28 février. Après s'être
- occupé de cette affaire, le 2 mars (LACROIX, III, 9-11) et, à
- deux reprises différentes, le 17 mars (LACROIX, III, 187 et 189),
- le Corps municipal prenait, le lendemain 18, un nouvel arrêté:
- pour remplacer un Comité de surveillance militaire de division
- institué, dès le 6 mars, par la VIe division pour enquêter sur
- les faits du 28 février (sur ce conseil de surveillance de
- la division, voy. LACROIX, III, 253-255), le Corps municipal
- décidait que le commandant général de la garde nationale
- ferait «tenir sans délai, un Comité de surveillance _de toute
- l'armée parisienne_ pour prendre connaissance de tous les faits
- contraires au bon ordre et aux règles du service militaire
- seulement, qui ont pu avoir lieu dans les différents détachements
- de l'armée qui se sont portés à Vincennes, le 28 février, pour,
- sur le résultat et l'avis du Comité de surveillance, être par
- qui de droit décidé s'il y a ou s'il n'y a pas lieu à la tenue
- d'un conseil de guerre.» (LACROIX, III, 199).--Le 23 mars, La
- Fayette faisait présenter au Corps municipal, par son aide-major
- général, un projet pour la formation de ce Comité de surveillance
- de l'armée parisienne (_ibid._, 248-249). Mais alors différentes
- sections de Paris intervinrent contre ce projet de création
- d'un Comité de surveillance _de toute l'armée_, organe non
- prévu au règlement de la garde nationale (voyez LACROIX, III,
- 254 et 256). Le 30 mars, la section des Champs-Elysées refusait
- nettement de coopérer «en aucune manière aux décisions du dit
- Comité», vu que sa formation était annoncée «d'une manière vague
- et inconstitutionnelle» et qu'au surplus la garde nationale ne
- constituait pas un corps militaire. (On trouvera le texte de cet
- arrêté, d'après un imprimé du British Museum, dans l'ouvrage de
- LACROIX, III, 455-456.) Le lendemain, 31 mars, la section de
- Mauconseil s'opposait à son tour à la formation du Comité de
- surveillance (voyez le texte de cet arrêté dans LACROIX, III,
- 456-457). Le 1er avril, la section de la Fontaine-de-Grenelle
- prenait un arrêté analogue, dont nous possédons encore le texte
- (reproduit par LACROIX, III, 467-469). Le 2 avril, d'après
- le présent procès-verbal de la section des Postes et d'après
- le compte rendu de la séance des Jacobins, du 8 avril (voyez
- AULARD, _La Société des Jacobins_, t. II, p. 303), la section du
- Palais-Royal manifestait dans le même sens. Le 3 avril, c'était
- le tour de la section du Théâtre-Français (d'après le compte
- rendu de la séance, du 5 avril, du Conseil général, LACROIX, III,
- 452). Enfin la section du Luxembourg agissait de même (d'après
- la séance des Jacobins du 8 avril, AULARD, _La Société des
- Jacobins_, t. III, p. 303). Quelques-unes de ces protestations
- (Champs-Elysées, Mauconseil, Théâtre-Français) furent adressées,
- le 5 avril, au Conseil général qui, en donnant acte à ces
- sections de la remise de leurs arrêtés, les invita à s'adresser
- au Département (LACROIX, III, 452). Le lendemain, 6 avril,
- le Corps municipal, s'occupant à son tour de cette campagne,
- décidait de présenter de son côté, au Directoire du Département,
- un exposé de la question (LACROIX, III, 461), décision qui
- fut renouvelée, le 14 avril, à la suite d'une démarche du
- Département (LACROIX, III, 566). Le même jour, 14 avril, la
- section de l'Oratoire, apprenant que la Municipalité n'avait pas
- renoncé à son projet de constituer un Comité de surveillance
- militaire, bien que «l'opinion publique» se fût «généralement
- manifestée» contre ce projet, s'empressait de dénoncer la
- Municipalité à l'Assemblée nationale (texte de l'arrêté dans
- LACROIX, III, 469-470, et voyez le résultat de la démarche de la
- section, _ibid._, 470-471). Enfin vers le 22 avril, la section
- des Gravilliers décidait de ne prendre aucun parti dans cette
- affaire (voyez LACROIX, III, 471). En dépit de l'opposition
- que rencontra, parmi les sections de Paris, la création d'un
- Comité de surveillance de toute l'armée parisienne, celui-ci
- n'en fut pas moins formé et Santerre comparut devant lui, tout
- en déclinant sa compétence. Le Comité termina du reste l'affaire
- en mettant hors de cause Santerre et aussi probablement les
- manifestants du 28 février. On ignore la date de cette décision,
- qui est certainement antérieure au 11 juin (LACROIX, III, 259).
-
- [127] LACROIX, III, 469: «... des bataillons...».
-
- [128] Cet arrêté, présenté à la Société des Jacobins, le 20 mars
- 1791, fut imprimé par les ordres de cette Société. On le trouvera
- en un in-octavo de 4 pages, à la Bib. nat., Lb{40} 516 (TOURNEUX,
- nº 8963). Ce texte a été réimprimé par M. AULARD, _La Société des
- Jacobins_, t. II, pp. 213-215.
-
- [129] C'est-à-dire employé des fermes générales. On trouvera de
- même un VANIER, des fermes, à la page 42.
-
- [130] La Constituante avait rendu un décret sur les patentes, un
- mois environ auparavant, le 2 mars 1791.
-
-
-
-
-NEUVIÈME ASSEMBLÉE.--DU 14 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du jeudi quatorze avril mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en manière accoutumée et d'après
-l'ajournement prononcé dans la séance du douze précédent, M. Desvieux,
-membre de la section, a été prié de remplir les fonctions de secrétaire
-en l'absence du secrétaire-greffier.
-
-Après vérification faite que l'Assemblée était composée du nombre de
-votants requis par la loi, il a été fait lecture du procès-verbal de
-la dernière séance, qui, après quelques légers changements, a reçu sa
-sanction.
-
-Un membre a demandé la parole[131] avant de passer à l'ordre du jour,
-et, l'ayant obtenue, il a dit qu'il croirait à propos que l'Assemblée
-s'occupât des moyens nécessaires pour mettre les prêtres réfractaires
-à la loi, dans l'impuissance absolue de remplir aucune fonction
-ecclésiastique publique[132].
-
-Un autre membre a dit que déjà le Directoire du Département de Paris
-s'était occupé de cet objet important; que l'arrêté que le Directoire
-avait pris avait été imprimé et affiché, et qu'il allait en faire
-lecture, si l'Assemblée le désirait.
-
-Et, l'Assemblée ayant adhéré à la proposition, il a été fait lecture
-de l'arrêté susdit, en date du onze du présent mois[133]; duquel
-il résulte que le Département a ordonné, entre autres choses, que la
-Municipalité serait tenue de commettre dans chaque paroisse de Paris,
-un préposé laïc chargé d'inspecter ce qui a rapport au service divin,
-et d'empêcher les prêtres réfractaires d'exercer aucunes fonctions
-ecclésiastiques publiques.
-
-L'Assemblée, instruite qu'il avait été pourvu par ledit arrêté à ce
-que le membre demandait, a applaudi à ce témoignage éclatant de la
-surveillance de MM. les administrateurs du Département.
-
-Un membre a demandé la parole et a dit qu'il croyait convenable de
-demander au Département par une pétition, que la nomination à ces
-places d'officiers préposés laïcs, fût conférée aux habitants de chaque
-paroisse, comme étant plus en état de faire le choix d'un citoyen
-capable d'exercer cette surveillance que la Municipalité. Il a observé
-que, si ces places étaient appointées ou gagées, elles deviendraient
-un moyen de dédommagement ou de récompense pour un citoyen à qui la
-Révolution aurait fait faire des sacrifices de son état ou de ses
-facultés, [qui][134] aurait bien mérité par les services qu'il aurait
-rendus en se dévouant à la chose publique, ou qui, réunissant l'estime
-et la confiance publique et la considération de la perte de son état, se
-trouverait avoir des besoins, surtout s'il était père de famille.
-
-Ces motifs ont déterminé l'Assemblée à adopter la proposition faite,
-et il a été décidé qu'il serait député, vers MM. du Directoire du
-Département, MM. Légier, Laurent, Desvieux et Montpellier[135] pour leur
-présenter le voeu de la section à cet égard, et que l'arrêté de ce
-jour serait communiqué aux quarante-sept autres sections.
-
-Il a été ensuite fait lecture d'une délibération de la section de
-Sainte-Geneviève du vingt-un (_sic_) mars dernier, relative aux comptes
-que devaient rendre de leur administration MM. de Vauvilliers et
-Boncerf, administrateurs de la ci-devant Municipalité provisoire[136],
-qui ont laissé des doutes sur la situation respective dans laquelle
-ils ont laissé leur gestion, ce qui avait déterminé ladite section à
-nommer quatre commissaires pour porter la réclamation à cet égard au
-Conseil de la Commune; et [tendant] à avoir continuellement à l'avenir
-un oeil actif et vigilant sur les mandataires publics.
-
-L'Assemblée a adhéré à ladite délibération.
-
-Un membre a proposé de s'occuper des moyens de former une défense active
-contre les ennemis de la Patrie et de la Constitution, et surtout
-de prendre les mesures nécessaires, en cas d'invasion, ou d'attaque
-hostile, et par la voie des armes.
-
-La matière discutée amplement, et mise en délibération, l'Assemblée
-a décidé qu'il serait fait une pétition à l'Assemblée nationale, par
-laquelle elle serait instamment suppliée d'ordonner et accélérer la
-formation de l'armée auxiliaire[137]; que le présent arrêté serait
-communiqué aux autres sections, avec invitation d'y adhérer.
-
-Il a ensuite été fait lecture d'une délibération de la section
-de l'Oratoire du premier avril présent mois[138], relative à la
-circulation des espèces, et à l'émission de petits assignats au-dessous
-de vingt-cinq livres, et qui demande que chaque section nomme deux
-commissaires qui seront chargés de se réunir pour travailler à un plan
-de caisse qui serait institué pour l'échange en espèces de ces assignats.
-
-L'Assemblée, adhérant à ladite proposition sus-énoncée, a nommé pour
-commissaires MM. Desvieux et Basty qu'elle charge de ses pouvoirs à cet
-effet.
-
-Lecture faite d'une autre délibération de la section de la place de
-Louis-Quatorze relative aux messageries et au transport des matières
-d'or et d'argent, et des espèces[139], par laquelle ladite section a
-arrêté que les moyens proposés par un membre de la dite assemblée, de
-faire surveiller l'administration des messageries sur les transports
-des matières d'or et d'argent et des espèces, seraient communiqués aux
-quarante-sept autres sections;
-
-L'Assemblée a applaudi aux vues présentées par ladite délibération, et a
-adhéré à son contenu.
-
-L'Assemblée s'étant ensuite ajournée à samedi prochain pour continuer
-l'examen de divers objets, il a été proposé de tenir la séance à la
-chapelle de la Jussienne, attendu l'impossibilité de s'assembler
-dans l'église de Saint-Eustache par rapport aux actes religieux et à
-l'approche des fêtes de Pâques. Il a été décidé qu'il serait député
-vers M. le Commandant du bataillon de la Jussienne, MM. Dumont et Renar
-(_sic_)[140] pour le prier de vouloir bien permettre que la séance fût
-tenue audit lieu, et d'en instruire le bataillon de la Jussienne[141].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [131] A partir de cet endroit jusqu'à l'alinéa: «Il a été
- ensuite fait lecture d'une délibération de la section de
- Sainte-Geneviève...», toute cette partie du procès-verbal de la
- section des Postes a déjà été éditée par LACROIX, 2e série, t.
- III, p. 627.
-
- [132] LACROIX, III, 627: «... aucunes fonctions ecclésiastiques
- publiques.»
-
- [133] L'arrêté du Directoire du département contre les prêtres
- réfractaires, en date du 11 avril 1791, a été imprimé à l'époque
- en divers formats et reproduit par plusieurs journaux (voyez
- LACROIX, III, 564, n. 3). On en trouvera le texte dans les _Actes
- de la Commune_, 2e série, t. III, pp. 562-564.
-
- [134] Il faut évidemment ici ajouter au texte le mot _qui_; c'est
- ce qu'a fait LACROIX (III, 627), mais sans avertir le lecteur de
- l'absence du mot dans l'original.
-
- [135] LACROIX (III, 627) remplace ces quatre noms par la mention
- suivante: «... suivent les noms de quatre commissaires».
-
- [136] Cette délibération de la section de Sainte-Geneviève, du 21
- mars 1791, qui fut communiquée, le 5 avril suivant, au Conseil
- général (LACROIX, III, 451), est reproduite par LACROIX (III,
- 454-455), d'après le journal intitulé _Thermomètre de l'opinion
- publique ou Journal des sections de Paris_.
-
- [137] Le 28 janvier 1791, sur le rapport de ses Comités
- diplomatique, militaire et des recherches, l'Assemblée nationale
- décidait la formation d'une _armée auxiliaire_ composée de
- 100.000 soldats engagés pour trois ans, destinés à être versés
- en cas de besoin dans les régiments de ligne (DUVERGIER, II,
- 213). Mais la Constituante ayant ajourné, dans cette même
- séance, la discussion des moyens pratiques d'organisation de
- cette force dont elle venait de décréter le principe, plusieurs
- sections réclamèrent la création immédiate d'une légion nationale
- armée parisienne (Théâtre-Français, 3 janvier; Bibliothèque,
- 17 janvier; Postes, 20 janvier; voyez ci-dessus, p. 18 et les
- notes); le 4 février suivant, le Corps municipal décidait
- l'ouverture d'un registre pour l'enrôlement des volontaires
- qui devaient composer cette légion, mais cet arrêté était
- généralement mal reçu et il ne fut probablement jamais exécuté
- (voyez ci-dessus, p. 18, n. 101). Quant à l'Assemblée nationale,
- elle semblait se désintéresser de la question. De là le présent
- arrêté de la section des Postes, du 14 avril.
-
- [138] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté du 1er avril 1791, de la
- section de l'Oratoire; mais il est mentionné dans un arrêté de
- la section des Quatre-Nations, de mars 1791 (voyez ce texte dans
- LACROIX, IV, 308-309) ainsi qu'à la séance du Corps municipal
- du 6 juin suivant (voyez _ibid._, 495). Lacroix a oublié de
- signaler, à la note 1 de la page 309, parmi les endroits
- où il est question de cet arrêté de l'Oratoire, le présent
- procès-verbal de la section des Postes du 14 avril.
-
- [139] Cette délibération est du 14 février 1791 (voyez la séance
- du Corps municipal, du 15 février, dans LACROIX, 2e série, II,
- 601). Cette affaire se rattache à un incident, l'arrestation
- de la diligence de Lille, le 14 février, par le bataillon de
- Saint-Jacques-l'Hôpital, section de Mauconseil (cf. LACROIX,
- _ibid._, pp. 578, 579-583, 600-601 et 602-603).--Quelques mois
- plus tard, au lendemain de la fuite de Louis XVI, la même section
- venait de nouveau attirer l'attention de la Commune sur les
- sorties de Paris des diligences et messageries (séance du Conseil
- général du 23 juin 1791, LACROIX, V, 100).
-
- [140] Il faut sans doute lire RENARD, car il s'agit probablement
- du même individu que ci-dessus, page 24.
-
- [141] La chapelle de la Jussienne servait en effet aux Assemblées
- du bataillon de l'ancien district de la Jussienne.
-
-
-
-
-DIXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 16 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi seize avril, mil
-sept cent quatre-vingt-onze, séante à la Jussienne._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et sur la
-pétition de plus de cinquante citoyens, la séance a été ouverte en la
-chapelle de la Jussienne, rue Montmartre, l'église de Saint-Eustache
-étant occupée par les fidèles à cause de la quinzaine de Pâques. M.
-Desvieux a été prié de remplir les fonctions de secrétaire en l'absence
-du secrétaire-greffier.
-
-D'après l'appel nominatif des citoyens présents et le nombre s'étant
-trouvé suffisant pour délibérer, il a été fait lecture du procès-verbal
-de la dernière séance qui a été adopté en tout son contenu. Il a
-été ensuite fait lecture de la pétition, qui formait le sujet de la
-convocation et qui avait pour but la lecture de différents arrêtés et
-délibérations des autres sections.
-
-M. le Commandant de la Jussienne s'est présenté et a demandé la parole
-pour remercier l'Assemblée, tant au nom du bataillon de la Jussienne
-qu'en celui de Saint-Jacques-la-Boucherie, de la remise qu'on leur avait
-faite de matières propres à la fonte de leurs canons. M. le Commandant
-ayant été applaudi a été invité à assister à la séance.
-
-Il a été ensuite rendu compte[142] par M. Desvieux de la mission,
-dont MM. les commissaires nommés auprès du Département avaient été
-chargés[143] à l'effet de leur[144] porter le voeu pour[145] que la
-nomination du préposé laïc qui sera établi dans chaque paroisse, soit
-faite par les sections de chacune paroisse assemblée, et[146] il a dit
-que MM. du Département et M. le Procureur syndic[147], avaient paru ne
-pas s'éloigner de cette demande et qu'elle serait prise en très
-particulière considération. L'Assemblée a applaudi[148].
-
-Il a été ensuite fait lecture de l'exposition d'un plan imprimé pour
-la formation ou établissement d'une caisse patriotique et municipale,
-adressé par la section de l'Oratoire et contenant quatorze articles[149].
-
-La matière mise en discussion, et après avoir entendu divers membres,
-l'Assemblée a adhéré audit plan, à la charge néanmoins, qu'aux
-commissaires du Corps municipal, et des sections proposés par ledit
-plan, il en sera joint un du Département de Paris.
-
-2º Et que, attendu que le Corps municipal sera suffisamment représenté
-par ses commissaires qui auront une des clefs de ladite caisse, celle
-que l'on propose de remettre à M. le Procureur syndic, soit au contraire
-remise à M. le commissaire du Département.
-
-3º Que le droit de rétribution proposé pour l'échange des assignats
-en billets municipaux de quatre et cinq livres à raison de cinq sols
-par cent livres, sera réduit à un sol seulement pour être employé à la
-destination proposée.
-
-4º Que le Département sera prié de faire une proclamation qui défende à
-qui que ce soit, sous telle peine qu'il appartiendra, d'agioter sur les
-bons de quatre et cinq livres ci-dessus proposés.
-
-5º Et qu'attendu que la section de l'Oratoire n'a pas fait connaître
-les moyens par lesquels elle se propose de réunir l'opinion
-publique sur cet objet, le mode d'élection, et le lieu où cette caisse
-sera établie, M. le Président sera chargé d'écrire au président de la
-section de l'Oratoire, pour le prier de faire passer incessamment les
-instructions nécessaires.
-
-Un membre a observé que l'Assemblée nationale s'étant occupée de la
-formation de l'armée auxiliaire[150] il devenait inutile de poursuivre
-sur (_sic_) l'arrêté pris à ce sujet par l'Assemblée dans la dernière
-séance[151].
-
-La discussion, relative aux échanges des assignats en bons ou billets
-municipaux ci-dessus proposés, ayant donné occasion à M. Fleurot,
-banquier[152], membre de l'Assemblée, d'offrir gratuitement, toutes les
-fois qu'il le pourrait, l'échange des forts assignats, en plus petits,
-aux citoyens de la section, l'Assemblée a applaudi et ordonné qu'il
-serait fait mention honorable sur le procès-verbal de l'offre de M.
-Fleurot.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [142] Ce passage du procès-verbal, jusqu'à l'alinéa: «Il a été
- ensuite fait lecture de l'exposition d'un plan imprimé...», a
- déjà été édité par LACROIX, 2e série, III, 628, qui ajoute, entre
- parenthèses, après le nom de Desvieux, les mots: «... l'un des
- quatre commissaires...».
-
- [143] Le 14 avril: voyez ci-dessus, p. 31.
-
- [144] LACROIX, III, 628: «... de lui...».
-
- [145] LACROIX, _loc. cit._, supprime ce mot.
-
- [146] LACROIX supprime ce mot et le remplace par deux points.
-
- [147] LACROIX ajoute entre parenthèses:
- «procureur-général-syndic.»
-
- [148] Nous ne connaissons pas autrement la démarche faite, auprès
- du Directoire du Département par les commissaires de la section
- des Postes nommés le 14 avril. Mais nous savons qu'à la suite des
- promesses faites à ces commissaires et dont il est question dans
- le présent procès-verbal, le Directoire prit, dès le 17 avril, un
- nouvel arrêté sur l'affaire des préposés laïcs, arrêté qui fut
- communiqué, le 18, au Corps municipal, mais dont nous ignorons le
- contenu. (LACROIX, III, 620 et 628.)
-
- [149] La section de l'Oratoire avait déjà pris, le 1er avril,
- un arrêté dans ce sens qui fut communiqué, le 14, à la section
- des Postes et, le 6 juin suivant, au Corps municipal (voyez
- ci-dessus, p. 32 et n. 138). Le 14 avril, cette même section
- de l'Oratoire adoptait le _Plan_ de caisse patriotique et
- municipale dont il est question dans le présent procès-verbal,
- du 16 avril, de la section des Postes. Ce _Plan_, qui existe
- encore aujourd'hui en un imprimé in-4º de 4 pages (Bib. nat.,
- Lb{39} 9865), a été réimprimé par LACROIX, III, 305-307. Dans
- la réimpression de Lacroix, qui ne comporte que 13 articles, le
- dernier alinéa forme évidemment le 14e article. Mais c'est bien
- là la pièce dont il est question ici, vu qu'une note de l'imprimé
- recommande d'adresser les adhésions à la section de l'Oratoire.
- Lacroix ne signale pas, en réimprimant ce _Plan_, le présent
- passage du procès-verbal de la section des Postes où il en est
- question.
-
-
-
-
-ONZIÈME ASSEMBLÉE.--DU MARDI 19 AVRIL 1791
-
-_Assemblée extraordinaire de la Section des Postes du mardi dix-neuf
-avril mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-Les citoyens de la section des Postes convoqués en la manière accoutumée
-et assemblés au nombre de plus de deux cents citoyens actifs d'après la
-délibération du Corps municipal du jour d'hier prise sur l'arrêté du
-Directoire du Département du même jour, il a été fait lecture desdits
-arrêté et délibération[153].
-
-Sur la demande de plusieurs citoyens, il a été fait lecture: 1º du
-discours prononcé par le Roi, en la séance de l'Assemblée nationale de
-ce matin et du discours adressé à sa Majesté par M. le Président de
-l'Assemblée nationale[154]; 2º de l'adresse du Département au Roi en
-date du jour d'hier[155].
-
-Ces lectures faites, la question a été livrée à la discussion d'après
-laquelle il a été pris l'arrêté suivant:
-
-«L'Assemblée générale, consultée sur les questions présentées, tant par
-le Directoire du Département que par la Municipalité de Paris, a arrêté
-sur les deux questions qu'il n'y avait pas lieu à délibérer.
-
-»Cependant l'Assemblée a arrêté que le Roi serait invité au nom de
-l'intérêt public et de l'amour du peuple pour lui, non seulement de ne
-pas se rendre à Saint-Cloud, mais encore de renvoyer tous les prêtres
-réfractaires qui étaient auprès de sa personne, ou qui pourraient être
-dans les différentes maisons qu'il habitait, et qui seuls avaient causé
-et causaient encore la fermentation qui s'était manifestée par le
-voeu unanime de tous les citoyens, qui jamais ne s'étaient opposés
-aux différents voyages que sa Majesté avait jugé à propos d'y faire,
-et de donner ainsi, comme premier fonctionnaire public, l'exemple de
-la soumission et de l'obéissance dues à la loi qu'il avait lui-même
-sanctionnée.»
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [150] Le jour même, 16 avril, la Constituante avait rendu un
- nouveau décret pour compléter celui du 28 janvier 1791 sur la
- levée d'une armée auxiliaire (DUVERGIER, II, 371).--Pour la suite
- donnée à cette affaire (l'armée auxiliaire fut bientôt absorbée
- dans les bataillons de gardes nationaux volontaires) voyez
- LACROIX, II, 459.
-
- [151] Voyez ci-dessus, p. 32 et n. 137.
-
- [152] FLEUROT, Jacques, banquier, 39 ans, rue Tiquetonne,
- électeur de la section.
-
- [153] Le lundi 18 avril 1791, vers midi, Louis XVI étant monté en
- voiture pour aller à Saint-Cloud où il comptait faire ses Pâques,
- le bruit courut que le roi avait projeté de quitter le royaume,
- et le peuple, ainsi que la garde nationale, s'opposèrent à son
- départ qui fut retardé pour éviter des désordres (voyez divers
- récits de cet événement dans LACROIX, III, 628-632). Aussitôt
- le Directoire du Département de Paris prit un arrêté ordonnant
- à la Municipalité de convoquer les sections pour dire nettement
- s'il fallait priver le roi d'exécuter son premier projet ou le
- remercier d'y avoir renoncé (voyez le texte de cet arrêté dans
- LACROIX, III, 632-633). A la lecture de cet arrêté, le Corps
- municipal prit la délibération dont il est question ici et en
- vertu de laquelle les sections de Paris étaient convoquées pour
- le lendemain (voir le texte dans LACROIX, III, 620-621).
-
- [154] Voy. LACROIX, III, 644-648.
-
- [155] Le 18 avril, le Directoire du Département avait, non
- seulement ordonné à la Municipalité de réunir les Assemblées de
- sections, mais encore lui-même convoqué le Conseil général du
- Département et celui-ci avait, le même jour, adopté une adresse
- au roi dans laquelle il reprochait vivement au souverain de
- s'entourer de prêtres réfractaires (voyez LACROIX, III, 637-638
- et 639).
-
-
-
-
-DOUZIÈME ASSEMBLÉE.--DU 20 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes en la chapelle de la
-Jussienne, rue Montmartre, du mercredi vingt avril, mil sept cent
-quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et assemblée en
-la chapelle de la Jussienne, rue Montmartre, sur la pétition de plus de
-cinquante citoyens. L'Assemblée composée de plus de cent, il a été fait
-lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée qui a été approuvé.
-
-M. le Président a dit que le Comité de la section ayant reçu le chanteau
-du pain bénit, pour le rendre le jour de Pâques prochain au nom de la
-section[156], et le Comité s'étant assemblé à l'effet de délibérer sur
-ce qui serait convenable de faire, [le Comité] a cru devoir proposer à
-la décision de l'Assemblée générale ce qu'elle jugerait devoir prescrire.
-
-La matière mise en délibération, il a été décidé: 1º que le pain bénit
-serait rendu en pain ordinaire à couronne par M. le Président et le Juge
-de paix de la section; 2º qu'au lieu du faste de cérémonie pratiqué
-jusqu'à présent, la dépense qu'il occasionnerait, serait employée à
-délivrer des prisonniers pour mois de nourrice, et de préférence des
-citoyens de la section et pères de familles; 3º que, pour réunir des
-aumônes volontaires par lesquelles on peut opérer cette délivrance,
-chaque citoyen présent déposerait sur le bureau ce qu'il voudrait donner.
-
-Ladite contribution volontaire ayant été faite a produit cent dix livres
-neuf sols, qui ont été remis à M. le Président qui a été autorisé à
-recevoir des autres citoyens ce qu'ils voudraient donner pour cette
-bonne oeuvre, et [il a été décidé] que le Comité nommerait des
-commissaires dans ses membres pour en faire l'emploi et délivrer lesdits
-prisonniers; il a été décidé en outre que les prisonniers délivrés ne
-seraient pas obligés de se présenter à l'offrande du pain bénit,
-mais auraient la liberté du choix à cet égard.
-
-Il a été introduit ensuite dans l'Assemblée, un député de la section
-de l'Oratoire, chargé de donner les éclaircissements demandés par
-l'Assemblée sur le plan de la caisse municipale; ledit député ayant été
-entendu, l'Assemblée a persisté dans son précédent arrêté[157].
-
-M. Regnault[158], membre de la Municipalité, a demandé la parole pour
-faire part à l'Assemblée d'un objet qui l'intéresse personnellement; il
-a dit qu'il avait été dénoncé. L'Assemblée a décidé de passer à l'ordre
-du jour.
-
-Un membre a demandé la parole et a fait part à l'Assemblée que le Comité
-de la section ayant reçu avis de la Municipalité pour la nomination à
-une place de chef des travaux publics[159], qu'il sera choisi par chaque
-section, le Comité avait cru devoir déférer à l'Assemblée, à l'effet
-de connaître ses intentions. L'Assemblée a décidé que la nomination
-de l'individu qui occuperait cette place serait faite à l'Assemblée
-générale au scrutin[160] et ce à la pluralité absolue; cette nomination
-a été fixée à vendredi prochain.
-
-Un autre membre a demandé la parole et a proposé qu'il fût fait une
-adresse à la Municipalité tendant à ce qu'elle nomme à toutes les
-places généralement quelconques dépendant du Département, bureaux, et
-administration de la Municipalité, et qu'elles ne soient accordées
-qu'à des citoyens domiciliés à Paris, qui ont servi la patrie dans
-la Révolution, ont éprouvé des pertes et qui rapporteront des
-certificats qu'ils font (_sic_) personnellement dans leurs sections
-respectives le service de garde national. Qu'il fût également fait une
-adresse à l'Assemblée nationale, tendant à la supplier de décréter
-constitutionnellement, qu'aucun citoyen ne pourra occuper une place
-ou dignité quelconque à laquelle il aurait été promu par les Assemblées
-primaires ou électorales, qu'après avoir justifié de son service
-personnel comme garde national, à moins qu'il ne s'en trouvât dispensé
-par l'âge fixé ou par quelqu'autre cause très légitime.
-
-L'Assemblée a adopté cette proposition et a arrêté que lesdites deux
-adresses seraient faites.
-
-Elle a ensuite pris en considération les éclaircissements fournis
-verbalement à l'Assemblée par le député de la section de l'Oratoire et
-après la discussion l'Assemblée a persisté dans son précédent arrêté.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [156] On appelle chanteau du pain bénit, la partie que coupe le
- dernier fournisseur de pain bénit pour l'envoyer à celui qui doit
- le fournir (le _rendre_) la fois suivante, afin de lui rappeler
- que son tour est venu (d'après le _Dictionnaire de Trévoux_).
-
- [157] Voyez ci-dessus la séance du 16 avril, pp. 35-36.
-
- [158] Jean-Baptiste-Etienne-Benoît-Olive REGNAULT, docteur
- en médecine, trente et un ans, rue du Four-Saint-Honoré, 21,
- représentant de la section des Postes à la Commune centrale,
- élu officier municipal, le 6 octobre 1790, puis électeur du
- département de Paris. Regnault devait quitter la Municipalité par
- le tirage au sort du 6 novembre 1791. (Cf. sur Regnault, LACROIX,
- V, 574, n. 5.)--Je ne sais à quelle dénonciation le procès-verbal
- de la section des Postes fait allusion ici.
-
- [159] Ladite délibération, en date du 4 mars, a déjà été éditée
- deux fois: par M. TUETEY, dans l'_Assistance publique à Paris
- pendant la Révolution_, t. II, pp. 178-179, et par LACROIX, IV,
- 689-690.
-
- [160] Le texte original porte: «... serait faite à l'Assemblée
- générale au scrutin à l'Assemblée générale». J'ai corrigé ce
- lapsus.
-
-
-
-
-TREIZIÈME ASSEMBLÉE.--DU 22 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes en la chapelle de la
-Jussienne, rue Montmartre, du vendredi vingt-deux avril mil sept cent
-quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, et assemblée
-en la chapelle de la Jussienne, rue Montmartre, sur la pétition signée
-de cinquante citoyens actifs, il a été fait lecture de ladite pétition,
-et du procès-verbal de la dernière séance qui a été approuvé.
-
-M. le Président a fait part qu'il avait reçu différentes contributions
-volontaires pour la délivrance des prisonniers pour mois de nourrice,
-qui provenaient des soins et de la générosité de divers citoyens et que
-le total desdites contributions se montait à six cent quarante livres
-sept sols.
-
-M. le Juge de paix a demandé la parole qui lui a été accordée pour faire
-part à l'Assemblée des démarches qu'il a faites avec M. Sauvage[161]
-auprès de beaucoup de citoyens et citoyennes pour les engager à
-concourir à cette bonne oeuvre. Il a dit qu'ils avaient réuni une
-somme assez importante pour espérer qu'avec ce qui était encore promis
-on pourrait délivrer un nombre de prisonniers plus considérable
-qu'on ne l'espérait; qu'ils avaient aussi fait des démarches auprès
-du sieur Filleul[162], chargé de la direction des nourrices, qui
-leur avait donné à espérer qu'avec une somme de six cents livres, on
-pourrait délivrer dix ou douze prisonniers; à quoi l'Assemblée ayant
-applaudi, elle a décidé qu'il serait fait une mention honorable dans le
-procès-verbal du zèle de M. le Juge de paix, et de M. Sauvage.
-
-M. le Juge de paix a ensuite remis sur le bureau deux assignats, de
-cinquante livres chaque, provenant de la quête particulière ci-dessus
-désignée; il a annoncé qu'il espérait qu'il y serait joint une somme de
-quarante ou quarante-cinq livres. Plusieurs autres citoyens ont aussi
-remis sur le bureau diverses contributions. M. le Président a été chargé
-du tout et a dit qu'il en rendrait compte à la plus prochaine Assemblée.
-
-L'Assemblée a ensuite décidé de s'occuper de la nomination du
-chef d'atelier remise à aujourd'hui. Elle a nommé à cet effet MM.
-Alavoine[163], Légier et Vanier, des fermes, pour scrutateurs, il a
-ensuite été procédé au scrutin à la majorité absolue ainsi qu'il avait
-été décidé. Le nombre des votants s'est trouvé monter à cent quarante.
-Le dépouillement fait, aucun citoyen n'ayant réuni la majorité,
-l'Assemblée a remis à procéder au second scrutin au mercredi prochain
-vingt-sept du présent mois.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- DESLAURIERS.
-
-
- NOTES:
-
- [161] SAUVAGE, Piat-Joseph, membre de l'Académie de peinture,
- peintre du roi, hôtel de Bullion, rue Plâtrière, 47 ans, membre
- du Comité de la section. Il était né et mourut à Tournay
- (Belgique). Il devint électeur de la section, en août 1791.
-
- [162] Administrateur au département des subsistances de la
- Municipalité.
-
- [163] ALAVOINE Joseph, tailleur pour femmes, 58 ans, rue de la
- Tonnellerie, 12, électeur de la section.
-
-
-
-
-QUATORZIÈME ASSEMBLÉE.--DU 27 AVRIL 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes séante à Saint-Eustache le
-mercredi vingt-sept avril mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée par suite
-de l'Assemblée du vingt-deux de ce mois, il a été fait lecture du
-procès-verbal de cette séance.
-
-Par résultat du scrutin fait en cette Assemblée, personne n'ayant réuni
-la majorité absolue des suffrages pour la nomination à la place
-de chef d'atelier qui était déférée à la section des Postes, il a été
-procédé à un nouveau scrutin.
-
-MM. Alavoine et Vanier, des fermes[164], scrutateurs nommés en la
-dernière séance ont continué leurs fonctions en cette qualité. M.
-Légier, troisième scrutateur nommé en la même Assemblée, se trouvant
-absent, M. Barré[165] a été nommé par acclamation pour le remplacer.
-
-Le nombre des votants s'est trouvé être de cent quarante-neuf,
-dépouillement fait du scrutin, personne ne s'est encore trouvé réunir la
-majorité absolue des suffrages, de sorte qu'on a été obligé de procéder
-à un troisième scrutin qui a été de ballottage entre MM. Boicheresse et
-Duclos qui se trouvaient avoir réuni l'un et l'autre le plus de voix.
-
-Le nombre des votants à ce troisième scrutin était de
-quatre-vingt-quinze; dépouillement fait, M. Pierre Boicheresse, natif
-de Paris, paroisse Saint-Eustache, y demeurant rue Montmartre, nº 254,
-ancien secrétaire du bataillon de la Jussienne et sergent-major de la
-4e compagnie dudit bataillon, taille de cinq pieds, visage long et
-oval, cheveux et sourcils bruns, yeux gris, nez moyen, bouche petite et
-menton rond, ayant réuni cinquante-trois suffrages qui était (_sic_)
-plus que la majorité, a été proclamé. M. Boicheresse étant présent a
-fait de suite son acceptation et ses remerciements à l'Assemblée, et
-d'après l'instruction du Département des travaux publics, il a présenté
-M. Pierre Régnard (_sic_)[166], commissaire de la section des Postes,
-et M. de Coton, demeurant rue Montmartre, nº 246, qui a bien voulu se
-porter caution pour lui de la somme de quatre cents livres, suivant la
-soumission qu'il en a faite sur l'expédition du procès-verbal.
-
-M. le Président a ensuite fait lecture du compte des recettes des
-quêtes faites dans la section pour la délivrance des prisonniers pour
-mois de nourrice, et des dépenses occasionnées pour la liberté de dix
-pères de famille de la section. La recette s'est trouvée monter à
-la somme de sept cent quarante livres dix-neuf sols, et la dépense à
-celle de six cent treize livres neuf sols trois deniers, ainsi que M. le
-Président en a justifié par la quittance de M. Filleul, commis chargé
-de cette partie. L'Assemblée, pleinement satisfaite du compte que lui
-a rendu M. le Président, lui a témoigné ses remerciements de tous les
-soins et peines qu'il s'était donnés pour la section dans l'exécution
-de cette oeuvre de charité et a arrêté: 1º que la copie du compte
-resterait, pour la décharge, annexée au procès-verbal de ce jour; 2º
-que les écrous des dix prisonniers délivrés seraient brûlés, afin qu'il
-ne reste dans la section aucun vestige de leur malheur (ce qui a été à
-l'instant exécuté); 3º enfin que les cent vingt-six livres neuf sols
-neuf deniers, formant l'excédent de la recette sur la dépense, seraient
-versées à la caisse des pauvres de la section.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la lettre de M. Montmorin, ministre
-des affaires étrangères par lui adressée au nom du Roi le vingt-trois
-de ce mois à tous les ambassadeurs de France près les puissances
-étrangères[167].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
- NOTES:
-
- [164] Gabriel-Nicolas-Antoine VANIER, directeur aux fermes, rue
- Plâtrière, nº 39, 56 ans, figure sur la liste des commissaires
- de la section des Postes donnée par l'_Almanach général du
- département de Paris, pour l'année 1791_. Il fit partie de
- l'Assemblée électorale de Paris, d'août 1791 à août 1792.
- (CHARAVAY, _Assemblée électorale..._, p. 16); Charavay l'appelle
- par erreur VARNIER, sans doute par confusion avec le receveur
- général des finances de ce nom qui fut traduit devant la
- Haute-Cour nationale à la fin de 1791.
-
- [165] Autre commissaire de la section des Postes, d'après la même
- source. (Voy. ci-dessus, p. 10, n. 62.)
-
- [166] RENARD (et non Régnard) Pierre, cotonnier, avait remplacé
- CAMUS ou LE CAMUS au Comité de la section. (Voyez ci-dessus, p.
- 24 et n. 121.)
-
- [167] _Lettre écrite, au nom du Roi, par M. Montmorin, ministre
- des affaires étrangères, aux ambassadeurs et ministres résidant
- près les cours_, datée du 23 avril 1791, première partie d'un
- imprimé de 7 p. in-4º (Bib. nat., Le{29} 1450). C'est la lettre
- par laquelle Louis XVI notifiait aux autres souverains son
- acceptation de la Constitution. On la trouvera au _Moniteur_ du
- 25 avril (compte rendu de la séance de la Constituante du 23
- avril au soir), réimp., t. VIII, p. 213.
-
-
-
-
-QUINZIÈME ASSEMBLÉE.--DU 9 MAI 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi neuf mai mil sept
-cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée sur la pétition
-de cinquante citoyens actifs, il a été fait lecture du procès-verbal de
-la dernière séance, lequel s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la pétition qui formait le sujet
-de la convocation, et, après l'appel des citoyens présents
-à l'Assemblée, le nombre s'est trouvé être de cent seize; alors,
-l'Assemblée aux termes des décrets étant en état de délibérer, il a été
-fait lecture: 1º d'un écrit intitulé: _Dénonciation à la Commune de
-Paris de la conduite du Maire et des officiers municipaux, envers la
-section de la Fontaine-de-Grenelle, et des traitements injurieux que le
-Comité a essuyés de la part de M. Bailly, à l'occasion de l'affaire des
-Théatins_[168], ensemble de toutes les délibérations, mémoires et
-arrêtés y joints; 2º des délibérations du Corps municipal des dix-huit
-avril et sept du présent relatifs (_sic_) à ladite dénonciation de la
-section de la Fontaine-de-Grenelle[169].
-
-La matière mise en délibération et pleinement discutée, il a été arrêté
-qu'au désir de la délibération de la section de la Fontaine-de-Grenelle
-du vingt avril dernier, il serait nommé deux commissaires pour se
-transporter demain dix du courant à six heures du soir à l'Assemblée
-générale de la Commune[170]; que les deux commissaires rendraient
-compte de leur mission à la plus prochaine Assemblée et MM. Desvieux et
-Montpellier ont été à l'instant nommés par acclamation[171].
-
-Il a été fait lecture d'une délibération de la section des
-Champs-Élysées du vingt-neuf avril dernier concernant l'exécution
-des ordonnances au sujet des jeux. L'Assemblée a adhéré à ladite
-délibération.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
- NOTES:
-
- [168] Cette «affaire des Théatins» se rattache à la tentative
- d'ouverture d'églises du culte réfractaire, conformément à
- l'arrêté du Département du 11 avril 1791 (LACROIX, III, 562-564).
- Voici en quoi elle consistait. Le Directoire du Département de
- Paris, par un arrêté du 15 avril (LACROIX, III, 612), avait
- autorisé la Municipalité à louer _dès le lendemain_ l'église
- des Théâtins au sujet de laquelle avaient été présentées
- des offres d'achat. Dès le lendemain, comme le demandait le
- Département, la Municipalité faisait la location de cet édifice
- où devait avoir lieu, le dimanche des Rameaux, 17 avril, un
- service religieux. Mais le peuple, ayant appris que ce service
- devait être célébré par des prêtres réfractaires devant une
- assemblée d'«aristocrates», se rassembla dès le matin en face
- de l'église dont il empêcha d'ouvrir les portes tandis qu'il
- fouettait cinq femmes de cette assemblée. (Voyez les récits du
- _Moniteur_, du _Journal de la Municipalité et du Département de
- Paris_, et d'un écrit colporté dans les rues, reproduits par
- LACROIX, III, 623-626). Le Département fit aussitôt afficher un
- avis pour conjurer les citoyens de respecter la liberté et les
- droits de l'homme.--D'après les diverses pièces dont la réunion
- forme l'imprimé intitulé _Dénonciation à la Commune de Paris_,
- etc., dont il est question ici, imprimé dont on trouvera une
- analyse détaillée dans LACROIX, IV, 171-175 (pour la cote de cet
- imprimé, voyez la n. 1 de la p. 171), le Comité de la section
- de la Fontaine-de-Grenelle, sur le territoire de laquelle se
- trouve l'église des Théâtins, aurait lui-même refusé de laisser
- ouvrir les portes de cette église jusqu'au moment où (à midi
- seulement) il reçut une lettre du maire de Paris, Bailly, lui
- enjoignant de veiller à la tranquillité publique et de faire
- respecter la liberté du culte et des opinions religieuses.--Le
- lendemain 18 avril, sur la dénonciation du Département, le Corps
- municipal mandait par-devant lui trois membres du Comité de la
- section de la Fontaine-de-Grenelle, les sieurs Paulle, Jouette
- et Deleville, secrétaire-greffier, et le maire tentait de leur
- faire subir un interrogatoire auquel ceux-ci refusaient de se
- prêter (LACROIX, III, 617-619). C'est en réponse à cette attitude
- de la Municipalité à l'égard de ses commissaires, «au traitement
- injurieux» que ces derniers avaient reçu «de la part de M. le
- Maire en présence du Corps municipal» que l'Assemblée générale de
- la section de la Fontaine-de-Grenelle décida, le 20 avril 1791,
- de publier toutes les pièces relatives à cette affaire, y compris
- un mémoire justificatif de son Comité, sous le titre général
- de: _Dénonciation à la Commune de Paris_ etc. (LACROIX, IV,
- 171). L'imprimé en question, que la section des Postes examina
- le 9 mai, avait été présenté, deux jours auparavant, au Corps
- municipal qui avait ordonné l'impression et l'envoi aux sections
- du procès-verbal de sa séance du 18 avril (LACROIX, IV, 168).
-
- [169] Cette délibération du Corps municipal du 18 avril, dont
- il a déjà été question à la note 168 de la page 44 se trouve
- dans LACROIX (III, 617-619). Le Corps municipal en ordonna
- l'impression dans sa séance du 7 mai (voyez la fin de la note 168
- de la page 44) et l'on trouvera dans LACROIX (IV, 168 n. 3) les
- cotes des divers exemplaires connus de cet imprimé à part.
-
- [170] L'arrêté de la section de la Fontaine-de-Grenelle du 20
- avril (voyez p. 44, n. 168 _in fine_), stipulait en effet «que
- les sections seront invitées... d'envoyer deux députés à la plus
- prochaine Assemblée du Conseil général de la Commune après le 6
- mai prochain... pour demander justice de la conduite du Maire et
- des officiers municipaux envers le Comité.
-
- [171] LACROIX, IV, 215, donne un extrait du procès-verbal de
- cette séance qui ne reproduit pas exactement les termes du
- présent registre. Voici son texte:
-
- L'Assemblée légalement convoquée, il a été fait lecture:
-
- 1º D'un écrit intitulé: _Dénonciation à la Commune de Paris_,
- etc., ensemble de tout ce qui a rapport à cette affaire;
-
- 2º Des délibérations du Corps municipal des 18 avril
- et 7 mai, relatives à la dénonciation de la section de la
- Fontaine-de-Grenelle.
-
- La chose mise en délibération, il a été arrêté que, au désir
- de la délibération de la section de la Fontaine-de-Grenelle, il
- serait nommé deux commissaires pour se transporter à l'Assemblée
- de la Commune, qui rendraient compte de leur mission à la
- prochaine Assemblée.
-
- _Signé_: MARESCHAL, _président_.
- SAUVAGE, _secrétaire_.
-
- Note de LACROIX: «Copie manuscr. (Arch. de la Seine, reg. D
- 1001), reproduite par le _Thermomètre de l'opinion publique_ ou
- _Journal des Sections de Paris_ (nº 7, non daté).»
-
-
-
-
-SEIZIÈME ASSEMBLÉE.--DU 11 MAI 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi onze mai mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée sur la pétition
-de cinquante citoyens actifs, il a été fait lecture du procès-verbal de
-la dernière séance, lequel s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la pétition qui formait le sujet de la
-convocation, et, après l'appel des citoyens présents à l'Assemblée, le
-nombre s'est trouvé être de cent quatre, alors l'Assemblée aux termes
-des décrets étant en état de délibérer, il a été fait lecture:
-
-1º D'une délibération d'une (_sic_) section de l'Hôtel-de-Ville, du
-six du présent mois, concernant les adjudications des constructions à
-faire dans la ville de Paris, au compte de la Commune[172]. La matière
-mise en délibération, l'Assemblée a adhéré à ladite délibération en
-ce qui concerne la dénonciation, que la section fait au Directoire
-du Département de la conduite du Tribunal de police chargé des
-adjudications, et quant à ce qui concerne les adjudications, l'Assemblée
-a arrêté que, comme il y a eu beaucoup de réclamations, sur le mode des
-adjudications qui favorise quelques individus, la Municipalité sera
-priée d'employer une autre manière qui puisse, autant que faire se
-pourra, y faire participer tous les corps d'entrepreneurs.
-
-M. Montpellier a rendu compte de la mission dont il avait été chargé
-avec M. Desvieux en l'Assemblée du neuf du présent mois, au désir de la
-délibération de la section de la Fontaine-de-Grenelle du vingt avril
-dernier[173].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
- NOTES:
-
- [172] On trouvera cette délibération dans LACROIX, IV, 413-414,
- d'après l'imprimé in-4º de 4 pages du British Museum indiqué par
- TOURNEUX sous le nº 8280 de sa _Bibliographie_.
-
- [173] Voyez ci-dessus, p. 45 et cf. la séance du Conseil
- général du 10 mai dans LACROIX, IV, 213-214: le Conseil
- général refusa d'entendre la dénonciation de la section de la
- Fontaine-de-Grenelle appuyée par neuf autres sections, dont celle
- des Postes (une dixième section, celle de la Croix-Rouge, se
- joignit à elles quelques jours plus tard: LACROIX, IV, 282), et
- il décida (voyez LACROIX, IV, 215-216) de renvoyer les parties
- plaignantes devant le Directoire du Département.--A la suite
- de cette séance du Conseil général du 10 mai, il est encore
- question à diverses reprises de la dénonciation de la section
- de la Fontaine-de-Grenelle dans les registres de délibérations
- de la Commune (voyez LACROIX, IV, 220, 282, 346, 377, 382-383,
- 576, 594 et 641). L'affaire se termina mal pour le Comité de
- cette section; le Département, par un arrêté du 9 juin, ordonna
- en effet à la Municipalité de Paris de mander les membres de
- ce Comité devant elle et de leur enjoindre de supprimer des
- registres du Comité la délibération par eux prise le 17 avril
- précédent, délibération qui était «contraire à la subordination
- due aux Corps administratifs et aux principes de la Constitution».
-
-
-
-
-DIX-SEPTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 30 MAI 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi trente mai mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée sur la
-pétition de plus de cinquante citoyens actifs, il a été fait lecture du
-procès-verbal de la dernière séance, lequel s'étant trouvé conforme a
-reçu la sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la pétition concernant les travaux
-à faire au Champ de la Fédération, laquelle formait le sujet de la
-convocation, d'après la liste des citoyens présents à l'Assemblée,
-le nombre se trouvant être de cent cinq, l'Assemblée aux termes des
-décrets, étant en état de délibérer, le sujet de la pétition a été mis
-à la discussion, et après avoir été approfondi, a été écarté par la
-question préalable.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
-
-
-DIX-HUITIÈME ASSEMBLÉE.--DU 1er JUIN 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes, du mercredi premier juin
-mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée en vertu de la
-délibération du Corps municipal du vingt-cinq mai dernier[174] et sur la
-convocation de la Commune, il a été fait lecture du procès-verbal de la
-dernière séance du trente du mois dernier; cette lecture ayant excité
-de grandes réclamations par un nombre considérable de citoyens, sur ce
-que cette Assemblée était illégale en ce que: 1º l'on s'était occupé de
-plusieurs objets qui ne faisaient pas partie de la pétition, qui était
-le sujet de l'Assemblée, ce qui était contraire aux décrets; 2º en ce
-que, au moment où les arrêtés ont été pris sur ces objets inhérents à la
-pétition, il ne se trouvait plus le nombre de votants requis par la loi;
-après une très ample discussion sur ces deux motifs, il a été arrêté
-que tous les articles du procès-verbal de la dernière séance qui sont
-étrangers à la pétition qui formait le sujet de la convocation seront
-rayés et les arrêtés pris sur iceux déclarés non avenus.
-
-L'Assemblée composée de plus de cent citoyens actifs[175], on a
-passé à l'ordre du jour, en faisant la lecture du rapport fait par
-M. Viguier-Curny[176], commissaire au Corps municipal, sur l'état des
-canonniers émigrants et faisant partie de la garde nationale
-parisienne[177]; la question étant discutée, la section a arrêté que, se
-rappelant toujours avec la plus vive reconnaissance les services rendus
-à la chose publique par les canonniers émigrants dès les premiers
-moments de la Révolution[178], elle croit que la Commune, n'étant pas
-dans le cas de récompenser actuellement ces braves défenseurs de la
-liberté, doit différer à statuer définitivement sur leur sort,
-jusqu'à ce que l'Assemblée nationale ait décrété l'organisation de la
-garde nationale.
-
-Passant au second sujet de la convocation et la question pleinement
-discutée, l'Assemblée a décidé qu'il n'y avait point lieu à délibérer
-sur la proposition faite par la Municipalité de féliciter le peuple
-polonais sur sa nouvelle Constitution[179].
-
-Déclare en outre, qu'elle voit avec étonnement que la Municipalité
-ait proposé à la Commune de Paris d'approuver en quelque sorte
-une Constitution qui, consacrant la féodalité, les privilèges et
-l'inégalité, est absolument contraire et[180] aux droits de l'homme et à
-la Constitution française.
-
-A arrêté en outre que la présente délibération sera communiquée aux
-quarante-sept autres sections, et on a à l'instant nommé par acclamation
-MM. David[181], Didelot, Langlois, Boyere, l'Héritier fils, Giffet,
-Balardet (_sic_)[182], Clerc, Maufroy, Desmazié, Poupardin et
-Moreau[183], commissaires pour porter ledit[184] arrêté[185].
-
-M. le Président ayant fait part que M. Palloy[186] avait envoyé le
-plan de la Bastille qu'il destinait pour la section des Postes, il a été
-unanimement décidé qu'il serait voté des remerciements à M. Palloy et
-que cette pierre serait posée contre le pilastre en dedans de l'église
-de Saint-Eustache, à côté du grand portail.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les dits
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
- NOTES:
-
- [174] Voyez LACROIX, IV, 387-388. Il s'agit, comme on va le voir,
- du projet d'incorporation, dans les bataillons de sections, des
- canonniers soldés ou canonniers _émigrants_.
-
- [175] A partir de cet endroit le présent procès-verbal a déjà été
- édité par LACROIX (VI, 243-244), le passage étant ainsi modifié:
- «L'Assemblée convoquée en la manière accoutumée, en vertu de
- la délibération du Corps municipal du 25 mai dernier, et sur
- la convocation de la Commune; composée de plus de 100 citoyens
- actifs;...».
-
- [176] Le texte original porte VIGUIER-CURNI.--VIGUIER-CURNY ou
- plutôt VIGUIER DE CURNY, Joseph-Charles, 42 ans, ex-secrétaire de
- l'intendance des postes aux chevaux, représentant de la section
- de la Place-Louis-XIV, officier municipal.
-
- [177] Sur ce rapport, fait au Corps municipal, le 31 mai 1791, et
- intitulé: _Rapport sur les canonniers, fait au Corps municipal
- par M. Viguier-Curny_, cf. LACROIX, IV, 449 (séance du Corps
- municipal) et 453-456 (texte même _in extenso_ de ce rapport).
- D'après LACROIX, IV, 452, n. 4, un exemplaire imprimé de ce
- document se trouve à la Bibliothèque de la ville de Paris,
- dossier nº 10073, imp. de 8 p. in-4º, document non signalé par M.
- TOURNEUX dans sa _Bibliographie_.
-
- [178] L'explication de ce terme de «canonniers _émigrants_»
- et l'allusion faite ici aux services rendus par eux dans les
- premiers temps de la Révolution sont éclairées par le passage
- suivant du rapport de Viguier-Curny: «A l'époque du mois de
- juillet 1789, parmi les troupes qui menaçaient Paris, les
- canonniers campés au Champ-de-Mars causaient le plus d'inquiétude
- aux citoyens, et l'on mit tout en usage pour leur faire connaître
- que, en servant la cause du despotisme, ils agissaient contre la
- patrie. Un grand nombre de ces canonniers passa sous les drapeaux
- de la liberté, et ils nous devinrent d'autant plus précieux,
- qu'ils furent employés à mettre en état de service les pièces
- de canon que les Parisiens purent se procurer. Accueillis avec
- transport par les citoyens de Paris, comptant sur les promesses
- qui leur furent faites, les canonniers restèrent avec nous;
- ils furent réunis par les soins de M. Desperrières, officier
- d'artillerie, qui, pour rendre leur service plus utile à la chose
- commune, leur donna, sous l'autorité des électeurs, représentants
- de la Commune, une forme d'organisation militaire.--Ce sont ces
- artilleurs qui ont dressé la plus grande partie des batteries
- que nous avons vu établir, lors de la Révolution, dans toutes
- les avenues de la capitale, pour en défendre les approches;
- plusieurs se sont trouvés au siège de la Bastille, et, ainsi que
- les ci-devant gardes-françaises, satisfaits d'avoir contribué
- à la reddition de cette forteresse, ils ont eu la modestie
- de ne solliciter aucune récompense.--Depuis la cessation des
- premiers troubles, les canonniers, au nombre de 260, ont été
- employés à escorter les convois, et, dans les détachements et
- les missions qui leur ont été confiés, les citoyens ont toujours
- rendu justice à leur sagesse et à leur zèle.»--A la fin de
- 1789, d'après ce même rapport de Viguier-Curny, «il restait
- 220 canonniers émigrants» casernés à l'arsenal. Ce sont ces
- canonniers dont il s'agissait d'assurer l'existence. En décembre
- 1789, l'assemblée des représentants de la Commune leur alloua
- des habits et une solde provisoire de 20 sols par jour, en
- attendant l'installation de la Municipalité définitive. Celle-ci
- était établie en novembre 1790, mais le département de la garde
- nationale ne fut installé qu'en janvier 1791. Par un arrêté du 31
- de ce mois (et non du 21, comme l'écrit par erreur LACROIX, VI,
- 241 et n. 2), le Corps municipal décida alors que les canonniers
- _émigrants_ seraient assimilés aux chasseurs des barrières et
- formeraient deux compagnies supplémentaires de ce corps. Mais les
- canonniers, mécontents, firent intervenir plusieurs sections,
- sous prétexte que le Corps municipal outrepassait ses pouvoirs
- en tranchant tout seul cette question. D'où conflit entre ces
- sections et le Corps municipal, pétitions et démarches diverses.
- On trouvera l'historique complet de toute cette affaire dans
- l'éclaircissement de la séance du Corps municipal du 5 septembre
- 1791, de l'ouvrage de LACROIX, VI, 241-243. LACROIX donne en note
- l'indication des différents endroits de ses _Actes de la Commune_
- où il a déjà été question de ces canonniers.--Sur l'organisation
- des canonniers soldés, en octobre 1791, voyez LACROIX, VII, 26-37.
-
- [179] L'arrêté de convocation des sections par le Corps
- municipal, en date du 25 mai 1791, portait en effet ceci:
- «Mention sera faite, à la suite de la présente convocation, de
- l'arrêté pris hier dans l'Assemblée du Conseil général» (pour ce
- dernier arrêté, cf. LACROIX, IV, 377 et 379-382) «relativement
- au voeu émis d'adresser une lettre de félicitation à la diète de
- Pologne.» (LACROIX, IV, 388.)--La diète de Pologne avait adopté,
- le 3 mai 1791, une constitution nouvelle abolissant le _liberum
- veto_, instituant la royauté héréditaire, créant deux chambres
- législatives, etc... Voyez le _Moniteur_ des 22, 24, 26, 30 mai,
- 2 et 6 juin 1791.--Sur l'attitude de l'opinion parisienne dans
- cette affaire, cf. LACROIX, VI, 244-246.
-
- [180] LACROIX, VI, 244, a supprimé ce mot.
-
- [181] DAVID Jean-Michel, ancien marchand de vin, 43 ans, rue des
- Prouvaires, 42, devint, après le 10 août, électeur de la section
- et son représentant à la Commune du 10 août.
-
- [182] Très probablement une erreur: soit pour Baillardet, soit
- pour Balardelle. (Voir l'_Index_.)
-
- [183] LACROIX, VI, 244, ne donne pas ces différents noms et se
- borne à mettre: «... suivent 12 noms».
-
- [184] LACROIX: «... cet...».
-
- [185] LACROIX, qui arrête ici sa citation, ajoute: «_Signé_:
- MARESCHAL, SAUVAGE».
-
- [186] Le texte porte _Paloy_.--PALLOY Pierre-François, dit
- Palloy-Patriote, entrepreneur bien connu par ses travaux de
- démolition de la Bastille, avec les pierres de laquelle il fit
- des modèles réduits de cette prison qu'il expédia un peu partout.
- Il paraîtrait, d'après ce texte, qu'il en envoya un à la section
- des Postes.
-
-
-
-
-DIX-NEUVIÈME ASSEMBLÉE.--DU 3 JUIN 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi trois juin mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée sur la
-pétition de plus de cinquante citoyens actifs, il a été fait lecture du
-procès-verbal de la dernière séance du premier de ce mois, et s'étant
-trouvé conforme il a reçu la sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la pétition concernant diverses
-questions relatives à la prochaine législature, laquelle formait le
-sujet de la convocation.
-
-D'après la liste des citoyens présents à l'Assemblée, le nombre se
-trouvant être composé de cent un citoyens d'après l'appel nominal
-qui a été fait, il a été observé que M. Boyere ne demeurait plus sur
-la section, et qu'en conséquence, il ne pouvait être admis parmi les
-citoyens actifs de la section.
-
-Après une discussion particulière sur cet objet, le sieur Boyere ayant
-déclaré avoir le droit, aux termes des décrets, de jouir pendant
-l'an de ses droits de citoyen actif dans la section où il avait été
-enregistré et qu'il faisait son option pour (_sic_) jours dans celle-ci;
-l'Assemblée lui a donné acte de son option, et a arrêté qu'il serait
-envoyé à la section de l'Oratoire copie du présent arrêté à l'effet de
-lui faire connaître l'option du sieur Boyere.
-
-L'on a passé ensuite à l'ordre du jour sur la pétition signée de
-cinquante-trois citoyens, laquelle avait pour objet la question de
-savoir: 1º fera-t-on des cahiers d'instructions sur le redressement de
-certaines lois qui paraissent susceptibles de n'être pas sanctionnées
-par le peuple?
-
-2º Chargera-t-on de ces cahiers les futurs électeurs pour les
-remettre aux nouveaux législateurs qui seront nommés?
-
-3º Pour dresser ces cahiers ou instructions, sera-t-il nommé des
-commissaires?
-
-Après la lecture, un membre a demandé la question préalable; après une
-très longue discussion à cet égard, il a été décidé qu'il n'y avait
-point lieu à délibérer.
-
-Fait et arrêté à la section des Postes les jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
-
-
-VINGTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 11 JUIN 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi onze juin mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes légalement convoquée en la manière accoutumée par
-la pétition de cinquante citoyens et composée de cent trois, ainsi qu'il
-résulte par la liste d'appel annexée au présent[187].
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance du trois de
-ce mois, lequel s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture du sujet de la convocation qui consistait:
-1º dans les moyens à employer pour empêcher l'accaparement des
-assignats, de cent sols, dont la distribution est fixée à la fin du
-mois. Avant que de passer à la discussion sur ce premier point de la
-pétition, il a été fait lecture de deux délibérations des sections du
-Louvre du sept de ce mois[188], et de celle de la rue Beaubourg du dix
-de ce mois, toutes deux relatives au même [sujet] et indiquant l'une
-et l'autre, à quelques dispositions de forme près, les mêmes vues
-d'utilité, pour éviter l'accaparement des assignats de cent sols et
-en faciliter la libre distribution par le secours et l'entremise des
-Comités de section.
-
-L'Assemblée, pénétrée des raisons sages et puissantes qui ont dicté
-ces deux délibérations et qui entrent si bien dans les vues de la
-pétition qui forme le sujet de la convocation, a adhéré unanimement à
-ces deux délibérations. Quant au fond de la question et sur le mode de
-la distribution, a renvoyé à y statuer jusqu'au moment où l'Assemblée
-nationale aura pris la demande de ces sections en considération.
-
-Passant au second sujet de la pétition en vertu de laquelle la section
-était convoquée et consistant dans les moyens à prendre pour que,
-dans les Assemblées primaires indiquées pour jeudi prochain[189], il
-ne s'introduise aucuns citoyens autres que ceux de la section. Sur la
-proposition faite par M. le secrétaire-greffier il a été unanimement
-arrêté:
-
-Que, pour pouvoir être admis à l'Assemblée, il faudra, non seulement
-rapporter son billet de citoyen actif, mais encore que ce billet soit
-vérifié par des commissaires sur le registre des Assemblées primaires,
-lesquels y apposeront le timbre de la section; et à l'instant ont été
-nommés par acclamation, pour commissaires vérificateurs en cette partie,
-MM. Vanier, Bastard, Alcan[190] et Larsonnier auxquels on a adjoint le
-secrétaire-greffier, comme dépositaire des registres de la section.
-
-L'Assemblée a, en outre, autorisé lesdits commissaires à vérifier
-les titres des nouveaux citoyens qui se présenteraient pour être
-enregistrés et à signer en second avec le Président les billets qu'ils
-leur délivreront ainsi que les duplicata, qui seront demandés par les
-citoyens actifs déjà enregistrés.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée de la section des Postes les jour et an
-susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- SAUVAGE.
-
-
- NOTES:
-
- [187] Cette liste n'est pas jointe au procès-verbal.
-
- [188] La délibération de la section du Louvre, du 7 juin 1791,
- sur la distribution des assignats (imprimé in-8º, de 2 p., Bib.
- nat., Lb{10} 1923, TOURNEUX, nº 8404) a été réimprimée par
- LACROIX, V, 270.
-
- [189] LACROIX, IV, 576, n. 1: «Par une proclamation du 7 juin,
- le procureur de la Commune de Paris, faisant fonctions de
- procureur syndic du district, avait convoqué pour le jeudi 16
- juin, huit heures du matin, tous les citoyens actifs de Paris,
- en les requérant de former les Assemblées primaires chacun dans
- leur section, afin de procéder à la nomination des électeurs du
- deuxième degré, qui devaient se réunir le 27 juin et commencer
- les opérations électorales législatives (imp. in-folio, Bib.
- nat., Lb{40} 1). Par une autre proclamation, du 16 juin, adressée
- _Aux citoyens actifs de Paris réunis en assemblées primaires_,
- le même procureur de la Commune avait adressé aux commissaires
- de chaque section un état de la population active de la section
- avec le nombre d'électeurs fixé par la loi (imp. 3 p. in-4º,
- Bib. de la ville de Paris, dossier 10073)».--Le procès-verbal de
- l'Assemblée primaire du 16 juin 1791 ne figure pas au registre
- conservé aux Archives de la Seine sous la cote VD* 1092, ce
- registre commençant seulement au 13 novembre 1791.
-
- [190] ALCAN, Abraham, 33 ans, rue Montmartre, 30, électeur de la
- section en 1791-1792.
-
-
-
-
-VINGT-UNIÈME (_sic_) ASSEMBLÉE.--DU VENDREDI 5 AOUT 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi cinq août mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, et aux termes
-de la loi sur la demande de plus de cinquante citoyens actifs, à l'effet
-de délibérer sur les moyens de pourvoir à l'extrême pénurie de petite
-monnaie.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement qui demeure annexée au
-présent[191], il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière
-séance du onze juin dernier, lequel s'étant trouvé conforme a reçu la
-sanction.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la pétition qui formait le sujet de la
-convocation.
-
-Pour éclairer l'Assemblée et la mettre à même de délibérer sur un objet
-aussi urgent qu'essentiel, il a été fait lecture d'une délibération
-prise à l'Assemblée générale de la section de Mauconseil le douze
-juillet dernier[192], tendant à ce que la Municipalité de Paris fût
-priée d'établir en la Maison commune, et sous la surveillance du Corps
-municipal, une fabrication et distribution de billets, dirigée par
-tels commissaires en tel nombre qu'il sera jugé nécessaire, à l'effet
-d'échanger les assignats contre des billets de vingt et quarante sols.
-
-La section des Postes, pénétrée des motifs qui ont dicté la délibération
-de la section Mauconseil, et convaincue que c'est le seul moyen de
-suppléer au défaut de petite monnaie, qui, en paralysant le commerce,
-jette dans le plus grand embarras toutes les classes de citoyens,
-et qu'en outre, à[193] l'instar de la majeure partie des villes
-composant l'empire français, la Municipalité de Paris peut seule dans
-son enceinte donner une valeur légale à un papier monnaie, soit
-de représentation de numéraire, soit pour faciliter les fractions
-d'assignats;
-
-A arrêté qu'elle adhérait unanimement à la délibération de la section
-Mauconseil du douze juillet dernier en ce qui concerne la fabrication
-de petits billets municipaux; mais, quant à la valeur à donner à ces
-petits billets, la section a arrêté que, dans le cas où la Municipalité
-se rendrait au voeu des sections de la capitale, elle serait priée
-de faire faire la coupure des billets en séries de vingt, trente
-et quarante sols, et, pour engager les sections à émettre le plus
-promptement possible leur voeu sur un objet aussi important, et, par
-là, mettre la Municipalité en état de délibérer, la section des Postes
-a arrêté que la présente[194] serait communiquée, par députation,
-aux quarante-sept sections, et que copie en serait adressée tant au
-Département qu'à la Municipalité, et, à cet effet, elle a unanimement
-nommé MM. Allavoine (_sic_), Boussaroque, Dumoutiés père (_sic_),
-Larsonnier, Bouté, L'Oiseau, Didelot, Gambier, Genesse, Beau, La Grange,
-La Perdrix, Santerre, Lamarre, Gagnes et Jouquets. L'Assemblée a en
-outre spécialement nommé, M. Boussaroque, pour, conjointement avec MM.
-les commissaires des autres sections, suivre l'effet de la présente
-délibération, et qu'à cet effet copie de la présente nomination lui sera
-remise[195].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- DESLAURIERS, _président_.
-
- SAUVAGE.
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [191] Cette liste n'est pas jointe au procès-verbal.
-
- [192] Il s'agit sans doute ici de la pétition qui est visée au
- procès-verbal de la séance du Corps municipal, du 27 juillet 1791
- (LACROIX, V, 528). Lacroix ne mentionne pas la délibération de la
- section des Postes relative à ce sujet.
-
- [193] Le texte original porte: «... qu'à...», ce qui rend la
- phrase inintelligible.
-
- [194] Sous-entendu: délibération.
-
- [195] Sur la crise monétaire à Paris, vers le mois de mai 1791,
- cf. une étude de LACROIX, dans les _Actes de la Commune_, V,
- 585-594.
-
-
-
-
-VINGT-DEUXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 9 SEPTEMBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi neuf septembre
-mil sept cent quatre-vingt-onze[196]._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et, aux termes
-de la loi, sur la demande de plus de cinquante citoyens actifs,
-M. Deslauriers, commissaire de la section et ancien président, a fait
-lecture d'une lettre de M. Pichard[197], président du Comité, du sept
-de ce mois, qui annonce que, par indisposition, il ne peut assister à
-l'Assemblée et la présider. L'Assemblée a, en conséquence, nommé M.
-Deslauriers pour la présider.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement qui demeure annexée au
-présent[198], il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière
-séance du cinq août dernier, lequel, sauf quelques petits changements
-qui ont été rectifiés sur-le-champ, a reçu la sanction.
-
-M. le Président a ensuite annoncé que M. Mathurin Laisné de Parvilly,
-chevalier de Saint-Louis, demeurant rue des Deux-Ecus, ayant fait viser
-ses titres de citoyen actif, demandait à prêter son serment; ce qu'il a
-fait aussitôt et à la satisfaction de l'Assemblée.
-
-Il a été fait lecture ensuite: 1º[199] de la pétition formant[200]
-le sujet de la convocation; 2º d'une délibération de la section
-des Lombards[201], du trois présent mois[202], qui constate que des
-boulangers demeurant dans son arrondissement, ont acheté à la Halle des
-farines de mauvaises qualités[203], qui y ont été exposées en vente
-pour le compte de la Municipalité.
-
-Ont ensuite été annoncés[204] des commissaires députés de la
-section Mauconseil. L'Assemblée consultée, il a été décidé que les dits
-commissaires seraient introduits, et se sont présentés, MM. Garnot
-et Desmoulins de la Croix, porteurs d'une délibération de la section
-Mauconseil qui leur donnait pouvoir de venir prendre des renseignements
-auprès de la section des Postes, attendu que celle [de] Mauconseil était
-convoquée pour le même sujet.
-
-Les commissaires susdits, après qu'il a été fait lecture de la
-délibération formant leur pouvoir, ont été invités à rester à la
-séance[205]. La matière a été mise alors en délibération et la
-discussion s'est ouverte[206]. Un membre a demandé que, pour mettre
-l'Assemblée en état de statuer avec connaissance de cause, les
-boulangers demeurant dans la section fussent invités à venir faire
-part de leurs lumières. MM. André, Schreiber, Dragon et Becquet,
-tous boulangers, ayant comparu, ont unanimement déclaré: 1º que
-les marchés des environs, à plusieurs lieues de la capitale, et qui
-l'approvisionnent habituellement, sont déserts; que les fermiers et
-métayers donnent pour motifs de leur désertion que la Municipalité
-de Paris, par des commissaires[207] qu'elle envoie dans toutes les
-campagnes, fait arrher des quantités considérables, pour ne pas dire
-innombrables de blés; qu'en[208] conséquence, ils sont hors d'état,
-non seulement d'approvisionner les marchés, mais encore de faire
-conduire des blés et farines à la Halle, que, par une suite conséquence
-(_sic_)[209], eux, boulangers, ne trouvant point à s'approvisionner dans
-les marchés voisins, se trouvent forcés de le faire sur le carreau de la
-Halle, où on leur vend très cher le peu de provisions, qui, par hasard,
-y arrivent; que, de ces dispositions malentendues, provient la cherté
-subite et considérable du pain.
-
-2º Que, quant à la farine de mauvaise qualité, elle est mise à la
-Halle et y est vendue pour le compte de la Municipalité, qui contraint
-les boulangers à en prendre un sac sur trois; qu'il paraît plus que
-probable que la Municipalité, en faisant les accaparements tels qu'ils
-sont expliqués plus haut et ne faisant point venir de farines à la Halle
-de Paris, n'a eu d'autre intention que de profiter de cette circonstance
-pour faire consommer aux habitants de la capitale la quantité immense
-de farines qui sont dans ses[210] magasins depuis l'année 1789; que
-ces farines, dont à juste raison l'on se plaint, étaient mauvaises,
-antérieurement à l'acquisition que la Municipalité en a faite du
-gouvernement, et que leur défectuosité n'a fait qu'augmenter, par le peu
-de soin qu'elle en a fait prendre; que la circonstance impérieuse du
-besoin les a obligés jusqu'à samedi dernier, à acheter de ces mauvaises
-farines à la Halle, et qu'à[211] cette époque la Municipalité, y en
-ayant fait venir de meilleure qualité, elle ne les a plus contraints à
-en prendre de mauvaises.
-
-Sur ce, l'Assemblée considérant combien il importe à la santé et à
-la tranquillité publique, à laquelle est attaché le terme de notre
-glorieuse Révolution, d'étouffer dans leur principe de si honteuses
-menées; a pris acte de la déclaration de ses boulangers, et a, en
-conséquence, arrêté:
-
-ARTICLE PREMIER.--Que la Municipalité sera tenue de rendre
-compte, dans le plus bref délai, par la voie de l'impression et même de
-l'affiche: 1º[212] de l'approvisionnement en blés et farines quelle a
-fait ou fait faire pour son compte, depuis la Révolution; 2º que ce
-compte sera rendu en recettes et dépenses; tant en _matières_ qu'en
-_espèces_, et appuyé de pièces probantes, qui demeureront déposées au
-greffe de la Municipalité, afin que chaque citoyen en puisse prendre
-connaissance, et juger, par là, de la quantité d'approvisionnement sur
-laquelle la capitale peut compter; 3º que le compte indiquera les lieux
-où les achats ont été faits et où les ventes se sont effectuées; 4º
-enfin, que la Municipalité sera également tenue de justifier des ordres
-dont elle a chargé ses agents pour ces différentes[213] opérations.
-
-ART. 2.--Qu'il sera nommé des commissaires, qui seront
-chargés de s'assurer s'il est vrai que la Municipalité a, ou non,
-envoyé arrher dans les départements voisins, tous les blés et farines,
-sous le prétexte de l'approvisionnement de la capitale; pour, sur
-les preuves qu'ils pourront acquérir, être pris telles mesures qu'il
-appartiendra, et pour, s'il y a lieu, les manoeuvres être dénoncées
-à l'Assemblée nationale, pour y être pourvu, et les coupables punis
-suivant la rigueur des lois.
-
-ART. 3.--Que, [par][214] des commissaires, à ce connaisseurs,
-l'examen le plus scrupuleux sera fait, dans les magasins de la
-Municipalité, de tous les blés et farines qui y existent, afin, non
-seulement de juger de la vérité du compte qu'elle aura rendu en
-matières, mais encore pour que ces mêmes commissaires fassent, en leur
-présence, distraire les blés et farines qui auront été jugés mauvais et
-insalubres, et de suite les fassent dénaturer, par des moyens sûrs, tels
-que l'aloès ou autres, pour qu'ils ne puissent plus être remis en vente
-comme aliment, mais bien vendus aux amidonniers.
-
-ART. 4.--Que la présente délibération sera communiquée, tant
-au Département qu'à la Municipalité et remise, par députation, aux
-quarante-sept autres sections, avec prières[215] de se réunir à celle
-des Postes, pour en obtenir son exécution dans tout son contenu,
-et invitations fraternelles[216] de nommer des commissaires, pour,
-conjointement avec ceux de la section des Postes, en suivre toutes les
-opérations; et ont été à l'instant[217] nommés commissaires _ad hoc_,
-MM. Santerre, Dragon et Desvieux.
-
-Et pour remettre la présente délibération MM. Didelot, Bachelard,
-Renard, Gambier, Larsonnier, Andrieux, Joandel, Guyot, Stabel, Dinot,
-Giffet et James[218].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits[219].
-
- DESLAURIERS.
-
- J. MARESCHAL[220].
-
-
- NOTES:
-
- [196] LACROIX (VI, 380-381) donne _in extenso_ le procès-verbal
- de cette séance, d'après un imprimé in-4º de 4 pages (Bib. nat.,
- Lb{40} 2083; TOURNEUX, nº 8740), reproduit presque en entier dans
- le _Courrier des 83 départements_ du 13 septembre. Il existe
- entre les deux textes quelques légères différences que j'ai
- relevées avec soin en notes.
-
- [197] PICHARD, Jacques-Etienne, marchand bonnetier, pointe
- Saint-Eustache.
-
- [198] Cette liste ne se trouve pas dans le registre.
-
- [199] Tout ce début de la présente séance n'est que résumé
- dans le procès-verbal imprimé reproduit par LACROIX. Voici ce
- texte écourté: «La section des Postes, convoquée en la manière
- accoutumée et aux termes de la loi sur la demande de plus de
- 50 citoyens actifs, à l'effet de délibérer sur les causes du
- renchérissement subit du pain et sur la mauvaise qualité de
- la farine qui se débite à la Halle;--les citoyens assemblés
- au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est constaté par la
- liste d'enregistrement qui est demeurée annexée à la minute du
- présent;--il a été fait lecture: 1º: ...» etc.
-
- [200] Procès-verbal imprimé dans LACROIX, VI, 380: «... qui
- formait...».
-
- [201] On trouvera cette délibération de la section des Lombards
- dans LACROIX, VI, 248-250. Cote donnée par Lacroix à la n. 1 de
- la p. 247.
-
- [202] Procès-verbal imprimé (LACROIX, VI, 380): «... du 3
- septembre présent mois...».
-
- [203] LACROIX, VI, 380: «... de mauvaise qualité. ...»
-
- [204] Tout cet alinéa et la première phrase de l'alinéa suivant
- manquent au procès-verbal imprimé (LACROIX, VI, 380).
-
- [205] Les commissaires de la section de Mauconseil communiquèrent
- à leur section le résultat des délibérations de la présente
- séance de la section des Postes. (Voyez l'arrêté de Mauconseil,
- du 12 septembre, dans LACROIX, VI, 381-383.)
-
- [206] LACROIX, VI, 380 (immédiatement après les mots de la page
- précédente: «... qui y ont été exposées en vente pour le compte
- de la Municipalité»): «Après cette lecture, la matière a été mise
- en délibération et la discussion s'est ouverte».
-
- [207] Procès-verbal imprimé (LACROIX, VI, 380): «...
- émissaires...».
-
- [208] LACROIX, VI, 380: «...; que, en...».
-
- [209] LACROIX: «... conséquente...».
-
- [210] LACROIX: «... les...».
-
- [211] LACROIX, «... que, à...».
-
- [212] LACROIX, VI, 381, supprime ici ce: «1º», comme l'exige le
- sens, et le place tout de suite après les mots _Article premier_.
-
- [213] LACROIX, VI, 381: «... pour ses diverses...».
-
- [214] Ce mot manque dans le texte. Il faut évidemment l'y
- ajouter, comme l'a fait Lacroix, d'après le procès-verbal imprimé.
-
- [215] LACROIX: «... prière...».
-
- [216] LACROIX: «... invitation fraternelle...».
-
- [217] LACROIX: «..., et ont à l'instant été...».
-
- [218] LACROIX supprime ces noms et se borne à mettre, entre
- parenthèses: «suivent douze noms».--JAMES, Charles, négociant,
- 31 ans, rue Montmartre, 248, membre de la Société des Jacobins,
- futur membre de la Commune du 10 août.
-
- [219] Cette mention ne figure pas dans le texte édité par LACROIX.
-
- [220] LACROIX: _Signé_: DESLAURIERS, président du comité et de la
- section, _par intérim_; MARESCHAL, secrétaire-greffier».
-
-
-
-
-VINGT-TROISIÈME ASSEMBLÉE.--DU 19 SEPTEMBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi dix-neuf septembre
-mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes[221] convoquée en la manière accoutumée et, aux
-termes de la loi, sur la demande de plus de cinquante citoyens actifs,
-M. Deslauriers, commissaire de la section et ancien président, a été
-invité à présider l'Assemblée en l'absence de M. Pichard, président du
-Comité de la section.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, du neuf de
-ce mois, lequel, s'étant trouvé conforme, a reçu la sanction.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent[222];
-
-Il a été fait lecture de la pétition formant le sujet de la convocation,
-laquelle avait pour sujet[223] d'entendre le rapport des commissaires
-nommés par la délibération du vendredi neuf du présent mois[224], et
-délibérer sur plusieurs propositions qu'ils sont chargés de faire
-relativement aux blés et farines.
-
-M. Desvieux, l'un des commissaires nommés en ladite Assemblée, a
-demandé la parole, laquelle lui étant accordée, M. Desvieux a fait
-rapport, en substance, des arrêtés des sections d'Henri-IV, [de][225]
-l'Oratoire[226], des Gravilliers[227], de Bondy, [de] Sainte-Geneviève,
-[de] la Bibliothèque, du Louvre, du Ponceau, de la Croix-Rouge,
-du Palais-Royal[228] et des Lombards[229], toutes (_sic_) concernant
-l'approvisionnement de Paris en blés et farines, et qui, (_sic_)[230],
-conformément à leurs arrêtés avaient envoyé des commissaires au point
-central choisi à la section des Lombards[231].
-
-Le même commissaire a ensuite fait lecture du projet de délibération que
-les commissaires des dites sections réunies ont cru devoir proposer,
-afin qu'il n'existe qu'un seul et même voeu pour la convocation
-générale de la Commune, en ses quarante-huit sections[232]. La matière
-mise en délibération, l'Assemblée, en persistant dans son arrêté du neuf
-de ce mois, a émis son voeu pour que la convocation de l'Assemblée
-générale de la Commune en ses quarante-huit sections, fût demandée, à
-l'effet de délibérer:
-
-1º Sur la demande à former à la Municipalité (_sic_) pour qu'elle rende
-compte de l'approvisionnement, qui a été fait, des subsistances pour le
-compte de la capitale depuis la Révolution, avec publicité;
-
-2º Que ce compte soit rendu en recettes et dépenses, tant en matière
-qu'en espèces, avec pièces justificatives; que le compte indique le lieu
-des achats et de la consommation des ventes, et que les ordres donnés
-aux agents soient représentés.
-
-3º Qu'il soit nommé par les sections des commissaires chargés de
-s'instruire concernant les arrhes supposées données par la Municipalité
-de Paris dans les départements voisins, pour poursuivre, s'il y a
-lieu, la punition des coupables, dans le cas d'un accaparement de grains
-et farines;
-
-4º Que les commissaires seront chargés de faire la vérification des
-comptes et des subsistances actuellement existantes, pour que, d'après
-le voeu de la majorité des sections en résultat des délibérations de
-la Commune convoquée, les marchandises jugées viciées soient distraites
-et employées suivant la destination qui sera convenue, sur (_sic_)[233]
-la surveillance des commissaires nommés;
-
-5º Que les mêmes commissaires seront autorisés à s'assurer, d'après
-l'émission du voeu de la Commune, de l'état actuel des subsistances,
-ainsi que des moyens pris par la Municipalité.
-
-6º Également à veiller à ce que tous les blés et farines, achetés
-pour le compte de la Municipalité, soient, à l'avenir, transportés
-à la Halle pour éviter tout mélange; et que la Municipalité se fera
-désigner par le Département les lieux qu'elle occupera, dans le cas où
-la Halle ne suffirait pas; et que, dorénavant, la Halle et les magasins
-d'approvisionnement qui seront indiqués, soient surveillés par des
-commissaires nommés dans les sections;
-
-7º Que la Municipalité fasse connaître l'état actuel de ses employés ou
-commis, et leur traitement;
-
-8º En cas que la Municipalité, par quelque motif qu'on ne peut prévoir,
-se refusât au voeu de huit sections, légalement exprimé suivant la
-loi, pour la convocation de la Commune, que lesdits commissaires chargés
-de poursuivre cette convocation seront autorisés à se retirer par
-devers le Département, après l'emploi des moyens prescrits par la loi
-vis-à-vis de la Municipalité, pour faire ordonner cette convocation,
-et successivement, s'il y a lieu, par les mêmes motifs, à l'Assemblée
-nationale, pour l'exécution de la loi.
-
-Et, à cet effet, l'Assemblée a confirmé les pouvoirs qu'elle a donnés,
-le neuf de ce mois, à ses commissaires, et a ajourné sa séance à
-vendredi prochain[234], heure ordinaire pour entendre le rapport qu'ils
-feront de leur mission.
-
-L'Assemblée, instruite qu'il avait été donné avis à Madame Becquet,
-maîtresse boulangère, demeurant[235] dans l'étendue de la section,
-qu'elle était notée pour la déclaration qu'elle avait faite dans
-l'Assemblée du neuf de ce mois; considérant qu'une telle note, si elle
-existe, est attentatoire aux droits de l'homme, base fondamentale de
-notre Constitution; a mis la dame Becquet et tous autres citoyens sous
-la sauvegarde de la loi, et la surveillance de MM. les commissaires de
-la section, et de M. le commissaire de police[236].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- DESLAURIERS[237].
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [221] LACROIX (VII, 229-230) reproduit _in-extenso_ le
- procès-verbal de cette séance en remplaçant les présents mots du
- texte: «La section des Postes», par les suivants: «L'assemblée
- générale».
-
- [222] Cette liste n'est pas jointe au procès-verbal manuscrit.
-
- [223] LACROIX, VII, 229: «... pour objet...».
-
- [224] LACROIX: «... de ce mois...».
-
- [225] Les mots: _de_, entre crochets, manquent au manuscrit
- original. Ils ont été rétablis par Lacroix.
-
- [226] Arrêté de la section de l'Oratoire, en date du 12
- septembre, p. imp. in-8º de 3 p., Bib. nat., Lb{40} 2019
- (TOURNEUX, nº 8561); texte reproduit par LACROIX, VI, 383-384.
-
- [227] Délibération du 10 septembre, dont le texte n'a pas été
- retrouvé, mais qui est mentionnée aux procès-verbaux des séances
- du 12 septembre du Bureau municipal et du Corps municipal
- (LACROIX, VI, 295 et 299).
-
- [228] Arrêté de la section du Palais-Royal, du 12 septembre, p.
- imp. aff. in-fol. plano. Bib. nat, Lb{40} 2024 (TOURNEUX, nº
- 8589); texte reproduit par LACROIX, VI, 384.
-
- [229] Il s'agit sans doute d'un nouvel arrêté postérieur à celui
- du 3 dont il a été question ci-dessus (Cf. p. 56 et n. 201).
-
- [230] C'est-à-dire: et toutes sections qui...
-
- [231] Parmi les différentes sections citées ici et qui, avec la
- section des Postes, sont au nombre de douze, huit sections se
- rendirent, le lendemain 20 septembre, auprès du Corps municipal,
- pour demander «la convocation de la Commune pour délibérer sur
- l'état actuel des subsistances de la capitale» (LACROIX, VI,
- 372). Les quatre sections qui figurent ici et ne participèrent
- pas à cette démarche sont les suivantes: Bondy, Sainte-Geneviève,
- Bibliothèque et Louvre. A cette démarche de huit sections,
- le Corps municipal répondit en chargeant deux de ses membres
- d'examiner la question. Comme on le verra par la suite du
- présent procès-verbal (voyez plus loin, p. 64 et n. 242), le
- Corps municipal convoqua la Commune dans ses 48 sections, dès
- le lendemain 21 septembre, pour examiner la question le 28
- septembre. Entre temps, les réunions d'une partie des sections
- au point central choisi à la section des Lombards, dont il est
- question ici, se continuèrent comme on le verra par la suite (cf.
- p. 64 n. 241).
-
- [232] C'est sans doute ce projet qui, adopté après l'arrêté de
- convocation du Corps municipal, du 21 septembre, fut imprimé sous
- le titre de _Vues générales et réflexions à soumettre aux 48
- sections..._ etc. (Voyez plus loin, p. 64 n. 241.)
-
- [233] LACROIX, VII, 229: «... sous la surveillance».
-
- [234] LACROIX: «... à vendredi prochain (23 septembre).»
-
- [235] Le manuscrit original paraît porter: «... demeurante...».
- J'ai corrigé.
-
- [236] LACROIX, VII, 230, a omis les mots: «... de MM. les
- commissaires de la section et...». Voici son texte: «...; a mis
- la dame Becquet et tous autres citoyens sous la sauvegarde de la
- loi et la surveillance de M. le commissaire de police.»
-
- [237] LACROIX, _loc. cit._ «_Signé_: DESLAURIERS».
-
-
-
-
-VINGT-QUATRIÈME ASSEMBLÉE.--DU 23 SEPTEMBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi vingt-trois
-septembre mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, et, aux termes
-de la loi, d'après l'ajournement fixé dans l'Assemblée du dix-neuf de
-ce mois, M. Deslauriers, ancien président de la section, a été prié de
-présider l'Assemblée en l'absence de M. Pichard.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent[238].
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, lequel
-s'étant trouvé conforme a reçu la sanction. Il a été ensuite fait
-lecture de la délibération de la section des Quinze-Vingts, du dix-huit
-de ce mois[239], portant adhésion à celle de la section des Postes du
-neuf de ce mois.
-
-M. Desvieux, l'un des commissaires nommés[240] pour se réunir
-aux commissaires des autres sections[241], relativement aux
-approvisionnements de Paris, en blés et farines, ayant demandé la
-parole pour instruire la section du fruit de ses démarches et de celles
-des commissaires des autres sections, ses collègues, a fait rapport
-de leur mission auprès de la Commune[242], et de l'arrêté du Corps
-municipal[243] qui fixe à mercredi l'Assemblée générale des sections
-pour délibérer et émettre leur voeu sur la circonstance présente.
-
-L'Assemblée, pleinement satisfaite du rapport fait par M. Desvieux, a
-arrêté qu'au moyen de la convocation indiquée par le Conseil municipal
-(_sic_) pour mercredi prochain, la séance serait levée.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
- DESLAURIERS.
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [238] Cette liste n'est pas jointe au registre manuscrit.
-
- [239] On trouvera cette délibération dans LACROIX, VI, 385-387
- (pour la cote du document, voyez la n. 1 de la p. 385).
-
- [240] Le 9 septembre (voyez ci-dessus, p. 59). Les deux autres
- commissaires étaient les sieurs Dragon et Santerre.
-
- [241] On se rappelle (voyez ci-dessus, pp. 60-61) qu'un certain
- nombre de sections avaient, dès avant le 19 septembre, formé
- une réunion, au siège de la section des Lombards, pour examiner
- la question des subsistances. Ces réunions continuèrent après
- l'arrêté du Corps municipal du 21 septembre convoquant les
- sections à ce sujet (voyez ci-dessous la note 243). De cette
- réunion sortit une brochure intitulée _Vues générales et
- réflexions à soumettre aux 48 sections réunies d'après l'arrêté
- de le Municipalité qui ordonne la convocation de la Commune pour
- délibérer sur les subsistances_, document dont on trouvera le
- texte dans LACROIX, VI, 398-400 (pour la cote, voyez la note 5
- de la p. 397). Les noms des représentants de dix-huit sections
- figurent au bas de cet écrit. Des douze sections précédemment
- mentionnées (voyez ci-dessus, pp. 60-61 et 61, n. 231 au début),
- seule la section de Bondy n'a pas contresigné le document en
- question. Aux onze autres sections, pour former le chiffre de
- dix-huit, il faut ajouter, d'abord la section des Quinze-Vingts,
- dont l'arrêté du 18 septembre vient d'être cité (voyez ci-dessus,
- p. 63 et n. 239), puis les six sections suivantes: Notre-Dame,
- Halle-aux-Blés, Place-Royale, Bonne-Nouvelle, Théâtre-Français
- et Thermes-de-Julien (voyez la liste complète des dix-huit
- sections représentées, dans LACROIX, VI, 400). Cette assemblée
- de 18 sections avait pour objet de peser sur les délibérations
- que devaient tenir, le 28 septembre, les différentes sections de
- Paris, conformément à l'arrêté du Corps municipal du 21.
-
- [242] Il s'agit évidemment de la démarche faite, le 20 septembre,
- auprès du Corps municipal, par huit des sections représentées au
- point central de la section des Lombards (voyez ci-dessus, p. 61
- n. 231).
-
- [243] Le texte original porte, par erreur: «... Conseil
- général...». Il s'agit bien ici du Corps municipal. On trouvera
- cet arrêté, du 21 septembre, dans LACROIX, VI, 393.
-
-
-
-
-VINGT-CINQUIÈME ASSEMBLÉE.--DU 28 SEPTEMBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi vingt-huit
-septembre mil sept cent quatre-vingt-onze[244]._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et aux termes
-de la loi, d'après l'arrêté du Corps municipal du vingt-un (_sic_) de ce
-mois.
-
-M. Deslauriers, commissaire de la section, a été prié de présider en
-l'absence de M. Pichard, président [du Comité] de la section.
-
-Les citoyens, assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent et le
-certificat de M. le président ensuite[245].
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, lequel,
-s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
-
-Il a été fait lecture ensuite: 1º de l'arrêté du Corps municipal, du
-vingt-un (_sic_) de ce mois[246], portant que la Commune de Paris sera
-convoquée dans ses quarante-huit sections pour mercredi, vingt-huit du
-présent mois, quatre heures de relevée, à l'effet de délibérer sur les
-subsistances;
-
-2º Du recueil des arrêtés du Corps municipal des 5, 8, 9, 10,
-11, 12, 13, 14, 19, 20 et 21 septembre présent mois, ensemble des
-rapports dressés les 11, 12 et 13 du même mois par les commissaires du
-Département de Paris, d'après les résultats des chimistes et boulangers
-experts nommés à cet effet[247], lesquels portent, en substance, que
-les farines n{os} 3 et 4, dans le prix de 26 et 28 livres, ne doivent
-plus être employées par les boulangers pour faire du pain, et qu'elles
-doivent être vendues aux amidonniers avec les précautions nécessaires;
-que la farine nº 2, dans le prix de 38 livres, doit être mélangée
-avec de la farine de blé nouveau, et enfin que celle nº 1 n'est pas
-d'un goût désagréable, qu'elle ne peut être employée seule, et est
-susceptible d'y ajouter (_sic_) une portion quelconque de farine de
-première qualité;
-
-3º D'un arrêté du Corps municipal, du vingt-sept du mois (_sic_)[248],
-portant que les farines du prix de 26, 28 et même trente-huit livres,
-seront retirées de chez les boulangers qui peuvent en avoir acquis sur
-le carreau de la Halle; que l'administration de police[249] prendra les
-mesures convenables pour s'assurer de la qualité du pain mis en vente
-par les boulangers; qu'en outre[250] perquisition sera faite chez ceux
-d'entre eux qui en auront débité de mauvaise qualité, et [qu']elle
-livrera aux amidonniers les farines insalubres qui s'y trouveront;
-
-4º Du rapport des administrateurs au Département des subsistances, fait
-par M. Filleul dans la séance du Corps municipal du 24 septembre 1791,
-et dont l'impression a été ordonnée par son arrêté du même jour[251].
-
-Avant que de passer à la discussion d'une matière[252] aussi
-intéressante que celle qui a provoqué l'Assemblée de la Commune en ses
-quarante-huit sections[253], l'Assemblée a été consultée pour savoir
-si, pour son instruction et pour la mettre à même de délibérer avec
-connaissance de cause, elle désirait qu'il lui fût donné lecture de
-divers imprimés adressés à la section, lesdits papiers ayant tous
-rapport à l'ordre du jour.
-
-L'Assemblée a décidé à la majorité que lesdits imprimés seraient lus.
-
-En conséquence, il a été fait lecture: 1º d'une opinion sur le commerce
-des blés et farines[254], signée Montchanin, le 21 présent mois[255].
-
-2º D'un imprimé portant observations réglementaires sur l'accaparement
-des blés, signé Pel, citoyen de la section de Beaubourg[256], du 25
-septembre présent mois[257].
-
-3º Enfin, d'un autre imprimé, intitulé: «Vues générales et réflexions
-à soumettre aux quarante-huit sections réunies, d'après l'arrêté de la
-Municipalité qui ordonne la convocation de la Commune pour délibérer
-sur les subsistances[258].» Ledit imprimé revêtu de quatre-vingt-treize
-signatures de divers citoyens commissaires nommés par les sections des
-Lombards, de l'Oratoire, des Postes, du Palais-Royal, des Gravilliers,
-de la Bibliothèque, du Ponceau, de Notre-Dame, de Sainte-Geneviève,
-de la Halle-aux-Blés, de Henri-Quatre, de la Croix-Rouge, de la
-Place-Royale, du Louvre, de Bonne-Nouvelle, des Quinze-Vingts, du
-Théâtre-Français, et des Thermes de Julien[259].
-
-Ces lectures terminées, M. Desvieux, l'un des commissaires de la
-section, a fait rapport de la mission dont il avait été chargé avec les
-commissaires des autres sections réunies à celle des Lombards.
-
-La matière ensuite a été livrée à la discussion, après laquelle la
-section a unanimement arrêté que MM. Santerre, Desvieux et Dragon,
-commissaires nommés par la délibération de la section du neuf de ce
-mois et confirmés par celle du dix-neuf du même mois[260], seront priés
-de continuer à se joindre aux commissaires des autres sections, pour
-suivre l'effet desdites délibérations; et l'Assemblée, ajoutant aux
-pouvoirs qu'elle leur a donnés par les susdites délibérations, les
-charge, conjointement avec leurs autres collègues, de prendre tous les
-renseignements nécessaires pour justifier pleinement la véracité du
-rapport fait au Corps municipal, le vingt-quatre de ce mois, par M.
-Filleul, administrateur au département des subsistances[261], et, dans
-le cas, où, par suite de leurs recherches et informations, il y
-aurait lieu à inculpation contre quelque individu que ce puisse être,
-l'Assemblée engage lesdits commissaires, de la manière la plus formelle,
-à se procurer des titres authentiques et probants qui attestent
-les manoeuvres des délinquants; lesquelles pièces devront être à
-l'appui du rapport qu'ils feront à l'Assemblée générale de la section,
-qui demeure ajournée pour cet objet, jusqu'à ce que lesdits sieurs
-commissaires aient prévenu le Président du Comité de la section qu'ils
-sont en état de faire leur rapport, et alors M. le Président convoquera
-incontinent l'Assemblée générale de la section.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
- DESLAURIERS[262].
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [244] LACROIX, VII, 230-232, reproduit _in extenso_ le
- procès-verbal de cette séance, en remplaçant, au début, les
- mots: «La section des Postes...», par les suivants: «L'Assemblée
- générale...».
-
- [245] Ces deux documents ne se trouvent pas dans le registre.
-
- [246] C'est l'arrêté dont il a été question ci-dessus (p. 64 et
- n. 243).
-
- [247] Pour tous ces documents, voyez LACROIX, VI, 490-491.--Il
- n'y a pas eu de séance du Corps municipal, le 11 septembre.
-
- [248] On le trouvera dans LACROIX, VI, 505 et cf. pp. 509-510.
-
- [249] LACROIX, VII, 231: «...; que l'administration de la
- police...»
-
- [250] LACROIX, _loc. cit._: «...; que, en outre...».
-
- [251] Voyez LACROIX, VI, 435, et cf. _ibid_, 454-463 (texte _in
- extenso_ du rapport et pièces annexes).
-
- [252] Le procès-verbal manuscrit porte «manière», ce qui est
- évidemment un _lapsus_ de copiste. J'ai rétabli _matière_, à
- l'exemple de LACROIX, VII, 231.
-
- [253] LACROIX, VII, 231: «... en ses sections;...».
-
- [254] LACROIX: «... des blés et des farines,...».
-
- [255] Pour la cote de ce document, voyez LACROIX, VII, 231, n. 4.
-
- [256] LACROIX: «..., citoyen de la section de [la
- Rue-]Beaubourg,...»
-
- [257] Pour la cote de ce document, voyez LACROIX, VII, 231, n. 5.
-
- [258] C'est l'imprimé dont il a déjà été précédemment question:
- voyez ci-dessus; p. 64, n. 241.
-
- [259] On trouvera les noms de ces 93 commissaires de sections à
- la page 400 du tome VI de l'ouvrage de LACROIX.
-
- [260] Voyez ci-dessus, p. 59 et 62.
-
- [261] Voyez la mention de ce rapport à la séance du Corps
- municipal de ce jour, dans LACROIX, VI, 435, et cf. le texte
- même _in extenso_ du rapport d'après le document imprimé dans
- LACROIX, VI, 455-461 (pour la cote de ce document, voyez LACROIX,
- VI, 455, n. 1).--A la suite de la publication de ce plaidoyer
- de l'administration des subsistances, les commissaires des
- sections se hâtèrent de faire paraître un nouveau réquisitoire
- contre cette administration sous le titre de: _Coup d'oeil
- rapide sur le rapport de M. Filleul_ (voyez ce texte dans
- LACROIX, VI, 461-463; pour la cote du document, cf. p. 461, n.
- 3). Au nombre des 21 sections qui signèrent ce rapport figure
- la section des Postes.--Puis les commissaires des sections
- réclamantes se réunirent d'elles-mêmes en assemblée en l'église
- Saint-Jacques-le-Majeur et y prirent des arrêtés les 3, 4 et
- 6 octobre suivants. Ces arrêtés ne nous ont pas été conservés
- (d'après LACROIX, VII, 86, n. 2), mais il en est question dans
- l'arrêté du Corps municipal du 10 octobre déclarant nulles et
- illégales toutes ces délibérations (sur cet arrêté cf. la n. 265.
- de la p. suivante).
-
- [262] LACROIX, VII, 232: «_Signé_: DESLAURIERS».
-
-
-
-
-VINGT-SIXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 15 OCTOBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi quinze octobre
-mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et d'après
-l'ajournement arrêté en l'Assemblée du vingt-huit septembre dernier, M.
-Pichard, président du Comité de la section, a été nommé président.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance du mercredi
-vingt-huit septembre dernier, lequel, s'étant trouvé conforme, a reçu
-la sanction.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
-constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent, et le
-certificat de M. le Président étant ensuite[263];
-
-Il a été fait lecture[264]: 1º de l'arrêté du Corps municipal du lundi
-dix du présent mois, qui déclare illégales et nulles, les délibérations
-prises par les commissaires des sections constitués en assemblée[265];
-
-2º D'un imprimé intitulé: «Rapport des commissaires réunis pour les
-subsistances à leurs sections respectives[266]»;
-
-3º D'un autre imprimé intitulé: «Proposition[267] de l'arrêté»
-commençant par ces mots: _L'Assemblée après avoir entendu_, et finissant
-par ceux-ci, _s'ajournant de nouveau à cet effet à huitaine_[268];
-
-4º Enfin, d'une copie collationnée, signée Lavau[269], président des
-commissaires réunis, sur un extrait de délibérations[270] de l'Assemblée
-générale de la section des Quinze-Vingts du jeudi treize de ce mois,
-relative à l'ordre du jour[271].
-
-Ces lectures finies, MM. Santerre et Desvieux, commissaires de
-la section, ont fait rapport de tout ce qui s'était opéré par les
-commissaires réunis de trente-deux sections[272], et, après une
-ample discussion, l'Assemblée, à la grande majorité, a pris l'arrêté
-suivant: «L'Assemblée autorise MM. Santerre, Dragon et Desvieux,
-commissaires nommés par la délibération du neuf septembre dernier de
-(_sic_) se transporter avec M. Chazelle, quatrième commissaire nommé
-en la présente Assemblée, dès lundi prochain[273] à la Municipalité, à
-l'effet de prendre tous les renseignements qu'ils croiront nécessaires
-relativement aux différents objets arrêtés dans les Assemblées des
-9, 19 et vingt-huit septembre dernier, sur les subsistances; les
-autorise[274] aussi, s'ils le croient nécessaire, à se réunir aux autres
-commissaires nommés par les différentes sections de la capitale, et
-ajourne l'Assemblée de la section à jeudi prochain[275] pour entendre
-leur rapport sur ces objets[276].»
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits[277].
-
- J. MARESCHAL.
-
- J.-E. PICHARD[278], _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [263] Ces documents ne sont pas joints au registre manuscrit.
-
- [264] A partir de cet endroit, le présent procès-verbal a déjà
- été édité par LACROIX, VII, 232.
-
- [265] Cet arrêté fut pris à la suite des réunions des
- commissaires des sections les 3, 4 et 6 octobre en l'église
- Saint-Jacques-le-Majeur (voyez ci-dessus, p. 67, n. 261, _in
- fine_). On trouvera l'arrêté dans LACROIX, VII, 86-87; cf. les
- réflexions formulées à ce sujet par l'ancien officier municipal
- Peuchet dans le _Moniteur_ et reproduites par LACROIX, VII,
- 116-117.
-
- [266] Ce _Rapport_ n'a pas été retrouvé (cf. LACROIX, VII, 232,
- n. 5 et 323-324).
-
- [267] LACROIX, VII, 232, imprime: «... propositions...».
-
- [268] LACROIX, VII, 232, n. 6, déclare que cet imprimé lui est
- «totalement inconnu».
-
- [269] Le manuscrit porte LAVEAU. J'ai corrigé l'orthographe de
- ce nom comme l'a fait LACROIX, VII, 232. LAVAU (Jean-Antoine),
- défenseur officieux, membre de la section de l'Oratoire, devait
- faire plus tard partie de la Commune du 10 août 1792.
-
- [270] LACROIX, VII, 233; «... sur un extrait des
- délibérations...».
-
- [271] LACROIX, VII, 233, n. 1, dit qu'il ne connaît pas cet
- arrêté de la section des Quinze-Vingts. Il fut déclaré séditieux,
- le 26 octobre, par le Corps municipal: voyez LACROIX, VII, 355.
-
- [272] Les sections réunies au sujet des subsistances n'étaient
- encore qu'au nombre de 21 à la fin du mois de septembre (voyez
- ci-dessus, p. 67 n. 261). La réunion de ces mêmes sections en
- l'église de Saint-Jacques-le-Majeur, au début du mois d'octobre
- (sur cette réunion, même note _in fine_) était, on le voit, plus
- nombreuse, puisqu'elle comprenait 32 sections.
-
- [273] LACROIX, VII, 233, ajoute, entre parenthèses: «17 octobre».
-
- [274] Le texte porte: «... les autorisent...»; j'ai corrigé ce
- _lapsus_. LACROIX, VII, 233, a lu: «... les autorisant...».
-
- [275] LACROIX, VII, 233, ajoute, entre parenthèses: «20 octobre».
-
- [276] LACROIX, _loc. cit._: «... sur cet objet.»
-
- [277] LACROIX, supprime cette formule.
-
- [278] LACROIX: «_Signé_: J.-E. PICHARD, président; J. MARESCHAL.»
-
-
-
-
-VINGT-SEPTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 20 OCTOBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du jeudi vingt octobre mil
-sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, et d'après
-l'ajournement arrêté en l'Assemblée du quinze de ce mois;
-
-M. Pichard, président [du Comité] de la section, a été nommé président.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance du
-samedi quinze de ce mois, lequel, s'étant trouvé conforme, a reçu la
-sanction.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de cent, ainsi qu'il est constaté par
-la liste d'enregistrement annexée au présent, et le certificat de M. le
-Président étant ensuite[279];
-
-M. Santerre[280], l'un des quatre commissaires de la section
-relativement aux subsistances, étant seul présent en l'Assemblée, a
-fait rapport que, lundi dernier[281], avec ses trois collègues, il
-s'est transporté à l'Assemblée de la Commune, que M. le Maire lui avait
-répondu, d'après un arrêté du Corps municipal, que, lorsque toutes les
-sections auraient fait passer à la Municipalité le résultat de leurs
-délibérations du vingt-huit septembre dernier et que le recensement du
-voeu des sections serait fait, le Corps municipal statuerait d'après
-celui de la majorité[282].
-
-M. Desvieux, l'un des autres commissaires, étant survenu, a confirmé
-le rapport fait par M. de Santerre (_sic_), et, y ajoutant, a dit que,
-conformément au dernier arrêté pris en la dernière séance, il s'était
-transporté au point central des commissaires des autres sections qui
-avaient pris les mêmes arrêtés et nommé des commissaires.
-
-Sur ce, l'Assemblée, en confirmant les pouvoirs par elle donnés à ses
-quatre commissaires, les a engagés à se rendre, dès demain[283] au Corps
-municipal, afin d'avoir une réponse définitive sur le voeu exprimé par
-la section, et, dans le cas où la Municipalité ne leur donnerait point
-de réponse favorable, l'Assemblée les autorise à se retirer par devant
-le Département, et, dans le cas où le Département ne leur rendrait
-pas la justice qu'ils ont lieu d'en attendre aux termes de la loi,
-l'Assemblée enfin les autorise, toujours en vertu de la loi, de (_sic_)
-se réunir aux commissaires députés des autres sections, de composer
-une pétition qui sera adressée au Corps législatif, après toutefois
-qu'elle aura été communiquée en une Assemblée générale de la section, et
-l'Assemblée de la section reste ajournée jusqu'au jour où MM. les quatre
-commissaires réunis instruiront M. le président du Comité de la
-section, qu'ils sont en état de faire leur rapport à l'Assemblée[284].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits[285].
-
- J. MARESCHAL.
-
- J.-E. PICHARD, _président_[286].
-
-
- NOTES:
-
- [279] Ces pièces ne sont pas jointes au procès-verbal.
-
- [280] A partir de cet endroit, le texte de cette séance a déjà
- été édité par LACROIX, VII, 233-234.
-
- [281] LACROIX, VII, 233, ajoute, entre parenthèses: «17 octobre».
-
- [282] Pour cet incident, voyez le procès-verbal de la séance du
- Corps municipal, du 17 octobre, dans LACROIX, VII, 223.
-
- [283] LACROIX, VII, 233, ajoute, entre parenthèses: «21 octobre».
-
- [284] Voici la fin de l'historique de cette question des
- subsistances à la fin de l'année 1791, question à laquelle il
- ne sera plus fait allusion dans le présent procès-verbal de la
- section des Postes (sauf une fois, à la fin de la séance du 8
- novembre: voyez plus loin, p. 78). On se rappelle qu'un arrêté du
- Corps municipal, du 10 octobre, avait déclaré illégales toutes
- les délibérations de l'Assemblée des commissaires de sections
- aux subsistances tenue, dans les premiers jours du mois, en
- l'église Saint-Jacques-le-Majeur (voyez ci-dessus, p. 69 et n.
- 265). L'Assemblée des commissaires de sections aux subsistances
- comprenait alors 32 sections. (Voyez ci-dessus, p. 69, n. 272.)
- Cette Assemblée, ne voulant pas rester sous le coup de l'arrêté
- du Corps municipal, fit appel aux sections qu'elle représentait,
- dans un _Rapport_ dont il a déjà été question précédemment (cf.
- p. 69 et n. 266), rapport rédigé entre le 11 et le 15 octobre,
- puisqu'il en est question au procès-verbal de la séance du 15
- octobre de la section des Postes. Le 17 octobre, comme on l'a
- vu par les précédents procès-verbaux, les commissaires de la
- section des Postes, après avoir été demander des renseignements
- au Corps municipal qui refusa de leur en donner, allèrent se
- réunir aux autres commissaires des sections au point central,
- l'église Saint-Jacques-le-Majeur. Ils devaient ensuite, d'après
- le texte même du présent procès-verbal, se rendre de nouveau,
- dès le lendemain 21 octobre, par-devant le Corps municipal;
- mais ils attendirent que les autres commissaires fussent prêts
- à faire la même démarche et, le 24 octobre, les commissaires de
- ces différentes sections (au nombre de 25 seulement, cette fois)
- vinrent présenter les délibérations de leurs mandataires au
- Corps municipal, qui ajourna sa réponse, malgré l'insistance des
- commissaires qui cherchaient à établir une sorte de conférence
- avec le Corps municipal; celui-ci décida de se concerter avec le
- Département (voyez LACROIX, VII, 312-315 et 325-326).
-
- Les commissaires des sections n'ayant pas réussi dans leur
- démarche auprès du Corps municipal, il ne leur restait qu'à
- mettre en pratique l'idée que l'on vient de voir adopter par la
- section des Postes, dans le présent procès-verbal de la séance du
- 20 octobre, c'est-à-dire à s'adresser au Département, et ensuite,
- s'il le fallait, à l'Assemblée nationale. C'est ce qu'ils
- firent: le 26 octobre, les commissaires des sections réclamaient
- par-devant le Directoire du Département contre l'arrêté du Corps
- municipal du 10 octobre (voyez le texte de ce document dans
- LACROIX, VII, 117-120; pour la cote, cf. la n. 4 de la p. 117);
- en même temps, ils présentaient à ce Directoire, leur _Rapport_
- rédigé entre le 11 et le 15 octobre (voyez LACROIX, VII, 119, à
- la n. 1).
-
- Mais, ce même 26 octobre, le Corps municipal se décidait à agir:
- après avoir résolu de faire imprimer et envoyer aux sections
- un rapport sur l'attitude des 36 sections qui avaient pris des
- délibérations sur les subsistances le 28 septembre et jours
- suivants (voyez LACROIX, VII, 353-354 et 365-377), il déclarait
- nulles et illégales les délibérations de 18 sections (au
- nombre desquelles ne figure pas celle des Postes) qui avaient
- approuvé la conduite de leurs commissaires aux subsistances
- nommés le 28 septembre (voyez LACROIX, VII, 354-355). Aussitôt
- les commissaires des sections aux subsistances, signataires
- de la réclamation au Directoire du Département en date du 26
- octobre, sans attendre le résultat de cette première démarche,
- en tentaient une seconde auprès de ce même Directoire contre
- le nouvel arrêté du Corps municipal (voyez le texte de cette
- seconde réclamation dans LACROIX, VII, 377-380).--Cependant,
- le 28 octobre, les 25 sections qui avaient réclamé, le 24,
- auprès du Corps municipal, revenaient à la charge et le Corps
- municipal se bornait à leur remettre les arrêtés pris par lui à
- ce sujet, ce 24 octobre, et qui avaient été imprimés (LACROIX,
- VII, 395).--Pendant ce temps, le Directoire du Département
- examinait la première réclamation qui lui avait été présentée
- par les commissaires des sections contre le Corps municipal, et,
- le 31 octobre, le Directoire répondait à cette réclamation en
- confirmant purement et simplement l'arrêté du Corps municipal
- du 10 octobre, et il communiquait sa réponse au Corps municipal
- (voyez le texte de cette réponse dans LACROIX, VII, 496-498
- et cf. la séance du Corps municipal du 2 novembre, VII, 494).
- Quant à la deuxième réclamation des commissaires des sections
- (celle contre l'arrêté du Corps municipal du 26 octobre), il
- est probable qu'elle n'est jamais parvenue à destination; il
- est certain en tous cas qu'il n'y fut jamais répondu (d'après
- LACROIX, VII, 326-329 et 381).
-
- Restait aux sections le dernier recours indiqué par le présent
- procès-verbal de la section des Postes, celui à l'Assemblée
- nationale. Les sections, déboutées de leur demande par le Corps
- municipal, n'hésitèrent pas à en faire usage et au mois de
- novembre, elles s'adressèrent à la Législative qui, dans sa
- séance du 13 novembre, renvoya l'examen de la question à ses
- Comités réunis d'agriculture, de commerce et de législation
- (voyez LACROIX, VII, 499-515).
-
- [285] Ce passage a été supprimé par LACROIX, VII, 234.
-
- [286] LACROIX, VII, 234: «_Signé_: J.-E. PICHARD, président; J.
- MARESCHAL.»
-
-
-
-
-VINGT-HUITIÈME ASSEMBLÉE.--DU 25 OCTOBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mardi vingt-cinq octobre
-mil sept cent quatre-vingt-onze._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, et aux termes
-de la loi, sur la pétition signée de plus de soixante-cinq citoyens
-actifs;
-
-M. Pichard, président [du Comité] de la section, a été nommé
-président, et M. Mareschal, secrétaire-greffier, a été nommé secrétaire.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, du jeudi
-vingt de ce mois[287], lequel s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de cent un, ainsi qu'il est constaté
-par la liste d'enregistrement annexée au présent, et le certificat de M.
-le président étant ensuite[288].
-
-Il a été annoncé[289] une députation de deux commissaires de la section
-de Beaubourg[290]; l'Assemblée consultée, lesdits sieurs commissaires
-ont été introduits, et ayant demandé la parole et exhibé de leurs
-pouvoirs (_sic_)[291], ont fait lecture d'une délibération prise en
-l'Assemblée générale de leur section, le vingt du présent mois[292],
-relative à un projet de fabrication de petits billets monnayés[293] par
-la Commune de Paris[294]. Cette lecture finie, MM. les commissaires se
-sont retirés pour laisser la liberté à la discussion sur cette matière
-qui était à l'ordre du jour.
-
-Ensuite il a été fait lecture: 1º de la pétition signée de
-soixante-cinq citoyens, formant le sujet de la présente Assemblée,
-tendant à ce qu'il fût délibéré par la section sur le projet arrêté
-en l'Assemblée des commissaires d'un grand nombre de sections,
-auxquels se sont réunis ceux de la section des Postes[295], pour
-l'établissement d'une caisse d'échange, dans laquelle les sections
-réunies émettraient un papier unique de petites sommes, en échange des
-assignats nationaux, à l'effet de faciliter aux citoyens, les paiements
-les plus modiques[296], et délibérer sur la facilité de l'échange des
-assignats[297].
-
-2º D'un imprimé ayant pour titre _Caisse d'échange à Paris par des[298]
-sections réunies, ou résultat des conférences des commissaires de
-vingt-six sections y dénommées, pour la discussion de l'arrêté du comité
-de la section Mauconseil[299] du 1er septembre[300] 1791, tendant à
-l'établissement d'une caisse d'échange_, ledit résultat signé Thonel,
-Tessier de la Tour, Sauval, Ricart, Boussaroque, Baude et Satens, tous
-commissaires de sections;
-
-3º De délibérer sur ce plan d'établissement et de nommer deux
-commissaires pour coopérer à sa confection si l'Assemblée
-l'accueille[301], ledit imprimé contenant en outre dix-neuf articles
-réglementaires dudit établissement et de son administration[302].
-
-Sur ce, l'Assemblée, considérant qu'il est du plus grand intérêt pour
-la capitale de voir disparaître la foule immense de petits billets en
-émission et des dangers de toute espèce que présentent les billets
-de confiance mis en émission, soit par des particuliers, soit par des
-sociétés de spéculateurs, a arrêté que la Municipalité serait requise
-de convoquer la Commune dans ses quarante-huit sections, à l'effet de
-remédier à ces différents abus, soit en adoptant le projet d'émission de
-petits billets de sections, suivant les articles réglementaires proposés
-par les commissaires réunis de plusieurs sections, soit en avisant aux
-moyens de mettre en circulation des petits billets uniformes et dont la
-solidité sera reconnue pour leur remboursement[303]; et pour remettre
-le présent arrêté à la Commune, l'Assemblée a de nouveau nommé pour
-ses commissaires MM. Boussaroque et Bellet, se réservant de nommer,
-lors de la convocation de la Commune, dans les formes prescrites, les
-commissaires nécessaires pour la confection de l'établissement, tel
-qu'il sera alors arrêté[304].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes[305] les
-jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- J.-E. PICHARD, _président_[306].
-
-
- NOTES:
-
- [287] Le texte porte: «... vingt-cinq...», par une erreur
- évidente.
-
- [288] Ces documents ne sont pas joints au registre.
-
- [289] A partir de cet endroit, jusqu'à la fin de la séance, le
- présent procès-verbal a déjà été édité par LACROIX, VII, 437-438.
-
- [290] LACROIX, VII, 437: «... de la section de [la
- Rue-]Beaubourg».
-
- [291] LACROIX, VII, 437: «... et exhibé leurs pouvoirs,...».
-
- [292] P. imp., in-8º de 8 p., Bib. nat., Lb{40} 2109 (TOURNEUX,
- nº 7884); texte édité par LACROIX, VII, 435-436.
-
- [293] LACROIX, VII, 437, a lu: «... encouragés...».
-
- [294] Sur cette question il y avait déjà eu plusieurs arrêtés de
- sections: en avril 1791 un arrêté de la section de l'Oratoire,
- et, le 12 juillet, un arrêté de la section de Mauconseil. (Voyez
- ci-dessus, pp. 35, 39 et 54-55.)
-
- [295] Il est évident, d'après le présent passage du procès-verbal
- de la section des Postes, qu'il y eut, au mois d'octobre
- 1791, une réunion de commissaires de sections pour discuter
- la question de la création de coupures d'assignats par les
- sections. Cette réunion, comme on le verra par la suite du
- présent procès-verbal, comprenait 26 sections. Elle avait été
- due, le présent texte l'indique également, à l'initiative de la
- section de Mauconseil (arrêté du 1er septembre), à la suite de
- laquelle les officiers municipaux de la Commune avaient présenté
- à l'Assemblée Constituante un mémoire sur l'émission multipliée
- des papiers monnaies, mémoire que le Corps municipal décida,
- le 14 octobre, de signaler à l'attention de la Législative
- nouvellement installée (LACROIX, VII, 202 et n. 3), ce qui eut
- lieu effectivement le 21 octobre (VII, 211). Le 20 octobre,
- la section de la Rue-Beaubourg prenait l'arrêté dont il vient
- d'être question (voyez ci-dessus, p. 74, à la n. 292). Enfin, le
- 25 octobre, avait lieu la présente Assemblée de la section des
- Postes.
-
- [296] Le texte semble porter «... uniques» ce qui serait une
- faute de copiste. J'ai adopté, avec LACROIX, VII, 438, la leçon:
- «... modiques...».
-
- [297] LACROIX, VII, 438: «... les paiements les plus modiques,
- et à ce qu'il fût nommé deux commissaires pour coopérer à sa
- confection si l'Assemblée l'accueille.»
-
- [298] LACROIX, VII, 438: «... les...».
-
- [299] LACROIX, VII, 438: «... de la section de Mauconseil...».
-
- [300] On trouvera cet arrêté dans LACROIX, 433-434 (pour la cote
- du document, voyez la note 1 de la p. 433).
-
- [301] Tout ce membre de phrase, depuis «3º», a été omis par
- LACROIX (VII, 438) qui s'en est servi pour modifier le texte un
- peu plus haut (voyez la note 297 ci-dessus). Il est évident que
- le présent membre de phrase doit être rejeté après les mots: «...
- ledit imprimé contenant en outre dix-neuf articles réglementaires
- dudit établissement et de son administration.»--Voici la suite
- des idées et la manière dont il conviendrait de rétablir le
- texte: 1º il a été fait lecture de la 1re partie d'une pétition
- de 65 citoyens relative à un plan d'échange d'assignats élaboré
- par une Assemblée de sections; 2º Il a été fait lecture de ce
- plan. 3º Il a été fait lecture de la fin de la pétition des 65
- citoyens, laquelle demandait qu'il fût délibéré sur ce plan et
- que l'Assemblée nommât deux commissaires pour l'exécuter si elle
- l'accueille.
-
- [302] Cet imprimé n'a pas été retrouvé par Lacroix (Voyez
- LACROIX, VII, 432-433.)
-
- [303] LACROIX, VII, 438: «... par leur remboursement,...».
-
- [304] Deux jours après la présente séance, le 27 octobre 1791,
- les citoyens composant la section des Postes présentaient à
- la Législative une pétition dans laquelle ils se plaignaient
- de la multiplicité des billets de confiance en circulation et
- déclaraient voir «avec la plus grande satisfaction que les
- sections réunies s'occupent, dans ce moment, des moyens de
- mettre en émission un papier unique...» La Législative renvoya
- la pétition à son Comité des assignats et monnaies (LACROIX,
- VII, 211-212). Cette pétition à la Législative, du 27 octobre,
- fut peut-être due aux citoyens qui avaient provoqué la séance
- de la section des Postes du 25 octobre.--D'autres sections que
- la section des Postes appuyèrent, après le 20 octobre (date de
- l'arrêté de la section de Beaubourg), l'initiative prise, le 1er
- septembre, par le Comité de la section de Mauconseil: Hôtel de
- Ville, 24 octobre, pétition présentée au Corps municipal le 29
- (LACROIX, VII, 241 et 432-433); Ile, 28 octobre (LACROIX, VII,
- 438-441); Tuileries, 28 octobre, présentée au Corps municipal, le
- 29 (LACROIX, VII, 441-444 et 421).--A la suite de ces différentes
- démarches de sections, le Corps municipal prit un arrêté relatif
- aux moyens de diminuer les billets de confiance en circulation
- (arrêté du 4 novembre 1791, LACROIX, VII, 537 et cf. 554-556);
- le 7 novembre, la section de la Place-Royale venait encore
- demander au Corps municipal la convocation de la Commune sur
- cette question (LACROIX, VII, 597); le 9 novembre, la section des
- Arcis lui présentait une pétition analogue (LACROIX, VII, 617 et
- 623-624). Enfin, le 16 novembre, huit sections parmi lesquelles
- celles de la Place-Royale et des Arcis renouvelaient cette
- démarche (d'après LACROIX, VII, 597, n. 4 et 623, n. 5).
-
- [305] Les mots: «de la section des Postes», ont été supprimés par
- LACROIX, VII, 438.
-
- [306] LACROIX, VII, 438: «_Signé_: J.-E. PICHARD, président; J.
- MARESCHAL, secrétaire.»
-
-
-
-
-VINGT-NEUVIÈME ASSEMBLÉE.--DU 8 NOVEMBRE 1791
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mardi huit novembre mil
-sept cent quatre-vingt-onze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, d'après
-l'ajournement arrêté à l'Assemblée du 20 octobre dernier.
-
-Et sur la pétition faite par cinquante-cinq citoyens [tendant] à ce
-qu'il fût statué sur la remise faite à la section des Postes par M.
-Légier, juge de paix de ladite section, de la somme de six cents livres
-faisant le quart de traitement qui lui est attribué;
-
-M. Légier a été nommé secrétaire au lieu et place de M. Mareschal.
-
-Il a été ensuite fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, du
-25 octobre dernier, lequel, s'étant trouvé conforme et personne n'ayant
-réclamé, a reçu la sanction.
-
-Les citoyens assemblés au nombre de cent, ainsi qu'il est constaté par
-la liste d'enregistrement annexée au présent, et le certificat de M. le
-président de ladite Assemblée[307].
-
-Il a été fait une motion d'ordre [tendant] à ce qu'à l'avenir toutes
-les Assemblées ne puissent avoir lieu sans qu'elles aient été affichées
-et proclamées. Sur cette motion, l'Assemblée a arrêté qu'ayant été déjà
-décidé[308] dans les précédentes Assemblées[309], il n'y avait pas
-lieu à délibérer et qu'en conséquence les précédents arrêtés seraient
-exécutés, et que M. le président aurait soin de tenir la main à leur
-exécution.
-
-Il a été question ensuite, de savoir quel sera le premier objet à
-l'ordre du jour; l'Assemblée consultée a décidé qu'il serait statué sur
-la pétition et l'emploi des six cents livres.
-
-Avant de statuer sur cet objet, il a été fait une motion tendant à ce
-que sur les six cents livres, il fût distrait une somme de deux cents
-livres pour tenir lieu de la perte de pareille somme que l'on avait
-éprouvée lors de l'échange des assignats par[310] le Comité de la
-section. Cette motion ayant été discutée, et l'Assemblée ainsi que le
-donataire ayant été consultés, il a été décidé à l'unanimité que cette
-somme serait remise à M. Dufour qui avait supporté cette perte.
-
-Il a été ensuite agité la question de savoir quel serait l'emploi
-des quatre cents livres restant; après diverses pétitions sur cet
-objet, l'Assemblée a arrêté que MM. Basty, Allavoine (_sic_), Régnard
-(_sic_)[311] et Légier seraient nommés commissaires, à l'effet de
-recevoir tous les mémoires qui leur seraient adressés par les différents
-citoyens de la section sur les mentions de zèle, de patriotisme et de
-vertu que l'on aurait pu faire d'eux, lesquels feraient ensemble, dans
-la quinzaine, rapport de tous les mémoires pour être par l'Assemblée
-statué, pour cette fois-ci seulement, sur le choix des huit citoyens
-qui auraient mérité le plus particulièrement cette reconnaissance de la
-part de leurs frères, et leur être distribué à chacun d'eux la somme
-de cinquante livres, moins comme un secours pécuniaire, que comme une
-couronne civique due à leur amour pour la patrie.
-
-Il a été ensuite fait[312] par M. Dévieux (_sic_), l'un des quatre
-commissaires nommés pour les subsistances, un rapport de toutes les
-démarches qu'ils avaient faites, soit vis-à-vis de la Municipalité,
-soit vis-à-vis du Département. Après ce rapport, l'Assemblée a entendu
-la lecture des différentes observations de la Municipalité et du
-Département[313].
-
-L'Assemblée a ensuite entendu la lecture du rapport fait par les
-administrateurs du département des subsistances au Corps municipal, et
-dont l'envoi avait été ordonné aux quarante-huit sections[314].
-
-Après quelques réflexions sur cet objet, M. le Président a levé
-l'Assemblée.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale des Postes[315] les jour et
-an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- J.-E. PICHARD, _président_[316].
-
-
- NOTES:
-
- [307] Ces pièces ne sont pas jointes au procès-verbal.
-
- [308] C'est-à-dire: «... que cette mesure ayant déjà été
- décidée...»
-
- [309] Arrêté du 6 avril; voyez ci-dessus, p. 25.
-
- [310] Le texte porte: _pour_; c'est évidemment: _par_, qu'il faut
- lire.
-
- [311] Il s'agit sans doute ici de _Renard_ Pierre, cotonnier,
- comme ci-dessus, p. 42 et n. 166.
-
- [312] A partir de cet endroit jusqu'à la fin de la séance, le
- présent procès-verbal a déjà été édité par LACROIX, VII, 492, qui
- supprime ici le mot: «... ensuite...».
-
- [313] C'est-à-dire (d'après LACROIX, VII, 492, n. 4): pour la
- Municipalité, l'arrêté du Corps municipal du 26 octobre (LACROIX,
- VII, 353-355), et, pour le Département, l'arrêté du Directoire du
- 31 octobre (LACROIX, VII, 496-498).
-
- [314] Il s'agit évidemment du rapport fait à la séance du Corps
- municipal du 31 octobre (voyez LACROIX, VII, 483 et 490-492).
-
- [315] LACROIX, VII, 492: «... en l'assemblée générale de la
- section des Postes.»
-
- [316] LACROIX, VII, 492: «_Signé_: J.-E. PICHARD, président; J.
- MARESCHAL.»
-
-
-
-
-TRENTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 4 FÉVRIER 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi quatre février
-mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-L'Assemblée, réunie sur la pétition de cinquante citoyens, et
-convoquée en la manière accoutumée, après avoir entendu le rapport
-de MM. Renard, Alavoine, Basté (_sic_)[317] et Légier, commissaires,
-sur l'objet qui avait été arrêté dans l'Assemblée du huit novembre
-dernier, relativement à la distribution des prix civiques a arrêté à
-l'unanimité qu'ils seraient distribués à MM. Roskop, Buisson, Duderé de
-la Borde, Légier, Duclos, Hagard, Le Roi, et Loutre, et qu'expédition du
-présent procès-verbal serait délivrée à chacun d'eux comme un hommage
-authentique de l'estime de leurs concitoyens.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section, les jour et an
-susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- J.-E. PICHARD, _président_.
-
-
- NOTE:
-
- [317] Il s'agit de BASTY dont on vient de voir le nom à la page 78.
-
-
-
-
-TRENTE ET UNIÈME ASSEMBLÉE.--DU 8 FÉVRIER 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi huit février
-mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes, convoquée en la
-manière accoutumée, et assemblée sur deux pétitions signées, l'une
-de cinquante citoyens, et l'autre de cinquante-deux, M. Deslauriers,
-président des Assemblées primaires, a été nommé président par
-acclamation et M. Desvieux, secrétaire.
-
-Il a été ensuite fait lecture des deux pétitions faisant le
-sujet de l'Assemblée, et tendant à délibérer sur un arrêté de la
-section du Palais-Royal du 31 janvier concernant les ci-devant
-gardes-françaises[318], et, en outre, pour prendre connaissance de
-réflexions soumises[319] à une précédente Assemblée par M. Lindet[320].
-Avant que de passer à l'ordre du jour, il a été fait lecture:
-
-1º D'une lettre de M. Desmousseaux, premier substitut du procureur de
-la Commune, adressée, le 4 du présent, au Comité de la section.
-
-2º D'un arrêté de la Municipalité, du 7 du même mois, tous deux en
-réponse à la demande faite par le Comité, au Corps municipal pour savoir
-s'il devait convoquer l'Assemblée, d'où il résulte que la Municipalité a
-cru ne devoir délibérer, attendu que les présidents des Comités, sont,
-au terme (_sic_) de la loi du 20 mai dernier, seuls juges[321] de la
-validité des demandes en convocation de sections, dès qu'elles leur sont
-faites.
-
-Pour mettre les citoyens à même de délibérer avec connaissance de cause,
-sur le premier sujet de la pétition, il a été demandé qu'il fût fait
-lecture de la délibération de la section du Palais-Royal du 31 janvier
-dernier[322]. L'exemplaire déposé au Comité ayant été envoyé à la
-Commune, et aucun membre n'ayant pu en communiquer d'autres, il a été
-sursis à la discussion de cet objet.
-
-Sur la demande d'un citoyen, il a été fait lecture d'une seconde
-délibération de la même section du premier de ce mois, relative à
-l'ordre de service des bataillons de la garde nationale[323]. Il a été
-décidé, le nombre des votants étant composé de cent dix citoyens qu'il
-n'y avait point lieu à délibérer sur l'article premier, sur le premier
-point de l'art. deux, sur l'art. trois, sur l'art. cinq, et sur l'art.
-six, et quant au second point de l'art. deux qui concerne les fonctions
-de l'adjudant, et à l'art. trois concernant la liste à former sur trois
-colonnes, l'Assemblée l'a pleinement adopté, et a arrêté que cette liste
-serait déposée au Comité militaire.
-
-Sur la demande d'un citoyen tendant à ce qu'il fût fait une pétition à
-l'Assemblée nationale pour obtenir que les juges de paix fussent chargés
-de prononcer l'amende encourue par les citoyens qui se refusent à faire
-leur service, l'Assemblée a nommé MM. Basty, Renard, Légier et Thévenin
-pour rédiger cette pétition et a ajourné la séance pour en faire la
-lecture.
-
-Il a été ensuite fait lecture: 1º d'une délibération de la section
-de l'Arsenal du 30 janvier dernier[324]; 2º d'un pareil arrêté de
-la section des Quinze-Vingts du 3 de ce mois[325], tendant l'une et
-l'autre à ce que les ci-devant gardes-françaises continuassent à
-être chargées du service de la garde de Paris, et notamment de la garde
-des poudres, l'Assemblée a unanimement adhéré à ces deux délibérations,
-excepté à l'article trois de celle de la section des Quinze-Vingts, où
-elle a déclaré qu'il n'y avait lieu à délibérer.
-
-Attendu la connaissance que l'Assemblée avait de la délibération de la
-section du Palais-Royal du 31 janvier dernier, relative aux ci-devant
-gardes-françaises, elle a adhéré à sa contenue (_sic_), et a ordonné
-qu'il en serait procuré un nouvel exemplaire.
-
-Etant dix heures sonnées, la séance a été levée, et l'Assemblée a
-renvoyé au premier jour la lecture des observations contenues au mémoire
-de M. Lindet[326].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale des Postes les jour et an susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- BOUSSAROQUE.
-
-
- NOTES:
-
- [318] Le régiment des gardes-françaises avait joué un rôle
- capital, dans les premiers temps de la Révolution, en refusant de
- tirer sur le peuple et en contribuant à la prise de la Bastille.
- Pour le récompenser la Commune de Paris le fit entrer dans la
- garde nationale soldée. Le 5 août 1791, la Constituante, à la
- suite d'un long rapport présenté, le 3 août, par de Menou,
- au nom des Comités militaire et de Constitution, décrétait
- la suppression de la garde nationale soldée parisienne avec
- laquelle il devait être formé trois régiments d'infanterie de
- ligne, deux bataillons d'infanterie légère et deux divisions de
- gendarmerie, l'une à pied, l'autre à cheval (voyez LACROIX, VI,
- 161-165). Mais l'ambition des gardes-françaises était de rester
- à Paris. Au début d'octobre des lettres anonymes circulaient
- parmi les compagnies du centre de la garde nationale (garde
- soldée) afin de provoquer un rassemblement de deux députés de
- chacune de ces compagnies; les officiers de l'état-major de la
- garde nationale firent arrêter neuf soldats de ces compagnies,
- sous l'inculpation d'avoir écrit ces lettres (poursuite signalée
- au procès-verbal de la séance du Corps municipal du 7 octobre,
- LACROIX, VII, 14-15). Le 14 octobre, la Législative recevait
- une pétition individuelle, signée de 98 citoyens de Paris,
- demandant le maintien à Paris, dans la garde nationale soldée,
- des anciens gardes-françaises (voyez le texte de cette pétition
- dans LACROIX, VII, 47-48). Vers la même époque la Législative
- entendait la lecture d'une autre pétition individuelle, rédigée
- dans le même esprit (texte dans LACROIX, VII, 49-50). Enfin, le
- 14 octobre également, à la suite d'un long discours de Vincent,
- la section du Théâtre-Français décidait d'intervenir dans le même
- sens (arrêtés des 14 et 17 octobre), et, en effet, le 23, elle
- présentait à son tour une pétition à l'Assemblée nationale en
- faveur du maintien à Paris des ci-devant gardes-françaises (voyez
- LACROIX, VII, 50-56). L'exemple de la section du Théâtre-Français
- fut suivi par un certain nombre d'autres sections: Lombards,
- Gravilliers, Notre-Dame, l'Isle, Mauconseil et (cf. LACROIX,
- VII, 432) Quinze-Vingts. D'autre part, le 6 novembre, aux
- Jacobins la société fraternelle des Cordeliers et la section
- des Thermes-de-Julien venaient annoncer pour le lendemain une
- pétition à la Législative en faveur des gardes-françaises et, le
- 7 novembre, cette pétition était présentée, au nom d'un certain
- nombre de «représentants du club des Cordeliers», à l'Assemblée
- nationale qui entendait successivement: des observations hostiles
- à la pétition faites par l'ancien major de la garde nationale,
- de Gouvion, la pétition elle-même, et enfin le rapport du Comité
- militaire; après quoi l'Assemblée décidait de maintenir le décret
- du 5 août précédent (LACROIX, VII, 559-564).
-
- Le décret du 7 novembre 1791 arrêta pendant quelques semaines le
- mouvement en faveur du maintien à Paris des gardes-françaises.
- Mais, à la fin de décembre, un certain nombre de membres du club
- des Cordeliers, qui se réunissaient dans une nouvelle salle,
- rue de la Vieille-Monnaie, sur le territoire de la section des
- Lombards, présentaient une nouvelle pétition à l'Assemblée
- nationale dans sa séance du 1er janvier 1792. La pétition ayant
- été renvoyée sans débats au Comité militaire, le soir même, le
- club des Cordeliers de la rue de la Vieille-Monnaie nommait deux
- commissaires pour s'occuper activement de l'affaire (LACROIX,
- VII, 564-567). La pétition des Cordeliers de la Vieille-Monnaie,
- présentée le 1er janvier 1792 à la Législative et qui a été
- publiée par LACROIX, VII, 565-566, est signalée dans une pièce
- autographe de Chaumette (Arch. nat., T. 604{2}, l. 9, p. 8, voyez
- mes _Papiers de Chaumette_, p. 60).
-
- Les sections recommencèrent à pétitionner en faveur des ci-devant
- gardes-françaises et réclamèrent la convocation de la Commune
- dans ses 48 sections pour délibérer sur cette question. Le
- signal des délibérations des sections fut donné, le 30 janvier,
- par la publication, dans le nº de ce jour du _Courrier des 83
- départements_ (pp. 470 à 474), d'un long article intitulé:
- «Adieux des gardes-françaises aux 48 sections de Paris.» Les
- gardes-françaises se plaignent dans cet article, sur un ton
- mélodramatique, d'être abandonnés de tous, et, après avoir
- énuméré les «crimes» que leur reprochent les aristocrates, ils
- accusent les Jacobins de les avoir abandonnés et remercient la
- section des Quinze-Vingts de les avoir soutenus. Le reproche
- fait par les gardes-françaises aux Jacobins n'était plus mérité
- depuis quelques jours; une note du journal en avertit en ces
- termes le lecteur: «Depuis que ces adieux nous ont été adressés,
- la Société des Amis de la Constitution a parlé.» En effet, les
- 25 et 26 janvier, les Jacobins s'occupaient de l'affaire des
- gardes-françaises, à ce moment pendante devant la Législative
- (voyez TUETEY, t. VI, nº 1278), et, le 26 janvier, Danton
- déclarait à la tribune de la Société des Amis de la Constitution:
- «Il faut que les citoyens fassent une insurrection d'opinion en
- faveur des gardes-françaises; il faut qu'ils soient rappelés
- au centre des bataillons...» (voyez AULARD, _La Société des
- Jacobins_, t. III, pp. 340-345).
-
- Sous l'impulsion de la Société des Jacobins, qui venait ainsi
- en aide aux Cordeliers de la Vieille-Monnaie, les sections se
- réunirent de nouveau. Le 30 janvier, la section du Ponceau se
- réunissait, sur la pétition de plus de cinquante citoyens actifs;
- devant près de 200 citoyens un membre rappelait les hauts faits
- des gardes-françaises et, à sa demande, l'Assemblée arrêtait
- «à l'entière unanimité», de proposer aux autres sections de
- réclamer la convocation générale de la Commune, pour rédiger une
- pétition à la Législative «sur cet objet important». La section
- du Ponceau fit imprimer son arrêté du 30 janvier et le communiqua
- aux autres sections (p. imp., in-4º, Bib. de la Ville de Paris,
- recueil factice 10065* in-4º). Le même jour, 30 janvier, la
- section de l'Arsenal prenait, elle aussi, une délibération en
- faveur des ci-devant gardes-françaises (voyez plus loin p. 83, à
- la note 324). Le 31 janvier, la section du Palais-Royal adoptait
- une décision analogue (c'est celle dont il est question dans le
- présent procès-verbal de la section des Postes; on en trouvera le
- texte ci-dessous, à la note 322 de la page 82).
-
- [319] Le texte porte: «... de réflection soumise...».
-
- [320] Ce nom ne figure pas dans les précédents procès-verbaux. Je
- n'ai pu savoir de quoi il est question ici.
-
- [321] Dans le texte original le mot «sont» est répété par
- l'inadvertance du copiste: «... sont, aux termes de la loi du 20
- mai dernier, sont seuls juges...»
-
- [322] Voici le texte de cet arrêté de la section du Palais-Royal,
- du 31 janvier 1792, d'après les _Annales patriotiques_ du 4
- février, p. 152:
-
- SECTION DU PALAIS-ROYAL.--_EXTRAIT des registres de ses
- procès-verbaux, du 31 janvier 1792 l'an 4e de la Liberté._
-
- L'Assemblée générale de la section du Palais-Royal, légalement
- convoquée pour délibérer sur le sort des ci-devant Gardes
- Françaises et de tous les autres soldats des différents corps, qui
- se sont réunis aux citoyens de Paris, lors de la Révolution, pour
- les aider à triompher des efforts du despotisme, de ces braves
- militaires qui ont si bien mérité de la patrie, envers lesquels la
- reconnaissance avait porté toutes les sections de la capitale à
- s'engager par serment à ne jamais les abandonner;
-
- Considérant que c'est avec la plus grande douleur et une vive
- inquiétude qu'elle s'aperçoit depuis longtemps des manoeuvres
- sourdes employées non seulement contre ces soldats-citoyens pour
- les punir de leur patriotisme, mais encore contre les habitants
- de Paris, en éloignant de son sein ces généreux soutiens de la
- liberté, et en livrant les habitants eux-mêmes à des troupes
- entièrement dans les mains du pouvoir exécutif qui, d'un instant à
- l'autre, peut subjuguer la capitale;
-
- Considérant qu'il est de l'intérêt des sections de se réunir
- le plus tôt possible pour la sûreté publique et la police
- municipale, à l'effet d'obtenir l'éloignement des troupes de ligne
- nouvellement formées, c'est-à-dire des _trois régiments, des deux
- bataillons d'infanterie légère et d'une partie de la gendarmerie
- à pied et à cheval_, et de rappeler dans leur sein leurs braves
- frères d'armes, les ci-devant gardes-françaises et tous les
- soldats des divers régiments qui ont suivi leur exemple, pour être
- réintégrés dans les bataillons des gardes nationales volontaires,
- comme ils le furent dès l'origine;
-
- Arrête en conséquence que la présente délibération sera imprimée
- et communiquée par ses commissaires aux quarante-sept autres
- sections, à l'effet de les inviter à y adhérer et à concourir
- avec elle à la demande de la convocation générale de la Commune
- de Paris, pour délibérer de concert sur cet objet et porter
- à l'Assemblée nationale le voeu unanime des citoyens de la
- capitale par l'organe de son maire.
-
- L'Assemblée a nommé des commissaires vers les quarante-sept
- autres sections.
-
- _Signé_: E.-J.-B. MAILLARD, président,
- HION, secrétaire.
-
-
- [323] Je n'ai pu retrouver cet autre arrêté de la section du
- Palais-Royal.
-
- [324] Je n'ai pas trouvé cette délibération.
-
- [325] En voici le texte d'après l'exemplaire imprimé qui se
- trouve à la Bibliothèque de la Ville de Paris, recueil factice
- 10065* in-4º:
-
- ARRÊTÉ DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SECTION DES
- QUINZE-VINGTS, CI-DEVANT DES ENFANTS-TROUVÉS,
-
- _Composée des citoyens du Bataillon._
-
- Le 3 février 1792, l'an 4e de la liberté, l'Assemblée générale
- de la section des Quinze-Vingts ci-devant des Enfants-Trouvés,
- composée du bataillon, s'est occupée des objets ci-après:
-
- I. Elle adhère à tous les arrêtés des autres sections qui
- réclament justice pour les gardes-françaises et autres, opprimés
- par leur patriotisme. Elle ne conçoit pas comment des hommes
- qui n'ont conquis la liberté qu'à l'aide du courage de ces
- braves soldats, peuvent se laisser enduire (_sic_) en erreur
- par l'aristocratie de l'état-major, au point de voir exercer
- l'ingratitude sans aider leurs frères d'armes à résister à une
- pareille oppression en demandant à l'Assemblée nationale justice
- pour les uns et punition pour les autres.
-
- II. Elle observe que, malgré les réclamations déjà faites, la
- gendarmerie est en possession de la garde du trésor national, sans
- y être en concurrence avec la garde nationale, que les intentions
- des chefs qui la privent de garder ce poste, ne peuvent être
- regardées que comme une erreur ou une perfidie, contre laquelle le
- bataillon prétend se mettre en garde, en invitant ses frères des
- autres bataillons à en faire autant.
-
- III. Que la garde des poudres est de même confiée à des
- canonniers soldats sans y être en concurrence avec la garde non
- soldée; que les douze canons des grenadiers sont remis au magasin
- des cartouches à l'Arsenal; qu'il y a le plus grand danger à ne
- pas prendre des précautions pour ce parc d'artillerie; qu'il est
- nécessaire de l'entourer de murs de manière à ce qu'il soit joint
- au magasin à poudre, et que les voisins privilégiés qui ont des
- portes qui donnent sur l'Arsenal, ne les aient plus, afin qu'il
- n'y ait qu'une seule entrée par la porte cochère de la maison
- occupée par M. Clouet, que de même l'état des poudres et armes que
- l'on garde dans le magasin, soit affiché dans le corps de garde,
- afin que chaque citoyen connaisse du moins l'objet précieux qu'il
- garde. Car dans l'état des choses, ce dépôt n'est pas assez assuré.
-
- IV. Les citoyens du bataillon ne voient pas sans peine que la
- garde du pouvoir législatif n'est pas ordonnée comme celle du
- pouvoir exécutif; en conséquence ils invitent leurs frères d'armes
- à réclamer avec eux de monter avec leurs drapeaux et canons
- et deux commandants de bataillon, dont l'un semainier, comme
- d'ordinaire, et qui ne passeroit pas la nuit, et l'autre montant
- la garde tous les jours, et pour y passer la nuit: ce qui peut
- facilement se faire, le nombre de commandants étant double. Ce
- dernier article, non moins précieux que les autres, non seulement
- à cause de la sûreté de l'Assemblée nationale, mais encore à cause
- de la majesté et du respect que l'on doit inspirer pour le Corps
- législatif, doit aussi être réclamé par tous les bataillons comme
- un devoir indispensable.
-
- L'Assemblée invite tous les soldats citoyens à adhérer aux
- objets contenus dans ce présent, et de faire en sorte qu'ils aient
- leur pleine et entière exécution, soit en émettant leurs voeux
- en Assemblée générale, soit en Comité de discipline, ou enfin par
- une pétition individuelle.
-
- Décide que le présent arrêté sera envoyé à l'Assemblée
- nationale, à toutes les sections et bataillons du département et à
- la Municipalité.
-
- Pour copie conforme:
- RENET, _secrétaire-greffier_.
-
- De l'imprimerie de MOMORO.
-
- [326] Il n'est plus question de cette affaire au présent
- procès-verbal de la section des Postes.
-
-
-
-
-TRENTE-DEUXIÈME ASSEMBLÉE.--DU MARDI 13 MARS 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mardi treize mars mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens actifs de la section des Postes régulièrement convoqués
-en la manière accoutumée et assemblés au lieu ordinaire des séances
-de la section, en vertu de l'arrêté de la Commune du cinq
-de ce mois[327], à l'effet de délibérer sur le sort des anciens
-gardes-françaises et autres ci-devant gardes nationaux soldés de
-la ville de Paris; il a été fait lecture de l'arrêté de la Commune
-ci-dessus relaté.
-
-M. Boussaroque, président du Comité de la section, a été unanimement
-proclamé président de l'Assemblée. M. Mareschal, secrétaire-greffier, a
-été également proclamé secrétaire de ladite Assemblée.
-
-Un citoyen[328] ayant demandé que les Assemblées de la section fussent
-publiques, et qu'à cet effet elles fussent dorénavant tenues dans la
-chapelle [de] la Vierge, l'Assemblée consultée sur cette demande, il a
-été décidé à la majorité, que l'on passerait à l'ordre du jour[329].
-
-M. le Président s'étant assuré que l'Assemblée était composée de plus
-de cent citoyens actifs, il a été fait lecture du procès-verbal de la
-séance du 1er février dernier, lequel a reçu la sanction.
-
-Il a ensuite été fait lecture de la délibération de la section du
-Palais-Royal du 31 janvier dernier[330] relatif (_sic_) à l'ordre du
-jour.
-
-Plusieurs citoyens ayant demandé et obtenu la parole et après la
-discussion la plus mûre, il a été arrêté à la majorité: 1º Que les
-ci-devant gardes-françaises et tous autres soldats de divers corps
-qui ont si bien servi la chose publique depuis le commencement de la
-Révolution, et qui étaient répartis dans les soixante bataillons de
-la garde nationale, seraient rappelés dans le sein de la capitale;
-
-2º Que ces braves défenseurs, nos frères d'armes, seraient de nouveau
-répartis en soixante compagnies de cinquante hommes, dont une serait
-attachée à chaque bataillon de la garde nationale, et feraient leur
-service, avec les marques distinctives que la ville de Paris leur a
-accordées, conjointement avec les soldats volontaires, sous les ordres
-des commandants de bataillon, et des officiers qui leur seraient nommés
-parmi les citoyens, et que, dans le cas où le nombre de ces braves
-défenseurs ne serait pas suffisant pour former les soixante compagnies
-demandées, il en fût au moins composé dix qui seraient placées à la tête
-de chaque légion;
-
-3º Enfin, que l'Assemblée nationale législative serait priée, décrétant
-les articles ci-dessus, de décréter en même temps qu'il leur sera
-accordé par le trésor national une solde suffisante et proportionnée aux
-signalés services par eux rendus.
-
-M. Desvieux a été unanimement nommé pour porter à la Municipalité
-l'extrait de la présente délibération.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits.
-
- J. MARESCHAL.
-
- BOUSSAROQUE, _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [327] Il est question, dans les termes suivants, de l'arrêté
- du Corps municipal du 5 mars 1792 convoquant les sections
- pour l'affaire des gardes-françaises, dans le supplément nº
- 26 du _Journal de Paris_ (supplément au nº du 9 mars 1792):
- «_Municipalité de Paris, du lundi 5 mars 1792, l'an 4e de la
- liberté_.--Le Corps municipal convoque les 48 sections pour mardi
- prochain 13, à 3 heures après-midi, à l'effet de délibérer,
- conformément au voeu des différentes sections soumis à la
- Municipalité, sur les demandes et propositions relatives aux
- anciens gardes-françaises et autres ci-devant gardes nationaux
- soldés de la Ville de Paris.» L'arrêté du Corps municipal, qui
- a été imprimé à l'époque en un in-8º de 2 pages, figure dans la
- _Bibliographie_ de M. TOURNEUX, sous le nº 6051 (cote oubliée).
-
- [328] Le texte portait primitivement ces mots, qui ont été
- barrés, mais sont encore très lisibles: «M. David, l'un des
- citoyens...».
-
- [329] Voici la première fois que nous rencontrons dans le
- présent registre la proposition de rendre les séances publiques,
- c'est-à-dire de laisser les citoyens passifs assister aux
- délibérations de l'Assemblée générale des citoyens actifs. La
- proposition, on le voit par le présent procès-verbal, était
- encore prématurée, au mois de mars 1792.
-
- [330] Voyez ce texte ci-dessus, p. 82, n. 322.
-
-
-
-
-TRENTE-TROISIÈME ASSEMBLÉE.--DU LUNDI 2 AVRIL 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi deux avril mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens actifs de la section des Postes, régulièrement convoqués,
-sur la pétition de soixante-seize citoyen actifs, et réunis au nombre de
-cent huit.
-
-Le Président du Comité a fait lecture de la pétition qui avait pour
-objet de délibérer sur les moyens que la Commune de Paris pourra
-employer pour reconnaître les obligations que les citoyens de la
-capitale ont aux braves soldats de Châteauvieux[331], en ce que,
-lorsqu'ils étaient campés, au Champ de Mars en 1789, ils refusèrent
-d'obéir aux ordres sanguinaires de leurs chefs, qui exigeaient
-d'eux de tremper leurs mains dans le sang des Parisiens, et de dissoudre
-l'Assemblée nationale à main armée[332].
-
-Le Président du Comité a invité l'Assemblée à se nommer un président
-et un secrétaire; l'Assemblée a unanimement nommé pour président de
-l'Assemblée M. Boussaroque, président du Comité et M. Barré le jeune,
-pour secrétaire.
-
-Il a été fait lecture de la délibération du Conseil général de la
-Commune, du 24 mars dernier, sur cet objet, et de la pétition y
-jointe[333].
-
-La matière mise en délibération, plusieurs citoyens ayant obtenu la
-parole, l'Assemblée ayant décidé par assis et levé que la discussion
-était suffisamment éclairée, qu'elle désirait qu'elle fût fermée;
-elle a, de suite, adopté la proposition, faite par un de ses membres,
-tendant à ce que les citoyens qui seraient disposés à donner des secours
-aux soldats de Châteauvieux passassent au bureau pour y contribuer de
-ce qu'il leur plairait[334], et que sur l'objet d'une fête civique il
-demandait la question préalable.
-
-L'Assemblée, à la grande majorité, ayant adopté cette proposition,
-nombre de citoyens ont mis leur offrande sur le bureau, laquelle s'est
-montée à soixante une livres dix sols.
-
-L'Assemblée a arrêté que copie de sa délibération serait envoyée aux 47
-autres sections[335], et la séance a été levée[336].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
-susdits.
-
- BOUSSAROQUE, _président_.
-
- J. MARESCHAL.
-
-
- NOTES:
-
- [331] Le régiment suisse de Châteauvieux s'était révolté contre
- ses chefs, au mois d'août 1790 à Nancy, et la répression de cette
- insurrection par l'armée de Bouillé, le 31 de ce mois, avait
- entraîné une véritable bataille dans les rues de la ville. Le
- conseil de guerre réuni à la suite de cette grave rébellion avait
- condamné 9 soldats à être fusillés, et 40 autres à 30 ans de
- galères. Les premiers furent exécutés immédiatement, les seconds
- envoyés à Brest pour accomplir leur peine. Mais le 14 septembre
- 1791, à la suite de l'acceptation de la Constitution par le roi,
- une amnistie générale ayant été accordée pour tous les faits
- relatifs à la Révolution, la question se posa de savoir si les
- 40 Suisses de Châteauvieux emprisonnés à Brest y avaient droit.
- Bien que les cantons suisses eussent formellement demandé le
- maintien aux galères de leurs nationaux, la Législative décréta,
- le 31 décembre 1791, que les 40 Suisses de Châteauvieux seraient
- compris dans l'amnistie. Ce décret fut sanctionné par le roi le
- 12 février 1792. Aussitôt on ouvrit à Paris une souscription pour
- subvenir aux premiers besoins des prisonniers dès qu'ils seraient
- libérés. La famille royale elle-même se fit inscrire. La liste
- des souscripteurs fut transmise, le 4 mars, aux Jacobins. Mais, à
- ce moment, Collot d'Herbois prépara un projet de fête patriotique
- en l'honneur du retour des Suisses de Châteauvieux, en donnant
- à ce projet un caractère politique marqué: ainsi, il devait y
- avoir des bas-reliefs représentant «les événements où le sang
- des patriotes avait coulé: Nancy, Vincennes, La Chapelle et le
- Champ-de-Mars». La publication de ce _Projet d'ordre et marche
- de l'entrée triomphale des martyrs de la liberté du régiment de
- Châteauvieux dans la ville de Paris_ indigna les royalistes qui
- ne voulurent plus de la fête. Pendant ce temps ses organisateurs
- invitaient les représentants de la Commune à y assister, et,
- le 24 mars, le Conseil général décidait de se rendre à ladite
- invitation (voyez ci-dessous).
-
- [332] Le régiment de Châteauvieux était à Paris en 1789 avant
- d'être envoyé à Nancy; c'est sa résistance aux ordres donnés de
- tirer sur le peuple, ainsi que celle des gardes-françaises, qui
- rendit possibles les premiers succès de la Révolution.
-
- [333] Voici ces deux pièces, d'après l'_Auditeur national_ du 29
- mars 1792, p. 6:
-
- PARIS
-
- On a vu dans le projet de fête civique proposé pour la réception
- des soldats du régiment de Châteauvieux, que nous avons rapporté
- hier, que les officiers municipaux de la ville de Paris doivent
- assister à cette fête; voici à cet égard l'arrêté prit par le
- Conseil général, ainsi que la pétition qui y a donné lieu:
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général de la
- Commune de Paris._
-
- Le Conseil général, après avoir entendu le Procureur de la
- Commune, arrête qu'il se rendra à l'invitation qui lui est faite
- par plusieurs citoyens, d'assister à la fête que le patriotisme et
- la reconnaissance préparent aux soldats de Châteauvieux; arrête
- en outre que la pétition qui lui a été présentée à cet égard
- dans la séance de ce jour, et dont la teneur suit, sera, ainsi
- que le présent arrêté, imprimée et renvoyée aux quarante-huit
- sections. (_Signé_): PÉTION, maire; ROYER, secrétaire-greffier
- adjoint.
-
- _Pétition présentée au Conseil général de la Commune de Paris._
-
- Monsieur le maire, Messieurs, dans quelques jours nous
- posséderons au milieu de nous nos frères les soldats de
- Châteauvieux; leurs fers sont tombés à la voix de l'Assemblée
- nationale; leurs persécuteurs sont échappés au glaive de la loi,
- mais non pas à l'ignominie. Bientôt ces soldats généreux reverront
- le Champ de Mars où leur résistance au despotisme a préparé ce
- règne de la loi; bientôt ils embrasseront leurs frères d'armes,
- ces braves gardes-françaises dont ils ont partagé la désobéissance
- héroïque.
-
- Une bienfaisance fraternelle et des honneurs éminents
- acquitteront, envers les soldats de Châteauvieux, la dette que la
- patrie a contractée. Ainsi les efforts du civisme seront à jamais
- encouragés. Cette fête touchante sera partout l'effroi des tyrans,
- l'espoir et la consolation des patriotes; ainsi nous prouverons
- à l'Europe que le peuple n'est pas ingrat comme les despotes et
- qu'une nation devenue libre sait récompenser les soutiens de la
- liberté, comme elle sait frapper les conspirateurs jusque sur les
- marches du trône.
-
- De nombreux citoyens nous ont chargés, auprès de vous, d'une
- mission que nous remplissons avec confiance et avec joie. Ils
- vous invitent, par notre voix, à être témoins de cette fête que
- le civisme et les beaux-arts vont rendre importante et mémorable.
- Que les magistrats du peuple consacrent, par leur présence, le
- triomphe des martyrs de la cause du peuple; ils ont conservé dans
- les fers cette liberté intérieure et morale que tous les rois ne
- peuvent ravir. La patrie a gravé sur leurs chaînes le serment _de
- vivre libre ou de mourir_, comme elle l'a gravé sur les épées et
- sur les piques nationales, comme elle l'a gravé dans vos coeurs,
- dans les nôtres et dans ceux de tous les vrais Français.
-
- (_Signé_): Marie-Joseph CHÉNIER, THÉROIGNE, DAVID, HION, etc...
-
- Certifié conforme à la minute déposée au secrétariat de la
- municipalité.
- (_Signé_): ROYER, secrétaire-greffier adjoint.
-
- Ces deux pièces furent imprimées à l'époque en un in-8º, de 4
- pages, dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque de la Ville
- de Paris, recueil factice 10073* (TOURNEUX, nº 6058).
-
- [334] Plusieurs sections de Paris, d'après les _Annales
- patriotiques_ du 16 mars, p. 339, avaient déjà, à l'exemple de la
- section des Tuileries, initiatrice de ce mouvement, ouvert une
- souscription au profit des Suisses de Châteauvieux.
-
- [335] Le présent arrêté de la section des Postes pour l'ouverture
- d'une collecte en l'honneur des soldats de Châteauvieux fut même
- imprimé en un in-8º de 3 p. dont il existait un exemplaire à la
- Bib. de la Ville de Paris, rec. fac. 10065* in-8º (TOURNEUX, nº
- 8742). Je ne puis malheureusement reproduire ici le texte de
- cette pièce, que l'on n'a pu me communiquer.
-
- [336] Deux semaines plus tard, le 15 avril 1792, la fête projetée
- en l'honneur des Suisses de Châteauvieux, avait lieu en grande
- pompe, à la suite d'un nouvel arrêté du Corps municipal du 11
- avril.--Parmi les plus zélés partisans du projet de fête civique
- en l'honneur des Suisses de Châteauvieux se trouvait le sieur
- Buirette-Verrières dont il sera question ci-après (voyez p.
- 111, n. 372), à l'occasion d'une autre affaire en cours à cette
- époque, celle de la réintégration des ci-devant gardes-françaises
- dans la garde nationale soldée. Buirette-Verrières, qui était
- déjà l'avocat attitré des gardes-françaises, voulut être
- aussi celui des Suisses de Châteauvieux. Voici à ce sujet une
- information que je relève dans un journal royaliste: _Assemblée
- nationale, corps administratifs et nouvelles politiques et
- littéraires de l'Europe_, nº 200, du 18 avril 1792, p. 141:
-
- Il était naturel que ceux qui n'ont vu dans la délivrance
- des soldats de Châteauvieux qu'un motif de calomnier M. de La
- Fayette et d'ériger en triomphe l'insurrection et la révolte,
- se déclarassent les apologistes des soldats réfractaires, jugés
- légalement par le Conseil de guerre. Le sieur Verrières, ce membre
- connu du Club des Cordeliers, intime ami des Fréron, des Marat
- et des Legendre, vient de faire afficher, à la guérite de tous
- les corps de garde, un placard par lequel il invite tous ces
- soldats condamnés par leurs pairs, à revenir, déclarant qu'il
- est prêt à être leur défenseur officieux, et qu'il a conservé
- pour eux quelques feuillets dans le martyrologe des défenseurs
- de la liberté; que le sieur Verrières, profitant des avantages
- de l'amnistie, s'applaudisse tant qu'il voudra d'avoir échappé à
- l'inflexible rigueur de la loi; mais qu'il ose ériger des autels
- à la révolte la plus caractérisée, qu'il appelle la bienveillance
- publique sur des têtes jugées coupables, c'est, nous osons le
- dire, insulter aux droits de la justice, fomenter l'esprit de
- l'insubordination et blasphémer la liberté que des factieux
- cherchent à faire haïr par le comble du délire et de l'audace. On
- assure avoir vu relever une sentinelle à l'abbaye Saint-Germain,
- qui a reçu la consigne de faire respecter cette affiche. Il n'est
- pas croyable qu'un ordre aussi contraire à l'ordre public et à
- la loi soit émané du commandant général dont l'attachement aux
- principes de la Constitution est connu. Il est à présumer qu'il
- n'en a aucune connaissance.
-
- La fête des Suisses de Châteauvieux, célébrée le 15 avril 1792,
- donna lieu, le jour même, à une protestation de la part des
- citoyens de la section de l'Isle: _Adresse aux Français_, imp.
- in-4º de 4 p., Arch. nat., collection Rondonneau, ADXVI 69, p. 36.
-
-
-
-
-TRENTE-QUATRIÈME ASSEMBLÉE.--DU LUNDI 16 AVRIL 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi seize avril mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens actifs de la section des Postes régulièrement convoqués
-en la manière accoutumée et assemblés pour entendre le rapport des
-commissaires nommés par les quarante-huit sections pour procéder à la
-Maison Commune au recensement du voeu des sections consigné dans
-leur délibération prise en leur Assemblée générale, le treize mars
-dernier, d'après la convocation de la Commune au sujet des anciens
-gardes-françaises et autres ci-devant gardes nationaux soldés de la
-ville de Paris;
-
-M. Boussaroque, président du Comité, et M. Mareschal,
-secrétaire-greffier, ont rempli les fonctions de président et
-secrétaire, cette Assemblée étant une suite de celle du 13 mars, pour
-laquelle ils avaient été nommés.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée du 2 de
-ce mois, lequel étant conforme a reçu la sanction.
-
-M. Desvieux, commissaire recenseur nommé en l'Assemblée du 13 mars
-dernier a ensuite fait lecture du rapport contenant le recensement du
-voeu des sections, relatif à l'ordre du jour[337]. Le nombre des
-votants présents d'après la liste d'enregistrement étant de plus de cent.
-
-D'après cette lecture la matière a été mise à la discussion, après que
-plusieurs citoyens ont demandé et obtenu la parole sur le résultat
-du recensement. M. Desvieux a été invité à faire la lecture du mode
-de réintégration préparé par les commissaires réunis, nommés par les
-sections[338]. Après cette lecture, sur la proposition faite par un
-citoyen et qui a été adoptée à la majorité, il a été arrêté que ce mode
-de réintégration serait confié à des commissaires pour faire le rapport
-de leurs observations lundi prochain, jour auquel l'Assemblée s'est
-ajournée.
-
-Le nombre des commissaires a été fixé à six, et de suite ont été nommés
-commissaires, par acclamation, MM. Légier, Renaud, Renard, Chaudot,
-notaire[339], Thomas et Michel Michel.
-
-MM. Renaud et Thomas ayant observé que leurs occupations ne leur
-permettaient pas d'accepter cette mission, il a été nommé à leur place
-MM. Basty et Frosté[340] et MM. les six commissaires ci-dessus nommés,
-ont été invités à se réunir mercredi prochain à 4 heures de relevée chez
-M. Légier, juge de paix, l'un des commissaires.
-
-La séance a été levée à 9 heures et un quart. Fait et arrêté en
-l'Assemblée générale de la section des Postes, les jour et an
-susdits[341].
-
-
- NOTES:
-
- [337] A la suite de la délibération des Assemblées générales des
- sections, en date du 13 mars, les commissaires des 8 sections
- s'étaient réunis à l'Hôtel de Ville pour procéder au recensement
- du voeu de ces sections, et l'on a vu que celle des Postes
- avait nommé Desvieux pour la représenter à cette Assemblée. Les
- commissaires réunis publièrent, le 23 mars, un imprimé intitulé:
- _Municipalité de Paris. Procès-verbal des commissaires des
- sections nommés pour constater le résultat de leurs délibérations
- sur le sort des anciens gardes-françaises et autres ci-devant
- gardes nationaux soldés de la ville de Paris_, p. imp., in-4º de
- 11 p.; Bib. de la Ville de Paris, rec. fac. 10073* (TOURNEUX, nº
- 6899). C'est de cette pièce qu'il est question ici.
-
- [338] Ce mode de réintégration préparé par les commissaires de
- sections fut également imprimé, en format in-8º, et on trouvera
- un exemplaire de cette pièce à la Bib. de la Ville de Paris,
- recueil factice 4771* in-8º.--Le 9 avril, Buirette-Verrières
- faisait également un plan de réintégration des gardes-françaises
- dans la garde nationale parisienne (p. imp., Arch. nat, F{7} 4622
- (papiers de Buirette-Verrières), TUETEY, t. VI, nº 1283.)
-
- [339] CHAUDOT Vincent-Jean-Baptiste, ancien électeur de 1789,
- électeur de la section, 40 ans, rue Plâtrière, 24.
-
- [340] Commissaire de police. Sébastien FROSTÉ, ancien procureur,
- rue du Four, nº 3 (d'après l'_Almanach général du département de
- Paris, pour l'année 1791_).
-
- [341] A partir de la présente séance les procès-verbaux ne sont
- plus signés.
-
-
-
-
-TRENTE-CINQUIÈME ASSEMBLÉE.--DU MARDI 17 AVRIL 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mardi dix-sept avril mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté[342]._
-
-
-Les citoyens de la section des Postes, convoqués en la manière
-accoutumée et assemblés[343] sur deux pétitions, l'une signée de
-cinquante-deux citoyens, et l'autre de cinquante-trois.
-
-M. Boussaroque, président du Comité, et M. Mareschal,
-secrétaire-greffier de la section, ont été nommés par acclamation
-président et secrétaire.
-
-M. le Président s'étant assuré par[344] la liste d'enregistrement que
-le nombre des citoyens présents était de cent dix [et][345] que
-par conséquent, conformément à la loi, l'Assemblée était en état de
-délibérer;
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, du jour
-d'hier, lequel a été adopté.
-
-L'Assemblée, consultée par M. le Président pour savoir quelle serait
-la première pétition qui serait lue, d'après le voeu manifesté
-unanimement, il a été adopté qu'on s'occuperait en premier lieu de la
-pétition signée de cinquante-trois citoyens sur la question de savoir
-si le Conseil général de la Commune peut se permettre de faire ôter de
-la Maison Commune, les bustes de MM. Bailly et La Fayette[346], sans
-attendre le décret que l'Assemblée nationale doit rendre, d'après
-le rapport du Comité d'instruction publique sur les honneurs à
-rendre aux hommes vivants qui auront bien mérité de la Patrie[347].
-
-D'après cet arrêté, il a été fait lecture: 1º de cette pétition; 2º
-d'une délibération de la section de la Fontaine-de-Grenelle, du 27 mars
-dernier, relative en partie à l'ordre du jour[348]; 3º d'une
-pareille délibération de la section de l'Isle du quinze de ce mois,
-aussi relative, à cet objet[349].
-
-Ces lectures faites[350], la matière a été livrée à la discussion,
-et[351], après que plusieurs citoyens ont eu demandé et obtenu la
-parole et après qu'il a été fait lecture par un citoyen d'une série
-d'observations à faire au Conseil général de la Commune, il a été
-arrêté, à l'unanimité: 1º que la section adhère à la délibération de
-la section de l'Isle du 15 de ce mois dans tout son contenu; 2º que
-les[352] observations dont il a été fait lecture ainsi que la présente
-délibération[353] seront[354] portés par une députation de douze
-membres à la première assemblée du Conseil général de la Commune, et
-qu'il en sera fait lecture séance tenante; 3º que ladite délibération
-ensemble l'adresse seront imprimés et distribués aux membres du
-Département et[355] à ceux du Conseil général de la Commune et aux 47
-sections avec invitation d'y adhérer; et ont été à l'instant nommés
-commissaires, MM. Renaud, Sauvage, Boussaroque, Vanier, Chaudot,
-Justinard[356], Girault[357], Chabot, Bellet père, Barré le jeune,
-Poupardin, et Alavoine père[358].
-
-Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté qu'il serait indiqué
-dans la section quatre ou cinq endroits dans lesquels on affichera
-le sujet de chaque Assemblée générale de section, et le Comité a été
-chargé de l'exécution de cet arrêté.
-
-Etant neuf heures sonnées, [l'Assemblée] a renvoyé la discussion de la
-seconde pétition annoncée pour aujourd'hui à samedi vingt-un (_sic_) de
-ce mois, jour auquel les commissaires ci-dessus nommés rendront compte
-de leur mission près l'Assemblée générale de la Commune.
-
-La séance a été levée.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section, les jour et an
-susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [342] Le texte de cette séance a été imprimé par ordre de
- l'Assemblée, comme on le verra par la suite du présent
- procès-verbal. La Bibliothèque de la Ville de Paris, possède,
- dans le recueil factice 10065* in-4º, un exemplaire de cet
- imprimé in-4º de 6 pages que j'ai comparé avec le présent texte
- du registre manuscrit. Je signale en notes les différences.
-
- [343] Le texte original manuscrit porte: «... et assemblée...»,
- erreur évidente qui ne figure pas au texte imprimé de la pièce de
- la Bibliothèque de la Ville de Paris, et que j'ai naturellement
- corrigée.
-
- [344] Le texte manuscrit porte: «... que...», par une inattention
- du copiste. Il faut lire: «... par...» d'après la pièce imprimée
- de la Bibliothèque de la Ville de Paris.
-
- [345] Mot oublié dans le texte manuscrit et que j'ai rétabli à
- l'aide de la pièce imprimée.
-
- [346] L'affaire des bustes de Bailly et de La Fayette remonte au
- mois de février 1792. Le 24 de ce mois, eut lieu l'installation
- des 24 nouveaux officiers municipaux élus du 11 au 20 février.
- Après la prestation du serment, Dusaulx, l'un des nouveaux élus,
- fit un discours très enthousiaste dans lequel il célébra les
- vainqueurs de la Bastille, flétrit l'antique despotisme et loua
- Pétion, le nouveau maire de Paris. Puis Manuel prit la parole à
- son tour. Nous possédons encore son discours. (Voyez l'analyse
- d'un imprimé de la Bibliothèque nationale par M. Robiquet dans
- son livre sur _Le Personnel municipal de Paris pendant la
- Révolution, période constitutionnelle_, p. 475, n. 1, et voyez la
- pièce bibliographiée par M. TOURNEUX, sous le nº 6048.) C'est au
- cours de ce discours que Manuel fit une sortie violente contre
- les bustes de Bailly, de La Fayette, etc., qui ornaient la salle.
- Voici le récit de cet incident de séance d'après le _Thermomètre
- du jour_, du 28 février, p. 483:
-
- M. Manuel, avant de prendre possession de la place de procureur
- de la Commune, a dit qu'il trouvait bien étrange que, dans la
- salle où a retenti, pour la première fois, le nom de liberté,
- on n'en vit aucun vestige, qu'il n'y apercevait pas même la
- _Déclaration des Droits_; puis, regardant les bustes de _Louis
- XVI_, de _Necker_, de _Bailly_, de _La Fayette_, il a ajouté que
- l'image des hommes, même des grands hommes, ne devait être offerte
- à la vénération publique qu'après leur mort. Il s'est récrié sur
- les tableaux de la salle, qui représentent des échevins à genoux
- aux pieds des despotes, pour engager le peuple à s'y mettre à
- son tour. Hâtons-nous de les vendre, a-t-il dit, pendant qu'il
- est encore des hommes qui achètent des esclaves; que David, à la
- place, nous substitue _des Brutus_, _des Caton_, etc... Faisons
- oublier au peuple son ancienne servitude..., ce peuple qui, pour
- vaincre, n'a besoin que de se montrer et qui, pour se montrer, n'a
- besoin que de bons magistrats. Nous marcherons, s'il le faut, avec
- lui tous ensemble, sous l'étendard de la liberté, qui n'est pas
- le _drapeau rouge_... Quant à moi, je le jure, c'est pour servir
- le peuple que j'ai accepté cette place... Il a conclu par appuyer
- la proposition de M. Dussault (_sic_), de rendre publiques les
- séances du Corps municipal.
-
- Quelques jours plus tard, le 10 mars, un nouvel incident se
- produisait à l'Hôtel de Ville au sujet de la présence des bustes
- de Bailly et de La Fayette dans la salle des séances du Conseil
- général. Voici le récit de cet incident d'après le _Thermomètre
- du jour_, du 12 mars, p. 587:
-
- L'importante question sur la publicité des séances du Corps
- municipal a attiré, avant-hier soir, 10 du courant, une foule
- considérable à l'Hôtel de Ville de Paris. La séance s'est ouverte
- par la lecture d'une adresse signée d'un grand nombre de citoyens,
- dont l'objet est de demander que les bustes des hommes vivants
- (de _Necker_, _Bailly_, _La Fayette_) soient retirés de la salle
- du Conseil. Les pétitionnaires ont rappelé, à l'appui de cette
- demande, ce principe, depuis longtemps consacré, mais depuis
- longtemps aussi méconnu par l'adulation, que ce n'est qu'après
- leur mort qu'il est juste d'élever des statues aux grands hommes.
- Après quelques débats, on parvient à arrêter qu'il serait fait
- mention honorable de cette adresse, ainsi que d'une autre, moins
- importante.
-
- On passe à l'ordre du jour, et des orateurs, pour et contre
- la publicité des séances du Corps municipal, se succèdent. La
- discussion s'engage avec chaleur, et les tribunes, remplies de
- citoyens, en partagent tout l'intérêt.
-
- Le Conseil général n'avait rien décidé ce jour-là. Mais le 24
- mars, d'après un texte que je donnerai plus loin (voyez la fin de
- l'article du _Thermomètre du jour_ du 22 avril, cité à la fin de la
- note 359 de la page 98, p. 102), le Conseil général arrêta qu'il
- n'y avait pas lieu à délibérer sur l'enlèvement des bustes. C'est
- sur ces entrefaites que fut pris l'arrêté de la section de la
- Fontaine-de-Grenelle, du 27 mars, dont je ne connais l'existence
- que par le texte même du présent procès-verbal de la section
- des Postes. Alors le Conseil général, revenant sur sa décision,
- décida de discuter la question des bustes le mercredi 18 avril.
- Mais la fête des soldats de Châteauvieux, célébrée le dimanche
- 15 avril (voyez ci-dessus, p. 88, n. 336), parut à beaucoup
- de personnes, grâce au cérémonial adopté sur l'initiative de
- Collot-d'Herbois (cf. ci-dessus; p. 86, n. 331) une manifestation
- révolutionnaire. La glorification de l'indiscipline dans cette
- solennité donna lieu à plusieurs protestations de sections.
- Ainsi, le 15 avril même, les citoyens de la section de
- l'Ile-Saint-Louis signèrent individuellement une _Adresse aux
- Français_ contre la fête qui venait d'avoir lieu (TOURNEUX,
- nº 8289) et, le 17 avril, la section des Thermes-de-Julien,
- avant de s'occuper de la question des bustes de Bailly et de La
- Fayette, tint à blâmer la conduite de deux des membres de son
- Comité, les sieurs Dufourny et Canon qui n'avaient pas paru au
- Comité le dimanche précédent (15 avril) sous prétexte qu'ils
- faisaient partie du jury de jugement, mais très probablement
- parce qu'ils avaient tenu à se mêler à «l'escorte fraternelle
- des soldats de Châteauvieux».--Les sections que la manifestation
- du 15 avril indignait protestèrent aussitôt contre le projet
- du Conseil général de discuter, dans sa séance du 18 avril,
- le déplacement des bustes de Bailly et de La Fayette. Dès le
- 15 avril, en même temps qu'elle rédigeait son _Adresse aux
- Français_ contre la fête des soldats de Châteauvieux, la section
- de l'Isle (Ile-St-Louis) protestait contre ce projet (voyez p.
- 95 et n. 349). Le 17 avril, la section des Thermes-de-Julien,
- après avoir infligé, ainsi qu'on vient de le voir, un blâme à
- deux des membres de son Comité, Dufourny et Canon, déclarait
- improuver «la conduite de la Municipalité qui se permet de
- délibérer sur le déplacement de deux bustes placés dans la Maison
- Commune, quoiqu'ils ne soient pas la propriété des officiers
- municipaux»; en même temps la section manifestait «son voeu
- pour que désormais cette scandaleuse discussion ne [fût] pas
- reproduite, promettant même de poursuivre par les voies légales
- les provocateurs qu'elle pourrait avoir». (_Feuille du jour_, du
- 19 avril, pp. 872-873.) On trouvera le texte même de l'arrêté de
- la section des Thermes-de-Julien dans l'_Assemblée nationale,
- Corps administratifs et nouvelles politiques et littéraires de
- l'Europe_, nº 200, du 22 avril 1792.--Le même jour, 17 avril,
- comme on le voit par le présent registre, la section des Postes
- discutait également l'arrêté pris, le 15 avril, par la section
- de l'Isle contre le projet de la Municipalité au sujet des
- bustes de Bailly et de La Fayette. Enfin, d'après un texte qui
- est cité plus loin (article du _Courrier des 83 départements_
- du 21 avril reproduit à la n. 359 de la p. 98), les sections
- du Théâtre-Français et de la Grange-Batelière se prononcèrent
- également contre le projet d'enlever les bustes.--Les bustes
- restèrent en place jusqu'au 10 août (sur leur renversement par
- le peuple à cette date, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, p. 341 et n. 2 et 3).
-
- [347] Voici tout ce qu'on trouve relativement à ce sujet,
- dans les _Procès-verbaux du Comité d'Instruction Publique
- de l'Assemblée Législative, publiés et annotés par M. J.
- Guillaume_.--Paris, Imprimerie nationale, 1889.
-
- Page 57: _Dix-neuvième séance_, du 19 décembre 1791:
-
- Sur la motion de M. Vaublanc, faite à l'Assemblée nationale, de
- décréter la manière d'accorder des honneurs et des récompenses
- nationales aux militaires et aux citoyens qui se sont distingués
- par des actions de courage, le renvoi de cet objet au Comité
- ayant été décrété, on a nommé des commissaires au scrutin. Ces
- commissaires sont MM. VAUBLANC, CONDORCET, DE BRY.
-
- Page 59 (aux pièces annexes):
-
- Dans la séance de l'Assemblée Législative du 15 décembre 1791,
- au matin, les officiers de la garde nationale parisienne avaient
- été admis à défiler devant l'Assemblée. Ce fut à cette occasion
- que Vaublanc fit une motion relative aux récompenses militaires.
-
- On lit ce qui suit au procès-verbal de la séance du 15 décembre:
-
- «Dès que M. le Président peut se faire entendre, il offre
- les honneurs de la séance à l'état-major de la garde nationale
- parisienne. Un membre profite de la circonstance pour demander que
- l'Assemblée nationale s'occupe incessamment d'une loi qui règle
- les récompenses aux guerriers qui ont bien mérité de la patrie.
- C'est ainsi, ajoute-t-il, que vous achèverez de faire oublier
- la distinction de la naissance pour en créer de nouvelles qui
- ne seront pas ridiculement dévolues au fils, souvent inutile et
- méprisable, d'un grand homme. Il demande lui-même le renvoi de sa
- motion au Comité d'Instruction publique, et l'Assemblée nationale
- le décrète». (Procès-verbal de l'Assemblée, t. III, p. 16.)
-
- Dans les séances du 13 janvier 1792 (p. 84), du 16 Janvier (p.
- 86), du 20 Janvier (p. 91), du 23 Janvier (p. 94), on discute les
- articles d'un projet de décret relatif aux pompes triomphales, aux
- honneurs à rendre aux soldats qui auront triomphé.
-
- En fin de ce projet de décret, on trouve ceci, à la séance du 23
- janvier 1792, vingt-neuvième séance (p. 96):
-
- «Art. 21. L'Assemblée nationale charge son Comité d'Instruction
- publique de lui présenter le plan des récompenses à décerner aux
- citoyens distingués par leurs vertus, leurs talents et leurs
- services.»
-
- M. Guillaume donne, pages 99 et 100, des extraits du
- procès-verbal de l'Assemblée législative d'où il résulte que «le
- rapport du Comité de l'Instruction publique sur les récompenses à
- décerner aux guerriers qui auront bien mérité de la patrie» a été
- lu dans la séance du samedi 28 janvier 1792, au matin.
-
- Enfin, j'ai trouvé ceci:
-
- P. 330, 89e séance du 8 juin 1792:
-
- «Arrêté, touchant les récompenses à donner aux défenseurs de la
- patrie, que M. Marolles se concertera avec le Comité militaire
- pour faire ajourner cette affaire à l'époque où le travail
- général, relatif aux récompenses nationales, aura lieu.»
-
- Et en note (note 3):
-
- La question des récompenses militaires avait été ajournée depuis
- l'époque de la présentation à l'Assemblée, par Viénot-Vaublanc,
- d'un projet de décret sur les pompes triomphales (voir la séance
- du 25 janvier, p. 99, à laquelle est jointe l'annexe citée
- plus haut). Il ne sera plus question de cet objet dans les
- procès-verbaux du Comité.
-
- [348] Je n'ai malheureusement pas retrouvé cette délibération.
-
- [349] Voici le texte même de cet arrêté, d'après l'imprimé
- à part: pièce imp. in-8º de 2 pages. Bib. nat, Lb{40} 1890
- (TOURNEUX, nº 8288).
-
- SECTION DE L'ISLE.--_Délibération du 15 avril 1792,
- l'an 4 de la liberté._--Sur la connaissance qui a été donnée aux
- citoyens de la section, de la proposition qui a été faite, et
- même mise en discussion dans le Conseil général de la Commune,
- d'enlever les bustes de MM. Bailly et La Fayette de la place
- qu'ils occupent dans la salle de l'Hôtel commun, l'Assemblée,
- considérant que les services rendus à la chose publique par MM.
- Bailly et La Fayette doivent les rendre chers à tous les amis de
- la patrie, et qu'il importe à la chose publique d'honorer les bons
- et utiles citoyens; déclare qu'elle désapprouve formellement la
- proposition dont il s'agit, et que son voeu est que les bustes
- de MM. Bailly et La Fayette continuent d'occuper une place où ils
- rappelleront un souvenir précieux et de grands exemples.
-
- Sera l'arrêté de la section communiqué à la Municipalité et aux
- autres sections, avec invitations de s'occuper de cet objet.
-
- _Signé_: COROLLER, président; BIENAYMÉ, secrétaire.
-
- On trouvera aussi le texte de cet arrêté à la suite de l'_Adresse
- aux Français_ du même jour par les citoyens de la section de
- l'Isle, dans l'imprimé signalé à la fin de la n. 336, p. 88.
-
- [350] Le texte de la pièce imprimée de la Bibliothèque de la
- Ville de Paris signalée à la n. 342 de la p. 91, porte: «... ces
- lectures finies....».
-
- [351] Ce mot ne figure pas dans le texte imprimé.
-
- [352] Le texte imprimé porte: «... ces...».
-
- [353] Par une erreur évidente, le texte imprimé porte: «... ainsi
- que _de_ la présente délibération...».
-
- [354] Texte imprimé: «... seraient...».
-
- [355] Mot supprimé dans le texte imprimé.
-
- [356] Le texte porte _Justinart_. Mais c'est _Justinard_ qu'il
- faut lire, comme à la séance du 12 août 1792. JUSTINARD,
- Charles-André, marchand bonnetier, rue Trainée, membre du Comité
- de la section en 1791.
-
- [357] Le texte porte _Giraud_. Mais c'est _Girault_ qu'il faut
- lire, comme le porte d'ailleurs le registre à la séance du
- 21 avril (p. 98): GIRAULT, Charles-Louis-Albert, 45 ans, rue
- Jean-Jacques-Rousseau, électeur du département de Paris en
- 1791 pour la section des Postes après avoir été président de
- l'Assemblée primaire du 16 juin 1791 qui choisit les électeurs
- (CHARAVAY, _Assemblée électorale_ de 1791-92, Avertissement p. VI
- en note, et p. 16).
-
- [358] Ici s'arrête le texte de la présente séance du 17 avril
- dans la pièce imprimée signalée à la note 342 de la page
- 91.--A ce texte la pièce imprimée ajoute la mention suivante:
- «Fait et arrêté en Assemblée générale de la section, les jour
- et an susdits. Signé: BOUSSAROQUE, président, et MARESCHAL,
- secrétaire-greffier.»--Pour extrait conforme à l'original:
- MARESCHAL, secrétaire-greffier.» Ensuite vient l'adresse de la
- section des Postes au Conseil général de la Commune, adresse
- dont l'impression avait été décidée, le 17 avril, ainsi qu'on
- vient de le voir. Cette adresse occupe les pages 3 à 6 de la
- pièce imprimée. Le _Journal de Paris_ du 20 avril, p. 449, en
- cite plusieurs passages en en faisant un grand éloge; en voici le
- texte _in extenso_ d'après la pièce imprimée.
-
- SECTION DES POSTES
-
- _AU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE_
-
- MESSIEURS,
-
- Les Citoyens de la Section des Postes viennent parler en hommes
- libres devant les Magistrats qu'ils se sont choisis. Le caractère
- de franchise avec lequel ils s'expliqueront, sans doute n'étonnera
- point les véritables amis de la liberté.
-
- Vous devez agiter, Messieurs, une question qui a jeté quelques
- alarmes dans les esprits. Peut-on élever des monuments à des
- hommes vivants?
-
- Tous les citoyens qui connaissent les partis qui divisent la
- capitale, et par suite le royaume, craignent de retrouver dans
- cette question un nouvel aliment à nos discordes. En effet, quel
- temps choisit-on pour traiter un objet qui, dans un moment, ne
- serait qu'oisif, s'il était isolé des circonstances funestes dont
- nous sommes environnés!
-
- Ces circonstances ont frappé la section des Postes; elle croit,
- Messieurs, devoir vous les rappeler; elles ont partagé le public;
- elles méritent toute votre attention.
-
- La France est menacée d'une guerre prochaine. C'est la cause de
- la liberté, c'est la crise des peuples et des despotes. Pour les
- peuples, il s'agit de recouvrer leurs droits; pour les despotes,
- il s'agit d'être tout ou rien, rien que des rois soumis, comme
- nous, à des lois dont le règne s'étende sur tous. Les puissances
- marchent réunies contre les droits que nous avons ressuscités;
- marcherons-nous divisés d'intérêts, quand le plus grand des
- intérêts les réunit contre nous? Non, Messieurs, vous le savez,
- le succès le plus brillant nous attend au bout de la carrière;
- mais vous devez savoir aussi que nous ne pouvons nous y présenter
- qu'en nous serrant sous le bouclier de la patrie, égide immortelle
- que des légions d'ennemis ne pourront briser. Et la question que
- le Conseil général se propose de traiter ne serait-elle pas un
- puissant obstacle à cette réunion si désirable?
-
- Ne le dissimulons pas; un parti nombreux, renaissant, comme
- l'hydre de l'Erne (_sic_), des blessures qu'il éprouve, déjà
- frappé par vous, Messieurs, quand il s'est agi d'ôter de cette
- enceinte les bustes de la Fayette et Bailly; ce parti veut se
- relever de sa chute, en changeant la question primitive en cette
- autre générale: Peut-on élever des monumens à des hommes vivans?
- Car il s'agit de la Fayette et de Bailly, sous un sens détourné,
- ou il ne s'agit que de la question elle-même; et sous ces deux
- rapports, la section des Postes vous prie, Messieurs, de vouloir
- bien l'entendre.
-
- S'il ne s'agit que de la question elle-même, vous ne devez,
- vous ne pouvez point la traiter. Vous ne le devez point; d'autres
- affaires plus urgentes appellent votre attention; la section des
- Postes se gardera bien de vous les indiquer; elle veut croire, et
- croit avec complaisance, que vous avez présents à votre esprit
- tous les objets d'une utilité majeure qui pressent tous vos
- soins. Mais elle doit vous dire que vous ne pouvez point traiter
- une question qui appartient toute entière au Corps législatif,
- qui seul doit s'occuper des honneurs dont il faut encourager et
- récompenser les services publics.
-
- La section des Postes, Messieurs, croit que c'est vous en dire
- assez que de vous rappeler aux décrets, qu'elle ne vous cite point
- textuellement parce qu'elle doit être persuadée que vous ne les
- perdez jamais de vue.
-
- Vous ne devez donc point, et vous ne pouvez point traiter cette
- question en elle-même; mais vous le devez bien moins s'il s'agit
- en la traitant, d'attaquer dans un sens détourné, les honneurs
- décernés à deux hommes qui se sont sacrifiés pour la cause de la
- liberté: car ce seroit augmenter les germes, déjà trop multipliés,
- des divisions qui séparent les citoyens, quand il s'agit de les
- rapprocher, dans un moment où il y va de l'intérêt, ou plutôt du
- salut de la patrie. Et vous le sentirez bientôt comme nous, si
- vous voulez vous rappeller que la nature de ces honneurs tient
- à la Révolution, et à des circonstances auxquelles il serait
- imprudent de toucher.
-
- Ce sont les Électeurs de 1789 qui ont placé le buste de M.
- Bailly dans cette enceinte.
-
- C'est le Congrès des États-Unis, qui a fait présent de celui
- de M. de la Fayette, pour être tout à la fois une récompense
- des services rendus à la liberté, et un gage d'union entre deux
- peuples libres. Les États-Unis avaient cru n'avoir rien de plus
- précieux à offrir à l'amitié des Français, que l'image d'un
- Français qui avoit si généreusement combattu pour la liberté du
- nouveau monde.
-
- Souffririez-vous, Messieurs, que par une question indiscrète
- quelques esprits jaloux de toute espèce de gloire, parce que toute
- espèce de gloire leur est étrangère, voulussent, en touchant aux
- honneurs de ces deux citoyens, flétrir de leur improbation et
- de leur ingratitude ces Électeurs de 1789, qui se sont montrés
- si dignes de la liberté naissante? et ce congrès, qui, dans un
- nouveau monde, s'étonnait des prodiges de la liberté en France,
- dont l'honneur le plus grand fut celui de l'imiter.
-
- Non, Messieurs, vous ne le souffrirez point. La section des
- Postes vous conjure de vous opposer à cette instabilité de
- principes, à cette mobilité de caractère, qui flétrit aujourd'hui
- ce qui était l'idole de la veille. La liberté ne veut point
- d'idolâtrie, nous le savons; mais la liberté ne commande point
- l'ingratitude; elle respecte les honneurs qu'elle a librement
- décernés. Ces honneurs sont le germe qui féconde les grandes
- actions; ils sont l'espérance et la sauve-garde de la Patrie dans
- les hommes illustres qu'ils lui préparent. Mais ces honneurs,
- s'ils étaient supprimés; si des mains ennemies venaient les
- profaner, songez, Messieurs, qu'outre l'affront fait au Congrès et
- à nos premiers Électeurs, ce serait navrer le coeur de tous ces
- Français, qui, d'une voix unanime, ont proclamé ces deux citoyens
- dignes des honneurs qui leur furent décernés.
-
- Eh! que diraient les frères d'armes de la Fayette, cette brave
- Garde-Nationale, qui regarde comme la plus belle récompense,
- l'honneur d'avoir pendant tout le cours de la révolution, conservé
- la sûreté et la propriété des citoyens, sous les ordres d'un
- général que son estime a suivi jusqu'à Metz où il se prépare
- à combattre d'autres ennemis! N'aurait-elle pas lieu de se
- plaindre, que c'est l'outrager dans ce qu'elle a de plus cher? Ne
- pourrait-il pas en résulter des divisions funestes quand jamais
- il ne fut plus instant d'être réunis? Eh! voyez, Messieurs,
- quelle issue pourrait avoir le succès de cette entreprise, aussi
- injuste qu'impolitique! enlever à M. la Fayette ce témoignage
- de reconnaissance publique, n'est-ce pas dire à l'armée qu'il
- conduit: «Votre général est au-dessous de l'opinion que vous en
- avez conçue, son génie ne vous ramènera point triomphants de vos
- ennemis.» Que pourraient faire [de] plus les traîtres qui sont à
- Coblentz.
-
- Jugez maintenant, Messieurs, s'il serait prudent que la
- Municipalité de Paris environnât la chose publique de ces dangers,
- en traitant une question qui appartient au Corps législatif, et
- qui ne peut avoir aucune utilité réelle pour le moment.
-
- La section des Postes, pénétrée de votre zèle pour le bien
- public, a cru qu'il était en son devoir de vous faire ces
- observations, et qu'elle ne pouvait être plus agréable qu'en vous
- parlant le langage de la vérité. Elle vous la doit, parce qu'elle
- est digne de vous, parce qu'elle est utile à la Constitution, qui
- vous est chère, et qui est devenue le premier besoin des Français.
-
- Pour extrait conforme à l'original déposé au Comité de la
- section des Postes.
- MARESCHAL, _secrétaire-greffier_.
-
- A Paris, de l'imprimerie de Pellier, Impr. de la section des
- Postes et du bataillon de Saint-Eustache, rue des Prouvaires,
- nº 61.
-
-
-
-
-TRENTE-SIXIÈME ASSEMBLÉE.--DU SAMEDI 21 AVRIL 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi vingt-un_ (sic)
-_avril mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens actifs de la section des Postes convoqués en la manière
-accoutumée et assemblés sur une pétition signée de cinquante-deux
-citoyens actifs,
-
-M. Boussaroque, président du Comité a été nommé président et M. Légier a
-été nommé secrétaire.
-
-M. le Président s'étant assuré par la liste d'enregistrement que le
-nombre des citoyens présents était de cent deux, et que par conséquent,
-conformément à la loi, l'Assemblée était en état de délibérer;
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance du 17 de ce
-mois, lequel a été adopté.
-
-M. Girault, l'un des commissaires nommés pour porter à la première
-Assemblée du Conseil général de la Commune, la délibération de la
-section du dit jour dix-sept, a fait rapport que, conformément au
-voeu de la section, il a fait lecture de cette délibération et
-des observations, au Conseil général de la Commune, en sa séance du
-jeudi dix-neuf de ce mois; l'Assemblée a applaudi au rapport de M.
-Girault[359].
-
-Il a été ensuite fait lecture: 1º de la pétition relative à
-l'Assemblée, laquelle a pour sujet une prompte délibération, sur la
-question de savoir si la Commune sera convoquée pour s'occuper de
-l'état actuel de la police générale de la ville de Paris et aviser
-aux moyens de remédier aux inconvénients que présentent les nouvelles
-fonctions attribuées au juge de paix par le décret du 22
-juillet dernier[360]; 2º d'un imprimé ayant pour titre _Observations
-subsidiaires des commissaires de police sur l'état actuel de la
-police de la ville de Paris_[361]; 3º d'un imprimé ayant pour titre,
-_Rapport_[362] _des commissaires nommés par le Comité de la section
-des Postes par délibération du 9 mars 1792 sur l'état actuel de
-la police de la ville de Paris_, ensuite duquel est l'arrêté
-du Comité du 29 du même mois[363]. 4º D'une délibération de la
-section de la place de Louis-XIV du trois de ce mois, relative au même
-sujet[364].
-
-Après ces lectures, la question a été livrée à la discussion, et, après
-que plusieurs citoyens ont eu demandé et obtenu la parole, il a été
-unanimement arrêté que la section adhère à la délibération de la section
-du Ponceau du 26 mars dernier[365] dans tout son contenu, et la section
-émet formellement son voeu pour que la Commune soit convoquée dans
-le plus bref délai en ses quarante-huit sections pour avoir un voeu
-général sur cette question si importante[366].
-
-La séance a été levée à neuf heures du soir.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [359] On se rappelle (voyez ci-dessus, p. 92, n. 346) que le
- Conseil général avait fixé au mercredi 18 avril la discussion
- de l'affaire des bustes de Bailly et de La Fayette. En voyant
- l'opposition soulevée par son projet dans un certain nombre de
- sections [arrêtés de la section de l'Isle, du 15 avril; des
- sections des Thermes-de-Julien et des Postes, du 17 avril; du
- Théâtre-Français et de la Grange-Batelière (date inconnue)] et en
- apprenant l'émotion suscitée dans ces sections par la fête du 15
- avril en l'honneur des Suisses de Châteauvieux, le maire Pétion
- jugea préférable d'attendre à plus tard _et le Conseil général
- ne fut pas convoqué_ pour discuter cette question le 18 avril,
- ainsi que cela avait été décidé (_Feuille du jour_, du 21 avril,
- p. 888). Mais, comme la séance du 18 avril avait été annoncée
- publiquement en même temps que l'objet qu'on devait y discuter,
- certains membres du Conseil ne s'en présentèrent pas moins,
- ainsi que les habitués des tribunes et les gardes nationaux en
- armes: les premiers pour soutenir la proposition d'enlèvement des
- bustes, les seconds, pour la combattre. De là les incidents très
- violents qui marquèrent cette séance et qui se reproduisirent
- à celle du lendemain jeudi 19 avril. J'ai trouvé de ces deux
- séances particulièrement mouvementées, plusieurs récits détaillés
- dans des journaux d'opinions diverses; je les reproduis ici à la
- suite les uns des autres, sans commentaire.
-
- Voici d'abord les récits, hostiles aux Jacobins partisans de
- l'enlèvement des bustes, du journal La _Feuille du Jour_, des 21
- et 22 avril.
-
- _Feuille du jour_, 21 avril, pp. 888-889.--La question des
- bustes était remise à mercredi dernier, 18 de ce mois.
-
- M. Pétion, qui, quoi qu'on en dise, a sa tactique, ne jugea
- pas le moment favorable. Quelques coups d'essais maladroits, le
- factieux triomphe du dimanche, avaient ébranlé les bases du crédit
- de la secte, même parmi ses zélateurs. Enfin, ce n'était pas le
- moment d'entrer en lice avec MM. Lafayette et Bailly. Le Conseil
- général ne fut pas convoqué.
-
- Cependant l'ajournement était public, il avait été provoqué
- par ceux-là même qui le rendaient illusoire. Au jour indiqué,
- les habitués des tribunes étaient en place; et quelques gardes
- nationales, chez qui la mémoire de leur ancien chef n'est pas
- encore ternie parce que, lorsque les jacobins fuyaient le danger,
- elles le partageaient avec lui, s'étaient rendues pour assister à
- la discussion.
-
- Quelques membres du Conseil général qui ne pensaient pas
- non plus que la volonté du maire dût l'emporter sur celle de
- l'Assemblée, ni qu'il eût le droit de révoquer l'ajournement fixé
- par elle, étaient à leur poste.
-
- La discussion s'engage; le doyen d'âge préside l'Assemblée. Il
- est prouvé que tous les membres du Conseil général ne sont ni fous
- ni jacobins; et que conséquemment tous n'admirent pas la conduite
- de M. Pétion.
-
- Les tribunes prennent parti dans les débats; Pétion est leur
- dieu, on a tort de délibérer, de s'assembler sans lui; les
- tribunes menacent de lever la séance, et d'emporter les bustes.
-
- La garde nationale résiste, invite les tribunes à la paix; mais
- bientôt leur obstination lasse sa patience, et l'un des mutins est
- enlevé du milieu des siens, et conduit en sequestre.
-
- Le courage, l'énergie de M. Manuel font place au sentiment de sa
- conservation. Il quitte son siège, disparaît dans la foule, sans
- même avoir requis..... Il est brave, M. Manuel.
-
- Le tumulte s'accroît, l'indignation de la garde nationale se
- manifeste; mais elle cède, et la paix se rétablit à la voix du
- magistrat, qui réclame le respect dû à la loi.
-
- La séance est levée.
-
- Enfin, M. Pétion arrive; les débris du Conseil général se
- réunissent en Comité secret, et là, chacun se dit ses vérités.
-
- M. PÉTION. «C'est un oubli. J'en conviens».
-
- M. DÉMOUSSEAUX. «Non, mais vous avez cru convenable de
- différer; au moins fallait-il nous prévenir.»
-
- M. MANUEL. «Je requiers que la place destinée dans
- l'enceinte de la salle à la garde nationale soit supprimée, qu'il
- ne lui soit plus permis de s'y présenter en armes; mais, comme il
- serait peut-être périlleux de réitérer mon réquisitoire au Conseil
- général, je lègue l'honneur de la découverte à quelqu'un de mes
- courageux collègues.»
-
- UN MEMBRE. «Volontiers, je m'en charge; mais à
- condition que, de votre côté, vous supprimerez les convocations
- des sociétés fraternelles, jacobins, cordeliers, etc... Qu'ainsi
- vous vous mettrez à la diète des applaudissements, et que vous
- aurez le courage de voir triompher la raison et les principes.»
-
- On s'attendait que la séance du lendemain serait orageuse, et
- qu'il faudrait lutter, avec quelques gestes imposants, contre la
- puissance tribunitienne; mais tout s'est passé tranquillement.
- Nous rendrons compte de cette séance.
-
- _Feuille du Jour_, 22 avril, p. 896--La séance du 19 n'a pas
- relevé les municipaux jacobins dans l'opinion publique; elle a
- duré jusqu'à minuit. Il en est résulté que les bustes de _MM.
- Lafayette_ et _Bailly_ resteraient en place.
-
- Malgré les protestations de _MM. Raffron_ et _Boucher_, les
- fureurs du jeune et petit _Baudouin_, les clameurs d'un _M.
- Hu_, l'indécente réquisition de M. Danton, qui s'est échappé
- de l'Assemblée seul et conspué; malgré deux ou trois fausses
- dénonciations et plusieurs tracasseries imaginées pour désordonner
- le Conseil, la lecture des différentes pétitions adressées par
- les sections, et les discours vigoureux et pleins de sens de
- _MM. Borie_, _Leroux_, _Levacher_, _Duplessis_, et surtout de M.
- Lefèvre, ont déterminé le Conseil à se déclarer incompétent sur
- la question générale de savoir si dorénavant on décernerait des
- bustes; observant que, par son arrêté du 24, il avait prétendu
- juger et jugeait définitivement la question particulière des
- bustes de l'ancien maire et de l'ancien commandant général.
-
- Le maire actuel (le grand Pétion) a souri, quand il a su que
- le Conseil n'avait pas le droit d'empêcher les sections de lui
- rendre les honneurs du buste par la suite, et cette chatouilleuse
- considération peut l'avoir emporté, dans son esprit, sur toute
- autre; car, à peine a-t-elle été présentée, qu'il est devenu sourd
- aux menaces de ses amis, les Jacobins, qui sont, en ce moment,
- très mécontents de lui. Quand il réussirait à s'en faire mépriser,
- nous aurions bien de la peine à l'en estimer davantage.
-
- Voici maintenant le récit, favorable à l'enlèvement des bustes,
- du _Courrier des 83 départements_, des 21 et 22 avril 1792:
-
- _Le Courrier des 83 départements_, du 21 avril 1792, pp. 305 à
- 308. (_Paris. Assemblée générale de la Commune._)--Les 2 dernières
- séances ont été très orageuses. Une question juste au fond, mais
- dont la malveillance se sert pour aigrir les esprits et diviser
- la garde nationale des citoyens, c'est-à-dire, la garde nationale
- d'elle-même, est la cause de cette tempête qui serait alarmante si
- le génie de la liberté ne veillait pas sur nous. Cette question
- est de savoir si l'on conservera on non les bustes de MM. Bailly
- et la Fayette, que _l'idolâtrie_, ou si l'on veut, le _délire_
- a consacrés dans le sanctuaire des magistrats du peuple. Nous
- ne croyons pas que le moment soit bien choisi pour agiter cette
- question qui en présente une infiniment plus grande. _Doit-on
- faire l'apothéose des hommes vivants?_ mais enfin cette question
- est à l'ordre du jour, et en attendant que la prudence ait
- prononcé, nous en allons dire un mot.
-
- Nous n'avons point assisté à l'avant-dernière séance; nous
- savons seulement par le cri public qu'un homme revêtu des
- couleurs de la liberté, s'est permis de tirer son sabre, qu'il a
- été applaudi par d'autres hommes parés des mêmes couleurs. Nous
- savons encore que le résultat de cette scène a été défiguré de la
- manière la plus odieuse par les _universels calomniateurs_. La
- séance d'avant-hier annonçait de nouveaux orages, et nous, ainsi
- que plusieurs citoyens, avons entendu ces propres expressions
- sortir de la bouche d'un de ces hommes sur les épaules desquels
- l'intrigue a cousu un double galon: qu'on se disposait à sabrer,
- si ce coquin de maire n'allait pas au pas, et que, l'expédition
- faite, on se porterait au théâtre Molière, où dînaient les soldats
- de Château-Vieux....; ce sont ses propres expressions[A].
-
- [A] On feignait d'être de son parti pour en savoir davantage.
-
- En conséquence, plusieurs bons citoyens, amis de l'ordre, se
- sont rendus à l'Hôtel-de-Ville où la prudence et la fermeté
- de M. Pétion ont triomphé dans la longue lutte qu'une cabale
- criminelle avait préparée. Des pétitions, pour et contre le projet
- d'enlever les bustes, ont été lues tour à tour. Les injures,
- dont quelques-unes étaient parsemées, indignaient les tribunes
- et étaient applaudies par une cohorte dont les gestes furieux
- annonçaient les intentions. Les esprits s'aigrissaient, et le
- sanctuaire de la magistrature populaire aurait pu être transformé
- en une arène de gladiateurs, si M. le Maire, conservant au
- milieu de cette agitation universelle le calme qui convenait au
- premier magistrat d'un peuple libre, n'eût fait taire toutes les
- passions par la loi sévère qu'il imposa de ne donner aucun signe
- d'approbation ni d'improbation.
-
- Les députations des sections de l'Ile, du Théâtre-Français,
- de la Grange-Batelière, et des Postes[B], filèrent (_sic_)
- successivement et présentèrent leur pétition contre le projet
- d'enlever les bustes.
-
- [B] La pétition de celle-ci était la seule qui méritât
- d'être distinguée et qui fût écrite avec un peu de logique.
-
- Sans doute il leur était libre d'exprimer leur voeu; mais
- devait-on s'attendre à voir les individus qui les composaient se
- prosterner devant les idoles qu'ils venaient encenser, et, après
- avoir épuisé l'arsenal de la flatterie, sur L'IMMORTEL
- Bailly et le GRAND Lafayette, apostropher, par des
- sorties indécentes, des hommes sur lesquels la loi du devoir leur
- imposait d'appeler le respect et la confiance?
-
- De toutes ces pétitions, aucune n'était plus inepte et plus
- insolente que celle de quelques individus qui affectèrent de se
- présenter en uniforme et avec leurs épaulettes. Si l'on n'avait
- pas été révolté du fonds de cette diatribe, on aurait pu rire du
- ton grotesque de celui qui la lisait. Les chutes des périodes de
- l'épauletier rappelaient, malgré qu'on en eût, le _Petit Jean_
- qu'on avait fait venir d'Amiens exprès pour être suisse..... M.
- Pétion, qui s'était borné, pour tous les autres pétitionnaires, à
- deux mots de réponse, gourmanda vertement ceux-ci, et les rappela,
- non pas à des procédés plus honnêtes (il est des êtres pour
- lesquels l'honnêteté n'est pas de ce monde), mais au respect de la
- Constitution et à la lettre de ses décrets.
-
- Plusieurs autres pétitionnaires, notamment une députation de
- Saint-Roch, plaidèrent la cause de la liberté contre l'idolâtrie.
- Il fut arrêté, sur le fond, que les quarante-huit sections
- émettraient leur voeu. Nous ne devons pas oublier qu'au milieu
- de cet ouragan, quelques citoyens, parmi lesquels était un
- grenadier de la garde nationale, sont venus réclamer contre les
- places exclusives qu'occupait l'ancienne garde. _Les décrets_,
- disent-ils, _ont déclaré que tous les citoyens étaient tous
- gardes nationaux; nous concluons donc que tous les citoyens
- doivent partager également l'avantage précieux d'environner
- leurs magistrats_.--Dans le cours de sa harangue, l'orateur
- avait parlé des sabres dont étaient armés, dans le séjour de la
- paix, les citoyens qui étaient à sa gauche..... Un membre de la
- Commission observe que le grenadier qui était à côté de l'orateur
- était lui-même armé. A l'instant ce grenadier dépose son sabre
- et son collègue s'écria: _Oui, Messieurs, il est armé, parce
- que, voulant entrer dans cette enceinte, il n'a pu d'abord y
- pénétrer sans avoir son sabre, et on lui a observé que c'était la
- consigne. Je le dis hautement, et j'atteste cette vérité de ma
- signature[C]._--(Cette pétition a été convertie en motion, sur
- l'avis de M. Polverel.)
-
- [C] On le demande: dans quelle intention cette consigne
- a-t-elle pu être donnée?
-
- Cette séance s'est trop prolongée pour que nous en pussions
- attendre la fin; mais il paraît qu'elle n'a pas cessé
- d'être tumultueuse[D]. Le peuple s'était porté en force à
- l'Hôtel-de-Ville, et il paraît qu'il a exercé une utile
- surveillance sur ses magistrats. L'un d'eux nous en donne une
- preuve bien touchante. Dans une lettre qu'il nous adresse, nous
- trouvons ces propres expressions: «_Comme ce peuple est bon! Je
- m'en allais seul, à minuit et demi, sans voiture; les fiacres
- même étaient couchés, et il pleuvait à verse. On me conduisait de
- l'oeil: et je ne m'en aperçus qu'en rentrant chez moi._»
-
- [D] Nous recevons à l'instant la suite des détails de cette
- séance; ils nous arrivent trop tard pour en faire usage; nous
- les donnerons demain.
-
- _Le Courrier des 83 départements_, du 22 avril 1792, pp.
- 329-331.--_Assemblée générale de la Commune._ (_Suite de la séance
- de jeudi dernier._)--Voici les détails qui nous sont adressés et
- qui terminent le récit de la séance orageuse dont nous avons rendu
- compte en partie.
-
- Il était près de 10 heures, lorsque tous les pétitionnaires
- _pour et contre les images_, eurent été entendus. L'agitation
- qui régnait dans l'Assemblée, l'impossibilité où l'on était de
- délibérer librement au milieu de 300 hommes à sabres, semblaient
- imposer la loi, ou de lever la séance, ou de s'occuper d'objets
- moins capables d'échauffer les diverses passions. C'était le
- voeu des véritables patriotes, mais les membres du _côté
- gauche_, qui se voyait soutenu par des sabreurs, signifièrent
- qu'ils passeraient la nuit plutôt que de désemparer avant que la
- question fût décidée. Beaucoup de temps se perd avant de savoir si
- l'on entamerait la question. Enfin M. Osselin propose d'attendre
- que tous les faiseurs de questions aient émis leur voeu.
- Opposition du côté gauche, qui ne voulait pas risquer une victoire
- qu'il voulait emporter à _main armée_. Le musicien Lefevre
- fredonna longuement sur les honneurs dûs aux grands hommes,
- notamment au grand la Fayette. On objectait contre la motion de M.
- Osselin que les Assemblées de la Commune ne pouvaient délibérer
- que sur les objets _d'intérêt communal_. Les motifs que firent
- valoir les opposants ne furent point écoutés et ne prévalurent
- pas; en vain demandèrent-ils la parole pour combattre la question
- préalable réclamée sur la motion de M. Osselin. Efforts inutiles!
- le côté gauche, fort de ses spadassins, commanda, bien plus qu'il
- ne requit, que la discussion fût fermée. Inutilement M. Pétion
- et plusieurs membres du Conseil, objectèrent qu'il n'était pas
- possible de fermer une discussion avant qu'elle ne fût ouverte.
- Leurs voix furent étouffées par les clameurs de la gauche, bien
- plus que par les contorsions ridicules et menaçantes des gens _à
- sabres_; enfin, après cinq heures des plus tumultueux débats et
- des scènes les plus révoltantes, il fut décidé _qu'il n'y avait
- pas lieu à délibérer_.
-
- Nous ajouterons un mot à ce court extrait: nous n'examinerons
- pas si c'est à tort ou à raison que la question des bustes s'est
- élevée dans l'Assemblée générale de la Commune, nous croyons même
- (tout en consacrant le principe _qu'il n'y a que des esclaves qui
- puissent consacrer de pareils honneurs à des hommes vivants_),
- nous croyons, dis-je, qu'il est urgent de prendre un parti,
- afin d'éviter que les délibérations des magistrats ne soient
- pas à l'avenir gênées par des hommes armés, _se disant_ gardes
- nationaux, et qui ne sont sans doute que des émissaires _à tant_
- le geste, _à tant_ la clameur, _à tant_ la menace, qui viennent
- faire le métier de _bravaches_ pour insulter les véritables
- citoyens qui se rendent aux Assemblées pour y voir discuter leurs
- intérêts[E].
-
- [E] Il est bon d'observer que certain d'Hermigny qui, dans les
- premiers jours de l'Assemblée législative, insulta un patriote
- député, fut accusé par un membre du Conseil d'avoir menacé du
- geste et de la voix le substitut du procureur de la Commune et
- plusieurs autres magistrats du peuple.
-
- NOTA.--Nous trouvons dans la _Gazette Universelle_ des
- injures anonymes qui nous honorent trop pour ne pas les rapporter.
- Il y est dit: _que nous étions présents à cette séance et que
- nous y avons vomi mille imprécations, ainsi que beaucoup d'autres
- scélérats qui faisaient chorus avec les émissaires de Coblentz_.
-
- (Nous offrons à l'auteur de ce paragraphe la récompense que
- mérite sa charmante calomnie, et un écu pour l'épithète de
- scélérat dont il nous gratifie.)
-
- Voici enfin, franchement hostile à Bailly et à La Fayette, la
- narration du _Thermomètre du jour_, des 21 et 22 avril.
-
- _Thermomètre du jour_, du 21 avril 1792. (Variétés, p. 163.)--La
- question de l'enlèvement des bustes de MM. Bailly et la Fayette
- a été agitée à la séance du Conseil général de la Commune de
- Paris, du jeudi 19 avril, au milieu des plus violents orages. Qui
- aurait cru que, dans un état libre, dans un état régénéré, il
- serait mis en doute, si des hommages rendus à des hommes, sur le
- patriotisme desquels l'opinion est divisée, doivent être suspendus
- au moins jusqu'à la fin de leur carrière? Mais que la philosophie
- est faible contre l'esprit de parti et contre le penchant à la
- servitude, dont une longue habitude de la corruption a imprégné
- certaines âmes!
-
- A l'ouverture de la séance, des gardes nationales armées, ayant
- à leur tête des commandants de bataillons, des épauletiers de
- tout grade, se sont emparés d'une partie de la salle, moyen très
- efficace pour _assurer la liberté_ des délibérations. M. le Maire
- a ouvert la séance en annonçant qu'il espérait que le désordre
- dont on paraissait menacé n'aurait pas lieu, et que de part et
- d'autre on saurait contenir toutes marques d'approbation et
- d'improbation.
-
- On a lu diverses pétitions relatives à l'objet de la discussion.
- Des gardes nationales, présidés par leurs officiers, ont fait
- l'éloge pompeux du héros des deux mondes, et ils ont osé dire que
- si la Municipalité faisait ôter les bustes de MM. la Fayette et
- Bailly elle déshonorerait _l'armée parisienne_.
-
- M. Pétion leur a répondu que les termes dont ils s'étaient
- servis tendaient à établir une opinion très dangereuse, savoir que
- l'armée parisienne peut être distinguée des citoyens de Paris. Il
- leur a rappelé que cette armée n'était autre chose que la réunion
- des citoyens actifs armés et revêtus d'un uniforme; que leur
- discours tendrait encore à isoler les gardes nationales de Paris,
- des gardes nationales des départements qui ont aussi pris les
- armes pour la défense de la liberté, distinctions qui sont sans
- fondements et également ennemies de l'égalité et de la concorde.
-
- Des citoyens de la section du Palais-Royal ont exprimé un voeu
- ennemi des bustes. D'autres, de la section des Thermes-de-Julien,
- ont défendu les images. La section des Postes s'est aussi
- déclarée leur adoratrice. Des citoyens signataires d'une pétition
- individuelle, ont demandé que les bustes fussent enlevés, et,
- s'il vous faut des bustes, ont-ils ajouté, élevez ceux des hommes
- vertueux: que J.-J. Rousseau, que Franklin viennent remplacer ici
- ces hommes qui ne parurent grands que parce qu'ils étaient montés
- sur les échasses de la politique et de la flatterie..... A ces
- mots, toutes les épaulettes, tous les uniformes, se lèvent, et
- osent imposer silence à l'orateur. Le peuple qui remplissait les
- tribunes demande à grands cris que la phrase soit recommencée. Le
- tumulte était au comble. Quelques citoyens se montrent disposés
- à franchir les balustrades, pour punir les vils _iconomanes_: ce
- mouvement en impose enfin aux esclaves, et plus de cent cinquante
- gardes nationaux se retirent.
-
-
- _Thermomètre du jour_, 22 avril 1792. (_Suite de la discussion
- sur les Bustes de la Fayette et Bailly._)--Après avoir entendu
- tour à tour le langage de la bassesse et de l'idolâtrie, et celui
- de la raison et de la liberté, le Conseil passe à l'ordre du jour.
- Les défenseurs des bustes obtiennent que l'on agite sur le champ
- la question de leur enlèvement. Une foule de motions incidentes
- s'élèvent au milieu du tumulte. Après une heure de désordre, M.
- Danton requiert que la séance soit levée, attendu l'impossibilité
- de délibérer. Il se lève pour sortir. Quelques huées, parties du
- côté des épauletiers, le forcent, ainsi que M. Manuel, à reprendre
- sa place. M. Patris dénonce M. d'Hermigny, comme ayant insulté
- le substitut de la Commune (_sic_) et demande qu'il soit informé
- sur-le-champ devant le commissaire de police de la section. Une
- foule de voix s'élèvent pour offrir leur témoignage. Alors M.
- d'Hermigny, l'insolent d'Hermigny, ce même homme qui, dans le
- sanctuaire même des lois, osa insulter et menacer les plus zélés
- des défenseurs du peuple, prend la parole. Il nie que ce soit lui
- qui ait hué M. Danton; et, quand je l'aurais fait, ajoute-t-il,
- cela mériterait-il la lanterne? L'indignation du peuple se
- manifeste par les cris les plus violents. M. Pétion parvient
- enfin à rétablir le calme. M. Polverel en profite pour annoncer
- qu'ayant eu affaire au secrétariat, l'entrée lui en fut refusée
- par plusieurs gardes, qui lui ont dit que leur consigne était
- de ne laisser entrer que des hommes en uniforme et en armes, et
- que cette consigne venait de M. Guyard ou Riard, commandant de
- bataillon. M. le Maire a promis de vérifier ce fait aussitôt que
- la séance serait levée.
-
- La discussion est reprise. M. Sergent fait la motion de s'en
- référer à l'arrêté du 24 mars, qui porte qu'il n'y a pas lieu à
- délibérer sur l'enlèvement des bustes, et telle est la décision
- qui a été prise, après une heure consommée tour à tour par des
- amendements et la question préalable.
-
- Les zélateurs des images ont senti que cet arrêté laissait
- encore dans son intégrité la question de savoir si l'on doit
- élever des monuments aux hommes avant leur mort, et que la
- décision de cette question vengerait bientôt la liberté outragée
- par leurs viles flagorneries; aussi se sont-ils retirés consternés
- de n'avoir pu obtenir qu'un triomphe éphémère, et peut-être
- honteux de s'être montrés, avec si peu de profit, esclaves et
- idolâtres. Les bons citoyens ont accompagné leur digne maire
- jusqu'à sa voiture. C'était, disaient-ils, autant pour veiller à
- sa sûreté que pour applaudir à la conduite sage et ferme qu'il
- avait tenue dans une circonstance si difficile.
-
- La Fayette, Bailly, hommes aveuglés par la vanité, quelles que
- puissent être désormais vos vertus, vos exploits, vos bienfaits
- envers la patrie, votre réputation ne passera à la postérité
- qu'avec la tache que viennent de lui imprimer vos stupides
- adulateurs.
-
- [360] Il s'agit de la loi du 19-22 juillet 1791 relative à
- l'organisation d'une police municipale et correctionnelle (Cf.
- DUVERGIER, t. III, pp. 114-126).
-
- [361] P. imp., in-4º de 18 p., Bib. nat., Lf{137} 15 (TOURNEUX,
- nº 14203). La pièce est signée: «Pour ses collègues,
- DUFOUR.» Dufour était commissaire de police de la section du
- Marché-des-Innocents, d'après la liste des commissaires de police
- qui figure au supplément de la _Chronique de Paris_ du 22 avril
- 1792. Cette liste ne comprend que les commissaires de police
- de 47 sections. Il y manque le nom du commissaire de police de
- la section des Quinze-Vingts qui n'a pas signé la lettre au
- bas de laquelle figurent les noms de ses 47 collègues. Cette
- lettre est une réponse, en date du 21 avril 1792, écrite sur un
- ton assez ironique, à une lettre du 5 avril aux commissaires
- de police de la Ville de Paris, du procureur de la Commune,
- Manuel, conseillant à ceux-ci d'enlever les boues des rues, les
- pierres qui sont devant les portes, de régler la circulation
- des carrosses, etc... Les signataires répliquent en indiquant à
- Manuel ce que lui-même devrait faire.
-
- [362] P. imp., in-4º de 7 p., Arch. nat., collection Rondonneau,
- ADXVI 69, p. 35 (TOURNEUX, nº 8741).
-
- Voici le texte de cette pièce.
-
- SECTION DES POSTES
-
- RAPPORT
-
- _des commissaires nommés par le Comité de la section des Postes,
- par délibération du 9 mars 1792, sur l'état actuel de la Police
- de Paris_.
-
- La Commune de Paris se félicitait d'avoir des Juges de Paix qui,
- suivant la loi de leur institution, s'appliquaient constamment à
- concilier ou à juger les différends qui s'élèvent sans cesse; des
- Commissaires de Police qui maintenaient l'ordre et la tranquillité
- dans chaque section, constataient avec célérité les délits de
- toute espèce: elle voyait avec la plus douce satisfaction ces deux
- pouvoirs agir avec beaucoup d'activité et sans se heurter.
-
- La loi du 22 juillet 1791, relative à l'organisation d'une
- police municipale et correctionnelle, a dérangé cet ordre; elle
- a privé, pour ainsi dire, les citoyens de tous ces avantages,
- en surchargeant les juges de paix de fonctions, et en réduisant
- celles des commissaires à l'exercice de la police municipale.
-
- En effet, d'après cette loi, tous ceux qui sont arrêtés doivent
- être conduits directement chez le juge de paix, lequel est déclaré
- compétent pour prononcer, soit la liberté des personnes amenées,
- soit le renvoi devant un commissaire de police s'il s'agit d'un
- fait de police municipale, soit le mandat d'amener ou devant lui
- ou devant un autre juge de paix, soit enfin le mandat d'arrêt tant
- en matière de police correctionnelle qu'en matière criminelle.
-
- On ne craint pas de dire qu'il y a, dans ces nouvelles fonctions
- attribuées aux juges de paix et celles pour lesquelles ils
- avaient été institués, une très grande inconvenance. L'Assemblée
- constituante en avait d'abord été convaincue en rejetant, le 15
- octobre 1790, d'après l'avis du Comité de constitution, une motion
- qui avait été faite tendante à annuler les fonctions de juge de
- paix et de commissaire de police.
-
- Comment, en effet, concilier les fonctions primitives des juges
- de paix, celles d'entendre à toute heure du jour les affaires qui
- demandent une grande célérité, de tenir des audiences publiques,
- des assemblées pour avis de parents, de procéder à l'apposition de
- scellés, de faire des descentes sur les lieux contentieux, etc.
- Comment, disons nous, concilier ces fonctions avec celles dont
- la loi du 22 juillet 1791 les a encore investis? Disons-le avec
- confiance, cette réunion, cette complication de fonctions est
- sujette à mille inconvénients. Le juge de paix ne peut en même
- temps s'occuper des affaires civiles et recevoir journellement la
- garde qui lui amène des particuliers prévenus de délits, entendre
- les plaignants, les accusés et les témoins.
-
- Il est vrai que la même loi, pour assurer le service dans la
- ville de Paris, y a établi un Bureau central où se trouvent
- toujours deux juges de paix, lesquels rendent, chacun séparément,
- les ordonnances nécessaires, que les juges de paix remplissent
- tour-à-tour ce service pendant vingt-quatre heures.
-
- D'abord, remarquons qu'à la faveur de cette disposition les
- juges de paix ne reçoivent jamais, ou que très rarement, la
- garde chez eux, que la crainte qu'elle ne leur amène quelques
- délinquants leur suggéra le moyen de se faire sceller (_sic_).
-
- En second lieu, tandis qu'un juge de paix est de service au
- Bureau central ou au Tribunal de police correctionnelle, ce
- qui arrive très fréquemment, il ne peut, ni tenir son audience
- publique, ni entendre les affaires qui demandent une grande
- célérité, ni tenir d'assemblée de parents, ni apposer de scellés;
- enfin, les citoyens sont privés de leur conciliateur.
-
- En troisième lieu, les juges de paix ne voulant pas recevoir
- chez eux les personnes arrêtées, la garde nationale est forcée de
- les conduire au Bureau central; quelle fatigue pour elle de mener
- de tous les endroits de Paris à ce centre des hommes prévenus de
- délits de toute espèce, d'escorter des cadavres, des blessés, des
- voitures et cabriolets qui ont causé du dommage, etc.!
-
- En quatrième lieu, pendant que la garde nationale est occupée
- à des transports au Bureau central, les postes sont dégarnis,
- ils ne peuvent faire de patrouilles pour veiller à la sûreté des
- personnes et des propriétés.
-
- En cinquième lieu, le plaignant et les témoins ne se déterminent
- pas facilement à venir d'un faubourg à ce Bureau unique, où l'on
- conduit, à tous moments, de tout les points de la capitale; s'ils
- s'y rendent, ils apprennent que leur tour n'arrivera que dans six,
- huit, douze ou quinze heures; ils perdent patience et se retirent,
- et il s'ensuit le dépérissement des preuves et par conséquent
- l'impunité.
-
- En sixième lieu, on conçoit que deux juges de paix chargés de
- l'expédition d'affaires qui auparavant occupaient jour et nuit
- quarante-huit commissaires de police, ne peuvent avoir le temps de
- les examiner, de les approfondir; de là résultent des décisions
- hasardeuses, surtout à l'expiration des vingt-quatre heures de
- service, dans ce moment où l'esprit se trouve abattu, exalté et
- souvent hors de mesure par la veille, par l'excès du travail et
- par la variété infinie des affaires. Nous en avons un exemple
- tout récent. Un particulier fait profession de faire passer de
- faux billets de la Caisse patriotique et de faux assignats;
- plusieurs déclarations sur ce fait chez le commissaire de police
- de cette section. Il est enfin arrêté, venant de passer à un
- marchand éventailliste un faux assignat de 300 livres sur lequel
- ce marchand lui avait rendu 207 livres. Il est conduit chez le
- commissaire, il reconnaît l'assignat, il avoue avoir déjà passé
- plusieurs billets faux. D'après ces aveu et reconnaissance,
- consignés dans un procès-verbal, le prévenu est conduit au
- Bureau central; mais les juges de paix, dont le service allait
- cesser, pressés sans doute de se retirer pour prendre du repos,
- ne cherchent point à approfondir cette affaire; ils renvoient
- sur-le-champ ce particulier.
-
- Ce renvoi, ordonné aussi légèrement, a alarmé les membres du
- Comité de cette section; ils ont trouvé qu'il était dangereux de
- laisser dans la société un homme qui servait d'instrument aux
- fabricateurs de faux billets et de faux assignats; ils en ont
- porté des plaintes à l'Assemblée nationale, au Ministre de la
- Justice, au juré spécial et au Procureur de la Commune.
-
- En septième lieu, peut-on voir, sans craindre l'arbitraire, que
- deux juges de paix prononcent, chacun séparément, la détention
- d'un citoyen domicilié et père de famille! et ce citoyen,
- qui peut bien avoir été emprisonné innocemment, peut-il être
- sans inquiétude quand l'officier de police qui a ordonné son
- arrestation provisoire est le juge qui va prononcer sur la
- détention définitive?
-
- Voilà une partie des inconvénients que présente la loi du 22
- juillet. Un plus long détail serait fastidieux.
-
- Il faut néanmoins convenir que la loi supplémentaire du
- 29 septembre, en abrogeant les articles XIV, XV et XVI du
- titre IV du code municipal, a réservé aux commissaires de
- police la faculté de dresser, sur réquisition ou d'office,
- des procès-verbaux, dans les cas d'effraction, assassinat,
- incendie, blessures ou autres délits laissant des traces après
- eux; mais ils ne peuvent passer outre, toute autre opération
- leur est interdite. S'ils se transportent dans un lieu où il
- vient d'être commis un meurtre ou un vol, et que le délinquant
- ne soit point arrêté, il faut qu'ils attendent une ordonnance
- du juge de paix, pour faire perquisition. Il n'est aucun
- citoyen qui ne sente combien sont précieux les premiers moments
- qui suivent celui du crime, combien le moindre retard est
- avantageux aux coupables.
-
- Suivant l'article IX, le commissaire de police, après avoir
- constaté le corps du délit, est obligé de transmettre au juge de
- paix la minute de son procès-verbal, les objets volés, les pièces
- de conviction et la personne saisie. Cette transmission ne peut
- guère se faire que par la voie de la garde nationale, chargée
- de conduire le prévenu devant le juge de paix; et alors, si les
- objets volés comportaient 100.000 livres d'assignats, n'a-t-on pas
- à craindre que le porteur de ces effets ne soit lui-même volé dans
- la course qu'il a à faire, au milieu d'une foule qui accompagne
- ordinairement ces sortes d'expéditions?
-
- Il est essentiel pour la liberté que les pouvoirs soient, autant
- qu'il est possible, indépendants et séparés les uns des autres.
- Néanmoins les juges de paix, d'après les nouveaux pouvoirs qui
- viennent de leur être donnés, sont tout à la fois conciliateurs,
- juges civils, juges de police et juges criminels.
-
- Ainsi, le juge, le magistrat qui était établi pour vivre
- continuellement au milieu du peuple, protéger le faible dans le
- premier moment de l'oppression, prévenir les contestations entre
- les citoyens, étouffer les premières semences de division, si
- dangereuses dans les familles, se trouve dans le fait, aujourd'hui
- à Paris, le juge le moins accessible au peuple.
-
- Les juges de paix, citoyens estimables qui ont recueilli la
- marque de confiance la plus tendre et la plus affectueuse de la
- part de leurs concitoyens, pourront-ils consentir à se soustraire
- à leurs besoins instantanés? pourront-ils renoncer sans regret
- aux fonctions pacifiques pour lesquelles ils ont été établis et
- auxquelles tout le temps d'un seul homme suffit à peine?
-
- Pourront-ils sacrifier la considération et les bénédictions
- qu'elles leur attireraient, à une envie déraisonnable de tout
- faire?
-
- Qu'ils ne s'y trompent point: c'est la faveur qui leur avait
- mérité ces fonctions saintes, qui a donné l'idée de les charger
- de toutes leurs nouvelles attributions, comme si le même homme
- pouvait être partout. Elle doit disparaître, cette faveur; dans
- le moment où le juge de paix, ce bienfait inestimable de la
- Constitution française, cesse d'être accessible à tout moment et
- se trouve transformé en un juge de rigueur et de sévérité, fait
- pour effrayer et non pour concilier.
-
- Il est donc démontré que les fonctions attribuées aux juges
- de paix ne peuvent être réunies à celles d'arbitres, de juges
- pacificateurs; que ces diverses fonctions s'excluent mutuellement
- par les embarras et la difficulté qu'elles présentent dans
- leur exercice: il est donc indispensable de rétablir la police
- antérieure.
-
- Ce mode est en effet le meilleur qui convienne pour le maintien
- de la police générale de Paris. Il suffit, pour s'en convaincre,
- de jeter un coup d'oeil sur ses avantages.
-
- Par le code municipal du 27 juin 1790, et par la loi relative
- à l'ordre judiciaire, la police générale est attribuée à la
- Municipalité. Un commissaire de police élu par les citoyens, à la
- majorité absolue et qui a sous ses ordres un secrétaire-greffier,
- aussi nommé par le peuple, est placé dans chacune des
- quarante-huit sections: il exerce la police sous la surveillance
- de la Municipalité et de seize commissaires de sections qui le
- secondent au besoin. On trouve dans cet établissement un officier
- public toujours en activité; la garde nationale l'a à sa portée;
- les plaignants et les témoins n'ont qu'un pas à faire pour faire
- leurs déclarations; il poursuit le délit aussitôt qu'il est connu,
- et si le délinquant est pris en flagrant délit et qu'il soit
- domicilié, le commissaire de police ne peut le déposer dans une
- maison d'arrêt sans la signature d'un commissaire de section. En
- un mot, on trouve dans l'ensemble du code municipal les avantages
- de la sûreté et de la célérité. Une expérience de quinze mois l'a
- montré.
-
- C'est donc le cas de solliciter auprès de l'Assemblée nationale
- la réformation des décrets des 22 juillet et 21 septembre 1791,
- et le rétablissement des articles XIV, XV et
- XVI du titre IV du code municipal.
-
- _Extrait des Registres du Comité de la section des Postes._
-
- _Du 29 mars 1792._
-
- Le Comité, après avoir entendu le rapport de ses commissaires, a
- déclaré l'approuver en tout son contenu; en conséquence, a arrêté
- qu'il serait imprimé et envoyé à l'Assemblée nationale, ainsi
- qu'aux Comités des quarante-sept autres sections.
-
- _Signé_: BOUSSAROQUE, _président_;
- MARESCHAL, _secrétaire-greffier_.
-
- Pour expédition conforme à la minute.
- MARESCHAL, _secrétaire-greffier_.
-
- [363] Je n'ai pas retrouvé le texte de cet arrêté.
-
- [364] Je ne connais pas le texte de cette délibération.
-
- [365] Même observation.
-
- [366] La question de la police de Paris préoccupait à juste titre
- les sections à cette époque. D'après le journal la _Feuille du
- Jour_ il y aurait eu, au mois de mars, plusieurs meurtres au
- Palais-Royal. Au mois d'avril, les journaux renferment plusieurs
- réclamations de personnes volées par des cochers de fiacres,
- qui, après avoir extorqué de l'argent à leurs clients, s'étaient
- enfuis à toute bride. De là, en partie, la lettre de Manuel aux
- commissaires de police, en date du 5 avril, signalée à la note
- 361 de la page 103 ci-dessus. A la suite des arrêtés de sections
- mentionnés au présent procès-verbal de la section des Postes,
- le Corps municipal avait pris, le 16 avril, un arrêté sur les
- fiacres qui devaient être, à l'avenir, numérotés (on trouvera le
- texte de cet arrêté à la _Feuille du jour_ du 23 avril). Puis,
- sous la pression des sections qui, comme celle des Postes dans la
- présente séance du 21 avril, réclamaient la réunion de la Commune
- pour délibérer sur la question de la police de la capitale, le
- Corps municipal convoqua des Assemblées de sections pour le
- samedi 12 mai, afin de délibérer sur cette question (_Courrier
- français_, du 9 mai).
-
-
-
-
-TRENTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE.--DU LUNDI 23 AVRIL 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du lundi vingt-trois avril
-mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens de la section des Postes convoqués en la manière accoutumée
-d'après l'ajournement fixé en l'Assemblée du 16 de ce mois pour entendre
-le rapport des commissaires nommés pour l'examen du travail fait par les
-commissaires recenseurs, relativement à la réintégration des ci-devant
-gardes françaises[367].
-
-M. Boussaroque, président du Comité a été nommé président, et M. Barré
-le jeune, secrétaire.
-
-M. le Président s'étant assuré par la liste d'enregistrement que le
-nombre des citoyens présents était de cent quinze, la séance a été
-ouverte par la lecture du procès-verbal de la dernière séance, qui a été
-adopté.
-
-M. le Président a ensuite fait lecture d'une lettre, à lui adressée
-par M. Maréchal (_sic_) portant sa démission de la place de
-secrétaire-greffier de la section.
-
-L'Assemblée en acceptant la démission de M. Mareschal lui a voté des
-remerciements, a arrêté qu'il en serait fait mention honorable dans le
-procès-verbal, dont il lui serait délivré extrait[368].
-
-L'Assemblée passant ensuite à l'ordre du jour MM. les commissaires
-nommés en la séance du 10 de ce mois, ont fait lecture de leur rapport,
-par lequel ils concluent à ce qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur le
-plan d'organisation et sur le projet de pétition projetés par les
-commissaires recenseurs[369].
-
-L'Assemblée après avoir entendu la lecture du rapport, et plusieurs
-citoyens qui avaient obtenu la parole, ainsi que l'observation
-faite par l'un des commissaires rapporteurs, que vérification
-faite des délibérations des vingt-neuf sections, nommées en l'art.
-13 du procès-verbal des commissaires recenseurs[370], un grand nombre
-desdites délibérations ne contiennent aucun pouvoir de dresser un plan
-d'organisation, ni pétition; considérant que le plan d'organisation, et
-la pétition rédigés par les commissaires qui avaient été nommés pour
-constater le résultat des délibérations concernant les anciens gardes
-françaises, tendent évidemment à désorganiser la gendarmerie nationale
-à pied et les trois régiments de ligne précieux, créés par l'Assemblée
-nationale; convaincue d'ailleurs de l'inexactitude de l'énonciation de
-l'art. 13 du procès-verbal desdits commissaires;
-
-A adopté presqu'à l'unanimité l'avis de ses commissaires recenseurs;
-en conséquence, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à délibérer sur le
-plan d'organisation et sur la pétition projetés par les commissaires
-recenseurs;
-
-A arrêté que la délibération du 13 mars dernier par laquelle elle
-avait émis son voeu pour la formation de nouvelles compagnies serait
-rapportée et regardée comme non-avenue;
-
-A déclaré qu'elle improuve la conduite des commissaires recenseurs,
-notamment la conduite des commissaires par elle nommés[371];
-
-A arrêté en outre que le rapport des six commissaires et la présente
-délibération seraient imprimés et remis au Département, à la
-Municipalité et aux quarante-sept autres sections[372].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la Section des Postes les jour
-et an susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [367] Voyez ci-dessus, p. 90.
-
- [368] Mareschal fut remplacé par Joly, le 5 mai (cf., à cette
- date, le registre des Assemblées primaires de la section: Arch.
- de la Seine, VD* 1002).
-
- [369] Voici le texte de ce rapport d'après la pièce imprimée
- in-4º qui est à la Bibliothèque de la Ville de Paris, recueil
- factice 10065* in-4º:
-
- SECTION DES POSTES
-
- EXTRAIT
-
- _du registre des délibérations des Assemblées générales de
- la section des Postes, du lundi 23 avril 1792, l'an 4e de la
- liberté._
-
- LES CITOYENS DE LA SECTION DES POSTES, convoqués en la
- manière accoutumée, et assemblés pour entendre le rapport des
- commissaires nommés pour l'examen du travail fait par les
- commissaires-recenseurs, relativement à la réintégration des
- ci-devant _gardes-françaises_.
-
- L'un des rapporteurs a dit:
-
- MESSIEURS,
-
- Par votre délibération du 16 de ce mois, vous avez chargé
- six commissaires d'examiner le procès-verbal dressé par les
- commissaires que les sections avaient nommés, pour constater
- le résultat de leurs délibérations sur le sort des anciens
- gardes-françaises, et autres, ci-devant soldés par la Ville de
- Paris, et un projet de règlement fait par eux pour ce qu'ils
- appellent la réintégration de ces premiers soldats de la
- révolution.
-
- Le premier objet qui a fixé l'attention de vos commissaires
- a été d'examiner si ceux des sections s'étaient renfermés dans
- les bornes que la loi leur prescrit; il nous a paru qu'ils s'en
- étaient écartés. La loi du 22 mai 1791 sur le droit de pétition,
- porte, art. VI, que les commissaires nommés par les
- sections pour se rendre à la maison commune, afin d'y comparer
- et constater les résultats des différentes délibérations, ne
- pourront prendre aucune délibération, ni changer, sous aucun
- rapport, le résultat de celles prises par chaque section. L'art.
- VII porte que, dans le cas où les sections ne se seraient
- pas accordées sur des objets soumis à leur délibération, les
- commissaires réduiraient la proposition sur laquelle il y aurait
- diversité d'opinions, de manière que les sections puissent
- délibérer par oui ou par non.
-
- Le sens de ce dernier article est bien clair: il oblige les
- commissaires à reporter dans les sections les différents points
- sur lesquels elles ne sont point d'accord, pour qu'elles se
- déterminent sur chacun par oui ou par non. Il en résulte que la
- loi ne les autorise pas à faire un projet de règlement et de
- pétition, projet divisé en titres et en articles, qui ne peut
- être que le produit de délibérations qui leur sont interdites par
- l'article VI.
-
- Il est vrai que le procès-verbal rédigé par les commissaires
- des sections porte, art. XIII, que vingt-neuf sections
- ont chargé leurs commissaires de se concerter entre eux, tant sur
- le mode de cette réintégration et formation, que pour dresser un
- projet de pétition à l'Assemblée nationale pour, lesdits mode et
- projet de pétition reportés aux sections, être pris par chacune
- d'elles un voeu définitif sur ces objets.
-
- La première question à examiner est de savoir si les vingt-neuf
- sections ont pu donner à leurs commissaires un droit que la loi
- leur a refusé expressément, parce qu'elle a prévu l'abus qu'on en
- pourrait faire? Non, sans doute, les commissaires devaient être
- les premiers à rejeter ce pouvoir illégal qu'on leur offrait;
- ils ont d'autant plus de tort de ne l'avoir pas fait, qu'ils ne
- peuvent prétexter l'ignorance de la loi, puisqu'eux-mêmes ont
- transcrit en tête de leur procès-verbal les deux articles qui le
- condamnent.
-
- Mais, Messieurs, est-il vrai que vingt-neuf sections les
- aient autorisés à se concerter entr'eux pour faire ce projet de
- règlement? Il n'est pas permis à la section des Postes de le
- croire. En effet, nous trouvons son nom inscrit au nombre des
- vingt-neuf que l'on dit avoir donné cette autorisation et il est
- constant par le procès-verbal de la séance qu'elle n'a point donné
- ce pouvoir à son commissaire. D'après cet exemple, le seul que
- la section puisse vérifier par elle-même, n'est-elle pas fondée
- à croire que plusieurs autres commissaires se seront permis la
- même chose? Il lui est doux, au moins, de pouvoir présumer que
- l'infraction à la loi dont nous nous plaignions il y a un instant
- ne provient point du fait des sections, mais bien de celui des
- commissaires qui avaient surpris leur confiance (_sic_).
-
- Vos commissaires devraient peut-être, Messieurs, borner ici
- leur rapport, et se contenter de vous avoir prouvé que le projet
- de votre délibération. Mais ils ont cru que quelques observations
- succinctes sur plusieurs des articles de ce projet, vous
- démontreraient encore plus clairement combien les commissaires des
- sections ont outrepassé leurs pouvoirs.
-
- Nous allons vous les soumettre.
-
- L'article I porte: «Tous les gardes-françaises qui
- ont servi la révolution à la date du premier juin 1789, ensemble
- les canonniers et autres soldats de divers régiments sous les
- drapeaux de la liberté, à compter du 12 juillet 1789, et qui ont
- été inscrits ou enrôlés, à la Municipalité ou dans les districts
- de Paris, jusques et y compris le dernier octobre suivant, seront
- réintégrés.»
-
- Cet article, conçu en termes trop généraux, pourrait entraîner
- de très grands inconvénients; les ci-devant gardes-françaises
- n'ont pas été les seuls qui se soient rangés sous les drapeaux de
- la liberté, à dater du 12 juillet 1789. Beaucoup de soldats des
- autres régiments accoururent en foule à Paris pour s'incorporer
- aux bataillons parisiens; le plus grand nombre, sans doute, était
- animé du zèle le plus pur pour la liberté et la révolution; mais
- nous ne pouvons pas nous dissimuler que plusieurs ne furent
- conduits à Paris que par l'espoir d'une augmentation de solde, le
- goût du libertinage et de l'indiscipline. Ceux-ci ne tardèrent pas
- à être reconnus, et les différentes compagnies du centre furent
- obligées successivement de les rejeter de leur sein. Rappeler ces
- différents individus, les confondre dans la formation de nouvelles
- compagnies avec les vrais soldats de la liberté, ce serait faire
- injure à ceux-ci, et exposer la Ville de Paris à des troubles
- toujours renaissants, en récompensant le vice du même prix que les
- vertus civiques.
-
- L'article II porte: «Toux ceux ci-dessus désignés qui
- seraient engagés dans divers régiments, seront relevés de leurs
- engagements pour entrer dans la nouvelle formation; il sera pourvu
- aux moyens de faciliter leur retour, ainsi que celui des soldats
- qui pourraient être retirés dans les départements».
-
- Six sections seulement ont demandé que tous les ci-devant
- gardes-françaises et autres soldats qui seraient engagés dans
- d'autres corps, eussent la faculté d'être compris dans ladite
- formation.
-
- Comment les commissaires ont-ils pu présenter comme voeu
- général un article qui tend à désorganiser la gendarmerie
- nationale et trois régiments créés par la loi expresse, surtout
- quand cette loi, pour les récompenser des services qu'ils ont
- rendus à la cause de la liberté, les affecte à la garnison de
- Paris, d'où ils ne peuvent être tirés que par un décret du Corps
- législatif. Qui est-ce qui ignore d'ailleurs que le plus grand
- nombre des braves gardes-françaises sont aujourd'hui officiers ou
- sous-officiers dans la gendarmerie nationale et dans les trois
- régiments de ligne, et que l'Assemblée nationale s'est réservée et
- doit s'occuper de faire placer ou récompenser ceux qui ne le sont
- pas.
-
- L'article V porte: «Les soldat réintégrés et admis dans
- la nouvelle formation jouiront des droits de citoyens actifs.»
-
- Deux sections seules ont formé cette demande subversive de
- toutes les lois, et notamment de celle du 28 février 1790, rendue
- sur les bases et principes de la constitution militaire, qui
- porte, art. VI: «qu'aucun soldat ne pourra exercer les
- droits de citoyen actif dans les endroits où il est en garnison.»
- Comment les commissaires, nommés par le recensement des voeux
- des sections, ont-ils pu se permettre de soumettre à votre
- délibération un article si formellement contraire à la loi, si
- ce droit de citoyen actif devenait un privilège pour les gardes
- soldés de Paris, tandis que les autres soldats en sont privés par
- la loi?
-
- L'article VI, qui porte que la dénomination de cette
- nouvelle formation sera _Garde nationale soldée_, est encore
- contraire à la loi; les rédacteurs de cet article auraient dû se
- rappeler que, pour qu'il n'y eût plus de garde nationale soldée,
- l'Assemblée a mis en régiments et en gendarmerie à pied et à
- cheval celle qui existait à Paris; au surplus, cet article est
- encore de la création des commissaires, puisque nous ne trouvons
- dans le procès-verbal aucune section qui l'ait demandé.
-
- Le titre II, article XII, porte: «Les citoyens formant
- ces compagnies ne seront pas casernés; mais ils seront tenus de
- loger dans l'arrondissement de leurs bataillons respectifs, et ils
- ne pourront jamais marcher qu'avec la garde nationale volontaire.»
-
- Les réflexions sur cet article se présentent en foule. Vos
- commissaires ne feront que vous les indiquer. Vous devez vous
- rappeler, Messieurs, combien vous avez formé de plaintes, dans les
- commencements de la Révolution, sur les embarras qu'occasionnait
- dans le service le défaut de discipline dans les compagnies du
- centre: ce n'a été qu'à la longue, et au moyen du casernement,
- que la discipline s'y est établie et que le service s'y est fait
- d'une manière réglée. Le projet des rédacteurs de l'article est-il
- de nous remettre dans l'état dont nous avons eu tant de peine
- à sortir? Heureusement ce reproche ne peut pas tomber sur les
- sections; dans le recensement de leurs différents voeux, relatés
- dans le procès-verbal des commissaires, il n'est fait mention
- d'aucune qui ait formé cette demande. Ainsi ce serait encore aux
- seuls commissaires rédacteurs que nous aurions l'obligation de ce
- genre d'anarchie que l'on veut semer dans la capitale.
-
- Titre IV. Du traitement. Ce titre ne contient que deux
- articles, dont le premier porte que le traitement sera une dépense
- nationale, et le second fixe le traitement de chaque individu.
-
- Le calcul de ce dernier article, en supposant les compagnies de
- cent hommes, donnerait une dépense annuelle de 4.873.900 livres.
-
- Les rédacteurs ont bien senti que la Commune de Paris, qui ne
- peut même pas suffire à ses dépenses ordinaires, ne pouvait pas se
- charger d'un accroissement de dépense aussi considérable; aussi
- demandent-ils que cette dépense soit nationale; mais, croyez-vous,
- Messieurs, que les députés des quatre-vingt-deux autres
- départements veuillent grever la Nation de cette nouvelle dépense,
- pour l'entretien de soldats qui ne seraient d'aucune utilité au
- reste du royaume, puisqu'il est dit dans l'article XII du
- projet de règlement, qu'ils ne pourraient jamais marcher qu'avec
- la garde nationale volontaire? Croyez-vous, Messieurs, que dans
- ce moment-ci où la guerre est déclarée, l'Assemblée nationale
- consentît à désorganiser trois régiments qui peuvent voler à la
- défense des frontières, si le besoin le requiert, pour entretenir
- chèrement dans Paris 6.000 hommes inutiles à sa garde?
-
- D'après ces considérations, vos commissaires vous proposent,
- Messieurs, d'arrêter qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur le plan
- d'organisation, ni sur la pétition, rédigés par les commissaires
- recenseurs.
-
- L'Assemblée, après avoir entendu la lecture du rapport
- ci-dessus, et plusieurs citoyens qui avaient obtenu la parole,
- ainsi que l'observation faite par l'un des commissaires
- rapporteurs, que, vérification faite des délibérations
- des vingt-neuf sections nommées en l'article XIII du
- procès-verbal des commissaires recenseurs, un grand nombre
- des dites délibérations ne contenant aucun pouvoir de dresser
- un plan d'organisation, ni pétition; considérant que le plan
- d'organisation et la pétition, rédigés par les commissaires qui
- avaient été nommés pour constater le résultat des délibérations
- concernant les anciens gardes-françaises, tendent évidemment à
- désorganiser la gendarmerie nationale à pied et trois régiments
- de ligne précieux créés par l'Assemblée nationale; convaincue
- d'ailleurs de l'inexactitude de l'énonciation de l'article
- XIII du procès-verbal desdits commissaires recenseurs;
-
- A adopté presque à l'unanimité l'avis de ses commissaires
- rapporteurs; en conséquence, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à
- délibérer sur le plan d'organisation et sur la pétition, projetés
- par les commissaires recenseurs;
-
- A arrêté que sa délibération du 13 mars dernier, par laquelle
- elle avait émis le voeu pour la formation de nouvelles
- compagnies serait rapportée et regardée comme non-avenue;
-
- A déclaré qu'elle improuve la conduite des commissaires
- recenseurs, et notamment la conduite du commissaire par elle nommé;
-
- A arrêté en outre que le rapport des six commissaires et la
- présente délibération seraient imprimés et remis au département, à
- la municipalité et aux quarante-sept autres sections.
-
- _Signé_: BOUSSAROQUE, _président_,
- BARRÉ le jeune, _secrétaire_.
-
- Pour expédition conforme à l'original.
- MARESCHAL, _secrétaire-greffier_.
-
- A Paris, de l'imprimerie de Pellier, imprimeur de la section
- des Postes et du Bataillon de Saint-Eustache, rue des Prouvaires,
- nº 61.
-
- [370] Il s'agit ici de la pièce indiquée à la note 337 de la page
- 90 ci-dessus.
-
- [371] C'est-à-dire: «du commissaire». En effet, le 13 mars,
- l'Assemblée n'avait nommé qu'un seul commissaire, le sieur
- Desvieux.
-
- [372] On voit que la section des Postes avait complètement
- changé d'avis depuis sa séance du 13 mars. Cette volte-face
- était due, comme l'indique le procès-verbal, au rapport des six
- commissaires nommés le 16 avril.--Je n'ai malheureusement pas
- retrouvé le rapport et l'arrêté dont l'impression est signalée
- au présent procès-verbal. Mais l'opposition de la section des
- Postes, qui entraîna sans doute celle d'autres sections, n'arrêta
- pas les promoteurs du mouvement en faveur de la réintégration
- des ci-devant gardes françaises dans la garde nationale soldée.
- C'est le sieur Buirette-Verrières, qui, dès le 9 avril (voyez
- ci-dessus, p. 90, n. 338) avait pris la tête de ce mouvement.
- Buirette-Verrières, ci-devant attaché au tribunal de la maison
- du comte d'Artois et depuis défenseur officieux, petit homme
- bossu très remuant, s'était fait, déjà au mois de février 1791,
- l'avocat attitré des gardes françaises et des vainqueurs de la
- Bastille (voyez la pièce bibliographiée par M. TOURNEUX, sous le
- nº 6914 et cf. le _Contre-Poison_ des 15 février et 12 mars 1791,
- pp. 127-128 et 299). Verrières était ainsi tout désigné, en avril
- 1792, pour prendre en main la cause des gardes françaises. C'est
- dans ses papiers que se trouve l'original du procès-verbal du
- recensement des nouvelles délibérations prises par 34 sections
- sur la question qui nous occupe, avec le voeu émis par elles
- sur chacun des vingt et un articles du mode de réintégration
- dont il a été question ci-dessus, p. 90, n. 338: on trouvera
- ce procès-verbal manuscrit aux Archives nationales, F{7} 4622
- (TUETEY, t. VI, nº 1285).
-
- Au mois de mai, nous retrouvons Verrières en relations avec les
- gardes françaises qui s'adressent à lui pour la rédaction d'une
- nouvelle pétition à l'Assemblée nationale (voyez TUETEY, t. VI,
- n{os} 1286 à 1289). Au mois de juin, Buirette-Verrières rédige la
- pétition (voyez TUETEY, t. VI, nº 1291, et TOURNEUX, nº 6900).
- Nouvelle pétition à la Législative du même Buirette-Verrières en
- faveur des gardes françaises, le 15 juillet 1792 (TUETEY, t. VI,
- nº 1298). Le 16 juillet, la Législative décrétait la création
- de nouvelles divisions de gendarmerie à pied dans lesquelles
- devaient être versés les ci-devant gardes françaises; un registre
- d'inscription devait être ouvert pendant 15 jours, à Paris, au
- greffe de la Municipalité (décret, sanctionné le 18 juillet;
- DUVERGIER, t. IV, p. 248). Le 20 juillet, le Corps municipal,
- conformément à ce décret, arrêtait l'ouverture de ce registre, du
- 23 juillet au 7 août (voyez ci-après, p. 137, n. 418).
-
- Enfin le 10 août arriva. L'une des premières mesures de
- la Législative fut de donner satisfaction aux clients de
- Buirette-Verrières par son décret du 17 août qui organisait
- définitivement les nouvelles compagnies de gendarmerie à pied
- (DUVERGIER, t. IV, p. 320, et cf. TUETEY, t. VI, n{os} 1302 et
- 1303). Dès le lendemain la Commune ordonnait aux sections de
- procéder à l'application de ce décret (voyez plus loin, p. 197 et
- n. 581).
-
-
-
-
-TRENTE-HUITIÈME ASSEMBLÉE.--DU MERCREDI 6 JUIN 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi six juin mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-Les citoyens actifs de la section des Postes, convoqués sur une pétition
-de 74 d'entre eux et réunis au nombre de cent trente-deux pour délibérer
-sur un arrêté de la Municipalité, du premier du courant, concernant les
-processions de la Fête-Dieu[373]; d'après les principes consacrés par
-la Constitution, qui garantit à tout homme le droit d'exercer le culte
-religieux auquel il est attaché, laisse aux citoyens la faculté de
-tendre et tapisser l'extérieur de leurs maisons ou de s'en dispenser,
-met la Garde nationale hors de réquisition pour assister aux cérémonies
-d'un culte quelconque, et cependant enjoint aux commissaires de police,
-et aux commandants de la garde nationale, de veiller au maintien de
-l'ordre public [et] sur l'intérêt de tous les citoyens, qui ne permet
-pas à l'occasion de la Fête-Dieu de suspendre la liberté et l'activité
-du commerce;
-
-M. Boussaroque ayant été nommé président et M. Vanier, l'aîné,
-secrétaire;
-
-La matière mise en délibération, et après une ample discussion,
-l'Assemblée générale de la section des Postes, ayant remarqué
-que l'arrêté de la Municipalité ne contient aucunes dispositions
-prohibitives[374], et que la presque totalité des citoyens a manifesté
-le désir d'assister comme de coutume aux processions de la Fête-Dieu, a
-arrêté qu'il n'y avait pas lieu à délibérer sur la pétition[375].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [373] On trouvera cet arrêté du Corps municipal au _Moniteur_ du
- 3 juin 1792, réimpression, t. XII, p. 550. Il a été imprimé en un
- in-8º de 3 p., dont il existe un exemplaire à la Bibliothèque de
- la Ville de Paris, recueil factice 10073* (TOURNEUX, nº 6083).
-
- [374] En effet l'arrêté de la Municipalité se borne à supprimer
- l'obligation pour les habitants de décorer leurs maisons, et
- celle, pour la garde nationale de se mettre sous les armes.
-
- [375] Cette décision de l'Assemblée de la section des Postes
- semble impliquer que les gardes nationaux de la section seraient
- réquisitionnés «comme de coutume», quelles que puissent être
- leurs opinions religieuses et quelque entrave que la célébration
- de la Fête-Dieu pût apporter au commerce. La section des Postes
- était, on le voit, une des sections dont la population était
- restée le plus pratiquante.
-
-
-
-
-TRENTE-NEUVIÈME ASSEMBLÉE.--DU VENDREDI 15 JUIN 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vendredi quinze juin mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes, légalement convoquée
-sur la pétition de cinquante citoyens actifs tendant à délibérer sur
-la pétition incivique autant qu'inconstitutionnelle des prétendus huit
-mille citoyens gardes nationales[376] et aviser au moyen de faire punir
-les agitateurs du peuple qui se sont servis de la voie de l'état-major
-de la garde nationale parisienne pour faire passer dans les bataillons
-cette pétition, ouvrage de ténèbres; l'Assemblée composée de cent quinze
-citoyens, et après une ample discussion;
-
-A arrêté: 1º qu'elle improuve formellement et voue à l'indignation,
-au mépris public et du monde entier, cet ouvrage et ses auteurs, comme
-portant une atteinte coupable à la Constitution;
-
-2º Que ce sentiment sera porté à l'Assemblée nationale par une
-députation de vingt membres qui seront chargés de présenter l'assurance
-la plus ferme et la plus constante de son entier dévouement à la
-constitution et à la loi.
-
-3º Que le présent arrêté sera envoyé le plus promptement possible aux
-quarante-sept autres sections avec invitation de réunir comme elle va
-le faire, toutes les preuves qu'il sera possible de se procurer, de
-l'existence de l'infâme coalition formée pour diviser les citoyens
-par cette pétition et surprendre perfidement leurs signatures, à
-l'effet d'insulter aux travaux de l'Assemblée nationale, à la loi,
-et à l'honneur des citoyens; l'Assemblée arrête en outre que les
-quarante-sept autres sections seront priées de réunir lesdites
-preuves en corps, afin de les mettre sous les yeux de l'Assemblée
-nationale, et demander une justice éclatante contre les auteurs,
-fauteurs et complices de cet attentat.
-
-Et pour porter le présent arrêté à l'Assemblée nationale, l'Assemblée
-a nommé pour ses commissaires députés MM. Renard, Desvieux, Basty,
-Didelot, Lefebvre, David, Jams (_sic_), Gambier, Bellet fils, L'anglois
-(_sic_), Moreau, Régnier[377], Bachelard, Frosté, L'Héritier fils,
-Gregy, Corneille, Ybert, Guillot et Praviel (_sic_)[378].
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
-jour et an susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [376] La pétition dite _des huit mille_, contre le décret du 8
- juin organisant un camp de 20.000 fédérés sous les murs de Paris
- en vue de la fête de la Fédération du 14 juillet, fut présentée
- à la Législative dans sa séance du 10 juin. Sur cette pétition,
- voyez mon ouvrage sur _La Commune du 10 août 1792_.
-
- [377] RÉGNIER, Jacques-Hubert, miroitier, 40 ans, rue Montmartre,
- 255, membre du Comité de la section, devint après le 10 août
- électeur de la section.
-
- [378] Sans doute pour Proviel. (Voir ce nom à l'_Index_.)
-
-
-
-
-QUARANTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 23 JUIN 1792.
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi vingt-trois juin
-mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
-
-
-En l'Assemblée générale de la section des Postes convoquée par M. le
-président et MM. les commissaires de ladite section sur la pétition
-motivée de plus de cinquante citoyens actifs en date du vingt-un (_sic_)
-de ce mois, et composée de cent seize citoyens et plus, et présidée par
-M. Bellet, président de MM. les commissaires de ladite section;
-
-Pour remplir les fonctions de secrétaire, l'Assemblée a nommé par
-acclamation Jean-François Chignard[379], l'un d'eux; lequel après avoir
-accepté cette mission en a rempli les fonctions.
-
-L'un des membres, ayant obtenu la parole sur l'objet de la pétition qui
-tendait à délibérer sur les événements qui ont eu lieu mercredi dernier
-dans Paris, notamment dans le château des Thuileries (_sic_)[380],
-après avoir retracé ces événements, rappelle les arrêtés du Directoire
-du Département pris relativement à ces circonstances, les arrêtés et
-délibérations de la Municipalité, la conduite du Maire et officiers
-municipaux, et celle du commandant général de la garde nationale; [il] a
-proposé d'arrêter:
-
-1º Que l'Assemblée de la section déclare que M. Pétion, maire de Paris,
-et M. le commandant général de la garde nationale parisienne ont perdu
-la confiance publique; 2º qu'on sollicitera la convocation d'une cour
-martiale pour juger M. Ramainvilliers, commandant général; 3º que la
-section des Postes enverra une députation au Roi pour lui témoigner
-combien elle est sensible aux outrages que la dignité royale a reçus
-dans sa personne; 4º qu'il sera pareillement envoyé une députation au
-Corps législatif, pour solliciter une vengeance éclatante des fauteurs
-et instigateurs des événements du 20 juin; 5º enfin que l'arrêté sera
-imprimé et envoyé aux 47 autres sections et aux 60 bataillons.
-
-La discussion s'étant ouverte sur cette proposition, un autre membre
-a proposé d'oublier les événements qui s'étaient passés, et à (_sic_)
-ne prendre que des arrêtés de paix, tendant à faire cesser la division
-qui paraît s'être manifestée entre les citoyens dans ces malheureuses
-circonstances.
-
-Un autre membre a proposé de faire une adresse à toutes les sections des
-différents faubourgs de Paris, et même à toutes les autres sections de
-la ville, dans les mêmes vues que le préopinant.
-
-Un autre citoyen, en appuyant cette motion, a proposé, pour exécuter
-l'arrêté qui serait pris à cet égard, de provoquer une Assemblée, par
-députation, au nom de tous les citoyens tant des faubourgs que de la
-ville, pour témoigner au Roi les regrets des citoyens sur les événements
-qui ont eu lieu.
-
-La discussion ayant été fermée, un membre a proposé, de déclarer qu'il
-n'y avait pas lieu à délibérer sur la première proposition ci-dessus,
-et, cette motion mise aux voix, l'Assemblée a déclaré qu'il n'y avait
-pas lieu à délibérer sur cette proposition.
-
-Ayant mis ensuite les autres propositions aux voix, l'Assemblée a arrêté
-à l'unanimité qu'il sera fait une adresse à tous les citoyens de la
-ville de Paris relativement aux événements qui ont eu lieu le 20 de ce
-mois, pour resserrer les liens de l'union et de la confraternité, et,
-à l'effet de rédiger ladite adresse, l'Assemblée a nommé MM. Légier,
-Renard, Thévenin, Desvieux, et Basty, lesquels rapporteront la rédaction
-de l'adresse dans une nouvelle Assemblée, où elle sera examinée et
-arrêtée définitivement, à l'effet de quoi l'Assemblée s'est ajournée à
-demain midi.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
-et an susdits.
-
-
- NOTES:
-
- [379] CHIGNARD, Jean-François, procureur au ci-devant Châtelet,
- membre du Comité de la section (d'après l'_Almanach général du
- département de Paris, pour l'année 1791_).
-
- [380] Il s'agit de la journée fameuse du 20 juin 1792.
-
-
-
-
-QUARANTE-ET-UNIÈME ASSEMBLÉE.--DU DIMANCHE 24 JUIN 1792.
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du dimanche vingt-quatre
-juin mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté._
-
-
-Et, le dit jour vingt-quatre juin sur les midi, l'Assemblée, convoquée
-en la manière ordinaire au lieu de ses séances accoutumées, et réunie au
-nombre de plus de cent citoyens, M. le Président a proposé de nommer un
-secrétaire en l'absence du secrétaire-greffier, et l'Assemblée a nommé
-par acclamation M. Légier.
-
-A cet effet, après avoir entendu la lecture du procès-verbal de la
-dernière séance et les observations faites sur la rédaction, a arrêté
-qu'il n'y serait rien changé, et, passant ensuite à l'ordre du jour,
-il a été fait lecture par M. Desvieux de l'adresse aux citoyens de
-la capitale. Cette adresse ayant été adoptée à l'unanimité, il a été
-arrêté que cette adresse serait imprimée, affichée et envoyée aux 47
-autres sections; en conséquence, il a été ouvert une souscription parmi
-les citoyens, et la collecte a monté à la somme de cent six livres
-deux sols, laquelle somme a été remise à l'instant au sieur Pellier,
-imprimeur, qui s'est chargé de les (_sic_) imprimer au nombre de deux
-mille exemplaires, et de les faire afficher au nombre de quinze cents
-exemplaires, et les cinq cents autres remis au Comité.
-
-L'Assemblée a de suite nommé MM. Guillot, Gambier, Giffay (_sic_),
-Grappin, David, Gautier, Perrol, Le Roux, Bonnelle, Pruneau, Jouaud
-et Auger à l'effet de porter lesdits exemplaires dans les 47 autres
-sections[381].
-
-Lecture faite du présent procès-verbal, l'Assemblée en arrête la
-rédaction.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée générale les jour et an susdits.
-
-
- NOTE:
-
- [381] Nous possédons encore deux exemplaires de l'_Adresse des
- citoyens de la section des Postes à tous les citoyens de la
- ville de Paris_, en format d'affiche in-folio plano: Bib. de la
- Ville de Paris, collection d'affiches 10569 A, portef. nº 2,
- 1re partie, pièce 31; et en un in-4º de 3 p., ibid, rec. fac.
- 10065-66* in-4º, 2e dossier des chemises de sections. Voici ce
- texte:
-
- ADRESSE
-
- DES CITOYENS DE LA SECTION DES POSTES
-
- _A tous les citoyens de la Ville de Paris._
-
- «L'Assemblée nationale constituante remet le dépôt de la
- Constitution à la fidélité du Corps législatif, du Roi et des
- Juges, à la vigilance des Pères de famille, aux Épouses et aux
- Mères à l'affection des jeunes Citoyens, et au courage de tous les
- Français.»
-
- (§ 4 de l'art. 8 du tit. VII de la Constitution.)
-
- FRÈRES ET CONCITOYENS,
-
- Calmons les émotions trop vives de nos coeurs, et
- l'effervescence de nos esprits! Arrêtons..... Respirons un
- moment..... Écoutons les conseils de la raison, l'amour fraternel,
- et l'égalité. Où veut-on nous entraîner? Quel malheur nous a
- menacés! Peu s'en est fallu que l'ardeur même de notre attachement
- à la Constitution ne servit ceux qui veulent la détruire.
- Tremblons de nous exposer aux maux affreux et aux éternels regrets
- qu'entraînent l'anarchie et la guerre civile. _La guerre civile!_
- Pourquoi faut-il prononcer ce mot terrible? Oui, des mains
- perfides agitent sur nos têtes ton funeste flambeau. Des méchants
- se glissent parmi nous, veulent nous égarer et nous souiller de
- l'horreur de leurs crimes. Eh! quoi, le citoyen va donc haïr
- le citoyen! Le fils s'armerait-il contre son père? Les frères
- combattraient-ils leurs frères?... Ou bien serions-nous réduits à
- nous fuir les uns les autres? Quel serait l'effet de cette funeste
- division! Voyez l'affreux désespoir et la famine qui en seraient
- les suites. Voilà, voilà les maux qu'enfanterait la guerre civile.
-
- Écartons ces images hideuses. Citoyens, si nous nous séparons,
- l'ennemi va pénétrer au milieu de nous. Nos débats ont fait
- tressaillir de joie le coeur de l'aristocrate; le méchant
- a souri un moment. Qu'ils tremblent! Nous avons tous juré la
- Constitution; le premier devoir de l'homme est d'être fidèle
- à son serment. Rallions-nous donc autour de la Constitution.
- Repoussons des soupçons qui nous outragent. Que la sainte amitié
- soit toujours au milieu de nous. Rapprochons nos coeurs, nous
- les sentirons tous brûler du feu sacré du patriotisme. Puisse
- une union si précieuse, si nécessaire, ne jamais cesser d'être
- le gage de notre bonheur. Ah! que tous les Citoyens en portent
- ensemble la tendre expression! Nous touchons au 14 juillet. Le
- moment approche où, dans ce lieu qu'on voudrait livrer à la guerre
- civile, nous devons renouveler ce serment solennel fait à l'Être
- Suprême, d'obéir à la loi, de vivre libres ou mourir. Frères et
- Concitoyens, étonnons encore l'Univers de la grandeur et de la
- générosité des Français.
-
- Tandis que la guerre nous entoure, conservons la paix au milieu
- de nous. N'oublions jamais que l'union fait la force et que le
- moment où elle est plus nécessaire, est celui où l'ennemi est
- debout, et s'avance pour nous combattre.
-
- EXTRAIT
-
- _du registre des délibérations des Assemblées générales de la
- section des Postes_.
-
- Appert la dite Assemblée avoir arrêté l'Adresse ci-dessus, et
- ordonné qu'elle serait imprimée, affichée et envoyée dans les
- quarante-sept autres sections.
-
- BELLET, _président_,
- LÉGIER, _secrétaire_.
-
- A Paris, de l'imprimerie de Pellier,
- Imprimeur de la section des Postes et du Bataillon de
- Saint-Eustache, rue de Prouvaires, nº 61.
-
-
-
-
-QUARANTE-DEUXIÈME ASSEMBLÉE.--DU MARDI 26 JUIN 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du vingt-six juin mil sept
-cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté._
-
-
-L'Assemblée de la section des Postes, tenue au lieu ordinaire, présidée
-par M. Bellet, président du Comité de la section, M. Desvieux
-faisant volontairement les fonctions de secrétaire, cette Assemblée
-ayant été déclarée libre, et la sentinelle ayant été relevée eu égard à
-son objet[382].
-
-L'Assemblée après avoir entendu le rapport, de M. le commandant du
-bataillon, des fonds provenant d'une collecte faite pour les frais
-de la guerre, qui montait à cinq mille cent quatre-vingt-onze livres
-et une croix d'or, deux paires de boucles et plusieurs pièces en or
-et argent de différents pays, [faite] parmi les membres composant le
-bataillon de Saint-Eustache, et partie (_sic_) de la section; M. le
-commandant a engagé les membres présents qui n'y avaient pas coopéré
-à mettre leur offrande sur le bureau, et la somme a été augmentée de
-celle de cent quatre-vingt-douze livres, douze jetons et deux médailles
-d'argent; ensuite l'Assemblée s'est occupée de nommer des commissaires
-pour finir cette collecte dans les maisons de la section où elle n'a
-point été faite, et ont été nommés MM. Renard, Régnier, Bellet fils,
-Charlard, Bachelard et Valentin, pour, après en avoir prévenu M. le
-commandant du bataillon de la Jussienne, faire la collecte dans les
-maisons des rues Montmartre, à droite, depuis la pointe Saint-Eustache
-jusqu'au passage du Saumon; depuis le passage du Saumon, rue Montorgueil
-à droite, et Comtesse d'Artois aussi à droite, jusqu'à la pointe
-Saint-Eustache; ainsi que dans toutes les maisons de la rue Tiquetonne;
-et en faire le rapport à la prochaine Assemblée, indiquée pour samedi
-trente du présent, et, pour supplément en cas de refus de la part
-desdits commissaires, n'y en ayant aucun de présent à l'Assemblée, ont
-été nommés MM. Desvieux, Charmot, Favreau, Assout, Bonnet et Duhamel,
-lesquels ont été chargés de s'assurer si les premiers commissaires
-nommés acceptaient, et, dans le cas de refus de leur part, [ils]
-feraient cette collecte et en rapporteraient le montant à l'Assemblée
-de samedi prochain, pour être la somme en provenant jointe à celles
-ci-dessus, et être dans la dite Assemblée nommé des commissaires en
-députation à l'Assemblée nationale pour y faire l'offrande du montant
-total au nom de la section des Postes et du bataillon de Saint-Eustache;
-a été aussi décidé que, dans le discours qui y serait prononcé
-à ce sujet, il y (_sic_) serait fait mention d'une fille domestique,
-nommée Marie-Jeanne-Elisabeth Roissy, domestique de M. Hury, marchand
-mercier, rue du Four, nº 3, qui, n'ayant autre chose à donner, a fait
-l'offrande de sa croix d'or, et des sieurs et dame Bachenon qui, n'ayant
-non plus autre chose à donner, ladite dame a fait l'offrande de sa pièce
-de mariage et d'une pièce d'argent d'Italie portant l'empreinte du pape
-Grégoire XIII.
-
-Et, pour que les commissaires nommés pour cette collecte soient
-autorisés à la faire, il leur sera délivré par M. le Président tout
-extrait[383] dudit procès-verbal fait à ladite Assemblée de la section
-des Postes, lesdits jour et an que dessus, l'an 4 de la liberté.
-
-
- NOTES:
-
- [382] Pour la première fois, par cet arrêté, l'Assemblée générale
- de la section des Postes admettait les citoyens passifs à
- assister à ses délibérations. On se souvient que la proposition
- en avait déjà été faite sans succès à la séance du 13 mars 1792
- (voyez ci-dessus, p. 85, n. 329). Toutefois, dans la présente
- séance du 26 juin, la publicité des séances était proclamée d'une
- manière exceptionnelle, pour la séance seulement, et «eu égard à
- son objet»: la collecte pour les frais de la guerre.
-
- [383] Le texte porte: «tant extrait». La phrase étant
- inintelligible, j'ai supposé que le copiste avait mal lu et que
- la minute portait «tout» et non pas «tant».
-
-
-
-
-QUARANTE-TROISIÈME ASSEMBLÉE.--DU MERCREDI 27 JUIN 1792
-
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes convoquée en la manière
-accoutumée au lieu de ses séances ordinaires et réunie au nombre de plus
-de cent citoyens, Monsieur Bellet, président du Comité ayant été nommé
-pour la présider, et sur la proposition de nommer un secrétaire, M.
-Légier a été nommé pour remplir cette fonction.
-
-L'Assemblée, avant de passer à l'ordre du jour, a reçu deux députations,
-la 1re de la section de la Croix-Rouge et la seconde de la section de
-l'Arsenal; la première relative aux événements du 20 juin dernier[384],
-et la seconde à l'adresse faite par la section des Postes aux citoyens
-de Paris[385].
-
-L'Assemblée passant ensuite à l'ordre du jour, il a été fait une motion
-tendant à ce qu'il fût nommé quatre censeurs pour veiller à l'ordre et
-rappeler les citoyens qui s'en écarteraient, et que, dans le cas où ils
-y persisteraient, ils fussent invités à sortir.
-
-Cette motion mise aux voix, l'Assemblée l'a adoptée.
-
-Lecture ayant été faite de l'arrêté du Corps municipal qui devait faire
-l'objet de la délibération, l'Assemblée, après avoir entendu plusieurs
-citoyens, a fermé la discussion sur cet objet et adopté l'arrêté suivant
-qui lui a été proposé:
-
-L'Assemblée, délibérant sur l'arrêté du Corps municipal du 18 du
-présent[386];
-
-Considérant que le salut public et la tranquillité de la capitale
-sollicitent la conservation des soixante bataillons de la garde
-nationale de Paris;
-
-Que, dans ce moment surtout, il est extrêmement important de ne
-pas altérer l'unité de la force armée; que ce serait désorganiser
-entièrement la garde nationale parisienne, dont l'organisation a été
-arrêtée par les décrets de l'Assemblée constituante, jeter une pomme
-de discorde entre tous les citoyens, lui ôter toutes ses habitudes,
-dans des instants où il est si essentiel de l'attacher à ses drapeaux;
-que ces soixante drapeaux offrent le gage sans cesse renaissant de la
-fraternité qui existe entre tous;
-
-A l'égard de ____________ (_sic_), arrêté qu'il n'y a lieu à
-délibérer. A été faite ensuite une motion tendant à ce que cet arrêté
-fût envoyé aux 47 autres sections; cette motion mise aux voix,
-l'Assemblée a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à délibérer. Elle a
-ensuite nommé MM. Allan et Boussaroque commissaires recenseurs, pour
-se rendre à la Commune et connaître le résultat du voeu des autres
-sections. N'y ayant plus d'objets à traiter, la séance a été levée.
-
-
- NOTES:
-
- [384] Cet arrêté de la section de la Croix-Rouge est très
- probablement daté du 25 juin. (Voyez mon ouvrage sur _La Commune
- du 10 août 1792_, p. 83 et n. 3.)
-
- [385] Je ne connais pas autrement cet arrêté de la section de
- l'Arsenal sur l'adresse de la section des Postes dont il a été
- question ci-dessus (voyez p. 116 et n. 381).
-
- [386] Le texte porte «... du 16 du présent». Mais l'arrêté est
- bien du 18 juin. Il convoquait les sections pour le 27 courant «à
- l'effet de délibérer sur la question de savoir s'il sera fait à
- l'Assemblée nationale une adresse pour demander que les soixante
- bataillons de la garde nationale soient réduits à quarante-huit»
- (Voyez mon ouvrage sur _La Commune du 10 août 1792_, p. 93 et n.
- 4.)
-
-
-
-
-QUARANTE-QUATRIÈME ASSEMBLÉE.--DU SAMEDI 30 JUIN 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du samedi trente juin mil
-sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté._
-
-
-Les citoyens de la section des Postes régulièrement convoqués et
-assemblés en vertu de l'ajournement arrêté en la séance du vingt-six
-courant pour recevoir le compte des commissaires nommés en ladite
-Assemblée pour faire la collecte dans l'étendue de la section et
-recevoir les dons des citoyens et citoyennes pour subvenir aux frais de
-la guerre;
-
-La séance a été ouverte par M. Bellet, président du Comité et M.
-Maréchal (_sic_) l'aîné a été unanimement nommé secrétaire.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance du
-vingt-six, lequel, à quelques changements près rectifiés sur le champ, a
-été arrêté.
-
-Sept heures étant sonnées, sur le voeu des citoyens et citoyennes
-présents, les divers états de collecte ont été annoncés, et le résultat
-général des dons faits par les citoyens et citoyennes de la section des
-Postes et des soldats volontaires du bataillon de Saint-Eustache et de
-la partie du bataillon de la Jussienne faisant partie de la section, se
-sont (_sic_) trouvés monter à la somme de:
-
-_Savoir:_
-
- En espèces or, argent et cuivre, quatre cent
- cinquante-six livres, trois sols, ci 456 l. 3 s.
-
- En assignats et billets patriotiques, sept mille
- trois cent soixante livres un sol, ci 7.360 l. 1 s.
-
- En bijoux or, argent, jetons, médailles, etc.,
- évalués cent quatre-vingt-seize livres, ci 196 l. »
-
- Deux paires de boucles d'argent non estimées et
- deux bagues d'or, non estimées » »
- ----------------
- L. 8.012 l. 4 s.
- ================
-
-La récapitulation de l'offrande étant faite et annoncée, il a été agité
-de savoir (_sic_) combien il serait nommé de commissaires pour offrir
-à l'Assemblée nationale législative l'offrande de la section et du
-bataillon de Saint-Eustache et de la partie de celui de la Jussienne.
-Sur cette motion, il a été arrêté à l'unanimité qu'il serait nommé vingt
-citoyens et six citoyennes; et aussitôt par acclamation ont été nommés:
-
- MM. (citoyens):
-
- Julliot, commandant[387].
- Renard.
- A. Légier.
- Bellet père.
- Bachelard.
- Desvieux.
- A. Michel.
- A. Basty.
- Tacherat.
- Charlard.
- Le Roux.
- A. Lavallée.
- Larsonnier.
- Gillet.
- A. Valentin.
- A. Geoffroy.
- Bonnet.
- Dumoutiez fils.
- Clément.
- A. La Porte.
-
- M{mes} (citoyennes):
-
- La Sage.
- A. Froyès.
- Gaubert.
- A. Marie-Jeanne-Elisabeth Roissy.
- Juliot.
- Baquenon.
-
-Il a été arrêté que les commissaires ci-dessus nommés se rassembleront
-au Comité de la section demain dimanche premier juillet, à onze heures
-du matin.
-
-Fait et arrêté en l'Assemblée de la section les jour et an susdits.
-
-
- NOTE:
-
- [387] Sans doute JULLIOT père (Claude-François), électeur
- et premier assesseur du juge de paix de la section, ancien
- négociant, 64 ans, rue des Deux-Écus.
-
-
-
-
-QUARANTE-CINQUIÈME ASSEMBLÉE.--DU 3 JUILLET 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze et le quatrième de la liberté, le
-trois juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes, légalement
-convoquée sur la pétition de cinquante citoyens actifs et en la manière
-accoutumée, et composée de cent trois votants, ainsi qu'il résultait
-de la feuille d'enregistrement, M. Bellet, président du Comité de la
-section, a ouvert la séance, par l'invitation de l'Assemblée de nommer
-un président. L'Assemblée a nommé à l'unanimité mon dit sieur Bellet
-pour président, ce qui a été par lui accepté.
-
-M. le Président a ensuite proposé à l'Assemblée de nommer un secrétaire,
-en l'absence du secrétaire-greffier de la section. L'Assemblée ayant
-élu par acclamation M. Dévieux (_sic_), il a accepté les fonctions de
-secrétaire.
-
-Il a été ensuite fait lecture du procès-verbal de la dernière séance,
-lequel a été adopté à quelques changements près, qui ont été indiqués
-par l'Assemblée et ont été faits sur le champ.
-
-Un membre, ayant demandé et obtenu la parole, a invoqué le principe,
-consacré par les décrets de l'Assemblée nationale, pour la publicité des
-séances de tous les corps constitués[388]; et, attendu qu'une section
-est une partie du corps constitué pour délibérer sur ce qui intéresse
-toute espèce de citoyen d'une même commune, que par conséquent il
-importe que chaque citoyen puisse être témoin de ce qui s'agite dans les
-délibérations, il a demandé que les séances de l'Assemblée des citoyens
-de la section fussent publiques.
-
-L'Assemblée, après avoir reconnu la vérité de ce principe, a passé à
-l'ordre du jour motivé sur ce que, la loi étant existante, il fallait
-s'y conformer à l'avenir, et a ordonné en même temps que M. le Président
-ferait indiquer, par la proclamation de la convocation de la prochaine
-séance, le lieu où l'Assemblée serait tenue publiquement[389].
-
-Il a ensuite été fait lecture des objets de la pétition des cinquante
-citoyens actifs: le premier était relatif aux mesures à prendre pour le
-service du poste de l'Arsenal, le second était relatif au changement de
-nom de la rue dite _Comtesse d'Artois_[390].
-
-Le premier objet ayant été mis en discussion, plusieurs membres ont
-obtenu la parole et démontré la nécessité de porter la plus grande
-attention à ce que ce poste soit gardé avec la plus active
-surveillance. Après une ample discussion, l'Assemblée a arrêté:
-
-1º Que la garde du poste de l'Arsenal sera composée de cent hommes; 2º
-que ce service sera fait par chaque légion tour à tour; 3º qu'il y aura
-en outre un piquet de cavalerie pareillement affecté à ce poste, pour
-porter les avis ou ordres en cas de besoin.
-
-L'Assemblée a en outre ordonné que le présent arrêté serait porté au
-Conseil général de la Commune par quatre commissaires qu'elle a choisis
-et qui sont, MM. Tacherat, Thévenin, Bellet fils aîné et Desvieux,
-qu'elle charge de présenter verbalement audit Conseil général de la
-Commune les motifs qui ont déterminé cet arrêté, et de faire part des
-craintes communiquées à l'Assemblée sur les bâtiments et souterrains des
-bâtiments environnants et magasins à poudre.
-
-Il a été mis aux voix si le second objet de la pétition serait mis
-en discussion, mais, attendu qu'il était dix heures du soir et que
-plusieurs membres ont demandé que l'Assemblée fût instruite de tous les
-objets généralement quelconques qui ont été adressés à la section, soit
-par les Corps administratifs, soit par les autres sections, l'Assemblée
-s'est ajournée à vendredi prochain à cet effet.
-
-La séance a été levée à dix heures du soir. Fait en l'Assemblée générale
-de la section les jour et an que dessus.
-
-
- NOTES:
-
- [388] Décret du 1er juillet (DUVERGIER, t. IV, p. 234; et voyez
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 130).
-
- [389] Ainsi était adopté définitivement le principe de la
- publicité des séances dont nous avons déjà pu voir une
- application temporaire et toute exceptionnelle à la date du 26
- juin (voyez ci-dessus, p. 118 et n. 382).
-
- [390] Actuellement partie de la rue Montorgueil, entre la pointe
- Saint-Eustache et la rue Mauconseil.
-
-
-
-
-QUARANTE-SIXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 6 JUILLET 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté, le
-six juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes légalement
-convoquée sur la pétition de cinquante citoyens actifs et en la manière
-accoutumée, et composée de cent douze votants, ainsi qu'il résultait de
-la feuille d'enregistrement;
-
-M. Bellet, président du Comité de la section a ouvert la séance par
-l'invitation à l'Assemblée de nommer un président et un secrétaire.
-L'Assemblée a nommé M. Bellet pour président, et M. Frosté pour
-secrétaire.
-
-Il a été ensuite fait lecture du procès-verbal de la dernière
-séance, lequel a été adopté, à l'exclusion[391] néanmoins d'une motion
-incidente qui y avait été insérée et que l'Assemblée a jugé devoir être
-supprimée du procès-verbal, attendu que cette motion n'avait point été
-mise en délibération.
-
-L'ordre du jour était la pétition de cinquante citoyens actifs, en
-ce qui était relatif au changement de nom de la rue dite _Comtesse
-d'Artois_ et [à] la connaissance à prendre par l'Assemblée de tous les
-arrêtés et délibérations généralement quelconques qui ont été adressés
-à la section, soit par les Corps administratifs, soit par les autres
-sections, objets sur lesquels l'Assemblée, dans sa dernière séance,
-s'était ajournée à ce jourd'hui.
-
-L'objet de la pétition ayant été livré à la discussion, plusieurs
-membres ont obtenu la parole et ont demandé que, non seulement le nom
-de la rue dite _Comtesse d'Artois_ fût changé, mais encore que ce
-changement s'opérât[392] sur toutes les rues de la ville de Paris, qui
-portaient le nom de tel ou tel prince, de tel ou tel duc, etc., reste de
-nos anciens préjugés.
-
-En conséquence l'Assemblée a arrêté que la Municipalité serait invitée
-à faire changer le nom de la rue dite _Comtesse d'Artois_, ainsi que
-ceux des autres rues connues sous des noms de tel ou tel prince, ou tel
-ou tel duc, etc., reste de nos anciens préjugés, et, pour porter ce
-voeu à la Municipalité, l'Assemblée a nommé MM. Tacherat, Bellet fils,
-Desvieux et Thévenin.
-
-Un membre a demandé et obtenu la parole. Il a fait part à l'Assemblée
-d'une erreur qui avait été commise dans la transmission du mot d'ordre
-du[393] quatre au cinq de ce mois; que la garde nationale avait le
-véritable mot, mais que la troupe de ligne ne l'avait pas exactement;
-que cette erreur, soit qu'elle eût été commise involontairement, aurait
-pu devenir funeste sans la prudence des commandants de patrouilles.
-
-L'adjudant du bataillon de Saint-Eustache ayant rendu compte de la
-manière dont cette erreur avait été commise[394] et ayant observé qu'il
-avait été pris des mesures pour empêcher dorénavant une pareille faute,
-l'Assemblée a passé à l'ordre du jour, en déclarant néanmoins que, si
-pareille erreur se commettait encore, elle demanderait la punition de
-son auteur.
-
-L'ordre du jour a été repris. Il s'agissait de prendre connaissance
-des différents arrêtés et délibérations pris, soit par le
-Corps administratif (_sic_)[395], soit par les sections; il a été
-effectivement fait lecture de quelques délibérations, mais l'Assemblée,
-convaincue qu'elle ne pouvait prendre des délibérations d'après ces
-lectures, a déclaré qu'il n'y avait lieu à délibérer quant à présent
-sur ces diverses délibérations, sauf aux citoyens à faire des pétitions
-conformément à la loi.
-
-La séance a été levée à neuf heures et demie du soir. Fait en
-l'Assemblée générale de la section les jour et an que dessus.
-
-
- NOTES:
-
- [391] Le texte original porte «... à l'exécution», par une erreur
- évidente de copiste.
-
- [392] Le texte original porte: «... s'opérera...».
-
- [393] Le texte porte: «... de...».
-
- [394] Le texte porte: «... soumise...».
-
- [395] Lisez, sans doute: Corps municipal.
-
-
-
-
-QUARANTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 9 JUILLET 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze le neuf juillet, l'an 4e de la
-liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes, convoquée en la manière
-accoutumée et réunie au nombre de plus de cent vingt-six, M. Bellet a
-proposé de nommer[396] un président et un secrétaire ______ (_sic_) a
-nommé M. Bellet président et M. Le Grer secrétaire.
-
-Le secrétaire a ensuite fait lecture des diverses délibérations des
-sections; après la lecture d'icelles (_sic_) du Marché-des-Innocents,
-sur les échoppes et parasols[397], l'Assemblée ______ (_sic_) y
-adhère unanimement.
-
-Lecture faite de celle de la section de la Croix-Rouge sur la question
-de nommer des commissaires pour obtenir la permanence des sections[398];
-la discussion s'étant ouverte sur cet objet, la question préalable
-demandée et appuyée, après plusieurs épreuves faites pour connaître le
-voeu de la majorité infructueusement, l'Assemblée a passé à l'appel
-nominal dans laquelle (_sic_) a été commise une erreur en prenant une
-liste pour l'autre, attendu le défaut ordinaire d'y mettre les dates;
-l'Assemblée étant dans le trouble à ce sujet, M. le Président a levé la
-séance.
-
-
- NOTES:
-
- [396] Le texte original porte: «... à proposé nommé...».
-
- [397] Je ne connais pas ces arrêtés; mais on pourra consulter sur
- ce sujet les documents indiqués par M. TUETEY sous les n{os} 3173
- de son tome V et 869 de son tome VI.
-
- [398] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 90-91.
-
-
-
-
-QUARANTE-HUITIÈME ASSEMBLÉE.--DU 10 JUILLET 1792
-
-_Assemblée générale des citoyens actifs de la section des Postes du 10
-juillet 1792, l'an 4e de la liberté._
-
-
-M. Bellet, président du Comité, a annoncé à l'Assemblée l'objet pour
-lequel elle était convoquée, qui est une lettre du procureur de la
-Commune en date du 5 de ce mois, dont il a fait lecture et qui porte
-que les sections s'assembleront de nouveau par suite des Assemblées du
-12 mai dernier qui avaient eu lieu d'après l'arrêté du Corps municipal
-qui les avait convoquées ce jour pour délibérer sur l'état actuel de la
-police de Paris[399].
-
-L'Assemblée a nommé pour président M. Boussaroque et pour secrétaire M.
-Barré jeune.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal d'une Assemblée qui a eu lieu
-hier sur pétition; plusieurs membres ont demandé et obtenu la parole
-sur le procès-verbal et sur tout ce qui a été dit. Il a été arrêté de
-passer à l'ordre du jour, et qu'il ne serait point fait mention d'aucune
-des observations, excepté l'ajournement à aujourd'hui que l'Assemblée
-décide qui sera supprimé du procès-verbal vu que cet objet n'a pas été
-clairement décidé.
-
-M. Allan[400], qui a été nommé dans l'Assemblée du 12 mai commissaire
-recenseur pour se rendre à la Municipalité et connaître le voeu
-des sections sur cet objet, a donné des éclaircissements sur les
-procès-verbaux des commissaires recenseurs auxquels il a concouru.
-
-Il a été fait lecture de ces procès-verbaux dressés par les commissaires
-recenseurs des sections, clos et arrêtés par eux les 25 mai et 12 juin
-derniers; d'après quoi la discussion a été ouverte.
-
-Plusieurs opinants ayant été entendus sur la question, l'Assemblée a
-fermé la discussion et a arrêté à l'unanimité qu'il serait nommé
-cinq personnes de l'Assemblée pour examiner les rapports faits par les
-commissaires recenseurs et lui en faire leur rapport, afin de l'éclairer
-et la mettre à même de pouvoir se déterminer, avec plus de connaissance
-qu'elle n'a pu en acquérir dans une simple lecture; elle a nommé à cet
-effet, MM. Thévenin, Desvieux, Renard, rue Montmartre, Boussaroque
-et Basti (_sic_). Elle les a invités à tenir leur rapport prêt pour
-lundi, jour auquel elle s'ajourne pour l'entendre et prendre telle
-détermination qu'elle jugera convenable.
-
-L'Assemblée a été levée à dix heures.
-
-Fait en l'Assemblée générale les dits jour et an que dessus.
-
-
- NOTES:
-
- [399] Voyez ci-dessus, p. 106, n. 366 _in fine_.
-
- [400] Le texte porte: «... Allant...» mais il faut lire: _Allan_,
- comme à la page 120: ALLAN Guy-Félix, chirurgien et membre de
- l'Académie de chirurgie, 49 ans, rue Montmartre, 22, était
- électeur de la section des Postes. Il fut le chirurgien de Louis
- XVI et devint plus tard celui de l'impératrice Joséphine.
-
-
-
-
-QUARANTE-NEUVIÈME ASSEMBLÉE.--DU 17 JUILLET 1792
-
-_Assemblée générale des citoyens de la section des Postes du 17 juillet
-1792, l'an 4e de la liberté._
-
-
-M. Bellet, président du Comité, a fait part à l'Assemblée de l'objet de
-la convocation, qui est l'arrêté du Corps municipal du six de ce mois
-qui dit: que la Commune sera convoquée pour le mardi, dix-sept juillet
-1792, à l'effet de délibérer sur le projet d'adresse à l'armée, voté par
-la section du Marché-des-Innocents.
-
-M. Bellet a invité l'Assemblée à se nommer un président et un
-secrétaire, et elle a nommé par acclamation M. Bellet, pour président,
-et M. Barré jeune, pour secrétaire.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal d'hier; un membre a demandé qu'il
-y soit ajouté une proposition qu'il avait faite, qui n'avait été ni
-rejetée, ni mise aux voix: elle tend à ce que les commissaires qu'elle
-a nommés pour rédiger un plan de police pour Paris se conforment au
-voeu de la majorité des sections sur la suppression du bureau central
-et le rétablissement des articles 14, 15 et 16 du titre 4 de la loi sur
-la Municipalité de Paris; cette proposition mise aux voix, l'Assemblée
-l'a adoptée, et a décidé qu'elle y serait ajoutée et ferait partie dudit
-procès-verbal; sur le surplus, il a été adopté[401].
-
-On a fait lecture de l'arrêté du Corps municipal du 6 de ce mois
-et de la délibération de la section du Marché-des-Innocents du 30 juin
-1792, contenant son voeu pour l'adresse à l'armée[402].
-
-Plusieurs personnes ont obtenu la parole; les uns prétendaient que
-la convocation faite par le Corps municipal était contraire à
-l'article 1er du titre 4 de la loi sur la Municipalité de Paris[403],
-et à l'article trois de la loi du 20 mai 1791[404]; les autres
-ont prétendu que la convocation était légale, que l'on devait toujours
-délibérer. La question préalable a été demandée, mise aux voix et
-rejetée, après de grands débats. L'Assemblée a décidé que la discussion
-serait fermée, et, après, a arrêté qu'il serait nommé, au scrutin de
-liste de deux noms à la pluralité relative, deux commissaires qui se
-joindraient à ceux que nommeraient les autres sections pour rédiger
-une adresse à l'armée au désir de la délibération de la section du
-Marché-des-Innocents[405]. MM. Légier, Desvieux et Charmot ont été
-nommés scrutateurs; le nombre des votants a été de 58. Celui des
-bulletins s'est trouvé conforme; par le résultat du scrutin, M. Desvieux
-a eu 43 voix et M. Basty, 39. Etant ceux qui ont réuni le plus de voix,
-M. le Président les a proclamés commissaires pour cet objet.
-
-L'un des (_sic_) MM. les Commissaires a demandé à l'Assemblée si elle
-voulait les autoriser, lorsqu'ils auront quelques rapports à lui faire
-relativement à cette adresse, à inviter M. le Président du Comité à
-convoquer la section; la proposition mise aux voix, l'Assemblée l'a
-adoptée et s'est ajournée au jour que Messieurs ses commissaires se
-trouveront en état de demander l'Assemblée.
-
-Fait en l'Assemblée générale qui a été levée à dix heures du soir, ledit
-jour et an que dessus.
-
-
- NOTES:
-
- [401] La loi du 25 août-29 septembre 1790 sur l'organisation
- des tribunaux de la ville de Paris, créait, dans chacune des
- quarante-huit sections, un juge de paix assisté de prud'hommes
- assesseurs (DUVERGIER, t. I, p. 346). La loi du 11-18 juillet
- 1991, sur la compétence de ces juges de paix en matière de police
- et sur l'établissement d'un tribunal de police correctionnelle
- à Paris, confiait à ces juges de paix, par son article premier,
- le soin de «prononcer, soit la liberté des personnes amenées,
- soit le renvoi à la police municipale, soit le mandat d'amener
- ou devant lui ou devant un autre juge de paix, soit enfin le
- mandat d'arrêt, tant en matière de police correctionnelle qu'en
- matière criminelle» (DUVERGIER, t. III, p. 102). Or ces fonctions
- appartenaient jusque-là aux commissaires de police, en vertu des
- articles 14, 15 et 16 du titre IV de la loi sur l'organisation
- de la Municipalité (DUVERGIER, t. I, p. 187). De plus, par son
- article II, le décret du 11-18 juillet 1791 décidait qu'il
- serait, à Paris seulement, «déterminé, par la Municipalité, un
- lieu vers le centre de la ville, où se trouveront toujours deux
- juges de paix, lesquels pourront donner, chacun séparément, les
- ordonnances nécessaires. Les juges de paix rempliront tour à
- tour ce service pendant vingt-quatre heures.» (DUVERGIER, t.
- III, p. 102). Enfin, pour compléter l'organisation de la police
- de sûreté de la capitale, la Constituante, sur la proposition
- de Duport, décréta encore, le 21 septembre 1791, la création de
- vingt-quatre officiers de paix chargés d'arrêter les délinquants
- et de les conduire, soit devant les commissaires de police quand
- il s'agissait d'objets attribués à la Municipalité, soit devant
- le juge de paix du district ou le bureau central des juges de
- paix, quand il s'agissait d'objets du ressort de la police
- correctionnelle ou de la police de sûreté (DUVERGIER, t. III, pp.
- 331-332; _Moniteur_, réimpression, t. IX, pp. 736-737).
-
- Or, à l'époque qui nous occupe, ces dispositions législatives
- concernant l'organisation de la police de sûreté à Paris avaient
- une importance politique exceptionnelle: officiers de paix
- et juges de paix rivalisèrent de zèle dans la poursuite des
- citoyens compromis dans la manifestation du 20 juin. Déjà au
- mois d'avril 1792, le sieur Verrières, que nous avons rencontré
- précédemment (voyez, p. 90, n. 338 et 111, n. 372), publiait,
- sous le titre de _Tableau de l'ordre des mouchards patentés_,
- une liste de vingt-quatre officiers de paix de la ville de Paris
- qu'il désignait ainsi à la colère publique (pièce imprimée,
- in-8º de 18 pages, Bib. de la Ville de Paris, recueil factice
- 15520*; autre exemplaire: Brit. Mus. recueil factice R 228,
- pièce non numérotée). Quant aux juges de paix, ils organisèrent,
- au lendemain du 20 juin, un «bureau central», au château même
- des Tuileries, et, avec l'aide des officiers de paix, ils y
- condamnèrent plusieurs citoyens qui furent emprisonnés (voyez
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 58-63). Ce bureau
- central avait suscité de violentes protestations; de là le
- projet, que nous rencontrons ici, de supprimer les dispositions
- législatives qui avaient permis de l'établir, en rendant aux
- seuls commissaires de police le droit d'arrêter et d'emprisonner
- les prévenus.
-
- [402] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_,
- p. 96.--Voici le texte de l'arrêté de la section du
- Marché-des-Innocents, du 30 juin 1792, pour l'adresse à l'armée:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations de la section du
- Marché-des-Innocents, du 30 juin 1792, l'an quatrième de la
- Liberté._
-
- L'Assemblée générale de la section du Marché-des-Innocents,
- légalement convoquée sur une pétition signée de plus de cinquante
- citoyens actifs, et composée de plus de cent [citoyens], craignant
- que les armées du Nord et du Centre ne soient pas parfaitement
- instruites des événements arrivés dans la capitale, et désirant
- resserrer avec elles les liens de fraternité, a émis le voeu
- qu'il serait fait aux dites armées une adresse qui leur témoigne
- les sentiments d'attachement des citoyens composant la Commune
- de Paris, leur reconnaissance des services qu'elles rendent à la
- Patrie et des dangers auxquels elles s'exposent pour sa défense;
- pour leur témoigner en même temps qu'il existe assez de force
- et de patriotisme à Paris pour y maintenir la sûreté publique;
- en conséquence que les citoyens soldats actuellement sur les
- frontières n'ont à s'occuper qu'à repousser les ennemis étrangers,
- qu'enfin ils sont invités à ne pas croire trop facilement les
- rapports qui leur seront faits des événements de la capitale et
- de (_sic_) se confier à l'amour des Parisiens pour la Patrie et
- le maintien de la Constitution qui n'est pas en danger au milieu
- d'eux.
-
- L'Assemblée arrête que la présente délibération sera portée
- aux 47 autres sections et à la Municipalité qui sera priée
- de convoquer la Commune entière pour nommer des députés qui
- rédigeront et porteront l'adresse, lorsqu'elle aura été approuvée
- par les sections, et que la dite convocation ait lieu avant
- l'émission du voeu de huit sections, attendu l'urgence.
-
- Arrête également que l'Assemblée nationale sera priée de
- joindre, si elle le juge à propos, des députés à ceux de la
- Commune. L'Assemblée nomme: MM. Bouin, Pécoul, Margotin, de
- Bierne, Bernard, Martin le jeune, Le Bourg, Tinthoin, Dumoutiez,
- Porcher, Butin, Picot, pour porter la présente délibération aux
- sections et à la Municipalité, et s'ajourne à mercredi 4 juillet
- pour entendre le rapport de ses commissaires.
-
- A Paris, le 30 Juin 1792, l'an 4 de la Liberté.
-
- _Signé_: GAUCHER, président.
- QUATREMERE, secrétaire.
-
- Délivré pour copie conforme à l'original, par nous
- secrétaire-greffier, _signé_: COUDRE.
-
- Pour copie conforme à l'expédition dont lecture a été faite
- au Corps municipal, en sa séance du 6 juillet 1792.
- _Signé_: ROYER, secrétaire-greffier.
-
- Voici le texte de l'arrêté du Corps municipal, du 6 juillet,
- convoquant les sections pour délibérer sur l'arrêté ci-dessus de
- la section du Marché-des-Innocents:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PAR LE MAIRE ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX
-
- _Arrêté portant convocation des quarante-huit sections pour le
- mardi 17 juillet, à l'effet de délibérer sur un projet d'adresse
- à l'Armée. Extrait du registre des délibérations du Corps
- municipal, du vendredi 6 juillet 1792, l'an quatrième de la
- Liberté._
-
- Sur la réquisition du second substitut-adjoint du Procureur de
- la Commune,
-
- Le Corps municipal arrête que la délibération de la section du
- Marché-des-Innocents, dont lecture a été faite à cette séance,
- sera imprimée et adressée aux quarante-huit sections.
-
- Arrête en outre que la Commune sera convoquée, pour le mardi
- 17 de ce mois, trois heures de relevée, _à l'effet de délibérer
- sur le projet d'adresse à l'armée, voté par la section du
- Marché-des-Innocents_.
-
- _Signé_: PÉTION, maire.
- ROYER, secrétaire-greffier,
- LEMOINE, secrétaire-greffier-adjoint.
-
- [403] Cet article est ainsi conçu: «L'Assemblée des quarante-huit
- sections devra être convoquée par le Corps municipal lorsque le
- voeu de huit sections, résultant de la majorité des voix dans
- une Assemblée de chaque section composée de cent citoyens actifs
- au moins et convoquée par le président des commissaires de la
- section, se réunira pour la demander.» (DUVERGIER, t. I, p. 186.)
- Or l'arrêté du Corps municipal, du 6 juillet, avait été pris sur
- le vu d'un seul arrêté de la section du Marché-des-Innocents, du
- 30 juin.
-
- [404] Lisez: «... de la loi du 18-22 mai 1791...» (DUVERGIER, t.
- II, pp. 365-366). Voici le texte de l'article 3 de cette loi:
- «Dans la ville de Paris, comme dans toutes les autres villes
- et Municipalités du royaume, les citoyens actifs qui, en se
- conformant aux règles prescrites par les lois, demanderont le
- rassemblement de la Commune ou de leur section, seront tenus de
- former leur demande par un écrit signé d'eux et dans lequel sera
- déterminé, d'une manière précise, l'objet d'intérêt municipal
- qu'ils veulent soumettre à la délibération de la Commune ou de
- leur section, et, à défaut de cet écrit, le Corps municipal ou le
- président d'une section ne pourront convoquer la section ou la
- Commune.»
-
- [405] Ainsi la section des Postes passait par-dessus toutes les
- objections tirées des questions de forme. Nous en trouverons un
- autre exemple à la séance suivante du 24 juillet.
-
-
-
-
-CINQUANTIÈME ASSEMBLÉE.--DU 24 JUILLET 1792
-
-_Assemblée générale des citoyens de la section des Postes du 24 juillet
-1792, l'an 4e de la liberté._
-
-
-L'an 1792 et le 4e de la liberté, l'Assemblée générale de la section
-des Postes légalement convoquée en vertu de l'arrêté du Corps
-municipal du 20 du présent mois, de l'objet de la convocation (_sic_);
-
-Il a été en conséquence fait lecture dudit arrêté portant convocation
-des 48 sections de Paris à l'effet de délibérer sur l'arrêté de la
-section de la Fontaine Grenelle (_sic_), qui propose de nommer des
-commissaires pour rédiger deux adresses, l'une aux quatre-vingt-trois
-départements sur les dangers de la Patrie, l'autre au Corps législatif
-sur les moyens d'y remédier[406].
-
-M. Bellet a invité l'Assemblée à se nommer un président et un
-secrétaire, et elle a nommé par acclamation M. Féry pour président, et
-M. Laurent pour secrétaire.
-
-Il a été lu le procès-verbal de l'Assemblée, du 17 juillet présent mois,
-que l'Assemblée a adopté.
-
-Il a été ensuite fait lecture de la délibération de l'Assemblée générale
-de la section de la Fontaine Grenelle, en date du dix-huit juillet
-1792[407], suivant laquelle l'Assemblée a arrêté qu'elle inviterait
-ses frères des quarante-sept autres sections à nommer, dans le plus
-court délai, des commissaires qui, réunis à ceux nommés par elle,
-rédigeraient en commun, au nom de la Commune de Paris, une adresse à
-l'Assemblée nationale, pour la prier de ne consulter, dans les grandes
-mesures qu'elle doit prendre pour mettre un terme aux dangers de la
-patrie, que la suprême loi du salut du peuple;
-
-Et qui rédigeront pareillement une adresse aux quatre-vingt-trois
-départements, dans laquelle la Commune de Paris fera entendre à tous les
-Français des vérités que l'éloignement et l'intrigue a peut-être empêché
-d'arriver jusqu'à eux.
-
-La discussion s'est ouverte sur l'objet de ladite convocation. Il a été
-agité que la convocation du Corps municipal, n'étant faite que d'après
-le voeu d'une seule section au lieu du voeu de huit sections, ne
-paraissait point légale aux termes de la loi; la question préalable
-ayant été invoquée et mise aux voix, il a été arrêté qu'il y avait lieu
-à délibérer sur l'objet de ladite convocation[408]; la discussion a été
-continuée, et, après que plusieurs membres ont été entendus, il a été
-arrêté: 1º qu'il sera fait deux adresses, l'une aux quatre-vingt-trois
-départements sur les dangers de la patrie, l'autre au Corps législatif
-sur les moyens d'y remédier, et que, pour l'adresse au Corps législatif,
-les commissaires ci-après nommés prendront pour base la demande de la
-permanence des sections; 2º la suspension du pouvoir exécutif
-pendant le temps de la guerre; 3º la convocation des Assemblées
-primaires dans tout le royaume; 4º la suppression des états-majors de
-l'armée; 5º la diminution de la liste civile; 6º le renouvellement des
-Directoires de[409] Département; 7º la demande de formation de camps
-dans les départements, et que ces camps soient occupés par des levées
-faites dans les villes du septième homme en état de porter les armes,
-que tout citoyen sans distinction, qui sera en état de porter les armes,
-soit autorisé à s'armer en se faisant enregistrer à sa Municipalité, que
-dans chaque Municipalité il y ait toujours une force armée de garde,
-du vingtième de la population, qui veillera nuit et jour[410]; et,
-pour l'exécution du présent arrêté, l'Assemblée a nommé à l'unanimité
-MM. Desvieux, Légier et James, pour ses commissaires, qu'elle charge
-de se retirer à la Maison commune pour y travailler à la rédaction
-desdites adresses avec les commissaires des autres sections nommés _ad
-hoc_. L'Assemblée autorise en outre ses dits commissaires à demander la
-convocation de l'Assemblée de la section, pour lui rendre compte de ce
-travail, s'ajournant à cet effet.
-
-Il a été enfin arrêté qu'attendu le danger de la patrie, l'Assemblée
-s'ajourne aux mardi, vendredi et dimanche de chaque semaine jusqu'à ce
-que l'Assemblée nationale en ait autrement ordonné, auquel effet le
-présent arrêté sera notifié à la Municipalité et annoncé aux autres
-sections[411]; en conséquence l'Assemblée charge son président de faire
-annoncer par toutes les voies ordinaires le présent article dans tout
-l'arrondissement de la section.
-
-Fait, clos et lu, assemblée tenante, laquelle a adopté la rédaction du
-présent procès-verbal en tout son contenu; et la séance a été levée à
-minuit passé.
-
-
- NOTES:
-
- [406] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 98 et n.
- 2 et 3. Voici le texte de cet arrêté du Corps municipal:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PAR LE MAIRE ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX
-
- _Extrait du registre des délibérations du Corps municipal du
- vendredi 20 juillet 1792, l'an quatrième de la liberté._
-
- Le Corps municipal, délibérant sur l'arrêté de la section de la
- Fontaine-de-Grenelle dont la lecture a été faite dans la séance,
- après avoir entendu le Procureur de la Commune, convoque les
- quarante-huit sections de Paris, pour _mardi prochain 24 de ce
- mois_, cinq heures de relevée, à l'effet de délibérer sur l'arrêté
- de cette section, qui propose de nommer des commissaires pour
- rédiger deux adresses, l'une aux quatre-vingt-trois départements
- sur les _Dangers de la Patrie_, l'autre au Corps législatif sur
- les moyens d'y remédier.
-
- Et sera l'arrêté de la section de la Fontaine-de-Grenelle
- imprimé et envoyé aux 48 sections.
-
- PÉTION, _maire_.
- LEMOINE, _secrétaire-greffier adjoint_.
-
- [407] L'arrêté de la section de la Fontaine-de-Grenelle est du
- 19 juillet et non du 18. L'Assemblée générale de la section
- avait bien été convoquée le 18 pour discuter la question, mais
- elle s'était ajournée, ce jour-là, au lendemain, sans prendre de
- décision, et c'est le 19 juillet que l'arrêté en question fut
- adopté. Voici le texte de l'imprimé à part qui contient les deux
- arrêtés:
-
- SECTION DE LA FONTAINE-DE-GRENELLE
-
- _Extrait du registre des délibérations des Assemblées générales
- de la section de la Fontaine-de-Grenelle, du 18 juillet 1792,
- l'an 4e de la Liberté._
-
- L'Assemblée générale, légalement convoquée sur la pétition
- de plus de 50 citoyens pour délibérer sur les moyens que peut
- employer la Commune de Paris pour remédier, autant qu'il est
- possible, au danger de la Patrie, danger déclaré par l'Assemblée
- nationale.
-
- L'Assemblée générale, constituée aux termes de la loi, s'est
- ajournée au lendemain.
-
- _Du 19 du dit mois de juillet._
-
- L'Assemblée générale, légalement convoquée en vertu de
- l'ajournement arrêté à la séance d'hier et composée de cent vingt
- citoyens actifs;--Considérant que le but de tout parti social
- est la conservation de la société; qu'au moment où la patrie est
- en danger il serait absurde d'user de vains ménagements avec les
- traîtres, quels qu'ils soient, qui la mettent en péril;--Que,
- placés par les circonstances auprès du centre commun où viennent
- aboutir toutes les conjurations partielles, les citoyens de
- Paris doivent à la confiance que leur ont témoignée d'une
- manière si affectueuse en tant d'occasions leurs frères des
- quatre-vingt-deux autres départements, de les éclairer sur les
- manoeuvres que le despotisme et l'intrigue osent mettre en
- usage, même sous les yeux des vainqueurs de la Bastille, pour
- pervertir l'esprit public;--L'Assemblée générale arrête qu'elle
- invitera ses frères des quarante-sept autres sections à nommer
- dans le plus court délai des commissaires qui, réunis à ceux
- nommés par elle, rédigeront, en commun et au nom de la Commune
- de Paris, une adresse à l'Assemblée nationale pour la prier de
- ne consulter, dans les grandes mesures qu'elle doit prendre pour
- mettre un terme aux dangers de la Patrie, que la suprême loi du
- salut du peuple;--Et qui rédigeront pareillement une adresse aux
- quatre-vingt-trois départements, dans laquelle la Commune de Paris
- fera entendre à tous les Français des vérités que l'éloignement et
- l'intrigue ont peut-être empêché d'arriver jusqu'à eux;--Arrête,
- que le présent arrêté sera porté aux quarante-sept autres sections
- et à la Municipalité qui sera priée de convoquer la Commune avant
- l'émission du voeu de huit sections, attendu l'urgence;--Et a
- nommé commissaires: MM. Rivaillier et Dubois.
-
- Pour extrait conforme à l'original, _signé à l'original_:
- MAGENDIE, président, LAUGIER, secrétaire.
-
- LAUGIER, _Secrétaire-greffier_.
-
- [408] C'est la deuxième fois que l'Assemblée générale de la
- section des Postes décidait de passer par-dessus les questions de
- forme pour discuter de suite une affaire politique dans un sens
- hostile au gouvernement de Louis XVI (cf. ci-dessus, p. 131 et n.
- 405).
-
- [409] Le texte original porte: «du».
-
- [410] Ce plan d'adresse au Corps législatif reproduit les grandes
- lignes du projet d'adresse aux quatre-vingt-trois départements,
- adopté, le même jour, dans d'autres sections et dont un Jacobin
- fit part à la société le lendemain. (Voyez F. BRAESCH, _La
- Commune de 10 août 1792_, pp. 143-144.)
-
- [411] Ainsi, après avoir arrêté la publicité de ses séances,
- le 3 juillet (voyez ci-dessus, p. 123), la section des Postes
- s'acheminait vers la permanence dont elle avait pourtant repoussé
- l'idée à sa séance du 9 juillet (voyez ci-dessus, p. 126). Si
- elle ne la décidait pas cette fois, c'est qu'il fallait un
- décret spécial pour cela, décret qui avait déjà été réclamé par
- plusieurs sections avant elle. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, pp. 90-92 et 128-129.)
-
-
-
-
-CINQUANTE ET UNIÈME ASSEMBLÉE.--DU 27 JUILLET 1792
-
-_Assemblée générale de la section des Postes du 27 juillet 1792, l'an
-4e de la liberté[412]._
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté, le
-vingt-sept juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes
-légalement convoquée suivant l'ajournement porté au procès-verbal de
-l'Assemblée générale de la section du 24 juillet 1792, M. Bellet,
-président du Comité, a remis sur le bureau le procès-verbal du 24 et
-différents paquets adressés à la section des Postes. M. Bellet a invité
-l'Assemblée à se nommer un président et un secrétaire. L'Assemblée a
-nommé par acclamation M. Le Boeuf[413], président, et M. Lindet,
-secrétaire.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la séance du 24. Il a été
-arrêté que le mot déchéance serait substitué à ceux de suspension du
-pouvoir exécutif pendant la guerre[414].
-
-Il a été fait par le président lecture d'une lettre des sections des
-Quatre-Nations et des Quinze-Vingts réunies, relative à une fête
-civique à donner à M. le Maire, avec un placard[415] y joint, avec
-invitation d'y coopérer par une souscription volontaire et de nommer à
-cet effet deux commissaires pour se joindre à ceux desdites sections.
-
-Après que plusieurs membres ont parlé sur cet objet[416], la
-question préalable a été invoquée et motivée sur ce que l'Assemblée,
-en apprenant l'idée et l'intention manifestées dans ces écrits, pense
-cependant que le moment n'est pas favorable pour une fête, quoiqu'elle
-désirait (_sic_) manifester elle-même combien elle estime M. Pétion[417].
-
-Il a été fait lecture d'un placard concernant la formation des nouvelles
-divisions de gendarmerie nationale, destinées au service de la ville de
-Paris[418].
-
-Il a été arrêté qu'il serait fait une pétition à l'Assemblée
-nationale pour lui demander qu'elle se fasse rendre compte du mode
-de remplacement de l'état-major de la garde parisienne, le plus tôt
-possible[419], et, pour la rédaction et la présentation de la pétition
-à l'Assemblée nationale, MM. Desvieux, Blachelard (_sic_), Frosté et Le
-Boeuf ont été nommés. Il a été arrêté que la section dénoncerait le
-journal intitulé _Journal de Paris_, ______ (_sic_) à Monsieur le
-Procureur de la Commune de Paris.
-
-Il a été arrêté qu'il serait ajouté, à la pétition à présenter à
-l'Assemblée nationale, qu'elle serait priée de presser le jugement
-des prévenus de crimes de lèse-nation, qui sont dans les prisons
-d'Orléans[420].
-
-Il a été arrêté que M. Bachelard se transporterait à la section des
-Quatre-Nations, pour y prendre des renseignements sur l'affaire du sieur
-de Quincy, par elle arrêté il y a deux ans ou environ, et en faire son
-rapport à l'Assemblée le plus tôt possible. Séance levée à neuf heures
-et demie.
-
-
- NOTES:
-
- [412] En face du procès-verbal de la présente séance se trouve
- collé, dans le registre, un petit papier qui porte textuellement
- ceci: «Le citoyen AUBIN, rue Coquéron et Coquillière, nº 16. Sa
- nomination de commissaire et sa sençure, et son serment, le tout
- en Assemblée».
-
- [413] LE BOEUF, Nicolas, maître ès arts, 55 ans, rue des
- Prouvaires, 30; devint électeur de la section des Postes après le
- 10 août.
-
- [414] (Voyez ci-dessus, p. 134) La cause de cette décision de la
- section des Postes doit être évidemment cherchée dans la réunion
- des commissaires des différentes sections pour la rédaction de
- l'adresse à l'Assemblée nationale: la veille même, 26 juillet,
- ceux-ci avaient tenu leur première séance et échangé leurs
- premières impressions; ils avaient dû se mettre d'accord tout
- de suite sur le principe de la déchéance qui fut effectivement
- voté, quelques jours plus tard, par toutes les sections, sauf une
- seule, la section du Temple. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10
- août 1792_, p. 144.)
-
- [415] (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 107 et
- n. 7.) Voici ce texte du placard dont il est question dans le
- présent procès-verbal:
-
- HOMMAGES
- RENDUS A LA VERTU ET AU CIVISME PAR LES PARISIENS
-
- _Frères et Concitoyens_,
-
- La Justice a prévalu, les suggestions de la haine et de la
- perfidie sont anéanties, Pétion nous est rendu. Déjà vous avez
- témoigné à ce digne magistrat combien, en méprisant ses ennemis,
- il vous était cher. Ce n'est pas seulement par des paroles qu'il
- faut persuader à votre ami tout ce qu'il vous fait éprouver; il
- est nécessaire de lui donner un gage de votre amour, en conservant
- cependant la dignité d'un peuple libre.
-
- La section des Quatre-Nations et celle des Quinze-Vingts réunies
- vous offrent le moyen de perpétuer à jamais le souvenir d'une
- conduite qui a mérité vos éloges, votre reconnaissance et celle de
- la patrie.
-
- C'est une fête dont la simplicité sera imposante et dont la
- fraternité fera le charme.
-
- Un citoyen[F] fait hommage aux 48 sections de la capitale, d'un
- modèle de vaisseau de 7 pieds de proportion, lequel représente
- la ville de Paris. Ce vaisseau sera donné à Pétion au nom des
- sections qui enverront des commissaires _ad hoc_.
-
- [F] Le sieur Mahé Santerre, armurier, rue de Bussi.
-
- Pour l'exécution de ce projet, la section des Quatre-Nations
- s'est réunie avec celle des Quinze-Vingts, dont un membre[G]
- contribue particulièrement à la perfection du vaisseau.
-
- [G] Le sieur Santerre, brasseur, rue du Faubourg
- Saint-Antoine.
-
- D'après cette réunion, la section des Quatre-Nations, désirant
- faire participer à cette fête le plus de citoyens qu'il sera
- possible et parcourir un grand espace dans la capitale, a fait
- transporter le vaisseau chez ses braves frères, les habitants du
- faubourg Saint-Antoine: c'est de la place de la Bastille qu'il
- partira.
-
-
- _Camarades et Frères d'armes fédérés_,
-
- Les citoyens des deux sections réunies, jaloux de partager avec
- vous l'avantage précieux d'être auprès de Pétion l'organe des
- habitants de cette ville, espèrent que, vous unissant à eux, vous
- vous empresserez de vous joindre à vos frères de Paris; cette
- réunion nous sera chère, puisqu'elle cimentera davantage les
- noeuds qui nous lient avec tous nos frères des départements.
-
-
- _Marche._
-
- Comme cette fête est une réunion de citoyens paisibles, aucune
- arme, pas même les cannes n'y seront admises:
-
- 1º Groupe, 12 tambours.
-
- 2º Les Droits de l'homme portés par des citoyens.
-
- 3º Des citoyens soldats fédérés.
-
- 4º Des citoyens et des citoyennes au milieu desquels sera
- portée une bannière surmontée du bonnet de la liberté; sur la
- bannière seront inscrits ces mots:
-
- _Pétion à l'assemblée constituante a constamment défendu
- les droits du peuple; ses vertus l'ont fait maire de Paris._
-
- 5º Les fédérés au milieu desquels sera portée par 12 hommes la
- figure de la Liberté.
-
- 6º 12 tambours.
-
- 7º Groupe de peuple de tout sexe et de tout âge, au milieu
- duquel sera portée une bannière où seront inscrits ces mots:
-
- _Le 20 juin 1792, Pétion a respecté le sang de ses concitoyens
- et a sauvé de la guerre civile Paris et tout l'Empire._
-
- 8º La presse de la liberté imprimant pendant la marche les
- motifs du don fait par les citoyens de Paris, suivie des gens de
- lettres, journalistes et imprimeurs.
-
- 9º 12 tambours.
-
- 10º Bannière entourée de deux commissaires de chaque section,
- sur laquelle on lira ces mots:
-
- _Députés des sections de Paris._
-
- 11º Huit citoyens supporteront le vaisseau qui pour lors sera
- privé de son gouvernail; au haut de ce vaisseau seront inscrits
- ces mots: _Tranquille au milieu des orages_.
-
- Messieurs Santerre suivront.
-
- 12º Musique.
-
- 13º Une femme représentant la Ville de Paris sera portée
- par 12 hommes; elle aura auprès d'elle deux enfants de l'un et
- l'autre sexe dont l'un portera le gouvernail sur lequel sera
- cette inscription: _Le gouvernail entre les mains, le vaisseau ne
- peut périr_; l'autre une couronne civique sur laquelle sera cette
- inscription: _Reçois des mains de l'innocence le prix de la vertu_.
-
- De chaque côté des deux enfants, les mères, dont l'une est
- d'adoption, porteront deux petites bannières sur lesquelles seront
- répétées les deux dernières inscriptions.
-
- 14º 12 tambours.
-
- 15º Le pied qui servira de support au vaisseau lorsqu'il sera
- chez Pétion, porté par huit citoyens; sur ce pied sera un faisceau
- surmonté des trophées naturels d'abondance; on y lira cette
- inscription:
-
- _L'Union ramène l'abondance._
-
- 16º Le peuple qui suivra formera ce dernier groupe.
-
- Le cortège, arrivé chez Pétion, se rangera des deux côtés dans
- la cour et dans la rue en face; la Ville de Paris personnifiée
- présentera les deux enfants qui remettront à Pétion le gouvernail
- et la couronne; les commissaires des sections, précédés de
- Messieurs Santerre donneront, au nom des citoyens, le vaisseau.
-
- Le cortège ira ensuite à la Maison commune où 48 commissaires
- iront faire part au Conseil général de l'hommage que les citoyens
- de Paris viennent de rendre à Pétion, maire; Ils demanderont
- qu'il en soit fait mention au procès-verbal, comme un témoignage
- authentique de la justice du peuple.
-
- NOTA. Le jour de cette fête civique sera indiqué par
- les papiers publics, ainsi que la marche du cortège.
-
- _Signé_: GERBET, MAHÉ-SANTERRE, JURIS, BOURGAIN, MATHIS,
- SANTERRE, Alexandre ROGER, JEANSON et LECOMTE, commissaires.
-
- NOTA. Différents artistes se sont réunis aux commissaires pour
- l'exécution de la fête civique.
-
- [416] Ici le texte porte le mot «... et...» dont la suppression
- s'impose.
-
- [417] Pétion fut du même avis que la section des Postes, et,
- tout en remerciant ses admirateurs, il les engagea à renoncer à
- leur projet. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_,
- pp. 107-108.) Voici le texte de la lettre que Pétion écrivit à
- ce sujet à la section Poissonnière, d'après le procès-verbal
- manuscrit de cette section. (Archives de la Préfecture de police,
- carton C nº 100, liasse 14, pièce 199.)
-
- _Paris, le 25 juillet 1792._
-
- Frères et amis. Je viens de lire un placard ayant pour
- titre: _Hommage rendu (sic) à la vertu et au civisme par les
- Parisien_.--Le sentiment qui vous a inspiré cette idée me touche,
- m'honore, mais permettez-moi de vous faire quelques réflexions
- que je dois à la vérité, que je dois à votre patriotisme.--Je ne
- dirai pas que vous armez contre moi l'envie, que vous éveillez
- les soupçons, que vous redoublez la rage de mes ennemis: cela
- ne me serait que personnel et je dédaignerai toujours les
- persécutions de ce genre.--Mais on ne peut pas se dissimuler
- que l'encouragement civique que vous me destinez exciterait des
- divisions, des trames contre les citoyens, qu'il deviendrait
- peut-être l'occasion d'événements fâcheux, dans un moment où
- tout prend un caractère de parti, où le calme énergique de la
- raison est si souvent troublé par les orages des passions.--Rien
- d'ailleurs ne doit distraire un seul instant un regard des
- grandes circonstances où nous sommes et une fête particulièrement
- ferait non seulement diversion, mais formerait un contraste
- affligeant avec le deuil universel de la nation.--Enfin, et vous
- ne résisterez pas à cette considération, c'est que jamais on ne
- doit être idolâtre des hommes, c'est qu'il faut attendre la fin
- de leur carrière pour leur rendre des hommages durables et qui ne
- soient pas inconsidérés; c'est que des hommes libres ne doivent
- avoir qu'un culte, celui de la liberté.--Je vous prie donc, je
- vous supplie, au nom de l'amitié que vous avez pour moi, au nom
- du bien public, de vous refuser à l'exécution de votre projet.
- De toutes les preuves de votre estime, ce sera la plus chère que
- vous pourrez me donner, ce sera celle dont je serai éternellement
- reconnaissant.
-
- Je suis avec fraternité votre concitoyen,
-
- _Signé_: PÉTION.
-
- [418] Voici le texte de ce placard qui est un arrêté du Corps
- municipal, en date du 20 juillet, d'après l'imprimé à part:
- affiche in-folio plano, Bib. nat., recueil factice Lb{40} 1*,
- pièce non numérotée (TOURNEUX, nº 14347). Autre exemplaire: Bib.
- de la Chambre des Députés, X147, portefeuille nº 5, liasse 17,
- pièce 1.
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PAR LE MAIRE ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX
-
- _Arrêté concernant la formation des nouvelles divisions de
- gendarmerie nationale destinée au service de la Ville de Paris._
-
- Le Corps municipal, délibérant sur l'exécution de la loi du 17
- de ce mois concernant la formation des nouvelles divisions de la
- gendarmerie nationale destinée au service de la Ville de Paris,
-
- Le premier substitut adjoint du Procureur de la Commune entendu,
-
- A arrêté ce qui suit:
-
- 1º A compter de lundi 23, du présent mois, jusqu'au mardi
- 17 août inclusivement, il sera ouvert, au secrétariat de la
- Municipalité, un registre où pourront s'inscrire volontairement,
- pour être organisés en gendarmerie nationale à pied, savoir:
-
- Les ci-devant gardes-françaises qui ont servi la Révolution, à
- l'époque du 1er Juin 1789;
-
- Les officiers, sous-officiers, canonniers et soldats des divers
- régiments qui se sont réunis sous les drapeaux de la liberté, à
- compter du 12 Juillet de la même année et qui ont été inscrits ou
- enrôlés, soit à la Municipalité, soit dans les districts de Paris,
- jusqu'au premier novembre 1789;
-
- Les gardes de ports et ceux de la Ville de Paris;
-
- Les cent suisses de la garde ordinaire du Roi;
-
- Les Suisses licenciés qui ont servi dans la ci-devant maison
- militaire des Princes et qui, depuis leur licenciement, ont fait
- un service personnel et continu dans la Garde nationale.
-
- L'inscription se fera: 1º A la maison commune, tous les jours,
- sans exception, même les fêtes et dimanches, depuis 9 heures du
- matin jusqu'à une heure après-midi, et depuis 5 heures après-midi
- jusqu'à huit.
-
- 2º Les personnes ci-dessus dénommées qui ont contracté des
- engagements dans les troupes de ligne, pourront être inscrites dès
- à présent, quoiqu'elles ne soient admissibles dans les nouvelles
- divisions de gendarmerie qu'après l'expiration de leur engagement.
-
- 3º Celles qui auraient été destituées de leurs emplois ou
- renvoyées dans leurs corps par un jugement légal ne seront point
- admises à l'inscription.
-
- 4º Les officiers, sous-officiers, soldats et autres, qui
- réunissent les conditions exigées par la loi, déposeront,
- en s'inscrivant, leurs titres et cartouches: deux officiers
- municipaux en examineront la valeur et l'authenticité.
-
- 5º Dans le délai de deux mois, au plus, à compter du jour de
- la publication de la loi, ceux qui résident dans les départements
- feront également parvenir leurs titres et cartouches à M. le Maire
- ou au secrétaire-greffier, pour être inscrits et vérifiés dans la
- forme ci-dessus prescrite.
-
- Le présent arrêté sera imprimé, affiché, mis à l'ordre du jour,
- envoyé aux 83 départements, aux comités des 48 sections et aux 50
- bataillons.
-
- _Signé_: PÉTION, maire.
- ROYER, secrétaire-greffier.
-
- [419] Le 2 juillet, dans sa séance du soir, l'Assemblée nationale
- avait adopté le principe du licenciement de l'état-major des
- gardes nationales des villes au-dessus de 50.000 âmes (_Moniteur_
- du 4 juillet 1792, réimpression, t. XIII, p. 32).--Sur cette
- question voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp.
- 92-93.
-
- [420] Les personnes prévenues de crime de lèse-nation étaient
- justiciables de la Haute-Cour nationale qui siégeait à Orléans.
- Leur transfert dans la capitale, demandé, on le voit, par les
- sections, déjà avant le 10 août, fut décidé après la chute de la
- royauté. Ce sont ces «prisonniers d'Orléans» qui furent conduits
- vers Paris par Fournier l'Américain et massacrés à Versailles,
- le 9 septembre 1792. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 408, 415 et 503.)
-
-
-
-
-CINQUANTE-DEUXIÈME ASSEMBLÉE.--DU 28 JUILLET 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté, le
-vingt-huit juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes
-légalement convoquée par un arrêté de la Municipalité, du 25 du courant,
-pour délibérer sur un arrêté de la section des Lombards, tendant à
-former un camp sous les murs de Paris[421].
-
-M. Bellay (_sic_), président du Comité, a remis sur le bureau le
-procès-verbal d'hier, l'arrêté du Corps municipal et l'arrêté de la
-section des Lombards en date du 23 du courant, sur lequel la Commune de
-Paris a été convoquée.
-
-Il a ensuite invité l'Assemblée à se nommer un Président et un
-secrétaire, et l'Assemblée a nommé par acclamation M. Le Boeuf,
-président, et M. Lindet, secrétaire.
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal d'hier, et sur la lecture,
-il a été arrêté que la dénonciation à faire du _Journal de
-Paris_ serait différée, jusqu'à ce que le membre qui avait fait cette
-dénonciation, et suivant ses offres, justifie des numéros qu'il entend
-dénoncer.
-
-Avant de passer à l'ordre du jour, il a encore été arrêté que,
-lorsqu'on battrait l'appel général, tout citoyen étant obligé de se
-rendre à son poste, il ne sera point tenu d'assemblée de la section, et
-elle sera remise au lendemain, à moins que le même motif ne subsiste
-encore.
-
-L'ordre du jour a été ouvert par la lecture de l'arrêté du Corps
-municipal, ainsi que de l'arrêté de la section des Lombards, et, après
-une discussion réfléchie, beaucoup de membres ayant émis leur opinion et
-la discussion étant fermée par un arrêté, l'Assemblée, rendant justice
-aux motifs qui ont dicté l'arrêté de la section des Lombards du 23
-de ce mois, s'en rapporte et persiste dans son arrêté du 24, pris sur
-l'arrêté du Corps municipal, concernant celui de l'arrêté (_sic_) de
-la section de la Fontaine-de-Grenelle sur les dangers de la patrie,
-lequel arrêté dudit jour 24 contient divers moyens qu'elle a cru utiles,
-nécessaires et avantageux, et qui rentrent dans ceux que la section des
-Lombards manifeste dans son arrêté[422].
-
-M. Desvieux, commissaire nommé par la section[423] pour coopérer avec
-les commissaires des autres sections, qui se sont rendus à la Maison
-commune à l'effet d'y faire une adresse à l'armée au nom de la Commune
-de Paris et d'après le voeu de la section du Marché-des-Innocents, a
-fait lecture d'un projet d'adresse à l'armée, dressé et rédigé par
-les commissaires en commun, et qu'il a soumis à la discussion[424].
-
-L'adresse[425], ayant été discutée mûrement et mise aux voix, a été
-adoptée en tout son contenu, avec l'amendement que M. Desvieux est
-invité de proposer aux commissaires, de changer les sens figurés, et
-d'avoir la force de dire la vérité toute nue.
-
-M. Dévieux (_sic_) a demandé la parole pour faire lecture de la
-pétition ou adresse à l'Assemblée nationale, tendant à demander le
-plus tôt possible le mode de remplacement de l'état-major de la garde
-nationale parisienne, de la rédaction de laquelle il a été chargé à la
-séance d'hier, conjointement avec MM. Blachelard (_sic_), Frosté et Le
-Boeuf.
-
-L'Assemblée en ayant entendu la lecture avec satisfaction l'a adoptée
-en tout son contenu; la séance levée à dix heures et demie.
-
-
- NOTES:
-
- [421] Sur l'arrêté de la section des Lombards du 23 juillet et
- sur celui du Corps municipal du 25, voyez F. BRAESCH, _La Commune
- du 10 août 1792_, pp. 134-135.
-
- Voici le texte même du procès-verbal de la séance de la section
- des Lombards, du 23 juillet, suivi de celui de la séance du 24, à
- l'endroit où il est question de l'adresse adoptée, la veille, par
- la section:
-
- [_Séance du 23 juillet._]
-
- Un citoyen, ayant obtenu la parole, a dit: Citoyens, c'est aux
- grands moyens que nous devons le salut de la patrie. Les ennemis
- de l'extérieur s'avancent vers nos frontières; les conspirateurs,
- les traîtres de l'intérieur s'agitent et forment de grands
- projets: d'un seul coup, avec une seule mesure, déconcertons-les,
- mettons-les dans l'impuissance de faire à la patrie tout le mal
- qu'ils ont préparé. Le roi a paralysé la loi qui rassemblait
- 20.000 amis autour de Paris qui est son berceau, et l'on a fait
- rassembler à Soissons des citoyens qui, grâce aux lenteurs
- ordinaires du pouvoir exécutif, ne seront ni habillés, ni armés
- assez tôt pour empêcher le mal et l'anarchie qu'il a intérêt de
- propager. En bien, citoyens, effrayons par une force imposante
- tous les conspirateurs, formons sous Paris un camp où nous nous
- formerons aux fatigues et exercices de la guerre; que ces piques
- si redoutables et si terribles y soient à côté des armes à feu, et
- que de toutes les manières la mort passe dans le sein des traîtres
- et des ennemis qui osent nous menacer. Que notre terre libre
- devienne le tombeau de ces esclaves.--Le camp dont j'ai tracé le
- plan dans le projet d'arrêté que je vous soumets, ne doit effrayer
- que les lâches, et je répondrai à toutes les objections qu'ils
- pourraient me faire. La patrie est en danger, les peuples libres
- se sauvent eux-mêmes.--Lecture faite du projet d'arrêté, il a été
- discuté article par article et, après quelques larges amendements,
- l'Assemblée a arrêté, à la très grande majorité: Iº Il sera
- fait une adresse, an nom de la Commune de Paris, à l'Assemblée
- nationale pour lui demander qu'elle décrète qu'il sera établi des
- batteries d'artillerie autour de Paris, ainsi qu'un camp pour
- les soutenir.--IIº Les citoyens de Paris formeront eux-mêmes
- ce camp qui sera renouvelé chaque jour par moitié.--IIIº Il
- sera commandé, trois jours à l'avance, 750 hommes par légion, ce
- qui fait 4.500 hommes qui, joints à 4.500 restants, feront une
- force de 9.000 hommes.--IVº A ces 9.000 hommes seront joints
- le nombre des fédérés qui, restant à Paris, ne s'enrôlent pas
- pour le camp de Soissons.--Vº Chaque citoyen sera tenu de faire
- le service en personne, à l'exception dans les cas prévus par
- la loi.--VIº Quiconque, si ce n'est pour cause de maladie bien
- constatée, manquera à ce service indispensable, sera condamné
- à une amende dont la quotité sera déterminée par l'Assemblée
- nationale, dans la proportion des contributions foncières et
- mobilières.--VIIº Quiconque manquerait pour la seconde fois
- encourra des peines plus fortes qu'une amende pécuniaire et qui
- seront déterminées par l'Assemblée nationale.--VIIIº Le temps
- que l'on passera au camp sera employé aux exercices et aux
- évolutions de toutes armes.--IXº Les chefs et maîtres d'exercices
- seront principalement choisis parmi les gardes-françaises.--Xº
- Il sera nommé un état-major particulier pour ce camp.--XIº La
- nomination sera faite par chaque citoyen, dans les Assemblées
- primaires des sections--XIIº Il sera créé des compagnies de
- piquiers pour lesquels il y aura aussi des exercices.--XIIIº La
- Municipalité de Paris sera autorisée, par un décret particulier
- de l'Assemblée nationale, à faire toutes les dépenses nécessaires
- pour tenir la campagne et fournir au campement.--XIVº Le présent
- arrêté sera imprimé et communiqué aux 47 autres sections, avec
- invitation d'y adhérer.--XVº Il sera porté par des commissaires
- à la Municipalité avec prière d'assembler la Commune dans
- les 48 sections, et cela avant l'émission du voeu de 8
- sections, attendu l'urgence, pour nommer par chaque section des
- commissaires qui se réuniront, le surlendemain de la convocation
- des sections, à la Maison commune pour rédiger l'adresse de
- l'Assemblée nationale, dont les bases sont posées dans le présent
- arrêté.--_Article additionnel_: _I._ Les sections de Paris
- demanderont compte à la Municipalité des approvisionnements de
- guerre nécessaires dans la circonstance.--_II._ La Municipalité
- fera sous peu une nouvelle distribution de poudre à canon, de
- boulets et de mitraille.--_III._ Elle sera chargée de suivre,
- auprès de l'Assemblée nationale, l'exécution de la loi qui
- licencie l'état-major et de lui demander le mode de réélection
- d'après le principe décrété par la loi du 2 juillet.--L'Assemblée
- s'est constituée au lendemain, après l'Assemblée communale.--Clos
- et arrêté les jours et an que dessus.--P.-M. JOLY--POULLENOT.
-
- [_Séance du 24 juillet._]
-
- Nous secrétaire, avons donné lecture de l'arrêté d'hier. Il a
- été arrêté qu'il serait porté de suite à la Municipalité par:
- MM. Joly, Burou, Ozane, Tupe, Crété, Corda, Becquet et Henry, en
- qualité de commissaires. Un membre ayant annoncé que le patriote
- Manuel étant intégré et remis à ses fonctions, il a demandé que
- les commissaires seraient tenus de féliciter le procureur de la
- Commune des honorables persécutions qu'il avait éprouvées, et du
- décret qui venait de les finir, cette motion a été arrêtée et
- les commissaires sont partis.--Un membre a rappelé qu'on avait
- arrêté une collecte pour aider nos frères les fédérés, et de
- suite plusieurs membres ont déposé leur offrande civique sur le
- bureau.--Les commissaires, de retour, ont annoncé que M. le Maire
- les avait remis au lendemain parce que M. Manuel ne serait à ses
- fonctions que le lendemain.
-
- Les textes ci-dessus sont empruntés au registre même de la
- section des Lombards (fragment du registre manuscrit conservé
- aux Archives de la Préfecture de Police, carton C nº 100, liasse
- 11, pièces 163 et 164 vº).--La section des Lombards publia,
- après le 23 juillet, un imprimé ayant pour titre: _Section des
- Lombards.--Extrait du registre des délibérations des assemblées
- générales de la section des Lombards.--Du 23 juillet, l'an 4e
- de la liberté._ Pièce imprimée, in-8º de 8 pages. Bib. de la
- Ville de Paris, recueil factice 10065-66* in-8º, 2e chemise des
- chemises de sections (trois exemplaires). Cet imprimé comprend
- d'abord le texte de l'arrêté du 23 juillet et ensuite (de la
- page 6 à la page 8) l'«Opinion de P.-M. Joly, en présentant à
- la section des Lombards le projet d'arrêté qu'elle a consacré à
- l'unanimité». Il est inutile de donner ici cette pièce puisqu'on
- vient de lire le texte même du procès-verbal manuscrit.
-
- Voici maintenant le texte de l'arrêté du Corps municipal du
- 25 juillet, convoquant les sections pour le 28, à l'effet de
- délibérer sur la proposition de la section des Lombards. (Pièce
- imprimée, affiche in-folio plano, Bib. nat., recueil factice
- Lb{40} 1*, TOURNEUX, nº 6126.)
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PAR LE MAIRE ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX,
-
- _Extrait du registre des délibérations du Corps municipal, du
- mercredi 23 juillet 1792, l'an 4e de la liberté._
-
- Sur la réquisition du Procureur de la Commune,
-
- Le Corps municipal convoque la Commune, pour _samedi prochain,
- 28 du présent mois_, 5 heures de relevée, à l'effet de délibérer
- sur un arrêté de la section des Lombards, du 23 du même mois, par
- lequel cette section propose la formation d'un Camp sous les murs
- de Paris.
-
- Le Corps municipal ordonne l'impression et l'affiche du présent
- arrêté qui sera, ainsi que celui de la section des Lombards,
- envoyé aux 48 sections.
-
- PÉTION, _maire_; ROYER, _secrétaire-greffier_.
-
- Le lendemain du jour où cet arrêté fut pris, la section des
- Lombards vint déposer sur le bureau du Corps municipal, son
- arrêté du 23, en même temps que l'adresse manuscrite suivante
- (pièce manuscrite, Archives de la Préfecture de Police, carton C
- nº 100, pièce 165 et vº).
-
- LA SECTION DES LOMBARDS AU CORPS MUNICIPAL
-
- Magistrats du Peuple,
-
- Dans ces moments de crise, tout citoyen qui veille pour le salut
- de la Patrie est à son poste. Nous nous armons contre les tyrans
- et nous surveillons les traîtres et nous ne cesserons de les
- poursuivre qu'au moment où ils n'existeront plus.
-
- Messieurs, on a calomnié les citoyens de Paris, on a calomnié
- les citoyens de la section des Lombards; ils se disculperaient si,
- aussi lâches que leurs infâmes calomniateurs, ils vendaient la
- cause de la liberté. Mais, à l'exemple de ces deux incorruptibles
- magistrats, ils se vengeront en faisant tant de bien qu'ils
- forceront les traîtres à les admirer ou à tomber sous leurs coups;
- généreux enfants de la Patrie et de la liberté, ils les sauveront
- ou périront avec elles si elles pouvaient périr.
-
- Un peuple libre est esclave des lois; mais, lorsqu'il est trahi,
- il se lève tout entier, abat les traîtres, les tyrans, et se sauve
- lui-même.
-
- Messieurs, c'est les armes à la main contre les tyrans que nous
- voulons mourir ou faire triompher la liberté. On nous accuse
- d'inertie. Eh bien! les hommes libres sont tous enfants de la
- gloire. Un camp de 20.000 citoyens de tous les départements
- devait se former sous les murs de Paris. Un seul homme, un seul
- mot a paralysé cette mesure. Eh bien! nous qui voulons sauver la
- Patrie en dépit de toutes les conspirations, nous voulons former
- un camp sous Paris. Ce camp ne sera composé que des citoyens de
- Paris et sera renouvelé tous (_sic_) les 24 heures par moitié. On
- y adjoindra ceux de nos frères des départements qui voudront s'y
- joindre. Nous déposons l'arrêté de la section des Lombards dans
- lequel le plan de ce camp est tracé. Nous vous prions d'assembler,
- au jour le plus prochain, la Commune dans ses 48 sections, et
- cela avant le voeu de huit sections, attendu l'urgence, afin de
- discuter ce plan et de nommer des commissaires qui le porteront à
- l'Assemblée nationale pour le convertir en loi. Le danger de la
- Patrie répond à toutes les objections et le courage des hommes du
- 14 juillet nous répond du succès de ce plan.
-
- Permettez, Messieurs, qu'au nom des citoyens de notre section,
- nous félicitions le P. (_sic_) de la Commune, des honorables
- persécutions qu'il a essuyées et du décret qui vient de les finir.
- Réuni à son poste à côté du vertueux Pétion, nous voyons trembler
- les fanatiques. Ces deux magistrats, dont l'incorruptibilité fait
- le désespoir des ennemis de la Patrie et des conspirateurs des
- Thuilleries (_sic_), poursuivis par quelques _honnêtes gens_, en
- sont plus chers aux _gens honnêtes_ qui ont pour eux une estime et
- une reconnaissance sans bornes.
-
-
- RÉPONSE DE M. LE MAIRE
-
- Il est de ces calomnies qui honorent ceux contre qui elles
- sont dirigées et celles qu'on a pu lancer contre la section des
- Lombards sont de ce genre. Toujours elle fut digne de la liberté
- qu'elle a conquise et si glorieusement défendue, et les magistrats
- du peuple aiment à lui rendre cet hommage public que, toujours à
- la hauteur des circonstances, elle sut concourir à déjouer les
- projets des ennemis de la liberté et de l'égalité. S'il était
- permis de mêler des sentiments personnels, je vous dirais, au
- nom de M. le Procureur de la Commune et du mien, que nous sommes
- sensibles aux marques d'estime que vous nous témoignez et que nous
- jurons de les mériter par notre zèle et par notre amour pour le
- peuple auquel nous sommes entièrement dévoués.
-
- ORIGNAT, P.-M. JOLY.
-
- [422] En effet, le 24, la section des Postes avait décidé (voyez
- ci-dessus, p. 134) que ses commissaires pour l'adresse au Corps
- législatif demanderaient qu'on inscrivît, entre autres choses,
- dans l'adresse «la demande de formation de camps dans les
- départements...», etc...
-
- [423] Le 17 juillet, avec Basty (voyez ci-dessus, p. 131).
-
- [424] Sur les délibérations de l'Assemblée des commissaires des
- sections pour l'adresse à l'armée, du 23 au 26 juillet, cf. F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 137.
-
- [425] Sur le texte de cette adresse à l'armée, tel qu'il fut
- arrêté le 30 juillet par les commissaires des sections, cf.
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 138, n. 2. On le
- trouvera dans l'_Histoire parlementaire_ de BUCHEZ et ROUX, t.
- XVI, pp. 241-245. Mais la version de Buchez et Roux, empruntée
- au _Journal général de l'Europe_, nº CCCCI, présente plusieurs
- lacunes et de nombreuses différences avec le texte véritable, tel
- qu'il figure à l'imprimé officiel. D'autre part, Buchez et Roux
- ne donnent pas la liste des commissaires des sections qui suit
- l'adresse dans cet imprimé. Je crois donc devoir reproduire ici
- le texte complet de ce dernier.
-
- LES CITOYENS DE PARIS A L'ARMÉE FRANÇAISE
-
- Soldats de la Patrie, nos Amis et nos Frères,
-
- Quoique éloignés de vous, un attachement fraternel réciproque
- et sacré nous tient rapprochés. Nous soutenons la même cause,
- nous sommes tous dans les mêmes rangs; ensemble nous faisons la
- guerre aux tyrans. Tous compagnons d'armes et de fortune, nous
- nous aimons; nous sommes prêts à mourir les uns pour les autres.
- Voilà nos sentiments, voilà ce que nous, citoyens de Paris, sommes
- impatients de vous déclarer. C'est en resserrant ces doux liens
- de la fraternité que nous déjouerons les complots de nos ennemis;
- car leur espoir fut toujours de nous diviser. Ils triompheraient
- aisément, s'ils pouvaient nous rendre mécontents les uns des
- autres; mais ils n'y réussiront pas. Ils ont d'abord voulu vous
- calomnier auprès de nous, vous le savez. Des officiers de tout
- grade, leur démission à la main, sont venus à Paris; il fallait,
- disaient-ils, des supplices pour vous faire aimer la gloire,
- des grands-prévôts pour vous apprendre à bien servir la patrie.
- Ils disaient, ces lâches, que vous ne sauriez jamais combattre,
- que vous ne pourriez jamais vaincre; nous les avons repoussés
- avec indignation; nous avons dévoué à l'infamie les chefs peu
- faits pour vous commander. Votre gloire est restée pure, braves
- soldats, elle nous est chère et toujours nous la défendrons.
- Ces vils calomniateurs, ainsi confondus, voyant notre confiance
- en vous toujours entière, toujours inébranlable, ont pensé que
- la contre-marche serait plus aisée, qu'ils abuseraient plus
- facilement de votre crédulité sur ce qui se passe dans la ville de
- Paris. Ils ont dépêché vers nous leurs trompettes, pour débiter
- dans vos camps les plus odieux mensonges; ils ont sollicité nos
- signatures pour des adresses scandaleuses, inconstitutionnelles,
- injurieuses à l'Assemblée nationale. Ces artisans de discorde
- voulaient vous soulever contre le peuple de Paris, c'est-à-dire
- contre vos meilleurs amis, contre les plus attachés de vos frères.
- Sans doute, vous les avez aussi repoussés, car sous la tente,
- comme dans nos foyers, le coeur d'un homme de bien ne se laisse
- jamais aller facilement aux séductions des traîtres.
-
- Comme la journée du 20 juin dernier a surtout servi de prétexte
- à de nombreuses calomnies, nous allons vous retracer fidèlement,
- et en peu de mots, les événements de cette journée. Plusieurs des
- bataillons de Paris avaient obtenu de défiler en armes dans le
- sein de l'Assemblée nationale; les habitants de nos faubourgs,
- armés de piques, les hommes du 14 juillet, crurent avec raison
- qu'on ne pouvait leur refuser le même honneur. Ils choisirent pour
- cela le vingt juin parce que c'est le jour anniversaire de la
- séance du Jeu de Paume. Leurs intentions étaient pures, ils les
- avaient annoncées publiquement.
-
- Dans cette occasion, les contre-révolutionnaires, dont la foule
- grossit à Paris tous les jours, aperçurent un moyen sûr d'allumer
- la guerre civile, qui leur tient fort à coeur, et ils s'en
- occupèrent sans relâche. Ils se disent tous les amis du roi, ce
- qui leur obtient sa confiance; ils lui conseillèrent, dans ces
- circonstances critiques, d'appliquer deux vetos à la fois sur
- de bons décrets. Le peuple armé de piques, disaient-ils, voudra
- naturellement traverser les Tuileries, en sortant de l'Assemblée
- nationale; il sera irrité de ces vetos redoublés, il se portera à
- quelques excès; on le fera massacrer au nom de la loi martiale,
- nous ferons partir le roi et la guerre civile est certaine. Ils
- s'en réjouissaient d'avance.
-
- Mais nos dignes officiers municipaux, mais le sage Pétion,
- l'énergique Manuel surveillaient; ils ont averti le peuple des
- pièges tendus par la cour. Nos concitoyens des faubourgs ont
- mérité, le vingt juin, l'approbation de l'Assemblée nationale,
- tant qu'ils furent sous ses yeux. Déjà ils délibéraient pour
- n'envoyer au château qu'une députation, lorsque, pour les attirer,
- les portes de toutes les cours furent ouvertes, sur un ordre donné
- de l'intérieur. Mais, par une singulière contradiction, les portes
- des appartements étant fermées, elles durent céder à l'effort
- d'une multitude immense qui se précipitait comme un torrent et
- qu'aucun pouvoir humain ne pouvait faire tourner en arrière. Le
- roi vint alors accueillir le Peuple; il affecta cette franchise,
- cette popularité dont les bons effets sont toujours efficaces
- sur le coeur des Français; aussi toutes ses fautes parurent
- oubliées. Il se couvrit, avec joie, du bonnet de la liberté;
- il but a plusieurs reprises à la santé de la nation; il répéta
- maintes fois aux différentes députations de l'Assemblée nationale
- qui venaient auprès de lui, que jamais il n'avait été plus
- tranquille, plus en sûreté, plus content. Le pourrez-vous croire?
- tout cela n'était que dissimulation. Ce fut le seul piège dont les
- magistrats du peuple, trop confiants, n'avaient pu le préserver.
- Dès le lendemain le roi démentit, par une proclamation, tout ce
- qu'il avait dit la veille, il annonça aux citoyens de Paris qu'il
- ne leur fallait commettre qu'un crime de plus, comme s'ils avaient
- commis tous les autres! Un tribunal illégal, vexatoire, composé
- d'indignes juges de paix (car la Cour a tout corrompu, jusqu'à
- cette belle institution des juges de paix) a lancé, sous forme
- de mandats, de véritables lettres de cachet contre les meilleurs
- citoyens. Le roi a fait hausser les ponts-levis; il s'est entouré
- de canons et de grilles. On a publié que le peuple avait voulu
- détruire la maison royale toute entière parce que les panneaux
- d'une porte et quelques carreaux avaient été brisés. Louis XVI,
- le roi des Français, n'a pas rougi d'accuser vingt mille artisans
- laborieux, estimables, d'avoir voulu piller ses propriétés parce
- qu'un meuble de garde-robe, égaré sous la main de quelque valet,
- manquait, ce jour-là, aux besoins d'une femme de la Cour. C'est
- pour n'avoir pas empêché ces graves délits que le Directoire
- du Département de Paris a suspendu de leurs fonctions les deux
- magistrats pour lesquels nous avons le plus de vénération et
- d'amour. Ah! le crime qui jamais ne leur sera pardonné, c'est
- d'avoir trouvé plus de force dans la confiance qu'inspirent leurs
- vertus que dans les munitions de guerre qu'ils réservent pour de
- meilleures occasions. Braves soldats, telle est la vérité.
-
- Il fallait cependant trouver de nouveaux moyens pour assurer
- aux contre-révolutionnaires un triomphe prêt à leur échapper.
- C'est alors que La Fayette a proposé à Luckner d'abandonner les
- frontières et de faire marcher les armées sur Paris. Luckner n'a
- pas nié cette proposition odieuse, en présence de l'Assemblée
- nationale, ni de ses comités. La Fayette quitte son poste pour
- venir déclarer la guerre aux Parisiens! eux à qui l'on n'a
- d'autres reproches à faire que d'avoir prodigué à ce général
- perfide des récompenses prématurées. Il fallait une telle démarche
- pour le bien faire connaître. Cet ambitieux s'est cru supérieur à
- toutes les autorités; il s'est cru plus fort, à lui seul, que les
- représentants du peuple réunis. Il est démasqué. La Fayette n'est
- plus à nos yeux qu'un vil intrigant, un soldat rebelle, un général
- inhabile, un fonctionnaire infidèle. La Fayette s'est déshonoré.
- Nous ne craignons pas, chers et dignes amis, que ce langage
- tenu à des hommes tels que vous, puisse avoir aucune fâcheuse
- conséquence pour la discipline militaire: ce que nous avons admiré
- le plus particulièrement dans votre conduite, ce qui nous a le
- plus touchés, ce qui vous met au-dessus de tout éloge, c'est la
- résignation vraiment admirable qui vous a fait obéir souvent à des
- chefs que vous n'estimiez pas! Peut-être encore de rudes épreuves
- en ce genre vous sont réservées; mais la patrie vous regarde et
- vous tient compte de ces vertueux sacrifices.
-
- Eh! nous savons bien que ce n'est pas votre faute si nos ennemis
- ne sont pas tous réduits, si leur territoire n'est pas à notre
- disposition, si toutes les palmes de la victoire ne sont pas
- cueillies. Si la Cour des Tuileries l'avait voulu, la guerre
- serait déjà terminée; mais cette Cour est plus ardente à faire
- proclamer la loi martiale qu'à seconder votre courage. Ce n'est
- pas contre les Autrichiens que la Fayette voudrait vous conduire,
- c'est contre nous; c'est du sang des meilleurs citoyens qu'il
- voudrait arroser le pavé du château royal, afin de réjouir les
- yeux de cette Cour insatiable et corrompue.
-
- N'est-ce donc par assez d'avoir à pleurer tant de nos frères
- morts à vos côtés, dans les combats? Ne reste-t-il pas assez de
- bons patriotes étendus sur les champs de bataille, sans que nous
- nous épargnions les uns les autres dans nos cités? Non, nous ne
- nous égorgerons pas. Les coups que nous portons ne doivent tomber
- que sur nos ennemis. Les plus cruels, peut-être, nous entourent.
- Nous les surveillons et nous sommes assez forts. Soyez sans
- crainte; ne tournez plus vers Paris des regards d'inquiétude. Il
- n'y a pas un poste aujourd'hui, soit dans les camps, soit dans
- les villes, qui ne soit périlleux pour un véritable ami de la
- liberté, de l'égalité; mais leur courage est éprouvé. Aucun de ces
- postes importants ne sera dégarni, et la cause du genre humain
- contre les tyrans ne manque pas de défenseurs. Vous en seriez
- bien assurés, chers et braves amis, si vous aviez pu voir avec
- quelle ardeur notre jeunesse s'est élancée, ces jours-ci, vers les
- bureaux d'enrôlement, ouverts depuis que la Patrie est proclamée
- en danger. Il tarde à cette recrue toute patriotique d'aller vous
- joindre et de partager vos dangers. Les bons exemples que vous
- avez donnés, comme vous le voyez, ne sont pas perdus, et quand
- tous vos frères s'empressent à les imiter, c'est pour vous une
- douce récompense.
-
- Les nouveaux soldats inscrits depuis quelques jours à Paris
- pour aller aux frontières sont au nombre de plus de dix mille.
- Ils vont vous joindre; ils vous diront avec quel attendrissement
- nous parlons de vos belles actions. Ils vous diront avec quelle
- sollicitude nos regards se sont tournés vers vos femmes et vos
- enfants, ils vous diront avec quel mépris nous traitons vos
- calomniateurs. Dites-leur que vous nous rendez justice aussi,
- et nos coeurs, qui s'entendent facilement, se trouveront
- satisfaits les uns des autres. Ce qui vous fera plaisir encore,
- c'est d'apprendre que le vertueux Pétion et le courageux Manuel
- sont rendus à nos voeux. La Cour voulait perdre les magistrats
- par le peuple, et le peuple par les magistrats: Mais, en dépit
- de la Cour, les magistrats ont sauvé le peuple, et l'Assemblée
- nationale a vengé les magistrats. Leur conduite a été déclarée
- irréprochable, par deux décrets rendus après un mûr examen. Vous
- voyez bien, chers camarades, que nous vous avons dit la vérité.
-
- Ici nous préservons la liberté des atteintes de ses plus cruels
- ennemis; vous feriez de même à notre place. Vous la défendez avec
- l'appareil formidable de toutes les forces nationales. Votre sang
- est prêt à couler à chaque instant pour elle; nous ferions de
- même à la vôtre. Oui, nos destinées sont communes et bientôt un
- grand triomphe sera partagé entre tous les enfants de la Patrie
- qui auront fait leur devoir. Ceux qui sont morts glorieusement
- en auront aussi leur part, car la destinée des hommes libres est
- immortelle. Nous ne craignons que les traîtres et nous saurons les
- réduire à l'impuissance. Mais, si leurs voeux impies étaient
- exaucés, si la victoire des lâches pouvait réjouir un instant les
- mauvais citoyens, leur succès serait court. Soldats de la Patrie!
- hommes vraiment libres! si jamais l'ennemi s'approche de nos murs,
- nous serons certains que vous n'existez plus. Eh bien! alors ce
- sera notre tour, et nous vous jurons qu'au moment où les traîtres
- croiront pouvoir livrer nos cités, au moment où l'ennemi croira
- les envahir, elles auront disparu; il n'y aura plus que des ruines
- sous lesquelles nous serons ensevelis. C'est là notre dernier
- serment, c'est celui qui doit nous survivre.
-
-
- EXTRAIT
-
- DES PROCÈS-VERBAUX DES COMMISSAIRES NOMMÉS PAR LES SECTIONS DE LA
- COMMUNE DE PARIS CONVOQUÉE PAR LE CORPS MUNICIPAL, LE 18 JUILLET
- 1792, L'AN 4e DE LA LIBERTÉ, DÉLIBÉRANT SUR LE PROJET D'ADRESSE A
- L'ARMÉE VOTÉ PAR LA SECTION DU MARCHÉ-DES-INNOCENTS, DES 23, 24,
- 26 ET 30 DU PRÉSENT MOIS DE JUILLET.
-
- Appert l'Adresse ci-dessus avoir d'abord été arrêtée par les
- dits Commissaires assemblés dans l'une des salles de la Maison
- Commune, ensuite par leurs sections respectives. En foi de quoi,
- nous, Président et Secrétaire de l'Assemblée, avons signé le
- présent extrait, ledit jour 30 juillet 1792, l'an quatrième de la
- liberté.
-
- HUREL, commissaire de la section des Enfants-Rouges, _Président_.
- TALLIEN, commissaire de la section de la
- Place-Royale, _Secrétaire_.
- COLLOT D'HERBOIS, commissaire de la section de la
- Bibliothèque, ----
- TRUCHON, commissaire de la section des Gravilliers, ----
-
- _Noms des Commissaires des sections pour la rédaction de cette
- adresse:_
-
- DONNAY, de la section du Roule.
- MOYNAT et GORET, de la section de Sainte-Geneviève.
- ROLIN, de la section des Invalides.
- DAMOYE et CIETTY, de la section de la rue de Montreuil.
- MOULINNEUF et LATOURNELLE, de la section de Bonne-Nouvelle.
- BOUIN et MARTIN, de la section des Innocents.
- BOURDIER et AUDOUIN, de la section de la Fontaine-de-Grenelle.
- LECHESNE et CHENAUX, de la section de l'Oratoire.
- LOUVET et JOLY, de la section des Lombards.
- VAUDICHON et PINART, de la section de la rue Poissonnière.
- CHODERLOS, de la section du Palais-Royal.
- FRANÇAIS, de la section de l'Ile.
- RÉAL et DEMEISSEN, de la section de la Halle-aux-Bleds.
- PACHE et MARCENAY, de la section du Luxembourg.
- COLLOT-D'HERBOIS, CHÉNIER, REBOUL et BAUDRAIS, de la section
- de la Bibliothèque.
- TALLIEN et NARTEZ, de la section de la Place-Royale.
- QUÉNET, de la section de l'Hôtel-de-Ville.
- DENEUX et MAIRE, de la section des Arcis.
- AUBIN et MILLIN, de la section de la rue Beaubourg.
- LACOMBE et RESTOUT, de la section des Tuileries.
- PAGNIER et AUVRAY, de la section de la Grange-Batelière.
- LEBOIS, MANGIN et CHAUMET, (_sic_) de la section du
- Théâtre-Français.
- HUREL et JAILLANT, de la section des Enfant-Rouges.
- LEMEIGNIÈRE (_sic_, pour LAMAIGNIÈRE) et CHANDELIER, de la
- section des Champs-Élysées.
- COHENDET, de la section du Faubourg-Montmartre.
- TRUCHON, de la section des Gravilliers.
- BARADELLE et THILLY, de la section de Henri-IV.
- MERCIER et QUESNAUT, de la section des Gobelins.
- LE GANGNEUR et MATHIS, de la section des Quatre-Nations.
- DESVIEUX et BASTY, de la section des Postes.
- CHEPY et CHASSANT, de la section du Louvre.
- CONCEDIEU et RIVIÈRE, de la section de l'Arsenal.
- SIROT, de la section du Jardin-des-Plantes.
- HAROU-ROMAIN et DAUJON, de la section de Bondy.
- MILLET, de la section du Roi-de-Sicile.
- BELLEMARE et PÉRIAC, de la section du Faubourg-Saint-Denys.
- BOTOT et MANDAR, de la section du Temple.
- CAILLEUX et DUFFORT, de la section du Ponceau.
- TRASSART et DEGÈNE, de la section de la Place-de-Louis-XIV.
- CARRÉ et DUCHESNE, de la section de Popincourt.
- GARNERIN et L'HUILLIER, de la section de Mauconseil.
- FAYPOULT, LAFITTE et BERTHELOT, de la section de
- l'Observatoire.
- HUGUENIN et SANTERRE, de la section des Quinze-Vingts.
-
- Certifié conforme à la minute déposée au secrétariat de la
- Municipalité.
- ROYER, _secrétaire-greffier_.
-
-
-
-
-CINQUANTE-TROISIÈME ASSEMBLÉE.--DU 29 JUILLET 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze le quatrième de la liberté, le
-vingt-neuf juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes
-légalement convoquée sur l'ajournement porté en son arrêté du
-vingt-quatre de ce mois;
-
-M. Bellay (_sic_), président du Comité, a remis sur le bureau le
-procès-verbal de la séance d'hier, et a invité l'Assemblée à se nommer
-un président et un secrétaire; et aussitôt l'Assemblée a nommé par
-acclamation M. Le Boeuf, président, et M. Laurent, secrétaire.
-
-Lecture du procès-verbal de la séance a été lu (_sic_), et, sur la
-seconde lecture demandée par l'Assemblée, il a été arrêté que, sur
-le procès-verbal, le nom du membre qui avait fait la dénonciation du
-_Journal de Paris_, serait rayé et qu'il y serait substitué ces mots:
-_Le membre qui avait fait cette dénonciation_.
-
-Il a été arrêté, relativement aux Assemblées de section, que les mots:
-_aucun ne pourra rester aux Assemblées de sections, sinon les vieillards
-et les infirmes_, seront rayés et qu'il y sera substitué ces mots: _Il
-ne sera point tenu d'Assemblée de la section et elle sera remise au
-lendemain, à moins que le même motif ne subsiste encore_.
-
-Relativement à l'adresse à l'armée lue par M. Desvieux dans la même
-séance, il a été observé que cette adresse devant manifester le voeu
-de la Commune, et l'Assemblée n'ayant point été convoquée pour cet objet
-et n'ayant pris un voeu à cet égard qu'en petit nombre, il était
-important d'ajourner à mardi prochain de remettre à l'ordre de ce jour
-la lecture et la discussion de cette adresse, et d'en instruire les
-citoyens par les voies ordinaires. L'Assemblée, consultée à ce sujet, a
-adopté la proposition[426].
-
-Enfin, sur le procès-verbal de la même séance, il s'est élevé une
-discussion sur la pétition à l'Assemblée nationale, tendant à demander
-le plus tôt possible le mode de remplacement de l'état-major de la
-garde nationale parisienne, lue par M. Desvieux et adoptée dans la même
-Assemblée. M. Bachelard, l'un des commissaires rédacteurs, a présenté
-une adresse sur le même objet, qu'il a mise sur le bureau. Il a été
-demandé que lecture de cette adresse soit lue (_sic_) ainsi que [de]
-celle de M. Desvieux. La discussion a été ouverte sur chacune, et
-l'Assemblée, consultée sur celle qu'elle adopterait, a arrêté qu'en
-confirmant son arrêté de la séance d'hier, elle adoptait celle de M.
-Desvieux. M. Bachelard ayant manifesté le désir de retirer l'adresse
-qu'il avait rédigée, mais comme elle avait été par lui remise sur le
-bureau, et constatée par le procès-verbal, l'Assemblée, consultée sur
-cette demande, a arrêté qu'elle resterait déposée aux Archives de
-la section[427].
-
-Le procès-verbal de la dernière séance a été adopté dans tout le surplus
-de son contenu. Il a été fait lecture d'une lettre de la Municipalité
-qui prévient les citoyens que beaucoup de fédérés arrivent, et les
-invite de se faire inscrire au Comité de la section pour les logements
-qu'ils pourront procurer[428].
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté et d'un voeu relatifs aux
-circonstances, par la section du Roi-de-Sicile[429].
-
-Il a été arrêté que le voeu de la discussion (_sic_)[430] serait à
-l'ordre du jour de mardi prochain.
-
-L'Assemblée a arrêté que M. le Président écrirait à M. Jolly[431],
-secrétaire-greffier de la section, pour l'inviter à se trouver à
-l'Assemblée prochaine, pour y exposer les motifs qui ont privé
-l'Assemblée du 28 d'avoir le procès-verbal du 24.
-
-L'Assemblée a été levée à dix heures, et l'Assemblée s'est ajournée à
-mardi prochain, cinq heures du soir.
-
-
- NOTES:
-
- [426] L'une des trente-neuf sections dont les commissaires
- avaient adopté l'adresse à l'armée, le 26 juillet (cf. F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 137 en bas), la section
- des Champs-Elysées, avait, le 28 juillet, refusé de suivre ses
- commissaires (voyez, _ibid._, p. 138). La section des Postes,
- retirant, dans la présente séance du 29, son vote approbatif du
- 28, il ne restait plus que trente-sept sections adhérentes. C'est
- bien le chiffre qui fut donné à la séance du mardi 31 juillet
- (voyez plus loin, p. 149).
-
- [427] Nous ne possédons le texte, ni de l'une ni de l'autre de
- ces deux adresses. Le remplacement de l'état-major réactionnaire
- de la garde nationale, qui était l'une des principales
- préoccupations des sections à cette époque, devait aussi faire
- l'objet d'un des premiers actes de la Commune du 10 août.
-
- [428] Sur l'arrivée des fédérés à Paris après le 14 juillet et la
- question de leur logement cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 110-117.
-
- [429] Je ne connais pas autrement cet arrêté.
-
- [430] Lisez, évidemment: «... que la discussion du voeu...».
-
- [431] Le texte porte: «... Joli...». J'ai adopté l'orthographe
- Jolly qu'on trouve à la séance suivante.
-
-
-
-
-CINQUANTE-QUATRIÈME ASSEMBLÉE.--31 JUILLET
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, et le 4e de la liberté, le
-trente-un (_sic_) juillet, l'Assemblée générale de la section, convoquée
-sur l'ajournement de la séance du 24 juillet[432];
-
-Lecture du procès-verbal de la séance du 29 juillet a été faite, et
-l'Assemblée l'a adopté; il a été ensuite fait lecture d'une lettre
-écrite par M. Jolly, en réponse à la lettre qui lui avait été écrite par
-M. le Président, conformément à l'arrêté de la séance dernière. Il
-a été également fait lecture de l'arrêté de la séance du 24 juillet que
-l'Assemblée avait désirée relativement à son arrêté du 28, concernant
-l'arrêté de la section de la Fontaine-de-Grenelle[433].
-
-L'ordre du jour était la lecture et la discussion de l'adresse à
-l'armée. M. Desvieux ayant demandé la parole a observé à l'Assemblée
-qu'au moyen de ce que, dans l'Assemblée du 29 de ce mois, son voeu
-manifesté dans l'Assemblée du 24 avait été suspendu et ajourné à
-aujourd'hui, il lui avait été impossible d'émettre, le jour d'hier à
-l'Assemblée des commissaires réunis à la Maison commune, le voeu de
-la section, que cependant 37 sections ayant adopté cette adresse, il
-avait été arrêté qu'elle serait communiquée au Corps municipal et au
-Conseil général. Il a ensuite, conformément au voeu de l'Assemblée,
-fait une lecture de cette adresse. La discussion ayant été ouverte, et
-M. le Président ayant consulté l'Assemblée sur la question de savoir
-si elle adopte ou non cette adresse, il a été arrêté à l'unanimité que
-l'Assemblée adoptait ladite adresse, et qu'elle persiste à cet égard à
-son arrêté du samedi 28[434].
-
-Sur la proposition faite par un membre que, dorénavant, lorsqu'il y a un
-arrêté de l'Assemblée de la section contre lequel on voudra protester,
-ceux qui voudront le faire seront tenus de signer leur protestation;
-cette proposition mise aux voix a été adoptée par l'Assemblée, et,
-attendu que M. Laurent, qui était secrétaire, n'a pu continuer cette
-fonction, l'Assemblée a agréé qu'il se retirât, et a nommé par
-acclamation pour remplir cette fonction M. Desvieux qui a accepté.
-
-Un membre a demandé la parole pour faire part à l'Assemblée de
-l'arrestation arbitraire d'une citoyenne dans la rue de La Fayette,
-qui avait manifesté l'intention d'ôter le nom de La Fayette du coin de
-cette rue, lequel avait été remis vers les sept heures quoiqu'il eût été
-hier (_sic_). Il a annoncé que cette arrestation avait été faite par
-des grenadiers qui étaient de poste au quartier général du bataillon de
-Saint-Eustache. Il a demandé que l'Assemblée nommât deux commissaires
-pour aller s'informer des faits et en rendre compte séance tenante;
-l'Assemblée, adoptant la proposition, a nommé pour ses commissaires
-MM. James et Roussel[435], avec indication de prendre les renseignements
-les plus certains qu'ils pourront se procurer sur ce fait, pour arriver
-au moyen de secourir et réclamer s'il y a lieu cette citoyenne. Il a
-été en outre proposé de députer vers le sieur Doumer, tailleur, mari
-de cette citoyenne, et ses enfants, pour lui (_sic_) faire part de
-l'intérêt que l'Assemblée prend à cette affaire.
-
-Un autre membre a demandé que le citoyen qui avait mis le portrait du
-sieur Lafayette (_sic_) à l'arbre de la liberté élevé devant le corps
-de garde en fût par lui ôté (_sic_), attendu que cet acte d'adulation
-était indigne de la section. Sur la demande que le nom de ce citoyen fût
-connu, l'Assemblée acquiesçant aux deux propositions, a arrêté que M.
-Dinot, grenadier du bataillon de Saint-Eustache sera tenu de reprendre
-le portrait du sieur Lafayette (_sic_).
-
-Il a été aussi arrêté que M. le Président ferait annoncer que la séance
-de l'Assemblée aurait lieu tous les jours à cinq heures[436], et qu'il
-y serait fait lecture de tous les objets qui seraient envoyés soit au
-Comité, soit à l'Assemblée directement.
-
-MM. les commissaires, nommés pour le fait de l'arrestation, étant
-revenus et ayant confirmé ce qui avait été dit, ont rapporté en outre,
-qu'ils avaient appris que les citoyens qui s'étaient permis cet attentat
-étaient des grenadiers qui, d'abord, sans autres armes que leurs sabres,
-accompagnés de bourgeois ayant des cannes, avaient été poser, avec une
-échelle, l'écriteau portant le nom de Lafayette (_sic_), en narguant les
-bourgeois et citoyens des boutiques.
-
-Qu'ensuite, quoique ces mêmes grenadiers ne fussent plus de garde, ils
-avaient été en patrouille, avaient arbitrairement arrêté cette dame sous
-le prétexte qu'elle voulait voler une échelle; qu'en outre ils se sont
-permis d'user de violence envers un citoyen qui voulait leur faire des
-représentations sur la manière dont ils en usaient envers cette femme.
-
-L'Assemblée a arrêté que les mêmes commissaires se transporteraient
-sur-le-champ, au bureau central[437] pour réclamer au nom de la section
-la dame Doumer.
-
-M. Mareschal, officier du poste s'est présenté et a dit que, ses
-grenadiers en descendant de garde lui ayant demandé de faire une
-patrouille, il l'avait permis dans la vue de l'intérêt public.
-
-Une députation de la section de Mauconseil relative au même objet a été
-introduite; après avoir déposé sur le bureau les pouvoirs dont elle
-était munie, et [après] que lecture en a été faite, le Président a donné
-la parole à l'orateur, qui a dit venir au nom de la section s'informer
-de la vérité du fait; qu'elle avait nommé dans son sein des commissaires
-pour se rendre au bureau central pour réclamer la citoyenne arrêtée,
-qu'elle avait arrêté en outre de poursuivre ce délit par les voies de
-droit.
-
-M. le Président leur a rendu compte de ce qui s'était passé d'après
-le rapport qui lui avait d'abord été fait et d'après celui de ses
-commissaires, et que les commissaires que l'Assemblée avait nommés pour
-aller réclamer cette citoyenne au nom de la section des Postes étaient
-sur le point d'aller remplir leur mission.
-
-A l'instant est comparu le sieur Doumer, tailleur, mari de la citoyenne,
-qui a remercié l'Assemblée de l'intérêt qu'elle [lui] avait témoigné et
-a annoncé que son épouse lui avait été rendue.
-
-La députation satisfaite, avant de se retirer, a annoncé que, dans
-ce moment, la section de Mauconseil s'occupait des moyens de faire
-disparaître des distinctions dans la garde nationale qui faisaient
-naître des troubles[438], et s'est retirée aux acclamations de
-l'Assemblée qui a témoigné par l'organe de son président combien elle
-louait la section de Mauconseil du zèle qu'elle avait mis dans cette
-affaire. Un membre a demandé la parole et, l'ayant obtenue, il a
-demandé que l'Assemblée mît à l'ordre du jour de demain, cette matière,
-ce qui a été arrêté.
-
-L'Assemblée a repris la discussion sur cette affaire, et, attendu qu'il
-était minuit sonné, l'Assemblée a ajourné à demain cette discussion,
-immédiatement après la lecture du procès-verbal.
-
-Il a été fait lecture par un membre d'une lettre d'un chasseur du 14e
-bataillon d'infanterie légère, écrite de Péronne, le 29 juillet dernier.
-Cette lettre contenant des faits importants, sur la motion d'un membre
-il a été arrêté que copie certifiée conforme à l'original serait envoyée
-par M. le Président, au nom de la section, au Comité de surveillance
-de l'Assemblée nationale, et que l'original restera déposé et annexé à
-la minute du présent procès-verbal, et l'Assemblée a nommé M. Garnier
-commissaire pour porter la copie de cette lettre.
-
-La séance a été levée.
-
-
- NOTES:
-
- [432] En effet, le 24, la section avait décidé (voyez ci-dessus,
- p. 134) qu'elle se réunirait d'office les mardi, vendredi et
- dimanche de chaque semaine. Or le 31 juillet était un mardi.
-
- [433] Voyez ci-dessus, p. 142.
-
- [434] La section des Postes ayant ainsi donné pour la seconde
- fois son adhésion à l'adresse à l'armée et les commissaires
- de la section des Champs-Elysées l'ayant également signée
- malgré l'arrêté de leur section en date du 28 juillet (voyez F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 138) il y eut donc
- définitivement trente-neuf sections adhérentes.
-
- [435] Le texte semble porter _Rousset_. Mais il s'agit sans doute
- de _Roussel_ qui fut choisi, le 12 août, par la section pour la
- représenter à la Maison commune. (Voir ci-après à cette date.)
-
- [436] C'est le dernier pas fait par la section des Postes
- pour établir la permanence des sections. Sur les précédentes
- tentatives dans ce sens, voyez ci-dessus, p. 126 et 134, n. 411.
- On sait que le seul obstacle à la permanence, était l'absence
- d'un décret spécial de la Législative établissant nommément la
- permanence _des sections_. Or ce décret fut rendu le 25 juillet
- et sanctionné par le roi le 28 (cf. F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, p. 129). De là la mesure adoptée par la section
- des Postes dans la présente séance du 31 juillet.--Ainsi, à la
- fin de juillet, les séances étaient devenues à la fois publiques
- et quotidiennes. Il ne restait plus qu'à admettre les citoyens
- passifs à prendre part aux délibérations de l'Assemblée. Ce sera
- l'oeuvre de la révolution du 10 août.
-
- [437] Il s'agit, non du bureau central de correspondance des
- sections créé le 27 juillet (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10
- août 1792_, pp. 131-132), mais du _bureau central des juges de
- paix_, dont il a déjà été question précédemment (cf. p. 128, n.
- 401). On en trouvera la preuve ci-après dans le procès-verbal de
- la séance du 1er août 1792, pp. 152 et 153.
-
- [438] Sur les troubles suscités à Paris à la fin du mois de
- juillet par les grenadiers et autres corps spéciaux de la garde
- nationale et sur le projet de suppression de ces corps, cf. F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 125-126 et 174-181.
-
-
-
-
-CINQUANTE-CINQUIÈME ASSEMBLÉE.--1er AOUT 1792.
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze et le quatrième de la liberté, le
-premier août, l'Assemblée générale de la section des Postes légalement
-convoquée, la séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de
-celle de la veille, qui a été adopté après les corrections indiquées par
-l'Assemblée.
-
-La dame Doumer, citoyenne arrêtée hier, s'est présentée pour faire ses
-remerciements à l'Assemblée; elle a rendu compte de ce qui s'était passé
-dans son arrestation, et au bureau central de la police correctionnelle;
-l'Assemblée satisfaite des détails, M. le Président a exprimé à cette
-citoyenne combien elle avait été sensible à son accident, et l'a invitée
-à sa séance.
-
-Un membre a demandé la parole et a proposé qu'il fût arrêté par forme
-de règlement: 1º qu'un membre ne pourrait parler qu'après avoir obtenu
-la parole; 2º qu'un membre ne pourra parler que trois fois sur le
-même objet; 3º que le Président rappellerait à l'ordre le citoyen qui
-enfreindrait les deux articles précédents sans cependant le dénommer,
-qu'en cas de récidive il le rappellerait nominativement, qu'à la
-troisième fois le Président consulterait l'Assemblée pour savoir si le
-citoyen serait invité à se retirer de l'Assemblée.
-
-Ces quatre propositions ont été adoptées et arrêtées.
-
-Il a en outre été arrêté que toute discussion sur une question
-quelconque n'aurait lieu qu'après qu'une liste de ceux qui demanderaient
-la parole aurait été faite et qu'on entendrait les orateurs pour et
-contre alternativement.
-
-La discussion a été reprise sur l'affaire de l'arrestation de la dame
-Doumer. L'Assemblée a arrêté qu'il serait nommé deux commissaires qui
-se rendront au bureau central et demanderont au nom de la section
-l'expédition du procès-verbal fait hier au bureau central. L'Assemblée
-a nommé à cet effet MM. Guerrier[439] et Payen des Lauriers (_sic_),
-qui le présenteront à l'Assemblée de demain, ajournant à cet effet
-la discussion, et en outre qu'une députation composée de quatre
-membres se rendrait à la section de Mauconseil et lui témoignerait la
-reconnaissance de l'Assemblée pour l'intérêt qu'elle a pris à cette
-citoyenne. MM. James, Didelot, David et Delpeune ont été nommés à cet
-effet.
-
-Un membre a demandé que, conformément à l'arrêté d'hier, M. le
-Président fût autorisé à signer la copie de la lettre qui a été relue à
-l'Assemblée, ce qui a été adopté.
-
-Un membre, nommé commissaire pour les adresses aux[440] 83 départements
-et à l'Assemblée nationale[441], a annoncé que demain le projet d'une de
-ces adresses sera présenté[442] à la discussion de l'Assemblée[443].
-
-L'Assemblée arrête que la séance de demain sera indiquée pour l'heure de
-trois après-midi et sera ouverte à cette heure à la nef de l'église, et
-que le bureau sera placé au banc de l'oeuvre.
-
-L'Assemblée ayant appris par un membre, qui a dit avoir été au bureau
-central pour affaire, que la dame Doumer était menacée de poursuites de
-la part des juges de paix pour raison du délit à elle imputé, et
-que cette assertion avait été avancée par un officier de paix, de la
-bouche duquel il avait entendu ces paroles; l'Assemblée a arrêté qu'elle
-mettait la dame Doumer sous la protection et la surveillance immédiate
-de la section.
-
-La séance a été levée à onze heures du soir.
-
-
- NOTES:
-
- [439] Le texte paraît porter _Guerriés_. J'ai adopté
- l'orthographe _Guerrier_ qu'on trouvera à la page 155.
-
- [440] Le texte porte: «... des...».
-
- [441] Il s'agit des adresses proposées le 19 juillet par la
- section de la Fontaine-de-Grenelle. La section des Postes avait
- nommé, le 24 juillet, Desvieux, Légier et James pour participer à
- la rédaction de ces adresses (cf. ci-dessus, p. 134).
-
- [442] Le texte porte: «que demain le projet d'une de ces adresses
- sera présenté demain...». J'ai supprimé le deuxième _demain_.
-
- [443] Il s'agit de l'adresse au Corps législatif demandant la
- déchéance du roi, adresse dont le texte était discuté par les
- commissaires des sections depuis le 26 août (cf. F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 144). Comme on pourra s'en rendre
- compte par la lecture de la séance de la section des Postes du
- 2 août, la discussion annoncée ici n'eut pas lieu et l'adresse
- fut ainsi présentée, le 3 août, à la Législative sans avoir reçu
- expressément l'adhésion de la section des Postes.
-
-
-
-
-2 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le quatrième de la liberté,
-et le deux du mois d'août, l'Assemblée générale de la section des
-Postes, légalement convoquée en vertu de l'arrêté du Corps municipal du
-trente-un (_sic_) juillet dernier[444] la séance a été ouverte par M.
-Bellet, président du Comité.
-
-Il a été proposé de nommer un président et un secrétaire. L'Assemblée a
-nommé par acclamation pour son président, M. Le Boeuf qui s'est placé
-au bureau. Il a ensuite été proposé plusieurs citoyens pour faire les
-fonctions de secrétaire; M. David ayant été désigné, l'Assemblée l'a
-autorisé à remplir provisoirement cette place.
-
-Un membre ayant demandé et obtenu la parole, a proposé de nommer un
-président et un secrétaire au scrutin; la question préalable a été
-invoquée, et cette proposition a été rejetée.
-
-On a demandé qu'il fût fait lecture du procès-verbal de la séance de la
-veille; ce procès-verbal étant encore imparfait en ce que les derniers
-objets agités dans la fin de la séance n'étaient notés que sur un
-plumitif, plusieurs membres ont demandé la parole pour discuter sur la
-rédaction; mais elle a été interrompue par une députation de la section
-de Mauconseil qui a été introduite; après lecture de leurs pouvoirs,
-MM. les commissaires députés ont fait part à l'Assemblée de l'objet de
-leur mission, qui consistait dans la communication d'un arrêté de cette
-section, du trente-un (_sic_) juillet dernier, et d'une adresse à tous
-les citoyens du département de Paris, par laquelle elle déclare que
-le Roi a perdu sa confiance[445].
-
-La lecture de ces pièces a occasionné de grands débats, et les
-commissaires députés se sont retirés après que M. le Président leur
-a répondu que l'Assemblée prendrait en considération l'objet qu'ils
-venaient de communiquer.
-
-Les débats ont été prolongés sur plusieurs motions incidentes qui n'ont
-pas eu de suite, et sur lesquelles l'ordre du jour étant réclamé a été
-adopté par l'Assemblée.
-
-Un membre ayant demandé et obtenu la parole pour une motion d'ordre
-a dit: qu'attendu qu'il existait dans l'Assemblée un citoyen qui
-n'était[446] pas domicilié sur la section quoique entré dans le
-bataillon de Saint-Eustache, en sortant des ci-devant chasseurs
-soldés, comme étant le bataillon dans lequel il avait servi depuis la
-Révolution, [ce citoyen] fût invité à ne pas venir dans les Assemblées
-de la section, puisque la loi lui prescrit d'aller exercer ses droits
-de citoyen dans la section sur l'arrondissement de laquelle il est
-domicilié.
-
-Cette proposition a donné lieu à une discussion. Le citoyen désigné,
-nommé M. Guerrier, a rendu compte des motifs qui l'avaient déterminé à
-revenir au milieu de ses premiers frères d'armes dans la Révolution, et
-qui étaient son estime et son dévouement pour ses anciens camarades;
-il a observé que, puisque la loi l'excluait des Assemblées de la
-section, il se retirait, et qu'il donnait en même temps sa démission
-du service militaire qu'il s'était soumis à faire dans le bataillon de
-Saint-Eustache. M. le Président au nom de l'Assemblée lui a témoigné
-les regrets qu'elle avait de perdre un citoyen estimable qui s'était
-toujours bien comporté.
-
-La discussion de la proposition ci-dessus a été reprise, et ayant été
-observé qu'elle donnait lieu à l'examen de trois objets: sur le premier
-consistant à ce que l'Assemblée arrêtât qu'aucun citoyen n'entrât dans
-l'Assemblée qu'avec sa carte de citoyen actif;
-
-La question préalable a été réclamée et adoptée, attendu que la loi
-s'expliquant formellement à cet égard, rien ne devait en arrêter ou
-empêcher l'exécution.
-
-Sur le second point consistant à ce que les citoyens qui auraient pu
-avoir perdu leur carte pussent être admis dans l'Assemblée, en
-représentant leur billet de garde, l'Assemblée a rejeté la proposition
-et arrêté qu'à l'avenir et chaque jour d'Assemblée, il y aurait un
-membre du Comité de service au Comité pour délivrer à tout citoyen qui
-aurait perdu sa carte, un duplicata de billet de citoyen actif, après
-avoir fait la vérification, sur le registre d'inscription des citoyens,
-pour savoir si le réclamant a été effectivement inscrit.
-
-Sur le troisième point[447], l'Assemblée a passé à l'ordre du jour.
-
-L'ordre du jour ayant été invoqué, le secrétaire a observé qu'il avait
-été reçu au bureau plusieurs lettres de M. le Procureur de la Commune,
-et a demandé que l'Assemblée décidât à quoi elle accordait la priorité:
-ou à la lecture de cette correspondance, ou à l'examen des questions
-proposées dans l'arrêté du Corps municipal, qui étaient l'objet de
-la convocation; l'Assemblée a arrêté que la correspondance de M. le
-Procureur de la Commune serait lue avant de s'occuper d'autres objets.
-
-Lecture a été faite d'une lettre de M. Manuel, procureur syndic de la
-Commune, qui invitait la section à faire réunir à la Maison commune les
-commissaires qu'elle avait dû nommer, sur la convocation faite à l'effet
-de délibérer sur la demande formée par la section des Lombards pour la
-formation d'un camp[448], afin que le voeu de la section à cet égard
-pût être recensé.
-
-L'Assemblée, persistant dans son arrêté de samedi dernier, lequel
-contient les vues exprimées pour la formation de camps dans les
-départements du royaume[449], a arrêté qu'expédition du procès-verbal
-dudit jour samedi dernier serait adressée par le secrétaire-greffier de
-la section à M. le Procureur de la Commune, en ce qui concerne l'opinion
-de la section sur la formation des camps.
-
-Il a été pareillement fait lecture d'une seconde lettre relative à un
-certificat de présence; l'Assemblée a renvoyé cet objet au Comité de la
-section.
-
-Enfin il a été lu un imprimé, suivi d'un arrêté, du Conseil municipal
-(_sic_), qui annonce la formation d'un bureau central de correspondance
-pour toutes les sections à la Maison commune[450] à l'effet
-d'instruire promptement toutes les Assemblées de ce qui pourrait être
-utile et intéressant dans les circonstances présentes, et l'invitation
-de nommer des commissaires à cet effet.
-
-L'Assemblée, adhérant à cette proposition, a nommé sur-le-champ pour ses
-commissaires, MM. Thomas et Bachelard, pour se rendre pendant huit jours
-audit bureau, et y prendre connaissance de ce qui s'y passerait
-pour en faire leur rapport, se réservant de nommer d'autres commissaires
-pour les remplacer à l'expiration de la huitaine.
-
-Un membre a ensuite fait la motion tendant à ce que l'Assemblée fut
-ouverte chaque jour à quatre heures précises d'après midi et fermée à
-dix heures du soir.
-
-Cette proposition a été rejetée, attendu qu'une pareille fixation
-empêcherait de délibérer, passé la dernière heure, dans un cas urgent.
-
-Il a été ensuite fait lecture de l'arrêté du Corps municipal du
-trente-un (_sic_) juillet dernier, qui convoque les quarante-huit
-sections à l'effet de délibérer sur les quatre propositions y
-contenues[451].
-
-La matière allait être discutée, lorsque plusieurs membres se sont
-aperçus qu'il existait dans l'Assemblée des citoyens qui, n'étant pas de
-la section, n'avaient pas le droit de délibérer; cette observation ayant
-causé du trouble et du tumulte, M. le Président a proposé l'ajournement
-à demain, qui a été adopté, et la séance a été levée à dix heures du
-soir.
-
-Fait en l'Assemblée générale les jour et an que dessus.
-
-
- NOTES:
-
- [444] L'arrêté du Corps municipal, du 31 juillet, convoquait les
- sections pour le 2 août, 5 heures du soir, à l'effet de délibérer
- sur les moyens d'exécuter le décret du 2 juillet (sur ce décret
- voyez ci-dessus, p. 138, n. 419) qui licenciait l'état-major de
- la garde nationale. C'est une pièce imp., aff. in-fol. plano.
- Bib. nat., dép{t} des man., fonds français, nouv. acq., carton
- 2691, fol. 2 (TOURNEUX, nº 26273); autre exemplaire: Bib. de la
- Ch. des Dép., coll. d'aff. X147, portef. 5, l. 16, p. 10.--Cet
- arrêté est reproduit dans l'_Histoire parlementaire_ de BUCHEZ et
- ROUX, t. XVI, pp. 253-254.
-
- [445] Sur ces documents fameux, voyez F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, pp. 152, 158-159 et 182-184.
-
- [446] Le texte porte: «... n'étant...»; mais c'est bien: «...
- n'était...» qu'il faut lire.
-
- [447] C'est-à-dire évidemment sur la question de savoir si le
- citoyen Guerrier serait, comme le proposait un membre, «invité à
- ne pas venir dans les Assemblées de la section».
-
- [448] Sur cette affaire, voyez ci-dessus, p. 139 et n. 421.
-
- [449] Voyez ci-dessus, p. 142 et n. 421.
-
- [450] Sur la formation du bureau central de correspondance des
- sections et l'arrêté du Corps municipal y relatif, en date du
- 27 juillet, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp.
- 131-134. Voici le texte de l'imprimé à part contenant, outre
- l'arrêté du Corps municipal, la lettre d'avis du Procureur de la
- Commune.
-
- LETTRE
- DU PROCUREUR DE LA COMMUNE
- _aux 48 sections_.
-
- Le Corps municipal, Messieurs, vient d'arrêter qu'il ferait
- établir, au parquet de la Commune, un Bureau central de
- correspondance entre les sections de Paris; je m'empresse de vous
- faire part de cette résolution.
-
- Dans le moment où la permanence des sections vient d'être
- décrétée par l'Assemblée nationale, il est important qu'elles
- aient un centre de réunion où elles puissent faire parvenir
- promptement et d'une manière sûre le résultat de leurs
- délibérations et arrêtés.
-
- La nécessité de l'établissement de ce Bureau central se fera
- facilement sentir; plusieurs sections l'ont depuis longtemps
- réclamé; les communications seront par ce moyen promptes et
- assurées; la malveillance, l'incivisme ou la négligence ne
- pourront par ce moyen rien soustraire à la connaissance des
- citoyens. Il en résultera pour la Commune une grande économie;
- car alors les sections pourront se dispenser de faire imprimer
- leurs arrêtés, lorsqu'elles seront assurées qu'ils parviendront
- exactement aux autres sections.
-
- Chaque section pourra, en nommant un commissaire soit par
- semaine soit par mois, avoir tous les jours connaissance de ce qui
- aura été fait dans les 47 autres sections et leur faire également
- connaître ses arrêtés.
-
- Un préposé sera chargé du soin d'enregistrer toutes les pièces
- que l'on fera parvenir dans ce bureau, d'en donner un reçu aux
- commissaires des sections et d'en faire des copies pour être
- remises à chacun d'eux.
-
- Les citoyens qui auront quelques écrits concernant les affaires
- publiques, ou même relatifs à des intérêts particuliers, à faire
- passer aux sections, pourront les remettre à ce bureau, qui les
- leur fera parvenir d'une manière certaine.
-
- _Signé_: P. MANUEL.
-
- NOTA. Ce bureau sera ouvert tous les jours depuis 9
- heures du matin jusqu'à 3 heures après-midi et, le soir, depuis
- 7 heures jusqu'à 9 heures. Il sera établi dans les bâtiments
- du Saint-Esprit, au 2e étage, par le 1er escalier, près le
- passage qui communique à la Maison Commune.
-
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PAR LE MAIRE ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX
-
- _Extrait du registre des délibérations du Corps municipal, du
- vendredi 27 juillet 1792, l'an 4e de la liberté._
-
- Le procureur de la Commune ayant exposé que les sections
- désiraient depuis longtemps l'établissement d'un bureau central
- de correspondance qui serait pour elles un moyen de communication
- active et rapide; qu'un établissement de cette nature, utile
- dans tous les temps, devenait nécessaire au moment où la loi
- constituait les sections en état de permanence et qu'il convenait
- qu'il fut placé dans la Maison Commune et sous les yeux du
- ministère public, spécialement chargé de veiller à l'intérêt
- commun;
-
- Le Corps municipal a arrêté qu'il serait établi, sous la
- direction et la surveillance du procureur de la Commune, un Bureau
- central de correspondance entre les 48 sections, et il a chargé le
- procureur de la Commune de proposer le nombre de commis qui devra
- être attaché à ce Bureau, et la détermination de leur traitement.
-
- _Signé_: PÉTION, maire.
- ROYER, secrétaire-greffier.
-
- Pour extrait conforme à l'original.
- ROYER.
-
- [451] C'est l'arrêté dont il a été question ci-dessus (voyez
- p. 154, n. 444), sur les moyens d'exécuter le licenciement de
- l'état-major. Voici ces quatre propositions, d'après le texte
- même de l'arrêté: «1º la réorganisation d'un nouvel état-major;
- 2º la peine à infliger à ceux des officiers de cet état-major qui
- contreviendraient à la loi qui leur défend de donner aucun ordre
- sans qu'il soit émané de l'autorité civile, attendu que cette
- peine n'a été prononcée par aucune loi» et la répartition des
- canons des soixante bataillons entre les quarante-huit sections;
- «3º la réduction des bataillons au nombre des sections...; 4º
- la suppression de toutes prérogatives et distinctions accordées
- exclusivement à certaines compagnies, comme étant contraires
- au droit de l'égalité qui appartient à tous les citoyens, et
- susceptibles d'inspirer un esprit de corps qui les isole et les
- détruit».
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 5 AOUT 1792
-
-DEUXIÈME SÉANCE PERMANENTE
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le cinq août et l'an quatrième de
-la liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes convoquée en vertu de
-la loi du vingt-huit juillet dernier[452], M. Blondel, président;
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance
-précédente qui a été adopté.
-
-Il a été arrêté que, conformément à différents arrêtés pris par
-l'Assemblée, tant que[453] durerait la permanence les séances seraient
-ouvertes à six heures très précises par la lecture du procès-verbal de
-la veille, et qu'il serait de suite procédé à l'ordre du jour par les
-membres qui composeraient l'Assemblée à tel nombre qu'il puisse être.
-
-Sur la lecture d'un projet d'adresse au roi, la question préalable
-ayant été invoquée et mise aux voix, il a été arrêté qu'il n'y avait pas
-lieu à délibérer.
-
-Un membre ayant exposé à l'Assemblée des inquiétudes des fonds (_sic_),
-sur différents rapports qui lui avaient été faits et qu'il lui a été
-communiqué (_sic_), l'Assemblée se disposait à passer à l'ordre du jour,
-lorsque plusieurs membres, en confirmant ces rapports, ont dit qu'il se
-répandait dans Paris comme certain que le Roi se disposait à partir,
-que les Suisses et autres soldats, au nombre de sept à huit mille, se
-disposaient à favoriser son évasion, qu'ils étaient déterminés à tirer
-sur le peuple; et que chaque soldat avait seize cartouches, que les
-Suisses entr'autres avaient été enivrés par leurs officiers à cet effet,
-et enfin qu'il existait dans ce moment au Palais-Royal et aux Tuileries
-une effervescence susceptible d'opérer un grand trouble[454].
-
-L'Assemblée s'est occupée à l'instant des moyens d'opérer la
-tranquillité de la capitale.
-
-Il a été arrêté que l'Assemblée ne désemparerait pas jusqu'à ce qu'elle
-soit entièrement assurée que le trouble fût dissipé.
-
-Il a été arrêté que quatre commissaires seraient députés à la Mairie
-pour s'assurer des faits; que quatre autres seraient députés pour
-prendre des renseignements certains sur ces événements, soit aux
-Tuileries, soit au Palais-Royal, enfin dans les endroits qui leur
-paraîtraient convenables.
-
-On allait procéder à la nomination des commissaires, lorsque tous
-les citoyens, amis du bien public, s'empressèrent[455], à l'envi l'un de
-l'autre, de partager toutes ces démarches; les huit premiers enregistrés
-ont été acceptés: MM. Boussaroque, Jams, Charmotte (_sic_), et
-Madeleine, ont été agréés pour se rendre au Palais-Royal, aux Tuileries
-et autres endroits qu'ils jugeraient à propos.
-
-Et MM. Langlois, Giffey (_sic_), Jouaudel et Tricot ont été agréés pour
-se rendre à la Mairie.
-
-Messieurs les commissaires s'étant séparés de l'Assemblée pour se
-rendre à leur mission, l'Assemblée a passé de suite à l'ordre du jour.
-
-L'ordre du jour était une adresse de toutes les autorités de Marseille
-aux citoyens de Paris, pour _demander au nom de la loi suprême, qui
-est le salut du peuple, la suspension du pouvoir exécutif, tant que la
-Patrie sera en danger_.
-
-Il a été arrêté qu'attendu que l'Assemblée avait déjà émis son voeu
-sur cette demande[456], elle ne devait plus s'en occuper, mais qu'il
-serait écrit une lettre au nom de l'Assemblée à la Municipalité
-de Marseille, où il y (_sic_) serait exprimé ses sentiments de
-reconnaissance et de fraternité; MM. Desvieux et Laurent ont été chargés
-de cette rédaction, ainsi que de la communiquer à l'Assemblée.
-
-Un membre, après avoir exposé à l'Assemblée la détresse où se trouvent
-les Marseillais nouvellement arrivés à Paris, a proposé de nommer une
-députation auprès d'eux, pour leur offrir au nom de la section le voeu
-qu'elle manifeste de faire tout ce qui dépendra d'elle pour contribuer à
-tout ce qui pourra leur être utile et agréable.
-
-Cette proposition, ayant été mise aux voix, a été arrêtée. Il a été
-également arrêté que MM. Desvieux, Grappin, Genty[457], Péronnarde,
-Lindet et Rayon des Loriers (_sic_), étaient nommés commissaires députés
-auprès des Marseillais et qu'ils s'y rendraient séance tenante.
-
-Il a été fait lecture de l'acte du Corps législatif, du quatre de ce
-mois, relatif à la section de Mauconseil[458], de la loi relative aux
-officiers de paix[459], d'une délibération du Corps municipal, du
-trois août, relative à la démission de M. Delaville Le Roux, percepteur
-des contributions de la ville[460], et de l'extrait d'un procès-verbal
-de la section de l'Observatoire, du 27 juillet dernier, relatif
-au décret du 25 juillet qui lève la détention des sieurs Pâris et
-Bouland[461].
-
-Pendant le cours de la séance, plusieurs citoyens, tant de l'Assemblée
-qu'étrangers, sont venus, ainsi qu'une députation de la section
-Poissonnière, confirmer à l'Assemblée les nouvelles affligeantes qui lui
-avaient été dénoncées au commencement de la séance.
-
-MM. les commissaires députés, tant à la Mairie que dans les différents
-endroits de Paris, ont rendu compte des différents renseignements qu'ils
-avaient pris d'où il en (_sic_) résulte, à la grande satisfaction de
-l'Assemblée, que l'on était dans la plus grande tranquillité, et que
-tous les faits qui avaient été dénoncés étaient absolument faux.
-
-MM. les commissaires députés vers les Marseillais sont venus rendre
-compte de leur mission. Ils ont exposé à l'Assemblée la position
-critique où se trouvent les Marseillais, et ont à ce sujet soumis à
-l'Assemblée des propositions en leur faveur; mais comme, avant le
-retour de MM. les commissaires, un membre avait dénoncé l'arrêté du
-Département[462], qu'il avait lu au coin d'une rue, et qu'il avait
-demandé que l'Assemblée veuille bien s'en occuper, et qu'en appuyant
-cette proposition un autre membre avait proposé de nommer des
-commissaires chargés de représenter à l'Assemblée les lois relatives aux
-Corps administratifs et aux Assemblées primaires,
-
-M. le Président ayant successivement mis aux voix ces propositions,
-il a été arrêté que l'Assemblée donnait la priorité pour l'ordre du
-jour de la séance de demain, à l'objet concernant les Marseillais, et
-de suite à l'objet de l'arrêté du Département et de l'amendement qui y
-avait été ajouté.
-
-La séance a été levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [452] Loi du 25-28 juillet ordonnant la permanence des sections
- de Paris. (Voyez ci-dessus, p. 150, n. 436.) La présente formule
- reviendra au début du procès-verbal de chacune des séances
- postérieures, jusqu'à celle du 10 août _non comprise_.
-
- [453] Le texte porte par erreur: «... que tant...».
-
- [454] Sur ces bruits inquiétants à la date du 5 août, voyez
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 186-187.
-
- [455] Le texte porte: «... s'empressaient...».
-
- [456] C'est le voeu sur la déchéance présenté à l'Assemblée
- législative par les différentes sections de Paris, le 3 août 1792.
-
- [457] GENTY Nicolas-Joseph, brodeur, 34 ans, rue Montorgueil,
- 101, devint électeur de la section après le 10 août.
-
- [458] Décret cassant l'arrêté de la section de Mauconseil, du 31
- juillet, pour la présentation d'une adresse à la Législative, par
- les sections, le 5 août. Sur ce décret, voyez F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 155.
-
- [459] Sur la création des officiers de paix, en septembre 1791,
- cf. ci-dessus, p. 128, n. 401. J'ignore de quelle loi il s'agit
- ici. Peut-être y a-t-il une erreur et est-il question de la
- loi du 20 juillet pour le renouvellement des officiers _de
- l'état-major de la garde nationale_ (voyez plus loin, p. 162).
-
- [460] Je suppose qu'il s'agit ici de la démission de Le Roulx de
- la Ville de la place d'administrateur de la Commune, à la suite
- de sa nomination par le roi, le 30 juillet 1792, au poste de
- ministre des contributions publiques.
-
- [461] Sur l'affaire Pâris et Bouland, cf. F. BRAESCH, _La Commune
- du 10 août 1792_, pp. 61-63.
-
- [462] Il s'agit peut-être de l'arrêté du Département, du 4 août,
- expliquant et notifiant le décret de la Législative du même jour
- qui cassait l'arrêté de la section de Mauconseil du 31 juillet
- (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 155).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 6 AOUT 1792
-
-TROISIÈME SÉANCE PERMANENTE
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le 6 août de l'an quatrième de la
-liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes convoquée en vertu de la
-loi du vingt-huit juillet dernier;
-
-MM. Blondel, président, et Desvieux, vice-président;
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance
-d'hier qui a été adopté.
-
-L'ordre du jour était l'objet relatif aux Marseillais. La discussion
-ayant été ouverte, plusieurs membres ont été entendus, et, la question
-préalable invoquée et mise aux voix, il a été arrêté qu'il n'y avait pas
-lieu à délibérer.
-
-Un membre a mis sur le bureau un arrêté de la Municipalité du deux
-août[463] relatif à la convocation des quarante-huit sections, ainsi
-que la loi du 20 juillet dernier relative à la nouvelle élection
-des officiers des états-majors des bataillons et légion de la garde
-nationale[464], et a observé qu'il paraissait exister une erreur
-dans le troisième article de l'arrêté de la Municipalité[465] qui se
-trouvait en opposition à l'article deux de la loi du vingt juillet
-dernier[466], en ce que par cet arrêté il était dit que le décret
-avait implicitement prononcé que les citoyens de chaque section se
-réuniraient pour nommer leurs officiers, tandis que l'article deux de la
-loi du vingt juillet portait précisément que les citoyens composant les
-bataillons se réuniraient par bataillon pour procéder à l'élection des
-officiers de l'état-major des bataillons et de ceux des légions.
-
-La discussion ouverte à ce sujet et sur les différentes demandes qui ont
-été présentées et adoptées;
-
-Il a été arrêté: 1º que MM. Boussaroque et Allan, commissaires nommés
-par le procès-verbal du vingt-sept juin dernier[467], seront chargés
-de prendre communication à la Municipalité de tous les procès-verbaux
-des sections relatifs à la réduction des soixante bataillons à
-quarante-huit, ainsi que de prendre note des dates des procès-verbaux
-qui étaient arrivés à cette époque, et le (_sic_) recensement du
-voeu des sections qui avaient adhéré à cette demande; et que lesdits
-commissaires seraient tenus d'en rendre compte dans la séance de demain.
-
-2º Que les commissaires nommés par le procès-verbal du quatre
-août[468], relativement à la convocation de la Commune par l'arrêté
-de la Municipalité du trente-un (_sic_) juillet dernier seraient
-chargés de prendre communication du décret invoqué par l'article trois
-de l'arrêté de la Municipalité et de ne prendre aucune détermination sur
-ledit article avant d'avoir justifié à l'Assemblée de ce décret.
-
-3º Que la demande faite à l'Assemblée du rapport de son procès-verbal
-du quatre août[469], serait ajournée, jusqu'à ce que l'Assemblée ait
-entendu les commissaires nommés par les procès-verbaux des vingt-quatre
-juin et quatre août derniers.
-
-Le second objet à l'ordre du jour était la discussion sur un arrêté
-du Département ainsi que sur la proposition faite de nommer des
-commissaires pour rendre compte à l'Assemblée des décrets relatifs aux
-Corps administratifs et aux Assemblées primaires[470] et de soumettre à
-l'Assemblée un travail sur cet objet.
-
-Remettre sous les yeux de l'Assemblée, qui chérit une Constitution
-qu'elle a juré de maintenir, des lois qui en sont la base et qu'elle
-maintiendra au péril de la vie, était sans doute remplir son voeu;
-aussi sans discussion a-t-elle arrêté que MM. Boussaroque, Jams (_sic_),
-Desvieux et Légier, qu'elle nommait commissaires, seraient chargés de
-lui présenter incessamment toutes les lois relatives aux Assemblées
-primaires et aux Corps administratifs, ainsi qu'un travail sur cet objet.
-
-M. le Président a fait part à l'Assemblée d'une lettre écrite par M. le
-Maire aux citoyens de la section[471].
-
-La lecture d'une lettre adressée par un magistrat sans cesse occupé
-de tout ce qui peut contribuer au bien et à la tranquillité publiques
-était bien faite pour fixer l'attention de l'Assemblée. Elle y a reconnu
-en effet les mesures sages et prudentes qu'elle devait attendre de
-la pureté de ses principes; en adoptant le contenu de cette lettre,
-l'Assemblé a arrêté, l'unanimité conforme (_sic_)[472] par des
-applaudissements souvent répétés par un public nombreux présent à la
-séance, qu'il serait fait une adresse à M. le Maire par la section
-des Postes où elle lui exprimerait sa reconnaissance du courage
-qu'il manifeste dans des circonstances où, ses jours étant sans cesse
-exposés, il ne s'occupe que des intérêts et de la sûreté des citoyens
-d'une capitale, dont par son dévouement inexprimable il est reconnu le
-père, que[473] tous les citoyens partageant ses dangers lui serviront de
-rempart, et lui assurer[474], au nom de la section, qu'il ne pourra être
-atteint qu'autant que leurs forces seront entièrement épuisées.
-
-L'Assemblée a également arrêté qu'en adoptant les intentions contenues
-en la lettre de M. le Maire, elle émettait son voeu [pour] que tous
-les citoyens enregistrés dans la garde nationale [conservent] la garde
-dans tel poste que ce puisse être, en uniforme ou en habits bourgeois.
-
-Il a été arrêté en outre que la même adresse contiendrait différentes
-dénonciations relatives aux objets de sa demande. Entr'autres, le fait
-relatif à l'ordre, donné à M. Reignier, d'ôter, la nuit, la sentinelle
-qui était de garde à l'OEil-de-Boeuf, ce qu'il a refusé.
-
-2º Du fait dénoncé par MM. Bachelard, Perronnard, et Diacre, que, du
-jardin de M. Demontbarey, on passe au moyen d'une échelle dans le jardin
-de l'Arsenal.
-
-3º Et que, dans la journée de dimanche dernier, il a été reconnu, au
-château des Tuileries, des ci-devants gardes du Roi, sous l'uniforme des
-gardes suisses[475].
-
-Enfin il a été arrêté que cette adresse serait rédigée par M. Desvieux,
-qu'elle serait par lui lue en la séance de demain, et qu'elle serait
-présentée à M. le Maire par MM. Desvieux, Reignier, Bachelard,
-Perronnard, Diacre et Mercier, que l'Assemblée a nommés commissaires à
-cet effet, et qu'extrait du présent procès-verbal serait remis à M. le
-Maire et communiqué aux quarante-sept autres sections par la voie du
-bureau central.
-
-La séance a été levée à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [463] Je ne connais pas d'arrêté de la Municipalité, à la date du
- 2 août, pour convoquer les sections au sujet du renouvellement
- de l'état-major de la garde nationale; je ne connais à ce sujet
- que l'arrêté du Corps municipal, du 31 juillet, convoquant
- les sections _pour le 2 août_, afin de délibérer sur cette
- question (voyez ci-dessus, pp. 154, n. 444, et 158, n. 451).
- C'est sûrement de cet arrêté qu'il est question ici: le 2
- août, la section des Postes n'avait pas discuté l'affaire du
- renouvellement de l'état-major, le trouble s'étant mis dans
- l'Assemblée (voyez p. 158); de là la présente discussion.
-
- [464] On a vu que cette réélection avait été discutée en
- principe, le 2 juillet, par la Législative (voyez p. 138, n.
- 419). Ce principe avait fait l'objet d'une loi votée le 6 juillet
- et sanctionnée le 20 (DUVERGIER, t. IV, pp. 242-243). De là la
- discussion de la section des Postes, des 27, 28 et 29 juillet
- (voyez ci-dessus, pp. 138, 146 et 147-148) qui avait précédé
- l'arrêté du Corps municipal du 31 juillet, dont il est question
- à la note précédente. C'était donc la quatrième ou la cinquième
- fois que la section s'occupait de cette affaire: 27, 28, 29
- juillet, 2 août (troubles) et à la présente séance du 6 août,
- sans compter une séance du 4 août dont nous n'avons pas conservé
- le procès-verbal (voyez ci-après, p. 163 et n. 468).
-
- [465] Voici le texte _in extenso_ de ce troisième article de
- l'arrêté de la Municipalité, du 31 juillet (je n'en avais donné
- qu'une partie, à la n. 451 de la p. 158): «3º La réduction des
- bataillons au nombre des sections, réduction déjà implicitement
- prononcée par le décret qui porte que les citoyens de chaque
- section se réuniront pour nommer leurs officiers.»
-
- [466] Voici cet article: «Trois jours après la publication du
- présent décret, tous les citoyens composant les bataillons de
- la garde nationale, dans les villes dont la population est de
- cinquante mille âmes et au-dessus, se réuniront par bataillon
- pour procéder à l'élection des officiers de l'état-major des
- bataillons et de ceux des légions.--Les officiers composant ces
- dits états-majors pourront être réélus.»
-
- [467] Voyez ci-dessus, p. 120.--Le texte original porte, par
- erreur: «... vingt-quatre juin...».
-
- [468] Nous ne possédons pas le procès-verbal de cette séance du 4
- août; on aura sans doute déjà remarqué que du 2 août on passe au
- 5 août, malgré l'arrêté de la section, du 31 juillet, établissant
- sa permanence.
-
- [469] Voilà qui semble expliquer à première vue l'absence du
- procès-verbal de la séance du 4 août. Ce n'en saurait cependant
- être la véritable raison, puisque, le 8 août, la section
- révoquait seulement _en partie_ son arrêté du 4 août (voyez
- ci-après, p. 168-169) et qu'il n'est plus question, dans le
- présent registre, du rapport du procès-verbal tout entier de la
- séance du 4 août. L'absence de tout procès-verbal, pour les 3 et
- 4 août, doit donc être attribuée à une négligence de copiste.
-
- [470] Voyez ci-dessus, p. 161 et n. 462.
-
- [471] Nous n'avons pas conservé le texte de cette lettre.
-
- [472] Lisez sans doute: «... a arrêté à l'unanimité,
- confirmée...».
-
- [473] C'est-à-dire: «... et où elle lui exprimerait que...» (...
- une adresse où elle lui exprimerait que...).
-
- [474] C'est-à-dire: adresse destinée en outre à «... lui
- assurer...».
-
- [475] On sait qu'au 10 août de nombreux gentilshommes ci-devant
- gardes du corps combattirent sous l'habit des gardes suisses;
- du moins trouva-t-on parmi les cadavres des Suisses des soldats
- porteurs d'un linge plus fin que celui de leurs camarades.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 7 AOUT 1792
-
-SÉANCE PERMANENTE
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le sept août et l'an quatrième de
-la liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes convoquée en vertu de la
-loi du vingt-huit juillet dernier;
-
-M. Blondel, président;
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance de
-la veille qui a été adopté.
-
-Une députation de fédérés du département de (_sic_) Finistère[476] s'est
-présentée.
-
-Ils ont exposé que des reproches qui leur avaient été faits qu'ils
-restaient à Paris, contre le voeu des citoyens de la capitale, les
-avaient déterminés à consulter les sections pour connaître leurs
-intentions, et qu'ils invitaient l'Assemblée à leur faire part de
-l'arrêté qu'ils auraient pris à ce sujet.
-
-M. le Président leur a répondu que l'Assemblée prendrait leur demande en
-considération.
-
-N{a}.--Leur adresse est rue de Lourcine, anciennes casernes[477].
-
-Il a été fait lecture de l'adresse à M. le Maire[478] qui a été adoptée,
-et il a été arrêté que les objets de dénonciation ne feraient point
-partie de l'adresse, ni de l'arrêté de la séance d'hier, mais que chaque
-dénonciateur serait tenu de rédiger sa dénonciation et de la signer.
-
-Sur l'observation faite que le registre des délibérations de l'Assemblée
-était beaucoup arriéré par la négligence de M. Maréchal (_sic_),
-ci-devant secrétaire-greffier de la section, et, que, pour l'ordre des
-procès-verbaux à y transcrire, il était instant de s'occuper des moyens
-d'y remédier;
-
-Il a été arrêté que MM. Boussaroque, Barré, Thévenin et Langlois
-étaient nommés commissaires pour rendre compte de l'état du registre des
-délibérations de l'Assemblée, et des moyens nécessaires pour parvenir à
-le mettre en état.
-
-Il a été arrêté que M. le Président veillerait à ce qu'il soit
-remis demain par le secrétaire-greffier aux commissaires du bureau
-central[479], une expédition du procès-verbal relative à l'Arsenal[480].
-
-Il a été arrêté que MM. Gillet et Gambier sont nommés commissaires
-pour se rendre auprès de M. le curé et l'inviter de vouloir bien faire
-placer, au milieu de la nef, un lustre ou un candélabre; il a été
-arrêté que l'objet des Marseillais serait, demain, le premier objet
-à l'ordre du jour, et que cependant il serait provisoirement, séance
-tenante, ouvert une souscription volontaire en faveur des Marseillais:
-la recette s'est montée à 122 l. 4 s.
-
-M. le Président en a été chargé pour les représenter quand et à qui il
-appartiendra.
-
-La séance a été levée à onze heures.
-
-
- NOTES:
-
- [476] C'étaient les Brestois qui, arrivés à Paris le 25 juillet,
- combattirent au 10 août dans les rangs du peuple à côté des
- Marseillais arrivés le 30 juillet.
-
- [477] Les Brestois n'y étaient installés que depuis le dimanche
- soir, 5 août. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_,
- p. 185, n. 6.) La rue de Lourcine se trouvait dans le faubourg
- Saint-Marceau. C'est actuellement la rue Broca.
-
- [478] Sur cette adresse, voyez la séance de la veille.
-
- [479] Le bureau central de correspondance des sections.
-
- [480] Voyez la séance de la veille (p. 165).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 8 AOUT
-
-SÉANCE PERMANENTE
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le huit août, et l'an quatrième
-de la liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes convoquée en vertu de la
-loi du vingt-huit juillet dernier;
-
-M. Blondel, président;
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la veille qui
-a été adopté.
-
-L'un des commissaires chargés par l'Assemblée d'inviter M. le curé
-de (_sic_) vouloir bien aviser au moyen de faire suspendre au milieu
-de la nef un candélabre, ayant fait part de leur mission et déclaré
-qu'indépendamment de ce que M. le curé s'était, à l'instant, occupé des
-moyens de remplir le voeu de l'Assemblée, il avait fait l'offre de
-fournir à ses frais, tant que dureraient les séances permanentes,
-le luminaire nécessaire au candélabre qu'il avait fait poser;
-
-L'Assemblée a arrêté que les mêmes commissaires qu'elle avait nommés
-auprès de M. le curé pour lui communiquer son voeu, seraient chargés
-par elle de lui témoigner toute sa reconnaissance des offres généreuses
-qu'il lui faisait.
-
-Sur l'observation faite que les séances prolongées avaient déjà
-occasionné, à la faveur de la nuit, des délits qui pourraient se
-répéter, il a été arrêté que l'officier du poste du bataillon de
-Saint-Eustache sera averti par M. le Président de vouloir bien,
-pendant la tenue des séances permanentes, placer deux sentinelles de
-surveillance dans l'église à compter de dix heures du soir jusqu'à la
-fin.
-
-MM. les commissaires nommés par le procès-verbal du six août[481], ont
-rendu compte de la mission dont ils avaient été chargés.
-
-M. Boussaroque a dit qu'il n'y avait point eu de procès-verbal relatif
-au recensement des voeux des sections de Paris, pour la réduction
-des soixante bataillons à 48, sur la convocation faite par la
-Municipalité pour le 24 juin dernier; mais qu'ayant pris communication
-des procès-verbaux des sections, il avait remarqué que dix sections
-seulement avaient manifesté le voeu de la réduction des 60 bataillons
-à 48.
-
-M. James a dit que, n'étant point parvenu à se procurer de la
-Municipalité le décret par elle invoqué dans son arrêté du trente-un
-(_sic_) juillet dernier, article 3[482], il avait déclaré aux
-commissaires recenseurs que la section des Postes retirait l'article 3
-de son arrêté[483], pour être de nouveau soumis à la discussion et être
-par elle manifesté un voeu à ce sujet.
-
-La discussion ayant été aussitôt ouverte sur l'art. 3 du dit arrêté
-de la Municipalité relatif à la réduction des soixante bataillons en
-quarante-huit.
-
-L'Assemblée, considérant que, dans les circonstances actuelles, tout
-changement qui ne serait pas nécessaire dans l'organisation de la force
-publique peut entraîner les plus grands inconvénients, et que son
-arrêté du quatre août, qu'elle révoque en ce qui concerne l'article
-3, avait[484] été retiré par le commissaire qu'elle avait nommé au
-recensement de la Maison Commune, a arrêté qu'il n'y a pas lieu à
-délibérer quant à présent sur la réduction des 60 bataillons à 48,
-persistant à cet égard dans son arrêté du 24 juin.
-
-M. Bachelard a été nommé commissaire pour remettre le présent arrêté au
-Corps municipal.
-
-Une députation de la section des Quinze-Vingts a été admise; elle a
-mis sur le bureau deux arrêtés en date des quatre et sept août présent
-mois[485].
-
-Lecture en ayant été faite, l'Assemblée a arrêté qu'elle invitait
-les frères de la section des Quinze-Vingts à attendre, sur la grande
-question relative à la déchéance du Roi[486], la décision de l'Assemblée
-nationale avec le calme et la fermeté qui conviennent à des
-hommes libres; à se borner, dans la pétition proposée, à demander à
-l'Assemblée nationale qu'elle veuille bien prononcer sur cette affaire
-sans interruption, tout objet cessant; enfin que, quelle que soit
-cette décision, loin de manifester le désordre et répandre l'alarme,
-tous les citoyens se resserrent plus que jamais et avisent aux moyens,
-uniformément discutés et arrêtés dans toutes les sections, qu'il sera
-possible de prendre pour sauver la patrie.
-
-Une autre députation de la section des Gravilliers a été admise; elle
-a mis sur le bureau un arrêté de cette section portant invitation
-d'envoyer des commissaires au bureau de police[487] pour les
-inviter[488] à procurer de la force armée pour garder les barrières
-sur-le-champ.
-
-L'Assemblée a arrêté qu'elle y adhérait; elle a nommé à l'instant à cet
-effet, MM. Tricot et Gentil, commissaires pour se rendre à la mairie.
-
-La discussion a été ouverte sur l'objet relatif aux Marseillais, après
-que la discussion a été fermée.
-
-L'Assemblée a arrêté: 1º qu'il serait fait une adresse à l'Assemblée
-nationale pour lui demander sous quels ordres doivent servir les fédérés
-qui ne sont point inscrits pour les frontières, et qu'elle veuille
-bien ordonner que les fédérés soient autorisés à s'inscrire sur le
-registre de la garde nationale pour partager avec elle le service de la
-capitale[489].
-
-2º Que cette adresse, ainsi que le présent arrêté, seraient communiqués
-aux quarante-sept autres sections par la voie du Comité central[490]
-et qu'elle serait rédigée par le sieur Légier et par lui présentée à
-l'Assemblée nationale accompagné de MM. Desvieux, Payen (_sic_), Gentil
-(_sic_), Jams (_sic_), Gibbon[491], Perronnard, Montpellier, Lindet, La
-Motte, Bachelard, Giffet, Fagot, Madeleine, David et Stabel.
-
-A arrêté en outre qu'il serait fait dans la section une souscription
-volontaire qui ne serait pas seulement personnelle aux Marseillais,
-mais bien à tous les fédérés des départements, que cette souscription
-continuerait d'avoir lieu séance tenante, et qu'elle serait faite
-par MM. les Commissaires nommés à la députation de l'Assemblée
-nationale[492], dans l'arrondissement de la section, où elle serait
-publiée et affichée;
-
-Que le résultat de la recette serait envoyé au point central connu
-de tous les fédérés[493], et que, le cas arrivant où les secours
-qu'attendent les fédérés de leur département leur suffiraient,
-l'Assemblée se réserve de prendre une détermination sur l'emploi qu'elle
-fera des fonds qui lui auront été versés par cette souscription.
-
-La recette faite dans le cours de la séance s'est montée à
-quatre-vingt-quatre livres dix sols; M. Desvieux a bien voulu s'en
-charger.
-
-La séance a été levée à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [481] Voyez ci-dessus, pp. 163-164.
-
- [482] Il s'agit de la loi du 6-20 juillet dont il a été question
- ci-dessus, p. 162 et n. 464, pour la réélection de l'état-major
- de la garde nationale. Quant à l'article 3 de l'arrêté du 31
- juillet voyez ci-dessus, p. 163 et n. 465.
-
- [483] Il s'agit ici de l'arrêté du 4 août dont nous ne possédons
- plus le texte (voyez ci-dessus, p. 163 et n. 468).
-
- [484] Le texte porte: «... ayant...». J'ai corrigé.
-
- [485] L'arrêté de la section des Quinze-Vingts, du 4 août,
- est celui par lequel cette section renonçait à accompagner le
- faubourg Saint-Marceau, le lendemain, à l'Assemblée nationale,
- mais fixait le terme de la patience populaire au jeudi suivant,
- à minuit. L'arrêté du 7 août, en confirmant celui du 4, décidait
- de faire sonner le tocsin à ce moment, si l'Assemblée nationale
- n'avait pas auparavant décrété la déchéance de Louis XVI. Ce sont
- ces arrêtés célèbres qui déterminèrent la révolution du 10 août.
- Pour les références, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 155 et 157. Voici le texte même de la pièce manuscrite
- contenant l'extrait de ces deux arrêtés.
-
- _Extrait du registre des délibérations de la section des
- Quinze-Vingts, l'an 1792, le 4 août._
-
- Il a été arrêté que, si jeudi à minuit, l'Assemblée nationale
- n'avait pas prononcé, sur le sort du Roi, que (_sic_) ce même jour
- le tocsin sonnerait, la générale battrait et tout se lèverait à la
- fois.
-
- _Signé_: HUGUENIN, _président_.
- DESESQUELLES, _secrétaire_.
-
- Et, le 7 août, il a été arrêté qu'il serait fait une invitation
- au Corps législatif de vouloir bien décréter que jeudi il sera
- prononcé définitivement et sans désemparer sur le sort du Roi,
- d'après la pétition de la Commune de Paris.
-
- Puis il a été arrêté qu'il serait nommé des commissaires à
- l'effet de se trouver demain dans les Assemblées de chaque
- section, au Comité de fédération et vers les Marseillais, pour y
- communiquer l'extrait du procès-verbal des 4 et 7 août et prendre
- sur ce, par écrit, le voeu de chaque section et le rapporter
- séance tenante.
-
- Plus, d'inviter chaque section à nommer des commissaires à
- l'effet de se trouver, jeudi soir, à l'Assemblée de la dite
- section des Quinze-vingts, d'y rester pendant toute la séance pour
- pouvoir reporter à leurs sections respectives la déclaration et la
- marche que tiendra la section, après avoir reçu des nouvelles de
- l'Assemblée nationale; et ont nommé pour porter les dits arrêtés:
- MM. Garnier, Pache, Thibaut, Guisclin, Borie, Balin, Quentin
- (_sic_), Remy, Laroche et Violet.
-
- _Signé_: LE BAS, _président_.
- REVET, _secrétaire_.
-
- et pour extrait conforme:
- REVET, QUANTIN.
-
- + marque d'un commissaire de ladite section.
-
- [486] Ici le texte original porte le mot «... demander...», par
- une erreur évidente du copiste qui a répété le mot qui se trouve
- quelques lignes plus bas.
-
- [487] Le département de police de la Municipalité.
-
- [488] C'est-à-dire pour inviter les administrateurs de la police
- municipale.
-
- [489] Ceci avait déjà fait l'objet des articles 13 à 16 d'un
- arrêté du Corps municipal du 4 juillet (voyez F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 100 et n. 3).
-
- [490] Le bureau central de correspondance des sections.
-
- [491] Le texte porte _Gibon_. Mais c'est _Gibbon_ qu'il faut
- lire. Futur membre de la Commune du 10 août (du 10 au 12 août).
-
- [492] C'est-à-dire par les commissaires ci-dessus désignés pour
- présenter à l'Assemblée nationale l'adresse dont il vient d'être
- question.
-
- [493] Le Comité central des fédérés dont il est question à la
- page 166 du livre de POLLIO et MARCEL sur _Le bataillon du 10
- août_.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 9 AOUT 1792
-
-SÉANCE PERMANENTE
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le neuf août, et l'an quatrième
-de la liberté;
-
-L'Assemblée générale des Postes, légalement convoquée en vertu de la loi
-du vingt-huit juillet dernier;
-
-MM. Blondel, président, Desvieux, vice-président;
-
-La séance ouverte, il a été fait lecture du procès-verbal de la veille,
-qui a été adopté.
-
-Il a été successivement fait lecture d'un arrêté de la section de
-l'Observatoire, d'un autre de la section de la Grange-Batelière, d'une
-adresse de la section des Gravilliers à l'Assemblée nationale[494].
-
-Il a été également fait lecture d'une lettre de M. le Maire, aux
-citoyens, par laquelle il les invite à la tranquillité[495].
-
-Il a été fait lecture d'une lettre de M. le Procureur de la Commune
-qui invite l'Assemblée, au nom des commissaires recenseurs relativement
-aux camps et aux moyens de défense de l'extérieur de Paris, à nommer des
-commissaires pour concourir à la rédaction du projet relatif à ces deux
-objets[496].
-
-L'Assemblée, en adoptant ces mesures, a arrêté qu'elle nommait pour son
-commissaire M. Desvieux qu'elle a autorisé pour (_sic_) concourir à la
-rédaction du dit projet.
-
-M. Lavau a rappelé à l'Assemblée, par une lettre, une réclamation qu'il
-lui avait déjà faite plusieurs fois pour le payement d'une somme de
-trente livres, pour la portion des frais relatifs aux Assemblées pour
-les subsistances, qu'il avait avancée pour les sections.
-
-Il a été aussi fait par M. Payen (_sic_), l'un des membres de
-l'Assemblée, la réclamation d'une somme de quatre livres quatre sols,
-qu'il a avancée, d'après ses ordres, pour les frais du procès-verbal,
-qu'il a retiré au point central, relatif à la dame Doumer.
-
-Comme la somme accordée par la Municipalité pour les dépenses du Comité
-sont insuffisantes (_sic_), qu'il (_sic_) est même en avance pour la
-section, l'Assemblée a arrêté qu'il serait fait séance tenante une
-souscription volontaire pour remplir ces deux objets, que le tout serait
-remis à M. Payen (_sic_) pour libérer l'Assemblée tant à son égard qu'à
-celui de M. Lavau, et que M. Payen (_sic_) en remettrait ou ferait
-parvenir les quittances; et, comme la souscription a excédé de trois
-livres douze sols (_sic_), l'Assemblée a chargé M. Payen (_sic_) de
-remettre cet objet à M. Desvieux, pour être ajouté à la souscription des
-fédérés.
-
-Il a été fait lecture d'une lettre, signée Clément, sur laquelle[497] on
-a passé à l'ordre du jour.
-
-M. Bachelard, l'un des commissaires du Comité central[498], a fait part
-à l'Assemblée de différents arrêtés de section qui y avaient été envoyés.
-
-M. Desvieux, l'un des commissaires chargés de la rédaction de
-l'adresse des sections aux quatre-vingt-deux départements, a fait
-lecture de cette adresse[499].
-
-L'Assemblée, en adoptant le contenu, a arrêté par amendement que
-la classe indigente qui y est désignée y serait présentée sous
-une dénomination plus convenable; elle a en même temps chargé son
-commissaire de manifester son voeu pour que cette adresse soit
-imprimée à une telle quantité que la distribution puisse en être faite à
-un grand nombre de citoyens.
-
-On a annoncé à l'Assemblée qu'il se faisait un rappel dans tout
-Paris[500]; cette nouvelle ayant fort agité l'Assemblée, il a été arrêté
-que M. le commandant serait invité au nom de l'Assemblée de vouloir bien
-s'y rendre, afin de lui exposer de quel ordre le rappel était ordonné.
-
-Un instant après, M. Julliot, commandant, s'est présenté et a dit qu'il
-tenait cet ordre du commandant général.
-
-Il a été de suite nommé des commissaires à la Ville pour s'informer de
-ce que l'ordre de battre le rappel était donné; à leur retour, ils ont
-dit qu'il ne leur paraissait point [y] avoir de dangers dans la ville,
-que tout était tranquille et que l'ordre était émané de l'autorité;
-ils ont exposé qu'il était nécessaire de nommer des commissaires à
-la Municipalité pour y passer la nuit. MM. David, Genty et Charmot,
-en ayant fait l'offre généreuse, ils ont été acceptés et invités
-d'en (_sic_) vouloir bien rendre compte à la séance du lendemain des
-nouvelles qu'ils auraient apprises[501].
-
-Dans le cours de la séance, il a été fait lecture, tant du procès-verbal
-de vente des postes du château[502], faite la nuit du cinq de ce
-mois, que de l'arrêté du Corps municipal du 6 août touchant le nouvel
-ordre de service[503], et de divers autres imprimés.
-
-La séance a été levée à deux heures après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [494] Je ne connais pas autrement ces trois documents.
-
- [495] Proclamation fameuse dont on trouvera la cote à la note 4
- de la page 190 de mon ouvrage sur _La Commune du 10 août 1792_.
-
- [496] Sur le projet d'une adresse à la Législative pour la
- création d'un camp sous Paris (voyez ci-dessus, pp. 139 et n.
- 421, 142 et n. 422, et 156).--Un exemplaire de la circulaire
- de Manuel, procureur de la Commune, dont il est question ici,
- circulaire en date du 8 août, a figuré à la vente Charavay de
- 1862 (voyez le catalogue de cette vente, p. 49). Par cette
- circulaire la réunion des délégués des sections était fixée au
- vendredi 10 août. Comme l'observe M. Charavay, «ce jour-là, on
- eut bien autre chose à faire».
-
- [497] Le texte original porte «sous laquelle», faute évidemment
- due à l'inattention du copiste.
-
- [498] Il s'agit toujours du bureau central de correspondance des
- sections.
-
- [499] C'est la deuxième des deux adresses proposées, le 18
- juillet, par la section de La Fontaine-de-Grenelle et dont il a
- été question ci-dessus (voyez pp. 132 à 134). L'autre, qui fut
- d'abord rédigée et adoptée par les sections, était l'adresse au
- Corps législatif, sur la déchéance de Louis XVI, présentée à
- l'Assemblée nationale dans sa séance du 3 août. L'adresse aux
- départements devait être rendue inutile par la révolution du 10
- août.
-
- [500] Voici le premier indice de l'imminence de la révolution:
- ce rappel était battu, comme l'indique la suite du présent
- procès-verbal, par ordre de l'état-major, et par conséquent pour
- le compte de la résistance légale. On remarquera qu'il n'est pas
- question dans le présent procès-verbal de la sonnerie du tocsin
- révolutionnaire.
-
- [501] Il n'y a point d'heure indiquée ici; mais, la lecture
- des pièces dont il est fait mention à l'alinéa suivant ayant
- été faite «dans le cours de la séance», il est vraisemblable
- que la présente nomination de commissaires pour aller «à la
- Municipalité» a terminé la séance. Elle a donc dû avoir lieu
- peu avant 2 heures du matin. A ce moment et depuis minuit déjà,
- les représentants d'une vingtaine de sections étaient présents
- à l'Hôtel de Ville (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 221-222). C'est évidemment cette réunion de délégués
- de sections qui avait dit aux commissaires de la section des
- Postes qu'il était nécessaire «de nommer des commissaires à la
- Municipalité pour y passer la nuit».
-
- [502] _Sic._ J'ignore ce dont il s'agit ici.
-
- [503] C'est sans doute l'arrêté du Corps municipal prescrivant
- la formation de la garde du roi par un nombre déterminé d'hommes
- pris dans chaque bataillon de la garde nationale. (P. imp., aff.
- in-fol. plano; Bib. nat., rec. fac. Lb{40} 1.)
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 10 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le dix août, et l'an quatrième de
-la liberté[504];
-
-Le procès-verbal de la veille a été adopté.
-
-Une députation des Thermes-de-Julien s'est présentée.
-
-Un des membres de la députation a mis sur le bureau un extrait du
-procès-verbal de cette section relatif au décret, prononcé par
-l'Assemblée nationale, de sauver la patrie et de maintenir la
-liberté et l'égalité[505], voeu qu'avait manifesté la section des
-Thermes-de-Julien[506].
-
-Sur la représentation faite par un membre que, le Conseil général
-de la Commune ne pouvant suffire dans les circonstances actuelles
-aux moyens d'opérer promptement la tranquillité publique, il était
-indispensable à chaque section de nommer des commissaires pour les
-représenter, à cet effet[507], il a été arrêté que MM. Blondel, Desvieux
-et Gibbon seraient nommés commissaires pour s'occuper à la Maison
-commune de tout ce qui pouvait intéresser la chose publique[508].
-
-Il a été de même arrêté que MM. Bachelard, Langlois et Charmot étaient
-nommés pour représenter la section au Comité central[509] et lui rendre
-exactement compte de tous les arrêtés des sections qui y seraient
-envoyés par les sections.
-
-Ces nominations ayant privé le Bureau de son président et de son
-vice-président, l'Assemblée a procédé à ces nominations; M. Le Boeuf
-a été nommé président, et M. Payen (_sic_), l'un des secrétaires, a été
-nommé vice-président. Il a été procédé de suite à son remplacement par
-M. Chamfort, l'un des vicaires de la paroisse.
-
-Il a été lu une lettre du Comité de surveillance de l'Assemblée
-nationale[510], par laquelle, l'Assemblée nationale venant d'autoriser
-le Comité de surveillance à faire arrêter toutes personnes suspectes,
-soit pour leur propre sûreté dans la circonstance actuelle, soit pour
-découvrir les ennemis et leurs trames criminelles, il priait l'Assemblée
-de la section de vouloir bien lui faire passer le nom et l'adresse
-des personnes que le peuple peut suspecter de malveillance, et contre
-lesquelles on pourrait avoir des renseignements intéressants, afin de
-prendre les mesures que la prudence suggérera.
-
-L'Assemblée a arrêté que cette lettre serait renvoyée au Comité[511], et
-qu'elle autorise les membres qui le composent de (_sic_) se conformer
-entièrement au voeu exprimé en cette lettre.
-
-Lecture a été faite d'un arrêté du Département relatif à l'arrêté pris
-par la section de Mauconseil[512].
-
-MM. Baillardet, Gambier et Robelin, ayant été nommés commissaires
-pour se rendre au bataillon des Petits-Pères, à l'effet de s'informer
-du résultat des perquisitions qu'ils s'étaient chargés de faire,
-relatives au coup de fusil parti de l'hôtel Massiac sur un citoyen de
-Saint-Eustache, ont dit qu'il leur paraissait qu'il n'avait pas été
-possible d'en obtenir encore tous les renseignements nécessaires.
-
-MM. Sédaine et Ducormier ont été nommés commissaires pour se rendre
-au secrétariat de l'Assemblée nationale pour prendre copie du décret
-d'aujourd'hui relatif à tous les citoyens qui ont droit de voter dans
-les Assemblées primaires[513].
-
-A leur retour, ils ont rendu compte à l'Assemblée que ce décret serait
-incessamment envoyé aux sections. Sur l'observation, faite par plusieurs
-membres, que beaucoup de soldats citoyens n'étaient point pourvus,
-dans l'événement du jour, de cartouches suffisantes pour être sur une
-défensive assurée;
-
-L'Assemblée, considérant que, dans tous les temps et particulièrement
-lorsque la patrie est en danger, il est prudent et nécessaire que
-chacun étant sous les armes soit en état d'une défensive assurée, a
-déclaré qu'elle manifestait son voeu pour que chaque citoyen soit
-muni de seize cartouches, qui lui seraient fournies par l'adjudant
-du bataillon, et que chacun serait tenu de les représenter à toutes
-réquisitions et sur la (_sic_) responsabilité, sauf à l'adjudant de
-compléter cette quantité lorsqu'il lui aura été prouvé que l'emploi en
-aura été fait à un usage dont il aura connaissance, ce qu'il sera tenu
-de constater; et a arrêté qu'il sera remis extrait du procès-verbal à
-chacun des commandants de Saint-Eustache et de la Jussienne.
-
-La séance a été levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [504] L'heure de l'ouverture de la séance n'étant pas indiquée,
- il est difficile de savoir à quel moment précis celle-ci a
- commencé; très probablement vers 6 heures du soir, comme
- d'habitude; en tous cas, à un moment où tout était consommé. Il
- est remarquable qu'il ne soit point fait allusion, d'une manière
- directe, dans le présent procès-verbal, aux grands décrets rendus
- dans la journée.
-
- [505] Il s'agit du serment prêté individuellement par les membres
- de l'Assemblée nationale à peu près au moment de la chute du
- château qui dut avoir lieu vers midi. Voici le texte de ce
- serment, d'après le _Procès-verbal de la Législative_, p. 9: «Au
- nom de la nation, je jure de maintenir de tout mon pouvoir la
- liberté et l'égalité ou de mourir à mon poste.»
-
- [506] En effet, pendant le début de la bataille, une députation
- de la section des Thermes-de-Julien était venue à la Législative
- lui demander de prêter le serment de sauver la patrie. Voici
- comment le _Procès-verbal de la Législative_, p. 7, rapporte cet
- incident:
-
- Une députation de la section des Thermes-de-Julien est
- introduite à la barre.--«Nous adhérons, dit l'orateur, au voeu
- manifesté par la Commune sur la déchéance du roi. Recevez,
- Législateurs, avec cette déclaration, le témoignage de notre
- confiance; mais osez jurer que vous sauverez l'empire.»--Nous le
- jurons! s'écrient tous les membres de l'Assemblée.--Le Président
- répond aux pétitionnaires que le peuple trouvera toujours dans ses
- représentants les véritables amis de son bonheur et de sa liberté.
- «Et vous, ajoute-t-il, qui êtes si dignes de sa confiance par
- les sentiments civiques que vous manifestez, retournez vers lui;
- invitez-le à attendre paisiblement les décisions de l'Assemblée
- nationale. Transmettez-lui les décrets qu'elle a déjà rendus et
- recommandez-en l'exécution à son zèle et à son patriotisme.»--Les
- pétitionnaires s'engagent à remplir les voeux de l'Assemblée.
- On décrète l'impression de leurs discours et l'insertion de leurs
- noms au procès-verbal.--Ce sont MM. Mathieu, Cellier, Piogé,
- Dubosc, Varin, Jacob, Gérard, Dumesne, Jobbé et Gandri.
-
- [507] C'est en ces termes des plus réservés que le procès-verbal
- de la section des Postes fait allusion à la substitution du
- Conseil général révolutionnaire au Conseil général légal, qui
- avait eu lieu, le 10 août, vers 7 heures du matin.
-
- [508] Ainsi les pouvoirs provisoires des commissaires envoyés, le
- 10 août avant 2 heures du matin, savoir les sieurs David, Genty
- et Charmot, se trouvaient annulés en fait par cette nomination
- nouvelle.
-
- [509] On pourrait croire qu'il s'agit ici du bureau central
- de correspondance des sections; et en effet si Bachelard en
- faisait déjà partie (voyez p. 172), ses pouvoirs ne lui avaient
- été accordés que pour huit jours (voyez ci-dessus, p. 157).
- Mais l'un des trois personnages dont il s'agit ici, le sieur
- Langlois, est nettement désigné, à la séance du 12 août, comme
- membre de la Commune révolutionnaire (voyez p. 180). Enfin un
- autre de ces trois individus, Charmot, faisait déjà partie
- de la représentation de la section des Postes à la Commune
- révolutionnaire nommée provisoirement le 10 août, avant 2 heures
- du matin (voyez ci-dessus, p. 173). Je pense donc qu'il s'agit
- ici de la nomination des trois commissaires supplémentaires
- que l'Assemblée révolutionnaire de l'Hôtel de Ville décida
- de s'adjoindre dès avant le jour (voyez F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 230). D'après cette hypothèse, la
- représentation de la section des Postes à la Commune du 10 août
- aurait été ainsi composée:
-
- _Nuit du 9 au 10 août_: David, Genty, Charmot. _10 août_:
- Blondel, Desvieux, Gibbon, Bachelard, Langlois, Charmot.
-
- Rien n'empêche d'ailleurs d'admettre que les trois derniers
- étaient en outre chargés de transmettre à la section les
- arrêtés envoyés par les autres sections au bureau central de
- correspondance.
-
- [510] La Commission extraordinaire des Douze.
-
- [511] Le Comité de la section.
-
- [512] C'est l'arrêté du Département, du 4 août, déjà lu peut-être
- à la séance de la section du 5 août (cf. ci-dessus, p. 161 et n.
- 462).
-
- [513] C'est le décret capital, établissant, pour la première fois
- en France, le suffrage universel par l'abolition du privilège des
- citoyens actifs, pour les élections à la Convention nationale.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 11 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le onze août, et l'an quatrième
-de la liberté;
-
-M. Payen[514], président;
-
-L'Assemblée générale des Postes, légalement convoquée en vertu de la
-loi du vingt-huit juillet dernier[515], a été ouverte par la lecture du
-procès-verbal de la séance de la veille qui a été adopté.
-
-M. Gibbon, l'un des commissaires à la Maison commune, a fait un
-rapport des différents objets qui avaient été traités dans le courant
-de la journée, et a observé que, ses occupations personnelles ne lui
-permettant [pas] de pouvoir se livrer entièrement aux objets qui s'y
-traitaient, il lui était impossible de continuer la mission dont il
-avait été chargé, et a offert sa démission.
-
-Différentes observations et propositions ont été faites; on est passé
-sur tout à l'ordre du jour. Il a été fait lecture d'une adresse de
-l'Assemblée nationale aux Français[516], du décret du dix août relatif
-aux citoyens admis à voter dans les Assemblées primaires, d'un acte du
-Corps législatif du jour, relatif au camp formé sous les murs de Paris,
-d'un décret du même jour relatif aux Suisses[517], et enfin d'un
-arrêté de la Municipalité, du onze août, relatif à la liberté [accordée]
-aux citoyens d'ouvrir leurs boutiques[518].
-
-M. Jams (_sic_) a fait un rapport relatif à la transitation (_sic_)
-des Suisses[519], des Feuillants[520] où ils étaient, à l'endroit que
-l'Assemblée nationale leur avait destiné[521]; le détail où il est
-entré, pour manifester le respect du peuple à la loi et sa pleine
-confiance en ses représentants, a été couvert d'applaudissements
-universels.
-
-Une députation de la section du Palais-Royal a été admise, et a lu un
-arrêté par lequel elle demande à l'Assemblée nationale que le Roi soit
-logé à la Maison commune[522].
-
-Sur l'observation faite que la porte de l'église du centre seulement
-ouverte[523], privait[524] l'Assemblée de la présence du public, il a
-été arrêté que la porte latérale du côté de la rue Trainée[525] serait
-uniquement ouverte pour le public.
-
-L'Assemblée a également arrêté que M. Payen (_sic_) serait invité
-de remettre les trois livres douze sols restant de la dernière collecte,
-à M. Desvieux pour être joints à celle qu'il a entre ses mains, destinée
-aux fédérés, et qu'il l'inviterait d'en faire l'offre le plus tôt
-possible, suivant le voeu de la section, aux fédérés des départements
-et d'en rendre compte à l'Assemblée.
-
-L'Assemblée, ayant pris en très grande considération la proposition
-faite par un de ses membres de s'occuper des moyens de pourvoir aux
-besoins de ses frères de la section, qui avaient été blessés dans
-l'événement du dix de ce mois,
-
-L'Assemblée a arrêté qu'une souscription provisoire serait à l'instant
-faite à cet effet, qu'elle chargeait M. le curé d'aviser aux moyens
-nécessaires de procurer à tous leurs frères, tant du bataillon de
-Saint-Eustache que de la Jussienne, les secours les plus prompts; que
-M. Visinet, aumônier du bataillon de Saint-Eustache[526], et MM.
-Allan et Brunser seraient adjoints à M. le curé; qu'il serait fait une
-collecte dans l'arrondissement de la section, et que les commissaires
-que l'Assemblée avait nommés pour la collecte des fédérés, la feraient
-seulement au nom des citoyens des deux bataillons que leur dévouement
-à la chose publique aurait rendus victimes de leur patriotisme; elle
-a enfin arrêté que les cent huit livres, montant de la collecte de la
-séance, seraient remises à M. le curé, ainsi que celle qui serait faite
-par les commissaires, et que du tout il lui serait rendu compte.
-
-La séance a été levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [514] Payen Deslauriers.
-
- [515] Loi établissant la permanence des sections.
-
- [516] _Adresse de l'Assemblée nationale aux Français. Du 10 août
- 1792, l'an IV de la liberté, imprimée par son ordre, envoyée aux
- 83 départements et à l'armée._ (P. imp., in-8º de 2 p., Bib.
- nat., Le{34} 121; Tourneux nº 3379.)
-
- [517] On trouvera facilement tous ces décrets au tome IV de
- DUVERGIER, ou au tome XIII, de la réimpression du _Moniteur_.
-
- [518] Dans le cours de sa séance du 11 août, le Conseil général
- révolutionnaire avait arrêté «que les Comités permanents des
- sections qui ne sont point en activité se rassembleront à
- l'instant et que les présidents seront autorisés à faire fermer
- les boutiques, qu'il sera à l'instant battu le rappel afin que
- les forces se rassemblent dans les corps de garde en cas de
- besoin». (Procès-verbal de la séance, édité par BUCHEZ et ROUX,
- _Histoire parlementaire de la Révolution française_, t. XVII,
- pp. 47-48.)--A la fin de cette même séance du 11 août, le même
- Conseil général révolutionnaire décidait la réouverture des
- boutiques, comme le prouve le passage suivant du procès-verbal
- édité par BERVILLE et BARRIÈRE (p. 134 de la réimpression de
- Barrière, dans le volume sur les _Massacres de septembre_, de
- la collection des _Mémoires relatifs à l'Histoire de France
- pendant le XVIIIe siècle_), et par BUCHEZ et ROUX, t. XVII, p.
- 50: «On ordonne l'ouverture des boutiques.»--Il existe un extrait
- manuscrit de cet arrêté à la Bib. nat., dép{t} des manuscrits,
- fonds français, nouvelle acquisition, carton 2691, folio 147
- (TUETEY, t. IV, nº 2246). Voici le texte de cette pièce:
- «L'Assemblée générale, d'après les nouvelles circonstances,
- arrête que les citoyens sont libres d'ouvrir leurs boutiques;
- arrête de plus que cet arrêté sera communiqué aux quarante-huit
- sections, signé...», etc.
-
- [519] Le manuscrit porte: «... fieffes...», ce qui ne signifie
- rien. Il faut évidemment lire: Suisses.
-
- [520] Le couvent des Feuillants.
-
- [521] La prison de l'Abbaye.
-
- [522] Le texte porte: «à l'Amnistie commune...», ce qui ne
- signifie rien. Il faut certainement lire: «... à la Maison
- Commune.» Sur la question de la garde du roi, après le 10 août
- (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 402
- et suiv.). Je ne connais pas autrement cet arrêté de la section
- du Palais-Royal.
-
- [523] C'est-à-dire sans doute: que la porte centrale de l'église
- étant seule ouverte...
-
- [524] Le texte porte: «... prévoit...». Il faut évidemment lire:
- «... privait...».
-
- [525] Actuellement partie de la rue Rambuteau entre la pointe
- Saint-Eustache et la rue du Jour.
-
- [526] VISINET, Joseph-Gaspard, 34 ans, demeurant rue Montmartre,
- 278, à la Communauté des prêtres de Saint-Eustache, était l'un
- des électeurs de la section.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 12 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le douze août, et l'an quatrième
-de la liberté;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes, convoquée d'après la loi
-du vingt-huit juillet dernier[527], a ouvert la séance par la lecture du
-procès-verbal de la veille qui a été adopté.
-
-MM. Jams (_sic_), Gillet, Genty et Henry, ont été nommés commissaires
-à l'effet de se rendre, au nom de la section, à l'Hôtel-Dieu et à la
-Charité pour s'informer de l'état de santé, où se trouvent les
-citoyens blessés dans la journée du dix et d'en rendre compte chaque
-jour à l'Assemblée.
-
-MM. Gibon (_sic_), Langlois et Blondel, commissaires de la Municipalité,
-représentants de leur section, ont fait chacun des rapports relatifs à
-la mission dont ils avaient été chargés.
-
-MM. Gibon (_sic_) et Langlois, après avoir exposé l'impossibilité où
-ils sont de pouvoir continuer leurs fonctions, ont prié l'Assemblée de
-vouloir bien agréer leur démission.
-
-L'Assemblée s'est aussitôt occupée de procéder à la nomination de MM.
-Jams (_sic_), David, Roussel, Guiraut[528], pour être adjoints à MM.
-Blondel et Desvieux, à l'effet de représenter la section à la Maison
-commune[529], et a arrêté qu'elle confirmait tout ce qui avait été fait
-par la nouvelle Municipalité, et qu'elle leur donnait pouvoir d'adhérer
-au nom de la section à tout ce qui pourra être arrêté par la nouvelle
-Municipalité sur les objets relatifs au salut du peuple et de la
-liberté.
-
-Un membre de la Municipalité est venu rendre compte à l'Assemblée
-d'un arrêté qu'elle a prise (_sic_), concernant les mesures dont elle
-s'occupe pour opérer la tranquillité publique, et a invité la section de
-s'occuper incessamment de la nomination de douze membres pour composer
-son comité[530].
-
-MM. Lefebvre, Giffet, Boussaroque, et Justinard, ont été nommés
-commissaires pour enregistrer les citoyens de la section et leur
-délivrer des billets pour entrer aux Assemblées[531]. Ils ont été
-chargés, pour cet objet, de prendre pour base le décret dernièrement
-rendu[532].
-
-Il a été arrêté que M. le Président donnera l'ordre au tambour
-d'indiquer aux citoyens que l'Assemblée de demain s'occuperait de la
-nomination des douze commissaires, et de les avertir que tous les
-citoyens de la section, depuis vingt-un (_sic_) ans et au-dessus, et
-domiciliés[533] dans l'arrondissement, qui n'auraient point de billets
-pour entrer aux Assemblées, pouvaient se présenter au Comité tous les
-jours à cet effet, depuis onze heures jusqu'à une heure et depuis quatre
-jusqu'à six heures.
-
-Il a été reçu une somme de cinq livres quinze sols, pour les fédérés,
-que M. Payen (_sic_) a été chargé de remettre à M. Desvieux.
-
-Il a été fait lecture, dans le cours de la séance, de différents arrêtés
-de la nouvelle Municipalité.
-
-L'Assemblée a été levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [527] Loi établissant la permanence des sections.
-
- [528] Le texte porte _Guiraud_. Mais il s'agit de GUIRAUT,
- François-Élie, le créateur (en 1793) du journal _le
- Logotachigraphe_. Guiraut était membre du bureau de consultation
- des arts et métiers, et âgé de 32 ans; il demeurait rue Trainée,
- nº 4; il fut, après le 10 août, électeur de la section.
-
- [529] Voici définitivement constituée la représentation de la
- section des Postes au Conseil général révolutionnaire de la
- Commune. Ces six noms sont bien ceux qui figurent sur la liste
- officielle des membres de la Commune du 10 août, publiée plus
- tard sous le titre de: _Commune de Paris. Tableau général des
- Commissaires des 48 sections qui ont composé le Conseil général
- de la Commune du dix août mil sept cent quatre-vingt-douze. L'an
- premier de la République française._ P. imp., in-4º de 21 pages;
- exemplaire de la Bibliothèque nationale: Lb{40} 1301 (TOURNEUX,
- nº 5292). D'après cette pièce, Blondel aurait été remplacé
- le 13 août par Payen Deslauriers. C'est ce que confirme le
- procès-verbal de cette séance (voyez ci-après, pp. 181-182).
-
- [530] Sur le renouvellement des Comités de sections, voyez F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 323 et n. 6.
-
- [531] En effet, le privilège des citoyens actifs ayant été
- aboli par la Législative, il devenait nécessaire de délivrer
- aux anciens citoyens passifs des cartes semblables à celles que
- possédaient seuls jusque-là les citoyens actifs.
-
- [532] La Législative rendit trois décrets, les 10 et 11 août,
- établissant le suffrage universel, l'un pour l'élection des juges
- de paix, les deux autres pour les élections à la Convention
- nationale. C'est seulement par le dernier de ces trois décrets
- (décret du 11 août complétant celui du 10 pour l'élection à la
- Convention) que l'âge requis pour être électeur était fixé à
- vingt et un ans (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_,
- p. 722). Comme c'est l'âge indiqué par la suite du présent
- procès-verbal, c'est évidemment à ce dernier décret qu'il est
- fait allusion ici.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 13 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le treize août, l'an quatrième de
-la liberté et le premier de l'égalité;
-
-L'Assemblée générale de la section des Postes, convoquée en vertu de
-la loi du vingt-huit juillet dernier[534], a ouvert sa séance par la
-lecture du procès-verbal de la veille qui a été adopté.
-
-Il a été lu différents arrêtés de la Municipalité, une lettre de M. le
-Maire à l'Assemblée des commissaires des quarante-huit sections, ainsi
-qu'une lettre de M. Billaud de Varenne (_sic_), procureur de la Commune,
-à la section.
-
-M. Blondel, l'un des commissaires de la Municipalité, a fait un rapport
-relatif à sa mission, après lequel il a invité l'Assemblée à nommer un
-commissaire pour le remplacer à la Ville.
-
-M. Payen des Lauriers (_sic_) a été nommé pour lui être substitué.
-On a procédé de suite à la nomination de M. Reigner (_sic_) pour
-remplacer M. Payen des Loriers (_sic_) en sa qualité de vice-président.
-
-MM. Jams (_sic_) et Guiraut, commissaires de la Municipalité, ont fait
-différents rapports des arrêtés pris à la Commune.
-
-M. Girard, l'un des commissaires chargés de s'informer des personnes
-blessées dans la journée du dix à l'Hôtel-Dieu et à la Charité, a rendu
-compte de l'état où ils les avait trouvées.
-
-L'ordre du jour était la nomination des douze commissaires; avant d'y
-procéder, il a été arrêté qu'aucun des fonctionnaires suspendus[535] ne
-pourrait être admis à la nomination.
-
-Il a été arrêté qu'il serait fait une liste de candidats, que chaque
-citoyen inscrit serait mis aux voix, qu'aussitôt qu'il serait adopté et
-qu'il serait accepté, chaque citoyen aurait la liberté d'opposer à sa
-nomination l'incivisme dont il aurait connaissance.
-
-Il a été de suite procédé à la nomination et à l'adoption desdits
-commissaires.
-
-Et MM. _Poupart_ curé[536], _Perronard_, _Montpellier_, _Visinet_,
-_Balardelle_[537], _Lindet_, _Reignier_ (_sic_), _Gillet_,
-_Gérard_[538], _Bellet l'aîné_, _Basty_ et _Lefèvre_ ont été nommés
-commissaires, pour composer provisoirement le Comité auquel est délégué
-(_sic_) les mêmes fonctions que celles qui lui étaient attribuées par
-le Code pénal (_sic_)[539]. Le tout aux termes et suivant l'arrêté du
-Conseil général des commissaires réunis à l'Hôtel de Ville, du onze août
-présent mois[540].
-
-Les neuf premiers ci-dessus dénommés, présents à l'Assemblée, ont
-accepté et prêté leur serment.
-
-Dans le cours de la séance, il a été présenté un particulier,
-accusé d'un délit; après le récit du fait, l'Assemblée a arrêté que ce
-particulier serait conduit au Comité de la Municipalité chargé de la
-police[541].
-
-La séance a été levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [533] Le texte original porte: «... donnatées...», non-sens qui
- provient certainement d'une erreur de lecture de la part d'un
- copiste inintelligent.
-
- [534] Pour la permanence des sections.
-
- [535] Par exemple les juges de paix, suspendus par le décret
- du 10 août; les anciens membres du Comité, les commissaires
- de police et leurs secrétaires-greffiers, que la Commune avait
- ordonné de renouveler, le 11 août (cf. F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, pp. 322-323).
-
- [536] POUPART, Jean-Jacques, électeur de la section, curé de
- Saint-Eustache, 64 ans, au presbytère, rue Trainée. Poupart fut
- le confesseur de Louis XVI et l'ami de Mirabeau.
-
- [537] BALARDELLE, Nicolas-Hippolyte, architecte, 35 ans, rue des
- Prouvaires, 49.
-
- [538] GÉRARD, Jean-Baptiste, corroyeur, 39 ans, rue Tiquetonne,
- 11, assesseur du juge de paix de la section.
-
- [539] Lisez: «... code municipal...» (loi du 21 mai-27 juin
- 1790); sur les fonctions des Comités des sections, voyez MELLIÉ,
- _Les sections de Paris pendant la Révolution française_, pp. 158
- et suiv.
-
- [540] Cet arrêté figure, avec deux autres arrêtés d'un objet tout
- différent, sur une pièce imprimée (in-8º de 2 p. ou in-folio
- plano) dont on trouvera quatre exemplaires (deux de chaque
- sorte) à la Bibliothèque nationale, dép{t} des manuscrits, fonds
- français, nouv. acq., carton 2691, fol. 9, 10, 11 et 15. Voici le
- texte de cet arrêté, d'après cette pièce: «Les sections nommeront
- douze de leurs membres pour composer provisoirement les Comités
- auxquels seront déléguées les mêmes fonctions que celles qui leur
- étaient attribuées par le Code municipal.»--Cet arrêté est aussi
- mentionné au procès-verbal de la Commune, séance du 11 août,
- édité par BUCHEZ et ROUX, _Histoire parlementaire_, t. XVII, p.
- 49. (Voyez aussi les _Procès-verbaux de Chaumette_, p. 11.)--La
- Commune avait aussitôt averti la Législative de la mesure
- qu'elle venait de prendre à l'égard des Comités de sections
- (_Procès-verbal de la Législative_, t. XII, p. 76).
-
- [541] C'est le Comité de surveillance de la Commune. Sur ce
- Comité, à cette date, cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, p. 363.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 14 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le quatorze août, l'an quatrième
-de la liberté, et le premier de l'égalité;
-
-L'Assemblée, convoquée en vertu de la loi du 28 juillet dernier[542], a
-ouvert sa séance par la lecture du procès-verbal de la veille, qui a été
-adopté.
-
-Il a été fait lecture d'une lettre du procureur de la Commune, en date
-du quatorze, par laquelle il invite l'Assemblée à nommer deux membres
-pour composer la formation d'une cour martiale.
-
-L'Assemblée aussitôt s'est occupée de procéder à cette nomination;
-le civisme reconnu de MM. Basty et Le Boeuf ont (_sic_) déterminé
-l'Assemblée à les choisir dans son sein, pour composer la formation
-d'une cour martiale, aux termes de la lettre de M. le procureur de la
-Commune, en vertu du décret rendu par l'Assemblée nationale[543].
-
-M. Reignier, vice-président, ayant été agréé par l'Assemblée pour
-remplir la place de M. Le Boeuf président, M. Gentil (_sic_) a été
-nommé à la place de président (_sic_). M. Gautier a été nommé, pour
-remplacer M. Basty à la place d'un des commissaires composant le Comité
-provisoire de la section.
-
-Il a été fait lecture d'un extrait de la Municipalité, du treize août,
-relatif aux passeports[544], ainsi que de la réponse faite par les
-représentants provisoires de la Commune de Paris à celle de Lagny qui
-était venue demander des renseignements sur la journée du dix août[545].
-
-L'Assemblée a arrêté que M. le Président voudrait bien s'entendre
-avec M. le curé pour aviser aux moyens de faire disparaître le plus
-promptement possible toutes les marques de féodalité apparentes dans
-l'église.
-
-M. David, officier municipal, a rendu compte à l'Assemblée de différents
-arrêtés pris par la Municipalité.
-
-L'un des commissaires composant le Comité de la section a fait part
-à l'Assemblée de deux missions urgentes et essentielles à l'intérêt
-public, et a exposé que la Municipalité avait chargé de ses pouvoirs
-quatre des Commissaires que l'Assemblée voudrait bien choisir dans le
-nombre de ceux composant son Comité. MM. Genty, Reignier, Perronard et
-Gillet, ont été nommés à cet effet; le même commissaire a demandé que
-cinquante citoyens voulussent bien par leur civisme et leur dévouement
-participer à ces deux missions[546]. L'enthousiasme des citoyens s'est
-au même instant manifesté, et chacun d'eux s'est fait à l'instant
-enregistrer.
-
-Sur l'observation faite que le nombre des armes ne suffiraient (_sic_)
-pas à tous les citoyens de l'Assemblée[547], il a été arrêté
-qu'il serait ouvert une souscription à cet effet, et qu'elle serait
-proclamée trois jours de suite à l'Assemblée, que M. le Président serait
-chargé de la recette et qu'il s'entendrait avec MM. le commandant de
-Saint-Eustache et le commandant de la Jussienne pour la fabrication et
-la distribution de ces piques dans chacun des dits bataillons.
-
-La souscription, ayant été ouverte, est montée à cinquante-quatre livres
-trois sols, dont M. le Président a été chargé.
-
-L'Assemblée, en ajoutant à l'arrêté pris par elle le douze, a arrêté
-que le décret relatif à l'admission des citoyens serait imprimé en tête
-de l'avertissement aux citoyens de se présenter au Comité pour avoir
-le billet d'entrée aux Assemblées générales, que M. le Président était
-chargé par l'Assemblée de cette exécution, ainsi que d'en faire avertir
-les citoyens de l'arrondissement pendant huit jours par le tambour
-chargé d'annoncer l'Assemblée.--L'Assemblée a été levée à une heure du
-matin.
-
-
- NOTES:
-
- [542] Pour la permanence des sections.
-
- [543] Le 11 août, l'Assemblée nationale avait décrété que
- les officiers et soldats suisses faits prisonniers la veille
- seraient jugés par une cour martiale formée «dans le jour».
- (_Procès-verbal de la Législative_, t. XII, pp. 74-75.) La
- Commune, on le voit, n'était pas très empressée à faire exécuter
- ce décret puisque le Procureur de la Commune s'en préoccupait
- seulement trois jours après: c'est qu'elle voulait, non une cour
- martiale régulière, mais un tribunal d'exception non militaire
- (sur cette affaire, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 407 et suiv.).--Elle devait obtenir satisfaction et le
- projet de cour martiale fut abandonné dès le 14 août (voyez plus
- loin, p. 185 et n. 548).
-
- [544] Cet arrêté figure _in-extenso_ au procès-verbal de la
- Commune (séance du 13 août) édité par Berville et Barrière (p.
- 140 de la réédition de Barrière). Il fut imprimé à l'époque en
- une affiche in-folio plano dont il existe un exemplaire à la Bib.
- nat., dép{t} des man., fonds français, nouv. acq., carton 2691,
- fol. 30.--Le secrétaire-greffier de la Commune avertit, le jour
- même, les sections qu'on allait apposer cette affiche (p. man.
- sans date, _ibid._, fol. 141); la lettre de Coulombeau indique le
- contenu de l'arrêté.
-
- [545] A la Commune, dans sa séance de nuit du 10 au 11 août. Sur
- cet incident, cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp.
- 341-342.
-
- [546] De quelles missions s'agit-il? Peut-être d'expéditions dans
- la banlieue de Paris (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, p. 357).
-
- [547] Les armes étaient jusqu'alors réservées aux citoyens actifs.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 15 AOUT 1792
-
-[_Séance du matin_]
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté, et
-premier de l'égalité;
-
-Le quinze août, l'Assemblée générale de la section des Postes
-extraordinairement convoquée pour dix heures du matin, M. Reignier,
-président, a fait lire un décret de l'Assemblée nationale, du quatorze
-du courant, par lequel il est ordonné que, dans la journée du quinze,
-à la diligence du procureur de la Commune, les quarante-huit sections
-seront assemblées et nommeront chacune deux jurés d'accusation et
-deux jurés de jugement, pour former les jurés (_sic_) d'accusation
-et de jugement dans la poursuite des crimes du dix de ce mois dont
-l'instruction et le jugement appartiennent aux tribunaux ordinaires[548].
-
-Après la lecture de ce décret, plusieurs membres ayant dit que
-l'Assemblée se trouvait peu nombreuse et qu'il conviendrait de
-faire participer à cette nomination le plus grand nombre possible de
-citoyens, l'Assemblée l'a ajournée à la séance du soir.
-
-La discussion s'est ouverte ensuite sur divers points de police
-intérieure de l'Assemblée, et il a été arrêté:
-
-1º Que pour être admis dans son enceinte on suivrait un mode présenté
-par M. Bachelard;
-
-2º Que ce mode ne serait mis en exécution qu'après une nouvelle
-rédaction et une nouvelle délibération de l'Assemblée, et qu'en
-attendant il serait nommé pour la séance du soir quatre commissaires
-pris de moitié dans le ci-devant district de la Jussienne, et moitié
-dans le ci-devant district de Saint-Eustache, pour inscrire à la
-porte de l'Assemblée les noms et surnoms de MM. les citoyens qui se
-présenteront pour y voter.
-
-3º Enfin il a été arrêté que le bureau serait désormais entièrement
-libre, et qu'il serait nommé quatre autres commissaires qui seraient
-chargés de se placer vers les quatre coins de l'enceinte de l'Assemblée
-pour aider M. le Président à maintenir l'ordre.
-
-Les quatre premiers commissaires ont été nommés et l'Assemblée a fixé
-son choix sur MM. Bachelard, Gérard, Davras et Grainville.--La séance
-levée à midi et demi.
-
-
- NOTE:
-
- [548] Ce sont ces jurys d'accusation et de jugement qui devaient
- remplacer la cour martiale, dont il a été question ci-dessus
- (p. 183 et n. 543). Sur cette élection des deux jurys voyez F.
- BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 409.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 15 AOUT 1792
-
-[_Séance du soir_]
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le quinze août, l'an quatrième de
-la liberté et le premier de l'égalité;
-
-L'Assemblée a été ouverte par la lecture des procès-verbaux de la séance
-de la veille et de la séance de ce matin, qui ont été adoptés.
-
-M. Thévenin a fait à l'Assemblée le rapport dont il avait été chargé,
-relativement aux procès-verbaux de l'Assemblée qui étaient en retard sur
-le registre, ainsi que de la lecture de ses conclusions.
-
-La discussion s'est ouverte à ce sujet et l'Assemblée a arrêté
-que M. le Président écrirait au nom de l'Assemblée à M. Jolli,
-secrétaire-greffier, pour l'inviter à transcrire sur le registre la
-suite des procès-verbaux, et de vouloir bien lui répondre par écrit s'il
-lui est possible ou non de remplir cet objet.
-
-M. l'adjudant du bataillon de Saint-Eustache a fait lecture du rapport
-de ce poste et a déclaré qu'il avait reçu l'ordre de faire lecture
-à l'Assemblée, chaque séance, de l'ordre donné tous les jours au poste,
-par le commandant général.
-
-L'Assemblée a arrêté qu'elle ajournait à demain la nomination des
-vingt-cinq citoyens qui doivent composer la garde de sûreté de Louis
-seize[549].
-
-Il a été fait lecture d'une adresse des canonniers du bataillon du
-Pont-Neuf au commandant général[550], d'une autre adresse des fédérés
-des quatre-vingt-trois départements aux citoyens de Paris[551], d'un
-arrêté du Conseil général, du 14 août, suivant lequel aucun citoyen
-ne pourra obtenir de passeports qu'après s'être présenté à l'Assemblée
-générale de la section et y avoir subi une discussion et un sévère
-examen, excepté les approvisionneurs des armes (_sic_) et de la capitale
-ainsi que les fonctionnaires publics, enfin qu'aucun de ceux qui
-auraient un passeport ne pourront (_sic_) emmener leur domestique[552].
-
-Il a encore été fait lecture d'un extrait des registres des
-délibérations de la Commune, du 14 août, relatif aux jurés d'accusation
-et de jugement pour la journée du dix[553].
-
-L'Assemblée a nommé MM. Alavoine et Vedzel pour former les jurés (_sic_)
-d'accusation et MM. Basti (_sic_) et Closmenil pour former les jurés
-(_sic_) de jugement dans la poursuite des crimes du dix de ce mois,
-ainsi que les crimes des officiers et soldats suisses, le tout aux
-termes de l'arrêté du Conseil général de la Commune, du 14 de ce mois,
-suivant le décret de l'Assemblée nationale du même jour.
-
-M. Gautier ayant exposé que sa santé ne lui permettait pas de continuer
-ses fonctions de commissaire du Comité[554],
-
-Il a été procédé, tant à la nomination du commissaire qui doit remplacer
-M. Gautier, qu'à celle des six commissaires qui doivent compléter le
-nombre de dix-huit dont l'Assemblée a arrêté que son Comité serait
-composé[555].
-
-Et MM. _Sauvel_, _l'Héritier fils_, _Bachelard_, _Perdrix_ (_sic_),
-_Giffet_, _Larsonnier_ et _Martel_, ayant été nommés sans réclamations,
-ont été adjoints au Comité.
-
-La collecte pour les piques a été de 5 l. 15 s. La séance a été levée à
-11 heures.
-
-
- NOTES:
-
- [549] Deux jours plus tard, le 17 avril, la Commune devait
- arrêter que, pour former la garde du roi, enfermé au Temple,
- chaque légion nommerait vingt-cinq hommes (arrêté cité par BUCHEZ
- et ROUX, _Histoire parlementaire..._, t. XXI, p. 304).
-
- [550] Cette adresse forme un imprimé in-8º de 3 pages, dont il
- existe encore plusieurs exemplaires. Celui du département des
- imprimés de la Bibliothèque nationale est coté Lb{39} 10806
- (TOURNEUX, nº 3376). Voici ce texte:
-
- _Adresse des canonniers du Bataillon du Pont-Neuf, ci-devant de
- Henri-Quatre, au Commandant général._
-
- Les canonniers du bataillon de Henri-IV sont désespérés qu'une
- partie de leurs frères d'armes ont (_sic_) douté un instant de
- leur patriotisme; ils jurent à la face de l'univers que jamais
- ils n'ont eu d'autre but que de combattre pour la liberté et
- l'égalité; ils ne changeront jamais et marcheront toujours
- dans cette intention; il est malheureux pour eux qu'un ancien
- commandant de bataillon, qui n'existe plus, ait donné lieu à
- de pareils doutes, que ces canonniers n'ont jamais mérités;
- ils supplient instamment leur général de détruire de pareilles
- inculpations; ils sont prêts à marcher partout où le besoin de la
- Patrie l'exigera.
-
- Les dits canonniers prient leur général de communiquer leur
- façon de penser aux 59 autres bataillons, par la voie qu'il jugera
- à propos.
-
- Paris, le 13 août, l'an quatrième de la Liberté.
-
- (Suivent les signatures des canonniers du Pont-Neuf.)
-
-
- _Extrait du registre des délibérations de la section du
- Pont-Neuf, ci-devant Henry-IV.--Du 13 août 1792, l'an 4e de la
- Liberté, et le 1er de l'Égalité._
-
- L'Assemblée, après avoir entendu la lecture de cette adresse,
- l'a approuvée et, sur la demande d'un de ses membres que la
- compagnie des canonnier fût autorisée à joindre à ladite
- adresse l'expression du voeu de la section, il a été arrêté à
- l'unanimité que les canonniers seraient autorisés à mettre à la
- suite de leur adresse ladite délibération, et de la faire parvenir
- par la voie de l'impression au maire, au Conseil général de la
- Commune, aux 47 sections et aux 60 bataillons.
-
- Fait et arrêté les jour, mois et an que dessus.
-
- _Signé au Procès-verbal_: MINIER, _président_,
- LETELLIER, _secrétaire_.
-
- Pour extrait conforme et collationné à l'original:
- LETELLIER, _secrétaire_.
-
-
- GARDE NATIONALE PARISIENNE
-
- DU 14 AOUT 1792, DE LA LIBERTÉ L'AN 4e, DE L'ÉGALITÉ LE 1er.
-
- ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL.
-
- J'ai l'honneur de faire savoir à tous les citoyens de Paris
- que depuis la mort du sieur Carle, j'ai reçu de la section armée
- de Henri-IV, et principalement des canonniers, des marques de
- civisme et d'attachement aux Amis de la Constitution, que je ne
- puis m'empêcher de rendre hommage à la vérité, permettant aux
- citoyens de cette section de faire, si bon leur semble, imprimer
- et afficher la présente déclaration.
-
- Le commandant général provisoire.
-
- _Signé_: SANTERRE.
-
- [551] C'est une invitation à assister à la cérémonie funèbre
- en l'honneur des fédérés tués, le 10 août, cérémonie qui
- devait avoir lieu le dimanche 19 août. L'invitation fut aussi
- présentée à la Législative, dans sa séance du 16 août (cf. le
- _Procès-verbal de la Législative_, t. XII, p. 329). La cérémonie
- ne devait pas avoir lieu avant le 26 août (voyez F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 476 et n. 4). L'invitation dont
- il est question ici a été imprimée à l'époque en une affiche
- in-folio plano dont il existe encore plusieurs exemplaires:
- Arch. nat., C. 161, liasse 353, pièce 17. Bib. de la Chambre des
- députés, collection d'affiches cotée X147, portefeuille nº 2,
- liasse 4, pièce 122 _bis_, et portefeuille nº 6, liasse 3, pièce
- 39.
-
- Voici le texte de ce document:
-
- VIVRE LIBRE OU MOURIR
- LES FÉDÉRÉS
- DES QUATRE-VINGT-TROIS DÉPARTEMENTS
- AUX CITOYENS DE PARIS.
-
- Frères et Amis,
-
- Nous venons de renverser avec vous l'énorme colosse qui menaçait
- de nous écraser. Il en a coûté le sang de nos camarades et des
- vôtres; mais ne le regrettons pas puisqu'il nous a assuré une
- glorieuse victoire. Le nôtre est prêt à couler encore pour le
- soutien de la même cause, et malheur à ceux qui voudront la
- combattre. Nous avons fait mordre la poussière aux satellites
- du tyran suspendu; et nous ne craignons pas le réveil terrible
- qu'on semble nous annoncer. Un devoir sacré, un devoir religieux
- nous engage aujourd'hui à vous inviter de vous joindre à nous,
- non pour répandre des larmes, mais pour couvrir de fleurs l'urne
- sacrée qui contient les cendres des généreux guerriers qui ont
- péri dans le combat; veuillez donc vous trouver, dimanche à huit
- heures du matin, dans la cour des Jacobins d'où nous partirons
- pour nous rendre au lieu de la cérémonie. Les dames patriotes sont
- instamment priées de venir embellir la fête par leur présence, en
- habit blanc ceint d'un ruban aux trois couleurs et portant des
- guirlandes pour coiffure. Nous comptons aussi sur le talent des
- amateurs et musiciens de chaque section. Nous trouverons, les uns
- et les autres, la plus chère des récompenses dans les bénédictions
- de la Patrie.
-
- MAZUEL, _président de l'Assemblée générale_; DUBOIS-LAMMARTINIE,
- _président du Comité fédératif de subsistance_; LOYS, PELLETOT
- père, FLAMAN, SÉLÉGIA, LEMIERRE, BONNET, DUBOIS, GOSSERET,
- _commissaires_; TRÉHAN, _secrétaire_.
-
- [552] Cet arrêté, modifiant celui du 13 août cité précédemment
- (voyez ci-dessus, p. 184 et n. 544), ne figure pas au
- procès-verbal de la séance édité par Berville et Barrière et qui
- est très écourté. Buchez et Roux ne donnent absolument rien pour
- cette séance. On trouvera un résumé de l'arrêté à la page 23 des
- _Procès-verbaux de la Commune de Paris_, édités par M. TOURNEUX
- d'après un manuscrit trouvé dans les papiers de Chaumette. Mais
- il existe plusieurs exemplaires manuscrits de l'extrait du
- registre des délibérations de la Commune adressé aux sections.
- En voici les cotes: Bib. nat., département des manuscrits, fonds
- français, nouvelle acquisition, carton 2691, folio 154.--Bib. de
- la Ville de Paris, fonds Charavay, vente de 1900, nº 116.--Arch.
- de la Seine, VD*, tome III, pièce 123.--Arch. nat., F{3} II Seine
- 50, liasse 2, pièce non numérotée. Voici le texte de ce document:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- DÉPARTEMENT DE POLICE ET GARDE NATIONALE
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires de la majorité des sections._
-
- _Du 14 août 1792, l'an 4e de la liberté et le 1er de l'égalité._
-
- Le Conseil général arrête qu'aucun citoyen ne pourra, vu les
- circonstances périlleuses où nous nous trouvons, obtenir de
- passeport qu'après s'être présenté à l'Assemblée générale de
- sa section et y avoir subi une discussion et un sévère examen;
- excepte de ce cas les approvisionneurs des armées et de la
- capitale et les fonctionnaires publics; arrête en outre que le
- requérant passeport ne pourra emmener aucun domestique.
-
- Cet arrêté étant de circonstance, pour ne laisser échapper aucun
- malveillant le Conseil arrête que le présent sera envoyé aux 48
- sections pour y être publié.
-
- _Signé_: Marie-Joseph CHÉNIER, _président_.
- BOULANGER, _faisant les fonctions de secrétaire_.
-
- Pour extrait conforme à l'original:
- _Signé_: BOULANGER, _faisant les fonctions de secrétaire_.
-
- [553] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté par lequel la Commune
- ordonnait de mettre à exécution le décret rendu, le même jour,
- par la Législative et annoncé à la section des Postes dans la
- séance du 15 au matin (voyez ci-dessus, p. 185 et n. 548).
-
- [554] Gautier avait été choisi par l'Assemblée, le 14 août, pour
- remplacer Basty au Comité formé la veille (cf. ci-dessus, p. 184).
-
- [555] Cette mesure dut être décidée au cours de la présente
- séance, car il n'en est pas fait mention auparavant. Elle le
- fut en conformité d'un arrêté de la Commune, du même jour, que
- l'on trouvera dans les _Procès-verbaux de la Commune_ tirés des
- papiers de Chaumette, édition TOURNEUX, pp. 27-29. D'après cet
- arrêté sur les dix-huit élus, le premier devait être juge de
- paix, le deuxième secrétaire du juge de paix et les seize autres
- devaient seuls constituer le Comité; les six personnes ayant
- ensuite obtenu le plus de voix devenaient assesseurs du juge de
- paix. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 324.)
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 16 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le seize août, l'an quatrième de
-la liberté, et le premier de l'égalité;
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la
-veille qui a été adopté.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la section du Ponceau, du quinze de
-ce mois, par lequel toutes les sections sont invitées à nommer chacune
-un commissaire, à l'effet de se trouver samedi à la section du Ponceau,
-dix heures du matin, pour faire la visite du souterrain des Tuileries et
-du Louvre, et de choisir de préférence un ingénieur[556].
-
-Il a été lu une lettre, datée du 15 août signée Sanson, portant
-invitation de rendre public le certificat du département de police qui
-lui a été donné, pour détruire la calomnie qu'on s'était permise à son
-sujet[557].
-
-Lecture a été faite d'une lettre, en date de ce jourd'hui, du Procureur
-de la Commune, par laquelle il invite l'Assemblée à nommer un
-commissaire pour apporter chaque jour au Conseil général les différents
-arrêtés pris dans les sections et pour recevoir en même temps ceux du
-Conseil général[558].
-
-M. Landrieux a été nommé commissaire à cet effet, et il a été arrêté
-qu'il lui serait remis, par le secrétaire de chaque séance, la note
-des arrêtés pris la veille par l'Assemblée, relatifs à l'intérêt de la
-Commune.
-
-Lecture a aussi été faite d'un arrêté de la Municipalité, du 15 août,
-par lequel les commissaires de section seraient autorisés à apporter les
-scellés dans toutes les maisons religieuses qui se trouvent dans leur
-arrondissement[559].
-
-M. Armand ayant fait part à l'Assemblée du nouveau mode de
-cartouches, l'Assemblée l'a autorisé à communiquer cet objet à M.
-Julliot, commandant.
-
-L'Assemblée a aussi arrêté que tous les paquets et ballots seraient
-renvoyés au Comité pour en faire la vérification.
-
-MM. Reignier et Sauvel, commissaires du Comité, ayant donné leur
-démission, l'Assemblée a nommé pour être substitués dans leur fonctions,
-MM. Prapin et Didelot fils.
-
-Sur le certificat de civisme demandé par M. Reignier, l'Assemblée est
-passée à l'ordre du jour.
-
-La quantité des passeports délivrés par le Comité ayant été arrêtée à
-la Municipalité, faute par ceux qui les avaient obtenus d'avoir été
-discutés dans l'Assemblée, il a été observé que le mode de discussion
-présenté par la Municipalité, attendu la quantité des personnes qui se
-présentent, ne pouvait avoir son exécution.
-
-L'Assemblée en conséquence arrête que, pour remplir les vues de la
-Municipalité et concilier la liberté avec ce qu'exige l'intérêt
-général et le salut de la patrie, tout citoyen qui voudra sortir de
-Paris et obtenir un passeport sera tenu de présenter un mémoire à une
-commission extraordinaire de douze membres nommés à cet effet, que ce
-mémoire sera signé, tant par le requérant que par deux témoins de la
-section, en présence desdits commissaires qui chargeront l'un d'eux de
-faire le rapport, que la commission se tiendra tous les jours sous les
-charniers[560] pour recevoir les mémoires depuis neuf heures jusqu'à
-midi, que les rapports se feront entr'eux depuis trois jusqu'à cinq, et
-que la liste des noms sera lue à l'ouverture de l'Assemblée pour, s'il
-n'y a pas de réclamation, être délivré, par le Comité les passeports qui
-seront demandés.
-
-L'Assemblée a arrêté qu'elle nommait MM. Allan, Gautier et Lafond pour
-soumettre à l'instant cet arrêté à la Municipalité à l'effet d'avoir son
-assentiment.
-
-L'ordre du jour était la nomination des vingt-cinq citoyens qui
-doivent composer la garde de sûreté du roi.
-
-L'Assemblée, désirant éviter les dangers qui résulteraient de la
-connaissance que pourraient avoir les ennemis de la Patrie des citoyens
-nommés à la garde du roi, et écarter les soupçons que l'on pourrait
-élever sur leur patriotisme,
-
-A arrêté que le citoyen qui devra[561] être de garde dans l'intérieur
-de la maison du roi, sera nommé chaque jour pour le lendemain, et par
-acclamation; après qu'il ne se sera élevé aucune réclamation sur son
-civisme, il lui sera aussitôt délivré extrait de sa nomination.
-
-Et, pour se conformer en tout aux intentions de M. le Commandant
-général, l'Assemblée a arrêté que MM. Didelot et la Motte seraient
-chargés de lui soumettre le présent arrêté, pour ne l'exécuter qu'après
-son assentiment.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté du Conseil général du 15 août, relatif
-à l'élection de tous les officiers de l'armée parisienne[562], ainsi
-que d'une lettre du Commandant général au même effet (_sic_) et qui
-porte que le bataillon prendra le nom de la section, et que copies des
-nominations seront envoyées au maire et au commandant général[563].
-
-L'Assemblée a ajourné à demain pour cette élection. La souscription pour
-les piques s'est montée à 25 l. 10 s. et a été remise à M. le Président.
-
-La séance a été levée à 11 heures.
-
-
- NOTES:
-
- [556] Un exemplaire de cet arrêté a fait partie de la vente
- Charavay de 1862 (cf. le catalogue de cette vente, à la p. 40).
-
- [557] SANSON, Charles-Henri (le texte portait: «... Samson...»;
- j'ai corrigé), exécuteur des hautes oeuvres, avait été accusé
- d'être contre-révolutionnaire.
-
- [558] Pièce manuscrite: Bib. nat., dép{t} des man., fonds
- français, nouv. acq., carton 2663, fol. 25; autres exemplaires:
- _ibid._, carton 2672, fol. 43; et Bib. de la Ville de Paris,
- fonds Charavay, vente 1900, nº 116.
-
- Voici le texte de cette pièce:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS.
-
- _Paris, le 16 août, l'an 4e de la Liberté_
-
- _Procureur de la Commune._
-
- Je vous prie, Monsieur le président, de vouloir bien inviter
- l'Assemblée à nommer un commissaire pour apporter chaque jour
- au Conseil général les différents arrêtés pris dans votre
- section et pour recevoir en même temps ceux du Conseil; cette
- mesure entretiendra une communication bien plus active et bien
- essentielle dans les circonstances.
-
- P. MANUEL.
-
- [559] Un exemplaire de cet arrêté a figuré à la vente Charavay
- de 1862 (voyez la p. 118 du catalogue de cette vente). Deux
- exemplaires sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque de la
- Ville de Paris, fonds Charavay, vente de 1900, nº 116. Cet arrêté
- est mentionné aux _Procès-verbaux de la Commune de Paris_, édités
- par M. TOURNEUX (p. 26 de cette édition).
-
- [560] On appelait _charniers_ une galerie couverte qui faisait le
- tour des cimetières et au premier étage de laquelle on conservait
- les ossements retirés des fosses, après la décomposition des
- cadavres. La Commission devait donc se tenir dans la galerie
- au-dessus de laquelle étaient déposés ces ossements. Cette
- galerie entourait le cimetière qui se trouvait devant la porte de
- l'église Saint-Eustache.
-
- [561] Le texte original porte: «... devrait...».
-
- [562] Arrêté mentionné dans les _Procès-verbaux de la Commune_,
- édités par M. TOURNEUX, p. 27; il en existe un exemplaire
- manuscrit à la Bibliothèque de la Ville de Paris, fonds Charavay,
- vente de 1900, nº 116.
-
- [563] On trouvera un exemplaire manuscrit de cette lettre,
- exemplaire adressé par Santerre à la section de la
- Butte-des-Moulins, à la Bibliothèque nationale, dép{t} des man.,
- fonds français, nouv. acq., carton 2667, fol. 117.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 17 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté et
-le premier de l'égalité;
-
-La lecture du procès-verbal de la séance d'hier faite, il a été
-adopté; sur l'observation d'un membre, il a été arrêté qu'il serait fait
-dans l'arrondissement de la section la proclamation de l'article deux
-de l'acte du Corps législatif du 11 août, relatif à l'admission des
-citoyens dans les Assemblées primaires, et qu'invitation sera faite aux
-citoyens de se présenter au Comité où les commissaires déjà nommés à cet
-effet leur délivreront des billets d'entrées aux dites Assemblées après
-les avoir enregistrés, le tout suivant ledit art. 2 du Corps législatif,
-conçu en ces termes:
-
-«La distinction[564] de français et citoyen actif, et non actif, sera
-supprimée, et, pour être admis aux Assemblées primaires, il suffira
-d'être français, âgé de vingt-un ans (_sic_), domicilié depuis un an,
-vivant de son revenu ou du produit de son travail, et n'étant point en
-état de domesticité.»
-
-Il a été fait lecture d'une lettre de M. Manuel par laquelle il
-recommande la fabrication des piques[565].
-
-Il a été pris un arrêté à l'instant, suivant lequel MM. La Grange et
-Favreau ont été nommés commissaires auprès du Procureur de la Commune,
-pour l'inviter à solliciter de la Municipalité de[566] remplir le
-voeu des décrets de l'Assemblée nationale, relatif à la fabrication
-des piques[567], et d'en faire faire la proclamation afin d'inviter les
-taillandiers et autres ouvriers en ce genre de se présenter au Comité
-de leur section, à l'effet d'y faire leur soumission, et de s'occuper
-de cette fabrication le plus tôt possible, comme aussi de nommer des
-commissaires dans chaque section pour surveiller les entrepreneurs, et
-hâter la célérité de la fabrication.
-
-MM. les commissaires, à leur retour, ont exposé que le voeu de cet
-arrêté avait été adopté par le Procureur de la Commune, et qu'il
-invitait la section à faire annoncer au son du tambour que les artistes
-en ce genre seraient invités de se présenter au Comité pour y faire leur
-soumission; l'Assemblée, en adoptant cette mesure, a nommé MM. La Grange
-et Favreau, commissaires pour surveiller la prompte expédition des
-piques.
-
-M. Landrieux a rendu compte de sa mission au Comité de correspondance,
-et s'est plaint de l'avoir trouvé fermé.
-
-Il a été fait lecture d'une lettre de M. Joly ci-devant
-secrétaire-greffier, en réponse à celle qui lui avait été écrite par M.
-le Président au nom de l'Assemblée [et] par laquelle il était invité à
-répondre par écrit s'il voulait bien se charger, ou non, de transcrire
-les procès-verbaux arriérés; il répond que, comme, aux termes de la
-loi, il n'est point assujetti à faire cette transcription, il prie
-l'Assemblée de nommer quelqu'un pour remplir cet objet.
-
-La souscription ayant été ouverte pour nos frères blessés dans
-l'événement arrivé dans la journée du dix,
-
-Plusieurs citoyens ayant à l'instant manifesté un empressement à
-concourir à venir à leur secours,
-
-L'Assemblée, toujours animée du sentiment de reconnaissance qu'elle
-doit au civisme, a arrêté que mention honorable serait faite de l'offre
-généreuse de 63 l., le seul numéraire qui lui reste en espèces d'argent,
-que M. Prêtre, l'un des vicaires de cette paroisse, a remis sur le
-bureau pour subvenir à nos frères blessés dans cet événement.
-
-M. Le Roux, qui a remis 9 l., en espèces, et M. Rostent 6 l., aussi en
-espèces, malgré la modestie qu'ils ont eue de ne point vouloir être
-connus, n'ont pu échapper à la reconnaissance de l'Assemblée et à
-l'hommage qu'elle leur a rendu.
-
-La collecte faite à l'instant, y compris les 75 l. en espèces, s'est
-montée à 168 l. 45 s., qui ont été destinés être remises à M. le curé.
-
-M. le Président a fait un rapport, au nom de M. le curé, suivant lequel
-il a déjà reçu à ce sujet 418 l.
-
-L'Assemblée ayant arrêté qu'il serait prêté le serment civique,
-
-M. le Président a prêté le serment en présence de l'Assemblée de
-maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en les défendant[568].
-
-Il a répété le même serment pour les membres de l'Assemblée, et tous les
-citoyens ont prononcé le mot: _je le jure_.
-
-Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté qu'on ne délivrerait
-de certificats du serment civique qu'autant que ce serment serait
-prononcé à l'instant.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la Municipalité, du 17 août,
-relatif au décret de l'Assemblée nationale concernant un[569] nouveau
-tribunal criminel, la nomination d'un électeur, ainsi que la lecture de
-ce décret en date du 17 août[570].
-
-Il a été de suite procédé à la nomination d'un électeur pour la section
-des Postes.
-
-MM. Légier, Dumoutier (_sic_) et Le Boeuf ont été nommés scrutateurs,
-et M. Le Boeuf, ayant obtenu la pluralité relative des suffrages, a
-été nommé; il lui a été à l'instant délivré extrait du procès-verbal de
-sa nomination.
-
-Un membre de l'Assemblée s'étant comporté dans son sein de manière à
-mériter sa censure,
-
-L'Assemblée a arrêté que M. Montpellier serait rappelé par M. le
-Président au respect que tout citoyen doit porter à une Assemblée
-légalement constituée.
-
-Et, attendu que l'égarement du membre lui avait fait perdre la confiance
-que l'Assemblée lui avait accordée, il a été arrêté qu'il était déchu
-des fonctions de commissaire dont il avait été revêtu[571].
-
-M. Grainville, ayant fixé l'attention de l'Assemblée, a été nommé pour
-remplacer M. Montpellier au Comité.
-
-On a fait lecture d'une adresse de la section des Innocents[572], ainsi
-que de plusieurs arrêtés qu'elle contient; l'Assemblée a ajourné pour
-s'occuper desdits articles.
-
-Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté que le Comité serait
-chargé de faire parvenir à la Municipalité l'arrêté déjà pris par la
-section relatif au changement du nom de la rue _Comtesse d'Artois_[573].
-
-Il a été aussi arrêté que l'Assemblée s'occuperait incessamment du
-recrutement des citoyens de la section.
-
-Relativement à l'arrêté de la section du Ponceau, l'Assemblée a
-nommé M. Bailly pour commissaire à l'effet de la représenter à la
-section de Saint-Germain-l'Auxerrois [section du Louvre], pour se
-joindre aux autres commissaires des sections, afin de vérifier les
-souterrains du Louvre et des Tuileries[574].
-
-Enfin il a été lu [un arrêté] du Corps municipal (_sic_)[575], du 15,
-relatif à la nomination du juge de paix, du secrétaire-greffier, des
-seize commissaires et des six assesseurs.
-
-L'Assemblée a arrêté quelle s'occuperait demain de cette nomination[576].
-
-La séance a été levée à 1 heure du matin.
-
-
- NOTES:
-
- [564] Le texte original porte: «... discussion...».
-
- [565] Cette lettre, datée du 17 août, est ainsi conçue: «Sur la
- nouvelle que La Fayette, destitué par le ministère, marche à
- la tête de son armée sur Paris, je vous recommande, au nom du
- salut public, de presser la fabrication de la portion de 30.000
- piques dont l'Assemblée générale de la Commune vous a chargé.--P.
- MANUEL.». (P. man., Bib. nat., dép{t} des man., fonds français,
- nouv. acq., carton 2663, fol. 28; autres exemplaires: _ibid._,
- carton 2672, fol. 45, et 2686, fol. 22.) Dans les arrêtés des 16
- et 17 août, la Commune avait décidé de faire fabriquer un grand
- nombre de piques à l'aide des grilles des églises. La nouvelle
- concernant La Fayette, arrivée à Paris le matin même du 17 août,
- était inexacte; La Fayette devait échouer dans sa tentative et
- passer la frontière deux jours plus lard, le 19 août.
-
- [566] Le texte porte: «... pour...».
-
- [567] Décret du 1er-3 août 1792 pour la fabrication de piques
- avec le fer des églises (DUVERGIER, t. IV, p. 281).
-
- [568] C'est le serment dit _du 10 août_. Sur ce serment cf.
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 319-320.
-
- [569] Le texte original porte: «... concernant d'un...», «... de
- la nomination...» et «... de la lecture...».
-
- [570] Sur ce décret, qui organisa le tribunal criminel
- extraordinaire dit du 17 août, voyez F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, p. 413.
-
- [571] A la séance du 13 août: voyez ci-dessus, p. 182.
-
- [572] La section du Marché-des-Innocents, ou des Halles, ou des
- Marchés. Je ne connais pas cette adresse.
-
- [573] Voyez ci-dessus, pp. 123-124 et 125.
-
- [574] Sur cette affaire, voyez ci-dessus, p. 190 et n. 556.
-
- [575] Lisez: «... Conseil général...».
-
- [576] Il a déjà été question de cet arrêté du 15 août (cf. p.
- 189, n. 555) et la section avait procédé à ces élections le 15
- août même; ces dernières n'étaient donc que provisoires. La
- réélection, arrêtée ici, fut encore ajournée au 19 août (cf.
- ci-après, p. 200) et faite seulement le 20 (cf. pp. 208-209).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 18 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le dix-huit août, l'an 4e de la
-liberté et le premier de l'égalité;
-
-Il a été fait lecture du procès-verbal de la veille qui a été adopté.
-
-Sur la réponse de M. Joly, ci-devant secrétaire-greffier de la section,
-l'Assemblée a accepté avec reconnaissance l'offre qui lui a été faite
-par M. Rostenne, de transcrire une partie des procès-verbaux qui sont
-arriérés sur le registre.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la section des Gravilliers, du 16
-août, relatif aux suisses de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs[577].
-
-Un membre ayant converti cet arrêté en motion en faveur des deux suisses
-de la paroisse Saint-Eustache[578],
-
-L'Assemblée générale, toujours guidée par des sentiments d'équité et
-de fraternité, et rendant justice au civisme de MM. Guillaume-Pierre
-Viquet, François-Pierre Viquet, suisses de la paroisse Saint-Eustache,
-a arrêté à l'unanimité qu'elle les mettait dès ce moment sous la
-sauvegarde de la loi et de la section, et a arrêté qu'ils n'auront plus
-la dénomination de suisses, et qu'il n'en (_sic_) porteront plus
-rien de ce qui était relatif à leurs costumes, mais qu'ils seraient
-(_sic_) nommés dorénavant gardiens de l'église Saint-Eustache, [et]
-qu'ils rempliront leurs fonctions en habits bourgeois, avec une pique
-nationale et un sabre.
-
-M. Gorsas, citoyen de la section[579], a fait parvenir une lettre à
-M. le Président par laquelle il propose de communiquer à l'Assemblée
-différentes correspondances susceptibles de lui donner des
-renseignements essentiels aux circonstances. Ces offres ayant été prises
-en considération, deux membres ont été nommés pour se rendre chez M.
-Gorsas et l'inviter à se présenter à l'Assemblée.
-
-M. Gorsas s'est à l'instant présenté et a fait lecture de différentes
-lettres; l'Assemblée, après lui en avoir témoigné sa reconnaissance,
-a arrêté qu'attendu les occupations importantes de M. Gorsas, toutes
-discussions seraient suspendues pour entendre les différentes
-correspondances qu'il voudrait bien lui communiquer.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la Commune, du 17 août, relatif
-aux commissaires à envoyer à l'armée de La Fayette pour lui donner des
-détails sur la journée du 10 août[580].
-
-L'Assemblée a, en conséquence, nommé MM. Gérard et Taillandier pour ses
-commissaires à cet effet.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la Municipalité, du 18 août,
-portant que les Comités de section inviteront, au son de la caisse,
-tous les ci-devant gardes françaises et soldats de 1789 domiciliés dans
-l'étendue de leur arrondissement, à se trouver, demain 19 du courant, à
-six heures du matin, dans une salle de l'Évêché, à l'effet de procéder
-entre eux à la formation de leur compagnie, en exécution du décret du
-17[581]. Cet arrêté a été envoyé au Comité pour être exécuté.
-
-Il a été fait successivement lecture: d'un décret de l'Assemblée
-nationale du 14 août, relatif à la formation du Camp de Paris[582];
-
-D'un arrêté de la section du Pont-Neuf du 15 août [relatif] au serment
-décrété le 14 août[583]; d'un décret relatif aux chevaux et mulets des
-émigrés, ainsi que de l'arrêté de la Commune qui ordonne que tous les
-citoyens qui arrêteront des chevaux d'émigrés les conduiront à
-leurs sections qui jugeront de l'arrestation et des réclamations[584];
-
-D'un arrêté de la Municipalité, du 13 août, qui, sur la réquisition
-du Procureur de la Commune, a nommé M. Tallien secrétaire-greffier de
-la Municipalité au lieu et place de M. Royer[585]; d'un arrêté de la
-Municipalité, du 11 août, qui porte qu'aux termes du décret, tous les
-citoyens de Paris seront incessamment armés[586];
-
-Enfin d'une proclamation aux citoyens, extraite du registre des
-délibérations du Conseil général, du 18 août[587].
-
-M. Desvieux a fait différents rapports d'arrêtés de la Municipalité
-et de procès-verbaux dressés relatifs à l'événement de la journée du 10.
-
-Sur la proposition faite par un membre de substituer à la section le nom
-de _Contrat-social_ à celui des _Postes_,
-
-La discussion s'est ouverte sur la question de savoir si l'on y
-substituerait plutôt celui de _Contrat social_ que celui de _J.-J.
-Rousseau_, nom d'une des rues de l'arrondissement de la section.
-
-La discussion ayant été fermée, il a été arrêté que dorénavant
-la section des Postes porterait la dénomination de _section du
-Contrat-social_.
-
-L'Assemblée s'est occupée de la nomination des commissaires pour la
-confection du recensement des citoyens de la section[588],
-
-Et a arrêté qu'ils seraient autorisés à disposer l'ordre des numéros des
-maisons de chacune des rues de l'arrondissement,
-
-Et que le tambour sera chargé d'annoncer l'invitation aux propriétaires
-et principaux locataires de préparer la liste de leurs locataires et de
-la remettre aux commissaires recenseurs qui se présenteront chez eux.
-
-La collecte pour les blessés s'est montée à 15 l. Et pour les piques, à
-5 l. Ces sommes ont été remises à leur destination.
-
-La nomination des juges de paix, greffiers, commissaires et assesseurs
-de la section a été ajournée à demain.
-
-La séance a été levée à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [577] Je ne connais pas cet arrêté.
-
- [578] Il s'agit, bien entendu, des suisses de l'église.
-
- [579] GORSAS, Antoine-Joseph, rédacteur du _Courrier des 83
- départements_, demeurant rue Tiquetonne, nº 7.
-
- [580] Sur cette affaire, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 375-376.
-
- [581] Sur ce décret du 17 août, voyez ci-dessus, p. 111, n. 372
- _in fine_. L'arrêté de la Commune du 18 août est mentionné dans
- les termes suivants, dans les _Procès-verbaux de la Commune_
- édités par M. TOURNEUX, p. 38: «Invitation aux ci-devant
- gardes-françaises et soldats de 1789, répandus dans l'étendue de
- la capitale, de se réunir, demain 19 août, dans une des salles de
- l'Evêché pour procéder à la formation des compagnies décrétées
- par l'Assemblée nationale». Et voici le texte d'un extrait
- manuscrit du registre des délibérations de la Commune (Bib. nat.,
- dép{t} des man., fonds français, nouv. acq., carton 2667, fol.
- 141):
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des quarante-huit sections. Du 18 août 1792, l'an
- quatrième de la liberté et premier de l'égalité._
-
- Le Conseil général a arrêté que les Comités de leurs sections
- (_sic_) inviteront, au son de la caisse, les ci-devant gardes
- françaises et autres soldats de 89 domiciliés dans l'étendue
- de leurs arrondissements à se trouver demain à 6 heures du
- matin dans une des salles de l'Évêché, à l'effet de procéder
- entre eux à la formation de leurs compagnies, en exécution du
- décret du 17 de ce mois.--_Signé_: HUGUENIN _président_; MÉHÉE,
- _secrétaire-greffier_.--Pour copie conforme à la minute: TALLIEN
- _secrétaire-greffier_.
-
- [582] Le décret du 14 août est relatif, non à l'ouverture des
- travaux du Camp sous Paris, dont la création avait été un des
- premiers soins de la Législative dans sa séance du 10 août,
- mais à la formation en bataillons des citoyens inscrits pour ce
- Camp ainsi qu'à la fabrication des tentes et autres objets de
- campement; on trouvera ce décret à la page 306 du tome IV de
- DUVERGIER.
-
- [583] Serment dit _du 10 août_, prêté par la section des Postes
- le 17 août (voyez ci-dessus, p. 194 et n. 568). Le décret du
- 14-15 août est ainsi conçu: «L'Assemblée nationale décrète que
- tout Français recevant traitement ou pension de l'Etat sera censé
- y avoir irrévocablement renoncé s'il ne justifie que, dans la
- huitaine de la publication du présent décret, il a prêté, devant
- la Municipalité du lieu de son domicile, le serment suivant:
- _Je jure d'être fidèle à la nation et de maintenir la liberté
- et l'égalité ou de mourir en les défendant_.» (DUVERGIER, t.
- IV, p. 305.)--Quant à l'arrêté de la section du Pont-Neuf, il a
- été imprimé, à l'époque, en une affiche in-folio plano dont la
- Bibliothèque nationale possède un exemplaire au recueil factice
- Lb{40} 2075 (TOURNEUX, nº 8258). Voici ce texte:
-
- EXTRAIT DES REGISTRES DES DÉLIBÉRATIONS DE LA SECTION DU
- PONT-NEUF
-
- _Réunie en Assemblée permanente, le 15 août 1792, l'an 4e de la
- liberté, le 1er de l'égalité._
-
- L'Assemblée, considérant que, dans un moment où le Peuple vient
- de ressaisir sa souveraineté et de punir un Roi et une Cour
- traîtres et perfides qui voulaient l'anéantir, il importe de
- connaître quels sont les bons citoyens et citoyennes qui veulent
- la liberté et l'égalité, et quels sont les lâches et les traîtres
- qui oseraient encore soupirer après le despotisme;
-
- Considérant qu'il est temps que la Révolution s'achève malgré
- tous les despotes conjurés contre elle, et qu'il faut pour cela
- qu'elle voie enfin tous les citoyens réunis pour pousser à l'envi
- son char, ou qu'elle écrase ceux qui ne voudraient pas le suivre
- et qui chercheraient à en retarder la marche.
-
- Arrête: 1º Que tous les citoyens et citoyennes de la section,
- depuis l'âge de 13 ans pour les femmes et 15 pour les hommes, sont
- invités à venir prêter individuellement dans son sein le serment
- décrété, le 10 août, par l'Assemblée nationale, _de maintenir la
- liberté et l'égalité et de mourir, s'il le faut, pour elles_, et
- déclare qu'elle regardera comme mauvais citoyens et citoyennes
- tous ceux et celles qui ne le prêteraient pas.
-
- 2º Qu'il sera ouvert deux registres, un pour les hommes,
- l'autre pour les femmes, où seront inscrits les noms, la
- signature, la demeure, l'âge et l'état de ceux et celles qui
- viendront prêter ce serment.
-
- 3º Qu'aucun citoyen ne pourra avoir entrée aux Assemblées de la
- section sans avoir rempli ce devoir civique, et qu'il leur sera en
- conséquence délivré un certificat de la prestation de ce serment.
-
- 4º Que les registres seront fermés le 25 de ce mois, veille des
- Assemblées primaires, et que personne à cette époque ne sera plus
- admis à prêter le serment.
-
- 5º Que le présent arrêté sera imprimé, affiché et envoyé aux 47
- autres sections.
-
- A. MINIER, _président_.
-
- Collationné sur le registre,
- THILLY, _secrétaire_.
-
- De l'Imprimerie de la Veuve DELAGUETTE, rue de la
- Vieille-Draperie.
-
- [584] Le décret relatif aux chevaux et mulets appartenant aux
- émigrés et qui prononce leur confiscation et leur affectation
- au service de l'armée est du 15 août (DUVERGIER, t. IV, pp.
- 308-309). Je n'ai pas trouvé l'arrêté de la Commune, mais il dut
- être pris aussitôt, car la mesure fut immédiatement appliquée,
- ainsi que le prouve le passage suivant de la _Chronique de
- Paris_, du 18 août: «On a mis à exécution, ces deux derniers
- jours, le décret relatif aux chevaux des émigrés; plusieurs ont
- été saisis, mais beaucoup d'entre ceux à qui la garde en est
- confiée ont trouvé le moyen d'échapper à la loi et les faisaient
- (_sic_) conduire chez des gens qui les disaient ensuite à eux ou
- chez les marchands de chevaux affectés (_sic_) qui les ont mis au
- nombre de ceux dont ils font commerce.»
-
- [585] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 286 et
- n. 3.
-
- [586] Je ne connais pas cet arrêté.
-
- [587] Voici cette proclamation d'après l'affiche in-folio plano
- apposée par les soins de la Commune, Bib. nat., rec. fac. Lb{40}
- 1 (TOURNEUX, nº 6148); autre exemplaire: Bib. de la Ch. des Dép.,
- coll. d'aff. X147, portef. 6, l. 3, p. 35.
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PROCLAMATION
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des 48 sections. Du 18 août 1792, l'an 4e de la
- liberté et premier de l'égalité._
-
- Citoyens!
-
- Telle est la nature des crimes commis envers la souveraineté du
- peuple, dans la journée du 10 août; telle est l'atrocité de la
- trame ourdie au milieu des ténèbres épaisses de l'intrigue, que
- vos représentants, jaloux d'amener le moment de vos vengeances,
- croient devoir inviter ceux qui auront quelques renseignements à
- fournir sur les complots affreux de cette journée, à les dévoiler
- à leur Comité de surveillance. Citoyens! quand la Patrie est en
- danger, chacun de nous doit faire connaître les traîtres et les
- dévouer au glaive de la loi. Il s'agit de votre sûreté, de celle
- de vos épouses, de vos enfants, de celle de vos foyers. Hâtez-vous
- de nous faire connaître les coupables, et comptez sur toute
- l'activité de la loi.
-
- LEULLIER (_sic_: pour Lulier), _président_,
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- [588] Sur les essais de recensement des citoyens dans les
- sections après le 10 août, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10
- août 1792_, p. 319.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 19 AOUT
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le dix-neuf août, l'an 4e de la
-liberté, et le premier de l'égalité. Au commencement de la séance, M.
-Basty a fait différents rapports et lecture de lettres de l'armée du
-centre. MM. Clément et Bachelard ont été chargés de répondre à l'une
-d'elles datée de Saint-Amand.
-
-Il a été fait lecture d'un arrêté de la Municipalité, du 18 août[589],
-relatif à une lettre de Lafayette (_sic_) qui avait été déchirée par
-quelques citoyens; cet arrêté en ordonne la réimpression; cette
-lettre a été également lue[590];
-
-D'un arrêté du même jour concernant les passeports[591];
-
-D'un arrêté du Conseil général, du 16 août, concernant une affiche
-intitulée: _Les dangers de la Victoire_, sans nom d'auteur, et indiquant
-comme les imprimeurs, _les Amis de la Révolution_[592];
-
-D'un autre arrêté, du 17 août, sur les formalités à observer par ceux
-qui auraient des oppositions à former aux scellés apposés chez les
-personnes mises en état d'arrestation[593];
-
-D'un arrêté de la Municipalité, du 15 août, relatif au décret de
-l'Assemblée nationale qui porte que tous les citoyens [seront tenus] de
-monter personnellement leur garde[594];
-
-D'un autre arrêté portant qu'il sera fait envoi d'une lettre à
-différentes Municipalités pour les prévenir qu'on prépare une ligne
-défensive près Paris, et que toutes les communes y auront leur poste;
-cette lettre datée du 17 août, lecture en a été également faite[595];
-
-D'une proclamation du tribunal pour juger les conspirateurs[596];
-
-D'un arrêté de la Municipalité, du 18 août, par lequel les Comités de
-section seront chargés de faire, dans l'étendue de leur arrondissement
-respectif, le recensement des deux sexes (_sic_) blessés dans la
-journée du 10[597], et de l'adresser le plus tôt possible au secrétaire
-de la Municipalité; enfin d'un autre arrêté étant ensuite (_sic_), par
-lequel le Conseil général a arrêté que les commissaires des 48 sections
-nommés pour se rendre à l'armée de Lafayette (_sic_), seraient invités
-à suspendre leur départ, et que mention honorable serait faite
-au procès-verbal de l'empressement et du dévouement héroïques que les
-citoyens de Paris ont montrés dans cette circonstance[598].
-
-Sur la proposition faite par un membre, il a été arrêté que le Comité
-serait spécialement chargé de délivrer le certificat de serment civique
-aux citoyens qui se présenteraient, en leur faisant prêter serment,
-encore bien qu'ils déclarassent l'avoir prêté au sein de l'Assemblée
-générale.
-
-M. l'adjudant ayant fait son rapport à l'Assemblée qu'il était urgent
-qu'elle s'occupât de faire la nomination des cinq citoyens qui doivent
-composer la garde de sûreté de Louis 16[599],
-
-MM. Lagrange, Trécot (_sic_)[600], Landrieux, Bonnet de Paly, ont été
-nommés à cet effet.
-
-Sur la dénonciation faite la veille au Comité contre la Maison du
-collège de Louis Le Grand, M. Champagne, principal de ce collège,
-ayant demandé à être entendu, est entré dans tous les détails d'une
-justification, qui ont mérité les plus grands applaudissements. Il a
-mis sur le bureau un extrait du procès-verbal de la section du
-Panthéon français, qui est parfaitement conforme à l'exposé par lui fait
-à l'Assemblée; M. le Président l'a invité aux honneurs de la séance.
-
-Sur l'invitation faite par le Procureur de la Commune et en vertu d'un
-arrêté de la Municipalité, du 19 août, il a été procédé à la nomination
-du membre de la section pour remplacer le Département de Paris[601].
-
-MM. Barré le jeune, Allouch et Guittot ont été nommés scrutateurs, et,
-d'après le dépouillement fait du scrutin ouvert, M. Julliot père[602]
-ayant réuni une majorité de 102 voix a été nommé membre du Département
-de Paris.
-
-L'ordre du jour était la nomination du juge[603] et autres officiers du
-Comité; mais M. Julliot, chef de division, ayant fait part à l'Assemblée
-de la nécessité de s'occuper à l'instant de la nomination des officiers,
-de l'état-major et de la force armée du bataillon du Contrat social,
-
-L'Assemblée a arrêté qu'elle allait passer de suite à cette nomination.
-
-MM. Barré le jeune, Allouch et Guittot ayant été continués pour être
-scrutateurs, il a été procédé à ces nominations à scrutin ouvert.
-
-Ces scrutins dépouillés, il en est résulté:
-
- Que M. Basty a été nommé commandant à une majorité de 157 voix.
- M. Renard, commandant en second à une majorité de 95 ----
- M. Agard (_sic_), adjudant à une majorité de 74 ----
- M. Bonnet, porte-drapeau à une majorité de 20 ----
- M. Allan, chirurgien, à une majorité de 33 ----
- M. Letti, rue Coquillière, armurier, à une majorité de 41 ----
-
-La séance étant fort avancée et ne [se] trouvant plus dans l'Assemblée
-que 39 citoyens, M. Visinet a été nommé aumônier, en réunissant la
-totalité des voix.
-
-M. le Président a fait la proclamation de chaque nomination.
-
-Il a été arrêté que tout officier, de tel grade qu'il puisse être, sera
-révoqué à la volonté de la section, sitôt qu'il aura démérité ou perdu
-la confiance.
-
-Une députation de la section de Montreuil s'est présentée et a fait
-part à l'Assemblée d'un arrêté pris par elle, le 16 de ce mois[604],
-par lequel elle manifeste son voeu pour qu'il n'y ait plus de corps
-électoral et que les nominations des députés et fonctionnaires publics
-soient faites par le peuple dans les Assemblées primaires, et invite en
-conséquence les autres sections à se réunir mardi prochain au bureau
-central de correspondance, à huit heures, pour rédiger une adresse à
-l'Assemblée nationale à cet effet[605].
-
-M. Desvieux a rendu compte à l'Assemblée de différents objets relatifs
-aux circonstances, et a observé qu'il était urgent que l'Assemblée
-s'occupât de la nomination d'un Comité de surveillance composé de 12
-membres[606].
-
-L'Assemblée a arrêté que l'ordre du jour de demain serait la nomination
-du juge de paix, d'un secrétaire-greffier, de 16 commissaires du Comité
-de la section, de 6 assesseurs du juge de paix, et des 12 commissaires
-devant composer le Comité de surveillance.
-
-Il a été reçu 10 l. pour les blessés pour être remis à M. le curé.
-
-La séance a été levée à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [589] Voyez le procès-verbal de la Commune édité par Berville et
- Barrière (BARRIÈRE, _op. cit._, p. 152).
-
- [590] On trouvera à la Bibliothèque de la ville de Paris,
- fonds Charavay, vente de 1900, nº 116 (pièce manuscrite),
- l'interrogatoire, par l'Assemblée générale de la section du
- Luxembourg, d'un sieur Louis Leloup, garçon libraire, demeurant
- chez M. l'abbé Poncelin, rédacteur du _Courrier français_;
- le procès-verbal est daté du 18 août, 6 heures de relevée.
- L'inculpé, arrêté par le sieur Jacques Frangeon, lieutenant
- dans la légion de Luckner, est accusé d'avoir arraché, «pour
- complaire à un garçon perruquier», l'affiche imprimée par Patris
- (l'imprimeur de la Commune) et qui contenait le texte de la
- lettre de La Fayette à son armée. La section du Luxembourg décide
- que le délinquant sera conduit «à la section des Marseillais»
- (la section de Marseille, ci-devant du Théâtre-Français). Voici
- le texte même de l'affiche en question (p. imp., aff. in-fol.
- plano), Bib. nat., rec. fac. Lb{40} 1 (TOURNEUX, nº 6149);
- autres exemplaires: _ibid._, dép{t} des man., fonds français,
- nouv. acq., carton 2648, fol. 40 et Bib. de la Ch. des Dép.,
- coll. d'aff. X147, portef. 6, liasse 3, pièce 36:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des 48 sections._
-
- _Du 18 août 1792, l'an 4e de la liberté et premier de l'égalité._
-
- L'Assemblée générale, instruite que des citoyens, induits en
- erreur, avaient déchiré l'affiche contenant la lettre écrite
- par La Fayette à son armée, la regardant comme un moyen employé
- pour séduire les esprits faibles et timides; considérant que la
- connaissance de cette lettre doit être donnée à tous les citoyens,
- pour leur apprendre à signaler l'homme qui, depuis longtemps,
- couvert du masque de la liberté, n'a cherché qu'à la détruire,
- [et] que les nouveaux crimes de ce général contre-révolutionnaire
- ne peuvent avoir trop de publicité; a arrêté que la lettre
- de Lafayette (_sic_) à l'armée française, qu'il appelle
- audacieusement son armée, serait imprimée de nouveau et affichée.
-
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
-
- Suit la LETTRE
-
- _Extrait fidèle d'une lettre qui circule dans l'armée que
- Lafayette (sic) commande._
-
- «Soldats citoyens, il n'est plus rien à vous dissimuler; la
- Constitution que vous avez juré de maintenir n'est plus; les
- Marseillais et une troupe de factieux ont assiégé le château des
- Thuileries (_sic_). La garde nationale et les gardes suisses ont
- fait une vigoureuse résistance; mais, manquant de munitions, elles
- ont été obligées de se rendre. M. d'Affry, ses aides de camp et
- toute sa famille ont été massacrés.
-
-
- «Le roi, la reine et toute la famille royale se sont sauvés à
- l'Assemblée nationale. Les factieux s'y sont portés, tenant d'une
- main le fer et de l'autre la flamme, et l'ont forcée de décréter
- la suspension du roi, ce qu'elle a fait pour lui sauver la vie.
-
- «Citoyens, vous n'avez plus de représentants; l'Assemblée
- nationale est esclave, vos armées sont sans chefs. Pétion
- règne; le farouche Danton et ses satellites sont maîtres...
- Ainsi, soldats, choisissez si vous voulez rétablir sur le trône
- l'héritier de la couronne, ou si vous voulez Pétion pour roi.»
-
- Par un canonnier de l'armée du Centre à un citoyen de la Ville
- de Paris.
-
- N.-B. L'extrait ci-dessus et la lettre de son envoi, en date du
- 13 août, au Camp de Vaux, sont entre les mains de P. P. Borville,
- citoyen de la section du Théâtre-Français et de Marseille, rue de
- l'Hirondelle, hôtel de Rheims (_sic_).
-
- [591] Cet arrêté figure au procès-verbal de la séance du 18 août
- du Conseil général révolutionnaire édité par Berville et Barrière
- (BARRIÈRE, _op. cit._, p. 151). Voici le texte de l'imprimé
- à part (aff. in-fol. plano, Bib. nat., dép. des man., fonds
- français, nouv. acq., carton 2648, fol. 33); autre exemplaire:
- Bib. de la Ville de Paris, coll. d'aff. 10569 A, portef. 2, 1re
- partie, p. 53:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des 48 sections._
-
- _Du 18 août 1792, l'an 4e de la liberté et 1er de l'égalité._
-
- _Arrêté concernant les passeports_.
-
- Le Conseil général arrête: 1º Que chaque section enverra tous
- les jours, à 8 heures du soir, les différents _passeports et
- certificats de résidence_ qui auront été délivrés dans la journée.
-
- 2º Que ces _passeports et certificats de résidence_, visés
- le lendemain par les officiers municipaux, seront reportés à
- chaque section par la personne qui viendra apporter les nouveaux
- _passeports et certificats de résidence_ du jour, et que les
- Comités remettront aux citoyens les _passeports et certificats de
- résidence_ qui auront été obtenus.
-
- Le Conseil général arrête, en outre, que, dans les cas où les
- passeports seraient refusés par les officiers municipaux, les
- motifs du refus seraient exprimés en marge du passeport;
-
- Arrête enfin que le présent sera imprimé et affiché dans les
- lieux accoutumés.
-
- _Signé_: HUGUENIN, _président_.
- MÉHÉE, _secrétaire-greffier adjoint_.
-
- [592] Sur cet incident, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 400-402. On trouvera, à cet endroit, une analyse,
- avec extraits, de cette affiche, ce qui dispense d'en donner ici
- le texte _in extenso_. Quant à l'arrêté de la Commune, du 16
- août, simplement mentionné à la page 30 des _Procès-verbaux de
- la Commune_ édités par M. TOURNEUX, le voici, d'après l'imprimé
- à part (aff. in-fol. plano: Bib. nat., dép{t} des man., fonds
- français, nouv. acq., carton 2648, fol. 21):
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Du 16 août 1792, l'an 4e de la liberté et 1er de l'égalité._
-
- _Arrêté du Conseil général de la Commune._
-
- Sur la dénonciation faite par le substitut du procureur de la
- Commune, d'une affiche intitulée: _Les Dangers de la Victoire_,
- sans nom d'auteur et indiquant comme imprimeurs: _Les Amis de la
- Révolution_;
-
- Le Conseil général, considérant que dans un temps de Révolution,
- où le Peuple est environné de complots et d'ennemis, il ne doit
- point souffrir que de lâches libellistes reparaissent, pour
- calomnier la liberté et étouffer l'esprit public.
-
- Considérant que l'affiche intitulée: _Les Dangers de la
- Victoire_, tend à anéantir l'autorité que le Peuple a confiée,
- pour le salut public, aux représentants de la Commune, pour
- laisser un libre cours aux intrigues et aux attentats des
- ennemis de la Patrie, à semer la division entre les citoyens, en
- calomniant le patriotisme, et à trahir le Peuple, en le plongeant
- dans une dangereuse indifférence pour la chose publique, a
- arrêté que l'imprimeur des _Amis de la Révolution_, indiqué dans
- l'affiche, serait mandé aussitôt à la barre, pour rendre compte
- de sa conduite et pour en nommer l'auteur; arrête que le scellé
- sera mis sur les presses dudit imprimeur; a ordonné que le présent
- arrêté serait imprimé et affiché.
-
- Léonard BOURDON, _président_.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- Pour copie conforme à l'original:
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- [593] Cet arrêté a été imprimé à part en une affiche in-fol.
- plano dont on trouvera deux exemplaires au département des
- manuscrits de la Bibliothèque nationale (carton 2647, fol. 176
- et carton 2648, fol. 43). Je crois inutile d'en donner ici le
- texte car on le trouvera facilement, à la date indiquée, dans les
- procès-verbaux édités par Berville et Barrière (BARRIÈRE, _op.
- cit._, p. 146).
-
- [594] Voici le texte de cet arrêté d'après l'imprimé à part (aff.
- in-fol. plano, Bib. nat., dép{t} des man., fonds français, nouv.
- acq., carton 2648, fol. 20):
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des 48 sections._
-
- _Du 15 août 1792, l'an 4e de la liberté et premier de
- l'égalité._
-
- Le Conseil général des commissaires des 48 sections, réuni à la
- Maison Commune, chargé de pleins pouvoirs pour le salut public;
- considérant que, dans ces jours d'orages, beaucoup de citoyens
- malintentionnés emploient tous les moyens pour ne pas monter leur
- garde, et, par ces manoeuvres contre-révolutionnaires, cherchent
- à dégoûter les bons citoyens, en les surchargeant d'un service
- continuel;
-
- Arrête que tous les citoyens seront obligés de monter
- personnellement leur garde, en exécution du décret de l'Assemblée
- nationale.
-
- Les Assemblées générales des sections sont autorisées à nommer
- des commissaires pour veiller à l'exécution du présent arrêté et
- en rendre compte aux Assemblées générales de sections.
-
- Ordonne en outre à M. le Commandant général de veiller à ce que
- la liste de tous les citoyens des sections armées soit affichée
- dans tous les corps de garde, pour que chacun puisse en prendre
- connaissance et que tous les citoyens montent à leur tour; et,
- sur la conclusion de M. le substitut du Procureur de la Commune
- entendu, arrête que tous les officiers civils permanents et les
- représentants du Peuple à la Maison Commune seront tenus de monter
- leur garde par remplacement, ainsi que les citoyens âgés de
- soixante ans qui paient plus de trois livres d'impositions.
-
- Arrête en outre que le présent arrêté sera, dans la journée,
- imprimé, affiché dans tous les carrefours de la capitale et envoyé
- aux 48 sections.
-
- HUGUENIN, _président_.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- Pour copie conforme à l'original:
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- [595] Ces deux documents sont imprimés, à la suite l'un de
- l'autre, sur une affiche in-fol. plano, dont on trouvera
- un exemplaire mutilé au département des manuscrits de la
- Bibliothèque nationale, carton 2648, fol. 39. La lettre «aux
- municipalités circonvoisines» est peu intéressante. L'arrêté
- d'envoi stipule que la lettre sera adressée «sur-le-champ
- aux Communes qui sont dans la circonférence de Versailles:
- Saint-Germain, Argenteuil, Gonesse, Claie, Lagny, Tournan,
- Brie-Comte-Robert, Villeneuve-Saint-Georges, Corbeil et à tous
- les chefs-lieux des cantons extérieurs».
-
- [596] Le tribunal criminel extraordinaire dit: _du 17 août_. Il
- s'agit évidemment ici de l'une des deux pièces suivantes:
-
- 1º P. imp., aff. in-fol. plano: Bib. nat., Lb{39} 11163
- (TOURNEUX, nº 3445); autre exemplaire: Bib. de la Ch. des Dép.,
- coll. d'aff. X147, portef. 9, l. 18, p. 10.
-
- PROCLAMATION
-
- _Sur l'établissement du Tribunal pour juger les conspirateurs._
-
- Citoyens,
-
- On a voulu vous désunir et allumer entre vous la guerre civile:
- vous avez été lâchement et traîtreusement assassinés. Votre
- sagesse a déjoué les premiers complots; vous êtes restés unis:
- votre courage a vaincu vos ennemis et vous vous êtes rendus
- maîtres du champ de bataille. Vous avez eu la générosité de ne
- pas vouloir souiller vos mains du sang impur de vos assassins
- désarmés, vous avez abandonné votre vengeance à la loi; votre
- juste impatience ne sera point trompée: citoyens, la loi est
- rendue; les _Jurys_ d'accusation et de jugement nommés par vous,
- sont réunis; déjà ils ont commencé l'instruction des délits
- attentatoires à votre souveraineté. Il ne nous manquait plus
- qu'un tribunal également populaire et digne de votre confiance;
- l'Assemblée nationale vient de vous l'accorder et vous allez
- vous-mêmes le former sur-le-champ. Continuez donc, citoyens, à
- conserver la dignité qui convient à un peuple libre. Enfin vos
- jurés, vos juges ne tromperont point votre attente, et le glaive
- de la loi va frapper les têtes coupables.
-
- Léonard BOURDON, _président_.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- Pour extrait conforme à la minute déposée au secrétariat de
- la Municipalité, le 17 août 1792, l'an 4e de la liberté et le
- premier de l'égalité.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- 2º P. imp., aff. in-fol. plano: Bib. nat., fonds français, nouv.
- acq., carton 2648, fol. 34; autres exemplaires: Bib. de la Ville
- de Paris, coll. d'aff. 10569 A portef. 3, p. non numérotée; Bib.
- de la Ch. des Dép., coll. d'aff. X147, portef. 9, liasse 18,
- pièce 9.
-
- ARRÊTÉ
-
- DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES JURÉS
-
- _Au Nom du Peuple, pour le salut de la Patrie, de la liberté et
- de l'égalité._
-
- L'Assemblée générale des Jurés, considérant que la souveraineté
- du Peuple a été méconnue, que les ennemis de cette souveraineté
- se déguisent de toutes les manières, qu'ils prennent dans ce
- moment le masque de la popularité, pour parvenir à toutes les
- places et pour surprendre la loyauté du peuple, que la force de la
- souveraineté réside essentiellement dans la confiance bien méritée
- que le souverain (le Peuple) donne à ses délégués de tout genre,
- arrête ce qui suit:
-
- Aussitôt après la vérification des pouvoirs, M. le Président
- fera aux membres dont les pouvoirs seront vérifiés, les
- interpellations suivantes:
-
- Êtes-vous ou avez-vous été du Club des Feuillants et électeur de
- la Sainte-Chapelle?
-
- Avez-vous signé quelques pétitions contraires à la souveraineté
- du Peuple ou à ses intérêts?
-
- Aussitôt après sa réponse, le Président demandera aux membres
- admis, et de suite aux citoyens présents, s'ils ont quelques
- réclamations fondées à faire sur l'admission des membres. Après
- cet épurement, l'Assemblée générale des Jurés prononcera, par
- l'organe de son Président, l'admission du membre et de suite il
- prêtera les serments de dénoncer tous ceux qu'il connaîtrait pour
- avoir manifesté des principes contraires au présent arrêté, et
- celui prescrit par la loi des Jurés.
-
- Et sera le présent arrêté, à la diligence du Procureur syndic
- de la Commune, publié, affiché partout où besoin sera et un
- exemplaire envoyé aux 48 sections.
-
- Fait en Assemblée générale des Jurés, le 18 août 1792, l'an 4e
- de la liberté et le premier de l'égalité.
-
- LION, _président_.
-
- Pour copie conforme à la minute:
- LEYMERIE, _secrétaire_.
-
- [597] Arrêté mentionné aux _Procès-verbaux de la Commune_, édités
- par M. TOURNEUX, pp. 37-38, ainsi que sur un extrait manuscrit du
- registre des délibérations du Conseil général, dont on trouvera
- le texte à la note 598 de la page suivante.
-
- [598] Sur cette affaire, cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, p. 376. Voici le texte de la pièce manuscrite dont il
- est question ici, et qui contient les deux arrêtés, celui pour
- le recensement des victimes du 10 août, et celui relatif aux
- commissaires pour l'armée de La Fayette: Bib. nat., dép{t} des
- man., fonds français, nouv. acq., carton 2660, fol. 53; autres
- exemplaires: _ibid._, carton 2667, fol. 140 et carton 2698, fol.
- 351 (TUETEY, t. IV, nº 2631):
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des quarante-huit sections._
-
- _Du 18 août 1792, l'an quatrième de la liberté et premier de
- l'égalité._
-
- Le Conseil général arrête que les Comités de sections seront
- chargés de faire, dans l'étendue de leurs arrondissements
- respectifs, le recensement des personnes des deux sexes blessées
- dans la journée du 10 août et de l'adresser le plus tôt possible
- au secrétariat de la Municipalité.
-
- Le Conseil général arrête en outre que le présent sera envoyé
- aux Comités des 48 sections.
-
- _Signé_: HUGUENIN, _président_.
- TALLIEN. _secrétaire-greffier_.
-
- Pour extrait conforme à l'original:
- MÉHÉE, _secrétaire-greffier adjoint_.
-
- (En marge, d'une autre écriture: «il y a eu proclamation à cet
- égard.»)
-
-
- _Du 18 août 1792, l'an 4e de la liberté._
-
- Le Conseil général a arrêté que les commissaires des 48 sections
- nommés pour se rendre à l'armée de La Fayette et réunis en ce
- moment à la Maison Commune pour les préparations (_sic_) de ce
- voyage civique, seraient invités à suspendre leur départ et que
- mention honorable serait faite au procès-verbal de l'empressement
- et du dévouement héroïque que les citoyens de Paris ont montrés
- dans cette circonstance.
-
- _Signé_: HUGUENIN, _président_.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- Pour extrait conforme à l'original:
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- (En marge, d'une autre écriture: «MM. BOUCHER et PRELAT avaient
- été nommés.»)
-
- [599] Sur cette garde, voyez ci-dessus, p. 187.
-
- [600] Lisez évidemment Tricot, comme ci-dessus aux séances des 5
- et 8 août 1792.
-
- [601] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 418 et
- n. 4.
-
- [602] JULLIOT, Claude-François, 65 ans, ancien négociant.
-
- [603] Du juge de paix.
-
- [604] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté. Il est mentionné par
- MORTIMER-TERNAUX, _Histoire de la Terreur_, t. IV, p. 30.
-
- [605] Voyez F. BRAESCH, _la Commune du 10 août 1792_, pp. 566-567.
-
- [606] Sur ces premières ébauches de comités révolutionnaires de
- sections, voyez MELLIÉ, _Les Sections de Paris_, pp. 179-180, et
- F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 324-325.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 20 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le vingt août, l'an 4e de la
-liberté, et le 1er de l'égalité;
-
-Il a été fait lecture des procès-verbaux des 18 et 19 août qui ont été
-adoptés.
-
-M. Renard, qui avait été nommé commandant en second de la force armée de
-la section du Contrat-social, a donné la démission de sa place.
-
-L'Assemblée lui a manifesté des regrets de ce que les occupations
-particulières de M. Renard ne lui permettaient pas d'accepter cette
-place, et a arrêté qu'elle s'occuperait de cette nomination dans la
-séance de demain.
-
-Un membre a observé à l'Assemblée qu'aux termes de l'un de ses arrêtés,
-les membres composant le bureau de l'Assemblée n'étaient nommés que pour
-quinze jours, et que, ce délai étant expiré, il était nécessaire qu'elle
-s'occupe (_sic_) du renouvellement de ces membres.
-
-L'Assemblée a arrêté que le renouvellement en serait fait à l'ouverture
-de la séance de demain.
-
-M. Bachelard ayant soumis un modèle de cartes pour entrer aux
-Assemblées, il a été arrêté qu'il était adopté.
-
-M. Favreau, graveur, citoyen de la section ayant fait l'offre de graver
-ces cartes gratuitement,
-
-L'Assemblée a accepté son offre généreuse et a arrêté que mention
-honorable en serait faite dans le procès-verbal.
-
-Deux commissaires du Comité de surveillance de la Maison commune
-[s'étant présentés] et ayant communiqué à M. le Président qu'ils étaient
-chargés d'une mission secrète dans l'arrondissement de la section,
-et qu'il était nécessaire que l'Assemblée nomme (_sic_), dans les
-commissaires du Comité, un citoyen pour leur être adjoint, M. Péronnard
-a été choisi pour remplir cette mission.
-
-Il a été lu une lettre du Procureur de la Commune, du 20 août, par
-laquelle il prévient l'Assemblée qu'elle doit, conformément au décret du
-11 de ce mois, s'occuper, le 25 du courant prochain (_sic_), de choisir
-les électeurs chargés de nommer les députés à la Convention nationale.
-
-Et il prévient en même temps que l'électeur de la section qui a nommé
-le nouveau tribunal criminel [aura] à se trouver demain matin pour
-remplacer M. Andrieux juge suppléant qui a donné sa démission[607].
-
-L'ordre du jour était la nomination du Comité de la section et des
-six assesseurs du juge de paix, et des douze membres de la Commission
-de surveillance; avant de procéder à ces nominations, l'Assemblée a
-arrêté que les six assesseurs seraient adjoints aux commissaires qui
-composeront le Comité.
-
-MM. Barré, Renard et Leprêtre ont été nommés scrutateurs.
-
-M. Légier, ayant réuni 179 voix, été réélu juge de paix de la
-section[608].
-
-M. Lebé ayant réuni 66 voix à été nommé secrétaire-greffier du juge de
-paix.
-
-Un membre ayant observé que, les membres qui composent le Comité
-provisoire[609] ayant par leur zèle et leur dévouement à la chose
-publique confirmé[610] l'opinion qu'avait eue l'Assemblée en leur
-accordant sa confiance, elle pouvait se dispenser de procéder à leur
-nomination par le scrutin, mais qu'il suffisait que l'appel nominal fût
-fait, et que l'Assemblée, consultée sur chacun d'eux par assis et levés,
-confirmât chacune desdites nominations;
-
-L'Assemblée ayant adopté ce mode, il a été fait lecture des noms de tous
-les membres composant le Comité provisoire, et, après que sur chacun
-d'eux l'Assemblée a été consultée,
-
-L'Assemblée a confirmé[611] la nomination de MM. _Poupart_[612],
-_Perronnard_, _Visinet_, _Brillardet_ (_sic_)[613], _Leudet_, _Gillet_,
-_Gérard_, _Bellet fils_, _Lefèvre_, _Bourgougnat_, _L'Héritier fils_,
-_Bachelard_, _Giffey_ (_sic_), _Larsonnier_, _Martel_, _Didelot fils_
-et _Grappin_. Dans le cours de l'appel, M. Perdrix (_sic_), du Comité
-provisoire, ayant donné sa démission, il a été passé de suite à celui
-qui le suivait.
-
-Et, comme le Comité était composé de dix-huit membres, et que le
-tour de M. Grainville s'est trouvé le 18e, les seize premiers ayant
-été réélus, l'Assemblée n'a point été consultée sur M. Grainville; il a
-été seulement observé que, lors de la nomination des assesseurs[614],
-son nom serait un des premiers présentés à l'Assemblée.
-
-Il a été reçu pour les blessés 20 l. qui ont été remises à M. le curé.
-
-Et l'Assemblée a arrêté qu'elle s'occuperait demain de la nomination des
-six assesseurs et des douze commissaires qui doivent composer le Comité
-de surveillance.
-
-La séance a été levée à 11 heures.
-
-
- NOTES:
-
- [607] Voici le texte de cette circulaire de MANUEL: P. man., Bib.
- nat., fonds français, nouv. acq., carton 2660, fol. 59 (TUETEY,
- t. V, nº 2033); autres exemplaires: _ibid._, carton 2672, fol.
- 37; Bib. de la Ville de Paris, fonds Charavay, vente de 1900, nº
- 116.--(L'une des pièces est datée par erreur du 20 juin.)
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- PROCUREUR DE LA COMMUNE
-
- _Le 20 août 1792, l'an 4e de la liberté, 1er de l'égalité._
-
- Je vous prie, Monsieur le Président, de prévenir l'Assemblée
- qu'elle doit, conformément au décret du 11 courant, s'occuper,
- le 25 de ce mois, du choix des électeurs chargés de nommer les
- députés à la Convention nationale.
-
- Je vous serai également obligé, Monsieur le Président, de
- prévenir les électeurs de votre section qui ont nommé le nouveau
- tribunal criminel, de vouloir bien se réunir demain matin pour
- remplacer M. Andrieux qui a donné sa démission.
-
- P. MANUEL.
-
- P.-S. Quant à la partie de ma lettre relative au remplacement
- de M. Andrieux, comme il est possible qu'il y ait d'autres
- démissionnaires, je crois à propos d'attendre, pour ne pas
- multiplier les opérations sans nécessité.
-
- [608] Cette élection violait un arrêté de la section du 13 août
- portant que les fonctionnaires suspendus ne pourraient être
- réélus dans le Comité permanent (cf. ci-dessus, p. 182 et n.
- 535). Aussi la Commune intervint-elle et, le 23 août, cassa
- l'élection de Légier (voyez ci-après, pp. 220 et 221).
-
- [609] Le Comité provisoire avait été formé les 13 et 15 août (cf.
- ci-dessus, pp. 182 et 189).
-
- [610] Le texte porte, par erreur: «... conformé...».
-
- [611] Même observation.
-
- [612] Curé de la paroisse de Saint-Eustache (voyez ci-dessus, p.
- 182).
-
- [613] Sans doute le même individu que le _Baillardet_ de la
- séance du 10 août 1792.
-
- [614] Il s'agit des six assesseurs du juge de paix, dont
- l'élection distincte n'aurait pas été nécessaire si l'Assemblée
- avait procédé à une véritable élection, car les six personnes
- ayant obtenu le plus grand nombre de voix après les dix-huit
- premiers devenaient de droit assesseurs, aux termes de l'arrêté
- de la Commune, du 15 août (voyez ci-dessus, p. 189, n. 555).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 21 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté, et le
-premier de l'égalité.
-
-L'Assemblée de la section du Contrat-social, après avoir adopté la
-rédaction du procès-verbal de la veille,
-
-Arrête que MM. Renard et Grappin sont nommés commissaires pour se
-présenter chez M. Desvieux et lui demander compte de l'emploi des
-fonds destinés aux fédérés et, dans le cas où ses occupations ne lui
-auraient pas permis de remplir la mission dont il avait été chargé,
-les commissaires sont autorisés à retirer les fonds des mains de M.
-Desvieux, d'en faire l'emploi aux dits fédérés, et d'en justifier
-incessamment à l'Assemblée.
-
-Arrête en outre, que les fonds déjà reçus pour les piques, montant à
-cent une livres, seront employés incessamment à en faire la fabrication,
-et que MM. Renard et Julliot, à qui les fonds ont été remis, sont nommés
-commissaires pour surveiller l'exécution de cet arrêté.
-
-Il a été reçu de M. le curé 5 l. pour les piques.
-
-L'Assemblée, prenant en considération la position critique des orphelins
-Andrau, sapeur du bataillon de la Jussienne, mort des suites des
-blessures qu'il a reçues à la journée du 10 août,
-
-Arrête qu'elle nommera deux commissaires pour s'informer de la situation
-desdits orphelins et lui en faire rapport, et charge, en outre lesdits
-commissaires de s'occuper de faire obtenir aux dits orphelins les
-secours qui leur sont dus aux termes des décrets de l'Assemblée
-nationale[615]; et elle a nommé pour commissaires, MM. Gibbon et
-Bachelard.
-
-M. Saussay fait sa soumission pour dix piques; l'Assemblée, en
-applaudissant à sa générosité, arrête qu'il en sera fait mention
-honorable dans le procès-verbal.
-
-Sur la lecture d'une lettre de M. Sauvage, citoyen de la section, qui
-envoie à l'Assemblée ses épaulettes et la garniture de son bonnet
-d'officier de grenadiers, pour le soulagement des veuves et orphelins
-des citoyens morts à l'affaire du 10 août, et qui consacre son bonnet à
-être envoyé aux frontières,
-
-L'Assemblée arrête que les épaulettes et la garniture seront vendues par
-MM. Gibbon et Bachelard, et qu'ils en rendront compte, arrête en outre
-que le bonnet sera conservé au Comité pour être remis au premier citoyen
-de la section qui partira pour les frontières.
-
-Sur la lecture d'une autre lettre, venant de M. Périn qui s'est présenté
-à l'Assemblée, pour la prier d'autoriser le Comité de sa section de
-recevoir son serment et de lui en délivrer certificat; l'Assemblée est
-passée à l'ordre du jour, attendu que tout citoyen domicilié aux termes
-de la loi, a droit de prêter son serment.
-
-Avant de passer à l'ordre du jour, l'Assemblée a nommé pour président
-M. Renard, pour vice-président M. Barré le jeune, pour secrétaires, MM.
-Leprêtre et Frosté.
-
-L'ordre du jour était la nomination des six assesseurs du juge de paix
-et des douze commissaires du Comité de surveillance.
-
-Avant de procéder à la nomination, s'est présentée une députation de
-la section des Gravilliers; la section des Gravilliers a arrêté[616]:
-1º que Sylvain Bailly, ci-devant maire, sera contraint de rendre ses
-comptes d'administration incessamment par-devant qui il appartiendra,
-conformément au décret; 2º qu'il sera tenu de rendre à ladite section
-7.040 l. qu'elle lui a prêtées; 3º que le commissaire de la section
-fera part à la Municipalité de la nécessité d'un logement aux barrières;
-4º que M. Bailly sera déclaré en état d'arrestation.
-
-N{a}.--Les commissaires des sections sont invités à se réunir,
-demain 22 du courant, pour se plaindre de l'inactivité des tribunaux,
-dans l'une des salles de la Commune que l'on avait oublié de fixer dans
-les pouvoirs délivrés hier.
-
-Un de Messieurs les députés[617] a proposé un modèle de haussecol pour
-qu'il fût adopté par l'Assemblée.
-
-Sur toutes ces propositions l'Assemblée a arrêté l'ajournement à demain.
-
-L'Assemblée est passée ensuite à la nomination des six assesseurs du
-juge de paix[618]; M. le vice-président après avoir mis aux voix la
-priorité, l'Assemblée a nommé par acclamation MM. _Renard_, _Barré le
-jeune_, _Thévenin_, _Gérard_, _Genty_ et _Quettier_. Ensuite elle a
-nommé M. Grainville pour commissaire de la section au lieu et place de
-M. Gérard; de suite l'Assemblée a arrêté qu'elle allait nommer douze
-commissaires[619], lesquels ont été: MM. _Proviel_, _Lard_, _Didelot
-père_, _Aubin_, _Bonnet_, _Audrieux_ (_sic_), _Reignier_, _Henry_,
-_Favreau_, _Bayard_, _Favre_, _Bonnel_ (_sic_).
-
-Un membre de l'Assemblée a proposé ensuite d'envoyer la liste de tous
-les citoyens nommés à la Municipalité pour qu'elle jugeât s'il n'y avait
-pas de réclamation à faire sur leur compte; l'Assemblée a adopté la
-proposition; de plus l'Assemblée a arrêté que tous les membres ci-dessus
-nommés voudront bien prêter demain, devant elle, le serment prescrit par
-la loi, et aussi qu'ils n'ont point été du club de la Sainte-Chapelle,
-de celui des Feuillants; et qu'ils n'ont signé ni la pétition des vingt
-mille, ni celle des huit mille[620].
-
-M. le Président a remis entre les mains de M. le curé 40 l. pour le
-soulagement des veuves et orphelins des malheureuses victimes de la
-journée du 10 août.
-
-L'ordre du jour de demain doit être la nomination du commandant en
-second de la force armée de la section du Contrat-social.
-
-La séance a été levée à onze heures.
-
-
- NOTES:
-
- [615] Décret du 12 août 1792 (DUVERGIER, t. IV, p. 301).
-
- [616] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté.
-
- [617] Il s'agit des députés de la section des Gravilliers
- présents à la séance.
-
- [618] Lors de la formation du Comité provisoire (cf. ci-dessus,
- pp. 182 et 189) l'Assemblée avait seulement choisi dix-huit
- membres sans s'occuper des six assesseurs du juge de paix. Il
- s'agit donc ici d'une élection nouvelle.
-
- [619] Les membres du Comité de surveillance ou de police dont la
- création avait été décidée le 19 août (cf. ci-dessus, p. 207 et
- n. 606).
-
- [620] La question des clubistes et pétitionnaires anticiviques a
- joué un grand rôle dans la politique parisienne après le 10 août
- (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp. 351-353).
- Il en sera plusieurs fois question dans la suite du présent
- procès-verbal.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 22 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le vingt-deux août, l'an 4e de
-la liberté et le 1er de l'égalité.
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la dernière
-séance, lequel a été adopté.
-
-Sur la proposition d'un membre de l'Assemblée de s'occuper de la
-Convention nationale[621], l'Assemblée a ajourné à demain la lecture des
-articles de la loi à cet égard.
-
-Ensuite il a été fait lecture d'un arrêté de la Commune, du 11 août
-présent mois, portant nomination de M. Billaud-Varenne, au lieu et place
-de M. Danton, substitut du procureur de la Commune[622]. L'Assemblée a
-confirmé cette nomination.
-
-Il a été aussi fait lecture de la liste des électeurs du département
-de Paris, qui se sont réunis en club à la Sainte-Chapelle. Après
-cette lecture M. Allant (_sic_), ayant demandé et obtenu la parole,
-a rappelé que, le 26 décembre dernier, il a dénoncé à l'Assemblée
-générale de la section la liste imprimée des électeurs réunis à la
-Sainte-Chapelle[623], sur laquelle son nom est porté par erreur, qu'il
-n'a jamais été du club de la Sainte-Chapelle, mais bien M. Alcan,
-autre électeur de cette section, ainsi que celui-ci en était convenu,
-et, pour justifier ce qu'il avançait, M. Allan a remis sur le bureau
-la réclamation qu'il avait fait insérer dans le _Courrier des
-quatre-vingt-trois départements_, le 1er janvier dernier[624]; en
-conséquence il a requis de l'Assemblée acte de sa réclamation, afin de
-détromper ses concitoyens. L'Assemblée, rendant justice au civisme de M.
-Allan, et convaincue que c'est par erreur que son nom a été porté sur
-la liste des électeurs du club de la Sainte-Chapelle, a arrêté que la
-Commune serait priée de faire rayer de cette liste le nom de M. Allan
-et d'y faire substituer celui de M. Alcan, qui est véritablement celui
-qui devait exister sur la liste comme[625] ayant été de ce club, et
-qu'extrait du procès-verbal serait délivré à M. Allan pour lui servir de
-justification.
-
-M. Allan, profitant de la parole qui lui avait été accordée, a remercié
-l'Assemblée de ce qu'elle avait bien voulu l'appeler à la place de
-chirurgien-major de la section, et a observé que M. Brunié (_sic_), qui
-était chirurgien-major du bataillon de Saint-Eustache, avait rendu de
-grands services au dit bataillon et méritait de partager l'honneur qui
-lui avait été fait par l'Assemblée.
-
-L'Assemblée, sensible au procédé de M. Allan et rendant justice au
-civisme de M. Brunié et à son zèle à donner ses soins aux malades et
-blessés de la section, l'Assemblée a arrêté qu'il serait adjoint à M.
-Allan.
-
-Un citoyen a présenté un projet de carte d'entrée aux Assemblées de la
-section.
-
-L'Assemblée a nommé plusieurs commissaires pour examiner ledit projet
-et en faire leur rapport. Et un instant après, ces mêmes commissaires
-ayant fait leur rapport et ayant été d'avis d'admettre ce projet de
-cartes, l'Assemblée a adopté l'avis de ses commissaires; en conséquence,
-a arrêté que ces cartes seraient imprimées en noir, et a chargé le
-Comité de faire faire cette impression en nombre suffisant et à faire
-les premières avances.
-
-M. Desvieux ayant demandé et obtenu la parole, il a représenté à
-l'Assemblée les sommes qui avaient été déposées entre ses mains pour
-être distribuées aux braves Marseillais, [et] a témoigné combien il
-était affecté de ce que quelques citoyens avaient élevé des doutes sur
-sa délicatesse[626].
-
-L'Assemblée a déclaré que M. Desvieux n'avait pas perdu un seul instant
-de sa confiance et l'a autorisé à garder ces fonds, pour en faire
-l'emploi suivant la voix (_sic_) de l'Assemblée et à la charge d'en
-rendre compte.
-
-Une députation de MM. les gendarmes à pied compagnie de la rue du
-Bouloir[627] s'est présentée, et a été reçue avec applaudissements;
-l'un d'eux a porté la parole et a dit que, malgré les efforts de leurs
-chefs pour les dégager de la bonne cause, ils n'en étaient pas moins
-restés fermes dans leurs principes, qui sont ceux de la liberté et
-de l'égalité; ce discours, dont nous ne rapportons ici[628] que la
-substance, a été terminé par une expression (_sic_): _J'ai trouvé mon
-discours dans le coeur de mes camarades; la plus belle impression
-qu'il puisse faire, est de le graver dans vos coeurs._ Ce discours
-a été vivement applaudi, et M. le président, au nom de l'Assemblée, a
-témoigné à la députation combien l'Assemblée était satisfaite, qu'elle
-n'avait jamais douté de leur civisme, [et] que, le 14 juillet 1789,
-comme le 10 août 1792, ils avaient donné des preuves éclatantes de leur
-amour pour la liberté et l'égalité.
-
-Cette députation s'étant retirée au milieu des applaudissements, il
-a été procédé à la prestation de serment de MM. les commissaires
-de section, de M. le juge de paix, son secrétaire-greffier, de ses
-assesseurs et des commissaires composant le Comité de surveillance; ce
-serment a été prêté individuellement par MM. _Poupart_, _Perronard_
-(_sic_), _Vesinet_ (_sic_), _Balardelle_, _Lindet_, _Gillet_,
-_Grainville_, _Bullet fils_ (_sic_)[629], _Lefèvre_, _L'Héritier
-fils_, _Bachelard_, _Giffay_ (_sic_), _Larsonnier_, _Martel_, _Didelot
-fils_, _Grapin_ (_sic_), _Légier_, _Labay_, _Renard_, _Barré
-jeune_, _Genty_, _Luctier_, _Proviel_, _Lard_, _Didelot père_, _Aubin_,
-_Audrieux_ (_sic_), _Régnier_, _Henry_, _Favreau_, _Bayard_ et _Favre_.
-
-MM. Thévenin, Bonnet [et Bonnelle][630] qui avaient été nommés, le
-premier assesseur du juge de paix, et les deux autres commissaires,
-ayant donné leur démission, l'Assemblée a ajourné à demain la nomination
-d'un assesseur et de deux commissaires en leur lieu et place.
-
-MM. Gibon (_sic_) et Bachelard, qui avaient été nommés commissaires
-pour prendre des renseignements sur la situation des enfants de défunt
-M. Andrau[631], mort de blessures qu'il a reçues à la journée du dix
-de ce mois, ont fait rapport que ledit défunt sieur Andrau est décédé
-ne laissant aucune fortune mais trois enfants dont un âgé de 21 ans
-était absent, et les deux autres encore trop jeunes pour gagner leur
-vie, qu'ils étaient dans un dénuement absolu et méritaient des faveurs
-provisoires, sauf à les présenter à la Commune de Paris pour participer
-à la distribution des faveurs à accorder aux veuves et orphelins des
-citoyens morts des blessures qu'ils ont reçues dans la journée du dix
-août.
-
-A l'instant plusieurs citoyens ont fait leurs offrandes.
-
-M. Paillette a fait remettre par M. Légier sur le bureau une somme de
-cinquante livres, savoir: 25 l. pour les veuves et orphelins et blessés,
-et 25 l. pour la fabrication des piques.
-
-M. Corpet 20 l., M. Boucher, 30 l. Plusieurs citoyens entr'eux, 18 l. 15
-s. Total 118 l. 15 s., savoir: 25 l. pour la fabrication des piques et
-93 l. 15 s. pour le soulagement des veuves et orphelins.
-
-M. Julliot, ancien commandant et actuellement chef de légion, a fait
-remettre ses épaulettes et dragonne en or, pour être converties en
-piques.
-
-M. Renard n'ayant point accepté le grade de commandant en second auquel
-l'Assemblée l'avait appelé[632], il s'est agi de procéder à une nouvelle
-nomination, et, à cet effet, MM. Firmin (_sic_), Champsaur et Jaubert
-ont été nommés scrutateurs.
-
-Il a donc été procédé à la nomination d'un commandant en second par
-scrutin ouvert; le nombre des voteurs (_sic_) était de ______ (_sic_).
-Le sieur Reignier, ayant réuni 67 voix, par conséquent la majorité des
-suffrages, a été proclamé commandant en second; mais M. Reignier n'ayant
-point accepté par des motifs qu'il a déduits, l'Assemblée a ajourné à
-demain la nomination d'un autre commandant en second.
-
-Enfin la séance a été levée à 10 heures et demie du soir.
-
-
- NOTES:
-
- [621] C'est-à-dire du mode de formation de la Convention
- nationale.
-
- [622] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 301 et
- n. 7.--Voici le texte de l'arrêté de la Commune, en date du 11
- août.
-
- COMMUNE DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des quarante-huit sections._
-
- _Du 11 août, l'an quatrième de la liberté et premier de
- l'égalité_.
-
- Sur la proposition du Procureur de la Commune, de remplacer M.
- Danton, appelé au Ministère de la Justice, le Conseil général a
- nommé M. Billaud-Varenne, substitut du Procureur de la Commune, et
- a arrêté que ce choix serait confirmé par les 48 sections.
-
- _Signé_: HUGUENIN, _président_.
- BERNARD, _secrétaire_.
-
- Pour copie conforme à l'original:
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- De l'imprimerie de Patris, imprimeur de la Commune, place de
- l'Estrapade, nº 10.
-
- [623] Il y a eu plusieurs listes imprimées des électeurs réunis
- en club à la Sainte-Chapelle. Sur ces documents, cf. F. BRAESCH,
- _La Commune du 10 août 1792_, p. 351, n. 6.
-
- [624] Voici cette réclamation dont j'ai retrouvé le texte dans
- _Le Courrier des LXXXIII départements_, nº du 1er janvier 1792,
- p. 13.
-
- _Réclamation._--Un bon et digne citoyen, M. Allan, chirurgien
- et électeur de la section des Postes, qui ne _dort plus_ depuis
- qu'il a vu son nom accolé aux _chapelains clubistes_[H] nous
- adresse la lettre suivante: «Je tiens autant à la vérité qu'à
- L'HONNEUR, mon cher camarade; aussi je vous prie de donner la
- plus prompte publicité à ma lettre. J'ai vu avec étonnement mon
- nom sur la liste imprimée des électeurs de la Sainte-Chapelle.
- Le fait est que je n'ai jamais eu l'idée de me présenter à cette
- société, et je défie que l'on trouve mon nom sur ses registres.
- J'ignore comment l'auteur de la liste a pu faire cette méprise,
- mais j'ai cru de mon devoir et de mon HONNEUR de dénoncer le fait
- mercredi dernier à l'Assemblée générale de ma section, et j'ai eu
- la satisfaction de voir qu'elle était pleinement convaincue de la
- pureté de mes intentions. J'invite donc le rédacteur de la liste
- à faire de nouvelles recherches, et à rectifier une erreur qui
- _blesse_ mon patriotisme.
-
- _Signé_: ALLAN.
-
- [H] La vérité nous force à dire qu'il y a cependant de
- très-honnêtes gens dans ce club; mais ce sont des gens
- confiants et captés, dont l'honorable probité est déçue.
-
- [625] Au lieu du mot «... comme...», le manuscrit original porte
- quelque chose comme: «... érenue...» ou «... avenue...», ce qui
- ne signifie rien.
-
- [626] A la séance du 21 août (voyez ci-dessus, p. 210.)
-
- [627] Il s'agit sans doute (voyez la suite du présent
- procès-verbal) des anciens gardes-françaises qui, comme on l'a vu
- précédemment, avaient été versés dans les nouvelles compagnies de
- gendarmerie nationale.--La rue du Bouloir s'appelle aujourd'hui,
- rue du Bouloi.
-
- [628] Le manuscrit original porte: «... cest...», ce qui est un
- non-sens; j'ai pensé que le copiste n'avait pas su déchiffrer la
- minute et que celle-ci portait le mot: «... ici...»
-
- [629] Serait-ce pour Bellet fils? (Voir ce nom à l'_Index_.)
-
- [630] J'ai pu ajouter ce dernier nom qui manque dans le texte
- original, grâce au procès-verbal de la séance du 23 août (voir
- ci-après, p. 220).
-
- [631] Voyez ci-dessus, pp. 210-211. Ici le texte original porte:
- «... Audriau...»; j'ai conservé la forme: Andrau, de la page 210.
-
- [632] Le 19 août (voyez ci-dessus, p. 206). Il avait donné sa
- démission dès le lendemain (voyez p. 207).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 23 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté, et le
-1er de l'égalité, le 23 août.
-
-La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la veille,
-qui a été adopté. Ensuite un membre de l'Assemblée est monté à la
-tribune pour faire la lecture d'une liste des citoyens qui se sont
-rendus au club de la Sainte-Chapelle; cette liste inculpe MM. Poupart et
-Légier, pour s'y être trouvés; l'Assemblée, incertaine si cette liste
-est digne de foi, a nommé deux commissaires, savoir MM. Langlois et
-Campion, pour aller consulter la Municipalité sur cet article.
-
-M. Saussay, citoyen de la section du Contrat-social, a envoyé douze
-piques[633] qui ont été remises au Comité; M. le Président, au nom
-de l'Assemblée, a témoigné sa reconnaissance au citoyen patriote qui
-fait ce don, et a déclaré que mention honorable en serait faite au
-procès-verbal.
-
-L'ordre du jour a été réclamé par l'Assemblée.
-
-L'Assemblée avait ajourné la veille qu'on s'occuperait de ce qui regarde
-les orphelins mineurs Andrau[634]. Un des commissaires nommés pour
-cette affaire est monté à la tribune, et, dans le rapport qu'il a fait
-à l'Assemblée, il lui a déclaré que la Commune leur avait accordé trois
-cents livres[635]; sur la demande de M. Renard, l'Assemblée a
-arrêté que les commissaires la déposeraient[636] entre les mains de M.
-le curé, jusqu'à ce qu'elle eût décidé s'il faudrait la leur remettre à
-eux-mêmes; l'ajournement a été mis à demain au commencement de la séance.
-
-Ensuite, on a fait lecture de trois lettres: la première est de M. le
-Procureur de la Commune, qui charge, au nom du Conseil général de la
-Commune, le Comité permanent de chaque section de recevoir le serment
-des fonctionnaires publics, et de faire apposer les scellés sur les
-cloches des paroisses de son arrondissement[637].
-
-La seconde lettre est de M. Saussay qui annonce à M. le Président les
-piques qu'il envoie.
-
-La troisième est de M. James qui envoie son bonnet de grenadier, ses
-épaulettes, son sabre, et sa plaque et ceinturon, pour les bataillons
-qui se forment pour voler aux frontières.
-
-Avant de passer à l'ordre du jour, un membre de l'Assemblée est monté
-à la tribune pour lire un projet concernant les électeurs pour la
-Convention nationale; l'ajournement a été mis à demain.
-
-L'ordre du jour est réclamé; il s'agissait de nommer un commandant en
-second.
-
-L'Assemblée a nommé pour scrutateurs: MM. Baillard, Le Boeuf et
-Pierson. M. Bayard a été nommé commandant en second à la majorité: le
-nombre des votants s'est monté à 226, et M. Bayard a eu 92 voix; le
-surplus a été partagé entre plusieurs membres.
-
-Pendant la nomination, il s'est présenté une députation de la section du
-Ponceau, qui informe l'Assemblée d'une découverte que l'on a faite dans
-les prisons de la capitale, et notamment au Châtelet, d'une quantité
-de faux billets de caisses patriotiques, maisons de secours, et faux
-assignats; elle fait connaître un arrêté qu'elle a pris à ce sujet,
-qui est de demander à la Commune: que l'entrée de toutes les prisons
-sera absolument interdite à toutes personnes; 2º qu'il sera établi une
-garde de citoyens patriotes pour surveiller ses concierges, geôliers et
-garçons de guichets; 3º que tous les Comités de surveillance de chaque
-section visiteront successivement chaque jour toutes les prisons[638].
-
-M. le Président a témoigné à MM. les députés, au nom de toute
-l'Assemblée, la satisfaction que lui donne leur zèle et leur patriotisme
-et les a invités aux honneurs de la séance.
-
-L'ajournement de la discussion de l'arrêté de la section du Ponceau, et
-de l'arrêté de la section des Gravilliers dont il a été fait mention
-dans un des précédents procès-verbaux à été remis à l'ordre du jour de
-demain.
-
-M. Légier[639] est monté à la tribune pour se disculper du reproche
-qui lui est fait dans la liste[640] de s'être trouvé au club de la
-Sainte-Chapelle. Plusieurs sont montés après lui, les uns pour appuyer
-sa défense, les autres pour le combattre. Enfin M. Thomas y est monté à
-son tour et a conclu à ce que les dénonciateurs fournissent des preuves
-suffisantes pour le convaincre; sa proposition a été mise aux voix et
-adoptée à la majorité[641].
-
-Ensuite il a [été] fait lecture de plusieurs adresses de la Commune
-de Paris, dont les unes regardent la prestation du nouveau serment,
-les autres l'organisation de la garde nationale et la formation d'un
-camp sous les murs de Paris; d'autres enfin concernant différents
-règlements, par rapport au Département et aux nouveaux fonctionnaires
-publics[642].
-
-Il a encore été lu deux adresses intitulées _Section de Marseille_, dont
-une a été prise spécialement en considération par l'Assemblée[643].
-
-L'Assemblée est passée à la nomination d'un assesseur du juge de paix,
-à la place de M. Thévenin qui a donné sa démission. Elle a nommé par
-acclamation M. Frosté; ensuite elle a nommé par acclamation MM. Baudelan
-et l'Odely pour commissaires de section, au lieu et place de MM. Bonnet
-et Bonnelle qui ont donné aussi leur démission.
-
-L'Assemblée a reçu le serment de M. Baudau; sur la demande qui a été
-faite par le Comité de continuer la séance, la permanence a été mise aux
-voix et adoptée à la pluralité.
-
-La discussion a été agitée par rapport aux cartes que l'on doit aux
-citoyens.
-
-L'Assemblée a arrêté qu'il sera établi un bureau dans l'église, où les
-commissaires délivreront les cartes aux citoyens en mettant le numéro de
-leurs cartes à côté de leur nom qui sera sur la liste des commissaires
-recenseurs.
-
-Un des membres de l'Assemblée, ayant été dénoncé pour avoir mis dans
-sa poche une langue fourrée en apposant le scellé chez un particulier,
-s'est présenté à l'Assemblée pour se disculper, et, étant indigné
-d'une pareille dénonciation, il a remis sur le bureau son écharpe
-de commissaire en disant qu'il ne voulait pas l'être davantage.
-L'Assemblée, satisfaite de la justification de son commissaire, de son
-zèle et de son patriotisme, l'a engagé à reprendre son écharpe et à
-continuer ses fonctions.
-
-Sur ces entrefaites, M. Langlois, qui avait été envoyé commissaire à
-la ville au sujet de MM. Poupart et Légier, a rapporté une lettre de la
-Municipalité qui déclare nulle la nomination de M. Légier aux fonctions
-de juge de paix, et qui arrête que la section du Contrat-social
-procédera au remplacement et nomination d'un nouveau juge de paix.
-
-La séance a été levée à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [633] Il n'en avait promis que dix le 21 août (cf. ci-dessus, p.
- 211).
-
- [634] Voyez ci-dessus, p. 216. Le texte original porte ici: «...
- Audran...».
-
- [635] _Procès-verbaux de la Commune_, édités par M. TOURNEUX, pp.
- 53-54 (séance du 23 août): «Une somme de 300 livres est accordée
- à la section des Postes pour subvenir aux besoins de trois
- enfants dont le père, nommé Pierre Andreau (_sic_), est mort des
- blessures qu'il a reçues dans la journée du 10 août. Le conseil
- arrête qu'il sera ouvert deux registres dans chaque section pour
- y recevoir les réclamations des citoyens blessés et des veuves
- des citoyens morts dans cette journée.»
-
- [636] C'est-à-dire: «déposeraient cette somme».
-
- [637] Un exemplaire de cette circulaire manuscrite a figuré à la
- vente Charavay de 1862 (voyez la p. 126 du catalogue de cette
- vente), puis à la vente Charavay de 1900 (sous le nº 230). Il se
- trouve aujourd'hui à la Bibliothèque de la Ville de Paris. Voici
- le texte de cette pièce qui porte l'adresse suivante: «A M. le
- Président de la section de Sainte-Geneviève».
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Paris, le 23 août 1792, l'an 4e de la liberté, 1er de l'égalité._
-
- PROCUREUR DE LA COMMUNE
-
- Le Conseil général de la Commune, Monsieur le Président,
- par un arrêté du 21 de ce mois, a cru devoir charger le Comité
- permanent de chaque section de recevoir le serment de satisfaire à
- la loi et à leur conscience. Le tableau sera envoyé au Procureur
- de la Commune. Les employés de différentes administrations doivent
- se présenter dans vos Assemblées. Mais tout commis, avant que de
- jurer la liberté et l'égalité, doit, quand il est salarié par la
- Municipalité, vous prouver une inscription dans la garde nationale
- dès 1790, puisque la loi en avait fait un devoir, et la quittance
- de toutes les contributions.
-
- La Commune n'a pas le droit de nourrir des conspirateurs. Les
- places ne sont pas destinées pour des imbéciles ou des traîtres
- qui ont mieux aimé servir un roi que leur Patrie; elles doivent
- être la preuve et le prix des services rendus à la Révolution;
- tout employé doit subir la censure d'une Assemblée générale qui
- sera son juge et sa caution.
-
- M. le Procureur de la Commune invite MM. du Comité permanent de
- la section de prévenir les électeurs du juré qu'ils doivent se
- rassembler demain, à 10 heures du matin, pour faire de nouvelles
- nominations.
-
- Vous voudrez bien, M. le Président, faire apposer à l'instant
- les scellés sur les cloches de paroisse de votre arrondissement et
- ne laisser que les deux plus petites en activité, ainsi le veut la
- loi, et l'en demande l'exécution à la rigueur; incessamment ces
- cloches vont être enlevées; la matière sera convertie en canons et
- leur son ne sera plus importun qu'aux ennemis de la Patrie.
-
- P. MANUEL.
-
- [638] Je ne connais pas autrement cet arrêté de la section du
- Ponceau. Sur les bruits de fabrication de faux assignats et
- billets de confiance dans les prisons en 1791 et 1792, voyez
- TUETEY, _Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire
- de Paris pendant la Révolution française_, t. III, Introduction,
- pp. XVI-XVIII et t. VI, Introduction, p. XI; et cf. F. BRAESCH,
- _La Commune du 10 août 1792_, pp. 813, 498-499 et 483, n. 3.
-
- [639] Réélu juge de paix le 20 août (cf. ci-dessus, p. 209).
-
- [640] La liste des électeurs à la Sainte-Chapelle dont il a été
- question à plusieurs reprises précédemment.
-
- [641] Légier devait être remplacé, le lendemain, sur l'ordre de
- la Commune, mais pour d'autres raisons (voyez ci-après, pp. 220
- et 221).
-
- [642] Pour toutes ces questions, voyez F. BRAESCH, _La Commune du
- 10 août 1792_, pp. 319-320, 327-331, et 760 et suiv.
-
- [643] J'ignore à quelles adresses le présent procès-verbal fait
- allusion ici.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 24 AOUT 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an 4e de la liberté et le
-1er de l'égalité.
-
-La séance a commencé par la lecture du procès-verbal qui a été adopté.
-
-L'Assemblée a arrêté ensuite qu'il sera nommé des commissaires pour
-délivrer des cartes aux citoyens à commencer dès demain; ceux qui
-ont été nommés sont MM. Langlois, Megras, Mibolot, Le Gros, Légier,
-Firmin-François[644], Destouches, Thomas, Darson, Pousiel, Sedaine.
-
-Il a été fait lecture pour la seconde fois d'un arrêté du 23 août 1792
-portant que le Conseil général de la Commune, en se référant à ses
-différents arrêtés qui veulent qu'aucun fonctionnaire public suspendu
-par le Conseil général depuis la journée du 10 août ne puisse être
-appelé ni porté aux nouvelles élections, déclare nulle la nomination
-de M. Légier aux fonctions de juge de paix[645]; en conséquence arrête
-que la section du Contrat-social procédera au remplacement et à la
-nomination d'un nouveau juge de paix[646].
-
-La discussion s'est ouverte: plusieurs ont été contre l'arrêté de
-la Commune et voulaient qu'on nommât des commissaires à l'Assemblée
-nationale.
-
-Plusieurs au contraire étaient pour l'arrêté et voulaient qu'on passât à
-la nomination. Entre autres M. Légier lui-même. Enfin pour terminer tous
-les débats la discussion a été mise aux voix et l'Assemblée a arrêté
-à la pluralité qu'elle serait fermée de suite. Elle est passée à la
-nomination d'un juge de paix. Sur ces entrefaites, M. Barré, assesseur
-et vice-président, a donné sa démission, motivée, non seulement sur
-l'arrêté de la Municipalité[647], mais encore sur sa propre
-détermination; M. Genty a été nommé vice-président, au lieu et place de
-M. Barré.
-
-On est passé ensuite à la nomination d'un juge de paix; on a nommé trois
-scrutateurs, qui sont MM. Pierson, Balardel et James.
-
-M. Lindet a été nommé juge de paix à la majorité de 44 voix, par le
-scrutin ouvert, M. Pierson pour assesseur du juge de paix, et M. Caffin
-pour commissaire du Comité, tous deux par acclamation; les trois
-personnages nouvellement nommés ont prêté leur serment en jurant d'être
-fidèles à la nation, de maintenir la liberté, l'égalité, ou de mourir à
-leur poste; de plus ils ont juré qu'ils n'avaient été ni au club de la
-Sainte-Chapelle, ni à celui des Feuillants et qu'ils n'avaient signé ni
-la pétition des 20 mille, ni celle des 8 mille.
-
-La séance a été levée à minuit et demi.
-
-
- NOTES:
-
- [644] FIRMIN-FRANÇOIS, marchand tailleur sous les piliers de la
- Tonnellerie, ancien membre du Comité civil de la section (d'après
- l'_Almanach général du département de Paris, pour l'année 1791_).
-
- [645] Sur cette élection (voyez ci-dessus, p. 209 et n. 608).
-
- [646] Les _Procès-verbaux de la Commune_ édités par M. TOURNEUX
- et qui sont tirés des papiers de Chaumette contiennent, à la
- date du 23 août (p. 56), la mention suivante de cet arrêté: «Le
- Conseil annule la nomination de M. Légier [à la] fonction de juge
- de paix.»
-
- [647] En effet BARRÉ, Jean-Antoine, bourgeois demeurant rue
- Montorgueil, nº 89, avait fait partie de l'ancien Comité civil
- de l'époque constitutionnelle (voyez ci-dessus, p. 10).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 25 AOUT
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le 25 août, l'an 4e de la
-liberté et le 1er de l'égalité.
-
-L'Assemblée, après avoir adopté le procès-verbal de la veille, a arrêté
-que l'Assemblée primaire ouvrirait demain à 10 pour 11 h. du matin
-(_sic_)[648]; a arrêté que le président ferait connaître la loi relative
-à ceux qui ne se sont pas fait enregistrer dans la garde nationale
-depuis 1790, et s'ils pouvaient occuper des places;
-
-A arrêté que les commissaires du Comité de surveillance feraient demain
-la lecture de la liste des pétitionnaires des 8 mille[649];
-
-A arrêté que la proposition faite par M. Poupart de nommer sur-le-champ
-les commissaires demandés par la Commune pour apposer les scellés
-sur les effets d'or, d'argent ou de cuivre des églises, sera renvoyée au
-Comité de surveillance pour nommer ces mêmes commissaires[650].
-
-Il a été fait lecture de différentes pièces, plus intéressantes les unes
-que les autres, parmi lesquelles s'est trouvée une adresse des citoyens
-de la ville d'Orléans aux patriotes parisiens dont mention honorable a
-été demandée dans le procès-verbal, ainsi que de celle du département
-des Bouches-du-Rhône[651].
-
-L'Assemblée a nommé MM. Poupart et Boussaroque, tuteurs des enfants
-mineurs Andrau[652].
-
-Il a été fait lecture d'une lettre de M. Quettier, qui donne sa
-démission d'assesseur du juge de paix, laquelle a été acceptée. M.
-Frosté a donné aussi sa démission d'assesseur et de secrétaire, et a
-envoyé ses épaulettes et sa dragonne en or pour les veuves et orphelins
-des malheureuses victimes de la journée du 10 août. Mention honorable a
-été demandée dans le procès-verbal.
-
-M. Peronard (_sic_) a remis sur le bureau ses galons de sergent-major,
-M. Bachelard est chargé de les vendre et d'en remettre le montant à M.
-Poupart.
-
-Un membre de l'Assemblée a lu un projet d'adresse à l'Assemblée
-nationale sur le mode qu'on doit employer par rapport aux électeurs
-qui doivent nommer les députés à la Convention nationale.
-
-M. Langlois a demandé que l'Assemblée fût autorisée à nommer elle-même
-ses électeurs à la Convention nationale et que, s'il y avait contre eux
-quelque inculpation, elle fût libre de les révoquer; la proposition a
-été adoptée.
-
-La séance a été levée à 10 heures ½.
-
-
- NOTES:
-
- [648] C'est-à-dire sans doute que les portes de le salle seraient
- ouvertes à 10 heures et que la séance commencerait à 11 heures.
-
- [649] Le jour même, 25 août, les membres du Comité de
- surveillance de la section du Contrat-Social dénonçaient à
- la législative comme «esclaves des tyrans que nous venons
- de renverser», un certain nombre des personnages les plus
- en vue de la section des Postes, au premier rang desquels
- Payen-Deslauriers, représentent de la section à la Commune
- centrale, qui devait être dénoncé à la section le lendemain (voir
- ci-après, pp. 224-225).--Voici le texte de la dénonciation du
- Comité de surveillance de la section du Contrat-Social, en date
- du 25 août (p. man., Bib. nat., dép{t} des man., fonds français,
- carton 6574, fol. 34-35).
-
- _Pétition faite à l'Assemblée nationale par le Comité de
- surveillance de la section du Contrat-Social, ci-devant des
- Postes._
-
- _Ce 25 août 1792, l'an 4e de la liberté et le 1er de l'égalité._
-
- Législateurs, dans ces instants où la Patrie est en danger, où
- tous bons citoyens (_sic_) doivent s'armer pour la défendre, la
- soutenir et la venger, nous osons paraître devant vous pour, comme
- membres du Comité de surveillance permanent, dénoncer des ingrats,
- esclaves des tyrans que nous venons de renverser, qui n'ont pas
- hésité de signer l'arrêt qui devait causer notre perte et celle
- totale de nos frères, qui, comme des Césars ont reçu la mort
- pour nous maintenir dans cette liberté et cette égalité que nous
- chérissons et que nous soutiendrons au péril de notre vie.
-
- Oui, Législateurs, nous nous présentons devant vous, pour vous
- prouver les intentions de notre section et réclamer votre autorité
- afin d'avoir de la Commune un pouvoir authentique pour poursuivre
- des hommes indignes de partager avec nous cette sainte Liberté que
- leur conduite a déshonorée.
-
- Ces hommes en place ou fonctionnaires publics sont: MM. CHAUDOT,
- notaire; GIRAULT nommé par le ci-devant roi commissaire
- conciliateur en Amérique; LAURENT, membre du tribunal du 2e
- arrondissement; PAYEN-DESLAURIERS, municipal; BRUNIER, médecin.
-
- Ces hommes, Législateurs, méritent une censure, votre mépris et
- notre indignation.
-
- Prononcez, Législateurs, leurs châtiments, vous ne pouvez les
- soustraire à la juste rigueur de la Loi qui les attend.
-
- [650] Sur cette question, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10
- août 1792_, pp. 883 et suiv.
-
- [651] Je n'ai pas trouvé ces adresses.
-
- [652] Le texte original porte: «... Androt...»; J'ai conservé la
- forme: Andrau, de la p. 210 (voyez aussi p. 216 et n. 631, et p.
- 217 et n. 634).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 26 AOUT
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le vingt-six août, l'an 4e de la
-liberté et le 1er de l'égalité;
-
-La lecture du procès-verbal de la veille a été remise à demain; un
-des membres du Comité de surveillance a fait lecture d'une liste de
-plusieurs citoyens de la section qui ont signé la pétition qui s'est
-trouvée chez les notaires[653].
-
-Un autre membre est monté à la tribune pour certifier son âge en
-présentant son extrait baptistaire; [il] s'est justifié sur le reproche
-qu'on lui avait fait la veille d'avoir insulté quelques membres de
-l'Assemblée.
-
-M. Bachelard a demandé que la liste des citoyens qui ont été au club de
-la Sainte-Chapelle, ou qui ont signé les pétitions des 8 ou 20 mille fût
-apportée sur le bureau à chaque séance, qu'elle fût affichée au Comité
-et au corps de garde, et lue pendant 4 séances dans l'Assemblée. La
-proposition a été mise aux voix et adoptée.
-
-Sur la lecture de la liste des pétitionnaires sur la journée du 20 juin,
-l'Assemblée ayant observé que M. Payen dit Deslauriers (_sic_) s'étant
-trouvé l'un des signataires de cette pétition, l'un des commissaires
-de la section, membre actuel de la Municipalité, était à l'instant de
-garde chez le Roi (_sic_)[654], et considérant qu'il serait dangereux
-qu'un citoyen devenu suspect restât à un poste aussi important, a arrêté
-qu'elle nommerait deux commissaires, qui iraient à l'instant vers
-les représentants de la Commune pour leur faire savoir qu'elle rappelle
-sur-le-champ à sa section M. Payen des Lauriers et qu'elle invite la
-Municipalité à le faire remplacer à l'instant[655]. Les commissaires
-nommés ont été MM. Balardel et Gérard.
-
-L'Assemblée a arrêté, par une seconde observation, que les mêmes
-commissaires sont pareillement chargés de dénoncer M. Laurent, juge
-conciliateur au 2e tribunal de conciliation, et plusieurs autres encore
-qui ont aussi signé la même pétition, tels que MM. Fagot, Mory, Jouquet
-(_sic_), etc...
-
-A arrêté ensuite qu'on inviterait MM. Gorsas, Audouin, auteurs de la
-_Sentinelle_, et autres[656], à faire part à l'Assemblée de toutes les
-découvertes qu'ils voudraient bien continuer de faire.
-
-M. Basty, commandant en chef de la section armée du Contrat-social, a
-apporté sur le bureau ses épaulettes de capitaine et sa dragonne en or,
-pour faire des piques; l'Assemblée a applaudi à son patriotisme et a
-demandé qu'il en fût fait mention honorable dans le procès-verbal.
-
-La séance a été levée à 2 heures et demie et ajournée à demain.
-L'Assemblée, suivant l'arrêté du 26 août, a nommé MM. Pierron,
-L'héritier fils, Magdelaine (_sic_), Le Roux (_sic_), pour la garde
-auprès du roi.
-
-
- NOTES:
-
- [653] C'est la pétition dite _des 20.000_ ou _pétition
- Guillaume_, contre la journée du 20 juin.
-
- [654] C'est-à-dire: «que M. Payen, dit Deslauriers, l'un des
- commissaires de la section, membre actuel de la Municipalité, et
- en ce moment même de garde chez le roi, s'était trouvé l'un des
- signataires de cette pétition.»
-
- [655] Payen-Deslauriers faisait en effet partie, depuis le 13
- août, de la représentation de la section à la Commune (voyez
- ci-dessus, p. 182).
-
- [656] Le texte porte: «... Corsas, Audoin...». Gorsas éditait le
- journal _Le Courrier des 83 départements_; Audouin, le _Journal
- universel_; quant à la _Sentinelle_, c'était le journal de Louvet.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 27 AOUT
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le 27 août, le 4e de la liberté
-et le 1er de l'égalité;
-
-Le second procès-verbal adopté sauf rédaction (_sic_)[657], avec
-l'insertion du nom des signataires des pétitions inciviques. MM. les
-administrateurs et commis composant le bureau de liquidation et de
-correspondance ayant demandé à être admis pour déposer une offrande
-patriotique, l'Assemblée les a admis à l'instant. Le Sr Le Bret de
-Saint-Martin, l'un d'eux, après avoir fait connaître le civisme desdits
-citoyens, a déposé sur le bureau 400 l., dont moitié pour les blessés,
-veuves et orphelins de la section dans la journée du dix, et l'autre
-moitié pour une médaille d'or, que la section décernera au citoyen de
-la section qui fera une action éclatante pour le bien public, et que le
-nom de ce citoyen sera gravé au milieu de cette médaille, avec cette
-inscription autour: «la Section du Contrat-social reconnaissante», son
-âge et l'action, qu'il aura faite et sur le revers, «il a fait telle
-action en telle année».
-
-L'Assemblée a arrêté qu'il serait fait mention honorable du civisme de
-ces Messieurs, et de leur don généreux, qu'acte leur serait délivré
-du serment qu'ils ont demandé à prêter et qu'ils ont prêté au sein de
-l'Assemblée.
-
-L'Assemblée arrête aussi qu'extrait du procès-verbal leur serait
-pareillement délivré.
-
-Un citoyen qui a voulu rester inconnu a envoyé deux assignats de 5
-l., dont 1 pour les frais de la guerre, et l'autre pour les veufs et
-orphelins de la section pour la journée du 10 août.
-
-Il a été aussi fait lecture de plusieurs arrêtés du Conseil général.
-
-Le 1er sur la dénonciation, qui lui a été faite, de verre pilé
-trouvé[658] dans le pain que l'on donne aux enfants de la Pitié et
-de la Salpêtrière, dénonciation que la Municipalité a reconnue pour
-fausse[659].
-
-Le 2e sur les cimetières et les cérémonies funèbres; arrêté qui enjoint
-de ne plus enterrer dans l'enceinte de la ville, et que les cimetières
-seront tous à l'avenir dans les dehors de la ville, et, en deuxième
-lieu, que les prêtres ne pourront exiger ni recevoir de rétribution
-volontaire pour quelqu'objet que ce soit, sous peine de destitution[660].
-
-Il a été aussi admis une députation de la section des Lombards[661]. Le
-Président a répondu au nom de l'Assemblée qu'elle prendrait l'objet
-de leur mission en très grande considération.
-
-Il a été ensuite fait lecture de l'acte du Corps législatif relatif à la
-Convention nationale[662].
-
-Sur l'observation de plusieurs citoyens que l'arrêté de la Municipalité
-interdirait (_sic_) [le] droit de voter aux signataires des
-pétitions[663];
-
-M. Giffey (_sic_) ayant fait part à l'Assemblée d'un numérotage
-incivique, ladite Assemblée l'a renvoyé par-devant le Comité[664];
-
-L'Assemblée a arrêté que tous citoyens, pour ne pas perdre leurs droits
-de citoyen se pourvoieraient devant le Comité de surveillance, pour
-y indiquer ceux qui les ont séduits ou engagés à signer les infâmes
-pétitions.
-
-L'Assemblée a arrêté en outre qu'elle n'admettrait à aucune
-justification ceux qui, par leurs lumières, ont pu discerner le but de
-ces inciviques pétitions, et que, dès cet instant, elle les rejetait de
-son sein, ne les reconnaissant plus pour citoyens.
-
-L'Assemblée ensuite est passée à l'ordre du jour pour la nomination
-de président et secrétaires pour les Assemblées primaires et l'appel
-nominal. L'Assemblée a nommé pour scrutateurs MM. Desvieux, Jams (_sic_)
-et Langlois. M. Renard ayant obtenu la majorité, il a déclaré qu'il
-ne pouvait accepter, vu qu'il était chargé de plusieurs fonctions
-où l'Assemblée l'avait appelé. M. Desvieux, ayant, après M. Renard,
-réuni la majorité, a été proclamé président, et M. Jams (_sic_),
-vice-président, M. Langlois, secrétaire et M. Régnier, vice-secrétaire,
-en suivant le scrutin par la majorité relative, et selon l'invitation du
-Corps législatif pour accélérer les opérations.
-
-L'Assemblée a entendu aussi une lettre de la Municipalité concernant le
-Camp[665]. Il a été arrêté que, dans le jour de demain, on proclamerait
-au son du tambour que tous les citoyens qui désirent concourir
-aux travaux du Camp et surtout les charpentiers seraient invités à
-se présenter au Saint-Esprit[666], où ils prendront connaissance des
-travaux à faire pour le Camp.
-
-L'Assemblée a levé la séance à minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [657] Je suppose que ce texte signifie ceci: On a lu les
- procès-verbaux des 25 et 26 août (celui du 25 n'avait pas
- été lu, le 26: cf. ci-dessus, p. 224). Le second de ces deux
- procès-verbaux (c'est-à-dire celui du 26) a été adopté sauf
- rédaction, etc...
-
- [658] Le texte porte: «... de verres pilés trouvés...».
-
- [659] Voici, à ce sujet, ce que porte le procès-verbal de la
- séance de la Commune du 26 août (édition TOURNEUX, pp. 62-63):
- «Sur le bruit répandu qu'il existait du verre pilé dans le pain
- distribué aux enfants de la Pitié, ainsi qu'à la Salpêtrière, le
- Conseil nomme deux commissaires pour s'y transporter et vérifier
- les faits. Ces commissaires ont reconnu en présence du peuple
- qu'il n'existait aucun fragment de verre pilé dans le pain, que
- seulement quelques enfants, _pour faire des niches_ à leurs
- camarades, en avaient inséré dans quelques morceaux, et, pour
- empêcher que les ennemis du bien public ne profitent de cette
- circonstance pour semer l'alarme, le Conseil ordonne l'impression
- et l'affiche du procès-verbal des commissaires.»--Je n'ai pas
- trouvé cette affiche.
-
- [660] C'est le grand arrêté du 23 août pour la suppression du
- casuel et la réglementation du mode des inhumations. J'ai donné
- une analyse de ce document dans mon ouvrage sur _La Commune du 10
- août 1792_, pp. 898-899 (on en trouvera la cote à la n. 1 de la
- p. 899).--Voici le texte même _in extenso_ de cet arrêté d'après
- l'imprimé officiel à part:
-
- COMMUNE DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des 48 sections._
-
- _Du 23 août 1792, l'an 4e de la liberté et 1er de l'égalité._
-
- ARRÊTÉ RELATIF AUX ENTERREMENTS ET A LA SUPPRESSION DU CASUEL.
-
- Le Conseil général, considérant qu'au moment où le règne de
- l'égalité vient enfin de s'établir par la sainte insurrection d'un
- peuple justement indigné par la longue oppression dont il a été la
- victime, cette égalité précieuse doit exister partout.
-
- Considérant que les cérémonies religieuses, actuellement
- observées pour les sépultures, étant contraires à ces principes
- sacrés, il est du devoir des représentants de la Commune de tout
- ramener à cette précieuse égalité que tant d'ennemis coalisés
- s'efforcent de détruire.
-
- Considérant que, dans un pays libre, toute idée de superstition
- et de fanatisme doit être détruite et remplacée par les sentiments
- d'une saine philosophie et d'une pure morale;
-
- Considérant que les ministres du culte catholique étant payés
- par la Nation, ils ne peuvent, sans se rendre coupables de
- prévarication, exiger un salaire pour les cérémonies de ce culte;
-
- Considérant enfin que le riche et le pauvre étant égaux pendant
- leur vie, aux yeux de la loi et de la raison, il ne peut exister
- de différence entre eux au moment où ils descendent au tombeau;
-
- Le Procureur de la Commune entendu;
-
- Le Conseil général arrête: 1º Conformément aux lois
- antérieures, tous les cimetières existant dans l'enceinte de la
- Ville seront fermés et transportés au delà des murs.
-
- 2º A compter du jour de la publication du présent arrêté,
- toutes les cérémonies funèbres, faites par les Ministres du culte
- catholique seront uniformes.
-
- 3º Il ne pourra y avoir plus de deux prêtres à chaque
- enterrement, non compris les porteurs du corps.
-
- 4º Toute espèce de cortège, composé d'hommes portant des
- flambeaux ou des cierges, est interdite.
-
- 5º La Nation accordant un salaire aux Ministres du culte
- catholique, nul ne peut exiger ni même recevoir aucune somme pour
- les cérémonies religieuses, funèbres ou autres.
-
- 6º A compter de ce jour, toute espèce de casuel, même
- volontairement payé, est supprimé.
-
- 7º Tout prêtre qui aura exigé ou reçu aucune espèce
- d'honoraires pour les baptêmes, mariages, enterrements ou autres
- cérémonies, encourra la destitution.
-
- 8º A compter du jour également toutes espèces de tentures de
- deuil, soit à la porte du défunt, soit à celle du temple, soit
- même à l'intérieur sont supprimées.
-
- 9º La voie publique appartenant à tous, nul ne peut en disposer
- pour son avantage particulier; en conséquence, tous conducteurs
- d'enterrements et autres cérémonies extérieures d'un culte
- quelconque ne pourront jamais occuper pour leur cortège qu'un seul
- côté de la rue, de manière que l'autre reste entièrement libre
- pour les voitures et pour les citoyens se rendant à leurs affaires.
-
- 10º Il sera néanmoins fait une exception à l'article ci-dessus,
- pour les honneurs funèbres rendus aux citoyens morts pour la
- défense de la liberté.
-
- 11º Toute espèce de prérogatives ou privilèges étant abolie
- par la Constitution, nul ne peut avoir, dans un temple, une place
- distinguée; en conséquence les oeuvres et autres endroits où
- se plaçaient les marguilliers, fabriciens ou confrères, sont
- supprimés.
-
- 12º Les curés et vicaires ne pourront exiger, pour les extraits
- de baptêmes, sépultures ou mariages, que le remboursement du
- timbre.
-
- 13º Le présent arrêté sera imprimé, affiché, envoyé aux 48
- sections et notifié à tous les curés de Paris.
-
- HUGUENIN, _président_.
- TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
-
- [661] Je pense qu'il s'agit de la protestation élevée par la
- section des Lombards, le 25 août, contre les abus de pouvoir
- de la Commune centrale (cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 433-434).
-
- [662] Le décret du 11 août sur la formation de la Convention et
- l'élection des électeurs pour les Assemblées primaires à partir
- du dimanche 26 août.
-
- [663] Il s'agit de l'arrêté de la Commune, du 17 août, déclarant
- «incapables de remplir aucunes fonctions» tous ceux qui auraient
- fait partie du club de la Sainte-Chapelle ou signé des pétitions
- anticiviques (procès-verbal de la Commune, édité par Berville et
- Barrière; édition BARRIÈRE, p. 147).
-
- [664] J'ignore la signification de ce passage. Il est
- probable d'ailleurs qu'il est mal placé et qu'il faut lire:
- «sur l'observation de plusieurs citoyens.....», etc., etc...
- «l'Assemblée a arrêté...».
-
- [665] Il s'agit sans doute d'une circulaire manuscrite de la
- commission du Camp sous les murs de Paris, en date du 27 août. Il
- en existe un exemplaire (adressé à la section des Gravilliers)
- aux Archives de la Seine, VD*, tome III, pièce 124.
-
- Voici le texte de ce document:
-
- MUNICIPALITÉ DE PARIS
-
- _Extrait du registre des délibérations du Conseil général des
- commissaires des quarante-huit sections._
-
- _Du 27 août 1792, l'an 4e de la liberté et 1er de l'égalité._
-
- Messieurs les Commissaires formant le bureau de police des 48
- sections sont chargés, au nom de la Patrie, de faire demander
- sur-le-champ, dans leurs sections respectives, toutes les pioches
- et piques, bêches, pelles ferrées, haches et cognées qu'ils
- trouveront dans leurs sections et dont on peut encore se servir
- pour être employées aux travaux du Camp qu'il est urgent de
- pousser avec la plus grande célérité; l'estimation de ces outils
- sera faite par un serrurier et un maçon, et [ils] demeureront
- déposés à la section; le prix en sera payé le lendemain de la
- livraison. Vous voudrez bien, Messieurs, faire passer, dans le
- jour, à la Commission, Cour du Saint-Esprit, par une ordonnance,
- les états signés de ceux qui en auront livré. Vous prendrez
- également les soumissions de ceux qui pourront en fournir des
- neufs et les jours auxquels ils pourront les livrer. Vous voudrez
- bien aussi prévenir les ouvriers qui voudront être employés aux
- travaux d'apporter avec eux leur tournée et leur pelle.
-
- De la Commission du Camp, sous les murs de Paris.
-
- MM. ROULET.
- PINON.
- CHALMET.
- LEVACHER.
-
- [666] Cour du Saint-Esprit où se trouvait le siège de la
- commission du Camp (voyez le texte de la pièce éditée à la note
- 665 de la page précédente).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 28 AOUT 1792
-
-
-L'an 1792, le 4e de la liberté, et le premier de l'égalité, le 28 août.
-
-En l'absence de M. Desvieux, président, l'Assemblée à nommé M. Ferry
-(_sic_) doyen d'âge, et elle a entendu la lecture du procès-verbal;
-plusieurs réclamations au sujet de l'arrêté pris la veille sur les
-signataires des pétitions inciviques ont occasionné des débats longs et
-bruyants; l'Assemblée consultée a fermé la discussion.
-
-M. le Président arrivé, plusieurs citoyens ont réclamé contre
-l'organisation du bureau pour les Assemblées primaires, et contre
-l'incompatibilité des fonctions de président de l'Assemblée, et de
-celles de juge de tribunal, dont M. Desvieux était pourvu. Après une
-très orageuse discussion, l'Assemblée a décidé que les fonctions de
-président de l'Assemblée et de juge n'étaient point incompatibles,
-attendu qu'un juge ne cesse pas d'avoir droit de suffrages.
-
-Il a été ensuite proposé d'interpeller chaque citoyen qui
-demanderait à parler, s'il avait oui ou non signé les pétitions
-inciviques; après des débats longtemps prolongés, l'Assemblée a fermé la
-discussion.
-
-Cette proposition mise aux voix, l'Assemblée a décidé l'affirmation
-(_sic_).
-
-L'exécution de cet arrêté a excité des troubles si énormes d'une portion
-de l'Assemblée, que M. le Président a été obligé de requérir la force
-publique.
-
-L'officier de la force armée a rendu compte à l'Assemblée qu'un citoyen,
-requis au nom de la loi de descendre de la tribune, a répondu qu'il
-ne descendrait pas au nom de la loi, mais de _(sic)_ celui de ses
-concitoyens et qu'il saurait repousser la force par la force; qu'ils
-seraient[667], à ce qu'il paraissait, obligés de prendre les armes les
-uns contre les autres. M. Guirault (_sic_) a été dénoncé être [ce]
-citoyen; après beaucoup de bruit, l'Assemblée est passée à l'ordre du
-jour.
-
-Un membre ayant demandé si l'Assemblée maintiendrait l'exécution de
-ses précédents arrêtés, l'Assemblée a décidé l'affirmation (_sic_).
-Cet arrêté a excité de nouveaux éclats. M. Bodau (_sic_) a été
-nominativement rappelé à l'ordre pour avoir scandaleusement plusieurs
-fois troublé les délibérations.
-
-On a fait lecture d'un arrêté de la Commune qui n'enveloppe point dans
-l'exclusion des droits de suffrages les signataires de la pétition des
-8 mille, vu que le plus grand nombre des signataires ont été séduits.
-L'interdiction ne roule que sur les colporteurs et présentateurs de
-cette pétition à la signature[668].
-
-M. Servagnet, adjudant de ce temps[669], se croyant compromis dans cette
-interdiction, a fait une observation: il a déclaré qu'il a dû apporter
-au poste cette pétition puisqu'il l'avait reçue de ses chefs à l'ordre;
-mais qu'il n'avait engagé personne à la signer.
-
-De nouvelles réclamations au sujet des signataires de la pétition des
-20 mille, ont occasionné de nouveaux débats; l'Assemblée passe à
-l'ordre du jour, et il est arrêté que les citoyens seront invités à ne
-pas donner leur suffrage aux signataires de la pétition des 20 mille,
-sans pour cela les priver du droit de voter.
-
-M. l'adjudant a lu l'ordre[670] et un arrêté de la Commune qui annonce
-que dans quarante-huit heures les barrières seront libres et les
-malveillants arrêtés[671].
-
-Le général invite aussi les sections armées à former promptement les
-compagnies[672] et à faire passer au plus tôt leur voeu et leur
-réponse à l'état-major.
-
-On a observé que l'Assemblée n'avait point nommé de recenseur pour la
-rue Montorgueil depuis le passage de la reine d'Hongrie jusqu'à la rue
-Tiquetonne. MM. Genty et Potin se sont offerts, et l'Assemblée les a
-unanimement adoptés.
-
-MM. les commissaires recenseurs de la section ont été invités à faire
-connaître demain à l'Assemblée où en est leur travail, [et] de (_sic_)
-le parachever le plus tôt possible.
-
-Sur la proposition de l'adjudant, l'Assemblée a unanimement nommé
-M. Bayard commandant en second pour se transporter à l'Oratoire, et
-s'informer quel rang la section du Contrat-social tiendrait dans la
-légion.
-
-M. le Commandant a aussi invité l'Assemblée à nommer un facteur
-pour porter les billets de garde; l'Assemblée a arrêté qu'elle s'en
-occuperait [à] la prochaine séance.
-
-Un membre a demandé qu'on passât impérativement à l'ordre du jour;
-l'Assemblée adopte la proposition.
-
-L'ordre du jour était la nomination des 3 scrutateurs; l'Assemblée a
-adopté la nomination par acclamation.
-
-L'Assemblée a arrêté aussi qu'elle nommerait, vu la brièveté du temps,
-le même nombre d'électeurs, et qu'elle ajournerait après le choix des
-électeurs la discussion sur les pouvoirs à donner aux électeurs et
-aux députés à la Convention nationale.
-
-On a ensuite fait lecture de 3 lettres, l'une de M. Arnaud en rétraction
-(_sic_) de la pétition des 20 mille, et à laquelle était joint un don de
-200 l., moitié pour les blessés de la section à la journée du 10 août,
-et l'autre moitié pour faire fabriquer des armes. L'Assemblée a arrêté
-qu'elle ne voulait point accepter ce don, et M. le Président a été
-chargé de lui renvoyer sa lettre et son don.
-
-La 2e lettre était de M. Paillet qui fait hommage à la Patrie d'un
-buste de bronze; l'Assemblée accepte ce don et ordonne la mention
-honorable, et que ce don sera porté à sa destination pour être joint aux
-autres matières pour faire des canons.
-
-La troisième lettre était de M. Delaporte qui rétracte sa signature de
-la pétition des 8 mille; l'Assemblée renvoie cette lettre au Comité de
-surveillance.
-
-Séance levée à une heure après minuit.
-
-
- NOTES:
-
- [667] C'est-à-dire: l'officier a ajouté que les citoyens présents
- à l'Assemblée seraient...
-
- [668] Voici le texte de cet arrêté pris le jour même, 28 août,
- par la Commune, d'après les _Procès-verbaux de la Commune_,
- édités par M. TOURNEUX, p. 66: «Il a été arrêté à l'unanimité
- que la pétition du Camp, connue sous le nom de pétition des
- _huit mille_, n'est point comprise dans la proscription portée
- contre les pétitions postérieures. Néanmoins sont compris dans la
- proscription les officiers ou colporteurs qui auront invité leurs
- concitoyens à l'apposition de leurs signatures.»
-
- [669] C'est-à-dire: «adjudant à cette époque».
-
- [670] L'ordre du jour du commandant de la garde nationale.--Nous
- n'avons pas conservé cet ordre; mais nous pouvons imaginer ce
- qu'il contenait d'après le passage suivant du procès-verbal de la
- séance de la Commune, du 28 août (_Procès-verbaux de la Commune_,
- édition TOURNEUX, p. 66): «M. le commandant général présente au
- Conseil un projet de nouvelle division en _sections armées_. Il
- est adopté, ainsi que la proposition de faire tirer au sort les
- numéros des divisions des sections.»
-
- [671] _Procès-verbaux de la Commune_, édition TOURNEUX, p. 66
- (séance du 28 août): «On donne des ordres à toutes les sections
- pour faire arrêter tous les malveillants dans les quarante-huit
- heures; passé ce délai, les barrières seront ouvertes.»
-
- [672] Voyez la note 670 ci-dessus.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 30 AOUT 1792[673]
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le 30 août, le 4e de la liberté
-et le 1er de l'égalité;
-
-L'Assemblée a nommé par acclamation MM. Guirault (_sic_), président, et
-Langlois, secrétaire.
-
-L'Assemblée a arrêté que le banc de l'oeuvre ne serait occupé que par
-des pétitionnaires ou des députés de section.
-
-Il a été ensuite fait lecture d'arrêtés de la Commune sur divers objets,
-et d'une lettre des curés et vicaires de Saint-Augustin, qui invitent au
-service qui sera célébré pour les citoyens morts le 10 août.
-
-Un citoyen demandant qu'on statuât sur le sort des détenus et que l'on
-délibérât sur l'arrêté de la Commune à ce sujet, l'Assemblée est passée
-à l'ordre du jour[674].
-
-M. Payen des Lauriers (_sic_) ayant demandé à se justifier de
-l'inculpation de signataire de la pétition des 20 mille, l'Assemblée
-a arrêté que M. Payen des Lauriers (_sic_) serait entendu à
-l'attribuer (_sic_)[675].
-
-L'Assemblée a arrêté que M. Payen des Lauriers (_sic_) prouvera à
-l'Assemblée, par un certificat du Comité de surveillance, que la
-signature apposée à la pétition n'est pas la sienne, et l'Assemblée a
-nommé pour l'y accompagner MM. Genty, Brodaud et Ballardel (_sic_).
-
-M. Guirault (_sic_) [président, étant] obligé de se rendre à la Commune,
-l'Assemblée a nommé M. Gibert père à 9 heures.
-
-M. Langlois, secrétaire, ne pouvant rester plus longtemps, l'Assemblée a
-nommé M. Filleul.
-
-M. l'adjudant a lu l'ordre et a demandé que l'Assemblée s'occupât de la
-nomination d'un facteur pour porter les lettres.
-
-Il a été lu un arrêté de la Commune de ce jour qui ordonne la
-continuation des visites domiciliaires jusqu'à l'expiration des 48
-heures[676].
-
-L'Assemblée a renvoyé l'arrêté ci-dessus au Comité.
-
-On est ensuite passé à la nomination du facteur au scrutin ouvert. M.
-Vernet ayant réuni la majorité a été proclamé facteur.
-
-M. Vernet a demandé ensuite à prêter son serment. Le président lui a
-fait les interpellations convenues et M. Vernet a affirmé qu'il n'était
-signataire d'aucune pétition.
-
-L'Assemblée a aussi reçu le serment de MM. Lecointre, Hallé, Fontaine,
-Arnoult, Renaudin, Pousiellon, Matraut l'aîné, Gibert fils, Chevalier,
-Matru, Guenin, Gillas, Desetang, Houdan, Boucher, Le Blanc.
-
-La séance levée à 11 heures.
-
-
- NOTES:
-
- [673] Il n'y a point, dans le registre manuscrit, de
- procès-verbal à la date du 29 août.--Les deux pages destinées
- à recevoir la copie de ce procès-verbal (folios 64 verso et 64
- _bis_ recto du registre manuscrit) sont restées en blanc.
-
- [674] Il s'agit sans doute du sort des personnes arrêtées dans la
- fameuse nuit des visites domiciliaires (29-30 août).
-
- [675] C'est-à-dire quant à l'attribution de sa signature.
-
- [676] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 443 et
- n. 2.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 31 AOUT 1792
-
-
-L'an 4e de la liberté, et le 1er de l'égalité, vulgairement 1792, le
-31 août;
-
-L'Assemblée a nommé M. Gibert, président, et Langlois, secrétaire.
-
-Un membre ayant demandé que l'Assemblée fit une pétition pour
-l'extradition des prisons de MM. Laurent et Chignard[677], après de
-longs débats l'Assemblée est passée à l'ordre du jour.
-
-M. le Président ayant, de son propre mouvement et la première fois
-contre le règlement, ordonné au citoyen qui disait la vérité de
-descendre de la tribune, on a demandé que M. le Président fût tenu de
-quitter le fauteuil. La proposition mise aux voix, l'Assemblée a bien
-voulu que M. le Président continuât ses fonctions.
-
-On a admis une députation de la section du Louvre qui annonce qu'elle
-continue sa confiance à ses commissaires à la Commune[678], se réservant
-[le] droit de les rappeler à son désir. Ensuite M. Dubois de Chemau a
-fait don à la nation d'un cheval pour monter un des défenseurs de la
-liberté et de l'égalité.
-
-M. Jams (_sic_) a déposé sur le bureau une lettre de M. Desvieux dont on
-a fait lecture et qui recommande aux commissaires de faire des visites
-exactes. M. Jams (_sic_), pour attester cette lettre, l'a paraphée.
-
-Une députation de la section des Sans-Culottes, ci-devant du
-Jardin-des-Plantes, invite l'Assemblée à nommer des commissaires pour
-prendre à la société fraternelle[679] le nom des signataires de la
-pétition des 20 mille[680].
-
-On a lu ensuite une lettre apportée en ordonnance, qui invite les
-jurés de jugement et d'accusation de la section à se trouver demain, 4
-heures, à la salle des requêtes du Palais[681].
-
-M. le Président ayant jugé à propos de quitter l'Assemblée sans mot
-dire, l'Assemblée a nommé M. Gillet.
-
-On a demandé la censure du président fuyard et l'envoi d'un extrait du
-procès-verbal à la Municipalité. Adopté.
-
-Un citoyen a demandé que l'ordre du jour de demain fût
-imprescriptiblement la nomination des électeurs[682] et d'ajourner toute
-autre discussion après les nominations; la proposition, mise aux voix, a
-été adoptée.
-
-L'Assemblée a arrêté la convocation pour 4 heures précises.
-
-_Signé_: DESVIEUX, _président_.
-
-
- NOTES:
-
- [677] Citoyens de la section. L'initiative de ce membre
- indiquerait-elle que certains se doutaient de l'imminence des
- massacres? En tout cas, le postulant dont il est question ici
- devait attacher une grande importance à la mise en liberté
- _immédiate_ des sieurs Chignard et Laurent, si c'est bien lui
- qui retourna le lendemain à la Législative faire à nouveau la
- demande repoussée le 31 août par la section des Postes. Voici en
- effet ce qu'on lit au _Procès-verbal de la Législative_, séance
- du 1er septembre soir (tome XIV, p. 137): «Un citoyen de la
- section des Postes vient réclamer contre l'arrestation faite de
- deux citoyens à qui on a enlevé leurs armes et que l'on tient au
- secret pour avoir signé la pétition des 20.000: cette réclamation
- est renvoyée au pouvoir exécutif».--On remarquera cependant
- que, d'après le procès-verbal de la section des Postes (séance
- du 2 septembre; cf. ci-après, p. 237), les sieurs Chignard et
- Laurent auraient été emprisonnés à la suite d'une difficulté
- qu'ils auraient eue avec un des commissaires de la section. Mais
- le procès-verbal ne dit pas _à quel sujet_ s'était élevée cette
- difficulté.
-
- [678] La Commune avait été cassée, le 30 août au soir, par la
- Législative. Aussitôt plusieurs sections avaient confirmé leurs
- commissaires; la section du Louvre, avant d'en faire autant,
- avait été demander à la Commune confirmation du décret qui
- cassait la Municipalité (cf. F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, p. 449 en bas, et pp. 459-460).
-
- [679] La société fraternelle séante à la Bibliothèque des
- Jacobins-Saint-Honoré.
-
- [680] Sur cet incident, voici un passage du procès-verbal de
- la séance de la Commune, du 29 août, cité par MORTIMER-TERNAUX
- (_Histoire de la Terreur_, t. III, p. 195, n. 2), d'après les
- registres mêmes des procès-verbaux aujourd'hui disparus: «La
- section des Sans-Culottes se présente au Conseil pour demander
- un local où les députés des sections nommés _ad hoc_ puissent
- se réunir pour constater les signatures des vingt mille. On
- applaudit à leur zèle et on leur accorde la salle de la Société
- fraternelle, aux Jacobins, avec invitation à la Société des
- Jacobins de vouloir bien accéder à cette mesure.»
-
- [681] Le tribunal du 17 août ne fut en effet installé
- définitivement que le 1er septembre (voyez F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, p. 414 et n. 4).
-
- [682] Les électeurs des députés à la Convention nationale.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 1er SEPTEMBRE 1792
-
-
-L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le 1er septembre, l'an 4e de
-la liberté et le 1er de l'égalité;
-
-L'Assemblée, ouverte sous la présidence du doyen d'âge, a entendu la
-lecture du procès-verbal. En l'absence de MM. Desvieux et Jams (_sic_),
-vice-président, l'Assemblée a nommé par acclamation MM. Guirault
-(_sic_), président et Le Boeuf, vice-président, lesquels ont prêté
-le serment à la liberté et l'égalité, ainsi que les secrétaires et
-vice-secrétaires.
-
-Après plusieurs motions sur le mode de nomination des électeurs,
-l'Assemblée a arrêté que le choix des électeurs se ferait à l'appel
-nominal, et un seul électeur à la fois, à la pluralité relative des
-suffrages.
-
-L'Assemblée a arrêté en outre que, durant les nominations, elle
-n'entendrait plus de motions quelconques.
-
-Il a été admis une députation de la section de Grenelle
-(_sic_)[683] qui déclare qu'elle s'est soumise à la loi du 30 août[684]
-et qu'elle a nommé deux de ses anciens commissaires à la Commune et
-rappelé ses quatre autres.
-
-On a ensuite procédé à l'appel nominal de tous les citoyens; la liste
-épuisée[685], et beaucoup d'absents ne se présentant pas (_sic_),
-l'Assemblée a fermé le scrutin.
-
-M. Desvieux, membre du tribunal de la loi[686], a fait un rapport
-au sujet de l'affaire de M. Montmorin[687], et [a] instruit que le
-commissaire national a été mis en état d'arrestation pour avoir trompé
-la justice des jurés de jugement[688].
-
-Le dépouillement du premier scrutin fait, M. Le Boeuf ayant réuni la
-pluralité, le président a proclamé M. ______ (_sic_), électeur.
-
-L'Assemblée, trouvant le mode ci-dessus trop long, a arrêté qu'elle le
-changeait et a adopté le scrutin à passer au long du bureau (_sic_) en
-présentant sa carte.
-
-Le second scrutin dépouillé, M. Desvieux ayant réuni la pluralité, le
-président l'a proclamé second électeur.
-
-Le 3e scrutin vérifié, M. Guirault, président, ayant réuni la
-pluralité, le plus ancien scrutateur l'a proclamé électeur.
-
-Séance levée à 11 heures, et indiquée pour demain 4 heures très
-précises.
-
-_Signé_: DESVIEUX, président et LANGLOIS, secrétaire.
-
-
- NOTES:
-
- [683] Lisez: «... de la section de la Fontaine-de-Grenelle...».
-
- [684] Il s'agit toujours de la loi ordonnant le remplacement de
- la Commune (voyez ci-dessus, p. 234, n. 678).
-
- [685] Le texte original porte: «... la tête épuisée...»,
- absurdité due évidemment à une erreur du copiste.
-
- [686] Le tribunal du 17 août.
-
- [687] Dans le procès-verbal original ce membre de phrase est
- répété, par une erreur de copiste.
-
- [688] Il s'agit du commissaire national Botot. (Voyez le récit
- de toute cette affaire dans l'_Histoire de la Terreur_ de
- MORTIMER-TERNAUX, t. III, pp. 115-118.)
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 2 SEPTEMBRE 1792
-
-
-L'an 4e de la liberté, le premier de l'égalité, vulgairement mil sept
-cent quatre-vingt-douze, le deux septembre, en l'Assemblée générale de
-la section du Contrat-social, ci-devant des Postes;
-
-L'Assemblée a reçu le don d'un bonnet, d'épaulettes de grenadiers
-et d'un sabre.
-
-L'Assemblée a nommé MM. Boudin, Métitot, Langlois et Deschamps pour
-recevoir les émoluments et dons patriotiques et les invite à rendre
-d'heure en heure compte de leurs opérations.
-
-Arrêté que l'on instruirait tous les citoyens, avec 4 tambours et
-six fusiliers qui battraient un rappel général, qu'ils sont invités
-à venir s'enrôler pour voler à la défense de la Patrie et que ceux
-qui ne pourraient s'y dévouer personnellement sont invités à fournir
-aux besoins de ceux qui courent avec tant d'ardeur à la défense de la
-liberté et de l'égalité; qu'on instruirait en même temps les citoyens
-que la nation entière et la section en particulier s'engageaient à
-prendre soin des femmes et des enfants des défenseurs de la patrie.
-
-Une députation de la section du Finistère a été admise et a invité, au
-nom de la section, celle du Contrat-Social à nommer deux commissaires
-pour se rendre à la Commune, à l'effet de la prier de faire murer les
-petites barrières, et de demander qu'il n'y ait que les fonctionnaires
-publics et approvisionneurs qui puissent librement entrer et sortir[689].
-
-En outre, arrêté que, vu le danger imminent de la patrie, tout citoyen
-quel qu'il fût tirerait au sort pour voler aux frontières.
-
-L'Assemblée, instruite que MM. Chignard et Laurent, citoyens de la
-section, sont actuellement détenus pour forme de simple correction
-à raison d'une difficulté qui s'était élevée entre eux et l'un des
-commissaires de la section, et considérant que ces deux citoyens, qui
-par leur civisme ont toujours bien mérité de la patrie, sont exposés
-en ce moment à se trouver enveloppés quoiqu'innocents dans le sort
-qu'éprouvent les autres prisonniers s'ils ne sont promptement réclamés
-par leurs concitoyens, a nommé quatre commissaires pour aller faire à
-l'instant cette réclamation à l'Abbaye[690] et ramener dans son sein
-lesdits sieurs Chignard et Laurent.
-
-Il a été fait lecture de différentes lettres.
-
-Monsieur l'adjudant a lu l'ordre[691].
-
-Sur la proposition de demander que la ci-devant noblesse et autres
-sangsues du peuple fussent mis (_sic_) en tête de l'armée qui marchera
-à Verdun, l'Assemblée a ajourné un projet de décret, qui avait été
-présenté, jusqu'après la détermination de l'Assemblée nationale.
-
-L'Assemblée a nommé les commissaires pour se rendre, en vertu d'un
-arrêté de la Commune, chez les armuriers, à l'effet de faire la
-vérification des armes qui seront chez eux trouvées[692].
-
-Lesdits commissaires s'étant transportés chez M. Detilly ont dressé
-un procès-verbal des armes qu'ils ont trouvées chez lui, consistant en
-plusieurs fusils de munition.
-
-Un citoyen a déclaré que, dans le cours de la journée, il s'était
-présenté chez le sieur Detilly auquel il avait demandé un fusil à
-acheter, et que le sieur Detilly lui avait déclaré n'en point avoir.
-
-M. Thévenet a offert d'acheter un fusil dudit sieur Detilly au prix de
-l'évaluation par lui faite sur ledit procès-verbal.
-
-L'Assemblée a renvoyé M. Detilly par devant le Conseil général de la
-Commune pour s'expliquer sur les faits constatés par ledit procès-verbal.
-
-Les commissaires envoyés à l'Abbaye pour réclamer MM. Chignard et
-Laurent étant de retour, l'Assemblée a appris avec douleur qu'ils
-n'avaient pu pénétrer jusque dans les prisons.
-
-Présumant qu'une seconde tentative pourrait être plus heureuse, il a été
-nommé une seconde députation à laquelle l'Assemblée dans sa sollicitude
-a donné la mission et les recommandations les plus pressantes.
-
-M. Boudinot l'aîné, citoyen de la section, offre deux de ses chevaux
-pour traîner l'artillerie, et son corps pour la défense de la patrie.
-L'Assemblée a reçu avec transport cette offre généreuse.
-
-M. Julliot, chef de légion, donne un habillement complet pour un citoyen
-volontaire.
-
-Il a été lu un arrêté de la section de la Maison Commune par lequel on
-demande que tous les citoyens qui ont professé des principes opposés au
-bonheur public soient contraints de marcher à l'ennemi entre deux bons
-citoyens et à manoeuvrer contre leurs intentions[693].
-
-L'Assemblée a adopté cet arrêté dans tout son contenu.
-
-L'Assemblée a vu avec une nouvelle douleur que la seconde
-députation envoyée à l'Abbaye n'avait pas eu plus de succès que la
-première, n'ayant pu non plus pénétrer dans l'Abbaye.
-
-Alors un citoyen de la section, se dévouant avec autant d'empressement
-que de courage, a demandé qu'on envoyât une troisième députation plus
-nombreuse, offrant de se mettre à la tête de ceux des citoyens qui
-seraient nommés avec lui et de braver tous les dangers pour arracher
-deux citoyens estimables au sort qu'ils n'avaient point mérité.
-
-Sur quoi, l'Assemblée, partageant les sentiments de ce généreux
-citoyen, s'est empressée d'accueillir sa proposition à l'unanimité, et a
-nommé pour l'accompagner dans cette mission difficile une députation de
-douze membres qu'elle a chargée de réclamer MM. Chignard et Laurent pour
-les ramener dans le sein de l'Assemblée, à leur poste de citoyens.
-
-Les commissaires nommés pour cet enrôlement (_sic_) ont fait leur
-rapport selon l'arrêté de l'Assemblée.
-
-M. Chalas a fait hommage d'un fusil.
-
-M. Alavoine père a fait pareille offrande.
-
-M. Feuger, rue Montorgueil, offre un jeune et vigoureux cheval,
-l'équipement complet du cavalier, et trente sols par jour durant la
-guerre.
-
-M. Jean-Gilbert Labrie d'Arçon, ancien cavalier, est celui à qui M.
-Feuger remettra lesdits objets.
-
-M. Mignot, orfèvre, a déposé cinquante livres sur le bureau.
-
-M. Ribert offre dix livres; il est père de huit enfants; il déclare
-qu'aussitôt qu'il aura pu se procurer un fusil il le remettra au service
-de la patrie.
-
-M. Dabancourt, rue Montmartre, nº 239, s'offre pour la partie du génie.
-
-M. Jean-Louis Armand, rue de la Tonnellerie, sergent du bataillon,
-blessé autrefois au service du despotisme, offre d'aller, en combattant
-pour la liberté et l'égalité, venger sa patrie des tyrans qui
-l'oppriment.
-
-M. Jacques Antoine Raymond de Saint-Sulpice, ne pouvant pas voler en
-personne à la défense de la patrie, se charge de prendre soin de la
-fille de M. Armand, âgée de huit ans.
-
-Mlle Le Roy, maîtresse de pension, rue Montmartre, est chargée de
-l'instruction de la petite fille et des effets appartenant au père.
-
-M. Desvieux est chargé par M. Raymond de faire revenir l'enfant de
-Meulan où elle est chez M. Roucour, fermier, route de Beaumont.
-
-La troisième députation, envoyée à l'Abbaye, étant de retour,
-l'Assemblée a eu la satisfaction d'apprendre que ses commissaires
-avaient eu le bonheur d'obtenir la délivrance de MM. Chignard et Laurent
-dont ils s'étaient chargés sur leur responsabilité; ils les ont en effet
-présentés à l'Assemblée qui les a accueillis avec toutes les marques
-d'attendrissement et d'estime.
-
-MM. Chignard et Laurent, ayant ensuite obtenu la parole, ont témoigné
-à l'Assemblée et à MM. les commissaires les sentiments de la plus
-vive reconnaissance, et ont rendu compte à l'Assemblée de tous les
-faits relatifs à leur arrestation et même de leur conduite depuis la
-Révolution dans laquelle ils ont montré le patriotisme le plus pur et le
-plus constant.
-
-Dans l'impossibilité où ils se trouvaient de partir pour les frontières,
-attendu que M. Laurent est retenu par ses fonctions de membre d'un
-bureau de conciliation, et M. Chignard par ses fonctions publiques
-auprès des tribunaux pour l'intérêt de ses concitoyens, M. Chignard a
-offert et déposé à l'instant sur l'autel de la patrie la somme de quatre
-cents livres pour l'équipement et la solde d'un citoyen indépendamment
-de celle de deux cent cinquante livres qu'il a payée dès l'année
-dernière pour la solde d'un citoyen.
-
-L'Assemblée, délibérant sur tout ce qui était relatif aux dits sieurs
-Chignard et Laurent, a accepté l'offrande dudit sieur Chignard et en a
-ordonné la mention honorable dans son procès-verbal.
-
-Et, considérant d'une part que les sieurs Chignard et Laurent, d'après
-les motifs exprimés dans l'ordre de leur arrestation et ainsi qu'il
-était d'ailleurs à la connaissance de l'Assemblée, n'avaient réellement
-été mis en arrestation que pour simple correction, et que cette
-correction avait été assez dure par une détention de trois jours,
-suffisants pour la faute légère qu'on leur avait imputée;
-
-Que, d'un autre côté, d'après le rapport précédemment fait à l'Assemblée
-par M. Jams (_sic_), l'un des officiers municipaux qui, lors de leur
-arrestation, avait fait la perquisition de leurs papiers en présence de
-M. Didelot, l'un des commissaires de la section, il est constant qu'on
-n'a rien trouvé qui puisse faire preuves depuis suspecter le patriotisme
-dont ils ont constamment donné dès 1789;
-
-L'Assemblée générale a déclaré que tous ses commissaires ont bien
-mérité de la patrie en arrachant à la mort deux citoyens patriotes et
-innocents, et les a déchargés de la responsabilité des personnes de MM.
-Chignard et Laurent;
-
-Invite ces deux citoyens à reprendre leur poste dans l'Assemblée,
-et les a mis sous sa sauvegarde spéciale;
-
-Arrête en outre qu'il sera délivré à chacun des deux citoyens susdits
-extrait de son procès-verbal, en ce qui les concerne et que pareils
-extraits seront envoyés à la Municipalité, en la personne de M. le
-Maire et M. le Procureur de la Commune, et à tous les autres qu'il
-appartiendra, et ont signé. (_sic_)
-
-
- NOTES:
-
- [689] Un exemplaire manuscrit du procès-verbal de la séance du 2
- septembre de la section du Finistère a figuré à la vente Charavay
- de 1862 (voyez la p. 45 du catalogue de cette vente). Il confirme
- le présent renseignement fourni par le registre de la section des
- Postes.
-
- [690] La prison de l'Abbaye.
-
- [691] L'ordre du jour de la garde nationale.
-
- [692] Sur les mesures prises par la Commune, le 2 septembre, en
- vue de la défense nationale (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10
- août 1792_, pp. 464-465).
-
- [693] D'autres sections prirent, le 2 septembre, des arrêtés
- analogues (voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, pp.
- 486-487).
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 3 SEPTEMBRE 1792
-
-
-Présidence de M. Desvieux.
-
-L'an 4e de la liberté et le 1er de l'égalité, vulgairement 1792, le
-3 septembre.
-
-L'Assemblée ayant nommé M. Dumontier (_sic_) père, président;
-
-Après la lecture du procès-verbal, M. Raymont (_sic_) de Saint-Sulpice,
-ayant annoncé, de la part d'une dame âgée de 87 ans, l'offrande de la
-somme de cent livres pour l'équipement d'un volontaire, l'Assemblée l'a
-autorisé d'en faire l'emploi. Son choix est tombé sur M. Vivier, enrôlé.
-
-Ensuite sont passés dans le sein de l'Assemblée les braves volontaires
-enrôlés, au milieu des applaudissements et des cris de _Vive la Nation_,
-et de _Vivre libre ou mourir_.
-
-M. le commandant a demandé que la section prît sous sa protection
-spéciale les femmes et enfants des courageux citoyens qui volent aux
-frontières pour écraser les tyrans ennemis de la liberté. L'Assemblée a
-unanimement adopté cette proposition.
-
-M. Palix, rue Comtesse-d'Artois, nº 81, s'engage à faire trois cents
-livres de rente, payables par mois et d'avance, à l'épouse de M. France,
-un des braves volontaires, lequel demeure rue des Prouvaires, nº 41,
-maison de M. Dragon, boulanger.
-
-M. Armet, avoué, demeurant rue des Prouvaires, prend le même engagement
-et pour la même somme, à l'égard de M. Roblin l'un de nos braves
-volontaires.
-
-L'Assemblée a reçu la somme de soixante livres des sieurs Boulabert et
-Garimond, entrepreneurs des travaux de Cherbourg.
-
-M. Poussielgue l'aîné, commis de l'administration de la caisse de
-l'extraordinaire, offre l'équipement complet, c'est-à-dire l'habit,
-veste et culotte, bas, chemises et souliers, chapeau et tout ce qu'il
-faut à un soldat.
-
-M. Pardon, du même bureau, offre le même objet, et en outre la
-somme de cent livres.
-
-M. Poussielgue le jeune, du même bureau, offre la somme de vingt-cinq
-livres.
-
-M. Ducort, ancien officier, donne la somme de vingt livres.
-
-M. Bonnel donne la somme de vingt-cinq livres et un hochet de son enfant.
-
-M. Thomerol, ne pouvant par son état voler au secours de la patrie,
-offre la somme de dix livres par mois, tout le temps de la guerre.
-
-M. Méra offre la somme de deux cents livres par an, pendant l'espace de
-deux [ans].
-
-M. Rousseau, épicier, offre la somme de cent livres par an, tout le
-temps de la guerre.
-
-M. Fournier offre cinquante livres par an, tout le temps de la guerre,
-et d'échanger des assignats jusqu'à la concurrence de douze cents livres
-pour les volontaires de la section, ce qu'il a effectué.
-
-M. Génefre offre dix livres en assignats et six livres en argent pour
-les volontaires de la section.
-
-M. Cavillier offre deux cent cinquante livres tous les ans pendant la
-guerre.
-
-M. Boutau, rue du Jour, nº 32, offre de partir pour le soutien de la
-liberté.
-
-M. Le Roux, agent de change, offre cent livres pour les frais de la
-guerre et un fusil.
-
-M. Royer offre deux guinées et demie et deux écus de 3 l.; il offre en
-outre une autre demi-guinée, et un sabre, à condition qu'on lui laissera
-un fusil de chasse.
-
-M. Lambeck offre dix livres.
-
-M. Colombier donne cinquante livres.
-
-M. Millet donne deux écus de six livres et un fourniment complet.
-
-M. Guiller, maçon, donne cinquante livres pour les volontaires.
-
-Un inconnu donne un étui en or pour la famille la plus nombreuse des
-pères qui volent aux frontières.
-
-Mme Mauger donne dix livres.
-
-M. Jaquer donne dix livres.
-
-M. Filleul père, donne dix livres.
-
-Un autre citoyen donne cinq livres.
-
-M. Desfossis donne quinze livres.
-
-Une dame donne cinq livres.
-
-M. Duval, rue Montorgueil, donne trente livres et promet dix livres
-par mois pendant un an.
-
-M. Goujard offre cent livres pour l'épouse de M. Fabre, volontaire
-canonnier partant aux frontières. Ce même citoyen n'ayant pas voulu
-recevoir le premier quartier, l'Assemblée a chargé M. Poupart de cette
-remise.
-
-M. Labitte, marchand, envoie son fils et un de ses commis à la défense
-de la patrie, et offre douze habits complets et un fusil.
-
-M. Brou, président du Directoire des Postes, envoie deux épées en acier.
-
-Une députation de la section des Gardes-françaises fait part d'un arrêté
-qu'elle a pris en faveur des veuves du dix août[694].
-
-Deux citoyens du Mans, demeurant rue et hôtel des Prouvaires, envoient
-chacun la somme de cinquante livres.
-
-M. Arnaud offre deux pistolets et un écu de six livres.
-
-M. Brasseur donne une grande paire de boucles d'argent.
-
-M. Lodely (_sic_) donne la somme de cinquante livres.
-
-M. Vannier, entrepreneur rue du Jour, donne la somme de soixante-douze
-livres en espèces.
-
-M. Brizard donne vingt-quatre livres en argent et celle (_sic_) de
-vingt-cinq livres en billets.
-
-M. Duvraque donne vingt-cinq livres.
-
-M. Lafond, perruquier, donne dix livres.
-
-On a lu un arrêté de la section du Roule qui fait part que des bruits
-se répandent sur le compte du Comité des 21, de favoriser les projets
-ambitieux du prince de Brunsvick et de le placer sur le trône des
-Français pour donner à leur pays une constitution à leur caprice et à
-ceux (_sic_) de ce prince ambitieux; a arrêté qu'elle en instruirait ses
-concitoyens de la capitale[695].
-
-M. La Porte, rue Traînée, pour la femme de M. Moreau, domicilié rue
-Pethion, nº 58, qui part aux frontières, donne la somme de douze livres
-par mois durant la guerre. Le même citoyen offre en outre un habit
-d'uniforme, deux gilets blancs, deux culottes, deux chemises, deux cols,
-deux paires de bas, deux sacs pour coucher au camp, deux bonnets de
-police, un fusil, deux sabres; l'Assemblée lui a accordé la faculté de
-les distribuer lui-même à des citoyens qui partent aux frontières.
-
-M. La Martinière, caissier des patentes, offre la somme de
-cinquante livres.
-
-On a lu un arrêté de la section du Ponceau au sujet du tirage au sort,
-depuis l'âge de seize ans jusqu'à celui de cinquante, du nombre de douze
-cents hommes, sans préjudicier aux enrôlements volontaires[696].
-
-On a lu ensuite un arrêté de la Municipalité pour obliger les
-entrepreneurs à fournir les voitures et ce qui est nécessaire pour le
-Camp. L'exécution est renvoyée au Comité[697].
-
-Ensuite un autre concernant les blessés du dix août; renvoyé aussi au
-Comité[698].
-
-M. La Sablonnière, rue Tiquetonne, nº 4, offre pendant deux années
-consécutives la somme de deux cents livres pour les volontaires de la
-section qui vont aux frontières.
-
-M. Deslauriers, papetier, donne la somme de soixante livres, et, en même
-temps, instruit l'Assemblée qu'il a équipé deux jeunes gens qui étaient
-chez lui, et qui sont partis aux frontières.
-
-M. Gavet donne la somme de trois cents livres par an, tant que durera
-la guerre, pour les femmes et enfants des volontaires qui partent aux
-frontières.
-
-M. Papineau, rue Tiquetonne, chargé des poursuites pour le recouvrement
-des biens des émigrés, ne pouvant partir pour les frontières, donne la
-somme de cinquante livres, et a instruit l'Assemblée qu'il a équipé un
-de ses commis qui part.
-
-M. Fagot, rue du Four, nº 4, ne pouvant partir, ayant donné hier son
-fusil, donne aujourd'hui un autre fusil et la somme de cent livres pour
-les femmes et enfants des volontaires, tant que la guerre durera.
-
-M. Perrin, commis à la caisse de l'Extraordinaire, fait don de la somme
-de soixante livres.
-
-M. Le Gras fait don de la somme de deux cents livres pour
-l'équipement des volontaires qui partent aux frontières.
-
-M. Fauvet a déposé la somme de deux cents livres pour la première veuve
-de la section dont le mari périra au secours de la patrie.
-
-M. Prévost, sans-culotte, a donné un équipement, mais point de culotte;
-il a donné, pour en acheter une, la somme de vingt-cinq livres.
-
-M. Pierre Jacques Maigniard s'offre pour voler aux frontières, pourvu
-que l'Assemblée veuille bien passer la somme de deux cents livres à
-sa mère, qui n'est pas fortunée, laquelle est d'Annonay-en-Vivarais.
-L'Assemblée autorise son Président à prendre les renseignements au sujet
-de la mère dudit citoyen.
-
-M. Thomas offre la somme de cent livres par an, tant que durera la
-guerre, pourvu qu'on lui conserve sa place.
-
-M. Bastard fait don de la somme de cent livres et d'un habillement
-complet.
-
-M. Corpet, commis à la poste, donne la somme de douze livres et un écu
-de six livres.
-
-M. Thua offre et donne un coupon de la Compagnie des Indes, de la somme
-de soixante-deux livres dix sols, et un autre de même valeur, pourvu
-qu'on lui laisse son fusil.
-
-M. Benard, hôtel d'Angleterre, offre la somme de douze livres par mois,
-tant que durera la guerre.
-
-MM. les administrateurs du bureau de liquidation, rue Verdelet, offrent
-dix sols par jour, pour chacun de deux citoyens de la section qui
-partiront aux frontières; en outre, un autre des administrateurs donnera
-un habit complet.
-
-Mme veuve Champion offre la somme de vingt-cinq livres.
-
-Mme Bona, offre la somme de dix livres.
-
-M. Buret offre la somme de vingt-cinq livres.
-
-M. Chevallier, marchand mercier, donne un sabre et une giberne et
-demande qu'on lui envoie un citoyen, lequel il se charge d'habiller.
-
-M. Mozzanino donne la somme de dix livres.
-
-M. Martin, rue Montmartre, donne cinquante livres.
-
-M. Prévoteau donne deux cents livres _actu_ (_sic_) et promet par mois
-la somme de cinquante livres pour les citoyens de la section qui volent
-aux frontières.
-
-M. Caron, rue Traînée, donne deux cents livres, et un habillement
-complet.
-
-Mme Tessier donne cinq livres pour les volontaires.
-
-M. La Martinière fils donne cinq livres pour les frères d'armes.
-
-M. Gallet, rue de la Jussienne, donne quinze livres et un don de
-dix-huit livres.
-
-M. Regley a donné dix-huit livres en argent.
-
-M. Plauget, rue Verdelet, nº 21, donne trente-cinq livres.
-
-M. Martincourt donne dix livres.
-
-M. Desvieux, président, invite l'Assemblée de nommer un commissaire pour
-se rendre chez le Ministre de la Justice.
-
-L'Assemblée nomme M. Chignard.
-
-On est passé ensuite à l'ordre du jour, qui était la nomination des
-électeurs par scrutin, en passant le long du bureau en montrant sa carte.
-
-Le premier scrutin fermé, après le dépouillement, M. le Président
-a proclamé M. Gorsas, qui a eu le plus de suffrages, le quatrième
-électeur[699].
-
-Le second scrutin aussi dépouillé, M. le Président a proclamé M. Basty,
-cinquième électeur, comme ayant réuni la pluralité.
-
-Le troisième scrutin aussi dépouillé, M. le Président a proclamé M.
-Alavoine, sixième électeur, comme ayant réuni la majorité.
-
-Le quatrième scrutin aussi dépouillé, M. le Président a proclamé M.
-Allan, septième électeur, comme ayant aussi réuni la majorité.
-
-M. Desvieux, de retour de chez le Ministre[700], nous a dépeint les
-dangers de la patrie, et les précautions que les Ministres croient
-devoir prendre dans les circonstances présentes; il a annoncé
-qu'outre l'enrôlement actuel, il fallait encore que les sections
-fournissent vingt-cinq hommes par électeur, et que, si cet enrôlement
-ne s'effectuait pas, les citoyens quels qu'ils fussent, même les
-domestiques, seraient forcés au tirage du sort, les fonctionnaires seuls
-exceptés. Les sections aussi nommeront un citoyen, qui, de concert avec
-le pouvoir exécutif, hâteront la marche des opérations ministérielles;
-il a invité ensuite à nommer quatre commissaires pour quatre objets
-ci-dessous énoncés.
-
-Le premier, pour la formation des compagnies, à raison de cent sept
-hommes chacune. L'Assemblée a nommé pour commissaires relativement à
-cet objet, MM. Perronard (_sic_), Taillandier, Boussarocq (_sic_),
-et Bellet fils; M. Taillandier procédera avec les volontaires à la
-nomination qu'ils feront de leurs officiers et sous-officiers; M.
-Boussarocque (_sic_) ainsi que les deux autres commissaires feront
-l'état des citoyens déjà enrôlés et des besoins qu'ils peuvent avoir.
-
-Le second. L'Assemblée a nommé pour commissaires MM. Visinet, Aubin,
-J.-P. Gillet et Firmin-François, qui seront chargés de faire armer les
-citoyens et de faire les entreprises nécessaires pour leur équipement et
-leur butin.
-
-Le troisième. L'Assemblée a nommé pour commissaires MM. Alavoine, Potin,
-Genti (_sic_), brodeur et Bachelet, pour procéder à l'enrôlement
-volontaire et au tirage au sort, si les enrôlements ne s'effectuent pas
-à raison de vingt-cinq hommes par électeur, ce qui fait au total quatre
-cent cinquante hommes pour la section.
-
-Le quatrième. L'Assemblée a nommé pour commissaires MM. Grainville,
-Favrot (_sic_), Jullien et Boudin, pour procéder à l'enrôlement des
-canonniers à raison de vingt canonniers par canon et un canon pour
-cinq cents hommes, pour faire faire les affûts nécessaires, et amasser
-la ferraille et le plomb que les citoyens donneront pour se fournir,
-et faire l'achat du vieux linge pour la charpie, pour les objets de
-chirurgie et l'équipement d'un canonnier; et les quatre commissaires
-s'entendront ensemble pour que l'Assemblée générale puisse statuer sur
-leur mission.
-
-On a lu un arrêté de la Commune, qui dit d'armer les citoyens enrôlés
-avec les armes saisies sur les pétitionnaires[701]. Le Comité a été
-autorisé à les délivrer.
-
-L'Assemblée a unanimement nommé M. Desvieux pour être le citoyen qui
-ira tous les jours se concerter avec le Ministre. En conséquence, le
-sieur Desvieux, d'après son acceptation, s'est engagé à rendre compte
-de sa mission tous les jours, entre dix et onze heures, séance tenante.
-L'Assemblée a arrêté qu'elle ne désemparerait qu'après l'arrivée du
-sieur Desvieux.
-
-M. Abaucourt a été autorisé à se rendre avec M. Montigny à la Commission
-du Camp et y faire part de ses lumières pour la fortification dudit Camp.
-
-M. le Président a annoncé l'Assemblée pour trois heures de relevée et
-fait proclamer l'ordre pour les différents objets ci-dessus énoncés.
-
-Séance levée à 3 heures.
-
-
- NOTES:
-
- [694] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté.
-
- [695] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté dont il est aussi question
- dans le procès-verbal manuscrit de la section de Molière-et-La
- Fontaine (séance du 3 septembre) (voyez F. BRAESCH, _La Commune
- du 10 août 1792_, pp. 521-522).
-
- [696] Je ne connais pas autrement cet arrêté.
-
- [697] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 770
- (on trouvera la cote du document à la n. 1). Voici le texte de
- cet arrêté, pris le 3 septembre, par la Commune: «Le Conseil
- général invite les sections à ordonner aux entrepreneurs
- domiciliés dans leurs arrondissements à déclarer le nombre de
- charrettes, gamions (_sic_) et autres objets qui pourraient
- être utiles aux travaux du Camp. Invite pareillement les
- mêmes entrepreneurs à fournir pour ces travaux le plus grand
- nombre d'ouvriers possible.--_Signé_: HUGUENIN, président;
- MÉHÉE, secrétaire-greffier-adjoint.--_Pour extrait conforme à
- l'original_: TALLIEN, secrétaire-greffier.»
-
- [698] Je n'ai pas retrouvé cet arrêté.
-
- [699] Les trois premiers électeurs avaient été élus, le 1er
- septembre (voyez ci-dessus, pp. 235-236).
-
- [700] D'après ce qui précède, c'était Chignard qui aurait été
- envoyé chez Danton, ministre de la Justice.
-
- [701] Je ne connais pas cet arrêté. Pour les mesures militaires
- de la Commune pendant la crise de septembre cf. F. BRAESCH, _La
- Commune du 10 août 1792_, pp. 464 et suiv.
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 4 SEPTEMBRE 1792
-
-
-PRÉSIDENCE DU Sr DESVIEUX
-
-L'an 4e de la liberté, 1er de l'égalité, vulgairement 1792, le 4
-septembre.
-
-Au milieu des citoyens et citoyennes travaillant à l'équipement des
-braves défenseurs de la patrie, est introduite une députation de trois
-membres de l'Assemblée nationale qui ont fait lecture de plusieurs
-décrets de l'Assemblée nationale concernant la sûreté des personnes et
-des propriétés, et qui ont fait connaître le serment que l'Assemblée
-nationale a prêté[702].
-
-M. Cambon et les deux autres membres ont prononcé des discours
-encourageants qui ont été couronnés des plus vifs applaudissements.
-
-L'Assemblée, très nombreuse, a voulu prêter le serment prescrit par la
-Nation devant ses représentants. M. Cambon, ayant répété la formule que
-voici: _Je jure d'être fidèle à la Nation, de maintenir la liberté et
-l'égalité, la sûreté des personnes et des propriétés_, tous unanimement
-ont élevé les mains au ciel, et ont prononcé [le serment] dans un
-enthousiasme que connaît seul cet ardent amour de la liberté; les
-députés ont quitté l'Assemblée au milieu des applaudissements et des
-embrassements fraternels des citoyens et citoyennes, et des cris de
-_Vive la Nation_, _Vive la Liberté_, _Vive l'Égalité_.
-
-L'Assemblée a voulu qu'une députation de vingt-quatre personnes, savoir
-douze hommes et douze femmes, porteraient (_sic_) demain à l'Assemblée
-nationale l'expression de leurs sentiments et l'adhésion la plus entière
-à tout ce que l'auguste Assemblée nationale fait pour le bonheur du
-peuple, et a nommé pour sa députation MM. Desvieux, Raymond, Gerard,
-Langlois, Lagrange, Basti (_sic_), Laporte (_sic_), Alavoine, Jean
-Rousseau, Filleul fils, Le Boeuf, Bachelard et Pomenero. MMdames
-Buret, Bouchas, Desvieux, Bergé, Magisson, Villequer, Saint-Martin,
-Moret, Cormery, Cousin, Michelin, Duhamel[703].
-
-
- NOTES:
-
- [702] Sur ces incidents, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août
- 1792_, pp. 500 à 502.
-
- [703] Ces citoyens se présentèrent effectivement à la Législative
- dans sa séance du 5 septembre au soir. Voici ce que contient,
- à ce sujet, le _Procès-verbal de la Législative_ (t. XIV, p.
- 373): «Des députés de la section du Contrat-Social apportent à
- l'Assemblée l'expression des sentiments de tous les citoyens
- de cette section, leur respect pour les lois et leur désir
- de maintenir la sûreté des personnes et des propriétés; ils
- remettent l'arrêté que la section a pris à cet effet et sont
- admis à la séance ainsi que plusieurs dames qui ont passé la nuit
- à la section pour travailler à l'équipement des volontaires prêts
- à partir pour les frontières.»
-
-
-
-
-ASSEMBLÉE DU 5 SEPTEMBRE 1792
-
-
-PRÉSIDENCE DE M. DESVIEUX
-
-_Séance du 5 septembre 1792, l'an 4e de la liberté, et le 1er de
-l'égalité._
-
-La séance s'est ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance
-précédente qui a été approuvé.
-
-L'Assemblée a reçu plusieurs offrandes des citoyens de la section pour
-participer aux frais de la guerre, savoir: par (_sic_) M. Viguier la
-somme de dix livres sept sols en espèces; par M. Charles Gibert, rue
-Saint-Honoré au coin de celle des Prouvaires, la somme de deux cents
-livres en assignats pour équiper un soldat; par M. Garnier la somme de
-cinq livres.
-
-M. le secrétaire ayant des affaires pressées, M. Bodaut (_sic_) a été
-nommé secrétaire à la pluralité des voix.
-
-L'Assemblée a accordé la parole à M. Péronard (_sic_) qui déclare qu'il
-était instruit que les compagnies à cheval qui se formaient n'étaient
-composées que de valets de la noblesse et de La Fayette, pour, étant
-tout équipés, passer à l'ennemi, lorsqu'ils se trouveront en face.
-
-Cette déclaration a été appuyée par plusieurs membres qui lui ont
-succédé à la parole, sur les propos qu'ils ont entendus publiquement.
-
-M. James, maître tailleur, rue Comtesse-d'Artois, nº 74, a fait une
-offrande de cinq livres en assignats.
-
-M. Beaumier, rue Traînée, nº 1, a fait pareille offrande de cinq
-livres.
-
-L'Assemblée a repris le scrutin pour la nomination des électeurs. M.
-Renard ayant obtenu la majorité a été proclamé septième électeur.
-
-Ensuite ayant continué le scrutin, M. Millet de Gravelle ayant obtenu la
-majorité a été proclamé huitième électeur.
-
-Après la nomination de M. Millet de Gravelle, M. Allant (_sic_) a été
-nommé président, pour remplacer M. Desvieux absent, et M. Le Boeuf,
-vice-président, obligé de s'absenter.
-
-Pendant l'intervalle du scrutin, M. Antoine-Louis Chevalier, rue des
-Prouvaires, nº 61, a fait don d'une épée.
-
-M. Danay, garçon clinqualier (_sic_), rue Comtesse-d'Artois, nº 72, a
-fait don de la somme de treize livres pour les frais de la guerre; plus
-de la somme de trois livres et une paire de boutons à diamants montés
-sur argent, et une épée à poignée d'acier.
-
-Le scrutin a repris, et l'Assemblée ayant arrêté que l'on nommerait
-deux électeurs à la fois, en faisant la nomination de deux membres,
-MM. Regnier et Juliot (_sic_) père ont obtenu la majorité et ont été
-proclamés électeurs.
-
-M. Basti, commandant, ayant été nommé électeur, est venu donner sa
-démission fondée sur ses trop grandes occupations.
-
-Pendant l'intervalle du scrutin, M. Basti, commandant du bataillon, a
-observé [1º] que, par le recensement dernièrement fait[704], il se
-trouvait embarrassé pour la formation des compagnies, attendu qu'une
-partie de MM. les commissaires avaient seulement pris les noms des
-citoyens et non l'adresse; de plus qu'une partie des noms était si mal
-écrit (_sic_), qu'il était impossible de pouvoir deviner, et qu'en
-conséquence il demandait à l'Assemblée un nouveau recensement, plus
-l'ajournement de ce nouveau recensement, jusqu'après le départ des
-citoyens enrôlés, attendu que, s'il formait les compagnies en ce moment,
-une infinité de citoyens partant pour les frontières ferait un vide
-considérable, et que, par cette raison, la formation des compagnies se
-trouverait défectueuse.
-
-2º Que l'Assemblée voulût bien nommer quelques personnes propres à
-s'occuper du recensement général, d'après le recensement particulier.
-
-3º De prier MM. les commissaires qui ont été chargés du
-recensement de se joindre à celui qui sera chargé du recensement général
-afin de l'aider dans cette opération.
-
-L'Assemblée a adopté cette mesure.
-
-M. Daubonne l'aîné, rue Tiquetonne, fait don de la somme de cinquante
-livres pour les frais de la guerre.
-
-
- NOTE:
-
- [704] En exécution de l'arrêté de la section du 18 août (voyez
- ci-dessus, p. 200).
-
-
-
-
- VU:
- Le 3 janvier 1911,
- _Le Doyen de la Faculté des lettres
- de l'Université de Paris_,
- A. CROISET.
-
- VU:
- et permis d'imprimer,
- _Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris_,
- LIARD.
-
-
-
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
-
-
-_Nota._--Les noms de personnes sont en romain, sauf ceux d'auteurs, qui
-sont en italique, et ceux des citoyens de la section des Postes, qui
-sont en petites capitales. Les noms de lieux sont en égyptienne.
-
-On trouvera aux mots-souches: JOURNAUX et SECTIONS, la liste des
-journaux et des sections cités en cours de l'ouvrage.
-
- A
-
- ABAUCOURT, 247.
- =Abbaye= (=prison de l'=), 178 n. 518, 237 et n. 690, 238,
- 239, 240.
- _Affiche_: Les dangers de la Victoire, 202 et n. 592.
- Affry (d'), 201 n. 590.
- AGARD. Voyez HAGARD.
- =Aix en Provence=, 15 n. 82.
- =Ajaccio=, 13 n. 77.
- ALAVOINE (ALLAVOINE) père (Joseph) 41 et n. 163, 42, 55, 78,
- 79, 96, 189, 239, 246, 247, 248.
- ALCAN (Abraham), 53 et n. 190, 213, 214.
- ALLAN (ALLANT) (Guy-Félix), 120, 127 et n. 400, 163, 179,
- 191, 206, 213, 214 et n. 624, 246, 250.
- ALLOUCH, 206.
- =Amiens=, 98 n. 359.
- Amis de la constitution monarchique (Société des), 21 n. 109.
- ANDEAU (ANDROT), 210, 216 et n. 631, 217 et n. 635, 223 et
- n. 652.
- ANDRÉ, 57.
- ANDRIEUX, 14 n. 80, 59, 208 et n. 607, 212, 216.
- ANDROT. Voyez ANDRAU.
- =Angleterre=, 22 n. 116.
- =Angleterre= (=hôtel d'=), 245.
- =Annonay-en-Vivarais=, 245.
- =Argenteuil=, 203 n. 595.
- ARMAND (Jean-Louis), 191, 239.
- ARMET, 241.
- ARNAUD, 232, 243.
- ARNOULT, 233.
- Artois (comte d'), 111 n. 372.
- ASSOUT, 118.
- AUBIN, 135 n. 412, 212, 216, 247.
- Aubin, commissaire de la section de la rue Beaubourg, 143 n.
- 425.
- Audouin (Audoin), 143 n. 425, 225 et n. 656.
- AUDRIEU (pour ANDRIEUX?), 14 et n. 80.
- AUGER, 116.
- _Aulard_, XIII, 20 n. 105, 27 n. 126, 29 n. 128, 80 n. 318.
- Autrichiens, 143 n. 425.
- Auvray, 143 n. 425.
- =Auxerre=, 26 n. 123.
-
- B
-
- BACHELARD (BLACHELARD), 59, 114, 118, 122, 138, 139, 146 et
- note 425, 147, 157, 165, 169, 170, 172, 175 et n. 509, 186,
- 189, 200, 208, 209, 211, 215, 216, 223, 224, 248.
- BACHELET, 247.
- BACHENON (sieur et dame), 119.
- BAILLARD (peut-être pour BAYARD?), 218.
- BAILLARDET (BRILLARDET, BALARDET), 50 n. 182, 176, 209.
- Bailly (Sylvain, le maire), 12 n. 76, 44 et n. 168, 92 et n.
- 346, 95 n. 349, 96 n. 358, 98 n. 359, 211.
- BAILLY, commissaire de la section des Postes, 196.
- BALARDELLE (Nicolas-Hippolyte), (BAILLARDET, BALARDET,
- BRILLARDET, BALLARDEL), 50 n. 182, 182 et n. 537, 215, 222,
- 225, 233.
- BALARDET (erreur probable pour BAILLARDET ou BALARDELLE), 50
- et n. 182.
- Balin, 169 n. 2.
- Bamelle, 117.
- BAQUENON (Mme), 122.
- Baradelle, 143 n. 425.
- BARRÉ le jeune (BARRÉ Jean-Antoine), 10 et n. 62, 14, 19,
- 42, 96, 107 et n. 369, 127, 128, 167, 206, 209, 211, 212, 216,
- 221.
- _Barrière_ (_Berville et_). Voyez: _Berville et Barrière_.
- _Barroux_ (_Marius_). III, IV, VI.
- _Barthélemy-Saint-Hilaire_, III, V et n. 8.
- BASTARD, 53, 245.
- BASTÉ Voyez: BASTY.
- BASTI. Voyez: BASTY.
- =Bastille= (=la=), 49 n. 178, 51, 80 n. 318, 92 n. 346, 111
- n. 372, 132 n. 407, 135 n. 415.
- BASTY (BASTI, BASTÉ) (Pierre-Antoine), 18 et n. 100, 33, 78,
- 79 et n. 317, 83, 91, 114, 115, 122, 128, 131, 142 n. 423, 143
- n. 425, 182, 183, 184, 189 et n. 554, 200, 206, 225, 246, 248,
- 250.
- BAUDAU, 220, 230, 249.
- Baude, 75.
- BAUDELAN, 220.
- Baudouin, 98 n. 359.
- Baudrais, 143 n. 425.
- BAYARD, 212, 216, 219, 231.
- BEAU, 55.
- BEAUMIER, 250.
- =Beaumont= (=route de=), 239.
- BECQUET, 57.
- BECQUET (Mme), 62, 63 et n. 236.
- Becquet, citoyen de la section des Lombards, 139 n. 421.
- Bellemare, 143 n. 425.
- BELLET (BELLAY) père, 76, 96, 114, 116 n. 381, 117, 119,
- 121, 122, 123, 124, 126, 127, 128, 132, 135, 139, 146, 154,
- 182.
- BELLET, fils aîné, 114, 118, 124, 125, 209, 215 et n. 629,
- 247.
- BENARD, 245.
- BERGÉ (Mme), 248.
- Bernard, 129 n. 402, 213 n. 622.
- Berthelot, 143 n. 425.
- _Berville et Barrière_, 178 n. 518, 184 n. 544, 188 n. 552,
- 200 n. 589, 201 n. 591, 202 n. 593, 228 n. 663.
- Bienaymé, 95 n. 349.
- Bierne (de), 129 n. 402.
- Billaud-Varenne, 181, 213 et n. 622.
- BLACHELARD. Voyez: BACHELARD.
- _Blanc_ (_Louis_), VI.
- Bligny, 26 n. 123.
- BLONDEL, 159, 162, 166, 167, 171, 175 et n. 509, 180 et n.
- 529, 181.
- BODAU (BODAUT). Voyez: BAUDAU.
- BOICHERESSE (Pierre), 42.
- BONA (Mme), 245.
- Boncerf, 31.
- BONNELLE (BONNEL), 116, 212, 216, 220, 242.
- BONNET (Bonnet de Paly), 118, 122, 205, 206, 212, 216, 220.
- Bonnet, fédéré, 187 n. 551.
- Borie, 98 n. 359, 169 n. 485.
- Borville P.-P., 201 n. 590.
- Bosque (Charles), 15 et n. 81 et 83.
- Botot, 143 n. 425, 236 n. 688.
- BOUCHAS (Mme), 248.
- Boucher (sans autre désignation), 98 n. 359.
- BOUCHER, 205 n. 598, 216, 233.
- BOUDIN, 237, 247.
- BOUDINOT, l'aîné, 238.
- Bouillé, 86 n. 331.
- Bouin, 129 n. 402, 143 n. 425.
- BOULABERT, 241.
- Bouland, 161 et n. 461.
- BOULANGER, 11.
- Boulanger, faisant les fonctions de secrétaire du Conseil
- général, 188 n. 552.
- =Bouloir= (=Bouloi=) (rue du), 215 et n. 627.
- Bourdier, 143 n. 425.
- Bourdon (Léonard), 202 n. 592, 203 n. 596.
- Bourgain, 135 n. 415.
- BOURGOUGNAT, 209.
- BOUSSAROQUE (BOUSSAROCQ, BOUSSAROCQUE), 56, 75, 76, 84, 85,
- 86, 87, 89, 90, 91, 95, 96 n. 358, 98, 103 n. 362, 107 et n.
- 369, 112, 120, 127, 128, 160, 163, 164, 167, 168, 180, 223,
- 247.
- BOUTAU, 242.
- BOUTÉ, 55.
- BOYÈRE, 50, 51.
- _Braesch_ (_F._), VIII n. 15, 92 n. 346, 123 n. 388, 126 n.
- 398, 128 n. 401, 129 n. 402, 132 n. 406, 134 n. 410 et 411,
- 135 n. 414 et 415, 137 n. 417, 138 n. 419, 139 n. 420 et 421,
- 143 n. 424 et 425, 147 n. 426, 148 n. 428, 149 n. 434, 150 n.
- 436, 151 n. 437 et 438, 153 n. 443, 155 n. 445, 156 n. 450,
- 159 n. 454, 160 n. 458, 161 n. 461 et 462, 166 n. 477, 169 n.
- 485, 170 n. 489, 173 n. 501, 175 n. 509, 178 n. 522, 180 n.
- 530, 181 n. 532, 182 n. 535, 183 n. 541 et 543, 184 n. 545 et
- 546, 185 n. 548, 187 n. 551, 189 n. 554, 194 n. 568, 195 n.
- 570, 197 n. 580, 199 n. 585, 200 n. 588, 202 n. 592, 205 n.
- 598, 206 n. 601, 207 n. 605 et 606, 212 n. 620, 213 n. 622 et
- 623, 219 n. 638, 220 n. 642, 223 n. 650, 227 n. 661, 233 n.
- 675, 235 n. 681, 238 n. 692 et 693, 243 n. 695, 244 n. 697,
- 248 n. 702.
- BRASSEUR, 243.
- =Brest=, 86 n. 331.
- Brestois (les), 166 n. 476 et 477.
- =Brie-Comte-Robert=, 203 n. 595.
- BRILLARDET. Voyez: BAILLARDET.
- BRIZARD, 243.
- =Broca= (rue), 166 n. 477.
- BRODAUD (peut-être pour BAUDAUD?), 233.
- BROU, 243.
- BRUNIER (BRUNIÉ), 214, 222 n. 649.
- BRUNSER (pour BRUNIER, BRUNIÉ?), 179.
- Brunsvick (prince de), 243.
- Brutus, 92 n. 346.
- Bry (de), 94 n. 347.
- _Buchez et Roux_, XIII, 143 n. 425, 154 n. 444, 178 n. 518,
- 183 n. 540, 187 n. 549, 188 n. 552.
- Buirette-Verrières (Verrières), 27 n. 126, 88 n. 336, 90 n.
- 338, 111 n. 372, 128 n. 401.
- BUISSON, 79.
- BULLET fils (pour BELLET fils?), 215.
- =Bullion= (=hôtel=), 5 n. 41, 40 n. 161.
- Bunel, limonadier, citoyen de la section de la
- Fontaine-Montmorency, 5 n. 40.
- BUNET (BUNEL), 5 et n. 40.
- BUREL (Pierre-André), électeur de la section des Postes, 5
- n. 40.
- BURET, 245.
- BURET (Mme), 248.
- Burou, 139 n. 421.
- Butin, 129 n. 402.
-
- C
-
- CAFFIN, 222.
- Cahier, 13, 17.
- Cailleux, 143 n. 425.
- Cambon, 248.
- CAMPION, 217.
- CAMUS. Voyez: LE CAMUS.
- Canon, 92 n. 346.
- Carle, 187 n. 550.
- Carmélites (bataillon des), 26 n. 123.
- CARON, 245.
- Carré, 143 n. 425.
- Caton, 92 n. 346.
- CAVILLIER, 242.
- Cellier, 174 n. 506.
- CERFVOL père (Jacques-Auguste) (de CERFVOL), VIII, 2 et n.
- 31, 6 et n. 46, 7, 8 n. 58, 9, 14, 16 n. 90, 18.
- César, 222 n. 649.
- CHABOT, 95.
- Chaillot, 13 et n. 79.
- CHALAS, 239.
- Chalmet, 228 n. 665.
- CHAMFORT, 175.
- Champagne, 205.
- =Champ de Mars= (=le=), 86 et n. 331, 87 n. 332.
- CHAMPION (veuve), 245.
- CHAMPSAUR, 216.
- Chandelier, 143 n. 425.
- _Charavay_, 1 n. 26, 5 n. 39 et 40, 13 n. 77, 17 n. 91, 18
- n. 100, 24 n. 121, 42 n. 164, 172 n. 496, 188 n. 552, 190 n.
- 556, 558 et 559, 192 n. 562, 218 n. 637, 237 n. 689.
- CHARLARD, 118, 122.
- CHARMOT (CHARMOTTE), 118, 131, 160, 173, 175 et n. 508 et
- 509.
- Chassant, 143 n. 425.
- Châteauvieux (régiment suisse de), 86 et n. 331, 87 n. 332
- et 333, 88 et n. 334, 335 et 336, 92 n. 346, 98 n. 359.
- =Châtelet= (=le=), 17 n. 92, 219.
- CHAUDOT, notaire (Vincent-Jean-Baptiste), 90 et n. 339, 95,
- 222 n. 649.
- Chaumette (Chaumet), 80 n. 318, 143 n. 425, 182 n. 540, 188
- n. 552, 189 n. 554, 221 n. 646.
- CHAZELLE, 70.
- Chenaux, 143 n. 425.
- Chénier (Marie-Joseph), 87 n. 333, 143 n. 425, 188 n. 552.
- Chepy, 143 n. 425.
- =Cherbourg=, 241.
- CHEVALIER (Antoine-Louis), 233, 250.
- CHEVALLIER, marchand mercier, 245.
- CHIGNARD (Jean-François). 114 et n. 379, 234 et n. 677, 237,
- 238, 239, 240, 246 et n. 700.
- =Chine=, 22 n. 116.
- Choderlos, 143 n. 425.
- Cietty, 143 n. 425.
- =Claie=, 203 n. 595.
- CLÉMENT, 122, 172, 200.
- CLERC, 50.
- Clermont-Tonnerre (Comte Stanislas de), 21 n. 109.
- CLOSMENIL, 189.
- Clouet, 83 n. 325.
- =Coblentz=, 96 n. 358.
- Cohendet, 143 n. 425.
- Collet d'Herbois, 86 n. 331, 92 n. 346, 143 n. 425.
- COLOMBIER, 242.
- =Comtesse d'Artois= (rue), 17 n. 91, 118, 123, 125, 195,
- 241, 249, 250.
- Concedieu, 143 n. 425.
- Condorcet, 94 n. 347.
- Constituante (Assemblée), 3 n. 37, 27 n. 126, 29 n. 130, 32
- n. 137, 43 n. 167, 74 n. 295, 80 n. 318, 128 n. 401.
- Convention, 181 n. 532, 213 n. 621, 228 et n. 662, 232.
- =Coquéron et Coquillière= (rue), 135 n. 412.
- =Coquillière= (rue), 206.
- =Corbeil=, 203 n. 595.
- Corda, 139 n. 421.
- Cordeliers (club des), III, 80 n. 318, 88 n. 336.
- Cordeliers (Société fraternelle des), 80 n. 318.
- CORMERY (Mme), 248.
- CORNEILLE, 114.
- Coroller, 95 n. 349.
- CORPET, 216, 245.
- CORSAS. Voyez: GORSAS.
- Coton (de), 42.
- Coudre, 129 n. 402.
- Coulombeau, 184 n. 544.
- COUSIN (Mme), 248.
- Crété, 139 n. 421.
-
- D
-
- DABANCOURT, 239.
- Damoye, 143 n. 425.
- DANAY, 250.
- Danton, 80 n. 318, 98 n. 359, 201 n. 590, 213 et n. 622, 246
- n. 700.
- DARSON, 221.
- DAUBONNE l'aîné, 251.
- Daujon, 143 n. 425.
- DAVID (Jean-Michel), ancien marchand de vin, 50 et n. 181,
- 85 n. 328, 114, 116, 153, 154, 170, 173, 175 n. 508 et 509,
- 180, 184.
- David (le peintre), 92 n. 346.
- DAVRAS, 186.
- Dechamel, 119.
- Dégène, 143 n. 425.
- Delaguette (veuve), 198 n. 583.
- DELAPORTE, 232.
- _Delarc_, 2 n. 33.
- Delaville Le Roux (Le Roulx de la Ville), 161 et n. 460.
- Deleville, 44 n. 168.
- DELPEUNE, 153.
- Demeissen, 143 n. 425.
- Demontbarey, 165.
- Démousseaux. Voyez: Desmousseaux.
- Deneux, 143 n. 425.
- DESCHAMPS, 237.
- Desesquelles, 169 n. 485.
- DESETANG, 233.
- DESFOSSIS, 242.
- DESLAURIERS (DES LAURIERS) (Claude-François), marchand
- papetier, VIII, 20 n. 105, 22 et n. 115 et 116, 24, 25, 29,
- 30, 33, 36, 37, 40, 41, 55, 56, 59 et n. 220, 60, 63 et n.
- 237, 64, 65, 68 et n. 262, 80, 244.
- DESMAZIÉ, 50.
- Desmottes, 27 n. 126.
- Desmoulins de la Croix, 57.
- Desmousseaux (Démousseaux), 82, 98 n. 359.
- Desperrières, 49 n. 178.
- Destouches, 221.
- DESVIEUX (DÉVIEUX) (Marc-Louis), VIII, 15 et n. 81, 82 et
- 83, 16, 25, 30, 31, 33, 34 et n. 142, 45, 46, 59, 60, 63, 64,
- 67, 69, 70, 71, 78, 80, 86, 90 et n. 337, 110 n. 371, 114,
- 115, 116, 117, 118, 122, 124, 125, 128, 131, 134, 138, 142,
- 143 n. 425, 144, 146, 147, 149, 153 n. 441, 160, 162, 164,
- 165, 170, 171, 172, 175 et n. 509, 179, 180, 181, 200, 207,
- 210, 215, 228, 229, 234, 235, 236, 239, 241, 246, 247, 248,
- 249, 250.
- DESVIEUX (Mme), 248.
- DETILLY, 238.
- =Deux-Écus= (rue des), 12 n. 76, 56, 121 n. 387.
- DIACRE, 165.
- DIDELOT, 50, 55, 59, 114, 153, 192, 212, 216.
- DIDELOT fils, 191, 209, 215, 240.
- DINOT, 59, 150.
- Donnay, 143 n. 425.
- DOUMER, tailleur, 150, 151.
- DOUMER (dame), 151, 152, 153, 154, 172.
- DRAGON, 57, 59, 63 n. 240, 67, 70, 241.
- DUBOIS DE CHEMAU, 234.
- Dubois, citoyen de la section de la Fontaine-de-Grenelle,
- 132 n. 407.
- Dubois, fédéré, 187 n. 551.
- Dubois-Lammartinie, 187 n. 551.
- Dubosc, 174 n. 506.
- Duchesne, 143 n. 425.
- DUCLOS, 42, 79.
- DUCORMIER, 176.
- DUCORT, 242.
- DUDERÉ DE LA BORDE, 79.
- Duffort, 143 n. 425.
- DUFOUR, 78, 103 n. 361.
- Dufourny, 92 n. 346.
- DUHAMEL, 118.
- DUHAMEL (Mme), 248.
- Dumesne, 174 n. 506.
- DUMONT, 33.
- Dumontier (Denis), citoyen de la section des Halles,
- officier municipal, 5 n. 39.
- Dumoutiez, citoyen de la section du Marché-des-Innocents,
- 129 n. 402.
- DUMOUTIEZ père (DUMOUTIÈS, DUMONTIEZ, DUMOUTIER, DUMONTIER)
- (François), 5 et n. 39, 11 et n. 72, 55, 195, 241.
- DUMOUTIEZ (fils), 5 n. 39, 122.
- Duplessis, 98 n. 359.
- Duport, 128 n. 401.
- Dusaulx (Dussault), 92 n. 346.
- DUVAL, 243.
- _Duvergier_, 32 n. 137, 36 n. 150, 103 n. 360, 111 n. 372,
- 123 n. 388, 128 n. 401, 130 n. 403, 131 n. 404, 162 n. 464,
- 177 n. 517, 193 n. 567, 198 n. 582 et 583, 199 n. 584, 211 n.
- 615.
- DUVRAQUE, 243.
-
- E
-
- Enfants-Trouvés (bataillon des), 27 n. 126.
- =Etats-Unis=, 96 n. 358.
- =Evêché= (=salle de l'=), 197 et n. 581.
-
- F
-
- FABRE, 243.
- FAGOT, 170, 225, 244.
- FAUVET, 245.
- FAVRE, 212, 216.
- FAVREAU (FAVROT), 118, 193, 194, 208, 212, 216, 247.
- Faypoult, 143 n. 425.
- Fayrault, 144 n. 1.
- FÉRY (FERRY), 132, 229.
- FEUGER, 239.
- =Feuillants= (=couvent des=), 178 et n. 520.
- =Feuillants= (club des), 203 n. 596, 212, 222.
- Filles-Saint-Thomas (bataillon des), 26 n. 123.
- Filleul, administrateur au département des subsistances, 41,
- 43, 66, 67 et n. 261.
- FILLEUL, sans désignation, 233.
- FILLEUL père, 242.
- FILLEUL fils, 248.
- =Finistère= (département du), 166.
- FIRMIN-FRANÇOIS (FIRMIN), 216, 221 et n. 644, 247.
- Flaman, 187 n. 551.
- FLEUROT (Jacques), 36 et n. 152.
- FONTAINE, 233.
- =Four= (rue du), 91 n. 340, 119, 244.
- FOURNIER, 242.
- Fournier l'Américain, 139 n. 420.
- =Four-Saint-Honoré= (rue du), 5 n. 40, 39 n. 158.
- Français, citoyen de la section de l'Ile, 143 n. 425.
- FRANCE, 241.
- FRANÇOIS (FIRMIN). Voir FIRMIN-FRANÇOIS.
- Frangeon (Jacques), 201 n. 590.
- Franklin, 98 n. 359.
- Fréron, 88 n. 336.
- FROSTÉ (Sébastien), 91 et n. 340, 114, 124, 138, 146, 211,
- 220, 223.
- FROYÈS (Mme), 122.
-
- G
-
- GAGNES, 55.
- GALLET, 246.
- GAMBIER, 55, 59, 114, 116, 167, 176.
- Gandri, 174 n. 506.
- GARIMOND, 241.
- Garnerin, 143 n. 425.
- GARNIER, 152, 249.
- Garnier, citoyen de la section des Quinze-Vingts, 169 n. 485.
- Garnot, 57.
- GAUBERT (Mme), 122.
- Gaucher, 129 n. 402.
- GAUTIER, 12, 116, 184, 189 et n. 554, 191.
- GAVET, 244.
- GÉNEFRE, 242.
- GENESSE, 55.
- GENTY (GENTIL, GENTI), 160 et n. 457, 170, 173, 175 n. 508
- et 509, 179, 184, 212, 216, 222, 231, 233, 247.
- GEOFFROY, 122.
- GÉRARD (Jean-Baptiste), 182 et n. 538, 186, 197, 209, 212,
- 225, 248.
- Gérard, citoyen de la section des Thermes-de-Julien, 174 n.
- 506.
- Gerbet, 135 n. 415.
- GIBBON (GIBON), 170 et n. 491, 175 et n. 509, 177, 180, 211,
- 216.
- GIBERT père, 233.
- GIBERT fils, 233.
- GIBERT (Charles), rue Saint-Honoré, au coin de celle des
- Prouvaires, 249.
- GIBON. Voyez: GIBBON.
- GIFFET (GIFFEY, GIFFAY), 50, 59, 116, 160, 170, 180, 189,
- 209, 215, 228.
- GILLAS, 233.
- GILLET (J.-P.), 122, 167, 179, 182, 184, 209, 215, 235, 247.
- GIRARD, 182.
- GIRAULT (GIRAUD) (Charles-Louis-Albert), 95 et n. 357, 98,
- 222 n. 649.
- GIROUST (Jean-Antoine-Théodore), peintre de l'Académie,
- 5 n. 41.
- GIROUX, 5.
- =Gonesse=, 203 n. 595.
- Goret, 143 n. 425.
- GORSAS (CORSAS) (Antoine-Joseph), 197, 225 et n. 656, 246.
- Gosseret, 187 n. 551.
- GOUJARD, 243.
- Gouvion (de), 80 n. 318.
- GRAINVILLE, 186, 195, 210, 212, 215, 247.
- =Grands-Augustins= (=bibliothèque des=), 20 et n. 105.
- =Grands-Piliers-de-la-Tonnellerie= (rue des), 5 n. 39.
- GRAPPIN (GRAPIN), 116, 160, 209, 210, 215.
- Grégoire XIII, pape, 119.
- GRÉGY, 114.
- Grenoble, 13 n. 79.
- Grobert et Cie, 14.
- GROMORT, 12.
- GUENIN, 233.
- Guerrier (Guerriés), 153 et n. 439, 155, 156 n. 447.
- _J. Guillaume_, 94 n. 347.
- Guillaume (pétition), 224 n. 653.
- GUILLER, 242.
- GUILLOT, 114, 116.
- GUIRAUT (GUIRAUD, GUIRAULT) (François-Elie), 180 et n. 528,
- 182, 230, 232, 233, 235, 236.
- Guisclin, 169 n. 485.
- GUITTOT, 206.
- Guyard (ou Riard), 98 n. 359.
- GUYOT, 59.
-
- H
-
- HAGARD (AGARD), 79, 206.
- HALLÉ, 233.
- Harou-Romain, 143 n. 425.
- HENRY, 179, 212, 216.
- Henry, citoyen de la section des Lombards, 139 n. 421.
- Hermigny (d'), 98 n. 359.
- Hion, 82 n. 322, 87 n. 333.
- =Hirondelle= (rue de l'), 201 n. 590.
- =Hollande=, 22 n. 116.
- =Hongrie= (passage de =la reine de=), 231.
- HOUDAN, 233.
- Hu, 98 n. 359.
- Huguenin, 143 n. 425, 169 n. 485, 197 n. 581, 201 n. 591,
- 203 n. 594, 205 n. 598, 213 n. 622, 227 n. 661, 244 n. 697.
- Hurel, 143 n. 425.
- HURY, 119.
-
- I
-
- =Italie=, 119.
-
- J
-
- Jacob, 174 n. 506.
- Jacobins (club ou société des), 20 n. 105, 27 n. 126, 29 n.
- 128, 59 n. 218, 80 n. 318, 86 n. 331, 98 n. 359, 234 n. 680.
- Jaillant, 143 n. 425.
- JAMES (JAMS) (Charles), négociant, rue Montmartre, nº 248,
- 59 et n. 218, 114, 134, 150, 153 et n. 441, 160, 164, 168,
- 170, 178, 179, 180, 182, 218, 222, 228, 234, 235, 240, 249.
- JAMES, maître tailleur, rue Comtesse-d'Artois, nº 74, 249.
- JAQUER, 242.
- JAUBERT, 216.
- Jeanson, 135 n. 415.
- =Jeu de Paume=, 143 n. 425.
- Joandel, 59.
- Jobal, 15 et n. 81, 16.
- Jobbé, 174 n. 506.
- JOLY (JOLLY, JOLLI, JOLI), secrétaire-greffier, 107 n. 368,
- 148 et n. 431, 186, 194, 196.
- Joly (P.-M.), citoyen de la section des Lombards, 139 n.
- 421, 143 n. 425.
- Joséphine (impératrice), 127 n. 400.
- JOUAUD, 116.
- JOUAUDEL, 160.
- Jouette, 44 n. 168.
- JOUQUETS (JOUQUET), 55, 225.
- =Jour= (rue du), 178 n. 525, 242, 243.
- JOURNAUX:
- _Ami du peuple_ (_l'_), 18 n. 96.
- _Annales patriotiques et littéraires_, XII n. 22, 82 n. 322,
- 88 n. 334.
- _Assemblée nationale, etc..._, XII n. 3, 88 n. 336, 92 n.
- 346.
- _Auditeur national_ (_l'_), XII n. 22, 87 n. 333.
- _Chronique de Paris_, XII n. 22, 103 n. 361, 199 n. 584.
- _Contre-Poison_ (_le_), 111 n. 372.
- _Courrier des 83 départements_, XII n. 22, 80 n. 318, 92 n.
- 346, 98 n. 359, 197 n. 579, 214 n. 624, 225 n. 656.
- _Courrier français_, XII n. 22, 106 n. 366, 201 n. 590.
- _Feuille du Jour_, XII n. 22, 92 n. 346, 98 n. 359, 106 n.
- 366.
- _Gazette de Paris_, XII n. 22.
- _Gazette universelle_, XII n. 22, 98 n. 359.
- _Journal de la Municipalité et des districts de Paris_, XII
- n. 22.
- _Journal de la Municipalité et du Département de Paris_, 44
- n. 168.
- _Journal de Paris_, XII n. 22, 85 n. 327, 96 n. 358, 138,
- 147.
- _Journal général de l'Europe_, 143 n. 425.
- _Journal général de politique et de littérature_, XII n. 22.
- _Journal universel_, XII n. 22, 225 n. 656.
- _Logotachigraphe_ (_le_), 180 n. 318.
- _Moniteur_, XII, XIII, 25 n. 122, 27 n. 126, 43 n. 167, 44
- n. 168, 50 n. 179, 69 n. 265, 112 n. 373, 128 n. 401, 138 n.
- 419, 177 n. 517.
- _Orateur du Peuple_ (_l'_), XII n. 22.
- _Patriote français_, XII n. 22, 18 n. 97.
- _Révolutions de Paris_, XII n. 22.
- _Sentinelle_ (_la_), 225 et n. 656.
- _Thermomètre de l'opinion publique_ ou _Journal des sections
- de Paris_, 31 n. 136, 45 n. 171.
- _Thermomètre du jour_, XII n. 22, 92 n. 346, 98 n. 359.
- JULIOT (Mme), 122.
- JULLIEN, 247.
- JULLIOT père (Claude-François), 121 et n. 387, 173, 191, 206
- et n. 602, 210, 216, 238, 250.
- Juris, 135 n. 415.
- Jussienne (bataillon de la), VIII, 29, 33, 34, 42, 118, 121,
- 177, 179, 185, 210.
- =Jussienne= (chapelle de la), VIII, 33 et n. 141, 34, 38, 40.
- =Jussienne= (district de la), 33 n. 141, 186.
- JUSTINARD (JUSTINART) (Charles-André), 95 et n. 356, 180.
-
- L
-
- _Labat_, II, III, V.
- LABRIE-D'ARÇON (Jean-Gilbert), 239.
- LABAY, 216.
- LABITTE, 243.
- =La Chapelle=, 21 n. 109, 86 n. 331.
- Lacombe, 143 n. 425.
- _Lacroix Sigismond_. VI, VII, 1 n. 26, 2 n. 32, 3 n. 35, 36
- et 37, 4 n. 38, 5 n. 39 et 40, 6 n. 42 et 45, 7 n. 49, 50, 51,
- 52 et 53, 8 n. 55, 56, 57 et 58, 10 n. 63, 64, 65, 67 et 68,
- 11 n. 69, 70, 71, 72, 73 et 74, 12 n. 76, 15 n. 81 et 84, 16
- et n. 85, 86, 87, 88, 89 et 90, 17 n. 92, 18 n. 95, 96, 97,
- 98, 99 et 100, 19 n. 102 et 103, 20 n. 104, 105 et 106, 21 n.
- 107, 108, 109, 110, 111, 112, 113 et 114, 22 n. 115, 23 n.
- 118, 26 n. 124, 27 n. 125 et 126, 28 n. 127, 30 n. 131, 132 et
- 133, 31 n. 134, 135 et 136, 32 n. 138, 33 n. 139, 34 n. 142,
- 144, 145, 146 et 147, 35 n. 148 et 149, 36 n. 150 et 153, 37
- n. 154 et 155, 39 n. 158 et 159, 44 n. 168, 45 n. 169 et 171,
- 46 n. 172 et 173, 48 n. 174 et 175, 49 n. 177 et 178, 50 n.
- 179, 180, 183, 184 et 185, 52 n. 188, 53 n. 189, 54 n. 192, 55
- et n. 195 et 196, 56 n. 199, 200, 201, 202, 203 et 204, 57 n.
- 205, 206, 207, 208 et 209, 58 n. 210, 211, 212 et 213, 59 n.
- 214, 215, 216, 217, 218, 219 et 220, 60 n. 221, 223, 224, 225,
- 226 et 227, 61 n. 228 et 231, 62 n. 233 et 234, 63 n. 236, 237
- et 239, 64 n. 241 et 243, 65 n. 244 et 247, 66 n. 248, 249,
- 250, 251, 252, 253, 254 et 255, 67 n. 256, 257, 259 et 261, 68
- n. 262, 69 n. 264, 265, 266, 267, 268, 269, 270 et 271, 70 n.
- 273, 274, 275, 276, 277 et 278, 71 n. 280, 281, 282 et 283,
- 72 n. 284, 73 n. 285 et 286, 74 n. 289, 290, 291, 292, 293 et
- 295, 75 n. 296, 297, 298, 299, 300, 301 et 302, 76 n. 303,
- 304, 305 et 306, 78 n. 312, 313 et 314, 79 n. 315 et 316, 80
- n. 318.
- La Fayette, 27 n. 126, 88 n. 336, 92 et n. 346, 95 n. 349,
- 96 n. 349, 98 n. 359, 143 n. 425, 149, 150, 193 n. 565, 197,
- 200, 201 n. 590, 204, 205 n. 598, 249.
- =La Fayette= (rue), 18 n. 100, 149.
- Lafitte, 143 n. 425.
- LAFOND, perruquier, 191, 243.
- =Laguy=, 184, 203 n. 595.
- LA GRANGE (LAGRANGE), 55, 193, 194, 205, 248.
- LAISNÉ DE PARVILLY (MATHURIN), chevalier de Saint-Louis, 56.
- Lamaignière, 143 n. 425.
- LAMARRE, 55.
- LA MARTINIÈRE, 244.
- LA MARTINIÈRE fils, 246.
- LAMBECK, 242.
- LA MOTTE, 170, 192.
- LANDRIEUX, 190, 194, 205.
- LANGLOIS (L'ANGLOIS), 50, 114, 160, 167, 175 et n. 509, 180,
- 217, 220, 221, 224, 228, 232, 233, 236, 237, 248.
- LA PERDRIX (PERDRIX), 55, 189, 209.
- LA PORTE (LAPORTE), 122, 243, 248.
- LARD, 212, 216.
- Laroche, 169 n. 485.
- LARSONNIER (LARSONIER) (Jean-Louis-Dominique), 12 et n. 76,
- 53, 55, 59, 122, 189, 209, 215.
- LA SABLONNIÈRE, 244.
- LA SAGE (Mme), 122.
- LASNIER, 6.
- Latournelle, 143 n. 425.
- Laugier, 132 n. 407.
- LAURENT (Denis), 16, 17 et n. 91, 31, 132, 147, 149, 160,
- 222 n. 649, 225, 234 et n. 677, 237, 238, 239, 240.
- LAVALLÉE, 122.
- Lavau (Laveau) (Jean-Antoine.), 69 et n. 269, 172.
- _Lazard_ (_Lucien_), II.
- LE BAS, 169 n. 485.
- LEBÉ, 209.
- LE BLANC, 233.
- LE BOEUF (Nicolas), 135 et n. 413, 138, 140, 146, 147, 154,
- 175, 183, 184, 195, 218-219, 235, 236, 248, 250.
- Lebois, 143 n. 425.
- LEBON, 13.
- Le Bourg, 129 n. 402.
- LE BRET DE SAINT-MARTIN, 226.
- LE CAMUS (CAMUS) (Nicolas), 24 et n. 120, 42 n. 166.
- Lechesne, 143 n. 425.
- LECOINTRE, 233.
- Lecomte, 135 n. 415.
- LEFEBVRE, 114, 180.
- Lefèvre (sans autre désignation), 98 n. 359.
- LEFEVRE, 182, 209, 215.
- Le Gangneur, 143 n. 425.
- Legendre, 88 n. 336.
- LÉGIER (Nicolas-Vincent), 12 et n. 75, 31, 41, 42, 77, 78,
- 79, 83, 90, 91, 98, 115, 116 et n. 381, 119, 122, 131, 134,
- 153 n. 441, 164, 170, 195, 209 et n. 608, 216, 217, 219 et n.
- 641, 220, 221 et n. 646.
- Législative (Assemblée), 1 n. 24, 72 n. 284 74 n. 295, 76,
- 80 n. 318, 86 n. 331, 94 n. 347, 111 n. 372, 113 n. 376, 153
- n. 443, 160 n. 458, 161 n. 462, 174 et n. 506, 180 n. 531, 181
- n. 532, 182 n. 540, 183 n. 543, 187 n. 551, 189 n. 553, 198 n.
- 582, 222 n. 649, 234 n. 677 et 678, 248 n. 703.
- LE GRAS, 245.
- LE GRER, 126.
- LE GROS, 221.
- Leloup (Louis), 201 n. 590.
- Lemierre, 187 n. 551.
- Lemoine, 129 n. 402, 132 n. 406.
- LEPRÊTRE, 209, 211.
- =Lerne= (hydre de), 96 n. 358.
- LE ROI, 79.
- LEROUX (LE ROUX), 98 n. 359, 116, 122, 194, 225.
- Le Roux, agent de change, 242.
- Le Roulx de la Ville, 161 n. 460.
- LE ROY (Mlle), 239.
- Letellier, 187 n. 550.
- LE TERRIER, 20.
- LETTI, 206.
- LEUDET (pour LINDET?), 209.
- Levacher, 98 n. 359, 228 n. 665.
- Leymerie, 203 n. 596.
- L'HÉRITIER fils, 50, 114, 189, 209, 215, 225.
- L'Huillier, 143 n. 425.
- =Lille=, 33 n. 139.
- LINDET, 81, 84, 135, 140, 160, 170, 182, 215, 222.
- =Lion=, 203 n. 596.
- L'ODELY (LODELY), 220, 243.
- L'OISEAU, 55.
- Lottin l'aîné, et Lottin (J.-R.), imprimeurs-libraires
- ordinaires de la Ville, rue Saint-André-des-Arcs, nº 27,
- 9 n. 59.
- Louis XVI, VII, 33 n. 139, 36 n. 153, 43 n. 167, 92 n. 346,
- 127 n. 400, 133 n. 408, 143 n. 425, 169 n. 485, 173 n. 499,
- 182 n. 536, 187, 205.
- =Louis-le-Grand= (collège de), 205.
- =Lourcine= (rue de), 166 et n. 477.
- LOUTRE, 79.
- Louvet, 143 n. 425, 225 n. 656.
- =Louvre= (château du), 190, 196.
- Loys, 187 n. 551.
- Luckner, 143 n. 425, 201 n. 590.
- LUCTIER, 216.
- Lulier, 199 n. 587.
-
- M
-
- MADELEINE (MAGDELAINE), 160, 170, 225.
- Magendie, 132 n. 407.
- MAGISSON (Mme), 248.
- Mahé-Santerre, 135 n. 415.
- MAIGNIARD (Pierre-Jacques), 245.
- Maillard (E.-J.-B.), 82 n. 322.
- Maire, 143 n. 425.
- Mandar, 143 n. 425.
- Mangin, 143 n. 425.
- =Mans= (=le=), 243.
- Manuel, 92 n. 346, 98 n. 359, 103 n. 361, 106 n. 366, 139 n.
- 421, 143 n. 425, 156 et n. 450, 172 n. 496, 190 n. 558, 193 et
- n. 565, 208 n. 607, 218 n. 637.
- Marat, 88 n. 336.
- _Marcel_ (_Pollio et_), 171 n. 493.
- Marcenay, 143 n. 425.
- MARESCHAL (MARÉCHAL) (Joseph), 6 et n. 45, 8 n. 58, 9, 14,
- 16 n. 90, 18, 20 n. 105, 22 et n. 115, 24, 25, 30, 33, 36, 37,
- 40, 41, 43, 45 et n. 171, 47, 50 n. 185, 51, 52, 53, 55, 59 et
- n. 220, 63, 64, 68, 70 et n. 278, 73 et n. 286, 74, 76 et n.
- 306, 77, 79 et n. 316, 84, 85, 86, 89, 90, 91, 96 n. 358, 103
- n. 362, 107 et n. 368 et 369, 121, 151, 166.
- Margotin, 129 n. 402.
- Marolles, 94 n. 347.
- Marseillais (les), 166 n. 476, 167, 169 n. 485, 170, 201 n.
- 590, 215.
- =Marseille=, 160.
- MARTEL, 189, 209, 215.
- MARTIN, 245.
- Martin le jeune, citoyen de la section du Marché-des-Innocents,
- 129 n. 402, 143 n. 425.
- MARTINCOURT, 246.
- =Massiac= (=hôtel=), 176.
- Mathieu, 174 n. 506.
- Mathis, 135 n. 415, 143 n. 425.
- MATRAUT l'aîné, 233.
- MATRU, 233.
- =Mauconseil= (rue), 123 n. 390.
- MAUFROY, 50.
- MAUGER (Mme), 242.
- Mazuel, 187 n. 551.
- MEGRAS, 221.
- Méhée, 197 n. 581, 201 n. 591, 205 n. 598, 244 n. 697.
- _Mellié_, II n. 2, VI, 25 n. 122, 182 n. 539, 207 n. 606.
- Menou (de), 80 n. 318.
- MÉRA, 242.
- Mercier, 143 n. 425, 165.
- MÉTITOT, 237.
- =Metz=, 96 n. 358.
- =Meulan=, 239.
- MIBOLOT, 221.
- MICHEL-MICHEL, 90, 122.
- _Michelet_, VI.
- MICHELIN (Mme), 248.
- MIGNOT, 239.
- MILLET, 242.
- Millet, citoyen de la section du Roi-de-Sicile, 143 n. 425.
- MILLET DE GRAVELLE (Jacques-Joseph), 10 n. 63, 12, 13 et n.
- 77, 250.
- Millin, 143 n. 425.
- Minier (A.), 198 n. 583.
- Mirabeau, 182 n. 536.
- =Molière= (théâtre), 98 n. 359.
- Momoro, imprimeur, 83 n. 325.
- Monge, 13 n. 79.
- Montamant, 26 n. 123.
- Montchanin, 66.
- MONTIGNY, 247.
- =Montmartre= (rue), 13 n. 77, 34, 38, 40, 42, 53 n. 190, 59
- n. 218, 114 n. 377, 118, 127 n. 400, 128, 179 n. 526, 239.
- Montmorin, ministre des Affaires étrangères, 43 et n. 167,
- 236.
- =Montorgueil= (rue), 10 n. 62, 15 n. 82, 20, 118, 123 n.
- 390, 160 n. 457, 231, 239, 243.
- MONTPELLIER, 31, 45, 46, 170, 182, 195.
- MOREAU, 50, 114, 243.
- MORET (Mme), 248.
- _Mortimer-Ternaux_, III et n. 3, IV, VI, XIII, 207 n. 604,
- 234 n. 680, 236 n. 688.
- MORY, 225.
- Moulinneuf, 143 n. 425.
- Moynat, 143 n. 425.
- MOZZANINO, 245.
-
- N
-
- =Nancy=, 86 n. 331, 87 n. 332.
- Nartez, 143 n. 425.
- Necker, 92 n. 346.
- =Neuve-Saint-Augustin= (rue), 15 n. 81.
-
- O
-
- =OEil de Boeuf= (=l'=), 165.
- =Oratoire=, 231.
- Orignat, 139 n. 421.
- =Orléans=, 139 et n. 420, 223.
- Osselin, 98 n. 359.
- Ozane, 139 n. 421.
-
- P
-
- Pache, 143 n. 425, 169 n. 485.
- Pagnier, 143 n. 425.
- PAILLET (peut-être pour Paillette. Voir ce nom à l'index),
- 232.
- Paillette, 216.
- =Palais-Royal= (=le=), 21, 106 n. 366, 159, 160.
- PALIX, 241.
- Palloy (Paloy) (Pierre-François), dit Palloy-Patriote, 50 et
- n. 186, 51.
- Paly, 217.
- PAPINEAU, 244.
- PARDON, 242.
- Pâris, 161 et n. 461.
- Patris, imprimeur de la Commune, 98 n. 359, 201 n. 590.
- Paulle, 44 n. 168.
- PAYEN-DESLAURIERS (PAYEN DES LAURIERS, PAYEN, PAYEN DES LORIERS,
- PAYEN dit DESLAURIERS), 153, 160, 170, 172, 175, 177 et n.
- 514, 179, 180 n. 2, 181, 182, 222 n. 649, 224 et n. 654, 225
- et n. 655, 232, 233.
- Pécoul, 129 n. 402.
- Pel, 67.
- Pelletot père, 187 n. 551.
- PELLIER, imprimeur, 96 n. 358, 107 n. 369, 116 et n. 381.
- PERDRIX. Voyez LA PERDRIX.
- Périac, 143 n. 425.
- Périer (Perrier) frères (Périer Jacques-Constantin et Périer
- Auguste-Charles), 13 et n. 79.
- Périer (Claude), banquier de Grenoble, 13 n. 79.
- PÉRIGNON, 3, 5, 7.
- PÉRIN, 211.
- PERONNARDE, 160.
- =Péronne=, 152.
- PERRIN, commis à la caisse de l'Extraordinaire, 244.
- PERROL, 116.
- PERRONNARD (PERRONARD, PERONARD), 165, 170, 182, 184, 208,
- 209, 215, 223, 246, 249.
- =Pethion= (rue), 243.
- Pétion, 87 n. 333, 92 n. 346, 98 n. 359, 115, 129 n. 402,
- 132 n. 406, 135 n. 415, 137 et n. 417 et 418, 139 n. 421, 143
- n. 425, 156 n. 450, 201 n. 590.
- Petits-Pères (bataillon des), 176.
- Peuchet, 69 n. 265.
- PICHARD (Jacques-Etienne), 56 et n. 197, 60, 63, 65, 68, 70
- et n. 278, 73 et n. 286, 74, 76 et n. 306, 79 et n. 316.
- Picot, 129 n. 402.
- PIERRON, 225.
- PIERSON, 219, 222.
- =Piliers de la Tonnellerie= (=les=), 221 n. 644.
- Pinart, 143 n. 425.
- Pinon, 228 n. 665.
- Piogé, 174 n. 506.
- =Pitié= (=la=), 226 et n. 659.
- =Plâtrière= (rue), 2 n. 31, 5 n. 41, 12 n. 75, 40 n. 161, 42
- n. 164, 90 n. 339.
- PLAUGET, 246.
- _Pollio_ (_et Marcel_), 171 n. 493.
- =Pologne=, 50 n. 179.
- Polverel, 98 n. 359.
- POMENERO, 248.
- Poncelin (l'abbé), 201 n. 590.
- Porcher, 129 n. 402.
- =Poterie aux-Halles= (rue de la), 5 n. 39.
- POTIN, 231, 247.
- Poullenot, 139 n. 421.
- POUPARDIN, 50, 96.
- POUPART (Jean-Jacques), curé, 182 et n. 536, 209, 215, 217,
- 220, 222, 223, 243.
- POUSIEL, 221.
- POUSIELLON, 233.
- POUSSIELGUE (l'aîné), 241.
- POUSSIELGUE (le jeune), 242.
- PRAPIN, 191.
- PRAVIEL (erreur pour Proviel?), 114 et n. 378.
- PRELAT, 205 n. 598.
- PRÊTRE, vicaire, 194.
- PRÉVOST, 245.
- PRÉVOTEAU, 245.
- =Prouvaires= (rue des), 22 n. 116, 24 n. 120, 50 n. 181, 96
- n. 358, 107 n. 369, 135 n. 413, 182 n. 537, 241, 243, 249, 250.
- =Prouvaires= (=hôtel des=), 243.
- PROVIEL (PRAVIEL), 114 et n. 378, 212, 216.
- PRUNEAU, 116.
-
- Q
-
- Quantin (Quentin), 169 n. 485.
- Quatremère, 129 n. 402.
- Quenet, 143 n. 425.
- Quentin. Voyez: Quantin.
- Quesnaut, 143 n. 425.
- Quettier, 212, 223.
- Quincy (de), 139.
-
- R
-
- Raffron, 98 n. 359.
- Ramainvilliers, 115.
- =Rambuteau= (rue), 178 n. 525.
- RAYMOND DE SAINT-SULPICE (RAYMOND) (Jacques-Antoine), 239,
- 241, 248.
- Réal, 143 n. 425.
- Reboul, 143 n. 425.
- REGLEY, 246.
- Régnard. Voyez: Renard.
- REGNAULT (Jean-Baptiste-Etienne-Benoît-Olive), 39 et n. 158.
- RÉGNIER (REIGNIER) (Jacques-Hubert), 114 et n. 377, 118,
- 165, 182, 183, 184, 185, 191, 212, 216, 217, 228, 250.
- =Reims= (=Rheims=) (=hôtel de=), 201 n. 590.
- =Reine-de-Hongrie= (passage de la), 231.
- Remy, 169 n. 485.
- RENARD (RENAR, RÉGNARD) (Pierre), 24 et n. 121, 33 et n.
- 140, 42 et n. 166, 59, 78 et n. 311, 79, 83, 90, 114, 115,
- 118, 121, 128, 206, 207, 209, 210, 211, 212, 216, 217-218,
- 228, 250.
- RENAUD, 90, 91, 95.
- RENAUDIN, 233.
- Renet, 83 n. 325.
- =Rennes=, 26 n. 123.
- Restout, 143 n. 425.
- Revet, 169 n. 485.
- Riard (ou Guyard), 98 n. 359.
- RIBERT, 239.
- Ricart, 75.
- =Richelieu= (=hôtel de=), 15 n. 81, 16 n. 90.
- Rivaillier, 132 n. 407.
- Rivière, 143 n. 425.
- ROBELIN, 176.
- _Robiquet_, 92 n. 346.
- ROBLIN, 241.
- Roger (Alexandre), 135 n. 415.
- ROISSY (Marie-Jeanne-Elisabeth), 119, 122.
- Rolin, 143 n. 425.
- ROSKOP, 79.
- ROSTENNE, 196.
- ROSTENT, 194.
- Roucour, fermier, 239.
- Roulet, 228 n. 665.
- ROUSSEAU (Jean), épicier, 242, 248.
- Rousseau (J.-J.), 98 n. 359.
- =Rousseau= (=Jean-Jacques=) (rue), 95 n. 357, 200.
- ROUSSEL (ROUSSET), 150 et n. 435, 180.
- ROYER, 242.
- Royer, secrétaire de la Commune, 87 n. 322, 129 n. 402, 137
- n. 418, 139 n. 421, 143 n. 425, 156 n. 450, 199.
-
- S
-
- =Saint-Amand= (Cher), 200.
- =Saint-André-des-Arcs= (rue), 9 n. 59.
- =Saint-Antoine= (faubourg), 27 n. 126, 135 n. 415.
- =Saint-Augustin= (église), 232.
- =Saint-Cloud=, 36 n. 153, 37.
- Sainte-Chapelle (club de la), 203 n. 596, 212, 213 et n.
- 623, 214 et n. 624, 217, 219 et n. 640, 222, 224, 228 n. 663.
- =Saint-Esprit= (cour du), 228 n. 665, 229 et n. 666.
- Saint-Eustache (bataillon de), VIII, 28-29, 29, 96 n. 358,
- 107 n. 369, 118, 121, 125, 149, 150, 155, 168, 177, 179, 185,
- 186, 214.
- =Saint-Eustache= (église), VIII, 6, 8, 9, 14, 33, 34, 41,
- 51, 179 n. 526, 182 n. 536, 191 n. 560, 197.
- =Saint-Eustache= (district), 6, 13, 176, 186.
- Saint-Eustache (fabrique de), 8 n. 56.
- =Saint-Eustache= (paroisse), 2 et n. 33, 3, 4, 5, 7, 8, 10,
- 11, 42, 196, 209 n. 612.
- =Saint-Eustache= (pointe), 56 n. 197, 118, 123, 178 n. 525.
- =Saint-Germain=, 203 n. 595.
- =Saint-Germain= (abbaye), 88 n. 336.
- =Saint-Honoré= (district), 26 n. 123.
- =Saint-Honoré= (rue), 22 n. 116, 249.
- Saint-Jacques-la-Boucherie (bataillon de), VIII, 29, 34.
- =Saint-Jacques-le-Majeur= (église de), 67 n. 261, 69 n. 265
- et 272, 72 n. 284.
- Saint-Jacques-l'Hôpital (bataillon de), 33 n. 139.
- =Saint-Marceau= (faubourg), 166 n. 477, 169.
- SAINT-MARTIN (Mme), 248.
- Saint-Martin-des-Champs (bataillon de), 26 n. 123.
- =Saint-Nicolas des-Champs= (paroisse), 196.
- =Saint-Nicolas-du-Chardonnet= (district de), 3 et n. 37.
- =Saint-Nicolas-du-Chardonnet= (paroisse de), 3 n. 37.
- =Saint-Roch= (district), 98 n. 359.
- Saint-Roch (fabrique de), 8 n. 54.
- =Salpêtrière= (=la=), 226 et n. 659.
- Sanson (Charles-Henri), 190 et n. 557.
- Santerre, brasseur, puis commandant général, 135 n. 415, 143
- n. 425, 187 n. 550, 192 n. 563.
- SANTERRE (de Santerre), 27 n. 126, 55, 59, 63 n. 240, 67,
- 69, 70, 71.
- Satens, 75.
- =Saumon= (passage du), 118.
- SAUSSAY, 211, 217, 218.
- SAUVAGE (Piat-Joseph), 40 et n. 161, 41, 43, 45 et n. 171,
- 47, 50 n. 185, 51, 52, 53, 95, 211.
- Sauval, 75.
- SAUVEL, 189, 191.
- SCHREIBER, 57.
- SECTIONS:
- 19e Arcis, 76 n. 304, 143 n. 425.
- 34e Arsenal, 21 n. 109, 80 n. 318, 83, 119 et n. 384, 143 n.
- 425.
- 29e Beaubourg (rue Beaubourg), 52, 67 et n. 256, 74 et n.
- 290 et 295, 76 n. 304, 143 n. 425.
- 6e Bibliothèque, 15 n. 81, 16 n. 90, 17, 18, 20 n. 106, 22,
- 32 n. 137, 60, 61 n. 231, 67, 143 n. 425.
- 22e Bondy, 18 n. 101, 60, 61 n. 231, 64 n. 241, 143 n. 425.
- 14e Bonne-Nouvelle, 64 n. 241, 67, 143 n. 425.
- 2e Champs-Élysées, 26, 27 n. 126, 45, 143 n. 425, 147 n.
- 426, 149 n. 434.
- 42e Croix-Rouge, 21 n. 109, 46 n. 173, 61, 67, 119 et n.
- 384, 126.
- 30e Enfants-Rouges, 143 n. 425.
- 20e Faubourg-Montmartre, 8-9, 26, 143 n. 425.
- 28e Faubourg-Saint-Denis, 143 n. 425.
- 39e Fontaine-de-Grenelle, I n. 1, 27 n. 126, 44 et n. 168,
- 45 et n. 170 et 171, 46 et n. 173, 92 n. 346, 94, 132 et n.
- 406 et 407, 142, 143 n. 425, 149, 153, 173 n. 499, 236 et n.
- 683.
- 13e Fontaine-Montmorency (Molière-et-Lafontaine), 5 n. 39,
- 243 n. 695.
- 48e Gobelins (Finistère), 143 n. 425, 237 et n. 689.
- 7e Grange-Batelière, III, 92 n. 346, 98 n. 359, 143 n. 425,
- 171.
- 27e Gravilliers, 27 n. 126, 60, 67, 80 n. 318, 143 n. 425,
- 170, 171, 196, 211, 212 n. 617, 219, 228 n. 665.
- 10e Halle-au-Blé, 25, 26 n. 123, 64 n. 241, 67, 143 n. 425.
- 17e Halles (Marché-des-Innocents, Innocents), 5 n. 39, 103
- n. 361, 126, 128, 129 et n. 402, 130 n. 403, 131, 142, 143 n.
- 425, 195 et n. 572.
- 37e Henri IV (Pont-Neuf), 60, 67, 143 n. 425, 187 et n. 550,
- 198 et n. 583.
- 32e Hôtel-de-Ville, 46, 76 n. 304, 143 n. 425.
- 35e Ile (l') (Ile Saint-Louis), 76 n. 304, 80 n. 318, 88 n.
- 336, 92 n. 346, 95 et n. 349, 98 n. 359, 143 n. 425.
- 38e Invalides, I n. 1, 143 n. 425.
- 47e Jardin-des-Plantes (Sans-Culottes), 143 n. 425, 234 et
- n. 680.
- 18e Lombards, 9, 56 et n. 201, 61 et n. 231, 64 n. 241 et
- 242, 67, 80 n. 318, 139 et n. 421, 140, 142, 143 n. 425, 156,
- 227 et n. 661.
- 8e Louvre (Saint-Germain-l'Auxerrois), 12 n. 76, 21 n. 109,
- 52 et n. 188, 60, 61 n. 231, 67, 143 n. 425, 196, 234.
- 43e Luxembourg, V, 27 n. 126, 143 n. 425, 201 n. 1.
- 16e Mauconseil, 19, 20 et n. 105, 27 n. 126, 33 n. 139, 54,
- 55, 57 et n. 205, 74 n. 294 et 295, 75 et n. 299, 76 n. 304,
- 80 n. 318, 143 n. 425, 151, 153, 154, 160 et n. 458, 161 n.
- 462, 176.
- 25e Montreuil (rue de Montreuil), 143 n. 425, 207.
- 36e Notre-Dame, 64 n. 241, 67, 80 n. 318.
- 46e Observatoire, 143 n. 425, 161, 171.
- 9e Oratoire (Gardes-Françaises), 27 n. 126, 32 et n. 138, 35
- et n. 149, 36, 39, 40, 51, 60 et n. 226, 67, 69 n. 269, 74 n.
- 294, 143 n. 425, 243.
- 4e Palais-Royal (Butte des Moulins), 8 et n. 56, 21 n. 112,
- 27 et n. 126, 61 et n. 228, 67, 80 et n. 318, 82 et n. 322, 83
- n. 323, 84, 85, 98 n. 359, 143 n. 425, 178 et n. 522, 192 n.
- 563.
- 12e Place Louis-XIV, 20, 21 n. 107, 109 et 112, 22 et n.
- 115, 33, 48 n. 176, 106, 143 n. 425.
- 33e Place-Royale, 21 n. 109, 64 n. 241, 67, 76 n. 304, 143
- n. 425.
- 21e Poissonnière (rue), 137 n. 417, 143 n. 425, 161.
- 15e Ponceau, 60, 67, 80 n. 318, 106, 143 n. 425, 190, 195,
- 219 et n. 638, 244.
- 24e Popincourt, 27 n. 126, 143 n. 425.
- 11e Postes (Contrat-Social), passim, 143 n. 425, 200.
- 40e Quatre-Nations, 32 n. 138, 135 et n. 415, 139, 143 n.
- 425.
- 26e Quinze-Vingts (Enfants-Trouvés), 63, 64 n. 241, 67, 69
- et n. 271, 80 n. 318, 83 et n. 325, 84, 103 n. 361, 135 et n.
- 415, 143 n. 425, 169 et n. 485.
- 31e Roi-de-Sicile, 143 n. 425, 148.
- 3e Roule, V n. 8, 18 n. 101, 143 n. 425, 243.
- 45e Sainte-Geneviève (Panthéon Français), 30 n. 156, 31 et
- n. 135, 60, 61 n. 231, 67, 143 n. 425, 206, 218 n. 637.
- 23e Temple, V n. 8, 143 n. 425.
- 41e Théâtre-Français (des Marseillais, de Marseille), 18, 27
- n. 126, 32 n. 137, 64 n. 241, 67, 80 n. 318, 92 n. 346, 98 n.
- 359, 143 n. 425, 201 n. 590, 220.
- 44e Thermes-de-Julien, 26 n. 124, 29, 64 n. 241, 67, 80 n.
- 318, 92 n. 346, 98 n. 359, 174 et n. 506.
- 1e Tuileries, 76 n. 304, 88 n. 334, 143 n. 425.
- SÉDAINE, 176, 221.
- _Sée_, II n. 2.
- SEIART, 13.
- Sélégia, 187 n. 551.
- Sergent, 98 n. 359.
- SERVAGNET, 230.
- Sirot, 143 n. 425.
- Société de la Constitution, à Rennes, 26 n. 123.
- Société des amis de la Constitution monarchique (Club
- monarchique), 21 et n. 109.
- Société fraternelle, séant à la Bibliothèque des
- Jacobins-Saint-Honoré, 234 et n. 679 et 680.
- =Soissons=, 139 n. 421.
- STABEL, 59, 170.
-
- T
-
- =Tabago= (=île de=), 15 et n. 81, 16 et n. 90.
- TACHÉRAT, 13, 122, 124, 125.
- TAILLANDIER, 197, 246, 247.
- TALLIEN, 143 n. 425, 197 n. 581, 199 et n. 587, 200 n. 588,
- 202 n. 592, 203 n. 594 et 596, 205 n. 598, 213 n. 622, 227 n.
- 660, 244 n. 697.
- =Temple= (=le=), 187 n. 549.
- TESSIER (Mme), 245.
- Tessier de la Tour, 75.
- =Théatins= (église des), 44 et n. 168.
- Théroigne, 87 n. 333.
- THÉVENET, 238.
- THÉVENIN, 83, 115, 124, 125, 128, 167, 186, 212, 216, 220.
- Thibaut, 169 n. 485.
- Thilly, 198 n. 583.
- THOMAS, des fermes, 29, 90, 91, 157, 219, 221, 245.
- THOMEROL, 242.
- Thonel, 75.
- THUA, 245.
- Tinthoin, 129 n. 402.
- =Tiquetonne= (rue), 6 n. 45, 36 n. 152, 118, 182 n. 538, 197
- n. 579, 231, 244, 251.
- =Tonnellerie= (rue de la), 20, 41, 239.
- =Tournan=, 203 n. 595.
- =Tournay= (Belgique), 40 n. 161.
- _Tourneux_, XII et n. 21, 49 n. 177, 188 n. 552, 189 n. 554,
- 190 n. 559, 192 n. 562, 197 n. 581, 202 n. 592, 204 n. 597,
- 217 n. 635, 221 n. 646, 226 n. 659, 230 n. 668, 231 n. 670 et
- 671.
- =Traînée= (rue), 17 n. 92, 95 n. 356, 178, 180 n. 318, 182
- n. 536, 243, 245, 250.
- Traisnel (bataillon de), 27 n. 126.
- Trassart, 143 n. 425.
- Tréhan, 187 n. 551.
- TRICOT (TRÉCOT), 160, 170, 205 et n. 600.
- Truchon, 143 n. 425.
- _Tuetey_, XII et n. 21, 39 n. 159, 126 n. 397, 219 n. 638.
- =Tuileries= (château des), 114, 128 n. 401, 139 n. 421, 143
- n. 425, 159, 160, 165, 190, 196, 201 n. 590.
- Tupe, 139 n. 421.
-
- V
-
- VALENTIN, 118, 122.
- VANIER, des fermes (l'aîné) (Gabriel-Nicolas-Antoine),
- directeur aux fermes, 29 n. 129, 41, 42 et n. 164, 53, 95, 112.
- VANNIER, entrepreneur, 243.
- Varin, 174 n. 506.
- Varnier, receveur général des finances, 42 n. 164.
- Vaublanc (Viénot-Vaublan), 94 n. 347.
- Vaudichon, 143 n. 425.
- Vauvilliers (de), lieutenant de Maire et administrateur de
- la Municipalité, 9 n. 59, 31.
- =Vaux= (camp de), 201 n. 590.
- VEDZEL, 189.
- =Verdelet= (rue), 245, 246.
- =Verdun=, 238.
- VERNET, 233.
- Verrières. Voyez: Buirette-Verrières.
- =Versailles=, 139 n. 420, 203 n. 595.
- =Vieille-Draperie= (rue de la), 198 n. 583.
- =Vieille Monnaie= (rue de la), 80 n. 318.
- Viénot-Vaublanc. Voyez: Vaublanc.
- =Vierge= (chapelle de la), 85.
- VIGUIER, 249.
- Viguier de Curny (Viguier-Curny) (Joseph-Charles), 48 et n.
- 176, 49 n. 177 et 178.
- =Villeneuve-Saint-Georges=, 203 n. 595.
- VILLEQUER (Mme), 248.
- =Vincennes= (château et ville de), 27 n. 126, 86 n. 331.
- Vincent, 80 n. 318.
- Vinnet, 222.
- Violet, 169 n. 485.
- VIQUET (Guillaume-Pierre), 196.
- VIQUET (François-Pierre), 196.
- VIRIOT (l'abbé Charles), 17 et n. 93.
- VISINET (VÉSINET) (Joseph-Gaspard), 179 et n. 526, 182, 206,
- 209, 215, 247.
- VIVIER, 241.
-
- Y
-
- YBERT, 114.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-AVEC LE SOMMAIRE DE CHAQUE SÉANCE
-
-
-INTRODUCTION I
-
-=Assemblée du samedi 4 décembre 1790:=
-
- La présidence est attribuée au président élu parmi les
- 16 commissaires de la section.--Mode de nomination des
- marguilliers de la paroisse.--Discussions relatives à
- l'offrande des pains bénits et à la location des chaises de
- l'église. 1
-
-=Assemblée du vendredi 17 décembre 1790:=
-
- Mode de nomination du président.--Continuation de la
- discussion sur les marguilliers, les pains bénits et la
- location des chaises.--Lecture de divers arrêtés.--Exécution
- des décrets concernant les armoiries et l'encens. 6
-
-=Assemblée du mardi 4 janvier 1791:=
-
- Protestation contre la nomination des marguilliers.--Démission
- d'un assesseur de juge de paix.--Armoiries et encens.--Fonte
- de matières de bronze chez Périer, à Chaillot.--Secours de la
- reine aux pauvres.--Projet de ponts flottants. 10
-
-=Assemblée du jeudi 20 janvier 1791:=
-
- Affaire de Tabago.--Démission d'un assesseur de juge
- de paix et d'un électeur et secrétaire des assemblées
- primaires.--Lecture d'arrêtés divers de sections.--Les
- sections du Théâtre-Français et de la Bibliothèque proposent
- de lever un corps de volontaires ou _Légion nationale
- parisienne_. L'assemblée adhère à la proposition. 14
-
-=Assemblée du jeudi 10 février 1791:=
-
- Suppression des échoppes et étalages.--Départ de
- Mesdames.--Charretiers et voituriers à la halle.--Assemblées
- du Club monarchique.--Tabagies et maisons de jeux.--Munitions
- à la garde nationale.--Agiotage. 19
-
-=Assemblée du vendredi 1er avril 1791:=
-
- Assemblée non complète, séance remise au 6 du même mois. 23
-
-=Assemblée du mercredi 6 avril 1791:=
-
- Démission d'un commissaire.--Assemblée trop peu nombreuse
- pour délibérer.--On décide qu'à l'avenir toutes les assemblées
- seront convoquées au son du tambour et par affiche. 24
-
-=Assemblée du mardi 18 avril 1791:=
-
- Lecture de délibérations de diverses sections: sur les
- enfants soldats, sur les soldats à Paris, sur le Comité de
- surveillance de l'Hôtel-de-Ville (affaire de Vincennes), sur
- les mouchards, sur la fonte de canons.--Séance ajournée pour
- la continuation de la discussion de ces objets. 25
-
-=Assemblée du jeudi 14 avril 1791:=
-
- Contre les prêtres réfractaires et sur la nomination par
- chaque paroisse d'un officier laïc qui surveillerait les
- prêtres.--Comptes de deux administrateurs de la municipalité
- provisoire.--Pétition pour la formation de l'armée
- auxiliaire.--Emission de petits assignats.--Transport des
- matières d'or et d'argent.--La chapelle de la Jussienne
- servira provisoirement de local pour la tenue des séances. 30
-
-=Assemblée du samedi 16 avril 1791:=
-
- Sur la nomination des préposés laïcs pour surveiller les
- prêtres.--Formation d'une caisse patriotique proposée par
- la section de l'Oratoire.--Sur l'armée auxiliaire.--Sur
- l'échange des assignats. 34
-
-=Assemblée du mardi 19 avril 1791:=
-
- Sur le discours du roi, prononcé, le matin, à l'Assemblée
- nationale.--Au sujet des prêtres réfractaires et du projet de
- voyage du roi à Saint-Cloud. 36
-
-=Assemblée du mercredi 20 avril 1791:=
-
- Sur les dépenses pour le pain bénit, le jour de
- Pâques.--Plan de caisse municipale proposé par la section
- de l'Oratoire.--Nomination à une place de chef des travaux
- publics, et autres nominations à des places quelconques. 38
-
-=Assemblée du vendredi 22 avril 1791:=
-
- Collecte pour la délivrance des prisonniers pour mois de
- nourrice.--Scrutin pour la nomination du chef d'atelier des
- travaux publics. 40
-
-=Assemblée du mercredi 27 avril 1791:=
-
- Nomination définitive, après deux nouveaux scrutins, du
- chef d'atelier.--Quêtes pour la délivrance des prisonniers
- pour mois de nourrice.--Lecture d'une lettre du ministre des
- affaires étrangères à tous les ambassadeurs de France. 41
-
-=Assemblée du lundi 9 mai 1791:=
-
- _Dénonciation à la Commune de Paris de la conduite du
- Maire et des officiers municipaux, envers la section de
- la Fontaine-de-Grenelle..._, à propos de l'affaire des
- Théatins.--Lecture d'une délibération de la section des
- Champs-Elysées au sujet des jeux. 43
-
-=Assemblée du mercredi 11 mai 1791:=
-
- Lecture d'une délibération de la section de
- l'Hôtel-de-Ville, concernant les adjudications des
- constructions à faire dans la ville de Paris.--Suite de
- l'affaire concernant la délibération de la section de la
- Fontaine-de-Grenelle. 46
-
-=Assemblée du lundi 30 mai 1791:=
-
- Lecture d'une pétition concernant les travaux à faire au
- Champ de la Fédération. Après discussion, cette pétition est
- écartée par la question préalable. 47
-
-=Assemblée du mercredi 1er juin 1791:=
-
- Protestations contre la dernière séance.--Lecture d'un
- rapport sur l'état des canonniers émigrants.--Refus de
- délibérer sur la proposition, faite par la Municipalité, de
- féliciter le peuple polonais sur sa nouvelle constitution.--On
- vote des remerciements à Palloy pour son envoi du plan de la
- Bastille. 48
-
-=Assemblée du vendredi 3 juin 1791:=
-
- Le citoyen Boyère, qui avait quitté la section, est
- réintégré sur sa demande.--Discussion et refus de délibérer
- au sujet des cahiers d'instruction sur le redressement de
- certaines lois. 51
-
-=Assemblée du mercredi 11 juin 1791:=
-
- Moyens à employer pour empêcher l'accaparement des assignats
- de cent sols.--Formalités à remplir pour être admis à
- l'Assemblée primaire. 52
-
-=Assemblée du vendredi 5 août 1791:=
-
- Lecture d'une délibération de la section de Mauconseil
- demandant la fabrication de billets pour l'échange des
- assignats.--La section des Postes adhère à cette délibération
- en indiquant la valeur des billets. 54
-
-=Assemblée du vendredi 9 septembre 1791:=
-
- Lecture d'une délibération de la section des Lombards au
- sujet de la mauvaise qualité des farines vendues par la
- Municipalité.--Des commissaires de la section de Mauconseil
- assistent à la séance.--Des boulangers sont entendus.--La
- section des Postes prend ensuite un arrêté concernant
- l'approvisionnement en blés et farines. 55
-
-=Assemblée du lundi 19 septembre 1791:=
-
- De nombreuses sections ont pris des arrêtés sur
- l'approvisionnement de Paris en blés et farines.--La section
- des Postes, persistant dans son précédent arrêté, demande la
- convocation de l'Assemblée générale de la Commune pour étudier
- la question. 60
-
-=Assemblée du vendredi 23 septembre 1791:=
-
- Adhésion de la section des Quinze-Vingts à la délibération
- des Postes du 9 septembre.--M. Desvieux, l'un des commissaires
- nommés, le 9 septembre, annonce que le Corps municipal a fixé
- à mercredi l'assemblée générale des sections pour délibérer
- sur l'approvisionnement de Paris en blés et farines. 63
-
-=Assemblée du mercredi 28 septembre 1791:=
-
- Lecture de l'arrêté du Corps municipal convoquant la Commune
- dans ses 48 sections, ainsi que d'autres arrêtés concernant la
- question des farines.--Lecture de divers imprimés sur la même
- question.--Les commissaires précédemment nommés sont priés de
- continuer à se joindre aux commissaires des autres sections
- pour s'occuper de l'effet des délibérations. 65
-
-=Assemblée du samedi 15 octobre 1791:=
-
- Lecture d'un arrêté du Corps municipal, déclarant illégales
- et nulles les délibérations prises par les commissaires
- des sections, ainsi que de deux autres pièces. L'Assemblée
- autorise ensuite ses commissaires à se transporter à
- la Municipalité pour y prendre tous les renseignements
- nécessaires. 68
-
-=Assemblée du jeudi 20 octobre 1791:=
-
- Les commissaires rendent compte à l'assemblée de leurs
- démarches relativement aux subsistances. L'assemblée les
- engage à retourner au Corps municipal et les autorise à
- adresser, si c'est nécessaire, avec les commissaires des
- autres sections, une pétition au Corps législatif. 70
-
-=Assemblée du mardi 25 octobre 1791:=
-
- Lecture d'une délibération de la section de Beaubourg
- relative à un projet de fabrication de petits billets
- monnayés.--Pétition pour l'établissement d'une
- caisse d'échange des assignats.--Imprimé sur le même
- objet.--L'Assemblée demande que la Municipalité convoque la
- Commune dans ses 48 sections afin de remédier aux différents
- abus signalés. 73
-
-=Assemblée du mardi 8 novembre 1791:=
-
- Motion sur la convocation des assemblées.--Emploi d'une
- somme de 600 livres (prix civiques).--Rapport de Desvieux
- sur les démarches faites au sujet des subsistances.--Lecture
- du rapport des administrateurs du département sur la même
- question. 77
-
-=Assemblée du samedi 4 février 1792:=
-
- Lecture du rapport des commissaires relativement à la
- distribution des prix civiques et désignation des personnes
- auxquelles ces prix étaient attribués. 79
-
-=Assemblée du mercredi 8 février 1792:=
-
- Lecture de deux pétitions sur les ci-devant
- gardes-françaises, d'une lettre du premier substitut de
- la Commune et d'un arrêté de la Municipalité, au sujet
- des demandes en convocation des sections.--Lecture d'une
- délibération de la section du Palais-Royal, relative à l'ordre
- de service des bataillons de la garde nationale.--On demande
- que les juges de paix soient chargés de prononcer l'amende
- pour refus de service.--Lecture d'une délibération de la
- section de l'Arsenal et d'un arrêté des Quinze-Vingts en
- faveur des gardes-françaises.--La section des Postes adhère à
- la délibération de la section du Palais-Royal, du 31 janvier,
- relative aux ci-devant gardes-françaises. 79
-
-=Assemblée du mardi 13 mars 1792:=
-
- On passe à l'ordre du jour sur une demande de publicité des
- séances.--Délibération en faveur des gardes-françaises. 84
-
-=Assemblée du lundi 2 avril 1792:=
-
- L'affaire des braves soldats de Châteauvieux.--Délibération
- du Conseil général de la Commune, du 24 mars.--On donne des
- secours. 86
-
-=Assemblée du lundi 16 avril 1792:=
-
- Réintégration des anciens gardes-françaises et autres
- ci-devant gardes nationaux soldés.--Recensement du voeu des
- sections. 89
-
-=Assemblée du mardi 17 avril 1792:=
-
- On demande si le Conseil général de la Commune peut faire
- enlever les bustes de Bailly et de La Fayette.--On fait
- lecture de deux délibérations sur cette même question,
- l'une de la section de la Fontaine-de-Grenelle, l'autre de
- la section de l'Ile.--La section des Postes adhère à cette
- dernière et décide d'en informer le Conseil général par une
- députation. 91
-
-=Assemblée du samedi 21 avril 1792:=
-
- L'un des commissaires informe l'Assemblée qu'il a été fait
- lecture de la délibération du 17, au Conseil général de la
- Commune.--Lecture d'une pétition sur l'état actuel de la
- police générale de la ville de Paris.--Délibération de la
- section de la Place-Louis-XIV sur le même sujet.--La section
- des Postes adhère entièrement à la délibération de celle du
- Ponceau et demande que la Commune soit convoquée à bref délai
- dans ses 48 sections pour avoir un voeu général sur cette
- question. 98
-
-=Assemblée du lundi 23 avril 1792:=
-
- Lecture du rapport des commissaires nommés le 10 sur le
- projet de pétition des commissaires recenseurs concernant
- les ci-devant gardes-françaises.--La section revient sur son
- vote du 13 mars et improuve la conduite des commissaires
- recenseurs. 107
-
-=Assemblée du mercredi 6 juin 1792:=
-
- La section décide qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur
- l'arrêté de la Municipalité concernant les processions de la
- Fête-Dieu. 112
-
-=Assemblée du vendredi 15 juin 1792:=
-
- Sur la pétition des 8.000. Arrêté contre la pétition. 113
-
-=Assemblée du samedi 23 juin 1792:=
-
- Sur la journée du 20 juin. On décide une adresse aux
- citoyens de la ville de Paris. 114
-
-=Assemblée du dimanche 24 juin 1792:=
-
- Lecture de l'adresse aux citoyens de la capitale. Elle est
- adoptée à l'unanimité et sera imprimée, affichée et envoyée
- aux 47 autres sections. 116
-
-=Assemblée du mardi 26 juin 1792:=
-
- L'assemblée est déclarée libre et la sentinelle est
- relevée.--On fait une collecte pour les frais de la guerre. 117
-
-=Assemblée du mercredi 27 juin 1792:=
-
- Réception de deux députations, l'une de la section de la
- Croix-Rouge, l'autre de la section de l'Arsenal.--On adopte
- une motion tendant à nommer quatre censeurs pour veiller
- à l'ordre.--L'assemblée refuse de délibérer sur l'arrêté
- du Corps municipal concernant la nouvelle organisation des
- bataillons de la garde nationale. 119
-
-=Assemblée du samedi 30 juin 1792:=
-
- Montant de la collecte faite pour subvenir aux frais de
- la guerre.--On nomme vingt citoyens et six citoyennes pour
- porter à l'Assemblée nationale l'offrande de la section et
- des bataillons de Saint-Eustache et de la Jussienne. 120
-
-=Assemblée du 3 juillet 1792:=
-
- L'assemblée adopte la publicité des séances.--Arrêté au
- sujet de la garde du poste de l'arsenal. 122
-
-=Assemblée du 6 juillet 1792:=
-
- L'assemblée invite la Municipalité à changer le nom de la
- rue dite _Comtesse-d'Artois_.--A propos d'une erreur commise
- dans la transmission du mot d'ordre.--L'assemblée déclare
- qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur différents arrêtés et
- délibérations du Corps municipal ou des sections. 124
-
-=Assemblée du 9 juillet 1792:=
-
- Lecture de diverses délibérations de sections.--L'assemblée
- adhère à celle du Marché-des-Innocents sur les échoppes et
- parasols. La proposition de la section de la Croix-Rouge
- de nommer des commissaires pour obtenir la permanence des
- sections occasionne du trouble et la séance est levée. 126
-
-=Assemblée du 10 juillet 1792:=
-
- Lettre du Procureur de la Commune convoquant de nouveau
- les sections pour délibérer sur l'état de la police de
- Paris.--Lecture des procès-verbaux des commissaires
- recenseurs.--On demande des éclaircissements. 127
-
-=Assemblée du 17 juillet 1792:=
-
- On demande la suppression du bureau central de
- police.--Discussion sur l'arrêté du Corps municipal et la
- délibération de la section du Marché-des-Innocents pour
- l'adresse à l'armée. On finit par nommer deux commissaires
- qui se joindront à ceux des autres sections pour rédiger une
- adresse à l'armée. 128
-
-=Assemblée du 24 juillet 1792:=
-
- La section de la Fontaine-de-Grenelle propose de rédiger
- deux adresses, l'une aux 83 départements sur les dangers
- de la patrie, l'autre au Corps législatif sur les moyens
- d'y remédier.--L'Assemblée adhère à cette proposition, sous
- diverses conditions; elle s'ajourne en même temps aux mardi,
- vendredi et dimanche de chaque semaine. 131
-
-=Assemblée du 27 Juillet 1792:=
-
- Les sections des Quatre-Nations et des Quinze-Vingts
- réunies proposent de donner une fête civique au maire
- Pétion.--Programme de la fête projetée.--La section des
- Postes est d'avis que le moment n'est pas favorable
- pour une fête.--Nouvelles divisions de la gendarmerie
- nationale.--Pétition à l'Assemblée nationale au sujet de
- l'état-major de la garde parisienne et des prisonniers
- d'Orléans. 135
-
-=Assemblée du 28 juillet 1792:=
-
- Arrêté de la section des Lombards pour la formation d'un
- camp sous les murs de Paris.--L'assemblée persiste dans
- son arrêté du 24.--Lecture du projet d'adresse à l'armée;
- cette adresse est adoptée avec un amendement.--Lecture de la
- pétition à l'Assemblée nationale sur le mode de remplacement
- de l'état-major de la garde nationale parisienne. Cette
- pétition est adoptée. 139
-
-=Assemblée du 29 juillet 1792:=
-
- La lecture du projet d'adresse à l'armée est ajournée à
- mardi.--Au sujet de la pétition pour le mode de remplacement
- de l'état-major de la garde nationale.--La Municipalité
- demande qu'on prépare des logements pour les fédérés. 146
-
-=Assemblée du 31 juillet 1792:=
-
- Discussion de l'adresse à l'armée qui est
- adoptée.--Arrestation arbitraire de la citoyenne Doumer. Une
- députation de la section de Mauconseil se présente.--Lettre
- d'un chasseur d'infanterie légère, écrite de Péronne. 148
-
-=Assemblée du 1er août 1792:=
-
- La dame Doumer vient remercier l'assemblée.--On adopte
- un nouveau règlement.--On continue la discussion sur
- l'arrestation de la dame Doumer. 152
-
-=Assemblée du 2 août 1792:=
-
- Une députation de la section de Mauconseil apporte un
- arrêté de cette section qui déclare que le roi a perdu sa
- confiance.--Un citoyen, non domicilié sur la section, se
- retire et reçoit les regrets de l'assemblée.--Lecture d'une
- lettre du Procureur de la Commune sur la formation d'un
- camp.--Création d'un bureau central de correspondance. 154
-
-=Assemblée du 5 août 1792:=
-
- Refus de délibérer sur un projet d'adresse au roi.--Bruits
- inquiétants; effervescence au Palais-Royal et aux
- Tuileries.--Les Marseillais demandent la suspension du pouvoir
- exécutif.--Les commissaires envoyés aux renseignements
- viennent démentir les bruits inquiétants et assurent que tout
- est tranquille.--On s'occupera des Marseillais demain. 158
-
-=Assemblée du 6 août 1792:=
-
- On décide qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur la
- proposition des Marseillais.--Loi du 20 juillet relative à la
- nouvelle élection des officiers des états-majors de la garde
- nationale.--Décrets relatifs aux corps administratifs et aux
- assemblées primaires.--Lettre du maire à la section et réponse
- de l'assemblée. 162
-
-=Assemblée du 7 août 1792:=
-
- Une députation de fédérés se présente.--Lecture de l'adresse
- au maire laquelle est adoptée.--Mise au courant du registre
- des délibérations.--Le curé est prié de faire placer un lustre
- au milieu de la nef. 166
-
-=Assemblée du 8 août 1792:=
-
- Eclairage de la salle des séances.--On demande deux
- sentinelles de surveillance dans l'église.--L'assemblée
- déclare qu'il n'y a pas lieu de délibérer quant à présent
- sur la réduction des 60 bataillons de la garde nationale à
- 48.--Une députation de la section des Quinze-Vingts remet sur
- le bureau deux arrêtés sur la déchéance du roi; l'assemblée
- recommande d'attendre la décision de l'Assemblée nationale;
- elle adhère à un arrêté de la section des Gravilliers au sujet
- de la garde des barrières.--Discussion de la proposition des
- Marseillais.--On décide de demander à l'Assemblée nationale
- sous quels ordres doivent servir les fédérés; puis on ouvre
- une souscription volontaire en faveur de tous les fédérés des
- départements. 167
-
-=Assemblée du 9 août 1792:=
-
- Lecture d'arrêtés des sections de l'Observatoire et de
- la Grange-Batelière, et d'une adresse de la section des
- Gravilliers à l'Assemblée nationale.--Lettre du maire
- recommandant la tranquillité.--Lettre du procureur de la
- Commune relative aux camps et aux moyens de défense.--Lavau
- réclame le paiement d'une somme de 30 livres, et Payen celui
- de 4 livres 4 sols.--Lecture de l'adresse aux 83 départements
- qui est adoptée avec un amendement.--On annonce que le rappel
- battait dans Paris. On nomme des commissaires pour prendre
- des informations à ce sujet; à leur retour, ces commissaires
- annoncent qu'il ne leur paraissait pas y avoir de danger, mais
- qu'il était nécessaire de nommer des commissaires pour passer
- la nuit à la Municipalité, ce qui est décidé. 171
-
-=Assemblée du 10 août 1792:=
-
- Une députation de la section des Thermes-de-Julien dépose
- un extrait du procès-verbal de cette section.--On nomme trois
- nouveaux commissaires à la Maison commune.--Arrestation des
- personnes suspectes.--Enquête sur un coup de fusil parti de
- l'hôtel Massiac.--Décret établissant le suffrage universel
- pour les élections à la Convention.--L'assemblée demande que
- chaque citoyen soit muni de seize cartouches. 174
-
-=Assemblée du 11 août 1792:=
-
- Lecture d'une adresse de l'Assemblée nationale aux Français,
- du décret admettant les citoyens à voter dans les assemblées
- primaires, du décret relatif au Camp sous Paris, d'un autre
- relatif aux Suisses, enfin d'un arrêté de la Municipalité
- sur l'ouverture des boutiques.--Députation de la section du
- Palais-Royal qui demande que le roi soit logé à la Maison
- commune.--Une souscription est ouverte pour les blessés du
- 10 août. 177
-
-=Séance du 12 août 1792:=
-
- On envoie des commissaires à l'Hôtel-Dieu et à la Charité
- pour s'informer de l'état des blessés.--Nomination de nouveaux
- commissaires à la Maison commune.--Arrêté de la Municipalité
- concernant la tranquillité publique.--Délivrance de billets
- d'entrée aux anciens citoyens passifs. 179
-
-=Assemblée du 13 août 1792:=
-
- Lecture de différents arrêtés de la Municipalité,
- d'une lettre du maire à l'assemblée des commissaires,
- et d'une lettre du Procureur de la Commune à la
- section.--Payen-Deslauriers remplace Blondel à la
- Maison commune.--Plusieurs commissaires font des
- rapports.--Nomination de douze commissaires pour composer
- provisoirement le Comité. 181
-
-=Assemblée du 14 août 1792:=
-
- Nomination de deux membres pour la formation d'une cour
- martiale.--Lecture d'un extrait de l'arrêté de la Municipalité
- sur les passeports.--On veut faire disparaître toutes les
- marques de féodalité apparentes dans l'église.--Nomination de
- commissaires pour deux missions urgentes.--Souscription pour
- la fabrication de piques.--Billets d'entrée aux assemblées
- générales. 183
-
-=Assemblée du 15 août 1792 (matin):=
-
- Lecture d'un décret de l'Assemblée nationale convoquant les
- sections, dans la journée du 15, pour nommer chacune deux
- jurés d'accusation et deux jurés de jugement en vue de la
- poursuite des crimes du 10 août.--L'assemblée, se trouvant
- trop peu nombreuse, remet cette nomination à la séance du
- soir.--L'assemblée s'est ensuite occupée de diverses questions
- de police intérieure. 185
-
-=Assemblée du 15 août 1792 (soir):=
-
- Mise à jour du registre des procès-verbaux.--Lecture,
- par l'adjudant du bataillon, de l'ordre donné au
- poste.--La nomination des gardiens du roi est remise au
- lendemain.--Lecture d'une adresse du bataillon du Pont-Neuf,
- d'une autre adresse des fédérés aux citoyens de Paris, d'un
- arrêté du Conseil général sur les passeports, enfin d'une
- délibération de la Commune relative aux jurés d'accusation
- et de jugement pour la journée du 10.--Nomination des jurés
- d'accusation et de jugement.--Démission et remplacement
- d'un commissaire du Comité.--Nomination d'adjoints au
- Comité.--Collecte pour les piques. 186
-
-=Assemblée du 16 août 1792:=
-
- Arrêté de la section du Ponceau pour la visite du
- souterrain des Tuileries et du Louvre.--Lecture d'une
- lettre de Sanson.--Nomination d'un commissaire pour
- apporter chaque jour au Conseil général les arrêtés pris
- par la section et recevoir en même temps ceux du Conseil
- général.--Arrêté de la Municipalité sur l'apposition des
- scellés dans les maisons religieuses.--Présentation d'un
- nouveau mode de cartouches.--Démission et remplacement de
- deux commissaires du Comité.--Arrêté sur la délivrance des
- passeports.--Garde de sûreté du roi.--Lecture de l'arrêté du
- Conseil général relatif à l'élection des officiers de l'armée
- parisienne.--Souscription pour les piques. 189
-
-=Assemblée du 17 août 1792:=
-
- Proclamation de l'article 2 de l'acte du Corps législatif
- supprimant la distinction de citoyens actifs et non
- actifs.--Lettre de Manuel sur la fabrication des piques.--Il
- est pris un arrêté à ce sujet.--Landrieux se plaint d'avoir
- trouvé le bureau de correspondance fermé.--Lettre de Joly,
- ci-devant secrétaire-greffier.--Souscription pour les
- blessés du 10 août.--Prestation du serment civique.--Lecture
- d'un arrêté de la Municipalité concernant un nouveau
- tribunal criminel.--Nomination d'un électeur.--Montpellier
- est déclaré déchu des fonctions de commissaire.--Lecture
- d'une adresse de la section du Marché-des-Innocents.--La
- rue _Comtesse-d'Artois_.--Nomination d'un commissaire
- pour la vérification des souterrains du Louvre et des
- Tuileries.--Lecture d'un arrêté du Corps municipal sur la
- nomination du juge de paix, secrétaire-greffier, commissaires
- et assesseurs. 192
-
-=Assemblée du 18 août 1792:=
-
- La section prend sous sa protection les suisses de
- la paroisse Saint-Eustache.--Gorsas fait lecture de
- différentes lettres.--Envoi de commissaires à l'armée de La
- Fayette.--Convocation des gardes-françaises et soldats de
- 1789.--Décret sur la formation du Camp de Paris.--Arrêté
- de la section du Pont-Neuf relatif au serment du 10
- août.--Décret sur les chevaux et mulets des émigrés;
- arrêté de la Commune sur le même sujet.--Tallien est nommé
- secrétaire-greffier de la Municipalité en remplacement de
- Royer.--Armement de tous les citoyens de Paris.--Proclamation
- du Conseil général.--L'assemblée décide que la section
- des Postes portera à l'avenir la dénomination de _section
- du Contrat-social_.--Recensement des citoyens de la
- section.--Collecte pour les blessés. 196
-
-=Assemblée du 19 août 1792:=
-
- Lecture de lettres de l'armée du centre.--Arrêté de la
- Municipalité à propos d'une lettre de La Fayette.--Arrêté
- sur les passeports.--Affiche intitulée: _Les dangers de
- la victoire_.--Opposition aux scellés.--Tous les citoyens
- sont tenus de monter personnellement leur garde.--On
- prépare une ligne défensive près Paris.--Jugement des
- conspirateurs.--Recensement des blessés du 10 août.--Les
- commissaires pour l'armée de La Fayette sont invités à
- suspendre leur départ.--Délivrance du certificat de serment
- civique.--Garde de sûreté de Louis XVI.--Dénonciation
- contre le collège Louis-le-Grand.--Nomination d'un membre
- du Département de Paris.--Nomination des officiers,
- de l'état-major et de la force armée du bataillon du
- Contrat-social.--Arrêté de la section de Montreuil sur la
- suppression du Corps électoral et la nomination des députés
- et fonctionnaires. 200
-
-=Assemblée du 20 août 1792:=
-
- Démission du commandant en second.--Cartes d'entrée aux
- Assemblées.--Lettre du procureur de la Commune.--Nomination du
- Comité, du juge de paix, des assesseurs, etc...--Collecte pour
- les blessés. 207
-
-=Assemblée du 21 août 1792:=
-
- Emploi des fonds destinés aux fédérés et pour les
- piques.--Situation critique des orphelins Andrau.--Don pour
- les veuves et orphelins.--Prestation du serment.--Députation
- de la section des Gravilliers au sujet de Bailly.--Nomination
- d'assesseurs du juge de paix et de commissaires. 210
-
-=Assemblée du 22 août 1792:=
-
- Billaud-Varenne est nommé substitut du procureur de
- la Commune à la place de Danton.--Lecture de la liste
- des électeurs réunis à la Sainte-Chapelle.--Réclamation
- d'Allan.--Brunier et Allan sont nommés chirurgiens-majors
- du bataillon.--Adoption d'un modèle de carte d'entrée
- aux assemblées.--L'assemblée déclare que Desvieux n'a
- pas perdu sa confiance.--Députation de gendarmes à
- pied.--Prestation de serment.--Démission d'un assesseur et
- de deux commissaires.--Rapport sur les enfants du défunt
- Andrau.--Réception d'offrandes.--Le nouveau commandant en
- second n'accepte pas sa nomination. 213
-
-=Assemblée du 23 août 1792:=
-
- Des citoyens sont accusés de s'être rendus au club de la
- Sainte-Chapelle.--Envoi de piques.--Secours aux orphelins
- mineurs Andrau.--Lecture de trois lettres dont une du
- procureur de la Commune sur la prestation de serment
- des fonctionnaires.--Nomination d'un commandant en
- second.--Une députation de la section du Ponceau annonce
- qu'il a été découvert dans les prisons de faux billets de
- caisses patriotiques, etc...--Légier se disculpe de s'être
- trouvé au club de la Sainte-Chapelle.--Lecture d'adresses
- de la Commune.--Nomination d'un assesseur et de deux
- commissaires.--Lettre de la Municipalité qui déclare nulle
- la nomination de Légier aux fonctions de juge de paix. 217
-
-=Assemblée du 24 août 1792:=
-
- Nomination des commissaires pour délivrer des
- cartes.--Lecture de l'arrêté du Conseil général qui déclare
- nulle la nomination de Légier.--Discussion à ce sujet.--Légier
- et Barré, assesseur, sont ensuite remplacés. 221
-
-=Assemblée du 25 août 1792:=
-
- Réunion de l'assemblée primaire.--Apposition des
- scellés sur les effets d'or, d'argent ou de cuivre des
- églises.--Adresse des citoyens d'Orléans.--Tutelle des mineurs
- Andrau.--Démissions d'assesseurs du juge de paix.--Dons pour
- les veuves et orphelins du 10 août.--Électeurs des députés à
- la Convention. 222
-
-=Assemblée du 26 août 1792:=
-
- Signataires de la pétition des 20.000.--Lecture des listes
- du club de la Sainte-Chapelle, des pétitions des 8 ou 20
- mille. Les noms de plusieurs citoyens figurent sur ces
- listes.--Don pour faire des piques.--Nomination pour la garde
- du roi. 224
-
-=Assemblée du 27 août 1792:=
-
- Offrande patriotique.--Lecture d'arrêtés du Conseil général
- (fausse dénonciation de verre pilé qui aurait été trouvé dans
- le pain donné aux enfants de la Pitié et de la Salpêtrière;
- sur les cimetières et les cérémonies funèbres).--Députation
- de la section des Lombards.--Lecture de l'acte du Corps
- législatif relatif à la Convention nationale.--A propos
- des signataires des pétitions.--Nomination du président et
- des secrétaires des assemblées primaires.--Lettre de la
- Municipalité concernant le Camp.--Avis aux travailleurs. 225
-
-=Assemblée du 28 août 1792:=
-
- Réclamations contre l'incompatibilité des fonctions de
- président de l'assemblée primaire et de celles de juge de
- tribunal.--Chaque citoyen qui demandera la parole devra
- déclarer si, oui ou non, il a signé les pétitions inciviques.
- Il en résulte de grands troubles.--Arrêté de la Commune
- d'après lequel les signataires de la pétition des 8.000
- ne sont pas exclus des droits de suffrages.--Nouveaux
- débats.--Ouverture des barrières.--Les commissaires
- recenseurs sont invités à terminer leur travail le plus tôt
- possible.--Lecture de trois lettres. 229
-
-=Assemblée du 30 août 1792:=
-
- Le banc de l'oeuvre ne sera occupé que par des
- pétitionnaires ou des députés de sections.--Lecture d'arrêtés
- de la Commune.--Célébration d'un service pour les morts du 10
- août.--Payen-Deslauriers demande à se justifier.--L'adjudant
- lit l'ordre.--Arrêté de la Commune ordonnant la
- continuation des visites domiciliaires.--Nomination d'un
- facteur.--Prestations de serment. 232
-
-=Assemblée du 31 août 1792:=
-
- Ordre du jour sur une demande d'extradition des prisons des
- citoyens Laurent et Chignard.--On demande que le président
- quitte le fauteuil.--Députation de la section du Louvre.--Un
- citoyen fait don d'un cheval.--Lettre de Desvieux.--Députation
- de la section des Sans-Culottes au sujet des signataires de la
- pétition des 20.000.--Convocation des jurés d'accusation et
- de jugement.--Le président quitte l'Assemblée; on prononce sa
- censure. 233
-
-=Assemblée du 1er septembre 1792:=
-
- Nomination des électeurs.--Députation de la section de
- la Fontaine-de-Grenelle.--Rapport de Desvieux au sujet de
- l'affaire de Montmorin.--Proclamation de trois électeurs. 235
-
-=Assemblée du 2 septembre 1792:=
-
- Dons patriotiques.--Enrôlements pour la défense de
- la patrie.--Une députation de la section de Finistère
- demande qu'on fasse murer les petites barrières.--Arrêté
- que tout citoyen tirerait au sort pour voler aux
- frontières.--Nomination de commissaires pour réclamer
- la mise en liberté de Chignard et Laurent.--Lecture de
- différentes lettres.--L'adjudant lit l'ordre.--Nomination de
- commissaires pour se rendre chez les armuriers.--Envoi d'une
- nouvelle députation aux prisons pour réclamer les citoyens
- Chignard et Laurent.--Offrandes diverses pour la défense de
- la patrie.--Lecture d'un arrêté de la section de la Maison
- commune.--Troisième députation pour ramener Chignard et
- Laurent; elle obtient enfin leur délivrance. 236
-
-=Assemblée du 3 septembre 1792:=
-
- Offrandes diverses pour la guerre.--Défilé de
- volontaires.--La section prend sous sa protection spéciale
- les femmes et les enfants des citoyens qui partent pour les
- frontières.--Arrêté de la section des Gardes-Françaises en
- faveur des veuves du 10 août.--La section du Roule fait part
- des bruits sur les projets de Brunswick.--Lecture d'un arrêté
- de la section du Ponceau sur le tirage au sort.--Lecture
- d'un arrêté de la Municipalité sur la fourniture de voitures
- pour le Camp et d'un autre concernant les blessés du 10
- août.--Nominations d'électeurs.--Desvieux rend compte de sa
- visite au ministre.--Nomination de quatre commissaires pour
- chacun des objets dont on donne l'indication.--Lecture d'un
- arrêté de la Commune ordonnant d'armer les citoyens avec les
- armes saisies sur les pétitionnaires.--Desvieux est désigné
- pour se concerter avec le ministère. 241
-
-=Assemblée du 4 septembre 1792:=
-
- Les citoyens et citoyennes travaillent à l'équipement des
- défenseurs de la patrie.--Une députation de trois membres de
- l'Assemblée nationale lit plusieurs décrets concernant la
- sûreté des personnes et des propriétés.--Prestation du serment
- lu par Cambon.--Une députation de douze hommes et douze femmes
- portera à l'Assemblée nationale l'adhésion de la section. 248
-
-=Assemblée du 5 septembre 1792:=
-
- Offrandes pour les frais de la guerre.--Déclaration
- de Perronnard sur la composition des compagnies à
- cheval.--Nominations d'électeurs.--Basty demande qu'il
- soit fait un nouveau recensement pour la formation des
- compagnies. 249
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE 253
-
-
-Chartres.--Imprimerie Ed. GARNIER.--12. 10. 725.
-
-
-
-
- [Illustration: PLAN
- DE LA SECTION DES POSTES
- (d'après Verniquet)]
-
-
-
-
-CORRECTIONS ET ADDITIONS
-
-
- P. 4, _14me ligne, après le mot_: recouvert, _mettre_:
- (_sic_).
- P. 22, _note 116, dernière ligne; au lieu de_:
- Payen-Deslauriers, _lire_: Deslauriers.
- P. 96, _note 358, 2me ligne à partir du haut; au lieu de_:
- note 341, _lire_: note 342.
- P. 146, _5e ligne à partir du haut; au lieu de_: Bachelard
- (_sic_), _lire_: Blachelard (_sic_).
- P. 162, _note 464, dernière ligne; au lieu de_: pp. 138, 164
- et 147-148, _lire_: pp. 138, 146 et 147-148.
- P. 170, _3me ligne; supprimer la virgule entre_: l'Assemblée
- nationale _et_ qu'elle.
- P. 176, _Note 512: au lieu de_ cf. ci-dessus, p. 166 et n.
- 476, _lire_: cf. ci-dessus, p. 161 et n. 462.
- P. 185, _séance du 15 août, 5me ligne; mettre une virgule
- après les mots_: un décret de l'Assemblée nationale.
- P. 216, _9me ligne à partir du haut; après_: Gibon,
- _mettre_: (_sic_).
- P. 221, _1re ligne à partir du bas; mettre les mots_: à la,
- _entre crochets_: [à la].
- P. 254, _au lieu de_: Bodaut. Voyez: Baudau, _lire_: BODAU
- (BODAUT). Voyez: BAUDAU.
-
-
- * * * * *
-
-
- Corrections:
-
- En plus des corrections signalées ci-dessus par l'auteur, les
- corrections suivantes ont été apportées:
-
- P. 81: «es» remplacé par «les» (ils accusent les Jacobins).
- P. 93, note 346: ajouté «à» (cité à la fin de la note 359).
- P. 96, note 358: «despostes» remplacé par «despotes».
- P. 101: «il» par «ils» (en vain demandèrent-ils la parole).
- P. 119: «Eisabeth» par «Elisabeth» (Marie-Jeanne-Elisabeth
- Roissy, domestique).
- P. 133: «socia» par «social» (que le but de tout parti social).
- P. 151, note 437: «1972» par «1792» (La Commune du 10 août
- 1792).
- P. 197: «foncions» par «fonctions» (et qu'ils rempliraient
- leurs fonctions).
- P. 216: «Heury» par «Henry» (Régnier, Henry, Favreau).
- P. 254, Baudau: «230, 230» par «230» (220, 230, 249).
- P. 259, Journaux, Annales patriotiques et littéraires: «X»
- par «XII» (XII n. 22).
- P. 275: «Laudrieux» par «Landrieux» (Landrieux se plaint
- d'avoir trouvé).
-
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Procès-verbaux de l'Assemblée générale
-de la section des Postes, by Fritz Braesch
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROCÈS-VERBAUX DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ***
-
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-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
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-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
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-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
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-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
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-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
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-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation information page at www.gutenberg.org
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-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
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-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
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-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at 809
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-contact links and up to date contact information can be found at the
-Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact
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-For additional contact information:
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-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
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-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
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-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
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-works.
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-Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For forty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
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