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+ The Project Gutenberg eBook of Le Registre d'écrou de la Bastille de 1782 à 1789, by ALFRED BÉGIS.
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+<pre>
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+The Project Gutenberg EBook of Le registre d'écrou de la Bastille de 1782
+à 1789, by Alfred Bégis
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
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+Title: Le registre d'écrou de la Bastille de 1782 à 1789
+ Extrait de la Nouvelle Revue du 1er décembre 1880
+
+Author: Alfred Bégis
+
+Release Date: February 18, 2011 [EBook #35315]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
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+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE REGISTRE D'ÉCROU ***
+
+
+
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+Produced by Mireille Harmelin, Jean-Adrien Brothier and
+the Online Distributed Proofreaders Europe at
+http://dp.rastko.net. This file was produced from images
+generously made available by the Bibliothèque nationale
+de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<h4 >Note de transcription:</h4>
+<p class="leftright15 p4b">L'orthographe a été conservé; seules
+les erreurs évidentes de typographie ont été corrigées. Les
+majuscules qui le demandaient ont toutefois été accentuées.
+Il faut noter que le registre est présenté, non dans l'ordre
+chronologique, mais par prisonnier. Cet ordre a été conservé.</p>
+
+<h2>LE</h2>
+
+<h1>REGISTRE D'ÉCROU</h1>
+
+<h2>DE LA BASTILLE</h2>
+
+<p class="center p2b"><span class="smcap">de</span> 1782 <span class="smcap">à</span> 1789</p>
+
+<h3>PAR ALFRED BÉGIS</h3>
+
+<p class="center p2b">EXTRAIT de la <i>NOUVELLE REVUE</i></p>
+
+<p class="center p2b">du 1<sup>er</sup> décembre 1880.</p>
+
+<p class="center">PARIS</p>
+
+<p class="center"> TYPOGHAPHIE GEORGES CHAMEROT<br />
+19, <span class="smcap">rue des saints-pères</span>, 19</p>
+
+<p class="center p2b">1880</p>
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[Pg 5]</a></span></p>
+
+<h3>LE</h3>
+
+<h3>REGISTRE D'ÉCROU</h3>
+
+<h3>DE LA BASTILLE</h3>
+
+<h4><span class="smcap">de</span> 1782 <span class="smcap">à</span> 1789<a name="FNanchor_1"
+id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a></h4>
+
+<p>Les documents qui se rapportent au château de la Bastille et
+à ses prisonniers n'ont pas cessé d'exciter la curiosité publique.
+Chacun s'y intéresse; chacun voudrait pouvoir pénétrer le mystère
+qui enveloppait les prisonniers, depuis leur entrée dans la
+forteresse jusqu'à leur sortie, et connaître exactement le régime
+et les traitements auxquels ils y étaient soumis.</p>
+
+<p>De grandes précautions ont été prises à toutes les époques
+pour assurer le secret de ce qui se faisait à la Bastille; cependant
+il a été possible, avec le temps, de connaître en détail à peu près
+tout ce qui s'est passé dans cette prison tant redoutée.</p>
+
+<p>À l'une des dernières réunions de la Société des <i>Amis des
+Livres</i>, formée entre cinquante bibliophiles parisiens, sous la
+présidence de M. Eugène Paillet, conseiller à la cour d'appel, il
+a été question d'un registre fort curieux, acquis récemment par
+l'un des membres de la Société dans une vente publique faite à
+<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[Pg 6]</a></span>Londres.
+Ce volume inédit ne nous paraît pas avoir été même
+signalé dans les nombreux ouvrages publiés sur la Bastille et
+sur ses archives: il peut être considéré comme une curiosité historique
+de premier ordre.</p>
+
+<p>Nous avons pensé qu'il serait intéressant de le faire connaître
+par la description de son état matériel, et d'en reproduire littéralement,
+à titre de spécimen, quelques extraits portant sur
+des personnages ou sur des faits qui ont déjà été signalés à l'attention
+du public.</p>
+
+<p>Avant d'arriver à ce point principal, il nous a paru nécessaire
+de rappeler brièvement l'origine, la destination et l'état du
+château de la Bastille, les formalités qui étaient remplies lors de
+l'entrée et de la sortie des prisonniers, enfin les précautions qui
+étaient prises à leur égard.</p>
+
+<div class="footnote">
+<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a>
+Nous sommes redevables au possesseur du précieux registre dont il va
+être question, de cet article aussi intéressant par lui-même que curieux par les
+citations qui s'y trouvent.</p>
+</div>
+
+<hr class="c65" />
+<h2><a name="I" id="I"></a>I</h2>
+
+<p>Le château de la Bastille avait été construit sous Charles VI
+et sous Charles VII; il avait été complété de 1553 à 1559. Il
+servait de forteresse pour défendre ou pour commander la ville
+de Paris, et en même temps de prison d'État.</p>
+
+<p>La façade du château présentait quatre tours vers Paris et
+quatre vers le faubourg Saint-Antoine. Le dessus était une
+plate-forme en terrasse continuée d'une tour à l'autre. Ces
+tours portaient les noms de la Comté, du Trésor, de la
+Bazinière, de la Chapelle, de la Liberté, de la Bertaudière, du
+Puits et du Coin. L'intérieur était divisé en cinq étages dont le
+dernier, voûté, était nommé la Calotte; au pied se trouvaient des
+cachots.</p>
+
+<p>La Bastille servait de lieu de détention pour des prisonniers
+d'État, lesquels étaient en très petit nombre pendant les dernières
+années, et pour des prisonniers de police, lesquels comprenaient:
+des auteurs, des libraires, des colporteurs, des graveurs
+d'estampes satiriques ou obscènes, et même des relieurs.
+Ordinairement on relâchait ces derniers après quelques mois de
+détention. Certains prisonniers étaient maintenus à la Bastille,
+par l'influence de leurs familles et à leurs frais, moyennant le
+<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">[Pg 7]</a></span>
+payement d'une pension dont le chiffre était fixé par le gouverneur.</p>
+
+<p>C'était ordinairement en fiacre qu'on était conduit dans cette
+prison, afin d'échapper à la curiosité publique et d'éviter le scandale.
+Un inspecteur de police et deux hommes armés montaient
+dans la voiture pour tenir le prisonnier en respect. Le fiacre s'arrêtait
+dans l'intérieur du château, devant la porte de l'hôtel du
+gouverneur. Les sentinelles et les soldats des corps de garde
+avaient pour consigne de mettre leurs chapeaux devant leur visage,
+afin de ne pas voir le prisonnier; cette précaution se renouvelait
+à toutes les entrées, sorties, allées et venues de tous
+les détenus.</p>
+
+<p>Le major de la Bastille et le lieutenant du roi recevaient le
+prisonnier, le faisaient monter avec l'exempt à l'appartement
+du gouverneur, et la lettre de cachet, en vertu de laquelle l'arrestation
+avait eu lieu, était remise par l'exempt au gouverneur
+qui lui en donnait une décharge. Nous reproduisons celle relative
+au sieur Jacquet de la Douay, espion de police, chargé de la surveillance
+des hommes de lettres et des libraires, lequel avait été
+arrêté comme s'étant intéressé dans la publication et la vente
+de livres prohibés.</p>
+
+<p>Le sieur Jacquet, entré une première fois à la Bastille le
+30 octobre 1781, en était sorti le 19 novembre 1782, pour être
+conduit à Charenton, puis ramené le 7 novembre 1783, pour
+n'en plus sortir que le 9 juillet 1789. Lors de cette seconde incarcération,
+il était accompagné par le sieur Le Houx, inspecteur
+de police, porteur d'une lettre ainsi conçue:</p>
+
+<blockquote><p class="indent1">Monsieur le marquis de Launay,</p>
+
+<p>Je vous fais cette lettre pour vous dire de recevoir dans mon château de
+la Bastille le sieur Jacquet et de l'y retenir jusqu'à nouvel ordre de ma part.
+Sur ce, je prie Dieu, Monsieur de Launay, qu'il vous ait en sa sainte garde.</p>
+
+<p>Écrit à Fontainebleau, le 3 novembre 1783.</p>
+
+<p class="signature">Signé: LOUIS.</p>
+
+<p class="signature2">Contresigné: AMELOT.</p></blockquote>
+
+<p>La lettre de cachet était quelquefois remplacée
+provisoire<span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">[Pg 8]</a></span>ment
+par une lettre d'anticipation, en attendant celle du roi qui
+devait autoriser l'emprisonnement.</p>
+
+<p>Le major inscrivait sur un registre le nom et la qualité du
+prisonnier, avec le numéro de l'appartement qu'il allait occuper;
+puis escorté de deux porte-clefs, il l'emmenait à la chambre qui lui
+était destinée. En arrivant, le détenu était invité à remettre tout
+ce qu'il avait dans ses poches, sa montre, ses bagues, son argent,
+ses papiers, ses étuis et même ses cure-dents; le major en
+dressait l'inventaire qu'il faisait signer par le prisonnier. Les papiers
+étaient réunis en un paquet que l'on cachetait avec le
+cachet du prisonnier auquel il était rendu. Ce paquet devait être
+ouvert par le magistrat chargé de l'interrogatoire.</p>
+
+<p>Les noms des détenus n'étaient jamais prononcés; ils
+étaient désignés par le nom de la tour dans laquelle ils étaient
+placés, et par le numéro de leur étage. Ils pouvaient obtenir du
+lieutenant de police l'autorisation d'écrire à leur famille et d'en
+recevoir des réponses par son intermédiaire, d'avoir un domestique
+ou un garde-malade, et de recevoir des visites du dehors.</p>
+
+<p>Pendant ces visites, le prisonnier devait rester à une certaine
+distance de son visiteur, afin que celui-ci ne pût pas lui remettre
+ni papiers, ni armes, ni instruments dont il aurait pu abuser.
+On prenait en outre les plus grandes précautions pour que le
+visiteur ne pût être vu d'aucun autre que celui qu'il venait voir.</p>
+
+<p>Plusieurs prisonniers avaient été autorisés à se promener,
+l'un après l'autre, sous l'escorte d'un officier ou d'un porte-clefs,
+dans le jardin, puis sur les plates-formes des tours donnant du
+côté de la rue Saint-Antoine. M. Amelot décida que ces promenades
+n'auraient plus lieu que dans la cour du château. Cette
+cour formait un carré de 30 mètres sur 20; elle était entourée
+de murailles qui avaient plus de 30 mètres de haut, sans aucune
+fenêtre. C'était un large puits où le froid était insupportable
+pendant l'hiver et la chaleur excessive pendant l'été. Cette
+cour sans abri formait le seul passage pour arriver aux cuisines.
+Comme il fallait surtout que le prisonnier fût invisible et qu'il
+ne vît personne, quand il se présentait des étrangers, pendant sa
+promenade, il devait se réfugier dans le <i>cabinet</i>, couloir de
+4 mètres de long sur 65 centimètres de large, pratiqué dans
+l'é<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[Pg 9]</a></span>paisseur
+d'une ancienne voûte. Au moindre soupçon de curiosité,
+sa promenade lui était supprimée, et il était réduit à une claustration
+absolue.</p>
+
+<p>Les prisonniers étaient interrogés dans la salle du conseil du
+château, quelques jours après leur arrivée, par le lieutenant de
+police ou par un conseiller d'État, un maître des requêtes, un
+conseiller ou un commissaire du Châtelet.</p>
+
+<p>Lorsqu'un prisonnier avait obtenu sa liberté, on lui rendait
+les effets, les valeurs et les objets qu'il avait remis en entrant.
+On lui présentait ensuite un registre intitulé: «Livre des sorties
+des prisonniers du château de la Bastille», sur lequel était inscrite
+une formule contenant la promesse de ne jamais révéler ce
+qu'il avait vu ou entendu pendant son séjour à la Bastille, et on
+l'invitait à la signer.</p>
+
+<p>Nous reproduisons l'une de ces déclarations, signée par
+l'abbé Lenglet du Fresnoy, enfermé plusieurs fois à la Bastille à
+cause de ses écrits:</p>
+
+<blockquote><p>«Étant en liberté, je promets, conformément aux ordres du
+Roy, de ne parler à qui que ce soit, ny en aucune manière que
+ce puisse être, des prisonniers ny d'autres choses concernant le
+château de la Bastille, qui auraient pu parvenir à ma connaissance.
+Je reconnais de plus que l'on m'a rendu tout l'or, l'argent, papiers
+et effets que j'ai apportés ou fait apporter audit château.
+En foy de quoi j'ai signé le présent. Fait au château royal de la
+Bastille, le 24 du mois de janvier 1752. Signé: l'abbé Lenglet
+du Fresnoy».</p></blockquote>
+
+<p>En marge du livre se trouve le nom de Lenglet du Fresnoy,
+et au-dessous cette mention: «L'ordre de sortie, contresigné
+d'Argenson, du 17 janvier 1752.»</p>
+
+<p>Le major était chargé de la tenue des livres d'entrée et de
+sortie des prisonniers et du dépôt de leurs effets. Depuis 1774,
+le major Chevalier avait été chargé de la rédaction d'un livre
+secret, contenant toutes les particularités relatives à chacun des
+prisonniers; ce livre ne devait être communiqué qu'aux ministres.
+Tous les jours, le major rendait compte, par lettre, au lieutenant
+de police, des visites reçues, de ce qui s'y était dit et fait.</p>
+
+<p>Le plus important des registres de la Bastille était de
+format<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[Pg 10]</a></span>
+in-folio; il était enfermé dans un carton ou portefeuille couvert
+en maroquin et fermant à clef. Les pages de ce registre étaient
+divisées en sept colonnes, dont chacune portait l'un de ces titres
+imprimés:</p>
+
+<p>1º Noms et qualités des prisonniers;</p>
+
+<p>2º Date des jours d'arrivée des prisonniers au château;</p>
+
+<p>3º Noms des secrétaires d'État qui ont expédié les ordres;</p>
+
+<p>4º Date de la sortie des prisonniers;</p>
+
+<p>5º Noms des secrétaires d'État qui ont signé les ordres d'élargissement;</p>
+
+<p>6º Causes de la détention des prisonniers;</p>
+
+<p>7º Observations et remarques.</p>
+
+<p>Le major remplissait de lui-même les cinq premières colonnes
+et la septième; quant à la sixième, il devait suivre les indications
+que lui donnait le ministre ou le lieutenant de police. Les observations
+et les remarques contenaient l'historique des faits et
+gestes, du caractère, de la vie, des m&oelig;urs et de la fin des prisonniers.</p>
+
+<p>Ces mémoires secrets eussent été accueillis par le public avec
+la plus grande curiosité; il aurait trouvé là des renseignements
+sur beaucoup de points intéressants de notre histoire; mais ce
+précieux recueil ayant été porté en triomphe à l'hôtel de ville, le
+14 juillet 1789, fut livré aux flammes immédiatement.</p>
+
+<p>Étienne de Junca, écuyer, lieutenant du Roy à la Bastille
+depuis le 11 octobre 1690 jusqu'au 26 août 1705, avait tenu pendant
+la durée de ses fonctions un registre qu'il avait intitulé:
+«Mémoires ou agenda de M<sup>r</sup> de Junca, lieutenant du Roy de la
+Bastille.» Ce registre se trouve parmi les manuscrits de la bibliothèque
+de l'Arsenal; il est relié en parchemin blanc et divisé
+en 4 volumes in-folio.</p>
+
+<p>Le premier volume débute ainsi: «État de prisonniers
+qui sont envoyés par ordre du Roy à la Bastille, à commencer du
+mercredi 11 du mois d'octobre, que je suis entré en possession de
+la charge de Lieutenant du Roy en l'année 1690.»</p>
+
+<p>Au verso du folio 37, se trouve cette constatation: «À la date
+du jeudi 18 septembre 1698, trois heures de l'après-midi, M<sup>r</sup> de
+Saint-Mars, gouverneur de la Bastille, est arrivé pour sa
+première<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[Pg 11]</a></span>
+entrée, venant de l'île Sainte-Marguerite, ayant amené avec lui,
+dans sa litière, un prisonnier qu'il avait à Pignerol, dont le nom
+ne se dit pas, lequel on fait tenir toujours masqué, qui fut mis
+d'abord dans la tour de la Bazinière, en attendant la nuit, et que
+je conduisis ensuite moi-même, sur les neuf heures du soir, dans
+la troisième chambre de la tour de la Bertaudière, laquelle
+chambre j'avais eu soin de faire meubler de toutes choses, avant
+son arrivée, en ayant reçu l'ordre de M<sup>r</sup> de Saint-Mars... En le
+conduisant dans ladite chambre, j'étais accompagné du sieur de
+Rosargues, que M<sup>r</sup> de Saint-Mars avait amené avec lui, lequel
+était chargé de servir et de soigner le prisonnier, qui était nourri
+par le gouvernement.»</p>
+
+<p>Le deuxième volume porte en tête: «État des prisonniers
+qui sont sortis de la Bastille, leurs noms et le temps, à commencer
+le 11 octobre 1690, que je suis arrivé.»</p>
+
+<p>Au verso du folio 80, se trouve cette constatation: «À la date
+du lundi 19 novembre 1703, le prisonnier inconnu, toujours
+masqué d'un masque de velours noir, que M<sup>r</sup> de Saint-Mars
+avait amené avec lui des îles Sainte-Marguerite, s'étant trouvé
+hier un peu plus mal, en sortant de la messe, il est mort aujourd'hui,
+sur les dix heures du soir, sans avoir eu une grande maladie.
+M<sup>r</sup> Giraud, notre aumônier, le confessa hier.»</p>
+
+<p>Du mardi 20 novembre 1703:</p>
+
+<p>«Ce même prisonnier a été enterré à quatre heures après
+midi dans le cimetière de Saint-Paul, et son enterrement a coûté
+40 livres.»</p>
+
+<p>Ces mentions établissent avec une authenticité incontestable
+la détention et la mort du personnage mystérieux qui portait un
+masque de velours, et qui est généralement désigné sous le nom
+du <i>Masque de fer</i>.</p>
+
+<hr class="c65" />
+<h2><a name="II" id="II"></a>II</h2>
+
+<p>Le registre de la Bastille acheté à Londres, dont nous allons
+donner la description et faire des extraits, avait été commencé
+le 15 mai 1782; il se termine par un article du 12 juillet 1789.
+Il<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[Pg 12]</a></span>
+renferme beaucoup plus de détails que celui tenu par de Junca,
+et il est bien plus étendu pour une période moins longue. Il
+constate jour par jour l'entrée et la sortie des prisonniers, avec
+les dates, les noms des signataires des ordres en vertu desquels
+le gouverneur avait agi, la date de leurs interrogatoires, des
+visites de leurs médecins, de leurs avocats, de leurs notaires,
+de leurs parents ou de leurs amis, l'entrée et la sortie de leurs
+correspondances, l'entrée des commissaires et des agents chargés
+de classer les archives de la Bastille et de surveiller
+la destruction des ouvrages mis au pilon, avec l'indication de la
+durée de chaque séance. Il contient, dans une forme précise et
+brève, de nombreux renseignements sur le régime des prisonniers,
+sur le caractère de leur détention, sur les secours qui
+leur étaient fournis par leur famille, sur les adoucissements
+apportés à leur captivité, tant par le gouverneur que par les ministres
+et le lieutenant-général de police, enfin la relation des
+troubles qui se sont produits autour de la Bastille avant le
+14 juillet, et des précautions qui avaient été prises à cette occasion
+dans le château.</p>
+
+<p>Le volume est de format in-folio; il s'ouvre par ce titre
+inscrit sur une feuille séparée:</p>
+
+<p>«Répertoire ou Journalier du château de la Bastille à commencer
+le mercredi 15 mai 1782.»</p>
+
+<p>Il se compose de 183 feuillets numérotés, formant 366 pages
+de 40 lignes environ, avec une marge sur laquelle se trouvent
+indiquées les dates des constatations. Il était tenu jour par jour,
+par l'un des officiers de la Bastille, sans doute par de Losme-Salbray,
+major adjoint; il renfermait les éléments de la correspondance
+qui devait être adressée quotidiennement au lieutenant
+de police. Il porte au verso du 1<sup>er</sup> feuillet, sur la marge, les
+signatures de Chevalier, Bailly de Gaillardon et de De Losme,
+apposées dans cet ordre, en face d'une constatation. Il ne contient
+aucune signature de prisonniers ni celle du gouverneur.</p>
+
+<hr class="c45" />
+
+<p>Les mentions que nous allons maintenant relever n'ont pas
+besoin de commentaires; elles font défiler sous nos yeux des
+personnages dont le nom évoque les souvenirs les plus
+caracté<span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[Pg 13]</a></span>ristiques
+du temps; vers la fin, elles évoquent les mouvements
+et les tumultes populaires précurseurs de la chute de la Bastille.</p>
+
+<hr class="c45" />
+
+<p>Le texte du registre débute ainsi:</p>
+
+<p>«Cejourdhui quinze mai 1782, M. le marquis de Launay, gouverneur
+du château royal de la Bastille, a reçu conformément
+aux ordres du Roy, le sieur de Losme, en qualité d'officier
+adjoint à l'État-major pour en faire les fonctions dans tous les
+détails attachés à cette place.</p>
+
+<p>«Envoyé à M. Lenoir une lettre de l'abbé Duvernet et une
+autre de La Coste de Mézières.</p>
+
+<p>«Le 19 mai 1782, M. Lenoir est venu et a fait sortir le sieur
+Linquet, avocat, enfermé à la Bastille le 27 septembre 1780.</p>
+
+<p>«Le 21 octobre 1782, à une heure et demie du matin, le sieur
+Lompré, inspecteur de police, a amené le sieur Marchand, intendant
+des princes de Rohan et de Guémenée, sur une lettre d'anticipation
+de M. Lenoir, en date du 20. M. Lenoir est venu voir
+le prisonnier l'après-midi.</p>
+
+<p>«Le 15 février 1783, d'après ce que M. Amelot avait dit à M.
+le Gouverneur, M. Lenoir ayant donné une lettre relative, M. le
+cardinal de Rohan est venu à quatre heures et demie dans le salon
+du Gouvernement et est resté jusqu'à six avec le sieur Marchand,
+M. le Gouverneur et un officier de l'État-major présents. Le sieur
+Marchand avait été conduit dans une chambre du Gouvernement
+d'où il est venu dans le salon.</p>
+
+<p>«Le 26 février, à midi, M. le cardinal de Rohan est venu et
+est resté jusqu'à une heure dans le salon du Gouvernement avec
+le sieur Marchand.</p>
+
+<p>«Le 12 décembre 1785, à six heures du soir, le sieur Surbois,
+inspecteur de police, est venu chercher le sieur Marchand avec
+un ordre du Roy, contresigné Baron de Breteuil, pour sa liberté;
+néanmoins ledit inspecteur l'a conduit aux Minimes de la place
+Royale où ledit sieur Marchand doit être gardé par un homme
+affidé de la maison de Rohan et un commis pour y travailler à
+rendre ses comptes.</p>
+
+<p>«Le 19 novembre 1782, à neuf heures du matin.&mdash;Le
+sieur<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[Pg 14]</a></span>
+Lehoux, inspecteur de police, est venu chercher le sieur Jaquet
+de la Douay pour le conduire chez les frères de Charenton;
+avant de sortir, il a feint de vouloir se tuer en se donnant un
+coup avec un goulot de bouteille qui était même très uni.</p>
+
+<p>«Le 7 novembre 1783.&mdash;Le sieur Jaquet a été amené de Charenton
+à midi par le sieur Lehoux, inspecteur de police, sur un
+ordre du roy du 3 novembre 1783, contresigné Amelot.</p>
+
+<p>«Écrit tout de suite à M. Amelot et à M. Lenoir pour leur
+rendre compte de l'arrivée de ce prisonnier.</p>
+
+<p>«Le 9 juillet 1789.&mdash;Le commissaire Chenon est venu à une
+heure, et il a dressé procès-verbal de la remise de tous les effets
+au sieur Jaquet, par lequel ce prisonnier a reconnu les avoir
+reçus et en décharge M. le gouverneur et tous autres, réservant
+ledit prisonnier la répétition d'une somme de 4,040 fr. qui
+ont été remis antérieurement par ordre de M. le commissaire
+Chenon à une personne quelconque. M. le gouverneur a mis dans
+les lettres des magistrats le reçu que lui a donné ledit commissaire
+Chenon père.</p>
+
+<p>«À onze heures du soir, le sieur Jaquet a été mis en liberté
+sur la lettre de cachet datée du 5, contresignée de M. Villedeuil.
+Le sieur Vosgien s'en est chargé pour le conduire à la diligence
+de Bezançon: il est exilé à Lons-le-Saulnier, son pays.</p>
+
+<p>«Informé et rendu compte au magistrat et au ministre de cette
+sortie.</p>
+
+<p>«Le 28 février 1784.&mdash;Le sieur Surbois, inspecteur de police,
+a amené de Vincennes, à dix heures et demie du soir,
+le sieur comte de Solages. L'ordre du roy, contresigné de Breteuil,
+est daté du 31 janvier: il est logé à la quatrième Bertaudière.</p>
+
+<p>«Le 29 février 1784, à deux heures du matin.&mdash;Le sieur Surbois,
+inspecteur de police, a amené le sieur de Whyte. L'ordre
+du roy, contresigné de Breteuil, est daté du 31 janvier. Il est logé
+à la deuxième Bertaudière. Le sieur de Whyte est fou, et par
+cette raison on a fait signer son entrée par l'inspecteur de police
+qui l'a conduit.</p>
+
+<p>«Envoyé une lettre à M. le baron de Breteuil et à M. Lenoir,
+pour leur rendre compte de l'arrivée du sieur comte de Solages.
+<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[Pg 15]</a></span></p>
+
+<p>«Envoyé à M. le baron de Breteuil et à M. Lenoir lettres pour
+leur rendre compte de l'arrivée du sieur de Whyte.</p>
+
+<p>«Le 23 avril 1787.&mdash;Le sieur Pyat, commissaire des Guerres,
+m'ayant apporté 700 livres pour le quartier du courant de la
+pension et entretien du sieur comte de Solages, je lui ai donné
+mon reçu de ladite somme au nom de M. Bosquet, motivé suivant
+l'usage pour le compte de M. le gouverneur, pour causes à
+eux connues, et à M. le lieutenant général de police, à imputer
+jusqu'au dernier juin prochain.</p>
+
+<p>«Remis les 700 livres tout de suite à M. le gouverneur en
+trois billets rouges.</p>
+
+<p>«Le 4 avril 1789.&mdash;Remis à M. le gouverneur 700 livres pour
+les trois mois courants de la pension du comte de Solages, dont
+j'ai donné le reçu motivé suivant l'usage pour causes à lui connues
+et à M. le lieutenant général de police.</p>
+
+<p>«Le 14 août 1788.&mdash;Le sieur Girard, notaire, et Argent,
+procureur, sont venus pour recevoir une procuration du sieur
+de Whyte, qui ne les a pas voulu écouter, ainsi que son état de
+folie perpétuelle indiquait qu'il devait faire.</p>
+
+<p>«16 février 1789.&mdash;À une heure et demie, est venu M. Angrand
+d'Alleray, lieutenant civil, avec le greffier Rousseau; il a
+interrogé le sieur de Whyte de Malleville, et ayant fait dresser
+un procès-verbal de ses réponses, il a fait signer MM. les gouverneur
+et major de leur dire que ce prisonnier était toujours
+dans le même état de délire, et que des papiers qu'ils lui ont
+remis étaient de son écriture.</p>
+
+<p>«Le 29 février 1784.&mdash;Le sieur Surbois, inspecteur de police,
+a amené de Vincennes, à neuf heures du soir, le sieur marquis
+de Sade. L'ordre de roy, contresigné de Breteuil, est daté du
+31 janvier: il est logé à la deuxième Liberté.</p>
+
+<p>«Le 1<sup>er</sup> mars, rendu compte au ministre et à M. Lenoir de
+l'arrivée du prisonnier.</p>
+
+<p>«Le 5 mars.&mdash;M. Lenoir est venu à midi; il est resté jusqu'à
+une heure et demie; il a vu le sieur comte de Chavaigne et le
+sieur marquis de Sade.</p>
+
+<p>«Le 16 mars.&mdash;M<sup>me</sup> la marquise de Sade est venue à quatre
+heures, est restée jusqu'à sept avec le sieur marquis son
+mari,<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[Pg 16]</a></span>
+sur une permission de M. Lenoir, datée de ce jour, pour voir son
+mari deux fois par mois; elle doit revenir le 27; elle lui a apporté
+six livres de bougie.</p>
+
+<p>«Le 14 avril.&mdash;M. le gouverneur a trouvé bon qu'on laissât
+au sieur marquis de Sade un couteau rond pour dîner, lequel couteau
+il remettra tous les jours quand on ira le desservir.</p>
+
+<p>«Le 20 avril.&mdash;Le sieur Girard, notaire, est venu pour faire
+signer une procuration au sieur marquis de Sade, qui a refusé
+de donner sa signature.</p>
+
+<p>«Le 24 mai 1784.&mdash;La dame marquise de Sade est venue à
+trois heures et demie et est restée jusqu'à six heures avec le sieur
+marquis de Sade, son mari. Elle lui a apporté une paire de draps,
+dix-neuf cahiers de papier, une demi-livre de pâte de guimauve,
+une bouteille d'encre et une bouteille d'orgeat, et une boîte de
+pastilles de chocolat.</p>
+
+<p>«Le 7 juin.&mdash;La marquise de Sade est venue à quatre heures
+et a été jusqu'à six avec le sieur marquis de Sade, son mari.
+Elle lui a apporté six coeffes de bonnet, six grosses plumes taillées,
+six de coq et vingt et un cahiers de papier réglé, et aussi
+elle lui a apporté, mais pour rendre, deux comédies brochées et
+trois volumes reliés de relations de voyages à Maroc, et de voyages
+pour la rédemption des captifs.</p>
+
+<p>«Le 24 septembre.&mdash;Donné à M. le président de Montreuil
+un reçu (toujours motivé pour causes à lui connues et à M. Lenoir)
+de 350 livres pour 1 mois et 23 jours de la pension du
+sieur marquis de Sade, à imputer jusqu'au 1<sup>er</sup> octobre.</p>
+
+<p>«M. le Gouverneur a touché cet argent.</p>
+
+<p>«Le 5 octobre 1786.&mdash;Les sieurs Gibert l'aîné et Girard,
+notaires, sont venus pour faire signer une procuration au sieur
+de Sade, suivant le désir de sa famille, ce qu'il a refusé de
+faire.</p>
+
+<p>«Le 20 janvier 1787.&mdash;Écrit à M<sup>me</sup> la marquise de Sade pour
+la prier, de la part de M. le gouverneur, d'envoyer une pièce de
+vin, pareil à celui dont elle boit, pour le sieur marquis de Sade,
+son mari, sous condition expresse d'en payer le prix, et que cette
+condescendance est pour faire chose agréable audit sieur marquis
+de Sade et pour satisfaire au désir qu'il a de boire d'un vin
+<span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">[Pg 17]</a></span>
+auquel il était accoutumé. M. le lieutenant du roy était présent
+à l'invitation que M. le gouverneur m'a faite d'écrire cette
+lettre.</p>
+
+<p>«Le 8 juillet 1788.&mdash;Remis à M. le gouverneur 600 livres
+pour le quartier courant de la pension du sieur comte de Sade,
+dont j'ai donné reçu à M. le président de Montreuil, motivé, suivant
+l'usage, pour causes à lui connues et à M. le lieutenant
+général de police.</p>
+
+<p>«Le 28 mai 1789.&mdash;Remis à M. Coquerel le reçu de 600 livres
+pour le quartier courant de la pension de M. de Sade, d'après la
+volonté de M. le gouverneur, lequel reçu il doit toucher chez
+M. Gibert l'aîné, notaire, cloître Sainte-Opportune; il est motivé
+suivant l'usage.</p>
+
+<p>«Le 5 juin 1789.&mdash;La promenade du comte de Sade étant
+suspendue jusqu'à nouvel ordre, le prisonnier n'ayant pas voulu
+tenir compte de la signification par écrit que le major lui en a
+envoyée, il a voulu forcer les sentinelles de sa porte et du pied
+de la tour, qui l'ont obligé de rentrer dans sa chambre en lui
+montrant le bout du fusil d'un peu près.</p>
+
+<p>«Le 15 juin.&mdash;Le sieur comte de Sade a eu la visite de la
+dame son épouse.</p>
+
+<p>«Le 2 juillet 1789.&mdash;Le comte de Sade a crié par sa fenêtre,
+à diverses reprises, qu'on égorgeait les prisonniers de la Bastille
+et qu'il fallait venir le délivrer.</p>
+
+<p>«Le 4 juillet.&mdash;À une heure du matin, d'après le compte qui
+avait été rendu à M. de Villedeuil, de la scène du sieur comte de
+Sade, du 2, il a été conduit à Charenton par le sieur Quidor,
+inspecteur de police, et le commissaire Chenon a mis les scellés
+sur sa chambre.</p>
+
+<p>«Le 11 juillet 1784.&mdash;À trois heures du matin, le sieur Lafitte
+de Pelport<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>
+a été amené par le sieur de Longpré, inspecteur,
+sur une lettre d'anticipation de M. Lenoir, datée du 10.</p>
+
+<div class="footnote">
+<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Le
+marquis de Pelleport (Anne-Gédéon de Laffite), auteur du <i>Diable dans
+un bénitier</i>.</p>
+</div>
+
+<p>«Le 3 octobre 1788.&mdash;Le sieur Pelport a été mis en liberté à
+une heure et demie, sur une lettre de cachet contresignée Laurent
+<span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">[Pg 18]</a></span>
+de Villedeuil, en date du 1<sup>er</sup> de ce mois. Le sieur....., inspecteur
+de police, lui a fait signer une soumission d'être toujours à
+trente lieues de Paris.</p>
+
+<p>«Rendu compte et informé le ministre et le commissaire du
+roy de la sortie de ce prisonnier.</p>
+
+<p>«Le 12 juillet 1784.&mdash;Le sieur Henry, inspecteur de police,
+a amené, à une heure et demie du matin, le sieur Brissot de
+Warville<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>,
+sur une lettre d'anticipation de M. Lenoir du
+1<sup>er</sup> juillet 1784.</p>
+
+<div class="footnote">
+<p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a>
+Brissot de Varville, avocat, accusé d'avoir composé des libelles.</p>
+</div>
+
+<p>«Le 10 septembre 1784.&mdash;Le sieur Brissot de Warville a été
+mis en liberté à une heure trois quarts après midi, sur l'ordre du
+roy, contresigné baron de Breteuil, en date du 5 de ce mois.</p>
+
+<p>«Le 16 août 1785.&mdash;Après quatre heures, lettre de M. le
+baron de Breteuil, qui mande M. le gouverneur pour lui venir
+parler tout de suite. M. le lieutenant du roy y a été en son
+absence.</p>
+
+<p>«À onze heures et demie du soir, M. le cardinal de Rohan,
+grand aumônier, évêque de Strasbourg, commandeur des ordres
+du roy, a été amené au château par M. le comte d'Agoult, premier
+aide-major-général des gardes du corps. M. le marquis de
+Launay, gouverneur, avait été au parloir du cardinal le chercher,
+et l'a amené dans sa voiture, ainsi que M. d'Agoult. Le lieutenant
+du roy, M. le chevalier de Saint-Sauveur, a cédé son appartement
+pour cette nuit et pour donner le temps de meubler l'appartement
+du premier.</p>
+
+<p>«Le 17 août.&mdash;À une heure du matin, deux valets de chambre
+de M. le cardinal sont arrivés avec des paquets; lesdits valets de
+chambre ont couché chacun dans un cabinet de l'appartement;
+ils sont enfermés, ainsi que leur maître, sous clefs: ils s'appellent
+Brandner et Screibert.</p>
+
+<p>«À huit heures du matin, M. le baron de Breteuil et M. de
+Crosne sont venus et ont passé une demi-heure dans la chambre
+de M. le cardinal.</p>
+
+<p>«À onze heures, le gouverneur a amené dans sa voiture M.
+le cardinal. Ils sont rentrés au château à huit heures et demie.
+<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[Pg 19]</a></span></p>
+
+<p>«Le 18 août.&mdash;S. A. M<sup>gr</sup> le prince de Condé est venu à onze
+heures et demie; il a été un quart d'heure dans l'appartement de
+M. le cardinal de Rohan. M. le gouverneur a été présent à la
+visite. L'usage ancien voulait que le prince du sang restât dans
+sa voiture et qu'on lui amenât le prisonnier; mais il a demandé
+à le voir comme parent, et même il était mis sur la liste que
+M. le baron de Breteuil a dictée à M. le gouverneur.</p>
+
+<p>«M. de Crosne est venu à sept heures et demie avec M. de la
+Chapelle, premier commis de la maison du Roy; ils ont été
+jusqu'à près de neuf heures chez M. le cardinal; M. le gouverneur
+était présent.</p>
+
+<p>«Dans le courant de la journée, M. le cardinal a reçu dans son
+appartement le sieur Travers, son chirurgien Racle le matin et
+le soir, Carbonnière, MM. l'abbé Georgel, l'abbé de Villefon et
+l'abbé Bidot, Cotte valet de chambre, les princes Ferdinand
+Montbazon, la princesse et les princes de Soubise et Charles de
+Rohan.</p>
+
+<p>«Le 19 août.&mdash;M. le gouverneur est sorti à neuf heures et
+demie avec M. le cardinal qui a monté dans sa voiture. Ils ont
+été à Versailles et sont revenus à deux heures un quart. Le gouverneur
+s'est servi de ses chevaux et avait demandé des chevaux
+de poste qui l'ont attendu à la place Louis XV.</p>
+
+<p>«Le 20 août.&mdash;Le sieur Surbois, inspecteur de police, a
+amené à quatre heures du matin la dame comtesse de la Motte
+de la Penissière. Cette dame est dans son nom de demoiselle
+Valois, descendante de la maison royale par bâtardise,
+à ce que l'on dit, et a été aidée dans sa jeunesse, ainsi que
+ses frère et s&oelig;ur, d'après cette prétention. Elle a été logée à la
+3<sup>e</sup> Comté.</p>
+
+<p>«Le 20 août, à dix heures et demie, le sieur Longpré, inspecteur
+de police, a conduit au château le sieur baron de Planta.
+On l'a logé à la 3<sup>e</sup> de la tour Bazinière par ordre du Roy, contresigné
+du baron de Breteuil, en date du 18 de ce mois. L'abbé
+Georgel l'a vu descendre de voiture dans la cour du gouvernement,
+n'ayant pas pu faire entrer la voiture à cause des croisées
+de M. le cardinal sur la cour. Le gouverneur lui a demandé sa
+parole d'honneur de n'en pas parler à M. le
+cardinal.<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[Pg 20]</a></span></p>
+
+<p>«M. le comte de Vergennes et M. le maréchal de Castries sont
+venus à onze heures et demie et sont restés jusqu'à trois heures
+seuls dans l'appartement de M. le cardinal de Rohan. Ils avaient
+un ordre du Roy, contresigné baron de Breteuil, pour le voir ce
+jour, 20 août, et M. le baron de Breteuil avait donné l'ordre verbal
+à M. le gouverneur de laisser les ministres seuls avec le prisonnier.
+Ces Messieurs ont monté voir une chambre de prisonnier;
+ils ont vu la 2<sup>e</sup> du Coin et ont monté sur les tours.</p>
+
+<p>«M. de Crosne est venu à huit heures avec le commissaire
+Chenon et ils ont travaillé dans la salle du Conseil avec la comtesse
+de La Motte, jusqu'à trois heures du matin.</p>
+
+<p>«Le 22 août, à une heure du matin, est entré au château, de
+la Porte, avocat, conduit par le sieur Quidor, inspecteur de police,
+sur l'ordre du Roy, contresigné baron de Breteuil, en date du 21
+de ce mois, logé à la 4<sup>e</sup> du Puits.</p>
+
+<p>«À six heures et demie du matin, le sieur Grenier, orfèvre, a
+été conduit au château par le sieur Quidor, inspecteur de police,
+sur l'ordre du Roy, contresigné baron de Breteuil, en date du 21
+de ce mois, logé à la 4<sup>e</sup> du Coin.</p>
+
+<p>«Le 23.&mdash;Le sieur des Brugnières, inspecteur de police, a
+conduit au château le sieur comte de Cagliostro, à huit heures
+du matin, sur une lettre de cachet contresignée baron de Breteuil,
+en date du 21, logé à la Calotte Comté.</p>
+
+<p>«À dix heures du matin, le sieur des Brugnières, inspecteur
+de police, a amené la dame comtesse de Cagliostro, sur une lettre
+de cachet contresignée baron de Breteuil, en date du 21, logée
+à la 4<sup>e</sup> Liberté.</p>
+
+<p>«Le 24.&mdash;À deux heures et demie du matin, le sieur Surbois,
+inspecteur, a conduit au château la dame de la Motte de Latour;
+elle a été logée à la 1<sup>re</sup> du Puits.</p>
+
+<p>«Le 26.&mdash;MM. de Vergennes, de Castries et de Breteuil sont
+venus avant midi et sont restés jusqu'à plus de midi et demie
+avec M. le cardinal dans sa chambre.</p>
+
+<p>«Le 27, à neuf heures et demie du matin, le sieur Quidor,
+inspecteur de police, a conduit au château la nommée Madelaine
+Brissault, dite Rosalie.</p>
+
+<p>«Le 27.&mdash;Le sieur Laporte a été mis en liberté,
+cejour<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[Pg 21]</a></span>d'hui,
+sur une lettre de cachet contresignée baron de Breteuil,
+en date du 24 de ce mois.</p>
+
+<p>«Le 29.&mdash;Sur l'apparence de désespoir et des propos tenus
+par le sieur Cagliostro, écrit à M. de Crosne que ce prisonnier
+demandait un garde qui pût le désennuyer et l'empêcher d'effectuer
+ses idées noires. M. de Crosne a écrit à M. le gouverneur de
+mettre auprès de lui un bas officier, doux, exact et ferme, ce qui
+a été exécuté à dix heures du soir.</p>
+
+<p>«1<sup>er</sup> septembre 1785.&mdash;Le commissaire Chenon est venu demander
+de l'écriture des différents prisonniers arrêtés à l'occasion
+de l'affaire de M. le cardinal de Rohan et en a emporté.</p>
+
+<p>«Le 2 septembre, à huit heures et demie du matin, le sieur
+Grenier a été mis en liberté sur une lettre d'anticipation et en
+présence de M. de Crosne.</p>
+
+<p>«Le 4 novembre, à huit heures du soir, le sieur Quidor, inspecteur
+de police, ayant un ordre de M. le comte de Vergennes,
+a conduit le sieur de Beaussire et la demoiselle Leguay, dite
+d'Oliva.</p>
+
+<p>«Rendu compte et informé M. le baron de Breteuil et M. de
+Crosne de l'arrivée des deux prisonniers;</p>
+
+<p>«Lettre d'anticipation de M. de Crosne, datée du 3, pour recevoir
+les deux prisonniers ci-dessus.</p>
+
+<p>«Le 12 septembre.&mdash;Reçu les deux lettres de cachet pour
+l'entrée de dame Leguay dite d'Oliva et du sieur Toussaint de
+Beaussire, contresignées Gravier de Vergennes.</p>
+
+<p>«Le 29 septembre.&mdash;Le sieur Regnault est venu à quatre
+heures et a emmené au Palais la dame d'Oliva, l'a remenée à
+sept heures et demie. Il lui avait préalablement fait une signification.
+On a donné Foin, bas officier, pour escorte.</p>
+
+<p>«11 janvier 1786.&mdash;À midi et demi a été faite à M. le cardinal
+de Rohan la signification de son décret de prise de corps; à cinq
+heures, M. Titon, commissaire du Parlement, et le sieur Fremyn,
+greffier, sont venus pour commencer les interrogatoires.</p>
+
+<p>«Le 16 janvier.&mdash;La dame Leguay dite d'Oliva, se trouvant
+grosse de cinq mois et dans le cas de passer les grands remèdes,
+il lui a été donné hier la nommée Catherine pour garde et la
+soigner.<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[Pg 22]</a></span></p>
+
+<p>«Le 19 janvier.&mdash;Le décret de la dame d'Oliva lui a été signifié
+à une heure et demie par le sieur Sergent, huissier au Parlement.
+À cinq heures, M. Titon, rapporteur de l'affaire et son
+greffier étant arrivés, la dame d'Oliva a subi son interrogatoire
+jusqu'à huit heures.</p>
+
+<p>«Le 20 janvier.&mdash;M. Titon, avec son greffier, a interrogé la
+dame de Valois de la Motte, depuis cinq heures jusqu'à neuf.
+La signification du décret a été faite ce matin à onze heures et
+demie.</p>
+
+<p>«Le 30 janvier.&mdash;Le décret du sieur comte de Cagliostro a
+été signifié à une heure.</p>
+
+<p>«Le 11 mars 1786.&mdash;Le sieur Toussaint de Beaussire a été
+mis en liberté de ce château à huit heures et demie du matin,
+sur un ordre du Roy contresigné baron de Breteuil, du 4 février.
+Il a été remis au nommé Grandmaison, envoyé par le sieur
+Quidor, inspecteur de police, pour le conduire à une maison de
+force du faubourg Saint-Antoine.</p>
+
+<p>«Le 24 mars.&mdash;Depuis neuf heures jusqu'à une, M. Dupuy
+de Marcé avec Fremyn greffier a confronté la dame de la Motte
+avec le sieur comte de Valbonne et affronté les dames de la Motte
+et d'Oliva. À quatre heures, la dame de la Motte a été confrontée
+au sieur Desclou ainsi que M. le cardinal ensuite et la demoiselle
+d'Oliva: la dame de la Motte a été confrontée avec M<sup>me</sup> la
+comtesse Dubarry, et M. le cardinal a été après confronté avec
+la dame d'Oliva. La séance a fini à neuf heures et demie.</p>
+
+<p>«Le 26 mars.&mdash;La dame Cagliostro a été mise en liberté à
+dix heures du matin, sur une lettre de cachet datée du 25, contresignée
+baron de Breteuil.</p>
+
+<p>«Le 4 mai.&mdash;Les sieurs Thilorier et Bosquillon sont venus
+dîner avec le sieur Cagliostro.</p>
+
+<p>«Le 12 mai, à minuit et demi, la dame d'Oliva s'étant trouvée
+indisposée, Lecoq, chirurgien-major a été réveillé, et jugeant
+qu'elle allait accoucher, on a envoyé chercher la matrone Choppin.
+La dame d'Oliva est accouchée à quatre heures du matin
+d'un garçon.</p>
+
+<p>«Le 13 mai, à huit heures et demie du soir, le fils de la dame
+Oliva a été baptisé à Saint-Paul, sous le nom de
+Jean-Baptiste-<span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">[Pg 23]</a></span>Toussaint
+Beaussire. Le parrain et la marraine, deux pauvres.
+Le sieur Robin, tuteur de la dame d'Oliva, la femme Choppin,
+sage-femme, et la veuve Richard pour porter l'enfant, ont été à
+la paroisse.</p>
+
+<p>«Le 29 mai 1786.&mdash;À dix heures du soir, les sieurs Sergent
+et Regnault, huissiers du Parlement, sont venus chercher le
+sieur Retaux de Villette pour le conduire à la Conciergerie.</p>
+
+<p>«À onze heures, les mêmes sont revenus prendre la dame
+d'Oliva pour la conduire aussi à la Conciergerie avec son enfant
+et la garde.</p>
+
+<p>«À minuit passé, les mêmes sont revenus prendre la dame de
+la Motte, pour la conduire aussi à la Conciergerie.</p>
+
+<p>«Le 30 mai.&mdash;À quatre heures du matin lesdits sieurs Sergent
+et Regnault, huissiers du Parlement, sont venus chercher le
+sieur Cagliostro pour le conduire au Palais.</p>
+
+<p>«À six heures, M. le gouverneur et M. le lieutenant du roy
+ont accompagné M. le cardinal de Rohan au Palais; ils y doivent
+passer la journée dans le cabinet du sieur Lebret, greffier en
+chef, qui l'a prêté pour que M. le cardinal fût dans un lieu propre
+et à portée de la salle d'audience où il devait se rendre à la première
+invitation.</p>
+
+<p>«Le 30.&mdash;À six heures et demie, le sieur Cagliostro a été
+ramené par les mêmes huissiers Sergent et Regnault.</p>
+
+<p>«À sept heures, M. le cardinal est revenu: il avait un grand
+habit violet. Après avoir parlé un moment au Palais, il a été
+invité à s'asseoir, ce qu'il a fait, et cette invitation, dit-on, n'a
+pas d'exemple.</p>
+
+<p>«Le 31 mai.&mdash;À cinq heures, M. le cardinal de Rohan a été
+accompagné par M. le gouverneur et M. le lieutenant du roy au
+Palais, ainsi qu'il avait été fait le 30.</p>
+
+<p>«À six heures et demie, le sieur Sergent, huissier du Parlement,
+est venu chercher le sieur Cagliostro pour le conduire au
+Parlement.</p>
+
+<p>«Le sieur Cagliostro a été ramené par l'huissier Sergent à
+sept heures.</p>
+
+<p>«M. le cardinal est rentré à plus de dix heures étant déchargé
+purement et simplement d'accusation.
+<span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">[Pg 24]</a></span></p>
+
+<p>«Le 1<sup>er</sup> juin.&mdash;À dix heures, M. le cardinal de Rohan a été
+mis en liberté, sur une lettre de M. le baron de Breteuil en date
+du même jour. Il est sorti avec M. le prince de Montbazon, son
+frère.</p>
+
+<p>«Brandner, Screibert et Liegeurs, valets de chambre, sont
+sortis en même temps.</p>
+
+<p>«À onze heures, le sieur Cagliostro a été mis en liberté sur la
+même lettre ci-dessus de M. le baron de Breteuil, et il lui a été
+remis les effets restés de sa femme, sur son reçu mis au bas d'un
+procès verbal qu'en a fait le commissaire Chenon fils.</p>
+
+<p>«Rendu compte et informé tout de suite M. le baron de Breteuil
+et M. de Crosne.</p>
+
+<p>«Le 2 juin.&mdash;Remis au sieur Hubert fils, greffier, concierge
+du Palais, les hardes et linges de la dame de Valois de Lamotte
+qui étaient peu considérables, en ayant préalablement fait le
+détail au bas de la lettre de ladite dame qui les demandait, et fait
+mettre au bas dudit détail le reçu dudit sieur Hubert.</p>
+
+<p>«La dame de Lamotte n'avait emporté lors de son transport
+à la Conciergerie que ce qu'elle avait sur elle.</p>
+
+<p>«Le 15 juillet 1788.&mdash;Depuis trois heures du matin jusqu'à
+sept, il a été conduit au château les sieurs de Montluc, de la
+Rouerie, de Châtillon, de Metumières, de la Peronière, de la
+Fruglaye, de Tremergat, de Carné, de Guer, de Bédé, de Bec de
+Lièvre, de Cice, chacun par un officier major de la garde de Paris
+et un inspecteur de police. Ils ont été reçus sur des lettres de
+cachet contresignées de M. le baron de Breteuil. Ces douze gentilshommes
+bretons avaient été chargés par la noblesse de Bretagne
+de présenter au roi un mémoire sur des réformes à faire.</p>
+
+<p>«Remis des paquets de linges et hardes à plusieurs des prisonniers
+gentilshommes bretons qui leur ont été envoyés.</p>
+
+<p>«M. de Crosne qui a visité les douze gentilshommes a reçu
+d'eux différentes lettres: il a dit de leur donner plumes, encre,
+papier, couteaux, ciseaux, montres, promenades, en un mot de
+faire pour eux tout ce qui était possible. Il a trouvé bon que
+trois de ces Messieurs, qui avaient leurs domestiques, les gardassent.</p>
+
+<p>«Le 18.&mdash;À quatre heures et demie après midi, remis à
+cha<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[Pg 25]</a></span>cun
+de Messieurs les gentilshommes bretons une lettre de Messieurs
+les États de Bretagne, envoyée par M. de Crosne.</p>
+
+<p>«Le 28.&mdash;M. de la Fruglaye le fils ayant obtenu la permission
+de venir s'enfermer avec monsieur son père, il y a eu un
+combat de tendresse qui a fini par l'ordre qu'a donné le père
+au fils, auquel il a fallu obéir, de s'en retourner ou de rester
+à Paris.</p>
+
+<p>«Le 21 août.&mdash;Il a été loué un billard qui a été mis dans la
+chambre du major pour l'amusement de Messieurs les gentilshommes
+bretons.</p>
+
+<p>«Le 12 septembre.&mdash;M. de la Fruglaye a eu la visite de son
+fils à qui M. le gouverneur a permis de dîner avec son père et les
+cinq autres de ces Messieurs qui formaient la table.</p>
+
+<p>«À huit heures et demie, tous Messieurs les Bretons étaient
+en liberté.</p>
+
+<p>«Rendu compte au ministère et informé le commissaire du
+roi de leur sortie.</p>
+
+<p>«Le 19 mai 1783.&mdash;M. Martin est venu à huit heures du
+matin; il avait fait avertir les sieurs Cazin et Cornu qui ont
+reconnu les différents livres et autres imprimés qui étaient au
+dépôt des saisies, envoyés par ordre des ministres. On a employé
+une vingtaine de bas officiers pour déchirer. M. Lenoir est venu
+vers midi et a ordonné qu'il serait gardé un certain nombre
+d'exemplaires de certains ouvrages, lesquels seraient mis au
+dépôt ordinaire.</p>
+
+<p>«Condamné d'autres à être déchirés.</p>
+
+<p>«25 mai.&mdash;Les sieurs Cazin et Cornu sont venus travailler la
+matinée à l'arrangement des livres réservés du pilon. M. Martin
+est venu passer deux heures.</p>
+
+<p>«Le 14 juin.&mdash;M. Martin et le sieur Cazin sont venus travailler
+toute la journée au pilon; ils ont occupé toute la journée
+deux bas officiers.</p>
+
+<p>«M. Martin a retiré de l'armoire du premier cinq paquets qu'il
+a mis sous cachet ledit jour dans le dépôt des livres.</p>
+
+<p>«25 juillet 1785.&mdash;M. le gouverneur a envoyé à M. Lenoir
+deux paquets de livres qui étaient étiquetés pour MM. d'Amoury
+et Cardonne, d'après la lettre de M. Lenoir du 23 qui
+demandait<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[Pg 26]</a></span>
+deux exemplaires de chaque livre du dépôt, pour être donnés à
+M. de la Michodière, beau-père de M. de Crosne.</p>
+
+<p>«Le 21 mars 1786.&mdash;À sept heures et demie du matin, le
+nommé Chambon, commissionnaire de livres, a été amené par
+le sieur Henry, inspecteur de police.</p>
+
+<p>«À deux heures, le sieur Henry a amené le nommé Point
+Dupré et une charrette remplie d'imprimés et d'une imprimerie.</p>
+
+<p>«Le 22 avril 1786.&mdash;À deux heures, le sieur Henry, inspecteur,
+a apporté des ballots de brochures qui ont été mis au dépôt
+des livres et dont 834 cahiers du rideau levé, 7 cahiers du recueil,
+44 de la gazette noire. Il y avait 14 exemplaires de brochés qui
+ont été remis par le sieur Henry à M. de Crosne.</p>
+
+<p>«Le 16 mai 1787.&mdash;Les papiers concernant M. de Vendosme
+qui étaient au château par suite du sieur chevalier d'Hauterive,
+ont été donnés en communication par ordre du ministre au
+sieur Bejot, garde des manuscrits de la Bibliothèque du roy; présence
+du sieur Bouyn, employé aux archives du château; ils m'ont
+fait la reconnaissance et mis en ordre dans une des pièces du
+gouverneur, afin de demander au ministre un ordre pour en
+exporter à la Bibliothèque du roy ce qu'ils en estiment mériter la
+peine.</p>
+
+<p>«24 mai.&mdash;Remis à M. Bejot, conjointement avec M. Bouyn,
+par M. le Gouverneur, deux malles de manuscrits, lettres, etc.,
+concernant M. le duc de Vendosme, qui étaient restés au dépôt
+de la Bastille après la mort du chevalier de Bellerive, son fils
+naturel, pour être portés au dépôt de la Bibliothèque du Roy, par
+l'ordre de M. le baron de Breteuil du 19 de ce mois. Il y a eu,
+suivant l'ordre de ce ministre un procès-verbal fait double et
+signé des trois dénommés ci-dessus, dont l'un est envoyé par
+M. Bouyn au ministre et l'autre est resté pour la décharge de
+l'État-major.</p>
+
+<p>«Le 18 avril 1789.&mdash;M. Mesurier, porteur d'une lettre de
+M. le comte de Puysegur, ministre de la guerre, et M. d'Angenoux,
+colonel d'artillerie, dont il a laissé copie signée de lui, a
+fait apporter des sabres, fusils, pistolets, lances, pertuisanes; le
+tout a été mis à la 2<sup>e</sup> Bazinière.
+<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[Pg 27]</a></span></p>
+
+<p>«Le 19 avril.&mdash;M. le Gouverneur a donné l'ordre que tous les
+travailleurs de la compagnie de bas-officiers rentrent dans le
+jour dans la caserne; précautions prises relativement aux grands
+attroupements que l'élection des députés aux États généraux
+occasionnera.</p>
+
+<p>«Le 27 avril 1789.&mdash;Des ouvriers du faubourg Saint-Antoine
+se sont attroupés en grand nombre, pour punir, disaient-ils, un
+nommé Reveillon, marchand de papier et meubles, et un nommé
+Henriot, salpêtrier, de propos méprisants qu'ils avaient tenus à
+l'assemblée du Tiers État sur le compte des ouvriers dudit
+faubourg.</p>
+
+<p>«Ils ont dévalisé la maison du sieur Henriot, parquets, glaces,
+lambris, enfin tous meubles, et les ont brûlés dans la place du
+marché du faubourg. Les gardes françaises sont venus sur la
+fin, en ont été spectateurs et tout le monde s'est retiré vers onze
+heures du soir.</p>
+
+<p>«Le 28.&mdash;L'émeute de la veille ayant paru apaisée, il n'y a
+point été mis de gardes au faubourg; lesdits ouvriers se sont
+rattroupés, accrus de gens des autres faubourgs, armés de gros
+bâtons, perches, fers, etc.</p>
+
+<p>«Sur le midi.&mdash;Les troupes sont venues, soit gardes françaises,
+soit détachements du régiment Royal Cravate qui était
+par précaution depuis quelques jours à Charenton; leur trop petit
+nombre a été cause qu'ils ont été obligés de gagner le haut du
+faubourg, et les brigands ont déménagé la maison de Réveillon
+et ont brûlé le tout comme ils avaient fait la veille. Un renfort de
+troupes arrivé, on a foncé et tiré dessus les révoltés; il y en a
+eu deux ou trois cents de tués ou blessés ou arrêtés, et ils ont
+quitté le faubourg vers six heures, en s'en allant par bandes de
+huit à vingt.</p>
+
+<p>«Ils entraient dans les boutiques de vitriers ou les fesaient
+ouvrir et emportaient tous les comestibles et quelquefois même
+l'argent du comptoir et autres choses. Cela a duré jusqu'à près
+de deux heures.</p>
+
+<p>«Le 29.&mdash;Dès six heures du matin, corps de troupes respectable
+dans le faubourg, deux pièces de canons en patrouille
+jusqu'aux environs de la place Royale.
+<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[Pg 28]</a></span></p>
+
+<p>«À six heures du soir, il a été exécuté, pendu deux hommes
+de l'émeute; il y avait une escorte à leur charrette, du guet à pied,
+à cheval, maréchaussée en robe courte; et le faubourg Saint-Antoine
+était gardé par les Suisses, gardes françaises, des détachements
+de Royal Cravate, de Bourgogne cavalerie et de toutes
+les maréchaussées et guet possible.</p>
+
+<p>«Le 30.&mdash;A été tranquille.</p>
+
+<p>«Le 1<sup>er</sup> mai.&mdash;À quatre heures du matin est arrivé au château
+le sieur Reveillon, sur un ordre du roy, contresigné de Villedeuil:
+il a été logé à la 3<sup>me</sup> Comté. Ce prisonnier a demandé de l'être
+pour sa sûreté.</p>
+
+<p>«Plusieurs personnes dénommées peuvent voir la 3<sup>me</sup> Comté
+sans la présence d'officiers majors. Il peut aussi recevoir des
+lettres et en écrire sans aucune précaution ordinaire.</p>
+
+<p>«Le 3.&mdash;Le chevalier du Puget, lieutenant du roy de ce
+château, a eu lettres de M. le duc du Châtelet commandant à
+Paris pour commander à la sûreté des poudres à l'Arsenal.</p>
+
+<p>«Le 22 mai.&mdash;M. de Villedeuil est venu à cinq heures et
+demie et est resté demi-heure au gouvernement avec la 3<sup>me</sup>
+Comté.</p>
+
+<p>«À deux heures, il y a eu, à la place de l'entrée du faubourg
+Saint-Antoine, un homme de pendu et cinq fouettés et marqués
+et au carcan, par suite de l'émeute du mois précédent dans ledit
+faubourg: il y avait des gardes françaises, des Suisses, de la
+cavalerie et des hussards qui entouraient la place de l'exécution.</p>
+
+<p>«Les 26, 27 et 28.&mdash;Le sieur Réveillon a eu beaucoup de
+visites ainsi que depuis son arrivée; il a vu souvent le commissaire
+Lerat, le sieur Abeille, secrétaire du commerce, le sieur
+Jacmart, le sieur Dumoulin, maître maçon, la dame Jacmart, la
+dame Abeille et son fils, l'abbé Morellet, l'avocat Tronson du
+Coudray, M. le président de Gourgues, deux fois le sieur
+Pontcarré, secrétaire du ministre, le sieur Duval fils, de la
+police, le sieur Couché, secrétaire de M. de Crosne, le sieur
+Noroy, de la manufacture des glaces, le sieur Renouf, procureur
+au Châtelet, le sieur Lachaume, etc.</p>
+
+<p>«Le 28.&mdash;À neuf heures du soir, le sieur Reveillon est
+sorti<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[Pg 29]</a></span>
+du château; il y avait, avec l'ordre pour son entrée, celui de sa
+sortie, contresigné de M. de Villedeuil.</p>
+
+<p>«Le 29.&mdash;M. de Crosne est venu avec un conseiller au Parlement,
+voir le château, conduit par M. le Gouverneur; ils ont
+monté sur les tours.</p>
+
+<p>«Le 1<sup>er</sup> juillet.&mdash;Un sergent et douze bas-officiers sont arrivés
+de l'hôtel pour supplément de notre garde.</p>
+
+<p>«Le 7.&mdash;À quatre heures du matin, est arrivé un détachement
+de Salis Samade Suisse, composé de trente hommes et un
+lieutenant nommé M. Deflue, pour renforcer la garnison de ce
+château.»</p>
+
+<hr class="c45" />
+
+<p>Nous n'avons fait que copier. N'est-ce pas de l'histoire écrite
+au jour le jour, par une plume qui ne savait rien du lendemain?</p>
+
+<hr class="c65" />
+<h2><a name="III" id="III"></a>III</h2>
+
+<p>La dernière page du registre ne contient que ces deux mentions:</p>
+
+<p>«Juillet 1789.&mdash;Les 10 et 11. Envoyé à M. de la Mornière
+chaque jour une lettre de M. de la Corrège.</p>
+
+<p>«Le 12.&mdash;Le sieur La Corrège a eu la visite de la fille Geneviève
+Chevalier.»</p>
+
+<hr class="c45" />
+
+<p>Les troubles qui s'étaient déjà produits dans les rues de Paris
+et les attroupements nombreux qui stationnaient sur la place
+de la Bastille avaient interrompu les correspondances et les
+visites.</p>
+
+<p>Le 14 juillet, à cinq heures du soir, la Bastille était prise par
+le peuple et ses prisonniers délivrés. Il ne restait alors dans
+cette prison que sept personnes:</p>
+
+<p>1º Jean Bechade la Barte, employé;</p>
+
+<p>2º Bernard Laroche, âgé de 18 ans, employé;</p>
+
+<p>3º Jean La Corrège, employé;
+<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[Pg 30]</a></span></p>
+
+<p>4º Jean Antoine Pujade, négociant;</p>
+
+<p>Tous quatre enfermés au mois de janvier 1787 et accusés
+d'avoir fabriqué de fausses lettres de change.</p>
+
+<p>5º Le comte de Solages, enfermé en 1782, à Vincennes, sur
+la demande de son père, pour cause de dissipation et de mauvaise
+conduite, et transféré à la Bastille le 28 février 1784;</p>
+
+<p>6º Tavernier, accusé de complot contre la vie du roi, enfermé
+d'abord pendant dix ans aux îles Sainte-Marguerite, puis transféré
+à la Bastille le 4 août 1759; il était en état de délire. Il fut
+placé à Charenton peu de temps après sa sortie de la Bastille;</p>
+
+<p>7º Le comte de Whyte de Malleville, enfermé d'abord au
+château de Vincennes, puis transféré à la Bastille le 29 février
+1784. Il était ordinairement en état de délire depuis plusieurs
+années: il fut aussi placé à Charenton quelques jours
+après sa sortie de la Bastille.</p>
+
+<p class="center p2 p2b">
+Paris.&mdash;Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères.&mdash;10429.
+</p>
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Le registre d'écrou de la Bastille de
+1782 à 1789, by Alfred Bégis
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE REGISTRE D'ÉCROU ***
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+works. See paragraph 1.E below.
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+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
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+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
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+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
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+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
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+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card donations.
+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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