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+ The Project Gutenberg's eBook of Louis XI et les États Pontificaux de France, by R. Rey</title>
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+<pre>
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+The Project Gutenberg EBook of Louis XI, by R. Rey
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Louis XI
+ et Les États Pontificaux de France
+
+Author: R. Rey
+
+Release Date: October 9, 2011 [EBook #37678]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LOUIS XI ***
+
+
+
+
+Produced by Hélène de Mink and the Online Distributed
+Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
+http://gallica.bnf.fr)
+
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+
+
+<div class="box">
+<p>Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
+L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.
+Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.</p></div>
+
+<p class="p4"><a name="Page_I" id="Page_I"></a></p>
+
+<h1><span class="sper">LOUIS XI</span><br />
+<small>ET</small><br />
+<small>LES ÉTATS PONTIFICAUX DE FRANCE</small><br />
+<small>AU XV<sup>e</sup> SIÈCLE</small></h1>
+
+<p class="p4 center"><b>D'APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS</b></p>
+
+<p class="center"><small><b>par</b></small></p>
+
+<p class="center"><big><b>M. R. REY</b></big></p>
+
+<p class="center"><small><b>Agrégé d'histoire</b></small></p>
+
+<p class="center"><small><b>Inspecteur d'Académie à Grenoble</b></small></p>
+
+<hr class="c5" />
+<p class="p4 center"><big><b>GRENOBLE</b></big><br />
+<b>IMPRIMERIE ALLIER FRÈRES</b><br />
+<small><b>26, COURS SAINT-ANDRÉ, 26</b></small></p>
+
+<p class="p2 center"><b>1899</b></p>
+
+<p><a name="Page_II" id="Page_II"></a></p>
+
+<p class="p6"><span class="pagenum"><a name="Page_III" id="Page_III">III</a></span></p>
+
+<h2><span class="sper">LOUIS XI</span><br />
+ET LES ÉTATS PONTIFICAUX DE FRANCE<br />
+<small>AU XV<sup>e</sup> SIÈCLE</small><br />
+<small>D'APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS</small></h2>
+
+<h3 class="p4">PRÉFACE</h3>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p class="p2">Il est peu de villes de l'ancien domaine royal, peu
+de provinces françaises qui, au point de vue de
+l'histoire nationale, présentent autant d'intérêt
+que la cité d'Avignon et «La Conté de Venaissin», anciens
+fiefs temporels du Saint-Siège, mais vivant d'une
+vie propre, jouissant de toutes les libertés que donne
+l'autonomie communale la plus large, jusqu'à leur incorporation
+définitive à la République française (14 septembre
+1791). Il faut ajouter, à vrai dire, qu'il n'est pas
+d'histoire plus mal connue.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_IV" id="Page_IV">IV</a></span>
+Placés sur les confins du Languedoc ci de la Provence
+dont le Rhône et la Durance constituaient les limites fréquemment
+contestées, les États pontificaux de France
+commandaient la grande route du Nord, vers la Méditerranée,
+par la vallée du Rhône; sous les remparts d'Avignon
+transitaient toutes les marchandises importées du
+Levant, d'Alexandrie, des Indes, et se dirigeant vers les
+pays du Nord de la France. Tous les souverains, princes
+du sang, grands personnages, capitaines illustres prenaient
+gîte dans l'ancienne résidence des papes, et, suivant
+l'expression de M<sup>lle</sup> de Montpensier, les rois de
+France se considéraient à Avignon comme chez eux, et,
+pendant leur séjour dans la ville, ils en faisaient garder
+les portes par leurs propres gardes.</p>
+
+<p>Anciens territoires démembrés de la Provence et du
+Languedoc pour devenir terre papale, «La Conté de Venaissin»
+et Avignon avaient, avec les provinces limitrophes,
+une origine, une langue, des m&oelig;urs et des intérêts
+communs. Trop pauvres et resserrés dans des limites
+trop exiguës, ils ne pouvaient pas se suffire avec les ressources
+de leur sol qui, bien que riche et très fertile,
+n'aurait pas pu alimenter le quart de la population. C'est
+donc par leurs voisins, Provençaux, Languedociens, Bourguignons,
+Dauphinois, que les sujets des papes vivaient.
+De la Bourgogne et du Dauphiné, les blés leur arrivaient
+par le Rhône; du Languedoc, les animaux, le bétail, les
+fruits et le vin; de Provence, la laine pour la fabrication
+des draps. En retour, c'est chez leurs voisins que les
+produits de l'industrie avignonnaise, velours, damas, tentures
+brodées, brocarts, passementerie, toiles, draps,
+librairie, trouvaient un placement avantageux.</p>
+
+<p>Cette communauté des intérêts amenait forcément,
+<span class="pagenum"><a name="Page_V" id="Page_V">V</a></span>
+d'État à État, des rapports incessants, et voilà pourquoi,
+en écrivant l'histoire des anciens États pontificaux de
+France dans la seconde moitié du <span class="smcap">xv</span><sup>e</sup> siècle, c'est l'histoire
+de la France elle-même que l'on écrit. C'est un de
+ses chapitres les plus curieux et les moins explorés que
+l'on reconstitue grâce à une abondante correspondance
+à peu près inédite tirée des archives déposées au Palais
+des Papes.</p>
+
+<p>Durant cette période de l'histoire de notre pays, les
+Avignonnais et les Comtadins se trouvent, par la force
+des événements, par le jeu même de leurs intérêts et
+aussi par la position topographique de leur territoire,
+mêlés à tous les grands faits de notre passé. Les guerres
+civiles et religieuses provoquées par le schisme avaient
+eu pour principal théâtre Avignon et quelques localités
+du Venaissin, et peu à peu s'était établi un échange fréquent
+de lettres et d'ambassades entre les sujets de l'Église
+et les rois de France.</p>
+
+<p>La succession du maréchal de Boucicaut, les ravages
+et les excès de toutes sortes commis par son frère Geoffroy
+de Meingre sur les terres papales mettent en rapports
+constants le jeune roi Charles VII avec les Comtadins
+et les Avignonnais qu'il prend sous sa protection
+(1421-1429).</p>
+
+<p>Avec le dauphin Louis commencent des intrigues politiques
+qui semblent préparer tout d'abord une tentative
+discrète d'incorporation des États de l'Église à son gouvernement
+du Dauphiné (1444). Puis ce sont d'incessants
+agissements de Louis qu'aucun de nos historiens n'a
+soupçonnés et dont la main mise sur le Venaissin et Avignon
+paraissait être le but non avoué. Toutes ces négociations
+entre le dauphin de Viennois et les États du
+<span class="pagenum"><a name="Page_VI" id="Page_VI">VI</a></span>
+pape jettent un nouveau jour sur les rapports de Charles
+VII et de son fils, et sur l'origine de leur brouille
+(1452).</p>
+
+<p>La politique suivie par Louis XI en 1461, 1464, 1470,
+1476, 1479, vis-à-vis des États de l'Église, constitue l'une
+des phases les plus mouvementées de l'histoire des relations
+de la royauté française avec le Saint-Siège, et
+permet de mieux apprécier encore la finesse politique en
+même temps que le ton autoritaire et la volonté impérieuse
+d'un monarque qui avait pour principe de ne ménager
+personne quand il s'agissait de la raison d'État.</p>
+
+<p>Il y a une politique de Louis XI bien déterminée et
+uniformément suivie par lui à l'égard des terres de l'Église
+et des populations qui y habitent. Cette politique se dessine
+d'une façon très nette dans la correspondance du
+souverain avec la ville, dans les instructions données aux
+ambassadeurs royaux, «escuiers d'escuerie», «sergents
+d'armes», maîtres d'hôtel, maréchaux, officiers de la
+maison du roi, dont les registres de délibérations du
+conseil de ville nous ont précieusement conservé la
+teneur. Quel est le caractère de cette politique? Quelle
+est la nature de ces relations du souverain avec des populations
+qui ont les mêmes sentiments et les mêmes
+aspirations que les véritables Regnicoles, mais sur lesquelles
+l'Église exerce un droit de souveraineté temporelle
+que les rois de France reconnaissaient sans se faire
+illusion sur sa légitimité? Quelle a été l'action de la royauté
+sur ce pays sous Louis XI? Ce monarque a-t-il eu, à l'égard
+de ces territoires enclavés, une pensée de derrière la tête
+que sa correspondance laisse deviner sans trop de peine?
+Charles VII, Louis XI, ont-ils été sincères vis-à-vis des
+sujets du pape? En un mot, l'attitude de ces deux rois
+<span class="pagenum"><a name="Page_VII" id="Page_VII">VII</a></span>
+a-t-elle été assez caractérisée pour pouvoir affirmer qu'ils
+avaient su asseoir dans le pays les éléments d'une influence
+française? Tout le sujet de ce livre est là, et la
+période de quarante ans environ (1444-1483) que nous
+nous sommes fixée comme cadre d'étude, période féconde
+en événements de la plus haute importance historique,
+est plus que suffisante pour assigner à la politique de la
+Cour de France son vrai caractère et pour en marquer
+les principaux traits dans les limites où s'exerce son
+action.</p>
+
+<p>On pourrait se demander, et avec raison, pourquoi
+cette partie de notre histoire a été jusqu'à ce jour délaissée
+à ce point que les archives municipales d'Avignon et du
+Comtat constituent à l'heure qu'il est un champ de
+recherches où l'on rencontre à chaque pas l'inédit. En
+un mot, on est en droit de se dire: comment un pays, qui
+a joué au moyen âge et dans les temps modernes un rôle
+si considérable, n'a-t-il pas d'histoire? La raison en est
+bien simple. Jusqu'au moment où le Saint-Siège renonça
+à ses droits sur Avignon, c'est-à-dire jusqu'à la réunion
+finale votée par la Constituante, quelques jours avant sa
+séparation, le légat, représentant le Saint-Siège à
+Avignon, opposa toujours un refus formel à ceux qui
+voulaient opérer des recherches dans les archives locales.
+En voici une preuve indéniable en même temps qu'une
+explication fort peu connue tirée des minutes du conseil
+de ville. Le 14 octobre 1762, le conseil de ville assemblé
+avait décidé de remercier M. Ménard, le savant auteur
+de l'histoire de Nîmes, alors membre de l'Académie
+royale des Inscriptions, qui avait bien voulu accepter de
+composer, pour le compte de la ville, une histoire
+d'Avignon et du Comtat-Venaissin sur les documents
+<span class="pagenum"><a name="Page_VIII" id="Page_VIII">VIII</a></span>
+originaux. Muni d'un congé régulier de deux ans et demi
+accordé par Sa Majesté, M. Ménard quitta Paris le
+25 septembre 1763 et arriva à Avignon le 4 octobre, où
+il demanda à être présenté au conseil de ville. Mais le
+légat déclara qu'il fallait au préalable prendre l'avis de
+la Cour de Rome. Son Éminence, le cardinal Torrigiani,
+ministre, secrétaire d'État, répondit, le 7 décembre 1763:
+«que l'histoire d'Avignon était un sujet trop délicat pour
+le laisser traiter par un étranger et pour lui donner à
+son gré l'entrée et la communication des archives de la
+ville, et que Sa Sainteté n'approuvait pas la charge
+que la ville avait donnée à M. Ménard pour cette
+entreprise». Les consuls prièrent alors M<sup>gr</sup> Rutati,
+leur agent à Rome, d'insister auprès du pape pour
+obtenir satisfaction; mais la curie romaine demeura
+inflexible, et l'affaire en resta là. Quant à Ménard, il
+quitta définitivement Avignon, avec une indemnité de
+600 livres que le conseil lui avait accordée pour ses frais
+de voyage et d'installation.</p>
+
+<p>Cette interdiction explique pourquoi il n'y a pas
+d'histoire de ce pays, même de valeur moyenne. Les
+érudits locaux se sont jetés dans les <i>Mémoires</i>, <i>Recueils
+de pièces</i>, <i>Annales</i>, où règne un esprit étroit, une partialité
+mesquine qui n'ont d'égale que la pénurie des documents.
+Le carme Castrucci Fantoni, dont «<i>l'Histoire d'Avignon</i>»
+est la seule digne de ce nom ne connut pas les archives
+locales ou ne voulut pas en tirer profit. On peut en dire
+autant de «<i>Cambis Velleron</i>», de «<i>Morenas</i>» du «<i>Marquis
+de Fargues</i>» et autres auteurs de mémoires. Fornéry seul
+avait réuni des éléments précieux et d'une authenticité
+incontestable qui sont restés manuscrits, et dont Pithon-Curt,
+en plagiaire honteux, a fait une abondante moisson.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_IX" id="Page_IX">IX</a></span>
+De nos jours, malgré la facilité accordée aux recherches,
+la plupart des documents locaux sont restés ignorés. Je
+ne parle pas seulement des derniers travaux de M. Charpenne,
+lourde et indigeste compilation, sans ordre, sans
+méthode et sans critique, où ont été rassemblés de droite
+et de gauche des extraits pris dans les mémoires
+manuscrits du Musée Calvet; je constate que même les
+auteurs de publications savantes, comme les «Lettres de
+Louis XI»&nbsp;<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>, ont négligé d'extraire de nos archives des
+lettres et actes publics qui concernent l'histoire du pays,
+et qui avaient leur place toute marquée dans un travail
+destiné à éclairer les sources de notre histoire nationale.
+On s'explique ce dédain de la part des collectionneurs
+pour la période antérieure à 1789, mais non pour notre
+époque actuelle. En effet, la réunion tardive d'Avignon et
+du Comtat-Venaissin au territoire français, leur vie à
+part et hors de l'action directe du pouvoir royal, alors que
+l'union politique et territoriale du royaume était un fait
+accompli depuis Louis XI, nous expliquent l'absence de
+documents relatifs aux États citramontains du Saint-Siège
+dans les grandes collections de la Bibliothèque nationale,
+les collections <i>Doat</i>, <i>Moreau</i>, <i>Fontanieu</i>, la collection
+<i>Legrand</i>, qui ont été constituées au <span class="smcap">XVII</span><sup>e</sup> ou au
+<span class="smcap">XVIII</span><sup>e</sup> siècle, c'est-à-dire à une date où les États pontificaux
+d'en deçà des monts n'étaient pas encore terre
+française. C'est pour la même raison que les rares lettres
+que nous avons trouvées à la Bibliothèque nationale,
+provenant des consuls d'Avignon, sont dispersées et
+perdues dans l'ancien fonds français.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_X" id="Page_X">X</a></span></p>
+
+<p>Les documents que nous avons utilisés pour notre
+travail sont de deux sortes: 1<sup>o</sup> Les <i>Originaux</i>, lettres,
+bulles, brefs pontificaux, correspondance, etc., classés
+par séries dans les archives communales et départementales.
+Les originaux provenant de la <i>Bibliothèque
+nationale</i>, des <i>Archives nationales</i> et du Ministère des
+Affaires étrangères (<i>Affaires de Rome</i>); 2<sup>o</sup> les manuscrits,
+histoires, annales, recueils de pièces, bullaires et chartiers,
+copies de pièces, etc., que renferment les bibliothèques
+d'Avignon et de Carpentras.</p>
+
+<p><i>A la Bibliothèque nationale</i>, nous avons recueilli
+quelques pièces dans l'ancien <i>fonds français</i>, n<sup>os</sup> 2896,
+3882, 291, 308 (nouvelle acquisition), 304 (<i>id.</i>). Les
+collections Legrand, 6960-6990, et Suarez, <i>Avenio politica</i>,
+ne renferment rien de spécial à notre travail.</p>
+
+<p><i>Aux Archives nationales.</i>&mdash;Cartons des Rois, X<sup>ta</sup> 8605,
+folio 95, registre du Parlement (une pièce).</p>
+
+<p><i>Archives du Ministère des Affaires étrangères.</i>&mdash;Affaires
+de Rome, VIII, n<sup>o</sup> 154 et volume 358. Correspondance de
+Rome, 1664, n<sup>o</sup> 157.</p>
+
+<p>Quant aux archives du Vatican, elles ne possèdent rien
+ou à peu près rien en ce qui concerne l'histoire diplomatique
+du <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, la chancellerie pontificale prenant pour
+règle de ne conserver que les pièces ayant un intérêt
+direct et immédiat pour le Saint-Siège. La correspondance
+si intéressante des légats et vice-légats avignonnais
+n'offre une collection régulière qu'à partir de 1572&nbsp;<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>. Seule
+<span class="pagenum"><a name="Page_XI" id="Page_XI">XI</a></span>
+la collection des <i>Cameralia</i> peut être utilement consultée.
+Nous devons ajouter toutefois que cette lacune peut être
+comblée grâce à la correspondance consulaire (<i>série A. A.</i>)
+des archives communales, qui renferme les minutes des
+instructions données par la ville à ses ambassadeurs.
+Rédigées en latin ou en italien, ces instructions, dont
+nous aurons occasion de reproduire plusieurs extraits
+comme pièces justificatives, ne sont pas moins remarquables
+par la netteté et la précision de la pensée que
+par l'élégance de la forme diplomatique.</p>
+
+<p>Mais c'est sans contredit aux archives communales et
+départementales que nous devons notre plus ample
+moisson. Nous avons consulté dans les archives municipales
+les séries A. A. (correspondance consulaire, minutes
+et dossiers des ambassades), série B. B., série C. C.
+(comptes, mandats et pièces de dépenses), série D. D.,
+série E. E. (affaires militaires, passages de troupes, etc.),
+série H. H., série I. I., registres des conseils (1450-1504),
+registres des procès du Rhône, 6 volumes in-folio. Les
+archives départementales ne nous ont pas été d'un
+secours moins précieux, bien que l'incendie de 1713 ait
+détruit la plus grande partie des pièces originales
+relatives à l'histoire du Comtat-Venaissin. Nous avons
+surtout consulté la série des délibérations des États; les
+<span class="pagenum"><a name="Page_XII" id="Page_XII">XII</a></span>
+séries <i>B. B.</i>, <i>C. C.</i>; les cartulaires de l'<i>Archevêché
+d'Avignon</i>, 3 volumes in-folio; les archives communales
+de <i>Carpentras</i>, de <i>Pernes</i>, <i>Cavaillon</i> (<i>séries A. A., B. B.
+et E. E.</i>). Enfin, nous avons recueilli beaucoup de curieux
+renseignements et de pièces inédites dans les minutes de
+notaires.</p>
+
+<p>Aux archives des provinces voisines, Languedoc,
+Provence, Dauphiné, nous avons trouvé quelques documents&nbsp;<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>
+dans les séries C. C. et surtout série B. (<i>Chambres
+des Comptes</i>).</p>
+
+<p>Nous n'avons point, en donnant ce livre au public lettré,
+la prétention de refaire l'&oelig;uvre de nos prédécesseurs, en
+critiquant ce qu'il y a d'incomplet et d'insuffisant dans
+leurs travaux sur la politique générale de Louis XI. Nous
+avons simplement voulu, surtout après le livre de M. Sée&nbsp;<a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>,
+combler une lacune et montrer que si le règne de celui
+que ses contemporains appelaient l'«universelle araignée»
+a été étudié et fouillé dans ses recoins les plus secrets, il
+n'en reste pas moins fécond en surprises pour tous ceux
+que passionne l'étude de notre histoire nationale.</p>
+
+<p class="left5">Grenoble, février 1899.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">R. Rey.</span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">1</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE PREMIER</h2>
+
+<p class="center">Coup d'&oelig;il rétrospectif sur les relations<br />
+de la Cour de France avec Avignon<br />
+et le Comté Venaissin<br />
+pendant la première moitié du XV<sup>e</sup> siècle.</p>
+
+<p class="center">Charles VI.&mdash;Benoît XIII.&mdash;Le Schisme.</p>
+
+<p class="hanging content">Caractère général des relations de la Cour de France avec le
+Venaissin et l'État d'Avignon pendant le règne de Charles VI et
+de Charles VII. Comment les rois de France entendaient la juridiction
+temporelle des papes sur ces États. Voyages princiers à
+Avignon. Fondation du royal monastère des Célestins (1395);
+privilèges accordés. Inviolabilité.&mdash;Premières assises de l'autorité
+royale à Avignon.</p>
+
+<p class="hanging content">Le schisme et Benoît XIII. Situation des Avignonnais vis-à-vis du
+pape et des cardinaux. Louis d'Orléans et les oncles du roi à
+Avignon. Attitude et intervention de Charles VI: premier siège
+du Palais (1398). <span class="smcap">Geoffroy le Meingre</span>, dit <span class="smcap">Boucicaut</span>. Son rôle
+dans les événements militaires dont Avignon est le théâtre (1398-1399).</p>
+
+<p class="hanging content">Charles VI prend Benoît XIII sous sa protection. Sa lettre aux
+consuls d'Avignon (22 avril 1401). Il se fait le défenseur des
+cardinaux et des terres de l'Église. Sa lettre au sire de Grignan
+(juin 1401). Captivité et évasion de Benoît XIII (1400, mars 1403).
+Traité de paix entre les cardinaux et le pape. Hommage des
+Avignonnais à Benoît XIII (10 avril 1403). Retrait de la soustraction
+d'obédience (30 juillet 1403).</p>
+
+<p class="hanging content">Suite des événements provoqués par les agissements de Benoît XIII.&mdash;L'anti-pape
+et le maréchal de Boucicaut.&mdash;Inféodation des
+villes du Comtat et prise de possession (mars 1408).&mdash;Le second
+<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">2</a></span>
+siège du Palais.&mdash;Rodrigues de Luna et les Catalans (1410-1411).&mdash;Intervention
+de l'Université de Paris.&mdash;Charles VI
+envoie des secours aux Avignonnais.&mdash;Capitulation de la garnison
+catalane (27 novembre 1411).</p>
+
+<p class="p2">La question de savoir si la juridiction temporelle des
+papes sur «la Conté de Venaissin» et l'État d'Avignon
+était reconnue par les rois de France a provoqué, aux
+<span class="smcap">XVII</span><sup>e</sup> et <span class="smcap">XVIII</span><sup>e</sup> siècles, des discussions passionnées. Nous
+nous garderions bien de reproduire ici les arguments que
+chaque parti invoquait à l'appui de sa thèse; mais, nous
+devons l'avouer en toute franchise, chez les uns comme
+chez les autres, la passion politique a eu une part trop
+large au détriment de la vérité historique&nbsp;<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>.</p>
+
+<p>Tous les rois de France du <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle ont, sans exception,
+dans leurs actes publics comme dans leurs missives
+et lettres closes, reconnu, sans aucune réserve, le droit
+de suzeraineté temporelle du Saint-Siège sur Avignon et
+le Venaissin. Dans aucun cas, la légitimité de possession
+n'est mise en cause. En informant Yolande d'Aragon,
+reine de Sicile et de Provence, qu'il envoie des secours
+contre les schismatiques «qui occupent le palais d'Avignon
+et le chastel d'Oppède et autres lieux appartenant
+à notre dit Saint Père&nbsp;<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a>», Charles VI affirme ce droit
+comme il l'avait affirmé précédemment dans sa lettre au
+sire de Grignan, en 1401&nbsp;<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>. Sous Charles VII, la reconnaissance
+<span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">3</a></span>
+des droits des souverains pontifes est encore
+mieux affirmée: «<i>Et pour ce que aucuns estans ès marches
+de par delà ont vouloir et intention de surprandre sur le
+patrimoine de l'Église appartenant au Saint Père le
+Pappe et de porter dommaige et oppression à la cité d'Avignon
+et autres du dit patrimoine</i>&nbsp;<a name="FNanchor_8" id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>.» C'est en ces termes
+que Charles VII garantit sa protection aux vassaux de l'Église;
+et l'acte même par lequel ce souverain prend sous sa
+sauvegarde les États citramontains du Saint-Siège, avec
+leurs habitants, ne peut laisser aucun doute sur la sincérité
+de ses intentions et sur les dispositions bienveillantes dont
+il ne cesse de donner des preuves à ses protégés&nbsp;<a name="FNanchor_9" id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a>. Est-ce
+<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">4</a></span>
+à dire que, tout en acceptant la domination temporelle
+des pontifes de Rome sur cette portion de terre enclavée
+dans leur royaume, les rois de France en considérèrent
+les habitants comme des étrangers pour lesquels on n'a
+pas de ménagements à avoir? Tout autre, au contraire,
+est le caractère de la politique de nos rois vis-à-vis des
+sujets de l'Église. Charles VII ne remporte pas un succès
+militaire sans en faire aussitôt part aux Avignonnais; ainsi,
+quand il leur annonce, <i>le 22 juillet 1453</i>, la capitulation
+<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">5</a></span>
+de Castillon de Guyenne: «<i>Pour ce que savons que prenez
+grand plaisir à oïr en bien de la prospérité de nous et
+de nostre seigneurie</i>&nbsp;<a name="FNanchor_10" id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a>.» Louis XI déclare dans toutes
+ses lettres patentes que le Venaissin et la cité d'Avignon
+«<i>sont terres d'Église et du domaine de nostre Saint Père
+le Pape</i>&nbsp;<a name="FNanchor_11" id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a>», et qu'il est disposé «<i>à faire pour les sujets
+du Saint-Siège plus que pour ses sujets propres, si mieulx
+faire se povoit</i>&nbsp;<a name="FNanchor_12" id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a>». C'est donc comme fils aînés de l'Église,
+comme rois très chrétiens et défenseurs des droits
+de l'Église et de la Papauté que les rois de France interviennent
+dans les affaires intérieures du Comtat et d'Avignon.
+C'est à ce titre qu'ils s'érigent en tuteurs des Comtadins
+et des Avignonnais, en apparence, bien qu'au fond,
+sans formuler de revendications écrites, ils se considèrent
+toujours comme ayant des droits sur cette partie du domaine
+de l'Église, que, pour la première fois, Henri II
+regardera «<i>comme ayant été éclipsée de son royaume</i>&nbsp;<a name="FNanchor_13" id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a>».
+Mais aucun souverain, pas même Louis XI, quand il
+occupa temporairement Avignon et le Comtat, n'a eu l'intention
+arrêtée d'annexer ces terres, devenues fiefs temporels
+de l'Église, d'une façon définitive et sans retour&nbsp;<a name="FNanchor_14" id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[14]</a>.
+Nos rois auraient vu dans cette incorporation de vive
+force une atteinte à cette tradition de franchise et d'honnêteté
+politiques dont la Maison de France semble jalouse
+<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">6</a></span>
+de conserver le monopole. On peut donc dire que le caractère
+des relations de la Cour de France avec les sujets
+du Saint-Siège se règle sur l'état même des rapports qui
+existent entre les rois et la Papauté. Que le Saint-Siège
+soit occupé par un pontife favorable aux intérêts français,
+les Avignonnais et les Comtadins bénéficient de toutes les
+faveurs; que la Cour de France ait, au contraire, à se
+plaindre des procédés de la curie romaine, ce sont les
+vassaux du pape qui subissent les conséquences de la
+brouille. La suite des événements ne fera que confirmer
+la vérité historique de ce principe.</p>
+
+<p>Le règne de Charles V ne nous offre pas de relations
+bien suivies entre les États pontificaux de France et la
+Cour. Les ducs de Bourgogne et d'Anjou avaient fait, en
+1370-71, un premier voyage à Avignon, où ils avaient
+reçu du pape une magnifique hospitalité&nbsp;<a name="FNanchor_15" id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[15]</a>. La confirmation
+de la protection royale accordée en 1380&nbsp;<a name="FNanchor_16" id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[16]</a> à la Chartreuse
+de Villeneuve était un premier jalon de la puissance
+royale aux portes d'Avignon. L'établissement de la Maison
+de France, dans la personne de Louis d'Anjou, frère
+de Charles V, en Provence, en 1385, confirmait encore et
+pouvait rendre plus entreprenantes les visées de la Cour
+sur les domaines mêmes de l'Église. Le Saint-Siège en
+prit ombrage et eut peur un moment que ce redoutable
+voisinage ne l'obligeât à évacuer Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_17" id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[17]</a>. Le voyage de
+<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">7</a></span>
+Charles VI en Languedoc et le séjour qu'il fit dans la
+cité papale, à deux reprises différentes, les assurances et
+gages de paix qu'il donna, contribuèrent à dissiper les
+malentendus, et le souverain reçut à Avignon un accueil
+vraiment royal. Dès le 19 octobre, tous les ouvriers de la
+ville avaient été occupés à tendre des toiles depuis le
+Palais apostolique jusqu'au pont du Rhône et à charrier
+des graviers de la Durance&nbsp;<a name="FNanchor_18" id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[18]</a> dans toutes les rues que devait
+parcourir le cortège royal&nbsp;<a name="FNanchor_19" id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[19]</a>. Le roi, accompagné de
+Louis d'Orléans, son frère, de ses oncles, les ducs de
+Berry et de Bourbon, des ministres, des grands officiers
+de la Cour, dont le maréchal Boucicaut, fit à Avignon
+une entrée triomphale, le 30 octobre 1389, à la nuit tombante,
+au milieu des acclamations de la population. C'est
+pendant son premier séjour à Avignon que fut couronné
+Louis II d'Anjou, son neveu, roi de Sicile et de Jérusalem
+et comte de Provence&nbsp;<a name="FNanchor_20" id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[20]</a>. Parti d'Avignon pour continuer
+son voyage en Languedoc, Charles VI y était de retour le
+31 janvier «où le pape le festoya&nbsp;<a name="FNanchor_21" id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[21]</a>», et c'est dans cette
+entrevue que, s'il faut en croire un historien&nbsp;<a name="FNanchor_22" id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[22]</a>, le roi promit
+à Clément VII de le placer <i>manu militari</i> sur le trône
+de Rome. Quoi qu'il en soit, le roi de France prit vis-à-vis
+<span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">8</a></span>
+du pope et de ses sujets l'engagement formel de les
+couvrir de sa protection royale contre les routiers et les
+ennemis de l'Église. Ainsi, dès le mois de <i>novembre 1390</i>,
+Charles VI ayant appris que Jean d'Armagnac, l'allié des
+Florentins, avait réuni des gens d'armes pour marcher en
+Lombardie contre Jean Galéas, beau-père du duc d'Orléans,
+et que ces bandes commettaient des excès sur le
+terroir pontifical, il dépêcha Jehan d'Estouteville à Avignon
+«<i>pour le faict des vuides des gens d'armes estans
+en la compaignie du comte d'Armigniac</i>&nbsp;<a name="FNanchor_23" id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[23]</a>».</p>
+
+<p>La mort de Clément VII et l'élection de Pierre de Luna,
+en accentuant encore le caractère déjà violent du schisme
+qui divisait l'Église, allait amener une nouvelle intervention
+de la Cour de France à Avignon, Clément VII était
+mort le 16 septembre 1394; aussitôt Charles VI dépêcha à
+Avignon, auprès des cardinaux, un envoyé porteur d'une
+lettre du roi, pour les prier de surseoir à toute élection.
+La lettre, arrivée le 28, fut remise au cardinal de Florence,
+mais le même jour, Pierre de Luna était élu pape
+sous le nom de Benoît XIII&nbsp;<a name="FNanchor_24" id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[24]</a>. Vingt-un cardinaux avaient
+pris part à son élection, parmi lesquels le cardinal
+<i>de Thury</i>&nbsp;<a name="FNanchor_25" id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[25]</a>, qui fut plus tard un des ses adversaires les plus
+acharnés, et que le concile de Pise envoya en 1409,
+comme légat, dans les États pontificaux. Cette élection
+provoqua à la Cour une douloureuse surprise, car peu
+auparavant Charles VI avait fait partir pour Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_26" id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[26]</a> le
+<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">9</a></span>
+<i>maréchal de Boucicaut</i>, <i>Regnault de Roze</i> et <i>Bertaut</i>, sous
+prétexte d'enjoindre à Raymond de Turenne de cesser ses
+hostilités contre les cardinaux et ses ravages sur les terres
+de l'Église et de la reine de Sicile, mais aussi pour
+inviter ceux-ci à différer toute élection. Les envoyés
+apprirent en route l'élection de Benoît XIII. Le nouveau
+pape était un homme de grande science et de haute
+intelligence. Diplomate consommé, politique fin et rusé,
+caractère indomptable, volonté opiniâtre et inflexible,
+Pierre de Luna, à l'encontre du jugement plein de
+prévention que porte sur lui un historien allemand
+contemporain&nbsp;<a name="FNanchor_27" id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[27]</a>, était bien au-dessus des hommes de son
+temps.</p>
+
+<p>Animé tout d'abord d'intentions conciliatrices, Benoît
+XIII envoya à la Cour <i>Egidius de Bellamera</i>, évêque
+d'Avignon, et <i>Pierre Blau</i>&nbsp;<a name="FNanchor_28" id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[28]</a>, pour faire savoir à Charles VI
+qu'il était personnellement disposé à favoriser l'extinction
+du schisme&nbsp;<a name="FNanchor_29" id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[29]</a> priant Sa Majesté de déléguer auprès de
+lui une ambassade en vue de s'entendre sur les moyens à
+prendre pour mettre fin à un fléau qui désolait l'Église et
+la Chrétienté. De son côté, Charles VI chargeait ses
+ambassadeurs auprès des rois de Bohême, de Hongrie,
+d'Angleterre, de Castille, d'Aragon et de Sicile, de
+proposer à ces divers souverains la déposition du pape&nbsp;<a name="FNanchor_30" id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[30]</a>.
+«Pour trouver paix et bonne union en nostre mère
+saincte Esglise»&nbsp;<a name="FNanchor_31" id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[31]</a>, il convoquait à Paris, pour la <i>Purification</i>,
+<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">10</a></span>
+une assemblée des membres du clergé en vue
+d'examiner les trois voies proposées pour arriver à
+l'extinction du schisme, voie de «cession», de «compromis»
+ou «d'arbitrage» et voie de «concile général».
+Quatre-vingt-sept voix contre vingt-deux adoptèrent la
+voie de cession, et l'assemblée décida en outre qu'une
+ambassade composée des princes de la famille royale
+serait envoyée à Avignon auprès de Benoît XIII, pour
+obtenir son adhésion à la voie de cession qui paraissait la
+plus digne et la plus expéditive&nbsp;<a name="FNanchor_32" id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[32]</a>. Les princes reçurent
+leurs pouvoirs le 29 février 1395; le duc Louis d'Orléans,
+pour sa part, devait toucher 3,000 livres par mois pour
+ses frais de route&nbsp;<a name="FNanchor_33" id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[33]</a>, mais cette somme était insuffisante,
+vu les goûts de dépense du jeune prince qui fut obligé
+de s'adresser à des banquiers avignonnais pour solder
+ses dettes&nbsp;<a name="FNanchor_34" id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[34]</a>. Les ducs d'Orléans et ses oncles, les ducs de
+Berry et de Bourgogne, descendirent de Châlons à
+Avignon (en mai 1395) sur un bateau construit dans
+cette ville. Un conduisait le conseil du roy; un autre
+était destiné à l'échansonnerie; un autre à la panneterie;
+trois pour la cuisine, trois pour les gardes-robes, un pour
+les joyaux du duc, trois pour les chapelains, trois pour la
+fruiterie. En tout dix-sept bateaux&nbsp;<a name="FNanchor_35" id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[35]</a>. Les ambassadeurs,
+accompagnés de ce train considérable débarquèrent
+à Avignon le 22 mai 1395&nbsp;<a name="FNanchor_36" id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[36]</a>. Benoît XIII reçut avec
+<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">11</a></span>
+beaucoup de déférence les envoyés de Charles VI, mais
+les premières entrevues étant restées sans résultat,
+les princes, mécontents de l'opiniâtreté du pape,
+convoquèrent à Villeneuve les cardinaux, afin de prendre
+leur avis sur la voie de cession qu'ils avaient pour mission
+de faire prévaloir auprès du pape et de son entourage&nbsp;<a name="FNanchor_37" id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[37]</a>.
+La majorité des cardinaux se prononça pour la voie de
+cession. Mais Benoît XIII ne l'accepta pas, et cette fois,
+les princes mécontents se retirèrent à Villeneuve&nbsp;<a name="FNanchor_38" id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[38]</a>.
+L'incendie d'une partie du pont, qui eut lieu dans la
+nuit, fut considéré comme le premier acte de l'alliance
+des cardinaux et des Avignonnais avec les ambassadeurs
+de Charles VI contre l'obstiné pontife. Une deuxième
+conférence des cardinaux et des princes n'ayant pas
+amené plus de résultat (23 juin 1395)&nbsp;<a name="FNanchor_39" id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[39]</a>, ceux-ci quittèrent
+Villeneuve et vinrent prendre gîte à Avignon où une
+somptueuse hospitalité leur fut donnée dans les hôtels des
+cardinaux. C'est le surlendemain de leur installation dans
+cette ville qu'ils fondèrent le <i>Monastère des Célestins</i>.
+Charles V, Charles VI et les princes de la famille royale
+avaient toujours manifesté une dévotion particulière pour
+les Célestins de Paris&nbsp;<a name="FNanchor_40" id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[40]</a>. Louis d'Orléans, pour être agréable
+à la maison de Luxembourg, érigea une chapelle sur la
+sépulture du cardinal Pierre de Luxembourg&nbsp;<a name="FNanchor_41" id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[41]</a>. Les ducs
+de Berry et de Bourgogne assistèrent à la cérémonie
+<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">12</a></span>
+avec tous les seigneurs qui faisaient partie de l'ambassade&nbsp;<a name="FNanchor_42" id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[42]</a>.
+Le duc d'Orléans affecta au nouveau couvent une somme
+de 2,000 francs, que son procureur auprès de Benoît
+XIII, <i>Alart de Sains</i>, reçut mission d'employer dans
+ce sens; plus tard, il fit donation au même monastère
+d'une somme de 4,000 francs&nbsp;<a name="FNanchor_43" id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[43]</a>. Une autre libéralité de
+100 florins en faveur des mêmes Célestins est mentionnée
+sous le règne de Charles VI&nbsp;<a name="FNanchor_44" id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[44]</a>. La nouvelle fondation fut
+dès lors désignée sous le nom de «<i>Royal monastère des
+Célestins</i>». Le 18 mars 1400, par lettres patentes données
+à Paris, Charles VI portait, pour les Célestins d'Avignon,
+exemption de tous droits, péages, gabelles, leydes, etc.,
+pour le transport des matériaux nécessaires à la construction
+des bâtiments de l'église et du couvent&nbsp;<a name="FNanchor_45" id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[45]</a>. En novembre
+1400, Charles VI les place sous la sauvegarde royale&nbsp;<a name="FNanchor_46" id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[46]</a>. Le
+6 mai 1407, le duc de Berry permettait aux religieux
+Célestins de conduire à Avignon, pour deux ans, des
+pierres et tous autres matériaux de construction sans
+payer de droits. En 1417, le monastère n'était pas achevé,
+que des lettres du dauphin Charles, données à Nîmes,
+<span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">13</a></span>
+mandent à tous péagers, pontonniers, de laisser passer,
+tant par eau que par terre, deux radeaux venant de
+Savoye par le Rhône, chargés de pièces de bois pour la
+construction de l'église et du monastère de Saint-Pierre-de-Luxembourg&nbsp;<a name="FNanchor_47" id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[47]</a>.
+Par lettres-patentes données à Avignon
+le 20 avril <i>1420</i>, Charles VII confirme les privilèges
+accordés par son père, Charles VI, aux Célestins d'Avignon.
+Cette fondation royale constitue dans l'histoire des
+relations des Avignonnais avec la Cour de France un acte
+de la plus haute importance. Par là, les rois de France
+prennent pied à Avignon. C'est une affirmation matérielle
+de leur autorité et de leurs droits sur une ville enclavée
+dans le domaine de la couronne. Le monastère et l'église
+des Célestins étaient un asile inviolable autant pour les
+officiers pontificaux que pour les agents de la Cour de
+France&nbsp;<a name="FNanchor_48" id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[48]</a>. Charles VII ne put en faire extraire, pour le
+livrer à la justice séculière, Antoine Noir, un des facteurs
+de Jacques C&oelig;ur, qui y avait trouvé un refuge. Et c'est
+dans cette même église que, pendant les difficultés qui
+surgissaient périodiquement entre le Saint-Siège et les
+officiers du Languedoc, à propos des limites du Rhône,
+les magistrats avignonnais avaient coutume de porter
+religieusement les panonceaux aux armes de la maison
+de France, quand la populace ameutée les arrachait
+pour y substituer celles des papes&nbsp;<a name="FNanchor_49" id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[49]</a>.</p>
+
+<p>Le 10 juillet 1395&nbsp;<a name="FNanchor_50" id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[50]</a>, après un voyage de cent deux jours,
+<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">14</a></span>
+qui n'avait amené aucune solution, les princes quittèrent
+Avignon, et ce n'est que le 24 août qu'ils rendirent
+compte à Charles VI de l'insuccès de leur ambassade&nbsp;<a name="FNanchor_51" id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[51]</a>.</p>
+
+<p>La Cour de France était dans le plus grand embarras;
+d'un côté, l'Université menaçante&nbsp;<a name="FNanchor_52" id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[52]</a> sollicitait la soustraction
+d'obédience; de l'autre, les princes, et surtout le duc
+d'Orléans, inclinaient à des mesures préparatoires avant
+de recourir à cette solution extrême&nbsp;<a name="FNanchor_53" id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[53]</a>. Ni l'ambassade de
+Regnault, aumônier de Louis d'Orléans (décembre 1396),
+ni celle des envoyés de Charles VI, auxquels s'étaient
+joints ceux des rois de Castille et d'Angleterre (juin 1397),
+ne purent triompher de l'obstination de Benoît XIII, qui
+déclara qu'il était «<i>pape romain</i>» et qu'il ne reconnaîtrait
+qu'un concile &oelig;cuménique&nbsp;<a name="FNanchor_54" id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[54]</a>. Toutes ces démarches
+préliminaires avant de recourir à la soustraction forcée
+font, quoi qu'en dise Pastor&nbsp;<a name="FNanchor_55" id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[55]</a>, le plus grand honneur au
+duc d'Orléans et au roi, dont Louis était l'interprète. Le
+refus obstine du pape n'est point imputable aux sollicitations
+de la Cour de France, mais à son caractère irréductible
+et à son infatigable énergie. Au mois de mars
+1398 eut lieu, entre Charles VI et Wenceslas, roi des
+Romains, une entrevue à la suite de laquelle un dernier
+effort fut tenté auprès de Benoît XIII, par l'entremise de
+Pierre d'Ailly, archevêque de Cambray; mais cette mission,
+<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">15</a></span>
+comme les précédentes, demeura infructueuse, et
+Pierre d'Ailly revint à Coblentz rendre compte à Wenceslas
+du refus de Benoît XIII d'accepter la voie de cession&nbsp;<a name="FNanchor_56" id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[56]</a>
+(juin 1398). Il n'y avait plus rien à attendre désormais
+de ce côté, et tous les moyens de conciliation paraissaient
+épuisés. Le 28 juillet une assemblée générale des
+prélats et du clergé, en présence des oncles du roi (le
+duc d'Orléans absent), décida, par 247 voix, que la soustraction
+d'obédience devait être immédiate et totale&nbsp;<a name="FNanchor_57" id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[57]</a>. La
+décision de l'assemblée fut promulguée le même jour&nbsp;<a name="FNanchor_58" id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[58]</a>,
+malgré l'avis de Louis d'Orléans, qui aurait voulu une
+sommation préalable.</p>
+
+<p>Quoi qu'il en soit, ce prince n'adhéra à la soustraction
+que le 19 octobre 1398, promettant d'employer toute son
+influence en faveur du souverain pontife&nbsp;<a name="FNanchor_59" id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[59]</a>. Mais, cédant
+à la majorité de l'assemblée, Charles VI, dès le conseil
+du roi, avait prescrit des mesures de rigueur contre les
+partisans de Benoît XIII, qui devaient être arrêtés dans
+toute l'étendue de la sénéchaussée de Beaucaire&nbsp;<a name="FNanchor_60" id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[60]</a>. Quoi
+qu'en dise le P. Ehrle&nbsp;<a name="FNanchor_61" id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[61]</a>, il est incontestable que l'ordre
+émanait, sinon du roi lui-même, à qui son état mental
+ne permettait pas de diriger les affaires du royaume, du
+moins du conseil du roi et de ses oncles. Ce sont deux
+<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">16</a></span>
+conseillers du roi, <i>Rebert Cordelier</i> et <i>Tristan de Bosc</i> qui,
+le premier dimanche de septembre 1398&nbsp;<a name="FNanchor_62" id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[62]</a>, publient à Villeneuve
+la soustraction d'obédience, mettant en demeure
+tous les sujets du domaine royal, tant clercs que laïcs, de
+se soustraire à l'autorité spirituelle de Benoît XIII. Les
+cardinaux adhérèrent à la soustraction, moins sept, dont
+cinq restèrent fidèles au pape et s'enfermèrent avec lui
+dans son palais; les deux autres rentrèrent chez eux. On
+ne peut donc nier que si Charles VI et la Cour de France
+demeurèrent étrangers aux préparatifs du siège du palais,
+l'acte de soustraction d'obédience à Avignon, comme
+dans le reste du royaume, n'ait été un acte de l'autorité
+royale. Deux partis restaient en présence à Avignon, le
+parti de Benoît XIII, qui ne comptait que cinq cardinaux
+et quelques gens d'armes aragonais qui gardaient le
+grand palais; l'autre, le parti des cardinaux, qui s'appuyait
+sur la population avignonnaise et disposait de
+grandes ressources en argent. Mais les soldats lui manquaient
+et aussi des chefs habitués au métier des armes.
+C'est alors que les cardinaux et les bourgeois avignonnais
+firent appel à un chef de Routiers, moins célèbre sans
+doute que son frère, mais dont le rôle militaire fut considérable
+dans les États du Saint-Siège, au commencement
+du <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, <i>Geoffroy le Meingre</i>, frère cadet du maréchal
+de Boucicaut.</p>
+
+<p>Le P. Ehrle, qui, dans une étude récente&nbsp;<a name="FNanchor_63" id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[63]</a>, a montré
+<span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">17</a></span>
+par un savant commentaire du texte de Froissart rapproché
+des autres témoignages contemporains, les contradictions
+frappantes qui auraient dû ne pas laisser confondre
+le maréchal de Boucicaut avec son frère Geoffroy, n'a
+pas connu tous les documents permettant d'établir d'une
+manière irréfutable la participation de ce chef de bandes
+au siège du palais. Les archives municipales renferment
+plusieurs lettres de ce seigneur adressées aux Avignonnais,
+et prouvent que depuis le rôle militaire qu'il avait
+joué dans la guerre contre Benoît XIII, Geoffroy Boucicaut
+conserva des relations suivies avec les habitants. Il
+leur écrit en effet de Boulbon&nbsp;<a name="FNanchor_64" id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[64]</a>, le 17 février.... pour
+les assurer de ses bons offices. Le 23 novembre 1400&nbsp;<a name="FNanchor_65" id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[65]</a>,
+Geoffroy le Meingre, qui était alors gouverneur du Dauphiné
+et paraissait jouir d'un grand crédit à la Cour, fait
+des offres de service aux syndics de Carpentras: «Et si
+vous avez besoin de moy, ou comme conseiller et officier
+du roy, ou comme privée personne, je ferois pour
+vous de bon cuer tout ce que je pourroys.» Le 9 juillet
+14.., Geoffroy, alors à Bridoré, en Touraine&nbsp;<a name="FNanchor_66" id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[66]</a>, accrédite
+auprès des syndics d'Avignon Jean de <i>Curière</i>, son capitaine,
+et Loys <i>Henryet</i>, chanoine de Tours, ses serviteurs,
+pour recevoir le paiement de 106 marcs d'argent, lesquels
+lui avaient été alloués <i>comme prix de sa vaisselle volée</i>,
+par sentence contre André de Seytres. Celui-ci ayant été
+mis en prison à la demande de Boucicaut, puis relâché,
+Geoffroy le Meingre fait saisir les blés qui descendaient le
+<span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">18</a></span>
+Rhône à destination d'Avignon, et comme les propriétaires
+desdits blés le citèrent devant le Parlement, Boucicaut
+mit en demeure la ville de les désintéresser&nbsp;<a name="FNanchor_67" id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[67]</a>.</p>
+
+<p>Il résulte de l'existence de cette correspondance que
+Geoffroy le Meingre, appelé dans le midi par son frère
+aîné, le maréchal, après son mariage avec la fille de Raymond
+de Turenne, en 1393&nbsp;<a name="FNanchor_68" id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[68]</a>, avait pris possession du
+château de Boulbon&nbsp;<a name="FNanchor_69" id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[69]</a> où il commandait quand les envoyés
+des cardinaux et des Avignonnais vinrent le prier (septembre
+1398) de prendre la direction des opérations militaires
+contre le palais occupé par Benoît XIII&nbsp;<a name="FNanchor_70" id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[70]</a>. En outre,
+les lettres datées de <i>Bridoré</i> en Touraine, dont Geoffroy
+le Meingre était seul seigneur, à l'adresse des Avignonnais,
+sont une preuve que des rapports intéressés rattachaient
+longtemps encore après le siège de 1398 la ville à
+son ancien capitaine.</p>
+
+<p>Geoffroy le Meingre se rendit à l'appel des cardinaux
+<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">19</a></span>
+et des bourgeois d'Avignon avec une bande nombreuse
+de gens d'armes, parmi lesquels, au dire de Froissart, aurait
+figuré Raymond de Turenne, beau-frère du maréchal
+de Boucicaut&nbsp;<a name="FNanchor_71" id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[71]</a>. Il dut y avoir entre le conseil et le chef
+des aventuriers un traité passé avec promesse de fortes
+sommes à payer, mais aucune trace n'existe de cet engagement
+dans les archives communales. C'était donc à
+titre absolument privé, et comme capitaine aux gages de
+la ville et des cardinaux que Geoffroy le Meingre entreprit
+le siège du grand palais&nbsp;<a name="FNanchor_72" id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[72]</a> en septembre 1398. La
+Cour de France, dans ce premier siège, n'intervint d'aucune
+façon en faveur des Avignonnais et des cardinaux
+insurgés. C'est là un point très important à établir, et
+c'est un contre-sens historique de dire, comme Jarry, que
+ce siège fut une honte pour la Couronne qui y resta étrangère&nbsp;<a name="FNanchor_73" id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[73]</a>.
+Une intervention armée, dirigée par le maréchal
+de Boucicaut&nbsp;<a name="FNanchor_74" id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[74]</a> en faveur des Avignonnais contre Benoît
+XIII n'eût pu se faire qu'en vertu d'un ordre du roi; or,
+Charles VI déclare publiquement en 1401 que jamais il
+<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">20</a></span>
+n'a prescrit d'employer la violence contre le pape&nbsp;<a name="FNanchor_75" id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[75]</a> ni de
+le tenir emprisonné. Toute mesure de ce genre eût certainement
+été désavouée par le duc d'Orléans. Nous
+avons, au surplus, une preuve indiscutable de la neutralité
+de la Cour de France durant la lutte engagée, dans
+un document inédit rapporté par Peiresc&nbsp;<a name="FNanchor_76" id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[76]</a>. Le 19 janvier
+1399, Pierre de Luna, neveu de Benoît XIII, capitaine
+général des galères et des barques du roi d'Aragon, s'engage
+par devant les délégués du conseil et de la ville
+d'Arles, à ne faire aucun dommage aux terres de Louis,
+roi de Sicile, ni aux sujets du roi de France&nbsp;<a name="FNanchor_77" id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[77]</a>. Le même
+document désigne comme ennemis du pape ce «<i>cives et habitatores
+Avenionenses</i>». Cet acte indique donc d'une
+façon bien formelle que le roi de France n'a accordé aucun
+<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">21</a></span>
+secours aux adversaires de Benoît XIII, et que les
+assiégeants ne comptent dans leurs rangs que des mercenaires
+aux gages de la ville.</p>
+
+<p>Le siège fut vigoureusement mené. Dans un assaut
+donné au palais le 28 septembre 1398, le pape fut frappé
+à la main, et le cardinal de Neufchateau, qui commandait
+les assaillants, reçut une blessure grave à laquelle il
+succomba quelques jours après. Le 22 octobre&nbsp;<a name="FNanchor_78" id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[78]</a>, Geoffroy
+le Meingre fit prisonniers deux cardinaux, Martin Salva
+et le cardinal de Saint-Adrien, Louis Fieschi, que l'on
+enferma au château de Boulbon. Un peu plus tard, les
+deux captifs se rachetèrent en payant une rançon de
+18,000 francs à Boucicaut, mais il leur fut interdit de rentrer
+dans le palais. Le 26 octobre, une tentative pour
+pénétrer dans le palais par les cuisines tourna à la déroute
+des assiégeants.</p>
+
+<p>Au milieu de ces événements militaires, les cardinaux,
+plus obstinés que jamais dans la défense de leur cause,
+envoyaient à Paris trois d'entre eux, les cardinaux de
+Préneste (Guy de Malesset), de Thury et Amédée de Saluces,
+à la Cour de France (décembre 1398) pour demander
+à Charles VI d'envoyer des ambassadeurs aux souverains
+qui n'avaient pas encore fait acte d'adhésion à la
+soustraction d'obédience. On les voit figurer, le 3 janvier
+1399, «à l'Hostel d'Artoys&nbsp;<a name="FNanchor_79" id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[79]</a>» où ils dînent en compagnie
+de Philippe de Bourgogne, et, quelques jours après, le
+<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">22</a></span>
+9 février, à l'hôtel du cardinal de Bohême, avec les ducs
+de Berry et de Bourgogne&nbsp;<a name="FNanchor_80" id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[80]</a>. C'est à la même date que
+Martin V appuyait, par renvoi d'une flotte commandée
+par Pierre de Luna, les revendications de ses ambassadeurs,
+à Avignon d'abord, et auprès de Charles VI ensuite&nbsp;<a name="FNanchor_81" id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[81]</a>.
+Le roi de France ayant adhéré aux propositions du roi
+d'Aragon, et pressé de mettre un terme aux désordres
+dont Avignon était le théâtre, envoya dans cette ville
+Gilles Deschamps et Guillaume de Tignonville pour soumettre
+à Benoît XIII les propositions arrêtées avec Martin
+V&nbsp;<a name="FNanchor_82" id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[82]</a>. Benoît XIII accepta, le 10 avril 1399, les propositions
+des deux souverains; mais, ayant avec quelque
+raison peu confiance dans les cardinaux, il refusa de se
+laisser garder par eux et demanda à être placé sous la
+sauvegarde royale&nbsp;<a name="FNanchor_83" id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[83]</a>. Le 14 avril 1399&nbsp;<a name="FNanchor_84" id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[84]</a>, la ville d'Avignon
+s'engage à respecter la protection accordée par Charles
+VI à Benoît XIII et aux guerriers et compagnons qu'il a
+avec lui dans son palais. Les cardinaux firent la même
+promesse et tous les serviteurs attachés à la personne de
+Benoît XIII s'engagèrent, les 29 avril, 4 et 20 mai, par
+serment, à ne pas laisser s'échapper le pape&nbsp;<a name="FNanchor_85" id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[85]</a>. Une proposition
+qui fut faite de confier la surveillance de la personne
+du souverain pontife à François de Conzié, au sénéchal
+de Beaucaire et au sire de la Voulte fui rejetée. Benoît XIII
+demanda à être gardé par le duc d'Orléans, mais ce
+<span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">23</a></span>
+dernier ne pouvant venir à Avignon, Charles VI, par
+lettres patentes du 1<sup>er</sup> août 1400&nbsp;<a name="FNanchor_86" id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[86]</a>, donna pleins pouvoirs
+à cet effet à son frère, qui envoya à Avignon deux de ses
+familiers, Robert ou Robinet de Braquemont&nbsp;<a name="FNanchor_87" id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[87]</a> et Guillaume
+de Médulion. Les frais de surveillance et la solde
+des gens d'armes devaient être à la charge du pape&nbsp;<a name="FNanchor_88" id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[88]</a>.
+D'autre part, le roi confia la garde des Avignonnais et des
+habitants à son frère, le duc de Berry. Benoît XIII approuva
+ces conditions. Profitant de cette trêve, Charles VI
+ne laisse pas de poursuivre activement la paix et l'union
+de l'Église. Les ambassadeurs envoyés au delà du Rhin&nbsp;<a name="FNanchor_89" id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[89]</a>,
+auprès des électeurs, n'avaient rapporté que des promesses
+vagues, aucun d'eux n'ayant voulu donner une réponse
+ferme sans l'avis des autres princes allemands qui devaient
+se réunir à Cologne, le jour de la Purification&nbsp;<a name="FNanchor_90" id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor">[90]</a>, pour couronner
+le duc Robert de Bavière que les électeurs avaient
+nommé empereur, le 21 août 1400, à la place de l'insouciant
+Wenceslas. Charles VI met les Cardinaux et les
+syndics d'Avignon au courant de ses négociations avec
+les princes allemands et les autres souverains, et il les engage
+à envoyer des délégués qui devront se réunir
+«avecques ceulx qui seront ordonnez de par nouz et de
+par les autres roys et primpces qui ont obéi à <i>Clément</i>
+<span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">24</a></span>
+et à <i>Benedic,</i> pour traicter et délibérer d'un commun
+accord la paix et l'union de l'Église à la feste de Saint
+Jehan-Baptiste à Mez ou à Strasbourt». «Et pour ce
+que nous avons bonne espérance que par le plaisir de
+Dieu à icelle journée se prendra une bonne conclusion
+sur le dict faict. Nous vous faisons savoir ces choses et
+vous prions que veullez envoyer à la dicte journée».
+En réponse à cette missive, les Avignonnais écrivirent à
+Charles VI, le même mois de février 1400, pour l'assurer
+de leur dévouement et de leur ferme intention de hâter,
+en ce qu'il leur serait possible, la paix et l'union de l'Église&nbsp;<a name="FNanchor_91" id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor">[91]</a>.
+Le roi leur fait savoir, dans un nouveau message,
+qu'il a été très satisfait de leur lettre et de leur attitude:
+«avons veu la bonne et ferme constance et volonté que
+vous avez eue et avez et aures, si Dieu plaist, de persévérer
+et demourer avec nous en la substraction faite
+pour si très grant et meure deliberacion, comme vous
+scavez à Benedict, dernier esleu en Pappe...». Charles
+VI informe les Avignonnais qu'il compte sur une fin
+prochaine du schisme, et il les engage à persévérer dans
+leur attitude: «Et saches de certain que vous estant et
+persévérant en ce saint propos en quel vous estes et
+serez, se Dieu plaist, comme vous et vrais catholicz.
+Nous de tout nostre povoir vous sustendronz.» Il les
+avertit en même temps que Benoît XIII a fait courir le
+bruit en Languedoc que bientôt l'obédience allait lui être
+rendue, ce qui est faux, car «avons toujours esté et sommes
+et serons au plésir et ayde de nostre seigneur contenz
+et fermes au faict de la dite substraction jusques à
+<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">25</a></span>
+ce que Nostre Seigneur nous ail donné paix et union en
+sa Saincte Église.»</p>
+
+<p>Suivant sa promesse contenue dans sa lettre du 22
+avril 1401, Charles VI fit savoir par lettres patentes du
+7 juin 1401 au sire de Grignan, au seigneur de Sault,
+au sire de Lagarde, qu'il prenait sous sa protection les
+terres de l'Église et les habitants, et qu'il leur était interdit
+d'y faire aucun dommage: «Nous vous sinifions qu'il
+nous desplairoit très grandement que les dits cardinaux,
+la dite Église de Rome et leurs sujets fussent
+grevés ne oppressez par aulcun, et vous deffendons expressément
+que vous ne les greviez, dommagiez ne
+molestez, ne faictes ne soufrez grever, dommagier ne
+molester en quelconque manière que ce soit ne a quelconque
+personne qui ce voulsit faire ne donner conseil,
+confort, faveur ni aides, sachant que si faictez le contraire,
+il vous en desplaira très fortement et vous en
+fairons pugnir tellement que ce sera exemple aux aultres&nbsp;<a name="FNanchor_92" id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor">[92]</a>».
+La lettre par laquelle Chartes VI accordait sa
+protection officielle aux États du Saint-Siège fut communiquée
+<i>in-extenso</i> aux syndics de Carpentras par <i>Jean
+Alzérino</i>, recteur du Venaissin&nbsp;<a name="FNanchor_93" id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor">[93]</a>, et par les cardinaux de
+Saluces et de Thury&nbsp;<a name="FNanchor_94" id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor">[94]</a>.</p>
+
+<p>Mais au moment où Charles VI se prononçait auprès
+des Avignonnais d'une façon si ferme pour le maintien de
+la soustraction d'obédience, un mouvement d'opinion en
+sens contraire se dessinait, à la tête duquel était le duc
+<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">26</a></span>
+d'Orléans&nbsp;<a name="FNanchor_95" id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor">[95]</a>. Toutefois, tant que Benoît XIII serait captif,
+il était difficile de lui rendre l'obédience, alors surtout
+qu'on l'avait dépouillé de sa bulle papale. Le duc
+d'Orléans trouva une solution qui tira d'embarras les
+cardinaux, les Avignonnais et le pape lui-même. Grâce à
+la complicité de Robert de Braquemont, agent du duc&nbsp;<a name="FNanchor_96" id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor">[96]</a>,
+Benoît XIII sortit du grand palais où il était retenu
+prisonnier depuis quatre ans et six mois, <i>le 12 mars 1403</i>,
+et gagna la Durance qu'il traversa au lever du jour sur
+une barque, pour atterrir au bourg de Château-Renard en
+Provence, mais dépendant du diocèse d'Avignon. Cette
+fuite inattendue produisit parmi les cardinaux et les
+Avignonnais une légitime appréhension. Mais Benoît XIII
+avait autant d'intérêt que ses ennemis à faire la paix, étant
+à bout de ressources et ayant besoin de l'aide de ses sujets.
+Le 29 mars 1403&nbsp;<a name="FNanchor_97" id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor">[97]</a>, un traité fut passé à Château-Renard,
+comprenant un grand nombre d'articles dont l'énumération
+est en dehors du point spécial que nous étudions. Benoît
+XIII pardonnait aux cardinaux et aux Avignonnais, et
+s'engageait à réunir un concile dès que l'obédience lui
+serait rendue&nbsp;<a name="FNanchor_98" id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor">[98]</a>. Deux cardinaux devaient se transporter à
+Paris pour obtenir de Charles VI et des princes la
+reconnaissance des articles stipulés dans le traité de
+Château-Renard, pour le bien de l'Église et la paix du
+pays. Benoît XIII, en diplomate consommé, ramenait à
+son parti les Avignonnais, et le conseil de ville lui rendit
+<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">27</a></span>
+hommage de fidélité le 10 avril 1403&nbsp;<a name="FNanchor_99" id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor">[99]</a>. Quant aux
+cardinaux, ils déléguèrent ceux de Préneste et de Saluces,
+qui arrivèrent à Paris, le 3 juin 1403, pour demander au
+roi et à l'assemblée des prélats «la restitution d'obédience».
+Pendant ce temps, Benoît XIII, après avoir
+séjourné au château du Pont de Sorgues, entrait à
+Carpentras le 5 mai 1403&nbsp;<a name="FNanchor_100" id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor">[100]</a>, et y demeurait jusqu'au 26 juin,
+époque où il s'installa provisoirement au Pont de Sorgues,
+en attendant le retour des cardinaux envoyés à la Cour.
+A Paris, deux partis étaient en présence. Les ducs de
+Berry, de Bourgogne, le cardinal de Thury et l'Université
+étaient pour le maintien de la soustraction&nbsp;<a name="FNanchor_101" id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor">[101]</a>. Au contraire,
+le duc d'Orléans, les Universités d'Angers, de Montpellier
+et de Toulouse étaient pour la restitution d'obédience.
+Le défenseur le plus éloquent de ce parti était <i>Pierre
+d'Ailly</i>&nbsp;<a name="FNanchor_102" id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor">[102]</a>, qui soutenait contre l'Université de Paris qu'on
+ne peut se soustraire à l'obédience du pape, fût-il lui-même
+suspect d'hérésie&nbsp;<a name="FNanchor_103" id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor">[103]</a>. Quant à l'idée de la convocation
+d'un concile général, elle avait beaucoup de partisans,
+parmi lesquels Jean Gerson, qui prétendait que c'était le
+meilleur moyen d'arriver à l'extinction du schisme. Le
+parti de la restitution d'obédience, qui avait déjà préparé
+les éléments de la réconciliation de Benoît XIII avec la
+maison de France par l'ordonnance du 9 juin 1403&nbsp;<a name="FNanchor_104" id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor">[104]</a>,
+l'emporta auprès de Charles VI, et l'obédience fut rendue
+<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">28</a></span>
+à Benoît XIII, le 30 juillet 1403&nbsp;<a name="FNanchor_105" id="FNanchor_105" href="#Footnote_105" class="fnanchor">[105]</a>. Les cardinaux, revenus
+de Paris, avaient devancé l'acte royal en rentrant dans
+l'obédience du pape, le 19 juillet précédent.</p>
+
+<p>Quant à Benoît XIII, «<i>après avoir tracassé un peu à
+Tarascon et en Provence</i>»&nbsp;<a name="FNanchor_106" id="FNanchor_106" href="#Footnote_106" class="fnanchor">[106]</a>, il se fixa vers la fin de l'été à
+Salon. C'est là que Jean Mercier, ambassadeur du duc
+d'Orléans, vint le trouver le 13 octobre 1403&nbsp;<a name="FNanchor_107" id="FNanchor_107" href="#Footnote_107" class="fnanchor">[107]</a>, mais la
+peste ne tarda pas à l'obliger à changer de résidence, et
+Benoît XIII se réfugia dans l'abbaye de Saint-Victor de
+Marseille (novembre 1403).</p>
+
+<p>Ainsi se termine cette première phase de la lutte
+engagée entre Benoît XIII et ses adversaires, les Avignonnais
+et les cardinaux. Pendant cette période, la Cour
+de France, opposée aux mesures de rigueur, avait
+autant que possible cherché à ménager les uns et les
+autres, et sans vouloir prêter aucun appui matériel aux
+partis en présence, par déférence pour la personne du
+pape, qui était directement en cause. Mais dans la seconde
+phase (1410-1411), ce n'est pas Benoît XIII, mais ses
+parents et ses partisans qui soutiennent dans les terres
+de l'Église, les armes à la main, les droits du souverain
+pontife. C'est presque une guerre étrangère en plein
+royaume de France, et c'est ce qui explique l'intervention
+militaire de Charles VI en faveur des Avignonnais et des
+Comtadins contre les troupes catalanes de l'anti-pape.</p>
+
+<p>De Marseille, Benoît XIII s'empresse de désavouer les
+lettres qu'il avait pu écrire contre la voie de cession et
+<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">29</a></span>
+s'engage, sur la demande du due d'Orléans, à exécuter
+les clauses du traité de Château-Renard&nbsp;<a name="FNanchor_108" id="FNanchor_108" href="#Footnote_108" class="fnanchor">[108]</a>. Il se rapproche
+de plus en plus de la Cour de France, au point que le
+bruit se répand que Benoît XIII va être conduit à Rome
+sous l'escorte de Boucicaut, alors gouverneur de Gênes
+pour Charles VI, et solennellement couronné (1404-1405)&nbsp;<a name="FNanchor_109" id="FNanchor_109" href="#Footnote_109" class="fnanchor">[109]</a>.
+Personnellement, Benoît XIII avait la ferme intention de
+se rendre à Savone ou à Gênes pour avoir une entrevue
+avec Grégoire XII, son rival, le pape de Rome&nbsp;<a name="FNanchor_110" id="FNanchor_110" href="#Footnote_110" class="fnanchor">[110]</a>. En
+1405, il envoyait aux États du Comtat une ambassade
+pour demander le vote de subsides afin de lui permettre
+d'entreprendre ce voyage «pour l'union de l'Église&nbsp;<a name="FNanchor_111" id="FNanchor_111" href="#Footnote_111" class="fnanchor">[111]</a>».
+En 1406, une nouvelle ambassade arrivait de Savone, faisant
+un pressant appel d'argent au pays pour que Benoît
+XIII pût aller plus loin, toujours dans l'intérêt de
+l'Église&nbsp;<a name="FNanchor_112" id="FNanchor_112" href="#Footnote_112" class="fnanchor">[112]</a>. Mais, soit mauvaise volonté, soit pénurie d'argent,
+les États ne répondirent pas aux instances réitérées
+de leur suzerain. Du reste, ce projet d'entrevue entre les
+deux pontifes rivaux qui était bien accueilli, car on y
+voyait une intention réciproque de terminer le schisme,
+n'aboutit pas. Grégoire XII refusa de se rendre à Savone,
+où Benoît XIII se trouva seul (novembre 1407)&nbsp;<a name="FNanchor_113" id="FNanchor_113" href="#Footnote_113" class="fnanchor">[113]</a>. Du même
+coup, le projet prêté à la Cour de France de faire couronner
+Benoît XIII à Rome fut définitivement abandonné
+<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">30</a></span>
+à la mort de Louis d'Orléans, qui en était le partisan
+(23 novembre 1407)&nbsp;<a name="FNanchor_114" id="FNanchor_114" href="#Footnote_114" class="fnanchor">[114]</a>.</p>
+
+<p>Ici se place un événement que divers historiens ont
+relaté, sur lequel le P. Ehrle a donné quelques nouveaux
+éclaircissements, grâce aux archives du Vatican, et qui,
+par ses conséquences, se rattache d'une façon très étroite
+à l'histoire des États citramontains du Saint-Siège, dans
+leurs rapports avec les rois de France et la papauté. A
+bout de ressources, obéré et ne sachant plus à qui s'adresser
+après la mort du duc d'Orléans, Benoît XIII fit des
+ouvertures, en vue de contracter un emprunt, au maréchal
+de Boucicaut, gouverneur de Gênes depuis 1401&nbsp;<a name="FNanchor_115" id="FNanchor_115" href="#Footnote_115" class="fnanchor">[115]</a>, et
+qui, à ce moment, déçu de ses espérances et renonçant à
+l'idée d'une nouvelle expédition en Orient, avait concentré
+toute son attention sur les événements intérieurs qui
+agitaient la péninsule italienne (1407-1408)&nbsp;<a name="FNanchor_116" id="FNanchor_116" href="#Footnote_116" class="fnanchor">[116]</a>. Le prêt eut
+lieu à Gênes même le 5 mars 1408&nbsp;<a name="FNanchor_117" id="FNanchor_117" href="#Footnote_117" class="fnanchor">[117]</a>. A cette date, Jean
+le Meingre avança à Benoît XIII 30,000 francs, pour lesquels
+le pontife, par une bulle du <i>3 février 1408</i>, reconnut
+avoir contracté obligation. Le 30 avril 1408, à Porto-Venere,
+près la Spezzia, Jean le Meingre versa un nouveau
+complément de 4,000 francs qu'il avait empruntés à
+des marchands gênois. Comme gage de ce prêt, Benoît
+XIII inféoda au maréchal, pour une période de deux
+ans, plusieurs localités, tant de l'Église romaine que du
+diocèse d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_118" id="FNanchor_118" href="#Footnote_118" class="fnanchor">[118]</a>, parmi lesquelles <i>Pernes</i>, <i>Bollène</i>,
+<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">31</a></span>
+<i>Bédarrides</i> et <i>Châteauneuf-Calcernier</i>&nbsp;<a name="FNanchor_119" id="FNanchor_119" href="#Footnote_119" class="fnanchor">[119]</a>. Le cardinal de
+Saluces s'opposa vivement à cette inféodation, mais Boucicaut
+fit valoir ses droits sur lesdites villes sans retard,
+et le 10 mars <i>1408</i> il prit possession de Pernes par procureur&nbsp;<a name="FNanchor_120" id="FNanchor_120" href="#Footnote_120" class="fnanchor">[120]</a>.
+Il résulte même des documents conservés aux
+archives de cette commune que le maréchal en personne,
+se trouvant dans cette ville en 1413, fit procéder à l'élection
+des consuls. Cette suzeraineté temporelle de Boucicaut
+sur certaines villes des domaines du Saint-Siège
+donnera lieu plus tard à d'innombrables et tumultueuses
+revendications qui ne prendront fin que sous le règne de
+Louis XI.</p>
+
+<p>La mort de Louis d'Orléans porta un coup fatal à l'autorité
+de Benoît XIII. Il perdait son protecteur et son
+meilleur appui à la Cour de France. Dès le mois de janvier
+1408&nbsp;<a name="FNanchor_121" id="FNanchor_121" href="#Footnote_121" class="fnanchor">[121]</a>, Charles VI mit le pontife en demeure de rétablir
+l'union de l'Église avant l'Ascension prochaine, sous
+peine de voir la France retirer son appui à Benoît XIII.
+Le pape menaça Charles VI des censures ecclésiastiques&nbsp;<a name="FNanchor_122" id="FNanchor_122" href="#Footnote_122" class="fnanchor">[122]</a>,
+mais, à la fin de mai 1408, le roi de France se retira
+de l'obédience de Benoît XIII, et avec lui la Hongrie, la
+Bohême, Wenceslas, Sigismond et la Navarre. En même
+temps il convoquait un synode pour fixer les règles à suivre
+dans la neutralité de la France&nbsp;<a name="FNanchor_123" id="FNanchor_123" href="#Footnote_123" class="fnanchor">[123]</a>. Ces mesures provoquèrent
+<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">32</a></span>
+la défection des cardinaux de Benoît XIII, qui
+se réunirent à ceux de Grégoire XII pour fixer l'ouverture
+d'un concile à Pise le 25 mars 1409. Mais, dès l'année
+précédente, Benoît XIII, qui ne se sentait plus en
+sûreté dans le territoire de Gênes&nbsp;<a name="FNanchor_124" id="FNanchor_124" href="#Footnote_124" class="fnanchor">[124]</a>, avait gagné Perpignan,
+où il convoqua un concile dont les actes font
+l'objet du savant commentaire publié par le P. Ehrle&nbsp;<a name="FNanchor_125" id="FNanchor_125" href="#Footnote_125" class="fnanchor">[125]</a>.
+L'année suivante, Boucicaut et les troupes françaises
+étaient chassés de Gênes. C'était, pour la politique française
+en Italie, un échec regrettable qui entraînait la
+ruine de notre influence dans le Nord de la Péninsule et
+l'abandon définitif de toute tentative de restauration de la
+papauté à Rome&nbsp;<a name="FNanchor_126" id="FNanchor_126" href="#Footnote_126" class="fnanchor">[126]</a>.</p>
+
+<p>Le concile de Pise s'était ouvert le 25 mars 1409 et,
+dans sa séance du 26 juin, avait déposé solennellement
+Benoît XIII et Grégoire XII, en procédant à l'élection
+d'Alexandre V. Réfugié en Espagne, Benoît XIII se
+décida à une résistance énergique, et craignant pour sa
+personne de rentrer dans le royaume en vue de se
+fortifier dans son palais d'Avignon, que ses partisans
+n'avaient pas complètement abandonné depuis 1404, il en
+confia la garde à son neveu, capitaine expérimenté,
+vaillant soldat, mais peu scrupuleux sur les moyens à
+employer pour avoir la victoire, Rodrigues de Luna. Dès
+1409-1410, les agents de Benoît XIII avaient peu à peu
+amassé dans le palais des vivres, provisions, munitions et
+armes de guerre, en vue d'un siège. Ils avaient fortifié
+l'entrée du pont. La garnison catalane avait été augmentée
+<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">33</a></span>
+et renforcée, si bien que dans les premiers mois de 1410,
+la cité d'Avignon se trouvait en présence d'une forteresse
+inexpugnable, occupée par des guerriers déterminés à
+toutes les mesures extrêmes, même à incendier la ville
+s'il était nécessaire pour maintenir l'autorité de leur
+compatriote, Pierre de Luna.</p>
+
+<p>Le concile de Pise avait envoyé comme légat à Avignon
+un ancien cardinal de Benoît XIII, Pierre de Thury
+(avril 1410)&nbsp;<a name="FNanchor_127" id="FNanchor_127" href="#Footnote_127" class="fnanchor">[127]</a>, qui était en même temps recteur du
+Venaissin. C'est lui qui eut charge de préparer le siège
+du palais, avec les élus de la guerre délégués par le
+conseil de ville. Les citoyens avignonnais se constituèrent
+en troupes assaillantes avec les officiers et soldats
+que Charles VI envoya au secours de la ville. Le siège
+du palais commença au mois de mai 1410&nbsp;<a name="FNanchor_128" id="FNanchor_128" href="#Footnote_128" class="fnanchor">[128]</a>, Charles VI
+avait expédié aux Avignonnais l'Hermite de la Faye&nbsp;<a name="FNanchor_129" id="FNanchor_129" href="#Footnote_129" class="fnanchor">[129]</a>,
+sénéchal de Beaucaire, avec plusieurs compagnies de
+soldats. Mais quelque temps après, il leur avait fait
+donner l'ordre de se retirer. Abandonnés à leurs propres
+ressources, le cardinal de Thury et les élus de la guerre
+portèrent leurs doléances auprès du roi qui renvoya le
+sénéchal et les troupes devant Avignon. A cette force
+militaire vinrent se joindre des capitaines aux ordres du
+roi, notamment le sieur Randon&nbsp;<a name="FNanchor_130" id="FNanchor_130" href="#Footnote_130" class="fnanchor">[130]</a>, seigneur de Joyeuse,
+<span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">34</a></span>
+et Jean Buffart, qui sont payés par les officiers du roi,
+sur l'ordre secret de Charles VI&nbsp;<a name="FNanchor_131" id="FNanchor_131" href="#Footnote_131" class="fnanchor">[131]</a>.</p>
+
+<p>La ville d'Avignon fit appel aux consuls de Carpentras
+et aux trois états du Venaissin, qui prêtèrent des
+bombardes, des balistes et tous les engins d'artillerie
+qui étaient à leur disposition&nbsp;<a name="FNanchor_132" id="FNanchor_132" href="#Footnote_132" class="fnanchor">[132]</a>. Des barques expédiées de
+Valence furent postées au milieu du Rhône, croisant sous
+le palais pour empêcher tout secours d'arriver aux
+assiégés&nbsp;<a name="FNanchor_133" id="FNanchor_133" href="#Footnote_133" class="fnanchor">[133]</a>. Un autre bateau appelé «<i>la Barbote</i>» fut placé
+près de l'île d'Argenton avec une bombarde qui devait
+battre en brèche les ouvrages de défense des Catalans&nbsp;<a name="FNanchor_134" id="FNanchor_134" href="#Footnote_134" class="fnanchor">[134]</a>.
+Le 19 mai 1410 arriva la «<i>grande bombarde</i>&nbsp;<a name="FNanchor_135" id="FNanchor_135" href="#Footnote_135" class="fnanchor">[135]</a>» d'Aix,
+traînée par trente-six chevaux, qui commença à ouvrir
+le feu contre le grand palais. Le 13 décembre 1410, un
+assaut très vif donné par les troupes avignonnaises
+causa à Rodrigues de Luna la mise hors de combat d'un
+millier d'hommes; la tour élevée par les Catalans,
+attaquée par le fer et le feu, s'écroula, entraînant sous
+ses décombres de nombreux soldats espagnols et amenant
+la rupture d'une partie du pont (décembre 1410)&nbsp;<a name="FNanchor_136" id="FNanchor_136" href="#Footnote_136" class="fnanchor">[136]</a>.</p>
+
+<p>La Cour de France, fatiguée de l'entêtement de Benoît
+XIII et de la résistance de ses partisans, embrassa la
+cause des Avignonnais et n'épargna rien pour leur assurer
+la victoire. Le 4 mai 1411, Charles VI écrit aux sénéchaux
+de Nîmes et de Beaucaire&nbsp;<a name="FNanchor_137" id="FNanchor_137" href="#Footnote_137" class="fnanchor">[137]</a> pour leur recommander
+<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">35</a></span>
+de ne laisser lever, en Languedoc, aucune troupe de
+gens d'armes dans le but de porter secours aux Catalans,
+partisans de Pierre de Luna, assiégés dans le grand palais
+d'Avignon. Le 21 mai&nbsp;<a name="FNanchor_138" id="FNanchor_138" href="#Footnote_138" class="fnanchor">[138]</a>, le roi envoie une missive aux
+syndics et au conseil de la ville d'Avignon, pour les féliciter
+de leur courage et de la résistance qu'ils opposent
+aux Catalans schismatiques: «Il les autorise à tendre des
+chaînes au travers du cours du Rhône, au Pont-Saint-Esprit
+et ailleurs, comme ils l'ont déjà fait, sans avoir à
+solliciter l'autorisation du roi, et ce, en vue d'empêcher
+tout secours d'arriver par eau aux Catalans qui,
+depuis quatorze mois, tenaient le palais pour le compte
+de Pierre de Luna.»</p>
+
+<p>Le 11 juin 1411&nbsp;<a name="FNanchor_139" id="FNanchor_139" href="#Footnote_139" class="fnanchor">[139]</a>, le roi de France donne l'autorisation
+aux Avignonnais de lever une décime sur le clergé du
+royaume, jusqu'à concurrence de 100,00 livres, pour
+subvenir aux frais de la guerre qui avait épuisé les finances
+publiques et privées de la ville. De son côté, Benoît
+XIII faisait appel à ses partisans et compatriotes et, au
+mois de <i>juin 1411</i>, une flotte, composée de 29 galères et
+barques catalanes, se présentait aux embouchures du
+Rhône pour diriger une double attaque contre Avignon
+par le fleuve, et pour renforcer par terre la garnison du
+château d'Oppède dont quelques gens d'armes de Rodrigue
+avaient pris possession. Mais les consuls d'Arles
+avaient fait tendre précipitamment une chaîne pour barrer
+le fleuve d'une rive à l'autre. D'un autre côté, un corps
+d'Avignonnais s'était porté vers la Durance pour opérer
+sa jonction avec les troupes du sénéchal de Provence, qui
+<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">36</a></span>
+avait reçu de Yolande d'Aragon, reine de Sicile et de Jérusalem,
+l'ordre de s'opposer au passage des Catalans sur
+les terres de Provence. Les galères ennemies ne purent
+franchir le barrage et durent battre en retraite après
+avoir débarqué 150 guerriers catalans qui s'avancèrent
+jusqu'à la Durance, pour, de là, gagner le terroir d'Avignon
+et le Comté. Mais les troupes provençales et avignonnaises
+lancées à leur poursuite les rejoignirent sur
+les bords de la rivière, dont les eaux, grossies par les
+pluies, rendaient le passage impossible. Les Catalans
+furent taillés en pièces ou faits prisonniers&nbsp;<a name="FNanchor_140" id="FNanchor_140" href="#Footnote_140" class="fnanchor">[140]</a> (juin 1411).
+En apprenant ce succès, l'Université de Paris s'empressa
+d'écrire à la reine de Sicile pour la prier de ne point relâcher
+les prisonniers dont la présence à Avignon pourrait
+amener le triomphe des schismatiques et hérétiques par
+l'apport d'un renfort inespéré. «Nous avons entendu que
+puis naguères ont esté prins certains gens d'armes
+tant chevaliers, escuiers comme autres, qui venoient
+de par Pierre de la Lune pour nuire à la ville d'Avignon
+et à la terre et conte de Venisse, et aussi à nuire à
+saincte Église et à tout le royaume de France, laquelle
+<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">37</a></span>
+Église devez avoir moult à cuer.... Sy est vrai, très
+puissant Royne, que si les dessus diz gens d'armes qui
+pour présent sont soubz vostre puissance estoient delivrez
+avant que la guerre d'Avignon fust finie, ce seroit
+très grand péril et très grand dommaige pour saincte
+Église. Et est voir semblable que par ce moien pourroit
+estre delivrez le palais d'Avignon des mal facteurs et
+scismatiques qui l'occupent indeument.... Pourquoi
+vous supplions, très noble et très puissante Royne, qu'il
+vous plaise commander et faire défendre que nul dez
+dessuz diz prisonniers, de quelque estat qu'il soit, ne
+soit délivré jusques à ce que aucune fin soit prinse sur
+la guerre d'Avignon et du païs d'environ&nbsp;<a name="FNanchor_141" id="FNanchor_141" href="#Footnote_141" class="fnanchor">[141]</a>.»</p>
+
+<p>Vers la même époque, Charles VI écrivait aux syndics
+d'Avignon leur donnant avis qu'il envoyait au secours de
+la ville Philippe de Poitiers, avec charge de leur dire ses
+intentions, ainsi qu'à la reine Yolande. Le 26 juin 1411,
+en lui annonçant l'envoi de Philippe de Poitiers, Charles VI
+fait savoir qu'il a donné charge à ce seigneur «de convocquer
+et assembler tant de noz hommes vassaulz et
+subgiez que bon lui semblera, affin que la besoingne
+puist prendre plus briefve conclusion. Et vous prions,
+très chère et très amée cousine, tant et si adcertes, que
+plus povons que nostre dit cousin, vueillez, oir et croire
+de ce qu'il vous dira de par nouz touchant cette matière,
+et donnez et faire donner par voz gens, officiez
+et subgiez, à lui et à ses commis, pour honneur et révérence
+de Dieu, de nostre dit saint Père de l'Église,
+amour et contemplacion de nouz, tout le conseil, confort,
+aide et faveur que faire se pourra, et telement que
+<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">38</a></span>
+par vostre bon moyen ceste dite besoingne sortisse bon
+et brief effect et prengue la conclusion que nous désirons&nbsp;<a name="FNanchor_142" id="FNanchor_142" href="#Footnote_142" class="fnanchor">[142]</a>.»</p>
+
+<p>L'arrivée de Philippe de Poitiers, de son frère, Étienne,
+«le bâtard de Poitiers», avec d'autres chevaliers, et surtout
+l'appui du roi de France, redoublèrent l'énergie des assaillants.
+Les syndics, les élus de la guerre, les conseillers,
+les habitants de toute classe, les couvents, les maisons
+religieuses, les corporations et arts, rivalisant de zèle
+et de civisme, donnèrent généreusement tous leurs trésors,
+soit en numéraire, soit en &oelig;uvres d'art, statues, tabernacles,
+rétables, et les sanctuaires se dépouillèrent
+spontanément au profit de la ville pour combattre l'ennemi
+commun, qui ne représentait plus seulement l'idée
+d'un schisme religieux, mais l'occupation étrangère. Dans
+les derniers mois de l'été 1411, la ville contracta des
+dettes et obligations représentant un chiffre énorme&nbsp;<a name="FNanchor_143" id="FNanchor_143" href="#Footnote_143" class="fnanchor">[143]</a>, tel
+même qu'un demi-siècle après, elle ne s'était pas encore
+libérée. Outre les sommes mises à la disposition des élus
+de la guerre par Charles VI, un denier fut en outre levé
+sur chaque paroisse pour faire face aux besoins journaliers.
+La mort de Pierre de Thury (septembre 1411) fit
+passer la direction de l'administration des États du Saint-Siège
+entre les mains de François de Conzie, archevêque
+de Narbonne, camérier du pape, qui avait été témoin de
+tous les événements depuis l'élection de Benoît XIII.</p>
+
+<p>Cependant, réfugiée dans cette forteresse imprenable,
+la petite garnison catalane opposait aux assaillants une
+<span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">39</a></span>
+résistance désespérée. Toutefois, le manque de renforts,
+la diminution des vivres, les vides que les sorties répétées
+avaient faits dans leurs rangs, et surtout la perspective
+de ne voir arriver d'Espagne aucune troupe de secours,
+amenèrent Rodrigues de Luna et ses compagnons
+à parlementer en vue d'un traité de paix. Une convention
+fut signée, le 12 novembre 1411, entre les représentants
+du Saint-Siège, François de Conzie, vicaire général du
+Saint-Siège à Avignon, et dans le comté Venaissin, Jean
+de Poitiers, évêque de Valence et de Die, recteur du
+Venaissin, et Constantin de Pergula, vicaire de Jean XXII,
+d'une part, et, d'autre part, Bernard de Sono, vicomte
+d'Evola, et Roderic de Luna, commandeur de l'ordre de
+Jérusalem, chef des canonniers et combattants du palais.
+Assistaient aux pourparlers et préliminaires de la convention
+Philippe de Poitiers, chevalier, seigneur d'Aroys et
+de Dormans, capitaine général des troupes avignonnaises,
+envoyé par le roi de France, et Pierre d'Acygne,
+sénéchal de Provence, agissant au nom et lieu de Yolande,
+reine de Sicile et de Jérusalem. Aux termes de la convention,
+voici les principales conditions stipulées&nbsp;<a name="FNanchor_144" id="FNanchor_144" href="#Footnote_144" class="fnanchor">[144]</a>:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Il sera permis aux assiégés d'envoyer à leur maître,
+<i>Benoît XIII</i>, trois officiers pour l'instruire de la position
+dans laquelle ils se trouvent, et si dans cinquante jours
+aucun secours n'est arrivé, ils s'engagent à remettre aux
+mains du légat le palais et le château d'Oppède;</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Les assiégeants fourniront, au prix ordinaire, la
+quantité de vivres par jour pour chaque personne de la
+garnison du palais;</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Le commandant des troupes aragonaises et catalanes
+<span class="pagenum"><a name="Page_40" id="Page_40">40</a></span>
+devra donner pour otages frère Jean <i>Parda</i>, chevalier
+de Rhodes, frère Mathieu Montelli, frère Pierre de
+Lacerda, frère Beranger Boyl, messire Pierre Turella,
+licencié en droit canon, messire Barthélemy, neveu
+d'Antoine, vicomte Jean Pétri, Barthélemy de Montaquesii
+et Sanche de Sparsa;</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> Les assiégés ne pourront emporter, lors de leur départ,
+que les objets qui leur appartiennent;</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> Les troupes assiégées et assiégeantes observeront
+exactement entre elles la trêve conclue.</p>
+
+<p>Tous les personnages ci-dessus désignés apposèrent
+leur sceau sur ledit parchemin, au bas de l'acte rédigé
+par Lamberti, notaire&nbsp;<a name="FNanchor_145" id="FNanchor_145" href="#Footnote_145" class="fnanchor">[145]</a>.</p>
+
+<p>Le délai étant expiré, et aucun secours n'étant annoncé
+pour les assiégés, ces derniers conclurent une dernière
+convention le 14 novembre 1411, aux termes de laquelle
+ils devaient vider le palais et le château d'Oppède dans
+les huit jours qui suivraient. De son côté, Charles VI
+accordait, par lettres patentes, sauf-conduit, sauvegarde
+et assurance pour le retour des Catalans dans leur pays,
+sans qu'ils puissent être recherchés pour aucun crime
+commis contre notre Saint-Père et le Saint-Siège apostolique&nbsp;<a name="FNanchor_146" id="FNanchor_146" href="#Footnote_146" class="fnanchor">[146]</a>.
+La garnison catalane remit le palais au légat,
+comme il avait été convenu, le 22 novembre 1411&nbsp;<a name="FNanchor_147" id="FNanchor_147" href="#Footnote_147" class="fnanchor">[147]</a>; elle
+se retira de là à Villeneuve et traversa le Languedoc pour
+gagner l'Espagne par terre.</p>
+
+<p>Ainsi se termina le second siège du palais, qui avait
+accumulé sur Avignon et le Venaissin des monceaux de
+<span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">41</a></span>
+ruines et des dévastations de toutes sortes. Dans ces
+tristes circonstances, Charles VI, après avoir soutenu et
+fait triompher par les armes la cause des Avignonnais,
+contribua, par divers actes de générosité, à réparer les
+maux de la guerre; une somme de 12,000 francs d'argent
+fut mise par le roi à la disposition de l'archevêque de
+Narbonne pour l'employer à la conservation du palais
+d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_148" id="FNanchor_148" href="#Footnote_148" class="fnanchor">[148]</a>. Charles VI écrivit en outre au pape pour le
+prier de permettre que les 10,000 livres qu'on prélevait
+annuellement sur les bénéfices de France fussent employées
+à dédommager la ville d'Avignon des dépenses
+qu'elle avait dû supporter par suite de la guerre contre
+les Catalans (décembre 1411)&nbsp;<a name="FNanchor_149" id="FNanchor_149" href="#Footnote_149" class="fnanchor">[149]</a>. Ce sont là les derniers
+actes par lesquels Charles VI marque son intervention
+«ès-parties» d'Avignon. La déposition de Benoît XIII au
+concile de Pise fut définitive et solennellement proclamée
+à Constance le 26 juillet 1417&nbsp;<a name="FNanchor_150" id="FNanchor_150" href="#Footnote_150" class="fnanchor">[150]</a>; l'exil du pape à Paniscola,
+son dénûment et l'abandon de sa cause par tous les catholiques,
+rendirent un peu de tranquillité aux États du
+Saint-Siège d'en deçà des Alpes, jusqu'à l'élection de
+Martin V, qui se montre, dès ses premiers actes, décidé
+à défendre énergiquement les droits de l'Église sur
+Avignon et le Venaissin.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">42</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE II</h2>
+
+<p class="center">Charles VII.&mdash;Les Boucicaut.<br />
+Le Cardinal de Foix.</p>
+
+<p class="hanging content">Le dauphin Charles en 1419-1420.&mdash;Devenu roi il ne cesse d'assurer
+de sa protection les États citramontains du Saint-Siège.&mdash;Nouveaux
+agissements de Geoffroy le Meingre (1426-1428).&mdash;La
+succession du maréchal.&mdash;Les routiers dans le Venaissin et
+dans la vallée du Rhône.&mdash;Démêlés entre les sujets du pape et
+Boucicaut.&mdash;Attitude de Charles VII (janvier 1426).&mdash;Il protège
+les Avignonnais, tout en appuyant les revendications de Champerons,
+seigneur de la Porte (1428).</p>
+
+<p class="hanging content">Situation des États de l'Église au moment de l'ouverture du concile
+de Bâle.&mdash;Charles VII appuie ouvertement Alphonse
+Carillo, cardinal de Saint-Eustache, qui est le candidat du concile.
+Sa lettre aux Avignonnais (1431).&mdash;Conflit entre le pape
+Eugène IV et les Avignonnais à propos de la nomination de
+Marc Condulmaro.&mdash;Neutralité de Charles VII (1432).</p>
+
+<p class="hanging content">Le cardinal Pierre de Foix, légat du Saint-Siège (avril 1432).&mdash;Triomphe
+de la politique française.&mdash;Efforts de Charles VII
+pour amener la cessation du schisme et la convocation d'un
+concile à Avignon pour l'union des Grecs (1437).</p>
+
+<p class="p2">Les dernières années du règne de Charles VI, toutes
+remplies par les sanglantes rivalités des Armagnacs et
+des Bourguignons, par l'invasion étrangère et la honteuse
+défaite d'Azincourt pour aboutir à l'humiliant traité de
+Troyes (1420), expliquent pourquoi les relations entre les
+sujets du Saint-Siège et la Cour de France subissent
+<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">43</a></span>
+comme on temps d'arrêt jusqu'au moment où la lutte de
+la maison de France avec les Bourguignons amène le
+dauphin Charles dans le Midi, en 1419. Le nouveau
+pape Martin V était, depuis son avènement, prévenu
+contre le dauphin par les dénonciations des agents
+bourguignons, qui accusaient l'héritier du trône d'être,
+comme feu son oncle, un ami dévoué de Benoît XIII. Il
+ne voyait donc pas sans quelque appréhension le dauphin
+venir guerroyer sur les limites des possessions du
+Saint-Siège&nbsp;<a name="FNanchor_151" id="FNanchor_151" href="#Footnote_151" class="fnanchor">[151]</a>, au moment où le prince d'Orange se
+disposait de son côté à envahir le Comtat et où les
+garnisons bourguignonnes, alliées aux Anglais, occupaient
+plusieurs places fortes du Midi et de la vallée du
+Rhône. Dès 1419, le dauphin Charles demande à emprunter
+aux États du Venaissin 6,000 florins d'or&nbsp;<a name="FNanchor_152" id="FNanchor_152" href="#Footnote_152" class="fnanchor">[152]</a> et à faire
+entretenir pendant quatre mois par les États 1,000 hommes
+d'armes, les engageant, de plus, à se liguer avec lui.
+L'année suivante (1420), Charles informe le recteur qu'il
+se dispose à traverser le territoire pontifical avec
+10,000 hommes d'armes, et il l'invite à faire savoir aux
+habitants qu'ils doivent prendre les mesures nécessaires
+pour protéger leurs récoltes. Le pape Martin V, sur ces
+entrefaites, se rapproche du dauphin et envoie à Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_153" id="FNanchor_153" href="#Footnote_153" class="fnanchor">[153]</a>
+Pierre d'Ailly, son légat, qui a une entrevue avec le
+jeune prince. Ce rapprochement facilita la tâche du
+dauphin en lui donnant l'aide des Avignonnais dans
+l'attaque dirigée contre Pont-Saint-Esprit (1420). Charles
+<span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">44</a></span>
+est de passage à Avignon le 15 avril (1420)&nbsp;<a name="FNanchor_154" id="FNanchor_154" href="#Footnote_154" class="fnanchor">[154]</a>. C'est
+pendant son séjour qu'il négocia le prêt de l'artillerie de
+la ville, qui fut conduite devant Pont-Saint-Esprit&nbsp;<a name="FNanchor_155" id="FNanchor_155" href="#Footnote_155" class="fnanchor">[155]</a>. Le
+2 mai, le dauphin investit la place, qui était défendue par
+une garnison bourguignonne alliée au prince d'Orange.
+Après une résistance héroïque, la place fut emportée
+d'assaut par les troupes royales qui se déshonorèrent par
+toutes sortes d'excès (17 mai 1420)&nbsp;<a name="FNanchor_156" id="FNanchor_156" href="#Footnote_156" class="fnanchor">[156]</a>. Le dauphin ne
+manqua, dans la suite, aucune occasion de se montrer
+gardien fidèle des traditions de la royauté. Une fois sur
+le trône, il ne se départit jamais de ces sentiments, n'oubliant
+point que les rois, ses prédécesseurs, avaient été
+appelés «à leur grant gloire et louenge roys tres chrestiens,
+vrays champions et principaux deffenseurs de
+nostre saincte foy catholique&nbsp;<a name="FNanchor_157" id="FNanchor_157" href="#Footnote_157" class="fnanchor">[157]</a>». Ces dispositions,
+il les montra, on peut le dire, d'une façon toute particulière
+dans ses rapports avec les sujets de l'Église,
+notamment avec les Avignonnais et les gens du Comté.
+Dès son avènement, ayant été informé par les syndics
+et le conseil de la ville d'Avignon que quelques seigneurs,
+dont les châteaux se trouvaient placés près de la frontière
+des domaines de l'Église, sous prétexte de vider les
+différends qui existaient entre eux, appelaient sous leur
+bannière bon nombre de gens d'armes originaires du
+Dauphiné, qui commettaient toutes sortes de ravages sur
+<span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">45</a></span>
+les terres et possessions de l'Église, le roi mu par cette
+considération «en faveur d'icelluy nostre sainct père et
+ses dits subgectz et mesmement ceulx de la dicte ville
+d'Avignon et du dit Comté que tous jours en tous nos
+affaires avons trouvez pretz et bien enclinz à faire et
+donner tant à nouz que aux nostres toute faveur, ayde
+et confort à eulx possible toutes fois que requiz en ont
+esté», ordonne à tous les gens d'armes qui avaient
+quitté la province du Dauphiné de rentrer incontinent
+dans leurs foyers «s'en retournant en leurs hostelz et
+maizons et ès lieux dont partyz sont pour estre pretz
+de venir à nous, sur ce à rencontre de nos diz ennemys,
+toutefoiz que les manderons&nbsp;<a name="FNanchor_158" id="FNanchor_158" href="#Footnote_158" class="fnanchor">[158]</a>».</p>
+
+<p>Cette agitation seigneuriale, qui menaçait d'entraîner
+dans ses guerres privées les sujets du roi pour se jeter
+sur les terres de l'Église dès les premières années du
+règne de Charles VII, était la conséquence des revendications
+de Geoffroy le Meingre. Le maréchal, son frère,
+pris à Azincourt, puis captif en Angleterre, était mort en
+1421, ne pouvant survivre à l'humiliation de sa patrie&nbsp;<a name="FNanchor_159" id="FNanchor_159" href="#Footnote_159" class="fnanchor">[159]</a>.
+Son frère hérita de ses domaines que lui avait garantis
+l'acte du 7 juillet 1399&nbsp;<a name="FNanchor_160" id="FNanchor_160" href="#Footnote_160" class="fnanchor">[160]</a>. De plus, comme Benoît XIII, réfugié
+à Paniscola, se mourant dans le dénûment le plus
+complet, n'avait jamais pu rembourser à Jean Boucicaut
+les 40,000 francs que ce dernier lui avait avancés en <i>1408</i>,
+Geoffroy, comme héritier, se saisit aussitôt des villes
+<span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">46</a></span>
+dont l'inféodation avait été consacrée par le contrat passé
+à Gênes et à Porto-Venere entre le pape et le maréchal.
+Martin V essaya de s'opposer à cette prise de possession,
+qui était discutable à coup sûr, puisque la légitimité de
+Benoît XIII comme souverain pontife était elle-même
+contestée; mais les châteaux et les villes étaient déjà
+entre les mains des agents de Boucicaut&nbsp;<a name="FNanchor_161" id="FNanchor_161" href="#Footnote_161" class="fnanchor">[161]</a>. Cette prise de
+possession ne se fit pas sans violences, et les sujets du
+pape protestèrent contre un acte passé sans leur
+consentement; Charles VII lui-même intervint et demanda
+des comptes à Geoffroy dont tous les vassaux réclamaient
+la protection royale. Ce dernier fut convoqué à comparaître
+devant le Parlement de Toulouse, pour répondre
+de ses crimes et forfaits, mais Geoffroy avant fait défaut,
+le roi lui confisqua les terres <i>d'Aramon</i>&nbsp;<a name="FNanchor_162" id="FNanchor_162" href="#Footnote_162" class="fnanchor">[162]</a> et de <i>Valabrègue</i>
+qu'il avait reçues à perpétuité. Désormais chassé du
+Languedoc, Geoffroy s'établit à poste fixe dans ses
+domaines de l'Église, où il devenait pour la papauté un
+voisin fort gênant. Un premier traité fut passé entre
+Geoffroy et les représentants de la Chambre apostolique,
+qui lui payèrent une somme considérable, à la condition
+qu'il mettrait fin aux actes de brigandage dont il se
+rendait journellement coupable&nbsp;<a name="FNanchor_163" id="FNanchor_163" href="#Footnote_163" class="fnanchor">[163]</a>. Geoffroy promit, reçut
+l'argent, feignit le repentir, mais il rompit aussitôt ses
+engagements et employa les fonds de la Chambre
+apostolique à rassembler une armée de routiers, gens de
+<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">47</a></span>
+sac et de corde, commandés par des capitaines qui se
+sont fait un nom au milieu de ces guerres qui ont désolé
+la vallée du Rhône, de Valence à Avignon, pendant les
+premières années du règne de Charles VII. Parmi eux
+figurent <i>Charles de Poitiers</i>, <i>Jean Ollivier</i>, <i>Saint-Vallier</i>,
+écuyer de l'évêque de Valence, le <i>bâtard de Valence</i>, fils
+de l'évêque de cette ville, <i>Anthoine de la Peype</i>, <i>Allegret
+de Bonnyot</i>, <i>Aymard de Clermont</i>, <i>Jean de Geys</i> et le <i>bâtard
+de Langres</i>. Bien plus, Geoffroy fait appel à ses compatriotes
+de Touraine, et parmi ses meilleurs officiers on
+trouve Jehan de <i>Champerons</i>, seigneur de la Porte&nbsp;<a name="FNanchor_164" id="FNanchor_164" href="#Footnote_164" class="fnanchor">[164]</a>.
+Cette petite troupe se grossit promptement d'une foule
+d'aventuriers de toute origine, soldats sans emploi,
+routiers et vagabonds, qui, comme jadis Raymond de
+Turenne, considéraient comme une excellente aubaine de
+guerroyer contre le pape. Pernes fut saccagé, Vaison
+livré aux flammes, le château de Saint-Roman pris
+d'assaut&nbsp;<a name="FNanchor_165" id="FNanchor_165" href="#Footnote_165" class="fnanchor">[165]</a>. Charles VII, prié d'intervenir, écrivit au
+sénéchal de Beaucaire, le sieur de Vilar, pour empêcher
+qu'aucune entreprise fût dirigée contre Avignon
+(20 avril 1426).</p>
+
+<p>D'un autre côté, Charles VII, par lettres patentes
+données à Montluçon le 11 janvier 1426&nbsp;<a name="FNanchor_166" id="FNanchor_166" href="#Footnote_166" class="fnanchor">[166]</a>, considérant
+que Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut, «chevalier est
+<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">48</a></span>
+en intencion et volunté de faire guerre en la Conte de
+Venisse qui est du patrimoine de nostre mère saincte
+Église et des contez de Provence et Forcalquier, qui sont
+lors Estats de nostre mère et de nostre très chier frère,
+le roy de Jérusalem et de Cécile, son filz, et domagier
+le pais et subgectz de nostre dit sainct père et nos ditz
+mère et frère, a fait souldoyer gens d'armes et de trait
+en nostre royaume et Daulphiné, et en nostre conte de
+Valentinoys et desjà ayant passé oultre la dite rivière
+du Rosne et se efforce de plus faire et a fait entrer
+dans la terre de l'Église le sire de Clavaison, Anthoyne
+de la Peype, chevalier, un nommé Gastonet, chevalier de Bron, un nommé Montchanu et autres capitaines
+rotiers&nbsp;<a name="FNanchor_167" id="FNanchor_167" href="#Footnote_167" class="fnanchor">[167]</a>, avec grant nombre de gens de Compaigne,
+lesquels ont prins aucunes places en la dite terre de
+l'Église, forcé femes, bouté feux, tué et murdry plusieurs
+genz, prins prisonniers, faits plusieurs courses,
+maulx et dommaiges innumérables». Charles VII, pour
+ces motifs, fait défense à quiconque de ses sujets de
+porter la guerre contre Avignon. Comme on le voit par
+ce document, le roi de France protège les vassaux de
+l'Église, mais ce n'est qu'une protection défensive en ce
+sens qu'il interdit aux sujets royaux de prendre part aux
+ravages commis par les officiers de Boucicaut sur les
+domaines de l'Église. Martin V employa d'abord contre
+ces brigands les armes spirituelles, et Guillaume Raimundi,
+prévôt de l'église d'Avignon, en qualité de
+commissaire apostolique excommunia en 1426 Geoffroy
+<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">49</a></span>
+le Meingre et ses officiers, qui avaient commis toutes les
+atrocités relatées dans les lettres royales du 21 janvier
+1426&nbsp;<a name="FNanchor_168" id="FNanchor_168" href="#Footnote_168" class="fnanchor">[168]</a>. En même temps, l'évêque de Montauban,
+Pierre Cottini, nommé recteur du Comtat, prit le
+commandement des milices levées par les États et
+s'empara, sur les troupes de Boucicaut, de la ville de
+Pernes, dont Jehan de Champerons avait été nommé
+gouverneur (12 avril 1426). Les habitants de la communauté
+furent dispensés de payer les arrérages de tailles
+pour tout le temps qu'elle avait été placée sous la
+domination de Boucicaut. Mais bientôt, feignant de
+nouveau la plus grande contrition et sollicitant le pardon
+de ses crimes, Geoffroy, grâce à l'entremise de François
+de Conzié, légat du Saint-Siège à Avignon qu'il avait
+connu à l'époque du premier siège du palais&nbsp;<a name="FNanchor_169" id="FNanchor_169" href="#Footnote_169" class="fnanchor">[169]</a> (en 1398-1399),
+obtint pour lui et pour ses complices, du pape
+Martin V, une bulle d'absolution (23 mai 1426)&nbsp;<a name="FNanchor_170" id="FNanchor_170" href="#Footnote_170" class="fnanchor">[170]</a> totale.
+C'est à la suite de cet accord que Geoffroy le Meingre se
+réfugia avec ses bandes dans le château de Livron et
+occupa également la forteresse de Narbonne&nbsp;<a name="FNanchor_171" id="FNanchor_171" href="#Footnote_171" class="fnanchor">[171]</a> dans le
+terroir de Montélimar sur lequel il avait quelques droits
+par l'oncle de sa femme Isabelle, Jean de Poitiers, évêque
+de Valence. La présence de Boucicaut à Livron dès 1426
+est incontestable. Les comptes consulaires de la ville de
+<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">50</a></span>
+Valence&nbsp;<a name="FNanchor_172" id="FNanchor_172" href="#Footnote_172" class="fnanchor">[172]</a> portent une dépense de trois gros pour
+Champel, Chaponays, etc., envoyés à la Roche de Glun
+au-devant d'Humbert, maréchal, allant assiéger Boucicaut
+dans le château de Livron (1426). C'est donc vers la fin de
+cette même année que les gens d'armes à la solde des
+Avignonnais viennent mettre le siège devant cette ville.
+Bien qu'il n'y eût pas encore de traité officiel passé entre
+Humbert et les Avignonnais, la ville d'Avignon supportait
+les charges de cette expédition qui fut ruineuse pour la
+malheureuse cité. Boucicaut assiégé appela à lui, de
+l'autre côté du Rhône, un certain nombre de partisans
+recrutés dans le royaume, qui avaient pour but de
+débloquer <i>Livron</i> et d'attaquer les troupes pontificales.
+Le conseil de ville d'Avignon et les élus de la guerre, qui
+délibéraient avec eux depuis le siège du palais, traitèrent
+avec un capitaine d'aventuriers, <i>Jean Boulet</i>, originaire de
+Saint-Flour en Auvergne et seigneur de Châteauneuf-de-Melet,
+pour qu'avec ses gens celui-ci s'opposât à leur
+passage. Jean Roulet dut, pour arrêter les alliés de
+Boucicaut, non seulement employer les armes, mais
+encore acheter la paix. Nous trouvons en effet dans les
+archives communales un document établissant que la
+ville d'Avignon, pour tenir compte «au dit Jehan Roulet
+de ses peines et debours», lui régla une indemnité de
+4,250 écus d'or de la nouvelle frappe, dont 1,500 lui
+furent comptés dans le courant de l'année 1427. Pour le
+règlement du solde, ledit Roulet délégua à la ville une
+somme de 1,430 écus à payer à un certain Pierre Bovis,
+sur ce que la communauté d'Avignon lui redevait encore&nbsp;<a name="FNanchor_173" id="FNanchor_173" href="#Footnote_173" class="fnanchor">[173]</a>.
+<span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">51</a></span>
+Ce n'est donc point en 1428, comme quelques auteurs l'ont
+cru, mais bien en 1427, que la ville d'Avignon fit assiéger,
+par des gens d'armes à ses gages, Geoffroy le Meingre,
+dans le château de Livron. A cette occasion, Martin V
+n'abandonna pas ses fidèles sujets. Il envoie auprès d'eux
+Jean de Rehate et Jean de Puteo pour leur dire qu'ils
+n'ont pas à s'effrayer des menaces de leurs ennemis
+(21 mars 1427)&nbsp;<a name="FNanchor_174" id="FNanchor_174" href="#Footnote_174" class="fnanchor">[174]</a>. Il donne pouvoir audit Jean de Rehate
+d'assigner à la ville d'Avignon 6,000 florins pour les
+besoins de la guerre, à prendre sur les revenus de la
+Chambre apostolique, tant en Provence qu'en Savoie&nbsp;<a name="FNanchor_175" id="FNanchor_175" href="#Footnote_175" class="fnanchor">[175]</a>.
+Enfin, dès le mois de février 1427, il avait prescrit à
+l'évêque d'Avignon de faire imposition sur le clergé pour
+subvenir aux grands frais qu'il convenait de supporter
+pour se garder contre les ennemis&nbsp;<a name="FNanchor_176" id="FNanchor_176" href="#Footnote_176" class="fnanchor">[176]</a>. Grâce à ces subsides
+de la curie romaine, les Avignonnais purent renforcer
+leurs troupes occupées au siège de Livron. Un traité fut
+signé le <i>31 janvier 1428</i> à Lyon, entre Thomas Busaffi,
+d'une part, représentant la ville d'Avignon, et <i>Humbert
+Maréchal</i>, capitaine de gens d'armes, d'autre part, aux
+conditions ci-après&nbsp;<a name="FNanchor_177" id="FNanchor_177" href="#Footnote_177" class="fnanchor">[177]</a>: 1<sup>o</sup> ledit Humbert s'engage à
+défendre les propriétés, biens, meubles et immeubles et
+personnes des Avignonnais contre les troupes de Boucicaut
+et de ses adhérents avec cent hommes d'armes et
+<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">52</a></span>
+cent hommes de trait (l'homme d'armes aura trois chevaux,
+un page et un varlet); 2<sup>o</sup> chaque homme d'armes
+recevra 20 florins, monnaie courante, par mois, et
+chaque homme de trait à cheval 10 florins par mois, de
+même monnaie; 3<sup>o</sup> ledit Humbert s'oblige à être rendu à
+Vienne sous Lyon avec ses troupes, le 15 février prochain
+<i>1428</i>. La paie des soldats sera due à dater de ce jour;
+4<sup>o</sup> ledit Humbert, dès son arrivée à Avignon recevra pour
+son compte la somme de 200 florins de ladite monnaie;
+5<sup>o</sup> ledit Humbert s'oblige à se retirer, lui et ses gens, à
+la première sommation qui lui en sera faite. Il est convenu
+que ledit Humbert recevra sur la solde de ses troupes
+1,500 florins dans la ville de Lyon, à-compte du premier
+mois de solde, et le restant dès que lui et ses soldats
+auront passé la rivière de l'Isère; 6<sup>o</sup> chaque chevalier ou
+escuyer banneret qui fera partie des troupes dudit
+Humbert recevra double paie.</p>
+
+<p>Geoffroy Boucicaut ne pouvait pas résister à des forces
+aussi bien organisées, commandées par un vaillant officier.
+Dès le mois de mars 1428, les bandes de Boucicaut,
+après une résistance inutile, se dispersèrent et franchirent
+le Rhône. Les documents font du reste absolument
+défaut&nbsp;<a name="FNanchor_178" id="FNanchor_178" href="#Footnote_178" class="fnanchor">[178]</a> sur ce point et ne nous permettent pas de dire
+comment Geoffroy quitta pour toujours ce pays où son
+nom était en exécration. Quoi qu'il en soit, dès le mois de
+mai 1428, toute guerre entre Avignon et les Routiers avait
+pris fin, et Martin V relevait la ville d'Avignon, les syndics
+et les citoyens de la promesse par eux faite à l'évêque
+de Valence pour raison des dommages causés par
+<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">53</a></span>
+leurs troupes au château de Livron&nbsp;<a name="FNanchor_179" id="FNanchor_179" href="#Footnote_179" class="fnanchor">[179]</a> (11 kalendes de juin
+1428). Charles VII intervint quelques mois plus tard en
+faveur de Jean de Champerons, seigneur de la Porte,
+dont quelques biens et héritages avaient été confisqués
+par les Avignonnais et les Comtadins: «Veuillez, pour
+amour et honneur de nous, faire délivrer à nostre bien
+aimé escuyer Jehan de <i>Champerons</i> ses héritaiges et
+aultres biens meubles, les quelz soubz umbre du débat
+qui naguères a esté entre nostre aimé et féal chevalier,
+conseiller et chambellan Giefroy le Meingre du Bouciquault,
+d'une part, et vous et les habitans de la ville
+d'Avignon, d'autre, avaient esté pour empeschiez. Et
+que avons esté assuré que le dit <i>Champerons</i> ne s'estoit
+auculnement entremis ne meslé du débat dessus dit,
+mais s'estoit durant icelluy tousjours tenu en nostre
+pais de Touraine&nbsp;<a name="FNanchor_180" id="FNanchor_180" href="#Footnote_180" class="fnanchor">[180]</a>.» Il semblerait donc résulter de ce
+document que déjà, avant le siège de Livron, plusieurs
+des officiers de Geoffroy l'avaient abandonné, puisqu'il
+est avéré que Jehan de Champerons se trouvait en Touraine
+en 1428. Quant à Boucicaut, il se retira dans sa
+terre de Bridoré, dont il avait hérité en 1421, après la
+mort de son frère&nbsp;<a name="FNanchor_181" id="FNanchor_181" href="#Footnote_181" class="fnanchor">[181]</a>. Il y mourut l'année suivante, en
+1429&nbsp;<a name="FNanchor_182" id="FNanchor_182" href="#Footnote_182" class="fnanchor">[182]</a>, comme l'indique, d'une façon certaine, une instance
+en justice reprise à la fin de 1429 par sa veuve, Isabelle
+<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">54</a></span>
+de Poitiers. L'héritage considérable, en titres il est
+vrai plutôt qu'en biens immeubles dans les terres de
+l'Église, passa à ses deux fils, Jean et Louis, dont les revendications
+ultérieures donneront au dauphin Louis
+un premier prétexte pour intervenir dans les affaires intérieures
+du Venaissin&nbsp;<a name="FNanchor_183" id="FNanchor_183" href="#Footnote_183" class="fnanchor">[183]</a>.</p>
+
+<p>Les conséquences du schisme qui divisait l'Église ne
+devaient pas tarder à ramener l'attention de Charles VII
+sur les événements qui se déroulaient dans les États du
+Saint-Siège. Martin V, qui avait réussi à préserver ses
+domaines de l'invasion de Louis de Châlons, prince
+d'Orange, en 1430, et des troupes royales&nbsp;<a name="FNanchor_184" id="FNanchor_184" href="#Footnote_184" class="fnanchor">[184]</a>, était mort au
+moment où allait s'ouvrir le concile de Bâle, le 17 février
+1431&nbsp;<a name="FNanchor_185" id="FNanchor_185" href="#Footnote_185" class="fnanchor">[185]</a>. Son successeur, Eugène IV (Gabriel Condulmaro)&nbsp;<a name="FNanchor_186" id="FNanchor_186" href="#Footnote_186" class="fnanchor">[186]</a>,
+annonce son élection aux syndics d'Avignon, par bref du
+12 mars 1431&nbsp;<a name="FNanchor_187" id="FNanchor_187" href="#Footnote_187" class="fnanchor">[187]</a>. Or, comme le jour de l'ouverture du concile
+il n'y avait que douze prélats présents, il décida de
+transporter l'assemblée à Bologne, afin de pouvoir s'occuper
+plus tranquillement des intérêts de ses domaines
+citramontains&nbsp;<a name="FNanchor_188" id="FNanchor_188" href="#Footnote_188" class="fnanchor">[188]</a>. En attendant, il engageait les Avignonnais
+<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">55</a></span>
+à prendre conseil du cardinal de Saint-Eustache&nbsp;<a name="FNanchor_189" id="FNanchor_189" href="#Footnote_189" class="fnanchor">[189]</a>,
+légat extraordinaire du Saint-Siège dans cette ville,
+homme de grande sagesse, et dans lequel le Saint-Siège
+avait la plus entière confiance. Alphonse Carillo, cardinal
+diacre du titre de Saint-Eustache, bien que d'origine
+espagnole&nbsp;<a name="FNanchor_190" id="FNanchor_190" href="#Footnote_190" class="fnanchor">[190]</a>, avait fait preuve des sentiments les plus
+conciliants et les plus bienveillants vis-à-vis de la Cour
+de France dans le règlement des différends soulevés à
+propos des limites du Rhône, et que le Saint-Siège lui
+avait donné mission de résoudre en 1430. Malgré sa nationalité,
+Alphonse Carillo était l'homme des intérêts
+français, et Charles VII était dans l'obligation de le ménager.
+Aussi le roi, désireux de voir nommer à titre définitif,
+comme légat à Avignon, un haut dignitaire ecclésiastique,
+pour servir les desseins de la politique française,
+prie les syndics d'Avignon de mettre à profit le
+crédit et l'influence dont ils disposent à Rome pour obtenir
+la nomination du cardinal de Saint-Eustache à Avignon,
+«qu'il lui plaise ordonner nostre très cher et aimé
+cousin le cardinal de Saint Eustace (<i>sic</i>), estant de présentement
+en la ville d'Avignon son vicaire, ès partie
+deça les monz come avez sceu par nos diz ambassadeurs
+en passant par la dite ville. A la quelle requeste
+nous entendu avons nostre dit Saint Père à aucunement
+différer et encores diffère dont nous donne grans
+merveilles, attendu les grans biens que à cause de ce
+pourroyent advenir à tous les pais de par deça».
+Charles VII insistait en faisant valoir les avantages que
+<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">56</a></span>
+ce choix procurerait tant au royaume de France qu'aux
+États de l'Église; il les invite «à y envoyer pour ce messagiers
+exprès qui poursuivront, avec nos ditz ambassadeurs,
+la chose au nom de la cité d'Avignon. Nous
+vous prions bien a certes pour tout l'amour et bienvueillance
+qu'avez à nouz et à nostre dit royaume, et surtout
+le plaisir et service que nous ferez que ceste chose
+pour nostre dit cousin de Saint Eustace et non pour
+aultre, vous vueillez poursuivre devers nostre dit Saint
+Père, de manière quelle sortisse son effect et y envoyer
+pour ce faire gens notables. Et ce vueillez faire telle
+promte et bonne diligence que nous cognoistrons que
+vous avez tousjours le bien de plus en plus de nous et
+de nostre royaume dont estes prouchains voisins,
+comme devez, et le service que en ce nous ferez recognoistrons
+en temps et en lieu envers vous et la dite
+ville d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_191" id="FNanchor_191" href="#Footnote_191" class="fnanchor">[191]</a>».</p>
+
+<p>Pour complaire à la demande de Charles VII, les Avignonnais
+s'empressèrent d'appuyer auprès du Saint-Siège
+la candidature du cardinal de Saint-Eustache, mais Eugène
+IV leur fit savoir que la présence du cardinal comme
+légat du Saint-Siège en Espagne était indispensable au
+moment où la papauté se trouvait aux prises avec tant de
+difficultés&nbsp;<a name="FNanchor_192" id="FNanchor_192" href="#Footnote_192" class="fnanchor">[192]</a>. En même temps, pour mettre fin à toutes ces
+démarches dictées par la France, Eugène IV annonça à
+ses sujets d'en deçà la triple promotion de son frère Marc
+Condulmaro aux fonctions d'évêque d'Avignon, de légat
+<span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">57</a></span>
+du Saint-Siège et de recteur du Venaissin (31 mars 1432)&nbsp;<a name="FNanchor_193" id="FNanchor_193" href="#Footnote_193" class="fnanchor">[193]</a>.
+Le nouveau légat vint aussitôt prendre possession de
+son siège, et les États furent convoqués pour prêter serment
+de fidélité. De violentes protestations s'élevèrent à
+Carpentras et à Avignon contre le cumul, entre les mains
+du même personnage, de fonctions si élevées et qui ne
+pouvaient pas être réunies sans préjudice pour les intérêts
+du pays&nbsp;<a name="FNanchor_194" id="FNanchor_194" href="#Footnote_194" class="fnanchor">[194]</a>. En même temps, on attaquait violemment
+les m&oelig;urs privées du nouveau représentant de la papauté&nbsp;<a name="FNanchor_195" id="FNanchor_195" href="#Footnote_195" class="fnanchor">[195]</a>.
+La guerre éclata de nouveau dans les domaines
+de l'Église. D'un côté, Eugène IV, décidé à maintenir
+son frère envers et contre tous; de l'autre, les Avignonnais
+refusant de reconnaître Marc Condulmaro et se plaçant
+sous la protection du concile de Bâle. Le schisme
+qui divisait l'Église mettait ainsi les armes à la main aux
+partisans du pape contre ceux du concile. La position du
+roi de France ne laissait pas d'être embarrassante. Au
+fond, Charles VII était pour les Avignonnais et pour
+le candidat du concile, Alphonse Carillo&nbsp;<a name="FNanchor_196" id="FNanchor_196" href="#Footnote_196" class="fnanchor">[196]</a>, mais il lui répugnait
+d'engager directement la lutte contre le pape.
+Aussi, dans ses lettres patentes données à Amboise le
+20 juillet 1432&nbsp;<a name="FNanchor_197" id="FNanchor_197" href="#Footnote_197" class="fnanchor">[197]</a>, Charles VII s'empresse-t-il de déclarer
+que les sujets du roi devront garder une stricte neutralité
+à l'occasion de la querelle qui s'est élevée entre les
+<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">58</a></span>
+sujets de l'Église et leur légat. Dans ce but, il écrit:
+«Et pour ce que nous ne sommes pas advertiz des
+causes des dites divisions et guerre, ni du bon droit ou
+tort et querelles des dites parties ne quelles autres
+ceste matière peut toucher, et aussi que pour le faict
+de noz guerres contre les Anglais, autres ennemys et
+adversaires de nous et de nostre royaume, il nous est
+besoin de nous ayder et servir en plusieurs et diverses
+marches et pays de nos vassaux et subgiectz, aux quelz
+se appartient, de entremettre de la dite guerre à Avignon,
+ne doit faire partie d'un cousté ne de l'autre, ne nous
+ne voulons que aucunement s'en entremettent sans nos
+congiés et licence.»</p>
+
+<p>Pendant ce temps, le concile de Bâle, qui avait accueilli
+très favorablement la demande d'intervention des Avignonnais,
+avait nommé, avec mission temporaire, comme
+légat d'Avignon, Alphonse Carillo, cardinal de Saint-Eustache,
+à la place de Condulmaro,qui était ennemi du concile
+(inimicus concilii)&nbsp;<a name="FNanchor_198" id="FNanchor_198" href="#Footnote_198" class="fnanchor">[198]</a> (20 juin 1432). Ce dernier, obligé
+de quitter son siège, se réfugia à Rome et fut transféré,
+peu après, à l'évêché de Tarentaise&nbsp;<a name="FNanchor_199" id="FNanchor_199" href="#Footnote_199" class="fnanchor">[199]</a>. C'est ce même
+évêque que le pape Eugène IV délégua pour aller chercher
+les Grecs à Constantinople, en 1437. Les Avignonnais
+témoignèrent publiquement leur reconnaissance aux
+pères du concile&nbsp;<a name="FNanchor_200" id="FNanchor_200" href="#Footnote_200" class="fnanchor">[200]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">59</a></span>
+Cette attitude des Avignonnais, encouragée par Charles
+VII qui s'appuyait sur le concile, était un acte de
+révolte contre la papauté. Martin V, pour complaire au
+roi de France et s'assurer son appui, résolut d'opposer au
+candidat du concile un prélat énergique, diplomate de
+premier ordre et qui était à Rome le confident du Saint-Siège&nbsp;<a name="FNanchor_201" id="FNanchor_201" href="#Footnote_201" class="fnanchor">[201]</a>.
+Ce choix avait encore une autre importance, il
+ramenait au pape les Avignonnais, dont Pierre de Foix
+était à Rome, depuis 1428, le protecteur avéré&nbsp;<a name="FNanchor_202" id="FNanchor_202" href="#Footnote_202" class="fnanchor">[202]</a>. Le
+16 août 1432, Pierre de Foix était nommé légat du Saint-Siège
+à Avignon, et le 18 des kalendes de janvier&nbsp;<a name="FNanchor_203" id="FNanchor_203" href="#Footnote_203" class="fnanchor">[203]</a>, dans
+<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">60</a></span>
+une bulle donnée à Rome, Eugène IV déclare que l'acte
+illégal du concile est réparé, puisque la ville est maintenant
+placée sous l'autorité du légat pontifical&nbsp;<a name="FNanchor_204" id="FNanchor_204" href="#Footnote_204" class="fnanchor">[204]</a>. Pendant
+ce temps, Alphonse Carillo avait quitté Avignon pour se
+rendre à Bâle, laissant le gouvernement de la ville à
+Philippe, évêque d'Auch&nbsp;<a name="FNanchor_205" id="FNanchor_205" href="#Footnote_205" class="fnanchor">[205]</a>. Le but de son voyage était de
+demander au concile les subsides nécessaires pour soutenir,
+à main armée, la lutte contre le représentant légitime
+du pape. Carillo s'adressa d'abord personnellement
+<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">61</a></span>
+au fameux capitaine de routiers, Rodrigue de Villandrando,
+comte de Ribaudeo, auquel il emprunta
+2,000 écus d'or&nbsp;<a name="FNanchor_206" id="FNanchor_206" href="#Footnote_206" class="fnanchor">[206]</a>. La ville d'Avignon dut se porter garante,
+comme il appert d'un acte en date du 6 juin 1442,
+figurant dans l'inventaire des papiers de la maison de
+Bourbon&nbsp;<a name="FNanchor_207" id="FNanchor_207" href="#Footnote_207" class="fnanchor">[207]</a>.</p>
+
+<p>La désignation de l'archevêque d'Auch comme légat
+intérimaire eut pour conséquence de transporter à Avignon
+la vieille animosité des deux maisons de Foix et
+d'Armagnac&nbsp;<a name="FNanchor_208" id="FNanchor_208" href="#Footnote_208" class="fnanchor">[208]</a>. C'était une guerre nationale dans les États
+de l'Église. Le cardinal de Poix ne recula pas, comme
+dit Quicherat, devant remploi de ce qu'on appelait alors
+«le bras séculier» et fit appel à ses deux frères, les
+comtes de Foix et de Comminges. D'un autre côté, le
+concile, à l'instigation de Carillo, écrivit à Rodrigue de
+Villandrando&nbsp;<a name="FNanchor_209" id="FNanchor_209" href="#Footnote_209" class="fnanchor">[209]</a> de faire une diversion du côté du Languedoc,
+«invadere patriam linguæ occitaneæ&nbsp;<a name="FNanchor_210" id="FNanchor_210" href="#Footnote_210" class="fnanchor">[210]</a>». Rodrigue
+se porta au-devant des troupes gasconnes. Pendant ce
+temps, le comte de Foix, sous prétexte de repousser les
+bandes de Rodrigue, faisait voter 70,000 moutons d'or
+par les États du Languedoc outre les 20,000 déjà accordés;
+mais, en réalité, cet argent devait lui servir à s'emparer
+d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_211" id="FNanchor_211" href="#Footnote_211" class="fnanchor">[211]</a>. Informé des dispositions du célèbre
+<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">62</a></span>
+routier, le comte de Foix laisse à Villeneuve-les-Avignon
+son frère le cardinal, avec quelques gens d'armes,
+et se porte rapidement vers le Pont-Saint-Esprit pour
+franchir le Rhône (mars 1433)&nbsp;<a name="FNanchor_212" id="FNanchor_212" href="#Footnote_212" class="fnanchor">[212]</a>. Avignon et le Venaissin
+étaient dans la consternation. Les États, réunis à Carpentras
+sous la présidence de Jean de Poitiers, votent
+10,000 florins d'or pour la défense du pays et invitent le
+recteur à aviser tous les châtelains, bailes et syndics de
+faire bonne garde, <i>per litteras rigorosas et formidabiles</i>&nbsp;<a name="FNanchor_213" id="FNanchor_213" href="#Footnote_213" class="fnanchor">[213]</a>
+(4 mai 1433). Dans leur détresse, les Avignonnais, brouillés
+avec le pape, implorent l'intervention de Charles VII
+et se font fort de sa protection auprès du comte de Foix&nbsp;<a name="FNanchor_214" id="FNanchor_214" href="#Footnote_214" class="fnanchor">[214]</a>:
+«Très hault et puissant prince et redoubté, qu'il plaise à
+vostre dite très excellente seigneurie de intercéder envers
+le roy, qui est protecteur et bras de l'Église, qu'il
+luy plaise nous donner et octroyer provision que nulle
+violence ne dommaige ne soient faiz à nostre dit Saint
+Père le Pape ne à la terre de l'Église par ledit Comte
+ne son exercite, et sur ce obtenir lettres prohibitives
+qu'ils soient préservez de tout inconvénient que pourroit
+advenir.» La ville en même temps se préparait à la
+résistance, désignait au nombre de dix ou de douze les
+Élus de la guerre, contractait des emprunts et informait
+le concile de Bâle de la marche en avant des troupes gasconnes&nbsp;<a name="FNanchor_215" id="FNanchor_215" href="#Footnote_215" class="fnanchor">[215]</a>.
+Forte de 2,000 cavaliers et 200 fantassins, l'armée
+du comte de Foix avait envahi le comté par le nord.
+Le 12 mai 1433, les gens d'armes gascons entrent à Malaucène&nbsp;<a name="FNanchor_216" id="FNanchor_216" href="#Footnote_216" class="fnanchor">[216]</a>,
+<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">63</a></span>
+où ils font un certain nombre de prisonniers;
+ils occupent Bollène. Personnellement, le candidat était
+accompagné de plusieurs conseillers, notamment d'évêques
+et de plusieurs abbés, dont le célèbre évêque de Conserans,
+Tristan d'Aure, auteur de tout le mal. Ce dernier
+fait des avances aux Avignonnais et aux Comtadins&nbsp;<a name="FNanchor_217" id="FNanchor_217" href="#Footnote_217" class="fnanchor">[217]</a>.
+L'Abbé de Lézat se rend auprès de Jean de Poitiers, recteur
+du comté, pour lui faire des propositions de paix au
+nom de son patron. D'abord hésitants, les gens du Venaissin
+se rapprochent du parti du nouveau légat&nbsp;<a name="FNanchor_218" id="FNanchor_218" href="#Footnote_218" class="fnanchor">[218]</a>. Le 13 mai
+1433, Carpentras et la plupart des villes ouvrent leurs
+portes au cardinal qui fait une entrée triomphale à Monteux
+et se prépare à emporter d'assaut le château du
+Pont de Sorgues, qui était la clef de la défense d'Avignon.
+Pendant que le cardinal soumettait ainsi l'un
+après l'autre les villes et villages de sa légation, Jean de
+Grailly&nbsp;<a name="FNanchor_219" id="FNanchor_219" href="#Footnote_219" class="fnanchor">[219]</a>, captal de Buch, un des plus audacieux capitaines,
+de l'armée du Comte de Foix, était venu mettre le
+siège devant Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_220" id="FNanchor_220" href="#Footnote_220" class="fnanchor">[220]</a>. Les assiégeants avaient disposé
+en batterie, contre les remparts, des balistes, catapultes,
+trébuchets et autres engins de guerre qui lançaient pardessus
+les murailles d'énormes quartiers de rochers écrasant
+maisons et habitants&nbsp;<a name="FNanchor_221" id="FNanchor_221" href="#Footnote_221" class="fnanchor">[221]</a>. La panique s'était emparée
+<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">64</a></span>
+des Avignonnais. Les uns, partisans de Carillo et du concile,
+soutenaient l'archevêque d'Auch et prêchaient la
+résistance à outrance. Les autres, au contraire, gagnés
+par les flatteries du cardinal, étaient d'avis d'ouvrir les
+portes aux assiégeants. Sur ces entrefaites, une sédition
+éclata dans la ville et, grâce à cette diversion, le cardinal
+entra dans Avignon par la brèche, sous la bannière de
+ses frères, pendant que l'archevêque d'Auch s'enfuyait
+par une poterne&nbsp;<a name="FNanchor_222" id="FNanchor_222" href="#Footnote_222" class="fnanchor">[222]</a> (juin 1433). Quant à Rodrigue de Villandrando,
+soit qu'il jugeât ses forces numériquement
+trop inférieures à celles du comte de Foix, soit, comme
+on peut le présumer, que le cardinal eût acheté sa retraite
+à prix d'argent&nbsp;<a name="FNanchor_223" id="FNanchor_223" href="#Footnote_223" class="fnanchor">[223]</a>, il traversa le Rhône avec ses bandes
+pour aller ravager le Rouergue&nbsp;<a name="FNanchor_224" id="FNanchor_224" href="#Footnote_224" class="fnanchor">[224]</a>. Ainsi se terminait le
+siège d'Avignon qui avait mis aux prises, sur un autre
+terrain, le pape et les cardinaux dissidents de Bâle. La
+victoire restait en définitive au pape de Rome; et la Cour
+de France, bien qu'ayant observé une prudente réserve,
+y trouvait son compte, car le pays ne pouvait pas désirer
+un légat plus foncièrement français et plus dévoué au
+bien de sa patrie que le cardinal de Foix. Dans tout le
+cours de sa longue carrière (1432-1464), sans oublier ce
+qu'il devait aux papes et à l'Église, Pierre de Foix servit,
+avec un zèle constant, la politique de Charles VII, comme
+celle du dauphin Louis, dans les circonstances où les
+événements le firent négociateur et arbitre des intérêts
+opposés.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">65</a></span>
+Charles VII ne cessa d'entretenir les meilleurs rapports
+avec le nouveau légat. En 1435, sur l'ordre du roi, le gouverneur
+du Languedoc, manquant d'argent, dans l'attente
+du paiement de l'aide votée par les États, emprunte
+10,000 moutons d'or à des marchands d'Avignon pour
+secourir Saint-Denys&nbsp;<a name="FNanchor_225" id="FNanchor_225" href="#Footnote_225" class="fnanchor">[225]</a>. Mais les agissements des pères
+réunis à Bâle ne tardèrent pas à donner au roi une occasion
+de faire connaître aux Avignonnais ces dispositions
+favorables, tout en mettant à exécution un projet qui répondait
+aux secrets désirs de Charles VII. Au mois de
+juin 1436, le concile de Bâle livré à des querelles de
+personnes, était devenu le théâtre de violences regrettables
+et de discussions scandaleuses, à ce point que le
+cardinal de Pavie, Æneas Sylvius Piccolomini, appelait
+cette assemblée «la synagogue de Satan&nbsp;<a name="FNanchor_226" id="FNanchor_226" href="#Footnote_226" class="fnanchor">[226]</a>». Charles VII,
+toujours désireux de mettre un terme aux divisions qui
+agitaient l'Église, avait envoyé à Bâle une ambassade
+pour demander que le pape fût traité avec respect et déférence,
+et qu'une ville fût désignée où seraient convoqués,
+en vue d'une union générale, les représentants de
+l'Église grecque&nbsp;<a name="FNanchor_227" id="FNanchor_227" href="#Footnote_227" class="fnanchor">[227]</a>. Lyon réclamait pour elle, mais le concile
+hésitait entre Rome, Pise, Florence et Sienne. Le
+7 mai 1433, le concile avait décidé, à une majorité très
+contestable, puisque beaucoup de membres ayant pris
+part au vote n'avaient pas droit de suffrage, que le concile
+se tiendrait soit à Bâle, soit à Avignon, soit dans une
+ville de Savoie. Le choix d'Avignon plaisait particulièrement
+à Charles VII qui voyait là une occasion d'accroître
+<span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">66</a></span>
+son prestige personnel et d'attribuer à la France un rôle
+prépondérant dans l'apaisement du schisme. Par lettres
+du 11 février 1433, le roi de France informa les pères du
+concile qu'il se prononçait pour Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_228" id="FNanchor_228" href="#Footnote_228" class="fnanchor">[228]</a>. Il promettait,
+à cette occasion, son concours le plus actif. Il enverrait à
+l'empereur de Constantinople des lettres pour l'engager
+à s'y rendre. Il donnerait un sauf-conduit aux prélats
+aragonais et autoriserait la levée d'une «<i>décime</i>» sur
+les bénéfices ecclésiastiques du royaume pour faire face à
+la dépense, mais à la condition que «cette décime» ne
+pourrait pas être perçue avant le mois de mai 1437&nbsp;<a name="FNanchor_229" id="FNanchor_229" href="#Footnote_229" class="fnanchor">[229]</a>. Les
+pères du concile étaient divisés en deux partis. Les uns,
+notamment les Grecs, repoussaient le choix d'Avignon
+pour une ville italienne, autant que possible une ville
+maritime, en vue des facilités de transport. Les cardinaux
+français et italiens, notamment Louis Alemand, cardinal
+d'Arles et le plus fougueux adversaire d'Eugène IV, Tedeschi,
+archevêque de Palerme, préconisaient le choix
+d'Avignon. Enfin, après un débat tumultueux, le concile
+décida, le 3 février 1437, que, si dans cinquante jours la
+ville d'Avignon n'avait pas compté les 70,000 ducats
+d'or dont elle s'était obligée à faire l'avance pour le transport
+des Grecs, on renoncerait au projet de transfert
+dans cette ville&nbsp;<a name="FNanchor_230" id="FNanchor_230" href="#Footnote_230" class="fnanchor">[230]</a>. La communauté s'était mise en mesure
+de remplir des engagements écrasants pour ses finances.
+Charles VII, de son côté, par lettres patentes données à
+Montpellier, le 17 avril 1437, et confirmées le 10 mai suivant&nbsp;<a name="FNanchor_231" id="FNanchor_231" href="#Footnote_231" class="fnanchor">[231]</a>,
+prescrivit la levée «d'une décime» sur les bénéfices
+<span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">67</a></span>
+des seize personnes ecclésiastiques composant son conseil,
+hormis deux, et demanda même à la ville d'avancer
+au trésor royal certaines sommes sur ses ressources personnelles
+pour les frais occasionnés par la convocation du
+futur concile&nbsp;<a name="FNanchor_232" id="FNanchor_232" href="#Footnote_232" class="fnanchor">[232]</a>. Mais la ville, malgré l'appel fait à tous
+ses concitoyens, ne put pas réunir la somme convenue.
+Du reste, dans l'intervalle, de graves événements s'étaient
+passés au sein du concile. Dans la réunion du 7 mai 1437,
+les deux partis, dit Héfelé, semblables à deux armées
+ennemies en présence, avaient été sur le point d'en venir
+aux mains&nbsp;<a name="FNanchor_233" id="FNanchor_233" href="#Footnote_233" class="fnanchor">[233]</a>. La minorité, composée de la partie la plus
+saine du concile, ayant droit de suffrage, opta pour les
+Grecs et le choix d'une ville italienne. Le décret rendu
+par elle fut scellé avec le sceau du concile enfermé dans
+une armoire dont la serrure avait été forcée, ce qui équivalait
+à un faux. Malgré l'opposition de la majorité, composée
+des prélats français et de la masse des clercs et
+abbés n'ayant pas droit de vote, Eugène IV reconnut
+valable la décision de la minorité, et le choix d'Avignon
+fut définitivement écarté (7 juillet 1437)&nbsp;<a name="FNanchor_234" id="FNanchor_234" href="#Footnote_234" class="fnanchor">[234]</a>. C'était un échec
+pour Charles VII et pour la France, mais Eugène IV
+triomphait. Au fond, le pape, s'il ne s'était jamais ouvertement
+prononcé contre le transfert à Avignon, ne partageait
+pas à cet égard l'opinion de la majorité des pères
+qui étaient ses plus ardents ennemis. Le souvenir des
+vexations et des déboires de Benoît XIII, dans cette
+même ville, hantait l'esprit du souverain pontife; l'accueil
+fait à son frère par les Avignonnais en 1432, et leur attachement
+<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">68</a></span>
+à Carillo, légat du concile, n'étaient point de
+nature à l'encourager à se prononcer pour Avignon. Et
+nous croyons les appréhensions du souverain pontife justement
+fondées, car le transfert à Avignon, étant données
+les dispositions de la majorité, c'était la papauté livrée
+aux mains des cardinaux factieux. Cependant les pères
+restés à Bâle étaient trop irrités contre Eugène IV pour
+abandonner la lutte. Le 31 juillet 1437, ils proclament le
+pape contumace&nbsp;<a name="FNanchor_235" id="FNanchor_235" href="#Footnote_235" class="fnanchor">[235]</a>. Le 18 octobre, ils suppriment la bulle
+transférant le concile à Ferrare et, le 14 janvier, ils prononcent
+la suspension d'Eugène IV&nbsp;<a name="FNanchor_236" id="FNanchor_236" href="#Footnote_236" class="fnanchor">[236]</a>. De son côté, par
+lettres du 23 janvier 1437, Charles VII défend aux prélats
+de son royaume et du Dauphiné de se rendre à Ferrare&nbsp;<a name="FNanchor_237" id="FNanchor_237" href="#Footnote_237" class="fnanchor">[237]</a>
+pour répondre à la convocation du pape. Le roi ne perdait
+pas espoir de faire revenir au choix d'Avignon. A cet
+effet, il écrivait à Jean Paléologue de s'y rendre, lui promettant
+qu'il y viendrait en personne et que, certainement
+le pape ne manquerait pas d'y assister&nbsp;<a name="FNanchor_238" id="FNanchor_238" href="#Footnote_238" class="fnanchor">[238]</a>. Occupé,
+dans le courant de l'automne 1437, au siège de Montereau&nbsp;<a name="FNanchor_239" id="FNanchor_239" href="#Footnote_239" class="fnanchor">[239]</a>,
+Charles VII entretient encore les Avignonnais
+dans leurs espérances à propos du voyage des Grecs et
+de la translation du concile à Avignon: «Et avons tousjours
+ferme propos et intencion de aider et donner
+toute faveur et confort à vous et à toute la cité d'Avignon,
+en l'exécution de l'&oelig;uvre encommencée et ce
+mestier est vous garder et defendre saucunz vous vouloient
+<span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">69</a></span>
+donner empeschement ou porter dommaige à
+l'occasion de ce, et d'en escrire à nostre Sainct Père le
+Pape ou ailleurs ou besoin seroit.» Il insiste à diverses
+reprises auprès de l'empereur de Constantinople en disant
+que la nation de France avait mis en avant le choix
+d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_240" id="FNanchor_240" href="#Footnote_240" class="fnanchor">[240]</a>.</p>
+
+<p>Pendant ces pourparlers qui ne devaient pas aboutir,
+les pères du concile avaient consommé leur rupture avec
+le pape. Le 24 janvier 1438, Eugène IV était «suspendu»
+par l'assemblée de Bâle, et l'autorité pontificale était
+transférée au concile&nbsp;<a name="FNanchor_241" id="FNanchor_241" href="#Footnote_241" class="fnanchor">[241]</a>. C'était le triomphe de la suprématie
+du concile sur la personne du souverain pontife,
+idée qui depuis le commencement du schisme, et surtout
+depuis Benoît XIII, avait fini par prévaloir dans les
+m&oelig;urs ecclésiastiques. Comme conséquence, et pour
+examiner les décisions prises par l'assemblée de Bâle,
+Charles VII convoqua à Tours, pour le mois de mai 1438,
+le clergé de France, qui tint sa réunion à Bourges, le
+1<sup>er</sup> mai 1438. C'est de là que sortit la pragmatique sanction.
+Ces derniers événements, qui avaient profondément
+agité l'Église de France, mettaient fin au projet de la
+réunion du concile à Avignon. Mais la ville avait fait
+antérieurement des avances pour aller quérir les Grecs,
+et demandait, si elle n'avait pas le concile, à être remboursée
+de ses débours&nbsp;<a name="FNanchor_242" id="FNanchor_242" href="#Footnote_242" class="fnanchor">[242]</a>. Charles VII, qui avait contribué
+<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">70</a></span>
+personnellement à jeter la ville dans ce projet onéreux,
+donna satisfaction aux Avignonnais par lettres patentes
+datées de Bourges le 14 juillet 1438, en obligeant le
+paiement, tant dans le royaume qu'en Dauphiné, «de la
+décime» imposée sur les bénéfices ecclésiastiques, en
+vue de rembourser les 70,000 ducats d'or avancés par la
+ville et dont le roi avait profité. «Sur la quelle décime et
+les denierz que en ystroient les citoyenz et habitans
+d'Avignon devoyent estre paiés premièrement et avant
+tout euvre de certaine grosse somme de denierz quils
+ont payée pour aler quérir les empereur et patriarche de
+Constantinople et autres du pays de Grèce et les conduire
+et amener au dit lieu d'Avignon ainsi qu'il avait
+este traicté, accordé et promiz aux dits citoyens et habitanz
+d'Avignon.» Mais les avances de la ville furent
+partiellement perdues. En 1459&nbsp;<a name="FNanchor_243" id="FNanchor_243" href="#Footnote_243" class="fnanchor">[243]</a>, les Avignonnais sont
+obligés d'envoyer en Savoie, en Dauphiné, à Lyon, à
+Mâcon, un ambassadeur spécial, Michel de Valperge, qui,
+muni d'une lettre de la collectairie, après l'assentiment de
+Jehan de Grolée, prévôt de Montjou, recueille pour le
+compte des Avignonnais de l'argent partout où il se
+trouve: «Je passeray au partir de ceste ville à Machon
+et à Lion et à Vienne et pour le pays du Dalfiné et pranderay
+tout argent que je troveray prest et tout envoieray
+jour de An&nbsp;<a name="FNanchor_244" id="FNanchor_244" href="#Footnote_244" class="fnanchor">[244]</a>.» On voit donc par ce document que
+malgré les engagements qu'il avait pris vis-à-vis de la
+<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">71</a></span>
+ville d'Avignon, Charles VII n'avait pu la faire rentrer
+dans ses déboursés. Malgré la promulgation de la pragmatique,
+Charles VII ne cessa pas d'avoir avec Eugène IV
+des rapports cordiaux. Bien que le pape eût excommunié
+les pères du concile (4 septembre 1439) et que ces derniers
+en réponse eussent donné la tiare à Amédée VIII
+de Savoie (Félix V) (5 novembre 1439), le roi continua à
+ne reconnaître comme légitime que le pape de Rome,
+pour lequel il montrait la plus grande déférence, sans
+toutefois consentir à aucune concession relativement à la
+pragmatique.</p>
+
+<p>De son côté, Eugène IV se ménageait l'appui de la
+France. L'année après que le concile eut été transféré de
+Florence à Rome (26 avril 1441), Eugène IV envoyait à
+Charles VII une ambassade avec mission de passer par
+Avignon pour saluer le cardinal de Foix, en vue de témoigner
+au roi de France toute sa déférence&nbsp;<a name="FNanchor_245" id="FNanchor_245" href="#Footnote_245" class="fnanchor">[245]</a>. Le concile de
+Bâle tint sa dernière session le 16 mai 1443, en l'absence
+de Félix V, fixé à Lausanne. Il n'avait plus à compter, et
+faiblement encore, que sur l'appui de l'empire. Son rôle
+était fini et Eugène IV rentrait à Rome, le 23 décembre
+1443&nbsp;<a name="FNanchor_246" id="FNanchor_246" href="#Footnote_246" class="fnanchor">[246]</a>, avec le prestige d'une autorité fortifiée. Néanmoins,
+les chefs de la majorité, entre autres Louis Alemand,
+continuant la lutte, tentèrent de susciter des
+difficultés au Saint-Siège dans ses États d'en deçà, ce qui
+amena le projet de traité passé entre Eugène IV et
+le dauphin Louis, en novembre 1444, à l'insu de Charles
+VII.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">72</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE III</h2>
+
+<p class="center">Le Dauphin Louis et le projet de traité secret<br />
+avec le Saint-Siège (novembre 1444).</p>
+
+<p class="hanging content">Le dauphin Louis.&mdash;Première tentative pour s'emparer d'Avignon
+et du comté Venaissin.&mdash;Négociations entre le Dauphin et le
+pape Eugène IV.&mdash;Rôle du cardinal de Foix.&mdash;Protestation
+des États.&mdash;Le projet échoue (novembre-décembre 1444).</p>
+
+<p class="p2">Les relations de Louis XI avec les États pontificaux de
+France constituent l'un des chapitres les plus intéressants
+de ce règne et l'un des moins connus. Ni Mathieu,
+ni l'abbé Legrand, ni Duclos n'ont soupçonné ce côté,
+cependant si curieux, de la diplomatie secrète d'un souverain
+dont ils ont étudié la politique dans ses moindres
+détails. Parmi les auteurs contemporains, M. Legeay n'a
+rien tenté pour combler cette lacune. Seul, M. de Beaucourt,
+dans la remarquable étude qu'il a consacrée aux
+rapports de Charles VII avec son fils, a indiqué en quelques
+lignes les accusations portées contre le dauphin
+Louis que son père soupçonnait avec raison de vouloir
+mettre la main sur les possessions du Saint-Siège situées
+sur les bords du Rhône.</p>
+
+<p>La politique de Louis XI, dans ses rapports avec les
+États du Saint-Siège, comprend cinq phases bien caractérisées:</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">73</a></span>
+1<sup>o</sup> (<i>1444</i>). Louis, dauphin, cherche à s'emparer de
+l'administration d'Avignon et du Comtat par voie de
+négociations secrètes engagées dans ce but avec le pape
+Eugène IV.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> (<i>De 1447 à 1452</i>). Le dauphin noue plusieurs intrigues
+qui doivent lui faciliter l'occupation du Comté. Il
+lance indirectement des expéditions à main armée contre
+les frontière des États; des violences sont commises par
+les officiers et agents du dauphin contre les personnes et
+les biens des sujets pontificaux. Il soulève la question de
+la succession des Boucicaut et ne s'arrête que devant
+l'intervention directe de Charles VII.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> (<i>De 1463 à 1464</i>). Louis XI se prépare à recueillir
+la succession du cardinal de Foix en imposant au Saint-Siège
+un légat à sa dévotion qui sera l'instrument de la
+politique royale à Avignon et dans le Comté.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> (<i>De 1468 à 1470</i>). Louis XI, dont les visées ont été
+déjouées par le pape à propos de la désignation du successeur
+du cardinal de Foix, emploie tous les moyens pour
+obtenir que la légation d'Avignon soit donnée au cardinal
+de Bourbon, archevêque de Lyon. Il y réussit, et désormais
+l'influence française est prépondérante dans l'ancienne
+ville papale.</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> (<i>En 1476</i>). Le conflit entre le roi et Jules de la Rovère,
+légat pontifical, fournit à Louis XI un prétexte suffisant
+pour menacer d'une occupation militaire les possessions
+de l'Église, mais le serment de fidélité prêté par les
+Avignonnais au roi de France, à Lyon (juin 1476), apaise
+momentanément le mécontentement royal.</p>
+
+<p>Charles VII avait donné à son fils l'administration du
+<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">74</a></span>
+Dauphiné par lettres du <i>28 juillet 1440</i>&nbsp;<a name="FNanchor_247" id="FNanchor_247" href="#Footnote_247" class="fnanchor">[247]</a>, mais ce n'est
+qu'en 1445 ou janvier 1446 que, brouillé avec la Cour,
+Louis se retire définitivement dans son gouvernement et
+s'installe à poste fixe à Grenoble où il administre d'une
+façon indépendante «battant monnaie, levant des impôts,
+créant un parlement, fondant une université, courbant
+sous sa volonté le clergé et la noblesse, favorisant et
+anoblissant les bourgeois, épousant sans le consentement
+paternel Charlotte de Savoie, contractant des
+alliances avec ses voisins ou leur déclarant la guerre,
+exerçant en un mot le pouvoir d'une manière aussi
+absolue que si le Dauphiné avait été séparé de la
+France&nbsp;<a name="FNanchor_248" id="FNanchor_248" href="#Footnote_248" class="fnanchor">[248]</a>». Mais auparavant le dauphin avait dirigé la
+campagne contre les Suisses, terminée par le combat de
+Saint-Jacques (26 août 1444) qui amenait Louis et ses
+troupes aux portes de Bâle&nbsp;<a name="FNanchor_249" id="FNanchor_249" href="#Footnote_249" class="fnanchor">[249]</a>. Le concile, qui depuis bientôt
+treize ans siégeait dans cette ville, n'était plus que l'ombre
+de lui-même&nbsp;<a name="FNanchor_250" id="FNanchor_250" href="#Footnote_250" class="fnanchor">[250]</a>; son plus puissant appui, Alphonse V, roi
+d'Aragon, avait fait sa paix avec Eugène IV qu'il avait
+reconnu comme pape légitime, et rappelé les évêques
+dont l'archevêque de Palerme, Tedeschi, était une des
+lumières du concile (juillet 1444). Dans l'intervalle, le
+pape Eugène IV était, après dix ans d'exil, rentré à Florence
+(28 septembre 1443), et le concile, abandonné successivement
+par ses premiers partisans, n'avait plus
+comme appui que l'Empire. Néanmoins, malgré son état
+<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">75</a></span>
+de «léthargie», l'assemblée était encore redoutable pour
+Eugène IV. Il persistait à soutenir Amédée de Savoie,
+Félix V, contre le pape légitime, et il avait décidé, le
+16 mai 1443, qu'à trois ans de là le concile serait transféré
+à Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_251" id="FNanchor_251" href="#Footnote_251" class="fnanchor">[251]</a>.</p>
+
+<p>Toutes ces décisions, bien qu'émanant d'une assemblée
+discréditée et sans force morale, n'en étaient pas moins
+une cause d'agitation menaçante pour la paix de l'Église
+et pour la personne du souverain pontife. Aussi ne faut-il
+pas chercher ailleurs la raison qui devait pousser
+Eugène IV à placer les États pontificaux de France sous
+la protection d'un prince assez puissant pour les défendre,
+dût la papauté les perdre pour toujours. Le concile soupçonnait
+sûrement les intentions du Saint Père, car, par
+décision du 26 septembre 1437&nbsp;<a name="FNanchor_252" id="FNanchor_252" href="#Footnote_252" class="fnanchor">[252]</a>, il interdit formellement
+l'aliénation d'Avignon et du Comtat dont Eugène IV,
+disait-on, voulait se défaire par peur de voir un pape
+rival s'y établir. Les vues du pape s'étaient portées sur le
+dauphin de France. On ne saurait en douter en présence
+des témoignages de sympathie et des faveurs exceptionnelles
+qu'il accorde au dauphin Louis, précisément au
+moment où se termine la campagne contre les Suisses.
+Eugène IV alla-t-il, comme l'affirme M. Vallet de Viriville&nbsp;<a name="FNanchor_253" id="FNanchor_253" href="#Footnote_253" class="fnanchor">[253]</a>,
+jusqu'à engager le dauphin à dissoudre le concile?
+nous n'en avons aucune preuve. Mais nous savons
+<span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">76</a></span>
+qu'Eugène IV, par un rescrit du 29 août 1444&nbsp;<a name="FNanchor_254" id="FNanchor_254" href="#Footnote_254" class="fnanchor">[254]</a>, conféra
+au dauphin le titre de <i>Gonfanonier de l'Église</i>. Ce titre
+était accompagné d'une pension de 15,000 écus romains
+sur les revenus de la chambre apostolique. Ces procédés
+de la part du pape donnaient la mesure de ses intentions
+sur le rôle qu'il destinait au dauphin, lorsqu'un événement
+d'une certaine gravité, qui eut pour théâtre Avignon
+même, contribua à rapprocher encore le Saint-Siège du
+dauphin de France, et donna naissance à des négociations
+secrètes qui devaient aboutir à la cession des États du
+Saint-Siège à l'ambitieux fils de Charles VII sous couleur
+de protectorat&nbsp;<a name="FNanchor_255" id="FNanchor_255" href="#Footnote_255" class="fnanchor">[255]</a>. Le 15 septembre 1444&nbsp;<a name="FNanchor_256" id="FNanchor_256" href="#Footnote_256" class="fnanchor">[256]</a>, un certain
+Hugolin Alemand, parent du cardinal d'Arles, Louis
+Alemand, un des prélats les plus influents du concile de
+Bâle et l'un des ennemis les plus acharnés d'Eugène IV,
+se présenta au lever du jour devant les portes de la ville,
+à la tête d'une troupe nombreuse de Savoyards armés,
+criant: «Vive Savoye et Papa Félix!» Les assaillants
+mettent garnison aux portes de la ville et occupent la
+porte du Pont. Cette tentative d'occupation d'Avignon
+<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">77</a></span>
+à main armée au nom de l'anti-pape Félix V, avait
+été organisée secrètement par Louis Alemand et les
+pères du concile qui avaient compté sans l'énergie et
+l'activité toute militaires du légat d'Eugène IV à Avignon,
+le cardinal Pierre de Foix; mais celui-ci faisait bonne
+garde et pouvait opposer ses fidèles gascons aux aventuriers
+savoyards. Le cardinal appela aux armes tous les
+citoyens avignonnais et se mit lui-même à la tête des
+troupes. Après quelques heures d'une lutte acharnée, les
+assaillants furent mis en déroute, poursuivis dans les
+environs de la ville et pendus en grand nombre par
+ordre du cardinal de Foix. Eugène IV, informé de ce qui
+s'était passé, ordonna à l'évêque de Conserans, Tristan
+d'Aure, alors gouverneur de la place d'Avignon, de poursuivre
+avec la dernière rigueur les partisans de l'anti-pape
+et de ne faire aucun quartier aux prisonniers&nbsp;<a name="FNanchor_257" id="FNanchor_257" href="#Footnote_257" class="fnanchor">[257]</a>.
+Alarmé par l'audace de ses ennemis, le pape chercha
+pour ses États un protecteur, et Vallet de Viriville&nbsp;<a name="FNanchor_258" id="FNanchor_258" href="#Footnote_258" class="fnanchor">[258]</a> avance
+même que ce titre fut donné au dauphin <i>Protector
+Venaissini</i>, bien qu'aucune trace de cet acte ne subsiste
+dans les registres d'Eugène IV. Aux comptes secrets
+d'Eugène IV, nous trouvons à la date du 13 novembre 1444
+une dépense de 158 florins et 25 sols pour l'achat de deux
+couvertures d'écurie, couleur écarlate, envoyées au dauphin
+par le pape comme cadeau de bonne amitié&nbsp;<a name="FNanchor_259" id="FNanchor_259" href="#Footnote_259" class="fnanchor">[259]</a>. Ce que
+l'on ne saurait nier, c'est qu'à ce moment, et presque
+aussitôt après l'attaque d'Hugolin Alemand contre Avignon,
+le pape et le dauphin durent engager des pourparlers
+<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">78</a></span>
+secrets en vue de la cession à Louis des possessions
+de l'Église sur la rive gauche du Rhône. Grâce aux
+registres des délibérations des États nous avons pu
+reconstituer toutes les phases de ces négociations si
+curieuses, et faire connaître un épisode de l'administration
+du dauphin Louis resté jusqu'à ce jour absolument
+inédit&nbsp;<a name="FNanchor_260" id="FNanchor_260" href="#Footnote_260" class="fnanchor">[260]</a>.</p>
+
+<p>Le 24 novembre 1444, les États du Comtat se réunirent
+à Carpentras sous la présidence de Roger de Foix, abbé
+de Lézat&nbsp;<a name="FNanchor_261" id="FNanchor_261" href="#Footnote_261" class="fnanchor">[261]</a>, régent du Comtat et chargé, de la part du
+cardinal de Foix, son oncle, de faire aux élus une communication
+de la plus haute importance. Il expose aux
+représentants du pays que le pape Eugène IV a donné au
+dauphin Louis, fils du roi de France «le gouvernement
+et l'administration» du comté de Venaissin et de la ville
+d'Avignon: «Dominus noster papa Eugenius dedit et
+contulit regimen et gubernacionem presentis comitatûs
+Venayssini et civitatis Avenionensis illustrissimo principi
+domino Dalphino Viennensi, domini Francorum
+Regis filio&nbsp;<a name="FNanchor_262" id="FNanchor_262" href="#Footnote_262" class="fnanchor">[262]</a>.» La déclaration du régent avait un caractère
+de sincérité et de gravité particulier, en ce sens qu'il
+n'était, dans la circonstance, que le porte-parole du cardinal
+de Foix, légat du Saint-Siège à Avignon. Le régent
+affirmait que ledit cardinal avait vu, dans les mains d'un
+<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">79</a></span>
+camérier secret envoyé par le souverain pontife, une
+cédule contenant les principaux articles de l'acte de donation
+qui devait être passé entre le représentant du
+Saint-Siège et un certain écuyer nommé <span class="smcap">Optaman</span>(?), délégué
+spécialement, à cet effet, à Avignon, comme procureur
+du dauphin&nbsp;<a name="FNanchor_263" id="FNanchor_263" href="#Footnote_263" class="fnanchor">[263]</a>. En exposant les faits, par ordre du
+cardinal de Foix, aux représentants du comté de Venaissin,
+le régent ne pouvait leur laisser ignorer que ce projet
+de cession était très mal vu du dit cardinal comme de lui-même;
+il ajoutait qu'il ne voulait pas, en présence de
+l'assemblée, se laisser aller à des écarts de langage de
+nature à déplaire au pape et au dauphin, mais qu'il ne
+pouvait s'empêcher de protester solennellement&nbsp;<a name="FNanchor_264" id="FNanchor_264" href="#Footnote_264" class="fnanchor">[264]</a> contre
+<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">80</a></span>
+la convention projetée. Après avoir fait cette déclaration,
+le régent, suivant l'usage, quitta la salle des séances pour
+laisser les élus délibérer en toute liberté sur les mesures
+à prendre. Le surlendemain, les États se réunirent dans
+le local habituel (26 novembre 1444) pour examiner la
+conduite à tenir à la suite des déclarations de Roger de
+Foix. Après une longue délibération, ils décidèrent d'envoyer
+à Avignon, auprès du cardinal-légat, une véritable
+commission d'enquête chargée de provoquer les explications
+du cardinal et de rapporter sa réponse aux États&nbsp;<a name="FNanchor_265" id="FNanchor_265" href="#Footnote_265" class="fnanchor">[265]</a>.
+La délégation comprenait <i>Jehan de Beaudiera</i>, prieur de
+Bédoin, de l'ordre des Bénédictins, licencié ès-lois; pour
+les nobles, Gauffredi de Vénasque; pour la judicature de
+l'Isle, noble de Sades du Thor; pour la judicature de
+Valréas, seigneur Pierre Dauphin junior, juge de Valréas,
+et pour celle de Carpentras, Bertrand d'Alauzon et
+Gérard de Pernes. Les ambassadeurs des trois États se
+mirent en route pour Avignon où le cardinal-légat les
+reçut en audience et ne fit que leur répéter en détail ce
+que son neveu Roger de Foix avait déjà exposé à l'assemblée
+du pays, en protestant très énergiquement contre
+les intentions du Saint-Père.</p>
+
+<p>Les délégués rentrèrent à Carpentras le 28 novembre
+1444 et, le soir même, ils rendaient compte de la mission
+<span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">81</a></span>
+dont ils avaient été chargés. C'est alors que les États résolurent,
+en assemblée générale, d'envoyer au pape une
+ambassade, à Rome, à l'effet de protester contre ce projet
+de cession des domaines de l'Église au dauphin, en déclarant
+de la façon la plus formelle que les populations du
+Venaissin voulaient rester sous la domination pontificale
+et sous le gouvernement du cardinal Pierre de Foix.
+L'ambassade avait pour instruction de remontrer au
+pape: «que le comté de Venayssin et la ville d'Avignon,
+étant propriétés de l'Église romaine, offraient un refuge
+assuré à tous les chrétiens de l'univers, Français, Anglais,
+Espagnols, Allemands qui avaient coutume de la
+visiter en se rendant à Rome, d'y demeurer et d'y faire
+leurs affaires en toute sécurité. Les bannis de tous les
+pays trouvaient sur la terre papale un refuge assuré,
+et le jour où les États cesseraient d'appartenir au Saint-Siège,
+c'en était fait de <i>cette réputation de ville hospitalière
+et libre</i> dont Avignon jouissait en pays étrangers&nbsp;<a name="FNanchor_266" id="FNanchor_266" href="#Footnote_266" class="fnanchor">[266]</a>».</p>
+
+<p>Il est à croire qu'en présence de l'attitude de ses sujets,
+tant à Avignon qu'à Carpentras, Eugène IV renonça à
+son projet, et les pourparlers déjà très avancés, comme
+nous l'avons vu, furent abandonnés. Aucun document ne
+nous autorise à croire que Charles VII ait eu connaissance
+des relations de son fils avec le souverain pontife;
+mais, à coup sûr, comme nous le verrons plus tard,
+il n'eût pas manqué de condamner sévèrement ce
+marché.</p>
+
+<p>Quoi qu'il en soit, inquiet sans doute de l'agitation que
+pouvait provoquer en deçà des Alpes l'aliénation des
+<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">82</a></span>
+terres de l'Église, Eugène IV s'empressa de démentir
+les affirmations du cardinal de Foix. Dans un premier bref
+adressé aux États du Venaissin le 20 novembre 1444&nbsp;<a name="FNanchor_267" id="FNanchor_267" href="#Footnote_267" class="fnanchor">[267]</a>, il
+déclare que jamais il n'a eu la pensée d'aliéner les terres
+et les droits de l'Église romaine, mais qu'il s'est, au contraire,
+toujours efforcé de les étendre, et que les États
+ont pu constater qu'il a fait tous les sacrifices possibles
+pour les protéger contre les ennemis de l'Église. Il les
+engage à ne rien croire des faux bruits qui ont été mis
+en circulation; il les invite à vivre dans la fidélité et
+l'obéissance de l'Église et à se soumettre respectueusement
+à l'autorité du légat Pierre de Foix. Ce premier
+bref, si on le remarque, est adressé quatre jours avant la
+séance où Roger de Foix dénonce aux États la conduite
+du pape. Aussi il est vague, sans fait précis, et plutôt
+destiné à effacer la fâcheuse impression produite par la
+divulgation des intentions du Saint-Siège. Dans un second
+bref de décembre 1444&nbsp;<a name="FNanchor_268" id="FNanchor_268" href="#Footnote_268" class="fnanchor">[268]</a>, Eugène IV, voulant dissiper
+tout malentendu, fait savoir aux États qu'il a été
+instruit de certains propos «disseminatos sermones» répandus
+au sujet d'un projet d'aliénation des terres de
+l'Église au dauphin Louis. Il les informe qu'il n'a jamais
+eu l'intention de se séparer d'eux, mais qu'au contraire
+il entend conserver ses États sous le gouvernement de
+l'Église et du pape, et qu'il veut que désormais, comme
+<span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">83</a></span>
+dans le passé, ils ne cessent pas d'obéir au cardinal-légat.
+Deux brefs analogues étaient envoyés en même temps,
+et presque à la même date, aux consuls d'Avignon, pour
+les rassurer sur les intentions du Saint-Siège à leur
+égard&nbsp;<a name="FNanchor_269" id="FNanchor_269" href="#Footnote_269" class="fnanchor">[269]</a>.</p>
+
+<p>Malgré l'énergie de ces dénégations, et quelque habileté
+qu'Eugène IV eût mise à cacher ses desseins, il n'en
+est pas moins vrai qu'un projet de cession des États
+citramontains de l'Église au dauphin Louis, vers la fin de
+l'année 1444, a existé, et nous venons d'en fournir des
+preuves irréfutables. Quelle a été la part du futur Louis XI
+dans ces négociations? Il serait difficile de le dire, et aucun
+document ne permet même de le soupçonner. Il est
+hors de doute que, dans cette occurrence, l'initiative n'appartient
+pas au dauphin, qui certainement était flatté de
+la confiance du pape, mais à Eugène IV, qui préférait
+renoncer au besoin aux possessions de l'Église en deçà
+des Alpes que de les voir tomber entre les mains d'un
+rival suscité et soutenu par le concile de Bâle. Avec son
+expérience des hommes et des choses, son grand bon
+sens et son énergique volonté, le cardinal-légat Pierre
+de Foix comprit le danger que ce projet faisait courir à la
+papauté, et c'est certainement son intervention auprès
+d'Eugène IV qui amena la rupture des négociations et le
+maintien des Avignonnais et des Comtadins sous l'autorité
+du Saint-Siège.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">84</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE IV</h2>
+
+<p class="center">Le dauphin Louis et ses agissements vis-à-vis<br />
+des États citramontains de l'Église</p>
+
+<p class="center">(1444-1461).</p>
+
+<p class="hanging content">L'héritage des Boucicaut.&mdash;Invasion à main armée du Venaissin
+par les agents du Dauphin.&mdash;L'expédition de Troyhons (1450).&mdash;Intervention
+de Charles VII.&mdash;Ambassade de Jehan de Lizac
+à Avignon (mars 1451).&mdash;Mission du cardinal d'Estouteville
+(1452).&mdash;Les dernières intrigues du dauphin.</p>
+
+<p class="p2">Malgré l'échec de leur combinaison, le dauphin Louis
+et Eugène IV n'en restèrent pas moins d'excellents amis&nbsp;<a name="FNanchor_270" id="FNanchor_270" href="#Footnote_270" class="fnanchor">[270]</a>.
+Fixé désormais dans son gouvernement du Dauphiné,
+entouré de familiers sûrs et dévoués, Louis put donner libre
+cours à «ce talent d'intrigues et d'agissements occultes
+qu'il devait pousser si loin&nbsp;<a name="FNanchor_271" id="FNanchor_271" href="#Footnote_271" class="fnanchor">[271]</a>». Naturellement, toute son
+attention devait se porter sur ses voisins. Nous le voyons
+successivement, dans une pensée politique qui, du reste,
+lui fait le plus grand honneur, chercher à étendre vers le
+midi les limites de son Dauphiné, comme il travaillera
+plus tard à pousser plus loin les frontières de son royaume,
+<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">85</a></span>
+tout en donnant aux provinces cette cohésion qui est la
+première condition de l'unité territoriale et politique d'un
+grand État.</p>
+
+<p>La pensée dominante du règne de Louis XI, et que la
+plupart de ses historiens ont à peine soupçonnée, c'est l'occupation
+du littoral de Provence qui doit donner à la
+France la prépondérance sur la Méditerranée. Déjà ce
+dessein caché se fait jour dans l'administration du dauphin,
+et c'est morceau par morceau, peut-on dire, que
+Louis cherche à s'annexer successivement les territoires
+qui séparent le domaine royal des possessions de la seconde
+maison d'Anjou. Sur sa route, il devait rencontrer
+comme une barrière les terres de l'Église, mais il n'était
+pas prince à reculer devant cet obstacle. Un premier
+échange avec le duc de Savoie (4 avril 1446)&nbsp;<a name="FNanchor_272" id="FNanchor_272" href="#Footnote_272" class="fnanchor">[272]</a> donne à
+Louis les comtés de Valentinois et de Diois pour le Faucigny,
+province éloignée, sans importance, alors que les
+pays échangés confinaient aux domaines de l'Église et
+donnaient libre accès dans la vallée du Rhône. De là à
+mettre la main sur Montélimar, il n'y avait qu'un peu
+d'adresse diplomatique et elle ne manquait pas au dauphin.
+Les papes avaient, il est vrai, depuis 1228&nbsp;<a name="FNanchor_273" id="FNanchor_273" href="#Footnote_273" class="fnanchor">[273]</a> des
+droits incontestés sur Montélimar que ne détruisaient pas
+les prétentions des rois de France sur cette ville. Une
+première fois, le dauphin, par lettres patentes datées de
+<span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">86</a></span>
+Nancy, le 29 mars 1445, avait abandonné ses droits sur
+Montélimar en faveur d'un certain Arrighi, mais la donation
+n'eut pas de suite&nbsp;<a name="FNanchor_274" id="FNanchor_274" href="#Footnote_274" class="fnanchor">[274]</a>. Le 22 juillet 1446&nbsp;<a name="FNanchor_275" id="FNanchor_275" href="#Footnote_275" class="fnanchor">[275]</a>, Eugène IV,
+pour des raisons inconnues renonça à sa part de droits sur
+Montélimar en faveur du même Arrighi; mais comme
+pour le Venaissin en 1444, cette donation provoqua parmi
+les habitants de la seigneurie de Montélimar une vive
+émotion; une ambassade fut envoyée auprès du souverain
+pontife pour lui remontrer que la portion de ladite seigneurie,
+appartenant à l'Église, ne pouvait être aliénée
+sans compromettre la sécurité d'Avignon et du comté
+Venaissin, «cum sit clavis et introitus dicti comitatûs&nbsp;<a name="FNanchor_276" id="FNanchor_276" href="#Footnote_276" class="fnanchor">[276]</a>».
+L'ambassade obtint l'annulation de la donation consentie
+à Arrighi, qui n'était peut-être que le fidéi-commis du
+dauphin, mais la proie était trop tentante pour que ce
+dernier la laissât échapper. On le voit, à ce moment
+même, entretenir les relations les plus étroites avec Eugène
+IV, qui lui fait payer par Robert Damien, archevêque
+d'Aix, une somme de 20,000 florins&nbsp;<a name="FNanchor_277" id="FNanchor_277" href="#Footnote_277" class="fnanchor">[277]</a> sur les revenus
+des églises de France. Depuis longtemps, d'autre part,
+Louis négociait des traités secrets avec le cardinal de
+Foix, qui avait sans doute pour mission de préparer les
+bases d'une convention destinée à mettre Montélimar
+entre les mains du dauphin de France. Les conditions du
+<span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">87</a></span>
+nouveau traité furent discutées à Romans (mars 1447)
+entre Louis et Pierre de Foix et approuvées par le successeur&nbsp;<a name="FNanchor_278" id="FNanchor_278" href="#Footnote_278" class="fnanchor">[278]</a>
+d'Eugène IV, Nicolas V. Mais le traité définitif ne
+fut signé que le 13 mai 1447 à Carpentras&nbsp;<a name="FNanchor_279" id="FNanchor_279" href="#Footnote_279" class="fnanchor">[279]</a>; il porte la signature
+de Louis et de Pierre de Foix. Le dauphin rendait
+au pape le château de Grillon et recevait en échange
+la seigneurie de Montélimar, ou du moins «la part et
+porcion que le sieur de Grignen soulait tenir de Monteil
+Aymart tenu en fie et hommaige de mon dit sieur pieca
+baillée à Nostre Saint-Père le Pape par le dit de Grignen».
+C'était, pour la chambre apostolique et la papauté
+un marché de dupe&nbsp;<a name="FNanchor_280" id="FNanchor_280" href="#Footnote_280" class="fnanchor">[280]</a>, car Louis gardait pour lui la
+part la plus considérable; en outre, il s'engageait à rendre
+hommage pour la seigneurie nouvellement acquise
+au recteur du Comtat. Il se garda bien de tenir sa parole
+et c'est là, nous le verrons plus tard, un des griefs principaux
+portés à Rome contre le dauphin, en 1461. Cette
+acquisition de Montélimar par le fils du roi de France
+mettait désormais Avignon et le Venaissin à sa merci;
+sa politique, du reste, à ce moment, avait dans la ville des
+papes un agent tout dévoué, le cardinal de Foix, et c'est
+<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">88</a></span>
+à coup sûr sous l'inspiration de ce dernier que le conseil
+de ville d'Avignon délibère, le 27 avril 1447, d'offrir
+50 florins en vaisselle d'argent «au sérénissime dauphin
+de Viennois&nbsp;<a name="FNanchor_281" id="FNanchor_281" href="#Footnote_281" class="fnanchor">[281]</a>».</p>
+
+<p>Cette année même, au mois de novembre 1447, une
+ambassade est envoyée à Carpentras par le dauphin. Les
+archives municipales nous en fournissent la preuve indéniable&nbsp;<a name="FNanchor_282" id="FNanchor_282" href="#Footnote_282" class="fnanchor">[282]</a>.
+Quel était le but de cette ambassade? Nous ne
+saurions le dire, mais le dauphin, ayant des moulins à
+Carpentras depuis de longues années&nbsp;<a name="FNanchor_283" id="FNanchor_283" href="#Footnote_283" class="fnanchor">[283]</a>, profitait peut-être
+de ce prétexte pour sonder les dispositions des États et
+chercher une cause qui l'amenât à intervenir dans les affaires
+intérieures des vassaux du pape. Peut-être encore
+est-il permis de supposer qu'il s'agissait de la ratification
+du traité passé en mai de la même année? En présence
+de la pénurie des documents, on peut se demander, avec
+quelque raison, si déjà, dès 1447, le dauphin Louis ne se
+portait pas en revendicateur des biens et héritages des
+neveux du maréchal Boucicaut, les fils de Geoffroy le
+Meingre, mort en 1429, et que nous voyons figurer dans
+un acte authentique du 23 juin 1452 extrait des archives
+de Valréas&nbsp;<a name="FNanchor_284" id="FNanchor_284" href="#Footnote_284" class="fnanchor">[284]</a> <i>Louis le Meingre</i>&nbsp;<a name="FNanchor_285" id="FNanchor_285" href="#Footnote_285" class="fnanchor">[285]</a> <i>et Jean le Meingre</i>. Nous
+croyons donc pouvoir supposer avec quelque fondement
+que là est le véritable but de l'envoi à Carpentras des
+gens du dauphin en novembre 1447.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">89</a></span>
+Nous ne croyons pas avoir à revenir sur l'origine de
+cette question, assez obscure du reste, que nous avons
+cherché à élucider ailleurs autant que les documents à
+notre disposition nous l'ont permis. Rappelons seulement
+en quelques mots l'état de la question au moment où le
+dauphin s'établit dans son gouvernement.</p>
+
+<p>Malgré les efforts et les bonnes dispositions du cardinal
+de Foix, le litige qui s'était élevé au sujet de l'attribution
+des biens de la succession du maréchal de Boucicaut et
+de son frère Geoffroy était resté pendant. A la demande
+du dauphin, les États se réunirent à Carpentras, en 1448&nbsp;<a name="FNanchor_286" id="FNanchor_286" href="#Footnote_286" class="fnanchor">[286]</a>,
+pour délibérer sur la réponse à faire aux revendications
+des héritiers. Les élus ne purent s'entendre. Mais Louis
+devient plus pressant et informe l'assemblée du pays que
+les Boucicaut l'ont chargé de faire valoir leurs droits&nbsp;<a name="FNanchor_287" id="FNanchor_287" href="#Footnote_287" class="fnanchor">[287]</a> et
+il appuie sa réclamation par une lettre qu'il confie à deux
+des familiers de son hôtel, maître Ferraudiz «maistre des
+requestes» de l'hôtel du dauphin, et Anthoyne d'Alauzon,
+«escuier de son escuerie&nbsp;<a name="FNanchor_288" id="FNanchor_288" href="#Footnote_288" class="fnanchor">[288]</a>»; il fait savoir aux États qu'ils
+doivent «adjuster plaine foy et créance à tout de ce que
+de nostre part ils vous diront». La missive était écrite
+de Romans le 15<sup>e</sup> jour de may 1450. Introduits au sein
+de l'assemblée les envoyés y exposèrent l'objet de leur
+voyage au sujet des Boucicaut, mais aucune conclusion
+ne fut prise&nbsp;<a name="FNanchor_289" id="FNanchor_289" href="#Footnote_289" class="fnanchor">[289]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">90</a></span>
+Mécontent de la mauvaise volonté des représentants
+comtadins, Louis emploie la menace et fait avancer quelques
+soldats pour intimider les officiers pontificaux. Le
+cardinal de Foix cherche à calmer l'irritation du dauphin
+et dépêche auprès de lui le gouverneur d'Avignon, Tristan
+d'Aure, évêque de Conserans, qui ne fut pas reçu.
+De son côté, le dauphin expédiait au cardinal-légat le
+sieur d'Estissac&nbsp;<a name="FNanchor_290" id="FNanchor_290" href="#Footnote_290" class="fnanchor">[290]</a>, avec mission d'exposer à Pierre de
+Foix ses revendications et d'insister pour le paiement
+d'une somme de 6,000 fr.; à cette condition il promettait
+d'oublier ses griefs. Les exigences de Louis portées à la
+connaissance des États, ceux-ci donnèrent pleins pouvoirs
+au cardinal de traiter pour une somme aussi modérée que
+possible (27 octobre 1450).</p>
+
+<p>Au fond, les réclamations présentées aux États par le
+dauphin de France, pour le compte des Boucicaut, n'étaient
+qu'un prétexte que ce dernier cherchait pour avoir l'air
+de les mettre dans leur tort, et avec l'intention calculée
+de justifier les attaques et les violences de toutes sortes
+dont ses propres officiers et lui-même allaient, dans le
+même temps, se rendre coupables vis-à-vis des vassaux
+de sa Sainteté. Bien décidé à combattre le pouvoir temporel
+des évêques en Dauphiné, Louis engageait la lutte
+sur les propres domaines de l'Église sans aucun ménagement.
+Cette résolution se montre partout au moment
+même où il refuse de reconnaître la suzeraineté de
+l'évêque de Grenoble, coseigneur de la ville, et l'oblige
+à lui rendre hommage à lui-même (18 octobre 1450); il
+<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">91</a></span>
+suit une politique semblable vis-à-vis des villes et villages
+appartenant au Saint-Siège, mais enclavés en Dauphiné&nbsp;<a name="FNanchor_291" id="FNanchor_291" href="#Footnote_291" class="fnanchor">[291]</a>.
+Nyons, Vinsobres, Mirabel-les-Baronnies étaient en Dauphiné,
+mais le dauphin devait prêter hommage pour ces
+villes au recteur du Comtat, ouvrir les portes quand le
+recteur se présentait, faire arborer pendant un jour les
+armes des papes au sommet de la tour de la ville et payer
+chaque année un marc d'argent. Louis refusa énergiquement
+sur tous ces points de donner satisfaction au
+Saint-Siège&nbsp;<a name="FNanchor_292" id="FNanchor_292" href="#Footnote_292" class="fnanchor">[292]</a>.</p>
+
+<p>Presque aux confins de la seigneurie de Montélimar
+était la terre de Pierrelatte qui faisait partie du comté
+Venaissin. Les papes avaient droit à l'hommage des
+coseigneurs de cette terre, qui le prêtaient au recteur du
+Comtat. Louis secrètement excite les vassaux du Saint-Siège
+à la révolte, et à partir de 1450&nbsp;<a name="FNanchor_293" id="FNanchor_293" href="#Footnote_293" class="fnanchor">[293]</a> ceux-ci refusent
+de rendre hommage au recteur, prétendant qu'ils ne le
+devaient qu'au dauphin. Ce premier coup porté aux
+droits du Saint-Siège fut suivi d'un second beaucoup plus
+grave, puisqu'il s'agit d'une véritable confiscation d'un
+territoire pontifical. La même année, en effet, à la suite
+d'une rixe qui avait éclaté entre les habitants de Caderousse
+<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">92</a></span>
+et des sujets de la couronne, au passage du
+Rhône, quelques-uns de ces derniers ayant été blessés
+ou tués, le dauphin exige des États et du légat une
+somme de 4,000 écus comme compensation des torts faits
+à ses vassaux, et n'étant qu'à demi satisfait de ces concessions,
+Louis met la main sur Pierrelatte&nbsp;<a name="FNanchor_294" id="FNanchor_294" href="#Footnote_294" class="fnanchor">[294]</a>.</p>
+
+<p>La Chambre apostolique eut à subir également une
+nouvelle injustice de la part de Louis. Cette dernière,
+depuis un temps immémorial, avait le droit de percevoir
+à la Palud&nbsp;<a name="FNanchor_295" id="FNanchor_295" href="#Footnote_295" class="fnanchor">[295]</a> un ducat par boisseau de blé transporté sur
+le Rhône. Le dauphin contesta ce droit et refusa de se
+rendre aux observations de la cour de Rome. Ces vexations
+répétées produisirent à Avignon et dans tout le
+Venaissin un vif mécontentement, et après délibération,
+il fut décidé qu'une ambassade serait envoyée simultanément
+au pape et à Charles VII, avec mission de dévoiler
+au roi la conduite odieuse de son fils. La minute de ce document
+nous a été heureusement conservée&nbsp;<a name="FNanchor_296" id="FNanchor_296" href="#Footnote_296" class="fnanchor">[296]</a>. Le mémoire
+rédigé sans aucun doute sous l'inspiration du cardinal
+<span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">93</a></span>
+de Foix relatait tous les faits dont il vient d'être parlé.
+A côté, et pour mieux montrer combien étaient légitimes
+les plaintes des Avignonnais et des Comtadins, le
+mémoire faisait allusion à quelques menus griefs dont
+Louis croyait avoir à se plaindre. Il y était dit entre autres
+que le dauphin passant une nuit à la Palud, le capitaine
+du lieu, ignorant qui il était, avait refusé de lui ouvrir les
+portes. Autre grief: un certain Aynard, dit <i>le seigneur
+des Marches</i>, se tenait dans une tour appelée le
+Burset et dépouillait, capturait ou tuait les personnes
+d'Avignon et du Venaissin qui venaient à passer à portée
+de ses gens. Le cardinal de Foix voulant pourvoir à la
+sûreté commune, le fit déguerpir à main armée. Le dauphin
+prit cet acte de vigueur pour une «injure personnelle»,
+bien que la tour de Burset fût située en Provence,
+dans le domaine du roi de Sicile, et que ce dernier eût
+autorisé le légat à expulser ledit seigneur des Marches
+même <i>manu militari</i>. Le dauphin se plaignait encore d'un
+outrage qu'il aurait reçu des habitants de Bollène qui
+avaient enlevé du territoire de Bozon, appartenant au
+Comtat, et hors de sa juridiction, les poteaux portant
+ses armes et panonceaux, et réclamait de ce chef une
+grosse indemnité pécuniaire. Forts de leur bon droit,
+les sujets du pape objectaient à leur tour que les officiers
+du Dauphiné empiétaient sur les États du Saint-Père,
+plantant çà et là les armes de leur seigneur,
+comme ils l'avaient fait à Caromb, aux portes de Carpentras,
+devant un verger d'oliviers, propriété de François
+de Ponte. En outre, ils accordaient à des Comtadins la
+sauvegarde du dauphin, ainsi que cela s'était vu naguère
+pour la garde des tours de Piolenc.</p>
+
+<p>Enfin, les mêmes officiers, quoique le château des
+<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">94</a></span>
+Pilles fût du domaine de l'Église et de la juridiction de
+Valréas, avaient sommé le seigneur de ce lieu de comparaître
+devant eux pour souscrire en faveur du dauphin
+l'hommage de son fief&nbsp;<a name="FNanchor_297" id="FNanchor_297" href="#Footnote_297" class="fnanchor">[297]</a>.</p>
+
+<p>La mesure était comble, et toutes ces plaintes accumulées
+furent portées à la connaissance de Charles VII par
+le pape et par le cardinal de Foix dans les derniers mois
+de 1450. Au moment où les doléances des Avignonnais
+parvinrent à la Cour, la situation entre le dauphin et son
+père était très tendue. Le roi se trouvait, depuis le commencement
+de l'hiver, aux Montilz-les-Tours, dont il
+avait fait sa résidence de prédilection. C'est là qu'entouré
+d'une foule de seigneurs appartenant aux plus anciennes
+familles de la noblesse française, Charles VII donnait des
+fêtes splendides tout en dirigeant avec habileté les affaires
+de l'État&nbsp;<a name="FNanchor_298" id="FNanchor_298" href="#Footnote_298" class="fnanchor">[298]</a>. C'est au milieu de cette Cour hostile au dauphin
+que furent apportées les nouvelles des attentats
+dont il s'était rendu coupable vis-à-vis des vassaux du
+Saint-Siège. Charles VII, fort courroucé des allures indépendantes
+de son fils, le faisait surveiller étroitement; il
+n'ignorait pas son projet de mariage avec Charlotte, fille
+du duc de Savoye, qui était contre sa volonté. Déjà, un
+an auparavant (février 1450), Charles VII avait envoyé
+auprès de son fils Thibaud de Luce&nbsp;<a name="FNanchor_299" id="FNanchor_299" href="#Footnote_299" class="fnanchor">[299]</a>, évêque de Maillezays,
+chargé de faire au dauphin de vifs reproches sur
+les points suivants: «Il avait mécontenté le roy par son
+attitude à l'égard des églises du Dauphiné; la rumeur
+publique l'accusait, en outre, «de vouloir s'emparer
+<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">95</a></span>
+d'Avignon et du Comtat», ce qui serait contre Dieu et
+contre l'Église&nbsp;<a name="FNanchor_300" id="FNanchor_300" href="#Footnote_300" class="fnanchor">[300]</a>.»</p>
+
+<p>Les lettres du cardinal de Foix et des consuls d'Avignon
+durent mettre le comble à la colère du roi contre
+son fils, et au mois de février 1451 Charles VII paraît se
+résoudre à une action énergique. Nous en trouvons l'indice
+dans l'envoi simultané de deux ambassadeurs, l'un à
+Chambéry, «le Roi d'armes de Normandie», qui devait
+notifier au duc de Savoie l'opposition formelle de Charles
+VII au mariage du dauphin avec la princesse Charlotte;
+l'autre, de «Jean de Lizac», premier sergent
+d'armes de la maison du roi, qui recevait l'ordre de se
+rendre en toute hâte à Avignon pour faire connaître aux
+syndics de la ville et au cardinal de Foix les intentions de
+Sa Majesté. Nous avons pu retrouver dans les registres
+des délibérations du conseil de ville la copie des instructions
+royales, que nous reproduisons in-extenso, et la réponse
+des Avignonnais auxdites instructions:</p>
+
+<div class="blockquote">
+<p>«<i>Instruction de par le Roy à Jehan de Lizac, premier
+huissier d'armes dudit sire, sur ce qu'il a affaire par
+devers le Cardinal de Foyx et les bourgeoys et habitans
+de la cité d'Avignon, touchant la matière dont cy après
+est faicte mencion:</i></p>
+
+<p>«Premièrement, s'en yra par ses journées jusques au
+dit lieu d'Avignon. Et en son chemin et au dit lieu
+<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">96</a></span>
+d'Avignon se informera et enquerra là où il verra
+estre affaire et par bons moyens se aulcuns traictez se
+sont fais ou font avecques monseigneur le dalphin ou
+aultres de par luy, de bailler et mettre ès mains de
+mon dit seigneur la ville d'Avignon et conte de Venissy,
+et par quelles gens et moyens la chose se doit
+fere se ainsi est&nbsp;<a name="FNanchor_301" id="FNanchor_301" href="#Footnote_301" class="fnanchor">[301]</a>.</p>
+
+<p>«Item et suppose que les choses dessus dites soyent
+vrayes ou non. Après les salutations accoustumées,
+présentera les lettres closes que le roy escript au dit
+cardinal de Foix. Et après aus dits manans et habitans
+de la dite ville d'Avignon.</p>
+
+<p>«Item et pour sa créance leur dira que dès pieca et
+puis naguères nostre saint père (Nicolas V) a fait savoir
+au roy, par lettres et de bouche, et espécialement et
+dernièrement, par le doyen de Ségobie, les grands
+maulx et entreprinses que continuelement se faisoient
+par les gens du dict monseigneur le dalphin et de son
+adveu, sur les terres et seigneuries de notre dit saint
+père et de la sainte Église catholique, et sur ses
+hommes et subgetz. Et principalement sur ceulx du
+dit lieu d'Avignon et du dit conte de Venissy et autres
+des dites Marches. Et de ce a esté pareillement adverti
+le roy par le dit cardinal d'Avignon, en requérant instamment
+au roy provision sur ce.</p>
+
+<p>«Item dira ledit de Lizac que, après ces choses, le roy
+a fait savoir aus dits cardinal et habitans que les entreprises
+dessus dites navaient point été faites par adveu
+ne de son sceu et consentement, mais en avoit esté
+et estoit très desplaisant et courroucé. Et que quant aucuns
+<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">97</a></span>
+feroient ou porteroyent dommage à notre dit
+Saint-Père et aux terres et seigneuries de l'Eglise et
+subgets d'icelle. Et il estoit requis en ayde qu'il si employeroit
+en toutes manières possibles au bien et honneur
+de notre dit Saint-Père et à la conservation des
+droits de ladite Esglise.</p>
+
+<p>«Item dira que nonobstant toutes ces choses on a puis
+naguères rapporté au roy que aulcuns font avecques
+mon dit seigneur le dalphin ou avec autres de par luy
+certains traictiez ou accors de bailler ou faire bailler à
+mon dit seigneur le dalphin les dits villes d'Avignon et
+conte de Venissy qui seroit, se ainsi estoit, chose préjudiciable
+à notre dit Saint-Père le pappe et en son grant
+préjudice et dommage et diminucion des droits et seignories
+de lui et de l'Esglise. Et lesquelles choses le roy
+ne peut bonnement croire que ainsi soit.</p>
+
+<p>«Item dira pour celle cause le roy l'envoye par delà
+expressément pour les advertir des choses dessus dites
+et obvier à icelles. Et pour leur dire et remonstrer que
+se la chose advenoit, ce qu'il ne pourroit bonnement
+croyre, le roy y prendroit très grant desplaisir et nen
+pourroit estre content, et seroit contraint de y donner
+provision à l'onneur de notre dit Saint-Père et du Saint-Siège
+apostolicque telle qu'il appartiendroit.</p>
+
+<p>«Item et tout ce qu'il trouvera touchant les choses dessus
+dites et aultres deppandans de la matière, rédigera
+par escript, et les rapportera au roy pour procéder au
+surplus ainsi qu'il appartiendra.</p>
+
+<p>«Faict aux Montilz-lez-Tours, le <span class="smcap">VIII</span><sup>e</sup> jour de mars l'an
+mil <span class="smcap">CCCCLI</span>.</p>
+
+<p class="right">«J. de Laloëre.»</p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">98</a></span></p>
+<div class="blockquote">
+<p class="center"><i>Coppia littere responcionis tradite dicto Johanni
+de Lizacco primo hostiario regio:</i></p>
+
+<p>«Très hault, très puissant prince et très redoubté seigneur.
+Nous nous recommandons à vous tant et très
+humblement que fere povons. Très haut, très puissant
+prince et très redoubté seigneur, plaise vous savoir que
+nous avons receues vos gracieuses lettres avec honneur
+et révérence à nous possible par votre premier huissier
+Jehan de Lizac et si avons oye sa créance et bien entendue.
+Contenant en partie comme ainsi que comme
+l'on vous a rapporté que nous voulions mettre ceste
+cité d'Avignon hors des mains de l'Esglise et aultrement.
+Sur quoy, très humblement vous rescripvons que
+au disposer de ce que notre loyalté ne requierre que
+jamais n'a esté ne ne sera en notre pensée par ainsi
+que de ceste matière avons parlé et en parlement avecques
+le très révérend père en Dieu, Monsieur le cardinal
+de Foix, vicaire et légat de notre Saint-Père le pappe.
+Duquel seigneur sommes seurs et certains que jamais
+n'a esté ne sera son entencion de le faire. Et se l'on
+vouloit entreprendre de faire le contraire, le dit monseigneur
+le cardinal et nous y résisterons de notre
+force et de tout notre povoyr tous les jours en espérance
+de votre bon ayde et confort ainsi que plus à plain
+avons dit et remonstré audit de Lizac. Et, au brief, vous
+certifions plus au long par message exprès. Lequel
+monseigneur le cardinal pareillement vous en rescript.
+Très hault, très puissant prince et très redoubté seigneur,
+de votre bon advisement et très nobles propos
+sommes toujours et avons esté bien advisez, donc à
+votre royal magesté tant et si humblement que plus povons
+<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">99</a></span>
+et remercions, car Dieu mercy, par votre magesté
+tant que luy a esté possible de sa bénigne grâce comme
+vray bras dextre et protecteur de l'Esglise et subgets
+d'icelle, avons esté de plusieurs dangiers et affaires à
+ceste cité contraires gardez et préservez. Et aussi avons
+esté toujours et encore sommes en bonne espérance
+que toujours votre magesté ne daignera penser ou faire
+souffrir estre fait le contraire, mais comme avez de
+bonne coustume votre magesté nous aura toujours en
+sa grâce et espéciale recommandacion. Pour ce, très
+hault, très puissant prince et très redoubté seigneur,
+très humblement vous supplions qu'il vous plaise de
+nous mander et enjoindre tous vos très nobles plaisirs
+et services pour les acomplir de très bon cuer sans
+faillir, avec povoir du plaisir de Dieu qui vous doine
+bonne vie et longue et acomplissement de vos très
+nobles plaisirs.</p>
+
+<p>«Escript en Avignon le premier jour d'avril.»</p>
+</div>
+
+<p>En outre de ses instructions, Jean de Lizac apportait au
+conseil une lettre du roy, dont nous reproduisons
+l'original inédit conservé aux archives de la ville.</p>
+
+<div class="blockquote">
+<p class="hanging"><i>Copie de la lettre que Charles VII fit remettre aux consuls
+d'Avignon par Jean de Lizac, premier huissier d'armes
+dudit sire (8 mars 1451):</i></p>
+
+<p>«Charles par la grâce de Dieu roi de France,</p>
+
+<p>«Tres chiers et bons amys, vous savez assez les grans
+plaintes et doléances que notre Saint-Père le pappe, par
+ses lettres et aultrement nous a despieca, et puis
+naguères faites touchant les entreprinses que notre
+<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">100</a></span>
+beau filz le dalphin et aultres de par luy et a son
+adveu ont puis naguères fait sur ses hommes et subgetz
+et sur les terres et seigneuries de l'Esglise. Et pareillement
+nous en a escript notre tres chier et amé cousin,
+le cardinal de Foix, et aussi nous en avez escript. Sur
+quoy nous avons fait scavoir notre voulonté et intencion
+bien a plain. Néantmoins nous avons puis naguères
+entendu que aulcuns traictiez accors et convencions se
+maynent et conduisent avec notre dit filz de luy bailler
+ou à aultres de par luy la ville d'Avignon et conte de
+Venissi, lesquelles choses se elles se mettoyent à exécution
+seroient au grant grief préjudice et dommage de
+notre dit Saint-Père et du Saint-Siège apostolique veu le
+conseil que scavez que notre dit filz a de présent
+avecques luy, comme avons fait savoir bien aplain à
+notre dit cousin le cardinal. Sy vous signifions ces
+choses affin que y mettiez remedde et provision convenable.
+Car se la chose advenoit, ce que ne pourrions
+bonnement croyre, nous y prendrions tres grant desplaisir
+et serions contrains de y donner provision à
+lonneur de notre dit Saint-Père et dudit Saint-Siège
+apostolicque telle quil appartiendra. Ainsi que plus à
+plain avons dit et déclaré de bouche à Jehan de Lizac
+escuier, notre serviteur et premier huissier d'armes,
+porteur de ces présentes pour le vous dire et rapporter.
+Sy le vueillez croire et adjouster foy ad ce que de par
+nous vous en dira.</p>
+
+<p>«Donné aux Montilz lez tours, ce <span class="smcap">VIII</span><sup>e</sup> jour de mars&nbsp;<a name="FNanchor_302" id="FNanchor_302" href="#Footnote_302" class="fnanchor">[302]</a>,</p>
+
+<p class="left60">«Charles,<br />
+<span class="i2">«de la Loëre.»</span></p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">101</a></span>
+Il ressort des documents produits ci-dessus que
+Charles VII soupçonnait fortement son fils de méditer
+l'occupation des États citramontains du Saint-Siège et de
+cacher ses ténébreux desseins, avec la complicité du cardinal
+de Foix dont le rôle et l'attitude dans cette circonstance
+peuvent paraître très équivoques. Quoi qu'il en
+soit, les consuls d'Avignon s'empressèrent d'adresser au
+roi cette missive dans laquelle ils se défendaient très
+énergiquement de vouloir «mettre ceste cité d'Avignon
+hors des mains de l'Esglise et aultrement». Ils donnent
+comme garantie de la loyauté de leur parole l'approbation
+du cardinal-légat: «duquel seigneur sommes seurs
+et certains que jamais n'a esté, ne sera son entencion
+de le faire. Et se l'on vouloit entreprendre de faire le
+contraire ledit monseigneur le cardinal et nous y resisterons
+de notre force et de tout notre povoyr, tous les
+jours en espérance de votre bon ayde et confort, ainsi
+que plus a plain avons dit et remonstré au dit de Lizac.»
+Le conseil de ville envoyait en outre au roi un messager
+exprès chargé d'assurer Sa Majesté, au nom du conseil et
+du cardinal de Foix, de leurs sentiments de respectueuse
+déférence et de dévouement à la couronne&nbsp;<a name="FNanchor_303" id="FNanchor_303" href="#Footnote_303" class="fnanchor">[303]</a>.</p>
+
+<p>Louis, alors en Dauphiné, eut presque aussitôt connaissance
+des rapports adressés au roi contre lui. Il en conçut
+une violente irritation contre les Avignonnais, et comme
+nous le verrons dans un autre chapitre, cette rancune
+subsistait encore dix ans après, car ce fut le premier
+reproche que Louis, devenu roi, adressa aux ambassadeurs
+d'Avignon dans l'audience qu'il leur accorda&nbsp;<a name="FNanchor_304" id="FNanchor_304" href="#Footnote_304" class="fnanchor">[304]</a>
+<span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">102</a></span>
+(7 décembre 1461). Quant au cardinal, avec une grande
+souplesse diplomatique, qui est le fond même de son
+caractère, il sut, sans déplaire au dauphin, laisser croire
+à Charles VII que jamais les droits des papes n'avaient
+été en d'aussi bonnes mains que les siennes. En somme,
+ni du côté de la Savoie, ni du côté d'Avignon, Charles VII
+n'obtenait satisfaction. Bien plus, l'attitude et les nouveaux
+agissements du dauphin montrèrent chez lui une intention
+de plus en plus arrêtée de braver les ordres de son
+père.</p>
+
+<p>En effet, moins de trois mois après l'envoi de l'ambassade
+à Charles VII, au moins de juin 1451, la peste
+sévissait à Avignon et, comme d'usage, toutes les personnes
+aisées qui avaient pu se procurer un logis à la
+campagne avaient fui le foyer de l'infection. Allemand de
+Pazzis&nbsp;<a name="FNanchor_305" id="FNanchor_305" href="#Footnote_305" class="fnanchor">[305]</a> et Louis Gaspardini, qui étaient de ce nombre,
+avaient cherché un refuge au lieu d'Entraigues&nbsp;<a name="FNanchor_306" id="FNanchor_306" href="#Footnote_306" class="fnanchor">[306]</a> (<i>Inter
+aquas</i>) avec leur famille.</p>
+
+<p>Sur ces entrefaites, un nomme Pierre Troyhon&nbsp;<a name="FNanchor_307" id="FNanchor_307" href="#Footnote_307" class="fnanchor">[307]</a>, ancien
+trésorier du roi René, organisa une troupe d'hommes
+<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">103</a></span>
+d'armes, archers et varlets, et se porta secrètement
+avec tout son monde par une marche rapide sur Entraigues,
+dans le Venaissin, où il arriva de nuit et quand
+tout le monde était couché. Ces brigands se saisirent de
+Pazzis et de Gaspardini qui reposaient dans leur chambre,
+et les firent prisonniers avec toute leur famille. Ils s'emparèrent
+de leurs joyaux et de leur numéraire et abandonnèrent
+le reste au pillage de leurs gens. Ils emmenèrent
+ensuite leurs prisonniers avec leurs femmes et leurs
+enfants à travers le Valentinois jusqu'au château d'Ésau&nbsp;<a name="FNanchor_308" id="FNanchor_308" href="#Footnote_308" class="fnanchor">[308]</a>,
+qui est sur les limites du comté, et les retinrent ainsi pendant
+près de huit mois, jusqu'au moment où ils purent
+obtenir leur liberté en acquittant une rançon de 6,000 écus&nbsp;<a name="FNanchor_309" id="FNanchor_309" href="#Footnote_309" class="fnanchor">[309]</a>.
+Là ne s'arrêtèrent pas les exploits de Troyhon. La même
+année, ce détrousseur de grand chemin, fort de l'appui
+du dauphin et des héritiers de Boucicaut&nbsp;<a name="FNanchor_310" id="FNanchor_310" href="#Footnote_310" class="fnanchor">[310]</a>, se jette avec
+ses bandes armées sur Valréas, ville importante du Comtat,
+ravageant les villages, saccageant les récoltes et faisant
+<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">104</a></span>
+de nombreux prisonniers. Plusieurs d'entre eux, hommes,
+femmes, enfants, sont impitoyablement égorgés.
+Le produit du butin emporté par ces brigands dans deux
+incursions successives est évalué à 2,000 écus. La sécurité
+même d'Avignon et de Carpentras est menacée et les
+États se réunissent pour voter une taille extraordinaire
+contre Troyhon et ses routiers&nbsp;<a name="FNanchor_311" id="FNanchor_311" href="#Footnote_311" class="fnanchor">[311]</a>. Après Valréas, c'est le
+tour de La Palud où les bandes de Troyhon enlèvent et
+conduisent au château d'Ezahut un noble personnage appelé
+Chollet, officier du Saint-Siège, qui ne fut relâché
+qu'après une longue détention et moyennant le versement
+d'une rançon de 300 écus&nbsp;<a name="FNanchor_312" id="FNanchor_312" href="#Footnote_312" class="fnanchor">[312]</a>.</p>
+
+<p>La complicité et l'intervention du dauphin dans ces
+agressions et ces menaces multipliées n'étaient pas douteuses,
+mais elles se manifestent ostensiblement dans la personne
+du capitaine de Mirandol, à la solde de Louis, qui
+quitte, peu après Troyhon, le Dauphiné pour faire une incursion
+dans le Comtat (1452) et enlève deux marchands d'Avignon
+avec leurs chevaux, leurs bagages et leur argent.</p>
+
+<p>Non contents d'user de violence à l'égard des Comtadins,
+les officiers du dauphin contestaient la juridiction
+<span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">105</a></span>
+du légat et refusaient de rendre à leurs juges naturels les
+coupables, alors même que l'autorité pontificale les réclamait
+sous peine d'excommunication. C'est ainsi qu'un
+changeur avignonnais nommé <i>Sampini</i>, accusé d'avoir
+fabriqué de la fausse monnaie à Montélimar, est emmené
+dans le Valentinois où les officiers delphinaux ouvrent
+une enquête contre lui. Le cardinal de Foix réclame le
+faux-monnayeur comme justiciable des tribunaux de son
+pays d'origine, mais les officiers du dauphin refusent de
+rendre leur captif&nbsp;<a name="FNanchor_313" id="FNanchor_313" href="#Footnote_313" class="fnanchor">[313]</a>. Un autre marchand avignonnais,
+Jérôme de Pélissane, s'étant rendu coupable d'un délit
+que nous ne connaissons pas, les officiers du dauphin demandent
+à ce qu'il soit livré pour comparaître devant eux.
+Le cardinal légat s'y oppose, arguant que ledit de Pélissane
+est justiciable de la curie épiscopale d'Avignon. Ce
+refus mécontente les officiers de Louis qui lancent contre
+les sujets du pape des lettres de représailles&nbsp;<a name="FNanchor_314" id="FNanchor_314" href="#Footnote_314" class="fnanchor">[314]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">106</a></span>
+On peut juger si, en apprenant de pareils actes de brigandage
+dont étaient victimes leurs concitoyens, les Avignonnais
+se crurent autorisés à s'adresser au roi de
+France pour en obtenir la répression. Déjà courroucé
+contre le dauphin qui semblait prendre à tâche de braver
+en toute occasion l'autorité paternelle, Charles VII accueillit
+avec beaucoup d'intérêt les délégués d'Avignon
+qui lui furent envoyés à Taillebourg d'abord au cours
+de l'année 1451, après l'expédition de Troyhon. Au mois
+de novembre de la même année&nbsp;<a name="FNanchor_315" id="FNanchor_315" href="#Footnote_315" class="fnanchor">[315]</a>, la ville délégua auprès
+de lui le doyen de Ségobie, protonotaire du Saint-Siège,
+pour solliciter l'appui du roi contre les entreprises coupables
+de son fils. Charles VII, alors à Auzances, leur répondit,
+le 7 décembre 1451&nbsp;<a name="FNanchor_316" id="FNanchor_316" href="#Footnote_316" class="fnanchor">[316]</a>: «Et comme vous avez peu
+scavoir,.... avons escript et envoyé de nos genz par
+delà avecques les provisions qui semblent convenables
+pour faire réparer les entreprises qui avoient esté faites
+au préjudice de nostre Saint-Père et de ses droiz de vous
+et autres, ses subgectz, dont par le dit prothonotaire
+avons esté advertys et avons bien espérance que la dite
+provision deust sortir effect (et de la faulte sommes
+<span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">107</a></span>
+desplaisans), car nous vouldrions tousjours entretenir
+et favoriser les faiz de nostre dit Saint-Père comme les
+nostres et les vostres et ceulx de vostre cité comme de
+nos propres subgectz. Et est bien nostre voulonté et
+entencion de prouchainement y donner provision et y
+tenir la main par manière que les dictes entreprises ne
+demourent pas longuement sans réparation.» Charles VII
+ne se contenta pas de paroles trompeuses à l'adresse
+des Avignonnais. Il leur fit offrir par le même doyen de
+Ségobie un général des troupes royales pour mettre à la
+raison Pierre Troyhon et ses complices, mais le cardinal
+de Foix qui tenait à ne pas s'aliéner le dauphin et qui
+avait probablement ses raisons pour qu'on usât de plus de
+ménagements, fit répondre qu'il serait possible d'obtenir
+satisfaction sans recourir à des moyens aussi violents, et
+comme les délais et les longueurs de la détention étaient
+loin d'être du goût des prisonniers, ils se tirèrent eux-mêmes
+d'embarras en payant une rançon de six mille écus.</p>
+
+<p>Dans l'intervalle, du reste, un événement d'une autre
+gravité s'était produit, qui avait détourné l'attention du
+roi des affaires du comté, c'est l'arrestation de Jacques
+C&oelig;ur en juillet 1451&nbsp;<a name="FNanchor_317" id="FNanchor_317" href="#Footnote_317" class="fnanchor">[317]</a>. Nous laisserons de côté cet épisode
+du procès de l'Argentier, en ce qui touche Avignon, les
+faits ayant été exposés dans une savante étude de M. Duhamel,
+archiviste de Vaucluse, d'après les pièces inédites
+que possède le dépôt de Vaucluse&nbsp;<a name="FNanchor_318" id="FNanchor_318" href="#Footnote_318" class="fnanchor">[318]</a>. Charles VII&nbsp;<a name="FNanchor_319" id="FNanchor_319" href="#Footnote_319" class="fnanchor">[319]</a> avait,
+on le sait, prescrit dans toutes les villes du royaume la
+<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">108</a></span>
+saisie des biens de l'Argentier. Deux facteurs du célèbre
+financier, Hugues et Antoine Noir, avaient trouvé à Avignon
+un accueil empressé auprès des banquiers et des
+changeurs de cette ville&nbsp;<a name="FNanchor_320" id="FNanchor_320" href="#Footnote_320" class="fnanchor">[320]</a>. Le cardinal de Foix ayant refusé
+de livrer Antoine Noir, protégé par un sauf-conduit
+du pape et par l'immunité des Célestins, le roi menaça la
+ville de représailles. C'est alors que le cardinal légat et
+le conseil envoyèrent à Tours Guillaume Meynier, chargé
+de justifier auprès de Sa Majesté la conduite des citoyens
+avignonnais et du représentant du Saint-Siège. Le roi
+montra les meilleures dispositions pour la ville et invita
+Guillaume Meynier à s'expliquer devant son conseil, puis
+le renvoya en le chargeant, pour ses compatriotes, d'une
+missive où il disait: «Assez avez peu cognoistre le grant
+et bon vouloir que avons tousjours eu au bien et conservacion
+des libertez, droiz et terres de nostre saint
+père et de l'Église de Romme. Et mesmement en ce
+qu'il vous touche et pour la grande amour que avez
+tousjours eue et montrée à nous et à nostre seigneurie
+et à la prospérité d'icelle. Vous avons tousjours euz et
+avons en singulière recommandation et remembrance,
+et vous vouldrions aider et favoriser en touz vos affaires,
+ainsi que naguères vous avons fait savoir&nbsp;<a name="FNanchor_321" id="FNanchor_321" href="#Footnote_321" class="fnanchor">[321]</a>.»</p>
+
+<p>Telles étaient les dispositions de Charles VII au moment
+où, profitant des embarras de son père, le dauphin recommençait
+ses intrigues. Marié contre le gré du roi&nbsp;<a name="FNanchor_322" id="FNanchor_322" href="#Footnote_322" class="fnanchor">[322]</a>,
+<span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">109</a></span>
+Louis prépara, avec le duc de Savoie, une expédition
+contre Sforza, l'allié de Charles VII. Les relations entre
+les deux princes s'enveniment de plus en plus et le roi
+supprime la pension de son fils (1452). Au mois de septembre,
+Charles VII, dans le but d'intimider le duc de
+Savoie et le dauphin, s'avance vers le Forez avec une
+grosse armée. Inquiet pour son gouvernement du Dauphiné,
+Louis envoie auprès de son père, Gabriel de Bernès,
+son conseiller intime et bien vu du roi, qui l'avait attaché
+à la personne de son fils dès l'âge le plus tendre&nbsp;<a name="FNanchor_323" id="FNanchor_323" href="#Footnote_323" class="fnanchor">[323]</a>. De
+Bernès, accompagné de Jean de Jambes, sire de Montsoreau,
+rapporta au dauphin ce qui s'était traité à la Palisse,
+avec son père; mais Louis, après mille protestations
+de soumission, ne voulant rien accorder, le sire de Montsoreau
+et de Bernès revinrent trouver le roi, alors à
+Cleppé, près Feurs (septembre 1452).</p>
+
+<p>Dans une nouvelle ambassade confiée au seigneur de
+Torcy et au même Jean de Jambes, le roi accentuait ses
+reproches, faisant indirectement allusion aux plaintes du
+pape et des vassaux du Saint-Siège: «Voeult le Roy que
+se mon dit seigneur a fait aulcunes choses à l'encontre
+de l'Esglise dont nostre Saint Père eust cause raisonnable
+de se doloir qu'il les répare telement que nostre
+saint père, par raison, doibve estre content&nbsp;<a name="FNanchor_324" id="FNanchor_324" href="#Footnote_324" class="fnanchor">[324]</a>.» Le dauphin
+reçut très froidement cette ambassade et ne fit que
+<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">110</a></span>
+des réponses dilatoires. Pendant ces négociations, Charles
+VII signait, avec le duc de Savoie, le traité de Cleppé
+(27 octobre 1452)&nbsp;<a name="FNanchor_325" id="FNanchor_325" href="#Footnote_325" class="fnanchor">[325]</a>.</p>
+
+<p>Après le traité de Cleppé, Louis n'en continua pas
+moins ses armements, à la grande colère du roi qui fut
+un moment sur le point de marcher contre le Dauphiné&nbsp;<a name="FNanchor_326" id="FNanchor_326" href="#Footnote_326" class="fnanchor">[326]</a>.</p>
+
+<p>Le cardinal d'Estouteville&nbsp;<a name="FNanchor_327" id="FNanchor_327" href="#Footnote_327" class="fnanchor">[327]</a>, légat du pape, venu en
+France pour régler avec le dauphin quelques affaires
+intéressant la Cour pontificale apaisa le conflit armé près
+d'éclater entre le père et le fils, et s'employa à la pacification,
+avec l'autorisation de Charles VII: «Item, en ce
+qui touche les plaintes que la ville d'Avignon et le
+comté de Venisse? (ont faictes), le Roy est content que
+monseigneur le cardinal d'Estouteville aye la connaissance
+de faire reparer tout ce qui cherra en reparacion,
+au cas qu'ils averont opportunité de soy emploier&nbsp;<a name="FNanchor_328" id="FNanchor_328" href="#Footnote_328" class="fnanchor">[328]</a>.»</p>
+
+<p>Le cardinal, en diplomate habile, se rendit d'abord à
+Vienne, en compagnie de deux conseillers du roi, Élie de
+Pompadour, évêque d'Alet, et Gérard le Boursier. En
+leur présence, et sur les instances du cardinal, le dauphin
+consentit à présenter des «excusations et justifications»,
+et déclara s'en rapporter au cardinal: «Mon dit
+seigneur sera content d'appointer avec monseigneur le
+<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">111</a></span>
+cardinal sur toutes les choses qui touchent l'Esglise, en
+manière que nostre saint père et les parties se debront
+estre contentes par raison&nbsp;<a name="FNanchor_329" id="FNanchor_329" href="#Footnote_329" class="fnanchor">[329]</a>.» Rappelé en Italie presque
+aussitôt après, d'Estouteville dut se borner à régler avec
+le dauphin la question des démêlés qui avaient éclaté
+entre les officiers du pape et ceux du dauphin&nbsp;<a name="FNanchor_330" id="FNanchor_330" href="#Footnote_330" class="fnanchor">[330]</a>. La lettre&nbsp;<a name="FNanchor_331" id="FNanchor_331" href="#Footnote_331" class="fnanchor">[331]</a>
+du 10 novembre 1452, tout en témoignant des bonnes
+dispositions de Louis à l'égard de l'Église, ne dit rien
+d'explicite sur les questions à résoudre. Nous savons
+toutefois que Louis avait délégué auprès du cardinal de
+Foix l'évêque de Conserans, Tristan d'Aure&nbsp;<a name="FNanchor_332" id="FNanchor_332" href="#Footnote_332" class="fnanchor">[332]</a>, qui dut,
+avec Simon Lecouvreur&nbsp;<a name="FNanchor_333" id="FNanchor_333" href="#Footnote_333" class="fnanchor">[333]</a>, prieur des Célestins d'Avignon,
+et en bons termes avec le dauphin, négocier les bases
+d'un arrangement qui conciliât les droits du Saint-Siège
+et les intérêts du dauphin. Tristan d'Aure, après avoir
+pris les instructions du légat, revint à Romans, où se
+trouvait Louis, accompagné par quelques agents du cardinal
+et des délégués du corps de ville: «et ont priz bon
+appointement au plaisir de mon dit seigneur vostre fils,
+de quel serez tout à plain informé par le dit évesque,
+et d'autres choses que luy ay dictes touchant ceste
+matière pour vous dire. Car je say que Nostre Saint
+Père a sa singulière affection et fiance en vous, touchant
+<span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">112</a></span>
+son dit pais d'Avignon et tout son Estat, je porte
+le dit appointement à nostre dit saint père, affin qu'il y
+advise comme bon lui semblera et après de sa bonne
+volonté sur ce vous fera savoir».</p>
+
+<p>L'arrangement portait sur le cas de Troyhon, sur la
+question des Boucicaut et la cessation des violences à
+main armée sur les confins du Dauphiné et du Venaissin.
+Troyhon fut invité à restituer les sommes qu'il
+s'était indûment appropriées dans ses différentes expéditions,
+en 1451-1452. Le brigand s'exécuta, rendit une
+partie des objets volés et se montra repentant. Trois ans
+après, une bulle (décembre 1455)&nbsp;<a name="FNanchor_334" id="FNanchor_334" href="#Footnote_334" class="fnanchor">[334]</a> du pape Calixte III,
+adressée à l'évêque de Vaison, au doyen de Saint-Pierre
+et au vicaire général de l'archevêque d'Avignon, portait
+commission d'absoudre Pierre Troyhon, «attendu qu'il
+était repentant et avait fait quelques restitutions suivant
+ses facultés».</p>
+
+<p>Restait la question des héritiers Boucicaut ouverte depuis
+plus de vingt ans et toujours pendante. Elle fut
+réglée par le cardinal de Foix, à la satisfaction des héritiers,
+sinon du dauphin, qui trouva la compensation
+insuffisante. Par acte passé devant notaire, où figurent
+le trésorier et le commissaire de la Chambre apostolique,
+agissant au nom du pape, et les sieurs <i>Brutini</i> et <i>Arnulphi</i>,
+représentants de la communauté de Valréas, la
+Chambre apostolique cède et donne le droit de «vingtain»
+qu'elle prélevait sur les blés, avoines, feuilles, etc...
+pour payer les 21,000 écus «viginti unius millium scutorum
+novorum currentium in regno Franciæ». Moyennant
+le versement de cette somme, les deux héritiers de
+<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">113</a></span>
+Geoffroy le Meingre, Louis le Meingre, seigneur de
+Bridoré&nbsp;<a name="FNanchor_335" id="FNanchor_335" href="#Footnote_335" class="fnanchor">[335]</a>, et Jean le Meingre, son frère cadet, chevalier
+(miles), assistés de leur mère, renoncent à tous les droits
+que leur avaient laissés, sur Valréas et autres lieux, leur
+père Geoffroy le Meingre et leur oncle paternel (patruus)
+Jean le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France,
+mort en Angleterre en 1421. L'acte, passé le 23 juin
+1452&nbsp;<a name="FNanchor_336" id="FNanchor_336" href="#Footnote_336" class="fnanchor">[336]</a> fut ratifié postérieurement.</p>
+
+<p>Par un acte ultérieur, daté du 30 septembre 1453,
+mentionné dans l'acte ci-dessus, Louis et Jean reçurent
+comme premier acompte, à titre de somme représentative,
+pour le contingent de la ville de Pernes, mille cinq cent
+cinquante florins d'or, montant du revenu du «vingtain»
+de la communauté de Pernes, pour un an&nbsp;<a name="FNanchor_337" id="FNanchor_337" href="#Footnote_337" class="fnanchor">[337]</a>. Mais la
+renonciation définitive des Boucicaut à leurs droits sur
+cette communauté ne prit réellement fin que le 5 janvier
+1468, par acte public et notarié en vertu duquel,
+moyennant un versement de 4,000 écus d'or du pays, les
+deux frères Boucicaut signèrent un acquit général pour
+toutes les sommes à eux dues&nbsp;<a name="FNanchor_338" id="FNanchor_338" href="#Footnote_338" class="fnanchor">[338]</a>. Quant à leur créance
+sur Avignon, dont l'origine remontait, à leur dire, au
+premier siège du palais, pour certaines avances faites à
+la ville, par leur père Geoffroy, elle ne fut éteinte qu'après
+<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">114</a></span>
+1466, à la suite de l'intervention du pape Paul II et
+sur la demande d'Alain de Coëtivy, archevêque d'Avignon,
+qui fit comprendre les désagréments pouvant
+résulter de la non extinction de cette dette, pour la
+tranquillité et la bonne administration des États de
+l'Église&nbsp;<a name="FNanchor_339" id="FNanchor_339" href="#Footnote_339" class="fnanchor">[339]</a>.</p>
+
+<p>Le rôle des Boucicaut dans ce pays est terminé&nbsp;<a name="FNanchor_340" id="FNanchor_340" href="#Footnote_340" class="fnanchor">[340]</a>. Leurs
+revendications plus ou moins fondées avaient servi de
+prétexte à maints coups de force, à maintes représailles,
+sous couleur de droit et de justice. Louis XI, qui était
+fixé sur la valeur morale de leurs revendications, avait
+trouvé là une excellente occasion d'exercer ce talent d'intrigues
+et de menées souterraines qui couvre ses hautes
+vues politiques, et il en avait usé sans scrupule pour
+inquiéter ses voisins et faire échec à l'autorité paternelle.</p>
+
+<p>La bonne intelligence qui régnait entre Charles VII et
+les Avignonnais, un moment interrompue par l'attitude
+du cardinal de Foix et de la ville, dans la question de la
+saisie des biens de «l'Argentier&nbsp;<a name="FNanchor_341" id="FNanchor_341" href="#Footnote_341" class="fnanchor">[341]</a>», ne tarda pas à être
+rétablie, comme le montrent les lettres royales de 1453,
+relevant les Avignonnais des marques et représailles que
+le roi avait laxées précédemment&nbsp;<a name="FNanchor_342" id="FNanchor_342" href="#Footnote_342" class="fnanchor">[342]</a>. Tout fut oublié, même
+les soupçons de relations suspectes avec le dauphin Louis.
+Du reste, les événements militaires dont le sud-ouest de
+<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">115</a></span>
+la France était alors le théâtre, avaient détourné l'attention
+du roi de ce côté. Et ce qu'il y a de particulièrement
+caractéristique dans ces relations de la Cour de
+France avec Avignon, à ce moment du réveil national,
+c'est de voir Charles VII annoncer aux sujets du pape,
+en même temps qu'aux villes royales, le succès de ses
+armes contre l'ennemi héréditaire. Le fait est naturel
+pour les villes du royaume; il emprunte un tout autre
+caractère quand il s'agit d'Avignon, placée sous une
+domination étrangère. Cette lettre du roi fait autant
+d'honneur au souverain qui l'écrivait qu'aux Avignonnais
+à qui elle était destinée, et on ne peut pas mieux faire
+l'éloge de leur patriotisme et de leurs sentiments français:
+«Nous vous écrivons ces choses, leur disait
+Charles VII, le 22 juillet 1453&nbsp;<a name="FNanchor_343" id="FNanchor_343" href="#Footnote_343" class="fnanchor">[343]</a>, en leur annonçant la victoire
+et la capitulation de Castillon, la mort de Talbot et
+de son fils: «tres chiers et grans amis, pour ce que savons
+que prenez grant plaisir a oir en bien de la prospérité
+de nouz et de nostre seigneurie.» Et il terminait par une
+phrase consolante pour l'amour-propre national: «Et
+avons esperance en Dieu que le surplus du recouvrement
+de nostre pais de Guienne se portera bien&nbsp;<a name="FNanchor_344" id="FNanchor_344" href="#Footnote_344" class="fnanchor">[344]</a>.»</p>
+
+<p>Moins de trois mois après, Charles VII, maître de Bordeaux,
+le 19 octobre 1453, s'empressait de faire connaître
+aux Avignonnais, dans leurs moindres détails, les événements
+militaires qui avaient précédé la reddition de la
+ville et la soumission de la Guyenne: «Ainsi grâces à
+<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">116</a></span>
+nostre seigneur nous avons réduit en nostre obeyssance
+tout nostre pais et duchié de Guienne. Et à vous
+escripvons ces choses pour ce que scavons certainement
+que avez en bien de nous, et, de la prospérité de nostre
+seigneurie prenez très singulier plaisir&nbsp;<a name="FNanchor_345" id="FNanchor_345" href="#Footnote_345" class="fnanchor">[345]</a>.» Ces lettres
+ne nous apprennent rien qui ne soit connu, surtout après
+la publication de l'ouvrage de M. de Beaucourt&nbsp;<a name="FNanchor_346" id="FNanchor_346" href="#Footnote_346" class="fnanchor">[346]</a>, mais
+elles n'en constituent pas moins un fait historique digne
+d'être relevé dans les relations de la couronne avec les
+sujets du Saint-Siège.</p>
+
+<p>La fuite du dauphin, menacé par son père, son installation
+au château de Genappe, de 1456 à 1461, expliquent
+la cessation de toute relation entre le futur héritier de la
+couronne et les Avignonnais. Néanmoins, de sa retraite
+où il suivait tout ce qui se passait à la Cour, dans le
+royaume et chez les autres nations, Louis entretenait des
+agents à proximité du Dauphiné, dans le but de susciter
+quelque révolte dans cette province dont son père, par
+lettres patentes du 11 juillet 1457&nbsp;<a name="FNanchor_347" id="FNanchor_347" href="#Footnote_347" class="fnanchor">[347]</a>, s'était attribué l'administration.
+C'est ainsi que, par mesure de haute police,
+Charles VII écrit à Angelo de Amelia, recteur du Venaissin&nbsp;<a name="FNanchor_348" id="FNanchor_348" href="#Footnote_348" class="fnanchor">[348]</a>,
+pour lui donner l'ordre de faire arrêter, sans
+délai, un certain Gascon, nommé Bertrand Salines, qui
+s'était établi à Courthézon, château appartenant au prince
+d'Orange, lequel était parent et allié de Philippe de Bourgogne.
+<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">117</a></span>
+Dans ces projets de conspiration contre l'autorité
+royale, les Comtadins et les Avignonnais ne donnèrent
+lieu à aucune plainte de la part de Charles VII, et Thomas
+de Valsperge écrivait aux consuls, le 23 septembre 1459:
+«Je vous fès assavoir que de certayn le roy est tousjours
+en sa bonne opinion pour Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_349" id="FNanchor_349" href="#Footnote_349" class="fnanchor">[349]</a>.» Nous en avons
+une preuve dans la lettre qu'il adresse aux consuls de la
+ville, le 13 décembre 1460&nbsp;<a name="FNanchor_350" id="FNanchor_350" href="#Footnote_350" class="fnanchor">[350]</a>, pour réclamer certaines
+sommes dues par des marchands d'Avignon, à feu Pierre
+de Campo-Fregoso, ancien doge de Gênes, d'abord allié
+de la France, puis traître à notre cause, et qui avait
+trouvé un refuge auprès de Sforza, à Milan. Ayant voulu
+reprendre à main armée la ville de Gênes, où commandait
+alors Jean, duc de Calabre&nbsp;<a name="FNanchor_351" id="FNanchor_351" href="#Footnote_351" class="fnanchor">[351]</a>, fils du roi René, au
+nom de la France, Pierre de Campo-Fregoso périt dans
+un combat sous les murs de Gênes (13 septembre 1459)&nbsp;<a name="FNanchor_352" id="FNanchor_352" href="#Footnote_352" class="fnanchor">[352]</a>.
+Charles VII, informé que ledit Campo-Fregoso avait une
+créance importante à Avignon, écrivit aux consuls et au
+cardinal de Foix: «Pour les quelles causes et que tousjours
+avons favorablement traictez les subgectz et habitans
+de la ville d'Avignon et vouldrions leurs droiz et
+prérogatives leur estre gardez et entretenuz en nostre
+royaume.....»; le roi priait les consuls de faire payer
+les sommes dues à Campo-Fregoso: «Et en ce tellement
+fere que nous ayons cause davoir de bien en mieulx
+<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">118</a></span>
+vous et les subgectz de l'Église, de par delà en nostre
+especialle recommandacion et qu'il ne soit besoing que
+y procedions par autre manière dont fort nous desplairoit
+ce que toutesfois se ainsi n'estoit fait raison nous
+contraindroit pour la conservacion de nostre droit de
+le faire et de y donner telle provision que au cas appartient&nbsp;<a name="FNanchor_353" id="FNanchor_353" href="#Footnote_353" class="fnanchor">[353]</a>.»</p>
+
+<p>Il paraît que les Avignonnais et le légat s'empressèrent
+de satisfaire à la réclamation du roi, car par lettres
+patentes du 25 février 1461&nbsp;<a name="FNanchor_354" id="FNanchor_354" href="#Footnote_354" class="fnanchor">[354]</a>, Charles VII, seigneur de
+Gênes, fait donation au roi René de la somme de 5,000 ducats
+d'or, due par les marchands d'Avignon, à messire
+<i>Perrier de Campo-Frigosio</i> et confisquée au profit de
+Sa Majesté. La leçon que Charles VII avait donnée à la
+ville d'Avignon et au cardinal de Foix, lors du procès de
+Jacques C&oelig;ur (1452-1453), avait porté ses fruits. Aussi
+les sujets du pape firent-ils preuve en cette circonstance
+des dispositions les plus conciliantes. Moins de cinq mois
+après, Charles VII mourait, laissant aux Avignonnais et
+aux Comtadins le souvenir de ses bontés royales et de sa
+protection généreuse. Louis XI, exilé depuis six ans en
+Belgique, allait le remplacer, et ce n'était pas sans une
+certaine appréhension que la ville d'Avignon voyait
+monter sur le trône le rancunier monarque, qui n'avait
+point encore oublié les dénonciations portées jadis contre
+lui, à son père, par les émissaires de la ville et du cardinal
+de Foix.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">119</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE V</h2>
+
+<p class="center">Louis XI et la succession du Cardinal de Foix<br />
+à la légation d'Avignon<br />
+(1464-1470).</p>
+
+<p class="hanging content">Caractère des relations des Comtadins et des Avignonnais à l'avènement
+de Louis XI.&mdash;L'ambassade de Malespine et de Pazzis
+à Tours (1461).&mdash;La succession du cardinal de Foix.&mdash;Rôle du
+maréchal Jean d'Armagnac.&mdash;Opposition de Louis XI à la
+nomination du cardinal d'Avignon, Alain de Coëtivy, comme
+légat.&mdash;Conflit entre Louis XI et Paul II pour la désignation
+d'un légat.&mdash;Ambassade de d'Ortigues à Rome (janvier 1465).&mdash;Échec
+de la politique de Louis XI auprès du Saint-Siège.</p>
+
+<p class="p2">Charles VII était mort à Mehun-sur-Yèvre le 22 juillet
+1461. Louis, dauphin, se fit sacrer à Reims le 15 août
+de la même année, comme roi de France.</p>
+
+<p>Pendant les huit années qui précédèrent son avènement,
+les rapports avec Avignon et l'État du Venaissin
+n'avaient été marqués par aucun fait à signaler. Dans son
+attitude vis-à-vis de la papauté, Louis s'était montré jusque-là
+plutôt respectueux et fils soumis de l'Église, et
+depuis l'intervention du cardinal d'Estouteville, rien dans
+ses agissements n'avait trahi une pensée ou un dessein
+hostile aux vassaux du Saint-Siège. Néanmoins le nouveau
+monarque n'avait point pardonné aux Avignonnais,
+pas plus qu'au cardinal de Foix, les doléances portées
+<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">120</a></span>
+contre lui auprès du roi défunt, et il en avait gardé un vif
+ressentiment. Les Avignonnais et le cardinal n'avaient
+probablement pas sur ce point la conscience tranquille, et
+c'est cette raison qui les décida à envoyer auprès de
+Louis XI une ambassade composée de François Malespine
+et d'Allemand de Pazzis&nbsp;<a name="FNanchor_355" id="FNanchor_355" href="#Footnote_355" class="fnanchor">[355]</a>, représentants les plus
+éloquents de la ville, et de Geoffroy de Bazilhac, élu de
+Carcassonne, que le rusé cardinal avait attaché à la
+personne des ambassadeurs pour les surveiller et pour
+être tenu mieux au courant des dispositions du roi.
+L'ambassade arriva à Paris&nbsp;<a name="FNanchor_356" id="FNanchor_356" href="#Footnote_356" class="fnanchor">[356]</a> au mois de septembre 1461,
+et après avoir rencontré bien des difficultés pour se loger,
+obtint une audience de Sa Majesté. Un des personnages
+qui jouissait auprès du souverain d'un crédit sans limites,
+le maréchal d'Armagnac, parent du cardinal de Foix,
+servit d'introducteur aux ambassadeurs et leur facilita une
+première entrevue avec Louis XI. Le maréchal de Comminges&nbsp;<a name="FNanchor_357" id="FNanchor_357" href="#Footnote_357" class="fnanchor">[357]</a>
+se mettait à leur service pour complaire, disait-il,
+<span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">121</a></span>
+à son cousin le cardinal légat; mais, en réalité, il
+cherchait, dès cette époque, à entrer en relations avec les
+Avignonnais, escomptant la succession du cardinal vieux
+et maladif, avec l'espoir de trouver auprès des sujets du
+Saint-Siège un appui à Rome, en vue d'assurer à son
+frère, archevêque d'Auch, la légation d'Avignon.</p>
+
+<p>Le roi se montra très bienveillant pour les ambassadeurs
+et les fit venir près de sa personne, «si près même
+qu'ils se touchaient», afin que personne ne pût entendre
+leur conversation. Après avoir écouté avec sympathie
+leurs souhaits de bienvenue, Louis XI leur déclara
+qu'il avait à se plaindre d'eux pour des faits passés. Il
+leur rappela, en effet, que du vivant de son père («dont
+Dieu ayt l'âme!») les Avignonnais, sur les conseils de
+certains Gascons, l'avaient accusé, lui, dauphin, d'avoir
+voulu enlever le comté et la ville d'Avignon à notre saint
+père le pape, pour les mettre entre les mains de son
+maréchal d'Armagnac. Louis XI protestait énergiquement
+<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">122</a></span>
+contre de pareilles imputations et il déclarait que
+si telles avaient été ses intentions, jamais il n'aurait mis
+le pied dans Avignon et jamais il ne se serait approché
+aussi près de la ville. Le roi ajoutait, du reste, qu'il commettait
+le soin de recevoir là-dessus les explications des
+ambassadeurs à Jean Bureau et qu'il tenait à connaître
+les noms des inventeurs de pareilles calomnies&nbsp;<a name="FNanchor_358" id="FNanchor_358" href="#Footnote_358" class="fnanchor">[358]</a>. Évidemment,
+dans ces plaintes, le roi faisait allusion, sinon à la
+personne du cardinal de Foix, du moins à son entourage,
+composé de Gascons, ses compatriotes. Mais comme nous
+l'avons vu dans le précédent chapitre, à propos de l'ambassade
+de Jean de Lizac, Charles VII accuse son fils,
+sans preuves formelles; c'est un grief vague, peut-être
+comme un écho des négociations avortées de 1444;
+mais, en 1451 rien dans nos documents ne permet
+de diriger contre le dauphin une accusation précise.</p>
+
+<p>Quoiqu'il en soit, si réellement Charles VII avait été
+avisé des desseins de son fils sur les possessions du
+Saint-Siège, ce ne peut être que par le cardinal de Foix,
+à l'insu de la ville, ou encore par l'évêque d'Avignon,
+Alain de Coëtivy qui était mal vu du dauphin. Il est
+aussi de quelque apparence que Charles VII ait voulu,
+bien que l'accusation remontât à quelques années, ajouter
+un grief de plus à ceux qu'il formulait publiquement contre
+son fils.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">123</a></span>
+Les ambassadeurs d'Avignon répondirent avec la plus
+grande sincérité au maréchal d'Armagnac, qui les avait
+invités à dîner, que jamais, à leur connaissance, la ville
+n'avait écrit au défunt roi dans le but d'incriminer son
+fils; que, dans tous les cas, ils n'avaient jamais suspecté
+la loyauté de ses intentions et qu'ils ne pouvaient pas
+s'imaginer quel était l'auteur de ces propos mensongers.</p>
+
+<p>Les envoyés se rendirent ensuite chez Jean Bureau&nbsp;<a name="FNanchor_359" id="FNanchor_359" href="#Footnote_359" class="fnanchor">[359]</a>
+pour lui demander s'il avait quelque souvenir plus précis
+de cette affaire. Celui-ci répondit qu'il lui semblait se
+rappeler avoir vu quelque lettre et entendu parler de
+quelque chose de semblable à l'hôtel du roi, mais qu'il
+ne lui restait de ces conversations qu'un souvenir très
+vague. Enfin, les mêmes ambassadeurs eurent à ce même
+sujet une entrevue avec monseigneur de Boucicaut&nbsp;<a name="FNanchor_360" id="FNanchor_360" href="#Footnote_360" class="fnanchor">[360]</a>, ami
+de la ville et du cardinal de Foix, et maître Pierre Robin.
+Monseigneur Boucicaut et une autre personne rappelèrent
+que feu le roi Charles VII avait envoyé un ambassadeur
+à Avignon pour avertir la ville et monseigneur le
+cardinal «qu'on était sur le point de leur faire déplaisir
+et qu'il leur en donnait avis». Il s'agit sans doute de la
+mission de Jean de Lizac, en 1451, dont nous avons
+raconté ailleurs les diverses péripéties. Les envoyés de
+la ville, après avoir rappelé ce qui avait été répondu à
+cette époque, tant par le conseil que par le cardinal, au
+<span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">124</a></span>
+roi Charles VII, rendent compte de leurs démarches,
+ajoutant que s'il est nécessaire de dire autre chose ou de
+produire de plus amples justifications, le conseil ou monseigneur
+le cardinal doivent leur mander leurs instructions,
+en adressant les lettres à la Cour. Le roi devait se
+rendre incessamment à Melun, puis à Amboise et à
+Tours, où les ambassadeurs se proposent de le suivre
+pour être dépêchés le plus tôt possible «per espachats lo
+plus tost que porren&nbsp;<a name="FNanchor_361" id="FNanchor_361" href="#Footnote_361" class="fnanchor">[361]</a>». En même temps la lettre à
+l'adresse des consuls les informait que le nonce, à Paris,
+avait eu avec le roi une entrevue, à la suite de laquelle il
+avait avisé directement le cardinal de Foix de tout ce
+que le roi lui avait dit, et envoyé de plus un messager
+spécial à Avignon, chargé de faire connaître la teneur des
+paroles de Louis XI.</p>
+
+<p>Ce trait caractérise bien la diplomatie de ce temps-là.
+Le cardinal de Foix a non seulement visé et modifié à sa
+guise les instructions données aux ambassadeurs de la
+ville, mais il les a fait suivre par un homme à lui qu'il a
+instruit de tout. Celui-ci, qui a été mis au courant par le
+nonce de tout ce qui s'est traité à Paris, se fait confier,
+sous des dehors officieux, les lettres par lesquelles les
+ambassadeurs rendent compte à la ville de leur mission,
+et il est probable que le cardinal eut connaissance de
+leur contenu avant les consuls. Il est vrai que, de leur
+côté, les ambassadeurs savaient à qui ils se confiaient.
+La réponse du roi aux consuls est du 26 décembre 1461.
+Après les avoir informés qu'il avait écouté avec bienveillance
+et fait ouïr par son conseil leurs compatriotes
+«sur tout ce qu'ils ont voulu dire et remonstrer, touchant
+<span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">125</a></span>
+les matières dont le cardinal et les consuls leur avaient
+donné charge», Louis XI ajoute, pour mieux marquer
+ses sentiments à leur égard: «et en toutes autres choses
+touchant les affaires de la ville d'Avignon et du pais,
+sommes tousjours pretz et enclinz de faire et nous emploier
+au bien d'iceulx, ainsi que les cas se y offriront,
+comme par les dessuz nommez povez estre plus à
+plain informez&nbsp;<a name="FNanchor_362" id="FNanchor_362" href="#Footnote_362" class="fnanchor">[362]</a>».</p>
+
+<p>L'année suivante, Louis XI accordait au pape une
+apparence de satisfaction, un peu tardive, il est vrai, sur
+les questions que le cardinal d'Estouteville avait eu
+charge d'appointer dix ans auparavant. Par un traité
+conclu avec le pape Pie II (1462), Louis XI s'engageait
+à reconnaître les droits du Saint-Siège sur Pierrelate, La
+Palud et autres lieux où il les avait contestés, mais il
+refusa postérieurement de ratifier ses engagements et
+d'en exécuter les conditions&nbsp;<a name="FNanchor_363" id="FNanchor_363" href="#Footnote_363" class="fnanchor">[363]</a>.</p>
+
+<p>Si Louis XI une fois sur le trône s'abstient de toute
+agression contre les domaines de l'Église et paraît renoncer
+à toute pensée d'annexion, il n'en affiche pas moins
+la prétention d'y faire prévaloir ses ordres et ses instructions
+comme dans les provinces royales, et il veut avoir
+la haute main sur l'administration intérieure du Venaissin
+et d'Avignon. En un mot, si, comme le dit Legeay&nbsp;<a name="FNanchor_364" id="FNanchor_364" href="#Footnote_364" class="fnanchor">[364]</a>,
+il n'a pas l'intention d'empiéter sur les domaines de
+l'Église, il ne saurait admettre que le cardinal légat, représentant
+la suzeraineté du Saint-Siège à Avignon,
+<span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">126</a></span>
+puisse avoir une politique qui aille à l'encontre des intérêts
+de la couronne. Louis XI considère le légat du Saint-Siège
+comme un subordonné qui doit être plus français
+que romain. C'est pourquoi il veut que le pape le consulte
+toujours sur le choix du légat, et il ne se gênera pas
+pour essayer de lui forcer la main en vue de lui imposer
+un candidat à son agrément. Les idées du roi, qui étaient
+là-dessus celles de son père, et qui caractérisent nettement
+la ligne de conduite de presque tous les rois prédécesseurs
+et successeurs, à l'égard des États pontificaux
+de France, se manifestent franchement au cours de la
+lutte que la France soutenait contre les Catalans en faveur
+du roi d'Aragon. On sait, en effet, que le 1<sup>er</sup> mai 1462&nbsp;<a name="FNanchor_365" id="FNanchor_365" href="#Footnote_365" class="fnanchor">[365]</a>,
+Louis XI avait signé avec Henri d'Aragon le traité de
+Sauveterre, par lequel il s'engageait à lui fournir
+700 lances moyennant 30,000 écus; mais Henri ne pouvant
+les payer dut abandonner comme gages, à la France,
+la Cerdagne et le Roussillon (1462).</p>
+
+<p>Au cours des hostilités Louis XI fait défense formelle
+au seigneur de Clermont, lieutenant du gouverneur du
+Languedoc, de laisser apporter des ports de cette province
+du blé, aux habitants de Barcelone, rebelles au roi
+d'Aragon&nbsp;<a name="FNanchor_366" id="FNanchor_366" href="#Footnote_366" class="fnanchor">[366]</a>. Louis XI formule la même défense au cardinal
+de Foix et sur un ton qui n'admettait pas de réplique.
+Inhibition est faite aux Avignonnais d'envoyer «à
+ceulx de la ville de Barselonne des vivres, artillerie et
+autres choses à eux nécessaires». Et la lettre royale
+<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">127</a></span>
+ajoutait: «Nous vous prions bien affectueusement
+remontrer aux ditz habitanz de la dite ville d'Avignon et
+autres des nacions dessouz dites demourans en icelle,
+en leur notiffiant ou faisant notiffier que s'ilz font le
+contraire nous les réputons dès à présent noz ennemis
+et entendons de procéder ou faire procéder à lencontre
+d'eulx, ainsi quil appartient en tel cas. Et affin quilz
+naient cause d'en prétendre aucune ignorance, vous
+prions de rechief que les choses dessus dites faictes
+crier et publier par cry publique et à son de trompe, en
+nous faisant savoir tout ce que aures fait. E vous nous
+feres très singulier et agréable plaisir&nbsp;<a name="FNanchor_367" id="FNanchor_367" href="#Footnote_367" class="fnanchor">[367]</a>.» Nous ne connaissons
+pas la réponse du cardinal, mais il est probable
+qu'elle fut conforme aux désirs de Sa Majesté, comme
+celle du gouverneur du Languedoc&nbsp;<a name="FNanchor_368" id="FNanchor_368" href="#Footnote_368" class="fnanchor">[368]</a>. Cette lettre, bien
+que se rapportant à un fait isolé, ne laisse pas que d'offrir
+le plus vif intérêt, en ce sens qu'elle explique d'une façon
+logique l'attitude et les agissements si peu connus de
+Louis XI dans l'importante question de la succession
+du cardinal de Foix et de la désignation de son successeur.</p>
+
+<p>Pierre de Foix, légat du Saint-Siège à Avignon et dans
+le Venaissin, occupait ces fonctions depuis trente-deux
+ans, avec la plus grande distinction. Diplomate plein de
+finesse, politique délié, ferme et prudent, il avait su, sans
+se brouiller avec le dauphin, préserver de ses attaques les
+<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">128</a></span>
+terres placées sous son autorité et conserver l'estime de
+Charles VII; plus tard, Louis XI devenu roi, l'avait
+ménagé à la fois par intérêt personnel et pour complaire
+à son conseiller et ami, le maréchal d'Armagnac. Succombant
+sous le double fardeau de l'âge et des exigences
+multiples de sa charge, le cardinal légat se mourait lentement
+dans son palais, et plusieurs émissaires intéressés
+avaient appelé l'attention du roi de France sur une proie
+aussi tentante que cette succession&nbsp;<a name="FNanchor_369" id="FNanchor_369" href="#Footnote_369" class="fnanchor">[369]</a>. «D'autre part,
+sire, lui écrivait le 31 août 1464 Jean de Foix,
+savez, Monsieur le Cardinal mon oncle est en grant aage
+et tousjours maladif, mesmement a esté puis naguères
+en tel point quil est cuidé de morir et est à présumer
+quil ne vivra guères...., je ne scay, sire, se vous avez
+jamais pensé d'avoir Avignon en vostre main, lequel
+à mon advis, vous seroit bien séant et qui pourroit
+mettre au service de mondit sieur le cardinal ou par la
+main de Monsieur de Foix ou autrement quelque
+homme de façon qui fist résidence avec lui. Or ne fauldroit
+point davoir le palais incontinent que le dit Monsieur
+le Cardinal seroit trépassé, etc.» La dernière
+recommandation surtout est à retenir, car elle montre la
+pensée tout entière des neveux du cardinal, surtout de
+Pierre de Foix, qui ambitionnait sa succession comme
+légat. Sollicité par le maréchal d'Armagnac, Louis XI
+avait pris les devants et dès le mois d'août il engageait
+avec le Saint-Siège des négociations pour amener le
+Saint Père à donner la légation d'Avignon à un membre
+<span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">129</a></span>
+du clergé qui fût <i>persona grata</i> à la Cour de France&nbsp;<a name="FNanchor_370" id="FNanchor_370" href="#Footnote_370" class="fnanchor">[370]</a>.</p>
+
+<p>Le premier candidat proposé par Louis XI à l'agrément
+de Pie II avait été le propre neveu du cardinal, portant
+le même prénom et qu'on a quelquefois confondu avec
+son oncle le cardinal, Pierre de Foix le jeune&nbsp;<a name="FNanchor_371" id="FNanchor_371" href="#Footnote_371" class="fnanchor">[371]</a>; mais le
+pape répondit «que pour riens il ne lui baillerait, pour ce
+quil estoit mineur d'aage». Sans se décourager de ce
+premier échec, Louis XI proposa ensuite l'évêque de
+Genève, Jean-Louis de Savoie, frère de la reine, qui fut
+également refusé. Le pape fit alors savoir au roi «quil
+advise quelque évesque ou arcevesque en son royaulme
+qui soit à son gré et quil pourvoyra cestuy là sans
+autre».</p>
+
+<p>Déçu dans ses premières démarches, Louis XI s'adressa
+directement aux Avignonnais, par l'intermédiaire de son
+maître d'hôtel Mombardon. Le 26 août 1464, le roi, alors
+à Noyon, écrivit aux consuls pour les informer qu'il avait
+connaissance de la maladie du cardinal, ce dont il était
+très «desplaisant. Et pour ce quil est à doubter que
+de la dicte maladie il voise de vie à trespas, nous vous
+advertissons que se avez daucune chose à faire en quoy
+nous puissions pour vous employer nous le ferons de
+très bon cueur ains que plus amplement nous avons
+chargié vous dire à nostre ami et feal conseiller et
+maistre de nostre hostel Mombardon, porteur de ces
+<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">130</a></span>
+présentes. Si le vueillez croire de ce quil vous dira sur
+ce de nostre part&nbsp;<a name="FNanchor_372" id="FNanchor_372" href="#Footnote_372" class="fnanchor">[372]</a>». En s'adressant aux Avignonnais,
+Louis XI comptait évidemment mettre leur influence au
+profit de son candidat qu'il ne leur désignait cependant,
+pas encore nominativement. Au même moment, nous
+voyons arriver à Avignon Jean de Comminges, maréchal
+d'Armagnac, accompagné du duc de Calabre, fils du roi
+René (août 1464). Le conseil leur offrit une splendide
+hospitalité et ne regarda pas à la dépense si l'on en juge
+par les comptes de la ville&nbsp;<a name="FNanchor_373" id="FNanchor_373" href="#Footnote_373" class="fnanchor">[373]</a>. On ne se tromperait pas en
+affirmant que le passage du prince et du maréchal dans
+la cité papale se rattachait à la question de la succession
+du cardinal de Foix. Évidemment ces deux personnages,
+dont l'un était le confident le plus intime du roi «son
+grand conseil&nbsp;<a name="FNanchor_374" id="FNanchor_374" href="#Footnote_374" class="fnanchor">[374]</a>», devaient avoir reçu une mission secrète
+que nous devinons facilement et qui avait pour but
+d'appuyer par paroles la lettre de Louis XI aux
+consuls.</p>
+
+<p>Le 3 octobre 1464&nbsp;<a name="FNanchor_375" id="FNanchor_375" href="#Footnote_375" class="fnanchor">[375]</a> le conseil se réunit pour examiner
+<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">131</a></span>
+la réponse à faire aux lettres royales du 3 août, et il fut
+décidé qu'un ambassadeur serait dépêché à Rome pour
+faire connaître au pape les intentions de la ville sur ce
+point; un messager spécial se rendrait pour le même
+objet auprès de Louis XI. Au cours de ces négociations,
+le vieux cardinal, dont la succession provoquait de si
+ardentes compétitions, déclinait de jour en jour, et une
+issue fatale était imminente. Vers le milieu de novembre&nbsp;<a name="FNanchor_376" id="FNanchor_376" href="#Footnote_376" class="fnanchor">[376]</a>,
+Louis XI fit partir pour Rome Jehan de Reilhac&nbsp;<a name="FNanchor_377" id="FNanchor_377" href="#Footnote_377" class="fnanchor">[377]</a>, son
+secrétaire, auprès du Saint Père, pour le supplier de
+donner la légation d'Avignon à Jehan de Lescun, archevêque
+d'Auch, frère du maréchal de Comminges&nbsp;<a name="FNanchor_378" id="FNanchor_378" href="#Footnote_378" class="fnanchor">[378]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">132</a></span>
+Au cours du voyage de Jehan de Reilhac à Rome,
+l'état du vieux cardinal, depuis longtemps désespéré,
+s'aggrava, et ses exécuteurs testamentaires, accourus en
+toute hâte à Avignon, s'étaient installés dans le grand
+palais comme dans une propriété personnelle, suivant la
+recommandation qui avait été faite à Louis XI, quelques
+mois auparavant, par le neveu du cardinal, Jean de Foix&nbsp;<a name="FNanchor_379" id="FNanchor_379" href="#Footnote_379" class="fnanchor">[379]</a>.
+Évidemment, il est facile de reconnaître la main du roi
+dans les diverses intrigues qui précèdent la mort du cardinal
+légat à Avignon. Celui-ci avait fait, le 3 août précédent,
+son testament politique, dont nous avons une copie,
+conservée dans les manuscrits de Chambaud, d'après
+<span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">133</a></span>
+l'original&nbsp;<a name="FNanchor_380" id="FNanchor_380" href="#Footnote_380" class="fnanchor">[380]</a>. Les trois exécuteurs testamentaires désignés
+par le cardinal étaient Pierre de Foix, son neveu, l'évêque
+de Rieux (<i>episcopus Rivensis</i>), Geoffroy de Bazilhac,
+et Jean, évêque de Dax ou Acqs (<i>episcopus Aquensis</i>)&nbsp;<a name="FNanchor_381" id="FNanchor_381" href="#Footnote_381" class="fnanchor">[381]</a>.
+Les trois personnages avaient amené avec eux un train
+de maison considérable, et même un certain nombre
+d'hommes d'armes, leurs compatriotes, Gascons déterminés
+et résolus à qui avait été confiée la garde du grand
+palais, en vue d'une attaque possible. Cette attitude, que
+Louis XI encourageait, était pleine de menaces pour le
+Saint-Siège, et on pouvait craindre de voir se produire
+un conflit sérieux dès que le cardinal de Foix viendrait à
+décéder.</p>
+
+<p>Le grand palais était donc occupé militairement et
+sans autorisation du Saint-Siège lorsque le cardinal
+mourut, le 17 décembre 1464&nbsp;<a name="FNanchor_382" id="FNanchor_382" href="#Footnote_382" class="fnanchor">[382]</a>. Louis XI apprit le décès
+du cardinal de Foix, presque aussitôt, par l'avis qui lui
+en fut donné d'Avignon par courrier spécial. Il se trouvait
+alors à Tours&nbsp;<a name="FNanchor_383" id="FNanchor_383" href="#Footnote_383" class="fnanchor">[383]</a>, où il avait convoqué les États et les
+<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">134</a></span>
+princes pour les faire juges de ses griefs contre le duc
+de Bretagne et exposer les droits de la couronne sur
+cette province. Préoccupé par cette importante question,
+et ne voulant pas se mettre en avant directement après
+les échecs successifs qu'il avait déjà éprouvés à Rome, le
+roi fit écrire sur-le-champ aux Avignonnais par son conseiller
+et premier chambellan, Jean d'Armagnac, maréchal
+de Comminges, gouverneur du Dauphiné et de
+Guyenne&nbsp;<a name="FNanchor_384" id="FNanchor_384" href="#Footnote_384" class="fnanchor">[384]</a>. Il envoyait en même temps vers eux, et porteur
+de ses instructions confidentielles, le bailli des
+montagnes du Dauphiné, son conseiller et serviteur&nbsp;<a name="FNanchor_385" id="FNanchor_385" href="#Footnote_385" class="fnanchor">[385]</a>. Le
+maréchal leur annonçait en ces termes cette ambassade:
+«Pour vous dire et remonstrer aucunes choses de par
+luy et si vous escript bien au long, en vous priant que
+vueilliez avoir mon frère l'arcevesque d'Auch pour
+recommandé au fait de la légation de la ville et cité
+d'Avignon et gouvernement de la conte de Venissy, en
+la forme et manière que mon dit seigneur le cardinal
+la tenoit. Et pour ce, très chiers et grans amys, je vous
+prie et requiert que, pour l'honneur du roy et amour
+de mon dict frère, vous y vueilliez aider et tenir la
+main en tout ce qu'il vous sera possible, tant envers
+nostre sainct père que autrepart, et, en temps et lieu,
+mon dit frère et moy le recognoistrons envers vous
+<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">135</a></span>
+tellement que par raison en devrez estre contens. Car
+je vous certifie que je le fais plus pour le bien du pays
+que pour le prouffit que j'en espère en avoyr&nbsp;<a name="FNanchor_386" id="FNanchor_386" href="#Footnote_386" class="fnanchor">[386]</a>.» Le
+maréchal insistait vivement, au nom du roi, en faisant le
+plus grand éloge de son frère. «Et me semble que c'est
+l'homme au monde que vous devriez mieulx vouloyr,
+veu que vous cognoissez ses conditions et qu'il n'est
+pas homme malicieux pour pourchasser aucun dommage
+au pays, ainsi que plus après pourrez être informez
+par le dit bailli des montaignes de l'entente du
+roy, ensemble de la mienne&nbsp;<a name="FNanchor_387" id="FNanchor_387" href="#Footnote_387" class="fnanchor">[387]</a>.» Le messager était du
+reste porteur d'une lettre autographe de Louis XI, dans
+laquelle il faisait savoir aux Avignonnais que sa volonté
+formelle était que la ville reçût comme légat l'archevêque
+d'Auch&nbsp;<a name="FNanchor_388" id="FNanchor_388" href="#Footnote_388" class="fnanchor">[388]</a>.</p>
+
+<p>Les intentions royales ainsi manifestées par dépêche
+publique plongèrent le conseil de ville dans la plus
+grande perplexité. L'assemblée ne voulant pas assumer
+une pareille responsabilité, décida qu'un ambassadeur
+serait envoyé à Rome, porteur des instructions de la
+ville et de la copie des lettres du roi. Le temps pressait,
+il fallait agir sans délai; les décisions du conseil furent
+rédigées dans un long mémoire qui devait être confié au
+sieur d'Ortigues, avec ordre de se mettre en route dans
+les premiers jours de janvier 1465&nbsp;<a name="FNanchor_389" id="FNanchor_389" href="#Footnote_389" class="fnanchor">[389]</a>. L'orateur devait
+<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">136</a></span>
+exposer au pape Paul II que déjà du vivant du cardinal
+de Foix, Louis XI avait, par lettres patentes, prié la ville
+d'Avignon d'intercéder auprès de sa sainteté pour que
+la légation fût donnée à Pierre de Foix, fils du comte de
+Foix; que depuis la mort du vénéré légat le roi avait de
+nouveau écrit ou fait écrire par ses officiers pour que
+ladite légation fût attribuée à l'archevêque d'Auch; qu'en
+ce qui concernait Pierre de Foix, le roi avait fait valoir
+qu'étant apparenté à plusieurs familles régnantes, non
+seulement le comte de Foix, mais le roi d'Aragon, le roi
+de Navarre, le roi de Portugal, le roi de Castille, ses
+parents, ne manqueraient certainement pas d'intervenir
+auprès du Saint Père en sa faveur. Il y était dit qu'«après
+avoir pris connaissance des lettres du roi, les consuls,
+les conseillers et les autres citoyens réunis, considérant
+que la provision du vicariat ou de la légation appartient
+à la libre volonté du souverain pontife, avaient
+délibéré de ne pas intervenir et de n'adresser au saint
+père aucune prière ou supplique pour quiconque dans
+cette matière». En conséquence, le sieur d'Ortigues
+avait pour instruction bien précise de faire savoir au pape
+que cette nomination lui appartenait uniquement et qu'il
+eût à y pourvoir à sa guise, comme dans toutes terres
+appartenant à l'Église. L'assemblée, réservant son indépendance,
+s'en remet en toute confiance à la sagesse du
+pape, qui voudra bien nommer un légat favorable à la
+ville, de façon que la cité d'Avignon et ses habitants
+soient heureux et satisfaits de ce choix&nbsp;<a name="FNanchor_390" id="FNanchor_390" href="#Footnote_390" class="fnanchor">[390]</a>.</p>
+
+<p>De peur d'encourir auprès du Saint-Siège le moindre
+<span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">137</a></span>
+soupçon d'avoir voulu favoriser les vues du roi de France,
+d'Ortigues devait exposer au pape que le conseil de ville
+avait répondu à ce dernier que le pape seul avait qualité
+pour désigner le titulaire de la légation et que le devoir
+de la ville et des habitants était d'obéir respectueusement
+au représentant qui serait choisi par Sa Sainteté. Il ajouterait
+que la lettre contenant cette réponse avait été
+portée à la Cour de France par un docteur de l'Université
+et un religieux de l'ordre des frères prêcheurs. La même
+réponse avait été envoyée au comte de Foix, et d'Ortigues
+devait, en outre, remettre une copie de ces lettres à sa
+sainteté&nbsp;<a name="FNanchor_391" id="FNanchor_391" href="#Footnote_391" class="fnanchor">[391]</a>. Pendant que l'ambassadeur de la ville faisait
+ses préparatifs de départ arriva une nouvelle missive de
+Louis XI qui défendait à la ville d'accepter comme légat
+le cardinal d'Avignon, Alain de Coëtivy, pour plusieurs
+raisons, et engageait les habitants, s'il se présentait, à ne
+le point recevoir&nbsp;<a name="FNanchor_392" id="FNanchor_392" href="#Footnote_392" class="fnanchor">[392]</a>.</p>
+
+<p>Quelles considérations dictaient la conduite de Louis XI
+dans cette occurrence? Était-ce seulement l'appréhension
+de voir écarter son protégé? Cette raison ne nous paraît
+pas suffisante. Du reste, nous n'avons aucun motif de
+<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">138</a></span>
+croire que Paul II ait songé à investir Alain de cette haute
+dignité, alors qu'il fallait surtout pour recueillir la succession
+difficile du cardinal de Foix un esprit pondéré, ferme
+et souple à la fois, qui sût sauvegarder les intérêts du
+Saint-Siège et tenir la balance égale entre la papauté et
+son remuant voisin le roi de France. Quoi qu'il en soit,
+Alain n'était point l'homme de la circonstance. D'un caractère
+fougueux, violent, ambitieux et intrigant, Alain
+occupait l'évêché d'Avignon où il avait été transféré de
+Quimper en 1440 ou 1438&nbsp;<a name="FNanchor_393" id="FNanchor_393" href="#Footnote_393" class="fnanchor">[393]</a>. C'était le frère de l'amiral de
+Charles VII et suspect, de ce chef, à Louis XI. Il s'était
+montré au concile de Bâle l'adversaire ardent d'un pape
+grec «qui n'avait pas encore rasé sa barbe&nbsp;<a name="FNanchor_394" id="FNanchor_394" href="#Footnote_394" class="fnanchor">[394]</a>». Créé cardinal
+du titre de Sainte-Praxède, par Nicolas V, le
+20 décembre 1448, il avait été envoyé par Calixte III
+auprès de Charles VII en qualité de légat <i>a latere</i>, pour
+prêcher la croisade contre les Turcs (1456). Il parvint
+même à faire croiser un certain nombre de seigneurs,
+mais les démarches irrégulières et l'attitude hostile du
+dauphin firent échouer ses préparatifs de croisade.
+Louis XI devenu roi l'avait toujours tenu en suspicion&nbsp;<a name="FNanchor_395" id="FNanchor_395" href="#Footnote_395" class="fnanchor">[395]</a>,
+et avec de semblables dispositions, la nomination d'Alain
+de Coëtivy ou du «cardinal d'Avignon», comme on
+<span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">139</a></span>
+l'appelait, aurait vraisemblablement provoqué entre le
+Saint-Siège et la Cour de France un conflit brutal, comme
+il advint quelques années après à la suite de la promotion
+à la légation de Jules de la Rovère.</p>
+
+<p>Paul II comprit très certainement le danger d'un choix
+aussi hasardeux, et pour couper court à toute nouvelle
+sollicitation, il fit savoir le 14 janvier 1465&nbsp;<a name="FNanchor_396" id="FNanchor_396" href="#Footnote_396" class="fnanchor">[396]</a> qu'il venait
+de déléguer, pour remplir l'intérim de la légation d'Avignon,
+Constantin de Hérulis, évêque de Narni, recteur
+du Comtat, prélat d'une grande science, doué de toutes
+les vertus chrétiennes et confident du pape. Le bref qui
+portait cette nomination à la connaissance des Avignonnais
+fut reçu avec la plus grande satisfaction, et on en
+comprend les motifs.</p>
+
+<p>Sollicités d'un côté par le roi de France, craignant de
+l'autre de déplaire au pape, ils se trouvaient ainsi délivrés
+de la lourde responsabilité qui leur incombait en cette
+occasion. Le bref pontifical fait savoir aux Avignonnais
+que le Saint Père a été avisé de la présence au palais
+d'Avignon de Pierre de Foix et de Jean, évêque d'Acqs,
+et de la teneur des négociations engagées entre les
+citoyens et les héritiers du cardinal. Il loue l'activité, la
+prudence et le zèle des habitants et leur dévouement au
+Saint-Siège. Il les avise en même temps qu'il vient de
+nommer lieutenant et gouverneur de la ville et autres
+<span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">140</a></span>
+lieux appartenant à la sainte Église l'évêque de <i>Narni</i>,
+jusqu'à l'arrivée du légat qu'il se proposait d'envoyer
+ultérieurement. Enfin, comme conclusion, Paul II engage
+les Avignonnais à prévenir Pierre de Foix et Jean, l'évêque
+d'Acqs, qu'ils aient à évacuer sans retard le grand
+palais et à le remettre aux mains de l'évêque de Narni:
+«Vobis præcipimus et mandamus ut episcopum et
+Petrum prædictos omni studio inducatis ut palatium
+nostrum quod ab eis teneri accepimus, dicto episcopo
+Narniensi sine dilatione consignent&nbsp;<a name="FNanchor_397" id="FNanchor_397" href="#Footnote_397" class="fnanchor">[397]</a>.»</p>
+
+<p>La question de la possession du grand palais, ancienne
+résidence des papes, était grosse de difficultés. Pierre de
+Foix, l'évêque d'Acqs, et les Gascons armés faisaient
+bonne garde et refusaient de se retirer même devant la
+force. C'était malheureusement une tradition parmi les
+légats qu'à chaque décès du représentant du Saint-Siège
+à Avignon, ses héritiers et successeurs refusaient de
+rendre le palais aux ordres venus de Rome. Ému de
+cette situation et pour obvier à un nouveau scandale, le
+conseil de ville avait donné pour mission complémentaire
+à d'Ortigues (1464), de demander à Sa Sainteté
+qu'elle fît défense formelle, à l'avenir, à ses légats, d'habiter
+le grand palais, mais qu'elle voulût bien désigner un
+capitaine noble et un citoyen de la ville qui seraient
+chargés de la garde du palais, avec les émoluments que
+Sa Sainteté fixerait elle-même, à percevoir sur les revenus
+de la chambre apostolique d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_398" id="FNanchor_398" href="#Footnote_398" class="fnanchor">[398]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">141</a></span>
+C'était de la politique habile de ne désigner qu'un légat
+d'un caractère temporaire comme l'évêque de Narni&nbsp;<a name="FNanchor_399" id="FNanchor_399" href="#Footnote_399" class="fnanchor">[399]</a>.
+Paul II laissait ainsi à Louis XI l'espoir de lui donner
+bientôt satisfaction et lui écrivait en même temps une
+lettre d'un caractère tout pacifique, exposant les raisons
+qui l'avaient amené à déléguer à titre provisoire l'évêque
+de Narni. Le souverain pontife, par un nouveau bref du
+17 février 1465, tout en remerciant les Avignonnais de
+leur dévouement et de leur fidélité, leur faisait savoir
+qu'il avait confiance dans l'esprit religieux et catholique
+du roi de France, pour être certain que la tranquillité de
+ses États ne serait point troublée. Il ajoutait qu'en agissant
+comme il l'avait fait, il n'avait eu d'autre pensée que de
+sauvegarder l'honneur du Saint-Siège, le gouvernement
+des États de l'Église et le repos de la papauté&nbsp;<a name="FNanchor_400" id="FNanchor_400" href="#Footnote_400" class="fnanchor">[400]</a>. Il recommandait
+à nouveau à la ville de livrer immédiatement le
+palais à son représentant. Les négociations entamées avec
+les héritiers du feu cardinal de Foix furent laborieuses et
+difficiles. Enfin, après de nouveaux pourparlers, les prélats
+installés dans le palais s'engagèrent par devant
+notaire&nbsp;<a name="FNanchor_401" id="FNanchor_401" href="#Footnote_401" class="fnanchor">[401]</a>, le 2 mars 1465, à remettre purement et simplement
+le palais apostolique au pape Paul II ou à son
+délégué. Ils quittèrent Avignon dans les premiers jours
+de mars et le conseil délibéra le 4 dudit mois, d'accompagner
+<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">142</a></span>
+Pierre de Foix jusqu'en dehors des murailles et
+de lui présenter au nom de la ville une boîte d'or à dragées
+du poids de 15 marcs d'argent, laquelle coûta 112 écus,
+en le priant de protéger la ville tant auprès de son père que
+des princes dont il se trouvait l'allié&nbsp;<a name="FNanchor_402" id="FNanchor_402" href="#Footnote_402" class="fnanchor">[402]</a>. Le 9 février 1465, le
+cardinal Alain de Coëtivy&nbsp;<a name="FNanchor_403" id="FNanchor_403" href="#Footnote_403" class="fnanchor">[403]</a>, évêque d'Avignon, répondant
+à une lettre que les consuls de cette ville lui avaient
+adressée à Rome, le 13 janvier précédent, les félicite de
+ce que le palais apostolique est revenu au pouvoir du souverain
+pontife, chose qui lui a été très agréable «car cela
+a fait qu'il n'y a plus eu qu'un seul troupeau et un seul
+pasteur».</p>
+
+<p>Les visées de Louis XI, sur l'administration intérieure
+des domaines du Saint-Siège, se trouvaient cette fois
+encore déjouées; mais avec cette ténacité et cette persévérance
+qui caractérisent sa politique, l'habile monarque
+ne considérait pas la partie comme perdue et il allait
+prendre sa revanche en mettant en avant pour la légation
+vacante la candidature de son parent, Charles de Bourbon,
+archevêque de Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_404" id="FNanchor_404" href="#Footnote_404" class="fnanchor">[404]</a>.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">143</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE VI</h2>
+
+<p class="center">Louis XI et le conflit avec Jules de la Rovere.<br />
+L'entrevue de Lyon (juin 1476)<br />
+et ses conséquences.</p>
+
+<p class="hanging content">Vacance de la légation (1464-1470).&mdash;Agissements de Louis XI
+pour faire nommer à la légation d'Avignon l'archevêque de Lyon,
+Charles de Bourbon.&mdash;Satisfaction accordée au roi de France.&mdash;Conditions
+dans lesquelles Charles de Bourbon est pourvu de
+la légation (1470).&mdash;Engagements du roi et du légat vis-à-vis
+du Saint-Siège.&mdash;Révocation des pouvoirs du cardinal de
+Bourbon (13 mars 1476).&mdash;La légation est donnée à Jules de la
+Rovère, neveu de Sixte IV.&mdash;Mécontentement de Louis XI.&mdash;Origines
+du conflit.&mdash;Occupation du palais apostolique.&mdash;Les
+représentants du légat assiégés.&mdash;Intervention militaire de
+Louis XI (avril-mai 1476).&mdash;Entrevue de Lyon (juin 1476).&mdash;Les
+Avignonnais prêtent serment de fidélité au roi de France (26 juin
+1476).&mdash;Succès de la politique royale.&mdash;Conséquences de l'entrevue
+de Lyon pour les sujets du Saint-Siège et pour le cardinal
+de Saint Pierre ad Vincula.&mdash;Son retour à Rome (octobre 1476).</p>
+
+<p class="p2">La vacance de la légation, après la mort du cardinal de
+Foix, était pour Louis XI un encouragement à renouveler
+ses instances auprès du pape Paul II, en vue de le faire
+revenir sur son refus de pourvoir de cette charge le frère
+du maréchal d'Armagnac. Le roi n'y manqua pas. En
+effet, fort de la promesse de Pie II&nbsp;<a name="FNanchor_405" id="FNanchor_405" href="#Footnote_405" class="fnanchor">[405]</a>, Louis XI fit partir
+<span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">144</a></span>
+pour Rome une ambassade extraordinaire vers la fin de
+1465 ou au commencement de 1466&nbsp;<a name="FNanchor_406" id="FNanchor_406" href="#Footnote_406" class="fnanchor">[406]</a>. Les envoyés du roi
+avaient pour mission de rappeler à Paul II toutes les démarches
+et sollicitations dont son prédécesseur avait été
+l'objet en faveur de l'archevêque d'Auch: «Erit ipsis
+oratoribus cura præcipua ne tot preces ac totiens pro
+archiepiscopo auxitano ad legationem avinionensem
+profusæ cadant incassùm, dicentque pontifici quid
+tranquillitas illius provinciæ, quid altitudo regis, quid
+conditio temporum, quid pollicitatio Pii (Pie II) pontificis
+flagitant&nbsp;<a name="FNanchor_407" id="FNanchor_407" href="#Footnote_407" class="fnanchor">[407]</a>.» Infructueuses restèrent les démarches
+de Louis XI, qui, dès lors, paraît avoir abandonné à son
+mauvais sort la candidature du frère de son ami le
+maréchal. Mais il ne renonçait pas pour cela à l'idée de
+faire prévaloir sa volonté à Rome. La même année, en
+effet, il adressait aux États du Venaissin une longue missive&nbsp;<a name="FNanchor_408" id="FNanchor_408" href="#Footnote_408" class="fnanchor">[408]</a>
+pour leur recommander, comme personnage très
+apte à la légation, un prélat de sang royal, Charles de
+Bourbon, archevêque de Lyon, frère du duc de Bourbon
+et d'Auvergne, à qui Louis donna le gouvernement du
+Languedoc: «Nous avons jà par trois fois escript à
+nostre saint père le pape, affin quil vueille pourveoir à
+la dicte legacion et administration de Avignon et conte
+de Venysse, de la personne de nostre dit cousin
+comme de la personne que nous povons cognoistre ad
+<span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">145</a></span>
+ce plus utile et proffitable, et pour conserver et tenir
+en bon estat le fait et les droiz du Saint-Siège appostolique
+par deca et les subgectz estans soubz le patrimoine
+des diz ville et conté plus requise et nécessaire&nbsp;<a name="FNanchor_409" id="FNanchor_409" href="#Footnote_409" class="fnanchor">[409]</a>.»
+Après avoir fait de son cher et bien aimé
+cousin un éloge auquel contredisent plusieurs contemporains&nbsp;<a name="FNanchor_410" id="FNanchor_410" href="#Footnote_410" class="fnanchor">[410]</a>,
+le roi les avisait que cette candidature était désormais
+la sienne, à l'exclusion de toute autre et «pour
+ce quelque chose que nous pourrions avoir escript pour
+et en faveur d'aultruy». C'était, on le voit, une renonciation
+absolue à son ancien protégé l'archevêque d'Auch.
+Dans cette lettre, comme dans celles qu'il avait adressées
+aux Avignonnais en pareille occurrence, Louis XI cherchait
+à mettre dans son jeu le crédit dont les Avignonnais
+et les Comtadins disposaient à Rome pour assurer
+le succès de ses vues politiques: «Vous priant que y
+<span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">146</a></span>
+vueillez tenir la main de vostre part et, par votre ambassade,
+en escrire à nostre dit saint père, en la faveur
+de nostre dit cousin, et tellement que doresnavant
+vous en doyons avoir en plus grant amour et benivolence,
+laquelle vous pourrez avoir et entretenir de bien
+en mieulx&nbsp;<a name="FNanchor_411" id="FNanchor_411" href="#Footnote_411" class="fnanchor">[411]</a>.» En même temps qu'il sollicitait la recommandation
+des Avignonnais, en faveur de son parent,
+Louis XI envoyait comme ambassadeur à Rome Charles
+de Bourbon, avec mission de se présenter au pape,
+qui l'«aura pour recommandé et le préférera comme
+personnage qui est bien en tel cas à préférer à touz
+autres prélatz qui en pourroient faire poursuite&nbsp;<a name="FNanchor_412" id="FNanchor_412" href="#Footnote_412" class="fnanchor">[412]</a>». Le
+roi avait adjoint à l'archevêque de Lyon, comme compagnon
+de route, Thibaud de Luxembourg, évêque du
+<span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">147</a></span>
+Mans, avec pouvoirs donnés par lettres datées d'Orléans,
+du 19 octobre 1466&nbsp;<a name="FNanchor_413" id="FNanchor_413" href="#Footnote_413" class="fnanchor">[413]</a>. On voit, par le rapprochement
+des dates, que l'habile monarque comptait sur l'effet produit
+par les lettres des Avignonnais sur l'esprit de
+Paul II, pour assurer le succès de sa mission. L'ambassade
+devait: 1<sup>o</sup> rappeler au nom du roi, à Paul II,
+son respect pour la papauté depuis sa jeunesse, en lui
+faisant savoir qu'il regrettait que son père ne se fût pas
+mieux comporté à l'égard du Saint-Siège; 2<sup>o</sup> montrer
+comment, pour être agréable au souverain pontife,
+Louis XI avait, contre l'opinion de tout son royaume,
+aboli la pragmatique sanction; 3<sup>o</sup> témoigner de sa pleine
+et entière obéissance au Saint-Siège et donner comme
+preuve la révocation des édits et prohibitions rendus à
+Poitiers; 4<sup>o</sup> le roi demande qu'en considération de ses
+services Sa Sainteté veuille pourvoir à certaines églises
+du royaume de France, jusqu'à vingt-cinq à son gré&nbsp;<a name="FNanchor_414" id="FNanchor_414" href="#Footnote_414" class="fnanchor">[414]</a>;
+5<sup>o</sup> enfin, Louis XI terminait par un exposé sommaire des
+obligations que l'Église et le Saint-Siège avaient à la
+royauté. Cette ambassade marquait d'une façon très apparente
+les dispositions bienveillantes de la Cour de France
+et son désir de voir appeler à l'administration d'Avignon
+et du comté l'archevêque de Lyon. Mais les envoyés du
+roi quittèrent Rome sans emporter autre chose que des
+promesse vagues et dilatoires.</p>
+
+<p>Les Avignonnais essayèrent-ils quelque démarche en
+vue de complaire aux désirs exprimés dans la lettre
+royale? Les registres du conseil n'en portent aucune
+<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">148</a></span>
+trace. Mais nous constatons que le retard apporté par la
+curie romaine à la nomination de Charles de Bourbon,
+n'altère en rien les bons rapports existants. Le 17 juin 1468,
+la ville d'Avignon envoya, avec un grand concours de
+citoyens, les consuls saluer au débarcadère du Rhône,
+Blanche-Marie Visconti, épouse de François Sforza, duc
+de Milan et de Gênes, que Louis XI «ne réputait pas
+seulement s&oelig;ur, mais fille&nbsp;<a name="FNanchor_415" id="FNanchor_415" href="#Footnote_415" class="fnanchor">[415]</a>». «Nous savons que tout ce
+que vous avez fait, leur écrivait-elle de Beaucaire,
+l'avez fait pour l'onneur du Roy.... nous luy en escripvons
+en l'en remerciant et scavons qu'il en scaura à
+tous ceulx de la ville tres grand gré et nous vous
+offrons que s'il est chose en quoy nous puissions pour
+le temps à venir faire plaisir à toutz de la dite ville, soit
+en général et en particulier, que nous le ferons de tres
+bon cuer&nbsp;<a name="FNanchor_416" id="FNanchor_416" href="#Footnote_416" class="fnanchor">[416]</a>».</p>
+
+<p>416 2: Arch. municip., <i>Reg. des Conseils</i>, du 17 juin 1468, t. III, fol.
+200. Bonne de Savoie était s&oelig;ur de Charlotte, reine de France.
+Elle épousa, le 9 mai 1468, Galéas-Marie Sforza, fils de François
+Sforza. Le mariage fut béni par le cardinal La Balue et en présence
+de Charles de Bourbon. Voy. Duclos, <i>Hist. de Louis XI</i>, V;&mdash;Péricaud,
+<i>Rev. du Lyonnais</i>, IX, X, p. 369;&mdash;<i>Lettres de Louis XI</i>,
+II, p. 222, note.</p>
+
+<p>Vers la même époque, Louis XI ayant recommandé
+deux personnages, Monténart (?) et Bazille, s'en allant à
+Avignon, les consuls répondent qu'ils n'ont aucune nouvelle
+de Bazille; quant à Monténart, il avait quitté la
+ville après une maladie très grave et depuis on était sans
+nouvelles de lui. En faisant réponse au roi ils ajoutaient:
+«Pourtant sur ce autre chose est en quoy tant en commun
+que en particulier puissions vostre dicte Magesté
+<span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">149</a></span>
+servir et complaire, en le nous notiffiant, le ferons de
+tout nostre petit pouvoir et de tres bon cueur a l'ayde
+de nostre seigneur le quel tres haut et tres chrétien
+prince et tres redoubté seigneur vous doint bonne et
+longue vie et le accomplissement de voz tres haultz et
+tres nobles désirs&nbsp;<a name="FNanchor_417" id="FNanchor_417" href="#Footnote_417" class="fnanchor">[417]</a>.»</p>
+
+<p>Divers actes de Louis XI montrent néanmoins que la
+candidature de l'archevêque de Lyon était toujours l'objet
+de ses préoccupations. Dans une lettre du 21 août 1469,
+à Falco de Sinnibaldi, envoyé du Saint-Siège, s'en retournant
+à Rome, Louis XI recommande, pour le chapeau de
+cardinal, l'ancien compagnon de voyage de Charles de
+Bourbon, Thibaud de Luxembourg, évêque du Mans, et
+on trouve cette phrase caractéristique: «Je le vous
+obliay à dire, quant je vous recommande le fait de la
+légation d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_418" id="FNanchor_418" href="#Footnote_418" class="fnanchor">[418]</a>.» «Et pour tant que j'ay singulière
+confiance en vous et que vous emploirez voulentiers
+à conduire les matières pour les quelles nos diz
+ambassadeurs s'en vont par dela, mesmement en
+celles que cognoistrez que jay au cueur, je vous prie
+tant acertez et affectueusement comme je puis et surtout
+le service que faire me desirez que vous vueillez
+tellement emploier à tenir la main de vostre part
+<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">150</a></span>
+envers Nostre dit Saint-Père que la chose sortisse à
+ceste fois son effet.»</p>
+
+<p>L'influence de Sinnibaldi fut probablement de quelque
+poids sur la décision de Paul II, qui donna enfin la légation
+d'Avignon à Charles de Bourbon (septembre 1470),
+mais à titre absolument provisoire et avec les réserves dont
+Louis XI donne acte au Saint-Siège dans une lettre en
+latin, donnée à Amboise, le 26 septembre 1470, la seule
+de ce monarque que renferment les archives du Vatican&nbsp;<a name="FNanchor_419" id="FNanchor_419" href="#Footnote_419" class="fnanchor">[419]</a>.
+Mais déjà temporaire et révocable, la provision de l'archevêque
+de Lyon se trouvait singulièrement menacée par la
+mort de Paul II et l'exaltation de Sixte IV.</p>
+
+<p>En 1471, Louis XI et Sixte IV qui, sans être en rapports
+tendus jusqu'alors, se tenaient sur une réserve prudente,
+se rapprochent parce qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Le
+pape voulait l'appui du roi pour une croisade; Louis XI
+comptait sur le Saint-Siège pour régler l'affaire de la
+Balue et faire refuser à son frère, Charles de Berry, la
+dispense nécessaire en vue d'épouser Marie de Bourgogne.
+Ce rapprochement amena Sixte IV à se montrer
+plus traitable sur la question de la légation d'Avignon
+<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">151</a></span>
+qui n'avait été, comme nous l'avons vu, confiée qu'à titre
+provisoire par Paul II à l'archevêque de Lyon. Louis XI
+envoie, le 4 novembre 1471, à Sixte IV messire Guillaume
+Compaing, archidiacre d'Orléans, et maître Antoine
+Raquier, notaire, afin de conclure avec le pape un traité
+contre tous leurs ennemis communs. Dans cette ambassade
+il est encore question d'accorder à l'archevêque de
+Lyon, de la maison de Bourbon, la légation d'Avignon,
+avec le chapeau de cardinal&nbsp;<a name="FNanchor_420" id="FNanchor_420" href="#Footnote_420" class="fnanchor">[420]</a>.</p>
+
+<p>Sixte IV ratifia le choix de son prédécesseur avec les
+mêmes réserves, auxquelles durent souscrire par acte
+signé le roi de France et son protégé, Charles de Bourbon.
+La lettre royale, qui reproduit les mêmes termes que
+celle du 26 novembre 1470, fut donnée pour Sixte IV à
+Saint-Florentin, le 15 juin 1472&nbsp;<a name="FNanchor_421" id="FNanchor_421" href="#Footnote_421" class="fnanchor">[421]</a>. On voit, d'après ce document,
+que l'archevêque de Bourbon exerçait la légation
+d'Avignon et du Venaissin avec le titre de légat
+<i>a latere</i> pour une durée qui était laissée à la convenance
+du pape et du Saint-Siège. Il promettait au pape que ledit
+légat s'acquitterait avec intégrité de sa charge et rendrait
+bonne et prompte justice à tous les vassaux du Saint-Siège.
+Il est à remarquer que pour la première fois, sans
+doute à la suite des grosses difficultés qu'avait soulevées
+l'occupation du palais apostolique à la mort du cardinal
+de Foix, l'obligation était faite au légat de rendre le palais
+avec tous les droits et prérogatives attachés à sa charge,
+soit au pape vivant, soit à ses successeurs, à première
+réquisition et sans différer, avec toute la déférence due à
+<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">152</a></span>
+la personne du souverain pontife. Nous possédons également,
+grâce à la copie donnée par Fornéry&nbsp;<a name="FNanchor_422" id="FNanchor_422" href="#Footnote_422" class="fnanchor">[422]</a>, le texte de
+l'engagement juré par Charles de Bourbon, le 4 juillet
+1472. Les conditions énumérées ne font que reproduire
+celles déjà relatées dans la lettre royale. Il s'engageait à
+remettre entre les mains de Sa Sainteté ou de ses successeurs
+«le palais», avec tous droits, sous peine d'excommunication
+et de parjure, sans contestation et sans attermoiement&nbsp;<a name="FNanchor_423" id="FNanchor_423" href="#Footnote_423" class="fnanchor">[423]</a>.</p>
+
+<p>Bien que pourvu officiellement de la légation, Charles
+de Bourbon ne se pressa pas de prendre possession de
+son siège, qu'il n'occupa du reste que d'une façon très
+irrégulière. Annoncé dès le mois d'octobre 1470&nbsp;<a name="FNanchor_424" id="FNanchor_424" href="#Footnote_424" class="fnanchor">[424]</a>, aux
+consuls d'Avignon par une lettre de Guillaume de Châlons,
+prince d'Orange, le légat ne se présenta pour occuper
+sa charge en personne qu'au mois de novembre 1473.
+La ville, pour fêter son arrivée, envoya au devant de sa
+grandeur un brigantin man&oelig;uvré par douze hommes,
+qui devait remonter le Rhône jusqu'au Pont-Saint-Esprit,
+en même temps qu'une ambassade, composée des consuls
+et notables de la ville, allait à cheval à la rencontre du légat
+jusqu'au même point. Le 11 novembre 1473 l'archevêque
+de Lyon, descendant le Rhône sur le brigantin envoyé
+<span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">153</a></span>
+par la ville, prit terre à quelque distance de la ville et
+s'installa au château du Pont de Sorgues avant d'occuper
+le grand palais&nbsp;<a name="FNanchor_425" id="FNanchor_425" href="#Footnote_425" class="fnanchor">[425]</a>.</p>
+
+<p>Dans la pensée du pape, le caractère révocable de la
+provision donnée à Charles de Bourbon laissait-il entrevoir
+un remplacement à brève échéance, ou mieux encore
+Sixte IV fut-il, dans cette circonstance, l'instrument
+docile de son neveu, le célèbre Jules de la Rovère, que Jean
+de Serres appelle «instrument fatal des maux de l'Italie»
+et ailleurs «puissant d'amis, de réputation, de richesses,
+naturel farouche et terrible, inquiet, turbulent, mais magnifique
+et grand défenseur de liberté ecclésiastique»&nbsp;<a name="FNanchor_426" id="FNanchor_426" href="#Footnote_426" class="fnanchor">[426]</a>?
+Il est difficile de se prononcer. Jules de la Rovère avait été
+appelé à l'évêché de Carpentras lorsque, à la mort d'Alain
+de Coëtivy, en 1474&nbsp;<a name="FNanchor_427" id="FNanchor_427" href="#Footnote_427" class="fnanchor">[427]</a>, il fut transféré au siège d'Avignon
+que Sixte IV, par affection pour son neveu, érigea en archevêché
+par bulle du 22 novembre 1474&nbsp;<a name="FNanchor_428" id="FNanchor_428" href="#Footnote_428" class="fnanchor">[428]</a>, avec les évêchés
+de Carpentras, de Cavaillon et de Vaison comme
+suffragants, alors qu'ils ressortissaient précédemment
+de l'archevêché d'Arles. Cette extension de l'autorité
+spirituelle de l'archevêque d'Avignon, sa parenté
+avec le souverain pontife, en faisaient un adversaire redoutable
+pour le légat, dont il contrebalançait l'influence:
+un conflit ne pouvait manquer de se produire lorsque,
+sollicité sans doute par son neveu, Sixte IV, sans penser
+aux conséquences d'une pareille mesure, révoqua la
+<span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">154</a></span>
+faculté accordée à Charles de Bourbon&nbsp;<a name="FNanchor_429" id="FNanchor_429" href="#Footnote_429" class="fnanchor">[429]</a> et lui substitua
+son neveu Jules de la Rovère, par bulle du 13 mars 1475.
+Quelques auteurs ont prétendu que les pouvoirs conférés
+au nouveau légat étaient plus étendus que ceux de
+son prédécesseur; que son autorité devait se faire sentir
+jusqu'à Lyon; qu'il voulait rétablir la suzeraineté temporelle
+du Saint-Siège sur la rive droite du Rhône&nbsp;<a name="FNanchor_430" id="FNanchor_430" href="#Footnote_430" class="fnanchor">[430]</a>. Rien
+dans la bulle pontificale n'autorise ces affirmations, et le
+texte même du document est conforme aux formules
+adoptées en pareil cas par la chancellerie pontificale&nbsp;<a name="FNanchor_431" id="FNanchor_431" href="#Footnote_431" class="fnanchor">[431]</a>.
+Depuis le <span class="smcap">XIII</span><sup>e</sup> siècle les légats représentant à Avignon le
+Saint-Siège avaient toujours porté les mêmes titres, qui
+n'étaient qu'une formule consacrée de diplomatique sans
+effet dans l'exercice de leurs fonctions. Du reste, les parlements
+se montraient d'une rigueur impitoyable quand
+il s'agissait de l'enregistrement de la bulle, et ils n'auraient
+pas toléré un empiètement sur les droits du pouvoir
+laïque.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">155</a></span>
+Il y a là, selon nous, une confusion de la part des historiens,
+qui ont traité la question sans la bien connaître,
+et dont nous allons donner l'explication. L'archevêque
+d'Avignon avait juridiction sur tous les sujets royaux
+fixés dans les limites de son diocèse&nbsp;<a name="FNanchor_432" id="FNanchor_432" href="#Footnote_432" class="fnanchor">[432]</a>; or, en ajoutant
+au diocèse du nouvel archevêque les évêchés de Cavaillon,
+de Valréas et de Vaison, Sixte IV donnait par le fait, au
+sens propre du mot, à son neveu «des pouvoirs plus
+étendus». Voilà ce qu'il faut entendre par cette phrase
+qui se retrouve dans Duclos, dans Legeay et les autres.
+C'est sans doute cette extension d'attribution qui motiva
+les plaintes de Charles de Bourbon au roi, car on ne
+comprendrait pas qu'il s'agît des attributions de Jules de
+la Rovère, légat, alors que la provision de ce dernier ne
+fut délivrée qu'en mars 1475&nbsp;<a name="FNanchor_433" id="FNanchor_433" href="#Footnote_433" class="fnanchor">[433]</a>. Or, dès le mois de janvier
+1475, Louis XI, mécontent des agissements du pape,
+avait pris plusieurs ordonnances rigoureuses à l'adresse
+du Saint-Siège. Une première ordonnance du 8 janvier
+1475&nbsp;<a name="FNanchor_434" id="FNanchor_434" href="#Footnote_434" class="fnanchor">[434]</a> instituait une commission pour examiner les
+bulles, brefs et rescrits pontificaux qui seraient contraires
+aux immunités et privilèges du royaume de France et en
+défendait l'enregistrement. En vue de la défense des
+libertés de l'église gallicane le roi soumettait au «<i>placet</i>»
+tous les actes pontificaux. En outre, sans doute pour
+effrayer Sixte IV, Louis XI fit écrire à tous les évêques
+de France pour leur dire qu'ils ne devaient pas quitter
+<span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">156</a></span>
+leur résidence, et ce, sous peine de confiscation et de privation
+du temporel&nbsp;<a name="FNanchor_435" id="FNanchor_435" href="#Footnote_435" class="fnanchor">[435]</a>.</p>
+
+<p>En même temps, Louis XI, poussé secrètement par son
+allié, Laurent de Médicis, provoque une agitation anti-romaine
+et parle de la prochaine tenue d'un concile
+général pour la réforme de l'Église et l'élection régulière
+d'un pape à la place du pontife, dont la nomination était
+entachée de simonie. Il cherche à gagner à sa cause
+l'empereur Frédéric&nbsp;<a name="FNanchor_436" id="FNanchor_436" href="#Footnote_436" class="fnanchor">[436]</a>.</p>
+
+<p>La bulle pontificale du 21 novembre 1474 était sans
+contredit un acte d'indépendance de la curie romaine et
+attentatoire aux libertés de l'Église gallicane, en ce sens
+qu'elle portait modification des circonscriptions ecclésiastiques
+du royaume de France, sans l'avis préalable du
+roi. En effet, de ce chef, la province ecclésiastique d'Avignon
+devenait indépendante de Vienne et d'Arles&nbsp;<a name="FNanchor_437" id="FNanchor_437" href="#Footnote_437" class="fnanchor">[437]</a>, et le
+rattachement de l'évêché de Vaison au diocèse de l'archevêché
+d'Avignon était une diminution de l'autorité de
+l'archevêque de Vienne et de Lyon «primat de France».
+Bien que plus incliné aux idées romaines que son père
+Charles VII, qui professait plutôt les idées gallicanes,
+Louis XI ne pouvait décemment rester indifférent en présence
+des prétentions de Sixte IV dont la faiblesse expliquait
+cet acte de népotisme. Si on ajoute à cette extension
+d'attributions l'autorité que le nouvel archevêque
+tenait de ses prédécesseurs, on conviendra que l'archevêque
+d'Avignon était, sinon le supérieur, du moins
+<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">157</a></span>
+l'égal du légat, qui devait désormais compter avec lui.
+En effet, depuis 1178, par privilège de Frédéric II, empereur
+d'Allemagne, l'évêque d'Avignon était coseigneur de
+Barbentane, et avait juridiction temporelle sur ce port,
+une des principales escales de la navigation du Rhône&nbsp;<a name="FNanchor_438" id="FNanchor_438" href="#Footnote_438" class="fnanchor">[438]</a>.
+En outre, depuis le <span class="smcap">X</span><sup>e</sup> siècle, ledit évêque possédait,
+comme fiefs temporels sur la rive droite du Rhône, les
+localités ci-après avec leurs annexes: <i>Roquemaure</i>,
+<i>Trueil</i> (de Torcularibus), <i>Montfaucon</i>, <i>Saint-Giniès de
+Comolas</i>, <i>Saint-Laurent-des-Arbres</i>, <i>Lirac</i>, <i>Tavel</i>, <i>Rochefort</i>,
+<i>Sazes</i>, <i>Pujaut</i> (Podium altum), <i>Sauveterre</i>, <i>Villeneuve</i>,
+<i>Les Angles</i> et <i>Saint-Étienne-de-Candals</i>&nbsp;<a name="FNanchor_439" id="FNanchor_439" href="#Footnote_439" class="fnanchor">[439]</a>. «De tout temps
+et d'ancienneté les prédécesseurs arcevesques du dit
+lieu ont tout droit de justice et juridiction ecclésiastique
+sur plusieurs nos subgectz, mananz et habitanz de plusieurs
+villes, villaiges et places nous appartenanz dedans
+nostre royaume estans du dit diocèse et arcevesché, et
+ont accoustumé selon droit commun les dits arcevesques
+du dit lieu d'Avignon, davoir toute juridiction
+cohercion et contrainte non seulement sur iceulx habitanz
+des villes de nostre royaume mais aussi de Provence,
+du conte de Venisse et dailleurs ou le dit droict
+<span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">158</a></span>
+se estant&nbsp;<a name="FNanchor_440" id="FNanchor_440" href="#Footnote_440" class="fnanchor">[440]</a>.» Ces lettres patentes de Louis XI ne peuvent
+laisser aucun doute sur la légitimité des pouvoirs de
+l'archevêque d'Avignon, en tant que juge temporel desdits
+fiefs enclavés dans le royaume de France. Or, dans de
+pareilles conditions, ou l'évêque devait se contenter d'une
+juridiction temporelle nominale, comme l'avaient fait la
+plupart des prédécesseurs de Jules de la Rovère, ou, s'il
+voulait prendre au pied de la lettre les droits qu'il tenait
+de ses fonctions, il devait se préparer à vivre en état de
+guerre avec les officiers royaux, sénéchaux de Beaucaire,
+maîtres des ports de Villeneuve ou leurs lieutenants,
+et le Parlement de Toulouse dont la rigueur était proverbiale.
+On comprend, en effet, que les sujets du roi,
+placés sous la juridiction temporelle des évêques d'Avignon
+et poursuivis pour crimes ou délits de droit commun,
+récusassent la juridiction temporelle de leur suzerain
+spirituel, pour chercher aide et protection auprès des
+agents royaux et échapper ainsi à toute pénalité. De là
+des conflits incessants, des protestations, et comme conclusion,
+des lettres de représailles qui empêchaient l'évêque
+d'exercer en toute liberté son droit de juridiction.</p>
+
+<p>Quant à la question de conflit à propos de certains territoires
+riverains du Rhône, dont la délimitation et les
+droits «de pâturage et de bûcherage» étaient contestés
+entre les officiers royaux et le représentant du Saint-Siège&nbsp;<a name="FNanchor_441" id="FNanchor_441" href="#Footnote_441" class="fnanchor">[441]</a>,
+Jules de la Rovère ne pouvait en avoir la responsabilité,
+<span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">159</a></span>
+attendu que depuis longtemps des dissentiments
+existaient entre le sénéchal de Beaucaire et de Nîmes et
+les officiers pontificaux. Des attaques à main armée
+avaient été dirigées par les sénéchaux de Beaucaire et de
+Nîmes contre le terroir d'Avignon, sous forme de représailles
+et de droits de marque, sous prétexte d'une dette
+que les papalins auraient refusé de solder à Gabriel de
+Bernes, alors qu'il était constant que la cité d'Avignon
+n'avait jamais refusé de se libérer&nbsp;<a name="FNanchor_442" id="FNanchor_442" href="#Footnote_442" class="fnanchor">[442]</a>. Enfin, la ville se
+plaignait avec quelque apparence de raison que les officiers
+du roi s'opposassent, par vexation, à la construction
+de «pallières et taudis» sur la rive gauche du Rhône
+dont le courant impétueux ne cessait de menacer les
+remparts et fortifications qui garantissaient la sécurité de
+la ville et de son territoire.</p>
+
+<p>Les conflits entre riverains prirent même, au cours de
+l'année 1475, un caractère tel de violence que le conseil
+de ville décida d'en référer au pape, avec menace des
+censures ecclésiastiques&nbsp;<a name="FNanchor_443" id="FNanchor_443" href="#Footnote_443" class="fnanchor">[443]</a>. De leur côté les officiers du
+Languedoc, défenseurs des droits du roi, maintenaient
+<span class="pagenum"><a name="Page_160" id="Page_160">160</a></span>
+énergiquement leurs revendications et le juge-mage de
+Beaucaire écrivait à Jean Bourré, président des États du
+Languedoc, «touchant l'occupation que ceulx d'Avignon
+veullent faire du Rosne et des isles d'icelluy&nbsp;<a name="FNanchor_444" id="FNanchor_444" href="#Footnote_444" class="fnanchor">[444]</a>». Il montrait
+pour le roi l'importance qu'il y avait à conserver la
+possession des terrains limitrophes du fleuve et des îles
+voisines, «et le bon droit que le roy a». Le 9 juillet
+1475&nbsp;<a name="FNanchor_445" id="FNanchor_445" href="#Footnote_445" class="fnanchor">[445]</a>, Sixte IV adressait à Louis XI une nouvelle lettre
+plus pressante, dans laquelle il l'engageait à donner des
+ordres immédiats pour que ses officiers du Languedoc
+cessassent d'inquiéter et de molester les vassaux du
+Saint-Siège. Le roi de France n'ayant pris aucune mesure
+pour donner satisfaction au souverain pontife, celui-ci
+fulmina contre les officiers royaux une sentence d'excommunication
+(9 décembre 1475)&nbsp;<a name="FNanchor_446" id="FNanchor_446" href="#Footnote_446" class="fnanchor">[446]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">161</a></span>
+Ces explications étaient indispensables pour montrer
+l'origine du conflit à propos des limites du Rhône, au
+moment où Sixte IV allait appeler son neveu à la légation
+d'Avignon, et permettent de démêler ce qu'il y a de
+fondé dans les accusations portées par les historiens contre
+Jules de la Rovère sur ce point. Lorsque donc, quelques
+mois plus tard, le cardinal de Saint-Pierre aux Liens
+se rendit à Lyon pour porter ses doléances à Louis XI, il
+ne faisait que lui exposer des griefs déjà anciens et qu'il
+n'avait en rien contribué à susciter. Enfin, s'il se plaignait
+au roi de la sévérité outrée du Parlement de Toulouse à
+l'égard des sujets pontificaux, lorsque quelque atteinte
+était portée par eux aux prérogatives royales, ces plaintes
+étaient de tout point fondées&nbsp;<a name="FNanchor_447" id="FNanchor_447" href="#Footnote_447" class="fnanchor">[447]</a>.</p>
+
+<p>En réalité, toutes les explications données jusqu'ici,
+pour justifier le mécontentement du roi du retrait de la
+légation à Charles de Bourbon, ne sont que de peu de
+poids et ne suffiraient pas pour rendre plausible l'hostilité
+<span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">162</a></span>
+de la Cour de France et le parti pris de recourir aux voies
+de fait contre le Saint-Siège dans la personne de son légat
+et dans son propre domaine. Ce que Louis XI ne pouvait
+pardonner à Sixte IV, c'était d'avoir manqué à ses engagements
+vis-à-vis du roi et d'avoir porté une grave atteinte
+à l'influence française dans les terres qui confinaient
+à la Provence, au moment où Louis XI espérait mettre
+la main sur l'héritage du roi René. Désormais, au lieu
+d'avoir à Avignon un représentant dévoué à ses intérêts,
+la France allait se heurter à un ennemi habile, implacable,
+que l'on accusait encore sans preuves d'entretenir
+avec le Téméraire des intelligences secrètes, et de favoriser
+la cession des domaines de la maison d'Anjou au
+duc de Bourgogne&nbsp;<a name="FNanchor_448" id="FNanchor_448" href="#Footnote_448" class="fnanchor">[448]</a>. Tous les calculs politiques de Louis XI
+se trouvaient ainsi déjoués, par suite de la mauvaise volonté
+du pape, et on comprend qu'il en conçut une vive
+irritation.
+.
+Cependant l'administration du cardinal de Bourbon, ou
+plutôt de ses représentants à Avignon et à Carpentras,
+n'allait pas sans quelques difficultés. Absent depuis plusieurs
+mois du siège de sa légation, l'archevêque de Lyon
+avait délégué comme lieutenant à Carpentras l'évêque de
+Narbonne&nbsp;<a name="FNanchor_449" id="FNanchor_449" href="#Footnote_449" class="fnanchor">[449]</a>. A Avignon, il avait constitué comme son fondé
+de pouvoir Édouard de Messiaco, abbé de l'Isle-Barbe
+(13 décembre 1475). Les rapports entre le conseil de ville
+et les délégués du légat étaient assez tendus par suite de
+<span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">163</a></span>
+quelques questions d'ordre local. Le représentant du
+légat reprochait au conseil: 1<sup>o</sup> de n'avoir pas procédé,
+comme le voulait la charte municipale de 1411, au renouvellement
+annuel des conseillers&nbsp;<a name="FNanchor_450" id="FNanchor_450" href="#Footnote_450" class="fnanchor">[450]</a>; 2<sup>o</sup> de n'avoir pas voté
+au légat le présent annuel de 500 florins, qui selon la tradition
+lui était offert la veille de la Noël&nbsp;<a name="FNanchor_451" id="FNanchor_451" href="#Footnote_451" class="fnanchor">[451]</a>; 3<sup>o</sup> il se
+plaignait en outre de ce que des officiers avaient été
+créés directement par le Saint-Siège, sans autorisation
+du légat; 4<sup>o</sup> de ce que les Florentins avaient obtenu
+du Saint-Siège une exemption, au mépris du légat;
+5<sup>o</sup> de ce qu'un bref apostolique avait interdit à l'évêque
+de Narbonne de s'immiscer dans les affaires intérieures
+du Gouvernement<a href="#FNanchor_451">451</a>. L'évêque de Cavaillon se
+fit, auprès du conseil, l'organe de ces plaintes. Celui-ci,
+qui louvoyait entre les deux influences, décida le
+13 décembre de surseoir à toute décision jusqu'au retour
+des consuls et d'une partie des conseillers que
+la peste tenait pour le moment éloignés de la ville.
+Quelques jours après, l'assemblée municipale se réunit
+(le 18 décembre)&nbsp;<a name="FNanchor_452" id="FNanchor_452" href="#Footnote_452" class="fnanchor">[452]</a> et la mutation des conseillers fut opérée
+en présence de l'abbé de l'Isle de Barbe, délégué du
+légat, et par son ordre. Le 10 janvier 1476, le conseil
+décida de prendre des informations à Rome au sujet de
+<span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">164</a></span>
+la bulle concernant la mutation des conseillers, qu'une
+rature avait rendue suspecte de fausseté, et où le mois
+précédent on avait délégué à cet effet Pierre Baroncelli
+comme ambassadeur extraordinaire&nbsp;<a name="FNanchor_453" id="FNanchor_453" href="#Footnote_453" class="fnanchor">[453]</a>. Le 24 janvier, le
+conseil procède à la nomination des capitaines des paroisses,
+en vertu d'un bref que Pierre Baroncelli avait rapporté
+de Rome avec des lettres de Jules de la Rovère, archevêque
+d'Avignon. Il est probable que Baroncelli avait
+été chargé par Jules de la Rovère d'une mission secrète
+pour le conseil et les États, peut-être de leur faire pressentir
+la prochaine venue du cardinal en qualité de légat,
+car dès son arrivée, et par ordre de l'évêque de Carcassonne,
+Pierre Baroncelli avait été jeté en prison. La ville
+députa aussitôt auprès de l'évêque Pierre de Merulis, primicier
+de l'Université, et Jean Martini, bourgeois, pour
+obtenir l'élargissement de l'ambassadeur. D'autre part,
+le 3 février, le conseil fit de pressantes instances auprès
+de l'abbé de l'Isle Barbe dans le même but. Sixte IV lui-même,
+dans un bref menaçant, informa les consuls qu'il
+avait donné l'ordre de relâcher sans délai Pierre Baroncelli&nbsp;<a name="FNanchor_454" id="FNanchor_454" href="#Footnote_454" class="fnanchor">[454]</a>,
+se réservant de faire châtier l'auteur de l'emprisonnement&nbsp;<a name="FNanchor_455" id="FNanchor_455" href="#Footnote_455" class="fnanchor">[455]</a>.
+Le conflit était désormais inévitable entre
+le Saint-Siège et son légat à Avignon, et forcément la
+Cour de France allait être amenée à soutenir ce dernier
+contre le pape et contre son rival et successeur désigné,
+Jules de la Rovère. Louis XI, toujours à l'affût des desseins
+secrets de la Cour de Rome, s'efforçait de provoquer
+une certaine agitation dans le clergé de France et parmi
+<span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">165</a></span>
+les cardinaux du sacré collège. Au mois de mars 1476,
+pendant que Jules de la Rovère se rendait à Avignon, on
+trouva affichée à la porte de la basilique de Saint-Pierre
+une proclamation du roi de France enjoignant à tous cardinaux,
+prélats et évêques de se trouver à Lyon, le
+1<sup>er</sup> mai, afin d'y délibérer sur la tenue d'un concile&nbsp;<a name="FNanchor_456" id="FNanchor_456" href="#Footnote_456" class="fnanchor">[456]</a>. Une
+ambassade française fut même envoyée à Rome, à ce sujet,
+au mois d'avril 1476&nbsp;<a name="FNanchor_457" id="FNanchor_457" href="#Footnote_457" class="fnanchor">[457]</a>, mais Sixte IV refusa de la
+recevoir. Comme le fait justement observer Pastor, il y
+a une corrélation indiscutable entre ces tentatives de
+pression et d'intimidation que Louis XI cherchait à exercer
+sur les membres de l'Église et l'envoi en France de
+Jules de la Rovère&nbsp;<a name="FNanchor_458" id="FNanchor_458" href="#Footnote_458" class="fnanchor">[458]</a>. Ce dernier avait quitté Rome le
+19 février 1476.</p>
+
+<p>La guerre devenait dès lors inévitable, et les partis
+commençaient à s'y préparer. Le 12 mars 1476, le conseil
+est avisé de la prochaine venue de Jules de la Rovère à
+Avignon, mais l'assemblée ignorait encore la nouvelle,
+tenue secrète, du remplacement de l'archevêque de Lyon
+à la légation. Celui-ci, mis au courant de ce qui se tramait
+à Rome contre son autorité, avait pris les devants, et
+le 17 avril&nbsp;<a name="FNanchor_459" id="FNanchor_459" href="#Footnote_459" class="fnanchor">[459]</a> 1476, on annonçait l'arrivée à Avignon, par
+le Rhône, d'une grande barque chargée de douze tonneaux
+<span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">166</a></span>
+ de vin et de vingt à vingt-cinq salmées de blé, destinés
+à l'approvisionnement du grand palais. Avisé aussitôt,
+le conseil décide que le tout sera mis en entrepôt et
+en lieu sûr, <i>attendu que cette affectation de se servir
+d'une voie étrangère pour les denrées dont il a besoin ne
+fait rien augurer de bon pour la ville, d'autant plus qu'on
+sait qu'il donne certains signaux par des feux allumés du
+haut de la tour de Trolhas</i>&nbsp;<a name="FNanchor_460" id="FNanchor_460" href="#Footnote_460" class="fnanchor">[460]</a>.</p>
+
+<p>Le 19 avril 1476, le conseil est informé de l'approche
+de Jules de la Rovère, neveu du pape, archevêque
+d'Avignon, en qualité de <i>légat gouverneur d'Avignon et du
+Comtat</i>, et de son intention d'occuper le grand palais, et
+d'en faire sortir incontinent ceux qui le détiennent pour
+le compte de l'archevêque de Lyon. Le conseil délibère
+aussitôt que les consuls et douze députés des plus notables
+auront plein pouvoir pour établir une garnison aux
+portes et aux autres points de la ville où besoin sera, et
+que des mesures seront prises incessamment pour pourvoir
+à la sécurité de la ville et de ses habitants. Les députés
+désignés furent: Louis Merulis, primicier de l'Université;
+Guillaume Ricci, docteur; Antoine Ortigues, Girard de
+Sades, François Malépine, Baptiste de Brancas, Pierre
+Baroncelli, Louis Pérussis, Antoine Simonis, Veran Malhardi,
+Étienne de Gubernatis et Jean Martini. Le 29 avril
+suivant&nbsp;<a name="FNanchor_461" id="FNanchor_461" href="#Footnote_461" class="fnanchor">[461]</a>, le conseil décide de notifier cette décision à
+l'archevêque de Vienne, pro-lieutenant du cardinal de
+Bourbon, et députe une ambassade au seigneur de Beaujeu&nbsp;<a name="FNanchor_462" id="FNanchor_462" href="#Footnote_462" class="fnanchor">[462]</a>,
+et à l'archevêque de Narbonne, qui étaient au pont
+<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">167</a></span>
+de Sorgues, pour tâcher de pacifier les choses. C'est au
+milieu de cette agitation que le nouveau légat pontifical
+arriva à Avignon, où il fut reçu avec la déférence que
+commandaient ses nouvelles fonctions et sa parenté avec
+la personne du souverain pontife.</p>
+
+<p>De son côté, Louis XI n'était pas resté inactif, et son
+intervention, à ce moment, avait, s'il faut en croire Belleforest&nbsp;<a name="FNanchor_463" id="FNanchor_463" href="#Footnote_463" class="fnanchor">[463]</a>,
+un double but; intimider le pape et peser sur
+l'esprit du roi René dont les ambassadeurs étaient partis
+secrètement pour aller offrir au duc de Bourgogne son
+héritage, après avoir rejeté et divulgué audit duc toutes
+les propositions à lui faites par Louis XI&nbsp;<a name="FNanchor_464" id="FNanchor_464" href="#Footnote_464" class="fnanchor">[464]</a>. Mais on sait
+comment la défaite du Téméraire à Granson détacha
+du duc de Bourgogne tous ses alliés, et René, dont les
+ambassadeurs avaient été pris et les projets dévoilés,
+n'avait plus qu'à solliciter son pardon. Ce fut l'épilogue
+du combat de Granson (1476).</p>
+
+<p>Mais Louis XI n'avait pas attendu une solution que
+donnât à ses visées politiques le sort des armes. Au mois
+d'avril 1476, par ordre du roi, des troupes du Languedoc
+furent mises en mouvement et portées sur la rive droite
+du Rhône, avec ordre d'amasser une grande quantité de
+vivres et d'approvisionnements de toutes sortes à Villeneuve-lès-Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_465" id="FNanchor_465" href="#Footnote_465" class="fnanchor">[465]</a>.
+L'avant-garde de l'armée royale,
+<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">168</a></span>
+commandée par le capitaine Bertrand de Codolet, se présenta
+au pont du Rhône pour attaquer le terroir d'Avignon.
+Quant au représentant du légat, l'archevêque de
+Lyon, il avait fait occuper le palais apostolique par une
+garnison de soixante hommes, archers et arbalétriers,
+fournis par le roi de France et à la solde de 4 livres par
+jour. Dans cette forteresse inexpugnable la petite garnison
+française entretenait des signaux avec les soldats de
+l'armée royale campés sur la rive droite du Rhône, et
+leur fournissait des renseignements utiles pour l'attaque
+des remparts. Vers la même date, et pour appuyer les
+troupes massées sur la rive droite du fleuve, Louis XI faisait
+diriger par voie rapide toute son artillerie disponible,
+traînée par plus de quarante-quatre chevaux, sur Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_466" id="FNanchor_466" href="#Footnote_466" class="fnanchor">[466]</a>.
+L'amiral de Bourbon, frère de l'archevêque de
+Lyon, avait été chargé du commandement de l'armée
+«laquelle nous avions envoyée ès marches de par dellà
+et près de la dite ville pour obvier à la mauvaise entreprinse
+du dit cardinal alyé à nos ennemis&nbsp;<a name="FNanchor_467" id="FNanchor_467" href="#Footnote_467" class="fnanchor">[467]</a>».</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">169</a></span>
+Aucun des historiens, en mentionnant cette prise d'armes
+du roi de France contre les domaines du Saint-Siège,
+n'a connu réellement les faits tels qu'ils se sont
+passés. Presque tous affirment que Louis XI occupa Avignon
+et le comté, et ne sont pas éloignés de croire que,
+dans la pensée du roi, cette tentative d'occupation à main
+armée n'était que le prélude d'une annexion définitive,
+et que le Saint-Siège fut même menacé de perdre Avignon
+par la faute de son légat&nbsp;<a name="FNanchor_468" id="FNanchor_468" href="#Footnote_468" class="fnanchor">[468]</a>. Il y a là une exagération
+évidente, conséquence de l'ignorance des archives locales,
+qui vont nous permettre de mettre, pour la première
+fois, sous leur vrai jour, les événements politiques et militaires
+si peu connus de cette période de l'histoire des
+États citramontains de l'Église.</p>
+
+<p>Un document inédit et de la plus incontestable authenticité,
+renfermé dans la caisse d'Avignon, parmi les papiers
+constituant le fonds de l'inventaire de la Chambre
+des Comptes de Grenoble, nous apporte sur les agissements
+de Jules de la Rovère, dans les événements qui
+vont suivre, des renseignements forts curieux, que quelques
+historiens ont soupçonnés, et qui n'expliquent que
+trop les griefs de Louis XI contre la curie romaine et son
+représentant, le cardinal de Saint-Pierre ad Vincula. Un
+certain Jean Aubert, dit de Montclus, seigneur et chevalier
+de Montclus, avait été laissé à Avignon comme agent
+secret du légat Charles de Bourbon, avec mission de le
+renseigner sur tout ce qu'il pourrait saisir des desseins
+<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">170</a></span>
+de Jules de la Rovère. Grâce à un espionnage savamment
+dissimulé, ledit de Montclus ne tarda pas à apprendre
+que le nouveau légat avait envoyé auprès de Charles
+le Téméraire, duc de Bourgogne, son vicaire à Avignon,
+le sieur de Lyennans, «lequel était revenu porteur de
+certaines lettres de créance et instructions signées et
+scellées du seing et scel du dit duc de Bourgogne adreçans
+au pape et au dit cardinal lesquelles lettres et instructions
+estoient au grand dangier et préjudice&nbsp;<a name="FNanchor_469" id="FNanchor_469" href="#Footnote_469" class="fnanchor">[469]</a>» de
+la personne du roi et du royaume de France; que, pour
+mettre à exécution ces mauvais desseins et entreprises,
+certaine alliance avait été contractée entre ledit cardinal,
+le duc de Bourgogne et d'autres ennemis du royaume (et
+ce disant, Louis XI fait évidemment allusion au roi René).
+Au dire de Louis XI, le cardinal de Saint-Pierre aux
+Liens était venu en Avignon pour mettre la main sur le
+palais apostolique, en chasser la garnison française que
+le légat Charles de Bourbon avait préposée à sa garde, et
+par la possession de cette forteresse inexpugnable, barrer
+aux armées royales la route de Provence. On ne saurait,
+en cette occurence, mettre en doute les accusations
+de Louis XI contre le cardinal de Saint-Pierre ad Vincula,
+car ce sont ces projets secrets que Baroncelli avait dû
+communiquer aux différents corps élus d'Avignon et du
+comté, et qui motivèrent la délibération du conseil de
+ville d'Avignon du 17 avril 1476&nbsp;<a name="FNanchor_470" id="FNanchor_470" href="#Footnote_470" class="fnanchor">[470]</a>.</p>
+
+<p>Louis XI, informé de ce qui se tramait à Avignon par
+<span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">171</a></span>
+ledit seigneur de Montclus, voulut intimider la curie romaine
+en mandant à Lyon, où il se trouvait (mai 1476), le
+sieur de Montclus et le propre vicaire de Jules de la Rovère,
+de Lyennans, les invitant à venir se justifier auprès
+de lui. Le cardinal de Saint-Pierre aux Liens, dont la trahison
+à l'égard de Louis XI n'était pas douteuse, pour
+empêcher son vicaire de rien divulguer de la mission
+secrète qu'il avait remplie auprès du duc de Bourgogne,
+s'empressa de faire incarcérer ledit de Lyennans, comme
+témoin compromettant. Puis, sachant que le seigneur de
+Montclus, en sa qualité de représentant de Charles de
+Bourbon, avait des intelligences avec le capitaine qui gardait
+le palais, il tenta par des promesses et toutes sortes
+de moyens de le gagner à sa cause. N'ayant pu réussir
+dans son dessein, Jules de la Rovère, très irrité contre le
+sieur de Montclus, le fit venir au petit palais&nbsp;<a name="FNanchor_471" id="FNanchor_471" href="#Footnote_471" class="fnanchor">[471]</a>, en présence
+de l'évêque de Cavaillon, des évêques italiens qui avaient
+accompagné le nouveau légat, des consuls et autres personnages
+notables de la ville, et devant tous les assistants
+le cardinal entra dans une violente colère, déclarant au
+sieur Montclus que s'il ne lui faisait pas remettre incontinent
+le palais apostolique en obligeant les gens de Charles
+de Bourbon à l'évacuer, «il luy feroit coupper la teste et
+qu'il ne luy tenoit à guères qu'il ne le fist gecter par la
+fenestre en la rivière du Rosne et que c'estoit le dit
+suppliant qui les y avait mis et que par luy se conduisoient&nbsp;<a name="FNanchor_472" id="FNanchor_472" href="#Footnote_472" class="fnanchor">[472]</a>».
+<span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">172</a></span>
+De Montclus, sans s'intimider des menaces
+du cardinal, répondit que c'était à tort qu'on l'accusait de
+maintenir dans le palais la garnison française; qu'il
+n'avait point charge de traiter cette question, et que le
+mieux était pour le cardinal de s'entendre avec les ambassadeurs
+du roi de France, qui se trouvaient en ce moment
+à Avignon. Mécontent de cette réponse et aveuglé par la
+colère, Jules de la Rovère donna l'ordre de s'emparer sur-le-champ
+de la personne dudit de Montclus, et de l'enfermer
+dans la prison du petit palais; il le fit lier et attacher
+avec de gros fers aux pieds, et «loger en une grosse tour
+estroitement et durement detenu en grant detresse de
+sa personne, couchier sur le plastre comme s'il estoit
+ennemy de la foy et mecréant, garder par certains
+habitans de la dite ville, piller et desrober tous ses biens
+meubles qui estoient de bonne valeur estans en certaine
+maison qu'il avoit au dit Avignon. Et contre toute forme
+de justice inhumainement et cruellement feist tourmenter
+et mettre en gehayne et torture le dit suppliant cuidant
+par ce moyen recouvrer le dit palais et que pour
+éviter la mort du dit suppliant le capitaine et autres
+estans de dans le dit palais eussent rendu au dit cardinal
+le dit palais et que faire ne vouloirent&nbsp;<a name="FNanchor_473" id="FNanchor_473" href="#Footnote_473" class="fnanchor">[473]</a>».</p>
+
+<p>Cependant, comprenant que la détention dudit Montclus
+était illégale, et que la ville et les habitants d'Avignon
+pourraient supporter les conséquences d'un aussi
+grave abus d'autorité, au moment où l'armée envoyée par
+Louis XI approchait de la ville&nbsp;<a name="FNanchor_474" id="FNanchor_474" href="#Footnote_474" class="fnanchor">[474]</a>, Jules de la Rovère laissa
+<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">173</a></span>
+entendre que de Montclus n'avait été mis en prison que
+pour obtenir le recouvrement du palais indûment retenu,
+puisque, en exécution des engagements pris par le roi et
+le légat en 1472, ledit palais devait être rendu à première
+réquisition du Saint-Siège. Il ajoutait, en outre, que ce
+faisant il avait voulu complaire à un certain nombre d'habitants
+d'Avignon, ennemis du roi de France, qui étaient
+débiteurs vis-à-vis de lui de certaines sommes qu'il avait
+donné charge d'aller recueillir, en vertu d'une obligation
+déjà ancienne, et après sommation faite par lettres patentes
+aux officiers du Saint-Siège. Sous ce dernier prétexte,
+Jules de la Rovère fit appliquer la torture audit sieur de
+Montclus, pour le forcer à déclarer que lesdites lettres
+obligatoires adressées par Louis XI à la ville «estoient
+induement faictes et forgées», alors que lesdites obligations
+avaient été souscrites par la ville avant la naissance
+dudit de Montclus et ne le touchaient en quoi que ce soit&nbsp;<a name="FNanchor_475" id="FNanchor_475" href="#Footnote_475" class="fnanchor">[475]</a>.
+La torture, appliquée avec tous les raffinements en usage
+chez les bourreaux du Saint-Siège, alla jusqu'à la séparation
+des membres pour contraindre Montclus à dire des
+choses «à l'appétit et vouloir» de ses persécuteurs. Le
+malheureux prisonnier faillit en mourir. Ce que voyant,
+le cardinal de Saint-Pierre <i>ad Vincula</i>, les habitants et
+consuls de la ville d'Avignon, émus sans doute à l'idée
+qu'un traitement aussi barbare et le trépas qui s'en suivrait
+<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">174</a></span>
+engageaient gravement la responsabilité de la ville aux
+yeux du roi de France, cessèrent de torturer leur prisonnier.
+Quant à Jules de la Rovère, il trouva moyen de parlementer
+avec l'amiral de Bourbon, commandant l'armée
+royale, et partit d'Avignon pour venir à Lyon trouver le
+roi.</p>
+
+<p>Mais les consuls et les habitants d'Avignon comprenant
+enfin tout l'odieux de leur conduite, afin d'apaiser la colère
+du roi «et les dites deshonnestes faultes assoupper»,
+envoyèrent auprès dudit de Montclus, enfermé dans la
+tour de l'auditeur, une délégation qui se composait de
+maître Tulle, docteur et juge de ladite ville, de maître
+Accurse Meynier et d'Etienne Sedile, notaire de la cour
+de Saint-Pierre et autres officiers, et de plusieurs autres
+notables citoyens. Le juge de Saint-Pierre délivra sur-le-champ
+ledit de Montclus comme innocent et sans charge
+aucune, en lui en donnant acte par lettres que ledit suppliant
+avait requises «pour sa descharge et s'en aider en
+temps et lieu». Tels sont les événements qui se passaient
+à Avignon au moment où Louis XI, déjà très mécontent,
+dirigeait des forces sur les terres du Saint-Siège, et on
+comprend dès lors que l'accueil fait par lui à Jules de la
+Rovère n'ait pas été précisément très amical.</p>
+
+<p>A l'annonce des mouvements de troupes qui se dessinaient
+de l'autre côté du Rhône, et des préparatifs de
+siège du palais apostolique, le conseil de ville d'Avignon
+décida de faire garder les portes et les remparts par une
+garnison de soixante hommes d'armes pendant huit jours,
+et de leur payer à cette occasion 60 florins. Le soin de
+constituer cette force armée fut confié à Marot Borgognon
+qui, ne trouvant personne dans le pays, fut obligé
+d'envoyer quérir à Tarascon, à Aix et à Marseille, des
+<span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">175</a></span>
+aventuriers pour concourir à la défense de la ville&nbsp;<a name="FNanchor_476" id="FNanchor_476" href="#Footnote_476" class="fnanchor">[476]</a>. Gaspard
+de Sarrachani et son frère Thomas furent chargés
+de couvrir tous les passages du Rhône qui mettaient en
+communication le terroir d'Avignon avec la rive languedocienne&nbsp;<a name="FNanchor_477" id="FNanchor_477" href="#Footnote_477" class="fnanchor">[477]</a>.
+Les bacs à traille notamment devaient être
+l'objet d'une surveillance rigoureuse. Quant à l'intérieur
+de la ville, les consuls avaient pris toutes leurs mesures
+pour la mettre à l'abri d'un coup de main. Le conseil
+avait fait fabriquer neuf couleuvrines qu'il avait placées
+dans l'hôtel de ville&nbsp;<a name="FNanchor_478" id="FNanchor_478" href="#Footnote_478" class="fnanchor">[478]</a>, en refusant énergiquement de les
+laisser transporter au grand palais&nbsp;<a name="FNanchor_479" id="FNanchor_479" href="#Footnote_479" class="fnanchor">[479]</a>. Comme le bruit s'était
+répandu qu'un assaut devait être livré au palais, les
+consuls donnèrent charge à Marot Borgognon et à Antoine
+Simon, avec un certain nombre de compagnons, de
+garder les passages près de la tour Trolhas par où pouvaient
+s'introduire des troupes royales destinées à renforcer
+la petite garnison fidèle à Charles de Bourbon. Borgognon
+et Simon avec leurs hommes d'armes veillèrent
+pendant quinze jours et quinze nuits, et outre les désagréments
+d'une pareille faction, ils encoururent la disgrâce
+du seigneur de Lyon (Charles de Bourbon)&nbsp;<a name="FNanchor_480" id="FNanchor_480" href="#Footnote_480" class="fnanchor">[480]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">176</a></span>
+Tels sont, dans toute leur simplicité, les événements
+militaires dont les États du Saint-Siège furent le théâtre
+en avril-mai 1476, et auxquels on avait donné une portée
+et un caractère contraires de tous points à la vérité historique.
+S'il n'y eut pas, en réalité, occupation <i>manu militari</i>
+du comté et d'Avignon par les troupes du roi de
+France, toutes les mesures furent prises pour l'effectuer.
+L'attitude du roi René&nbsp;<a name="FNanchor_481" id="FNanchor_481" href="#Footnote_481" class="fnanchor">[481]</a> d'abord, et de Jules de la Rovère
+ensuite, suspendit les préparatifs belliqueux de Louis XI
+et donna aux événements une tournure pacifique. Dès le
+11 avril 1476, René d'Anjou promit aux ambassadeurs du
+roi de n'avoir jamais plus d'intelligence avec Charles le
+Téméraire, ni avec les autres ennemis de la couronne. Il
+prit l'engagement de se rendre à Lyon pour assister à
+l'entrevue à laquelle l'avait convié Louis XI, et prépara
+l'entrevue de Jules de la Rovère avec le monarque. Les
+troupes royales furent incontinent rappelées&nbsp;<a name="FNanchor_482" id="FNanchor_482" href="#Footnote_482" class="fnanchor">[482]</a>, et nous
+voyons quelques jours après les Avignonnais se porter
+caution pour l'archevêque de Lyon, Charles de Bourbon,
+d'une somme de 3,200 livres que ledit cardinal devait
+<span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">177</a></span>
+payer au roi de France. Charles de Bourbon figure dans
+l'acte avec les titres de <i>gubernator civitatis Avinionensis
+et Comitatûs</i> et avec le titre de <i>legatus a latere</i>&nbsp;<a name="FNanchor_483" id="FNanchor_483" href="#Footnote_483" class="fnanchor">[483]</a>. Le
+9 mai, le roi René qui, en passant, avait eu un entretien
+avec Jules de la Rovère, arrivait à Lyon, où Louis XI lui
+fit les honneurs d'une hospitalité vraiment royale. Les
+deux rois vécurent dans la plus grande intimité, se montrant
+ensemble à la foire avec les plus belles dames de la
+ville&nbsp;<a name="FNanchor_484" id="FNanchor_484" href="#Footnote_484" class="fnanchor">[484]</a>, et parurent parfaitement réconciliés. Les compagnons
+du roi René, entre autres Palamède de Forbin, reçurent
+des cadeaux des deux côtés. Celui-ci eut même du
+roi René 4,000 livres de pension annuelle, et c'est en
+reconnaissance de ces gracieusetés que les ambassadeurs
+provençaux s'employèrent de leur mieux pour amener
+une cessation d'hostilités entre Louis XI et Sixte IV&nbsp;<a name="FNanchor_485" id="FNanchor_485" href="#Footnote_485" class="fnanchor">[485]</a>.</p>
+
+<p>C'est au milieu de ces démonstrations d'amitié sincère
+entre les deux rois que Jules de la Rovère arriva à Lyon,
+pour s'entretenir avec Louis XI des difficultés pendantes
+avec le Saint-Siège. Le roi le reçut fort mal d'abord&nbsp;<a name="FNanchor_486" id="FNanchor_486" href="#Footnote_486" class="fnanchor">[486]</a>,
+mais finit par l'écouter, sur les instances du roi René, et
+<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">178</a></span>
+exigea en premier lieu: 1<sup>o</sup> que Jules de la Rovère renoncerait
+à sa légation et restituerait à Charles de Bourbon
+la provision que le pape lui avait retirée au mois de mars
+1476, et 2<sup>o</sup> que les Avignonnais enverraient à Lyon une
+députation chargée de prêter, au nom de la ville, serment
+de fidélité à la couronne&nbsp;<a name="FNanchor_487" id="FNanchor_487" href="#Footnote_487" class="fnanchor">[487]</a>.</p>
+
+<p>L'orgueilleux cardinal-légat s'humilia pour ménager le
+Saint-Siège et les domaines de l'Église, et le 10 juin il fit
+tenir aux consuls d'Avignon des lettres patentes leur enjoignant
+de reconnaître pour légat Charles de Bourbon,
+archevêque et comte de Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_488" id="FNanchor_488" href="#Footnote_488" class="fnanchor">[488]</a>. Quelques jours plus tard,
+le 18 juin 1476, Jules de la Rovère écrivait de nouveau
+aux consuls&nbsp;<a name="FNanchor_489" id="FNanchor_489" href="#Footnote_489" class="fnanchor">[489]</a> pour les informer que le serment de fidélité
+exigé par le roi avait été prêté suivant la formule convenue,
+mais que sa majesté entendait qu'il fût prêté en outre
+par le conseil de ville comme représentant de la collectivité
+des habitants. En conséquence, il leur faisait tenir
+une copie dudit serment, qui devait être adressée à lui-même,
+revêtue de la signature des membres du conseil,
+avec défense expresse d'y introduire la moindre variante&nbsp;<a name="FNanchor_490" id="FNanchor_490" href="#Footnote_490" class="fnanchor">[490]</a>.
+«Et ont juré Guillaume Ricci, François Peruzzi, Antoine
+Ortigues, Antoine de Damiani, en présence de l'archevêque
+de Lyon, de M. l'admiral de France, son frère,
+que dans la ville d'Avignon on ne souffrira aucune
+personne qui puisse nuire au roi et à ses États, et on
+n'y prendra point parti pour ses ennemys déclarés qui
+sont le duc de Bourgogne, le roi Fernand, le roi d'Aragon
+<span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">179</a></span>
+et le roi d'Espagne, son fils, au moyen de quoy le
+dit amiral et le vice-chancelier ont promis au nom du
+roi de France de garantir la ville d'Avignon de toute
+oppression qu'on pourrait vouloir faire aux sujets de Notre
+Saint Père, ainsi que des attaques de ses ennemis».
+Les consuls et conseillers firent également le même serment,
+sauf toutefois certaines réserves en ce qui touchait
+l'obéissance et la fidélité au pape et son droit de souveraineté.
+Bien que cette condition ne fût point stipulée dans
+l'acte, le grand palais d'Avignon devait être occupé provisoirement,
+au nom du légat Charles de Bourbon, par
+une garnison de soldats royaux, ce qui était pour la cité
+papale une humiliante obligation, en même temps qu'une
+perpétuelle cause de conflits. Quant au caractère même et
+à la portée du serment des Avignonnais prêté à un souverain
+qui n'était pas le leur, il ne faut pas s'y méprendre; il
+liait l'un vis-à-vis de l'autre les contractants par acte public,
+<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">180</a></span>
+et les Avignonnais ne manqueront pas de s'en prévaloir
+dans une circonstance où la tranquillité de la ville et
+la sûreté de ses citoyens se trouvent menacées par les
+attaques du sacrilège Bernard de Gorland (1479-1480). Et
+il faut dire, à l'éloge de Louis XI, que le roi de France ne
+faillit pas aux engagements pris à Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_491" id="FNanchor_491" href="#Footnote_491" class="fnanchor">[491]</a>.</p>
+
+<p>La question de la légation elle-même était laissée en
+suspens, mais Jules de la Rovère promettait tacitement
+au roi et à son rival, l'archevêque de Lyon de se rendre
+prochainement à Rome pour solliciter de son oncle Sixte IV
+le chapeau de cardinal en faveur de Charles de Bourbon,
+qui ne demandait rien de plus. L'entrevue de Lyon (mai-juin
+1476) fut pour la politique de Louis XI un triomphe
+complet. Il avait obtenu du roi René, sinon la substitution
+du roi de France à Charles du Maine comme héritier de la
+Provence, au moins un engagement tacite dont Palamède
+de Forbins fut le garant&nbsp;<a name="FNanchor_492" id="FNanchor_492" href="#Footnote_492" class="fnanchor">[492]</a>. René ne voulut pas se lier par un
+acte, contrairement à ce qu'affirme l'auteur de l'histoire
+des Célestins&nbsp;<a name="FNanchor_493" id="FNanchor_493" href="#Footnote_493" class="fnanchor">[493]</a>, mais c'était le bruit public que le vieux
+roi avait donné à Louis XI la promesse formelle de la
+cession de la Provence à la couronne, à la mort de Charles
+du Maine, institué héritier par testament du 28 juillet 1475&nbsp;<a name="FNanchor_494" id="FNanchor_494" href="#Footnote_494" class="fnanchor">[494]</a>.
+Comblé de présents et d'honneurs, René avait quitté Lyon
+<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">181</a></span>
+le 9 juin 1476, laissant Jules de la Rovère débattre avec
+Louis XI les questions qui intéressaient spécialement les
+états pontificaux et la légation&nbsp;<a name="FNanchor_495" id="FNanchor_495" href="#Footnote_495" class="fnanchor">[495]</a>.</p>
+
+<p>Le rusé cardinal n'eut pas lieu de se plaindre des procédés
+de Louis XI à son égard, car il obtenait de lui plus
+qu'il ne pouvait espérer, surtout après la réception qui
+lui avait été faite. Son ton résolu et prompt à la riposte,
+sa rouerie diplomatique, dissimulée sous une apparente
+soumission, avaient produit sur l'esprit du roi une impression
+très favorable, et Louis XI, après ces quelques
+semaines d'entrevue, n'hésitait pas à appeler le cardinal
+de Saint-Pierre aux Liens son «très cher et grant amy».
+Par lettres patentes données à Lyon le 15 juin 1476, le
+roi «voulant mettre un terme aux grans faultes, fraudes,
+abuz, déceptions et exactions de toute espèce qui se
+commettoient à la Cour de Rome au détriment de tous
+ceux qui venoient à besougner à cause de la diversité
+des personnages auxquels ils s'adressaient, déclare
+que désormais toutes les personnes qui auront à se pourvoir
+en Cour de Rome se addressent a son très cher et
+grant amy le cardinal de Saint-Pierre <i>ad Vincula</i>&nbsp;<a name="FNanchor_496" id="FNanchor_496" href="#Footnote_496" class="fnanchor">[496]</a>».
+Louis XI accordait en outre à Jules de la Rovère l'autorisation
+d'exercer dans le royaume ses facultés de légat,
+bien que ledit légat «ne luy en ait demandé la permission,
+comme il est de coutume, et sans qu'il soit tiré à conséquence&nbsp;<a name="FNanchor_497" id="FNanchor_497" href="#Footnote_497" class="fnanchor">[497]</a>».
+En outre, par d'autres lettres patentes,
+données à Lyon le 21 juin 1476, Louis XI autorisait le cardinal
+<span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">182</a></span>
+de Saint-Pierre ad Vincula à posséder dans le royaume
+de France tous les bénéfices dont il avait été ou pouvait
+être pourvu, archevêchés, évêchés, abbayes et autres
+dignités et bénéfices quelconques, et à quelque valeur et
+estimation qu'ils pussent monter. Dans les raisons qui
+poussaient le roi à octroyer cette faveur, Louis XI parlait
+«de la grant et singulière amour et amitié que avons a
+lui. Et en faveur de plusieurs grans louables et notables
+services dignes de recommandacion qu'il nous a
+faiz et espérons qu'il nous face au temps advenir&nbsp;<a name="FNanchor_498" id="FNanchor_498" href="#Footnote_498" class="fnanchor">[498]</a>».
+Enfin, six semaines après l'entrevue de Lyon, Jules de la
+Rovère affermissait encore ses bons rapports avec le roi
+de France en accordant la dispense pour le mariage de
+Louis d'Orléans (futur Louis XII) avec Jeanne de France,
+fille de Louis XI&nbsp;<a name="FNanchor_499" id="FNanchor_499" href="#Footnote_499" class="fnanchor">[499]</a>.</p>
+
+<p>L'entrevue de Lyon, grâce à l'influence du cardinal de
+Saint-Pierre aux Liens sur l'esprit du roi, fut féconde en
+résultats heureux pour les Avignonnais. Par lettres patentes
+données à Lyon le 21 juin 1476&nbsp;<a name="FNanchor_500" id="FNanchor_500" href="#Footnote_500" class="fnanchor">[500]</a>, Louis XI accorda
+aux sujets du pape le droit de construire des «palières»
+pour protéger leur terroir contre les débordements périodiques
+du Rhône. Ce droit, qui avait déjà été consacré par
+lettres données à Compiègne, le 7 février 1470 et le 26 janvier
+1474&nbsp;<a name="FNanchor_501" id="FNanchor_501" href="#Footnote_501" class="fnanchor">[501]</a>, était contesté par les officiers de la couronne,
+et à diverses reprises les Avignonnais avaient fait appel à
+<span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">183</a></span>
+la justice du roi pour la sauvegarde de leurs propriétés.
+«Pourquoy nous les choses dessus dictes considérées,
+inclinanz liberallement à la supplicacion et requeste que
+sur ce nous a este faite par nostre tres chier et grant
+ami le cardinal <i>Sancti Petri ad Vincula</i>, légat du Saint-Siège
+apostolique estant nagueres par devers nouz à
+Iceulx supplianz pour ces causes et considéracionz et
+autres à ce nous mouvanz avons octroye et octroyons
+de grace espécial par ces presentes que la sus dite palière,
+taudiz, et reparacionz par eulx ainsi faictes du
+coste de leurs terres sur le rivage de la dite rivière du
+Rosne soient et demeurent en l'estat quelles sont de
+present tant quelles pourront durer, sanz que Iceulx supplianz
+soyent ou puissent estre contrainz à Icelles démolir
+ne abatre, ne que pour icelles avoir faict faire, ils
+en soyent molestez ne travaillez par aulcunz noz officiers
+soubz umbre des sus dites multes ou peines declairées
+ou à declairer en quelque manière que ce soit ou
+puisse estre. Et lesquelles peines et multes saucunes
+estoient declairées nous voulons au cas dessuz dit estre
+nulles et de nulle valeur. Et icelles avons abolies et
+abolissons par ces présentes pourveu toutes foys que
+les ditz d'Avignon ne feront faire doresenavant sur la
+dite palière aucunes reparacions en quelque manière
+que ce soit. Et quant la dite palière sera rompue et desmolie
+iceulx de Avignon ne la feront ne pourront reffaire
+sanz noz vouloir congié et licence&nbsp;<a name="FNanchor_502" id="FNanchor_502" href="#Footnote_502" class="fnanchor">[502]</a>.» Cette concession
+royale avait aux yeux de la ville bien plus d'importance
+<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">184</a></span>
+qu'on ne le croirait généralement, car outre la nécessité
+de pouvoir élever des «pallières et taudis» en vue de préserver
+les terres des débordements subits, au moment de
+la fonte des neiges et des orages dans la région cévénole,
+il y avait encore à sauvegarder l'intérêt même de la navigation,
+qui était au <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle l'unique voie de communication
+entre le nord et le midi de la France. Or, le
+Rhône ayant toujours eu une tendance bien marquée à
+se jeter vers la rive droite, les Avignonnais attachaient la
+plus grande importance à pouvoir effectuer en toute liberté
+des digues en terre et en fascines dites, «pallières», pour
+ramener sur la rive gauche le courant principal du fleuve,
+que suivaient les barques de marchandises allant d'Arles
+et de Tarascon sur Lyon. La ville accueillit la décision de
+Louis XI comme un grand bienfait, et c'est une des mesures
+que Gilles de Berton et Louis de Merulis, de retour
+d'une ambassade auprès de Louis XI, feront valoir auprès
+des membres du conseil de ville pour marquer la bienveillance
+du roi à l'endroit de la cité&nbsp;<a name="FNanchor_503" id="FNanchor_503" href="#Footnote_503" class="fnanchor">[503]</a>.</p>
+
+<p>A la question de droit de pallières était liée celle du
+pontonage du Rhône. Cette dernière avait pour Avignon
+un intérêt capital, car c'est par le grand pont de pierre,
+construit sur le Rhône vers la fin du <span class="smcap">XII</span><sup>e</sup> siècle, que se faisaient
+les échanges de denrées et de marchandises entre
+les Avignonnais et la rive languedocienne. Beaucoup
+d'Avignonnais possédaient des domaines sur la rive droite,
+dans les limites du diocèse d'Avignon, et c'est du Languedoc
+que la ville recevait une bonne part des céréales,
+du vin et du bétail nécessaires à l'alimentation de ses
+habitants. La rupture ou l'interdiction du pont était, pour
+<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">185</a></span>
+la ville, une cause de ruine et de disette&nbsp;<a name="FNanchor_504" id="FNanchor_504" href="#Footnote_504" class="fnanchor">[504]</a>. Or, la cité
+d'Avignon, aux termes des lettres patentes du roi Charles V&nbsp;<a name="FNanchor_505" id="FNanchor_505" href="#Footnote_505" class="fnanchor">[505]</a>,
+n'avait la propriété du pont que jusqu'à la chapelle,
+aujourd'hui encore existante, de <i>Saint Nicolas</i>&nbsp;<a name="FNanchor_506" id="FNanchor_506" href="#Footnote_506" class="fnanchor">[506]</a>,
+c'est-à-dire après la deuxième arche; l'autre partie, de
+beaucoup la plus longue, était terre royale, et les officiers
+du roi et maîtres des ports de Villeneuve en avaient la
+surveillance et la garde. Les Avignonnais, dès 1451&nbsp;<a name="FNanchor_507" id="FNanchor_507" href="#Footnote_507" class="fnanchor">[507]</a>,
+avaient prié le cardinal d'Estouteville d'intervenir auprès
+de Charles VII, pour faire savoir au roi que la ville étant
+dans l'intention de reconstruire quelques parties du pont
+qui menaçaient ruine, priait sa majesté de donner un avis
+favorable à la requête et d'autoriser l'affectation du produit
+des péages à la reconstruction et à l'entretien dudit
+pont. C'est à Lyon encore que Louis XI, par lettres patentes
+du 21 juin 1476&nbsp;<a name="FNanchor_508" id="FNanchor_508" href="#Footnote_508" class="fnanchor">[508]</a>, décida que le produit du péage
+du pont d'Avignon, tant du côté de la ville que du côté du
+royaume, appartiendrait aux officiers royaux, lesquels seraient
+tenus d'en employer les sommes à l'entretien du
+pont, conformément à un tarif convenu&nbsp;<a name="FNanchor_509" id="FNanchor_509" href="#Footnote_509" class="fnanchor">[509]</a>.</p>
+
+<p>Mais le plus grand acte de la générosité royale à l'égard
+<span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">186</a></span>
+des Avignonnais et Comtadins, au <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, fut sans
+contredit signé à Lyon, sur la demande de Jules de la
+Rovère; des lettres patentes du 21 juin 1476 portaient
+suppression de toutes lettres de marques et de représailles
+laxées à l'encontre des Avignonnais et autres sujets
+du Saint-Siège par les officiers de la couronne. Et il faut
+reconnaître que ces derniers en abusaient quelque peu, et
+souvent pour des causes non justifiées. Ce droit barbare,
+qui donnait à la partie lésée, ou soi-disant lésée, le droit
+de se saisir des biens meubles et immeubles et des personnes
+originaires du même pays que la partie offensante,
+jusqu'à concurrence de la valeur estimative du dommage
+causé, était pour les états citramontains du Saint-Siège
+une vraie mise en quarantaine qui suspendait la vie
+même de la cité papale et de ses annexes. Ces moyens de
+coercition étaient d'autant moins admissibles que l'Église
+répugnait à les employer&nbsp;<a name="FNanchor_510" id="FNanchor_510" href="#Footnote_510" class="fnanchor">[510]</a>. Or, il n'y avait pas d'année où
+les Avignonnais ne fussent frappés de représailles, à la
+demande de quelque créancier dont les titres étaient parfois
+contestables, comme nous l'avons vu pour Gabriel de
+Bernes, ou de marchands de passage, qui se plaignaient
+d'avoir été volés par quelque filou, au moment des grandes
+foires, et obtenaient des lettres de représailles contre la
+ville et ses habitants. Bien misérable alors était la condition
+des sujets du pape. Tout commerce était suspendu,
+toute transaction avec le dehors interdite. Bien plus, pour
+les états pontificaux de France, leur condition, par suite
+de la délimitation topographique, était intolérable. La
+<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">187</a></span>
+plupart des terres cultivables des Avignonnais étant
+situées au delà de la Durance, c'est-à-dire en Provence,
+ou par delà le Rhône, c'est-à-dire en Languedoc, les propriétaires
+ne pouvaient transporter leurs produits chez
+eux sans risquer de voir les officiers royaux en opérer la
+saisie sur la demande d'un simple particulier, qui avait
+obtenu contre la collectivité des citoyens avignonnais des
+lettres de représailles. L'abus était tellement monstrueux
+que déjà, à diverses reprises, Charles VII avait suspendu,
+en 1442&nbsp;<a name="FNanchor_511" id="FNanchor_511" href="#Footnote_511" class="fnanchor">[511]</a> et le 13 juin 1443&nbsp;<a name="FNanchor_512" id="FNanchor_512" href="#Footnote_512" class="fnanchor">[512]</a>, les lettres de marques délivrées
+contre Avignon. Il arriva même que des officiers
+royaux peu délicats trafiquaient de leur autorité pour
+laxer des représailles contre les Avignonnais inoffensifs,
+sous les prétextes les plus futiles, et partageaient
+avec le demandeur une partie de la prise. Le 10 novembre
+1456, Charles VII délivre des lettres patentes par lesquelles
+il révoque les représailles laxées par le viguier
+de Villeneuve contre les habitants d'Avignon, «attendu
+que ledit Viguier a faict sous vans abuz et exploiz voluntairement
+de son auctorité privée sans auctorité, commission
+ne mandement&nbsp;<a name="FNanchor_513" id="FNanchor_513" href="#Footnote_513" class="fnanchor">[513]</a>».</p>
+
+<p>En accordant aux sujets pontificaux les lettres patentes
+du 26 juin 1476, Louis XI mettait les Avignonnais à l'abri
+de l'arbitraire des agents subalternes de la couronne,
+mais il ne se gêna pas, pour cela, d'y recourir lui-même,
+lorsqu'il jugea les Avignonnais, ses amis, coupables
+d'avoir attenté à la toute-puissance royale. «Attendu que
+matière de marques est une espèce de guerre, et que
+<span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">188</a></span>
+la continuacion d'icelle est une destruction de ce pais et
+subjectz et de la chose publique, d'autant que les ditz
+habitanz d'Avignon et seigneurie, et ont bonne intention
+et voulonté de touzjours ainsy faire et continuer, et
+que si aulcunz abuz de justice ont este faiz et commis,
+par cy devant par les ditz d'Avignon à l'encontre de
+nos ditz officiers et subjectz ce a été par ceulx qui ont
+eu par aucun temps administration de la justice et
+aultres particuliers du dit lieu au desceu et sans le consentement
+du corps et communauté de la dicte ville. Il
+nous plaist les dites marques et représailles mettre au
+néant affin que marchandise se puisse remettre entre
+nos subjectz et eulx, et que noz ditz subjectz et ceulx
+du dit Avignon et conte de Venissy puissent fréquenter
+et commerser ensemble comme ils souloient faire le
+temps passé. Savoir faisons que nous, considérant les
+choses dessus dites et mesmement que la dite ville
+d'Avignon et conte de Venissy est «neument» de la
+terre de l'Église et à nostre saint père le pape, parquoy
+vouldrions les habitans et subjectz d'icelle estre favorablement
+traictez. Eu sur ce advis conseil et meure délibéracion
+avec les gens de nostre grant conseil avons
+declairé et ordonné déclairons et ordonnons par ces
+presentes que aucune marque ne soyt desormais
+extraite à l'encontre des dits d'Avignon et conte de
+Venissy, ne aulcun deux et non quelle soyt adjugiée et
+declairée par nous et les gens de nos grant conseil ou
+par l'une de nos courtz de Parlement en quelque
+manière ou pour quelconque cause ou occasion quelle
+soit ou puisse estre octroyée&nbsp;<a name="FNanchor_514" id="FNanchor_514" href="#Footnote_514" class="fnanchor">[514]</a>.» En accordant cette
+<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">189</a></span>
+immunité aux sujets du Saint-Siège, Louis XI donnait
+satisfaction au pape qui avait déjà fait entendre maintes
+fois à ce sujet ses protestations; il mettait un terme
+aux vexations et aux insolences de ses agents subalternes;
+malheureusement, comme toutes les faveurs
+royales, les lettres de Lyon comportaient des restrictions
+dont les bénéficiaires ne devaient pas tarder à pâtir.</p>
+
+<p>En se séparant, après une entrevue de plusieurs semaines
+(mai-juin 1476), chacun des contractants emportait
+des concessions ou des promesses inespérées; le
+vieux roi René, une pension viagère, 40.000 écus et
+l'assurance de la mise en liberté de sa s&oelig;ur, prisonnière
+en Angleterre&nbsp;<a name="FNanchor_515" id="FNanchor_515" href="#Footnote_515" class="fnanchor">[515]</a>; Louis XI avait la perspective de mettre
+bientôt la main sur la Provence et de préparer à la couronne
+la domination de la Méditerranée&nbsp;<a name="FNanchor_516" id="FNanchor_516" href="#Footnote_516" class="fnanchor">[516]</a>. Il avait aussi
+la satisfaction de voir régler d'une façon pacifique son
+conflit avec Rome. Quant à Jules de la Rovère, tout en
+reconnaissant à Charles de Bourbon la qualité de légat <i>a
+latere</i>, il était maintenu dans sa légation d'Avignon et
+obtenait pour ses administrés de précieux privilèges. Le
+conseil de ville reconnaissant, délibéra, le 7 août 1476, de
+voter 2,000 florins au cardinal légat pour le remercier de
+ses bons offices&nbsp;<a name="FNanchor_517" id="FNanchor_517" href="#Footnote_517" class="fnanchor">[517]</a>. Jules de la Rovère rentra de son voyage
+en France au commencement de l'automne, le 4 octobre
+1476. Il arriva à Foligno, où le pape et les cardinaux
+<span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">190</a></span>
+le complimentèrent sur le succès de sa mission&nbsp;<a name="FNanchor_518" id="FNanchor_518" href="#Footnote_518" class="fnanchor">[518]</a>. Désireux
+de tenir ses engagements, Sixte IV créa Charles de Bourbon
+cardinal le 18 décembre 1476.</p>
+
+<p>Quant aux Avignonnais, ils reçurent les compliments les
+plus flatteurs du Saint Père, pour la correction de leur
+attitude dans le conflit qui avait un instant mis aux
+prises le Saint-Siège avec la Cour de France. «Vous
+avez fait, leur écrivait le souverain pontife, ce qu'il
+convenait et ce que nous attendions de vous. Nous
+vous exhortons à persévérer dans ces sentiments, et
+vous pouvez comprendre que les dispositions du Saint-Siège
+et les nôtres vous seront de plus en plus favorables&nbsp;<a name="FNanchor_519" id="FNanchor_519" href="#Footnote_519" class="fnanchor">[519]</a>.»</p>
+
+<p>Mais des événements autrement graves allaient détourner
+Louis XI des affaires de Rome. A ce moment, en effet
+(janvier 1477), toute son attention était portée sur la lutte
+décisive qui se livrait sous les murs de Nancy, et où son
+plus redoutable ennemi, Charles le Téméraire, devait
+périr si misérablement, enseveli dans sa défaite. On comprend
+que les historiens de ce grand règne aient passé
+sous silence des faits d'un ordre secondaire, au milieu de
+cet ébranlement général du royaume, et c'était une raison
+de plus pour nous de les faire revivre d'après des documents
+nouveaux.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">191</a></span></p>
+
+<h2>CHAPITRE VII</h2>
+
+<p class="center">Les dernières années de Louis XI (1476-1483).<br />
+Caractère général de la politique<br />
+à l'égard d'Avignon.<br />
+Bernard de Guerlands et Jehan de Tinteville.<br />
+Faveurs royales.</p>
+
+<p class="hanging content">Les dernières années de Louis XI.&mdash;Les tentatives des Routiers
+et des Florentins sur Avignon et le Comté.&mdash;Le sacrilège
+Bernard de Guerlands (1478-1479).&mdash;Les consuls s'adressent à
+Monseigneur du Bouchage.&mdash;Intervention de Louis XI qui
+protège les sujets du Saint-Siège (février-mars 1479).&mdash;Nouvelle
+attaque de Jehan de Tinteville ou Dinteville (1480-1481).&mdash;Petitjean
+maître d'hôtel du roi à Avignon (1481).&mdash;Politique
+équivoque de Louis XI.&mdash;Il désavoue Tinteville (janvier 1483).
+Mort de Louis XI.&mdash;Sentiments des Avignonnais.&mdash;Funérailles
+du roi célébrées à Avignon (24 septembre 1483).&mdash;Privilèges
+divers accordés par Louis XI aux Avignonnais.&mdash;Il protège le
+commerce et la navigation.&mdash;Lettres des 24 mai 1482 et avril
+1480.&mdash;Il confirme les privilèges du péage à sel (26 janvier 1478).&mdash;27
+janvier 1481.&mdash;Résumé et conclusion.</p>
+
+<p class="p2">Forts de l'appui du roi et des engagements pris à Lyon,
+les sujets du pape, dès 1478-1479, font appel aux promesses
+du roi et sollicitent son intervention pour rétablir l'ordre
+et la sécurité dans le pays qu'il a pris sous sa protection.
+Voici dans quelles circonstances. La conspiration des
+<span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">192</a></span>
+Pazzi, qui avait éclaté à Florence&nbsp;<a name="FNanchor_520" id="FNanchor_520" href="#Footnote_520" class="fnanchor">[520]</a> contre les Médicis,
+26 avril 1478, et amené la pendaison de l'archevêque de
+Pise et du comte Riario, neveu de Sixte IV, eut pour conséquence
+de pousser à l'exil un grand nombre de familles
+florentines qui, redoutant des représailles de leurs ennemis
+politiques, vinrent se fixer à Avignon, où étaient, depuis
+longtemps déjà, établis bon nombre de leurs compatriotes
+occupant de hautes situations dans le commerce,
+dans la finance et dans l'industrie. Les nouveaux venus
+espéraient à leur tour trouver dans la cité papale un refuge
+contre les persécutions&nbsp;<a name="FNanchor_521" id="FNanchor_521" href="#Footnote_521" class="fnanchor">[521]</a>. Malheureusement, les
+rapports commerciaux, si fréquents entre Avignon et Florence&nbsp;<a name="FNanchor_522" id="FNanchor_522" href="#Footnote_522" class="fnanchor">[522]</a>,
+ouvraient une route commode aux ennemis des
+familles émigrées, et dans les derniers mois de 1478, des
+bandes armées, composées en grande partie d'aventuriers
+florentins, faisant cause commune avec les routiers
+de Provence, envahirent le comté, sous la conduite d'un
+certain Bernard de Guerlandz ou Gorlands&nbsp;<a name="FNanchor_523" id="FNanchor_523" href="#Footnote_523" class="fnanchor">[523]</a>, originaire
+de l'Isle en Venisse, et s'inspirant des exploits légendaires
+de feu Raymond de Turenne, commirent dans les
+terres de l'Église tous les excès imaginables dont étaient
+coutumières en pareille occurrence les vieilles bandes de
+routiers. Les documents que nous produisons sont d'accord
+pour fixer le nombre de ces malandrins à <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> (1,500)
+<span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">193</a></span>
+«tant à pied qu'à cheval». Tout d'abord Guerlands et ses
+compagnons de pillage, suivant la coutume d'alors, se
+donnaient pour des Anglais envoyés par le roi «en ses
+marches» «soy disant estre en nostre service soubz umbre
+de nous, comme si a icelluy (Guerlands) en ussions
+donné congié et un exprès mandement&nbsp;<a name="FNanchor_524" id="FNanchor_524" href="#Footnote_524" class="fnanchor">[524]</a>». A cet impudent
+mensonge, les brigands ajoutaient qu'ils étaient
+envoyés au secours des Florentins et qu'ils avaient la permission
+de traverser le pays. A la tête de ces routiers se
+trouvait, avec Bernard, Luc de Cambis, banquier florentin
+depuis longtemps établi à Avignon. Le point de concentration
+de cette expédition fut Lyon, et le pourvoyeur
+des aventuriers un certain Florentin, Bundelmunti, qui fit
+les avances d'argent en passant au Pont-Saint-Esprit. Si
+l'on donne crédit au récit des doléances portées par les
+consuls d'Avignon dans leur lettre à Monseigneur du
+Bouchage&nbsp;<a name="FNanchor_525" id="FNanchor_525" href="#Footnote_525" class="fnanchor">[525]</a>, chambellan et conseiller du roi, ces aventuriers
+d'au delà des Alpes dépassèrent en cruauté et en
+dévastations tout ce que l'on avait vu jusque-là. «Pris par
+force cinq ou six places fortes où ils ont fait et font incessamment
+beaucoup de maulx, tuer genz, violler
+femmes et filles pucelles de quelque aige qu'elles
+soyent, brûler maisons et genz, desrober marchans sur
+chemin, prendre bestial et mesnaige des pouvres gens
+<span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">194</a></span>
+et les vendre de fait et tant de maulx que l'on n'en
+debvroit pas faire tant en terres de Turcz.» Les consuls
+d'Avignon insistent très vivement auprès du favori de
+Louis XI pour obtenir sans délai l'appui de sa majesté en
+hommes de guerre: «en vous suppliant que vostre plaisir
+soit de addresser le dit pourteur au roy et luy remonstrer
+les susdites oppressions et violences et luy recommander
+tres humblement la cité, terres et subgectz de
+l'Église, comme ses tres humbles et bons serviteurs et
+alliez et luy supplier qu'il plaise en commandant le dit
+Bernard estre pugny de ses grans forffaitz pour en
+donner exemple aux autres et luy plaise de nous garder
+de toutes offences et oppressions ainsi que sa dite Magesté
+nous a promis au moyen du serrement que derrenièrement
+luy feismes à Lyon&nbsp;<a name="FNanchor_526" id="FNanchor_526" href="#Footnote_526" class="fnanchor">[526]</a>.» Pour montrer leurs
+sentiments d'obéissance et de fidélité à l'égard de sa majesté,
+les consuls ajoutent que si ledit Bernard de
+Guerlandz avait eu mandement du roi, la ville certainement
+se serait empressée de lui donner passage, comme
+elle l'a toujours fait pour ceux des capitaines qui étaient
+porteurs d'un ordre royal.</p>
+
+<p>La diplomatie de Louis XI a des côtés tellement ténébreux
+qu'il est parfois difficile d'en suivre les trames et
+que, dans tous les cas, on a quelque raison de douter de
+sa bonne foi politique. Or, à ce moment, la question des
+guerres civiles qui déchiraient la république florentine
+avait fait de Sixte IV et du roi de France deux champions
+<span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">195</a></span>
+prenant parti pour l'un des deux adversaires. En apprenant
+la mort violente de son neveu Riario, le pape, furieux
+de cet acte de justice sommaire, déclara la guerre aux
+Florentins. Une bulle de juillet 1479 portait que lesdits
+Florentins ne pourraient être admis à aucun office séculier
+ni dans aucun conseil élu; que s'il y en avait quelqu'un
+dans les États du Saint-Siège, il devait s'en démettre sur-le-champ,
+menaçant d'excommunication ceux d'Avignon
+qui leur commettraient lesdits offices. Finalement, la
+bulle interdisait aux Florentins fugitifs l'accès d'Avignon
+et de son territoire.&nbsp;<a name="FNanchor_527" id="FNanchor_527" href="#Footnote_527" class="fnanchor">[527]</a></p>
+
+<p>Louis XI, au contraire, en relations depuis longtemps
+très suivies avec les Médicis, «Lyonnet de Médicis, son
+compère&nbsp;<a name="FNanchor_528" id="FNanchor_528" href="#Footnote_528" class="fnanchor">[528]</a>,» désireux de voir s'apaiser le conflit, proposa
+sa médiation, offrant de convoquer à Lyon un concile qui
+servirait d'arbitre entre les deux partis et où l'on s'occuperait
+également de préparer une croisade contre les
+Turcs&nbsp;<a name="FNanchor_529" id="FNanchor_529" href="#Footnote_529" class="fnanchor">[529]</a>. A ces avances, Sixte IV n'avait répondu que d'une
+façon très évasive et formulant à l'égard des Florentins
+des exigences inacceptables. En recevant la nouvelle des
+ravages commis par les aventuriers florentins dans le
+comté et le terroir d'Avignon, Louis XI ne montra pas
+une grande surprise, mais plutôt l'attitude d'un homme
+qui connaît les dessous secrets de cette chevauchée et qui,
+<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">196</a></span>
+tout en étant complice, s'empresse de la désavouer et de
+décliner toute participation à des actes de brigandage à
+main armée. Comme l'envoyé de la ville lui expliquait que
+c'étaient des Anglais qui disaient aller au service des
+Florentins, le roi répondit «que c'estoient des trez (traits)
+de son compère Lyonnet de Médicis et qu'il avoit faict
+faire tout cecy sans son sceu dont il monstra n'estre pas
+contant et me dit qu'il vouldroit garder ceulx d'Avignon
+et du comté de Venisse comme ses propres subgectz et
+mieulx, se mieulx povait. Et, en effet, dist quil vouloit
+que tous ses officiers tant du royaume que de Dalphiné
+vous donnassent tout l'ayde et faveur que leur vouldriez
+demander pour leur faire reparer les dommaiges
+faitz et faire vuyder hors de la terre de l'Esglise, car
+il n'entendit oncques quils y entrassent ne feissent nul
+dommaige et quil ne les advouoit ne vouloit soutenir
+en façon quelconque&nbsp;<a name="FNanchor_530" id="FNanchor_530" href="#Footnote_530" class="fnanchor">[530]</a>.» Et en effet le roi donne aussitôt
+des ordres à Monseigneur du Bouchage et au comte
+de Castres pour que les lettres nécessaires aux consuls
+et habitants d'Avignon fussent expédiées le plus promptement
+possible. On remarquera qu'au cours de cette
+lettre, qui ne fait que reproduire en termes brefs la conversation
+échangée sur ce sujet entre Louis XI et Baptiste
+Bézégat, chargé de représenter les intérêts de la cité,
+le roi parle à peine du Saint-Siège et qu'il n'envisage
+au contraire que les justes doléances des Avignonnais.
+Son langage vis-à-vis d'eux pouvait ne pas manquer de
+sincérité, mais l'empressement qu'il met à désavouer les
+exploits des bandes de Bernard de Guerlands, son insistance
+<span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">197</a></span>
+à laisser croire que tout s'est fait à son insu, donnent
+facilement créance à cette hypothèse que Louis XI, s'il
+n'a pas favorisé la tentative de Guerlands, ne l'a pas désapprouvée,
+s'applaudissant peut-être de voir une bande
+d'aventuriers saccager les terres du Saint-Siège pour
+amener Sixte IV à composition&nbsp;<a name="FNanchor_531" id="FNanchor_531" href="#Footnote_531" class="fnanchor">[531]</a>. La lettre de Bézégat
+aux consuls est du 9 février 1479. Dès le 7 du même mois,
+Louis XI écrivait à Bernard, bâtard de Comminges&nbsp;<a name="FNanchor_532" id="FNanchor_532" href="#Footnote_532" class="fnanchor">[532]</a>,
+maître des ports, une lettre où il relatait tous les excès
+commis par Guerlands et ses hommes et en reproduisant
+le texte même de la supplique adressée, le 30 janvier précédent,
+par la ville d'Avignon à Monseigneur du Bouchage.
+«Et pour ce que n'entendons aucunement la dite
+cite ne les habitans d'icelle et du dit conte, <i>comme noz
+confédérés, aliez et dévotz de nostre couronne</i>, soient
+vexez ne opprimes en quelque manière que ce soit
+mesmement comme à terre de saincte mère Esglise a
+cuy nostre désir ne serche que servir, obeyr et complaire
+et que aussi en justice tous excès, violences, forces et
+aultres maulx et roberies ne se doibvent souffrir, vous
+mandons que veues ces presentes sur tant que desirez
+nous complaire que incontinent et sans delay, faictes
+vuyder le dit Bernard avec ses dits complices hors la
+<span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">198</a></span>
+«dicte conte&nbsp;<a name="FNanchor_533" id="FNanchor_533" href="#Footnote_533" class="fnanchor">[533]</a>.» Mais quelque activité que montrât le roi
+dans cette circonstance, l'occupation des terres papales se
+prolongea jusqu'au mois de mai 1472. Dans l'intervalle,
+la ville dut se défendre elle-même et faire garder les
+portes et les remparts pour éviter une surprise des routiers&nbsp;<a name="FNanchor_534" id="FNanchor_534" href="#Footnote_534" class="fnanchor">[534]</a>.
+Enfin, au mois de mai 1479, Louis XI, à la suite
+d'une nouvelle ambassade que lui avait envoyée la ville,
+composée de Gilles de Berton, premier consul, et de
+Louis Merulis, deuxième consul, intima l'ordre au parlement
+de Grenoble de faire poursuivre avec la dernière
+rigueur les partisans de Guerlands, prescrivant par lettres
+patentes datées de Montargis, le 8 mai 1479&nbsp;<a name="FNanchor_535" id="FNanchor_535" href="#Footnote_535" class="fnanchor">[535]</a>, de donner
+aux sujets du Saint-Siège tous les secours dont ils auraient
+besoin. Quelques compagnies de troupes royales envoyées
+du Dauphiné poursuivirent les routiers de Guerlands
+et les expulsèrent du territoire pontifical.</p>
+
+<p>L'enquête faite sur cette entreprise avortée, par les
+officiers pontificaux et les représentants de l'autorité
+municipale, n'amena aucune découverte sur les vrais
+mobiles de l'expédition, et on ne trouva aucune trace de
+la main de Louis XI dans cette mystérieuse tentative
+dirigée contre la ville. Le vendredi 12 février 1479, les
+<span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">199</a></span>
+juges, assistés des consuls Antoine Lartessuti, Gilles de
+Berton et Paul Ayduci, et de plusieurs conseillers, procédèrent
+<i>manu militari</i> à l'arrestation de François Perussis,
+de Michel Dini, chez qui on apposa les scellés, de Jean
+Bisquiri, de Boniface Pérussis, dont on fut obligé d'enfoncer
+la porte pour le prendre, de Jean Syriasi, facteur
+de Bundelmunti, qui menaça de tuer tout le monde en
+criant: «Al sanguo del Dio, se non lassate la mya porta,
+vy tuaro!» Il fallut briser sa porte et le faire ligotter
+par les soldats. Luc de Cambis fit de même, jetant des
+pierres par les fenêtres, il cassa le bras d'un soldat de
+l'escorte. Il fallut l'enchaîner pour le porter à la prison où
+on l'enferma avec ses complices&nbsp;<a name="FNanchor_536" id="FNanchor_536" href="#Footnote_536" class="fnanchor">[536]</a>.</p>
+
+<p>Les lettres saisies chez les conjurés révélèrent les préparatifs
+faits à Lyon. Allemand de Pazzis, témoin important,
+refusa de parler, même sous la menace de voir sa
+maison occupée par des garnisaires. Quant à Cambis, il
+répondit qu'il n'ignorait pas que Bernard de Guerlands
+était un aventurier chassé des compagnies du roi de
+France, mais il refusa de dire qui l'avait armé contre le
+Comtat et qui lui avait fourni l'argent. Tous ces prisonniers
+devaient être mis au secret, de manière à ne pouvoir
+s'entendre, mais la consigne ne fut pas observée, et
+les juges les trouvèrent conversant avec le vicaire général
+de l'archevêque et d'autres Florentins, citoyens avignonnais.
+Il est difficile, en l'absence de preuves, d'accuser
+Louis XI d'avoir contribué de son argent à encourager
+<span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">200</a></span>
+les projets de Guerlands et de ses alliés les Florentins.
+Mais, en écartant l'hypothèse d'une intervention directe,
+il n'est pas possible d'admettre que le roi ait pu ignorer
+la formation d'un corps d'aventuriers à Lyon, destiné
+à molester les sujets du pape et à inquiéter la papauté
+elle-même à un moment où la mésintelligence régnait
+entre les deux cours? Si donc, au début, Louis XI ne
+prêta aucun appui matériel à l'expédition, il ne fut
+peut-être pas sans en éprouver quelque satisfaction intérieure.</p>
+
+<p>Les dernières années de Louis XI sont marquées,
+dans l'histoire des Étais pontificaux de France, par un
+redoublement d'attaques de la part de routiers et d'aventuriers
+dont l'audace paraît défier toute répression, et
+que l'attitude du roi semble encourager secrètement.
+Dans le cas de Jehan de <i>Tinteville</i> ou <i>Dinteville</i> (1480-1482),
+chef d'une bande qui saccagea le terroir d'Avignon
+et de Carpentras, et mit en péril l'existence même de la
+ville, Louis XI, comme pour Bernard de Guerlands,
+garde une réserve de nature à faire naître bien des soupçons.
+Jehan de Tinteville, sur lequel nous ne possédons
+que de rares documents, paraît avoir été d'origine champenoise&nbsp;<a name="FNanchor_537" id="FNanchor_537" href="#Footnote_537" class="fnanchor">[537]</a>.
+Était-ce un agent secret de Louis XI, comme on
+<span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">201</a></span>
+a pu le supposer? Était-ce un de ces soldats d'aventure,
+que les hasards de la guerre avaient conduit dans le
+midi? On ne peut répondre que par des conjectures. Quoi
+qu'il en soit, nous le trouvons à Avignon vers 1480. Là,
+ledit sieur de Tinteville, menant joyeuse vie, avait contracté
+de nombreuses dettes, si bien que ses créanciers
+firent saisir ses biens, après quoi il fut expulsé de la ville.
+Tinteville, sujet du roi de France, porte ses doléances à
+Louis XI, en accusant les Avignonnais de lui détenir injustement
+ses biens. «Ce neantmoings iceluy de Dinteville
+s'estoit puis naguères tiré par devers nous et soubz
+couleur de ce quil nous avoit donné entendre que les
+ditz habitanz lui detenoient ses ditz biens par force
+sans les luy voloir faire rendre ne restituer avoit obtenu
+comme il disoit noz aultres lettres en forme de marque
+à rencontre des ditz habitanz et autres subgectz de
+nostre tres saint père le pape au moyen desquelles le dit
+de Dinteville avoit fait grande assemblée de gens de
+guerre deschelles et aultres armes et bastons et entrera
+par force et en puissance darmes en la dite ville et
+autres places de nostre sainct père ou prendera par
+force des biens des dits habitantz jusqua la valleur de ses
+ditz biens&nbsp;<a name="FNanchor_538" id="FNanchor_538" href="#Footnote_538" class="fnanchor">[538]</a>.» Mais les consuls d'Avignon, prévenus,
+avaient pris toutes leurs mesures pour résister à un
+assaut imprévu. Les remparts avaient été garnis de plusieurs
+bombardes et couleuvrines&nbsp;<a name="FNanchor_539" id="FNanchor_539" href="#Footnote_539" class="fnanchor">[539]</a>, une garde composée
+<span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">202</a></span>
+de gens d'armes et de citoyens défendait chaque porte,
+si bien que Tinteville et ses compagnons durent se borner
+à ravager les environs d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_540" id="FNanchor_540" href="#Footnote_540" class="fnanchor">[540]</a>. Fatigués de ces
+incursions, les habitants se constituèrent en corps de
+troupes, donnèrent la chasse à Tinteville qui, battu et fait
+prisonnier, fut amené à Avignon où on le jeta, chargé de
+chaînes dans les basses fosses du palais apostolique.</p>
+
+<p>C'est alors qu'intervient Louis XI, et c'est pour cette
+raison peut-être qu'on a voulu voir dans cette intervention
+la poursuite d'un dessein secret du monarque dont
+ledit de Tinteville n'aurait été que l'instrument. Louis XI
+dépêcha à Avignon à quelques semaines d'intervalle deux
+ambassadeurs avec des instructions pour les consuls. Un
+maître d'hôtel du roi, Petit-Jean, arriva dans cette ville
+au mois de mai 1481, porteur de lettres de sa majesté,
+pour le fait de Tinteville&nbsp;<a name="FNanchor_541" id="FNanchor_541" href="#Footnote_541" class="fnanchor">[541]</a>. Les lettres furent communiquées
+au conseil. Louis XI désavouait ledit Tinteville
+publiquement, condamnait tous ses méfaits, mais tout en
+le désavouant, il demandait l'élargissement immédiat du
+prisonnier, qui était son sujet et vassal: «Sans avoir
+regart qu'il feust nostre vassal et subgect et qui pis est
+votre legat a fait pendre et noyer plusieurs des gens et
+autres gitter de la roche au Rosne tres deshonnestement
+sans avoir consideracion quilz feussent de nostre
+<span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">203</a></span>
+royaume, dont sommes tres mal contens&nbsp;<a name="FNanchor_542" id="FNanchor_542" href="#Footnote_542" class="fnanchor">[542]</a>.» Le conseil
+s'excusa auprès de l'envoyé du roi en se retranchant
+derrière l'autorité du légat, sous la juridiction duquel
+était placé le détenu. Petit-Jean fut bien traité, choyé;
+la ville lui fit remettre deux écus d'or par Guillaume Anequin,
+courrier de la maison de ville, et lui offrit, le
+31 mai 1481, un banquet somptueux qui coûta 95 florins à
+la caisse municipale&nbsp;<a name="FNanchor_543" id="FNanchor_543" href="#Footnote_543" class="fnanchor">[543]</a>.</p>
+
+<p>L'ambassadeur rentra à la cour sans avoir obtenu ce
+qu'il avait charge de solliciter; mais, le 19 novembre 1481,
+un nouvel émissaire de Louis XI, Jean de Loqueto&nbsp;<a name="FNanchor_544" id="FNanchor_544" href="#Footnote_544" class="fnanchor">[544]</a>, conseiller
+du roi, arrivait en solliciteur auprès du légat qui,
+après divers pourparlers, accorda l'élargissement de
+Tinteville.</p>
+
+<p>Ce furent le comté et les terres voisines qui en pâtirent,
+car à peine rendu à la liberté, Tinteville appela à lui ses
+anciens compagnons de pillage et commit, soit en Dauphiné,
+soit dans les terres de l'Église, de tels excès que
+Louis XI dut intervenir une deuxième fois: «Comme
+nous avons été presentement advertiz que Jehan de
+Tinteville et plusieurs autres gens de guerre tant de
+nos ordonnances que de ceulx qui ont été cassez et
+aultres pillars et gens de mauvais gouvernement se
+soyent transportez et transportent encores de jour en
+jour en noz pais et illec proumenent à grans despens
+eulx, leurs gens et chevaulx sans vouloir aucune chose
+paier de leurs despenses, mais qui pis est, battent, rançonnent,
+<span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">204</a></span>
+pillent, fourragent, destroussent gens et font
+plusieurs autres maulx et exactions indines (indignes).
+Aussi ledit <i>Detinteville</i> et aultres complisses menacent
+chascun jour destourber, piller et dégaster les dits biens
+circonvoisins de la cité d'Avignon et aultres pais encores
+et seigneuries de nostre sainct père le pape avec
+tres grand desplaisance et tres grand foulle, grief, préjudice
+et dommaige de nous et de la chose publique, à
+nostre pais et aussi des ditz&nbsp;<a name="FNanchor_545" id="FNanchor_545" href="#Footnote_545" class="fnanchor">[545]</a>.» Dans ses lettres patentes
+datées du Montilz-les-Tours, le 31 janvier 1483,
+Louis XI donnait des ordres très sévères à ses officiers
+pour que l'entrée des terres de l'Église, comme des provinces
+de la couronne, fût interdite à Tinteville et à ses
+gens d'armes et qu'on prît de promptes et énergiques
+mesures pour leur faire évacuer sans délai les lieux qu'ils
+occupaient. Les ravages n'en continuèrent pas moins, et
+ce fut sous le règne de Charles VIII seulement que, sur
+les nouvelles instances des consuls d'Avignon, le duc de
+Longueville&nbsp;<a name="FNanchor_546" id="FNanchor_546" href="#Footnote_546" class="fnanchor">[546]</a>, gouverneur du Dauphiné, donna des ordres
+à tous les officiers royaux pour que l'on s'emparât de la
+personne de Tinteville. Celui-ci, après de longues pérégrinations,
+fut, en dernier lieu, capturé et conduit, enchaîné,
+à Grenoble par Aymar de Viro, qui reçut de la
+ville d'Avignon, à titre de présent, une somme de 100 florins
+et 2 gros pour les dépenses qu'il avait faites (1484)&nbsp;<a name="FNanchor_547" id="FNanchor_547" href="#Footnote_547" class="fnanchor">[547]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">205</a></span>
+Les lettres du 31 janvier 1483 constituent le dernier
+acte de l'administration de Louis XI qui ait quelque rapport
+avec les terres du Saint-Siège et les habitants d'Avignon.</p>
+
+<p>A la mort du roi (30 août 1483), les Avignonnais et les
+Comtadins voulurent rendre un dernier et pieux hommage
+à la mémoire d'un monarque dont l'activité infatigable
+s'était portée, à diverses reprises, sur les affaires intérieures
+de leur pays, mais qui, en somme, avait usé dans ses
+rapports d'une politique plus bienveillante que tracassière
+et qui, tout en voulant gouverner à son gré les événements
+dans les domaines du Saint-Siège, avait fait sentir
+aux vassaux du souverain pontife, autant, sinon plus, qu'à
+ses propres sujets, les bienfaits de sa royale protection.
+Les obsèques de Louis XI furent célébrées à Avignon en
+l'église des Cordeliers, le 24 septembre 1483. La ville
+fournit de ses deniers cent torches neuves, à quatre florins
+la douzaine. Sur chaque torche étaient appliquées à
+la cire rouge les armes du roi de France à côté de l'écusson
+de la ville; quatre cents grandes armes du roi
+servirent à décorer l'autel. La dépense totale s'éleva à
+65 florins 17 sols&nbsp;<a name="FNanchor_548" id="FNanchor_548" href="#Footnote_548" class="fnanchor">[548]</a>.</p>
+
+<p>Au cours de son règne, Louis XI avait accordé aux
+Avignonnais et aux Comtadins divers privilèges qui dénotent
+chez lui le dessein bien arrêté de faire pour les
+sujets du pape ce qu'il faisait pour les siens, et «mieulx,
+se mieulx povoit». Suspension de lettres de marques
+et de représailles, liberté d'édification des «pallières»,
+<span class="pagenum"><a name="Page_206" id="Page_206">206</a></span>
+application du produit du pontonage à l'entretien du
+grand pont du Rhône, tels sont les bénéfices directs de
+l'entrevue de Lyon (juin 1476). Peu après, par lettres du
+26 janvier 1478&nbsp;<a name="FNanchor_549" id="FNanchor_549" href="#Footnote_549" class="fnanchor">[549]</a>, Louis XI confirme le privilège qu'avaient
+vingt-trois particuliers et quelques couvents et monastères
+d'Avignon&nbsp;<a name="FNanchor_550" id="FNanchor_550" href="#Footnote_550" class="fnanchor">[550]</a> de prélever sur le sel apporté d'Aigues-Mortes
+et remontant le Rhône par bateaux un certain
+nombre de minots sans payer les droits de gabelle aux
+<span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">207</a></span>
+officiers royaux&nbsp;<a name="FNanchor_551" id="FNanchor_551" href="#Footnote_551" class="fnanchor">[551]</a>. Ces derniers ayant frappé lesdits particuliers
+d'une amende de 50 marcs et fait saisir leurs
+biens. Louis XI, par lettres patentes annule lesdites
+amendes et maintient les particuliers et ordres religieux
+dans leurs prérogatives et privilèges. «Et pour ce qui
+est en leur tres grand grief, prejudice et dommaige et
+pourroit estre cause de faire cesser le divin service en
+aucune des dites Esglises parce que le dit droit de péage
+est le principal revenu qu'ils aient pour leur vivre et
+entretenement... Voulons et debvons les faiz et affaires
+des dictes Esglises tant de nostre royaume que hors
+icelluy estre favorablement traictez afin que les susditz
+religieux et autres ecclesiastiques soient tousjours plus
+enclinz a prier Dieu pour nouz, nostre postérité et
+lignée....»</p>
+
+<p>Dans la question des limites du Rhône et de la navigation,
+Louis XI, qui avait déjà donné à Lyon des preuves
+non équivoques de ses bonnes dispositions à l'encontre
+des Avignonnais, accorde, au mois d'avril 1480, à la sollicitation
+de Jules de la Rovère, une faveur exceptionnelle
+aux sujets du pape contre laquelle protestaient les officiers
+royaux comme une renonciation des droits du roi
+sur la rive droite du fleuve&nbsp;<a name="FNanchor_552" id="FNanchor_552" href="#Footnote_552" class="fnanchor">[552]</a>. Le maître des ports de Villeneuve-lès-Avignon
+ayant fait accoter un moulin à l'une
+des arches du pont, ce qui constituait pour la navigation
+un danger permanent «parce que les ditz molinz qui
+<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">208</a></span>
+ainsi y seroient édiffiez et mis retiendroient et empescheroient
+le cours de l'eau de la dite rivière en manière
+que la dite eau pourroit estre cause pour la grant habondance
+et impetuosite d'icelle, faire desmolir et abastre
+le dit pont», bien que le maître des ports prétendît
+que, de par ses fonctions, il avait autorité sur la rive du
+Rhône et que le lit où coulait le fleuve faisait partie du
+royaume, néanmoins, Louis XI, «considérant que s'il
+estoit permis et souffrir faire tenir et construire les ditz
+moulins ou aultrez près du dit pont et les ataicher à
+la dicte arche, iceulx moulins peussent estre cause de
+faire rompre et desmolir icelle arche et les autres
+arches du dit pont, lesquelles ainsi estoit à granz difficultez
+et sans granz fraiz se pourront rediffier à cause
+de l'impetuosité du dit Rosne qui seroit au grand grief,
+prejudice et dommaige de nostre dict Sainct Père et des
+dits recteurs et gouverneurs du dit pont et des mananz
+et habitanz de la dite ville et cite d'Avignon et de toute
+la chose publique du pays et environ», Louis XI donne
+l'ordre de démolir ledit moulin et de le transporter là où
+on avait auparavant la coutume de le placer. «Et se les ditz
+moulinz ou aulcuns deux y avoient este miz, affichez
+et ataichez, quils les ostent ou facent oster et mectre
+ailleurs incontinent et sans delay, et remettez ès lieux
+où ils souloient estre le temps passé.»</p>
+
+<p>A la suite des diverses ambassades qui lui furent envoyées
+par la ville au moment des affaires de Tinteville, en
+1481&nbsp;<a name="FNanchor_553" id="FNanchor_553" href="#Footnote_553" class="fnanchor">[553]</a>, Louis XI confirma aux Avignonnais le privilège
+que leur avaient accordé les rois, ses prédécesseurs, et
+<span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">209</a></span>
+que maintinrent ses successeurs, de transporter de leurs
+terres situées dans le royaume de France tous les produits
+nécessaires à leur alimentation, blé, vin, légumes,
+viande, fruits, etc., librement et sans payer aucun droit&nbsp;<a name="FNanchor_554" id="FNanchor_554" href="#Footnote_554" class="fnanchor">[554]</a>.
+On comprend quelle était l'importance de cette liberté de
+transit pour les Avignonnais qui vivaient exclusivement
+des produits importés. La mauvaise volonté, l'esprit jaloux
+et tracassier des officiers royaux pouvaient, au passage
+du Rhône ou de la Durance, par suite d'exigences fiscales
+et de droits de douane exorbitants, suspendre l'entrée
+des produits du sol qui alimentaient les marchés d'Avignon
+et affamer les habitants, mesures restrictives dont
+l'application était facile toutes les fois que, par suite des
+mauvaises récoltes en Bourgogne, Dauphiné ou Languedoc,
+le transport des céréales était interdit. Louis XI,
+tenant compte que les vassaux du Saint-Siège avaient
+coutume de payer régulièrement les aydes et autres impôts
+pour les terres à eux appartenant enclavées dans les
+domaines de la couronne, donna toute facilité aux réclamants.
+Cette revendication légitime des Avignonnais et
+des Comtadins fut confirmées à nouveau par lettres patentes
+datées du Plessis du Parc-les-Tours, le 23 mai 1482.
+Louis XI écrivait à ses officiers, sénéchaux, maîtres des
+ports ou à leurs lieutenants, pour que «aux dits suppliants
+vous leur souffriez et laissez prendre et faire prendre,
+lever et cuillir, quant bon leur semblera, leurs dits bledz,
+vins et autres fruictz creuz et qui croistront en leurs
+dits heritaiges, terres et possessions, quelque part
+<span class="pagenum"><a name="Page_210" id="Page_210">210</a></span>
+quils soyent situez et assiz en nostre dit royaume, pays
+et seigneuries et iceulx mener et conduire en la dite
+ville et cité d'Avignon pour leur vivre et substantation
+ainz quils ont accoustumé de faire, sans leur faire mettre
+ou donner ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun
+arrest destourbier ou empeschement au contraire&nbsp;<a name="FNanchor_555" id="FNanchor_555" href="#Footnote_555" class="fnanchor">[555]</a>».</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_211" id="Page_211">211</a></span></p>
+
+<h2>RESUME ET CONCLUSIONS</h2>
+
+<p class="p2">Au <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, la situation politique des états citramontains
+de l'Église offre un caractère particulier que nous
+avons étudié dans ses moindres détails. Cette organisation
+reste ce qu'elle était, à peu de chose près, jusqu'à la
+réunion définitive de ces états à la France. Par l'essence
+même de sa constitution municipale, par l'étendue des
+pouvoirs de ses magistrats, par l'indépendance et l'autorité
+de son corps de ville, par la prépondérance des corps
+de métiers, Avignon, au <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, constitue une sorte
+de république italienne d'en deçà des monts, avec tous
+les privilèges et les prérogatives d'une ville libre placée
+sous la suzeraineté temporelle du Saint-Siège mais en
+pleine possession de son autonomie communale. Quant
+au Comtat Venaissin, son indépendance n'en est pas
+moins réelle et non moins franchement affirmée au sein
+des états. La vie municipale n'y est pas moins intense
+qu'à Avignon; l'esprit de solidarité dans ce qu'il a de plus
+étroit anime ses représentants, et, comme à Avignon,
+l'autorité papale y est surtout honorifique et nominale.
+C'est l'assemblée des élus du pays qui a entre ses mains
+le gouvernement du pays.</p>
+
+<h3 class="p2">I</h3>
+
+<p>Comment les rois de France considéraient-ils, dans
+leurs rapports avec la couronne, les villes et territoires
+du domaine de l'Église?</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_212" id="Page_212">212</a></span>
+Depuis Charles VI aucun souverain n'élève de prétentions
+sur la légitimité de possession du Saint-Siège. Tous
+proclament Avignon et «la Conté de Venisse» «territoire
+et patrimoine de l'Église», et, à ce titre, ils considèrent
+comme un devoir pour la royauté, «fille aînée et
+bras droit de l'Église», d'assurer aux vassaux du Saint-Siège
+une protection effective. Il est à constater que dans
+aucune circonstance ils n'ont failli à cet engagement.
+Charles VI, qui était d'abord resté neutre dans la lutte
+entre les cardinaux et les Avignonnais contre Benoît XIII,
+envoie des secours en hommes en argent et munitions
+dès que la guerre, par l'arrivée des renforts catalans et
+aragonais, menace l'existence même de la cité avignonnaise.
+Charles VII, par lettres patentes de 1423, 1426,
+1428, 1451 et autres, déclare que les états de l'Église sont
+placés sous la protection royale, «et nous vouldrions
+tousjours entretenir et favoriser les faiz de vostre
+cité comme de nos propres subgectz» (1451). Louis XI,
+qui avait eu à se plaindre des Avignonnais, oublie les
+injures faites au dauphin, accueille avec la plus grande
+affabilité leurs ambassadeurs et les appelle «ses confédérez,
+aliez et devotz de sa couronne». Il les protège
+par des envois de gens d'armes contre les attaques des
+routiers et les comble de privilèges et de faveurs. Il ne
+fait que confirmer les actes de générosité de ses prédécesseurs
+vis-à-vis d'Avignon et du comté. Faut-il conclure
+de cette politique uniformément suivie qu'il n'avait pas
+intérieurement conscience de ses droits sur Avignon, par
+cette raison que dans aucun document public, jusqu'à
+Henri II, il n'est fait allusion aux revendications de la
+couronne sur cette partie des domaines de l'Église? ou
+bien faut-il admettre que si Louis XI a toujours traité si
+<span class="pagenum"><a name="Page_213" id="Page_213">213</a></span>
+favorablement les Avignonnais c'est qu'il voulait, ce faisant,
+être agréable au Saint-Siège? Cette seconde raison
+ne nous semble pas suffisante et nous sommes convaincus
+que si Charles VII et Louis XI ne se sont jamais prévalus
+des droits de la couronne sur les états citramontains de
+l'Église, c'est qu'ils en considéraient l'aliénation comme
+temporaire et qu'ils ne voyaient là qu'un apanage de la
+couronne donné en hommage aux souverains pontifes
+mais dont les rois de France étaient en réalité les souverains
+naturels. Dans tous leurs actes, comme nous allons
+l'exposer sommairement, les rois de France ne traitent
+pas les Avignonnais ou les Comtadins autrement que les
+vrais regnicoles.</p>
+
+<h3 class="p2">II</h3>
+
+<p>Charles VII et son fils interviennent dans l'administration
+intérieure de la ville et les parlements royaux ne
+craignent pas de contrecarrer ouvertement l'autorité du
+légat. Charles VII, le premier, veut avoir un agent royal
+dans le conseil de ville, qui le tiendra au courant de tout
+ce qui se dira et se fera au sein de cette assemblée et
+surveillera le représentant du Saint-Siège. Il propose
+Pierre Arcet et Martin Héron, son valet de chambre,
+pour occuper à Avignon les délicates fonctions de viguier.
+Louis XI, suivant la politique de son père, obtient la
+même charge pour son maître d'hôtel Raymond de Mombardon.
+A une époque où Louis XI cherche à transformer,
+dans toutes les villes du royaume, les magistrats
+municipaux en agents royaux, cette tentative est à noter,
+car elle montre chez ce monarque un calcul bien arrêté
+de faire sentir l'action royale à Avignon comme ailleurs.
+<span class="pagenum"><a name="Page_214" id="Page_214">214</a></span>
+Mais le soin jaloux qu'avaient les Avignonnais de maintenir
+intactes leurs institutions locales, aussi bien vis-à-vis
+des papes que contre les tentatives des rois de
+France, devait déjouer toutes les ruses du monarque
+pour arriver à ses fins.</p>
+
+<p>Louis XI et son père, quand un événement important
+pour la couronne vient à se produire, ne manquent
+jamais d'en faire part aux Avignonnais, absolument
+comme aux villes du royaume, pensant bien que rien de
+ce qui intéresse la patrie française ne leur est étranger.
+En même temps qu'il annonce aux Lyonnais la victoire
+de Castillon et la conquête de la Guyenne (1453),
+Charles VII avise les syndics d'Avignon et les conseillers
+du succès de ses armes et de la déroute des Anglais.
+A-t-il à se plaindre des agissements de son fils, le dauphin
+Louis, et de ses projets ténébreux sur les états de
+l'Église, vite il les met en garde et leur envoie plusieurs
+ambassadeurs pour leur donner à entendre leurs véritables
+intérêts. Louis XI multiplie les missions diplomatiques
+à Avignon et les agents secrets. Il emploie le crédit
+des Avignonnais en Cour de Rome pour forcer la main
+au pape, quand il désire faire donner la légation à un
+candidat de son choix. Ses ambassadeurs sont reçus avec
+un appareil princier. Le bailli des montagnes du Dauphiné,
+le maréchal de Comminges, Petit-Jean, Jean de
+Loqueto, agents du roi, sont traités avec toutes sortes
+d'égards. Les sénéchaux royaux sont comblés de cadeaux
+et de «pots de vin». Le sénéchal de Languedoc, qui avait
+défendu auprès de Louis XI les intérêts de la ville, reçoit
+pour sa dame une magnifique pièce de velours cramoisi
+tissée à Avignon. Quand le roi de France meurt,
+ses obsèques solennelles sont célébrées à la Métropole,
+aux frais de la ville.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_215" id="Page_215">215</a></span></p>
+
+<h3 class="p2">III</h3>
+
+<p>Il n'est pas de ville du domaine royal qui ait été dotée
+plus qu'Avignon de beaux privilèges et l'objet des plus
+grandes faveurs royales. Charles V et Charles VI donnent
+aux Avignonnais le droit de faire transporter par eau,
+dans leur ville, tous les matériaux nécessaires à la construction
+et aux réparations de leurs maisons. Louis XI
+confirme ce droit (1477) et permet en outre aux habitants
+de construire un radeau et de tirer deux cents quintaux
+de fer du royaume, sans payer de droit pour réparer le
+pont démoli en partie par une inondation (1479). Il les
+autorise à élever des pallières pour protéger leur terroir
+et décide que le produit du pontonage sera appliqué à
+l'entretien du pont (1476). Bien mieux, le maître du port
+de Villeneuve ayant fait établir un moulin accoté à une
+arche du pont, de façon à gêner la navigation, Louis XI,
+sur la réclamation des Avignonnais, ordonne la démolition
+immédiate dudit moulin (1480).</p>
+
+<p>Au moment où ce roi accordait aux habitants de
+Verdun, ville étrangère, le droit de transporter dans leur
+ville le blé qu'ils auront acheté dans le royaume, Louis XI
+octroie la même faveur aux Avignonnais (mars 1461). Il
+confirme dans leurs prérogatives les vingt-cinq particuliers
+ou couvents d'Avignon qui avaient le droit de
+prélever leur provision sur les bateaux employés au
+tirage du sel sur le Rhône, et cela sans payer de
+droits (1478).</p>
+
+<p>En matière de commerce et d'échanges les Avignonnais
+sont traités sur le pied des regnicoles et leurs affaires
+<span class="pagenum"><a name="Page_216" id="Page_216">216</a></span>
+sont placées sous la protection du roi de France. Ils conduisent
+par barque, sur le Rhône, leurs marchandises
+jusqu'à Arles et à la mer, et du côté de Lyon; ils
+envoient à dos de mulet en Languedoc et en Dauphiné
+leurs soieries, étoffes brodées, si recherchées pour les
+bannières et tentures, sans payer d'autres droits ou
+péages que ceux accoutumés, et qu'acquittent les sujets
+du roi. Ce n'est point chez Louis XI un calcul, au moment
+où il cherchait par tous les moyens à attirer les étrangers
+pour accroître la prospérité du commerce français. Cette
+attitude de la couronne vis-à-vis des sujets du pape, en
+matière de relations mercantiles, est une tradition. Un
+sieur de Grignan ayant arrêté en Dauphiné un marchand
+avignonnais, et lui ayant volé plusieurs balles de drap,
+Charles VII donne des ordres pour que le sieur de Grignan
+soit mis en demeure de restituer le produit de son vol, et
+le roi fait des excuses aux consuls d'Avignon (1428).</p>
+
+<p>Charles VII, Louis XI (1476, 1479, 1481), défendent à
+quiconque de «laxer» des lettres de marques ou de représailles
+contre les Avignonnais et les Comtadins, à l'occasion
+de revendications en matière commerciale sans expresse
+licence et permission de Leur Majesté. Charles VII
+enjoint aux sénéchaux et maîtres des ports de permettre
+aux habitants du Languedoc de se rendre aux foires
+d'Avignon (1424). Louis XI veut que les sujets du pape
+puissent «commerser et fréquenter ensemble comme ils
+souloient faire le temps passé» (1461). Bien plus, il
+casse et annule les lettres de représailles «laxées» contre
+les Avignonnais. L'évêque de Gap ayant laxé des
+représailles contre Avignon, les habitants s'adressent au
+roi, lequel écrit au gouverneur du Dauphiné pour que
+suspension soit faite de l'exécution desdites lettres
+jusqu'à «Pâques prochains venanz».</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_217" id="Page_217">217</a></span>
+Dans les questions qui le regardaient personnellement
+et lorsqu'il avait à se plaindre des Avignonnais ou des
+Comtadins dans les affaires d'extradition, d'incarcération,
+de dettes, etc., Louis XI recourait, il est vrai, aux lettres
+de représailles, mais ce n'étaient là que des mesures de
+rigueur passagères, conséquence d'un moment de mauvaise
+humeur ou d'emportement, et jamais elles ne recevaient
+d'exécution. Généralement, ce procédé d'intimidation
+amenait les Avignonnais à solliciter leur pardon, et
+la bonne harmonie dans les relations était aussitôt rétablie.</p>
+
+<p>Telle est à grands traits la politique de Louis XI dans
+ses rapports avec les sujets de l'Église; son père et lui
+prennent à tâche de gagner à leur cause les Avignonnais
+et les Comtadins; ils les comblent de bienfaits; ils les
+associent à tous les événements de la couronne; ils favorisent
+et protègent leur commerce. Ils se font juges et
+arbitres de leurs différends; ils traitent directement avec
+eux par ambassades ou par dépêches les affaires les plus
+importantes en dehors du légat. Ils ne contestent pas
+ouvertement la suzeraineté temporelle du Saint-Siège sur
+le pays, mais par leur tutelle effective, par leur intervention
+constante, ils tendent à la transformer en une
+simple formule. Voyons maintenant ce qu'en échange de
+leurs bons procédés ils exigent des habitants.</p>
+
+<h3 class="p2">IV</h3>
+
+<p>Charles VII et son fils prétendent exercer, à Avignon
+et dans toute l'étendue des états pontificaux d'en deçà des
+monts, le droit de réquisition et ils le pratiquent en
+<span class="pagenum"><a name="Page_218" id="Page_218">218</a></span>
+réalité ni plus ni moins que s'il s'agissait des villes de
+leur propre royaume. Le dauphin Charles emprunte à la
+ville son artillerie pour forcer la garnison de Pont-Saint-Esprit
+(1420). Comme pour Reims, Amiens, Orléans,
+villes royales, Louis XI réquisitionne les chevaux nécessaires
+pour le transport de son artillerie à Lyon, et c'est
+la ville d'Avignon qui en solde la dépense (1476).</p>
+
+<p>L'armée royale envoyée en Roussillon en 1473 manque
+de blé; c'est aux Avignonnais que les officiers de
+Louis XI s'adressent pour en avoir, et leur complaisance
+sauve l'armée en détresse.</p>
+
+<p>En matière de finances, Charles VII et Louis XI ne se
+montrent pas plus scrupuleux avec les sujets du pape
+qu'avec les leurs propres; Charles VII contracte avec la
+ville d'Avignon plusieurs emprunts. Le dauphin Louis
+demande 1,000 livres une première fois; il en reçoit 5,000
+comme indemnité de règlement de compte pour l'héritage
+de Boucicaut. Il exige (1476) que les Avignonnais
+servent de caution à Charles de Bourbon, archevêque de
+Lyon et légat d'Avignon, pour une somme de 3,200 livres
+dont ce dernier fait l'avance au souverain.</p>
+
+<h3 class="p2">V</h3>
+
+<p>Charles VII et son successeur s'attribuent sur les états
+du Saint-Siège enclavés dans leur royaume un droit de
+haute police, et ils considèrent que les rapports fréquents
+de voisinage rendent ce contrôle indispensable. Dans le
+cas où la cour de France a à se plaindre du pape, les
+Avignonnais et les Comtadins supportent les conséquences
+du conflit, et aucun des deux souverains n'hésite à user
+<span class="pagenum"><a name="Page_219" id="Page_219">219</a></span>
+des voies de fait vis-à-vis des sujets de Sa Sainteté pour
+amener le souverain pontife à de meilleurs sentiments
+à l'égard de la France.</p>
+
+<p>La situation topographique d'Avignon «assise ès extrémités
+du royaume» et confinant à la fois au Languedoc,
+à la Provence et au Dauphiné, en faisait un lieu de refuge
+pour les bannis, malfaiteurs, réfugiés politiques, faux-monnayeurs,
+criminels de droit commun ou de lèse-majesté,
+contumaces et autres vagabonds qui échappaient à
+la justice royale. Les faux-saulniers trouvaient dans la
+cité papale un asile assuré, et la qualité de ville étrangère
+faisait aussi d'Avignon un centre de contrebande
+douanière destiné à dissimuler les certificats d'origine
+des marchandises importées et exportées. Louis XI, dans
+ces conditions, ne considère pas que la violation des frontières
+puisse être opposée à la raison d'état. Charles VII
+n'hésite pas à laxer des représailles contre les Avignonnais
+qui différaient de livrer les compagnons de Jacques C&oelig;ur
+couverts par l'immunité du couvent des Célestins.
+Louis XI use du même moyen quand il découvre la trahison
+de Jules de la Rovère. En 1481, un certain clerc
+non marié, Jean de Vaux, coupable de lèse-majesté,
+s'étant réfugié dans une église d'Avignon, les agents du
+roi pénètrent dans la ville pour s'emparer de sa personne.
+Sixte IV intervient; il adresse un bref à Jean Rose, notaire,
+pour être lu en conseil de ville, déclarant qu'on
+attente ouvertement aux privilèges de l'Église qu'en sa
+qualité de pasteur il est obligé de sauvegarder. Il engage
+vivement les habitants à résister aux ordres du roi et
+leur ordonne de faire réintégrer dans l'église ledit Jean
+de Vaux, dans le cas où il en aurait été arraché. Louis XI,
+furieux contre le pape et les Avignonnais met la ville en
+<span class="pagenum"><a name="Page_220" id="Page_220">220</a></span>
+interdit (1481). Même quand ils ne sont pas coupables,
+les habitants d'Avignon demeurent toujours responsables
+en cas d'atteinte portée aux droits du roi, et on leur demande
+compte des abus et des excès de pouvoir des officiers
+pontificaux.</p>
+
+<h3 class="p2">VI</h3>
+
+<p>Après avoir nettement établi les rapports de la cour de
+France avec les vassaux du Saint-Siège dans cette seconde
+partie du <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, il nous reste maintenant, comme
+terme de cette conclusion, à fixer le caractère de la politique
+de Louis XI dans ses rapports avec Rome pour la
+solution des questions qui se rattachent aux affaires intérieures
+et extérieures des états pontificaux de France. En
+un mot, il s'agit pour nous de déterminer dans quelles
+limites le monarque permettait au Saint-Siège de désigner
+le représentant de son autorité temporelle dans les
+villes et territoires dont il avait charge; et aussi quelles
+garanties il exigeait, en retour, pour s'assurer de la
+fidélité politique des hommes qu'il considérait comme ses
+sujets propres mais qui étaient placés, en fait, sous une
+domination étrangère?</p>
+
+<p>Lorsqu'un conflit, et cela arrivait fréquemment, s'élevait
+entre l'autorité pontificale et ses administrés,
+Charles VII et Louis XI s'étaient fait une règle de ne
+jamais intervenir, même lorsque le mécontentement de
+la population avignonnaise prenait le caractère d'un soulèvement
+grave. Quand la nomination, comme légat du
+Saint-Siège à Avignon, de Marc Condulmaro (1431-1432)
+provoque une prise d'armes contre la décision du pape,
+Charles VII défend, sous les peines les plus sévères, à ses
+<span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">221</a></span>
+sujets de se mêler à l'émeute. Il ne veut prendre parti
+pour personne, bien qu'il ait un candidat; il se montre
+souverain respectueux et fils soumis de l'Église. C'est un
+fait historique sans conteste que, jusqu'à Louis XIV, jamais
+les rois de France ne veulent intervenir dans les querelles
+intérieures du pape avec ses propres sujets.</p>
+
+<p>Charles VII, le premier, pose comme un principe que
+le pape doit tenir compte de l'agrément de la cour de
+France dans la désignation du légat placé à la tête de
+l'administration des états pontificaux de France. Il insiste
+pour le choix de Carillo, cardinal de Saint-Eustache, mais
+sans succès. Louis XI reprend la même politique, mais il
+se montre exigeant, importun et autoritaire avec le Saint-Siège.
+Il propose, l'un après l'autre, plusieurs évêques ou
+archevêques que le pape écarte systématiquement. Le
+roi se fâche, et suivant cette politique occulte qui est le
+plus grand ressort de sa diplomatie, il pousse en secret
+les Avignonnais à la révolte contre leur évêque, Alain de
+Coëtivy, et il les engage à refuser de le recevoir, au cas
+où le pape voudrait le leur imposer. Mais, malgré ses
+efforts, il n'obtient qu'un demi-succès, le Saint-Siège
+ayant l'habileté de confier la légation à un légat intérimaire
+pour ne pas pousser plus loin le conflit et en venir
+aux voies de fait. C'est que Louis XI voyait là une raison
+d'état à faire prévaloir. Il voulait avoir la haute main sur
+le légat, lui donner des ordres, comme au cardinal de
+Foix en 1463, au moment du siège de Barcelone, en faire
+un serviteur dévoué des intérêts français. Il comprenait
+le danger d'avoir une portion de territoire enclavée en
+son royaume ouverte à l'influence étrangère, aux ordres
+de Rome, et où un gouverneur brouillon et remuant pouvait
+compromettre le succès de la politique royale. La nomination
+<span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">222</a></span>
+de Charles de Bourbon (1470) est un triomphe
+pour la diplomatie de Louis XI; la substitution de Jules
+de la Rovère une cause de conflit (1476). La suzeraineté
+temporelle des papes sur Avignon est même un moment
+menacée.</p>
+
+<h3 class="p2">VII</h3>
+
+<p>Dans toute la correspondance qu'ils entretiennent avec
+la cour, les consuls assurent Charles VII et Louis XI de
+leur absolu dévouement à la couronne. Les ambassadeurs
+que la ville envoie auprès de chacun d'eux, à son avènement,
+se confondent en protestations d'hommage et de
+respect pour sa personne. Ils se disent eux-mêmes, dans
+toutes les occasions, les dévots et loyaux sujets de Sa
+Majesté et jamais ils ne laissent échapper une occasion
+de rappeler les services qu'ils ont rendus à la couronne.</p>
+
+<p>Ces rappels réitérés des services rendus finissent même
+par paraître importuns et en rabaissent singulièrement le
+mérite. Il n'y a pas, toutefois, à mettre sur ce point leur
+bonne foi en doute. Leur attachement à la couronne,
+s'il est quelque peu intéressé, est sincère; mais, pour la
+forme, la ville en s'adressant au roi n'oublie pas, ou plutôt
+affecte de ne pas oublier qu'elle est placée sous la suzeraineté
+temporelle du souverain pontife. C'est l'idée qui préside
+à toutes les négociations avec la cour de France.
+Charles VI, Charles VII ne mettent pas en doute les déclarations
+amicales de la ville. Louis XI, plus politique, et
+qui savait que la défiance est la première condition d'une
+bonne diplomatie, exige des gages qu'il demandait parfois
+aux villes du domaine. Après ce qui s'était passé à
+Avignon en avril 1476, il ne se contente plus d'assurances
+<span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">223</a></span>
+et de formules de soumission. Il exige un serment de fidélité
+à la couronne et à la personne du roi, en bonne et due
+forme au bas duquel les consuls et les conseillers apposeront
+leur signature. Il veut que les Avignonnais s'engagent
+à ne pas recevoir les ennemis du roi, qu'il prend soin
+d'énumérer. En revanche, le roi promet de respecter les
+privilèges de la ville et de la protéger contre ses ennemis
+et ceux de l'Église, mais avec réserve des droits des papes
+sur la ville, <i>salvo jure papali</i>.</p>
+
+<p>Louis XI, par cet engagement, liait la ville à sa politique
+et l'obligeait à n'avoir pas d'autres intérêts que ceux
+de la couronne, sous peine de se parjurer, ce qui, dans
+les moments de colère du roi, pouvait avoir les plus graves
+conséquences. Le roi de France était donc reconnu comme
+le protecteur officiel de la ville et du pays. Il avait le contrôle
+et la haute direction de ses affaires; sa vie commerciale
+et industrielle était entre ses mains. Son prestige et
+sa force étaient la sauvegarde des vassaux du pape, trop
+faibles pour se défendre, et qui ne pouvaient attendre de
+Rome que des armes spirituelles. Le protectorat du Saint-Siège
+sur ses états citramontains tend donc de plus en plus
+à ne devenir, au <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle, qu'une formule sans portée,
+que l'on maintient par déférence pour le chef de l'Église,
+qui ne cesse pas de figurer dans tous les actes de chancellerie,
+mais la haute bourgeoisie avignonnaise comprend
+qu'elle a tout intérêt à redevenir française: elle favorise
+la politique du roi.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_224" id="Page_224">224</a></span></p>
+
+<h2>PIÈCES JUSTIFICATIVES</h2>
+
+<hr class="c5" />
+<p class="center">N<sup>o</sup> I</p>
+
+<p class="center"><i>Instructions du pape Eugène IV à Tristan d'Aure.</i></p>
+
+<p class="right">Février 1444.</p>
+
+<p>Eugenius, episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio
+Tristando, electo Conseranensi, salutem et apostolicam benedictionem.
+Cum contra nonnullos iniquitatis filios, qui dudum
+civitatem nostram Avinionensem et comitatum Venaysinum
+per insultum et tumultum, manu armata, nomine perditionis
+alumni Amedei, olim ducis Sabaudie, qui se Felicem V ausu
+sacrilego nominare praesumit, occupare et a nobis ac Romana
+Ecclesia inferre conati sunt ac eos etiam, qui illis dederunt
+auxilium, consilium vel favorem, nec non contra omnes et
+singulos scismaticos, qui prefato Amedeo adhererent aut
+consentirent vel obedirent, procedendi ac illos debita pena
+mulctandi et puniendi concessimus facultatem, Nos, volentes
+statui tuo salubriter providere, tenore presentium volumus et
+tibi concedimus quod per quamcumque procurationem per
+te aut de mandato tuo de praedictis fiendam, etiam si membrorum
+multitudo vel personalis pena sequeretur, nullam
+irregularitatis aut infamie maculam sive notam incurras,
+neque in aliquam penam a jure vel ab homine statutam
+incidas, occasione praefata; nos enim omnes et singulas leges
+et canonicas sanctiones in personas ecclesiasticas perpetrantes
+talia promulgatas quocum personam tuam in exequendis
+tibi per nos commissis duntaxat suspendimus per
+praesentes, volentes ut illis ullatenus sis astrictus. Nulli ergo
+omnino hominum liceat hanc paginam nostre concessionis
+<span class="pagenum"><a name="Page_225" id="Page_225">225</a></span>
+suspensionis et voluntatis infringere vel ei ausu temerario
+contra ire. Si quis autem hoc attemptare praesumpserit, indignationem
+Omnipotentis Dei et beatorum Petri et Pauli apostolorum
+ejus se noverit incursurum. Datum Rome apud
+Sanctum Petrum, anno incarnationis dominice millesimo
+quadringentesimo quadragesimo quarto, quinto kalendas
+februarii, pontificatus nostri anno quartodecimo.</p>
+
+<p class="left60"><i>De curia</i><br />
+<span class="i2 smcap">Jo Synodi</span>.</p>
+
+<p>(Arch. vat., Eugenii IV. Regest. 20, 9. vol., 368, fol. 77.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> II</p>
+
+<p class="center"><i>Instructions du pape Eugène IV à Tristan d'Aure.</i></p>
+
+<p class="right">Février 1444.</p>
+
+<p>Eugenius episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio
+Tristando, electo Conseranensi, salutem et apostolicam benedictionem.
+De tua probitate, fide et devotione gerentes in
+domino fiduciam, speramus indubie quod ea que tibi committenda
+duxerimus ad nostrum et Romane Ecclesie statum et
+honorem laudabiliter exequeris. Cum igitur dudum nonnulli
+iniquitatis filii quodam Ugolino Alamani duce per insultus et
+proditionem facto tumultu manu armata civitatem nostram
+Avinionensem et comitatum Venaysini adversus nos et Romanam
+Ecclesiam insurgentes, cum suis fautoribus complicibus
+et sequacibus ac cum vexillis perditionis alumni
+Amedei olim ducis Sabaudie, qui se Felicem V ausu sacrilego
+nominari praesumit, conati fuerint occupare, nos volentes,
+prout suadet justitia, ut illi, qui talia ausi sunt attemptare,
+animadversione debita puniantur, tibi contra omnes et singulas
+personas civitates et comitatus praedictorum, qui dicto
+insultui et tumultui contra nos et ipsam ecclesiam interfuerunt
+aut dederunt ad ea publice vel oculte auxilium consilium
+<span class="pagenum"><a name="Page_226" id="Page_226">226</a></span>
+vel favorem vel scientes non revelaverunt, cujuscumque
+status, gradus, ordinis vel conditionis fuerint, nec non contra
+omnes scismaticos tam laicos quam clericos adherentes
+prefato Amedeo aut ejus et Basilien fautores et sequaces
+ubilibet constitutos auctoritate nostra procedendi ac ipsos et
+ipsorum quemlibet per arrestationem bonorum et personarum
+captionem et cohertionem ac officiorum, beneficiorum et
+dignitatum suorum quorumlibet privationem et ab eisdem
+amotionem nec non bonorum temporalium confiscationem
+tam civiliter et criminaliter puniendi, condemnandi et mulctandi,
+prout delictorum qualitas exegerit et justitia suadebit;
+invocato ad hoc, cum opus fuerit, auxilio brachii secularis, nec
+non beneficia ipsa que per hujusmodi privationem vaccare
+contigerit, quecumque, quotiescumque et qualiacumque fuerint,
+etiamsi dispositioni apostolice fuerint reservata, aliis
+idoneis personis, prout tibi visum fuerit, eadem auctoritate
+conferendi et de illis etiam providendi; insuper quoque illis
+qui ad sanam mentem redierint a quibuscumque processibus
+sententiis per te aut quomodolibet illatis et inflictis absolvendi
+et in pristinum statum restituendi et reponendi ac cum
+eis super irregularitate quacumque per eos praemissorum
+occasione contracta dispensandi et habilitandi ad sua et alia
+beneficia ecclesiastica quolibet imposterum obtinendi plenam
+et liberam eadem auctoritate concedimus tenore praesentium
+facultatem Datum Rome, apud Sanctum Petrum anno Incarnationis
+millesimo quadringentesimo quadragesimo quarto,
+quinto kal. februarii pontificatus nostri anno quartodecimo.</p>
+
+<p class="left60"><i>De curia</i><br />
+<span class="i2 smcap">Jo Synodi</span>.</p>
+
+<p>(Arch. vat., Eugenii IV. Regest. 20, 9. vol. 368, f. 79.)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_227" id="Page_227">227</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> III</p>
+
+<p class="center"><i>Bref d'Eugène IV aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p>Dilectis filiis Tribus Statibus comitatûs nostri Venayssini,
+Eugenius Papa IIII.</p>
+
+<p class="right">20 novembre 1444.</p>
+
+<p>Dilecti filii, salutem et apostolicam benedictionem.</p>
+
+<p>Intelleximus, dilecti filii, nonnullam suspicionem esse inter
+multos exortam et verba quedam dissipata nos velle alienare
+comitatum nostrum Venayssinum et a potestate nostra abdicare;
+que fama admodum displicuit nobis, cum nil sit eorum
+que multi forsan arbitrantur. Nunquam enim fuit nobis
+animus neque est etiam neque erit alienandi terras et jura
+Ecclesie Romane sed potius augendi. Et notum vobis debet
+esse nos non solum non alienasse bona Ecclesie nobis desuper
+credita sed pro eorum recuperatione bella adversûs eorum
+occupatores suscepisse. Itaque bono animo vos esse volumus
+et securos vivere quod nunquam intendimus separare vos
+ab obedientia et subjectione Sancte Romane Ecclesie, sed
+conservare vos in vocacione qua vocati estis. Velitis igitur
+perseverare in obediencia et devocione vestra solita erga
+nos et prefatam Ecclesiam ac parere legato vestro. Vicario
+nostro, ut tanquam boni filii nostri, vivatis semper a nobis et
+Sede apostolica merito commendandi.</p>
+
+<p>Datum Rome, apud Sanctum Petrum, sub annulo nostro
+secreto, die vicesima mensis novembris, pontificatûs nostri
+anno quartodecimo.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Poggius</span>.</p>
+
+<p>(Reg. des Etats, C. 14, fol. 98, copie.)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_228" id="Page_228">228</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> IV</p>
+
+<p class="center"><i>Bref d'Eugène IV aux Trois États de la Conté
+de Venayssin.</i></p>
+
+<p class="right">Décembre 1444.</p>
+
+<p>Dilectis filiis Tribus Statibus comitatûs nostri Venayssini.</p>
+
+<p>Eugenius, episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis
+Tribus Statibus comitatûs nostri Venayssini salutem et apostolicam
+benedictionem. Scripsimus vobis nuper propter certam
+famam tunc nuper exortam nostre intentionis esse et velle
+tenere vos sub nostro et Ecclesie romane regimine ac devotione
+et obedientia ac nolle vos alienare ab Ecclesia, quia
+intelleximus disseminatos sermones de certis capitulis cum
+dilecto filio nobili viro Ludovico, delphino Viennensi nostro
+non pactis iterùm facimus vos certiores nos nullomodo intendere
+aut velle alienare aut separare vos a nobis et prefata
+Ecclesia aut alicui alteri subjicere, sed intendimus conservare
+vos sub nostro et Ecclesiæ regimine et gubernacione prout
+actenûs fuistis quod vobis futurum ad certitudinem et consolacionem
+vestram volemus quod venerabili fratri nostro
+Petro, episcopo Albanensi, legato nostro, in omnibus sicut
+antea, pareatis.</p>
+
+<p>Datum Rome, apud Sanctum Petrum, anno Incarnationis
+dominice millesimo quadringentesimo quadragesimo quarto
+pridie calendas decembris, pontificatûs nostri anno quartodecimo.</p>
+
+<p>(Reg. des États, C. 14, fol. 96, copie)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_229" id="Page_229">229</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> V</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">26 janvier 1448 (?)</p>
+
+<p>Tres chers et bien amez, nous avons receu les lectres que
+nous avez escriptes par maistre Jacques Guillot d'Orléans et
+Jehan Tronchin, que avez envoiez devers nous et oy ce
+que ilz nous ont dict de vostre part, aux quels nous avons
+faict response ainsy que en la manière que par eulx pourrez
+scavoir plus a plain, par quoy ne vous escripvons plus avant
+fors que tousjours aurons vous et vos affaires pour bien recommandez.</p>
+
+<p>Donné à Rouen le 26 janvier.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles,</span><br />
+<span class="i2">Bude.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., R. 33, n<sup>o</sup> 41, Cott. R.R.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> VI</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre du dauphin Louis aux élus de Carpentras.</i></p>
+
+<p class="right">14 mai 1451.</p>
+
+<p class="left5">Le Dauphin de Viennoys,</p>
+
+<p>Tres chiers et grans amys, presentement envoyons par
+delà noz amez et feaulx conseilliers maistre Ferraudiz,
+maistre des requestes de nostre hostel et Anthoyne d'Alauzon
+escuier de nostre escuerie, ausquelz avons chargé vous dire
+aucunes choses de par nous que veillez adjoster plaine foy et
+créance a tout ce que de nostre part ilz vous diront. Tres
+chiers et grans amys, Nostre Seigneur soit garde de vos.</p>
+
+<p>Escript à Romans le <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> jour de may.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Loys.</span></p>
+
+<p>Et ibidem prefati domini ambaxiatores exposuerunt eorum
+creanciam super facto Buccicaudorum et nihil fuit conclusum.</p>
+
+<p>(Arch. municip. de Carpentras, B.B. 70, fol. 63, copie.)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_230" id="Page_230">230</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> VII</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">5 mars 1452.</p>
+
+<p>Tres chiers et bons amis, nous avons receu vos lectres par
+maistre Garcias de Lamothe porteur de cestes et oy ce quil
+nous a dit de par vous, sur quoy lui avons faict response tele
+que par luy pourrez scavoir et povez estre certainz que
+tousjours vouldrions garder et deffendre vous et autres
+subgectz de l'Eglise et les aider et favoriser comme les nostres
+propres. Ainsi que plus à plain l'avons dit au dit Garcias de
+Lamothe pour le vous rapporter.</p>
+
+<p>Donné à la Roche-Saint-Quentin le 5 mars.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Régis.</span></p>
+
+<p>A nos chiers et bons amis les Sindicz et Conseil de la Cité
+d'Avignon.</p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 32, n<sup>o</sup> 42, Cott. S.S.)</p>
+
+<p>Au mois de mars <i>1452</i> Charles VII était au château des
+Roches-Saint-Quentin, chez Jean de Puy, l'un de ses plus
+anciens maîtres des Comptes (De Beaucourt, V, p. 78.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> VIII</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="center">A noz tres chiers et espéciaulx amis les Sindicz
+et Conseil de la cité d'Avignon.</p>
+
+<p>Tres chiers et especiaulx amis, nous avons recues les
+lectres que escriptes nous avez par maistre Guillaume Mesnier,
+licencié ès lois et ouy ce qu'il nous a dit de par vous et
+depuis l'avons fait ouyr bien au long par les genz de nostre
+<span class="pagenum"><a name="Page_231" id="Page_231">231</a></span>
+conseil sur tout ce qu'il a remonstré et requiz de par vous;
+ainz avez pu congnoistre le grant et bon vouloir que avons
+tousjours eu au bien et conservacion de libertez, droiz
+et terres de nostre Saint Père et de l'Église de Romme. Et
+mesmement en ce qu'il vous touche et pour la grande amour
+que avez tousjours eue et monstrée à nous et à nostre seigneurie
+et à la prospérité d'icelle, vous avons tousjours euz
+et avons en singulière recommandacion et remembrance et
+vous vouldrions aider et favoriser en touz vos affaires ains
+que naguères vous avons fait savoir. Et sur les choses par
+le dit maistre Guillaume Mesnier a nous proposées lui avons
+fait faire response comme il vous pourra plus a plain dire.</p>
+
+<p>Donné aux Montilz lès Tours le <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> jour de mars.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Rolant.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 32, n<sup>o</sup> 40, Cott. q.q.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> IX</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p>Chierz et bien amys, nous avons escript puis naguères à
+nostre Sainct Père le Pape en faveur et recommandacion de
+nostre bien amé Pierre Arcet, escuier, touchant la Viguerie
+d'Avignon, laquelle viguerie iceluy, nostre Sainct Père, à
+nostre requeste et prière, a donnée au dit Arcet, comme il
+vous pourra plus a plain apparoir par les bulles d'icelluy
+nostre Sainct Père. Et pour ce vous prions tres acertes que
+pour amour et contemplacion de nouz vueilliez recevoir et
+mectre en possession et saisine du dit office de viguier le dit
+Arcet. Et vous nouz ferez ung tres agréable plaisir et en
+auronz vos affaires enverz nous en plus espécial recommandacion.</p>
+
+<p>Donné à Chinon le <span class="smcap">XVII</span><sup>e</sup> jour de mars.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Giraudeau.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 7, n<sup>o</sup> 36, Cott. N.N.)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_232" id="Page_232">232</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> X</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">19 mars 1452 (?)</p>
+
+<p>Chiers et bien amez, nous escripvons présentement par
+devers vous en faveur de nostre bien amé varlet de chambre
+Martin Héron, dont avez cognoissance touchant l'office de
+viguier de la ville d'Avignon. Si vous prions bien acertez
+que pour contemplacion de nous, vous vueillez tenir la main
+envers nostre Saint Père le Pape pour le dit Martin. A ce
+quil lui plaise donner au dit Martin icelluy office de viguier
+pour ceste année présente et vous nous ferez tres agréable
+et grant plaisir.</p>
+
+<p>Donné aux Montilz les Tours le <span class="smcap">XIX</span><sup>e</sup> jour de mars.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Rolant.</span></p>
+
+<p>A nos chers et bien amez les Sindicz de la ville et cité
+d'Avignon.</p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 8, n<sup>o</sup> 72, Cott. A.A.A.A.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XI</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII aux Syndics d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">15 mai 1452 (?)</p>
+
+<p>Chiers et bons amis, autres foiz vous avons escript en
+faveur de nostre bien amé varlet de chambre Martin Héron,
+dont vous avez assez cognoissance, touchant l'office de
+viguier de la ville d'Avignon, à ce que voulsissiez tenir la
+main envers nostre tres Saint Père le Pape pour le dit
+Martin et que en contemplacion de nous il lui pleust donner
+<span class="pagenum"><a name="Page_233" id="Page_233">233</a></span>
+au dit Martin le dit office de viguier pour ceste année présente.
+Si vous prions que le vueillez faire, et telement vous
+y employer que la chose sortisse effect, comme povez appercevoir
+que singulièrement le desirons. Et vous nous ferez
+tres agréable plaisir.</p>
+
+<p>Donné aux Roches-Saint-Quentin le <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> jour de may.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Badouilier.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 8, n<sup>o</sup> 72, Cott. A.A.A.A.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XII</p>
+
+<p class="center"><i>Charles VII, roi de France, à la Ville d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">22 juillet 1453.</p>
+
+<p class="center">A Nos tres chers et grans amis les bourgois et<br />
+habitans de la ville et cité d'Avignon.</p>
+
+<p>Charles, par la grace de Dieu roy de France. Tres chiers et
+grans amis, pour ce que scavons que prenez grant plaisir a
+oir en bien de la prospérité de nous et de nostre seigneurie,
+nous vous signiffions que mardi, <span class="smcap">XVII</span><sup>e</sup> jour de ce mois de
+juillet, le sire de Talbot, accompaigné du sire de Lisle son filz,
+du sire de Candalle, filz de Gaston de Foix, jadiz captal de
+Buch, du sire des Molins et de plusieurs autres anglois et
+gascons, jusques au nombre de six à sept mille, vindrent
+samedi précédent. Et tantost après l'armée des ditz angloiz
+vindrent en grant ordonnance à bannières et estendars
+desploiez donner l'assault à nos dictes gens, qui estoient en
+leur champ devant la dicte place. Et dura icellui assault plus
+d'une heure, combatans main a main; mais graces à Notre
+Seigneur, les ditz angloiz trouvèrent tele résistance que les
+bannières de Saint-George et du Roy d'Angleterre avec l'estendart
+du dit Talbot et autres furent gaignées par nos dictes
+gens. Et furent ilec les dits sire de Talbot, son filz et autres en
+<span class="pagenum"><a name="Page_234" id="Page_234">234</a></span>
+grant nombre mors sur la place, le dit sire de Molins et le neveu
+du dit Talbot et autres prins. Et le seurpleus des ditz angloiz
+se mirent en fuyte et se retrairent les ungs dedans la dicte
+place, les autres en leurs navires et autre part, où ilz peurent
+prendre chemin et furent suiviz et chacez par nos dictes
+genz, telement que après la chose faicte en ont été plusieurs
+mors et noyez et beaucoup de prisonniers des quelz on n'a
+encores peu bonnement savoir le nombre. Des quelles choses
+avons rendu et rendons graces a Nostre Seigneur. Et ung fois
+avant que les dictes nouvelles nous feussent venues beau
+cousin de Clermont notre lieutenant en Guienne, qui est d'autre
+costé au pais de Medoc près de la ville de Bourdeaulx, accompaigné
+de beaux cousins de Foix, Delebret, Dornal, Poton
+et d'autres nos genz de guerre en bien grant nombre nous a
+escript quilz exploictent fort au dit pais sur nos ditz ennemis
+et quil n'y a encores eu jusques cy personne que leur ait porté
+nuysance. Et si avons grant nombre de bon navire bien
+équippé en la rivière de Gironde et telement que nos diz
+ennemis sont a présent en grant subjection. Et avons espérance
+en Dieu que le seurplus du recouvrement de notre
+pais de Guienne se portera bien.</p>
+
+<p>Donné à la Rochefoucault le <span class="smcap">XXII</span><sup>e</sup> jour de juillet.</p>
+
+<p>Depuis noz lectres escriptes, nous sont venues nouvelles
+certaines que nos dits gens de guerre ont mise la dicte place
+de Castillon en composicion, en la quelle estoient le dit sire
+de Candale, le sire de Montferrand et autres jusques au
+nombre de deux mille combatans tant angloiz que gascons
+qui se sont tous renduz prisonniers à nostre mercy. Et plus
+tost vous eussions escript de nos dites nouvelles se neust
+este pour actendre la conclusion du dit Castillon.</p>
+
+<p>Donné comme dessus.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Charles.</span><br />
+<span class="i2">Delaloëre.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., série A.A.)</p>
+
+<p>Voy. de Beaucourt, V, p. 276 et note 3.&mdash;La même lettre
+est adressée aux habitants de Lyon, et donnée comme pièce
+justificative, n<sup>o</sup> XVI, p. 463 (de Beaucourt, V, p. 463.)</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_235" id="Page_235">235</a></span></p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> XII (<i>bis</i>)</p>
+
+<p class="center"><i>Prestation d'hommage de Romieu de Morimont.</i></p>
+
+<p>In nomine Domini amen. Noverint universi et singuli presentes
+pariterque futuri per hoc verum et publicum instrumentum
+quod anno a nativitate Domini millesimo cccclvi
+indictione quarta, die quinta mensis augusti, Pontificatus vero
+Sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Calisti
+divina providentia pape tertii anno secundo, nobilis vir
+<i>Romeus de Miremont</i> scutifer et procurator illustrissimi
+principis domini Ludovici, Regis Francorum primogeniti,
+delphini Viennensis comitisque Valentinensis et Diensis constitutus,
+genuflexus ante pedes Sanctissimi domini nostri
+Calisti pape tertii prefati cum summa reverentia, exposuit se
+procuratorem dicti domini Delphini et ab eo destinatum ad
+Suam Sanctitatem faciendamque debitam reverentiam et
+recognoscendum feudum homagium ligium et fidelitatem
+nonnuliorum castrorum et locorum infrascriptorum instrumentorum
+nominatorum et designatorum, que castra et loca
+sui quondam predecessores a Romana ecclesia tenuerunt in
+feudum ac petendum et obtinendum remissionem liberationem
+et quictationem censuum occasione predicta camere
+debitorum aliquibus temporibus hactenus forsitan non solutorum
+et primo ibidem mandatum suum procurations sigillo
+magno rotundo ipsius domini Dalphini impendenti in pergameno
+scriptum Sue Sanctitati ibidem exhibuit ac produxit
+cujus quidem tenor de verbo ad verbum sequitur et est talis.
+Ludovicus Regis Francorum primogenitus, Dalphinus Viennensis
+comesque Valentinensis et Diensis, universis presentibus
+et futuris notum fieri volumus quod nos animadvertentes
+nil salubrius esse quam que sunt Dei Deo Cesarisque Cesari
+reddere, volentes igitur Sancte Sedi Apostolice et ecclesie Dei
+sancte de hiis que sub dominio eorundem in feudum tenemus
+<span class="pagenum"><a name="Page_236" id="Page_236">236</a></span>
+homagium reddere fidele, de nobilitate, moribus et providentia
+dilecti et fidelis domestici nostri Romei de Miremont, scutiferie
+nostre scutiferum, ab experto plene confisi, eundem
+Miremont presentem coram nobis et onus suscipientem
+auctorem et negotii hujus gestorem specialiter ordinavimus
+et ordinamus, ipsi expresse injungentes ut ad Sanctam Sedem
+Apostolicam, quamcitius poterit, se transferat et Sanctitati
+domini nostri pape Calisti tertii aut illi vel illis quibus jure
+et consuetudine similia pertinent vel per Sanctitatem suam
+ad hoc commitentur universaliter et generaliter de omnibus
+que sub feudo nobili dicte sedis et ecclesie sancte <i>in Delphinatu
+et comitatibus nostris predictis moventur</i> homagium et
+recognitionem cum solemnitatibus et aliis in talibus fieri
+usitatis realiter, nomine et vice nostri, reddat et faciat denominationem
+et decertationem predictorum omnium sub dicto
+feudo moventium, si opus fuerit, tradendo literas publicas de
+hiis que egerit bullasque protectionis in forma militantis
+ecclesie aut alias in similibus dari solitas obtinendo, aliaque
+agendo, petendo pro tractando et obtinendo que nos agere
+postulare pertractare et obtinere possemus, si presentes et
+personaliter interessemus, et que negotiorum predictorum
+merita postulant et requirunt, etiamsi essent talia que mandatum
+exigerent magis speciale, vices nostras quoad predicta
+per presentes sibi totaliter committentes et plenam in hiis
+ex certa scientia et deliberatione prehabita attribuentes
+potestatem, promittentes in verbo principis et sub juramento
+corporali dictum homagium, et quicquid per dictum scutiferum
+artum, dictum, pertractatum, petitum et juratum fuerit
+perpetuo ratum et gratum habere tenereque et observare inconcussum.
+In quorum testimonium sigillum nostrum, in
+absentia magni ordinatum, presentibus duximus apponendum.
+Datum in Sancto Antonio Viennensi, die prima mensis junii,
+anno domini millesimo <span class="smcap">CCCCLVI</span> iuramento fidelitatis in animam
+et sub honore nostris prout in similibus homagiis solitum
+est prestare nec non. Datum ut supra Astaris per Dominum
+Delphinum, domino Montis Albani, gubernatore et
+marescallo Delphinatus et aliis presentibus Astaris. Exinde
+vero duorum transumptorum duo publica instrumenta per
+<span class="pagenum"><a name="Page_237" id="Page_237">237</a></span>
+reverendum in Christo patrem dominum Siboudum Alamandi,
+episcopum Gratianopolitanum, factorum et auctenticorum super
+feudis homagiis et ligiis et fidelitatibus castrorum et
+locorum predictorum exhibuit quibus quidem transumptis
+auctenticis sigilla propria ipsius domini Episcopi erant appensa,
+quorum quidem transumptorum tenor de verbo ad
+verbum sequitur et est talis.</p>
+
+<p>(Arch. vat., t. XXXIII, p. 66, Armor. 35.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XIII</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre d'Allemand de Pazzis et de François Malespine
+aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="center">(Traduction).</p>
+
+<p class="center">A respectables et nobles Mes seigneurs les Consuls<br />
+de la Cité d'Avignon.</p>
+
+<p>Tres respectables seigneurs, nous nous recommandons à
+votre bonne grâce en vous avisant comme nous arrivâmes
+ici samedi dernier, en grand peine de trouver logis, à cause
+de la grande multitude de gens venus pour faire leurs
+adieux. Grâce soit rendue à Monseigneur le Maréchal lequel
+nous a fait très bon accueil en considération de Monseigneur
+le Cardinal (Pierre de Foix) et de la ville, et le lendemain
+matin nous fit avoir audience du Roi. Celui-ci nous vit volontiers
+et nous fit aussi un très grand accueil. Après avoir vu nos
+lettres et avant que nous eussions rien autrement pu lui
+dire, il nous appela près de lui, mais si près que nous nous
+touchions l'un l'autre, et cela afin que personne ne pût entendre
+ce qu'il nous disait. Il nous dit que nous étions les
+bienvenus, mais que lui ne pouvait entendre à cette heure
+ni, par aventure, de tout le jour, mais qu'avant de nous
+entendre, il voulait savoir de nous ce que nous savions bien,
+qu'étant en son pays du Dauphiné, quelqu'un nous avait dit
+et avisé la ville d'Avignon qu'il y avait quelques gascons qui
+<span class="pagenum"><a name="Page_238" id="Page_238">238</a></span>
+devaient faire en sorte que la ville passât, pour son compte,
+au pouvoir de son maréchal d'Armagnac et que eux l'avaient
+notifié et fait dire au Roi son père (dont Dieu ait l'âme) et
+qu'il voulait que nous lui disions quel était cet inventeur qui
+nous avait dit et dénoncé un pareil projet, car jamais il
+n'avait eu une telle intention et que si la chose avait été
+vraie il n'aurait pas été assez téméraire pour de sa vie mettre
+les pieds dans Avignon ni pour en passer aussi proche qu'il
+l'a fait. Qu'il commet à Monseigneur le Maréchal et à Messire
+Jean Bureu le soin de nous entendre à cet égard et que nous
+eussions à leur dire qui sont ceux qui nous ont donné cet
+avis et qui sont les inventeurs d'une pareille chose. Là-dessus
+le Roi nous a laissés pour aller à la messe, puis diner, puis
+après dîner, aller aux joutes que Monseigneur de Bourgogne
+faisait faire; et le soir, à un banquet. Le tout a été un grand
+triomphe, et dans le même jour nous dinâmes avec Monseigneur
+le Maréchal, nous lui affirmâmes en lui disant que
+nous ne savions en vérité qui était l'auteur de l'avis dont le
+Roi nous avait parlé, que jamais la Ville n'avait écrit au Roi
+son père qu'elle le soupçonnât en aucune manière du monde,
+et que par conséquent nous ne savions pas davantage qui
+était l'inventeur de la chose. Nous fûmes également chez
+Maître Jean Bureu pour l'informer de la même manière. Il
+nous répliqua qu'il lui semblait se souvenir d'avoir vu quelque
+lettre et entendu parler de quelque chose de semblable à
+l'hôtel du Roi, mais qu'il ne s'en rappelait pas nettement.
+Que toutefois il rapporterait au Roi ce que nous lui disions.
+Depuis, nous trouvant ensemble en présence de Monseigneur
+Boucicaut qui veut le bien et l'honneur de Monseigneur (le
+Cardinal de Foix) et de la ville et de maître Pierre Robin,
+pour aviser à cela et chercher si personne ne se rappelait
+rien à ce sujet. Monseigneur Boucicaut et quelque autre
+d'entre eux rappela que le Roi mort envoya à Avignon
+avertir et aviser Monseigneur (le Légat) et la ville qu'il avait
+vent qu'on devait nous faire déplaisir et qu'il nous en donnait
+avis et que si nous avions besoin de quelque chose il nous
+viendrait en aide par gens et par tout ce que nous lui demanderions.
+Il nous est aussi revenu en mémoire que la ville
+<span class="pagenum"><a name="Page_239" id="Page_239">239</a></span>
+répondit au Roi en le remerciant et que nous n'avions besoin
+ni de gens ni de rien autre et il nous semble que jamais la
+ville n'a écrit autre chose au feu Roi. En sorte que, s'ils ne
+sont pas contents de la réponse, que nous avons déjà faite,
+nous leur dirons ce qui nous est revenu à la mémoire comme
+il vient d'être dit. S'il paraît à Monseigneur (le Cardinal de
+Foix) et à vous autres que nous ne devons dire autre chose
+ou faire d'autres justifications soit par lettres, soit autrement,
+mandez-nous le et nous fairons ainsi que vous commanderez.
+Adressez les lettres à la Cour, car le Roi doit partir demain
+ou le jour d'après pour se diriger sur Melun, de Melun à
+Amboise où sont les Reines en tirant à Tours; nous suivrons
+pour être dépêchés le plus tôt possible. Monseigneur le Légat
+répond également à Monseigneur le Cardinal (de Foix) et
+l'avise de tout avec encore plus de détails, car lui a aujourd'hui
+parlé au Roi en tête à tête et, comme je vous l'ai dit,
+avise Monseigneur de tout ce que le Roi lui a dit vous
+pourrez le savoir par lui, ainsi que par le porteur de la présente
+qui est au service de Monseigneur, lequel sait tout et
+par lui vous serez pleinement informés de tout (!) Monseigneur
+le Sénéchal de Provence n'est pas encore arrivé ici; je
+crois qu'il attend le Roi sur la route parce que le bruit avait
+couru que le Roi était parti huit jours avant. Nous ne voyons
+pas autre chose à vous dire, que Notre Seigneur vous garde.
+Recommandez-nous très humblement à la bonne grâce de
+Monseigneur (le Cardinal) et à mes seigneurs les Conseillers.</p>
+
+<p class="left60">Vos humbles serviteurs.</p>
+
+<p class="left60">Allemand de Pazzis: Fr. Malespine,<br />
+Ecrit à Paris, le 15 de septembre (1462).</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XIV</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Louis XI au Cardinal de Foix.</i></p>
+
+<p class="right">21 janvier 1464.</p>
+
+<p>Cardinal de Foix, Tres cher et féal cousin, nous avons entant
+que aucuns des habitans de la ville d'Avignon et autres
+<span class="pagenum"><a name="Page_240" id="Page_240">240</a></span>
+tant des nacions d'Alemaigne, Florence, Venise, Gennes, que
+autres, demourans et habitans en la dicte ville d'Avignon, ont
+donné et donnent chacun jour de grans pors et faveurs a ceulx
+de la ville de Barselonne et leur ont envoyé et envoyent des
+vivres, artillerie et autres choses à eux nécessaires. Et pour
+ce que nous tenons et repputons les dits de Barselonne et
+leur aliez et adhérans et aussi tous ceulx qui les avitaillent
+ne favorisent en aucune manière noz ennemis et adversaires,
+nous vous prions bien affectueusement que vous vueilliés ces
+choses remonstrer ou faire remonstrer aus dits habitans de
+la dicte ville d'Avignon et autres des nacions dessus dites
+demourans en icelle, en leur nottiffiant ou faisant notiffier que
+se ilz font le contraire nous les réputons dès à présent noz
+ennemis et entendons de procéder ou faire procéder à lencontre
+d'eulx ainsi quil appartient en tel cas. Et affin quilz
+n'aient cause d'en prétendre aucune ignorance, vous prions de
+rechief que les choses dessus dites faictes crier et publier
+par cry publique et à son de trompe en nous faisant savoir
+tout ce que aurez fait. Et vous nous ferés tres singulier et
+agréable plaisir.</p>
+
+<p>Doné à Castelno de Médoc le <span class="smcap">XXI</span><sup>e</sup> jour de janvier.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Loys.</span><br />
+<span class="i2">Binon.</span></p>
+
+<p>(Origin., Arch. de la ville d'Avignon, série A.A.)</p>
+
+<p class="center">N<sup>o</sup> XV</p>
+
+<p class="center"><i>Louis XI aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="hanging">A nos tres chers et grans amys les Consulz, bourgoys, manans
+et habitans de la ville et cité d'Avignon et de la Conté
+de Venisy.</p>
+
+<p>Tres chers et grans amis, nostre très cher et très amé
+cousin le <i>duc de Bourbon</i> et d'Auvergne, nostre lieutenant et
+gouverneur en nostre pais de Languedoc, nous a dit et remonstré
+<span class="pagenum"><a name="Page_241" id="Page_241">241</a></span>
+que à vostre pourchaz, instigacion et requeste le
+Recteur d'Avignon a puis naguères prins à force et port
+d'armes les places d'Albignan et Auriol que paravant tenoit
+nostre bien amé le sieur de Vergères, escuier d'escuerie de
+nostre dit frère et cousin. Et pour ce que désirons les besongnes
+et affères du dit sieur de Vergeres estre favorablement
+traictées tant en faveur de ce qu'il est nostre serviteur et
+subgect du bon droit que entendons quil a ès dites places
+que en contemplacion de nostre frère et cousin qui sur ce
+nous a requiz, nous vous prions tres acertes et sur touz les
+plaisirs que fére nous désirez que vous tenez la main envers
+le dit Recteur auquel escripvons présentement de ceste
+matière en manière quil soyt content de bailler et delivrer au
+dit escuyer la joyssance des dictes places au moins jusques
+à ce que par justice ses droitz et tiltres sur tout veuz et
+visitez aultrement en soit ordonné. Et tellement faictes que
+le dit escuier cognoisse par effect noz prières luy avoir
+prouffité envers vous. Et en ce faisant vous nouz ferez tres
+singulier et agréable plaisir lequel recognoistrons envers
+vous en pareil cas ou greigneur quant d'aucunes choses nous
+requerrez.</p>
+
+<p>Donné à Chartres, le <span class="smcap">XX</span><sup>e</sup> jour de juing.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Loys.</span><br />
+<span class="i2">Toustain.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., Boîte des Catalans.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XVI</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">26 août 1464.</p>
+
+<p>Loys par la grace de Dieu, roy de France. Tres chiers et
+grans amis, nous avons sceu la maladie de nostre chier et
+féal cousin le Cardinal de Foix dont avons esté et sommes
+tres desplaisans; et pour ce qu'il est à doubter que de
+<span class="pagenum"><a name="Page_242" id="Page_242">242</a></span>
+la dicte maladie il voise de vie à trespas, nous vous
+advertissons que se avez d'aucune chose afaire, en quoy nous
+puissions pour vous employer, nous le ferons de très bon
+cueur, ainsi que plus amplement nous avons chargié vous
+dire à nostre amé et féal conseiller et maistre de nostre
+hostel Mombardon, porteur de ces présentes. Si le vueillez
+croire de ce qu'il vous dira sur ce de nostre part.</p>
+
+<p>Donné à Nouyon le <span class="smcap">XXVI</span><sup>e</sup> jour d'aoust.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Loys.</span></p>
+
+<p>A noz tres chiers et grans amis les Consulz et gouverneurs
+de la ville et cite d'Avignon.</p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., B. 77, n<sup>o</sup> 87, Cott. P.P.P.P.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XVII</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Jean d'Armagnac, maréchal de Comminges,
+aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">22 décembre 1464.</p>
+
+<p class="hanging">A mes tres chiers et grans amys les viguier, consulz et
+autres bourgeoiz, manans et habitans de la ville et cité
+d'Avignon.</p>
+
+<p>Tres chiers et grans amys, je me recommande à vous tant
+comme je puis et vous plaise savoir que aujourdhuy <span class="smcap">XXII</span><sup>e</sup>
+jour du moys de décembre sont venues nouvelles au Roy,
+que Dieu a fait son commandement de feu Monseigneur le
+Cardinal de Foix, auquel Dieu par sa grâce face mercy et
+pour vous advertir de son vouloir et intention, il envoye
+devers vous le bailli des Montaignes du Daulphiné, son conseiller
+et serviteur, pour vous dire et remonstrer aucunes
+choses de par luy et si vous escript bien au long en vous
+priant que vueilliez avoir mon frère l'arcevesque d'Auch
+<span class="pagenum"><a name="Page_243" id="Page_243">243</a></span>
+pour recommandé au fait de la legation de la ville et cité
+d'Avignon et gouvernement de la Conté de Venissy en la
+forme, et manière que mon dict seigneur le Cardinal la
+tenoit. Et pour ce, très chiers et grans amys, je vous prie et
+requiert que, pour l'honneur du Roy et amour de mon dict
+frère et de moy, vous y vueilliez aider et tenir la main en
+tout ce qu'il vous sera possible tant envers Nostre Sainct
+Père que autrepart et en temps et lieu mon dict frère et moy
+le recognoistrons envers vous tellement que par raison en
+devrez estre contens. Car je vous certifie que je le faiz plus
+pour le bien du Pays que pour le prouffit que j'en espère en
+avoyr. Et pour vous donner le cas à entendre, le Roy a
+escript d'autrefois au Pape en faveur depré Monseigneur de
+Foix, en luy priant qu'il luy voulsist bailler le gouvernement
+après le trespas de mon dict seigneur le Cardinal, mais il lui
+feist responce que pour riens il ne luy bailleroit pour ce
+qu'il estoit mineur d'aage; et après quant le Roy a veu la
+responce de nostre dict Sainct Père, il y a escript en faveur de
+l'évesque de Genève, frère de la Royne, pour lequel il luy a
+faict semblable responce et que pour riens n'y commettroit
+l'un ne l'autre, mais il lui a bien fait savoir qu'il advise
+quelque évesque ou arcevesque en son royaulme qui soit à
+son gré et qu'il pourvoira cestuy là sans autre. Et pour celle
+cause le Roy a envoyé, passé a six sepmaines, messire Jehan
+de Reillat, son secretaire devers Nostre dict Sainct Père pour
+le supplier et requérir qu'il luy plaist que à sa requeste,
+vueille pourveoir mon dict frère de la dicte légation et gouvernement
+sans autre; et me semble que c'est l'homme au
+monde que vous devriez mieulx vouloyr, veu que vous cognoissez
+ses conditions et qu'il n'est pas homme malicieux
+pour pourchasser aucun dommage au pays, ainsi que plus
+après pourrez estre informez par le dict bailli des Montaignes,
+de l'entente du Roy avey ensemble de la mienne. Si
+vous prie, tres chiers et grans amys, que le vuelliez croire de
+tout ce qu'il vous dira, comme feriez à moy mesme si je y
+estoye en personne. Et tousjours, si aucune chose vous plaist
+que pour vous fere puisse, faictes le moy scavoir et je l'acompliray
+<span class="pagenum"><a name="Page_244" id="Page_244">244</a></span>
+de tres bon cuer. Au plaisir de Dieu qui, très chers et
+grans amys, vous doint ce que désirez.</p>
+
+<p>Escript à Tours le <span class="smcap">XXII</span><sup>e</sup> jour de décembre.</p>
+
+<p class="left5">Le tout vostre,</p>
+
+<p class="p35 hanging">Le Conte de Commenge, mareschal de France, conseiller
+et premier chambellan du Roy, lieutenant-général
+et gouverneur de par luy en ses pays du
+Daulphiné et duchié de Guienne.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Jehan.</span></p>
+
+<p>(Origin., Arch. municip. d'Avignon, boîte 95, n<sup>o</sup> 73.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XVIII</p>
+
+<p class="center"><i>Lettres patentes de Louis XI en faveur de Jules de la Rovère.</i></p>
+
+<p class="right">Lyon, 21 juin 1476.</p>
+
+<p>Loys par la grace de Dieu roy de France à tous noz justiciers
+ou à leurs lieutenants salut. Nostre tres chier et grant
+amy le cardinal de Saint Pierre <i>ad Vincula</i>, nous a fait dire
+qu'il a esté adverty que pour ce qu'il n'est natif de notre
+royaume, il ne peut bonnement tenir selon les ordonnances
+royaulx sur ce faites, aucuns beneffices de nostre royaume
+s'il n'est, quant à ce, de nous habilité; et pour ceste cause il
+nous a humblement fait requerir noz grace et provision convenables
+lui estre sur ce imparties. Savoir vous faisons que
+nous inclinant libéralement et vouluntiers à sa requeste pour
+la grant et singulière amour et amitié que avons à lui
+et en faveur de plusieurs grans, louables et notables services
+dignes de recommandation qu'il nous a faiz et espérons qu'il
+nous face au temps advenir, et afin qu'il ait désormais mieulx
+les faiz et affaires de nous et des subgetz de nostre royaume
+pour espécialement et singulierement recommandez et qu'il
+ait beneffices en icellui, dont il se puisse plus honorablement
+<span class="pagenum"><a name="Page_245" id="Page_245">245</a></span>
+entretenir icellui cardinal, pour ces causes et autres à ce nous
+mouvans, avons octroyé et octroyons, voulons et nous plaist
+de grace espécial par ces présentes quil puisse et lui loise
+avoir, tenir et posséder en notre dit royaume tous les beneffices
+dont il a esté et sera justement et canoniquement pourveu
+en icellui, soient archeveschez, éveschez, abbayes et
+autres dignitez et beneffices quelzconques, quelz quilz soient
+et à quelque valeur et extimation quilz puissent valoir et
+monter. Et quant à ce l'avons habilité et habilitons de nostre
+dite grace espécial par ces dites presentes, non obstant qu'il
+ne soit natif de nostre dit royaume et lesdites ordonnances
+royaulx, et sans préjudice dicelles en autres choses et quelz
+conques autres ordonnances, mandement ou deffences à ce
+contraires, que ne voulons quant a ce lui nuyre ne préjudicier
+en aucune manière. Et vous mandons et enjoignons et à
+chacun de vous sur ce requis et comme à lui appartiendra
+que de nos présentz grace, habilitation et octroy vous le
+faites souffrez et laissez joyr et user pleinement et paisiblement,
+sans lui mettre ou donner ne souffrir estre fait mis ou
+donné aucun destourbier ou empeschement au contraire,
+lequel se fait mis ou donné lui avoit esté ou estoit si l'ostez
+et mettez ou faites oster et mettre incontinent et sans délay
+à plaine délivrance et au premier estat et deu. Car ainsi nous
+plaist il et voulons estre fait. Donné à Lyon sur le Rosne, le
+<span class="smcap">XXI</span><sup>e</sup> jour de juing l'an de grace mil CCCC soixante seze et de
+nostre regne le quinziesme. Par le Roy.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Nicot.</span></p>
+
+<p>(Copie extraite des minutes de Jean Robini, notaire à Avignon.)</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_246" id="Page_246">246</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XIX</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Louis XI au bâtard de Comminges.</i></p>
+
+<p class="center">A notre amé et féal cousin le maistre des ports
+(..........) Bastard de Comminges.</p>
+
+<p>Notre aimé et feal, nous avons sceu, par noz chiers et
+biens aimes aliez, les Consuls et habitans de la cité d'Avignon
+que ung nommé Bernard de Guerlandz avecques XV
+hommes de guerre tant à pied que à cheval soy disant estre
+en notre service et sous umbre de nous comme se à iceluy en
+eussions donné congié ou exprès mandement, que desavouons
+expressement par ces présentes, de fait, par force et
+violence cest mis avecques les dits gens dedans le Conté de
+Venycy, prins places, tuez gens, violez femmes et filles pucelles,
+bruler maisons, desrober marchans et faitz autres
+infinitz maulx, dont sommes fort mal contens de luy et de ses
+dits complices. Et pour ce que n'entendons aucunement la
+dite cité ne les habitans d'icelle et dud. Conté, comme noz
+confédérés, aliez et devotz de notre couronne, soient vexés ne
+opprimés en quelque maniere que ce soit, meismement comme
+de terre de Saincte mère Esglise a cuy nostre desir ne sache
+que servir, obéyr et complaire, et que aussi en justice tous
+excès, violences, forces et autres maulx et roberies ne se
+doibvent souffrir, vous mandons que veues ces présentes sur
+tant que désirés nous complaire, que incontinent et sans
+délay faictes vuyder le dit Bernard avecques ses dits complices
+hors la dicte conté. A quoy vous donnons plain povoir
+et mandement espécial par ces présentes, en réintégrant ou
+faisant réintégrer ung chacung à votre povoir, selon debvoir
+et justice et ce par toutes voyes deues et raisonnables, et se
+ilz ne vous obéyssent incontinent se y procédez par main
+armée jusques ad ce que la dicte Conté du tout en soit à pleine
+delivrance, et tellement qu'ilz n'ayent plus cause den revenir
+<span class="pagenum"><a name="Page_247" id="Page_247">247</a></span>
+plaintifs à nous. Mandons et commandons a tous noz justiciers
+et officiers que en ce faisant vous obéyssent et entendent.
+Et faictes, cessantz toutes exqusations, quil n'y ait point
+de faulte, et que plus n'en oyons parler.&mdash;Donné au Plesseys
+du parc les Tours, le 7<sup>e</sup> jour de février.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Loys.</span>
+<span class="i2">Courtin.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip., Origin., série A.A.)</p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XX</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Baptyste de Béségat aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">9 février 1479.</p>
+
+<p class="center">A Messieurs les Consuls d'Avignon.</p>
+
+<p>Messieurs les Conseuls, de tout mon cuer à vous me recommande.
+Par Guillaume présent porteur ay receu voz lettres,
+lequel ariva jeudi au soir icy et pourceque le Roy estoit parti
+des Forges pour venir au Plesseis du parc, la où il arriva vendredi
+au soir bien tart, ne fut possible présenter vos lettres
+jusques à samedi à sa messe. Et receu quil eut vos lettres
+m'apella et me demanda quelx gens sont ce qui sont entres
+en la Conté de Venise. Je luy respondi: Sire ce sont les
+Angloys qui ont passé par votre royaume qui disoient aller au
+service des Florentins.&mdash;Lors me respondit que c'estoient
+des trez (traits) de son compère Lyonnet de Medicy et qu'il
+avoit fait faire tout cecy sans son sceu, dont il monstra n'estre
+pas contant et me dist quil vouldroit garder ceulx d'Avignon
+et du conté de Venisse comme ses propres subgets et mieulx,
+se mieulx povoit. Et en effect dist quil vouloit que tous ses
+officiers tant du Royaume que de Dalphiné vous donnassent
+tout l'ayde et faveur que leur vouldriez demander pour leur
+faire réparer les domaiges faitz, et faire vuyder hors de la
+<span class="pagenum"><a name="Page_248" id="Page_248">248</a></span>
+terre de l'Eglise, car il n'entendit oncques quils y entrassent
+ne feissent nul dommaige et qu'il ne les vouloit soustenir
+en façon quelconque et sur ce me dist quil avoit commandé
+à Monsieur Dubochaige et à Monsieur le conte de
+Castres que toutes telles lettres que vous seroient nécessaires
+vous fussent faictes et commanda au secrétaire ainsi
+le faire. Et sur ce a esté poursuivy et fait la response telle que
+vous verrez et comme il escrit au Séneschal de Beaucaire et
+maistre des ports, lequel il fait commissaire pour faire saillir
+le cappitaine hors de la terre de l'Eglise et en faire telle
+raison comme en cas appartiendra, comme verrez par les
+lettres qu'il luy escript.</p>
+
+<p>L'expedition na pas esté si briesve comme je eusse bien
+voulu et n'a pas tenu à solliciter, comme vous pourra dire le
+dit porteur, qui a veu tout le demene et part ce matin <span class="smcap">IX</span><sup>e</sup> jour.
+Et si chose voulez que pour vous faire puisse, mandez le moy
+pour l'acomplir à layde Nostre Seigneur, qui vous donne ce
+que desirez.</p>
+
+<p>Escript à Tours le dit <span class="smcap">IX</span><sup>e</sup> jour de février.</p>
+
+<p class="left60">Le tout plus que votre<br />
+<span class="i2"><i>Signé</i>: Batyte de </span><span class="smcap">Besegat?</span></p>
+
+<p>Antoine Vela baille IIII écus à<br />
+Guillaume et ung autre écu au<br />
+secrétaire pour vos lettres.</p>
+
+<p>Je vous envoye les lettres du<br />
+Roy sans cire affin que les lisiez<br />
+car il n'a point de coustume de<br />
+y mettre cire.</p>
+
+<p>(Arch. municip., Original, série A.A.)</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_249" id="Page_249">249</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XXI</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Louis XI aux consuls et habitans d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">7 septembre 1481?</p>
+
+<p class="center">A noz chers et bons amys les consolz, mannans et<br />
+habitans de la cité d'Avignon.</p>
+
+<p>Tres chers et bons amis, nous avons sceu les grans excez
+faiz en la personne de Tinteville par la cruelle et mauvaise
+torture que on luy a donnée à diverses foiz par delà.
+Sans avoir regart quil feust notre vassal et subgect et qui
+pis est vostre légat a fait pendre et noyer plusieurs ses gens
+et autres gitter de la Roche au Rosne tres deshonnestement
+sans avoir considéracion quilz feussent de notre royaulme,
+dont sommes tres mal contens, délibérez de ne laisser pas la
+chose ainsi. Et pour ce que ledit Tinteville est notre serviteur
+désirons l'avoir. Et à ceste cause vous prions nous le envoyer.
+Et quil ny ait point de faulte. Car si faulte y a, nous nous en
+prandrons à vous par faczon que ny prendrez point de
+plaisir. Tres chers et bons amis Notre Seigneur vous ait en
+sa sainte garde.</p>
+
+<p>Donné au Plessis du parc le <span class="smcap">VII</span><sup>e</sup> jour de septembre.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Loys.</span><br />
+<span class="i2">Gilberti.</span></p>
+
+<p>(Origin., Arch. de la ville d'Avignon, série A.A.)</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_250" id="Page_250">250</a></span></p>
+
+<p class="p2 center">N<sup>o</sup> XXII</p>
+
+<p class="center"><i>Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon.</i></p>
+
+<p class="right">19 septembre 1481.</p>
+
+<p class="center">A noz chers et bons amys les consols gens de conseil<br />
+manans et habitans d'Avignon.</p>
+
+<p>Tres chers et bons amys, nous avons receu vos lettres par
+lesquelles vous excusez du fait de Tinteville, lequel, comme
+par autres vous avons escript, veu quil est notre subgect et
+serviteur, voulons avoir, vous advisant que si faulte y a nous
+en prendrons à vous de ceulx que votre légat a fait pendre et
+noyer sans avoir regart qu'ils fussent de notre reaulme. Nous
+savons bien ou nous en devons prendre.</p>
+
+<p>Donné au Plessys du parc lez Tours le <span class="smcap">XIX</span><sup>e</sup> de septembre.</p>
+
+<p class="left60"><span class="smcap">Loys.</span><br />
+<span class="i2">Gilberti.</span></p>
+
+<p>(Arch. municip. de la ville d'Avignon, Origin., série A.A.)</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_251" id="Page_251">251</a></span></p>
+
+<h2>TABLE DES MATIÈRES</h2>
+
+<div class="block">
+<p><span class="invisible">pages</span><span class="smcap dalign">PAGES.</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Préface</span> <span class="dalign">i à x</span></p>
+
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre premier.</span>&mdash;<i>Coup d'&oelig;il rétrospectif sur les
+relations de la Cour de France avec Avignon et le
+Comté Venaissin pendant la première moitié du
+<span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle.&mdash;Charles VI. Benoît XIII. Le schisme.</i>&mdash;Caractère
+général des relations de la Cour de France
+avec le Venaissin et l'État d'Avignon pendant le règne
+de Charles VI et de Charles VII. Comment les rois de
+France entendaient la juridiction temporelle des papes
+sur ces États. Voyages princiers à Avignon. Fondation
+du royal monastère des Célestins (1395); privilèges
+accordés. Inviolabilité.&mdash;Premières assises de l'autorité
+royale à Avignon.&mdash;Le schisme et Benoît XIII.
+Situation des Avignonnais vis-à-vis du pape et des
+cardinaux. Louis d'Orléans et les oncles du roi à Avignon.
+Attitude et intervention de Charles VI: premier
+siège du Palais (1398). <span class="smcap">Geoffroy le Meingre</span>, dit <span class="smcap">Boucicaut</span>.
+Son rôle dans les événements militaires dont
+Avignon est le théâtre (1398-1399).&mdash;Charles VI prend
+Benoît XIII sous sa protection. Sa lettre aux consuls
+d'Avignon (22 avril 1401). Il se fait le défenseur des
+cardinaux et des terres de l'Église. Sa lettre au sire de
+Grignan (juin 1401). Captivité et évasion de Benoît XIII
+(1400, mars 1403). Traité de paix entre les cardinaux
+et le pape. Hommage des Avignonnais à Benoît XIII
+(10 avril 1403). Retrait de la soustraction d'obédience
+(30 juillet 1403).&mdash;Suite des événements provoqués par
+les agissements de Benoît XIII.&mdash;L'anti-pape et le
+maréchal de Boucicaut.&mdash;Inféodation des villes du
+Comtat et prise de possession (mars 1408).&mdash;Le second
+siège du Palais.&mdash;Rodrigues de Luna et les Catalans
+(1410-1411).&mdash;Intervention de l'Université de Paris.&mdash;Charles
+VI envoie des secours aux Avignonnais.&mdash;Capitulation
+de la garnison catalane (27 novembre 1411).<span class="dalign">1 à 41</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_252" id="Page_252">252</a></span></p>
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre II.</span>&mdash;<i>Charles VII.</i>&mdash;<i>Les Boucicaut.</i>&mdash;<i>Le
+Cardinal de Foix.</i>&mdash;Le dauphin Charles en 1419-1420.&mdash;Devenu
+roi il ne cesse d'assurer de sa protection
+les États citramontains du Saint-Siège.&mdash;Nouveaux
+agissements de Geoffroy le Meingre (1426-1428).&mdash;La
+succession du maréchal.&mdash;Les routiers dans le
+Venaissin et dans la vallée du Rhône.&mdash;Démêlés entre
+les sujets du pape et Boucicaut.&mdash;Attitude de
+Charles VII (janvier 1426).&mdash;Il protège les Avignonnais,
+tout en appuyant les revendications de Champerons,
+seigneur de la Porte (1428).&mdash;Situation des États de
+l'Église au moment de l'ouverture du concile de Bâle.&mdash;Charles
+VII appuie ouvertement Alphonse Carillo,
+cardinal de Saint-Eustache, qui est le candidat du
+concile. Sa lettre aux Avignonnais (1431).&mdash;Conflit
+entre le pape Eugène IV et les Avignonnais à propos
+de la nomination de Marc Condulmaro.&mdash;Neutralité
+de Charles VII (1432).&mdash;Le cardinal Pierre de Foix,
+légat du Saint-Siège (avril 1432).&mdash;Triomphe de la
+politique française.&mdash;Efforts de Charles VII pour
+amener la cessation du schisme et la convocation
+d'un concile à Avignon pour l'union des Grecs (1437) <span class="dalign">42 à 71</span></p>
+
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre III.</span>&mdash;<i>Le Dauphin Louis et le projet de traité
+secret avec le Saint-Siège (novembre 1444).</i>&mdash;Le dauphin
+Louis.&mdash;Première tentative pour s'emparer d'Avignon
+et du comté Venaissin.&mdash;Négociations entre le
+Dauphin et le pape Eugène IV.&mdash;Rôle du cardinal
+de Foix.&mdash;Protestation des États.&mdash;Le projet échoue
+(novembre-décembre 1444) <span class="dalign">72 à 83</span></p>
+
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre IV.</span>&mdash;<i>Le dauphin Louis et ses agissements
+vis-à-vis des États citramontains de l'Église (1444-1461).</i>&mdash;L'héritage
+des Boucicaut.&mdash;Invasion à main
+armée du Venaissin par les agents du Dauphin.&mdash;L'expédition
+de Troyhons (1450).&mdash;Intervention de
+Charles VII.&mdash;Ambassade de Jehan de Lizac à Avignon
+(mars 1451).&mdash;Mission du cardinal d'Estouteville
+(1452).&mdash;Les dernières intrigues du Dauphin <span class="dalign">84 à 118</span></p>
+
+<div><span class="pagenum"><a name="Page_253" id="Page_253">253</a></span></div>
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre V.</span>&mdash;<i>Louis XI et la succession du Cardinal de
+Foix à la légation d'Avignon (1464-1470).</i>&mdash;Caractère
+des relations des Comtadins et des Avignonnais à
+l'avènement de Louis XI.&mdash;L'ambassade de Malespine
+et de Pazzis à Tours (1461).&mdash;La succession du cardinal
+de Foix.&mdash;Rôle du maréchal Jean d'Armagnac.&mdash;Opposition
+de Louis XI à la nomination du cardinal
+d'Avignon, Alain de Coëtivy, comme légat.&mdash;Conflit
+entre Louis XI et Paul II pour la désignation d'un
+légat.&mdash;Ambassade de d'Orligues à Rome (janvier
+1465).&mdash;Échec de la politique de Louis XI auprès du
+Saint-Siège <span class="dalign">119 à 142</span></p>
+
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre VI.</span>&mdash;<i>Louis XI et le conflit avec Jules de la
+Rovère.&mdash;L'entrevue de Lyon (juin 1476) et ses conséquences.</i>&mdash;Vacance
+de la légation (1464-1470).&mdash;Agissements
+de Louis XI pour faire nommer à la
+légation d'Avignon l'archevêque de Lyon, Charles de
+Bourbon.&mdash;Satisfaction accordée au roi de France.&mdash;Conditions
+dans lesquelles Charles de Bourbon est
+pourvu de la légation (1470).&mdash;Engagements du roi et
+du légat vis-à-vis du Saint-Siège.&mdash;Révocation des
+pouvoirs du cardinal de Bourbon (13 mars 1476).&mdash;La
+légation est donnée à Jules de la Rovère, neveu de
+Sixte IV.&mdash;Mécontentement de Louis XI.&mdash;Origines
+du conflit.&mdash;Occupation du palais apostolique.&mdash;Les
+représentants du légat assiégés.&mdash;Intervention militaire
+de Louis XI (avril-mai 1476).&mdash;Entrevue de
+Lyon (juin 1476).&mdash;Les Avignonnais prêtent serment
+de fidélité au roi de France (26 juin 1476).&mdash;Succès
+de la politique royale.&mdash;Conséquences de l'entrevue
+de Lyon pour les sujets du Saint-Siège et pour le
+cardinal de Saint Pierre ad Vincula.&mdash;Son retour à
+Rome (octobre 1476) <span class="dalign">143 à 190</span></p>
+
+<div><span class="pagenum"><a name="Page_254" id="Page_254">254</a></span></div>
+<p class="hanging"><span class="smcap">Chapitre VII.</span>&mdash;<i>Les dernières années de Louis XI
+(1476-1483).&mdash;Caractère général de la politique à
+l'égard d'Avignon.&mdash;Bernard de Guerlands et Jehan
+de Tinteville.&mdash;Faveurs royales.</i>&mdash;Les dernières
+années de Louis XI.&mdash;Les tentatives des Routiers et
+des Florentins sur Avignon et le Comté.&mdash;Le sacrilège
+Bernard de Guerlands (1478-1479).&mdash;Les consuls
+s'adressent à Monseigneur du Bouchage.&mdash;Intervention
+de Louis XI qui protège les sujets du Saint-Siège
+(février-mars 1479).&mdash;Nouvelle attaque de Jehan
+de Tinteville ou Dinteville (1480-1481).&mdash;Petitjean
+maître d'hôtel du roi à Avignon (1481).&mdash;Politique
+équivoque de Louis XI.&mdash;Il désavoue Tinteville
+(janvier 1483).&mdash;Mort de Louis XI.&mdash;Sentiments des
+Avignonnais.&mdash;Funérailles du roi célébrées à Avignon
+(24 septembre 1483).&mdash;Privilèges divers accordés
+par Louis XI aux Avignonnais.&mdash;Il protège le commerce
+et la navigation.&mdash;Lettres des 24 mai 1482 et
+avril 1480.&mdash;Il confirme les privilèges du péage à sel
+(26 janvier 1478).&mdash;27 janvier 1481 <span class="dalign">191 à 210</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Résumé et Conclusion</span> <span class="dalign">211 à 223</span></p>
+</div>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_255" id="Page_255">255</a></span></p>
+
+<h2>TABLE DES PIÈCES JUSTIFICATIVES</h2>
+
+<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="5" summary="toc">
+<tr>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td class="tdr">PAGES.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">I.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Instructions du pape Eugène IV à Tristan d'Aure,
+ évêque de Conserans et gouverneur d'Avignon (février 1444)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_224">224</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">II.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Id., du même au même</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_225">225</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">III.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Bref d'Eugène IV aux Sindics d'Avignon (20 novembre 1444)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_227">227</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">IV.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Bref d'Eugène IV aux Trois États de la Conté de Venayssin (décembre 1444)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_228">228</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">V.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (26 janvier 1448?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_229">229</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">VI.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre du dauphin Louis aux États de Carpentras (15 mai 1451)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_229">229</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">VII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (5 mars 1452)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_230">230</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">VIII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (12 mars?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_230">230</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">IX.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (22 mars?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_231">231</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">X.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (19 mars 1452?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_232">232</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XI.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII aux Sindics d'Avignon (15 mai 1452?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_232">232</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Charles VII à la ville d'Avignon (22 juillet 1453)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_233">233</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XII</td>
+ <td class="tdrt"><i>bis.</i></td>
+ <td>Prestation d'hommage de Romieu de Morimont au
+ pape Nicolas V (1<sup>er</sup> juin 1456)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_235">235</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XIII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre d'Allemand de Pazzi et de François Malespine
+aux Consuls d'Avignon (15 septembre 1462)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_237">237</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XIV.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI au Cardinal de Foix (21 janvier 1464)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_239">239</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt"><span class="pagenum"><a name="Page_256" id="Page_256">256</a></span>
+ XV.</td>
+ <td class="tdr">&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon (21 juin?)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_240">240</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XVI.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon (26 août 1464)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_241">241</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XVII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Jean d'Armagnac, maréchal de Comminges,
+aux Consuls d'Avignon (22 septembre 1464)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_242">242</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XVIII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettres patentes de Louis XI en faveur de Jules de la
+ Rovère (21 juin 1476)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_244">244</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XIX.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI au bâtard de Comminges</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_246">246</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XX.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Baptiste Béségat aux Consuls d'Avignon
+(9 février 1479)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_247">247</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XXI.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI aux Consuls et habitants d'Avignon
+(7 septembre 1481?)</td>
+ <td class="tdrt"><a href="#Page_249">249</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="tdrt">XXII.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Lettre de Louis XI aux Consuls d'Avignon (19 septembre 1481)</td>
+ <td class="tdr"><a href="#Page_250">250</a></td>
+</tr>
+</table>
+
+<hr class="c15 p4" />
+<div class="footnotes"><h3>NOTES:</h3>
+<div class="footnote">
+
+<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> <i>Lettres de Louis XI, roi de France</i>, publiées par Vaesen et
+Charavay, 5 vol. parus.</p>
+
+<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Je n'aurais garde d'oublier de remercier ici le Révérend Père
+Ehrle, conservateur de la Bibliothèque du Vatican, dont les conseils
+éclairés et obligeants m'ont été d'un si précieux secours durant
+les quelques semaines que nous avons employées à faire des
+recherches aux archives vaticanes. Nous avons dépouillé, aux
+archives secrètes, la collection des <i>Miscellanea</i> (3 caisses de documents
+divers classés sans autre raison que le format) de 1444 à 1479.
+Enfin, nous avons compulsé avec soin les registres <i>Diaria</i> XII,
+<i>Diaria</i> XIII, de 1463 à 1479. «Librorum ritualium qui et Cæremoniales
+vulgo appellantur item Diariorum Magistrorum Cæremoniarum
+et aliorum», où l'on trouve de fréquentes mentions des
+ambassades envoyées par la Cour de France auprès du Saint-Siège.</p>
+
+<p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Nous devons particulièrement remercier de leur obligeance
+M. Prudhomme, le savant archiviste de l'Isère, et son collaborateur
+M. Pilot de Thorey, qui a bien voulu nous communiquer les
+bonnes feuilles des deux volumes qu'il prépare sur les actes de
+l'administration de Louis XI relatifs au Dauphiné.</p>
+
+<p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> <i>Louis XI et les Villes</i>, par Henri Sée, docteur ès-lettres, in-8<sup>o</sup>.
+Paris, Hachette, 1891.</p>
+
+<p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> <i>Voir Recherches historiques concernant les droits du Pape sur
+la Ville et l'État d'Avignon</i>, 1768, in-8<sup>o</sup>, avec <i>Réponse</i>, par Agricol.
+Morau.&mdash;Cf. Dupuy, <i>Traité des droits du Roi</i>.&mdash;Archives du
+Ministère des Affaires étrangères, vol. 358, f<sup>o</sup> 36 et suivants.</p>
+
+<p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> 26 juin 1411. Arch. mun., série E.E. Orig.</p>
+
+<p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> 7 juin 1401. Fornéry, <i>Hist. Ecclés.</i>, mss., fol. 416 et 417.</p>
+
+<p><a name="Footnote_8" id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">[8]</span></a> 15 mars 1426. Arch. munic., B. 19, n<sup>o</sup> 22.</p>
+
+<p><a name="Footnote_9" id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">[9]</span></a> Lettres-patentes du roi Charles VII prenant sous sa protection
+les États citramontains de l'Église: «Karolus Dei gratia Francorum
+rex carissimo primo genito nostro Ludovico, dalphino
+Viennensi ac universis et singulis ducibus, principibus, comitibus,
+barronibus, militibus, capitaneis armigerorum tam equitum
+quam peditum arma gerentibus universis et singulis nobilibus
+burgensibus et aliis quibuscumque subditis confederatis et
+fidelibus nostris tam infra regnum nostrum quam in Dalphinatu
+et aliis quibuscumque locis constitutis, subditis et benivolis
+nostris graciam et bonam voluntatem. Noveritis quod insequendo
+vestigia predecessorum nostrorum Christianissimorum
+regum Francie in mentis nostre conceptu ac scrutinio cordis
+revolventes Sanctissimum Dominum nostrum Papam in remotis
+in presenti residere ac considerantes Reverendissimum in Christo
+patrem Karissimum Consanguineum nostrum nomine Carles
+Fuxi, regimen predicte Ecclesie citra montes habeat et volentes
+ex certis et quam plurimis causis animum nostrum ad hoc moventibus
+civitatem Avinionensem, comitatum Venaissini et alias
+terras eisdem adjacentes juncte vel injuncte Sancte Romane
+Ecclesie subjetas cum incolis et habitantibus in eisdem quas
+semper cum effectu reperimus begnivolas et relatrices honoris et
+status progenitorum nostrorum et nostri caras habere et propicias
+motu nostro proprio et non ad cujuscumque requisitionem seu
+instanciam sed ex nostra pura liberaque et sincera devotione
+moti per presentes notum facimus et declaramus ex causis supradictis,
+dictas terras, personas et bona subditorum dicte Sancte
+Romane ecclesie ita caras et propicias habere censemus et reputamus
+sicut terras nostras et subditos nostros ac si essent de
+nostro proprio dominio et imperio eisdemque deffensores et
+protectores tanquam brachium dextrum ecclesie esse volumus
+intimantes omnibus et singulis cujuscumque status, gradus,
+condicionis, preheminencie aut dignitatis existant qui contra hanc
+nostri animi voluntatem seu declarationem mentis nostre aliquid
+attemptaverint in dictis terris et personis vel bonis eorumdem
+quod nos onus ulcionis de attemptatis hujusmodi nobis assumemus
+et ex inde assuminus et talem et ita celerem provisionem circa
+ea dabimus et resistenciam faciemus quod ceteris cedet in exemplum
+et nihilominus declarantes nostre mentis intentum quod
+per premissa nullum jus, nullumque imperium dominiumque
+seu aliqualem juridictionem seu actionem acquirere nobis aut
+successoribus nostris aliqualiter intendimus seu volumus in
+dictis terris et subditorum sancti domini nostri Pape sed solam
+indicta fecisse et facere decrevimus pro pacifico et tranquillo
+statu illius patrie quam semper optavimus et optamus mandantes
+omnibus senescallis et officiariis subditis nostris ut has
+nostras litteras publicari faciatis tociens et ubicumque requisiti
+fuerint infra dictionem, imperium et dominium nostrum sine
+costu voce tube et alias taliter quod nullus ignoranciam tenoris
+earumdem pretendere possit seu contra ire presumat in quantum
+cupiunt indignationem nostram evitare et hoc sub pena
+centum marcharum auri fisco nostro, irrevocabiliter applicanda
+quas debita exequtatas remanere volumus presentanti. In quorum,
+etc.» Arch. municip., série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_10" id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">[10]</span></a> Arch. municip., série A.A. Origin. inédit. Voir aux pièc.
+justific.</p>
+
+<p><a name="Footnote_11" id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">[11]</span></a> Voir pièc. justific., n<sup>o</sup> 19.</p>
+
+<p><a name="Footnote_12" id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">[12]</span></a> <i>Id.</i>, n<sup>o</sup> 20.</p>
+
+<p><a name="Footnote_13" id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">[13]</span></a> <i>Id.</i>, Biblioth. nat. fonds. franc. Nouv. acq., 304.</p>
+
+<p><a name="Footnote_14" id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">[14]</span></a> Arch. du Ministère des Affaires étrangères, <i>Correspondance de
+Rome</i> (8 janvier 1664). <i>Mém. du Roy à M. de Bourlemont.</i> Vol.
+n<sup>o</sup> 157, fol. 25 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_15" id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">[15]</span></a> Collect. des documents inédits, <i>Itin. de Philippe le Hardy</i>,
+p. 481-544, et Introduct., XIII, et pp. 63-64.</p>
+
+<p><a name="Footnote_16" id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">[16]</span></a> <i>Ordonn. de Charles V. Recueil des Ordonnances</i>, t. VI, p. 490,
+et t. VII, p. 380. Voy. également <i>Trésor des Chartes</i>, Reg. 139,
+p. 216.</p>
+
+<p><a name="Footnote_17" id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">[17]</span></a> Douet d'Arcq., <i>Choix de pièces relatives an règne de Charles VI</i>,
+I, p. 67. Voy. réponse du sénéchal de Beaucaire au Roy, 1385:
+«Il est assavoir que le Pappe et les Cardinaux ne sont pas bien
+enclinez à la partie du Roy; aucuns d'eulx disans que se le Roy
+estoit seigneur du pais qu'il leur faudroit laisser Avignon.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_18" id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">[18]</span></a> Archiv. de la Ville, t. I<sup>er</sup>, f<sup>o</sup> 692, v<sup>o</sup>, 693.</p>
+
+<p><a name="Footnote_19" id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">[19]</span></a> <i>Id.</i>, t. I<sup>er</sup>, f<sup>o</sup> 695. Cf. l'abbé Christophe. <i>Loc. cit.</i>, III, p. 110.&mdash;<i>Historia
+Cælestinorum Avenionensium</i>, mss., Bibl., municip. I,
+f<sup>o</sup> 93. <i>Recueil de Massillian</i>, mss., t. XVII, f<sup>o</sup> 71.</p>
+
+<p><a name="Footnote_20" id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">[20]</span></a> Jarry, <i>La vie politique de Louis d'Orléans</i>, p. 52.&mdash;De Beaucourt,
+<i>Hist. de Charles VII</i>, I, p. 317.</p>
+
+<p><a name="Footnote_21" id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">[21]</span></a> Dom Vaissette. X, p. 128.</p>
+
+<p><a name="Footnote_22" id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">[22]</span></a> Jarry, <i>La vie politique de Louis d'Orléans</i>, p. 52.</p>
+
+<p><a name="Footnote_23" id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">[23]</span></a> Jarry, p. 68, n<sup>o</sup> 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_24" id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">[24]</span></a> <i>Le Religieux</i>, II, p. 190.&mdash;Cf. P. Ehrle, <i>Aus den Acten des
+Afterconcils von Perpignan</i>, p. 15, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_25" id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">[25]</span></a> On l'appelle encore cardinal «de Thuroy».</p>
+
+<p><a name="Footnote_26" id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">[26]</span></a> Noël Valois, <i>Raymond-Roger de Beaufort, vicomte de Turenne,
+et les Papes d'Avignon</i>, 1890, p. 28.&mdash;Cf. Jarry, <i>loc. cit.</i>, p. 128;&mdash;Cf.
+Douet d'Arcq., <i>loc. cit.</i>, I, p. 139.</p>
+
+<p><a name="Footnote_27" id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">[27]</span></a> Pastor, <i>Hist. de la Papauté</i>, traduct. franç., vol. I, p. 176.</p>
+
+<p><a name="Footnote_28" id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">[28]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 129.</p>
+
+<p><a name="Footnote_29" id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">[29]</span></a> <i>Ibid.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_30" id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">[30]</span></a> <i>Ibid.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_31" id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">[31]</span></a> Lettre de Charles VI aux Consuls d'Avignon, 1<sup>er</sup> février 1401.
+Arch. municip., B. 37, n<sup>o</sup> 69, Cott. XXX.</p>
+
+<p><a name="Footnote_32" id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">[32]</span></a> <i>Le Religieux</i>, II, pp. 118 et suiv.&mdash;<i>Amplissima Collectio</i>,
+VIII, p. 458.</p>
+
+<p><a name="Footnote_33" id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">[33]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, pp. 131, 132.</p>
+
+<p><a name="Footnote_34" id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">[34]</span></a> De Circourt, <i>Rev. des quest. hist.</i>, 1<sup>er</sup> juillet 1889, p. 137, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_35" id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">[35]</span></a> Collect. des Docum. inédits. <i>Itinér. de Philippe le Hardy</i>,
+p. 552.</p>
+
+<p><a name="Footnote_36" id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">[36]</span></a> Le P. Ehrle, <i>op. cit.</i>, p. 22.&mdash;Cf. Delaville Le Roux, <i>La France
+en Orient au XV<sup>e</sup> siècle</i>, p. 231.</p>
+
+<p><a name="Footnote_37" id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">[37]</span></a> Ehrle, <i>op. cit.</i>, pp. 25, 26 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_38" id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">[38]</span></a> Le P. Ehrle, <i>op. cit.</i>, pp. 27, 28.</p>
+
+<p><a name="Footnote_39" id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">[39]</span></a> Le P. Ehrle, p. 30. Voy. la bulle dans du Boullay, <i>Hist. de
+l'Univ. de Paris</i>, IV, 349.</p>
+
+<p><a name="Footnote_40" id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">[40]</span></a> Musée des Archiv. Nationales, p. 247.</p>
+
+<p><a name="Footnote_41" id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">[41]</span></a> <i>Rec. des Ordonn. des Rois</i>, VIII, p. 398.&mdash;Cf. Jarry, <i>op. cit.</i>,
+p. 201.</p>
+
+<p><a name="Footnote_42" id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">[42]</span></a> Voir, pour les détails, Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, fol. 617.&mdash;<i>Historia
+C&oelig;lestinorum</i>, mss. de la Bibl. d'Avignon, I, f<sup>o</sup> 347. «Et Anno <i>1395</i>,
+25 die Junii ducta Joannès Biturictensis, Philippus Burgundiæ
+Avunculi Regis Christianissimi et Ludovicus dux Aurelianensis
+frater ipsius regis in civitate Avenionensi existerunt ut Benedicto
+13 abdicationem papatûs suaderent lapidem primarium... a nomine
+dicti Regis posuerunt».&mdash;Cf. Bullet. de l'Acad. de Vaucluse.&mdash;<i>Labyrinthe
+royal de l'Hercule Gaulois triomphant</i>, p. 80.</p>
+
+<p><a name="Footnote_43" id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">[43]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, Pièces justif., XXXI, p. 459.</p>
+
+<p><a name="Footnote_44" id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">[44]</span></a> Nouvelle collection des Documents inédits, III, p. 281.</p>
+
+<p><a name="Footnote_45" id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">[45]</span></a> <i>Rec. des Ordonn.</i>, VIII, p. 426.&mdash;<i>Rec. des Chartes</i>, Reg. 156,
+pièce 9.</p>
+
+<p><a name="Footnote_46" id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">[46]</span></a> <i>Rec. des Ordonn.</i>, VIII, p. 398.</p>
+
+<p><a name="Footnote_47" id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">[47]</span></a> Duhamel, <i>Les &oelig;uvres d'art du monastère des Célestins</i>, Caen,
+1886, pp. 4-6.</p>
+
+<p><a name="Footnote_48" id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">[48]</span></a> Cf. <i>Un épisode du procès de Jacques C&oelig;ur à Avignon</i>.&mdash;Bul.
+de l'Acad. de Vaucluse, 1887.</p>
+
+<p><a name="Footnote_49" id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">[49]</span></a> Arch. municip., <i>Procès du Rhône</i>, mss., t. VI.</p>
+
+<p><a name="Footnote_50" id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">[50]</span></a> Bibl. nation., fonds. franç., 10431: 594.&mdash;Cf. Jarry, <i>op. cit.</i>,
+pp. 132-133.</p>
+
+<p><a name="Footnote_51" id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">[51]</span></a> Jarry, pp. 165-187.</p>
+
+<p><a name="Footnote_52" id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">[52]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 188.</p>
+
+<p><a name="Footnote_53" id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">[53]</span></a> Douet d'Arcq, <i>op. cit.</i>, I, p. 142.</p>
+
+<p><a name="Footnote_54" id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">[54]</span></a> <i>Le Religieux</i>, II, pp. 528, 530.&mdash;Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 189.&mdash;Le
+P. Ehrle, p. 36.&mdash;<i>Amplissima collectio</i>, VIII, 554, 616.</p>
+
+<p><a name="Footnote_55" id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">[55]</span></a> Pastor dit que l'obstination de Benoît XIII est due en grande
+partie à la Cour de France. <i>Hist. de la Papauté</i>, traduct. française,
+Pastor, I, p. 211, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_56" id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">[56]</span></a> Jarry, p. 207.&mdash;<i>Amplissima collectio</i>, VII, 591, 597.&mdash;Froissart,
+<i>Edit. de Lettenhove</i>, XVI, pp. 116, 132.</p>
+
+<p><a name="Footnote_57" id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">[57]</span></a> Musée des Arch. nat., pp. 243-244.&mdash;Jarry, p. 208.&mdash;Ehrle,
+p. 38.</p>
+
+<p><a name="Footnote_58" id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">[58]</span></a> <i>Ordonn. des Rois</i>, VIII, p. 258.&mdash;Du Boulay, <i>op. cit.</i>, IV, 850,
+853, 863.&mdash;<i>Le Religieux</i>, 598, 644.</p>
+
+<p><a name="Footnote_59" id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">[59]</span></a> Jarry, pièc. justificat., XXI, pp. 439 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_60" id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">[60]</span></a> <i>Ordonn. des Rois de France</i>, VIII, p. 274.&mdash;Dom Vaissette, IX,
+p. 975, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_61" id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">[61]</span></a> Ehrle, <i>op. cit.</i>, p. 87.</p>
+
+<p><a name="Footnote_62" id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">[62]</span></a> Baluze, <i>Vita pap. Avenion</i>, C. 1122.&mdash;Cf. Ehrle, <i>op. cit.</i>,
+p. 38.</p>
+
+<p><a name="Footnote_63" id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">[63]</span></a> Ehrle, <i>Aus den Acten des Afterconcils von Perpignan</i>, pp. 78, 80
+et suiv.&mdash;Cf. Froissart, <i>Chroniques</i>, édit. Kervyn de Lettenhove,
+XVI, pp. 116, 132.&mdash;Baluze, II, 1123, 1124.&mdash;Anselme, <i>Hist.
+généalog.</i>, VI, p. 754.</p>
+
+<p><a name="Footnote_64" id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">[64]</span></a> Arch. municip., série E.E. (liasse non classée).</p>
+
+<p><a name="Footnote_65" id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">[65]</span></a> Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, fol. 558, 559.</p>
+
+<p><a name="Footnote_66" id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">[66]</span></a> Bridoré près Loches. Arch. départ., série E.E. (liasse non
+classée).</p>
+
+<p><a name="Footnote_67" id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">[67]</span></a> Arch. départ., série E.E. Ces diverses lettres ne portent pas de
+date, mais sont toutes postérieures à 1400, 1401.</p>
+
+<p><a name="Footnote_68" id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">[68]</span></a> On ne peut préciser la date de son arrivée en Provence, mais
+ce fut sans doute peu de temps après le mariage de <i>Boucicaut Jean</i>
+avec Antoinette de Turenne, qui faisait du maréchal un des plus
+riches feudataires du Midi (décembre 1393). Voy. Noël Valois,
+<i>Raymond de Turenne et les Papes d'Avignon</i>, p. 24.</p>
+
+<p><a name="Footnote_69" id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">[69]</span></a> Boucicaut, le maréchal, avait acheté le château de Boulbon.&mdash;Noël
+Valois, <i>Raymond de Turenne et les Papes d'Avignon</i>, p. 24.&mdash;L'acte
+du 7 juillet 1399 dit formellement que Geoffroy le Meingre
+commande «in Castris de Bulbono, Aramono et Valabrega».
+Bibl. de Carpentras, <i>Collect. Peiresc.</i>, Reg. LXX, 3<sup>e</sup> vol. (fol. 230-257).</p>
+
+<p><a name="Footnote_70" id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">[70]</span></a> Quod cardinales videntes dominum Johanem (pour Gaufridum)
+dictum «le Meingre» fratrem Marescalli Franciæ Boussicaudi in
+eorum evocaverunt auxilium. <i>Le Religieux</i>, II, p. 652, L. V, 19, c. 8.&mdash;Cf.
+Ehrle, L. C, pp. 39, 40, 41.</p>
+
+<p><a name="Footnote_71" id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">[71]</span></a> Qui cito mandato parens et multos stipendiarios francigenas
+secum ducens, palacium obsidione cingere maturavit.&mdash;<i>Religieux</i>,
+II, p. 652, V, 19, c. 8.&mdash;Froissart, XVI, p. 126.&mdash;Noël Valois,
+L. C, p. 36.</p>
+
+<p><a name="Footnote_72" id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">[72]</span></a> Le maître des ports et un certain «Ricardus miles», compagnon
+de Boucicaut, sont à la solde de la ville et des cardinaux.
+Voy. Ehrle, p. 45.&mdash;<i>Amplissima collectio</i>, VII, 650, 651.</p>
+
+<p><a name="Footnote_73" id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">[73]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 222.</p>
+
+<p><a name="Footnote_74" id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">[74]</span></a> La présence du maréchal de Boucicaut à Avignon en <i>1398-1399</i>,
+pendant la durée du siège, est démontrée impossible par un document
+produit par Jarry, p. 218, et pièc. justific., le maréchal étant,
+jusqu'au mois de juillet 1399, occupé par une expédition militaire en
+Guyenne.&mdash;Voy. Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 219.&mdash;Delaville le Roux, <i>op.
+cit.</i>, p. 357.&mdash;<i>Religieux</i>, II, 644, 646.&mdash;<i>Livre des faits du maréchal
+de Boucicaut</i>, collection Petitot, VI, 476, c. 29.</p>
+
+<p><a name="Footnote_75" id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">[75]</span></a> Nunquam Benedictum ordinavimus neque mandavimus in carcere
+quocumque retrudi, includi nec aliquali strictâ custodiâ
+coarctari neque contra eum guerram fieri. Voy. Douet d'Arcq, I,
+203.&mdash;Ehrle, p. 48, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_76" id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">[76]</span></a> Bibl. Carpentras, collect. Peiresc, mss., vol. LXXIV, fol. 417,
+443. <i>Catalog. des mss.</i>, III, p. 28, fol. 417, 443.</p>
+
+<p><a name="Footnote_77" id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">[77]</span></a> Dom Pedro de Luna était neveu de Benoît XIII. Il fut archevêque
+de Tolède de <i>1404 à 1414</i>. Arch. des miss, scientif., série III,
+vol. XV, p. 6. «In præsentia legatorum a consilio Civitatis Arelatensis
+missorum, Petrus de Luna, generalis capitaneus gallearum,
+galeotarum et barcharum Armatarum regis aragonensis,
+nunc in flumine Rhodano et portu dictæ urbis existentium, declarat
+non intentionis suæ inferre damnun vel oppressionem
+aliquam vassalis nec terræ Ludovici, Siciliæ Regis, nec subditis
+Regis Franciæ. In Castro Trencatalliarum, die 19 Januarii 1399.
+Scilicet quod cum non multis retro lapsis temporibus ad audientiam
+ejus pervenerit quod Dominus noster Benedictus christianissimus
+sacro sanctæ Romanæ ac totius universitatis Ecclesiæ
+summus pontifex tam diù et tam ignominiose in opprobrium
+christianitatis per <i>cives</i> et <i>habitatores Avenionenses</i> tractatus
+fuerit.» Mss. (fol. 418 et v<sup>o</sup>). (Collect. Peiresc, LXXIV, fol. 417,
+418 et v<sup>o</sup>).</p>
+
+<p><a name="Footnote_78" id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">[78]</span></a> <i>Le Religieux</i>, II, pp. 656 et suiv.&mdash;<i>L'Hercule Gaulois triomphant</i>
+donne un curieux récit du siège, pp. 79, 80, 81.&mdash;<i>Mémoires
+de Martin Boysset</i>.&mdash;<i>Recueil Massilian</i>, mss. (extraits).&mdash;Ehrle,
+<i>loc. cit.</i>, pp. 42, 43 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_79" id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">[79]</span></a> Collect. des Docum. inédits, <i>Itin. de Philippe le Hardy</i>, p. 283.&mdash;Fornéry,
+<i>Hist. ecclés.</i>, mss., fol. 641.</p>
+
+<p><a name="Footnote_80" id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">[80]</span></a> <i>Religieux</i>, II, pp. 676, 680.</p>
+
+<p><a name="Footnote_81" id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">[81]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, p. 233.&mdash;Collect. Peiresc., mss. LXXIV, 417,
+443.</p>
+
+<p><a name="Footnote_82" id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">[82]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VII, 637, 638.&mdash;Ehrle, <i>op. cit.</i>, p. 49.&mdash;Jarry,
+<i>op. cit.</i>, Addit. et correct., p. 364.</p>
+
+<p><a name="Footnote_83" id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">[83]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VII, 626, 641, 647.</p>
+
+<p><a name="Footnote_84" id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">[84]</span></a> Massilian, mss., <i>Recueil des Chartes</i>, vol. XXI, fol. 341.</p>
+
+<p><a name="Footnote_85" id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">[85]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VII, 644, 647, 650, 653, 656.</p>
+
+<p><a name="Footnote_86" id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">[86]</span></a> Douet d'Arcq, I, p. 203.</p>
+
+<p><a name="Footnote_87" id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">[87]</span></a> Ehrle, p. 48. Pour Robert de Braquemont, voy. Anselme, VII,
+pp. 816, 817.&mdash;Cf. Delaville le Roux, <i>loc. cit.</i>, p. 362, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_88" id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">[88]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VII, 661, 666.&mdash;D'après les Arch. nation.,
+(K. 55, 10), la sauvegarde royale fut octroyée à Benoît XIII, le 18 octobre
+1400.</p>
+
+<p><a name="Footnote_89" id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">[89]</span></a> Jarry, p. 255.&mdash;Moranvillé, <i>Relat. de Charles VI arec l'Allemagne
+en 1400</i>.&mdash;Bibl. de l'École des Chartes, XLVII.</p>
+
+<p><a name="Footnote_90" id="Footnote_90" href="#FNanchor_90"><span class="label">[90]</span></a> <i>Lettre origin. de Charles VI aux sindics d'Avignon</i>, 1<sup>er</sup> février
+1400. Arch. municip., B. 37, n<sup>o</sup> 69, Cott., XXX.</p>
+
+<p><a name="Footnote_91" id="Footnote_91" href="#FNanchor_91"><span class="label">[91]</span></a> <i>Lettre de Charles VI aux Consuls d'Avignon</i>, 22 avril 1401.
+Copie d'après Fornéry, <i>Hist. éccles.</i>, fol 417, 418 et v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_92" id="Footnote_92" href="#FNanchor_92"><span class="label">[92]</span></a> Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, mss., copie, fol. 416, v<sup>o</sup>, et 417.</p>
+
+<p><a name="Footnote_93" id="Footnote_93" href="#FNanchor_93"><span class="label">[93]</span></a> Id., <i>id.</i>, mss., 27 juin 1401, fol. 414, v<sup>o</sup>, et 415.</p>
+
+<p><a name="Footnote_94" id="Footnote_94" href="#FNanchor_94"><span class="label">[94]</span></a> Id., <i>id.</i>, mss., 28 juin 1401, fol. 415, 416;&mdash;mss. de Carpentras,
+fol. 374.</p>
+
+<p><a name="Footnote_95" id="Footnote_95" href="#FNanchor_95"><span class="label">[95]</span></a> Jarry, <i>loc. cit.</i>, p. 282.</p>
+
+<p><a name="Footnote_96" id="Footnote_96" href="#FNanchor_96"><span class="label">[96]</span></a> <i>L'Hercule Gaulois triomphant</i>, p. 80.&mdash;Laurens Drapier, Ann.
+mss. d'Avignon, fol. 209.&mdash;<i>Le Religieux</i>, III, p. 70.&mdash;Du Boullay,
+V, p. 70.&mdash;Ehrle, <i>op. cit.</i>, p. 63.</p>
+
+<p><a name="Footnote_97" id="Footnote_97" href="#FNanchor_97"><span class="label">[97]</span></a> Ehrle, <i>op. cit.</i>, pp. 70 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_98" id="Footnote_98" href="#FNanchor_98"><span class="label">[98]</span></a> <i>Chroniq. de Charles VI, Le Religieux</i>, I, 24, c. 8; III, 100.&mdash;<i>L'Hercule
+Gaulois triomphant</i>, p. 81.</p>
+
+<p><a name="Footnote_99" id="Footnote_99" href="#FNanchor_99"><span class="label">[99]</span></a> Arch. municip., B. 32, n<sup>o</sup> 32, Cott. O.O. et B. 33.</p>
+
+<p><a name="Footnote_100" id="Footnote_100" href="#FNanchor_100"><span class="label">[100]</span></a> De Terris, <i>Hist. des évêques de Carpentras</i>, p. 188.&mdash;Benoît XIII
+resta administrateur de l'évêché de Carpentras jusqu'en 1411.</p>
+
+<p><a name="Footnote_101" id="Footnote_101" href="#FNanchor_101"><span class="label">[101]</span></a> Du Boullay, V, p. 56.&mdash;Jarry, p. 283.</p>
+
+<p><a name="Footnote_102" id="Footnote_102" href="#FNanchor_102"><span class="label">[102]</span></a> Pastor, <i>Hist. de la Papauté</i>, trad. franç., I, p. 196.</p>
+
+<p><a name="Footnote_103" id="Footnote_103" href="#FNanchor_103"><span class="label">[103]</span></a> Pastor, <i>id.</i>, I, p. 195.</p>
+
+<p><a name="Footnote_104" id="Footnote_104" href="#FNanchor_104"><span class="label">[104]</span></a> <i>Recueil des Ordonnances</i>, VIII, p. 14.</p>
+
+<p><a name="Footnote_105" id="Footnote_105" href="#FNanchor_105"><span class="label">[105]</span></a> <i>Le Religieux</i>, III, pp. 86, 98.&mdash;<i>Ordonn. des Rois de France</i>,
+VIII, p. 596.&mdash;Du Boullay, V, p. 611.</p>
+
+<p><a name="Footnote_106" id="Footnote_106" href="#FNanchor_106"><span class="label">[106]</span></a> <i>L'Hercule Gaulois triomphant</i>, p. 81.</p>
+
+<p><a name="Footnote_107" id="Footnote_107" href="#FNanchor_107"><span class="label">[107]</span></a> Collect. des Documents inédits, <i>Itin. de Philippe le Hardy</i>,
+p. 567.</p>
+
+<p><a name="Footnote_108" id="Footnote_108" href="#FNanchor_108"><span class="label">[108]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, pièces justific. XXIII et XXIV, pp. 444, 445, 428.</p>
+
+<p><a name="Footnote_109" id="Footnote_109" href="#FNanchor_109"><span class="label">[109]</span></a> <i>Id.</i>, pp. 294, 338.</p>
+
+<p><a name="Footnote_110" id="Footnote_110" href="#FNanchor_110"><span class="label">[110]</span></a> Martène et Durand, <i>Thesaurus novus</i>, Anecdot. II, col. 1389.&mdash;Pastor,
+<i>Hist. de la Papauté</i>, trad. franç., I, pp. 185, 186.</p>
+
+<p><a name="Footnote_111" id="Footnote_111" href="#FNanchor_111"><span class="label">[111]</span></a> Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 310.</p>
+
+<p><a name="Footnote_112" id="Footnote_112" href="#FNanchor_112"><span class="label">[112]</span></a> Voy. chap. I<sup>er</sup>, pp. 16, 17.</p>
+
+<p><a name="Footnote_113" id="Footnote_113" href="#FNanchor_113"><span class="label">[113]</span></a> Pastor, <i>op. cit.</i>, I, p. 186.</p>
+
+<p><a name="Footnote_114" id="Footnote_114" href="#FNanchor_114"><span class="label">[114]</span></a> Jarry, <i>op. cit.</i>, pp. 351, 352.</p>
+
+<p><a name="Footnote_115" id="Footnote_115" href="#FNanchor_115"><span class="label">[115]</span></a> De Circourt, <i>Rev. des quest. histor.</i>, 1889, XLVI, 167.&mdash;Delaville
+Le Roux, I, 403, 404.</p>
+
+<p><a name="Footnote_116" id="Footnote_116" href="#FNanchor_116"><span class="label">[116]</span></a> Delaville Le Roux, <i>La France en Orient au XIV<sup>e</sup> siècle</i>, p. 510.</p>
+
+<p><a name="Footnote_117" id="Footnote_117" href="#FNanchor_117"><span class="label">[117]</span></a> Le P. Ehrle, <i>op. cit.</i>, pp. 95, 96, 97.</p>
+
+<p><a name="Footnote_118" id="Footnote_118" href="#FNanchor_118"><span class="label">[118]</span></a> «Et pro quibus idem dominus noster papa certa castra et loca
+tam Ecclesiæ romanæ quam Ecclesiæ Avenionensis sibi pignori
+tradidit.» Ehrle, p. 97.</p>
+
+<p><a name="Footnote_119" id="Footnote_119" href="#FNanchor_119"><span class="label">[119]</span></a> Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 310.&mdash;Chambaud, Ann. mss.,
+fol. 145.</p>
+
+<p><a name="Footnote_120" id="Footnote_120" href="#FNanchor_120"><span class="label">[120]</span></a> Arch. municip. de Pernes. Acte signé par Tholosan, notaire
+(Origin.).&mdash;Fornéry, <i>Hist. Civile</i>, mss., fol. 768.&mdash;Gibert, <i>Hist. de
+Pernes</i>, mss. de Carpentras, fol. 718.&mdash;Boucicaut était alors gouverneur
+du Languedoc.&mdash;Delaville Le Roux, 512-513.</p>
+
+<p><a name="Footnote_121" id="Footnote_121" href="#FNanchor_121"><span class="label">[121]</span></a> Pastor, <i>op. cit.</i>, I, p. 187.</p>
+
+<p><a name="Footnote_122" id="Footnote_122" href="#FNanchor_122"><span class="label">[122]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VII, p. 770.</p>
+
+<p><a name="Footnote_123" id="Footnote_123" href="#FNanchor_123"><span class="label">[123]</span></a> Pastor, <i>op. cit.</i>, I, p. 188.</p>
+
+<p><a name="Footnote_124" id="Footnote_124" href="#FNanchor_124"><span class="label">[124]</span></a> D'après certains auteurs, le maréchal aurait facilité son embarquement.</p>
+
+<p><a name="Footnote_125" id="Footnote_125" href="#FNanchor_125"><span class="label">[125]</span></a> Ehrle, <i>loc. cit.</i>, Aus den Acten, etc.</p>
+
+<p><a name="Footnote_126" id="Footnote_126" href="#FNanchor_126"><span class="label">[126]</span></a> Delaville Le Roux, <i>op. cit.</i>, 512, 513.</p>
+
+<p><a name="Footnote_127" id="Footnote_127" href="#FNanchor_127"><span class="label">[127]</span></a> Arch. départ., <i>Reg. des États</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_128" id="Footnote_128" href="#FNanchor_128"><span class="label">[128]</span></a> Nouguier fixe le commencement du siège au 27 mai 1410.</p>
+
+<p><a name="Footnote_129" id="Footnote_129" href="#FNanchor_129"><span class="label">[129]</span></a> Dom Vaissette, IX, p. 1008.&mdash;Ménard, <i>Hist. de Nîmes</i>, III,
+p. 133.</p>
+
+<p><a name="Footnote_130" id="Footnote_130" href="#FNanchor_130"><span class="label">[130]</span></a> Il est désigné «Seigneur de Genguese» (Joyeuse); prit part,
+sous Charles VII, aux premières campagnes et assista à la bataille
+de Verneuil (1424).</p>
+
+<p><a name="Footnote_131" id="Footnote_131" href="#FNanchor_131"><span class="label">[131]</span></a> <i>Lett. patent. de Charles VI au sénéchal et au viguier de Beaucaire</i>
+(mai 1411) Arch. municip. B., 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_132" id="Footnote_132" href="#FNanchor_132"><span class="label">[132]</span></a> 28 janvier 1411. Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, mss., I; fol. 425, 426.</p>
+
+<p><a name="Footnote_133" id="Footnote_133" href="#FNanchor_133"><span class="label">[133]</span></a> <i>Id.</i>, mss., I, fol. 424, 425.</p>
+
+<p><a name="Footnote_134" id="Footnote_134" href="#FNanchor_134"><span class="label">[134]</span></a> Comptes de la Ville, 1410-1411.</p>
+
+<p><a name="Footnote_135" id="Footnote_135" href="#FNanchor_135"><span class="label">[135]</span></a> <i>Id.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_136" id="Footnote_136" href="#FNanchor_136"><span class="label">[136]</span></a> <i>Recueil Massillian</i>, mss., XVI.</p>
+
+<p><a name="Footnote_137" id="Footnote_137" href="#FNanchor_137"><span class="label">[137]</span></a> Arch. municip., B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_138" id="Footnote_138" href="#FNanchor_138"><span class="label">[138]</span></a> Arch. municip., B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_139" id="Footnote_139" href="#FNanchor_139"><span class="label">[139]</span></a> <i>Id.</i>, B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_140" id="Footnote_140" href="#FNanchor_140"><span class="label">[140]</span></a> Journal mss. de Bertrand Boisset. Extrait: «Siège du palais,
+juin 1411. L'an millia quatre cens ungi et de mes de juin vengron
+los Catalans en Proensa et en Arles per mandaments de l'Anti-papa
+Peyre de Luna per anar contra ad Avignon et Venesin.
+Los quals Cathelans sy meront in terra et monteron a caval per
+tirad in Venayssin et foron preses et deconfits per los Proensalts
+et los autres que remaron en los fustas que erons vint dos se
+monteron per lo rose ad Arles per tirar sen ad Avignon, mas la
+<i>cienta d'Arles mes una Cadena</i> a travers de Rose que passar non
+la poyron, an se retireron. Vertas es que leur gens y moureront
+et mots d'avis feron et gasteron gras en la vigne et cremeron de
+masses et de cabanes assas, mas autres bels portamen non faron,
+am se retireron.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_141" id="Footnote_141" href="#FNanchor_141"><span class="label">[141]</span></a> Arch. municip., B. 77, n<sup>o</sup> 36, origin.</p>
+
+<p><a name="Footnote_142" id="Footnote_142" href="#FNanchor_142"><span class="label">[142]</span></a> Arch. municip., série E. E.</p>
+
+<p><a name="Footnote_143" id="Footnote_143" href="#FNanchor_143"><span class="label">[143]</span></a> Reddition des Comptes de Paul Montmartin du temps de la
+guerre des Catalans. Arch. municip., B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_144" id="Footnote_144" href="#FNanchor_144"><span class="label">[144]</span></a> Arch. municip., B. 39, Origin., septembre 1411.</p>
+
+<p><a name="Footnote_145" id="Footnote_145" href="#FNanchor_145"><span class="label">[145]</span></a> Chambaud, <i>Recueil</i>, mss., t. I, fol. 153, 154.&mdash;Cf. G. Fantoni,
+I, pp. 300, 301, 302.</p>
+
+<p><a name="Footnote_146" id="Footnote_146" href="#FNanchor_146"><span class="label">[146]</span></a> Arch. municip., B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_147" id="Footnote_147" href="#FNanchor_147"><span class="label">[147]</span></a> Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 312.</p>
+
+<p><a name="Footnote_148" id="Footnote_148" href="#FNanchor_148"><span class="label">[148]</span></a> Arch. municip., B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_149" id="Footnote_149" href="#FNanchor_149"><span class="label">[149]</span></a> <i>Id.</i>, B. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_150" id="Footnote_150" href="#FNanchor_150"><span class="label">[150]</span></a> Pastor, <i>op. cit.</i>, p. 24, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_151" id="Footnote_151" href="#FNanchor_151"><span class="label">[151]</span></a> <i>Reg. des délibér. des États</i>, fol. 219, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_152" id="Footnote_152" href="#FNanchor_152"><span class="label">[152]</span></a> <i>Id.</i>, fol. 218.</p>
+
+<p><a name="Footnote_153" id="Footnote_153" href="#FNanchor_153"><span class="label">[153]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, I, p. 329. Pierre d'Ailly, contrairement
+à ce que dit M. de Beaucourt, ne fut jamais légat à Avignon. Il était
+légat en France.</p>
+
+<p><a name="Footnote_154" id="Footnote_154" href="#FNanchor_154"><span class="label">[154]</span></a> Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1059, not. 4.&mdash;Chambaud, <i>Rec. sur
+Avignon</i>, mss., t. I, fol. 160.</p>
+
+<p><a name="Footnote_155" id="Footnote_155" href="#FNanchor_155"><span class="label">[155]</span></a> Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1059.</p>
+
+<p><a name="Footnote_156" id="Footnote_156" href="#FNanchor_156"><span class="label">[156]</span></a> Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1060.</p>
+
+<p><a name="Footnote_157" id="Footnote_157" href="#FNanchor_157"><span class="label">[157]</span></a> De Beaucourt, <i>op. cit.</i>, I, p. 370. Ces expressions sont d'Isabeau
+de Bavière. <i>Rec. des Ordonnances</i>, X, p. 437.</p>
+
+<p><a name="Footnote_158" id="Footnote_158" href="#FNanchor_158"><span class="label">[158]</span></a> Donné au château de Loches, le 22 septembre 1423. Orig.
+Arch. municip., B. 36. Voir <i>Marquis d'Aubais</i>, pièc. fugitives, I,
+p. 94. <i>Itinér. de Charles VII</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_159" id="Footnote_159" href="#FNanchor_159"><span class="label">[159]</span></a> Delaville Le Roux, <i>loc. cit.</i>, 360-363.</p>
+
+<p><a name="Footnote_160" id="Footnote_160" href="#FNanchor_160"><span class="label">[160]</span></a> Manuscrits Peiresc, Bibl. de Carpentras, Reg. LXX, vol. III,
+fol. 232, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_161" id="Footnote_161" href="#FNanchor_161"><span class="label">[161]</span></a> Ehrle, <i>loc. cit.</i>, p. 97.</p>
+
+<p><a name="Footnote_162" id="Footnote_162" href="#FNanchor_162"><span class="label">[162]</span></a> Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1077. Jean de la Graille, maréchal de
+Languedoc, à la tête des milices royales occupa les biens et domaines
+de Geoffroy qui fut déclaré coupable de félonie.&mdash;Cf.
+Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 316.</p>
+
+<p><a name="Footnote_163" id="Footnote_163" href="#FNanchor_163"><span class="label">[163]</span></a> De Coston, <i>Hist. de Montélimar</i>, I, pp. 496, 499.</p>
+
+<p><a name="Footnote_164" id="Footnote_164" href="#FNanchor_164"><span class="label">[164]</span></a> Ce seigneur est officiellement nommé dans la bulle d'excommunication.
+Mais il dut se retirer avant le siège de Livron et
+abandonner la cause de Geoffroy, puisque Charles VII affirme qu'il
+n'avait pas quitté la Touraine. Les archives d'Indre-et-Loire ne
+contiennent aucun renseignement sur ce personnage (communication
+de M. de Grandmaison, archiviste d'Indre-et-Loire).</p>
+
+<p><a name="Footnote_165" id="Footnote_165" href="#FNanchor_165"><span class="label">[165]</span></a> Chambaud, <i>Rec.</i>, mss., I, fol. 442.</p>
+
+<p><a name="Footnote_166" id="Footnote_166" href="#FNanchor_166"><span class="label">[166]</span></a> Arch. municip., Origin., B. 36, n<sup>o</sup> 37, Cott. N. N.</p>
+
+<p><a name="Footnote_167" id="Footnote_167" href="#FNanchor_167"><span class="label">[167]</span></a> On remarque que Jehan de Champerons n'est pas mentionné
+et qu'il y en a plusieurs que Giberti (<i>Hist. mss. de Pernes</i>, fol. 729)
+ne nomme pas.</p>
+
+<p><a name="Footnote_168" id="Footnote_168" href="#FNanchor_168"><span class="label">[168]</span></a> Chambaud, <i>Recueil sur Avignon</i>, mss., t. I, fol. 442.&mdash;Cf.
+Giberti, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 315, et mss. de Carpentras,
+fol. 723.</p>
+
+<p><a name="Footnote_169" id="Footnote_169" href="#FNanchor_169"><span class="label">[169]</span></a> Cottier, <i>Notice sur les Recteurs</i>, p. 120.&mdash;Cf. Cambis-Velleron,
+<i>Annal.</i>, mss., IV, 32, 34.&mdash;Chambaud, <i>Rec.</i>, mss., vol. I, fol. 163.&mdash;Giberti,
+<i>Hist. de Pernes</i>, mss. de Carpentras, 721, 722.</p>
+
+<p><a name="Footnote_170" id="Footnote_170" href="#FNanchor_170"><span class="label">[170]</span></a> Le texte de la bulle a été publié par Ehrle, <i>loc. cit.</i>, pp. 99-100.</p>
+
+<p><a name="Footnote_171" id="Footnote_171" href="#FNanchor_171"><span class="label">[171]</span></a> <i>Cartulaire de Montélimar</i>, p. 265.&mdash;Cf. de Coston, <i>loc. cit.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_172" id="Footnote_172" href="#FNanchor_172"><span class="label">[172]</span></a> Arch. de Valence, C. C., 27, 1426.</p>
+
+<p><a name="Footnote_173" id="Footnote_173" href="#FNanchor_173"><span class="label">[173]</span></a> L'acte fut souscrit par la ville le 25 juin 1427. Arch. municip.,
+Compte de la ville, de septembre 1428, de 1320 écus d'or pour
+solde de la somme ci-dessus.</p>
+
+<p><a name="Footnote_174" id="Footnote_174" href="#FNanchor_174"><span class="label">[174]</span></a> Arch. municip., B. 36, n<sup>o</sup> 1, Cott. A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_175" id="Footnote_175" href="#FNanchor_175"><span class="label">[175]</span></a> <i>Id.</i>, B. 37.</p>
+
+<p><a name="Footnote_176" id="Footnote_176" href="#FNanchor_176"><span class="label">[176]</span></a> <i>Id.</i>, B. 34, février 1427.</p>
+
+<p><a name="Footnote_177" id="Footnote_177" href="#FNanchor_177"><span class="label">[177]</span></a> Acte passé à Lyon par maître Cordard, notaire apostolique
+impérial et royal, le 31 janvier 1428. Arch. municip., B. 34.&mdash;Cf.
+Chambaud, <i>Rec. des Chartes</i>, mss., I, fol. 40.&mdash;<i>Recueil Massillian</i>,
+mss., XXI, fol. 359, 361.&mdash;Gauffridi, <i>Hist. de Provence</i>, I, VII,
+p. 294.&mdash;Giberti, <i>Hist. de Pernes</i>, fol. 327, 328.</p>
+
+<p><a name="Footnote_178" id="Footnote_178" href="#FNanchor_178"><span class="label">[178]</span></a> De Coston, <i>Hist. de Montélimar</i>, I, 496, 499.</p>
+
+<p><a name="Footnote_179" id="Footnote_179" href="#FNanchor_179"><span class="label">[179]</span></a> Arch. municip., B. 36, n<sup>o</sup> 2, Cott. B.</p>
+
+<p><a name="Footnote_180" id="Footnote_180" href="#FNanchor_180"><span class="label">[180]</span></a> Donné en nostre chastel de Lezignen, le 5<sup>e</sup> de novembre 1428.
+Orig.&mdash;Arch. municip., B. 36.</p>
+
+<p><a name="Footnote_181" id="Footnote_181" href="#FNanchor_181"><span class="label">[181]</span></a> Le Maréchal n'avait eu d'Antoinette de Turenne qu'un fils qui
+fut tué à la bataille d'Azincourt (1415).</p>
+
+<p><a name="Footnote_182" id="Footnote_182" href="#FNanchor_182"><span class="label">[182]</span></a> Arch. de Tours. Communication de M. de Grammaison, archiviste
+d'Indre-et-Loire.&mdash;Cf. de la Chesnaye des Bois, Diction.
+XIII, p. 590, le fait mourir en 1429.&mdash;L'abbé Chevalier fait à tort
+mourir Geoffroy en 1407. <i>Répert. des sources historiq.</i>, p. 339.</p>
+
+<p><a name="Footnote_183" id="Footnote_183" href="#FNanchor_183"><span class="label">[183]</span></a> Voy. chap. iv, pp. 96-97.</p>
+
+<p><a name="Footnote_184" id="Footnote_184" href="#FNanchor_184"><span class="label">[184]</span></a> Bref de Martin V, juin 1430. Arch. municip., origin., B.&mdash;Cf.
+Quicherat, <i>Rodrigue de Villandrando</i>, 139 et suiv.&mdash;Dom Vaissette,
+IX<sup>2</sup>, p. 1107.</p>
+
+<p><a name="Footnote_185" id="Footnote_185" href="#FNanchor_185"><span class="label">[185]</span></a> Dareste, <i>Hist. de France</i>, III, p. 136.&mdash;M<sup>gr</sup> Héfelé, <i>Hist. des
+Conc.</i>, XI, pp. 185, 187.</p>
+
+<p><a name="Footnote_186" id="Footnote_186" href="#FNanchor_186"><span class="label">[186]</span></a> C'est le véritable nom. Il était d'une noble famille de Venise et
+neveu de Grégoire XII qui l'avait fait cardinal.&mdash;Pastor, <i>loc. cit.</i>,
+I, p. 293, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_187" id="Footnote_187" href="#FNanchor_187"><span class="label">[187]</span></a> Chambaud, <i>Rec. mss. sur Avignon</i>, I, fol. 166.</p>
+
+<p><a name="Footnote_188" id="Footnote_188" href="#FNanchor_188"><span class="label">[188]</span></a> In futuro bononiensi Concilio cui Deo propicio interesse et præsidere
+desideramus de tranquillitate et bono statu Civitatis nostræ
+Avenionensis et illarum partium opportune providebimus. Arch.
+municip., B. IV.</p>
+
+<p><a name="Footnote_189" id="Footnote_189" href="#FNanchor_189"><span class="label">[189]</span></a> Bref du 6 janvier 1431. Arch. municip., B. 36, n<sup>o</sup> 8.</p>
+
+<p><a name="Footnote_190" id="Footnote_190" href="#FNanchor_190"><span class="label">[190]</span></a> Reynard Lespinasse, <i>Armorial de l'État d'Avignon</i>, p. 145.&mdash;Dom
+Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1115.</p>
+
+<p><a name="Footnote_191" id="Footnote_191" href="#FNanchor_191"><span class="label">[191]</span></a> Arch. municip., B. 4, n<sup>o</sup> 24, origin., donné à Selles le dernier
+jour de mars 1432.</p>
+
+<p><a name="Footnote_192" id="Footnote_192" href="#FNanchor_192"><span class="label">[192]</span></a> Bref de mars 1432.&mdash;Arch. municip., B. IV. «Cum ejus (Cardinalis
+Sancti Eustachii) consilio propter gravia imminencia negocia
+plurimum indigeamus.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_193" id="Footnote_193" href="#FNanchor_193"><span class="label">[193]</span></a> <i>Armorial d'Avignon</i>, p. 63.&mdash;Cf. Cottier, Not. sur les Recteurs.</p>
+
+<p><a name="Footnote_194" id="Footnote_194" href="#FNanchor_194"><span class="label">[194]</span></a> <i>Reg. des États</i>, arch. départ., G. 13, fol. 134.&mdash;Cf. <i>Amplissima
+collectio</i>, VIII, 649.</p>
+
+<p><a name="Footnote_195" id="Footnote_195" href="#FNanchor_195"><span class="label">[195]</span></a> Quicherat, <i>Rodrigue de Villandrando</i>, pp. 94, 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_196" id="Footnote_196" href="#FNanchor_196"><span class="label">[196]</span></a> Sa lettre du dernier jour de mars 1432 aux syndics d'Avignon le
+montre clairement.</p>
+
+<p><a name="Footnote_197" id="Footnote_197" href="#FNanchor_197"><span class="label">[197]</span></a> Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, fol. 429, 430 (Copie).</p>
+
+<p><a name="Footnote_198" id="Footnote_198" href="#FNanchor_198"><span class="label">[198]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VIII, p. 649.&mdash;Cf. Fantoni, I. p. 315.&mdash;<i>Recueil
+Massilian</i>, XXII, fol. 57, v<sup>o</sup>.&mdash;Dom Vaissette, IX. p. 1115.&mdash;Cottier,
+<i>loc. cit.</i>, p. 124.</p>
+
+<p><a name="Footnote_199" id="Footnote_199" href="#FNanchor_199"><span class="label">[199]</span></a> Vast, <i>Le cardinal Bessarion</i>, p. 46.&mdash;Cf. Cottier, <i>loc. cit.</i>,
+p. 124.</p>
+
+<p><a name="Footnote_200" id="Footnote_200" href="#FNanchor_200"><span class="label">[200]</span></a> 25 août 1432. <i>Amplissima collectio</i>, VIII, p. 163.&mdash;Massillian,
+<i>Collect. Chart.</i>, XXI, fol. 368.</p>
+
+<p><a name="Footnote_201" id="Footnote_201" href="#FNanchor_201"><span class="label">[201]</span></a> Le P. Albi, <i>Éloges des Cardinaux français et étrangers</i>. Paris,
+1664, pp. 81 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_202" id="Footnote_202" href="#FNanchor_202"><span class="label">[202]</span></a> Pastor, <i>loc. cit.</i>, I, p. 282.</p>
+
+<p><a name="Footnote_203" id="Footnote_203" href="#FNanchor_203"><span class="label">[203]</span></a> Pierre de Foix, né en 1386 ou 1387, était fils de Gaston de Foix et
+d'Éléonore de Navarre, qui fut depuis reine de Navarre, succédant à
+son père Jean d'Aragon. Créé cardinal par Benoît XIII, en 1409, à
+l'âge de vingt-deux ans, il fut successivement évêque de Lescar, de
+Comminges, d'Albano, administrateur de l'archevêché de Bordeaux
+et de l'évêché de Dax, archevêque d'Arles et abbé de Montmajour.
+Abandonnant le parti de Benoît XIII, il assista au concile
+de Constance où il se fit remarquer comme orateur, prit part à
+l'élection de Martin V (1417) qui le légitima comme <i>cardinal</i> en 1419
+ou 1418. Il fut envoyé, en 1425, en Espagne par Martin V, auprès
+d'Alphonse d'Aragon et fit preuve d'une grande finesse diplomatique.
+Ce fut encore lui qui, par ses voyages en Espagne, en 1426
+et 1428, après la mort de Benoît XIII, obtint que le pseudo-pape
+Clément VIII (Gilles Nunoz) se démît (26 juillet 1429). Le succès
+de cette ambassade prépara la fin du schisme (Pastor, <i>loc. cit.</i>, I,
+p. 282). Attaché comme cardinal auprès de Martin V, il occupait à
+Rome une des situations les plus en vue dans le Sacré-Collège,
+lorsque Eugène IV le nomma légat d'Avignon (16 août 1432). Installé
+dans son siège par la force des armes (juin 1433), Pierre de
+Foix administra avec la plus grande sagesse les États du Saint-Siège
+et sut même, dans les circonstances les plus difficiles, concilier
+les intérêts de l'Église avec ceux des rois de France. On ne
+l'appelait que «le bon légat». A l'inverse des autres, il résida
+pendant toute sa carrière à Avignon et embellit la ville de plusieurs
+monuments. Savant distingué, il avait réuni une magnifique
+collection d'ouvrages, dont beaucoup provenaient de la bibliothèque
+de Benoît XIII. Sa biographie est une des pages les plus intéressantes
+de l'histoire du pays et se rattache à tous les événements
+qui mettent en relations les rois de France avec les États du Saint-Siège,
+de 1432 à 1464. Estimé et apprécié des papes, qui l'avaient
+maintenu à Avignon, tenu en grande affection par Charles VII et
+par Louis XI, le cardinal de Foix mourut à Avignon, après une
+assez longue maladie, le 13 décembre 1464.</p>
+
+<p>Voy. le P. Henry Alby, <i>Éloge des Cardinaux</i>, pp. 81 et suiv.&mdash;<i>Chronique
+de Saint-Denis</i>, VI, p. 175.&mdash;<i>Gallia christiana</i>, I,
+pp. 1163, 1164.&mdash;<i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 21, not. 1.&mdash;Pastor,
+<i>Hist. de la Papauté</i>, I, p. 282.&mdash;Delisle, <i>Cabinet des Manuscrits</i>,
+1868, I, pp. 494, 497.&mdash;Tamizey de Laroque, <i>Note tirée de la correspondance
+de Peiresc</i>, p. 182.&mdash;Collection des Documents
+inédits.</p>
+
+<p><a name="Footnote_204" id="Footnote_204" href="#FNanchor_204"><span class="label">[204]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VIII, pp. 163, 164, note (a).</p>
+
+<p><a name="Footnote_205" id="Footnote_205" href="#FNanchor_205"><span class="label">[205]</span></a> Quicherat, <i>Rodrigue de Villandrando</i>, p. 95.&mdash;Cf. Arch.
+municip., Acte du 6 mai 1433 «Cum ipse dominus Cardinalis ad
+eamdem sanctam synodum gressus suos direxisset et Reverendissimum
+Philippum Archiepiscopum Auxitanensem locumtenentem
+et gubernatorem constituisset et deputasset». Ce ne peut
+être qu'en décembre ou janvier 1433 que Carillo se rendit à Bâle,
+puisque Jean de Poitiers convoque en son nom les États du Venaissin
+le 2 décembre 1432. <i>Reg. des États</i>, G. 12, fol. 7.</p>
+
+<p><a name="Footnote_206" id="Footnote_206" href="#FNanchor_206"><span class="label">[206]</span></a> Quicherat, <i>loc. cit.</i>, pièces justificat., XIII, pp. 226 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_207" id="Footnote_207" href="#FNanchor_207"><span class="label">[207]</span></a> Invent. des Arch. nation., <i>Maison de Bourbon</i>, t. II, p. 275.</p>
+
+<p><a name="Footnote_208" id="Footnote_208" href="#FNanchor_208"><span class="label">[208]</span></a> Quicherat, <i>loc. cit.</i>, p. 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_209" id="Footnote_209" href="#FNanchor_209"><span class="label">[209]</span></a> 26 mai 1433. D'après Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1115, not. 1.&mdash;Cf.
+Quicherat, <i>loc. cit.</i>, pp. 94, 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_210" id="Footnote_210" href="#FNanchor_210"><span class="label">[210]</span></a> <i>Testament du cardinal de Foix</i>.&mdash;Chambaud, <i>Recueil des
+Chartes</i>, mss., I, fol. 47.</p>
+
+<p><a name="Footnote_211" id="Footnote_211" href="#FNanchor_211"><span class="label">[211]</span></a> Quicherat, <i>loc. cit.</i>, p. 97.&mdash;Cf. Raynald, <i>Annal. ecclés.</i>, t. IX,
+p. 134, et <i>Carton des Rois</i>, p. 450, n<sup>o</sup> 2073.</p>
+
+<p><a name="Footnote_212" id="Footnote_212" href="#FNanchor_212"><span class="label">[212]</span></a> <i>Reg. des Etats</i>, G. 12, fol. 16-18.</p>
+
+<p><a name="Footnote_213" id="Footnote_213" href="#FNanchor_213"><span class="label">[213]</span></a> <i>Ibid.</i>, G. 12, fol. 19.</p>
+
+<p><a name="Footnote_214" id="Footnote_214" href="#FNanchor_214"><span class="label">[214]</span></a> Arch. municip., 13 avril 1433. Lettre inédite des consuls d'Avignon
+au comte de Foix (Minute).</p>
+
+<p><a name="Footnote_215" id="Footnote_215" href="#FNanchor_215"><span class="label">[215]</span></a> 12 mai 1433. <i>Amplissima collectio</i>, VIII, 592, 593.</p>
+
+<p><a name="Footnote_216" id="Footnote_216" href="#FNanchor_216"><span class="label">[216]</span></a> Arch. municip. de Malaucène, <i>Reg. des délibérat. du Conseil</i>,
+fol. 72, v<sup>o</sup>.&mdash;12 mai 1433. <i>Amplissima collectio</i>, VIII, 594.</p>
+
+<p><a name="Footnote_217" id="Footnote_217" href="#FNanchor_217"><span class="label">[217]</span></a> <i>Reg. des délibérat. des États</i>, G. 12, fol. 11.</p>
+
+<p><a name="Footnote_218" id="Footnote_218" href="#FNanchor_218"><span class="label">[218]</span></a> <i>Amplissima collectio</i>, VIII, 594.</p>
+
+<p><a name="Footnote_219" id="Footnote_219" href="#FNanchor_219"><span class="label">[219]</span></a> Fils de Jean de Grailly, captal de Buch.&mdash;Cf. Dom Vaissette,
+IX<sup>2</sup>, p. 1114.</p>
+
+<p><a name="Footnote_220" id="Footnote_220" href="#FNanchor_220"><span class="label">[220]</span></a>..... et appropinquans civitatem Avenionis per terram et per
+aquam obsidionem apponi fecerit personaliter ibi existens cum
+multitudine hominum copiosâ. Arch. municip., acte du 6 mai 1433.</p>
+
+<p><a name="Footnote_221" id="Footnote_221" href="#FNanchor_221"><span class="label">[221]</span></a> Quicherat, <i>Rodrigue de Villandrando</i>, p. 98, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_222" id="Footnote_222" href="#FNanchor_222"><span class="label">[222]</span></a> Quicherat, <i>op. cit.</i>, p. 99.</p>
+
+<p><a name="Footnote_223" id="Footnote_223" href="#FNanchor_223"><span class="label">[223]</span></a> Ce qui inclinerait à le faire croire ce sont les demandes fréquentes
+de grosses sommes d'argent que le cardinal de Foix ne
+cessa d'adresser aux États pour payer les frais de la guerre. <i>Reg.
+des États.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_224" id="Footnote_224" href="#FNanchor_224"><span class="label">[224]</span></a> Dom Vaissette, IX<sup>2</sup>, p. 1115.</p>
+
+<p><a name="Footnote_225" id="Footnote_225" href="#FNanchor_225"><span class="label">[225]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, III, p. 475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_226" id="Footnote_226" href="#FNanchor_226"><span class="label">[226]</span></a> Héfelé, <i>loc. cit.</i>, XI, p. 363.</p>
+
+<p><a name="Footnote_227" id="Footnote_227" href="#FNanchor_227"><span class="label">[227]</span></a> De Beaucourt, III, p. 339.</p>
+
+<p><a name="Footnote_228" id="Footnote_228" href="#FNanchor_228"><span class="label">[228]</span></a> De Beaucourt, III, p. 339.</p>
+
+<p><a name="Footnote_229" id="Footnote_229" href="#FNanchor_229"><span class="label">[229]</span></a> <i>Id.</i>, III, p. 340.</p>
+
+<p><a name="Footnote_230" id="Footnote_230" href="#FNanchor_230"><span class="label">[230]</span></a> Héfelé, <i>loc. cit.</i>, XI, pp. 358, 359.</p>
+
+<p><a name="Footnote_231" id="Footnote_231" href="#FNanchor_231"><span class="label">[231]</span></a> Arch. municip., B. 34, n<sup>o</sup> 29, Cott. E.E.&mdash;Arch. municip., B.
+34, n<sup>o</sup> 37. Cott. C.C.</p>
+
+<p><a name="Footnote_232" id="Footnote_232" href="#FNanchor_232"><span class="label">[232]</span></a> Lettre royale du 5 mai 1437; De Beaucourt, III, p. 475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_233" id="Footnote_233" href="#FNanchor_233"><span class="label">[233]</span></a> Héfelé, <i>loc. cit.</i>, XI, p. 362.</p>
+
+<p><a name="Footnote_234" id="Footnote_234" href="#FNanchor_234"><span class="label">[234]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, III, p. 34.</p>
+
+<p><a name="Footnote_235" id="Footnote_235" href="#FNanchor_235"><span class="label">[235]</span></a> Héfelé, XI, pp. 367, 379, 381.</p>
+
+<p><a name="Footnote_236" id="Footnote_236" href="#FNanchor_236"><span class="label">[236]</span></a> <i>Id.</i>, XI, pp. 367, 381.</p>
+
+<p><a name="Footnote_237" id="Footnote_237" href="#FNanchor_237"><span class="label">[237]</span></a> <i>Rec. des Ordonn.</i>, XIII, pp. 255, 256.</p>
+
+<p><a name="Footnote_238" id="Footnote_238" href="#FNanchor_238"><span class="label">[238]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, III, p. 343.</p>
+
+<p><a name="Footnote_239" id="Footnote_239" href="#FNanchor_239"><span class="label">[239]</span></a> Charles VII était venu mettre le siège devant Montereau le
+21 septembre 1437.&mdash;Cf. de Beaucourt, III, p. 49.</p>
+
+<p><a name="Footnote_240" id="Footnote_240" href="#FNanchor_240"><span class="label">[240]</span></a> Donné au siège de Montereau ou Fault-Yonne le dernier jour de
+septembre 1437. Orig., Arch. municip., B. 38, n<sup>o</sup> 96.</p>
+
+<p><a name="Footnote_241" id="Footnote_241" href="#FNanchor_241"><span class="label">[241]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, III, p. 343. Cette doctrine, déjà proclamée
+par le concile en 1433, avait fait d'énormes progrès dans
+l'opinion.&mdash;Cf. de Beaucourt, III, p. 333; Héfelé, XI, 274, 276.</p>
+
+<p><a name="Footnote_242" id="Footnote_242" href="#FNanchor_242"><span class="label">[242]</span></a> La cité d'Avignon avait donné 300 écus pour amener les Grecs
+à Bâle. Cette somme fut confiée à Louis de la Palud, cardinal de
+Varambon, qui ne la restitua qu'en 1455 après d'innombrables
+réclamations. Arch. municip., Origin., B. 34.</p>
+
+<p><a name="Footnote_243" id="Footnote_243" href="#FNanchor_243"><span class="label">[243]</span></a> Lettre inédite de Michel de Valperge aux consuls d'Avignon,
+datée de Thonon le 24 septembre 1459. Arch. municip., série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_244" id="Footnote_244" href="#FNanchor_244"><span class="label">[244]</span></a> Lettre du 24 septembre 1459. Arch. municip., Origin., série
+A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_245" id="Footnote_245" href="#FNanchor_245"><span class="label">[245]</span></a> De Beaucourt, <i>loc. cit.</i>, III, p. 378.</p>
+
+<p><a name="Footnote_246" id="Footnote_246" href="#FNanchor_246"><span class="label">[246]</span></a> Héfelé, <i>loc. cit.</i>, XI, 533.&mdash;De Beaucourt, III, p. 383.</p>
+
+<p><a name="Footnote_247" id="Footnote_247" href="#FNanchor_247"><span class="label">[247]</span></a> V. Duclos, <i>Preuves</i>, p. 20.&mdash;Legeay, <i>Histoire de Louis XI</i>, II,
+p. 444.&mdash;Prudhomme, <i>Hist. de Grenoble</i>, p. 255.</p>
+
+<p><a name="Footnote_248" id="Footnote_248" href="#FNanchor_248"><span class="label">[248]</span></a> Charavay et Vaesen, <i>Lett. de Louis XI</i>, préface, LXV.</p>
+
+<p><a name="Footnote_249" id="Footnote_249" href="#FNanchor_249"><span class="label">[249]</span></a> Vallet de Viriville, <i>Histoire de Charles VII</i>, III, p. 37.</p>
+
+<p><a name="Footnote_250" id="Footnote_250" href="#FNanchor_250"><span class="label">[250]</span></a> Pastor, <i>Hist. des Papes</i>, trad. franç., I, p. 341.&mdash;M<sup>gr</sup> Héfelé,
+<i>Hist. des Conciles</i>, VII, p. 809.</p>
+
+<p><a name="Footnote_251" id="Footnote_251" href="#FNanchor_251"><span class="label">[251]</span></a> Vaesen, <i>Rev. des quest. histor.</i>, XXX, pp. 561, 568.&mdash;Pastor,
+<i>Hist. des Papes</i>, I, p. 340, not. 3.</p>
+
+<p><a name="Footnote_252" id="Footnote_252" href="#FNanchor_252"><span class="label">[252]</span></a> Chambaud, <i>Recueil mss. sur Avignon</i>, I, fol. 169.</p>
+
+<p><a name="Footnote_253" id="Footnote_253" href="#FNanchor_253"><span class="label">[253]</span></a> <i>Hist. de Charles VII</i>, III, pp. 37, 38.&mdash;Raynaldi, <i>Annales ecclés.</i>,
+t. XXVIII, p. 426.&mdash;Lenfant, <i>Hist. du concile de Bâle</i>, II, pp. 101
+et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_254" id="Footnote_254" href="#FNanchor_254"><span class="label">[254]</span></a> Vallet de Viriville, <i>loc. cit.</i>, III, p. 226.&mdash;Charavay et Vaesen,
+<i>Lettres de Louis XI</i>, I, p. 208, pièc. justificat.&mdash;D'après l'abbé
+Chevalier, ce titre aurait été conféré le 25 août 1444.&mdash;Voy. <i>Cartul.
+de Montélimar</i>, p. 290, n. 1, et <i>Cartul. de Saint-Paul-trois-Châteaux</i>,
+f. (l x j)&mdash;Legay, <i>Hist. de Louis XI</i>, II, p. 444.&mdash;Arch.
+vatic., Reg. 368, fol. 44, 45.</p>
+
+<p><a name="Footnote_255" id="Footnote_255" href="#FNanchor_255"><span class="label">[255]</span></a> Vallet de Viriville, <i>loc. cit.</i>, III, p. 37.&mdash;Voy. Pilot, <i>Catalogue
+des actes du dauphin Louis II, devenu le roi Louis XI, relatifs à
+l'administration du Dauphiné, 1437-1483</i>. 2 vol. avec supplément,
+I, n<sup>o</sup> 140.</p>
+
+<p><a name="Footnote_256" id="Footnote_256" href="#FNanchor_256"><span class="label">[256]</span></a> Pour cette tentative sur Avignon, voir Chambaud, <i>Recueil
+mss. sur Avignon</i>, I, fol. 382, 383, et <i>Hist. mss. sur Avignon</i>, fol.
+134;&mdash;Denis Hale, notaire, fol. 138;&mdash;Laurens, <i>Hist. mss. d'Avignon</i>,
+fol. 296.</p>
+
+<p><a name="Footnote_257" id="Footnote_257" href="#FNanchor_257"><span class="label">[257]</span></a> Bref du 5 des kalendes de février 1445; Arch. municip., Origin.&mdash;Voir
+Fantoni, <i>Hist. d'Avignon</i>, p. 333.&mdash;Pièces justific. n<sup>os</sup> I et II.</p>
+
+<p><a name="Footnote_258" id="Footnote_258" href="#FNanchor_258"><span class="label">[258]</span></a> Vallet de Viriville, <i>loc. cit.</i>, III, p. 226.</p>
+
+<p><a name="Footnote_259" id="Footnote_259" href="#FNanchor_259"><span class="label">[259]</span></a> Arch. secrèt. vatic., Reg. 411.</p>
+
+<p><a name="Footnote_260" id="Footnote_260" href="#FNanchor_260"><span class="label">[260]</span></a> Vallet de Viriville, <i>L. cit.</i>, III, p. 226.</p>
+
+<p><a name="Footnote_261" id="Footnote_261" href="#FNanchor_261"><span class="label">[261]</span></a> Arch. départ., <i>Reg. des délibér. des États</i>, G. 14, fol. 77.&mdash;Louis
+Dauphin était pendant ce temps à Ensisheim où il soignait
+une blessure au genou qu'il avait reçue au siège de Dambach, le
+7 octobre 1444. Il passe les mois de novembre et décembre 1444 à
+Montbéliard.&mdash;<i>Lettres de Louis XI</i>, I, 19, not. 1.&mdash;Tuetey, <i>Les
+Écorcheurs sous Charles VII</i>, t. I, pp. 286, 196.</p>
+
+<p><a name="Footnote_262" id="Footnote_262" href="#FNanchor_262"><span class="label">[262]</span></a> <i>Registre des délibérat. des États</i>, G. 14, fol. 80.</p>
+
+<p><a name="Footnote_263" id="Footnote_263" href="#FNanchor_263"><span class="label">[263]</span></a> Le nom de ce personnage est sans doute mal orthographié
+dans le texte du registre qui est du reste d'une écriture difficile.
+Il s'agit ici de <i>Thomas</i>, écuyer ou scuyer, originaire d'Écosse, écuyer
+ordinaire du Dauphin, qui l'avait amené à sa suite quand il vint
+prendre le gouvernement du Dauphiné.&mdash;Voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, I,
+p. 50.&mdash;Peut-être est-ce en récompense de cette mission que le
+Dauphin, par lettre d'Ensisheim, du 21 octobre 1444, l'investit à
+perpétuité de la châtellenie de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.</p>
+
+<p><a name="Footnote_264" id="Footnote_264" href="#FNanchor_264"><span class="label">[264]</span></a> «Iterum etiam dixit et eisdem tribus statibus exposuit quod
+eosdem fecerat principaliter coram evocare quûm credat ipsos
+non ignorare ymo quasi manifestius esse quod aliqui dicentes
+quod dominus papa Eugenius dedit et contulit regimen et gubernacionem
+presentis comitatûs Venayssini et civitatis Avenionensis
+illustrissimo principi domino Dalphino Viennensi domini
+Francorum Regis filio. Et tamen verum est quod prefatus dictus
+Cardinalis viderat quamdam cedulam papiream, manu dicti camerarii
+domini nostri pape subscriptam, continen<i>tem</i> certa capitula
+et pacta et quemdam scutiferum vocatum <i>Optamanum</i> (?) pro presenti
+dicto domino Dalphino supra et quod specialiter continebatur
+in dicta cedula qualiter dominus noster Papa dabat præfato
+domino Dalphino gubernacionem regimen et administracionem
+dicte patrie Venayssine et Civitatis Avenionensis. Quare prefatus
+dictus Cardinalis fuit intencionis premissa notificari facere
+dicte patrie. Idcirco eisdem tribus statibus memoratus dominus
+Regens premissa notificavit, dicens primitûs et protestans prefatus
+dictus Regens quod non est intentionis dicendi aliqua que
+forent in prejudicio et displacentia prefati domini nostri Pape et
+etiam memorati dicti Dalphini qui si dixerit voluit habere et non
+dicta de quo solemniter fuit protestans.» <i>Reg. des délibérat. des
+États</i>, G. 14, fol. 80.</p>
+
+<p><a name="Footnote_265" id="Footnote_265" href="#FNanchor_265"><span class="label">[265]</span></a> Arch. départ., <i>Reg. des délibérat. des États</i>, G. 14, fol. 80.</p>
+
+<p><a name="Footnote_266" id="Footnote_266" href="#FNanchor_266"><span class="label">[266]</span></a> Arch. départ, <i>Reg. des délibérat.</i>, G, 10, fol. 85.</p>
+
+<p><a name="Footnote_267" id="Footnote_267" href="#FNanchor_267"><span class="label">[267]</span></a> Voy. aux pièces justificat. n<sup>o</sup> III.&mdash;<i>Reg. des délibérat.</i>, G. 14,
+fol. 96 (copie).</p>
+
+<p><a name="Footnote_268" id="Footnote_268" href="#FNanchor_268"><span class="label">[268]</span></a> Voy. aux pièces justificat. n<sup>o</sup> IV.&mdash;<i>Reg. des délibérat.</i>, G. 14,
+fol. 96 (copie). Les originaux des deux brefs ont été brûlés dans
+l'incendie qui détruisit les <i>Archives des États</i> à Carpentras, en 1713.
+Nous donnons les copies d'après les <i>Registres des délibérations
+des États</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_269" id="Footnote_269" href="#FNanchor_269"><span class="label">[269]</span></a> Arch. d'Avignon, B. I. Cott. N, 15. Ces deux brefs originaux,
+qui figurent à l'inventaire <i>Pinta</i>, sont en déficit dans la boîte I;
+on les suppose égarés.</p>
+
+<p><a name="Footnote_270" id="Footnote_270" href="#FNanchor_270"><span class="label">[270]</span></a> Le 5 décembre 1445, Louis fait défense aux habitants du Dauphiné
+de reconnaître pour pape Amédée de Savoie, qui se faisait
+appeler Félix V. Voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, I, p. 65.</p>
+
+<p><a name="Footnote_271" id="Footnote_271" href="#FNanchor_271"><span class="label">[271]</span></a> De Beaucourt, <i>Rev. des questions histor.</i>, vol. XVII, p. 94.</p>
+
+<p><a name="Footnote_272" id="Footnote_272" href="#FNanchor_272"><span class="label">[272]</span></a> Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, I, p. 375.&mdash;Bibl.
+nat., <i>Cartul. du Dauphiné</i>, par Fontanieu.&mdash;Cf. de Beaucourt, IV,
+p. 230 (la première cession date de novembre 1444).&mdash;Voy. Pilot,
+<i>Catalog.</i>, I, n<sup>os</sup> 169 et 937.</p>
+
+<p><a name="Footnote_273" id="Footnote_273" href="#FNanchor_273"><span class="label">[273]</span></a> <i>Statuts de la Conté Venayssin</i>, p. 108.&mdash;Montélimar, comme
+Romans, la baronnie de Saint-Auban et environ quatre-vingts autres
+places, étaient comprises dans ce qu'on appelait les «terres adjacentes»,
+pour lesquelles Louis rendit hommage au pape en 1456.</p>
+
+<p><a name="Footnote_274" id="Footnote_274" href="#FNanchor_274"><span class="label">[274]</span></a> De Coston, <i>Hist. de Montélimar</i>, II, p. 11.&mdash;De Nancy du
+17 avril 1445. Voy. pour Arrighi, Pilot, <i>Catalog.</i>, I, p. 57, not. 5.</p>
+
+<p><a name="Footnote_275" id="Footnote_275" href="#FNanchor_275"><span class="label">[275]</span></a> De Coston, <i>L. cit.</i>, pp. 11 et 15.&mdash;Cf. Chevalier, <i>Cart. de
+Montélimar</i>, c. XIX, p. 279.</p>
+
+<p><a name="Footnote_276" id="Footnote_276" href="#FNanchor_276"><span class="label">[276]</span></a> Charavay et Vaesen, <i>L. cit.</i>, t. I, p. 213.</p>
+
+<p><a name="Footnote_277" id="Footnote_277" href="#FNanchor_277"><span class="label">[277]</span></a> Gibert, <i>Hist. mss. de Pernes</i>, I, fol. 316, v<sup>o</sup>. Le 13 des kalendes
+de juin 1446, le pape Nicolas V confirma le paiement de cette
+somme.&mdash;Arch. vatic., <i>Reg. de Nicolas V</i>, 385, fol. 3.</p>
+
+<p><a name="Footnote_278" id="Footnote_278" href="#FNanchor_278"><span class="label">[278]</span></a> Chorier, <i>Hist. du Dauphiné</i>, p. 439.&mdash;Le 14 octobre 1447. Voy.
+Chevalier, <i>Cartul. de Montélimar</i>, p. 289.</p>
+
+<p><a name="Footnote_279" id="Footnote_279" href="#FNanchor_279"><span class="label">[279]</span></a> L'abbé Chevalier, <i>L. cit.</i>, p. 283.&mdash;Cf. Arch. de l'Isère, B. 295,
+fol. VI, **X.&mdash;Legeay, <i>Hist. de Louis XI</i>, I, p. 158.&mdash;De Coston,
+<i>L. cit.</i>, II, p. 15.</p>
+
+<p><a name="Footnote_280" id="Footnote_280" href="#FNanchor_280"><span class="label">[280]</span></a> Fornéry, <i>Hist. mss. ecclés.</i>, fol. 437, v<sup>o</sup> (Instructions de 1461).&mdash;Voy.
+Pilot, <i>Catalog.</i>, I. p 153, n<sup>o</sup> 451. Origin. Arch. de l'Isère,
+B. 2990, fol. 497.&mdash;Le dauphin n'en restait pas moins astreint,
+vis-à-vis du Souverain Pontife ou de son légat, à l'hommage pour
+la ville de Montélimar.&mdash;Voy. la prestation d'hommage, au nom
+du dauphin, par Charles de Grolée, le 2 juin 1455.&mdash;Pilot,
+<i>Catalog.</i>, 1159.</p>
+
+<p><a name="Footnote_281" id="Footnote_281" href="#FNanchor_281"><span class="label">[281]</span></a> Chambaud, <i>Rec. sur Avignon</i>, mss., Ann., 1447.</p>
+
+<p><a name="Footnote_282" id="Footnote_282" href="#FNanchor_282"><span class="label">[282]</span></a> Arch. municip. de Carpentras, Origin., B.B. 66, fol. 35.</p>
+
+<p><a name="Footnote_283" id="Footnote_283" href="#FNanchor_283"><span class="label">[283]</span></a> Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, mss. d'Avignon, fol. 410; mss. de Carpentras,
+fol. 762.</p>
+
+<p><a name="Footnote_284" id="Footnote_284" href="#FNanchor_284"><span class="label">[284]</span></a> Arch. municip. de Valréas, copie inédite recueillie par Achard.</p>
+
+<p><a name="Footnote_285" id="Footnote_285" href="#FNanchor_285"><span class="label">[285]</span></a> Il était chambellan du dauphin en 1448, <i>Lettres de Louis XI</i>,
+p. 220.</p>
+
+<p><a name="Footnote_286" id="Footnote_286" href="#FNanchor_286"><span class="label">[286]</span></a> Arch. municip., <i>Reg. somm. des délibérat. des États</i>, fol. 261.</p>
+
+<p><a name="Footnote_287" id="Footnote_287" href="#FNanchor_287"><span class="label">[287]</span></a> <i>Id.</i>, fol. 135.</p>
+
+<p><a name="Footnote_288" id="Footnote_288" href="#FNanchor_288"><span class="label">[288]</span></a> Arch. municip., de Carpentras, B.B. 70, fol. 63.&mdash;Voy. aux
+pièc. justificat, n<sup>o</sup> VI. Anthoine d'Alauzon figure dans la maison
+du dauphin en 1452. <i>Lettres de Louis XI</i>, I, p. 229.&mdash;Pour Antoine
+d'Alauzon, voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, I, p. 291, not. 2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_289" id="Footnote_289" href="#FNanchor_289"><span class="label">[289]</span></a> «Et ibidem prefati Domini ambaxiatores exposuerunt eorum
+creanciam super facto <i>Buccicaudorum</i> et nihil fuit conclusum.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_290" id="Footnote_290" href="#FNanchor_290"><span class="label">[290]</span></a> Le sire d'Estissac était premier chambellan du dauphin en
+1452. De Beaucourt, V, p. 173, not. 3.&mdash;Voy. pour d'Estissac,
+Pilot, <i>Catalog., Actes du dauphin Louis</i>, I, n<sup>o</sup> 542, pp. 191-192.</p>
+
+<p><a name="Footnote_291" id="Footnote_291" href="#FNanchor_291"><span class="label">[291]</span></a> Prudhomme, <i>Hist. de Grenoble</i>, p. 263.&mdash;Pour les villes et
+autres lieux à raison desquels le dauphin devait hommage au
+pape, voy. la prestation d'hommage de Romien de Morimont,
+écuyer et procureur du dauphin, au pape Calixte III (1<sup>er</sup> juin 1456).&mdash;Pilot,
+<i>Catalog.</i>, 1239 <i>bis</i>, p. 502, et Arch. vatican. Ex., 20, 23.
+<i>Pie II</i>, fol. 66. Arm. 35.&mdash;Voy. aux pièces justificat., n<sup>o</sup> XII <i>bis</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_292" id="Footnote_292" href="#FNanchor_292"><span class="label">[292]</span></a> Instructions après la mort de Calixte III.&mdash;Voy. Fornéry, <i>Hist.
+ecclés.</i>, mss., fol. 437 et fol. 453-470.&mdash;Cf. <i>Pretentiones Papæ super
+Venaissino contra Regem Franciæ dalphinum</i>, Lambert, III,
+p. 477.</p>
+
+<p><a name="Footnote_293" id="Footnote_293" href="#FNanchor_293"><span class="label">[293]</span></a> Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., c. IX, fol. 317 et v<sup>o</sup>.&mdash;<i>Somm.
+des délibérat. des États</i>, fol. 135.</p>
+
+<p><a name="Footnote_294" id="Footnote_294" href="#FNanchor_294"><span class="label">[294]</span></a> La seigneurie de Pierrelatte fut donnée en 1452, par Louis, à
+Gabriel de Bernes; elle passa plus tard entre les mains de Charles
+<i>Astars</i>, secrétaire de Louis XI, après la confiscation des biens de
+Gabriel de Bernes. <i>Lett. de Louis XI</i>, I, p. 362.&mdash;Louis échangea
+la seigneurie de Chabrillan contre la portion de la terre de Pierrelatte
+que possédait Etienne Morelon (6 mai 1450). Voy. Pilot,
+<i>Catalog.</i>, I, n<sup>o</sup> 756, p. 273, et n<sup>os</sup> 58, 759, 760.</p>
+
+<p><a name="Footnote_295" id="Footnote_295" href="#FNanchor_295"><span class="label">[295]</span></a> Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, mss., fol. 437.&mdash;Nous avons trouvé cette
+mention au sujet du péage de <i>la Palud</i>. «Cum autem nobis innotuit
+unum antiquum podagium de <i>La Palu</i> vulgariter nuncupatum
+prope ripam superiorem fluminis Rodani in dicto comitatu existens
+et ad ipsam Cameram pertinens quod per arrentatores longe
+tempore fuerat extinctum.» Le pape le rétablit.&mdash;Arch. vatic.,
+<i>Reg. de Sixte IV</i>, 656, fol. 76.</p>
+
+<p><a name="Footnote_296" id="Footnote_296" href="#FNanchor_296"><span class="label">[296]</span></a> Arch. d'Avignon. <i>Dossier des Ambassades</i>, minute, série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_297" id="Footnote_297" href="#FNanchor_297"><span class="label">[297]</span></a> Arch. municip., <i>Dossier des Ambassades</i>, minute, série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_298" id="Footnote_298" href="#FNanchor_298"><span class="label">[298]</span></a> De Beaucourt, <i>Hist. de Charles VII</i>, V, p. 141.</p>
+
+<p><a name="Footnote_299" id="Footnote_299" href="#FNanchor_299"><span class="label">[299]</span></a> <i>Id.</i>, V, p. 141.</p>
+
+<p><a name="Footnote_300" id="Footnote_300" href="#FNanchor_300"><span class="label">[300]</span></a> Le manuscrit n<sup>o</sup> 15537, ancien résidu de Saint-Germain (143,
+fol. 61), qui renfermait les plaintes portées contre le dauphin, ayant
+disparu depuis quelques années de la Bibliothèque nationale, il
+faut recourir aux archives locales où l'on en trouve un résumé que
+nous donnons plus loin. Voy. arch. municip., série A.A.&mdash;Voy. de
+Beaucourt, V, p. 141, note 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_301" id="Footnote_301" href="#FNanchor_301"><span class="label">[301]</span></a> Arch. municip., <i>Dossier des Ambassades</i>, série A.A. (copie).</p>
+
+<p><a name="Footnote_302" id="Footnote_302" href="#FNanchor_302"><span class="label">[302]</span></a> Arch. municip., Origin. inéd., série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_303" id="Footnote_303" href="#FNanchor_303"><span class="label">[303]</span></a> Escrit en Avignon le premier jour d'avril 1451.&mdash;Arch. municip.,
+<i>Dossier des Ambassades</i>, série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_304" id="Footnote_304" href="#FNanchor_304"><span class="label">[304]</span></a> Voy. chap. v, pp. 128 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_305" id="Footnote_305" href="#FNanchor_305"><span class="label">[305]</span></a> Allemand de Pazzis était un réfugié florentin qui occupa avec
+distinction plusieurs charges municipales à Avignon. Il est consul
+en 1461.&mdash;Voy. chap. <span class="smcap">VIII</span>, p. 203.</p>
+
+<p><a name="Footnote_306" id="Footnote_306" href="#FNanchor_306"><span class="label">[306]</span></a> Entraigues, aujourd'hui commune du canton de Monteux, à
+quelques kilomètres de Sorgues, et station de la voie ferrée de
+Sorgues à Carpentras.</p>
+
+<p><a name="Footnote_307" id="Footnote_307" href="#FNanchor_307"><span class="label">[307]</span></a> Le récit de cette attaque à main armée, sinon ordonnée, du
+moins favorisée par le dauphin, se trouve dans les instructions
+remises par le cardinal de Foix et la ville à Louis <i>Astouaud</i>, envoyé
+en ambassade auprès de Charles VII, roi de France (en 1453),
+à propos de la saisie des biens de Jacques C&oelig;ur. Nous n'en reproduisons
+pas le texte donné par le <i>Bulletin de l'Académie de Vaucluse</i>,
+1887, pp. 105 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_308" id="Footnote_308" href="#FNanchor_308"><span class="label">[308]</span></a> <i>Esau</i> serait le château d'<i>Ezahut</i>, vieux donjon près Dieulefit
+(Drôme).</p>
+
+<p><a name="Footnote_309" id="Footnote_309" href="#FNanchor_309"><span class="label">[309]</span></a> «Item post præmissa suæ explicabit Serenitati qualiter, anno
+proxime preterito et de mense junii quidam nominatus Petrus
+Trohyons, olim thesaurarius Regis Renati cum quibusdam aliis
+suis complicibus et armigeris ac archeriis et servitoribus Illustrissimi
+Principis domini Delphini, ejus filii, ac si essent hostes
+et inimici capitales domini nostri Papæ et Ecclesiæ Romanæ
+armati armis offensivis et de jure prohibitis nullâ causâ saltem
+legitimâ et ad hoc ipsos impellente intrarunt in Comitatum
+Venaissini violenterque et proditorie se de nocte intruserunt
+intra quoddam castrum dictum infra dictum comitatum vulgo
+nuncupatum castrum de <i>Interaquis</i>.» (Origin., Arch. municip.,
+série A.A.)</p>
+
+<p><a name="Footnote_310" id="Footnote_310" href="#FNanchor_310"><span class="label">[310]</span></a> Instructions du cardinal à Louis d'Astaud.&mdash;Arch. municip.,
+<i>Bull. de l'Acad. de Vaucluse</i>, 1887, pp. 106, 107.&mdash;Gibert, <i>Hist. de
+Pernes</i>, mss., fol. 307, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_311" id="Footnote_311" href="#FNanchor_311"><span class="label">[311]</span></a> <i>Reg. somm. des délibérat. des États</i>, fol. 473 et 521, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_312" id="Footnote_312" href="#FNanchor_312"><span class="label">[312]</span></a> Il est difficile de préciser la date de cette expédition. Mais le
+31 mai 1452, le Conseil décide d'envoyer une députation au dauphin
+pour protester contre l'arrestation de quelques marchands d'Avignon.
+«Item ulterius suæ explicabit Celsitudini qualiter post premissa
+sicut ut premittitur, predictum Trohyonem et suos adherentes
+fore facta quidam capitaneus, quondam capitaneus de
+Mirandolio in patria Delphinatus, insequendo vestigia dicti
+Trohyonis de facto captitavit duos mercatores et alios duos
+mercatores cives et habitatores Avinionis cum equis peccuniis
+et aliis bonis et jocalibus quos post modo abire promisit, retentis
+tamen dictis equis, peccuniis et bonis.» (Orig., Arch. municip.,
+A.A., <i>Dossier des Ambassades</i>.)</p>
+
+<p><a name="Footnote_313" id="Footnote_313" href="#FNanchor_313"><span class="label">[313]</span></a> Instructions données par la ville à Louis Astouaud, Arch.
+municip. (Cf. <i>Bull. de l'Acad. de Vaucluse</i>, p. 108).&mdash;«Item explicabit
+suæ Serenitati qualiter occasione præmissorum Reverendissimus
+Dominus cardinalis et Legatus et Civitas etiam ista per
+suos ambassiatores omnia et singula prenominata eidem domino
+Delphino et suo majori Consilio exponi fecerunt ac instantissime
+requisiverunt quod dominus Delphinus et suum Consilium delphinale
+quatenus de celeri remedio in premissis providerent
+taliter quod dictis prisoneriis cum bonorum ablatorum integro
+a dictis carceribus libere abire juberent et dictos invasores pena
+debita castigarent quod tamen ab ipsis minime obtinere potuerunt.»
+(Orig., Arch. de Vaucluse, A.A., <i>Dossier des Ambassades</i>.)</p>
+
+<p><a name="Footnote_314" id="Footnote_314" href="#FNanchor_314"><span class="label">[314]</span></a> «Item ulterius suæ Serenitati exponet qualiter officiales delphinales
+recusant tollere quamdam marcham quam super contra
+subditos papales laxaverunt inciviliter eo quod officiales papales
+ad ipsorum requisitionem voluerunt eo quod non potuerunt
+eisdem remittere quamdam causam vertentem in curia episcopali
+Avinionis et quemdam Jeronimum de Pelissano mercatorem
+de Avinione clericum solutum qui supradicta causa reum...»
+(Orig., Arch. municip., <i>Dossier des Ambassades</i>, A.A.)</p>
+
+<p>«Instructiones traditæ ex parte dominorum scindicorum et Consilii
+Civitatis Avinionis domino Ludovico Astoaudi legum egregio
+doctori ambassiatori, destinato, ad serenissimum principem
+dominum Francorum Regem, continentes ea quæ erunt eidem
+domino Regi ex parte civitatis ipsius per ipsum dominum Ludovicum
+explicanda.» (Orig., Arch. municip., 1453).</p>
+
+<p><a name="Footnote_315" id="Footnote_315" href="#FNanchor_315"><span class="label">[315]</span></a> Orig. inédit., <i>Arch. d'Avignon</i>, B. 76, n<sup>o</sup> 59.</p>
+
+<p><a name="Footnote_316" id="Footnote_316" href="#FNanchor_316"><span class="label">[316]</span></a> Le 7 décembre 1451. Charles VII était à Auzances. Voy. de
+Beaucourt, <i>Liv. cit.</i>, V, p. 160.</p>
+
+<p><a name="Footnote_317" id="Footnote_317" href="#FNanchor_317"><span class="label">[317]</span></a> Voy. de Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, pp. 107, 108 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_318" id="Footnote_318" href="#FNanchor_318"><span class="label">[318]</span></a> <i>Bulletin du Comité des travaux historiques</i>, an. 1886, n<sup>os</sup> 1-2,
+et <i>Mémoire de l'Acad. de Vaucluse</i>, 1887, p. 89.</p>
+
+<p><a name="Footnote_319" id="Footnote_319" href="#FNanchor_319"><span class="label">[319]</span></a> De Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, p. 108.</p>
+
+<p><a name="Footnote_320" id="Footnote_320" href="#FNanchor_320"><span class="label">[320]</span></a> Voy. <i>Acad. de Vaucluse</i>, 1887, p. 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_321" id="Footnote_321" href="#FNanchor_321"><span class="label">[321]</span></a> Orig. inédit, Arch. municip., B. 32, n<sup>o</sup> 40, coll. Q.Q.&mdash;Aux
+Montilz-les-Tours, 15 mars 1452.&mdash;Charles VII était aux Montilz-les-Tours
+au mois de mars 1452. Voy. <i>Pièces fugitives du marquis
+d'Aubais</i>, p. 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_322" id="Footnote_322" href="#FNanchor_322"><span class="label">[322]</span></a> Voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, I, p. 34, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_323" id="Footnote_323" href="#FNanchor_323"><span class="label">[323]</span></a> De Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, pp. 173, 174.&mdash;Voy. <i>Lettres de
+Louis XI</i>, I, pp. 360, 363.&mdash;Pour Gabriel de Bernès, voy. Pilot,
+<i>Catalog. des actes du dauphin Louis II</i>, I. p. 2.&mdash;et <i>id.</i>, pp. 25,
+49, etc.... Pour Jean de Jambes, seigneur de Montsoreau, voy.
+Pilot, <i>Catalog.</i>, n<sup>o</sup> 979 et p. 377, not. 4.</p>
+
+<p><a name="Footnote_324" id="Footnote_324" href="#FNanchor_324"><span class="label">[324]</span></a> Champollion-Figeac, <i>Collection des Documents inédits</i>, II,
+pp. 192, 193.</p>
+
+<p><a name="Footnote_325" id="Footnote_325" href="#FNanchor_325"><span class="label">[325]</span></a> De Beaucourt, V, pp. 176 et suiv.&mdash;Vallet de Viriville, <i>L.
+cit.</i>, III, p. 226.</p>
+
+<p><a name="Footnote_326" id="Footnote_326" href="#FNanchor_326"><span class="label">[326]</span></a> De Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, p. 182.</p>
+
+<p><a name="Footnote_327" id="Footnote_327" href="#FNanchor_327"><span class="label">[327]</span></a> Pour Guillaume d'Estouteville, voy. Anselme, VIII, p. 91.&mdash;De
+Beaucourt, V, pp. 191, 192;&mdash;Pastor, II, p. 7;&mdash;Pilot, <i>Catalog.</i>,
+I, p. 342, n<sup>o</sup> 898 <i>bis.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_328" id="Footnote_328" href="#FNanchor_328"><span class="label">[328]</span></a> Mathieu d'Escouchy, <i>Édit. de Beaucourt</i>, I, p. 441.</p>
+
+<p><a name="Footnote_329" id="Footnote_329" href="#FNanchor_329"><span class="label">[329]</span></a> <i>Documents inédits</i>, Champollion-Figeac, II, pp. 189, 190.</p>
+
+<p><a name="Footnote_330" id="Footnote_330" href="#FNanchor_330"><span class="label">[330]</span></a> De Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, p. 183.</p>
+
+<p><a name="Footnote_331" id="Footnote_331" href="#FNanchor_331"><span class="label">[331]</span></a> Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, I, p. 240.</p>
+
+<p><a name="Footnote_332" id="Footnote_332" href="#FNanchor_332"><span class="label">[332]</span></a> Lettre du cardinal d'Estouteville à Charles VII, 22 novembre
+1452. <i>Lettres de Louis XI</i>, I, pp. 241, 242.</p>
+
+<p><a name="Footnote_333" id="Footnote_333" href="#FNanchor_333"><span class="label">[333]</span></a> <i>Lettres de Louis XI</i>, I, p. 35.&mdash;Voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, n<sup>o</sup> 995.
+Accord conclu entre le dauphin et le cardinal de Foix, représenté
+par le cardinal d'Estouteville et l'évêque de Conserans, au sujet des
+difficultés qui s'étaient élevées entre les officiers delphinaux et
+ceux du pape, à Avignon.&mdash;Romans, novembre 1452.</p>
+
+<p><a name="Footnote_334" id="Footnote_334" href="#FNanchor_334"><span class="label">[334]</span></a> Arch. de la ville d'Avignon, Origin., B. 19, Cott. V, 20.</p>
+
+<p><a name="Footnote_335" id="Footnote_335" href="#FNanchor_335"><span class="label">[335]</span></a> Pour le château de Bridoré, voy. Imbert de Batarnay, <i>Appendice</i>,
+pp. 389 et suiv. Ce château, situé en Touraine, fut vendu en
+1475 à Du Bouchage par Jean Boucicaut. Voy. Anselme, VI, p. 753,
+et Imbert de Batarnay, p. 81.</p>
+
+<p><a name="Footnote_336" id="Footnote_336" href="#FNanchor_336"><span class="label">[336]</span></a> Arch. de Valréas, copie.&mdash;Biblioth. d'Avignon.&mdash;Papiers
+Achard.</p>
+
+<p><a name="Footnote_337" id="Footnote_337" href="#FNanchor_337"><span class="label">[337]</span></a> Gibert, <i>Hist. de Pernes</i>, mss., fol. 307, v<sup>o</sup>.&mdash;Arch. de Pernes,
+Laurent Michel, notaire.</p>
+
+<p><a name="Footnote_338" id="Footnote_338" href="#FNanchor_338"><span class="label">[338]</span></a> Arch. de Pernes.&mdash;Chart. origin. signée de Jacques Girardi
+et Pierre Lamberti, notaires.</p>
+
+<p><a name="Footnote_339" id="Footnote_339" href="#FNanchor_339"><span class="label">[339]</span></a> Bref du pape Paul II, du 2 octobre 1466.&mdash;Arch. municip.,
+B. 36, n<sup>o</sup> 6, Cott. G.</p>
+
+<p><a name="Footnote_340" id="Footnote_340" href="#FNanchor_340"><span class="label">[340]</span></a> Pour tout ce qui a trait à l'histoire des Boucicaut dans ce pays,
+voy. Lambert, <i>Catalog. des Mss. de Peiresc</i>, t. II, p. 472.</p>
+
+<p><a name="Footnote_341" id="Footnote_341" href="#FNanchor_341"><span class="label">[341]</span></a> <i>Mém. de l'Académie de Vaucluse</i>, t. VI, ann. 1887.</p>
+
+<p><a name="Footnote_342" id="Footnote_342" href="#FNanchor_342"><span class="label">[342]</span></a> Arch. municip., B. (Lettres de marques et de représailles).</p>
+
+<p><a name="Footnote_343" id="Footnote_343" href="#FNanchor_343"><span class="label">[343]</span></a> Arch. municip., série A.A.&mdash;Voy. aux Pièces justificat.,
+n<sup>o</sup> XII.</p>
+
+<p><a name="Footnote_344" id="Footnote_344" href="#FNanchor_344"><span class="label">[344]</span></a> La même lettre est écrite aux habitants de Lyon.&mdash;Cf. de
+Beaucourt, <i>L. cit.</i>, V, p. 276, et not. 3, V, Pièces justificat., not. <span class="smcap">XVI</span>,
+p. 463.</p>
+
+<p><a name="Footnote_345" id="Footnote_345" href="#FNanchor_345"><span class="label">[345]</span></a> Arch. municip., Orig., B. 36, n<sup>o</sup> 27, Cott. C.C.</p>
+
+<p><a name="Footnote_346" id="Footnote_346" href="#FNanchor_346"><span class="label">[346]</span></a> De Beaucourt, voy. pp. 272 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_347" id="Footnote_347" href="#FNanchor_347"><span class="label">[347]</span></a> De Beaucourt, VI, p. 378. Charles VII avait résidé à Saint-Priest
+en Dauphiné de décembre 1456 à mai 1457. <i>Lettres de
+Louis XI</i>, p. 281.</p>
+
+<p><a name="Footnote_348" id="Footnote_348" href="#FNanchor_348"><span class="label">[348]</span></a> Lettre du 4 juillet 1459, de Angelo de Amelia à Sforza. Angelo
+de Amelia avait été nommé recteur du Venaissin par bref de
+Paul II, le 28 novembre 1457.</p>
+
+<p><a name="Footnote_349" id="Footnote_349" href="#FNanchor_349"><span class="label">[349]</span></a> Origin., daté de Thonon, 23 septembre 1459, Arch. municip.,
+série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_350" id="Footnote_350" href="#FNanchor_350"><span class="label">[350]</span></a> Origin., Arch. municip., B. 37, n<sup>o</sup> 72, Cot. 2.2.2.</p>
+
+<p><a name="Footnote_351" id="Footnote_351" href="#FNanchor_351"><span class="label">[351]</span></a> Gênes avait reconnu l'autorité de Jean de Calabre (juin 1456).
+Ce dernier était entré dans la ville le 11 mai 1458.</p>
+
+<p><a name="Footnote_352" id="Footnote_352" href="#FNanchor_352"><span class="label">[352]</span></a> De Beaucourt, <i>L. cit.</i>, pp. 247-248.&mdash;Pour Pierre de Campo-Fregoso,
+voy. de Beaucourt, V, p. 294, not. 1, et p. 302. Cf. Charavay,
+<i>Arch. des Miss.</i>, VII, p. 470.</p>
+
+<p><a name="Footnote_353" id="Footnote_353" href="#FNanchor_353"><span class="label">[353]</span></a> Donné à Bourges le 13 décembre 1460 (?).&mdash;Arch. municip.,
+B. 37.</p>
+
+<p><a name="Footnote_354" id="Footnote_354" href="#FNanchor_354"><span class="label">[354]</span></a> Arch. des Bouches-du-Rhône.&mdash;Cour des Comptes de Provence,
+B. 680.&mdash;Cf. Lecoy de la Marche, <i>Le roi René</i>, I, p. 294;&mdash;de
+Beaucourt, VI, p. 349.</p>
+
+<p><a name="Footnote_355" id="Footnote_355" href="#FNanchor_355"><span class="label">[355]</span></a> 14 août 1461.&mdash;<i>Reg. des Conseils</i>, fol. 78.</p>
+
+<p><a name="Footnote_356" id="Footnote_356" href="#FNanchor_356"><span class="label">[356]</span></a> Louis XI passa à Paris le mois de septembre 1461 avant de se
+rendre à Tours. Voy. <i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 17, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_357" id="Footnote_357" href="#FNanchor_357"><span class="label">[357]</span></a> Jean de Lescun, bâtard d'Armagnac, fils d'Armand Guilhem
+de Lescun et d'Anna d'Armagnac (Thermes), fut attaché au dauphin
+dont il devint le confident et le conseiller intime, pendant son
+séjour en Dauphiné. Ce sont ses agissements qui contribuèrent
+surtout à irriter Charles VII contre son fils. Nommé gouverneur
+du Dauphiné par lettres du dauphin datées de Bruges, 24 janvier
+1458 (Voy. Duclos, <i>Preuves</i>, p. 160;&mdash;Charavay, <i>Lettres de Louis XI</i>,
+I, p. 100), il administra cette province de 1458 à 1472 d'une manière
+vraiment remarquable. C'est lui qui opéra la réforme municipale de
+Grenoble, réorganisa le Parlement de cette ville (1461), fonda le
+monastère de Sainte-Claire (1469). Il fut chargé par le roi de
+délivrer Yolande de Savoie, assiégée par ses deux beaux-frères
+dans le château d'Aspremont, 1471 (Voy. M. Legeay, II, p. 16, et
+Prudhomme, <i>Hist. de Grenoble</i>, pp. 273-278, Chorier, <i>Hist. du Dauphiné</i>,
+p. 473). Louis XI le nomma, dès son avènement, maréchal
+de France (3 août 1461) et lui donna le comté de Comminges en 1462.
+Voy. <i>Ordon. des Rois de France</i>, XV, 626. Il figure au bas d'une
+ordonnance de Louis XI, le 14 octobre 1463, avec le titre de «l'<i>Admiral</i>»
+(<i>Id.</i>, XVI, p. 91).</p>
+
+<p>Jean d'Armagnac mourut à la Côte-Saint-André le 9 juin 1473, et
+fut enterré dans l'église de Bourg-lès-Valence.</p>
+
+<p>On peut consulter pour la biographie de ce personnage qui a joué
+un rôle si important sous Louis XI, <i>Gallia Christiana</i>, I, p. 1000;&mdash;Anselme,
+<i>Hist. généalog. grands-off. de la Couronne</i>, VI, p. 94;&mdash;Charavay
+et Vaesen. <i>Depech. de Tomaso Tebaldi</i>, I, pp. 267 et
+suiv.;&mdash;de Beaucourt, <i>Hist. de Charles VII</i>, V, p. 142, not. 1;&mdash;Dom
+Vaissette, <i>Hist. du Languedoc</i>, <sup>{</sup>2}XI, pp. 50, 51.</p>
+
+<p>Voy. la biographie très complète résumée par Pilot, <i>Catalog.</i>;
+I, pp. 315-316, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_358" id="Footnote_358" href="#FNanchor_358"><span class="label">[358]</span></a> Lettre inédite de Malespine et de Pazzis au Conseil de la ville
+d'Avignon, du 25 septembre 1461, Arch. municip., série A.A. (Voy.
+aux pièces justificat.). L'original de cette lettre est au point de
+vue littéraire un précieux spécimen de l'idiome parlé à Avignon au
+cours du <span class="smcap">XV</span><sup>e</sup> siècle. L'influence du catalan y est prépondérante; on
+y trouve également des vocables et des tournures qui sont encore
+en usage dans le «patois local». Nous en donnons la traduction
+aux pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XIII</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_359" id="Footnote_359" href="#FNanchor_359"><span class="label">[359]</span></a> Jean Bureau était, en 1461, chambellan de Louis XI. Il avait
+fait sous Charles VII toute la campagne de Guyenne (1452-1453). Il
+mourut le 5 juillet 1463. Anselme, VII, p. 135.</p>
+
+<p><a name="Footnote_360" id="Footnote_360" href="#FNanchor_360"><span class="label">[360]</span></a> Monseigneur de Boucicaut. Il s'agit ici de Louis le Meingre,
+chambellan de Louis XI et fils de Geoffroy, le même qui figure
+dans l'acte de renonciation de 1468.</p>
+
+<p><a name="Footnote_361" id="Footnote_361" href="#FNanchor_361"><span class="label">[361]</span></a> Voy. pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XIII</span> (traduction).</p>
+
+<p><a name="Footnote_362" id="Footnote_362" href="#FNanchor_362"><span class="label">[362]</span></a> Cette lettre ne figure pas aux pièces justificatives, ayant été
+donnée par Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 21.
+Arch. municip., B. 33, n<sup>o</sup> 45.</p>
+
+<p><a name="Footnote_363" id="Footnote_363" href="#FNanchor_363"><span class="label">[363]</span></a> Chambaud, <i>Recueil sur Avignon</i>, mss., I, fol. 402, 403.</p>
+
+<p><a name="Footnote_364" id="Footnote_364" href="#FNanchor_364"><span class="label">[364]</span></a> Legeay, <i>Hist. de Louis XI</i>, I, p. 370.</p>
+
+<p><a name="Footnote_365" id="Footnote_365" href="#FNanchor_365"><span class="label">[365]</span></a> Dom Vaissette, <i>Hist. du Languedoc</i>, XI<sup>2</sup>, p. 47. Voy. <i>Bulletin
+historique et philologique</i>, année 1895, n<sup>os</sup> 1 et 2, pp. 392 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_366" id="Footnote_366" href="#FNanchor_366"><span class="label">[366]</span></a> Dom Vaissette, <i>Liv. cit.</i>, XI<sup>2</sup>, p. 55.&mdash;Voy. H. Sée, <i>op. cit.</i>,
+p. 292.</p>
+
+<p><a name="Footnote_367" id="Footnote_367" href="#FNanchor_367"><span class="label">[367]</span></a> Origin. inédit. Donné à Castalno de Médoc, le 21 janvier
+(1464). Louis XI était à Castelnau de Médoc le 19 janvier 1464.
+<i>Lettres de Louis XI</i>, II, not. 1. Arch. municip., série A.A.&mdash;Voy.
+pièc. justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XIV</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_368" id="Footnote_368" href="#FNanchor_368"><span class="label">[368]</span></a> Dom Vaissette, <i>Liv. cit.</i>, XI, p. 55. Le lieutenant du gouverneur
+écrit au roi en mars 1464 pour lui dire qu'il a obéi à ses ordres.</p>
+
+<p><a name="Footnote_369" id="Footnote_369" href="#FNanchor_369"><span class="label">[369]</span></a> Lettre de Jehan de Foix au Roy, Voy. Dom Vaissette, <i>Nouv.
+édit.</i>, XII, pp. 92, 93.</p>
+
+<p><a name="Footnote_370" id="Footnote_370" href="#FNanchor_370"><span class="label">[370]</span></a> Lettre inédite de Jean d'Armagnac aux consuls d'Avignon du
+22 décembre 1464. Orig. Arch. municip., B. 95, n<sup>o</sup> 73. Voir aux
+pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XVII</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_371" id="Footnote_371" href="#FNanchor_371"><span class="label">[371]</span></a> Pierre de Foix, dit le jeune, né à Pau en 1449, évêque de Vannes,
+élu le 17 mai 1475; cardinal de Saint-Sixte en 1476. Il mourut à
+Rome le 10 août 1490.</p>
+
+<p><a name="Footnote_372" id="Footnote_372" href="#FNanchor_372"><span class="label">[372]</span></a> Orig. inédit, Arch. municip., B. 77, n<sup>o</sup> 87, Cott. P.P.P.P. Voy.
+aux pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XVI</span>.&mdash;Pour Arnaud de Mombardon, voy.
+Anselme, II, p. 178.&mdash;Cf. Chambaud, mss., VII, fol. 17, et Massillan,
+mss., X, fol. 42, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_373" id="Footnote_373" href="#FNanchor_373"><span class="label">[373]</span></a> Mandat de 26 florins 6 gros pour vin et bois fournis au comte
+de Comminges, mareschal de France, à l'occasion de son passage
+et de celui du duc de Calabre: «hic adfuerunt de mense augusto
+proxime præterito», 17 barrals de vin blanc, 18 florins 14 gros,&mdash;13
+barrals de vin rouge, 8 florins 16 gros,&mdash;2 charretées de bois,
+3 florins, «pro domino duce Calabriæ et aliàs pro domino marescallo
+franciæ et pro jucundo adventu eorum».&mdash;<i>Reg. des Conseils</i>,
+III, fol. 128, <i>Comptes de la Ville</i>, Origin., C.C., Mandat du
+7 mai 1465.</p>
+
+<p><a name="Footnote_374" id="Footnote_374" href="#FNanchor_374"><span class="label">[374]</span></a> Jean de Serres, I, p. 769.</p>
+
+<p><a name="Footnote_375" id="Footnote_375" href="#FNanchor_375"><span class="label">[375]</span></a> <i>Regist. des délibérat.</i>, Arch. municip., 1464.</p>
+
+<p><a name="Footnote_376" id="Footnote_376" href="#FNanchor_376"><span class="label">[376]</span></a> Lettre de Jehan de Comminges aux consuls, pièces justificat.,
+n<sup>o</sup> <span class="smcap">XVII</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_377" id="Footnote_377" href="#FNanchor_377"><span class="label">[377]</span></a> Dans l'ouvrage qu'il a consacré à ce personnage, qui a joué
+sous Louis XI, Charles VII et Louis XII un rôle important comme
+diplomate, M. de Reilhac (I, pp. 183, 184) dit simplement: «C'est
+ici que se place une ambassade de Jean de Reillac à Rome et à
+Milan. Il reste absent pendant les sept mois qui s'écoulent du
+13 août 1464 au 13 mars suivant, époque où éclata la guerre du
+Bien public.» M. de Reilhac ignore le motif de ce voyage à
+Rome et pense que ce fut pour représenter Louis XI à l'installation
+du nouveau pape, le cardinal Barbo, vénitien qui avait succédé,
+sous le nom de Paul II, au pape Pie II, mort le 16 août 1464.&mdash;Jean
+de Reilhac, dont la femme avait soin du ménage du roi (voy.
+Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 56), fit ce voyage à
+Rome, comme tant d'autres, à ses propres frais, «et fraya moult
+sien, combien qu'il eust peu de bien du Roy». Arch. nat., X<sup>t</sup> a,
+8317, fol. 239. (Cf. de Reilhac, I, pp. 183, 184).&mdash;Voy. pour Jean de
+Reilhac, Pilot, <i>Catalog.</i>, 1439, p. 92 et not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_378" id="Footnote_378" href="#FNanchor_378"><span class="label">[378]</span></a> Jean de Lescun était fils d'Armand Guilhem de Lescun, seigneur
+de Sarraziet dans les Landes, et d'Anne d'Armagnac-Thermes.
+Il avait deux frères: 1<sup>o</sup> Garcias Arnaud de Lescun,
+seigneur de Sarraziet, et 2<sup>o</sup> Jean de Lescun, plus connu sous le nom
+de Bâtard d'Armagnac, comte de Comminges et gouverneur du
+Dauphiné. Cette filiation est absolument prouvée par les documents
+conservés aux Archives des Basses-Pyrénées, notamment
+par un acte du 18 janvier 1454, dans lequel figurent les trois
+frères.</p>
+
+<p>Jean de Lescun était protonotaire apostolique lorsqu'il fut élu
+archevêque d'Auch, en 1453, après la démission de Philippe de
+Lévis. Le comte d'Armagnac fit opposition à sa nomination et se
+prononça en faveur de Philippe II de Lévis, évêque de Mirepoix.
+Charles VII prit fait et cause pour ce dernier, et Jean de Lescun ne
+put jouir de sa dignité qu'après la mort du roi, en 1462. L'avènement
+de Louis XI à la couronne fut, pour l'archevêque d'Auch, le
+commencement de nouvelles faveurs. Son frère, le Bâtard d'Armagnac,
+venait d'être créé maréchal de France (3 août 1461) et richement
+doté de terres et de pensions. Il est donc assez naturel que
+la bienveillance du roi se reportât sur le frère de son favori. La
+vie de l'archevêque d'Auch n'offre rien de particulier à signaler, si
+ce n'est qu'il parvint à une extrême vieillesse, étant mort à l'âge de
+112 ans, en 1483. Il fut enseveli dans l'abbaye de Gimont, au diocèse
+d'Auch, où il décéda. Il est indifféremment désigné sous les
+noms de <i>Lescun</i>, <i>Lescun-Armagnac</i>, <i>Armagnac</i> et <i>Bâtard d'Armagnac</i>.
+Voy. à son sujet <i>Gallia Christiana</i>, I, p. 1000;&mdash;Dom Vaissette,
+IX, p. 31;&mdash;Charavay et Vaesen, II, p. 280, III, pp. 58, 78;&mdash;Mathieu
+d'Escouchy, II, p. 275, not. 3.&mdash;Anselme, <i>Hist. généalogique</i>,
+VII, p. 95.</p>
+
+<p><a name="Footnote_379" id="Footnote_379" href="#FNanchor_379"><span class="label">[379]</span></a> Voy. chap. v, p. 128.</p>
+
+<p><a name="Footnote_380" id="Footnote_380" href="#FNanchor_380"><span class="label">[380]</span></a> Voy. Chambaud, <i>Rec. des Chartes</i>, mss., I, fol. 49, et <i>Rec. d'Avignon</i>,
+I, p. 389, et Protocoles de Jacques Girard, notaire à Avignon,
+côté Q.Q., fol. 21 et 23.</p>
+
+<p><a name="Footnote_381" id="Footnote_381" href="#FNanchor_381"><span class="label">[381]</span></a> Il est constamment appelé Johannes Aquensis in Vasconiâ.
+Jean-Baptiste de Foix a été évêque de Dax de 1460 à 1471. A cette
+époque il fut transféré à l'évêché de Comminges où il mourut en
+1481. <i>Gallia Christiana</i>, édit. de 1870, t. I, 1055, 1104, 1105. Il était
+parent du cardinal de Foix, et il est naturel qu'à ce titre il ait été
+désigné par ce dernier comme un de ses exécuteurs testamentaires.&mdash;Jean
+de Foix eut pour successeur à l'évêché de Dax Pierre de
+Foix, le jeune, cardinal diacre (1471-1481). C'est sous l'épiscopat de
+Jean de Foix que Louis XI fit son entrée à Dax dont il confirma les
+privilèges.</p>
+
+<p><a name="Footnote_382" id="Footnote_382" href="#FNanchor_382"><span class="label">[382]</span></a> Voy. <i>Biographie du cardinal de Foix</i>, ch. v, pp. 141, 142.</p>
+
+<p><a name="Footnote_383" id="Footnote_383" href="#FNanchor_383"><span class="label">[383]</span></a> Dareste, <i>Hist. de France</i>, III, p. 213.</p>
+
+<p><a name="Footnote_384" id="Footnote_384" href="#FNanchor_384"><span class="label">[384]</span></a> C'est à tort qu'Anselme (voy. VII, p. 94) prétend que Jean
+d'Armagnac ne porta ces titres qu'après 1464, puisque nous les
+voyons figurer au bas de sa lettre.</p>
+
+<p><a name="Footnote_385" id="Footnote_385" href="#FNanchor_385"><span class="label">[385]</span></a> Ce magistrat avait une juridiction assez étendue. Nous le
+voyons trancher un différend entre les habitants de Gap et les officiers
+de l'évêque de cette ville. <i>Arch. des Bouches-du-Rhône</i>, B.
+1215, série B. Voy. pour ce magistrat, Pilot, <i>Catalog.</i>, n<sup>o</sup> 914 et
+<i>passim</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_386" id="Footnote_386" href="#FNanchor_386"><span class="label">[386]</span></a> Lettre de Jean de Comminges aux consuls, 22 décembre 1464.
+Voy. pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XVII</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_387" id="Footnote_387" href="#FNanchor_387"><span class="label">[387]</span></a> Lettre de Jean de Comminges aux consuls, 22 décembre 1464.
+Voy. pièces justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XVII</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_388" id="Footnote_388" href="#FNanchor_388"><span class="label">[388]</span></a> Lettres closes signées Louis et Delaloëre. Arch. municip., B. 4,
+cott. P-15, sans date.</p>
+
+<p><a name="Footnote_389" id="Footnote_389" href="#FNanchor_389"><span class="label">[389]</span></a> Arch. municip., série A.A., <i>Dossier des Ambassades</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_390" id="Footnote_390" href="#FNanchor_390"><span class="label">[390]</span></a> Instructions données à d'Ortigues, janvier 1465, série A.A.,
+<i>Dossier des Ambassades</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_391" id="Footnote_391" href="#FNanchor_391"><span class="label">[391]</span></a> Instructions données à d'Ortigues, <i>Dossier des Ambassades</i>,
+série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_392" id="Footnote_392" href="#FNanchor_392"><span class="label">[392]</span></a> Original inédit du 26 janvier 1465. Arch. municip., B. 4, A.A.,
+25.&mdash;Délibérat. du 3 octobre 1464, <i>Regist. des Conseils</i>, III, fol.
+132;&mdash;Délibérat. du 26 janvier 1465, <i>Regist. des Conseils</i>, III, fol.
+137. La ville décidait d'envoyer au roi Antoine <i>Symonis</i>, docteur
+en théologie de l'ordre des frères prêcheurs, ou le procureur des
+Célestins d'Avignon, avec ordre de se rendre auprès de Sa Majesté,
+et, après l'audience, d'aller à Rome pour rapporter à Sa
+Sainteté tout ce que le roi aurait dit (III, fol. 138). Le même
+ambassadeur était porteur d'une réponse de la ville au comte de
+Comminges.</p>
+
+<p><a name="Footnote_393" id="Footnote_393" href="#FNanchor_393"><span class="label">[393]</span></a> Mas Latrie, <i>Chronologie</i>, p. 1382.&mdash;Cf. Nouguier, <i>Hist. des
+Évêques d'Avignon</i>, pp. 178, 179, 180, donne la date 1438.</p>
+
+<p><a name="Footnote_394" id="Footnote_394" href="#FNanchor_394"><span class="label">[394]</span></a> Vast, <i>Le cardinal Bessarion</i>, p. 219.</p>
+
+<p><a name="Footnote_395" id="Footnote_395" href="#FNanchor_395"><span class="label">[395]</span></a> Voy. Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, t. I, p. 114.
+Louis dit de lui: «le cardinal d'Avignon qui en toutes choses et
+mesmement en ceste-cy se montre si fort nostre ennemy». Il
+assiste en 1456 à l'entrevue qui eut lieu entre le roi et les envoyés
+du dauphin, Gabriel de Bernes et le prieur des Célestins venant
+justifier le dauphin. Alain de Coëtivy représentait Charles VII.
+De Beaucourt, VI, p. 86.&mdash;Il mourut à Rome le 22 juillet 1474.</p>
+
+<p><a name="Footnote_396" id="Footnote_396" href="#FNanchor_396"><span class="label">[396]</span></a> Le bref est du 14 janvier 1465; il fut donc écrit le jour avant
+la seconde lettre de Louis XI aux consuls, mais il ne leur parvint
+que postérieurement, alors que d'Ortigues n'avait pas encore quitté
+Avignon. Quant à Antoine Symonis, en arrivant à Lyon, au retour
+de son ambassade à la Cour, il reçut l'ordre de suspendre son
+voyage à Rome et de rentrer à Avignon. <i>Reg. des Conseils</i>, III,
+fol. 138.</p>
+
+<p><a name="Footnote_397" id="Footnote_397" href="#FNanchor_397"><span class="label">[397]</span></a> Bref du 14 janvier 1465.&mdash;Arch. départ., B. 4.</p>
+
+<p><a name="Footnote_398" id="Footnote_398" href="#FNanchor_398"><span class="label">[398]</span></a> Instructions de la ville à d'Ortigues envoyé à Rome (1464),
+<i>Dossier des Ambassades</i>, série A.A. Délibérat. du Conseil du
+26 janvier 1465; <i>Reg. des délibérat.</i>, III, fol. 138.</p>
+
+<p><a name="Footnote_399" id="Footnote_399" href="#FNanchor_399"><span class="label">[399]</span></a> Dans un acte du 16 décembre 1465, l'évêque de Narni s'intitule:
+«<i>Rector Comitatus Venayssini et in Civitate Avenionensi pro
+eodem domino nostro Papâ gubernator ac generalis locum
+tenens</i>».&mdash;Cf. Chambaud, <i>Recueil mss. sur Avignon</i>, fol. 52;&mdash;Protocole
+de Girard, notaire d'Avignon, fol. 214.</p>
+
+<p><a name="Footnote_400" id="Footnote_400" href="#FNanchor_400"><span class="label">[400]</span></a> Bref du 17 février 1465.&mdash;Arch. départ., B. 4.</p>
+
+<p><a name="Footnote_401" id="Footnote_401" href="#FNanchor_401"><span class="label">[401]</span></a> Protocole de Jacques Girard, notaire à Avignon, côté Q.Q., fol.
+22, 23.</p>
+
+<p><a name="Footnote_402" id="Footnote_402" href="#FNanchor_402"><span class="label">[402]</span></a> Arch. municip., Délibérat. du Conseil du 4 mars 1465. fol. 141.</p>
+
+<p><a name="Footnote_403" id="Footnote_403" href="#FNanchor_403"><span class="label">[403]</span></a> Lettre origin. aux consuls, Arch. municip., série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_404" id="Footnote_404" href="#FNanchor_404"><span class="label">[404]</span></a> Constantin de Hérulis avait été nommé recteur du Comtat en
+1460 (<i>Cottier, Hist. des Recteurs</i>, p. 133). Quelques historiens, notamment
+Nouguier (<i>Hist. des Évêques d'Avignon</i>), font succéder
+directement le cardinal de Bourbon à Pierre de Foix. Il y a là une
+erreur grossière, démentie par les documents. On trouve, en effet,
+aux comptes de la ville, année 1466-1467 (Comptes de la ville, C.C.)
+un mandat de 500 florins à Constantin de Hérulis, vice-légat, pour
+ses étrennes de la Noël. Enfin, c'est le même personnage qui, de
+1464 à 1470, est chargé de régler les différends qui s'étaient produits
+entre les officiers du roi et les habitants d'Avignon à propos de
+la fraude du sel.&mdash;Voy. Arch. des Bouches-du-Rhône, <i>Reg. de la
+Cour des Comptes</i>, B. 1200.</p>
+
+<p><a name="Footnote_405" id="Footnote_405" href="#FNanchor_405"><span class="label">[405]</span></a> Paul II avait succédé à Pie II le 31 août 1464.</p>
+
+<p><a name="Footnote_406" id="Footnote_406" href="#FNanchor_406"><span class="label">[406]</span></a> <i>Documents inédits de l'Histoire de France</i>, publiés par Champollion-Figeac,
+II, p. 408.&mdash;L'auteur assigne cette date parce qu'il
+est dit dans l'art. 3 que le royaume de France fut en conflagration
+cette année-là (Ligue du bien public).&mdash;<i>Id.</i>, p. 406, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_407" id="Footnote_407" href="#FNanchor_407"><span class="label">[407]</span></a> <i>Documents inédits de l'Hist. de France</i>, Champollion-Figeac,
+II, p. 408.</p>
+
+<p><a name="Footnote_408" id="Footnote_408" href="#FNanchor_408"><span class="label">[408]</span></a> Lettre de Louis XI aux consuls, V. <i>Lettres de Louis XI</i>, III, 98,
+100.</p>
+
+<p><a name="Footnote_409" id="Footnote_409" href="#FNanchor_409"><span class="label">[409]</span></a> Cette lettre, tirée des Archives de Vaucluse, série A.A. commun,
+n<sup>o</sup> 130, a été donnée par Charavay et Vaesen, III, pp. 98, 100. Elle
+est datée de Mehun sur Loyre, le 10 octobre (1466?).</p>
+
+<p><a name="Footnote_410" id="Footnote_410" href="#FNanchor_410"><span class="label">[410]</span></a> Charles de Bourbon était né en 1435.&mdash;A peine âgé de 11 ans,
+il fut promu à l'archevêché de Lyon par le pape Eugène IV,
+et, en attendant l'âge canonique, il se contenta du titre de protonotaire
+apostolique (Fisquet, <i>La France pontificale, Métropole de
+Lyon</i>, p 366). Confirmé dans cette haute dignité ecclésiastique par
+Eugène IV, le 14 novembre 1446, il prit possession de son siège le
+26 mars 1447, par son vicaire Jean d'Amanzé, mais il ne commença
+à exercer son ministère qu'en 1466. (<i>Gallia Christiana</i>, IV, 177,
+179;&mdash;<i>Lettres de Louis XI</i>, III, p. 75). Il prit d'abord parti contre
+Louis XI dans la guerre de la ligue du <i>Bien public</i>, puis se réconcilia
+avec le roi. Sacré archevêque de Lyon en 1470 par l'archevêque
+de Bourges, Jean Cuer, fils de Jacques Cuer, il fut parrain
+du dauphin (le futur Charles VIII) et assista à l'entrevue de Pecquigny
+(Aubéry, <i>Vie des Cardinaux</i>, p. 468), (<i>Chronique scandaleuse
+de Jean de Troyes à l'an 1476</i>, p. 254).</p>
+
+<p>Charles de Bourbon fut nommé légat d'Avignon en septembre
+1470 (<i>Le Musée des arch. nation.</i>, p. 290, n<sup>o</sup> 508, donne par erreur
+1465). Promu évêque de Clermont, il prend possession de ce siège
+par procureur le 10 mars 1476, et est créé cardinal du titre de Saint-Martin
+des Montagnes, le 18 décembre 1476 (Aubéry, <i>id.</i>, p. 569;&mdash;Mas
+Latries, p. 1208), dans la même promotion que Pierre de Foix
+le jeune. Il mourut à Lyon le 17 décembre 1488 (<i>Gallia Christ.</i>,
+IV, p., 179, Fisquet, <i>id.</i>, <i>Métropole de Lyon</i>, p. 371). Quoi qu'en
+dise Louis XI, qui rappelle dans sa lettre «carissimo et amatissimo
+cosino» (<i>Lettres de Louis XI</i>, III, p. 112), Charles de Bourbon
+avait des m&oelig;urs peu édifiantes. Il laissa une fille naturelle.
+Louis XI l'avait donné à Édouard IV comme confesseur, après
+la paix de Pecquigny (1474) «comme celui qui l'absoudrait volontiers,
+sachant bien que le cardinal était bon compagnon» (Commynes,
+IV, chap. x).&mdash;Voy. pour Charles de Bourbon, Péricaud
+aîné, <i>Rev. du Lyonnais</i>, IX-X, 1855, p. 37.&mdash;Cf. <i>Hist. de la
+Maison de Bourbon</i>, par de La Mure, édit. Chantelauze, II, pp. 395
+et suiv.&mdash;Il est bon d'ajouter que ni de La Mure, ni Péricaud, ni
+Chantelauze n'ont connu le rôle du cardinal de Bourbon comme
+légat à Avignon.</p>
+
+<p><a name="Footnote_411" id="Footnote_411" href="#FNanchor_411"><span class="label">[411]</span></a> <i>Lettres de Louis XI</i>, III, pp. 98, 100.</p>
+
+<p><a name="Footnote_412" id="Footnote_412" href="#FNanchor_412"><span class="label">[412]</span></a> <i>Id.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_413" id="Footnote_413" href="#FNanchor_413"><span class="label">[413]</span></a> Biblioth. nat., mss. lat., 9071, fol. 35.</p>
+
+<p><a name="Footnote_414" id="Footnote_414" href="#FNanchor_414"><span class="label">[414]</span></a> Raynaldi, <i>Annales</i>, vol. XIX.&mdash;ann. 1466, 19 octobre, et Bibl.
+nat. mss. lat., 9071, fol. 35.</p>
+
+<p><a name="Footnote_415" id="Footnote_415" href="#FNanchor_415"><span class="label">[415]</span></a> <i>Lettres de Louis XI au duc de Milan</i>, Charavay et Vaesen, III,
+p. 243.</p>
+
+<p><a name="Footnote_416" id="Footnote_416" href="#FNanchor_416"><span class="label">[416]</span></a>Arch. municip., <i>Reg. des Conseils</i>, du 17 juin 1468, t. III,
+fol. 200. Bonne de Savoie était soeur de Charlotte, reine de France.
+Elle épousa, le 9 mai 1468, Galéas-Marie Sforza, fils de François
+Sforza. Le mariage fut béni par le cardinal La Balue et en présence de
+Charles de Bourbon. Voy. Duclos, <i>Hist. de Louis XI</i>, V;&mdash;Péricaud,
+<i>Rev. du Lyonnais</i>, IX, X, p. 369;&mdash;<i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 222,
+note.</p>
+
+<p><a name="Footnote_417" id="Footnote_417" href="#FNanchor_417"><span class="label">[417]</span></a> Escript en Avignon le pénultième jour de mars 1468.&mdash;Orig.,
+Biblioth. nat., ancien fonds franç., mss. n<sup>o</sup> 2896.</p>
+
+<p><a name="Footnote_418" id="Footnote_418" href="#FNanchor_418"><span class="label">[418]</span></a> Charavay et Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>, IV, p. 25. Falco de
+Sinnibaldi avait été envoyé comme légat en France, par une bulle
+du pape Paul II, datée des kalendes de juin 1470.&mdash;Arch. vatic.,
+<i>Reg. Cur.</i> 540 (Paul II). Au moment de l'arrivée du légat, Louis XI,
+gravement malade, faisait cadeau à Paul II d'un calice en or du
+poids de 24 livres, qui devait être placé à Saint-Jean-de-Latran et
+ne pouvait être aliéné (août 1470). <i>Reg. vatic. Cur.</i>, n<sup>o</sup> 540.</p>
+
+<p><a name="Footnote_419" id="Footnote_419" href="#FNanchor_419"><span class="label">[419]</span></a> Charavay, <i>Arch. des Miss. scientif. et littér.</i>, pp. 445 et suiv.,
+série III, vol. VII, année 1881.&mdash;«Ludovici Francorum regis juramentum
+quod Carolus ejus consanguineus et a Pontifice avinionensis
+legatus designatus justitiam administrabit et ad' S. S. bene placitum
+in ea legatione manebit.»&mdash;Arch. vatic., <i>26 septembre 1470</i>,
+et <i>Arm.</i> 35, 20, 4, p. 208, et 12 juin 1472, <i>Arm.</i> 35, 20, 8, pp. 416, 417.&mdash;«Litteræ
+Ludovici Francorum Regis cum ejus Sigillo cereo in
+quibus jurat se facturum quod Carolus Archiepiscopus Lugdunensis
+Civitatis Avinionensis et Comitatus Legatus a Paulo II
+constitutus fideliter legationem administraret illamque ad Pontificis
+requisitionem dimittat.» <i>Arm.</i>, II. Cap. <span class="smcap">III</span>.&mdash;Arch. du
+Château-Saint-Ange, <i>Indice chronologice</i> (394, 1539).</p>
+
+<p><a name="Footnote_420" id="Footnote_420" href="#FNanchor_420"><span class="label">[420]</span></a> <i>Collection Legrand</i>, XIV, fol. 228 et suiv.&mdash;Mss. Bibl. nat.&mdash;Cf.
+Vast, <i>Le cardinal Bessarion</i>, p. 408.&mdash;Vaesen, <i>Lettres de Louis XI</i>,
+V, p. 2, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_421" id="Footnote_421" href="#FNanchor_421"><span class="label">[421]</span></a> Copie d'après Fornéry, <i>Hist. ecclés.</i>, mss., <i>Preuves</i>, fol. 438.</p>
+
+<p><a name="Footnote_422" id="Footnote_422" href="#FNanchor_422"><span class="label">[422]</span></a> Fornéry, B. d'Avignon, mss. I, fol. 439 et v<sup>o</sup>, et Mss. de Carpentras,
+fol. 830.</p>
+
+<p><a name="Footnote_423" id="Footnote_423" href="#FNanchor_423"><span class="label">[423]</span></a> «Cum pallatio omnibusque juribus et pertinentes suis assignabo
+omnique tempore sub excommunicationis latæ sententiæ
+atque parjurii pænis si contra fecero.» Datum Lugduni die
+4 Mensis julii, Anni Domini 1472.&mdash;Cf. <i>Réponse aux Recherches
+historiques concernant les droits des Papes</i>, par Agricol Moreau,
+p. 129, n<sup>o</sup> X.</p>
+
+<p><a name="Footnote_424" id="Footnote_424" href="#FNanchor_424"><span class="label">[424]</span></a> Arch. municip., série A.A.&mdash;Lettre de Guillaume de Châlons
+aux consuls, 7 octobre 1470.</p>
+
+<p><a name="Footnote_425" id="Footnote_425" href="#FNanchor_425"><span class="label">[425]</span></a> Comptes de la Ville, 1473, 1474. Mandats n<sup>o</sup> 88 et n<sup>o</sup> 96, série
+C.C.</p>
+
+<p><a name="Footnote_426" id="Footnote_426" href="#FNanchor_426"><span class="label">[426]</span></a> Jean de Serres, <i>Liv. cit., passim</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_427" id="Footnote_427" href="#FNanchor_427"><span class="label">[427]</span></a> Nouguier, <i>Hist. chronolog. des évêques d'Avignon</i>, pp. 180, 181.</p>
+
+<p><a name="Footnote_428" id="Footnote_428" href="#FNanchor_428"><span class="label">[428]</span></a> Origin., Arch. municip., B. 36, n<sup>o</sup> 20.&mdash;Nouguier, <i>Liv. cit.</i>,
+pp. 180 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_429" id="Footnote_429" href="#FNanchor_429"><span class="label">[429]</span></a> «Venerabilem fratrem nostrum Carolum archiepiscopum Lugdunensem
+in nostris civitate Avenionensi et Comitatu Venayssino
+ac in illis adjacentibus provinciis civitatibus et locis pro Romanâ
+Ecclesiâ gubernatorem et vicarium dudum appellatum ab ejusdem
+sibi commisso gubernationis et vicariatûs officio commissam
+facultatem revocamus.» Massillian, <i>Rec. des Chartes</i>, vol. XXXI,
+fol, 393 et seq., mss. Biblioth. Avignon.</p>
+
+<p><a name="Footnote_430" id="Footnote_430" href="#FNanchor_430"><span class="label">[430]</span></a> Legeay, <i>Hist. de Louis XI</i>, II, pp. 200, 181.&mdash;Cf. Cottier, <i>Hist.
+des Recteurs</i>, 142, 143.&mdash;<i>Recueil des Ordonnances</i>, XVIII, p. 196,
+not. C.&mdash;Duclos, <i>Hist. de Louis XI</i>, II, p. 227.</p>
+
+<p><a name="Footnote_431" id="Footnote_431" href="#FNanchor_431"><span class="label">[431]</span></a> Jules de la Rovère s'intitule dans un acte de 1476 «<i>Julianus
+Sancti Petri ad Vincula Sacrosanctæ Ecclesiæ Romanæ presbyter
+Cardinalis in Civitate Avenionensi et Comitatu Venayssino nonnullisque
+aliis provinciis Civitatibus et locis ac terris illis adjacentibus
+apostolicæ sedis legatus de latere</i>». Arch. municip,. B. 65,
+n<sup>o</sup> 73, Cott. A.A.A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_432" id="Footnote_432" href="#FNanchor_432"><span class="label">[432]</span></a> Voy. notamment p. 359. <i>Cart. de l'Archevêché</i>, t. III, fol. 108.&mdash;<i>Rec.
+mss.</i>, Massilian, fol. 66, v<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_433" id="Footnote_433" href="#FNanchor_433"><span class="label">[433]</span></a> Pastor, <i>Hist. de la Papauté</i>, IV, pp. 296, 297.</p>
+
+<p><a name="Footnote_434" id="Footnote_434" href="#FNanchor_434"><span class="label">[434]</span></a> <i>Rec. des Ordonnances</i>, XVIII, p. 169.&mdash;Cf. Pastor, <i>Hist. de la
+Papauté</i>, IV, pp. 290, 297.</p>
+
+<p><a name="Footnote_435" id="Footnote_435" href="#FNanchor_435"><span class="label">[435]</span></a> <i>Rec. des Ordonnances</i>, XVIII, p. 168.</p>
+
+<p><a name="Footnote_436" id="Footnote_436" href="#FNanchor_436"><span class="label">[436]</span></a> Pastor, <i>Liv. cit.</i>, IV, p. 296.</p>
+
+<p><a name="Footnote_437" id="Footnote_437" href="#FNanchor_437"><span class="label">[437]</span></a> Le P. Armand Jean, <i>Les Évêques et Archevêques de France</i>,
+1682-1801; Paris, Picard, 1891, t. I, p. 49.</p>
+
+<p><a name="Footnote_438" id="Footnote_438" href="#FNanchor_438"><span class="label">[438]</span></a> Arch. municip., Rhône et Durance, A, Invent.</p>
+
+<p><a name="Footnote_439" id="Footnote_439" href="#FNanchor_439"><span class="label">[439]</span></a> <i>Notes chronolog. sur les villes, villages, paroisses, églises et
+autres lieux du diocèse d'Avignon</i>, mss. de Massillian, t. I, Dom
+Vaissette, XII<sup>2</sup>, p. 154.&mdash;Les évêques d'Avignon déléguaient généralement
+un official forain chargé de régler les affaires ecclésiastiques
+dans la partie de la province du Languedoc qui ressortissait
+de l'archevêché d'Avignon. On trouve, en <i>1614</i>, un arrêt du
+Parlement de Toulouse maintenant dans ses fonctions <i>Thomas
+Duret</i>, qui en avait été chargé par l'archevêque d'Avignon,
+Etienne Dulcis. Arch. de la Haute-Garonne, <i>Invent. Parlement</i>,
+série B, 329.</p>
+
+<p><a name="Footnote_440" id="Footnote_440" href="#FNanchor_440"><span class="label">[440]</span></a> Lettres de Louis XI données à Thouars le 27 janvier 1481. Orig.
+<i>Cartul. de l'Archevêché</i>, III, fol. 108.</p>
+
+<p><a name="Footnote_441" id="Footnote_441" href="#FNanchor_441"><span class="label">[441]</span></a> Il s'agissait des îles d'Argenton, de Flesche, du Mouton, de
+Barusin, du Château-Sables, de la Barthelasse, du Contrat, <i>Invent.</i>
+A. Rhône et Durance. A la suite de l'entrevue de Lyon, Louis XI
+nomma une commission composée de l'archevêque de Vienne, de
+Pierre Arivel, président du Parlement de Grenoble, et du Bâtard
+de Comminges et Jean de Moncade, juge-mage, pour régler le différend,
+juin 1476. Arch. municip., B. 70.</p>
+
+<p><a name="Footnote_442" id="Footnote_442" href="#FNanchor_442"><span class="label">[442]</span></a> Les Valperge ou Valpergue, d'origine lombarde (de Ropol
+près Verceil) étaient coseigneurs de Caumont. Gabriel de Bernes,
+seigneur de Ropol, réclamait à la ville 2,200 écus représentant le
+fonds et les arrérages de la pension qui lui était due. Les consuls
+ayant refusé de payer, les officiers royaux lancèrent des lettres de
+représailles contre Avignon (juin 1475). Le 27 du même mois, la
+ville s'acquitta d'une partie de la somme.&mdash;Cf. <i>Amplissima Collectio</i>,
+II, pp. 1509, 1511.&mdash;Délib. du Conseil de ville du 21 juin
+1475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_443" id="Footnote_443" href="#FNanchor_443"><span class="label">[443]</span></a> Arch. municip., <i>Reg. des délibérat.</i>, 19 juin 1475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_444" id="Footnote_444" href="#FNanchor_444"><span class="label">[444]</span></a> Dom Vaissette, XII<sup>2</sup>, <i>Preuves</i>, pp. 180, 181, 10 avril 1475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_445" id="Footnote_445" href="#FNanchor_445"><span class="label">[445]</span></a> <i>Amplissima Collectio</i>, II, p. 1508.</p>
+
+<p><a name="Footnote_446" id="Footnote_446" href="#FNanchor_446"><span class="label">[446]</span></a> 9 décembre 1475. Arch. municip., B. 19, n<sup>o</sup> 17.&mdash;Les conflits
+entre les rois de France et le pape à propos de la délimitation de
+leurs droits sur les bords du Rhône durèrent plusieurs siècles et
+donnèrent lieu à d'interminables procès. En 1430-1431, sous Eugène
+IV, le cardinal de Saint-Eustache fut chargé de régler le
+différend (Voy. Dom Vaissette, IX, pp. 1111, 1112);&mdash;Chambaud,
+<i>Recueil sur Avignon</i> (mss. I, fol. 164, 165);&mdash;Ménard, <i>Hist. de
+Nîmes</i>, III, pp. 179, 377, 378;&mdash;Massillian, XXII, fol. 57, v<sup>o</sup>.&mdash;Voy.
+<i>Procès du Rhône</i>, mss., t. VI, fol. 150, 168, 169, 173.</p>
+
+<p>En 1430, un notaire royal ayant voulu instrumenter à Avignon,
+reçut l'ordre de s'éloigner, et, détail curieux, il signa désormais
+ses actes du milieu du lit du Rhône: <i>datum supra Rhodanum, in
+quâdam barcâ ante turrim capitis pontis Villæ-novæ prope Avinionem</i>.
+Voy. <i>Procès du Rhône</i>, t. VI, fol. 154. Charles VI, par acte
+authentique de mars <i>1366</i>, avait reconnu au pape la possession du
+lit du Rhône jusqu'à la chapelle de Saint-Nicolas (Arch. municip.,
+Orig., B. 68, n<sup>o</sup> 27), et lorsqu'il y avait des différends entre Avignonnais
+et sujets royaux, le conservateur des privilèges apostoliques
+devait se transporter à cette chapelle et y rendre ses jugements
+(Voy. <i>Enquête sur le Rhône</i>, Arch. municip., B. 67, n<sup>o</sup> 108);
+mais cette légitimité de possession du souverain pontife était très
+fréquemment contestée, et le Parlement de Paris dut intervenir
+pour trancher définitivement la question (Voy. Arch. nation.,
+X<sup>t</sup>a 8605, fol. 95, Ordonnance du 30 janvier 1443).</p>
+
+<p><a name="Footnote_447" id="Footnote_447" href="#FNanchor_447"><span class="label">[447]</span></a> On peut juger par un exemple de cette sévérité. En 1491 (septembre),
+quelques habitants d'Avignon ayant démoli les degrés
+d'une arche du pont (partie française), le maître des ports cita le
+légat, les consuls et citoyens à comparaître devant le Parlement
+de Toulouse qui, par arrêt du 7 septembre 1491, condamna lesdites
+personnes à rétablir les degrés démolis et à payer au roi une
+amende de 400 livres. Les Avignonnais en appelèrent à Charles
+VIII qui, par lettres patentes, donna suspension de l'exécution
+de l'arrêt. Le Parlement passa outre à l'ordre royal et décida que
+l'arrêt serait exécuté. Arch. municip., B. 64, n<sup>o</sup> 36.</p>
+
+<p><a name="Footnote_448" id="Footnote_448" href="#FNanchor_448"><span class="label">[448]</span></a> Ce sont les raisons données par Legeay, <i>Hist. de Louis XI</i>,
+II, p. 200.&mdash;Cf. abbé Christophe, <i>Hist. de la Papauté au XV<sup>e</sup>
+siècle</i>, II, p. 248.</p>
+
+<p><a name="Footnote_449" id="Footnote_449" href="#FNanchor_449"><span class="label">[449]</span></a> Cottier, <i>Not. sur les Recteurs</i>, pp. 142, 143.&mdash;Cf. abbé Christophe,
+<i>Hist. de la Papauté au XV<sup>e</sup> siècle</i>, II, p. 248.</p>
+
+<p><a name="Footnote_450" id="Footnote_450" href="#FNanchor_450"><span class="label">[450]</span></a> La charte communale de 1411 avait posé le principe du renouvellement
+annuel des conseillers par moitié; mais divers faits
+montrent que dans la pratique et depuis nombre d'années on ne se
+conformait pas aux prescriptions de cette charte, puisqu'il est
+question de la subrogation de certains citoyens à des conseillers
+qui étaient morts dans leurs fonctions. Le légat ne faisait donc que
+demander le retour à la légalité. Le 21 avril 1476, Sixte IV approuve
+l'élection de deux conseillers à la place de deux qui étaient morts.</p>
+
+<p><a name="Footnote_451" id="Footnote_451" href="#FNanchor_451"><span class="label">[451]</span></a> <i>Amplissima Collectio</i>, II, p. 1514, <i>Epistol.</i> <span class="smcap">LXXX</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_452" id="Footnote_452" href="#FNanchor_452"><span class="label">[452]</span></a> <i>Reg. somm. des délibérat.</i>, décembre 1475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_453" id="Footnote_453" href="#FNanchor_453"><span class="label">[453]</span></a> <i>Reg. somm. des délibérat.</i>, janvier 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_454" id="Footnote_454" href="#FNanchor_454"><span class="label">[454]</span></a> <i>Reg. des délibérat. du Conseil</i>, 1476.&mdash;Arch. muicip., <i>Invent</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_455" id="Footnote_455" href="#FNanchor_455"><span class="label">[455]</span></a> Arch. municip., <i>Invent</i>. imprimé.</p>
+
+<p><a name="Footnote_456" id="Footnote_456" href="#FNanchor_456"><span class="label">[456]</span></a> Pastor, <i>Hist. de la Papauté</i>, IV, p. 298.</p>
+
+<p><a name="Footnote_457" id="Footnote_457" href="#FNanchor_457"><span class="label">[457]</span></a> <i>Id.</i>, IV, p. 298.</p>
+
+<p><a name="Footnote_458" id="Footnote_458" href="#FNanchor_458"><span class="label">[458]</span></a> <i>Id.</i>, IV, pp. 296, 297. Pastor fait remarquer avec raison que
+cette mission si importante de Jules de la Rovère en France est
+ignorée de la plupart de ses biographes, notamment de <i>Brosch</i>
+(IV, p. 298). Pour la première fois, grâce aux Registres du Conseil
+de la ville d'Avignon, nous avons pu reconstituer le rôle et les
+agissements de Jules de la Rovère (de mars à septembre 1476) dans
+les affaires d'Avignon.</p>
+
+<p><a name="Footnote_459" id="Footnote_459" href="#FNanchor_459"><span class="label">[459]</span></a> <i>Reg. des délibérat. du Conseil</i>, 1475-1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_460" id="Footnote_460" href="#FNanchor_460"><span class="label">[460]</span></a> La tour appelée aujourd'hui «Trouillas».</p>
+
+<p><a name="Footnote_461" id="Footnote_461" href="#FNanchor_461"><span class="label">[461]</span></a> Arch. municip., <i>Reg. des délibérat</i>. (avril 1476).</p>
+
+<p><a name="Footnote_462" id="Footnote_462" href="#FNanchor_462"><span class="label">[462]</span></a> Pierre II de Bourbon-Beaujeu était le frère de Charles, archevêque
+de Lyon, et gendre de Louis XI. Voy. Delachesnaye des
+Bois, III, p. 476;&mdash;Anselme, I, p. 315.</p>
+
+<p><a name="Footnote_463" id="Footnote_463" href="#FNanchor_463"><span class="label">[463]</span></a> Belleforest, II, p. 126.</p>
+
+<p><a name="Footnote_464" id="Footnote_464" href="#FNanchor_464"><span class="label">[464]</span></a> Commines, <i>Édit. Chantelauze</i>, V, c. i, p. 306, et V, c. ii, p. 311.&mdash;Cf.
+Muller, <i>Hist. des Suisses</i>, X, p. 127;&mdash;Raynald, <i>Annal.
+ecclésiast.</i>, 1476, §§ 1, 3;&mdash;César de Nostredame, <i>Hist. de Provence</i>,
+VI, p. 640; Sismondi, <i>Hist. des Français</i>, XIV, p. 476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_465" id="Footnote_465" href="#FNanchor_465"><span class="label">[465]</span></a> Ménard, <i>Hist. de Nîmes</i>, III, p. 253.&mdash;Ménard, <i>Preuves</i>, III,
+p. 328. «A noble homme Guisarnaut de Gaube par mandement du
+Roy nostre Sire, en faisant mettre sus gens de guerre, assembler
+et mettre sus aussy porter vivres de plusieurs contrées du dit
+diocèse au dit lieu de Villeneuve-les-Avignon pour secourir à
+l'armée que le Roy nostre dit seigneur y avoit envoyée contre ceux
+d'Avignon au moys d'avril passé, etc. LXXVIII, livr. tournois.»</p>
+
+<p>«A Monseigneur Messire Philippe Gervais au moys d'avril dernier
+passé par plusieurs journées à fere assembler et porter
+vivres et artillerie de plusieurs lieux et contrées du dit diocèse
+aux gens de guerre pour lors de par le dit seigneur envoyez à
+Villeneuve-lès-Avignon contre ceulx d'Avignon. X livres.»
+<i>Preuves</i>, III. p. 328.</p>
+
+<p><a name="Footnote_466" id="Footnote_466" href="#FNanchor_466"><span class="label">[466]</span></a> Toute cette artillerie fut reconduite vers Lyon le 4 mai 1476.
+<i>Comptes de la Ville</i>, C.C., 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_467" id="Footnote_467" href="#FNanchor_467"><span class="label">[467]</span></a> <i>Lettres patent. de Louis XI</i>, Origin., Arch. de l'Isère, du 4 septembre
+1476, série B.</p>
+
+<p><a name="Footnote_468" id="Footnote_468" href="#FNanchor_468"><span class="label">[468]</span></a> Fantoni, <i>Liv. cit.</i>, p. 345.&mdash;Cottier, <i>Notes sur les Recteurs</i>,
+pp. 142, 143.&mdash;Cf. Morenas, <i>Lettr. histor.</i>, p. 12.&mdash;Charpenne, I,
+préface.&mdash;Cf. notamment Pastor (IV, p. 297) qu'on est étonné de
+voir partager cette opinion fausse.</p>
+
+<p><a name="Footnote_469" id="Footnote_469" href="#FNanchor_469"><span class="label">[469]</span></a> Arch. de l'Isère, <i>Titres du Comtat Venaissin</i>, série B.&mdash;Voy.
+Pilot. <i>Catalog. des Actes du roi Louis XI</i>, II, p. 248, n<sup>o</sup> 1667.&mdash;Tours,
+4 septembre 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_470" id="Footnote_470" href="#FNanchor_470"><span class="label">[470]</span></a> Délibérat. du 17 avril 1476, <i>Reg. des Conseils</i>, IV.</p>
+
+<p><a name="Footnote_471" id="Footnote_471" href="#FNanchor_471"><span class="label">[471]</span></a> Le petit palais, dont il est souvent question, était la résidence
+des évêques d'Avignon, après que les papes et, après eux, leurs
+légats se furent établis dans le grand palais, ou palais des papes
+actuel. Il fut reconstruit par Jules de la Rovère sur le même emplacement
+et sert aujourd'hui de petit séminaire. Le Rhône coulait
+sous les fenêtres du palais.</p>
+
+<p><a name="Footnote_472" id="Footnote_472" href="#FNanchor_472"><span class="label">[472]</span></a> <i>Lettres de Louis XI</i>, Docum. cité.&mdash;Arch. de l'Isère, série B.</p>
+
+<p><a name="Footnote_473" id="Footnote_473" href="#FNanchor_473"><span class="label">[473]</span></a> <i>Lettres de Louis XI</i>, Docum. cité.</p>
+
+<p><a name="Footnote_474" id="Footnote_474" href="#FNanchor_474"><span class="label">[474]</span></a> Avril 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_475" id="Footnote_475" href="#FNanchor_475"><span class="label">[475]</span></a> Louis XI fait certainement allusion à l'obligation que la ville
+avait contractée vis-à-vis du seigneur de Ropol, Louis de Valspergues,
+représentant de Michel et de Jean de Valspergues, coseigneurs
+de Caumont, à qui il était dû une somme assez forte par
+la ville (soit 3,000 écus) et par un citoyen, Allemand de Pazzis,
+qui avait fait faillite. Louis XI avait écrit aux consuls pour réclamer
+le paiement de cette dette en faveur de Louis de Valspergues.</p>
+
+<p><a name="Footnote_476" id="Footnote_476" href="#FNanchor_476"><span class="label">[476]</span></a> Comptes de la Ville où se trouve le détail de la dépense, n<sup>o</sup> 283
+du Compte de 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_477" id="Footnote_477" href="#FNanchor_477"><span class="label">[477]</span></a> Comptes de la ville, annexe du 58<sup>e</sup> mandat. Comptes de 1477,
+1478.</p>
+
+<p><a name="Footnote_478" id="Footnote_478" href="#FNanchor_478"><span class="label">[478]</span></a> 26 juin 1477. Mandat de 16 florins à Albergas Basilic, marchand
+d'Avignon, pour neuf couleuvrines qu'il avait vendues à la ville
+sous le consulat de Thomas Busaffi. Arch. municip., Comptes,
+C.C., Mandat n<sup>o</sup> 101, 1477, 1478.</p>
+
+<p><a name="Footnote_479" id="Footnote_479" href="#FNanchor_479"><span class="label">[479]</span></a> <i>Reg. des délibérat.</i>, du 1<sup>er</sup> mai 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_480" id="Footnote_480" href="#FNanchor_480"><span class="label">[480]</span></a> «Item quant es vengut au bruch del siège del Palais, les
+consols en la compaignie de Messires Anthony Symon me doneron
+charge ambe «certans» compaignons de guarda los passaiges
+au pres de la torre de Troulhas la hout ieu ay demorat xiiii ou
+xv jours et jor et nuyt. Et oltre los malo jors et malas nuytz enay
+aquestat la mala gracia de monsegnor de Lyon comme tout lo
+mont sap.» <i>Comptes de la Ville</i>, C.C., n<sup>o</sup> 283.</p>
+
+<p>C'est à cette occasion qu'il y eut quelques escarmouches entre
+les assiégés et les soldats placés par la ville autour du palais. Il
+n'est parlé que de blessures légères, du reste. Le 14 mai 1478, les
+consuls payèrent un mandat de 3 florins à Antoine Massebon
+«pro vulnere illato et facto per illos de magno palacio, tempore
+guerre domini Lugdunensis.» G. G., n<sup>o</sup> 405. Il n'y eut donc pas à
+proprement parler de siège du palais en avril-mai 1476, mais seulement
+quelques arquebusades échangées sans grand dommage.</p>
+
+<p><a name="Footnote_481" id="Footnote_481" href="#FNanchor_481"><span class="label">[481]</span></a> Lecoy de la Marche, <i>Le Roi René</i>, II, p. 359.</p>
+
+<p><a name="Footnote_482" id="Footnote_482" href="#FNanchor_482"><span class="label">[482]</span></a> Legeay, II, p. 200.</p>
+
+<p><a name="Footnote_483" id="Footnote_483" href="#FNanchor_483"><span class="label">[483]</span></a> Instrument relatant un contrat passé entre Jehan de Foix,
+seigneur de Maille, pour le roi Louis XI, et Edouard de Messiaco,
+abbé de l'Isle-Barbe, lieutenant de Charles de Bourbon. Arch.
+municip., B.77, Origin. parchemin.</p>
+
+<p><a name="Footnote_484" id="Footnote_484" href="#FNanchor_484"><span class="label">[484]</span></a> Commines, V, II, p. 311.&mdash;Cf. Lecoy de la Marche, I, 412, 413.</p>
+
+<p><a name="Footnote_485" id="Footnote_485" href="#FNanchor_485"><span class="label">[485]</span></a> Lecoy de la Marche, I, p. 554.</p>
+
+<p><a name="Footnote_486" id="Footnote_486" href="#FNanchor_486"><span class="label">[486]</span></a> Aubéry, <i>Vie des Cardinaux</i>, p. 469. Pendant les mois qui précèdent,
+Jules de la Rovère recevait de Sixte IV, son oncle, une
+pension de 104 ducats d'or par mois (mars-mai 1476). Arch. vat.,
+<i>Reg.</i> 492.</p>
+
+<p>Le 11 juin 1476, une somme de 40 florins d'or est payée par le
+trésorier de la Chambre apostolique à Christophe de Bergame,
+<i>maître coureur</i>, qui est envoyé auprès du légat Jules de la Rovère
+avec les brefs. Arch. vat., <i>Reg.</i> 493, fol. <span class="smcap">CLXXXD</span>, etc.</p>
+
+<p><a name="Footnote_487" id="Footnote_487" href="#FNanchor_487"><span class="label">[487]</span></a> Chambaud, <i>Ann.</i>, mss., fol. 390.</p>
+
+<p><a name="Footnote_488" id="Footnote_488" href="#FNanchor_488"><span class="label">[488]</span></a> Copie en latin de la lettre du 18 juin 1486. Arch. municip.,
+série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_489" id="Footnote_489" href="#FNanchor_489"><span class="label">[489]</span></a> Lettre de Jules de la Rovère aux consuls de Lyon, 18 juin 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_490" id="Footnote_490" href="#FNanchor_490"><span class="label">[490]</span></a> Voici la formule du serment en latin: «Forma juramenti.
+Juraverunt Guillelmus Ricii, Franciscus Peruzzi, Antonius
+Urtice, Antonius de Damianis oratores, Regi clarissimo, in manibus
+domini vice cancellarii, presentibus reverendissimo domino
+Lugdunensi et domino admirato, quod in civitate Avinionensi
+nullum recipient exercitum inimicorum prefati clarissimi regis
+qui possit nocere persone nec statui ipsius clarissimi Regis.
+Inimici autem declarati sunt dux Burgundie, Rex Ferdinandus,
+rex Aragonum et Rex Yspaine, filius ipsius regis Aragonum, hoc
+mediante quod prefati domini admiratus et vice cancellarius,
+nomine prefati clarissimi domini Regis, promiserunt etiam civitatem
+Avinionis conservare ab omnibus oppositionibus, illamque
+defendere contra omnes emulos Sanctissimi domini nostri Pape
+et civitatis predicte ac inimicos eorumdem et ita facere firmaverunt
+Simile juramentum prestabunt consules et consiliarii dicte
+civitatis et literas illius expedient in forma patento sub sigillo
+dicte civitatis quas ad primum mandabunt reverendissimo domino.»
+Arch. de la ville, série A.A.</p>
+
+<p><a name="Footnote_491" id="Footnote_491" href="#FNanchor_491"><span class="label">[491]</span></a> Lettre des Avignonnais à Monseigneur du Bouchage, 30 janvier
+1479, Origin., B. nation., <i>Anc. fonds franç.</i>, mss., n<sup>o</sup> 2896, fol.
+90.&mdash;Cf. Bernard de Mandrot, pp. 320, 321.</p>
+
+<p><a name="Footnote_492" id="Footnote_492" href="#FNanchor_492"><span class="label">[492]</span></a> Lecoy de la Marche, <i>Liv. cit.</i>, I, pp. 412, 413.</p>
+
+<p><a name="Footnote_493" id="Footnote_493" href="#FNanchor_493"><span class="label">[493]</span></a> «Alii scribunt quod Renatus rex dùm esset Lugduni, Ludovicum
+regem nepoti suo Carolo substituit, substitutionem suam
+scripsit litteris miro picturæ artificio azureo colore conspicuam.»
+<i>Historia Cælestinorum.</i>, mss., Bibl. Avignon, t. I, fol. 697.</p>
+
+<p><a name="Footnote_494" id="Footnote_494" href="#FNanchor_494"><span class="label">[494]</span></a> Mathieu, <i>Hist. de Louis XI</i>, p. 345;&mdash;Legeay, <i>Hist. de Louis XI</i>,
+p. 204.</p>
+
+<p><a name="Footnote_495" id="Footnote_495" href="#FNanchor_495"><span class="label">[495]</span></a> Lecoy de la Marche, II, p. 483.</p>
+
+<p><a name="Footnote_496" id="Footnote_496" href="#FNanchor_496"><span class="label">[496]</span></a> Bibl. nation., <i>Ancien fonds franç.</i>, n<sup>o</sup> 3882, fol. 209;&mdash;<i>Musée des
+arch. nation.</i>, p. 286.</p>
+
+<p><a name="Footnote_497" id="Footnote_497" href="#FNanchor_497"><span class="label">[497]</span></a> Bibl. nation., <i>Ancien fonds franç.</i>, mss. 294;&mdash;<i>Catalog.</i>, I,
+p. 538.</p>
+
+<p><a name="Footnote_498" id="Footnote_498" href="#FNanchor_498"><span class="label">[498]</span></a> Extrait des minutes de Jean Robini, notaire (Lettres vidimées
+le 13 juin 1485). Voy. aux pièc. justificat., n<sup>o</sup> <span class="smcap">XXI</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_499" id="Footnote_499" href="#FNanchor_499"><span class="label">[499]</span></a> De Mauldes, <i>Collect. des Docum. inédits; Les Procédures politiques
+sous Louis XII</i>, pp. 926, 929.</p>
+
+<p><a name="Footnote_500" id="Footnote_500" href="#FNanchor_500"><span class="label">[500]</span></a> Donné à Lyon sur le Rosne, le <span class="smcap">XXI</span><sup>e</sup> jour de juing 1476. Orig.
+Arch. municip., B. 64, n<sup>o</sup> 44, Cott. V.V.</p>
+
+<p><a name="Footnote_501" id="Footnote_501" href="#FNanchor_501"><span class="label">[501]</span></a> Bibl. nation. <i>Invent.</i>, III, 3882, fol. 16.</p>
+
+<p><a name="Footnote_502" id="Footnote_502" href="#FNanchor_502"><span class="label">[502]</span></a> 21 juin 1476, à Lyon. On trouve des lettres ayant le même
+objet du 7 février 1470 (B. 65) et de janvier 1474 (B. 65) et de Selles
+en Poitou du 20 avril 1469 (B. 64).</p>
+
+<p><a name="Footnote_503" id="Footnote_503" href="#FNanchor_503"><span class="label">[503]</span></a> <i>Reg. des délibérat. du Conseil</i>, 19 mai 1479.</p>
+
+<p><a name="Footnote_504" id="Footnote_504" href="#FNanchor_504"><span class="label">[504]</span></a> On peut en juger par l'affolement de la ville sous Henri IV,
+lorsque Montmorency, gouverneur du Languedoc, en réponse aux
+mesures de rigueur du vice-légat, avait fait fermer le passage du
+côté de la rive droite. Voy, Barbier de Xivrey, VII, p. 117, <i>Lettres
+de Henri IV</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_505" id="Footnote_505" href="#FNanchor_505"><span class="label">[505]</span></a> Arch. municip., Origin.;&mdash;<i>Bullar. Avinion.</i></p>
+
+<p><a name="Footnote_506" id="Footnote_506" href="#FNanchor_506"><span class="label">[506]</span></a> C'est au-dessous de cette chapelle que dès le <span class="smcap">XVI</span><sup>e</sup> siècle fut
+installée la douane chargée de plomber les étoffes de soie sortant
+d'Avignon.</p>
+
+<p><a name="Footnote_507" id="Footnote_507" href="#FNanchor_507"><span class="label">[507]</span></a> <i>Annal. d'Avignon</i>, mss. Chambaud, fol. 173.</p>
+
+<p><a name="Footnote_508" id="Footnote_508" href="#FNanchor_508"><span class="label">[508]</span></a> <i>Rec. des Ordonnances</i>, XVIII, pp. 197 et suiv.</p>
+
+<p><a name="Footnote_509" id="Footnote_509" href="#FNanchor_509"><span class="label">[509]</span></a> Il y a également d'autres lettres de Louis XI pour le même
+objet du 21 juin 1476. Arch. municip., B. 68.</p>
+
+<p><a name="Footnote_510" id="Footnote_510" href="#FNanchor_510"><span class="label">[510]</span></a> Voy. René de Mas Latrie, <i>Les droits de marques et de représailles
+au moyen âge</i>, Bibl. de l'École des Chartes, 27<sup>e</sup> ann.,
+6<sup>e</sup> série, t. II, 1865, p. 541.</p>
+
+<p><a name="Footnote_511" id="Footnote_511" href="#FNanchor_511"><span class="label">[511]</span></a> Arch. municip., B. 51, n<sup>o</sup> 64.</p>
+
+<p><a name="Footnote_512" id="Footnote_512" href="#FNanchor_512"><span class="label">[512]</span></a> <i>Id.</i>, B. 50. Voy. X<sup>ta</sup> 8605, Arch. nat., pièces justificat.</p>
+
+<p><a name="Footnote_513" id="Footnote_513" href="#FNanchor_513"><span class="label">[513]</span></a> <i>Id.</i>, B. 50.</p>
+
+<p><a name="Footnote_514" id="Footnote_514" href="#FNanchor_514"><span class="label">[514]</span></a> Origin., Arch. municip., B. 50.&mdash;Ces lettres furent enregistrées
+par le Parlement de Grenoble le 15 juin 1479. Arch. départ. de
+l'Isère, <i>Reg.</i>, Cott. I, fol. 326. <i>Invent. de la Chambre des Comptes.</i>
+Voy. Pilot, <i>Catalog.</i>, 1665, p. 247, 21 juin 1476.&mdash;<i>Id.</i> II, n<sup>os</sup> 1747-1748,
+p. 291. De Montargis, 8 mai 1479.</p>
+
+<p><a name="Footnote_515" id="Footnote_515" href="#FNanchor_515"><span class="label">[515]</span></a> Marguerite d'Anjou libérée au traité de Pecquigny, 1475.</p>
+
+<p><a name="Footnote_516" id="Footnote_516" href="#FNanchor_516"><span class="label">[516]</span></a> Mathieu, <i>Hist. de Louis XI</i>, p. 345. «Avant que de partir contenta
+le Roy des asseurances qu'il desirait pour adjuster la Provence
+à la couronne.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_517" id="Footnote_517" href="#FNanchor_517"><span class="label">[517]</span></a> <i>Reg. des délibérat. du Conseil</i>, 1476.</p>
+
+<p><a name="Footnote_518" id="Footnote_518" href="#FNanchor_518"><span class="label">[518]</span></a> Pastor, <i>Hist. de la Papauté</i>, IV, p. 297 et note 6.</p>
+
+<p><a name="Footnote_519" id="Footnote_519" href="#FNanchor_519"><span class="label">[519]</span></a> «Fecistis enim quod decuit et quod de vobis sperabamus.
+Perseverate igitur, vos hortamur in dies magis, ex quo nos et
+sedem ipsam semper fieri poterit, in rebus vestris propitios
+sentietis.» Datum Rheate, XVII, octobre 1476. Arch. municip.
+Origin., B. 50.</p>
+
+<p><a name="Footnote_520" id="Footnote_520" href="#FNanchor_520"><span class="label">[520]</span></a> Guillaume Pazzi se réfugia à Lyon où il y avait déjà beaucoup
+de Florentins établis à demeure. D'autres Florentins plus ou moins
+compromis vinrent les y rejoindre. Voy. Perricaud, <i>Rev. du Lyonnais</i>,
+1855, IX, X, p. 457.</p>
+
+<p><a name="Footnote_521" id="Footnote_521" href="#FNanchor_521"><span class="label">[521]</span></a> Chambaud, <i>Hist. d'Avignon</i>, mss., III, fol. 149. Fantoni, <i>op.
+citat.</i>, p. 344.</p>
+
+<p><a name="Footnote_522" id="Footnote_522" href="#FNanchor_522"><span class="label">[522]</span></a> Desjardins, <i>Nég. avec la Tosc.</i>, V, chap. <span class="smcap">II</span>, 69.</p>
+
+<p><a name="Footnote_523" id="Footnote_523" href="#FNanchor_523"><span class="label">[523]</span></a> On trouve <i>Gorland</i>, <i>Guerland</i>, <i>Guerlands</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_524" id="Footnote_524" href="#FNanchor_524"><span class="label">[524]</span></a> Lettre de Louis XI au Maistre des Ports, Bastard de Comminges;
+pièc. justificat., XIX.</p>
+
+<p><a name="Footnote_525" id="Footnote_525" href="#FNanchor_525"><span class="label">[525]</span></a> Lettre des Avignonnais à Monseigneur du Bouchage.&mdash;Cf.
+<i>Imbert de Batarnay</i>, par Bernard de Mandrot, p. 320.&mdash;Imbert
+de Batarnay, seigneur du Bouchage, conseiller des rois Louis XI,
+Charles VIII, Louis XII et François I<sup>er</sup>. C'est ce personnage qui
+fait l'objet du livre de M. Bernard de Mandrot, Paris, 1886, in-f<sup>o</sup>.&mdash;Voy.
+pour ce personnage, Pilot, <i>Catalog.</i>, 1290, p. 4, not. 3.</p>
+
+<p><a name="Footnote_526" id="Footnote_526" href="#FNanchor_526"><span class="label">[526]</span></a> Lettre inédite, Origin., B. nat., fonds français, mss., n<sup>o</sup> 2896,
+fol. 90.&mdash;Cette lettre ayant été donnée par M. Bernard de Mandrot
+(Voy. Imbert de Batarnay, pp. 320, 321), nous n'avons pas cru
+devoir en reproduire le texte aux pièces justificatives.</p>
+
+<p><a name="Footnote_527" id="Footnote_527" href="#FNanchor_527"><span class="label">[527]</span></a> Arch. municip., Origin., B. 31.&mdash;Les Florentins ne purent
+occuper d'emploi public que par bulle de Sixte IV du 10 mars 1484.
+Ils en avaient été exclus en 1478.</p>
+
+<p><a name="Footnote_528" id="Footnote_528" href="#FNanchor_528"><span class="label">[528]</span></a> Lettre de Bézégat aux consuls d'Avignon, du 9 février 1479.
+Voy. pièces justificat., n<sup>o</sup> XX.&mdash;Cf. Huillard-Breholles, <i>Rev. des
+Soc. sav.</i>, 1861, p. 314.</p>
+
+<p><a name="Footnote_529" id="Footnote_529" href="#FNanchor_529"><span class="label">[529]</span></a> Dareste, <i>Hist. de France</i>, III, pp. 298, 299.&mdash;Cf. Huillard-Breholles,
+Louis XI protecteur de la Confédération italienne, <i>Rev. des
+Soc. sav.</i>, 1861, 2<sup>e</sup> série, p. 317.</p>
+
+<p><a name="Footnote_530" id="Footnote_530" href="#FNanchor_530"><span class="label">[530]</span></a> Lettre de Baptiste Bézégat aux consuls, 7 février 1479. Pièces
+justificat., XX.</p>
+
+<p><a name="Footnote_531" id="Footnote_531" href="#FNanchor_531"><span class="label">[531]</span></a> En janvier 1479 une ambassade composée de Guy d'Arpajon et
+d'Antoine de Morlbon, premier président au Parlement de Toulouse,
+envoyée par le roi auprès de Sixte IV dans un but pacifique,
+échoua dans sa mission. La paix ne fut définitive qu'en
+décembre 1482.&mdash;Cf. H. Bréholles, <i>Rev. des Soc. sav.</i>, 1861, p. 331.</p>
+
+<p><a name="Footnote_532" id="Footnote_532" href="#FNanchor_532"><span class="label">[532]</span></a> Le Bastard de Comminges, maître des ports de Languedoc,
+figure parmi les commissaires royaux chargés (en 1476, juin) de
+régler les différends au sujet des limites du Rhône. Voy. Arch.
+municip., <i>Invent.</i>, B. 70, n<sup>o</sup> 2351.</p>
+
+<p><a name="Footnote_533" id="Footnote_533" href="#FNanchor_533"><span class="label">[533]</span></a> Louis XI au Bastard de Comminges, 7 février 1479. Orig. inéd.,
+Arch. municip., série A.A., pièc. justificat., XIX.</p>
+
+<p><a name="Footnote_534" id="Footnote_534" href="#FNanchor_534"><span class="label">[534]</span></a> Mandat de 27 florins 1/2 à Thomas de Sarrachino «pro custodia
+dicti portalis (Saint-Lazare) pro timore guerce Bernardi de
+Gorlans». Arch., Comptes C.C., ann. 1479, mandat n<sup>o</sup> 76.</p>
+
+<p><a name="Footnote_535" id="Footnote_535" href="#FNanchor_535"><span class="label">[535]</span></a> Arch. de l'Isère, <i>Reg.</i>, Cott. I, fol. 320. L'arrêt de l'Enregistrement
+est du 15 juin suivant. <i>Invent. de la Chambre des
+Comptes.</i>&mdash;Pilot, <i>Catalog.</i>, II, p. 291, n<sup>o</sup> 1749&mdash;M. de Mandrot
+(<i>Imbert de Batarnay</i>, p. 320) place par erreur en 1483 cette ambassade
+qui est bien, nous en avons la preuve, en 1479. Voy. Pilot,
+<i>Catalog.</i>, II, p. 292, not. 1.</p>
+
+<p><a name="Footnote_536" id="Footnote_536" href="#FNanchor_536"><span class="label">[536]</span></a> Achard, <i>Rec. sur Avignon</i>, mss., vol. I, A.D.&mdash;La famille de
+Cambis, d'origine florentine, s'était fixée à Avignon vers 1448, dans
+la personne de Luc de Cambis, qui avait épousé Marie Pazzi de la
+famille ennemie implacable des Médicis. Voy. Barjavel, <i>Diction.
+biograp.</i>, I, p. 333.</p>
+
+<p><a name="Footnote_537" id="Footnote_537" href="#FNanchor_537"><span class="label">[537]</span></a> On trouve un Gaucher de Tinteville ou d'Inteville mentionné
+dans les mémoires de Philippe de Commines (1495, p. 199); un
+Pierre de Tinteville chargé d'une mission par Louis XI auprès des
+habitants de Troyes (2 juin 1465). Voy. Anselme, VIII, 719&mdash;Cf.
+<i>Lettres de Louis XI</i>, II, p. 313.&mdash;Les archives de l'Aube font
+mention (liasse G, 831) d'un mandement de Charles VII du 12 août
+1437, où il est question des habitants de Saint-Lyé, maltraités par
+des gens de guerre envoyés par <i>Jean de Dinteville</i>, menés au
+château de Payns et rançonnés. Il nous paraît difficile d'admettre
+que ce soit le même personnage dont il est parlé ici, mais il paraît
+probable qu'il s'agit de la même famille. Voy. pour un autre Dinteville
+(<i>Catalog. des actes de François I<sup>er</sup></i>, 4 décembre 1516-28
+novembre 1520).</p>
+
+<p><a name="Footnote_538" id="Footnote_538" href="#FNanchor_538"><span class="label">[538]</span></a> 15 octobre 1482. Arch. municip., B. 51, n<sup>o</sup> 52.</p>
+
+<p><a name="Footnote_539" id="Footnote_539" href="#FNanchor_539"><span class="label">[539]</span></a> Détail des dépenses d'artillerie «pro honore et utilitate ac deffensione
+dicte civitatis». Comptes du 12 octobre 1480-82, mandat
+n<sup>o</sup> 14, et détail des dépenses faites pour les gens d'armes, 6<sup>e</sup> mandat,
+1481-82.</p>
+
+<p><a name="Footnote_540" id="Footnote_540" href="#FNanchor_540"><span class="label">[540]</span></a> En 1481, le même <i>Tinteville</i> fut fustigé à Carpentras, Arch.
+municip., B.B. 98.</p>
+
+<p><a name="Footnote_541" id="Footnote_541" href="#FNanchor_541"><span class="label">[541]</span></a> Comptes de la ville, G.G., 1481, 1482.&mdash;Le 26 septembre 1481
+fut fait mandat de deux écus d'or au coin du roi à Guillaume
+Anequin, un des courriers de l'hôtel de ville, pour les donner à
+Petit-Jean envoyé du roi de France, qui avait apporté de sa part
+des lettres à la ville au sujet de Jean de Tinteville, détenu dans le
+palais apostolique.&mdash;Comptes de la ville, mandat n<sup>o</sup> 59.</p>
+
+<p><a name="Footnote_542" id="Footnote_542" href="#FNanchor_542"><span class="label">[542]</span></a> Lettr. origin. inédit. du 7 septembre 1481. Pièces justificat.,
+n<sup>o</sup> <span class="smcap">XXI</span>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_543" id="Footnote_543" href="#FNanchor_543"><span class="label">[543]</span></a> Comptes de la ville, ann. 1481, mandat n<sup>o</sup> 293.</p>
+
+<p><a name="Footnote_544" id="Footnote_544" href="#FNanchor_544"><span class="label">[544]</span></a> Jean de Loqueto était descendu à l'hôtellerie de la Fleur de Lys
+où la ville paya toutes ses dépenses. Ann. 1481, mandat n<sup>o</sup> 105.</p>
+
+<p><a name="Footnote_545" id="Footnote_545" href="#FNanchor_545"><span class="label">[545]</span></a> Donné à Montilz-les-Tours le pénultième de janvier 1483.
+Arch. municip., B, 19, n<sup>os</sup> 23 et 24.</p>
+
+<p><a name="Footnote_546" id="Footnote_546" href="#FNanchor_546"><span class="label">[546]</span></a> Arch. municip., B. 19, n<sup>o</sup> 30.</p>
+
+<p><a name="Footnote_547" id="Footnote_547" href="#FNanchor_547"><span class="label">[547]</span></a> <i>Id.</i>, B. 19, n<sup>o</sup> 29.&mdash;Voy. <i>Lo Libre de la guerra de Tinteville</i>,
+n<sup>o</sup> 261 du Compte de 1483. Le 14 février 1484, la ville fait payer
+153 florins à Gaspar de <i>Sarrachano</i>, pour la solde de 9 hommes
+qui avaient gardé le château de Mornas pour voir si Tinteville et
+ses compagnons descendaient par la vallée du Rhône pour surprendre
+Avignon, mandat n<sup>o</sup> 168.</p>
+
+<p><a name="Footnote_548" id="Footnote_548" href="#FNanchor_548"><span class="label">[548]</span></a> Comptes de la ville, C.C., 1483-1484, mandat n<sup>o</sup> 110.</p>
+
+<p><a name="Footnote_549" id="Footnote_549" href="#FNanchor_549"><span class="label">[549]</span></a> Arch. municip., B. 69, n<sup>o</sup> 16 (copie).</p>
+
+<p><a name="Footnote_550" id="Footnote_550" href="#FNanchor_550"><span class="label">[550]</span></a> Charles VI avait accordé ce privilège aux Célestins du royaume,
+26 septembre 1413, et Charles VII le 15 février 1461 (<i>Rec. des
+Ordonnances</i>, XV, p. 325). François I<sup>er</sup> les confirme à nouveau,
+8 janvier 1517, <i>Catalog. des actes de François I<sup>er</sup></i>, I, p. 133.</p>
+
+<p>C'étaient:</p>
+
+<p>La Chartreuse du Val de Bénédiction, à Villeneuve-lès-Avignon;<br />
+Le Chapitre de Notre-Dame des Doms, à Avignon;<br />
+La Collégiale de Notre-Dame de Villeneuve;<br />
+La Collégiale de Saint-Didier, à Avignon;<br />
+La Collégiale de Saint-Pierre, à Avignon;<br />
+La Collégiale de Saint-Agricol, à Avignon;<br />
+Les Couvents des Célestins d'Avignon et de Gentilly;<br />
+La Chartreuse de Bonpas;<br />
+La Commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem, à Avignon;<br />
+Le Couvent des Jacobins d'Avignon;<br />
+Les Couvents de Sainte-Catherine, Saint-Laurens et Saint-Véran d'Avignon;<br />
+Le Couvent de Sainte-Madeleine, à Carpentras;<br />
+Les Administrateurs et les Frères de l'Hôpital Saint-Benoît d'Avignon;<br />
+Les Orphelins de l'Aumône, à Avignon;<br />
+Les Orphelins de la petite Fusterie;<br />
+Les Seigneurs de Montfort et d'Aiguières;<br />
+Pierre de Sade, Thomas Busaffi et Tronchin, escuyer.<br />
+Arch. municip., B. 69, n<sup>o</sup> 16.</p>
+
+<p><a name="Footnote_551" id="Footnote_551" href="#FNanchor_551"><span class="label">[551]</span></a> Les rois de France avaient de tout temps à Avignon des agents
+pour la gabelle du sel.</p>
+
+<p><a name="Footnote_552" id="Footnote_552" href="#FNanchor_552"><span class="label">[552]</span></a> Donné à Tours le..... jour d'avril 1480, avant Pâques. Arch.
+municip,, B. 63, n<sup>o</sup> 19, Cott. T., Origin.&mdash;Cf. Pilot, <i>Catalog.</i>, II,
+1754 <i>bis</i>, p. 295.</p>
+
+<p><a name="Footnote_553" id="Footnote_553" href="#FNanchor_553"><span class="label">[553]</span></a> Ambassades de Bernard de Codertio, 1<sup>er</sup> septembre 1481.</p>
+
+<p><a name="Footnote_554" id="Footnote_554" href="#FNanchor_554"><span class="label">[554]</span></a> Cette franchise avait déjà été accordée aux Avignonnais par
+Charles VII, novembre 1432.</p>
+
+<p><a name="Footnote_555" id="Footnote_555" href="#FNanchor_555"><span class="label">[555]</span></a> Arch. municip., Origin., B. 47, n<sup>o</sup> 7, Cott. G.</p>
+<hr class="c5" />
+</div></div>
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Louis XI, by R. Rey
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LOUIS XI ***
+
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+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
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+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
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+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
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+
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+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
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+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
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+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
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+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
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+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card donations.
+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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